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7~ 861

.

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LES ETATS DE LA iGUEDOC:
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pOitrJmrtnrer que . le · .· rie dejiuiS ltr Durance ·
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j~incÎre -ici

Rhone~:~rrfaff.s

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fon cours. 8ç la pofitjon

endr.oi.ts dont ()~ ci.voit. à·parler~
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de~ .pûndpaux. .

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Les numeros qui Îont au~deffus des indications
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A C 0 N SU L T E

i~i;. (~.d fO t. .

'~ïV ~",.·'"

Pour les Procureurs de..r. Gens . des Trois-Etat.r
du P Pys de Provence..
~~~--.. U E ce foit comme Souverains de

Provence ou de ·

Languedoc que les Rois de France regnent fur le
Rhone depuis la Durance jufqu'à la mer , les droits
de la Couro nne n'en fouffriront aucune attein te.

Cette difrinél:ion .n'eft pas également indifférente au.
Des Procès .ruine ux
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiilil repas des deux Provi nces.
s des rives
~'élevent tous les jours entre les Propriétaires volfin
du Fleuv e, &amp; n'y prenn ent naiffance que parce que le Langue..
'doc a trouv é depuis quelque tems le moyen de former des doutes
fur 1es droits de propr iété que la Provence a toujours eus fur 1e fit
entl.er du Rhone : Les Habitans de l'un &amp; de l'autre Pays ont u11
égal intérê t à voir tarir la fource de ces divifions, &amp; c'eft le but où
tendent aujourd'hui les Etats de 'Provence, .en fe pro,pofant -d'ïmplorer la J uftice -de 8a Majefl:é, pour en obtenir un Régle ment gé- ·
néral qui fixe d'une façon invariable les limites des deux Pro-'.
vinces.
La confiance :avec laque lle le Syndic du Languedoc affure que
la .propriété du .Rh.one, le long de la Provence, eft irrévocablement
e ,_dans un
jugée en fa faveu r, ne doit :point leur impofer filenc"l\
.

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.

Œ'rihunal où fix Procès fubfül:ans (a); &amp; plufieurs prêts à naître)
prouvent la néceffité d'un Réglement capable de rétablir à j~mais1

b paix eq.tre les Parties intéreifées.

'
qu'il a étépas
Les Procureurs d.u 1&gt;ays de Provence n'ignorent
.r endu des Arrêts quï paroiifent contraires au droit qu'ils réclament•
Mais ils en rapportent pour le moins un auffi grand nombre qui
jugent la queftfon en_leur 'faveur. -Les Adminiftrateurs de la Pro·
vinçe ne font point comme Parties principales dans ceux. qu' ort
leur oppofe. Si quelquefois ils ont accordé leur intervention aux.
Communautés qui luttaient contre le Languedoc, les conteftations .
n'ont point été jugées furies titres généraux de la Provence,mais feu~
lement fur les piéces perfonnelles aux Parties contendantes. Despréjugés . particuliers feroient-ils capables de faire perdre à toute:
une Prov~nc_e les droits inconteftables qu'elle eft ·en. état de faire~
.valoir?
. · C'eft par des dires &amp; non par des préjugés· qu'il faut appréderfes droits : auffi le Languedoc élude-t-il depuis long-tems de s'en~
gager dans ce genre de c.ombat. Toujours_atten-tif à citer l'Arrêt·
qui adjuge le Rlione au Roi le long du Comtat //énaiffin., il ne::
manque pas d'en étendre la ·conféquence à tout le cours ,du Fleuve;
Pour accréditer cette fauife idée, il la fait répandre avec la plus;
grande affeél:ation dans nombre d'endroits de l'Hiftoire -compofée:
par fes ordres pour fa Province ( b ). Les Géographes modernes ont:
_é té féduits, &amp; l'erreur s'eft accréditée ( c.)..
Il eft tems que la vérité rentre dans fes droits, &amp;. que le flam ...'heau de la critique diffipe des erreurs·que perfonne jufqu'ici-n'avoit.
pris foin de combattre. Les titres de la Provence vont paroître pour:
la ptemiere fois fous les yeux du fèul Juge capable delesappréciero.
Plus ces-titres font anciens, plusJes droits qu'ils étahliffent en faveur.
·de la Province font inconteftables. Ce n'a été que dans les derniers :
fiécles que le Languedoc, -par des entreprifes fùrtives, s' eftménagé:
:des Erétextes, pou! enfuite attaq~er la ProJJence à force ouverte~.
(a) Arles en a deux, Tarafcon, Boulbon , Barbantane &amp; Mefouargues en ont chacun un.·.
_( b )_ Nous -allons être plus d'une fois obligés, dans cet Ecrit, de combattre les fçavans ;
H1flor1ens du Langue.doc. Quoigue le zèle avec leguel ils ont chercht à donner des avan-rages à leur Province.les ait fou vent égarés, nous tâcherons.de ne point nous écarter· des ,
·
égards què mérité leur· profonde éruditioa;
( c) L' Abbé Expilly dans fon •'nouveau Dîéilonnaire Géographîque, au mot Avi:?;non;,
pag. 347 , a clonné dans toutes les mép_rifes où ~les Taulfes n'ouons des Hill:oriens du Làn- .
guçdoc '· &amp; de _quelques Géographes -qui '(e font tous copiés , pouvaient induire un Au-teur qui n'avo1t ~as ~pprofondi par lui-même la matiere' qu'il traitoit. Én relevant les :
e rreurs ce ~es Hlflom:_ns dc: ns le c_ours de C&lt;l Mémoire), ce fera .t&amp;fut€z:-t:oelles des Gfo.•
grap_hes qui les ont pns 1&gt;our guides, ,

�J
./
·Nous le verrons d'abord horner fon ambition ~ élo!gner les Proven:.
:faux des terres qui .bordent/\ aujc:rnrd'hu~ _la rive_ occi? entale du
I:leuve, gagner enfl;l1te ce meme_ b_ord, s étendre mfenhblement au
rnilieù dè la Riviere, &amp; franchir enfin le lit entier, pour venir,:
âonner des loix jufques dans les Villes de Provence (a).
· A peine cette Province éleve-t-elle la voix contre ces entreprifes;
·-que le Languedoc s'efforce de les rendre facrées, en les affociant aux:
·droits de la Couronne. Lui difputer le Rhone·, c'efl:, fuivant lui,'
lé côntefter·au Roi h1ême, comme .f.i·ce Fleuve ceifoit d'appartenir
à la France, .dès que le Coureil auroit déclaré qu'il a toujours fait
,
&amp; fait encore .partie de la Provel).ce.
~ Ecartons po.u r toujours de pareils~artifices, fi peu dignes de pa...:
roître dans une affaire de cette importance :' ouvrons les dépôts
publics, parcourons les mcmumens de l'Hiftoire, confultons les
Archives des _deux Provinces; c'eft-là que nous trouverons les feuls
'
titres, les véritables preuves qui doivent décider la queftion.
ref..... Mais en vain fe flatterait-on de connoître les anciens droits
peétifs de la Pro.ven-ce &amp; du Languedoc, fi l'on ne remontait pas à
·des tems fort re:culés p.oùr s'inftruire quelle étendue l'une &amp; 1autre
:avoient dans leur origine. L'on fçait, &amp; les Hiftoriens du Langue..
,doc en conviennent, que les Romains fixerent les limites de leurs·
Gouvernemens dans les Pro~inces qu'ils conquirent dans la Gaule
.fur l'étendue du diftriB: ·qu'avoient oiiginairement les principales
Cités ( b) ; le même plan. fut fuivi lors de l' établiifement de la Hié-.
ra~chie Eccléfiaftique. -La J urifdiél:ion des Evêques n'eut pas d'autres
,bornes que la Jurifdiétio.n des Gouverneurs. Cette forme d'admi.·niftration fe fou tint même lors de la décadence de l'Empire, peu...,
&lt;iant 1'Anarchie féoda'le,. &amp; dans les tems poftérieurs. .
Si en parcourant ces différentes époques nous parvenons à prouver
,que depuis l'ib.ftant où la Provence ·nous eft connue, jufqu'à fa réu..
nion. à la Couronne, le Rhone n'a pas ceffé de couler fous les L'oix:
des Princes Provençaux : Si nous pouvons défier le Languedoc de
·nous Cit.er le titre qui lui en a transferé la propriété : Enfin , fi nous
faifons voir que depuis la: réunion de la P.rovence jufqu'à nos jours
11 n'eft arrivé aucuns changemens dans les droit~ de 'cetre.Province
fur ce Fleuve, il fera certain que c'eft comme Souverain de Prow_eizce que le ~6i regne fur le Rhone; conféquemment que ce Fleuve.
(a) Nous avons v~ dans ces derniers tems le Receveur des Domaines de Beaucaire venir
jufques dans le Po!'t de Tata(con prétendre exemir [es droits &amp; troubler le 'Pefeur de la
.Ville, fous prétexte que Je Rhone appartenait au Languedoc d'un bord à l'autre.
( b) Ils refpeétoient également la Religion , les Loix &amp; les 1\'Iœurs des Peuples vaincus.;

.

Aij

�,.
4
non pas dit Languedoc. For mo ns.:.·
&amp;
ce,
vin
Pro
te
cet
fair par tie de.
t le cou rs ·du Fle uve , don t nous~
nou s d'ab ord une idé e jufte de tou
le depuis la Durance j_µfq~'à .J.a..
ne rec lam ons que la par tie qui cou
mer•

RHONE";.
ET AT . T{ J'P OG RA PH JQ UE D U
rce au pie d du M·o nt de la:.
Le Rh one a tou jôu rs pris fa fou
le Lac ;
ir arrofé le Palais, il paffe à traver-s
avo
rès
·ap
;
Ça)
rche
Fou
ne..
'h~ .Rho
, com me nèe à être nav iga ble
de Ge11éve, fépare le Bugey ~e la Savoye &amp; reç oit la Satme à Lyon:,·
iné,
à S-eij]el;coule éntrela.Breffe &amp; lé Dauphès (:/, le Vivarais. L' Ifere s'r
il; travèrfe enfuit:e le Ly onn ois , te For au-deffus, &amp; la Durance:
(b ·)
jett e au-deffus de //ale1].ce-, la Sorgue
ui·le Languedoc du Comtat.
d'h
au-deffous d'Avignon~ J1. divife auj our
afcon Ô' Beaucaire, &amp; fe pré cip ite
Qi de la Provence-, paffe ent re Tar
em bou chu res que 1' on app elle·
dans la lt1éditerran ée·pa r plufieurs
•
6ras , . par cor rup tion de Gradus~ de Tàrafëon, il fe divifé en deu x:
deffous
d~!i~!~~ iionprès Arr ivé près d!Arles au- as orie nta l eft l'an cie n lit, &amp; s'ap pel le:
bra nch es pri nci pal es; le ·l:&gt;r
vence·, &amp; forme fill e de lai.
l'e grand Rhone ·; il eft du côt é' de la Pro
côt é ·du Languedoc·fe nom me ·
&lt;::amargue ; le nou vea u lit qui ·cou le du
e don t nous-venons de par ler ;:
Je petit Rhone·: il ach eve de former YID
tte bra nch e du RhOne s'y ren d,
elle a cinq li.eues- jufqu'à la me r :·ce
mé e dè tou t tem s le Gras. neuf; ~
par une em bou chu re que Fon a·nom
.
Rhone:
ce n' eff qu'ime dér iva tion· du grand
.
és:
ord
foie nt acc
pas que les anciens Gé ogr aph es fe
,tJi'!:.17-:~;[.e}u~~~~ IllenenomparbreoJtdes
re dans la J'l.1é~·
ent
uve
Fle
lefquels ce
par
aux
can
fur
P:rovcnt:c-:
pou r la queftion pré fen te ) .
diterranée_:·c_e qu' il imp orte de fçavoir oir de Provence, &amp; que la~
·
le terr
c?eft que fes em bou chu res fbn t fur
-les Romains par uff ent dans :
eamargue· éto it · déja formée avant que
.
.
ces contrées~
Fleuve ~ Jam ais ;
confideraBle dè ~llès dë
rn;~1!~ü:·f1:~~; Cet te Ifle faplùs-elle
tan ce;
fit partie de la Pro'J/ence-: ·circ onf
teft é: qu'
liles~
fait r~ nie .de· cette ff n~a ét~ · con
de pro uve r que le lit du Fleuve.&amp; les
e
abl
cap
it··
féro
le
feu
qui
e.-.
·,P.r~ vi.nc
.
ce.
s.?-'il forme appartiennent à cet te Pro vin
.&lt;J'!le' le·Eri nci pal lit;
--,
ères
Il· eft de· i::rinciRe c.ertain ., _da11s~ces-- mati
Source·&amp; cours

.eff

ce

.
é 'dè Uacroi~, _page-70, , premier,vo ~

Je dîil' Abb
. Ca:.) Et non .au MomGètliard ·, · comme·
füme.
.e. ii":cé ;....
taine èe. V.auclUfé · que-· Pëtr arq11• e' a renJu
( b} Elfe p,rend :fa f6urc;. de· là Fon
..
·
léh'.:-e:.

�_

r

1

ince·, . iP. ,
'd'un·, Fleu ve êtam fitué au milie u des terres d'une Prov
lçr.

ent que
en fait inconteftablement partie. Il feroit bien. incon féqu
bras,
Provence, qui a , fans diffi culté , 1-e grand &amp; mêm e le petitdroit - ,
du Rhone, depuis .Arles jufques à la meli, fût exclu e. de tout
i;ous allons;
for la partie .fupér.ieure du mêm e ~leuv,e, tan~is que
la du Rhone,,
v.oir dans'un mfia nt, que cette Prov ince s ét:end&lt;'&gt;1t au-de
qu'ai lleur s,,.
du côté du Languedoc., tant dans cette artie fupérieure
sefl ouve rt.
conféquemment que le nouv~au cana que le Fleu ve
cette divifion foit ·
- en. formant la. Camo.rgue, en quelqµe tems que
demeurera:
arriv ée, n~a embraffé qu'un e tene Provençale. L'on (fü
de cette Hle , ,
. conv aincu dès que l'on verra.que depuis là formation
au~delà·.
la Provence.·a confervé long-tems les mêmes· terr~ins· , fi.tués qu'on ,
que
de la nouv elle. bran che du Fleu ve.. Ain'fi à quelq u'épo
incontef-veui lle fe par.t er,. il eft confiant que cette IDe efü un titre
e; Lat
Rltonle
table &amp; phyfique de la prop riété de la Provence:fur·
fucce llive -:
façon dont les terres qui bord ent fes deux rives ont été
romp ue •.
ment poffedées) en.offre une.c haîne de Er.euves.n on inter

f

.E -TA·r · Hl ST O:R·1 ·Q·u ·E · JYU
'A.V ANT LA' C-'ON QU EST E' D 'ES

'R.'HO'NE '~,

Ro.·M:A1NS ,~

f/:r jufques au· cînquilme Siécle •.
B

r:;. . FtahliiTemefl1
Les premieres fomiêres ·que nous fournit' rHiftoii-e für ce pofo
eille one. ~aits parrs
iént tirée s des -établiffemens que-les" Fond ateur s· de Marf
de Né...-- fe~~~~rs~u~dell~d~
le
fuits à la droit e du Rhone du côté du Languedoc•. Ce peup

ton--

·com merc e, Rhone••
goci ans, attentif,. à. tout · ce qui pouv oit favorifer. fon
·Fleu ve quh
ne négli gea poin t les avantages qu'il pouv oit ~irer d~un
orien tale de ~
ouvr oit la. Gaufo -à fes · marchandiîes ~ . Etab li à la rive.
trois étab lif..'. .
cette 'rivie re, il:s'affùra:de l'aut re côté , en -y formant
Rhodanufia-~.J;
fèmens•,( a,) , -qui furen t Agçztha. ou )1gde,. Rho.da. ou
·
&amp; . Héraclée ou Saint-Gilles. ( b ),.

r C'afaiili. fur Strab'on" livre

4 ·, pal!e I 86:
o'Tit été des dépendances ~é M;_rfaîtlè. Ruffj', d~rrll
m~mes
ellesnne
, &lt;.b) . Nifm~,~ &amp; Nri~bo
l'attefi e ; tome r, hvre 1·, page 18~ ,, Bien &gt;
nou&gt;
Y.1.1tle
lH11lor-re" qu1l a ·fa1re- -de cette
.par l€s Marfeilloi•, elle a été néan'"',,. que la Ville de -Nlfmes ·, dit-'il, n'ait pr.s été fondée
renr, Je- leur . Villci:·à Ni.fmés .r
envoye
loi-s
Marfeib
·
lès
car
;
ie.s
" -moins uhe" de" leurs Col0n
Phocù ns;; .. &amp; p.our:·m arque !
de
greqiIB
de·
,,- 1'.an 34€&gt;5 de la..c rfation -:-du monde , un e Peupla
même s ar,mes . qu-e Mar~ '.
-les.
tems
é-1ong
·pôn
a
mes
Nif
quere
qu'out
c'efl:
,, de cette vérité ,
A ; dura-n qx)ùfieurs'-'
minatiO
do
fa,
.àe
foumif
auffi
été
.
a
,,-. [eille :qui étoit un ;yeau d"or; :·elle
ohfervoit;. Nar:.,;.lle
Ma.rffi
e[lllenH J.UB
,, . fiécle s , &amp; a gardé la mêive. fol'~it de_G om.rern
..
:
lloi.s~,~
Marjyi
.
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ie
Colon.
une
m h:onne a..été encore en p,artie

(a

�6'érieur~, que quatre autres Viil ei
pofl:
tems
les
·dans
Nous voy-ol1S
n·
:ViH;s Pro,-e
/ 1
l
d ·
é
·
rer- r. ées du cot é de l a p rovence, ten oient ega ement ' eur tern ·
caics (,ont le doi
;iwi re s'éten c Iltu
ne, -Valence, Avignon &amp; Arles. Ce$
&lt;1.u-delà duFleiive. taire au-delà du Fleu ve, Vien
A

diftrié.l: pour le
Vill es capitales . ont eu dans le moyen âge le même
qu'il eft très-imtemp orel que pour le- fpirituel. Une circonftance
s füuées dl.;l
Ville
port ant de rema rque r, c'efl: qu'on ne voit point de
ce Fle,uve du ·
.c ôté du Languedoc avoir ·de JurifdidioH au-d elà de
côté de la Provence (a)..
&amp; des Teutons, donna à la Vill e
'Marius, Vain queu r des Cimbres
Marius donne
' l a mer ,
c. · creu fcer d u .RIzone a
.r;.-zze un. cana1 qu ,.1l avo1· t Jalt
ois un d M arJez
auxMarfeill
du Rhone.. e
,c;mal
ge de Fos ( b )~
vers l'endroit où nous voyons. aujourd'hui le Villa
la charge d'l.Jn
.CetteVill e n'en permit dans la fuite la navigation qu'à
y étab lit des
ve,
impô t: elle fit tous les aél:es de .propriété fur le Fleu
e Ephéfienne.·
phar es, &amp; b~.tit dans l'une de fes Ifles un Tem ple à Dian
pire Rom ain .exigea que les Gou vern ece Fleuve e-to'it · L'adminiftration de l'Em
·le troifiéme fiécle de notr e Ere, la Pro&lt;1~ la . Province mens fu!fent divifés ; &amp; vers
nnoife ( c ). ~e Dio~èfe qe
X~e;~i~~e fous les vin~e Viennoife- fut féparée de -la .N arbo
nce, d Arle s,
Vzvzers, &amp; toutes les dépeJ!dances ·de ceux de Vale erfaires eux ·
Adv
&amp; d'Avignon·· ont, fuivant toutes les notices&amp;: nos
preuve de ce·
elle
nouv
une
mêmes ( d), appartenu à la Viennoif~:
érieurs faire
pofl:
fait, .c' eft que nous les allons voir dans les tems
èfe defquelles
partie du Com te dès mêmes Vill es, dans le. Dioc
le Gou vern eelles font fi.tuées. Le Rhone étoit donc compris daus
ence, &amp; il eft
men t des Villes qui fe trou vent du côté de la Prov
du Rfwne, -&amp;
conftant que la Viennoife ·comprenait les deti.x rlves
oijè, qui ne
avoi t des terres au-delà· joignant celles de la Narbo.nn _
.s 'éten dnit pas jufqu'à ce Fleu ve.
e d'Arles;
Les embelli!femens que les Empereurs firent à la Vill bâtirent
Arlt!s maitrefre
y
la rendirent uhe des principales de la Gaule. Ils
&lt;lu Rhon e:
deux rives
les
fur
e
Vill
un Pon t fur le Rhone, &amp; étendirent cette
ue maîtreife
de la riviere. Une farei lle pofition l'aur oit rend
milieu de fon
.du Fleu ve , quand i . n'au rait pas déja coul é au
diftriél:.
air'~
Le Préfet de la navigation du Rhonè faifoit fa réfidence ordin
Et féjour des Pré·
fors de la navig.auon.

s; mai$ outre qu'il a toujours été
(a.) Il faut cependant en excep ter l'Evêché de Vivier e fa dépendance originaire pour

en marqu
de.la Métro pole de Vienne pour le fpiritu el, ce qui
verra par la fuite, au Souverain qui
le
oft
e
comm
s,
foumi
été
ms
longte
lé Civil, il a
z.iéme iiécle , ce fut par des raifons
quator
au
é
chang
a
regno it for la Provence. Si Con état
on.
particulieres qui. ne peuvent inBuer for notre queili
Voyag . tome :. , page 2 S4~
( b ) Bouc he, t0me r , page 16 1 &amp; fuiv. Tourn efort ,
page 67.4.
( c) Hilloi re de Langu edoc, tome x , not. 3 3 ,
. (i) Ibid. page 6:z.6.

�,...

7
.
'
que fa JurifditH6n
certain
fait
un
C'eft
('a)'.
Arles·
a
ou
· à: Vzenne·
de ces Officiers défignoit de quelle Provinc e é_toient les objets fur
lefquels ils l'exerço ient : aucun d'eux n'avoir d~ pouvoi r fur le
reffort du Gouver nement voifin ( b Ces deux Villes·étoient fi.tuées·:
à la ·rive orientale du Fleuve : Coinme nt pourroit-on douter que le:
- Fleuve même fit partie de leur territoi re; &amp; qu'il étoit de la Prb~­
vince Fïennoife .f:
1
).

D U R H o· N E . ·
L Â F 1 N. D E L E M p I R E R 0 M A'I N , ,
&amp; fous la prerJ'}iere Race de· nos Rois •.
E TA

, r.A·

·,

r·

1

. L'Emp ire Romain ët:oit ', al'époque que nous allons parcour1r ; .
vivement preffé par les Barbares. Les premiers qui le démembrerent:
furent les Vzflgots. Ces peuple s, après avoir ravagé l'Italie, pafferen t.
les Alpes, &amp; s'établirent dans-les environs de Touloufe. Leurs con::
&lt;f-1ld&gt;:,
,quêtes ne s'étendirent poi:1t jufqu'au Rhone.. .
Pr?vence ·
La
eno~
ur
Emper~
La Pr,ovence apparteno1~ ~ncore aux Romains; L
th ·
aw.-V1iigo
pa.lfe
a
meme
.
lm,
céda
la ceda a Odoacre Roi des Oflrogots , qui la
Euric R oi des Vifigots (c). Ce Pri_nce établit fa réfldence àArles, dont
le territoire s' étendoi t des deux côtés du Fleuve.. Le Languedoc
prit alors le nom de Gothie. Il avoit été connu précédemment fous
Gelui: de_Septimanie; Dans le même tems fe formoii: le premie r
Royaum e de Bourgogne, quïs' éi:endoit fur les deux rives d.u Rh~ne. ·,-_
depuis Lyon jufques à la Durcince;
La Provence proprement dite; c~ef!:-a-dfre, le Pays qui' s'étend '. Elle conférve.&gt;
'depuis la Durance jufques à la mer, conferva fous les //ifigots la fa même étenduë;.
même étendue qu'elle avoit eue auparavant.- Le Comté ' &amp; le Dio~
_
cèfe diArles,. embra!foient toujour s·les deux.ri ves du Fleuve .
Cl 'f?7:; ~
;
·
Vzfigots
des
Roi
L'on cortnoît la guerre que Clovis fit à A laric
'~près .1' avoir va~1c~ &amp; tué à la bataille de f:'ou~llé , le ~on dateur de.- con, . ovi'&gt; a araf-·
!Empir e François s empara de fes Etats &amp; vmt 1ufques a Tarafçon.
Peu de tems après les François · joints aux Bourguignons· firent fo.. - r:to.
des droits_ Arl.es p~ff'-"de .
fiége d'Arles. Cet événement nous fournit une dpreuve
urrFo rt del::mt1e
é
l
'
L"
r. l R!
d e l a Provenç.e
e ione~ . ~n s apr,erçut pen anr e fi ge', que t ôté du-Ffruve~ .
1ur
.quelques-uns des Habitans.avoient des_intelligences avecJe s enne.,.-

f

, ('a) In Provinci-â Gal-liâ repenfl Prœfeél:us clajjis fiuminzs Rlwdan i ~ Viemzœ«pel Arelati~ .
N Qtic. 1mper. O ccid. cap. 90, fol. 17 9 verf. edit. Venet. 1 601:•
.. ( b ) In reb.us omnibus .~q ua!e mtt jus omnium Pro21i11ciarum, ita ut nu.lll ex Confu laribù.s &gt;
u4, &amp; ~. 93, pa~. ;.4,.;&gt; .
ln tiltemtn aluz.u1d ~.ffe t · zmpm ufn: Marc de Prnu . §. 83, pag.
&amp; Lcu11ig ilde les corri"'ea,
,
Vifirrots
ces
Loix
ks
drnna
qui
Prince
dernier
ce
( c) C'eft
.,
lt'.J.:s font bjen inffrieures à .celles de~ Baurg1ûg1zorzs &amp; des -Lambards leurs voifins.

�. :g-

que de la Vil le: il füt
mis : le·foupçon tom ba fur Saint Cefaire Evê le Fle uve , fi l'on ne
dans
·arr êté , &amp; ce faint Pré lat allo it être jetté
r prifonnier au Château
fe füt pas déterminé à préférer de 1'envoy.e droite du Rhone. On
de Beaucaire Ugernum , qui éto it à la rive
on vou lut traverfer la ri· l'embarqua en effe t, .&amp; pendant la nui t
mis étoient répandus fur
viere ; mais la colilfidération que les ·_enne
ener à la Ville. Ce ne
cett e rive obligea les conduB:eurs à le ram
quelques bâtimens fur le
fut point parce que les ennemis avoient
étoit libre pou r les alîiéFle uve : Le fait füppofe que la navi~ation
d qne Place forte où fe
gés , &amp; qu'ils poifédoient fur l'au tre bor
peu t confulter les Hif ro.renfermo'ient les Prifonnîers d'E tat. L'o n
Ils rapportent iefa it avec
riens même de Languedoc à cett e épo que :
drles fur le lit &amp;le s deux;
les circonfi:ances qui prouvent les droits d'
b.o.rds du Fle uve .
trouverent réunis fous
Les Eta ts des Oflrogots &amp; des Vifzgots fe
-~ i.lr.
guedoc &amp; la Prooit également en ltalie. Le· Lan
· n :
· auo
, Le Rhon e rei1~ Theodor.ic 4ui regn
r. domm
r
é
· nt éga'l ement r ums ious ia
d"ite é to1e
lanc R01 Ven.ce prop_
Arhaence
nt
a Proy
eme
r
de
après fa mort. L'Italie
Ses deux petits fils partagerent fes Etats
· ·· ·
. Ces deux Princes par é.c.hut à .dthalaric ! Ama.laric eut l' Ejpagne
laquelle leu r ayeul avoit
tagerent enfuite la partie des Gaules fur
maître du Rhone qu'il
.regné. Arhalaric Sàuverai.nde Provence refta
·que les Etats qui étoi ent
ne céda poir,-it à fou coufin: il ne lui laiffa
Bitude des faits que les
au-,delà du Fleuv.e ; &amp; .c' eft .c ont re l' exa
le Rhone féparoit alors les
Hifroriens du Languedoc ptétendent que
s, car il efi: confi:ant que
Eta ts des OflrogoJs d'avec ceux des Vifigot
.regné fur les deux bords
les fucceffeurs d'Athalaric ont, comme luj,
.re .: En foutenant le con.,.
&amp; poffedé des terres au-delà .de la rivie
.&amp; à qµd t;it.re les 0firogot~
traire il fera impolîihle de dire .pourquoi
&amp; de fi:xtr J'éyo qué à la ...
ont re;gné fur les terres de la rive dro ite,
L'hifi:oire n efr~elle pas
.que lle ils auront rentré dans leurs droits.
en ajouter encore ,par des
déjà a.ffez embaraffée de diffic.ultés fans y
!urp ofü ion s arbitra:ire.s ?
qu é le Roy aum e de
Les Fr.ançois avoient déja plus d~une fois atta
·q~·;
1
aire s'~toient unis con~re G_odomar qui
Fra~~t;~ ;1ur~é: Bourg~g_n~. Childe~ert &amp; Loth
a les fecon~
avo1ent même détermmé leur frere Tlnery les deu.x:
rrni.r e JeRo yaum e y regno~t. Ils
ç
entr
s
partagé
9er. Godemar vaincu , fes Eta ts furent
tieJ3 oµri;c:&gt;gne~
.Vivarais dépendant du
Le
:
E,o_is , &amp; Th~odebert fils de Tlziery
·
.
Roy aum e de Bourgogne éch ut à Theodebert
nço is, ce ne
s Province de l'Em pire Fra
Si la Provence devint alor
p
d
"37·
·
S
•
l a fi-orce des armes. rT7.'ztzge
s ouveram e çett e ro·
L a Prov ence ~
par
nt
por
iut
ince
devie nt Prov
s\in ir ayec eux : Pou r
vinc.e ,&amp; Roi des O~rogot.&amp; eut intérêt de
Fran~o.ife :
les
'
1

�P·

cedà la Provenée; péu d'année~
J.es déterminer à fon alli anc e, il leu r
l?ar l'Em per eur Ju[linien;
apr ès, cette ceffion leur fut c~mfirmée
onzus, que. ~e toutes fes P~o­
c'eft ce gui fait dire. au, Cardmal. Bar plus légmme~1ent acqu1fe
de
vinces -du Ro yau me il n en eft pom t
.
_
à la Couronne que la Provence.
~~~
.un avantag~ qu' elle fe fera iooE :n:e a~:~
Çe tte Pro.vince a fur le Lan~u~doc ir été Françoije deu x fiécles Languedoc.
tou;ours glo ire de rappeller,celm d avo
s Qiarles Martel (a). Ce n'eft
avant lui , qui ne le devint que fou
arque eft honorable pou r la
poi nt feulement parce que cet te rem
elle enleve à nos AdverfaiProvence que nous la faifons; c'eft qu' d'une erreur fans dou te
tire
res un avantage confidérable , &amp; les
artenu à la Maifon de France
votontaire. Ils fe Battent d'avoir app
par cet te raifon confondant les ·
avant la Provence, &amp; von t toujours
, tandis que 1'on voi t que les
droits de la Fra nce avec les leurs
ce &amp; fur lè Rhone qui en faifoit
'droits de la Co uro nne fur la Proven
s aris à ceu x qu' elle acquit fut
par tie, font antérieurs de deu x cen
la Souveraineté de la Co ule Languedoc, _&amp; conféquemment que
nt du Languedoc, mais de la
ron ne fur ce Fle uve ne lui vient poi Ro i , tou tes les fois qu'ils
Provence ; ils croient plaider la caufe dufe détrompent : Si le Rhone
fiipulent leurs propres intérêts. Qu 'ils ces qui a ét~ Françoife la
vin
'd oit appartenir à cel le des deu x Pro
guedoc doit le ceder en tou t
pre mie re, l'on vie nt de voi r que le Lan
_
poi nt à la Provence.
de Bourgogne qui com- Le Roy aum e de
me
yau
Les François s'ét ant emparé du Ro
ne déce Ro yau me ne ceffa Bo!-lrgog
ence
Prov
la
partie fupérieure de la Provence,
la
trmt
1
oit
"
ren
r
·
c-, ; rr,
· l a 0U1:J
P
.Je ;u1qu a a conl~rve fes li~
" é s du Rh one depuis
cl
d
d
'é
cot
eux
es
re
pas des ten
artenoit encore aux Pi.fi- mites.
Durance : La Gothie ou le Languedo' appchaffés de toutes les autres
g.ots d'Efpagne. Ces Barbares avoient été 'étoit qu'avec peine qu'ils
cen
Provinces de laGaule par lesFrançois,&amp;
expé ditio n

aré du Languedoc en ~ 3 t , mais cette
(a) Cependant Childebert s'éto it emp ne conquête, Amalaric ,Roi des Yifzgots avoi t
q4'u
trou bla la
fut plutôt une invafion mom enta née,
Clotaire. La différence des Reli gion s d Amalaric
de
&amp;
t
eber
Child
de
fœur
lde
Cloti
ens
époufé
ortem
emp
Les
e.
oliqu
Cath
n &amp; la Rein e
le. L'excès-de fes
paix de cette unio n, le Roi étoit Arie

enfanglanta plus d'un e fois fon épou
furent portés julqu'aux outr ages : Il
leur com pa!I ion,
e à fes frere s; &amp; pour mieu x exci ter
Un témo igna ge
malh eurs détermina Clotilde à écrir
.
fang
fon
de
t
é, un mou choi r tein
elle leur env.oya, par un hom me affid
e s'en étoit prom is.
Rein
la
que
t
l'effe
tout
rt
debe
Chil
r de
:1u!Ii touc hant produifit fur le cœu
c , com bat Ama·
léve une Arm ée, entr e en Languedo
Son frere , indigné cont re le Vijigot, délivre fa famr.
laric, .le défa it, lui donn e la mor t, &amp;
l'avo it entr epri fe
s cette expé ditio n, prou ve qu'i l
t après fa vieLa conduite que tint Childebert aprè
ieber
Chili
que
faire des conq uête s. ,, Soit
pour vang er fon fang &amp; non pour
1 , page 7 r , foit que
e
tom
iel,
Dan
Pere
uedoc, dit le
~' toire eôt aban-don né le Lang
es, il efr certa in que
ch~é les Gatn ifon s Fran coi(
,, Teudis Succeffeur d' Amalaric en eût fous la Dom inati on des Vifigots, &amp; que ce ne fut
is
4~
-,, cette Prov ince fut long tems depu
Mllrtel qu'elle fut réunie à la Cou ronn e.
,, que fous le mini ftere de Charles

B

�'15

re foutenoient &lt;!ans celle-là. Quelle apparence que les Vainqueur~

qui regnoient fur les deux rives du Fleuve jufques au commence...
ment de la Gothie, dont l'étendue n' alloit pas jufques au bord oc ci-dental du Rhone, n'eui.fent pas été les maîtres du Fleuve le long de
la portion de Provence qui s' éten~ depuis la Durance jufques à 13.!
mer?
· A la mort de Clotaire premier, fes quatre enfans partagerent le:
·r6r;
a~~ff;~~~r~Go~~ Roy~ume. Gontran eut la Bou~gogn~, &amp; Sigebe~t.le pays d'Usès; Le:
iran &amp; Sigebert. premier eut la Provence , la Ville d Arles, moltlé de celle de .Marfeille &amp; quelqu'autre Place. Sigebert regna for Aix, fur Avignon;
&amp; fur le refte (a) •.
L'expédition que Gontran fit en Septimanie prouve que fes Etats,
581.
jufques à Nifmes. Grégoirè de Tours nous dit qu'il leva·
étendoient
s'
rbegnde
omdran
G
{i 1
ur es eux or s d
· ten d'irent:
es troupes &amp; l es mena dans cette contrée, ou' e11·es s'é
tiu fle uve.
fur les rivages duRhone, qu'elles ravagerent, n'épargnant pas même
leur propre Pays. -Multa homicidia, incendia, pr-œdafque in regione:
1
propria facientes ufque ad Urbem Nemaufum proc~IJerunt (b). Ainfi,
fuivant l'Hiftorien du .rems le mieux inftruit, le Roi de Bourgogne·
comme Souverain de Prcvence regnoit fur les terres dépendantes
du Comté &amp; du .Diocefe d'Arles füuées de Vautre côté du Fleuve,.
&amp; conféquemment fur le Fleuve même ..
Recarede fils de Leuvigilde Roi de Sepfimanie, averti de l'irruption.
Beaucaire dé10
pen doit dt:la 1' • des François &amp; des Bourguignons dans les Etats dè fon pere, v.int du
:vence.
Touloufain à l'autre extrêfüité de la Septimanie, entre dans laProvince
d'Arles, tombe fur, le Châteâu d'Ugernum qüi en dépendoit, le
pille &amp; emmene la garnifon prifonniere. Ugernum Arelaténfe Caf-.
_
·
flrum irrupit , &amp;c. (c)
Gontran mit quatre mille hommes fur le rivage pour garder cette
portion de fes Etats : mais maJgré cette précaution les Gots les ravagerent, les pil,lerent, &amp; -abandonnerent une feconde fois Beaucaire.
Gothi . ... in Arelatenfem Provinciam proruperunt • •.. unum etiam
Caflrum Ugernum nomine cum rebus atque habitatoribus defolantes
nullo refiflente regreffi funt (d).
Le feptiéme .fiécle ne nous fournit que des preuves dont le détail
13i;
·
· d
•
Charles Martel
pour entrer dans notre p1an ;
e trop l ongues exp l"icat1ons
ex1gero1t
.en Provence.
nous palferons donc tout de fuite à l'arrivée des Sarrafins dans le
Languedoc d'où ils chalferent les Vrfzgots. Les François entrerent
(a) Mezeray, tome 1.
( b ) Gregoir-e de Tours, livre 8, pa"e 399.
"'
( c) lbid. page 401.

(d)

ïbid.p~ge.;.:i.5.

�·11

rles Martel les défit,;
bien tôt en guerre avec ces nouveaux venus. Cha
lut ~nfui~e s'affurer
comme on fçait, dans les plaines de Tours: il vou
conquetes JUfques à
.du Royaume de Bourgogne, &amp; pouffa fes
ce. For cé d'aller
Arles &amp; Marfeille qu'il fournit à fon obéiffan
confia la garde de
combattre d'autres enn emi s, le Hér os François
les ; mais Mauronte
ces Villes à des Officiers qu'il croy oit fide
les Sarrafins, leur
Gouverneur général de Provence fe ligua avec
igation du Rhone. Ces
livr a Avignon &amp; Arl es, &amp; leur ouv rit la nav
er , tou t ce qu.e
Peuples poffédoient , on l'a déja fait remarqu
t ori voit qu'ils-n 'éles- P'ïfigots avoient en Septimanie : cepend~n
Hiftoriens con tem toie nt point maîtres du paffage du Rhone. Les
d'irmption. La Riporains qualifient leur entrnprifè fur ce Fle uve
à une Puiffance étra n, viere qu'ils attaquoient app.artenoit donc
ent pas être füfpeél:s ~
,gere. Les Hift:oriens du Languedoc ne doiv
·
.
Eco uton s-le s fur ce poin t de fait.
Tome x, pag•
erent une ligu e 401.
form
ls,
nt-i
» Mauronte &amp; fes Con féde rés, dife
uverneur de la Septimanie pou r les Sarrafins.
)&gt; fecrette avec JufifGo
&amp; ils lui promirent à leùr
» Ce Gén éral leur prom it . du f~co~rs ,
ne &amp; de lui livrer certaines
'&gt; tour de l'introduire au-delà· duLesRhoSarr
afins accepterent d'autant
» Places fortes du même côté .
qu'ils fouhaitoient depuis longterns
!&gt;&gt; plus volo ntie rs ces offr es,
&amp; d'en avoir le paffage libre ,
&gt;&gt; s'éta blir au-delà de ce Fleu ve ,
leur ·gré dans tQut le Roy au» pou r étendre enfui te leurs courfes à
nnoiffance plus pré )) me. &lt;c L'o n ne peu t gueres trou ver de reco
, &amp; qu'ils remontent
cife des droits de la Provenèe fur ce Fle uve
t encore fous une Puiffance
atÎ tcms où le Languedoc lui- mêm e étoi
ne appartenaient à fa
étra nge re, tandis que la Provence &amp; le Rho
nce dans l'affaire.
France : Cet te remarque eft de la derniere importa t confirment en- Preuves one le
e ar p; rreLes mêmes Hiftoriens dans la fuite de leur réci
chi tes barrieres du Rhon
fran
e
pein
à
nt
eure
à la Prooi
les
noit
Peup
Ces
:
té
véri
e
cett
ore
·c
des
s
.
Pay
.
les
ver.ce
tous
dans
n
Rhone ; difent-ils , qu'ils porterent la défolatio
s
rdre
défo
ces
Page 40:?.~
Martel averti de
deu~ c~tés de ce Fleuve. Mais Charles
it
avo
qui
n
igno
d'Av
e
fi'ég
le
1Vole au fecours de fes conquêtes , fait
eux . V oulftnt enfui te
• 13'1."
'.été livré aux enn emi s, &amp; le repren~ . fur
étre
pén
,
ne
Rho
le
e
paff
il
,
s
~orter la guerre chez ces Barbare
Il faut bien que la
,dans la Gothie &amp; pouffe jufqu'à Narbonne (a).
, piüfqu'après 1'.a,
'.Gothie ne comprît pas la rive droite du Fle uve ..y·arriver.·
pour
yoi r paffé l'on étoi t encore obligé de marcher

1 a)

fiu11tum cum exercitu ejus traefzit, Go~
Cont in. de ~ redegaire. Carolus Rhodanum
·
&amp; 679.
m
, ufquc Narboncnfel!L Gallia peraçeeJiit, Pages 6z.8

i}iorum fines penetra1m

B ij

�r.12"

· F;TA T

'S
tel{fi-'one fous
Pepin:

Et fous Charleai 2~ne.

S24;

Celli on entre·
l'An h ~vêq d' J\:-]es &amp; le Comte
Lieubulfe , d' une
I;Je dans le Rhone.

0

u s

L

A

DU RHO NE
s E c 0 N D E R A c

Pepin acheva la conquête dl! Languedoc que Charles .Martel avoie:

commencée : ainfi voilà les deux Provinces fous la même domina-·
tion ; mais la Pro11enc~ n'en con.ferva pas. moins les. mêmes limites.
Il en fut de même fous Charlemagne , fa preuve s'en tire du par..
tage qu'il projetta de fes Etats entre fes trois fils. Lyon &amp; quelques:
autres Villes fituées à la droite du R!z6ne étoient regardées comme
dépendantes du Royaume de Bourgogne. Sous Louis le Débonnaire!'état des chofes ne changea pas davantage , nous le voyons par un
aél:e d'échange paffé en 824 entre le Comte Lieubulfe &amp; l'Eglife
d'Arles (a) : C'eft peut-être l'aél:e le plus autentique qui fe foit jamais fait : l'on en juge par les formalités qui 1'ont précédé, accom..;
pagné &amp; fuiv.i.
Le Comte Lieubulfe y céde à !'Archevêque d'Arles les biens qu'il_
poffédoit au Territoire d'Arles dans le quartier d' Argence; c'eft-à:-·
dire , à la droite du Rhone où· ce canton. était fitué : Les.Hifto+
,
riens de Languedoc en convienne nt (.b ).
Si la fituation des terres cédées par le Comte ; prouve que le.
Territoire d'Arles s'étendait fur les deux rives du Fleuve , celle
des biens cédés par !'Archevê que ne prouve pas moins que ce·
Fleuve faifoit partie de fa Provence. La premiere des terres cédées par le Prélat efl: une lfle entourée du Rhone de tou! côtés , fituée
un peu au-defTous de la Ville d'Arles dansfon Territoire. Ce Comte
Leibulfe poffédoit en même tems le Comté d'Arles, &amp; l'acte de'
confirmation de cet échange nous apprend qu'il jouiffoit des terres po.ffédées ex beneficio fuo .. Les Hiftoriens du Languedoc penfent
eux-mêmes. que ces terres faifoient partie de ce Comt~. Comment:
ont-ils pû tenir dans la fuite un. langage fi fort oppofé? ,

-! 'fi;
. Après la mort de Louis
Lothaire regne
fur la Provence &amp; Cha~ve &amp; Louis de 13aviere

fur le Rhone.

E~

le Débonnaire; Lothaire, Charlas le,
fes enfans:, n'ayant pu s'extermin er ·à

la Bataille de Fontenai, convi:qrent de partager les Etats de lem:
Pere. Charles conferva le Languedoc,. l'Aquitaine. &amp; la Neujlrie.;.

(a ) f.Iifroire du Languedoc , tome r. Preuves, num.. 4 3 , page 6 z ; &amp; Cartulaire de-:
·
.
l'Eelilè d'Arles.
(b) Tome :i., }?age z,~8 ; c'ell la partiç ~u Dioçèfe &amp; du G:omté·d'Arles qui eJl en de..J.àl

du Rhone..

·-

•

-

�y~·

.

rLouis eut la Cermanie, ·&amp;Lothaire qui ; ëomfüe aîné ; tetint le rtoni
d'Empe reur, eut l'Italie, la Provence, &amp;c.
Comme, S?uv~rain de c~. dernier P.a~ s, il ac~orda ~e 18 C?B:o....:
11 ~J1~f:rme à
bre 8 )O, a 1 Eveque de //zvzers un Pnvilég e qui favonfe tOUJOUrs l'Evêq~e
ire v·1plus notre caufe. Il contient une confirmation de tous les biens vie: s 1' Hie F ormidonnés à Cette Eglife ' &amp; en partictflier de l' .Abbaye de Dourere Jur cana.
le Rhone dans le Comté d'Orange, &amp; de l' Ijl.e Formi~aria felon fon an-..
cienne erendue , comme elle avoit appartenu au Comte (a).
La même année nous fournit encore une autre preuve .. C'eft
Irru ption d·et
c. • d
c.
r • d 1
un 1a1t
Sarrafins
ontl·1 raut
enten dre 1e rec1t
e a propre b ouch e des H"ft
1 o- Rhone. p:u .I.e'
riens du Languedoc ( b ),. »Les Sarrafins, difent-i ls, ayant remonté
»en 8 )O par l'embouchure du Rhone, firent · une defcente dans les
'?Pays fi.tués des deux côtés de ce Fleuve . Ils ne portere nt cepen)) dant pas fort loin 1'impunité de leurs courfes. Ils furent à peine
» embarq ués, que les vents contraires &amp; les courants qui fon t fré.)) quens dans le Golphe de 1-:JOn les ayant forcés d'échou er fur la
&gt;&gt;côte, les Peuples du Pays les attaquerent &amp; les defirent entié" rement. L' Empereur Lothaire à qui appartenaient les deux c6tés du
)) Rhone, occupé alors fur le Rhin à réprimer les courfes des Nor-·
» mands, étoit t rop éloigné pour pouvoir fé"courir à tems les Peu-l&gt; ples de Provence .contre les entreprifes des Sarrafins
( c ). « Quel
av~u ! quelle lumiere il jette fur nos droits i Le Souver ain de l.a:
Provence regnoit donc fur les deux bords du Rhone•.
Cinq ans après, ce Prince fit à l'Eglife :d'Arles la cfonat.lon de
~'fl·· .
!'Abbaye de Cruas ,fituée dans le Vivarais ( d ). A l'exemple de l'Em- Dona' 10 •11 ~et ~11~
r. .1
r.
r'.
n. •
.
éd···iate. T e11
f.l. baye d_ -vru,s- ~
pereur ion
pere 1'11a pren d ious
ia
proteL.L
lOn imm
.ie e 1-t
l?Egli.fo d ?.A.d~:;,,.
fans doute 1' origine du droit d' adminiftration que l'Eglife d'Arles
.
a longtems confrrvé fur cette Abbaye. II n'eft pas po tfible de fup-·
pofer qu'un Prince difpofe des biens d'une Eglife firuée dans ùn:
pays dont il ne feroit pas maît~ê :,011 fuppoferoit encore plus dif-·
ficilement qu'il la prît fous fa proteél:ion immédiate. Ainfi tout ·
prouye qu'en: effet Lothaire régnait fur . les deux rives du Rhone.-~
ce Fleuve faifoit donc partie de fes Etats de Provence. Les Hi~
{ tt) Colombi de reb. gefl. Epi(. Vivar. lib; z;, p~.

100 , . édîtiorr de LyM 1668",,
( b} T ©me J , page ~ 4 9, livre· 10, §. 52.
( c) Ces Arabes ne refluerent fan s doute en Provence. que· parce qµe Vannée précede'rne·
Hs avoient été· chaffé"s d'Ttalie pa-r · Leon IV. l'un des pfos grands Papes que Rome
ait ei't .,,
C'e-0: de lui que l'A ureur de l'Efay f ur l'Hijlo ir~ générale, dit: ,, H· étoir né H:oma-l1
f ;;
,_,le courage ·des premiers âges de la R.épubliq.ue revivoit en lui dam un te ms de lâcùeié
&amp;;
,, &lt;te-c orruption. : tel qu".'un dès oeaux Monumen s de l'ancie nne Romtque l'o n trouve
quel.~· quefois dans les ruines de la · nouvelle. " Quand.. cet Auteur· fqit&gt; l'éloge
d'n!1 P'apei, ij,(
.Jl:'e!l certainem ent paii fu fpeét.
·
( d) Preu.ve~ de l1.Hiftoire du Lan'gueaoc , füme r ~ num. 8'o, p&lt;ige· 1 o;,,.

�'t.f

n.ous l'attefter poÎttivem.ent.
de
ent
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vie
doc
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Lan
du
s
torien
. Ses trois
peu de terns après cette donation t la Proéda
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arles, -le plu
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partagerent fes lEta ts: Ch
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eRnlrr e nt &amp;par ,. le enfans
1 po11e a comme ion
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peu d'années qu 'il' rég no it,
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Il
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es.
P~ Camargue.
&amp; en pil ler ent les deux _riv
Normans entrerent dans le Rhone &amp; de Septimanie, vit avec indife
Charles le Ozauve, Ro i de Fra nc elques terres fur les bords du
qu
eu
t
efa
férence ces &lt;légats ; s'il
le conduite ? On pe ut juger par
'fihone J auroit-il tenu une pareil e lui feul éfoit intéreifé , puifqu
les aétions du Ro i de Provence
s
oient firent les plus grands effort
ent
. que fes Officiers qui le repréf
r·
ma
Cp
de.
tai en t établi s dans l'Ifle
po ur ch aifer ces Pirates qui s'é
one à paffer po ur aller ra....
Rh
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gu e, d'o
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vager la rive occidentale.
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l'E gli fe de Piviers fut confirm
Ce fut pendant fon regne que
86 3;
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micaria fituée aü milieu du Rho
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). De-la deu x conféquences
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Viv iers 1'1t1e de L
&amp; qu 'il eto it So uv era in des
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difpofoi
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For mic aria ,
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fitùées à la rive droite.
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éta nt mo rt dans la mêfme· ann
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Charles de Provence
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L.ouis II. &amp; L0R
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·s Il • &amp; e 01 ot iaire partagerent ies
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~es deulj'. "'ri.ves du rer es,
vence proprem~nt dite.
Pro
la
t
eu
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mi
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Le
ts.
Eta
·
·
~o.1e,
s, Usès &amp; leurs dépendances. Il
rég na fur Lyon , Vienne , //ivier
du
bbaye de Cruas fitu ée au-delà
ren ou ve lla la concellion de l'A
n:i.
fous deu x Dominations différe
Rhone ; ainfi cet te riviere cou la
Lyon jufqu 'à Lir.ere rec on nu t Lo
tes. La partie fupéi:ieure depuis
r
me
uis cet te rviere jufques à la
dep
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eur
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inf
tie
par
la
&amp;
;
ire
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fur
II. Ces deu x Princes rég nerent
fut foumife à !'E mp ere ur Louis
on
;
it
no
dans la partie qui le. con cer
les deux rives_du Rhone chacun
, &amp; po ur
l'aél:e que nous venons de cit er
1~ vo it po ur Lothaire .Par
de
re aéte du ) des Ide s de Ma rs,
1 Em per eur Louis, par un aut
Di oc éfe
reg ne , par .leq uel la partie du
l~ hu itié me année de fon
re du
end
Rhon~ eft déç lar ée dép
d Arles fttuée à la droite .d u
ier rito ire de cet te Vi lle ( b ).
t Charles le Chauve en po f·
Charles-lert de !'E mp ere ur Louis Il. mi
mo
La
nte~:
&amp; de la Provence. Il y avoit tre
Chauve y regne à
e
ial
pér
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ité
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Di
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fio
fef
t
fon toµr~
oit de la Septimanie, &amp; pendan
cinq ans que çe Pri nc e jou iif
fé
paf
ait
tro uv e àu cu n .aB:e qu'il
.ce lo~g efpace de tems l'o n ne
ue c:!roit
P~ovinçe lui eû t çlonné quelq
f.lU fuJet du Rhone. Si cet te

Le

7 i9.
(a) Bou che , t0m e r, page

(.h ) ln.vent.aire

~es

Arlfh.ivcs d'Arles &gt; I';i.ge n~

�rtf

rur ce. Fleuve bu fes C!épenôances ' rie trouveroit-on pM Cfes traces
de l'ufage de èes droits? ,Tandis qu'on peut remarquer qu'à peine
il a fuccédé à fes deux neveux , l'Hifl:oire nous fournit des preu~
ves de l'exercice qu'il a · fait de ces mêmes droits.
)) Sachent tous préfens &amp; à venir ( dit-il dans un Diplôme (a}
tf17.· , •
0
0
u'il
accorda
à
l'Eglife
de
Viviers
le
2
Août
877
)
))
que
pour
d'
C
°n~m;u
d!l
q
1 61eUis
,
D
N
e pu
ion s ,
»l'amour de Dieu &amp; a la priere de notre cher . uc Bdfon, ous fur le- Rhon_e par» avons accordé à l'Eglife de Piviers les biens qui étoient autre- le Souverain de'
1: •
de ion
r
D omame,
·
r
·
IT~d
» 101s
içavoir,
tout ce qu ' e11 e pow~
e dans l e Provence,.
?) Comté de Valence avec la moitié de l'Egl~fe de Saint Romain ..
.,, Nous lui donnons !'Abbaye de Dour_ér.e fi.tuée für}e Rhone dans;
:»le Comté d'Orange,avec fes appartenances &amp; fon diftria des deux
')côtés: de plus, l'Ifle d'Argentiere auprès .de Saint Andeol, &amp;:
;l&gt; l'Eglife de Saint Viaor fur le Rhone jufqu'à Scotadium ..
- Plufieurs circonftances · prouvent que !'Empereur Charles ne
pa:loit que comme Souverain ~e Provence•.En premier lieu? fou.
D1plome efl: conçu dans les memes termes que les acres faits en8 so &amp; 86 2 par l'Empereur Lothaire &amp; par fon fils. 2 °.. C'eft: à:.
la priere de Bofon, Gouverneur de Provence, du Comté ·de Vien ..·
ne &amp; des Provinces voifines .. On fçait que dans le neuviéme ftécle'. .
ces premiers Qfficiers fe faifoient un mérite dïnftruire l eurs Sou~­
verains des befoins des Eglifes -dépendantès de leur Gouvernement. Enfin la défig_n ation de l' affiéte de l'Iffe Argentiere ne laiîfet
~ucun doute qu'elle ne fifr au. milie4 du Rhone-.
. _
· . Terminons cette époque par des preuves émanées- des Hifto. fif1-., _,., .
rie~s de Languedoc eux-n;êmes, qui, en parlant de la divifion du l'Jr~g~ ~~;1~~ 1 ;a~:
Languedoc en Comtés, d1fent, Tom. prem. pag. )87 &gt;&gt;que ceux !iedelal?rovenoe•.
:&gt;&gt;de Piviers &amp; d'Usès, avec la partie d-e ceux de Fienne, de Va- i&gt;&gt; ·zen ce, d'Avignon &amp; d'Arles, fi tués à la droïte du .Rhône, dépen&gt;&gt; doient du Duché de Provence &amp; étoient fi tués dans la . partie:
» du Royaume de Lothaire qui é_toit échue à Charles zè· Chauve~.
» Après le Concile de Troyes, ajoutent-ils, ToJ?J. z, pag. 3·,,
1'~:1 i~é' ebti'ë'
&gt;) Louis le Begue fe rendit à Foron près Majlreic , où it"'e"ut une con. f.ot·~s le Fec;ue &amp;
» f~rence avec, Louis ~e Germanie fon cuttfin. Ces deux Princes ctm." ~i~~is· 1d: Gf~h::;·
)) vrnrent de s en temr, par rappon au · Royaume de Lothaire·, au r fre i:u R.ci de '
~)partage que leur pere leuT êlVOÎt dé1à fait, enforte que fuivant Provence •.
)) cet :accord, les deux côtés du Rhone depuis Lyon jufques àJa;
:&gt;&gt;mer, &amp; parconféquent le Fivarais &amp; le Diocèie d'Usès demeu··
&gt;&gt; rerent au premier. _
·
.La Provence s' étendoit don_c des deux côtés du Rhone:, au l110ye1t
(et). Hiftoi_re d1,; Lang~:efoc. :Preuves-, dum.

1 v.3

) p;g'e 1 H•

�r16

remeht partie. Offrons.en

nécelfai
&lt;re qu oi; le Fle uv e en faifoit mêmes fources.
des
de notJvélles preuves· tirées

ETAT

DU

RHONE

FI LS .
so us B os qN ET so N.

t la
ayons à év ite r to~t ce qu i fen
us
no
e
qu
n
tio
en
att
ue
elq
Qu
er dans
forcés ,-à cet te ép oq ue , d'entr
'differtation, nous allons êtr e
fon;
n arrivée pa r la rév olt e de Bo t
tio
olu
rév
la
fur
l
tai
dé
ue
quelq
t fai
s Hiftoriens de Languedoc on
é à
Go uv ern eu r de Provence. Le
nn
do
oit
er que cet év én em en t av
un e lon gu e no te po ur pro uv
n bo rd à l'a utr e. Après avoir
d'u
r
tie
çn
one
Rh
le
ce
vin
ce tte Pro
leu r fyfaétitude qui ne favorife pas
réta-bli les faits dans un e ex
rév ors propres pa rol es, que cet te
leu
r
pa
ir
vo
s
on
fer
us
no
,
e
têm
que les
its de la Provence, n'a fait
lut ion , loi n d'a lté rer les dro
confirmer.
céd é à Charles le Chauve, &amp;.
fuc
oit
av
,ue
Beg
le
dit
II.
Louis
Sim·
uis III . &amp; Carloman : Charles le
laiffé de ux fils en mo ura nt, Lo
qu e
e
nn
qu i ne pa rvi nt à la Co uro
e
um
fth
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fut
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lon gte ms après.
du pays de
rs Go uv ern eu r po ur le Ro i,
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voifines. C' éto it fans 1co ntr
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Ufurpa ti on de Proi1e1
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oit pa rta gé le Tr ôn e de Charl
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Ric
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ncée à Carloman, &amp; il av oit ép
Chauve ; fa fille fe tro uv oit fia
effe
nc
Pri
!'E mp ere ur Louis JI. Ce tte
de
e
iqu
un
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fill
e
ard
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Erm
défef..
de !'E mp ere ur d'Orient, fut
qu i av ojt été promife au fils
cit a
ex
ion
n Pa rti cu lie r : fon ambit
pe rée de fe vo ir la femme d'u
acc ep ter la co urm me que les
à
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Bo
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D'a prè s les
les Pe up les lui décernoient. fur pa tio n
&amp;
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Se
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l'u
n ~n r~conn
m. 2 , pag. Io ,
s Hi fto rie ns du Languedoç, To
doit en
iU-dçla duF l~uve. pro pre
ce que le Ro i de France poffé
de Bofon s'é ten dit fur tou t
pa rti e
la
nu , difen t-ils , dans tou te
on
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fut
fon
Bo
&gt;&gt;
ce:
ven
s
'fro
dans les Di oc èfe s de Vivier
ir,
vo
fça
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ng
La
du
» ori ent ale
de Vienne j ·
partie de ce ux de Valence ,
x ....
» &amp; d'Usès , &amp; dans la
a du Rhone. Ainfi, fuivant eu
deç
en
eft
i
qu
les
Ar
&amp;
n
no
» d'Avig
'el le
vence dans la mê me éte nd ue qu
mêmes , Bofon po!féda la Pro
.
av oit fous les Ro is de France
er urt
des raifons folides po ur juftifi
S'i l éto it poffible de tro uv er
lone manqueroit pas d'a po~~
fon
Bo
e
qu
nt
ft~
con
eft
il
'·
ur
Ufurpate

.

.

�. ·11
gie: Il n'y avoit alors ni droit de naifîance; ni droit d'élea ioh
reconnu ( a ). L'Europe étoit un vafte cahos dans lequel le plus
fort s' élevoit fur les ruines du plus foible , pour être enfuite pré.cipité par d'autres. Auffi vit-on s'élever dans ces tems d'anarchie
&lt;le nouveaux Royaumes , comme des monceaux de terre après un
tremblement. Les incurfions des Normands achevoient de mettre
tout en confufion.
Quelques Hiftoriens prétendent que Charles le Chauve lui-même
avoit érigé le Royaume d'Arles en faveur de Bofon, &amp; que Louis
&amp; Carloman n'avoient pas des droits plus lépitimes que lui, puifqu'on les regardoit comme btitards, étant nés dune femme répudiée .
( b) : un fait incont efiable , c'eft que la Couro nne lui fut déferée
par le Concile de Mantaile près Vzenne , avec les mêmes fofom~
nités que l'on obfervoit alors pour les Princes légitimes .
. Il fçavoit que dans ces tems-là une Bulle du Pape pouvoit
affermir ou ébranler le fceptre dans.fa main: auffi fe le fit-il confirmer par Jean VIII. ( c ) ; &amp; pour tâcher de faire oublie r quël
étoit fon véritable Maître , il n'héfüa pas à fe rendre coupable du
crime de felonie, en faifant à !'Empereur d'Allemagne hommage
àe la Provence , du Dauphiné &amp; des autres contrées qu'il avoit
ufurpées fur la Maifon de France. Tel eft le titre odieux que Bofon
&amp; fes fucceffeurs ont voulu donner à l'Empi re fur des Provinces
:
qui ne lui appart~noient point ( d ).
nt du Royau~ .
illeme
· Bofon ne joùit cependant pas d'abord tranqu
(a) Effay fur l'Hiiloir e générale .

~ b) Abregé chronolo gique du Préiiden t Hainaut , pag. 879.
Italie, le ~raitoit d~ns
( c) L~ Pape qui avoit alors .befoin de lui pour le conduire en

Saihteté voulut
{es Lettres de fon Fils, de très-glorieux Prince. Quelque s années après 8a
&amp; de Pertur~
'lbnerair
de
tions
qualifica
les
donna
lui
plaire à la Cour de France, &amp;
bateur du repos public. Bouche, tome I , page 76 6.
jufqu'au
· ( d) Depuis cette époque nou11 allons voir la Provence refter Fief de l'Empire preuves
plulieuriS
tems de fa ré.union à la Couronn e , &amp; de cette [éparatio n même naitront
d'avouer qu'une
en faveur de cette Province . Nous nous ferons d'autant moins de peine
ns de l'HiCmonume
mêmes
les
que
Pays,
ce
Puiffance étrangere a eu la füz.eraineté de
n paffagere ne
ufurpatio
cette
que
tems
même
en
t
infiruifen
nous
fait
le
attefl:ent
qu_i
toire
imprefcr ippeut nuire aux Rois de France, car s'il ell: vrai que les droits des Rois foient
parce qu'un
tibles , ceux de la Couronn e fur la Provence peuvent- ils avoir été détruits,
? Si l'on veut
Ufurp.:teur aura reconnu pour Maître un autre que fon Prince légitime
depuis à Louir ·
aucontra ire que la prefcription ait lieu dans ces matieres , comme on Ï'oppofa
fur le Miladroits
fos
valoir
faire
voulut
il
,
Vijcomtî
d'une
petit-fils
de
XII. lorfqu'en qualité
Provence ,
la
fur
droits
fes
recouvré
a
France
de
nais: il y a plus de 400 ans que la Maifon
Poëte: Je
le
avec
dire
pourroit
Roi
le
,
difputer
lui
les
ofoit
Puifiànce
utre
&amp; li quelqu'a

·

regne, il n' efl plus tems d'examiner mes droits.

évenemens que
Les Proc~reurs dù Pays peuvent donc fans crainte rappeller au Conîeil des
De pareils
Roi.
du
intérêts
les
pour
zele
par
r
diffimule
devoir
&lt;;JU~lques f11fioriens croyent
la Co.J.1ron11e !\Il\
ménagemens ne -convien nent qu'à ·des droits équivoques , &amp; ceux qu'a
la Pnm·nce depuis la ceffion de Vitiges, n'ont jamai~ été incertains~

'

c

Lés Rois d•
France lui font li
guerre.

�'1·s

loman firent quelques efforts
.me qu'il s'étoit fon né; Louis &amp; Car ; mais il employa con tre
pou r le. remettre fous leu r obéiffance la force aidée de la pru•
s,
eux ce qui fait &amp; · dét rui t les Empire
lui Vienne, elle ne fut pas
1
dence. Si les deux Princes prirent fur
tes les Branches de la Maifon
longtems à leu r p-quvoir : envain ·tou
cab ler , il fçut fe maintenir
'de France fe liguerent-elles pou r l'ac
contre toutes leurs forces réunies.
rpateurs heu reu x; Carlo•
En fin , ce Prince eut le fort des Ufu en mariage , &amp; il y a
Ils traitent avec
vant le vaincre , reçut fa fille
lui, &amp; il conferve man ne pou
e de confentir
nce que dès lors la France fut obligé
d
fc
les deux bords du tou te appare
fc " 1
"l
vence &amp; es dé pen ances.
Rho ne.
pou r 1e moment qui con ervat a Pro &amp; Carloman éta nt morts
is
Ce qu'il y a de cer tain , c' eft que Lou , qui régna en Fra nce
eur
fans enf ans , Charles le Gros, Em per
ple, fit la paix avec Bofon,
Sim
le
rles
pendant la minorité de Cha
ts ( a).
&amp; confentit qu' il confervât fes Eta
indre changement dans les
Ce tt.e révolution n'apporta pas le mo
nc;mveau Ro i régna fur elles
Provinces qui en furent l'objet. Le
ient régné les Ro is de France. A
&amp; fur le Rhone, comme y avo
le Cle rgé auquel il avoit de
l'exemple de Clovis, il fçut ménager
envers les Eglifes fur ent
fi gl"andes obligations. Ses libé rali tés
ont -ils .beaucoup plus refconfidérables: auffi les Moines d'alors
-Martel qui fe conduifit fi
pea é fa mémoire que celle de Charles
différemment ( b )•
, &amp; fit comme lui homLouis l' Aveugle foccéda à fon pere Bofon
. sir-1~
ple, ( difent les.
pereur. »Charles le Sim
l'Em
à
ce
ven
Pro
la
1·
de
·
ge
c
ma
le
~
u.
Ave&amp;
1'
L1. ofuis
. s d e Languedoc J tom. 2' pag. 49 '))) eut1a1t va 01r fes pré"'·
1U ucce,1 e, ies H'
iftonen
uill e~tats 0_1_1tlamême
me de Provence fans les nouvelles bro
yau
Ro
le
fur
s
tion
ten
))
&lt;lne.
c:ten
oyaume (de France)à la faveur defquel&gt;&gt; ries qui s' éleverent dans leR
nt dans la paifible pofieffion des deux c~tés
&gt;&gt; lesLouis l' Aveugle Je mainti
ouchure dans là mer«. Co m)) du Rhone depuis Lyon jufques à fon emb eurs que , lors de cette ré-aill
ment après un tel aveu a-t -on pu dire
furent réunis à la Couronne ?
vol uti on, le Rhone &amp; fes dépendances
ugle enhardirent le Co mt e
Les malheurs qu'effuya Louis l' Ave ). HuO'ues lui-même av oit
Hug uesu furp e
r fur lui fes Eta ts ( c
l:&gt;
la Prov ence ' &amp; le Hugues à ufurpe
A

Marquis de Gothie la démembre.

·
.
1, page 767.
qui lui.avoit
t Den is, fait couper la tête à un Abbé
Sain
de
x
gieu
Reli
les
vexé
t
avoi
Il
le Clergé
.&lt; b)
ifler
Jubj
.nt
laiffa
es,
itain
Cap
des Eglifes à fes
répa ra
gne
fait la guer re, &amp; donné les biens
lema
Char
79.
:t
Surius, tom . prem ier, pag.
.
comme il pourrait. Vie de S. Remy;
autant qu'il put les torts faits à l'Eg life.
l'ayant v;iincu
pire , mais Berenger fon Compétiteur
( c) Ce Louis avoit prétendu à l'Em
que dans ce
ît
paro
Il
.
eugle
l'A11
s
Loui
llé
appe
d'où il fut
[es neveux
de
&amp; pris , lui fit crever les yeux ,
un
à
fobir
fair
it
foibles ; Louis I. l'avo
onndire.
Déb
tems-là ce foppl ice étoit le fort des
le
moin s été nornmé_
les tour men s; &amp;.Louis 1. n'en a pas
('a) Bou che, tome

qui étoit mor t dans

�I .9
àeux voHins -puHfans, hommes de fortune comme lui": c'étoit
Ermangaud, &amp; Rai"!-ond Pons, Comte du Langu~doc ou Septimanie. Ces deux Princes ayant ufurpé fur la Maifon de France
les Pays dont ils n'étaient que Gouvern eurs, s'emparerent également ~'une partie de ce qui, dépe~doit de _la P:ovence fur la
rive occidentale du Fleuve , . c eft-a-d1re du Vwarazs &amp; du Pays
d'Ufès. Ce démembrement à la vérité n'eut lieu que pour trèspeu de tems, mais dans ce moment ils ne laifferent à Hugues
.que ce qui reftoit de la Provence de ce côté-là. Nous all&lt;?nS
apprendre des Hiftoriens de Languedoc même en quoi confiftoit cette portion , &amp; quelle conf~quence ils tirent de cette
révoluti on, pour prouver qu'elle. a rendu le Rhone une dépen.
-Oance de leur Provincé.
dont Bofon s'empara l'an 879 \a);
Provence
de
e
»Le Royaum
» difent-il s, s'étendoit des deùx côtés du Rhone, &amp; comprenoit en
&gt;&gt; deçà de ce Fleuve ( du côté du Langued oc ) , les D iocèfes de
»Viviers &amp; d'Ufes, avec la partie de ceux d'Arles, de Palence &amp;
»de Viénne qui dépend du f.anguedoc. Il eft important de faire
,&gt; voir ici la maniere dont fe fit cette ufurpation , pour l'intellila
'&gt;&gt; gence de ce que nous avons à dire dans la fuite touchan t
Lan» Souveraineté de nos Rois fur le Rhone, lequel appartient au
» guedoc d'un bord à l'autre depuis les frontieres du Lyonnois jufqu' à
l&gt; l'embouchure de ce Fleuve dans la mer..
La tremiere fingularité q\.Ii frappera ' dans ce paifage, fera fans
d' r.
A
·d?ute e peu de 1·ia1'fc_on qu''i
l' y ~.-entre ~e que ces . uteurs !ienf
d abord avec la conféquence qu ils en tirent pour leur Province.
Car quelle analogie trouvent -ils entre la Souveraineté de nos Rois
fur. le Rhone, &amp; la conclu.fion qu'il appartient d'un bord à l'autre
au Languedoc !
. Ces fçavans Hiftoden s entrent, après ce début, dans de grands
âétails , clefquels cependant on ne voit aucun réfultat qu-i prouve
que le Rhone ·appartienne au Languedoc; l'on n'en peut même pas
conclure qu'il ait continué d'appartenir aux Rois de France. Comment en effet concevoir qu'un Fle.uve ne ceffe pas d'être fous la
Domination d'un Roi, tandis que les terres gui confinent à fes
àeux rives "font poffédées ou ufurpées par d'autres Princes qui s'en
font Souverains ? Quoi ! d'un .côté le Marquis de Gothie s'empare
du Vivarais &amp; de l'Usès, de l'autre Bofon &amp; Hugues fe font Rois
de Provence , &amp; cependant les Rois de France n'en auront pas
moins confervé les rivieres qui coulent au milieu des Etats de
ces Princes ! G'eft ce qui ne fe conçoit pas.

( a) Not, premiere , page 51.1 , tome z.

c ij

~éfu.tation des
pretent1ons des
Hillor. du Lang.
fur la propriét~
·
du Rhone.

�!26

l'adreffe ave&lt;! laq uel le
Rie n de p{us remarquable au refle que
l'ufurpation des Go uve rles -de.u.x&gt;B'énédiB:ins cherchent à pallier
neurs de leurs Provin ces.
qu' Ermangaud &amp; Raimond POn$
» Il par oît certain , difent - ils,
rent alors du Vivarais &amp; du
»fa n nev eu, Marquis de Gothie, s'alfure
partie du Languedoc qui dépend oit
» Païs d'Uses, c' eft-à-dire de la
: ce qu'ils firent au nom de
)) de ce même Roy aum e de Provence
toujours pou r feul Ro i lé·
)) Charles le Simple, qu'ils reconnoilfoient
leur hienféance, ils Je crurent
)) giti me , ou à caufe que ces Païs etant à
Je les approprier &amp; de les
»être autant en droit que des Etrangers de
» unir à leur Domaine.
ce Pa'is à fon Domaine:,
Le Marquis de Gothie avoit fi bien réu ni
, qu'il n' eft revenu à la
&amp; Yavoit fr peu pris pou r le Ro i de France e ufurpation,. &amp; il a
s cett
Çau ron ne que plus de trois fiéclès aprè
la fui te, que la Ma:ifon de
fall u, comme nous le verrons dans
à celle de BOU RBO N, pou r
Touloufe en ait fait une ce!Iion formelle No us auri:ons donc fans
its.
que la France foit ren trée dans fes dro
doc de dire que ce fut par
con tred it autant de dro it que le Langue
la Provence;- rnais nou s ne
droit de bienféance que Bofon s'empara de on &amp; de la révolte. Bofon
biti
fçavons poi nt pallier les crimes de l'am
que nous voyons entre lui
fut un Ufu rpa teu r, &amp; la feule différ~nce qu'il eut le courage de
&amp;- les Gouverneurs du - Languedoc , eft
fonder Ul} grand Ro yau me ,
mo nte r ouvertement fur le Trô ne; de
caraB:érife les grands talens;
&amp; de s'y foutenir avec cet te audace qui
courageux , ont marché
tandis que fes deux voifins plus rufés que font foutenus par une
, fe
dans les ténébres d'une rebellion fou rde
dér obé , pou r ainfi dir e,
con dui te timide &amp; faulfe, &amp; ont plu tôt
leu rs Eta ts qu'ils ne les ont conquis.
ce moyén-le bord arien~
Les mêmes Hiftoriens ajo ute nt, que par
Provence · &amp; du Languedoc~
tal du Rhone forma la féparatiori de la vér ité, &amp; à ce que nou s·
à la
C'e ft encore une alfertion contraire
ouv rag e, où ils difent que
·venons de rap por ter de leu r pro pre
polfeilion des deux c~téS;
Louis l' Aveugle fe maintint dans la paifible re de la me r; fi ce fait
chu
_ du Rhone depuis Lyo n jufques à l'em bou font forcés d:avouer que ·
ce
eft vra i, fi les Adverfaires de la Proven
ntint dans la paifible pof ,
mai
le nouveau Sou ver ain -de Prov.ertce fe
ment la rév olte de Bofon a-t- elle
f~ffion des deux c~tés du Rhone, cùm
formé la féparation des deux.
fait que le bord oriental de ce Fle uve ait
paradoxe., au moins fau t-il
Provinces ? Qu and on veu t pro uve r un
être d'accord avec foi-même.
principes des mêmes· Au~
En fecond lie u, füivant l_es propres

�2f

le Pivarais &amp;
te'urs ; âès -que le Marquis de Gothie tte prit que
les autres dé&amp;
,
l'Ufége, Beaucaire, la Ter re d'Argence, Fourques
de ,Valence, d'Avignon
pendàrt~es du Com té d' Ar le~, de Pienne,
du Rhone., refterent
qui, fmvant eux- mêm es, éto1ent fitués au-d e-la
Rhone ne fervit
à la Provence: c' eft donc une nouvelle preuve que lefan .bord oriental,
poin t de limites aux deux Etat s, encore moins par
terres au-de-là de.
puifqu'il reftoit encore au Com te de Pré&gt;vence des
de la Mét ropo le
ce Fleu ve. Le Rhone fuivit néceffairement le fort
eût fervi de limites
don t il dépe ndai t encore : &amp; quand même il
par fon bord oui..
aux deux Eta ts, ce n'au roit jamais pû être que
Hiftoriens du
dental, &amp; non par fa rive orientale , dès que les
foit emparé du
Languedoc ne difent poin t que Raimond Pons fe
ès. La fuite
ve en même-tems que dès Terr es de Viviers&amp;_ d'Us

Fleu
en aucu n poin t d'ac ...
-de leurs raifonnemeç.s fait voir qu'ils ne font
cord avec eux-mêmes : en voic i la preuve.. ·
que le Vivarais &amp;.
. )) A cela on doit ajou ter, difent-ils pag. ) 26,
ence après la
&gt;dVJége ne firent plus partie du Roy aum e de Provréunirent à la.
1ce
''mo rt de Louis l' Aveugle, &amp; que les Roi s de Fra1
, fait par les- ·
nnus
reco
nt
fure
» Cou ronn e ces deux Païs ; ils y
rent les Maîtres , foit par les;
&gt;&gt; Com tes de Touloufe qui en dem eure
ces deu x Pays s'étend oien t.
» Prélats &amp; les Seigneurs : Or, comme
ve que .nos Roi s ont éxer cé leur;
&gt;) jufq u'au Rhone, c'eft une preu
ion d'Hugues, qui après» fouveraineté fur çe Fleu ve mal gré l'ufu rpat
ence, &amp; la céda en-'
)) la mor t de Louis l' Aveugle s'empara de la Prov
e , d'où elle paffa aux Emp ereu rs:_
&gt;) fuite aux Roi~ de Bourgogn

)) d'Allemagne.

.

ent que d'êtr e._
Que lle logi que! Il ne manque à tout ce ralfonnem
-: il faudroit pomr
conféquent en lui-même &amp; fondé fur des faits vrais
e11 effet occu pé le:
qu'il fût j fte, 1°. que le Marquis de Gothie eût
fesApologi~es:
Pivarais &amp; i·ufége pou r les Roi s de Fran ce, comme l s'en- empara,
cill:'i
l'infinuent avec adreife, tandis qu'i l eft cert ain
des Etat s du Sou vepou r lui,m ême , &amp; q_ue ces Pays firen~ patt!e
nt réunis à la c~m""':
rain de Langueàoc jufqu'en 127 1, qu'ils fure
ie fe fût emparé 9e:
.m nne. En fecond lieu , que ce Marquis de Goth
e-là du Fleuve.7'"
tout es les dépendances que la Provence avoir au-d
rais. &amp; de l'Ufége ,.
tandis que les.Hiftoriens ne par.l ent. que du Pïva
au-d e-là du Rh6ne·,,
après nous avoir dit que la Provence.com pren oit
re la partie de ceux:d' Ar-les;:
non-feulemen~. ces deux Pay s,. mais enco
troifiéme lieu ,
de Vienne &amp; d'Avignon qui dépend du Languedoc. En
R_Twne.,. . ce. q;re
que ~~im_ond Pons [e fût égal~ment emparé du
en effe t n ai:n:1;~
qur
c~
&amp;
Bénéd1ams eux..memes ne .d1fent pas,,

!es;

�~2

point; puifque ce Fleuve ne ceifa pas; comme nous l'allons voirj
d'appartenir aux Souverains de la Provence.
Qu'imp orteroi t au refte à notre queftion que le Vivarais &amp; I'Ufége
euffent été réunis dès-lors à la Couron ne, &amp; que cette réunion eût
acquis à la France la proprié té de cette partie du Rhone? Ce n'eft
point cet objet que nous réclamons: il ne s'agit àujourd 'hui que de
la portion du Rhone qui coule depuis la Durance jufques à la mer;_
&amp; le Pivarais ni l'Ufége ne s'étendent jufques-là.
du Rhone
Veut-o n enfin que Raimond Pons fe foit rendu-M aître
~·ufurp~tion_de
·1
·
1
ér.
ri
ll
Q
?
c;:
d
.
R
l
rien
na
J3o ,o n
uei e con1equence en r iu tero1t-1 pour
ch:m eé à la pro~ pour e 01 e J. rance.
bord à l'autre ~
priécé du Rhone. dire que ce Fleuve appartient au Languedoc d'un
appartenoit au
qu'il
Tout ce que l'on en pourroit conclu re, c'eft
Roi de France par le droit de la Couron ne, &amp; qu'il n'a pas ceffé
d'en être Souver ain, quoique les terr~s des deux rives fuffent occupées par des Princes qui s'étoient rendus indépendans : propofi..;
tion abfurde, puifque les droits de la Couronne fur le Rhone n'ont
jamais été féparés de celui qu'elle a fur la Provençe : Au furplus ,
__:: aucune de ces fuppofüions donneroit-elle le Rhone au Languedoc!,
Prouveroit-elle que cette Province ait à cette époque acquis quelque nouveau droit fur ce Fleuve , &amp; qùe la Provence en eût perdu r
Ce dernier Pays n'a-t-il pas refté, lors de la révolut ion, dans la
même étendu e, dans les mêmes limites en deçà &amp; au-de-là_ du
Rhone, qu'il avoit aupara vant, à l'excep tion du Pivarais &amp; de
l'Ufege l Encore les Hiftoriens du Languedoc nous difent-ils ailleurs , que ces deux dernieres contrées ne furent pas pour longtems réunies auLanguedoc: Nous allons voir qu'en effet I'ufurpation
qu'en fit le Marquis de Gothie ile fut que momentanée.
En pftrlant des Pays fur lefquels la Maifon de Touloufe regnoit à
cette époque , les mêmes Auteurs nous atteften t, tom. 2, pag. ) 8:
» quant au //Tivarais &amp; à lVJége, qui faifoient partie du Royaum e
Comte~
:&gt;&gt; de Provence, ils étoient gouvernés , ce Jemble , par des
de ce
&gt;&gt; particuliers fubordonnés à Hugues Duc QU Gouver neur
.
~Royaume.
a doric pas même pour
n'enlev
Bofon
par
arrivée
ion
. La révolut
qui revinrent bientôt à
l'Uftge
toujours à la Prove?zce le Vivarais &amp;
Hugues: ce Royaum e refl:a donc compofé comme auparavant, &amp; le
Rhone ne changea de Maître en aucune de fes parties. Il ne fut
acquis ni à la France ni au Languedoc , &amp; ne fervit de limites aux
deux Pays par aucun de fes bords; les Rois de France n'y conferverent pas plus alors leur Souverainet_é que fur la Provence
même, qui depuis la félonie de Bofon deineura Terre de l'Empir e

�.
2j
Ad'.;
jufques à fa ~éunion à la. Maifon de. Fra~ce e~ ·1 ~~ff. Où nos
plus
verfaires ont-ils donc pns que le V1vara1s &amp; 1Ufége ne firent
les
que
&amp;
ugle,
partie de la Provence après la mort de Loui s l'Ave
Rois de France réunirent à la Couronne ces deux Pays !
;
Les Hiftoriens de Languedoc, après nous avoir dit eux-mêmes
nce
Prove
de
que les Archevêques d'Arles avoient obten u des Rois
er
!'Abbaye de Crùas dans le Vivarais, veule nt nous faire oubli
cette
à
reftés
nt
qu'ils ont avoué qv.e le Pivarais &amp; l'Ufége étoie
ces
Province fous Hugues, &amp; nous difent, pag. 1 oo , tom. 2 , que
pro~
Prélats n'avaient fur cette Abbaye que le droit de vifite &amp; de
fous
rné
teEtion, &amp; que ce Monaflere continua toujours d' ~tre gouve
leur autorité par des :Abbés particuliers. Conçoit-on aifément un Mo·
, &amp;
naftere, dans lequel un Archevêque n'a que le droit de vifite
pour_
qui cepend:mt eft gouverné par fon autorité ? Que de fineffes
nce.1,
Prove
la
de
e
encor
ne pas laiffer appercevoir que le Vivarais étpit
En voici une autre qui n'eft pas moins forte.
nuent les mêmes:
&gt;) L'aél e de fondation de cette Maifon ( conti
de
» Auteurs) efl: daté de Cruas la vingt~uniéme année du regne
e
)) Conrard : ce qui pourroit donner lieu de croire que ce Princ
tale
)) était alors reconnu en deçà du Rhone &amp; dans la partie orien
.de
ume
)) du Languedoc; qui avoit dépendu anciennement du Roya
)) Provence; mais cette Char te n'eft SANS DOUT E ainfi datée , que:
»par ce que !'Archevêque IEterius, au nom duquel elle ·étoit expé~
» diée, éfoit Sujet de Conrard.
Il eft vrai qu'en fe fouvenant que Hugues Roi de Provence avoit
on.
recouvré -le Pivarais &amp; l'Uflge fous la fouveraineté de Conrard,
pourr oit croire qu'm~ aéle paffé dans le Vivarais, &amp; daté du regne
de·
de cet Empe reur, feroit capable de prouver que ce Pays· étoit
fe
Provence : &amp; il a fallu les jàns doute, les ce femble, &amp; toute l'adrei
des Bénédiélins pour en diffuader.
Mais confultons des Auteurs qui ayent moins de prévention pour
foit ~
le Languedoc, &amp; qui ne cherchent pas, à quelque prix que ce
Bour
à lui donner un Pays qu'il n'avait point alors. )) Les Rois de
t le Vivarais ( d!t !'Abbé de Long ue)&gt; gogne &amp; d'Arles poffédoien
Empereurs·
» rue dans fa Defcription de la France, pag. 260) &amp; les
les mêmes cjroits ..
&gt;) Allemands qui fuccéderent à ces Rois eurent
be, qui étant
SQ.ua
de
»Ce fut !'Empereur Conrard de la Maifon
a &amp; à fon Eglife b
&gt;) parent de ·Guillaume Evêq ue de Viviers, lui donn
de)) Ville &amp; le Com té de Viviers. Ces Evêques jouir ent toujours
de
Rois
des
·
)) puis librement de c~ Cot11té fans 'aucune dépendance
réuni on du Lan&gt;) France, ou des Seigneurs voifins, jufques après la
&gt;&gt; guedoc à la Couronne.

/

�~4

riens de
L'on ne croit pas d'après ce témo ighà gé; qne les Hifto
t dé..
emen
réell
füt
Languedoc puiifent faire croire , que le Vivarais
qu'en
&amp;
mem bré de la Provence lors de larév.olut ion de Bofon,
re à leur
conféquence le Rhone ait été acquis par-là d'un bord à l'aut
ion du
réun
Prov ince : eux-mêmes, tom. 4, pag. r 3 3, fixent cette
auquel
Pivarais aux premieres années du quatorziéme fiécl e, tems rai-fouve
ils difent que les Evêques de Piviers reconnurent enfin la
neté de nos Rois (a).
étend u fur ces évenemens que parce qu'ils font la
L'on ne s'
t leurs plus
premiere fource d'où les Adverfaires de la Provence tiren
ntraire
forts argumens pour lui difputer le Rhone , &amp; l'on voit au-co
la
dont
aires
que tous ces faits hiftoriques, dégagés des Comment
s , jette nt
prévention desHifl:oriens de Languedoc les avoit enveloppé
te que la
un nouveau jour fur les droits de la Provence. Il en réful
nt aux
révo lutio n faite par Bofon n'a pas opéré le moindre changeme
eurs, &amp;
limites de la Ptovencç. Il l'a poifédée comme fes Préd éceif
Procette
de
fes Suc.ceifeurs en ont joui ·Gomme lui. Les limites
'frai té fo~
vince ne changerent véritablement qu'en I 12), par u.q
·
lemnel que nous rapporterons bien tôt.
e de ·nos
Cett e difcuffion nous a fait perdre l'analyfe chronologiqu de fa
89 6.
nous en fournit .deux
·
.A&amp;.~s d~ fouve~ preuves.• Le regne de Louis l' Aveugle
.
Lyon
ramcte fur le
de
1lle
V
la
erne
conc
1ere
prem
La
e.
Rhon
Rho ne par Louis fouverameté fur le
qu'il fit
de l'an 896. La feconde eft du même-tems. C'efl: un aae
l'A.v.el,lgle.
donna pluexpédier en faveur d'Amelius Evêq ue d'Usés, auquel il
fon àtta-:
fieurs Eglifes auprès de fa Ville Epif copa le, en faveur de
chem ent pour fon Souverain ( b ). ·.

ET A T
sou s
C once/1îon d'un
b ras du H.hon.e p;ir
u n C.Qmte

v.ence,

de Pro~

D U

R . H 0 NE

LES COM TES - DE PRO VEN CE.

t formée
La premiere race des Comtes de Provence n'efl: pas plutô ier ( ç )
prem
qu'on la voit en poffeflion de ce Fleu ve• Guillaume
.. · ·

occali on de fouhai ter que ceux
(a) En lifant l'Hifro ire des Nation s, l'on a Couvent
plµs pour les Hifroi res des
encore
délire
le
on
Pays;
n
d'aucu
qµi l'éc~ivent ne fuirent
l es écrive nt que pour acne
s
Auteur
les
que
Provin ces d'un même Royau me ; il femble
plut6t des Plaido yers ou
font
t
plC1par
La
.
l'autre
de
ice
préjud
au
l'une
quérir des droits à
de celle de Languedoç,
l'égard
à
voir
de
s
venon
nous
des Panégiriques que ç!es Hifroi res, &amp;
qui fans doute leur
fifrème
un
adopté
que les BénédiÇti11s q1JÎ l'ont compo fée , après avoir
&amp; par l'ench aî- .·
vérité
la
de
force
la
par
nés
Entraî
.
avoit été prefor it, ont fouven t oublié
e d'acco mpofl.îbl
été
pas
n'a
qu'il
nemen t des faits, ils fe font contre dits toutes les fois
moder les évenem ens à leur plan.
!. , num. 16, ·pages 3o &amp; 3 r.
( b ) Preuves de l'Hifio ire du Langu edoc, tome
me ne fut réputé Comte de Proi•ence
Guillau
cç
que
cl!t
nous
( c) Bouch e à cette époque
les neuvié me &amp; dix iéme fü~cles eft
ne
concer
que par la foibleffe de Conrard. Tout cr qui
• à l'empire de leurs Etats.
Prince
des
droits
les
er
démêl
n
ii obfcur , , qu'à peine feut-o

··

donne

�.

~r

tlonne -au Monaftere :c!e Saint André dans le Comté d'Avignon rqui
faifoit partie de fes Et,ats , le bras du Rhon,e qui formoit l'Hle Ma~·
ranica avec faculté d employer cette eau a tel ufage que les Reh...
gieux ~oudroient (a). Non-feulem ent il n'y a n.ulle preuve que les
Souverains de la Septimanie ayent étendu leur pmifance fur le R,hone:
mais:les pro~res m.onumens émanés d'eux prouvent l~ contraire.;
_,c' eft ce que l'on v01t par le teframent de Raimond premier. Il y fait
&lt;les legs confi.dérables à plus de foixante-dix Eglifes. Dans le nom~
:bre des fonds legués on ne trouve ni terres fi.tuées fur le Rhone,
.
·ni aucun des droits qui fe percevoient fur ce Fleuve.
P ' 0 ? 0 ~d 1
fur-·
l.II~
uillaume
G
.
av~c
,
97)
en
partagèa
II.
Son fils Raimond
art1e e a
i r dé . r
.
.
.
"
.
·r. d GO! !ne
ou veptimanze pone . , JU:1:- Provence paffe à
nommé Taillefer, 1e Marqu11at e Maifon deTouques alors par indivis. Guillaume eut le .Comté de lTouloufe &amp; la la
1
d~aErlememd;
?uîe
Comté
de
nom
le
prit
qui
,
Nfmes
de
Comté
du
nartie inférieure
nage
'é
d'
d
fi
1
fi
o.
''l
·
L
·
· Gzlles.
râe Saznt
· e manage qu 1 ·contraLLa ur a n , u ix1 me . Provenc~~m •
·
fiécle avec Emme fille du Comte Rotbold, qui poffédoit la Pro'Pence
la
pour
avec G.uillaume premier, porta dans la Maifon de Touloufe
premiere ~ois une. partie d~ la Proven~e,. qui, fut donnée à Emm_e.
Ce manage efl: '1e ·premier aae iqu! ait pu mettre en quefhon la
propriété du Rhone. Jamais on ne .1'eût difputée ·à la Provence fans
cette -alliance. Que l'on fe fou vienne que jufques à ce moment les
Souverains de Languedoc n'ont fait aucun aél:e de fouv:eraineté fur
ce Fleuve, &amp; -1' on verra que fi les chofes é_toient reftées, comme
eHes étaient à l'-an 1 ooo, il n'y auroit pas eu de difficulté -e ntre les
deux Provinces. Les droits de la Provence n'en paroîtront cependant
pas moins certains , lorfque 1'on aura vû par le détail, .dans lequel
nous allons entrer, 1°. Que tant qu'Emme &amp; fes Succeffeurs joui..;
rent de la Provence par indivis avec les autres Souverains de ce Païs.J
ils n' éxercerent leur fouveraineté fur le Rhone que comme Comtes
de .Provence, &amp; conjointeme nt avec les autr:es Poffeffeurs de la Province. 2°. Que quand les Comtes de Barcelone, ·devenus Comtes de
Provence, &amp; ceux de Tou.loufe héritiers d'Emme, convinrent d'un
partage, le lit du Rhone , furtout depuis la Durance jufqu'à la meri
r-efta certainement aux p:remiers , comme vrais Souverains de la
·
Provence proprerne1~t dite..
1001 •
•
avoit fuccédé à Conrard le pa::.
Fa-ineant
-le
: Rodolphe III. fumommé
faite
Conce!Iion
é
.
1
p
·
S
U·n - eigneur_ rovença nomm Leotard donna par un Seigneur
·
ciJique mort .en 99 3.
dans la huitiéme année du regne -de Rodolphe à -!'Abbaye de S.Chajfre P;ovençal , de
lieux dépen- hdtel~s d fitRuehs aug_uatre Métairies fituées à Corna5 Viguerie de SO'l!On,
-.,, Rodolphe &amp; non . e a u one,
d u Rhone.
·
d
1
'
'r. -1 T/ z
.
d ans du D- 10ce1e "Ue v a ence a a ro1te
Rob.ert Roi de France, regnoit donc fur la droite du Rhone. Les,
( «) Rutfy , Diifertation fur l'origine des ComteJ de Provençe , page 16.

D.

�2:s-

2; pag: r~ 6; Voiè:i Hiftoriens ôu Langueaàc en conviennent·; tom:
.

. Jeurs pro pres termes :. ,
Abb aye de Saint-Cliaffee. La .
» Gl!J poffédoit enc ore en 100 1 l'
III. Roi de Bourgpgne_ ( &amp;
·» hui tiém e année du regn e de Rodolphe
don atio n.q.u 'un Sei gne ur » de Pr.ovenc.e) com me il par.oît par une
de qua tre J\tlétairies·f itué es:
» nom mé Leotard'fit alors à c.e-M ona fter e
que Rodolphe Ill. qui fuccéda-_:
» à Cornas-Viguerie de Soyon : · preuve
rgogne. &amp;. de

e de Bou
à-Conrard 11 pacifique fan pere dans le Royaum is-, qui efl en deçà·
tino
alen
»Provence, fut reconnu dans la partie. du -V Prince qui fut furnommé-Ce
» du.Rhone, &amp; qui fait P,_artie_du-Vivarais.
ennois Ji.tuée en deçà de ce_:
uVr
d
·
ie
~&gt; le Fci.ineant, regna auffi.fur la part
ais-.
» Fleuue,.. qui fait également partie. du.Vivar
nt fait àè pare ils ave ux; .
aye
ens
ortli
Il eft fingulier que c.es Hift
de Rodblphe ILI. la fou-~
aprè s avo ir difpu té préc éde mm ent' au pere
vra ï, qu'e n les· lui con tef.v erai neté de ces -mêmes con trée s. Il eft
ni 1'épo que où elle s avoi ent :
tan t, ils n'en.avoi ent ·cité nïle s motifs.,
·
éeif é d'ap part enir à la Provence:
Rodolphe fur 1-a rive~,
de
r
voi
pou
le
Au furp lus-, en reco nno iffa nt
_ foi fi
é tar ·
vrai. &amp; confirm
, ,
ite du Rhone, ils n'on t· avo ué qu'u n fait
âro
doné~phefi
Rdodbo
don ne al Eg ife,
ne es iens 1tu s
14 Sep tem bre 102 3. Rodolphe -y
au.-deliduFleuve • . une Cha rte (a) du
il eft mar qué dans·le Car -de Vienne tou t le Com té de ce nom , &amp;
nt- de c.e Prin ce le Com té :
tula ire , qµe !:A rche vêq ue Burchard obti
fifc , _tan t dans la Vil le
'de Vienne.,. ave c tou t_ce qui~ appartenoit au
fon -Df ocè fe : Cujus . làbore ~
ôe ce nom_, que dans toute. Fét end ue de
ejus Regina Ermangarda'
(,- induflri&amp; Re:c. Rodofphus ferundus &amp; uxor
nfem, cum omnibus quœ::: ·
'dederunt fanilo . Mauricio Comitatum Pienne
pift.op_atum-( b-). D 'où ·
erant de fifco tam .in Civitate, quam per totumŒ
&amp; du Dio cèfe de Vienne étoi ènr _~l réfu lte que les lim ites du Com té
oü: éga lem ent für. tou tes•:·
enc ore les mêm es, &amp; que Rodolphe regn
t fur le Rhone; L'o n peu t
les parties-de ce Com té, par con féq uen
ait fur le Vzvarais-:.carmêm e con clur e f:JUe fü dbm ïnat fon , s'ét end s? éfoit faite . en .1o1 6~
que
ce fut fous-fes aufpices; &amp; par fa faveun,
bay e de Cruas.l'un ion du Mo nafr ere de Mairans:-à rAb
, r.-o 3 2 , &amp; laiifa fes·1Rodolphe·le.Faineant·mourut. fans -pû ftér iié 'en.fa niéè e Gifelle~-t-oJ~;
ue; mari~ dè é - r.r d
Conrard le:Saliq
ue dè~ Etats à !'Em per· eur
· · re11e }ns 1e, reg ne:·
up ntsE:~q
· -· -~ous· mt
é
·
·
r.
d
n.
. r a1.:.te· e 1ouveramet .qm
L e- p~em1e
..,_1vie ie trouv e
parmi les S!_!j_eis
la Provence·, fut: .EAffemblée qu 11 fit 1 année'.
du Comté,de.EJ:o., de cet Em per eur fur
::, dè fes nou vea ux Suj ets,
mêm e de f'on avé nem ent· à· la·G our_a nne
~e.n~c~
de Vw.iers \, qui.- aflifta à:~
parm i' 1efquels- on voitHer.mrzndr Evê que
que cett e con trée ét:oit~
ette,Affemhlé.e :· preuv:e non. éqp ivo que
tie dtt Roy aum e de Provence:,,-.
~c.ore reg ard ée cam me faifant: par
»

,,

(a ') hivo. .A!rtig~ dia;e
( /j ) lb id,' W.~ 2 f!l,..,

:;r,

p:n~~n s::o &amp;

11.p :.,.
-

�.

.,,,

t (a) une
.Les Hiftorîens àe Languedoc veulent l'affo1bllr, en citan
ais à
Vivar
en
·ho nation faite en 104 3 de l'Eglife de Saint Hilaire
France,~
l'Abbaye de Saint Guillem du Défert qui dépendoit d~ la
•
France;
de
Roi
y
Henr
Suivant eux, cet .aél:e eft daté du regne de
..
plu
pas
Succeifeur de Robert; mais pourquoi ce, Henry ne feroit-il
e en 1o3 S,tôt le fils de Conrard, ·qui fut couronné Roi de Bourgogn
füt paifé
qu'il
&amp; Empereur en 1 o ;-9 l Rien n'indique dans l'aél:e,
. Pl . 'Pr"
~plutôt -à'Saint Guillem qu'à Saint Hilaire.
·ces e~P~~ve~:C:
ier
prem
aume
· La Provence obéi~oit alors à plufieurs Maît r~s. Gu~ll &amp; Bertrand
_ ,avoir laiifé deux fils pour Succeifeurs , Geoffroi premier
and fes
;Guillaume; la portioi1 d'Emme étoit échue à Pons &amp; Bertr de la
ié
moit
-deux fils : il y a toute apparence ·que l'aîné poiféda la
propres
Ville de Tarafcon. &amp; l~ Terr e d'Argence fitué e, fuivant les
Rhone,
du
droite
la
à
~-fi!fotiens du Lang uedo c, (a) en deçà ou
s vont
Diocefe ou Comté d'Arles. Tous l_es événemens poftérieur à la
dû
fuftifier que ces ~~teurs ne ;rendent ici qu'un hommage
étran~
on
Maif
vérit é: la Terr e d Argence, quoiquè palfée dans une
Provence~
_:gere , n'en conferve pas moins fa quciJ.:itê qe territoire de
n&gt;33;
de For;es
Com
les
&amp;
Geoffroi &amp; Bertrand Comtes de Provence,
0
fes Ifle~. Pr~:;n:e m;71i ~~
de
&amp;
!
~hOnf
.du
~nt
jo~ir
fon,
M:ai
~ette
de
ts
cade
ier
calqu
une partie fent de l'Iile iJai..
Les deux freres céderent en 1 o 3 3, :a 1 E.glife d Avignon
étoit fitqéë rani&lt;:~
.de l'Hle de Mairanica, dont nous avons déja p~rlé ;_elle
he, pag~
!dans le Com tat, &amp; entourée du Rhone de tous cotés. Bouc
6 3 , tom. 2, · confront. ex omnibus p'attibus rurfl fiumine Rho·dani. effet;'
L'on ne peut _pas douter que cette ,donation n~ait eu fon
1096 , que
,car l'on voit par une Bulle d~Urbain II. du 1) ·oao bre
., ,Gal..
gnon
cette IDe eft ·comprife dans les biens de L~glife d'Avi
_
.
,Chriflian. tome .premier J .pag. t 4 1. .
· d.a 2 3·
aél:e
·autre
un
0
L'un des deux freres Bertrand· céda , par
;oncef­
A~1;;:
dans
~t
o
av_
qu'il
part
la
ur
tmajo
ll-1qn
Avril I 040, ·au Monaftere d'e
preuve û,on d'.un Port &amp;
le Port &amp; Péage de Tarafcon. (Bouche, pag. 61.) Nou velle
n aéle d un Peage. _
que les Comt~s de Provence n'avoient été dépouillés par aucu
·
-de leur •propriété du Rhone.
1070.
euxt
citen
Les Hiftorieus du Languedoc., preuv. pag. 277, nous -Gilles &amp; Beaucaire, Armêmes un acco rd fait en 10701, lentre Raimond de Saint
&amp; Fourques
. &amp; . ref-· gence
, ~ cede
1eque ' e Com te de TdtdouJe
dépen doient du
A' z
'
d
·
"
h
p~r
l 'A
e5,
. rc eveqt~e . n.r
poifedés Comté d'Arles &amp;
t1tue au Pr~la~ d1v~rs biens q~e fes Prédéceffe.urs avoientBeaucaire de la Pro,ence.
&lt;lans le ternt oire d Argence , dans lequel éto1ent fi tués
té d'Ar les, &amp;:
&amp; Fourques, &amp; qui avoit toujours fait partie du Com
1

...

(a) Tome z, page 160,
( b)

Tome

:i. ,

page -55.9_•

Dii.

�!l°!
tonféquemment de fa Provence ; ce qui prouve, fuivant ëu-sè:;.mlm.es,,
que les Comtes de Touloufe tenaient ces terres des. Archevêques·
d'Arles : le Rhone couloit donc toujours dans les terres de Pro- .
vence. Deux autres chartes vont devenir la preuve que ce Fleuve·
n'a pas cetré· d'appartenir à cette Province , meme quand elle a été

1 09 4~

D on d'une
exemption de::

féage •.

gouvernée en même tems par les Souverains. de l'une &amp; l'autre.
branche.
Raimond· de Saint-Gilles Comte de Touloufe, s'intituloit Marquis.
'de Provence , parce qu'il étoit aux droits d'Emme de Provence ,,
&amp; c'étoit par cette unique raifon qu'il difpofoit en faveur · des:
Monafl:eres Provençaux , des droits qu'il n'avoit auffi qu'en la.
même qualité fur le Rhone &amp; fur la Durance. Les Hifl:oriens de
Provence &amp; ceux de Langueàoc nous difent que le 28 Juillet 109+
il accorda au Monaftere de Saint-Viélor de Marfeille, une exemption générale de tous les droits qu'il percevait par lui-même ou par
f es V aifaux for ces deux rivieres., &amp; fur leurs bords~ Le Languedo~
ne prétendra certainement pas que ce Prince eût le moindre droit:
:{ur la Durance, comme Comte de Touloufl; il n'en avoit pas plus
fur le Rhon.e, &amp; c.'eft comme ayant une partie de la Provence qu'if'.
.
contraél:e id..
que Douce Gomtefi'e cfè:
donations.
les
tems.
même
en
Il confirme
1
Provence pourroit en faire; &amp; en effet, le même jour cette Prin".c .eife fit u.ne pareille donati:on au même Monaftere , _&amp;confirma de
f'On ~ côté- là donatfon qµe venoit de faire Raimond des _mêmes· droii:~
c:iµi, fuivant les propres termes de l'aéle·, leur. venoiendi. tous les
ôeux des précédens Souverains de Provence~.
Ego Dulcfa ComitijJa dono fièut Cornes donavït omnem_ufùm quem:
anteceffores- n.oflri Comites &amp; Comüi]Jie fofebamus acciiJere in navibus.
wel in ratibus v.el in. terréi veL in mare ut proprie· nav.es &amp; rates Maf~
til'ienfis Cœnobiz,. nihil' ultra ufüs cujuflibet_ tr.il:iuant ,,Jid omni tem~

pore. in propr.io jure Mo'na.flerii libenè ac quietè permaneant. Dationem:.
quam_ l'omes Raimundus j_am diéfo Monafterio fecit, C:t quam alii':.
boni virï qui fevo &amp; pïgnore per Comitem. &amp; pe.r me~ habent ,fec.eruntf
.
_&amp;.,: fa8uri funt, laudo &amp; firmo_.
Les Vaif-aux du Comte_&amp; de fa Gomtefi'ë céderent, à fo_u r: exem; pTe, les, dtoit:s- u 'ils perce\ioient. für le Rhone·&amp; für fa Durance -~~
!'.Ab Baye de Saint-Viflor. Nous- en voyons uneliffe nomllreufe it-'
p,armï lefquels.font les:· Poifèiféurs_dès: cliâ.te.aux: batis le fong du:
Rlione.,, à: la, droite &amp; la gauche dë ee·FT.êuve , . tels: que ceux, dë·
f&lt;oq_uenraure-:,. . d'. Arramon: &amp; de. Lus·,, fü:ués dàns ·une:Iile de cette~
ri.vicre ~: ceux; de:· Bo.ulli~n:Y' _func ég,alement c-0mEriS! ;! t-es: noms:. de:

a

.-

'

�.,.9.
ces Seigrteur,s fo11t pêle-mH~; ils ~toient donc de la même Ôomina~
tion ; les Chateaux de la droite ét01ent, comme ceux de la gauche
du Rhone, fiefs de Pliovence. Les donations d ces différens Seigneurs font corps avec celle de la Comteife, àla fuite de laquelle om
les· trouve avant la date &amp; la fignature d'm1 feul Témoin, tandis
qûe dans l'aél:e foufcrit par le Comte l'on. ne vqit aucl~n de,/es
Vaffaux_poifeifeurs des pé.ages du Rhone; lm feul y parle JUfqu al~
'èlate qui eft fui vie de fa fignature, de celle de fa femme &amp; de quatre
,Témoins.
,
Sa propre conduite a proùvé qu'il n'avait par fui-même· aucun Relti~~~;~~ de fa
'droit fur ce Pays. Pénétré de regret des ufurpations que lui Terre d'.4.rgence.
&amp; fes Prédéceffeurs avoient faites fur I'Eglife d'Arles, il dédara, à l'E'.glife d'.Ar"'!'
le 3 1, Janv!er I to r (a), par le teftament qu'il fit peu de jours avant le ...
fa mort, que tout le territoïre d'Argence, fitué le long du· Rhone;
appartenoit à cette Eglife : c'eft l'a partie du Diocèfe d'Arles qui
é'toit au-dela du Rlionedu côté. du Languedoc. Il abandonne à l'Ar:..
chevêque le lieu de Fourques &amp; fos dépendances, parmi lefquelles
il _nomme le petit Rlîone. &amp; fon Port,. toutes les dixmes ( 5 ). &amp; les·
Eglifes du terrïtofre d' Argence'.
Cet aél:e f~ffiroit feuf pour ~écïder fa queftfon : il _y eff dlt en termes- ,formels qu Ar.gence', Ie petzt Rhone &amp; le Port de Fourques , tousfttué's au-delà de ce Fleuve, appartiendront à l'Eglifè d'Arles.. De
quelle autre main que de celle des Souverains· de Provence. cette
Eglifo av oit-elle pu les recevoir, puifqu' Arg~nce àvoit touj.o urs;
'dépendu. de leurs Etats, comme faifant par.tïe du Comté.d'Arles!;
Et ne perdons point de vue que dans c.es tems.-là fa mouvance ~
( a) Igitur iiz terrcf quœ· Rli.odilno· contermina ÂÏ-f;entiâ vocmur qutr.m totam proprii jur{J ·
p.rœdiélœ Ecclejiœ elfe cogna[co &amp; manife{lè confiteor oôntra hoc quod neceffe effer nimia adhuc
c,arnalit~te detenrw: fi.liis. majo!em portione1!1- fub f~e tar:ien ~1717ndandi ) aiq,~e. S. Trop:~inr1,
atque S, Stephano ;us-fuum, . zil e~ totam zpfam Arge!1-tzam zn zntegrum refl1tuend1 relznquo.;.
Ad prœ[ens autem. pro remedw anzmœ meœ· 1zanc por-ciunculam Arelate'lfi' ipji Ecclefiœ· atquë'
Jl~ne;.«ndo eju.s, _Ecde fiœc Ar~h.iep,~{co~o Gibelino ~ fuccefloribus ejus &amp; C,lero uflituendo a~f1~ ·
cmm calumnza concedo. Sczlzcet Vzllam quœ· vocatur Furcas cum omnibus fuzs appendzws ~ ·
vid:Jicet de· R_h'odano Cr pa/.udfbu! ·; dé. vinefr &amp; arboriliur '.am fruél:lfer~s· quàm n'o~ fruéli;. ·
ferzs&lt; ,. de terris tf1.m cultzs quam zncultis; . De· Portu 'Rhodanz1&amp;· de · pafcu1s· &amp; d&amp; omnibus ter&lt;- ·
rarum ;.editibu.s &amp; etiam. omnes decimas &amp; omnes. Ecdejias totius Argemiœ ei; r.eddo: prœ~ ·
-tere1 lib'erè · ~edtlo &amp; conc;do eWm Ecdejiœ in Cafl.ellis' Albarone ~ F..os q'f!.attam partem .....SaxmS1. Ponuf.. Arelat; H1ft. pag ..2:14-.
·

( b) Il ne faut, pas .être ~tonné de voir. les'- dixmes au nombre d:ès: reffitations faites , J~
l1Eglife d' Ar!e~ - ,. on croyoit. a10.rs:- &amp;'. l'on a cru longtems aprè·s , que: le&gt; dixmes de }a.
no.uvel.le Loi ero1ent de D~o':~ ~1vm ' .,. .~omme -celles d.e· l'ancienn.e.,, Mais il J&gt;.aroît dé~­
m omre par _le ~cuveau _ Traite des D1xmes , . &amp; par· les autorites que:: I'.on' y cite. ~
qu'.elle n~ fu~ po1,nt· pay,ée au~ Ec~lé(1afl:iqµe; ,rendant lès- liu~t I'.remiers .fiééles ·4ë.r.Eglife.?.
au-i:;omra1re · 1ls demanderent a Clotaire· !. d erre exempts . de la: pay.ec aux~ S.eigneurs qw.
fa co~ptgient .12.armi leurs.. re.dèvance$ . féodale•.- Vôy,ez, lé: cli~R· I:z.! ,~ liv. p ,,dè l'Ef~rit:

des.. L.01x.,.

�-

·3.ô

es &amp; la m~me
la J urifdiél:ion fpirituelle ·avaient les mêmes born

.
.étendue.
poin t fans effet.:
Les derniere-s vo ontés de Raimond ne refterent
oder à .Alphonfe le
L'A rche vêqu e d'Arles va dans un moment infé
mage. Nou s
'Jourdain le territoire d'Argence, &amp; en recevoir l'hom
en fief de la même
verrons de même la Maifon de Baux (a) tenir
e -d'/{rles joui t
Eglife le lieu de Fourques &amp; fon Port . L'A rche vêqu
.
endroit.
.encore aujourd'hui de, la dixme &amp; du ba_c de cet
. ré:o luti on arriv ée p ar lH'i~ftfid~lité dde
,~n parlant des effe rs éde ,Iadr
_L e ~r:~;is fait
1ev 1a e11e -avec 1aqu~11e 1es 1 onens e.
-encore partie de Bo1 on, nous avons .re
lu faire croire que le -démembrement , mo~
la Provence juf- Languedoc avaient vou
, avoir pou f tau..;
mentané que Raimond P.ons avoit fait du Vivarais
~u'e.n 1 l 6 5·•
t encore à faire la.
jours réuni ce Pays .au Languedoc. Ils cherchen
ent d'une donation
même îlluf ion, tom. 2, pag. 377 , où ils parl
ar un aél:e daté -du
oque Leger, Evêque de Viviers, fit en 1 1 12, _p
, difent~ils , que
regne de !'Empereur Henri. :&gt;&gt; Il femble par-là
verain: mais du
)) Leger recor.moiffoit alors ce Prin ce pour fon Sou s«. C'eft-à-dire
)) moins on n'en peut tirer aucune tonféquence pour ce Pay
années du regne
que les aél:es paffés en .Vivarais [e dataient pat les
ou que ·!'Ev êqu e
-d'un · Prince qui ri'étoit pas Souverain du Pay s;
étoi t fournis à une
reconnoiffoit un Sou vera in, &amp; qu~ fon Diocèfe
r faire croire que.
autr e Puîffance. Les mêmes Auteurs .cite nt, pou
ue de 109 6, datée
le Vivarais étoi t ~fo Languedoc~ une charte uniq
· àtteftent quë
àU: regne de Philîppes ,. mais tous nos Auteurs nous
e de Viviers fut
ce ne fut que fous Phi~ippes-ie-Bel que _!'Ev êqu
e d_e France, par
obli gé de foumettre fon temporel à la Couronn
de 1 36).
un aél:e de 1 307 , qui fut confirmé par un traité
Fran ce, à l'en~
L'A bbé de Longuerue, dans fa defcription de la
Evêque§ ·de Viviers
-Oroit déja cîté , après nous avo ir dit que les
ce de la France ni
_poffédoîent leur ter6 toire fans aucune dépendan
uedoc à la Cou des Princes voifins, jufques à la réunion du Lang de Philippes
regne
ronn e, ajou te:» Ce fut pou r lors que fous le
t le Sénéchal d~
men
iere
icul
&amp; part
li&gt; le-Hardy 1es Officiers roya ux,
le Pivarais &gt;
fur
-:&gt;&gt;Beaucaire, vou lure nt étendre leur Jurifdiél:ion
t fitué à l'occident du Rhone ·
'-&gt; prétendant que tout ce qui éroi
vêq ue de Viviers s'oppofa
~ rele vait de la Cou ronn e de France. L'E
4

de parle r de cette Ma!fon illufire. Nos anciens
. (a) Nous allons avoir fouvent occalion
l'un des trois Rois
à en faire l'élog e, qu'ils la font defcendre de

·Auteurs font fi portés
nt de l'Orie nt adorer !'Enfa nt ]Esus. Une
qui, conduits par une étGile mirac uleuf e, vinre
n porto it une étoile dans fes .armes. Tout
Maifo
de leurs meilleures raifons, c'efl: que cette
e defcendoit de Mdchior ou .&lt;le Balthazard.
leur embarras eft d,0 déterminer fi Gette famill
ine des Nations &amp; des g.rands Hommes_.
l'orig
fur
ois
Telle d l: la fa~on dont 011 écrivoit autref

�.

'j'f

.Pape Gregorre X~­
,, a c·ette erttreprffe; .&amp;. ilnplora la protea!ortqu'èluel~e
. avoi~ été corn·
» qui, s'étant informé de c_et~e aff~ire, trouva

» mencée du tems de Saint Louzs:,., &amp; que le Pape Clément IV..

)) ~voit donné fan 12'6 5, une Bulle par. laquelle il étoit déclaré que·
&gt;? les titres gardés dans les Archives de l'Eglife de Viviers;, démon-·
)) troient que tout fon temporel dépendoit de l'Empire ,,, de forte que·
» ces pourfuites furent fufpendues durant quelques années. Mais.
)) Plzilippes-k-Bel s'étant rendu maître de Lyon &amp; de tout le com·s~
)) du Rhone ( c' eft-à-dire depuis Lyon jufques à la Durance ) , con..
» traignit. Albert de Peyre , Evêque de VivierS&gt;, &amp; fon. Chapitre·,-.
)) à foumettré leur temporel fitué à rocciden t du Rhone·· , .au Roi &amp;
)) à la Couronn e de France, par aéle de l'an 1 307, quïfut confirmé
)) par un traité paifé l'an 1365 entre Charles-V . dit le Sage, Roïde
)) France, &amp; Bertra:nd de Ch&amp;.teauneufi~ Evêque de Viviers« ••
Les Hiftoriens de Languedoc ne font donc · pas exacts ·, forC.~
qu'ils eifayent de nous faire croire qu'un acte de I 112, daté du regne·
d'un Empereu r, ne tire pas à conféquence Rour.le Pays; &amp; quand,
ils veulent tirer avantage d'uff aéte ifolé-, dont' la teneur. eft..
'démentie par les monumens de l 'Hiftoii:e. Ce n'a poii:it été, comme''.
ils l'ont dit, après:la mort de Louis l'Aveugle, arrivée vers la fin du'.
neuviéme fiécle, que le Pivarais a été réuni. à la Couronn e, mais:
plus de quatre cens ans après·, en 136 r , que cet événement· eft·
arrivé :.ainfi la' France n'a commencé à regner qu'à cette époque fur la portfon du Rhone-· qui coule le long de ce Pays, &amp; ne ra poii1t
réuni' vers: 890, c.omme l'ont avancé les Hiftorie ns q!le nous. c.01n"':'·
battons •.
E. TA~ r·

.. :
fous la·.· .Maifan; de Barcelonne,,..
. v-~~-:parta·g e dè Jà"~
. Nous voila parvenus · a repoqu·e remarquable du
de Pa1Jd:
•· &amp; Tratte
é'toit:
·
· d S eptembre 1 1'2 r~·· C et~e p rovmce
r · au mois
-.,,- de ra ~
Partage
e
c ro'Jlen;e 1a1t
n

·

Fofiedee e~ .commun par Alp}wnft.Ze)ourdain, Comte de ToufouJè;, Provence entre le-'
de· T ou&amp; par Raimond , Berangçn llL. Comte: de BarceUmne.... , devenu . Comte
Raymoa4.1
&amp;
loufe
d
é"
,
fill
·r
e am .e e Ger.. : Beranger.
e. omt .e de..p:rovene:e. par ionl?ana
ge avecDouce ·,
N° '),~ !."'
'lie~ge:; hér:uere du C?mte Bertrand~ Cette jouiifance com~n'l:lne. fit ;
dê::
nt
convinre
ils
terminer
les
naitre fntr eux deS" d1fficulté~. Pour.
partager -la Provence~ .
1
. L'on voit par cet aêl:e que fos· territofres dè Beaumïrc&amp;. d Ar;g,.e11c.e faifoient un des principaux· obj~ts dè lems dém~lés...LeGomtet-'

�·~~·

.

ce qul
He Provence les &lt;ibandofine au Com te de Touloufe, avec tout
&amp; la L?~­
clépendoit de la Pro~ence, &amp;_qui étoit ~tu~ entre ~'Ifere la mo1t1é
de
rance, ainfi que le chateau de Valabregue , a 1 except10n
&amp; le
cle la Ville q'Avignon &amp; fes dépendances. Le Pon t, la Ville le
ces ,
territoire de Sorgues, la Ville de Caumont &amp; fes dépendan
es.
Château de Tor refterent; également par moitié aux deux Princ nce
Le Comte de Touloufe de fon côté cede à Raimond la Prove
(a). Le
avec la Durance &amp; 1e Rhone jufqu'au milieu de la mer
porti on ·
partage contient enfuite une fubftitution refpe aive de la
que chacu.ne des Parties avoit dans la Provence.
fans con.;
· Tout es les terres comprifes dans ce partage faifoient
c convien....
tredi t partie de ce Comté. Le!ï Hiftoriens de Languedo
Com té &amp;
dunent eux-mêmes qu' Argence avoit toujours dépendu
avaient les
·de !'Archevêché d'Arles) qui, comme onl'a déja dit,
&amp; ce terri.. 1
orel,
mêmes limites pour le fpirituel que pour le temp
dans la
toire , de même que la Ville de Beaucaire, font compris
comme
fubftitution faite par cet aél:e : ils étoient donc regardés
faifa.nt partie de la Province partagée.
Dioc èfe
_ L'on ne fjr dans l'aae aucune mention de la partie du
Rhone,
'd'Avignon &amp; de celui de Valence, qui eft à la droite _du le de
inuti
étoit
&amp; que l'on abandonnait au Com te .de Touloufe. Il
même fort que
le
avoir
it
la défigner en parti culie r, dès qu'elle devo
.
·
le tout dont elle faifoit partie.
· r es a, .
· l'Jrf:.
l'
'
d
b
d'
uere JU1qu
Rh
d
l'
L e lt u . one , un · or a autre , depu1s
Lit du Rhone
Le
&amp; res mes refient .
au Comte de Pro•

quod hœc efi pax &amp;- con•
(a) ln nomine Domini fit notum tunétis prefentibus atque futuris
ndum Barchinonenfem
Raymu
&amp;
i,
lEgidi
S.
&amp;
m
Comite
num
Tolo[a
nfum
cordia inter Ildepho
de ipjis querimoniis
jilias,
&amp;
eorum
filios
ac
f!am
Comitem &amp; uxorem ejus Dulciam Comici
iœ &amp; tle toto CoArgent
io
territor
toto
de
&amp;
e·
Belcayr
de
Cafiro
ipfo
de
nt
b.a.beba
quas imer Je
ndu.r BarchiRaymu
lus
prœdié
nos
mus
evacua
&amp;
namque
mitatu totius Provinciœ, diffinimus
Comiti , prœn[o
Ildepho
o
prœdiét
nonenfis Cames &amp; uxor TMa Dutcia &amp; filri nojlri ac filiœtiit cum omnibus jibi pertinentibus,
Arge"n
de
terr«m
lam
prœdié
&amp;
tliélum Cafirum de Belcayre
ab ip(o F7umine Durentiœ u(que ad
&amp; totam terram de Provincia ficut habetur &amp; continetur
infra prœdiélos terminos hibemus,
m
quantu
g1t
Valobre
de
(ajlro
ipfo
Elumen de Yfera, cum
ego Ildephonfus prœdi.élus ComeJ
Et
•••
•
&amp;c
&amp;c. e...:ceptâ medietate civitatis Avenionis,
s atque donamus tibi Ray~
laxamu
&amp;
mur
evacua
us,
diffinim
a
Fay.did
mea
uxor
Tholofanm &amp;
DuJciœ Comitifœ &amp; filiis
tuœ
uxori
&amp;
ioni
March
ciœ
mundo Barchinenen(i Comiti &amp; Provin
t.erram Provinciœ cum
totam
&amp;
&amp;c.
ac .f..liabus vejlris medietatem ipjius civitatis de Avenione,
vadi~ r.tfque c-::d ipfum
&amp;
r
na[citu
tiœ
Duran
Flu.men
!a.ni
mente
ipfo Cafiro deM_J{oarga fieut in
tzam, &amp; tranjit
Argen
&amp;
s
Lupam
de
Flumen Rhodaru &amp; zpfe Rhodanus vadzt znter znf11-lam
IldephonJ~s &amp; .
Ego
.•••
•
mc;re
ipfum
ad
ufque
Egidii
S.
per furcas &amp; v~dit ant~ Vi!lam
• • prœdzélam
•
•
d.a
Raymun
TI1n
••
;
•
•
uxor mea Fa1dzda fic d~ffimmus &amp; evacuamus
r • • • &amp;, i1Jffi.
nafcztu
:Jani
monte
in
tia
Dµran
&amp;
efi
m
fcriptu
erius
fup
lOt(l.m terram Jicut
efi , defcendit in mare, &amp; u[qu~
!Jurantia vaait in Rhodcm um &amp; ipfe Rhodanas ficut ,diélum
s omnibus ••• , Archiepi[copatihus, Epi[coln ~edi~m m.ar.is , cum ~ivi.r:ztibus .&amp; cafltlli
Bouch e, tomez ., pag. 104. Hifr. du Lang.
&amp;c.
us,
paq.lïus V' Viibs &amp; terrztorns omnib
du Roi à Ai~, fol. 4G, 11erf.
tom, z, p.ag. +38 • .Reg. perl~e,n. con(ervé aux Archiv~

la

�TJ
]a Durance, 'avec ·toutes ]es Ines qui fe trouvent dans cet efpace;
refta certainement au Comte de Touloufe, quoiqu'il n'en foit point
parlé dans l'aél:e. A/phonfe fe ·trouvoit maître en cet endroit des
deux ~ives du Fleuve, &amp; par conféquent du Fleuve même. Mais
il étoit indifpenfable de parler du château de Vallabregues, füué
.dans une Ifle quï étoit au-deifous des Pays cedés à Alphonfe: II
· .
.voulut fans doute le jciindre:au refte'du Diocèfe d'U7tes.
toutes
que
.prouve
Le foin que l'on prit de nommer ·tette Ine,
les autres fituées dans le Rhone, depuis la Durance jufques à la mer, ·
devaient appartenir au Comte de Provence : Ja maniere dont le
.cours de ce Fleuve eft défigné dans l'aél:e en fait la preuve: t4 qu'il coule entre l' ljle de Lubieres f:t le territoire d'Argence. De toutes
les IDes du RholJ:e .., ·celle de Lubieres étoit la plus · occident ale:
ainfi quand même la moitié du bras du Fleuve qui la féparoit d'Argence eÎlt été cedée .aµ Comte deToul~ufe , l'autre bras &amp; toutes les
!Des n'en auroientpas moins appartenu au Comte de Provence. Celle
de Camargue qtii eft la plus grande de toutes les Ines formées par
le Rhone, refta certainement dans 1a partie affignée à Raimond : le
partage ne parle pas du· grand bras du Rhone 'qui borde cette IDe
du côté du levant; il ne limite la portion de Raimond que par l\!
petit bras du Fleuve qui paife .àFourques ,·à S.Gilles, &amp; de-là à la mer;
Remarquons comme une c1rconitance décifi.ve,guele cours de la
Durance &amp; celui du Rhone y font fpécifiqueµ1ent défignés de la même
façon &amp; dans les mêtnes termes, Jicut Durentia ajfiuit in Rhoaanum
&amp; Rhodanus vadit, '&amp;c. Il eft certain que .ce titre donna le cours
-de la Durance à Raimond; il lui donna donc également le cours du
Rhone, pu.ifqi1e l'un &amp; l'autre y font dé.d its dans les mêmes termes.
Que la Durance ait refté à Raimond, c' eft ce qui ne fçauroit être
révoqué en doute; cette riviere -n'a jamais fait partie du Comtat
.Venaijfiiz qui échut à Alphonfe; elle a toujours été &amp; eft encore
·du Domaine de Provence; la preuve s'en tire du concordat paifé
entre le Roi &amp; le Pape en 16 2 3. La fouveraineté de 1'eau, quelque
rart que la riviere .portât fon cours' fut déclarée devoir demeurer
-a la France, non comme un droit nouveau , mais comme un bien qui
n'avoir jamais ceffé d'appartenir au Comte de Provence; &amp; ce ne
fut qu'en cette ·qualité que le Roi traita dans cette occafion avec
le Pape, le premier comme repréfentant Raimond, l'a litre comme
étant aux droits d'Alphonfe: Donc le Comte de Touloufe n'acquit
aucun droit par le partage de 11 2) fur la Durance, puifque )OO
-ans après cette rivîere fut déclarée devoir demeurer au Roi de
France, .coni.me Comte de Pr.c.venc.e : donc c' eft en la même qualité

E

-.

�:~

en vertu

Jf
continuer Cfèxercer fa
au m~me titre que le ·Ro i doit
Com tat, &amp; fur la part ie:

fur la: Durance) vis-à-vis le
, &amp; non en qualité de
du Rhone ) depuis la Durance jufqu'à la mer
exc lu de tou t droi t fur
Com te de Touloufe ·, qui par le partage fut
les deu x rivieres_.
riét é de cett e cfer-i
Pou rqu 'il n'y eût poin t d'lquivo-que fur la prop
age eure nt une fin:..
niere partie du Rhone, les Rédaét:eurs· du part
ce Fleu ve fe divi fe, de·
guliere atte ntio n, dans tous les endroits 9ù
me cell e qui dev oit
défigner la branche la plus occ iden tale , com
pas un mot du Fleu ve
fervir de limite aux deu x Etat s. On ne dit
on le déc rit dans tou t
dans tou t· le détail du lot d' Alphonfe , &amp;
qui tran fcri t ce pcrrtage
·fon cou rs dans· celu i de Raimond. Bouche
.
pofit!vement que le .Rhone fut laiffé à ce
0
me: i ' page- dans fon Hif toir e, dit
;
1
rmé entr e les Alp es,
dern ier, &amp; le refre de la Provence qui eft enfe
· i;o
USIV EME NT, la mer ,.
la riviere de Durance, le Fleuve du Rhone INCL
tori té avec le Langue-.
&amp;c. Ainfi s'il étoi t quefrion de com batr e d'au
n.ous oppofe le fuffrag~
· 'd oc, la Provence ne lui ced eroi t en rien ; s'il
cite r les nôtr es.
de fes Hift orie ns, nous ferions en état de lui
e par l1e part age que
Non -feu lem ent le Rhone refta à la PrGJ'Venc
des Ter res céd ées
nou s ana lyfo ns, mais enc ore le hau t Dom aine
ne fut poin t céd ée à 1' é.:.
au-d elà du Rhone; car cett e prér oga tive
nt le Dom aine util e.
gard de Beaucaire &amp; d' Argence , mais feuleme
de Fourques refterent à
Le hau t Dom aine &amp; la prop riét é. du lieu
fa qua lité de Ter rito ire
l'Ar che vêq ue d'Arl~s: Ce Pays conferva
enfans de Raimond:·
de Provence , c' eft ce qui le fit fubftituer a_ux
le Com te de Touloufe
Com men t con cev oir qu'u n Prin ce tel que
Pay s don t il n'aeùt eu la partie du Rhone qui cou loit au bor d d'un
fe faifoit à un Pré latvoir pas la fouveraineté., &amp; don t rhomma~e
·
étra nge r à fa Pro vinc e?
.1~'1'3'-;
uer fes droi ts bleifés
ndiq
reve
à
pas
Ce Pré lat ne tarda mêm e
. Reclamatio~ de·
ofé. du terr itoir e d'Argence quf
~~nc~er;:r ~~~~- par Je pa:t age . On y av~it difpEgh fe , &amp; dont nou s avons vu..
nu a fon
~hevêque· d~Arles. avo1t tou1ours apparte
reftitution.
que Raimond ·de ..Saint Gilles avoir ordo nné .la
tïons il obti nt enfin juftice. L'aét:e.
Refli~!fï~n de . Après dix- huit ans de follicita
fut paffé le z Sep tem bre r l"fl · Alphonfe (a),,
l'Ille de, ~?is.- de reconnoiffance en
tal',
lifé d'Arles· l'IDe ~peltée le BoiS Com
· e.
~omtaLaJEglife après avoir rend ü l'Eg
·
1
d
.!d
:
'
toir
''l
tern
··r tou t ce qu 1 . po ç e ans e
·
··
d
'"l
i
dé
teni
bK
e.-.,
i
qu
ciArl
ar.e.
c
·
.
- ·fouverain~té

a

rd.qui. détermina• Alphonfé à cet a~e de
Ça) Bouche nous- attefie, qµe ce fut-Saint&gt; Berna ent Hainault) l'Ant eu.r de. l'Eifai fur
Préiid
jJrfl:ice. Jamais homme , dit (d'après M. leSaint dl? cettte confiâération perfon..:.

ce grand
l'Hifr oire géné rale , n'avoit eCi autant· que
ême fut. emporté. par le mouvem~ nt ~~ ~
lui·rn
mais
rité.;.
l'auto
de
us
fJ
au-de
n(}lie qui. eft
la faip.te r,vre;lfe des Crcifades. 0-n reg_rette.:
nérnl. de l'EiuJOpe, alors totalement liv.r.ée à

�•
'
ùe l'Ar~

j)'-

ëi'Argence par lui &amp; par fes Vaifaux en Fief &amp; hm11mage
chevêque qui le lui i_nfé?de ,à_ cette condition. En conféqu:ence de
&lt;;ette inféodation faite a Razmo1ad F.. Comte de Touloufe, il fit en
1178 à !'Archevêque d'Arles hommage du Château de Beaucaire,,
&amp; de toute la Terre d'Argence, comme on le verra ci-après.
Non-feulement la Seigneurie d'Argence refta aux Archevêques Les Empereurs
donnent l'invefl:i(l' Arles , mais encore ils en reçurent l'inveftiture des Empereurs. ture de la Terre
L'Archevêque qui venoit de tranfiger avec le Comte de Touloufe, d'Argence.
la fullicita &amp; l'obtint de !'Empereur Conrard Ill. qui lui accorda
à perpétuité les droits régaliens dont il jouiifoit dans toute l'éten~
d\J,e du Diocèfe d'Arles. (a) Noftra regalia in Urbe Arelatenfi &amp;
totius Archiepifcopatus concedimus : Il y comprend les péages du
fihone &amp; lui confirme la ceffion faite par Raimond de Saint Gilles à
l'Eglife d'Arles du quart du péage ,de cette Ville &amp; du Château
âu Baron avec la Seigneuûe ,de Trinquetaille &amp; le Château de Mor ...
nes, dont l'un é.toit fitué ,à l'origine de la Camargue, &amp; il y avoit
à l'autre un péage fur le Rhone, comme on l'a vû fous l'année
i 094. Le Dio,cèfe d'Arles embraifoides deux rives de ce Fleuve:
L'Empereur Conrard , &amp; non les Souverains du Languedoc, y1
étendoir donc fa fouveraineté. L'Eglife d'Arles était fi bien en
,poifeŒon de fes bienfaits , qu'en 1 I s3 on la voit exempter les
Chevaliers de Saint Jean de Jérufalem du péage qu'elle lev oit f w:
__
les fels ,qu'ils faifoient tranfporter par le Rhone..
La guerre civile qui défoloit alors la Provence va fournir .de nou.;;, Machine de ~er..:
confiruite
re Rhone
· le
r. ·
dd
·
· Raim.on
11
le
par fur
va101,r
, e .B(1.UX vou 1ut 1a1re
ve es preuves de nos dro1ts.
les droits de fa femme Etiennette (eçonde fille de Gerberge qui avoit Comte de,Proven~
porté le Comté de Proven,çe au Vicomte de Milhaud: Raimond Be- ce contre leCor;n,
t~ de Touloufe,.
r
l a tute ll e de ion
r.
.
r.
. al ors 1ur
1ous
cette p rovmce
ranger Ill• regn01t
oncle Comte d~ Barcelone. La Maifon de Baux étoit favorifée par
l'Empereur &amp; f écourue pa,r Je Comte de Touloufe. Raimond de BaUJJ
jouiifoit ,du Château de Trinquetaille , &amp; comptait beaucoup fur
la for.ce de cette Place. Mais le Comte de Barcelone agiifant pour
fon pupile, fit .conftruire une machine de guerre qu'onjù defcen ..
dre à la dérive, en la tirant à la remorque le long du rivage jufqu'à ce qu'elle -fut vis-à-vis le Château qu'elle ruina bientôt de
fond en comble: Solo coœquan.s arabile reddidit (b). Si le Comte
de To_u)o.ufe eût eu le mo.indre droit fur le Fleuve, fi les batteaux
touj_ours cle lui vo!r con_feiller à Louis le Jeune cle porter le fer &amp; le feu dans l'Orient pouf
expier la fa~ue qu't~ avo1t faite de mettre à feu &amp; à fang la Ville de Vitri en Poitou.
(a) Saxzus Pontif. Arelat. Hijl. pag. u6.

;{ b) 'Gefl, .Comit.13arclân, cap.

17 ,

ap,. Marc, HifP. pag. 517_,.

E ij

�~:er

arte nu; n'auroi~-il
·qui en facilitoiènt la navigation lui euffent app &amp; les opérations
pas eu la facilité de trou bler . &amp; la con ftru aion
de fon · Alli é? Nou s,
d'une machine qui devoir · caufer la ruine
enfans de Raimond de "
voyons. en effet (a) que la veuve &amp; les quatre
a,près la deftruaion~
Baux fe fournirent en .115,0 à leur . Souverain
de ce For t. ,
·rr~o.
nnette de Baux .&amp; fos'.,
Au mois de Septembre dé fa mêine annéé Etie
Le Com t~·. de
-·
ond, de revoquer ·zzdiffé
nt obli gés, par les. ordr.es de Raim
r.
·
·
'
el~ced ~efe,nd enfans fured
\r(ovb
'
l
,.
rnr .
é
d eta 1r e, ,pca-d .
qu 11s ex1geo1entma .,.a:-propos aTrznquetaz e
ges fur le Rhon e. , rens roits e p age
.
des
ître que le droi t d'attache
N? .. 2• , le Rhone &amp; für fon riva ge, de reconnoà l'Ar che vêq ue d'Arles, ainfi ,
Navires n'appartenoit qu'au Com te &amp;
d'Arles font exempts .
que les autres. dro its, &amp; que les Hab itan s
nt ullum ufaticum pro
de tou t péage fur le peti t Rho-ne.: : Non done
.
Rhodaneto, nec· cum tranfierunt per Rhodanetum plaid folemneL
un
tint
nger
Dan s la.même année Raimond Bera
Plaid tenu dans
n Ile G ernique dans l'Hle de Gernique fituée entre Beaucaire &amp; Tarafcon. L'a ae (b) ;
par le Com te . de
Beranger n'eût pas été ,
eft daté du regne de Conrard Empereur. Si
P.i:ovence.

, y auro it-il fait un .
le véri tabl e &amp; feul propriétaire de cett e.Ifle
aae de jurifdiB:ion aufli folemnel ?,
11~4..
, fornommé Bar...; ·
A Conrard fuccéda Frédéric .premier de Souabe
L'Empe;eu_r.
1
ur con~rma(c) .à l'Eg life d'Arles tous .·
~?;\~~7~~;~~ ~~ , berouJTe-.: ce nouve_l ~mpere
des
JOUiffance des droits -régaliens, des péa ges ,
fes droits fur le fes p,n v1lé ges, la
Vill e &amp; tous ·les au- ·
Fleu ves de fon Arc hev êch é , les ports. de la
.
Rhon f.o
r~"és ,par les précédens Em - ·
N· · 3• - tres avantages ·qui lui avoient . été acco .
pereurs &amp; par les · Comtes de Provenée
mgis.de Juin 117 1 :.
Hugues &amp;Bertrand des Baux accorderent (d) au
II7r .
.
Exem ption de
quevauxJ' exemption des péages aux Por ts de S• péages accordée au Mona.ftere de Fron
des
de Trinquetaille ·qu'ils teno ient en inféodation
par es cigne us Gilles , du Rhone &amp;
l&lt;t ·
fous
ent
étoi
uevaux
Archevêques d'ArleH Les Rel igie ux deFronq
de Prov ence. '
préfumer qu'ils euffent ·
domination des Comtes de Touloufe ;- eft-il à
que leurs Souverains ;
demandé à ·Un Prin cé étranger une exemp.tion
ls l'euffent demandée
auro ient .été en dro_it de leur co~céder, &amp; qu'i
Provence étoi ent en ·
précifément·· dans ·urr tems · où les . Com tes de
gue rre avec ceu x de -Touloufe ?·
.
urrt raii é-dù · 18 Avr il ·117 6, par :Tra~t?~~ ·paix · Cet te guerre fot terminée par
e·prét enti on i
Com te de Touloufe fe défifte de tout
en.tre les Souv e- lèqu el Raimond V.
é
· · é t é partag_ en 112 5 _, &amp;-. -Comté de p rovenr:e, te1.q1:11'"l .avo1t
r. 1e ...
nce 1ur
Provecoc,
de n.bue
rams
&amp; deLa
.
• (il) Bouc hê, tome%. ', ;p~e " u5'; .
ur par Chan te~ou., :.
majo
Mont
de
fiere
Mona
d~
fcr.
manu
..
Hift
( .b.)
es.
d'Arl
Ville
de
el
!'Hot
( c ') Archives de
l.8 ••
( {i) Hilloire èu Lang uedo c, tome 3 , page 0

�·11·
arôn :
rendre juffice àfÔn Com péti teur fur la,M othe âzi:B promii:
&amp; d'autres com
don t il jouHfoit en confidération de ces facrifices
à lui payer 310 2
penfations:. Alphonfe Com te de Provence s'oblige
t de cett e fom me,
marcs d'argent fin , &amp; pou r fûreté du paiemen
C:amar~ue, de Lu. .
il lui engage le Chfrteau du Baron, les , Ines de
u au rembour.. bieds.&amp; de Lu/Jan avèc toutes leurs dépendances, Jufq
fementde la fomme entiere (a) •.
don t on ·eff pro
. On ne donne en engagement' que fos· biens
u:n nantiffement de .:
priétaire : Raimond en recevant ces Ines comme
qu'elles · apparte~··
la fomme qui· lui eft prom ife, avoue lui-même
&amp; qu'il_ n'y a au- ·
noient fans difficulté au Com te de Provence ,
e. p;Ieuve. ql_l.e le ·
cun droi t· : il eft difficile de trou ver une meilfour
,
Rhone appa:rtenoit au Sou v.erain de Provence. ·
autre pou r le ·
Le même aél:e nous: en fournit cependa.nt un:e
à
ge faiiie exam i- ·
moins· auffi certaille; c'eft que Raimond s'y enga
teau de la Mothe ~
ner les prétentions·qu'AZphonfe formoit fur le Châ
du Châ teau du
bâti fur la rive droite ~ du peti t Rhone, vis-à~vis
nous ignorions
Baron , &amp; il promet de lui rendre jufü ce. . Quo ique enti on for la. :
prét
quel a été le réfu ltat de cet examen , la feul&lt;\'!
fur le bras du .
'Môthe fuppofe néceffairement le droi t de prop riété
el'lt pas été maî- Rhone. qui la féparoit de.la«Provenee~ Si Raimond n'
r . for ·un terrain fé~ .
tre de ce Fleu ve., quel droi t .p:ouvoit-il avoi
été à.. lui ?
paré ·de fes Etat s par une riviere qui :rr:auroit pas
dura · p~s dix an~ .
Il ne faut pas obm ettre que . reng agem ent ne
Baron dès le mois;;
nées , car Alphonfe habi toit (b) le Châ teau du:
de Citeaux ,.d'une.'.
de Mars&gt; 1 1 8 s;, qu'i l difp_ofa.en faveur .de !'Or dre

de

4

-

·LX X VI.· menfe Api-ili ·• ~ • ami(a) In nômine, &amp;c. Anno ab '!nc&amp;rnatione M. C:
lldephonfu.m: Reigem Arragonen[Pm
viros
es
illu.Jlr
inta
modum
cabilis compojitio faéta efl in hune
omnibus quas jam diéf.us Cames :
nious
petirio
&amp; Ra)'mu.n ~um Comitem Tholo{œ; de ••• ••
atu. Provinciœ ·, ••• , -t_um. radone filice ·
Tholofœ habebat adverfi.1s eumdem ·Regem de Comit
Gomes Tholo{œ ·• : .• remirtit .•• .; .
quidem
étu.sfi
Ra)'mundi Berengarii, &amp;c • • . ; •• prœdi
.
id juris habeb at in prœdiG!:o Comitatu Provinciœ ....
prœdi~o Ildephonjo Regi ••. : •• quidqu
ernœ "diHarch
em
Comit
ariz
Bàeng
undum
Raym
&amp;
fœ
fi~ut znte'. ·Jldephonfum Conmem Tholo
rationel{l &amp; jujliti am de Mota Albaronii '
vijum fwt" ·• •• Eodemque modo • . . perfeél:arn prœdiÈius Rex bona fide donat jam· diéto ,
tionem
d~(Jini
igitur
fe faéturu.m promittit. Ob hanc
Al- ·
_ ma_rcas ·argenti meri, pro quibus caflru.m
Raym~ndo Comit~ Tholofœ. ter .7'.lille &amp; cent~1n
Rho~
ambo
Jicut
rgis
Cama
duzzs fuzs &amp; injulam de
har~nzz _cum ~mnzbu~ rertinenms &amp; appen
Jci.- ·
atione
domin
&amp;
a
icatur
domin
cum·
;
dunt
conclu
è:znz ma1ore~ ipfa'!'- znfu.lam_· u[q ue _ad mare
-·
, vel habùe debet, &amp; in{ulam jimili ur de Lupa
li_~et quam 1am dzétus Rex_zn zpfa z~(ula -~abet
ationibus r
tfomin
&amp;
is
icatur
d9min
&amp;
ditiis
appen
'&amp;
s
mentzz
rizs f: de ~ujfa cum ?mr;zb~s _-per'.
debh ; jam diéto Ra.)'mundo Comiti Tho- quas 1am dzéfus Rex zn. zpfis znJ.u.li.~ _haoèt vel habereJolutione fzbi tifui s de :prœdié!:a fumma ·
lofœ &amp;: .fuc_ce[Jorzbus fuis pzgnorz obhgat ' · quou{que Comes Tholo[œ promittit bona fioe lldear'gen.tz Jan:fa.élumjù bona fide ; · &amp; R~ymundus mina;is infulis fe redditurum Jolutâ Jihi ·
pkoa[o Regz, prœ~zéJum cafl:um Albaronzf cum prœno Marc, Hifp. · num-. 468, p~g•: t 3 ~'8 lk
â, &amp;c. Append~
ln zntegrum prœdiétz ugentz Jumm
I

369 ,

( Q) Hi!loird du Lânguedoc ; tome ~,;, Prenv. Vige

I)

8.:.

�-

~s
Forêt qui en dépendoit, &amp; il éroit égaleme'nt rentré en polfeffion des Ifles , parce que fuivant le traité , Raimond ne .devoir rien
rendr~ qu'il ne füt payé en entier. Les Hifi:oriens du Languedoc i
quoiqu'inftru its de Ia fituation de la Mo.the du Baron, la confondent avec le Château du Baron même, dans le compte qu'ils rendent du traïté de I 176; rnais,à qui prouveront-i ls que le Château
du Baron qu'Alphonfe donne en en,g a,gement à Raimond, dl: le
même que celui de l:z Moth.e , fur lequel il formoit des préten..
tions qui devo'ient être mifes en .arbî.t_rage ? L'excès de leur zèie
_pour leu,r P,rov,i.nce les aveugle en cette ocçafion, comme en bien
·d'autres..
_
qu_e le Rhone fép_are .d e la Ville de
rZes
A
.d'_
ocèfe
i
.
D
.du
Te~~;ird: l'E- . L.a pa,rtie
gliîe d'Arles au- ce nom' étoit toujours fous la fu,zeraineté de !'Archevêqu e. Vers
.le milieu .du douziéme fiécle, il difpofa d'une partie de ce terroir (a),
delà _d uRhone.
à la charge d'une redevance annuelle .en faveur d'une Eglife parûculier:e &amp; çle l'Ab'bé de Saint Gilles; &amp; Raimond V. lui fit hom~
mage (b) au mois d'Aofat 1118 de ce qui avoit été inféodé aux
Comtes de Touloufe (c). L'on voit par cet aél:e que toutes les terres
pe ce canton~là qui paye,nt Ja dixme à l'Eglifo d'Arles étoient auffi
de fa mo.uv.ance temporeHe. Le Comte s'engagea de plus, à ne
donner fon Fief .à _perfonn.e en .arriere-Fief , à faire rendre à l'Arçhevêque tout ce qui étoit poffédé dans le Bois Comtal , &amp; à le
mettre en p9ifeffion de toutes les terres de .ce canton qui feraient
propres à Ia culture. Ce Bois Comtal était une Ifle ou un accrément du .Rho.ne qu'on avo_it fans pou.te planté _d 'abord en bo~s, afin
de fixer la terre par des raçine$, &amp; que l'on.cultivoi t enfaite : Les
Ifles ;que la rîviere forme à Argence, &amp; Argence même reconnoiffoient à la fin du douziéme fiécle la fuzeraineté des Archevêques d'Arles, &amp; quoiqu'ils euffent cédé la plùpart de ces terres
aux Comtes de Touloufe, ceux-ci n'avoient aucun droit fur le petit
Rhone, &lt;qui avoir été en mêl)l~ .~~ms inféodé, co.mme ,nous .l 'avons
.vû à la Ma,ifon de eaux (d).•
~{a) ln\'entaire de..s Titres de l'Archevêc;hé d'Arles, pag. u6, 12.r, 134..( h) Sax.i. Ponti[. .Arelat. pag. 1. 37. Et Hifl:. du Languedoc, tome 3. Preuv. pag. rH.;

. ,( c) Recogno'J,'.it D. R. Thol?fanus Co.mes Je h(!bere. ia feudum ab Archiepifcopo &amp; Eccle.·
fza Arelatenjz , cajlr.ul!l .de Bdhcadro &amp; totam Argentza,m.

(El) C'efl: vers ce tems-là que les Hifiori.ens placent l'origine de l'hér.efie d~s Albigeoit~
,La guerre que l'on fit à ces Fanatiques nous fournira ,plus d'une preuve des di:oits de la
Provence fur le Rhone. S,u.ivant Bouche , tome :z. ,, page 141., au moment où parurent ces ·
erreurs qui cauferent taot de calamités , les Troubadours cpmmencerent à fcµre _c onnoitre
à l'Europe les charmes de la Poëiie Provenç;de.
les Hiil:oriens du Languedoc font fi jaloux de tous les av:antages de la P.rove,nce , qu'ils
-veulent h.&gt;i enlever jufqu'à l'invention de fa Poëfie ; &amp; dans ce defrein, peu digne de la
gravité de l'hifioire &amp; _de leur état, ils .ne déda.ignent pas d'entrer dans une lpn_&amp;ue diŒ:r..

�.
.
'j!}
·:/Jlplionfe Roi d'Arragon regnoit en même. tems fur la Provence· . n 1 ~: .
avec fon frere Pierre. Le 2 3 Oaobre 1 17 9 , ils déclareren t (a) que ,,Exemption d_eles Chevaliers du Te1!1ple. feroient exempts de r.ous droits dans. les k~~~~ur le 11eut.
~Terres de leur dommat10n fur les Fleuves qui leur apparteno1ent
en Provence &amp; fur te petit Rhone : Per Terram noftram, vel per Flu.mina nofira ilz Pro21i11ciâ &amp; in RHoDANET o. Il n' ~ft &amp;.uéres poilible
de rapporter de preuve plus frappante de la dommano n des Comtes de Provence non-feule ment fur le grand Rhone, mais encore fur
long du Languedoc , &amp; qui fe- termin~ par le
le bras qui coule

Je

Gras neuf

.

.

11
Nous avons encore dans une tranfaélion du 1) des Kalendes de L ; 99'd L
Novembre 1199 une nouvelle preuve des. mêmes vérités; il y eft bie:e~e~~~a~ie~;
porté, que les Habitans de Taraféon font exempts du péage de aux Seigneurs de:
Lubieres fur le Rhone, &amp; q_ue ce péage appartient aux Se.igneurs TaraN~on. ,
.. ~
de la Ville.,

ETA T' DU RHO. NE· .
'Depuis le commencement .du treizilm.e Siée
jufques à Charles · d'Anjou,,.

le :;.

Le treiziéme fféde ne fournit pas mofos de titres que les précl- .~énomoreme11t:
'dens,. en faveur des droits ré damés par la Provence.Un des premiers 1:it ~~r À~;h;%
'
arrangemens. faits par Alphonfe. II. en parvenant au Comté de Pro~ II.
quf
Terres
les
vence fut de fixer par un dénombre ment général
compofoi ent fon Domaine , les !Iles de Gerniqµe, de Luffan· &amp; de
Camargue , toutes trois formées· par le Rhone , s'y trouvent corn...
prifes. Arelatenfis Civitas &amp; caflra infra flripta funt in Domi'niO Ca,..

mitis, item lnfula Gernzca·, item.Infula Luffana, item· Infulà de: Ca~ .
-margio. ( Regift. Pergamenor. Arch. de la. Ch. des Comptes. ) Un..
·
pareil tïtre n'a pas befoin de commenta ïre:
de
l'Hle
poffed'er
L'on voit Qun autre côté la.Maifèm de Porcelët
la Cappe qu'elle tenoit des Comtes· de Provence·, &amp; qui étoit immé'-4
diatement fous· la Ville d'ArZe·s ·formée par les eaux:· du Fleuve (b);

-

tati.on ,_tome ·l." P.ag, S' I·'J. &amp; fuiv':- Leur pr~nci.pal' argument eff à. fa vérité q)le· parmi fos
Poeteii Provençaux ort en découvre quelques-uns qui pounoient hien avoir été affez heu..
reux pour naitre en Langu&amp;doc; mais par la même rajfon l'on p,o.urroit.. dire que·la Poëlié·
Provençale efr née en All~magne, en Aizgleterr-e ou en France, parce que l' on compte au'
nombre de ceux. qui la cultiverent , l'Empereur- Erederic Barberouffe ; Richard CiEur d~
Lfo~ Roi' d'Angleterre, &amp; Philippes le Long Roi de France. T ôm:e. 1 des:r.e.ch'er.ches fur les:

Theattes ,. de M. de Beauch'amp.
(a .) Bouche, tome 2., page 1 )2.·,
fb') E~ifl· Milon. ad ~nnoc 111. ïnt. Epifi. Innoc, III. L, a, cilB· ro6, tom.,z: ,.pai,•·
.
165;, Edu. Ba/ut_. û- Epifl, ID7 ~. pa.g. 3,.68 ~

�1-0

geois éroit dans 1a
C'ér oit à cett e époque que .l'affaire des Albi
ond VI. Com te de
plus grande fermentation (a). L'in fort uné Raim après avoir été le
,
Touloufe étoit l'objet &amp; la victime d'une croi fade lt) ·' !'Au teur de
nau
Hai
ent.
éfid
prem ier, dit èncore (d'après M. lePr
les Infideles. On avoit
l'Effai fur l'Hift. générale , à fe croifer contre
acquit tant de gloi re
revêtu de fa dépouille Simon dë Montfort, qui
(b); mais l'au tori té du
en chaifant de fes Eta ts un Prince légitime
ufte ~1e parurent pas
Concile de Montpellier &amp; celle de Philippe Aug
liere de la Ter re d' Arfuffifantes pou r lui donner une inveïliture régu
t :1.1 , ..
tion de l'Ar che vêq ue
'La Terre d'Ar- gence &amp; de Beaucaire ; il lui fallu t une inféoda
cs
·genc e &amp; de Beaune l'ob tint qu'avec une fomme de 140. 0 mar
il
t
don
(c),
les
d'Ar
Si.à
ée
caire &lt;lonn
Beaucaire le 3o Janvier 12 1). L'Armon de Mont fort d'argent. L'ac te en fut paifé à
de cett e
p ar l' Archevêque che vêq ue lui donne en Fie f le Châ teau &amp; la Seigneurie
d'Arl es.
les Ports du Rhone &amp;
Vil le, le Ter rito ire d'Argence, les péa ges ,
l'hommage lige , &amp;c.
,du Gardon, &amp;c. il fe réferve ·un cens ann uel,
x accorda (d) aux Freres de$ .PJean
La même année Hugues des Bau
, Exem ption d~s
·
r. ·
·
o~·ts
d
h"'c.
l ~ 1ran
I percev?1t aux
qu&gt;1
T' ,r; z
1;s
1mo
unpo
le peur- .de Je'.u
es
lle
peages fur
c
em
a,
1
·Rhon e par HurmdeT
x de S•.Gilles &amp;
&amp; ba1ef) du peti t Rhone ou de Fourques, a ceu
.gues c!es Bam1.
TO:rdre deMalthe enquetaille. C'eft en vertu de cette conceffion que
effion eft un monujoui t encore aujo urd 'hui , &amp; cett e même conc
les 'br.as du Rhone.
ment fubfül:ant des droits de la Provence fur tous
uva une révo luPeu d'années auparavant cett e Province épro
fa Prov ence
.
t quelque rems dans l'anarchie. A~phonfe II•
~· t'anar chie. tian qui la mit pendan
Raimond Beranger Y.
étan t mor t en i 209 , laiffoit poux Succeffeur
Provence pou r prendre
encore jeune. Pierre d' Arragon fe rendit en
dans fes Eta ts, après
foin des affaires de fon neveu , qu'il emmena
cou p funefte à foa
les avoir arrangées. Cet te abfence .porta _un
es Vill es principales
auto rité . Arl es, Marfeille, Nice &amp; les autr
le jou,g.
.voulurent s'ériger en Rép ubli que s &amp; fécouer
Guer re contr e
le• Albigeois.

car
crimes auffi odieux que relui d'Hé refie ;
(a) Il paroi t qu'on les accufo:t d'.ma es
de Montfort
Gui
de
fi;Je
·éroit
le
qu'el
rre,
Bigo
de
e!Te
on lit fur le tombeau d'Alix · Comt
eil:
contr e les B ••• •. &amp; Al'biireois. Le mot
( frere de Simo n) qui pour 'la Foi mour ut
el.
Dani
Pere
Le
.
argis
au Mond l.ere de Mont
écrit tout au long dans l'épit aphe qui efl:
é
Cet illufh e Guer rier n'en a pas moins foüill
abée.
Mach
eau
nouv
le
elloit
l'app
On
( b)
pour
rs
Bezie
de
te
Com
du
dait , par l'aifallinat
fa gloir e &amp; la fainteté de la caufe qu'il défen
e
traités , facca gea les Ville s Catholiques comm
les
&amp;
s
treve
les
viola
Il
s.
Terre
fes
avoir
Quel
s.
borne
fans
tion
ambi
férocité &amp; d'une
les autres , fe livra à tous les excès d'une
/
·
Machabée !
l tom, 1, Injlr. n. xxiii.
Chri
Gall.
Et
i.p.
page
3,
tome
c,
uedo
(c) Hifto ire du Lang

pag. 100, iot.
menfe Februarii ego Hugo de Baucio • ••• •·
. ( d) Anno Dom. Incarnat. M. CC X V. domu
i ffo[pitalis S~ }oannis lerofolimitani quod
m perperuum éono , laudo &amp; concedo, Deo &amp;
nres
m domus prefentes &amp; futuri equitantes &amp; n'on equita
~mnes Fram s &amp; omnes Nuntii ejufde
ab·
&amp;
.ant
tranfe
liberè
le
Egidii f:,.- Trenca.rail
••• • in omnes portus meos Rhodaneti &amp; S. d Prieuré de Saint Gille~.
Gran
Jolu tè abfque_ullâ redemprioJll:. Archives du
Un

�-

41

de rtouvelles preuves ëiu Pr~~v~s !ide 1r!.e
Un Ecrivain de ces tems-là nous fournit
·propnete ur
l
r.
. d 'T'lb ery connu 1ous
,
.
. .
e nom Rhone tirées de
dro1t qm no:us occupe ; c eft Gervais e .1 i
du Maréchal d'Arles. Que cet Ecrivain ait porté la crédulité juf- Gervais de Til~
qu'à la démence en fait de Ph yfique &amp; d'Hiftoire naturelle , fon té- bery.
moignage en fait de Géographie n'en eft pas moins refpeél:é par
les Critiques &amp; par les Hiftoriens du Languedoc eux-mêmes (a):
Son ouvrage (b) prouve qu'il avoit une très-grande connoiffance du '
_Pays.
En parlant de Beaucaire, il dit à deux fois différentes , qu'il eft
fitué dans le Royaume &amp; dans la Province d'Arles, &amp; il appelle
fes Habitans Provençaux. Dès que les Terres fituées à la droite
du Rhone n'avoient point ceffé de faire partie de la Provence, quoique poifédées pa:r le Comte de Touloufe ; à plus forte raifon le
·Rhone qui refta toujour-s à fes anciens Maîtres, ne ceifa-t-il pas
d'en dépendre.
Nous voyons Beaucaire fuivre en une autre occafion le fort de
la Provence &amp; du Comtat. Raimond Vll. fils du précédent fe vit forcé
de recourir à !'Auteur même de la ruine de fa Maifon, pour obtenir
quelque portion de fon patrimoine: il fut à Rome,&amp; un Auteur contemporain cité par les Hiftoires du Languedoc rapporte que le
Pape lui dit, je te donne le Comté Venaiffin avec toutes Jes dépendan..

Beaucaire fuit
le fort de la Pro..
'v ence.

ces , la Provence Ô' Beaucaire, a.fin que tu ne fois pas fans Etats :
'Lorfque l'Eglife fera affemblée, tu pourras_revenir, &amp; on te fera -raifon fur tes plaintes contre le Comte de Montfort (c). Ce qui intéreife
notre caufe dans cette réponfe , c'eft que Beaucaire étant mis avec
le Comtat &amp; la Provence , ne peut être fuppofé n'en être pas une
·
'dépendance.
· Au mois de Septembre 122 1 , il y eut une enquête fur les
'droits qu'avoit le Comte de Provence à Tarafcon. L'on y trouve les
traces les moins équivoques de la jurifdiél:ion que ce Prince exerçoit fur le Rhone depuis la Durance jufqu'à la mer : ·Qu' entr'autres
(a) Tome

t ,

I %. %.

page 699.

( b ) Otia lmptrialia , compofé à la fin de ri r r.
( c ) Quelque refpeél: que l'on doive au Pape comme Chef de l'Eglife Catholique, l'on

lui voir faire ces aétes de puiffance temporelle. Il fat ün tems
ne peut qu'être étonné
prévoyoient guères que leurs Succeffeurs briîero ient ainft les
o ù les Evêques de Ro
Sceptres &amp; donneroiem s Couronnes. Quand l~s Empereurs préfidoient aux E leélions des
Papes &amp; qu'ils les nommoient: Lorfque Theodoric faifoit juger Simmaque par fes .Miffi D o1~i ri ici ; que Belifaire exiloit Servius; que les Papes faifoient hommage de t tes leurs pofielllons au Roi de France ; que Leon 11 I. venoit implorer la jufiice de Charlema::;ne qui le '
renvoyoit avec des Commiffaires pour le juger ; quand Leon VIII. à la tête du Sénat, du,
Clergé &amp; du Peuple folemnellement affemblés dans Saint Jean de Latran, confirmoit à !'Empereur Othon le droit d'établir le Pape &amp; de donner les invefütures aux Evêques: le Sa; ~f~
do ce éroit bien éloigné de fe croire en droit de fa.ire &amp; de détrôner les Rois,

.

.E

t.

D éclaration d'utf.
péage p11r eau &amp;
par terre par les
Habitans de Tarafco n au profit
du C omte.

No.&gt;_•

�42·

-I:?.1 y;
Aéte de Juriîdiétion des Provencaux for le
Rho'ne.

N°. 6.

l ! ! ~·

Exemption d'un
p~age à l'Abbaye
de 1Viontmajor.

1126.

Tranfaétion for
le p2age de TaJaîcon &amp; de l'Hle
~e Lubie.re~.

propriétés il avoit celle du péage par eau &amp; par terre, ceIIe cfuPort:
où perfonne ne po'uvoit travailler fans fa permiflion : que lorfqu'il
IJ avoit quelque conteftation fur le rivage au fujet du péage, elle:
ëtoit décidée par fes Officiers ;qu'il augmentoit &amp; diminuoit à fon
gré les droits de péage :: que c' étoit du Comte que les Propriétaires
de l'IDe &amp; du péage de Lubieres les tenoient, &amp; que le droit d'ef.
.
turgeon lui appartenoit.
Habiles
Peu de tems après il s'éleva quelques· difficultés entre
tans deTarafcon &amp; les.Receveurs des péages du Comte: elles furent décidées par une Sentence arbitrale du 5Décembre de la même
année 122 1 , qui, pour prévenir les fraudes qui fe commettoient:
par ·1es achats faits dans le fil de l'eau, fans toucher au rivage,
ordonne que tout ce que les Habitans acheteront fur lé rivage ,.
ou dans le lit du Fleuve, fera mefuré, pefé &amp; canné avant l'achat, &amp; cependant déclare ces Habitans exempts d~ droit de péage , fuivant les conceŒons d_es anciens Comtes ; ce qui eft confirmé:
enfuite par Raimond Beranger. Une claufe remarquable de cet
aél:e, c'eft qu'il y eft dit que , fi au contraire quelque Etranger
arrête fon navire à l'IDe Genzique , il paiera les droits en entier :·
nouvelle preuve que cette IDe, comme toutes celles du Rhone ,,
appartenoient au Comte de Provence.
, Raimond Beranger accorda même en 1 22 3' un affranchiffemënt:
général pour les Terres dont l'Abbaye de Montmajor jouiffoit au
territoire de Laurade, à condition que cette Abbaye lui remet_troit une rente annuelle de cent fols que ce Prince lui avoit cidevant aflignée fur le Port de Tarafcon (a) ..
Le péage de cette Ville &amp; l'fDe de Lubieres appartenoient au·
Comte &amp; à des Seigneurs de Provence,.:. On le voit par une tran.faaion que Raimond Beranger V. paifa le 12 Septembre r226 avec·
plus de foixante Gentils-hommes , qui .lui remirent tous 16S.. droits:
qu'ils avoient fur la Ville de Tarafcon. Parmi ces Gentils-hommes·
il . y en avoit du nom de Lubieres qui ·fe réfervoient l'ancien péage
ne leur nom &amp; tous les droits qu'ils avoient fur l'Hle de Lubieres , . .
réferve qui prouve que cette If.1e étoit cenfée dé-pendre de Tarafcon ,,
&amp; que ces Seigneurs craignoient qu'on ne pût la comprendre à l'aulé nommém ent
.venir dans·une ceffion générale, s'ils n'euffen
le contraire. Si ce Fleuve &amp; l'Iile euffent été fous la domination du
Comte de Toulou:fe·, nul motif n'aurait pli faïre fonger à cette ré·ferve. Le Comte de Provence céda de fon côté' à ces Gentils-h om·mes &amp; à leurs héritiers à perpétuité douze deniers fur chaque trois;
(a) Hift, manu!~ de Montma jor,.

�jbge

de Tarafc.on fur chaque muid_,
fols qu'on levoit àfon très-ancien
.de fel qui y remontoit par terre, ou par eau, &amp; .fur to_utes les
marchandifes fujettes au péage, excepté fur les bois. Cette tran~
faétion qui a toujours été obfervée ~ fut: c?nfirmée .par Arrêt du
Confeil du 3 i Décembre 1670, qm mamt1ent le Seigneur de Lu~
bieres dans la poffeilion de la portion du péage de Tarafcon ailignée
.
• .
.
.
par cet aéte à fes ancêtres.
l"lf?e
Ve~r~~~~
Février,
de
Ides
Nous trouvons dans l'année fuivante, le cinq des
une vente faite par Raimond Breti de Boulbon à Etienne Canon du lieu ·Bertrand , av~&lt;;
r. é
· T erres ittu
r.
No. •
es fes accrémer.s.
neveu, de ~rois
d'Ara~ont , &amp; a\ Bertrand Canon 1on
7·
dans 1 Ifle Bertrand, avec tous les accrémens quelles pourront re- .
cevoir du Rhone. L'aéte contient encore l'inveftiture qui fut don~
née aux Acquéreurs par les Seigneurs de Boulbon.
9
Enfin le Comte de Touloufe trouva d s Saint Louis &amp; dans fa s 1u~ ~ orn...
mere la modération, qu'infpirent aux ames vertueufes les vrais rel; pa~~ :Jéom­
principes du Chriftianifme. La piété profonde de ce Prince ne l'em.. te de_ Touloufe. ~
condl":
r. d D"
. de d"fl:"
.
" ha Jamais
tions.
e ieu d'avec 1es vues tempo- certaines
i mguer 1a cau1e
pec
·
relles de fes Minifi:res. Il. étoit tems de fermer la plaie qu'avoient
de
lieu
Au
Albigeois.
les
" faite_ à l'humattité les croifades contre
continuer une guerre deftrud:ive contre le Comte de Touloufe, la
Cour de France détermina celle de Rome à traiter avec lui (a) .. ;
On laiffa au jeune Raimond· le Diotèfe de ToÙloufe, FAgenois, le
Rouergue, le Quercy &amp; une partie dé l'Albigeois.
Paysquele Com•
· qui• eft d e 12.:i9, au .tecédeàlaFram:c·
· é de·p ans,
)) J 'a1· c édé , d.it-1·1 dans 1e trait
» Roi &amp; à fes héritiers à perpétuité, tous mes autres Pays &amp; Do- .&amp; au Pape.
»maines Jitués en deçà ti.u Rhone dans le Royaume .de France, av·ec
» tous les _droits que j'y puis avoir : quant aux Pays qui font au- ,
»de-là du Fleuve dans l'Empire, avec ·tous les droits qui peuvent;
» y appartenir, je les ai cédés à l'Eglife Romaine •.
1

.f\

(a) L' Abbé Velli , tome 4 , pag. 1i7 &amp; foivantes , entreprend de jufl:i fier la Régente de
France d'avoir accepté qHel&lt;que portion de la dépoüille du . Co,mte. ,, Ce qui peut fervit
,, à la jufüfication du jeune Roi &amp; de la Reine mere, c'eft, dit-il, qu'il eût été bien
,, étran ~e qu't;n enfant~ une femme en'eu!fent fçu plus que les Evêques, les Papes &amp; les
,, Conciles memes, qui regardo1ent alors comme pris de bonne guerre, tout ce que l'on
,, enlevoit aux Hérétiques , ou à ceux qu'on accufoit de les favorlfer." Cet Auteur auroit ,
pu jufiifier la Cour de France par de meilleures r~ifons qu'une ironie fur la fcience de~ 1
Papes &amp; des Conciles. La France, en fe faifant céder une partie de la dépouille du Comte
cle Touloi~e, ne faifoit que rentrer .dans l'ancien Domaine de la Couronne, qui en avoit
été démembré au tems où Raimond Pons &amp; tant d'autres fe firent Souverains de fimples
Gouverneurs qu'ils étoient. · Si elle acquiéroit par ce Traité la partie de la Provence, que
le Comte ?e _Touloufe pofrédoit à la droite du Rhone {Beaucaire &amp; le Territoire d'Argence)
elle n~ fa1fo1t également que rentrer. dans un de fes anciens Domaines, que Bofon avoit
ufürpes.

Fii

..

�4+

Il fut encore con\'enu que le Comte âonneroit fa fille Jeanne à:
un des freres du Roi avec le Comté de Touloufe , qui ferait uni à la
Couronne en cas de mort fans enfans , &amp; que le Roi aurait ce
Comté à l'exclufion des autres enfans que Raimond pourrait avoir.
/eanne époufa en effet dans la fuite Alphonfe frere du Roi S. Louis.
Ce traité doit être regardé comme l'occafion des difficultés qui
fe font élevées dans la fuite entre les deux Provinces pour la propriété du Rhone, par le défaut d'énonciation des qualités dans le.f
quelles de Comte de Touloufe . poffédoit chacune de ces contrées ..
Les événemens dont il nous refte à rendre compte, ne nous laiifent
cependant aucun doute que la Provence n'eût confervé fes. droits fur
le Fleuve.
. Tous les autres péages refterent à léurs . anciens Po!fdfeurs. Le
h2.§;h
N ouveaux om' l' accommo demen~
· apres
' d'ire deux mois
Dé cembre 12 2 9, c,eft -a. pia!!es des ~éages · 2
Hu Rhone a l'E- dont on vient: de reBdre compte , Baral des Baux rendit hommage
dé pen d anr.
·zze &amp; IeS
·
Bertrand pour ..1.., _rznquetaz
"
Arc heveque
"
gli.Ce
au meme
· · d'Arles.
ces, pour les ports de la Ville &amp; du Bourg d'Arles, du petit Rhone,,
de Fourques, de S. Gilles, &amp;c. Cet hommage conforme à celui de
l'an 12 3 8 fut renouvelle prefque dans les mê·mes termes au mois
d'Oaobre 1268 par Bertrand fils de Baral·, en faveur de l'Archev:ê--:
·
que Bertrand de S. Martin.
avoir permis à l'Archevê~
!'Empereur
30
12
d'Avril
mois
le
Dès
L'~ ~1°; . e
d'Arle/~t~b~~(~n que d'Arles d'établir un péage fur toutes les màrchandifes paifanrpéage fur le Rho~ fur le Rhone tant du côté d'Arles que du côté de Fourques (a). Ct::t:
aB:e eft poftér.ieur à la ceffion que Raimond avoir faite de Beaucaire~c:.
&amp; d' Argence à S. Louis. Il prouve coriféquemment que le Rhone n'avoit pas ceifé d'appartenir -à fes anciens Maîtres, ni de faire partie ..
de la Provence.
Le 1 5 May 1232 , Raimond Beranger accorda aux Habitans;
n 31_~pé;;eem~~~~rd~: d''./!rles une éxemption génér~l~ de tous les péages qui fe _p~rce.v01ent dans fes Etats fur les nv1eres &amp; fur leurs bords. Pnvilége
auK Habitans
confirmé-par Louis Il. le premier Juillet 1 390,.. &amp; par Loui.s;III. le
J.l'Atles.
12 Septembre 1 39 9. C' eft le premier des titres, en vertu defquelS'
les Habitans d'Ar!es ne payent aucuns droits dans l'étendue de la.
I·
Provence, &amp; notamment au péage du Baron ( b·) établi fur le bras.
du petit Rhone, qui faifoit par conféquent partie des. Etats &amp; du:
·
Comté de Provence.
Janvier 123,i:, Reinaud de· Porcelet fit·
de
Ides
des
premier
Le
lij 4 •
Les péages, ports hommage à !'Archevêqu e d'Arles pour fes péages &amp; fa portion
1

1

&amp;

pêcheries du

Rhone aJ?partien"!

( a) Hill. du Lang. tom. 3 , rag. T9 I.

( b) Ai:chives. de ~'Hôtel de·Ville d'Arles-,-

�4f

.

-

.

-

:dans le port du Bourg'&amp;. pour fes p·êcheries aux Gras de Paffon &amp;
·
de Pannanides qui font des bouches du Rhone.

nent à la Proven:-

No. s.

ce.

12

par fcle traité- Le p ape34·renitue
~
. Nous avons .vî1. le Comtat Penai.ffin cédé· au Pape
de I 229. Il éto1t unpoilible que la Cour de Rome put con erver un le Comtat à la
Pays fur lequel elle n'avoit jamais eu l'ombre de droit. Si quelque Maifon de Toa--:
Puilfance eùt pu réclamer cette partie des Etats de la Maifon de loui.è~
Touloufe, c'eût été fans contredit le Roi de France, comme ayant
été ufurpés fur la Couronne par Bofon. Il paraît que !'Empereur
lui-même qui, depuis cette révolution, en avoit eu la fuzerainetéj
eC1t oublié fes droits. Les différends qui depuis plufieurs fiécles
avaient divifé l'Empire &amp; le Sacerdoce , avoi~nt confondu toutes
les idées , &amp; fait méconnaître les principes les plus certains. Le .
Roi de France au lieu de réclamer pour lui cette portion de fon-ancienDomaine, interpofa fes bons offices auprès de Gregoire IX. pour
l'engager à rendre à Raimond VII. cette partie de la Provence, que le·
mariage de la Princeife Emme avoit jadis portée dans la Maifon de:
Touloufe. Le Pape ne s'y détermina qu'en 1254 (a).
Baral des Baux rendit au mois de Janvier I 23 8 à Jean II l. Arche- Plnfi!~!sg·~éar~;;
vêque d'Arles hommage pour Trinquetaille &amp; fes dépendances ; du Rhone J i pcll'pcur tout ce qu'il poffédoit daas la Camargue par lüi-même ou par dans de h PrO'&gt;'
fes Valfaux' pour les ports de la Ville &amp; du Fauxbourg d'Arles,, vencNO' . '
9
"' "'
du petit Rhone, de Fourques, de S. Gilles, &amp; enfin pour les péages:
dont il jouiffoit fur le bord du Rhone à Arles.
Le même Jean III. plus attentif à la confervation des biens· de T"ra·i i/::'t~~ l'Ar;,·
fon Eglife, que convaincu de la néceffité d'exterminer un Prince' che vég~e d'Arles&gt;
C"om~c d~
accufé d'héréfie, n'eut aucun fcrupule de faire
1 avec lui m1' traité' T&amp; 0\1lel 0-Uie.,.
1e 3o May 1 24 t. Il par01t par cet aél:e que e Comte &amp; le Pi:élat' ·
avoient une égale envie de fe faire reftituer par les Rois de Franc~
ce que le traité de I 2 2 9 avoit donné à ceux-ci de l'ancienne dé ....
.f
pendance de la Provence, c'eft-à-dire Beaucaire, Argence &amp; leur
territoire. Le Comte fait à l'Archevêque pour ces. terres le même
Il'

A

. (a) Si Saint Louis- n'agi{foit pas en cette ·occafion d'une man iere conférme aux intérêts'
èe la Couronne , il en avoit reçu l'exemple d'e Con pere ; car Louis VIII. au Jieù d'ufer'
du droit qu'il avoir feul de juger avec les Pairs le Comte de Toulou{e fon Va!fal , , s'il étoito
prou;;~ qu'il eût contrevenu à quelque Loi des Fiefs, avoit levé une Armée peur fouteni-r;
le ~roi~ que la Cour de Rome s'arrogeoi~ de dépouiller les grands Vaflâux de la Couronne,,
&amp;-0e difpofer de leurs Etats. Il dt vnn que par une- fuite des contrndia:ions- de ces temsH Louis VIII. à l'exemple de.l'Hermite Pierre, avoit commenc.é cette Crnifade· contr'e }e 9,

Hérétique.s ~ar le Jiege . d'~ne Ville Catho!iqu~. Ce fu~ au retour de cette expédition , qu'i}:
!u~ ~tt,aque d m:1e mala·d1 · l;1quel.l.e les Med_ecrns ne virent d'.autre remede, que· de mettre"
a c~te du ~01_pendan~. \on for:imeil un~ v·une perfonne 21m&lt;_ble. Non, mafiile ,lui dir-

rn

Lows en . s eveillant' ) azme. W.. !tl!X mourn· q1.te de {1tu"/Jer 1;1 .~ ize par ?iT.' pech{ morrel .
mourut en. ~ffet Martyr. de fa chafleré: fon pere· iui avoi~ prédit q~1' il :ruiner-oit: fa fanté ~
t;ette expfdltlon , &amp;;. q.ue le Royauiuç.refü:r&lt;&gt;it au pouyoir: ~une' fe'm·me .SÇ~\!îl'· cnfanîir.

'

-

�46
hommage que · fes Prédéc'effeurs avoient fait autrefois à l'Eglife
d'Arles, &amp; Jean II J. promet au C6mte de l'aider, tant en faifant
une guerre vive en fa fave ur, que par tous les ~utres moyens tem...
pprels &amp; f pirituels, à rentrer dans cet ancien patrimoine de fa Mai~
fon : Promittentes vobis quod nos ad recuperationem &amp; confervationem

prœdiétorum Jeudorum cum roto pof[e nojlro vivam guerram facienifo
&amp; omnibus aliis modis quibus poterimus , juvabimus vos fpiritualiter &amp;
tr:mporaliter (a). Ce traité n'eut aucune fuite, il ne fert qu'à faire
voir des traces perpétuelles des droits de la Provence fur les terres
firuées à la rive occidentale du Rhone.

• . ffiion en. f:aveur de
' impre
·
Il eft peu de titres
p1us ·capabl es .cl e f:aire
la Provence, que le dénombrement des divers droits appartenans
du regiflre.
nt eft tiré
aux Comtes qui y regnoient; ce dénombreme
_
.
Turris de la Chambre des Comptes d'Aix , à la date de 1246 &amp;:.
N°, 10. 12) i. L'on y voit qu'un des principaux revènus de ce Prince font
l es péages ..fur le Rhone, tant à Tarafcon qu'à Beaucaire. Dans ce ,
dernier lieu le droit que payoit un Etranger étoit de fix deniers &amp; une obole, &amp; que fi l'homme eft de Tare.Jean ou de Beaucaire, il
e·ft éxempt du péage,, &amp; ne paye qùe-le droit nommé ufagium.
L'extrait contient enfuite la forme &amp; la maniere de percevoir le .
péage à Beaucaire &amp; à Tarafcon: on· y lit que l'homme qui paffe le
pont nouvellement conftruit, &amp; le repaire dans le même jour , ne
paye rien pour le retour, ce qui s'entend des Habitans de Beau-cai:re, de.Tarafcon &amp; d'autres lieux. L'on y voit auffi. que toutes _
les terres de l'Ifle de Lùffan fituée dans le Rhone au terroir de ·
Tarafcon , étoient foumifes envers le Domaine de Provence à d_es
.
cens en bled &amp; èn argent.·
it
accompagno
Tal)çlis que Charles d'Anjou Comte de Provmce
J,es principal.es
M
d
&amp;
Z
d'A·
V'll
l
·r.d ~s, es 1. es
l C ro1~a
d
S 1 . r f
ViilcsdeProvenr es , , _e ars'érigent en •. .ou~s lOn r~re ans es
çe
&amp;
faille s efforço1ent de fe fouftraire a fon obé1ifanc€ de s enger .en
Réri1b;jque~.
Républiques . De retour dans fes Etats en 1 2) 1 , Charles s'occupa
du foin de rentrer dans fes droits. Arles ne réfifra point .aux. pro
pofüions de paix que ce Prince lui fit faire; les conditions en furent .
rédigées. dans un aae qui nous reft.e , &amp; qui eft daté du dernioc _
Avril de çette année.
Par l'article 1 3 le Comte exempte les Habitans-d'Arles des péa...:
ges de la Trouille &amp; du Baron, l'un fitué fur le grand bras du Rhone;
&amp; l'autre fur le petit. Il confent dans l'article 19, que le droit
4

&amp; ap;
du
· uLesG· péages
R hone . faifoient
ccip:iltrecvdee/ l e pdnn
nn es om· s
Pr o,.,· nce .

4

(a.) Il n'eût plus manqué -à toutes les contradiétions que nous venons de remarquer ,
que de voir un Archevêque faire la guerre au Roi Très-Chrétien, pour l'obliger de refütuer:
' à un Hérétique les biens que l'EgliCe l\li. avoit fait perdre.

�47

'd'hémines impofé par les Citoyens pour mainten~r le pont' ceffe. du tour.

Quiconque a des péages [ur les d~ux bras ~"'un Fleuve, quiconque
n s
y eft maître du pont, do.1t .néceifairement 1 et~e du Fleu:ve;
e~tre s.
Trait/
.Arragon
d
Roi
le
&amp;
II s'éleva depuis des diffü::ul~és entre S. Lou_is
Succeifeur de Raimond, au fuJet de la Provence &amp; des différentes Louis &amp; le Roi
terres fur lefquelles les deux Rois avaient des prétentions. Ces d'Arragon for
.difficultés furent terminées par un traité du mois d'Aoôt 12) 8 fait ~~iaii~:~~~l~~:H.'•
à Barcelone : l'on y trouve encore une nouvelle preuve que la
Provence s'étendoit au-de·là du Rhone, &amp; que conféquemment ce:
F leuve n'avait pas ceifé d'en faire partie.
Le Roi d' Arragon dit : reddimus Franciœ ~ ; : : ; : • quidquicl

no bis juris competir vel quocumque caju feu ratio ne vel titulo po§et ad
nos vel hœredes &amp; fucceff ores noflros nùtu vel in futurum aliquatenus
devenire in Tolosd &amp; toto Comitatu Tolofœ &amp; fanBi Aigidii, ( Saint
Gilles) &amp; in terris Argen{zenfi (Argence) &amp; Venefini (V eneffin ) ac·
in totâ aliA terrti jurifdiElione ac .poteflate Raimundi quodam Comitür
· Tolofani. Bouch. tom. 2, pag. 27 '3.
La diftinél:ion quel' on fait dans ce traité entre tout ce qui dépenc.!
du Comté de Touloufe &amp; de S. Gilles, &amp; des Terres d'Argence &amp; le

Comtat, dén1ontre avec évidence que ces mêmes Terres exprimée~
féparément des autres contrées dépendantes de la fucceffion d'e Rai~·
mond, étoient étrangeres à fon Comté de Tou.loufe, &amp; ne pouvoient
dépendre que de la Provence ,&amp; en effet elles font accollées dans le:
traité avec le Comtat Ven.aij]in: il n'y a donc pas de douté qu'aloi·s; comme auparavant, cetteProvince ne renfermât leRhone,puif-.qu'elle ·poifédoit les deux rives du Fleuve, &amp;-que fi la fucce!Iion;
de Raimond fe fô.t partagée par ligne ou par Province, ce Fleuve·
n' eùt paifé aux héritiers maternels avec les terres fi tuées des· deux.
côtés, &amp; qui avoient été portées dans la Maifon de To"tt.loufe pat"
des héritiers des Comtes de Provence.
Au mois de Décembre 12)9, Baral" des Baux faft nommage· â· , ·r.z:..r,9\.
Autte homma~ëf
d 1·' c · h
·
b.iens qu ,.1
1
d'Arzes oes
"'
'A
l rc heveque
1 tient e UI a io1 &amp; ommage : dé lrr Maifon desi
Scilicet Cciflrum Trincatalîarium cum pertinentiis fùis &amp; portus:Civitatis: Bau" pour le!-1
&amp; Burgi Arelatis &amp; Rodaneto &amp; de Turris &amp; de fan[fo;/Egidio &amp;· Féages~lu R hone •.
pedagia fr ufatica omnia tam Civitatis &amp; Burgi Arelatis &amp; Trincata~ N •' J.-1.2~
liarum &amp;c. &amp; de Camargiis cum jùis tenentiis, &amp;c. V oil à encore une·
-fois le petit Rhone, les ports d~ Fou~ques , S. G}illes· &amp; leurs péages,
.au nombre des fonds &amp; des droits qm compofo1enda P-,:ovence ou l~
Comté d'Arles.
f,.·,9-..
Bertrand de A1alferrai fucceifeur immédiat de Jean dans I'Arcfievê'~~ ~ d(s~
Pr~tenti
·
.
,
d
f r ' r. · d ·
bl
)
(
l
'A
.c hé d . r es a , eue ians ome e ce ci:ue 1 arranfl_eme.nt ~ns erit.uc'· J.'Eg,1ir.e.' d;A.des.
,( à) Archives del H0tet de ViUe d'Arles•.

�·4 s

le Roi de France &amp; ]e Comte de Touloufè privoit fon Eglîfe.de fort
droit de fuz.eraineté fur Beaucaire &amp; fur Argence, s'en plaignit au
Pape Alexandre IP. .Gui Fuhodi , alors Evêque du Puy, qui fut
enfüite Pape fous le nom d~ Clement IV. fut chargé de folliciter
cette affaire à la Cour de S. Louis, où fe rendit auffi Guillaume Archi·
diacre d'Arles en qualité de Procur eur de fon Evêque. Il paroît que
celui-c i ne connoiffoit pas tous les moyens de faire réuffir fa demande; car il ne l'appuyait que fur l'inféodation faite le 30 de Jan·
vier 12 1) à Simon de Montfort par !'Archevêque Michel de Moriés.
Le Roi , fans contefl:er la validité de ce titre , faifoit feulement
valoir la lorigue poffeffion de fon pere , la fü:.mne propre , &amp; même
celle de Raimond VIL duquel il avoit acquis ces Fiefs par le traité
de Paris de 1229; ce dernier mo yen d'oppoGtion eft remarquable;
il .füppofe dans S. Louis la croyance que Raimond VII. avoir tenu
Beaucaire-&amp; Argence ou de fa Couronne ou en franc-aleu, &amp; la
· feule produCtion de l'hommage rendu par Raimond à !'Archevêque
Hugues Boardy le 2 1 Septembre _1 224, lui auroit prouvé le contrair_e, Le Roi ajoutoi t qu'il étoit plus naturel d'adjuger à fa Cou:ronn_e le Fief de Beaucaire fi.tué dans fon Royaum e que de le donner
à l'Eglife d'Arles fi.tuée dans l'Empire, quoiqu'il reconnût que le
- Dio.cèfe de cette Eglife s' étendoir jufques dans le Royaum e : cette
raifon, n'étant que de fimple convenance, ne prouve rien, &amp; le
principe fur lequel elle étoit fondée fe trouve détruit par tout ce
· que nous avons établi dans ce Mémoire.
re
d'Oétob
mois
au
tion
Sur ces difficultés on èlreffa une conven
J:2, ~ 9~
S.
Traité entre
France
12 } 9: elle portait , qu'attendu l'ufage où étaient les Rois de
Louis &amp; l'ArcheRois
eurs
Suc,ceff
fes
&amp;
Louis
(a),
vêque d 'Arl~s .au de ne faire hommage à perfonne
füjet de Beaucaire garderaient Beaucaire &amp; Argence francs de tout fervice féodal : que
~ Arg~11çe. .ces Fiefs fortans de leurs mains , le Poffeffeur feroit tenu d'en faire
hommage à !'Archevêque d'Arles ·; que le Roi feroit quitte du cens
_de cent marcs d'argent porté dans l'inféodatioll. paffée à Simon de
Montfor ,t , des arrérages de ces cens &amp; du fonds de fix cens marcs,
qui étaient encore dûs à l'Eglife d' drles en vertu du même titre, &amp;
qu!en dédommagement de la rente, il affigneroit à cette Eglife
Domaines
1 oo liv_. tournoi s de revenu annuel &amp; perpétu el fur les
·'de Beaucaire ou d'Argence. S. Louis ayant donné fes ordres en con·.
féquence , &amp; le même jour, à Geoffroy de Rouche Sénéchal de Beau..:
çaire, celui-.ci dès le 20 de Novembre fuivant affigna le~ 1 oo liv~

fur Feaucaire &amp;
A rgenq:.

(a) Il par-iît par ce traité que l'ufage où étoient les Rois de France de convertir en,inqui ne
'1emnité &amp; devoir féodal, efr plus ancien que ne l'a cru M, le Prélident Hainault ,
du
établi
déja
étoit
Il
o~.
1
x
anl\ée
Çhronol.
Abreg.
o:z.
3
en
Bel
0
1
le fixe que ~ous Philippe le

- iems de S41nt Lauzs.

fur

�~·9

· fur le péage de la Il;êm~ Vil!e. Le ~oi :atifia l'affig11ation au. moi~
·de May 1260, &amp; 1 Eghfe d Arles a JOUI de cette rente fans inter""'.
:ruption.
' 'l grat1'fié d' une fcomme qui' vau droit
• aUJOUr~
·
Saint Louis l'eut-1
'.d'hui (a) p_lus de i 8 O() livres , s'il eût cru fes prétentions mal
fondées ? Il n'y put être déterminé que par des motifs d'équité.
On en fera encore plus convâincu , fi on fait attention que .
ces conftitutions de rentes furent le. moyen dont il fe fervit ( b)
pour dédommager les Eglifes qui perdirent par le même traité de
·I 229 les droits çle fuzeraineté qu'elles avaient fur quelques-uns
&lt;les Fiefs de la Maifon de Touloufe; l'Eglife d'Arles fut même traitée
plus favorablement qu'aucune de ~elles de Languedoc; fes droits
ne furent ·que fufpendus, on les lui conferva au fonds , &amp; elle l~s
fit valoir avec fuccès pour le C~âteau de Fourques une des dépendances d'Argence que le Roi avoit aliéné , &amp; pour lequel elle
obligea ( c) le Seigneur à lui faire hommage le 20 Janvier 1620.
Le Languedoc ne peut pas non plus tirer le moindre avantage de
l'affigr:ation que donqa S.. Louis de cette penfion fur le produit d'un
péage du Rhone; c' étoit· un de ceux qui avoient été inféodés à la
Maifon de To.ùloufe &amp; au Comte de Montfort. Si S. Louis les pofféda
en franc-aleu, ce fut une condition perfonnelle à lui &amp; à fes Succeffeurs Rois de France. Comme elfe ne tire pas foa origine de la
nature du Domaine·, elle ne peut donner aucun nouv~au droit au
Languedoc fur le Rh.one.
r
6
Charles d'Anjou &amp; Beatrix fa femme font en 1260 un nouvel Aae: «î; pt!o-4
Atle de propriété fur les péages du Rhone ; car, par des Lettres- pdriéRcéh des péages
·
•U
on.e par le·
P.atentes·1'ls reprennent de Bertrand d' Almanon
une rente annue ll e C::omte
de Pro•
de 2000 fols, dont le précédent Comte lui avoit fait don en 124) , vence.
à prendre fur fon péage d'Arles, &amp; ils lui remettent en compen- N°~ I 3·
fation une Terre dite la Condamine Marfeilloife, fi tuée au territoire

d'Arles.

1163.

Un autre aae du dernier des Kalendes de May 126'3 annonce I!les duR!1orre
encore la propriété des Provençaux fur les Ifles du Rhone. Par ap~anen~ns a des
n.
Gui·zz aume de P orcel et d onne a' b ai'l emp h'it éotique
.
Seigneurs P.rlilcet A i....Le,
a' Ber- vençaux.
, trand-Jean tous les Stels &amp; !iles qui font &amp; feront ,dans .le lit du
N°, 1 ~
· Fleuve, à compter de l'Hle Sacriftane jufques aux Mers dites des
Rolands &amp; des Catalans,.
(a) Le marc d'argent, qui étoit alors au mêm~ titre qu'aujourd'hui, val oit r4liv. 1 fols9
Leblanc, monn. de France, pag. 17 l &amp; 315 , édu, d'Amll. A l'évaluer aujourd'hui à 10 liv
les 1 oo rn. d'alors vaudroient près de 18 p liv.
•
( b) Hi~. de La~gu, tom. 3, aux preuv. pag. 347~
( c) Saxzus Pontif. Arel, pag. 179_.
·

..
G

�.- -..
La~~~~~ dani

/

ro

t du droit exclufif
L'an nee füiv~mte il s'eft fait une enquête au fuje le Rhone jufques à
les. de pêcher feuls dans
1~ Rhone appar- qu'o nt les Habitans d'Ar
itan.s ont eu
ofen,.t que ces Hab
•
ftv~- la mer :• .. nombre de témoins y dép
tient excluHab1
vo1ent des étranment aux
ce Ôrô1t de tout tems , &amp; que lorfqu ils y trou
µns d'Arl es.
qui n'appartenait
N0, Ir~ ger s' ils les .empêchaient d'ufer d'une faculté
qu'à la Ville d'Arles.
les Habitans d'Arles
" Dans ce même fiécle &amp; dans les fuivans,
des Sentences renont été maintenus dans cette pêche çxclufive par rs de la Maifon
neu
dues par des Officiers de Provence : les Seig
Em phit éote , préfon
&amp;
cle Porcelet, Vaifale de l'Eglife d'Arles
n , pêcher entre les
tendoient .qu'on ne pou voit , fans leur permiffip
Pêcheurs ·d'Arles in-·
Ifles du Rhone qui leur appartenoient; les
enquête au mois.
téreifés à prouver le contraire , firent faire une lufif qu'avoient
t exc
.d'Août 126 4 de 88 Tém . tous dépofentdu droi
ues à la mer. · .
jufq
les Habitans d'Arles de pêcher dans le Rhone
lurent en 126 ) s'y:
Envain !'Archevêque &amp; Reinaudde Porcelet vou repliquerent par
rs
oppofer par une enquête contraire ; les Pêc heu des Sentences de
par
une (lutre de 127 6 (a) &amp; furent rüaintenus
rendues par lesOffi~
nt
fure
es
1~26, 142 1 &amp; ~122~ Ces Sentenc
ies condamnées tant
ciers de Provence. Croira-t-ou que des Part par les Seigneurs;
r
de fois n'euifent jamais tent é de fe faire aide
de prétendre , foit
t
droi
en
du Pays voîfin , s'ils les euifent cru
on ? L'o n n' eft pas:
à la pêche fur le Rhone , foit à la J urifdiaidéfe
ndre fes pré.t enens de
ordinair~riient fcrupuleux fur les moy
où leur viennent les.
tions , &amp; peu importe à des particuliers cl'
jugemens qui les favorifenr.
Maître dtr.,.
s voyons le Comte de· Provr.ence
1 66 •
D'u n autre côté nou
1 P. w
d
r.
· c~
•
.
Le omte e
• Rh one ( b ) , y f:aire payer en 126 6 une 1mpo11t10n iur e ie.1:
t
Prov ence met des peti
frere tiroit par ce Fleu ve du Duc hé de Nar
i~npôts fur le fel que Saint Louis fon
ntes au Pap e
A la véri té, le Roi de France en porta fes plai
e.
bonn
o~~
u~:;~re le:~
01
depuis le 6 Janvie:i;Clement I /7. ( auquel Charles d'.Anjozi avoit de Naples: &amp; de·
france-.
es
de la même année l'obligation des Couronn
du- Pape , monuSicile ( c ) ; ) mais à. en juger par les Lettres utoit pa·s à fon
difp
ment unique de la que rell e, Saint Louis ne
pofition av oit été
frere, la propriété du .Fleu ve fur lequel l'im
ance à tair e; il fe
étab lie, &amp; ce n'auroit pas été là une circonft
lle füt contraire aux
plaignoit feulement de la nouveauté, foit qu'e
(a) Archiv. de l'Hôt el de Ville d'Arles.
( b) Thef . Anecd. pag. 267.

•
.

e réputation du côté

fe jouiffoit de la plus grand
( c) Bouc he, tome i , page 277. Ce Ponti
préce demm ent fait fon Sécre taire. Jama is Papeit
de la probité &amp; d~ fça~oi_r. Saint Louis l'avo
une dot fi modique à iè"

de l'Egl ife ; il otfrn it
n'a· moins que lui ennch1 fa famille &lt;le• biens
îeufes ;. Il étoit né Fran çoih
Relig
filles , qu'ell~ fµrent obligées de fe faire

r

�'fr'

traité~ qui fubfi11oient entre les deux Etats'; eon11ne Clement

rJ7:

paroît rinfinuer' fait qu'elle ne s'acc~rclât pas :avec les bons pro-.
cédés qUi doivent regner en~re des v01fins , .&amp; furtout. ent~e deux
freres; nous ignorons la fuite de cette affaire : les H1ftonens de
Languedoc n'en orif pas dit ~n mot. I:e recueil .d'où ~!le e~ tii:ée
ne leur étoit cependant pas i~connu; .il. faut croire qu ils n en ont:
pas cru le détail favorable a leur op11110n.
.
. _.
s'éleva .en, 1267 une conteft~tion entre le~ Receve:irs .des Aa:~ 6fe~Jurir-1
&lt;lro1ts du Pom -d Arles &amp; les Supérieurs de la Ma1fon Hofp1tahere difüo n for le
.de Saint Gilles au nom de celle d' Auriffet &amp; de Saliés : cette COfü Rhone par les Ju•
c.
,.!"' Provence,
:teftauon
rut
.port ée devant l e J uge d'A rl es, &amp; dé c1·d,ee par une ges No
16
.Sentence du 7 des K:alendes d'Avrîl de la même ânnée. Cette piéce
• . 'I
· prouve, 1°. Que le Pont d'Arles appartenoit à la Ville &amp; non au
Languedoc. 2°. Que ·quand il furvenoit des conteftations fur le
;péage , les Habitans &amp; .poffédans biens du Languedoc eux-mêm~s
.convenoient que l~ Jurifdiél:ion en appartenoit aux Jug.es Provençaux. Voyons maintenant quelles fuites eût le Traité de Paris~
&amp; nos preuves vont fe multiplier.

. I!

Le cas prévu Î:ar ce traité arriva. Philippe le Hardi re..:
. •
,
· ,r,
~
,r;
cue11l1t en 1271 a fucceffion d AlphonJe, Comte de ToulouJe,
mari de Jeanne morte fans enfans (a). Cette fucceffion comprenoit
le Comté de Touloufe &amp; le C9mtat //enaiffin ou Marquifat de Pro-vence . . Ainfr Philippe Poffeffeur par le même traité de la Séné"".
chauffée de Beaucaire &amp; de la rive occidentale du Rhone·, fut mis
.par la fucceffion de Jeanne en poifeffion de la rive orientale dans la
partie qui .s'~tend depuis l'Ifere jufqu'à la Durance. Qui pouvoitlui
.difputer la propriété du Fleuve dans cet efpace d'un terrein dont il
poffédoit les deux bords? C'eft-1~ le titre incontefrable fur lequel
.eft fondée l'autorité que les Rois de France ont toujours exercée
dans la fuite fur le Rhone vis-à-vis Avignon &amp; le Comtat. Aucune
des ceffions faites depuis au Pape n'ont compris le Fleuve, &amp; il eft
refré à ,la Francë , par le principe certain que tout ce qui n' eft pas
&lt;léfigné dans une ceffion,. eft cenfé réfervé à celui qui l'a faite.
· Lors de l'ouverture de la fuccefEon de Jeanne, Grégoire X.
Pape regnant., prétendit avoir des droits fur le Marquifat de Pro2Jence ou Comté //enai.ffin, fans doute en conféquence du traité
de 1229; mais l'on vient de voir que Grégoire IX. avoit reftitué ce territoire à Raimond VII. Si quelqu•un pou voit fe croire lézé
jJJr la ~poffeffion de Philippe, c' étoit Charles d'Anjou , Comte de
(a) Ce Prince foivit Saint Louis à fon dtrnier voyage d'outre -mer , &amp; aida Philippe à
vaincre les Infideles: La mort le furprit en revenant de cette fainte &amp; inutile expédiüon.

Gij

h7r; "
Le R oifuccécle
au Ccmcat rar la
mort &lt;le Jeanne.

Prétentions du
P2pe fur le Com·

tat~

�j"z

fa:
Frcvencë; appellé à la -fucceffion du Marquifat cîe ce- nomentparque:
&amp; par le teftam
fubftitution portée au partage de 1L2
droits ;:
'Jeanne avoit fait en fa faveur .. L'on ne fçait s'il fit valoir fos
n dont·
mais la réclamation du Pape paroît avoir fait une irnpreffio
droits ;~
on fe ferait garanti fi l'o~ eût remonté à la fource de fes
Touloufe ,.
ils étoient puifés dans les malheurs de la Maifon de
voit ce:
caufés par les Papes eux-mêmes :.qwoiqu'il en; fofr, on
exerparT
,
Pontife en poffeffion.du. Com tat au mois d'Avril 1274
cice qui fe faifoit de la Juftice en fon nôm.
n qui fe fit de ce ter-· ·
A la vérit é, fon ne conn aît pas la ceffio
·1190.·
r
. iorte
· ue d e ces
·
b"L
r..
r..
s:
· l'u1age iu it:quent, JUge umq
• · e au p ape ; mais
La Ville à'Avi·
ntoir
le
gnon ct: ctée par
puifris,
comp
t
poin
fut
n~y
que le Fleu ve
lto1 au Comte de de quef tions , prou ve
e exercerent la J urifdi~ion. fur.la partie:··
Franc
de
.
Rois
que les feuls
Provence.
dépourvue ·
du Rhone le long du Pay_s cédé , &amp; que Sa Sain teté eft
va égale réfer
fe
e
de tout aél:e de po:ffeffion. Lli! Roi de Franc
Philippe:
ment la Ville d'Av igno n;. car au mois de Septembre 1290
.ence, ·
le Bel la céda à Charles II. Roi de Naples &amp; Com te de Pr.ov. diK
&amp;
l:
Anjol
d'
lequ el vena it de donner fa fille avec les· Com tés
rien.
'Maine à Charles, Comte. de Paloi-s, frere de Philippe ; mais dlL
riëté
pr.op
la·
n
ne peut faire conjeél:urer que par cette ceffio
aél:eRhone ait été cédée à Charles ; auffi ne conn ok-o n aucunexer- t
par lequ el il paroiffe que ce Prince ou fes fucc~ifeurs ayen
&amp;
nce;
cé quelque Jurifdill:ion fur ce Fleu ve au-deffus de la Dura
IL vend it,.
,quand la. Rein e ]éanne, arriere petit e fille de Ch-arle.s
ent //IL
Clem
comme nous le verro ns, la-Vi lle d'Avignon au Pape
édoit, &amp; le·
• elle ne put aliéber, en fa faveur que ce q,u'elle ·y p-off
parRhone ne lui: appartenant pas dans .cette parti e, elle ne put n ,,
raifo
conféquent le lui vendre : ainfi la Provence foutient avec
ni poffef.;
fans craindre de nuire à fes droit s, que le Pape n'a ni titre
Comtat •.
du
fion pour s'arroger le moîhdre droit fürle Fleu ve le long
ap-·
Il eft fenfible que ce n'étoit poin t parce que le Languedoc
du
e
parti
la
fur
parten9it aux Rois de _France , qu'.ils regnoient
t· repris ~
. Rhone qui eft entre l'lfere.&amp; la Durance ; mais comme ayan doit ~
_ dépen
la poffeffion d'une partie de la Provence dont ·ce Fleuve
ns q_u'ils:
originairement,&amp; qui n'a voit pas été compris dans les c.effio
.
avoient faites des Pays fitués à la rive orientale_
con-une
ut
Envain les Hiftoriens de Lttnguedoc tirent-ils parto
pofté-:.
du fion générale de ces faits particuliers~. Les .événemens
ffeurs;;
poffe
es
Princ
rieurs devaient les forcer à reconnoître que·ces
bord., ne;
depuis 127 I de cette partie du Rhone' de Fun à'.· l'autr e
is la Duz.l'ont poin t été de la par~ie inférieure? c'eft-à-dire ' · de.eu

s,

'&amp;

�rance

~

l/ q~1i

réla!i~ ~e c~nton

j·urqnes la ni.er ! .tout
eft
à'.
là ;
prouve qu'il faut néceffa1rement faire cette d1ftméhon 1mportan:..
te &amp; de laquelle dépend le fort de la conteftation.
N'étoit-ce ·pas en effet coQJme maî~re de cette portion·du Fleuve· 1 , 1 1n1 s ~.
d·
'1.
l es J• d'A nJOU
. , C omte de p rovence ( ÇZ ).· cédé par
. e Bertra
n .
&amp;. de fes Hles ,. que Cnar
un Comdonna au mois de Juillet 1282 à Roftain de Gantelme l'Hle Ber- te de ~rovence.
rrand', fi.tuée dàns la Jurifdiélion de Boulben·, Comté de Provence?
Arrêt du Confeil du 8 Mai r69 r , pag. 4.
· Les Habitans d'Arles fe plaignirent au même Prince de quel;_as·3. . .
·
'"l
Ir.
·
é
d
B
D
C
Ali{es de ]tin!~· .
ques véxat10ns qu 1 s euuyerent au p age u aron. · es om-· diétion for le fl eu ....
rniffaires furent nommés. Le Sénéchal de Provence ordonna en ve par lès Ofli-conféquence le 13 Janv1ei: r-28-3 au Viguier &amp; au Péager de · ciersùProvchoe ...
Tarafcon de laîffer jottit. les:Habitansd'Arles de la franchife géné-rale ftipulée dans leurs conventions : à pedagiis Albaroni &amp; Sanéfr
Gabrielis pro Jale , pifi:ibus, five pro aliis, &amp;c. ( b·).
.
La Ville d'Arles continua de jouir des pêcheries du Rhone au'
n~?: . .
pâti de Regourdas &amp; à l'If1e de I:oubar-és ; ce qui réfulte de. qemt fu~~~·Rb~~bee~;~
Enquêtes de 128 I &amp; 12 8 6, faites pardevant des Juges de Pro~ · partienn·erw :l la&gt;
21ence contre les Va!faux de fa Maifon de Porcelet _&amp; par des Ju-- Ville,. d?Afü~s.
gemens des Commiffaires. du Domaine, des· 12, Mars- 1667 &amp; 10-· •
J,uillet 1 670~
Nous rvoyons · d'a11tres a-tl:es pareils· d·e, Jùrifditl:fon dans une
r~7 o-~.. ,
Com:r.niffion du 1 8 Juin 1298 du Sénéchal de Provence, adreffée. ~~:~res:aBes1 œtJ:o·
' 1on
r.
L"reutenant a' rr
,r,
r. ·r. 1 F.· f cl B lb
a·
.L ara;c01i , .pour: ialllr- e
· 1e · e ou on &amp; 1es~ Juriichéh&lt;rl'I. ·
Hles de Mefoargues &amp; de Bf!rtrav1d.· Les Seigneurs de ces IDes"
étoient prêts d'. erJ'.. venir a\lx· àrmes à l'occafion des contefüttforts '
que leur poffefiion indivife avoit occafionnées entr'èux' :·: ort ne'"
trouva d'autre expédient que de faire féqueftrer· &amp; mettre fous ' la~
main du Prince les revenus , &amp; cette proeédùre fe fit p,ar- l'auto.;,.rité des Officiers de ProvenuB &amp; au B01n du Comte; ..
. Le 1'3 des Kalendes de Mars 1297·, Bertrand de · Potcelêrre:..~
r%'? 1&gt; ,.,
mmvelle. en faveurp des freres Jean le bail.des'lfles &amp; Anels qui font~ 1 C0 n1 c.eRfiil ons~'d'Ï,f...:
,(f,
,
.
J•
. . •. es &lt;.u 1onc par;.;
proche 1e Gras de- a.JJon, c eft une des bouches' du Rhone, &amp; qui la.~o... ertee;~.
feront à 1' avenir depuis l'Ifle Sacriflane jufques' aux mers· de Roz;.,.. J&gt;r 0 . , 1?7P'
llu:zds &amp; de Catalans~ Le Rhone cominuoit donc:' d'a.epartenir a:ux;:;.
4

,

(a) C'eft celui qui s'étoit en.ga.~é .à fé b~ttre· err duel avec li Roi d'Arrag.on pou.r l e'!
Royaume de N aples&lt; Bordeaux devolt'e tre le lieu du·co·mb'at. L'a c'Ondùlte dé's deux Princei -'
fu ·connohre tome l'imprudence de· pareils cartels. ·CharleS"z,.rri'va tfop-télt ·au. renJe?,-VOlts'',.,
&amp; ~en retourna fu~ l e champ ·, fous prétexte que fon ennemj n'étoit pas eqcore arrivé-,
R01 d' Arr~g~n: arriva trop-tard &amp; ·repardt, par la raif~n que fôn Rival · n'y éioit plus. Ro 1r.e-:
a:nathé maufo1t ces combats •.Lcs ETcques les permetto1ent').&amp; les Farlemer.des. cmlGmroisnt::
q-µelquefois. ?n ne r~at~quoit ·pas. de fe,confeffer 8i de communier p,.our fe'pJ.épJlrer~ay, ·me.1.mt~,..
(.p). Arch1v •. de. l Hotel-de Ville d Arles.-

L;...:

�·1+

Ifles nées
Provençaux ; pu ifqu'ils donnaient à ·nouveau ban: les
&amp; à naître dans fon lit.
Jurif~
Le Pont . d'Arles appartenant à la Vill e, étoit fous la l'o~
~u?S: ·
; c'eft à fes Officiers que é
ad101P1 des diaio n des Comtes de _Provence·
•c. a' cont n'b uer aux r pa~
Ju11s
1
·
bl'
OffiJu~iîdi
c1ers e ro- s' adreifa en 129 8 , pour o iger es
Pont
furie
vence
.
•
rations.
.
&lt;l'Arle~.
ere fur cette véri té'
Mais un aae qui jette.la plus grandeblumi
NH. ~ 8.
d'A rzes &amp; c~ux de
·
1 H
L es ab1tans de , ft l
a tranfcaa·1011. paifrce entre es . a 1tans
Fourq uesyp aient ce
Jets du
Fourques le 9 Avn l 129 9. Les ~H~b1tans de Fourques, fu
les droits. .
ou Gouverneur j
N°. 1$.' . Roi de France (a) autorifés par "leur Châtelain
ce Pont
tranfigerent fur les droits qu'ils devaient payer fur
t de
men
qui appartenoit à la Ville d'Arles~ &amp; fe fournirent au Juge
en
la Cou r d'Arles , en cas que quelques-uns d'eux fuifent pris
contravention .aux conventions faites.
e ap..;:
Paroîtra-t-il dout eux apîès cel_a que le Pont fur le Rhon
Offi ...
fes
ce,
Fran
partienne à cette Ville ? Les Sujets du Roi de
s, ne con·
&lt;:iers-mêmes, toujours fi attentifs .à étendre leurs droit
uelles
teftoient rien .à ce fu jet, &amp; convenaient que les affaires auxq
de la
n
iEtio
cette poifeffion donn ait lieu , étoient de là J urifd
Cou r d'Arles &amp; du Comte de Provence.
Juge s
Combien de Sentences de confifcation prononcées par les
barques
·d'Arles en faveur de la Ville &amp; du Pont , au fujet des
, ou romqui, en defcendant le·Rhone , endommageaient le Po~1t
t à des
Eoient la corde du bac ! Ces barques appartenaient tantô
b) tantô t
Prov ença ux, tantô t à des Sujets du Roi de France (
fur l'anes
fondé
même à des Etrangers. To~tes ces Sentences font
1388 , &amp;c.
cien ufag e, &amp; font de 1302 , 13)4 ; 1371 , IJ82 , 1384,
iers de
Offic
les
par
V:oilà donc nombre de Jugemens portés
cette
Provence fur les délits commis au milieu du Rhone. Si dans
Sujets ,
partie ce Fleu ve e6t appartenu au Roi de Fran ce, fes
ner la
.c eux des Princes étrangers auroient-ils manqué de décli
e ils fai,..
Jurifdiélion de Provence? Se feroient-ils rédu its, comm
qui leur
e
foient, fait à demander grace , foit à contefter l'ufag
étoit prouvé fur le champ {
à l' ArLa vente faite le 1 3 Aoû t 1 3oo par Bertrand des Bauxencore à
11 00:
te
ou
eau de Trinquetaille , aJ·
Ceffio n dos dr&amp;îts ,chevêque d'Arles du Chât
fo r le Rhone à
céde .au Préla t tous les droits qu'il
l' E"lite d'Arles ces preuves. Le vendeur y
à la tête du Pont d'Arles fur le Rhone j
pa r" Berrrand -des av oit coutume de percevoir
FJ euve , dans le terriroirq
"
d
Baux.
&amp; dans 1e~ autres Ports u meme
No~ ~O...
.(a) Archives de l'Hôtel de Ville d'Arles•
.(li) lbJd• .

�~~-

&amp;;;; ,

üe cette Ville, ·&amp; les peages de Fourques

ex.

.

au petit Rhone, ainli

que les IDes qu'il avoit dans la riviere , &amp; les fonds qu'il poiré'
.
·
.d oit dans la Camargue.
re·
d~Oaob
mois
au
faite
vente
autre
d'une
Il en eft de même
fuivant . par le même Seigne ur de Baux à }'Arche vêque d'Arle5:
des péages qu'il avoir droit de recevoi r fur le rivage de la Ville
&amp; des fauxbourgs.

ET AT
p

DU

No.. 21 ;

RH 0 N ' E

E N D A NT L E QU AT 0 R Z 1 E M E

SI È C L E.

remarquable par le T !5,?t.;
Le commencement d~ ce fi.écle eft furtout
ra1te füt' fé-lti
&amp; 1 . d ". ·z
r
d
.
R
1
.
c. • .
fi
.
,
.
traite qm ut ia1t en 1302 entre e 01 e crance ce m e o.JZCZ e fels entre re RoiComte ~ Provence' pour le tirage des fels du Rhone: cet aae d~ Franc~ &amp; . le!
folemnel renouv ellé &amp; exécuté par les fucceffeurs de nos Rois C:omte de' Pro-:
jufques à la réunion de la Provence à la Couron ne ' doit mettre à venNO' '12
"· ~
jamais la Provence à l'abri çles prétent ions du Languedoc fur le
·
.
Rho.ne &amp; fur fes Ifles.
ces, de mettre
Puiffan
deux
des
ge
l'avanta
Il fut propof é, pour
it dans le voi-·
poffé&lt;Jo
en commun les falins que chacun e d'elles
finage du Rhone. Philippe le Bel, par des lettres datées de Paris
au mois de Janvier 130.1 , nomma Jean d'Arreb:lay , Séi.1échal
de Beaucaire &amp; Bic ho-Guidi Chevaliers pour traiter avec les Dé~
putés de Charles Il. Roi ,de Sicile, Comte de Provence, qui furent
Renaud de Le[fo •••. • Sénéch al de Provence, &amp; Bonnacurft de
LeBo, Receve ur du Fife ..••. les pouvoirs qui leur furent don""
nés font du ) &amp; du 6 Décem bre 1 3o I.
_ Ces Miniftres examinerent les falins refpeéHfs fit?és à deux lieue!;
du Rhone de part &amp; cl'autre , &amp; après un mûr examen , ils décla~
rerent deux fois dans le préamb ule &amp; dans le premier artkle du
traité que , les falins du Roi de Fran.ee étaient fitués à la droite
du Rhone, que la Sénéchauffée de Beaucaire ne s) étenda it que le
long du même bord, &amp; qu' ou rie les falins que le Comte de
Provence avoit à la gauche du Rhone , il en poffédoit dans quel~
sues unes des Ifles qu'il forme , &amp; qui font dites faire partie du.
.Comté de Provence .. ,S:alinis in Comiratu Provenciœ tam in lnfulis ,
feu irifra lnfulas in. Flumine Rhodani conjlitutas., quàm cir.cà &amp; ulti:à.

Rhodanum.

r

•

Ainfi voilà Ia Pro-Pence: en poiTeffion de la 15arcie mf6re~

�' 56
'du Rhone &amp; des Ifies ; de 1'.aveu même de la feule Puiffance qui
.
..
•
pouvoit les lui difputer.
· Le préambule porte auffi que le traité av01t pour obJet de met
· tre fin aux difcuflions que la navigation du Rhone, &amp; furtout le
tran(port du fel occafionnoit fouvent ·entre les Sujets des deux
P1inces.
Il fut arrêté qu'aucune partie ne pourroit t~nfpm:ter par.le Rhone
ni par terre, deux lieues à la ronde, une plus grande quantité de fel
que l'autre, ni le vendre à un prix différent: défenfes faites à tous
les Sujets refpeaifs d'y contrevenir, fous peine· de la confifcation
de leur fel &amp; voitures, ou fous plus grande punition fi les deux
Sénéchaux le jugeoient convenable. La confifcation devoit être
au profit du Souverain, fur les terres duquel elle auroit été faite' ·
&amp; devoit être partagée également entr'eux, lorfque la contraven-.
tion feroit commife dans la partie du Rhone le long de la Provence:,
la raifon qui rendoit l'amende commune €n ce cas, étoit l'incertitu...
de où l'on auroit pu fe trouver for la deftination des fels confifqués ;
car étant une fois fur le Fleuve, il auroit été aifé de le répandre
également dans les .deux Etats.
On convient également que ce traité ne porterait aucun pré..;
judice aux droits.de péages &amp;autres accoutumés d'être perçlls par
les Parties ou par d'autres: nouvel aveu de la part du Roi de France
&amp; defes Officiers de la légitimité des péages établis longtems avant
à Tarafçon)à Arles &amp; au Baron poifédés par les Comtes de Provence.
Cette reconnoiifance formelle opére le même effet pour les
péages de Trinq~etaille &amp; de Fourques, qui avoient appartenu penNo.. "-2 3; , dant longtems au~ Vaffaux de l'Eglife d'Arles, &amp; qui venoient
d'être réunis à cette Eglife par l'Archevêque Roflagnus Capra, par
un aae du 9 Juillet &amp; 2) Septembre I 300. Depuis Gette époque
Je Bac de Fourques a toujours été poffédé par l'Archevêque d'Arles,
&amp; à l'égard di;! Trinquetaille il fut vendu à la Ville le 7 Septem"".
,
bre 1579.
L'on voit d'ailleurs par les extraits de pfofteurs Sentences déli_.
vré:s ~n 1 301 que les Officiers d'Arles avaient la Jurifdiaion fur
Je Pont &amp; condamnoient ceux qui dans leurs ventes s' étoient fe,rvis
d'autres mefures que de celles du P.ont pour frauder le péage.
·Malgré le traité fait par les deux Rois fur le fel, les 0 fficiers
1 ~o.;.
'Premiere eatre- de Beaucaire clonnerent quelques inquiétu.qes en 13 o) à ceux .du
~~ife r~~ 1~~~~~; Comte de Proven.ce. ~'eft à cette o.ccafion que les Hiftorjens de Lan..~
·
rt&gt;ft ée fans effet. guedoc ( a ) racontent le fait fuivant :
4

N°.z.1.&amp;2('.
1_
~

(al

~ome

1, pa~e

JH~

-

»Philippe

�~1

)&gt;Philippe le Bel, difent-ils, prétendit étendre fa fouverainete fur
'.))le Rhone d'un bord à l'autre, &amp; parconféquent fur toutes les Hies
)) de ce Fleuve((. (L'on voit combien cette prétention fuggérée par
les . Officiers de Lanauedoc étoît contraire aux reconnoilfances for:..
.melles portées par l~s précedens traités ) • » C' eft ce qui paroît en
&gt;J particulier par le différend qui s'éleva~ la
l'année 1 3o) en&gt;J tre le Sénéchal de Prouence pour le R01 de s_zczle, &amp;·Be'.trand Jour~ ·
&gt;) dain de Lille, Senéchal de Beaucaire, au fuJet de l'Ifle Bertrand,
&gt;J fituée auprès d'Arramon dans le Diocèfe d'Ufes. Le Bailli Royal
&gt;J d~Arramon avoit exercé fa Jurifdiél:ion fur Jacques Gaufcelin, fil•
» de Roftaing Gaufcelin, Chevalier Seigneur dé cette Ifle &amp; de Roma~
&gt;J rin. Le Sénéchal de Provence écrivit ~ celui de Beaucaire, pour
»--engager le Bailli à fufpendre fes pourfuites: inais Raoul de Courts
&gt;Y]umaux, Juge-Mage de la Sénéchaulfée de Beaucaire, lui ayant
»répondu que cette Ifle étant du Royaume de France, apparterioit
11 parconféquent à la Jurifdiél:ion du Roi, le Bailli d'Arramon n'a-:
» voit fait qu~ fon devoir.Les Officiers du Comte de Provence eurent
» alors recours aux voyes de fait ; mais ils convinrent enfip au mois
» de Juin 1306 avec ceux de la Sénéchaulfée de Beaucaire de don&gt;) ner main-levée des chofes fai!ies DE PART ET n'A.UTRE jufqu'à l'ar» rivée du Seigneur de Lille Sénéchal de Beaucaire, qui devait avoir
&gt;) à ce fujet une conférence avec le Sénéchal de Provence.
1°. Il dl: vîfible que cette conteftation ne fut élevée que par l'am-. .Réf: ration :!es
•
· des Qffi c1ers
• de Beaucazre
· , &amp; que l e R 0111
• •eut
· pomt
. f:ait
. d e cette
H1ftonens de
b mon
Province..
lui-même cette difficulté fi contraire au traité qu'il avoit palfé
quatre ans auparavant avec le Comte de Provence fur le fel. .
2 °. Par la ~açon même dont s'expliquent les Avocats du Languedoc, il n'eft pas équivoque que les Officiers de Provence n' euffenf
raifon au fond. Ce ne fut que fans préjudicier-à leurs droits qu'ils
donnerent une main-levée provifoire &amp; en attendant que le fond fût
jugé: on ne peut même rien conclure de 'cette main-levée' puif-'
qu'elle fut refpeBive &amp; embraffoit les chofes faiji..es de part &amp; d'autrè. 3°. La füuation de cette IDe Bertrand prouve elle-m~me de plus
en plus les clroits des Comtes de Provence fur le Rhone d'un bord à
l'autré; car les Officiers de Beaucaire ·fe foridoient feulemei1t fur ce
- que cette Ifle ·n'en étoit plus une ; mais fe trou voit jointe à l.a terre~
ferme du côté .du Languedoc: circonfl:ance décifive que les Hifl:o-~
riens que nous refutons fuppriment avec prudence, mais qui eft
rapportée dans le- procès-verbal fait en 1307 par les Çomn1ilfaires
des deux Rois ( a )!.
·

fo: ?e

(a)

L'indication mariinale que les mêmes Au.teurs ont miü.': à ~et artir!e ell: remar•

.

H

,

�'8
.
J
qu'on leur oppofe les
peu
fi
nent
craig
Les Procureurs du pa.ys
iifaires , -qu'ils en
Comm
bpérations qui furent faites alors par ces
celui
rappo rtent eux-mêmes les procès-ve,!:baux. L'on 'verra dans
que
qu'on a déjà cité, que les.Officiers de Languedoc s'appercevant
s,
droit
leurs
de
les deux Cours voulo ient faire informer exaél:ement
con+
fe repentirent d"avoir pouifé les chofes à un point qui alloit faire
lit
on
quand
r
doute
oit
âamner leurs -prétentions. L'on n'en fçaur
oit p~rnr le
tout~s les tergiverfations de celui d,'entr'eux qui ftipul
qu'il
Roi de France .. A chaque pas, ce font nouvelles difficultés
empê
pour
propofe ~ nouveaux délais qu'il dema1'l'de , &amp; toujours
procher le Roi de Sicile &lt;le faire fes preuves, &amp; lesCommiifaires de
céder.
te de
. L'on n' eo voit pas moins par le dire de l'Avoc at du Com
Provence que fon maître étoit Souverain de l'Hle de Boulbon &amp; de
n;
fes dépen dance s, de tout le terro ir deTarafcon &amp; de l'Hle de LuJTa
Noqu'il I' étoit également de l'Hle appellée St el dans le territoire
..
quel
fait
t
voien
a
y
tre-Dame de la Mer, &amp; que fi jamais lés François
qu'il
ques. aél:es de Juftic e, ce ne pouvoit être que furtivement ainfi
réfulte d'une Enqu ête faite en 1306 .
j
Mais ce qui ne. laiffe aucun doute fur les droits de la Provence
if... ~
c' eft la façon dont Philipe le Bels' exprime lui-même dans la comm
fion qu'il adreife fur cette affaire à !'Evê que de Nevers.
de
Il paroî t par les ~ermes de cette commi.ffion, que les Comtes
~hil_ippe le Bel
tems-là des droits non feulement
lui-men;e reg.irde Provence avoient encore dans ce
· · s l,ltU é S au- del'a dU
r. cl es terrem
·
Rl
r. l es IfI es d U
for le iur
droits comme
fe~
zone, mais encore iur
Fleuve
Mandantes vobisnihifominus ut de Jure
très - problémati- Fleuv e du côté du .Languedoc.

.

ques.

'

quod idem Rex Sicili~ afferit Je habere in quibufdam aliis iocis citrà
mili· Rhod anum exi.ftentibus, cùm videantur &amp; debeant ad nos verèfi
fe
fuppo
l'on
que
e
. ter pertinere. Eft-c e-là l~ langa-ge d'un Princ
de
Roi
être certain de fa fouveraineté fur le Rhone ?Il avoue que ·le
du
- Sicile fon voifin lui c9ptefte jufqu'au terrein qui borde le Rhone
vraila
par
côté de la France : &amp; il ne combat cette préte ntion que
e
femblance vàèfimiliter que ces terreins lui appartiennent comm

fitués de fon côté.
Le procédé de ce même Prince ~e feroit pas moins extraordinaire
du
en le voyant nommer des Commiifaires poür examiner avec ceux
FZu·
Roi de Sicile auquel des deu~ appartiennent les !iles fituées in

'

d'un bord à l'autre. N'auro itq.uable , la voici: Le Roi exace fon "'autorité fur . le Rhone
jamais perdre èe vC1ë ~
devroit
ne
en
il pa.s _été plus .conforme à la bonne foi, qu'un Hifiori
lion fur le Rhone,
JuriJdié
la
pour
iioc
Langue
du
s
Officier
des
e
de dire : Premzere tentativ
•

2ui leur ejt con{ejlée par ceux d:: Provence.

.

.

�19

-

mine Rhodani inter terram noflram .&amp; rerram magnifiâ Principis Rd·
berti, Dei gratiâ ]er~falem &amp; Siciliœ Regis.' &amp;c. de quibus dicituf i~z
dubium revocari , utrum ad nos , vel ad diétum Regem debeant perti,nere ••••• reddentes lnfulas fuprà diétas illi ad quem ipfas per in_quiji:...
. ._ '
._
tionem prœdiElam vos ambo '!overitis pertine~e.

Quelle différence entre le langage du Roi &amp; ~elm des H1fto:1eris
'de Languedoc ! Quand ce Prince parle de fes dro1ts,ce n' eft tou JOurs·
que par des doutes &amp; comme de prétentions problématiques ; .c'e~
qu'il n'avoit pas , comme eux, de fyftêrpe à P.rouver., S1 les
droits de la France fur le Rhone eufferrt été auŒ certams que ces Au".'
teurs le prétenden~, cette Cour d1t-elle confenti à les met.t re eh
queftion &amp; à les foumettre à des Cornmiffaires refpeaifs ? Elle eût
tranché, comme elle l'a fait depuis avec le Pape, qui nl'a yant rii
titre, ni poffeffion fur le Rhone, avoit demandé de nommer des
Çommiffaires pour examiner avec c~ux du Roi les p'r étentioni
L'Tlle de Stcl
qu'il avoit fur le Rhone, &amp; auquel on l'a refufé.
apparteprouvée
de
Comte
du
l'enquête
,
Stel
de
l'Hle
de
propriété
la
de
égard
Al'
·
nir à la Provence,
Provence n'en étoit pas moins concluante. L'on ne fe çontenta pas d'y
faire entendre des témoins Provençaux, l'on en -prit plufieurs parmi
. les propres fujets du Roi, &amp; tous.dépofent unanimement que cette
Ifle,depuis qu'elle eft formée, a toujours appartenu au Comte qui y
percevoir feul les droits de naufrage &amp; ceux fur les alofes qu'on pêchoit dans les deux bras du Rhone qui la formoient : que les Provençaux y avoient le droit de pêche exclufif; &amp; que quand les François
.voulüient pêcher on les chaffoit &amp; on enlevoit leurs mets : que
quand Bermond d'Uses vendit à la France le·Heu de Peccais, il ne le
vendit que jufques au bord du rivage &amp; non au-delà; enfi.~1 ·, qu'un
François ayant été excédé dë coups dans cette IDe par un Proven.çal, qu'il avoit ci-devant battu, le François porta fa plainte dans
Témoignageaules Tribùnaux 'de Provence, comme Juges du délit.
io1.1;e d'.un auAuteur ten&gt;
à toutes· ces preuves le propre témoignaÎie d'un
Ajoutons
tre H1fionen du
, ,
.
conanguedôc
l.
Benediéfins.
es
que
Pays
fon
pour
Languedocien, moms prévenu
V ai·
Dom
à
C' eft l'Hiftorien de la Ville de Nifmes, oage 4 39 ; après avoir tr;!ire
fette.
d
1
b
f
l"
d
.
ren du compte de ce qm onna ieu au proces-ver a ont nous venons de parler, il ajoute:&gt;) CJétoit là le commencement d'une que)) relle qui pouvoir caufer de vi•1es brouilleries eritre le Roi de
&gt;) France &amp; celui de Sicile. La décifion é~oit entiérernent inhérante à
» celle fur la queflion de la fouyeFaineté du Rhone : queftion qui
&gt;&gt; dâns la fuite , eft devenue i1wrile par la réunion des Province~ nié)) ridionales -de France à la Couronne; mais qui étoit alors très~ férieufe, d'autant plus qu'il n'eft pas aufli certain, gueJe prétend
Hij

�6'o

»un moder ne; (Dom Paifette, Hiftorien de Langu edoc, tom.+
» pag. 47 8) , » que la fouveraineté &amp; la propriété fur le Rhone d'un
&gt;)bord à l'autre ,. QUANT A LA PROVENCE, ayent toujours apparte)) nues à nos Rois à raifon de la poffeffion du Languedoc : divers· mo)) numens du tems dont le détail n' eft pas de mon fu jet' fourniffent
» de fortes preuves du contraire.
Cet Auteur judicie ux, non-feulement fçait apprécier les droits
.·du Languedoc en généra l; mais encore il a l'attention ·de les reftraindre dans des bornes particulieres ·relativèment à la Provence•
.Il a découvert &amp; évité le faux raifonnement des BénédiEtins , qui
concluent toujou~s des droits du Roi contre le Comta t , à les
étendre vis-à-vis de la Provence. L'Hift orien de Ni111es, en recon~
noiffant ces droits du Languedoc partou t ailleurs , les dénie quant
à la Provence .
Il en fut de cette prerniere entreprife comme de celles dont
•
~
}
r
.
4
rendre compte. Les Offi,Eail_ a ferr;ie de · nous aurons occafion dans la fuite de
•
r-.
·
r
'
du L anguedoc· .n 01eren~ nen ialfe · d/.~CI"d er, &amp; " 1es C on:tes
•
du
la Se1gne1: ne
Baren . fait pa r.la c1ers
les memes droits ;~ou_r des Ayaes de Provence ne cefferent pomt de .poffeder
c'eft ce que les titres fuivans vont manifefter , &amp; entr'autres
d
26
un bail à ferme fait le 1 3 JuiJlet 1 3 I f , par la Chambre des
·•
•
Comptes d'Aix, _de la Terre &amp; Seigneurie du Baron,. au profit
.du Domaine du Comte , à la referve des droits de péage , de
gabelle &amp; des robines ou dérivations du petit Rhone, dont il y
·
,
avoit un arrente~ent particulierr
C ette SeigneuIl ne fera même pas indifférent de remarquer, ·que ce Château
rie étoit un Fort
Fort que les Comtes de Provence avoient fur le petit Rhone·,
.ciue les Comtes de étoit un
ces Princes
Provenc e avoient le bail le prouve ; circonftance qui fait voir que
fur le petitRho ne. avoient fans difficulté la fouveraineté ·dans cette brànche de Fleuve
attenante au La7J.guedoc. La France les auroit~eUe laiffé maîtres de
ce Fort , fi elle eût eu quelque droit fur cette portio n de la riviere ?
La même Chambre des Comptes d'Aix fit un autre aél:e de Jul 3l T •
Autre bail fait rifdiétion fur le Fleuv e, par l'adjudication folemnelle qu'elle fit
pm la memeCour
le 12 Janvier I 321 , du bail de tous les revenus des riv~ges du
,c:les péages du
Rh on e.
Rhone qui compr enoien t, pedagium Tarafconis, gabella civitatis AreN°. 27.
latis, prifcariarum Panarefzs Canadelli, Lonœ longœ Vernale.fii, Jeudi
Sabloni J Manicœ Baufenguœ robinarum gabella maris &amp; alia jura
Tedditus. Ainfi les ports, la pêche , les péage s, les gabell es, tout
·
. appartenoit au même Maître.
En 13 24 le Roi Robert fit l'aéte de fouveraineté le moins équr·
1
r.
lp4·
de fix· deniersLe Comte de voque JUr e Rhone, en établiffant uri nouveau péage
it d'A!les .) &amp; en ordoùnant.
Provence établit :par charge fur tout le poiffon qui fortiro

ANo

/

-----~-~- ~

�([{

que toùt ce1u1 qu1 feroit pris foi~ dans la mer ' _foit cfan~ les u~ nouveat: p~a­
étangs ~u dans le Rhone, fer,oit obligé. de pa~er par cet_te V ill~, g ·No. s..
2
pour éviter lt;s fraudes que 1 on pourro1t faire a ce nouveau droit.
Les Lettres-Pate ntes font du 7 Mars.
1317,
Les Officiers du Languedoc ne perdant point de vue lep1a~: qui' ls :t:J ouvellt&gt;
entres'étoi.ent formé d'~nticiper fur. les.terres de la Prov~nce, s'av1ferent ~~~e r~~ ti; ~uâ~~
de faire a Beaucaire des pubhcat10ns &amp; procl~mat10ns concernant Lubi~res. 1
l'IDe de Lubieres._Ils ordonnoient par ces aaes que tout Proprié-N °. 2'9 .,.
taire qui poifédoit des fonds dans cette IDe, eût à venir les déclarer
devant eux, à peine d'amende. Il y a toute apparence que quelquesunes de ces criées faites à Beaucaire avoient échappé à la vigilance ·
des· Officièrs de Provence: mais ils furent inftruits de celle que· ceux;
de Beaucaire av oient fait faire au mois de Mai 1 32 7.
_
__ .....
Alors le Juge du Roi Robert obligea les Officie~s de Beaucaire Les Officier,s d ~
'
r. .
. a,. Languedoc
s cl-1~
-a r é.tr.a a er 1es en.é e$, comme ia1tes
pour une I'ne _qm. appa..rteno1t
défifrent.là Provence, &amp; fur laquelle c·eux de Languedoc n'avoient jamais eu
- aucun droit ni jurifdiaion. Cette rétraétation eft faite in prefenti!l

locum-tenentis Vzcarii Belfü:adri' D&lt;Jftzîni Regis Franciœ : quam prœco~
nifatîonem Ô' alias, fi quœ faEf œ forent per curiam Bellicadri, Juper
failo infulœLupariarum petiit cum inflantifi. revocarz: cum, ut dixit, diéfo
infula Lupariarum fit itz o-mnimod8. Jurifdiétione Domini Regis Roberti ..
· Alors l'Oflider du-Languedo c, exequendo mandatum litteratorii.JzbifafJum per tegentem Seneftalliam Bellicaâri &amp; Nemaufi prœdiélam pTœ·
conifationem &amp; alias onines olim faEtas per cur.iam di8i Domini Regis:
Franciœ fuper faélo diEtœ infulœ Lupariarum , incontinenti revocavic., ,
Tout ceci eft attefté par un aae autentig,_ue &amp; folemnel- du J Aoôt :
de la même annéé. ·
·
L'on a vu · ci-devant que cette Iffe de Lubieres refl:a ~la Pro-·
'JJence par le · partage' de I 12) &amp; p~r le traité de 1 176. Si cette

Ifle exiftoit encore , &amp; qu'elle n'eût pas été emportée par les ravage~
du Rhone, ne feroit.,.on pas révolté de voir le Languedoc vouloir
fe l'apprd?fier? On le fera bien davantage forfqu_'oii. verra par lar
fuite de ce 1\ilémoire qu'il veut conquérir fur Ia Ville de Tarafcon:
un quartier de la terre-ferme , parce qu'il porte le.nom de Lubieres •.
Voilà donc la fouveraineté des IDes du Rkone reconnue contra_..
'diaO-irement par les Officiers du Languedoc en faveur des-·Comtes ;
de Provence. Les preuves mêmes qu'ils avoient voulu fe ménager:
pour les oppoter un jour à ces Princes, ont fervi à un ufàge tout:
contraire. Avec quelle confiance ne nou&amp;o!]p,ofèr oient-ils pas au-jourd'hui ces actes furtifs cfune J urffdi'afon clandeffine fur rrne ~
de Lubieres, fi les O f?ciers de Pro'Y ence' ne les ava ient 12as conn1..'5 ·~
&amp; ne les euifent pas fair révoquer t
·
·

�'6.2
Le .dénom breme nt que Je R'.oi Robert Comte de P.r.ovence fit faire
1 -n·~.
vantes , par Leop(lrd de
Oérrtimbi"ement de fes Domai nes en 1332 &amp; les années fui
· de 1a p rovence
dro1ts
d
11
d
rr.r. l ·
de la Provence
fur le .. ru gznes , .nous 011re e nouve es preuve s es
Droits
fur le Rhone: on y voit que ce Roi pofféd oit, entr'au tres chofes , à
Rhone.
N°. 3~ o &amp; ) I. Tarafcon, un châtea u confro ntant le Rhone, le péage fur cette ri~
viere, 1es droits de bans dans toutes les parties du terroir,, comm e
la plaine Legues , Entrebon , dans l'Ifle de Luffan &amp; de Lubieres,
des cens fur des terres attenan t le Rhone, le droit de boage en
bled pour les terres fituées dans l'Ifle de Luffan; qu'à Notre-Dame
·de la mer il poffédoit les revenus du Port de Confolde fur le petit
Rhone, le même que le Roi poffede encore aujour d'hui comme
Con'ite de Provence; le droit de pêcher ie. Ce denom breme nt corn,
prend en outre., 1°. la gabell e ou roubine de Notre- Dame de hi
mer, qui fervoit à tranfpo rter le fel, laquel le roubine étoit un canal
dérivé du petit _Rhone.
2°. Le droit de naufrage fur le rivage de la mer; &amp; fur Gelui du
petit Rhone. Ce droit a toujou rs fait partie des droits régalie ns, &amp;
rien ne prouve mieux la fouveraineté des Comte s de Provence fur
.
le petit Rhone.
terres
es
3 °. Les redevances aufque lles étoien t foumifes certain
' fituées ~uprès de ce bras du Fleuve &amp; de la roubine ou canal qui en
dériva it : enfin, le péage royal du Baron fur le p~tit Rhone, qui fut
enfaite inféodé le 3 Avril 1349, à Jacques Ganteline.
d'OcLe Commiffaire Leopard de Fulgines., arrivé à Arles au mois
.
1333:
D o1
r..
'd'
•
•
J:'.
·
fi
é
b d l'
JUfl i9ue iur es
Informau on fat·
te par le Commif- to .re e ann e 13 3} -, y t une 1~1orn:at1on
Ville &amp; fon terfair~ Leopard , des marnes &amp; fur les droits que le Roi avo1t dans la
t prendr e des
voulu
il
.
lequel
clroits cl~ ptage ritoire : un des premie rs points fur
•
ê
d
1
d
Il
1
é
1
fi
. ft .o..
du Comte. •
man a .e 24 1~ m me rnms ceux
111. ruu1.ons · ut e p age roY.a :·
No. 3 2
·qui ét01ent chargé s de la lev~e de cette 1mpofit10n , &amp; leur de:.
manda quelle étoit la maniere de la lever, &amp;;_'que lle part. y avoit la
Cour?- Ils répond irent, après avoir prêté le ferment accou tumé,
que ces deux articles étoien t expliq ués dans m regiftre écrit en
langue Romance, qu'ils produi füent. On voulut ' fçavoir fi la .Cour
n'y avoir point d'a.u tres dro.its que c~ux qui étoien t portés
·dans le regiftre ? Ils répond irent qu'elle avoit encore les treize
deniers gui avoien t été confifqués fur Tremolete ; que cet article
manqu ait dans le regiftre , &amp; qu'il devait fe trouve r au chapitre qui traitoi t du fel que l'on portoi t au-delà de Beaucaire.
On voit par-lànon-f~ulement que le Comte .de Provenèe jouiffoit
d'une partie du péage d'Arle s, mais que les confifcations de ce
péage lui appart enoien t, ce qui ne p~ut s'enten dre qu'autant qu'on
reconnoîtra qu'il avoit la fouver~ineté _d u Rhone.

�"6 .

Dans le dénomb,.ement font en~ore compris la gabelle (.fo fel, les
'droits fur le poiffon qui venait des étangs, ou du Rhone ou de la
mer des redevances pour des roubines ou canaux dérivés du Fleuve .
Ces' preuves font fi précifes, qu'elles n'ont pas pefoin de réflexions.,
Elles font encore fortifiées par un autre. Pr.ocès:verbal, fait le ~7
Avril de la même année, par un Comm1Œure différent, au fu)et
de.l'arrentement des droits du Rhone•.

ollm.
La Prove nce lerdit fon ~oi Ribedrt ;,erfisltan 1344. C~ P;in c~- Mor~~!'\~fo•
1::~­
ki
Jeanne
m.
t
1
pourro1
eanne
e
,
1
1a
1
e
pr évoyant 1es iautes qµe a 1eune11e
ae{
de
on
aliénati
toute
nt
faire commettre , défendit par fon teftame
fon Domaine. Mais cette défenfe devint bientôt une barriere impuHfante contre les diffipations de Jeanne. La n;auvaife adminiftration qu'elle fit de fes revenu s, va nous fournir plus d'une preuve
des droits de la Provence fur le Rhone.
· ' L'Hifto ire nous a tranfo1is les malheurs qui fuivirent le mariage
de ·cette Printeffe avec André, frere dù'Roi de Hongrie. La rivalité
de puiifance entre le mari &amp; la femme produifit bientôt entr'eux
une antipathie, dont les effets furent très-foneftes à André~ La cé ...
lebre Catanoife qui de Blanchiffeufe devint grande Sénécha,le du
Royaum e, excitai t Jeanne c.ontre fon mari : Un Moine ardent .&amp;
ambitieux animoit Andre contre fa femme. Ces deux Intriguans:
partagerent la Cour, en voulan t s'exclure réciproquement du gouvernement de l'Etat. Des cabalev on en vint aux confi1irations; &amp;
enfin, André fut étranglé dans f anti-chambre de fa femme, &amp; jett€
'
par les fenêtre~.
E'. IJ'41t , ..
ce·
compli
. Jeanne accufée par le Roi de 1-Iongrie d'être au moit)S
1
du me~rtre de fon mari, pri;: le Pa~e pour Ju~e (a), &amp; plaida· gno~ :t~;~:/z:;;
elle-meme fa caµfe devant lm en plem Confifto1re. Le Pape la dé- lui ven&lt;l&lt;e: .1.a:

1

1

Rhone.,

fort.
. (a) Jeanne· ne fut pas l&lt;r feule tête couronnée qui prit le Pape pour Arbitre de fon
pré- .
.
Naples,
de·
Roi
Boiteux-,
le
Charles
de
femme
Marie
,
A la fin du fiécle précédent
le
tendant au Royaume de Hongrie, fit plaider fa caufe devant Sa Sainteté, qui lui ~djugea
·
Semence.
cette
eur
n'ên
que
d'effet
plus
produit
auroit
Armée
Une
défaut.
par
Royaume
Roi:du
s
démélé.
les
Rome
à
ement
folemnell
jugea
V ers le mêrne-terns le Pape Nicolas·
de· Porwgal &amp;.de fon Clergé. Manin IV. dépofà le Roi d'Arragon &amp; donna fes Etats au Roi'
de France, 9m n'en profita pas. La Sar.daigne &amp; la CorJe furent é!?aleinent données pa.r ur1r
Pape au Roi d'Arragon Jacques lelufie. Lorfqu'&lt;m &lt;wmmencememdu fiécle où vivoit Jeanne
Roi:
la fu~ceffion ?u Royaume d' Ecaffe fùt contefiée, le Pape prétendit en nommer le
Jama1~ les Princes de la· terre n'ont été plus fournis à la puiifance P-onrificale;d~r
M~1s Philippes le Bel fçut diftinguer dans Sa Sainteté le Prince temporel du Prince
fou-·
à
VlII.
Boniface
que
;rrdent
plus
été
n'avoir
VII.
l'Eglife. Aucun Pape depuis Clement
enmettre l'Empire au Sacerdoce , &amp; toutes les ~glifes à celle de R'ome. Ce fur l'Ourtant
la.
de
Royaumn
le.r
[ur
&amp;
Roir
lu
fùr
étaTfli
cwoi-t
l'
Dieu
qae
Philippes,
à
vain qu'il écrivit
'
Terre avec un plein pouv&lt;&gt;ir. ta France ne ceffa, ni d'avoir pour le CHef de· ta ,~raie Re li &lt;&gt;ion
Dieu
de
q..ue
Coi.:.rcnrtc
tienl;fa..
Roi-ne
!On
CJ.).le
croire
de
ni
)
dûe
efi
lui
11
qui
la vénéra~io!1
&amp; de fon epce.

•.

1

�64

clara innocente ; &amp; fe fit vendre par elle la Vîlle d'Avignon pour

.

florins; qui ne paroiff~nt pas avoir jamais été payés. _ ·
L'implaca ble Roi de Hongrie n'avait pas jugé la Reine deNaple$
avec la même indulgence. Jaloux de vanger la mort d'un frere ,
il avofr levé une armée ,,à la tête de laquelle il faifoît porter un drapeau noir, où était _peint un Roi étranglé. Plein de fonreffentiment
il étoit entré dans les Etats de Jeanne; qui à peine avoir eu le tems
·de fuir en Provence ( a). C' eft dans ces circonftances que la Reine
aliene Avignpn~1 Loin qu'il foit dit dans le contrât un mot qui comprenne le Rhone dans la ceflion, ce Fleuve y eft au contraire donné
pour limite 4e .ce que l'on ced~ au Souverain Pontife.
La Reine ]eanize &amp; Louis de Tarente fon fecond mari , inféo_. ·
1 349.
3 Avril, 1'autre du 26 Aolit 1349, à
.Elle inféode u_n derent par deux aéies, l'un
M ·zz
.
.
S
1
.
l
G
T
le peut Jacques
für
p-e
pe?.
ante mz a e1gneune du Baro.n &amp; ce11 e de az ane, avec
Jlh ~n e,
,N°. 3 3. tous les droits qui y font énoncés, parmi lefquels fe trouve le péage
qui fe leve fur le petit Rhone.
Les Officiers du Languedoc ne manquerenr pas de profiter âes
qq.
alors cette Princdfe.
~lio~dvel · e entre- drconftan ces malheureufes où ·fe · trouvoit
1
r
.
d r
pn e u 1,angue..
P!&gt;G fur le fleuve. Forcée e ioutemr une guerre rmneu1e contre es Durano , me
nacé~ par le Roi cl' Hongrie d'une nouvelle invafion, forcée cl' aliéner
fes Domaines pour fe procurer des reffources, l'on faifit ce moment pour faire à fore~ ouverte ce qu'on n'avoir tenté jufqu'alors
que par des entreprifes clandeftines. Ecoutons le récit de cet évertement de la bouche même des Hiftoriens de Languedoc ( b) : ils·
r.aconteI}tle fait avec cette partialjté:, dont on a déja vu plus d'un
·_
.
·
.exemple.
» Le Sén/échal de Beaucaire , difent-ils, 'fut employé au moi~
» d'Avril de l'an 1 3) 3 , à une autre forte d'expédition vers le
)) Rhone. Le Roi (c) prétendant qu'il avoit une entiere jurifdittion fur
»ce Fleuve d'un borp à l'autre, avoit fait planter un poteau chargé
» de parrnonceaux royaux AU MILIEU , entre Beaucaire &amp; Tarafcon.'
)) Les Officiers du Comte de Provençe à Tarafcon eurent la témé» rité d'arracher ce poteau (comme fi l'on étoit ~epréhenfible de
réprime! une voye de fait contraire à tous les traités ). » Le Roi en
Séné&gt;) éqnt ~nfqrm~, dom.Ji\ &lt;;&gt;rçlre .auffitôt à Guillaume Rolland,
80000

du

1

(a) La feule vengeance qu'il pût tirer alors fut de faire poignarder en (a préf~nce le Duc
àe Dura.no, l'un des complices de la mçm de fon frerc, d2ns l'endroit même où André ·
•
;avoi t perdu la vie.
.
·
. · .
( b) Tome •b page i83,
toujours
faut
il
Roi,
du
l'intérêt
de
couvrent
[e
Hifloriens
· ( c) Tout~s les fois qne ces
entendre.que c'dl fe Languedoc [eul qui parle , - car il ne maaque jamais c!e préter aù Roi
·
·
·
1e.s vîies perfonn.clles,

(;hal

'I

....

�65'

de Beaucaire de le rétablir . Le Sénéch al fe 111it à la t~te ·des
,, Milices du Pays, &amp; fit remettr e le poteau .AU MILIEU du Fleuve
»avec les pannon ceaux royaux , malgré le Sé;1échal de .Provence,,
•
)) qui avoit affemblé les troupes du Pâys pour s Y. oppofer «. .
des:
efi:tat1on
R
_
ou
,
Ro1
le:
que
L'on voit · par l.es propres termes de ce réc1t
Jl.- H1fior1ens deLan.~.
·
'
d
·
·
'
·
B
d
a:: •
plutot les Ornc1e.rs e eaucmre, nav01e nt que es pretentzons,, ~ guedoc.
ces ·prétentions loin de s'étendr e d'. un b.~)fd à l'autre , fe born~i~nt
. alors à ne vouloir que partage r la propné té du Rhone par rno1t1é :
car lors de cette entreprife on ne mit les armes de France qu'au
milieu du Fleuve , &amp; non fur l'autre,b ord:, comme on en auroit
eu le droit, fi en effet le Fleuve eût apparte nu à la France . C'a été
là un des premiers pas qu'ont cru devoir faire les Officiers. de Beau·
caire : nous les verrons dans un momen t franchir par dégré le lit
entier du · Rhone: car -d'abord ils avoient feulem ent _conteft é aux
Proven çaux leur Jurifdié tion fur l'Ifle Bertrand qlÛ joignoi t la terr.e
ferme de Languedoc; ici nous les voyons avancer jufqu'a u milieµ
du Fleuve. l--'ufurpation auroit été trop criante , fi elle eût été
, _
moins infen.G.ble.
fi per~
étoient
c
uedo.
deLamr
s
Remarq uons en outre que les Officier
par
ncée
fuaclés de l'injufiice de leur tentativ e, qu'ils l'ont comme
une voye de fait, &amp; l'ont foutenu e par la force des armes: il étoit
fi fünple, fi. le Languedoc avoit quelque droit, de faire d'abord
nomme r par les deux Prince s, comme on l'avôit déja fait aupara·
vant, des Commi ffaires pour en décider ; mais on voulut en impofe r'
à la Comteffe de Provence avec les troupes du Prince , au nom
duquel on comme ttoit cette violenc e. Quel dro.ît que celui que
l'on ne peut prouve r que les .armes .à la main J Aujour d'hui
que nous fommes en Juftice reglée, &amp; qu~il f;aut combat tre avec
des titres , &amp; non- a:vec .des Soldats , on .imagine bien ~que le
Languedoc n'ofera même :pas citel' en fa faveur un évenemerit ·auffi
capable de décr1e.r.fa caufe: Evénem ent :qtti prouve toujour s plus
l'-affeB:ation des Bénécliétins .à conclur e .d'un fait particu lier_:à tout
,
le Jit .du Rhone, d'un ho.rd à l'autr-e.
N"• .3'1:~
en 1;) f une nouant
.cepend
nnerent
Ces entreprifes occ:afio
au
Sicile,
de
&amp;
ve!le né.gociation entre les .deux Cours de france
fuJet.r;les Iiles du- Rhone, né.gocia tion qui ne prqduif it encore aucune
dé~ifion , &amp; dont il ne refte qu'un mémoir e contena nt les propo1 '
fit10ns du. Procure ur du Roî. d.e Sitil.e. L'on n'en verra pas moins
dans la fuite la Provence tOUJOurs en poffeilion des mêmes droits
fur le Rhone &amp; les Ifles, &amp; toutes ces entreprifes itijuftes n'auron~
fervi qu'à affermir de .plus en plus ces mêmes droits. .
j) chai

A

1·

�~t

'Guillaume Rolland, Sénechal de Beaucaire ( a) , fùt ttom111é Cô1u.;.
miffafre avec -foulques d' Agout , Sé.néchal de Provence~ On ignore
le réfultat de leur aifemblée ; mais il eft fûr qu'elle eut lieu , &amp;
ce fut à cette occaGon que Raimond de Ungula-, Procur eur &amp; Avoca t
-Ou Roi d~ Sicile,, préfenta aux Commiffaires un écrit cl.ont l'objet
étoit de conferver à fon Maître la ·propriété des !Des conteftées.
- A près ·avoir annoncé ce ·qu.i av.oit occaGonné fon mémoire, il
y explique les moyens fur lefquels il fe fonde pour pr.ouver que les
·Ines conteftées ont toujours appartenu à la Provence-. ·
fait mention eft celle d' Alve oudde Car~
La premiere Iile,dont illlé.
L'I 1 "'" C· _
c.
1
..
,
L
s e oe ar
que par 1e partage e I I 2 &gt;;
gue J'ont
nave appartien t à nave. , es preuves qu 1 a
·toutes ' les Hles du_ Rhône, &amp; eni particulier celles contefté~s ref...
la Provem: e.
:terent au Oomte de Provence : que celle de Carnave, depms fon .
.origin e, avoir toujours été du territoire &amp; de la jurifdiétion de
Tarafcon, dont il rapporte les alles.: que les Poffeffeurs des terres:
de cette Ille qui y font nommés.pàyoient les tailles &amp; autres droits
forte·
~ Tara]con; ~ue les Offi.ciers~de Tarafèoni y exerçoi:eht toute
des
ient·
de Jurifd iétion, qu'ils y faîfoient des public ations , impofo
amendes, ycondâmnoient au bànl.1iffement,au fouet, au feu &amp; à la po·
tence, qu'ils y avaient même un gibet, &amp; qu'ils y exerçaient tous les:'
rlrnits régaliens; que les Habitans de Tarafcon y rarnaffoient le:
fable, au lieu que ceux de Beaucaire n' ofoient y en venir prendre j
mais qu'ils l'achetoient quand ils en avoient befoin; que le Péager de
Tarafcon avoit une maifon dans l'IDe ; que cette maifon ayant été:
détrui te par les inondations, on y en avait fait bât~ quatre autres,
.
.
pour le même objet.
royale de Pro.:.
Cour
la
à
. ·Il ajoute que dans un pré appartenant
'Vence, on y avoir fouvent fait la revll€ des .troupes de la Ville :..
qhe les Habitans de Tarafcon' allaien t faire des joûtes dans ce pré'_~
tomm e dans le refte du.terroir : qu'on y avoit conftruit des galeres;
par ordre des Officiers royaux· de Pr.ovence, &amp; que les Ouvriers:
avoient été prendre leurs falaires à Marfeille: qu'aux fêtes des Rogations les Eglïfes de Tarafcon &amp; Beaucaire faifoient faire des,
pommes de cire : que celles. de Tarafcon étaien t portées dans l'IOe
""" ·
far des hornm~s. de la Ville; maiS que, ceux de Beaurnire s'a~rê_toie~~
a une· Tout batte fur. un rocher aupres du Rhone, fans avoir Jamais
'
·
·
'Ofé aller plus avant;
France-·avoit reconnu (b),.
Fhilippe sdeVa-- • Enfin, que Philippes âe Palofs Roi de
lois l'a reconnu..

.
. . ..
.'
• ( «) Reg. Vmdis. Archives de la Cour des Comptes , foL 4:t..
fùt ài
•. (Y) .Le voyage de Philippes de ·"fl.aloi:r ne put fe faire qu'9n 13 30, Torfgue ' le Roi'
AVivrnn pour une ~1ouvelle ~roiîade qu~ n'eut pas lieu" &amp; qui avo.it été projettée éntrelui
1:. le Pape Jean XXII •. Abreg. Chron,.

�J

'• 61

...

·pub Iiquëment de~an_t h ·portê.. _de _l'Eglifé de Sain'te-Mm&lt;the qu~ tette
If1e de Carnave eto1t du ternt01re de Tarafcon. Le P.rocureur- du.
Roi de Sicilè regarde dans fon · mémoire cette Ifle comme un
démembrement de celle de Lu§an, qui avoit toujours été du terri·
taire de Tarafcon; &amp; il ajoute que ·fi les 0 fficiers de Beauo~irn
ûU autres du Roi de France, y ont· voulu tenter quelqu' ex.écutton;
ce n'a été que clanddl:inemen~··&amp; epuis p~u de tems, comme un
an ou deux, à l'infcu des Officiers de Tarafcon: &amp; que lorfque ces
tentatives étoient ~enues à leur c"onnoiffai1ce; ils les avoient ré~
primées fur le champ, &amp; par les voyes légitimes , comme il paroif:
. .
- ,
foit par les procédures alors pendantes en leur Tribunal.
Lubie;
d~
me
L
exchofes,
mêmes
les
ffure
a
·
il
Lubieres,
de
l'If1e
de
~ A l'égard
- res a;ipamentam.
•
.
cepté l'article des proceffions; mais il aJOUte. que les amenctes que u à la Provence. ·
, r
l'on y devait ' percevoir étoieni: pubTiq:tiement mifes à l'enchere à
Tarafcon; que plufteurs Habitans de.Beaucaire étaient venus plaider
· au Tribunal établi dans cette Ville, &amp; qu'ils ·en exécutoient les
Sentences ; &amp; qu'à la fuite de quelques-unes· dont il donna les dates j
'.•.
&lt;:ertains malfaiteurs s~étant réfugiés · à Beaucaire, les· Officiers de
tette Ville les &lt;l:voient remis à ceux de Tarafcon fur leur requifition
·
' ·
pour être punis fuivant l'exigence des câs.
qui Ainft que celI~
Ifles
les
avec
Il avance encore que le lieu de Méfoar-gues,
en dépendent, a toujours été du Comté de Provence (a). La même de Mefoargues.
piéce porte que l'Iflè de Bertrand qui confrontait autrefois les te~
ritoires d' /.lrramont &amp; de Boulbon, &amp; · qui avü"it alors changé de
limite~, avoit toujours été du territoire &amp;"de la dixm.e eccléfraftiquè
de Méfoargues ; &amp; 1'on y cite les aaes de Jurifdiaion de·s ·seigneurs
&amp; des Comtes de Provence, inveftitures, perceptions de lods;
.
&amp;c.
Quant à l'Hle de Stel formée par -le petit Rhone , &amp; la derniere Il en ell de mém*
comprife au mémoire ,Je Procureur du, R~i engage auffi à prouvei: del'Ifle ?e ~teh
-1
què par le parfage de t 1 2) elle refl!a'au Comte' de Provence; qu'èlle
a toujours fait partie du territoire cfe- Notre-Da:me,de. la Mer.;. que
les Officiers de cette Ville y ont toujours exercé la Jurifdiéliorr
civile &amp; criminelle.?ont il ~apporte les aétes; ~ue la Cou~ royal~- de
Provence y percevo1t un. droit fur la pêd1e,~ 'ql.le lesid.é~r1s· des navi...
res naufragés lui appartenaient; il rapporte des faiftes de filets, &amp;-de
b~rques même c~:mtre des Pêcheur~ ~e 'Beaucaire, qui ven?ie~~ pour
ra1fon de ce, plaider devant les Officiers de Provence : il aJOUte enfin

s

(a) 0~ verra en .1457 l~ ~~i Ren.é ~cquerir Mlfo1rgues &amp; Bo ~lbon, &amp; lnfulas .Jepçn.i.
ab eifdem fitas lll P'.onncza Prc_vznciœ. -Cet atl:e dl: rapporté dans l'Arrêt du Gonfeil,d~
30 Septembre I'1o', qui efi produit fous le N°, 67_.

dent~ s

I ij

�' 68

li&lt;}ue dafis tous les lieu:&lt;i
(!Ue tous ces faits ét.oient de not orié té puh
·
·
du voifinage..
oire d~u.ne Par tie, on recorrmém
le
que
Quo iqu e ce ne foit là
ité dans les déta ils · gu'i l
noî t f~cîlement le lang agé de la vér
bien circ onf tanc iés , &amp;
con tien t. Com bien de faits part icul iers
cur eur du Roi n'au roit pu
tou s. favorables à la Provence, qJJe le Pro
en mai n!.Et œs preu ves
,11i dCùappeller, ~'il 1i'en avoi t eu ks preu ves
enti que s, ou des déil les tiro it tou tes de titre s folemnels &amp; auth voifinage. Ajo uto ns
t le
pôt s pub lics , ou de la not orié té·dans tou
ee qu'o n a déja vu dans tou t
a ~es r~Rexions- qu'e lles fe rap por tent à-nous_que pefléi;ieurement
le cou rs de.c e Mé moi re: anfli remarquons
fdiél:ion fur_ le Rhone:
les Officiers cde Prou.enc.e eJÇercer.ent leu r, Juri
' ,
fans c:onteftation (a-). .
~~
le Fle uve : Un
for
ôt
ven oit él'établir un imp
A&amp;. ·~r?· ·cd· -· . · La Vil le d'Arles
bar que
Marfeille refufa de pay er le dro it fur m:e
ti on.:e l~ Pur~v:~: Nég oci ant de
ent
étoi
tend ait que les Hab iran s de Marfei-lle
~e.für le Fleuve.. d~ bled (a); . H pré
tée dev ant Mathieu Gerexe mpt s_de tou s dro its. L'af fair e fut por
la com péte nce ·ne f:ut
valdo Sé'n éch al de , la P.mvince , don t
a la reft ituü on d·es bledi.
poi nt conté:.ftée ~ ce Magi1lrat ord onn
aire traî noi f enlo ngu em;.1
qui avo ient été faifls. Mais com me l'aff
, l'en voy eren t vis -à-v is.
..èetlx de Marfeille arm eren t une Gal ère;
~ -.
les mir ent en· libe rté
Arl es, y filient vin gt prif onn iers , &amp; ne
fe pou rvu ren t enfu ite à
&lt;JUe lorf qu'on eut ren du les bleds., Ils
une exemption. de tou t
fa Rei ne Jeanne:-, &amp; en obt ime nt en t 36 2 uit une Provin.ce d_e
faif
fubfide. Dès ce mom ent le Languedoc
ver nem ent eût- il fou fGou
le
,
France: SiJ e Rhone:en: eùt dép end u
fur une rivi ere Françpifo?.
fert qu'u ne· Puiffance voifine eût .armé .
adreffé au Jug e de Provence.
l~e Ma rch and de Marfeille fe feroit-il
it-on imp loré l'aµ tori té ge:
pou r fo faire r.endre jufti:c.e? Enfin àuro
"
. . ,,
Rhone!:
Jeanne. pom; obteni:i: ·une exempt.ion- fur lebre
• 156 ~.
I 3 6). une comm1.ffion a1
Cet te Pnn e,df e adreifa le7 2 ') Sep tem
La Cham ore d4s:,
les dro its des Do mbr e des Com ptes d .Aix pou1r afferme11 cl
C~mpre1s. ~'Aixs la Cha
cl p
.
211er me es neage
amm ent ·es.péages u Rhone..: nouv.,el le
· mam es , e rovence·, &amp; not
dn Rhon e.
. .
preu ve de fa fou vera inet é. fur ce Fle uve
:N°~ 3;f..
ne·, endOmmagea el\!
1 310.
Une. barq ue. Géno.ife qui defc end oit le Rho
1

r:

.1:.«.sJ uges d'Arles

·

·

en fia nce;.
éi àTepoque de cette négociatfon.,.. l'un Le
· fa). Peux é'ren emen s fün effes . aniv
p remi er:
.
flion
dilcu
cette
ne fut rien.d éciaé für
l'aut re en Provence, Eure nt eflre c aufe qù'il
batai lle dt:1
l'a
aprcs
e·
eterr
Angl
en·
nnier
Prifo
ené
fut la captivité_ du Roï:de Franœ Jean , emm
de Pr.or.ence, Il.arr
foc fait de.Marie [œur de Jeanne Rein e
Poiti ~rs•. L 'autrr: efi l'.enl eyem ent: qui
.Jiil' Seign eur dl! Bàux :.
\.lz), Ruffi,, Hifiwr~ de.Mar feilk " nag; t:a~~.

�6
~ le bac .("t1.). Les'Confuls d'Ar·
Ia corde i;iui fèrvo-it à conduire

""
connoiuent desdommages fa.ÎCS&gt;
1
s·
b
1
d
•
fiI'
1
1'
d
les demanderent au Juge u 1eu a con icatton e a arque. 1 e au Bac.
JVlarchand Genois e6t imaginé que l'on pût décl~~1er la jurifdiétion ,._ N°. 36.
il 1'elit certainement fait ·; il n'en eut. pas même la penfée" &amp; fe
·1 Y1 l
:&gt;

I

J.

eontenta de coatefter l'ufage qu'on lui oppofoit, qui était la coa.fifcation des marchandifes en pareil cas. Cet ufage prouvé., la con.fifcation fut prononcée ; &amp; l'on ne voit pas qu'il ait é!é queftion de:
s?adreffer à une autre Puiifance pour faire réformer le Jugement:
··
· , .
"
par incompétenceou autrement.
· Répétons-le fans ceffe, fi le Rhone eut appartenu a: la France ,.
fi les Ofüciers du Lavguedoc a voient eu quelque jurifdittion, n'auroit-on pas pris d'autres mefures- que des entreprifes fugitives pour.
affurer les droits de leur Province?
Il y à même apparence que ces Officiers- ne formoient encore,
aucune prétention fur la totalité du Rhone.: c'eO: ce qut réfulte d'une. ·
affaire arrivée en 1 376, &amp; dont l~ recit a été donné fur les mé-.
moires originaux par un Hiftorien très-exaél: ( Ruffi le fils , hift...
de Marfeille.-, liv. 6, chap. premier , tom premier, pag. 206 &amp; .
I'J'rr ·
, ~
.
.
.
·
fui.v. édit. de r696.}
;Œgne:
Jeanne
A-_
d'
Foul.ques:
à
donation
une
fit
Le j Aofat L 37 I: la Reine Jeanne
gout d'une penfion de ) oo florins à prendre fur les revenus que ~ne penfion' for·
les- revenus, du:
du RI10ne-..
·
•· r.
· I r percevoir
Rhone~.
_ 1
iur 1e nvage
()ette Prmceue
La pefre avoit rendu le bled·rare &amp; cher en Provence. Les Mar.~ ,N°'., r:r;,. _.
1&gt;376.
feillois qui en étoient dépourvus, arrêteret1t fur le Rhone une barque
qui en étoit chargée , au moment qa'e14; fortoit du Port d'Arles_:. ~urr~ aél:e'gar.ell\,;
pour aller en Arragon .. C01nme elle appartènoit à· un Marchand de,
Be~iers. , le Duc d'Anjou·Lieutenant du Roi de France en Languedoc;..
&amp; les autres Officiers de ce Prince· éàivir.ent aux /\4.:arfeillois pour:
les engager à· reftituer ce bled·; ils répondirent au Du.&lt;:: q:u'ils av.oient:
Jaifi ce bled dans les Etats de la: Reine leur. Maftr~!Je ,, &amp; conformétl.ien~
à-leurs anciens priviléges , &amp; qu'il leur étoit imp.offible de le refti-:.
nier, puifqu'H avoit été confon.1mé ...Le Duc. d'Anjou dan.s.Ia-réplï....-_
que qu'il leur fit, en• convenant·que la ba·r que avoit été arrêtée für;
le Rho.~e-, ne traita point.de fauffeté. la prétention des Habitans, cfe:
Marfet..lle, que· ce· Fleuve appartenait dans cette partie àJa Rein~
Jeanne : fon filence dans cette o-c.cafion. ne pel:lt. être .r:egardé~ que:
comme un aveu formel de la juftice de leur. prétention ;.· &amp; en....effèt
il f~ contenta. de les· menacer. d'.ufer de :uepréfailles ,. s'. ils ne refti(...
11u~1ent la.v.aleur. du bled. dont la faifi.e faifoit le fu iet de Ia:contd:t.anon~

(\a); Archiv.es 4e rH-OteE dè. Ville d' Aria,, ri ire: du Pô.'It;.

�·7c·
accorda par I.:ettres~Pate-11;;
A la même epoque la mêmè Princeffe
Jeanne donne·
G 'll ·
d.
d
fi
J ·
e ix onces d' or a' IUZ aume
d
peAfis on
unepéage
. tes u 12 um 137 6, une pen ion
du fur
les
fcon. ·
d'Etienne, à prendre fur le revenu du péag~ royal de Tara entier
Rho n·e~ '
fon
dans
Cependant on avance aujourd'hui gue le Rhone
N°. 3 S.
: On prod uit,
0
8
reconnoiffoit alors la J. urifdiétion du Roi de Fran ce •
13 P •
dattées de
L ettres atentes
'f/1.
les
ndues Lett res de Char
cle Cha rles VI. fur pour le prou ver, de préte
t~mes :
ces
Ces Lett res font conçues en
l \ propriété du Paris du 3o Janvier 13 80.
de Fran ce, à notre amé &amp;
. _ )) Charles, par la grace de Die u,. Roi
R one.
du Pays de
.,) féal Chevalier Paul de Nogaret Maî tre de nos eaux
à Nou s de notre droi t
)~ Languedoc , Salu t &amp; dileétion : comme
t fur notr e
)) royal appartient &amp; doit appartenir toutes Hles étan
du Pays de
&gt;5-r'iviere du Rhone &amp; fur toutes les autres rivieres
er , ni avoir
)) Languedoc, fans que perfonne y doive ou puiffe clam plufieurs
que
poffeflion acquife, &amp; il foit ainfi
' &gt;) droi t feigneurial ou
e,comme de dehors,fe
»- Habitans &amp; perfonnes,tant de notr eRo yaum
cuper icell es, fans Nou s
&gt;&gt; foient efforcés, &amp; encore s'efforcent d'oc
e : Nou s vous mandons &amp; commandons,
&gt;) en faire aucu ne redevanc
miez bien &amp; dili&gt;)..fi métier eft,. que tant ôt &amp; fans délai vous infor
icelles If1es, &amp;c.
» gemment de tous ceux qui tiennent &amp; occu pent
è prof it, de les bailler à
&gt;&gt; &amp; fi bon vous femb le, que ce foit notr
llez notre Proc ureu r
» cens ou rent e, &amp; fi les y bail lez, à ce appe
·
·
»du Séné chal , &amp;c.
phiné depuis
' Ri i;•o (A 1- xP N
La Cou ronn e· de France qui poffédoit alors le Dau
e depuis
Rhon
du
. 3.1 , ou 3 2 ans , fe trou voit maîtreffe de deux rives
·
nt ce qui a
Lyon jufqu'à l' Itère , &amp; même jufqu'à la Durance , fuiva
&lt;
fe trou voient
été dit à l'époque de l'année 1271 ; toutes les IO es qui
domination ; .
'dans cette éten due, étai ent, fans cont redi t, fous fa
Lett res- Pate ntes ,
&amp; ce font c~s Hles , qui feules font l'obj et des
&amp; qui avoient
com men t celles qui étaie nt au-deffous de la Durance
y être compritoujours dépendu de la Provence, auroient-elles pû
y en eût plu...
qu'il
quoi
fos ?..- Elle s n'avoient pas changé de main ,
ervées à leurs
fieurs qui euffent été conteftées: elles avoi enfété conf
fe, des Offi..
anciens Maî tres, de l'aveu même des Comtes deToulou
démontrent
ciers du Languedoc &amp; des Rois de Fran ce: c'eft ce que
procès-verbal. '
les tntités des années I 12) , 1176 , &amp; r 302 , &amp; le
le pû.les ac..;
tle la Conférence de 1307 . Cett e Prov i ce auroit-el
n? Qu'e lle le
quél'K fans un titre nouveau de ceflion ou d'abando
des prétextes
produife , linon qu'elle reconnoiffe l'infuffifance
_
·_
dont elle colo re fes prétentions.
ffent la Pro..;
Ces Lett res au reite , en fuppofant qu'elles concerna
&amp; la convence, ne pourroient être regardées que comme la fuite
après avoir
tinuation des démarches des Officiers de Languedoc ,qui

�71'

te11té inutileme11f to-ates fortes de voie; ·pour fe mettre en poffeffion d'un bien qui ne leur appartenoit pas , s'aviferent enfin de don..,
ner de faux: mémoires à leur Souverain, qui crut fon autorité in~
térdfée à les foutenir. D'ailleurs , les ordres de Charles VI. ne
tegardoient que fes~ Sujets; ,~ls ne' pouvo~ent avoir for~e de Loi~
pour la ,Prov~nce•. L e~et q~ il~ ne pouvo1.ent pa~ prodmre dans ~~
tems, 1auraient-ils auJourd hm ? &amp; pourroit~on dire que, parce que
l'on a fait avancer par un Prince qu'il a descdroits fur une ri.viere ,.
c~tte fir:iple affertion dép?uille les vrais P:?P.rié~aires. &amp;;.le ~ouve­
ram, qui de tou_t tem3 ét01t en poffeffion? L mJufhce ferort évidente ..
Les circonfi:ances que les Officiers du Lçmguedoc·onf faifies pour
obtenir ces prétendues Lettres , font une nbuvelle preuve qu' eUes
ont été furprifes, dans l'unique deffein de (e ménager des titr~s
contre la Provence. La mauvaife adminifi:ration de Jeanne~, la guerre
cruelle que lui faifoit Charles âe· Duras, les défordres qui regnoient:
. dans les affaires de cette Reine malheureufe , avoieht perfuadé fes
voifins qu'ils pouvoient tout entreprendre contre elle avec in1punité. Ain!i, quand ces Lettres pourroient avoir quelque trait à fes.
Etats, il feroit èontre l'équité naturelle de les faire valoir ..
Comment fe feroit-il enfin que ces Lettres donnaffent à la Franc-e'toutes les files du Rhone &amp; le Fleuve même, jufques à la mer &amp; le~
long de la Provence, lorfqu' elles n'en difent pas un mot, lorfque·
quelques· années auparavant en 13) 3 ~ les-Officiers du Languedo~c·
eux-mêmes bornoient leur ambition à partager les IHes &amp; le lit de:
la riviere par le milieu avec les Comtes de Provence? Quel efi: encore·
un coup le nouveau droit que la France· avoit acquis fur le Rhon·e:
dans l'intervale de vingt-fept ans qui s'écoulerent entre les LçttreS:
de Charles Pl. &amp; l'en~reprife du Lang~edoc en . r 3 n ? L'on n' e~l:
. peut citer aucun : ces Lettres n'ont donc aucune application à fa,
· partie du Rhone que nous réclamons (a).
,
Mais ces Lettres exiftent-elles bien réellement ? La premiere
raifon qui en fait douter eft tirée- du filence des Hifi:oriens du Lan-guedoe , qu~i qu:ils c?nnoiifent l'ouvrage d'où. elles font tfré'es ;; _
·comment n en drfem-1ls pas un feul mot·, eux que nous voyons .(i
attentifs à fe faire des titres des circonftances les plus indifférentes~?'
Ces Let~res leur auro!ent ,cependànt fourni une preuve- plus- ·
· plaufible que les entrepnfes d un Sénéchal , ou de quelque Officier:
fubalterne qu'ils font tant valoir à la moindre occafion. S'ils n'ont:
fait aucun. ufage de ces Lettres, ce ne peut être que parce q_u' eu.x;.~
1

•

•

•

1

"

(a) Ne pourrait-on p-:rs ajouter quê Œces 1',.ett7es.fonrté'elfes eÎles reifemblfnr à tontê3
' &lt;!~Iles qui furent donpées alors. (~us le nom ,d 'un. P-ince, 1ombé en démence &amp; d~ la. foibiel!e
èuq_uel toi;t le monde che.tcho.Jt a profiter-.

. ,

�7'.l

effe t; on nïn diq ue point:
1lJêmes en ont foupçonné la fidélité : Et en entique : on ne les trouve
ie aut
où en eft l'or igin al, ni même une cop
nce s: cela fuffiroit pou r les
nna
dans aucun de nos recueils d'O rdo
faire rejetter (a).
ons trop fortes de foup...;
Au reft e, quand l'on n'auroitpas des raif
certain qu'elles n'o nt été
çonner la fidélité de ces Let tres , il eft
de Oiarles VI. depuis Lyo n
données que pou r les !Des du Domaine
un effet pou r la Provence
jufqu'à la Dur anc e; car elles n'eurent auc
jours tou te la jurifdiél:ion
qui , comme on va le voi r, conferva tou
s.
' qu'elle avo i( fur le Fle uve &amp; fur les 1De
.
le Vig uie r d'A rles prononça la confifca.;
·Aél:e.~! ~~·tifdic- Le 2 1 Novembre I 3 84fes·
agrès 'appartenans à un Marchand de
que &amp; de
tion fur le Rho ne tion d'une bar
e au bac qui fervoit pou r le
pour avoir caufé du dommag
lle
.
ppar les Juge s de Marfèi
J'
rove nce.
ta~lle. Cet te Sentence
paffage du Rhone entre Arles &amp; Tnnque
)9_•

..

· N-0.

e;

inair
de Nogaret: C'e!l:-là un perfo nnag e imag
: il n'y a
ta) Notre amé &amp; féal Chevalier Paul
ince
Prov
la
dans
u
conn
étoit
qu'il
e, parc e
.dont on. a préfe ré le nom à cout autr
rems - là, (Hif i.
deux bran ches de cette fami lle en ce
jamais eu de Paul Nogaret dans les
ronn e , tome 6,
Cou
la
de
iers
Offic
ps
gran
des
Hill:.
du Lang. tom. 4, pag. r r 7 &amp; 5 5 i,,
res des Eaux
ne les trouv e pas dans la lifie .des Maît
·
pag-. i99 &amp; .fuiv. pag. 8) 3 &amp; füiv .) On
.)
füiv
&amp;
ret
. &amp; Forefl:s (ibid. tom. 8, pag. 853
être celu i du quat orzié me ftécle ; Ma!t

ît poin t
toutes
D'ail leurs le frile de ces lettre s ne paro
il n'y a aucu n exempt~: on lit dans
fa~on cle parle r fingu llere , dont
qui font tOU·
tés
quali
:
ts
Foré
&amp;
Eaµ~
des
re
ou Maft
les Ordo nnan ces, Maitre de~ Eaµ x,
e 1364 , Joanne!
ume ns du Pays. Atre du 19 Sept embr
jours joînre.s enfr'm ble dans ies mon
g. tom. 4. pag.
.Lan
du
.
Hjft
fœ.
Tolo
œ
fcalli
,Sene
'de Aul.â Magifler Foreflarum. &amp; Aquarum
~ u, Ordo~­
pag.
Ibid.
71.
13
m. Atre du z 3 Janv ier
2·86 , Afagifttr Aquarum &amp; Foreflaru
,
3.
45
pag~
,ibid.
,
?9
14
emb re
tout !e
~apc;e de C~arles VII. du '}7 Nov
Nog".ret fut Maitre géne ral des Eaux dansqu'il n'y
Il femb le que par ces lettre s Paul de
mer
préîu
font
: cep~ndant Je.s tit;es ci.~delîus
Pays qui porte l e nom de Langµe doc
SénéchauiTée de
un JVI&lt;iître parti culie r dans chaq ue
mai$
éral,
gé,n
re
Maît
de
avoi t poin t
parle des LieuVJI.
les
Char
de Carcajjàne; &amp; l'Or do.nn anee de

il.e nos Eau x,

P'!)'s:
Toµloufe, de lJeallCaire,
cl.es Maîcres des Eaux &amp; Forêts de notredit
tenans de Maîtres des Eaux &amp; Forêts ,
.
donc il y en avoi t pluli curs.
de Languedoc:
de ces .l ettre s, ce font les mots du Pays
eauté
nouv
la
plus
le
ue
marq
noit toutés
Ce qui
dé!ig
on
el
.lequ
par
&amp;
e,
com men cé à la fin du treiz iéme fiécl
t
avoi
qui
nin, &amp;
mot
ce
femi
t
n10i
qu'au
nom
feul
ta
.,,_On
is-em ploy é
parlo it la Lrf,lgµ:: d'Oc * n'.éto it jama
pluri el.
au
mis
urs
toujo
nt
aml i, parc e que les Prov ihce où l'on
étoie
-ci
ceu~
le mot de Pays ou d.e Pa,rties,
tians ce.tte~ang_ue . t}Uand on y joign oit
&amp; fon Lieutenant en toute la
de France, frere de Monfeigne,ur le Roi,
oi
J:
Ju
fils
s
Loui
7 Avri l 13 77. ( Hifioi:re du
Ot: flgnifi.01-t ou1,
du
s
lettre
les
dans
Langue d'Oc , difoi t Louis 1. Duc d'Anjou, pag. 54i.. ) • .Autr e exem ple, pag, 36z &amp; ~63.
3.p &amp;
t lui·
Lang . tom. 4, n. 1 5 r, pag. 350 &amp;
la Langue d'Oc. Le Roi Charles V 1. difoi
toute
en
Roi
le
eur
feign
Mon
de
I &amp; Otro bre
Lieuteniint
q8
l
Avri
d'
Aéte
(
.
P'!)'S de Langue a'Oc
mêm e ès parties de Lani;ue d'O c, nos
voit fait expé dierl es
3 6 r &amp; 3 84.• ) Ai nit.li ce Prin ce .a
pag.
,
edoc
angu
L
du
Hifi.
Ibid.
~ 394,
de Langue d'O~,
Pays
nos
de
ts
res des Ea,ux &amp; Forê
préte ndue s lettr es, il auro it dit, MaZc
_
de Languedoc.
&amp; non Maitres de nos Eaux tht Pays
exem ple , c;ir
n
aucu
a
n'y
11
dont
e,
n .!ing uiier
Notr e Prncureur du Sénéchal , expr e!lio
chal . Si celui
Séné
du
r.
'ée n'efr poin t le Proc ureu
le Proc ureu r du Roi dans une S~néchaufi
Pqys de Lanle
dans
x
chau
Séné
trois
alors
y avoi r
qui a fabriqué ces lettres a voit ('iu qu'il

troi s que la,co mmi !lion re-

de nom mer celu i des
guedoc, il auro it vû qu'il étoit né.cefiaire !emb le" donc qu'o n ait cn1 qu'il n'y avoi t alors
il
:
caire
Beau
de
celui
it
c'éto
&amp;
gard oit,
..&amp; Forèts
n'y a voit auŒ. qu'u n Maît re des Eaux
&amp; q~'il
qu'u n Séné chal dans tout le Pays ,
.
lîée&gt;
chau
Séné
pour les trois

prouve

�71

.

'

prouve que les Juges d'Arles continuoient à exercer li jurifdiél:ion
. fur ce Fleuve.
·
nSi &amp; nss.·
En q 8 2, 13 84 &amp; 13 8 8 , il y a cinq ou fix exem~les de Senten- · Nombre
d'aél:es
ces de confifca.tion (a) prononcés par les Juges de la Cour royale de la Jurifdiélioq
d'Arles' contré des Patrons tant étrangers que de Beaucaire même, d'Arles fur le
dont les barques en defcendant le Rhone avoient endommagé le_ Rhone.
bac ou la corde qui le ·-conduifoit, &amp; cela Juivant la coutume très- .
ancienne obfervée de tout tems, approuvée, &amp; qui pouvoit porter le nom de Loi.
. Lettres Paienteè
En fupp~fant que les Léttres de Charles VI. dont on a rendu dont
on pré tend
compte plus haut , aient jamais exifté , ce ne furent pas les feules , jgferer qt!e le
appartient
que le Languedoc fit rèndre au même Pririce &amp; tou1ours dans les Rhone
au Languedoc,
mêmes fuppofitions. En 1 )88 il en donna à-peu-près de _pareilles
relgtives au Dauphiné : On fait dire pofitivement à celles-là que le .
Roi de France efl: propriétaire de tout le cours du Rhone , ·partout
où il confiné au Royaume , &amp; qu'il l' étoit également du Pont qui
étoit entre Vienne &amp; Sainte Colombe. Les Officiers du Dauphiné
avoient fait quelqu'aae de jurifdiaion fur ce Pont, qui, Gomme
nous l'avons vû, avoi~ toujours appartenu à Vienne. Les Lettres
leur font des défenfes 'de récidiver , &amp; veulent que ce foient les
Officiers de l'autre côté du Fleuve qui exercent la juftice fur ce
Pont au nom du Roi.
Ces L~ttres importeroient peu à la Provence qui n' eft point char- . R t f- UTA TION
· gée dè la caufe du Dauphiné, fr 1'on ne s'en fervoit pas pour éten·
· dre leur effet au-delà de la Durance fur le Rhone. L'on y fait dire
. au Roi, que tout le cours du Fleuve lui appartient; mais une pareille allégation peut·elle faire un titre contre une Province étrangere ? Et parce qu'il Elaît à des Officiers entreprenans de faire
avancer une propofition démontrée fauife, cette témérité dépouillet-elle de fes droits le Souverain, en l'abfence duquel on avance un ·
fait qu'il a intérêt de combattre ? En prêtant même aux inftigateurs
de ces Lettres, les meiJleures intentions , il faudroit toujours dire _
q~'ils avoient plus de zèle. que de lumieres, &amp; que dans le fait tout .
ce qu'ils faifoient dire au Roi à l'occafion du Rhone, a été fans conféquence, puifque nous allons voir les Comtes de Provence
re&amp;ner ~r l~ partie de la ri viere qui leur appartenait , comme avant ·
qu on eut dit en Fmnce que tout le cours du Fleuve dépendait de
..
ç.e Royaume.
·
•
L'on étoit ~ éloigné à ~a Cour de Provence de croire qu'elle eût
p~rdu fes droits de propriété fur le Rhone, &amp; les Lettres furprife•
1

(a) Archives de l'Hôtel de Ville d'Arles..

K.

�74

le Com te de:au Roi avoient eu fi peu d'eff et, que chaque jour
eté fur le
Provènce faifoit publiquement des aétes de fouverain
infinité de
une
Fleu ve &amp; fur-les Ines : Nou s allons en rapporter
·
.·
nouv elles preuves.
ne premiere
La Provence avoit perdu en 13 82 fa Souveraine Jean
!\fort fünefie de
ceife les princiJeann e ·1.
Rein e de .Naples (a). Pendant le regne de cette Priri
elles - mêmes.
pales Villes de Provence s'éw ient gouvernées par
t de cette
l'effe
t
L'an arch ie &amp; les défordres qu'elle entraîne furen
commença par
indépendance. Louis d'Anjou héritier de Jeanne
le. Il éprouva
donner fes foins au rétabliifement de l'aut orité roya
d'hofl:ilité.
d'abord de la réfül:ance qui occafionna quelques aétes
etti:e à fon
Mais bien tôt l'on réfléchit .qu'il valo it mjeux fe foum
du pou- ·
abus
Prin ce légitime que d'être plus longtems expofé aµx
ieres à traiter
qSr.
voir municipal. La Vill e d'Arles fut une des prem
que ,
Traité entre
Louis, &amp; l'article premier de leurs conventions prouve fa
l ,ouis d' An iou &amp; avec
de
partagé les malheurs
la Ville d'Arles. quoi que la Provence elit longtems
s
Rein e , elle ne lui en était pas moin attachée (b ).
ftipulent en
Par l'article 9 du même trait é, les Citoyens d'Arles
es aux lieux
leur faveur une exemption de taill es, impôts &amp; péag
fcon, de Saint
d' Albaron, de la Trouille, au bac d'Arles, de Tara
Gabriel &amp; de tous les autres endroits.
elet ' Mont•
La Vill e fe referve dans l'article I 9 )) Les pâtis de Chât
que veneeries
)) majour , Aurei,lle &amp; tous autres droits , tant pêch
s de quelques pâtis que ce
.» ries &amp; èhai fes, lignuirages &amp; efplaiche
ainfi que 1ufques à préfent elle les a tenus
&gt;) foit du terro ir d'Ar les,
détroits des lietJ,x fufoom&gt;) &amp; poif édés , tient &amp; poiféde , &amp; aux
erie s, tant des palus
» més : femblablement les chaifes &amp; pêch
pench ant à la dillipa ·ion, avoient
(a) Un cœur fenfib !e, t&lt;n carafü re faible , trop de enfin une mort fûnefie termina le
dont
,
rtunes
d'info
condu it cette Princeffe dans une fuite
premi er mari, Charles Durazzo qu'elle
cours. Accufée d'avoi r contribué au meurt re de fon
fa Bienf aitrice , difftpa fes tro·up es,
de
Etats
les
a
attaqu
adopté pour fon Succeffeur ,

•

avoic
couvr ir l'atroc ité de fon crime , il prérendit
&amp; forma le deffein de la faire mouri r. Pour
fa veuve du même genre de mort que ce
périr
fit
&amp;
,André
n'être que le Venge ur du Roi
é dans fon expéd ition pour la conquête
Prince avait fouffert, Durazzo fut lui-mël,lle a{faflin
&amp; la Régen te de ce Royau me qui comdroit,
aucun
t
n'avai
il
où
rie,
du Royaume de Hong
un ban de Croatie qui ofa condamner.
par
noyée
manda ce meurt re• fut de fon côté jugée &amp;
Mode rne, qu'une fo.ite de crimes punis
cette Princeffe L'Hif roire n'efi fouvenc , dit un
• '
..
par d'autres crime s.
en·
rait
trouve
Reine
leur
de
rier
( b) Les Habit ans d'Arle.r ne préyoya11t pas que le Meurt nt au Comt e de Provence qu'à
donne
(e
ne
q\!\l~
ent
Hong_rie la peine de fon crime , déclar
eu accord quélconqu~ aveo le pervet.r
cond1tio.n , qu'il jurera que jamais il ne fera paix
ment ~ à tort a détenu Prifonnim
inju{le
tant
qyi
,
zo
Duraz
Charles de

&amp; '1.bo1!).1:zable Traitre
la Reine Jeanne, du Royaume &amp;.de
&amp; dépou~llé .notre Princêffe de bonne &amp; louable mémoire,tuée : ains po ur{iârr~ lui &amp; les fien~
mment
mécha
&amp;
ent
uellem
fon patr1mozne, ~l'a très-cr
&amp; recommandable R~zne, 1'1onumenc
de ,ra.ut Jon pouvoir, en vengeant la- mort de 1iotre bonne
·
_ · ,_
rains..
Souve
leu~s
à
çaux
Proven
des
t
.
prec1e11x de l'aîtachemen

_,,

�.

.

7)

..
~ que du Rhone ; de .la mer.' &amp; ~uffi de t~us étangs. «
Et par l'artide 24 ', il eft füp~lé que le Ro1 ne po~rra établir

aucun péage nouveau a Arles .. C eft fans doute avec :a1fon que la
Provence regarde ces convent10ns comi.ne un de fes utre3 les plus
.
folemnels fur le Rhone &amp; fes dépendances.

ETAT DU
..sous

LA DEUXIEME

RHONE
MAISON · D'ANJOU.

Nous ne pouvons fuivre de meilleur guide pour cette époque 1 3:Sr à qB!t.
f Manufcrir deJea11
"
qu'un monument refpeél:able, dont l'autorité ne fçauroit erre fu - le Févre qui c.o n- peaée. C'eft un manufcrit qui a paffé de la bibliotheque de Colbert rien.tnombred'.~c~
dans celle du Roi, où il eft confervé fous le N°. ) 87. Colbert, &amp; · tfies 1 deRhpropdnerl~"
. ur e one e
E
.
.
.
9660. ) • Regms. n contient un JOUrnal de Jean le Fe11re vêque de part des Comtes
Çhartres &amp; Chancelier de Louis premier &amp; de Louis II. Ducs d' An-· cl: Provence.
jou , Rois de Sicile &amp; Comt~s de Provence , dans lequel ce Miniftre
. é-crivoit jour par jour ce qu'il faifoit en qualité de Chancelier , &amp;
ée qui fe paffoit dans le Confeil du Roi , depuis le 22 Septem-·
bre de l'annéè 1381 jufqu'au Il Juin de l'année 1388. Les·
deux tiers du journal font écrits de la propre main de !'Evêque &amp;
le refte l'eft de celle d'un de fes Secretaires, dont il , fe fervoit
.
pour la pl6part de fes aétes.
Ce journal eft inconteftablement le regiftre qu'il étoit obligé de
tenir en qualité de Chancelier, puifqu'on y trouve en original &amp;
de différentes mains le modele des fignatures des perfonnes à qui
l'on donnoit des provifions de Notaires dans toute l'étendue de la
domination de Louis II. Combien d'aél:es ne contient-il pas, qui
prouvent direfrement que la Reine Marie de Blois &amp; Louis JI. fon
fils avoient les péages du Rhone &amp; droit de jurifdiaion for ce·
'
·
Fleuve!
Le premier .de ce nombre eft une Lettre fcellée à Marfaille le:
13Sr.
premier_Septembre 13 8) ·, 'Par laquelle la Reine confirme à M r.e. Penfic.11 fur un
Bertrand d'Agout Seigneur .de Cabriés toutes les donations-. , libertés péage du Rhone.
&amp; franchifes qui lui avoient été faites &amp; accordées par les ~is de
Sicile , &amp; notamment u·ne rente annuelle de 1) o florins à prendre
fur le péage d'Arles, laqùelle confirmation fut fuivie de Lettres
exécutoires adreffées au Receveur du péage le 24 Février fuivant:
Voici les termes du journal. » Le premier JOUr de Septembre ( 1 3 8) ·
» à Marfeille) fcellé une Lettre pour 1\1:eflire Bertrand d' A.gout , _
» Seigneur de Cabriés., par-laquelle Madame li confirme toutes les,

-

Kij_

�76

La Reine Marie
:avoir un Receveur
de (es droits fûr le
Fleuve.

de Sicik
1&gt; âonatio ns,Iiber tés &amp; franchifes à li oB:royées par les Rois
0
Février ; ·
xxm
•••
» Item CL. jfor fuper pedagio .Arelatenfi ,f • LXXIX•
» fcellé pour le Seigneu r de Cabriés un exécuto ire pour être payé
» de cent B. fur le péage d'Arles qu'il prend annuatim. Ibid. fol. cx1. «
Suivan t le même journal le 1 o du mois d'OB:obre 13 8), la Reine
ordonn a à fon Receve ur des droits qu'elle percevo it fur les bords
du Rhone, de faire expédie r à Hugues de Niornis &amp; àr Beranger·
Palhade le fel qui étoit aux Salines de Vernéde &amp; de Notre-Dame
de la mer, qu' ~lle leur avoit vendu pour le prix de 2 I oo florins:
Elle percevo it donc des droits fur le Rhone, puifqu' elle avoit un
·
Receve ur en titre pour les recevoi r,
e 1\fa..
laquell
par
l&gt; Item. ( Io OB:obr e 1 3 8)) fcellé une Lettre,
)) dame mande Credenferio (Recev eur) jurium ripariœ Rhodani quocl
» faciat expediri Hugoni de Niornis &amp; Berengario Palhade mercatori» bus Avenionenfibus Jal exiftens fuper terra in Salinis de Verneda &amp;

Villemaris, quodfal Domina eis vendidit prœrio 2m. &amp; c.fiorenor,.
.
llibid.f .unxx. VII. ver.fa.

&gt;)

1

l'E- )) 1\1ercre di xx1m. ( J anvier 1386) fceilé une Lerne pour
'r 38G.
Aurres aéîcs de
argent qu'ils
fou vmineté for )) glife Notre- Dame de Roquemadour p01~1r IIII marcs

a'

le Rhone.

prennen t par an fur le péage -de-Tam.fcon. ibid.f). cvr. verJo.
"Vendr edi XXVI. fcellé un exécuto ire aux Maîtres ratiana1s &amp;
&gt;),aux Péagier s d'Arles &amp; de Tarafcon pour Bérangier Mouge pour
&gt;J les cent livres de couronnas que Madam e li a ~onné de provifio n ,,
0
.
. . ·
» c'efr-·à dire de penfion: ibid. f • cvu.
Mi,.Freres
)) Mardi ( vr. Mars 1J86) fcellé. une· Lettre· pour- les
&gt;&gt; 1:eurs de Aurac.ia ( Orang-~) ut Jolvantur fuper pedagium Arelatenft

)&gt;

))- de tribus wzciis auri percipi confuetis fuper pedagium Tarafconis.
·
Ibid. f 0 • CXII. verfo.
&gt;&gt; Jeudi vm. fcellé up,e Lettre pour le Cardina l d'.Arles. ( c' étoit
&gt;1 Pierre Ducros Archev êque d'Arles &amp;;.. Cardin al) de lever u:uxx.
de fa mer)
&gt;) &amp; x rnuis gros de fel de la Ville de Mar ( Notre-D ame
&gt;1 jufql;l'en Avigno n , fi!le pedagii Jolutione, erat data Littera de menfa
)) Januarii prœterito. IbidJJ. cxm.
?r, ce fel ne pouvoi r êtrê condui t de Notre-Dame de,Za.m_erà
r
Avzgnon que par le- Rhone; &amp; f.i les pé~ges de ce fleuve n avo1ent
~epartenu à la Reine, comme nt fe feroit-ort- avifé de follicite r au·
pres d'elle ces·grac es; &amp; comme nt auroit- elle pû les accorde r? Il
eût fallu fuppofer qu'elle étoit de la plus rnauyaife foi, &amp; qu'elle

fe faifoit un jeu des droits qui ne lui euffent pas apparterrn .. Non~
feuleme nt elle donnoit des penfions.&amp; des-franchifes fur. les. péages.
du Rhone, mais encore elle affàm~it le produit: de ces pé~ges t

�-

71

&amp; donrtoit quittaf1ce à 1a fin du bail. (_Journal f6l. ·1 14: 1 · _ :
Le i4 ~eptemJ:&gt;r~, elle fit ~xpéd1e: deux. Lettres en fa:reur de
Pierre Majeur ; par l _une elle lm donn01t la charge ~e Cl~vazre de la.
Cour royale de Tarafcon, de Camargue &amp; de fa V 1guene , &amp; par ·
l'autre elle l'établiffoit Receveur du péage de Tarafcon &amp; de cer-·
tains droits royal,lX qui fe per~oivent fur la rive du ~hone : juriumReg:iqrum rippariœ Rhodani. (J ou'rnal f~l. ·176:_) Cro1~a-t~on q~e la.
Reine eût établi un Receveur, fi elle n avo1t nen eu a· recevoir fur.
le Rhone?.
Le. ~9 0 B:obre fuivant, elle confirma-en f'aveur d' Hi0urJet de Va_..
qiûeres.une penfiot1 de 80 florins de Florence 9-ue '_ la Reine Jeanne.
lui avoit accordé~ for les,reve1ms ripariœ Rhodani. Ibid. fof. I 9·1"
Elle manda le 6 du mois fuivant à fi 'rréforiers de p.ayer- à .Ma··_
tlzieù Benevini d'Arles für. les deniers _provenans du péage de cette
Ville la fomme de mille florins d'or qu'il avoit avancés pour le§
affaires du Roi. lb.id. fol. 19 3. Quatre jours après -elle aonna à.
Auguier d' Argençe, à Auguier de Jarente &amp; à Ponce Brintinelle troispeni1ons de cinquante florins d'or chacune,. &amp; une quanjén.1e de 2 oo·
florins à Jean Coteron Frere Mineur, qui étoit Confeiller d'Etat,..
.
. __
à prendre fur le péâge de Tarafcon. Ibid. fol .. I 94 &amp; I 9) •.
Quelque convaincantes que foient ces preuves, il y en a eacore P F:-s- Comd t'e~· di:,
t0:rence onnen,
. l l é 'd
d l
• dé
i:&amp; qm montrent e a mamere a p HS v1 1ente que des LettrH de:
de p1us 10rtes,
la j.urifdiétion du Rhone appartenoit à la Reine Marie Comteffe de m~rci:ie &amp; de: reProvence. La premiere fe tire .des Lettres de marques ou de repre- hr!efailles füi;I le'
' Guillaume &amp; à '- ione~~
.
" JOUr
r. '11 es qH'e11 e accor da 1e meme
Io N ovemb re a
1a1
Jacques Bertrand freres à Tarafcon , pour recouvrer fur les Catalans.
qui navigeoient fur le Rhone J 5o florins que des gens de cette pation
leur avoient pris.
» Item pro Gµillelmo Ô' Jacobo Bertrandî fratribus il-z cotis Taraf)') conis. quibus contra Deum &amp; juflitiam Domina conceffit quod fuper
odanum recuperenr vcL. fiorenos peF
»_Cathcdanos' navigantes ·per Rh_
fuit figillata de· prœcepto Dol-J{inaz
reni·ttente
me
&amp;
marche,
- J&gt; modum
» pr9pter importuniratem di-8:ornmfratrum. cc lb id. fol. 19). Ces mÜts,,
ftontrà Deum ê.:t juftitiam, ne peuvent point être relatifs· aux droit$
du Roi de_Fraru;e , füais aux Catalans-, qui: étant alors fous la do-·
mination du Roi d'Arragon·devoient jouir du pFivilege accordé h
: 8 ~évrier_. 1 )'86· à fous les ~ujets· de ce Prince, par l~quel il leuceto1t pem1;s de commercer librement en Provence pendànt le term~
.Ele. fix annees:, non?bfl:a-nt toutes les-Lettres de rnarqpes: à.ce con..t~aues. (V oyez le JOUrn. au 2 1 Février- 1·3'86. }La. feconde preuve n'eft pas· moins f.o tte; les. Confuf.s d'Af.l'e-;;
'•

�78

.

avoiene repréfenté àla Reine que·, fuivant m1 u!:1ge fuivI de terrt!
immémorial ' toutes les marchandifes que l'on t~anfportoit par le
Rhone de la mer à Avignon, &amp; d'Avignon à·la mer, paifoient de-vant la Ville d'Arfrs ex, y étoient débarquées, pour ne pas frauder
le péage royal ; que cependant certaines perfonnes tâchaie nt de
tranfporter ces marchandifes en fraude par une autre route ( apparemment par le petit ~hone ) à quoi ils la prioient d~ remédier . . Sur
ées demandes qui pa-rurent juftes , la Reine ordonna le ; de Novembre de la même année 1387 à fes Officiers de Tarafcon &amp; à t-0us
ceux à qui il .pouvai t appartenir, de tenir la main à l'obfervation
&lt;le l'ufage , &amp; d'empêcher que ces marchandifes ne priffent une
autre route que celle d'Arles , &amp; qu'elles fuffent débarquées ail.
leurs que dans cette Ville.
jurifditl:io'n ? D'un côté, la
de
précis
plus
aél:es
des
voir
Peut-on
Reine permet à fes Sujets de faire la guerre fur le Rhone.; de l'autre ,
. elle regle la route que doivent tenir les bâtimens qui'. naviguaient
fur ce Fleuve. Ce Reglement montre qu'elle étoitMaîtreffe&amp; Souveraine de tous les bras du Rhone ; s'il y en eùt eu un feul exenip t
de fa domination, les bâtin1ens qui auraient voulu éviter·le péage
d'Arles, s'en feroient fervis, &amp; leur conduite n'auroit pas pû
être taxée de fraude, comme elle l'eft: dans l'Ordonnance de la
Reine. Si le Rhone eût appartenu à Charles VI. qui regnoit alors en
France, fa Reine auroit-elle cherché à ufurper fes droits, elle qui
vivoit avec lui dans la meilleure intellig ence, qui le ménageoit en
tout, .&amp; quiavoit un befoin extfême de fon fecours pour la conquête
du Royaume de N aples?Comment ce Prince n'en auroit-il pas formé ·
la me&gt;indre plainte , lui qui au retour de la Reine Marie à Par~s,
trouva mauvais que le Château qu'elle faifoit bâtir à Tarafconfùt
affez beau pour reffembler à fes maifons Royales. x1x Avril 138 8.
le
'l&gt; Moi , Pelerin &amp; le Begue ( porte le journ. fol. 2 i ')) fûmes devers
la
que
» Chancelier de France où fut par li &amp; auttes du Confeil dit
\, maifon qu'on a fait à Tarafcon, le Roi n'eft pas conten t; pour ce
,, qu'ils fon.t trop pareils à ceux du Roi , nous rép~nclîmes que nous
.
.
.
» en parlerions a Madame.«
des
eu
euff.ent
France
Il eft clair que fi les Minifttes dµ Roi de
fujets de plainte plus graves, le Chancelier de Marie n'aurait
manqué d'en faire mention. Ce Miniftre n'en parle -pas, _parce
qu'on ne lui en avoit rien dit; &amp; on ne lui en avoit rien dit, parce
·qu'on ne fo croyoit ni léfé ni en droit de fe plain~r e . Ain fi, de l'aveu_
n;ê1:1e des f\'l ini~res de Charles.VI. l~ Rhone étoit foumis à la jur~f­
d1éhon de la Reme Marie.
r

pas

�7,

.

Le journal de Jean le Fevre parle, en cèS' termes, du Reglemertt
fait à la requifüion de la Ville d'Arles concernant les droits que
,
, .
devoientles marchandifes en paffant fur le Rhone:
» Lev. (Décembre 1387 ) fcellé une Lettre pour 1 Umverfite

d'Arles : de mercimoniis per Rhodanwn tranfeuntibus in Arelate de·
ponendis juflà fo.litwµ morem. ~tem pro Jl!ath~.o Be11ig1~i &amp; Franci_[co
lf ejus filio de recipiendo fuper talibus merczmomzs perqgzo. « Eol. 19 9.

»

)&gt;

Ce journal contient encore une infinité d'autres preuves de cette
.
efpece q11'il feroit trop long de rappo~ter.
rj&amp;8.
Un évenement de l'année 1388 va nous fournir encore de nou...
velles armes. Guillaume Dieudé Marchand de Beaucaire remontoir Au~~e: aétes de
· propr1ete fur I~
.r. · r. b
1e Rhone : la corde avec 1aque 11 e on con du1101t ia arque rompit, même.Flet1ve.
_&amp; pour fauver le navire gui avoit été jetté fur la treille du bac qu'on
avoit mis à la place du Pont d'Arles, il fallut brifer cette treille ..
Le 27 de Mai, lendemain de l'accident, les Syndics de la Ville
voulurent être mis en poffe!Iion ·de la barque, conformément à
leurs priviléges &amp; à l'ufage confiant : le Marchand convenoit de
leur droit; .mais comme il n'y avoit pas de fa faute, il leur demanda grace en fe foumettant à leur miféricorde. Ils ne furent pas ,
infléxibles ; le Marchand en fut quitte moyennant vingt florins
d'or de feize fols piéce (a) qu'il promit de payer dans le mois de
Juin fuivant; &amp; s'il y inanquoit, il fe fournit à toutes les Cours,.
foit d'Arles,- d'Aix, d'Avignon, ou de Beaucaire. Ainfi voilà un
fujet du Roi de France qui reconnaît la validité du droit de ] a Provence fur le Rhone, qui n'imagine pas pouvoir réclamer celui de fon
Maître, &amp; à qui 011 ne fait grace qu'au moyen de fon avéu &amp; de fes
priéres. De ce qu'il fe fournit à la Cour de Beaucaire en cas de retardement, &amp; de ce que les Syndics voulu!fent bien prendre cette
Jurifdiélion, qui étoit celle des biens du Débiteur, il ne faut pas en
conclure qu'elle l' étoit auffi de !"affaire , mais que les 0 fficiers qui
compofoient ce Tribunal étaient auffi bien infiruits que ceux de
Provence des droits de la ViUe d'Arles fur fon Pont du Rhone.
Un Marchand de Marfeille , dont la barque avoit également
touché la treille, mais fans la caffer, &amp; qui tint la même conduiteque celui de Beaucaire, obtint la même grace le 24 Décembre
fuivant {b).
C'efi au milieu d'un tems qui nous fournit un fi grand nombre 1 1 3'9S'. . •
cfe faRe 1..
· eo trouver une dé~ ne ettres
de L anguedoc croit
·
'd~ pre~ves, que 1a p rovmce
Marie, d'où lec1five a fon avantage; mais avant que d'en rendre compte,. il faut' Lang~edoe prétend· tire&gt; fa pt&lt;ill•

(a.) Archives de l'Hôtel de Ville d'Arles , tit. du Pont,
( b) Ibidem,

�So

nces mér idio nale s de
Rl:one ~xpliqu er ce qui fe paffoît alors dans les.P rovi
·
ai) partie nt i fa la Fran ce.
rfions de Roger Com te d'Alait
. La f rovence étoi t expo fée aux incu
~rovinc.e.
ent veno it de ce que
&amp;Vi com te deTuremze, (a) don t le méc onte ntem
dona tion s faites par
le Roi de Sicile,Louis premier, avoir révo qué les
fe&gt;rt. ( Bouc~e
la Rein e Jeanne à fon pere Guillaume Com te de Beau poif édoî t dans

-,1e qve le

x qu'il
tom . 2, pag. 41) &amp; fui vantes.) Div ers Châ teau
r la guer re avant a·
le Pai:s ne lui fourniffant pas les moy ens de fou teni
Roy aum e de Fran ce
geuferpent, il enga gea quel ques Seig neur s· du
Gen tilho mm e
à le feco nder : De ce nom bre fut Amauri de Severac
414 ) qui fut depuis
de Rouergue (Hift. du Lan gue doc , tom . 4, pag.
veni r au fecours ·de
Mar écha l de France, &amp; qui av oit prc;&gt;mis de
Charles VI. qui.
Raimond avec trois mill e hom mes ; mais ie Roi
voy ez le défi de Jean
avoi t fait de cett e affaire la fienne prop re (
9 3 , ap. inftit. hift.
de Vienne à Raimond de Turenne du 7 Juil let 1 3
nna au Sén écha l de
de Turenne premier, pag. 1 2) &amp; 126 ), ordo
tout e trou pe de
Beaucaire le' 19 Juil let de l'ann ée 1398 d'eh1pêcher
entoit. Cet
préf
fe
paffer le Rhone, &amp; de com batt re Amauri , s'il
les Réb elle s, pou r
ordr e déra ngea fa. mar che , &amp; ce fut envain que
du Pont Saint·Efprit ·
facil iter leur joné l:ion , tent eren t de ~'emparer
·
.
&amp; de qud que s Vill es du Vivarais.
préc auti ons
La Rein e de Sicile · pren oit de fon côté tout es lesen Provence ;
trer
€Onvenables pou r emp êche r ce feco urs de péné
a le 9 Déc emb re
donn
elle
nces
&amp; on prét end que dans ces circo nfta
eft nécd faire de rapp orte r en enti er,
1 39 8 les Lett res fuiv ante s qu'il
plet te de la poif efparc e qu'o n en veu t tirer la preu ve la plus com
fion· du Rhone par le Languedoc.
&amp; de Sicile,
') .M"arie, par la grac e de Die u, Rein e de Jérufalem
, de Forcalquier, du
-.,) Duc heif e d'Anjou'·. Com teffe de Provence
e, adminiftration
»Ma ine, de Piémont &amp; · de Remi, ayan t la gard
tés deifufdits &amp; d_es autr es
~) &amp; gou vern eme nt des Duc hés &amp;. Com
aum es , &amp; de Charles
» Pays &amp; Terr es de Louis Roi defdits Roy
ceux ql}i ces Lett res verr ont,
~Prince de Tarente nos enfans : A tous
r la gard e&amp; défe nfed e notr e Pay~
)) SAL UT. Com me n'a guer es pou
r le deft ourb ier de Amauri de Sev~rac , Che i)) de Provence, &amp; pou
des Com pagn ies.de Gen s
» v.ali er &amp; autr es Cap itain es, qui a gran
de Rogier, dit de Turenne,
~d'armes, . en la fave ur de Raimond
audi t Pay s, pou r icel ui _gr~ver &amp; dom l:l voul oien t paffor &amp;"entr er
'

;
• • .)

" t.

~ ·J

~· '

Ôt une guerre de voleri~ qu'une gu ?rre
(a) Bouche dit de fe Turenne , qu'il faifoit plu ée cnmm e félon &amp;. rebelle. E n r 397
tranch
d' lùat : Il avojt _été condamné à avoir la tlte
dence fembla fe-charger de fon châti·
fa tête fµt ~fe .à pr~ ~our 10 0 00 liv, Enfip. la Provi

_mager,

�;g·f ,
•&gt; m-ager, Nous ( &amp; ) le Princ e de Tarente n~tre~it fils ayo·ns 'ren·~u
,&gt; &amp; fait venir plufieurs fortes armé es,. &amp; fait faire plufie
urs explorer·
,&gt;fur la riviere ·du Rhone, fçavoir ~a1f~ns que ce que Nous &amp;
)&gt; notre dit fils le Princ e , y
avons fait fazre fur les ports du Royaume
&gt;&gt; ·&amp; entant que touche &amp; peut toucher la Seigneurie &amp;
}urifdiftion de
» Monfeigneur le Roi• Nous confeifons d'avoir. été
de fa gr~ce &amp;
»par vertu de fes Lettr es-Pa tente s fur ce de lm obtenues &amp;
impé )&gt; trées , &amp; ·d u confe ntem ent,
commandement &amp; ordon nance de
» fes Offic iers, · &amp; n'y préte ndon s avoir acqu is, ni
allég ué au&gt;&gt; cun droit &amp; poifeHion-du tems préfe nt &amp; à venir
, ne fut oncq~e~
» contr e notre entente que dût en aucun e maniere tourn er
à: préJU» dice ou conféquence de mond it /Seigneur. En témo
in de ce
» Nous avons fait mettr e notre fcel à ces Préfentes. Donn
é en notre
, &gt;~ Ville ·de Tarafcon le neuviéme jour de Déce mbre
, l'an de g ce
)&gt; 1398 . Parla Rein e, Delacroix. ((
·
. L'on fe rappelle que nous avons déjà avou é que le Roi
dt1, Franc e étoit alors Propr iétair e de tout le cours du Rhone
depuis
. Lyon jufqu'à la Durance ; ici ces Lettr es prouv ent évide mme
nt
que c' étoit dans cette partie que la Rein e Marie av oit demandé
au
Roi la permiffion de faire les ouvrages &amp; les autres opérations
né
ceifaires pour réfifter à l'ennemi commun. Elle le fpécifie
elle-·
même par ces Lettr es, en difant en termes form els, qu'el le
a fait
faire plu.fieurs explo its fur le Rhone &amp; dans les ports du Royau
me :
C' eft par cette raifon qu'el le confeife qu'el le en a dema
ndé·
la permiffion , &amp; qu'el le ne préte nd · avoir acquis pour cela
aucu n droit fur la riviere ni fur les ports du Roya ume
: &amp;
emant que touche la Seigneurie &amp;- Jurifdi8ion de Monfeigneur
le
Roi : diftinél:ions qui fuppofent très-c lairem ent qu'il y avoit une
autre partie du Fleuv e qui-dépendoit de la Rein e ; fans quoi , quell
e
néceflité de fpécifier les ports duRo yaum e, &amp; de limiter la décla
ra..
tion en tant que touche laSeigneurie &amp; ]urifdi8ion deMonfeigneur
le'R oî.·
Rier dans le conte nu de ces Lettr es que de conforme à,tout
ce
qui a été établ i ci-devant : En effet , qu'on faife atten tion à la
route
que tinren t les troupes, ennemies ; elles fe rendi rent auprè
s du
Pont Saint-Efprit &amp; dans le Vivarais, fuivant les mémoit"es fourn
is
par les Hifi:oriens du Languedoc : ceux que nous avons , indiq
uent
la même chofe , &amp; apparemment que voula nt péné trer en Prove
nce;
elles ne pouv oient pafier le Rhone qu'à Beaucaire ~ ou au-de
ffus i
4

' ~nt: il f~t fubm.ergé d~ns le RhMe ~ e~ f~ya~t ~ev~nt le Prince
de Tarent! , qui le pourfm_vott, L on.vou combie n c.e Guem e:·ctolt elo1gne de reifeiµblerau
Héros du même nont
qu1 fit la gloue de la Franée fou11 Louis XlV..
•'

-

L

�8%
it engagé"-par un tra ité a-vee la
parce. que Raimond· de Turenne s·éto
traité par la Re ine Marie du 7'
,y ille d'Arles (approbation de ce
le 20 Oél:obre 13 99 , arch. de
Oét:obre. 13_96, &amp; par Louis Il.
voir env oye r, nif air e paffer des.
pou
ne
à.
s)
rle
d'A
le
Vil
de
l
ôte
!'H
le qui s'étend depuis Tarefcon
troupes fur le territoire de cet te Vil
à c.ondition qu'elle lui donnât
vis-à-vis de Beaucaire.jufqu'à la mer.,
ées de bled par mo is; afofi il ne
_çinquante écus d'or.&amp; quinze falm
Provence par le Languedoc, que
leu r reftoit d' efpace pou r ent rer en
&amp; comme elles furent rep ouf depuis Tarafcon jufqu'à la Durance:;
elles'ne pur ent fe replier que du
fées par le Sén éc_h al de Beaucaire,
don t elles é'toient peu éloignées.
çôt é du Pont S. Efprit&amp; duViuarais,
dµ Rhone que défignent les.
Il eft démontré par.-là que la partie end depuis Ly&lt;m, JUfqu'à la
s'ét
Le ttre s, n' éto it autre que celle qui
blement à la Fra nce . Le i
efta
ont
inc
it
DL/lance, &amp; qui appartena
uEes de cet te Princeffe avoient
mêmes Le ttre s pro uve nt que les tro
fur le Rhone· dans.. :les ports du;
fait quelques. exploits de gue rre
quent fuivi les ennemis fur lcl
Royaume, &amp; qu'elles avoient par,c;onfé s fuffent reftées chez elles.
fr elle
territoire du Ro i de Fra nce ; car
uro ien t eu perfonne à comn'à
s
élle
au-deffous de la Durance,
auc une Eermiffion : à demander ni
~attre, &amp; la Re ine n'a uro it eu
déclaration à faire.
uvé· par une quittance -que fa·
. Ce poi nt effentiel eff encore pro
des le 19-Ma rs 139 9 ( arch. de·
Re ine -.Marie donna à la Vil le d'A
don gra tui t de 1 ooo francs que
l'H ôte l de Vil le d'A rle s) pou r un
r. fubv-enir ~ux grandes dépenfe~
cet te Yi lle lui avoir accordé pou
ïen def on arm ée, qm ;po ur la'.
qu' elle avoit faites ., tan tpo ur l:entret
emEloyés-à défendre le paifage·
folde des bâtiinens qui avoient été
c1u Rhone aux Soldats de Ture1me~
ine pri t, f.ùt donc cfe me ttre fut
~ ~ne des· pré cau tio ns·que la Re
foudoya , circonftance qui emle Rhone .des, navires· armés qu' elle
oient d'abord êtr e deftinés à la
por te l'id ée de pro pri été·. ; ils dev
&amp; qu ï dépendofr de la Pro:11ence;
partie du Rhone qui éto it mé nac ée;
depuis la Durance jufqu'à Beaucairi:
c'e~-à-dire, à cel le .qu i's' éte nd
ennemis s' éto ien t engagés à ne
ou JUfqu'à 1a mer ; mais comme les
g du ter rito ire d'Arles , qu'il~
pou.voir ~ffer , le Rhone. tou t· le lon
re ..
éch al de Beaucaire:, &amp; obligés de
~voient été chaffés par le Sén
aux
fit·faire la même manœuvr.e
monter le long de ce Fle uve ; on
s la par tie du Rhone au-de ifus.,
bâtimens qui fe tro uve ren t·par-là dan
ination du Ro i de Fran·ce, &amp; ae·
de la Durance·qui:étoit. fou sJa dom
dans ce ·quàrtier~ia q~e la Re iM
fut P.our les. exploits qu'ils: nr;nt
déclaration q_u on_nm:.s oppofe~

Mtuze.. donna la.

�·s,

.·

) .

Il eft même fenfible que ces L~ttres-Patentes en prouvant les 'd roits de Marie fur la partie du Rhone au-ddfous de la Duran.ce,~
prouvent égaleme1;t qt:e. le R_hone au-?eifus de. la D.ur~nce tout le.
long du Con)tat, ~ avo1t Jamais_ ceifé d apparEe111r a~ Ro: de Fr~nce,
dit avmr été1
puifqu'il n'avoir pas été cornpns dans la ceihon qu
"
.
.faite de ce PaJS ·au Pape.
, Les Avocats du Languedoc fmvent en cette occafion la mememéthode de raifonner que nous avons déja réfutée. plus d'une fois!
.IJs tirent toujours _d'un~ propofition particuliere rela~ive à une
I
portion du Rhone vne C-OncluGon générale pour donne a leur Pro~
.1
·
.
vince tout le cours de ce Fleuve.
Let;;
ces
que
démontrer
pour
doute
: Ces réflexip~s f tiffifent fans
t:res _ne purent porter aucun préjudic~ à la Provence, &amp; qu'el!es.
p'eürent pas pour objet la ·partie du Rhone qui en avoiç toµjqurs
&lt;lépendu ; 1 on n'e? .pourra plus doute+ dès qu'on va 1;~. vojr.
~galement &amp; conframment en poifeffion dans les rems J&gt;Oftér.ieµrs àJ
ia déclaration de la Reine Marie.
La preuve en efr tirée de la capitulation qui fut faite en 141 I ; C?ndiri_ons de la
de la
. d es M"l• capitulanon
.~ntre 1es A· rragonofS· &amp; .1e p ape Jean XXJI. p~r 1am éd"iat10n
Ville d'Avignon.
niftres du Roi de France &amp; ·du Roi de Sicile, dans laquelle il fut arr.êté que ce feroit ou le Roi de Sicile Comte&lt;le Provenu, ou le Roi dé
f.rance-qui fourniroit Vefcorte néceffaire_à lp. garnifon du Château
·è.'Avign:o.n , fuiv:ant le chemin qu'elle prendroit, mais que les ga~
•.
:
lères, nav-ire~ &amp; chariots néceifaires aux troupes -&amp; à leurs baga,.
Pro~
de
Sénéchal
le
par
ges , leur feroient fournis à leurs dépens
liv. 3 , chap. ·premier.,
pence. (Fanton, hi.ft. d'Avignon, part.
pas que.le Rhon~
prouve-ç-il
ne
arrangement
Cet
)
oo.
3
&amp;
8
9
2·
pag.
~u...,àeifous ~ Avignon~, étoit regardé comme une dépendance de 1~
f ·rovence, même &lt;le -l'aveu pu Miniftre du Roi de France; &amp; qu~
t~ C?mte .de Proven.c? y avoit d~s _atfenaux , des galères &amp; la .nar
. i
··
.
v1gauon libre &amp; ent1ere.
-· Cette même guerre nous offre une troifiéme preuve bien claire te Général des
des .droits des Çoll!tes de Pro~el}Ce fur. cç Fleu~e,. Bouche. (a) nou; ;~;~~~:P!~;~~~
•Cl.pprend que pendant que Louis II. éto1t en Italie a combattre Lan· nçmis d'y péne·
• celot ou Dura'{_?.o en faveur de Jean XXIII. DuraHO attaqua la trer par.leJlho..ru:.I
Provence par plufieurs endroits dans cette même année .1 41 1 ; tan,dis qu'il y entroit par Toulon, !'Antipape Benoft X~Ll. (b) qu'il ~ou..

s;

1

• (a) Tomè i., page 436.
, ( b~ !l fe no~~oit Pi'erre de Lune, ~ e'elt de lui que le fam~ux Grrfon .difoit, qu~l
n Y avoit que l'echp~ .&lt;le .cette Lune qui ,pût rét'lblir la p.aix Jan• 1'Egli;e ~ c'6t1ù-là· l~loquence du terni.

·

'

L ij .

�84
ten_o it, faifoit une autre attaque par 1'embouèhu re cfu Rlî9ne~ L"Ar~
mée ennemie voufoit remonter le Fleuve pour aller Avignon ;
mais elle en fut empêch~·e par les chaînes que le Général- des
troupes de Provence fit mettre dans le Rhone, opération qur certainement ne pouvait fe fai:re que par c.eux qui étaient maîtres ne~·
.
la riviere·d\m ordà l'autre.
que LouiS' 11. Comte de·
guerre
cette
C'eft pendant le cours de
r4'.or..
a·e 3 f01
r.
. pem10n
.
B
d
1
h
,
M
d
-p
Je
Le Comte
arec a · e oucicaut (a) une
Provence accorde · rovence accor a au
:m· .lV~aréchai de fü&gt;rins à prendre f'l_.lr les revenus de fan ancien péage à: Tarafçon~.
Boucicaut une .Les Lettres-Pa tentes font du 2 ' Juin 1·401. Le même Prince donna_.
ffi
,B .
p
L
d'
•
penlion for les _i
pé~ges du Rhone. uepms ·aunes ettres atent€S a ·ouczcaut poµr a igner cette pen..:
N° ..40 &amp; 4 1. fion fur des revenus ~}ffé~ens , parce que· ceux du péage av oient
été aliénés à d'aùtres. CëS fecondes Lettrès font du 2 ·1 Août 1406..
0
d~ 1f~::~~~~~~6~ ~ous . po:ivons· encore cit~r plufieurs é~en~n:~ns · du reg~e d(!&gt;
J,ouzs II. qm font autant de titres de fa Junfd1éhon fur· le Rn.one :
fur le Rhone..
ce Prince ·par des· Lettres du 23 Oél:obre· i+11 difpenfe les Habit:ans de Nctre~Dame de-la· mer de payer a" l'Archevê que d'Arles le·
dixiéme des fels q1:1'ils conduifoi ent· au Rhone par un canal qu'ils•
avoièntfai t! fil'Archevêq ue refùfoit de cont~ibuer pour un di~îéme~
aux réparatrons-de ce canal : (In:.vent •.des· tlt., de 1Ar.che.v •.d Arles-;
pag. 29 3. )'
Par d1autres· Lettres du g Juillet11 12, fa Reïne Yolèzndé d' Arra;;;..
·'t4'T?.;; .
en. l'abfence de'
de· la Provence
tes Comtes: de gon femme, de Louis-11. &amp; Régente
.
,
·
.
,
Provence y exer,-..
.. Dame de lœ
Notre
de
royaux
a.e nt.- leur,- Euu- fon man (b) donna ordre aux Officiers
mer de·tenir la main à: ce que les-·Habitans du lieu n~empêchaffent
v.oir..
pas les .Archevêques d~AH.es: &amp; fes Vaffaux· drenl'ever le fel qu'il y:
percevait , &amp; de le conduire par le· canal· ou roubihe commune,_
allant à la b-raffiere· dw Rhone~ Ainfi le co·m te de Provence· avoit
Jurifdiélio n· fur ce· canal, &amp; par conféqu·e nt · for le petit bras du
Rhone qui-en étoit Ja. fource; car il n'y a· que· le,Souvera in d'une:
riviere ·q~Ii:[uiffe di~pofer. de fes ea-u~, &amp; les difrl\ibuer: en: canaux~

a

·

1
•

({lnvenr. zbz • ut fupra. ):·
Le Languedbcprétend' détruire toutes·ces preuves-, en' nous· op•
0'rdr~;~~·Gou•·
"erneur de Lan- pofanttdes_or&lt;lre&amp;de fon.G-0uver.neur· P.OUr·la France.-, donnés rela1:-.. .

.

·guedoc- relative,..
.-ne.nt.au. Rhone.

·

•

\ 4·) Ce· mêine Maréé:lial' avoit affiegé' en- q99 l' Xntipape Bénoijf, dans te Cfifüau·
i' .Avignon :·il étoit- prêt à le prendre ·, lorfqu'il reçut· un ordre de la Cottr de'· convertir·
le fiége en blocus, ce, qui . fut 1,,--dit Moréri ,. un cm1p .d'adteffe de . Benoijl , qui avoit f~µ
gl!gner"quelques Grands, pour · de l\argenr. Il commanda l'aîle · droite à' la bataille d'A-rjncourr., &amp; avoit été d'avis-de ne point engager l'aétion;
(li) ~ouïs, é~oit· oecupé' :l• là· conquête· du Royaume de· N~ples·; ~u'il ne· fit point;.
Bouche dwque· c. efi· uni, terre · où.des.-lys" dé' France ne·prennent· poznt. racme. Chatles,VJW.
l!.ouis,XW.&amp;.Françpis;J;,n'.ont·cnie. iroP. j}lllifi.é:auitefois. ce.p,rweche•·

�·s·r

tiv·ement au Rli:one vers r an 14 I 3. Void comment les Hiftoden~
de cette Province s'expliquent; ( Tom. 1· pag. 4 3 3': ) ·
.
» Le Roi norrima le 24 Février 1+1 3' Jean Lemamgre , dit Bou» cicaut, Maréchalde France, pour avoir le gouvernement &amp; l'ad" miniftratfon des Pavs dù Languedoc &amp; du Duché de Guyen~ ne .. ._. . Un des prérniers foins du. Maréc~a! for- d'empêcher le~
» entreprifes du Sénéchal &amp; des. autres· Qffic1ers de Provence qm·
)) avoient établi de leur autor.ité à Tarafcon &amp; Albaron un péage de
» huit gros par faumée ,?e bl'ed qui de~cendoi~. le Rhone. Le ~faré~
)} chal ordonna au Sênechal de Berzucaire d'e fatre·cdfer cette 1mpo·
:J) fition.., foir par la négociatiC!n, foit par la force , fur le fondeme1:t
»que-le Domaine &amp; la Jurifdi-él:ion d1un bord· àl'a11tre apparteno1t
&gt;,. entiérement au .Roi' depuis Lyon jufques à la mer, &amp; qu'il n?éroit
»pas p-ermiS par cnnféquènt à perfonne d!établir. aucun· .péage ol.i:.
» autres·droits for le même Fleuve~
Les Hiftorïens du Languedoc ne ce.ffent point, comme l'on- voit; . Rét:ttatioh' dèsi
âe conclure d'un·fait particulier à· un d·roit gé'néral fur tout le cours 1Hn1~fü_ons qu~ le&amp;;
•.
•
1nonens uu:
clu Fleuve. Le·Gouverneur du Languedor: peut av01r eu ra1fo1r de Languedoe- en1
fe plaindre de· ce que les 0 fficiers de Prqvence· aient mis· de· leur au:. tin~nt~.
iorité privée un imp·ôt fürun- Fleuve par·où les François naviguaient;
fans qu~on· en puiffe conclure que la France fûtpropriétaire de tout
.le Fleuve jufques a:la mer.. n ·es Officiers n' onr-point le droit: d' é ..
trablir d~ pareils droits d~ leur autorité' &amp; fans l'aveu dt.r Souver~irr•.
.Cette innovation étoit d'ailleurs c.ontraïre aux traités qui fubfif~
toient entre les deux N arions~
Une preuve que· le· Maréchal de Bour:fraur foi~même· éroit aw
moins incertain du droit de fouveraineté fur tout le Rhone·, c'eft::.
&lt;qU'il' ordonne à fon . Agent d'employer la-négociation~ La hauteur
· avec laquelle- Off lui fait donner ces·ordres, auroit:.eHe été compa:.r
tible avec. ridée· de traiter à l'amiable avec des gens ·qui auraient:
nfurpé les·droits de fon·Maître r Sr les Letfres-:.Patentes de-Clinrlès:
IYL &amp; ~elles&amp;~ Màrie ~e Provence·avoient e~· le moindre rapporr·à1
la partie' du Rhone· qur nous· occupe·, un Maréchal- de France au"t?it-il_eu de pareil~ ménagemens avec- un· Prince foible, qui; auroit:
formé une prétention· c.ontraire aur reconnoiffances:. de .Œs..Pr.édé....
cefféurs?
Il faut d'ailleurs avoir Dien-peu d'autres re!fourcewp·our tfrer fés-;
preuves de l'alfertfon ·hafardee:d'im·Mi~itaire · ,, qui parle effarrivant
dans une Province·, &amp; avant que· tj.'avoir pû s1ii1ft'.rufre'de la·véJ:-i;...
table éten~ue de fes droii:s~ .1:e '~toi~ qµ'il Houvoii:av~i~: d'&amp;nJ1.êcheir
une. ve.xat1ow ,; unç.' entrennf~ fur 1~- com1~:œrc~~ e.ff:· 11 ca:eaole d'.é'....;-

�.;

'So

uve par OL11e commer~œ
tend re fes droits fur tolite l'été.ndue dt.1 Fle
de l'Oi lici er d'un e Pui\}
fe fait? Eft- ce en un mo t l'affertion vague
its au Prin ce ~.ont les.
fance voifine qui peu t faire perdre des dro
uis a toujours refté e11
Eta ts font limitrophes , &amp; qui avant &amp; dep
vue de celu i q~i p~uvoit
poffe.aion ~e ces mêmes .dro its, même à la
·
- ·
les red ame r l
fa demarcl;ie fur le motit
peu
·fi
a
fond
ut
cica
· Le Ma réch al de Bou
n.eté for tou t le Rhone,_
qu'on lui prê te de la prétendue fouverai
men t, il auroit dû non.,
que dans cett e idé e, pou r agir con féq uem
vell e impofüion fur le
feulement travailler à faire ceffer c~tte nou
fentement du Souverain'bled , mife par des."Officiers fans le con
ges très-anciens du Com te de.Pro:
~ais ané anti r abfo lum ent les péa
ces péages ont tou1ours
ven ce à Tarafcon, à Arles &amp; au Baron;
t ce 1\1aréchal aurait-il
füb-fifré &amp; fubfiftent encore ; &amp; colbmen
vu en .i 40 1 recevoir dè
pli les méc onn oîtr e, -lui .qu·e nous avons
ann uell e de 3) o flo ..
Louis JI. Com te de Provence une penfion
men t pot!v~it-il croirç
rins fur fon ancien péage deTarafcoJI l Com ineté du Rhone d'un
vera
que le Roi de France avo it l'en tier e fou
que nous verrons ci"après
por d à l'au tre le lon g de la Provence , lui
en dép end aien t fituées
_p offéder la Ter re de Boulbon &amp; les Hk s qui
tées ·en foi &amp; hommag~
aans les Eta ts de Provence, --qlli fure nt por
de Boucicaut fan fils ?
au Roi René Com te de Provence par Louis
II. &amp; Tut rice de Lou~
La même Rei ne Yolande veuve de Louis
•
1411 .
~~riaé~Ire
2 Oél:obre r 417 un Manden;e
c~':n;;~~mbd~~L~ iÏI. fon Jlls aîn~, donnadelePro1
!ence pou r affermer fes dro1t~}lr Ie
re~oit comm1f- au~ ~aitres rationaux
qua rré, lia!Tu
hiv. de la Cou r des Com ptes ;arm . Q. ge.
fion ~'affermer Rhoné. (.Arc
)
,
·
d" ,
·
.
les droits de. la
.
Reine fur le Rho- 20:; ix1eme p1ece
tenc e le 19 No·
Sen
it
Le Vig uier de la Cou r Roy ale d'Arles rend ue ·d'Antoine Maffe
ne.
ation de la barq
N ·•. -f2~ ,vem bre 1+1 7, por tant confifc
on qui ava it tou ché -"fu
.ifu lieu d.e Manas dans le Roy aum e d'Arrag
&amp; des marchandifes , en
.trei lle du hac en defcendant le Rhone,
chives de l'H ôte l de Vil~e
faveur du Pon t fu~vant l'ancien ufage (Ar
t donc tou jou rs d' éxer·
d'Arles) : les Jug es de Provence con tinu oien
mis au milieu du Fleuve.
cer Jeur J ~rifdiél:ion pou r des délits com
e Princeifè des cour~es
Les Hab itan s d'Arles s'étant plaints à cett
e, &amp;
14 ,.,,·;
t.es qui infeftoient les mers du voifinag
La Comte!fe de r que faifoi€nt -des Pira
s fois dans le Rhone; elle fit expédifr
Prov ~nrc7/~~;:.; qui entroient même quelque
adreffées à fes Officiers de la Ville
~~'r:.les Pirate-s , le 8 Juin 142·2 des Let tres
itan s· d'Arles d'armer
d'A rles , par lefquelles elle permit aux Hab
N°. 'f3·
garnir la mer ~ le_ Rh~~r,
auta nt de navires qu'Us vou dro ien t, tl' en
er &amp;_de faifir les Piratei
tam per -Rhodanum quam per mare, d'attâqu

�l' .
.
" .
- . . ·g7
qui s'y rencontreroient &amp;. qui\troublero~ent 1a n~:'1gatron du F euve,,·
foit en montant ou defcendanf, &amp; des app,ropner leur:S effets (a) •.
( Xrchives de l'Hôtel de.Ville d'1rles ).
· Si les Comtes de Provence étoient en droit d armer leurs Su1et~ ·
élans toute la partie du Rhone:··qui coule le long de la Proven,cè,
on ne peut· nier qu'ils fuffen~ les · Maî~res d~ Fleuv~, &amp; ,~ette c?n~
féquence doit être· regardée comme mconteftable 1ufqu a· ce qu o~
prouve que les Officiers du Languedoc s'oppofer.ent à cette. démar . .
.
~he, non par des voies de fait, ma~s pa: des moyens de ~ro1t.
. Les Iiles du grand .Rhone contmuo1ent également d appartemr
à la Ville d'Arles, &amp; la JurifdiB:ion du Fleuve étoit toujours éxer~ée par les O~cie!s ~e frovence. 1=.-a _Comrnunauté d'A~·les v~ncf~tt :
par·aa ed;i2.9·Mdayl'I1fi42)daLnobble Jean ded Sade (l:J de la V(1Jlle d Avi- La vri1~~~Aries
e e OU ares. pen ant qumze ans . ugemcnt · vend les revenu$
ft.non 1es ir.UttS e
cles Commiifaires du Domaine du l2 Mars 166T, Archives de d'u-ndfle.du Rho"!
l'Hôtel de Ville d'Arles.) Les anciens comptes de la· Comnm- nt!.
nauté d'Arles:, ainfi que fes délibérations font mention des arren'-·
temens paffés par cette Communauté, de l'H1e appellée Bertranon ~ ·
desHles de Latillon:&amp; de Braquette, &amp;c; Voyez le compte de Jean
t/t~~~e ae·
de Douieu· de 1439, fol. 1 , la délibératfon de 14) 2 · &amp; autres. .
. Le 27 Janvier 1430 Louis III.Comte de Provence affigna fur fo Provence, affigne ·
revenu de péage_ de 'Fàrafcon le, paye_ment._d~ 3000 ducats q~e fon ~~o~~ ~~ag: ~~'.
P Y _
Gouv·erneur avmt empn.Jntés d Henrz.Tegnm p,our les befoms . de ment.
12 Etat
A.A:
N°
·
·
~CJ,'.'
-:x::-.T
..
•
•.
1
I &gt;j.3 0.
Le, 1r~ovemb.re ~"f30 &amp; fo I rJuHlet I'.f3Tautr.es Sentences dé
~oi;ififc.ation de barques qui avaient rompu la corde du bac d'Arles;. Con fi/catio_ns de·
dont l'une appartenoit à Jean Giva"' Habitant ·de Palence. Celui-ci ba~ques qui a1 -~
vo1e11t rompu a .
. . ..
l
l
éd
'J'
·1
i::
· d· u R 01·' d e aance
S UJet
eut-1 manqu ·e rée amer a Junfd1Ebon corde du bai;.
'd.e fon P.r ince, fi_elJ:e ~ût P~ . s'étendre· fur le lieu ot1 i étoit commis:· d'Arles:•.,
1ê délit ? Cependant il fe foumit fans murmure la Sentence qui:
·
eut fon effet. (Archiv~ de !'Hôtel. de Ville d'Arles., tit: du Pont )L
·
n•
!
'
Contellati~
.
épo~
cette
à
long
au
fort
rapportent
.
c
Languedo·
de
Les Hiftoriens
tre les Ornc1ers.•
Of
l
..
r.
.
.
que ( tom. 4, pag. 47 8 ) une cont eft.at1on qm iurvmt entr.e .es - du Roi &amp; ceux du ~
n~iers· de Beaucaire·&amp; les Habitans. d'Avignon.. Les premiers: avoient Pape far leRho.11Q-:
fait pla.nter le~ pannonceaux royaux fur le bord du côté du Comtat_, ,
les Avzgnonozs:les' enleverent~ Les Officiers de .Beaucaire:procédent:'.·
&lt;t.ontr'eux; le Pape excommunie ces Officiers·· ; ceux-ci emprifon-nent les: Sujets de Sa·Sainteté: ron . nomme des Commiifaires q~it.
r

•

'

.

•

1

A

a

(a) C11s. Pirates étoient des Catalans &amp;.des Arrago~ois qui.l'année fu.ivante furprirent .
', . ·
·
( 5:) La belle LaurP. avoit épouŒ cent·ans auparavant urrHuguen!~ Sddé :·elle étoit de fa::
M~i,.on de fVoves; ,Fr~nfoisPre11ûer. lui .a faif une épjtap_he.;.mais.c:e!i aux ~ers .de, Petrarquc

.&amp; pillerent·Mar/etlle·;

"}!l-elle a

d~fa..ccl~b.nte,. ,

�.u
font gagn-er la caufe au_Pape, mais l'e-Procureur Général en àpJ
_pelle au Parlement; .enfin, après bien des procédures, 1' on cite un
Arrêt du Parlement de Touloufe qui donne la .provifion au Roi. On
ne croit pas que le Languedoc fe ferve de cet évenement pour corn~
battre la propriété ·des Comtes de Provence fur le Rhone, à prendre
de la Durance jufqu'à la mer; cette portion du Fleuve n'a rien de
commun avec celle qui regne le long du Comtat: on l'a dit, &amp; on
le répéte; le Pape n'a pas le moindre droit de contefter à la France
la propriété d'un Fleuve qui ne lui a jamais été c~dé , &amp; dont il
n'a jamais joui (a) : Quelle différence avec les Comtes .de Provence!
L'époque que l'on donne à cet événement va nous offrir encore des
preuves de cette différence.
·, 43 n
Au mois de Janvier 1437 Raimond Petra Notaire à Tarafcon, pré~
Les rn,es .deBou1- fenta une requête au Roi René, par laquelle il expofe, qu'il avait
.labonp ~epee~deent de ci-devant fait un échange avec le feu ,fieur de Boucicaut, Seigneur
I OV ne •
.
'
N°. 1 .).. de Boulbon ,-par l.equ.el le Notaire av oit remis. a Bou.cica,ut des (on dS
·
fi tués dans le Terroir de Boulbon , &amp; en avo1t reçu d autres fitues
dans les Ijles de Méfoargues: Qu'après la mort &lt;le ce Seigneur fes '
biens avoient été réunis au Domaine de Provence ; qu'une Sen~
tence du Juge de Tara/con l'avoir troublé dans les biens qu'il avoit
reçus en échange , &amp; qu'il étoit jufte qu'il eût fan reçours contre
le Domaine de Provence, Poifeffeur des biens donnés en contreéchange au fieur Boucicaut~ le Roi ordonne que Petra jouira de
fes fonds. · Les Lettres Patentes font du 2 3 du même mois d~ Jan:vier ~ &amp; ne laiifent point de doute fur les droits de propriété que
\ les Comtes de Provence avoient fur les Ifles du Rhone.
r439;
L'on voit p.ar l'extrait des comptes du Tréforier de l'Univerfité
N°·47· d'Arles de 1439, qu'il percevoit pour fes Commettans les revenus
des H1es Bertrand &amp; d' Atilon.
. . 1'4~0.
Il y a .toute apparence que tous les biens de la 1\ilaifon de Bouci..:
AMmli que celle caut ne furent pas réunis au Domaine de Provence, pui.Gque nous
"'e e1oarg1.1es.
:
,No, 47 • voyons Louis 1. de ce nom faire hommage le 25 Nov. 1440 au même
· ,
. Roi René pour la Seigneurie de Boulbon , &amp; pour la pbrtion qu'il
.avoit dans les ID es de S. Pierre de Méfoàrgues fituées dans le Rhone.
René accorda le 20 Février 1442 des Lettres Patentes à la Dame
:C0.rn.é1e, veuve du Juge de Beaucaire, &amp; la déchargea d'un cens de
·r441;
Er de Lu{fan. ·9 fept.iers de bled impofé fur un fonds de terre de l'Ifle
deLuffan jituée
No. 48. 4.a1is ~e t~rr.itoire&amp;diftriB: deTarafcon,fur çe que.cette veuve expofoit
que çe terrein avoit été détruit &amp; emporté par les eaux du Rhone.
1

.l

'

(a) Eh comment Sa Sainteté auroit Elle des droits fur la riviere? Elle n'a fur le Comtat
même• d'aiHie titre que celui que lui laiffe la piété du Fih ainé de l'Eglife.

Par

�.

89

144i;
Par des Lettres datées du I 6 Novembre 1442 (a), René déchàt~
Autres alles de
,g ea le Seigneur de l'IDe de _LuJJan füuée dans le R~one ~u cens propriéte fur le
qu'il lui devoit pour cette IDe.: (ces Lettres fo~t m~nnon~ees dans Rhone._
l'Arrêt du Confeil du 30 Septembre r609, qm ad;ugea a la Pro·
vence l'IDot de Saxi.). Il eft produit fous le n°. 67.
r4~2· .;
Toutes ces preuves établiifent inconteftablement. l:autori~é du
Le Roi de France
Comte de Provence fur lé Rhone : nous pouvons y JOmdre 1 aveu reconno1t cette
même du Roi de France, qui réfulte d'une Lettre que Charles Vil. propriété.
.
.adreifa, le 1 3 Avril 14) 2, à différens Commiifaires qu'il envoya Ces lettres l&lt;&gt;nt
· en Languedoc : il les chargea en particulier, de faire obferver le rapportées daru;
du Langu.
traité fait avec le Roi de Sicile pour le tranfport du fel par le Rhone. !'Hifi.
Preuve, t.), n.1v.
Ce traité commencé en r 302, a eu lieu jufqu'à la réunion de 4 pag. 6, 7 ,9 &amp; fuivc
Provence à la Couronne ; car il fut continué fous Louis XI. pour a1.:x preuves •
.dix ans le 6 Avril 1462, pour cinq ans le 11 Juillet 1471, &amp; pour
fix ans le 28 Septembre 1480.
· Comment Charles VII. auroit-il ordonné que les Officiers d'un
autre Prince euifent été appellés au Jugement d'un délit commis
par fes Sujets, &amp; vrai-femblablement fur la partie du Rhone qui lui
appartenoit, s'il n'avoir cru les droits de ce Prince lézés ? Ce
.Prince pouvoit-il en .avoir, fans que lon avouât qu'il avoit au
moins la fouveraineté du Rhone dans une portion de ce Fleuve,
comme le prouve le traité de 1302?
Tous les aél:es du Roi René qui ont :quelque rapport au Rhone . No. 49~
annoncent qu'il jouit de ce Fleuve comme fes Prédécdfeurs. Les
Maîtres rationaux de Provence afferment le 20 Décembre 14) 3 le
port de Confolde fur le Rhone dans le Territoire de Notre-Dame de

la Mer.

En I-45'7 René ,acquiert le Château de Boulbon, la Terre de S.
Pièrre deMefoargues,&amp; Infulas dependentes ab eifdem, les mêmes dont
Louis de Boucicaut lui avoit prêté hommage en i440.
Le r9 de la même année il échangea le péage de la Ville d'Arles
avec tous fes droits, J uftice, confifcation, J urifdiél:ion &amp; dépendances de ce péage, contre plufieurs Châteaux qu'il reçut de Pierre
de Foix, Cardinal &amp; Archevêque d'Arles, ( Invent. des titres de
l'Archev~ d'Arles, pag. 299 &amp; fuiv.)
Les Religieufes de Tarafcon ( b) &amp; les Propriétaires dt:I péage ;
, (ci) l_l étoi_t alors o~cupé à la conquête de la Ville de Naples, qu' Alphonfè fon Corn~
peweur forpnt par artifice.
.
( b) Cette Ville n'était pas feulement remarauable par le tombeau de Sainte Afg,rtlze
m~is enc?re par :es Reli~eufes Benédiélines qui, ·fuivant Bouche, toin. 1 , pag. 3 i 6 par:
.loient lau~ , &amp; s adonno1ent tellement aux belles lettre~, qu'elle; donnoient de la confujion

11ux plus difers perfonnages de ce tems-ld,

M

r417.

A cquilition de
difrcrem es Terres ·
&amp; Iiles par le Rci

Rerr{

No.

50~

�~o

ait des Gentilshommes, s'étan t plaint s à lui de ce qu'ils ne pouvo ient

fe faire payer que très -diffic ileme nt des droits de ce péage , ce
à
Princ e par fes Lettre s Paten tes du 19 Nove mbre 14)7 , ordon na
fes Officiers d'éx;ger les droits des Suplians avec les fiens propres,
ce qui a été contin ué jufqu'à nos jours, &amp; confir mé par deux Arrêts
. duCo nfeild u 30Se ptern bre16 68&amp;3 1Déc embr e1670 .
Le péage d'Arles &amp; le pont de cette Ville ont toujou rs dépendu
r~63.
ié:tion de fes Offici ers: Jean
~ed~eAag1 e &amp; le du D omain e de Provence &amp; de la Jurifd
é
d
[;
·
f:
·
,.,.,
d
r es ont d C ,((,' r.
po .. t
ait a1'[jir 1es reven us e ce p age
toujours Mrendu e o11 e, uomt e e .i rayes, ayant
pour la fureté d'une penfion de 400 florin s, qui lui avoit été af'1e la Provenc e.
d.e
fignée fur ce péage par le Cardi nal Pierre de Foix , ce fut à Jean
Calabre fils, &amp; Lieut enant Géné ral du Roi René en Provence, que
Philippe de Lévy Arche vêque d'Arles s'adreffa pour deman der main· ·
levée de cette faifie, qu'il obtint par des Lettre s datées du 6 May
1463. (Inve nt. des titr~s de l'Arch . d'Arle s, pag. 303.)
Louis XI. renou vella, le 20 J uillet 1471 , avec le Roi René le
r47r.
des
Coùrs pour le tranfiport
Renouv ellemen t traité d'aifo ciatio n entre les deux
.
'
l
du traité po ur les
.
at10ns
fe s par le Rhone, confo rmém ent aux précé dente s prorog
tels.
Le premi er Oé:tobre de la même année ( 147 1) le Vigui er de la
N°. 1.
nce de confif cation au profit du
Sentenc edecon - Cour d'Arles prono nça une Sente
t à AJanuel Fabre deTarafcon,
fiîcatio nparleJ u· pont d'Arles d'un mouli n appar tenan
qui avoit rompu la t_reille du bac , quoiq ue cet acdde nt ne fût
~e d'Arles.
empo rté le
arriv~ que par la violen ce des eaux du Rhone, qui avoit
moul in, ( Archi v. de !'Hôt el de Ville d'Arle s, tit. du Pont) .
Quelq ues année s après la Ville d'Arles fouffrit beauc oup des
1474,
é des moye ns de l'en dédommaEt~bLlTement de -incurfions des Pirate s. René occup
d' é bl' d
l
d
.
F 01res a Arles. ger, n , en trouv a pornt
e p us avantage~x que y ta ir eux
foires qui devoi ent s'y tenir chaqu e année penda nt dix jours, au I)
May &amp; au r Septe mbre; il déclar e dans l'afre qu'il en fit expé)
dier le 17 Févri er 1474 , (a) (Arch ives de l'Hôt el de Ville d'Arles
que toutes les rnarchandifes qu'on y appor tera tant par terre que
par eau, &amp; de quelq ue endro it qu'ell es vinifent, feroie nt franches de
toute forte d'imp ofüion s penda nt la duré.e de la foire, quinz e jours
avant &amp; quinz e JOUIS après : il fufpend duran t le même -tems toutes
les Lettre s de marqu e &amp; de r&lt;epréfailles qui pourr oient avoir été
donné es contre certai ne Natio n, &amp; il établi t la plus grand e fureté
en faveur de tous les Marc hands , de leurs perfon nes, bêtes de fom·
!
mes &amp; voitur es , s'ils viennent' par terre, &amp; de leurs navires &amp; galeres
.
s'ils vienn ent par eau.

s

s

de (es Etacs
(a) Ce fut dans cette année même que.René choiGt pour héritier
prfferé.
être
pour
XI.
Louis
fait
qu'avoit
elforcs
les
malgré
neveu,
«'Anjou fon

Charles

�9t'
Cet établiifement a fubfifté quelque tems, puifqu' on en trouve
Ja confirmation cl.ans les Lettres qu'accorda dans la fuite ~ la.Ville
d'Arles, Palamede de Forbin Seigneur de Soliers, Comm1.ffa1re de
Louis XI. pour la réunion de la Provence à la Couronne de. Franc~.
Ces lettres font du 29 Janvier 14.S2. Cette conceffion de f01re$ fait
voir que R~né avoit le droit, 1°. d'ét~blir.des impôts fur ~e Rh~ne J
&amp; de fuppnmer ou de fufpendre ceux qui y .éto1ent établis: 2 • de
donner des Lettres de marques ou de repréfa1ll€s fur ce Fleuve, ~
d'en fufpendre l'effet: 3°. de faire arrêter les navires qui y nav1...
guoient, ou d'empêcher qu'on ne les arrêtât: toutes ces Ordonnances fetoient incompréhenfibles , de même que les aé1es que
nous avons rapportés ci-devant, fi on lui refufoit la fouveraineté
du Rhone.
Ce même Prince avoit laiifé par fan teftament du 22 Juillet 147 3
à l'Eglife
de S. Maximin 6600 florins payables en dix ans fur le
.
,
prodmt de fes gabelles du Rhone, par préférence a toute autre
affignation, &amp; il fit donation le ) Novembre 1476 aux PP. Celeflins
d'Avignon du péage dè Tarafcon, dont ils jouiifent encore, &amp; qui
y ont été maintenus par différens Arrêts du Confeil du 20 AoC1t
IQI 1 &amp; 21Avril1664.
A cette époque la France étoit en guerre avec les Catalans :
Louis XI. avoit fait défenfes dans fon Royaume &amp; en Languedoc de
r.
'
tra111porter
aucuns bl eds dans 1a Cata zogne. U ne b arque c h.argee
de ce comeftible defcendoit le Rhone au mois d'Avril 1474. Le
Lieutenant de Beaucaire l'avoir fuivie, &amp; n'ayant pli l'arrêter fur le
Fleuve, vint à Trinquetaille où elle étoit attachée &amp; l'y fit faifir.
Cette entreprife fur la Jurifdié1ion de !'Archevêque vint à la connoiifance de fes Officiers , qui fommerent le Lieutenant de Beaucaire de lever la faifie , comme étant faite dans un lien &amp;
fur un Fleuve dans lequel le Roi de France n'avoir aucune Jurif-4
diction. Le Lieutenant voulut foutenir le contraire. Le Viguier
de la Cour Royale intervint pour le Roi RENÉ , &amp; refpondit eidem,
port~ l~ ~~ocès-~er~al, quod Rhodanus ipfe efi di8i JereniJJ.pomini

.147~·.Afltgnauons de
payement données for les péa~
ges du Rhone.

1 474 ~
Aél:e de Juriîdic·
tionNo
'ur le Hhone.
2

·5

•

nofirz Szczlzœ Regzs, zta quod nullus habet exercere aliquos acrus, nifi
ipfe Dominus nojler Siciliœ Rex vel ejus Officiarii; &amp; prœtereà prœcepit
ezdem Domino locum tenenti quatenus crucem appo.fitam fuperdiaam.
bar~am t?llat &amp; amoveat, tanquàm minus debitè po.fitam; alias provideb:t de 1ure cum ad eundem non pertineat aaus aliquos ibi exercere~

Llll offrant d'ailleurs de lui rendre juftice, s'il a quelque droit fur
la barque.
L e L'1eutenant de Beaucazre,
· apres
' avoir
,. mil
. ~fté iur
r.
r.
le Lieuren~ nt
ce que 1011
de Beaucair e ret"

.

•

1

Mij

�92

tit enfin à la main-·
connoît le~ &lt;I~oits Maître avoit la JurifdiéHon fur le Rhone; confen
barque en figne
la
fur
mettre
fait
du Comte deFPro- levée, fit ôter la croix qu'il avoit
. r. ·.r..
p
.
Offi
a·
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d
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r..
.
r.
d
vence fur le leu- . e 1a111e , &amp; eman a JU 1ce aux
c1ers rovençaux qm ialllrent
,f1
.ve.
1la barque &amp; la mirent en fequeftre.: il eft vrai qu'il fit toute pro:_
teftation contre les prétentions de ces 0 fficiers , mais il n'en fut
-~
pas moins au fond ooligé de reconnoîfre le droit de leur Prince fur
.~
le Fleuv e, &amp; de céder à l'évidence de la vérité. ·
1:47~;
Les Proven çaux contin uerent à jouir des Ifles du Rhone , l'année
Arles continue à
d'Arles fo charge en recett!e pour 1474 &amp;
j ouir des Illes du fuivante le Tréfor ier
Rh one.
147 s , des revenus de l'IDe de Bertranon.
No. s3·
La piété de René nous fournit un autre aB:e de fa propriét~ fur ce·
Fleuve. Nous rapportons une délibération du Chapi tre général des
Celeflins convo qué à Paris, en date du 2 May 14'.77, par laquel le
le Chapi tre accepte une donation faite à' leur Maifon ·d'Avignon
par le Comte de Provence de fon grand péage de Tarafcon, dont
ces Peres joui!fent encore aujourd'hui.
r-tto;&lt;
Le péage de T aL a mort de René arrivée cette anné~ occafionna un renouvellera(con donné aux
du trait~ du fel en I 48 1 , entre Louis XI. &amp; Charles d'Anjou
Celefiins d' Avi- ment
qui avoit fuccédé à fon oncle au Royau me de Provence.
inon.
No. .5' 4.
Quel traité le Comte de Provence auroit-il eu à faire avec le-Roi,
de France, {i l'un n'avait eu aucun droit fur le Rhone, &amp; fi l'autre
1480.
.Mort de René. en eC1t eu la propri été entiere ? On fe rappel le celui qui fut fait en.
fe tiroit contreNo. 5 S.
1302 , &amp; qui av oit été fi fouven t repouv ellé. Le fel
mont de la riviere du Rhone. Les falins étaien t vers la mer: dès que·
le R oi de France &amp; le Marquis de Saluce ont befoin de traiter avec
le Comte de Pr.ovence pour le pa!fage de leurs fels, peut-i l être
équivo que que ces Comtes eu!fent la propri été de ce f-1~leuve, ail'
moins depuis la mer jufqu'à la Durance , où comm ençait la fouveraineté de France fur cette riviere de l'un à l'autre bord?
fe perpét uent jufqu'à l'inf-.
Les droits de la Provence fur le Rhone
'4 8,;:d 1
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nr es poue e es
. L es comptes d u T rérevenus des Isles tant que cette rovmc e e r ume a a ,,rance
s des If1es de
/ forier d'Arles porten t, en 14 8 1 , en recette les revenu
·!liu Rhone.
N°. J. 6• Pauprefat, Lob ares, Bollugo, Peloux -, Grimault, &amp;c.
iA

Ainfi tous les titres que nous rappor tons· conco urent avec les
n1onumens de l'Hifto ire, pour prouve r qu'à cette époqu e remar,quable le Rhone faifoit encore , comm e dans les tems le? plus re·c ulés , partie de la Provence, &amp; non du Langu edoc. Que l'on fe
rappel le le moment où /Yitiges donna la Proven ce aux François,
l'on verra que le Rhone faifoit partie de cette Provin ce, &amp; qu'elle
po!fédoit même des terreins fur les deux bords du Fleuve . Le Lan-

�P!".

9'1'

.

-e-_

l"

:a

f, f:

gueloc· éfo:ns ·ce ~binent etoit Province ffran~ere, Ol ~n~?re ~t~'.
deux fiécles apres. Il a donc été un tems. ou la France a pof!"edé
le Rhone fans avoir le Languedoc, &amp; uniquement- pàrce qu elle·

po!fédoit la Provence : &amp; cet efpac~- de tems a·été de deu~ cens ahs·~ .
En defcendant aux tems pofténeurs , nous voyons l~ France·
· perdre la J!rov~nce ,. &amp; en mêrne tems le Rhone; Bofon, fu1van~ les:
propres H1ftonens du Lang~edoc, fut recon~u fur, les deux nves
de ce Fleuv€. Son fils . Louis l:' Aveugle cbntmua d y ~egner: leurs.t
Succe!feurs· ont fans interruption polfedé la· partie du Rho11e· qui'
s'étend le long de la Provence; Il eft donc évident que le fort de ce
Fleuve a toujours fuivi c~lui· de la Prov~nce, &amp; que les Princes'
qui' ont regné fur cette Province ont toujputs également regné fur'
Je Rhone. Refte à examiner fr le Languedoc · p·e ut rapporter en fa:
faveur un titre légitime, qui, depuis la réunion de la Provence à la
France, lui ait tranfpor-té la propriété de cette riviere, &amp; l'ait fai t:
perdre à fes anciens Poifelfeurs•.

E TA r · D U R · H O· N E ·,
Depuis la réunion de la Provence à la France'
jufques à· nos jours.1~S: r",
Charles Comte de Provence· mourut en 1+8 f ; · &amp; là veille de fa'
1nort il inftitua, à la perfuafion de P alamede de Forbin, Louis XL Réu'1ion. ~e·· Iif'
a, . la
.' a:,· l a C ou- Provence
.c.
~ ft · r.
' · · : ce
h enper
r..
C ou.ronne~
r é-ume
am11 que l"a p rovence 1ut
pour 10ff
Donne , après en avoir été féparée depuis la fin de la feconde race.~
L'Edit de réunion ne fut cepe-ndant donné par Charle'S V 1 I [.',
qu'au mois d'OB:obre 1-1 86, &amp; il comrrend la.Provmce 'a vec touteS'
fes dépendcrnces·.
L'inftitution de Louis X 1. ne fùt faite qu'à condition que foi &amp;'
fes Suc~e!feurs confer:veroien.t à la Provence tous fes droits, privi::
.
leges, libertés, franch1fes, 101x, ufages·, &amp;c~
Le Roi nomma Palamede de ·Forbin Commiffaire &amp; fon Lieutenant' C&lt;?fl_firma~i'on _des~
pn v1leges de· ~' . l r.
·1·
.
r.1.
.
Gé néra 1 en Provence1
1 reçut·a Azx· e 1erment des' Pro.vence; .
en conicquence
Trois ~tats, &amp; confirma leurs privileges en_vertu du pouvoir qù'ifi
en avo1t reçu par des Lettres Patentes du 19 Décembre 1 4 8 1 ~
.(Reg. coco;z.afo~~ 73. Archi~. des Comptes)_; ·de-là il fe rendit à'.~
.
·
Arles, ou il ét01t le 29 Janvier 1482~ .
Ce, jour - là mê.me on lui préfenta une fongue reqtiêté, dont' Pêr~'fij;~n ·Hii ·
la pl~part des .articles. fore.nt accordés (Reg. coronafol. 99 ): par· Vj1.1e · d'Arl es Je
le tro1fiéme de.· ces. articles. la V i~le d'Ar-leS&lt; ~btintla confirma~ron. ~:i{&amp;:::.~our.fœ

�.

94

de la permiffion que lui avoit donnée le Roi René de bâtir la Tour
du Gras, à 1'entrée &amp; fur le bord du Rhone, pour la défenfe de fon
terroir, &amp; d'en nommer annuellement le Capitaine &amp; la Garnifon:
cette conc:eilion eft certainement la preuve la plus évidente que l'on
puiife trouver de la propriété &amp; fouv:eraineté du Rhone en faveur
des Souverains de Provence; l'on ne peut pas dire que la Province
de Languedoc s'oppofa à cet établiifement, &amp; qu'il n'eut pas lieu,
puifqu'il a duré jufqu'en 1734 que la Tour tomba de vétufté; &amp;
.comme elle ne pouvoit plus remplir l'objet pour lequel elle avoit
été conftruite, le cours duRhone ayant changé depuis quelque tems,
la Ville d'Arles ne voulut point fe charger de la relever : tant que
cet édifice a fubfifté, cetteVille nommait annuellement leCapitaine,
qui devoit être Membre au Confeil, &amp;Ex-Conful, &amp; choifi alterna·
tivement dans le Corps de la N obleife &amp; dans celui de laBourgeoi·
fie. Ce Capitaine av oit des émolumens aifez confidérables: on lev oit
un droit pour lui fur tous les bâtimè11s qui paifoient devant la Tour.
.
La même Ville obtint par un autre article que les crémens ou
Elle o~uent que
. d
.
... l'
•
r. J::
d Rfzone qui. ie
.
1('s cremens du Il
iormer01ent a avenir appartien roient
Rhone appartien- a uv10ns u
clr_ont aux Rive· aux Propriétaires riverains, fauf les Hles nées ou à naître dans ce
Fleuve, qui devoient toujours appartenir, comme par le paifé, à la
raJnNo
7
• 5 • Communauté~ Ces privileges furent confirmés par Louis XI. &amp;l'ont
été par tous fes Succeifeurs, à leur avenement au Trône.
4
Tous les tîtres de propriét~ &amp; de poifeffi01i que nous venons
ArrJr %t~Parle~
menç de Toulou- d' analifer' pour prouver les droits de la Provence fur le lit entier
du Rhone &amp; fur fes Iiles &amp; crémens, n'ernpêcherent point le Lanf~. ·
guedoc de troubler les Habitans de /3arbantane dans la poifeffion
des Iiles du Mouton. Cette entreprife occafionna un conflit entre le
Parlement de Touloufe &amp; la Cour des Aydes d'Aix. Pendant le
conflit le Parlement rendit le 8 Mars 149 3 un Arrêt, par lequel il
adjugea ces Hles à des Habitans du Languedoc au détriment de
ceux de Provence. Cet Arrêt fut caifé par d'autres Arrêts contraires
de la part de la Chambre des Comptes de Provencé ; mais comme
nous ne rapportons point ces derniers, le Languedoc fe croit auto·
rifé à abufer de celui de Tollloufe, pour s'en faire un titre contre
la Provence. C'eft même la prcrniere fource de l'erreur où cette
Province_ a fait donner &amp; les ·Géographes &amp; les Jurifconfultes qui
ont écrit fur cette matiere : Il eft donc effentiel de montrer combien étoit infidéle le guide que tous ces Auteurs ont fuivi. Voici
comme on en parle dans unArrêt du Grand Confeil (a) rendu, le 1 3
Avril 1 ) 87, pour la Communauté deBarbantane. CesHabitansdifoient:
(a) Cet Arrêt efi produit fous le num. 6 6.

�9)'

-

Touloufe de f49 3 ne peut rien fervir à la Deman:; Réfutation d~ c~t
.r. • &amp; Arret par celm c1n
A "
'é .
.
&gt;&gt; dereffe; prem1erement, parce que c toit un. rret prov11~1re. Grand _ Con fr il
» non définitif, &amp; conféquemment ne louvo1t porter préJud1ce pour Barbantane.
&gt;&gt; aufdits Habitans; d'ailleurs c'étoit un rrêt donné par notre Cour Fol. verf. llJ~
» de Parlement de Touloufe fans ouir les Habitans de Provence ,
» Arrêt donné par des Juges qui étoient Parties en la caufe : il Y.
&gt;&gt; avoit contention entre les Pays de Languedoc.~ de Provence·..
&gt;&gt;Notre Parlement de Touloufe n'avoit garde de Juger autrement
)) qu'au profit de ceux de Languedoc; comme aufli les Officiers
)) de Provence jugerent pour ceux de Provence, &amp; par ce moy.en
)) faifoient plufieurs procédures les uns contre les autres. Cette
)) contention des Officiers de Provence &amp; de Languedoc fut caufo
» que le Roi Louis XII. de fon propre mouvement expédia Lettres:
)) Patentes en l'année I )OO pour obvier aufdits différends, &amp; fans:
')avoir égard aux Arrêts &amp; Jugemens donnés de part &amp; d'autre, il
;n renvoya à notredit Grand-Confeil la -connoiffance defdits procès·
&gt;&gt; &amp; différends; c' efl: pourquoi notredit Confeil ne doit avoir égard
)) audit Arrêt.
Ce ne. furent pas les· Habitans de Barbantane feuls qui firent la Fol: 30•118'!'.f..
critique de cet Arrêt, le Minifl:ere public en parle en ces termes
dans fes conclufions: »Quant à !'Arrêt de 1493, par lequel le Par» lement de Toulonfe défaifit les Habitans de Barbantane de cette ·
)) H1e (du Mouton) &amp; caffe tous les Arrêts de la Chamhre des:
»Comptes de Provence; l'animofité fe découvre par trop par la.
)) feule leélure de l'Arrêt, lequel, quoigu'iL foit donné par une:
)) Cour de Parlement , quœ utitur jure fcripto , efl: formellement:
» donné contre le Droit écrit, &amp; nommément contre le . canon 1 1:
)&gt; du Concile . . . . . où il eft dit, que pendant le procès celui
)) des Parties qui a les bornes &amp; les limites habet jus retentionis , &amp;
)) que l'Arrêt de notredit Parlement de Touloufe a défaifi aux:
&gt;) pauvres Habi~ans animeufemént, combien -qu'ils euffent la borne~
•&gt; qu~ efl: la riviere du Rhone pour eux, laquelle clairement leur;
'&gt; adJuge la propriété, &amp; déclare au!Ii les Juges de Languedoa. in-·
&gt;&gt;~ompétens ~ans ~~ f~it. !l falloit donc demeurer réfolue la que?
» tion de la propriété &amp; 1urifdiélion pàr le Rhone, qui en- eft le
·
·
)) vrai &amp; naturel Juger
En conféquence de ces principes , tant fur ~a forme que fùr f~
fond , le Gra:nd-Confeil regarda 1'Arrêt de 149 3 , comme un Arrêc
de conflit, incapable_de rien jugeI valablement·, &amp; adjugea à· lal
Communauté d~ Barbanta11e (comme nous le verrons· quarrd: rrous;
ferons parvenus a la date de cet Arrêt du. Gr.and:Confr.il ), les:mêm:esi

» L' Arrêt de

_

�9~

To.uloufe avoit prétendu dé..
!{les du Mouton, don t le Parlement de
fon Arr êt de 149 3.
:pofféder les Habitans de Barbantane par
Confeil &amp; du PlaiIl réfulte en outre de cet Arr êt du Grandlors de l'Ar:rêt &lt;le 149 3 les Habi~
~doyer du M.iniftere pub lic, -q ue
des IDes çon ten tieu fes, &amp;
.tans de .Earbantane étoient en poifefiion
pétemment ren du, il l'ét oit
que non-feulem.ent !'A rrêt éto it incom
pendant le lit~ge v.eulent
en,core con tre tou t droit &amp; juft ice , qui
·
-que,le Pofieifeur foit maintenu.
s la fuite une
dan
) eut
Le même Tri bun al (le Grand-Confeil
'l:tpat'celui_pour
dans l'affaire du fieur Saxi
:Sa~,
aut.re occafion d'aprécier .ce même .Ar rêt
ent l'analife dans fon ordre
.en 160 9, don t nous donnerons égalem
guedoc oppofoient à ce Parchronologique. Des Habitans de Lan
lement de Touloufe, pou r
_ticu lier Provençal le même Arr êt -du Par
noient au Languedoc , &amp;
pro uve r que Jes IDes du Rh one apparte
ment le fieur Saxi parloit
particulierement cell e de Sax-i. Vo ici com
·
,de !'A rrêt de 149 3 (a).
·
_
été révoqué
149 3 étoit par déf aut ; il avolt
)&gt; L'A rrê t du 8 M;~ rs
,,~~~·ê~.7 • -verf. de
»en 150 0 • .
té de Par lem ent fur Par lereéf.
~.8
F~l.
. -&gt;&gt;Cet Arr ête fi une entreprife d'au tori
examiner les droits des Par ties ;
» me nt, &amp; par tan t qu'i l fallait
Officiers de Provence avoient
» fans s'arrêter aud it Arr êt ... . Si les
li l'ex écu tion dudit Arr êt,
/)) fans litigieu)Ç pou voi r, caifé &amp; abo
are r; mais comme recon~
»&gt;ceux: du Languedoc l'auroient fait rép
entreprife d'.a uto rité , ils ont ac~
.» no~ifant que led it Arr êt éto it une
n qui eri a été faite par ceux
,» qui efcé .la dém olit ion &amp; caifatio
.l&gt; de Pro ven ce.. &lt;c
!'A rrêt de 149 3 avoit
L'o n :tenoit .dQIJ..C pou r conftant alors que par des Arrêts con·
le conflit
,été .révoqµé non-feulement pendant
s encore. par les Let tres ·
mai
ix,
traires de .la Co ur .de.s Aydes d'A
ations au Gra nd Con feil :
Pat ent es qui avoient r~nvoyé les conteft
nier Tri bun al n'y eut auçun
.ce fut .auffi par çes i:aifons que ce der
fieur de Sax i, ce qu'il n'au,
.é gar d, &amp;Â- djugea l'Hle contentieufe au
t pas reg ard éJ'A rrêt de 149 J
.roit cert~ine meùt . p~s pû fai,re, _s'il n'eû
·
~omme non avenu,.
été rév oqu é, &amp; éto it de..
Il eft fi vrai que l'Ar:rêt de ·I 49 3 avo'it
Septembre 149 ), deux ans
rneuré fans exé cut ion , que_le premier
es Hab itan s de Barbantane
,après qu' il ~ut été ren du, les wêm
dzt Mouton, prirent à nou. .
.qu'il avoit vou lu dépouiller des IDes
de la Chambre des Comptes
veau bail ces mêmes IDes, de l'au tori té
Lettres-Pa,tentes de 1 57) .
.d'A ix; c' eft ce que nous allons ;yoir par .des
le num. 6 7.
~ !!&gt;) L' Arrêt de Sfl.xi efi prpduit fou~
'Tel

�97

.

Tel eft cependant le premier titre que le Languedoc cite pour
'é tablir fes droits fur le lit entier du Rhone &amp; fur fes dépendances.
Un Arrêt de conflit, un Arrêt incompétemment rendu, un Arrêt
injufte , non exécuté, enfin un Arrêt révoqué par le Confeil , par la:
Cour des Aydes d'Aix, regardé comme nul par deux Arrêts pofté..
rieurs du GrandConfeil &amp; par leConfeil d'Etat:Voilà la fource d'un
droit que l'on veut faire regarder comme légitime &amp; même facré:
On ne s'eft pas contenté d'abufer de cet Arrêt pour faire illufion
aux Géographes &amp; aux Doéteurs : On s'en eft fervi pour induire
le Confeil même du Roi en erreur ; car nous allons voir dans la
fuite que le Languedoc s' eft fait renvoyer la conr:oiffance de conteftations concernant 1es !Des du Rhone, pour les Juger conformément
à l'Arrêt du 8 Mars 149 3. C'eft à l'aide de toutes ces furprifes que
1eLanguedoc les a quelquefois fait décider d'une façon contraire aux
droits de la Provence. Mais il n' eft point de prefcription contre la
.v érité,&amp; le moment eft venu où elle doit rentrer dans tous fes droits~

.

Les Officiers du Languedoc crurent que la réunion cfe la Pro- Nou~:ri!~ntre...
vence à la France étoit une circonftance favorable à leurs entrè- prife du Langue-

, &amp; que le même Prince regnant fur les deux Provinces , doc,rep~uffée
· mt
· érem:; a en con1erver 1es 1.1tonrifes1eroit
moms attenti·r &amp; moms
r.

•

•

1r1 '

r.

par
les
Officiers
de
la
Provence.

-

mites. Ils cornmencerent en 1498 par mettre des panonceaux aux No. )8 )!) ·
armes du Roi, comme Comte de Touloufe, dans les !Des du Fleuvew &amp;
'
'
60
Les Officiers de ce Pays adrefferent à ceux de Tarafcon une
•
Commiffion par laquelle ils leur enjoignirent de faire planter dans
ces Ifles des panonceaux aux armes du Roi , comme Comte de
P_ro~ence' en ftgn~ de rau~egarde. &amp; pour le rnaint~en de leur J.urif~
d1éhon , &amp; de faire faire a ce fuJet les proclamations néceffaires :
ce qui fut exécuté, fuivant un procès-verbal autentique du 8 Fé..
vrier de la même année.
Mais quelques jours · après les Officiers du Languedoc renouvel..
lerent à main armée leurs efforts , &amp; firent mettre les armes du
Roi, corn.me Comte de Touloufe, non-feulement dans les Ifles
dont on vient de parler , mais encore dans celles fituées au terroir de Boulbon. La Cour des Comptes ordonna au Viguier de
1 ar~J:on d'aller ôter avec refpeél: les armes du Roi pofées par les.
Officiers de Languedoc, de les dépofer en quelque lieu conve..
nable, &amp; d'y fubftituer d'autres panonce.aux aux armes de P4,"f. ·
·'JJrnce. Le. Commiil'aire de la Cour s'y tranfporta , fit faire les
tro~Ia:nauo,ns &amp; défenfes néceffaires, &amp; fit faifü la Baftide qu~
Hop1taJ d l/ramom pofi'édoit dan~ le terroir de Boulbon, pai:c.s

N

.

�.98
nt adrefîés aux Officiers de Lan::.
oie
s'ét
rs
ateu
iftr
r.iue les · Admin
e don t ils fe plaignaient~
guedoc à I' occafion dè que lqu e tro ubl été tro uvé paiffant dans
ayant
Le bét ail des Ifabitar:s d'Aramont
faifir, &amp; n'en donna mainles mêmes Ifle s, il les fit également
vence l'affurerent qu'ils avoient
lev ée que fur ce que les Gens de Pro
d'y mener paître leurs beftiaux.
don né permiffion à ceu x'd'Aramont
Provençaux attentifs à ne pas6 néJ'
Ces tentatives rendirent les
1~,,6.
· ts: L es H ab"1tans d'A rzes prérienterent req uet e a
duà g1·!ge r 1eurs dro1
ation
firm
Con
droi t de éche
la bataille de Pavie, &amp; lui
François I. à fon reto ur d'Efpagne après it exc lufif de pêc her dans
ArJ "s . P
dro
rem ont rere nt qu' eux feuls avoi ent le
N°. 61.
r Vil le, &amp; que qui que ce
le Rhone tou t le lon g du territoire de leu fans léu r permiffion : que
ulté
foit ne pou voi r ufer de la même fac
ils s'ét oie nt donnés à la Pro-.
c'é toi t même à cet te con diti on qu'
les traités de 12 5 1 &amp; I 3 8) ~
2Jence: nous en avons vu la preuve dans des Let tres Patentes confir~
26
Le Ro i leu r accorda le 1 5 Av ril 15
r
lufive. ·. .
matives de leù r -dro it de pêc he -exc
paffé ent re ces Ha bita ns &amp;
Le 4 Av ril de 1:année fuivante il fut
N°. 62.
fujet du même droit.
ceu x de Tarafco°lz une tranfaétion au
te des Do ma ine s du
T ~ 4 &gt;•
années fuivantes l'on pro céd a à la ven
Les
miffaires du Ro i
y eme du port
1 9 Ma rs 1 54 3 , les Com
le
&amp;
ce,
ven
Pro
en
i
Ro
!.
de Co•110H"
Confolde que fo Ro i tien t fur
ven irent Arn aul Ga.ftinel le Por t de
No. 63.
e de Cam.argue, de même
la petite Braffiere du Rhone en-delà l'Ifl ce Por t , &amp; le dio it de· là
de
que les droits du Ro i fur le paffage
l!.. mer; le tou t à faculté de
de
e
am
re-D
ven te de fel du lieu de Not
t eu lieu , ·&amp;!. le Rec eve ur du
rac hat per pét uel . Ce rac hat a en èffe
rmé &amp; affern1e enc ore au jour.:.
D omaine de Provence a toujours affe
.
•
d'h ui l.e Por t de Confolde.
ccafionnerent une
s1o
ine
s fur les Do ma
c 1 5:,f,· d . · Les mêmes recherche
ur de Boulbon
nmiifaires firent faire fur le Sei gne
re.
J!lesoi;e c~é~1 C~; faifie que les Cor
t il s' éto it emparé le lon g de fa Ter
don
ns
me
cré
&amp;
s
Iile
des
.
lbon
cle Bou
CommHfaires, qui au lieu de
Il y eut tranfaél:ion ent re lui &amp; les
N° . 64.
uni ren t à la Seigneurie de Boulréunir ces objets au Do ma ine , les
n5!ur paya , &amp; à la charge
'bon, mo yen nan t 3oo écus d'o r que le Seig
du fervice militaire. ·
fans dou te de pareils ordres
Les OffiCiers du Languedoc reÇurent
'157 ).
Do ma ine s du Ro i , &amp;
Lett res Patentes que ceu x de Proven~e· fur la rec her che des
elle r leu rs tentatives , pour
pou r Barbancane,
ils faifirent cet te occafion de ren ouv
No. ~5· empiéter fur la Jurifdi&amp;ion Pro ven çal e: ce fut du côt é de Barban~
fin de 1s7 5. Les Habitans
tane quê leurs efforts ·po rter ent vers la ir , de~ Let tres -Pa ten tes ,
ant
àe ce can ton obtinrent , pou r fe -gar
me nce nt par r&lt;l;ppeller le
com
es
don t l'analyfe· eft importa~te~- -Ell

�.

99

traité de paix fait en 1 I 2) (a) ~ntre Alphonfe ~ointe de Touloufe;,
&amp; Raimond Comte de Barcelone , par lequel, difeut les Lettres ,
ledit Pays de Provence fut limité &amp; borné, afin que chacun defdit~

Princes pt1t fçavoir ce qui était de fon obéifiance, ledit Comte de Pro'J!ence fit baux perpétuels de plujieurs portions de.fan Domaine , m~me
des ljles de la riviere du Rhone. Les Lettres aJoutent que ces Hle~
·é taient du côté de la._Provence; mais nous avons vu nos Comtes
étendre leur fouverair1eté fur le lit entier du Fleuve , &amp; même fur
le bord occidental ; ainfi cette reftriétion ne peut partir que d'ün
.
défaut d' exaairnde.
L'on voit par l'expofé des mêmes L .ettres qu'il avoit été fait d'anciens baux aux Habitans de Barbantane dês If1es appellées du Mouton &amp; de la Peyre fü:uées dans le Rhone, à titre de cens &amp; rente l~
deniers d'entrée; que l'un de ces baux eft daté du premier Sep~em­
bre 149) ; que tous av oient été confirmés par les Souverains &amp;
enrégiftrés oü ils devoient l'être; que c' étoit en vertu de ces titres
que les Habitans avoient toujours joui de ces Iiles, &amp; qu'ils y
avoient été confervés &amp; mqintenus en vertu d' Arrdts &amp; Jugemens con,

tradiétoires.

.

Ils en ont payé, continuent les Lettres , en la recette générale
» de nos Finances dudit Provence, les cenfives &amp; devoirs annuels , &amp;
· » de vingt en vingt ans les droits de lods &amp; ventes, &amp; depuis lefdites
» !Des ont été amorties auxdits Habitans par les Commiifair~s par
,) nous députés audit pays, moyennant finance qu'ils @nt payée.
&gt;) Toutefois notre Procureur en la SénéchauITée de Beaucaire à
)) Nifmes, reifort de notre Cour du Parlement de Touloufe, les a fait
&gt;&gt;convenir pardevant Me. ]~an de Montrain Juge-mage &amp; Lieure~
» nant d'icelle Sénéchauffée, député pour la recherche des !Des
»' du Rhone, pour exhiber &amp;·repréfenter l~s titres &amp; baux par eux
&gt;&gt;prétendus defdites Hles , combien qu'elles ne Joient comprifes au
&gt;&gt; pouvoir &amp; commiffion dudit de .Montrain : néânmoins, il a ·ordonné
)) que ladite Hle ?u Mouton feroit ar.pentée &amp; mefurée,, poi:r ce fait
» en être pqr lm ordonné : entendant &amp; voulant apres ledit arpen» ~age en faire bail, &amp; dépofféder les Habitans qui den~andoient à
·
·
» etre confirmés. cc Le Roi fur le vû de leurs titres , leur accorde !eut demande faux conditions portées dans les Lettres, &amp; d'en payer les rede
vances » en ladite recette genérale de nos Finances dudit Pays de PPO~
· »

vence , ainfi qu'ils ont accoutumé, fans .qu'ils foient tenus exhiber ni
&gt;&gt; repréfenter leutfdits titres audit de Montrain, ou .autres CommijJaires,
»

( R.) C'efr par erreur qu'on le d&lt;lte dans les lettre• de 1oz.~,

·

· Nij

�~

15 87.
Arrêt du Grand Confe il en faveur
de la Comu nauté
&lt;le Barban tane au
'fujet des Il1es du
Mouro n.

N°. oo.

'1ag:j 8de 1'Ar.rét.

106 ·

es Ijles
)&gt;ni ~tre troublés ne emp!~hés en la poffeffion &amp; jouiffance defdit r, ou
de Montrain , notre Proc ureu
)&gt; &amp; leurs dépendances par ledit
n' m!oir en·
» àutres auxquels nous avons impofé filence , déclarant
&amp; où elles y .
» tendu comprendre lefdites Ijles efdites commij]ions ;
&amp; réfervées ; &amp;.,
&gt;&gt; feroient comprifes , les en avons exemptées
tes !Des
)) néanmoins ou de l'Ordonnance dudit de Montrain lefdi
-levée a'uxdits
» auroient été faifies en .avons fait &amp; faifons main
des Comptes:
Cour
» Habitans. « Et à cet effet il eft ordonné à la
fition ou
de Provence de les en .faire jouir , nonobftant toute oppo
e audit ,
appellation , dont nous avons interdit &amp; défendu la connoiffanc
de Montrain &amp; à tous autres.
Bar~
Ces Lettr es ne refterent point fans effet ; les Habitans de
nt
étaie
elles
bantane préfenterent leur requête au Trib unal auquel
ête comadreifées , &amp; en·demanderent l'homologation : cette requ
pour
eux
à
it
joign
muniquée au Procureur Géné ral, ce Magifrrat fe
e par lefd ..
les faire enrégifl:rer: attendu, dit-il , que la Diclaration porté
ns à. la
.Lettres, ejl pour plus ample juflification des droits appartena
rons •.
reque
la
Comté de Prov~nce, nous n'empêchons la vérifie.arion, ains
don·
Les entreprifes des Officiers de Languedoc für la Provence
ue tems:.
nereHt enfin lieu à un Arrê t qui les réprima pour quelq
entre les ·
Cet Arrê t fut occafionné par la contefration qui s'éleva
ne peut conI::fabitans de Barbantane &amp; le nommé Borrit. L'onaux
évenemensnoître l'importance de ce préju gé, fans remonter
des années antérieures.
tés.
Le Maré chàl de Saint André avoit fçu par fes grandes quali
d.Jecon
y
Henr
de
&amp; par des fervices fignalés mériter la. confiance
·
fut
il
,
Roi de France. Auffi bon Négociateur que brave Capi taine
paix du
un de ceux qui travaillerent le plus efficacement à la
cette .
que
Cateau Cambre.fis. Il ne prévoyoit gueres que les plaifirs
&amp; à fon
paix alloit occafionner- feroient fi funeftes à fo.lil Bienfaiteur
Roi (a).
, étoit.
L'un e des graces que le Maréchal avoit obtenues du Roi
r ceux
fi'éde
dépo
la conceffion des Hles du Rhone_avec faculté. d'en
Granci
qui en jouiifoient : faculté que le Proc ureu r Général du
lamenÇonfeil appelle dans fon réquifitoire, très-étrange Ô' très~able , à la ruine d'une infinité de pauvres gens.
uté.
L'héritiere de Borrit Partie au Procès · ~ontre la Communa
ent, &amp; les mariag es qui
(a) Il y eut un tourno is à Paris pour célébr er cer évenem
bfo.lfé à mort par le Comtefut
y
II.
Henry
m
accide
quel
pa-r
fçait
On
nt le fuivre.

&amp;voie

J.e Mongcmnwy_.

�·101

'de Barbantane , prétendoi't qu'il avoit été donné une comm!ffion ti
h requête du Procureur Général du Parlement de Touloufe le 26
Février 1 ))6, qui évoquait tous les Proèès &amp; . différends concer•
, nant les Hles du Rhone. L'on ne peut pas douter qùe cette commifiion n' eùt été furprife fur le faux expofé que les Ifles &amp; le
c. ·
1e vu·
" d_e l'A tre:,
" i·1
Flellve dépendaient.du L ang~e doc : car imvanr
effe dit qu'elle porto1t pouv01r de JUg~r ces conteftat10ns, Juivant
l' Arrêt de 149 3 , dont nous avons déJà démontré le faux.

Fôl. 13 G-·t41.

Dès Ja même année 1)) 6 cette Commiffion avoit été révoquée
par des Lettres-~atentes que les Syndics de Proven~e avoient obtenues : Les Hab1tans de Barbantane &amp; autres avo1ent appellé des
procédures faites en conféquence de cette Commiffion, au Confeif
privé, qui le 29 Janvier 1) )9 renvoya ces appels au Grand Confeil : L'Arrêt eft vifé dans celui que nous examinons.
fol. 4 t..v
Malgré ce renvoi &amp; cette évocation , les Magiftra:ts du Lan-·
guedoc voulurent procéder en vertu de la Commi.flion révoquée ,,
&amp; envoyerent le fieùr de Paulo Préfident, comme Comrniffaire .,.·
· fur les lieux. Ce Magiftrat fit faifir les IDes du Mouton, &amp; les ad-jugea en 1 )78 au fieur Borrit. Ce qu'il eft effentiel de remarquer,,
c'efi que cette faifie ni cette adjudication faites au mépris des Lertres-Patentes &amp; d'Arrêt du Confeil ne dépofféd'erent pofot ltfs Ha-bitans, ils continuerent de jouir~
Ce ne fut qu'en 1 )82 que Borrit s'avifa de fes- afiigner·e1r éom-plainte, comme s'il eût été en poffeilion; mais à la veiUe de l'Ar-- ·
rêt, fon hêritiere reconnoiffant que fa demande étoit nulle , de-' FoZ:.i 9 ;ielt~1*it..
manda· par une Requête expreffe que fan aaion en complaintefti.t:
convertie en affion pétitoire.
L'affignation que Borrit avoit donné"e amr Habfra:rts , étofr
comparaître devant le Juge de Beaucaire~ Ces-Habitans n'y paru_..
r:nt qu: pour den;ancf~r leur renvoL .Nous trouvons · parmi les.
p1éces v1fées dans 1 Arret que nous analyfons, des Lettres Pàtentes F.Ol~4;t r;rf;dit;...
données par Louis XII..du 4 Juillet 1 roo,. qui attribuent au Grandi
Confeil la con:noiffance des différends nés· entre les Procureurs'
Généraux de- Pro11ence &amp; de Touloufe , à raifon des !Des du Rhone ,.:
&amp; un Arrêt du Cànfeil privé du 22 Janvier · r) r:~r, contenant un
autre renvoi au même Tribunal, Rour raifon des mêmes.Iiles &amp; :·
autres fond's de·la même Riviere~
· ·
Les· Habitans de Barbantane· demand'erenr do11c · feu r rertvoi' au:
Grand:Confeil; ils en furent déboutés par le Juge de Béaucaire; fur:
1eur appel , comme de Juge incompétent, ils fè rendfrent plus.de juf-~
tice ~ &amp; l'affaire fut retenue au Grand·Co-nfeit , du confentemenr-dest
Parties.

x

�I O.i

,

, Les Syndics de la Provence y furent reçus Parties intervenan1'.es 1
&amp; demander~nt la nullité &amp; caffation de toute ~a procédu re faite
par le Commifi'aire du Languedoc.
Le Procureu r Général lui.--même du Grand Confeil y fut.affigné
par Barrit, pour être condamné au_ nom du R,oi à_lui garantir
l'adjudication qui lui avoir été faite par le C_ommilfaire de To4·

k*

.

Loin que l'héritiere deBorrit foutînt dans f~s défenfes que leRhom
&amp; fes H1es filfent partie du Languedoc, elle avouait au contraire que
les Habitans avoient raifon de dire qu'elles étaient; de Provence,
&amp; qu'elles leur avoient été inféodées par les Juges du même Pays.
Fol. 7 &amp; fuiv. &gt;&gt; Lorfque ces If1es furent délivrées '- dit-elle,. &amp; baillées à emphi..,
»téofe par les Maîtres rationaux de Provenc~ , depuis l'union dudit
}) Comté à la Couronn e de France, elles étoient du Domain e du
Comte de
::&gt;&gt; Roi &amp; lui apparten oient , aut jure regio , ou comme
les If1es
que
foutenir
à
Provence. « Sa prétention fe réduifoit
a voient été données alors à vil prix, &amp; que le Roi pouvait toU:·
jours en faire une nouvelle conceffion plus avantageufe.
Les Habitans produifoient l'inféo?ation qui leur avoir été faite
d.es Ifles contentièufes par la Chambre des Comptes en 149) ; les
baux qui leur en avaient é_té faits par la même Ch.ambre le 12
Janvier I ) 31 &amp; premier Novemb re 1 ) ) 1 ; les Lettres-Pateates
confirmatives de ces baux du 2 I Janvier I )3 2 ; l' enrégiflrenient ·
fait au Parlement &amp; Chambre des Comptes des mêmes Lettïes le
1 o Mars 1) 3 3, &amp; le 29 Janvier 1) 34 ; les Lettres-P atentes attribu~
tives de Jurifdîélîon des différends entre les Procureu rs Généraux
de Provence &amp;·de ToulOufe pour les mêmes Ifles, du 4 Juillet 1 500;
l'Arrêt du Çonfeil contenant renvoi au même Tribuna l des contef.
rations pour ces Ifles &amp; autres Ifles contigues du 22 Janvier 1) 59.
Tout ce .qui pêche contre l'exaél:itude dans la défenfe des Habitans , ·c' eft que comme ils ignoraie nt les droits de leur Province
Jur la totalité du lit du Rhone , ils bornoien t leur prétention à fou.
tenir que cette r1viere devoit au moins lui appartenir pour moitié.
Mais le Confeil ne peut ,prendre une idée .plus jufte de cette affaire
Fol. :i.a.
que dans le plaidoyer mêJ.Ue d~ Miniftere pubiic : il eft inféré dans
·
l'Arrêt.
, y eft-il dit , Jeurs anrépéter
t
» Si les Provenç aux voûloien
Requilitoire du
Procureur Géné- » ciennes hiftoires , ils pourraie nt maintenir que tout le Fleuve du
ral,
&gt;) Rhone a été autrefois eu Provence, &amp; qu'il eft tout à eux : car
&gt; c' eft un grand argumen t, que celui eft Propriét aire du Fleuve qui
l1 .a droit de pâtir un Pqpt d'une rive~ l'autre. Du tems du 1.loi Tfiéo,.
)&gt;

�-

ÎôJ

'(

,

.

»dore , les Provel1çaux a.voient un ~ont fur le Rhone ·a 'un bord à
&gt;&gt;l'autre, lequel ils défendirent fi vaillamment contre le Roi de
)) France, qu'il ne les .Pût jamais forcer. Pour récompenfe du&gt;&gt; quel aél:e ils obtinrent les beaux priviléges que le Roi Théodore
» leur donna, qui font répétés par Caffeodore ; &amp; quand les Goths
» quitterent &amp; céderent la Provence au Roi Clodous , laquelle
&gt;&gt; ceilion fut confirmée par Juftinian, comme écrit Procopius, en
&gt;&gt;remettant la Provence , ils remirent ledit Pont en la puiffance
&gt;&gt; des François.
\ &gt;&gt;Toutefois les Provençaux d'à-préfent fe contentent de partager
&gt;&gt;le Rhone par moitié avec le Pays de .f,,anguedoc que l'on ap.p ellç ·
»aujourd'hui le Royaume.
· '7&gt;. Quant aux Ifles qui naiffent dans la· riviere, elles dépendent ,
&gt;) comme dit Caffeus, des incertaines &amp; inconftantes libéralités qu.e
» le Fleuve fait à celui des bords que bon lui femble; .car s'il amon:)) celle la ·terre &amp; fait une Ifle près du bord de la Provence, il la
)) donne à la Provence ; mais au contraire, il la donne au Languedoc ;·
)) &amp; s'il fait l'Ifle au milieu , il les partage &amp; divife entre les deux:
.
&gt;&gt;Pays.
» Voilà pourquoi Feflus a dit que tout ce qui étoit par alluvion:
» ou circonluvion dans les rivîeres, comme font les Ifl:es, Junl
)) jura prœdiorum ; tellement que les Poffeffeurs de la terre plus
)) proche de l'Ifle la peuvent vendiquer jure Domihii , comme jus
&gt;) prœdii, comme faifant l'Ifle une partie de leur poffeffion eodem:
)) jure; que les Ifles prochaines d'Italie funt para Italiœ; &amp; d'au-·
')&gt;tant que leS Ifles qui font dans la riviere, font de la même qua» l~té &amp; droit q.u'eft la terre principale de laquelle elle dépend,
)) 1Ifle de Barbantane étant plus p~oche de la Provence, ej~tfdem:
» jur.is efl ; que la terre ferme doit être pour la proprieté &amp; pour
.
:7) la J urifdiél:ion de la .Provence.
&gt;)Quant à la Jurifdiél:ion, le Rhone qui a été le Juge de la pro-,
&gt;) priété, le fera de la Jurifditl:ion. La queftion des limites' &amp; terri:)) toire traîne quant &amp; foi la guefüon de laJurifdiél:ion &amp; de la con~­
» pétencé, ou incompétence des Juges ; car fi la limite &amp; teiri» toire de la Provence s'étend jufques au milieu .du Rhone , il .s'en- ~
»fuit que .les Juges de la Provence font Juges jufques-Ia, &amp; que les:
)) Ifles qm font vers la Provence ne peuvent: être dè la J urifdiél:ion.
)) du Languedoc, tellement que l'adJudication qui a été faite aux.
» Habitans de Barbantane par la Chambre des Comptes de Pro» vence, quœ appel~atur a~ud eos_ ratio~ales, a été faite par Ju_er-~
» compétens &amp; ratzone locz &amp; ratwne rei; car étant dune chofè q:..ie:

�104

,, 1' on prétendait être des droits du Roi &amp; Domaine , Joli rationales
'&gt; en connoiffent ; davantage, quand il eJl queftion de via publica,
'&gt;où Fleuve public, folus rationalis cognofcit. Tellement que la
» Cour de Parlement de Touloufe, outre ce qu'elle étoit interdite,
,&gt; &amp; par conféquent tous les Arrêts &amp; procédures qu'elle a faits
:&gt;&gt; fo it nuls , &amp;c. «
.
Les conclufions du Procureur Général éteient en conféquence
·de ces principes,.. à ce que les appellations &amp; ce dont étoit ap·
pellé fuffent mis au néant : que les Habitans de Barbantane devoient
être maintenus définitivement en la poffeffion des IDes contentieu~
fes, &amp; que toutes les procédures faites au préjudic_e de la Jurif.
diél:ion du Grand Confeil fuffent caffées &amp; annullées.
Par l'A.rrêt qui intervint le 1 3 Avril i) 87, les Habiqms furent
maintenus dans la poifeffion des !Des , &amp; il fut fait défenfes à la
Dame Borrit de les y troubler. Sur la demande en ca!fation des
procédures, les Parties furent mifes hors de Cour: fans .doute
parce que çe chef étoit fort indifférent aux Habitans qui gagnoienr
leu.r procès fur le fon~.
·
t 1fo9 ~

,Affaire de Saxi.

~~, 67 .•

Fui. ~s

verf. de

l'Arrer,'

·

'

Les droits de la Provence fur le Rhone fubirent une nouvelle
épreuve au commencement du dix-feptiéme fiécle , &amp; furent égale·
ment confacrés. Les Officiers du Languedoc avoient fait en J ) 37
une inféodation de l'IDe de Trefeon , nommée alors Farragon. la
Ch. des Comptes d'Aix en fit une autre en I) 39 des mêmes Ifles
au sr. Saxi. Il y eut une conteftation très-vivé entre ces deux Inféo·
dataires. L 'affaire fut encore évoquée &amp; renvoyée au Or:and-Confeil.
Pendant le Procès, Saxi pbtint la jouiifance des lieux conten·
tieux: c'eft l'Arrêt même qui nous l'apprend en ces termes·:
,, Pendant lefquelles pourfuites, nous ayant ledit Saxi derechef
&gt;'&gt; fait voir en notredit Confeil privé la fufdite inféodation à lui
&gt;&gt;.faite de ladite IDe de Trejbon , les Lettres-Patentes &amp; procédures
)) fur ce faites, &amp; remontré que ladite inféodaüon &amp; accroiifement
)&gt; f~ montoir en tout à 3 07 faunées 47 dextres , Nous , par nos
J) Lettr~s-Patentes du mois de Juin audit an 16 07 adre_[fantes à no,&gt; tredi.te Chambre des Comptes de Provence , aurions ladite inféoda)&gt; tion &amp; .t out ce qui s'en eft enfuivi en conféquence d'icelle , con» fi~mé, ratifié &amp; approuvé, pour en jouir par leditSa~i &amp; fes Suc~ ceffeurs à Favenir, aux charges &amp; conditi9ns porté~s, tant par
) &gt; ladite inféod.a tion, Lettres-Patentes &amp;
Arrêt. «
· ·
C omme les Parties prétendoient , . çhacune de leur côté, quy
Jes JJ}e;&gt; · qu 'f{honç ~ le Fleuve mêm~ appartenoient à leur
··
Province,

�10)

P.rovince _, elles furent appointées :à Jaife preuve- re(peéî:i:ve ,de
Jeurs faits , tant JJar titr~s-· que. par temoîns. Chac:m exécuq
l'Arrêt de fan côté , &amp; v01c1 les faits propofés par Saxi &amp; adoptés
.
.
, .
.
. , _
par 1'Arrêt .défirïitif. .
. » Que du tems des Rois d Arles _, qui poffedoient la Provel}ce i
)) ils et.oient Sèigneurs du Rhone de :bord. à bord du côté du Lan)) gu~doc, enfemble des Villès &amp; Villages g~i étoient_.fur le ho.rd.
)) de ladite riviere du Rhone _, &amp; en cette qualité donno1ent confir&gt;) mation des Abbayes de Condates &amp; autres en Languedoc , avec
~ mandement aux J ~ges du La1+guedoc. d'exécuter leurs com-.
)) miflions.
&gt;) Qu~ la Provence étant féparée de la Couronne de Franc.e i
» &amp; poffédée par les Comtes , ils ont donné par ïnféodation les·
» HI es .cr.oiffantes.au Rhon~ , de,puis le .partage fait .e ntre Raimon4
)) Comte.de Bar.a.elone, lldefond Comte de Toziloufe &amp; Saint Gilles;·
&gt;)ils untjoui .de ce droit par .moitié avec les Comtes de To~loùfe,
,
·
)) felonla difpofüion du droit.
des
mémoire
1a
furpaife
qui
» Que de .tout tems &amp; ancienneté
&gt;&gt; .hommes, Jes Ifles de Camargues , Lubieres près Tarafcon, Saint.
»Pierre de Mer_oargues &amp; autres ont été .de la Provence, tant en
» Jurifdiél:ion pour.la Jufrice ordinaire, que par appel en la Cour
» de Parlement . de Provence, que par tout autre droit de fouvè» raineté ,.impo[ltion ·de deniers , ,péages ., tailles,.gr-aces, pardons,)) rérniflion, que tqutes autres .fubjedions, fans que jamais aucun
·
&gt;)n'ait .re.connu le Juge du reffort de Tou1oufe.
)) Que :quand par quelque forte d' entreprife de J urrfdiél:ion ' les
)) Juges du Ro.i de France, foit à Beaucaire -&amp; Nlfines, ou Cour
» de Parlement de Touloufe , ont effayé de :prendre autorité fur
~&gt; lefdits lieux , -les Juges de Provence ont caffé ce qui a été fait
)&gt;au pr.éj.udice de leur autorité , &amp; fe feraient confervés en la
·
» poffeflion de.fait &amp; de·droit de .jouir de toutes .les Ifles.
&gt;)Que jamais l'Arrêt du huitiéme Mars 149 3, produit par le
Il&gt; fieur .Berault, n'a été .exécuté rii fignifié aux Juges d~ Comté d~
'&gt;) Prov.ence, &amp; ·que nonobfl:ant !celui, les Ifles &amp; les I-fabitans en
:&gt;&gt; icelles font demeurés ·en l'autorité , fubjeél:ion &amp; jurifdiél:ion du
J) Comté de Pr..ovence &amp; de fes Officiers.
-» Que tous ceux auxquels lefdits fieurs Comtes de Provence &amp;:.
&gt;&gt; leurs Officiers ont donné par l'inféodation les Ifles croiffantes fur
)) le Rhone·, eft la plus proche de la Provence que de Languedoc , en
» ont joui fans contreverfe , &amp; fi aucun leur ~ contreverfé , leur
·~ trouble a ceffé incontinent &amp; conm1e non advenu.

0 -

.1

,.

�·I'o C

unie au Royaume, le R~r Louts:
. » Qu e depuis que la Provence ei_l:
0 fficiers de Languedoc:

s des
» on~iéme , pou r faire ceffer les jalouue ion de cel ui defdits--Ju ges
féodat
» &amp; de Provence, a vou lu que l'in
le pou r le Ro i, fût confirmée•.
uti
s
plu
» qui ferait la premiere &amp; la
rs dudit Co mt e,. de Provence font:
&gt;J Qu e depuis lefdits Officie
s,
de donner par inféodation les Ifle
&gt;&gt; demeurés en leu r poffeilion
&amp;
ce,
ven
Rhone du côt é de Pro
)) Iflons , &amp; terres laiffées par le
ont joui paiiîblement..
&gt;&gt; ceux qu'ils ont pou rvu s,
Provence:eft uni à Ia Co uro nne de·
, · '' Qu e depuis ·que le Co mté de
ées en la JurifdiB:ion des Of »F ran ce, lefdites Ifles font demeur
el au Par lem ent.d'Aix.., foit po ur
» ficiers de Provence, &amp; par app
·
·
» civ il ou criminel.
tou jou rs ré~
ont
ils·
,
des deniers
» Qu e pou r les impofüions
0 fficiers
les
de Pro,vence, fans que
&gt;&gt; pon du aux Maîtres rat ion aux
t
du qu'ils fuffent de leu r ref for t, foi
&gt;&gt;de J;.,angue4oc aye nt pré ten
anc es; don t il faut con clu re
»p ou r la Juf tic e, foit pou r les Fin s Hles , tan t au terroir de·
aux dite
» qu'ils n'o nt rien pré ten du
par Sax i, à· lui &amp; à fe~ devanciers ,
ées
féd
?' Trejbon, que celles pof
de tou t tems été .du reffort de·
» baillées par inf éod atio n, &amp; l'on t
r la JurifdiB:fon ordinaire que
»la Sénéchauffée d'.Llrles, foit pou
&gt;&gt; pou r les Finances.
s;
vence ont fafr les tut elie s des · mineur : .
&gt;&gt; Qu e les Officiers de Pro
inventaires des biens , con nu des
&gt;&gt; demeurans èfdites terres , les
ordinaires
&amp; fait to~S· aél:es âe Jut ifd iai on
)&gt; cri me s, &amp; ice ux pu ni,
'
leurs Jug em ens , les caufes ont été
&gt;&gt; fur .ice ux ; &amp; par appel de
un Jug e de
ent d'A ix, fans qu'o~ ait vu auc
l"l trai tée s au Par lem
ou auc un. Par ticu lier décliner la:
&gt;&gt; Languedoc y prendre dro it,
·
·
.
ce.
» JurifdiB:ion des Jug es de Proven
féodation fut faite à ·Antoine'
&gt;»Qu'en 1'année 1 s39 , lorfque l'in
terre
éperons d'Arles, il n'y avoit aucune
'&gt;&gt; Petit d'un Iflon près-les
cous
plu
au
tre faumées de tér.re
» lâbo~rable ,_ains feulement qua
re, que tou t le con tin ent étoit
'}) vertes de fable , fans auc un arb
ble , que lef:dites quatre faumées·
»l' eau du Rhone .&amp; riviere nav iga
abl es, &amp; fe font augmentées par
» de terre ont été rendues lab our
r$, &amp; tan t lui qu'eu:x;·on t pris .
)) la dépenfe de Petit &amp; fes fucceffeu
de·
ation defdîts Officiers du Co mt é
» les accroiffe,mens en inféod
tu d'icelles inféodations depuis
~&gt; Pro ven ce, &amp; en ont joui en ver
.
terruption de fait. /
&gt;)l'an 15'39 j~fqu'à préfent fans ii.1
.:
s ter res , ils nous on~ payé. la rede
» Qu e pour raifon d'icelle
vence, non en
ofitions en la rec ette générale de Pro
)&gt; van ce &amp; imp
g efpace dudit Languedoc.
" Languedoc ,_ étant éloignées de lon

�107

)) &amp; proche de la Provence ; enforte que ladite terre e~ aujourd'hui
terre ferme , tenant au Comté _de Provence &amp; terrou de Trejbon.
· &gt;&gt; Que nous avons confirmé le~dites. inféodations des. O~ciers
)) de Provence, &amp; · voulu que ledit Petzt &amp; les fiens en JOUiffent,
' )) comme ils ont fait, fans que les Officiers de Languedoc, foir,
~&gt;de Jufrice ou Finances, y ayent prétendu aucun droit.
» De ce que deffus il faut conclure que, puifque les Officiers
» dtt Languedocn'ont exercé aucune Jurifdiéî:ion fur lefdites IDes
» du Rhone, &amp; particuliérement fur les terres dont eft quefrion,
&gt;&gt;il faut auffi conclure que lédit sr. de Perault eft mal fondé dans fa
»demande, .&amp; n'a aucun fondement, finon que lefdites Hles font
&gt;&gt; de Languedoc. «
Les Partî~s qui plaido.ient ,pou~ c~tte dernie~e Pr?vU:ce, po..:_
ferent des faits qui tendo1ent a détruire ceux-ci ; mais la preuve
qu'elles s'étoient foumifes de faire, ne répondit pas à leur attente~
car l' Arrêt définitif qui intervint le 3o Septembre i 6 09 fur toutes
les produecions &amp; enquêtes refpèéî:ives des Parties , mit l'appel~
lation &amp; ce dont étoit appel au néant; &amp; en émendant, le Juge-.
ment a abfous le lieur Saxi des demandes·, fins &amp; conclufions
des freurs du Fayn &amp; Gleife, a maintenu &amp; gardé. ledit S,axi' en la
poifeffion &amp; jouiffance de ladite Hle, crément &amp; lieux contentieux entre les Parties.
L'Arrêt met hors de Cour fur les lettres de Requête civile que
.Saxi av oit obtenu&lt;"'s contre l'Arrêt du 8 Mars 149 3. Il étoit en effet
contre l'ordre judiciaire de fe pourvoir par cette voie con.t re un Arrêt où l.'o!1 n'avoir point été Partie, &amp; qui av oit été rendu pour d'au~
tres obJets &amp; entre des Parties différentes de celles qui plaidaient• .
L'on doit remarquer que par cet Arrêt les droits de la Proven.ce
fur le Rhone parurent fi bien établis, que l'on confirma une inféo ...
dation faite par la Chambre des Comptes d'Aix , quoique de deux:
ans pofrérieure à celle qui avoit été faite par les Officiers de Lan"".
~uedoc , &amp; malgré l' Airêt du 8 Mars 149 3 contre lequel il fut
Jugé que Saxin'avoit pas befoin de fe pourvoir.
·
)&gt;

Les Arrêts du Confeil ont également maintenu les droits de la
Provence fur le Rhone, lor.fique les titres des Pa ties ont eté remis
r

r

·

.

;r6B~: . .
.Arret qui mva~ n ~

tient

la

1

11e

ious ies yeux, Nous le voyons par celui rendu en 1687, en faveur d'Arles dans le•
&lt;les Confuls d'_Arles,qui étoient troublés dans la poffeffion des IDes, rn:s &amp; cr~mellJ.
·n
. &amp; rou b"mes, ou dé nvauons
. .
d~ Rlzone, par duRhone.
1u.ots,
cr.·é me.n s, re1a1~
N''\ 68 ~
l_es Fenmers ôu Domame, &amp; par des Conceffionnaires du Roi,
qui prétendoient étendre leurs droîts fur ces objets. La conteftation

0 ij

�r-08 '

roulo itfür beauc oup d'autres points indiffére11s à ceux·qui nous occupen t. Les Confuls d'Arles produifirent la plûpa rt des titres que
nous venons d'anal yfer' &amp; après la nlus ample inftru aion' il intervint Arrêt le 24 OB:obre de la même. année ,. dont v.o ici les dif~
pofitions qui nous intéreifent.:
uliers.
· » A pareilleme.ot maint enu fa Commù11auté' &amp; l'es Partic
)) qui ont acquis. cl' elle, e~ la propr iété, po.fieffion &amp; joui.fiance des
.)) iiles, iflots , créme ns, relais de la mer &amp; du Rhone depuis.ladite
&gt;)Ville d'Arles jufqu'à fa mer, à. la charg e néanmoins de payer
&gt;) au Doma ine par forme de redev ance, &amp;c.
PartkulierS"
· &gt;&gt; A maint enu &amp; gardé ladite Comm unaut é &amp;·les
»qui po.fiedentdes roubines &amp; dérivations .d'eau .du Rhone ou de la
» n1er, en la poifeffion &amp; jouilf~nce d•icelles·, à la:charge de payer
)) à l'aven ir par chacu n an au Doma ine, en reconnoi.fiance de la
i&gt; Seign eurie , une redev ance, &amp;c.
chacun
» Et pour regler les cens . • . dit vfogtiéine denièr par
&amp; du
&gt;&gt; an du reven u des ifles &amp; illots , créme ns &amp; relais de la mer
raifon
pour
dûe
a
r
fe·
&gt;) Rhone; comm e auffi regler la redev ance qui
)) des roubines &amp; dérivations des eaux . du Rhone &amp; de la mer, Sa
Majefté a commis le fieur I:ntendant en Provence«. Quell e confirmatio n plus auten tique peut- on défirer- des. droits c:le la Provenco
.
~ur le Rhone &amp; fur fes dépendances .t

»

1690.

, Arrêt qui adjuge
a la Provence les
quartiers de LéE"uet. ,. Leire l &amp;

No 6
· • · 9·•

.Barai1li er.

la Décla ration du Roi de '1 686L ., pourd 1â
· rr.
•
·1
·
h d. D
. h
erc , e u omam e, 1 y ·eut une Comm11110n ·en angue oc,
rec
de
dont le Procu reur du Roi comp rit dans fes ·p.ourfüites la Ville
II
'll
B
d·
&amp;
z
·
,,,.
L
d
'
G
d
er.
··
arai
e
i·es quartiers u ues, e e;~e ·
, fi
"T'
.1. araJcon pour
préten doit_qu'ils étoièn t ifles &amp; creme ns du Rhone 2 &amp; confé"
quem ment qu'ils étaien t, füivant lui, de fli Provi nce : on ne man·
q'!la pas de le juger ainfi en Languedàc. Sur l'appe l au Confe il il y eut
üne inftruél:ibn ·très-l ongue ~ fort. difpen dieufé , pour s'aiftirer ii
ces fonds é'toient en eff~t illes &amp; créinens-, ou s'ils· dépen doién t de·
la terre-ferme. Les Fermi ers de Provence &amp; ceux de Languedoc~ En conféque11ce de

é.toient en caufe , &amp; fe conte ftoien t le droit de jouir de ces quartiers.
La Ville dé Tarp.fc.on n'ih1agina d'autr e moye n de forcir de l'in~
certit1:1de où les prêtentiOns . du Languedôc-. , &amp; des Fermi ers du
Doma ine, mettoiel1t Jes Propi;.létaires , que de faire dès offres d'une
fbmme au Doma ine,. &amp; d~une rente annue lle pour lès· faîi-e maint(i!oir dans leurs droits : ces. offres forent comm uniqu ées au Procu-:reur génér al de la Comm iilion qui'.ftipuloit les intérê ts dù Languedôc--, &amp;:. aux Férmi ers du Roiji ils fourn irent leurs réponfés r &amp;;

�,

.

1'09

.

fo z 2 AoClt 1 690 fotervfot Arrêt_qui reço1t les offres , confirme tou~
l'es Prop!iétaires .dans leurs droits co;i1~11e avant le J u g~mei~t r~ndu _
en Languedoc: &amp; veut que dans·le cas·ou l alberg_ue offerte jut ad1ug~è au

Fermier du Languedoc, lefdites terres ne pourrozent r!tre po~tr ce pretendues faire.partie de la~ite Province ~e Lang_uedoc,. &amp; Je;o,z~n;; au con-r.
traire &amp; demeurerozent comme edes avoœnt tou1ours ete]Lljques alors
dans l~ compois C,. taülabilité de Tarafcon, fans pouvoir jamais être.
,., _
.
afTujettis à aucunes impojitions de la Province.du Languedoc.
Lettr-es Patentl!l.l·
' 1
JTL
d
p
L
d
éd'é
c.
·1
ê
:Li'
Sur cet Arr t 1 1 ut e~p 1 es ettres atent~s a .rem:es a _a !ùrcetArrêt.
N°:.10 ,
Chambre des Comptes dec Montpellier, &amp; fur le reqmfitoire du. P;o·· ~
cureur Gé'néral elles 'furent· enregiftrées , au moyelT' de quo1 1on ·
peut dire que par cet enregiftrement il fut reconnu. qu'en effet le '.
Languedoc n'a voit rien à prétendre fur ces terrains , &amp; que le Procu• ·
reur Général de la Commiffion. avoit élevé_: une mauvaife diffi. .
culté.
droit de fa Provence fur ces fonds ,
fo
Ce· quï confirme encore

·c' eft que par'l'évenement de la conteil:ation entre leS' deux Fermiers,
celui de Languedoc fut- défignê pour'wucher l'albergue , &amp; les
fonds n'en- refterentpa:s moins·à la Ville de Tarafcon : preuve évidente q!le les arrangemens économiques de la Finance ne peuvent ~
en aucune façon tirer à conféquence pour la propriété des fonds,.,.
,
.
ni pour les limites des Provinces..
169?.·,:
Deux ans après l'.Ar.rêt en faveur -cfë Taraféon, les Propriétaires
t für l'Is~ ·
rr&amp;
A
des terreins p,rétendus crémens appellés Trd!Jon, terroir d'Arles, de T rPfbon.
furent à leur tour inquiétés ·par les Fermiers du Domaine de LanN° &gt;z.x;.
guedoc.. Ils fe pourvurentpour être rpaintenus~ Leurs moyen~ étoiem: ..
d'un côté, que lèurs-terreins étoiènt t_err~s:..fermes du continent déc
Provence, &amp; qu~ils n!avoie_nt-jamais· été. ifies ni crémens:
. L'~ffai~e · s'i~~ruifit:_ d'abord, fur le? lieux, &amp; enfuîte pa~ ap.pel~
a:u Confe1l; · elle ét01t l~rête a être ;ugée quand ces Propnéta1res .
apprirent qu'en Eareil . cas les- Habitans de Tarafçsm avoient été
· maintenus: en· offrant·~ une finance, &amp; en payant une alBergue aù
Domaine. Ils· fuivir.e nt cet exemple &amp; fireur-- lèurs- offres ·, à la
charge que ces te.rres demeureroient, comme ·elles avoient toujours .
été, terres- de Pro'Pence ,.&amp; ne fèroient fujetes à:aucune-impofidoa~
,.
en Languedac~
, Ces, offres &amp; la requête quriès--contenoit f~renr ·· communiquéés·
a M. 1Intendant de Languedoc- &amp; aux F ermrers· dtt Domaine de
~o~tpellier. Le Commiffaire- départi, ainfi que Iè' F ermiêr, furent:
cFav1s que les offfes devoient êtœ acceptées, &amp; qu'en e.ffèt Lang,uedo,· n~a:voit rien à prétendre fur les lieux contentieux.~ - Eu con~ --

le

�Il 0

.

eil du
féquence les offres furent reçuës par un Arr~t du Conf
&amp; ot1
con..,
Taraf
de
1 6 Aoùt .1692, qui fe termi ne comm e celui
il eft dit: Veut en outre Sa .i\.ttajefié que lefdites terres foient ·&amp; demeu-

s,
rent comme elles ont été jufques-à-préfent du territoire de la_ //iUe d'Arle
ires
.fans qu'elles puiffent jamais être fujettes à aucunes impojitions ordina
ue
&amp; extraordinaires de ladite. Province de Languedoc, &amp; que 1'alberg
foient
terres
s
ne pourr oit augmenter ni diminuer , fait qùe lefdite
,.
augmentées ou diminuées par la riviere du Rhone.

î7i4;

'Arrêt que l'on
oppofe à la Provence , comme
ayant décidé la
quefüon contre
elle . .

. ·No. z2~

bre
Cet Arrêt a été fuivi de Lettr es Pateutes adreff~es à la Cham
..
diffi
'des Comp tes de M.ontpellier; elles y ont été enregiftrées fans
Lan·
culté &amp; for les propres conclu.(!.ons _du J\Jiniilere publi c. Le
le
for
nce
,guedoc reconnoiff01t donc encore les droits de la Prove
Rhone, fans quoi le Procu reur Géné ral fe feroit opp.ofé à cet en·
s
i:egiftrement, &amp; fon oppofition auroi t d'ama nt mieux réuffi auprè
les
de ces Jt!ge s, que les conteftations qui s'étoi ent élevées entre
nal:
Tribu
ce
de
yeux.
deux Provinces av oient toujo urs pafféfous les
e un
ainfi nous pouvons encore regarder cet enregifireme~t comm
oire,
aveu formel du Languedoc, &amp; comme un Jugem ent contradiél:
les
teftab
incon
qui juge avèc lui que les droits de la Provence font
fur les H1es du Rhont. ·
au
Cepe ndan t il paroî t que trente -deux ans après _cet Arrê t ,
juger
n1ois de Juin 1724 , le Languedoc trouv a le moye n de faire
e du.
le contr aire en fa faveur'; le iieur de Gravefon étoit Propr iétair
il
con,
Taraf
petit Cajlelet, &amp; du Roudadou fitués fur la gauch e de
té de
préte ndit que fes biens étoie nt noble s, &amp; que la Comm unau
.
tre
cadaf
fon
cette Ville n'avoit pas dû les comprendre dans
L'Infpeél:eur du Dom aine fut enten du ; les Procu reurs du Pays
niftrateurs
&amp; le Synd ic du Lang uedo c int~rvinrent ; mais les Admi
n~eut
de la Provence ne produ ifüen t aucun 'titre : leur interv entio n
de la
d'aut re objet que de faire voir au Conf eil que la préte ntion
t
ginoi
n'ima
on
1'
iVille de Taraf con ·paroifioit jufte à la Provi nce:
n
pas que cette Ville pfat échou er dans une Inftance que l'i~fpeél:io
fur
ire
l'affa
juger
feule des lieux décid oit en fa faveu r, &amp; l'on laiffa
.
·
les titres partic uliers à cette Ville .
nous
_ C'eft ce défau t de produél:ion des piéces générales que
Juin
26
venons d'ana lyfer, qui occafionna fans. doute l'Arrê t du
Caflelet &amp; de Roudadou,
i 7 24, qui déclare. les 1.fl-es du grand &amp; petit

enfemble toutes les autres Ijlès du Rhone faire partie du Languedoc.
La derniere difpofüion de cet Arrê t eft Ji extraordinaire qu'on

:
ne peut .s'empêcher de dire qu'el le ôte tout crédi t àTAr rêt même
effet, il
_elle prouv eroit trop fi elle prou voit quelque chofe. En
.
.

�'11

f

faudroit donc dire que l'Hle ·de Saxi, du .Mouton, de Boulbon, la'
Camargue elle-même auroient été adjugées par cet Arrêt au Languedoc, fans que les Parties intéreifées eu_ifent été ~ppellées ; il
faudrait dir que le grand bras du Rhone qm coule dernere la Camargue &amp; les Ifles qu'il peut renfermer font du Lanffuedo_c: Cepe~­
dant jamais cette Province n'a ofé pouffer fes prétent10ns Jufque~-la;
jamais les Propriétaires des autres Ifles confirmées par les Arrêts
Erécé~en~ en faveu_r d~ la Provence·, n' ~nt c~ifé d'en dépendre. Ces
Propnéta1res ont JOUI comme avant l Arret de 1724, fans que le
Languedoc ait cru pouvoir fe ferv.ir de la difpofüion plus que fi.ng~.tl~ere que 1'o? a inferée_dans cet Ar~êt ~il a ,lui-même perifé qu'une·
déc1fion auffi importante que celle-la, &amp; dune conféquence auffi
~é~érale ne lu,i acquiéroit a~cun dro.it _, ~ès qu'elle étoit interyenue
a 1 occafion dune conteftauon part1culiere, fans que la- Provenceeût produit aucun titre, fans même que la plûpart des Parties in-.
téreifées eufient été entendues, &amp; enfin, fans que ·les précédens
Arrêts qui jugeaient tout le contraire eufient été révoqués ni même
attaqués: auffi cet Arrêt a-t-il été regardé comme 110.n avenu par
ceux-mêmes qui pouvoient fe croire en droit de s'en fervir; &amp; ce
n'eft pas après quarante ans d'foéxécution ·q u'il peut être permis de
le faire revivre. Tous ceux dont il blefie les intérêts, &amp; que l'on.
a laiifé jouir paifiblement, ont acquis la prefcription : afofi quand
le· Languedoc pourroit au fond avec juftice faire revivre cet Arrêt,
il n'y feroit pas recevable d~ns la forme.
.
. 1 7 2 6°
Le Languedoc, fuivant toujours fa méthode de ra"ifonner, oppofè
D1(cuilio'l
L
" gm· fiut ren d u contre· 1e p ape en 17 26. a· l'Arrét ren u enâe...·
'a 1a p rovence l'A rret
~mple analyfe de ce préJugé pro_uvera qu'il n'a pas plus d'applicatfon tre le Roi_&amp; J,
a notr~ affaHe,. que tout ce qu1 a pu être fait COlltre la Savoye ou le PRahpe au fuiet du
one.
.
. , (a '
·
·
D aup hme.
, Lors de cet Arrêt Ie Pape prétendait difputer au Roi les créinens,
du Rhone, &amp; les droits de fouveraineté fur cê Fleuve; il demandoit
&lt;que l'on nommât des Commiifaires de part &amp; cl'autre pour décide.c·
.
la quefiion.
, Le L.anguedoc lui répondoit qu'iI n' étoit·pas néceffafre d'établir:·
de pareils Juges, &amp; de mettre en queftioQce qui ne pouvoir point:
faire la matîere d'un problême. Jamais Sa Sainteté n'avoit fait aél:e
tle jurifdiction ou de fouveraineté fur ce Fleuve :·Jam ais ce Fleuve·
n'avoit été compris' dans les prétenduës ceffions que le Roi de France:·
&amp; la Reine Jeanne avoient faites du Comtat &amp; de la Ville d'Avig,non au Pape. L'Aéteur. d'Avignon ne produifoit ni titre tran!latif
(a) Cet Arrêt eJl raEl~orté tout_au long dans Brillqn au motRhone •.

�l'r 2

de propriété ni même · ~mcun âtte de poiteffion, 8cc'eft-là fa vêri-'

table raifon qui fit perdre----la caufe au Pape, &amp; maintenir le Roi
dans la Jouverain eté du ·Rhone ~e long du Comtat.
Il efl: ·vrai qu'on objeda au Pape des titres &amp; des n yens dont
on prétendit tirer des argumens généraux _pour t:out Je cours du
Fleuve jufqu'à la mer ; mais en ce point on raifonnoit fans exactitude, &amp; d'une façon oppofée aux monumens qui ,prouvent-que,
quoique le Pa.pe fût fans droit, la Provence n'en étoit .pas moins
propriéc~-i.re _ du Fleuve depuis la Durance jufqu'à la mer.. L'oncitoit
conFr.e Sa·Saintet é les lettre.s de ,13_80, ;~dreifées à Paul de' Nogaret,
celles de la Reine Marie de 139&amp;.
L'on a vu ci-deifus pag. 7o"à quoid-evoiei.1t·:s!apprécier c~s diff~­
rentes)ett res : le .Languedoc n'en avançoit ,pas 'moil1S contre le
Pape, -qu'en conféquerice des lettres de 1380 , toutes les:fois qu'un
Prince voifin avoit voulu entreprendre fur le Fleuve, il av oit été
réprimé; il s'appuyait de l'autorité de ,Guy-Pape, queftio11 )77 ,;
mais cet Autéur ne parle que des Souverain s vo_i{ins du Rhone,_
depuis la Duranc_e en remontan t jufqu'en Savoy.e; &amp; :11e dit pas un
mot de la Provence.
Le Langue.da.c ajoutoit que depuis l'acquifüio n :faite -par le Pape
en 1 34 8 , de la Ville &amp; du Comtat d'Avignon, il av oit été décidé
qu'il n'avoit aucun droit fur le Rhone. Mais, 1°. ·en 1 348 le Pape
-n'acquit que laVille &amp;Je terroir d'Avignon de la Reine Jeanne. On
,ne fçait en vertu de quel.t\tre:il tenoit le Comtat; c'eft que l'on voit,.
c'eft qu'il étoit en poifeffior1qepuis I 274 dut,en1s ,de,Philip.l.e-Hardy.
11 eft VJ;ai-que le Pape ·ni même la Reine Jeanne ·&amp; fes P:rédé.ceifeurs
qui tendient laVille d'.Avignon de Philippes-le-Bel, Roi de France (a)',
n'avoient point exercé de jurifdiél:ion fur le Rhone dans cette par·
tie ; mais encore un coup, çela ne conclut rien fur la portfon de
ce Fleuve, à compter de la Durance ou du Comtat jufqu'à la mer.
L'on citoit encore contre le Pape l'Arrêt du Parlement de Tou~
loufe du 8 .1\1ars .1493. -L'on vient de voir pag.96qu e cet Arrêt
eft de nulle valeur vis-à-vis de la Provence, qu'il avoir été révoqué
par des Arrêts c·ontraires dè la ·cour des Coniptes ·d'Aix, &amp; que
le Grand Confeil l'avo!t regard_é comme -non avenu.
L'on dit enfaite qu'il n~eft pas douteux que le Rhone, &amp; les
iDes, &amp;c. o~t toujours fait partie du Languedoc, fans que la Pro·
vence &amp; le Dauphi,né, quoique réunis à la Couronne , y puiffent
rien prétendre , &amp; l'on cite les Arrêts de 168 1 , 168) &amp; 1691. Nos
anciens titres détruifent cette allégation : &amp; ces Arrêts ne portent
que fur des arrangemens de finance qui , comme on l'.a vu d,ans
(a) Bouche, tom.

1. ,

pg. 3 18 &amp; 3 19,

l'Arrèt

�111
- l'Arrêt de 1690, ne tirent aucune coriféquence pourla propriét"~- :
Quant à celui de r 69 1 , il fut rendu entre les deux fous-F ermiers_:
celui du Languedoc l'emporta, parce qu'il produifit des piéces plus
que fufpetles, telles que les lettres ad~e~ées ~ Paul de Nogaret, ·
tandis que celui de la Provence fe d~fend1t tres-m,al, &amp; ne pro. duifit aucun des titres que nous avons. Au furplus 1 on peut encore
appliquer à cette décifion ce que l'on vient de dire fur les arrangemens de finance; &amp; malgré tous ces Arrê.ts la Prov~nce n'en a pas
moins continué d'impofer aux tailles tous les terrains fur lefquels
ils ont été rendus. ·
Le Languedoc fit encore valoir contre la Cour de Rome une
Enquête faite en 1412,tirée des Archive.s de Montpelliér,qui fut pro~ ·
àuite lors de l'Arrêt de 169 1 , par laquelle· ils prétendent qu'il eft
prouvé que les Officiers du Comte de Provence ·n'avaient jamais fait .
aucun aEte de Juftice fur le Rhone.· On aura fait dire ce que·1'on aura.
voulu aux témoins Languedociens; mais quand to~t le Languedoa
enfeu1ble témoignerait que la Provence n'a jaf!1ais exercé la jurif- ~
diél:ion fur le Rhone, cette preuve teftirt1oniale pourrait-elle l'emporter fur la multitude de titres que nous rapportons pour la PrQ_~

r

vmœ?

·

L'on ajoute que par des Lettres Patentes de 1498, Louis XII.nomma ùn Commiffaire, qui ayant trouvé que les OHiCiers de
Provence avoient inféodé l'H1e_,du Caflelet, caffa cette inféodation,
comme contraire à l'Arrêt deToulo'ufe de l 49 3.En fuppofant que ces ·
Lettres &amp; ce J ugemen.t ayent quelque réalité, l'on voit, 1 °. qu'ils
auroient pour bafe.cet Arrêt de 149 3, que nous avons réfuté page
98, &amp;:qui n'auroit été capable que d'induire le Confeil en erreur;
en fecond lieu, il eft certain que malgré cette commiffion &amp; la
décifion prétendue du Commiffaire de Languedoc, les Hles du grand
&amp; du ·petit .Mouton av oient été inféodées à la Communauté de Barbanfane par les Officiers de Provence; &amp; cette inféodation .a é_té
confirmée par plufieurs Lettres-Patentes &amp; par Arrêt du Gran~
Confeil contre le Porteur d'une inféodation du Languedoc: pre1we
que !'Arrêt .de 149 3 ne portoit pas contre la Provence, qu_e dans tous
les.tei;i1s. il.a été regardé c.omme non avenu-, &amp; qu'il n'arrêto'it pas
la 1unfd1tl:10n de· fes Officiers fur·les !Iles du Fleuve.
Le Langu~doc argumentoit contre le Pape des Arrêts de 170)
&amp; 1707, qui ne regardent pas la Provence: quant ·à celui de 1724on a vu ci-deffus combien il eft peu redoutable à cette Province.
Le Comtat avoit tort de fon côté de vouloir , comme il le fai~
f,o:it, tir~r de l'I~e de Camargue des argumens .contre, le Languedoc~

p

�Pag.

1 00

+.-

J

Ilf'
de la Provence, &amp; à faire tomber.
droits
les
oette Hle fert à défendre
tous les vains raifonnemens du Languedoc.; mais elle ne peut fervir
:nt Comtat : les droits de la Provence fur le Rhone depuis le par~
tage de 1 12 r, rne paifent pas la Durance. Du tems de fes Comtes la
Provence-a toujours joui de fon bord, de fes péages fur la riyierej
de fes IDes , même de l'aveu des Rois de France , avânt la réunion;,
aµ lieu que le Comtat,, depuis qu'jl eft au Pape, n'a jamais joui de·
rien de fembla.bler
quï, quoique jufte:
menr·
Le Languedoc. ajoutoit un raifonne
contre le Pape , eft totaleme nt contraire à cette Province , &amp; .
forme un. moyen décifif en faveu:r. de-la Provence :·il difoit qué la
France, ayant la 'plus ancienne · poffeffion, étoit cenfée avoir la
premiere occupat ion, &amp; qu'elle n'a pu la perdre que par une con-'
vention contr~ire: que l'Aaeur' d'Avignon ne faifant point voir quei
la France eût perdu cçtte"pro priété, elle devoit y être maintenue.
La Provence confent d'être jugée d'après ces prihèipes adoptés
par fes Adverfaires eux-mêmes. Si la po:ffeffion la plus ancienne eft
le droit le plus légitime &amp; le plus éminent , &amp; qu'il faille au moins
un traité pour le faire perdre, . la Provence doit l'emport er. fur le
Languedoc; car elle à-prouvé qu'elle jouiifoit des deux bor.ds du.
Rhone avant que le Lai1guedoc fût réuni à la France., &amp; dans les plus
anciens tems: ·que le Comté &amp; !'Archevêché d'Arles s'étendoient.
au-delà du Fleuve; que les Etats des Goths n'alloient pas jufqu'au
Rhone : &amp; que les Comtes de Touloufe n'ont eu ce terrain de Pro'JJence, au-delà du Fleuve, que par un traité qui, à le prendre dans.
le fens le plus rigoureu x, laiiferoit au moins la moitié du Fleuve
à la Provence; c'eft donc cette Province qui a la premiere occupa·ti.on, &amp; qui par conféquent doit être maintenue.
L'autori té de Grotius que l'on citoit ne feroit que fortifier lai
caufe de la Provence : fuivant cet Autèur, lorfqu'une riviere fait
la fép_aration de deux Etats , le plus..ancien doit avoir le lit entier:
or, a1outoit-on, la Monarch ie Françoife eft plus ancienne que le,
Comté de Provence., qui n'en étoit qu'ui1 démembrement: donc, &amp;c..
· I/on a vu par l'anal yfe de nos preuves que laProvence,avant qu'elle
~partînt originairement à la France, avoit le Rhone tout entier,
&amp; que cette riviere ne faifoit pas la féparation des· Etats de Prouezzce ~e ceux·des Goths ou Languedociens qui n~y atteignoient pas~
~e droit de la Provence fur le Fleuve eft donc plus ancien que celur
de la France &amp; du Languedoc; La Provence a appartenu à: la France
200 ans avant le Languedoc; elle jouiifoit alors des deux bords du
Fleuve; le Languedoc n'a pu avoir de E!étentions fur le bord occi.,.·

�/

11)

·dental, que par le traité de 1 1 2). ~omment nos Adverfaires peu..
·vent-ils donc nous oppofer un Arret obtenu fur des moyens que
nous adoptons nous-mêmes, &amp; qui n'ont pu être oppofés au Pape;_
.fans en même tems favorifer notre caufe ?
C'était avec raifon que le Languedoc difoit que la vente de la
Ville d'Avignon faite par la Reine Jeanne au Pape, ne lui avoit acquis aucun droit, parèe qu'elle ne pouvoit lui av:oir vendu que ce
·qu'elle poffédoit ; mais ce qu'il aJOUte, qu'il étoit conftant que
jamais elle nifes Prédéceffeurs n'avoient rien prétendu fur le Rhone,
&amp; avaient toujours reconnu le droit de la France, a befoin d'explication.
·
Les Comtes de Provence, -après le partage dè I 1 2) , qui fit
· :paffe1· le Comtat dans la Maifon de Touloujè , n'ont fait ·aucun
:aéle de jurifdiél:ion fur le Rhone .au-deffus de la Durance, cela eft
vrai ; le Roi de France par le traité de 1229 eft rentré dans la poffeffion des terrains fitués dans la partie occidentale du Fleuve vis-à~
.vis le Comtat &amp; la Provence, &amp; dans la poffeŒon entiere du Fleuve
.de l'un .à l'autre bord vis-à-vis du Comtat, par la fucceflion de
1
Jeanne, él?oufe d'Alphonjè, frere de Saint Louis : mais depuis la
Durance 1ufqu'à la mer l'on a vu au contraire que les Comtes de
Provence n'ont pas ceffé d'exercer leur fouveraineté fur le Fleuve.,
~ la France n'y a pas mis le moindre o;bftacle.
.
· A l'égard de l'Ifle de Camargue , le Languedoc difoit que ce
·n'étoit qu'une ufurpation qu'on avoit bien voulu laiffer fuhfifter;
peut-être à caufe que cette Ifle n' étoit pas regardée comme Hle du
Rhone , mais comme Ifle de la mer : ce n' étoit pas une auffi mau ...
vaife réponfe qu'il falloir oppofer à l'Aél:eur d'Avignon, mais lui
-Oire que le Pays deProvence depuis la Durance jufqu'à la mer avoit
·des droits qui lui étoient propres, &amp; defquels le Comtat ne pouvoit
pas s'aider; que la Provence avoit toujours des titres formels &amp; la
poffeffion la plus conftante , &amp; que qui que :ce foit ne lui avoit
jamais contefté cette Ifle.
·
Lorfque la Provence a été ufurpée fur la France , elle avoit des
limites certaines ; le Rhone étoit compris dans fes terres , &amp; le Languedoc n'y avoit rien : elle fut ufurpée dans toute fon étendue; elle
:a été poffedée de même par les ufurpateurs ; &amp; ceux qui s' empa ..
l'erent du Languedoc, apres fa réunion à la Monarchie , pofrérieu4
rement à celle de la Provence, ne poifédoient rien du Rhone: c'eft
ien fuccédant aux ufurpateurs de Provence, &amp; en traitant avec eux,'
,que. les ufurpateurs du Languedoc acquirent les terres qui font à la
·droite du Rhone, qui avoient toujoµrs fait partie de la Provence_

Pij

�116 '

acq uif itio n de Ja .p art du
après l'uf urp ati on : depuis cet te
vence, les Co mt es de ce Pays
Pro
la
de
n
tio
por
ne
d'u
doc
gue
Lan
122 9
de leu rs dro its fur le Rhone. En
~mt jou i inc ont eft abl em ent
ite
dro
la
la Provence gui éto it à
la ·Fr anc e rec ouv ra la por tio n de
rs
Pro ven çau x de la gau che de leu
.du Rhone, &amp; a laiffé jouir tes
uCo
la
à
Provence a été réu nie
dro its fur îe Fle uv e: En r48 1 la
de fes dro its fur le Rhone plu s anron ne, pou rqu oi la pri ver a-t -on
gui n'a poffedé des terreins au
ciens que ceu x du Languedoc, lui
.
ant une par tie de la _Provence?
.bo rd de ce Fle uv e qu' en acq uér
ple ine d'err eür s , le mé mo ire de
Si la défenfe du Langu~doc éto it
éto it pas plu s exe rnt : il dit qu~
l'In fpe éte ur du Do ma ine n'en
end ue que juf qu' au bo rd du Rhone:
l'uf urp ati orr de Bofon ne s'é toi rêt
ire &amp; Argence , &amp;c . éto ien t de
on a vu au con tra ire que Beauca
fut .rec onn u. Il ajo ute que les
_Provence , &amp; que l'uf urp ate ur y
le
ais fait d'aB:e de fouveraineté fur
Co mt es de Provence n'o nt jam
e
ndu
éte
1'
ur
po
on 1'a vu , &amp; fur tou t
Fle uv e : cel a eft fau x, com me
trai•
Le s Ro is de France on t fait des
dep uis la Durance jufqu'à la mer.
ce:
u le dro it des Co mt es de Proven
tés , dans lef qu els ils on t rec onn
rnif
Com
fur que lqu es Ifles , des
qua nd il y ·a eu des con tef tàti ons
du
e _fe font aflèmblés au mi lieu
faires nommés de par t &amp; d'a utr
vence on t fait fur cet te partie
]Viane. Enfin , les Co mt es de Pro iétion imaginables. Etabliffejurifd
tou s les aae s de pro pri été &amp; de
@eéta bli r , faifies &amp; confifcations
n
d'e
me nt de péa ges , défenfes
le
s
dan
s
ttes , ext ent ions de chaîne
,bat~aux ; armemens de .flo
que depuis la '. réu nio n a la France
Fl. euv e, &amp;c . &amp;·c . &amp;c . Ce n'èfl:
a
principales entreprifes , &amp; qu'il
·qu e le Languedoc a for mé fes
a
ion
ans de Pr'rJvence. So n -attent
in. qui eté à tou t infb.r1t les Ha bit
efforts
par aît enc ore auj our d'h ui par les
~fe for me r des ti!r es de tou t,
du
la Provence de r A:rrêt ren contre
· qu' il fait de tire r avantage con tre
ffe nui re à fes dro'Ïts, elle eft
le Pap e. 1\fais lüi n que cet Ar r.êt puivu ' de fe fervir .des principes
l'a
::m con tra ire en dro it' com me on
lt
yoi t co11tre Sa Sa int eté ,, &amp; de
plo
em
doc
gue
Lan
le
que
s
me
mê
es.•.
cômb~tt~e 'àv ec fes pro pre s arm

ava nt

Affiii're· non jt!gée entr e la Ville
de Tara'.con

&amp;

~.defü.au.c.aire,

ùt1 69 0,r év êtu de LettresPa•
L'o nfe rap pe ile l'A rrê t du 22 Ao
lar e faire par tie de la Provence, les
ten tes , &amp; .pa r leq uel le Ro i déc
de
·Baralier) en faveur de la Ville
t~rroirs de Leflel', Legues &amp;
e
cett
par
é
rec ouv rer fa tra nqu ilit
~r~fcon. Cette, Vi lle a voi t cru
aéèe
de Beaucaire rec ornmenca fes s
~c c1fion , lor fqu en 1 71 3 la Vi lle
re cet te·· affaire par ticu Üc ré, il eft
d'liofü~i é ; ,n:ais pour faire ent end
ts.. l'ét at des li.eux. ,, fot lefq_uels
néc efü ure d expltqu~ en deux: ,ma
.rcmla la.co11t.eiiaüon..

.1
..

.. .
·

~ ~ ;

'

•\

'.

.

&amp;.

�117

'.Au commencement du quinziéme fiécle , le Rhone abandonna le
pied de la montagne de Beaucaire, &amp; fe jetta avec impétuofitéfor le
terroir de Tarafcon. Cette Ville fut obligée, dans ce tems-là, de
faire des travaux immenfes pour fe garantir des efforts ~e cette ri~
vîere: elle a été fort Couvent, depuis cette époque ,. obligée de re·
nouveller fes ouvrages. Comme ils étaient très difp~ndieux, les
Comtes de Provence &amp; nos Rois ont accordé aux Habitans des dé"'.'
charges fréquentes de leurs impofüions . .
· Avant que ces travaux fuffent faits, le Rhone avoit ravagé, lors
, de fon irruption paffagere , tous les quartiers du terroir de Tarafcon
qui s'étendoient le long de fon bord, à droite &amp; à gauche de la Ville.
Il y a même apparence que l'H1e du Cajlellet fut formée d'une por~
) ·
.
tion .d u territoire de Tarafcon.
- La palliere ou chauffée qui fut conftruite au-ddfus de la ViHe;
av oit pour objet,, comme le difent les titres produits dans l'Inftance,
de remettre le Fleuve dàns fon ancien lit. Ce fut par-là que les quar~· ·
tiers que 1' on vient de nommer furent à labri de l'incurfion des eaux.
Cette irruption quoique momentanée n'en a pas moins fervi dè
prétexte à la Ville de Bemfcaire pour vouloir, 300 ans après, s'ap·
proprier ces quartiers, comme ayant été Hles ou ci:,émens du ·Rhone.,,
dont-le Languedoc prétend avoir le lit entier , &amp; les ID es &amp; crémens
,
,
qu'il forme,
La Ville de Tarafcon eIIe-même , dans l'ignorance des droits dè
fur le Fleuve &amp;~ fes dépendances , s'eft contentée de df{:
Provence
la
puter au Languedo~ les quartiers de Baralier, de Leflel &amp; du Gués ,
qui de tout tems avoient fait partie de fon territoire. A !"égard dü
gr~nd &amp; du petit Cafielet &amp; du terrein appellé. Rowladou., elte ne les,
· a point cünteftés au Languedoc, parce qu'elle a cru que cette Pro"'
vince av oit en effet la proprieté du Fleuve &amp; de fes ID'es; &amp; comme
· l e Caf[elet &amp; le Roudadou étaient voifins du Fleuye-, &amp; entourés,
d'un ancien foffé qui indiquoit qu'un bras du Rhone y avoit autrefois paffé, elLe a imaginé qu'elle ne pouvoir le dïfputer au Lan-:
~
.
· ~~Ville de Beaucaire·, qui dans .rous· l~s œms ifa chercné' qu'~

guedoc.

an~1c.rper [ur T~r,afco~, ?on~feulement.a voulu avo~~ ce qu'on par01lfo1t d1fpofe a lm abandonner, mais encore elle a étendu fes;
prétentions fur les quartiers adjugés à Târafcon par l'Arrêt d~
,1690..
· Sa premïere tentative fut de cnmprendre·cfans fès rôfes d'u dixiëiue~
Ies ~ropriétaires· d'un ter.rein dépendant du qnartfor du Gués,, Une:
Ordonna1~c~ de M.. l'Intendant du Langued'oc commit un Ingé'ruem:

�II8

&amp; des Experts pour vérifier fi en effet-ces terres dépendoient de ce
,
quartier.
donna fon avis, par le.
général
Syndic
le
,
faite
ion
· La vérificat
.quel il confentit à la décharge de l'impofüion : il eft vrai que ce
fut par une raifon que la Provence ne peut adopter, par.ce qu'elle
bleife fes droits. Ce Syndic donne fon confentement , attendu que
tous les champs eto.ient au-delà du foffé qui, fuivant lui ,faifoit la fépa~
ration des deux Provinces : il reconnu t qu'il y avoit lieu d'ordonner
l~ refütution de ce qui avoit été exigé des Po.ffeifeurs, &amp; de con~
·
damner les Confuls de Beaucaire aux dépens. .
adopté par
foffé
de
Tarafcon
de
terroir
Jamais il n'y a eu dans le
la Provence, pour faire la limite des deux Provinces. Ce prétendu
fofi'é eft la Zone ou les traces du lit qu'occup a un bras duRhone lors
.de fon anclenne irruption ; mais dans .aucun tems cettelon e n'a été
,prife par la Provence pour' une de fes limites.
En 1736 , même tentative de la Ville de Beaucaîre fur le même
·quartier : pareille condamnation de la part de l'Intenda nt même du
'Languedoc, &amp; toujours conformément à l'avis du Syndic général de
la Province ; ce qui forme fans contredi t deux J ugemens contradic..toires avec le Languedoc, au fujet du quartier du .Gués. Celui de
Leflel doit ·à plus forte r.aifon appartenir à Tarafcon , puifqu'il eft
encore plus enfermé dans les terres de la Provence, &amp; également
Ji.tué au-delà du prétendu.fofi'é de limitation des deux Provinces. .
- La Ville de Bem;.caire n'ayant pu parvenir à entamer le terroir de
·Tarafcon pardevant M. !'Intend ant, crut fans doute être plus heu·
reufe en s'adreifant à la Cour des Aydes de Montpellier, où elle fit
.affigner la Commu nauté, pour voir tîrer de fan cadaftre des terreins qu'elle ne défigne pas, &amp; qu'elle dit lui apparten ir, quoique
fitués au-delà du Fleuve: Tar('J,fton a été obli,gé de fe pourvoir à la
Chambr e des Comptes d'Aix: de-là eft né un conflit qui a occafionné l'évocation du fond au Confeil où l'Infrance s'eft inftruite
.avec l'Infpeéteur du Domaine.
Comme l'on oppofoît fans ceffe à cette Ville l'-'(\rrêt de 17 24, qui
'déclare toutes les Ille~ du Rhone appa~tenir ·au Languedoc, elle n'a
pas cru pouvoir contefter à cette Province le.quartier du Caftelet, de
Garris &amp; du Roudadou, que le Rhone avoit autrefois entouré de fes
eaux ; c'eft ce qui lui a fait déélarer dans l'Inftance qu'elle ne pré·
tendoît rien fur ces fonds, comme fi un Arrêt qui adjugerait des
Ifles, a&lt;ljugeoit aufli Ies .crémens: el\e a fait la même déclaration à
l'égard d'.un autre terrein limitrop he, appellé le nouvel Amermat,
qu'elle a déclaré faire partie du territàire de Beaucaire , comme Jfles
&amp; crémens du Rhone,.

�'rt§
Heureufement ces a.veux font toujours âccompag 1,-res de 'là ;
raifon qui les a fait faire, c' eft-à-dire , parce que l'on croyoit que le ·
Languedoc étoit réellement Propriétaire du F~euve &amp; d ~ fes dép~n­
dances · mais comme le motif de ces reconno11fances eftune ·vénta·
ble err:ur, il eft de prfocipe qu'elles ne p~_uvent nuire;·à ceux qui'.
les ont faites , &amp; encore moins à une Pwvince que des· aveux fur.! ·
pris à des Particuliers ne peuvent jamais ·priver de fes droits. .
La Ville de Beaucaire encouragée par les avantages qu'on lm~édoit par méprife ·, a: porté fes prétentions plus loin; elle a _voulu conquérir encore les quartiers du Gués, de LeJlel &amp; de Baralzer, &amp;
a cru que pour y parvenfr , il fuffiroit de former ~pp.'.Ofüion à l'Arrêt ·
de 1.690, qui.les adjugeait à Tarafaon . &amp; à la Proveizce·: elle -demandait également les quartiers. de Luffan-·Lubier.es , aùtre tèrr'eirl}s
fi tué entre celui: de Baralier &amp; la' Ville de TaraJ'con. · •,'
~ ··
Sur toutes ces·demandes eft intervenu un Arrêt· préparatoire' 1e ·
,(17 Décembre I 742·' qui a donné aél:e la Ville de-Tarafcon de fes reconnoiffances , a débouté celle de Beaucaire de fon oppofition à
fArrêt de 1690, dont.l'exécutfon eft ·ordonnée,. &amp; avant d~ pro..;_noncer fur les chefs concernant les quarti~rs de .Luffan-Lubieres &amp; :.
Amermat, il a·été ordonné qµe.MM. les Ihtendans de Provence &amp;J
de Languedoc enverrofondeurs avis fur .lès m~inoires · &amp; les piéces:
qui leur feroient remis par les Parties::, _&amp; expliqueroient fi ces':
quartiers font de l.~ancienne terre ferme ~e Frcn1enct, ou s'ils:· fo~t­
Ifles ou crémensduRhone-, &amp; cependant Ü;eft ordonné par· pi:ov1-·
fion que les trois quartiers: continueront d'être compris au cadaftre:
de Tarafcon en la· manierè accoutumée. .
Cet interlocutoire n' étoit pas rempli, que la Ville de Bèauctzire ;~
toujours ardente à inqufoter celle ·de Tarafcon -, -c·o mprit &lt;lans fes:
rôles· de ca~itation les Fermiers de dèux·terreins dépendans-:..de 'l'an....&gt;
c·ien·Afnerma.t (a) nommë . le Jardin de la Comteff~1 dé Boulbon -&amp;.
le t~nement du petit Beaumont ·: &amp; pendant l:lnftancre -q u'occafionri:if
cette contravention à'l'Arrêt interlotutoife ·,- ia. Obmmunanté dë- .
Beaucaire.impofa au ·dixiéme le ·Fermier d'un autte quartier interloqué; Elle fuivit même à main· atmée cette nouvelle entreprife ~ &amp; envoya la Maréchauffée enlever.-le Gardi~n établi aux . faifies ·
.qu'elle av oit f~it faire .• ,
. '
. Le .20 Oétobre 17).2-, intervint un nouvel Arrêr- ~ qu! en premier ·
l!eu ordonne que cel_m de I 742 fera exécuté, &amp; qil en conféquence
Meffieurs les.Intenda.ns des·deux .P rovinces ·enverront. leurs avis fur
r

a

'

(a) ~e mot Amermat :en-Yrovence lignifie un obj1&gt;.t.&lt;J,1.Jelconqq~ dont il a été retranchf
1
urre ppn;on.; .
,

�Jj'd
lés quartiers de Luffan-Lubieres)&amp; de l'ancien

Amermat, fi le jardin

&amp; le nou vel Amer~
de la Comreffe de Boulbon eft füué dans l'ancien
dans l'ancienne terre
ma t, &amp; fi le tenement du petit Beaumont el!
petit Caflelet. Par proviferme de Provence, ou dans le quartier du
eront d'être employés au
.fion il eft ordonné que ces terreins continu
rôle des impofitions de Tarafcon.
ive, &amp; concerne les
La feconde difpofition de l'Ar,rêt eft déf init
rifonné. ; elle déclare les
Particuliers f.aifis , dont un. avoit été emp
ordonne que le ParticU..
fa.ifies nulles ; ainfi que l' emprifonnement;
de Beaucaire en 200 liv~
lier fera mis en libe rté, condamne la Vil le
dépens.
de dommages-intérêts enyers lui, &amp; aux
la Communauté de
A peine cet Arr êt a-t- il été ren du, que
doc, &amp; lui a fait atta·
cett e même Vil le a fait intervenir le Langue
n , les Arrêts de 1690 ,'
quer , par la vpye de la tierce-oppofitio
écu tion de plufieurs Arrêts favo·
II 74~ &amp; 17) 2, &amp; demander l'ex
·_
rab les à fa prétention.
Opp ofa nt aux trois Arrêts de
reçu
été
t
Le Languedoc a en effe
ont été renvoyés en gr.ande
11690 ,. 17 42. , &amp; 17) 2 ; &amp; Je_s ;I&gt;arties
s demandes, l'Infpeél:eur
DireéHon pou r 1leu r être fait dro it fur leur
êt, le Languedoc a aug·
du Domaine appellé. Mais depuis cet Arr
remplir les interlocu·
menté fes conclufions , &amp; demandé que fans
rloqués lui fuffent adjugés comme
toi~es ordonnés,les quartiers inte
féquemment partie de la
JO.es &amp; crémens du Rhone, &amp; faifant con
'
Pw vin ce.
fur
é
inet
vera
Roi fa fo"u
. Et: çom1pe fi Tarafcon eôt difputé au éral
a demandé la jonc·
les quartiers contentieux , le Syndic gén
t déj a, comme on l'a vû,
tion de l'fofpeél:eur du Dom ain e, qui étoi
proprieté &amp; poffeffion de
.en cau fe, attendu, dit- il, qu'ils' agit de la
droits dépend ans de la fouvuaineté du Roi .
e du Languedoc de vou~
. On l'a déja &lt;lit, ç'a toujours été la méthod
quelque chofe .de relatif
loir· faire croire que quiconque lui difp'ute
Il ne tient pas à lui qu'on
au Rfwne, le contefte ~galement au Roi .
autre Puiffance qu'au
ne croye que la Pro11ence appartient à une
gé à ce.t te Province ne
Roi de France, &amp; que tou t ce qui fera adju
'foit Ul)_ démembrem~nt de la Cou ro.nne.
èôt é venus
leur
de.
t
fon,
Les Procureurs du Pays de Provence
[ont rendus Parties· in·
au fecours de la Vil le de .Tarafcon ; ils fo
l'ex.écution des Arrêts de i69 0;
te~venantes, &amp; ont demandé
emp le de cett e Vil le &amp; par
174 2 &amp; 1·7 52; mais entraînés par l'ex
reco uvr é les titres que
l'Arr êt d.e .1 724 , n'ayant pas encore
entier du Rhon,e &amp; fes
leu r PN vin ce avo .it pour prétendre le lit
dépendances

�tf 2·t
(àépendan:ces ; il-sont fait à:peu près les m'èmes recom1oiITances que la Ville de Tarafcon.
1
Mais outre que ces reconnoiifance.s ne font :dûes qu~à une erreur
,.'de fait , elles font émanées d'Adminifl:rateurs qui ne peuvent nuire
à un Corps toujours mineu:r, &amp; qui ré.clame contre .des aveux ·
.,qui ne font point de fan fait.
· ·
D'ailleurs, le Syndic du Languedoc ne pourrait faire valoir à cet
'é.gard aucune fin.de non-recevoir,qu' on ne .pût les lui rétorquer avec
avantage,puifquelui-même revient à demander les quartiers du Gués.,
Le.fiel &amp; Baralier, que les Geurs de 1t1ontfeT&gt;rier &amp; Joubert fes Prédéceffeurs avaient reconnu dépendre de la Provence &amp; du terroir de
'Tarafcon: il s'éleve même contre· lui une autre fin de non-recevoir
&lt;qu'on ne peut oppofer aux P-rocureurs du Pays , c' eft qu'll forme
'ces demaneiles, Jans .attaquer les O:i;donnances de M. !'Intendant
xendues en ,1713 &amp;. 1736, d'après le confentementdes Syndics .du
.Languedoc , &amp; contradiaoirement avec eux : comment peut - il
:aujourd'hui croire être en droit d'agir comme fi ces Jugemens
d e:x,iftoient .pas ? Il efr certain au contraire ·que tant qu'il ne les
,aura pas fait révoquer, ·il Jera non-reçev.able à remettre en queftion
"c.e qu'ils ont jHgé dans la plus grande connoiifance .de caufe.
L'on ne peut pas nous 0ppofer que.les Procureurs du Pays ont
-reconnu le droit du Languedoc fu-r le Rhone., parce -qu'ils . ont de1pandél'exécution desArrêts de i742 &amp; 17)2,qui fupp0fentque'le
Fleuv.e &amp; f~s !Des appartiennent .au Lang'l:l.ei!:o.c. Ils ·ne fe font pas
.attachés à traiter, dans ce Pro.cès _particulier, la queftion de Droit,
.dès qu'ils étoient affurés par le fait ·que les tea-éins dont il ·s'agit
étoient de l'ancienne t.en;e .ferme de Pr-ovence.
Au forid, la prétention du Languedoc fur les quartiers dont 'i1
.s'agit, rentre .dans l~ queftion gél;lérale que .nous agitons: c'eft
.coml.1'e Pr~priétaire QU Fleuve &amp; ide fes dépendances ·qu'il veut
,conquérir une partie du terroir deTarajcon: c'eft dans la fuppofition
:qu'il a les !Des &amp; crémens du Rho.ne. l\tI.ais l'on a déja vû combien.
fa :prétention fur la totalité dtt Rhon,,e, eft .contra.ire aux titres.
La feule fof~etl:ion &lt;lu -plan ·qui ·a été ,produit &lt;lans l'affaire de
Tarafcon, fuffit pour voir l'excès où le Languedoc perte fes préten-tions.: les quartiers qu'il réclame font des terreins qui touchent la
Ville de Tarafcon du midi &amp; du nord :fun de fes Fau,xbourgs., les
Caz~rnes,l'Hôpital,deux Couvents de Rdigieu~, le Port même de
laVille, fon.t füués .fur mi de ,ces quartiers. L'on voit encore fur le
pl~n, q~e le Languedoc porte les ch0fes jufqu'à demander des ter.r..ems qm font beaucoup plus avant dans lest.erres de Provence que

Q_

•

�'ü2
laVille Cie ·Tarafcon même. L'abus qu'il-fait de fon droit chimérique
de proprieté du Rhone efl: .tel , que fi, par une inondation , ·ce
Fleuve paffoït derriere la V 1lle de Tarafcon·, fur le cha1}-1p cette
1Ville deviendroit dép~ndante du Languedoc. Souvent le Rhone
inonde la vafre plaine d'Arles, &amp; bien-tôt nous verrions ces parties
de la Provence paffer-encore au Languedoc.
En vain lors du Procès-verbal de !'Ingénieur, fait en 17 1 3, a-t-on
prouvé que les quartiers du Gués, Le{èel &amp; Baralier· étaient compris
de tems immémorial dans les cadafires de Tarafcon , &amp; qu'ils
étoient fitués au-delà de ce foffé que le Languedoc prétend être la
limite des deux Provinces: en vain a-t-on prouvé que les autres.
quartiers étoient terre ferme de PrOVf:JZCe , &amp; non des Ifles ou crémens du Fleuve; tout a été inutile. Le Rhone dans une inondation
paffagere a touché ces .terreins ( il y a trois ou quatre ilécles , ) c'en
eft affez pour les avoir acquis au Languedoc, quoique la Provence
ait continué de les poffeder. De pareilles conféquences devroient
fu ffi re pour faire réprimer l'entreprife du Languedoc (a).
Il efl: aifé de s'appercevoir que le parti que prennent aujourd'hui
les Etats de Provence de réclamer le lit du Rhone depuis la Duranœ
jufqu'à la mer, &amp; de faire condamner les prétentions que le LaJZgueaoG a fur cette portion du Fleuve, change totaleme~t de fac·e·
l'affaire de Tarafcon &amp; celle de Boulbon, dont nous allons nous oc,,
cuper. Dans le cours de cette premiere inftance, on s'eft défendu·.
en fuppofant au Languedoc un droit qu'il n'avait pas ; on lui cédoit des terreins q1:1-'il av oit vifiblement ufurpés : On croyoit, fans:
preuve, qu'un ancien lit d'un bras du Fleuve avoit été défigné pour
faire les limites des deux Etats : Toutes ces idées étaient autant
d'erreurs ; &amp; fi, comme on l'efpere, les Etats de Provenee réuŒifent
à renvoyer ceux du Languedoc au - delà du Fleuve , èe fera fm~
un plan tout différent que ces Communautés d~vront' être dé'"'.'
fendues. ·
Affaire de la
-communauté de
Boulbon.

Après le détail dans lequel nous venons d'entrer fùr l'a.ff..·üre de·
nous ne dirons qu'un mot de celle de Boulbon, qui eft
Cette Communauté dont le terroir touche à celui de
a eifuyé les mêmes conteftations pour un quartier nomdu plan de Lorme. Le · Languedoc l'a prétendu par les:
mêmes raifons qu'il a oppofées à Tarafcen. Il a de même formé:
oppofition à un Arrêt du Confeil du 4 Mars 1 7') 4 , par lequel le .

TaraJ'rcon ,
la même.
Tarafc,on,
.mé le clos

_ (a.) C, omi:e _l'Infiance ~'entre la Ville de 1 arafcon &amp; les autr;s Parties, e{l: pendante·
:au ConÎeil , 1 on pourra voi r les autres moyens de cette Ville contre le Languedoc . dan9'
le .l\'l émoire qu'elle a fait imp rimer.
'

�1-~1

Co11foil a demandé l'av'is des Intendan s; pour fçavoir fi le terrein
contentieux étoit terre ferme ou Ifle &amp; crément. Il confentoit d'aboi:d, comme vîs-à-visTarafcon, que cet înterlocu toîre fût exécuté ;
mais depuîs il l'a jugé inutile, &amp; a demandé que l'on commençât
par lui adjuger définitivement le terrein contenti eux comme crément du Rhone; le Confeil , fuivant lui, devoit l'en croire fur fa
·.
parole que ce n' étoit point une terre ferme.
par
&amp;
,
réuffi
Ce ton clefpotique du Languedac n'a cependant pas
Arrêt .du 6 Février 1764, Fexécutî on de celui de 17)4 a été ot-Oonnée: enforte qu'ïl eft aauellem ent permis de douter que . le
;terrein contentieux foit un CFément du Rhone. Il eft vifible que
cet Arrêt pour Boulbon · annonce au Languedoc quel fera le fort
.&lt;le la _!nêine prétentio n qu'il foutient contre la Ville de Tarafcon..
Quoiqu' il en fait, ces .préparatoires ne rempliffent pas affez les
&lt;lr~its de la Pr-0vence , pour qu~elle les adopte ; &amp; l'on vient de
voir par l'analyfe de fes titres qu'aucun de ces Arrêts n'eût été
:rendu dans ces termes , fi fes droits avoient été connus. Il en
.doit être de m&amp;me des deux Procès que la Ville d'Arles foutiertt
:aal,.\ellement au fujet du Rhone.
Le Fermier du Domain e de Languedoc a intenté deux demandès Procèsd'Arle;.
iCOntre cette Ville, l'une pour des droits de franc-Fi ef, &amp; l'autre
. pour des lods &amp; ventes qu'il prétend fur le quartier de Trrjbon que
Confeil de 169 2 déclare devoir appartenir à perpétui té
l'Arrêt
:au territoire de Provence , &amp; être exempt de tous droits de cham- ·
part, lods &amp; ventes, &amp; autres droits envers le Roi , moyenna nt
,d'un côté lafomrne de 787) liv., qui fut payée pour droit d'entrée ,
-.&amp; de l'autre une albergue,annuelle &amp; perpétue lle de 300 livres.
La Commun auté de Barbantane eft encore pourfuivie par le Inlhnce· entre
farba~tane &amp; A:Languedoc pour la taillabilité des Ifles du Mouton , quë la Com• , tan d.iS ramont.
r
d
_Jr
·
f:
·
d
'A
rnunauté d ramont vou ro1t aire pa:uer ans ion com,p01x
que la Commun auté de Barbantan·e &amp; la Provence ont joui fans interruption &amp; à fi jufl:e titre de la taîllabîli té de ces terreîns, depuis
&lt;iu'ils exiftent.
. 11 s' e.ft élevé une autre conteftation entre la Commun auté de Procès de Me-!&lt;
:Palabregues &amp; le lieur Ravaneau qui po1féde .des fonds dans le zoargues,
terroir -de Me?_oarg.ues; la Commun auté de V.alabregues veut
avoir la nillabili té d'une pai;cie du Domaîn e du lieur Ravaneau,
conteuar1on enues.
ré, • &amp; a payé la taille à Me7oarg
été encadaft
qüi a toujours
1.
.
•
.
Enfin il y a une nouvelle difficulté entre 1e Corps de la No- rre fa N obleffe de
du Baron, 1Prove n~e &amp; le
bleife .de Pr.ovence &amp;le Languedo,c , au fujet du péage
angue~oc.
n ..
/1

""' lJ

•

�.

,

.

'tiil

.

:qui fe leve f~r ~e petit Rhone.= L,~ Lan~uido'C'.pré:enâ- a'VO'Îr ~et
Arrêts qui lm ont donné le droit d .1mpofer au vmgti~me l~s droits.
de bacs, &amp; péages p~rçus fü~ la partie du Rhone fupéneure ~la. Du.
Tance_; il veut en etendre 1 effet fur, les péages qui fè perç_o1vent le
long de la Pr,ovence, &amp; impqfer au vingtiéme le péage du Baron
'.dépendant de la Seigneurie du lieu , qui appartient au Marquis de
rMejanes. Celui-ci paye au Corps de la Nobleffe de Provence hs
vingtiéme s de fa Terre du Baron ,. &amp; de tous les droits. qui la co111··
pofent, parmi. lefquels le péage efr un des principaux : Cette
Terre a été de tous les tems comprife dan.s- l'affiorinemeut du Corps
de la N obleife de Provence ; c' eft fur les déclaratio ns des Fiefs &amp;
des droits qui en dépendent qµe le contingen t de ce Corps. a été
formé dans l'abonnem ent des vingtiéme s ; le péage du Baron comme
les autres droits de c::ette Tei:re, font entré&amp; &amp; ont dfa entrer dans
ces déclaratio ns &amp; dans œ contingen t ; comme Fiefs &amp; dr.oits de
Provenae ·; pourquoi · donc le Lang';J.edoc veut-il aujpur-d'hlii
en percevoir le vingtiéme ? Cette prétention n'avait pas. été rnife
au 7ourlors des vingriéme sde 1q10, 1731: &amp; f.74:1 ;, jufqu'àpré ·
fent perfonne ne s'étort avifé d'imaginer que le Fief &amp; Seigneur~e
du Baron füt compofé de droits, partie Provençaux, &amp; partie Lanw
guedo,iens. : A près toutes les preuves que nous avons fourni~s, on
aura fans doute raifon d'être farpris de cette n0uvelle entreprifo,
pour enlever à la Pr-o·vence le péage du Bar-on, péage que· les
Comte1) de Prnv~nce ,o at établi , po:ffédé &amp; inféodé ,
dont ils
ont reçu les hommages &amp; dénombreni.ens des Poffdfeurs . Le Lan·
. guecloc ne peut foutenir: une pareille prétention _; fans renverfer
routes les idées,, fans rnéprifer les titres. les plus c.onftans,. fans,
. violer la p.o.fidiion la plus ancienne.
Tou? les t~n:eins qui. bm:dtmt le Rhane du côté' de la Provence.;.
ont toujours contribué aux impôts payés par cette Province; ils
ont été compris dans tous, les affouagernens- &amp; _les cadaftres fur
lefquels fe lev€nt ces· impôts; &amp; l'on défie le Languedoc de Giter
une fe_ule époque où ils ayent ceffé de contribuer aux charges que
la Provence paye à l'Etat. Il eft donc fouveraine ment injufte que le
Languedoc veuille acquerii: J au détriment du vrai Propriétai re , du·
Poifeffe.ur de tous .les tems., les impofitions des terreins qui font ·&amp;
ont tOUJours fuit partie de la maffe commune , fur laquelle nos RciSJ
cmt fixé les tributs de la Provence.

M 0

Y E N

s:.

Le Confeil s'apperc.evra. facikment d'.apres cet expofé d~s;

�t':l~

Ptoct~ rut&gt;fi11ai\S en.trè fes deux Provinces à I'occaGoh 'de fa prô'G
Lang~edoc n~ t~ndent à
rriété du Rho~: , qu_e les prétentions
rien moins qua diminuer les fonds fuJets aux impofit10ns de la
PwJJence, à troubler l'ordre de fa taillabilité, &amp; à l'obliger de
demander au Roi une diminution fur fes impofitions , fans que
celles du Languedoc en reçoivent d'augmentation. L'intérêt da
Roi ni:ême fe trouve donc néceffairement lié avec celui de la Proi....
'JJence, pour déterminer- le Confeil à refferrer le Languedoc dans
les véritables bornes quel' équité lui prefcrit , -&amp; à-écouter les très"humbles repréfentations de la Provence fur la néceflité de faire u:h
Réglement général qui fixe enfin le fort. &amp; les limites des:deux::
Provinces. ·
C' eft pour démontrer la jufl:ice de cette d.€mande , que les Prot..1
cureurs du Pays fe propofent de réduire leur défenfe à deux prG- ,
:pofitions très-fimples, l'une fur le n~rite du fond, l'autre relati;..
.· ·
vement à la forme.
Sur le fond , la Prov.znce- a des titres füffifans pour réciamei: lh
Rhone &amp; fes dépendances, depuis la Durance jufqu'à la mer ..
Dans la forme, les voies de Droit lui font ouvertes pour fe pou.11~
yoir contre les Arrêts qui peuvent lui être contraires.

?u.

P R E M I E R E

P R 0 P 0 S I T I 0 N'..

'La Provence a des titres fuffifans pour réclamer le Rhone &amp; fis;
dépendances,. depuis la Durance jufques à la mer.
l1 n?efr poi'nt de rnoyen pluS' certafo de s'affurer à laquelle ôe·
·d eux Pr.ovinces une riviere appartient, que d'examiner fi l'une des"
deux ù~ft étendue fur les deux bords, fr elle a exerE:é fa Jurifdi8:.i.on fur le lit de la riviere, &amp; fi. elle en a poffédé les Ifles ,. les·
ports, les péages. &amp;.la pêche : La. Provence. réunit.tous ces avanta.ges à la fois ..
r 'I! ~ -e,
. &amp; p· R:f"I!.R .ul"M.
. que- 11ous venons de. parcourrr,
L es monumens de l 'H. i.ft oue
v r~.
les titre~ produits par la Provence, s'accordent à prouver que cette La· Pro·.,rn~c a,i
Province s'étendait autrefois fur les deux bords du Rlrone. U Fl.· Fi- polled~ d.e:._Terrcs,
•fr
.. l arHer
Œ,t.
de ces d"111t=rentes
·
r.
aucun doute au-del.id.i.r. lou..y.e_
preuves ne doit
J.iUme' .r.1.uccmt
.fur cette vérité. Nous voyons en effet que fous l:Empire·Rornai111,
le Rhone faifo\t partie de ce Pays~ La conquête que leS' Vzfigots:
firent du Languedoc , ne changea point les limites.de la P"roPene~ ,,
q.ui conferva toujours fes terres au-delà du Fleuve:.. Si cette Prn-vince paffa dans la fuite fous la dom_foatfoU'-des·Ojrogor.s; 1 &amp;.. depuis;

�t 'y ,.5

aux Princes François en ) 37, elle y paffa dans toute fon étendue
&amp; avec les terres qu'elle avoit à la rive occidentale du Fleuve.
Nous croyons même digne de remarque , que cette ceilion deJa
Provence à la ·France eft le premier titre en vertu duquel no.s
-R ois ont regné 'fur le Fleuve du Rhone. Ce n'eft qu'en qualité de
Souverains de cette Proyince , que pendant deux cens ans ils ont
.exercé leur fouveraineté fur le Fleuve &amp; fur les Pays fi tués
- aux deux bords , &amp; l'ont exercée dans le tems que le Languedoc
contînuoit d'être poifédé par les Princes .Pifzgots, dont les Etats
.
.
ne s'étaient jamais étendus jufqu~au Fleuve .
par
foit
,
Le Languedoc une fois conquis &amp; réuni à la France
'Charles Martel, ou par Pepin le Bref, l'union des _4eux ·.Provinces
fous la même domin ation, n'apporta aucun changement à leurs li~
mites; la Provence conferva toujours le Rhone &amp; les Pays fitués
à la r~ve droite. Dans les partages de la Monarchie Françoife entre
les Succeifeurs de Pepin &amp; de Charlemagne , le Prince qui regnoit
fur la Provence, regnoit également fur le Fleuve &amp; fur les deux
bords; &amp; celui qui avoit le Languedoc, n'y faifoit nul aél:~ de fou"".
veraineté.
Lors de l' établîifement de la Religi on chrétie nne, la Jurifdiç~
tîon fpirituelle des Evêques eut pour bornes la même_étendue que
la J urifdiét:ion temporelle des principales Cités. D:ans 'le moyen
âge, lors de la formation des Comtés , îls avoient la même éten,due que les Diocèfe.s ; .ç elui d'Arles comprenait au-delà du Rhone,
Beaucair~ &amp; le territoire d'Argence, qui font encore aujourd'hui
du Diocèfe d'Arles: Aucun Diocè fe ni Comté duLanguedoç n'était
compofé de terres en;deçà du Fleuv e; fi Bofon Gouverneur de
Provenc~ ufurpe ce Pays fur la Couronne de France, l'ufurp.ation
s'étend fur toute la Provence ; c'eft-à-dire, fur les Pays fitués à la
gauch e &amp; à la droite du Fleuv e; [es Succelfeurs ·jouiffent de la
fouveraineté fur tous les Pays ufurpés , &amp; cette révolution ne fait
perdre à la Provence les droits légitimes qu'elle avoit fu,r le Rhone,
ni ne les donne au Languedoc.
~es deux Provinces foumifes à des Corptes particu liers, ce n'eft
que par le mariage d'Emme de Provence qui époufa le Comte ~e
Touloufe , que .celui-ci a droit .à une partie &lt;lu Comté de Provence ;
ce n'eft que ·depuis ce mariage qu'on voit le Comte de Touloufa
poiféder des terres de Proven~e voîfines du Rhone ; jamais avant
cette. époqu e, il n'en av oit eu, &amp; jamais il n'a fait aae de fouve·
i-aineté fur ce Fleuve qu'avec les ,Succeifeurs de l'autre branche
,qui regnoit en Provence.

�'i2·1

Rappellons-nàus êncore que lorfque cette Province fut partagée
entre Raimond Comte de Barcelone &amp; Alphonfe Comte de Touloufe
par le traité folemnel de 1 12) , la partie de la Provence qui étoit
au-delà du Rhone du côté du Languedoc, c'eft-à-dire Beaucaire &amp;
le territoire d'Argence qui avoient toujours fait partie du Comté &amp;
du Dioc.èfe d'Arles, fut définitivement adjûgée au Comte de Tol.l'-loufe avec rautr·e pàrtie de la Provence qui s 'étendoir depuis l'lfere:
jufqu'à la Durance. Par le même traité la Durance depuis fa fource
jufqu'auR hone, &amp; leRhone jufqu'à la mer, &amp; même jufq ues au milieu
de la mer, font adjugés à Raimond Comte de Barcelone avec tous les
Pays qü'ils renferment. Cette réunion .de Beaucaire &amp; du territoire
d'Argence àl'ancienDomaine du Languedoc, bien loin de lui fervir de
titre pour dépouiller la Provence de fes droits fur le. Rhone, efl au
contraire un· monument, une preuve toujours fubfiftante que le
Languedoc n'eft parvenu à toucher le bord occidental du Fleuve,,
qu'en acquérant une partie de la Provence , &amp; que le titre de fan
acquifition de cette partie ne lui a donné aucun droit fur' les Ifies ,,
&amp; encore moins fur le bord oriental : En effet l'on voit les Suc-·
cefTeurs de Raimond Comte de Provence maintenus en poffeffioll'
des principales Ifles du Fleuve de la Camargue , de Luffan &amp; de·
Lubieres, par un autre traité paffé en I 1 76 entre les deux Comtes de' ·
Touloufe &amp; de Provence; ce dernier aél:e eft d'autant plus décifif, que·
c' eflun renouvellement &amp; une confirmation du premier,fait en n2) ..
. Saint Louis rentre en poffeffion, par le traité de Pari-s de 1229,
d:une partie des Etats du Comte de Touloufe, &amp; de la partie de hi·
Provence à la droite du Rhone , que le traité de 11 2) avoit adjugée
au Comte de Touloufe; c'eft-à-dire, de Beaucaire &amp; du territoire
d'Argence : la. Maifon de France .rentre également en poffeffion ei;r .
124) du rdte de la Provence, par le mariage de Charles d'Anj.ou
frere de Saint Louis avec Béatrix Comteffe de Provence ;. avant &amp;
ê.près cette époque , les Prédéceffeurs &amp; les Succeffeurs de Charlei
d'Anjou Comte de Provence ont joui confiam!Ilent des mêmes droits;
fur le Rhone, fur fes Iiles, [es bacs, fes ports &amp; f-es péages, de
l'aveu même de la Cour de France , &amp; malgré· les tentatives des;
Officiers du Languedoc, qui n'ont fervi qu'à mieux. affermir les:
droits de la PrGvence.
Nous nous rappellons encore d'avoir vu en S24 le Comte
Leibulfe faire échange avec !'Archevêque d'Arles , des biens füués:
dans la Terre d'Argence au- delà du Rhone, , faiJant partie dt.i
territoire d'_Arles. Le traité fait en 1070 entre cet: Afrhevêgue
d'Arles · &amp; Raimond· de Saint GiUes , au fuj er de la Terre ·d'Argence &amp; de fes çlépendances,. efr une nouvelle preuve que ce Pay$

•

�'128

faifo!t. .partie de la Provence. Cette contré e eft-ell e con1prife dan$
Je p~rtage de 1 1 2) : le même Prélat la reclame comm e dépen~
.dante du Comté de fon Eglife. Au milieu du douzié me .fiécle, il
.difpofe d'une partie des terreins qu'il poffédoit au-del ~ du Fleuve..
.Dans un autre tems il inféode .à Simon de Montfort , Argence &amp;
]3eauc_air.e. Enfin, Saint Louis efl: obligé de traiter avec l'Eglife
:d'Arle s, f,our acquérir les .droits régaliens dans ces Pays, fui:
lefquels 1 Archevêque les exerça it. Il eft donc difficile de rapporter des preuve s plus convaincantes qùe la Provence a autrefoi~
poffédé des terreins fur les deux bords q.u Fleuve . Quant à la
Jurifdiétion qu'elle .a exercée fude Fleuv~ même _, nou~ en yoyon?
.des titres multipliés..
Un Comte de Provence fient en I 1 ) 0 un plaîd folemnel dans une
entre les Rabi.
En 122 1 il s' éleve une conteftation
l F lle a exe rcé des Hl es du Rhone.
d
r.
C
d
'
d
1
·
t &gt;e tout ·tems a 1u. u . omte; .ce ,1.ont e$
J"ilè!iéèion fur le .tans .de Tarafcon &amp; les Recev eurs u peage
Ju.ges de Proven,ce qui la te.rminent. CharZ.es d'Anjo u met .des imp0iRhone.
fitions fur le fel que l'on tire _par le Rhone pour Saint Louis; &amp; lorf:.
,que le Roi de France s'en plaint , ce i~' eft point parce qu'il fe prétend
.maître du Fleuy e, ,mais parc.e que de -pareils proce.dés ne convien~
~1en.t po.int à un P.rince voifin , encore moins à un fr.ere,.
En i 267 , une autre difficulté naît fur les péages du P6nt
'd'Arles , elle eft encore jugée par des Juges de Provence. IJ
s'en éleve une nouve lle e.n 1 2.8 3 , · elle eft également termi,.
d~
~11ée par les mêmes Jug.es. Les Seigne urs de M é"I_oargues,
Jjoulbo.n &amp; de Be.rtrp.nd ont des différends ; ils font prêts à .en venir
:;i.ux arm~ : c' eft le Souverain de Provenc,e qui interpofe fon autori té,
&amp; quj. fait faiGr en 1290 leurs !iles. Les H:abitans d_e Fourques, Su jets
Çu Roi,de France, ont-ils quelques difficultés fur les péages d'Arles:
Ils fe foume ttent à la jurifdiétion des Juges de Provence_: n9µs en
voyons un exemple en 129!} &amp; 1 360. Ceux de Marfei.lle pré~ndent
fexem ption .de ces péages ; !'.affaire eft :P ortée devant les mêmes
Juges: il ei;i eft de même pour les Habita ns de NQtre-Dame-d~-la­
'Mer. Un .Sérltéc hal de Beaucaire faifit une barqu.e fur le RhoJ7,e; 15$
Officiers de Proven.ce s'en plajgn ent; U efl: obligé de donne r main·
levée de la faifie, &amp; de les prier .d'en faire une dç leur autoritép
:tnfin, les Rois de Fran.ce eux-mêmes recouno.iifent les droits des
Souverains de Provençe fur le Fleuv e, pa.r les traités eiu'·ils font
c foin pour la tra,ite des fels.
~.vec , eu~,~ qu'ils renouv ellent ave_
, Une multitude de Sentences de conf-ifcation rendues par les Juge$
,çle Pr,op_ençe, ~ompre d'inféodationi d~s Iüe~ données par la Çham~
,bre
'
I I.

�~L... ......

l.29

'.'bre des Comtes d'Aix; plufiem:s homma-ges rendus aux Comtes 'cf'e·
Provence, pour raifon de ces mêmes !fies, ·confirment que la Pra-.._
:vence a toujours exercé fa jurifdiétion for le Rhone.
Les Souverains de cette Province donnaient des permiffions
d' airi1er fur ce Fleuve, y faifoient eux - mêmes des machines de·
guerre, en défendoient l'entrée à qui il leur plaifoit, en faifa11t
tendre les chaînes deftfoées à cet ufage: ils donnaient des lettres
de marque &amp; de répréfailles , poifédoient un fort fur fes bords, &amp;
permettaient à la Ville d'Arles d'y en bâtir un pour lui affurer la
navigation. Ces Souverains jouiifoient donc fur le Rhone de toutes
les efpéces de droits·_régaliens &amp; de jurifdici:ion. Le Languedoc
.eft-il en état de rapporter de pareilles preuves de fa fouveraineté
fur la riviere?
'
' Aux droits de jurifdiél:ion &amp; de fouveraineté , les Comtes de
Provence téuniifoient ceux de la prop 1riété des IOes &amp; crémens
du Fleuve. Dans la plus haute antiquité ils ont poifedé la plus
grande Ille, la Camargue.Jamais ils n'ont ceifé d'en être maîtres ;
nous les voyons difpofer également des H1es de Formicaria, d' Ar,gentiere, de Mairanica, de Lubieres, de Me'{__oargues , de Luffan &amp;
de Boulbon, que le Rhone a détruites, &amp; .d ont il n'exifte plus d'au•
cune trace que dans la fimilitude des noms que portent encore au...
jourd'hui quelques terreins de la terre-ferme de Provence (a) : ils
.difpofent encore de celles de Bertrand, de Carnave, du Petit-Mouton,
de Trejbon, de Saxi , &amp;c. Comment imaginer que des Princes qui
font, foit par eux-mêmes, foit par leurs Officiers de Provence,
~ous ces aaes de puiŒmce &amp; de propriété fur les Ifles d'un Fleuve
r(en ont pas. la fouveraineté ?

IIT.
La Provencé
étoit Propriétaire
des IOes &amp; crt'.'.':.
mem.

1

Nous en doutons encore moins,quand nous nous rappellons que les
Souverains de Provence poffédoient les péages, ,ports &amp; dérivations
'du fleuve fur les deux rive.s. Quelle multitude de conceffions, de
ventes, de créations , de fuppreffions de péages ne nous a pas paifé
fous les yeux! Combien d'exemptions accordées, de tranfaél:ions
paifées, d'hommages rendus au fu jet de ces péages , foit de fa part
des. Souverains Provençaux, foit de la part de leurs Sujets ! Nous
l~s voyons maî~res des ports de Confolde, de Baron, de Fourques &amp;
·

(a) Cette deJlrùél:ion n'e!l: point imaginaire.Nous avons vu pages 88 &amp; 89 , que Je Roi
René en 144i., accorda à deux Particuliers, 'la décharge de redevances conJiJérables, pour
les terreins qu'ils a voient dans l'Hle de Luffan, _&amp;que le motif de cette décharge étoit que ces
foo.ds avoient été emportés par les eaux de la riviere.

R

IV.
Elle polfedoit
les ports , péages
&amp; dérivations de
1 '
1a nv1ere •.

�.

On ne peut lui

op.Po.fer la pref·
(;!lption.

·

/

~

130

éle Saint-Gilles. Le Roi poII'ede encore aujour d'hui, comn;e Comte"
Cle Provence , le bac de Confolde; les péages du Baron , d Arles &amp;
ôe Tarafcon font poffedés par .les Inféod~taires o~ Conc~ffionna~re.s
âes Comte s de Provence. Nomb re de titres accord ent a Arles le
droit excluf îf de la pêêhe : plufreurs Arrêts modernes adjugent'
les !Des &amp; lés crérnens du Rhone à la Provence. Nous avons également vu les preuves qu'elle avoit les droits de bris &amp; de naufrage tant fur les rivages de la mer que fm; les deux bras du Rhone-..
Peut-o n voir l'anal yfe de toutes ces piéces fans demeurer con-·
vaincu que rien n' eft mieux établi que le droit de propri été de cette
Province fur le lit entier de cette riviere ?

a

La Pr?ve:zce n'a d'ai~Ieurs nuilem ent craindre qu~on Iuf oppofé
la prefcn pt.H?n. A partir des tems les · plus réculés JUfques a nos.
jours, la chaîne de fes titres n' eft point interrompue : l'ordre chro-nologi que que nous avons fuivi dans ce Mémo ïre, €n offre une
preuve facile , &amp; la contin uité de fa poffeffion des Hles &amp; des;
péages , l'exerc ice conffant de fa jurifdiél:ion fur le Fleuve veillen t
· contin uellem ent à la confervatïon de fes droits. La füuatio n phy~
fique de la riviere eft elle-même une barriere contre les préten tions·
·
du Languedoc~
, ~relat!vem·ent à la'.
Rhone
le
En effet , la carte nous repréfente
.
Provence~ d'abord dans ~ne feule branch e.Depu is la Durance jufques
à Arles il coule fans être divifé. A Arles il fe fépare : fon principal lit eff au milieu des t:erres de Provence, derriere la grande IDe·
de Camargue; ce n~eft que le nouveau bras qui paife du côté' du.
Languedoc.,Or ,.on ne lui a jamais contefté le grand foas, à compt er:
d'Arles jufques à la mer. Pour le pouvo ir prétendi-e, il eût fallu qpe
le Languedoc eùt poffedé la Camarg.ue., &amp; )amais il n'y a eu la·
moindre propri été: à l'égard _du nouve au bras qui s'appe lle le pBtir
Rhone , la Provence non-feulement en a joui, maiS.· de plus elle a.
eu des terreins conG.dérables au-del à, &amp; même encore aujourd'hui,.
on le répete ·' le Roi, comme Comte d'e Provence , poffede le port
ou bac de Confolde. Les Proven çaux ont fait , en ver.ru des inféodations des Comte s de Provence., à ce bras du. Fleuve ·, noml?rn cfe·
. dérivations pour en amener les eaux dans l'eurs· terres. Avec quel·
foin le Languedoc n'eût-il pas réclam é cnntre ces coupu res, s'iL
côt été le maître des eaux! L'on ne peut donc pas douter que,
ces deux portions du Fleuve ne foient à la Provence:
Si ce fait eft indubi table, comm ent pourra-t-on raifonnabfomenr
lui con~fter le lit fupérieur ,: dans leq_uel il. eft prouvé q_u' elle ~

�poff~dé ·des Iile~ , des péages dd:~ ports; ·&amp; que ~ette poffeffiol'\

lui a été confirmée par dés Arrêts? C'efi: vis-à-vis cette partie du
Fleuve que font principalement fitués les terreins dont elle a~ joüi
dans ce qui forme aujourd'hui le Languedoc oriental; c'eft-là où
étoient fituées jadis les Ifles de Lubieres, de Lu§an , de Gernique &amp;
autres: c'eft-là en un mot où fe ~touve l'Ifle de //allabregue, dont
on fut obligé de faire une mentiot1 expreffe dans le partage de 1 1 2),
afin qu'elle appartînt au Comte de Touloufe, fan.s quoi elle eût
paffé de droit dans les biens échus au Comte de Provence, parce
qu'elle fe trouvait .dans le lit d'une riviere qui lui appartenait.
,

'

Après nous être. occupé des preuves pofüives des droits de la n'aLeP~~~~~~~~
Provence fur le Rhone , examinons fi -, par quelque traité ou par tranflarif de la
quelqu_'autre acl:e tranflatif de propriété ', cette Province auroit propriétéduFleO.·
perdu fes droits, &amp; fi le LmJ.guedoc auroit acquis avant ou dep\Üs ve.
la derniere réunion de laProvence à-la Couropne .les droits que cette
Province avoir fur le lît du Fleuve.
Si l'on ne faifoit attention à la maniere dontle Rhone a été poffedé,qu'à compter du commenceme_n t du 14e. ftécle,on pourrait avoir
qudqu'inquiécude fur le droit de propriété de la Provence; c' eft
à cette époque que commencent les tentatives du Languedoc pour
anticiper fur le Fleuve. Cependant ces tentatives mêmes prouvent
la
que dès ce tems-là le Languedoc agiffoit pour gagner, &amp; que
1
rdre,.
pe
Provence qui étoit en poffeffion combattoit pour ne pas
C'efl: donc fur les tems antérieurs qu'il faut porter fon attention,&amp; on y voit avec la derniere évidence que depuis que la Provence
s&lt;&gt; eft formée., avant même la conquête des Roma.in$ jufques a~x
premieres années de ce quatorzîéme fiéde, c~ eft-à-dire , près de
.deux mille ans avant la prem;iere entrepfife du Languedoc, cette
Province s'étendait des deux côtés du Fleuve. L'on fe rappelle
.encore que la France a poffedé la Provence &amp; le Rhone deux cens
-ans avant que le Languedoc ·appartînt à la Couronne , &amp; cette
derniere Province qui fe couvre aujourd'hui avec tant de complaifanee ,de l'intérê~ du Domaine, n' oferoit pas ·avan~er que tandis ·
que, la Provence appartenait au Roj, les Pifi.gots euffent alors l.'\
propriété du Rhone.
• Si donc il éto-it certain qu'autre.fois le Rho_ne faifoit incontefta..:
blement partie de fa Provence; il.eft d'une néceflité iodifpenfable
que le Languedoc·rapporte le titre qui lui a tranfp.o rté 1~ propriété
.,de ce Fleuv.e, &amp; qui l'a fait perdre à la Provence.•
.Nous connoiffons en Dro_it deux fortes de titres, ceux con~i~

r

~ ij

'J~

-

�IJ2

•

tutifs d'un :droit . quel qu'iL foit, ou tranfl'atifs de propriét é, .&amp;
les titres fimplement énonciatifs ou èonfirmatifs. Les premiers.:
operent la création du droit,. ou le tranfportent de la main d'un.
Pro.priétaire dai1s celle d'un autre ; les feconds, dans. quelque forme
qu'ils foient: 1conçus, n.e font attributifs d'~ucun droit nouveau ; ils
fuppofent le dr9ir, mais ils ne le donnent pas (a).
Les titres de la derniere efpéce font incapables de faire perdre,
par eux-mêm~s la propriété d'un objet quelcon que, &amp; dès que le
vrai titre d~ propriét~ paroît, il fait taire tous les autres. Si par le·
titre original il paroiifoit au contraire queJ'objet contentieux n' eôt
pas été cedé à·celui qui le réclame &amp; qui l'appuye fur des piéces:
qui fuppoferoien~ laconceilion ou le tranfport de propriét é, il ·eft
e,onftant que ces piéces. fero.ient non-feulement impuiffantes, mais;
encore odieufes, comme renfermant une fraude condamnable ( b ).
En faifant à l'affaire préfente l'application de ces principes, l'on.
voit la Provence en poffeilion de tems immémorial du lit du Rhone,
&amp; cette poffeilion eft fi ancienne que les Souverains de cette Province font . cenfés avoir le premier de tous les droits., celui du·
premier occupan t; d'après les propres principes du Languedoc ,.
celui qui a la premiere occupation doit être regardé comme le:
vrai propriétaire; ainfi dès qu'il eft démontr é que la Provence a ew
de tout tems la propriété du Rhone , comme ayant été maîtreffe~
des contrées riveraines des deux bords, il faut néceffairement que ·
ceux qui. veulent que ce Fleuve leur appartienne, rapportent letitre qui leur en a tranfporté la propriété. ,Le Languedoc en a-t-il u.n1
·
.
pareil?
irepropriéta
cru
étoit
s'
ne
il
jamais
. Avant le quatorziéme fiécle,
naif-o
âe la partie du Rhone qui nous agite: cette prétention n'a pris
fance que de · ce· que les--terreins que la Provence poffédoit au-delà
du Fleuve en avoient é.té féparés deux cens ans auparavant.: mais·
lors de cette féparation le Fleuve &amp; fes !Des ont-ils été ~ompris·
clans les aél:es de ceffion ? Nous ne le .voyons point :·au contraire·
nous remarquons u11e multitude d'aél:es où les Comtes de Provence~
o~t continué à ufer de leurs droits de fouveraineté·, de propriét é:
(a) Înflrumentum confirmationis, dit Dumoulin, fur l'article 66 de la Coutume de Paris,
i'l?mp. 1!4 ~ fuivans. in formâ communi non proh.at nec facit fidem de donatione , privile-·
K~O , vel allo quovis jure coIZjirmato , Jed neceffe eJl de illo docere per injfrumelitum ori~

1:malt.

( b) Limito , dit ~e même nomb 90 , fi appareat d~ contrario , putà prœtextum confir.;.
numquam: fuifle concej[um J1el hahuiffe aliquod vitio{um, quod in confirmatione non·
fuit expreffum, qua tune confirmatiopropter obreptionem. &amp;Ju.breptionem ipfo jure non,Pt+.-: ·
itret,
in~tum

\

�°f J1
&amp; Cfe jurifdiétfon fur le Fleuve &amp; fes dépend.ances. Ces âEtes· de

poffeffion continuée fe perpétuent jufques au moment de la réunion
de la Provence à fa Couronne. &amp; lors de cette réunion nous ne
voyons pas que le Rhone ait été féparé de cette Province pour l~
donner au Languedos. Au contraire les Lettres Patentes de réunion
données en 1486, portent que la Provence efl: confervée dans touS'.
fes dEJits, &amp; qu'elle eft réunie à la Couronne, telle qu'elle avoit:
été donnée au Roi par le dernier Souverain du Pays. Depuis ce
moment nous ne connoiffons aucune conceffion, aucun traité quj_;
ait démembré Ja Provence , &amp; en ait féparé' le Rhone~ Tous les·
principes s'oppofent donc à ce que le Languedoc-veuille conquérir
.
ce Fleuve fur fes ·anciens Propriétaires.
Jvlais cette Province, à défaut de titre tra.nflatif de propriété,. d Ltu rthd~arl'~e~
angue oc iur
. b· al ancer entï ,ell e &amp; l a l eu . Rfione,
, bl
n'o nt:'
· es de f;aue
en rapporte-t-e 11e cl 'autres capa
~.~~·
acquéri;
lui
pù
fans
refta
o)
13
en
fit
Languedoc
le
que
tentative
Provence l La
lhg.ia-.nt:
drc
eu;
que
&amp;
concertée,
mal
effet, &amp; dans · les .termes d'une entreprife
l'on n'ofa pas-Joutenir. Poutla feconde faite en 1327, les Officiers m ...
de cette Province fe virent obligés d'y renoncer totah~ment, &amp;
d'avouer qu'ils avoient eu tort de la faire: celle de I 3) 3 refta fans
fuite, &amp; fi elle ne fut point terminée par une décifion qui la con-damnât, ce fut par les fuites &amp; les longueurs que les mêmes 0?1-·
ciers affeél:erent de mettre dans la procédure. ç·e que l'on peut:
remarquer en faveur de la Provence pendant ces troubles ,_ c' eft
qu'elle continua toujours de jouir, c'eft qu'elle étoit toùjours en.J
poffeŒon, &amp; que le Languedoc cherchoit à s'y mettre, &amp; n'y reftoiê:
.
.. . .
point.
Les .lettres adreffées à Paul de' Nogaret, celles concernant le NonpH1 s, 9U" 1eS'~
- P ar!'!H'è!S"
. , &amp; 1es or dres du M· ar é c ha1 de Lettres
• M ane
. ' ce11 es de 1a R eme
rD aup !une,
qµ'il ittvo.q_µev
Boucicaut, ne paroiffent poin~ capables de faire perdre à la Provence fes droits fur le Rhone. Nous avons prouvé plus haut gue ces
lettres n'ont nulle application à la partie du Rhone dont il s~agit
aujourd'hui ; mais quand on pourroit en argumenter r.elativement ·
à cette portion,des commiffions du Sceau pol}r fafre la recherche desr
ufurp'ateurs des H1es d'un Fleuve, une fimple énonciatiOn dans le:
narré de ces commiffions, feroient-elles capables de priver une Pro~
-Vince de la propriété d'une riviere,de celle de fes !Des &amp; de fes péa-'
ges ? Quoi ! ce feroit par des aél:es de cette efpéce q:ue l'on jugeroic·
ges objets auffi importans ! Un mot, dans. un-e commiilion ou dans·
un brevet, fuffiroit pour tranfporcer fa P!opriéré·d}unFleuve , pour;
changer les limites de deux IJrovinces, &amp; quoique des aél:es auŒ.::
iinguliers euifent produit ,., fans q~ ' on y eùt r.enfé, d' ~uffi gFand ~

�134

.effets , ,cependant les c'hofes n'auroient pas changê dans 1a rnoind're

·

·partie; tout feroit refié co111me auparavan t ~es lettres: quoique
l'un eùt ·perdu &amp; l'autre acquis, la Partie dépouillée n'auroi't pas
·pour cela .ceffé de 1ouir comme auparavan t, &amp; la partîe revêtue
n'aurofr fait aucun exercice .de fos nouveaux droits: ·c'e.fr ce qui
.
ne peut pas fe fuppofer.
Parlement de Touloufe, eft un exem~
au
rendu
,
3
149
de
L'Arrêt
, 1
L 'A rrctue
r.
" iur
1493, p l e dU d anger qu'"11 y ·a de Cl. ter des A rret-s
paro1e. T OUS l es
fource des erreurs
&lt;les Jurifconfultes Jurifconfü ltes, les Géoe;raph es fe font copiés les uns &amp; les autres:
" d e con A'.1 t;
f:'
" 1ut
A rret
' ft d e'l"é
Geogra&amp; des
un A rret
1 . que cet·
aucun d' eux ne se
·
•
phe
5
qu'il avoit· été révoqué par des. Arrêts contraires &amp; par des
.
Lettres Patentes qui avoient dépouillé de la connoiifan ce de ces
fortes d'affaires le , ·P-arlement d'où îl eft émané. Le Confeîl luimême dans les tems poftérieurs , a été induît en erreur , &amp; a renevoy é en Languedoc, fur la foi de cet Arrêt, deG conteftatio ns pour
y être jugées conformém ent à ce qu'il porte. Le Languedoc l'a
toujours d.té ,fans jamais ofer le produire-: ce que nous en connoiffons ne ·nous eft adminiftré que par des voies indiretl:es &amp; par
le réqu.ifitoire da Procureur Général, lors de l' Arrêt de Saxi. Mais
on .en voit affez pa.rAà pour s'affurer qu'un pareil Arrêt ne peut
tirer à aucune conféquen ce, fi ce n' eft de vicier tous ceux qui ont
été r~?dus '· fur ce que, l'on :a ~uppofé qu'il ju:geoit guelgue chofe ~
·
&amp; qu 11 av01t eu quelqu exécution .
•L' Arrêt de rJ'72.6 • L'Arrêt .contre le Pape ne paroît pouvoîr en aucune façon influer
11
démonftra tion
11
• 'a. au~ll?~!IPP - fur l'affaire préfente. On_a porté ci-devant jufqu'à la
. de
1es d ro1ts
&amp;
C
d
.
S
l
,.l
a:.1.
al aaa1~(\· Ja d'111crence
·~~non
omtat
qu i y a entre e o:uveram u
' ··
la Provence pour la portion du Fleuve qui la concerne.
A l'égard des reconnoiffances qui peuvent avoir été faîtes par
!es Procureur-.s du Pays dans l'affaire de Tarafcon, comme l'Inft~nce
n'eft point terminée, &amp; qu'en tout état de caufe une Partie peut
réformer fes conclufion s, la Provence peut toujours fe corriger &amp;
rétratl:er ·des aveux qui n'auront été faits que par une erreur de
fait &amp; de droit, &amp; par le défaut des titres que l'ori n'a .bien eonnus
·
que.dep1 is.
réclamer
pour
l1 ne refte ·plus au Languedoc de prétexte ~pparent
L'Arrê.t de .J 7 ,, 4
propriété du Rhone que l'Arrêt ·de 1724. Mais en l'approfon l~
fond
au
ne. pc~1r
nmre ala Prov.en- · diifant, l'ona lieu d'être perfuadé que cet Arrêt ne fçauroit fufpendre
les foffrage~, &amp; qu'étant fondé fur une préfuppof ition erronée, par
ce,
le défaut de . onnôiffance des titres prim'itifs, conftitutif s &amp; vrai:..
ment tranCT~ti~s .de la propriété du Rhone, il ne . fçauroit en effacer
,
ks te.qnes ~l l effet, ni tranfporte r cette proprié~é auLangu.edocP.

�.
Y3f
ement avee- les
cqntraditl:oir
rendu
eft
Arr~t
1'
que
. tI eil vrai
Procureurs du Pays, mais fans qu'ils ayent-produit le moiqdre titre
pour prouver l~ propriété de la Provence fur le Rhone &amp; fes liles:.
c'eft dans une conteftation particuliere que l'on s' eft avi(é de mêler
une quefüon générale, de renverfer.nombre d' Arrêts &amp; de Lettres.
Patentes, fans même les énoncer, &amp; de changer les limites de
deux Provinces à l' occafion · d'un . terrein particulier : &amp; ce qui.
prouve encore mieux combien cet Arrêt doit peu fervir . de
titre au Languedoc ; c'eft que cette Provinée elle-même ne l'a·
jamais- mis à exécution, quant à fa _difpofition générale, qui dé ...
cl are toutes les ID es devoir faire partie du Languedoc, ces Ifles n'ont
pas· ceffé pour cela d'être de la Provence, foit pour la jurifqi.S:ior.i;
fofr relativement au·x impofitions qu'elles ont toujours continué
d'y payer.
. Tout ce que nous venons de dire fur l' Ar.rêt de 17·24 ; necon.cerne que l'influence qu'il peut avoir fur le fond de l'affaire-:.
nous nous expliquerons dans un moment fur lesmoyens de l'attaquer.
dans la forme: .ce que nous pouvons affurer, quant. à préfent, c~eft
qu'il n' eft nullement capable de former. en faveur du Languedoc un..
titre tranilatif de la propriété du Rhone : au moyen de quoi nonfeulement l'Adverfaire de la Provence n'a point de t~tre pour vouloir·
s appropr~er l'objet contentieux , mais encore la ·Provence lui en.
oppofe ~me multitude de contraires à fes prétentions., &amp; une l?of...fdfion de près de trois mille ans, quis: eft .fou tenue même depuis. les~ ·
prétendus préjugés que le Languedoc a obtenus contr'dle.
Enfin, nous ne pouvons. mieux faire_fentir t~ute l'injuftice deS'
prétentions du Languedoc qu'en. rappellant la demande qu'il a
formée contre la Ville de T arafcon relativement aux.quartiers de ·
Luffan &amp; . de Barallier qu'il v-eut lui .enlever~ L'on a vu les efforts·
que cette Ville &amp; la_ Province ont faits dan~ tous les- tems:
pour garantfr ces terreins des ravages du Rhone. Quoi la Ville
de T arafcon : quoi la Provence entiere fé feront épuifées à fournir
des fommes immenfes pour faire les ou".rages deftinés à empêcher:
. le Fleuve de détruire ces quartiers,, &amp; ce ne.fera que pour le Lan~
guedoc qu'elles au.rom travaillé': c'eft._encore pou:dui feulqu'aujpurd'hui·elles. entretiennent ces ouvrages à grands·frais :·c'eft pour ·
lui feul qt.( elles .ont plus ~'une fois follicité, &amp; obtenu de la bonté
.cde nos Rois les fecours néceffaire~ à ces dépenfes. énormes! N'eft~·
.ce 12as là porter fes prétentions jufqu'à la cruauté ?. Quelles dc~­
mandes que celles qu 'il ne faut que préfenter dans toute leur étendue:
J?OUr révolter tous les efI?Üts. !. .
1

'

�. .

•

.

~3?

Nous pouvons don.c conclure, quant au fonèl de 1'affaire; que le

L .anguedoc ne nous oppofe ~ue des objeél:ions impui~antes, &amp; desvues déraifonnables. Les droits de la Pro.vmce fur le lit du Rhone &amp;
fe~ dépendançes .? f~nt démontrés. Nlais ·en vain la P;.ovence.. au~
.ro1t-eile des droits mconteftables .au fond, fi elle éto1t rédmte a
l'impui!fan_çe d~ les- faire val?.ir , parce qùe l~s form.es j~dici~ires
.s' oppoferoient a fa réclamat10n. Il nous refte a examiner ce quelle
, peut .avoir à çet égard .à craindre ou à efpérer~

S E C 0 N D

E P R.. 0 P

0 S I T I 0 N.

Les 'J.loies de droit font ouvertes à la Provence pour fe pourvoir,
· c.oTLtre .les .drr~ts qui peuvent lui être contraires.
L'analyfe que nous . avons déja faîte de différens Arrêts qu'on
,., peut oppofer à la Provence , nous met en état de diftinguer ceux
.que l'on doit é.carter par le feul raifonnem ent' comme ne formant
àucu·n préjugé contr'elle , d'avec ceux qu'elle eft obligée d'atta~
.quer par les voyes de droit. Les Arrêts de la premiere efpéce font
tous ceu;x: qui ne contiennent que des dîfpofüions relatives aux:
Fermiers &amp; Receveurs des Domaines du Roi dans les deux Provinces. Le Conféil lui:même nous autorîfe fo'rm~llement à les re..
garder comme iimples arrang.emens économiques dans les Finances,
fans qu'ils puiffent tirer à conféquence fur la queftion de propriété.
Deux Arrêts le portent en termes formels : celui de 1690 pour
1'arafçon, &amp; celui de 169 2 pour Arles. Le Roi y déclare, comme
on l'a vu, que les terreins prétendus crémens dont il y eft queftion
ne cefferont pas d'appartenir à la Pro'J.lence , quand même il feroit
ordonné que les redevances· domaniales fèroîent payées aux Fêr~
miers &amp; Receve.urs du Languedoc. La Provence peut donc fe dif:..
penfer d'attaquer en forme des Arrêts qui ne porteront qu.e fur le
.
·
lieu où fe doivent payer les droit~ du Roi. .
26.
7
I
en
Pape
le
Il en doit être de même de celui rendu contre
L'on en a déja vu les raifons. Il eft intervenu contre une Puiffance
étrangere qui n'avoit ni titre ni p&lt;?ffeffion; &amp; la pofition de la Pro•
'Vence eft fi diff~rente, que les mêmes titres &amp; les motifs qui ont
fait juger le Roi propriétaire du Rhone e::içclufivement au Pape,
décident la propriété de la Provence fur cette ri viere. Le Languedoc
n'a doi;ic plus que l'Arrêt de I 7 24 dont il pourrait argumenter pour
f outemr la Provence non-recevable à faire valoir fes droits: auffi eft..
çe le feui qu'dle fe propofe d'a,t~aquer par. les formes judiciaires.

·

. La

�La demande en contrariété d'Arrêt &amp; en Requ~te civile, par L'Arrét de 17 ï 4
ie mo'yen de non-valable défenfe' font des voies de.droit qui font peut étre attaqué
ouvertes aux Parties contre les Arrêts du Confeil, comme contre par.J.a ~?t~e de 1•
.b
d" .
C'eft 1a d.i1po1mon
r_
r.. •
r:
~€UX des T n unaux or. maires.
iorm ell e ( à comrane e~
i'égard de la demande en contrarieté ) de·1'art. premier du tit, 6 de la
premiere partie du Réglemen.t du Confeil. L'art. 2 du même titre
porte que les Demandeurs en contrarié~ ne feront affujettis à
aucun délai ni aux autres formalités prèfcrites pour les demandes
en .caffation, &amp; l'art. 6 v:eut que quand il fera.Jugé qu'il y a cont~ariété , il foit o.rdonné que fan&amp; avoir égard au dernier Arrêt , le
premier Je.ra exécuté felon fa formé &amp; teneur. Il ne peut donc Y,
avoir de conteftation que fur la ·queftion de fçavoir , 1°. fi en
e_ffet 1'Arrêt de 17 24 eft en contrariété ~vec les précédens Arrêts j
foit du Confeil; foit d'ailleurs; c'eft ce qu'il s'agit d'examiner.
Nous voyons d'abord une tranfaél:ion paffée par desCommiffaires
du Roi, au nom de Sa Majefté &amp; en vertu du pouvoir qui leur eft
donné par des Lèttres-Patentes , le 16 Oél:oore 1) 44 , laquelle
réunit les lfles &amp; crémens de Boulbon à la Seigneurie du même ·
nom, moyennant une fomme d:ai:gent, &amp; à la charge du fervice
militaire. Celles du grand &amp; petit .Mouton ont été confirmées à la
Communauté de Barbantane par des Lettres-Patentes du 1 7 Décembre 1 57 5 ~ ·par un Arrêt .contradiél:oire du Grand Confeil' du
113 Avril 1587. Un autre Arrêt du Grand Confeil du 30 Septembre 1609, dans lequel font énoncées plufieurs autres Lettres.Patentes , :a également maintenu le fieur Saxi dans les Hles &amp; crémens dont les Languedociens vouloient le dépo.fféder. Trois
'Arrêts du Confeil du Roi ont prononcé la même maintenue en
faveur de la Provence:· Le premier, du 24 Oél:obre 1687, eft
.rend~ pour la Ville d'Arles, à laquelle il veut que les Ifles &amp; cré-mens duRhone continuent d'appartenir. Le feçond du 22Août1690,
adjuge définitivement à la V illede Tarafcon les quartiers du Gués,
de Le.fiel &amp; de Barallier prétendus crémens ; &amp; quoique Tarafcon
foutienne à jufte titre que ces quartiers font de l'ancien continent
de fon terroir , il n'eft pas moins vrai que dans le fens du Languedoc , dont nous examinons ici le fyftême en thèfe générale, ·
cet Arrêt ferait cqntraire à celui de 17 24. Le troifiéme Arrêt du
16 Août ·1692 maintient la Ville d'Arles dans les crémens préten~
dus de Trejbon.
Commént pourra-t-o,n concilier avec cette foule d' Arrêts &amp; de
Lettres-Paten~es un Arrêt qui porte, fans-rien prononcer pourtant

s

�13~

e appartiendront au·
fur les crém ens ; que tout es les Ifles du Rhon
édentes Loi x
Languedoc, &amp; 'qui l'ord onn e, fans révo quer les p,réc en l'abferice
s, &amp;
con trair es, fans qu'elles ayen t même été atta quée
évid ente , &amp; 1'01l,
des Propriétaires? J amais c.ont rarie té ne fut plus
pare il Arrê t , pou r·
peu t ajouter que le Con feil en révoq_uant un
!'Or don nanc e le,
ordonner l'exé cuti on de.s pr.écédens , c:.omme
s'eft déjà pref crite j.
port e, ne fera au Languedoc qu'u ne Loi qu'il
d~ fo~ _Arrêt,, il ne l'ai
pu~fque jaina.is il 1~'a fa~t !e moi ndre ufage
10n qu on en rap~
même pas- fait figmfier a la Provence : la fignificat
ejon pou r eob Jet
-por te, n'eft faite qu'à la requ ête du Beur de Grcw
tion, qui a· fait la,
·par ticu lier. qui le aegardoitt dans la ~-ontefta
pas que la dernan&lt;le:
mat iere de cet l'.An:êt. Nou s ne croy ons. donc.
tion géné rale '
éil cant rarie té cont re cet Arrê t , qua nt à fa difpofi
t enco re attaq.~e~:
puiffe fouffiir de difficulté au Con feil : L'on peu
défenfe , &amp; vo1-cu
le mêine Arrê t par: le moyen. c;le la non-valable
·
-par. q~elles raifons-..

ande :
né' cet Arrê t,. étoi t une dem
La: demande quï a occafion'T'
\
,r;
G
d
fi
1
,r,
d
v·11
ieur e raveJon,, .a.
• 1.iere entr e 1
.l araJ ,con &amp; e
e
e
1
.a.
1G:u
P,ar~
Gravefon prétendort
l'.occafiondu quart.1er du Caftelet~ Le fleur. de
rts que faifoit la:
le teni r en exem ptio n qe taill e contr.e les eff-o
ftre. C' eft fur cette.·
·Com mun auté pou r le com pren dre dans fon. cada
: de Provence ·fur.e nt
.uniq ue demande que les- Pro.c ureu rs_du Pays
e de Tarafcon : Dan s·
-autorifés à acco rder leuL inte rven tion à la·Vill
vou1ut Bar un
-le ~cours de finftr:ufüon , l'Inf peél eur du Dom aine
demanda . que m:&gt;n··
-fimple dire~ rendre cett e affaire géné rale , -&amp;
être du Languedoc ,
feul eme nt le quar tier cont enti eux füt décl aré
le Syn dic généràl:
:mais enco re tout es les autres·Hles du.Rho.ne, &amp;.
·
équente.
·ado pta ces conc lufio ns par une Req uête fubf
cett e proc édu re::
- Rie n n'éto it plus vici eux à tous égards que
iere que 1'on devoit
Ce n'étoi t poin t dans une contefü1tion part icul
tendo~t à changer:
intro duir e une demande auffi imp orta nte , &amp; qui.
uille r l'un e pou r
·les limites de deux gr~ndes Prov ince s , à. dépo
Lett res- Patentes ,.
enrichir l'aut re , &amp; ·à renverfer des Arrêts· &amp; des
aque r par les formes :
-gue l'on ne fe don noit mêm e pas la peille d'att
eur du Dom aine
JUd_iciaires. D 'aill eurs , il eft évident que l'.In fpea
nul inté rêt pou r le
formoit cette demande fans néceffité &amp; fans
du Rlrene: foient.
·Ro i : .car qu'import e au Dom aine . què_les files
Elut ôt d" •ne Province que de Ïaut re •.
rifé.s à réclamer·
En· fe~ond lie 1 , les Pro:cureurs du Pay s , aum
enga ger fans trn:~la.proprieté du CajJeler7 ne. l'ém ient r.oin t pom:

Et · pa~· cel~e. de·.

laRequete \;;lVllr.

�'
139
·rnaiités une queftiqn générale (ur le lit entier du Shone &amp;. fur fes
dépendançes : Ils ~' q1;t point dt1 défendrp, de l~ur autorité privée~
à une demande de cette conféquence. S1 pour un .fimple Partkulie,i:
mîneur il faut des a!femblées de p,arens pour autoriferj fes Admip,i~r~t~u_rs ~ foµte_:ür le_s ~ffaires qu.i ~ompromettep.t ~a proprieté d~
fes fo!!Ô§ .: a plus forte r(!.1fon fall01t-1l u_ne convocat1o:n folen~nellç
pour prendre lè vœµ des Etats fi,ir la demande inî.portante que
f On for~oit fi ~iqeg_uliérement COl).tr'eux. ., • , . . ,
3°. Enfin, .fi le~ Procureurs du Pays pren'o~ént fur eux de défendre à une pareille prétention·, au moins devaient-ils fe faire ·
:admini~n~r k$ ,titr@s de"prop-riet~ de la-Province rur "le. Rhone~ , fes
Ifl:es &amp; fes crémens ; ifs n en ont abfolument nen fait : pas une
feule'piéc.e n'eft produite de leur part: Peut-on douter qu'ils n'ont
.point entendu défendre à la demande générale, &amp; qu'ils n'ont
en-effet défendu qu'à la demande particuliere ·du fieur de Gravefon.
Cette feule circonftance manifefre qu'en effet.la.. Provi~1ce n'a point
été défendue,ou qu'elle ne l'a pas été valablement fur-1'objet général
,.q ue- l'nn a:voit"gliffé dans l'affai~e pe-rf9n.nel~-e, aµ iieur de Grqvefrm.
Les corps politiques) corn.me.les mineurs ; peu.ve1~t .revenir quand
Jeurs dr.oits·n' ont pas· été bien ftipulé_s ; la non-yalable défenfe eft
une ouvertW"e de Requête civile d~.ns les C ours , -.&amp; contre un
Arrê~ du Confeil , un moyen de I\equêt€ civile en forme un cl~
~~atiop:gu~ ~ Rr~vence. peut ajoµter-.à~ fa _demande €n contr?-~-i~é..
1

r'"""

.

~

-

,

"" ..

~

_.r

·

~'

~ -

~ ~ En e~aniina.nt iinfi le merite du foç.d d~ cette- affai.111 . par:. les

La raifon d'Etat

principes de droit ,.. &amp; la forme par les regles de 1'ordre j~dic,iaire ·, Jevroic feule o~­
n.ous nous renfermons dans les bornes d'une défenfe paniculiere; ca11ionnetr le R~;
g emen que
,l · , d
l
· ·
1·
· 'l
mais 1 y .a tout ieu de ci;oire que e Confeil s é evant a es vues Provence demanfupéiieures d~ bien public, fera· -(rappé d_e fa ip:uJti~ude· Çe PJs&gt;ç~s de~
que les prétentions des deux Provinces fur le Rhone occafionnent
. depuis des -fiée.les.; ~-à -~ajeft~ ~ ~ ven~ qu'aye~ yetne qt!'Œ: en
fubfifte encoœ .fix tres-onereux ,au-x-Par-t1es·, &amp; qu 11_y ea ·a- phr;.Jieurs autres prêts à naître. Ces différens Procès dans lefquels la
Provence, toujours attaquée', ne fe défend que pour maintenir fa
taillabilité , tendent à troubler l'ordre &amp; la folidité de fes impofüions , &amp; à lui faire perdre une partie de fon ·affouagement , perte
qui dérangeroit totalement fa contribution aux tributs publics,
fans. augmenter celle du Languedoc. Nous croyon~ donc que Sa
MaJefté, toujours attentive à procurer à fes Sujets la paix &amp; le bien·ê.tre, fera portée parles vues générales qui fe joi.gnent-aux moyens
particuliers' en faveur .d e la Provence, à tarir pour toujours la
s ij

�140_

ac!-'
fourc e de ces divifions. : Le. Languedoc réuni t à la tête de fon.
lems
,
s
vertu
leurs
minifl:rati6n des hommes fi recommandables par
qu'ils
lumié res &amp; leurs bonnes inten tions , que nous ne douto ns pas
au
-~uir
conc.o
à.
&amp;
~e,
ne fe porte nt d'eux -mêm es à fe faire jufl:i
un
tirer
nt
"Régl emen t génér al , dont les deux Provm ces do1ve
une
égal avant age, puifq ue c'eft le feul mo.yen de leur procu rer
s'é~
q"l!-i
ns
ftatio
paix durab le, en terminan~pour toujo urs les conte
ieven t entr'elles depuis quatr e cens foixante ans.
a .été
. Telle s font. les confidérations fur lefquell es la Provence
dans:
r·
bien aife de prendre l'avis de Conf eils capables de la dirige

fes démarches..
.

.

·

Me. D AM OUR S 1 Avoc at ..

C 0 N S U L T A TI 0 N . ,

L

Es· Souffignés qui ont vü le Mémoire cF-deffus &amp; les

tftre~

qui y font énonc és·: EsTIM ENT q:ue par les moyens expli qués
contr e
"dans le Mém oire , la Pro-vence eft fondée a fe puurv oir
t;
l'Arrêt du 2 6 Juin 1-7 24 , par voie de contr arieté entre cet Arrê
d
Gran
dU
ts
Arrê
les
,
7)
les Lettr es-Pa tente s du t 7 Déce mbre 15
·
trois
les
.Confeil du 17 Déce mbre -:t),8']·, &amp; du 30Se pt. 1609 , &amp;
1690,.
'A rrêts du c .onfeîl du Roi du 24 Oél:9bre I 687' du 22 Août
ués·
atciiq
été
'&amp; du · 16 A.o,û t · 1,69'2·, qui ne paroilfenr point avoir
y a lieu
' lors de !'Arr êt de 17 24, ni révoq ués par cet· Arrêt . Il
ent.ac ..
ablem
favor
plus
ant
à~efpérer que cette demande fera d'aut
nce·
Pro-ve
.cueillie , que lors de. cet Arrêt , il ne paroî t pas que la
r fes titres-.;
~it été valab leme nt défen due, ni; qu'el le ait fait valoi

. J?élibéré à Paris le 3 Juille t 1764 ; ]igné' AusONNE, ERoNon:;i
REGNARD~ .DESPAULT-,.. Huil.T DU PARc,. &amp; DAMO Uits •.
/

rie' Il'~·
Dc.11mprime-rie de c ·H. Es,T.- C,:HEli A" L T ,, ruë de la Vieille Drape

�T .A B L E

"D· E S MA .T 1 ER E -s.

GÉN~RALE D·E L'AF FAIR E. Page Ire~

l ·DÉE

i

ETAT TOP OGR APH IQUE DU RHO NE.
Source &amp; cours de ce Fleuve"'
Sa divifion près Arles .
.T 04tes fes bouches font fur Ia Provence-.-.
~ETAT H1ST O RIQ UE DU RHO NE a'JJanrconqu~te des Romains &amp; jufques au cinquiéme jiécle.

la

Etablifremens faits par les Fonda teurs de Marfeille aude-là du Fleuve .
Y.illes· de Provence dont le territoire s' étendoit au-de- là
•
•·
•
•
du Rhone.
Fleuve
du
canal
un
illois
Marfe
aux
Mariu s donne
Le Rhone ét:oit de la·Prnvince Viennoife.
'Arles maîtreffe du Rhone;.
Et ~jour des Préfets de la navigation.;
~

•

-

1

r,

(

#

.ET A T D U RH 0 NE à la fin de l'Empire Romafn, &amp;·
• 2
~
o·
~
fous la premiere Race~

480 La Provence paffe aux. Vifigors•.

1

.
Elle conferve fa même étendue...
.
507 Clovis à Tarafcon..
du Fleuv e;
côté
l'autre
Arles pofféde un Fort de
,
5.2 6., Le Rhone refte à Athalaric Roi de Provence.. .
53z Réuni on des Frarusois pour détruire le Ro:yaume de Bour..gogne ..
r
J37 La Provence devient Province Franço ife, &amp; 1e· ~evien
..
..
deux cens ans· avant le Langu edoc..
ie Royaume de Bourgogne qétrui t, la Provençe confe.t.ve ·

fes limites.,
l

. ---..___

..

·

t
,av

�La Provence eft divifée etrtre Gontrand &amp; Sîgébert.
Beaucaire en dépendoit.
Charles-Martel en Provence.
Preuv·es que le Rhone appartenoit 'à la Provence •

Pag.

.E TA .T D .U RH 0 NE fous la faconde race.

.·

10

I~

·
Sous Pepin.
Et fous Charlemagne.·
·8 24 Ceffion entre !'Archevêque d'Arles &amp; le Comte Lieu~
bulfe d'une IDe dans le Rhone.
·
.
842 Lothaire regne fur la Provence &amp; fur le Rhone;
8 50 Il confirme à l'Evêque de Viviers l'Hle Formicaria. • 1 J, ,
Irru_ption des Sarrafins P-ar le Rhone .
.8 5) Donation de !'Abbaye de Cruas à l'Eglife d'Arles.
Les Normands entrent dans le Rhone &amp; s' établif:fent dans
14
.
.
..
.•
l'H1e de Camargue 863 Charles· confirme à l'Eglife de Viviers l'Il1e Formicaria.
Louis II. &amp; Lothaire regnent fur les deux rives du Rhone.
.
Charles Ie Chauve y re_gne à fon tour.
,877 Confirni.ation 'de pfofieurs fonds fur le Rhone pai:_ le Sou1;
..
.
.
..
verain de Ptovence.
Le Vival7ais &amp; l'Uf.ege font partie de fa Provence.
Traité entre Louis le Begue &amp; Louis ~ (le' 'Germanie. ,Le
Rhone refte au Roi de Provence. ·,
ETAT DU RUO NE fous Bofon ~ fon.fils.
.

'

.
-.

~

-~79 Ufurpation de là Prç&gt;~ence par Bofo~
Il eft reconnu au-de-la du Fleuve.
· ·"T7
Les....Rois de France lui forü: la ,guerre..- ~ .-: · ~
Ils traitent avec lui, &amp; il conferve les deux bords duRhàne. 1 S
Louis !'Aveugle lui fuccede, &amp; lès Etats ont la inê.rn.e
- · ·
· · .
.
étendue. ·
I-Iugues ufurpe la Provence fur Louâs l'Aveugie, &amp; 1e
Marquis de Go.thïe la démembi:e pour un tems~
Réfutation de~ prétentions des Hîftoriens dtr~arrguedoc
fur la propriété ëhx RD.one. " · -.~ :. -: _ · .
L'ufurpation de Bofo.ri ne change:: rien 'à L'étendue de la
•
•
· •
•
.
Province.
22
896 Aae de fouver-..ineté de Louis l'Aveuglefiide..Rhone..
L

....

�ETAT DU RHONE fous fes Comtes de Proven·c~
Ceffion d'un bras du Rhone par le Comte de Provence.
la Maifon de Touloufe, par
P ag. 2 $;
•
..
le mariage d'Emme de Proven.c e..
l OOI Conceiliçm faite p~r un Seigneur Ptôvençal de biens fitués
au-de,.là du Rhone •.
2~
•
l 0~.2 J Rodolphe donne des biens fitués au-de-là du Fleuve.
Un.Evêque de V iviers fe tr.ouve au nombre des Sujets d'.un
€ornte de Pr.ovence.
.. _ 2'îf
•
;,
P1ufieurs Princes eri'Provence~
1o3 3: Les Comtes de Prov~nce dffpofent de l'Iffo Mairanica~
I 040 Autœ conceilion d'un port &amp; d'un péage.
J 070 Beaucaire, Argence &amp; Four.ques· dépendofont du Comté:
· .d~Arles &amp;. de la Provence .. ·
2g:
:.
•.
~094 n ·on d'une exemption · de--.péage.,
2 9.
I I o) Refl:itution de la T ene d'Argence à l'Egliie d'Arles ;.
. 1 I I Z -LeVfyarafafair encore parrie de la Provence jufqu'en 136) •. 3 ~'
1000 Partie de la Provence paffe à

ETAT DU R HD NE fous la Maifon' de Barcelone ..
lI.25 Traité 'de paix:&amp; partage de la Provence entre le Comte·
de Touloufo &amp; Raimond •Beranger.. N° •. r .e r •. des piéces
~"Il
•
•.
..
.. .
produites.
Provence. 3.z
Le lit du Rhone &amp; fes- Hles.reftent au Comte
1a43 Réclamation de la Terre d'Argence par !'Archevêque
Hi'
.
d'Arles-..
_
Reftitution de lTfle de Bois-Comtal à fon Eglife..
Les Empereurs donnent l'inveftiture de la Terre d' Argence. 3 )j
Machine de guerre conftmite fur le Rhone contre le Comte
.
de T ouloufe.
'
l!T).O Le Comte de Provence défend d'ét:qblir des· péages· fur ~e .
_ _:;$?
Rhone.,
Provence.
de
Plaid tenu dàns·l'Iilè Gernique par fo .Comte
~r 54 L~Empereur confirme l'.Eglife d'Arles dans tous fes droits ,
fur le Rhone."
I I 7 r Exemptfon dè péages accordee· par des&lt;Somtes deProvence~
Jia176 Traité de paix entre les Souverains de Provenœ. &amp;. dè:'

de

Languedoc•. -

_

�Pag. 3~
au-de-1~ du Rhone:
39
I 179 Exemption des péages fur le petit Rhone.
Ir 9 9 . Le péage de Lu?ier.es appartient aux Seigneul1S de Tarafcon.

.l 178 Terres de l'Eglife d'Arles

E' TA T D U R H 0 N E , depuis le comm~nceinent du ·
trei?_iéme fzécle jufques à Charles d'Anjou.
J.200 Dénombrement d~ la Provence fait par Alphonfe

,121)

l.221

r227
.I 229

:r230
I232

J.+34
I 2 38
I 2-'p:
12

6

4 &amp;

12 5 1

II.

1•

·
Guerre contre les Albigeois.
donnée à Simon de
Beaucaire
de
&amp;
La Terre d'Argence
Montfort par l'Archevêqu.e d'Arles.
Exemption des péages fur le petit Rhone par Hugues de
Baux
La Provence dans l'anarchie.
Preuves de fa propriété fur le Rhone tirées de.Gervais de
41
.
- Tilbery.
Beaucaire fuit le fort de la Provence. ·
.Déclaration d'un péage par eau &amp; par terre par les Habitans de Tarafcon, au profit du Comte.
42
Aae de jurifdiaion des Provençaux fur le Rhone.
Exemption d'un péage à l'Abbaye .de Montmajor.
Tranfaaion fur le péage de T arafcon &amp; de l'H1e Lubieres. ·
V ente de l'Hle Bertrand avec fes acrémens.
43
Saint Louis procure la paix au Comte de Touloufe à certaines conditions.
Pays que le Comte céde à la France&amp;.au Pape.
Nouveaux hommages des péages du Rhone à l'Eglife
-44
.
.
.
•
•
•
d'Arles.
L'Archevêque d'Arles établit un péage fur le Rhone.
Exemption de péage accordée aux Habitans d'Arles.
Les péages , ports &amp;. pêcheries appartiennent à la Provence.
Le Pape reftitue le Comtat à la Maifon de Touloufe. ·- tfi
Plufieurs p~ages du Rhone dépendans de la Provence.
Traité en,tre l'Archevêqu~ ~d'Arles &amp; le Comte d~ O\;l•
·
l9u(e.. .
Les péa~es du Rbone faifoient le principal r.evenu des
Comtes de Provence.
46
•
•
Il

r

Les

�Les principales Villes de Provence s'érigent en RépubH~
ques.
I z 58 Traité entre. Saint Louis &amp; le Roi d'Aragon
quelques
_ .terres voifines du Rhone.
Pag. 4;~
I 2 59 Hommage de la Maifon des Baux ; pour les péages du
Rhone. ·
Prétentions de l'Eglife d'Arles fur Beaucaire &amp; Argence.
Traité entre Saint Louis &amp; !'Archevêque · d'Arles à ce
fujet.
.
. -'
.
•
.
48.
.I '-60 ~él:es de propriété des péages du Rhor:e par le Comte· de
Provence. •
49
I 26 3 1fles du Rhone appartenant à des Provençaux.
,
1264 La pêch.e dan~ le Rhone appartient exclufivement aux ,
· Habitans d Arles.
. •
•
.
.
) o.
1266 Le Comte de Provence met des impôts fur le fel tiré par
le Rhone pour le Roi de France.
1267 Aél:es de jurifdiél:ion fur le Rhone par les Juges de Pro~
. Vence.
. ·
•
•
•
•
fi
127 I Le Roi fuccéde au Comtat par la mort de Jeanne.
Prétentions du Pape fur le Con,1tat.
· ·
1280 -La Ville d'Avignon cédée par le Roi au Comte de Pro-=
vence.
•
•
•
•
•
)z
Hle Bertrand·cédée par un Comte d~ Provence.
~
5l
Aél:es du jurifdiaion fur Ie Fleuve par les Officiers de
Provence.
•
·
1286 Les pêcheries du Rhone appartiennent à la Ville d'Arles~
1288 Autres aél:es de jurifdiél:ion.
1297 Conceffion d'Hles du Rhone par la Provence.
1298 Jurifdiaion des Officiers de Provence fur le pont d'Arles. ) 1i
Les Habitans de Fourque,s y payent les droits. ·
,I 3OO Ceilion de droits fur le Rhone par Bertrand de B.aux.

fur

E TA T D U RH 0 NE pendant le quator'{_iéme fiéçle.
Traité fur les fels entre le Roi de France &amp; le Comte de _
Provence. .·
.
.
•
•
) ),
Premiere entreprife du Languedoc fur le Rhol)e , reftée
fans effet.
_.
.
•
•
)6
Réfutation des Hiftoriens de cette Province.,
~
. iZ
•-

~

"&lt;'

�PhiPppe le Bel lui-même regarde fes droits fur le Fleuve
Pag. )S:
.
.
comme problématiques.
59'
L'Hle de Stel prouvée appartenir à la Provcnc~.
T émoig1!age d'un Hiftorien du Languedoc contraire à
Dom Vaifette.
Bail à ferme de la Seigneurie du Baron, fait par la Cour
· 60
.
•
.
des Con1ptes-,d'Aix. ·
Cette Seigneurie étoit un Fort que les Comtes de Pro-:
vence avaient for le petit Rhone. . .
Autre bail fait par la même Courw
Le Comte de Provence établit un péage fur le Rhone.•·
Nouvelle entreprife du Languedoc fur l'Ifle Lubieres.
Il s'en défifte.
1332 Dénombrement de la Provence. Droits fur le Rhone. 62
1 333 Information faite par unCommiifaire des péages du Comte.
1 334 Mort de Robert. Jeanne lui fuccede.
1348 Elle vend Avignon au Pape , fans lui vendre le Rhone.
1 349 Elle inféode un péage fur le petit Rhone.
~353 N o'uvelle entreprife du Languedoc fur le Fleuve,
Réfutation des Hifforiens de Languedoc.
L'Ifle _de Carnave appartient à la Prov.ence.
.
Philippes de V al ois l'a reconnu. ·
~
67,
L'IDe de Lubieres appartient auŒ à la Provence.
.
Ainfi que celle de Méfoargues.
Il en eft de même de l'Ille de Stel.
6~
;
le Fleuve.'
fur
Aéte de jurifditlion de la Provence
La Chambre des Comptes d'Aix afferme les péages du
./
·Rhoner
Les Juges.d'Arles connoifTent des dommages faits au bac~
Jeanne affigne une penfion fur les revenus du Rhone.
.
.
.
Autre aéte pareil.
Jeanne donne une penfion fur les· mêmes revenus;.
~ 3~0. Lettres de Charles VI. fur la propriété du Rhone.
Réfutation.
:r 384 Aaes de jurifdiél:ion fur le Rhone par les Juges de Pro..;
7i.
..
•
.
•
,
Vence
II 8 &amp;
'JJ
Nombre d'aétes de jurifdiaion d'Arles fur ~e Rhoner
:l ~8â

/

�Lettres Patentes de Charles VI. îur Ia propriété-du Rhone··
"'

Réfutation.

peN;
1

ETAT D U R l-I 0 NE, fous la d.euxiéme .Maifon d' Ànjou-~
1

385

Manufcrit de Jean le Fevre.

..

•

Page 7 1.

..
.
·
Penfio~ fur un ~éage ?u Rhone.
La Reme Mane avo1t un Receveur de fos droits fu.r Ge
7~
~
•
•
•·
Fleuve.
·
Rhone..
le
fur
fouverai:neté
de
aél:es
Autres
79
-;;
•
Autres aél:es pareils..
Lettres de 1\farie , d'où le Languedoc prétend tirer fon
_ ,
droit fur le Rhone.
..
•
;
,
•
Réfutation..
.
:
Conditions de la capitulation d'Avigi1on'..
Le Général de Provence fait tendre les chaînes du Rhone.
1401 Penfion accordée à Boucicaut fur les péage~ du Rhon€. S-1(
Nouveaux aél:es de fouveraineté fur le Fleuve.
141 .2 Les Comtes de Provence y exerce.nt leur pouvoir ..
i413 Ordres .du Goi:verne;ir de ~angue;:toc fur le Rhone.8).
. . ,
•
Réfutation _des mduél:10ns qu on en tire.
le
fur
droits
les
afferme
d'Aix
Comptes
des
14 I 7- La Chambre
86.
•.
..
.
•
•
Rhone..
La Corriteffe de:ProvenceTiïihn'rrrer-fur l'e Fleuve..
La Ville d:Ades vend les revenus d'une Hle. ,
Un payement affigné fur un. péage du Rhone:
Confifcatfons fur le Fleuve. ·
Cbnteftation entre le Languedoc &amp; le Pape•. · ·
1 437 Les Ifles de Boulbon déperident de Provence.
1440 Ain!i que celle de Méfoargues •.
.
,
1442 Et celle de Lu1fan.
. .·
Autres aél:es de propriété.duRhon·e.~ i452 Le Roi de France reconnoît cette prdpriéré•.
1 457 Acquifüion de différentes IOes par René~
.
1463 Le péag~ &amp; le pont d'Arles ont toujours déi'?end'u de fa~
p
tt'
,,
.
..
Provence.
;i:471 Renouvellement du traité' pour les fels~
. Confifcation par le Jugé d'.Arles.l

�1474
1473
1

474

1475

I477

1,480
1481

'Pag. 90
Etabliiîement des Foires &lt;le cette Ville:
Affignation fur des péages du Rhone.
Aéle de jurifdiélion fur le Fleuve.
Le Lieutenant de Beaucaire reconnaît les droits de la
•
Provence fur le Fleuve
Arles continue à jo~_ir des Ifles du Rhone_.
Peage de Ta~af~on _donné aux CéJeftins d'Avignoa;
Moù de René. Renol!vellement du. traité des fels,
Arles pofféde le.s revenus des If1es du Rhone,

f. TAT D U RH 0 NE depuis la dunion

d~ la Provenc~

à la Couronne jufques à nos jours.

9J

Réunion de la Provence à la Couronne,
.
·
Confirmation .de fes privileges.
Permiffion .à la Ville d'Arles de bâtir une tour fur le Rhone;
,9'f
EJle obtient les crémens du Fleuve
I493 Arrêt du Parlement de T ouloufe.
9)
·;
:
•
RéfutJl-tion de cet Arrêt,
97
repouffée,
•·
1498 Nouvelle entreprife du Languedoc
9_8
;
,.
1)26 Confirmation de la pêche à Arles.
Confolde,
· 1 543 V ente du port de
1 544· Conceffion d~s Hles de Boulbon;
IJ7) Lettres Patentes pour Barbantane.
1 oiS
;
Barbantane; ;
1587 Arrêt du Grand-Confeil pour
Ipi
.
Réquifitoire du Procureur Général.
1687 Arrêt qui maintient Arles dans les If1es du Fleuve. • l 07_
:r690 Arrêt qui adjuge à Tarafcon les quartiers du Gués &amp;
Io~
,
•
,
autres.
1692 Arrêt fur l'If1e de Trelbon~7 2 4 Arrêt que l'on oppofe à la Provence, comme ayant jugé
1lo
. ,
•
•
.
la queftion.
, 11 1
1-726 Difcuffion de 1'Arrêt rendu entre le Roi &amp; le Pape.
116
;·
Affaire non jcgée entre Tarafcon &amp; Beaucaire
.122
..
Affaire çle la Çonunun~ut:é de Boulbon,
.12}
.,
;
.
.
Procès d'Arles
Inftance ~ntre B~1 bantan~ .çx Aramoµt.
·
.
~rocès de Méfoargues~
j.

Contefiation·

�Comefladon entre la N oblefi"e ce Provence &amp; le
· guedoc.

M 0 Y E N S.

Lat'f;

Pag.

:

;

:

12j
1 2i:

La Provence a des titres
fuffifans pour reclamu le Rhone &amp; fes dépendances depuis la Durance jufques à la mer.
•
12)
Premiere preuve. 'La Provence a poffedé des terres au-de-là
·
du Fleuve.
2. Elle a exercé de tout tems fa jurifdiél:ion fur le Rhone. 12 8
3. La Provence étoit Propriétaire des Iiles &amp; Crémens. 129
·1· Elle
. . poffédoit les ports, péages, &amp; dérivation de la ·
nv1ere.
On ne peut lui oppofer la prefcription.
·.·
;
1 3 e;,
Le Languedoc n'a point d'aél:e tranilatif de propriété du
Fleuve.
.
•
•
.
13 1
Les tentatives du Languedoc n'ont pC1 lui acquérir de droit
fur le Fleuve.
•
•
•
•
r
1 33
Non plus que les Lettres Patentes qu'il invoque.
·
L'Arrêt de 149 3 eft la fource des erreurs des J urifconfultes
&amp; des Géographes.
L'Arrêt ~e 1726 n'a aucune application à l'affaire~
: 1 3~
Celui de 1724 ne peut nuire à la Provence.
SECONDE PR.OPOSITION. Les voyes de Droit font
ouvertes à la Provence, rpour Je pourvoir contre les Arrêts qui peuvent lui nuire.
.
•
•
..
l 3Ô'
L'Arrêt de 1724 peut être attaqué par la voie de· la con~
trariété.
Et par celle de la Requête civile.
;
;
1 3S
La raifon d'Etat devroit feule occafionner le Réglement
que la Provence demande.
,
•
I 3!J_
PREMIERE PROPOSITION.

,.

'C 0 N S. Cl L T A 'f l 0 JV.,

i

fi

11 9

�</text>
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                <text>Chénault, Charles-Étienne (171.?-1773). Imprimeur / Imprimeur-libraire</text>
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                <text>140 p.-[1] f de pl. dépl. : cartes</text>
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            <description>A summary of the resource.</description>
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                <text>Ce factum de Louis Damours est adressé aux procureurs des Gens des Trois-Etats du pays de Provence afin qu’ils puissent reconnaitre que la Provence a un droit de propriété sur le lit entier du Rhône, et mettre ainsi un terme aux litiges qui opposent les habitants de la Provence à ceux du Languedoc. L’objectif est d’obtenir un règlement général qui fixe définitivement les limites des deux provinces. L’arrêté du 26 juin 1724 rendu sur cette question est contesté par les procureurs de la Provence, représentés par Me Damours. Ce factum réalise un historique de la propriété du Rhône, de la conquête des romains jusqu’au XVIIIe siècle afin de démontrer l’appartenance du Rhône à la Provence. Louis Damours (1720-1788) était un avocat au Conseil et homme de lettres, ayant écrit des ouvrages sur les rapports entre le droit français et le droit romain ainsi que des factums.&#13;
&#13;
Factum signé p. 140 : Me. Damours, avocat. Consultation. délibéré à Paris le 3 juillet 1764. signé, Aussone, Bronod, Regnard, Despault, Huart du Parc, &amp; Damours.. - Bandeau, lettrines, carte imprimée de la basse vallée du Rhône, de Valence à la Méditerranée. - Sig. A-S4, T3&#13;
&#13;
Sources : &#13;
J. Krynen, J.-L. Halpérin et P. Arabeyre (dir.), Dictionnaire historique des juristes français XIIe-XXe siècle, PUF, 2e édition, 2017, notice de D. Deroussin, p. 303. &#13;
&#13;
Résumé Mélissa Legros&#13;
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            <description>A statement of any changes in ownership and custody of the resource since its creation that are significant for its authenticity, integrity, and interpretation. The statement may include a description of any changes successive custodians made to the resource.</description>
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                <text>BU des Fenouillères - Arts, lettres et sciences humaines (Aix-en-Provence), cote 7861/1</text>
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                <text>Mémoire et consultation pour les Etats de Provence contre les Etats de Languedoc pour prouver que le Rhône depuis la Durance jusqu'à la mer fait partie de la Provence et non du Languedoc &lt;br /&gt;- Feuille &lt;i&gt;Forcalquier&lt;/i&gt; ; 223 ; 1868 ; Dépôt de la Guerre (France) ; Chartier (graveur)/Beaupré (graveur)/Pierron (graveur), ISBN : F802231868. &lt;br /&gt;- Lien vers la page : &lt;a href="http://www.cartomundi.fr/site/E01.aspx?FC=27409" target="_blank" rel="noopener"&gt;http://www.cartomundi.fr/site/E01.aspx?FC=27409&lt;/a&gt;</text>
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        <name>France. Parlement de Provence -- 18e siècle -- Ouvrages avant 1800</name>
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        <name>Provence (France) -- Territoires et possessions -- 18e siècle -- Ouvrages avant 1800</name>
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        <name>Rhône (cours d'eau) -- 18e siècle -- Ouvrages avant 1800</name>
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        <name>Rhône, Vallée basse du (France) -- 18e siècle -- Ouvrages avant 1800</name>
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                  <text>Plusieurs dizaines de manuscrits des 16e-18e siècles, principalement juridiques, conservés dans les réserves des BU de l'université et d'autres partenaires du projet (bibliothèques municipales, archives et chambre de commerce)</text>
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                <text>Traité de métaphysique classique et de philosophie de l'esprit (séparation avec le corps) avec référence aux systèmes de Descartes et de Malebranche dont l'auteur, célèbre médecin et anatomiste aixois, était alors le contemporain</text>
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                <text>Une note manuscrite en page de garde, apparemment datée du  21-10-1903 (?), attribue le document à : "Joseph Lieutaud, médecin, né à Aix, 1703-1780". &#13;
&#13;
Sauf recherche plus approfondie, aucun autre indice ne permet d'inférer en toute certitude que le médecin et anatomiste français, professeur royal à Aix-en-Provence et docteur-régent de la Faculté de médecine de Paris, est réellement l'auteur de ce manuscrit alors qu'il semble n'avoir écrit que des ouvrages de médecine et des traités sur les maladies (note du 22/10/2019)</text>
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          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                <text>Acte. Marseille. Marseille. 1764-06-14 (Titre de forme)</text>
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                <text>Acte. France Chambre des comptes. Aix. 1764-07-04 (Titre de forme)</text>
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            <description>A summary of the resource.</description>
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                <text>&lt;div&gt;Vignette, bandeau, cul de lampe, lettrine. - Sig. A-D4, E3.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&#13;
Ce document présente deux textes de nature fiscale. Le premier est un arrêt du 14 juin 1764 pris sous l'échevinat de Georges de Roux, François Clary étant alors 2ème échevin (1), l'un des derniers échevins de Marseille, la fonction étant remplacée par celle de maire à partir de 1766 (les échevins, négociants de profession, étaient apparus un siècle plus tôt, en 1660, mettant fin à la tradition de puiser les notables dans le vivier des gentilshommes, nobles de naissance). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&#13;
&lt;div&gt;&lt;img src="https://odyssee.univ-amu.fr/files/fullsize/Georges-Roux-de-Cosre_1703-1792.jpg" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" /&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;div&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;em&gt;Georges Roux de Corse, 1er échevin de Marseille en 1764(1703-1792)&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;br /&gt;L'arrêt enregistré par Me Grosson, notaire, demande la rédaction d'un projet de nouvelle réglementation des droits des fermes de la ville. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;div&gt;&lt;img src="https://odyssee.univ-amu.fr/files/fullsize/Francois_Clary_1725-1794.jpg" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" /&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;em&gt;François Clary, 2ème échevin de Marseille en 1764 (1725-1794)&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;br /&gt;Aboutissement du premier, le second texte, daté du 15 juillet 1764 (le délai de 30 jours paraît bien court pour un arrêt d'une telle importance mais la demande initiale datait en réalité de févier 1764 et avait été émise par l'échevin Samatan) et signé de Tropheme présente ce nouveau règlement qui établit la liste très détaillée de toutes les déclarations à faire (encore plus nombreuses que les taxes elles-mêmes, toutes ne donnant pas lieu à un impôt !) et de toutes les taxes appliquées à la production, au commerce et à la consommation du vin et de la viande :&lt;br /&gt;&#13;
&lt;ul&gt;&#13;
&lt;li&gt;droit de piquet, 41 articles qui s'appliquent au blé, à l'orge et à tous les grains, à toutes les farines ainsi qu'à tous les produits de boulangerie (pain, galettes et biscuits) qui arrivent en ville ou y transitent (Marseille est déjà un noeud d'import-export très actif) et concernent surtout les meuniers et les boulangers (par ex. 60 sols par charge)&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;droit de pestre, 8 articles qui s'appliquent au blé, à la farine, au pain et aux biscuits, concernent les meuniers, boulangers et capitaines de navire (par ex., 1 sol par sac de blé réduit en farine)&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;droit de rêve et de gabelle sur le vin vendu par les hôtes, cabaretiers, caffetiers, gargotiers (consommation personnelle et familiale déduite !) : 8 articles, par ex. 5 florins par millerolle de vin (pour le vin et l'huile, unité de 60 litres)&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;droits sur la boucherie, droit de l'once de dix derniers dus par les bouchers, pâtissiers, charcutiers et saucissiers. Les 7 articles concernent aussi les viandes salées qui arrivent par mer&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;droits généraux : 4 articles relatifs aux fraudes et aux peines encourues par les fraudeurs (errants, vagabonds ou contrebandiers pris en faute); le Régisseur a tout moyen de droit ou de contrainte par corps pour recouvrer les sommes dues et en fera une répartition selon l'usage (sans autre précision)&lt;/li&gt;&#13;
&lt;/ul&gt;&#13;
Ces cinq droits, certains coutumiers et locaux comme la rêve (cf &lt;a href="https://odyssee.univ-amu.fr/items/show/991" target="_blank" rel="noopener"&gt;&lt;em&gt;Nouvelle cause d'adiournement de sieur Dominique Baudin ancien liberataire du droit de rêve imposé par la communauté de Cavailhon sur la chair de cochon&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;) et d'autre nationaux comme la gabelle mais adaptée à la Provence - pays dit de &lt;em&gt;petite gabelle&lt;/em&gt; sur le sel) construisent un dispositif fiscal complet où certaines denrées, considérées comme essentielles, sont taxées à chacun des stades de leur cycle (une fiscalité indirecte assez moderne dans l'esprit, aujourd'hui un des éléments dans le calcul du PIB) : du transport des grains à leurs broyage en farine, de l'acheminement des farines aux boulangers à leur panification, de la vente ou de la revente aux détails du pain et des pâtisseries. Le circuit des produits de boucherie suit le même schéma, de la bête sur pieds aux saucisses les plus élaborées. Un maillage cumulatif assumé, contraint et forcé, par le dernier maillon de la chaîne : le consommateur. À 25 ans de la Révolution Française, le simple particulier, indigent ou aisé, pouvait apprécier l'ingéniosité de la fiscalité des fermes chargées du recouvrement les impôts indirects destinés à alimenter les caisses royales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;_______________________________&lt;br /&gt;&#13;
&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&#13;
1. &lt;span class="mw-page-title-main"&gt;Liste des maires de Marseille&lt;/span&gt; - &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_maires_de_Marseille#Liste_des_premiers_%C3%A9chevins%20maire" target="_blank" rel="noopener"&gt;Wikipédia&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;https://fr.wikipedia.org&lt;br /&gt;2. Liste des échevins : &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Roux_de_Corse" title=""&gt;Georges de Roux&lt;/a&gt; (&lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Clary" title="François Clary"&gt;François Clary&lt;/a&gt;, 2&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; échevin)&lt;br /&gt;&lt;span class="text"&gt;3. Gilbert &lt;span class="familyName"&gt;Buti&lt;/span&gt;, &lt;span dir="ltr"&gt;“Une maison de négoce à Marseille au &lt;span style="font-variant: small-caps;"&gt;xviii&lt;/span&gt;&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&amp;nbsp;siècle&amp;nbsp;: les Roux frères”&lt;/span&gt;,&amp;nbsp;&lt;em&gt;Patrimoines du Sud&lt;/em&gt; [Online], 13&amp;nbsp;|&amp;nbsp;2021, Online since &lt;span dir="ltr"&gt;01 March 2021&lt;/span&gt;, connection on &lt;span dir="ltr"&gt;20 April 2023&lt;/span&gt;. &lt;span dir="ltr"&gt;URL&lt;/span&gt;: http://journals.openedition.org/pds/6234; &lt;span dir="ltr"&gt;DOI&lt;/span&gt;: https://doi.org/10.4000/pds.6234&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;4. 1er échevin https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Roux_de_Corse&lt;br /&gt;5. &lt;span class="mw-page-title-main"&gt;Histoire de l'impôt en France - &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27imp%C3%B4t_en_France" target="_blank" rel="noopener"&gt;Wikipédia&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;6. François Clary - &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Clary" target="_blank" rel="noopener"&gt;Wikipédia&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;</text>
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            <name>Table Of Contents</name>
            <description>A list of subunits of the resource.</description>
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                <text>Contient 2 pièces imprimées :&lt;br /&gt;&#13;
&lt;ul&gt;&#13;
&lt;li&gt;Dépend de l'honorable Conseil de cette ville de Marseille, tenu le 14 juin 1764... Signé, Grosson, notaire secret.. - p. 3-6&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;Reglement pour la perception des droits de piquet, pestre, reve et gabelle du vin et boucherie, au profit de la communauté de Marseille... Données à Aix en notredite chambre le quatre juillet l'an de grace 1764, &amp;amp; de notre régne le quarante-neuvième. Par la chambre signé, Tropheme. scellé le 15 juillet 1764.. - p. 7-38&lt;/li&gt;&#13;
&lt;/ul&gt;</text>
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            <description>A statement of any changes in ownership and custody of the resource since its creation that are significant for its authenticity, integrity, and interpretation. The statement may include a description of any changes successive custodians made to the resource.</description>
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                <text>Bibliothèque droit Schuman (Aix-en-Provence)</text>
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                <text>Au milieu du 18e siècle, les Marseillais amateurs de pain et de viande ne sont pas vraiment à la fête : une nouvelle réglementation municipale définit une série de déclarations et de taxes qui portent sur ces produits alimentaires.</text>
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        <name>Boucherie -- Impôts -- Droit -- Marseille (Bouches-du-Rhône) -- 18e siècle</name>
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        <name>Viande -- Impôts indirects -- Marseille (Bouches-du-Rhône) -- 18e siècle</name>
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        <name>Vin -- Impôts -- Droit -- Marseille (Bouches-du-Rhône) -- 18e siècle</name>
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          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                  <text>Ouvrages imprimés édités au cours des 16e-20e siècles et conservés dans les bibliothèques de l'université et d'autres partenaires du projet (bibliothèques municipales, archives et chambre de commerce)</text>
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                <text>Lettres sur les deux ouvrages de M. Portalis, étudiant en droit, en l'université d'Aix</text>
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                <text>Oeuvres des juristes provençaux avant 1789</text>
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                <text>Bibliothèque Méjanes (Aix-en-Provence), cote In 16 pcs 652</text>
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                <text>https://odyssee.univ-amu.fr/items/show/1018</text>
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            <name>Alternative Title</name>
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                <text>Observations sur Emile (Jean-Étienne-Marie Portalis, 1864)</text>
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                <text>Prejugés (Des). Idée générale des préjugés (Jean-Étienne-Marie Portalis, 1864)</text>
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            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
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                <text>Quand on aime, on ne compte pas. Il est sûr que Portalis cite de nombreuses fois les grands auteurs comme Gresset, Massillon (premier texte) et Rousseau, Montesquieu, Malebranche, Ceruti, Voltaire (second texte). Difficile de ne pas multiplier les citations quand on rédige une analyse critique. Et dans le choix des œuvres, Portalis a plutôt bon goût, en tous les cas, il choisit parmi les plus célèbres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;img src="https://odyssee.univ-amu.fr/files/fullsize/copieur.jpg" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" /&gt;&lt;em&gt;Copier sur son voisin ou comment s'attibuer sans peine le travail des autres &lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;br /&gt;Mais quand on n'aime pas, on compte encore moins et le polémiste, à la plume particulièrement acide, pourtant plein de bonnes intentions au départ, ne se prive pas d'accabler Portalis sur tous les plans :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- sur le fond : il confond ce qu'il comprend avec les thèses réelles (les passions pour les préjugés, par ex.)&lt;br /&gt;- sur la forme : n'ayant rien à dire, il construit un texte de pure opposition aux ceux qui remplissent déjà les bibliothèques&lt;br /&gt;- sur la méthode : il convoque les auteurs qui vont dans le sens de ce qu'il veut démontrer&lt;br /&gt;- sur la manière : (re)copier, ce n'est pas seulement déloyal envers ses sources et son lectorat, c'est la preuve d'un manque total de capacité créatrice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi deux lettres ? Parce que Portalis a publié deux ouvrages, le premier sur Rousseau "&lt;em&gt;Les observations sur Emile&lt;/em&gt;" et le second sur les "&lt;em&gt;Préjugés&lt;/em&gt;" ou "&lt;em&gt;Idée générale sur les préjugés&lt;/em&gt;". Déjà excédé par le premier ouvrage où il accuse à plusieurs reprises Portalis de plagiats, la formule la plus sévère tombe au début de la seconde critique : "&lt;em&gt;Quand il cite les auteurs une fois, il les copie dix fois&lt;/em&gt;". Juriste plagiaire : un parfum de double faute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour confondre Portalis, l'accusateur (a priori resté anonyme), oppose en regard l'un de l'autre les textes des auteurs originaux et ceux du jeune juriste ambitieux, téméraire et pressé. Une confrontation pour le moins troublante pour les uns, un flagrant délit pour d'autres. Une erreur de jeunesse qui ne gâchera pas son avenir (nous n'avons pas connaissance d'une plainte en diffamation de J.-E.-M. Portalis à l'époque).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Le document original du milieu du 18e siècle reproduit provient des collections de la Bibliothèque Méjanes de la ville d'Aix-en-Provence. Nous la remercions ici grandement ainsi que sa directrice, Mme Aurélie Bosc.&lt;/em&gt;</text>
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            <name>Provenance</name>
            <description>A statement of any changes in ownership and custody of the resource since its creation that are significant for its authenticity, integrity, and interpretation. The statement may include a description of any changes successive custodians made to the resource.</description>
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                <text>Bibliothèque Méjanes (Aix-en-Provence)</text>
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                <text>Portalis, Jean-Étienne-Marie (1746-1807)</text>
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                <text>France.. 17..</text>
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                <text>Tout le monde admet que si l'on veut critiquer une idée ou une œuvre, il faut bien la citer. Mais emprunter tels quels ou à peine retouchés des extraits, s'assimile au plagiat, la pire accusation que l'on puisse adresser à un auteur.</text>
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        <name>Philosophie politique --Plagiat -- 18e siècle</name>
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        <name>Portalis, Jean-Étienne-Marie (1746-1807)</name>
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