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7~ 861

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LES ETATS DE LA iGUEDOC:
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pOitrJmrtnrer que . le · .· rie dejiuiS ltr Durance ·
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j~incÎre -ici

Rhone~:~rrfaff.s

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fon cours. 8ç la pofitjon

endr.oi.ts dont ()~ ci.voit. à·parler~
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de~ .pûndpaux. .

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Les numeros qui Îont au~deffus des indications
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A C 0 N SU L T E

i~i;. (~.d fO t. .

'~ïV ~",.·'"

Pour les Procureurs de..r. Gens . des Trois-Etat.r
du P Pys de Provence..
~~~--.. U E ce foit comme Souverains de

Provence ou de ·

Languedoc que les Rois de France regnent fur le
Rhone depuis la Durance jufqu'à la mer , les droits
de la Couro nne n'en fouffriront aucune attein te.

Cette difrinél:ion .n'eft pas également indifférente au.
Des Procès .ruine ux
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiilil repas des deux Provi nces.
s des rives
~'élevent tous les jours entre les Propriétaires volfin
du Fleuv e, &amp; n'y prenn ent naiffance que parce que le Langue..
'doc a trouv é depuis quelque tems le moyen de former des doutes
fur 1es droits de propr iété que la Provence a toujours eus fur 1e fit
entl.er du Rhone : Les Habitans de l'un &amp; de l'autre Pays ont u11
égal intérê t à voir tarir la fource de ces divifions, &amp; c'eft le but où
tendent aujourd'hui les Etats de 'Provence, .en fe pro,pofant -d'ïmplorer la J uftice -de 8a Majefl:é, pour en obtenir un Régle ment gé- ·
néral qui fixe d'une façon invariable les limites des deux Pro-'.
vinces.
La confiance :avec laque lle le Syndic du Languedoc affure que
la .propriété du .Rh.one, le long de la Provence, eft irrévocablement
e ,_dans un
jugée en fa faveu r, ne doit :point leur impofer filenc"l\
.

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.

Œ'rihunal où fix Procès fubfül:ans (a); &amp; plufieurs prêts à naître)
prouvent la néceffité d'un Réglement capable de rétablir à j~mais1

b paix eq.tre les Parties intéreifées.

'
qu'il a étépas
Les Procureurs d.u 1&gt;ays de Provence n'ignorent
.r endu des Arrêts quï paroiifent contraires au droit qu'ils réclament•
Mais ils en rapportent pour le moins un auffi grand nombre qui
jugent la queftfon en_leur 'faveur. -Les Adminiftrateurs de la Pro·
vinçe ne font point comme Parties principales dans ceux. qu' ort
leur oppofe. Si quelquefois ils ont accordé leur intervention aux.
Communautés qui luttaient contre le Languedoc, les conteftations .
n'ont point été jugées furies titres généraux de la Provence,mais feu~
lement fur les piéces perfonnelles aux Parties contendantes. Despréjugés . particuliers feroient-ils capables de faire perdre à toute:
une Prov~nc_e les droits inconteftables qu'elle eft ·en. état de faire~
.valoir?
. · C'eft par des dires &amp; non par des préjugés· qu'il faut appréderfes droits : auffi le Languedoc élude-t-il depuis long-tems de s'en~
gager dans ce genre de c.ombat. Toujours_atten-tif à citer l'Arrêt·
qui adjuge le Rlione au Roi le long du Comtat //énaiffin., il ne::
manque pas d'en étendre la ·conféquence à tout le cours ,du Fleuve;
Pour accréditer cette fauife idée, il la fait répandre avec la plus;
grande affeél:ation dans nombre d'endroits de l'Hiftoire -compofée:
par fes ordres pour fa Province ( b ). Les Géographes modernes ont:
_é té féduits, &amp; l'erreur s'eft accréditée ( c.)..
Il eft tems que la vérité rentre dans fes droits, &amp;. que le flam ...'heau de la critique diffipe des erreurs·que perfonne jufqu'ici-n'avoit.
pris foin de combattre. Les titres de la Provence vont paroître pour:
la ptemiere fois fous les yeux du fèul Juge capable delesappréciero.
Plus ces-titres font anciens, plusJes droits qu'ils étahliffent en faveur.
·de la Province font inconteftables. Ce n'a été que dans les derniers :
fiécles que le Languedoc, -par des entreprifes fùrtives, s' eftménagé:
:des Erétextes, pou! enfuite attaq~er la ProJJence à force ouverte~.
(a) Arles en a deux, Tarafcon, Boulbon , Barbantane &amp; Mefouargues en ont chacun un.·.
_( b )_ Nous -allons être plus d'une fois obligés, dans cet Ecrit, de combattre les fçavans ;
H1flor1ens du Langue.doc. Quoigue le zèle avec leguel ils ont chercht à donner des avan-rages à leur Province.les ait fou vent égarés, nous tâcherons.de ne point nous écarter· des ,
·
égards què mérité leur· profonde éruditioa;
( c) L' Abbé Expilly dans fon •'nouveau Dîéilonnaire Géographîque, au mot Avi:?;non;,
pag. 347 , a clonné dans toutes les mép_rifes où ~les Taulfes n'ouons des Hill:oriens du Làn- .
guçdoc '· &amp; de _quelques Géographes -qui '(e font tous copiés , pouvaient induire un Au-teur qui n'avo1t ~as ~pprofondi par lui-même la matiere' qu'il traitoit. Én relevant les :
e rreurs ce ~es Hlflom:_ns dc: ns le c_ours de C&lt;l Mémoire), ce fera .t&amp;fut€z:-t:oelles des Gfo.•
grap_hes qui les ont pns 1&gt;our guides, ,

�J
./
·Nous le verrons d'abord horner fon ambition ~ élo!gner les Proven:.
:faux des terres qui .bordent/\ aujc:rnrd'hu~ _la rive_ occi? entale du
I:leuve, gagner enfl;l1te ce meme_ b_ord, s étendre mfenhblement au
rnilieù dè la Riviere, &amp; franchir enfin le lit entier, pour venir,:
âonner des loix jufques dans les Villes de Provence (a).
· A peine cette Province éleve-t-elle la voix contre ces entreprifes;
·-que le Languedoc s'efforce de les rendre facrées, en les affociant aux:
·droits de la Couronne. Lui difputer le Rhone·, c'efl:, fuivant lui,'
lé côntefter·au Roi h1ême, comme .f.i·ce Fleuve ceifoit d'appartenir
à la France, .dès que le Coureil auroit déclaré qu'il a toujours fait
,
&amp; fait encore .partie de la Provel).ce.
~ Ecartons po.u r toujours de pareils~artifices, fi peu dignes de pa...:
roître dans une affaire de cette importance :' ouvrons les dépôts
publics, parcourons les mcmumens de l'Hiftoire, confultons les
Archives des _deux Provinces; c'eft-là que nous trouverons les feuls
'
titres, les véritables preuves qui doivent décider la queftion.
ref..... Mais en vain fe flatterait-on de connoître les anciens droits
peétifs de la Pro.ven-ce &amp; du Languedoc, fi l'on ne remontait pas à
·des tems fort re:culés p.oùr s'inftruire quelle étendue l'une &amp; 1autre
:avoient dans leur origine. L'on fçait, &amp; les Hiftoriens du Langue..
,doc en conviennent, que les Romains fixerent les limites de leurs·
Gouvernemens dans les Pro~inces qu'ils conquirent dans la Gaule
.fur l'étendue du diftriB: ·qu'avoient oiiginairement les principales
Cités ( b) ; le même plan. fut fuivi lors de l' établiifement de la Hié-.
ra~chie Eccléfiaftique. -La J urifdiél:ion des Evêques n'eut pas d'autres
,bornes que la Jurifdiétio.n des Gouverneurs. Cette forme d'admi.·niftration fe fou tint même lors de la décadence de l'Empire, peu...,
&lt;iant 1'Anarchie féoda'le,. &amp; dans les tems poftérieurs. .
Si en parcourant ces différentes époques nous parvenons à prouver
,que depuis l'ib.ftant où la Provence ·nous eft connue, jufqu'à fa réu..
nion. à la Couronne, le Rhone n'a pas ceffé de couler fous les L'oix:
des Princes Provençaux : Si nous pouvons défier le Languedoc de
·nous Cit.er le titre qui lui en a transferé la propriété : Enfin , fi nous
faifons voir que depuis la: réunion de la P.rovence jufqu'à nos jours
11 n'eft arrivé aucuns changemens dans les droit~ de 'cetre.Province
fur ce Fleuve, il fera certain que c'eft comme Souverain de Prow_eizce que le ~6i regne fur le Rhone; conféquemment que ce Fleuve.
(a) Nous avons v~ dans ces derniers tems le Receveur des Domaines de Beaucaire venir
jufques dans le Po!'t de Tata(con prétendre exemir [es droits &amp; troubler le 'Pefeur de la
.Ville, fous prétexte que Je Rhone appartenait au Languedoc d'un bord à l'autre.
( b) Ils refpeétoient également la Religion , les Loix &amp; les 1\'Iœurs des Peuples vaincus.;

.

Aij

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4
non pas dit Languedoc. For mo ns.:.·
&amp;
ce,
vin
Pro
te
cet
fair par tie de.
t le cou rs ·du Fle uve , don t nous~
nou s d'ab ord une idé e jufte de tou
le depuis la Durance j_µfq~'à .J.a..
ne rec lam ons que la par tie qui cou
mer•

RHONE";.
ET AT . T{ J'P OG RA PH JQ UE D U
rce au pie d du M·o nt de la:.
Le Rh one a tou jôu rs pris fa fou
le Lac ;
ir arrofé le Palais, il paffe à traver-s
avo
rès
·ap
;
Ça)
rche
Fou
ne..
'h~ .Rho
, com me nèe à être nav iga ble
de Ge11éve, fépare le Bugey ~e la Savoye &amp; reç oit la Satme à Lyon:,·
iné,
à S-eij]el;coule éntrela.Breffe &amp; lé Dauphès (:/, le Vivarais. L' Ifere s'r
il; travèrfe enfuit:e le Ly onn ois , te For au-deffus, &amp; la Durance:
(b ·)
jett e au-deffus de //ale1].ce-, la Sorgue
ui·le Languedoc du Comtat.
d'h
au-deffous d'Avignon~ J1. divife auj our
afcon Ô' Beaucaire, &amp; fe pré cip ite
Qi de la Provence-, paffe ent re Tar
em bou chu res que 1' on app elle·
dans la lt1éditerran ée·pa r plufieurs
•
6ras , . par cor rup tion de Gradus~ de Tàrafëon, il fe divifé en deu x:
deffous
d~!i~!~~ iionprès Arr ivé près d!Arles au- as orie nta l eft l'an cie n lit, &amp; s'ap pel le:
bra nch es pri nci pal es; le ·l:&gt;r
vence·, &amp; forme fill e de lai.
l'e grand Rhone ·; il eft du côt é' de la Pro
côt é ·du Languedoc·fe nom me ·
&lt;::amargue ; le nou vea u lit qui ·cou le du
e don t nous-venons de par ler ;:
Je petit Rhone·: il ach eve de former YID
tte bra nch e du RhOne s'y ren d,
elle a cinq li.eues- jufqu'à la me r :·ce
mé e dè tou t tem s le Gras. neuf; ~
par une em bou chu re que Fon a·nom
.
Rhone:
ce n' eff qu'ime dér iva tion· du grand
.
és:
ord
foie nt acc
pas que les anciens Gé ogr aph es fe
,tJi'!:.17-:~;[.e}u~~~~ IllenenomparbreoJtdes
re dans la J'l.1é~·
ent
uve
Fle
lefquels ce
par
aux
can
fur
P:rovcnt:c-:
pou r la queftion pré fen te ) .
diterranée_:·c_e qu' il imp orte de fçavoir oir de Provence, &amp; que la~
·
le terr
c?eft que fes em bou chu res fbn t fur
-les Romains par uff ent dans :
eamargue· éto it · déja formée avant que
.
.
ces contrées~
Fleuve ~ Jam ais ;
confideraBle dè ~llès dë
rn;~1!~ü:·f1:~~; Cet te Ifle faplùs-elle
tan ce;
fit partie de la Pro'J/ence-: ·circ onf
teft é: qu'
liles~
fait r~ nie .de· cette ff n~a ét~ · con
de pro uve r que le lit du Fleuve.&amp; les
e
abl
cap
it··
féro
le
feu
qui
e.-.
·,P.r~ vi.nc
.
ce.
s.?-'il forme appartiennent à cet te Pro vin
.&lt;J'!le' le·Eri nci pal lit;
--,
ères
Il· eft de· i::rinciRe c.ertain ., _da11s~ces-- mati
Source·&amp; cours

.eff

ce

.
é 'dè Uacroi~, _page-70, , premier,vo ~

Je dîil' Abb
. Ca:.) Et non .au MomGètliard ·, · comme·
füme.
.e. ii":cé ;....
taine èe. V.auclUfé · que-· Pëtr arq11• e' a renJu
( b} Elfe p,rend :fa f6urc;. de· là Fon
..
·
léh'.:-e:.

�_

r

1

ince·, . iP. ,
'd'un·, Fleu ve êtam fitué au milie u des terres d'une Prov
lçr.

ent que
en fait inconteftablement partie. Il feroit bien. incon féqu
bras,
Provence, qui a , fans diffi culté , 1-e grand &amp; mêm e le petitdroit - ,
du Rhone, depuis .Arles jufques à la meli, fût exclu e. de tout
i;ous allons;
for la partie .fupér.ieure du mêm e ~leuv,e, tan~is que
la du Rhone,,
v.oir dans'un mfia nt, que cette Prov ince s ét:end&lt;'&gt;1t au-de
qu'ai lleur s,,.
du côté du Languedoc., tant dans cette artie fupérieure
sefl ouve rt.
conféquemment que le nouv~au cana que le Fleu ve
cette divifion foit ·
- en. formant la. Camo.rgue, en quelqµe tems que
demeurera:
arriv ée, n~a embraffé qu'un e tene Provençale. L'on (fü
de cette Hle , ,
. conv aincu dès que l'on verra.que depuis là formation
au~delà·.
la Provence.·a confervé long-tems les mêmes· terr~ins· , fi.tués qu'on ,
que
de la nouv elle. bran che du Fleu ve.. Ain'fi à quelq u'épo
incontef-veui lle fe par.t er,. il eft confiant que cette IDe efü un titre
e; Lat
Rltonle
table &amp; phyfique de la prop riété de la Provence:fur·
fucce llive -:
façon dont les terres qui bord ent fes deux rives ont été
romp ue •.
ment poffedées) en.offre une.c haîne de Er.euves.n on inter

f

.E -TA·r · Hl ST O:R·1 ·Q·u ·E · JYU
'A.V ANT LA' C-'ON QU EST E' D 'ES

'R.'HO'NE '~,

Ro.·M:A1NS ,~

f/:r jufques au· cînquilme Siécle •.
B

r:;. . FtahliiTemefl1
Les premieres fomiêres ·que nous fournit' rHiftoii-e für ce pofo
eille one. ~aits parrs
iént tirée s des -établiffemens que-les" Fond ateur s· de Marf
de Né...-- fe~~~~rs~u~dell~d~
le
fuits à la droit e du Rhone du côté du Languedoc•. Ce peup

ton--

·com merc e, Rhone••
goci ans, attentif,. à. tout · ce qui pouv oit favorifer. fon
·Fleu ve quh
ne négli gea poin t les avantages qu'il pouv oit ~irer d~un
orien tale de ~
ouvr oit la. Gaufo -à fes · marchandiîes ~ . Etab li à la rive.
trois étab lif..'. .
cette 'rivie re, il:s'affùra:de l'aut re côté , en -y formant
Rhodanufia-~.J;
fèmens•,( a,) , -qui furen t Agçztha. ou )1gde,. Rho.da. ou
·
&amp; . Héraclée ou Saint-Gilles. ( b ),.

r C'afaiili. fur Strab'on" livre

4 ·, pal!e I 86:
o'Tit été des dépendances ~é M;_rfaîtlè. Ruffj', d~rrll
m~mes
ellesnne
, &lt;.b) . Nifm~,~ &amp; Nri~bo
l'attefi e ; tome r, hvre 1·, page 18~ ,, Bien &gt;
nou&gt;
Y.1.1tle
lH11lor-re" qu1l a ·fa1re- -de cette
.par l€s Marfeilloi•, elle a été néan'"',,. que la Ville de -Nlfmes ·, dit-'il, n'ait pr.s été fondée
renr, Je- leur . Villci:·à Ni.fmés .r
envoye
loi-s
Marfeib
·
lès
car
;
ie.s
" -moins uhe" de" leurs Col0n
Phocù ns;; .. &amp; p.our:·m arque !
de
greqiIB
de·
,,- 1'.an 34€&gt;5 de la..c rfation -:-du monde , un e Peupla
même s ar,mes . qu-e Mar~ '.
-les.
tems
é-1ong
·pôn
a
mes
Nif
quere
qu'out
c'efl:
,, de cette vérité ,
A ; dura-n qx)ùfieurs'-'
minatiO
do
fa,
.àe
foumif
auffi
été
.
a
,,-. [eille :qui étoit un ;yeau d"or; :·elle
ohfervoit;. Nar:.,;.lle
Ma.rffi
e[lllenH J.UB
,, . fiécle s , &amp; a gardé la mêive. fol'~it de_G om.rern
..
:
lloi.s~,~
Marjyi
.
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Colon.
une
m h:onne a..été encore en p,artie

(a

�6'érieur~, que quatre autres Viil ei
pofl:
tems
les
·dans
Nous voy-ol1S
n·
:ViH;s Pro,-e
/ 1
l
d ·
é
·
rer- r. ées du cot é de l a p rovence, ten oient ega ement ' eur tern ·
caics (,ont le doi
;iwi re s'éten c Iltu
ne, -Valence, Avignon &amp; Arles. Ce$
&lt;1.u-delà duFleiive. taire au-delà du Fleu ve, Vien
A

diftrié.l: pour le
Vill es capitales . ont eu dans le moyen âge le même
qu'il eft très-imtemp orel que pour le- fpirituel. Une circonftance
s füuées dl.;l
Ville
port ant de rema rque r, c'efl: qu'on ne voit point de
ce Fle,uve du ·
.c ôté du Languedoc avoir ·de JurifdidioH au-d elà de
côté de la Provence (a)..
&amp; des Teutons, donna à la Vill e
'Marius, Vain queu r des Cimbres
Marius donne
' l a mer ,
c. · creu fcer d u .RIzone a
.r;.-zze un. cana1 qu ,.1l avo1· t Jalt
ois un d M arJez
auxMarfeill
du Rhone.. e
,c;mal
ge de Fos ( b )~
vers l'endroit où nous voyons. aujourd'hui le Villa
la charge d'l.Jn
.CetteVill e n'en permit dans la fuite la navigation qu'à
y étab lit des
ve,
impô t: elle fit tous les aél:es de .propriété fur le Fleu
e Ephéfienne.·
phar es, &amp; b~.tit dans l'une de fes Ifles un Tem ple à Dian
pire Rom ain .exigea que les Gou vern ece Fleuve e-to'it · L'adminiftration de l'Em
·le troifiéme fiécle de notr e Ere, la Pro&lt;1~ la . Province mens fu!fent divifés ; &amp; vers
nnoife ( c ). ~e Dio~èfe qe
X~e;~i~~e fous les vin~e Viennoife- fut féparée de -la .N arbo
nce, d Arle s,
Vzvzers, &amp; toutes les dépeJ!dances ·de ceux de Vale erfaires eux ·
Adv
&amp; d'Avignon·· ont, fuivant toutes les notices&amp;: nos
preuve de ce·
elle
nouv
une
mêmes ( d), appartenu à la Viennoif~:
érieurs faire
pofl:
fait, .c' eft que nous les allons voir dans les tems
èfe defquelles
partie du Com te dès mêmes Vill es, dans le. Dioc
le Gou vern eelles font fi.tuées. Le Rhone étoit donc compris daus
ence, &amp; il eft
men t des Villes qui fe trou vent du côté de la Prov
du Rfwne, -&amp;
conftant que la Viennoife ·comprenait les deti.x rlves
oijè, qui ne
avoi t des terres au-delà· joignant celles de la Narbo.nn _
.s 'éten dnit pas jufqu'à ce Fleu ve.
e d'Arles;
Les embelli!femens que les Empereurs firent à la Vill bâtirent
Arlt!s maitrefre
y
la rendirent uhe des principales de la Gaule. Ils
&lt;lu Rhon e:
deux rives
les
fur
e
Vill
un Pon t fur le Rhone, &amp; étendirent cette
ue maîtreife
de la riviere. Une farei lle pofition l'aur oit rend
milieu de fon
.du Fleu ve , quand i . n'au rait pas déja coul é au
diftriél:.
air'~
Le Préfet de la navigation du Rhonè faifoit fa réfidence ordin
Et féjour des Pré·
fors de la navig.auon.

s; mai$ outre qu'il a toujours été
(a.) Il faut cependant en excep ter l'Evêché de Vivier e fa dépendance originaire pour

en marqu
de.la Métro pole de Vienne pour le fpiritu el, ce qui
verra par la fuite, au Souverain qui
le
oft
e
comm
s,
foumi
été
ms
longte
lé Civil, il a
z.iéme iiécle , ce fut par des raifons
quator
au
é
chang
a
regno it for la Provence. Si Con état
on.
particulieres qui. ne peuvent inBuer for notre queili
Voyag . tome :. , page 2 S4~
( b ) Bouc he, t0me r , page 16 1 &amp; fuiv. Tourn efort ,
page 67.4.
( c) Hilloi re de Langu edoc, tome x , not. 3 3 ,
. (i) Ibid. page 6:z.6.

�,...

7
.
'
que fa JurifditH6n
certain
fait
un
C'eft
('a)'.
Arles·
a
ou
· à: Vzenne·
de ces Officiers défignoit de quelle Provinc e é_toient les objets fur
lefquels ils l'exerço ient : aucun d'eux n'avoir d~ pouvoi r fur le
reffort du Gouver nement voifin ( b Ces deux Villes·étoient fi.tuées·:
à la ·rive orientale du Fleuve : Coinme nt pourroit-on douter que le:
- Fleuve même fit partie de leur territoi re; &amp; qu'il étoit de la Prb~­
vince Fïennoife .f:
1
).

D U R H o· N E . ·
L Â F 1 N. D E L E M p I R E R 0 M A'I N , ,
&amp; fous la prerJ'}iere Race de· nos Rois •.
E TA

, r.A·

·,

r·

1

. L'Emp ire Romain ët:oit ', al'époque que nous allons parcour1r ; .
vivement preffé par les Barbares. Les premiers qui le démembrerent:
furent les Vzflgots. Ces peuple s, après avoir ravagé l'Italie, pafferen t.
les Alpes, &amp; s'établirent dans-les environs de Touloufe. Leurs con::
&lt;f-1ld&gt;:,
,quêtes ne s'étendirent poi:1t jufqu'au Rhone.. .
Pr?vence ·
La
eno~
ur
Emper~
La Pr,ovence apparteno1~ ~ncore aux Romains; L
th ·
aw.-V1iigo
pa.lfe
a
meme
.
lm,
céda
la ceda a Odoacre Roi des Oflrogots , qui la
Euric R oi des Vifigots (c). Ce Pri_nce établit fa réfldence àArles, dont
le territoire s' étendoi t des deux côtés du Fleuve.. Le Languedoc
prit alors le nom de Gothie. Il avoit été connu précédemment fous
Gelui: de_Septimanie; Dans le même tems fe formoii: le premie r
Royaum e de Bourgogne, quïs' éi:endoit fur les deux rives d.u Rh~ne. ·,-_
depuis Lyon jufques à la Durcince;
La Provence proprement dite; c~ef!:-a-dfre, le Pays qui' s'étend '. Elle conférve.&gt;
'depuis la Durance jufques à la mer, conferva fous les //ifigots la fa même étenduë;.
même étendue qu'elle avoit eue auparavant.- Le Comté ' &amp; le Dio~
_
cèfe diArles,. embra!foient toujour s·les deux.ri ves du Fleuve .
Cl 'f?7:; ~
;
·
Vzfigots
des
Roi
L'on cortnoît la guerre que Clovis fit à A laric
'~près .1' avoir va~1c~ &amp; tué à la bataille de f:'ou~llé , le ~on dateur de.- con, . ovi'&gt; a araf-·
!Empir e François s empara de fes Etats &amp; vmt 1ufques a Tarafçon.
Peu de tems après les François · joints aux Bourguignons· firent fo.. - r:to.
des droits_ Arl.es p~ff'-"de .
fiége d'Arles. Cet événement nous fournit une dpreuve
urrFo rt del::mt1e
é
l
'
L"
r. l R!
d e l a Provenç.e
e ione~ . ~n s apr,erçut pen anr e fi ge', que t ôté du-Ffruve~ .
1ur
.quelques-uns des Habitans.avoient des_intelligences avecJe s enne.,.-

f

, ('a) In Provinci-â Gal-liâ repenfl Prœfeél:us clajjis fiuminzs Rlwdan i ~ Viemzœ«pel Arelati~ .
N Qtic. 1mper. O ccid. cap. 90, fol. 17 9 verf. edit. Venet. 1 601:•
.. ( b ) In reb.us omnibus .~q ua!e mtt jus omnium Pro21i11ciarum, ita ut nu.lll ex Confu laribù.s &gt;
u4, &amp; ~. 93, pa~. ;.4,.;&gt; .
ln tiltemtn aluz.u1d ~.ffe t · zmpm ufn: Marc de Prnu . §. 83, pag.
&amp; Lcu11ig ilde les corri"'ea,
,
Vifirrots
ces
Loix
ks
drnna
qui
Prince
dernier
ce
( c) C'eft
.,
lt'.J.:s font bjen inffrieures à .celles de~ Baurg1ûg1zorzs &amp; des -Lambards leurs voifins.

�. :g-

que de la Vil le: il füt
mis : le·foupçon tom ba fur Saint Cefaire Evê le Fle uve , fi l'on ne
dans
·arr êté , &amp; ce faint Pré lat allo it être jetté
r prifonnier au Château
fe füt pas déterminé à préférer de 1'envoy.e droite du Rhone. On
de Beaucaire Ugernum , qui éto it à la rive
on vou lut traverfer la ri· l'embarqua en effe t, .&amp; pendant la nui t
mis étoient répandus fur
viere ; mais la colilfidération que les ·_enne
ener à la Ville. Ce ne
cett e rive obligea les conduB:eurs à le ram
quelques bâtimens fur le
fut point parce que les ennemis avoient
étoit libre pou r les alîiéFle uve : Le fait füppofe que la navi~ation
d qne Place forte où fe
gés , &amp; qu'ils poifédoient fur l'au tre bor
peu t confulter les Hif ro.renfermo'ient les Prifonnîers d'E tat. L'o n
Ils rapportent iefa it avec
riens même de Languedoc à cett e épo que :
drles fur le lit &amp;le s deux;
les circonfi:ances qui prouvent les droits d'
b.o.rds du Fle uve .
trouverent réunis fous
Les Eta ts des Oflrogots &amp; des Vifzgots fe
-~ i.lr.
guedoc &amp; la Prooit également en ltalie. Le· Lan
· n :
· auo
, Le Rhon e rei1~ Theodor.ic 4ui regn
r. domm
r
é
· nt éga'l ement r ums ious ia
d"ite é to1e
lanc R01 Ven.ce prop_
Arhaence
nt
a Proy
eme
r
de
après fa mort. L'Italie
Ses deux petits fils partagerent fes Etats
· ·· ·
. Ces deux Princes par é.c.hut à .dthalaric ! Ama.laric eut l' Ejpagne
laquelle leu r ayeul avoit
tagerent enfuite la partie des Gaules fur
maître du Rhone qu'il
.regné. Arhalaric Sàuverai.nde Provence refta
·que les Etats qui étoi ent
ne céda poir,-it à fou coufin: il ne lui laiffa
Bitude des faits que les
au-,delà du Fleuv.e ; &amp; .c' eft .c ont re l' exa
le Rhone féparoit alors les
Hifroriens du Languedoc ptétendent que
s, car il efi: confi:ant que
Eta ts des OflrogoJs d'avec ceux des Vifigot
.regné fur les deux bords
les fucceffeurs d'Athalaric ont, comme luj,
.re .: En foutenant le con.,.
&amp; poffedé des terres au-delà .de la rivie
.&amp; à qµd t;it.re les 0firogot~
traire il fera impolîihle de dire .pourquoi
&amp; de fi:xtr J'éyo qué à la ...
ont re;gné fur les terres de la rive dro ite,
L'hifi:oire n efr~elle pas
.que lle ils auront rentré dans leurs droits.
en ajouter encore ,par des
déjà a.ffez embaraffée de diffic.ultés fans y
!urp ofü ion s arbitra:ire.s ?
qu é le Roy aum e de
Les Fr.ançois avoient déja plus d~une fois atta
·q~·;
1
aire s'~toient unis con~re G_odomar qui
Fra~~t;~ ;1ur~é: Bourg~g_n~. Childe~ert &amp; Loth
a les fecon~
avo1ent même détermmé leur frere Tlnery les deu.x:
rrni.r e JeRo yaum e y regno~t. Ils
ç
entr
s
partagé
9er. Godemar vaincu , fes Eta ts furent
tieJ3 oµri;c:&gt;gne~
.Vivarais dépendant du
Le
:
E,o_is , &amp; Th~odebert fils de Tlziery
·
.
Roy aum e de Bourgogne éch ut à Theodebert
nço is, ce ne
s Province de l'Em pire Fra
Si la Provence devint alor
p
d
"37·
·
S
•
l a fi-orce des armes. rT7.'ztzge
s ouveram e çett e ro·
L a Prov ence ~
par
nt
por
iut
ince
devie nt Prov
s\in ir ayec eux : Pou r
vinc.e ,&amp; Roi des O~rogot.&amp; eut intérêt de
Fran~o.ife :
les
'
1

�P·

cedà la Provenée; péu d'année~
J.es déterminer à fon alli anc e, il leu r
l?ar l'Em per eur Ju[linien;
apr ès, cette ceffion leur fut c~mfirmée
onzus, que. ~e toutes fes P~o­
c'eft ce gui fait dire. au, Cardmal. Bar plus légmme~1ent acqu1fe
de
vinces -du Ro yau me il n en eft pom t
.
_
à la Couronne que la Provence.
~~~
.un avantag~ qu' elle fe fera iooE :n:e a~:~
Çe tte Pro.vince a fur le Lan~u~doc ir été Françoije deu x fiécles Languedoc.
tou;ours glo ire de rappeller,celm d avo
s Qiarles Martel (a). Ce n'eft
avant lui , qui ne le devint que fou
arque eft honorable pou r la
poi nt feulement parce que cet te rem
elle enleve à nos AdverfaiProvence que nous la faifons; c'eft qu' d'une erreur fans dou te
tire
res un avantage confidérable , &amp; les
artenu à la Maifon de France
votontaire. Ils fe Battent d'avoir app
par cet te raifon confondant les ·
avant la Provence, &amp; von t toujours
, tandis que 1'on voi t que les
droits de la Fra nce avec les leurs
ce &amp; fur lè Rhone qui en faifoit
'droits de la Co uro nne fur la Proven
s aris à ceu x qu' elle acquit fut
par tie, font antérieurs de deu x cen
la Souveraineté de la Co ule Languedoc, _&amp; conféquemment que
nt du Languedoc, mais de la
ron ne fur ce Fle uve ne lui vient poi Ro i , tou tes les fois qu'ils
Provence ; ils croient plaider la caufe dufe détrompent : Si le Rhone
fiipulent leurs propres intérêts. Qu 'ils ces qui a ét~ Françoife la
vin
'd oit appartenir à cel le des deu x Pro
guedoc doit le ceder en tou t
pre mie re, l'on vie nt de voi r que le Lan
_
poi nt à la Provence.
de Bourgogne qui com- Le Roy aum e de
me
yau
Les François s'ét ant emparé du Ro
ne déce Ro yau me ne ceffa Bo!-lrgog
ence
Prov
la
partie fupérieure de la Provence,
la
trmt
1
oit
"
ren
r
·
c-, ; rr,
· l a 0U1:J
P
.Je ;u1qu a a conl~rve fes li~
" é s du Rh one depuis
cl
d
d
'é
cot
eux
es
re
pas des ten
artenoit encore aux Pi.fi- mites.
Durance : La Gothie ou le Languedo' appchaffés de toutes les autres
g.ots d'Efpagne. Ces Barbares avoient été 'étoit qu'avec peine qu'ils
cen
Provinces de laGaule par lesFrançois,&amp;
expé ditio n

aré du Languedoc en ~ 3 t , mais cette
(a) Cependant Childebert s'éto it emp ne conquête, Amalaric ,Roi des Yifzgots avoi t
q4'u
trou bla la
fut plutôt une invafion mom enta née,
Clotaire. La différence des Reli gion s d Amalaric
de
&amp;
t
eber
Child
de
fœur
lde
Cloti
ens
époufé
ortem
emp
Les
e.
oliqu
Cath
n &amp; la Rein e
le. L'excès-de fes
paix de cette unio n, le Roi étoit Arie

enfanglanta plus d'un e fois fon épou
furent portés julqu'aux outr ages : Il
leur com pa!I ion,
e à fes frere s; &amp; pour mieu x exci ter
Un témo igna ge
malh eurs détermina Clotilde à écrir
.
fang
fon
de
t
é, un mou choi r tein
elle leur env.oya, par un hom me affid
e s'en étoit prom is.
Rein
la
que
t
l'effe
tout
rt
debe
Chil
r de
:1u!Ii touc hant produifit fur le cœu
c , com bat Ama·
léve une Arm ée, entr e en Languedo
Son frere , indigné cont re le Vijigot, délivre fa famr.
laric, .le défa it, lui donn e la mor t, &amp;
l'avo it entr epri fe
s cette expé ditio n, prou ve qu'i l
t après fa vieLa conduite que tint Childebert aprè
ieber
Chili
que
faire des conq uête s. ,, Soit
pour vang er fon fang &amp; non pour
1 , page 7 r , foit que
e
tom
iel,
Dan
Pere
uedoc, dit le
~' toire eôt aban-don né le Lang
es, il efr certa in que
ch~é les Gatn ifon s Fran coi(
,, Teudis Succeffeur d' Amalaric en eût fous la Dom inati on des Vifigots, &amp; que ce ne fut
is
4~
-,, cette Prov ince fut long tems depu
Mllrtel qu'elle fut réunie à la Cou ronn e.
,, que fous le mini ftere de Charles

B

�'15

re foutenoient &lt;!ans celle-là. Quelle apparence que les Vainqueur~

qui regnoient fur les deux rives du Fleuve jufques au commence...
ment de la Gothie, dont l'étendue n' alloit pas jufques au bord oc ci-dental du Rhone, n'eui.fent pas été les maîtres du Fleuve le long de
la portion de Provence qui s' éten~ depuis la Durance jufques à 13.!
mer?
· A la mort de Clotaire premier, fes quatre enfans partagerent le:
·r6r;
a~~ff;~~~r~Go~~ Roy~ume. Gontran eut la Bou~gogn~, &amp; Sigebe~t.le pays d'Usès; Le:
iran &amp; Sigebert. premier eut la Provence , la Ville d Arles, moltlé de celle de .Marfeille &amp; quelqu'autre Place. Sigebert regna for Aix, fur Avignon;
&amp; fur le refte (a) •.
L'expédition que Gontran fit en Septimanie prouve que fes Etats,
581.
jufques à Nifmes. Grégoirè de Tours nous dit qu'il leva·
étendoient
s'
rbegnde
omdran
G
{i 1
ur es eux or s d
· ten d'irent:
es troupes &amp; l es mena dans cette contrée, ou' e11·es s'é
tiu fle uve.
fur les rivages duRhone, qu'elles ravagerent, n'épargnant pas même
leur propre Pays. -Multa homicidia, incendia, pr-œdafque in regione:
1
propria facientes ufque ad Urbem Nemaufum proc~IJerunt (b). Ainfi,
fuivant l'Hiftorien du .rems le mieux inftruit, le Roi de Bourgogne·
comme Souverain de Prcvence regnoit fur les terres dépendantes
du Comté &amp; du .Diocefe d'Arles füuées de Vautre côté du Fleuve,.
&amp; conféquemment fur le Fleuve même ..
Recarede fils de Leuvigilde Roi de Sepfimanie, averti de l'irruption.
Beaucaire dé10
pen doit dt:la 1' • des François &amp; des Bourguignons dans les Etats dè fon pere, v.int du
:vence.
Touloufain à l'autre extrêfüité de la Septimanie, entre dans laProvince
d'Arles, tombe fur, le Châteâu d'Ugernum qüi en dépendoit, le
pille &amp; emmene la garnifon prifonniere. Ugernum Arelaténfe Caf-.
_
·
flrum irrupit , &amp;c. (c)
Gontran mit quatre mille hommes fur le rivage pour garder cette
portion de fes Etats : mais maJgré cette précaution les Gots les ravagerent, les pil,lerent, &amp; -abandonnerent une feconde fois Beaucaire.
Gothi . ... in Arelatenfem Provinciam proruperunt • •.. unum etiam
Caflrum Ugernum nomine cum rebus atque habitatoribus defolantes
nullo refiflente regreffi funt (d).
Le feptiéme .fiécle ne nous fournit que des preuves dont le détail
13i;
·
· d
•
Charles Martel
pour entrer dans notre p1an ;
e trop l ongues exp l"icat1ons
ex1gero1t
.en Provence.
nous palferons donc tout de fuite à l'arrivée des Sarrafins dans le
Languedoc d'où ils chalferent les Vrfzgots. Les François entrerent
(a) Mezeray, tome 1.
( b ) Gregoir-e de Tours, livre 8, pa"e 399.
"'
( c) lbid. page 401.

(d)

ïbid.p~ge.;.:i.5.

�·11

rles Martel les défit,;
bien tôt en guerre avec ces nouveaux venus. Cha
lut ~nfui~e s'affurer
comme on fçait, dans les plaines de Tours: il vou
conquetes JUfques à
.du Royaume de Bourgogne, &amp; pouffa fes
ce. For cé d'aller
Arles &amp; Marfeille qu'il fournit à fon obéiffan
confia la garde de
combattre d'autres enn emi s, le Hér os François
les ; mais Mauronte
ces Villes à des Officiers qu'il croy oit fide
les Sarrafins, leur
Gouverneur général de Provence fe ligua avec
igation du Rhone. Ces
livr a Avignon &amp; Arl es, &amp; leur ouv rit la nav
er , tou t ce qu.e
Peuples poffédoient , on l'a déja fait remarqu
t ori voit qu'ils-n 'éles- P'ïfigots avoient en Septimanie : cepend~n
Hiftoriens con tem toie nt point maîtres du paffage du Rhone. Les
d'irmption. La Riporains qualifient leur entrnprifè fur ce Fle uve
à une Puiffance étra n, viere qu'ils attaquoient app.artenoit donc
ent pas être füfpeél:s ~
,gere. Les Hift:oriens du Languedoc ne doiv
·
.
Eco uton s-le s fur ce poin t de fait.
Tome x, pag•
erent une ligu e 401.
form
ls,
nt-i
» Mauronte &amp; fes Con féde rés, dife
uverneur de la Septimanie pou r les Sarrafins.
)&gt; fecrette avec JufifGo
&amp; ils lui promirent à leùr
» Ce Gén éral leur prom it . du f~co~rs ,
ne &amp; de lui livrer certaines
'&gt; tour de l'introduire au-delà· duLesRhoSarr
afins accepterent d'autant
» Places fortes du même côté .
qu'ils fouhaitoient depuis longterns
!&gt;&gt; plus volo ntie rs ces offr es,
&amp; d'en avoir le paffage libre ,
&gt;&gt; s'éta blir au-delà de ce Fleu ve ,
leur ·gré dans tQut le Roy au» pou r étendre enfui te leurs courfes à
nnoiffance plus pré )) me. &lt;c L'o n ne peu t gueres trou ver de reco
, &amp; qu'ils remontent
cife des droits de la Provenèe fur ce Fle uve
t encore fous une Puiffance
atÎ tcms où le Languedoc lui- mêm e étoi
ne appartenaient à fa
étra nge re, tandis que la Provence &amp; le Rho
nce dans l'affaire.
France : Cet te remarque eft de la derniere importa t confirment en- Preuves one le
e ar p; rreLes mêmes Hiftoriens dans la fuite de leur réci
chi tes barrieres du Rhon
fran
e
pein
à
nt
eure
à la Prooi
les
noit
Peup
Ces
:
té
véri
e
cett
ore
·c
des
s
.
Pay
.
les
ver.ce
tous
dans
n
Rhone ; difent-ils , qu'ils porterent la défolatio
s
rdre
défo
ces
Page 40:?.~
Martel averti de
deu~ c~tés de ce Fleuve. Mais Charles
it
avo
qui
n
igno
d'Av
e
fi'ég
le
1Vole au fecours de fes conquêtes , fait
eux . V oulftnt enfui te
• 13'1."
'.été livré aux enn emi s, &amp; le repren~ . fur
étre
pén
,
ne
Rho
le
e
paff
il
,
s
~orter la guerre chez ces Barbare
Il faut bien que la
,dans la Gothie &amp; pouffe jufqu'à Narbonne (a).
, piüfqu'après 1'.a,
'.Gothie ne comprît pas la rive droite du Fle uve ..y·arriver.·
pour
yoi r paffé l'on étoi t encore obligé de marcher

1 a)

fiu11tum cum exercitu ejus traefzit, Go~
Cont in. de ~ redegaire. Carolus Rhodanum
·
&amp; 679.
m
, ufquc Narboncnfel!L Gallia peraçeeJiit, Pages 6z.8

i}iorum fines penetra1m

B ij

�r.12"

· F;TA T

'S
tel{fi-'one fous
Pepin:

Et fous Charleai 2~ne.

S24;

Celli on entre·
l'An h ~vêq d' J\:-]es &amp; le Comte
Lieubulfe , d' une
I;Je dans le Rhone.

0

u s

L

A

DU RHO NE
s E c 0 N D E R A c

Pepin acheva la conquête dl! Languedoc que Charles .Martel avoie:

commencée : ainfi voilà les deux Provinces fous la même domina-·
tion ; mais la Pro11enc~ n'en con.ferva pas. moins les. mêmes limites.
Il en fut de même fous Charlemagne , fa preuve s'en tire du par..
tage qu'il projetta de fes Etats entre fes trois fils. Lyon &amp; quelques:
autres Villes fituées à la droite du R!z6ne étoient regardées comme
dépendantes du Royaume de Bourgogne. Sous Louis le Débonnaire!'état des chofes ne changea pas davantage , nous le voyons par un
aél:e d'échange paffé en 824 entre le Comte Lieubulfe &amp; l'Eglife
d'Arles (a) : C'eft peut-être l'aél:e le plus autentique qui fe foit jamais fait : l'on en juge par les formalités qui 1'ont précédé, accom..;
pagné &amp; fuiv.i.
Le Comte Lieubulfe y céde à !'Archevêque d'Arles les biens qu'il_
poffédoit au Territoire d'Arles dans le quartier d' Argence; c'eft-à:-·
dire , à la droite du Rhone où· ce canton. était fitué : Les.Hifto+
,
riens de Languedoc en convienne nt (.b ).
Si la fituation des terres cédées par le Comte ; prouve que le.
Territoire d'Arles s'étendait fur les deux rives du Fleuve , celle
des biens cédés par !'Archevê que ne prouve pas moins que ce·
Fleuve faifoit partie de fa Provence. La premiere des terres cédées par le Prélat efl: une lfle entourée du Rhone de tou! côtés , fituée
un peu au-defTous de la Ville d'Arles dansfon Territoire. Ce Comte
Leibulfe poffédoit en même tems le Comté d'Arles, &amp; l'acte de'
confirmation de cet échange nous apprend qu'il jouiffoit des terres po.ffédées ex beneficio fuo .. Les Hiftoriens du Languedoc penfent
eux-mêmes. que ces terres faifoient partie de ce Comt~. Comment:
ont-ils pû tenir dans la fuite un. langage fi fort oppofé? ,

-! 'fi;
. Après la mort de Louis
Lothaire regne
fur la Provence &amp; Cha~ve &amp; Louis de 13aviere

fur le Rhone.

E~

le Débonnaire; Lothaire, Charlas le,
fes enfans:, n'ayant pu s'extermin er ·à

la Bataille de Fontenai, convi:qrent de partager les Etats de lem:
Pere. Charles conferva le Languedoc,. l'Aquitaine. &amp; la Neujlrie.;.

(a ) f.Iifroire du Languedoc , tome r. Preuves, num.. 4 3 , page 6 z ; &amp; Cartulaire de-:
·
.
l'Eelilè d'Arles.
(b) Tome :i., }?age z,~8 ; c'ell la partiç ~u Dioçèfe &amp; du G:omté·d'Arles qui eJl en de..J.àl

du Rhone..

·-

•

-

�y~·

.

rLouis eut la Cermanie, ·&amp;Lothaire qui ; ëomfüe aîné ; tetint le rtoni
d'Empe reur, eut l'Italie, la Provence, &amp;c.
Comme, S?uv~rain de c~. dernier P.a~ s, il ac~orda ~e 18 C?B:o....:
11 ~J1~f:rme à
bre 8 )O, a 1 Eveque de //zvzers un Pnvilég e qui favonfe tOUJOUrs l'Evêq~e
ire v·1plus notre caufe. Il contient une confirmation de tous les biens vie: s 1' Hie F ormidonnés à Cette Eglife ' &amp; en partictflier de l' .Abbaye de Dourere Jur cana.
le Rhone dans le Comté d'Orange, &amp; de l' Ijl.e Formi~aria felon fon an-..
cienne erendue , comme elle avoit appartenu au Comte (a).
La même année nous fournit encore une autre preuve .. C'eft
Irru ption d·et
c. • d
c.
r • d 1
un 1a1t
Sarrafins
ontl·1 raut
enten dre 1e rec1t
e a propre b ouch e des H"ft
1 o- Rhone. p:u .I.e'
riens du Languedoc ( b ),. »Les Sarrafins, difent-i ls, ayant remonté
»en 8 )O par l'embouchure du Rhone, firent · une defcente dans les
'?Pays fi.tués des deux côtés de ce Fleuve . Ils ne portere nt cepen)) dant pas fort loin 1'impunité de leurs courfes. Ils furent à peine
» embarq ués, que les vents contraires &amp; les courants qui fon t fré.)) quens dans le Golphe de 1-:JOn les ayant forcés d'échou er fur la
&gt;&gt;côte, les Peuples du Pays les attaquerent &amp; les defirent entié" rement. L' Empereur Lothaire à qui appartenaient les deux c6tés du
)) Rhone, occupé alors fur le Rhin à réprimer les courfes des Nor-·
» mands, étoit t rop éloigné pour pouvoir fé"courir à tems les Peu-l&gt; ples de Provence .contre les entreprifes des Sarrafins
( c ). « Quel
av~u ! quelle lumiere il jette fur nos droits i Le Souver ain de l.a:
Provence regnoit donc fur les deux bords du Rhone•.
Cinq ans après, ce Prince fit à l'Eglife :d'Arles la cfonat.lon de
~'fl·· .
!'Abbaye de Cruas ,fituée dans le Vivarais ( d ). A l'exemple de l'Em- Dona' 10 •11 ~et ~11~
r. .1
r.
r'.
n. •
.
éd···iate. T e11
f.l. baye d_ -vru,s- ~
pereur ion
pere 1'11a pren d ious
ia
proteL.L
lOn imm
.ie e 1-t
l?Egli.fo d ?.A.d~:;,,.
fans doute 1' origine du droit d' adminiftration que l'Eglife d'Arles
.
a longtems confrrvé fur cette Abbaye. II n'eft pas po tfible de fup-·
pofer qu'un Prince difpofe des biens d'une Eglife firuée dans ùn:
pays dont il ne feroit pas maît~ê :,011 fuppoferoit encore plus dif-·
ficilement qu'il la prît fous fa proteél:ion immédiate. Ainfi tout ·
prouye qu'en: effet Lothaire régnait fur . les deux rives du Rhone.-~
ce Fleuve faifoit donc partie de fes Etats de Provence. Les Hi~
{ tt) Colombi de reb. gefl. Epi(. Vivar. lib; z;, p~.

100 , . édîtiorr de LyM 1668",,
( b} T ©me J , page ~ 4 9, livre· 10, §. 52.
( c) Ces Arabes ne refluerent fan s doute en Provence. que· parce qµe Vannée précede'rne·
Hs avoient été· chaffé"s d'Ttalie pa-r · Leon IV. l'un des pfos grands Papes que Rome
ait ei't .,,
C'e-0: de lui que l'A ureur de l'Efay f ur l'Hijlo ir~ générale, dit: ,, H· étoir né H:oma-l1
f ;;
,_,le courage ·des premiers âges de la R.épubliq.ue revivoit en lui dam un te ms de lâcùeié
&amp;;
,, &lt;te-c orruption. : tel qu".'un dès oeaux Monumen s de l'ancie nne Romtque l'o n trouve
quel.~· quefois dans les ruines de la · nouvelle. " Quand.. cet Auteur· fqit&gt; l'éloge
d'n!1 P'apei, ij,(
.Jl:'e!l certainem ent paii fu fpeét.
·
( d) Preu.ve~ de l1.Hiftoire du Lan'gueaoc , füme r ~ num. 8'o, p&lt;ige· 1 o;,,.

�'t.f

n.ous l'attefter poÎttivem.ent.
de
ent
nn
vie
doc
gue
Lan
du
s
torien
. Ses trois
peu de terns après cette donation t la Proéda
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nce
Pri
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Les
s jeu ne , eu
arles, -le plu
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partagerent fes lEta ts: Ch
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eRnlrr e nt &amp;par ,. le enfans
1 po11e a comme ion
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peu d'années qu 'il' rég no it,
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qu
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Il
.
fait
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avo
.
es.
P~ Camargue.
&amp; en pil ler ent les deux _riv
Normans entrerent dans le Rhone &amp; de Septimanie, vit avec indife
Charles le Ozauve, Ro i de Fra nc elques terres fur les bords du
qu
eu
t
efa
férence ces &lt;légats ; s'il
le conduite ? On pe ut juger par
'fihone J auroit-il tenu une pareil e lui feul éfoit intéreifé , puifqu
les aétions du Ro i de Provence
s
oient firent les plus grands effort
ent
. que fes Officiers qui le repréf
r·
ma
Cp
de.
tai en t établi s dans l'Ifle
po ur ch aifer ces Pirates qui s'é
one à paffer po ur aller ra....
Rh
tit
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le
e
qll
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n'a
ils
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gu e, d'o
.
vager la rive occidentale.
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l'E gli fe de Piviers fut confirm
Ce fut pendant fon regne que
86 3;
1~~~
micaria fituée aü milieu du Rho
For
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de
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fio
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s
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firm&lt;;~~~~;li~~~;
). De-la deu x conféquences
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Viv iers 1'1t1e de L
&amp; qu 'il eto it So uv era in des
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difpofoi
,
For mic aria ,
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fitùées à la rive droite.
de
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éta nt mo rt dans la mêfme· ann
r.
Charles de Provence
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L.ouis II. &amp; L0R
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·s Il • &amp; e 01 ot iaire partagerent ies
I
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~es deulj'. "'ri.ves du rer es,
vence proprem~nt dite.
Pro
la
t
eu
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mi
pre
Le
ts.
Eta
·
·
~o.1e,
s, Usès &amp; leurs dépendances. Il
rég na fur Lyon , Vienne , //ivier
du
bbaye de Cruas fitu ée au-delà
ren ou ve lla la concellion de l'A
n:i.
fous deu x Dominations différe
Rhone ; ainfi cet te riviere cou la
Lyon jufqu 'à Lir.ere rec on nu t Lo
tes. La partie fupéi:ieure depuis
r
me
uis cet te rviere jufques à la
dep
e
eur
éri
inf
tie
par
la
&amp;
;
ire
tha
fur
II. Ces deu x Princes rég nerent
fut foumife à !'E mp ere ur Louis
on
;
it
no
dans la partie qui le. con cer
les deux rives_du Rhone chacun
, &amp; po ur
l'aél:e que nous venons de cit er
1~ vo it po ur Lothaire .Par
de
re aéte du ) des Ide s de Ma rs,
1 Em per eur Louis, par un aut
Di oc éfe
reg ne , par .leq uel la partie du
l~ hu itié me année de fon
re du
end
Rhon~ eft déç lar ée dép
d Arles fttuée à la droite .d u
ier rito ire de cet te Vi lle ( b ).
t Charles le Chauve en po f·
Charles-lert de !'E mp ere ur Louis Il. mi
mo
La
nte~:
&amp; de la Provence. Il y avoit tre
Chauve y regne à
e
ial
pér
Im
ité
gn
Di
la
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n
fio
fef
t
fon toµr~
oit de la Septimanie, &amp; pendan
cinq ans que çe Pri nc e jou iif
fé
paf
ait
tro uv e àu cu n .aB:e qu'il
.ce lo~g efpace de tems l'o n ne
ue c:!roit
P~ovinçe lui eû t çlonné quelq
f.lU fuJet du Rhone. Si cet te

Le

7 i9.
(a) Bou che , t0m e r, page

(.h ) ln.vent.aire

~es

Arlfh.ivcs d'Arles &gt; I';i.ge n~

�rtf

rur ce. Fleuve bu fes C!épenôances ' rie trouveroit-on pM Cfes traces
de l'ufage de èes droits? ,Tandis qu'on peut remarquer qu'à peine
il a fuccédé à fes deux neveux , l'Hifl:oire nous fournit des preu~
ves de l'exercice qu'il a · fait de ces mêmes droits.
)) Sachent tous préfens &amp; à venir ( dit-il dans un Diplôme (a}
tf17.· , •
0
0
u'il
accorda
à
l'Eglife
de
Viviers
le
2
Août
877
)
))
que
pour
d'
C
°n~m;u
d!l
q
1 61eUis
,
D
N
e pu
ion s ,
»l'amour de Dieu &amp; a la priere de notre cher . uc Bdfon, ous fur le- Rhon_e par» avons accordé à l'Eglife de Piviers les biens qui étoient autre- le Souverain de'
1: •
de ion
r
D omame,
·
r
·
IT~d
» 101s
içavoir,
tout ce qu ' e11 e pow~
e dans l e Provence,.
?) Comté de Valence avec la moitié de l'Egl~fe de Saint Romain ..
.,, Nous lui donnons !'Abbaye de Dour_ér.e fi.tuée für}e Rhone dans;
:»le Comté d'Orange,avec fes appartenances &amp; fon diftria des deux
')côtés: de plus, l'Ifle d'Argentiere auprès .de Saint Andeol, &amp;:
;l&gt; l'Eglife de Saint Viaor fur le Rhone jufqu'à Scotadium ..
- Plufieurs circonftances · prouvent que !'Empereur Charles ne
pa:loit que comme Souverain ~e Provence•.En premier lieu? fou.
D1plome efl: conçu dans les memes termes que les acres faits en8 so &amp; 86 2 par l'Empereur Lothaire &amp; par fon fils. 2 °.. C'eft: à:.
la priere de Bofon, Gouverneur de Provence, du Comté ·de Vien ..·
ne &amp; des Provinces voifines .. On fçait que dans le neuviéme ftécle'. .
ces premiers Qfficiers fe faifoient un mérite dïnftruire l eurs Sou~­
verains des befoins des Eglifes -dépendantès de leur Gouvernement. Enfin la défig_n ation de l' affiéte de l'Iffe Argentiere ne laiîfet
~ucun doute qu'elle ne fifr au. milie4 du Rhone-.
. _
· . Terminons cette époque par des preuves émanées- des Hifto. fif1-., _,., .
rie~s de Languedoc eux-n;êmes, qui, en parlant de la divifion du l'Jr~g~ ~~;1~~ 1 ;a~:
Languedoc en Comtés, d1fent, Tom. prem. pag. )87 &gt;&gt;que ceux !iedelal?rovenoe•.
:&gt;&gt;de Piviers &amp; d'Usès, avec la partie d-e ceux de Fienne, de Va- i&gt;&gt; ·zen ce, d'Avignon &amp; d'Arles, fi tués à la droïte du .Rhône, dépen&gt;&gt; doient du Duché de Provence &amp; étoient fi tués dans la . partie:
» du Royaume de Lothaire qui é_toit échue à Charles zè· Chauve~.
» Après le Concile de Troyes, ajoutent-ils, ToJ?J. z, pag. 3·,,
1'~:1 i~é' ebti'ë'
&gt;) Louis le Begue fe rendit à Foron près Majlreic , où it"'e"ut une con. f.ot·~s le Fec;ue &amp;
» f~rence avec, Louis ~e Germanie fon cuttfin. Ces deux Princes ctm." ~i~~is· 1d: Gf~h::;·
)) vrnrent de s en temr, par rappon au · Royaume de Lothaire·, au r fre i:u R.ci de '
~)partage que leur pere leuT êlVOÎt dé1à fait, enforte que fuivant Provence •.
)) cet :accord, les deux côtés du Rhone depuis Lyon jufques àJa;
:&gt;&gt;mer, &amp; parconféquent le Fivarais &amp; le Diocèie d'Usès demeu··
&gt;&gt; rerent au premier. _
·
.La Provence s' étendoit don_c des deux côtés du Rhone:, au l110ye1t
(et). Hiftoi_re d1,; Lang~:efoc. :Preuves-, dum.

1 v.3

) p;g'e 1 H•

�r16

remeht partie. Offrons.en

nécelfai
&lt;re qu oi; le Fle uv e en faifoit mêmes fources.
des
de notJvélles preuves· tirées

ETAT

DU

RHONE

FI LS .
so us B os qN ET so N.

t la
ayons à év ite r to~t ce qu i fen
us
no
e
qu
n
tio
en
att
ue
elq
Qu
er dans
forcés ,-à cet te ép oq ue , d'entr
'differtation, nous allons êtr e
fon;
n arrivée pa r la rév olt e de Bo t
tio
olu
rév
la
fur
l
tai
dé
ue
quelq
t fai
s Hiftoriens de Languedoc on
é à
Go uv ern eu r de Provence. Le
nn
do
oit
er que cet év én em en t av
un e lon gu e no te po ur pro uv
n bo rd à l'a utr e. Après avoir
d'u
r
tie
çn
one
Rh
le
ce
vin
ce tte Pro
leu r fyfaétitude qui ne favorife pas
réta-bli les faits dans un e ex
rév ors propres pa rol es, que cet te
leu
r
pa
ir
vo
s
on
fer
us
no
,
e
têm
que les
its de la Provence, n'a fait
lut ion , loi n d'a lté rer les dro
confirmer.
céd é à Charles le Chauve, &amp;.
fuc
oit
av
,ue
Beg
le
dit
II.
Louis
Sim·
uis III . &amp; Carloman : Charles le
laiffé de ux fils en mo ura nt, Lo
qu e
e
nn
qu i ne pa rvi nt à la Co uro
e
um
fth
po
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un
fut
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lon gte ms après.
du pays de
rs Go uv ern eu r po ur le Ro i,
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Le
s1s. ·
voifines. C' éto it fans 1co ntr
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Ufurpa ti on de Proi1e1
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J3pPro
oit pa rta gé le Tr ôn e de Charl
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Ric
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Sa
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allian
ou fé
ncée à Carloman, &amp; il av oit ép
Chauve ; fa fille fe tro uv oit fia
effe
nc
Pri
!'E mp ere ur Louis JI. Ce tte
de
e
iqu
un
e
fill
e
ard
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Erm
défef..
de !'E mp ere ur d'Orient, fut
qu i av ojt été promife au fils
cit a
ex
ion
n Pa rti cu lie r : fon ambit
pe rée de fe vo ir la femme d'u
acc ep ter la co urm me que les
à
na
mi
ter
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le
&amp;
cm
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Bo
ce lle de
D'a prè s les
les Pe up les lui décernoient. fur pa tio n
&amp;
rs
eu
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Se
les
ts,
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Pr
u
l'u
n ~n r~conn
m. 2 , pag. Io ,
s Hi fto rie ns du Languedoç, To
doit en
iU-dçla duF l~uve. pro pre
ce que le Ro i de France poffé
de Bofon s'é ten dit fur tou t
pa rti e
la
nu , difen t-ils , dans tou te
on
rec
fut
fon
Bo
&gt;&gt;
ce:
ven
s
'fro
dans les Di oc èfe s de Vivier
ir,
vo
fça
oc,
ued
ng
La
du
» ori ent ale
de Vienne j ·
partie de ce ux de Valence ,
x ....
» &amp; d'Usès , &amp; dans la
a du Rhone. Ainfi, fuivant eu
deç
en
eft
i
qu
les
Ar
&amp;
n
no
» d'Avig
'el le
vence dans la mê me éte nd ue qu
mêmes , Bofon po!féda la Pro
.
av oit fous les Ro is de France
er urt
des raifons folides po ur juftifi
S'i l éto it poffible de tro uv er
lone manqueroit pas d'a po~~
fon
Bo
e
qu
nt
ft~
con
eft
il
'·
ur
Ufurpate

.

.

�. ·11
gie: Il n'y avoit alors ni droit de naifîance; ni droit d'élea ioh
reconnu ( a ). L'Europe étoit un vafte cahos dans lequel le plus
fort s' élevoit fur les ruines du plus foible , pour être enfuite pré.cipité par d'autres. Auffi vit-on s'élever dans ces tems d'anarchie
&lt;le nouveaux Royaumes , comme des monceaux de terre après un
tremblement. Les incurfions des Normands achevoient de mettre
tout en confufion.
Quelques Hiftoriens prétendent que Charles le Chauve lui-même
avoit érigé le Royaume d'Arles en faveur de Bofon, &amp; que Louis
&amp; Carloman n'avoient pas des droits plus lépitimes que lui, puifqu'on les regardoit comme btitards, étant nés dune femme répudiée .
( b) : un fait incont efiable , c'eft que la Couro nne lui fut déferée
par le Concile de Mantaile près Vzenne , avec les mêmes fofom~
nités que l'on obfervoit alors pour les Princes légitimes .
. Il fçavoit que dans ces tems-là une Bulle du Pape pouvoit
affermir ou ébranler le fceptre dans.fa main: auffi fe le fit-il confirmer par Jean VIII. ( c ) ; &amp; pour tâcher de faire oublie r quël
étoit fon véritable Maître , il n'héfüa pas à fe rendre coupable du
crime de felonie, en faifant à !'Empereur d'Allemagne hommage
àe la Provence , du Dauphiné &amp; des autres contrées qu'il avoit
ufurpées fur la Maifon de France. Tel eft le titre odieux que Bofon
&amp; fes fucceffeurs ont voulu donner à l'Empi re fur des Provinces
:
qui ne lui appart~noient point ( d ).
nt du Royau~ .
illeme
· Bofon ne joùit cependant pas d'abord tranqu
(a) Effay fur l'Hiiloir e générale .

~ b) Abregé chronolo gique du Préiiden t Hainaut , pag. 879.
Italie, le ~raitoit d~ns
( c) L~ Pape qui avoit alors .befoin de lui pour le conduire en

Saihteté voulut
{es Lettres de fon Fils, de très-glorieux Prince. Quelque s années après 8a
&amp; de Pertur~
'lbnerair
de
tions
qualifica
les
donna
lui
plaire à la Cour de France, &amp;
bateur du repos public. Bouche, tome I , page 76 6.
jufqu'au
· ( d) Depuis cette époque nou11 allons voir la Provence refter Fief de l'Empire preuves
plulieuriS
tems de fa ré.union à la Couronn e , &amp; de cette [éparatio n même naitront
d'avouer qu'une
en faveur de cette Province . Nous nous ferons d'autant moins de peine
ns de l'HiCmonume
mêmes
les
que
Pays,
ce
Puiffance étrangere a eu la füz.eraineté de
n paffagere ne
ufurpatio
cette
que
tems
même
en
t
infiruifen
nous
fait
le
attefl:ent
qu_i
toire
imprefcr ippeut nuire aux Rois de France, car s'il ell: vrai que les droits des Rois foient
parce qu'un
tibles , ceux de la Couronn e fur la Provence peuvent- ils avoir été détruits,
? Si l'on veut
Ufurp.:teur aura reconnu pour Maître un autre que fon Prince légitime
depuis à Louir ·
aucontra ire que la prefcription ait lieu dans ces matieres , comme on Ï'oppofa
fur le Miladroits
fos
valoir
faire
voulut
il
,
Vijcomtî
d'une
petit-fils
de
XII. lorfqu'en qualité
Provence ,
la
fur
droits
fes
recouvré
a
France
de
nais: il y a plus de 400 ans que la Maifon
Poëte: Je
le
avec
dire
pourroit
Roi
le
,
difputer
lui
les
ofoit
Puifiànce
utre
&amp; li quelqu'a

·

regne, il n' efl plus tems d'examiner mes droits.

évenemens que
Les Proc~reurs dù Pays peuvent donc fans crainte rappeller au Conîeil des
De pareils
Roi.
du
intérêts
les
pour
zele
par
r
diffimule
devoir
&lt;;JU~lques f11fioriens croyent
la Co.J.1ron11e !\Il\
ménagemens ne -convien nent qu'à ·des droits équivoques , &amp; ceux qu'a
la Pnm·nce depuis la ceffion de Vitiges, n'ont jamai~ été incertains~

'

c

Lés Rois d•
France lui font li
guerre.

�'1·s

loman firent quelques efforts
.me qu'il s'étoit fon né; Louis &amp; Car ; mais il employa con tre
pou r le. remettre fous leu r obéiffance la force aidée de la pru•
s,
eux ce qui fait &amp; · dét rui t les Empire
lui Vienne, elle ne fut pas
1
dence. Si les deux Princes prirent fur
tes les Branches de la Maifon
longtems à leu r p-quvoir : envain ·tou
cab ler , il fçut fe maintenir
'de France fe liguerent-elles pou r l'ac
contre toutes leurs forces réunies.
rpateurs heu reu x; Carlo•
En fin , ce Prince eut le fort des Ufu en mariage , &amp; il y a
Ils traitent avec
vant le vaincre , reçut fa fille
lui, &amp; il conferve man ne pou
e de confentir
nce que dès lors la France fut obligé
d
fc
les deux bords du tou te appare
fc " 1
"l
vence &amp; es dé pen ances.
Rho ne.
pou r 1e moment qui con ervat a Pro &amp; Carloman éta nt morts
is
Ce qu'il y a de cer tain , c' eft que Lou , qui régna en Fra nce
eur
fans enf ans , Charles le Gros, Em per
ple, fit la paix avec Bofon,
Sim
le
rles
pendant la minorité de Cha
ts ( a).
&amp; confentit qu' il confervât fes Eta
indre changement dans les
Ce tt.e révolution n'apporta pas le mo
nc;mveau Ro i régna fur elles
Provinces qui en furent l'objet. Le
ient régné les Ro is de France. A
&amp; fur le Rhone, comme y avo
le Cle rgé auquel il avoit de
l'exemple de Clovis, il fçut ménager
envers les Eglifes fur ent
fi gl"andes obligations. Ses libé rali tés
ont -ils .beaucoup plus refconfidérables: auffi les Moines d'alors
-Martel qui fe conduifit fi
pea é fa mémoire que celle de Charles
différemment ( b )•
, &amp; fit comme lui homLouis l' Aveugle foccéda à fon pere Bofon
. sir-1~
ple, ( difent les.
pereur. »Charles le Sim
l'Em
à
ce
ven
Pro
la
1·
de
·
ge
c
ma
le
~
u.
Ave&amp;
1'
L1. ofuis
. s d e Languedoc J tom. 2' pag. 49 '))) eut1a1t va 01r fes pré"'·
1U ucce,1 e, ies H'
iftonen
uill e~tats 0_1_1tlamême
me de Provence fans les nouvelles bro
yau
Ro
le
fur
s
tion
ten
))
&lt;lne.
c:ten
oyaume (de France)à la faveur defquel&gt;&gt; ries qui s' éleverent dans leR
nt dans la paifible pofieffion des deux c~tés
&gt;&gt; lesLouis l' Aveugle Je mainti
ouchure dans là mer«. Co m)) du Rhone depuis Lyon jufques à fon emb eurs que , lors de cette ré-aill
ment après un tel aveu a-t -on pu dire
furent réunis à la Couronne ?
vol uti on, le Rhone &amp; fes dépendances
ugle enhardirent le Co mt e
Les malheurs qu'effuya Louis l' Ave ). HuO'ues lui-même av oit
Hug uesu furp e
r fur lui fes Eta ts ( c
l:&gt;
la Prov ence ' &amp; le Hugues à ufurpe
A

Marquis de Gothie la démembre.

·
.
1, page 767.
qui lui.avoit
t Den is, fait couper la tête à un Abbé
Sain
de
x
gieu
Reli
les
vexé
t
avoi
Il
le Clergé
.&lt; b)
ifler
Jubj
.nt
laiffa
es,
itain
Cap
des Eglifes à fes
répa ra
gne
fait la guer re, &amp; donné les biens
lema
Char
79.
:t
Surius, tom . prem ier, pag.
.
comme il pourrait. Vie de S. Remy;
autant qu'il put les torts faits à l'Eg life.
l'ayant v;iincu
pire , mais Berenger fon Compétiteur
( c) Ce Louis avoit prétendu à l'Em
que dans ce
ît
paro
Il
.
eugle
l'A11
s
Loui
llé
appe
d'où il fut
[es neveux
de
&amp; pris , lui fit crever les yeux ,
un
à
fobir
fair
it
foibles ; Louis I. l'avo
onndire.
Déb
tems-là ce foppl ice étoit le fort des
le
moin s été nornmé_
les tour men s; &amp;.Louis 1. n'en a pas
('a) Bou che, tome

qui étoit mor t dans

�I .9
àeux voHins -puHfans, hommes de fortune comme lui": c'étoit
Ermangaud, &amp; Rai"!-ond Pons, Comte du Langu~doc ou Septimanie. Ces deux Princes ayant ufurpé fur la Maifon de France
les Pays dont ils n'étaient que Gouvern eurs, s'emparerent également ~'une partie de ce qui, dépe~doit de _la P:ovence fur la
rive occidentale du Fleuve , . c eft-a-d1re du Vwarazs &amp; du Pays
d'Ufès. Ce démembrement à la vérité n'eut lieu que pour trèspeu de tems, mais dans ce moment ils ne laifferent à Hugues
.que ce qui reftoit de la Provence de ce côté-là. Nous all&lt;?nS
apprendre des Hiftoriens de Languedoc même en quoi confiftoit cette portion , &amp; quelle conf~quence ils tirent de cette
révoluti on, pour prouver qu'elle. a rendu le Rhone une dépen.
-Oance de leur Provincé.
dont Bofon s'empara l'an 879 \a);
Provence
de
e
»Le Royaum
» difent-il s, s'étendoit des deùx côtés du Rhone, &amp; comprenoit en
&gt;&gt; deçà de ce Fleuve ( du côté du Langued oc ) , les D iocèfes de
»Viviers &amp; d'Ufes, avec la partie de ceux d'Arles, de Palence &amp;
»de Viénne qui dépend du f.anguedoc. Il eft important de faire
,&gt; voir ici la maniere dont fe fit cette ufurpation , pour l'intellila
'&gt;&gt; gence de ce que nous avons à dire dans la fuite touchan t
Lan» Souveraineté de nos Rois fur le Rhone, lequel appartient au
» guedoc d'un bord à l'autre depuis les frontieres du Lyonnois jufqu' à
l&gt; l'embouchure de ce Fleuve dans la mer..
La tremiere fingularité q\.Ii frappera ' dans ce paifage, fera fans
d' r.
A
·d?ute e peu de 1·ia1'fc_on qu''i
l' y ~.-entre ~e que ces . uteurs !ienf
d abord avec la conféquence qu ils en tirent pour leur Province.
Car quelle analogie trouvent -ils entre la Souveraineté de nos Rois
fur. le Rhone, &amp; la conclu.fion qu'il appartient d'un bord à l'autre
au Languedoc !
. Ces fçavans Hiftoden s entrent, après ce début, dans de grands
âétails , clefquels cependant on ne voit aucun réfultat qu-i prouve
que le Rhone ·appartienne au Languedoc; l'on n'en peut même pas
conclure qu'il ait continué d'appartenir aux Rois de France. Comment en effet concevoir qu'un Fle.uve ne ceffe pas d'être fous la
Domination d'un Roi, tandis que les terres gui confinent à fes
àeux rives "font poffédées ou ufurpées par d'autres Princes qui s'en
font Souverains ? Quoi ! d'un .côté le Marquis de Gothie s'empare
du Vivarais &amp; de l'Usès, de l'autre Bofon &amp; Hugues fe font Rois
de Provence , &amp; cependant les Rois de France n'en auront pas
moins confervé les rivieres qui coulent au milieu des Etats de
ces Princes ! G'eft ce qui ne fe conçoit pas.

( a) Not, premiere , page 51.1 , tome z.

c ij

~éfu.tation des
pretent1ons des
Hillor. du Lang.
fur la propriét~
·
du Rhone.

�!26

l'adreffe ave&lt;! laq uel le
Rie n de p{us remarquable au refle que
l'ufurpation des Go uve rles -de.u.x&gt;B'énédiB:ins cherchent à pallier
neurs de leurs Provin ces.
qu' Ermangaud &amp; Raimond POn$
» Il par oît certain , difent - ils,
rent alors du Vivarais &amp; du
»fa n nev eu, Marquis de Gothie, s'alfure
partie du Languedoc qui dépend oit
» Païs d'Uses, c' eft-à-dire de la
: ce qu'ils firent au nom de
)) de ce même Roy aum e de Provence
toujours pou r feul Ro i lé·
)) Charles le Simple, qu'ils reconnoilfoient
leur hienféance, ils Je crurent
)) giti me , ou à caufe que ces Païs etant à
Je les approprier &amp; de les
»être autant en droit que des Etrangers de
» unir à leur Domaine.
ce Pa'is à fon Domaine:,
Le Marquis de Gothie avoit fi bien réu ni
, qu'il n' eft revenu à la
&amp; Yavoit fr peu pris pou r le Ro i de France e ufurpation,. &amp; il a
s cett
Çau ron ne que plus de trois fiéclès aprè
la fui te, que la Ma:ifon de
fall u, comme nous le verrons dans
à celle de BOU RBO N, pou r
Touloufe en ait fait une ce!Iion formelle No us auri:ons donc fans
its.
que la France foit ren trée dans fes dro
doc de dire que ce fut par
con tred it autant de dro it que le Langue
la Provence;- rnais nou s ne
droit de bienféance que Bofon s'empara de on &amp; de la révolte. Bofon
biti
fçavons poi nt pallier les crimes de l'am
que nous voyons entre lui
fut un Ufu rpa teu r, &amp; la feule différ~nce qu'il eut le courage de
&amp;- les Gouverneurs du - Languedoc , eft
fonder Ul} grand Ro yau me ,
mo nte r ouvertement fur le Trô ne; de
caraB:érife les grands talens;
&amp; de s'y foutenir avec cet te audace qui
courageux , ont marché
tandis que fes deux voifins plus rufés que font foutenus par une
, fe
dans les ténébres d'une rebellion fou rde
dér obé , pou r ainfi dir e,
con dui te timide &amp; faulfe, &amp; ont plu tôt
leu rs Eta ts qu'ils ne les ont conquis.
ce moyén-le bord arien~
Les mêmes Hiftoriens ajo ute nt, que par
Provence · &amp; du Languedoc~
tal du Rhone forma la féparatiori de la vér ité, &amp; à ce que nou s·
à la
C'e ft encore une alfertion contraire
ouv rag e, où ils difent que
·venons de rap por ter de leu r pro pre
polfeilion des deux c~téS;
Louis l' Aveugle fe maintint dans la paifible re de la me r; fi ce fait
chu
_ du Rhone depuis Lyo n jufques à l'em bou font forcés d:avouer que ·
ce
eft vra i, fi les Adverfaires de la Proven
ntint dans la paifible pof ,
mai
le nouveau Sou ver ain -de Prov.ertce fe
ment la rév olte de Bofon a-t- elle
f~ffion des deux c~tés du Rhone, cùm
formé la féparation des deux.
fait que le bord oriental de ce Fle uve ait
paradoxe., au moins fau t-il
Provinces ? Qu and on veu t pro uve r un
être d'accord avec foi-même.
principes des mêmes· Au~
En fecond lie u, füivant l_es propres

�2f

le Pivarais &amp;
te'urs ; âès -que le Marquis de Gothie tte prit que
les autres dé&amp;
,
l'Ufége, Beaucaire, la Ter re d'Argence, Fourques
de ,Valence, d'Avignon
pendàrt~es du Com té d' Ar le~, de Pienne,
du Rhone., refterent
qui, fmvant eux- mêm es, éto1ent fitués au-d e-la
Rhone ne fervit
à la Provence: c' eft donc une nouvelle preuve que lefan .bord oriental,
poin t de limites aux deux Etat s, encore moins par
terres au-de-là de.
puifqu'il reftoit encore au Com te de Pré&gt;vence des
de la Mét ropo le
ce Fleu ve. Le Rhone fuivit néceffairement le fort
eût fervi de limites
don t il dépe ndai t encore : &amp; quand même il
par fon bord oui..
aux deux Eta ts, ce n'au roit jamais pû être que
Hiftoriens du
dental, &amp; non par fa rive orientale , dès que les
foit emparé du
Languedoc ne difent poin t que Raimond Pons fe
ès. La fuite
ve en même-tems que dès Terr es de Viviers&amp;_ d'Us

Fleu
en aucu n poin t d'ac ...
-de leurs raifonnemeç.s fait voir qu'ils ne font
cord avec eux-mêmes : en voic i la preuve.. ·
que le Vivarais &amp;.
. )) A cela on doit ajou ter, difent-ils pag. ) 26,
ence après la
&gt;dVJége ne firent plus partie du Roy aum e de Provréunirent à la.
1ce
''mo rt de Louis l' Aveugle, &amp; que les Roi s de Fra1
, fait par les- ·
nnus
reco
nt
fure
» Cou ronn e ces deux Païs ; ils y
rent les Maîtres , foit par les;
&gt;&gt; Com tes de Touloufe qui en dem eure
ces deu x Pays s'étend oien t.
» Prélats &amp; les Seigneurs : Or, comme
ve que .nos Roi s ont éxer cé leur;
&gt;) jufq u'au Rhone, c'eft une preu
ion d'Hugues, qui après» fouveraineté fur çe Fleu ve mal gré l'ufu rpat
ence, &amp; la céda en-'
)) la mor t de Louis l' Aveugle s'empara de la Prov
e , d'où elle paffa aux Emp ereu rs:_
&gt;) fuite aux Roi~ de Bourgogn

)) d'Allemagne.

.

ent que d'êtr e._
Que lle logi que! Il ne manque à tout ce ralfonnem
-: il faudroit pomr
conféquent en lui-même &amp; fondé fur des faits vrais
e11 effet occu pé le:
qu'il fût j fte, 1°. que le Marquis de Gothie eût
fesApologi~es:
Pivarais &amp; i·ufége pou r les Roi s de Fran ce, comme l s'en- empara,
cill:'i
l'infinuent avec adreife, tandis qu'i l eft cert ain
des Etat s du Sou vepou r lui,m ême , &amp; q_ue ces Pays firen~ patt!e
nt réunis à la c~m""':
rain de Langueàoc jufqu'en 127 1, qu'ils fure
ie fe fût emparé 9e:
.m nne. En fecond lieu , que ce Marquis de Goth
e-là du Fleuve.7'"
tout es les dépendances que la Provence avoir au-d
rais. &amp; de l'Ufége ,.
tandis que les.Hiftoriens ne par.l ent. que du Pïva
au-d e-là du Rh6ne·,,
après nous avoir dit que la Provence.com pren oit
re la partie de ceux:d' Ar-les;:
non-feulemen~. ces deux Pay s,. mais enco
troifiéme lieu ,
de Vienne &amp; d'Avignon qui dépend du Languedoc. En
R_Twne.,. . ce. q;re
que ~~im_ond Pons [e fût égal~ment emparé du
en effe t n ai:n:1;~
qur
c~
&amp;
Bénéd1ams eux..memes ne .d1fent pas,,

!es;

�~2

point; puifque ce Fleuve ne ceifa pas; comme nous l'allons voirj
d'appartenir aux Souverains de la Provence.
Qu'imp orteroi t au refte à notre queftion que le Vivarais &amp; I'Ufége
euffent été réunis dès-lors à la Couron ne, &amp; que cette réunion eût
acquis à la France la proprié té de cette partie du Rhone? Ce n'eft
point cet objet que nous réclamons: il ne s'agit àujourd 'hui que de
la portion du Rhone qui coule depuis la Durance jufques à la mer;_
&amp; le Pivarais ni l'Ufége ne s'étendent jufques-là.
du Rhone
Veut-o n enfin que Raimond Pons fe foit rendu-M aître
~·ufurp~tion_de
·1
·
1
ér.
ri
ll
Q
?
c;:
d
.
R
l
rien
na
J3o ,o n
uei e con1equence en r iu tero1t-1 pour
ch:m eé à la pro~ pour e 01 e J. rance.
bord à l'autre ~
priécé du Rhone. dire que ce Fleuve appartient au Languedoc d'un
appartenoit au
qu'il
Tout ce que l'on en pourroit conclu re, c'eft
Roi de France par le droit de la Couron ne, &amp; qu'il n'a pas ceffé
d'en être Souver ain, quoique les terr~s des deux rives fuffent occupées par des Princes qui s'étoient rendus indépendans : propofi..;
tion abfurde, puifque les droits de la Couronne fur le Rhone n'ont
jamais été féparés de celui qu'elle a fur la Provençe : Au furplus ,
__:: aucune de ces fuppofüions donneroit-elle le Rhone au Languedoc!,
Prouveroit-elle que cette Province ait à cette époque acquis quelque nouveau droit fur ce Fleuve , &amp; qùe la Provence en eût perdu r
Ce dernier Pays n'a-t-il pas refté, lors de la révolut ion, dans la
même étendu e, dans les mêmes limites en deçà &amp; au-de-là_ du
Rhone, qu'il avoit aupara vant, à l'excep tion du Pivarais &amp; de
l'Ufege l Encore les Hiftoriens du Languedoc nous difent-ils ailleurs , que ces deux dernieres contrées ne furent pas pour longtems réunies auLanguedoc: Nous allons voir qu'en effet I'ufurpation
qu'en fit le Marquis de Gothie ile fut que momentanée.
En pftrlant des Pays fur lefquels la Maifon de Touloufe regnoit à
cette époque , les mêmes Auteurs nous atteften t, tom. 2, pag. ) 8:
» quant au //Tivarais &amp; à lVJége, qui faifoient partie du Royaum e
Comte~
:&gt;&gt; de Provence, ils étoient gouvernés , ce Jemble , par des
de ce
&gt;&gt; particuliers fubordonnés à Hugues Duc QU Gouver neur
.
~Royaume.
a doric pas même pour
n'enlev
Bofon
par
arrivée
ion
. La révolut
qui revinrent bientôt à
l'Uftge
toujours à la Prove?zce le Vivarais &amp;
Hugues: ce Royaum e refl:a donc compofé comme auparavant, &amp; le
Rhone ne changea de Maître en aucune de fes parties. Il ne fut
acquis ni à la France ni au Languedoc , &amp; ne fervit de limites aux
deux Pays par aucun de fes bords; les Rois de France n'y conferverent pas plus alors leur Souverainet_é que fur la Provence
même, qui depuis la félonie de Bofon deineura Terre de l'Empir e

�.
2j
Ad'.;
jufques à fa ~éunion à la. Maifon de. Fra~ce e~ ·1 ~~ff. Où nos
plus
verfaires ont-ils donc pns que le V1vara1s &amp; 1Ufége ne firent
les
que
&amp;
ugle,
partie de la Provence après la mort de Loui s l'Ave
Rois de France réunirent à la Couronne ces deux Pays !
;
Les Hiftoriens de Languedoc, après nous avoir dit eux-mêmes
nce
Prove
de
que les Archevêques d'Arles avoient obten u des Rois
er
!'Abbaye de Crùas dans le Vivarais, veule nt nous faire oubli
cette
à
reftés
nt
qu'ils ont avoué qv.e le Pivarais &amp; l'Ufége étoie
ces
Province fous Hugues, &amp; nous difent, pag. 1 oo , tom. 2 , que
pro~
Prélats n'avaient fur cette Abbaye que le droit de vifite &amp; de
fous
rné
teEtion, &amp; que ce Monaflere continua toujours d' ~tre gouve
leur autorité par des :Abbés particuliers. Conçoit-on aifément un Mo·
, &amp;
naftere, dans lequel un Archevêque n'a que le droit de vifite
pour_
qui cepend:mt eft gouverné par fon autorité ? Que de fineffes
nce.1,
Prove
la
de
e
encor
ne pas laiffer appercevoir que le Vivarais étpit
En voici une autre qui n'eft pas moins forte.
nuent les mêmes:
&gt;) L'aél e de fondation de cette Maifon ( conti
de
» Auteurs) efl: daté de Cruas la vingt~uniéme année du regne
e
)) Conrard : ce qui pourroit donner lieu de croire que ce Princ
tale
)) était alors reconnu en deçà du Rhone &amp; dans la partie orien
.de
ume
)) du Languedoc; qui avoit dépendu anciennement du Roya
)) Provence; mais cette Char te n'eft SANS DOUT E ainfi datée , que:
»par ce que !'Archevêque IEterius, au nom duquel elle ·étoit expé~
» diée, éfoit Sujet de Conrard.
Il eft vrai qu'en fe fouvenant que Hugues Roi de Provence avoit
on.
recouvré -le Pivarais &amp; l'Uflge fous la fouveraineté de Conrard,
pourr oit croire qu'm~ aéle paffé dans le Vivarais, &amp; daté du regne
de·
de cet Empe reur, feroit capable de prouver que ce Pays· étoit
fe
Provence : &amp; il a fallu les jàns doute, les ce femble, &amp; toute l'adrei
des Bénédiélins pour en diffuader.
Mais confultons des Auteurs qui ayent moins de prévention pour
foit ~
le Languedoc, &amp; qui ne cherchent pas, à quelque prix que ce
Bour
à lui donner un Pays qu'il n'avait point alors. )) Les Rois de
t le Vivarais ( d!t !'Abbé de Long ue)&gt; gogne &amp; d'Arles poffédoien
Empereurs·
» rue dans fa Defcription de la France, pag. 260) &amp; les
les mêmes cjroits ..
&gt;) Allemands qui fuccéderent à ces Rois eurent
be, qui étant
SQ.ua
de
»Ce fut !'Empereur Conrard de la Maifon
a &amp; à fon Eglife b
&gt;) parent de ·Guillaume Evêq ue de Viviers, lui donn
de)) Ville &amp; le Com té de Viviers. Ces Evêques jouir ent toujours
de
Rois
des
·
)) puis librement de c~ Cot11té fans 'aucune dépendance
réuni on du Lan&gt;) France, ou des Seigneurs voifins, jufques après la
&gt;&gt; guedoc à la Couronne.

/

�~4

riens de
L'on ne croit pas d'après ce témo ighà gé; qne les Hifto
t dé..
emen
réell
füt
Languedoc puiifent faire croire , que le Vivarais
qu'en
&amp;
mem bré de la Provence lors de larév.olut ion de Bofon,
re à leur
conféquence le Rhone ait été acquis par-là d'un bord à l'aut
ion du
réun
Prov ince : eux-mêmes, tom. 4, pag. r 3 3, fixent cette
auquel
Pivarais aux premieres années du quatorziéme fiécl e, tems rai-fouve
ils difent que les Evêques de Piviers reconnurent enfin la
neté de nos Rois (a).
étend u fur ces évenemens que parce qu'ils font la
L'on ne s'
t leurs plus
premiere fource d'où les Adverfaires de la Provence tiren
ntraire
forts argumens pour lui difputer le Rhone , &amp; l'on voit au-co
la
dont
aires
que tous ces faits hiftoriques, dégagés des Comment
s , jette nt
prévention desHifl:oriens de Languedoc les avoit enveloppé
te que la
un nouveau jour fur les droits de la Provence. Il en réful
nt aux
révo lutio n faite par Bofon n'a pas opéré le moindre changeme
eurs, &amp;
limites de la Ptovencç. Il l'a poifédée comme fes Préd éceif
Procette
de
fes Suc.ceifeurs en ont joui ·Gomme lui. Les limites
'frai té fo~
vince ne changerent véritablement qu'en I 12), par u.q
·
lemnel que nous rapporterons bien tôt.
e de ·nos
Cett e difcuffion nous a fait perdre l'analyfe chronologiqu de fa
89 6.
nous en fournit .deux
·
.A&amp;.~s d~ fouve~ preuves.• Le regne de Louis l' Aveugle
.
Lyon
ramcte fur le
de
1lle
V
la
erne
conc
1ere
prem
La
e.
Rhon
Rho ne par Louis fouverameté fur le
qu'il fit
de l'an 896. La feconde eft du même-tems. C'efl: un aae
l'A.v.el,lgle.
donna pluexpédier en faveur d'Amelius Evêq ue d'Usés, auquel il
fon àtta-:
fieurs Eglifes auprès de fa Ville Epif copa le, en faveur de
chem ent pour fon Souverain ( b ). ·.

ET A T
sou s
C once/1îon d'un
b ras du H.hon.e p;ir
u n C.Qmte

v.ence,

de Pro~

D U

R . H 0 NE

LES COM TES - DE PRO VEN CE.

t formée
La premiere race des Comtes de Provence n'efl: pas plutô ier ( ç )
prem
qu'on la voit en poffeflion de ce Fleu ve• Guillaume
.. · ·

occali on de fouhai ter que ceux
(a) En lifant l'Hifro ire des Nation s, l'on a Couvent
plµs pour les Hifroi res des
encore
délire
le
on
Pays;
n
d'aucu
qµi l'éc~ivent ne fuirent
l es écrive nt que pour acne
s
Auteur
les
que
Provin ces d'un même Royau me ; il femble
plut6t des Plaido yers ou
font
t
plC1par
La
.
l'autre
de
ice
préjud
au
l'une
quérir des droits à
de celle de Languedoç,
l'égard
à
voir
de
s
venon
nous
des Panégiriques que ç!es Hifroi res, &amp;
qui fans doute leur
fifrème
un
adopté
que les BénédiÇti11s q1JÎ l'ont compo fée , après avoir
&amp; par l'ench aî- .·
vérité
la
de
force
la
par
nés
Entraî
.
avoit été prefor it, ont fouven t oublié
e d'acco mpofl.îbl
été
pas
n'a
qu'il
nemen t des faits, ils fe font contre dits toutes les fois
moder les évenem ens à leur plan.
!. , num. 16, ·pages 3o &amp; 3 r.
( b ) Preuves de l'Hifio ire du Langu edoc, tome
me ne fut réputé Comte de Proi•ence
Guillau
cç
que
cl!t
nous
( c) Bouch e à cette époque
les neuvié me &amp; dix iéme fü~cles eft
ne
concer
que par la foibleffe de Conrard. Tout cr qui
• à l'empire de leurs Etats.
Prince
des
droits
les
er
démêl
n
ii obfcur , , qu'à peine feut-o

··

donne

�.

~r

tlonne -au Monaftere :c!e Saint André dans le Comté d'Avignon rqui
faifoit partie de fes Et,ats , le bras du Rhon,e qui formoit l'Hle Ma~·
ranica avec faculté d employer cette eau a tel ufage que les Reh...
gieux ~oudroient (a). Non-feulem ent il n'y a n.ulle preuve que les
Souverains de la Septimanie ayent étendu leur pmifance fur le R,hone:
mais:les pro~res m.onumens émanés d'eux prouvent l~ contraire.;
_,c' eft ce que l'on v01t par le teframent de Raimond premier. Il y fait
&lt;les legs confi.dérables à plus de foixante-dix Eglifes. Dans le nom~
:bre des fonds legués on ne trouve ni terres fi.tuées fur le Rhone,
.
·ni aucun des droits qui fe percevoient fur ce Fleuve.
P ' 0 ? 0 ~d 1
fur-·
l.II~
uillaume
G
.
av~c
,
97)
en
partagèa
II.
Son fils Raimond
art1e e a
i r dé . r
.
.
.
"
.
·r. d GO! !ne
ou veptimanze pone . , JU:1:- Provence paffe à
nommé Taillefer, 1e Marqu11at e Maifon deTouques alors par indivis. Guillaume eut le .Comté de lTouloufe &amp; la la
1
d~aErlememd;
?uîe
Comté
de
nom
le
prit
qui
,
Nfmes
de
Comté
du
nartie inférieure
nage
'é
d'
d
fi
1
fi
o.
''l
·
L
·
· Gzlles.
râe Saznt
· e manage qu 1 ·contraLLa ur a n , u ix1 me . Provenc~~m •
·
fiécle avec Emme fille du Comte Rotbold, qui poffédoit la Pro'Pence
la
pour
avec G.uillaume premier, porta dans la Maifon de Touloufe
premiere ~ois une. partie d~ la Proven~e,. qui, fut donnée à Emm_e.
Ce manage efl: '1e ·premier aae iqu! ait pu mettre en quefhon la
propriété du Rhone. Jamais on ne .1'eût difputée ·à la Provence fans
cette -alliance. Que l'on fe fou vienne que jufques à ce moment les
Souverains de Languedoc n'ont fait aucun aél:e de fouv:eraineté fur
ce Fleuve, &amp; -1' on verra que fi les chofes é_toient reftées, comme
eHes étaient à l'-an 1 ooo, il n'y auroit pas eu de difficulté -e ntre les
deux Provinces. Les droits de la Provence n'en paroîtront cependant
pas moins certains , lorfque 1'on aura vû par le détail, .dans lequel
nous allons entrer, 1°. Que tant qu'Emme &amp; fes Succeffeurs joui..;
rent de la Provence par indivis avec les autres Souverains de ce Païs.J
ils n' éxercerent leur fouveraineté fur le Rhone que comme Comtes
de .Provence, &amp; conjointeme nt avec les autr:es Poffeffeurs de la Province. 2°. Que quand les Comtes de Barcelone, ·devenus Comtes de
Provence, &amp; ceux de Tou.loufe héritiers d'Emme, convinrent d'un
partage, le lit du Rhone , furtout depuis la Durance jufqu'à la meri
r-efta certainement aux p:remiers , comme vrais Souverains de la
·
Provence proprerne1~t dite..
1001 •
•
avoit fuccédé à Conrard le pa::.
Fa-ineant
-le
: Rodolphe III. fumommé
faite
Conce!Iion
é
.
1
p
·
S
U·n - eigneur_ rovença nomm Leotard donna par un Seigneur
·
ciJique mort .en 99 3.
dans la huitiéme année du regne -de Rodolphe à -!'Abbaye de S.Chajfre P;ovençal , de
lieux dépen- hdtel~s d fitRuehs aug_uatre Métairies fituées à Corna5 Viguerie de SO'l!On,
-.,, Rodolphe &amp; non . e a u one,
d u Rhone.
·
d
1
'
'r. -1 T/ z
.
d ans du D- 10ce1e "Ue v a ence a a ro1te
Rob.ert Roi de France, regnoit donc fur la droite du Rhone. Les,
( «) Rutfy , Diifertation fur l'origine des ComteJ de Provençe , page 16.

D.

�2:s-

2; pag: r~ 6; Voiè:i Hiftoriens ôu Langueaàc en conviennent·; tom:
.

. Jeurs pro pres termes :. ,
Abb aye de Saint-Cliaffee. La .
» Gl!J poffédoit enc ore en 100 1 l'
III. Roi de Bourgpgne_ ( &amp;
·» hui tiém e année du regn e de Rodolphe
don atio n.q.u 'un Sei gne ur » de Pr.ovenc.e) com me il par.oît par une
de qua tre J\tlétairies·f itué es:
» nom mé Leotard'fit alors à c.e-M ona fter e
que Rodolphe Ill. qui fuccéda-_:
» à Cornas-Viguerie de Soyon : · preuve
rgogne. &amp;. de

e de Bou
à-Conrard 11 pacifique fan pere dans le Royaum is-, qui efl en deçà·
tino
alen
»Provence, fut reconnu dans la partie. du -V Prince qui fut furnommé-Ce
» du.Rhone, &amp; qui fait P,_artie_du-Vivarais.
ennois Ji.tuée en deçà de ce_:
uVr
d
·
ie
~&gt; le Fci.ineant, regna auffi.fur la part
ais-.
» Fleuue,.. qui fait également partie. du.Vivar
nt fait àè pare ils ave ux; .
aye
ens
ortli
Il eft fingulier que c.es Hift
de Rodblphe ILI. la fou-~
aprè s avo ir difpu té préc éde mm ent' au pere
vra ï, qu'e n les· lui con tef.v erai neté de ces -mêmes con trée s. Il eft
ni 1'épo que où elle s avoi ent :
tan t, ils n'en.avoi ent ·cité nïle s motifs.,
·
éeif é d'ap part enir à la Provence:
Rodolphe fur 1-a rive~,
de
r
voi
pou
le
Au furp lus-, en reco nno iffa nt
_ foi fi
é tar ·
vrai. &amp; confirm
, ,
ite du Rhone, ils n'on t· avo ué qu'u n fait
âro
doné~phefi
Rdodbo
don ne al Eg ife,
ne es iens 1tu s
14 Sep tem bre 102 3. Rodolphe -y
au.-deliduFleuve • . une Cha rte (a) du
il eft mar qué dans·le Car -de Vienne tou t le Com té de ce nom , &amp;
nt- de c.e Prin ce le Com té :
tula ire , qµe !:A rche vêq ue Burchard obti
fifc , _tan t dans la Vil le
'de Vienne.,. ave c tou t_ce qui~ appartenoit au
fon -Df ocè fe : Cujus . làbore ~
ôe ce nom_, que dans toute. Fét end ue de
ejus Regina Ermangarda'
(,- induflri&amp; Re:c. Rodofphus ferundus &amp; uxor
nfem, cum omnibus quœ::: ·
'dederunt fanilo . Mauricio Comitatum Pienne
pift.op_atum-( b-). D 'où ·
erant de fifco tam .in Civitate, quam per totumŒ
&amp; du Dio cèfe de Vienne étoi ènr _~l réfu lte que les lim ites du Com té
oü: éga lem ent für. tou tes•:·
enc ore les mêm es, &amp; que Rodolphe regn
t fur le Rhone; L'o n peu t
les parties-de ce Com té, par con féq uen
ait fur le Vzvarais-:.carmêm e con clur e f:JUe fü dbm ïnat fon , s'ét end s? éfoit faite . en .1o1 6~
que
ce fut fous-fes aufpices; &amp; par fa faveun,
bay e de Cruas.l'un ion du Mo nafr ere de Mairans:-à rAb
, r.-o 3 2 , &amp; laiifa fes·1Rodolphe·le.Faineant·mourut. fans -pû ftér iié 'en.fa niéè e Gifelle~-t-oJ~;
ue; mari~ dè é - r.r d
Conrard le:Saliq
ue dè~ Etats à !'Em per· eur
· · re11e }ns 1e, reg ne:·
up ntsE:~q
· -· -~ous· mt
é
·
·
r.
d
n.
. r a1.:.te· e 1ouveramet .qm
L e- p~em1e
..,_1vie ie trouv e
parmi les S!_!j_eis
la Provence·, fut: .EAffemblée qu 11 fit 1 année'.
du Comté,de.EJ:o., de cet Em per eur fur
::, dè fes nou vea ux Suj ets,
mêm e de f'on avé nem ent· à· la·G our_a nne
~e.n~c~
de Vw.iers \, qui.- aflifta à:~
parm i' 1efquels- on voitHer.mrzndr Evê que
que cett e con trée ét:oit~
ette,Affemhlé.e :· preuv:e non. éqp ivo que
tie dtt Roy aum e de Provence:,,-.
~c.ore reg ard ée cam me faifant: par
»

,,

(a ') hivo. .A!rtig~ dia;e
( /j ) lb id,' W.~ 2 f!l,..,

:;r,

p:n~~n s::o &amp;

11.p :.,.
-

�.

.,,,

t (a) une
.Les Hiftorîens àe Languedoc veulent l'affo1bllr, en citan
ais à
Vivar
en
·ho nation faite en 104 3 de l'Eglife de Saint Hilaire
France,~
l'Abbaye de Saint Guillem du Défert qui dépendoit d~ la
•
France;
de
Roi
y
Henr
Suivant eux, cet .aél:e eft daté du regne de
..
plu
pas
Succeifeur de Robert; mais pourquoi ce, Henry ne feroit-il
e en 1o3 S,tôt le fils de Conrard, ·qui fut couronné Roi de Bourgogn
füt paifé
qu'il
&amp; Empereur en 1 o ;-9 l Rien n'indique dans l'aél:e,
. Pl . 'Pr"
~plutôt -à'Saint Guillem qu'à Saint Hilaire.
·ces e~P~~ve~:C:
ier
prem
aume
· La Provence obéi~oit alors à plufieurs Maît r~s. Gu~ll &amp; Bertrand
_ ,avoir laiifé deux fils pour Succeifeurs , Geoffroi premier
and fes
;Guillaume; la portioi1 d'Emme étoit échue à Pons &amp; Bertr de la
ié
moit
-deux fils : il y a toute apparence ·que l'aîné poiféda la
propres
Ville de Tarafcon. &amp; l~ Terr e d'Argence fitué e, fuivant les
Rhone,
du
droite
la
à
~-fi!fotiens du Lang uedo c, (a) en deçà ou
s vont
Diocefe ou Comté d'Arles. Tous l_es événemens poftérieur à la
dû
fuftifier que ces ~~teurs ne ;rendent ici qu'un hommage
étran~
on
Maif
vérit é: la Terr e d Argence, quoiquè palfée dans une
Provence~
_:gere , n'en conferve pas moins fa quciJ.:itê qe territoire de
n&gt;33;
de For;es
Com
les
&amp;
Geoffroi &amp; Bertrand Comtes de Provence,
0
fes Ifle~. Pr~:;n:e m;71i ~~
de
&amp;
!
~hOnf
.du
~nt
jo~ir
fon,
M:ai
~ette
de
ts
cade
ier
calqu
une partie fent de l'Iile iJai..
Les deux freres céderent en 1 o 3 3, :a 1 E.glife d Avignon
étoit fitqéë rani&lt;:~
.de l'Hle de Mairanica, dont nous avons déja p~rlé ;_elle
he, pag~
!dans le Com tat, &amp; entourée du Rhone de tous cotés. Bouc
6 3 , tom. 2, · confront. ex omnibus p'attibus rurfl fiumine Rho·dani. effet;'
L'on ne peut _pas douter que cette ,donation n~ait eu fon
1096 , que
,car l'on voit par une Bulle d~Urbain II. du 1) ·oao bre
., ,Gal..
gnon
cette IDe eft ·comprife dans les biens de L~glife d'Avi
_
.
,Chriflian. tome .premier J .pag. t 4 1. .
· d.a 2 3·
aél:e
·autre
un
0
L'un des deux freres Bertrand· céda , par
;oncef­
A~1;;:
dans
~t
o
av_
qu'il
part
la
ur
tmajo
ll-1qn
Avril I 040, ·au Monaftere d'e
preuve û,on d'.un Port &amp;
le Port &amp; Péage de Tarafcon. (Bouche, pag. 61.) Nou velle
n aéle d un Peage. _
que les Comt~s de Provence n'avoient été dépouillés par aucu
·
-de leur •propriété du Rhone.
1070.
euxt
citen
Les Hiftorieus du Languedoc., preuv. pag. 277, nous -Gilles &amp; Beaucaire, Armêmes un acco rd fait en 10701, lentre Raimond de Saint
&amp; Fourques
. &amp; . ref-· gence
, ~ cede
1eque ' e Com te de TdtdouJe
dépen doient du
A' z
'
d
·
"
h
p~r
l 'A
e5,
. rc eveqt~e . n.r
poifedés Comté d'Arles &amp;
t1tue au Pr~la~ d1v~rs biens q~e fes Prédéceffe.urs avoientBeaucaire de la Pro,ence.
&lt;lans le ternt oire d Argence , dans lequel éto1ent fi tués
té d'Ar les, &amp;:
&amp; Fourques, &amp; qui avoit toujours fait partie du Com
1

...

(a) Tome z, page 160,
( b)

Tome

:i. ,

page -55.9_•

Dii.

�!l°!
tonféquemment de fa Provence ; ce qui prouve, fuivant ëu-sè:;.mlm.es,,
que les Comtes de Touloufe tenaient ces terres des. Archevêques·
d'Arles : le Rhone couloit donc toujours dans les terres de Pro- .
vence. Deux autres chartes vont devenir la preuve que ce Fleuve·
n'a pas cetré· d'appartenir à cette Province , meme quand elle a été

1 09 4~

D on d'une
exemption de::

féage •.

gouvernée en même tems par les Souverains. de l'une &amp; l'autre.
branche.
Raimond· de Saint-Gilles Comte de Touloufe, s'intituloit Marquis.
'de Provence , parce qu'il étoit aux droits d'Emme de Provence ,,
&amp; c'étoit par cette unique raifon qu'il difpofoit en faveur · des:
Monafl:eres Provençaux , des droits qu'il n'avoit auffi qu'en la.
même qualité fur le Rhone &amp; fur la Durance. Les Hifl:oriens de
Provence &amp; ceux de Langueàoc nous difent que le 28 Juillet 109+
il accorda au Monaftere de Saint-Viélor de Marfeille, une exemption générale de tous les droits qu'il percevait par lui-même ou par
f es V aifaux for ces deux rivieres., &amp; fur leurs bords~ Le Languedo~
ne prétendra certainement pas que ce Prince eût le moindre droit:
:{ur la Durance, comme Comte de Touloufl; il n'en avoit pas plus
fur le Rhon.e, &amp; c.'eft comme ayant une partie de la Provence qu'if'.
.
contraél:e id..
que Douce Gomtefi'e cfè:
donations.
les
tems.
même
en
Il confirme
1
Provence pourroit en faire; &amp; en effet, le même jour cette Prin".c .eife fit u.ne pareille donati:on au même Monaftere , _&amp;confirma de
f'On ~ côté- là donatfon qµe venoit de faire Raimond des _mêmes· droii:~
c:iµi, fuivant les propres termes de l'aéle·, leur. venoiendi. tous les
ôeux des précédens Souverains de Provence~.
Ego Dulcfa ComitijJa dono fièut Cornes donavït omnem_ufùm quem:
anteceffores- n.oflri Comites &amp; Comüi]Jie fofebamus acciiJere in navibus.
wel in ratibus v.el in. terréi veL in mare ut proprie· nav.es &amp; rates Maf~
til'ienfis Cœnobiz,. nihil' ultra ufüs cujuflibet_ tr.il:iuant ,,Jid omni tem~

pore. in propr.io jure Mo'na.flerii libenè ac quietè permaneant. Dationem:.
quam_ l'omes Raimundus j_am diéfo Monafterio fecit, C:t quam alii':.
boni virï qui fevo &amp; pïgnore per Comitem. &amp; pe.r me~ habent ,fec.eruntf
.
_&amp;.,: fa8uri funt, laudo &amp; firmo_.
Les Vaif-aux du Comte_&amp; de fa Gomtefi'ë céderent, à fo_u r: exem; pTe, les, dtoit:s- u 'ils perce\ioient. für le Rhone·&amp; für fa Durance -~~
!'.Ab Baye de Saint-Viflor. Nous- en voyons uneliffe nomllreufe it-'
p,armï lefquels.font les:· Poifèiféurs_dès: cliâ.te.aux: batis le fong du:
Rlione.,, à: la, droite &amp; la gauche dë ee·FT.êuve , . tels: que ceux, dë·
f&lt;oq_uenraure-:,. . d'. Arramon: &amp; de. Lus·,, fü:ués dàns ·une:Iile de cette~
ri.vicre ~: ceux; de:· Bo.ulli~n:Y' _func ég,alement c-0mEriS! ;! t-es: noms:. de:

a

.-

'

�.,.9.
ces Seigrteur,s fo11t pêle-mH~; ils ~toient donc de la même Ôomina~
tion ; les Chateaux de la droite ét01ent, comme ceux de la gauche
du Rhone, fiefs de Pliovence. Les donations d ces différens Seigneurs font corps avec celle de la Comteife, àla fuite de laquelle om
les· trouve avant la date &amp; la fignature d'm1 feul Témoin, tandis
qûe dans l'aél:e foufcrit par le Comte l'on. ne vqit aucl~n de,/es
Vaffaux_poifeifeurs des pé.ages du Rhone; lm feul y parle JUfqu al~
'èlate qui eft fui vie de fa fignature, de celle de fa femme &amp; de quatre
,Témoins.
,
Sa propre conduite a proùvé qu'il n'avait par fui-même· aucun Relti~~~;~~ de fa
'droit fur ce Pays. Pénétré de regret des ufurpations que lui Terre d'.4.rgence.
&amp; fes Prédéceffeurs avoient faites fur I'Eglife d'Arles, il dédara, à l'E'.glife d'.Ar"'!'
le 3 1, Janv!er I to r (a), par le teftament qu'il fit peu de jours avant le ...
fa mort, que tout le territoïre d'Argence, fitué le long du· Rhone;
appartenoit à cette Eglife : c'eft l'a partie du Diocèfe d'Arles qui
é'toit au-dela du Rlionedu côté. du Languedoc. Il abandonne à l'Ar:..
chevêque le lieu de Fourques &amp; fos dépendances, parmi lefquelles
il _nomme le petit Rlîone. &amp; fon Port,. toutes les dixmes ( 5 ). &amp; les·
Eglifes du terrïtofre d' Argence'.
Cet aél:e f~ffiroit feuf pour ~écïder fa queftfon : il _y eff dlt en termes- ,formels qu Ar.gence', Ie petzt Rhone &amp; le Port de Fourques , tousfttué's au-delà de ce Fleuve, appartiendront à l'Eglifè d'Arles.. De
quelle autre main que de celle des Souverains· de Provence. cette
Eglifo av oit-elle pu les recevoir, puifqu' Arg~nce àvoit touj.o urs;
'dépendu. de leurs Etats, comme faifant par.tïe du Comté.d'Arles!;
Et ne perdons point de vue que dans c.es tems.-là fa mouvance ~
( a) Igitur iiz terrcf quœ· Rli.odilno· contermina ÂÏ-f;entiâ vocmur qutr.m totam proprii jur{J ·
p.rœdiélœ Ecclejiœ elfe cogna[co &amp; manife{lè confiteor oôntra hoc quod neceffe effer nimia adhuc
c,arnalit~te detenrw: fi.liis. majo!em portione1!1- fub f~e tar:ien ~1717ndandi ) aiq,~e. S. Trop:~inr1,
atque S, Stephano ;us-fuum, . zil e~ totam zpfam Arge!1-tzam zn zntegrum refl1tuend1 relznquo.;.
Ad prœ[ens autem. pro remedw anzmœ meœ· 1zanc por-ciunculam Arelate'lfi' ipji Ecclefiœ· atquë'
Jl~ne;.«ndo eju.s, _Ecde fiœc Ar~h.iep,~{co~o Gibelino ~ fuccefloribus ejus &amp; C,lero uflituendo a~f1~ ·
cmm calumnza concedo. Sczlzcet Vzllam quœ· vocatur Furcas cum omnibus fuzs appendzws ~ ·
vid:Jicet de· R_h'odano Cr pa/.udfbu! ·; dé. vinefr &amp; arboriliur '.am fruél:lfer~s· quàm n'o~ fruéli;. ·
ferzs&lt; ,. de terris tf1.m cultzs quam zncultis; . De· Portu 'Rhodanz1&amp;· de · pafcu1s· &amp; d&amp; omnibus ter&lt;- ·
rarum ;.editibu.s &amp; etiam. omnes decimas &amp; omnes. Ecdejias totius Argemiœ ei; r.eddo: prœ~ ·
-tere1 lib'erè · ~edtlo &amp; conc;do eWm Ecdejiœ in Cafl.ellis' Albarone ~ F..os q'f!.attam partem .....SaxmS1. Ponuf.. Arelat; H1ft. pag ..2:14-.
·

( b) Il ne faut, pas .être ~tonné de voir. les'- dixmes au nombre d:ès: reffitations faites , J~
l1Eglife d' Ar!e~ - ,. on croyoit. a10.rs:- &amp;'. l'on a cru longtems aprè·s , que: le&gt; dixmes de }a.
no.uvel.le Loi ero1ent de D~o':~ ~1vm ' .,. .~omme -celles d.e· l'ancienn.e.,, Mais il J&gt;.aroît dé~­
m omre par _le ~cuveau _ Traite des D1xmes , . &amp; par· les autorites que:: I'.on' y cite. ~
qu'.elle n~ fu~ po1,nt· pay,ée au~ Ec~lé(1afl:iqµe; ,rendant lès- liu~t I'.remiers .fiééles ·4ë.r.Eglife.?.
au-i:;omra1re · 1ls demanderent a Clotaire· !. d erre exempts . de la: pay.ec aux~ S.eigneurs qw.
fa co~ptgient .12.armi leurs.. re.dèvance$ . féodale•.- Vôy,ez, lé: cli~R· I:z.! ,~ liv. p ,,dè l'Ef~rit:

des.. L.01x.,.

�-

·3.ô

es &amp; la m~me
la J urifdiél:ion fpirituelle ·avaient les mêmes born

.
.étendue.
poin t fans effet.:
Les derniere-s vo ontés de Raimond ne refterent
oder à .Alphonfe le
L'A rche vêqu e d'Arles va dans un moment infé
mage. Nou s
'Jourdain le territoire d'Argence, &amp; en recevoir l'hom
en fief de la même
verrons de même la Maifon de Baux (a) tenir
e -d'/{rles joui t
Eglife le lieu de Fourques &amp; fon Port . L'A rche vêqu
.
endroit.
.encore aujourd'hui de, la dixme &amp; du ba_c de cet
. ré:o luti on arriv ée p ar lH'i~ftfid~lité dde
,~n parlant des effe rs éde ,Iadr
_L e ~r:~;is fait
1ev 1a e11e -avec 1aqu~11e 1es 1 onens e.
-encore partie de Bo1 on, nous avons .re
lu faire croire que le -démembrement , mo~
la Provence juf- Languedoc avaient vou
, avoir pou f tau..;
mentané que Raimond P.ons avoit fait du Vivarais
~u'e.n 1 l 6 5·•
t encore à faire la.
jours réuni ce Pays .au Languedoc. Ils cherchen
ent d'une donation
même îlluf ion, tom. 2, pag. 377 , où ils parl
ar un aél:e daté -du
oque Leger, Evêque de Viviers, fit en 1 1 12, _p
, difent~ils , que
regne de !'Empereur Henri. :&gt;&gt; Il femble par-là
verain: mais du
)) Leger recor.moiffoit alors ce Prin ce pour fon Sou s«. C'eft-à-dire
)) moins on n'en peut tirer aucune tonféquence pour ce Pay
années du regne
que les aél:es paffés en .Vivarais [e dataient pat les
ou que ·!'Ev êqu e
-d'un · Prince qui ri'étoit pas Souverain du Pay s;
étoi t fournis à une
reconnoiffoit un Sou vera in, &amp; qu~ fon Diocèfe
r faire croire que.
autr e Puîffance. Les mêmes Auteurs .cite nt, pou
ue de 109 6, datée
le Vivarais étoi t ~fo Languedoc~ une charte uniq
· àtteftent quë
àU: regne de Philîppes ,. mais tous nos Auteurs nous
e de Viviers fut
ce ne fut que fous Phi~ippes-ie-Bel que _!'Ev êqu
e d_e France, par
obli gé de foumettre fon temporel à la Couronn
de 1 36).
un aél:e de 1 307 , qui fut confirmé par un traité
Fran ce, à l'en~
L'A bbé de Longuerue, dans fa defcription de la
Evêque§ ·de Viviers
-Oroit déja cîté , après nous avo ir dit que les
ce de la France ni
_poffédoîent leur ter6 toire fans aucune dépendan
uedoc à la Cou des Princes voifins, jufques à la réunion du Lang de Philippes
regne
ronn e, ajou te:» Ce fut pou r lors que fous le
t le Sénéchal d~
men
iere
icul
&amp; part
li&gt; le-Hardy 1es Officiers roya ux,
le Pivarais &gt;
fur
-:&gt;&gt;Beaucaire, vou lure nt étendre leur Jurifdiél:ion
t fitué à l'occident du Rhone ·
'-&gt; prétendant que tout ce qui éroi
vêq ue de Viviers s'oppofa
~ rele vait de la Cou ronn e de France. L'E
4

de parle r de cette Ma!fon illufire. Nos anciens
. (a) Nous allons avoir fouvent occalion
l'un des trois Rois
à en faire l'élog e, qu'ils la font defcendre de

·Auteurs font fi portés
nt de l'Orie nt adorer !'Enfa nt ]Esus. Une
qui, conduits par une étGile mirac uleuf e, vinre
n porto it une étoile dans fes .armes. Tout
Maifo
de leurs meilleures raifons, c'efl: que cette
e defcendoit de Mdchior ou .&lt;le Balthazard.
leur embarras eft d,0 déterminer fi Gette famill
ine des Nations &amp; des g.rands Hommes_.
l'orig
fur
ois
Telle d l: la fa~on dont 011 écrivoit autref

�.

'j'f

.Pape Gregorre X~­
,, a c·ette erttreprffe; .&amp;. ilnplora la protea!ortqu'èluel~e
. avoi~ été corn·
» qui, s'étant informé de c_et~e aff~ire, trouva

» mencée du tems de Saint Louzs:,., &amp; que le Pape Clément IV..

)) ~voit donné fan 12'6 5, une Bulle par. laquelle il étoit déclaré que·
&gt;? les titres gardés dans les Archives de l'Eglife de Viviers;, démon-·
)) troient que tout fon temporel dépendoit de l'Empire ,,, de forte que·
» ces pourfuites furent fufpendues durant quelques années. Mais.
)) Plzilippes-k-Bel s'étant rendu maître de Lyon &amp; de tout le com·s~
)) du Rhone ( c' eft-à-dire depuis Lyon jufques à la Durance ) , con..
» traignit. Albert de Peyre , Evêque de VivierS&gt;, &amp; fon. Chapitre·,-.
)) à foumettré leur temporel fitué à rocciden t du Rhone·· , .au Roi &amp;
)) à la Couronn e de France, par aéle de l'an 1 307, quïfut confirmé
)) par un traité paifé l'an 1365 entre Charles-V . dit le Sage, Roïde
)) France, &amp; Bertra:nd de Ch&amp;.teauneufi~ Evêque de Viviers« ••
Les Hiftoriens de Languedoc ne font donc · pas exacts ·, forC.~
qu'ils eifayent de nous faire croire qu'un acte de I 112, daté du regne·
d'un Empereu r, ne tire pas à conféquence Rour.le Pays; &amp; quand,
ils veulent tirer avantage d'uff aéte ifolé-, dont' la teneur. eft..
'démentie par les monumens de l 'Hiftoii:e. Ce n'a poii:it été, comme''.
ils l'ont dit, après:la mort de Louis l'Aveugle, arrivée vers la fin du'.
neuviéme fiécle, que le Pivarais a été réuni. à la Couronn e, mais:
plus de quatre cens ans après·, en 136 r , que cet événement· eft·
arrivé :.ainfi la' France n'a commencé à regner qu'à cette époque fur la portfon du Rhone-· qui coule le long de ce Pays, &amp; ne ra poii1t
réuni' vers: 890, c.omme l'ont avancé les Hiftorie ns q!le nous. c.01n"':'·
battons •.
E. TA~ r·

.. :
fous la·.· .Maifan; de Barcelonne,,..
. v-~~-:parta·g e dè Jà"~
. Nous voila parvenus · a repoqu·e remarquable du
de Pa1Jd:
•· &amp; Tratte
é'toit:
·
· d S eptembre 1 1'2 r~·· C et~e p rovmce
r · au mois
-.,,- de ra ~
Partage
e
c ro'Jlen;e 1a1t
n

·

Fofiedee e~ .commun par Alp}wnft.Ze)ourdain, Comte de ToufouJè;, Provence entre le-'
de· T ou&amp; par Raimond , Berangçn llL. Comte: de BarceUmne.... , devenu . Comte
Raymoa4.1
&amp;
loufe
d
é"
,
fill
·r
e am .e e Ger.. : Beranger.
e. omt .e de..p:rovene:e. par ionl?ana
ge avecDouce ·,
N° '),~ !."'
'lie~ge:; hér:uere du C?mte Bertrand~ Cette jouiifance com~n'l:lne. fit ;
dê::
nt
convinre
ils
terminer
les
naitre fntr eux deS" d1fficulté~. Pour.
partager -la Provence~ .
1
. L'on voit par cet aêl:e que fos· territofres dè Beaumïrc&amp;. d Ar;g,.e11c.e faifoient un des principaux· obj~ts dè lems dém~lés...LeGomtet-'

�·~~·

.

ce qul
He Provence les &lt;ibandofine au Com te de Touloufe, avec tout
&amp; la L?~­
clépendoit de la Pro~ence, &amp;_qui étoit ~tu~ entre ~'Ifere la mo1t1é
de
rance, ainfi que le chateau de Valabregue , a 1 except10n
&amp; le
cle la Ville q'Avignon &amp; fes dépendances. Le Pon t, la Ville le
ces ,
territoire de Sorgues, la Ville de Caumont &amp; fes dépendan
es.
Château de Tor refterent; également par moitié aux deux Princ nce
Le Comte de Touloufe de fon côté cede à Raimond la Prove
(a). Le
avec la Durance &amp; 1e Rhone jufqu'au milieu de la mer
porti on ·
partage contient enfuite une fubftitution refpe aive de la
que chacu.ne des Parties avoit dans la Provence.
fans con.;
· Tout es les terres comprifes dans ce partage faifoient
c convien....
tredi t partie de ce Comté. Le!ï Hiftoriens de Languedo
Com té &amp;
dunent eux-mêmes qu' Argence avoit toujours dépendu
avaient les
·de !'Archevêché d'Arles) qui, comme onl'a déja dit,
&amp; ce terri.. 1
orel,
mêmes limites pour le fpirituel que pour le temp
dans la
toire , de même que la Ville de Beaucaire, font compris
comme
fubftitution faite par cet aél:e : ils étoient donc regardés
faifa.nt partie de la Province partagée.
Dioc èfe
_ L'on ne fjr dans l'aae aucune mention de la partie du
Rhone,
'd'Avignon &amp; de celui de Valence, qui eft à la droite _du le de
inuti
étoit
&amp; que l'on abandonnait au Com te .de Touloufe. Il
même fort que
le
avoir
it
la défigner en parti culie r, dès qu'elle devo
.
·
le tout dont elle faifoit partie.
· r es a, .
· l'Jrf:.
l'
'
d
b
d'
uere JU1qu
Rh
d
l'
L e lt u . one , un · or a autre , depu1s
Lit du Rhone
Le
&amp; res mes refient .
au Comte de Pro•

quod hœc efi pax &amp;- con•
(a) ln nomine Domini fit notum tunétis prefentibus atque futuris
ndum Barchinonenfem
Raymu
&amp;
i,
lEgidi
S.
&amp;
m
Comite
num
Tolo[a
nfum
cordia inter Ildepho
de ipjis querimoniis
jilias,
&amp;
eorum
filios
ac
f!am
Comitem &amp; uxorem ejus Dulciam Comici
iœ &amp; tle toto CoArgent
io
territor
toto
de
&amp;
e·
Belcayr
de
Cafiro
ipfo
de
nt
b.a.beba
quas imer Je
ndu.r BarchiRaymu
lus
prœdié
nos
mus
evacua
&amp;
namque
mitatu totius Provinciœ, diffinimus
Comiti , prœn[o
Ildepho
o
prœdiét
nonenfis Cames &amp; uxor TMa Dutcia &amp; filri nojlri ac filiœtiit cum omnibus jibi pertinentibus,
Arge"n
de
terr«m
lam
prœdié
&amp;
tliélum Cafirum de Belcayre
ab ip(o F7umine Durentiœ u(que ad
&amp; totam terram de Provincia ficut habetur &amp; continetur
infra prœdiélos terminos hibemus,
m
quantu
g1t
Valobre
de
(ajlro
ipfo
Elumen de Yfera, cum
ego Ildephonfus prœdi.élus ComeJ
Et
•••
•
&amp;c
&amp;c. e...:ceptâ medietate civitatis Avenionis,
s atque donamus tibi Ray~
laxamu
&amp;
mur
evacua
us,
diffinim
a
Fay.did
mea
uxor
Tholofanm &amp;
DuJciœ Comitifœ &amp; filiis
tuœ
uxori
&amp;
ioni
March
ciœ
mundo Barchinenen(i Comiti &amp; Provin
t.erram Provinciœ cum
totam
&amp;
&amp;c.
ac .f..liabus vejlris medietatem ipjius civitatis de Avenione,
vadi~ r.tfque c-::d ipfum
&amp;
r
na[citu
tiœ
Duran
Flu.men
!a.ni
mente
ipfo Cafiro deM_J{oarga fieut in
tzam, &amp; tranjit
Argen
&amp;
s
Lupam
de
Flumen Rhodaru &amp; zpfe Rhodanus vadzt znter znf11-lam
IldephonJ~s &amp; .
Ego
.•••
•
mc;re
ipfum
ad
ufque
Egidii
S.
per furcas &amp; v~dit ant~ Vi!lam
• • prœdzélam
•
•
d.a
Raymun
TI1n
••
;
•
•
uxor mea Fa1dzda fic d~ffimmus &amp; evacuamus
r • • • &amp;, i1Jffi.
nafcztu
:Jani
monte
in
tia
Dµran
&amp;
efi
m
fcriptu
erius
fup
lOt(l.m terram Jicut
efi , defcendit in mare, &amp; u[qu~
!Jurantia vaait in Rhodcm um &amp; ipfe Rhodanas ficut ,diélum
s omnibus ••• , Archiepi[copatihus, Epi[coln ~edi~m m.ar.is , cum ~ivi.r:ztibus .&amp; cafltlli
Bouch e, tomez ., pag. 104. Hifr. du Lang.
&amp;c.
us,
paq.lïus V' Viibs &amp; terrztorns omnib
du Roi à Ai~, fol. 4G, 11erf.
tom, z, p.ag. +38 • .Reg. perl~e,n. con(ervé aux Archiv~

la

�TJ
]a Durance, 'avec ·toutes ]es Ines qui fe trouvent dans cet efpace;
refta certainement au Comte de Touloufe, quoiqu'il n'en foit point
parlé dans l'aél:e. A/phonfe fe ·trouvoit maître en cet endroit des
deux ~ives du Fleuve, &amp; par conféquent du Fleuve même. Mais
il étoit indifpenfable de parler du château de Vallabregues, füué
.dans une Ifle quï étoit au-deifous des Pays cedés à Alphonfe: II
· .
.voulut fans doute le jciindre:au refte'du Diocèfe d'U7tes.
toutes
que
.prouve
Le foin que l'on prit de nommer ·tette Ine,
les autres fituées dans le Rhone, depuis la Durance jufques à la mer, ·
devaient appartenir au Comte de Provence : Ja maniere dont le
.cours de ce Fleuve eft défigné dans l'aél:e en fait la preuve: t4 qu'il coule entre l' ljle de Lubieres f:t le territoire d'Argence. De toutes
les IDes du RholJ:e .., ·celle de Lubieres étoit la plus · occident ale:
ainfi quand même la moitié du bras du Fleuve qui la féparoit d'Argence eÎlt été cedée .aµ Comte deToul~ufe , l'autre bras &amp; toutes les
!Des n'en auroientpas moins appartenu au Comte de Provence. Celle
de Camargue qtii eft la plus grande de toutes les Ines formées par
le Rhone, refta certainement dans 1a partie affignée à Raimond : le
partage ne parle pas du· grand bras du Rhone 'qui borde cette IDe
du côté du levant; il ne limite la portion de Raimond que par l\!
petit bras du Fleuve qui paife .àFourques ,·à S.Gilles, &amp; de-là à la mer;
Remarquons comme une c1rconitance décifi.ve,guele cours de la
Durance &amp; celui du Rhone y font fpécifiqueµ1ent défignés de la même
façon &amp; dans les mêtnes termes, Jicut Durentia ajfiuit in Rhoaanum
&amp; Rhodanus vadit, '&amp;c. Il eft certain que .ce titre donna le cours
-de la Durance à Raimond; il lui donna donc également le cours du
Rhone, pu.ifqi1e l'un &amp; l'autre y font dé.d its dans les mêmes termes.
Que la Durance ait refté à Raimond, c' eft ce qui ne fçauroit être
révoqué en doute; cette riviere -n'a jamais fait partie du Comtat
.Venaijfiiz qui échut à Alphonfe; elle a toujours été &amp; eft encore
·du Domaine de Provence; la preuve s'en tire du concordat paifé
entre le Roi &amp; le Pape en 16 2 3. La fouveraineté de 1'eau, quelque
rart que la riviere .portât fon cours' fut déclarée devoir demeurer
-a la France, non comme un droit nouveau , mais comme un bien qui
n'avoir jamais ceffé d'appartenir au Comte de Provence; &amp; ce ne
fut qu'en cette ·qualité que le Roi traita dans cette occafion avec
le Pape, le premier comme repréfentant Raimond, l'a litre comme
étant aux droits d'Alphonfe: Donc le Comte de Touloufe n'acquit
aucun droit par le partage de 11 2) fur la Durance, puifque )OO
-ans après cette rivîere fut déclarée devoir demeurer au Roi de
France, .coni.me Comte de Pr.c.venc.e : donc c' eft en la même qualité

E

-.

�:~

en vertu

Jf
continuer Cfèxercer fa
au m~me titre que le ·Ro i doit
Com tat, &amp; fur la part ie:

fur la: Durance) vis-à-vis le
, &amp; non en qualité de
du Rhone ) depuis la Durance jufqu'à la mer
exc lu de tou t droi t fur
Com te de Touloufe ·, qui par le partage fut
les deu x rivieres_.
riét é de cett e cfer-i
Pou rqu 'il n'y eût poin t d'lquivo-que fur la prop
age eure nt une fin:..
niere partie du Rhone, les Rédaét:eurs· du part
ce Fleu ve fe divi fe, de·
guliere atte ntio n, dans tous les endroits 9ù
me cell e qui dev oit
défigner la branche la plus occ iden tale , com
pas un mot du Fleu ve
fervir de limite aux deu x Etat s. On ne dit
on le déc rit dans tou t
dans tou t· le détail du lot d' Alphonfe , &amp;
qui tran fcri t ce pcrrtage
·fon cou rs dans· celu i de Raimond. Bouche
.
pofit!vement que le .Rhone fut laiffé à ce
0
me: i ' page- dans fon Hif toir e, dit
;
1
rmé entr e les Alp es,
dern ier, &amp; le refre de la Provence qui eft enfe
· i;o
USIV EME NT, la mer ,.
la riviere de Durance, le Fleuve du Rhone INCL
tori té avec le Langue-.
&amp;c. Ainfi s'il étoi t quefrion de com batr e d'au
n.ous oppofe le fuffrag~
· 'd oc, la Provence ne lui ced eroi t en rien ; s'il
cite r les nôtr es.
de fes Hift orie ns, nous ferions en état de lui
e par l1e part age que
Non -feu lem ent le Rhone refta à la PrGJ'Venc
des Ter res céd ées
nou s ana lyfo ns, mais enc ore le hau t Dom aine
ne fut poin t céd ée à 1' é.:.
au-d elà du Rhone; car cett e prér oga tive
nt le Dom aine util e.
gard de Beaucaire &amp; d' Argence , mais feuleme
de Fourques refterent à
Le hau t Dom aine &amp; la prop riét é. du lieu
fa qua lité de Ter rito ire
l'Ar che vêq ue d'Arl~s: Ce Pays conferva
enfans de Raimond:·
de Provence , c' eft ce qui le fit fubftituer a_ux
le Com te de Touloufe
Com men t con cev oir qu'u n Prin ce tel que
Pay s don t il n'aeùt eu la partie du Rhone qui cou loit au bor d d'un
fe faifoit à un Pré latvoir pas la fouveraineté., &amp; don t rhomma~e
·
étra nge r à fa Pro vinc e?
.1~'1'3'-;
uer fes droi ts bleifés
ndiq
reve
à
pas
Ce Pré lat ne tarda mêm e
. Reclamatio~ de·
ofé. du terr itoir e d'Argence quf
~~nc~er;:r ~~~~- par Je pa:t age . On y av~it difpEgh fe , &amp; dont nou s avons vu..
nu a fon
~hevêque· d~Arles. avo1t tou1ours apparte
reftitution.
que Raimond ·de ..Saint Gilles avoir ordo nné .la
tïons il obti nt enfin juftice. L'aét:e.
Refli~!fï~n de . Après dix- huit ans de follicita
fut paffé le z Sep tem bre r l"fl · Alphonfe (a),,
l'Ille de, ~?is.- de reconnoiffance en
tal',
lifé d'Arles· l'IDe ~peltée le BoiS Com
· e.
~omtaLaJEglife après avoir rend ü l'Eg
·
1
d
.!d
:
'
toir
''l
tern
··r tou t ce qu 1 . po ç e ans e
·
··
d
'"l
i
dé
teni
bK
e.-.,
i
qu
ciArl
ar.e.
c
·
.
- ·fouverain~té

a

rd.qui. détermina• Alphonfé à cet a~e de
Ça) Bouche nous- attefie, qµe ce fut-Saint&gt; Berna ent Hainault) l'Ant eu.r de. l'Eifai fur
Préiid
jJrfl:ice. Jamais homme , dit (d'après M. leSaint dl? cettte confiâération perfon..:.

ce grand
l'Hifr oire géné rale , n'avoit eCi autant· que
ême fut. emporté. par le mouvem~ nt ~~ ~
lui·rn
mais
rité.;.
l'auto
de
us
fJ
au-de
n(}lie qui. eft
la faip.te r,vre;lfe des Crcifades. 0-n reg_rette.:
nérnl. de l'EiuJOpe, alors totalement liv.r.ée à

�•
'
ùe l'Ar~

j)'-

ëi'Argence par lui &amp; par fes Vaifaux en Fief &amp; hm11mage
chevêque qui le lui i_nfé?de ,à_ cette condition. En conféqu:ence de
&lt;;ette inféodation faite a Razmo1ad F.. Comte de Touloufe, il fit en
1178 à !'Archevêque d'Arles hommage du Château de Beaucaire,,
&amp; de toute la Terre d'Argence, comme on le verra ci-après.
Non-feulement la Seigneurie d'Argence refta aux Archevêques Les Empereurs
donnent l'invefl:i(l' Arles , mais encore ils en reçurent l'inveftiture des Empereurs. ture de la Terre
L'Archevêque qui venoit de tranfiger avec le Comte de Touloufe, d'Argence.
la fullicita &amp; l'obtint de !'Empereur Conrard Ill. qui lui accorda
à perpétuité les droits régaliens dont il jouiifoit dans toute l'éten~
d\J,e du Diocèfe d'Arles. (a) Noftra regalia in Urbe Arelatenfi &amp;
totius Archiepifcopatus concedimus : Il y comprend les péages du
fihone &amp; lui confirme la ceffion faite par Raimond de Saint Gilles à
l'Eglife d'Arles du quart du péage ,de cette Ville &amp; du Château
âu Baron avec la Seigneuûe ,de Trinquetaille &amp; le Château de Mor ...
nes, dont l'un é.toit fitué ,à l'origine de la Camargue, &amp; il y avoit
à l'autre un péage fur le Rhone, comme on l'a vû fous l'année
i 094. Le Dio,cèfe d'Arles embraifoides deux rives de ce Fleuve:
L'Empereur Conrard , &amp; non les Souverains du Languedoc, y1
étendoir donc fa fouveraineté. L'Eglife d'Arles était fi bien en
,poifeŒon de fes bienfaits , qu'en 1 I s3 on la voit exempter les
Chevaliers de Saint Jean de Jérufalem du péage qu'elle lev oit f w:
__
les fels ,qu'ils faifoient tranfporter par le Rhone..
La guerre civile qui défoloit alors la Provence va fournir .de nou.;;, Machine de ~er..:
confiruite
re Rhone
· le
r. ·
dd
·
· Raim.on
11
le
par fur
va101,r
, e .B(1.UX vou 1ut 1a1re
ve es preuves de nos dro1ts.
les droits de fa femme Etiennette (eçonde fille de Gerberge qui avoit Comte de,Proven~
porté le Comté de Proven,çe au Vicomte de Milhaud: Raimond Be- ce contre leCor;n,
t~ de Touloufe,.
r
l a tute ll e de ion
r.
.
r.
. al ors 1ur
1ous
cette p rovmce
ranger Ill• regn01t
oncle Comte d~ Barcelone. La Maifon de Baux étoit favorifée par
l'Empereur &amp; f écourue pa,r Je Comte de Touloufe. Raimond de BaUJJ
jouiifoit ,du Château de Trinquetaille , &amp; comptait beaucoup fur
la for.ce de cette Place. Mais le Comte de Barcelone agiifant pour
fon pupile, fit .conftruire une machine de guerre qu'onjù defcen ..
dre à la dérive, en la tirant à la remorque le long du rivage jufqu'à ce qu'elle -fut vis-à-vis le Château qu'elle ruina bientôt de
fond en comble: Solo coœquan.s arabile reddidit (b). Si le Comte
de To_u)o.ufe eût eu le mo.indre droit fur le Fleuve, fi les batteaux
touj_ours cle lui vo!r con_feiller à Louis le Jeune cle porter le fer &amp; le feu dans l'Orient pouf
expier la fa~ue qu't~ avo1t faite de mettre à feu &amp; à fang la Ville de Vitri en Poitou.
(a) Saxzus Pontif. Arelat. Hijl. pag. u6.

;{ b) 'Gefl, .Comit.13arclân, cap.

17 ,

ap,. Marc, HifP. pag. 517_,.

E ij

�~:er

arte nu; n'auroi~-il
·qui en facilitoiènt la navigation lui euffent app &amp; les opérations
pas eu la facilité de trou bler . &amp; la con ftru aion
de fon · Alli é? Nou s,
d'une machine qui devoir · caufer la ruine
enfans de Raimond de "
voyons. en effet (a) que la veuve &amp; les quatre
a,près la deftruaion~
Baux fe fournirent en .115,0 à leur . Souverain
de ce For t. ,
·rr~o.
nnette de Baux .&amp; fos'.,
Au mois de Septembre dé fa mêine annéé Etie
Le Com t~·. de
-·
ond, de revoquer ·zzdiffé
nt obli gés, par les. ordr.es de Raim
r.
·
·
'
el~ced ~efe,nd enfans fured
\r(ovb
'
l
,.
rnr .
é
d eta 1r e, ,pca-d .
qu 11s ex1geo1entma .,.a:-propos aTrznquetaz e
ges fur le Rhon e. , rens roits e p age
.
des
ître que le droi t d'attache
N? .. 2• , le Rhone &amp; für fon riva ge, de reconnoà l'Ar che vêq ue d'Arles, ainfi ,
Navires n'appartenoit qu'au Com te &amp;
d'Arles font exempts .
que les autres. dro its, &amp; que les Hab itan s
nt ullum ufaticum pro
de tou t péage fur le peti t Rho-ne.: : Non done
.
Rhodaneto, nec· cum tranfierunt per Rhodanetum plaid folemneL
un
tint
nger
Dan s la.même année Raimond Bera
Plaid tenu dans
n Ile G ernique dans l'Hle de Gernique fituée entre Beaucaire &amp; Tarafcon. L'a ae (b) ;
par le Com te . de
Beranger n'eût pas été ,
eft daté du regne de Conrard Empereur. Si
P.i:ovence.

, y auro it-il fait un .
le véri tabl e &amp; feul propriétaire de cett e.Ifle
aae de jurifdiB:ion aufli folemnel ?,
11~4..
, fornommé Bar...; ·
A Conrard fuccéda Frédéric .premier de Souabe
L'Empe;eu_r.
1
ur con~rma(c) .à l'Eg life d'Arles tous .·
~?;\~~7~~;~~ ~~ , berouJTe-.: ce nouve_l ~mpere
des
JOUiffance des droits -régaliens, des péa ges ,
fes droits fur le fes p,n v1lé ges, la
Vill e &amp; tous ·les au- ·
Fleu ves de fon Arc hev êch é , les ports. de la
.
Rhon f.o
r~"és ,par les précédens Em - ·
N· · 3• - tres avantages ·qui lui avoient . été acco .
pereurs &amp; par les · Comtes de Provenée
mgis.de Juin 117 1 :.
Hugues &amp;Bertrand des Baux accorderent (d) au
II7r .
.
Exem ption de
quevauxJ' exemption des péages aux Por ts de S• péages accordée au Mona.ftere de Fron
des
de Trinquetaille ·qu'ils teno ient en inféodation
par es cigne us Gilles , du Rhone &amp;
l&lt;t ·
fous
ent
étoi
uevaux
Archevêques d'ArleH Les Rel igie ux deFronq
de Prov ence. '
préfumer qu'ils euffent ·
domination des Comtes de Touloufe ;- eft-il à
que leurs Souverains ;
demandé à ·Un Prin cé étranger une exemp.tion
ls l'euffent demandée
auro ient .été en dro_it de leur co~céder, &amp; qu'i
Provence étoi ent en ·
précifément·· dans ·urr tems · où les . Com tes de
gue rre avec ceu x de -Touloufe ?·
.
urrt raii é-dù · 18 Avr il ·117 6, par :Tra~t?~~ ·paix · Cet te guerre fot terminée par
e·prét enti on i
Com te de Touloufe fe défifte de tout
en.tre les Souv e- lèqu el Raimond V.
é
· · é t é partag_ en 112 5 _, &amp;-. -Comté de p rovenr:e, te1.q1:11'"l .avo1t
r. 1e ...
nce 1ur
Provecoc,
de n.bue
rams
&amp; deLa
.
• (il) Bouc hê, tome%. ', ;p~e " u5'; .
ur par Chan te~ou., :.
majo
Mont
de
fiere
Mona
d~
fcr.
manu
..
Hift
( .b.)
es.
d'Arl
Ville
de
el
!'Hot
( c ') Archives de
l.8 ••
( {i) Hilloire èu Lang uedo c, tome 3 , page 0

�·11·
arôn :
rendre juffice àfÔn Com péti teur fur la,M othe âzi:B promii:
&amp; d'autres com
don t il jouHfoit en confidération de ces facrifices
à lui payer 310 2
penfations:. Alphonfe Com te de Provence s'oblige
t de cett e fom me,
marcs d'argent fin , &amp; pou r fûreté du paiemen
C:amar~ue, de Lu. .
il lui engage le Chfrteau du Baron, les , Ines de
u au rembour.. bieds.&amp; de Lu/Jan avèc toutes leurs dépendances, Jufq
fementde la fomme entiere (a) •.
don t on ·eff pro
. On ne donne en engagement' que fos· biens
u:n nantiffement de .:
priétaire : Raimond en recevant ces Ines comme
qu'elles · apparte~··
la fomme qui· lui eft prom ife, avoue lui-même
&amp; qu'il_ n'y a au- ·
noient fans difficulté au Com te de Provence ,
e. p;Ieuve. ql_l.e le ·
cun droi t· : il eft difficile de trou ver une meilfour
,
Rhone appa:rtenoit au Sou v.erain de Provence. ·
autre pou r le ·
Le même aél:e nous: en fournit cependa.nt un:e
à
ge faiiie exam i- ·
moins· auffi certaille; c'eft que Raimond s'y enga
teau de la Mothe ~
ner les prétentions·qu'AZphonfe formoit fur le Châ
du Châ teau du
bâti fur la rive droite ~ du peti t Rhone, vis-à~vis
nous ignorions
Baron , &amp; il promet de lui rendre jufü ce. . Quo ique enti on for la. :
prét
quel a été le réfu ltat de cet examen , la feul&lt;\'!
fur le bras du .
'Môthe fuppofe néceffairement le droi t de prop riété
el'lt pas été maî- Rhone. qui la féparoit de.la«Provenee~ Si Raimond n'
r . for ·un terrain fé~ .
tre de ce Fleu ve., quel droi t .p:ouvoit-il avoi
été à.. lui ?
paré ·de fes Etat s par une riviere qui :rr:auroit pas
dura · p~s dix an~ .
Il ne faut pas obm ettre que . reng agem ent ne
Baron dès le mois;;
nées , car Alphonfe habi toit (b) le Châ teau du:
de Citeaux ,.d'une.'.
de Mars&gt; 1 1 8 s;, qu'i l difp_ofa.en faveur .de !'Or dre

de

4

-

·LX X VI.· menfe Api-ili ·• ~ • ami(a) In nômine, &amp;c. Anno ab '!nc&amp;rnatione M. C:
lldephonfu.m: Reigem Arragonen[Pm
viros
es
illu.Jlr
inta
modum
cabilis compojitio faéta efl in hune
omnibus quas jam diéf.us Cames :
nious
petirio
&amp; Ra)'mu.n ~um Comitem Tholo{œ; de ••• ••
atu. Provinciœ ·, ••• , -t_um. radone filice ·
Tholofœ habebat adverfi.1s eumdem ·Regem de Comit
Gomes Tholo{œ ·• : .• remirtit .•• .; .
quidem
étu.sfi
Ra)'mundi Berengarii, &amp;c • • . ; •• prœdi
.
id juris habeb at in prœdiG!:o Comitatu Provinciœ ....
prœdi~o Ildephonjo Regi ••. : •• quidqu
ernœ "diHarch
em
Comit
ariz
Bàeng
undum
Raym
&amp;
fœ
fi~ut znte'. ·Jldephonfum Conmem Tholo
rationel{l &amp; jujliti am de Mota Albaronii '
vijum fwt" ·• •• Eodemque modo • . . perfeél:arn prœdiÈius Rex bona fide donat jam· diéto ,
tionem
d~(Jini
igitur
fe faéturu.m promittit. Ob hanc
Al- ·
_ ma_rcas ·argenti meri, pro quibus caflru.m
Raym~ndo Comit~ Tholofœ. ter .7'.lille &amp; cent~1n
Rho~
ambo
Jicut
rgis
Cama
duzzs fuzs &amp; injulam de
har~nzz _cum ~mnzbu~ rertinenms &amp; appen
Jci.- ·
atione
domin
&amp;
a
icatur
domin
cum·
;
dunt
conclu
è:znz ma1ore~ ipfa'!'- znfu.lam_· u[q ue _ad mare
-·
, vel habùe debet, &amp; in{ulam jimili ur de Lupa
li_~et quam 1am dzétus Rex_zn zpfa z~(ula -~abet
ationibus r
tfomin
&amp;
is
icatur
d9min
&amp;
ditiis
appen
'&amp;
s
mentzz
rizs f: de ~ujfa cum ?mr;zb~s _-per'.
debh ; jam diéto Ra.)'mundo Comiti Tho- quas 1am dzéfus Rex zn. zpfis znJ.u.li.~ _haoèt vel habereJolutione fzbi tifui s de :prœdié!:a fumma ·
lofœ &amp;: .fuc_ce[Jorzbus fuis pzgnorz obhgat ' · quou{que Comes Tholo[œ promittit bona fioe lldear'gen.tz Jan:fa.élumjù bona fide ; · &amp; R~ymundus mina;is infulis fe redditurum Jolutâ Jihi ·
pkoa[o Regz, prœ~zéJum cafl:um Albaronzf cum prœno Marc, Hifp. · num-. 468, p~g•: t 3 ~'8 lk
â, &amp;c. Append~
ln zntegrum prœdiétz ugentz Jumm
I

369 ,

( Q) Hi!loird du Lânguedoc ; tome ~,;, Prenv. Vige

I)

8.:.

�-

~s
Forêt qui en dépendoit, &amp; il éroit égaleme'nt rentré en polfeffion des Ifles , parce que fuivant le traité , Raimond ne .devoir rien
rendr~ qu'il ne füt payé en entier. Les Hifi:oriens du Languedoc i
quoiqu'inftru its de Ia fituation de la Mo.the du Baron, la confondent avec le Château du Baron même, dans le compte qu'ils rendent du traïté de I 176; rnais,à qui prouveront-i ls que le Château
du Baron qu'Alphonfe donne en en,g a,gement à Raimond, dl: le
même que celui de l:z Moth.e , fur lequel il formoit des préten..
tions qui devo'ient être mifes en .arbî.t_rage ? L'excès de leur zèie
_pour leu,r P,rov,i.nce les aveugle en cette ocçafion, comme en bien
·d'autres..
_
qu_e le Rhone fép_are .d e la Ville de
rZes
A
.d'_
ocèfe
i
.
D
.du
Te~~;ird: l'E- . L.a pa,rtie
gliîe d'Arles au- ce nom' étoit toujours fous la fu,zeraineté de !'Archevêqu e. Vers
.le milieu .du douziéme fiécle, il difpofa d'une partie de ce terroir (a),
delà _d uRhone.
à la charge d'une redevance annuelle .en faveur d'une Eglife parûculier:e &amp; çle l'Ab'bé de Saint Gilles; &amp; Raimond V. lui fit hom~
mage (b) au mois d'Aofat 1118 de ce qui avoit été inféodé aux
Comtes de Touloufe (c). L'on voit par cet aél:e que toutes les terres
pe ce canton~là qui paye,nt Ja dixme à l'Eglifo d'Arles étoient auffi
de fa mo.uv.ance temporeHe. Le Comte s'engagea de plus, à ne
donner fon Fief .à _perfonn.e en .arriere-Fief , à faire rendre à l'Arçhevêque tout ce qui étoit poffédé dans le Bois Comtal , &amp; à le
mettre en p9ifeffion de toutes les terres de .ce canton qui feraient
propres à Ia culture. Ce Bois Comtal était une Ifle ou un accrément du .Rho.ne qu'on avo_it fans pou.te planté _d 'abord en bo~s, afin
de fixer la terre par des raçine$, &amp; que l'on.cultivoi t enfaite : Les
Ifles ;que la rîviere forme à Argence, &amp; Argence même reconnoiffoient à la fin du douziéme fiécle la fuzeraineté des Archevêques d'Arles, &amp; quoiqu'ils euffent cédé la plùpart de ces terres
aux Comtes de Touloufe, ceux-ci n'avoient aucun droit fur le petit
Rhone, &lt;qui avoir été en mêl)l~ .~~ms inféodé, co.mme ,nous .l 'avons
.vû à la Ma,ifon de eaux (d).•
~{a) ln\'entaire de..s Titres de l'Archevêc;hé d'Arles, pag. u6, 12.r, 134..( h) Sax.i. Ponti[. .Arelat. pag. 1. 37. Et Hifl:. du Languedoc, tome 3. Preuv. pag. rH.;

. ,( c) Recogno'J,'.it D. R. Thol?fanus Co.mes Je h(!bere. ia feudum ab Archiepifcopo &amp; Eccle.·
fza Arelatenjz , cajlr.ul!l .de Bdhcadro &amp; totam Argentza,m.

(El) C'efl: vers ce tems-là que les Hifiori.ens placent l'origine de l'hér.efie d~s Albigeoit~
,La guerre que l'on fit à ces Fanatiques nous fournira ,plus d'une preuve des di:oits de la
Provence fur le Rhone. S,u.ivant Bouche , tome :z. ,, page 141., au moment où parurent ces ·
erreurs qui cauferent taot de calamités , les Troubadours cpmmencerent à fcµre _c onnoitre
à l'Europe les charmes de la Poëiie Provenç;de.
les Hiil:oriens du Languedoc font fi jaloux de tous les av:antages de la P.rove,nce , qu'ils
-veulent h.&gt;i enlever jufqu'à l'invention de fa Poëfie ; &amp; dans ce defrein, peu digne de la
gravité de l'hifioire &amp; _de leur état, ils .ne déda.ignent pas d'entrer dans une lpn_&amp;ue diŒ:r..

�.
.
'j!}
·:/Jlplionfe Roi d'Arragon regnoit en même. tems fur la Provence· . n 1 ~: .
avec fon frere Pierre. Le 2 3 Oaobre 1 17 9 , ils déclareren t (a) que ,,Exemption d_eles Chevaliers du Te1!1ple. feroient exempts de r.ous droits dans. les k~~~~ur le 11eut.
~Terres de leur dommat10n fur les Fleuves qui leur apparteno1ent
en Provence &amp; fur te petit Rhone : Per Terram noftram, vel per Flu.mina nofira ilz Pro21i11ciâ &amp; in RHoDANET o. Il n' ~ft &amp;.uéres poilible
de rapporter de preuve plus frappante de la dommano n des Comtes de Provence non-feule ment fur le grand Rhone, mais encore fur
long du Languedoc , &amp; qui fe- termin~ par le
le bras qui coule

Je

Gras neuf

.

.

11
Nous avons encore dans une tranfaélion du 1) des Kalendes de L ; 99'd L
Novembre 1199 une nouvelle preuve des. mêmes vérités; il y eft bie:e~e~~~a~ie~;
porté, que les Habitans de Taraféon font exempts du péage de aux Seigneurs de:
Lubieres fur le Rhone, &amp; q_ue ce péage appartient aux Se.igneurs TaraN~on. ,
.. ~
de la Ville.,

ETA T' DU RHO. NE· .
'Depuis le commencement .du treizilm.e Siée
jufques à Charles · d'Anjou,,.

le :;.

Le treiziéme fféde ne fournit pas mofos de titres que les précl- .~énomoreme11t:
'dens,. en faveur des droits ré damés par la Provence.Un des premiers 1:it ~~r À~;h;%
'
arrangemens. faits par Alphonfe. II. en parvenant au Comté de Pro~ II.
quf
Terres
les
vence fut de fixer par un dénombre ment général
compofoi ent fon Domaine , les !Iles de Gerniqµe, de Luffan· &amp; de
Camargue , toutes trois formées· par le Rhone , s'y trouvent corn...
prifes. Arelatenfis Civitas &amp; caflra infra flripta funt in Domi'niO Ca,..

mitis, item lnfula Gernzca·, item.Infula Luffana, item· Infulà de: Ca~ .
-margio. ( Regift. Pergamenor. Arch. de la. Ch. des Comptes. ) Un..
·
pareil tïtre n'a pas befoin de commenta ïre:
de
l'Hle
poffed'er
L'on voit Qun autre côté la.Maifèm de Porcelët
la Cappe qu'elle tenoit des Comtes· de Provence·, &amp; qui étoit immé'-4
diatement fous· la Ville d'ArZe·s ·formée par les eaux:· du Fleuve (b);

-

tati.on ,_tome ·l." P.ag, S' I·'J. &amp; fuiv':- Leur pr~nci.pal' argument eff à. fa vérité q)le· parmi fos
Poeteii Provençaux ort en découvre quelques-uns qui pounoient hien avoir été affez heu..
reux pour naitre en Langu&amp;doc; mais par la même rajfon l'on p,o.urroit.. dire que·la Poëlié·
Provençale efr née en All~magne, en Aizgleterr-e ou en France, parce que l' on compte au'
nombre de ceux. qui la cultiverent , l'Empereur- Erederic Barberouffe ; Richard CiEur d~
Lfo~ Roi' d'Angleterre, &amp; Philippes le Long Roi de France. T ôm:e. 1 des:r.e.ch'er.ches fur les:

Theattes ,. de M. de Beauch'amp.
(a .) Bouche, tome 2., page 1 )2.·,
fb') E~ifl· Milon. ad ~nnoc 111. ïnt. Epifi. Innoc, III. L, a, cilB· ro6, tom.,z: ,.pai,•·
.
165;, Edu. Ba/ut_. û- Epifl, ID7 ~. pa.g. 3,.68 ~

�1-0

geois éroit dans 1a
C'ér oit à cett e époque que .l'affaire des Albi
ond VI. Com te de
plus grande fermentation (a). L'in fort uné Raim après avoir été le
,
Touloufe étoit l'objet &amp; la victime d'une croi fade lt) ·' !'Au teur de
nau
Hai
ent.
éfid
prem ier, dit èncore (d'après M. lePr
les Infideles. On avoit
l'Effai fur l'Hift. générale , à fe croifer contre
acquit tant de gloi re
revêtu de fa dépouille Simon dë Montfort, qui
(b); mais l'au tori té du
en chaifant de fes Eta ts un Prince légitime
ufte ~1e parurent pas
Concile de Montpellier &amp; celle de Philippe Aug
liere de la Ter re d' Arfuffifantes pou r lui donner une inveïliture régu
t :1.1 , ..
tion de l'Ar che vêq ue
'La Terre d'Ar- gence &amp; de Beaucaire ; il lui fallu t une inféoda
cs
·genc e &amp; de Beaune l'ob tint qu'avec une fomme de 140. 0 mar
il
t
don
(c),
les
d'Ar
Si.à
ée
caire &lt;lonn
Beaucaire le 3o Janvier 12 1). L'Armon de Mont fort d'argent. L'ac te en fut paifé à
de cett e
p ar l' Archevêque che vêq ue lui donne en Fie f le Châ teau &amp; la Seigneurie
d'Arl es.
les Ports du Rhone &amp;
Vil le, le Ter rito ire d'Argence, les péa ges ,
l'hommage lige , &amp;c.
,du Gardon, &amp;c. il fe réferve ·un cens ann uel,
x accorda (d) aux Freres de$ .PJean
La même année Hugues des Bau
, Exem ption d~s
·
r. ·
·
o~·ts
d
h"'c.
l ~ 1ran
I percev?1t aux
qu&gt;1
T' ,r; z
1;s
1mo
unpo
le peur- .de Je'.u
es
lle
peages fur
c
em
a,
1
·Rhon e par HurmdeT
x de S•.Gilles &amp;
&amp; ba1ef) du peti t Rhone ou de Fourques, a ceu
.gues c!es Bam1.
TO:rdre deMalthe enquetaille. C'eft en vertu de cette conceffion que
effion eft un monujoui t encore aujo urd 'hui , &amp; cett e même conc
les 'br.as du Rhone.
ment fubfül:ant des droits de la Provence fur tous
uva une révo luPeu d'années auparavant cett e Province épro
fa Prov ence
.
t quelque rems dans l'anarchie. A~phonfe II•
~· t'anar chie. tian qui la mit pendan
Raimond Beranger Y.
étan t mor t en i 209 , laiffoit poux Succeffeur
Provence pou r prendre
encore jeune. Pierre d' Arragon fe rendit en
dans fes Eta ts, après
foin des affaires de fon neveu , qu'il emmena
cou p funefte à foa
les avoir arrangées. Cet te abfence .porta _un
es Vill es principales
auto rité . Arl es, Marfeille, Nice &amp; les autr
le jou,g.
.voulurent s'ériger en Rép ubli que s &amp; fécouer
Guer re contr e
le• Albigeois.

car
crimes auffi odieux que relui d'Hé refie ;
(a) Il paroi t qu'on les accufo:t d'.ma es
de Montfort
Gui
de
fi;Je
·éroit
le
qu'el
rre,
Bigo
de
e!Te
on lit fur le tombeau d'Alix · Comt
eil:
contr e les B ••• •. &amp; Al'biireois. Le mot
( frere de Simo n) qui pour 'la Foi mour ut
el.
Dani
Pere
Le
.
argis
au Mond l.ere de Mont
écrit tout au long dans l'épit aphe qui efl:
é
Cet illufh e Guer rier n'en a pas moins foüill
abée.
Mach
eau
nouv
le
elloit
l'app
On
( b)
pour
rs
Bezie
de
te
Com
du
dait , par l'aifallinat
fa gloir e &amp; la fainteté de la caufe qu'il défen
e
traités , facca gea les Ville s Catholiques comm
les
&amp;
s
treve
les
viola
Il
s.
Terre
fes
avoir
Quel
s.
borne
fans
tion
ambi
férocité &amp; d'une
les autres , fe livra à tous les excès d'une
/
·
Machabée !
l tom, 1, Injlr. n. xxiii.
Chri
Gall.
Et
i.p.
page
3,
tome
c,
uedo
(c) Hifto ire du Lang

pag. 100, iot.
menfe Februarii ego Hugo de Baucio • ••• •·
. ( d) Anno Dom. Incarnat. M. CC X V. domu
i ffo[pitalis S~ }oannis lerofolimitani quod
m perperuum éono , laudo &amp; concedo, Deo &amp;
nres
m domus prefentes &amp; futuri equitantes &amp; n'on equita
~mnes Fram s &amp; omnes Nuntii ejufde
ab·
&amp;
.ant
tranfe
liberè
le
Egidii f:,.- Trenca.rail
••• • in omnes portus meos Rhodaneti &amp; S. d Prieuré de Saint Gille~.
Gran
Jolu tè abfque_ullâ redemprioJll:. Archives du
Un

�-

41

de rtouvelles preuves ëiu Pr~~v~s !ide 1r!.e
Un Ecrivain de ces tems-là nous fournit
·propnete ur
l
r.
. d 'T'lb ery connu 1ous
,
.
. .
e nom Rhone tirées de
dro1t qm no:us occupe ; c eft Gervais e .1 i
du Maréchal d'Arles. Que cet Ecrivain ait porté la crédulité juf- Gervais de Til~
qu'à la démence en fait de Ph yfique &amp; d'Hiftoire naturelle , fon té- bery.
moignage en fait de Géographie n'en eft pas moins refpeél:é par
les Critiques &amp; par les Hiftoriens du Languedoc eux-mêmes (a):
Son ouvrage (b) prouve qu'il avoit une très-grande connoiffance du '
_Pays.
En parlant de Beaucaire, il dit à deux fois différentes , qu'il eft
fitué dans le Royaume &amp; dans la Province d'Arles, &amp; il appelle
fes Habitans Provençaux. Dès que les Terres fituées à la droite
du Rhone n'avoient point ceffé de faire partie de la Provence, quoique poifédées pa:r le Comte de Touloufe ; à plus forte raifon le
·Rhone qui refta toujour-s à fes anciens Maîtres, ne ceifa-t-il pas
d'en dépendre.
Nous voyons Beaucaire fuivre en une autre occafion le fort de
la Provence &amp; du Comtat. Raimond Vll. fils du précédent fe vit forcé
de recourir à !'Auteur même de la ruine de fa Maifon, pour obtenir
quelque portion de fon patrimoine: il fut à Rome,&amp; un Auteur contemporain cité par les Hiftoires du Languedoc rapporte que le
Pape lui dit, je te donne le Comté Venaiffin avec toutes Jes dépendan..

Beaucaire fuit
le fort de la Pro..
'v ence.

ces , la Provence Ô' Beaucaire, a.fin que tu ne fois pas fans Etats :
'Lorfque l'Eglife fera affemblée, tu pourras_revenir, &amp; on te fera -raifon fur tes plaintes contre le Comte de Montfort (c). Ce qui intéreife
notre caufe dans cette réponfe , c'eft que Beaucaire étant mis avec
le Comtat &amp; la Provence , ne peut être fuppofé n'en être pas une
·
'dépendance.
· Au mois de Septembre 122 1 , il y eut une enquête fur les
'droits qu'avoit le Comte de Provence à Tarafcon. L'on y trouve les
traces les moins équivoques de la jurifdiél:ion que ce Prince exerçoit fur le Rhone depuis la Durance jufqu'à la mer : ·Qu' entr'autres
(a) Tome

t ,

I %. %.

page 699.

( b ) Otia lmptrialia , compofé à la fin de ri r r.
( c ) Quelque refpeél: que l'on doive au Pape comme Chef de l'Eglife Catholique, l'on

lui voir faire ces aétes de puiffance temporelle. Il fat ün tems
ne peut qu'être étonné
prévoyoient guères que leurs Succeffeurs briîero ient ainft les
o ù les Evêques de Ro
Sceptres &amp; donneroiem s Couronnes. Quand l~s Empereurs préfidoient aux E leélions des
Papes &amp; qu'ils les nommoient: Lorfque Theodoric faifoit juger Simmaque par fes .Miffi D o1~i ri ici ; que Belifaire exiloit Servius; que les Papes faifoient hommage de t tes leurs pofielllons au Roi de France ; que Leon 11 I. venoit implorer la jufiice de Charlema::;ne qui le '
renvoyoit avec des Commiffaires pour le juger ; quand Leon VIII. à la tête du Sénat, du,
Clergé &amp; du Peuple folemnellement affemblés dans Saint Jean de Latran, confirmoit à !'Empereur Othon le droit d'établir le Pape &amp; de donner les invefütures aux Evêques: le Sa; ~f~
do ce éroit bien éloigné de fe croire en droit de fa.ire &amp; de détrôner les Rois,

.

.E

t.

D éclaration d'utf.
péage p11r eau &amp;
par terre par les
Habitans de Tarafco n au profit
du C omte.

No.&gt;_•

�42·

-I:?.1 y;
Aéte de Juriîdiétion des Provencaux for le
Rho'ne.

N°. 6.

l ! ! ~·

Exemption d'un
p~age à l'Abbaye
de 1Viontmajor.

1126.

Tranfaétion for
le p2age de TaJaîcon &amp; de l'Hle
~e Lubie.re~.

propriétés il avoit celle du péage par eau &amp; par terre, ceIIe cfuPort:
où perfonne ne po'uvoit travailler fans fa permiflion : que lorfqu'il
IJ avoit quelque conteftation fur le rivage au fujet du péage, elle:
ëtoit décidée par fes Officiers ;qu'il augmentoit &amp; diminuoit à fon
gré les droits de péage :: que c' étoit du Comte que les Propriétaires
de l'IDe &amp; du péage de Lubieres les tenoient, &amp; que le droit d'ef.
.
turgeon lui appartenoit.
Habiles
Peu de tems après il s'éleva quelques· difficultés entre
tans deTarafcon &amp; les.Receveurs des péages du Comte: elles furent décidées par une Sentence arbitrale du 5Décembre de la même
année 122 1 , qui, pour prévenir les fraudes qui fe commettoient:
par ·1es achats faits dans le fil de l'eau, fans toucher au rivage,
ordonne que tout ce que les Habitans acheteront fur lé rivage ,.
ou dans le lit du Fleuve, fera mefuré, pefé &amp; canné avant l'achat, &amp; cependant déclare ces Habitans exempts d~ droit de péage , fuivant les conceŒons d_es anciens Comtes ; ce qui eft confirmé:
enfuite par Raimond Beranger. Une claufe remarquable de cet
aél:e, c'eft qu'il y eft dit que , fi au contraire quelque Etranger
arrête fon navire à l'IDe Genzique , il paiera les droits en entier :·
nouvelle preuve que cette IDe, comme toutes celles du Rhone ,,
appartenoient au Comte de Provence.
, Raimond Beranger accorda même en 1 22 3' un affranchiffemënt:
général pour les Terres dont l'Abbaye de Montmajor jouiffoit au
territoire de Laurade, à condition que cette Abbaye lui remet_troit une rente annuelle de cent fols que ce Prince lui avoit cidevant aflignée fur le Port de Tarafcon (a) ..
Le péage de cette Ville &amp; l'fDe de Lubieres appartenoient au·
Comte &amp; à des Seigneurs de Provence,.:. On le voit par une tran.faaion que Raimond Beranger V. paifa le 12 Septembre r226 avec·
plus de foixante Gentils-hommes , qui .lui remirent tous 16S.. droits:
qu'ils avoient fur la Ville de Tarafcon. Parmi ces Gentils-hommes·
il . y en avoit du nom de Lubieres qui ·fe réfervoient l'ancien péage
ne leur nom &amp; tous les droits qu'ils avoient fur l'Hle de Lubieres , . .
réferve qui prouve que cette If.1e étoit cenfée dé-pendre de Tarafcon ,,
&amp; que ces Seigneurs craignoient qu'on ne pût la comprendre à l'aulé nommém ent
.venir dans·une ceffion générale, s'ils n'euffen
le contraire. Si ce Fleuve &amp; l'Iile euffent été fous la domination du
Comte de Toulou:fe·, nul motif n'aurait pli faïre fonger à cette ré·ferve. Le Comte de Provence céda de fon côté' à ces Gentils-h om·mes &amp; à leurs héritiers à perpétuité douze deniers fur chaque trois;
(a) Hift, manu!~ de Montma jor,.

�jbge

de Tarafc.on fur chaque muid_,
fols qu'on levoit àfon très-ancien
.de fel qui y remontoit par terre, ou par eau, &amp; .fur to_utes les
marchandifes fujettes au péage, excepté fur les bois. Cette tran~
faétion qui a toujours été obfervée ~ fut: c?nfirmée .par Arrêt du
Confeil du 3 i Décembre 1670, qm mamt1ent le Seigneur de Lu~
bieres dans la poffeilion de la portion du péage de Tarafcon ailignée
.
• .
.
.
par cet aéte à fes ancêtres.
l"lf?e
Ve~r~~~~
Février,
de
Ides
Nous trouvons dans l'année fuivante, le cinq des
une vente faite par Raimond Breti de Boulbon à Etienne Canon du lieu ·Bertrand , av~&lt;;
r. é
· T erres ittu
r.
No. •
es fes accrémer.s.
neveu, de ~rois
d'Ara~ont , &amp; a\ Bertrand Canon 1on
7·
dans 1 Ifle Bertrand, avec tous les accrémens quelles pourront re- .
cevoir du Rhone. L'aéte contient encore l'inveftiture qui fut don~
née aux Acquéreurs par les Seigneurs de Boulbon.
9
Enfin le Comte de Touloufe trouva d s Saint Louis &amp; dans fa s 1u~ ~ orn...
mere la modération, qu'infpirent aux ames vertueufes les vrais rel; pa~~ :Jéom­
principes du Chriftianifme. La piété profonde de ce Prince ne l'em.. te de_ Touloufe. ~
condl":
r. d D"
. de d"fl:"
.
" ha Jamais
tions.
e ieu d'avec 1es vues tempo- certaines
i mguer 1a cau1e
pec
·
relles de fes Minifi:res. Il. étoit tems de fermer la plaie qu'avoient
de
lieu
Au
Albigeois.
les
" faite_ à l'humattité les croifades contre
continuer une guerre deftrud:ive contre le Comte de Touloufe, la
Cour de France détermina celle de Rome à traiter avec lui (a) .. ;
On laiffa au jeune Raimond· le Diotèfe de ToÙloufe, FAgenois, le
Rouergue, le Quercy &amp; une partie dé l'Albigeois.
Paysquele Com•
· qui• eft d e 12.:i9, au .tecédeàlaFram:c·
· é de·p ans,
)) J 'a1· c édé , d.it-1·1 dans 1e trait
» Roi &amp; à fes héritiers à perpétuité, tous mes autres Pays &amp; Do- .&amp; au Pape.
»maines Jitués en deçà ti.u Rhone dans le Royaume .de France, av·ec
» tous les _droits que j'y puis avoir : quant aux Pays qui font au- ,
»de-là du Fleuve dans l'Empire, avec ·tous les droits qui peuvent;
» y appartenir, je les ai cédés à l'Eglife Romaine •.
1

.f\

(a) L' Abbé Velli , tome 4 , pag. 1i7 &amp; foivantes , entreprend de jufl:i fier la Régente de
France d'avoir accepté qHel&lt;que portion de la dépoüille du . Co,mte. ,, Ce qui peut fervit
,, à la jufüfication du jeune Roi &amp; de la Reine mere, c'eft, dit-il, qu'il eût été bien
,, étran ~e qu't;n enfant~ une femme en'eu!fent fçu plus que les Evêques, les Papes &amp; les
,, Conciles memes, qui regardo1ent alors comme pris de bonne guerre, tout ce que l'on
,, enlevoit aux Hérétiques , ou à ceux qu'on accufoit de les favorlfer." Cet Auteur auroit ,
pu jufiifier la Cour de France par de meilleures r~ifons qu'une ironie fur la fcience de~ 1
Papes &amp; des Conciles. La France, en fe faifant céder une partie de la dépouille du Comte
cle Touloi~e, ne faifoit que rentrer .dans l'ancien Domaine de la Couronne, qui en avoit
été démembré au tems où Raimond Pons &amp; tant d'autres fe firent Souverains de fimples
Gouverneurs qu'ils étoient. · Si elle acquiéroit par ce Traité la partie de la Provence, que
le Comte ?e _Touloufe pofrédoit à la droite du Rhone {Beaucaire &amp; le Territoire d'Argence)
elle n~ fa1fo1t également que rentrer. dans un de fes anciens Domaines, que Bofon avoit
ufürpes.

Fii

..

�4+

Il fut encore con\'enu que le Comte âonneroit fa fille Jeanne à:
un des freres du Roi avec le Comté de Touloufe , qui ferait uni à la
Couronne en cas de mort fans enfans , &amp; que le Roi aurait ce
Comté à l'exclufion des autres enfans que Raimond pourrait avoir.
/eanne époufa en effet dans la fuite Alphonfe frere du Roi S. Louis.
Ce traité doit être regardé comme l'occafion des difficultés qui
fe font élevées dans la fuite entre les deux Provinces pour la propriété du Rhone, par le défaut d'énonciation des qualités dans le.f
quelles de Comte de Touloufe . poffédoit chacune de ces contrées ..
Les événemens dont il nous refte à rendre compte, ne nous laiifent
cependant aucun doute que la Provence n'eût confervé fes. droits fur
le Fleuve.
. Tous les autres péages refterent à léurs . anciens Po!fdfeurs. Le
h2.§;h
N ouveaux om' l' accommo demen~
· apres
' d'ire deux mois
Dé cembre 12 2 9, c,eft -a. pia!!es des ~éages · 2
Hu Rhone a l'E- dont on vient: de reBdre compte , Baral des Baux rendit hommage
dé pen d anr.
·zze &amp; IeS
·
Bertrand pour ..1.., _rznquetaz
"
Arc heveque
"
gli.Ce
au meme
· · d'Arles.
ces, pour les ports de la Ville &amp; du Bourg d'Arles, du petit Rhone,,
de Fourques, de S. Gilles, &amp;c. Cet hommage conforme à celui de
l'an 12 3 8 fut renouvelle prefque dans les mê·mes termes au mois
d'Oaobre 1268 par Bertrand fils de Baral·, en faveur de l'Archev:ê--:
·
que Bertrand de S. Martin.
avoir permis à l'Archevê~
!'Empereur
30
12
d'Avril
mois
le
Dès
L'~ ~1°; . e
d'Arle/~t~b~~(~n que d'Arles d'établir un péage fur toutes les màrchandifes paifanrpéage fur le Rho~ fur le Rhone tant du côté d'Arles que du côté de Fourques (a). Ct::t:
aB:e eft poftér.ieur à la ceffion que Raimond avoir faite de Beaucaire~c:.
&amp; d' Argence à S. Louis. Il prouve coriféquemment que le Rhone n'avoit pas ceifé d'appartenir -à fes anciens Maîtres, ni de faire partie ..
de la Provence.
Le 1 5 May 1232 , Raimond Beranger accorda aux Habitans;
n 31_~pé;;eem~~~~rd~: d''./!rles une éxemption génér~l~ de tous les péages qui fe _p~rce.v01ent dans fes Etats fur les nv1eres &amp; fur leurs bords. Pnvilége
auK Habitans
confirmé-par Louis Il. le premier Juillet 1 390,.. &amp; par Loui.s;III. le
J.l'Atles.
12 Septembre 1 39 9. C' eft le premier des titres, en vertu defquelS'
les Habitans d'Ar!es ne payent aucuns droits dans l'étendue de la.
I·
Provence, &amp; notamment au péage du Baron ( b·) établi fur le bras.
du petit Rhone, qui faifoit par conféquent partie des. Etats &amp; du:
·
Comté de Provence.
Janvier 123,i:, Reinaud de· Porcelet fit·
de
Ides
des
premier
Le
lij 4 •
Les péages, ports hommage à !'Archevêqu e d'Arles pour fes péages &amp; fa portion
1

1

&amp;

pêcheries du

Rhone aJ?partien"!

( a) Hill. du Lang. tom. 3 , rag. T9 I.

( b) Ai:chives. de ~'Hôtel de·Ville d'Arles-,-

�4f

.

-

.

-

:dans le port du Bourg'&amp;. pour fes p·êcheries aux Gras de Paffon &amp;
·
de Pannanides qui font des bouches du Rhone.

nent à la Proven:-

No. s.

ce.

12

par fcle traité- Le p ape34·renitue
~
. Nous avons .vî1. le Comtat Penai.ffin cédé· au Pape
de I 229. Il éto1t unpoilible que la Cour de Rome put con erver un le Comtat à la
Pays fur lequel elle n'avoit jamais eu l'ombre de droit. Si quelque Maifon de Toa--:
Puilfance eùt pu réclamer cette partie des Etats de la Maifon de loui.è~
Touloufe, c'eût été fans contredit le Roi de France, comme ayant
été ufurpés fur la Couronne par Bofon. Il paraît que !'Empereur
lui-même qui, depuis cette révolution, en avoit eu la fuzerainetéj
eC1t oublié fes droits. Les différends qui depuis plufieurs fiécles
avaient divifé l'Empire &amp; le Sacerdoce , avoi~nt confondu toutes
les idées , &amp; fait méconnaître les principes les plus certains. Le .
Roi de France au lieu de réclamer pour lui cette portion de fon-ancienDomaine, interpofa fes bons offices auprès de Gregoire IX. pour
l'engager à rendre à Raimond VII. cette partie de la Provence, que le·
mariage de la Princeife Emme avoit jadis portée dans la Maifon de:
Touloufe. Le Pape ne s'y détermina qu'en 1254 (a).
Baral des Baux rendit au mois de Janvier I 23 8 à Jean II l. Arche- Plnfi!~!sg·~éar~;;
vêque d'Arles hommage pour Trinquetaille &amp; fes dépendances ; du Rhone J i pcll'pcur tout ce qu'il poffédoit daas la Camargue par lüi-même ou par dans de h PrO'&gt;'
fes Valfaux' pour les ports de la Ville &amp; du Fauxbourg d'Arles,, vencNO' . '
9
"' "'
du petit Rhone, de Fourques, de S. Gilles, &amp; enfin pour les péages:
dont il jouiffoit fur le bord du Rhone à Arles.
Le même Jean III. plus attentif à la confervation des biens· de T"ra·i i/::'t~~ l'Ar;,·
fon Eglife, que convaincu de la néceffité d'exterminer un Prince' che vég~e d'Arles&gt;
C"om~c d~
accufé d'héréfie, n'eut aucun fcrupule de faire
1 avec lui m1' traité' T&amp; 0\1lel 0-Uie.,.
1e 3o May 1 24 t. Il par01t par cet aél:e que e Comte &amp; le Pi:élat' ·
avoient une égale envie de fe faire reftituer par les Rois de Franc~
ce que le traité de I 2 2 9 avoit donné à ceux-ci de l'ancienne dé ....
.f
pendance de la Provence, c'eft-à-dire Beaucaire, Argence &amp; leur
territoire. Le Comte fait à l'Archevêque pour ces. terres le même
Il'

A

. (a) Si Saint Louis- n'agi{foit pas en cette ·occafion d'une man iere conférme aux intérêts'
èe la Couronne , il en avoit reçu l'exemple d'e Con pere ; car Louis VIII. au Jieù d'ufer'
du droit qu'il avoir feul de juger avec les Pairs le Comte de Toulou{e fon Va!fal , , s'il étoito
prou;;~ qu'il eût contrevenu à quelque Loi des Fiefs, avoit levé une Armée peur fouteni-r;
le ~roi~ que la Cour de Rome s'arrogeoi~ de dépouiller les grands Vaflâux de la Couronne,,
&amp;-0e difpofer de leurs Etats. Il dt vnn que par une- fuite des contrndia:ions- de ces temsH Louis VIII. à l'exemple de.l'Hermite Pierre, avoit commenc.é cette Crnifade· contr'e }e 9,

Hérétique.s ~ar le Jiege . d'~ne Ville Catho!iqu~. Ce fu~ au retour de cette expédition , qu'i}:
!u~ ~tt,aque d m:1e mala·d1 · l;1quel.l.e les Med_ecrns ne virent d'.autre remede, que· de mettre"
a c~te du ~01_pendan~. \on for:imeil un~ v·une perfonne 21m&lt;_ble. Non, mafiile ,lui dir-

rn

Lows en . s eveillant' ) azme. W.. !tl!X mourn· q1.te de {1tu"/Jer 1;1 .~ ize par ?iT.' pech{ morrel .
mourut en. ~ffet Martyr. de fa chafleré: fon pere· iui avoi~ prédit q~1' il :ruiner-oit: fa fanté ~
t;ette expfdltlon , &amp;;. q.ue le Royauiuç.refü:r&lt;&gt;it au pouyoir: ~une' fe'm·me .SÇ~\!îl'· cnfanîir.

'

-

�46
hommage que · fes Prédéc'effeurs avoient fait autrefois à l'Eglife
d'Arles, &amp; Jean II J. promet au C6mte de l'aider, tant en faifant
une guerre vive en fa fave ur, que par tous les ~utres moyens tem...
pprels &amp; f pirituels, à rentrer dans cet ancien patrimoine de fa Mai~
fon : Promittentes vobis quod nos ad recuperationem &amp; confervationem

prœdiétorum Jeudorum cum roto pof[e nojlro vivam guerram facienifo
&amp; omnibus aliis modis quibus poterimus , juvabimus vos fpiritualiter &amp;
tr:mporaliter (a). Ce traité n'eut aucune fuite, il ne fert qu'à faire
voir des traces perpétuelles des droits de la Provence fur les terres
firuées à la rive occidentale du Rhone.

• . ffiion en. f:aveur de
' impre
·
Il eft peu de titres
p1us ·capabl es .cl e f:aire
la Provence, que le dénombrement des divers droits appartenans
du regiflre.
nt eft tiré
aux Comtes qui y regnoient; ce dénombreme
_
.
Turris de la Chambre des Comptes d'Aix , à la date de 1246 &amp;:.
N°, 10. 12) i. L'on y voit qu'un des principaux revènus de ce Prince font
l es péages ..fur le Rhone, tant à Tarafcon qu'à Beaucaire. Dans ce ,
dernier lieu le droit que payoit un Etranger étoit de fix deniers &amp; une obole, &amp; que fi l'homme eft de Tare.Jean ou de Beaucaire, il
e·ft éxempt du péage,, &amp; ne paye qùe-le droit nommé ufagium.
L'extrait contient enfuite la forme &amp; la maniere de percevoir le .
péage à Beaucaire &amp; à Tarafcon: on· y lit que l'homme qui paffe le
pont nouvellement conftruit, &amp; le repaire dans le même jour , ne
paye rien pour le retour, ce qui s'entend des Habitans de Beau-cai:re, de.Tarafcon &amp; d'autres lieux. L'on y voit auffi. que toutes _
les terres de l'Ifle de Lùffan fituée dans le Rhone au terroir de ·
Tarafcon , étoient foumifes envers le Domaine de Provence à d_es
.
cens en bled &amp; èn argent.·
it
accompagno
Tal)çlis que Charles d'Anjou Comte de Provmce
J,es principal.es
M
d
&amp;
Z
d'A·
V'll
l
·r.d ~s, es 1. es
l C ro1~a
d
S 1 . r f
ViilcsdeProvenr es , , _e ars'érigent en •. .ou~s lOn r~re ans es
çe
&amp;
faille s efforço1ent de fe fouftraire a fon obé1ifanc€ de s enger .en
Réri1b;jque~.
Républiques . De retour dans fes Etats en 1 2) 1 , Charles s'occupa
du foin de rentrer dans fes droits. Arles ne réfifra point .aux. pro
pofüions de paix que ce Prince lui fit faire; les conditions en furent .
rédigées. dans un aae qui nous reft.e , &amp; qui eft daté du dernioc _
Avril de çette année.
Par l'article 1 3 le Comte exempte les Habitans-d'Arles des péa...:
ges de la Trouille &amp; du Baron, l'un fitué fur le grand bras du Rhone;
&amp; l'autre fur le petit. Il confent dans l'article 19, que le droit
4

&amp; ap;
du
· uLesG· péages
R hone . faifoient
ccip:iltrecvdee/ l e pdnn
nn es om· s
Pr o,.,· nce .

4

(a.) Il n'eût plus manqué -à toutes les contradiétions que nous venons de remarquer ,
que de voir un Archevêque faire la guerre au Roi Très-Chrétien, pour l'obliger de refütuer:
' à un Hérétique les biens que l'EgliCe l\li. avoit fait perdre.

�47

'd'hémines impofé par les Citoyens pour mainten~r le pont' ceffe. du tour.

Quiconque a des péages [ur les d~ux bras ~"'un Fleuve, quiconque
n s
y eft maître du pont, do.1t .néceifairement 1 et~e du Fleu:ve;
e~tre s.
Trait/
.Arragon
d
Roi
le
&amp;
II s'éleva depuis des diffü::ul~és entre S. Lou_is
Succeifeur de Raimond, au fuJet de la Provence &amp; des différentes Louis &amp; le Roi
terres fur lefquelles les deux Rois avaient des prétentions. Ces d'Arragon for
.difficultés furent terminées par un traité du mois d'Aoôt 12) 8 fait ~~iaii~:~~~l~~:H.'•
à Barcelone : l'on y trouve encore une nouvelle preuve que la
Provence s'étendoit au-de·là du Rhone, &amp; que conféquemment ce:
F leuve n'avait pas ceifé d'en faire partie.
Le Roi d' Arragon dit : reddimus Franciœ ~ ; : : ; : • quidquicl

no bis juris competir vel quocumque caju feu ratio ne vel titulo po§et ad
nos vel hœredes &amp; fucceff ores noflros nùtu vel in futurum aliquatenus
devenire in Tolosd &amp; toto Comitatu Tolofœ &amp; fanBi Aigidii, ( Saint
Gilles) &amp; in terris Argen{zenfi (Argence) &amp; Venefini (V eneffin ) ac·
in totâ aliA terrti jurifdiElione ac .poteflate Raimundi quodam Comitür
· Tolofani. Bouch. tom. 2, pag. 27 '3.
La diftinél:ion quel' on fait dans ce traité entre tout ce qui dépenc.!
du Comté de Touloufe &amp; de S. Gilles, &amp; des Terres d'Argence &amp; le

Comtat, dén1ontre avec évidence que ces mêmes Terres exprimée~
féparément des autres contrées dépendantes de la fucceffion d'e Rai~·
mond, étoient étrangeres à fon Comté de Tou.loufe, &amp; ne pouvoient
dépendre que de la Provence ,&amp; en effet elles font accollées dans le:
traité avec le Comtat Ven.aij]in: il n'y a donc pas de douté qu'aloi·s; comme auparavant, cetteProvince ne renfermât leRhone,puif-.qu'elle ·poifédoit les deux rives du Fleuve, &amp;-que fi la fucce!Iion;
de Raimond fe fô.t partagée par ligne ou par Province, ce Fleuve·
n' eùt paifé aux héritiers maternels avec les terres fi tuées des· deux.
côtés, &amp; qui avoient été portées dans la Maifon de To"tt.loufe pat"
des héritiers des Comtes de Provence.
Au mois de Décembre 12)9, Baral" des Baux faft nommage· â· , ·r.z:..r,9\.
Autte homma~ëf
d 1·' c · h
·
b.iens qu ,.1
1
d'Arzes oes
"'
'A
l rc heveque
1 tient e UI a io1 &amp; ommage : dé lrr Maifon desi
Scilicet Cciflrum Trincatalîarium cum pertinentiis fùis &amp; portus:Civitatis: Bau" pour le!-1
&amp; Burgi Arelatis &amp; Rodaneto &amp; de Turris &amp; de fan[fo;/Egidio &amp;· Féages~lu R hone •.
pedagia fr ufatica omnia tam Civitatis &amp; Burgi Arelatis &amp; Trincata~ N •' J.-1.2~
liarum &amp;c. &amp; de Camargiis cum jùis tenentiis, &amp;c. V oil à encore une·
-fois le petit Rhone, les ports d~ Fou~ques , S. G}illes· &amp; leurs péages,
.au nombre des fonds &amp; des droits qm compofo1enda P-,:ovence ou l~
Comté d'Arles.
f,.·,9-..
Bertrand de A1alferrai fucceifeur immédiat de Jean dans I'Arcfievê'~~ ~ d(s~
Pr~tenti
·
.
,
d
f r ' r. · d ·
bl
)
(
l
'A
.c hé d . r es a , eue ians ome e ce ci:ue 1 arranfl_eme.nt ~ns erit.uc'· J.'Eg,1ir.e.' d;A.des.
,( à) Archives del H0tet de ViUe d'Arles•.

�·4 s

le Roi de France &amp; ]e Comte de Touloufè privoit fon Eglîfe.de fort
droit de fuz.eraineté fur Beaucaire &amp; fur Argence, s'en plaignit au
Pape Alexandre IP. .Gui Fuhodi , alors Evêque du Puy, qui fut
enfüite Pape fous le nom d~ Clement IV. fut chargé de folliciter
cette affaire à la Cour de S. Louis, où fe rendit auffi Guillaume Archi·
diacre d'Arles en qualité de Procur eur de fon Evêque. Il paroît que
celui-c i ne connoiffoit pas tous les moyens de faire réuffir fa demande; car il ne l'appuyait que fur l'inféodation faite le 30 de Jan·
vier 12 1) à Simon de Montfort par !'Archevêque Michel de Moriés.
Le Roi , fans contefl:er la validité de ce titre , faifoit feulement
valoir la lorigue poffeffion de fon pere , la fü:.mne propre , &amp; même
celle de Raimond VIL duquel il avoit acquis ces Fiefs par le traité
de Paris de 1229; ce dernier mo yen d'oppoGtion eft remarquable;
il .füppofe dans S. Louis la croyance que Raimond VII. avoir tenu
Beaucaire-&amp; Argence ou de fa Couronne ou en franc-aleu, &amp; la
· feule produCtion de l'hommage rendu par Raimond à !'Archevêque
Hugues Boardy le 2 1 Septembre _1 224, lui auroit prouvé le contrair_e, Le Roi ajoutoi t qu'il étoit plus naturel d'adjuger à fa Cou:ronn_e le Fief de Beaucaire fi.tué dans fon Royaum e que de le donner
à l'Eglife d'Arles fi.tuée dans l'Empire, quoiqu'il reconnût que le
- Dio.cèfe de cette Eglife s' étendoir jufques dans le Royaum e : cette
raifon, n'étant que de fimple convenance, ne prouve rien, &amp; le
principe fur lequel elle étoit fondée fe trouve détruit par tout ce
· que nous avons établi dans ce Mémoire.
re
d'Oétob
mois
au
tion
Sur ces difficultés on èlreffa une conven
J:2, ~ 9~
S.
Traité entre
France
12 } 9: elle portait , qu'attendu l'ufage où étaient les Rois de
Louis &amp; l'ArcheRois
eurs
Suc,ceff
fes
&amp;
Louis
(a),
vêque d 'Arl~s .au de ne faire hommage à perfonne
füjet de Beaucaire garderaient Beaucaire &amp; Argence francs de tout fervice féodal : que
~ Arg~11çe. .ces Fiefs fortans de leurs mains , le Poffeffeur feroit tenu d'en faire
hommage à !'Archevêque d'Arles ·; que le Roi feroit quitte du cens
_de cent marcs d'argent porté dans l'inféodatioll. paffée à Simon de
Montfor ,t , des arrérages de ces cens &amp; du fonds de fix cens marcs,
qui étaient encore dûs à l'Eglife d' drles en vertu du même titre, &amp;
qu!en dédommagement de la rente, il affigneroit à cette Eglife
Domaines
1 oo liv_. tournoi s de revenu annuel &amp; perpétu el fur les
·'de Beaucaire ou d'Argence. S. Louis ayant donné fes ordres en con·.
féquence , &amp; le même jour, à Geoffroy de Rouche Sénéchal de Beau..:
çaire, celui-.ci dès le 20 de Novembre fuivant affigna le~ 1 oo liv~

fur Feaucaire &amp;
A rgenq:.

(a) Il par-iît par ce traité que l'ufage où étoient les Rois de France de convertir en,inqui ne
'1emnité &amp; devoir féodal, efr plus ancien que ne l'a cru M, le Prélident Hainault ,
du
établi
déja
étoit
Il
o~.
1
x
anl\ée
Çhronol.
Abreg.
o:z.
3
en
Bel
0
1
le fixe que ~ous Philippe le

- iems de S41nt Lauzs.

fur

�~·9

· fur le péage de la Il;êm~ Vil!e. Le ~oi :atifia l'affig11ation au. moi~
·de May 1260, &amp; 1 Eghfe d Arles a JOUI de cette rente fans inter""'.
:ruption.
' 'l grat1'fié d' une fcomme qui' vau droit
• aUJOUr~
·
Saint Louis l'eut-1
'.d'hui (a) p_lus de i 8 O() livres , s'il eût cru fes prétentions mal
fondées ? Il n'y put être déterminé que par des motifs d'équité.
On en fera encore plus convâincu , fi on fait attention que .
ces conftitutions de rentes furent le. moyen dont il fe fervit ( b)
pour dédommager les Eglifes qui perdirent par le même traité de
·I 229 les droits çle fuzeraineté qu'elles avaient fur quelques-uns
&lt;les Fiefs de la Maifon de Touloufe; l'Eglife d'Arles fut même traitée
plus favorablement qu'aucune de ~elles de Languedoc; fes droits
ne furent ·que fufpendus, on les lui conferva au fonds , &amp; elle l~s
fit valoir avec fuccès pour le C~âteau de Fourques une des dépendances d'Argence que le Roi avoit aliéné , &amp; pour lequel elle
obligea ( c) le Seigneur à lui faire hommage le 20 Janvier 1620.
Le Languedoc ne peut pas non plus tirer le moindre avantage de
l'affigr:ation que donqa S.. Louis de cette penfion fur le produit d'un
péage du Rhone; c' étoit· un de ceux qui avoient été inféodés à la
Maifon de To.ùloufe &amp; au Comte de Montfort. Si S. Louis les pofféda
en franc-aleu, ce fut une condition perfonnelle à lui &amp; à fes Succeffeurs Rois de France. Comme elfe ne tire pas foa origine de la
nature du Domaine·, elle ne peut donner aucun nouv~au droit au
Languedoc fur le Rh.one.
r
6
Charles d'Anjou &amp; Beatrix fa femme font en 1260 un nouvel Aae: «î; pt!o-4
Atle de propriété fur les péages du Rhone ; car, par des Lettres- pdriéRcéh des péages
·
•U
on.e par le·
P.atentes·1'ls reprennent de Bertrand d' Almanon
une rente annue ll e C::omte
de Pro•
de 2000 fols, dont le précédent Comte lui avoit fait don en 124) , vence.
à prendre fur fon péage d'Arles, &amp; ils lui remettent en compen- N°~ I 3·
fation une Terre dite la Condamine Marfeilloife, fi tuée au territoire

d'Arles.

1163.

Un autre aae du dernier des Kalendes de May 126'3 annonce I!les duR!1orre
encore la propriété des Provençaux fur les Ifles du Rhone. Par ap~anen~ns a des
n.
Gui·zz aume de P orcel et d onne a' b ai'l emp h'it éotique
.
Seigneurs P.rlilcet A i....Le,
a' Ber- vençaux.
, trand-Jean tous les Stels &amp; !iles qui font &amp; feront ,dans .le lit du
N°, 1 ~
· Fleuve, à compter de l'Hle Sacriftane jufques aux Mers dites des
Rolands &amp; des Catalans,.
(a) Le marc d'argent, qui étoit alors au mêm~ titre qu'aujourd'hui, val oit r4liv. 1 fols9
Leblanc, monn. de France, pag. 17 l &amp; 315 , édu, d'Amll. A l'évaluer aujourd'hui à 10 liv
les 1 oo rn. d'alors vaudroient près de 18 p liv.
•
( b) Hi~. de La~gu, tom. 3, aux preuv. pag. 347~
( c) Saxzus Pontif. Arel, pag. 179_.
·

..
G

�.- -..
La~~~~~ dani

/

ro

t du droit exclufif
L'an nee füiv~mte il s'eft fait une enquête au fuje le Rhone jufques à
les. de pêcher feuls dans
1~ Rhone appar- qu'o nt les Habitans d'Ar
itan.s ont eu
ofen,.t que ces Hab
•
ftv~- la mer :• .. nombre de témoins y dép
tient excluHab1
vo1ent des étranment aux
ce Ôrô1t de tout tems , &amp; que lorfqu ils y trou
µns d'Arl es.
qui n'appartenait
N0, Ir~ ger s' ils les .empêchaient d'ufer d'une faculté
qu'à la Ville d'Arles.
les Habitans d'Arles
" Dans ce même fiécle &amp; dans les fuivans,
des Sentences renont été maintenus dans cette pêche çxclufive par rs de la Maifon
neu
dues par des Officiers de Provence : les Seig
Em phit éote , préfon
&amp;
cle Porcelet, Vaifale de l'Eglife d'Arles
n , pêcher entre les
tendoient .qu'on ne pou voit , fans leur permiffip
Pêcheurs ·d'Arles in-·
Ifles du Rhone qui leur appartenoient; les
enquête au mois.
téreifés à prouver le contraire , firent faire une lufif qu'avoient
t exc
.d'Août 126 4 de 88 Tém . tous dépofentdu droi
ues à la mer. · .
jufq
les Habitans d'Arles de pêcher dans le Rhone
lurent en 126 ) s'y:
Envain !'Archevêque &amp; Reinaudde Porcelet vou repliquerent par
rs
oppofer par une enquête contraire ; les Pêc heu des Sentences de
par
une (lutre de 127 6 (a) &amp; furent rüaintenus
rendues par lesOffi~
nt
fure
es
1~26, 142 1 &amp; ~122~ Ces Sentenc
ies condamnées tant
ciers de Provence. Croira-t-ou que des Part par les Seigneurs;
r
de fois n'euifent jamais tent é de fe faire aide
de prétendre , foit
t
droi
en
du Pays voîfin , s'ils les euifent cru
on ? L'o n n' eft pas:
à la pêche fur le Rhone , foit à la J urifdiaidéfe
ndre fes pré.t enens de
ordinair~riient fcrupuleux fur les moy
où leur viennent les.
tions , &amp; peu importe à des particuliers cl'
jugemens qui les favorifenr.
Maître dtr.,.
s voyons le Comte de· Provr.ence
1 66 •
D'u n autre côté nou
1 P. w
d
r.
· c~
•
.
Le omte e
• Rh one ( b ) , y f:aire payer en 126 6 une 1mpo11t10n iur e ie.1:
t
Prov ence met des peti
frere tiroit par ce Fleu ve du Duc hé de Nar
i~npôts fur le fel que Saint Louis fon
ntes au Pap e
A la véri té, le Roi de France en porta fes plai
e.
bonn
o~~
u~:;~re le:~
01
depuis le 6 Janvie:i;Clement I /7. ( auquel Charles d'.Anjozi avoit de Naples: &amp; de·
france-.
es
de la même année l'obligation des Couronn
du- Pape , monuSicile ( c ) ; ) mais à. en juger par les Lettres utoit pa·s à fon
difp
ment unique de la que rell e, Saint Louis ne
pofition av oit été
frere, la propriété du .Fleu ve fur lequel l'im
ance à tair e; il fe
étab lie, &amp; ce n'auroit pas été là une circonft
lle füt contraire aux
plaignoit feulement de la nouveauté, foit qu'e
(a) Archiv. de l'Hôt el de Ville d'Arles.
( b) Thef . Anecd. pag. 267.

•
.

e réputation du côté

fe jouiffoit de la plus grand
( c) Bouc he, tome i , page 277. Ce Ponti
préce demm ent fait fon Sécre taire. Jama is Papeit
de la probité &amp; d~ fça~oi_r. Saint Louis l'avo
une dot fi modique à iè"

de l'Egl ife ; il otfrn it
n'a· moins que lui ennch1 fa famille &lt;le• biens
îeufes ;. Il étoit né Fran çoih
Relig
filles , qu'ell~ fµrent obligées de fe faire

r

�'fr'

traité~ qui fubfi11oient entre les deux Etats'; eon11ne Clement

rJ7:

paroît rinfinuer' fait qu'elle ne s'acc~rclât pas :avec les bons pro-.
cédés qUi doivent regner en~re des v01fins , .&amp; furtout. ent~e deux
freres; nous ignorons la fuite de cette affaire : les H1ftonens de
Languedoc n'en orif pas dit ~n mot. I:e recueil .d'où ~!le e~ tii:ée
ne leur étoit cependant pas i~connu; .il. faut croire qu ils n en ont:
pas cru le détail favorable a leur op11110n.
.
. _.
s'éleva .en, 1267 une conteft~tion entre le~ Receve:irs .des Aa:~ 6fe~Jurir-1
&lt;lro1ts du Pom -d Arles &amp; les Supérieurs de la Ma1fon Hofp1tahere difüo n for le
.de Saint Gilles au nom de celle d' Auriffet &amp; de Saliés : cette COfü Rhone par les Ju•
c.
,.!"' Provence,
:teftauon
rut
.port ée devant l e J uge d'A rl es, &amp; dé c1·d,ee par une ges No
16
.Sentence du 7 des K:alendes d'Avrîl de la même ânnée. Cette piéce
• . 'I
· prouve, 1°. Que le Pont d'Arles appartenoit à la Ville &amp; non au
Languedoc. 2°. Que ·quand il furvenoit des conteftations fur le
;péage , les Habitans &amp; .poffédans biens du Languedoc eux-mêm~s
.convenoient que l~ Jurifdiél:ion en appartenoit aux Jug.es Provençaux. Voyons maintenant quelles fuites eût le Traité de Paris~
&amp; nos preuves vont fe multiplier.

. I!

Le cas prévu Î:ar ce traité arriva. Philippe le Hardi re..:
. •
,
· ,r,
~
,r;
cue11l1t en 1271 a fucceffion d AlphonJe, Comte de ToulouJe,
mari de Jeanne morte fans enfans (a). Cette fucceffion comprenoit
le Comté de Touloufe &amp; le C9mtat //enaiffin ou Marquifat de Pro-vence . . Ainfr Philippe Poffeffeur par le même traité de la Séné"".
chauffée de Beaucaire &amp; de la rive occidentale du Rhone·, fut mis
.par la fucceffion de Jeanne en poifeffion de la rive orientale dans la
partie qui .s'~tend depuis l'Ifere jufqu'à la Durance. Qui pouvoitlui
.difputer la propriété du Fleuve dans cet efpace d'un terrein dont il
poffédoit les deux bords? C'eft-1~ le titre incontefrable fur lequel
.eft fondée l'autorité que les Rois de France ont toujours exercée
dans la fuite fur le Rhone vis-à-vis Avignon &amp; le Comtat. Aucune
des ceffions faites depuis au Pape n'ont compris le Fleuve, &amp; il eft
refré à ,la Francë , par le principe certain que tout ce qui n' eft pas
&lt;léfigné dans une ceffion,. eft cenfé réfervé à celui qui l'a faite.
· Lors de l'ouverture de la fuccefEon de Jeanne, Grégoire X.
Pape regnant., prétendit avoir des droits fur le Marquifat de Pro2Jence ou Comté //enai.ffin, fans doute en conféquence du traité
de 1229; mais l'on vient de voir que Grégoire IX. avoit reftitué ce territoire à Raimond VII. Si quelqu•un pou voit fe croire lézé
jJJr la ~poffeffion de Philippe, c' étoit Charles d'Anjou , Comte de
(a) Ce Prince foivit Saint Louis à fon dtrnier voyage d'outre -mer , &amp; aida Philippe à
vaincre les Infideles: La mort le furprit en revenant de cette fainte &amp; inutile expédiüon.

Gij

h7r; "
Le R oifuccécle
au Ccmcat rar la
mort &lt;le Jeanne.

Prétentions du
P2pe fur le Com·

tat~

�j"z

fa:
Frcvencë; appellé à la -fucceffion du Marquifat cîe ce- nomentparque:
&amp; par le teftam
fubftitution portée au partage de 1L2
droits ;:
'Jeanne avoit fait en fa faveur .. L'on ne fçait s'il fit valoir fos
n dont·
mais la réclamation du Pape paroît avoir fait une irnpreffio
droits ;~
on fe ferait garanti fi l'o~ eût remonté à la fource de fes
Touloufe ,.
ils étoient puifés dans les malheurs de la Maifon de
voit ce:
caufés par les Papes eux-mêmes :.qwoiqu'il en; fofr, on
exerparT
,
Pontife en poffeffion.du. Com tat au mois d'Avril 1274
cice qui fe faifoit de la Juftice en fon nôm.
n qui fe fit de ce ter-· ·
A la vérit é, fon ne conn aît pas la ceffio
·1190.·
r
. iorte
· ue d e ces
·
b"L
r..
r..
s:
· l'u1age iu it:quent, JUge umq
• · e au p ape ; mais
La Ville à'Avi·
ntoir
le
gnon ct: ctée par
puifris,
comp
t
poin
fut
n~y
que le Fleu ve
lto1 au Comte de de quef tions , prou ve
e exercerent la J urifdi~ion. fur.la partie:··
Franc
de
.
Rois
que les feuls
Provence.
dépourvue ·
du Rhone le long du Pay_s cédé , &amp; que Sa Sain teté eft
va égale réfer
fe
e
de tout aél:e de po:ffeffion. Lli! Roi de Franc
Philippe:
ment la Ville d'Av igno n;. car au mois de Septembre 1290
.ence, ·
le Bel la céda à Charles II. Roi de Naples &amp; Com te de Pr.ov. diK
&amp;
l:
Anjol
d'
lequ el vena it de donner fa fille avec les· Com tés
rien.
'Maine à Charles, Comte. de Paloi-s, frere de Philippe ; mais dlL
riëté
pr.op
la·
n
ne peut faire conjeél:urer que par cette ceffio
aél:eRhone ait été cédée à Charles ; auffi ne conn ok-o n aucunexer- t
par lequ el il paroiffe que ce Prince ou fes fucc~ifeurs ayen
&amp;
nce;
cé quelque Jurifdill:ion fur ce Fleu ve au-deffus de la Dura
IL vend it,.
,quand la. Rein e ]éanne, arriere petit e fille de Ch-arle.s
ent //IL
Clem
comme nous le verro ns, la-Vi lle d'Avignon au Pape
édoit, &amp; le·
• elle ne put aliéber, en fa faveur que ce q,u'elle ·y p-off
parRhone ne lui: appartenant pas dans .cette parti e, elle ne put n ,,
raifo
conféquent le lui vendre : ainfi la Provence foutient avec
ni poffef.;
fans craindre de nuire à fes droit s, que le Pape n'a ni titre
Comtat •.
du
fion pour s'arroger le moîhdre droit fürle Fleu ve le long
ap-·
Il eft fenfible que ce n'étoit poin t parce que le Languedoc
du
e
parti
la
fur
parten9it aux Rois de _France , qu'.ils regnoient
t· repris ~
. Rhone qui eft entre l'lfere.&amp; la Durance ; mais comme ayan doit ~
_ dépen
la poffeffion d'une partie de la Provence dont ·ce Fleuve
ns q_u'ils:
originairement,&amp; qui n'a voit pas été compris dans les c.effio
.
avoient faites des Pays fitués à la rive orientale_
con-une
ut
Envain les Hiftoriens de Lttnguedoc tirent-ils parto
pofté-:.
du fion générale de ces faits particuliers~. Les .événemens
ffeurs;;
poffe
es
Princ
rieurs devaient les forcer à reconnoître que·ces
bord., ne;
depuis 127 I de cette partie du Rhone' de Fun à'.· l'autr e
is la Duz.l'ont poin t été de la par~ie inférieure? c'eft-à-dire ' · de.eu

s,

'&amp;

�rance

~

l/ q~1i

réla!i~ ~e c~nton

j·urqnes la ni.er ! .tout
eft
à'.
là ;
prouve qu'il faut néceffa1rement faire cette d1ftméhon 1mportan:..
te &amp; de laquelle dépend le fort de la conteftation.
N'étoit-ce ·pas en effet coQJme maî~re de cette portion·du Fleuve· 1 , 1 1n1 s ~.
d·
'1.
l es J• d'A nJOU
. , C omte de p rovence ( ÇZ ).· cédé par
. e Bertra
n .
&amp;. de fes Hles ,. que Cnar
un Comdonna au mois de Juillet 1282 à Roftain de Gantelme l'Hle Ber- te de ~rovence.
rrand', fi.tuée dàns la Jurifdiélion de Boulben·, Comté de Provence?
Arrêt du Confeil du 8 Mai r69 r , pag. 4.
· Les Habitans d'Arles fe plaignirent au même Prince de quel;_as·3. . .
·
'"l
Ir.
·
é
d
B
D
C
Ali{es de ]tin!~· .
ques véxat10ns qu 1 s euuyerent au p age u aron. · es om-· diétion for le fl eu ....
rniffaires furent nommés. Le Sénéchal de Provence ordonna en ve par lès Ofli-conféquence le 13 Janv1ei: r-28-3 au Viguier &amp; au Péager de · ciersùProvchoe ...
Tarafcon de laîffer jottit. les:Habitansd'Arles de la franchife géné-rale ftipulée dans leurs conventions : à pedagiis Albaroni &amp; Sanéfr
Gabrielis pro Jale , pifi:ibus, five pro aliis, &amp;c. ( b·).
.
La Ville d'Arles continua de jouir des pêcheries du Rhone au'
n~?: . .
pâti de Regourdas &amp; à l'If1e de I:oubar-és ; ce qui réfulte de. qemt fu~~~·Rb~~bee~;~
Enquêtes de 128 I &amp; 12 8 6, faites pardevant des Juges de Pro~ · partienn·erw :l la&gt;
21ence contre les Va!faux de fa Maifon de Porcelet _&amp; par des Ju-- Ville,. d?Afü~s.
gemens des Commiffaires. du Domaine, des· 12, Mars- 1667 &amp; 10-· •
J,uillet 1 670~
Nous rvoyons · d'a11tres a-tl:es pareils· d·e, Jùrifditl:fon dans une
r~7 o-~.. ,
Com:r.niffion du 1 8 Juin 1298 du Sénéchal de Provence, adreffée. ~~:~res:aBes1 œtJ:o·
' 1on
r.
L"reutenant a' rr
,r,
r. ·r. 1 F.· f cl B lb
a·
.L ara;c01i , .pour: ialllr- e
· 1e · e ou on &amp; 1es~ Juriichéh&lt;rl'I. ·
Hles de Mefoargues &amp; de Bf!rtrav1d.· Les Seigneurs de ces IDes"
étoient prêts d'. erJ'.. venir a\lx· àrmes à l'occafion des contefüttforts '
que leur poffefiion indivife avoit occafionnées entr'èux' :·: ort ne'"
trouva d'autre expédient que de faire féqueftrer· &amp; mettre fous ' la~
main du Prince les revenus , &amp; cette proeédùre fe fit p,ar- l'auto.;,.rité des Officiers de ProvenuB &amp; au B01n du Comte; ..
. Le 1'3 des Kalendes de Mars 1297·, Bertrand de · Potcelêrre:..~
r%'? 1&gt; ,.,
mmvelle. en faveurp des freres Jean le bail.des'lfles &amp; Anels qui font~ 1 C0 n1 c.eRfiil ons~'d'Ï,f...:
,(f,
,
.
J•
. . •. es &lt;.u 1onc par;.;
proche 1e Gras de- a.JJon, c eft une des bouches' du Rhone, &amp; qui la.~o... ertee;~.
feront à 1' avenir depuis l'Ifle Sacriflane jufques' aux mers· de Roz;.,.. J&gt;r 0 . , 1?7P'
llu:zds &amp; de Catalans~ Le Rhone cominuoit donc:' d'a.epartenir a:ux;:;.
4

,

(a) C'eft celui qui s'étoit en.ga.~é .à fé b~ttre· err duel avec li Roi d'Arrag.on pou.r l e'!
Royaume de N aples&lt; Bordeaux devolt'e tre le lieu du·co·mb'at. L'a c'Ondùlte dé's deux Princei -'
fu ·connohre tome l'imprudence de· pareils cartels. ·CharleS"z,.rri'va tfop-télt ·au. renJe?,-VOlts'',.,
&amp; ~en retourna fu~ l e champ ·, fous prétexte que fon ennemj n'étoit pas eqcore arrivé-,
R01 d' Arr~g~n: arriva trop-tard &amp; ·repardt, par la raif~n que fôn Rival · n'y éioit plus. Ro 1r.e-:
a:nathé maufo1t ces combats •.Lcs ETcques les permetto1ent').&amp; les Farlemer.des. cmlGmroisnt::
q-µelquefois. ?n ne r~at~quoit ·pas. de fe,confeffer 8i de communier p,.our fe'pJ.épJlrer~ay, ·me.1.mt~,..
(.p). Arch1v •. de. l Hotel-de Ville d Arles.-

L;...:

�·1+

Ifles nées
Provençaux ; pu ifqu'ils donnaient à ·nouveau ban: les
&amp; à naître dans fon lit.
Jurif~
Le Pont . d'Arles appartenant à la Vill e, étoit fous la l'o~
~u?S: ·
; c'eft à fes Officiers que é
ad101P1 des diaio n des Comtes de _Provence·
•c. a' cont n'b uer aux r pa~
Ju11s
1
·
bl'
OffiJu~iîdi
c1ers e ro- s' adreifa en 129 8 , pour o iger es
Pont
furie
vence
.
•
rations.
.
&lt;l'Arle~.
ere fur cette véri té'
Mais un aae qui jette.la plus grandeblumi
NH. ~ 8.
d'A rzes &amp; c~ux de
·
1 H
L es ab1tans de , ft l
a tranfcaa·1011. paifrce entre es . a 1tans
Fourq uesyp aient ce
Jets du
Fourques le 9 Avn l 129 9. Les ~H~b1tans de Fourques, fu
les droits. .
ou Gouverneur j
N°. 1$.' . Roi de France (a) autorifés par "leur Châtelain
ce Pont
tranfigerent fur les droits qu'ils devaient payer fur
t de
men
qui appartenoit à la Ville d'Arles~ &amp; fe fournirent au Juge
en
la Cou r d'Arles , en cas que quelques-uns d'eux fuifent pris
contravention .aux conventions faites.
e ap..;:
Paroîtra-t-il dout eux apîès cel_a que le Pont fur le Rhon
Offi ...
fes
ce,
Fran
partienne à cette Ville ? Les Sujets du Roi de
s, ne con·
&lt;:iers-mêmes, toujours fi attentifs .à étendre leurs droit
uelles
teftoient rien .à ce fu jet, &amp; convenaient que les affaires auxq
de la
n
iEtio
cette poifeffion donn ait lieu , étoient de là J urifd
Cou r d'Arles &amp; du Comte de Provence.
Juge s
Combien de Sentences de confifcation prononcées par les
barques
·d'Arles en faveur de la Ville &amp; du Pont , au fujet des
, ou romqui, en defcendant le·Rhone , endommageaient le Po~1t
t à des
Eoient la corde du bac ! Ces barques appartenaient tantô
b) tantô t
Prov ença ux, tantô t à des Sujets du Roi de France (
fur l'anes
fondé
même à des Etrangers. To~tes ces Sentences font
1388 , &amp;c.
cien ufag e, &amp; font de 1302 , 13)4 ; 1371 , IJ82 , 1384,
iers de
Offic
les
par
V:oilà donc nombre de Jugemens portés
cette
Provence fur les délits commis au milieu du Rhone. Si dans
Sujets ,
partie ce Fleu ve e6t appartenu au Roi de Fran ce, fes
ner la
.c eux des Princes étrangers auroient-ils manqué de décli
e ils fai,..
Jurifdiélion de Provence? Se feroient-ils rédu its, comm
qui leur
e
foient, fait à demander grace , foit à contefter l'ufag
étoit prouvé fur le champ {
à l' ArLa vente faite le 1 3 Aoû t 1 3oo par Bertrand des Bauxencore à
11 00:
te
ou
eau de Trinquetaille , aJ·
Ceffio n dos dr&amp;îts ,chevêque d'Arles du Chât
fo r le Rhone à
céde .au Préla t tous les droits qu'il
l' E"lite d'Arles ces preuves. Le vendeur y
à la tête du Pont d'Arles fur le Rhone j
pa r" Berrrand -des av oit coutume de percevoir
FJ euve , dans le terriroirq
"
d
Baux.
&amp; dans 1e~ autres Ports u meme
No~ ~O...
.(a) Archives de l'Hôtel de Ville d'Arles•
.(li) lbJd• .

�~~-

&amp;;;; ,

üe cette Ville, ·&amp; les peages de Fourques

ex.

.

au petit Rhone, ainli

que les IDes qu'il avoit dans la riviere , &amp; les fonds qu'il poiré'
.
·
.d oit dans la Camargue.
re·
d~Oaob
mois
au
faite
vente
autre
d'une
Il en eft de même
fuivant . par le même Seigne ur de Baux à }'Arche vêque d'Arle5:
des péages qu'il avoir droit de recevoi r fur le rivage de la Ville
&amp; des fauxbourgs.

ET AT
p

DU

No.. 21 ;

RH 0 N ' E

E N D A NT L E QU AT 0 R Z 1 E M E

SI È C L E.

remarquable par le T !5,?t.;
Le commencement d~ ce fi.écle eft furtout
ra1te füt' fé-lti
&amp; 1 . d ". ·z
r
d
.
R
1
.
c. • .
fi
.
,
.
traite qm ut ia1t en 1302 entre e 01 e crance ce m e o.JZCZ e fels entre re RoiComte ~ Provence' pour le tirage des fels du Rhone: cet aae d~ Franc~ &amp; . le!
folemnel renouv ellé &amp; exécuté par les fucceffeurs de nos Rois C:omte de' Pro-:
jufques à la réunion de la Provence à la Couron ne ' doit mettre à venNO' '12
"· ~
jamais la Provence à l'abri çles prétent ions du Languedoc fur le
·
.
Rho.ne &amp; fur fes Ifles.
ces, de mettre
Puiffan
deux
des
ge
l'avanta
Il fut propof é, pour
it dans le voi-·
poffé&lt;Jo
en commun les falins que chacun e d'elles
finage du Rhone. Philippe le Bel, par des lettres datées de Paris
au mois de Janvier 130.1 , nomma Jean d'Arreb:lay , Séi.1échal
de Beaucaire &amp; Bic ho-Guidi Chevaliers pour traiter avec les Dé~
putés de Charles Il. Roi ,de Sicile, Comte de Provence, qui furent
Renaud de Le[fo •••. • Sénéch al de Provence, &amp; Bonnacurft de
LeBo, Receve ur du Fife ..••. les pouvoirs qui leur furent don""
nés font du ) &amp; du 6 Décem bre 1 3o I.
_ Ces Miniftres examinerent les falins refpeéHfs fit?és à deux lieue!;
du Rhone de part &amp; cl'autre , &amp; après un mûr examen , ils décla~
rerent deux fois dans le préamb ule &amp; dans le premier artkle du
traité que , les falins du Roi de Fran.ee étaient fitués à la droite
du Rhone, que la Sénéchauffée de Beaucaire ne s) étenda it que le
long du même bord, &amp; qu' ou rie les falins que le Comte de
Provence avoit à la gauche du Rhone , il en poffédoit dans quel~
sues unes des Ifles qu'il forme , &amp; qui font dites faire partie du.
.Comté de Provence .. ,S:alinis in Comiratu Provenciœ tam in lnfulis ,
feu irifra lnfulas in. Flumine Rhodani conjlitutas., quàm cir.cà &amp; ulti:à.

Rhodanum.

r

•

Ainfi voilà Ia Pro-Pence: en poiTeffion de la 15arcie mf6re~

�' 56
'du Rhone &amp; des Ifies ; de 1'.aveu même de la feule Puiffance qui
.
..
•
pouvoit les lui difputer.
· Le préambule porte auffi que le traité av01t pour obJet de met
· tre fin aux difcuflions que la navigation du Rhone, &amp; furtout le
tran(port du fel occafionnoit fouvent ·entre les Sujets des deux
P1inces.
Il fut arrêté qu'aucune partie ne pourroit t~nfpm:ter par.le Rhone
ni par terre, deux lieues à la ronde, une plus grande quantité de fel
que l'autre, ni le vendre à un prix différent: défenfes faites à tous
les Sujets refpeaifs d'y contrevenir, fous peine· de la confifcation
de leur fel &amp; voitures, ou fous plus grande punition fi les deux
Sénéchaux le jugeoient convenable. La confifcation devoit être
au profit du Souverain, fur les terres duquel elle auroit été faite' ·
&amp; devoit être partagée également entr'eux, lorfque la contraven-.
tion feroit commife dans la partie du Rhone le long de la Provence:,
la raifon qui rendoit l'amende commune €n ce cas, étoit l'incertitu...
de où l'on auroit pu fe trouver for la deftination des fels confifqués ;
car étant une fois fur le Fleuve, il auroit été aifé de le répandre
également dans les .deux Etats.
On convient également que ce traité ne porterait aucun pré..;
judice aux droits.de péages &amp;autres accoutumés d'être perçlls par
les Parties ou par d'autres: nouvel aveu de la part du Roi de France
&amp; defes Officiers de la légitimité des péages établis longtems avant
à Tarafçon)à Arles &amp; au Baron poifédés par les Comtes de Provence.
Cette reconnoiifance formelle opére le même effet pour les
péages de Trinq~etaille &amp; de Fourques, qui avoient appartenu penNo.. "-2 3; , dant longtems au~ Vaffaux de l'Eglife d'Arles, &amp; qui venoient
d'être réunis à cette Eglife par l'Archevêque Roflagnus Capra, par
un aae du 9 Juillet &amp; 2) Septembre I 300. Depuis Gette époque
Je Bac de Fourques a toujours été poffédé par l'Archevêque d'Arles,
&amp; à l'égard di;! Trinquetaille il fut vendu à la Ville le 7 Septem"".
,
bre 1579.
L'on voit d'ailleurs par les extraits de pfofteurs Sentences déli_.
vré:s ~n 1 301 que les Officiers d'Arles avaient la Jurifdiaion fur
Je Pont &amp; condamnoient ceux qui dans leurs ventes s' étoient fe,rvis
d'autres mefures que de celles du P.ont pour frauder le péage.
·Malgré le traité fait par les deux Rois fur le fel, les 0 fficiers
1 ~o.;.
'Premiere eatre- de Beaucaire clonnerent quelques inquiétu.qes en 13 o) à ceux .du
~~ife r~~ 1~~~~~; Comte de Proven.ce. ~'eft à cette o.ccafion que les Hiftorjens de Lan..~
·
rt&gt;ft ée fans effet. guedoc ( a ) racontent le fait fuivant :
4

N°.z.1.&amp;2('.
1_
~

(al

~ome

1, pa~e

JH~

-

»Philippe

�~1

)&gt;Philippe le Bel, difent-ils, prétendit étendre fa fouverainete fur
'.))le Rhone d'un bord à l'autre, &amp; parconféquent fur toutes les Hies
)) de ce Fleuve((. (L'on voit combien cette prétention fuggérée par
les . Officiers de Lanauedoc étoît contraire aux reconnoilfances for:..
.melles portées par l~s précedens traités ) • » C' eft ce qui paroît en
&gt;J particulier par le différend qui s'éleva~ la
l'année 1 3o) en&gt;J tre le Sénéchal de Prouence pour le R01 de s_zczle, &amp;·Be'.trand Jour~ ·
&gt;) dain de Lille, Senéchal de Beaucaire, au fuJet de l'Ifle Bertrand,
&gt;J fituée auprès d'Arramon dans le Diocèfe d'Ufes. Le Bailli Royal
&gt;J d~Arramon avoit exercé fa Jurifdiél:ion fur Jacques Gaufcelin, fil•
» de Roftaing Gaufcelin, Chevalier Seigneur dé cette Ifle &amp; de Roma~
&gt;J rin. Le Sénéchal de Provence écrivit ~ celui de Beaucaire, pour
»--engager le Bailli à fufpendre fes pourfuites: inais Raoul de Courts
&gt;Y]umaux, Juge-Mage de la Sénéchaulfée de Beaucaire, lui ayant
»répondu que cette Ifle étant du Royaume de France, apparterioit
11 parconféquent à la Jurifdiél:ion du Roi, le Bailli d'Arramon n'a-:
» voit fait qu~ fon devoir.Les Officiers du Comte de Provence eurent
» alors recours aux voyes de fait ; mais ils convinrent enfip au mois
» de Juin 1306 avec ceux de la Sénéchaulfée de Beaucaire de don&gt;) ner main-levée des chofes fai!ies DE PART ET n'A.UTRE jufqu'à l'ar» rivée du Seigneur de Lille Sénéchal de Beaucaire, qui devait avoir
&gt;) à ce fujet une conférence avec le Sénéchal de Provence.
1°. Il dl: vîfible que cette conteftation ne fut élevée que par l'am-. .Réf: ration :!es
•
· des Qffi c1ers
• de Beaucazre
· , &amp; que l e R 0111
• •eut
· pomt
. f:ait
. d e cette
H1ftonens de
b mon
Province..
lui-même cette difficulté fi contraire au traité qu'il avoit palfé
quatre ans auparavant avec le Comte de Provence fur le fel. .
2 °. Par la ~açon même dont s'expliquent les Avocats du Languedoc, il n'eft pas équivoque que les Officiers de Provence n' euffenf
raifon au fond. Ce ne fut que fans préjudicier-à leurs droits qu'ils
donnerent une main-levée provifoire &amp; en attendant que le fond fût
jugé: on ne peut même rien conclure de 'cette main-levée' puif-'
qu'elle fut refpeBive &amp; embraffoit les chofes faiji..es de part &amp; d'autrè. 3°. La füuation de cette IDe Bertrand prouve elle-m~me de plus
en plus les clroits des Comtes de Provence fur le Rhone d'un bord à
l'autré; car les Officiers de Beaucaire ·fe foridoient feulemei1t fur ce
- que cette Ifle ·n'en étoit plus une ; mais fe trou voit jointe à l.a terre~
ferme du côté .du Languedoc: circonfl:ance décifive que les Hifl:o-~
riens que nous refutons fuppriment avec prudence, mais qui eft
rapportée dans le- procès-verbal fait en 1307 par les Çomn1ilfaires
des deux Rois ( a )!.
·

fo: ?e

(a)

L'indication mariinale que les mêmes Au.teurs ont miü.': à ~et artir!e ell: remar•

.

H

,

�'8
.
J
qu'on leur oppofe les
peu
fi
nent
craig
Les Procureurs du pa.ys
iifaires , -qu'ils en
Comm
bpérations qui furent faites alors par ces
celui
rappo rtent eux-mêmes les procès-ve,!:baux. L'on 'verra dans
que
qu'on a déjà cité, que les.Officiers de Languedoc s'appercevant
s,
droit
leurs
de
les deux Cours voulo ient faire informer exaél:ement
con+
fe repentirent d"avoir pouifé les chofes à un point qui alloit faire
lit
on
quand
r
doute
oit
âamner leurs -prétentions. L'on n'en fçaur
oit p~rnr le
tout~s les tergiverfations de celui d,'entr'eux qui ftipul
qu'il
Roi de France .. A chaque pas, ce font nouvelles difficultés
empê
pour
propofe ~ nouveaux délais qu'il dema1'l'de , &amp; toujours
procher le Roi de Sicile &lt;le faire fes preuves, &amp; lesCommiifaires de
céder.
te de
. L'on n' eo voit pas moins par le dire de l'Avoc at du Com
Provence que fon maître étoit Souverain de l'Hle de Boulbon &amp; de
n;
fes dépen dance s, de tout le terro ir deTarafcon &amp; de l'Hle de LuJTa
Noqu'il I' étoit également de l'Hle appellée St el dans le territoire
..
quel
fait
t
voien
a
y
tre-Dame de la Mer, &amp; que fi jamais lés François
qu'il
ques. aél:es de Juftic e, ce ne pouvoit être que furtivement ainfi
réfulte d'une Enqu ête faite en 1306 .
j
Mais ce qui ne. laiffe aucun doute fur les droits de la Provence
if... ~
c' eft la façon dont Philipe le Bels' exprime lui-même dans la comm
fion qu'il adreife fur cette affaire à !'Evê que de Nevers.
de
Il paroî t par les ~ermes de cette commi.ffion, que les Comtes
~hil_ippe le Bel
tems-là des droits non feulement
lui-men;e reg.irde Provence avoient encore dans ce
· · s l,ltU é S au- del'a dU
r. cl es terrem
·
Rl
r. l es IfI es d U
for le iur
droits comme
fe~
zone, mais encore iur
Fleuve
Mandantes vobisnihifominus ut de Jure
très - problémati- Fleuv e du côté du .Languedoc.

.

ques.

'

quod idem Rex Sicili~ afferit Je habere in quibufdam aliis iocis citrà
mili· Rhod anum exi.ftentibus, cùm videantur &amp; debeant ad nos verèfi
fe
fuppo
l'on
que
e
. ter pertinere. Eft-c e-là l~ langa-ge d'un Princ
de
Roi
être certain de fa fouveraineté fur le Rhone ?Il avoue que ·le
du
- Sicile fon voifin lui c9ptefte jufqu'au terrein qui borde le Rhone
vraila
par
côté de la France : &amp; il ne combat cette préte ntion que
e
femblance vàèfimiliter que ces terreins lui appartiennent comm

fitués de fon côté.
Le procédé de ce même Prince ~e feroit pas moins extraordinaire
du
en le voyant nommer des Commiifaires poür examiner avec ceux
FZu·
Roi de Sicile auquel des deu~ appartiennent les !iles fituées in

'

d'un bord à l'autre. N'auro itq.uable , la voici: Le Roi exace fon "'autorité fur . le Rhone
jamais perdre èe vC1ë ~
devroit
ne
en
il pa.s _été plus .conforme à la bonne foi, qu'un Hifiori
lion fur le Rhone,
JuriJdié
la
pour
iioc
Langue
du
s
Officier
des
e
de dire : Premzere tentativ
•

2ui leur ejt con{ejlée par ceux d:: Provence.

.

.

�19

-

mine Rhodani inter terram noflram .&amp; rerram magnifiâ Principis Rd·
berti, Dei gratiâ ]er~falem &amp; Siciliœ Regis.' &amp;c. de quibus dicituf i~z
dubium revocari , utrum ad nos , vel ad diétum Regem debeant perti,nere ••••• reddentes lnfulas fuprà diétas illi ad quem ipfas per in_quiji:...
. ._ '
._
tionem prœdiElam vos ambo '!overitis pertine~e.

Quelle différence entre le langage du Roi &amp; ~elm des H1fto:1eris
'de Languedoc ! Quand ce Prince parle de fes dro1ts,ce n' eft tou JOurs·
que par des doutes &amp; comme de prétentions problématiques ; .c'e~
qu'il n'avoit pas , comme eux, de fyftêrpe à P.rouver., S1 les
droits de la France fur le Rhone eufferrt été auŒ certams que ces Au".'
teurs le prétenden~, cette Cour d1t-elle confenti à les met.t re eh
queftion &amp; à les foumettre à des Cornmiffaires refpeaifs ? Elle eût
tranché, comme elle l'a fait depuis avec le Pape, qui nl'a yant rii
titre, ni poffeffion fur le Rhone, avoit demandé de nommer des
Çommiffaires pour examiner avec c~ux du Roi les p'r étentioni
L'Tlle de Stcl
qu'il avoit fur le Rhone, &amp; auquel on l'a refufé.
apparteprouvée
de
Comte
du
l'enquête
,
Stel
de
l'Hle
de
propriété
la
de
égard
Al'
·
nir à la Provence,
Provence n'en étoit pas moins concluante. L'on ne fe çontenta pas d'y
faire entendre des témoins Provençaux, l'on en -prit plufieurs parmi
. les propres fujets du Roi, &amp; tous.dépofent unanimement que cette
Ifle,depuis qu'elle eft formée, a toujours appartenu au Comte qui y
percevoir feul les droits de naufrage &amp; ceux fur les alofes qu'on pêchoit dans les deux bras du Rhone qui la formoient : que les Provençaux y avoient le droit de pêche exclufif; &amp; que quand les François
.voulüient pêcher on les chaffoit &amp; on enlevoit leurs mets : que
quand Bermond d'Uses vendit à la France le·Heu de Peccais, il ne le
vendit que jufques au bord du rivage &amp; non au-delà; enfi.~1 ·, qu'un
François ayant été excédé dë coups dans cette IDe par un Proven.çal, qu'il avoit ci-devant battu, le François porta fa plainte dans
Témoignageaules Tribùnaux 'de Provence, comme Juges du délit.
io1.1;e d'.un auAuteur ten&gt;
à toutes· ces preuves le propre témoignaÎie d'un
Ajoutons
tre H1fionen du
, ,
.
conanguedôc
l.
Benediéfins.
es
que
Pays
fon
pour
Languedocien, moms prévenu
V ai·
Dom
à
C' eft l'Hiftorien de la Ville de Nifmes, oage 4 39 ; après avoir tr;!ire
fette.
d
1
b
f
l"
d
.
ren du compte de ce qm onna ieu au proces-ver a ont nous venons de parler, il ajoute:&gt;) CJétoit là le commencement d'une que)) relle qui pouvoir caufer de vi•1es brouilleries eritre le Roi de
&gt;) France &amp; celui de Sicile. La décifion é~oit entiérernent inhérante à
» celle fur la queflion de la fouyeFaineté du Rhone : queftion qui
&gt;&gt; dâns la fuite , eft devenue i1wrile par la réunion des Province~ nié)) ridionales -de France à la Couronne; mais qui étoit alors très~ férieufe, d'autant plus qu'il n'eft pas aufli certain, gueJe prétend
Hij

�6'o

»un moder ne; (Dom Paifette, Hiftorien de Langu edoc, tom.+
» pag. 47 8) , » que la fouveraineté &amp; la propriété fur le Rhone d'un
&gt;)bord à l'autre ,. QUANT A LA PROVENCE, ayent toujours apparte)) nues à nos Rois à raifon de la poffeffion du Languedoc : divers· mo)) numens du tems dont le détail n' eft pas de mon fu jet' fourniffent
» de fortes preuves du contraire.
Cet Auteur judicie ux, non-feulement fçait apprécier les droits
.·du Languedoc en généra l; mais encore il a l'attention ·de les reftraindre dans des bornes particulieres ·relativèment à la Provence•
.Il a découvert &amp; évité le faux raifonnement des BénédiEtins , qui
concluent toujou~s des droits du Roi contre le Comta t , à les
étendre vis-à-vis de la Provence. L'Hift orien de Ni111es, en recon~
noiffant ces droits du Languedoc partou t ailleurs , les dénie quant
à la Provence .
Il en fut de cette prerniere entreprife comme de celles dont
•
~
}
r
.
4
rendre compte. Les Offi,Eail_ a ferr;ie de · nous aurons occafion dans la fuite de
•
r-.
·
r
'
du L anguedoc· .n 01eren~ nen ialfe · d/.~CI"d er, &amp; " 1es C on:tes
•
du
la Se1gne1: ne
Baren . fait pa r.la c1ers
les memes droits ;~ou_r des Ayaes de Provence ne cefferent pomt de .poffeder
c'eft ce que les titres fuivans vont manifefter , &amp; entr'autres
d
26
un bail à ferme fait le 1 3 JuiJlet 1 3 I f , par la Chambre des
·•
•
Comptes d'Aix, _de la Terre &amp; Seigneurie du Baron,. au profit
.du Domaine du Comte , à la referve des droits de péage , de
gabelle &amp; des robines ou dérivations du petit Rhone, dont il y
·
,
avoit un arrente~ent particulierr
C ette SeigneuIl ne fera même pas indifférent de remarquer, ·que ce Château
rie étoit un Fort
Fort que les Comtes de Provence avoient fur le petit Rhone·,
.ciue les Comtes de étoit un
ces Princes
Provenc e avoient le bail le prouve ; circonftance qui fait voir que
fur le petitRho ne. avoient fans difficulté la fouveraineté ·dans cette brànche de Fleuve
attenante au La7J.guedoc. La France les auroit~eUe laiffé maîtres de
ce Fort , fi elle eût eu quelque droit fur cette portio n de la riviere ?
La même Chambre des Comptes d'Aix fit un autre aél:e de Jul 3l T •
Autre bail fait rifdiétion fur le Fleuv e, par l'adjudication folemnelle qu'elle fit
pm la memeCour
le 12 Janvier I 321 , du bail de tous les revenus des riv~ges du
,c:les péages du
Rh on e.
Rhone qui compr enoien t, pedagium Tarafconis, gabella civitatis AreN°. 27.
latis, prifcariarum Panarefzs Canadelli, Lonœ longœ Vernale.fii, Jeudi
Sabloni J Manicœ Baufenguœ robinarum gabella maris &amp; alia jura
Tedditus. Ainfi les ports, la pêche , les péage s, les gabell es, tout
·
. appartenoit au même Maître.
En 13 24 le Roi Robert fit l'aéte de fouveraineté le moins équr·
1
r.
lp4·
de fix· deniersLe Comte de voque JUr e Rhone, en établiffant uri nouveau péage
it d'A!les .) &amp; en ordoùnant.
Provence établit :par charge fur tout le poiffon qui fortiro

ANo

/

-----~-~- ~

�([{

que toùt ce1u1 qu1 feroit pris foi~ dans la mer ' _foit cfan~ les u~ nouveat: p~a­
étangs ~u dans le Rhone, fer,oit obligé. de pa~er par cet_te V ill~, g ·No. s..
2
pour éviter lt;s fraudes que 1 on pourro1t faire a ce nouveau droit.
Les Lettres-Pate ntes font du 7 Mars.
1317,
Les Officiers du Languedoc ne perdant point de vue lep1a~: qui' ls :t:J ouvellt&gt;
entres'étoi.ent formé d'~nticiper fur. les.terres de la Prov~nce, s'av1ferent ~~~e r~~ ti; ~uâ~~
de faire a Beaucaire des pubhcat10ns &amp; procl~mat10ns concernant Lubi~res. 1
l'IDe de Lubieres._Ils ordonnoient par ces aaes que tout Proprié-N °. 2'9 .,.
taire qui poifédoit des fonds dans cette IDe, eût à venir les déclarer
devant eux, à peine d'amende. Il y a toute apparence que quelquesunes de ces criées faites à Beaucaire avoient échappé à la vigilance ·
des· Officièrs de Provence: mais ils furent inftruits de celle que· ceux;
de Beaucaire av oient fait faire au mois de Mai 1 32 7.
_
__ .....
Alors le Juge du Roi Robert obligea les Officie~s de Beaucaire Les Officier,s d ~
'
r. .
. a,. Languedoc
s cl-1~
-a r é.tr.a a er 1es en.é e$, comme ia1tes
pour une I'ne _qm. appa..rteno1t
défifrent.là Provence, &amp; fur laquelle c·eux de Languedoc n'avoient jamais eu
- aucun droit ni jurifdiaion. Cette rétraétation eft faite in prefenti!l

locum-tenentis Vzcarii Belfü:adri' D&lt;Jftzîni Regis Franciœ : quam prœco~
nifatîonem Ô' alias, fi quœ faEf œ forent per curiam Bellicadri, Juper
failo infulœLupariarum petiit cum inflantifi. revocarz: cum, ut dixit, diéfo
infula Lupariarum fit itz o-mnimod8. Jurifdiétione Domini Regis Roberti ..
· Alors l'Oflider du-Languedo c, exequendo mandatum litteratorii.JzbifafJum per tegentem Seneftalliam Bellicaâri &amp; Nemaufi prœdiélam pTœ·
conifationem &amp; alias onines olim faEtas per cur.iam di8i Domini Regis:
Franciœ fuper faélo diEtœ infulœ Lupariarum , incontinenti revocavic., ,
Tout ceci eft attefté par un aae autentig,_ue &amp; folemnel- du J Aoôt :
de la même annéé. ·
·
L'on a vu · ci-devant que cette Iffe de Lubieres refl:a ~la Pro-·
'JJence par le · partage' de I 12) &amp; p~r le traité de 1 176. Si cette

Ifle exiftoit encore , &amp; qu'elle n'eût pas été emportée par les ravage~
du Rhone, ne feroit.,.on pas révolté de voir le Languedoc vouloir
fe l'apprd?fier? On le fera bien davantage forfqu_'oii. verra par lar
fuite de ce 1\ilémoire qu'il veut conquérir fur Ia Ville de Tarafcon:
un quartier de la terre-ferme , parce qu'il porte le.nom de Lubieres •.
Voilà donc la fouveraineté des IDes du Rkone reconnue contra_..
'diaO-irement par les Officiers du Languedoc en faveur des-·Comtes ;
de Provence. Les preuves mêmes qu'ils avoient voulu fe ménager:
pour les oppoter un jour à ces Princes, ont fervi à un ufàge tout:
contraire. Avec quelle confiance ne nou&amp;o!]p,ofèr oient-ils pas au-jourd'hui ces actes furtifs cfune J urffdi'afon clandeffine fur rrne ~
de Lubieres, fi les O f?ciers de Pro'Y ence' ne les ava ient 12as conn1..'5 ·~
&amp; ne les euifent pas fair révoquer t
·
·

�'6.2
Le .dénom breme nt que Je R'.oi Robert Comte de P.r.ovence fit faire
1 -n·~.
vantes , par Leop(lrd de
Oérrtimbi"ement de fes Domai nes en 1332 &amp; les années fui
· de 1a p rovence
dro1ts
d
11
d
rr.r. l ·
de la Provence
fur le .. ru gznes , .nous 011re e nouve es preuve s es
Droits
fur le Rhone: on y voit que ce Roi pofféd oit, entr'au tres chofes , à
Rhone.
N°. 3~ o &amp; ) I. Tarafcon, un châtea u confro ntant le Rhone, le péage fur cette ri~
viere, 1es droits de bans dans toutes les parties du terroir,, comm e
la plaine Legues , Entrebon , dans l'Ifle de Luffan &amp; de Lubieres,
des cens fur des terres attenan t le Rhone, le droit de boage en
bled pour les terres fituées dans l'Ifle de Luffan; qu'à Notre-Dame
·de la mer il poffédoit les revenus du Port de Confolde fur le petit
Rhone, le même que le Roi poffede encore aujour d'hui comme
Con'ite de Provence; le droit de pêcher ie. Ce denom breme nt corn,
prend en outre., 1°. la gabell e ou roubine de Notre- Dame de hi
mer, qui fervoit à tranfpo rter le fel, laquel le roubine étoit un canal
dérivé du petit _Rhone.
2°. Le droit de naufrage fur le rivage de la mer; &amp; fur Gelui du
petit Rhone. Ce droit a toujou rs fait partie des droits régalie ns, &amp;
rien ne prouve mieux la fouveraineté des Comte s de Provence fur
.
le petit Rhone.
terres
es
3 °. Les redevances aufque lles étoien t foumifes certain
' fituées ~uprès de ce bras du Fleuve &amp; de la roubine ou canal qui en
dériva it : enfin, le péage royal du Baron fur le p~tit Rhone, qui fut
enfaite inféodé le 3 Avril 1349, à Jacques Ganteline.
d'OcLe Commiffaire Leopard de Fulgines., arrivé à Arles au mois
.
1333:
D o1
r..
'd'
•
•
J:'.
·
fi
é
b d l'
JUfl i9ue iur es
Informau on fat·
te par le Commif- to .re e ann e 13 3} -, y t une 1~1orn:at1on
Ville &amp; fon terfair~ Leopard , des marnes &amp; fur les droits que le Roi avo1t dans la
t prendr e des
voulu
il
.
lequel
clroits cl~ ptage ritoire : un des premie rs points fur
•
ê
d
1
d
Il
1
é
1
fi
. ft .o..
du Comte. •
man a .e 24 1~ m me rnms ceux
111. ruu1.ons · ut e p age roY.a :·
No. 3 2
·qui ét01ent chargé s de la lev~e de cette 1mpofit10n , &amp; leur de:.
manda quelle étoit la maniere de la lever, &amp;;_'que lle part. y avoit la
Cour?- Ils répond irent, après avoir prêté le ferment accou tumé,
que ces deux articles étoien t expliq ués dans m regiftre écrit en
langue Romance, qu'ils produi füent. On voulut ' fçavoir fi la .Cour
n'y avoir point d'a.u tres dro.its que c~ux qui étoien t portés
·dans le regiftre ? Ils répond irent qu'elle avoit encore les treize
deniers gui avoien t été confifqués fur Tremolete ; que cet article
manqu ait dans le regiftre , &amp; qu'il devait fe trouve r au chapitre qui traitoi t du fel que l'on portoi t au-delà de Beaucaire.
On voit par-lànon-f~ulement que le Comte .de Provenèe jouiffoit
d'une partie du péage d'Arle s, mais que les confifcations de ce
péage lui appart enoien t, ce qui ne p~ut s'enten dre qu'autant qu'on
reconnoîtra qu'il avoit la fouver~ineté _d u Rhone.

�"6 .

Dans le dénomb,.ement font en~ore compris la gabelle (.fo fel, les
'droits fur le poiffon qui venait des étangs, ou du Rhone ou de la
mer des redevances pour des roubines ou canaux dérivés du Fleuve .
Ces' preuves font fi précifes, qu'elles n'ont pas pefoin de réflexions.,
Elles font encore fortifiées par un autre. Pr.ocès:verbal, fait le ~7
Avril de la même année, par un Comm1Œure différent, au fu)et
de.l'arrentement des droits du Rhone•.

ollm.
La Prove nce lerdit fon ~oi Ribedrt ;,erfisltan 1344. C~ P;in c~- Mor~~!'\~fo•
1::~­
ki
Jeanne
m.
t
1
pourro1
eanne
e
,
1
1a
1
e
pr évoyant 1es iautes qµe a 1eune11e
ae{
de
on
aliénati
toute
nt
faire commettre , défendit par fon teftame
fon Domaine. Mais cette défenfe devint bientôt une barriere impuHfante contre les diffipations de Jeanne. La n;auvaife adminiftration qu'elle fit de fes revenu s, va nous fournir plus d'une preuve
des droits de la Provence fur le Rhone.
· ' L'Hifto ire nous a tranfo1is les malheurs qui fuivirent le mariage
de ·cette Printeffe avec André, frere dù'Roi de Hongrie. La rivalité
de puiifance entre le mari &amp; la femme produifit bientôt entr'eux
une antipathie, dont les effets furent très-foneftes à André~ La cé ...
lebre Catanoife qui de Blanchiffeufe devint grande Sénécha,le du
Royaum e, excitai t Jeanne c.ontre fon mari : Un Moine ardent .&amp;
ambitieux animoit Andre contre fa femme. Ces deux Intriguans:
partagerent la Cour, en voulan t s'exclure réciproquement du gouvernement de l'Etat. Des cabalev on en vint aux confi1irations; &amp;
enfin, André fut étranglé dans f anti-chambre de fa femme, &amp; jett€
'
par les fenêtre~.
E'. IJ'41t , ..
ce·
compli
. Jeanne accufée par le Roi de 1-Iongrie d'être au moit)S
1
du me~rtre de fon mari, pri;: le Pa~e pour Ju~e (a), &amp; plaida· gno~ :t~;~:/z:;;
elle-meme fa caµfe devant lm en plem Confifto1re. Le Pape la dé- lui ven&lt;l&lt;e: .1.a:

1

1

Rhone.,

fort.
. (a) Jeanne· ne fut pas l&lt;r feule tête couronnée qui prit le Pape pour Arbitre de fon
pré- .
.
Naples,
de·
Roi
Boiteux-,
le
Charles
de
femme
Marie
,
A la fin du fiécle précédent
le
tendant au Royaume de Hongrie, fit plaider fa caufe devant Sa Sainteté, qui lui ~djugea
·
Semence.
cette
eur
n'ên
que
d'effet
plus
produit
auroit
Armée
Une
défaut.
par
Royaume
Roi:du
s
démélé.
les
Rome
à
ement
folemnell
jugea
V ers le mêrne-terns le Pape Nicolas·
de· Porwgal &amp;.de fon Clergé. Manin IV. dépofà le Roi d'Arragon &amp; donna fes Etats au Roi'
de France, 9m n'en profita pas. La Sar.daigne &amp; la CorJe furent é!?aleinent données pa.r ur1r
Pape au Roi d'Arragon Jacques lelufie. Lorfqu'&lt;m &lt;wmmencememdu fiécle où vivoit Jeanne
Roi:
la fu~ceffion ?u Royaume d' Ecaffe fùt contefiée, le Pape prétendit en nommer le
Jama1~ les Princes de la· terre n'ont été plus fournis à la puiifance P-onrificale;d~r
M~1s Philippes le Bel fçut diftinguer dans Sa Sainteté le Prince temporel du Prince
fou-·
à
VlII.
Boniface
que
;rrdent
plus
été
n'avoir
VII.
l'Eglife. Aucun Pape depuis Clement
enmettre l'Empire au Sacerdoce , &amp; toutes les ~glifes à celle de R'ome. Ce fur l'Ourtant
la.
de
Royaumn
le.r
[ur
&amp;
Roir
lu
fùr
étaTfli
cwoi-t
l'
Dieu
qae
Philippes,
à
vain qu'il écrivit
'
Terre avec un plein pouv&lt;&gt;ir. ta France ne ceffa, ni d'avoir pour le CHef de· ta ,~raie Re li &lt;&gt;ion
Dieu
de
q..ue
Coi.:.rcnrtc
tienl;fa..
Roi-ne
!On
CJ.).le
croire
de
ni
)
dûe
efi
lui
11
qui
la vénéra~io!1
&amp; de fon epce.

•.

1

�64

clara innocente ; &amp; fe fit vendre par elle la Vîlle d'Avignon pour

.

florins; qui ne paroiff~nt pas avoir jamais été payés. _ ·
L'implaca ble Roi de Hongrie n'avait pas jugé la Reine deNaple$
avec la même indulgence. Jaloux de vanger la mort d'un frere ,
il avofr levé une armée ,,à la tête de laquelle il faifoît porter un drapeau noir, où était _peint un Roi étranglé. Plein de fonreffentiment
il étoit entré dans les Etats de Jeanne; qui à peine avoir eu le tems
·de fuir en Provence ( a). C' eft dans ces circonftances que la Reine
aliene Avignpn~1 Loin qu'il foit dit dans le contrât un mot qui comprenne le Rhone dans la ceflion, ce Fleuve y eft au contraire donné
pour limite 4e .ce que l'on ced~ au Souverain Pontife.
La Reine ]eanize &amp; Louis de Tarente fon fecond mari , inféo_. ·
1 349.
3 Avril, 1'autre du 26 Aolit 1349, à
.Elle inféode u_n derent par deux aéies, l'un
M ·zz
.
.
S
1
.
l
G
T
le peut Jacques
für
p-e
pe?.
ante mz a e1gneune du Baro.n &amp; ce11 e de az ane, avec
Jlh ~n e,
,N°. 3 3. tous les droits qui y font énoncés, parmi lefquels fe trouve le péage
qui fe leve fur le petit Rhone.
Les Officiers du Languedoc ne manquerenr pas de profiter âes
qq.
alors cette Princdfe.
~lio~dvel · e entre- drconftan ces malheureufes où ·fe · trouvoit
1
r
.
d r
pn e u 1,angue..
P!&gt;G fur le fleuve. Forcée e ioutemr une guerre rmneu1e contre es Durano , me
nacé~ par le Roi cl' Hongrie d'une nouvelle invafion, forcée cl' aliéner
fes Domaines pour fe procurer des reffources, l'on faifit ce moment pour faire à fore~ ouverte ce qu'on n'avoir tenté jufqu'alors
que par des entreprifes clandeftines. Ecoutons le récit de cet évertement de la bouche même des Hiftoriens de Languedoc ( b) : ils·
r.aconteI}tle fait avec cette partialjté:, dont on a déja vu plus d'un
·_
.
·
.exemple.
» Le Sén/échal de Beaucaire , difent-ils, 'fut employé au moi~
» d'Avril de l'an 1 3) 3 , à une autre forte d'expédition vers le
)) Rhone. Le Roi (c) prétendant qu'il avoit une entiere jurifdittion fur
»ce Fleuve d'un borp à l'autre, avoit fait planter un poteau chargé
» de parrnonceaux royaux AU MILIEU , entre Beaucaire &amp; Tarafcon.'
)) Les Officiers du Comte de Provençe à Tarafcon eurent la témé» rité d'arracher ce poteau (comme fi l'on étoit ~epréhenfible de
réprime! une voye de fait contraire à tous les traités ). » Le Roi en
Séné&gt;) éqnt ~nfqrm~, dom.Ji\ &lt;;&gt;rçlre .auffitôt à Guillaume Rolland,
80000

du

1

(a) La feule vengeance qu'il pût tirer alors fut de faire poignarder en (a préf~nce le Duc
àe Dura.no, l'un des complices de la mçm de fon frerc, d2ns l'endroit même où André ·
•
;avoi t perdu la vie.
.
·
. · .
( b) Tome •b page i83,
toujours
faut
il
Roi,
du
l'intérêt
de
couvrent
[e
Hifloriens
· ( c) Tout~s les fois qne ces
entendre.que c'dl fe Languedoc [eul qui parle , - car il ne maaque jamais c!e préter aù Roi
·
·
·
1e.s vîies perfonn.clles,

(;hal

'I

....

�65'

de Beaucaire de le rétablir . Le Sénéch al fe 111it à la t~te ·des
,, Milices du Pays, &amp; fit remettr e le poteau .AU MILIEU du Fleuve
»avec les pannon ceaux royaux , malgré le Sé;1échal de .Provence,,
•
)) qui avoit affemblé les troupes du Pâys pour s Y. oppofer «. .
des:
efi:tat1on
R
_
ou
,
Ro1
le:
que
L'on voit · par l.es propres termes de ce réc1t
Jl.- H1fior1ens deLan.~.
·
'
d
·
·
'
·
B
d
a:: •
plutot les Ornc1e.rs e eaucmre, nav01e nt que es pretentzons,, ~ guedoc.
ces ·prétentions loin de s'étendr e d'. un b.~)fd à l'autre , fe born~i~nt
. alors à ne vouloir que partage r la propné té du Rhone par rno1t1é :
car lors de cette entreprife on ne mit les armes de France qu'au
milieu du Fleuve , &amp; non fur l'autre,b ord:, comme on en auroit
eu le droit, fi en effet le Fleuve eût apparte nu à la France . C'a été
là un des premiers pas qu'ont cru devoir faire les Officiers. de Beau·
caire : nous les verrons dans un momen t franchir par dégré le lit
entier du · Rhone: car -d'abord ils avoient feulem ent _conteft é aux
Proven çaux leur Jurifdié tion fur l'Ifle Bertrand qlÛ joignoi t la terr.e
ferme de Languedoc; ici nous les voyons avancer jufqu'a u milieµ
du Fleuve. l--'ufurpation auroit été trop criante , fi elle eût été
, _
moins infen.G.ble.
fi per~
étoient
c
uedo.
deLamr
s
Remarq uons en outre que les Officier
par
ncée
fuaclés de l'injufiice de leur tentativ e, qu'ils l'ont comme
une voye de fait, &amp; l'ont foutenu e par la force des armes: il étoit
fi fünple, fi. le Languedoc avoit quelque droit, de faire d'abord
nomme r par les deux Prince s, comme on l'avôit déja fait aupara·
vant, des Commi ffaires pour en décider ; mais on voulut en impofe r'
à la Comteffe de Provence avec les troupes du Prince , au nom
duquel on comme ttoit cette violenc e. Quel dro.ît que celui que
l'on ne peut prouve r que les .armes .à la main J Aujour d'hui
que nous fommes en Juftice reglée, &amp; qu~il f;aut combat tre avec
des titres , &amp; non- a:vec .des Soldats , on .imagine bien ~que le
Languedoc n'ofera même :pas citel' en fa faveur un évenemerit ·auffi
capable de décr1e.r.fa caufe: Evénem ent :qtti prouve toujour s plus
l'-affeB:ation des Bénécliétins .à conclur e .d'un fait particu lier_:à tout
,
le Jit .du Rhone, d'un ho.rd à l'autr-e.
N"• .3'1:~
en 1;) f une nouant
.cepend
nnerent
Ces entreprifes occ:afio
au
Sicile,
de
&amp;
ve!le né.gociation entre les .deux Cours de france
fuJet.r;les Iiles du- Rhone, né.gocia tion qui ne prqduif it encore aucune
dé~ifion , &amp; dont il ne refte qu'un mémoir e contena nt les propo1 '
fit10ns du. Procure ur du Roî. d.e Sitil.e. L'on n'en verra pas moins
dans la fuite la Provence tOUJOurs en poffeilion des mêmes droits
fur le Rhone &amp; les Ifles, &amp; toutes ces entreprifes itijuftes n'auron~
fervi qu'à affermir de .plus en plus ces mêmes droits. .
j) chai

A

1·

�~t

'Guillaume Rolland, Sénechal de Beaucaire ( a) , fùt ttom111é Cô1u.;.
miffafre avec -foulques d' Agout , Sé.néchal de Provence~ On ignore
le réfultat de leur aifemblée ; mais il eft fûr qu'elle eut lieu , &amp;
ce fut à cette occaGon que Raimond de Ungula-, Procur eur &amp; Avoca t
-Ou Roi d~ Sicile,, préfenta aux Commiffaires un écrit cl.ont l'objet
étoit de conferver à fon Maître la ·propriété des !Des conteftées.
- A près ·avoir annoncé ce ·qu.i av.oit occaGonné fon mémoire, il
y explique les moyens fur lefquels il fe fonde pour pr.ouver que les
·Ines conteftées ont toujours appartenu à la Provence-. ·
fait mention eft celle d' Alve oudde Car~
La premiere Iile,dont illlé.
L'I 1 "'" C· _
c.
1
..
,
L
s e oe ar
que par 1e partage e I I 2 &gt;;
gue J'ont
nave appartien t à nave. , es preuves qu 1 a
·toutes ' les Hles du_ Rhône, &amp; eni particulier celles contefté~s ref...
la Provem: e.
:terent au Oomte de Provence : que celle de Carnave, depms fon .
.origin e, avoir toujours été du territoire &amp; de la jurifdiétion de
Tarafcon, dont il rapporte les alles.: que les Poffeffeurs des terres:
de cette Ille qui y font nommés.pàyoient les tailles &amp; autres droits
forte·
~ Tara]con; ~ue les Offi.ciers~de Tarafèoni y exerçoi:eht toute
des
ient·
de Jurifd iétion, qu'ils y faîfoient des public ations , impofo
amendes, ycondâmnoient au bànl.1iffement,au fouet, au feu &amp; à la po·
tence, qu'ils y avaient même un gibet, &amp; qu'ils y exerçaient tous les:'
rlrnits régaliens; que les Habitans de Tarafcon y rarnaffoient le:
fable, au lieu que ceux de Beaucaire n' ofoient y en venir prendre j
mais qu'ils l'achetoient quand ils en avoient befoin; que le Péager de
Tarafcon avoit une maifon dans l'IDe ; que cette maifon ayant été:
détrui te par les inondations, on y en avait fait bât~ quatre autres,
.
.
pour le même objet.
royale de Pro.:.
Cour
la
à
. ·Il ajoute que dans un pré appartenant
'Vence, on y avoir fouvent fait la revll€ des .troupes de la Ville :..
qhe les Habitans de Tarafcon' allaien t faire des joûtes dans ce pré'_~
tomm e dans le refte du.terroir : qu'on y avoit conftruit des galeres;
par ordre des Officiers royaux· de Pr.ovence, &amp; que les Ouvriers:
avoient été prendre leurs falaires à Marfeille: qu'aux fêtes des Rogations les Eglïfes de Tarafcon &amp; Beaucaire faifoient faire des,
pommes de cire : que celles. de Tarafcon étaien t portées dans l'IOe
""" ·
far des hornm~s. de la Ville; maiS que, ceux de Beaurnire s'a~rê_toie~~
a une· Tout batte fur. un rocher aupres du Rhone, fans avoir Jamais
'
·
·
'Ofé aller plus avant;
France-·avoit reconnu (b),.
Fhilippe sdeVa-- • Enfin, que Philippes âe Palofs Roi de
lois l'a reconnu..

.
. . ..
.'
• ( «) Reg. Vmdis. Archives de la Cour des Comptes , foL 4:t..
fùt ài
•. (Y) .Le voyage de Philippes de ·"fl.aloi:r ne put fe faire qu'9n 13 30, Torfgue ' le Roi'
AVivrnn pour une ~1ouvelle ~roiîade qu~ n'eut pas lieu" &amp; qui avo.it été projettée éntrelui
1:. le Pape Jean XXII •. Abreg. Chron,.

�J

'• 61

...

·pub Iiquëment de~an_t h ·portê.. _de _l'Eglifé de Sain'te-Mm&lt;the qu~ tette
If1e de Carnave eto1t du ternt01re de Tarafcon. Le P.rocureur- du.
Roi de Sicilè regarde dans fon · mémoire cette Ifle comme un
démembrement de celle de Lu§an, qui avoit toujours été du terri·
taire de Tarafcon; &amp; il ajoute que ·fi les 0 fficiers de Beauo~irn
ûU autres du Roi de France, y ont· voulu tenter quelqu' ex.écutton;
ce n'a été que clanddl:inemen~··&amp; epuis p~u de tems, comme un
an ou deux, à l'infcu des Officiers de Tarafcon: &amp; que lorfque ces
tentatives étoient ~enues à leur c"onnoiffai1ce; ils les avoient ré~
primées fur le champ, &amp; par les voyes légitimes , comme il paroif:
. .
- ,
foit par les procédures alors pendantes en leur Tribunal.
Lubie;
d~
me
L
exchofes,
mêmes
les
ffure
a
·
il
Lubieres,
de
l'If1e
de
~ A l'égard
- res a;ipamentam.
•
.
cepté l'article des proceffions; mais il aJOUte. que les amenctes que u à la Provence. ·
, r
l'on y devait ' percevoir étoieni: pubTiq:tiement mifes à l'enchere à
Tarafcon; que plufteurs Habitans de.Beaucaire étaient venus plaider
· au Tribunal établi dans cette Ville, &amp; qu'ils ·en exécutoient les
Sentences ; &amp; qu'à la fuite de quelques-unes· dont il donna les dates j
'.•.
&lt;:ertains malfaiteurs s~étant réfugiés · à Beaucaire, les· Officiers de
tette Ville les &lt;l:voient remis à ceux de Tarafcon fur leur requifition
·
' ·
pour être punis fuivant l'exigence des câs.
qui Ainft que celI~
Ifles
les
avec
Il avance encore que le lieu de Méfoar-gues,
en dépendent, a toujours été du Comté de Provence (a). La même de Mefoargues.
piéce porte que l'Iflè de Bertrand qui confrontait autrefois les te~
ritoires d' /.lrramont &amp; de Boulbon, &amp; · qui avü"it alors changé de
limite~, avoit toujours été du territoire &amp;"de la dixm.e eccléfraftiquè
de Méfoargues ; &amp; 1'on y cite les aaes de Jurifdiaion de·s ·seigneurs
&amp; des Comtes de Provence, inveftitures, perceptions de lods;
.
&amp;c.
Quant à l'Hle de Stel formée par -le petit Rhone , &amp; la derniere Il en ell de mém*
comprife au mémoire ,Je Procureur du, R~i engage auffi à prouvei: del'Ifle ?e ~teh
-1
què par le parfage de t 1 2) elle refl!a'au Comte' de Provence; qu'èlle
a toujours fait partie du territoire cfe- Notre-Da:me,de. la Mer.;. que
les Officiers de cette Ville y ont toujours exercé la Jurifdiéliorr
civile &amp; criminelle.?ont il ~apporte les aétes; ~ue la Cou~ royal~- de
Provence y percevo1t un. droit fur la pêd1e,~ 'ql.le lesid.é~r1s· des navi...
res naufragés lui appartenaient; il rapporte des faiftes de filets, &amp;-de
b~rques même c~:mtre des Pêcheur~ ~e 'Beaucaire, qui ven?ie~~ pour
ra1fon de ce, plaider devant les Officiers de Provence : il aJOUte enfin

s

(a) 0~ verra en .1457 l~ ~~i Ren.é ~cquerir Mlfo1rgues &amp; Bo ~lbon, &amp; lnfulas .Jepçn.i.
ab eifdem fitas lll P'.onncza Prc_vznciœ. -Cet atl:e dl: rapporté dans l'Arrêt du Gonfeil,d~
30 Septembre I'1o', qui efi produit fous le N°, 67_.

dent~ s

I ij

�' 68

li&lt;}ue dafis tous les lieu:&lt;i
(!Ue tous ces faits ét.oient de not orié té puh
·
·
du voifinage..
oire d~u.ne Par tie, on recorrmém
le
que
Quo iqu e ce ne foit là
ité dans les déta ils · gu'i l
noî t f~cîlement le lang agé de la vér
bien circ onf tanc iés , &amp;
con tien t. Com bien de faits part icul iers
cur eur du Roi n'au roit pu
tou s. favorables à la Provence, qJJe le Pro
en mai n!.Et œs preu ves
,11i dCùappeller, ~'il 1i'en avoi t eu ks preu ves
enti que s, ou des déil les tiro it tou tes de titre s folemnels &amp; auth voifinage. Ajo uto ns
t le
pôt s pub lics , ou de la not orié té·dans tou
ee qu'o n a déja vu dans tou t
a ~es r~Rexions- qu'e lles fe rap por tent à-nous_que pefléi;ieurement
le cou rs de.c e Mé moi re: anfli remarquons
fdiél:ion fur_ le Rhone:
les Officiers cde Prou.enc.e eJÇercer.ent leu r, Juri
' ,
fans c:onteftation (a-). .
~~
le Fle uve : Un
for
ôt
ven oit él'établir un imp
A&amp;. ·~r?· ·cd· -· . · La Vil le d'Arles
bar que
Marfeille refufa de pay er le dro it fur m:e
ti on.:e l~ Pur~v:~: Nég oci ant de
ent
étoi
tend ait que les Hab iran s de Marfei-lle
~e.für le Fleuve.. d~ bled (a); . H pré
tée dev ant Mathieu Gerexe mpt s_de tou s dro its. L'af fair e fut por
la com péte nce ·ne f:ut
valdo Sé'n éch al de , la P.mvince , don t
a la reft ituü on d·es bledi.
poi nt conté:.ftée ~ ce Magi1lrat ord onn
aire traî noi f enlo ngu em;.1
qui avo ient été faifls. Mais com me l'aff
, l'en voy eren t vis -à-v is.
..èetlx de Marfeille arm eren t une Gal ère;
~ -.
les mir ent en· libe rté
Arl es, y filient vin gt prif onn iers , &amp; ne
fe pou rvu ren t enfu ite à
&lt;JUe lorf qu'on eut ren du les bleds., Ils
une exemption. de tou t
fa Rei ne Jeanne:-, &amp; en obt ime nt en t 36 2 uit une Provin.ce d_e
faif
fubfide. Dès ce mom ent le Languedoc
ver nem ent eût- il fou fGou
le
,
France: SiJ e Rhone:en: eùt dép end u
fur une rivi ere Françpifo?.
fert qu'u ne· Puiffance voifine eût .armé .
adreffé au Jug e de Provence.
l~e Ma rch and de Marfeille fe feroit-il
it-on imp loré l'aµ tori té ge:
pou r fo faire r.endre jufti:c.e? Enfin àuro
"
. . ,,
Rhone!:
Jeanne. pom; obteni:i: ·une exempt.ion- fur lebre
• 156 ~.
I 3 6). une comm1.ffion a1
Cet te Pnn e,df e adreifa le7 2 ') Sep tem
La Cham ore d4s:,
les dro its des Do mbr e des Com ptes d .Aix pou1r afferme11 cl
C~mpre1s. ~'Aixs la Cha
cl p
.
211er me es neage
amm ent ·es.péages u Rhone..: nouv.,el le
· mam es , e rovence·, &amp; not
dn Rhon e.
. .
preu ve de fa fou vera inet é. fur ce Fle uve
:N°~ 3;f..
ne·, endOmmagea el\!
1 310.
Une. barq ue. Géno.ife qui defc end oit le Rho
1

r:

.1:.«.sJ uges d'Arles

·

·

en fia nce;.
éi àTepoque de cette négociatfon.,.. l'un Le
· fa). Peux é'ren emen s fün effes . aniv
p remi er:
.
flion
dilcu
cette
ne fut rien.d éciaé für
l'aut re en Provence, Eure nt eflre c aufe qù'il
batai lle dt:1
l'a
aprcs
e·
eterr
Angl
en·
nnier
Prifo
ené
fut la captivité_ du Roï:de Franœ Jean , emm
de Pr.or.ence, Il.arr
foc fait de.Marie [œur de Jeanne Rein e
Poiti ~rs•. L 'autrr: efi l'.enl eyem ent: qui
.Jiil' Seign eur dl! Bàux :.
\.lz), Ruffi,, Hifiwr~ de.Mar feilk " nag; t:a~~.

�6
~ le bac .("t1.). Les'Confuls d'Ar·
Ia corde i;iui fèrvo-it à conduire

""
connoiuent desdommages fa.ÎCS&gt;
1
s·
b
1
d
•
fiI'
1
1'
d
les demanderent au Juge u 1eu a con icatton e a arque. 1 e au Bac.
JVlarchand Genois e6t imaginé que l'on pût décl~~1er la jurifdiétion ,._ N°. 36.
il 1'elit certainement fait ·; il n'en eut. pas même la penfée" &amp; fe
·1 Y1 l
:&gt;

I

J.

eontenta de coatefter l'ufage qu'on lui oppofoit, qui était la coa.fifcation des marchandifes en pareil cas. Cet ufage prouvé., la con.fifcation fut prononcée ; &amp; l'on ne voit pas qu'il ait é!é queftion de:
s?adreffer à une autre Puiifance pour faire réformer le Jugement:
··
· , .
"
par incompétenceou autrement.
· Répétons-le fans ceffe, fi le Rhone eut appartenu a: la France ,.
fi les Ofüciers du Lavguedoc a voient eu quelque jurifdittion, n'auroit-on pas pris d'autres mefures- que des entreprifes fugitives pour.
affurer les droits de leur Province?
Il y à même apparence que ces Officiers- ne formoient encore,
aucune prétention fur la totalité du Rhone.: c'eO: ce qut réfulte d'une. ·
affaire arrivée en 1 376, &amp; dont l~ recit a été donné fur les mé-.
moires originaux par un Hiftorien très-exaél: ( Ruffi le fils , hift...
de Marfeille.-, liv. 6, chap. premier , tom premier, pag. 206 &amp; .
I'J'rr ·
, ~
.
.
.
·
fui.v. édit. de r696.}
;Œgne:
Jeanne
A-_
d'
Foul.ques:
à
donation
une
fit
Le j Aofat L 37 I: la Reine Jeanne
gout d'une penfion de ) oo florins à prendre fur les revenus que ~ne penfion' for·
les- revenus, du:
du RI10ne-..
·
•· r.
· I r percevoir
Rhone~.
_ 1
iur 1e nvage
()ette Prmceue
La pefre avoit rendu le bled·rare &amp; cher en Provence. Les Mar.~ ,N°'., r:r;,. _.
1&gt;376.
feillois qui en étoient dépourvus, arrêteret1t fur le Rhone une barque
qui en étoit chargée , au moment qa'e14; fortoit du Port d'Arles_:. ~urr~ aél:e'gar.ell\,;
pour aller en Arragon .. C01nme elle appartènoit à· un Marchand de,
Be~iers. , le Duc d'Anjou·Lieutenant du Roi de France en Languedoc;..
&amp; les autres Officiers de ce Prince· éàivir.ent aux /\4.:arfeillois pour:
les engager à· reftituer ce bled·; ils répondirent au Du.&lt;:: q:u'ils av.oient:
Jaifi ce bled dans les Etats de la: Reine leur. Maftr~!Je ,, &amp; conformétl.ien~
à-leurs anciens priviléges , &amp; qu'il leur étoit imp.offible de le refti-:.
nier, puifqu'H avoit été confon.1mé ...Le Duc. d'Anjou dan.s.Ia-réplï....-_
que qu'il leur fit, en• convenant·que la ba·r que avoit été arrêtée für;
le Rho.~e-, ne traita point.de fauffeté. la prétention des Habitans, cfe:
Marfet..lle, que· ce· Fleuve appartenait dans cette partie àJa Rein~
Jeanne : fon filence dans cette o-c.cafion. ne pel:lt. être .r:egardé~ que:
comme un aveu formel de la juftice de leur. prétention ;.· &amp; en....effèt
il f~ contenta. de les· menacer. d'.ufer de :uepréfailles ,. s'. ils ne refti(...
11u~1ent la.v.aleur. du bled. dont la faifi.e faifoit le fu iet de Ia:contd:t.anon~

(\a); Archiv.es 4e rH-OteE dè. Ville d' Aria,, ri ire: du Pô.'It;.

�·7c·
accorda par I.:ettres~Pate-11;;
A la même epoque la mêmè Princeffe
Jeanne donne·
G 'll ·
d.
d
fi
J ·
e ix onces d' or a' IUZ aume
d
peAfis on
unepéage
. tes u 12 um 137 6, une pen ion
du fur
les
fcon. ·
d'Etienne, à prendre fur le revenu du péag~ royal de Tara entier
Rho n·e~ '
fon
dans
Cependant on avance aujourd'hui gue le Rhone
N°. 3 S.
: On prod uit,
0
8
reconnoiffoit alors la J. urifdiétion du Roi de Fran ce •
13 P •
dattées de
L ettres atentes
'f/1.
les
ndues Lett res de Char
cle Cha rles VI. fur pour le prou ver, de préte
t~mes :
ces
Ces Lett res font conçues en
l \ propriété du Paris du 3o Janvier 13 80.
de Fran ce, à notre amé &amp;
. _ )) Charles, par la grace de Die u,. Roi
R one.
du Pays de
.,) féal Chevalier Paul de Nogaret Maî tre de nos eaux
à Nou s de notre droi t
)~ Languedoc , Salu t &amp; dileétion : comme
t fur notr e
)) royal appartient &amp; doit appartenir toutes Hles étan
du Pays de
&gt;5-r'iviere du Rhone &amp; fur toutes les autres rivieres
er , ni avoir
)) Languedoc, fans que perfonne y doive ou puiffe clam plufieurs
que
poffeflion acquife, &amp; il foit ainfi
' &gt;) droi t feigneurial ou
e,comme de dehors,fe
»- Habitans &amp; perfonnes,tant de notr eRo yaum
cuper icell es, fans Nou s
&gt;&gt; foient efforcés, &amp; encore s'efforcent d'oc
e : Nou s vous mandons &amp; commandons,
&gt;) en faire aucu ne redevanc
miez bien &amp; dili&gt;)..fi métier eft,. que tant ôt &amp; fans délai vous infor
icelles If1es, &amp;c.
» gemment de tous ceux qui tiennent &amp; occu pent
è prof it, de les bailler à
&gt;&gt; &amp; fi bon vous femb le, que ce foit notr
llez notre Proc ureu r
» cens ou rent e, &amp; fi les y bail lez, à ce appe
·
·
»du Séné chal , &amp;c.
phiné depuis
' Ri i;•o (A 1- xP N
La Cou ronn e· de France qui poffédoit alors le Dau
e depuis
Rhon
du
. 3.1 , ou 3 2 ans , fe trou voit maîtreffe de deux rives
·
nt ce qui a
Lyon jufqu'à l' Itère , &amp; même jufqu'à la Durance , fuiva
&lt;
fe trou voient
été dit à l'époque de l'année 1271 ; toutes les IO es qui
domination ; .
'dans cette éten due, étai ent, fans cont redi t, fous fa
Lett res- Pate ntes ,
&amp; ce font c~s Hles , qui feules font l'obj et des
&amp; qui avoient
com men t celles qui étaie nt au-deffous de la Durance
y être compritoujours dépendu de la Provence, auroient-elles pû
y en eût plu...
qu'il
quoi
fos ?..- Elle s n'avoient pas changé de main ,
ervées à leurs
fieurs qui euffent été conteftées: elles avoi enfété conf
fe, des Offi..
anciens Maî tres, de l'aveu même des Comtes deToulou
démontrent
ciers du Languedoc &amp; des Rois de Fran ce: c'eft ce que
procès-verbal. '
les tntités des années I 12) , 1176 , &amp; r 302 , &amp; le
le pû.les ac..;
tle la Conférence de 1307 . Cett e Prov i ce auroit-el
n? Qu'e lle le
quél'K fans un titre nouveau de ceflion ou d'abando
des prétextes
produife , linon qu'elle reconnoiffe l'infuffifance
_
·_
dont elle colo re fes prétentions.
ffent la Pro..;
Ces Lett res au reite , en fuppofant qu'elles concerna
&amp; la convence, ne pourroient être regardées que comme la fuite
après avoir
tinuation des démarches des Officiers de Languedoc ,qui

�71'

te11té inutileme11f to-ates fortes de voie; ·pour fe mettre en poffeffion d'un bien qui ne leur appartenoit pas , s'aviferent enfin de don..,
ner de faux: mémoires à leur Souverain, qui crut fon autorité in~
térdfée à les foutenir. D'ailleurs , les ordres de Charles VI. ne
tegardoient que fes~ Sujets; ,~ls ne' pouvo~ent avoir for~e de Loi~
pour la ,Prov~nce•. L e~et q~ il~ ne pouvo1.ent pa~ prodmre dans ~~
tems, 1auraient-ils auJourd hm ? &amp; pourroit~on dire que, parce que
l'on a fait avancer par un Prince qu'il a descdroits fur une ri.viere ,.
c~tte fir:iple affertion dép?uille les vrais P:?P.rié~aires. &amp;;.le ~ouve­
ram, qui de tou_t tem3 ét01t en poffeffion? L mJufhce ferort évidente ..
Les circonfi:ances que les Officiers du Lçmguedoc·onf faifies pour
obtenir ces prétendues Lettres , font une nbuvelle preuve qu' eUes
ont été furprifes, dans l'unique deffein de (e ménager des titr~s
contre la Provence. La mauvaife adminifi:ration de Jeanne~, la guerre
cruelle que lui faifoit Charles âe· Duras, les défordres qui regnoient:
. dans les affaires de cette Reine malheureufe , avoieht perfuadé fes
voifins qu'ils pouvoient tout entreprendre contre elle avec in1punité. Ain!i, quand ces Lettres pourroient avoir quelque trait à fes.
Etats, il feroit èontre l'équité naturelle de les faire valoir ..
Comment fe feroit-il enfin que ces Lettres donnaffent à la Franc-e'toutes les files du Rhone &amp; le Fleuve même, jufques à la mer &amp; le~
long de la Provence, lorfqu' elles n'en difent pas un mot, lorfque·
quelques· années auparavant en 13) 3 ~ les-Officiers du Languedo~c·
eux-mêmes bornoient leur ambition à partager les IHes &amp; le lit de:
la riviere par le milieu avec les Comtes de Provence? Quel efi: encore·
un coup le nouveau droit que la France· avoit acquis fur le Rhon·e:
dans l'intervale de vingt-fept ans qui s'écoulerent entre les LçttreS:
de Charles Pl. &amp; l'en~reprife du Lang~edoc en . r 3 n ? L'on n' e~l:
. peut citer aucun : ces Lettres n'ont donc aucune application à fa,
· partie du Rhone que nous réclamons (a).
,
Mais ces Lettres exiftent-elles bien réellement ? La premiere
raifon qui en fait douter eft tirée- du filence des Hifi:oriens du Lan-guedoe , qu~i qu:ils c?nnoiifent l'ouvrage d'où. elles font tfré'es ;; _
·comment n en drfem-1ls pas un feul mot·, eux que nous voyons .(i
attentifs à fe faire des titres des circonftances les plus indifférentes~?'
Ces Let~res leur auro!ent ,cependànt fourni une preuve- plus- ·
· plaufible que les entrepnfes d un Sénéchal , ou de quelque Officier:
fubalterne qu'ils font tant valoir à la moindre occafion. S'ils n'ont:
fait aucun. ufage de ces Lettres, ce ne peut être que parce q_u' eu.x;.~
1

•

•

•

1

"

(a) Ne pourrait-on p-:rs ajouter quê Œces 1',.ett7es.fonrté'elfes eÎles reifemblfnr à tontê3
' &lt;!~Iles qui furent donpées alors. (~us le nom ,d 'un. P-ince, 1ombé en démence &amp; d~ la. foibiel!e
èuq_uel toi;t le monde che.tcho.Jt a profiter-.

. ,

�7'.l

effe t; on nïn diq ue point:
1lJêmes en ont foupçonné la fidélité : Et en entique : on ne les trouve
ie aut
où en eft l'or igin al, ni même une cop
nce s: cela fuffiroit pou r les
nna
dans aucun de nos recueils d'O rdo
faire rejetter (a).
ons trop fortes de foup...;
Au reft e, quand l'on n'auroitpas des raif
certain qu'elles n'o nt été
çonner la fidélité de ces Let tres , il eft
de Oiarles VI. depuis Lyo n
données que pou r les !Des du Domaine
un effet pou r la Provence
jufqu'à la Dur anc e; car elles n'eurent auc
jours tou te la jurifdiél:ion
qui , comme on va le voi r, conferva tou
s.
' qu'elle avo i( fur le Fle uve &amp; fur les 1De
.
le Vig uie r d'A rles prononça la confifca.;
·Aél:e.~! ~~·tifdic- Le 2 1 Novembre I 3 84fes·
agrès 'appartenans à un Marchand de
que &amp; de
tion fur le Rho ne tion d'une bar
e au bac qui fervoit pou r le
pour avoir caufé du dommag
lle
.
ppar les Juge s de Marfèi
J'
rove nce.
ta~lle. Cet te Sentence
paffage du Rhone entre Arles &amp; Tnnque
)9_•

..

· N-0.

e;

inair
de Nogaret: C'e!l:-là un perfo nnag e imag
: il n'y a
ta) Notre amé &amp; féal Chevalier Paul
ince
Prov
la
dans
u
conn
étoit
qu'il
e, parc e
.dont on. a préfe ré le nom à cout autr
rems - là, (Hif i.
deux bran ches de cette fami lle en ce
jamais eu de Paul Nogaret dans les
ronn e , tome 6,
Cou
la
de
iers
Offic
ps
gran
des
Hill:.
du Lang. tom. 4, pag. r r 7 &amp; 5 5 i,,
res des Eaux
ne les trouv e pas dans la lifie .des Maît
·
pag-. i99 &amp; .fuiv. pag. 8) 3 &amp; füiv .) On
.)
füiv
&amp;
ret
. &amp; Forefl:s (ibid. tom. 8, pag. 853
être celu i du quat orzié me ftécle ; Ma!t

ît poin t
toutes
D'ail leurs le frile de ces lettre s ne paro
il n'y a aucu n exempt~: on lit dans
fa~on cle parle r fingu llere , dont
qui font tOU·
tés
quali
:
ts
Foré
&amp;
Eaµ~
des
re
ou Maft
les Ordo nnan ces, Maitre de~ Eaµ x,
e 1364 , Joanne!
ume ns du Pays. Atre du 19 Sept embr
jours joînre.s enfr'm ble dans ies mon
g. tom. 4. pag.
.Lan
du
.
Hjft
fœ.
Tolo
œ
fcalli
,Sene
'de Aul.â Magifler Foreflarum. &amp; Aquarum
~ u, Ordo~­
pag.
Ibid.
71.
13
m. Atre du z 3 Janv ier
2·86 , Afagifttr Aquarum &amp; Foreflaru
,
3.
45
pag~
,ibid.
,
?9
14
emb re
tout !e
~apc;e de C~arles VII. du '}7 Nov
Nog".ret fut Maitre géne ral des Eaux dansqu'il n'y
Il femb le que par ces lettre s Paul de
mer
préîu
font
: cep~ndant Je.s tit;es ci.~delîus
Pays qui porte l e nom de Langµe doc
SénéchauiTée de
un JVI&lt;iître parti culie r dans chaq ue
mai$
éral,
gé,n
re
Maît
de
avoi t poin t
parle des LieuVJI.
les
Char
de Carcajjàne; &amp; l'Or do.nn anee de

il.e nos Eau x,

P'!)'s:
Toµloufe, de lJeallCaire,
cl.es Maîcres des Eaux &amp; Forêts de notredit
tenans de Maîtres des Eaux &amp; Forêts ,
.
donc il y en avoi t pluli curs.
de Languedoc:
de ces .l ettre s, ce font les mots du Pays
eauté
nouv
la
plus
le
ue
marq
noit toutés
Ce qui
dé!ig
on
el
.lequ
par
&amp;
e,
com men cé à la fin du treiz iéme fiécl
t
avoi
qui
nin, &amp;
mot
ce
femi
t
n10i
qu'au
nom
feul
ta
.,,_On
is-em ploy é
parlo it la Lrf,lgµ:: d'Oc * n'.éto it jama
pluri el.
au
mis
urs
toujo
nt
aml i, parc e que les Prov ihce où l'on
étoie
-ci
ceu~
le mot de Pays ou d.e Pa,rties,
tians ce.tte~ang_ue . t}Uand on y joign oit
&amp; fon Lieutenant en toute la
de France, frere de Monfeigne,ur le Roi,
oi
J:
Ju
fils
s
Loui
7 Avri l 13 77. ( Hifioi:re du
Ot: flgnifi.01-t ou1,
du
s
lettre
les
dans
Langue d'Oc , difoi t Louis 1. Duc d'Anjou, pag. 54i.. ) • .Autr e exem ple, pag, 36z &amp; ~63.
3.p &amp;
t lui·
Lang . tom. 4, n. 1 5 r, pag. 350 &amp;
la Langue d'Oc. Le Roi Charles V 1. difoi
toute
en
Roi
le
eur
feign
Mon
de
I &amp; Otro bre
Lieuteniint
q8
l
Avri
d'
Aéte
(
.
P'!)'S de Langue a'Oc
mêm e ès parties de Lani;ue d'O c, nos
voit fait expé dierl es
3 6 r &amp; 3 84.• ) Ai nit.li ce Prin ce .a
pag.
,
edoc
angu
L
du
Hifi.
Ibid.
~ 394,
de Langue d'O~,
Pays
nos
de
ts
res des Ea,ux &amp; Forê
préte ndue s lettr es, il auro it dit, MaZc
_
de Languedoc.
&amp; non Maitres de nos Eaux tht Pays
exem ple , c;ir
n
aucu
a
n'y
11
dont
e,
n .!ing uiier
Notr e Prncureur du Sénéchal , expr e!lio
chal . Si celui
Séné
du
r.
'ée n'efr poin t le Proc ureu
le Proc ureu r du Roi dans une S~néchaufi
Pqys de Lanle
dans
x
chau
Séné
trois
alors
y avoi r
qui a fabriqué ces lettres a voit ('iu qu'il

troi s que la,co mmi !lion re-

de nom mer celu i des
guedoc, il auro it vû qu'il étoit né.cefiaire !emb le" donc qu'o n ait cn1 qu'il n'y avoi t alors
il
:
caire
Beau
de
celui
it
c'éto
&amp;
gard oit,
..&amp; Forèts
n'y a voit auŒ. qu'u n Maît re des Eaux
&amp; q~'il
qu'u n Séné chal dans tout le Pays ,
.
lîée&gt;
chau
Séné
pour les trois

prouve

�71

.

'

prouve que les Juges d'Arles continuoient à exercer li jurifdiél:ion
. fur ce Fleuve.
·
nSi &amp; nss.·
En q 8 2, 13 84 &amp; 13 8 8 , il y a cinq ou fix exem~les de Senten- · Nombre
d'aél:es
ces de confifca.tion (a) prononcés par les Juges de la Cour royale de la Jurifdiélioq
d'Arles' contré des Patrons tant étrangers que de Beaucaire même, d'Arles fur le
dont les barques en defcendant le Rhone avoient endommagé le_ Rhone.
bac ou la corde qui le ·-conduifoit, &amp; cela Juivant la coutume très- .
ancienne obfervée de tout tems, approuvée, &amp; qui pouvoit porter le nom de Loi.
. Lettres Paienteè
En fupp~fant que les Léttres de Charles VI. dont on a rendu dont
on pré tend
compte plus haut , aient jamais exifté , ce ne furent pas les feules , jgferer qt!e le
appartient
que le Languedoc fit rèndre au même Pririce &amp; tou1ours dans les Rhone
au Languedoc,
mêmes fuppofitions. En 1 )88 il en donna à-peu-près de _pareilles
relgtives au Dauphiné : On fait dire pofitivement à celles-là que le .
Roi de France efl: propriétaire de tout le cours du Rhone , ·partout
où il confiné au Royaume , &amp; qu'il l' étoit également du Pont qui
étoit entre Vienne &amp; Sainte Colombe. Les Officiers du Dauphiné
avoient fait quelqu'aae de jurifdiaion fur ce Pont, qui, Gomme
nous l'avons vû, avoi~ toujours appartenu à Vienne. Les Lettres
leur font des défenfes 'de récidiver , &amp; veulent que ce foient les
Officiers de l'autre côté du Fleuve qui exercent la juftice fur ce
Pont au nom du Roi.
Ces L~ttres importeroient peu à la Provence qui n' eft point char- . R t f- UTA TION
· gée dè la caufe du Dauphiné, fr 1'on ne s'en fervoit pas pour éten·
· dre leur effet au-delà de la Durance fur le Rhone. L'on y fait dire
. au Roi, que tout le cours du Fleuve lui appartient; mais une pareille allégation peut·elle faire un titre contre une Province étrangere ? Et parce qu'il Elaît à des Officiers entreprenans de faire
avancer une propofition démontrée fauife, cette témérité dépouillet-elle de fes droits le Souverain, en l'abfence duquel on avance un ·
fait qu'il a intérêt de combattre ? En prêtant même aux inftigateurs
de ces Lettres, les meiJleures intentions , il faudroit toujours dire _
q~'ils avoient plus de zèle. que de lumieres, &amp; que dans le fait tout .
ce qu'ils faifoient dire au Roi à l'occafion du Rhone, a été fans conféquence, puifque nous allons voir les Comtes de Provence
re&amp;ner ~r l~ partie de la ri viere qui leur appartenait , comme avant ·
qu on eut dit en Fmnce que tout le cours du Fleuve dépendait de
..
ç.e Royaume.
·
•
L'on étoit ~ éloigné à ~a Cour de Provence de croire qu'elle eût
p~rdu fes droits de propriété fur le Rhone, &amp; les Lettres furprife•
1

(a) Archives de l'Hôtel de Ville d'Arles..

K.

�74

le Com te de:au Roi avoient eu fi peu d'eff et, que chaque jour
eté fur le
Provènce faifoit publiquement des aétes de fouverain
infinité de
une
Fleu ve &amp; fur-les Ines : Nou s allons en rapporter
·
.·
nouv elles preuves.
ne premiere
La Provence avoit perdu en 13 82 fa Souveraine Jean
!\fort fünefie de
ceife les princiJeann e ·1.
Rein e de .Naples (a). Pendant le regne de cette Priri
elles - mêmes.
pales Villes de Provence s'éw ient gouvernées par
t de cette
l'effe
t
L'an arch ie &amp; les défordres qu'elle entraîne furen
commença par
indépendance. Louis d'Anjou héritier de Jeanne
le. Il éprouva
donner fes foins au rétabliifement de l'aut orité roya
d'hofl:ilité.
d'abord de la réfül:ance qui occafionna quelques aétes
etti:e à fon
Mais bien tôt l'on réfléchit .qu'il valo it mjeux fe foum
du pou- ·
abus
Prin ce légitime que d'être plus longtems expofé aµx
ieres à traiter
qSr.
voir municipal. La Vill e d'Arles fut une des prem
que ,
Traité entre
Louis, &amp; l'article premier de leurs conventions prouve fa
l ,ouis d' An iou &amp; avec
de
partagé les malheurs
la Ville d'Arles. quoi que la Provence elit longtems
s
Rein e , elle ne lui en était pas moin attachée (b ).
ftipulent en
Par l'article 9 du même trait é, les Citoyens d'Arles
es aux lieux
leur faveur une exemption de taill es, impôts &amp; péag
fcon, de Saint
d' Albaron, de la Trouille, au bac d'Arles, de Tara
Gabriel &amp; de tous les autres endroits.
elet ' Mont•
La Vill e fe referve dans l'article I 9 )) Les pâtis de Chât
que veneeries
)) majour , Aurei,lle &amp; tous autres droits , tant pêch
s de quelques pâtis que ce
.» ries &amp; èhai fes, lignuirages &amp; efplaiche
ainfi que 1ufques à préfent elle les a tenus
&gt;) foit du terro ir d'Ar les,
détroits des lietJ,x fufoom&gt;) &amp; poif édés , tient &amp; poiféde , &amp; aux
erie s, tant des palus
» més : femblablement les chaifes &amp; pêch
pench ant à la dillipa ·ion, avoient
(a) Un cœur fenfib !e, t&lt;n carafü re faible , trop de enfin une mort fûnefie termina le
dont
,
rtunes
d'info
condu it cette Princeffe dans une fuite
premi er mari, Charles Durazzo qu'elle
cours. Accufée d'avoi r contribué au meurt re de fon
fa Bienf aitrice , difftpa fes tro·up es,
de
Etats
les
a
attaqu
adopté pour fon Succeffeur ,

•

avoic
couvr ir l'atroc ité de fon crime , il prérendit
&amp; forma le deffein de la faire mouri r. Pour
fa veuve du même genre de mort que ce
périr
fit
&amp;
,André
n'être que le Venge ur du Roi
é dans fon expéd ition pour la conquête
Prince avait fouffert, Durazzo fut lui-mël,lle a{faflin
&amp; la Régen te de ce Royau me qui comdroit,
aucun
t
n'avai
il
où
rie,
du Royaume de Hong
un ban de Croatie qui ofa condamner.
par
noyée
manda ce meurt re• fut de fon côté jugée &amp;
Mode rne, qu'une fo.ite de crimes punis
cette Princeffe L'Hif roire n'efi fouvenc , dit un
• '
..
par d'autres crime s.
en·
rait
trouve
Reine
leur
de
rier
( b) Les Habit ans d'Arle.r ne préyoya11t pas que le Meurt nt au Comt e de Provence qu'à
donne
(e
ne
q\!\l~
ent
Hong_rie la peine de fon crime , déclar
eu accord quélconqu~ aveo le pervet.r
cond1tio.n , qu'il jurera que jamais il ne fera paix
ment ~ à tort a détenu Prifonnim
inju{le
tant
qyi
,
zo
Duraz
Charles de

&amp; '1.bo1!).1:zable Traitre
la Reine Jeanne, du Royaume &amp;.de
&amp; dépou~llé .notre Princêffe de bonne &amp; louable mémoire,tuée : ains po ur{iârr~ lui &amp; les fien~
mment
mécha
&amp;
ent
uellem
fon patr1mozne, ~l'a très-cr
&amp; recommandable R~zne, 1'1onumenc
de ,ra.ut Jon pouvoir, en vengeant la- mort de 1iotre bonne
·
_ · ,_
rains..
Souve
leu~s
à
çaux
Proven
des
t
.
prec1e11x de l'aîtachemen

_,,

�.

.

7)

..
~ que du Rhone ; de .la mer.' &amp; ~uffi de t~us étangs. «
Et par l'artide 24 ', il eft füp~lé que le Ro1 ne po~rra établir

aucun péage nouveau a Arles .. C eft fans doute avec :a1fon que la
Provence regarde ces convent10ns comi.ne un de fes utre3 les plus
.
folemnels fur le Rhone &amp; fes dépendances.

ETAT DU
..sous

LA DEUXIEME

RHONE
MAISON · D'ANJOU.

Nous ne pouvons fuivre de meilleur guide pour cette époque 1 3:Sr à qB!t.
f Manufcrir deJea11
"
qu'un monument refpeél:able, dont l'autorité ne fçauroit erre fu - le Févre qui c.o n- peaée. C'eft un manufcrit qui a paffé de la bibliotheque de Colbert rien.tnombred'.~c~
dans celle du Roi, où il eft confervé fous le N°. ) 87. Colbert, &amp; · tfies 1 deRhpropdnerl~"
. ur e one e
E
.
.
.
9660. ) • Regms. n contient un JOUrnal de Jean le Fe11re vêque de part des Comtes
Çhartres &amp; Chancelier de Louis premier &amp; de Louis II. Ducs d' An-· cl: Provence.
jou , Rois de Sicile &amp; Comt~s de Provence , dans lequel ce Miniftre
. é-crivoit jour par jour ce qu'il faifoit en qualité de Chancelier , &amp;
ée qui fe paffoit dans le Confeil du Roi , depuis le 22 Septem-·
bre de l'annéè 1381 jufqu'au Il Juin de l'année 1388. Les·
deux tiers du journal font écrits de la propre main de !'Evêque &amp;
le refte l'eft de celle d'un de fes Secretaires, dont il , fe fervoit
.
pour la pl6part de fes aétes.
Ce journal eft inconteftablement le regiftre qu'il étoit obligé de
tenir en qualité de Chancelier, puifqu'on y trouve en original &amp;
de différentes mains le modele des fignatures des perfonnes à qui
l'on donnoit des provifions de Notaires dans toute l'étendue de la
domination de Louis II. Combien d'aél:es ne contient-il pas, qui
prouvent direfrement que la Reine Marie de Blois &amp; Louis JI. fon
fils avoient les péages du Rhone &amp; droit de jurifdiaion for ce·
'
·
Fleuve!
Le premier .de ce nombre eft une Lettre fcellée à Marfaille le:
13Sr.
premier_Septembre 13 8) ·, 'Par laquelle la Reine confirme à M r.e. Penfic.11 fur un
Bertrand d'Agout Seigneur .de Cabriés toutes les donations-. , libertés péage du Rhone.
&amp; franchifes qui lui avoient été faites &amp; accordées par les ~is de
Sicile , &amp; notamment u·ne rente annuelle de 1) o florins à prendre
fur le péage d'Arles, laqùelle confirmation fut fuivie de Lettres
exécutoires adreffées au Receveur du péage le 24 Février fuivant:
Voici les termes du journal. » Le premier JOUr de Septembre ( 1 3 8) ·
» à Marfeille) fcellé une Lettre pour 1\1:eflire Bertrand d' A.gout , _
» Seigneur de Cabriés., par-laquelle Madame li confirme toutes les,

-

Kij_

�76

La Reine Marie
:avoir un Receveur
de (es droits fûr le
Fleuve.

de Sicik
1&gt; âonatio ns,Iiber tés &amp; franchifes à li oB:royées par les Rois
0
Février ; ·
xxm
•••
» Item CL. jfor fuper pedagio .Arelatenfi ,f • LXXIX•
» fcellé pour le Seigneu r de Cabriés un exécuto ire pour être payé
» de cent B. fur le péage d'Arles qu'il prend annuatim. Ibid. fol. cx1. «
Suivan t le même journal le 1 o du mois d'OB:obre 13 8), la Reine
ordonn a à fon Receve ur des droits qu'elle percevo it fur les bords
du Rhone, de faire expédie r à Hugues de Niornis &amp; àr Beranger·
Palhade le fel qui étoit aux Salines de Vernéde &amp; de Notre-Dame
de la mer, qu' ~lle leur avoit vendu pour le prix de 2 I oo florins:
Elle percevo it donc des droits fur le Rhone, puifqu' elle avoit un
·
Receve ur en titre pour les recevoi r,
e 1\fa..
laquell
par
l&gt; Item. ( Io OB:obr e 1 3 8)) fcellé une Lettre,
)) dame mande Credenferio (Recev eur) jurium ripariœ Rhodani quocl
» faciat expediri Hugoni de Niornis &amp; Berengario Palhade mercatori» bus Avenionenfibus Jal exiftens fuper terra in Salinis de Verneda &amp;

Villemaris, quodfal Domina eis vendidit prœrio 2m. &amp; c.fiorenor,.
.
llibid.f .unxx. VII. ver.fa.

&gt;)

1

l'E- )) 1\1ercre di xx1m. ( J anvier 1386) fceilé une Lerne pour
'r 38G.
Aurres aéîcs de
argent qu'ils
fou vmineté for )) glife Notre- Dame de Roquemadour p01~1r IIII marcs

a'

le Rhone.

prennen t par an fur le péage -de-Tam.fcon. ibid.f). cvr. verJo.
"Vendr edi XXVI. fcellé un exécuto ire aux Maîtres ratiana1s &amp;
&gt;),aux Péagier s d'Arles &amp; de Tarafcon pour Bérangier Mouge pour
&gt;J les cent livres de couronnas que Madam e li a ~onné de provifio n ,,
0
.
. . ·
» c'efr-·à dire de penfion: ibid. f • cvu.
Mi,.Freres
)) Mardi ( vr. Mars 1J86) fcellé. une· Lettre· pour- les
&gt;&gt; 1:eurs de Aurac.ia ( Orang-~) ut Jolvantur fuper pedagium Arelatenft

)&gt;

))- de tribus wzciis auri percipi confuetis fuper pedagium Tarafconis.
·
Ibid. f 0 • CXII. verfo.
&gt;&gt; Jeudi vm. fcellé up,e Lettre pour le Cardina l d'.Arles. ( c' étoit
&gt;1 Pierre Ducros Archev êque d'Arles &amp;;.. Cardin al) de lever u:uxx.
de fa mer)
&gt;) &amp; x rnuis gros de fel de la Ville de Mar ( Notre-D ame
&gt;1 jufql;l'en Avigno n , fi!le pedagii Jolutione, erat data Littera de menfa
)) Januarii prœterito. IbidJJ. cxm.
?r, ce fel ne pouvoi r êtrê condui t de Notre-Dame de,Za.m_erà
r
Avzgnon que par le- Rhone; &amp; f.i les pé~ges de ce fleuve n avo1ent
~epartenu à la Reine, comme nt fe feroit-ort- avifé de follicite r au·
pres d'elle ces·grac es; &amp; comme nt auroit- elle pû les accorde r? Il
eût fallu fuppofer qu'elle étoit de la plus rnauyaife foi, &amp; qu'elle

fe faifoit un jeu des droits qui ne lui euffent pas apparterrn .. Non~
feuleme nt elle donnoit des penfions.&amp; des-franchifes fur. les. péages.
du Rhone, mais encore elle affàm~it le produit: de ces pé~ges t

�-

71

&amp; donrtoit quittaf1ce à 1a fin du bail. (_Journal f6l. ·1 14: 1 · _ :
Le i4 ~eptemJ:&gt;r~, elle fit ~xpéd1e: deux. Lettres en fa:reur de
Pierre Majeur ; par l _une elle lm donn01t la charge ~e Cl~vazre de la.
Cour royale de Tarafcon, de Camargue &amp; de fa V 1guene , &amp; par ·
l'autre elle l'établiffoit Receveur du péage de Tarafcon &amp; de cer-·
tains droits royal,lX qui fe per~oivent fur la rive du ~hone : juriumReg:iqrum rippariœ Rhodani. (J ou'rnal f~l. ·176:_) Cro1~a-t~on q~e la.
Reine eût établi un Receveur, fi elle n avo1t nen eu a· recevoir fur.
le Rhone?.
Le. ~9 0 B:obre fuivant, elle confirma-en f'aveur d' Hi0urJet de Va_..
qiûeres.une penfiot1 de 80 florins de Florence 9-ue '_ la Reine Jeanne.
lui avoit accordé~ for les,reve1ms ripariœ Rhodani. Ibid. fof. I 9·1"
Elle manda le 6 du mois fuivant à fi 'rréforiers de p.ayer- à .Ma··_
tlzieù Benevini d'Arles für. les deniers _provenans du péage de cette
Ville la fomme de mille florins d'or qu'il avoit avancés pour le§
affaires du Roi. lb.id. fol. 19 3. Quatre jours après -elle aonna à.
Auguier d' Argençe, à Auguier de Jarente &amp; à Ponce Brintinelle troispeni1ons de cinquante florins d'or chacune,. &amp; une quanjén.1e de 2 oo·
florins à Jean Coteron Frere Mineur, qui étoit Confeiller d'Etat,..
.
. __
à prendre fur le péâge de Tarafcon. Ibid. fol .. I 94 &amp; I 9) •.
Quelque convaincantes que foient ces preuves, il y en a eacore P F:-s- Comd t'e~· di:,
t0:rence onnen,
. l l é 'd
d l
• dé
i:&amp; qm montrent e a mamere a p HS v1 1ente que des LettrH de:
de p1us 10rtes,
la j.urifdiétion du Rhone appartenoit à la Reine Marie Comteffe de m~rci:ie &amp; de: reProvence. La premiere fe tire .des Lettres de marques ou de repre- hr!efailles füi;I le'
' Guillaume &amp; à '- ione~~
.
" JOUr
r. '11 es qH'e11 e accor da 1e meme
Io N ovemb re a
1a1
Jacques Bertrand freres à Tarafcon , pour recouvrer fur les Catalans.
qui navigeoient fur le Rhone J 5o florins que des gens de cette pation
leur avoient pris.
» Item pro Gµillelmo Ô' Jacobo Bertrandî fratribus il-z cotis Taraf)') conis. quibus contra Deum &amp; juflitiam Domina conceffit quod fuper
odanum recuperenr vcL. fiorenos peF
»_Cathcdanos' navigantes ·per Rh_
fuit figillata de· prœcepto Dol-J{inaz
reni·ttente
me
&amp;
marche,
- J&gt; modum
» pr9pter importuniratem di-8:ornmfratrum. cc lb id. fol. 19). Ces mÜts,,
ftontrà Deum ê.:t juftitiam, ne peuvent point être relatifs· aux droit$
du Roi de_Fraru;e , füais aux Catalans-, qui: étant alors fous la do-·
mination du Roi d'Arragon·devoient jouir du pFivilege accordé h
: 8 ~évrier_. 1 )'86· à fous les ~ujets· de ce Prince, par l~quel il leuceto1t pem1;s de commercer librement en Provence pendànt le term~
.Ele. fix annees:, non?bfl:a-nt toutes les-Lettres de rnarqpes: à.ce con..t~aues. (V oyez le JOUrn. au 2 1 Février- 1·3'86. }La. feconde preuve n'eft pas· moins f.o tte; les. Confuf.s d'Af.l'e-;;
'•

�78

.

avoiene repréfenté àla Reine que·, fuivant m1 u!:1ge fuivI de terrt!
immémorial ' toutes les marchandifes que l'on t~anfportoit par le
Rhone de la mer à Avignon, &amp; d'Avignon à·la mer, paifoient de-vant la Ville d'Arfrs ex, y étoient débarquées, pour ne pas frauder
le péage royal ; que cependant certaines perfonnes tâchaie nt de
tranfporter ces marchandifes en fraude par une autre route ( apparemment par le petit ~hone ) à quoi ils la prioient d~ remédier . . Sur
ées demandes qui pa-rurent juftes , la Reine ordonna le ; de Novembre de la même année 1387 à fes Officiers de Tarafcon &amp; à t-0us
ceux à qui il .pouvai t appartenir, de tenir la main à l'obfervation
&lt;le l'ufage , &amp; d'empêcher que ces marchandifes ne priffent une
autre route que celle d'Arles , &amp; qu'elles fuffent débarquées ail.
leurs que dans cette Ville.
jurifditl:io'n ? D'un côté, la
de
précis
plus
aél:es
des
voir
Peut-on
Reine permet à fes Sujets de faire la guerre fur le Rhone.; de l'autre ,
. elle regle la route que doivent tenir les bâtimens qui'. naviguaient
fur ce Fleuve. Ce Reglement montre qu'elle étoitMaîtreffe&amp; Souveraine de tous les bras du Rhone ; s'il y en eùt eu un feul exenip t
de fa domination, les bâtin1ens qui auraient voulu éviter·le péage
d'Arles, s'en feroient fervis, &amp; leur conduite n'auroit pas pû
être taxée de fraude, comme elle l'eft: dans l'Ordonnance de la
Reine. Si le Rhone eût appartenu à Charles VI. qui regnoit alors en
France, fa Reine auroit-elle cherché à ufurper fes droits, elle qui
vivoit avec lui dans la meilleure intellig ence, qui le ménageoit en
tout, .&amp; quiavoit un befoin extfême de fon fecours pour la conquête
du Royaume de N aples?Comment ce Prince n'en auroit-il pas formé ·
la me&gt;indre plainte , lui qui au retour de la Reine Marie à Par~s,
trouva mauvais que le Château qu'elle faifoit bâtir à Tarafconfùt
affez beau pour reffembler à fes maifons Royales. x1x Avril 138 8.
le
'l&gt; Moi , Pelerin &amp; le Begue ( porte le journ. fol. 2 i ')) fûmes devers
la
que
» Chancelier de France où fut par li &amp; auttes du Confeil dit
\, maifon qu'on a fait à Tarafcon, le Roi n'eft pas conten t; pour ce
,, qu'ils fon.t trop pareils à ceux du Roi , nous rép~nclîmes que nous
.
.
.
» en parlerions a Madame.«
des
eu
euff.ent
France
Il eft clair que fi les Minifttes dµ Roi de
fujets de plainte plus graves, le Chancelier de Marie n'aurait
manqué d'en faire mention. Ce Miniftre n'en parle -pas, _parce
qu'on ne lui en avoit rien dit; &amp; on ne lui en avoit rien dit, parce
·qu'on ne fo croyoit ni léfé ni en droit de fe plain~r e . Ain fi, de l'aveu_
n;ê1:1e des f\'l ini~res de Charles.VI. l~ Rhone étoit foumis à la jur~f­
d1éhon de la Reme Marie.
r

pas

�7,

.

Le journal de Jean le Fevre parle, en cèS' termes, du Reglemertt
fait à la requifüion de la Ville d'Arles concernant les droits que
,
, .
devoientles marchandifes en paffant fur le Rhone:
» Lev. (Décembre 1387 ) fcellé une Lettre pour 1 Umverfite

d'Arles : de mercimoniis per Rhodanwn tranfeuntibus in Arelate de·
ponendis juflà fo.litwµ morem. ~tem pro Jl!ath~.o Be11ig1~i &amp; Franci_[co
lf ejus filio de recipiendo fuper talibus merczmomzs perqgzo. « Eol. 19 9.

»

)&gt;

Ce journal contient encore une infinité d'autres preuves de cette
.
efpece q11'il feroit trop long de rappo~ter.
rj&amp;8.
Un évenement de l'année 1388 va nous fournir encore de nou...
velles armes. Guillaume Dieudé Marchand de Beaucaire remontoir Au~~e: aétes de
· propr1ete fur I~
.r. · r. b
1e Rhone : la corde avec 1aque 11 e on con du1101t ia arque rompit, même.Flet1ve.
_&amp; pour fauver le navire gui avoit été jetté fur la treille du bac qu'on
avoit mis à la place du Pont d'Arles, il fallut brifer cette treille ..
Le 27 de Mai, lendemain de l'accident, les Syndics de la Ville
voulurent être mis en poffe!Iion ·de la barque, conformément à
leurs priviléges &amp; à l'ufage confiant : le Marchand convenoit de
leur droit; .mais comme il n'y avoit pas de fa faute, il leur demanda grace en fe foumettant à leur miféricorde. Ils ne furent pas ,
infléxibles ; le Marchand en fut quitte moyennant vingt florins
d'or de feize fols piéce (a) qu'il promit de payer dans le mois de
Juin fuivant; &amp; s'il y inanquoit, il fe fournit à toutes les Cours,.
foit d'Arles,- d'Aix, d'Avignon, ou de Beaucaire. Ainfi voilà un
fujet du Roi de France qui reconnaît la validité du droit de ] a Provence fur le Rhone, qui n'imagine pas pouvoir réclamer celui de fon
Maître, &amp; à qui 011 ne fait grace qu'au moyen de fon avéu &amp; de fes
priéres. De ce qu'il fe fournit à la Cour de Beaucaire en cas de retardement, &amp; de ce que les Syndics voulu!fent bien prendre cette
Jurifdiélion, qui étoit celle des biens du Débiteur, il ne faut pas en
conclure qu'elle l' étoit auffi de !"affaire , mais que les 0 fficiers qui
compofoient ce Tribunal étaient auffi bien infiruits que ceux de
Provence des droits de la ViUe d'Arles fur fon Pont du Rhone.
Un Marchand de Marfeille , dont la barque avoit également
touché la treille, mais fans la caffer, &amp; qui tint la même conduiteque celui de Beaucaire, obtint la même grace le 24 Décembre
fuivant {b).
C'efi au milieu d'un tems qui nous fournit un fi grand nombre 1 1 3'9S'. . •
cfe faRe 1..
· eo trouver une dé~ ne ettres
de L anguedoc croit
·
'd~ pre~ves, que 1a p rovmce
Marie, d'où lec1five a fon avantage; mais avant que d'en rendre compte,. il faut' Lang~edoe prétend· tire&gt; fa pt&lt;ill•

(a.) Archives de l'Hôtel de Ville d'Arles , tit. du Pont,
( b) Ibidem,

�So

nces mér idio nale s de
Rl:one ~xpliqu er ce qui fe paffoît alors dans les.P rovi
·
ai) partie nt i fa la Fran ce.
rfions de Roger Com te d'Alait
. La f rovence étoi t expo fée aux incu
~rovinc.e.
ent veno it de ce que
&amp;Vi com te deTuremze, (a) don t le méc onte ntem
dona tion s faites par
le Roi de Sicile,Louis premier, avoir révo qué les
fe&gt;rt. ( Bouc~e
la Rein e Jeanne à fon pere Guillaume Com te de Beau poif édoî t dans

-,1e qve le

x qu'il
tom . 2, pag. 41) &amp; fui vantes.) Div ers Châ teau
r la guer re avant a·
le Pai:s ne lui fourniffant pas les moy ens de fou teni
Roy aum e de Fran ce
geuferpent, il enga gea quel ques Seig neur s· du
Gen tilho mm e
à le feco nder : De ce nom bre fut Amauri de Severac
414 ) qui fut depuis
de Rouergue (Hift. du Lan gue doc , tom . 4, pag.
veni r au fecours ·de
Mar écha l de France, &amp; qui av oit prc;&gt;mis de
Charles VI. qui.
Raimond avec trois mill e hom mes ; mais ie Roi
voy ez le défi de Jean
avoi t fait de cett e affaire la fienne prop re (
9 3 , ap. inftit. hift.
de Vienne à Raimond de Turenne du 7 Juil let 1 3
nna au Sén écha l de
de Turenne premier, pag. 1 2) &amp; 126 ), ordo
tout e trou pe de
Beaucaire le' 19 Juil let de l'ann ée 1398 d'eh1pêcher
entoit. Cet
préf
fe
paffer le Rhone, &amp; de com batt re Amauri , s'il
les Réb elle s, pou r
ordr e déra ngea fa. mar che , &amp; ce fut envain que
du Pont Saint·Efprit ·
facil iter leur joné l:ion , tent eren t de ~'emparer
·
.
&amp; de qud que s Vill es du Vivarais.
préc auti ons
La Rein e de Sicile · pren oit de fon côté tout es lesen Provence ;
trer
€Onvenables pou r emp êche r ce feco urs de péné
a le 9 Déc emb re
donn
elle
nces
&amp; on prét end que dans ces circo nfta
eft nécd faire de rapp orte r en enti er,
1 39 8 les Lett res fuiv ante s qu'il
plet te de la poif efparc e qu'o n en veu t tirer la preu ve la plus com
fion· du Rhone par le Languedoc.
&amp; de Sicile,
') .M"arie, par la grac e de Die u, Rein e de Jérufalem
, de Forcalquier, du
-.,) Duc heif e d'Anjou'·. Com teffe de Provence
e, adminiftration
»Ma ine, de Piémont &amp; · de Remi, ayan t la gard
tés deifufdits &amp; d_es autr es
~) &amp; gou vern eme nt des Duc hés &amp;. Com
aum es , &amp; de Charles
» Pays &amp; Terr es de Louis Roi defdits Roy
ceux ql}i ces Lett res verr ont,
~Prince de Tarente nos enfans : A tous
r la gard e&amp; défe nfed e notr e Pay~
)) SAL UT. Com me n'a guer es pou
r le deft ourb ier de Amauri de Sev~rac , Che i)) de Provence, &amp; pou
des Com pagn ies.de Gen s
» v.ali er &amp; autr es Cap itain es, qui a gran
de Rogier, dit de Turenne,
~d'armes, . en la fave ur de Raimond
audi t Pay s, pou r icel ui _gr~ver &amp; dom l:l voul oien t paffor &amp;"entr er
'

;
• • .)

" t.

~ ·J

~· '

Ôt une guerre de voleri~ qu'une gu ?rre
(a) Bouche dit de fe Turenne , qu'il faifoit plu ée cnmm e félon &amp;. rebelle. E n r 397
tranch
d' lùat : Il avojt _été condamné à avoir la tlte
dence fembla fe-charger de fon châti·
fa tête fµt ~fe .à pr~ ~our 10 0 00 liv, Enfip. la Provi

_mager,

�;g·f ,
•&gt; m-ager, Nous ( &amp; ) le Princ e de Tarente n~tre~it fils ayo·ns 'ren·~u
,&gt; &amp; fait venir plufieurs fortes armé es,. &amp; fait faire plufie
urs explorer·
,&gt;fur la riviere ·du Rhone, fçavoir ~a1f~ns que ce que Nous &amp;
)&gt; notre dit fils le Princ e , y
avons fait fazre fur les ports du Royaume
&gt;&gt; ·&amp; entant que touche &amp; peut toucher la Seigneurie &amp;
}urifdiftion de
» Monfeigneur le Roi• Nous confeifons d'avoir. été
de fa gr~ce &amp;
»par vertu de fes Lettr es-Pa tente s fur ce de lm obtenues &amp;
impé )&gt; trées , &amp; ·d u confe ntem ent,
commandement &amp; ordon nance de
» fes Offic iers, · &amp; n'y préte ndon s avoir acqu is, ni
allég ué au&gt;&gt; cun droit &amp; poifeHion-du tems préfe nt &amp; à venir
, ne fut oncq~e~
» contr e notre entente que dût en aucun e maniere tourn er
à: préJU» dice ou conféquence de mond it /Seigneur. En témo
in de ce
» Nous avons fait mettr e notre fcel à ces Préfentes. Donn
é en notre
, &gt;~ Ville ·de Tarafcon le neuviéme jour de Déce mbre
, l'an de g ce
)&gt; 1398 . Parla Rein e, Delacroix. ((
·
. L'on fe rappelle que nous avons déjà avou é que le Roi
dt1, Franc e étoit alors Propr iétair e de tout le cours du Rhone
depuis
. Lyon jufqu'à la Durance ; ici ces Lettr es prouv ent évide mme
nt
que c' étoit dans cette partie que la Rein e Marie av oit demandé
au
Roi la permiffion de faire les ouvrages &amp; les autres opérations
né
ceifaires pour réfifter à l'ennemi commun. Elle le fpécifie
elle-·
même par ces Lettr es, en difant en termes form els, qu'el le
a fait
faire plu.fieurs explo its fur le Rhone &amp; dans les ports du Royau
me :
C' eft par cette raifon qu'el le confeife qu'el le en a dema
ndé·
la permiffion , &amp; qu'el le ne préte nd · avoir acquis pour cela
aucu n droit fur la riviere ni fur les ports du Roya ume
: &amp;
emant que touche la Seigneurie &amp;- Jurifdi8ion de Monfeigneur
le
Roi : diftinél:ions qui fuppofent très-c lairem ent qu'il y avoit une
autre partie du Fleuv e qui-dépendoit de la Rein e ; fans quoi , quell
e
néceflité de fpécifier les ports duRo yaum e, &amp; de limiter la décla
ra..
tion en tant que touche laSeigneurie &amp; ]urifdi8ion deMonfeigneur
le'R oî.·
Rier dans le conte nu de ces Lettr es que de conforme à,tout
ce
qui a été établ i ci-devant : En effet , qu'on faife atten tion à la
route
que tinren t les troupes, ennemies ; elles fe rendi rent auprè
s du
Pont Saint-Efprit &amp; dans le Vivarais, fuivant les mémoit"es fourn
is
par les Hifi:oriens du Languedoc : ceux que nous avons , indiq
uent
la même chofe , &amp; apparemment que voula nt péné trer en Prove
nce;
elles ne pouv oient pafier le Rhone qu'à Beaucaire ~ ou au-de
ffus i
4

' ~nt: il f~t fubm.ergé d~ns le RhMe ~ e~ f~ya~t ~ev~nt le Prince
de Tarent! , qui le pourfm_vott, L on.vou combie n c.e Guem e:·ctolt elo1gne de reifeiµblerau
Héros du même nont
qu1 fit la gloue de la Franée fou11 Louis XlV..
•'

-

L

�8%
it engagé"-par un tra ité a-vee la
parce. que Raimond· de Turenne s·éto
traité par la Re ine Marie du 7'
,y ille d'Arles (approbation de ce
le 20 Oél:obre 13 99 , arch. de
Oét:obre. 13_96, &amp; par Louis Il.
voir env oye r, nif air e paffer des.
pou
ne
à.
s)
rle
d'A
le
Vil
de
l
ôte
!'H
le qui s'étend depuis Tarefcon
troupes fur le territoire de cet te Vil
à c.ondition qu'elle lui donnât
vis-à-vis de Beaucaire.jufqu'à la mer.,
ées de bled par mo is; afofi il ne
_çinquante écus d'or.&amp; quinze falm
Provence par le Languedoc, que
leu r reftoit d' efpace pou r ent rer en
&amp; comme elles furent rep ouf depuis Tarafcon jufqu'à la Durance:;
elles'ne pur ent fe replier que du
fées par le Sén éc_h al de Beaucaire,
don t elles é'toient peu éloignées.
çôt é du Pont S. Efprit&amp; duViuarais,
dµ Rhone que défignent les.
Il eft démontré par.-là que la partie end depuis Ly&lt;m, JUfqu'à la
s'ét
Le ttre s, n' éto it autre que celle qui
blement à la Fra nce . Le i
efta
ont
inc
it
DL/lance, &amp; qui appartena
uEes de cet te Princeffe avoient
mêmes Le ttre s pro uve nt que les tro
fur le Rhone· dans.. :les ports du;
fait quelques. exploits de gue rre
quent fuivi les ennemis fur lcl
Royaume, &amp; qu'elles avoient par,c;onfé s fuffent reftées chez elles.
fr elle
territoire du Ro i de Fra nce ; car
uro ien t eu perfonne à comn'à
s
élle
au-deffous de la Durance,
auc une Eermiffion : à demander ni
~attre, &amp; la Re ine n'a uro it eu
déclaration à faire.
uvé· par une quittance -que fa·
. Ce poi nt effentiel eff encore pro
des le 19-Ma rs 139 9 ( arch. de·
Re ine -.Marie donna à la Vil le d'A
don gra tui t de 1 ooo francs que
l'H ôte l de Vil le d'A rle s) pou r un
r. fubv-enir ~ux grandes dépenfe~
cet te Yi lle lui avoir accordé pou
ïen def on arm ée, qm ;po ur la'.
qu' elle avoit faites ., tan tpo ur l:entret
emEloyés-à défendre le paifage·
folde des bâtiinens qui avoient été
c1u Rhone aux Soldats de Ture1me~
ine pri t, f.ùt donc cfe me ttre fut
~ ~ne des· pré cau tio ns·que la Re
foudoya , circonftance qui emle Rhone .des, navires· armés qu' elle
oient d'abord êtr e deftinés à la
por te l'id ée de pro pri été·. ; ils dev
&amp; qu ï dépendofr de la Pro:11ence;
partie du Rhone qui éto it mé nac ée;
depuis la Durance jufqu'à Beaucairi:
c'e~-à-dire, à cel le .qu i's' éte nd
ennemis s' éto ien t engagés à ne
ou JUfqu'à 1a mer ; mais comme les
g du ter rito ire d'Arles , qu'il~
pou.voir ~ffer , le Rhone. tou t· le lon
re ..
éch al de Beaucaire:, &amp; obligés de
~voient été chaffés par le Sén
aux
fit·faire la même manœuvr.e
monter le long de ce Fle uve ; on
s la par tie du Rhone au-de ifus.,
bâtimens qui fe tro uve ren t·par-là dan
ination du Ro i de Fran·ce, &amp; ae·
de la Durance·qui:étoit. fou sJa dom
dans ce ·quàrtier~ia q~e la Re iM
fut P.our les. exploits qu'ils: nr;nt
déclaration q_u on_nm:.s oppofe~

Mtuze.. donna la.

�·s,

.·

) .

Il eft même fenfible que ces L~ttres-Patentes en prouvant les 'd roits de Marie fur la partie du Rhone au-ddfous de la Duran.ce,~
prouvent égaleme1;t qt:e. le R_hone au-?eifus de. la D.ur~nce tout le.
long du Con)tat, ~ avo1t Jamais_ ceifé d apparEe111r a~ Ro: de Fr~nce,
dit avmr été1
puifqu'il n'avoir pas été cornpns dans la ceihon qu
"
.
.faite de ce PaJS ·au Pape.
, Les Avocats du Languedoc fmvent en cette occafion la mememéthode de raifonner que nous avons déja réfutée. plus d'une fois!
.IJs tirent toujours _d'un~ propofition particuliere rela~ive à une
I
portion du Rhone vne C-OncluGon générale pour donne a leur Pro~
.1
·
.
vince tout le cours de ce Fleuve.
Let;;
ces
que
démontrer
pour
doute
: Ces réflexip~s f tiffifent fans
t:res _ne purent porter aucun préjudic~ à la Provence, &amp; qu'el!es.
p'eürent pas pour objet la ·partie du Rhone qui en avoiç toµjqurs
&lt;lépendu ; 1 on n'e? .pourra plus doute+ dès qu'on va 1;~. vojr.
~galement &amp; conframment en poifeffion dans les rems J&gt;Oftér.ieµrs àJ
ia déclaration de la Reine Marie.
La preuve en efr tirée de la capitulation qui fut faite en 141 I ; C?ndiri_ons de la
de la
. d es M"l• capitulanon
.~ntre 1es A· rragonofS· &amp; .1e p ape Jean XXJI. p~r 1am éd"iat10n
Ville d'Avignon.
niftres du Roi de France &amp; ·du Roi de Sicile, dans laquelle il fut arr.êté que ce feroit ou le Roi de Sicile Comte&lt;le Provenu, ou le Roi dé
f.rance-qui fourniroit Vefcorte néceffaire_à lp. garnifon du Château
·è.'Avign:o.n , fuiv:ant le chemin qu'elle prendroit, mais que les ga~
•.
:
lères, nav-ire~ &amp; chariots néceifaires aux troupes -&amp; à leurs baga,.
Pro~
de
Sénéchal
le
par
ges , leur feroient fournis à leurs dépens
liv. 3 , chap. ·premier.,
pence. (Fanton, hi.ft. d'Avignon, part.
pas que.le Rhon~
prouve-ç-il
ne
arrangement
Cet
)
oo.
3
&amp;
8
9
2·
pag.
~u...,àeifous ~ Avignon~, étoit regardé comme une dépendance de 1~
f ·rovence, même &lt;le -l'aveu pu Miniftre du Roi de France; &amp; qu~
t~ C?mte .de Proven.c? y avoit d~s _atfenaux , des galères &amp; la .nar
. i
··
.
v1gauon libre &amp; ent1ere.
-· Cette même guerre nous offre une troifiéme preuve bien claire te Général des
des .droits des Çoll!tes de Pro~el}Ce fur. cç Fleu~e,. Bouche. (a) nou; ;~;~~~:P!~;~~~
•Cl.pprend que pendant que Louis II. éto1t en Italie a combattre Lan· nçmis d'y péne·
• celot ou Dura'{_?.o en faveur de Jean XXIII. DuraHO attaqua la trer par.leJlho..ru:.I
Provence par plufieurs endroits dans cette même année .1 41 1 ; tan,dis qu'il y entroit par Toulon, !'Antipape Benoft X~Ll. (b) qu'il ~ou..

s;

1

• (a) Tomè i., page 436.
, ( b~ !l fe no~~oit Pi'erre de Lune, ~ e'elt de lui que le fam~ux Grrfon .difoit, qu~l
n Y avoit que l'echp~ .&lt;le .cette Lune qui ,pût rét'lblir la p.aix Jan• 1'Egli;e ~ c'6t1ù-là· l~loquence du terni.

·

'

L ij .

�84
ten_o it, faifoit une autre attaque par 1'embouèhu re cfu Rlî9ne~ L"Ar~
mée ennemie voufoit remonter le Fleuve pour aller Avignon ;
mais elle en fut empêch~·e par les chaînes que le Général- des
troupes de Provence fit mettre dans le Rhone, opération qur certainement ne pouvait fe fai:re que par c.eux qui étaient maîtres ne~·
.
la riviere·d\m ordà l'autre.
que LouiS' 11. Comte de·
guerre
cette
C'eft pendant le cours de
r4'.or..
a·e 3 f01
r.
. pem10n
.
B
d
1
h
,
M
d
-p
Je
Le Comte
arec a · e oucicaut (a) une
Provence accorde · rovence accor a au
:m· .lV~aréchai de fü&gt;rins à prendre f'l_.lr les revenus de fan ancien péage à: Tarafçon~.
Boucicaut une .Les Lettres-Pa tentes font du 2 ' Juin 1·401. Le même Prince donna_.
ffi
,B .
p
L
d'
•
penlion for les _i
pé~ges du Rhone. uepms ·aunes ettres atent€S a ·ouczcaut poµr a igner cette pen..:
N° ..40 &amp; 4 1. fion fur des revenus ~}ffé~ens , parce que· ceux du péage av oient
été aliénés à d'aùtres. CëS fecondes Lettrès font du 2 ·1 Août 1406..
0
d~ 1f~::~~~~~~6~ ~ous . po:ivons· encore cit~r plufieurs é~en~n:~ns · du reg~e d(!&gt;
J,ouzs II. qm font autant de titres de fa Junfd1éhon fur· le Rn.one :
fur le Rhone..
ce Prince ·par des· Lettres du 23 Oél:obre· i+11 difpenfe les Habit:ans de Nctre~Dame de-la· mer de payer a" l'Archevê que d'Arles le·
dixiéme des fels q1:1'ils conduifoi ent· au Rhone par un canal qu'ils•
avoièntfai t! fil'Archevêq ue refùfoit de cont~ibuer pour un di~îéme~
aux réparatrons-de ce canal : (In:.vent •.des· tlt., de 1Ar.che.v •.d Arles-;
pag. 29 3. )'
Par d1autres· Lettres du g Juillet11 12, fa Reïne Yolèzndé d' Arra;;;..
·'t4'T?.;; .
en. l'abfence de'
de· la Provence
tes Comtes: de gon femme, de Louis-11. &amp; Régente
.
,
·
.
,
Provence y exer,-..
.. Dame de lœ
Notre
de
royaux
a.e nt.- leur,- Euu- fon man (b) donna ordre aux Officiers
mer de·tenir la main à: ce que les-·Habitans du lieu n~empêchaffent
v.oir..
pas les .Archevêques d~AH.es: &amp; fes Vaffaux· drenl'ever le fel qu'il y:
percevait , &amp; de le conduire par le· canal· ou roubihe commune,_
allant à la b-raffiere· dw Rhone~ Ainfi le co·m te de Provence· avoit
Jurifdiélio n· fur ce· canal, &amp; par conféqu·e nt · for le petit bras du
Rhone qui-en étoit Ja. fource; car il n'y a· que· le,Souvera in d'une:
riviere ·q~Ii:[uiffe di~pofer. de fes ea-u~, &amp; les difrl\ibuer: en: canaux~

a

·

1
•

({lnvenr. zbz • ut fupra. ):·
Le Languedbcprétend' détruire toutes·ces preuves-, en' nous· op•
0'rdr~;~~·Gou•·
"erneur de Lan- pofanttdes_or&lt;lre&amp;de fon.G-0uver.neur· P.OUr·la France.-, donnés rela1:-.. .

.

·guedoc- relative,..
.-ne.nt.au. Rhone.

·

•

\ 4·) Ce· mêine Maréé:lial' avoit affiegé' en- q99 l' Xntipape Bénoijf, dans te Cfifüau·
i' .Avignon :·il étoit- prêt à le prendre ·, lorfqu'il reçut· un ordre de la Cottr de'· convertir·
le fiége en blocus, ce, qui . fut 1,,--dit Moréri ,. un cm1p .d'adteffe de . Benoijl , qui avoit f~µ
gl!gner"quelques Grands, pour · de l\argenr. Il commanda l'aîle · droite à' la bataille d'A-rjncourr., &amp; avoit été d'avis-de ne point engager l'aétion;
(li) ~ouïs, é~oit· oecupé' :l• là· conquête· du Royaume de· N~ples·; ~u'il ne· fit point;.
Bouche dwque· c. efi· uni, terre · où.des.-lys" dé' France ne·prennent· poznt. racme. Chatles,VJW.
l!.ouis,XW.&amp;.Françpis;J;,n'.ont·cnie. iroP. j}lllifi.é:auitefois. ce.p,rweche•·

�·s·r

tiv·ement au Rli:one vers r an 14 I 3. Void comment les Hiftoden~
de cette Province s'expliquent; ( Tom. 1· pag. 4 3 3': ) ·
.
» Le Roi norrima le 24 Février 1+1 3' Jean Lemamgre , dit Bou» cicaut, Maréchalde France, pour avoir le gouvernement &amp; l'ad" miniftratfon des Pavs dù Languedoc &amp; du Duché de Guyen~ ne .. ._. . Un des prérniers foins du. Maréc~a! for- d'empêcher le~
» entreprifes du Sénéchal &amp; des. autres· Qffic1ers de Provence qm·
)) avoient établi de leur autor.ité à Tarafcon &amp; Albaron un péage de
» huit gros par faumée ,?e bl'ed qui de~cendoi~. le Rhone. Le ~faré~
)} chal ordonna au Sênechal de Berzucaire d'e fatre·cdfer cette 1mpo·
:J) fition.., foir par la négociatiC!n, foit par la force , fur le fondeme1:t
»que-le Domaine &amp; la Jurifdi-él:ion d1un bord· àl'a11tre apparteno1t
&gt;,. entiérement au .Roi' depuis Lyon jufques à la mer, &amp; qu'il n?éroit
»pas p-ermiS par cnnféquènt à perfonne d!établir. aucun· .péage ol.i:.
» autres·droits for le même Fleuve~
Les Hiftorïens du Languedoc ne ce.ffent point, comme l'on- voit; . Rét:ttatioh' dèsi
âe conclure d'un·fait particulier à· un d·roit gé'néral fur tout le cours 1Hn1~fü_ons qu~ le&amp;;
•.
•
1nonens uu:
clu Fleuve. Le·Gouverneur du Languedor: peut av01r eu ra1fo1r de Languedoe- en1
fe plaindre de· ce que les 0 fficiers de Prqvence· aient mis· de· leur au:. tin~nt~.
iorité privée un imp·ôt fürun- Fleuve par·où les François naviguaient;
fans qu~on· en puiffe conclure que la France fûtpropriétaire de tout
.le Fleuve jufques a:la mer.. n ·es Officiers n' onr-point le droit: d' é ..
trablir d~ pareils droits d~ leur autorité' &amp; fans l'aveu dt.r Souver~irr•.
.Cette innovation étoit d'ailleurs c.ontraïre aux traités qui fubfif~
toient entre les deux N arions~
Une preuve que· le· Maréchal de Bour:fraur foi~même· éroit aw
moins incertain du droit de fouveraineté fur tout le Rhone·, c'eft::.
&lt;qU'il' ordonne à fon . Agent d'employer la-négociation~ La hauteur
· avec laquelle- Off lui fait donner ces·ordres, auroit:.eHe été compa:.r
tible avec. ridée· de traiter à l'amiable avec des gens ·qui auraient:
nfurpé les·droits de fon·Maître r Sr les Letfres-:.Patentes de-Clinrlès:
IYL &amp; ~elles&amp;~ Màrie ~e Provence·avoient e~· le moindre rapporr·à1
la partie' du Rhone· qur nous· occupe·, un Maréchal- de France au"t?it-il_eu de pareil~ ménagemens avec- un· Prince foible, qui; auroit:
formé une prétention· c.ontraire aur reconnoiffances:. de .Œs..Pr.édé....
cefféurs?
Il faut d'ailleurs avoir Dien-peu d'autres re!fourcewp·our tfrer fés-;
preuves de l'alfertfon ·hafardee:d'im·Mi~itaire · ,, qui parle effarrivant
dans une Province·, &amp; avant que· tj.'avoir pû s1ii1ft'.rufre'de la·véJ:-i;...
table éten~ue de fes droii:s~ .1:e '~toi~ qµ'il Houvoii:av~i~: d'&amp;nJ1.êcheir
une. ve.xat1ow ,; unç.' entrennf~ fur 1~- com1~:œrc~~ e.ff:· 11 ca:eaole d'.é'....;-

�.;

'So

uve par OL11e commer~œ
tend re fes droits fur tolite l'été.ndue dt.1 Fle
de l'Oi lici er d'un e Pui\}
fe fait? Eft- ce en un mo t l'affertion vague
its au Prin ce ~.ont les.
fance voifine qui peu t faire perdre des dro
uis a toujours refté e11
Eta ts font limitrophes , &amp; qui avant &amp; dep
vue de celu i q~i p~uvoit
poffe.aion ~e ces mêmes .dro its, même à la
·
- ·
les red ame r l
fa demarcl;ie fur le motit
peu
·fi
a
fond
ut
cica
· Le Ma réch al de Bou
n.eté for tou t le Rhone,_
qu'on lui prê te de la prétendue fouverai
men t, il auroit dû non.,
que dans cett e idé e, pou r agir con féq uem
vell e impofüion fur le
feulement travailler à faire ceffer c~tte nou
fentement du Souverain'bled , mife par des."Officiers fans le con
ges très-anciens du Com te de.Pro:
~ais ané anti r abfo lum ent les péa
ces péages ont tou1ours
ven ce à Tarafcon, à Arles &amp; au Baron;
t ce 1\1aréchal aurait-il
füb-fifré &amp; fubfiftent encore ; &amp; colbmen
vu en .i 40 1 recevoir dè
pli les méc onn oîtr e, -lui .qu·e nous avons
ann uell e de 3) o flo ..
Louis JI. Com te de Provence une penfion
men t pot!v~it-il croirç
rins fur fon ancien péage deTarafcoJI l Com ineté du Rhone d'un
vera
que le Roi de France avo it l'en tier e fou
que nous verrons ci"après
por d à l'au tre le lon g de la Provence , lui
en dép end aien t fituées
_p offéder la Ter re de Boulbon &amp; les Hk s qui
tées ·en foi &amp; hommag~
aans les Eta ts de Provence, --qlli fure nt por
de Boucicaut fan fils ?
au Roi René Com te de Provence par Louis
II. &amp; Tut rice de Lou~
La même Rei ne Yolande veuve de Louis
•
1411 .
~~riaé~Ire
2 Oél:obre r 417 un Manden;e
c~':n;;~~mbd~~L~ iÏI. fon Jlls aîn~, donnadelePro1
!ence pou r affermer fes dro1t~}lr Ie
re~oit comm1f- au~ ~aitres rationaux
qua rré, lia!Tu
hiv. de la Cou r des Com ptes ;arm . Q. ge.
fion ~'affermer Rhoné. (.Arc
)
,
·
d" ,
·
.
les droits de. la
.
Reine fur le Rho- 20:; ix1eme p1ece
tenc e le 19 No·
Sen
it
Le Vig uier de la Cou r Roy ale d'Arles rend ue ·d'Antoine Maffe
ne.
ation de la barq
N ·•. -f2~ ,vem bre 1+1 7, por tant confifc
on qui ava it tou ché -"fu
.ifu lieu d.e Manas dans le Roy aum e d'Arrag
&amp; des marchandifes , en
.trei lle du hac en defcendant le Rhone,
chives de l'H ôte l de Vil~e
faveur du Pon t fu~vant l'ancien ufage (Ar
t donc tou jou rs d' éxer·
d'Arles) : les Jug es de Provence con tinu oien
mis au milieu du Fleuve.
cer Jeur J ~rifdiél:ion pou r des délits com
e Princeifè des cour~es
Les Hab itan s d'Arles s'étant plaints à cett
e, &amp;
14 ,.,,·;
t.es qui infeftoient les mers du voifinag
La Comte!fe de r que faifoi€nt -des Pira
s fois dans le Rhone; elle fit expédifr
Prov ~nrc7/~~;:.; qui entroient même quelque
adreffées à fes Officiers de la Ville
~~'r:.les Pirate-s , le 8 Juin 142·2 des Let tres
itan s· d'Arles d'armer
d'A rles , par lefquelles elle permit aux Hab
N°. 'f3·
garnir la mer ~ le_ Rh~~r,
auta nt de navires qu'Us vou dro ien t, tl' en
er &amp;_de faifir les Piratei
tam per -Rhodanum quam per mare, d'attâqu

�l' .
.
" .
- . . ·g7
qui s'y rencontreroient &amp;. qui\troublero~ent 1a n~:'1gatron du F euve,,·
foit en montant ou defcendanf, &amp; des app,ropner leur:S effets (a) •.
( Xrchives de l'Hôtel de.Ville d'1rles ).
· Si les Comtes de Provence étoient en droit d armer leurs Su1et~ ·
élans toute la partie du Rhone:··qui coule le long de la Proven,cè,
on ne peut· nier qu'ils fuffen~ les · Maî~res d~ Fleuv~, &amp; ,~ette c?n~
féquence doit être· regardée comme mconteftable 1ufqu a· ce qu o~
prouve que les Officiers du Languedoc s'oppofer.ent à cette. démar . .
.
~he, non par des voies de fait, ma~s pa: des moyens de ~ro1t.
. Les Iiles du grand .Rhone contmuo1ent également d appartemr
à la Ville d'Arles, &amp; la JurifdiB:ion du Fleuve étoit toujours éxer~ée par les O~cie!s ~e frovence. 1=.-a _Comrnunauté d'A~·les v~ncf~tt :
par·aa ed;i2.9·Mdayl'I1fi42)daLnobble Jean ded Sade (l:J de la V(1Jlle d Avi- La vri1~~~Aries
e e OU ares. pen ant qumze ans . ugemcnt · vend les revenu$
ft.non 1es ir.UttS e
cles Commiifaires du Domaine du l2 Mars 166T, Archives de d'u-ndfle.du Rho"!
l'Hôtel de Ville d'Arles.) Les anciens comptes de la· Comnm- nt!.
nauté d'Arles:, ainfi que fes délibérations font mention des arren'-·
temens paffés par cette Communauté, de l'H1e appellée Bertranon ~ ·
desHles de Latillon:&amp; de Braquette, &amp;c; Voyez le compte de Jean
t/t~~~e ae·
de Douieu· de 1439, fol. 1 , la délibératfon de 14) 2 · &amp; autres. .
. Le 27 Janvier 1430 Louis III.Comte de Provence affigna fur fo Provence, affigne ·
revenu de péage_ de 'Fàrafcon le, paye_ment._d~ 3000 ducats q~e fon ~~o~~ ~~ag: ~~'.
P Y _
Gouv·erneur avmt empn.Jntés d Henrz.Tegnm p,our les befoms . de ment.
12 Etat
A.A:
N°
·
·
~CJ,'.'
-:x::-.T
..
•
•.
1
I &gt;j.3 0.
Le, 1r~ovemb.re ~"f30 &amp; fo I rJuHlet I'.f3Tautr.es Sentences dé
~oi;ififc.ation de barques qui avaient rompu la corde du bac d'Arles;. Con fi/catio_ns de·
dont l'une appartenoit à Jean Giva"' Habitant ·de Palence. Celui-ci ba~ques qui a1 -~
vo1e11t rompu a .
. . ..
l
l
éd
'J'
·1
i::
· d· u R 01·' d e aance
S UJet
eut-1 manqu ·e rée amer a Junfd1Ebon corde du bai;.
'd.e fon P.r ince, fi_elJ:e ~ût P~ . s'étendre· fur le lieu ot1 i étoit commis:· d'Arles:•.,
1ê délit ? Cependant il fe foumit fans murmure la Sentence qui:
·
eut fon effet. (Archiv~ de !'Hôtel. de Ville d'Arles., tit: du Pont )L
·
n•
!
'
Contellati~
.
épo~
cette
à
long
au
fort
rapportent
.
c
Languedo·
de
Les Hiftoriens
tre les Ornc1ers.•
Of
l
..
r.
.
.
que ( tom. 4, pag. 47 8 ) une cont eft.at1on qm iurvmt entr.e .es - du Roi &amp; ceux du ~
n~iers· de Beaucaire·&amp; les Habitans. d'Avignon.. Les premiers: avoient Pape far leRho.11Q-:
fait pla.nter le~ pannonceaux royaux fur le bord du côté du Comtat_, ,
les Avzgnonozs:les' enleverent~ Les Officiers de .Beaucaire:procédent:'.·
&lt;t.ontr'eux; le Pape excommunie ces Officiers·· ; ceux-ci emprifon-nent les: Sujets de Sa·Sainteté: ron . nomme des Commiifaires q~it.
r

•

'

.

•

1

A

a

(a) C11s. Pirates étoient des Catalans &amp;.des Arrago~ois qui.l'année fu.ivante furprirent .
', . ·
·
( 5:) La belle LaurP. avoit épouŒ cent·ans auparavant urrHuguen!~ Sddé :·elle étoit de fa::
M~i,.on de fVoves; ,Fr~nfoisPre11ûer. lui .a faif une épjtap_he.;.mais.c:e!i aux ~ers .de, Petrarquc

.&amp; pillerent·Mar/etlle·;

"}!l-elle a

d~fa..ccl~b.nte,. ,

�.u
font gagn-er la caufe au_Pape, mais l'e-Procureur Général en àpJ
_pelle au Parlement; .enfin, après bien des procédures, 1' on cite un
Arrêt du Parlement de Touloufe qui donne la .provifion au Roi. On
ne croit pas que le Languedoc fe ferve de cet évenement pour corn~
battre la propriété ·des Comtes de Provence fur le Rhone, à prendre
de la Durance jufqu'à la mer; cette portion du Fleuve n'a rien de
commun avec celle qui regne le long du Comtat: on l'a dit, &amp; on
le répéte; le Pape n'a pas le moindre droit de contefter à la France
la propriété d'un Fleuve qui ne lui a jamais été c~dé , &amp; dont il
n'a jamais joui (a) : Quelle différence avec les Comtes .de Provence!
L'époque que l'on donne à cet événement va nous offrir encore des
preuves de cette différence.
·, 43 n
Au mois de Janvier 1437 Raimond Petra Notaire à Tarafcon, pré~
Les rn,es .deBou1- fenta une requête au Roi René, par laquelle il expofe, qu'il avait
.labonp ~epee~deent de ci-devant fait un échange avec le feu ,fieur de Boucicaut, Seigneur
I OV ne •
.
'
N°. 1 .).. de Boulbon ,-par l.equ.el le Notaire av oit remis. a Bou.cica,ut des (on dS
·
fi tués dans le Terroir de Boulbon , &amp; en avo1t reçu d autres fitues
dans les Ijles de Méfoargues: Qu'après la mort &lt;le ce Seigneur fes '
biens avoient été réunis au Domaine de Provence ; qu'une Sen~
tence du Juge de Tara/con l'avoir troublé dans les biens qu'il avoit
reçus en échange , &amp; qu'il étoit jufte qu'il eût fan reçours contre
le Domaine de Provence, Poifeffeur des biens donnés en contreéchange au fieur Boucicaut~ le Roi ordonne que Petra jouira de
fes fonds. · Les Lettres Patentes font du 2 3 du même mois d~ Jan:vier ~ &amp; ne laiifent point de doute fur les droits de propriété que
\ les Comtes de Provence avoient fur les Ifles du Rhone.
r439;
L'on voit p.ar l'extrait des comptes du Tréforier de l'Univerfité
N°·47· d'Arles de 1439, qu'il percevoit pour fes Commettans les revenus
des H1es Bertrand &amp; d' Atilon.
. . 1'4~0.
Il y a .toute apparence que tous les biens de la 1\ilaifon de Bouci..:
AMmli que celle caut ne furent pas réunis au Domaine de Provence, pui.Gque nous
"'e e1oarg1.1es.
:
,No, 47 • voyons Louis 1. de ce nom faire hommage le 25 Nov. 1440 au même
· ,
. Roi René pour la Seigneurie de Boulbon , &amp; pour la pbrtion qu'il
.avoit dans les ID es de S. Pierre de Méfoàrgues fituées dans le Rhone.
René accorda le 20 Février 1442 des Lettres Patentes à la Dame
:C0.rn.é1e, veuve du Juge de Beaucaire, &amp; la déchargea d'un cens de
·r441;
Er de Lu{fan. ·9 fept.iers de bled impofé fur un fonds de terre de l'Ifle
deLuffan jituée
No. 48. 4.a1is ~e t~rr.itoire&amp;diftriB: deTarafcon,fur çe que.cette veuve expofoit
que çe terrein avoit été détruit &amp; emporté par les eaux du Rhone.
1

.l

'

(a) Eh comment Sa Sainteté auroit Elle des droits fur la riviere? Elle n'a fur le Comtat
même• d'aiHie titre que celui que lui laiffe la piété du Fih ainé de l'Eglife.

Par

�.

89

144i;
Par des Lettres datées du I 6 Novembre 1442 (a), René déchàt~
Autres alles de
,g ea le Seigneur de l'IDe de _LuJJan füuée dans le R~one ~u cens propriéte fur le
qu'il lui devoit pour cette IDe.: (ces Lettres fo~t m~nnon~ees dans Rhone._
l'Arrêt du Confeil du 30 Septembre r609, qm ad;ugea a la Pro·
vence l'IDot de Saxi.). Il eft produit fous le n°. 67.
r4~2· .;
Toutes ces preuves établiifent inconteftablement. l:autori~é du
Le Roi de France
Comte de Provence fur lé Rhone : nous pouvons y JOmdre 1 aveu reconno1t cette
même du Roi de France, qui réfulte d'une Lettre que Charles Vil. propriété.
.
.adreifa, le 1 3 Avril 14) 2, à différens Commiifaires qu'il envoya Ces lettres l&lt;&gt;nt
· en Languedoc : il les chargea en particulier, de faire obferver le rapportées daru;
du Langu.
traité fait avec le Roi de Sicile pour le tranfport du fel par le Rhone. !'Hifi.
Preuve, t.), n.1v.
Ce traité commencé en r 302, a eu lieu jufqu'à la réunion de 4 pag. 6, 7 ,9 &amp; fuivc
Provence à la Couronne ; car il fut continué fous Louis XI. pour a1.:x preuves •
.dix ans le 6 Avril 1462, pour cinq ans le 11 Juillet 1471, &amp; pour
fix ans le 28 Septembre 1480.
· Comment Charles VII. auroit-il ordonné que les Officiers d'un
autre Prince euifent été appellés au Jugement d'un délit commis
par fes Sujets, &amp; vrai-femblablement fur la partie du Rhone qui lui
appartenoit, s'il n'avoir cru les droits de ce Prince lézés ? Ce
.Prince pouvoit-il en .avoir, fans que lon avouât qu'il avoit au
moins la fouveraineté du Rhone dans une portion de ce Fleuve,
comme le prouve le traité de 1302?
Tous les aél:es du Roi René qui ont :quelque rapport au Rhone . No. 49~
annoncent qu'il jouit de ce Fleuve comme fes Prédécdfeurs. Les
Maîtres rationaux de Provence afferment le 20 Décembre 14) 3 le
port de Confolde fur le Rhone dans le Territoire de Notre-Dame de

la Mer.

En I-45'7 René ,acquiert le Château de Boulbon, la Terre de S.
Pièrre deMefoargues,&amp; Infulas dependentes ab eifdem, les mêmes dont
Louis de Boucicaut lui avoit prêté hommage en i440.
Le r9 de la même année il échangea le péage de la Ville d'Arles
avec tous fes droits, J uftice, confifcation, J urifdiél:ion &amp; dépendances de ce péage, contre plufieurs Châteaux qu'il reçut de Pierre
de Foix, Cardinal &amp; Archevêque d'Arles, ( Invent. des titres de
l'Archev~ d'Arles, pag. 299 &amp; fuiv.)
Les Religieufes de Tarafcon ( b) &amp; les Propriétaires dt:I péage ;
, (ci) l_l étoi_t alors o~cupé à la conquête de la Ville de Naples, qu' Alphonfè fon Corn~
peweur forpnt par artifice.
.
( b) Cette Ville n'était pas feulement remarauable par le tombeau de Sainte Afg,rtlze
m~is enc?re par :es Reli~eufes Benédiélines qui, ·fuivant Bouche, toin. 1 , pag. 3 i 6 par:
.loient lau~ , &amp; s adonno1ent tellement aux belles lettre~, qu'elle; donnoient de la confujion

11ux plus difers perfonnages de ce tems-ld,

M

r417.

A cquilition de
difrcrem es Terres ·
&amp; Iiles par le Rci

Rerr{

No.

50~

�~o

ait des Gentilshommes, s'étan t plaint s à lui de ce qu'ils ne pouvo ient

fe faire payer que très -diffic ileme nt des droits de ce péage , ce
à
Princ e par fes Lettre s Paten tes du 19 Nove mbre 14)7 , ordon na
fes Officiers d'éx;ger les droits des Suplians avec les fiens propres,
ce qui a été contin ué jufqu'à nos jours, &amp; confir mé par deux Arrêts
. duCo nfeild u 30Se ptern bre16 68&amp;3 1Déc embr e1670 .
Le péage d'Arles &amp; le pont de cette Ville ont toujou rs dépendu
r~63.
ié:tion de fes Offici ers: Jean
~ed~eAag1 e &amp; le du D omain e de Provence &amp; de la Jurifd
é
d
[;
·
f:
·
,.,.,
d
r es ont d C ,((,' r.
po .. t
ait a1'[jir 1es reven us e ce p age
toujours Mrendu e o11 e, uomt e e .i rayes, ayant
pour la fureté d'une penfion de 400 florin s, qui lui avoit été af'1e la Provenc e.
d.e
fignée fur ce péage par le Cardi nal Pierre de Foix , ce fut à Jean
Calabre fils, &amp; Lieut enant Géné ral du Roi René en Provence, que
Philippe de Lévy Arche vêque d'Arles s'adreffa pour deman der main· ·
levée de cette faifie, qu'il obtint par des Lettre s datées du 6 May
1463. (Inve nt. des titr~s de l'Arch . d'Arle s, pag. 303.)
Louis XI. renou vella, le 20 J uillet 1471 , avec le Roi René le
r47r.
des
Coùrs pour le tranfiport
Renouv ellemen t traité d'aifo ciatio n entre les deux
.
'
l
du traité po ur les
.
at10ns
fe s par le Rhone, confo rmém ent aux précé dente s prorog
tels.
Le premi er Oé:tobre de la même année ( 147 1) le Vigui er de la
N°. 1.
nce de confif cation au profit du
Sentenc edecon - Cour d'Arles prono nça une Sente
t à AJanuel Fabre deTarafcon,
fiîcatio nparleJ u· pont d'Arles d'un mouli n appar tenan
qui avoit rompu la t_reille du bac , quoiq ue cet acdde nt ne fût
~e d'Arles.
empo rté le
arriv~ que par la violen ce des eaux du Rhone, qui avoit
moul in, ( Archi v. de !'Hôt el de Ville d'Arle s, tit. du Pont) .
Quelq ues année s après la Ville d'Arles fouffrit beauc oup des
1474,
é des moye ns de l'en dédommaEt~bLlTement de -incurfions des Pirate s. René occup
d' é bl' d
l
d
.
F 01res a Arles. ger, n , en trouv a pornt
e p us avantage~x que y ta ir eux
foires qui devoi ent s'y tenir chaqu e année penda nt dix jours, au I)
May &amp; au r Septe mbre; il déclar e dans l'afre qu'il en fit expé)
dier le 17 Févri er 1474 , (a) (Arch ives de l'Hôt el de Ville d'Arles
que toutes les rnarchandifes qu'on y appor tera tant par terre que
par eau, &amp; de quelq ue endro it qu'ell es vinifent, feroie nt franches de
toute forte d'imp ofüion s penda nt la duré.e de la foire, quinz e jours
avant &amp; quinz e JOUIS après : il fufpend duran t le même -tems toutes
les Lettre s de marqu e &amp; de r&lt;epréfailles qui pourr oient avoir été
donné es contre certai ne Natio n, &amp; il établi t la plus grand e fureté
en faveur de tous les Marc hands , de leurs perfon nes, bêtes de fom·
!
mes &amp; voitur es , s'ils viennent' par terre, &amp; de leurs navires &amp; galeres
.
s'ils vienn ent par eau.

s

s

de (es Etacs
(a) Ce fut dans cette année même que.René choiGt pour héritier
prfferé.
être
pour
XI.
Louis
fait
qu'avoit
elforcs
les
malgré
neveu,
«'Anjou fon

Charles

�9t'
Cet établiifement a fubfifté quelque tems, puifqu' on en trouve
Ja confirmation cl.ans les Lettres qu'accorda dans la fuite ~ la.Ville
d'Arles, Palamede de Forbin Seigneur de Soliers, Comm1.ffa1re de
Louis XI. pour la réunion de la Provence à la Couronne de. Franc~.
Ces lettres font du 29 Janvier 14.S2. Cette conceffion de f01re$ fait
voir que R~né avoit le droit, 1°. d'ét~blir.des impôts fur ~e Rh~ne J
&amp; de fuppnmer ou de fufpendre ceux qui y .éto1ent établis: 2 • de
donner des Lettres de marques ou de repréfa1ll€s fur ce Fleuve, ~
d'en fufpendre l'effet: 3°. de faire arrêter les navires qui y nav1...
guoient, ou d'empêcher qu'on ne les arrêtât: toutes ces Ordonnances fetoient incompréhenfibles , de même que les aé1es que
nous avons rapportés ci-devant, fi on lui refufoit la fouveraineté
du Rhone.
Ce même Prince avoit laiifé par fan teftament du 22 Juillet 147 3
à l'Eglife
de S. Maximin 6600 florins payables en dix ans fur le
.
,
prodmt de fes gabelles du Rhone, par préférence a toute autre
affignation, &amp; il fit donation le ) Novembre 1476 aux PP. Celeflins
d'Avignon du péage dè Tarafcon, dont ils jouiifent encore, &amp; qui
y ont été maintenus par différens Arrêts du Confeil du 20 AoC1t
IQI 1 &amp; 21Avril1664.
A cette époque la France étoit en guerre avec les Catalans :
Louis XI. avoit fait défenfes dans fon Royaume &amp; en Languedoc de
r.
'
tra111porter
aucuns bl eds dans 1a Cata zogne. U ne b arque c h.argee
de ce comeftible defcendoit le Rhone au mois d'Avril 1474. Le
Lieutenant de Beaucaire l'avoir fuivie, &amp; n'ayant pli l'arrêter fur le
Fleuve, vint à Trinquetaille où elle étoit attachée &amp; l'y fit faifir.
Cette entreprife fur la Jurifdié1ion de !'Archevêque vint à la connoiifance de fes Officiers , qui fommerent le Lieutenant de Beaucaire de lever la faifie , comme étant faite dans un lien &amp;
fur un Fleuve dans lequel le Roi de France n'avoir aucune Jurif-4
diction. Le Lieutenant voulut foutenir le contraire. Le Viguier
de la Cour Royale intervint pour le Roi RENÉ , &amp; refpondit eidem,
port~ l~ ~~ocès-~er~al, quod Rhodanus ipfe efi di8i JereniJJ.pomini

.147~·.Afltgnauons de
payement données for les péa~
ges du Rhone.

1 474 ~
Aél:e de Juriîdic·
tionNo
'ur le Hhone.
2

·5

•

nofirz Szczlzœ Regzs, zta quod nullus habet exercere aliquos acrus, nifi
ipfe Dominus nojler Siciliœ Rex vel ejus Officiarii; &amp; prœtereà prœcepit
ezdem Domino locum tenenti quatenus crucem appo.fitam fuperdiaam.
bar~am t?llat &amp; amoveat, tanquàm minus debitè po.fitam; alias provideb:t de 1ure cum ad eundem non pertineat aaus aliquos ibi exercere~

Llll offrant d'ailleurs de lui rendre juftice, s'il a quelque droit fur
la barque.
L e L'1eutenant de Beaucazre,
· apres
' avoir
,. mil
. ~fté iur
r.
r.
le Lieuren~ nt
ce que 1011
de Beaucair e ret"

.

•

1

Mij

�92

tit enfin à la main-·
connoît le~ &lt;I~oits Maître avoit la JurifdiéHon fur le Rhone; confen
barque en figne
la
fur
mettre
fait
du Comte deFPro- levée, fit ôter la croix qu'il avoit
. r. ·.r..
p
.
Offi
a·
.
d
d
r..
.
r.
d
vence fur le leu- . e 1a111e , &amp; eman a JU 1ce aux
c1ers rovençaux qm ialllrent
,f1
.ve.
1la barque &amp; la mirent en fequeftre.: il eft vrai qu'il fit toute pro:_
teftation contre les prétentions de ces 0 fficiers , mais il n'en fut
-~
pas moins au fond ooligé de reconnoîfre le droit de leur Prince fur
.~
le Fleuv e, &amp; de céder à l'évidence de la vérité. ·
1:47~;
Les Proven çaux contin uerent à jouir des Ifles du Rhone , l'année
Arles continue à
d'Arles fo charge en recett!e pour 1474 &amp;
j ouir des Illes du fuivante le Tréfor ier
Rh one.
147 s , des revenus de l'IDe de Bertranon.
No. s3·
La piété de René nous fournit un autre aB:e de fa propriét~ fur ce·
Fleuve. Nous rapportons une délibération du Chapi tre général des
Celeflins convo qué à Paris, en date du 2 May 14'.77, par laquel le
le Chapi tre accepte une donation faite à' leur Maifon ·d'Avignon
par le Comte de Provence de fon grand péage de Tarafcon, dont
ces Peres joui!fent encore aujourd'hui.
r-tto;&lt;
Le péage de T aL a mort de René arrivée cette anné~ occafionna un renouvellera(con donné aux
du trait~ du fel en I 48 1 , entre Louis XI. &amp; Charles d'Anjou
Celefiins d' Avi- ment
qui avoit fuccédé à fon oncle au Royau me de Provence.
inon.
No. .5' 4.
Quel traité le Comte de Provence auroit-il eu à faire avec le-Roi,
de France, {i l'un n'avait eu aucun droit fur le Rhone, &amp; fi l'autre
1480.
.Mort de René. en eC1t eu la propri été entiere ? On fe rappel le celui qui fut fait en.
fe tiroit contreNo. 5 S.
1302 , &amp; qui av oit été fi fouven t repouv ellé. Le fel
mont de la riviere du Rhone. Les falins étaien t vers la mer: dès que·
le R oi de France &amp; le Marquis de Saluce ont befoin de traiter avec
le Comte de Pr.ovence pour le pa!fage de leurs fels, peut-i l être
équivo que que ces Comtes eu!fent la propri été de ce f-1~leuve, ail'
moins depuis la mer jufqu'à la Durance , où comm ençait la fouveraineté de France fur cette riviere de l'un à l'autre bord?
fe perpét uent jufqu'à l'inf-.
Les droits de la Provence fur le Rhone
'4 8,;:d 1
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·
é.
1
ft
·
p
nr es poue e es
. L es comptes d u T rérevenus des Isles tant que cette rovmc e e r ume a a ,,rance
s des If1es de
/ forier d'Arles porten t, en 14 8 1 , en recette les revenu
·!liu Rhone.
N°. J. 6• Pauprefat, Lob ares, Bollugo, Peloux -, Grimault, &amp;c.
iA

Ainfi tous les titres que nous rappor tons· conco urent avec les
n1onumens de l'Hifto ire, pour prouve r qu'à cette époqu e remar,quable le Rhone faifoit encore , comm e dans les tems le? plus re·c ulés , partie de la Provence, &amp; non du Langu edoc. Que l'on fe
rappel le le moment où /Yitiges donna la Proven ce aux François,
l'on verra que le Rhone faifoit partie de cette Provin ce, &amp; qu'elle
po!fédoit même des terreins fur les deux bords du Fleuve . Le Lan-

�P!".

9'1'

.

-e-_

l"

:a

f, f:

gueloc· éfo:ns ·ce ~binent etoit Province ffran~ere, Ol ~n~?re ~t~'.
deux fiécles apres. Il a donc été un tems. ou la France a pof!"edé
le Rhone fans avoir le Languedoc, &amp; uniquement- pàrce qu elle·

po!fédoit la Provence : &amp; cet efpac~- de tems a·été de deu~ cens ahs·~ .
En defcendant aux tems pofténeurs , nous voyons l~ France·
· perdre la J!rov~nce ,. &amp; en mêrne tems le Rhone; Bofon, fu1van~ les:
propres H1ftonens du Lang~edoc, fut recon~u fur, les deux nves
de ce Fleuv€. Son fils . Louis l:' Aveugle cbntmua d y ~egner: leurs.t
Succe!feurs· ont fans interruption polfedé la· partie du Rho11e· qui'
s'étend le long de la Provence; Il eft donc évident que le fort de ce
Fleuve a toujours fuivi c~lui· de la Prov~nce, &amp; que les Princes'
qui' ont regné fur cette Province ont toujputs également regné fur'
Je Rhone. Refte à examiner fr le Languedoc · p·e ut rapporter en fa:
faveur un titre légitime, qui, depuis la réunion de la Provence à la
France, lui ait tranfpor-té la propriété de cette riviere, &amp; l'ait fai t:
perdre à fes anciens Poifelfeurs•.

E TA r · D U R · H O· N E ·,
Depuis la réunion de la Provence à la France'
jufques à· nos jours.1~S: r",
Charles Comte de Provence· mourut en 1+8 f ; · &amp; là veille de fa'
1nort il inftitua, à la perfuafion de P alamede de Forbin, Louis XL Réu'1ion. ~e·· Iif'
a, . la
.' a:,· l a C ou- Provence
.c.
~ ft · r.
' · · : ce
h enper
r..
C ou.ronne~
r é-ume
am11 que l"a p rovence 1ut
pour 10ff
Donne , après en avoir été féparée depuis la fin de la feconde race.~
L'Edit de réunion ne fut cepe-ndant donné par Charle'S V 1 I [.',
qu'au mois d'OB:obre 1-1 86, &amp; il comrrend la.Provmce 'a vec touteS'
fes dépendcrnces·.
L'inftitution de Louis X 1. ne fùt faite qu'à condition que foi &amp;'
fes Suc~e!feurs confer:veroien.t à la Provence tous fes droits, privi::
.
leges, libertés, franch1fes, 101x, ufages·, &amp;c~
Le Roi nomma Palamede de ·Forbin Commiffaire &amp; fon Lieutenant' C&lt;?fl_firma~i'on _des~
pn v1leges de· ~' . l r.
·1·
.
r.1.
.
Gé néra 1 en Provence1
1 reçut·a Azx· e 1erment des' Pro.vence; .
en conicquence
Trois ~tats, &amp; confirma leurs privileges en_vertu du pouvoir qù'ifi
en avo1t reçu par des Lettres Patentes du 19 Décembre 1 4 8 1 ~
.(Reg. coco;z.afo~~ 73. Archi~. des Comptes)_; ·de-là il fe rendit à'.~
.
·
Arles, ou il ét01t le 29 Janvier 1482~ .
Ce, jour - là mê.me on lui préfenta une fongue reqtiêté, dont' Pêr~'fij;~n ·Hii ·
la pl~part des .articles. fore.nt accordés (Reg. coronafol. 99 ): par· Vj1.1e · d'Arl es Je
le tro1fiéme de.· ces. articles. la V i~le d'Ar-leS&lt; ~btintla confirma~ron. ~:i{&amp;:::.~our.fœ

�.

94

de la permiffion que lui avoit donnée le Roi René de bâtir la Tour
du Gras, à 1'entrée &amp; fur le bord du Rhone, pour la défenfe de fon
terroir, &amp; d'en nommer annuellement le Capitaine &amp; la Garnifon:
cette conc:eilion eft certainement la preuve la plus évidente que l'on
puiife trouver de la propriété &amp; fouv:eraineté du Rhone en faveur
des Souverains de Provence; l'on ne peut pas dire que la Province
de Languedoc s'oppofa à cet établiifement, &amp; qu'il n'eut pas lieu,
puifqu'il a duré jufqu'en 1734 que la Tour tomba de vétufté; &amp;
.comme elle ne pouvoit plus remplir l'objet pour lequel elle avoit
été conftruite, le cours duRhone ayant changé depuis quelque tems,
la Ville d'Arles ne voulut point fe charger de la relever : tant que
cet édifice a fubfifté, cetteVille nommait annuellement leCapitaine,
qui devoit être Membre au Confeil, &amp;Ex-Conful, &amp; choifi alterna·
tivement dans le Corps de la N obleife &amp; dans celui de laBourgeoi·
fie. Ce Capitaine av oit des émolumens aifez confidérables: on lev oit
un droit pour lui fur tous les bâtimè11s qui paifoient devant la Tour.
.
La même Ville obtint par un autre article que les crémens ou
Elle o~uent que
. d
.
... l'
•
r. J::
d Rfzone qui. ie
.
1('s cremens du Il
iormer01ent a avenir appartien roient
Rhone appartien- a uv10ns u
clr_ont aux Rive· aux Propriétaires riverains, fauf les Hles nées ou à naître dans ce
Fleuve, qui devoient toujours appartenir, comme par le paifé, à la
raJnNo
7
• 5 • Communauté~ Ces privileges furent confirmés par Louis XI. &amp;l'ont
été par tous fes Succeifeurs, à leur avenement au Trône.
4
Tous les tîtres de propriét~ &amp; de poifeffi01i que nous venons
ArrJr %t~Parle~
menç de Toulou- d' analifer' pour prouver les droits de la Provence fur le lit entier
du Rhone &amp; fur fes Iiles &amp; crémens, n'ernpêcherent point le Lanf~. ·
guedoc de troubler les Habitans de /3arbantane dans la poifeffion
des Iiles du Mouton. Cette entreprife occafionna un conflit entre le
Parlement de Touloufe &amp; la Cour des Aydes d'Aix. Pendant le
conflit le Parlement rendit le 8 Mars 149 3 un Arrêt, par lequel il
adjugea ces Hles à des Habitans du Languedoc au détriment de
ceux de Provence. Cet Arrêt fut caifé par d'autres Arrêts contraires
de la part de la Chambre des Comptes de Provencé ; mais comme
nous ne rapportons point ces derniers, le Languedoc fe croit auto·
rifé à abufer de celui de Tollloufe, pour s'en faire un titre contre
la Provence. C'eft même la prcrniere fource de l'erreur où cette
Province_ a fait donner &amp; les ·Géographes &amp; les Jurifconfultes qui
ont écrit fur cette matiere : Il eft donc effentiel de montrer combien étoit infidéle le guide que tous ces Auteurs ont fuivi. Voici
comme on en parle dans unArrêt du Grand Confeil (a) rendu, le 1 3
Avril 1 ) 87, pour la Communauté deBarbantane. CesHabitansdifoient:
(a) Cet Arrêt efi produit fous le num. 6 6.

�9)'

-

Touloufe de f49 3 ne peut rien fervir à la Deman:; Réfutation d~ c~t
.r. • &amp; Arret par celm c1n
A "
'é .
.
&gt;&gt; dereffe; prem1erement, parce que c toit un. rret prov11~1re. Grand _ Con fr il
» non définitif, &amp; conféquemment ne louvo1t porter préJud1ce pour Barbantane.
&gt;&gt; aufdits Habitans; d'ailleurs c'étoit un rrêt donné par notre Cour Fol. verf. llJ~
» de Parlement de Touloufe fans ouir les Habitans de Provence ,
» Arrêt donné par des Juges qui étoient Parties en la caufe : il Y.
&gt;&gt; avoit contention entre les Pays de Languedoc.~ de Provence·..
&gt;&gt;Notre Parlement de Touloufe n'avoit garde de Juger autrement
)) qu'au profit de ceux de Languedoc; comme aufli les Officiers
)) de Provence jugerent pour ceux de Provence, &amp; par ce moy.en
)) faifoient plufieurs procédures les uns contre les autres. Cette
)) contention des Officiers de Provence &amp; de Languedoc fut caufo
» que le Roi Louis XII. de fon propre mouvement expédia Lettres:
)) Patentes en l'année I )OO pour obvier aufdits différends, &amp; fans:
')avoir égard aux Arrêts &amp; Jugemens donnés de part &amp; d'autre, il
;n renvoya à notredit Grand-Confeil la -connoiffance defdits procès·
&gt;&gt; &amp; différends; c' efl: pourquoi notredit Confeil ne doit avoir égard
)) audit Arrêt.
Ce ne. furent pas les· Habitans de Barbantane feuls qui firent la Fol: 30•118'!'.f..
critique de cet Arrêt, le Minifl:ere public en parle en ces termes
dans fes conclufions: »Quant à !'Arrêt de 1493, par lequel le Par» lement de Toulonfe défaifit les Habitans de Barbantane de cette ·
)) H1e (du Mouton) &amp; caffe tous les Arrêts de la Chamhre des:
»Comptes de Provence; l'animofité fe découvre par trop par la.
)) feule leélure de l'Arrêt, lequel, quoigu'iL foit donné par une:
)) Cour de Parlement , quœ utitur jure fcripto , efl: formellement:
» donné contre le Droit écrit, &amp; nommément contre le . canon 1 1:
)&gt; du Concile . . . . . où il eft dit, que pendant le procès celui
)) des Parties qui a les bornes &amp; les limites habet jus retentionis , &amp;
)) que l'Arrêt de notredit Parlement de Touloufe a défaifi aux:
&gt;) pauvres Habi~ans animeufemént, combien -qu'ils euffent la borne~
•&gt; qu~ efl: la riviere du Rhone pour eux, laquelle clairement leur;
'&gt; adJuge la propriété, &amp; déclare au!Ii les Juges de Languedoa. in-·
&gt;&gt;~ompétens ~ans ~~ f~it. !l falloit donc demeurer réfolue la que?
» tion de la propriété &amp; 1urifdiélion pàr le Rhone, qui en- eft le
·
·
)) vrai &amp; naturel Juger
En conféquence de ces principes , tant fur ~a forme que fùr f~
fond , le Gra:nd-Confeil regarda 1'Arrêt de 149 3 , comme un Arrêc
de conflit, incapable_de rien jugeI valablement·, &amp; adjugea à· lal
Communauté d~ Barbanta11e (comme nous le verrons· quarrd: rrous;
ferons parvenus a la date de cet Arrêt du. Gr.and:Confr.il ), les:mêm:esi

» L' Arrêt de

_

�9~

To.uloufe avoit prétendu dé..
!{les du Mouton, don t le Parlement de
fon Arr êt de 149 3.
:pofféder les Habitans de Barbantane par
Confeil &amp; du PlaiIl réfulte en outre de cet Arr êt du Grandlors de l'Ar:rêt &lt;le 149 3 les Habi~
~doyer du M.iniftere pub lic, -q ue
des IDes çon ten tieu fes, &amp;
.tans de .Earbantane étoient en poifefiion
pétemment ren du, il l'ét oit
que non-feulem.ent !'A rrêt éto it incom
pendant le lit~ge v.eulent
en,core con tre tou t droit &amp; juft ice , qui
·
-que,le Pofieifeur foit maintenu.
s la fuite une
dan
) eut
Le même Tri bun al (le Grand-Confeil
'l:tpat'celui_pour
dans l'affaire du fieur Saxi
:Sa~,
aut.re occafion d'aprécier .ce même .Ar rêt
ent l'analife dans fon ordre
.en 160 9, don t nous donnerons égalem
guedoc oppofoient à ce Parchronologique. Des Habitans de Lan
lement de Touloufe, pou r
_ticu lier Provençal le même Arr êt -du Par
noient au Languedoc , &amp;
pro uve r que Jes IDes du Rh one apparte
ment le fieur Saxi parloit
particulierement cell e de Sax-i. Vo ici com
·
,de !'A rrêt de 149 3 (a).
·
_
été révoqué
149 3 étoit par déf aut ; il avolt
)&gt; L'A rrê t du 8 M;~ rs
,,~~~·ê~.7 • -verf. de
»en 150 0 • .
té de Par lem ent fur Par lereéf.
~.8
F~l.
. -&gt;&gt;Cet Arr ête fi une entreprife d'au tori
examiner les droits des Par ties ;
» me nt, &amp; par tan t qu'i l fallait
Officiers de Provence avoient
» fans s'arrêter aud it Arr êt ... . Si les
li l'ex écu tion dudit Arr êt,
/)) fans litigieu)Ç pou voi r, caifé &amp; abo
are r; mais comme recon~
»&gt;ceux: du Languedoc l'auroient fait rép
entreprife d'.a uto rité , ils ont ac~
.» no~ifant que led it Arr êt éto it une
n qui eri a été faite par ceux
,» qui efcé .la dém olit ion &amp; caifatio
.l&gt; de Pro ven ce.. &lt;c
!'A rrêt de 149 3 avoit
L'o n :tenoit .dQIJ..C pou r conftant alors que par des Arrêts con·
le conflit
,été .révoqµé non-feulement pendant
s encore. par les Let tres ·
mai
ix,
traires de .la Co ur .de.s Aydes d'A
ations au Gra nd Con feil :
Pat ent es qui avoient r~nvoyé les conteft
nier Tri bun al n'y eut auçun
.ce fut .auffi par çes i:aifons que ce der
fieur de Sax i, ce qu'il n'au,
.é gar d, &amp;Â- djugea l'Hle contentieufe au
t pas reg ard éJ'A rrêt de 149 J
.roit cert~ine meùt . p~s pû fai,re, _s'il n'eû
·
~omme non avenu,.
été rév oqu é, &amp; éto it de..
Il eft fi vrai que l'Ar:rêt de ·I 49 3 avo'it
Septembre 149 ), deux ans
rneuré fans exé cut ion , que_le premier
es Hab itan s de Barbantane
,après qu' il ~ut été ren du, les wêm
dzt Mouton, prirent à nou. .
.qu'il avoit vou lu dépouiller des IDes
de la Chambre des Comptes
veau bail ces mêmes IDes, de l'au tori té
Lettres-Pa,tentes de 1 57) .
.d'A ix; c' eft ce que nous allons ;yoir par .des
le num. 6 7.
~ !!&gt;) L' Arrêt de Sfl.xi efi prpduit fou~
'Tel

�97

.

Tel eft cependant le premier titre que le Languedoc cite pour
'é tablir fes droits fur le lit entier du Rhone &amp; fur fes dépendances.
Un Arrêt de conflit, un Arrêt incompétemment rendu, un Arrêt
injufte , non exécuté, enfin un Arrêt révoqué par le Confeil , par la:
Cour des Aydes d'Aix, regardé comme nul par deux Arrêts pofté..
rieurs du GrandConfeil &amp; par leConfeil d'Etat:Voilà la fource d'un
droit que l'on veut faire regarder comme légitime &amp; même facré:
On ne s'eft pas contenté d'abufer de cet Arrêt pour faire illufion
aux Géographes &amp; aux Doéteurs : On s'en eft fervi pour induire
le Confeil même du Roi en erreur ; car nous allons voir dans la
fuite que le Languedoc s' eft fait renvoyer la conr:oiffance de conteftations concernant 1es !Des du Rhone, pour les Juger conformément
à l'Arrêt du 8 Mars 149 3. C'eft à l'aide de toutes ces furprifes que
1eLanguedoc les a quelquefois fait décider d'une façon contraire aux
droits de la Provence. Mais il n' eft point de prefcription contre la
.v érité,&amp; le moment eft venu où elle doit rentrer dans tous fes droits~

.

Les Officiers du Languedoc crurent que la réunion cfe la Pro- Nou~:ri!~ntre...
vence à la France étoit une circonftance favorable à leurs entrè- prife du Langue-

, &amp; que le même Prince regnant fur les deux Provinces , doc,rep~uffée
· mt
· érem:; a en con1erver 1es 1.1tonrifes1eroit
moms attenti·r &amp; moms
r.

•

•

1r1 '

r.

par
les
Officiers
de
la
Provence.

-

mites. Ils cornmencerent en 1498 par mettre des panonceaux aux No. )8 )!) ·
armes du Roi, comme Comte de Touloufe, dans les !Des du Fleuvew &amp;
'
'
60
Les Officiers de ce Pays adrefferent à ceux de Tarafcon une
•
Commiffion par laquelle ils leur enjoignirent de faire planter dans
ces Ifles des panonceaux aux armes du Roi , comme Comte de
P_ro~ence' en ftgn~ de rau~egarde. &amp; pour le rnaint~en de leur J.urif~
d1éhon , &amp; de faire faire a ce fuJet les proclamations néceffaires :
ce qui fut exécuté, fuivant un procès-verbal autentique du 8 Fé..
vrier de la même année.
Mais quelques jours · après les Officiers du Languedoc renouvel..
lerent à main armée leurs efforts , &amp; firent mettre les armes du
Roi, corn.me Comte de Touloufe, non-feulement dans les Ifles
dont on vient de parler , mais encore dans celles fituées au terroir de Boulbon. La Cour des Comptes ordonna au Viguier de
1 ar~J:on d'aller ôter avec refpeél: les armes du Roi pofées par les.
Officiers de Languedoc, de les dépofer en quelque lieu conve..
nable, &amp; d'y fubftituer d'autres panonce.aux aux armes de P4,"f. ·
·'JJrnce. Le. Commiil'aire de la Cour s'y tranfporta , fit faire les
tro~Ia:nauo,ns &amp; défenfes néceffaires, &amp; fit faifü la Baftide qu~
Hop1taJ d l/ramom pofi'édoit dan~ le terroir de Boulbon, pai:c.s

N

.

�.98
nt adrefîés aux Officiers de Lan::.
oie
s'ét
rs
ateu
iftr
r.iue les · Admin
e don t ils fe plaignaient~
guedoc à I' occafion dè que lqu e tro ubl été tro uvé paiffant dans
ayant
Le bét ail des Ifabitar:s d'Aramont
faifir, &amp; n'en donna mainles mêmes Ifle s, il les fit également
vence l'affurerent qu'ils avoient
lev ée que fur ce que les Gens de Pro
d'y mener paître leurs beftiaux.
don né permiffion à ceu x'd'Aramont
Provençaux attentifs à ne pas6 néJ'
Ces tentatives rendirent les
1~,,6.
· ts: L es H ab"1tans d'A rzes prérienterent req uet e a
duà g1·!ge r 1eurs dro1
ation
firm
Con
droi t de éche
la bataille de Pavie, &amp; lui
François I. à fon reto ur d'Efpagne après it exc lufif de pêc her dans
ArJ "s . P
dro
rem ont rere nt qu' eux feuls avoi ent le
N°. 61.
r Vil le, &amp; que qui que ce
le Rhone tou t le lon g du territoire de leu fans léu r permiffion : que
ulté
foit ne pou voi r ufer de la même fac
ils s'ét oie nt donnés à la Pro-.
c'é toi t même à cet te con diti on qu'
les traités de 12 5 1 &amp; I 3 8) ~
2Jence: nous en avons vu la preuve dans des Let tres Patentes confir~
26
Le Ro i leu r accorda le 1 5 Av ril 15
r
lufive. ·. .
matives de leù r -dro it de pêc he -exc
paffé ent re ces Ha bita ns &amp;
Le 4 Av ril de 1:année fuivante il fut
N°. 62.
fujet du même droit.
ceu x de Tarafco°lz une tranfaétion au
te des Do ma ine s du
T ~ 4 &gt;•
années fuivantes l'on pro céd a à la ven
Les
miffaires du Ro i
y eme du port
1 9 Ma rs 1 54 3 , les Com
le
&amp;
ce,
ven
Pro
en
i
Ro
!.
de Co•110H"
Confolde que fo Ro i tien t fur
ven irent Arn aul Ga.ftinel le Por t de
No. 63.
e de Cam.argue, de même
la petite Braffiere du Rhone en-delà l'Ifl ce Por t , &amp; le dio it de· là
de
que les droits du Ro i fur le paffage
l!.. mer; le tou t à faculté de
de
e
am
re-D
ven te de fel du lieu de Not
t eu lieu , ·&amp;!. le Rec eve ur du
rac hat per pét uel . Ce rac hat a en èffe
rmé &amp; affern1e enc ore au jour.:.
D omaine de Provence a toujours affe
.
•
d'h ui l.e Por t de Confolde.
ccafionnerent une
s1o
ine
s fur les Do ma
c 1 5:,f,· d . · Les mêmes recherche
ur de Boulbon
nmiifaires firent faire fur le Sei gne
re.
J!lesoi;e c~é~1 C~; faifie que les Cor
t il s' éto it emparé le lon g de fa Ter
don
ns
me
cré
&amp;
s
Iile
des
.
lbon
cle Bou
CommHfaires, qui au lieu de
Il y eut tranfaél:ion ent re lui &amp; les
N° . 64.
uni ren t à la Seigneurie de Boulréunir ces objets au Do ma ine , les
n5!ur paya , &amp; à la charge
'bon, mo yen nan t 3oo écus d'o r que le Seig
du fervice militaire. ·
fans dou te de pareils ordres
Les OffiCiers du Languedoc reÇurent
'157 ).
Do ma ine s du Ro i , &amp;
Lett res Patentes que ceu x de Proven~e· fur la rec her che des
elle r leu rs tentatives , pour
pou r Barbancane,
ils faifirent cet te occafion de ren ouv
No. ~5· empiéter fur la Jurifdi&amp;ion Pro ven çal e: ce fut du côt é de Barban~
fin de 1s7 5. Les Habitans
tane quê leurs efforts ·po rter ent vers la ir , de~ Let tres -Pa ten tes ,
ant
àe ce can ton obtinrent , pou r fe -gar
me nce nt par r&lt;l;ppeller le
com
es
don t l'analyfe· eft importa~te~- -Ell

�.

99

traité de paix fait en 1 I 2) (a) ~ntre Alphonfe ~ointe de Touloufe;,
&amp; Raimond Comte de Barcelone , par lequel, difeut les Lettres ,
ledit Pays de Provence fut limité &amp; borné, afin que chacun defdit~

Princes pt1t fçavoir ce qui était de fon obéifiance, ledit Comte de Pro'J!ence fit baux perpétuels de plujieurs portions de.fan Domaine , m~me
des ljles de la riviere du Rhone. Les Lettres aJoutent que ces Hle~
·é taient du côté de la._Provence; mais nous avons vu nos Comtes
étendre leur fouverair1eté fur le lit entier du Fleuve , &amp; même fur
le bord occidental ; ainfi cette reftriétion ne peut partir que d'ün
.
défaut d' exaairnde.
L'on voit par l'expofé des mêmes L .ettres qu'il avoit été fait d'anciens baux aux Habitans de Barbantane dês If1es appellées du Mouton &amp; de la Peyre fü:uées dans le Rhone, à titre de cens &amp; rente l~
deniers d'entrée; que l'un de ces baux eft daté du premier Sep~em­
bre 149) ; que tous av oient été confirmés par les Souverains &amp;
enrégiftrés oü ils devoient l'être; que c' étoit en vertu de ces titres
que les Habitans avoient toujours joui de ces Iiles, &amp; qu'ils y
avoient été confervés &amp; mqintenus en vertu d' Arrdts &amp; Jugemens con,

tradiétoires.

.

Ils en ont payé, continuent les Lettres , en la recette générale
» de nos Finances dudit Provence, les cenfives &amp; devoirs annuels , &amp;
· » de vingt en vingt ans les droits de lods &amp; ventes, &amp; depuis lefdites
» !Des ont été amorties auxdits Habitans par les Commiifair~s par
,) nous députés audit pays, moyennant finance qu'ils @nt payée.
&gt;) Toutefois notre Procureur en la SénéchauITée de Beaucaire à
)) Nifmes, reifort de notre Cour du Parlement de Touloufe, les a fait
&gt;&gt;convenir pardevant Me. ]~an de Montrain Juge-mage &amp; Lieure~
» nant d'icelle Sénéchauffée, député pour la recherche des !Des
»' du Rhone, pour exhiber &amp;·repréfenter l~s titres &amp; baux par eux
&gt;&gt;prétendus defdites Hles , combien qu'elles ne Joient comprifes au
&gt;&gt; pouvoir &amp; commiffion dudit de .Montrain : néânmoins, il a ·ordonné
)) que ladite Hle ?u Mouton feroit ar.pentée &amp; mefurée,, poi:r ce fait
» en être pqr lm ordonné : entendant &amp; voulant apres ledit arpen» ~age en faire bail, &amp; dépofféder les Habitans qui den~andoient à
·
·
» etre confirmés. cc Le Roi fur le vû de leurs titres , leur accorde !eut demande faux conditions portées dans les Lettres, &amp; d'en payer les rede
vances » en ladite recette genérale de nos Finances dudit Pays de PPO~
· »

vence , ainfi qu'ils ont accoutumé, fans .qu'ils foient tenus exhiber ni
&gt;&gt; repréfenter leutfdits titres audit de Montrain, ou .autres CommijJaires,
»

( R.) C'efr par erreur qu'on le d&lt;lte dans les lettre• de 1oz.~,

·

· Nij

�~

15 87.
Arrêt du Grand Confe il en faveur
de la Comu nauté
&lt;le Barban tane au
'fujet des Il1es du
Mouro n.

N°. oo.

'1ag:j 8de 1'Ar.rét.

106 ·

es Ijles
)&gt;ni ~tre troublés ne emp!~hés en la poffeffion &amp; jouiffance defdit r, ou
de Montrain , notre Proc ureu
)&gt; &amp; leurs dépendances par ledit
n' m!oir en·
» àutres auxquels nous avons impofé filence , déclarant
&amp; où elles y .
» tendu comprendre lefdites Ijles efdites commij]ions ;
&amp; réfervées ; &amp;.,
&gt;&gt; feroient comprifes , les en avons exemptées
tes !Des
)) néanmoins ou de l'Ordonnance dudit de Montrain lefdi
-levée a'uxdits
» auroient été faifies en .avons fait &amp; faifons main
des Comptes:
Cour
» Habitans. « Et à cet effet il eft ordonné à la
fition ou
de Provence de les en .faire jouir , nonobftant toute oppo
e audit ,
appellation , dont nous avons interdit &amp; défendu la connoiffanc
de Montrain &amp; à tous autres.
Bar~
Ces Lettr es ne refterent point fans effet ; les Habitans de
nt
étaie
elles
bantane préfenterent leur requête au Trib unal auquel
ête comadreifées , &amp; en·demanderent l'homologation : cette requ
pour
eux
à
it
joign
muniquée au Procureur Géné ral, ce Magifrrat fe
e par lefd ..
les faire enrégifl:rer: attendu, dit-il , que la Diclaration porté
ns à. la
.Lettres, ejl pour plus ample juflification des droits appartena
rons •.
reque
la
Comté de Prov~nce, nous n'empêchons la vérifie.arion, ains
don·
Les entreprifes des Officiers de Languedoc für la Provence
ue tems:.
nereHt enfin lieu à un Arrê t qui les réprima pour quelq
entre les ·
Cet Arrê t fut occafionné par la contefration qui s'éleva
ne peut conI::fabitans de Barbantane &amp; le nommé Borrit. L'onaux
évenemensnoître l'importance de ce préju gé, fans remonter
des années antérieures.
tés.
Le Maré chàl de Saint André avoit fçu par fes grandes quali
d.Jecon
y
Henr
de
&amp; par des fervices fignalés mériter la. confiance
·
fut
il
,
Roi de France. Auffi bon Négociateur que brave Capi taine
paix du
un de ceux qui travaillerent le plus efficacement à la
cette .
que
Cateau Cambre.fis. Il ne prévoyoit gueres que les plaifirs
&amp; à fon
paix alloit occafionner- feroient fi funeftes à fo.lil Bienfaiteur
Roi (a).
, étoit.
L'un e des graces que le Maréchal avoit obtenues du Roi
r ceux
fi'éde
dépo
la conceffion des Hles du Rhone_avec faculté. d'en
Granci
qui en jouiifoient : faculté que le Proc ureu r Général du
lamenÇonfeil appelle dans fon réquifitoire, très-étrange Ô' très~able , à la ruine d'une infinité de pauvres gens.
uté.
L'héritiere de Borrit Partie au Procès · ~ontre la Communa
ent, &amp; les mariag es qui
(a) Il y eut un tourno is à Paris pour célébr er cer évenem
bfo.lfé à mort par le Comtefut
y
II.
Henry
m
accide
quel
pa-r
fçait
On
nt le fuivre.

&amp;voie

J.e Mongcmnwy_.

�·101

'de Barbantane , prétendoi't qu'il avoit été donné une comm!ffion ti
h requête du Procureur Général du Parlement de Touloufe le 26
Février 1 ))6, qui évoquait tous les Proèès &amp; . différends concer•
, nant les Hles du Rhone. L'on ne peut pas douter qùe cette commifiion n' eùt été furprife fur le faux expofé que les Ifles &amp; le
c. ·
1e vu·
" d_e l'A tre:,
" i·1
Flellve dépendaient.du L ang~e doc : car imvanr
effe dit qu'elle porto1t pouv01r de JUg~r ces conteftat10ns, Juivant
l' Arrêt de 149 3 , dont nous avons déJà démontré le faux.

Fôl. 13 G-·t41.

Dès Ja même année 1)) 6 cette Commiffion avoit été révoquée
par des Lettres-~atentes que les Syndics de Proven~e avoient obtenues : Les Hab1tans de Barbantane &amp; autres avo1ent appellé des
procédures faites en conféquence de cette Commiffion, au Confeif
privé, qui le 29 Janvier 1) )9 renvoya ces appels au Grand Confeil : L'Arrêt eft vifé dans celui que nous examinons.
fol. 4 t..v
Malgré ce renvoi &amp; cette évocation , les Magiftra:ts du Lan-·
guedoc voulurent procéder en vertu de la Commi.flion révoquée ,,
&amp; envoyerent le fieùr de Paulo Préfident, comme Comrniffaire .,.·
· fur les lieux. Ce Magiftrat fit faifir les IDes du Mouton, &amp; les ad-jugea en 1 )78 au fieur Borrit. Ce qu'il eft effentiel de remarquer,,
c'efi que cette faifie ni cette adjudication faites au mépris des Lertres-Patentes &amp; d'Arrêt du Confeil ne dépofféd'erent pofot ltfs Ha-bitans, ils continuerent de jouir~
Ce ne fut qu'en 1 )82 que Borrit s'avifa de fes- afiigner·e1r éom-plainte, comme s'il eût été en poffeilion; mais à la veiUe de l'Ar-- ·
rêt, fon hêritiere reconnoiffant que fa demande étoit nulle , de-' FoZ:.i 9 ;ielt~1*it..
manda· par une Requête expreffe que fan aaion en complaintefti.t:
convertie en affion pétitoire.
L'affignation que Borrit avoit donné"e amr Habfra:rts , étofr
comparaître devant le Juge de Beaucaire~ Ces-Habitans n'y paru_..
r:nt qu: pour den;ancf~r leur renvoL .Nous trouvons · parmi les.
p1éces v1fées dans 1 Arret que nous analyfons, des Lettres Pàtentes F.Ol~4;t r;rf;dit;...
données par Louis XII..du 4 Juillet 1 roo,. qui attribuent au Grandi
Confeil la con:noiffance des différends nés· entre les Procureurs'
Généraux de- Pro11ence &amp; de Touloufe , à raifon des !Des du Rhone ,.:
&amp; un Arrêt du Cànfeil privé du 22 Janvier · r) r:~r, contenant un
autre renvoi au même Tribunal, Rour raifon des mêmes.Iiles &amp; :·
autres fond's de·la même Riviere~
· ·
Les· Habitans de Barbantane· demand'erenr do11c · feu r rertvoi' au:
Grand:Confeil; ils en furent déboutés par le Juge de Béaucaire; fur:
1eur appel , comme de Juge incompétent, ils fè rendfrent plus.de juf-~
tice ~ &amp; l'affaire fut retenue au Grand·Co-nfeit , du confentemenr-dest
Parties.

x

�I O.i

,

, Les Syndics de la Provence y furent reçus Parties intervenan1'.es 1
&amp; demander~nt la nullité &amp; caffation de toute ~a procédu re faite
par le Commifi'aire du Languedoc.
Le Procureu r Général lui.--même du Grand Confeil y fut.affigné
par Barrit, pour être condamné au_ nom du R,oi à_lui garantir
l'adjudication qui lui avoir été faite par le C_ommilfaire de To4·

k*

.

Loin que l'héritiere deBorrit foutînt dans f~s défenfes que leRhom
&amp; fes H1es filfent partie du Languedoc, elle avouait au contraire que
les Habitans avoient raifon de dire qu'elles étaient; de Provence,
&amp; qu'elles leur avoient été inféodées par les Juges du même Pays.
Fol. 7 &amp; fuiv. &gt;&gt; Lorfque ces If1es furent délivrées '- dit-elle,. &amp; baillées à emphi..,
»téofe par les Maîtres rationaux de Provenc~ , depuis l'union dudit
}) Comté à la Couronn e de France, elles étoient du Domain e du
Comte de
::&gt;&gt; Roi &amp; lui apparten oient , aut jure regio , ou comme
les If1es
que
foutenir
à
Provence. « Sa prétention fe réduifoit
a voient été données alors à vil prix, &amp; que le Roi pouvait toU:·
jours en faire une nouvelle conceffion plus avantageufe.
Les Habitans produifoient l'inféo?ation qui leur avoir été faite
d.es Ifles contentièufes par la Chambre des Comptes en 149) ; les
baux qui leur en avaient é_té faits par la même Ch.ambre le 12
Janvier I ) 31 &amp; premier Novemb re 1 ) ) 1 ; les Lettres-Pateates
confirmatives de ces baux du 2 I Janvier I )3 2 ; l' enrégiflrenient ·
fait au Parlement &amp; Chambre des Comptes des mêmes Lettïes le
1 o Mars 1) 3 3, &amp; le 29 Janvier 1) 34 ; les Lettres-P atentes attribu~
tives de Jurifdîélîon des différends entre les Procureu rs Généraux
de Provence &amp;·de ToulOufe pour les mêmes Ifles, du 4 Juillet 1 500;
l'Arrêt du Çonfeil contenant renvoi au même Tribuna l des contef.
rations pour ces Ifles &amp; autres Ifles contigues du 22 Janvier 1) 59.
Tout ce .qui pêche contre l'exaél:itude dans la défenfe des Habitans , ·c' eft que comme ils ignoraie nt les droits de leur Province
Jur la totalité du lit du Rhone , ils bornoien t leur prétention à fou.
tenir que cette r1viere devoit au moins lui appartenir pour moitié.
Mais le Confeil ne peut ,prendre une idée .plus jufte de cette affaire
Fol. :i.a.
que dans le plaidoyer mêJ.Ue d~ Miniftere pubiic : il eft inféré dans
·
l'Arrêt.
, y eft-il dit , Jeurs anrépéter
t
» Si les Provenç aux voûloien
Requilitoire du
Procureur Géné- » ciennes hiftoires , ils pourraie nt maintenir que tout le Fleuve du
ral,
&gt;) Rhone a été autrefois eu Provence, &amp; qu'il eft tout à eux : car
&gt; c' eft un grand argumen t, que celui eft Propriét aire du Fleuve qui
l1 .a droit de pâtir un Pqpt d'une rive~ l'autre. Du tems du 1.loi Tfiéo,.
)&gt;

�-

ÎôJ

'(

,

.

»dore , les Provel1çaux a.voient un ~ont fur le Rhone ·a 'un bord à
&gt;&gt;l'autre, lequel ils défendirent fi vaillamment contre le Roi de
)) France, qu'il ne les .Pût jamais forcer. Pour récompenfe du&gt;&gt; quel aél:e ils obtinrent les beaux priviléges que le Roi Théodore
» leur donna, qui font répétés par Caffeodore ; &amp; quand les Goths
» quitterent &amp; céderent la Provence au Roi Clodous , laquelle
&gt;&gt; ceilion fut confirmée par Juftinian, comme écrit Procopius, en
&gt;&gt;remettant la Provence , ils remirent ledit Pont en la puiffance
&gt;&gt; des François.
\ &gt;&gt;Toutefois les Provençaux d'à-préfent fe contentent de partager
&gt;&gt;le Rhone par moitié avec le Pays de .f,,anguedoc que l'on ap.p ellç ·
»aujourd'hui le Royaume.
· '7&gt;. Quant aux Ifles qui naiffent dans la· riviere, elles dépendent ,
&gt;) comme dit Caffeus, des incertaines &amp; inconftantes libéralités qu.e
» le Fleuve fait à celui des bords que bon lui femble; .car s'il amon:)) celle la ·terre &amp; fait une Ifle près du bord de la Provence, il la
)) donne à la Provence ; mais au contraire, il la donne au Languedoc ;·
)) &amp; s'il fait l'Ifle au milieu , il les partage &amp; divife entre les deux:
.
&gt;&gt;Pays.
» Voilà pourquoi Feflus a dit que tout ce qui étoit par alluvion:
» ou circonluvion dans les rivîeres, comme font les Ifl:es, Junl
)) jura prœdiorum ; tellement que les Poffeffeurs de la terre plus
)) proche de l'Ifle la peuvent vendiquer jure Domihii , comme jus
&gt;) prœdii, comme faifant l'Ifle une partie de leur poffeffion eodem:
)) jure; que les Ifles prochaines d'Italie funt para Italiœ; &amp; d'au-·
')&gt;tant que leS Ifles qui font dans la riviere, font de la même qua» l~té &amp; droit q.u'eft la terre principale de laquelle elle dépend,
)) 1Ifle de Barbantane étant plus p~oche de la Provence, ej~tfdem:
» jur.is efl ; que la terre ferme doit être pour la proprieté &amp; pour
.
:7) la J urifdiél:ion de la .Provence.
&gt;)Quant à la Jurifdiél:ion, le Rhone qui a été le Juge de la pro-,
&gt;) priété, le fera de la Jurifditl:ion. La queftion des limites' &amp; terri:)) toire traîne quant &amp; foi la guefüon de laJurifdiél:ion &amp; de la con~­
» pétencé, ou incompétence des Juges ; car fi la limite &amp; teiri» toire de la Provence s'étend jufques au milieu .du Rhone , il .s'en- ~
»fuit que .les Juges de la Provence font Juges jufques-Ia, &amp; que les:
)) Ifles qm font vers la Provence ne peuvent: être dè la J urifdiél:ion.
)) du Languedoc, tellement que l'adJudication qui a été faite aux.
» Habitans de Barbantane par la Chambre des Comptes de Pro» vence, quœ appel~atur a~ud eos_ ratio~ales, a été faite par Ju_er-~
» compétens &amp; ratzone locz &amp; ratwne rei; car étant dune chofè q:..ie:

�104

,, 1' on prétendait être des droits du Roi &amp; Domaine , Joli rationales
'&gt; en connoiffent ; davantage, quand il eJl queftion de via publica,
'&gt;où Fleuve public, folus rationalis cognofcit. Tellement que la
» Cour de Parlement de Touloufe, outre ce qu'elle étoit interdite,
,&gt; &amp; par conféquent tous les Arrêts &amp; procédures qu'elle a faits
:&gt;&gt; fo it nuls , &amp;c. «
.
Les conclufions du Procureur Général éteient en conféquence
·de ces principes,.. à ce que les appellations &amp; ce dont étoit ap·
pellé fuffent mis au néant : que les Habitans de Barbantane devoient
être maintenus définitivement en la poffeffion des IDes contentieu~
fes, &amp; que toutes les procédures faites au préjudic_e de la Jurif.
diél:ion du Grand Confeil fuffent caffées &amp; annullées.
Par l'A.rrêt qui intervint le 1 3 Avril i) 87, les Habiqms furent
maintenus dans la poifeffion des !Des , &amp; il fut fait défenfes à la
Dame Borrit de les y troubler. Sur la demande en ca!fation des
procédures, les Parties furent mifes hors de Cour: fans .doute
parce que çe chef étoit fort indifférent aux Habitans qui gagnoienr
leu.r procès fur le fon~.
·
t 1fo9 ~

,Affaire de Saxi.

~~, 67 .•

Fui. ~s

verf. de

l'Arrer,'

·

'

Les droits de la Provence fur le Rhone fubirent une nouvelle
épreuve au commencement du dix-feptiéme fiécle , &amp; furent égale·
ment confacrés. Les Officiers du Languedoc avoient fait en J ) 37
une inféodation de l'IDe de Trefeon , nommée alors Farragon. la
Ch. des Comptes d'Aix en fit une autre en I) 39 des mêmes Ifles
au sr. Saxi. Il y eut une conteftation très-vivé entre ces deux Inféo·
dataires. L 'affaire fut encore évoquée &amp; renvoyée au Or:and-Confeil.
Pendant le Procès, Saxi pbtint la jouiifance des lieux conten·
tieux: c'eft l'Arrêt même qui nous l'apprend en ces termes·:
,, Pendant lefquelles pourfuites, nous ayant ledit Saxi derechef
&gt;'&gt; fait voir en notredit Confeil privé la fufdite inféodation à lui
&gt;&gt;.faite de ladite IDe de Trejbon , les Lettres-Patentes &amp; procédures
)) fur ce faites, &amp; remontré que ladite inféodaüon &amp; accroiifement
)&gt; f~ montoir en tout à 3 07 faunées 47 dextres , Nous , par nos
J) Lettr~s-Patentes du mois de Juin audit an 16 07 adre_[fantes à no,&gt; tredi.te Chambre des Comptes de Provence , aurions ladite inféoda)&gt; tion &amp; .t out ce qui s'en eft enfuivi en conféquence d'icelle , con» fi~mé, ratifié &amp; approuvé, pour en jouir par leditSa~i &amp; fes Suc~ ceffeurs à Favenir, aux charges &amp; conditi9ns porté~s, tant par
) &gt; ladite inféod.a tion, Lettres-Patentes &amp;
Arrêt. «
· ·
C omme les Parties prétendoient , . çhacune de leur côté, quy
Jes JJ}e;&gt; · qu 'f{honç ~ le Fleuve mêm~ appartenoient à leur
··
Province,

�10)

P.rovince _, elles furent appointées :à Jaife preuve- re(peéî:i:ve ,de
Jeurs faits , tant JJar titr~s-· que. par temoîns. Chac:m exécuq
l'Arrêt de fan côté , &amp; v01c1 les faits propofés par Saxi &amp; adoptés
.
.
, .
.
. , _
par 1'Arrêt .défirïitif. .
. » Que du tems des Rois d Arles _, qui poffedoient la Provel}ce i
)) ils et.oient Sèigneurs du Rhone de :bord. à bord du côté du Lan)) gu~doc, enfemble des Villès &amp; Villages g~i étoient_.fur le ho.rd.
)) de ladite riviere du Rhone _, &amp; en cette qualité donno1ent confir&gt;) mation des Abbayes de Condates &amp; autres en Languedoc , avec
~ mandement aux J ~ges du La1+guedoc. d'exécuter leurs com-.
)) miflions.
&gt;) Qu~ la Provence étant féparée de la Couronne de Franc.e i
» &amp; poffédée par les Comtes , ils ont donné par ïnféodation les·
» HI es .cr.oiffantes.au Rhon~ , de,puis le .partage fait .e ntre Raimon4
)) Comte.de Bar.a.elone, lldefond Comte de Toziloufe &amp; Saint Gilles;·
&gt;)ils untjoui .de ce droit par .moitié avec les Comtes de To~loùfe,
,
·
)) felonla difpofüion du droit.
des
mémoire
1a
furpaife
qui
» Que de .tout tems &amp; ancienneté
&gt;&gt; .hommes, Jes Ifles de Camargues , Lubieres près Tarafcon, Saint.
»Pierre de Mer_oargues &amp; autres ont été .de la Provence, tant en
» Jurifdiél:ion pour.la Jufrice ordinaire, que par appel en la Cour
» de Parlement . de Provence, que par tout autre droit de fouvè» raineté ,.impo[ltion ·de deniers , ,péages ., tailles,.gr-aces, pardons,)) rérniflion, que tqutes autres .fubjedions, fans que jamais aucun
·
&gt;)n'ait .re.connu le Juge du reffort de Tou1oufe.
)) Que :quand par quelque forte d' entreprife de J urrfdiél:ion ' les
)) Juges du Ro.i de France, foit à Beaucaire -&amp; Nlfines, ou Cour
» de Parlement de Touloufe , ont effayé de :prendre autorité fur
~&gt; lefdits lieux , -les Juges de Provence ont caffé ce qui a été fait
)&gt;au pr.éj.udice de leur autorité , &amp; fe feraient confervés en la
·
» poffeflion de.fait &amp; de·droit de .jouir de toutes .les Ifles.
&gt;)Que jamais l'Arrêt du huitiéme Mars 149 3, produit par le
Il&gt; fieur .Berault, n'a été .exécuté rii fignifié aux Juges d~ Comté d~
'&gt;) Prov.ence, &amp; ·que nonobfl:ant !celui, les Ifles &amp; les I-fabitans en
:&gt;&gt; icelles font demeurés ·en l'autorité , fubjeél:ion &amp; jurifdiél:ion du
J) Comté de Pr..ovence &amp; de fes Officiers.
-» Que tous ceux auxquels lefdits fieurs Comtes de Provence &amp;:.
&gt;&gt; leurs Officiers ont donné par l'inféodation les Ifles croiffantes fur
)) le Rhone·, eft la plus proche de la Provence que de Languedoc , en
» ont joui fans contreverfe , &amp; fi aucun leur ~ contreverfé , leur
·~ trouble a ceffé incontinent &amp; conm1e non advenu.

0 -

.1

,.

�·I'o C

unie au Royaume, le R~r Louts:
. » Qu e depuis que la Provence ei_l:
0 fficiers de Languedoc:

s des
» on~iéme , pou r faire ceffer les jalouue ion de cel ui defdits--Ju ges
féodat
» &amp; de Provence, a vou lu que l'in
le pou r le Ro i, fût confirmée•.
uti
s
plu
» qui ferait la premiere &amp; la
rs dudit Co mt e,. de Provence font:
&gt;J Qu e depuis lefdits Officie
s,
de donner par inféodation les Ifle
&gt;&gt; demeurés en leu r poffeilion
&amp;
ce,
ven
Rhone du côt é de Pro
)) Iflons , &amp; terres laiffées par le
ont joui paiiîblement..
&gt;&gt; ceux qu'ils ont pou rvu s,
Provence:eft uni à Ia Co uro nne de·
, · '' Qu e depuis ·que le Co mté de
ées en la JurifdiB:ion des Of »F ran ce, lefdites Ifles font demeur
el au Par lem ent.d'Aix.., foit po ur
» ficiers de Provence, &amp; par app
·
·
» civ il ou criminel.
tou jou rs ré~
ont
ils·
,
des deniers
» Qu e pou r les impofüions
0 fficiers
les
de Pro,vence, fans que
&gt;&gt; pon du aux Maîtres rat ion aux
t
du qu'ils fuffent de leu r ref for t, foi
&gt;&gt;de J;.,angue4oc aye nt pré ten
anc es; don t il faut con clu re
»p ou r la Juf tic e, foit pou r les Fin s Hles , tan t au terroir de·
aux dite
» qu'ils n'o nt rien pré ten du
par Sax i, à· lui &amp; à fe~ devanciers ,
ées
féd
?' Trejbon, que celles pof
de tou t tems été .du reffort de·
» baillées par inf éod atio n, &amp; l'on t
r la JurifdiB:fon ordinaire que
»la Sénéchauffée d'.Llrles, foit pou
&gt;&gt; pou r les Finances.
s;
vence ont fafr les tut elie s des · mineur : .
&gt;&gt; Qu e les Officiers de Pro
inventaires des biens , con nu des
&gt;&gt; demeurans èfdites terres , les
ordinaires
&amp; fait to~S· aél:es âe Jut ifd iai on
)&gt; cri me s, &amp; ice ux pu ni,
'
leurs Jug em ens , les caufes ont été
&gt;&gt; fur .ice ux ; &amp; par appel de
un Jug e de
ent d'A ix, fans qu'o~ ait vu auc
l"l trai tée s au Par lem
ou auc un. Par ticu lier décliner la:
&gt;&gt; Languedoc y prendre dro it,
·
·
.
ce.
» JurifdiB:ion des Jug es de Proven
féodation fut faite à ·Antoine'
&gt;»Qu'en 1'année 1 s39 , lorfque l'in
terre
éperons d'Arles, il n'y avoit aucune
'&gt;&gt; Petit d'un Iflon près-les
cous
plu
au
tre faumées de tér.re
» lâbo~rable ,_ains feulement qua
re, que tou t le con tin ent étoit
'}) vertes de fable , fans auc un arb
ble , que lef:dites quatre faumées·
»l' eau du Rhone .&amp; riviere nav iga
abl es, &amp; fe font augmentées par
» de terre ont été rendues lab our
r$, &amp; tan t lui qu'eu:x;·on t pris .
)) la dépenfe de Petit &amp; fes fucceffeu
de·
ation defdîts Officiers du Co mt é
» les accroiffe,mens en inféod
tu d'icelles inféodations depuis
~&gt; Pro ven ce, &amp; en ont joui en ver
.
terruption de fait. /
&gt;)l'an 15'39 j~fqu'à préfent fans ii.1
.:
s ter res , ils nous on~ payé. la rede
» Qu e pour raifon d'icelle
vence, non en
ofitions en la rec ette générale de Pro
)&gt; van ce &amp; imp
g efpace dudit Languedoc.
" Languedoc ,_ étant éloignées de lon

�107

)) &amp; proche de la Provence ; enforte que ladite terre e~ aujourd'hui
terre ferme , tenant au Comté _de Provence &amp; terrou de Trejbon.
· &gt;&gt; Que nous avons confirmé le~dites. inféodations des. O~ciers
)) de Provence, &amp; · voulu que ledit Petzt &amp; les fiens en JOUiffent,
' )) comme ils ont fait, fans que les Officiers de Languedoc, foir,
~&gt;de Jufrice ou Finances, y ayent prétendu aucun droit.
» De ce que deffus il faut conclure que, puifque les Officiers
» dtt Languedocn'ont exercé aucune Jurifdiéî:ion fur lefdites IDes
» du Rhone, &amp; particuliérement fur les terres dont eft quefrion,
&gt;&gt;il faut auffi conclure que lédit sr. de Perault eft mal fondé dans fa
»demande, .&amp; n'a aucun fondement, finon que lefdites Hles font
&gt;&gt; de Languedoc. «
Les Partî~s qui plaido.ient ,pou~ c~tte dernie~e Pr?vU:ce, po..:_
ferent des faits qui tendo1ent a détruire ceux-ci ; mais la preuve
qu'elles s'étoient foumifes de faire, ne répondit pas à leur attente~
car l' Arrêt définitif qui intervint le 3o Septembre i 6 09 fur toutes
les produecions &amp; enquêtes refpèéî:ives des Parties , mit l'appel~
lation &amp; ce dont étoit appel au néant; &amp; en émendant, le Juge-.
ment a abfous le lieur Saxi des demandes·, fins &amp; conclufions
des freurs du Fayn &amp; Gleife, a maintenu &amp; gardé. ledit S,axi' en la
poifeffion &amp; jouiffance de ladite Hle, crément &amp; lieux contentieux entre les Parties.
L'Arrêt met hors de Cour fur les lettres de Requête civile que
.Saxi av oit obtenu&lt;"'s contre l'Arrêt du 8 Mars 149 3. Il étoit en effet
contre l'ordre judiciaire de fe pourvoir par cette voie con.t re un Arrêt où l.'o!1 n'avoir point été Partie, &amp; qui av oit été rendu pour d'au~
tres obJets &amp; entre des Parties différentes de celles qui plaidaient• .
L'on doit remarquer que par cet Arrêt les droits de la Proven.ce
fur le Rhone parurent fi bien établis, que l'on confirma une inféo ...
dation faite par la Chambre des Comptes d'Aix , quoique de deux:
ans pofrérieure à celle qui avoit été faite par les Officiers de Lan"".
~uedoc , &amp; malgré l' Airêt du 8 Mars 149 3 contre lequel il fut
Jugé que Saxin'avoit pas befoin de fe pourvoir.
·
)&gt;

Les Arrêts du Confeil ont également maintenu les droits de la
Provence fur le Rhone, lor.fique les titres des Pa ties ont eté remis
r

r

·

.

;r6B~: . .
.Arret qui mva~ n ~

tient

la

1

11e

ious ies yeux, Nous le voyons par celui rendu en 1687, en faveur d'Arles dans le•
&lt;les Confuls d'_Arles,qui étoient troublés dans la poffeffion des IDes, rn:s &amp; cr~mellJ.
·n
. &amp; rou b"mes, ou dé nvauons
. .
d~ Rlzone, par duRhone.
1u.ots,
cr.·é me.n s, re1a1~
N''\ 68 ~
l_es Fenmers ôu Domame, &amp; par des Conceffionnaires du Roi,
qui prétendoient étendre leurs droîts fur ces objets. La conteftation

0 ij

�r-08 '

roulo itfür beauc oup d'autres points indiffére11s à ceux·qui nous occupen t. Les Confuls d'Arles produifirent la plûpa rt des titres que
nous venons d'anal yfer' &amp; après la nlus ample inftru aion' il intervint Arrêt le 24 OB:obre de la même. année ,. dont v.o ici les dif~
pofitions qui nous intéreifent.:
uliers.
· » A pareilleme.ot maint enu fa Commù11auté' &amp; l'es Partic
)) qui ont acquis. cl' elle, e~ la propr iété, po.fieffion &amp; joui.fiance des
.)) iiles, iflots , créme ns, relais de la mer &amp; du Rhone depuis.ladite
&gt;)Ville d'Arles jufqu'à fa mer, à. la charg e néanmoins de payer
&gt;) au Doma ine par forme de redev ance, &amp;c.
PartkulierS"
· &gt;&gt; A maint enu &amp; gardé ladite Comm unaut é &amp;·les
»qui po.fiedentdes roubines &amp; dérivations .d'eau .du Rhone ou de la
» n1er, en la poifeffion &amp; jouilf~nce d•icelles·, à la:charge de payer
)) à l'aven ir par chacu n an au Doma ine, en reconnoi.fiance de la
i&gt; Seign eurie , une redev ance, &amp;c.
chacun
» Et pour regler les cens . • . dit vfogtiéine denièr par
&amp; du
&gt;&gt; an du reven u des ifles &amp; illots , créme ns &amp; relais de la mer
raifon
pour
dûe
a
r
fe·
&gt;) Rhone; comm e auffi regler la redev ance qui
)) des roubines &amp; dérivations des eaux . du Rhone &amp; de la mer, Sa
Majefté a commis le fieur I:ntendant en Provence«. Quell e confirmatio n plus auten tique peut- on défirer- des. droits c:le la Provenco
.
~ur le Rhone &amp; fur fes dépendances .t

»

1690.

, Arrêt qui adjuge
a la Provence les
quartiers de LéE"uet. ,. Leire l &amp;

No 6
· • · 9·•

.Barai1li er.

la Décla ration du Roi de '1 686L ., pourd 1â
· rr.
•
·1
·
h d. D
. h
erc , e u omam e, 1 y ·eut une Comm11110n ·en angue oc,
rec
de
dont le Procu reur du Roi comp rit dans fes ·p.ourfüites la Ville
II
'll
B
d·
&amp;
z
·
,,,.
L
d
'
G
d
er.
··
arai
e
i·es quartiers u ues, e e;~e ·
, fi
"T'
.1. araJcon pour
préten doit_qu'ils étoièn t ifles &amp; creme ns du Rhone 2 &amp; confé"
quem ment qu'ils étaien t, füivant lui, de fli Provi nce : on ne man·
q'!la pas de le juger ainfi en Languedàc. Sur l'appe l au Confe il il y eut
üne inftruél:ibn ·très-l ongue ~ fort. difpen dieufé , pour s'aiftirer ii
ces fonds é'toient en eff~t illes &amp; créinens-, ou s'ils· dépen doién t de·
la terre-ferme. Les Fermi ers de Provence &amp; ceux de Languedoc~ En conféque11ce de

é.toient en caufe , &amp; fe conte ftoien t le droit de jouir de ces quartiers.
La Ville dé Tarp.fc.on n'ih1agina d'autr e moye n de forcir de l'in~
certit1:1de où les prêtentiOns . du Languedôc-. , &amp; des Fermi ers du
Doma ine, mettoiel1t Jes Propi;.létaires , que de faire dès offres d'une
fbmme au Doma ine,. &amp; d~une rente annue lle pour lès· faîi-e maint(i!oir dans leurs droits : ces. offres forent comm uniqu ées au Procu-:reur génér al de la Comm iilion qui'.ftipuloit les intérê ts dù Languedôc--, &amp;:. aux Férmi ers du Roiji ils fourn irent leurs réponfés r &amp;;

�,

.

1'09

.

fo z 2 AoClt 1 690 fotervfot Arrêt_qui reço1t les offres , confirme tou~
l'es Prop!iétaires .dans leurs droits co;i1~11e avant le J u g~mei~t r~ndu _
en Languedoc: &amp; veut que dans·le cas·ou l alberg_ue offerte jut ad1ug~è au

Fermier du Languedoc, lefdites terres ne pourrozent r!tre po~tr ce pretendues faire.partie de la~ite Province ~e Lang_uedoc,. &amp; Je;o,z~n;; au con-r.
traire &amp; demeurerozent comme edes avoœnt tou1ours ete]Lljques alors
dans l~ compois C,. taülabilité de Tarafcon, fans pouvoir jamais être.
,., _
.
afTujettis à aucunes impojitions de la Province.du Languedoc.
Lettr-es Patentl!l.l·
' 1
JTL
d
p
L
d
éd'é
c.
·1
ê
:Li'
Sur cet Arr t 1 1 ut e~p 1 es ettres atent~s a .rem:es a _a !ùrcetArrêt.
N°:.10 ,
Chambre des Comptes dec Montpellier, &amp; fur le reqmfitoire du. P;o·· ~
cureur Gé'néral elles 'furent· enregiftrées , au moyelT' de quo1 1on ·
peut dire que par cet enregiftrement il fut reconnu. qu'en effet le '.
Languedoc n'a voit rien à prétendre fur ces terrains , &amp; que le Procu• ·
reur Général de la Commiffion. avoit élevé_: une mauvaife diffi. .
culté.
droit de fa Provence fur ces fonds ,
fo
Ce· quï confirme encore

·c' eft que par'l'évenement de la conteil:ation entre leS' deux Fermiers,
celui de Languedoc fut- défignê pour'wucher l'albergue , &amp; les
fonds n'en- refterentpa:s moins·à la Ville de Tarafcon : preuve évidente q!le les arrangemens économiques de la Finance ne peuvent ~
en aucune façon tirer à conféquence pour la propriété des fonds,.,.
,
.
ni pour les limites des Provinces..
169?.·,:
Deux ans après l'.Ar.rêt en faveur -cfë Taraféon, les Propriétaires
t für l'Is~ ·
rr&amp;
A
des terreins p,rétendus crémens appellés Trd!Jon, terroir d'Arles, de T rPfbon.
furent à leur tour inquiétés ·par les Fermiers du Domaine de LanN° &gt;z.x;.
guedoc.. Ils fe pourvurentpour être rpaintenus~ Leurs moyen~ étoiem: ..
d'un côté, que lèurs-terreins étoiènt t_err~s:..fermes du continent déc
Provence, &amp; qu~ils n!avoie_nt-jamais· été. ifies ni crémens:
. L'~ffai~e · s'i~~ruifit:_ d'abord, fur le? lieux, &amp; enfuîte pa~ ap.pel~
a:u Confe1l; · elle ét01t l~rête a être ;ugée quand ces Propnéta1res .
apprirent qu'en Eareil . cas les- Habitans de Tarafçsm avoient été
· maintenus: en· offrant·~ une finance, &amp; en payant une alBergue aù
Domaine. Ils· fuivir.e nt cet exemple &amp; fireur-- lèurs- offres ·, à la
charge que ces te.rres demeureroient, comme ·elles avoient toujours .
été, terres- de Pro'Pence ,.&amp; ne fèroient fujetes à:aucune-impofidoa~
,.
en Languedac~
, Ces, offres &amp; la requête quriès--contenoit f~renr ·· communiquéés·
a M. 1Intendant de Languedoc- &amp; aux F ermrers· dtt Domaine de
~o~tpellier. Le Commiffaire- départi, ainfi que Iè' F ermiêr, furent:
cFav1s que les offfes devoient êtœ acceptées, &amp; qu'en e.ffèt Lang,uedo,· n~a:voit rien à prétendre fur les lieux contentieux.~ - Eu con~ --

le

�Il 0

.

eil du
féquence les offres furent reçuës par un Arr~t du Conf
&amp; ot1
con..,
Taraf
de
1 6 Aoùt .1692, qui fe termi ne comm e celui
il eft dit: Veut en outre Sa .i\.ttajefié que lefdites terres foient ·&amp; demeu-

s,
rent comme elles ont été jufques-à-préfent du territoire de la_ //iUe d'Arle
ires
.fans qu'elles puiffent jamais être fujettes à aucunes impojitions ordina
ue
&amp; extraordinaires de ladite. Province de Languedoc, &amp; que 1'alberg
foient
terres
s
ne pourr oit augmenter ni diminuer , fait qùe lefdite
,.
augmentées ou diminuées par la riviere du Rhone.

î7i4;

'Arrêt que l'on
oppofe à la Provence , comme
ayant décidé la
quefüon contre
elle . .

. ·No. z2~

bre
Cet Arrêt a été fuivi de Lettr es Pateutes adreff~es à la Cham
..
diffi
'des Comp tes de M.ontpellier; elles y ont été enregiftrées fans
Lan·
culté &amp; for les propres conclu.(!.ons _du J\Jiniilere publi c. Le
le
for
nce
,guedoc reconnoiff01t donc encore les droits de la Prove
Rhone, fans quoi le Procu reur Géné ral fe feroit opp.ofé à cet en·
s
i:egiftrement, &amp; fon oppofition auroi t d'ama nt mieux réuffi auprè
les
de ces Jt!ge s, que les conteftations qui s'étoi ent élevées entre
nal:
Tribu
ce
de
yeux.
deux Provinces av oient toujo urs pafféfous les
e un
ainfi nous pouvons encore regarder cet enregifireme~t comm
oire,
aveu formel du Languedoc, &amp; comme un Jugem ent contradiél:
les
teftab
incon
qui juge avèc lui que les droits de la Provence font
fur les H1es du Rhont. ·
au
Cepe ndan t il paroî t que trente -deux ans après _cet Arrê t ,
juger
n1ois de Juin 1724 , le Languedoc trouv a le moye n de faire
e du.
le contr aire en fa faveur'; le iieur de Gravefon étoit Propr iétair
il
con,
Taraf
petit Cajlelet, &amp; du Roudadou fitués fur la gauch e de
té de
préte ndit que fes biens étoie nt noble s, &amp; que la Comm unau
.
tre
cadaf
fon
cette Ville n'avoit pas dû les comprendre dans
L'Infpeél:eur du Dom aine fut enten du ; les Procu reurs du Pays
niftrateurs
&amp; le Synd ic du Lang uedo c int~rvinrent ; mais les Admi
n~eut
de la Provence ne produ ifüen t aucun 'titre : leur interv entio n
de la
d'aut re objet que de faire voir au Conf eil que la préte ntion
t
ginoi
n'ima
on
1'
iVille de Taraf con ·paroifioit jufte à la Provi nce:
n
pas que cette Ville pfat échou er dans une Inftance que l'i~fpeél:io
fur
ire
l'affa
juger
feule des lieux décid oit en fa faveu r, &amp; l'on laiffa
.
·
les titres partic uliers à cette Ville .
nous
_ C'eft ce défau t de produél:ion des piéces générales que
Juin
26
venons d'ana lyfer, qui occafionna fans. doute l'Arrê t du
Caflelet &amp; de Roudadou,
i 7 24, qui déclare. les 1.fl-es du grand &amp; petit

enfemble toutes les autres Ijlès du Rhone faire partie du Languedoc.
La derniere difpofüion de cet Arrê t eft Ji extraordinaire qu'on

:
ne peut .s'empêcher de dire qu'el le ôte tout crédi t àTAr rêt même
effet, il
_elle prouv eroit trop fi elle prou voit quelque chofe. En
.
.

�'11

f

faudroit donc dire que l'Hle ·de Saxi, du .Mouton, de Boulbon, la'
Camargue elle-même auroient été adjugées par cet Arrêt au Languedoc, fans que les Parties intéreifées eu_ifent été ~ppellées ; il
faudrait dir que le grand bras du Rhone qm coule dernere la Camargue &amp; les Ifles qu'il peut renfermer font du Lanffuedo_c: Cepe~­
dant jamais cette Province n'a ofé pouffer fes prétent10ns Jufque~-la;
jamais les Propriétaires des autres Ifles confirmées par les Arrêts
Erécé~en~ en faveu_r d~ la Provence·, n' ~nt c~ifé d'en dépendre. Ces
Propnéta1res ont JOUI comme avant l Arret de 1724, fans que le
Languedoc ait cru pouvoir fe ferv.ir de la difpofüion plus que fi.ng~.tl~ere que 1'o? a inferée_dans cet Ar~êt ~il a ,lui-même perifé qu'une·
déc1fion auffi importante que celle-la, &amp; dune conféquence auffi
~é~érale ne lu,i acquiéroit a~cun dro.it _, ~ès qu'elle étoit interyenue
a 1 occafion dune conteftauon part1culiere, fans que la- Provenceeût produit aucun titre, fans même que la plûpart des Parties in-.
téreifées eufient été entendues, &amp; enfin, fans que ·les précédens
Arrêts qui jugeaient tout le contraire eufient été révoqués ni même
attaqués: auffi cet Arrêt a-t-il été regardé comme 110.n avenu par
ceux-mêmes qui pouvoient fe croire en droit de s'en fervir; &amp; ce
n'eft pas après quarante ans d'foéxécution ·q u'il peut être permis de
le faire revivre. Tous ceux dont il blefie les intérêts, &amp; que l'on.
a laiifé jouir paifiblement, ont acquis la prefcription : afofi quand
le· Languedoc pourroit au fond avec juftice faire revivre cet Arrêt,
il n'y feroit pas recevable d~ns la forme.
.
. 1 7 2 6°
Le Languedoc, fuivant toujours fa méthode de ra"ifonner, oppofè
D1(cuilio'l
L
" gm· fiut ren d u contre· 1e p ape en 17 26. a· l'Arrét ren u enâe...·
'a 1a p rovence l'A rret
~mple analyfe de ce préJugé pro_uvera qu'il n'a pas plus d'applicatfon tre le Roi_&amp; J,
a notr~ affaHe,. que tout ce qu1 a pu être fait COlltre la Savoye ou le PRahpe au fuiet du
one.
.
. , (a '
·
·
D aup hme.
, Lors de cet Arrêt Ie Pape prétendait difputer au Roi les créinens,
du Rhone, &amp; les droits de fouveraineté fur cê Fleuve; il demandoit
&lt;que l'on nommât des Commiifaires de part &amp; cl'autre pour décide.c·
.
la quefiion.
, Le L.anguedoc lui répondoit qu'iI n' étoit·pas néceffafre d'établir:·
de pareils Juges, &amp; de mettre en queftioQce qui ne pouvoir point:
faire la matîere d'un problême. Jamais Sa Sainteté n'avoit fait aél:e
tle jurifdiction ou de fouveraineté fur ce Fleuve :·Jam ais ce Fleuve·
n'avoit été compris' dans les prétenduës ceffions que le Roi de France:·
&amp; la Reine Jeanne avoient faites du Comtat &amp; de la Ville d'Avig,non au Pape. L'Aéteur. d'Avignon ne produifoit ni titre tran!latif
(a) Cet Arrêt eJl raEl~orté tout_au long dans Brillqn au motRhone •.

�l'r 2

de propriété ni même · ~mcun âtte de poiteffion, 8cc'eft-là fa vêri-'

table raifon qui fit perdre----la caufe au Pape, &amp; maintenir le Roi
dans la Jouverain eté du ·Rhone ~e long du Comtat.
Il efl: ·vrai qu'on objeda au Pape des titres &amp; des n yens dont
on prétendit tirer des argumens généraux _pour t:out Je cours du
Fleuve jufqu'à la mer ; mais en ce point on raifonnoit fans exactitude, &amp; d'une façon oppofée aux monumens qui ,prouvent-que,
quoique le Pa.pe fût fans droit, la Provence n'en étoit .pas moins
propriéc~-i.re _ du Fleuve depuis la Durance jufqu'à la mer.. L'oncitoit
conFr.e Sa·Saintet é les lettre.s de ,13_80, ;~dreifées à Paul de' Nogaret,
celles de la Reine Marie de 139&amp;.
L'on a vu ci-deifus pag. 7o"à quoid-evoiei.1t·:s!apprécier c~s diff~­
rentes)ett res : le .Languedoc n'en avançoit ,pas 'moil1S contre le
Pape, -qu'en conféquerice des lettres de 1380 , toutes les:fois qu'un
Prince voifin avoit voulu entreprendre fur le Fleuve, il av oit été
réprimé; il s'appuyait de l'autorité de ,Guy-Pape, queftio11 )77 ,;
mais cet Autéur ne parle que des Souverain s vo_i{ins du Rhone,_
depuis la Duranc_e en remontan t jufqu'en Savoy.e; &amp; :11e dit pas un
mot de la Provence.
Le Langue.da.c ajoutoit que depuis l'acquifüio n :faite -par le Pape
en 1 34 8 , de la Ville &amp; du Comtat d'Avignon, il av oit été décidé
qu'il n'avoit aucun droit fur le Rhone. Mais, 1°. ·en 1 348 le Pape
-n'acquit que laVille &amp;Je terroir d'Avignon de la Reine Jeanne. On
,ne fçait en vertu de quel.t\tre:il tenoit le Comtat; c'eft que l'on voit,.
c'eft qu'il étoit en poifeffior1qepuis I 274 dut,en1s ,de,Philip.l.e-Hardy.
11 eft VJ;ai-que le Pape ·ni même la Reine Jeanne ·&amp; fes P:rédé.ceifeurs
qui tendient laVille d'.Avignon de Philippes-le-Bel, Roi de France (a)',
n'avoient point exercé de jurifdiél:ion fur le Rhone dans cette par·
tie ; mais encore un coup, çela ne conclut rien fur la portfon de
ce Fleuve, à compter de la Durance ou du Comtat jufqu'à la mer.
L'on citoit encore contre le Pape l'Arrêt du Parlement de Tou~
loufe du 8 .1\1ars .1493. -L'on vient de voir pag.96qu e cet Arrêt
eft de nulle valeur vis-à-vis de la Provence, qu'il avoir été révoqué
par des Arrêts c·ontraires dè la ·cour des Coniptes ·d'Aix, &amp; que
le Grand Confeil l'avo!t regard_é comme -non avenu.
L'on dit enfaite qu'il n~eft pas douteux que le Rhone, &amp; les
iDes, &amp;c. o~t toujours fait partie du Languedoc, fans que la Pro·
vence &amp; le Dauphi,né, quoique réunis à la Couronne , y puiffent
rien prétendre , &amp; l'on cite les Arrêts de 168 1 , 168) &amp; 1691. Nos
anciens titres détruifent cette allégation : &amp; ces Arrêts ne portent
que fur des arrangemens de finance qui , comme on l'.a vu d,ans
(a) Bouche, tom.

1. ,

pg. 3 18 &amp; 3 19,

l'Arrèt

�111
- l'Arrêt de 1690, ne tirent aucune coriféquence pourla propriét"~- :
Quant à celui de r 69 1 , il fut rendu entre les deux fous-F ermiers_:
celui du Languedoc l'emporta, parce qu'il produifit des piéces plus
que fufpetles, telles que les lettres ad~e~ées ~ Paul de Nogaret, ·
tandis que celui de la Provence fe d~fend1t tres-m,al, &amp; ne pro. duifit aucun des titres que nous avons. Au furplus 1 on peut encore
appliquer à cette décifion ce que l'on vient de dire fur les arrangemens de finance; &amp; malgré tous ces Arrê.ts la Prov~nce n'en a pas
moins continué d'impofer aux tailles tous les terrains fur lefquels
ils ont été rendus. ·
Le Languedoc fit encore valoir contre la Cour de Rome une
Enquête faite en 1412,tirée des Archive.s de Montpelliér,qui fut pro~ ·
àuite lors de l'Arrêt de 169 1 , par laquelle· ils prétendent qu'il eft
prouvé que les Officiers du Comte de Provence ·n'avaient jamais fait .
aucun aEte de Juftice fur le Rhone.· On aura fait dire ce que·1'on aura.
voulu aux témoins Languedociens; mais quand to~t le Languedoa
enfeu1ble témoignerait que la Provence n'a jaf!1ais exercé la jurif- ~
diél:ion fur le Rhone, cette preuve teftirt1oniale pourrait-elle l'emporter fur la multitude de titres que nous rapportons pour la PrQ_~

r

vmœ?

·

L'on ajoute que par des Lettres Patentes de 1498, Louis XII.nomma ùn Commiffaire, qui ayant trouvé que les OHiCiers de
Provence avoient inféodé l'H1e_,du Caflelet, caffa cette inféodation,
comme contraire à l'Arrêt deToulo'ufe de l 49 3.En fuppofant que ces ·
Lettres &amp; ce J ugemen.t ayent quelque réalité, l'on voit, 1 °. qu'ils
auroient pour bafe.cet Arrêt de 149 3, que nous avons réfuté page
98, &amp;:qui n'auroit été capable que d'induire le Confeil en erreur;
en fecond lieu, il eft certain que malgré cette commiffion &amp; la
décifion prétendue du Commiffaire de Languedoc, les Hles du grand
&amp; du ·petit .Mouton av oient été inféodées à la Communauté de Barbanfane par les Officiers de Provence; &amp; cette inféodation .a é_té
confirmée par plufieurs Lettres-Patentes &amp; par Arrêt du Gran~
Confeil contre le Porteur d'une inféodation du Languedoc: pre1we
que !'Arrêt .de 149 3 ne portoit pas contre la Provence, qu_e dans tous
les.tei;i1s. il.a été regardé c.omme non avenu-, &amp; qu'il n'arrêto'it pas
la 1unfd1tl:10n de· fes Officiers fur·les !Iles du Fleuve.
Le Langu~doc argumentoit contre le Pape des Arrêts de 170)
&amp; 1707, qui ne regardent pas la Provence: quant ·à celui de 1724on a vu ci-deffus combien il eft peu redoutable à cette Province.
Le Comtat avoit tort de fon côté de vouloir , comme il le fai~
f,o:it, tir~r de l'I~e de Camargue des argumens .contre, le Languedoc~

p

�Pag.

1 00

+.-

J

Ilf'
de la Provence, &amp; à faire tomber.
droits
les
oette Hle fert à défendre
tous les vains raifonnemens du Languedoc.; mais elle ne peut fervir
:nt Comtat : les droits de la Provence fur le Rhone depuis le par~
tage de 1 12 r, rne paifent pas la Durance. Du tems de fes Comtes la
Provence-a toujours joui de fon bord, de fes péages fur la riyierej
de fes IDes , même de l'aveu des Rois de France , avânt la réunion;,
aµ lieu que le Comtat,, depuis qu'jl eft au Pape, n'a jamais joui de·
rien de fembla.bler
quï, quoique jufte:
menr·
Le Languedoc. ajoutoit un raifonne
contre le Pape , eft totaleme nt contraire à cette Province , &amp; .
forme un. moyen décifif en faveu:r. de-la Provence :·il difoit qué la
France, ayant la 'plus ancienne · poffeffion, étoit cenfée avoir la
premiere occupat ion, &amp; qu'elle n'a pu la perdre que par une con-'
vention contr~ire: que l'Aaeur' d'Avignon ne faifant point voir quei
la France eût perdu cçtte"pro priété, elle devoit y être maintenue.
La Provence confent d'être jugée d'après ces prihèipes adoptés
par fes Adverfaires eux-mêmes. Si la po:ffeffion la plus ancienne eft
le droit le plus légitime &amp; le plus éminent , &amp; qu'il faille au moins
un traité pour le faire perdre, . la Provence doit l'emport er. fur le
Languedoc; car elle à-prouvé qu'elle jouiifoit des deux bor.ds du.
Rhone avant que le Lai1guedoc fût réuni à la France., &amp; dans les plus
anciens tems: ·que le Comté &amp; !'Archevêché d'Arles s'étendoient.
au-delà du Fleuve; que les Etats des Goths n'alloient pas jufqu'au
Rhone : &amp; que les Comtes de Touloufe n'ont eu ce terrain de Pro'JJence, au-delà du Fleuve, que par un traité qui, à le prendre dans.
le fens le plus rigoureu x, laiiferoit au moins la moitié du Fleuve
à la Provence; c'eft donc cette Province qui a la premiere occupa·ti.on, &amp; qui par conféquent doit être maintenue.
L'autori té de Grotius que l'on citoit ne feroit que fortifier lai
caufe de la Provence : fuivant cet Autèur, lorfqu'une riviere fait
la fép_aration de deux Etats , le plus..ancien doit avoir le lit entier:
or, a1outoit-on, la Monarch ie Françoife eft plus ancienne que le,
Comté de Provence., qui n'en étoit qu'ui1 démembrement: donc, &amp;c..
· I/on a vu par l'anal yfe de nos preuves que laProvence,avant qu'elle
~partînt originairement à la France, avoit le Rhone tout entier,
&amp; que cette riviere ne faifoit pas la féparation des· Etats de Prouezzce ~e ceux·des Goths ou Languedociens qui n~y atteignoient pas~
~e droit de la Provence fur le Fleuve eft donc plus ancien que celur
de la France &amp; du Languedoc; La Provence a appartenu à: la France
200 ans avant le Languedoc; elle jouiifoit alors des deux bords du
Fleuve; le Languedoc n'a pu avoir de E!étentions fur le bord occi.,.·

�/

11)

·dental, que par le traité de 1 1 2). ~omment nos Adverfaires peu..
·vent-ils donc nous oppofer un Arret obtenu fur des moyens que
nous adoptons nous-mêmes, &amp; qui n'ont pu être oppofés au Pape;_
.fans en même tems favorifer notre caufe ?
C'était avec raifon que le Languedoc difoit que la vente de la
Ville d'Avignon faite par la Reine Jeanne au Pape, ne lui avoit acquis aucun droit, parèe qu'elle ne pouvoit lui av:oir vendu que ce
·qu'elle poffédoit ; mais ce qu'il aJOUte, qu'il étoit conftant que
jamais elle nifes Prédéceffeurs n'avoient rien prétendu fur le Rhone,
&amp; avaient toujours reconnu le droit de la France, a befoin d'explication.
·
Les Comtes de Provence, -après le partage dè I 1 2) , qui fit
· :paffe1· le Comtat dans la Maifon de Touloujè , n'ont fait ·aucun
:aéle de jurifdiél:ion fur le Rhone .au-deffus de la Durance, cela eft
vrai ; le Roi de France par le traité de 1229 eft rentré dans la poffeffion des terrains fitués dans la partie occidentale du Fleuve vis-à~
.vis le Comtat &amp; la Provence, &amp; dans la poffeŒon entiere du Fleuve
.de l'un .à l'autre bord vis-à-vis du Comtat, par la fucceflion de
1
Jeanne, él?oufe d'Alphonjè, frere de Saint Louis : mais depuis la
Durance 1ufqu'à la mer l'on a vu au contraire que les Comtes de
Provence n'ont pas ceffé d'exercer leur fouveraineté fur le Fleuve.,
~ la France n'y a pas mis le moindre o;bftacle.
.
· A l'égard de l'Ifle de Camargue , le Languedoc difoit que ce
·n'étoit qu'une ufurpation qu'on avoit bien voulu laiffer fuhfifter;
peut-être à caufe que cette Ifle n' étoit pas regardée comme Hle du
Rhone , mais comme Ifle de la mer : ce n' étoit pas une auffi mau ...
vaife réponfe qu'il falloir oppofer à l'Aél:eur d'Avignon, mais lui
-Oire que le Pays deProvence depuis la Durance jufqu'à la mer avoit
·des droits qui lui étoient propres, &amp; defquels le Comtat ne pouvoit
pas s'aider; que la Provence avoit toujours des titres formels &amp; la
poffeffion la plus conftante , &amp; que qui que :ce foit ne lui avoit
jamais contefté cette Ifle.
·
Lorfque la Provence a été ufurpée fur la France , elle avoit des
limites certaines ; le Rhone étoit compris dans fes terres , &amp; le Languedoc n'y avoit rien : elle fut ufurpée dans toute fon étendue; elle
:a été poffedée de même par les ufurpateurs ; &amp; ceux qui s' empa ..
l'erent du Languedoc, apres fa réunion à la Monarchie , pofrérieu4
rement à celle de la Provence, ne poifédoient rien du Rhone: c'eft
ien fuccédant aux ufurpateurs de Provence, &amp; en traitant avec eux,'
,que. les ufurpateurs du Languedoc acquirent les terres qui font à la
·droite du Rhone, qui avoient toujoµrs fait partie de la Provence_

Pij

�116 '

acq uif itio n de Ja .p art du
après l'uf urp ati on : depuis cet te
vence, les Co mt es de ce Pays
Pro
la
de
n
tio
por
ne
d'u
doc
gue
Lan
122 9
de leu rs dro its fur le Rhone. En
~mt jou i inc ont eft abl em ent
ite
dro
la
la Provence gui éto it à
la ·Fr anc e rec ouv ra la por tio n de
rs
Pro ven çau x de la gau che de leu
.du Rhone, &amp; a laiffé jouir tes
uCo
la
à
Provence a été réu nie
dro its fur îe Fle uv e: En r48 1 la
de fes dro its fur le Rhone plu s anron ne, pou rqu oi la pri ver a-t -on
gui n'a poffedé des terreins au
ciens que ceu x du Languedoc, lui
.
ant une par tie de la _Provence?
.bo rd de ce Fle uv e qu' en acq uér
ple ine d'err eür s , le mé mo ire de
Si la défenfe du Langu~doc éto it
éto it pas plu s exe rnt : il dit qu~
l'In fpe éte ur du Do ma ine n'en
end ue que juf qu' au bo rd du Rhone:
l'uf urp ati orr de Bofon ne s'é toi rêt
ire &amp; Argence , &amp;c . éto ien t de
on a vu au con tra ire que Beauca
fut .rec onn u. Il ajo ute que les
_Provence , &amp; que l'uf urp ate ur y
le
ais fait d'aB:e de fouveraineté fur
Co mt es de Provence n'o nt jam
e
ndu
éte
1'
ur
po
on 1'a vu , &amp; fur tou t
Fle uv e : cel a eft fau x, com me
trai•
Le s Ro is de France on t fait des
dep uis la Durance jufqu'à la mer.
ce:
u le dro it des Co mt es de Proven
tés , dans lef qu els ils on t rec onn
rnif
Com
fur que lqu es Ifles , des
qua nd il y ·a eu des con tef tàti ons
du
e _fe font aflèmblés au mi lieu
faires nommés de par t &amp; d'a utr
vence on t fait fur cet te partie
]Viane. Enfin , les Co mt es de Pro iétion imaginables. Etabliffejurifd
tou s les aae s de pro pri été &amp; de
@eéta bli r , faifies &amp; confifcations
n
d'e
me nt de péa ges , défenfes
le
s
dan
s
ttes , ext ent ions de chaîne
,bat~aux ; armemens de .flo
que depuis la '. réu nio n a la France
Fl. euv e, &amp;c . &amp;·c . &amp;c . Ce n'èfl:
a
principales entreprifes , &amp; qu'il
·qu e le Languedoc a for mé fes
a
ion
ans de Pr'rJvence. So n -attent
in. qui eté à tou t infb.r1t les Ha bit
efforts
par aît enc ore auj our d'h ui par les
~fe for me r des ti!r es de tou t,
du
la Provence de r A:rrêt ren contre
· qu' il fait de tire r avantage con tre
ffe nui re à fes dro'Ïts, elle eft
le Pap e. 1\fais lüi n que cet Ar r.êt puivu ' de fe fervir .des principes
l'a
::m con tra ire en dro it' com me on
lt
yoi t co11tre Sa Sa int eté ,, &amp; de
plo
em
doc
gue
Lan
le
que
s
me
mê
es.•.
cômb~tt~e 'àv ec fes pro pre s arm

ava nt

Affiii're· non jt!gée entr e la Ville
de Tara'.con

&amp;

~.defü.au.c.aire,

ùt1 69 0,r év êtu de LettresPa•
L'o nfe rap pe ile l'A rrê t du 22 Ao
lar e faire par tie de la Provence, les
ten tes , &amp; .pa r leq uel le Ro i déc
de
·Baralier) en faveur de la Ville
t~rroirs de Leflel', Legues &amp;
e
cett
par
é
rec ouv rer fa tra nqu ilit
~r~fcon. Cette, Vi lle a voi t cru
aéèe
de Beaucaire rec ornmenca fes s
~c c1fion , lor fqu en 1 71 3 la Vi lle
re cet te·· affaire par ticu Üc ré, il eft
d'liofü~i é ; ,n:ais pour faire ent end
ts.. l'ét at des li.eux. ,, fot lefq_uels
néc efü ure d expltqu~ en deux: ,ma
.rcmla la.co11t.eiiaüon..

.1
..

.. .
·

~ ~ ;

'

•\

'.

.

&amp;.

�117

'.Au commencement du quinziéme fiécle , le Rhone abandonna le
pied de la montagne de Beaucaire, &amp; fe jetta avec impétuofitéfor le
terroir de Tarafcon. Cette Ville fut obligée, dans ce tems-là, de
faire des travaux immenfes pour fe garantir des efforts ~e cette ri~
vîere: elle a été fort Couvent, depuis cette époque ,. obligée de re·
nouveller fes ouvrages. Comme ils étaient très difp~ndieux, les
Comtes de Provence &amp; nos Rois ont accordé aux Habitans des dé"'.'
charges fréquentes de leurs impofüions . .
· Avant que ces travaux fuffent faits, le Rhone avoit ravagé, lors
, de fon irruption paffagere , tous les quartiers du terroir de Tarafcon
qui s'étendoient le long de fon bord, à droite &amp; à gauche de la Ville.
Il y a même apparence que l'H1e du Cajlellet fut formée d'une por~
) ·
.
tion .d u territoire de Tarafcon.
- La palliere ou chauffée qui fut conftruite au-ddfus de la ViHe;
av oit pour objet,, comme le difent les titres produits dans l'Inftance,
de remettre le Fleuve dàns fon ancien lit. Ce fut par-là que les quar~· ·
tiers que 1' on vient de nommer furent à labri de l'incurfion des eaux.
Cette irruption quoique momentanée n'en a pas moins fervi dè
prétexte à la Ville de Bemfcaire pour vouloir, 300 ans après, s'ap·
proprier ces quartiers, comme ayant été Hles ou ci:,émens du ·Rhone.,,
dont-le Languedoc prétend avoir le lit entier , &amp; les ID es &amp; crémens
,
,
qu'il forme,
La Ville de Tarafcon eIIe-même , dans l'ignorance des droits dè
fur le Fleuve &amp;~ fes dépendances , s'eft contentée de df{:
Provence
la
puter au Languedo~ les quartiers de Baralier, de Leflel &amp; du Gués ,
qui de tout tems avoient fait partie de fon territoire. A !"égard dü
gr~nd &amp; du petit Cafielet &amp; du terrein appellé. Rowladou., elte ne les,
· a point cünteftés au Languedoc, parce qu'elle a cru que cette Pro"'
vince av oit en effet la proprieté du Fleuve &amp; de fes ID'es; &amp; comme
· l e Caf[elet &amp; le Roudadou étaient voifins du Fleuye-, &amp; entourés,
d'un ancien foffé qui indiquoit qu'un bras du Rhone y avoit autrefois paffé, elLe a imaginé qu'elle ne pouvoir le dïfputer au Lan-:
~
.
· ~~Ville de Beaucaire·, qui dans .rous· l~s œms ifa chercné' qu'~

guedoc.

an~1c.rper [ur T~r,afco~, ?on~feulement.a voulu avo~~ ce qu'on par01lfo1t d1fpofe a lm abandonner, mais encore elle a étendu fes;
prétentions fur les quartiers adjugés à Târafcon par l'Arrêt d~
,1690..
· Sa premïere tentative fut de cnmprendre·cfans fès rôfes d'u dixiëiue~
Ies ~ropriétaires· d'un ter.rein dépendant du qnartfor du Gués,, Une:
Ordonna1~c~ de M.. l'Intendant du Langued'oc commit un Ingé'ruem:

�II8

&amp; des Experts pour vérifier fi en effet-ces terres dépendoient de ce
,
quartier.
donna fon avis, par le.
général
Syndic
le
,
faite
ion
· La vérificat
.quel il confentit à la décharge de l'impofüion : il eft vrai que ce
fut par une raifon que la Provence ne peut adopter, par.ce qu'elle
bleife fes droits. Ce Syndic donne fon confentement , attendu que
tous les champs eto.ient au-delà du foffé qui, fuivant lui ,faifoit la fépa~
ration des deux Provinces : il reconnu t qu'il y avoit lieu d'ordonner
l~ refütution de ce qui avoit été exigé des Po.ffeifeurs, &amp; de con~
·
damner les Confuls de Beaucaire aux dépens. .
adopté par
foffé
de
Tarafcon
de
terroir
Jamais il n'y a eu dans le
la Provence, pour faire la limite des deux Provinces. Ce prétendu
fofi'é eft la Zone ou les traces du lit qu'occup a un bras duRhone lors
.de fon anclenne irruption ; mais dans .aucun tems cettelon e n'a été
,prife par la Provence pour' une de fes limites.
En 1736 , même tentative de la Ville de Beaucaîre fur le même
·quartier : pareille condamnation de la part de l'Intenda nt même du
'Languedoc, &amp; toujours conformément à l'avis du Syndic général de
la Province ; ce qui forme fans contredi t deux J ugemens contradic..toires avec le Languedoc, au fujet du quartier du .Gués. Celui de
Leflel doit ·à plus forte r.aifon appartenir à Tarafcon , puifqu'il eft
encore plus enfermé dans les terres de la Provence, &amp; également
Ji.tué au-delà du prétendu.fofi'é de limitation des deux Provinces. .
- La Ville de Bem;.caire n'ayant pu parvenir à entamer le terroir de
·Tarafcon pardevant M. !'Intend ant, crut fans doute être plus heu·
reufe en s'adreifant à la Cour des Aydes de Montpellier, où elle fit
.affigner la Commu nauté, pour voir tîrer de fan cadaftre des terreins qu'elle ne défigne pas, &amp; qu'elle dit lui apparten ir, quoique
fitués au-delà du Fleuve: Tar('J,fton a été obli,gé de fe pourvoir à la
Chambr e des Comptes d'Aix: de-là eft né un conflit qui a occafionné l'évocation du fond au Confeil où l'Infrance s'eft inftruite
.avec l'Infpeéteur du Domaine.
Comme l'on oppofoît fans ceffe à cette Ville l'-'(\rrêt de 17 24, qui
'déclare toutes les Ille~ du Rhone appa~tenir ·au Languedoc, elle n'a
pas cru pouvoir contefter à cette Province le.quartier du Caftelet, de
Garris &amp; du Roudadou, que le Rhone avoit autrefois entouré de fes
eaux ; c'eft ce qui lui a fait déélarer dans l'Inftance qu'elle ne pré·
tendoît rien fur ces fonds, comme fi un Arrêt qui adjugerait des
Ifles, a&lt;ljugeoit aufli Ies .crémens: el\e a fait la même déclaration à
l'égard d'.un autre terrein limitrop he, appellé le nouvel Amermat,
qu'elle a déclaré faire partie du territàire de Beaucaire , comme Jfles
&amp; crémens du Rhone,.

�'rt§
Heureufement ces a.veux font toujours âccompag 1,-res de 'là ;
raifon qui les a fait faire, c' eft-à-dire , parce que l'on croyoit que le ·
Languedoc étoit réellement Propriétaire du F~euve &amp; d ~ fes dép~n­
dances · mais comme le motif de ces reconno11fances eftune ·vénta·
ble err:ur, il eft de prfocipe qu'elles ne p~_uvent nuire;·à ceux qui'.
les ont faites , &amp; encore moins à une Pwvince que des· aveux fur.! ·
pris à des Particuliers ne peuvent jamais ·priver de fes droits. .
La Ville de Beaucaire encouragée par les avantages qu'on lm~édoit par méprife ·, a: porté fes prétentions plus loin; elle a _voulu conquérir encore les quartiers du Gués, de LeJlel &amp; de Baralzer, &amp;
a cru que pour y parvenfr , il fuffiroit de former ~pp.'.Ofüion à l'Arrêt ·
de 1.690, qui.les adjugeait à Tarafaon . &amp; à la Proveizce·: elle -demandait également les quartiers. de Luffan-·Lubier.es , aùtre tèrr'eirl}s
fi tué entre celui: de Baralier &amp; la' Ville de TaraJ'con. · •,'
~ ··
Sur toutes ces·demandes eft intervenu un Arrêt· préparatoire' 1e ·
,(17 Décembre I 742·' qui a donné aél:e la Ville de-Tarafcon de fes reconnoiffances , a débouté celle de Beaucaire de fon oppofition à
fArrêt de 1690, dont.l'exécutfon eft ·ordonnée,. &amp; avant d~ pro..;_noncer fur les chefs concernant les quarti~rs de .Luffan-Lubieres &amp; :.
Amermat, il a·été ordonné qµe.MM. les Ihtendans de Provence &amp;J
de Languedoc enverrofondeurs avis fur .lès m~inoires · &amp; les piéces:
qui leur feroient remis par les Parties::, _&amp; expliqueroient fi ces':
quartiers font de l.~ancienne terre ferme ~e Frcn1enct, ou s'ils:· fo~t­
Ifles ou crémensduRhone-, &amp; cependant Ü;eft ordonné par· pi:ov1-·
fion que les trois quartiers: continueront d'être compris au cadaftre:
de Tarafcon en la· manierè accoutumée. .
Cet interlocutoire n' étoit pas rempli, que la Ville de Bèauctzire ;~
toujours ardente à inqufoter celle ·de Tarafcon -, -c·o mprit &lt;lans fes:
rôles· de ca~itation les Fermiers de dèux·terreins dépendans-:..de 'l'an....&gt;
c·ien·Afnerma.t (a) nommë . le Jardin de la Comteff~1 dé Boulbon -&amp;.
le t~nement du petit Beaumont ·: &amp; pendant l:lnftancre -q u'occafionri:if
cette contravention à'l'Arrêt interlotutoife ·,- ia. Obmmunanté dë- .
Beaucaire.impofa au ·dixiéme le ·Fermier d'un autte quartier interloqué; Elle fuivit même à main· atmée cette nouvelle entreprife ~ &amp; envoya la Maréchauffée enlever.-le Gardi~n établi aux . faifies ·
.qu'elle av oit f~it faire .• ,
. '
. Le .20 Oétobre 17).2-, intervint un nouvel Arrêr- ~ qu! en premier ·
l!eu ordonne que cel_m de I 742 fera exécuté, &amp; qil en conféquence
Meffieurs les.Intenda.ns des·deux .P rovinces ·enverront. leurs avis fur
r

a

'

(a) ~e mot Amermat :en-Yrovence lignifie un obj1&gt;.t.&lt;J,1.Jelconqq~ dont il a été retranchf
1
urre ppn;on.; .
,

�Jj'd
lés quartiers de Luffan-Lubieres)&amp; de l'ancien

Amermat, fi le jardin

&amp; le nou vel Amer~
de la Comreffe de Boulbon eft füué dans l'ancien
dans l'ancienne terre
ma t, &amp; fi le tenement du petit Beaumont el!
petit Caflelet. Par proviferme de Provence, ou dans le quartier du
eront d'être employés au
.fion il eft ordonné que ces terreins continu
rôle des impofitions de Tarafcon.
ive, &amp; concerne les
La feconde difpofition de l'Ar,rêt eft déf init
rifonné. ; elle déclare les
Particuliers f.aifis , dont un. avoit été emp
ordonne que le ParticU..
fa.ifies nulles ; ainfi que l' emprifonnement;
de Beaucaire en 200 liv~
lier fera mis en libe rté, condamne la Vil le
dépens.
de dommages-intérêts enyers lui, &amp; aux
la Communauté de
A peine cet Arr êt a-t- il été ren du, que
doc, &amp; lui a fait atta·
cett e même Vil le a fait intervenir le Langue
n , les Arrêts de 1690 ,'
quer , par la vpye de la tierce-oppofitio
écu tion de plufieurs Arrêts favo·
II 74~ &amp; 17) 2, &amp; demander l'ex
·_
rab les à fa prétention.
Opp ofa nt aux trois Arrêts de
reçu
été
t
Le Languedoc a en effe
ont été renvoyés en gr.ande
11690 ,. 17 42. , &amp; 17) 2 ; &amp; Je_s ;I&gt;arties
s demandes, l'Infpeél:eur
DireéHon pou r 1leu r être fait dro it fur leur
êt, le Languedoc a aug·
du Domaine appellé. Mais depuis cet Arr
remplir les interlocu·
menté fes conclufions , &amp; demandé que fans
rloqués lui fuffent adjugés comme
toi~es ordonnés,les quartiers inte
féquemment partie de la
JO.es &amp; crémens du Rhone, &amp; faifant con
'
Pw vin ce.
fur
é
inet
vera
Roi fa fo"u
. Et: çom1pe fi Tarafcon eôt difputé au éral
a demandé la jonc·
les quartiers contentieux , le Syndic gén
t déj a, comme on l'a vû,
tion de l'fofpeél:eur du Dom ain e, qui étoi
proprieté &amp; poffeffion de
.en cau fe, attendu, dit- il, qu'ils' agit de la
droits dépend ans de la fouvuaineté du Roi .
e du Languedoc de vou~
. On l'a déja &lt;lit, ç'a toujours été la méthod
quelque chofe .de relatif
loir· faire croire que quiconque lui difp'ute
Il ne tient pas à lui qu'on
au Rfwne, le contefte ~galement au Roi .
autre Puiffance qu'au
ne croye que la Pro11ence appartient à une
gé à ce.t te Province ne
Roi de France, &amp; que tou t ce qui fera adju
'foit Ul)_ démembrem~nt de la Cou ro.nne.
èôt é venus
leur
de.
t
fon,
Les Procureurs du Pays de Provence
[ont rendus Parties· in·
au fecours de la Vil le de .Tarafcon ; ils fo
l'ex.écution des Arrêts de i69 0;
te~venantes, &amp; ont demandé
emp le de cett e Vil le &amp; par
174 2 &amp; 1·7 52; mais entraînés par l'ex
reco uvr é les titres que
l'Arr êt d.e .1 724 , n'ayant pas encore
entier du Rhon,e &amp; fes
leu r PN vin ce avo .it pour prétendre le lit
dépendances

�tf 2·t
(àépendan:ces ; il-sont fait à:peu près les m'èmes recom1oiITances que la Ville de Tarafcon.
1
Mais outre que ces reconnoiifance.s ne font :dûes qu~à une erreur
,.'de fait , elles font émanées d'Adminifl:rateurs qui ne peuvent nuire
à un Corps toujours mineu:r, &amp; qui ré.clame contre .des aveux ·
.,qui ne font point de fan fait.
· ·
D'ailleurs, le Syndic du Languedoc ne pourrait faire valoir à cet
'é.gard aucune fin.de non-recevoir,qu' on ne .pût les lui rétorquer avec
avantage,puifquelui-même revient à demander les quartiers du Gués.,
Le.fiel &amp; Baralier, que les Geurs de 1t1ontfeT&gt;rier &amp; Joubert fes Prédéceffeurs avaient reconnu dépendre de la Provence &amp; du terroir de
'Tarafcon: il s'éleve même contre· lui une autre fin de non-recevoir
&lt;qu'on ne peut oppofer aux P-rocureurs du Pays , c' eft qu'll forme
'ces demaneiles, Jans .attaquer les O:i;donnances de M. !'Intendant
xendues en ,1713 &amp;. 1736, d'après le confentementdes Syndics .du
.Languedoc , &amp; contradiaoirement avec eux : comment peut - il
:aujourd'hui croire être en droit d'agir comme fi ces Jugemens
d e:x,iftoient .pas ? Il efr certain au contraire ·que tant qu'il ne les
,aura pas fait révoquer, ·il Jera non-reçev.able à remettre en queftion
"c.e qu'ils ont jHgé dans la plus grande connoiifance .de caufe.
L'on ne peut pas nous 0ppofer que.les Procureurs du Pays ont
-reconnu le droit du Languedoc fu-r le Rhone., parce -qu'ils . ont de1pandél'exécution desArrêts de i742 &amp; 17)2,qui fupp0fentque'le
Fleuv.e &amp; f~s !Des appartiennent .au Lang'l:l.ei!:o.c. Ils ·ne fe font pas
.attachés à traiter, dans ce Pro.cès _particulier, la queftion de Droit,
.dès qu'ils étoient affurés par le fait ·que les tea-éins dont il ·s'agit
étoient de l'ancienne t.en;e .ferme de Pr-ovence.
Au forid, la prétention du Languedoc fur les quartiers dont 'i1
.s'agit, rentre .dans l~ queftion gél;lérale que .nous agitons: c'eft
.coml.1'e Pr~priétaire QU Fleuve &amp; ide fes dépendances ·qu'il veut
,conquérir une partie du terroir deTarajcon: c'eft dans la fuppofition
:qu'il a les !Des &amp; crémens du Rho.ne. l\tI.ais l'on a déja vû combien.
fa :prétention fur la totalité dtt Rhon,,e, eft .contra.ire aux titres.
La feule fof~etl:ion &lt;lu -plan ·qui ·a été ,produit &lt;lans l'affaire de
Tarafcon, fuffit pour voir l'excès où le Languedoc perte fes préten-tions.: les quartiers qu'il réclame font des terreins qui touchent la
Ville de Tarafcon du midi &amp; du nord :fun de fes Fau,xbourgs., les
Caz~rnes,l'Hôpital,deux Couvents de Rdigieu~, le Port même de
laVille, fon.t füués .fur mi de ,ces quartiers. L'on voit encore fur le
pl~n, q~e le Languedoc porte les ch0fes jufqu'à demander des ter.r..ems qm font beaucoup plus avant dans lest.erres de Provence que

Q_

•

�'ü2
laVille Cie ·Tarafcon même. L'abus qu'il-fait de fon droit chimérique
de proprieté du Rhone efl: .tel , que fi, par une inondation , ·ce
Fleuve paffoït derriere la V 1lle de Tarafcon·, fur le cha1}-1p cette
1Ville deviendroit dép~ndante du Languedoc. Souvent le Rhone
inonde la vafre plaine d'Arles, &amp; bien-tôt nous verrions ces parties
de la Provence paffer-encore au Languedoc.
En vain lors du Procès-verbal de !'Ingénieur, fait en 17 1 3, a-t-on
prouvé que les quartiers du Gués, Le{èel &amp; Baralier· étaient compris
de tems immémorial dans les cadafires de Tarafcon , &amp; qu'ils
étoient fitués au-delà de ce foffé que le Languedoc prétend être la
limite des deux Provinces: en vain a-t-on prouvé que les autres.
quartiers étoient terre ferme de PrOVf:JZCe , &amp; non des Ifles ou crémens du Fleuve; tout a été inutile. Le Rhone dans une inondation
paffagere a touché ces .terreins ( il y a trois ou quatre ilécles , ) c'en
eft affez pour les avoir acquis au Languedoc, quoique la Provence
ait continué de les poffeder. De pareilles conféquences devroient
fu ffi re pour faire réprimer l'entreprife du Languedoc (a).
Il efl: aifé de s'appercevoir que le parti que prennent aujourd'hui
les Etats de Provence de réclamer le lit du Rhone depuis la Duranœ
jufqu'à la mer, &amp; de faire condamner les prétentions que le LaJZgueaoG a fur cette portion du Fleuve, change totaleme~t de fac·e·
l'affaire de Tarafcon &amp; celle de Boulbon, dont nous allons nous oc,,
cuper. Dans le cours de cette premiere inftance, on s'eft défendu·.
en fuppofant au Languedoc un droit qu'il n'avait pas ; on lui cédoit des terreins q1:1-'il av oit vifiblement ufurpés : On croyoit, fans:
preuve, qu'un ancien lit d'un bras du Fleuve avoit été défigné pour
faire les limites des deux Etats : Toutes ces idées étaient autant
d'erreurs ; &amp; fi, comme on l'efpere, les Etats de Provenee réuŒifent
à renvoyer ceux du Languedoc au - delà du Fleuve , èe fera fm~
un plan tout différent que ces Communautés d~vront' être dé'"'.'
fendues. ·
Affaire de la
-communauté de
Boulbon.

Après le détail dans lequel nous venons d'entrer fùr l'a.ff..·üre de·
nous ne dirons qu'un mot de celle de Boulbon, qui eft
Cette Communauté dont le terroir touche à celui de
a eifuyé les mêmes conteftations pour un quartier nomdu plan de Lorme. Le · Languedoc l'a prétendu par les:
mêmes raifons qu'il a oppofées à Tarafcen. Il a de même formé:
oppofition à un Arrêt du Confeil du 4 Mars 1 7') 4 , par lequel le .

TaraJ'rcon ,
la même.
Tarafc,on,
.mé le clos

_ (a.) C, omi:e _l'Infiance ~'entre la Ville de 1 arafcon &amp; les autr;s Parties, e{l: pendante·
:au ConÎeil , 1 on pourra voi r les autres moyens de cette Ville contre le Languedoc . dan9'
le .l\'l émoire qu'elle a fait imp rimer.
'

�1-~1

Co11foil a demandé l'av'is des Intendan s; pour fçavoir fi le terrein
contentieux étoit terre ferme ou Ifle &amp; crément. Il confentoit d'aboi:d, comme vîs-à-visTarafcon, que cet înterlocu toîre fût exécuté ;
mais depuîs il l'a jugé inutile, &amp; a demandé que l'on commençât
par lui adjuger définitivement le terrein contenti eux comme crément du Rhone; le Confeil , fuivant lui, devoit l'en croire fur fa
·.
parole que ce n' étoit point une terre ferme.
par
&amp;
,
réuffi
Ce ton clefpotique du Languedac n'a cependant pas
Arrêt .du 6 Février 1764, Fexécutî on de celui de 17)4 a été ot-Oonnée: enforte qu'ïl eft aauellem ent permis de douter que . le
;terrein contentieux foit un CFément du Rhone. Il eft vifible que
cet Arrêt pour Boulbon · annonce au Languedoc quel fera le fort
.&lt;le la _!nêine prétentio n qu'il foutient contre la Ville de Tarafcon..
Quoiqu' il en fait, ces .préparatoires ne rempliffent pas affez les
&lt;lr~its de la Pr-0vence , pour qu~elle les adopte ; &amp; l'on vient de
voir par l'analyfe de fes titres qu'aucun de ces Arrêts n'eût été
:rendu dans ces termes , fi fes droits avoient été connus. Il en
.doit être de m&amp;me des deux Procès que la Ville d'Arles foutiertt
:aal,.\ellement au fujet du Rhone.
Le Fermier du Domain e de Languedoc a intenté deux demandès Procèsd'Arle;.
iCOntre cette Ville, l'une pour des droits de franc-Fi ef, &amp; l'autre
. pour des lods &amp; ventes qu'il prétend fur le quartier de Trrjbon que
Confeil de 169 2 déclare devoir appartenir à perpétui té
l'Arrêt
:au territoire de Provence , &amp; être exempt de tous droits de cham- ·
part, lods &amp; ventes, &amp; autres droits envers le Roi , moyenna nt
,d'un côté lafomrne de 787) liv., qui fut payée pour droit d'entrée ,
-.&amp; de l'autre une albergue,annuelle &amp; perpétue lle de 300 livres.
La Commun auté de Barbantane eft encore pourfuivie par le Inlhnce· entre
farba~tane &amp; A:Languedoc pour la taillabilité des Ifles du Mouton , quë la Com• , tan d.iS ramont.
r
d
_Jr
·
f:
·
d
'A
rnunauté d ramont vou ro1t aire pa:uer ans ion com,p01x
que la Commun auté de Barbantan·e &amp; la Provence ont joui fans interruption &amp; à fi jufl:e titre de la taîllabîli té de ces terreîns, depuis
&lt;iu'ils exiftent.
. 11 s' e.ft élevé une autre conteftation entre la Commun auté de Procès de Me-!&lt;
:Palabregues &amp; le lieur Ravaneau qui po1féde .des fonds dans le zoargues,
terroir -de Me?_oarg.ues; la Commun auté de V.alabregues veut
avoir la nillabili té d'une pai;cie du Domaîn e du lieur Ravaneau,
conteuar1on enues.
ré, • &amp; a payé la taille à Me7oarg
été encadaft
qüi a toujours
1.
.
•
.
Enfin il y a une nouvelle difficulté entre 1e Corps de la No- rre fa N obleffe de
du Baron, 1Prove n~e &amp; le
bleife .de Pr.ovence &amp;le Languedo,c , au fujet du péage
angue~oc.
n ..
/1

""' lJ

•

�.

,

.

'tiil

.

:qui fe leve f~r ~e petit Rhone.= L,~ Lan~uido'C'.pré:enâ- a'VO'Îr ~et
Arrêts qui lm ont donné le droit d .1mpofer au vmgti~me l~s droits.
de bacs, &amp; péages p~rçus fü~ la partie du Rhone fupéneure ~la. Du.
Tance_; il veut en etendre 1 effet fur, les péages qui fè perç_o1vent le
long de la Pr,ovence, &amp; impqfer au vingtiéme le péage du Baron
'.dépendant de la Seigneurie du lieu , qui appartient au Marquis de
rMejanes. Celui-ci paye au Corps de la Nobleffe de Provence hs
vingtiéme s de fa Terre du Baron ,. &amp; de tous les droits. qui la co111··
pofent, parmi. lefquels le péage efr un des principaux : Cette
Terre a été de tous les tems comprife dan.s- l'affiorinemeut du Corps
de la N obleife de Provence ; c' eft fur les déclaratio ns des Fiefs &amp;
des droits qui en dépendent qµe le contingen t de ce Corps. a été
formé dans l'abonnem ent des vingtiéme s ; le péage du Baron comme
les autres droits de c::ette Tei:re, font entré&amp; &amp; ont dfa entrer dans
ces déclaratio ns &amp; dans œ contingen t ; comme Fiefs &amp; dr.oits de
Provenae ·; pourquoi · donc le Lang';J.edoc veut-il aujpur-d'hlii
en percevoir le vingtiéme ? Cette prétention n'avait pas. été rnife
au 7ourlors des vingriéme sde 1q10, 1731: &amp; f.74:1 ;, jufqu'àpré ·
fent perfonne ne s'étort avifé d'imaginer que le Fief &amp; Seigneur~e
du Baron füt compofé de droits, partie Provençaux, &amp; partie Lanw
guedo,iens. : A près toutes les preuves que nous avons fourni~s, on
aura fans doute raifon d'être farpris de cette n0uvelle entreprifo,
pour enlever à la Pr-o·vence le péage du Bar-on, péage que· les
Comte1) de Prnv~nce ,o at établi , po:ffédé &amp; inféodé ,
dont ils
ont reçu les hommages &amp; dénombreni.ens des Poffdfeurs . Le Lan·
. guecloc ne peut foutenir: une pareille prétention _; fans renverfer
routes les idées,, fans rnéprifer les titres. les plus c.onftans,. fans,
. violer la p.o.fidiion la plus ancienne.
Tou? les t~n:eins qui. bm:dtmt le Rhane du côté' de la Provence.;.
ont toujours contribué aux impôts payés par cette Province; ils
ont été compris dans tous, les affouagernens- &amp; _les cadaftres fur
lefquels fe lev€nt ces· impôts; &amp; l'on défie le Languedoc de Giter
une fe_ule époque où ils ayent ceffé de contribuer aux charges que
la Provence paye à l'Etat. Il eft donc fouveraine ment injufte que le
Languedoc veuille acquerii: J au détriment du vrai Propriétai re , du·
Poifeffe.ur de tous .les tems., les impofitions des terreins qui font ·&amp;
ont tOUJours fuit partie de la maffe commune , fur laquelle nos RciSJ
cmt fixé les tributs de la Provence.

M 0

Y E N

s:.

Le Confeil s'apperc.evra. facikment d'.apres cet expofé d~s;

�t':l~

Ptoct~ rut&gt;fi11ai\S en.trè fes deux Provinces à I'occaGoh 'de fa prô'G
Lang~edoc n~ t~ndent à
rriété du Rho~: , qu_e les prétentions
rien moins qua diminuer les fonds fuJets aux impofit10ns de la
PwJJence, à troubler l'ordre de fa taillabilité, &amp; à l'obliger de
demander au Roi une diminution fur fes impofitions , fans que
celles du Languedoc en reçoivent d'augmentation. L'intérêt da
Roi ni:ême fe trouve donc néceffairement lié avec celui de la Proi....
'JJence, pour déterminer- le Confeil à refferrer le Languedoc dans
les véritables bornes quel' équité lui prefcrit , -&amp; à-écouter les très"humbles repréfentations de la Provence fur la néceflité de faire u:h
Réglement général qui fixe enfin le fort. &amp; les limites des:deux::
Provinces. ·
C' eft pour démontrer la jufl:ice de cette d.€mande , que les Prot..1
cureurs du Pays fe propofent de réduire leur défenfe à deux prG- ,
:pofitions très-fimples, l'une fur le n~rite du fond, l'autre relati;..
.· ·
vement à la forme.
Sur le fond , la Prov.znce- a des titres füffifans pour réciamei: lh
Rhone &amp; fes dépendances, depuis la Durance jufqu'à la mer ..
Dans la forme, les voies de Droit lui font ouvertes pour fe pou.11~
yoir contre les Arrêts qui peuvent lui être contraires.

?u.

P R E M I E R E

P R 0 P 0 S I T I 0 N'..

'La Provence a des titres fuffifans pour réclamer le Rhone &amp; fis;
dépendances,. depuis la Durance jufques à la mer.
l1 n?efr poi'nt de rnoyen pluS' certafo de s'affurer à laquelle ôe·
·d eux Pr.ovinces une riviere appartient, que d'examiner fi l'une des"
deux ù~ft étendue fur les deux bords, fr elle a exerE:é fa Jurifdi8:.i.on fur le lit de la riviere, &amp; fi. elle en a poffédé les Ifles ,. les·
ports, les péages. &amp;.la pêche : La. Provence. réunit.tous ces avanta.ges à la fois ..
r 'I! ~ -e,
. &amp; p· R:f"I!.R .ul"M.
. que- 11ous venons de. parcourrr,
L es monumens de l 'H. i.ft oue
v r~.
les titre~ produits par la Provence, s'accordent à prouver que cette La· Pro·.,rn~c a,i
Province s'étendait autrefois fur les deux bords du Rlrone. U Fl.· Fi- polled~ d.e:._Terrcs,
•fr
.. l arHer
Œ,t.
de ces d"111t=rentes
·
r.
aucun doute au-del.id.i.r. lou..y.e_
preuves ne doit
J.iUme' .r.1.uccmt
.fur cette vérité. Nous voyons en effet que fous l:Empire·Rornai111,
le Rhone faifo\t partie de ce Pays~ La conquête que leS' Vzfigots:
firent du Languedoc , ne changea point les limites.de la P"roPene~ ,,
q.ui conferva toujours fes terres au-delà du Fleuve:.. Si cette Prn-vince paffa dans la fuite fous la dom_foatfoU'-des·Ojrogor.s; 1 &amp;.. depuis;

�t 'y ,.5

aux Princes François en ) 37, elle y paffa dans toute fon étendue
&amp; avec les terres qu'elle avoit à la rive occidentale du Fleuve.
Nous croyons même digne de remarque , que cette ceilion deJa
Provence à la ·France eft le premier titre en vertu duquel no.s
-R ois ont regné 'fur le Fleuve du Rhone. Ce n'eft qu'en qualité de
Souverains de cette Proyince , que pendant deux cens ans ils ont
.exercé leur fouveraineté fur le Fleuve &amp; fur les Pays fi tués
- aux deux bords , &amp; l'ont exercée dans le tems que le Languedoc
contînuoit d'être poifédé par les Princes .Pifzgots, dont les Etats
.
.
ne s'étaient jamais étendus jufqu~au Fleuve .
par
foit
,
Le Languedoc une fois conquis &amp; réuni à la France
'Charles Martel, ou par Pepin le Bref, l'union des _4eux ·.Provinces
fous la même domin ation, n'apporta aucun changement à leurs li~
mites; la Provence conferva toujours le Rhone &amp; les Pays fitués
à la r~ve droite. Dans les partages de la Monarchie Françoife entre
les Succeifeurs de Pepin &amp; de Charlemagne , le Prince qui regnoit
fur la Provence, regnoit également fur le Fleuve &amp; fur les deux
bords; &amp; celui qui avoit le Languedoc, n'y faifoit nul aél:~ de fou"".
veraineté.
Lors de l' établîifement de la Religi on chrétie nne, la Jurifdiç~
tîon fpirituelle des Evêques eut pour bornes la même_étendue que
la J urifdiét:ion temporelle des principales Cités. D:ans 'le moyen
âge, lors de la formation des Comtés , îls avoient la même éten,due que les Diocèfe.s ; .ç elui d'Arles comprenait au-delà du Rhone,
Beaucair~ &amp; le territoire d'Argence, qui font encore aujourd'hui
du Diocèfe d'Arles: Aucun Diocè fe ni Comté duLanguedoç n'était
compofé de terres en;deçà du Fleuv e; fi Bofon Gouverneur de
Provenc~ ufurpe ce Pays fur la Couronne de France, l'ufurp.ation
s'étend fur toute la Provence ; c'eft-à-dire, fur les Pays fitués à la
gauch e &amp; à la droite du Fleuv e; [es Succelfeurs ·jouiffent de la
fouveraineté fur tous les Pays ufurpés , &amp; cette révolution ne fait
perdre à la Provence les droits légitimes qu'elle avoit fu,r le Rhone,
ni ne les donne au Languedoc.
~es deux Provinces foumifes à des Corptes particu liers, ce n'eft
que par le mariage d'Emme de Provence qui époufa le Comte ~e
Touloufe , que .celui-ci a droit .à une partie &lt;lu Comté de Provence ;
ce n'eft que ·depuis ce mariage qu'on voit le Comte de Touloufa
poiféder des terres de Proven~e voîfines du Rhone ; jamais avant
cette. époqu e, il n'en av oit eu, &amp; jamais il n'a fait aae de fouve·
i-aineté fur ce Fleuve qu'avec les ,Succeifeurs de l'autre branche
,qui regnoit en Provence.

�'i2·1

Rappellons-nàus êncore que lorfque cette Province fut partagée
entre Raimond Comte de Barcelone &amp; Alphonfe Comte de Touloufe
par le traité folemnel de 1 12) , la partie de la Provence qui étoit
au-delà du Rhone du côté du Languedoc, c'eft-à-dire Beaucaire &amp;
le territoire d'Argence qui avoient toujours fait partie du Comté &amp;
du Dioc.èfe d'Arles, fut définitivement adjûgée au Comte de Tol.l'-loufe avec rautr·e pàrtie de la Provence qui s 'étendoir depuis l'lfere:
jufqu'à la Durance. Par le même traité la Durance depuis fa fource
jufqu'auR hone, &amp; leRhone jufqu'à la mer, &amp; même jufq ues au milieu
de la mer, font adjugés à Raimond Comte de Barcelone avec tous les
Pays qü'ils renferment. Cette réunion .de Beaucaire &amp; du territoire
d'Argence àl'ancienDomaine du Languedoc, bien loin de lui fervir de
titre pour dépouiller la Provence de fes droits fur le. Rhone, efl au
contraire un· monument, une preuve toujours fubfiftante que le
Languedoc n'eft parvenu à toucher le bord occidental du Fleuve,,
qu'en acquérant une partie de la Provence , &amp; que le titre de fan
acquifition de cette partie ne lui a donné aucun droit fur' les Ifies ,,
&amp; encore moins fur le bord oriental : En effet l'on voit les Suc-·
cefTeurs de Raimond Comte de Provence maintenus en poffeffioll'
des principales Ifles du Fleuve de la Camargue , de Luffan &amp; de·
Lubieres, par un autre traité paffé en I 1 76 entre les deux Comtes de' ·
Touloufe &amp; de Provence; ce dernier aél:e eft d'autant plus décifif, que·
c' eflun renouvellement &amp; une confirmation du premier,fait en n2) ..
. Saint Louis rentre en poffeffion, par le traité de Pari-s de 1229,
d:une partie des Etats du Comte de Touloufe, &amp; de la partie de hi·
Provence à la droite du Rhone , que le traité de 11 2) avoit adjugée
au Comte de Touloufe; c'eft-à-dire, de Beaucaire &amp; du territoire
d'Argence : la. Maifon de France .rentre également en poffeffion ei;r .
124) du rdte de la Provence, par le mariage de Charles d'Anj.ou
frere de Saint Louis avec Béatrix Comteffe de Provence ;. avant &amp;
ê.près cette époque , les Prédéceffeurs &amp; les Succeffeurs de Charlei
d'Anjou Comte de Provence ont joui confiam!Ilent des mêmes droits;
fur le Rhone, fur fes Iiles, [es bacs, fes ports &amp; f-es péages, de
l'aveu même de la Cour de France , &amp; malgré· les tentatives des;
Officiers du Languedoc, qui n'ont fervi qu'à mieux. affermir les:
droits de la PrGvence.
Nous nous rappellons encore d'avoir vu en S24 le Comte
Leibulfe faire échange avec !'Archevêque d'Arles , des biens füués:
dans la Terre d'Argence au- delà du Rhone, , faiJant partie dt.i
territoire d'_Arles. Le traité fait en 1070 entre cet: Afrhevêgue
d'Arles · &amp; Raimond· de Saint GiUes , au fuj er de la Terre ·d'Argence &amp; de fes çlépendances,. efr une nouvelle preuve que ce Pay$

•

�'128

faifo!t. .partie de la Provence. Cette contré e eft-ell e con1prife dan$
Je p~rtage de 1 1 2) : le même Prélat la reclame comm e dépen~
.dante du Comté de fon Eglife. Au milieu du douzié me .fiécle, il
.difpofe d'une partie des terreins qu'il poffédoit au-del ~ du Fleuve..
.Dans un autre tems il inféode .à Simon de Montfort , Argence &amp;
]3eauc_air.e. Enfin, Saint Louis efl: obligé de traiter avec l'Eglife
:d'Arle s, f,our acquérir les .droits régaliens dans ces Pays, fui:
lefquels 1 Archevêque les exerça it. Il eft donc difficile de rapporter des preuve s plus convaincantes qùe la Provence a autrefoi~
poffédé des terreins fur les deux bords q.u Fleuve . Quant à la
Jurifdiétion qu'elle .a exercée fude Fleuv~ même _, nou~ en yoyon?
.des titres multipliés..
Un Comte de Provence fient en I 1 ) 0 un plaîd folemnel dans une
entre les Rabi.
En 122 1 il s' éleve une conteftation
l F lle a exe rcé des Hl es du Rhone.
d
r.
C
d
'
d
1
·
t &gt;e tout ·tems a 1u. u . omte; .ce ,1.ont e$
J"ilè!iéèion fur le .tans .de Tarafcon &amp; les Recev eurs u peage
Ju.ges de Proven,ce qui la te.rminent. CharZ.es d'Anjo u met .des imp0iRhone.
fitions fur le fel que l'on tire _par le Rhone pour Saint Louis; &amp; lorf:.
,que le Roi de France s'en plaint , ce i~' eft point parce qu'il fe prétend
.maître du Fleuy e, ,mais parc.e que de -pareils proce.dés ne convien~
~1en.t po.int à un P.rince voifin , encore moins à un fr.ere,.
En i 267 , une autre difficulté naît fur les péages du P6nt
'd'Arles , elle eft encore jugée par des Juges de Provence. IJ
s'en éleve une nouve lle e.n 1 2.8 3 , · elle eft également termi,.
d~
~11ée par les mêmes Jug.es. Les Seigne urs de M é"I_oargues,
Jjoulbo.n &amp; de Be.rtrp.nd ont des différends ; ils font prêts à .en venir
:;i.ux arm~ : c' eft le Souverain de Provenc,e qui interpofe fon autori té,
&amp; quj. fait faiGr en 1290 leurs !iles. Les H:abitans d_e Fourques, Su jets
Çu Roi,de France, ont-ils quelques difficultés fur les péages d'Arles:
Ils fe foume ttent à la jurifdiétion des Juges de Provence_: n9µs en
voyons un exemple en 129!} &amp; 1 360. Ceux de Marfei.lle pré~ndent
fexem ption .de ces péages ; !'.affaire eft :P ortée devant les mêmes
Juges: il ei;i eft de même pour les Habita ns de NQtre-Dame-d~-la­
'Mer. Un .Sérltéc hal de Beaucaire faifit une barqu.e fur le RhoJ7,e; 15$
Officiers de Proven.ce s'en plajgn ent; U efl: obligé de donne r main·
levée de la faifie, &amp; de les prier .d'en faire une dç leur autoritép
:tnfin, les Rois de Fran.ce eux-mêmes recouno.iifent les droits des
Souverains de Provençe fur le Fleuv e, pa.r les traités eiu'·ils font
c foin pour la tra,ite des fels.
~.vec , eu~,~ qu'ils renouv ellent ave_
, Une multitude de Sentences de conf-ifcation rendues par les Juge$
,çle Pr,op_ençe, ~ompre d'inféodationi d~s Iüe~ données par la Çham~
,bre
'
I I.

�~L... ......

l.29

'.'bre des Comtes d'Aix; plufiem:s homma-ges rendus aux Comtes 'cf'e·
Provence, pour raifon de ces mêmes !fies, ·confirment que la Pra-.._
:vence a toujours exercé fa jurifdiétion for le Rhone.
Les Souverains de cette Province donnaient des permiffions
d' airi1er fur ce Fleuve, y faifoient eux - mêmes des machines de·
guerre, en défendoient l'entrée à qui il leur plaifoit, en faifa11t
tendre les chaînes deftfoées à cet ufage: ils donnaient des lettres
de marque &amp; de répréfailles , poifédoient un fort fur fes bords, &amp;
permettaient à la Ville d'Arles d'y en bâtir un pour lui affurer la
navigation. Ces Souverains jouiifoient donc fur le Rhone de toutes
les efpéces de droits·_régaliens &amp; de jurifdici:ion. Le Languedoc
.eft-il en état de rapporter de pareilles preuves de fa fouveraineté
fur la riviere?
'
' Aux droits de jurifdiél:ion &amp; de fouveraineté , les Comtes de
Provence téuniifoient ceux de la prop 1riété des IOes &amp; crémens
du Fleuve. Dans la plus haute antiquité ils ont poifedé la plus
grande Ille, la Camargue.Jamais ils n'ont ceifé d'en être maîtres ;
nous les voyons difpofer également des H1es de Formicaria, d' Ar,gentiere, de Mairanica, de Lubieres, de Me'{__oargues , de Luffan &amp;
de Boulbon, que le Rhone a détruites, &amp; .d ont il n'exifte plus d'au•
cune trace que dans la fimilitude des noms que portent encore au...
jourd'hui quelques terreins de la terre-ferme de Provence (a) : ils
.difpofent encore de celles de Bertrand, de Carnave, du Petit-Mouton,
de Trejbon, de Saxi , &amp;c. Comment imaginer que des Princes qui
font, foit par eux-mêmes, foit par leurs Officiers de Provence,
~ous ces aaes de puiŒmce &amp; de propriété fur les Ifles d'un Fleuve
r(en ont pas. la fouveraineté ?

IIT.
La Provencé
étoit Propriétaire
des IOes &amp; crt'.'.':.
mem.

1

Nous en doutons encore moins,quand nous nous rappellons que les
Souverains de Provence poffédoient les péages, ,ports &amp; dérivations
'du fleuve fur les deux rive.s. Quelle multitude de conceffions, de
ventes, de créations , de fuppreffions de péages ne nous a pas paifé
fous les yeux! Combien d'exemptions accordées, de tranfaél:ions
paifées, d'hommages rendus au fu jet de ces péages , foit de fa part
des. Souverains Provençaux, foit de la part de leurs Sujets ! Nous
l~s voyons maî~res des ports de Confolde, de Baron, de Fourques &amp;
·

(a) Cette deJlrùél:ion n'e!l: point imaginaire.Nous avons vu pages 88 &amp; 89 , que Je Roi
René en 144i., accorda à deux Particuliers, 'la décharge de redevances conJiJérables, pour
les terreins qu'ils a voient dans l'Hle de Luffan, _&amp;que le motif de cette décharge étoit que ces
foo.ds avoient été emportés par les eaux de la riviere.

R

IV.
Elle polfedoit
les ports , péages
&amp; dérivations de
1 '
1a nv1ere •.

�.

On ne peut lui

op.Po.fer la pref·
(;!lption.

·

/

~

130

éle Saint-Gilles. Le Roi poII'ede encore aujour d'hui, comn;e Comte"
Cle Provence , le bac de Confolde; les péages du Baron , d Arles &amp;
ôe Tarafcon font poffedés par .les Inféod~taires o~ Conc~ffionna~re.s
âes Comte s de Provence. Nomb re de titres accord ent a Arles le
droit excluf îf de la pêêhe : plufreurs Arrêts modernes adjugent'
les !Des &amp; lés crérnens du Rhone à la Provence. Nous avons également vu les preuves qu'elle avoit les droits de bris &amp; de naufrage tant fur les rivages de la mer que fm; les deux bras du Rhone-..
Peut-o n voir l'anal yfe de toutes ces piéces fans demeurer con-·
vaincu que rien n' eft mieux établi que le droit de propri été de cette
Province fur le lit entier de cette riviere ?

a

La Pr?ve:zce n'a d'ai~Ieurs nuilem ent craindre qu~on Iuf oppofé
la prefcn pt.H?n. A partir des tems les · plus réculés JUfques a nos.
jours, la chaîne de fes titres n' eft point interrompue : l'ordre chro-nologi que que nous avons fuivi dans ce Mémo ïre, €n offre une
preuve facile , &amp; la contin uité de fa poffeffion des Hles &amp; des;
péages , l'exerc ice conffant de fa jurifdiél:ion fur le Fleuve veillen t
· contin uellem ent à la confervatïon de fes droits. La füuatio n phy~
fique de la riviere eft elle-même une barriere contre les préten tions·
·
du Languedoc~
, ~relat!vem·ent à la'.
Rhone
le
En effet , la carte nous repréfente
.
Provence~ d'abord dans ~ne feule branch e.Depu is la Durance jufques
à Arles il coule fans être divifé. A Arles il fe fépare : fon principal lit eff au milieu des t:erres de Provence, derriere la grande IDe·
de Camargue; ce n~eft que le nouveau bras qui paife du côté' du.
Languedoc.,Or ,.on ne lui a jamais contefté le grand foas, à compt er:
d'Arles jufques à la mer. Pour le pouvo ir prétendi-e, il eût fallu qpe
le Languedoc eùt poffedé la Camarg.ue., &amp; )amais il n'y a eu la·
moindre propri été: à l'égard _du nouve au bras qui s'appe lle le pBtir
Rhone , la Provence non-feulement en a joui, maiS.· de plus elle a.
eu des terreins conG.dérables au-del à, &amp; même encore aujourd'hui,.
on le répete ·' le Roi, comme Comte d'e Provence , poffede le port
ou bac de Confolde. Les Proven çaux ont fait , en ver.ru des inféodations des Comte s de Provence., à ce bras du. Fleuve ·, noml?rn cfe·
. dérivations pour en amener les eaux dans l'eurs· terres. Avec quel·
foin le Languedoc n'eût-il pas réclam é cnntre ces coupu res, s'iL
côt été le maître des eaux! L'on ne peut donc pas douter que,
ces deux portions du Fleuve ne foient à la Provence:
Si ce fait eft indubi table, comm ent pourra-t-on raifonnabfomenr
lui con~fter le lit fupérieur ,: dans leq_uel il. eft prouvé q_u' elle ~

�poff~dé ·des Iile~ , des péages dd:~ ports; ·&amp; que ~ette poffeffiol'\

lui a été confirmée par dés Arrêts? C'efi: vis-à-vis cette partie du
Fleuve que font principalement fitués les terreins dont elle a~ joüi
dans ce qui forme aujourd'hui le Languedoc oriental; c'eft-là où
étoient fituées jadis les Ifles de Lubieres, de Lu§an , de Gernique &amp;
autres: c'eft-là en un mot où fe ~touve l'Ifle de //allabregue, dont
on fut obligé de faire une mentiot1 expreffe dans le partage de 1 1 2),
afin qu'elle appartînt au Comte de Touloufe, fan.s quoi elle eût
paffé de droit dans les biens échus au Comte de Provence, parce
qu'elle fe trouvait .dans le lit d'une riviere qui lui appartenait.
,

'

Après nous être. occupé des preuves pofüives des droits de la n'aLeP~~~~~~~~
Provence fur le Rhone , examinons fi -, par quelque traité ou par tranflarif de la
quelqu_'autre acl:e tranflatif de propriété ', cette Province auroit propriétéduFleO.·
perdu fes droits, &amp; fi le LmJ.guedoc auroit acquis avant ou dep\Üs ve.
la derniere réunion de laProvence à-la Couropne .les droits que cette
Province avoir fur le lît du Fleuve.
Si l'on ne faifoit attention à la maniere dontle Rhone a été poffedé,qu'à compter du commenceme_n t du 14e. ftécle,on pourrait avoir
qudqu'inquiécude fur le droit de propriété de la Provence; c' eft
à cette époque que commencent les tentatives du Languedoc pour
anticiper fur le Fleuve. Cependant ces tentatives mêmes prouvent
la
que dès ce tems-là le Languedoc agiffoit pour gagner, &amp; que
1
rdre,.
pe
Provence qui étoit en poffeffion combattoit pour ne pas
C'efl: donc fur les tems antérieurs qu'il faut porter fon attention,&amp; on y voit avec la derniere évidence que depuis que la Provence
s&lt;&gt; eft formée., avant même la conquête des Roma.in$ jufques a~x
premieres années de ce quatorzîéme fiéde, c~ eft-à-dire , près de
.deux mille ans avant la prem;iere entrepfife du Languedoc, cette
Province s'étendait des deux côtés du Fleuve. L'on fe rappelle
.encore que la France a poffedé la Provence &amp; le Rhone deux cens
-ans avant que le Languedoc ·appartînt à la Couronne , &amp; cette
derniere Province qui fe couvre aujourd'hui avec tant de complaifanee ,de l'intérê~ du Domaine, n' oferoit pas ·avan~er que tandis ·
que, la Provence appartenait au Roj, les Pifi.gots euffent alors l.'\
propriété du Rhone.
• Si donc il éto-it certain qu'autre.fois le Rho_ne faifoit incontefta..:
blement partie de fa Provence; il.eft d'une néceflité iodifpenfable
que le Languedoc·rapporte le titre qui lui a tranfp.o rté 1~ propriété
.,de ce Fleuv.e, &amp; qui l'a fait perdre à la Provence.•
.Nous connoiffons en Dro_it deux fortes de titres, ceux con~i~

r

~ ij

'J~

-

�IJ2

•

tutifs d'un :droit . quel qu'iL foit, ou tranfl'atifs de propriét é, .&amp;
les titres fimplement énonciatifs ou èonfirmatifs. Les premiers.:
operent la création du droit,. ou le tranfportent de la main d'un.
Pro.priétaire dai1s celle d'un autre ; les feconds, dans. quelque forme
qu'ils foient: 1conçus, n.e font attributifs d'~ucun droit nouveau ; ils
fuppofent le dr9ir, mais ils ne le donnent pas (a).
Les titres de la derniere efpéce font incapables de faire perdre,
par eux-mêm~s la propriété d'un objet quelcon que, &amp; dès que le
vrai titre d~ propriét~ paroît, il fait taire tous les autres. Si par le·
titre original il paroiifoit au contraire queJ'objet contentieux n' eôt
pas été cedé à·celui qui le réclame &amp; qui l'appuye fur des piéces:
qui fuppoferoien~ laconceilion ou le tranfport de propriét é, il ·eft
e,onftant que ces piéces. fero.ient non-feulement impuiffantes, mais;
encore odieufes, comme renfermant une fraude condamnable ( b ).
En faifant à l'affaire préfente l'application de ces principes, l'on.
voit la Provence en poffeilion de tems immémorial du lit du Rhone,
&amp; cette poffeilion eft fi ancienne que les Souverains de cette Province font . cenfés avoir le premier de tous les droits., celui du·
premier occupan t; d'après les propres principes du Languedoc ,.
celui qui a la premiere occupation doit être regardé comme le:
vrai propriétaire; ainfi dès qu'il eft démontr é que la Provence a ew
de tout tems la propriété du Rhone , comme ayant été maîtreffe~
des contrées riveraines des deux bords, il faut néceffairement que ·
ceux qui. veulent que ce Fleuve leur appartienne, rapportent letitre qui leur en a tranfporté la propriété. ,Le Languedoc en a-t-il u.n1
·
.
pareil?
irepropriéta
cru
étoit
s'
ne
il
jamais
. Avant le quatorziéme fiécle,
naif-o
âe la partie du Rhone qui nous agite: cette prétention n'a pris
fance que de · ce· que les--terreins que la Provence poffédoit au-delà
du Fleuve en avoient é.té féparés deux cens ans auparavant.: mais·
lors de cette féparation le Fleuve &amp; fes !Des ont-ils été ~ompris·
clans les aél:es de ceffion ? Nous ne le .voyons point :·au contraire·
nous remarquons u11e multitude d'aél:es où les Comtes de Provence~
o~t continué à ufer de leurs droits de fouveraineté·, de propriét é:
(a) Înflrumentum confirmationis, dit Dumoulin, fur l'article 66 de la Coutume de Paris,
i'l?mp. 1!4 ~ fuivans. in formâ communi non proh.at nec facit fidem de donatione , privile-·
K~O , vel allo quovis jure coIZjirmato , Jed neceffe eJl de illo docere per injfrumelitum ori~

1:malt.

( b) Limito , dit ~e même nomb 90 , fi appareat d~ contrario , putà prœtextum confir.;.
numquam: fuifle concej[um J1el hahuiffe aliquod vitio{um, quod in confirmatione non·
fuit expreffum, qua tune confirmatiopropter obreptionem. &amp;Ju.breptionem ipfo jure non,Pt+.-: ·
itret,
in~tum

\

�°f J1
&amp; Cfe jurifdiétfon fur le Fleuve &amp; fes dépend.ances. Ces âEtes· de

poffeffion continuée fe perpétuent jufques au moment de la réunion
de la Provence à fa Couronne. &amp; lors de cette réunion nous ne
voyons pas que le Rhone ait été féparé de cette Province pour l~
donner au Languedos. Au contraire les Lettres Patentes de réunion
données en 1486, portent que la Provence efl: confervée dans touS'.
fes dEJits, &amp; qu'elle eft réunie à la Couronne, telle qu'elle avoit:
été donnée au Roi par le dernier Souverain du Pays. Depuis ce
moment nous ne connoiffons aucune conceffion, aucun traité quj_;
ait démembré Ja Provence , &amp; en ait féparé' le Rhone~ Tous les·
principes s'oppofent donc à ce que le Languedoc-veuille conquérir
.
ce Fleuve fur fes ·anciens Propriétaires.
Jvlais cette Province, à défaut de titre tra.nflatif de propriété,. d Ltu rthd~arl'~e~
angue oc iur
. b· al ancer entï ,ell e &amp; l a l eu . Rfione,
, bl
n'o nt:'
· es de f;aue
en rapporte-t-e 11e cl 'autres capa
~.~~·
acquéri;
lui
pù
fans
refta
o)
13
en
fit
Languedoc
le
que
tentative
Provence l La
lhg.ia-.nt:
drc
eu;
que
&amp;
concertée,
mal
effet, &amp; dans · les .termes d'une entreprife
l'on n'ofa pas-Joutenir. Poutla feconde faite en 1327, les Officiers m ...
de cette Province fe virent obligés d'y renoncer totah~ment, &amp;
d'avouer qu'ils avoient eu tort de la faire: celle de I 3) 3 refta fans
fuite, &amp; fi elle ne fut point terminée par une décifion qui la con-damnât, ce fut par les fuites &amp; les longueurs que les mêmes 0?1-·
ciers affeél:erent de mettre dans la procédure. ç·e que l'on peut:
remarquer en faveur de la Provence pendant ces troubles ,_ c' eft
qu'elle continua toujours de jouir, c'eft qu'elle étoit toùjours en.J
poffeŒon, &amp; que le Languedoc cherchoit à s'y mettre, &amp; n'y reftoiê:
.
.. . .
point.
Les .lettres adreffées à Paul de' Nogaret, celles concernant le NonpH1 s, 9U" 1eS'~
- P ar!'!H'è!S"
. , &amp; 1es or dres du M· ar é c ha1 de Lettres
• M ane
. ' ce11 es de 1a R eme
rD aup !une,
qµ'il ittvo.q_µev
Boucicaut, ne paroiffent poin~ capables de faire perdre à la Provence fes droits fur le Rhone. Nous avons prouvé plus haut gue ces
lettres n'ont nulle application à la partie du Rhone dont il s~agit
aujourd'hui ; mais quand on pourroit en argumenter r.elativement ·
à cette portion,des commiffions du Sceau pol}r fafre la recherche desr
ufurp'ateurs des H1es d'un Fleuve, une fimple énonciatiOn dans le:
narré de ces commiffions, feroient-elles capables de priver une Pro~
-Vince de la propriété d'une riviere,de celle de fes !Des &amp; de fes péa-'
ges ? Quoi ! ce feroit par des aél:es de cette efpéce q:ue l'on jugeroic·
ges objets auffi importans ! Un mot, dans. un-e commiilion ou dans·
un brevet, fuffiroit pour tranfporcer fa P!opriéré·d}unFleuve , pour;
changer les limites de deux IJrovinces, &amp; quoique des aél:es auŒ.::
iinguliers euifent produit ,., fans q~ ' on y eùt r.enfé, d' ~uffi gFand ~

�134

.effets , ,cependant les c'hofes n'auroient pas changê dans 1a rnoind're

·

·partie; tout feroit refié co111me auparavan t ~es lettres: quoique
l'un eùt ·perdu &amp; l'autre acquis, la Partie dépouillée n'auroi't pas
·pour cela .ceffé de 1ouir comme auparavan t, &amp; la partîe revêtue
n'aurofr fait aucun exercice .de fos nouveaux droits: ·c'e.fr ce qui
.
ne peut pas fe fuppofer.
Parlement de Touloufe, eft un exem~
au
rendu
,
3
149
de
L'Arrêt
, 1
L 'A rrctue
r.
" iur
1493, p l e dU d anger qu'"11 y ·a de Cl. ter des A rret-s
paro1e. T OUS l es
fource des erreurs
&lt;les Jurifconfultes Jurifconfü ltes, les Géoe;raph es fe font copiés les uns &amp; les autres:
" d e con A'.1 t;
f:'
" 1ut
A rret
' ft d e'l"é
Geogra&amp; des
un A rret
1 . que cet·
aucun d' eux ne se
·
•
phe
5
qu'il avoit· été révoqué par des. Arrêts contraires &amp; par des
.
Lettres Patentes qui avoient dépouillé de la connoiifan ce de ces
fortes d'affaires le , ·P-arlement d'où îl eft émané. Le Confeîl luimême dans les tems poftérieurs , a été induît en erreur , &amp; a renevoy é en Languedoc, fur la foi de cet Arrêt, deG conteftatio ns pour
y être jugées conformém ent à ce qu'il porte. Le Languedoc l'a
toujours d.té ,fans jamais ofer le produire-: ce que nous en connoiffons ne ·nous eft adminiftré que par des voies indiretl:es &amp; par
le réqu.ifitoire da Procureur Général, lors de l' Arrêt de Saxi. Mais
on .en voit affez pa.rAà pour s'affurer qu'un pareil Arrêt ne peut
tirer à aucune conféquen ce, fi ce n' eft de vicier tous ceux qui ont
été r~?dus '· fur ce que, l'on :a ~uppofé qu'il ju:geoit guelgue chofe ~
·
&amp; qu 11 av01t eu quelqu exécution .
•L' Arrêt de rJ'72.6 • L'Arrêt .contre le Pape ne paroît pouvoîr en aucune façon influer
11
démonftra tion
11
• 'a. au~ll?~!IPP - fur l'affaire préfente. On_a porté ci-devant jufqu'à la
. de
1es d ro1ts
&amp;
C
d
.
S
l
,.l
a:.1.
al aaa1~(\· Ja d'111crence
·~~non
omtat
qu i y a entre e o:uveram u
' ··
la Provence pour la portion du Fleuve qui la concerne.
A l'égard des reconnoiffances qui peuvent avoir été faîtes par
!es Procureur-.s du Pays dans l'affaire de Tarafcon, comme l'Inft~nce
n'eft point terminée, &amp; qu'en tout état de caufe une Partie peut
réformer fes conclufion s, la Provence peut toujours fe corriger &amp;
rétratl:er ·des aveux qui n'auront été faits que par une erreur de
fait &amp; de droit, &amp; par le défaut des titres que l'ori n'a .bien eonnus
·
que.dep1 is.
réclamer
pour
l1 ne refte ·plus au Languedoc de prétexte ~pparent
L'Arrê.t de .J 7 ,, 4
propriété du Rhone que l'Arrêt ·de 1724. Mais en l'approfon l~
fond
au
ne. pc~1r
nmre ala Prov.en- · diifant, l'ona lieu d'être perfuadé que cet Arrêt ne fçauroit fufpendre
les foffrage~, &amp; qu'étant fondé fur une préfuppof ition erronée, par
ce,
le défaut de . onnôiffance des titres prim'itifs, conftitutif s &amp; vrai:..
ment tranCT~ti~s .de la propriété du Rhone, il ne . fçauroit en effacer
,
ks te.qnes ~l l effet, ni tranfporte r cette proprié~é auLangu.edocP.

�.
Y3f
ement avee- les
cqntraditl:oir
rendu
eft
Arr~t
1'
que
. tI eil vrai
Procureurs du Pays, mais fans qu'ils ayent-produit le moiqdre titre
pour prouver l~ propriété de la Provence fur le Rhone &amp; fes liles:.
c'eft dans une conteftation particuliere que l'on s' eft avi(é de mêler
une quefüon générale, de renverfer.nombre d' Arrêts &amp; de Lettres.
Patentes, fans même les énoncer, &amp; de changer les limites de
deux Provinces à l' occafion · d'un . terrein particulier : &amp; ce qui.
prouve encore mieux combien cet Arrêt doit peu fervir . de
titre au Languedoc ; c'eft que cette Provinée elle-même ne l'a·
jamais- mis à exécution, quant à fa _difpofition générale, qui dé ...
cl are toutes les ID es devoir faire partie du Languedoc, ces Ifles n'ont
pas· ceffé pour cela d'être de la Provence, foit pour la jurifqi.S:ior.i;
fofr relativement au·x impofitions qu'elles ont toujours continué
d'y payer.
. Tout ce que nous venons de dire fur l' Ar.rêt de 17·24 ; necon.cerne que l'influence qu'il peut avoir fur le fond de l'affaire-:.
nous nous expliquerons dans un moment fur lesmoyens de l'attaquer.
dans la forme: .ce que nous pouvons affurer, quant. à préfent, c~eft
qu'il n' eft nullement capable de former. en faveur du Languedoc un..
titre tranilatif de la propriété du Rhone : au moyen de quoi nonfeulement l'Adverfaire de la Provence n'a point de t~tre pour vouloir·
s appropr~er l'objet contentieux , mais encore la ·Provence lui en.
oppofe ~me multitude de contraires à fes prétentions., &amp; une l?of...fdfion de près de trois mille ans, quis: eft .fou tenue même depuis. les~ ·
prétendus préjugés que le Languedoc a obtenus contr'dle.
Enfin, nous ne pouvons. mieux faire_fentir t~ute l'injuftice deS'
prétentions du Languedoc qu'en. rappellant la demande qu'il a
formée contre la Ville de T arafcon relativement aux.quartiers de ·
Luffan &amp; . de Barallier qu'il v-eut lui .enlever~ L'on a vu les efforts·
que cette Ville &amp; la_ Province ont faits dan~ tous les- tems:
pour garantfr ces terreins des ravages du Rhone. Quoi la Ville
de T arafcon : quoi la Provence entiere fé feront épuifées à fournir
des fommes immenfes pour faire les ou".rages deftinés à empêcher:
. le Fleuve de détruire ces quartiers,, &amp; ce ne.fera que pour le Lan~
guedoc qu'elles au.rom travaillé': c'eft._encore pou:dui feulqu'aujpurd'hui·elles. entretiennent ces ouvrages à grands·frais :·c'eft pour ·
lui feul qt.( elles .ont plus ~'une fois follicité, &amp; obtenu de la bonté
.cde nos Rois les fecours néceffaire~ à ces dépenfes. énormes! N'eft~·
.ce 12as là porter fes prétentions jufqu'à la cruauté ?. Quelles dc~­
mandes que celles qu 'il ne faut que préfenter dans toute leur étendue:
J?OUr révolter tous les efI?Üts. !. .
1

'

�. .

•

.

~3?

Nous pouvons don.c conclure, quant au fonèl de 1'affaire; que le

L .anguedoc ne nous oppofe ~ue des objeél:ions impui~antes, &amp; desvues déraifonnables. Les droits de la Pro.vmce fur le lit du Rhone &amp;
fe~ dépendançes .? f~nt démontrés. Nlais ·en vain la P;.ovence.. au~
.ro1t-eile des droits mconteftables .au fond, fi elle éto1t rédmte a
l'impui!fan_çe d~ les- faire val?.ir , parce qùe l~s form.es j~dici~ires
.s' oppoferoient a fa réclamat10n. Il nous refte a examiner ce quelle
, peut .avoir à çet égard .à craindre ou à efpérer~

S E C 0 N D

E P R.. 0 P

0 S I T I 0 N.

Les 'J.loies de droit font ouvertes à la Provence pour fe pourvoir,
· c.oTLtre .les .drr~ts qui peuvent lui être contraires.
L'analyfe que nous . avons déja faîte de différens Arrêts qu'on
,., peut oppofer à la Provence , nous met en état de diftinguer ceux
.que l'on doit é.carter par le feul raifonnem ent' comme ne formant
àucu·n préjugé contr'elle , d'avec ceux qu'elle eft obligée d'atta~
.quer par les voyes de droit. Les Arrêts de la premiere efpéce font
tous ceu;x: qui ne contiennent que des dîfpofüions relatives aux:
Fermiers &amp; Receveurs des Domaines du Roi dans les deux Provinces. Le Conféil lui:même nous autorîfe fo'rm~llement à les re..
garder comme iimples arrang.emens économiques dans les Finances,
fans qu'ils puiffent tirer à conféquence fur la queftion de propriété.
Deux Arrêts le portent en termes formels : celui de 1690 pour
1'arafçon, &amp; celui de 169 2 pour Arles. Le Roi y déclare, comme
on l'a vu, que les terreins prétendus crémens dont il y eft queftion
ne cefferont pas d'appartenir à la Pro'J.lence , quand même il feroit
ordonné que les redevances· domaniales fèroîent payées aux Fêr~
miers &amp; Receve.urs du Languedoc. La Provence peut donc fe dif:..
penfer d'attaquer en forme des Arrêts qui ne porteront qu.e fur le
.
·
lieu où fe doivent payer les droit~ du Roi. .
26.
7
I
en
Pape
le
Il en doit être de même de celui rendu contre
L'on en a déja vu les raifons. Il eft intervenu contre une Puiffance
étrangere qui n'avoit ni titre ni p&lt;?ffeffion; &amp; la pofition de la Pro•
'Vence eft fi diff~rente, que les mêmes titres &amp; les motifs qui ont
fait juger le Roi propriétaire du Rhone e::içclufivement au Pape,
décident la propriété de la Provence fur cette ri viere. Le Languedoc
n'a doi;ic plus que l'Arrêt de I 7 24 dont il pourrait argumenter pour
f outemr la Provence non-recevable à faire valoir fes droits: auffi eft..
çe le feui qu'dle fe propofe d'a,t~aquer par. les formes judiciaires.

·

. La

�La demande en contrariété d'Arrêt &amp; en Requ~te civile, par L'Arrét de 17 ï 4
ie mo'yen de non-valable défenfe' font des voies de.droit qui font peut étre attaqué
ouvertes aux Parties contre les Arrêts du Confeil, comme contre par.J.a ~?t~e de 1•
.b
d" .
C'eft 1a d.i1po1mon
r_
r.. •
r:
~€UX des T n unaux or. maires.
iorm ell e ( à comrane e~
i'égard de la demande en contrarieté ) de·1'art. premier du tit, 6 de la
premiere partie du Réglemen.t du Confeil. L'art. 2 du même titre
porte que les Demandeurs en contrarié~ ne feront affujettis à
aucun délai ni aux autres formalités prèfcrites pour les demandes
en .caffation, &amp; l'art. 6 v:eut que quand il fera.Jugé qu'il y a cont~ariété , il foit o.rdonné que fan&amp; avoir égard au dernier Arrêt , le
premier Je.ra exécuté felon fa formé &amp; teneur. Il ne peut donc Y,
avoir de conteftation que fur la ·queftion de fçavoir , 1°. fi en
e_ffet 1'Arrêt de 17 24 eft en contrariété ~vec les précédens Arrêts j
foit du Confeil; foit d'ailleurs; c'eft ce qu'il s'agit d'examiner.
Nous voyons d'abord une tranfaél:ion paffée par desCommiffaires
du Roi, au nom de Sa Majefté &amp; en vertu du pouvoir qui leur eft
donné par des Lèttres-Patentes , le 16 Oél:oore 1) 44 , laquelle
réunit les lfles &amp; crémens de Boulbon à la Seigneurie du même ·
nom, moyennant une fomme d:ai:gent, &amp; à la charge du fervice
militaire. Celles du grand &amp; petit .Mouton ont été confirmées à la
Communauté de Barbantane par des Lettres-Patentes du 1 7 Décembre 1 57 5 ~ ·par un Arrêt .contradiél:oire du Grand Confeil' du
113 Avril 1587. Un autre Arrêt du Grand Confeil du 30 Septembre 1609, dans lequel font énoncées plufieurs autres Lettres.Patentes , :a également maintenu le fieur Saxi dans les Hles &amp; crémens dont les Languedociens vouloient le dépo.fféder. Trois
'Arrêts du Confeil du Roi ont prononcé la même maintenue en
faveur de la Provence:· Le premier, du 24 Oél:obre 1687, eft
.rend~ pour la Ville d'Arles, à laquelle il veut que les Ifles &amp; cré-mens duRhone continuent d'appartenir. Le feçond du 22Août1690,
adjuge définitivement à la V illede Tarafcon les quartiers du Gués,
de Le.fiel &amp; de Barallier prétendus crémens ; &amp; quoique Tarafcon
foutienne à jufte titre que ces quartiers font de l'ancien continent
de fon terroir , il n'eft pas moins vrai que dans le fens du Languedoc , dont nous examinons ici le fyftême en thèfe générale, ·
cet Arrêt ferait cqntraire à celui de 17 24. Le troifiéme Arrêt du
16 Août ·1692 maintient la Ville d'Arles dans les crémens préten~
dus de Trejbon.
Commént pourra-t-o,n concilier avec cette foule d' Arrêts &amp; de
Lettres-Paten~es un Arrêt qui porte, fans-rien prononcer pourtant

s

�13~

e appartiendront au·
fur les crém ens ; que tout es les Ifles du Rhon
édentes Loi x
Languedoc, &amp; 'qui l'ord onn e, fans révo quer les p,réc en l'abferice
s, &amp;
con trair es, fans qu'elles ayen t même été atta quée
évid ente , &amp; 1'01l,
des Propriétaires? J amais c.ont rarie té ne fut plus
pare il Arrê t , pou r·
peu t ajouter que le Con feil en révoq_uant un
!'Or don nanc e le,
ordonner l'exé cuti on de.s pr.écédens , c:.omme
s'eft déjà pref crite j.
port e, ne fera au Languedoc qu'u ne Loi qu'il
d~ fo~ _Arrêt,, il ne l'ai
pu~fque jaina.is il 1~'a fa~t !e moi ndre ufage
10n qu on en rap~
même pas- fait figmfier a la Provence : la fignificat
ejon pou r eob Jet
-por te, n'eft faite qu'à la requ ête du Beur de Grcw
tion, qui a· fait la,
·par ticu lier. qui le aegardoitt dans la ~-ontefta
pas que la dernan&lt;le:
mat iere de cet l'.An:êt. Nou s ne croy ons. donc.
tion géné rale '
éil cant rarie té cont re cet Arrê t , qua nt à fa difpofi
t enco re attaq.~e~:
puiffe fouffiir de difficulté au Con feil : L'on peu
défenfe , &amp; vo1-cu
le mêine Arrê t par: le moyen. c;le la non-valable
·
-par. q~elles raifons-..

ande :
né' cet Arrê t,. étoi t une dem
La: demande quï a occafion'T'
\
,r;
G
d
fi
1
,r,
d
v·11
ieur e raveJon,, .a.
• 1.iere entr e 1
.l araJ ,con &amp; e
e
e
1
.a.
1G:u
P,ar~
Gravefon prétendort
l'.occafiondu quart.1er du Caftelet~ Le fleur. de
rts que faifoit la:
le teni r en exem ptio n qe taill e contr.e les eff-o
ftre. C' eft fur cette.·
·Com mun auté pou r le com pren dre dans fon. cada
: de Provence ·fur.e nt
.uniq ue demande que les- Pro.c ureu rs_du Pays
e de Tarafcon : Dan s·
-autorifés à acco rder leuL inte rven tion à la·Vill
vou1ut Bar un
-le ~cours de finftr:ufüon , l'Inf peél eur du Dom aine
demanda . que m:&gt;n··
-fimple dire~ rendre cett e affaire géné rale , -&amp;
être du Languedoc ,
feul eme nt le quar tier cont enti eux füt décl aré
le Syn dic généràl:
:mais enco re tout es les autres·Hles du.Rho.ne, &amp;.
·
équente.
·ado pta ces conc lufio ns par une Req uête fubf
cett e proc édu re::
- Rie n n'éto it plus vici eux à tous égards que
iere que 1'on devoit
Ce n'étoi t poin t dans une contefü1tion part icul
tendo~t à changer:
intro duir e une demande auffi imp orta nte , &amp; qui.
uille r l'un e pou r
·les limites de deux gr~ndes Prov ince s , à. dépo
Lett res- Patentes ,.
enrichir l'aut re , &amp; ·à renverfer des Arrêts· &amp; des
aque r par les formes :
-gue l'on ne fe don noit mêm e pas la peille d'att
eur du Dom aine
JUd_iciaires. D 'aill eurs , il eft évident que l'.In fpea
nul inté rêt pou r le
formoit cette demande fans néceffité &amp; fans
du Rlrene: foient.
·Ro i : .car qu'import e au Dom aine . què_les files
Elut ôt d" •ne Province que de Ïaut re •.
rifé.s à réclamer·
En· fe~ond lie 1 , les Pro:cureurs du Pay s , aum
enga ger fans trn:~la.proprieté du CajJeler7 ne. l'ém ient r.oin t pom:

Et · pa~· cel~e. de·.

laRequete \;;lVllr.

�'
139
·rnaiités une queftiqn générale (ur le lit entier du Shone &amp;. fur fes
dépendançes : Ils ~' q1;t point dt1 défendrp, de l~ur autorité privée~
à une demande de cette conféquence. S1 pour un .fimple Partkulie,i:
mîneur il faut des a!femblées de p,arens pour autoriferj fes Admip,i~r~t~u_rs ~ foµte_:ür le_s ~ffaires qu.i ~ompromettep.t ~a proprieté d~
fes fo!!Ô§ .: a plus forte r(!.1fon fall01t-1l u_ne convocat1o:n folen~nellç
pour prendre lè vœµ des Etats fi,ir la demande inî.portante que
f On for~oit fi ~iqeg_uliérement COl).tr'eux. ., • , . . ,
3°. Enfin, .fi le~ Procureurs du Pays pren'o~ént fur eux de défendre à une pareille prétention·, au moins devaient-ils fe faire ·
:admini~n~r k$ ,titr@s de"prop-riet~ de la-Province rur "le. Rhone~ , fes
Ifl:es &amp; fes crémens ; ifs n en ont abfolument nen fait : pas une
feule'piéc.e n'eft produite de leur part: Peut-on douter qu'ils n'ont
.point entendu défendre à la demande générale, &amp; qu'ils n'ont
en-effet défendu qu'à la demande particuliere ·du fieur de Gravefon.
Cette feule circonftance manifefre qu'en effet.la.. Provi~1ce n'a point
été défendue,ou qu'elle ne l'a pas été valablement fur-1'objet général
,.q ue- l'nn a:voit"gliffé dans l'affai~e pe-rf9n.nel~-e, aµ iieur de Grqvefrm.
Les corps politiques) corn.me.les mineurs ; peu.ve1~t .revenir quand
Jeurs dr.oits·n' ont pas· été bien ftipulé_s ; la non-yalable défenfe eft
une ouvertW"e de Requête civile d~.ns les C ours , -.&amp; contre un
Arrê~ du Confeil , un moyen de I\equêt€ civile en forme un cl~
~~atiop:gu~ ~ Rr~vence. peut ajoµter-.à~ fa _demande €n contr?-~-i~é..
1

r'"""

.

~

-

,

"" ..

~

_.r

·

~'

~ -

~ ~ En e~aniina.nt iinfi le merite du foç.d d~ cette- affai.111 . par:. les

La raifon d'Etat

principes de droit ,.. &amp; la forme par les regles de 1'ordre j~dic,iaire ·, Jevroic feule o~­
n.ous nous renfermons dans les bornes d'une défenfe paniculiere; ca11ionnetr le R~;
g emen que
,l · , d
l
· ·
1·
· 'l
mais 1 y .a tout ieu de ci;oire que e Confeil s é evant a es vues Provence demanfupéiieures d~ bien public, fera· -(rappé d_e fa ip:uJti~ude· Çe PJs&gt;ç~s de~
que les prétentions des deux Provinces fur le Rhone occafionnent
. depuis des -fiée.les.; ~-à -~ajeft~ ~ ~ ven~ qu'aye~ yetne qt!'Œ: en
fubfifte encoœ .fix tres-onereux ,au-x-Par-t1es·, &amp; qu 11_y ea ·a- phr;.Jieurs autres prêts à naître. Ces différens Procès dans lefquels la
Provence, toujours attaquée', ne fe défend que pour maintenir fa
taillabilité , tendent à troubler l'ordre &amp; la folidité de fes impofüions , &amp; à lui faire perdre une partie de fon ·affouagement , perte
qui dérangeroit totalement fa contribution aux tributs publics,
fans. augmenter celle du Languedoc. Nous croyon~ donc que Sa
MaJefté, toujours attentive à procurer à fes Sujets la paix &amp; le bien·ê.tre, fera portée parles vues générales qui fe joi.gnent-aux moyens
particuliers' en faveur .d e la Provence, à tarir pour toujours la
s ij

�140_

ac!-'
fourc e de ces divifions. : Le. Languedoc réuni t à la tête de fon.
lems
,
s
vertu
leurs
minifl:rati6n des hommes fi recommandables par
qu'ils
lumié res &amp; leurs bonnes inten tions , que nous ne douto ns pas
au
-~uir
conc.o
à.
&amp;
~e,
ne fe porte nt d'eux -mêm es à fe faire jufl:i
un
tirer
nt
"Régl emen t génér al , dont les deux Provm ces do1ve
une
égal avant age, puifq ue c'eft le feul mo.yen de leur procu rer
s'é~
q"l!-i
ns
ftatio
paix durab le, en terminan~pour toujo urs les conte
ieven t entr'elles depuis quatr e cens foixante ans.
a .été
. Telle s font. les confidérations fur lefquell es la Provence
dans:
r·
bien aife de prendre l'avis de Conf eils capables de la dirige

fes démarches..
.

.

·

Me. D AM OUR S 1 Avoc at ..

C 0 N S U L T A TI 0 N . ,

L

Es· Souffignés qui ont vü le Mémoire cF-deffus &amp; les

tftre~

qui y font énonc és·: EsTIM ENT q:ue par les moyens expli qués
contr e
"dans le Mém oire , la Pro-vence eft fondée a fe puurv oir
t;
l'Arrêt du 2 6 Juin 1-7 24 , par voie de contr arieté entre cet Arrê
d
Gran
dU
ts
Arrê
les
,
7)
les Lettr es-Pa tente s du t 7 Déce mbre 15
·
trois
les
.Confeil du 17 Déce mbre -:t),8']·, &amp; du 30Se pt. 1609 , &amp;
1690,.
'A rrêts du c .onfeîl du Roi du 24 Oél:9bre I 687' du 22 Août
ués·
atciiq
été
'&amp; du · 16 A.o,û t · 1,69'2·, qui ne paroilfenr point avoir
y a lieu
' lors de !'Arr êt de 17 24, ni révoq ués par cet· Arrêt . Il
ent.ac ..
ablem
favor
plus
ant
à~efpérer que cette demande fera d'aut
nce·
Pro-ve
.cueillie , que lors de. cet Arrêt , il ne paroî t pas que la
r fes titres-.;
~it été valab leme nt défen due, ni; qu'el le ait fait valoi

. J?élibéré à Paris le 3 Juille t 1764 ; ]igné' AusONNE, ERoNon:;i
REGNARD~ .DESPAULT-,.. Huil.T DU PARc,. &amp; DAMO Uits •.
/

rie' Il'~·
Dc.11mprime-rie de c ·H. Es,T.- C,:HEli A" L T ,, ruë de la Vieille Drape

�T .A B L E

"D· E S MA .T 1 ER E -s.

GÉN~RALE D·E L'AF FAIR E. Page Ire~

l ·DÉE

i

ETAT TOP OGR APH IQUE DU RHO NE.
Source &amp; cours de ce Fleuve"'
Sa divifion près Arles .
.T 04tes fes bouches font fur Ia Provence-.-.
~ETAT H1ST O RIQ UE DU RHO NE a'JJanrconqu~te des Romains &amp; jufques au cinquiéme jiécle.

la

Etablifremens faits par les Fonda teurs de Marfeille aude-là du Fleuve .
Y.illes· de Provence dont le territoire s' étendoit au-de- là
•
•·
•
•
du Rhone.
Fleuve
du
canal
un
illois
Marfe
aux
Mariu s donne
Le Rhone ét:oit de la·Prnvince Viennoife.
'Arles maîtreffe du Rhone;.
Et ~jour des Préfets de la navigation.;
~

•

-

1

r,

(

#

.ET A T D U RH 0 NE à la fin de l'Empire Romafn, &amp;·
• 2
~
o·
~
fous la premiere Race~

480 La Provence paffe aux. Vifigors•.

1

.
Elle conferve fa même étendue...
.
507 Clovis à Tarafcon..
du Fleuv e;
côté
l'autre
Arles pofféde un Fort de
,
5.2 6., Le Rhone refte à Athalaric Roi de Provence.. .
53z Réuni on des Frarusois pour détruire le Ro:yaume de Bour..gogne ..
r
J37 La Provence devient Province Franço ife, &amp; 1e· ~evien
..
..
deux cens ans· avant le Langu edoc..
ie Royaume de Bourgogne qétrui t, la Provençe confe.t.ve ·

fes limites.,
l

. ---..___

..

·

t
,av

�La Provence eft divifée etrtre Gontrand &amp; Sîgébert.
Beaucaire en dépendoit.
Charles-Martel en Provence.
Preuv·es que le Rhone appartenoit 'à la Provence •

Pag.

.E TA .T D .U RH 0 NE fous la faconde race.

.·

10

I~

·
Sous Pepin.
Et fous Charlemagne.·
·8 24 Ceffion entre !'Archevêque d'Arles &amp; le Comte Lieu~
bulfe d'une IDe dans le Rhone.
·
.
842 Lothaire regne fur la Provence &amp; fur le Rhone;
8 50 Il confirme à l'Evêque de Viviers l'Hle Formicaria. • 1 J, ,
Irru_ption des Sarrafins P-ar le Rhone .
.8 5) Donation de !'Abbaye de Cruas à l'Eglife d'Arles.
Les Normands entrent dans le Rhone &amp; s' établif:fent dans
14
.
.
..
.•
l'H1e de Camargue 863 Charles· confirme à l'Eglife de Viviers l'Il1e Formicaria.
Louis II. &amp; Lothaire regnent fur les deux rives du Rhone.
.
Charles Ie Chauve y re_gne à fon tour.
,877 Confirni.ation 'de pfofieurs fonds fur le Rhone pai:_ le Sou1;
..
.
.
..
verain de Ptovence.
Le Vival7ais &amp; l'Uf.ege font partie de fa Provence.
Traité entre Louis le Begue &amp; Louis ~ (le' 'Germanie. ,Le
Rhone refte au Roi de Provence. ·,
ETAT DU RUO NE fous Bofon ~ fon.fils.
.

'

.
-.

~

-~79 Ufurpation de là Prç&gt;~ence par Bofo~
Il eft reconnu au-de-la du Fleuve.
· ·"T7
Les....Rois de France lui forü: la ,guerre..- ~ .-: · ~
Ils traitent avec lui, &amp; il conferve les deux bords duRhàne. 1 S
Louis !'Aveugle lui fuccede, &amp; lès Etats ont la inê.rn.e
- · ·
· · .
.
étendue. ·
I-Iugues ufurpe la Provence fur Louâs l'Aveugie, &amp; 1e
Marquis de Go.thïe la démembi:e pour un tems~
Réfutation de~ prétentions des Hîftoriens dtr~arrguedoc
fur la propriété ëhx RD.one. " · -.~ :. -: _ · .
L'ufurpation de Bofo.ri ne change:: rien 'à L'étendue de la
•
•
· •
•
.
Province.
22
896 Aae de fouver-..ineté de Louis l'Aveuglefiide..Rhone..
L

....

�ETAT DU RHONE fous fes Comtes de Proven·c~
Ceffion d'un bras du Rhone par le Comte de Provence.
la Maifon de Touloufe, par
P ag. 2 $;
•
..
le mariage d'Emme de Proven.c e..
l OOI Conceiliçm faite p~r un Seigneur Ptôvençal de biens fitués
au-de,.là du Rhone •.
2~
•
l 0~.2 J Rodolphe donne des biens fitués au-de-là du Fleuve.
Un.Evêque de V iviers fe tr.ouve au nombre des Sujets d'.un
€ornte de Pr.ovence.
.. _ 2'îf
•
;,
P1ufieurs Princes eri'Provence~
1o3 3: Les Comtes de Prov~nce dffpofent de l'Iffo Mairanica~
I 040 Autœ conceilion d'un port &amp; d'un péage.
J 070 Beaucaire, Argence &amp; Four.ques· dépendofont du Comté:
· .d~Arles &amp;. de la Provence .. ·
2g:
:.
•.
~094 n ·on d'une exemption · de--.péage.,
2 9.
I I o) Refl:itution de la T ene d'Argence à l'Egliie d'Arles ;.
. 1 I I Z -LeVfyarafafair encore parrie de la Provence jufqu'en 136) •. 3 ~'
1000 Partie de la Provence paffe à

ETAT DU R HD NE fous la Maifon' de Barcelone ..
lI.25 Traité 'de paix:&amp; partage de la Provence entre le Comte·
de Touloufo &amp; Raimond •Beranger.. N° •. r .e r •. des piéces
~"Il
•
•.
..
.. .
produites.
Provence. 3.z
Le lit du Rhone &amp; fes- Hles.reftent au Comte
1a43 Réclamation de la Terre d'Argence par !'Archevêque
Hi'
.
d'Arles-..
_
Reftitution de lTfle de Bois-Comtal à fon Eglife..
Les Empereurs donnent l'inveftiture de la Terre d' Argence. 3 )j
Machine de guerre conftmite fur le Rhone contre le Comte
.
de T ouloufe.
'
l!T).O Le Comte de Provence défend d'ét:qblir des· péages· fur ~e .
_ _:;$?
Rhone.,
Provence.
de
Plaid tenu dàns·l'Iilè Gernique par fo .Comte
~r 54 L~Empereur confirme l'.Eglife d'Arles dans tous fes droits ,
fur le Rhone."
I I 7 r Exemptfon dè péages accordee· par des&lt;Somtes deProvence~
Jia176 Traité de paix entre les Souverains de Provenœ. &amp;. dè:'

de

Languedoc•. -

_

�Pag. 3~
au-de-1~ du Rhone:
39
I 179 Exemption des péages fur le petit Rhone.
Ir 9 9 . Le péage de Lu?ier.es appartient aux Seigneul1S de Tarafcon.

.l 178 Terres de l'Eglife d'Arles

E' TA T D U R H 0 N E , depuis le comm~nceinent du ·
trei?_iéme fzécle jufques à Charles d'Anjou.
J.200 Dénombrement d~ la Provence fait par Alphonfe

,121)

l.221

r227
.I 229

:r230
I232

J.+34
I 2 38
I 2-'p:
12

6

4 &amp;

12 5 1

II.

1•

·
Guerre contre les Albigeois.
donnée à Simon de
Beaucaire
de
&amp;
La Terre d'Argence
Montfort par l'Archevêqu.e d'Arles.
Exemption des péages fur le petit Rhone par Hugues de
Baux
La Provence dans l'anarchie.
Preuves de fa propriété fur le Rhone tirées de.Gervais de
41
.
- Tilbery.
Beaucaire fuit le fort de la Provence. ·
.Déclaration d'un péage par eau &amp; par terre par les Habitans de Tarafcon, au profit du Comte.
42
Aae de jurifdiaion des Provençaux fur le Rhone.
Exemption d'un péage à l'Abbaye .de Montmajor.
Tranfaaion fur le péage de T arafcon &amp; de l'H1e Lubieres. ·
V ente de l'Hle Bertrand avec fes acrémens.
43
Saint Louis procure la paix au Comte de Touloufe à certaines conditions.
Pays que le Comte céde à la France&amp;.au Pape.
Nouveaux hommages des péages du Rhone à l'Eglife
-44
.
.
.
•
•
•
d'Arles.
L'Archevêque d'Arles établit un péage fur le Rhone.
Exemption de péage accordée aux Habitans d'Arles.
Les péages , ports &amp;. pêcheries appartiennent à la Provence.
Le Pape reftitue le Comtat à la Maifon de Touloufe. ·- tfi
Plufieurs p~ages du Rhone dépendans de la Provence.
Traité en,tre l'Archevêqu~ ~d'Arles &amp; le Comte d~ O\;l•
·
l9u(e.. .
Les péa~es du Rbone faifoient le principal r.evenu des
Comtes de Provence.
46
•
•
Il

r

Les

�Les principales Villes de Provence s'érigent en RépubH~
ques.
I z 58 Traité entre. Saint Louis &amp; le Roi d'Aragon
quelques
_ .terres voifines du Rhone.
Pag. 4;~
I 2 59 Hommage de la Maifon des Baux ; pour les péages du
Rhone. ·
Prétentions de l'Eglife d'Arles fur Beaucaire &amp; Argence.
Traité entre Saint Louis &amp; !'Archevêque · d'Arles à ce
fujet.
.
. -'
.
•
.
48.
.I '-60 ~él:es de propriété des péages du Rhor:e par le Comte· de
Provence. •
49
I 26 3 1fles du Rhone appartenant à des Provençaux.
,
1264 La pêch.e dan~ le Rhone appartient exclufivement aux ,
· Habitans d Arles.
. •
•
.
.
) o.
1266 Le Comte de Provence met des impôts fur le fel tiré par
le Rhone pour le Roi de France.
1267 Aél:es de jurifdiél:ion fur le Rhone par les Juges de Pro~
. Vence.
. ·
•
•
•
•
fi
127 I Le Roi fuccéde au Comtat par la mort de Jeanne.
Prétentions du Pape fur le Con,1tat.
· ·
1280 -La Ville d'Avignon cédée par le Roi au Comte de Pro-=
vence.
•
•
•
•
•
)z
Hle Bertrand·cédée par un Comte d~ Provence.
~
5l
Aél:es du jurifdiaion fur Ie Fleuve par les Officiers de
Provence.
•
·
1286 Les pêcheries du Rhone appartiennent à la Ville d'Arles~
1288 Autres aél:es de jurifdiél:ion.
1297 Conceffion d'Hles du Rhone par la Provence.
1298 Jurifdiaion des Officiers de Provence fur le pont d'Arles. ) 1i
Les Habitans de Fourque,s y payent les droits. ·
,I 3OO Ceilion de droits fur le Rhone par Bertrand de B.aux.

fur

E TA T D U RH 0 NE pendant le quator'{_iéme fiéçle.
Traité fur les fels entre le Roi de France &amp; le Comte de _
Provence. .·
.
.
•
•
) ),
Premiere entreprife du Languedoc fur le Rhol)e , reftée
fans effet.
_.
.
•
•
)6
Réfutation des Hiftoriens de cette Province.,
~
. iZ
•-

~

"&lt;'

�PhiPppe le Bel lui-même regarde fes droits fur le Fleuve
Pag. )S:
.
.
comme problématiques.
59'
L'Hle de Stel prouvée appartenir à la Provcnc~.
T émoig1!age d'un Hiftorien du Languedoc contraire à
Dom Vaifette.
Bail à ferme de la Seigneurie du Baron, fait par la Cour
· 60
.
•
.
des Con1ptes-,d'Aix. ·
Cette Seigneurie étoit un Fort que les Comtes de Pro-:
vence avaient for le petit Rhone. . .
Autre bail fait par la même Courw
Le Comte de Provence établit un péage fur le Rhone.•·
Nouvelle entreprife du Languedoc fur l'Ifle Lubieres.
Il s'en défifte.
1332 Dénombrement de la Provence. Droits fur le Rhone. 62
1 333 Information faite par unCommiifaire des péages du Comte.
1 334 Mort de Robert. Jeanne lui fuccede.
1348 Elle vend Avignon au Pape , fans lui vendre le Rhone.
1 349 Elle inféode un péage fur le petit Rhone.
~353 N o'uvelle entreprife du Languedoc fur le Fleuve,
Réfutation des Hifforiens de Languedoc.
L'Ifle _de Carnave appartient à la Prov.ence.
.
Philippes de V al ois l'a reconnu. ·
~
67,
L'IDe de Lubieres appartient auŒ à la Provence.
.
Ainfi que celle de Méfoargues.
Il en eft de même de l'Ille de Stel.
6~
;
le Fleuve.'
fur
Aéte de jurifditlion de la Provence
La Chambre des Comptes d'Aix afferme les péages du
./
·Rhoner
Les Juges.d'Arles connoifTent des dommages faits au bac~
Jeanne affigne une penfion fur les revenus du Rhone.
.
.
.
Autre aéte pareil.
Jeanne donne une penfion fur les· mêmes revenus;.
~ 3~0. Lettres de Charles VI. fur la propriété du Rhone.
Réfutation.
:r 384 Aaes de jurifdiél:ion fur le Rhone par les Juges de Pro..;
7i.
..
•
.
•
,
Vence
II 8 &amp;
'JJ
Nombre d'aétes de jurifdiaion d'Arles fur ~e Rhoner
:l ~8â

/

�Lettres Patentes de Charles VI. îur Ia propriété-du Rhone··
"'

Réfutation.

peN;
1

ETAT D U R l-I 0 NE, fous la d.euxiéme .Maifon d' Ànjou-~
1

385

Manufcrit de Jean le Fevre.

..

•

Page 7 1.

..
.
·
Penfio~ fur un ~éage ?u Rhone.
La Reme Mane avo1t un Receveur de fos droits fu.r Ge
7~
~
•
•
•·
Fleuve.
·
Rhone..
le
fur
fouverai:neté
de
aél:es
Autres
79
-;;
•
Autres aél:es pareils..
Lettres de 1\farie , d'où le Languedoc prétend tirer fon
_ ,
droit fur le Rhone.
..
•
;
,
•
Réfutation..
.
:
Conditions de la capitulation d'Avigi1on'..
Le Général de Provence fait tendre les chaînes du Rhone.
1401 Penfion accordée à Boucicaut fur les péage~ du Rhon€. S-1(
Nouveaux aél:es de fouveraineté fur le Fleuve.
141 .2 Les Comtes de Provence y exerce.nt leur pouvoir ..
i413 Ordres .du Goi:verne;ir de ~angue;:toc fur le Rhone.8).
. . ,
•
Réfutation _des mduél:10ns qu on en tire.
le
fur
droits
les
afferme
d'Aix
Comptes
des
14 I 7- La Chambre
86.
•.
..
.
•
•
Rhone..
La Corriteffe de:ProvenceTiïihn'rrrer-fur l'e Fleuve..
La Ville d:Ades vend les revenus d'une Hle. ,
Un payement affigné fur un. péage du Rhone:
Confifcatfons fur le Fleuve. ·
Cbnteftation entre le Languedoc &amp; le Pape•. · ·
1 437 Les Ifles de Boulbon déperident de Provence.
1440 Ain!i que celle de Méfoargues •.
.
,
1442 Et celle de Lu1fan.
. .·
Autres aél:es de propriété.duRhon·e.~ i452 Le Roi de France reconnoît cette prdpriéré•.
1 457 Acquifüion de différentes IOes par René~
.
1463 Le péag~ &amp; le pont d'Arles ont toujours déi'?end'u de fa~
p
tt'
,,
.
..
Provence.
;i:471 Renouvellement du traité' pour les fels~
. Confifcation par le Jugé d'.Arles.l

�1474
1473
1

474

1475

I477

1,480
1481

'Pag. 90
Etabliiîement des Foires &lt;le cette Ville:
Affignation fur des péages du Rhone.
Aéle de jurifdiélion fur le Fleuve.
Le Lieutenant de Beaucaire reconnaît les droits de la
•
Provence fur le Fleuve
Arles continue à jo~_ir des Ifles du Rhone_.
Peage de Ta~af~on _donné aux CéJeftins d'Avignoa;
Moù de René. Renol!vellement du. traité des fels,
Arles pofféde le.s revenus des If1es du Rhone,

f. TAT D U RH 0 NE depuis la dunion

d~ la Provenc~

à la Couronne jufques à nos jours.

9J

Réunion de la Provence à la Couronne,
.
·
Confirmation .de fes privileges.
Permiffion .à la Ville d'Arles de bâtir une tour fur le Rhone;
,9'f
EJle obtient les crémens du Fleuve
I493 Arrêt du Parlement de T ouloufe.
9)
·;
:
•
RéfutJl-tion de cet Arrêt,
97
repouffée,
•·
1498 Nouvelle entreprife du Languedoc
9_8
;
,.
1)26 Confirmation de la pêche à Arles.
Confolde,
· 1 543 V ente du port de
1 544· Conceffion d~s Hles de Boulbon;
IJ7) Lettres Patentes pour Barbantane.
1 oiS
;
Barbantane; ;
1587 Arrêt du Grand-Confeil pour
Ipi
.
Réquifitoire du Procureur Général.
1687 Arrêt qui maintient Arles dans les If1es du Fleuve. • l 07_
:r690 Arrêt qui adjuge à Tarafcon les quartiers du Gués &amp;
Io~
,
•
,
autres.
1692 Arrêt fur l'If1e de Trelbon~7 2 4 Arrêt que l'on oppofe à la Provence, comme ayant jugé
1lo
. ,
•
•
.
la queftion.
, 11 1
1-726 Difcuffion de 1'Arrêt rendu entre le Roi &amp; le Pape.
116
;·
Affaire non jcgée entre Tarafcon &amp; Beaucaire
.122
..
Affaire çle la Çonunun~ut:é de Boulbon,
.12}
.,
;
.
.
Procès d'Arles
Inftance ~ntre B~1 bantan~ .çx Aramoµt.
·
.
~rocès de Méfoargues~
j.

Contefiation·

�Comefladon entre la N oblefi"e ce Provence &amp; le
· guedoc.

M 0 Y E N S.

Lat'f;

Pag.

:

;

:

12j
1 2i:

La Provence a des titres
fuffifans pour reclamu le Rhone &amp; fes dépendances depuis la Durance jufques à la mer.
•
12)
Premiere preuve. 'La Provence a poffedé des terres au-de-là
·
du Fleuve.
2. Elle a exercé de tout tems fa jurifdiél:ion fur le Rhone. 12 8
3. La Provence étoit Propriétaire des Iiles &amp; Crémens. 129
·1· Elle
. . poffédoit les ports, péages, &amp; dérivation de la ·
nv1ere.
On ne peut lui oppofer la prefcription.
·.·
;
1 3 e;,
Le Languedoc n'a point d'aél:e tranilatif de propriété du
Fleuve.
.
•
•
.
13 1
Les tentatives du Languedoc n'ont pC1 lui acquérir de droit
fur le Fleuve.
•
•
•
•
r
1 33
Non plus que les Lettres Patentes qu'il invoque.
·
L'Arrêt de 149 3 eft la fource des erreurs des J urifconfultes
&amp; des Géographes.
L'Arrêt ~e 1726 n'a aucune application à l'affaire~
: 1 3~
Celui de 1724 ne peut nuire à la Provence.
SECONDE PR.OPOSITION. Les voyes de Droit font
ouvertes à la Provence, rpour Je pourvoir contre les Arrêts qui peuvent lui nuire.
.
•
•
..
l 3Ô'
L'Arrêt de 1724 peut être attaqué par la voie de· la con~
trariété.
Et par celle de la Requête civile.
;
;
1 3S
La raifon d'Etat devroit feule occafionner le Réglement
que la Provence demande.
,
•
I 3!J_
PREMIERE PROPOSITION.

,.

'C 0 N S. Cl L T A 'f l 0 JV.,

i

fi

11 9

�</text>
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          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                  <text>Ouvrages imprimés édités au cours des 16e-20e siècles et conservés dans les bibliothèques de l'université et d'autres partenaires du projet (bibliothèques municipales, archives et chambre de commerce)</text>
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                <text>Mémoire et consultation pour les Etats de Provence contre les Etats de Languedoc pour prouver que le Rhône depuis la Durance jusqu'à la mer fait partie de la Provence et non du Languedoc</text>
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                <text>Factum de Louis Damours adressé aux procureurs des Gens des Trois-Etats du pays de Provence pour demander la reconnaissance de la propriété de la Provence sur le Rhône au 18e siècle</text>
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                <text>Damours, Louis (1720-1788). Auteur</text>
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                <text>Chénault, Charles-Étienne (171.?-1773). Imprimeur / Imprimeur-libraire</text>
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                <text>Notice du catalogue : http://www.sudoc.fr/234487127</text>
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                <text>Vignette : https://odyssee.univ-amu.fr/files/vignette/BULA_7861-1_Memoire-consultation_vignette.jpg</text>
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                <text>140 p.-[1] f de pl. dépl. : cartes</text>
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                <text>Memoire a consulter, pour les procureurs des gens des Trois-Etats du pays de Provence (Titre de départ)</text>
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            <description>A summary of the resource.</description>
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                <text>Ce factum de Louis Damours est adressé aux procureurs des Gens des Trois-Etats du pays de Provence afin qu’ils puissent reconnaitre que la Provence a un droit de propriété sur le lit entier du Rhône, et mettre ainsi un terme aux litiges qui opposent les habitants de la Provence à ceux du Languedoc. L’objectif est d’obtenir un règlement général qui fixe définitivement les limites des deux provinces. L’arrêté du 26 juin 1724 rendu sur cette question est contesté par les procureurs de la Provence, représentés par Me Damours. Ce factum réalise un historique de la propriété du Rhône, de la conquête des romains jusqu’au XVIIIe siècle afin de démontrer l’appartenance du Rhône à la Provence. Louis Damours (1720-1788) était un avocat au Conseil et homme de lettres, ayant écrit des ouvrages sur les rapports entre le droit français et le droit romain ainsi que des factums.&#13;
&#13;
Factum signé p. 140 : Me. Damours, avocat. Consultation. délibéré à Paris le 3 juillet 1764. signé, Aussone, Bronod, Regnard, Despault, Huart du Parc, &amp; Damours.. - Bandeau, lettrines, carte imprimée de la basse vallée du Rhône, de Valence à la Méditerranée. - Sig. A-S4, T3&#13;
&#13;
Sources : &#13;
J. Krynen, J.-L. Halpérin et P. Arabeyre (dir.), Dictionnaire historique des juristes français XIIe-XXe siècle, PUF, 2e édition, 2017, notice de D. Deroussin, p. 303. &#13;
&#13;
Résumé Mélissa Legros&#13;
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            <description>A statement of any changes in ownership and custody of the resource since its creation that are significant for its authenticity, integrity, and interpretation. The statement may include a description of any changes successive custodians made to the resource.</description>
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                <text>BU des Fenouillères - Arts, lettres et sciences humaines (Aix-en-Provence)</text>
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                <text>BU des Fenouillères - Arts, lettres et sciences humaines (Aix-en-Provence), cote 7861/1</text>
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                <text>Mémoire et consultation pour les Etats de Provence contre les Etats de Languedoc pour prouver que le Rhône depuis la Durance jusqu'à la mer fait partie de la Provence et non du Languedoc &lt;br /&gt;- Feuille &lt;i&gt;Forcalquier&lt;/i&gt; ; 223 ; 1868 ; Dépôt de la Guerre (France) ; Chartier (graveur)/Beaupré (graveur)/Pierron (graveur), ISBN : F802231868. &lt;br /&gt;- Lien vers la page : &lt;a href="http://www.cartomundi.fr/site/E01.aspx?FC=27409" target="_blank" rel="noopener"&gt;http://www.cartomundi.fr/site/E01.aspx?FC=27409&lt;/a&gt;</text>
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        <name>France. Parlement de Provence -- 18e siècle -- Ouvrages avant 1800</name>
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        <name>Languedoc (France) -- Territoires et possessions -- 18e siècle -- Ouvrages avant 1800</name>
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      <tag tagId="457">
        <name>Provence (France) -- Territoires et possessions -- 18e siècle -- Ouvrages avant 1800</name>
      </tag>
      <tag tagId="459">
        <name>Rhône (cours d'eau) -- 18e siècle -- Ouvrages avant 1800</name>
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      <tag tagId="460">
        <name>Rhône, Vallée basse du (France) -- 18e siècle -- Ouvrages avant 1800</name>
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                    <text>RÉPONS
P 0 U R les Procureurs du Païs des Gens des
Trois E tats de P rove nce .

Au . Iv1émoire du Languedoc intitulé:

Ex A

MEN

des nouveaux Ecrits de la Ptovence

jùr la propriété du .Rlz6ne.
Es E tats de Provence ne rcntreroient point
en lice, fur la qu efl:ion de la pro ptiété du
l;lhône, fi ceux de Lang uedoc 2 v c.Î 1:' nt voulu
fuivr~ la marche ordinaire de lïnfrruétion
d'une affaire, &amp; produire d'abord ce qu'ils
:.ppellent iuas titres : mais le Languedoc a lai!fé faire à la
l'ro venc e deux productions &amp; deüx Mémoires, a \~ ant que de
s'expliquer. Cette rufe de Palais n'eft pas fans doute Urie
bonne preuve de la confiance que le LanguedoA veut pa~

�S. '
roître avoir dans fa Caufe : mais il vient enfin d'en expofer
fes moyens dans un Ecrit de plus de trois cens pages d’impreflion, où il dit que la matière étoit déjà fujjfifamment éclair­
cie : &amp; après avoir employé plusieurs années à compofer ce
Mémoire , il veut faire juger l’affaire avant que la Provence'
ait préparé fa réponfe.
Cette réponfe eût fans doute coûté moins de tems &amp; de
travaux , fi le Languedoc eût cherché de bonne foi à éclaircir
la matière , &amp; fi dans une affaire prefqu’entierement hiftoriqu e, il eût voulu fu ivre, comme nous l’avions fait, l’ordre
chronologique, feul capable de jetter de la lumière fur une
queflion qui dépend de faits , dont la chaîne remonte aux
tems les plus reculés ; il a préféré de la traiter par differtations ifoiées , &amp; qui intervertiffent l ’ordre des tems ; enforte
qu’il faut l ’attention la plus opiniâtre pour le fuivre dans le
dédale où il a tout enveloppé, ôc où l’on a peine à reconroître l’affaire.
L e foin de pénétrer cette obfcurité n’a pas été notre feul
embaras : en dénaturant l'état de la queflion, l’on nous a prêté
des prétentions contre lefquelles nous avions protefté plus
d’une fois. O n a toujours de l’avantage à combattre des chi­
mères lorfqu’elles font notre propre ouvrage. Quoique nous
les ayons déjà détruites, le Languedoc n’en fupofe pas moins
encore dans fon nouvel é c rit, que l’objet de la Provence eft
d’attaquer les droits de la Couronne &amp; de contefter au R o i la
fouveraineté , ou au moins la propriété du Rhône. Faut-il
répéter de nouveau que notre unique prétention eft que le
R o i eft Souverain du Rhône , en vertu des mêmes titres qu’il
l ’eft de la Provence, &amp; que le Rhône coulant fur un terrein
Provençal , ce fleuve fait partie d e là Proven ce, à compter
de la Durence jufqucs à la m er, mais que le R o i n’en eft pas
moins Souverain &amp; Propriétaire du fleuve.

�Par combien de titres, de Lettres Patentes, d’ Àrrêts de
Cours fupérieures &amp; du Confeil n’avons-nous pas établi cette
proportion ; 8c en les invoquant de nouveau ne pourrionsnous pas rendre avec jufiiee au Languedoc les imputations
deshonnêtes qu’il nous fa it , d'attaquer les droits de la Cou-

Prç. 4- &amp; autres de
1 examen des titres de

renne , de démentir ou rejeîter nombre de Lettres royaux , a al- ^ Provence fur ic
terer Vhijtoire, de défigurer la plûpart des fa its, G? de contredire
même plufieurs Arrêts folemnels du Confeil.
L es Procureurs du Pays de Provence feront mieux que de
dire des injures à leurs Adverfaires. Ils vont les fuivre pas à
pas dans leurs erreurs, 8c les réfuter. Si cet écrit n’a pas le
même ordre que les précéd ais, c’eft qu’on y eft forcé de
s’engager dans des difcuflions découfues aufquelles il faut
répondre. Ces réponfes fuppoferont même qu’on a fous les
yeux Vcxtamen du L an gu ed oc, ôc quoique cette méthode
jette quelque embaras dans le difeours , on l ’a préférée au
foin de rapporter d’abord les raifonnemens de nos Adverfaires
pour ne pas tomber dans des longueurs interminables.
L ’on préfentera enfuite,fous trois titres diflerens, une ré­
capitulation des faits &amp; des actes fur lefquels la Provence fa
fonde. Nous ferons vo ir, dans le premier, qu’elle a poffedé
des terres à la droite du Rhône du côté du L an guedoc, fans
que le Languedoc ait jamais eu ni prétendu avoir la moindre
portion de terrein à la gauche du fleuve du côté de la Pro­
vence : L e fécond fervira à prouver que les Souverains ôt les
grands Vaftaux de Provence ont établi &amp; poffedé les péages
fur le R hôn e: Et le troifiéme contiendra la preuve qu’ils ont
également poffedé les ifles du fleuve. L ’on répondra enfin
aux moyens de droit qu’oppofe le Languedoc ; les détails
dans lefquels nous fommes obligés de nous engager pourront
paroître trop minutieux pour entrer dans une hiftoirc générale,
A ij

�mais l ’on fentira facilement qu’ils font indifpenfables avec
des Adverfaires, qui femblent moins ocçupés de la défenfe
de la Caufe , que du foin d'épiloguer fur les mots dont
nous nous fommes fervis dans les précédens écrits, avec
des Adverfaires qui s’érigent en Défenfeurs des droits de la
Couronne qui ne font point attaqués , avec des Adverfaires
enfin q u i, fans rapporter la moindre preuve de leurs droits ,
exigent encore qu’on leur produife des titres des nôtres ,
quand nous les en avons accablés.

P R E M I E R E

P A R T I E

Examen de la quejlion confiderée au fond.
article de l’exam en
au q u el npus ré p e n -

daas-

*

^

Si le Rhône a appartenu de tout tems a la Provence ; h
les Rois de France n’en ont joui que du moment &amp; tant qu’ils
ont été Propriétaires de la même Province ; fi les ufurpations
des Pays connus fous le nom de Royaume de Provence , leur
enlevèrent en même-tems la pofleflion de ce fleuve , il n’eft
pas douteux qu’on ne puifle le regarder que comme une dé­
pendance de cette Province.
C e point de vue qu’on ne préfente que pour une pure fuppofltion , &amp; qui doit être le réfultat de l’examen propofé ,
montre que s’il y a des droits honorifiques ou pécuniaires à
exiger fur le R h ô n e ,c e n’eft pas aux Officiers du L anguedoc,
quels qu’ils foient, à les exiger: il répond de plus à toutes les
queflions que forment ici les Défenfeurs de cette Province.
Combien d’art employent-ils pour faire croire que les droits
qu’ils défendent font ceux de la Couronne ? Mais outre qu’ils
ne font pas chargés de la défendre, la Provence ne craint pas
de répéter qu elle reconnoit dans fon Souverain les mêmes

�droits qu’elle reconnoîtroit dans celui du Languedoc, fi le
Rhône appartenoit à cette Province. Envain le Languedoc
veut-il unir fes titres à ceux de la Couronne ; une différence
effentielle s’oppofe à cette union , c’eft que les droits de la
Couronnefont imprefcriptibles. Dans cefen s-là , les ufurpationsde Bofon &amp; de fes luccefieurs n’ont privé la France , du
Royaume de Provence , que de fa it, le droit lui en a toujours
été confervé ;mais elle n'a pas confervé un droit particulier
fur le Rhône : fes titres à cet égard ont luivi le fort du princi­
pal ; &amp;c en rentrant dans l’exercice de fon pouvoir fur celui-ci &gt;
elle eft rentrée dans l’exercice du même pouvoir fur toutes
fes dépendances , parmi lefquelles il faut compter le Rhône.
L a maniéré dont s’eft faite cette union en 14.81 , eft indiffé­
rente au Languedoc, &amp; n’intéreffe que les Parties contrac­
tantes, N i le R o i, ni la Provence ne s’en plaignent: mais
celle-ci n’eft-elle pas en droit de fe plaindre de ce que fous
prétexte de remarquer quelque différence dans la maniéré dont
le Languedoc ôe la Provence font partie du Royaume de
France ,o n veut donner une prétendue convenance pour une
raifon décifive ? C ’eft faire injure à l’équité du C o n fe il, qui
fçait que depuis trois cens ans la Provence eft auffi Françoife
qu’aucune autre Province du Royaume , &amp; qu’elle en a donné
des preuves dans toutes les occafions.
Il eft vrai que le Défenfeur de la Provence s’eft fervi
comme on le lui reproche ici , du mot de Languedoc x
pour défigner le terrein qui compofe aujourd’hui cette Pro­
vince, en parlant du tems où elle portoit le nom de Gothie
ou Septimanie. Il ne i ’avoit fait que pour foulager l ’attention
&amp; faciliter l ’intelligence de l’affaire , mais jamais d une façon
qui puilfe influer en rien fur la queftion ; 6c l ’on défie le1
Languedoc de citer une feule occaffon où il puiiTe en tirer.

�aucun avantage : cependant on tâchera de n’employer déforirais que les mots qui lui plaifent.
A R T I C L E

P R E M I E R .

Origine des droits de la Couronne fur le Rhône.
,

I l ne feroit peut-être pas auffi difficile que les Advcrfaires
le prétendent, de démêler qui des Volces ou des Salyens ôc
Liguriens excerçoient le plus d’autorité fur le Rhône ; mais on
paffera fur ces difeuffions , qui au fond ne présentent que des

An. aeRome «29. vrai-femblances &amp; des conjeûures. On s’abftiendra auffi de par­
ler des premiers tems qui fuivirent la conquête faite par les R o ­
mains , du Pays auquel ils donnèrent le nom de Province ou de
A n . de R o m e 7 2 7 .

Province Romaine , qui prit celui de Narbonnoife fousslugufle ,
ôc qui comprenoit à peu près ce que nous connoiffions aujour-

H;ft deL a n ç . to m . d’hui fous les noms de Dauphiné , Provence ôc Languedoc. Tant
j/fuiv.' 33&gt;P18-,#î4 que les deux bords du Rhône furent fournis à un même G ou .yerneur , il ne fe paffa aucun événement qui puiffie faire juger
f lc ’étoit comme maître de la rive droite ou de la rive gauche
qu’il exerçoit fon autorité fur ce fleuve : réflexion qui doit
avoir lieu dans tous les cas femblables.
E«am cn &gt; p a g . 1+.

Mais on ne paffera pas avec la même facilité fur les tem s ,
où les befoins de l’Empire exigèrent qu’on partageât les G ouvernemens. Sans entrer dans le détail de ces diviuons, qui
nous ccarteroient de notre o b je t, il fuflîra de dire que la

Hift deiane.t. 1, JViennoife dût être féparée de la Narbonnoife fur la fin du troi«nî «&amp; * pagleoo dénie fiécle de l ’Ere chrétienne, ôc que l ’une ôc l ’autre firent
&amp; (Soi.
partie des cinq ôc des fept Provinces dont il eft fait mention

à la fin du quatrième fiécle ôc au commencement du cin­
quième.

�7

11 feroit difficile de décider quelles furent dans Porigine Ifcs
limites de la Narbonncife &amp; de la Viennoise ; fi on les fuppofe
différentes de celles qu’on retrouve environ cent ans après ,
M . de Marca , (u) auquel le Défenfeur du Languedoc prend
grande confiance , prétend que le Rhône en faifoit la répara­
tion; mais il auroit dû continuer fa leéiure encore une lig n e ,
&amp; il auroit vû que les Hiftoriens de fa Province , fes garants,
abandonnent eux-m êm es l ’autorité du fçavant A rchevêque,

jL;d not_

fur ce qu’il ne donne aucune preuve de fon opinion, 5c !',Péonf.’ ^gÙi w 'c
encore plus fur ce que le Diocèfe de Viviers avec les parties
des Diocèfes de Vienne, de Valence, d'Avignon 5c d'A rles,
qui font à la droite du Rhône , o n t, fuivant toutes les notices,
appartenu à la Viennoife. L a plus ancienne qu’on croit avoir
été dreffée au commencement du régné d Honorius , attribue
à cette Province les Diocèfes que l ’on vient de nommer,
comme le font les notices poftérieures : à la vérité ni les unes
ni les autres , qui n’entrent dans aucun détail, ne font mention
des parties de ces Diocèfes féparées de leurs Capitales par le
R h ôn e; mais fi l ’on vouloitqu’elles euffent d’abord été foumifes à d’autres Evêchés, on feroit obligé d’en fournir la
preuve , 5c de donner l’époque du changement ; ce q u i paroîtra impoffible à tout homme inftruit, puifque les plus anciens
titres qu’on ait fur ces Paroiffes , les placent fous les Eglifes
dont elles dépendent encore aujourd’hui. Une nouvelle preuve
quelles en dépendoient originairement pour le temporel
comme pour le fpirituel, eft que nous les verrons dans le
moyen âge faire partie du Com té des mêmes V ille s , dans
( &lt;t ) Exam. pa~. 14 . où l’on cite la pag. 1 y 8 de primat, comme au commence­
ment de la note 34 de lH ift. de LaVg. page 614 ; tandis que le pailàge de
M. de Marca fe trouve à la pag. 164 du même ouvrage. Toute l’érudition de ce
Défenfeur feborneàdes extraits de l ’Hiitoire de ik Province , fouvent-même peu
«xatSs &gt;comme dans cet endroit.ci.

�r.Hifp.
M^rc.

i.c les D iocèfes defquelles elles font fituées. Telles font les
MÙc.'dctrJmet.§• * reftriclions d’après lefquelles il efc convenu entre les Sçavans,
&amp;i8,p/&lt;s/.’n/73’ eue les Romains ne changèrent point les limites des Cités
Jdront.Gdi. qu’ils fournirent ; qu’à l’établiiTement de la Religion chrcP . 1 2 . Hift. d e la n g . ^
1
M
r
'
t. i,not. s,p.p.&lt;sos- tienne , les Gouvernemens ecclcfiafhques furent régies lur les
Gouvernemens civils , &amp; qu’on n’a pas d’autre méthode dans
les difeu liions de la nature de celle qui nous occupe.
L a vérité de cette méthode doit être bien conftante , puifqu’elle a été reconnue par le Défenfeur du Languedoc ; mais
il prétend l’affoiblir en ce qu’on n’y a pas toujous eu égard
dans les arrangemens des tems poftérieurs ; &amp; il fembleroit
à l’entendre , accufer la Provence d’employer des équivoques
G des raifonnemens plus fpécieux que foiides, dont cependant
il ne releve aucun , parce qu'il eft plus aifé d’éluder l’état de
la queftion par des généralités, que de faire des réponfes
précifes à chaque objetlion : il fembleroit donc que la Pro­
vence veut fe fonder fur l’attribution des limites données à
ces Cités fous l ’Empire Romain , pour demander le rctablifTement de l’ordre ancien , puifqu’il lui fait entrevoir obli­
geamment qu’il lui feroit perdre une portion confidérable du
D iocèfe d’Avignon. Comme ce n’étoit point l’objet de la
Provence , elle fe croit difpenfée de le remercier de fes avis.
Son but a été feulement d’en établir Pufage , pour les teins
dont elle parle ; d’en faire remarquer l ’origine pour les tems
où il fe trouvera établi ôc fixé par les acles, &amp; d’en conclure,
i°. que comme les Romains ne changeoient point les limites
des Cités qu’ils foum ettoient, la fixation de celles qu’on voit
ici au territoire de la V ille d'Arles en particulier, devoit être
antérieure à la conquête des Romains : &amp; 20. que le R hône
qui couloit au milieu du territoire de la même V ille devoit
dépendre du même Gouvernement ôc des mêmes Officiers.
Cette

�Cette preuve générale eft confirmée par des faits particu­
liers (a). On voit par les aftes autentiques du martyre de Saint
Ferreol arrivé à Vienne vers l ’an 304., qu’une portion de la
rive droite du Rhône étoit foumife à l ’autorité du Prélident
ou Proconful de la Viennoife ; Saint Ferreol s’étant fauvé de
prifon , avoit traverfé le Rhône à la nage ; mais le Magiflrat
le lit pourfuivre &amp; arrêter au lieu de fa nouvelle retraite. Si
le Rhône eût fervi de borne à la Viennoife, le Gouverneur de
cette Province auroit-il pu envoyer des gens en armes à la
pourfuite d’un homme qui fe feroit trouvé fur des ferres foumifes au Proconful de la Narbonnoife, ou au Vicaire de la
Lyonnoife f Car il faut rappeller ici un autre principe du
Gouvernement Romain ; c’eft que les Officiers d’une Province
n’avoient ( b ) aucune efpece de pouvoir hors des limites de
leur Province. Il réfulte donc de la conduite de ce G ouver­
neur que la partie du D iocèfe de Vienne qui eft à la droite du
Rhône , &amp;t par conféquent le Rhône même dépendoient de
fon Gouvernement.
L a V ille d’Arles y étoit auffi comprife alors ; mais elle
devint bientôt confidérable 6c M étropole. Conftantin en aima
le féjour ; non content de l’avoir rétablie &amp; augmentée , il lui
donna fon nom &amp; y fit conftruire un Palais qui devint dans
les Gaules le lieu de fa réfidence 6c de celle des Empereurs.
C ’eft depuis ce tems-là que nous la voyons bâtie des deux (c)

V U . Saxy PontifA rc l. p. 9 &amp;
V alef. tiotit.
F* 3 8 *

«♦ .o-

( a ) Rhodanum . . . . paucis tfajicit mpuljibus . . . . uli cum à perfecutorilus
ccmprehenderetur Éyc. A6i. Martyr. Jirc. pag. 40S , 407 , 408. édit. Veron. 1731..
( b ) In rebus omnibus eequale crat jus omnium Frovinciarum , ita utnuüi exConfuleribùsin ali-ram cliquod ejjet imperium. Marc, de primat. §, 83, pag. 114 , ! v etf.
&amp; §• 9 3 , pag. 149
feq.
( c ) Pande duplex Arelate, tuos Manda hofpita portus
Precipitis Kkodaiti Jic intercifa Jluentis ,
Ut mediam facias navali pont; plateam.
Aufon. iirb. *» P'
................................Duplicemque per urbem
«17 , édit. iy}0 “ '*■
Qui méat U dsxtra Rhodanus, dut nomma ripas

B

Ibid, fidyll. p. 3 J Î'

�10
côtds du grand R hône avec un pont de communication. L e
Fauxbourg qui fubfifte encore à la droite de la riviere , porte
le nom de Trinquet aille. Ainfi le grand Rhône renfermé entre
les deux parties de la V ille ne pouvoit appartenir aux Habi-

p.

s?.

tans de la rive droite du petit Rhône , quels qu’ils fuffent. C e
principe mene plus loin ; car comme le grand bras de ce
fleuve depuis fa féparation en deux branches principales jufqu’à fon embouchure , coule entre des terres qui font ôc qui
ont toujours été du terroir d'Arles, on doit en conclure que
des étrangers n’ont jamais eu ni pu avoir de prétention fur
cette partie du fleuve. Ainfi c’eft mal-à-propos que le Défenfeur tju Languedoc a avancé que c'étoit en 1 12 J , pour la pre­

mière fois , que le fort de la Camargue , cette même ifle où étoit
fltude au quatrième fiécle la moitié de la V ille $ A rles. paroît
être déterminé, à la Provence , par lin monument autentique ; s’il
ne convient pas maintenant de fon erreur, fon aveuglement
fera bien volonraire.
L e féjour des Empereurs procura bientôt de nouvelles
grâces à la V ille d'Slrles, qui devint la première des Gaules ,
quand le Siège du Préfet du Prétoire y eût été transféré fur la
Hîfi. aurang. 1.1) fin du quatrième fiécle. Honorius àtJheodofe le jeune la choifirent dans la fuite pour le lieu de l’affemblée annuelle desfept Provinces qu’ils avoient établies par un Edit dont la date
revient au 17 d’A vril 418. On y trouve (a), comme dans les
été vit. S.

Prœcipitem Rhedanum mo’ i quœ ponte fubegit,
Et jUi.xit gemmas connexo tramite ripas.
g, cp. IO.
Arelate ejl tivitas fuvra und.is hk dard lonfitura (jutz in orientis profpeSium, taiaire ia t Ho- latumpontem per nuncupatiJiuminis dorfa t anfmittit.
In u t i iorcm ripam de civitate in civitatem . . . . tramgreditur.
ixy .P - ” •
Mirât- B.
Via ilia navalis, quâ inter conjœderatas jibi urles illius terrililis Rhodani terga
p IÎ&amp;Pcalcantur , &amp;c.
K oK ■17 1
(a) Jam vero decurfus Rhodani &amp; Thirreni recurfus , necefe e(f ut vicinum faciant
,d. pair s. cc pe.ne conterminum, vei quod Ole preeterjiu it, vel quod ïïle circuit. Cum ergo huic
8 , a&lt;3
ferviat ùvitati, quidquid habet terra prœcipuum , ad hanc veto , remo ,vehiculo, terrâ ,
ne. P 4 7 *
,r. de glor. mari, jhiwine inferatur, quidquid JinguUs nafdti.r , £rc. ùirm. not. inüidon. pag,
[, c. 68, 69» M 7 j &amp;• alibi pajjim.
60

89 ■&gt; Edit»

Bûcher,

n. t. 5&gt; B it.

�Hifloriens * du tcms , qu’il s’y faifoit alors le plus grand *v. Au.*».
*
p. i l 4 . Creg. snccommerce 7, ainfi que
du
tems
de
Strabon
**.
Peut
on
les
ennym. ^ivixitcnf.
*
tantii a talc»
tendre , fi on n’y joint une liberté totale de navigation fur l a * * s t » b . i . 4, P . u i .
rivière qui baigne fes murs ? A fuivre même les expreffions
de ces Princes , le Rhône ne couloit que pour y apporter les
richefles de la Gaule êc de tout l ’Univers. Ainfi le fleuve dépendoit fans doute de la V ille d'Arles:.
Cette conjecture , paroît pleinement confirmée par un
paflage de la notice des dignités de l ’Empire : ouvrage T llem. art. 6s fur
rédigé vers le milieu du régné à'Honorms , &amp; antérieur p. «s+,«s5, an.
,
.
,
Sur Val. t . 6 , p. 266,
d’environ douze ans à la conftitution que l ’on vient de citer*&amp;»ot. i3»p.
On fçait qu’il contient un détail dej tous les Officiers de
l'Empire , ôt que leurs fondions y font indiquées par les
noms de leurs Charges : In Provincia G allia Ripznfi ( y eft-il dit)
Prœfeffus clajjls fiuminis Rhodani ,V kn n o t, five Arelati. Arles
ou tienne étoient donc le Siège fixe du Prefet de la flotte du Panï?r. in not,
cid. c. 90,
1 8 0 , é d it. Venet*
Rhône , c’efi-à-dire qu’il habitoit alternativement chacune de f- î*o‘
9

A

.

.

.

ces deux V ille s, félon les befoins de la navigation. L e détail
de fes fondions, dont l ’examen tiré des L o ix Romaines &amp;

1601.

des lettres de CaJJioàore, nous meneroit trop lo in , indique
qu’il avoit la police de la riviere , tant fur les Marchands
que far les Pêcheurs, que la caiffe principale des impofitions
du Rhône étoit auffi dans les mêmes V ille s , ôt que c’étoit nutor. Mon.Func
là qu’on armoit &amp; défarmoit la flotte deftinée à la garde du 17+2 in f°,
Rhône. En fe rappellant le principe que les Officiers d’une
Province n’avoient aucune Jurifdidion hors de la Provin ce,
fe contentera-t-on de dire que cela prouve feulement que le
Rhône couloit fous les L o ix des Empereurs f Et pourra-t-on
difputer à ces Villes la propriété d’une riviere fur laquelle
des Officiers qui y réfidoient, exerçoient des droits (1 mar­
qués ? Certainement la fixation de cette réfidence devint une
B ij

E x a m .p . k .

�t2
fuite de cette propriété ; car il auroît etc contradictoire de
mettre des Officiers dans un lieu dont n’auroit pas dépendu
la chofe fur laquelle ils dévoient exercer leur autorité.
V. Hift. de I-ang.
Paffons légèrement fur les premiers établiffemens des Vi[i'176,177^06 gels dans la Narbonnotfe , à Touloufe en 4.18 ou 4.15), à A a rbonne en 462. Mais arrêtons-nous fur le régné d Euric leur
R o i , qui monta fur le trône en 466. Saint Sidoine nous
apprend que ce fut un Conquérant qui voulait pouffer fa do­
mination jufqu’a l’océan , au Rhône ôt à la Loire , pour leur
faire fervir de barrière à fes Etats (a). La première lettre de
cet Auteur contient la preuve que c ’étoit fa feule prétention
v.Tniem. arr. 2: par rapport à la Z-cire; car vers l’an 473 , où elle dut être
14s. ~
1 écrite , les Francs o u ïe s Saxons étoient maîtres FFAngers ôc
v.Tiiiem. Anthem. des iffes de la Loire , d’où les Gots ne travaillèrent point à les
a u j , Lmÿ. t. s, P. cpaq\.r&gt;
q l)e i es expreffions font les mêmes pour les deux
rivières j on doit en conclure c\u Euric ne forma pas plus de
prétention fur l’une que fur l’autre.
Quand même il en auroit form é, ce ne feroit pas un pré­
ju ge, à moins qu’on ne lui eût accordé par la paix tout ce qu’il
demandoit ; mais à en ju g er, par ce qui nous refte de la négov. Vov. o.TiHen-. ciati° n qui fut entamée fur la fin de l’année fu ivan te4 74 , ôc
r^odoac. art. 4,v. j ans ]aqUen e put employé Leonce d'Arles avec plufieurs autres,
v . s;a. Apoii. 1 ; ,
ep. 6 , P !«+•
ri',

cp- 7 &gt; p. i 8«.

il paroît qu’il n’étoit queffion de céder aux Vifigots que VAu­
vergne &amp; le refie de la Narbonncife ; car dans une lettre adreflee
parô. Sidoine à un des Négociateurs , ôc où il employé toute
forte de motifs pour les engager à refufer la ceffion de VAu­
vergne , il ne leur fait pas feulement entrevoir qu’il fût queftion
de faire perdre à aucun d eux la moindre de leurs pofleffions ;
( a ) llli CGothi ;■ veterum Jinium limiiibus ejjraitis . . . . . . po^ejjionis metas in
Rhoâanun Ligerimque proterminant. L , 3. ep. p. 63.
Ruedum terminas fuos ab oceano in Rkodanum Ligeris alveo limnmrunt L . 7*
tp. 1 ,2 % . 171.

�15

cependant fi les Pays cédés à Euriceuffent dû s’étendre Jufqu’au Rlione , Leonce auroit perdu la portion de fon D iocèfe
qui eft à la droite du fleuve : car comme lorfqu’un Prince foumettoit à fa domination une V ille épifcopale, il la faifoit
V . Hift» Me Lanr«*
paffer fous la Jurifdiction d’un Métropolitain dû fes Etats 5 1. 5»§•**’ *■ x»l#
169

pour admettre dans les Conciles qu’il faifoit affembler les feuls iS
Evêques qui étoient fous fa puiffance : de même dans le cas
où il s’emparoit d’une portion d’un Diocèfe étranger, ce dé­

membrement ou formoit un nouvel E vêch é, ou devoit être
5 » c ‘ 5 : p. 107'
réuniau Diocèfe le plus voifin. On en trouve la preuve dans .dPj.. Kuin.
un pacage de Grégoire de Tours , fuivant lequel Dalmace,
Evêque de Rodei, répetoit vers l’an 5 7 3 , quinze Paroiffes enle­
vées à fon Evêché par les Gots qui en avoient formé celui
cF/lriJitum.
Il paroît encore 1®. par une lettre du même E vêq u e, adreffée à Batiens &gt; Evêque de Lyon, fur la fin de l’année 4745
■*

5

s

cp- *’

’P
v. hmi. de Lang;

1. 4 , §. ISS , t. 1 r

ou au commencement de la fuivante, qu’Euric n’avoit pas p-119alors pouffé fes conquêtes jufqu au Rhône, puifque la naviga­
tion du fleuve relloit abfolument libre aux Sujets de 1 Empire»
fk. 2°. par le détail de la négociation de Saint Epiphane qui p’;E""
mit la derniere main à la conclufion du traité en
^ , que le s‘r™,jLOA(K art s&gt;
R o i des Vijigots, touché des reprefentations du S. Evêque de
Pavie, fe relâcha fur quelqu’une des conditions quil avoit exigées jufques-là.
Il les obferva tant que vécut l ’Empereur Nepos, avec lequel
il avoit traité ; mais après la mort de ce Prince, arrivée le ip
M ai 480 , il porta la guerre en Provence , où il s’empara des
V illes d’Arles &amp; de Marfcille , qui lui furent cedées bientôt
après , avec tous les Pays qui s’étendoient jufqu’aux Æ pes,
par Odoacre , C h ef de ces diverfes Nations barbares , qui fur la
fin de l’Empire Romain compofoient toutes fes m ilices, &amp;. à

nfà dcunV-

y s , P. 6go.
t w p'Jcopl

�14

canâ. Hift, Byt. qui Zenon , fuccefleur de Nepos, venoit de les donner. O n
croit qu’Euric établit alors fa demeure dans la V ille d’Arles : il
y mourut fur la fin de l ’an 484., &amp;c il eut pour fuccefleur

j

o

Alaric IL fon fils. Celui-ci qui périt à la bataille de JAouglé en
$07 , ne laifla qu’un fils nommé Amalaric , fous le nom duquel
Theodoric fon grand pere maternel régna fur tous les Etats
des J/ifgots. I l étoit lui - même R o i des CJlrogots , 6c avoit
achevé la conquête de l’Italie fur Odoacre, au commencement
de 4.93.
Quoique les deux bords du Rhône fuffent alors fournis à
la même domination, on retrouve cependant quelques traces
de la dépendance où il étoit de la V ille d’Arles. Thierry , fils
de Clovis , qui pourfuivoit fur les Gots les avantages de la
bataille de F'cuglé, fut repouffé l ’année fuivante , à l’attaque
du Pont d'A rles, pofle important, 6c q u i, fuivant l’exprefTion
de l ’Hiflorien de L an guedoc, étoit alors lefeul qui pût faciliter
le paffhge du Rhône. ( a ) On le demande à tout homme qui ne
fera pas aveuglé par un intérêt particulier; peut-on croire
qu’alors le Pont ôc le Rhône ne dépendiffent pas d e là V ille
■ d’Arles ?
I l eft impcflible de ne pas tirer la même conféquence d’une
circonftance du Siège que les François ôc les Bourguignons
leurs alliés vinrent mettre deux ans après devant la même

vit.s.cifar.a™*. V ille . Saint Ceiaire qui en étoit E vêq u e, fut accufé par la
B . B*ncd» ord . t. 1 , G arnifon , de favorifer les Ennemis ; on l ’arrêta , ôc il fut

¥■ ««3.

réfolu de le tranfporter au Château d'Ugernum, qui ne peut
être antre chofe que la V ille de Be2ucaire (b). L e proiet man&lt; a ) L. 5. S 45 , t. ' p. '-‘\9 , luri’i rportanc? de ce porte , U comme i ren­
voi t maître du Rhône, V. Dubos, étab. d elà Monarch. Franc, t. i. p. . 66, 49}»
t. ». p, 199 édit. 1741 in 4 °.
( h 1 II ferait BÎfé d'en multiplier les preuves, mais ilfu flît c'e renvoyer à D Mabiil.-not.üîJ. F.(def. not. G a ll.p .
de Lang. t. not. }S ,p . t&gt;i8 &amp; t. J,
p . 6-61 .

�qua , parce que la crainte des Ennemis répandus fur les deux
bords du fleuve, empêcha de tirer le bateau dans lequel on
avoit mis le Prifonnier. Il n’en réfulte pas moins : i°. que le lit
du Rhône étoitlibre aux Ojlrogots : 2°. que le Château d'Ugernum ddpendoit du même Gouverneur que la V ille d’Arles ; &amp;
celafe rapporte à ce que nous avons établi fur les limites de
fon territoire , tant pour les tems antérieurs que pour les poftérieurs, où nous verrons la même V ille dominer pour le civil
comme pour le fpirituel fur toute la partie de fon Diocèfe qui
elt à la droite du R h ô n e , &amp; par confcquent embrafler le
R hône même. L e Défenfeur du Languedoc veut faire croire
qu’il ne voit dans cet événement, que les François maîtres des
deux bords du Rhône ; ils letoient fans doute, mais pour le
m om ent, &amp; de la même maniéré dont toute armée l ’eft du
territoire d’une Place qu’elle aflîege : le Siège levé , le terri­
toire rentre fous la domination de fes Maîtres légitimes.
Theodoric, après avoir repris fur les enfans de Clovis tout ce
que ce Prince avoit enlevé aux Fifigots , mourut le 50 d’Aôut
5 26, &amp; ne laiflfa que deux petits fils ; l ’un , nommé Àtlialaric,
lui fucceda en Italie &amp; dans les Gaules , tandis que la portion
d’ /lmalaric fut bornée à ÏEfpagne. Cet arrangement qui prîvoit celui-ci de la Septimanie, héritage de fes peres, excita
fans doute des murmures ou des plaintes de fa part. Q uoiqu’il
en fo it, la portion des Gaules qui avoit appartenu à leur ayeul ,
fut partagée entr’eux. L e R oi d'Italie ou des Oflrcgots , eut ce
qui croit à la gauche du Rhône , &amp; le R oi d’EJpagne ce qui
étoit à la droite du fleu ve, fans qu’i^foit queftion de la pro­
priété du fleuve, dans l'Hiftorien qui rapporte ce traité ; de
forte qu a prendre fes expreffions à la lettre , il faudroit croire
que le Rhône ne relia à aucun de ces Princes. L e feul moyen
de reconnoître celui à qui il fut adjugé, eft de confulter les

Exam p. 3j .

Tur. r

t

• 21 &gt; p. 1 *7 .

§

Page ad h u n r m
V. Cafftod. l t j

'• 6

Procop, vtjnp. J j

'• 178. 179.
1

�16
✓ to n s poftérieurs. O n y verra les Souverains de Provence 5
fucceffeurs d'Athalaric , regner paifiblement fur la partie du
D iocèfe d'Arles q u ieftà la droite du Rhône , &amp; par conféquent fur le Rhône môme &amp; fur les ifles qu’il forme , dont la
Camargue eft une, fans qu’on puiffe en adigner d’autre caufe
que ce traité de partage , dont on prit pour bafe le rétabliffenient des anciennes limites qui fe trouvoient fur les frontières
xefpéQûves.
Nous touchons au moment où la domination des Rois de
France s’approcha des bords du Rhône. Jufqu’ici tout le monde
avoitcru que ce fut par le côté deProvence.llplaîtauDéfenfeur
sam.p.7-

du Languedoc d’en donner l’avantage au Vivarais, ktUfege&amp;c
à Argence , ou Ugernum qui eft la partie du D iocèfe d'A rles,
fituée à la droite du Rhône. Rapportons fes propres expreffion s, pour qu’on ne nous accufe pas de diminuer la force de
fes preuves.

Pag.15 &amp;fu'.v.

'

r. s . c. 30.

» On trouvera dans les meilleurs Hiftoriens ,
que dès l’an
» 5 3 3 , T h eo d ebert, petit fils de C lo v is , enleva la V ille ôc le
» Pays d'U fezaux Vifigots qui. . . . n’y regnerent plus dans
» la fuite. 2°. Que ce Prince s’empara en même-tems du Châ» tcau nommé Ugernum , 6c du territoire de Beaucaire, qui
» furent à la vérité , repris
ans après par Reccarede &amp; fes
» V ifigots, par reprefailles de l’irruption que le R o i Gontran
» venoit de faire en Septimanie jufqu’à la V ille de N irnes,
» fuivantle récit de Grégoire de Tours , mais qui furent aufil» t ô t , ou prefqu’auffitôt abandonnés par fes troupes , &amp; qui
» en effet ne furent pkrs fournis au pouvoir des Vifigots.
» 30.Q u e l’année fuivante J 3 4 , dans le partage qui fut fait
» entre les R ois de France, du Royaume de Bourgogne, le
» Vivarais échut à Theodebert. 4 0. Q ue dès-lors, ce Prince
» régna

�17
» régna fur les Pays arrofés par la rive occidentale du Rhône
» qui de ce moment fe trouvèrent fournis à demeure à la domi- /
» nation Françoife; fçavo ir, les Pays de Vivarais ôc d’Ufege,
» ôc enfuite le territoire de Beaucaire qui étoit connu dans ce
» tems-là fous le nom de Terre d’Argence (a) , qui comprenoit
» alors comme aujourd’hui toute la plaine de Fourgues, 8c
» qui n’appartenoit point aux Oftrogots , puifque c’eft fur les
®Vifigots que Theodebert s’en empara, ôc puifqu’Amalaric
» n avoir abandonné aux Oflrogots p arle Traité de 526, tii
» le Rhône, ni des terresftuées fur la rive droite du Rhône, comme
» on le fuppofe fans fondement, mais leur avoit feulement cédé le Mém. psg. 1.
» Pays qui n'eut le nom de Provence que vers ces tems - là , ôc
» qui étoit borné alors, comme l ’eft depuis plus de 600 ans ,
» le Comté de Provence , par la D urence, les A lp es, la M et
» ôc le Rhône. Les Etats de Provence n’ont pas encore
» prouvé non plus , que Pille de Camargue ait fait partie de
» ce Pays cédé aux Oflrogots en y 26.
Si pour fournir cette preuve, il faut produire l ’original du
T ra ité, la Provence doit y renoncer, parce qu’elle eft fondée
à croire qu’il n’exifte nulle part. E lle ne l ’elt pas moins à aflurerque fous l ’Empire Romain ôc fous le régné dcTheodoric,
immédiatement avant le Traité dont il eft queftion, la moitié
de la V ille d'sirles étoit bâtie dans cette mêmelfle de Camar­
gue qu’on voudroit lui difputer. Pour le faire avec quelque
ombre de vrai-femblance , il faudroit au moins indiquer le
tems ,où cette dépendance a dû celfer, quoiqu’elle ait continué
jufqu’à nos jours. Ainfi nous regarderons cet article comme
hors d’atteinte, jufqu'à ce qu’il plaife au Défenfeur du L a n '
guedoc de produire fes titres. La Provence vient de propofer
( a ) On ne connoit point de titre anterieur au neuvième fiècle, où il foit
mention du nom d’Argence.

G

�les tiens , fur ce qu’on doit penfer du fort d'Argence dans le
»partage de $26 3elle va les fortifier par l’examen de ce qui fe
paffa en 533.
Ex»™™,P 75 &amp;4°v. Frappés du ton de confiance que l’on vient de rappeller ,
ce n’a été qu’avec inquiétude que nous avons confulté les
meilleurs Hijîoriens&gt;tant anciens que modernes, dont le Lan­
guedoc réclame le témoignage unanime, &amp; dont ce Critique
fevere con clu t, fous préeexte qu’il n’tfi point fait mention d’un
fait très - particulier dans une hiftoire générale écrite par un

1Ko

Etranger , que rifle de Camargue ne tomba pas dans le lot de9
C ftrogots, ôc ne dépendit pas de la V ille à'Arles , quoiqu'on
voye dans le même tems la moitié de cette V ille bâtie dans la
même Me : Croira-t’on qu’aucune de fes affertions n’eft ap­
puyée de l ’autorité d’aucun ancien Hiftorien ? L es modernes
lui feront peut être plus favorables ; mais non : &amp; on l'allure
ici après l’examen le plus fcrupuleux , ni Ade^erai, ni le
P . Daniel, ni l’Abbé Dubos qui a traité avec plus d’étendue
que perfonne1, les ccmn encemens de la Monarchie Françoife ,
ni lePréfidentHui/jmdr, ni l’Abbé de VeUy en parlant de l’ex&lt;pédition dcTheodebert en 533 , n’ont donné le moindre lieu
aux conjectures qu’on érige ici en certitudes. Enfin les Ediî&gt;f 4, teurs du recueil des Pliftoriens de Irance , fe contentent de.
' '■
dire que Theodebert prit alors le Pays de Rhode£ , le Gevaudan,
le Velay , &amp; peut être VAlbigeois.
Mais cependant, après avoir invoqué le témoignage una­
nime des meilleurs Hiftoriens , il faut bien au moins pouvoir
s'étayer d’un feul 3 ôc c’eft l ’Hiftorien du Languedoc : ôc
encore ce que le Défenfeur de cette Province donne comme
une certitude , le premier ne le propofe que comme une
vrai-femblance. Ecoutons-le
xaifons.

I

parler , avant d’examiner fes

�•rp
» Theodebert, apres la prife du Château de Cabrieres , nm.d«tune. î.»,
» prit la route du R h ô n e , fuivant Grégoire de T o u rs, ôc c-8&gt;'•*&gt; p-iSS» entra en Provence. C ’eft alors qu’il dut reprendre fur les l .
» Vifigots le Gevaudan, le V êlai . . . &amp; la V ille d’Ufez.....
» qui depuis cette expédition de T heodebert, demeura tou» jours foumife aux Rois d’Auftrafie......... Nous ne doutons
» pas qu’il n’ait fournis alors le Château d’Ugernum fitué
» entre Nimes Ôc le R h ô n e , que les Vifigots reprirent dans
» la fuite : C ’eft de ce c ô té -là qu’il entra fans doute en
» Provence.
E t dans une note particulière fur les expéditions de
Theodebert, il ajoute :
» C e n’eft que depuis l’an y 33 que Theodebert, fils de Not.«$,p.««,s79.
» T h ierry , R oi d’Auftrafie, ayant reconquis furies Vifigots
» les places que Theodoric avoit enlevées aux François
» après la mort de C lo v is , la V ille &amp; le Pays d’Ufez furent
» fournis aux François, ôc l ’on ne fçauroit donner aucune
• preuve du contraire. Ainfi c ’eft avec raifon que nous met» tons ce Pays au nombre des conquêtes de Theodebert........
» Nous y avons ajouté le Château d’Ugernum , parce qu’outre
» que ce Prince porta fes conquêtes du côté du Rhône ÔC
» de la V ille d’Arles qu’il aftiégea , nous voyons d’ailleurs
» que ce Château fut un de ceux que le Prince Reccarede
» reprit fur les François l ’an y8y. Ces peuples dévoient pac
» conféquent l’avoir enlevé auparavant aux V ifig o ts, &amp; fans
» doute pendant l ’expédition de Theodebert ; « puifqu’entre
ces deux époques, auroit-on dû ajouter, nous n’en voyons
point d’autre où iis euffent pu s’ emparer de ce Château.
Q uelle différence entre ce ton-là ôc celui que prend l’A u­
teur du Mémoire ! Encore y a-t-il à remarquer que c ’eft
fans aucune preuve qu’on y avance que Theodebert prit la route
C ij

�56
du Rhône , ôc entra en Provence. Grégoire de Tours qu’on
cite , dit feulement , à l’occalion d’un tait très-étranger aux
t . ï &gt;p.

323-

conquêtes de ce P rin ce, qu’il avoit des otages de la V ille
à' Arles, {a) Audi l’Abbé du Eos, qui n’avoit point de fiftême
à faire valoir en cette occafion, obferve-t-il que c’étoit pour
fureté que la V ille obferveroit une exa£te neutralité durant
la guerre ; 6c cela vraifemblablement pour fauver du pillage
ôc des contributions les terres qu’elle poffédoit à la droite
du R h ô n e , telles que le Château d Ugernum. Mais ne fuppofons rien , &amp; prouvons.
i°. Il ne paroît par aucun monument que Theodebert ait
jamais été maître d’ Ufei : on ne trouve point la foufeription

v. C o m de l ’Evêque de cette V ille parmi celles du concile de C/er».T, p?439&gt;4+:^’ mont, tenu en
par les Evêques de la domination de
Theodebert : au contraire Saint Firmin, Evêque d’U f e i, aftifta
v . gm.chr.t.61 aux q.e. ôc j e. conciles d'Orléans, en 541 6c y 49 , ôt au
fécond de Paris en y 71 , convoqués les uns ôt les autres par
Childebert, R o i de Paris, 6c non par Theodebert ; 6c l’on a
Dcmtn. jtmh.fii- dans l a v ie de Saint Ferrcol, Succeifeur de Saint Firmin, la
mil. rediv. afjend.
17■ iiu
preuve la plus précife que ce Prince étoit maître de l'Ufcge
vers y yy ou y y 6 : car fur des plaintes qu’on lui avoit portées
contre l’Evêque , il le manda à fa C o u r, 6c l ’y retint comme
en exil pendant trois ans. Il eft donc plus fimple de convenir
qu’on ne fçait pas comment l'Ufege paffa fous la domination
Françoife ; que ce ne fut pourtant pas par la prétendue con­
quête de Theodebert, mais plutôt par le partage du Royaum e
de Bourgogne entre les Princes François, arrivé en y y4 ; 6c
enfin que la première preuve qu’on ait de cette foumiifion ,
fe tire de la foufeription de Saint Firmin au concile d’ Orléans
en
( a ) Àrslatenfem enim tune urbsm Gothi pervaferant, de qui Theudebertus otj.des.
eontinelat.

�21

a°. Il fera encore plus aifé de montrer contre ces Ecrivains J
quUgernum ne fut point la proye de Theodebert en y 3 3.
Dans ce cas-là il auroit appartenu en y 8 y à Childebert II*
Roi dAujlrafie, 6t. non à Contran, R o i de Bourgogne ôc
d 'A rles, à qui il appartenoit effectivement. Thierry I . R oi
dA uftrafic, n’étoit pas encore mort au tems de cette expé- 118&gt;edlt- R»&gt;n.
dition : ainfi Theodebert combattoit pour fon pere , ôt les
conquêtes qu’il faifoit appartenoient à Thierry. A la mort de
Clotaire I. qui avoit réuni toute la Monarchie Françoife fur fa
tête , Sigebert (a) fon fils eut le Royaume de Thierry : ôt
quoiqu’il y eût eû dans la fuite quelques démêlés entre
Gontran ôt Childebert IL fils de Sigebert, le premier avoit rendu

à l’autre , avant l’expédition de Reccarede, généralement tout
ce qui avoit appartenu à la fucceflion de fon pere (b). D onc
dès qu Ugernum n’appartenoit pas à Childebert II. après cette
reflitution , il n’avoit appartenu non plus, ni à Sigebert, ni à
Thierry I. D onc il n’avoit pas été pris par Theodebert en

533 Mais s’il l ’eûtvpris, ce n’auroit pu être fur les T'ifigots
qui n’en furent jamais les maîtres (c). Suivant Jean de Biclar ,
Auteur contemporain , Leuvigilde rétablit dès la premiers
année de fon régné, ou l ’an y69 , la Province des Gots, c’eftà-dire la Septimanie, ou la Narbonncife I. dans fes anciennes
limites ; cependant Leuvigilde ne régna point alors fur Ugernum,
ni même après que Reccarede fon fils en eut fait la conquête
en y 8 y , puifque celui-ci 1 évacua tout de fu ite, le reprit,
(a ) Deditque fors Sigiberto regnum Theuderiri , ibid. I, 4 , C. n , pag. 163,
V . Pred. epijl. n°. t t . p .
9.
(b) Tune ei ( Childeberto ) reddidit rex Guntchrannus omniu quæ pater ejus Sigibertas
haluerat. Greg.Tur.L7. c. 31 &gt;v. 359.
( c ) Juliini imperii anno 111. Leovegildus in regnum citerions Hifpanix conftituitur .&amp; Provinciam Gothorum quæ- jamrebellione diverforum fuerat diminuta, min-;
Miter adprijiinos revocat terminas. Hifpan, iïlufr.t. 4 ,p. 154.

stT.

�le pilla ,

Î2
l ’abandonna une fécondé fois deux ans après : &amp;

il eft à remarquer q u e, fuivant Grégoire de Tours (a) qui nous
a fait connoître ces deux expéditions de Reccarede ,Ugernum
appartenoit à Gontran, R o i de Bourgogne ou d’A r le s , ôc
q u il répété à chaque fois que ce Château dépendoit de la
V ille ou de la Province d’Arles. Nous vo yo n s, par les m onumens les plus autentiques, le Souverain de la Provence
regner paisiblement fur Ugernum, à la droite du Rhône , ea
51 0, y8y &amp; £87.
Il y eut dans cet intervale de tem s, deux changemens de
Souverains dans ces cantons-là : on veut parler du traité de
partage pâlie entre les Uifigots &amp;. les OJlrogots en y 2 6 , ôt de
la ceflion que ceux - ci firent de la Provence aux Princes
François, dix ans après. N ’eft-il pas tout naturel de penfet
que dans ces cas Ugernum fuivit le fort de fa Capitale ? E t
d’autant mieux qu’il appartenoit en 58 j au Souverain de
cette même Capitale : au lieu que dans la fuppofition de
l ’Hiûorien &amp; du Défenfeur du Languedoc , il auroit dû
appartenir au R o i d’Aujlrafie : mais ils ont fenti l ’un ôc
l ’autre que la poffefiion d’Ugernum par la P ro ven ce, dé™
montroit qu’au fixiéme fiécle le R hône ne pouvoit dépendre
que de cette P ro vin ce, ôc ils fe font retournés de tous les
côtés pour le lui enlever. Quand on foutient une mauvaife
caufe, qu’on connoît peut-être pour te lle , car l’un ôc l’autre
ont connu ôc cité le paffage de Grégoire de Tours , dont on
vient de faire u fage, il n’eft pas étonnant qu’on tombe dans
( a) Ugernum Arelatenfe .eajlrum irrupit . . . . . fixe audisns Bex Leudegifi"
lum . . . . Ducem deligens , omnemei Provinciam Arelatsnjem commijit. Tut. i, 8,
c . J O , p . 4 0 1.

Gothi vero . . . in Arslatenfem Prarinciam proruperunt...... unum etiam eajlrum
Ugernum nomme , cuir1 rebus atque kabiiAtoribus deiolantes , nullo rctillente, regrelli
func. Ibid. L. 9 , c. 7 , p. 41$.

�1?
des contradiâions înexpliquables. Dans notre opinion au
contraire, tout va de fu ite, fans que Ton éprouve d’embarras &gt;
fi ce n’eft pour fe dégager des entraves qu’on voudroit ap­
porter fur la route : l ’on doit remarquer que la poflelfion
d’Ugernum par la V ille d’Arles lui alfure la propriété du
Rhône ; au lieu que ce même Château , entre les mains d’un
des Souverains qui regnoient en Septimanie, ne prouve rien
en fa faveur pour la propriété du Rhône ; deforte qu’on
pourroit accorder au Défenfeur du Languedoc tout ce
qu’il a cherché à prouver, &amp; qu’on croît avoir détruit, fans
qu’il pût en tirer le moindre avantage. Cependant à l ’entendre»
ici &amp; ailleurs, ( p. 2 2 &amp; alibi,) il femble qu’il ait démontré
les droits de fa Province fur le R h ô n e , ôt Je nom de
Rhône ne fe trouve que dans fa bouche , ôc jamais dans
aucun des Hiftoriens originaux , &amp; des titres dont il voudroit
fe prévaloir.
3°. O n convient qu’en J 3 4 , Theodebert acquit le F'ivarais'
des dépouilles du Royaume de Bourgogne ,* furquoi il eft à
remai quer que cette Province dépendit toujours dans la
fuite du Royaume qui porta ce nom.
Mais 4°. On nie que la propriété de VUfege mît fes PoffelTeurs, quels qu’ils fuflent, en poffellion du Rhône , ni
même de la rive droite de ce fleuve , ainfi que l'avance
quelque part l ’Hiftorien de Languedoc, citant le 47e. chapitre du 4e. livre de Grégoire de Tours : c ’eft fans doute
fuivant l ’édition de T). Ruinai t; car dans toutes les éditions
antérieures , ce livre n’a que 45 chapitres. On a lû ôc relu ,
avec la plus grande attention, celui qu’ils indiquent : comme,
on n’ y a pas vû le moindre mot qui puiffe faire foupçonner
qu’il y foit queftion du R h ô n e , on a penfé qu’il devoir y
avoir une faute d’impreiïîon, quoiqu’elle ne foit pas marquée

�dans l’eriata , 6c a force d’examen , on a cru qu’on devoit
lire 43 au lieu de 47 : en effet il eft parlé dans ce cha­
pitre-là du paffage du R h ô n e , mais l ’Auteur ne dit pas ce
qu’on lui fait dire ; il dit feulement que quand on étoit à
Avignon, (a) il failoit paffer le Rhône pour fe rendre dans
les Etats de Sigebert, R o i d’sdujirafie ; 6c de la façon dont
il en p arle, il paroît qu’ils étaient un peu éloignés du fleuve*
I l feroit même très-aifé de montrer , par l’expédition dont
i-s» e . ?,r- Grégoire de Tours rend compte en cet endroit là , 6c par le
heu ou Gorüran enferma le traîcre Monderic, que la pofp. i7o.

jbt d,

407, v'l d
30,

. à

11 4

&gt;

V•

y

-,

1

A

fefüon du Pays TUfe\ ne rer.doit pas Sigebert Maître du
Rhône. Mais évitons des difeu(fions qui ne convaincroient
pas des Adverfaires obflinés. Il fuflit de les indiquer aux
perfonnes défintéreffées , qui verront dans ce qui a précédé ,
comme dans ce qui va fuivre , i ° . que la Provence 6c Urgence,
comme une de fes dépendances , ont été Françoifes , même
avant VUfege, 6c longtems avant que les autres P a ys, qui
forment aujourd hui le Languedoc, fulfent fournis à la même
domination. E t 2°. que le Rhône a toujours dépendu de
celui des Princes François qui regnoient en Provence: d’où
il faut conclure que c’eft de la pofleflion de la Provence
que la Coutonne de France tire fes premiers droits fur le
Rhône.

{ a ) ConjunSlique funt in Avennico territorio.Verum pojîquam . . . ad litus Rhoiam amnis accgerunt, uttranjatto torrentî , re^r.o Je lie^ts Si&amp;iberti conferrent, Sx.
Ijb i fup. p. 184»

A R T IC L E

�»
%•
25
A R T I C L E

II.

Etat du Rhône feus la fécondé race de nos Rois, G* principale­
ment dans les tems des premiers Ujurpateurs
de la Provence.
Les Provinces où coule le R h ô n e, avec toutes celles qui
compofent la Monarchie Françoife, &amp; celles en plus grand
nombre qui la compofoient alors, fe trouvèrent foumifes au
pouvoir de Charlemagne. Ce Prince réunit en fa perfonne
tous les droits qu’avoient eu fur le Rhône les Romains &amp;
les Cjlrogots, &amp; non les Cifigots, qui n’y avoient jamais eu
•ni droit, ni prétention, ainfi qu’il vient d’être prouvé: &amp;
quoiqu’en dife le Défenfeur du Languedoc. Loin d’en dis­
convenir ^ la Provence fe glorifiera toujours d’avoir vécu ,
avec toutes fes dépendances , fous les L o ix d’un des plus
grands Princes qui ayent régné en Occident ; mais ce dont
elle ne conviendra pas, eft que la pofleflion du Rhône par
Charlemagne fon Souverain , ait nui à la propriété qu’elle
réclame. A u contraire elle met au nombre de fes titres , tous
les droits que ce P rin ce, &amp; ceux de fes Succeflfeurs qui ont
été dans le même casque lu i, ont exercés fur ce fleuve; ôc
elle eft fondée à le faire , à moins qu’on ne lui prouve qu’il
ait démembré la Provence pour gratifier la Gothie, ou changé
les anciennes limites de ces Provinces, comme il étoic le
Maître de le faire, &amp; comme il le fit en 806 pour la Pro­
vince d’aquitaine. Tant qu’on ne prouve pas qu’il l ’ait
il fuit que ces limites furent confervées ; &amp; la même
féquence réfulte de ce qu’il exerçoit les droits de fes
déceffeurs ; car il devoir les exercer au même titre ôc
D

fait,
conPréde la

Exsra. p. î 3-

R ec . des H ift. de
F ia n c e , c. 5 , p . 77*&gt;

�'a*
même maniéré qu’eux ; ce qui fait voir que tout ce qui a
précédé cette époque &gt; ne devient point inutiLe à la queftion
préfente, comme l’avance notre Adverfaire.
Il a un intérêt qu’il dillimule en cet endroit, mais qu’il a
dévoilé ailleurs ; c’eft de faire croire que les droits de la
Couronne fur le Rhône , font les mêmes que ceux du
Languedoc. Cependant le contraire eft évident, fi dans le
tems même où les deux Provinces ont commencé à être
foumifes aux Rois de France , il paroît qu’ils n’ont exercé
des droits fur le Rhône qu’en qualité de Souverains de la
Provence. On feroit en droit de le conclure, de ce qu’on
n’a aucune preuve qu’ils en ayent changé les limites ; car
avant l ’avenement de Charlemagne à la Couronne , le
diftrict civil de la V ille d’Arles embraiïbit, ainfi que fon
D io cèfe, les deux rives du Rhône , &amp; par conféquent le
Rhône meme.
Mais il faut laifler au Défenfeur du Languedoc le pri­
vilège de n’étayer aucun de fes raifonnemens fur la moindre
preuve. Nous en trouvons pour notre opinion dans une
donation que Vigo , Evêque de Cirone, fit à l ’Eglife à'Arles
le 23 de M ais de l ’an 797 , de tout Valleu qu'il pojjedoit au
territoire de cette Fille dans Vijle de Saint André, (a) Cette
ille n’exifte plus 3 mais nous verrons fous l’année 9 60 , qu’elle
( a ) Vigo S. Gerundenfis Ecclejice F.pifcovus donator . . . ad domum S. Strphani
Sedis Arelatenjis . . . concedqqae ibï omnern alodsm quem habeo in pago Arelatenfe,
in locum quem vacant in!'u!a S. Andréæ , îrc. Cartul. de l’Eglife d’ Arles, fol 3 1.
L ’néle eft daté X , Kal. Anr. anno J XI}'. Quando Karolus regnanci fum.pjit exordium:
Ce qui ne peut convenir qu’à Ch irlemagne dont la vingt neuvième année , à compter
du 14 Septembre 758 jour de la mort de P pin fon pare, tombe à l’an 797 ; ce ne
peut ’-tre ni Charles le Chauve qui ne fut Maître de Pa Provence que la trente-cin­
quième année de fon régné, ni Charles le Simple qui ne le fut jamais. D ’ailleur: il
y a la dénaturé d’Harimbert ou d’ Himbert Eveque d’Avignon , &amp; d’Enbaldus Pré­
vôt de l’Eglifè d’Arles , qu’on retrouve fous i’Archevtque Elifknt qui fiégeoit en
7$4. Voy. G ail. C hrijl. t. 1 , col, 545, 595 , 803.

�*7

étoit fituée dans le R hône , un peu au-deflus de la V ille
d'Arles, ôc v is - à - v is l’endroit qui porte le nom de Jonquicres. Les ifles du Rhône faifoient donc alors partie du
territoire d'Arles ; car il faut remarquer que fi le Rhône
eût dépendu de la Cothie ou Sepîimanie} aucune ifle de ce
fleuve n’auroit pu être comprife dans le territoire d’une
V ille étrangère , parce que cet arrangement particulier fe
feroit trouvé contradictoire avec l ’arrangement général. Il
n’eft donc pas v ra i, comme on le hazarde fans preuve, que r*im. p. 88 &amp; fuiv.
le traité de l ’an 1123 foit le premier monument autentique
qui dépofe de la polfeiTion de la Camargue , 6c du grand
bras du Rhône en faveur de la P roven ce, puifque voilà un
aéte antérieur de plus de 300 ans qui ne laifTe aucun doute
à cet égard. O n l’avoit obrnis dans les premières pro­
duirions ; on s’étoit contenté de faire valoir les aétes des
années S24 ôc 823 , qui font relatifs à l’échange fait entre
A ’ato , Archevêque , 6c Leibulfe, Com te d'Arles. E t fi le
Mémoire du Languedoc les a laiffés fans réponfe, c ’eft
que l ’échange même ôc la confirmation qu’en donna Louis
le Débonnaire, fils ôc fucceffeur de Charlemagne, prouvent
évidemment qu'Argence 6c l ine dont on vient de parler ,
étoient comprifes dans le territoire d'Arles. Sur quel moyen
pourroit-on établir que les bras du Rhône renfermés entre
ces limites , n'étoient pas compris dans le même territoire T
Au refte cette ihe fut donnée peu de tems après par le
même Leibulfe à l ’Abbaye à'Aniane qui ne la pofféda pas
toujours; car on la retrouve au 12e. 6c au 13e. fiécle entre
les mains des Vaffaux des Archevêques d’Arles,
On ne regardera pas comme une fingularité que le Comté
d’Arles eût alors la même étendue que le Diocèfe de cette
V ille ; ceto it encore l ’ufage com m un, conftaté par tous les
D ij

H Æ t e Isnguei}.
i,pr. n.
p.s)S_

rSid.n. 2, P. 7U

�i8
monumens \ Ôc par les Hiftoriens contemporains ; l ’on ne
fuivoit point d’autre réglé dans les pairages qui fe faifoient
de la Monarchie. Prenons-en pour exemple celui de 1 an
837 , comme le plus voifin du tems dont il eft queftion.
A'ithard , neveu de Louis le Débonnaire , qui nous en a
tranfmis le d é ta il, après avoir nommé les V illes que cet
Empereur 'deftinoit à Châties , Ton quatrième fils , ajoute , (a)
» &amp;. tous les Evêchés , A bbayes, C om tés, Fiefs , fit autres
&gt;3 chofes
contenues dans les limites fufdites , avec toutes
» leurs appartenances 6t dépendances, en quclqu’endroit
» qu’elles fuffent fituées. « Ces faits-la font plus pofitifs que
les raifonnemens vagues que le Languedoc oppofe à cet
Exam. p. 17&amp;UÎ- arrangement : dans le moment où on lui prouve qu’une
chofe exifie , il fe contente de faire voir quelle auroit pû
être autrement.
Cette vérité va être mife dans un plus grand jour par le
détail des évenemens qui fuivirent la mort de Louis le Debonaee Lan
c&gt; naire arrivée le 20 de Juin 840. Lothaire l ’aîné de fes enfans
r ■*Hift. «
allE
I.

1

p. 5:

* V id . ib. §• i 5
S li» 523 v

regret p rivé, par un dernier arrangement, d’une partie des
r- Etats, qui lui avoient été afiignés, par le projet de partage
de l’an 817 ; la force qu’il employa dans cette occafion n’eut
aucun fuccès. Ses difgraces ne le découragèrent pas , il re­
gagna par l ’intrigue ce que le fort des armes lui avoit fait
perdre, (b) Charles le Chauve , le dernier de fes freres, étoit
en poffeflion de la Septimanie 6c de la Provence, par un traité
( a ) Omnes videlïeet Epifcopatus , Ahbatias , Comitatus , Fifcos C omnia infra prxdiàas fines confiflenna , cum omnibus ad fe pertinentilus, Ce. Nit. 1. - , c. 6 ,
Rec. des Hift. de Fr. t. 7 , p. 1 4. VU. et. ann. Bertin. ann. ad hune ann, t. 6 , p. 199
ad ann.
, 859 , r. 7 , p 73 , 75 , Ce.
( b ) Per Saugonnam ufque ad confluentem Rhodani, C fie deinde per Rhodanum
ufque in mare Tyrrenum , omnes videlicet Epifcopatus, Abbatias, Comitatus, Fifcain
Alpibus conjijlentia. Nith. L. 4 , §. 3 , Rec. des Hifl, de Fr. t, 7 , P- 3.0.

�59

provifionnel du mois d’Août 840, un autre traité de même Hift.dc Iang. 1.t*.
efpece ligné au mois de Juin 842 le dépouilla des Etats s; P S *
fitués entre les //Ipes, la Saonne &amp; le Rhône jufqua l’embou­
chure de ce fleuve , avec tous les Lvèchés, abbayes, Comtés (y
litfs qui en dépendaient ; &amp; cet arrangement devint fixe un an
après par un nouvel accord, au moyen duquel (a) en aban­
donnant la Septimanie à Charles , Lothaire jouit paîfiblemeut
des Comtés ajfis aux deux côtés du Rhône. Ici l ’on ne fait que
copier les cxpreiiions équivalentes l ’une à la u tre , des deux
Hilioriens contemporains ; &amp;. quels Hiftoriens ! C ’eft Nithard
coufin germain de Charles le Chauve &amp; de fes freres, Miniftre
&amp; Général de ce Prince , employé en chef dans fes guerres
&amp;. dans fes négociations , qui a dû connoitre exactement la
vérité, &amp; ne peut être foupçonné de l ’avoir déguifee au pré­
judice du Souverain auquel il s’étoit attaché : Q u ’on en fafle
l ’application au fujet que nous traitons, &amp; qu’on fe rappelle
l ’étendue de l’Evêché &amp; du territoire d'slrles, pourra-t-on
difputer à Lothaire la propriété d’unf fleuve enclavé de
toute part dans fa domination ?
Cet arrangement, qu'on voit fuivi de fiécle en fiécle , eft
fondé fur tous les monumens du tem s, &amp; fur les plus autentiques. T e l eft l’aête par lequel L o u is, R o i de Germanie,
&amp; Charles le Chauve partagèrent entr’eux le 8 d’Àoût S70 ,
les Etats du Roi Lothaire, fils de l’Empereur du même nom.
L es V illes &amp; les Comtés de Iy o n , de Viviers &lt;k d’CT/èj , y
font nommés comme des dépendances de cette fucceflion ; nu. P. no, m,ôc cette circonftance arrache en plus d’une occafion un aveu P. “ J!1' Bjl’ ,-Ij
(®) DUkiliuis portionibus . . . . fortitus ejf Lotharius . . . . nfque ad Anrerti
Rodano influemem
per deflexum Rodani in M ire, cum Cbmitatibus Jimiliter fibi
mrimque adhærentibus. Cœtera ufque ad Hifpaniam Carolo cejjerunt, A an. Bénin»
lid. p. j i . V. Ann. Fuid. ibid. p. 160. Ce traité fut religieufement obfervé dans
ia faite , &amp; confirmé en 844 , 851 Sc 854, V. ann, Berna, ubijup.p. 63, 67 , yoj.

�30

■ remarquable à l’Hiftorien de Languedoc. N on-feulem ent
t . 10, §. *+&gt; ’ 4'
* « . « • « ’ P-53&lt;5’
J + 1 &gt; 5l5îj &amp;.

$• 57 &amp; 85 ’

p, 5+3»56*‘

il reconnoît que la partie du D iocefe d'Arles fituée à la droite
du R hône obéiffoit à l’Empereur 6c au R oi Lclhaire , mais il
juge même avec beaucoup de vraiferr.blance que le Vivaraàs
&amp; le D iocefe d'I/fez dépendoient alors du D uché ou du G ou ­
vernement de Provence. Après cet aveu, on ne foupçonnera
pas cette dernière Province de fe laifler aveugler par fon in­
térêt ; &amp; quel eft l ’homme de bonne foi qui ne reconnoîtra
pas dans ces arrangemens uniformes ôt qui paroiffent n’avoir
eu d’autre réglé ni d’autre m o tif, que la continuation d’un
ufage ancien , fuivant lequel la rive droite du R hône ôc
par conféquent ce fleuve, appartinrent toujours au Sou­
verain qui régna fur la Provence ?
Une autre remarque non moins importante à faire fur ce
partage de l’an 84,3 , eft que ce fut relativement à cet aêbe
que tous les Succelfeurs de Lothaire dans le Royaume de Pro­
vence , poflederent des terres à la droite du Rhône. Si dans
la fuite elles furent cédées aux Comtes deTculcufe, ils n’envifagerent eux-mêmes, dans cette ceiïion , que le droit qu’ils
avoient à la fucceflion des Comtes de Provence : ainli ce
changement ne détruit en rien , ce qu’on vient d’avar.cer, Ôc
dont on jugera mieux quand il fera tems de le développer ;
car autant il eft de l’intérêt du Languedoc d’accumuler les
faits &amp; les objets pour les confondre , autant eft-ii de celui de
la Provence &amp; de la vérité , de remonter à la fource de
toutes les poffeflions, ôc d’examiner la fuite des évenemens.
O n ne rappellera pas les preuves qu’on a produites dans
le Mémoire de la Provence , pour montrer que l ’Empereur
Lothaire régna feul fur le Rhône. A fa mort arrivée le 28
.Septembre

S jp

, Charles le plus jeune de fes trois ftls ,e u t

�?»

pour fon partage le D uché de Lyon 6c la Provence. SoUs fon
régné le Rhône devint le théâtre des pirateries dés Normands
(a) qui s’arrêtèrent dans Tille de Camargue, d’où ils portèrent
leurs ravages fur les deux bords du fleuve. Il ne paroît par
aucun monument que Charles le Chauve qui regnoit en Sepiimanie, fe donnât le moindre mouvement pour les en chaffer ;
au lieu que le D uc Gérard, Miniftre ôt Gouverneur du fils de V . Splc.t. 3 ,p . iS4s
Coinin b. ep. vir. /. i »
Lothaire , qui J’appelle fon Pere , fon Nourricier &amp; fon p. Î 03 j e d it.fi/.
M aître, eft loué par Loup Abbé de Ferrieres, de les avoir E p. 1 2 2 , p . 1 6 7 ,&lt;
exterminés, ou mis en fuite ; car on ne doute point qu’il ne
faille entendre les Normans, fous le nom qu’emploit l’Ecrivain
Ecclefiaftique.
A u R oi Charles mort en 863, fucceda l’Empereur Louis I L
fon frere. On a vû dans le premier Mémoire de la Provence
que de fon tems le quartier d’Argence (b) faifoit partie du ter­
ritoire diArles : on va voir que l ’ifle de Camargue dépendoit
alors de ce Prince : circonftance qu’on avoit négligé de re­
marquer dans les premiers écrits , parce qu’on ne prévoyoit
pas que le Languedoc pût jamais porter fes prétentions jufques
fur cette ifle. L ’Abbaye de S. Ce^aire y pofledoit des biens
confidérables, ôt Roland Archevêque d’Arles jouifioit de ces
biens en 8 '9 , en vertu de la conceflion que lui avoient faite
de TA bbaye, l’Empereur Louis &amp; fa femme Engelberge (c).
Ainfi l’ifle de Camargue dépendoit du Pvoyaume de Provence.
(a ) Pirata Danorum . . . . Rk:danim ingrediuntur . . . . in infula quæ Camaria
dicitur, fedes 'po ni t. Ann. Bert. ub, fiip. p. 75.
(b ) In villa Gaudiaco, in villa de Campo publico , in pago Arelatenfi , in agro
Argentea. Invent, des tit, de l’ Arch, d'Arles , Bibl. du Roi. M AI. ue Gagnieres ,
pag 9 9 ‘
( c ) Betlandus Arelatenfis Archiepifccpus, Albatiam S. Cœfarii apud Ludovicum
bnvçratOTem G Engellergam . . , adentus, in infulâ Camariâ . . . in quâ rcs ipjius
Ablatiæ plurimx cenjcicent » . . . Cajlellum xdificans , É&gt;c. Ann. Bert. ubi lupty
p. 10 7 .

edit.
I5 « 4 . V .
Baln\. ib. ),ot. p. 45OC7 Mabill. an», £lc~
ned. I. 35 . §. 7 S o
t - J , p . S S J * 6.

�32

Il eft donc prouvé qu’au commencement de la fécondé race
de nos R o is , ainfi qu’à la fin de la première, lorfque les Pro­
vinces qu’on connoît aujourd’hui fous les noms de Provence

\

&amp; de Languedoc, appartinrent à des Maîtres différens, celui
qui le fut de la Provence régna aufii fur le Rhône. L e Lan­
guedoc n’eft donc nullement fondé à vouloir identifier fes
droits avec ceux de la Couronne, puifque celle-ci dans l’ori­
gine a joui du fleuve fans interruption pendant plus de 350
ans, fans que le premier y ait pu former la moindre préten­
tion ; &amp; une conféquence nécefîaire de ce principe, eft que
lorfque dans le même-tems les deux Provinces fe trouvèrent
réunies fous la même main , chacune d’elles dut conferver fon
étendue &amp; fes lim ites, à moins qu’elles ne fuffent changées
par l ’autorité du Souverain ; on ne le prouvera jam ais, puif­
que les clrofes font toujours reftées fur le même pied : ce
feroit du moins au Languedoc à le prouver, &amp; tel eft le
véritable état de la queftion.
L e raifonnement qu'il fait en cette occafion , &amp; fur lequel
il paroît fonder le principal mérité de fa défenfe, demande

Exam. p*

une attention particulière. Les partages des diverfes portions
du Royaume , d it - il, naltercrent peint les droits de la Couronne
fur les différentes Provinces objets de ces partages, parce quelles
ne ceffoient point d’ ebéir à des Princes François , G' d’appartenir
toutes à la Monarchie Trançcife. Sans répéter ici que les droits
de la Monarchie lui font étrangers, &amp; qu’elle treuveroit en
Provence des Dcfenfeurs aufii zélés &amp; aulli empreffés , fi ces
droits étoient attaqués, ne peut on pas lui demander ce qu’il
entend par ces mots de Monarchie Trançcife. ? S ’il veut dire
que tous les Princes qui regnoLnt alors fur cette étendue de
Pays ne compofoient qu’une feule famille , on en convient
^vec lui i mais s’il veut faire entendre &gt; comme on a lieu de le
foupqonner,

�foupçonner, que ces différentes parties ne formaient qu’un
tout fous un même C h e f, fous lequel, dans un certain point
de v u e, elles pouvoient être regardées comme réunies, 6c
qu’elles confervoient entr’elles des rapports qu’on pouvoit
taxer d’affociation ou de dépendance, comme il arriva après
l ’établilfement des Fiefs, il fe trompe. Les différensRoyaumes
fondés alors en France, étoient entièrement ifolés 6c indépendans les uns des autres. S ’ils ne l ’euffent pas été , la caufe
du Languedoc n’en deviendroit pas meilleure; car depuis la
mcrt de Louis le Débonnaire, 6e la féparation des deux Pro­
vinces de Provence 6c de Septimanie , la première appartint
toujours ou à l ’aîné de la Maifon , ou au moins à des Princes
de la branche aînée, en faveur de laquelle aurait dû être la
dépendance; mais encore une fois, il n’y en eut point; 6c
l ’Adverfaire de la Provence en conviendra aifément, s’il daigne
Hifl. detan 1. 10,

faire attention aux preuves fans nombre qu’en a donné l’H if- § 15, t. i , p. s 31 &gt;
&amp; n o t. 94 , n . 4 , p,
torien de Languedoc : or dès qu’il n’y avoit point de dépen­ 74I &amp; flUY.
dance d’une Souveraineté à l ’autre, lorfque les deux Pro­
vinces limitrophes du Rhône ont appartenu à divers Souve­
rains , il eft allez indifférent qu’ils fulfent de la même Maifon ;
il fuflit de reconnoître celui des deux qui regnoit &amp; qui devoit regner fur le Rhône.
O n ajoute que s'il Jubffle quelqu1autre propriété ( du R hôn e)
pcfléricure, peur être légitime, elle doit nécejfairement émaner de
la leur ( celle des Rois de France , ) &amp; quil paroît jufle de
chercher dans Vhifloire, fi nos Rois nauroient point perdu la pro­
priété de quelque portion du Rhôjie , [mon par abandon , tranfport
eu ceffïon , du moins par les ufurpations qui devinrent communes
fous les derniers Rois de la fécondé race nous voilà d’accord au
moins fur le principe : il ne s’agira que d’en faire l ’application.
T out le monde convient que l’élévation de Bcfon 6c de les
E

îL/UO.Jt

TjejroA2,

Exam. p. 13.

�fucceflfeurs fur le T r ô n e , fut un crime &amp; une ufurpation fut
la Couronne de Fiance , laquelle a toujours confervé les droits
qu’elle avoit fur les Pays ufurpés. Mais on ne peut pas dire
qu’elle ait confervc des droits particuliers fur quelques dépen­
dances des mêmes Pays, à moins qu’on ne prouve qu’elle les
ait fait valoir aufli en particulier. A in fi, le Rhône ayant tou­
jours été jufques là une dépendance de la Provence , s’il a
continué à en dépendre , la Couronne de France n’a confervé
aucun droit particulier fur ce fleuve ; mais fes droits fur cette
partie, ont été renfermés &amp;c compris dans ceux qu’elle avoit
en général fur la Provence , &amp; qu’elle a confervés : de maniéré
que iorfqu’elle eft rentrée dans la poffeflion du Pays , elle a
repris de fait l ’exercice de tous fes droits qui n’étoit que fufpendu , &amp;. elle a dû y rentrer pour les exercer de la même
maniéré qu’ils lui étoient acquis. Il ne s’agit donc que de
montrer que cet exercice a été fufpendu de fait, car le point
de droit efl devenu indifférent, depuis trois cens ans que les
chofes font rentrées dans l’ordre où elles doivent être; &amp; il
le feroit encore au Languedoc , fi elles enflent fubflflé en
Pétat où elles étoient, avant la réunion de la Provence à la
Couronne j puifque n’ayant jamais eu de droit fu rie R h ô n e,
lorfque cetre derniere Province appartenoit à la France , il ne
peut pas en avoir acquis depuis qu’elle en a été féparée : ainfi ,
la légitimité de la propriété ne lui importe en rien , 8t il n’efi:
pas plus recevable à la faire valoir , que fi fous ce prétexte
il vouloir traiter la Provence en Province tiib u ta ire,y établit
les impofitions , y faire des reglemens &amp; c. fa prétention feroit
certainement peu accueillie ; ôc pourquoi celle qui forme fut
le R h ô n e, dépendance non interrompue de la Provence , le
feroit-elle m ieux? Il faut donc toujours en revenir au point
de fa it, ne pas regarder le R hône comme un être ifo lé , mais
%

�.1

Amplement comme la partie d’un tout dont il n’eft ni équi­
table, ni permis de le féparer. Ainfi loin de chercher, comme
on le propofe, de quelle maniéré la Provence aurait pu acquérir

Exam . p . 23.

la propriété de la partie du Rhô ne quelle s’attribue, il faut chercher
fi elle l ’a perdue, &amp; de quelle maniéré.
L e moyen le plus sûr , ou, pour mieux dire, l ’unique de s’en
affûter, eft de continuer à examiner quel fut le Souverain qui
régna effectivement fur le Rhône. Mais avant de reprendre
cet examen , le detail dans lequel le Défenfeur du Languedoc
eft entré au fujet de l’ufurpation de Eofon ôt de fesfucceffeurs,
nous oblige d’ajouter quelque chofe à ce qui a été dit à cette
occafion dans le premier?vlémoire de la Provence. Que l ’ufurpation du Royaume de Provence ait été confommée par
Eofon en 879 , par Louis l ’aveugle fon fils , par Hugues de
Vienne , fucceffeur de celu i-ci, ou par Rodolphe IL Cefiionnaire de ce dernier en 930; que les R ois de France de la fécondé
race ayent reconnu ou non leur Souveraineté i que l Ufege ôc
le Vivarais qui avoient certainement dépendu des deux pre­
miers, ayent cefifé de dépendre de leurs fucceffeurs ; que l’on
faffe l’apologie ou la critique du gouvernement féod al, l ’éloge
ou la fatire des premiers Souverains de Provence &amp; des pre­
miers Marquis de Gothie : tout cela eft abfolument étranger à
la queftion préfente ; &amp; il n’y a que la crainte d’engager de
nouveaux débats &amp; de nouvelles difcullions , qui empêche de
contredire les affertions hazardées par l’Kiftorien , &amp; d’après
lu i, par le Défenfeur du Languedoc. Loin de regarder ces
faits comme prouvés ou convenus, on eft prêt d’entrer en lice ,
s’il le juge à propos, &amp; avec d’autant plus d’aflurance qu’on
connoît les efpeces de preuves qu’il peut alléguer.
D ’ailleurs, la pofieflion de l Ufege &amp; du Vivarais , ne donne
pas au Languedoc le même avantage qu’à la Provence. Ces
E ij

I

�cantons entre les mains de la derniere , entraînent &amp; fuppofent
la propriété du Rhône en fa faveur, parce qu’alors ce fleuve
fe trouve renfermé entre des terres de fa domination; mais
leur réunion au Languedoc ne prouve rien pour la propriété
du Rhône , puifque ce fleuve leur fert de borne, au moins à
W feg e, &amp; que le point dont il s'agit refte toujours en queftion.
C e n’en feroit pas une pour des efprits fans paflîon. Faut-il
rappeller ici l ’aveu fait par l’Hiftorien du Languedoc , que
Rofon G Louis l’aveugle fon fils regnerent fur la partie des
Diocèfes de tien n e, de Valence, à Avignon &amp; d’A rle s, qui eft
à la droite du R h ô n e, &amp;c en d’autres termes, fur les deux côtés
du Rhône depuis Lyon jufqu a fon embouchure dans la mer ?

t . X . § . 1 8 , 8J.

Comment le Défenfeur de cette Province a-t’il cru pouvoir
le dillimuler ? Il le fait fans doute avec art, mais plus il en
em ployé, plus il découvre que ce qu’il voudroit cacher eft
décifif contre lui. Etoutons-le parler lui-même. Ce Royaume
de Provence , d it-il, embraflait les deux rivages du Rhône , non

Exim. p. i S.

pas en totalité, mais en grande partie. Il ejt certain. , par exemple,
opte le Diocèfe de Nimes qui borde la partie baffe de la petite brefflere du Rhône , riappartenait point à ce Royaume , G ne lui a
jamais appartenu ; d'un autre côté il riejl point encore prouvé que
VJfie de Camargue G la Terre d'Argence même fijjent partie du
Royaume ufurpé.
Dans la vérité , ce Royaume de Provence embraffoit exac­
tement les deux rivages du Rhône en totalité, à la referve
lu ia .p

I:

i

i9&gt;n

2

d’une portion du Diocèfe de Nîmes qui touche une partie de la
petite brajjîere du Rhône, G qui dans la fuite a eu le nom de
Comté de S. Gilles.......... portion fort peu étendue , puifquelle
embraCe à peine quatre ou cinq lieues fur le bord du plus petit bras
du fleuve feulement. C ’eft ainfi que le même ouvrage défigne le
même canton dans une occafion où il avoit intérêt de le repre-

ill

A,

�37
fenter tel qu’il eft. Ici au contraire , il voudroit faire entendre
que le Diocèfe de Nîmes en entier, borde la partie baffe de
la petite bralliere du R h ô n e , ce qui abforberoit la Terre
à 'A rgence; ôt il donne comme un exem ple, ce qui eft une
exception unique, pour faire croire qu’on pourroit en ajouter
pluiieurs autres. La Provence convient qu’elle n’a joui dans
aucuns tems de cette portion du D iocèfe de Nîmes. Mais
' quel avantage peut-il en revenir au Languedoc? Laconfcrvation de quatre ou cinq lieues de Pays le long du bord du petit
bras du Rhône , lui auroit-elle acquis la propriété du fleuve
dans tout Ion cours ? S ’il ne le prétend pas, comme on lui
rend la juftice cîe le croire, pourquoi a-t’il préfenté ce petit
canton comme un avantage pour lui dans la Caufe préfente,
à moins qu’il n’ait voulu par-là en faire entendre plus qu’il n’y
en avoit ? N e doit-il pas craindre qu’en le voyant fl avantageux,
on ne le foupçonne de facrifier rexaditude à fes intérêts ?
C ’eft furtout en lui entendant dire qu’il n’eft point prouvé
op Argence &amp; l ’Ifle de Camargue ayent dépendu de Bofon &amp; Exam
de Louis l'aveugle , ôt qu’après e u x , le Comté de Provence fut
borné par le Rhône au couchant, qu’on peut former ce foupçon. Comment ! On a vu ce s cantons faire conftamment partie
de la Povence depuis le 4e. fiécle, avec les plus fortes préfomptions que cet arrangement partoit des tems antérieurs ;
on les verra encore fous la même dépendance dans les tems
poflérieurs &amp; fucceffifs ; ôt parce qu’on n’a pas produit de
titre exprès fous le régné de ces deux Princes, on voudra
faire croire qu’il y a eu interruption dans cette pofleffion ! Si
ce doute peut avoir lieu , il n’eft plus rien d’afluré ni dans l’hiftoire , ni dans aucune propriété; car comment fe flatter que
les faits les plus minces , tels que celui dont il eft ici queftioaq
puiffentêtre rappcllés dans les regîftres oublies au moins tous

�38
les i o ans , ôc dans des fiécles dont la plupart des monumens
font égarés ? C ’eft prefque réduire la vérité à l’impoftibilité
d’être prouvée. D ’ailleurs, cette preuve, quand on l’a pro­
duite , a-t’clle arraché l’aveu qu’on en devoit attendre, c’eft-à.
dire , que la qualification de territoire d'Arles donnée à
A rgence, fuppofe néceffairement que l ’ide de Camargue ôc
toute la portion du Rhône renfermée entre le chef-lieu ÔC
cette même Argence, étoient comprifes fous la même qualifi­
cation? N on. L e Défenfeur du Languedoc fe contente de
garder le filence , ôc n’en annonce pas moins de confiance,
lorfqu’il peut s’étayer de la plus legere conjecture. D es gens
moins prévenus n’adopteront pas fes préjugés , ôc c’eft pour
eux qu’on va produire une fuite d’aêtes, qui démontrera que
le Royaume d: Provence ou d'Arles , ne fut démembré dans
la partie qui nous intéreffe , ni fous Louis Vaveugle, ni fous
les R ois de Bourgogne fes fucceffeurs, fie par conféquent que le
Rhône enfermé dans les limites du même Royaume , dût con­
tinuer d’en dépendre. Comme ces aéfes n’entraînent aucune
difcuiïion , nous nous contenterons d’en préfenter de fuite les
parties cffentielles à notre objet ; il fuffira, pour pouvoir les
apprécier, de fe fouvenir que la mort de Louis l'aveugle dut
arriver vers l’an 9 30 , ou peu avant ; que Rodolphe IL Ceftîonnaire d'Hugues, fucceffeur de Louis, mourut en 937 ; que
Conrad le pacifique, fils de Rodolphe 1 1 . régna à fa place
jufqu’en 993 , ôc qu’il eut pour fucceffeur Rodolphe JJI. dit le
Fainéant, après la mort duquel arrivée le 6 Septembre 1032,
le Royaume de Provence paffa aux Empereurs d'Allemagne.
A la première des époques dont nous avons à parler, le
Siège de l ’Eglife fd'Arles étoit occupé par Manaffés, Cou fui
de l'Empereur Louis l'aveugle du 3e. au 4e. degré. C e Prince
crut devoir répandre fes grâces fur lu i, ôc par un diplôme

�39

daté du premier Février , la vingtième année de fon Empire ;
il lui confirma tout ce que fon pere Bofon avoit accordé à
Rojlagnus, prédécefifeur de ManaJJes, ôc y ajouta de nouveaux
bienfaits. Ceux qui intéreflent la queflion préfente, font les
Abbayes de Gcudargues (a) ôc de Cruas, fituées dans l'Ufege ôc
dans le Vivarais , le Port d’Arles ôc un droit de péage tant fur
les Grecs que fur les autres Etrangers. Un pareil aCte n’a befoin
d’aucune réflexion , pour montrer que Louis l’aveugle regnoit
fur le Rhône en là qualité de R o i de Provence : c’eft en vertu
de cette concdfion que l ’Archevêque d’Arles y jouit encore
d’ un péage allez confidérable fur le R h ô n e, ôc du droit d’at­
tache de tous les bâtimens qui y abordent. A in fi, c’eft une
affertion bien hazardée que d’avoir avancé , comme l ’a fait le

Fxam p ^ &amp;

Défenfeur du Languedoc, qu’avant le partage de l ’an 1 125-,
le Souverain de Provence n’avoit jamais jo u i, même du grand
bras du Rhône.
Continuons notre production.
Echange entre Ripert ôc le D u c Hugues , de quelques D o ­
maines fitués dans le Comté d’Arles , au lieu dit Jonquieres ,
du 3 d Octobre 5)21. Comuto itaque cum Domno Hugoue , Duce
(y Marchione, in comitatu Arelatenli, in valle Saxellicâ in terminio de L'ilia Juncarias, Manfiones très &amp; c. Aflum Arelati
civitatc publicè l \ non. oct. anno Dominicœ incarn. D c e c c x x 1.
Ind. 1 x. L e lieu de Jonquieres fubfifte toujours fous le même
nom dans la partie du D iocèfe d’A rles, qui eft à la droite du
Rhône.
Echange entre Rcjlagrras, Archevêque d’A rles, du confentement de fon Chapitre, ôc Bcncijl ôc fa femme Richilde, d’une
(a) Abbatiam Saniïœ Mariœ d* Gordanicis, atque de Crudatis......... portumeti im
Arelatujem , tam ex Grœcis, quam ex alüs adveniemibus hominibus nec non (y teiontum
ù c. G ail. Chrift. tora. i. inft. n». 5 , pag. 514 ,
Bouch- rom. I , page 781 &amp;c .

cattui. de

y A rles , je /. 1.3- M-. ■

�4 °,

ftid.fol. 1s•

vigne fituée dans le territoire d'Arles , quartier dfArgence ï
lieudit Cam p-public, quartier de Gaujac, du 11 Mars pc8*
Convenientiafeu promijjio qualiter convenu inter venerabilem
in Chrijlo Domino nojlro Roftagno gratiâ Dei Archiepijcopo
Arelat. Ecclefias, nec non G aliquos hommes, BenediBto G* uxoris
fuce Richildis , unaper confenfu G voluntate Arelat. Ecclefios, de
vinea. qucs eji de raccone Soucie M arie, nec non G Sanfti Stephani protcmartiris , quos fita eji in paga Arelatenfi, in agro
Argentea , in Villa Campo - publïco , ubi vocant Gaudiaco G c.
fa d a convenientia in Arelate civitate, publics V . id.Mar.anno
vin . régnante Lodoïco lmperatore. Camp-public &amp;. G au jac,

Ib id . fol.

font encore des lieux connus auprès de Eeaucaire.
Donation d’un Domaine fitué dans le territoire d'Arles,
quartier d’ Argence, lieudit Cccifione, datée du 30 O ctobre,
fous le régné de Louis , fils de Bofon (a).
Diligenda mihijidele mea Helena, ego in Dei nomme Teudoinus prejbiter . .. . dono tibi aliquid de proprietate mea quos eji
in Paso Arelatenfc infra agrc Argentea, in Villa quce dicitur Occifione G c. fa£ia donatione i f a ïd. kl, Nov. anno régnante G imperante Rudoie0 Rege filïo Bofcni.
Donation d’une vigne fituée dans le Comté d’ ylrles , &amp; dans
lifle de Gallico, lieu appellé Craufa, datée du mois de Janvier,
la troifiéme année du régné de Rodolphe (b).
DileCto . . . Raino jilio meo , ego in Dei nomine Dominion . . .
deno tibi aliquid de proprietate mea......... hase eji in comitatu
Arelatenfc in infula Gallico fupra ipfa Villa , in loco quos nuncu.pant Craufa ibique dono tibi de vinea G c. Fa6ia e f donatio in
(a.1 Dans le même cartulaire foi. i6 , il y a une autre donation du même à la
meme , d’un autre Domaine finie dans le meme canton , laquelle cft datée du 3 des
nones ou du J d'Oâobre la 15e. année du régné de L ouis, fils de Bofon.
[b) Ibid fol. 68 , verl'o. Rien n’indique dans i’aêle s’il faut le rapporter à Rodolphe
II. ou a Rodolphe III, c’eft la meme chofe pour la queùion préfente.

Arelate

�4»
Arelate civîtate publicè, in menfe Januar. anno ni. régnante
Rodulpho Rege.
A la vérité , l’a£te ne porte pas que cette ifle fut formée par
le Rhône ; mais le fait n’eft pas moins certain , pour quiconque
connoîtla fituation du territoire d'Arles, où il n’ y a ni ruitfeau
ni fontaine , ôc où les Habitans de la campagne n’ont de reffource pour leur u fage, ôc celui de leurs beftiaux,que les
eaux du Rhône : ainfi, toute ifle fituée dans ce canton-là ,
ne pouvoir être formée que par ce fleuve ; ôc celle-ci qui doit
s’être jointe au continent dans la fuite, paroît être la même
chofe que le lieu de Gallegues que nous retrouverons le long
du petit R hône, ôc qui dépendoitde même de l’Eglife d’Arles.
Donation du lieu de Jonquieres dans le Comté d’A rles, à
l ’Abbaye de Montmajour, faite au mois de Janvier # fous le
régné de Conrad , indict. x. ce qui répond fous le même
régné aux années 5537, 952 , 967 ôc 9 82. L a Parodie de
Jonquieres efl: dans le canton indiqué.
Ego Regimbartus notum ejfe volo qualiter complacuit de rebus
proprietatis meœ , videlicet de Villa quœ dicitur Juncarias . . . .
quœ ejl fita in comitatu Arelat. D ono, Gc. Facla charta vel
donaûcne i f a in menfe Janu. régnante Gondrado Rege Alaman-

Hift. mfl. Ibid.

dorum fv è Prov'mciœ, rndiCt. x . Signum Regimbarti G uxore
fua üdila.
Echange paffé au mois de Novembre* la vingt-deuxièm e
année du régné du même Conrad, entre l’Archevêque M anajjes ôc Aicardus, de terres fituées dans le territoire d’Arles ,
quartier d’Argence, lieu dit üccifone.
Ego Domnus Manajfes Archiepifcopus commuto atque concedo
Aicardo . . . terra quœ pertinet Vuarmunno in benejîcio. Quœ
efl ftum in pago Arelat. in agro Argentea fubtus Villa quæ
nommant Occifone G c. Tafia commutations i f a in Arel. civitats
F

Cartul. de l’ Eçlife
d’ A r le s , f . 23 verf.

�4.2
publîcè, in menfe Nov. anno xxu. régnante Conrado Rege Àlamannorum G* Provinciarum.
m.f. 4i u 42.

D eux ventes paflees , l ’une le premier Mars , la 24e. année
du régné de Conrad, &amp;. l ’autre au mois d’Août l’année fuivante, de deux champs fitués dans le Comté d'A rles, ifle de
Saint André, lieu dit Junquieres , dans le voifmage de Ragimbertus &amp; d'üdila fa femme ce qui indique le même canton
dont il eft parlé dans la donation ci-deffus faite à l’Abbaye
de Montmajour ; ce qu’on remarque pour montrer la correfpondance des différens a clés produits.
Domnis femper fuis Martino &amp; uxor. fuce BenediElce . . . . .
ego in Deinomine Donatus G* uxor fua Martha . . . . vobis
lendimuy . . . . aliquid de prcprietate noflrâ . . . que eflfitutn
in comitatu Arelat. in infula S. Andrce , ubi vocant ad ifpo Juncario . . . eft inter confortes . . . de ambofque froutes terra
Ragimbarto, &amp; c. TaCta cartula ijîa in Arelate civitate publicê&gt;
kl. Mar. anno x x iiii, rognante Conrado Rege.
Domno femper fuo Martino G* uxor fuce Benedidce. Ego in
Dei nomineTeutbartus G* uxor mea Dofpetla . . . vobis vendemus aliquid de proprietate noftrd. . . . quee ejl fttum in comitatu
Arelat. in infula S. Andréas, in loco ubi vocant Juncarias . . . .
de una fronts Rcgimberto G- uxor fua Odila, G c. Tacla venàitio ifta in Arel. civitate publicè, in menfe Avg. anno xxv.

régnante Conrado Rege.
rud. fri. 21 v. a
D eu x nouveaux baux , l'un de quatre muias de terre, du
mois d’A v ril, la trente-fixiéme année du régné de Conrad, fie
l ’autre d’un muid de terre, deux ans après, tous les deux
pour des terres fituées dans le Com té d'Arles, quartier d'Argence.
Nofcitur quomodo convenijjet inter illos de terrâ quee eft in
comitatu Arelatenfi in agro Argentea fubtus turre Annonce in

�45
loco que nommant Tamiciago, ôte. Fafta cofrvenientià ijîa ift
Arel. civitate publicè, menfe Aprilis anno x x x v i, régnante
Conrado Rege.
Nofcitur quomodo convenijjet inter illos de terra egrejla: ejî
in comitatu Arelatenfe inagro Argente a 3 propè Ecclefia Sanfti
Pétri in loco denominato ubi dicitur Lacunas, &amp; c. Fatta convenientia ifla in Arel. civitate publicè, anno xxxviii. régnante
Conrado Rege.
Donation faite le p d’Avril de la même année à l ’Eglife

Ibid»fil. 2) #

à'Arles par Pontius Juvenis, qu’on croit être la tige de la
Maifon des Baux, d’une vigne fituée dans le Comté d'A rles,
quartier d’Argence fous Occijione.
Ego Pontius Juvenis . . . dono aliquid de proprietate mea . : ;
eft in comitatu Arelat. in agro Argentea fubtus Occifione. Fatta
donatio ifla in Arelate civitate publicè ,viii. Aprilis, anno xxxvïii.
régnante Conrado Rege.
Vente faite au mois de N ovem bre, la quarante-cinquième
année du régné de Conrad , d’une vigne fituée dans le Comté
d’A rles, quartier ddArgence,\Tintinago fou sRavaiJJa.
Vindimus in comitatu Arelat. in agro Argentea fubtus Villa
Ravaijfa ubi dicunt Tintinago . . . . de vinea culta, Grc. Fada
venditio ifla in Arelat. civitate publicè , in menfe Novb. anno xlv.
régnante Conrado Rege.
Echange fait au mois de Décembre fous le régné de
Conrad &amp; l ’Epifcopat de Manajfes, de quatre champs fitués
à Earcianicus ou Meines [a), dans le territoire d'Arles , contre
trois autres champs fitués dans le même territoire au lieu

(a I4 i 7 ) 47 Aug. nct- Petr. Bertrandi Arelat, inflituitur Vicariat in Ecclefiâ
Varochiaü Sar.cii Michadis de Barfaniçis als de' Mcdinis Arel. Diocejis. Hift. mfl'.
JVlonaft. Monimajour*

F i;

\

Ibid» f i l . 2J

ib id .fiL

37.

�dit Claufone , qui exifte encore fous le même nom auprès de
V . G x ll. chrljl. 1.1
In ftr. n .

P- 101

Beaucaire.
Sic tradunt Cf commutant inter fe in pago Arelat. in terminio
de Villa Barcianico , Cfc. Cf contra donat ManaJJeus gratia Del
Epifcopus in pago Arelat. in terminio de Villa quæ nuncupant
Claufona , Cfc. Fatta carta vel commutatio ijla in menfe Decemb.
régnante Conrado Rege.
En voilà fans doute allez avec les preuves déjà produites
dans le Mémoire , pour démontrer , même aux yeux les plus
prévenus , que les R ois de Bourgogne fuccelfeurs de Eofon
de de Louis Vaveugle au Royaume de Provence , continuèrent
à regner fur la portion du D iocèfe d'Arles qui eft à la droite
du Rhône , Ôc par conféquent fur le Rhône même. N ’eft-il
pas étonnant après ces titres , de voir le Défenfeur du L an ­
guedoc difputer dans le même tems la propriété de Pille de
Camargue à la Provence ? Nous pourrions l’accabler d’un plus
grand nombre de titres , mais nous les réfervons au moment
ou nous difeuterons le traité de partage de Pan 112 J. La
même nécelïité d’abreger nous empêche de répéter les éve-

uém.v-*4&amp;fuiv- nemens arrivés fous les premiers Empereurs d'Allemagne,
fuccelfeurs &amp; héritiers de Rodolphe I I I , de même que ceux
qui fe font palfés fous les premiers Comtes de Provence \
ils font reliés fans réponfe de la part du Défenfeur du Lan­
guedoc , ôt Pon s’attache ici fimplement à relever les erreurs
qu’il voudroit accréditer. Mais on efpere que les Juges ne
perdront pas de vue ce 3 évenemens fi décififs dans l ’affaire,
qu’ils les regarderont même comme des monumens inatta­
quables de la continuité de la pofleffion du Rhône par la
Provence.
r ,e c a p . t u l a t i o n .

I l faut donc , d’après les titres produits , faire une récapi­
tulation abfolument différente de celle qu’on trouve dans

�4?
îe Mémoire du Languedoc. En effe t, avoir montré d’abord E«m. f . 3^
que dès les premiers tems où les Provinces Narbonnoife ôc
Piennoife furent féparées, le Rhône ne put appartenir qu’à la
derniere ; que depuis le commencement du fixiéme fiécle
jufqu a la fin du dixiéme , ôc même plus tard, le territoire de
la Province ou Comté d’A rles, embrafîoit les deux rives du
R h ôn e, ôc par conféquent le Rhône même ; que la Couronne
a été en pofïeffion de la Provence , &amp; par la P rovence, des
terres fituées à la droite du Rhône , avant de pofTeder aucun
des cantons qui ont formé depuis la Province de Languedoc y
ôc plus de deux cens ans avant la poffeflion du corps de cette
Province ; qu’aux divers partages de la Monarchie Françoife ,
entre les Princes de la fécondé race, le Rhône ôc les terres
qu’il baigne à fa droite , ont toujours appartenu au Souverain
de la Provence ; que lorfque cette Province en a été détachée
à la fin du neuvième fiécle , les mêmes terres qui en dépendoient originairement, continuèrent à en dépendre; de forte
que le fleuve a conflamment fuivi le fort des Pays baignés par
fa rive gauche, ôc que les ufurpations q u i, dans le d ro it,
n’ont point altéré les droits de la Couronne fur la Provence ?
en ont de fait arrêté ôc fufpendu l’exercice, tant fur la Pro­
vence que fur le Rhône qui en étoit une dépendance : c’eft
avoir pofé des fondemens inébranlables , pour afflirer à cette
Province la propriété du Rhône. C ’eft donc très-mal-à-propos
qu’on lui demande de montrer un titre qui le lui affure. Q uel
eft le meilleur titre qu’une jouiffance non interrompue pendant
plus de mille ans , qu’elle n’a perdue ni par conventions ni
par abandon, ôc qu’elle a continué d’exercer depuis le 10e.
fiécle , comme elle avoit fait avant ? C ’eft ce qui réfulte des
preuves produites dans fon premier M ém oire, ôc ce qui pa-

�4 &lt;$
roîtra encore plus clair, lorfqu’on aura répondu aux obje£tlonS
que le Languedoc a cru pouvoir y oppofer.
A R T I C L E
îj.

III.

Obfervaüons détachées fur divers objets relatifs à Vétat
de la quefion.
L ’établiffement des deux principaux fondemens du fyjlême
liifiorique des Etats de Provence, entraîne nécejjairement celui de
la plûpart des confèquences qu'ils en déduifent. Mais comme le
Défenfeur du Languedoc croit trouver des obje&amp;ions viftorieufes contre ces confèquences, dans les dix obfervations
qu’il réunit dans cet article, il eft convenable de les exami­
ner en détail, quoique la plûpart foient indifférentes à l’état
de la queftion ; mais il eft fi accoutumé à tirer avantage
de to u t, qu’il feroit à craindre

qu’ il n’en prît un grand ,

s’il pouvoit fe flatter que la moindre de fes raifons, qu’on
n’auroit fait que n égliger, fût reliée fans réponfe.
psç.îé&amp;fuiv,

$. I. Topographie de la partie contentieufe du Rhône.
L a Provence pourroit laiffer fubfifter tout ce que renferme
cet article, fans craindre qu’il lui fût d’un grand préjudice ;
loin d’en difeuter le fon d, elle l’adopte, à la réferve de la
fixation de la petite Camargue que le Languedoc paroît borner
au canal de Sïlvereal, tandis qu’elle eft formée par l’ancien lit
du petit Rhône , un peu plus occidental que le canal que l’on
vient de nommer, ôt dont la trace fubfifte toujours : à cela près
la Provence fe bornera à relever quelques affertions bazar­
dées fans preuve. Si elle a eu tort de qualifier de nouveau

�. .,.
.
.
'47
lit du Rhône, le petit bras de ce fleuve (a), ce tort ne forme

tout au plus qu’une mauvaife dénomination : car fuivant les
plus anciennes notions qu’on ait de ces quartiers-là, le Rhône,
auprès de fon embouchure, s’eft toujours divifé en pluiieurs
branches qui ont pû de dû varier, &amp; qu’il eft fort difficile
d’affigner entr’elles aucun rang de priorité ; mais cet objet
eft de la plus grande indifférence pour la queftion préfente,
Suppofons qu’il n’ait jamais paffé de riviere à l ’endroit où
coule le Rhône , i l n’en fera pas moins fur que le terrein fur
lequel il paffe, &amp; celui qu’on connoît fous le nom d’slrgencc,
quoique joint au continent qui porte aujourd’hui le nom de Lan­
guedoc , n’ait dépendu vifiblement de la Provence &amp; n’en ait
fait partie jufqu a la fin du dixiéme fiécle, &amp; même plus
tard. Q ue ce terrein-là foit coupé par un ou par plufieurs
bras de la riviere , cela ne change en rien la nature des lieux
par rapport à la dépendance ôc aux limites qui relient toujours
au même point. Ainfi les Juges qui auront vu les preuves
multipliées qu'Argence faifoit alors partie du Comté &amp; du
territoire d'A rles, croiront fans peine que la Provence a confervé longtems plufieurs terreins Jitués en de là delà branche dw
fleuve fuppofée nouvelle. On n’ajoute rien de particulier par
rapport à la Camargue, qui étoit certainement Provençale
lorfqu’Argence letoit. Ce fera le moment d’en parler lorfqu’on difeutera le traité de 1 12? , fur lequel le Défenfeur du
Languedoc prétend fonder la poffefiîon de la Camargue. En
attendant , qu’oppofe-t’il aux preuves antérieures à ce traité
( a ) Le fait eft qu’on ne connoît paj le teins où s’eft formé le petit bras du Rhône,
mais l’irduâion que ie Languedoc youdroit tirer de ce point , n’eil pas moins fauffe,
&amp; il enrefulte au contraire , que dans quelque rems que cette partit- du fleuve ait
formé l’isle de la Camargue , puilque cette isle nous eft reliée , c’elf une preuve
que ce terrein étoit auparavant du territoire de Provence, lequel dans cette puni*:
ainfi qu’à Argent» s'étendent en de-là du bord occidental du fleuve.

�[ '■ /
48
que nous avons produites, ôc aux preuves fans réplique de la
propriété d'Urgence ? I l croit les faire évanouir en paroiffant
l ’oublier ou les négliger.

Eiam.p.^o &amp; fulv.

§. 1 1 . Chronologie des noms de Languedoc G de Provence.
Comme la Provence n a jamais prétendu élever des difputes
.de mots } à moins que les noms n’influaffent fur les queftions
q u elle avoit à traiter ; elle paffe volontiers condamnation
fur tout ce qui eft traité dans cet article, à la réferve de ce
qui peut intéreffer le partage de l’an 112 5 , qui fera difcuté
en fon lieu.

ü/m p 47&amp;fuîv. $• I I I . Origine des droits que les Rois d'Arles G leurs Fataux
ont eus dans leurs Etats.
T o u t eft d it, quand on eft convenu que les entreprifes de
Bofon , de Louis l'aveugle d'Hugues ôc de Rodolphe IJ. furent
des ufurpations ; de-là il fuit que leurs guerres , leurs traités &gt;
leurs partages n’ ont pu préjudicier aux droits des Monarques
François, ni de leur Couronne. Mais encore une fois , comme
au tems des ufurpations , ainfi qu’avant ôc après , le Rhône &amp;
les terres qu’il baigne à fa droite , dépendoient du Royaume
de P rovence, ôc vis-à-vis d’ A r le s , du Comté de cette V ille;
le Pays qui porte le nom de Languedoc n’y avoit aucun
droit, ôc ne peut en avoir acquis que par conceflion, tant
qu’a duré l’ufurpation ; de forte qu’à moins qu’il ne produife
une pareille conceftion, il n’a point d’intérêt à faire valoir
les droits de la Couronne. Ceux-ci n’en font pas moins in­
tacts dans le principe ; mais danns le fa it, ils ont fouftert une
éclipfç

�éclipfe rée lle, &amp;

4P
l’exercice de ceux qu’elle avoir fur le

R h ôn e, ainfi que de ceux qu’elle avoit fur le Port de
Marfeiile , &amp; fur toutes les autres parties de la Provence, a
été fufpendu jufqu’au moment qui a réuni cette partie au
to u t, duquel elle avoit été détachée.
E lle y a été réunie avec la confervation de tous fes droits
ôc de fes privilèges; ainfi elle ne doit pas être moins bien
traitée , que fi elle avoit encore le malheur d’en être féparée.
Cela eft fl v ra i, que toutes les fois que les Infpeêteurs ou
les Receveurs du Domaine en Provence ont attaqué quel­
qu’une des aliénations faites par les Souverains du Pays , le
Confeil du R oi les a jugées fuivant les L o ix qui fubfiftoient
dans le. Pays au tems de ces aliénations, &amp; non fuivant les
L o ix qui exifioient en France dans le même tems, ainfl qu’il
devroit s’enfuivre? de tout le raifonnement que fait en cet
endroit le Défenfeur du Languedoc , que tout ce qui eft
arrivé pendant une ufurpation ôc une ufurpation de flx
cens ans , devient nul de fait ; ce que perfonne n’ofera ja­
mais foutenir , même par rapport à un Pays de conquête.
D ’ailleurs , ici ôc dans tous les autres endroits où il eft
queftion du même o b jet, la defenfe du Languedoc paroît
contradictoire. D ’un côté , il avance , fans en donner la moin­
dre preuve, qu’après la mort de Louis V Aveugle } le Rhône
avec les terres qu’il baigne à fa droite, refta tous la domi­
nation Françoife, êc de l ’autre fentant la foibleffe ou l'in_
fuffifance de la preuve de fa it, il s’appéfantit fur l’ufurpation
de Bofon &amp; de fes fuccdfeurs. Mais fl le Rhône refta fous la
domination Françoife , toutes les queftions fondées fur les
ufurpations alléguées , deviennent indifférentes à l ’objet préfen t, &amp; fl le Rhône fuivit le fort de la Provence, la C ou­
ronne, quoique Souveraine légitime de cette Province , n’eft

�yo
rentrée de fait dans l’exercice des droits qu’ elle avoit fur le
fleuve , qu’en réunifiant dans fa main le tout dont il étoit
une partie ; ou fi l’on veut que cette partie en ait été détachée
avant l’époque de la réunion du to ta l, ce fera comme Souve­
rains légitimes de la Provence , feule qualité qui donnât aux
R ois de France le moindre droit fur le Rhône , qu'ils fe feront
mis en poffeflion du fleuve comme d’une portion d’un bien
qui leur appartenoit, fans qu’il en réfulte aucun avantage
pour le Languedoc : au contraire , la cliofe confiderée fous ce
point de vue j tous les raifonnemens que forme le Défenfeur
de cette Province, pour prouver le retour à la Couronne des
terres fituées à la droite du R h ô n e, après la mort de Louis
l'Æ'eugle, tournent contr’elle-même ; car fi d’un côté il eft
prouvé que les premiers fucceiïcurs de Louis ont régné fur le
R h ô n e , 8c qu’il paroiffe de l ’autre que les R ois de France
en ont été en pofleflion dans la fuite , il eft clair que ce n’a
pû être que comme légitimes Souverains des Pays ufurpés;
ce qui exclut abfolument le Languedoc de toute propriété.
Mais tous ces raifonnemens ne font que des fuppofitioris,
tant qu’on ne les fonde pas fur l’examen des évenemens. Ainfi
tout concourt à faire voir que c’eft ici une pure queftion
de fait.
Nous le redirons encore : fl le Languedoc jouit du Rhône
depuis le fixiéme fiécle , comme il le prétend, pourquoi fon
Défenfeur revient-il à d ire , que c’eft uniquement par égard
pour des Princes de leur M aifon, que les R ois de France
ont fouffert des entreprifes préjudiciables à leur Couronne?
Si d’un autre côté on veut faire entendre que jufqu’à ce que
la Provence tombât entre les mains de la Maifon d’slnjou, la
France fut en mauvaife intelligence avec les Souverains de
cette P ro vin ce, oti fe trom pe, ou l ’on veut tromper ; car

�'%1
outre que l’hiftoire fournît peu de monumens de diffenfions ,
&amp; encore moins de guerres entre ces deux Puiffances, il ne
feroit pas difficile de prouver quelles vécurent en bonne in­
telligence dès la lin du neuvième fie'cle &amp; le commencement
du dixiéme ; ainfi dans le fa it, rien ne peut détruire les
arrangemens qu’on prouve avoir fubfifté.
Mais peut-on vouloir rendre n u l, quant au fa it, le chan­
gement arrivé dans l ’Etat par l’ufurpation de Bofon, tandis
qu’on le voit fubfifter encore par rapport à la formé ? En
effet, on ne peut regarder la qualité de Comtes de Provence &gt;
Forcalquier G Terres adjacentes, prife par nos Rois dans tous
les aétes relatifs à cette Province, que comme un aveu ÔC
une fuite de ce changement: fans cela , ils ne devroient point
prendre la qualité de Comtes , mais celle de Rois ; ou plutôt
la Provence feroit réunie pour le titre , comme elle l’eft pour
la fucceffion , à la totalité de la Monarchie. Encore moins
devroient-ils s’intituler Comtes de forcalquier G Terres adja­
centes , puifque ces cantons ne furent enlevés ôc enfuite réunis
au Corps de la Province, que longtems après le régné de
Bofon. Enfin ce qui démontre qu’on n’avance rien ici que de
conforme à la Jurifprudence du Royaum e, eft que les Fer­
miers du Domaine ayant prétendu, vers l’an i y j y , que les
Rois de Bourgogne ôc d'Arles ôc les Empereurs n’avoient pii
donner à l’Eglife T Arles les terres dont elle jouit ; ôc lefquelle s , difoient-ils, étoient de la mouvance de la France : Jean
Verrier , alors Archevêque d'A rles, fut maintenu, par Arrêt v
Poitt-lf.
du Confeil , dans la poffeffion des biens qu’on lui con- Arelat' p‘ 387&lt;
teftoit ; ainfi il eft reconnu que dans le fait on agit comme
fi Bofon ôc fes fucceffeurs euffent été Souverains légitimes de
la Provence ; ôc fans c e la , quels défordres dans toutes les
propriétés !
G ij

�F.xm. pag-

fu;.v.

50 &amp; §. I V . Egalité des droits que les P'affaux de la Couronne
d’ Arles ont eus fur les Fiefs qu’ils tenaient des Empereurs
Rois d’Arles.
L e Défenfeur du Languedoc cherche à établir que les \
Feudataires du Royaume d A rles, Pairs de la mtmc C o u ­
ronne , ont dû avoir les mêmes droits les uns que les autres,
chacun dans fes Etats ; pour en conclure , s il eft prouvé , ou
convenu qu’un de ces Feudataires n’eût aucun droit fur le
R h ô n e , que tous les autres doivent en être entièrement
exclus. Mais avant que de tirer cette conféquence , i l faudroït
qu'il eût prouvé fit non fuppofé cette égalité de droits ; &amp;
encore que celui de ces grands Vaffaux qui dans le même
tems ou dans la fuite paroît privé de toute propriété du
' R h ô n e , ne l ’eût pas été par quelque titre ou arrangement
particulier; car les évenemens n’ayant pas été les mêmes pour
tous les Pays qu’arrofele R h ô n e ,le s conféquences aufquelles
ils donnent lieu doivent être différentes. Jufqu a cette preuve
les droits de chaque partie relient entiers fie indépendans les
uns des autres.
A cette conféquence il en ajoute deux autres , que la
Provence n’a garde de défavouer : la première , que tous ces
Feudataires n’ont pas eû plus de droits dans leurs Fiefs refpeclifs , que lesR ois d’ Arles n’en avoient dans leur Royaume:
ôc la fécondé , que les Fiefs de la Couronne d’ Arles n’ont pas
pû avoir plus d’étendue que les polfeiïions des R ois d'Arles}
fit que les limites du Royaume d’ Arles ont dû fervir de limi­
tes aux Fiefs qui en faifoient partie. L a Provence adopte fi
bien ces conféquences, qu’elle en fait les principes de fa défenfe ; de forte qu’il ne relie plus qu’à en faire l ’application à.

�n
la queftion préfente ; mais pour peu que l ’on ait eu d’atten­
tion , on l’aura faite foi-même en fe remettant fous les yeux
les preuves que la Provence a fournies dans ce Mémoire &amp;
dans le précèdent. L ’on verra i°. que depuis Bofon jufqu’à
l ’union du Royaume d'Arles à l ’Empire , il n’eft aucun de
ces Rois qui n’ait exercé diredlement fa puilfance fur le Rhône
par des conceflions de péages ou par d’autres titres équivale n s, tandis qu'il ne relie aucune trace du prétendu pouvoir
qu’on veut attribuer dans le même tems fur le même fleuve y
aux Rois de France qui regnoient alors en Septimanie : 20. que
pendant tout le dixiéme lié c le , c’eft-à dire pendant tout le
tems qui a fuivi immédiatement l ’ufurpation de Bofon ôc de
fes fuccefleurs, le Comté d'Arles qui dans fon canton ne
pouvoit avoir de limites moins étendues que le Royaume de
ce nom , embralfoit la partie du D iocèfe de la même V ille ,
qui eft fituée à la droite du R hône, ôc par conféquent le
Rhône même. Il ne paroît pas vraifemblable que le Langue­
doc puilfe oppofer la moindre réponfe aux preuves fans nom­
bre qu’on vient d’en produire : il fuivra plutôt fa méthode
ordinaire , c’eft de croire, en les paffant fous filence , qu’il les
fera oublier aux Juges.
R elie à détruire une erreur que le ton du Languedoc pourroit accréditer. A l’entendre, les Etats de Provence ont avoué
que les diverfes Souverainetés , fltuées le long ôc à la gauche
du R h ô n e, n’avoient rien à prétendre fur les parties du fleuve
qui confinent à leurs Etats. Où a-t’il vu un pareil aveu ? C e
n’eft pas aux endroits cités à la marge , dont la plûpart difenc
le contraire de ce qu’on leur prête , à la referve de celui qui
regarde le Pape, alors pofleffeur du Comtat. O n eft convenu,
il eft vrai, que jamais fa Sainteté ni les Habitans du Comtat fes.
Sujets , n’ont eu aucun droit fur le Rhône ; mais c’eft par une.

�fuite d’évenemens particuliers à cet Etat , qui n’influent en rieni
fur la Provence.
L e Pape pofledoit Avignon ôt le Comté VenaiJJin à deux
titres diflerens.' C e dernier canton lui fut abandonné par
Philippe le Hardy qui s’en étoit mis*en pofleflion, après la
mort cVAlphonfe, Comte de Poitiers, ôt de Jeanne deTouloufe
fa femme. C e n’eft pas ici le lieu d’examiner la validité de
cette cefiion , il n’eft queftion que de fçavoir fl elle a pu
comprendre le lit du Rhône. Il eft certain que le R o i de F rance
qui étoit déjà en pofleflion de la rive droite du fleuve , depuis
le traité de l’an 1229 , devenant maître de la rive gauche ou
du Comtat VenaiJJin \ la mort de Jeanne, fut par conféquent
ôt fans contredit à cette époque , Propriétaire ôt Souverain de
la portion du Rhône qui couloit dans l ’efpace indiqué ; ôt ces
droits , il les a confervés , à moins qu’on ne montre qu’ils ont
été compris dans l ’abandon qu’il fit poftérieurement du Com té
VenaiJJin ; car les ceflions ôt les donations font des a&amp;es de
rigu eu r, qu’on ne peut pas étendre au - delà de ce qu’ils expriment : C ’eft donc au Pape à prouver qu’il fut en même-tems
mis en pofleflion du Rhône : mais comment le prouveroit-il,
puifqu’on a aujourd’hui des preuves précifes du contraire?
L a ceflion du Comtat ne fut pas faire par un atle où l’on ftipulât des claufes , des conditions ôt des referves. C e fut un
fimple aéle de la volonté de Philippe le Hardy , qu’il déclara
verbalement au Commiflàire qui fut chargé de l ’exécution »
ôt ce Commiflàire ou fes D élégués mirent ceux du Pape en
pofleflion de tous les lieux qui dévoient être remis à l ’Eglife
Romaine. O r , il eft impoflible de trouver dans toute cette
procédure , un feul mot qui puifle faire foupçonner qu’on lui
abandonnât le moindre droit fur le Rhône. L e R o i n’av oit donc
pas compté le ceder : ainfi ; quelle qu’eût été la dépendance de

�la rivîere le long du Comtat V*enaijjîn avant le traité de 1229 ;
il eft sûr qu’elle refta au R o i de France dans cette partie , après
l ’an 1271.
Dans la forme de ceffion qui fu tch o ifie, moins que dans
toute autre , ii n’étoit néceflairede ftipuler des referves; elles
étoient toutes renfermées dans la limple volonté de celui qui
la faifo it, fans qu’elles puffent jamais donner Heu à aucune
réclamation de lapait du Cefiionnaire. Cela eft li vrai, que
celles du Roi ne fe bornèrent pas au Rhône feul ; il en fit une
autre confidérable , de la moitié de la V ille d’Avignon , en
laquelle il avoit fuccedé en m êm e-tem s, ôc au même titre
que dans le Comté Venaijfin , &amp; qui ne fut point rernife aux
Commiffaires du Pape. L e R.oi continua d’en jo u ir, ôc Philippe
le Bel fon fils &amp; fon fuccefleur , la céda en Septembre 12510 à
Charles IL R oi de Naples , ôc Comte de Provence. Rien dans
cet a£te ne peut faire conjecturer que le R o i prétendît céder
au Comte , la moindre portion du Rhône vis-à-vis la même
V ille : aufli n’en connoît-on aucun , par lequel il paroiffe que
ce dernier Prince ou fes fuccefleurs, ayent exercé la moindre
Jurifdiction furie Rhône au-deiïus de la Durence ; ôc quand la
Reine Jeanne, arriéré petite fille dëCharles 11 . vendit , 1e 1p de
Juin 1348, la V ille d'Avignon au Pape Clement V I. elle ne put

E o u stie , tom,
pag. j l ÿ .

aliéner en fa faveur que [ce qu’elle y poffedoit.
S’il refte quelque doute , on peut confulter l ’ufage des
tems poftérieurs, unique Juge de ces fortes de quefîions , ôc
montrer que depuis l ’époque indiquée, les Rois de France
ont exercé la Jurifdiêtion fur cette partie du Rhône.
i°. Si Philippe le Hardy en cédant le Comté Henaiffin au
P a p e, lui eût cédé la portion du Rhône qui en aveit dépendu
jufques-là, les Ifies du fleuve auroient été comprifes dans la
ceiïion. Cependant, Garhert de Laval, Archevêque d'Arles ôc

i~ r

V. î / i p. 57#

�d’autres co-Seigneurs de Montdragon, étaht en Procès avec
leProcureur du R o i &amp; le Prieur (\q Saint Saturnin, pour une
ifle fituée dans le R h ô n e, entre T Ifere ôc la Durence, ôcapînvcnt. aes «. de pellée laCroix des Merciers, l’Archevêque y fit élever en 1 3 3 2 ,
/«fr.'p. »«8.rks’ Mb‘ des fourches patibulaires, comme marque de fa Juvifdiûion i
mais Philippe de Valois qui regnoit en F ran ce, ordonna quelles
fuffent abbatues comme un attentat contre la Tienne , qui ne
pouvoir fouffrir d'atteinte pendant le Procès ; ôc il eft à remar­
quer que l’Archevêque quin’étoitniVaffal, ni Sujet de Philippe,
ne réclama point la protection du Pape ; d’où il eft aifé de
conclure que perfonne ne le reconnoiffoit pour Souverain de
l ’ifle conteftée. L e Pape ne le prétendoit pas lui-même : c’eft
Eoiiar. Aven. p. ce &lt;lu*1 téfulte de la donation faite par Charles P7, à Urbain V .
Langui.4,'n.'Vs;
î de Décembre 1 3 6 8, de la moitié du Pont d'Avignon ôc
p 801'
du lit du R h ô n e , le long du territoire de cette V ille . Y a-t’ii
apparence que ce Pape eû t, non pas follicité , mais feulement
accepté une pareille donation, s’il eût cru avoir quelque droit
fur le Rhône , foit par l’abandon du VenaiJJin fait à Grégoire X .
foit par la vente d’Avignon paffée à Clement V I ? Il ne s’étoit
même écoulé que 20 ans depuis cette vente : la lettre ôc l’efprit
de l’adte en dévoient être connus ; ôc l’acceptation de la dona­
tion de Charles V . eft une preuve fans répliqué , que la Reine
Jeanne n’avoit n ip û , ni voulu aliéner le R hône en faveur de
l’Eglife Romaine.
L es preuves fe multiplient encore plus dans les années
fuivantes. D es lettres de l’Univerfité de Touloufe qui favorifoientBenoiji XIII. traité alors d’Antipape , ayant été condam.
nées par Arrêt du Parlement de Paris du 10 Juillet 1406, il
J bld. Hift. du Lan?.
r
^
7
i.v.rj.S-7«&gt;P'4îi. fut ordonné qu’elles feroient lacérées a Paris, à Touloufe, ôc
fu rie Pont d’ Avignon. C e Parlement croyoit donc que le Pont
(PAvignon dépendoit du R o yau m e, hors duquel il n’auroit eu
aucune

�aucune Jurifdi&amp;ion. Cela eft expreffément déclaré dans un
acte pafie en 1427 entre Lcuis, Seigneur de Montlaur, &amp; fes

v. ihj.

1. «,$

VaiTaux , du lieu de Ccuvillargues, &amp; daté deffus le Pont P A - + P"H+‘
vlrnon dans le Royaume de France. L e Pont s étant abbatu au
mois de Septembre 1430 , les Officiers de la Sénéchauflec de
Beaucaire établirent un bac furie Rhône, pour palier d'Avignon
à Villeneuve : les difficultés füfcitées à ce fujet par les K abitans d'Avignon , furent terminées le 18 d’Août 1432 parmi v.«w. §. Jg, p.
Arrêt du Parlement de Paris qui rétablit le R oi dans l ’exercice *7i *+7Sde fi Jurifdiétion; &amp; fuivant les apparences, cet Arrêt mit
fin aux querelles; car le même Pont ayant befoin de quelques
réparations en 1431 , le Légat &amp; les Habitaus s’adrefferent
pour y pourvoir à Charles V îî. qui regnoit alors en France (a).
Enfin pour terminer un détail déjà trop long, les Châteaux de
Lers &amp; de lloauemaure
, bâtis dans le R h ôn e,y dépendoient
en Hift. d„e l a n g .
1
l
I $63 du Gouvernement de Languedoc, fans aucune contefla- n-3iS’ p- ’&gt;+•
tion de la part du Comtat.
Il eft donc démontré qu’on a tore de vouloir affimiler la
Provence aux anciens Etats du l ape dans l ’étendue de ce
Comté , contre lefquelsil y a des titres exprès &amp; particuliers,
tandis qu’on n’en produit, &amp; qu’on n’en peut produire de
valables contre nous. A l ’égard des Sujets du R oi de Sardaigne
en Savoye , c ’eft avec raifon que nous avens dit, que le R oi
venait tout récemment en 1760 , de leur faire la grâce de fixer
le milieu du fleuve pour ligne de réparation, puifque par le
premier article du traité, ligné à ly c n entre les deux Puifiances,
le 27 Janvier 1601 , tout le lit du Rhône depuis la fortie du
lac de Genève , étoit cédé à la France ; de forte que les droits
( a ) V . ibi,l t. &lt;;, pr. n 4 , p. 10. On fçait d’ailleurs que le Cardinal de F o ix ,
dont il eû p a rlé dans ces lettres , étoit alors Légat d’Avignon, V , i l'i d . Hilï. 1. 3? ,
§. 4 S , p. j t &amp; lùiv. S ix j Po/ttif. Arelat, p. 363.

il.

�S.8
antérieurs qu’auroient pû avoir les D ucs de Savcye fur cette
portion du fleuve, ce qu’on ne fçait ni ne veut difcuter ,
avoient été entièrement éteints par ce traité, &amp; qu’eux &amp; leurs
Sujets n’ont pu y rentrer que par une nouvelle conceflion de
la France. A in fi, ces deux articles n’ont aucun rapport avec

Recap. p. 68
Merci. p. 83.

la queftionqui divife la Provence Ôt le Languedoc.
Quant au Dauphiné, le Défenfeur du Languedoc allure
que c’eft de celui de la Provence qu’on tient que le Dauphiné
n’a point de titres particuliers qui lui donnent des dreits fur le
Rhône , &amp; que ce fleuve au-dejjus de la Durence na jamais cejjé
d'appartenir au Roi de France. Mais de bonne f o i , la première
conléquence peut-elle fe tirer de l’endroit cité , dont on croit
devoir rapporter les propres termes ? Les flx Arrêts allégués,
prouvent, fi l'on veut, tout ce que le Languedoc peut déflrer
contre le Dauphiné; mais que prouvent-ils contre la Provence?
Çu le Dauphiné s’ejl mal défendu, ou les droits du Languedoc
contre lui étoient incontejlables. Mais quimporte à la Provence
quia des titres particuliers , Cj*des droits très-indépendans de ceux
du Languedoc , vis à-vis d'une Province qui tdarien de commun
avec elle ? Ces expreffions-là difent-elles que le Dauphiné n’a
point de titres particuliers qui lui donnent des droits fur le
Rhône? E t ne voit-on pas au contraire, que la Provence n’a
cherché qu’à écarter des difeufiions étrangères , pour fe ren­
fermer uniquement dans ce qui l'interefloit? Au lieu d’avouer
que le Rhône au - deffus de la Durence n’a jamais ceffé d’ap­
partenir au R o i de France, comme on le prétend; elle a feu­
lement dit que les Lettres patentes de la Reine Marie du $
Décembre 13985 prouvent que le R hône au-deffus de la
D urence tout lelong duComtat, n’avoit jamais ceffé d'apparte­
n i r au R o i de F rance, puifquil n’avoit pas été compris dans la
cejjlon qu’ on dit avoir été faite de ce Pays au Pape : ainfi, il tâ

�19

vîfible que Paveu qu’on voudroit oppofer à la Provence, eft
un aveu très-particulier,reftraint pour l’étendue au feu! Comtat,
ôt pour le tems , à celui où furent expédiées ces Lettres
patentes, ou plutôt à celui de la cefiîon même du Pays faite à
l ’Eglife Romaine en 1274., &amp; fondé uniquement fur les évenemens particuliers à ce même canton ; au lieu que par les
réticences affectées , puifqu’on n’a pas mis des points à la place
des mots qu’on a fupprimés , on voudroit le donner pour un
aveu général, &amp; pour le tems &amp; pour l ’étendue. Il faut qu’on
fe fente bien dépourvu de bonnes raifons, pour employer de
fi minces reffources.
O n ne difeutera point fi à l'extinétion de la Maifon de
Souabe arrivée en 1264 , les Empereurs ceflerent totalement
d’exercer des droits de fuzeraineté fur le Royaume d’A rles,
comme l ’avance ici le Languedoc. Il faut convenir au moins}
que depuis cette époque , l’exercice de ces droits diminua

Exam. p.si.

confidérablement, &amp; futprefque réduit à des occafions d’éclat,
dont on ne trouve même plus de traces après le régné de
Charles IV. poftérieur d’un peu plus d’un fiécle à la mort de Charlîs IV. mou­
rut le aj Novembre
Conradin. Cet examen eft abfolument inutile à la queftion qui 137*.
nous divife, puifque les droits des Empereurs ne furent recueil­
lis par aucune Puiffance étrangère , &amp; que ce changement
n’opéra qu’une indépendance entière 2e abfoiue en faveur des
Comtes de Provence. En tout cas , il eft indifférent à la
queftion préfente, qu’elle ait eu lieu cent ans plutôt ou plus

tard.
§. V .

Nature des entreprifes que les Comtes de Provence ont
faites fur le Rhône Gf fur fes dépendances.

Quand on conviendroit avec le L anguedoc, non que les

H ij

Exam.P. j,;

�6o
Feudataires du Royaum e à'Arles n’ont pas pu avoir plus de
droits les uns que les autres fur le Rhône , mais qu iis n ont
pas pu y en avoir plus que les Rois d'Arles , leurs Sei­
gneurs fuzerains , que deviendroit ce principe, dès qu'il eft
ians application ? Comment peut-on enfuite pafier fur les
uiurpations de Eofcn &amp;. de Louis l'aveugle , fous prétexte
qu’elles n’eurent pas plus de fuites l’une que l’autre ?
Ignore-t-on qu’elles furent l ’origine du Royaume d'A rles,
qu’il a fubfifté fans interruption , jufqu’à ce qu’il fe foit
évanoui entre les mains des Empereurs d’Allemagne , ôt que
les changemens qui font arrivés fucceffivement dans fon
étendue , n’en ont apporté aucun à la domination du
Rhône ? L e Languedoc avance , il eft vrai , qu’avant la.
ce (T,on laite en 930 par Hugues à Rodolphe II. le bord oriental
du Rhône faifoitla féparation delà Provence &amp; du Royaume
de F ran ce,
il renvoyé pour la preuve , à fa propre hif•s toire. Mais cette hiftoire eft entre les mains de tout le
monde ; ôt on défie le L eû eu r le plus attentif ôt le plus
fubtil d’y trouver la preuve qu’on annonce. T o u s les faits
allégués par l ’Hiftorien fe réduilent à prouver que depuis
Louis l'aveugle, les Comtes de Tculoufe ont joui du VivaraxS
ôe de lÜfege fous la fuzeraineté des R ois de France. Quand
ces preuves feroient aufti inattaquables qu’on le fuppofe, ôc
que nous fommes éloignés d’en convenir , quel eft le bon
efprit qui pourvoit en conclure que dcs-lors le lit du Rhône
&gt;

fut réuni au Languedoc ? Il diroit au contraire ; dès qu’on
ne donne aucune preuve précife de domination ni de pro­
priété , davis ce tem s-là, fufpendons notre jugem ent , ôc
cherchons-en dans-les tems qui ont fuivi. Il eft vrai que les
deux régnés d'Hugues &amp; de Rodolphe II. furent fi courts,
qu’on n’en connoit aucun monument relatif à la queftion

�Ci
qui nous agite. Cette ignorance qui peut être détruite un
jour, fiiffit-elle pour publier avec confiance, qu'il e(l confiant
que Rodolphe IL b fes Succeffeurs nont pojjedé aucuns droits
fur le Rhône, tandis que fous Conrad le Pacifique , ôc fans
Rodolphe 777. Succeffeurs immédiats de ce P rin ce, on voit
pendant près d’un liécle, ainfi que nous l’avons montré dans
le premier M ém oire, &amp; fous l'article fécond de celu i-ci, 6c
de l ’aveu même de l’Hiftorien de L anguedoc, les Etats de
ces Princes embralfer les deux rives du Rhône dans tout
fon cours, ôc par conféquent le Rhône même. N ’eft-il pas
plus fimple ôc plus naturel de penfer , qu’ils leur avoient
été biffés dans la même étendue par leurs Prédéceffeurs ,
plutôt que d’imaginer fans preuve , fans monument, fans
aucune indication , des changemens de limites alternatifs ôc

M cm p.

contradictoires ? Cette conféquence en araene une autre tout
auffi néceffaire , c’eft que quand les Succeffeurs de Conrad ôc du
dernier Rodolphe, ainfi que leurs Vaffaux, ont régné fur les
mêmes cantons &amp; fur le R h ô n e, ôc en ont joui paifiblemenr,
fans obftacle , fans réclamation, au lieu de crier à l'entreprife,
à l’ufurpation , comme fait ici le L an guedoc, on doit reconnoîtrc de leur part une poffeflion confiante ôc avérée. A
la bonne heure, fi quelqu’autre Souverain eût dans le même
terns fait de pareils actes fur les mêmes lieux : ce feroit alors
le cas de douter ôc d’examiner lequel des deux a dû em­
piéter fur les droits de l ’autre ; mais on b e n produit aucun-,
ôc. on fe contente de répondre à des faits réels, par des raifonnemens qui fuppofent d’autres faits contraires , qu’on ne
préfente jamais. Ainfi les aêtes de fouveraineté b de reffort
fur le R h ô n e , émané’s des Comtes de Provence ôc des Rois
à'1Arles , fubfifient ôc doivent fubfifter , tant qu’on ne leur
montrera pas qu’ils y avoient au moins des Compétiteurs; ôc

J

Si

;

Liv-I^§.3
M o.

�62
ce ne font point des entreprifes contre les droits de la C ou ­
ronne de Fiance. Cette Couronne n’en avoit point de par­
ticuliers fur le Rhône , qu’elle n’eût fur tout le Royaume
de Provence. L a longue poffeilion, antérieure même à l’établiflement de ce Royaume , n’eft applicable à l’un , que
comme dépendance de l’au tre, ainfi qu’on s’eft attaché à le
montrer fous la fécondé race de nos Pvois : ôt quand on
prendra le véritable état de la queftion , on ne dira point que
nos Rois n ont jamais fait cejfwn ni tranfport aux Rois d’Arles
eu à leurs Feudataires, des droits de la Couronne de France fur
le Rhône, parce que cette objection ne peut pas plus tomber
fur le Rhône , que fur toute autre dépendance du Royaum e
ôt du Comté de Provence , telles que les V illes dôÆx ou
de Nice. Dira-t-on que ces Comtes n’ont pu exercer leurs
droits fur ces V ille s , parce qu’ils n’avoient point de ceflions
particulières ? Et n’en reconnoitra-t-on aucun , fous prétexte
qu'ils tiroient leur origine d’une ufurpation ? C e feroit
vouloir tout rejetter dans un cahos qu’il feroit enfuite impoilible de débrouiller. Les Rois de France onr confervé
tous leurs droits fur le Royaume de Provence , malgré
l’ufurpation , &amp; quoique dans le fait ils euffent fouvent traité
avec les Rois d’ Arles ôc les Comtes de Provence , comme
xeconnoifl'ant les titres ôc les qualités qu’ils prenoient. Mais
ces droits fur la to ta lité, n’en donnent point de diftin&amp;s fur
les dépendances particulières ; ôc fl le Rhône a continué
d’être annexé à la Provence , après l ’ufurpation comme avant,
on ne peut nier qu'il n’en ait toujours dépendu ; ou fi par
une voye de fait qu’on n’indique p oin t, les Rois de France
s’en fuffent emparés , avant: que de réunir la Provence à
leur Domaine , leur jouiffance qui auroit été en qualité de
Souverains légitimes de la Proven ce, ne donneroit aucun

�63 ,
droit au Languedoc , à moins qu’il ne juftifiât d’une réunion
en forme. Ainfi c’eft à cette Province , Ôc non à la Provence ,
à chercher ôc à produire des titres de propriété.
§. V I. Réunion -prétendue de la Provence à la Couronne.

txam.p. 5+*^,

Il y a , 1:’on en convient, de la différence dans les maniérés
dont le Languedoc ôc la Provence ont été réunis à la C ou­
ronne de France. Cette derniere Province eft bien aife que
tout le monde le fçache, &amp; que fes Adverfaires mêmes le
publient. Mais que fait cette différence à la queflion pré­
fente ? Si elle pouvoit y influer, ce ne feroit qu’en faveur
de la Provence , en préfentant les titres particuliers qu’elle
doit à la bonté ôc à la protection du R o i ; car quoique tous
les privilèges émanés de la grâce ôc quelquefois de la juftice
des Souverains , foient également refpeétables , s’il en eft
qui doivent être encore plus facrés , il femble que ce font
ceux qui ont été accordés à des Sujets qui fe font fournis
volontairement, ou qui pouvoienr, fans injuftice , paffer fous
une autre domination. V oilà les réglés qu’avouent l’hu­
m anité, la juftice, &amp; la faine politique. On eft doublement à
plaindre, fi on croit avoir befoin d’en invoquer d’autres, ôc
qu’on fe permette d’en faire ufage. C ’eft à regret qu’une
défenfe légitime nous force à le dire. L e Languedoc ne
cherche ici qu’à rendre fa caufe favorable , en tâchant de
rendre odieufe celle de la Provence, ôc en infinuant au
C o n f.il du R o i , que Sa Majefté eft intéreffée à adjuger le
Rhône au Langued oc , puifque la Provence ne s’eft donnée
à la France qu’à condition qu’elle garderoit fes L o ix , ôc ne
feroit pas réputée du Royaume. Mais le llo i en eft-il moins
Maître des deux Provinces l N ’cn a-t-il pas éprouvé la même

\

�■ fidélité, tiré les mêmes fecours ? N ’ont-elles pas également
droit

à

fa protection &amp;;

à

fa juftice ? L a Provence ne fe

glorifie d’avoir de plus grands privilèges, que pour pouvoir
faire de plus grands facririces ; mais elle veut qu ils tournent
au profit du R oi à qui il eft indifférent que tels ou tels de
fes Sujets jouiffent de certains droits , parce qu'il fçait que
ceux de fa Couronne font également refpeétés.
L e Languedoc d'ailleurs eil-il bien en droit de faire de
pareils reproches à la Provence, lui qui a les mêmes pré­
tentions , fans avoir peut-être les mêmes moyens pour les
foutenir ? Ecoutons un de fes plus fameux Jurifconfult.es.
Bien que le Comté de Touloufe, dit Maynard dans fes quellions
notai», liv. 4 , ch. 57 , ait été acquis à notre Roi par titre do
donation , il n’efl toutefois uni , mais feulement acquis fans
accejfion , le même étant Roi G Comte, G‘ tel fe devant dire G
porter comme de cliofe diverfe , qui ne fut or.cques confufe G
incorporée au Royaume , au préjudice G extinction des droits ,
libertés G privilèges des Tolofains qu'ils aurcient toujours retenus
avec leurs Statuts G forme de vivre. L aiffon s, après cela , le
Languedoc s’applaudir d’avoir voulu nous rendre odieux
en rappellant les flipulations de nos peres.
&amp;fuiv.

§' V U . üifpcfitions des Loix Romaines fur la propriété
des rivières G de leurs ijles.
L a Provence, après avoir expofé fes titres ck fes moyens
pour prouver que le lit entier du Rhône coule lur un terrtin
Provençal, &amp; ccnféquemment qu’il fait partie de fon terri­
toire : après en avoir conclu,d’une façon abfolue.que la totalité
du fleuve lui appartenoit,avcit, par efprit de p a ix , cité les Loix
Romaines qui donnent les crémens

à

celui du côté

duquel

�6 5"

ils fe trouvent , ainfl que les ifles, ôc qui veulent que l ’on
partage entre les deux Riverains celles qui naiÔent au
milieu. Comme la prétention du Languedoc eft d’avoit
également le lit entier du fleuve, nous avions fait envifager
les difpofitions du Droit écrit qui gouverne les deux Pro­
vinces , comme offrant au Confeil un expédient pour juger
l ’affaire , quoique par ce moyen la Provence fe trouvât léze'e
de la moitié de Tes droits. T o u t autre Adverfaire que le
Languedoc eût été honteux de n’avoir pas propofé le pre­
mier un plan aufii conforme à l’efplit d’équité qui doit faire
des facririces pour obtenir la paix.
L e Languedoc au contraire a tiré grand parti de notre
modération, fie en avouant les principes des L o ix Rom aines,
il a fou tenu qu’elles avoient leurs exceptions, &amp; que cette
partition n’avoit lieu que lorfqu’un des Riverains n’étoit pas
feul en poffeffion du fleuve ; 6c fur le champ , il nous a
cité l'exemple du Pape à A vign o n , fie le dire de l’Infpecteur
dans la même affaire. Mais qui ne voit que c’eft-là décider
la queflion par la queftion même? Nous adoptons volontiers
l ’exception qui veut que le fleuve appartienne à celui des
Riverains qui en a joui feul , fie qui feul a des titres. O r
comme le Languedoc n’a point jo u i, fit n’a point de titres ,
fi: que la Provence a titres fit poffeffion , le Rhône fait partie
de fon terrein, fie non de celui du Languedoc. T out fe ré­
duira donc toujours à la quefiion de fait. L e Mémoire même
de l lnfpecteur des Domaines , concourt à faire voir que
ccs fortes de queftions ne peuvent être éclaircies que par
1 examen des faits Ôc de la jouiffance ; Ôc que des principes
vagues relient fans application , quand ils ne font pas foutenus par une fuite défaits. On a enfuite, fur ce même
article, accumulé les citations d’Auteurs. Guypapea dit que
I

�€6
les Officiers de L y o n empêchoient les Breffois d’ empiéter
fur le R hône dans le tems que la Breffe étoit à la Savoye.
Q ue nous importe ? Salvaing a dit que le Rhône a toujours
appartenu à la Couronne de France. L e Préfident Boyer a
dit la même chofe. Mais fur une queflicn de fa it, que iert
l'opinion des Jurifconfultes ? Ces Auteurs avoient-ils vu les
titres que nous venons d’analiler ?

E iira. f*. 6S ‘

fui.,.

$. V I I I .

Traité

de Vannce 1 7 6 0 ,

entre Sa Majejié

&amp; le Roi de Sardaigne, Duc de Savoye.
L e même efprit de pacification nous avoit fait propofer
pour exemple le traité de 1760 , fait entre le R o i ôt le
R o i de Sardaigne, par lequel les deux Princes conviennent
de prendre le milieu du fleuve pour réparation des deux
Etats. Mais ce n’a toujours été que fans déroger aux preuves
abfolues que nous avions rapportées de notre droit inconteftable fur la totalité du fleuve -, ce n’a été que pour faire
fentir combien le Languedoc étoit déraifonnable de v o u lo ir,
fans titres &amp; fans droit, infifter à vouloir avoir le lit entier
&amp; empiéter fur la rive Provençale. Il n’en a pas moins conclu
que nous abandonnions notre Caufe , que nous en reconnoiffions l ’injuftice , puifque nous nous réduifions enfin à
demander la même grâce que le R o i avoit accordée aux
Sujets du R o i de Sardaigne. E t combien de bonnes plai­
santeries ne nous a-t-on pas prodiguées à ce fujet ? Combien
d’efforts d’efprit n’a-t-on pas- fait pour relever une con­
tradiction aufli grofliere ? Mais qu’on life les écrits de la
Provence, ôc l ’on verra que la contradiction n’eft que dans
la façon infidicufe avec laquelle l'Adverfa’n e les rapporte.
Eft-ce donc par un pareil genre de défenfe que l ’on doit dif-

�6l
cuter une affaire où toutes ces petitefles de Palais dévoient
être bannies (a) ?
N e fuflit-il pas qu’il foit évident, qu’en confentant de
partager le fleuve, elle facrifie la moitié de fes droits pour
jouir paifiblement de l ’autre , ôc que ce partage ne porte
aucun préjudice au R o i qui conferve également tous fes
droits ? Si Sa Majefté elle-même a fait le facrifice d’une
partie des fiens au R o i de Sardaigne , elle peut être dé­
terminée par les mêmes motifs en faveur de fes propres
Sujets , qui ne cherchent qu’à vivre en paix fous fa prote&amp;ion , ôc fous celle des L o ix. C e n’eft point fa fouveraineté
que nous difputons , comme nous l ’impute l ’Adverfaire , nous
ne conteftons qu’au Languedoc la propriété du fleuve : les
droits de la Couronne feront toujours les mêm es, quelle que
foit celle des deux Provinces dont il fera partie. L e feul in­
térêt que Sa Majeflé ait à l ’affaire , c’eft de rétablir ôc de
maintenir la paix entre deux Provinces voifines, furtout
quand l’une des deux confent à l’acheter par le facrifice
de la moitié de fes droits.
§. IX . Motifs préfentés par la Provence comme ejje/itiels
à la quejlion.
A entendre ici le Défenfeur du L an guedoc, il femble
que la Provence ait fondé principalement fa défenfe fur les
motifs qu’il lui prête. L e feul qui la faffe a g ir, le feul qui
( a ) Rien n’eft plus odieux que cet article de l’examen , &amp; il ne tend à rien
moins qu’à dire que le Roi a pu ctre déterminé , par une for'e de crainte de guerres ,
à accorder au Roi de Sardaigne , ce que 1 on voudroit refufer aux Provençaux fes
Sujets qui le demandent par des motifs de jtiflice &amp; d’équité ; enforte que les Sujets
du Roi 'fondes fur des titres, &amp; appuyés d’ailleurs par des confidérations qui doivent
les faire participer également aux bontés paternelles de Sa Majefté , feroient traités
plu» rigoureufement qu’un Pays étranger &amp; qui peut être ennemi.

I ij

�&lt;58
doive déterminer Tes J u g e s, eft l’équité. En effet fi elle a
des droits fur le Rhône ; fi elle les fait connoitre , on ne
peut l’en dépouiller fans injuftice. T oute autre confidération
devient absolument étrangère, furtout le Roi ni fa Couronne
n’ayant aucun intérêt à la queûion qui divife les deux P ro­
vinces ; celle de Provence ne réclame que les droits de
propriété que s’arroge le Languedoc. L a Souveraineté refte
toujours également entre les mains du R o i ; &amp;c c’eft trèsmal-à-propos qu’on affecte fans ccffe de répandre des nuages
fur cette égalité qui eft entière. Il eft d'ailleurs inutile de
revenir {ans ceffe fur des objets auxquels on a répondu mille
lois ; &amp; il on s’engageoit au combat toutes les fois qu’on
les repréfente, ce ne feroient que des excurfions intermi­
nables j pour faire perdre de vue le véritable état de l’affaire.
Ici le Languedoc a voulu faire entendre qu’un Réglement
qui fixeroit pour limite divifoire entre les deux Provinces
le milieu du cours du fleuve , ne les pacifieroit pas m ieux,
que fi le Languedoc étoit déclaré Propriétaire de l’un ôc
l ’autre bord ; mais c’eft parler contre l’évidence des ch ofes}
ôt de plus, c’eft faire ouvertement la critique du traité de
176 0 , qui n’a pu avoir pour m otif, &amp; qui en effet n’en
exprime pas d’au tre, que celui de déterminer la limite na­
turelle , la plus propre à maintenir la paix , &amp; à tarir la
fource des difputes : de forte que , quand après avoir prouvé
que la Provence a des droits inconteftables fur le Rhône
dont elle jouit encore , &amp; dont elle n’a jamais été dépoffédée , nous follicitons un R églem en t, le Languedoc , loin
de trouver cet expédient contradictoire avec les conclurions
de notre P^equête , auroit dû y reconnoître l ’efprit de paci­
fication qui nous dirige , &amp; fentir encore que fi par de
pures conftdérations, ce Réglem ent a été accordé aux Sujets

�êg
du R oi de Sardaigne , il ne fçauroit être refufé à la Provence
qui joint à ces confide'rations , des motifs de juftice &amp; de
d ro it, &amp; avec laquelle la Couronne de France confervera
également les droits de fon Domaine.
§. X . Répoufe à ckùx quefions ejfentielles à la Caufe.
Quoique le Languedoc femble annoncer qu'il va répondre
précifément à ces deux queftions , il eft aifé d’appercevoir
que plus elles l ’ont p relie , plus il s’eft enveloppé dans fa
répoufe : il répété partout qu’il n’eft point Partie dans cette
C a u fe , &amp; qu’il n’y fait que défendre les droits de la C o u ­
ronne , &amp; néanmoins il v e u t, d’un autre coté , que le Rhône
foit tellement inféparable du territoire du Languedoc, que
le R oi lui-même ne puilfe faire un arrangement entre les
deux Provinces.
Il répété tout autant de fois que c ’eft par condefcendance
que le R.oi trouve bon de laifler au territoire de P roven ce,
le grand bras du R hône, &amp; l ’Ille de la Camargue, &amp; il ne
veut pas que Sa Majefté puilfe également nous lailfer les
ifles &amp; terreins que nous polfédons de la même manière &amp;C
par le même titre dans la partie fupérieure du fleuve.
V o ici la première queftion que nous avions faite.
Efi-ce parce que le Rhône appartient au Rci quil fait partie
du Languedoc ? Ou ejl ce parce qu'il fait partie du Languedoc
quil appartient au Roi ? L e Languedoc répond: i°. que le
Rhône appartient au Rci , parce qu’il a toujours fait partie d un
Pays qui n’a jamais été f paré delà Àlonarcliie....................
qui porte aujourd’hui le nom de Languedoc. Mais il fuppofe
ce qui eft en queftion, ou plutôt il l ’avance , fans en fournir
la moindre preuve ; c a r, que le Pays qui porte le nom de

Exam pag, 73 3c
uiiv,

�70
Languedoc ait été féparé ou non de la M onarchie, cela eft
fort indifférent à la queftion préfente. L a feule chofe qui
l ’intéreffe , eft de prouver que le Rhône a toujours fait partie
du même Pays. Mais on le demande à toute perfonne défintéreflée , quelle preuve de fait en a-t-il apportée jufqu’à
préfent ? Cette première réponfe n’eft donc qu’une pétition
de principes, qui tourne toute à l’avantage de la P roven ce,
laquelle fournit la preuve demandée. V oyons ft les autres
défaites ( du Languedoc ) ne feront pas dans le même cas.
2°. Le Rhône appartient au Roi comme Roi, G* à caufe de fa.
Couronne, de laquelle les contrées de Languedoc, baignées par
le Rhône, ont toujours relevé. Q ue veut-on dire ic i, que le
Rhône appartient à la Couronne, indépendemment des bords
qu’ il baigne ? Ce feroit une abfurdité : car quel eft le Sou­
verain qui pût prétendre de l’autorité fur une riviere, dont
aucun des bords ne lui appartiendroit ? I l faut au moins qu’il
foit en poffeftion d’un des deux •, ôt fi alors il a été véritable­
ment le maître de la riviere, c ’eft une preuve fans réplique
q u elle faifoit partie du même canton. V o ilà donc le Lan­
guedoc encore réduit à prouver , non à fuppofer ce qui eft
en queftion.
I l répond, 30» que le Rhône appartenait au Roi, à caufe de
fa Couronne, dès avant que le nom de Languedoc fût connu,
&amp; qu’après cette époque, la Provence a été longtems hors
de la dépendance des Monarques François. Il eft fort indif­
férent à la queftion préfente, de fçavoir en quel tems le
nom de Languedoc a commencé. I l fuflit de reconnoître &gt;
fous les différens noms qu’ il a portés , les mêmes Pays qui le
portent aujourd’hui. I l eft vrai que la Provence a été long­
tems démembrée de la Couronne de F ra n ce-, mais cette fépatation, qui pouvoit ôc qui devoit lui nuire dans le tems

�71
qu’elle fubfiftoit ] ïie peut plus lui être d’aucun préjudice ;
quand par fa réunion ellç a été maintenue dans tous fes
privilèges, dont fon étendue eft un des plus déterminés. Nous
convenons donc que le Rhône appartenoit au Roi à caufe
de fa Couronne , non-feulement dès avant que le nom de
Languedoc fût connu , mais longtems avant que le Pays
qui le porte aujourd’hui, fût fournis à la même Couronne.
E t c ’eft notre obfervation fur fa quatrième réponfe, où
il avance que le Rhône n’a jamais ceflc d’appartenir à la
Couronne depuis l ’an
de notre E re, tandis que la Pro­
vence faifoit encore partie du Royaume des OJlrogots. L e
voilà qui revient à la prétendue conquête de la rive occiden­
tale du Rhône par T/ieodebert en y j j ou 5*34, que nous
croyons avoir entièrement détruite. Tl réfulte aufii de nos
obfervations, &amp; d’une maniéré inconteftable, que la Pro­
vence fut cédée aux Monarques François l ’an 336 ou 537 ;
que depuis cette époque, ils furent maîtres des paffages du
Rhône &amp; du canton fitué à la droite du Rhône compris dans
l ’étendue du Pagus ou Comté d’slrles, tandis que les
ôt les Sarraiins , qui regnerent après eux fur le Pays qui
porte aujourd’hui le nom de L anguedoc, ne jouirent jamais
ni du R h ô n e, ni des terres du même Comté qui le bordoient le long de leurs Etats ; ôt enfin que le même Pays
ne fut fournis à la domination Françoife qu’en 7 y 2 ; de forte
que fi la priorité de polfeftîon doit être de quelqu’avantage
a lun e des deux Provinces, il eft tout en faveur de la Pro­
vence qui a été Françoife plus de 200 ans avant l ’autre. Ainfi
elle peut convenir que depuis l ’an y 36 le Rhône n’a pas
ceflTé d appartenir à la Couronne ; ôc cet aveu , loin de
confirmer la cinquième 6c dernicre alfertion du Languedoc ,
que les droits de la Couronne Gr ceux du Languedoc Jur le

�Rhône, font tellement inféparcibles, qu'ils ne forment qu’un feul
même droit , la détruit entièrement (a).
Ainfi en y 3&lt;5 la Couronne a joui du Rhône comme an­
nexe de la Provence ; &amp; depuis cette époque , elle en a tou­
jours joui ou du jouir au même titre. Si dans 1 intervale
qui s’eft écoulé jufqu’à nos jours , il y a eu une éclipfe dans
cette jouiffance , occafionnée par l’ufurpation de Bofon , &amp;z
les fuites qu’elle e u t, cette éclipfe porta fur le corps entier
de la Province , &amp;. non en particulier fur le fleuve qui en
dépendoit , &amp; qui en dépend ; de forte que la Couronne
étant rentrée de fait dans l’exercice de fes droits fur la
Provence, a repris de fait la même autorité fur le R hône , êt
la queftion lui eft indifférente. Dans les deux fuppofltions &gt;
elle eft également Propriétaire du lit &amp; d u fond de la riviere j
&amp; les permiflions q u il lui plaira de concéder à ceux de
fes Sujets q u elle voudra favorifer , ne fo n t, ni des cédions ,
ni des tranfports de propriété ; &amp; la Provence ne s’élèvera
jamais contre de pareilles grâces , quand il plaira au R o i d’en
gratifier quelqu’un de fes Sujets du Languedoc. T o u s les
François doivent fe regarder comme Citoyens du même
Pays \ les grâces qui retombent fur l'un &gt; doivent exciter la
reconnoiffance de l ’autre , plutôt que fa jaloufie ; &amp;. il n’y
a en ce genre que le préjudice caufé par la lélion des
droits refpeclifs, qui puifle donner lieu à des plaintes lé­
gitimes.
( a ) Le Languedoc nous demande fans cefîe , c,nel eft le titre tranflatif qui nous a
donne la propriété du Rhcne? Mais avons-nous befoin de produite un pareil titre,
lortque nous prouvons que c’eft de la Provence elle-même, &amp; par ia ce (lion de
Y itifc s , de l’an &lt;;}&lt;5 , que la Couronne de France a acquis la fouveraineté fur le
Rhône, comme lur le refte de la Provence , en^orte que la Provence n'a pas plus
befoin de titre translatif, pour la propriété du Rhône que pour la V ille ü ’A i x , &amp;
pour les autres Villes &amp; lieux q u i compofcnt cette Province.
XL

«

�Il réfute de tout ce que nous venons de dire, que la quejïion
qui fait la matière du procès intenté par la Provence au i
Languedoc ,f e réduit à cet unique point de fçavoir, fi le Rhône,
depuis la Durence jufquà la mer ejl du Domaine du Languedoc
ou du Domaine de la Provence, c'ef-à-dire s'il appartient au
Roi comme Souverain , ou du Languedoc , ou de la Provence :
car il n’y a pas de milieu ; le R oi qui poflede le Rhône en
vertu des droits de fa Couronne, ne peut lepofféder qu’autant
que ce fleuve eft une annexe ou une dépendance des deux
Provinces qu’il baigne ou qu’il fépare. Toute autre maniéré
de poflefïion feroit illufoire ôc de pure imagination. Or fi Von
s'en rapporte à Vkifioire dont la Provence a invoqué le fecours
à l'appui de fes prétentions, ôc dont le Languedoc ne peut
rejetter le te'moignage , il e f certain , i°. que les contrées
affifes fur le bord occidental du Rhône , n'ont jamais été conquifes par le Roi Theodebert ; que la Provence a été cédée à ce
Prince par Dirigés, Roi des O frcgots, (y enfuite par l Empereur
Jujiinien, plus de 200 ans avant que le P ays, connu alors
fous les noms de Septimanie ôc de Gothie, ôc aujourd'hui fous
celui de Languedoc , parvînt aux Princes François; que les
droits que la Couronne a fur le Rhône par la Provence, font
plus anciens que ceux qu'elle ri*aurait eû que pofé rieur ement par
le Languedoc, G par ccnfequent que le Roi a , comme Roi de
Iran ce j &amp; par la Provence , fur le Rhône le droit de premier
Occupant. 20. Que pendant que les deux Provinces furent
féparces de domination , foit tandis que celle qui porte le
nom de Languedoc fût foumife aux Difigcts , foit lorfque
l ’une ôc l'autre furent fous la domination Françcife , mais
fous des Princes difîerens , G pendant plus de trois fiécles G
demi , les iiles du Rhône , ôc les terres qu’il baigne à fa
droite, comprifes dans l’étendue de la Province ou Comté
R

�d’Arles , ne cefferent jamais d’appartenir au Prince qui regnoit
fur la Provence ; ce qui fuppofe inconteftablement que le
fleuve fuivit la même domination. 30. Q ue les ufurpations
de Eofon, de Louis Vaveugle, d'Hugues, 6c de Rodolphe II.
ayant l'ait perdre de fait, 6c non de d ro it, à la C ouronne,
l ’autorité qu’elle exerçoit fur la Provence, elle a perdu de
même la jouilTancc de tout pouvoir fur le R h ô n e, comme
fur les autres dépendances de là Provence. q-°. Q ue loin que
fous ce même Rodolphe , 6c fous fes Succefleurs , le bord
oriental du Rhône ait fait la féparation du Royaume de France,
Cf du Royaume de Bourgogne , qui jut nommé peu de tems le
Royaume d'Arles , il eft démontré par une foule de monumens
autentiques , que les mêmes ifles 6c la même portion du
D iocèfe d'Arles fituée à la droite du Rhône , étoient aufli
compvifes dans le territoire ou le Comté de la même V ille , ôc
foumifes au même Souverain. 5p . Quà la fuite de ces évenemens, l'introduction du Gouvernement féodal ayant occafionnè le
partage du Royaume d'Arles en dijférens Fiefs, Cf ce Royaume
ayant paffe vers le méme-tems dans les mains des Empereurs d’A l ­
lemagne , les Fiefs de la Couronne d’A rles, du nombre defquds
étaient les Comtés de Provence, 6c le Comté d’Arles , relevèrent
des Fmpereurs , Rois d’A rles, fous la foi Cf hommage , 6c conferveient la même étendue qu’ils avoient eue auparavant.
6e . Que les Ftudataires de l’Empire Cf du Royaume d'Arles purent
avoir autant de droits dans leurs Iiefs refpeciifs , qu'en avoient
les Empereurs, Rois d’A rle s, leurs Seigneurs fu\erains, ôc que
fl quelques-uns ne les ont pas eus , ou les ont perdus dans la
fuite par des circonftances particulières, comme il l’a été
prouvé pour le P ap e, leur privation n’influe en rien fur la
poffeilion légitime ôc continue des autres. 7 ° . Q ue par conféquem les Comtes de Provence , en continuant d’exercer

�fur le Rhône une autorité qui leur avoit été tranfmife de main
en main, ôc fans interruption, par leurs Devanciers, n’ont
fait qu’ufer d’un droit légitim e, reconnu ôc avoué, ôc que
ceux de leurs voifins qui ont voulu les y troubler , n’ont pu
le faire que par emreprifes ôc par attentats. Et 8°. enfin , que
le Comté de Provence étant rentré fous Pautorité du R oi, avec la
confervation de tous fes privilèges, dont fou étendue eft un
des principaux, elle doit, d’une part, jouir des droits dont
elle avoit joui précédemment fur le Rhône ; ôc de l ’autre, la
Couronne eft rentrée de fait dans la jouilfance des droits
qu’elle avoit confervés fur le fleuve, comme fur le refte de
la Province.
Tant que ces faits fubfiferont dans l'hifloire, il faut que le
Languedoc renonce à toute prétention fur le fieuve du Rhône ,
dont il n a jamais pu pojféder la moindre partie qu’à titre d’ufurpation,
au préjudice de la Provence. L e R o i n’en eft pas
moins Propriétaire ôc Souverain du Rhône. Il l ’eft, parce
qu’il a acquis la Provence dès l’an 536. Il l ’eft, parce que
depuis cette époque, il en a toujours joui ou dû jouir, ÔC
que l’interruption qu’il y a eu dans cette jouilfance, fans
nuire au fond de fes droits, a été entièrement réparée par la
réunion de la Provence à la Couronne. Comme il ne peut
jouir du Rhône qu’en qualité de Poffeffeur d’une des deux
rives du fleuve, loin d’impliquer aucune contradiction que
ce fo it, comme maître de la rive droite ou de la gauche , le
fait lui eft totalement indifférent ; ôc il fera également Poffeffeur tranquille ôc légitime de tous les droits de propriété
ôc de fouveraineté. Il ne peut l ’être même en qualité de
, premier Occupant, Gr de premier PoJJeJjeur , qu’en les dérivant
de la Provence.
A la fuite de tous les titres que nous avons produits, le
K ij

�76

Languedoc auroit dû nous fçavoir gré de notre modération ;
en nous vo ya n t, pour ainfi dire, invoquer le fecours des Loix
R om aines, êc du traité fait en 1760 avec le R o i de Sar­
daigne. C ’étoit annoncer des difpofitions à ne pas exiger le
rétablilfement de nos droits à toute rigueur. En tout C3S,
les Loix de tous les tems &amp; de tous les Pays , difent &amp;
doivent dire que fi quelqu’un a joui d'une propriété de tout
tem s, fans interruption, ôc fans qu’on en voye l ’origine, il
doit y être maintenu. La Provence eft dans ce cas-là pour
le R h ô n e, dont la polfeflion remonte pour elle jufqu’aux
premiers établiffemens des Romains dans les G a u le s , fans
que le Languedoc y oppofe aucun fait qui puifle fe foutenir.
Il eft donc de l’intérêt de la Juftice que le Rhône lui foit
adjugé definitivement, ôc cet intérêt, le premier de tous dans
tous les c a s , eft ici d’autant plus preflant, que les droits du
R.oi font toujours les mêmes dans les deux fuppofitions.
De Vexamen que nous venons d éfa ire, de Vétat de la quefiion, nous fomrnes fondés à co n clu re, quant ail fond de
Vaffaire, que les droits de la Provence fur le lit du Rhône', b
fur fes dépendances, font démontrés. L e Languedoc a cru
les affoiblir, en propofant des obje&amp;ions contre quelquesuns des titres qu’elle a produits. Nous allons les

exa­

miner. Dès que le fond ejl folide, on ne doit pas craindre
qu’il ne fournilfe des réponfes fatisfaifantes fur tous les
détails.

�77
S

E

C

O

N

D

E

P

A

R

T

I

E

.

Examen des titres de propriété produits par les
Procureurs du Pays de Provence.
L e Défenfeur du Languedoc auroit fans doute défiré
pouvoir fupprimer tout-à-la-fois la multitude des titres pro­
duits par la Provence. Mais cette méthode auroit mal ré­
pondu au ton de fécurité &amp; de confiance qu’il affe&amp;e partout.
Il a donc cru fuffifant d’en écarter le plus grand nombre , 6c
de fe contenter d’en rappeller quelques-uns contre lefquels il
s’eft flatté de propofer des obje&amp;ions raifonnables : ce choix
a du lui procurer quelqu’avantage ; mais d’un autre c ô té , fi
dans une aufli grande quantité de titres , il y en a qui ne fourniffentpas tontes les induôtions qu’on croyoit en pouvoir tirer,
cette efpece d’erreur n’influe en rien fur les conféquences que
fourniflent les autres ôc qui relient entières, pour légitimer
les a£les de Jurifdiélion qu’elle a exercés fur le R h ô n e, de
la qualification odieufe iVentreyrifes. Et par qui eft-clle don­
née ? On l’a déjà d it; celui qui ne produit aucun titre ni de
propriété ni de jouiflance ( a ) , quoiqu’il ait eû communica­
tion de tous les dépôts publics &amp; particuliers de fa Province ,
&amp; que cette affaire lui tienne fort à c œ u r, ofe qualifier d Ufurpateur fon Adverfaire qui n’a été embarafle que du choix
dans le nombre des pièces qu’il a eû à produire, 6r à qui
chaque fiécle &amp; chaque dépôt en ont fourni une foule: c'clt
encore une chofe digne de remarque ; la fauffeté qui a intérêt.
( a) Il eft fort fînguiier que dans la quantité îmmeufe de titres, cités ou nulUirs
dans PHiftoire de Languedoc, il n’y en ait point de relatif à la propriété du Rhône,
qu’on vouloit pourtant arroger à cette Province..

Exam-p-*°-

�78

à fe cach er, n’acquiert de publicité qu’à la fuite d’un long
tems ; &amp; fi l’on remonte à celui où elle a été fabriquée, il
eft aifé de la découvrir par mille contradi&amp;ions qu’il a été
impolïible de prévoir ou de prévenir: -Audi dans le fyftême
du L an gu ed oc, trouve-t-on à tout moment des chofes ( a )
qu’on ne peut pas expliquer, tandis que dans celui de la
P rovence, les évenemens fe tiennent pour ainfi dire , s’expli­
quent les uns par les autres, amènent naturellement ceux
qui doivent fuivre. C e tableau q u i, dans toute autre occafio n ,feroit le cara&amp;ere diftin0.it de la v é rité , éprouveroit-il
ici un fort contraire ? N on fans doute ; ôc nous avons déjà
été prévenus dans l ’application , par tout L e 0 eur attentif ôc
défintéreffé ; il aura vu que nos titres, en quelque quantité
qu’ils foient, viennent fe placer d’eux-mêmes , &amp; que fi nous
avons eû quelque peine , q’a été uniquement pour mettre dans
un plus grand jour les Jlratagêmes qu’emploie le Languedoc ,
pour faire prendre le change fur le véritable état de la quefion ,
fur la nature des objets contentieux, fur les faits &amp; les attes
quil expofe, furies raifonnemens qu’il en tire , b fur tous les
moyens artifxieux qu’il met en œuvre. Mais il eft tems de voir
quels avantages il compte en tirer en détail.

A R T I C L E

PREMIER.

Titres confitutifs.
O n doit donner ce nom aux a0es dans lefquels les Parties
intéreffées font intervenues, ôc où l’une a reconnu le droit
(a) Comme quand on prétend qu’Ugernum appartenoit aux Vifigots en 530 ;
que la partie du Dioc'efe d’A rle s, qui eft à la droite du Rhône, fut enlevée au
Royaume de Bourgogne vers l’an 3130.

/

�1 9

de l’autre. Dans le moyen âge où les grands Vaflfaux jouîffoient de tous les droits régaliens, ils n’avoient pas befoin
de l ’intervention du Suzerain pour tranfiger fur ces mêmes
droits, furtout quand ils relevoient du même Suzerain , qui
dès-lors avoit peu d’intérêt aux conventions qu’ils faifoient
entr’eux , parce qu’il acquéroit fur l’un les droits qu’il pou­
voir perdre fur l ’autre. En parcourant Amplement les preuves
de l’hifloire du L an guedoc, on y trouvera une infinité de
conventions paffées entre les Comtes de Touloufe &amp; les E vê­
ques du Pays, ou d’autres grands Seigneurs , fans que le Sou­
verain ait paru s’en mêler ; ainfi c’eft à tort qu’à la tête de cet
article on paroît vouloir réduire à la qualité d’adtes conftitutifs
feulement ceux où feroient intervenus les Rois de France ôc
les Empereurs d’Allemagne ; &amp; ce tort elt d’autant plus
grand , qu’il eft prouvé par tous les monumens produits, que
dans ce tems-là la domination &amp; l ’autorité du R oi de France
ne s’étendoient pas jufqu’au R h ô n e, fur lequel il ne confère
voit que le droit qu’il avoir fur le refie de la Provence».
S.

I.

Traité de partage entre Æphonfe Jourdain, Comte de Touloufe j
b Raimond Berenger 1 1 1 . Comte de Barcelone, tous deux
Comtes de Provence par indivis, en date du 16 Septembre
»1 2 y.
Cet aéîè efi des plus importans pour la queflion qui divife le
Languedoc &amp; la Provence ; il devroit même feul la décider)
fi nos Adverfaires vouloient ouvrir les yeux à la lumière.
Nous convenons tous du droit qu’avoient les Parties con­
tractantes , du titre qui le leur donnoit, êe que jufques-là elles

p. »*&amp;rw*

�8o
avoient polfedé la Provence comme par indivis. C ’ait déjà
un grand poinE de n avoir pas à difputer fur ces préliminaires.
L e défir d’écarter toute conteftation fait aulfi palier fur plu-,
fieurs expreifions qui tomberont d’elles - mômes, quand on
aura éclairci l’elfentiel.

I.

C ours

du

Rhône.

Dans tout cet acte, il riy a pas un feul mot qui ait rapport à
la propriété du Rhône, eu qui déjïgne aucune efpece de droits à
exercer fur ce fleuve : c’ejl qu’il riétoit quejlion ni de cette pro­
priété ni de droits fur le Rhône dans le traité que faifoient les
deux Comtes , O quil n’en avoit pas été quejlion non plus dans
leurs querelles. C e préambule du Défenfeur du Languedoc a
un air de vérité capable d’en impofer. Nous demandons feu­
lem en t, pour faire tomber le mafque qui la cache ôt avant
que d’entrer dans l’examen du fond de l’aéte , de rappelles deux
préliminaires qui n’ont pas été conteltés, &amp; que dès - lors
nous devons regarder comme inattaquables: i°. le territoire
ri Urgence avoit fait jufqu’à ce tems - là portion du Comté
ri Arles ; le R hône qui étoit renfermé dans ces limites faifoit
donc portion du même Comté : 20. avant le traité de 112 j , les
Cohues de Provence feuls avoient fait des ades de propriété
&amp; de JurifdiCtion fur le R hône ; ou fi le Com te de Saint-Gilles
en exerça quelqu’un , ce fut en fa feule qualité de Com te ou
Marquis de P ro v e n ce , ôt d’une maniéré fubordonnée à la
* 3‘- branche ainée de la Maifon de Provence. O n l’a vu dans le
premier Mémoire de cette Province. L e Pvhône en faifoit
donc partie alors ; ôc fi on n’en fit pas mention exprelfe, c’eft
qu’on 11’eut pas intention de le partager, &amp; qu’il dut relier en
entier à l’une des deux Parties contractantes. Après cet éclaircilfement,

�Si
cillem ent, il ne relie qu’à y o ir, par les termes de.l’a&amp; e, à
laquelle des deux on crut l’affurer.
Quand ç’auroit été en faveur d’Alphonfe, la Provence n’y
devroit rien perdre. Quoiqu’il réunît en fa perfonne différens
Fiefs , ces Fiefs nenètoient pas moins difiingués pour les droits
&amp; pour les limites qui ne fe confojidoietit pas ; Ôc d’après tout
ce qui a été prouvé jufqu’ic i, on n’auroit pu lui adjuger le
Rhône que comme une dépendance ôc une annexe de la
portion de la Provence qu’on lui aflignoit ; de forte que le
Rhône réuni dans la meme main qui gouvernoit le Com té
de Touloufe Ôc de fes dépendances, n’en auroit pas été moins
étranger à ce dernier Comté ; éc la Provence feroit toujours
fondée , finon à en réclamer la propriété, comme elle vient de
réclamer celle du Marquifat de Provence , du moins à n’être
pas traitée en étrangère dans une de fes anciennes dépendan­
ces , quin’avoit été détachée du corps qu’en faveur d’un de fes
légitimes polfefleurs , &amp; qui par-là même n’avoit jamais perdu
fa qualité de Provençale.
Mais certainement perfonne ne peut dire que le traité de
xi 2? ait adjugé à Alphonfe la moindre faculté fur le R h ô n e,
puifque le fleuve n’eft pas feulement énoncé dans aucune des
cédions, abandons ou remifes qu’on lui fait ; ôc cepen­
dant on lui abandonne le territoire ÜArgence, fltué le long,
ôc à la droite du Rhône ; de forte qu’on peut en conclure que
s’il eût prétendu lui-même fe réferver quelque droit fur le
fleuve , c’étoit bien le cas ôc le moment de le déclarer ; ôc que
s’il ne l ’a pas fa it, c’eft une reconnoiflànce précife qu’il n’y
formoit aucune prétention. Adoptons pour un moment celle
du L an gu ed oc, Ôc difons avec lui quArgcnce ôc le Rhône
relevoient de la Couronne de France , &amp; que par cette raifon
jl n’étoit pas nécelfaire de faire mention du Rhône dans un
L

�82

a£te où il n’étoit queftion que d’un Etat qui ne relevoit pas
de la Couronne de France, &amp; qui par conféquent nepôuvoit
rien avoir de commun avec le Rhône. Mais dans ce fyftême
même , on y fît mention d’Argence &amp; de Valabregu.es, comme
de lieux à reftituer. L a différence de mouvance n’empêchoit
donc pas qu’on ne défignât les cantons qui dévoient revenir *
chacun i &amp; fi la poffelTion de ces cantons devoit entraîner
celle de quelques droits fur le R hôn e, comme bacs , péages,
&amp; c . , il droit tout fimple de les fpécifier. D ’ailleurs , fi le
Rhône eût été encore de fait fous la fouveraineté de la
France, les droits utiles fur ce fleuve auroient été perçus par
les Comtes de Tculoufe, Vaffaux de'la Couronne les plus
voifîns du fleuve, ou par ceux à qui ils les auroient inféodés ;
ôc certainement dès que dans les reftitutions on faifoit mention
d'urgence qui étoit plus éloignée de la Provence que le
R h ô n e , à plus forte raifon auroit-il fallu faire mention du
fleuve , fi on-eût voulu l’y comprendre en tout ou en partie.
C e raifonnement même devient encore plus concluant, s’il
eft vrai, comme il n’y a pas lieu d’en douter , qu’avant cette
époque les Comtes de Provence euffent exercé leur autorité
fur le Rhône , fans effuyer aucune contradiction de la part de
perfonne , &amp; fl Urgence avoit toujours été regardé comme
une dépendance d'Arles &amp; de la Provence ; car comme on en
démemhrcit une partie qu’on fpécifioit, il eût été indifpenfable de fpécifier auiïi le Rhône qui en étoit une autre partie,
fi on eût eu intention de le joindre au démembrement.
Mais non , on compta qu’il refteroit toujours à la branche
aînée des Comtes de Provence ; fi l ’aCte ne le dit pas dans les
mêmes termes , dont on auroit exprimé une ceflîon ou l ’aban­
don d’un chofe conteftée , il le fait affez entendre ; mais pour
le d é co u v rira i faut en rapporter la claufe en entier, ôt ne

�8*
pas en fupprimer les expreffions eiTentielles, comme a fait le
Languedoc. Les voici : Ce font Alphonfe ôc fa femme Faydide
qui parlent: Et ego ILdefonfus prtxdidus Cornes Tolo fanus, G
uxor mea Faydida diffinimus, G‘c. tibi Raymundo Barcilonenfi
Comiti G Provincial Marchioni G uxori tuce Dulcix Comitijfce,
G c. tota/n ïerram Provinciœ. , cum ipfo caftro de Mefoaga, ficut
in monte Jani fmmen Durencice nafcitur, G vadit ufque in
ipfwnfiumen Rhodani, G ipfe Rhodanus vadit inter infulam de
Lupanis G Argentiam, G tranfit per fur cas, G vadit ante
Villam Sanâi Ægidii , G tranfit ufque in ipfum mare. Le fens
naturel de ces expredions eft ôc doit être qu’on n’a articulé
6c décrit le cours de la Durence 6c celui du Rhône, que pour
les adjuger à Raimond Beranger. Envain le Languedoc alleguet’il que ces rivières ne font nommées , ainfi que le mont Genevre 6c la m er, que comme bornes ôc limites de la terre
cedée ; 6c qu'aucune de ces limites ne fut ni donnée , ni cédée
ni évacuée : ( pefons bien cette exprelîion, nous aurons occafion d’y revenir.) Et il fortifie fon alfertion d’un palfage de
l ’aéte qu’il a rapproché, quantum infra praedidos terminos
continetur, dit-il. Sans prétendre tirer avantage du change­
ment qu’il a fait dans les termes de l ’original, nous dirons
que ceux qu’il préfente paroilfenc reftraindre les chofes cé­
dées, tandis que les véritables ont été mis pour les étendre.
Immédiatement après le palfage que nous venons de rappor­
ter , on ajoute : cum civitatïbus G caflellis omnibus G fortitudP
nibus univerfis Archiepifcopatibus , Epifcopaûbu; G faillis G
territorüs omnibus quantum dici vel numerari potejl infrà proedictos terminos. Evitons toute difcufïïon grammaticale, 6c raprochons de cet abandon celui qu’on fait dans le même acte
à Alphonfe Jourdain : Totam terram de Provincia, ficut hab-etur
G continetur ab ipfo famine Durencice ufque ad flumen de
L ij

�Jfera. Certainement dans cette claufe la Durence ôc Ylferc
font nommées ôc délignées comme bornes extérieures de la
portion cedée à Alphcnfe. Mais la Durence couloit entre le
Marquifat ôc le Comté de Provence ; elle a dû être néceffairement ou partagée entre les deux Comtes , ou abandonnée à
l ’un d’eux. N ’eft-il pas clair que ce ne peut être qu’en faveur
de celui dans le lot duquel on décrit le cours de la riviere ?
Defcription abfolument inutile dans le cas contraire, ôc à
l ’exclufion de celui auquel elle a été altignée pour borne.
D e ce que le cours de la Durence G celui du Rhône font
fpécifiquement défgnés de la même fa ço n , il réfulte qu’on a
prétendu donner le même fens ôc les mêmes effets à des e x prefiions équivalentes employées pour ces deux objets. Ainû
la Durence étant adjugée au Com te de P roven ce, il faudrait
faire violence au texte ôc avoir des preuves convaincantes du
contraire pour lui enlever le Rhône. E t que fera-ce, fi le
texte même ne peut recevoir que cette application ? N e ré­
pétons pas cp\ Argence qui tomba dans le lot d’Alphonfe,
longe le Rhône comme le Marquifat de Provence longe la
D uren ce, ôc que le Rhône n’eft pas feulement énoncé dans
l ’abandon fait à Alphonfe, tandis qu’on en décrit le cours
très-exaêlement, quand il eft queftion de la portion qui échut
a Raimond Beranger. Tenons-nous à cette defcription , comme
le Rhône coule entre Vijle de Lubieres G Argence, pajjc par
l'curques G devant Sai?it Gilles, G fe jette dans la mer. Il eft
fur que par cette defcription, dans tous les endroits où le
R hône étoit divifé en plufieurs branches , tant en deffus qu’en
deffous de la V ille d’A rles, on a voulu déftgner la plus
occidentale , puifqu’on prend pour termes ou pour confronts
Argence , 1 'ourques G Saint Gilles qui font au couchant fur la
terre ferme. De-là il réfulte néceffairement, 18. que toutes

�les branches &amp; les ifleS du fleuve renfermées entre cette
branche occidentale ôc la terre de Provence, furent, on ne
dira pas adjugées , mais reconnues appartenir à Raimond Beranger , 6c qu’on doit appliquer ici toutes les conféquences
dont le Languedoc convient à l’égard de la Camargue (exam.
pag. 85 :) 20. que dans tous les lieux où les eaux du llhone
remplirent tout fon lit fans divifion , elles dévoient appartenir
à celui à qui elles appartenoient étant partagées ; car il feroit
fans exemple que le long de la domination d’un Prince, une
riviere lui appartînt uniquement lorfqu’elle feroit divifée en
plufleurs branches , furtout lorfque les ifles q u elle forme lui
font foumifes, ce qui le fuppofe Propriétaire de la riviere ; au
lieu que l ’alternative oppofée jetteroit le plus grand embarras
dans la Société 6c dans le commerce, parce que ces mêmes
ifles font expofées à être ou emportées ou jointes au conti­
nent le plus voifin , d’où naîtroient journellement des conteftations 6t des conféquences toutes plus extraordinaires, 6c
on ofe le dire, plus ridicules l ’une que l ’autre: 30. enfin que
cette branche occidentale , telle qu’elle eft décrite , dût refter
au même Propriétaire que le refte de la riviere , à moins qu’il
n’y ait une ceiïion exprefîe &amp; formelle en faveur d’un autre..
Et comment dans ce cas-ci pourroit-on prétendre en trouver
en faveur d’Alphonfe , tandis que le Rhône n’eft feulement
pas nommé dans le lot qui le concerne ? T o u t cela eft (1 clair
6c fi aifé à découvrir, qu’on eft prefque honteux d’y avoir tant
infifté ; ôt ce n’eft ni fans raifon ni fans examen que l ’Hiftoriea de Provence a dit que tout le Comté de ce nom , avec
le fleuve du Rhône inclusivement, fit la portion de Raimond
Eeranger.

L’ufage des tems qui fuivirent ce traité : ufage qu^
peut feul manifefter. l’intention des Parties contractantes %

�85
n’efl favorable qu’à ce dernier Prince. O n peut fe rappeller
M é m . p . l e s preuves qu’en a fournies la Proven ce, qui font reliées
fans réponfe de la part du Languedoc , êc qu’on auroit pu
fortifier par une nouvelle production , fi leur nombre &amp;. le
filence des Adverfaires ne les déclaroient fuffilantes. L a plu­
part de ces a£tes de propriété qu’on a fait valoir ont été
exercés fous les yeux &amp;. quelquefois du confentement ôc
pour l’intérêt des Comtes de Tcuioufe. L e Languedoc l'a
p.s7. *?. fen ti, puifqu’il s’efi réduit adiré qu’ au pis-aller on ne pouvait
rien conclure de ce traité contre la Couronne qui n'y étoit point
intervenue, qui n avoit jamais cédé fes droits fur le fleuve en
queflion , &amp; qui avoit toujours été à portée de les exercer par
elle même ou par fes Vaflaux &gt;puijqu’elle avoit confervé le haut
empire &amp; les droits de Jureraineté Jur tous les Pays baignés par
la rive droite du Rhône &amp;■ fur le. Rhône même.
O n l ’a déjà d it, &amp; on ne craint pas de le répéter, la C o u ­
ronne avoit des droits très-réels fur le R hône depuis 336
qu’elle fut en polfefiion de la Provence: elle les a conftamment exercés par les mains de ceux de fes Princes qui régnè­
rent fur la Provence , jufqu’à ce que cette Province lui fut
enlevée avec toutes fes dépendances par Eofon ôc fes fucceffeurs. Alors elle perdit de fait l’ufage ôc l’exercice de fou
autorité, q u elle conferva toujours de droit. Mais comme au
tems du traité dont nous parlons , elle n’en exerçoit aucune,
toute intervention ou ceffion de fa part eût été regardée
comme fort inutile ; &amp; d’autant plus que ne tenant dans fa
main aucun des Domaines qui lui appartenoient à la droite du
R h ô n e , fi elle avoit eu des droits à exercer, ce n’ auroit pu
être que par fes V affau x: elle n’en avoit point d’autre dans
la partie contentieufe que les Comtes de Touloufe ; ôc fi le lit
&amp;. les ifles du Rhône euffent fait partie des Domaines qu’elle

�. s ?

leur avoît inféodés, ils auroient eu le plus grand intérêt ôt le
plus grand droit à les réclam er, fans qu’on pût leur rien
■ oppofer ; non-feulement ils ne les réclamèrent ni à ce titre ni
à aucun autre, mais perfonne alors ne put imaginer que celuilà pût leur être de quelque u tilité , puifque tout le monde
fçavoit qu’^ rge 72ce , ce terrein qui dans la partie contentieufe
longeoit le Rhône à fa droite, n’étoit pas

même F ie f de

la Couronne de France. Nous en avons allez dit dans la
première partie de ce Mémoire , pour n’être pas obligés d’en
répéter les preuves. S’il y a quelque chofe à ajouter , ce fera
dans l ’article particulier que le Languedoc a jugé à propos
de faire pour ce canton-là : &amp; s’il faifoit toujours partie du
même Etat que la rive gauche du fleuve, s’il relevoit du
même Suzerain qui étoit alors l ’Empereur , comment ne pas
convenir que le Rhône couloit fous la même domination , ôc
comment avancer, fans aucune preuve de fa it, que la Cou­
ronne de France avoit confervé le haut empire G les droits de
fu^eraineté fur tous les Pays baignés par la rive droite du Rhône
G fur le Rhône même ? L e Mémoire du Languedoc annonce
trop d’intelligence Ôt trop de talent, pour qu’on puifle fe
perfuader que 1 intérêt de fa caufe ait pû lui faire illuflon
à ce point - là.
II

.

C

a m a r g u e

.

T o u t ce qu’on a renfermé dans cet article fe réduit à dire, r.«m.p. st&amp;fuiv.
que par la maniéré dont le traité fut rédigé , ïifle de Camargue
G la grande brajfiere du Rhône qui coule entre cette ijle G la
terre jerme de Provence, fe trouvent comprifes dans le lot cédé
par sllphonfe au Comte de Barcelone , mais que Ceji la première
fois que le fort de la Camargue parcît être déterminé par un

�88
monument autentiquè : : 1 &amp; que la Couronne de Trance, dont
les droits font imprescriptibles, fut privée par cet acte de
Vexercïce de fon autorité légitime fur la grande brajfiere dufleuve
&amp; fur la Camargue.
Il y a tout lieu de douter que le Languedoc n’ ait pas fenti
l ’influence que fon raifonnement par rapport à l’ ifle de Camar­
gue , doit avoir fu ries ifles fupérieures à celle-ci; elles fe
trouvent également renfermées ôt limitées par la branche occi­
dentale du Rhône qui eft feule décrite ôt déflgnée dans le
traité ; &amp; on ne peut appliquer aucune conféquence à l’une ,
q u elle ne tombe également fur les autres ; mais c’eft une
raifon que nous avons déjà fait valoir, ôc fur laquelle on n’inflftera pas ici ; on eft feulement obligé de le remarquer, pour
faire voir non qu’il tombe dans une contradi&amp;ion à cet égard,
elle eft trop feniible pour qu’ il ne fuflife pas de la relever,
mais d’où part la néceflité de cette contradiction. Il a vû la Pro­
vence en pofleflion de la Camargue , &amp; il a cru rendre le titre
de cette pofleflion nul ôt abutif, en avançant qu'il ne droit fon
origine que du traité de u q . L oin de dire que c’eft-là le
premier monument autentique qui la lui adjuge,nous ne craignons
pas d’affurer qu’il n’y en a aucun d’où on puifle inferer le
contraire. L a Provence avoit négligé d’en produire, parce
qu’elle ne croyoit pas qu’on pouffât l ’incrédulité jufqu’à paroitre en douter. O n la force donc de juftifler un fait que le
Languedoc étoit feul capable d’attaquer. Dans le nombre des
preuves q u elle pourroit produire , elle fe bornera aux terns
qui fe- font écoulés entre l’ ufurpation de Bofon , ou plutôt
celles de Hugues ôc de Rodolphe , ôt l’époque du traité de par­
tage , pour faire voir qu’au tems de ce traité , la Camargue ne
reconnoiffoit d'autres Maîtres que les Comtes de Provence.
On pourra fe rappeller que dès le q.c. flé c le , la V ille d'Arles
étoit

�, .
«9
etoir comme double , &amp; qu’il y en avoir une partie bâtie
dans cette même ille de Camargue , qu’on voudroit difputer à
la Provence; il feroit aifé de montrer qu’elle en a conftamment dépendu depuis cette époque; mais comme la préfomption efi totale en faveur de ce fentiment, jufqu’à ce qu’on ait
montré le contraire, ce qu’il eft impoffible de faire, il fuffira
de le prouver pour les deux fiécles qui ont précédé immédia­
tement le traité de l ’an i i 2 j : d’où réfultera la faufifeté de ce
que l ’on a ofé avancer. Comme cette preuve n’entraîne aucune
difcuifion , on fe contentera de produire les titres, fuivant leur
ordre chronologique.
Donation à l’Eglife d’Arles de quelques Domaines fi tués
dans le Comté d’Arles en Pille de Camargue , &amp; au quartier dit
de la Correge, du ip Mars , la feiziéme année du régné de Ro­
dolphe , ce qui revient à l'an 1008.
Sunt ipfas res in comitaîu Arelatenfe in infula Camarias in
Corrigia quee nommant ad regno. . . . laCla carta . . . . in Arelat.
civitate , publicè , in menfe Mart. x 1 1 11 kL. Apt. anno x v i ,
régnante Rodulpho Rege Alamannorum ftuProvinciarum.
Au mois de Mais 1048, Raimbaud, Archevêque d'Arles,

Cartiiî. de l’EgJîfe
d Arles» fol. 33 v.

Ibid. fol. to verf.
V . G a il Chrifi. t. 3 •

fait donation de quelques-unes de fes propriétés fituées à
Mejanes en Camargue dans le Comté d'Arles.
Au mois de Février 1061 , le même Raimbaud ôt Foulques
fbn frere, l’un &amp; l ’autre proches parens des Vicomtes de Mar.
feiile, donnent à l ’Eglife d'Arles celle de Notre-Dam e delà
Mer , fituée dans le Comté d'Arles.

coli. i 150. E.

Aliquid de nojlris Beneficiis, quœ jacent in comitatu Arelat. Gr
in infula Camarica. Hoc e jl, Ecclefiam Sandtz Marice de Ratif
Fada ejl carta ifnus donationis in menfe Tebruario, régnante lien-

Hift. mflC Mont.
Major, ad banc arm.

rïco Rege anno Incarnat, ml x i .

V . Gall. Cbrift, t. r,

col. 53 i , C.

jb i l &amp; Gall.Cbrift»

Peu de terns après, BertrandII. Comte de Provence, fa

M

tom. 1 , inftr. p. ptf»
k.

X.

�Aid. Sc Hift.

t:

555 &gt; &amp; H i f t . M on t.
M a or, où l’ aâe cft

rappoité en entier.
Ces deux B ulles
fo n t rapportées t n
entier dans la même
H iü o ire ,

mere Etiennete, 6c fa femme Mathilde défemparerent par un
a£te fans date le même lieu à la même Eglife , dont l’Arche­
vêque Æcardus, fucceffeur immédiat de Raimbaui, conjointe­
ment avec fes Chanoines , en fit préfent par un autre a£te fans
date à l’Abbaye de Montmajour qui en reçut la confirmation de
plufieurs Papes, 6c entr’autres de Pafcal II. en 1114., 6c de
Calixte II. en 1123 ; dans l’une ôt l’autre de ces Bulles , le lieu
de Notre - Dame de la Mer eft dit être fitué dans le Comté
d'Arles , in comitatu Arelatenfi Ecclefiam SanElœ Maries de
Mare.

On doit donc regarder comme inconteftable , qu’au tems
du traité de l’an 11 2 j , 6c antérieurement à ce traité, la Camar­
gue étoit comme le refte de la Provence , foumife aux Comtes
de ce nom , ôc que l’arrangement qui réfulta de ce traité fut
tout (impie 6c conforme à l’ufage du tems ; 6c delà, que devient
toutlefiftêm e du Languedoc? Il devoit s’attendre qu’il feroit
aifé d’en fapper les fondemens , 6c que dès-lors il s’écrouleroit
en entier.
P 'a u t-il le fuivre de nouveau dans les raifonnemens qu’il
répété en cet endroit, pour enlever le Rhône à la Provence,
êc qu’on croit avoir détruits? O n n’en relevera qu’un ; c’eft
l ’abus manifefte qu’il f a it, non d’un aveu arraché aux Etats
de Provence , mais d’une déclaration expreffe faite de leur part,,
que jamais le Pape ni les Habitans du Comtat n’ont eu aucun
droit furie R h ô n e , pour en tirer la même conféquence pour
la partie du Rhône inférieure à la Durence. Mais cette déclara­
tion n’a été faite 6c prouvée que pour les tems poftérieurs
à l’an 1 2 7 4 ,6c rélativement aux arrangemens qu’on prit alors ;
6c l’on n’eft pas fondé à l’appliquer à des tems antérieurs. Le
nom du Pape ou de fa Sainteté qui fe trouve dans la phrafe,
devoit fuftifamment indiquer qu’on ne devoit pas la remonter

�jpl
au - delà du tems où cette Puiffance a été en pofleflîon du
Pays.
Il réfulte de tout cela, que les droits anciens de la Couronne
de France fur le bras oriental ôc occidental du R hône, ôc fur
la Camargue, ne furent pas plus léfés par le traité de l’an 11 ?. j ,
que ceux qu’elle avoit fur le reffe de la Provence, puifqu’on
difpofa également de Domaines qui dévoient lui appartenir ,
mais fur lefquels elle n’exerçoit alors aucune autorité. Si dans
la fuite nos Rois par égard pour les Princes de leur Maifon ,
qui étoient devenus Comtes de Provence, ont bien voulu
lailfer fubliiler une poffeflion abufive, cette condefcendance
faite pour le Prince, ôc indifférente aux Sujets , ne doit s’ap­
pliquer qu’à la totalité de l ’E tat, Ôc non à une de fes parties ,
comme onvoudroit le faire croire ici.
Les Etats de Provence conviennent cependant, que parmi Exam.p.93,
les titres qu’ils ont produits, il y en a plufieurs qui regardent
la grande brafliere du Rhône , ôc ils ne pouvoient s’en difpenfer. L e Languedoc annonce des prétentions fi étendues, qu’il
faut l ’arrêter de toute part aujourd’h u i, même où il déclare
n’en avoir aucune fur cette brafTiere ; comme il ne fonde fon
déiiftement que fur le traité de l’an 1 i2y , il eft bon qu’on lui
ait montré que l’Archevêque d'Arles y jouiffoit du droit d’at­
tache , plus de 200 ans avant cette époque , ôc qu’il en jouif­
foit par la concedion d’un Prince qui ne regnoit que fur la
Provence ôc fur les cantons qui en dépendoient à la droite du
Rhône. Mais fous le prétexte que cette brafliere n’efl pas dis­
putée , il ne faut pas y comprendre beaucoup de lieux qui n’y
font pas fitués , ôc qu’il faut chercher ou dans celle qui paffe
à Fourgues ôcà Saint Gilles , ou dans la partie fupérieure , tels
que les péages du Baron de Tarafccn , ôc les bacs de Fourgues ,
de Saint Gilles ôc de Confolde. L ’autorité confiante que les
Mi&gt;

�P2

Souverains de Provence, où leurs grands Vaffaux y ont exer­
cée , eft une preuve inconteftable de leur poffdTion , 6c c’eft-là
ce qu’il nefaut jamais perdre de m e , non une vaine déclamation
qui n’a aucun fondement dans l’hiftoire , ôc qui n’a été didée
que par la néceftité de défendre une Caufe defefperée par
toute forte de moyens.

III. A A GE NC E .
. Exam. p. 95.

Les Etats de Provence ont regardé Urgence comme cornprife dans le partage de la Terre de Provence. Le Languedoc
le nie, 6c fe fonde fur ce que ce canton eft nommé à part de la
Terre. Enfuite au lieu de travailler à demêler le droit de chaque
prétendant, il ne cherche qu’à augmenter le cahos qui le
couvre , pour pouvoir ajouter cette phrafe à la Hn : tant il ejî
vrai que le fort de ces droits illégitimes qui n'ont d’ autre origine
Cf de fondement que l’ufurpation , ejl de nepréfenter rien defixe Cf
d.e fuivi.

Alfurément on ne devoit pas s’attendre à trouver ce prin­
cipe par rapporta Argence} dans un Mémoire du Languedoc ;
car s il y a une ufurpation prouvée, c’eft celle de ce canton
par les Comtes d eTouloufe, puifqu’on a là-delfus les aveux
H;:t a-T.?nç. r.:, les *plus formels de leur part en 1070 ôc en 110c; le dernier
p r- n. î f l &amp;’ 340 ,
pag.177 &amp;?«j . furtout contient des détails qui annoncent une ame tourelée
des injuftices manifeftes qu’elle fe reprochoit ; 6c s’il y a de
l ’embaras ,c e n’eft pas àreconnoître le véritable Propriétaire,
mais uniquement à découvrir quand les Comtes de Touloufe
Eiam. p. «s.
s’en emparerent. On nejçait comment, dit avec vérité le Rédac­
teur du M ém oire, 6c nous nous empreflons de lui rendre cette
)uftice quand il la mérite : une récapitulation fuccinte du fort
à’ Argence, depuis les premiers Mémoires qu’on peut avoir

�fur ce canton-là, achèvera de nous éclairer fur le parti qu’il
faut prendre.
31 eft prouvé x°. qu’au fixiéme fiécle , &amp; fans doute avant,
Ugernum &amp; tout ce canton qui prit depuis le nom d’urgence,
étoit compris dans la Province civile ou Comté d'Arles ;
2°. qu’au commencement du neuvième fiécle, la propriété
de ce canton fut cédée à l'Fgiife d'Arles par Leïbulfe , Comte
de la même V ille, qui vraifemblablement ne le pofledoit que
de Lang. t. » .
comme dépendance de fon Comté , ex beneficio videlicet fiuo , pr.H ift.
n.
. p. &lt;S3&gt;
p o rte la tte de confirmation qu’il reçut de l ’Empereur; ce qui
a fait que les Hiftoriens de Languedoc parlant de cet événe­
Ibid. H ift. t. 9i
ment , ont dit que Leïbulfe pofiedoit ces Terres en Bénéfice, § . l o i , p . 4 S I 6c ont foufligné ce dernier m ot; ôc ce n’ell pas la feule fois t
H ift. L .
pour le dire en pafiant, qu’ils ont reconnu que la Provence IOV, .$.Ibid.
24 , 14 , p .
541. 1.. 14 ,
embrafloit les deux rives du R h ô n e , quoique le Languedoc 4i J(S,
, t. 2, p. 178 , not.
. §■ &lt; 9, pag. SS9
veuille infinuer, fans ofer l’articuler précifém ent, qu’ils n’ont 14
£7 a lib i.
reconnu que la dépendance fpirituclle d’Argence ; j°. que
depuis cette époque comme avant, jufqua celle du traité de
partage, le même canton a toujours été déligné comme fai'
fant partie du Comté ou territoire d'Arles , incomitatu , in pago■■
§ .

Arelatenfe.

Voilà tout ce que les Etats de Provence ont avancé, 6c ils
n’ont pas eu tort d’en conclure, que le Rhône qui étoit alors
renfermé dans ces limites , devoir faire portion de leur terri­
toire. Cependant à entendre le Langnedoc, ils n’ont tiré cette
conféquence que de ce qu 'Argence appartenoit aux Arche­
vêques d'Arles ; on le délie de montrer un feul endroit où ils
ayent fait de cette polfeilion feule, le fondement de leur
défenfe. E t qu’importe après tout dans une queûion de la na­
ture de celle qui nous divife, quelque fut le Propriétaire d’Ar­
gence , dès que la pofition de ce canton eft conftammcnt en.

�£icam.p.9S.

P ro ven ce, ôc que les limites G* les mouvances des Fiefs ne fe
confondaient pas ?
En e ffe t, on en retrouve les traces jufqu’au tems où ce

canton poiïedé par les Rois de France , ne conferva plus
aucune dépendance féodale. Sans parler des hommages que
les Comtes de Touloufe en ont rendus aux Archevêques
Voy. ibi.t. Hift. T-.1 d'Arles , tranfportons-nous à l ’an 121 y , où Raimond NI. fut
2. 77 . t. 1 j P&gt;
$ .57dépouillé de tous fes Etats par le Concile de Montpellier qui
les donna à Simon de AI ontfort. Celui-ci obtint l ’année fuivante,
ibid. pr. n. 1 2 0 , c j e Philippe Augufle qui regnoit en France, l ’inveftiture du
Duché de Narbonne ôc du Com té de Touloufe ; 6t il avoit
déjà acquis les droits de Bernard Atton fur la Vicom té de

,?■ Nîmes, qui depuis près de 30 ans étoit réunie aux Etats du
&amp; 17s-

* C o m te, ôc qui auroit pu feule lui donner quelque droit fur
le Rhône parle voifinage. Cependant la réunion de tous ces
titres ne lui donna aucun droit fur Argence ; il fallut que l’Ar;&gt;
t. 11 »chevcque d'Arles la lui inféodât le 30 de Janvier de l’an 121 &lt;

G M . Chrijt.
inftr. n. 23 &gt; P- 100

ôc qu’il payât cette complaifance ou cette injuftice, d’une
fomme de 1400 marcs d’argent , ôc fous l’obligation d’un
cens confidérable.
O n eut foin de ftipuler dans cet a£te l’agrément du Pape ,
ôc les fuites firent voir combien cette claufe étoit néceffaire.
Raimond F I. dépouillé de tous fes Etats , crut devoir recourir
à la clémence du Souverain Pontife qui fe trouva inéxorable
pour le pere ; mais lorlque le fils fut prendre congé de l u i , le
S. Pere fléchi par fes follicitations , lui dit en propres termes ;

H ift- J e L an g . t. 3

&gt; Je vous donne le Comté Nenaijfmavec toutes fes dépendances, la.
Provence &amp; Eeaucaire pour pourvoir à votre entretien. En voyant
Bcaucaire fuivre le fort du Comté Nenaïjfiti, ôc du Marquifat
de Provence, n’efl il pas clair qu’il en étoit encore regardé
comme un membre ôc une dépendance ? Car fans cela il n au­
roit pas été compris dans l’abandon du refte.

�9$
L a même conféquence réfulte encore d’un autre arrange­
ment qui fui vit peu d’années après {a). L e premier de Juin
1 2 2 5 , les Officiers du Com te de Touloufe, chargés de la

garde du Marquifat de Provence , engagèrent à la V ille d’Avignon le Pays de f^enaijfin Ôc Ecaucaire avec toutes leurs
dépendances. Auffi ce n’eft pas fans raifon que Gervais de Til­
bury , Auteur du tems ôc du P a ys, dont les connoifiances en
fait d’hiftoire &amp; de géographie, font reconnues de tous les
Critiques , dit à deux fois que Beaucaire efl fitué dans le
Royaum e ôc dans la Province d'Arles, ôc qu’il appelle fes
Habitans Provençaux. Enfin , la conduite de Saint Louis ,
devenu Propriétaire d’Argence par la ceffion ou l’abandon du
Comte de Tculoufe, démontre que ce canton n’avoit jamais
été enclavé, ni dans le Comté de Touloufe , ni dans aucune de
fes dépendances ; car alors il eût relevé de la Couronne, au
moins en dernier reffort, ôc le R o i n’auroit jamais été tenu
à un hommage qu’il eût fallu lui rapportera lui-même : cepen­
dant , Saint Louis reconnut qu’il étoit dû, ôc qu’il feroit rendu
à l ’avenir par tout autre Tenancier que lu i; qu’il n’en étoit
difpenfé que par fa qualité, ôc qu’il falloit un dédommage­
ment à l ’Archevêque d'Arles , dédommagement qui fut réglé
en même-tems, ôc qui a toujours été acquité depuis (b).
Mais pourquoi chercher dans des aveux étrangers , la
preuve qu’Argence étoit F ie f de l’Empire, ôc par conféquent
compris dans la Provence, puifquenous avons celui-même du
Défenfeurdu Languedoc ? Entraîné par la force d’une vérité
(a ) Hiftoire de Languedoc-, t. 3 , pr. n. 169 , pag-.'3o8. Les qualités de ces
Officiers ne fo n t pas fpécifices dans l’a f le , on ne les leur donne que d’après les
Hifloriens de Languedoc. Ibid. L . 24 , § . 11 , pag. 35/1.
( £ ) Mémoire, p. 48. Il efl à remarquer que S. Louis ne donne à TA relie vêque
d’Arles que la qualité de DileSius 8c non point celle de Fidslis , parce qu’il
tt’étoit ni Ton Sujet ni lbn VaiTaL

Voy. ibld. t. ii, nor.
§-3&gt; P- $93, C7V*L

yey. Franc. 1. z-, . p*

50J.
Script. Frunf. r. 2 ...

P. 991 , 995 &gt;

�9* .
qu'il n'a pas pu obfcurcir : apres avoir dit que c ’étoit un F ie f
Exam. p. 9?-

d e l ’Egüfe d’A rle s, il lui eft échappé de dire que les deux
Princes contraelans dans le traité de î i a j , avaient eu peu.
d’égards peur les droits de leur co - Teuiaiairt de l Empire l A r ­
chevêque , Comte £ Arles. Convenons, li l’on v e u t , de ce peu
d’e'gards ; convenons encore qu’il feroit fort difficile aujourdliui d’affigner au jufte ce qui appartenoit à chacune de ces
trois perfonnes \ Argence, ou ce que chacune d’elle y rcclaHjoit ; mais convenons que c cd la feule obfcurité qu’il y ait
dans ce point d hiftoire , 6c qu’il ceffe de nous intéreffer , dès
qu’il eft confiant d’ailleurs que ce canton étoit alors reconnu
pour être du territoire de Provence.
I l l ’eft par le traité même , quand même il n’auroit pas été
compris dans l’objet du partage. Il fe peut que le Comte de
Provence voyant celui d eT ou lou fe enlever à un tiers Poffeffeur , un Domaine , qui quoique de Provence n’avoit
jamais appartenu ni à l ’un ni à l’autre , eût voulu lui en ravir
une portion, fauf à en faire enfuite lui* même hommage à
l ’Archevêque d’Arles ; &amp; alors l’abandon qu'il lui eu fit en
i ïa y , doit être appellé reftitution &amp; non partage ; mais quel­
que nom qu’on lui donne, il n’en eft pas moins vrai qu’Argence
fut lubftitué au Com te de Barcelonne , comme le Marquifat de
P rovence, dans le cas où Alphonfe mourroit fans enfans ; Cyfi

Ibid. p. 9

obieroJine infante de uxore propriâ dit cedernier Prince à l'autre,
totum quod fuperius diCtum eft, vobis prœfcriptis ,Jine omni dilaîione , dimitümus , laxamus atque conceàimus. L e Défenfeur du
Languedoc voudroit reftraindre la fubltitution à la mouvance
des Domaines de Beautaire, que le Comte de Tculouje avoit
inféodés à Aimeri de Narbonne , ôc celui-ci à Bernai d d'Andufe ]
mais il eft clair que c’eft ici une claufe particulière , qui loin
de déroger à la claufe générale , montre au contraire qu’Ar­
gence

�gence ctoit compris dans ce totum quoi fuperius diÛwn efl,
&amp; que ce fut feulement une marque de bonté êc de faveur,
que le Souverain voulut donner à des Va (Taux auffi diftingués,
en leur afiurant à tout événement les Domaines qu’il leur
avoir cédés ; c ’d l comme s’il eût die au Comte de Provence :
fi je meurs fans enfans , vous vous mettrez enpoflejfion d'urgence
fans aucune formalité&gt; Sa alors vous maintiendrez les inféodations
que j]y ai faites. Comment le Comte de Provence auroit-il pû
maintenir ces inféodations, s il n’eût pas écé lui-même à la
5c fous quelle appa­
place du Souverain ? E t en vertu de qu oi, &lt;
rence de fondement l ’auroît on mis à cette place- là , s’il n’avoit
été généralement reconnu qu’Argencc étoit du territoire de
Provence ? Qualification qui fuppofe toujours que le Rhône
qui couloit entre deux, ne pouvoir être que du même territoire.
I V . Portion des Diccèfes d'Avignon (y de Valence.
V oici encore le prétendu aveu des Etats de Provence , que
jamais les Habitans du Comtat n ont eu aucun droit fur le Rhône ,
qui revient fur la feene. Il cft inutile de repeter que cet aveu
ne regarde que les tems poflérieurs à la ceftion du même Pays,
faitepar nos Rois aux Papes en 1274 , qu’il s’y rapporte uni­
quement, &amp; que pour en faire l ’application à des tems anté­
rieurs, il faudroit en fournir des preuves. L e Défenfeur du
Languedoc annonce qu’il pourroit en produire une infinité ;
cependant il fe borne au filence de l ’a&amp;e , pour démontrer que
les cantons défignés dans le titre n’étoient pas Provençaux ,
c ’eff à-dire , ni du R oyau m e, ni du Domaine de Provence.
Cependant, ce n'e'toit pas fans examen qu’on avoit avancé
dans le Mémoire delà Provence, qu’ils avoient été abandonnés
au Comte de Touloufe par le traité de l’an l i â t . L ’aête n’en
N

Exair. p.

99-

�$8
dit rien à la vérité ; mais d’une part, on les v o y o it, antérieu­
rement au traité, compris dans l ’étendue civile des memes
V illes dont iis dépendoient pour le fpirituel ; de l ’autre, on les
voit poftérieurement fournis à la domination des Comtes de
Touloufe, fans qu’on voye d’autre titre ou événement qui ait
pû les en mettre en polfeilion. On a donc eu raifon de conclure
quec’étoit en vertu de ce traité ; ôc le filence de l'ade ne nuit
pas à cette explication , puifqu’ctant renfermés dans les limites
du Pays adjugé à ces Princes , il étoit inutile de les défigner
en particulier.
Il eft vrai que la chofe étant comme étrangère à la queflion
préfente , les Etats de Provence avoient lupprime les preuves
fur lefquelles ils fondoient leur raifonnement, pour ne pas
allonger un Mémoire qui n’eft déjà que trop long ; aujourd’hui
qu’on ahufe de cette condefcendance , elle n’arrêtera plus : 6c
toujours par le même m o tif, on fe bornera feulement pour
les tems antérieurs au traité , à ceux qui fe font écoulés entre
ce mente traité fie les ufurpations de Eofon ôc d'Hugues , en
affûtant que ce n’eft-là que la continuation d’un ufage auffi
ancien que les premiers Mémoires que nous avons fur ces
Provinces , ôc dont il feroit aifé de fournir la preuve fi elle
• étoit difputée. Nous croyons aufii qu’on nous difpenfera de
donner celle des Comtes de Tculoufe dans les tems poûérieurs
au traité : c’eft un point convenu entre les Parties. Nous allons
difeuter chaque canton féparément, en commençant par le
fupérieur, ou celui de Valence.
L es lieux de Soyon ôc de Cornas , fitués à la droite du Pvhône,
font dits être dans le Pagus ou territoire de Valence, ôc appartenoient au Comte de la même V ille , fuivant un aéte daté du
régné de Conrad le Pacifique.
£fl;cn.*rt;q.Bc»e&lt;r.

Geylinus Cernes. . . . dédit Monajlcrio Sancli Pétri Santtique

\

�99

7'hçcfredi ( Saint Chaffre ) i/z pago Valentinenfi, in Vicarici Sub-

Hift. deUng- '• *'

not. i s ,

§•

11 &gt; ” *

dwnenfe.) in aice de [Alla quee dicïtur Cornatis, colonicam unam sS3‘
G'c. üoam 11. K al. Julii,feria 11. régnants Conrado Iiege.
V . Gall.Cnrlp. t
E t en effet, ce fut ce Prince qui confirma au même Ivlonaf- irftr. n. j s . c o i . it&lt;*
z6 i *
t e r e , les donations que le Comte Geilin lui avoit faites dans
les Comtés de Valence &amp; de Die.
Quelques années après, la huitième du régné de Rodolphe
le Faimant, ou l ’an ic o i j un Seigneur nomméLéotard, donna
V . H ift. deLafigà la même Abbaye quatre Métairies fituées aufll à Cornas: l.IJ , § .3«&gt;
preuve que Rodolphe III. qui fuccéàaen 993 à Conrad le Pacifique p-Ii0fonpere, dans le Royaume de Bourgogne &amp; de Provence, fut
reconnu dans la partie du Valenûncis qui ejl en-deça du Rhône,
&amp; qui dépend aujourd'hui du Vivarais, difent en propres termes
à cette occafion les Hifloriens du Languedoc.
Vers l'an 1043, un autre Geilin , suffi Comte de Ralenti/, ois, me. §. ?*&gt;p ;5+
donna à la même Abbaye l’Eglife de Saint Barthélémy y fituée
dans la partie du Diocèfe de V.aknce , qui eft à la droite du
I l lie ne, (a) régnant le R oi Henry: donc fon Com té ou fes
Domaines s'étendoient encore de ce coté-là.
Ce qui vient d’être prouvé pour le D iocèfe de Valence, va

( a) Les Hiftoéjens ce Languedoc croyent pouvoir appliquer ce nom à Henry I.
fils du Roi Robert qui régnait en France depuis Fan 1031 , &amp; lui adjuger la partie
du Valennnois dont il eft ici queiiion , par ia raifon que s’il Le fut agi d’Henry fils
de Conrad, on lui auroit donné la qualité à'Empereur ; mais outre qui! eit plus
naturel de fuppofêr qu’Henry fils de Conrad hérita de tous les Pays iur idqutis avoit
régné Rodolphe III. ; ces Ecrivains auroient dû 1er.tir d’eux-memes la foiblefle ce
leur objection, pailqu’ils ont publié une donation faite par Bertrand I. Comte de
Prov ence à l’Abbaye de é&gt;'. ! iBor de Marfeille anno intarn. Dom. M XL 1V. Hmrico
liege rgznante ,ïbul. pr. n. 1S4, p. 1 1 0 . V . Gall. Ckrijift 1. wjlr. n. 3 , p, 64.
lo in que cette formule foit unique, on peut dire que c'eft la plus commune,
Marten, coil
ampl. 1.
1 . 11 , p. 409
403 , 41*
4 1 1 ,&gt; 44&lt;.
441. tant.
haut. tajt.
hiJL a/lvvn.
d’A iy n . parc z , l.
1. 1 ,
yCVv . marte
toit, arnyi.
c- 4 , F . 4 i , C e .) &amp;. rarement donnoit-on à H.nry , dans ies axes palliés en PP r o Yence, la qualité d’Empereur, ‘qui n’étoit pas le titre en vertu duquel il1regnoit fur
le, Pays.
Vai
. D't :Heurs leur objeâioh ne „porte .point fur l’étendue du Comté
_ — é de Vcdennnois qui eft détermine e par la petfoane du Donateur, &amp; fait la preuve ia plus forte
dans la caufe que nous défendons.

N
&gt;•; 1' V&gt;, »'

�TOO
l ’être encore plus positivement pour celui d'Avignon , toujours
dans la même époque, c ’eft-à-dire, depuis le régné de Ro­
dolphe I I jufqu’à l'an ! 127.
Ruffilefi!s, dîifer.
En 985 , Guillàume I. Comte de Provence , fait une dona-

x , §. i î , p .

16

.

.

.

,

tion au Monadere de Saint André de Villeneuve , fitué dans le
Com té d'Avignon , Monajlerio Sancli Andréa, in comitatu
Avenionenfe.
spv.t. 3, p. i»t,/ En 1006 , Hüdebert, Evêque d'Avignon, donne au même
xoi. sus. J
Monadere 1 Eglile de Saint Pierre de Liron , fituée dans le
Comté d'Avignon, Ecclefiam Saniti Pétri quæ ejl in comitatu
Avenionenfe, in Aleriaco monte.
En 10 19 , Gerberge , veuve de Guillaume II.
RufK uhi g p . §. us,

D i l*

Comte de Pro­
&amp; fes quatre enfans , donnent au même Monadere la
qui ed autour du Mont Andaon, fur lequel il ed bâti ;

vence
plaine

ejl autem ijlud territorium ad radicem Montium ipfius Monaflerv.Kî/l, cte T.arg. t. x,
p r. n . 300 &amp; 3.31, p .

3*4 &amp; 471.

Cet aâe doit fervir à en expliquer deux des années 1088 ôc
1 1 35, par lefqucls Raimond de Saint Gilles Sc Alfonfe fon (ils ,
Comte de Touloufe , &amp; Marquis de Provence , confirment la

Montagne Andaon au même Monadere , ainfi que leurs prédéceiïaus l ’avoient donné , [tout anteceffores nojlri donaverunt.
T?&gt; Ç-1.9, ibid.
D e cette expreflion , les Hidoriens de Languedoc veulent
T- *34 &gt; -'SS.
conclure que les Comtes de Touloufe ont été les Fondateurs
ou les Reftaurateurs de l’Abbaye de S. André, &amp; de - là qu’ils
dominoientle long du Rhône dans la partie orientale du Lan­
gu ed o c, longtems avant qu’ils fuffent en poffedion du Marquifat de Provence : mais n’ed elle pas applicable aux Comtes
de Provence comme aux Comtes de Touloufe , puifque Rai­
mond de Saint Gilles étoit également le fucceifeur des uns ôc
des autres ? Il paroît même qu’on doit l’appliquer aux pre­
miers

j

car

fi

Raimond eût voulu parler des autres, il les auroit

vraifemblablemenc délignés par le mot d’ancêtres,progenitores,

�loi
comme il le fait a l ’égard de Saint Pons deThomieres. T a ille u rs, A H;fl_&lt;îc,,
vouloir regarder les Comtes de T ouloufe comme Fondateurs ^ i,r- »• ***&gt; pdu Monaftere de Saint A ndré, c’ell contredire formellement
un monument refpetlable du mois de Février 999 , publié
par 1 s mêmes Hiftoriens , ôc où, il eft dit politivement que la
montagne Andaon étoit venue au Monaftere de Saint André
par un échange fait avec plufieurs perfonnes qui y font nom­
mées , &amp; dont aucune ne portoit les mêmes noms que les

Yjid' n. I3 +'&lt; P 1

’SS&gt; 15«.

Comtes de Provence ôt de Touloufe , antérieurs à cette
année-là. Et il eft à remarquer que Raimond de Sai?:t Gilles , &amp;
Alphonfe fon fils, prennent dans les deux actes dont il eft ici
queftion , le titre de Marquis de Provence, qu'ils fe donnoient
toujours dans les actes relatifs à cette Province, au lieu
qu’ils le prenoient très - rarement dans les chartes qu’ils fai- ,r ...
foient expédier pour leurs autres Etats , ôt enfin que celui de it£&gt;
1088 fut fcellé en plom b, ôt que fuivant la remarque des Hif- p';, Eoé.m . *c
toriens de Languedoc , les Comtes de Touloufe fe fervircnt
de Iceaux de plomb dans tous les aôles qu ils firent expédier
AdJ.aut. î i
6so.
pour le Marquifat de Provence, à la différence des autres tqui furent également fcellés en cire : d’où il réfulte que
Raimond de Saint Gilles regardoit le Monaftere de Saint A i àré
comme une dépendance du Marquifat de Provence, ôt que
les aétes qu’on voudroit nous oppofer, fervent encore à le
confirmer: êc cela eft fi v ra i, qu’une Bulle à'Urbain IL donnée
à la réquifition de ce Prince le 22 de ju ille t l ’an î c g t j , eft
datée $ Avignon dans le Monaftere de Saint André. Certainement
o n n ’auroit pas confondu ce .Monaftere avec la V ille à' Avignon,
s’il eût dépendu d’une autre V ille ôt d’une autre Province :
&amp; les Etats de Provence n’ont pas eu tort de regarder les
portions des Diocèfes de Valence ôt d’Avignon qui font à la
droite du. R h ô n e , comme des dépendances du Marquifat de;

f,.d
3+j.

n&gt; *»

�t02

Provence , qui furent ddlaiffees à la Maifon d e T o u lo u fe par
le traité de l ’an 1127 , ôc d’avancer que fi on n’en fit pas
mention expreffedans le traité, c’eft qu’elles dévoient fuivre le
fort des autres cantons fitués comme elles entre l'ifere ôc la
Durence qui dévoient fervir de limites aux pofleliions des
Comtes de Touloufe.
Exjtn. p. i c o , i c i ;

V.

V a l a b r z g u

ns .

Les Etats de Provence perfiftent à croire que cette ifle du
Rhône faifoit portion du Domaine de Provence ; qu’elle
entra en cette qualité dans le traité de partage de l ’an 1 1 2 5 ,
Ôc qu’011 n'y en fît mention expreffe , que parce qu elle ne
fuivoit pas le fort des autres ifl.es du fleuve. L e Défenfeur du
Languedoc penfe au contraire que c’étoit un ancien Domaine
des Vicom tes d'Ufei. I l n’y a point de monument antérieur à
l’an 112 j quipuiffe décider entièrement cette diniculté; mais
on obfervera 1
que par le traité m êm e, V aldbrsgu.es n’eft
point exclufe de la fubftitution générale portée en faveur de
Raimond Reranger, dans le cas où Alphonfe mourroit fans
enfans , îQium quod fuperius diâum ejl, ôc Raimond ne pouvoir
y avoir de droit que comme fur une Terre de Provence , ôc
n’en auroit eu d’aucune efpece, fi c’eût été un Domaine de la
Maifon d’Ufeç. 20. Q ue les K ifïoiiens de Languedoc, quelque
.attention qu’iis ayent eu à ne rien dire qui pût nuire à cette
P ro vin ce, ont pourtant laiffé échapper qu’ils regardoient Va.
lab régnés comme comprife alors dans la Provence ; car après
avoir avancé que la Maifon de Touloufe dominoit fur lUfege
Ton». »&gt; mu »j, dans les dixiéme ôc onzième fi scie , ils ajoutent, on pourrait
objecter que par le traité de partage de la Provence de Van 1 1 2 7 ,
le lieu de V:dabrégnés feus dans une ijle du Rhône, ôc (dans) le

�ï °3
Diocèfe d'UfeiyycJl compris (dans la Provence ; mais ceft au
contraire une preuve que le rejle de ce Diocèfe ne dépendoit pas de
la Provence. Affurément des Provençaux font tout au moins

excufables depenfer à ce fujet comme leurs Adverfaires.
I l eft vrai qu’au tems où ceux-ci écrivoient, on n’imaginoit
pas qu’ils duflênt avoir befoin d’enfanter un nouveau fiftême.
Et 3°. enfin qu’il paroît par le récit de Pierre, Moine de
Haux-de Cernay , Auteur contemporain qui étoit fur les lieux,
ôt 1 ennemi le plus déclaré de la Maifon de Touloufe, que
l ’ifle de Valabxegues avoit été comprife dans la reftitution de
la Provence ôc de B caucaire, faite par le Pape à Raimond le
jeune en 1 2 1 6.
V I,

D U R E N C Ëi

r.Mm.p. 101 &amp;tuiv*

L es Etats de Provence ont toujours fenti qu’il étoit indiffé­
rent à la queftion préfente , de fçavoir auquel des deux
Contratlans, la Durence fut adjugée. Ils n’en ont parlé que
par analogie , &amp; pour faire voir que fi le lit de la Durence
refia au Comte de Provence , on ne peut non plus lui refufet
celui du Rhône , parce que c ’eft avec les mêmes exprefiions
qu’on décrit le cours de ces deux rivières. On ne répétera
point ici ce qui a été dit dans le §. 1 , fur ce qui devoir
faire l’objet principal de celui c i , parce qu’on fe flate d’avoir '
démontré ce qu’on vouloit y prouver; mais on eft.forcé de
s’arrêter à quelques obfervations q &gt;e le Défenfeur du Lan­
guedoc juge à propos d’ajouter à cet article.
D'abord on attaque les Etats de Provence pour avoir dit
qu’en 1623 le Pape étoit aux droits d'Hlphonfe, Comte de
Touloufej puifque le Comté Venaffin lui avoit été abandonné
par Philippe le Hardi en 1274., &amp; qu’il falloit dire qu’il étoit

�104aux droits du R oi. Mais i° . le Roi lui-même ne s’c'toit mis
en pofiedion de ce canton qu’en la feule &amp; faiijje qualité
d’héritier àJÆphonfe , puifqu il ne l’étoit pas dans cette
partie-là. 4°. Cela eft liv ra i, que toutes les réclamations que
la Couronne en a faites depuis 100 ans, pour la taire réunit
à fon D om aine, font fondées fur l'erreur ôc la nullité du
titre qu'avoit fait valoir Philippe le Hardi. 30. Dans le peu
d’années qu’en jouit Philippe, il en jouit comme avoit fait
Hlp' cnfe , ôc celui-ci relativement à ce qui étoit échu à
Sllphonfe Jourdain en 1123. 40. Ainfi donc en 12 7 4 , Phi­
lippe ne put céder que ce qui avoit appartenu à cet /Üphcnfe ;
6c les Etats de Provence n’ont pas eu toit d avancer que le
Pape étoit aux droits de celui ci ; car c ’ell celui-ci, 6c non
le Comte de Poitiers, qui eft déligné dans leur Mémoire.
Enfuite , écoutons le Défenfeur du Languedoc , c’eft
comme R o i de France qui avoit des droits bien établis fur
la Durence dès le fixiéme lié cle , 6c plus anciens que le Com té
6c le Marquifat de Provence, que le R oi a agi dans le con­
cordat de 1623. L a Provence convient des droits que la
Couronne a (ur la Durence dès le &lt;?e. liécle q u elle fut en
polfeliion des Pays où coule cette riviere : elle convient encore
que ces droits font plus anciens que les noms de Comté 6c
de Marquilat de Provence mais elle croit en même-tems
qu’on doit convenir que les noms ne font rien à la chofe ; que
ce font 1 exiitence , la polition 6c la polfeliion qui donnent
des droits fur un Pays ; que l ’exercice oe ceux de la Couronne
fur la Durence, fut (ufpendu tant que fa domination ne s’é­
tendit pas fur les Pays qu elle arrofe ; qu’elle ne rentra dans
l ’exercice de ces droits qu’en rentrant dans une partie des
mêmes Pays ; que jufques-ià elle n’a exercé ni pu exercer
aucun de fes droits -, que par conféquenten 1623 &gt; elle n’a

�„
.
10?
pu 2gir que comme Souveraine de la Provence ; car fi elle
eût voulu agir en vertu des droits q u elle tiroit du fixiéme
fiécle , il falloit qu’elle évinçât totalement le Pape, dont la
domination étoit alors , avec celle du Prince d'Orange, le
feul relie de l’ufurpation de Bofon ôc de fes Succefleurs; que
ce concordat de 1623 , eft fondé uniquement fur le partage
de l’an 1 1 2 5 , ainfi que tous les aêtes intermédiaires, &amp; la
réclamation du Comtat faite en dernier lieu : G enfin , quc
c ’eft dans ce cas-là feulement que le droit du R o i doit être
regardé comme ancien , puifque la Provence , dont il eft
Souverain ôc en polfelfion, ôc dont il exerce les droits , en
eft en pofiTeftion réelle , au moins depuis l ’an 1 12J , ôc même
vraifemblablement de beaucoup plus loin.
Si les Etats de Provence ont étendu ce point de l ’affaire } hucapituiation
ils y ont été forcés par les propofitions hazardées du D é - Eium' P-I0S'
fenfeur du Languedoc. Il étoit d'ailleurs ejjèntiel d'apprécier ,
à fa jujle valeur , le mérite que ce traité peut avoir dans la
Caufe. Et ils fe flatent d’avoir porté jufqu’à l’éviden ce, que
fuivant ce traité , i°. le Rhône fupérieur, depuis la Durence,
jufqu’à la Camargue , refta, ainfi que l’inférieur ôc le grand
R h ô n e , au Comte de Earcdonne, en fa qualité de Com te
de Provence , quoique le dernier ne foit pas feulement nommé
dans l’ade , mais parce qu'à la maniéré dont eft décrit le
cours du fleuve , toutes fes ifles , tant les fupérieures que
celle de Camargue , ne purent entrer que dans le lot de la
Provence proprement dite (a). 2 0. Cette defeription étant
faite dans les mêmes termes que celle de la Durence} qui refta

(a ) On frit cette explication pour éviter les difputes de m ots, aufquelles le
Détenteur de Languedoc fe livre continuellement, &amp; notamment en cette occniîon.

O

�06
ïnconteftablement à la Provence , il doit en être de même
du Rhône. 3e . Loin que ce foit-là le premier titre qui afligne
la Camargue à la Provence, comme on ofe le dire , il eft dé­
montré que cette ifle en avoit toujours dépendu auparavant,
comme elle a continué d’en dépendre depuis. Et 4 0. opéArgence, &amp; Pille de Valabregues, étoient fùbftituées aux Comtes

Eï.m. p,10s.

de Provence , comme le refte des Etats à partager; d’où il
réfulte néceffairement que le Rhône étoit regardé alors comme
partie &amp; dépendance de la Provence : ôc le Défenfeur du
Languedoc a raifon de dire que ce traité ne doit pas être mis
au rang des titres vraiment translatifs du droit de propriété, dans
le fens où cette propriété paffe, &amp; eft transférée d’une main
à l’autre. Mais il n’en eft pas moins vrai qu’il n’en eft point de
plus vraiment déclaratifs du même droit.
§• II. Accord pajje en Tannée 1070, entre Raimond de S. Gilles,
Comte de Provence, de N îm es, b c . b Aicard , Archevêque
d’A rle s, b codicile du même Raimond} en Tannée 1 1 0 ;.
Ces deux a£tes ont une telle liaifon entr’e u x , qu’il eft
très-à-propos de les joindre l ’un à l’autre, ôc de comparer
l’effet qu’ils doivent produire. On les a préfentés fort fimplement dans le premier Mémoire de la Provence , mais le

Exam. p-17’
Exam.

Défenfeur du Languedoc en donne un extrait fi altéré ôc fi
107&amp; 1J1" captieu x, qu’il nous met dans le cas d’en rappeller toutes
les difpofitions. Il auroit dû d’abord en faire l ’examen avant
celui du traité de l ’an 1 1 2 ; , mais voulant établir dans
celui ci qu’ Argence ne dépendoit nullement de la Provence &gt;
il a craint que les impreffions qu’auroient laiffées ces deux
acles, ne nuiuffent à fes vûes. Pour nous qui ne voulons

�io 7
•établir que la v é rité , nous nous flattons de la retrouver par
quelque route qu’on nous mene.
L e premier de ces afites, eft une convention par laquelle
le Comte Raimond remet à Aicard, Archevêque d’A rle s, tout
l'honneur d'Argence , qui appartenoit à fon E g life , comme
l ’avoir eû l’Archevêque Raimbaud, a Fourgues, s’il eft entouré
de m urs, le tiers du lieu fie des Vaffaux ; au Château d 'A lbaron, quand il l ’aura , la m oitié, parce que l’Archevêque
Raimbaud l’avoit e u e , fie la moitié d’un droit fur les navires
que le Comte Eertrand avoit à A rle s, s’il peut l ’avoir.
Par le fécond , le même Prince qui prend la qualité de
Comte de S. Gilles, fe trouvant à l’article de la m ort, confus
fie repentant des injuftices en grand nombre que lui fie fes
ancêtres avoient commifes envers l’Eglife d'Arles , cherche
à commencer à les réparer. I l déclare d’abord que toute la
Terre voifine du R h ô n e, qu’on appelle Argence , eft propre
de cette E glife ; que cependant l ’affe&amp;ion outrée qu'il a encore
pour fa famille , l ’a engagé à difpofer de la plus grande partie
de ce canton en faveur de fes enfans, mais fous l’efpérance
d’en dédommager cette E glife , fie de le lui reftituer en
entier ; fie en attendant, fie dès-lors , il lui en rend, remet fie
reftitue une petite portion , fçavoir le lieu de Tourques, avec
toutes fes dépendances du Rhône , des marais , des terres, du
Port du Rhône , fiée, fie en outre le quart des Châteaux
d'Albaron fie de Fos , qui avoit été ufurpé fur cette E glife
par fes ayeux , fie qu’il avoit lui-même poflédé injuftement ; fie
enfin dans la V ille d'Arles , le quart des pâturages , des leides ,
fie du droit fur les navires qui lui appartenoit.
T o u t ce que pourra conclure de-là tout efprit impartial fie
défintéreffé, eft que le canton d'Argence appartenoit de droit
en entier, fie en toute propriété à l ’Eglife d'Arles ,* que comme
O ij

�ioS
il fe trouvoit à la bienféance des Comtes de Touloufe, de
Nîmes , ou de Saint G illes, car ici la qualité ne l'ait rien à
la c h o fe , ils l ’ufurperent fur elle par force ôt fans titre; que
Raimond, l ’un d 'eu x, preffé fans doute par les follicitation3
de l ’Archevêque, confentit, en 1070 , à lui remettre une
portion de ce qu’il occupoit réellem en t, &amp; lui en promit une
plus conlidérable fur ce qu’il ne pclfédoit pas, mais qu’il
efpéroit pem-être obtenir par le crédit de l'Archevêque qu’il
mettoit par-là dans fes intérêts ; que celui-ci ne pouvant mieux
faire, acquiefça à un arrangement que lui diêloit un voifin
plus puilfant que lui ; &amp; que ce même voilin , troublé par
les remords de fa confcience, reconnut enfuite l’ufurpaûon
de la maniéré la plus exprefle ; mais que malgré cela , il ne
reftitua qu’une partie des Domaines ulurpés : êc la fuite des
aêtes produits au Procès , nous apprend que la reftitution or­
donnée &amp;. promife , n’eut lieu que pour une petite partie , ôc
que tout ce que purent obtenir les Archevêques d’ Arles , feuls
légitimes &amp; véritables Propriétaires d’ Argence, fut que les
Comtes de Touloufe, qui en étaient les Détem pteurs, leur en
fiffent homm age, par où ils devinrent fuzerains d’un canton
qui devoit leur appartenir.
A ux yeux du Défenfeur du Languedoc , c’efl tout un autre
fiftême. 11 regarde d’abord Raimond , comme Propriétaire
d’ Argence, &amp; il ajoute que ce n’é to it, ni comme Com te de
Touloufe , puifqu’il ne l’étoit pas encore en 1070 , ni comme
Com te de Provence , puifque ceux-ci n’ont jamais rien poffédé
à Argence ; d’ où il conclut qu’il falloit que ce fût comme
Comte de Nîmes on de Saint G illes; &amp; il fortifie cette conféquence par la convenance , attendu que ces cantons étoient
limitrophes ; que d’ailleurs depuis (a) l’an 121 y , la Jurifdiûion
(a ) Au lieu du mot depuis il a mis dés, qui n’auroit dû être employé que dans 1*

�io p
de Beaucaire ôc de Nîmes a toujours &lt;5té réunie ; &amp; enfin ^
qu’on ne peut pas en douter, fi on fait attention que dans
l ’aéle de i i o j , Raimond ne prend que la qualité de Comte
de Saint Gilles] ôc par conféquent qu’il faut y comprendre,
non-feulement Urgence , mais encore Pifle de Camargue , dans
laquelle eft fitué le Château d'Albaron) ôc la grande braffiere
du Rhône fur laquelle on levoit à Arles un droit au profit
des Comtes.
Cette maniéré de raifonner paroîtra fans doute dangéreufe :
avec deux ou trois a£tes pareils , le Com té de Saint Gilles
pourroit devenir entre fes mains l ’Etat de l 'Europe le plus
étendu. Il eft prouvé par l’a â e de n o j , que le lieu de Pos
étoit du Comté de Saint Gilles ; il fera aifé de prouver par
quelqu’autre , que les V illes dé Gap &amp; de Nice appartenoient
au même Prince que le lieu de Pos : donc les Provinces qui
portent aujourd’hui les noms de Dauphiné ôc de Piémont dépendoient du Comté de Saint Gilles, ôte.
Mais lailfons la plaifanterie à ceux qui n’ont que ce moyeu
de défenfe. Si Raimond eût été légitime Poffeffeur d’Argence ,
il feroit très-à-propos d’examiner à quel titre ; mais dès que
l ’ufurpation eft: confiante , il n’eft plus queftion de titre, il ne
faut chercher que la convenance: elle eft toute trouvée dans
le voifinage des Comtés de Nîmes ôc de Saint Gilles, qui
donnèrent à leurs Poftcffeurs la facilité de s’emparer d’un
Domaine voifin qui étoit abfolument fans défenfe. Une fois
Proprietaires de ce D om aine, car les reftitutions promifes
n’eurent jamais lieu que pour de petites parties, ils en réunirent
l ’adminiftration à celle du Comté de Nîmes] mais cette réunion
cas où la date, qui eft à la fuite aurait été antérieure aux a&amp;-s de 1070 &amp; 1 to f.
£e n’eft pas faits raifon -, il afleéte dans tout le cours de fon Mémoire de ihoific
les expreüions qui peuvent contribuer à augmenter riilufion.

�poftérieure à lufiirpaticn , ne prouve rien pour les tems anté­
rieurs. Ici même il y a incertitude &amp; contradiction de la part
du Défenfeur du Languedoc ; car après avoir avancé que les
Fiefs ne fe confondaient pas, il hézite auquel des Comtés de
Nîmes ou de Saint Gilles, on doit adjuger Argence; &amp;c fi la
communauté d’adminiftration , établie feulement dans le
15e. fiécle , indique le prem ier, la qualité de Com te de
Saint Gilles, prife dans l ’acte de i i o y , le fait pancher vers
celui-ci. Cette incertitude de la part d’un homme qui ne
doute de rien , annonce le peu de confiance qu’il a lui-même
en fon affertion. C ’efc en effet le feul des Ecrivains de L an ­
guedoc qui ait cru trouver dans ces aCtes la preuve du fiftême
qu’il a voulu établir, Dans ce fiftême m êm e, l ’aête de n o j
prouve trop ; car Raimoni y rend à l’E glife d'Arles , dans les
Châteaux d'Albarcn &amp; de Tos, le quart qui avoit été ufurpé
par fes Prédéceffeurs, ôc qu’il poffédoit lui-même injuftement.
Si l ’on s’obftine à dire qu’il l ’a paffé comme Comte de Saint
Gilles , il faut foutenir auili que le lieu de Fos , qui eft avancé
dans les terres de Provence auprès de Martigues, dépendoit
aufii de ce Comté ; ce que perfonné n’ofera jamais avancer.
Ainfi il eft c la ir , par les difpofitions de l ’aéte , que c’étoit
comme Comte de Provence que Raimond jouiffoit, en i i o y ,
des Châteaux d'Albaron &amp; de Fos , Sc du péage ou droit qu’on
levoit à Arles fur les navires, &amp; qu’il en reftitua une partie.
Si en 10 70 , il promet feulement de faire ces reftitutions
lorfqu’il en fera maître , c’eft , ou que l ’indivifibilité pour
l ’adminiftration du Comté d'Arles , n’étoit pas établie alors ,
comme elle paroît l ’avoir été en iop^ , ôt qu’il efpéroit de
la faire établir, ou que le Com te Bertrand lui reten oit, fous
quelque prétexte que nous ne connoiftbns p a s , la portion
qui lui revenoit.

�I 1T
L a reflitution promife par Raimond eut lie u , au moins
pour les Ports du petit R h ô n e , puifqu’on les voit depuis
entre les mains de l’Archevêque d’Arles , ou de fes Vaffaux.
L a Provence a produit fous les nçS. p ôc 12 de fa première ^BtompP'I+Vivt
R e q u ê te, ôc fous le nQ. 18 d e là fécondé, divers hommages
rendus à ces Archevêques par la Maifon des B aux, depuis l ’an
1 i p i , jufqu’en 1259 , -pour les Ports du petit Rhône, de Fourques
&amp; de Saint Gilles ; ôc il lui auroit été très-aifé d’en produire
un plus grand nombre qui auroient pouffé cette chaîne jufqua
l ’an 1300, que le bac de Fourques, fur le petit R h ô n e, rentra Mém.p.r*
dans les mains de l’Archevêque d’^ r k y , qui en jouit encore
aujourd’hui. Au refte on n’imagine pas fur quel fonde­
ment le Défenfeur du Languedoc fe plaît d’accufer les

Exam-P-rro*

Procureurs du Pays de Provence d’avoîr abufé des trois hom­
mages qu’on vient de rappeller, non plus que de l ’aête de
i i o y . Quand il fe fera expliqué de maniéré à fe faire en­
tendre , on fe date de trouver des répondes convenables à fes
obfervations ; ôc malgré la crainte qu’il a de s’égarer, on
efpere de le remettre dans le bon chemin , ou du moins fes
L ecteu rs, qui jugeront fans doute que les deux aêtes que
nous examinons , forment la preuve complette du droit de
propriété que l ’Archevêque d’ Arles avoit fur Urgence, 6c
qui dégénéra ,en fimple fuzeraineté, lorfque cette propriété
leur eut été enlevée, ôc détenue injuftemenr Ôc fans titre par
les Comtes de Touloufe, de Nîmes, ou de Saint Gilles : enfin
ils verront l ’influence que cette propriété a fur la queftion
préfente , lorfqu’ils fe rappelleront que jufqu’à l’époque de
cette ufurpation, Argence avoit toujours fait partie du Com té
d’Arles.

n;d_v. m;

�ï Tî

tx a m . p. i i - &amp; l'ulV'

$. I I I .

Lettres de Frédéric 1 . Empereur , G Roi d'Arles ,

en faveur de VArchevêque G de l'Eglife d 'A rles,
données en Vannée 1154.
Par ces lettres , l ’Empereur confirme à l'Archevêque
cTArles les droits régaliens dans tout Ton Archevêché , retins
iui Archiepifccpntus regalia , les péages , les fleuves £ pedatica...
jlumina &amp; c. ces grâces n’étoient pas nouvelles ; elles lui
avoient été accordées par Conrad III. en 1144 ; &amp; le même
y. Saxv* P-Iî6- Frédéric I. les confirma de nouveau en 1164 ; il eft vrai que
dans aucun de ces diplôm es, on nç nomme (a) ni le Rhône ,
ni Argence, fans doute par des raifons que nous ignorons»
&amp; dont nous ne fommes pas Juges. Mais il fufht de faire
quelques réfléxions pour reconnoître qu’ils y font défignés
de maniéré à ne pas s’ y méprendre. L a temporalité du Com té
à’Arles appartenant aux Archevêques de la même V i l l e , avait
la même étendue que fon D iocèfe. Indépendemmènt des
preuves qu’on a produites , quand il a été queftion de prouver
qu’ Argence étoit du Comté d’A rles, on n’a qu’à confulter
les deux inféodations de ce canton faites à Alphonfe Jourdain
en 1143 , &amp; à Simon, Comte de M ontfort, en 1214. Totam
Argentiam, eft-il dit; &amp; dans la fécondé, cum tetâ Argentiâ
V. G ail. Cliriji
inftr. n. ï S &amp;
col. 57 &amp; ioo.

A ’’ G quantumeumque Arelatenfs Diœcefs extenàitur. Argence
étoit donc compris dans la temporalité de l’Archevêché
d’A rles, dont la poflefTion lui étoit confirmée par 1 Empereur,
ôt d’autant mieux, que dans les deux derniers diplômes qu’on

( a 1 I.e Château d'Allaron eft nommé dans tous les trois, cependant on vient
de voir que le DcLnleur de Languedoc vouloit le comprendre dans le Comté de
Haitit Gilles.

vient

�vient de c ite r , Conrad III. ôc Frédéric I. confirment en g é­
néral à l ’Eglife d'Arles tout ce qu’elle avoit inféodé (a), tant
dans la V ille que dehors. Si Argence étoit comprife dans
linféodation ou confirmation des Em pereurs, tout le Rhône ,
tant le fupérieur, que la petite braiïiere qui pafle à Fcurques ,
devoit y être compris ; car jufqu’à cette heure , toutes les
fois qu’on a mis Argence en avant , ce n’a été que pour
conclure de fon identité avec la Provence, ou le Comté
d'Arles , celle du Rhône.
Mais ces raifons, quoique préfentées fous une infinité de
faces , n’ont jamais paru fatisfaire le Défenfeur du L an ­
guedoc. Quand on infiflera fur le R h ô n e , il foutiendra tou­
jours que ce ne peut être que la grande braiïiere qui paffe
à Arles : on lui oppofera envain que la jouiffance de la petite
braiïiere du Rhône , eft prouvée par les hommages de la
Maifon des Baux , il fe contentera pour toute réponfe , de
hazarder qu’on abufe de ces hommages : il faut donc lui prouver
que Conrad III. &amp; Frédéric I. ont prétendu inféoder ôc con«
fïrmer cette même braiïiere à l ’Eglife d’Arles , ôt que l ’autorité
des Empereurs s’étendoit immédiatement fur cette même
branche. Hugues Boardy ou Beroardy, Archevêque d’Arles »
qui avoit eu à fouffrir de la guerre des Albigeois , obtint en
dédommagement de l’Empereur Frédéric 11 . par des lettres
datées du camp auprès de Cepparano , en Août 1 23 0, la
permiffion d’établir, fa vie durant, fur le fleuve du Rhône au­
près de la Ville d’’ A ries, &amp; fur l'autre bras qui pajje devant le
Château de Fcurques, un péage de cinq fols tournois fur chaque
gros b a llo t, fit de trois fols fur chaque ballot moindre , tant

( a ) Et quidquid Arclatenfis Ecclefu in civitate vel extrâper Seculares feu EcclefiaJ-^
tkas perfonas habet &amp; pojjidec.

�Y 14
vi montant qu’en defcendant le Rhône, ôc un droit de deux
fols fur chaque muid de fel qui y pafferoit en montant (a).'
Certainement dès que Frédéric II. jouifloit du Rhône , fes
Piédécefieurs dévoient en avoir j o u i , puifqu’ils étoient plus
voifins de l’origine ôc de la formation du Royaume d’Arles ,
ou de Eourgogne , ôc que tout Etat qui n’eft pas habité par
fon Souverain, eft plutôt expofé à perdre qu à acquérir. E t
on ne peut pas dire que Frédéric IL abufât alors de fon pou­
voir ; car outre qu’il faut des titres ôc des raifons pour de
pareilles allégations , il eft fur que fi la grâce eût été illufoire , l’Archevêque , loin de la fo lliciter, ne l’auroit pas
acceptée, puifqu’elle ne l’auroit feulement pas dédommagé
des frais qu'il avoit faits pour fe rendre à la Cour de l’Em­
pereur qui étoit alors dans le Royaume de Naples; ôc d’un
autre c ô t é , l’Empereur ne l ’auroit pas bornée à la vie de
l ’Archevêque. Ici on ne peut fe défendre d’une réfléxion ,
c ’eft que plus on difpute à la Provence fes prétentions lé ­
gitimes , plus les titres que ces chicanes lui donnent occafion
de rechercher, fe multiplient ôc les fortifient; ce qui eft le
caraétere diftin&amp;if de la juftice ôc de la v é rité , qu i, étant
u ne, doit toujours tenir le même langage.
L e Languedoc voudroit affoiblir toutes ces preuves, en
difant qu’elles ne regardent pas les Etats de Proven ce, mais
(a )

D e j u p e r a k u n d a n t io r i

quoquè g ra tiâ

co n ctd v t u s

e i d e m A r c k i s p i f c o p o , in

vitcL

J u c L , q u o i i n f t u m i r e R h c d a n i j u x t d c iv it a t e m A r e l a t e n f e m &amp; i n a lio I r a c h i o t r a n f e u n t e
a n t e c a ft r u m t u n h i r u m

,

p ro q u o lib e t m a g n o in v o l u c r o J i v è t r o f e l l o , ta m a fc e n d e n d o

,
p r o m e d io c r i t r o f e l l o
, n e c n o n &amp; p r o m o d 'o f a l i s
a fc e n d e n d o , d u o s f o l i d . 7 u r . J hi lic e a t r e c i p e r e C- h a b e r e . I, E m p e re u r é to it e ffe d iv e m e n t
c am p é près de C a p p a ra n o au m o is d’A o u t 123 0 . V . G ia n n H ift. de N a p l. 1. i é ,c h .7 ,
î o m . i , pag. 5 3 5 . C e t a d e tiré des a n h . de l ’À rc h e v . d ’A rîe s , liv . v e rd , f. 1 1 v. n ’a pas
e n c o re été p ro d u it ; o n l ’a cité fe u le m e n t dans le p re m ie r M é m o ire de la P ro v e n c e ,
c o m m e a y an t été in d iq u é p a r l ’H ift. de L an g . t. 3 , p . 1 9 t . C ’eft u n e faute de
C o p ifte o u d ’im p r e f lio n , il fa lio it dire f o r e n t , d e s t i t r e s de l ’A rc h , d’A r l e s , u b i
fu p . p. i 9 i .
qu a tr. d e fc e n d e n d o p î r P .h o d a n u m q u i n q u e f o l i d o s T u r o n e n f t s
t u m a fc e n d e n d o q u .im d e f c e n d e n d o , t r è s J'o lid o s d iâ læ m o n etee

�ny
les Archevêques $ Arles qui ne font point en caufe. Il n’cft
pas poflible qu’il n’ait fenti lui-même la foiblefîe de fon raifonnement. Les Etats ne fe fervent point de ces diplômes pour
réclamer contre les Archevêques les droits qui leur jfpnt
accordés ; ils s’en fervent pour montrer que ces droits dépendoient du Comté d’Arles qui faifoit partie du grand F ie f de
Provence.
Ce Com té d’ailleurs n’étoit pas auffi étranger aux Comtes
de Provence qu’on voudroit le faire croire , puifque tous les
droits régaliens qui appartenoient aux Empereurs fur lesm onnoyes, les ports, les eaux, les falins , &amp; c . furent en 1162
inféodés par le même Frédéric au Com te Raimond Eeranger III.
à la réferve de ce que l’Archevêque &amp; l ’Eglife d’Arles y
poffédoient depuis cent ans ( a ) , Cf omnia alla quæ ad jus
Impériale fpettant, excepto eo quod A reinep if copus Cf Ecclefia
Arelatenfis habet vel habuit à centum annis rétro in eadem civitate. E t le même Empereur, en confirmant l ’établiiTemenc
des Confuls à Arles , leur abandonna le droit de rendre la
J u ftice, fous la réferve des droits qu’y avoit l ’Archevêque
d’A rles, aufquels il ne prétendoit pas déroger: Salvo tamen,
in omnibus, jure quod in creandis Confulibus Cf Jutifdictions
ipfius Urbis , Reverandus pro tempere Arelat. Ecclefice Antilles
habere dignofeitur, cujus privilegiis nequaquam volumus , fient nec
debemus in aliquo derogare. Privilèges &amp; réferves qui furent
enfuite confirmés ( 6 ) par Frédéric II. en 1214.. I l n ’eft pas
étonnant que ce mélange &amp; cette confulion de droits ayent
( a ) V- Diago Hift. de Lor. cond. de Barc. 1. i , c. 1 7 4 , fol. 256 v. &amp;*feq. Bouch,
t. » , p. 132 Mart. coll. ampl. t. 1 , p. 860
feq. V. Append. Marc. Hifp. n. 4 3 7 ,
p. 1331 , 1332 .
(b )

N o u s n ’av o n s que

c e tte c o n firm a tiç n q u i efi im p rim é e dans

Ard.-p. 254, iSS»

P ij

S a x y P o n tif,

�116
occafionné diverfes conteflations entre les Parties ; mais dès
qu'ils procédoient d’une fource non-feulement étrangère au
Languedoc , mais qui devient une barrière infurmontable à
fes prétentions , puifquc ces conte d ations même annoncent
q u elles procédoient des diverfes concédions des Empereurs ;
dès que les Repréfentans de cette Province n’y prirent êc n y
purent prendre aucune p art, on ne voit pas quel avantage
elle voudroit en tirer aujourd'hui, êe on peut lui recom­
mander , ce femble , avec fondement , de garder pour
elle-même l’avis officieux q u elle donne aux autres : ipjî
viderinî.
ixam.p iis&amp;A-i. §.

I V . Traité entre Thilippe-le-Ed G* Charles II. pour le

tirage du fe l en 1 3 0 1 , Lettres patentes de Louis XI. pour le
même objet, des 20 Juillet 14.71 G1 28 Septembre 14.80.
L es deux dernîeres Lettres ne font que l ’exécution des
premières ; elles ne difent rien par elles-mêmes, &amp;c on ne les
a produites que pour faire voir que le traité de l ’an 1302
avoit été exécuté , jufqu’à ce que la Provence ait été réunie
à la Couronne de France. Il fuffit donc de voir laquelle des
deux Puilfances ou des deux Provinces, les termes du traité
primitif paroiffent favorifer pour la propriété du R hône ; car
cette propriété n’étoit point conteftée. O n traitoit Ôt on
agiffoit fuivant les idées reçues. T ous les falins refpe&amp;ifs
furent vilités 6e examinés par les Commilfaires des deux
Princes; ceux du R oi de France font déclarés être dans la
Scncchauffée de Beaucaire ôc de N îm es, &amp; fon reifort endeçà 6c aux environs du R h ô n e , citrà G1 circà Rhoianum.
Ceux du R o i de Sicile , tant ceux qui exiftoient alors que
ceux qui pouvoient fe former à l ’avenir, tam prefentibus quàtn

�117,
fuiuris : claufe qui n’eft pas employée pour ceux du R o i de
France , font dits être fitués dans le Com té de Provence,
tant dans les ifles du R hône qu au - delà &amp; aux environs du
f l euve, in comitatu Provincial ïam in infulis feu infra infulas
in famine Rhodani conflitutas quàm ultrà O circà Rhodanum;
&amp; on ne peut pas dire que tant les unes que les autres de
ces expreilions ayent échappé au Rédacteur du traité , puiC
qu’elles lont toutes répétées dans le préambule êt dans le
premier article, Si toutes les ifles de tous les bras du Rhône
n’avoient pas appartenu St dû appartenir au Roi de Sicile en
fa qualité de Comte de Provence, on ne fe feroit certaine­
ment pas exprimé en ces termes. L e Défenfeur du Langue­
doc veut les réduire à la Ample ifle de Camargue. On convient
que deux des falins déügnés dans le traité y étoient fitués {a) i
on convient encore que s’il devoit s’en former à l ’avenir ,
c’étoit furtout dans cette ifle , à caufe de fa grandeur ôt de
fon aîtenance à la mer ; mais on ne convient pas qu'il ne pût
s’en former que là ; ôc les Parties intervenantes au traité ne
le penferent pas non p lu s, puifqu’au lieu de fpécifier feule­
ment cette ifle , comme ils auroient dû le faire dans la fuppofltion contraire , ils les énoncèrent toutes , &amp; reconnurent
qu’elles dépendaient du Comté de Provence. Il eft clair que
s’il y en avoit eu une feule dans le petit R h ô n e, qui eût dé­
pendu de la Sénéchauffée de Beaucaire ôt de N îm es, &amp; en
cette qualité du R o i de P’rance, on l ’auroit comprife dans
la déflgnation générale. Il ne l ’eft pas moins que fi les ifles qui
pouvoient s’y former à l'avenir euffent dû en dépendre, on
lui auroit réfervé la même faculté qu’on réferva au R o i d e"
( a ) C e u x de Nore-Dam e de la M e r &amp; de M a n ic a B a lz an a .
C e ’tti de la V .
e étoit fur la te rre fe rm a d e P ro v e n c e dans le te r r o ir d ’A rle s ^
O n ig n o re la. lîtu a tio n de c e lu i de L o n a lo n g a ,

�Y

p. sv, *i.

1 18
Sicile pour les nouveaux falins, futuris ; &amp; cet arrangement
eft le feul qui puiffe s’accorder avec les preuves de poffeflion
des iiles du Rhône que la Provence a produites en différens
endroits de fon premier Mémoire.
T ous les raifonnemer.s vagues qu’on voudroity oppofer »
ne fçauroient détruire des titres clairs ôc précis , ôt qui tien­

nent fuccefüvement entr’eux par une chaîne non interrompue,
v. k pasç. S6 &lt;tu Mais le Languedoc fe garde bien de rapporter la claufe

Mcm. de laProvcr.cc.

°

w

*

1

du traité qui conferve les Propriétaires des péages dans leurs
droits : c’eft que ces péages appartenoient aux Provençaux;
&amp; il eft difficile de croire que le lit du fleuve appartienne à
une Puiflance différente de celle qui poffede ces péages.
Lïsro. p. 11J &amp;fuis. §, V . Lettres patentes du Roi Louis X II. du 13 Avril 150p.
L e Languedoc fe fait encore à lui-même des avantages à
l’occafion de ce titre, en difant qu’il n’ y eft point queftion
de conteftations entre les Corps des deux Provinces , mais
que le R o i n’a v o u l u , p a r ces L ettres, renvoyer au Grand
Confeil que des Procès entre Particuliers. L ’on peut voir
page 39 de notre Fvécapitulation , que nous ne les avons pas
préfentées fous un autre afpeift , &amp; que quels qu’ayent été les
efforts du Languedoc pour dénaturer, dans fon Exam en,
ces Lettres patentes , les indudHons que nous en avons tirées
n’en fubfiftent pas moins dans toute leur force.
§. V L

Quatre Lettres royaux des 13 Avril 1 535, 19 Mars
154.3, Septembre 1 596, G* 3* Janvier 1629.

L es Etats de Provence ont produit ces quatre Lettres
.comme des titres qui manifeftent, fans équivoque, que le R oi

\
I

�1X9

poffede le Rhône comme Com te de Provence. Par les pre­
mières, François Ier. maintient les Habitans à"1Arles &amp;ans le
droit excluOf de pêcher dans la riviere du Rhône, autant que
fe contient le territoire décries, &amp; femblablement aux marais
dudit séries.
Par les fécondés de i £43 , » les Commiffaires du Pvoi dé» putés pour la vente de fon Domaine de Provence, vendent
» le Port de Confolde que le R oi tient fur la
»
»
»
»

p e t it e

brafïiere

du Rhône D E d e - l a l ’ifle de Camargue , de môme les droits
que ledit Seigneur prend ou a coutume de prendre fur le
paffage dudit P o r t, à la charge de payer 180 liv. par au
au Receveur du Domaine de Provence, ou à fou Receveur

» d’Arles , fauf le rachat perpétuel, « lequel a été exercé
par la fuite; enforte que le Receveur du Domaine de Provence
afferme encore ce péage.
Plenry I V . avoit donné celles de 1596 pour l ’aliénation
des iflcs ôc attériffemens du Rhône qui lu i appartenoient en
fon Pays de Provence.
Enfin celles de x6"27 avoient pour objet de vérifier les
autres ifles &amp; crémens qui pouvoient relier à aliéner dans le
Rhône ; elles font adreffées à la Chambre des Comptes de
Provence.
V o ici les réponfes du Languedoc à ces titres décififst
» Ces Lettres font des aôles par lefquels nos Rois ont exercé
» fur le Rhône ce droit de propriété comme Comtes de Pro» vence, en attendant qu’il leur plaife d’exercer le môme droit
» en qualité de Rois de France.

. .

Exam. p. &amp;&amp;

.

Avec une pareille logique, on répond a t o u t ; mais aufîl
l’on fournit à fon Adverfaire les mêmes réponfes, fi l ’on peut
appeller ainfi un fubterfuge aufii puérile.
» I l faut convenir, ajoute-t-on, que chacun de ces titres

%

�T 20

» autorife la Provence pour le tems auquel îl appartient, k
» jouir des droits qui y font énoncés, tant fur la Camargue
» que fur h grande bradiere du Rhône.
Q u o i ! ces titres ne donnent de droit que fur la grands
brafhere du R h ô n e , tandis qu’ils dénomment formellement
(celui de 1 5:43) la -petitebrafllere : ils ne donnent de droits que
dans la Camargue, tandis qu’ ils en donnent textuellement en
de là de 1 ifle , tandis qu’ils énoncent le Fort de Confolde
qui tfl fur la petite brafllere
en de-là de l'ille ! O n a peine
à croire qu’un pareil genre de défenfe foit employé de l’aveu
des Adminiftrateurs du Languedoc. I l eût mieux valu palfer
fous filence ces titres accablans, comme le Languedoc en
oublie tant d’autres, que d’y faire des réponfes de cette
efpece, pour finir par dire que ccs monumens ne font que
des preuves de la condescendance de nos Rois de laijjer fubfifler
une pojfeflïon illégitime Cf préjudiciable aux droits de leur Cou­
ronne. Ainfi nos Rois trahiiTent les droits de leur Couronne
quand ils font affermer à leur profit, comme Comtes de PrOr
vence , les ifies ôc attériffemens &amp; les péages dépendans de leur
Domaine de Provence. Quand on fait de pareils raifonnemens ,
il faudroit prendre un ton plus modefte que celui qui caracterife la défenfe du Languedoc.
§. V I I .

Lettres des 12 Janvier 1532 &gt; 23 Août 15 5 7 ,
G* 17 Décembre 1375.

Il faut porter le même jugement de tout ce que dit le
Languedoc fur ces deux titres. Par celles de 1^32 , Irançois
Ier. comme Comte de Proven ce, confirme le bail fait par la
Chambre des Comptes de P ro ven ce, de deux ifies , k la
Cçmmunauté de Barbantane. Henry I I . parcelles de i? S 7 &gt;
confirme t

�confirme) comme Comte
mêmes ifles.

î 21
de Provence, d’autres baux des

Suivant le L a n gu ed o c, ces Lettres patentes données par
nos Rois eux-mêmes » font des titres que la Provence s’eft
» faits à elle-même , des entreprifes ou dés aûes émanés de
» l ’autorité ou Jurifdi&amp;ion d’une feule Partie, en l ’abfence
» ou à l’infçu de l ’autre, c’eft-à-dire à l ’infçu ou au détriment
» du R o i , vrai Propriétaire du Rhône par droit R o yal «. O n

Ewm.p.n».

a de la peine à en croire fes yeux , lorfqu’on lit de pareilles
chofes.
§•

VIII.

Inféodation faite à Antoine P etit, de Vife de

E»m*.P*I3Ii

Trefbon, du 20 Février 1 y 35?. Lettres patentes &amp; Arrêt
du Coitfeil de Septembre 1 611.
C e feroit fatiguer le Confeil que de répéter les mêmes
réponfes aux mêmes paralogifmes. * L ’Arrêt du Confeil de * V. les préretiens
1 6 1 1 , rendu en faveur de la Jurifdiflion du Parlement de v.-nec far «stitres.
Provence, far les ifles &amp; accroiflemens du R h ô n e , ne juge
rien, fuivant le L anguedoc, les Lettres patentes font à fes
yeux les effets des moyens artificieux que la Provence met
en ufage depuis longtems pour couvrir l ’autorité de nos Rois
comme Comtes de Provence , &amp; c. La défenfe du Languedoc
e ft, comme l ’on v o it, aufli honnête que convaincante.
§. I X . Vente &amp; cejfion de quelques crémens, i f es &amp; pâtis
dans le tenitoire &amp; difricl de Bculbon , faite le 1 6 OBlcbre
1544 , par les CommiJJ,aires des Domaines du Roi en
Provence.
Le [leur de Boulbon, dit le Languedoc , s’étoit emparé des
Q

Exam.p.

�ijles Cf accrcijfemens de la riviere du Rhône, étant dans le ter­
roir dudit Eoulbon , au préjudice des droits que le Roi a fur le
Rhône, en fa qualité de Souverain 6c Comte de Provence»
Les CommiJJaires députés par Sa Majejlé pour la recherche ôc
iéunion de fon Domaine aliéné au Pays de Provence , fe faijlrent de ces terreins pour la confervation des droits du R oi, Cf
enfuite enfirent en fon nom vente ........... au fieur de Boulbotu
IL réfulte clairement de cet aéte, qu’on qualifiera comme on
voudra, que les objets vendus appartenaient au Roi , comme
Comte 6c Souverain de Provence , 6c c’eft tout ce que les
Etats deProvence ont voulu en inferer ; car ayant été dans tous
les tems antérieurs à leur réunion à la Couronne , en poffeffion du Rhône ôt de fes dépendances, ils ne peuvent com­
munément donner que des preuves de d é ta il, mais q u i, par
leur multiplication , em bralïent, on peut le dire , tous les
points du Rhône. Il en réfulte encore que d’après les propres
aveux du L an guedoc, les Magiftrats de Provence veillent à
la confervation des droits de la Couronne, 6c n’employent
pas toujours des moyens artificieux pour les ruiner.
L es Juges qui font exempts des préventions des Parties p
verront qu’en 1544 les ifles ôc crémens de ce fleuve
vis-à-vis B ou lbo n , appartenoient au R o i en fa qualité de
Souverain ôc de Comte de Provence ; ils en conclueront que
toutes les autres ijles Cf crémens du fleuve lui appartiennent en
la meme qualité : il n’y a qu’une opinion aufli raifonnable
qui puifle mettre celui qui foutiendroit le contraire , dans le
cas de le prouver autrement qu’en n iant, ou en déguifant
tous les actes ôc tous les faits ; elle doit furtout mettre les
Parties intéreflées à l’abri des entreprifes 6c des véxations
d’un voilin ambitieux qui, fous le prétexte de quelques Arrêts
rendus contre des Particuliers qui nont ni fçu ni pu fe dé-

�123
fendre , ne cefle d’inquieter la Provence &amp;c fes Habitans. Tant:
qu’on laiüera lubfifter l ’opinion du point de droit que le Lan­
guedoc s’eft formée de fa propre autorité , il naîtra tous les
jours des queftions défait capables de troubler l ’ordre Ôc de
ruiner les Parties ; la plupart aimeront mieux racheter leur
repos par une contribution illégale , mais paffagere, que de
venir foutenir une Inftance au C o n fe il, pour des objets qui
n’en valent le plus fouvent la peine que par les conféquences.
L es Etats de Provence efperent que l’examen qu’ils viennent recapituiauow
de faire des 18 titres particuliers,achèvera de mettre leurs droits
dans le plus grand jour. I l en réfulte en effet que depuis le 6e.
fié c le , &amp; fans doute antérieurement, le territoire de Pro­
vence ou Comté d'Arles embraffoit les deux rives du R hône :
que la portion de ce territoire connue dans le moyen âge fous
le nom d'urgence , devint, dans le neuvième fié c le , propre
aux Archevêques ôc à l’Eglife d'Arles : que les Comtes de
Tculcufc ou de Saint Gilles s’en emparerent fur eux dans le
onzième fiécle par force ôc fans titres : que quoiqu’ils euffent
reconnu folemnellement leur ufurpation, ils n’eurent jamais
le courage de reftituer, ni les Archevêques d’ Arles le pou­
voir de les dépoffeder : que ceux-ci furent enfin contraints
de leur inféoder ce canton , ôc que c’eft cette inféodation qui
a fait perdre les traces de fon ancienne dépendance ; que ce­
pendant les droits que ces Archevêques exerçoient fur le
Rhône en vertu des conceflîons faites par les Souverains de
Provence, ne furent pas compris dans cette inféodation, ôc
refterent entre leurs mains : que le refie des mêmes droits
appartient aux Comtes de Provence, Vaffaux des mêmes
Souverains : que lors du partage de cet Etat entre les deux
Q U

�! 24
branches de la Maifon Comtale , le Rhône &amp; fes ifles relièrent
à celle qui repréfentoit les aînés, qui porta par préférence
le nom de Provence: qu’en effet depuis cette époque , on voit
cette branche en poffeffion de toute autorité &amp; propriété fur
les ifles du Rhône exclullvement à l’autre , ôc que cette pro­
priété a été reconnue par les Riverains de l’autre bord , ôc
notamment parles Rois de France dans le traité de l'an 1302,
traité qui a été fidèlement exécuté jufqu’à la réunion de la
Provence à la Couronne: que depuis cette réunion, nos
Rois ont continué à exercer leur autorité fur le Rhône en
la même qualité , toutes les fois qu'ils n’ont confulté que
l ’ufage ancien, &amp; qu’ils n’ont pas été entraînés parles faux
expofés du Langedoc ôc de fes Officiers : enfin que la Pro­
vence ayant toujours joui du Rhône , elle n’a befoin , pour
prouver fon droit , que de produire des aétes de cett: jouiffance ôc d’une poffeffion paifible, comme elle fa it, ôc que
cette poffeffion étant prouvée, comme elle l ’eft , loin qu’on
puiffe exiger d’elle des titres tranflatifs de propriété , c’eft à
elle à en demander à ceux qui forment des prétentions con­
traires, ôc qui les forment fans rien prouver, toujours de­
mandant des titres fans en rapporter, toujours s’érigeant en
Défenfeur des droits de la Couronne que perfonne n’attaque.
A R T I C L E

S E C O N D .

Titres produits par la Provence comme ènonciatifs. y
confirmatifs, Crc.
O n l ’a déjà dit , ôc on ne craint pas de le répéter
auffi fouvent qu’on nous l ’oppofe : il eft contre la nature
d’une poffeffion auffi ancienne que celle

que réclame la

�12? _
Provence pour le Rhône , de produire un feul titre tranfiatif
de propriété, dans le fcns que cette propriété lui ait été cedée
par un autre. C e feroit difputer la noblefTe aux premières
Maifons du m onde, fous prétexte qu’elles ne produifent point
de titre primitif, qui leur en accorde le droit. D e même que
celles-ci ne peuvent préfenter que des titres qui énoncent
leurs qualités: de même on ne peut exiger d’un Poffeffeur
ancien que des actes de jouiffance, &amp; lorfque ces a&amp;es ont
été multipliés fans effuyer de contradiction , on doit les
regarder comme des preuves inattaquables de propriété. C ’eft
le cas où fe trouve la Provence par rapport au Rhône. E lle
ne craint pas l ’examen des titres quel l e a produits , parce
qu’elle ne peut que gagner à éclaircir les difficultés.
§. I. Enquête de Van 1306. Articles préfentés aux Commijjaires
des Rois de France &amp; de Sicile, &amp; procès-verbal des mêmes
Commijjaires du mois de Décembre 1307.

F3S'

Ces trois a£tes ont liaifon par leur o b jet, ainfi il eft bon
de les réunir : on les a produits dans l’ordre où ils font inférés
dans les regiftres d’où on les a t k é s , &amp; cet ordre ne fera pas
difficile à juffitier , non plus que les prétendues contradic­
tions qu’il plaît au Défenfeur du Languedoc dJy trouver.
Dans la forme , l’enquête de 1 305 n’a aucune relation an­
noncée avec les deux aCtes fubféquens. L e Juge - Mage de
Provence , Lieutenant du S én éch al, fe trouvant à Tarafcon
le 1 5 de Mai 1 305, charge un Notaire de la même V ille de
fe rendre fur les lie u x , pour s’informer par titres &amp; par té­
moins , des droits dont la Cour du R o i fon Maître jouiffoît
ôt avoit joui anciennement dans fille de Stel. L ’objet de cette
commiffion n’eft pas annoncé : il fe peut que ce fut une ope-

i

1

�I 26
xation préparatoire de celle que dévoient exécuter les Com miffaires des Rois de France ôc de Sicile ; ôc dans ce ca s-là , il
y a apparence qu’il en fut expédié de pareilles pour les autres
ifles dénommées dans les procès-verbaux , quoique ce foit ici la
feule qui foie parvenue jufqu’à nous. O n la produit, Ôc on
devoir la produire dans le teins à la fuite des articles propofés
par le Procureur du R o i de Sicile, parce qu elle venoit à
l ’appui de ces articles, dont la date eft poftérieure d’environ
vingt mois ; ainfi cet ordre n’a rien que de fimple ôc de natu­
rel. La pofition de l'ille de Stel, qui en fait l’objet, n’eft pas
difficile à déterminer ; cette ifle étoit formée par la mer ôc par
deux bras du petit Rhône. L es dépolitions de tous les T é ­
moins font uniformes 1à-d elfes ; ainli il faut la chercher dan*
la partie la plus méridionale ôc la plus occidentale du petit
R h ô n e , ôc environ à la hauteur de Peccais. Audi un des
Témoins du lieu à!Æguefmortes, pour affurer fa dépofition
toute favorable au R o i de Sicile pour la pofTeffion de tous
les bras du Rffiône, ajoute que EermoJid d'Ufe\ , qui avoit
vendu Peccais à la Cour du R o i de France, n avoit vendu
que jufqu’au bord du Rhône ôc non au-delà, ufque ad ripam
Min.iktsBg-l * u Rhodani G

non ültrà. C ’étoit en effet de ce Seigneur que

Peccais avoit été acquis au mois de Février 1291 , pour être
réuni aû Domaine. Auffi la partie feptentrionale de l’ifle de
Stel ne pouvoir pas remonter jufqu’à Silvereal, ou commence
la petite Camargue , dont l ’origine eft moderne ôc connue : il
faut la rapporter à peu près au tems où l’on conftruifit le
canal de Silvereal ; M . de Riquet, qui en fut l’auteur, rejetta
toutes les eaux du Rhône dans un nouveau lit qu’il s’étoit
creufé ; ôc tout ce qui étoit au couchant renfermé entre le
canal ôc l ’ancien lit du Rhône , a confervé le nom de petite
Camargue, ôc eft refté terrein de Camargue.

�127

Cette enquête n’a pas la même autorité que fi elle eût été
faite enfuite ôc en vertu de la commifiion des deux Rois : dans
ce cas-ci, ce feroit un Jugement inattaquable de propriété:
au lieu que dans l ’état ce n’eft qu’un titre de jouiffance qui ne
peut être attaqué que lorfqu’on lui en oppofera un autre de
même nature, fait à peu près dans le même tems. En atten­
dant , voyons ce qu’elle renferme.
Treize T ém oin s, dont cinq du lieu d’Aignefmortes ôc Sujets
du R oi de France, dépofent tous unanimement ôc avec fer­
ment , que fuivant la connoiffance qu’ils en ont depuis 30 »
4 0 , yo ôc 70 ans, cette ifie eft del à Jurifditlion du R oi de
Sicile, ainfi que les deux bras du R hône qui la form ent, ôc
qui eft en entier du même Prince jufqu’à la mer. Les preuves
qu’ils en donnent font i°. qu’il n’y avoit que les Sujets du
R o i de Sicile qui euffent le droit de pécher dans les deux braA
fieres ; qu’ils en chaftoient les étrangers, tels que les Habitans
de Bcaucaire, d'Aiguefmortes, ôcc. 20. que le Baille ou Bailli
du Château déAlbaron venoit tous les ans fur les lieu x pour
affermer le droit que la Cour du R oi de Sicile avoit à perce­
voir fur les alofes qu’on prenoit dans les deux braflîeres: un
des Témoins en avoit été le Fermier ô c l’Exaéleur: 30. que
cette même Cour percevoir tous les droits de bris ôc de
naufrages faits dans les deux braftieres, dont elle ne gardoit
que le tiers , donnant le refte à ceux qui avoient découvert
Ôc indiqué les bâtimens naufragés ; plufteurs des Témoins
en avoient eu leur part: 4 0. que le R oi de France ne per­
cevoir rien de ces droits.
enfin que la Jurifdiélion appartenoit exclufivement au R oi de Sicile ; ôc un des Témoins
ajoute qu’ayant rencontré dans J’ifle un Habitant d'Aiguefmortes, nommé Julien Raoul, dont il avoit à fe plaindre, il
le maltraita, de quoi Julien porta fa plainte à la Jurifdiclion

�123
de Notre Dame de la Mer. Des dépofitions aufïi précifes 51

Eatn.p. i4j-

suffi unanimes , ne laiiTent aucun doute fur l ’objet de la
queftion , à moins qu’on ne foit décidé à nier tout.
L e Languedoc voudroit balancer &amp; compenfer les dépofitions, fur ce que d autres Témoins , même Provençaux, depofent
au contraire , que la Alaifcn de Saint Gilles en Languedoc, avoit
fes pâturages dans cette i j l e ....................... que l’ijle de Stel
appartenait à la Maifon de Saint G ille s ...................... que les
Officiers de la Juftice cVÆguefmortesy exerçoient leur Jurifiliction, G y avaient fait brûler une femme quelques années aupara­
vant ; qu'il y a même un Habitant de Notre-Dame de la Mer
qui certifie que lui Témoin s’étant tranfporté avec quelques autres
dans l'ijle de Stel, ils y avaient tous vû le poteau à demi brûlé,
auquel cette femme avoit été attachée , &amp; quils l'avoient renverfe par %ele pour la Jufùce de Notre-Dame de la M er, qui
çlierchoit donc alors à s’ établir dans cette ijle. Enfuite il laijfe à
la Provence le foin de concilier toutes ces contradictions, Cy d'ex­
pliquer comment il a pu fe faire que des Habitons d'Aiguefmortes, Sujets du Roi, ayent répondu à des ajfignations qui les
appelaient en Provence devant les Officiers Provençaux , pour y
certifier que la France n avoit point de droit fur l'ijle de Stel, O
comment des François ont pu porter des plaintes dans les Tribu­
naux de Provence , 6* reconnaître pour Juges des Officiers Pro­
vençaux précifément contre les droits d'un Tribunal François.
L e peu d’exactitude qui régné dans tout cct expofé d’un
bout à l’autre , n’annonce-t’il pas combien l ’on craint la lui
rniere que ce titre porte fur l ’affaire ?
'*
i ° . C e ne font point d’autres Témoins, ce font les mêmes',
qui loin de dépofer au contraire, certifient tous que l ’ifle de
Stel eft de la Jurifdiction du R o i de Sicile. Quelques-uns à la
vérité

�*
jy
vérité ajoutent, non ce qu’on leur fait dire, maïs ce qu’on
voudroit faire croire qu’ils ont dit.
2°. Q uelle eft cette Maifon de Saint G illes qui avoir les
pâturages dans fille , ou à qui elle appartenoit ? Il feroit ImpolTible de la découvrir, fi le monument même ne désignait la
Maifon du Tem ple de S. Gilles; mais fAdverfaire, en nommant
celle-ci , failoit tomber toute la preuve qu’il pouvoit en
tirer, parce qu’elle tenoit à un Ordre protégé en ce tcms-là par
tous les Souverains de 1 Europe, &amp; dont les privilèges particu­
liers pouvoient dilfiper les nuages qu’on vouloir élever. L e pre­
mier desTémoins après avoir alluré que les Sujets de tout autre
Prince que le R oi de Sicile ne pouvoient lien faire-dans fille de
Si cl , ajoute, excepté les Templiers de la Ivlaifon de Saint
Gilles q u ij ont le pâturage pour les bejliaux de ladite Maifon (a)Dans la rédaction delà dépofition d’un autre T ém o in , après
la même affertion qu’avoit faite le premier, on ajoute Ample­
m ent, excepté les Templiers ci-devant dits. Enfin le premier ^

(

desTém oins d ' Aigufmortes dit que VijledeStelejl de la Jurif- &lt;l"“ dliih‘
diction du Roi de Sicile, &amp;e que cependant, la propriété en efi:
au Tem ple. Dixit quoi diclum Stellum ejl in Jurfdiction? Domini nojlri Jerufalsm &amp; Sicilioe Regis, tamen proprietas ejl T em­
pli. On demande s’il y a la moindre contradiction dans ces
dépolirions ; &amp; que fera-ce fi elles font conformes aux monumens de fhifioire ?
En e ffe t, la Maifon de Barcelonne devenue maitreffe de
la Provence , étoit lingulierement attachée à l ’Ordre' du
Temple. Raimond Eerenger IIIe. du nom , embraffa (b ) cet
initient en i x j i . Æphonfe I. fon petit fils, R oi d’Arra(a) £: non. au: homi/us aiterius regionis, nec etiam. in diSlâInruli aihjuid faerre;
exc^tis Templariis Domus Templifanffi Ægidii qui liaient ibi pafeua amidalibus Mat
Domus.
G ) V. Marc. Hifp. pag. 4jm , 458 , 74*; &amp; Marten, Coll, ampl. t. t , p. 7o,'.

R

�1
g o n , &amp; Marquis de Provence, (a) accorda àTO rdre au mois
de Mars i i6p ( 1 170 ) , la permifiion de faire dépaître fes beftiaux dans toute la Provence ; permifiion qui fut confirmée
par le Comte Alphonfe II. le 13 Décembre 1202 , &amp; par Rai­
mond Berenger V . le 22 de Novembre 1 2 3 5 , avec tous ^es
autres privilèges accordés à l’Ordre par leurs Prédecefleurs.
Ainfi il étoittout fimple que la Maifon du Tem ple de Saint
G illes, la feule voifine de lille de Stel, profitât de la faculté
qui avoit été accordée à fon Ordre. Si l ’on infifte fur la dépofition du dernier T é m o in , &amp; que l ’on veuille que la pro­
priété de cette ifle appartînt à cette M aifon, outre que la
propriété ne décide rien pour la Jurifdi&amp;ion , il ne feroit pas
difficile de montrer que l ’Ordre tenoit de grands biens de la
1 ^ ’ a"'decîaina- libéralité des Comtes de P roven ce, &amp; notamment de celle du
lor’ n I*
même Alpîionfe I. dans le voifinage de la Camargue ôc de Saint
Gilles : ôc il y a encore à celui de Peccais &amp; de la mer , un
canton qu’on appelle Vljlel de Saint Jean ôc l’IJlel de la V ille,
formé par deux branches atteries du Fvhône, dénommées le
Rhône v if ôc le Rhône m ort, Ôc qui doit être l ’ancienne ifie
de Stel.
Mais qu’importe cette identité ? Il nous fufiit d’avoir montré
que bien loin qu’il y ait de la contradiction dans les dépofitions des Tém oins, ce qu’on veut donner pour tel, eft con­
firmé parles monumens du tem s, &amp; montre au contraire que
ces Témoins étoient des gens très-inftruits. Au refie , il ne fera
peut-être pas inutile de rappeller ici que ce même Alphonfe I.

( a ) Arch. du Grand Prieuré de S. G illes, titre de la Command. de Marf, art.
Solegues , n. l a , &amp; privüeg. des Comtes de Prov. n. 6 &amp; 9 , cités dans i’Hift.
mlT. du Grand Prieuré de S. G ille s, ciiap. de l ’P /ift. Je lu Province de Provence
de l’Ordre du Temple, cornpofée par feu M.Raybaud Avocat, qui avoit été plus
de jo ans Archiviste de te Grand Prieuré.

�accorda (a) en T i7 p à l ’Ordre du Temple, franchife de toute
forte de péages fur toutes les rivières de Provence, &amp; notam­
ment fur le petit Rhône in Rodaneto : ainfi on ne lui fait point
de grâce, en lui adjugeant &amp; à fes SuccefTeurs , une ille for­
mée par les divifions de cette même branche: aulli v o it - o n
par l ’enquête de 13 y4 produite fous le n°. 34 d e là première
Requête, que la Provence continua de jouir de Pille de Stel.
30. Si les Témoins eulfent dépofé que les Officiers de la
Juftice d’H iguefmortes exerçoient leur Jutifdiéiion dans P ille,
la Provence auroit certainement tort d’y former la moindre
prétention ; mais on ofe le dire, où font ces Tém oins? E t
ceux à qui on prête une pareille dépofition, ont-ils dit ce qu’on
leur fait dire ? L e premier de tous les Tém oins entendus, qui
devoit être fort â g é , puifqu’il dépofe de 70 ans ôt p lu s,
ajjiire que l'ijle de Stel &amp; les deux brajjleres qui coulent des deux
côtés, ont toujours été fans aucune contradiction fous la Seigneu­
rie du Roi de Sicile, G* qu'il na jamais rien f ç u , vû ni entendu au
contraire ,f i ce nefl en dernier lieu , qu’on dit que le Roi de France
ou fes Officiers j forment des prétentions , comme étant du D o ­
maine du Roi de France, ce qui n'ejl point. Quod verum non ejl.
Et un autre Témoin qui dépofe de 40 ans &amp; a u - d e là ,
ajoute aux alïcrtions com fri unes &amp; unanimes fur la Jurifdiction de l ’ifle, que les années precedentes, iis præteritis annis,
■ Pierre Flugcleni alors Brûle de Notre-Dame de la M er, ayant
appris que les Officiers du Roi de France à Higuefmortes, avaient
fait brûler unefemme dans cette ijle, s'y tranfporta avec le Dépofant GJ plufieurs autres Habitons de Notre-Dame de la M e r ,
trouva le poteau à demi brûlé, G* l e f t arracher pour la conferva( a) Bouche, tom. 2 , p. i f &amp; , il y en a un viàimus du 3 A vril 1420 , dans le*
regiftre; de Guillaume Bertrand Notaire d’Arles,
R ij

�152

tion du droit que la Cour Royale ( de fon Maître ) y avoit de toute
ancienneté. V oilà tout ce qui en eft dit : en comparant cet
extrait qui eft très-littéral avec celui qu’en a donné le Lan­
guedoc , en verra s’ily a d'autres Témoins qui dépofent au con­
traire, file s Officiers de la Jufice d’Aiguejmortes y exerçoient
leur Jurifdiciion G c. Et enfin (i c etoit celle de Notre-Dame de
la Mer qui cherchoit alors à s'établir dans rifle. L a Provence
fe croiroit fort à plaindre (i tlle fe voyoit obligée d’alterer les
pièces pour foutenir fa Caufe.
Il eft aifé de fentir qu’il n’y a aucune contradiction dans
ces dépolirions : li perfonne n’eût élevé des prétentions fur
l ’ille, l’enquête eût éré inutile, &amp; n’eût pas eu lieu. C e furent
les entreprifes des Officiers ü’y'Jiguefmortes qui la rendirent
néceflaire i &amp; il étoit dans l’ordre que les Tém oins qui en
étaient inüruits, en parlaient dans leurs dépofitions. Leur
exaditude à cet égard qui eft prouvée par les monumens du
teins , pour les points étrangers à l’enquête , comme pouf ceux
qui en formoient l ’o b je t, fortifie même leurs témoignages ;
&amp; il n’y auroit de contradiction que dans le cas où quelqu’un
eût dépofé en faveur des prétentions des Officiers d’/liguefmorles. 11,faut que le Languedoc ait bien mauvaife opinion de
la lineétité des Kabitans de cette V ille , puisqu'il ne peut
expliquer ni comment ils fe déterminèrent à dire ce qu’ils
croyaient eue la vérité, ni comment on pût les attirera NotreDame de la Mer pour cette procédure. Mais outre qu'il eft
difficile , pour ne pas dire impofuble , d’c-tre au fait des for­
malités que Pon devpit faire, en ce tems là , &amp; de Celles qui
furent faites, il fe peut très - bien que ces Témoins fe troitvaflent fur les lieux , &amp; que i’occaP.on fit qu’on les affignat.
B a ille u rs , quand ms faits fo n tconftans,.&amp; qu’ils n’impliquent
pas de contradiction phifique: on n’eft pas obligé de déyelop-

�135
perles moyens qui les ont amenés, ni la maniéré dont ils fc
font palTés.
20. La Provence n’a jamais regarde ni produit les articles
prdfentés par Jacques Aràoyn, Procureur du Comte de Pro­
vence , comme des décidons, mais Amplement comme des
moyens de décidon. Sans doute qu’il faudroit leur oppofer de
même ceux de Mathieu de Matines, Procureur du Roi Philippe
le Bel; &amp; ce ne fera qu’alors qu’on pourra décider qu’ils valent
bien les autres. Jufques là il paffera pour confiant, que la Provence offrit de prouver comme une vérité confiante &amp; notoire,
que les files dont il étoit queftion avoient toujours dépendu
d’elle;. &amp; tout au moins que Mathieu ne propofa aucune
preuve contraire ; peut-être même que les Juges qui auront lu
avec attention le procès-verbal dans toute fon étendue , en
concluront que les longueurs &amp; les tergiverfarions qu’il y
apporta , donnent lieu de croire qu'il n’avoit rien à produire ,
ê: qu’il crut de 1 intérêt d e fa C a u fe , de la iaifier traîner en
longueur..
3q. L e procès-verbal des deux Evêques ne juge rien fur les
objets contefiés , il eftvrai : mais il cfi aifé de voir par les dires
des deux Parties , qu’on ne croyoit pas alors que le Comte de
Provence fut exclus de toute propriété furie Rhône , comme
on le prétend aujourd’h u i, &amp; qu’il ne tînt pas à fon Procureur
que les cii'fiérendvS ne furent di feu tés &amp; décidés, puifque dès.
la prend ere alïignation etc \*r p ê t à p ré!
v .rom-ireur du R fi c.e Fr ance dernai
que 1rZ&gt;D,
fous 'p r é tex te cu ’i-i ni é t Oit | £S infiruit; &amp;
il dc^panda encore la P U i .,'p:ation d’i.m
taufe de l'rbI
force üe fon Àvoçat y ‘ e fm que
X ia ce ni
ecncl ure

nia ce GV.'V: n c r n( !JS &amp; iqu on appellera tou*jours des teigiverLûm
.die dtuais &amp; qui ne jufiifie guère3

Exam. f. i , 5 .

�m

le ton avec lequel PHiftorien du Languedoc avoit raconté
cette affaire.
Sans répéter ce qui a été dit à ce fujet dans le premier
Mémoire de la Provence, on voit clairement par le procèsverbal j que le R oi de France ne formoit aucune prétention
fur les ille s, ou accrémens joints à la rive orientale du Rhône »
au lieu que le R o i de Sicile en formoit fur des terreins unis,
à la terre ferme de Languedoc , &amp; que c’étoit ici la principale
défenfe du Procureur dvt premier par rapporta Pille Bertrand.
Lccus Ecrtrandi non efl infula injlumine Rodani ftuata , fed eft
pendus citra jlumen Rodani, G dato quodreperiretur aliquo tempore infula fuijje , nunc G diu e jl, infula défit ejje; nec e f in
flumine Rodani .fed . . . . ccnfolidata terrœ. Domini Regis Francise
feufucrum Vafallcrwn G eft citrà Rodanum. Nous n’avons pas
les articles qui durent avoir été dreffés pour cette-ille, dont
la propriété fut renvoyée à examiner après toutes les autres;
mais il y a apparence que le Procureur du R o i de Sicile auroit
avancé que ce terrein avoit toujours dépendu du R o i fon
Maître , fie qu’il ne devoit pas en être dépouillé par la feule
raifort que le Rhône avoit ceffé de couler fur celui qui la
féparoit de la terre ferme ; fie pour preuve de ce qu’il avançoit,
il n’auroit pas manqué d’alléguer deux faits récens alors , &amp;
que nous connoiffons encore malgré le IzfS de tems ; c’eft
qu’en 1282 , Charles I. Comte de Provence , avoit fait don à
Air. du Ct&gt;nf.
May 1691. p. 4..

Rofain de Ganielme de cette même ifle Bertrand, fituée dans
la Jurifdicüon de Boulbon , ôt que le Sénéchal de Provence
adreffa le 28 Juin 1298 , à fon Lieutenant à Tarafcon , une
commüTion pour failir le F ie f de Boulbon , ôc les ifles de Me%oargues fit de Bertrand qui en dépendoient : il y a toute appa­
rence que cette commiffion eut fon effet, car nous voyons par
le récit des Hifforiens de Languedoc , qu’en î j o y l’ille Ber•

�trand appartcnoit à Rojlain Gaucelin, Seigneur de Romany :
o r , ce Fief-ci efl un F ie f de Provence qui étoit depuis longtems dans la Maifon de Gantelme: on le confifqua fans doute
.

,

en 125» 8 avec Pille Bertrand, ôc Charles 11 . gratifia de l ’un ôc
de l ’autre Rojlain Gauceiin qui étoit d’une famille ( a ) noble
deTarafcon. C ’étoit à ces deux preuves qui font viérorieufes
au fond, que devoit répondre le Défenfeur du L an gu ed oc,
au lieu de s’attacher i° . à donner du foupqon fur l ’autenticité
du procès'Verbal , fur ce qu’aux lettres de Philippe le Bel, le
mot Roberti s’eft glilfé dans le Mémoire de la Provence, par
erreur de Copifte ou d’imprellîon, tandis qu’il y a , &amp; qu’il
doit y avoir dans la pièce le mot Caroli, ( Exam. pag. 1 y 5 ^ )
&amp; 2°. à une vente particulière faite d’une portion de Pille
Bertrand, le p Février 1227 ( 1228). Il efb indifférent que
l ’Acquéreur fut d’sîramont, ôc le Vendeur de Boulbon ; mais
ce qui n e l’efî pas , &amp; qu’on ne peut pas difputcr, clf que le
terrein vendu fût de la Jurifdidion &amp; de la mouvance du
F ie f de Boulbon. Fgo Berengarius de Buïbone laudo &amp; confirmo
vobis prœdictis emptoribus &amp; veflris, falvo mihi Cr meis Dominio
(y jure leudi. C?c. ôc c ’elt-là ce qui confiitue la vraie dépen­
dance : aufli voit-on dans les articles de Pan 13&gt;4 , produits
fous le n°. 34 de la première Requête que Pille Bertrand étoit
un démembrement ôc une dépendance de celle de Ale^oragues,
&amp; que les Seigneurs de Boulbon y percevoient les lods &amp; ventes.Comment ofe-t-on demander pourquoi le Comte de Provence
n intervint pas dans cette vente ? Parce qu il n’y avoit réelle­
ment que faire ; dès que le terrein avoit été inféode au Sei­
gneur de Boulbon, celui-ci feul avoit intérêt aux ventes qui
( a ) P ie rre G a u c e lin é to it S y n d ic de la C o m m u n a u té d e T a r a f c c r r , ftiivant la
tran fa âio n du 7. S e p te m b re 1 2 2 6 . , d o n t il fera p a rlé dans le $ . V U I .

Bouche, t. »,
3P5*

�s'en fai (oient, &amp; il en reportoit l'hommage à fon Suzerain le
Comte de Provence , (hommage qui lui avoit été prêté pour
plufieurs ifles de Me\cargues, &amp; nommément pour celle de
Bertrand au mois de Mars 1 2 J 2 , ainfi qu’on le voit par la pièce
produite fousn®. 27 de notre fécondé Requête:) il faut avoir
bien envie d'obfcurcir les chofes pour trouver de l’obfcurité
dans celle-ci.
I l eft vrai que le terrein fut mefuré fuivant lamefure de
Beaucaire ; mais ce fut fans doute parce qu'on emprunta un
Arpenteur dans cette V ille , ôc jamais on n’a pu fe faire un titre
d'une pareille opération. En un m o t , tout eft dit quand on fe
rappelle que les procédures de 1307 ne dépouillèrent point
le Comte de Provence de la propriété de l'ille Bertrand, pu i f
que le 19 Août 1323, le Roi Robert adrelfa une commiflion
au Sénéchal de Provence , pour connoître d’un Procès con­
cernant des héritages fitués dans Pifle Bertrand,
T o u s les raifonnemens qu’on ajoute à cet égard , deviennent
inutiles. Q uoiqu’il ne foit pas dit précifément dans les eommiftions, qu’il étoit queftion de décider de la propriété du
R hône ou d’un partage , ce n’étoit pas moins 1 objet des deux
Cours, puifqu’il falloit décider de la propriété des ifles , ou
de certaines ifles du Rhône 3 &amp; il n’en eft pas moins vrai par
la leêlure des pièces, qu’on n’imaginoit pas alors que le R oi de
Trance pût former à aucun titre la moindre prétention fur les
terres attenantes à la Provence , &amp; que le R o i de Sicile ,
Comte de Provence , en forment fur des terres jointes au Lan­
guedoc. C e Ample coup d’œil fera voir lequel des deux Princes
paroilfoit avoir plus de droit fur le fleuve.
1S+L e Languedoc l'a bien fenti, puifqu’il voudroit, i°. faire
entrevoir qu’il n’étoit queftion dans la commiiTion, que de
terres attenantes aux deux rivages ; mais la feule enquête fur
1 rfle

�l ’ifle de Stel, prouve que c ’étoit réellement une iHe entourée
de bras du Rhône allez confidérables, pour qu’on pût y
pécher &amp; y naviguer. Il fe rejette encore fort inutilement fur
la différence des droits refpe&amp;ifs des Provinces ôc de ceux
de la Couronne. Sans doute qu’aujourd’hui que les deux Pro­
vinces appartiennent au même Souve ain, ils font très-différens ; aulfi la Provence ne réclame que ceux que voudroic
s’arroger Je Languedoc, &amp; reconnoît tous ceux qui appar­
tiennent à fon Souverain : mais au tems du procès - verbal
que nous examinons, les droits contentieux entre chaque
Province , l ’étoient également entre leurs Souverains. L a
feule lumière naturelle le montre ; &amp; on le verra bientôt
encore plus clairement.
2V. Encore une fo is, la quellion de la fouveraineté du
Rhône n’d l plus une quellion , depuis que les deux Provinces
riveraines font foumifes au même Maître. L es droits de la
Couronne font abfolument les mêmes ; &amp; elle eff aulli allurée
de les conferver d’une maniéré que de l ’autre : mais fi elle
n’a été mife en poffelîion du Rhône que par la Provence, fi
elle n’a joui réellement , &amp; de fa it, de fes droits fur le
Rhône, qu’autant q u elle a joui de la Provence, comme on
l ’a démontré, celle-ci eff fondée à réclamer une propriété
quelle ne peut pas avoir perdue par fa réunion, puifqu’à
s’en tenir au titre de cette réunion , elle ne doit rien
perdre.
5°. Comment le Languedoc a-t-il pû foutenir que les droits
du Roi &amp; de cette Province ont dû être féparés , lui qui a fçu
&amp; dû fçavoir, que depuis la mort dJAlphonje de Poitiers, &amp;
celle de Jeanne de Touloufe , fa femme, arrivées en 1271 &gt;
jufqu’à l ’Edit donné par le R oi Jean en Novembre 1361 ,
pour la réunion à la Couronne des Duchés de Bourgogne

S

E«m. p. i s g)

�138
Hift de Lang I
26 » t. 3 , p . j z j , &amp; 6c de Normandie j &amp; des Comtés de Champagne &amp; de Tou­
L 3 2-} t. 4 , p. 32 ç.
V . Rec. des Orcl. loufe , les Rois de France gouvernèrent les différens Pays dont

.

..

t* 4 &gt; p. 2 H , a n i
&amp; C atel. C tn ft. p.

.4S&gt;8.

ils avoient hérité par la mort de Jeanne, en qualité de Succejjeurs
des Comtes de Touloufe , comme Comtes particuliers de cette
V ille, Cf comme fi tous ces Pays eujjent compofé un Domaine
qui leur étcit propre Cr particulier. On ne fait ici que copier les
expreiïions de l ’Hiftorien de Languedoc , qui répété la même
chofe fous l ’annce 1 361, en termes équivalens. Ainfi dans
tous les aêtes intermédiaires de propriété ou de Jurifdi&amp;ion
qu’ont exercé les Rois de France , on ne p e u t, ni dire qu’ils
k s ont exercés en qualité de Rois de France , ni féparer cette
qualité de celle de Comtes de Touloufe , qui étoit proprement
celle en vertu de laquelle ils agifl’oient. L e Languedoc n’eft
donc pas fon dé, dans cette occafion, &amp;. dans plufieurs autres
pareilles, de mettre en avant les droits de la Couronne. On
en fait la remarque ici feulem ent, perfuadés que l ’application
en fera aifée à faire dans l ’occafion.
4°. Il n’eft pas douteux que le détail des monumens du tems,
relatifs à la propriété du R h ô n e , n'eût été le fujet de Vhifîoire de Languedoc , où Pon s'étend beaucoup Jur d autres objets
bien moins intéref ans. Il en a fans doute pâlie un'grand nombre
par les mains du fçavant ôc laborieux Bénédictin, qui en
avoit été chargé. Par quelle raifon n’en a-t-il publié aucun,
tandis qu’il n’y a point de fiécle qui ne fourniile à la Provence
plufieurs productions ? On ne peut s’empêcher de le dire &amp;
de le penfer, ces titres contrarioient trop le fiftême qu'il avoit
à défendre ; &amp; de ce nombre eft certainement l ’aéte dont on
va nous obliger de faire l ’examen..

�§. II. Acte paffé à Beaucaire le 3 Août 1 327 , concernant
les PoJJeJJeurs defonds dans l'ijle de Lubieres.

Exam, pag. ij 8 &amp;

fuiv.

Quoique l ’ilîe de Lubieres n’exifte plus , il ne faut pas s’é­
tonner qu'elle paroiffe fur la fcêne pour les tems où elle a
exid é, dans toutes les occafions où la Provence a eû des
preuves quelle lui appartenait. L ’aêle que nous examinons eu
ell une des plus décifives , quoiqu’en dife le Languedoc. Il a
fallu toutes les reffources d’un efprit fécond en expédiens*
ôc qui fe dévoue à la trille occupation d’en chercher , pour
y trouver des difficultés.
Il commence par avancer que Pille de Lubieres &amp;* le cours
du Rhône font fpécifiquement defignés dans le partage de Van
1 1 2 ; , comme limites de la Terre cédée au Comte de Provence.
Mais il manque ici de mémoire ; car dans l ’examen du traité,
il s’éroit contenté de donner le Rhône pour limites à la por­
tion de Raimond Berenger ; il y ajoute à préfent Pille de Lu­
bieres, par la raifon que cette addition lui ell nécelfaire, ôc
fans fonger, ou plutôt croyant qu’on ne s’appcrcevroit pas ,
1?. quelle ell abfolument contraire à la lettre du traité,
feut Rodanus vadit inter infulam de Lupariis &amp; Argentiam :
&amp; 2°. qu’il eft convenu lui-m êm e, fur une defeription pa­
reille, que Pille de Camargue rtfia au Comte de Provence.
Quoique ce Prince jouit &amp; dû jouir de même de l ’ilie de
Lubieres ; le 30 de Mai de Pan 1 327, les Officiers de Beau­
caire y firent publier, à fon de trompe &amp; cri public , que
tous ceux qui pofiédoient des Domaines dans Pille de Lu­
bieres , eulfent à en faire leurs déclarations pardevantla Cour
Royale de Beaucaire, fous peine de la perte de ces mêmes
Domaines. L es Officiers du R o i de Sicile, inftruits de cette

Exam. P. %(. j0f.

�J40
procédure, en portèrent fans doute leurs plaintes à ceux du R oi
de France.c\m fentirent qu’ilsavoient fait une fauffe démau-ue,
puifque celui qui exerçoit l’Office de la Sénéchauifëe de
Beaucaire ordonna au Lieutenant du Viguier de Beau:aire ,
de la révoquer. L e Juge d'Avignon, pour le Roi de Sicile ,
fe tranfporta à Beaucaire, ôc y reçut, le 3 Août fuivant, le
défaveu ôc la révocation que fit le Lieutenant pardevant un
Notaire du lieu. Qui dcminus locum tenens..............exequendo
mandatum litteratoriè Jibi faftum per Regentem Senefcalliam
Bdlicadri G* Nemauti prxàiCtam.prœconifaùonem Cr alias emnes
clim faüas per curiam diSli Domini Regis Franciœ, Juger fafto
dicice infulce Luperiarum , incontinenti revocavit. J outes les
réfléxions que l’on pourroit faire à l’avantage de la Provence,
feroient au-deïïous de celles qui fe préfentent naturellement
à l ’efprit ; ôc perfonne ne fera étonné de voir qualifier la pro­
clamation du 30 M a i, d’entreprife de la part du Languedoc.
Après cela , il eft inutile de propofer l ’alternative , que l ’ifle
de Lubieres appartenoit à la Provence ou à la France , puis­
qu’il eft conftant par l ’aête même , que c’étoit à la première &gt;
non par ceffiorr, ou tout autre titre équivalent, mais parce
qu’elle lui avoit toujours appartenu, ôc que la Provence n’en
avoit jamais été dépouillée. I l eft tout aulfi inutile de re­
chercher fi les Propriétaires des Domaines fitués dans l’ifle
étoient Provençaux ou François : les uns ôc les autres envifage's fous ce point de vû e, n’étoient Jufticiables que du
Com te de Provence ôc de fes Officiers. L e feul cas où ceux
du Languedoc auroient pu juftifier leur proclamation, auroit
été pour ordonner aux Sujets du R o i leur Maître , qui avoient
des Domaines dans les Pays étrangers, ôc notamment dans
l ’ifle de Lubieres, qu’ils euflent à s’en défaire; mais l’on doute
que le Languedoc adopte cette explication»

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Il auroît voulu que le Juge de Provence fe fût borné à
défendre à lés Provençaux de Lubieres , d’obéir à l ’Ordon­
nance de la Cour de Beaucaire ; le Juge l ’auroit pû, &amp; il y
a apparence qu’il s’en feroit contenté , fi la chofe eût regardé
VEmpereur de la Chine, qu’il plaît au Défenfeur du Languedoc
d’amener ici en Caufe ; car l ’Auteur du Mémoire du Languedoc v e u t , à quelque prix que ce foit , être plaifant. Mais

:

qu’il avoue de bonne fo i, que fi la chofe fe fût paffée ainil ,
il feroit aujourd’hui le premier à dire que c’eft un titre que
s’eft fait la Provence, 6c que nul ne peut s’en faire. L ’aveu
de fes Auteurs le gêne; il y cherche des invrai-femblances }
tandis qu’il eft clair que ce fut une chofe convenue par bon
procédé de la part du R oi de Sicile, qui en rendant au R o i
de France tous les égards qu’il lui d evo it, exigea pourtant
qu’on lui rendît juftice. Croira-t-on le L an gu ed oc, quand
il dit que ce fût un Notaire qui défavoua ou révoqua l ’O r­
donnance de la C our de Beaucaire , lorfque l ’acle même , r^ate
porte que ce fut le principal Officier de cette même Cour, devant Notaire%&amp;
•
i
t
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1 e moi ns quc Ja pro*
qui avoit trait iaire la proclam ation, a la vente en prelence ciamation faite,
ê

rs

d’un Notaire &amp; de plufieurs Témoins ?
Il demande encore oîi trouver un fécond exemple d'une pareille
démarche ? L e hazard le fert mieux qu’il n’avoit cru. A peu
près dans le même-tems, en 1 5 35 , le Viguier de Beaucaire
engagea un Pécheur à aller tendre fes filets dans le Rhône du
côté du bois Comtal, Domaine de l'Archevêque d'Arles. Gafbert de Laval, qui occupoit alors ce S ièg e , s’éleva contre la
nouveauté &amp;. l ’injuftice ; elles étoient fi criantes, que le
même Officier ordonna à un des Sergens de fa Cour , d’en­
lever ou de faire enlever les filets qui faifoient l ’objet de la.
querelle. Celui-ci emmena fur les lie u x , le 24. Janvier 1333
( *334y ) le même Pécheur qui avoit fait la faute, &amp; qui ne.

cation.

�144
s’excufa que fur ce qu’il n’avoit pas allez de force. On com-«
manda neuf hommes qui retirèrent un des quatre engins que
le Pécheur déclara par ferment avoir placés ; &amp; il confentit,
.de même que le Sergent, que dès qu’on trouveroit les trois
autres, ils fulfent enlevés à la volonté du Seigneur Arche­
vêque. Effectivement le ip Mars fuivant , le Clavaire , ou
Receveur de l ’Archevêque , en fît enlever &amp; brifer un fécond
en préfence du même Pécheur, &amp; de deux Sergens R oyaux
de Beaucaire, dont l’un étoit le même qui avoit aflîfté à la
procédure du 24 Janvier. Ce ne font pas-là des Jugemens , on
en convient, mais ce font des aveux &amp; des démarches plus
concluans qu’aucun Jugement : &amp; nulle L o i ne porte qu’on
ne pourra prouver une propriété par d’autres titres que des
Jugemens,
foam. P. m.

III. Procès-verbal du 4 slvrïl 1 4 7 4 , au fujet d'une barque
faifie au Port de Trinquetaille par le Lieutenant
de la Sénëchaujfée de Beaucaire.
L a Provence avoue que cet aéte regarde le lieu de Trin­
quetaille, &amp; la grande braflîere du Rhône , que le Languedoc
convient n’être pas difputée à la Provence. Dans un tems où
l ’on croyoit que tout l ’é to it, il a fallu fe défendre de tous les
côtés: du refte les proteftarions refpeétives n’ont fait que
conferver les droits des Parties ; &amp; on s’en rapporte à ce qui
en a été dit dans les Mémoires de la Provence.
§. I V . Procès-verbal du xi Juin 1474.
L e Juge de Beaucaire, fuivant cette p ièce , avoit fai fi une
barque dans le Port de Trinquetaille, comme étant en con-

�travention aux ordres du R o i de France. L es Officiers d’Arles
s’y oppoferent, firent voir que la Jurifdiétion fur le Rhône
appartenoit à leur Archevêque Ôt au Ilo i René. L e Juge de
Eeaucaire, après quelques proteftations, donne mainlevée de
fa faifie , &amp; confent que la barque foit faille de l ’autorité des
Juges Provençaux.
C ’eft ici qu’éclatent les refiources du génie du Languedoc.
Suivant lui , les Officiers Provençaux reconnurent le droit quavoit

Exam.p. is*.

eû le Lieutenant de pourfuivre la barque fur le Rhône, p u f qu'ils
lui promirent de faifir eux-mêmes cette barque. . . . . L a con-r
féquence n’eft-elle pas admirable ?
§. V . TranfaCiions de iyo-p Cf de
On avoir produit ces titres pour prouver que les ifles de
Me\cargues &amp;. de Gaujac ont été pofiedées par des Pro­
vençaux , ôt qu’ils en difpofoient entr’eux. L e Languedoc ne
veut pas que ces titres, s’ils étoient les feuls que nous eu/îîons&gt;
fufient capables de nous faire adjuger la partie du Rhône que
nous réclamons : à la bonne heure. Mais iis font un anneau de
la chaîne de preuves que nous rapportons , &amp;. qui ne laiifent
aucun doute lur nos droits.
§. VI. Arrêts du Grand Confeil des 13 A vril 1587 ^ Cf 50
Septembre' 1609.
On ne trouvera pas, dit-on, dans les dfpofitifs de ces deux
Arrêts, que la partie contenticufe du Rhône appartienne à la
Provence, il n’étoit pas queftion aux Procès de cette partie en
totalité ; ainfi les Arrêts n’ont pas pu prononcer là-deflus ; mais
ces Jugemens décident que les ifles qui faifoient la mariera

p- '7*-

�144
des deux P ro c è s, &amp; qui étoient dans cette partie contentieufe , dépendoient de la Provence ; ce qu’on ne peut dire
fans préjuger que cette partie contentieufe en dépendoit aufli.
On ne trouvera pas, ajoute-t-on, que la Couronne ait jamais
cédé eu perdu fes droits fur tout le cours, ou fur quelque partie
du cours du Rhône. Jamais la Provence n’a rien dit de pareil ;
elle a toujours foutenu au contraire , &amp; prouvé , que nos
R ois avoient été Maîtres du R h ô n e , en le devenant de la
Provence en y jtf, plus de 200 ans avant que de le devenir
de la Septimanie, ou Pays qui portent aujourd'hui le nom de
Languedoc -, que lorfqu’il y a eu dans la famille R oyale , des
partages de la Monarchie Françoife, &amp; notamment des deux
Provinces qui font en Caufe , ceux de ces Princes qui ont
régné fur la Provence , ont aufti régné fur le Rhône ; que
lorfque le Royaume de Provence fut détaché de la Monarchie
par l’ufurpation de Bofon &amp; de fes Succefleurs, la Couronne
conferva de droit tous les droits quelle avoir fur les Provinces
ufurpées, &amp; fur le Rhône qui en étoit une dépendance, ÔC
qu’elle a repris de fait toute l ’autorité qu’elle avoit fur ces
Provinces , quand elles lui ont été réunies. Ainfi la Provence
a toujours tenu un langage oppofé à celui qu’on lui prête.
L ’ijïe de Trefbon..................a pû paroître au Grand Confeil
appartenir à la grande braffiere du Rhône. Comment prêter
ces vues au Grand C o n fe il, puifqu’il eft parlé dans l’Arrêt de
vues ôt plans figurés des lieux contentieux ; qu’il n’y eft pas
parlé une feule fois de cette grande braiïiere, &amp; qu’il y eft
répété peut-être vingt fois que ces lieux étoient entre la partide ou féparation des terroirs de Eeaucaire (y de Fourques, qui
eft bien fupérieure à la V ille à'Arles. Le fort de ces ijles efl
encore indécis (y fournis au Jugement des deux Inflances indccifes
au Confeil du Roi. C ’eft parce qu’il n’y a rien d’afluré avec
les

�les Etats de L an guedoc, que Jes Procureurs des Etats de
Provence fe font enfin déterminés à prendre le fait &amp; caufe
de fes rlabitans véxés par un voifin ambitieux.
On avoir rapporté, dans le premier Mémoire de la Pro­
vence, le réquifitoire du Procureur Général du Grand Conf e il, lors de ces Arrêts, &amp; parce que ce Magifîrat fe fert du
mot Théodore au lieu de Theodoric , de Cloâous au lieu de
Clovis, l ’Auteurdu Mémoire du Languedoc fait cette fortie
obligeante contre l ’Auteur de celui de Provence.
VAuteur du Mémoire auroit mieux fait fans doute de taire Eiam. p. I7i,
prudemment des expofés fau x Cf même contradictoires, des faits
évidemment romanefques, Cf des détails peu corrects d'un fjlêm e
imaginaire. Mais un homme auffi inftruit que le Défenfeur du
Languedoc , a-t-il pu croire que quelques exprefiions vicieufes
l ’autorifoienr à traiter de fau x, de romanefques &amp;: de fables ,
des faits notoirement reconnus pour vrais ? L e R oi Théodore Exim.p.ir&gt;*
elt vifiblement Theodoric -, le R o i Clodous, Clovis nommé dans
les Ecrivains du tem s, Chlodovechus &amp; Chlodovcus. L es Pro­
vençaux font les Habitans du Pays connu aujourd'hui fous
le nom de Provence. L e Pont qu'ils défendoient contre les
François, eil le Pont d’A rles, qui, fuivant l ’expreiîion des
Hilîoriens de Languedoc , étant alors le feul qui pût faciliter
It pajfage du Rhône &gt;étoitpar conféquent un pofte très-important, t. s, §■ +j .
Et la plupart des faits qu’on avance dans la fu ite , ont été p'
prouvés dans le Mémoire de la Provence. L es allégations de
la Communauté de Ea/bentane Cf de Petit, qui faifoient valoir
les inféodations que leur avoient faites les Officiers de Pro­
vence , font foutenues, &lt;Se celles de leursAdverfaires, aujfi va- Ex3m. p. nv
gués que faujfes, ne portent jamais que fur des fuppolitions &amp;
fur des raifonnemens que le Défenfeur du Languedoc a eu foin
de raffembler &amp; de répéter, &amp; qui font détruits par les M éT

�îq.6
moires de la Provence. Quand on envient aux'produ&amp;ions du
fleur de Perraut, l’un d’eux , qu’ y trouve-t-on de cité , autre
que Demcfthcnes en fes oraifons, &amp; l’Arrêt du Parlement de
Touloufe de 1493 ? Il eft vrai que dans la difcuflion des pro­
cédures , on cita nombre de pièces relatives à ces procédures;
&amp; c’eft-là ce que le Défenfeur du Languedoc veut faire valoir
( p. 181): mais toutes ces pièces , poftérieures à la réunion de
la Provence , ne furent regardées que comme des furprifes
faites à la religion de nos Rois*, &amp; des entreprifes de la part
des Officiers du Languedoc. Quant aux principes généraux
qu’il veut établir, fans en donner la moindre preuve, comme
que tous allés de Jurifditlion ont été exercés exclufivement par,
les Officiers du Languedoc dans ladite riviere du Rhône, ècc. nous
en laiffons la décision à ceux qui auront lû les deux M é­
moires avec la moindre attention.
ïxam-r. 179,uc;
J1 n’eft pas néceffaire de renvoyer à l’Arrêt de i y87 , pour
s’affurer de l’opinion que le Mémoire de la Provence a prêtée
à la Dame Eorrit ; il fulfit de voir les mots qu’on y a copiés
Ivîém. p. 102.

fidèlement. Cette opinion d’ailleurs, quelle qu’elle fû t, fut
profcrite par l’ Arrêt. Et ceux qui compareront exaélement
les moyens ôc les preuves fournies par les deux Parties depuis

ïx a m . p . i * 3 *

dou7Le (ïécles &amp; p lu s, verront que la Provence , en réclamant
fes droits fur le R hône, ne réclame qu’une poffelfion dont
elle a toujours joui, &amp; dont on veut la de'pouiller, &amp; que
nos R ois n’ont aucun intérêt à cette conteftation, puifque
dans quelques limites que le Rhône foit renfermé , iis au­
ront toujours fur lui les mêmes droits de propriété &amp; de
Souveraineté.

�*47
§. V I I .

A â e de vente de l’iflon du Colombier faite par la
Communauté de Boulbon le 1 o Avril 1 6 17.

L a feule réponfe du Languedoc contre cet a &amp;e , eft que
Pille du Cafelet avoit des albergues payables au Receveur

ib\d. p. u 3,

du Domaine de Nîmes. Mais il s’agit ici de Lille du Colombier ,
&amp; le payement des droits du R o i n’eft pas feul capable de
dé/îgner la Province dans laquelle un terrain eft litué.
§. V III. Arrêt du Confeïl d'Etat du 3 1 Décembre 1 670.
Il eft vrai que la contefaticn qui amena l ’Arrêt dont il eft
ici queûion, fu t élevée entre des Provençaux pour des droits
refpeclifs, fur un péage purement Provençal: il l ’eft aufli que
ces Provençaux feroient bien étonnés de voir des Etrangers
vouloir aujourd’hui s’emparer de polfeftions fur lefquelles on
n’imaginoit pas alors qu’ils pulfent jamais former la moindre
prétention : mais il ne l ’eft pas que ce péage foit tout-àfait
étranger à la Caufe préfente. L ’examen des pièces produites
&amp; rapprochées, avec raifon , par le Défenfeur du Languedoc,
fulHroit feul pour la décider en faveur de la Provence.
La première, eft une tranfaêlion palfée le 17 d'Octobre
iipp , entre les Seigneurs &amp; les N obles de Tarafcon, &amp; la
Communauté d e l à même V ille. Chacun d’eux récîam oit,
entr'autres, le péage ouufage de Lubieres. On prit des A r­
bitres fur les prétentions refpeêtives : ils décidèrent que ce
péage appartiendrait à perpétuité aux Seigneurs de Tarafcon ,
avec franchife pour les Habitans de la V ille , &amp; qu’ils ne
pourraient, fans l ’avis des C onfuls, mettre ni augmentation ,
ni nouvelle impofitionfur ceux qui pafleroient par le R h ô n e ,

p. ig^.

�148
de quelque lieu qu’ils f i f h n t , rec tranfeuntllus per Rcdamrn j
undecumque fuit, quodlibet ncvum vetfigal, feu ufancum, fine
ccjfilio omnium Confulumfmdicant. Certainement on ne savife
pas de prendre des Arbitres pour des droits qui n’appartiendroient à aucune des Parties contendantes. V oilà donc un
péag^ du Rhône en conteftation uniquement entre des Pro­
vençaux , &amp;c adjugé à des Provençaux, les Seigneurs de 7 arafeen. Comment la chofe auroi t-el l e pû être autrement &gt;
puifque Rivant la defeription du cours du Rhône , portée
par le partage de l'an i i a j , Pille de Lubïeres, où ce péage
avoit du être établi originairement, dut néceffairement, ainfi.
que la Camargue , tomber dans le lot du Comte de Provence ,
&amp; ipfe Rodanus vadii inter infulam de LuparüsC? Argenciam.
L a fécondé , des pièces produites, en date du mois de
n. s ,ibid.

Septembre 1221 ,eft une enquête de dix-huit T ém o in s, fur
les droits refpeôtifs des Seigneurs &amp; de la Communauté de
Tarafcon, ou plutôt fur ceux du Comte de Provence que
celle-ci défendoit» Tous , ou prefque tous, dépofent les faits
qu’on va préfenter, &amp; ceux qui ne difent rien en faveur de
ces mêmes fa its, déclarent iimplement qu’ils n’en font pas
inftruits. Suivant ces déportions:
i ° . Gernique ou Gernica appartenoit au Comte. L e D o ­
maine ( Cuiia) faifoit valoir une partie des terres , ôt le relie
avoit été donné à cens: aliam partem. . . . tenebant hommes
pro Comité. De Gernica. . . . vidit quoi terras quee finit fuper
futnum tenebat Curia ; cmnia alla erant acenfiata. . . . O data
per cordas, &amp; c. O r Gernique étoit une ifle du Rhône entre
Tarafcon ôc Eeaucaire, ainti qu’il efb porté dans un traité du

Mem.p. 3S&amp; 37 1 8 Avril i 176 , dont il a été parlé. Fattafuerunt fupra ficripta
omnia in infula de Gernica inter Tarafconem &amp; Bellicadrum. O n
Ibid, p J6.

peut fe rapptllcr que le Comte de Provence y avoit tenu un

�ï 4P

plaid iclemnel en 1150 , pofiérieurement au traité de l ’an
1 12S &gt; &amp; en 1241 , tems où Eeauraire &amp; sJrgence avoient paffé
entre les mains du H oi de lrance , en vertu du traité de
Paris de l’an 1229; elle appartenoit certainement au Comte
de Provence. Ce fut le lieu choifi pour rendre une Sentence t v. gu;11. h.-p^rde divorce entre Raimond V il. Comte de Touloufe , &amp; Sancie édit, tie Catâi.
d/lrragon fa femme. L a Sentence auroit pu être rendue à
p1'
\
1
&gt;/•
»
« La Chaife, Hifî. He
Montpellier, ou toutes les ram es sétoient rencontrées, oc s.Louis, 1.
où J affaire avoit été dilcutée: mais comme elle inte'reffoit l a ' ’ f
Cour de France, &amp; quelle devoit lui déplaire , puifqu’elle
ne tendoit à rien moins qu’à faire perdre à yilphonfe, frere du
R o i , la fuccellïon du Comte de Tculoufe , dont il avoit époufé
la fille, on prit, pour rendre la Sentence, un lieu qui ne
dépendît en rien de la France, &amp;. fille de Gernique fut choifie
comme le premier pofle dans les Etats de Provence. C e fu t . Ga&lt;iumeieP«rpar cette conlldération que l ’Evêque deFoulcufe, qui avoic
accompagné ces Princes jufqu’à Eeaucaire, ne voulut jamais
en lortir, quelqu’inftance que lui en Ht le Com te. Audi en
reçut-il des remercirrens de la Cour de France. Au relie cette
fe'ancenedut être que l ’affaire de quelques heures, &amp; pour
la forme : le lieu n’étoit pas propre à loger tant de Princes
&amp; de Seigneuis ; &amp; il parent, par le récit de l ’PJidorien , que
le Comte de loulonfe reprit tout de fuite la route de fes
Etats.
2°. L e Comte de Provence exigeoit à Tarafcon un péage
tant par eau que par terre , où l ’on tranfportoit les ballots
quipaffoient parla riviere, pour la vérification du péage -, 5c
les perfonnes mêmes qui étoient franches de cc péage, n’avoient pas la liberté d’acheter les marchandifes qui étoient
fur la riviere, ex quo erant in filo aquee, fans les faire trans­
porter à terre pour éviter la fiaude &amp; les aLus. Les con-.

c’e’ftvT
le méme

�ï fo
teftations auxquelles l’exaétion du péage donnoitlieu, étoient
jugées par les Officiers du Comte. L e Com te augmentoit ôc
diminuoit le taux de fon péage à fa volonté , quando volebat.
Il feroit difficile de trouver des actes plus formels de. pro­
priété ; auffi voit-on continuellement dans les états de recette
des Comtes de Provence, des affignations de pendons fur le
péage de Tarafcon’, &amp; la maniéré dont on l’exigeoit démontre
la domination du Com te fur le Rhône , qui en étoit le
théâtre &amp; le véhicule.
3°. Ce Prince empêchoit les bateaux chargés de fel qui
venoient de Saint Gilles, de palier outre , &amp;. les obligeoit de
s ’arrêter zTarafcon , &amp;. il nefouffroit en aucune maniéré , nullo
àliquo modo Cornes fujlinebat, que ceux qui en avoient porté
par terre jufqu’à Tarafcon , le miflent fur le Rhône jufqu’à la
Durence, à Durentiâ citrà. Si le fleuve n’eût pas dépendu de
lui , &amp; s’il n’avoit pas eu les moyens de faire exécuter fes
ordres , il y a apparence qu’on n’en auroit pas fait grand
cas.
4°. L e droit d’EJlurgeon appartenoit aux Comtes de Pro­
vence , ôc avoit été par eux donné en gage à la Maifon de
Gantelme. V o ilà donc la pêche , ainfl que la navigation du
Rhône , foumife à leur domination.
5°. Enfin le péage de Lubieres appartenoit originairement
au C o m te; il exifloit encore en 1221 , des perfonnes qui y
avoient vu des Exacteurs pour lui. Les guerres qui furvinrent
en firent deffiner les fonds à la clôture de la V ille de
Tarafccn qui en jouit jufqu’à Pan i i p d , &amp; qui mettoit an­
nuellement ce péage aux enchères avec le droit de mefure.
Les Gentilshommes s’cn emparerent enfuite ; &amp;. comme la
Communauté ne put y alléguer aucun droit, puifqu’il étoit
au C o m te, il leur fut adjugé par Sentence arbitrale ( de l’an

�I f*
^
i ipp ). Àinfi voilà encore un péage du Rhône qui appartenoic
inconteftablement à la Provence ; &amp; fi cette propriété donnoic
lieu à quelque conteftation , ce n’étoit qu’entre des Provençaux
&amp; comme Provençaux.
L a troiiiéme des pièces produites, eft une Sentence ar­ N. 6 prem._Re&lt;3nêt«
bitrale rendue le 27 Novembre 1 2 2 1 , entre Raimond Berengert
Comte de Provence, d’une part, &amp; les Seigneurs &amp; Habitans
de Tarajcon , de l ’autre , fur leurs droits refpeêtifs. N ous
n'cn préfenterons que les articles qui intéreffent la queftion
préfente.
i®. On conferve le péage de trois fols par muid de fel
qui palfoit par eau devant Tarafcon, &amp; la portion de ces
trois fois qui avoit été adjugée aux Seigneurs ; ôc à condition
que fi pour l ’intérêt des l'alins , ou par toute autre confidération, on venoit à défendre le tranfport du fel par ea u , on
dédommageroit les Seigneurs de leur portion , à dire d’E x °
perts; Cette condition de l ’intérêt des falins, pro commodo
falinariœ , fait voir qu’on com ptoit que la prohibition ne
pouvoit venir que de la part du Comte de Provence qui étoit
feul à y avoir intérêt ; &amp; il eft clair qu’on ne l ’inféra que pour
prévenir l ’abus que fes Officiers ôc fes Miniftres auroient pu
faire de la claufe ou de l ’ufage, quiexcluoit les Seigneurs de
Tarafcon de tout droit fur le fel qu’on portoit par terre.
20. Si quelqu Habitant de Tarafcon ( ils étoient tous francs
du péage, ) acheté un bateau , ou une partie de bateau dans
le fl de Peau , il fera obligé de le conduire fur le rivage
&amp;Avignon ou de Tarafcon.

3°. Si un Etranger relâche à Gernique avec un bateau ou
un radeau , le Comte y percevra fon péage ; 6c fi un H a­
bitant de Tuiafcon en acheté quelque chofe , &amp;r qu’il le
tranfporte dans la V ille , ce qu’il aura acheté fera franc de

�,

’1 ? 2

tout péage , tant pour le Vendeur, que pour T Acheteur;
4 °. Aucune denrée ni marchandée , pas même le f e l , ne
pourra être achetée dans le fil de l'eau , qu’elle n’ait été
mefurée ou péfée à Avignon, ou à Tarafcon.
j^ .S i un Etranger porte du fel par eau en fécret , pour
frauder le péage , le navire 6c le fel feront confifqués ; les
trois quarts de la confifcation appartiendront au C o m te, 6c
l ’autre quart à la Communauté: &amp; le Comte fera punit le
coupable comme il le jugera à propos. Si la fraude efl commife par un Habitant de Tarafcon , la confifcation aura lieu
de même ; le coupable ne jouira plus de la franchife, 6c fa
perfonnefera livrée aux Confiais pour en faire'juftice.
6°. Enfin il étoit défendu à tout Habitant de Tarafcon, de
faire paffer fous fou nom des marchandifes qui appartînlfent à
des Etrangers res aliénas, [a) foit qu’elles vinifient de Marfeille,
de Montpellier ou d'ailleurs, tant en-delfius qu’en-deffüus.&gt;
fous peine d’être privé avec toute fa poftèrité , de toute fran­
chife du péage.
L a quatrième des pièces qu’on a citées , eft une nouvelle
tranfaétion palfiée le 7 de Septembre 1 226, entre le même
Comte ôc les mêmes Seigneurs ; ceux-ci lui remettent tous
les druits qu’ils avoient fur la V ille de Tarafcon , fous diffé­
rentes referves , 6c entr’autres de leur ancien péage appellé
l ’ufage de Lubieres , 6c detous les droits qu’ils avoient fur l ’ille
de ce nom 6c fur fes dépendances. Jus pedagii antiqui.............
quodvocatur vulgariter ufaticum Luperiarum, G* jus quod habemus
in eadem infula &amp; ejus pertinentiis.
( a ) Ce mot aliéna.!; étrangères doit fe rapporter aux Habitans de Tarafcon, qui
auroient voulu fauilement les faire palier lous leurs nom s, &amp; non aux Pays d’où
venoientles marchandifes , comme l’a traduit le Défenfeur du Languedoc qui cherche
Iran la vérité, mais à tourner tout à fan avantage.

Toutes

�7 outes les re’flexions dont on pourroit accompagner ces

extraits, neferviroient qu’à affoiblir l ’impreflîon qu’ils doivent
avoir faite fur l ’efprit de tout Lecteur attentif. La propriété
du Rhône y éclate de toute part ; ides , péages , pêche, navi­
gation j tout efl: entre les mains &amp; fous la dépendance du Comte
de Provence : après cela ne doit-on pas être étonné d’entendre
dire au Languedoc , que cette affaire efl tout-à-fait étrangère
à la Caufe préfente ?
Les moyens qu’il emploit pour le prouver, font tout auiïî
linguliers. D e ce qu’on entendoit autrefois par péage, toute
forte d’impôts qui fe payoienr fur les marchandifes qu’on
tranfportoit d’un lieu à un autre , s’enfuit - il que le lieu
fur lequel l ’impofition étoit due, ne dépendît pas de celui au
profit duquel elle étoit le v é e ? O r, il eft viable parce qui a
été produit, que les denrées &amp; marchandifes fujet tes à l ’im­
pofition ou péage , y étoient afïiijetties en faveur du Com te
de Provence, dès quelles empruntoient la voye du R h ô n e , &amp;
cela répond auffi à la derniere phrafe de cet article de l’examen
où il efl dit, les Comtes de Provence étoient les Maîtres de lever
chez eux , à Tarafcon eu ailleurs , des droits fur les denreés qu’on
y amenoit de Montpellier, de Beaucaire, ùr des Indes même,
feitpar terre, foit par mer, Joit par le Rhône y mais il ne s’enfuit
pas de-là qu'ils fujfent Propriétaires de Montpellier , des Indes,
de la mer ou du Rhône. Non fans doute: mais s’il étoit prouvé
qu’ils pereuffent l ’impofition à M ontpellier, comme il efl:
prouvé qu’ils la percevoient fur le R h ô n e, on feroit peu fondé
à leur en difputer la propriété.
Ainfi, toutes les pièces produites concourent à prouver la
jufîice de l ’Arrêt du Confcil d Etat du 31 Décembre 1670,
qui maintient un péage purement Provençal fur le Rhône; &lt;3c
il n’a été produit pat la Provence qu’à caufe de cette maintey

�iÏ4

nue. C ’eftun fait confiant &amp; de notoriété publique ] que ce
péage n’a jamais été levé , &amp; ne fe leve aftuellement que fur
les marchandifes paffant fur le R h ô n e , de quelque part quelles
viennent, foit en m ontant, foit en defcendant.
§. I X .

Arrêts du Conftil des 24 Oâobre 1687

16$1..

L ’Arrêt de 1687 ne regarde que la grande brafliere du
R hône en-deflous de la V ille d’A rles, qu’on ne difpute pas
aujourd’hui : on l ’a produit fans doute , parce que le Langue­
doc difputoit tout le cours du Rhône jufqu’à la mer: ainfi, ce
titre &amp; les autres concernant la grande brafliere, a eu l ’effet
qu’on en attendoit.
L e fécond Arrêt ne regarde ôt ne peut regarder que la
partie contentieufe du R h ô n e , puifqu’il a été rendu à la re­
quête des Procureurs du Pays de Provence , &amp; qu’il porte un
abonnement avec eux pour des droits domaniaux aufquels ils
ont intérêt ; ils n’en auroient point, fi la chofe rcgardoit la
V ille d’Arles , dont l’adminiftration &amp; les importions leur
font étrangères : ainfi la referve portée par l ’A rrê t, des illes
&amp; crémens du Rhône , ne peut regarder que la partie conten­
tieufe du fleuve ; &amp; on a raifon de la donner comme une reconnoiffance portée par l ’A rrêt, des droits qu’a la Provence fur
cette portion du fleuve.
L eD éfen feu r du Languedoc confond ces deux Arrêts mala-propos ; le fécond n’eft point la fuite de l ’autre, comme il le
prétend: la redevance de 3J000 livres que le Pays de Provence
paye en exécution de l ’Arrêt de 16 9 1 , ne concerne nullement
la V ille ni le terroir d’A rles, qui paye de fon côté une autre
redevance d e ^ à y o o o livres en exécution de l ’Arrêt de 1(587.

\

�§. X

Arrêt du Confeil d’Etat du 22 Août 1690,

Exam.p. jso)

u

?.

O n ne s’arrêtera point à relever tout ce que dît le Langue­

doc fur cet A rrêt, 6c les autres titres qui y font relatifs. Ses
objections ont été prévues &amp; refutées dans les précedens écrits
de la Provence, où l ’on s’eft attaché à ne raifonner que d’a­
près le texte même des Arrêts ôc des Lettres patentes dont il
s’agit ici: l’on ne pourroit faire à cet égard, que des répéti­
tions inutiles.
Il réfulte donc de l ’examen des pièces qui forment ce fécond récapitulation-;
article dans le Mémoire du L anguedoc, que la Provence a Exa®.p. u&gt;&amp;fuir.
continué de jouir des iiles , des péages ôc de la pêche du
Rhône ; que quand le Languedoc a formé des prétentions
fur quelqu’une de ces propriétés par des voyes de fa it, il a
été contraint de les réparer, &amp; que quand ces conteftations
ont été élevées par des moyens juridiques, il a eu ladre/fe,
ou le crédit d’en faire renvoyer la décifion. Il réfulte aufïï que
les droits de la Provence ont été reconnus une infinité de fois
par le Confeil du Roi ; 6c fi d’autres fois il a paru fe décider en
faveur du Languedoc, on doit efperer que les lumières four­
nies par les écrits de la Provence , achèveront de l ’éclairer,
A R T I C L E

III.

Titres produits par la Provence fous la dénomination d'acles

pojjejjoires.
Le Languedoc cherche encore ici à établir l ’illufion qu’il
a voulu fe faire. De ce que pendant que les Rois de France de
.V ij

Em) p i 0j &amp;

�t

{6

la première ôt de la fécondé race , ont été Maîtres de la Pro»
ve n ce, ôt depuis qu’ils l’ont été du R h ô n e, il conclut que la
Provence a perdu les droits qu’elle avoit fur le fleuve , à
moins qu'elle ne produife un titre qui lui en ait tranfmis la
propriété ; mais la Provence prouve au contraire que n’ayant
jamais perdu l ’exercice du droit quelle a voi t , foit qu’elle
ait été unie pu féparée de la Monarchie Françoife, elle n’a
befoin que de produire des aéles de jouiffance &amp; de poffeffion.
Vainement on lui oppcfe de n’en produire que du 12e. fiécleOutre que les a £les antérieurs font rares ôt difficiles à trouver,
elle avoit cru y fuppléer par les monumens hirtoriques, qui
tous ôt comme de concert , font remonter la polTeffion de la
Provence , jufqu’aux tems les plus reculés , ôt d’une maniéré
inconfortable , au commencement du fixiéme fiécle, ôt avant
que la domination des Rois François s’approchât des bords
du Rhône ; car lorfqu’ils attaquèrent inutilement le Pont
d’Arles , cette V ille en étoit &amp; en refta maîtreffe ; cependant
comme cette réponfe auroit pû ne pas fatisfaire le Languedoc,
îa Provence a bien voulu faire de nouvelles recherches qui
lui ont procuré une foule d’actes des 8e. 9e. 10e. ôt 1 1 e.
fiécles , qui montrent tous que les ifles du R h ôn e, compris
la Camargue , ainrt que le territoire d'Argerce , n’avoient

Exam . p.

jamais ceflé de faire partie du Comté d’Arles. Ainfi, la port’effion de la Camargue ôt de la grande brartierc du R h ôn e, eft
une continuation de l’ufage ancien , ôt non le fruit d’une ufurpation prétendue fondée fur le traité de partage de Pan 1125.
Une p e u t,y avoir de pcfieffion plus légitime, ni de meilleure
foi que celle dont jouit la Provence ; ôt li elle y a efiiiyé
quelque trouble, ce n’eft que dans les derniers fiécles, fans
qu’on en retrouve la moindre trace avant le 14e- Cependant il
paroitroit bien conféqueftt que le Languedoc qui veut faire

�r ?7
remonter fa poffeflion beaucoup plus haut, en produifit quel­
que preuve , car il paroîtra toujours tingulier , que celui qui
fe prétend le véritable Propriétaire &amp; avoir jo u i, ne donne
aucune preuve de fa prétendue jouiffance, tandis que l ’Adverfaire qu’il ne veut pas reconnoître , en trouve à chaque pas ,
de la Tienne propre: auffi les vains efforts du Languedoc pour
affoiblir une partie des titres produits par la Provence, n’an­
noncent pas de plus grands fuccès pour ceux qu’il craint d’exa­
miner en détail, &amp;c fur la totalité defquels il fe contente de
jetter un coup d’œil rapide. Nous allons fuivre fa marche ôc
fa méthode , perfuadés que fi ce coup d’œil ne lui efl pas
favorable , on fendra que les titres de la Provence doivent
conferver toute leur force.
§. I. Actes relatifs aux droits des Archevêques Gr de VEglife Exam. i'. zoÆ,
d’Arles.
Ï 1eft vrai que la Provence a employé dans fon premier M é­
moire , vingt-fept aéles qui font rélatifs aux droits des Arche­
vêques &amp; de IE glife d’Arles- L e Languedoc voudroit les
faire regarder comme étrangers à la Caufe préfente, par deux
raifons ; l’une, que ces titres poftérieurs à l ’an 112$ , ne
regardent prefque tous que la grande bralliere du Rhône ;
l ’autre , qu’ils étoient étrangers à la Provence &amp; à fes Comtes ,
puifque ces Princes ne fe trouvent intéreffés aux droits doat
il s’agit, que depuis l’an 1251.
Mais 1 Q. les deux affertions contenues dans la première de
ces propofitions, font également bazardées, puifque de 27
titres indiqués, il y en a r 8 (a) qui ne regardent &amp; ne peuvent
(

a)
J j

S ç a v o î r les N ° s . 1 ,

8, p,

io ,

m

,

ïz

,

9,
ij

1» ,

10

d e la p r e m i è r e R e q u ê t e , &amp;

, 14 j i j &gt;

16 &amp;

18

de h

fé co n d e ..

les N ° - . i ,

i

�regarder que le petit Rhône &amp; l ’ifle du Bois Comtal, dont la
fituation eft déterminée dans la partie contentieufe du Rhône»
à-peu-près à la hauteur de la réparation des terroirs d’Arles
'frie!'’ de 1Arch' &amp; de T arafcon, par diverfes reconnoilTances paffées aux A r­
chevêques d’Arles , entr’autres par Jean d’Arlatan &amp; fes Succeffeurs, les 14 Décembre 1461 , 21 Novembre 1463,
Février 146^6^, 8 Janvier 1 4 7 7 , 3 8 Novembre 1 y 13 , &amp; c.
Il n’eft pas plus vrai que les preuves fournies par la Pro­
vence, ne remontent qu’à l ’an 112) , puifqu’indépendamment
des nouveaux titres qu’elle produit, &amp; des monumens hifloriques qu’elle avoit indiqués , &amp; qui font connoître quL/gernum &amp; Argence étoient de la Province &amp; du Comté d’Arles
dès le 6e. fiécle , elle avoit déjà cité la charte du Comte
Leibulfe, &amp; le diplôme de Louis le Débonnaire des années 824
&amp; %2&lt;; qui prouvent la même ch ofe, &amp; le don que l’Empe­
reur Louis l'aveugle fît en ^20 à l ’Eglife d’A rles, du Port ÔC
du péage de cette V ille ; tous monumens qui détruifent l’affertiondu Languedoc. Quand on vçut tirer avantage des aveux
ou des productions de fes Adverfaires , il faut au moins être
exad à les rapporter ; ôc ce qu’on laiffe en arriéré, montre
qu’on ne fe croit pas en état d’y répondre.
i ° . L es privilèges ôc les Domaines dont jouifîoient les
Archevêques d’Arles , étoient étrangers aux Comtes de Pro­
vence ; mais iis ne l’étoient, ni ne le font au Corps de la Pro.
vin ce, dont les premiers étoient un membre diftingué. L e Détxam.p.s8, us, jfengeur du Languedoc convient en plufieurs endroits, que le
Comté d’Arles dont les Archevêques de cette V ille jouiffoient en grande partie, étoit un F ie f de l ’Empire &amp; de la
Couronne d’Arles,par conféquent les droits dont ils jouifîbient,
étoient un appanage ôc une dépendance de leur Comté : ôc il
eft indifférent au Languedoc de difcuter en quelles mains

�ns&gt;
S o ien t ces droits, puifqu’ils partoient d’une fource qui lui
étoit totalement étrangère. Q ue diro it-il, fi la Provence lui
difputoit un Domaine , fous prétexte que ce Domaine avoit
appartenu aux Comtes d e A ^ e s , ou aux Seigneurs de Montpellier, &amp; non aux Comtes de Touloufe ? Il répondroit que la
réunion de ces différens C o m tés, forme aujourd’hui la Pro­
vince de Languedoc qui eft en droit de faire valoir les droits
de chacun contre des Etrangers ; qu’il fe peut que fes membres
ayent eu entr’e u x ,à cet égard, des difl'enfions particulières ;
mais que ces difienfions fortifient le droit du Corps, 6c donnent
l ’exclufion à tout Etranger. C e qu’il répondroit, il doit fup-i
pofer qu’on le lui répondra, Se fentir qu’il a mauvaife grâce
de vouloir fe futflituer aux droits des Archevêques d’A rles,,
qui ont été de tout tenrs reconnus pour Membres de la
Provence.
§. I I .

Actes rélatifs aux droits des Comtes de Provence.

fuiExaffl- p.-

*

L e Languedoc voudroit ici, comme dans l ’article précèdent,
faire croire que les qy titres qu’il défigne, ne regardent que
la grande brafiiere du Rhône , l’ifle de Camargue , &amp; la terre
ferme de Provence, tandis qu’il y en a vingt de ceux-là qui sçavoîries nu#c.
ne regardent que le petit Rhône ou les ifies 6c péages del à 30,31,3,, 3S|.
partie contentieufe du fleuve. Ain fi , tous les railônnemens
s+ac iapr.R^.
*
'
e
t
h s Num. 17 &amp; j i j
qu’il forme d’aprcs une faulfe fuppofition , tombent d’eux- d-'la fccondc».
mêmes, ou pour mieux dire, en comparant la fuite &amp; l ’enfemble des pièces que la Provence a produites , on voit
qu’elle a eu de tous les tems fur la totalité du R hône, les
mêmes droits qu’on ne lui difpute plus fur la grande bralTiere
du fleuve, établiflèment de péages Se de cens fur les ifies,

�\6o
reglemens pour la pêche ôcc. ainll elle doit être maintenue
dans une poffeffion comme dans l ’autre.
Exam. p. 2 11 &amp; fuiv.

§. I I I . sîdes relatifs aux entreprifes des Provençaux fur diffé­
rentes if es, &amp; divers crémens de la partie contentieufe du Rhône.
L e Languedoc convient que les vingt actes qu’il a rangés
fous cette clafte, intéreftent la queftion ; mais il remarque que
les objets n’ont jamais été poffedés fans trouble par la Provence;
&amp; il cite pour le prouver , des procédures modernes qui n’an­

noncent que l’avidité du Languedoc. On devoit s’attendre
que les aétes qu’il indique, auroient porté eux-m êm es les
traces des obftacles qu’il fuppofe à la poffeffion de la Provence;
Les Nam. 59 &amp; 6
mais de tous ceux-là , il n’ y en a que deux qui faffent mention
de la pr. Requête.
de quelque oppofition de la part des Officiers de Languedoc.
T o u s les autres annoncent la poffeflion ôt la jouiffance la plus
taanquille ôt la plus confiante. E ff-on recevable à venir la
troubler au bout de y ou 6 fiécles ? E t ne faudroit-il pas,
pour la détruire , d’autres preuves, que des raifonnemens
vagues qui ne portent fur aucun fait folide ? T e l eft celui qui
fe renouvelle à chaque page de fon M ém oire, que parmi
tous ces actes il n’y en a aucun qui fuppofe que le droit de
propriété fur la totalité , ou fur la partie contentieufe du
Pvhône, ait été légitimement accordé à la Provence. Si par
accordé , on entend cédé , on a raifon : la Provence ne peut ni
produire ni admettre de ceffion pour des droits dont elle a
toujours joui fans trouble ôc fans obftacle , excepté dans les
derniers tems. Si au contraire on entend reconnu : quand eft-ce
qu’une jouiffance conftante &amp; paiiible a eu befoin de reconnoiffance ? N ’eft-ce pas à celui qui veut la troubler, à prouver
qu’il y a porté obftacle l E t tant qu’il n’apporte point de preuves,

�i&lt;5 t
la préfomption n’efl: - elle pas toute en faveur de celui qui
produit des aéles de pofieflion ? D ’ailleurs, peut-on dénier des
actes plus précis de reconnoiflance générale , que le traité de
partage de l’an 1 12 y , &amp; celui de 1 1 7 6 , 6c les actes des années
1327 &amp; 1333 , rapportés ci-defTus fous le §. II? L a maniéré
vidorieufe dont on fe flatte d’avoir répondu aux objedions
formées par le Languedoc , annonce le même fuccès contre
les nouvelles difficultés qu'il fe propofe d’élever dans la troi.
fiéme partie de fon Mémoire.

TROISIEME

PARTIE.

Examen des titres que la Provence prétend écarter
% réfuter, fo u s le nom de titres du Languedoc.

Eram. p. u s

&amp; Cuir.

La Provence ne peut s’en prendre qu’au Languedoc dans
laconteftation préfente , puifqu’à proprement parler, ce n’efl;
ici qu’un différend de limites ; la Couronne dans quelque de
ces Provinces que le Rhône foit com pris, a les mêmes droits
de propriété &amp; de Souveraineté fur le fleuve ; ainfi c’eft malà-propos qu’on la met fans cefie en C aufe, pour rendre celle
du Languedoc plus favorable. L a Provence protefte, comme
elle a toujours fa it, qu’elle ne réclame dans fes demandes que
les Amples droits que le Languedoc voudroit s’arroger, &amp;
elle regarde la prétention de fon Adverfaire, aufli peu fondée
dans la forme que dans le fond. C e premier moyen elt le feul
qu’il ait jugé convenir à fa défenfe; on en fent la raifon ; il
faut encore le lui enlever &gt; en examinant les pièces dont il
compte tirer avantage.

X

Exam. p. 11 fi

�I 62

A R T I C L E

P R E M I E R .

£xam.P. 217&amp;fuîv- Lettres patentes du Roi Charles V I. du 30 Janvier 1380..
On ne dira qu’un mot fur ces Lettres , dont la fidélité efi:

ibid. p.;m.

d'autant plus fufpeéle, qu’elles n’ont été rapportées ni dans
l ’hiftoire du Languedoc ni dans le R ecu eil général des O r ­
donnances des Rois de France. Q u ’on en produife une copie
en forme , &amp; qu’on cite le dépôt public où s’en trouve
l’original, jufques-là elles ne méritent aucune attention.
Quoique Paul de Nogaret, à qui elles font adrêflees, ne
feit pas un perfonnage imaginaire, comme on l’avoit cru ;
quoiqu’il tût été Maître des Eaux &amp; Forêts des Sénéchaufiees
de Tculoufe &amp; de Rigorre en 13766c 1 3 7 7 , il n’en réfulte pas
moins des recherches qu’a faites le Languedoc à fon occalion,
qu’il ne l’étoit plus en 1380 ; 6c quand il l’auioit é té , n’auroit-ce pas dû être plutôt au Maître de la Sénéchauiïêe de
Eeaucaire que les Lettres fuffent adreffées? Quand il l’auroit
é té , cette qualité auroit - elle fufii pour lui faire donner
le titre de Maître des Eaux du Roi du Pa.ys de Languedoc ?
T itre qui ne peut convenir qu’au Maître général des Eaux &amp;
Forêts du même Pays. O n veut croire qu’il en exiftoit un
alors , &amp; qu’on en a une fuite non interrompue depuis l’an
1308 ; mais il n’en efi pas moins fûr que Paul de Nogaret
n’étoit point alors revêtu de cette Charge; 6c dès quelle
étoic fur la tête d’un autre , la contradiction qui en réfuite
avec l ’adreffe des Lettres , marque la fuppofition de
celles-ci , qu’on fera toujours en droit de foupçonner , tant
qu’il n’en paroîtra pas une copie en forme judiciaire. O n fe
xéferve pour ce tems-là de montrer que ces Lettres prouvent.

�i e&gt;3
trop ; car il paroît x°. qu’antérieurement &amp; e n i 3 $ 3 &amp; i 3 f 4 , '
le Roi de.France ôc. fes Officiers ne prctendoient pas exercer
leur Jurifdiclion fur toutes les ifles du Rhône : &amp; 20. que ces
prétendues Lettres ne changent rien à l ’adminiftration de la

Voy. Mcm. &lt;^c la
Provence, p. 6+ de
fuiv.

Ibid. p. 7 s &amp; fuiY^

riviere, puifque poftérieurement à leur date, on voit les
Comtes de Provence y exercer les mêmes droits qu’ils y
avoient exercés auparavant. D ès-lors, que peut - on en con­
clure ?
A R T I C L E

II.

Lettres patentes de la Reine M a r ie , du 9 Décembre 139$.

.

Ces Lettres patentes ont le même vice que celles de
Charles V I. On ne fçait d’où elles font tirées. O n n’en pro­
duit aucune copie en forme , &amp; certainement elles n’ont pas
été expédiées en François : outre qu’on n’en connoît aucune
de cette Princeffe en cette langue-là , les Sécretaires de fon
Confeil ne lui auroient pas donné le titre de Comteffe de
Remi, nom par lequel un ignorant a cru traduire le mot
Ronciaci qui veut dire Roucy , ôc qui exifte ou qu’on a fuppofé

exifter dans l’original; c’eft cet original qu’il faut v o ir, ÔC
d’autant m ieux, que les preuves qu’on veut en tirer, ne por­
tent que fur la valeur de certaines expreffions ; la traduction
qu’on en donne ne rend que le fens qu’il a plû au Traduéteur
de leur attribuer.
Dans l ’état même elles ne décident rien que ce qui étoit
déjà décidé , ôc ne donnent aucun nouveau droit aux Parties :
on voit même qu’elles fuppofent que chacune en avoit fuivant les quartiers. Comme . . . . . n ’a guères , y eft il d it,
pour le dijlourbier dé/hnamy de Severac . . . nous avons
fait faire plufieurs exploits fu r la riviere du R h ô n e , fçavoir ;

X ij
I

�164
fa ifo n s , que ce que nous
P orts

du

R oyaume

TOUCHER

LA

GNEUR l e

R o i , Grc.

; . . .
et

SEIGNEURIE

en

y avons fa it faire

t a n t

ET

que

tou ch e

JüRISDICTION

DE

sur

et

les

peut

M ONSEI­

Pour Ravoir quel avantage on peut en tirer, il faut connoître la partie du Rhône fur laquelle les Troupes de la Reine
M arie avoient du faire des exploits contre Am aury de SeveracC e ne pouvoir pas être dans 1a partie inférieure du fleuve,
puifque non-feulement il auroit eû deux bras de la riviere â
pafler, mais qu’il avoit encore un grand intérêt à ménager
ce canton-là ; car Raimond de Turenne s’étoit engagé, par un
traité avec la V ille d’Arles , à ne point envoyer ni faire pafler
des Troupes fur le territoire de cette V ille qui s’étend depuis
Anpr^b. &lt;fr ce traite
par la Reine Marie'du
7 Gct. 1 ,9 6 . &amp; par
J-ou s i.'. A rch iv . de
l*Mô:cl de V ille
d’ Arles.

celui de Tarafcon jufqu’à la m er, à condition quelle lui
donnât 50 écus d’or ôc 15 faumées ou 45 feptiers de bled par
mois. Am aury de Severac dut donc chercher à pafler le Rhône
aux environs de Beaucaire ou au-deiïus. Ecoutons le récit que
fait de cette expédition l ’Hiftonen du Languedoc ( L . 23 ,
§. 64 , tit. 4 , pag. 414. )

M ém .p . 75 &amp; fuiv.

» Amaury de Severac &amp; plufieurs autres Seigneurs de
» Rouergue fe liguèrent avec le Vicom te de T urenne, &amp;c
» s’engagèrent de marcher à fon fecours malgré la défenfe
3» que le R oi en avoit faite ; enforte qu’ils dévoient pafler le
» Rhône au nombre de trois mille hommes, pour aller faire.
» la guerre en Provence contre le R.oi &amp; la Reine de Sicile»
L e R o i informé de cette lig u e, ordonna au Sénéchal de Beau» c a ire ,le 19 Juillet de l ’an 1358 , d’empêcher que perfonne.
■»ne paffât le Rhône , de combattre Amaury de Severac , &amp; de.
» fe faiflr de fa perfonne &amp; de ceux de fa fuite. Raimond de.

» Turenne privé de ce renfort, tenta de fe rendre maître du
» Pont Saint Efprit ; mais l ’entreprife manqua, il s’empara

�» néanmoins

du lieu cîe Bays en Vivarais , 8 c établit fa place , Au ro Mars
•S
.
.
r
([ 3 SC). Cet exemple
» d’armes au Château de Eou?ois en V êlai. qui lui apparte-.VHéprisat*.ha,vi,dà
» n o it, &amp; d’où ii continua la guerre dans tous les environs.
Il eft clair par ce récit, qu ’Amaury deSeverac s’étoit arrangé
pour palier le Rhône aux environs de Beaucaire , ôc que trou­

vant les p aliages fermés, il remonta la riviere, foit pour
épier la facilité de la traverfer, foit pour fe répandre aux
environs, foit pour les piller. Il eft de même dans l ’ordre des
cholps que la flotte (a) armée par la Reine Marie , pour s’oppofer à ce paflage , ignorant les véritables vues de l’Ennemi &gt;
&amp;: lui fuppofant toujours l'intention de palier en Provence ?
ait fuivi fa marche depuis Beaucaire jufqu’au Pont Saint Efprit
&amp; au-defîiis ; &amp; fe trouvant alors au milieu des Etats du R oi
de France, ii eft tout Ample qu’elle ait donné l ’efpece de
Lettres reverfales qu’on cite ; dans le fond m êm e, elles ne
regardent pas les exploits qui avoient été faits fur le R h ô n e,
mais feulement ce qu’elle y avait fait faire fur les Ports du
Royaume. O r , il fe peut très-bien que les Troupes qui montoient les bâtimens euflent. mis pied à terre ôc fait ou des
efpe’ces de redoutes ou d’autres ouvrages propres à éloigner
l’Ennemi des endroits qui auroient favorifé fon paflage ; ôc
c’eft même-là le fens le plus naturel de ces Lettres.
Quoiqu’il en fo it, il faut les accorder avec le3 autres monumens de cette Princefle ; &amp; très-certainement un abandon
abfolu du Rhône de fa part eft inconciliable avec, les preuves
de propriété, de Jurifdiélion ou de Souveraineté qui ont été
produites d’après le journal de l ’Evêque de Chartres fon Chan­
celier, non plus qu’avec celles qu’il fournit encore,. O n doit:
(a) F/ïanutcnendo Cf nmlagsndo ncives . . . . Cf barcar foldèndo pro dsfjenfione
ift’ Rhodano paf.agii gentiurn Tburonenjïum. prædiôlarum, C sc. Quittance de là. Reine
Marie du 15 Murs 1 jso &gt;, Arch, de l.’Hotel de Ville d’Arles.

�i 66
remarquer furtout entre les premières, les Lettres démarqué
accordées à deux Habitans dcTarafcon contre les Catalans qui
navigueroient fur le Rhône , fuper Catalanos navigantes per
Rhodanum ; ôt parmi les fécondés , de nouvelles Lettres de
marque accordées aux Habitans d Arles le 21 Février 138J
( i j S t f ,) un traité fait le 2 de Mars fuivant, par lequel le
bâtard de Terride d evoit, dans tout le mois courant, faire
palier le Rhône à quarante Bacinets (a) , la Reine fourniffant
les navires ; enfin le détail de l ’arrivée de la Reine à Arles
qu’il faut entendre dans le langage original.
» Ce jour ( 5 Décembre 138 j ) Madame partit du Pont de
Journ. k•■ifip.fii.
$o C7 verjh,
» Sorgue par eaue, vint au Pont d'Avignon. L à vint en fon
» batel Melïire Enguerran de Cadin ( qui étoit alors Séné» chai (b) de Beaucaire,) ôte. Je entre au batel de Madame
» ôc vcnifmes à Beaucaire, ôt avant que nous fuffiens à Beau~
» caire , trois barques armées de ceulx d’Arles nous furent
» au devant pour tenir obftacle devant Tarafcon ( qui tenoit le
» parti de Charles de Duras. )
» L e quart jour dîna Madame à Beaucaire ; après dîner nous
» mifmes à chemin par eaue pardevant Tarafcon , les barques
» armées paffant devant, ôte. « V oilà un fait bien confiant
paffé devant le principal Officier du R o i de France , qui ne
fit ni difficulté ni réclamation, ôc rapporté Amplement par
un Tém oin oculaire digne de toute créance par fon état ÔC
par fa p la c e , ôt qui n’imaginoit certainement pas que de
Amples notes qu’il ne prenoit que pour fon ufage , duffent un
jour être produites en Juftice. Dans la fappofition que le
R hône dépendoit de la Provence, tout eft en réglé dans ce
( a ) Et il d o it dedans
M a d a m e liv ra n t n a v ire .

fin de ce mois mettre xi. bacines oultre le Rhône ,

{b ) V. Hilt. de Nîmes , fucc. chron. à la fin du lîxiéme vol, p. f,

a

�1
récit : Dans l ’hipotèfe contraire, tout eft contradictoire. Les
.Villes de Provence avoient feules des bâtimens armés en
guerre fur le Rhône. Si Beaucaire en avoit e u , le Sénéchal
les eût envoyés. Cette précaution fuppofe même que Tarafcon en avoit armé de fon cô té ; &amp; h le Rhône eût appartenu
exclufivement au L an gu ed oc, les Officiers de cette Pro­
vince n’auroient pas fouffert que des Etrangers fe fuffent fait
la guerre fur un fleuve de leur dépendance, dont ç’auroit été
à eux de protéger la navigation.
E t qu’on ne dife pas que la Cour de France , entièrement
dévouée à celle de Sicile, fermoit les yeux fur tout ce qui
pouvoit la blefîer. L e voyage du Sénéchal de Beaucaire auprès
de la Reine Marie de Blois, montre que fon affection étoit
fubordonnée à d’autres intérêts , puifqu’ii n’avoit pour
objet que de s’excufer (a) pour des chofcs qu’il avoit faites
contre ceux de la R eine, fur les ordres qu’il en avoit reçus par
écrit du R o i &amp; du D uc de Berry ; &amp; l’on peut fe rappeller
que les Minières de France témoignèrent à ceux de Sicile le
mécontentement de leur M aître, fur ce que le Château de

Voy. Mém. p. yî,-

Tarafcon étoit trop femblable aux flens. Quand on pouffe la
jaloufie de l ’autorité jufqu’à de pareilles minuties, fur lefquelles on n’a point de droit, il efb hors de doute qu’on n’eff
pas difpofé à fouflrir la moindre atteinte à une autorité
légitime.
L ’on ne peut pas dire non plus que la Reine Marie dûtdonner d’autres Lettres reverfales pour le voyage qu'elle fit
fur le Rhône en 1 58 &gt; ; il n’en exifie aucune trace dans les
mémoires de fon Chancelier, qui avoit pourtant l ’attention
(a )

Là

w â o r it a te

Joutn. al.

vint

en

fon

b a te l jlî rc, F r.- n e r r a n c!e C a d in ,

R e g i s F ra n cin e.
fu jjr,

fo y

D u c i s B i t u r i c e n f i s , d ic e n s f e

e x e u fa n t
v er

d e f a f l i s , q u ia

H u e r a s o fien C u ru m

J

I

�1 68
icTy marquer les plus petits évenemens, comme la permîffioni
donnée à un Notaire d’expédier des atles tirés du protocole
d’un de fes Confrères. Son journal eft connu , confervé dans
un dépôt public , ôc communiqué à tous ceux qui veulent le
confulter. Q u ’on y fafle les perquifitions les plus exaétes ,
on y trouvera d’une part mille preuves que la Reine fa
Maîtreffe difpofoit des divers péages du R h ôn e, comme d’une
chofe à elle appartenante ; &amp; de l ’autre , on n’y en trouvera
aucune , ni que cette propriété lui fût dilputée, ni que
perfonne voulût la partager avec elle.
M a is, dira-t-on , comment y trouver note des reverfales qui
durent être expédiées en 138?, puifqu’on n’y en trouve pas
non plus de celles qui le furent réellement en 1398 ? A-t-on
oublié que ce journal finit au t 3 de Juin 1388 ? E h ! plût à
D ieu qu’il eût été continué jufqu’à l ’époque dont il eft ici
queftion ! on y trouveroit certainement la folution des
difficultés qu’on oppofe à la Provence.
D e ce que le Vicom te de Turenne ne devoit attaquer que
la Provence, il fa llo it, dit-on, qu’il paflât le Rhône audefîous de la Durence , fans quoi il n’auroit pas été plus
avancé , puifqu’il auroit eu encore cette derniere riviere à
traverfer. En effet, au mois de Septembre de cette même
année 13 9 8 , il traverfa le Rhône au Pont Samt Efprit avec
le Maréchal de Bcucicaut qui alloit affieger Benoît X III. dans
Avignon , fans qu’il ait fongé alors à attaquer la Provence ;
fit de-là on conclut que les exploits que la Reine Marie dût
faire fur le Rhône , ôc les Lettres qu’elle donna en conféquence , ne peuvent regarder que la partie du fleuve inférieure
à la Durence.
I l eft vrai que le chemin qu’on indique étoit le plus court
qu’eût eu à tenir le Vicom te de Turenne ; mais il n’en eft pas

moins

�moins vrai qu'ayant été arrêté par les difpofitions que Te
Sénéchal de Beaucaire avoit faites , il fe vit obligé de re­
monter jufqu’en Vivaraxs , où il ne lui fut pas plus aifé de
paffer le Rhône. P eu t-être n’étoit-ce pas fon deffein, mais
on eft en droit de le lui fuppofer , comme on étoit alors fondé
à le croire. L ’obftacle de la Durence, qu’on fait valoir , n’en eft
pas un au mois de J u ille t, tems où l’hiftoire du Languedoc
rapporte cette expédition , &amp; où il eft aifé de palier cette
riviere à gué en mille endroits. Enfin l ’exemple de ce qui fe
paffa au mois de Septembre fuivant, eft mal ch o ifi, puifqu’à cette derniere époque Turenne étoit joint avec les T ro u ­
pes de France, ce qui lui donna la facilité de paffer le R hône
au Pont du Saint Efpnt. L e Général François n’eût pas permis
qu’il s’en fût féparé pour aller vexer un Prince qui é t o it ,
pour ainfi dire , fous la protection de la Couronne ; au lieu
qu’au tems &lt;FAmaury de Severac, il étoit également ennemi de
la France. Les guerres de ce temsdà ne confiftoient qu’en des
expéditions paflageres , après lefquelles les différens Chefs
paffoient fouvent à la folde des mêmes Princes qu’ils ve-,
noient d’attaquer.
A R T I C L E

III.

Sur les Lettres patentes du Roi Charles F I I L du 2S Août
14B8, que nous avions dattées par erreur de 1388
dans notre premier Mémoire.
L e Languedoc remarque, page 2 3 3 , que quoique le R o i
fût alors, (y depuis plus d'un fiéde , Souverain du Dauphiné,
les Officiers de cette Province n’en font pas moins blâmés dans
ces Lettres de Charles V U L d'avoir étendu leur Jurifdiction

Exafti. p.

�’v jô
fur le Rhône , G* qu'il y ejl déclaré pofitivement que le Roi même
comme Dauphin , ny avoit ni Jurifdiclion ni Seigneurie, G’c.
O r , il ne faut rien de plus pour démontrer que le R o i
n ayant jamais fait une pareille déclaration à l’égard du
Rhône dans la partie de Provence , &amp;; au contraire cette por­
tion du fleuve ayant toujours été adniiniftrée par les Ofliciers
R oyaux de Provence ou par le R o i comme Comte de Pro­
ven ce, après la réunion de cette Province à la Couronne :
c ’eft une preuve convaincante que la partie du Rhône qui
coule le long de la P rovence, a toujours été diftinguée de
celle qui coule le long du Dauphiné, &amp; que le fens ni l’objet
de ces Lettres ne peut être appliqué à la Provence.
Pour tâcher de prévenir cette conféquence qu’il n’étoit
pas difficile de prévoir, l'Ecrivain du Languedoc cherche à
perfuader que la Provence peut être comprife fous ces termes
généraux des Lettres de 1488 , tant vers le. Dauphiné comme
en quelconques autres parties : mais outre que ces autres parties
peuvent fe référer , foit à la Savoye , foit au Com té de
Venaijfin , il eft évident quelles ne peuvent avoir leur
application à la Provence , puifque dans ce fens elles embrafferoient la partie du Rhône depuis le commencement du ter­
ritoire d’ /Jrles jufqu’à la mer ; &amp; comme le Défenfeur le plus
zélé du Languedoc eft obligé d'avouer que la grande brafliere
du Rhône depuis Arles jufqu’à la mer a inconteftablemenr
appartenu aux Comtes de Provence , il ne lui refte ni pré­
texte ni raifon de traiter différemment la partie fupérieure du
même fleuve depuis la Durence jufqu'à slrles.
Ainfl lorfqu’il termine cet article de fon examen en difant
(page 236) que le R o i Charles F I I I . a déclaré en 1488 &gt;
qu’il n’avoit aucun droit fur le R hône comme Dauphin, G*
par conféquent comme Comte de Provence, ces derniers mots

�17 1
font une addition que cet Ecrivain provenu fait de fon chef,
de même que la diflin&amp;ion qu’ii lui plaît d’établir entre les
deux parties ci-deffus du Rhône ; &amp; l ’on s’appercevra aifément que le Languedoc en a fouvent ufé ainfi dans le cours
de ce long ouvrage i il commence par fubftituer fes propres
idées aux termes des titres qu’il exam ine, après quoi il les
réfume dans la conclufion , comme fi ces idées étoient deve­
nues des vérités, quoi quelles n’ayent pour garant que fon
alfertion ou le befoin de fa caufe.

A R T I C L E

I V.

Sur VArrêt du Parlement de Touloufe du 8 Mars 14^3.
C ’eft peut-être un des articles dans lequel le Languedoc
a marqué plus de confiance, &amp; dans lequel il eft le plus aifé
de montrer combien fon fyftême eil inconcluant.
iS . Il avance que l ’Arrêt du Parlement de Touloufe a eu
fon effet &amp; n’a pas été contredit par des Jugemens con­
traires des Tribunaux de Provence, tandis qu’il a dû lire dans
les Lettres patentes de Louis X I I . du 13 A vril r y o p , ces
termes bien pofitifs qu’il a évité de tranferire: Vû G confideré
que Arrêts G Jugemens contraires en ladite matière , ont été
donnés G prononcés, tant en notre Cour de Parlement de Tou­
louse que de Provence, par quoi le différend a demeuré G de­
meure fans aucuns définition , G c.
20. Il veut faire entendre que les Jugemens qui ont déclaré
que des portions de Rhône ou de fes ifles êt crémens étoient du
territoire de Provence,ne font pas contraires à l’Arrêt du Parle­
ment deTculoufe,parce que, dit-il, cetArrêt n’eft pas intervenu
entre des Particuliers , mais a Amplement déclaré que le R oi

r«m.

�172
comme R o i de F ran ce, ôc à caufe de fa Couronne, étoit
Seigneur du Rhône Ôc de tout fon cours. Mais puifque lors
des differens Jugemens qui ont été rendus fur des portions du
Rhône ôc de ffs ides ôc crétuens, il a été queftion de fçavoir
&amp; de décider fi ces propriétés étoient comprifes dans le teriitoire de Provence ou dans celui du Languedoc , n’eft-il pas
fenfible que les Jugemens donnés en faveur du territoire de
Provence ont décidé la même queftion des limites dont il
s’agit aujourd’hui ?
3°. L e Défenfeur du Languedoc foutient que l'Arrêt de
1493 a eu fa pleine exécution, fous le prétexte qu’il le
trouve énoncé dans des Lettres patentes ou des Jugemens
poftéricurs, ôc fin e fait pas attention que ces mêmes Juge­
mens ayant décidé,nonobftant le vû de cetArrêt, que lesParties
contentieufes étoient dans le territoire de Provence , c’eft
précifément ce qui prouve que l ’Arrêt de 1493 n’a pas paru
être un obftacle à cette décifion , ôc n’a été regardé que
comme une entreprife des Officiers du Languedoc , pour
étendre leur Jurifdiction. L e R o i n’avoit fans doute pas befoin de leur témoignage pour maintenir fa fouveraineté fur
le Rhône vis-à-vis de la Provence, puifqu’il étoit Souverain
de cette Province aufti bien que du Languedoc : ôc n’avonsnous pas eu raifon de dire que ce font les Jugemens rendus
en faveur du territoire de Provence , qui ont eu vraiment leur
pleine ôc entière exécution, puifqu’en conséquence nous
avons réellement ôc conftamment poiTedé les terreins adjugés
aux Provençaux ; enfbrte que la différence notable qu’il y a ici
entre la défenfe du Languedoc ôc la n ô tre, c’eft que Pexé’cution dont parle le Languedoc , ne réfide, quant à la P ro­
vence , que dans les mots ôc dans les énonciations qui ont
4 té faites de l’A rrêt de 1493 ? au lieu que l ’exécution fur

�171
laquelle nous nous appuyons, eft dans l ’effet même des Jugemens contraires à cet Arrêt ôc dans la poffeffion réelle ôc
de fait qui les a fuivis.
4 R L e Défenfeur du Languedoc fe permet de dire ( page
24.7 ) au fujet des deux Arrêts du Grand Gonfeil de 1 J87 ôc
i6op , qu’il ejl vrai que le Procureur Général du Grand Confeil
trompé par les Provençaux, adopta leurs raifonnemens £r leurs
fables même , Or qu’il donna des concluions en leur faveur ; qu’il
efl vrai auffi que l’Arrêt du Parlement de Touloufe fut regardé
comme nul, (ère. T e lle eft la méthode ordinaire du Langue­
doc ; il traite d’erreurs &amp; de fables tout ce qui eft jugé contrer
l u i , &amp; il ne trouve creance ôc vérité que dans ce qu’il juge
à propos d’alleguer pour fon intérêt. Mais le Grand Confeil
étoit fans contredit le Juge compétent de la conteftation ,
ôc pour juger le différend que les Arrêts ôc Jugemens con­
traires des Cours de Touloufe ôc de Provence avoient laiffé
indécis , puifque ce fut-là précifément l ’objet de l’évocation
ôc du renvoi au Grand C o n fe il, portés par les Lettres pa­
tentes de 1 j 09.
5°. Combien d’autres témoignages n’avons-nous pas que le
R o i lui même j malgré l ’Arrêt du Parlement de Touloufe de
1493 &gt; a penfé , ainfi que fon Procureur Général au Grand
C o n fe il, qu’il avoir des illes , iflots Ôc crémens , des péages
ôc ports du Rhône dans fon Domaine de Provence , puifqu’il
en a fait des ventes ôc concédions fous ce titre, notamment
en 1545 pour le Port de Confolde,e.n 1744 pour les illes ôc
accroiffemens de la riviere du Rhône dans le terroir de Bonibon , ôc en 1
pour les illes , iilons Ôc attériffemens de la
rivière du Rhône appartenais à Sa Majefté dans fon Pays de
Provence. N e feroit-il pas abfurde de penfer , comme v eu droit le perfuader le Languedoc , que le Grand Confeil eût

�-----------------------------------------

4

dépouillé nos R ois des droits de leur Couronne, &amp; quils
s’en fuffent eux- mêmes dépouillés par ces divers a&amp;es, fous
le prétexte qu’ils exerçoient ces droits comme étant de leur
Domaine de Provence ? E t n’eft-il pas plus extraordinaire
encore de repréfenter les Provençaux comme attaquant les
droits du R o i fie de la Couronne, tandis qu’ils défendent des
pofTefTions qui leur ont été accordées ou confirmées par nos
R ois eux-mêmes, ou par le Tribunal qu’ils avoient commis
pour en décider définitivement ?
Ixam. p. i48&amp;fuW*

A R T I C L E

V.

Sur VArrêt du Confeil du 26 Juillet 1681.
D ès que le Languedoc convient que cet Arrêt ne dit pas,
ainfi qu’il l’avoit annoncé , qu’il foit fondé fur ce que le
Rhône fait partie de ladite Province d’un bord à l’ autre, cet aveu
fuflit pour juftifier le reproche que nous lui avons fait d’a­
voir ajouté cette énonciation de fon c h e f, 6c le Languedoc
eft forcé de faire ici un autre aveu bien plus décifif, c ’eft
que quoiqu’en qualité de Subrogé au bail général de Violet,
il ait perçu le franc-fief des illes du Mouton , la Provence
n’ en perçoitpas moins les tailles fur ces memes ifles. O r , c’eft-là
le point qui influe véritablement fur la queftîon préfente »
parce que la taille étant l’impofition réelle 6c territoriale,
la perception de la taille démontre que ces ifles, depuis leur
origine , n’ont jamais ceffé d’êre poffedées ôc regardées comme
étant du territoire de Provence.
L e Languedoc peut-il, après cela , fe flatter de fe débatvaffer de ce point de fait avoué , ôc de la conféquence nécefîaire qui en réfulte fur le d ro it, en répondant que depuis

-

�quelques années la Communauté d’Aramont, en Languedoc;
a intenté Procès à celle de Barbentane, pour lui enlever la
taille de ces ifles ? Il ne relie plus qua fçavoir fi la fimple
prétention ou tentative d’une Communauté du Languedoc ,
excitée ou foutenue parles E tats, elt capable d’effacer une
poffellion que la Provence a eue dans tous les tem s, ou fi
au contraire nous ne fommes pas en droit de conclure de cettè
ancienne &amp; invariable polfefïion , que le Languedoc n’eft
arrêté par aucune barrière.
A R T I C L E

VI .

Exam. p. u s &amp; foW

Sur VArrêt du Confcil du 8 Mai 1691.
L es mêmes raifons que nous avons données fur l ’article
précédent, s’appliquent à celu i-ci, &amp; il faut furtout ne pas
perdre de vûe deux réflexions..
L a première, elt qu’il n’ell pas extaordinaire que le R o i
faifant un bail général des droits de fon Domaine en L an ­
guedoc , y ait compris les ifles &amp; crémens du Rhône dans la
très-petite partie qui fe trouve depuis la Durence jufqu’au
terroir d'A rles, pour la joindre à toute la partie firpérieure,
tant vis-à-vis le Comté de Venaijjili que vis-à-vis le Dauphiné s
dont le Languedoc étoit en pofleffion , &amp; dont l’étendue ell
infiniment plus confidérable que celle de la partie dont il
s’a g it, qui n’embraffe qu’une longueur de quatre à cinq lieues ;
mais cet arrangement de Finance n’a changé ni altéré en rien
la perception des tailles qui dépend de l ’encadallrement ter­
ritorial, &amp; qui a toujours été continué en Provence fur ces
mêmes terreins ; d’où il fuit clairement que cet arrangement
particulier à l ’objet des Finances, n’a eu &amp; ne peut avoir

�17 ^
aucune influence fur la queflion des limites des deux Pro-*
vinces.
L a fécondé réflexion eft que lorfqu’on a oppofé au Lan­
guedoc l’exception que l’Arrêt même de 1691 a faite des droits
relatifs au terroir d'slrks , il a répondu dans une requête du
2 j Octobre 176? , que la V ille d’A^rles a des titres de concefllon qui lui font particuliers, 6c que c’eft ce qui a opéré
en fa faveur cette exception.
Aujourd’hui le Languedoc veut faire entendre que c’eft
par pure condefcendance que la V ille d'Arles a été maintenue
dans toute l’étendue de fon territoire , fur cette partie du
Rhône , ôt que cette poffeîlion n’a qu’une fource abulive ÔC
illégitime dans l’aête de partage de 112$ ; par-là il eft évident
que le Languedoc revient fur fes p as, 6c élude totalement
l ’objeétion qui lui a été faite , ôc qui conflfte en ce que ,
puifqu il eft forcé de reconnoître que la V ille d'Arles a des
titres particuliers qui lui ont procuré la maintenue fur cette
partie du R h ô n e , ces titres étant émanés des Comtes de
Provence 6c de la même autorité que ceux que nous appor­
tons pour la partie fupérieure depuis la Durence jufqu’au
territoire d’ A rles, il faut parconféquent que le Languedoc
reconnoilfe en même-tems, 6c par la même raifon , l’effet ôc
la valeur de ces titres pour une partie comme pour l ’autre.
D ’ailleurs l’Ecrivain du Languedoc fait i c i , comme dans
beaucoup d’autres endroits , une équivoque, en ce qu’il
affecte de croire que l ’exception faite en faveur du territoire
d'Arles , ne regarde que la grande braffiere du Rhône , ou la
partie du fleuve inférieure à cette V ille , ôc par-là il cherche
à fe dégager d'un grand nombre de titres , en répondant qu’ils
font étrangers à la partie contentieufe du Rhône , tandis
flu’il n’a pas dû ignorer un fait aulfl notoire que confiant ;
fcavoir

�*77

fçavoir que le territoire d'Arles commence plus d’une lieue
au-deflus de la V ille &amp;: du point où le Rhône fe divife en
deux branches, de que parmi les titres produits concernans
le territoire d’Arles , il y en a plufieurs qui s’appliquent précifément à cette partie fupérieure, tels que l ’Arrêt du Grand
Confeil de 1609, celui du Confeil d’Etat de 1692 , ôc tous
ceux qui concernent l ’ifle du bois Comtal, lefquels titres font
par conféquent relatifs à la partie du Rhône contentieufe.
A l ’égard de l ’Arrêt de 174.3 &gt; contre la Communauté de
Alontdragon, il fuffit de fe référer à l ’obfervation qui a été
faite, que cette Communauté étant fituée au-deflus de la
Dur once, ayant fon territoire enclavé entre le Dauphiné &amp; le
Comtat F^enaiffen , &amp; étant d’ailleurs indépendante de
l ’adminiflration des Etats de Provence , c’efl un exemple
particulier qui ne peut intéreffer la Caufe préfente.
A R T I C L E

VI I .

Arrêts du Confeil regardés comme étrangers, oucommedejîmples £*am.p. 144&amp;hiv.
Arrêts déformé.
L e Languedoc a fans celle deux poids &amp; deux mefures. Il a
fait valoir comme un point fondamental, lors des Arrêts
qu’il a obtenus contre le Dauphiné, que les terreins con­
tentieux avec cette Province , étoient encadaftrés &amp; payoient
la taille en Languedoc , &amp; il ne veut pas que nous employons
efficacement le même argument contre lui.
Quant aux Arrêts rendus contre le Comtat, il lui plaît de
conjecturer que lî cet Etat n’eût pas été réuni à la France,
peut-être nous ferions venus au fecours des anciennes pré­
tentions du Comtat fur le Rhône &gt; &amp; il ne daigne pas conZ

�. 178
fidérer que tien avant qu’il fût queftion de cette réunion , &amp;
que nous pufflons la prévoir, nous avons déclaré très-pofltivem en t, ôt prouvé que le Pape ôt fes Sujets n’avoient aucun
droit fur le fleuve.
D ’un autre côté , il préfuppofe contre la notoriété ôt
contre la propre connoiflance de tous les Languedociens qui
habitent le long du R h ô n e , que les péages de Provence
établis fur le Rhône , ôt qui n’ont jamais été impofés en
L an guedoc, ne font perçus que fur terre , ôt il fe livre à cette
préfuppofition dans la vue d’en induire que l’impoP.tion que
la Provence perçoit fur ces péages, ne conclut rien pour la
propriété du R h ô n e , ôt qu’ils font dans un cas différent des
péages du D u c de Valenùnois , dont l ’impofition a été
adjugée au Languedoc : d’où il fuit qu’étant au contraire
confiant que nos p éages, tels que ceux de Lubieres, des Celejlins, d’Arles ôt du Baron, fe lèvent fur la riviere du Rhône ,
ôt qu’ils n’ont jamais été impofés en Languedoc , la vraye
conclufion qu’il faut tirer de ce fait, eft que ces péages ont
été regardés comme valablement établis par nos anciens
Comtes fur le fleuve, ôt comme dépendans d elà Provence
ôt de fon territoire , ôt que les Arrêts obtenus contre le
D u c de Valenùnois, bien loin de pouvoir nous être oppofés,
fe tournent en notre faveur par la raifon des contraires.
Enfin fous le prétexte que par des Arrêts de forme de 17 j 6
ôt 1 7 5 8 , le Languedoc a été reçu Oppofant à l’Arrêt
du Confeil de 1690 , il met au nombre de fes titres ces Arrêts
de forme ; il défaprouveroit fans doute que nous en ufaflions
de même pour l’Arrêt du 21 Août 1 7 6 4 , q u ia admis plus
récemment notre Requête envers l’Arrêt de 1724: ôt en un
m ot, il veut que fa prétention lui ferve de préjugé par fa
hardieffe même qui le porte à attaquer des Arrêts rendus

�179
depuis des ficelés, ôc une poffeflion de tous les tems.
A R T I C L E

V I I I .

Arrêt du Confeil du 26 Juin 1724.
Remarquons d’abord que le Languedoc n’a plus contefté
ici nos moyens de contrariété, ni de Requête civile ,en point de
D r o it, ni du coté de la forme , quoiqu'il eût tenté de les
attaquer dans fa précédente Requête. Il fe replie aujourd’hui
à dire que l ’Arrêt de 1724. n’eft pas contraire aux Jugemens
que nous lui oppofons, parce qu e, dit-il, les uns regardent
la grande bralfiere du R h ô n e, ôc les autres fo n t, ou attaqués
par la voye de l ’oppofition, ou relatifs à des terreins qui font
encore en litige dans des Inftances pendantes au Confeil.
L e Languedoc répété que l’Arrêt de 1724 a été fignifié à
P artie, c ’elt-à-dire aux Procureurs du Pays , en la perfonne
du lieur Saurin, Affelfeur d’A ix , l’un d’e u x ; mais il auroit
dû confidérer que cette lignification ne fut faite qu’à la re­
quête du lieur de G ravefon , Polfelfeur des ifles du Caftelet
&amp; du R o d ad o u , qu’ainfi elle n’eft relative qu’à la difpofition
particulière de l ’ Arrêt de 1 7 2 4 , dont il ne s’agit pas ic i, ôc
qu’il demeure très-vrai qu’il n’y a jamais eû de fignification
ni d’exécution de la part des Etats de Languedoc par rapport
à la difpofition générale qui les concerne.
Nous conviendrons avec le Languedoc &gt; que l ’Arrêt de
1724 a deux difpofitions, l ’une particulière, ôc l ’autre g é ­
nérale ; que la première , concernant les ifles du Caftelet ôc du
Rodadou, n’eft pas directement contraire aux titres ôc Arrêts
par lefquels la Provence a été maintenue dans tant d’autres
ifles du R h ô n e , parce qu’ils ne portent pas fur les mêmes

EMm.P.i7s &amp; ^

�iSo
terrcins ; ôc voilà pourquoi nous n’attaquons pas , par voye
de contrariété, l’Arrêt de 1724, dans cette difpofition par­
ticulière : mais il faut que le Languedoc convienne à fon tour,
que s’il vouloit mettre à exécution la difpofition générale
qui lui adjuge toutes les autres ifics du R h ô n e, pour nous
évincer de ces autres ifies que nous poffédons , dès lors cette
difpofition générale eft formellement contraire aux divers
Arrêts par lefquels nous avons été maintenus dans la poiïeflion
de ces ifles.
Il eft inutile de revenir fans cefîe à dire que les Arrêts
concernans la grande braiïiere du Rhône , trouvent un fonde­
ment particulier à la V ille d'Arles dans le traité de partage
de l ’an 1125’. Cette obje&amp;ion, déjà vingt fois réfutée, nous
donne lieu d'ajouter ici une nouvelle réfléxion, qui feule fuffiroit pour décider le Procès. Pourquoi le Languedoc eft-il
forcé de convenir que le grand bras du Rhône refta au ter­
ritoire de Provence par le traité de partage de i i 2 j ? C ’eft
parce que la limitation que cet aête contient, ne fait mention
que du petit bras du Rhône. O r la même limitation ayant
trouvé , vis-à-vis le territoire de Tarafcoii, le Rhône divifé
en deux branches par une ifle confidérable, l iflé de Lubieres ,
&amp; n’ayant pareillement fait mention que de la branche, oc­
cidentale du fleuve, il s’enfuit que le Languedoc doit être
également forcé d’avouer que les ifles du R h ô n e, dans cette
partie , &amp; la branche orientale du fleuve, dépendent du
territoire de P rovence, comme la Camargue, ôc la grande
brafliere dans la partie inférieure.
Sur la tranfaftion de 1 ççq. , le Languedoc répond, p. 288 y
que c’eft un afte pajje en Provence par des Officiers de Pro­
vence , au nom du Comte de Provence, en Vabfe7ice &amp; à Vinfçu
fa La France &amp; des. François j ôt il ue fait pas attention que
V-.

�8i
les Officiers qui pafferent cet a£te , étoient commis ôc autorifés
ï

par des Lettres patentes du Roi de France, Comte de Provence.
A l ’égard de nos autres titres ôc A rrêts, il n’y a que celui
de 1690, contre lequel les Etats de Languedoc ont formé
oppolicion en 1 7 y ; mais cette oppofition m êm e, ôcletem s
dans lequel elle a été formée , bien loin de pouvoir fervir de
prétexte au Languedoc pour éluder notre moyen de con­
trariété , juftifient néceffairement que l ’Arrêt de 1724. efl:
contraire à celui de 1690 , qui fubfiftoit alors pleinement ôc
fans trouble.
Quant aux Arrêts de 15* 87 5 i&lt;5op ôc 1 6 9 2 , le Languedoc
y répond vaguem ent, en difant page 301 , qu’iZ n'y a pas uns
feule ijle , ni unfeul crément dans la partie contentieuje du Rhône
du côté de la Provence, qui trait été ou ne foit l'objet d'un
Procès s u s c i t e ' p a r l a P r o v e n c e . Mais comment peut-il nous
reprocher d’avoir fufcitéces P rocès, ôc d’être continuellement
les Agrelfeurs , tandis que nous avons conflamment po/Tédé,
ôc que nous polfédons encore les terreins qui font la matière
de ces Frocès ; &amp; qu’ainfi nous n’y fommes occupés qu’à
défendre nos pulTeffions contre les attaques opiniâtres ôc
multipliées du Languedoc ?
Ainli le Languedoc a un double to rt, i ° . de vouloir nous
faire envifager comme les Moteurs des Procès fubfiftans au
fujet des terreins adjugés à la Provence par ces A rrê ts ,
tandis que nous ne fommes que Défendeurs dans ces Procès,
2 0. D e fe faire un titre de ces Procès mêmes qui ne font que
fon feul ouvrage , pour écarter le moyen de contrariété de
l ’Arrêt de 1724 , avec les Arrêts ci deffus ; comme fi ces
A rrêts, non attaqués par des voyes juridiques, étoient mis
au néant, par c ia feul qu’il plaît au Languedoc d bazarder,
après des ii 'cles, les prétentions les plus téméraires, fur les
mêmes terreins qu iis nous ont adjugés,

�Sî
L e Languedoc répond a l ’indutUon tirée de la poiïefïîoiî
de la grande braiïiere &amp; de l’ifle de Camargue, que c’eft le
lieu d’appliquer la maxime , tantum prœfcriptum , quantum
i

EïtM.p. 3°4*

pojfejfum : l’on pourroit fe fervir avec avantage de cette même
réglé contre le Languedoc, pour en conclure qu’il doit donc
nous lailTer pareillement en poffefflon de toutes les illes ôc
des terreins fupérieurs que nous poffédions auffi paifiblement
de toute ancienneté , avant les troubles qu’il n’a fufcités que
dans ces derniers tems , &amp; qu’il doit fe borner de fon côté
à ce qui lui a été nommément ôc individuellement adjugé &gt;ÔC
dont il a eû la poffellion effective.

S

u r

l a

C

o n s u l t a t i o n

.

V ouloir entrer dans la difcuffion de la Confultation mife
au bas de l'examen du L an guedoc, ce feroit rentrer dans toutes
les difcuflions dont nous venons de nous occuper. Il fuffit de
dire que cette Confultation eft fondée fur ce qu e, fuivant ceux
qui l’ont foufcrite, le Languedoc a parfaitement rempli l'objet
de fa défenfe ■, il n’eft pas étonnant de voir enfuite les Confultans adopter toutes les affertions de leurs Parties. E t avoir
détruit, comme nous venons de le faire, toutes ces affertions
téméraires , c’eft avoir réfuté d’avance le réfumé que les
Confeils du Languedoc en ont fait dans leur avis.

R E C A P I T U L A T I O N

G U N UR A LE.

E n examinant', comme nous l’avons fa it, le mérite de la
queftion défendue par le Languedoc, en appréciant les titres
dont il a voulu affoiblir les indu&amp;ions, nous nous fommes pro~
pofé, pour lui rendre fes propres termes, de ne laijjer fubfiflerj

�i8?
aucun des artifices qu’il defline à foutenir un JîJléme aujji ambitieux
que chimérique : dans cette vue nous avons tâché de ramener à
Vexa fie vérité, £r de réduire à leur jujle valeur lesfaits, les monumens G les raifonnemens reunis dans l’écrit que nous venons
d’examiner, G nous avonsfidèlement,8c pas à pas, fuivi la marche
que le Défenfeur de cette Province s’efl faite G nous a tracée.
IL étoit néce faire de commencer par établir les principaux fon demens ,fur lefquels eft appuyé le droit de la Provence; de détruire
les chimères qu’on veut y oppofer, ôc de puifer dans l ’hifloire ,
des notions vrayes, claires G certaines fur l ’état des diverfes
contrées baignées par le Rhône, G par confequent fur l'état dit
Rhône même, particulièrement aux époques où ces deux Pro­
vinces ont commencé d’être Françoifes, ôc où elles ont ceffé
d’appartenir au même Maître.
I.e témoignage unanime de tous nos Hijloriens, ôc de tous les
monumens du tems, nous a appris que la Provence fut foumife
à la France dès l ’an y 3 6 , ôc que la Septimanie ou Gothie aujour­
d’hui Languedoc, ne le fut qu’en Pan 752.
Q u ’on n’a aucune preuve que l'Ufege ait appartenu aux
Princes François avant l ’an 5^41 ,8c qu’ils ne l ’acquirent, ainll
que le Vivarcàs, que par la deftruêtion du Royaume de Bour­
gogne.
Q u ’il eft faux que ces cantons, non plus que le territoire
de Beaucaire, ayent été conquis en y 3 5 par Theodebert qui n’étoit pas encore R o i ; qu’avant &amp; après cette époque pendant
tout le fixiéme fiécle , ce territoire de Beaucaire appartînt
conftamment au Souverain de Provence.
Q ue dès le quatrième fiécle , la tête de fille de Camargue
faifoit partie de la V ille d’A rles, 8c qu’elle a toujours conti­
nué d’en dépendre : qu’au huitième une ille du Rhône eft défi»
gnée être du territoire de la même V ille .

�\ 84.
Q u’au commencement du neuvième) Urgence qui comprenoit toute la partie du D iocèlè d’Arles qui eft à la droite du
Rhône , dépendoit du Comté d'Arles &amp; du même Souverain
que cette V ille. Que cette dépendance a continué fous la
fécondé race de nos R o is , toutes les fois que les cantons
fitués des deux côtés du R h ô n e, ont été féparés de domina­
tion. Q u ’après l ’ufurpation de Bofon, tk celles d’Hugues Cr de
Rodolphe R oi de Bourgogne, le même canton d’Argence con­
tinua de faire partie du Com té d’Arles ; &amp; que cette dépen­
dance confiante ôe continue , ne s’eft perdue que par l’ufurpation averée qu’en hrent les Princes de la Maifon de Touloufe ,
qui ne commença cependant que depuis qu’ils eurent été aux
droits d’une branche de la Maifon de Provence , êc qui n’em­
pêcha pas qu ils ne reconnuffent que ce canton appartenoit
aux Archevêques d’Arles , que ces ufurpations de Bofon &amp;
d’Hugues n’ont pas fait perdre à la Couronne le droit qu’elle
avoit fur la Provence &amp; fur le Rhône qui en étoit une dépen­
dance ; mais que dans le fait elle avoit perdu l’exercice de
ce p ou vo ir, qui des Rois de Bourgogne avoit paflé aux Em ­
pereurs d’Allemagne, jufqu’à ce qu’il fe fut trouvé comme
éteint 6c aboli par le non ufage , 6c qu’elle l ’a repris en entier
dès que la Provence lui a été réunie ; au moyen de quoi la
Couronne n’a aucun intérêt à cette C a u fe, qui n’eft propre­
ment qu’une difcuffion de limites entre les deux Provinces de
Provence 6c de Languedoc, parce que quelle que foit celle des
deux à qui le R hône foit adjugé , elle a tous les mêmes droits
de propriété 6c de Souveraineté à exercer.
Q ue les Etats de Provence ayant été partagés en 1 1 2 $, entre
le Comte de Barcelonne qui étoit aux droits de la branche
aînée, ôc le Comte de T ouloufe qui étoit à ceux de la cadette,

�i8 f
le Rhône refia ôt ne put relier que dans le lot du premier ;
qu’en effet, depuis cette époque comme avant, la navigation ,
la pêche , les ides &amp; les péages du Rhône depuis la Durence
jufqu’à la m er, n’ont ceffé d’appartenir aux Comtes de Pro­
vence ou aux Archevêques d'Arles leurs co-Feudataires des
Empereurs qui ont établi de nouveaux péages fur le petit
R h ô n e, même dans le 13e. fiécle.
Q ue ce n’a été que dans le fuivant, que les Officiers Royaux
de Languedoc ont commencé à vouloir troubler la poffeffion
de ces Princes ôt Prélats ; mais que leurs premières entreprifes,
ou furent réparées par leurs ordres ôt de leur aveu, comme
■ en 1 327 &amp; en 1333 , ou entraînèrent des commiffions qui ne
décidèrent rien , mais qui laifferent les chofes en fétat où
elles étoient, c’efbà-dire , la Provence en poffeffion des ides
qu’on vouloit lui enlever ; que cette poffeffion a continué juf­
qu’à l ’époque de fa réunion à la Couronne ; que par les paêles
de cette réunion on l’a maintenue dans tous fes droits , ufages,
privilèges ôte. dont le principal eft de conferver la même
étendue ; car indépendamment du préjudice qu’on porteroit
au Corps , ceux qu’on en fépareroit auroient à fe plaindre de
ce qu’on les prive d’une participation légitime à des privilèges
qui leur étoient acquis.
O n a encore détruit toutes les difficultés oppofées par le
Languedoc aux titres produits par la Provence, aind que le
fjftême qu’il a voulu établir pour la première fois, qu’Urgence
ôt la Camargue faifoient partie du Com té de Nîmes ou de celui
de 1Saint Gilles dans le onzième fiécle ; &amp; on l ’a détruit d’une
maniéré à n’y revenir jam ais, puifqu’on a démontré par des
a£les antérieurs à cette époque, que l ’une Ôt l ’autre dépendoient du Com té d’Arles.

On a encore montré que la Provence qui a toujours été en
Aa

�i8&lt;f
pofTeflion du R h ô n e , n’a pas befcin de titre translatif de pro­
priété qui feroit abfolument contraire à la nature de fon dro it,
&amp; par conféquent qu’on n’efl pas fondé à en exiger; que fon
droit dans la totalité du Rhône depuis la Durence jufqu’à la
m er, eft fuffifamment prouvé, i ° . par fa pcfTeflion d*Urgence
qui s’étend du côté du Languedoc depuis le Gardon jufqu a
Saint Gilles , ôc 20. par le traité de partage de l ’an 1 12J ,
qui lui adjuge toutes lesifles du Rhône , à la referve de celle
d eP~alabregu.es. Que quand le Rhône aurait été adjugé par ce
traité au Comte de Tculoufe , ( ce qui n’eft pas ) le Languedoc
n’en feroit pas plus avancé , parce que s’agiffant de partager
les Etats de Provence, laceffion même aurait prouvé que le
Rhône faifoit partie de cette même Province. Q ue lui ayant
été adjugé une fois par un titre folem nel, c ’eft au Languedoc
à prouver qu’elle doit en être dépouillée ; que tout ce qui s’eft
paffé depuis cette époque , annonce qu’elle ne l ’a jamais été ,
puifqu’il n’y a aucune portion du Rhône , même dans la
partie contentieufe , où il ne foit prouvé qu’elie a exercé
tranquilement quelque a£le de propriété.
Quant à la partie judiciaire de l’affaire , nous ferions obligés
fi nous voulions la réfumer, de répéter tout ce que nous avons
dit depuis la page J7 de notre Récapitulation jufqu a la fin. L e
Languedoc nous avoit dès-lors oppofé les mêmes raifonnemens
qu’il a plus étendus dans fon Examen &amp; dans fa Confultation ,
ôc nous y avons répondu de façon , qu’il n’a eu d’autre parti à
prendre dans fon nouvel écrit,, que de rebattre fes objeâions
fans entamer nos réponfes.

C O N S E I L

D E S

F I N A N C E S .

M e, D A M O U R S , Avocat.
De l’Impr. de C h. E st. C iienault , rue de la Vieille Draperie, 1770,

�T A B L E
DES
I D E

E

MA T I E R E S .

G E N E R A L E

D E

C A

F F A l

page I

RE.

P R E M 1 E R E P A R T I E . Examen de la quejlion confiderée
au fond........................................................................... 4.
A r t . I. Origine des droits de la Couronne fur le Rhône. . 6
A r t . I I . Etat du Rhône fous la fécondé race.
.
.
27
A r t . I I I . Ubfervations détachées fur Vétat de la qucfion. 4 6
§. I. Topographie de la partie contentieufe du Rhône.
ibid.
§. I I . Chronologie des noms de Languedoc &amp; de Provence. 48
§. I I I . Origine des droits des Rois d'Arles Cf de leurs Vaffaux.
.
.
.
.
.
ibid.
§. I V . Egalité des droits des Vaffaux d’Arles fur les Fiefs.
$2
§. V . Nature des entreprifes des Comtes de Provence fur le
Rhône.
.
.
.
.
.
$9
§. V I . Réunion de la Provence à la Couronne.
.
6?
§. V I I . Difpoftion des Loix Romaines fur les Rivières. . 64
§. V I I I . Traité de 1760 avec le Roi de Sardaigne.
.
6S
§. I X . Motifs préfentés par la Provence comme effentielle à la
quefion.
.
.
.
.
.
67
§. X . Réponfe à deux quefions de la Caufe.
.
.
69
S E C O N D E P A R T I E . Examen des titres de propriété
produits par la Provence.
.
.
.
77
A r t . I. Titres confitutifs.
.
.
.
.
78ÿ .I . Traité de partage de i\a$.
.
.
.
79
I. C o u R S D U R H Ô N E.
.
.
.
.
80
II. C a M A R G U E.
.
.
.
.
S7
I I I . A RG EN C E.
.
.
.
.
„
pX
I V. Portion des Diocefes d’Avignon Cf de Valence.
•
97
V .

V

a

l a b r e g u

e s

.

.

.

r

.

102

V I . D u R E N C E.
.
.
.
.
I O£
S. 1 1 . Accord de 1070, entre le Comte de Provence Cf l'Arche­
vêque d’Arles.
.
.
.
.
.
106

�ÿ.
§.
§.
§.

I TI . Lettres de l'Empereur de i i j 4.
;
:
112
I V . Traité pour le Jel,de 1302
.
.
n&lt;?
V . Lettres Latentes de 1^09.
.
.
.
118
V I . (Quatre Lettres royaux de 152J, 1 543, 1 f p &lt;5 &amp; 1627.
ibid.
§. V I I . Lettres de i f 32 , I J J 7 &amp; * 1 J 7 J .
.
1 20
5. V I I I . Inféodaticji de l’ifle Trebon.
.
.
121
$. I X . Te^te Je l'ijle de Boulbon G autres crémens. • ibid.
A r t . I I . T itr e s produits par la Provence comme énonciatifs Cs*
124
confirmatifs.
I2J
§. L Enquête de 1106.
§. I I . yff?e fur l'ijle de Lubieres.
139
142
§. I I I . Procès verbal de 14-74.
•
•
ibid.
§. I V . Procès-verbal de 1474.
143
§. V . Tranfadion de 1^04 G 1376.
ibid.
§. V I . Arrêts du Confeil de 1J87 G 1609.
147
f . V 1 1 . Tente Je Ti/Ze du Colombier en. 1617.
§. V I I I . Arrêt du Confeil de 1670.
ibid;
iJ 4
§. I X . Arrêt de 1687 G 1691.
§. X . Arrêt de 1690.
A r t . I I I . Titres peffeffoires.
ibid.
§. I. A des relatifs à Arles.
§. 1 1 . A d es relatifs aux Comtes de Provence.
§. I I I . A d es relatifs aux ijles G* crémens.
1 6o
T R O I S I È M E P A R T I E . Examen des titres de Lan­
guedoc.
.
.
,
,
.
161
A r t . I. Lettres de 1380.
.
.
,
162
A r t . I I . Lettres de la Reine Marie &gt; de 13.98.
.
.
153
A r t . I I I . Lettres Je 1488.
.
.
.
169
A r t . I V . Arrêt Je 1493.
;
,
,
171
A r t . V . Arrêt de 1681.
.
,
.
17^
A r t . V I . Arrêt de 1691.
.
.
.
1 7 &lt;■
A r t . V I I . Arrêts regardés comme étrangers ou de forme. 177
A r t . V I I I . Arrêt de 1724.
179
S ur la C o n s u l t a t i o n .
182
ibid,
R E C A P I T U L A T I O N GENERALE.

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                  <text>Ouvrages imprimés édités au cours des 16e-20e siècles et conservés dans les bibliothèques de l'université et d'autres partenaires du projet (bibliothèques municipales, archives et chambre de commerce)</text>
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                <text>Reponse pour les procureurs du païs des gens des trois Etats de Provence au mémoire du Languedoc intitulé : Examen des nouveaux écrits de la Provence sur la proprieté du Rhône</text>
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                <text>Controverse entre la Provence et le Languedoc quant aux limites rhodaniennes et la propriété du Rhône</text>
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                <text>monographie imprimée</text>
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                <text>printed monograph</text>
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            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
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                <text>https://odyssee.univ-amu.fr/items/show/347</text>
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            <name>Coverage</name>
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                <text>Provence. 17..</text>
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            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
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                <text>Réponse sur la contestation de propriété sur le Rhône entre la Provence et le Languedoc. L’argumentation de ce factum comporte trois parties : il examine dans un premier temps la question au fond, puis les titres de propriétés produits par la Provence ainsi que ceux produits par le Languedoc. &#13;
&#13;
La première partie traite de la propriété du Roi sur le Rhône et le statut de la Provence. Dans les examens des titres qui suivent, les conflits de propriété ayant opposé la Provence à des tiers sont détaillés selon une approche historique débutant au 6ème siècle et présentant les décisions justice rendues en faveur de la Provence.&#13;
&#13;
Titre de départ. - Factum signé à la fin : Conseil des finances. Me. Damours, avocat.. - Bandeau, lettrine. - Sig. A-Z4, Aa2&#13;
&#13;
Résumé Mélissa Legros&#13;
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            <name>Provenance</name>
            <description>A statement of any changes in ownership and custody of the resource since its creation that are significant for its authenticity, integrity, and interpretation. The statement may include a description of any changes successive custodians made to the resource.</description>
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                <text>Bibliothèque droit Schuman (Aix-en-Provence)</text>
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            <name>Spatial Coverage</name>
            <description>Spatial characteristics of the resource.</description>
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                <text>Reponse pour les procureurs du païs des gens des trois Etats de Provence au mémoire du Languedoc intitulé : Examen des nouveaux écrits de la Provence sur la proprieté du Rhône &lt;br /&gt;- Feuille &lt;i&gt;Arles&lt;/i&gt; ; 234 ; 1867 ; Dépôt de la Guerre (France) ; Beaupré (graveur)/Hacq (graveur)/Lefebvre (graveur), ISBN : F802341867. &lt;br /&gt;- Lien vers la page : &lt;a href="http://www.cartomundi.fr/site/E01.aspx?FC=27419" target="_blank" rel="noopener"&gt;http://www.cartomundi.fr/site/E01.aspx?FC=27419&lt;/a&gt;</text>
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        <name>France. Parlement de Provence -- 18e siècle -- Ouvrages avant 1800</name>
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        <name>Languedoc (France) -- Territoires et possessions -- 18e siècle -- Ouvrages avant 1800</name>
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        <name>Provence (France) -- Territoires et possessions -- 18e siècle -- Ouvrages avant 1800</name>
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        <name>Rhône (cours d'eau) -- 18e siècle -- Ouvrages avant 1800</name>
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        <name>Rhône, Vallée basse du (France) -- 18e siècle -- Ouvrages avant 1800</name>
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