<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<itemContainer xmlns="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5 http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5/omeka-xml-5-0.xsd" uri="https://odyssee.univ-amu.fr/items/browse?advanced%5B0%5D%5Belement_id%5D=40&amp;advanced%5B0%5D%5Btype%5D=is+exactly&amp;advanced%5B0%5D%5Bterms%5D=1907-1962&amp;sort_field=Dublin+Core%2CCreator&amp;sort_dir=d&amp;output=omeka-xml" accessDate="2026-04-14T01:18:02+02:00">
  <miscellaneousContainer>
    <pagination>
      <pageNumber>1</pageNumber>
      <perPage>25</perPage>
      <totalResults>1</totalResults>
    </pagination>
  </miscellaneousContainer>
  <item itemId="270" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="1421" order="1">
        <src>https://odyssee.univ-amu.fr/files/original/2/270/Annales-Musee-colonial_1907-Vol-05.pdf</src>
        <authentication>6b0615ac42ad41e8e392d996a065a804</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="92">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="8671">
                    <text>A N N A L E S

DE M A R S E IL L E
FONDÉES EN

1893

PAU

M . us professeur I)1' É d o u a r d H K C K C L
et publiées sous sa (lireclion.

Publication suhcenlionnée par le Conseil (/énéral des /louches du-W iône
Quinzième année. 2' série. 5' volume (lUi&gt;7)

1° Recherches morphologiques et anatomiques sur une Rubiacée nouvelle de Mada­
gascar : Diiucm.i:;n.v imuncei nova sp., par M. Pau . 1)0P, docteur ès sciences,
chargé d’un cours de botanique à la Faculté des sciences de Toulouse.
2° Sur quelques plantes nouvelles de Madagascar au point de vue morphologique et
anatomique, par M. DUHARD, maître de conférence de botanique coloniale à la Sor­
bonne, et P. 1)0P, chargé de cours à la Faculté des sciences de Toulouse.
3" Sur le Protorhus Perrieri nov. sp. de Madagascar, par M. le professeur L. COU RCH ET
Le Kitsongo vrai de Madagascar Rourea (liyrsocarpus orientalis II. Bn.. par M. le
professeur L. CO U RCil ET.
f&gt;° Le Kino des Myristicacées, recherches sur l’appareil sécréteur de Ivino chez ces
plantes, par M. II. JACOB DE CORDEMOY, professeur à l’école de médecine et à
l’Institut colonial, chef de travaux à la Faculté des sciences de Marseille.
Examen chimique du Kino de Bourgoni. par M. R1BAUT. chargé de cours à la
Faculté de médecine et de pharmacie de Toulouse.
~r Recherches sur les Erythrophleum et en particulier sur l’E. Coimixga II. Bn., par le
docteur I.outs PLANCHON, professeur à l’Ecole supérieure de pharmacie de
Montpellier.
s Etude chimique de l’Écorce d’Erythrophleum Couminga. par M. le docteur L ABORDE,
professeur agrégé à la Faculté de médecine et de pharmacie de Toulouse, pharma­
cien en chef des Hospices civils.
&lt;&gt;• Sur quelques plantes utiles ou intéressantes du Nord-Ouest de Madagascar, par
M. H hmu JUMELLE, professeur à la Faculté des sciences de Marseille.
10" Notes sur la Flore du Nord-Ouest de Madagascar, par MM. IL JUMELLE et
H. PERRIER DE LA B AT MIE.

MARSEILLE
M USÉE C O LO N IA L
5, R ue N o a iu .e s , 5
1907

�ANNALES
nt

MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE
Aimée 1907

�A N N A L E S

DE M A R S E IL L E
FONDÉES EN

1893

PAU

M . us professeur I)1' É d o u a r d H K C K C L
et publiées sous sa (lireclion.

Publication suhcenlionnée par le Conseil (/énéral des /louches du-W iône
Quinzième année. 2' série. 5' volume (lUi&gt;7)

1° Recherches morphologiques et anatomiques sur une Rubiacée nouvelle de Mada­
gascar : Diiucm.i:;n.v imuncei nova sp., par M. Pau . 1)0P, docteur ès sciences,
chargé d’un cours de botanique à la Faculté des sciences de Toulouse.
2° Sur quelques plantes nouvelles de Madagascar au point de vue morphologique et
anatomique, par M. DUHARD, maître de conférence de botanique coloniale à la Sor­
bonne, et P. 1)0P, chargé de cours à la Faculté des sciences de Toulouse.
3" Sur le Protorhus Perrieri nov. sp. de Madagascar, par M. le professeur L. COU RCH ET
Le Kitsongo vrai de Madagascar Rourea (liyrsocarpus orientalis II. Bn.. par M. le
professeur L. CO U RCil ET.
f&gt;° Le Kino des Myristicacées, recherches sur l’appareil sécréteur de Ivino chez ces
plantes, par M. II. JACOB DE CORDEMOY, professeur à l’école de médecine et à
l’Institut colonial, chef de travaux à la Faculté des sciences de Marseille.
Examen chimique du Kino de Bourgoni. par M. R1BAUT. chargé de cours à la
Faculté de médecine et de pharmacie de Toulouse.
~r Recherches sur les Erythrophleum et en particulier sur l’E. Coimixga II. Bn., par le
docteur I.outs PLANCHON, professeur à l’Ecole supérieure de pharmacie de
Montpellier.
s Etude chimique de l’Écorce d’Erythrophleum Couminga. par M. le docteur L ABORDE,
professeur agrégé à la Faculté de médecine et de pharmacie de Toulouse, pharma­
cien en chef des Hospices civils.
&lt;&gt;• Sur quelques plantes utiles ou intéressantes du Nord-Ouest de Madagascar, par
M. H hmu JUMELLE, professeur à la Faculté des sciences de Marseille.
10" Notes sur la Flore du Nord-Ouest de Madagascar, par MM. IL JUMELLE et
H. PERRIER DE LA B AT MIE.

MARSEILLE
M USÉE C O LO N IA L
5, R ue N o a iu .e s , 5
1907

�HEC II EHGII ES MO R 1MIOL OGIQ U ES
ET ANATOMIQUES
SUR UNE RU RI ÂGÉE NOUVELLE DE MADAGASCAR

LE

DIRICHLETIA PRINCE/
PA K

M. P aul DOP,
Docteur ès sciences, chargé d’un cours de botanique
à la Faculté des Sciences de Toulouse.

S I. — ÉTUDE MORPHOLOGIQUE.
Le genre

Dirichletia

a été établi par

K lotzsch 1 en

pour deux espèces de Rubiacées de l Afrique tropicale.

1833,

B âil ­

lon ■ a considéré ce genre comme rentrant dans le genre
Juss.
D ’autres auteurs, H iern;!, B. B alfou R',
B aker -’ el K. S lhl .mann (i, ont maintenu le genre

Carphnlea

comme distinct du genre

Carphalea. Il

Dirichletia,

me

paraît possible

d’adopter cette manière de voir et de définir, d’après K. S chumann,

Dirichletia de la
Dirichletia Klotzsch.-—

le genre

façon suivante:
Rubiacée de

la tribu des Olden-

landieæ.

1. K l o t z s c h , Monatsberichte «bu- Kôn. Preuss. Akad.emie, 1853,
p. 494.
2. B âillon , Monographie, des Rnbi$çées, Histoire des Plantes, t. VU,
1880. p. 417.
3. Mieux , Hubiaceœ in Flora o f tropical A frica, Vol. III, p. 50.
4. R. Rau ouh, Diagnoses plant, nov......... phanerog. Socotrensiuni,
Proceedings of Ilie Royal Sociely of Edinburgh, t. XI, 1882, p. 834.

5. Rakeiï, F urther Contributions lo the Flora o f Madagascar. Jour­
nal of theLinn. Soc., 1887, p. 482. cl 1890, p. 321.
tj. K. S cuumanx, Riibiuceæ in P flanzenfam ilier, 4, T. 4. 1891, p. 23.
I
Annales du Musée col. de Marseille. — 2- série, y vol.

�Calice plus ou moins déprimé, formé soit &lt;1 une seule lame
déjetée de côté, soit de quatre lobes ; corolle en entonnoir ou
en tube, avec des lobes courts; étamines fixées dans le tube;
ovules en petit nombre dans un ovaire à deux loges, attachées
à l'extrémité d'une petite colonne dressée, partant de l'angle
de la base de chaque loge ; graines h albumen charnu dur ;
stvle bitide ; capsule membraneuse s’ouvrant irréguliè­
rement.
Arbustes ou arbrisseaux, à feuilles minces, h stipules
interpétiolaires ; Heurs en eymes terminales corvmbiformes.
Notons en passant que IIikrn signale le dimorphisme des
fleurs1.
Le genre Dirichletia se distingue nettement du genre Carphalea Juss. où, en effet, le calice est en forme de parapluie
ischirmfôrmig) et la corolle étalée en plateau.
Le genre Dirichletia possède un certain nombre d’espèces
réparties dans l’Afrique et les îles de l'Océan Indien voisines
de ce continent. Ces espèces sont au nombre de 13: Dirichlelin
pubescens Klotzsch, D. glabra Klotzsch, D. glaucescens Iliern
et I). Ellenbeckii Schumann ’ sont propres à l'Afrique tropic.de. Dans LîleSocotora Bai. foer a décrit trois formes qui
sont D. venu /osa, D. lanceolataet D. obovata. A Madagascar,
le genre est bien représenté, et, si on met à part le Z), insignis
Yatke : et le D. Pervilleana Yatke qui sont des Carphalen
1. Le polymorphisme lloral, dont le Dirichletia Princei offre un
exemple très net, a déjà été signalé chez d’autres Rubiacées, par exemple
dans les genres Borreria, Oldenlandia etc. McmelIiERN [ indique,comme
je l ai déjà dit, dans les Dirichletia de l'AIVique tropicale. Il se pourrait,
par conséquent, que le dimorphisme ou le trimorphisme lloral ne soit
pas spécial à l’espèce qui fait l'objet de ce travail, mais soit au contraire
un caractère général du genre Dirichletia. C'est cette hypothèse que je
me propose d'étudier dans un travail plus étendu sur h- genre Diri­
chletia.
ï. S chumann. Ueitrage zur Flora cou A frica ,
p. 336 .

3. Y atüe , Bremen Abhand. ISsIi, |, ||7 .

Bol. Jalirb.

33 . 1903,

I.K « HIMICHLETlA PRINCEI »
.luss.

1,

et

le

I). scahra

\1 reste six espèces,

Drake

( ’ûnq sont

-

qui

dues

est
à

un

3
Otonieria,

B aker , ce

sont

I). i nvolucrata, D. ternifolia, I). Irichophlebia, D. leucojtblebia, I). sjthœrocephala ; la sixième est duc. à Sciu'mann :,qui l’a

figurée sans diagnose sous le nom déjà employé par Y atke de

I). insignis Schumann.
Le Dirichletia qui fait l’objet de ce travail a été récolté par
le regretté P rince ', pharmacien aide major des Colonies, dans
la province de Majunga, et il m’a été communiqué par M. le
Professeur HECKKL, qui a bien voulu me confier l’étude de la
collection P rince et que je suis heureux de remercier ici.
Yoici la diagnose de cette espèce.
D irichletia P rincei Dop. n.sp. ; n"(iicollect. P rince. Frulex
vel arbor? ramulis pubescenlibus, s/ipulis delloideis elongatis
pilosis; foliis oppositis ohlongis aculis breviter petiolatis: basi
attenua/is, sparse pilosis facie ventrali, fore glabris facie
dorso, sed dense pilosis ad venas ; floribus di vel / riniorphis,
fe/rameris in ct/mas terminales dispositis, calgcis segmentis
basi eonnatis. valde inægualibus. crescentibus ; corollæ tubo
ci/lindrico piloso elongal issitno; segmentis parvis ovatis acuminatis, sparse pilosis y fructu ignoto.
Madagascar. Province de Majunga.
Espèce voisine du D. Irichophlebia Baker, dont elle se dis­
tingue principalement par les fleurs polvmopbes, le tube de
la corolle non dilaté à l’apex, les feuilles pétiolées.
Je ne possède de ce Dirichletia Princei que des échantillons
conservés dans l alcool et qui sont surtout descymes. 11 m’est
1. Index Kewensis

2. D rake in Grandidior icon. a l2.
3. S chumann , loc. cil., p. 30.

4. Prince, envoyé en mission pour la récolte d'objets d’histoire natu­
relle et particulièrement de plantes dans la province de Majunga, en 1896,
sur la demandede M. Ileckel, fut détaché dans ce but de l'hôpital militaire
de Majunga où il remplissait ses fonctions et succomba peu après son
retour de sa mission (qui avait duré une année environ à Majunga
même d’un accès de fièvre bilieuse. 11 est mort victime de son dévoue­
ment à la science.

�i

P. OOP

impossible de donner exactement le port de la plante.
Les rameaux sont très pubescents. Les feuilles que j ’ai
observées ont environ 3o millimètres de Ion-, sur II! milli­
mètres de large. Kl les sont terminées en pointe à leur extré­
mité libre; à la face supérieure, elles portent des poils épars ;
la face inférieure est presque-labre, cependant les poils sont
abondants s u r les nervures qui sont très saillantes. Le pétiole
a 2 à 3 millimètres de long , les stipules sont en forme de
trian-le allongé, de 2 millimètres de long, et abondamment
munies de poils.
Les Heurs portées par des pédoncules pubescents de 7 à
S millimètres de long, sont groupées en cymes terminales de
7ü à 80 millimètres de large. Le calice (fig. I ) est formé de
quatre lobes, très rarement decinq, connés à la base, fortement
inégaux et limitant un disque quadrangulaire. Les lobes s'ac­
croissent beaucoup après la fécondation; le plus développé
d'entre eux peut alors atteindre l'i à 18 millimètres de Ionsur 8 millimètres de large, la dimension moyenne des autres
étant de 0 millimètres de long sur i de large. Ces lobes sont
probablement membraneux, quoique le séjour prolongé dans
1 alcool enlève toute certitude à cette affirmation. — Ces lobes
possèdent des nervures anastomosées, parmi lesquelles on
peut remarquer trois nervures longitudinales, parallèles,
noires, assez nettes. Le pédoncule floral est peu renflé sous
le calice.
Le tube de la corolle lig. 2) est très long, de 30 milli­
mètres environ, cylindrique, grêle, couvert de poils courts.
Quant aux quatre lobes, ils sont subégaux, ovoïdes et ter­
minés en pointe. Ils ont en général i à S millimètres de
longueur sur I millimètre et demi de largeur et portent quelques
poils, surtout vers leur base.
Les étamines sont au nombre de quatre. En ce qui concerne
la disposition relative du stigmate et (les étamines, le I). Princei
présente un polymorphisme assez net pour qu'il soit possible
de distinguer dans cette plante trois types de Heurs : Lrévisfylées, lonyislylées et homoslyloes.
1" Pleurs hréviçtylées. — (Lig. 2). Dans ces fleurs, le

VNNALES DU MUSÉE CO LO M A E DE MARSEILLE.

donc

Fie.

]. — Calice de D. Princei; F ig . 2 . — Fleurs brévistyléesde D. Princei:
F ig . 3 . — Fleurs longistvlées de D. Princei Gross. 3 h

Pnfjes

�S
style est entièrement caché dans 1(&gt; tube de la corolle et les
étamines font saillie à l'extérieur. Le style a dans ce cas une
longueur totale de 20 millimètres, et il se termine par un
stigmate, jamais bifide, mais sous la forme d’un petit rende­
ment allongé couvert de papilles. Les étamines sont insérées
tout au sommet du tube et elles font saillie à l’extérieur sur
une longueur de 3 à \ millimètres.
2° Fleurs lonyislylées. — (Fig. 3). Ici, les étamines sont
entièrement cachées dans le tube de la corolle, leur insertion
étant reportée plus bas que dans les fleurs du premier type.
Quant au style, il fait saillie à l’extérieur du tube sur une
longueur de 8 à 9 millimètres, et il se termine toujours par
un stigmate bifide.
3° Fleurs homostylées. — Ces fleurs sont caractérisées par
ce fait (pie le stigmate et les étamines arrivent à la même
hauteur, le tout restant d’ailleurs caché dans le tube de la
corolle. Ici encore, le stigmate est bifide.
De ces trois sortes de fleurs, celles à style court et à étamines
longues sont les plus fréquentes ; les fleurs à style long et à
étamines courtes sont beaucoup plus rares, et les fleurs homostylées doivent être extrêmement rares, car dans l’échantillon
que j’ai eu à ma disposition, je n’ai observé qu’une seule fleur
de ce type.
L’existence et l’étude de ce polymorphisme dans les fleurs
de Dirichletia ont une assez grande importance. En etret, dans
les descriptions que B aker a données des espèces de Mada­
gascar, il signale comme caractère, le fait que les étamines
dépassent ou ne dépassent pas le tube de la corolle. C’est
ainsi, par exemple, que le D. trichophlebia Baker, qui se
rapproche de l’espèce que je décris, est signalé comme ayant
des étamines « not exserted from the corolla tube ». On voit,
par ce qui précède, le peu de valeur qu’il faut attribuer à ce
caractère,
LE « DIHICIII.KTI \ l'RIACKI »

�F ig . 5. — Coupc longitudinale dans l’ovaire de D. Princei ; t, tube ;

c, calice ; o. ovule : /', funicule. (Gross. 45.)

ornements ligniliés en forme d’U. La section du connectif est
circulaire.
L’ovaire du l). Princei mérite d'être étudié en détail, car
la disposition des ovules y est assez compliquée. Cet ovaire,
qui résulte de la soudure de deux carpelles, est biloeulaire.
Chaque loge renferme trois ovules qui sont disposés au som­
met d’un funicule unique, court, en forme de colonnette qui se
détache delà base de l’angle interne de la loge, en se dressant
verticalement. Ces trois ovules sont groupés dans la loge en
demi-cercle comme l'indique la ligure i ; les deux extrêmes
sont tournés vers 1extérieur de la loge, le moyen au contraire
est dirigé vers la cloison La ligure b, qui est une coupe passant

de calcium dans les tissus du pistil, et même dans les tissus
des ovules.

B. — ANATOMIE DE L'APPAREIL VÉGÉTATIF DU
I). Princei.
Dans l'ouvrage classique de S oliîiœdlu !, on ne trouve que
quelques données relatives à l’anatomie du

D. insiynis Vatke ;

or, comme je l ai déjà dit, cette espèce appartient

au genre

1. Soi.iiHKDEi;, Systemutisclie Anuloinie (1er Dicolyledonen. Ru.biacetc, j). 501.

�Carphulea Juss ; de telle sorte qu'à ma connaissance aucune
étude anatomique des Diriclilelia na encore été laite, (-est
pour combler celle lacune que je me propose de décrire rapi­
dement l'anatomie du /). Princoi.
F Kl il.u:. — Les poils (pie l'on rencontre sur le limbe et le
pétiole de la feuille du I). Princei, sont des poils pluricellu­
laires unisériés. Ces poils très longs sont, en etfcL constitués
par une lile de d à S cellules allongées, à parois lisses, et
terminés en pointe mousse. L épiderme de la face supérieure
est formé de grosses cellules régulières à paroi externe très
épaissie. Les cellules de l'épiderme inférieur sont beaucoup
plus petites, et leur contour est très sinueux. Les stomates
localisés sur cette face de la feuille sont formés de deux cellules
stomatiques, entourées de deux cellules annexes de grandeur
inégale et disposées parallèlement à la fente du stomate.
Le parenchyme foliaire est bifaeial. Le tissu palissadique est
formé de deux assises de cellules régulièrement disposées ; quant
au tissu lacuneux, il est formé de cellules petites, laissant entre
elles de nombreuses lacunes. La nervure principale est formée
d'un arc libéro-ligneux sans liber interne, entouré sur ses deux
faces de collenchyme ; les nervures secondaires se réduisent
à un faisceau libéro-ligneux.
L'appareil sécréteur de la feuille est constitué par des cellules
à résine, sphériques, généralement situées dans le tissu en
palissade, sous l'épiderme supérieur. L'oxalate de calcium se
présente sous la forme de raphides, très régulièrement groupés
dans l'intérieur d une cellule.
Le pétiole est muni de deux petites ailes latérales : dans son
parenchyme qui est eollenchvmateux, se trouve disposé un
arc libéro-ligneux normal étalé dans un plan perpendiculaire
au plan de symétrie. Chaque aile possède en outre un petit
faisceau surnuméraire. On rencontre fréquemment dans le
pétiole de gros cristaux courts d’oxalate de calcium.
T ige . — La structure de la tige que j’ai établie sur des
rameaux très jeunes est normale. Le liège paraît se former
dans la deuxième assise épidermique. L'écorce renferme des
cristaux courts d’oxalate de calcium. Les ravons médullaires

sont formés d une seule file de cellules. Le bois a la structure
normale des Hubiacées, et la moelle est en partie ligniliée.
Lu somme, 1 appareil végétatif du 1). Princei est surtout
caractérisé par la présence de cellules sécrétrices à résine dans
la leuille, et d’oxalate de calcium en raphides dans la feuille,
en cristaux courts dans les autres parties du végétal.
En résumé, dans ce travail, j’ai décrit une espèce nouvelle
de Dirichlefia de Madagascar, et j’ai essayé de donner, d’après
celte espèce, les caractères morphologiques et anatomiques du
genre. Etant données les applications si nombreuses des
Hubiacées exotiques, j’ai pensé, ce faisant, entreprendre une
œuvre utile.

�SUR QUELQUES PLANTES NOUVELLES
DE MADAGASCAR
é
P ar MM. DUBARD

et

1)0 P.

INTRODUCTION
Les plantes qui font l'objet de l'étude morphologique et anatomique de MM. Duhard et Dop, me furent adressées sur
ma demande par M . Perrier de la liai hic, le si dénouéet si pré­
cieux correspondant du Musée colonial de Marseille, en vue de
pouvoir déterm iner ces plantes, presque toutes employées par la
médecine indigène malgache et de les classer dans la suite de
mon Catalogue raisonné des plantes médicinales et toxiques de
Madagascar, où malheureusement figurent sans détermination
scientifique jusqu ici possible une foule d'espèce connues seule­
ment sous leur nom vernaculaire.
Cette lacune pourra être partiellement comblée aujourd hui
et avec d autant plus de bonheur que, conformément à des pré­
visions faciles à établir quand il s'agit de la flore malgache,
ces plantes indéterminées appartiennent à des espèces nouvelles.
Il restera maintenant à faire Vélude chimique des diverses
dr-ogues produites par ces végétaux.
Professeur Dr E. IIE C K E L ,

Directeur-Fondateur des Annales du Musée
colonial de Marseille.

�SUR Q UELQ UES

’L ANTES NOUVELLES DE MADAGASCAR
A l’ POINT DK VUE

MORPHOLOGIQUE ET ANATOMIQUE
M. DUHARD

Maître de conférences do bolaniquc coloniale à la Sorbonne
ET

R. DDE

Chargé de cours A la faculté des sciences de Toulouse.

Ravensara Perrieri1. Dciiard et Doi&gt;
Perrier do la Bat/iie. — Rivière do la Ma/ioudodi/ supérieure.
r
.Y0 / Ilerh. Mus.
Nom vernaculaire Kabifsalahy.
L’échantillon que nous avons analysé ne portant pas de
fruit, la détermination générique ne peut être certaine ; tout ce
qu’il est possible d'affirmer, c'est que l'espèce est nouvelle et
qu elle appartient au genre liavensara ou au genre Cryptocarya.
Les deux genres sont en effet extrêmement voisins et les liavensa/'a ne diffèrent que par la subdivision de leur embryon en
I. Soc. Ilot, de France (séance d'avril 1907 .

�MM. n i’KAND ET P. DO P
Ii
six lobes, délimités par six fausses cloisons nées du tube du
périanthe qui persiste autour du fruit *.
L odeur un peu aromatique des feuilles nous incline à pen­
ser que la forme en question appartient cependant plutôt au
«relire Havensarn, ainsi, d’ailleurs que l'aspect généralde 1 échan­
tillon que nous avons pu comparer avec les espèces appar­
tenant aux genres précédents contenues dons 1 herbier du
Muséum.
Le li. Pcrrieri i tig. I est un arbre caleieole de 15 à
25 mètres de haut, dont le diamètre peut atteindre 50 centi­
mètres. L'écorce qu'il fournit est faiblement aromatique et
possède une saveur assez particulière.
Les feuilles sont alternes, oblongues lancéolées, légèrement
acuminées ; dimensions moyennes (pétiole 1 centimètre; limbe
I50 """ X 5 7 Le limbe est coriace, glabre ainsi cpie le
pétiole ; la nervure principale est saillante sur la face inférieure
de la feuille ; les nervures secondaires, au nombre de sept à
neuf paires ne se correspondent pas d une moitié à l'autre ; elles
sont légèrement saillantes sur la face inférieure, peu visibles
sur la face supérieure, se détachent sous un angle d’environ
00° après avoir longé la nervure principale sur une certaine
longueur; des arcs vasculaires distants du bord de la feuille
réunissent les nervures consécutives. Les nervures tertiaires
tonnent un réseau à iines mailles, à peu près également mar­
qué sur les deux faces-.du limbe.
Les inflorescences sont axillaires ou terminales, en grappes
de cynies bipares condensées, atteignant environ 1/0 de la
longueur des feuilles, velues sur toutes leurs parties.
Les (leurs verdâtres mesurent environ 5n,m 1/2 de longueur
et sont presque sessiles. Le périanthe est formé de six pièces
velues sur leurs deux laces, trois externes et trois internes, sou­
dées a la base en un tubecampanulitorme, plutôt un peu évaséà
sa partie supérieure, libres sur la moitié de leur longueur et
formant des lobes oblongs arrondis à l'extrémité. Le tube du
périanthe dans lequel est logé l'ovaire est fortement velu

1. Bâillon, Adansonia, 1868-70.

�Sl'H QUELQUES PLANTES NOUVELLES DE MADAGASCAR

15

intérieurement. L androcée comprend : 1° six étamines insérées
vis-à-vis des lobes du perianthe, vers le moitié de leur hauteur
et. enveloppées

partiellement

par ceux-ci ;

les

étamines

mesurent a peine I millimètre de long, avec un lilet très court,
dilate a la base, une anthère ovoide à deux loges introrses.
s ouvrant par des clapets en forme d’ellipse allongée; l'an­
thère et le filet portent des poils nombreux ;

2° I rois étamines superposées aux pièces externes du
perianthe s insérant vers la base des lobes, mesurant environ
1 millimètre de long, à lilets très courts, presque aussi larges
que lesanthères; celles-ci sont à deux loges extrorses et s'ou­
vrent par des clapets presque circulaires : les anthères et les
blets sont velus ; chacune de ces étamines est flanquée laté­
ralement à la base du lilet de deux grosses glandes presque
aussi volumineuses que l’anthère ;
3° Trois staminodes superposés aux pièces internes du
perianthe, en forme de cœur à pointe dirigée vers le haut, très
velus, s'insérant sensiblement au même niveau (pie les éta­
mines précédentes.
L’ovaire est globuleux surmonté d'un strie terminé par un
renflement stigmatique au niveau des étamines externes; il
renferme un ovule pendant, accroché vers le sommet de la loge,
à microphvle supère, comme chez toutes les Lauracées.
Ivtude

anatomique dit

llavensara Perrieri.

Fouille. — La structure de la feuille du Ravensara Perrieri,
présente quelques particulités intéressantes. Le limbe, qui est
entièrement glabre, est limité sur ses deux faces par des épi­
dermes qui ont les caractères suivants ; L'épiderme supérieur
(lig. 2), est formé de cellules très régulières, à paroi externe
épaisse etcutinisée; il est entièrement dépourvu de stomates.
Sur sa face interne, il est doublé par une assise de cellules
qüi constitue l hypoderme et qui a été décrite pour la pre­
mière fois par F ax h Cet auteur l'a trouvé uniformément dans
1. P ax, Laurace«t , in Ptlanzenfaniilim Engin- ni Prantl 111 Teil,
2, page IUT. IN91.

�.Ÿx,7/

pour la description des
pas

spéciaux au

caractères

II. Perrieri ,

aux travaux précédemment cités de

P ax

et de

P etzold,

ainsi qu’à ceux de. M. P errot1 et de S oleueder -.
Le mésophylle est nettement bifacial (lig. 2). Le tissu palissadique est formé de deux à trois rangées de cellules régu­
lièrement disposées sous l’hypoderme. Quant au tissu lacuneux,
il n'offre, comme particularité notable à signaler, que la pré­
sence de libres disposées en une

Cf.

anatomiques qui ne sont

le lecteur pourra se reporter

rangée interrompue

au

niveau des stomates et qui double sur sa face interne l’épi­
derme inférieur.

Fui. i. — Loupe dans los (issus de la face supérieure du limbe de la feuille
de /fri rensa ra Perrieri : ep, épiderme; hyp, hvpndcrmc; es, cellule sécréIrice.

1S

tire son origine d’un dédoublement tangentiel do 1 épiderme,
est considéré, par P.w. comme un réservoir d’eau périphé­
rique. Dans le /?. Perrieri, il est très bien développé et con­
tinue sur toute la surface supérieure du limbe, sauf au niveau
de la gaine scléreuse des nervures secondaires, (pii aboutit
directement, comme nous le verrons plus loin, à l'épiderme. Les
cellules qui constituent cet hvpoderme sont plus grandes que
les cellules épidermiques et leurs parois sont minces et en
cellulose pure.
L épiderme de la face inférieure du limbe est formé de
cellules plus petites que celles de l’épiderme supérieur. 11
renferme de nombreux stomates; ceux-ci ont la structure
normale des stomates de Lauracées, les deux cellules stomatiques étant légèrement enfoncées entre deux cellules annexes
disposées parallèlement à la fente des cellules stomatiques.
A ce propos nous ferons remarquer une fois, pour toutes, que,

La nervure principale est formée de cinq faisceaux libéroligneux; cet arc est enveloppé sur ses deux laces de tissu de
soutien. Sur la surface inférieure, la gaine fibreuse est formée
de cinq arcs fibreux juxtaposés. Les nervures secondaires sont
réduites à un faisceau libéroligneux enveloppé dune gaine
scléreuse, qui s'étend en bandelette de l’épiderme inférieur a
l'épiderme supérieur. Chaque bandelette est de forme trian­
gulaire ; vers la face inférieure elle comprend quatre à cinq
rangées de libres, puis elle va en s’amincissant vers la face

1. V olkeu P etzocd , Sysleinalisch-anatomisehe Untersuchiingen iiber
die Laublâtter der a/nerilfanischen Lauraçpen. Botanisclu* lahrbüclier,

pharmacie. Paris, 1891.

XXXVIII Band, p. 44.”», 1907.

F ig. 3. — Microphotographie (l’une coupe de la feuille de li. Perrieri.

1. Pbruot, Étude histologique des Laurinées. lh èse de 1Le. sup.
2. Solkhbder, Sysleinalischc Analomie der Dicotyledonen, 1899.
Annules du Musée col. de Marseille. — 2* série. 5e vol. 1907.
2

de

un rnw rnm tm m m m m m m m m m m m m m m m m m m Ê B m m m Ê B m m R H H

MM. Dl’RAlll) ET I'. IH)1&gt;
10
la plupart des Lauraoées de la tribu des Cryptocaryées,
surtout dans los genresCryptocayra, Aydendron etRavensara.
Plus récemment P etzold 1 a signalé parmi les Lauracées
américaines l'existence de cet hypoderme dans toules les
espèces des genres Cryptocarya et Hufclundia. Ce tissu, qui

�MM. DUBARD ET P. DOP
18
supérieure, où elle se réduit à une ou deux liles de cellules de
soutien. Les cristaux d'oxalate de calcium sont très fréquents
dans le voisinage des nervures, surtout dans les libres où ils
se présentent sous la forme de prismes courts.
L’appareil sécréteur est extrêmement développé dans le
limbe de la feuille du R. Pcrricri. Il est constitué par des
cellules de grande taille, sphériques ou polygonales (fig. 2).
Ces cellules très abondantes sont situées aussi bien dans le tissu
palissadique ({ue dans le lissu lacuneux. L'état de conserva-

Fu;. i. — Schéma de la structure du pétiole de R. Perrieri : es, cellules
sécrétrices ; sc, sclérites ; f, libres; /&gt;, bois; /, liber.

tion de nos échantillons 11e nous permet pas de déterminer
avec certitude le contenu de ces cellules. Cependant ces
cellules paraissent être les cellules à mucilage. Quant aux
cellules plus petites, à huile essentielle, caractéristiques des
Lauracées, leur recherche pour la même raison est extrême­
ment difficile, et nous 11e saurions rien affirmer à cet égard,
si ce n’est qu elles paraissent moins abondantes que dans le
R. aromatica par exemple.
Pétiole. — Le pétiole du R. Perrieri est nettement symé­
trique par rapport à un plan (fig. 3), dans sa forme et dans sa
structure. L’épiderme qui le limite est formé de cellules dont
les parois externes sont très épaissies et fortement cutinisées.
Le parenchyme renferme des amas de cellules pierreuses très
développées et très caractéristiques, placées aussi bien sur la
lace convexe que sur la face concave de l’arc libéro-ligneux
pétiolaire.
L’appareil vasculaire du pétiole est formé d'environ sept

19
faisceaux libéro-ligneux entourés sur la face concave et la face
convexe d une gaine scléreuse discontinue. L’appareil sécré­
teur du pétiole est formé de grandes cellules à contenu mucilagineux, réparties sans ordre dans le parenchyme.
Pige. — La tige du R. Perrieri présente la structure nor­
male de la tige des Lauracées. Le liège se développe dans la
deuxième assise sous-épidermique.
Le péricycle possède un anneau fibreux, auquel s’adjoignent
sur sa face interne des cellules pierreuses. Le liber, le bois,
les rayons médullaires ont les caractères normaux de la
famille. Quant à la moelle, elle renferme un amas plus ou
moins central de grosses cellules pierreuses.
Dans l’écorce, se trouvent les grosses cellules sécrétrices.
L’oxalate de calcium en cristaux courts est abondant dans
les libres du péricycle.
SUR QUELQUES PLANTES NOUVELLES DE MADAGASCAR

Protorhus Heckeli1.

D uhard e t D op

Perrier de la Bathie. — .V’ 3 . Herb. Mus. — Bords des
ruisseaux siliceux et calcaires (.Ambongo cl Bouény).
Le Protorhus Heckeli (fig. 5), que les indigènes appellent
Mana Vidredo, est un arbre de 10 à 15 mètres de haut, dont le
tronc peut atteindre un diamètre de 15 centimètres; il fournit
un bois odorant, à cœur rouge. L'espèce est probablement
polygame-dioïque, car l’échantillon que nous avons eu entre
les mains ne portait que des fleurs mâles.
Les feuilles sont éparses, oblongues, pétiolées. Le limbe est
environ six fois plus long que large, un peu atténué à la base,
arrondi ou terminé en pointe très obtuse ou même émarginé
à l'extrémité (dimensions moyennes, pétiole, 15 millimètres;
limbe I20",mx 2 0 m,n).
Le pétiole, ainsi que la nervure médiane du coté de la face
inférieure du limbe, présentent quelques poils raides et appli­
qués ; les nervures secondaires sont nombreuses, parallèles et

�MM. DUHARD ET F’. DOP
20
so détachent presque perpendiculairement de la nervure princi­
pale; elles sont distantes d'environ 2 millimètres, générale­
ment lnfurquées très près du bord du limbe et viennent se
jeter dans une nervure marginale saillante qui borde la touille ;
elles font ;i peine saillie sur la face inférieure du limbe et point
du tout sur la face supérieure.
Les inflorescences sont en panicules axillaires (ou termi­
nales?), égalant à peu près les 2/3 de leur feuille axillanle ;
elles portent des bractées elliptiques ou lancéolées elliptiques,
caduques de bonne heure; chaque panicule est composé d'un
grand nombre de fleurs, presque sessdes. Les rameaux de l in­
florescence, les pédoncules floraux, les calices et les corolles
sont recouverts d’une pubescence jaunâtre; les parties les plus
âgées des ramifications deviennent toutefois presque glabres.
Les fleurs mesurent 2 millimètres et demi à 3 millimètres ;
le calice 3 i a I millimètre est constitué par cinq sépales,
soudés sur la moitié de leur longueur, terminés par des lobes
triangulaires, se recouvrant à peine ; il est fortement pubeseent
du côté externe ; les pétales au nombre de cinq très rarement
de six (2 mm3 environ )d'un blanc jaunâtre sont légèrement velus
extérieurement, soudés à la base sur le tiers de leur longueur
en une sorte de cupule ; les lobes sont ovoïdes lancéolés ; la
cupule de la corolle est doublée d’un disque épais et blan­
châtre, sinueux sur les bords, de manière à présenter dix
échancrures correspondant soit aux sépales, soit aux pétales ;
dans les premières échancrures sont insérées, sur le bord
externe du disque, les étamines superposées aux sépales ; ces éta­
mines, complètement glabres, atteignent les deux tiers de la lon­
gueur des lobes de la corolle ; le filet dilaté à la base est sensiblement égala 1 anthère sur laquelle d s insère dorsalement,
vers le tiers inférieur du connectif; quant à l’anthère elle est, par
conséquent, dorsifixe, formée de deux loges introrses, dont
1ensemble forme une masse subglobuleuse. L’ovaire est rudi­
mentaire. Le fruit est une petite drupe presque sphérique, ch*
1* à 7 millimètres de diamètre, à surface écailleuse.
Lelte description ne laisse aucun doute sur le genre auquel
appai tient 1 espèce considérée ; on doit évidemment la ratta-

AA'NA I.US DU MUSÉE COI.OMAL DU MAIISLIUI.U.

F ig .

b.

— Rameau de

Prolorluis Ilcrkeli.

Pîipcs K»

�Si:K QUELQUES l’LANTES NOUVELLES DE MADAGASCAR

21

cher nu genre Protorhus qu’Engler créa en ISS I 1 el dans
lequel il décrivit neuf espèces dont huit appartiennent à Mada­
gascar et une seule au Natal ; dans les Monographies Phancrogamorum supplément au Prodrome, ce même auteur groupe
ces espèces suivant les particularités de la forme des feuilles
el de leur nervation, suivant la pilosité des feuilles et des
inflorescences.
Le Protorhus Heckeli vient ainsi se placer au voisinage des
P. oblongifolia et Grandidicri el de Madagascar du P. longifolia
du Natal ; toutes ces espèces ont des nervures secondaires plus
ou moins saillantes, mais ne formant jamais dépression dans
l'épaisseur du limbe; les inflorescences y sont recouvertes
d’une pubescence fauve et le limbe foliaire oblong.
L’espèce que nous venons de décrire, sans se différencier des
précédentes par aucun caractère très saillant, en est cependant
indubitablement distincte, si l’on tient compte de l’ensemble,
des dimensions moyennes, indiquées pour les différents organes,
de ce fait que les feuilles y sont presque rigoureusement glabres
et éparses sur les rameaux et de la forme assez particulière du
disque.
Usages. — Le Mana Vidredo n’est employé qu a l'intérieur,
par les Sakalaves : on utilise les feuilles mâchées ou pilées en
applications sur diverses parties du corps ; c’est un remède
contre les indigestions; enfin il est considéré comme éloignant
les mauvais sorts.
E tude anatomique du Protorhus Heckeli.

Feuille. — Le limbe de la feuille du Protorhus Heckeli est
entièrement glabre sur sa lace supérieure ; par contre sur sa
face inférieure il porte des poils, peu abondants, il est vrai, et
appartenant k deux types (fig. i). Les uns sont des poils
simples, uni-cellulaires allongés ; ils s insèrent sur la feuille
1. E ngler , N eue Gallungen und Arien der A nac.ardiack.i:, uhoidoe.
— B ot. Jahrb., 1 v ol., 1881 .
2. E ngler , Monagraphiæ Phanerogamorum A nacaudiaceæ , vol. 1\ ,
1883.

�09

MM. DIB AKD ET P. DOP

pur un pédicule rétréci, auquel fait suite une partie renflée
qui se termine par une longue pointe aigue à paroi lisse et
très épaisse. Les autres sont des poils glandulaires de petite
taille, formés par un court pédicule unicellulaire supportant
une petite sphère bicellulaire. Les uns et les autres sont situés
dans de petites dépressions de 1 épiderme inférieur.

F ig. 6. — Épiderme de la face inférieure du limbe de la feuille de Prolorluis
Heckeli: cpi, épiderme inférieur; pg, poil glandulaire; pu. puil unicellu­
laire.

L’épiderme de la lace supérieure du limbe présente des
caractères très spéciaux; ses cellules, de petite taille, sont en
elîet presque constamment dédoublées, par une cloison tangentielle qui détermine ainsi la formation d’un hypoderme (fig. 7),
à cellules irrégulièrement disposées. Ce caractère est impor­
tant en-ce sens, qu'il n'a jusqu'ici été signalé chez aucune
autre Anacardiacée L L'épiderme de la face inférieure possède
seul des stomates, dont les deux cellules stomatiques sont
enfoncées sous une couronne de cinq à six petites cellules
annexes.
Le parenchyme foliaire est nettement bifacial. Le tissu
palissadique est formé d une seule assise de cellules très
régulièrement disposées lig. 8). Par places, ce tissu est inter­
rompu par des files de trois à cinq grosses cellules, sensible­
ment isodiamétriques et qui renferment chacune une volumi­
neuse màcled'oxalate de calcium.
Le tissu lacuneux est très épais; il occupe environ les trois
1, S oi. ehedeh, Systernalische Anatomie der D icolyleilonen , 1899.

23
quarts de l'épaisseur totale du limbe et ses cellules sont régu­
lièrement disposées. Les cellules de l'assise la plus externe de
ce tissu qui doublent intérieurement l épiderme inférieur,
SI U QUELQUES PLANTES NOUVELLES DE MADAGASCAR

Fin. ". — Coupe dans la partie supérieure du limbe d’une feuille de P. Heckeli :
ep. épiderm e; tp , tissu palissadique ; cm, cellule à màcle d’oxalate de cal­
cium.

possèdent soit des cristaux isolés d’oxalate de calcium, soit
des màcles du même sel.
Le limbe est parcouru par de fines nervures réduites à un
faisceau libéro-ligneux, sansgaîne fibreuse, mais dont le liber
renferme un canal sécréteur.

F ig. s . — M icrophotographie de la coupe de la nervure principale
d'une feuille de P. Heckeli.

La nervure principale (lig. 8) est formée de quatre faisceaux
libéro-ligneux, situés deux dans le plan de symétrie de la
feuille et opposés par leur bois et deux à droite et à

�gauche de ce plan de symétrie. Le liber primaire de chacun
de ces faisceaux esl protégé sur sa convexité par un arc
libreux; il renferme en outre un ou deux canaux sécréteurs
volumineux, à section circulaire ou semi-circulaire.
Pétiole. — Le pétiole du P. Heckeli renferme sept faisceaux
libéro-ligneux dont cinq forment un demi-cercle ouvert vers
la face supérieure et deux sont logés dans l’ouverture dudemicercle en ayant leur bois opposé au bois des premiers. Ces
faisceaux sont dépourvus d’arc libreux ; le liber de chacun
d'eux est parcouru par un volumineux canal sécréteur. Les
cristaux isolés ou les mâcles d’oxalate de calcium sont Iréquents dans le parenchyme pétiolaire, comme dans celui de la
nervure principale.
Tige. — La structure de la tige du genre Protorhus a déjà

SI l( QUELQUES PUANTES NOUVELLES DE MADAGASCAR

2o

abondantes, des cellules tannifèreset des cellules à oxalate de
calcium. Sur la face externe de chaque faisceau libérien pri­
maire se trouve un arc fibreux. Le liber primaire et le
liber secondaire renferment des canaux sécréteurs sehizolvsigènes, caractéristiques de la famille, capables de s'anasto­
moser. Dans le liber primaire ces canaux sécréteurs ont de
très grandes dimensions, comme il est facile de le voir sur la
figure 9 qui est une microphotographie d’une tige jeune de
P. Heckeli. Le liber secondaire renferme des canaux sécréteurs
plus petits, qui sont groupés en anneaux concentriques dans
les couches successives annuelles du liber secondaire.
Le liber secondaire renferme de nombreux amas de cellules
pierreuses. Le bois n’offre pas de caractères spéciaux. Les
rayons médullaires étroits sont formés d’une seule rangée de
cellules, renfermant des tables d’oxalate de calcium.
La moelle, qui est dépourvue de canaux sécréteurs, possède
des cellules à contenu tannique et des cellules à parois lignifiées,
épaissies et ponctuées.

Mundulea Striata1- Duhard et Dur.
Perrier de la Bathie, n° 4 (.Arnboncjo). Herb. Mus. —
Grevé Mourouudava, n° 39. Herb. Mus.
F ig. 9. — Microphotographie d'une coupe dans une tige jeune
de P. Heckeli.

été décrite par E nglek 1 sur le P. oblongifolia et par Jadi.n -.
Dans l'ensemble, la tige du P. Ileckeli présente les caractères
généraux indiqués par ces auteurs. Le liège est formé dans
l’assise sous-épidermique et le phellodernie est en partie sclérilié. L’écorce renferme en outre des cellules pierreuses assez
1. E nglek , U ber die morphologische Verhâllnisse und die geographische Verbreiturig des Gattung Klius. Botanische Jahrbiichei*. I Band,
p. 388, 1881.
2. Jadis , Recherches sur la structure des Tërébinthacëes. Ann. des
Sc. nat. Bot., t. 19, p. 1 et sij., 1894.

Le Mu adule a striata (lig. 10) est une des plantes dési­
gnées par les Malgaches sous le nom de Fanomo (poison à
poissons); ce nom s’applique d’ailleurs à un assez grand
nombre d’espèces, parmi lesquelles figurent surtout des Tephrosia.
C’est un arbuste atteignant A à o mètres de haut.
Ses feuilles sont composées imparipennées et portent géné­
ralement sept folioles (d’unemanière générale de cinq à neuf). Le
rachis ainsi que les pétiolules sont velus. Les folioles sont courtement pétiolées, de forme oblongue elliptique, parfois obtusément acuminées. La nervure principale esl saillante sur la

�20

mm.

dubard

ET P.

DO P

face inférieure, très peu marquée sur la face supérieure ; les
nervures secondaires, fines et nombreuses donnent a la toliole
un aspect strié; elles sont peu et également saillantes sur les
deux faces du limbe et ne sont guère plus grosses que les ner­
vures tertiaires ; elles se détachent sous un angle liés aigu et
vont se jeter dans la nervure marginale qui borde le limbe, en
cheminant sur une certaine longueur presque paiallelement a
cette nervure. La face intérieure du limbe porte de nombreux
poils blanchâtres appliqués; la face supérieure paraît glabre à
l’œil et ne porte que quelques poils très clairsemés sur les
nervures.
Dimensions moyennes (feuille 70 millimètres, y compris la
foliole terminale, pétiolules 1 """b, folioles 30 X mmI2m,u).
Les inflorescences sont constituées par des grappes (lon­
gueur moyenne ; 60 millimètres) à axe velu, comme le sont,
d'ailleurs, les jeunes rameaux; lorsque les Heurs sont tombées,
l'axe d'inflorescence présente un aspect noueux particulier, dû
à ce que les points d'insertion des fleurs forment des saillies
assez accentuées.
Les fleurs se détachent isolément de l'axe de la grappe ;
elles sont portées par un pédoncule ( li millimètres) grêle et
pubescent et mesurent environ 12 millimètres de longueur.
Le calice 2 millimètres) est velu, formé de cinq sépales, dont
les ileux postérieurs sont soudés en une pièce mucronulée ; le
sépale antérieur est terminé par une pointe aiguë plus longue
que celle des sépales latéraux.
La corolle (10 millimètres) comprend : 1° un étendard
Ht millimètres X 0 millimètres), à onglet recourbé et muni
de la bande calleuse et transversale caractéristique des
Mundulea, à limbe presque orbiculaire ; 2° deux ailes très
atténuées à la base en une région filiforme ( 9mm X 1 """ b);
•1 une carène également très atténuée à la base, à courbure en
demi-cercle 1 2 X 7 “»«). L’étendard est fortement pubes­
cent extérieurement ; le.s ailes et la carène sont, par contre,
à peu près glabres, saut dans la région effilée de la base.
Les etammes sont soudées par leurs filets en un tube mesu­
rant Il millimètres ; 1 étamine vexillaire est assez nettement

AS.XALES 1)1' MISÉE COÜtSIM. 1)1■ MMISE!LU■.

l’uses 25-28.

�(
St R OUULOUIiS IM.A N I ICS M)l VKI.UiS DG MADAGASCAR

27

individualisée à la base et s’insère isolément sur le réceptacle ;
elle se sépare du tube staminal un peu au-dessous des autres,
cinq étamines présentent des filets largement dilatés au des­
sous de l’anthère.
L’ovaire ((S millimètres) se termine en crochet avec style
réfléchi ; il est fortement pubescent ; le style porte quelques
poils le long de son sillon postérieur.
Cette espèce est très voisine du Mundulea Telfairii Baker
et se rapproche également du M. suberosa Benth.
L'ensemble des trois espèces précédentes est caractérisé par
une grappe allongée et par des folioles glabres sur leur face
supérieure b
Le .1/. striata diffère cependant par plusieurs caractères du
.1/. Telfairii.
1° Dans cette dernière espèce, les folioles sont généralement
oblancéolées, d une pubescence plus accentuée, avec des ner­
vures secondaires plus saillantes; lorsqu on compare des
folioles de M. striata et de M. Telfairii, on observe en somme
une nervation bien nettement différente, quoi qu'il soit diffi­
cile île faire ressortir ces différences dans une description.
2,J Les grappes de M. Telfairii sont plus denses, parce que
plusieurs fleurs se détachent au même niveau ; en somme, l inflorescence est en grappe composée dans cette espèce tandis
qu’elle paraît en grappe simple dans le M. striata.
d° Le calice de la fleur présente des lobes terminés par
une pointe longue et très aiguë chez .1/. Telfairii, beaucoup
plus courte chez M. striata.
i" L’étamine vexillaire est moins bien individualisée chez
M. Telfairii.
L échantillon de Grevé n° 39 de l’herbier du Muséum avait
été rapporté à tort au .17. Telfairii par Drake del Castillo ’ ; il
est tout k fait comparable à celui de Perrier de la Bathie, qui
nous a servi pour la description précédente.
Habitat, usages. — Le M. striata se trouve dans les bois,
1. Voy. Alfred Grandidier, Histoire naturelle de Madagascar, t. I,
vol. XXX (Drake del Castillo).
2. L dc. cit.

�M. Dl'RAHD El P. DOP
28
soil dans les terrains calcaires, soit surtout dans les sables ;
les indigènes utilisent son écorce pilée pour empoisonner le
poisson.

En ni-: anatom iq ue du Mu million striata.
Feuille. — Le limbe de la feuille du Mundulea striata est
pourvu de poils très caractéristiques qui sont répartis inéga­
lement sur les deux faces. Ces poils sont en eilet relative­
ment rares à la face supérieure et au contraire beaucoup plus

F ig . II. — Poils de lu feuille de Mundulea striata. A, poil simple ;

H, poil glandulaire.

abondants à la face inférieure et surtout sur le trajet des
nervures. Au point de vue de leur structure, ces poils appar­
tiennent à deux types (lig. I I). Les uns sont en effet des poils
simples formés généralement d une lile de deux cellules ; la
cellule basale petite est logée dans l’épiderme, et la cellule
terminale est au contraire très longue, terminée en [jointe, à
paroi extérieure lisse. Quelquefois cette cellule terminale se
renfle en forme d'outre Les poils du deuxième type sont des
poils glandulaires plus courts que les précédents et en forme
de massue. La partie rétrécie du poil est formée d’une tile de
trois cellules dont la basale est implantée dans l’épiderme ; la

29
partie renflée est formée d'un massif de six à sept cellules
séparées pardes cloisons transversales et longitudinales. Les
poils glandulaires sont moins fréquents que les poils simples,
mais cependant leur répartition paraît n’obéir à aucune règle.
L’épiderme de la face supérieure (lig. Ilj est formé de
grandes cellules régulières, sans caractères spéciaux. Les
cellules de l’épiderme inférieur sont plus petites. Les stomates
sont exclusivement localisés sur cette face de la feuille. Ceuxci sont constitués par deux cellules slomatiques, autour
desquelles sont placées sans ordre les cellules annexes.
Le mésophylle est bifacial (fig. 12). Le tissu en palissade est
formé de trois assises régulièrement disposées. Le tissu lacuneux est formé de deux à trois assises de cellules, qui accusent
une certaine tendance à la régularité Entre le tissu en
palissade et le tissu lacuneux existe une couche formée de
deux assises de grandes cellules, allongées tangentiellement, à
parois minces cellulosiques et dépourvues de chlorophylle.
C'est la couche moyenne, rnittelsehicht des auteurs allemands
La nervure principale est constituée par un arc libéro-ligneux
muni de sclérenchyme sur ses deux faces. Les nervures secon­
daires, réduites à un faisceau libéro-ligneux, sont enveloppées
d une gaine scléreuse, (pii ne s'étend pas d’un épiderme à
l’autre.
L appareil sécréteur de la feuille du .1/. striata présente des
particularités très importantes. 11 existe en effet dans la couche
moyenne de grosses cellules, bien étudiées par W eyland 1 sur
le M. suherosa, et que cet auteur considère comme des réser­
voirs cellulaires résineux. Notons que ces cellules sont com­
munes aux genres Mundulea et Tephrosia. W eyland, sur des
échantillons en bon état et des feuilles jeunes de M . suherosa,
a Aru que ces cellules étaient garnies d’un réticulum proto­
plasmique, dans les mailles duquel se déposent quelques frag­
ments de résine. Cette résine est soluble dans l'alcool. Nous
pensons cependant qu elle se rapproche des tannins par la
SIR QUELQUES PLANTES NOUVELLES DE MADAGASCAR

1. W eyland , Beitrnego zur anntoniische Characlerislik der Galegeen.

In. Diss. München,' 1893, tirage à part du Bull. Ilerb. Huissier, l. 1,
1893.

�MM. DUHARD ET P. ROI»

31)

Paires SI -33

présence de dérivés phénoliques, étant donné que dans les
échantillons que nous avons observés, le contenu
cellules prenait, sous l’action des sels de

1er,

une

de ces
colo­

ration violacée. Cependant le réactif de Hiverner à l ’acetotungstate

de

sodium,

ne donne

pas

la

réaction

téristique des tannins. Dans le limbe delà feuille du

carac­

M . striata,

ces cellules à contenu résineux ne sont pas très abondantes;
elles paraissent localisées dans la couche moyenne, mais elles
empiètent souvent sur les autres tissus de la feuille.

I'ig. 12. — Coupe dans la feuille de M. striata, eps, épiderme supérieur
c, cristaux en bâtonnets ; am, assise moyenne ; c/\ cellule à résine.

11 existe en outre des cellules plus petites à tannin, mais
1état de conservation de nos échantillons ne permet pas de
préciser avec exactitude la répartition de ces cellules.
L’oxalate de calcium est très abondant dans le limbe du
M. striata, où il se présente sous deux formes. Tantôt, en effet,
les cristaux sont allongés en tonne de bâtonnets ; on les
trouve alors dans le tissu lacuneux et le tissu palissadique,
mais ds sont surtout abondants dans 1 assise la plus externe
de ce tissu, tantôt, enün, 1oxalate de calcium se présente en
ciistaux courts tabulaires, surtout Iréquents dans le voisinage
des nervures.
/
Le pétiole de la feuille du M. striata est muni
ih* deux ailes. 11 est recouvert de poils simples unisériés et de

F ig .

13. — Hameau de Chailsia Jnllyana

�SUR QUELQUES PLANTES NOUVELLES DE MAD Afi ASCA R

31

poils glandulaires. Son appareil conducteur es! formé d'un
anneau continu libéro-ligneux doublé extérieurement d un
anneau libreux. Il possède en outre, dans chaque aile, un ou
deux petits faisceaux libéro-ligneux accessoires, enveloppés
chacun d une gaine scléreuse. Dans le parenchyme pétiolaire
on retrouve les grosses cellules à contenu résineux et les cris­
taux doxalate de calcium surtout abondants sous la forme de
cristaux courts.
/ ige. — Comme dans le M. suberosa, le liège est d origine
épidermique dans la tige du M. striata. Les cellules del’écorce
et du phelloderme ne paraissent pas sclériliées. Quant au
péricycle, il renferme des arcs libreux formant un anneau
discontinu autour du liber. Celui-ci possède des fibres sclé­
reuses, irrégulièrement disposées. Les rayons médullaires sont
formés d'une seule lile de cellules. La moelle est en partie
lignifiée. L’appareil sécréteur de la tige comprend des cellules
à tannin, dans l écorce et le liber, et quelques grosses cellules
à contenu résineux, dans la moelle et l’écorce. Quant à l’oxalate de calcium, il est surtout représenté par des cristaux
courts, abondants dans la moelle, l écorce et les libres.

Chadsia Jullyana 1 DntARoet Don.

Académie malgache. Madagascar- O et .Y.-O.
Les rameaux de cette plante ((ig. 13), dont nous ne con­
naissons point les dimensions, sont pubescents dans leur jeune
âge et bientôt recouverts d un liège grisâtre, strié longitudi­
nalement. Les feuilles, longues de i à 7 centimètres, portent
de trois à neuf folioles; le rachis est recouvert d une pubes­
cence jaunâtre, ainsi que le court pétiolule (1 millimètre) des
folioles. Celles-ci sont obovales ou oblongues elliptiques et se
terminent par un acumen court et obtus ; leurs dimensions
moyennes sont de 23'"111 X 12"""; leur nervure principale,
bien accentuée sur la face inférieure, est fortement velue
comme le pétiolule; les nervures secondaires sont nombreuses,
rapprochées et subparallèles, également velues.
1. Soc. Bot. de France. Ioc. cil.

�32

MM. DUHARD ET P. OOP

En examinant la face inférieure du limbe, on peut distinguer
deux sortes de nervures secondaires différant par leur épais­
seur ; lesplussaillantesou rosi nies sont reliées à leurs extrémités
par des arcs vasculaires bien marqués, très distincts de la
nervure marginale du limbe ; entre deux costules, on trouve
une seule nervure intermédiaire, aboutissant vers le milieu de
l’are vasculaire et reliées aux costules voisines par des nervures
tertiaires transversales, assez saillantes ; du côté de la face
supérieure, les nervures de divers ordres sont très fines et cons­
tituent un réseau très serré ; cette face est à peu près glabre
et ne porte que quelques poils sur les nervures tandis que la
face inférieure est recouverte de poils jaunâtres très denses et
d'aspect soyeux.
Les fleurs sont isolées ou disposées par petits groupes de
deux ou trois unités à l’aisselle des feuilles, leurs pédoncules
mesurent environ 2 centimètres. Le calice (1 centimètre), forte­
ment velu, est bossu à sa partie postérieure, terminé par 4 lobes
inégaux dont l’intérieur aigu acuminé, les latéraux arrondis,
le postérieur résultant de la soudure de deux sépales, terminé
en pointe obtuse.
Les pétales sont tous poilus sur les bords; l’étendard
mesure 40""" X 9n,m; il est lancéolé et assez fortement élargi
dans sa région médiane ; les ailes (30,nm X 7""") sont oblique­
ment symétriques par rapport à leur ligne médiane et lancéo­
lés ; la carène (50mm X 13""1') est très longuement acuminée et
recourbée en faux vers sa partie terminale, sur le tiers de sa
longueur.
Les étamines sont au nombre de dix ; la vexillaire seule est
libre sur une certaine longueur à la base, puis se soude avec
les neuf autres de manière â constituer un long tube staminal
(45 millimètres) ; la partie libre des filets montre nettement
que les étamines sont inégales et que cinq d’entre elles sont
plus longues que les autres; les anthères présentent des
loges linéaires, parallèles, à peine plus larges à la base.
L ovaire est velu, mais le style est glabre ; il dépasse d'envi­
ron 15 millimètres le tube staminal et se termine par une région
stigmatique portant d’assez nombreux poils.

SUR QUELQUES PLANTES NOUVELLES DE MADAGASCAR

33

Les fruits nous sont inconnus.
Parmi les espèces actuellement décrites, le Chadsia Jullyana
se rapproche indubitablement du Ch. granitica 1 Bail, mais
en diffère nettement par la nervation des folioles et l’allure
générale de la fleur.
E tude

anatomique du

Chadsia Jullyana.

Feuille. — Le limbe de la feuille du Chadsia Jullyana est
muni de poils extrêmement abondants à la face inférieure, où
ils forment un véritable feutrage. Sur la face supérieure, ils

Fio. I L — Poils de la feuille de Chadsia Jullyana. A, poil uniscrié;
B, poil glandulaire.

sont plus rares et localisés sur le trajet des nervures. Comme
dans la plupart des Galégées étudiées par W eyland-, ces poils
appartiennent aux deux types de poils simples unisériés et de
poils glandulaires (fig. I 4). Les premiers, qui sont les plus
1. Yoy. Ilist. nul. de Madagascar, loe. cil., et Bull. Soc. Lin. de
Paris, p. 392.
2. W kyi . anu , loe. cil.
3
Annales du Musée col. de Marseille. — 2* série, 3* vol. 190'.

�;u

mm.

DUBARD ET P. DOI&gt;

abondants, sont formés d une file de trois cellules ; les deux
cellules basales sont petites, la cellule terminale est, au con­
traire, très longue, lisse, à parois épaisses et terminée en
pointe. Plus rares sont les poils glandulaires ; ceux-ci sont en
forme de massue. La partie rétrécie est formée d ’une lile de
trois cellules, et la partie renflée est constituée par un massif
de cinq à six cellules séparées par des cloisons longitudinales
et transversales, de faço n à former deux à trois étages de
cellules. Le contenu de ces cellules, sur les échantillons
d'herbier, est brun marron.
L'épiderme de la face supérieure est formé de grandes

F ig. 15.— Microphotographie d'une coupe de In feuille de Clindsia Jullyana.

cellules de section carrée. Celui de la face inférieure est cons­
titué par des cellules plus petites et allongées tangentiellement.
Les stomates, qui sont exclusivement localisés surcetteface de
la feuille, n'offrent aucun caractère spécial, les cellules annexes
étant, comme c’est le cas général chez les Galégées, disposées
sans ordre autour des cellules stomatiques.
Le mésophylle (fig. la) est nettement bifacial. Le tissu
palissadique est constitué par deux à trois rangées de cellules
régulièrement disposées. Le tissu lacuneux, normal, occupe
environ le tiers de l’épaisseur de la feuille. Entre ces deux
tissus, se trouve la couche moyenne, qui dans le Ch. Jullyana,
est formée d une seule assise de cellules.
La nervure principale, très saillante sur la face inférieure.

33
est constituée par un arc libéro-ligneux, muni de sclérenchyme
sur ses deux faces. Sur la face inférieure, ce sclérenchyme
forme un arc enveloppant le liber, et sur la face supérieure
sa disposition alfecte celle d’un triangle, dont la base s’appuie­
rait sur le bois et dont la pointe arriverait jusqu’au contact
de l’épiderme supérieur. Les nervures secondaires réduites à
un faisceau libéro-ligneux, sont munies d’une gaine scléreuse
qui s’étend, sous forme de bande, de l’épiderme supérieur à
l’épiderme inférieur.
L’appareil sécréteur de la feuille de Ch. Jullyana a les
SUR QUELQUES PLANTES NOUVELLES DE MADAGASCAR

F ig. 16. — Microphotographie d’une coupe du pétiole de Ch. Jullyana.

caractères suivants : les réservoirs résineux cellulaires, que
nous avons signalés dans la feuille du .\fundulea striata. font
défaut; par contre, les cellules à tannin paraissent être abon­
dantes. Leur contenu, probablement par suite d’un processus
d’oxydation, a pris une teinte brune ; ces cellules sont répan­
dues dans les divers tissus de la feuille, mais il ne nous est
pas possible de donner leur répartition exacte avec certitude.
L’oxalate de calcium est assez fréquent dans les tissus de la
feuille de Ch. Jullyana, soit sous la forme de cristaux allon­
gés en bâtonnet dans les cellules du tissu palissadique, soit
sous la forme de cristaux courts, surtout répandus dans le
voisinage des nervures.
Pétiole. — Le pétiole de section presque circulaire (lig. 16)

�MM. DUHARD ET P. DO P
36
est abondamment recouvert de poils tricellulaires uniseries et
de poils glandulaires. Son appareil conducteur est constitué
par un anneau continu libéro-ligneux, doublé extérieurement
d’un anneau tibreux. Il existe, en outre, deux petits faisceaux
libéro-ligneux surnuméraires situés à droite et à gauche du
plan de symétrie et munis chacun d une gaine scléreuse. Les
cellules du parenchyme pétiolaire renferment fréquemment
des cristaux d'oxalate de calcium.
Tige. — Le liège de la tige de Ch. Jallyana prend nais­
sance dans l’assise sous-épidermique. L’écorce renferme des
amas de cellules sclérifîées. Quant au péricycle, il offre une
constitution assez spéciale; il possède en effet des arcs tibreux
qui correspondent aux amas de liber primaire; mais ces arcs
sont réunis entre eux par des groupes de cellules pierreuses,
le tout formant, par son ensemble, un anneau de soutien à peu
près continu. Le liber secondaire possède des fibres, qui
accusent une certaine tendance à la stratification. Le bois,
qui possède un parenchyme ligneux très compact a la struc­
ture ordinaire du bois des Galégées. Les rayons médullaires
sont formés de une h trois files de cellules.
Quelques cellules de la moelle sont sclérifiées. Par place la
tige renferme, surtout dans l’écorce, des cellules à tannin.
Quant au cristaux d’oxalate de calcium, ils sont très abon­
dants dans la moelle, 1écorce et les fibres, sous la forme de
cristaux courts.

Ghadsia Perrieri1 D uhard

et D op

Perrier delà Bathie. — Collines sablonneuses d'Am bongo,
n° 5, Ilerb. Mus.
Le Chadsia Perrieri (fig. 17) est un arbrisseau, atteignant
une hauteur de 2 à 3 mètres, portant des rameaux fastigiés,
pubescents à l'état jeune, recouverts plus tard d’un liège strié
longitudinalement, avec lenticelles saillantes.
1. Soc. Bot. de France, /oc. cil.

�37
Les feuilles mesurent i à 7 centimètres de long et portent de
neuf à quinze folioles ; le rachis est recouvert d’une pubescence
fauve ainsi que le court pétiole (1 ,nm5) des folioles. Celles-ci
ont un limbe elliptique lancéolé ou obovale lancéolé, assez
rarement émarginé ; leurs dimensions moyennes sont de
25""" X 10"""; leur nervure principale, bien accentuée sur la
face inférieure, est pubescente comme le pétiolule, mais les
poils sont moins abondants sur les divers organes qui les
portent que chez l’espèce précédente; les nervures secondaires
sont nombreuses, rapprochées, parallèles et pubescentes. En
examinant la face inférieure du limbe, on peut distinguer,
comme chez le Ch. Julli/ana, deux sortes de nervures secon­
daires, les costules et les nervures intermédiaires, celles-ci
sont reliées aux costules par des nervures transversales (ter­
tiaires) beaucoup moins saillantes que dans le cas précédent ;
quand aux costules, elles ne se relient point entre elles par des
arcs vasculaires nets et vont rejoindre directement la ner­
vure marginale du limbe ; les nervures tertiaires forment un
réseau très serré qui est mieux marqué sur la face supérieure
de la foliole, dépourvue de poils, sauf sur la côte médiane ;
la face inférieure du limbe porte au contraire de nombreux poils
raides et couchés, mais sans aspect soyeux.
Les Heurs sont disposées en fascicules paucitlores et portées
par des pédoncules de 1 centimètre environ ; le calice ;6 milli­
mètres) est fortement velu, à quatre lobes (les deux sépales
postérieurs étant soudés en une seule pièce); le lobe anté­
rieur est assez nettement acuminé.
Les pétales sont poilus sur les bords; l’étendard jaunâtre
bordé de rouge est renversé en arrière, il mesure environ
25n,mx 9 n,ra avec terminaison acuminée ; les ailes sont
oblongues, obtusément acuminées (25 n&gt;mx 7 mm), jaunâtres avec
l'extrémité rouge vif ; enfin la carène (ôo“mX 16 "'"'), jaunâtre
ou blanc rougeâtre, passant au rouge vil vers son extrémité,
est fortement élargie dans sa partie médiane et terminée par
un long acumèn (15 millimètres) recourbé en forme de faux.
Les étamines sont au nombre de dix ; la vexillaire seule est
libre sur une certaine longueur à partir de la base, puis se
SUR QUELQUES PLANTES NOUVELLES DE MADAGASCAR

�38
MM. DUHARD ET P. 1)01*
soude avec le lu!)e staminal formé par la concresence des filets
des autres étamines; la partie libre des filets montre nette­
ment que les étamines sont inégales et que cinq d’entre elles
sont plus longues que les autres. Les anthères présentent des
loges presque linéaires, parallèles, très légèrement élargies à
la base.
L'ovaire est velu, le style glabre, sauf dans sa région ter­
minale stigmatique. Le fruitestune gousse aplatie (12 cent. X
7 mm.), rectiligne, terminée en pointe sulmlée, recouverte
d'une villosité à reflet argenté.
Le Chadsia Perrieri se rapproche beaucoup, parmi les
espèces connues, du Ch. majungensis1 Drake et du Ch. Grandidieri Bail'2.
E tude anatomique du Chadsia Perrieri.

Au point de vue anatomique le Chadsia Perrieri se rapproche
beaucoup du Ch. Jullyana que nous venons de décrire ; aussi
nous nous contenterons d’insister sur les caractères propres à
cette espèce.
Feuille. — Le limbe de la feuille du Ch. Perrieri possède.à
peu près les mêmes caractères que celui de la feuille du
Ch. Jullyana. Les poils sont cependant moins abondants.
Toutefois ils appartiennent aux mêmes types, à savoir au
type des poils tricellulaires unisériés h paroi lisse et à celui
des poils glandulaires. Ces derniers sont moins renflés en
massue que dans l espèce précédente et ils ne possèdent en
général qu’une seule cloison longitudinale, divisant l’extré­
mité terminale en deux cellules.
Le parenchyme en palissade, le tissu lacuneux, l'assise
moyenne réduite h un seul plan de cellules sans chlorophylle,
ont exactement la même structure que dans le Ch. Jullyana.
Les nervures, principales et secondaires, sont comparables
1. Hist. nat. de Madagascar. Luc. cil.
2. In But. Soc. linn. de Paris, I, p. 3‘J2,

sut QUELQUES l’LA.NTKS NOUVELLES DE MADAGASCAR 3ÎI
dans lesdeuxcas; les cellulesà tannin, les cristaux d’oxalate de
calcium, sous leurs deux formes de bâtonnets et de cristaux
courts, existent également dans le Ch. Perrieri.
l)e même, tout ce que nous avons dit au sujet du pétioledu
C h. Jullyana peut se rapporter au pétioledu Ch. Perrieri.
l ige . — Le liège est ici encore d’origine sous-épidermique.
L'écorce renferme quelques amas de cellules sclérifiées, et par
places, quelques cellules pierreuses isolées. Le péricycle ren­
ferme des arcs fibreux discontinus, opposés au liber primaire,
mais non réunis entre eux par des cellules scléreuses.
Le liber secondaire renferme des fibres qui sont surtout
localisées dans le voisinage des rayons médullaires.
Pour tous les autres caractères de la lige, ce que nous
avons dit du Ch. Jullyana s'applique au Ch. Perrieri.

�PROTORHUS PERRIER I

noo.

sp.

DE MADAGASCAR
PAR

\1. le Professeur L. COL RCI1ET.
En même temps que le Protorhus Heckeli Dubard et Dop,
décrit par ces deux botanistes dans le présent volume des
Annales du Musée colonial de Marseille, M. Perrier de la
Batlne avait récolté, dans la même région de Madagascar, une
autre Anacardiacée dont nous avons pu étudier des rameaux
feuilles et florifères. Très voisine de la première et appartenant
très probablement au même genre qu elle, cette plante en est
cependant nettement distincte comme espèce ; elle parait être,
en outre, beaucoup plus rare et plus localisée géographi­
quement.
D’après les notes de M. Perrier de la Butine qui accom­
pagnaient nos échantillons, cette plante, pour laquelle nous
proposons le nom de Protorhus Perrieri', aurait à peu près le
même port que le Protorhus Ileekeli l)ub. et Dop, avec lequel
I . La plante qui fait l'objet du présent mémoire est évidemment très
voisine du P rotorhus Ileekeli de MM. Dubard et Dop, aussi bien par ses
organes végétatifs cpie par ceux de ses caractères floraux que nousavons
pu étudier. Nous faisons toutefois nos réserves, en ce qui concerne sa
place définitive, jusqu'à ce que l'examen des fleurs femelles ou herma­
phrodites, de la forme et de ( orientation des ovules, de la structure
du fruit et de la graine, nous ait fourni les moyens de l'établir d'une
façon certaine Yoy. A. Kngler in Knglor et l’rantl, Die nntürlischen
P flanzenfam ilien, p. t •&gt;'&gt;, cl llolanische Jnh /*/».., I. Dand., p. -ttfx .

�i.. t'orncmn
on la confondrait sous le même nom malgache de « Manaviclrcdo ». Ce serait un arhre de Ri à 20 mètres de hauteur,
dont le tronc mesurerait environ Ri centimètres de diamètre.
Le bois, ajoute M. de la Bathie, en est odorant et rouge à l'intérieur. La plante serait probablement dioïque et la fleur,
i-mère ou -i-mère, aurait des pétales verdâtres d'abord, puis
jaunes, et des anthères d'un beau jaune.
Le Prolorhus Perrieri n’a été jusqu'ici rencontré que dans
une seule localité, sur le bord des ruisseaux et dans les bois de
Kamalkama. sur lecausse d’Ankara qui est limitrophe de l’Ambongo et du Boïna, et (jui sépare le bassin de l’Ikapé de celui
du Mahavarv. Les matériaux qui ont été étudiés en vue de ce
travail ont été récoltés dans cette région, au bord d’une source
incrustante séléniteuse.
Nous n'avons pu examiner de cette plante que des tiges d'un
faible diamètre, des feuilles et des fleurs mâles ; les fleurs her­
maphrodites ou femelles, les fruits et les semences nous sont
inconnus. Toutefois l’étude de ces matériaux, si incomplets
qu'ils soient, nous a fourni des données suffisantes pour jus­
tifier. croyons-nous. l’établissement d'une nouvelle espèce.
12

43
sistance et leur épaisseur, beaucoup moindres chez le Prolorhus
Perrieri, enfin par leur structure anatomique. — Il résulte
encore du simple examen de ces rameaux que, chez l une et
l'autre espèces, les fleurs, petites et nombreuses, sont groupées
SI II L.I. PROTOlUtUS PERRIERI

M O R PH O LO G IE E X T E R N E

Si l'on compare un rameau florifère de Prolorhus Perrieri
avec un rameau analogue de Prolorhus I/eekeli (fig. Mbis du
mémoire de MM. Dubard et l)op, fig. I de notre travail), on
voit immédiatement que notre plante se distingue de la pre­
mière parses feuilles plus courtes et plus brièvement pétiolées,
alternes ou souvent subopposées ’, et dont le limbe, assez poly­
morphe d'ailleurs (fig. I et 3 ), est fréquemment obovale ou
spatulé, légèrement émarginé quelquefois au sommet de la
nervure médiane, mais jamais allongé et presque linéaire,
comme chez la première espèce fig. 2 . Nous verrons plusloin
que ces feuilles se différencient encore nettement parleur con1. La situation des cicatrices sur des rameaux plus âgés indique que
les feuilles sont fréquemment rapprochées aussi par trois.

F ig . I. — Croquis d’un rameau florifère de Prolorhus Perrieri
(réduit d environ 1/3).

en panicules ramifiées qui nous ont paru composées elles-mêmes
de petites cymes (voir plus loin, lig. 6), et que ces inflo­
rescences sont axillaires, peut-être aussi terminales Dubard
et Dop, p. 20). Mais chez le Prolorhus Perrieri, ces panicules
égalent en longueur les feuilles axillantes ou les dépassent
même, tandis qu elles atteignent à peine les deux tiers de
la longueur des feuilles chez le P. Ilcckeli. Enfin la pubes­
cence courte et serrée qui recouvre toutes les parties jeunes

�I.. COURCHET
il
de notre niante, et même la face inférieure du limbe foliaire,
constitue aussi un caractère distinctif d une certaine valeur.

45
MM. Duhard et Dop et par nous, estidentique dans les deux
espèces et conforme au type Moral des P rotor lt us. La consisSUR LF PROTORHUS PEItltlFRI

l'io. 3. — A. B et C, Trois formes de feuilles grossies) du Prolorhus Perreirt.

tance des feuilles, chez notre plante, constitue cependant une
exception à l'égard des autres représentants du genre1.

F ig . 2. — A, Une feuille grossie du Prolnrluis ffeckeli Duhard et Dnp; —

B. partie terminale d une feuille de la même plante, légèrement échancréc
au sommet.

Mais la structure des Meurs mâles, les seules étudiées par

1. Le genre Protorhus Engl, appartient aux Anaçardiacées de la tribu
des Rhoïdées. Voici les caractères qui lui sont assignés Engler et Prantl,
Die naliirlichen P flanzenfam ilier, III Teil, 5 Abteilung, p. 101 .
Fleurs hermaphrodites ou polygames-dioïques. Calice à cinq lobes
se recouvrant. Pétales imbriqués, dressés. Etamines 5, insérées
sous le disque; blets enforme d'alènes, supportant des anthèrescourtes.
Disque des Ileurs mâles en forme de coupe, annulaire dans les fleurs
hermaphrodites. Ovaire ovale, triloculaire ou uniloculaire par avor­
tement, avec un ovule pendant au sommet de la loge. Stigmates 3,
obovales, sessiles. Drupe oblongue, avec un exoearpe épais, très résinifère; endocarpe ligneux. Graine oblongue, k tégument mince. Embryon
à cotylédons plans et radicule supère.
Arbrisseaux et arbres avec rameaux brièvement velus ou glabres,
pourvus de feuilles opposées ou subopposées, coriaces, simples, oblougues

�Tige. — La tige el les rameaux du P. Perricri n'offrent,
comme caractère réellement distinctif à l'égard de la première
espèce. (|ue cette pubescence fauve, courte et serrée dont nous

Fig. 4. — A, Un fragment de tige de Protorhvs Perricri portant des cicatrices
foliaires, surmontées de celles laissées sur l’axe par les bourgeons axillaires
détruits; —B, une portion du même axe fortement grossie.

avons parlé déjà, et qui recouvre toutes les parties de l’axe
encore pourvues de leur épiderme. La surface des rameaux
plus âgés (lig. 4) et privée d'épiderme est glabre, d’un
ou oblongues ovales, avec de nombreuses nervures latérales parallèles
et une nervure marginale épaisse.
Fleurs petites, en panicules axillaires peu volumineuses, ou formant
une grosse panicule terminale.
On connaissait, jusqu’à ce jour, neufespèces de P rotorhus, dont huit
spontanées à Madagascar, une dans le Natal (P rotorhus longifalia
Ber nli.).
C’est avec raison que nos éminents collègues oui rangé parmi les
Protorhus la plante nouvelle décrite par eux dans le présent volume,
mais l’espèce étudiée par nous s'écarte notablement du Protorhus
IJeckeli e t des autres espèces du genre (voir aux conclusions).

47
fauve clair, ridée irrégulièrement dans le sens de la longueur.
Les cicatrices laissées par les feuilles et les bourgeons axil­
laires, rarement isolées, se montrent souvent groupées par
deux ou par trois ; celles laissées par les gaines foliaires
(.y f , gf) sont cordiformes, relativement plus larges que celles
SUR LE PROTON MUS PERRI ER I

F ig 5. — Un bourgeon végétatif h de Protorhus Perrieri, terminant un
jeune rameau, accompagné en h’, h' par deux petits bourgeons formes
dans l'aisselle des deux feuilles opposées /, f.

observées sur le P. Heckeli\ on y distingue souvent à la
loupe la trace des trois ou cinq faisceaux qui pénètrent de
l’axe dans le pétiole (v. p. 57).
Les bourgeons végétatifs axillaires (lig. 5) sont protégés
par un certain nombre d écailles oblongues, opposées-décussées, couvertes d’un duvet fauve abondant.
Feuilles. — C’est surtout dans les feuilles que l’on trouve,
chez les deux Protorhus en question, les caractères distinctifs
les plus saillants en ce qui concerne leur appareil végétatif.
Nous avons parlé déjà (p. 42) de leur disposition sur les
axes.
La longueur totale îles feuilles, sur nos échantillons de

�I,. COURCTIET
48
Protorhus Perrieri. ne dépasse pas cinq centimètres et demi;
elle est ordinairement moindre. La longueur du pétiole est
d’environ un centimètre.
La forme du limbe (fig. I et lîg. 3, À, B, C) est assez variable
(lancéolé, oblong, souvent spatulé, parfois un peu émarginé
au sommet avec une légère saillie de la nervure médiane).
Dans les feuilles normalement développées, la longueur du
limbe est d’environ \ centimètres ; sa largeur maximum
n’excède guère 2 centimètres. Le bord très entier, légè­
rement révoluté, est parcouru par une nervure marginale beau­
coup plus faible que chez le Protorhus Heckeli.
De la nervure médiane, épaisse, assez fortement saillante à
la face inférieure du limbe, et à laquelle correspond, à la face
supérieure, une gouttière peu profonde, se détachent, suivant
un angle très ouvert en avant, 14 à IG nervures secondaires
qui se dirigent parallèlement vers les bords où elles émettent
une ou deux ramifications, avant de se confondre dans la ner­
vure marginale.
Les nervures latérales, chez le P. Heckeli (Voy. mémoire de
MM. Dubard et Dop, p. 19-20), sont beaucoup plus nombreuses
(environ 60 à 70), relativement plus rapprochées les unes des
autres, et se détachent presque à angle droit de la nervure
médiane (%• 2)Un caractère de la feuille commun aux deux espèces, peutêtre à tous les autres Protorhus, est le suivant : la nervure
médiane et les nervures latérales secondaires, avec leurs rares
bifurcations terminales, sont seules apparentes à l’ceil nu ; ce
n’est qu’à la loupe ou au microscope qu’on aperçoit le réseau
de fines nervilles qui occupe le parenchyme intermédiaire. —
Mais tandis que les feuilles, chez le Protorhus Heckeli, sont à
peu près glabres, d'un vert pâle, un peu plus clair à la face
inférieure du limbe sur lequel se détache la nervure médiane
d'un fauve pâle, celles du Protorhus Perrieri sont d’un vert
jaunâtre et glabres en dessus, jaunâtres en dessous, grâce au
feutrage de poils simples et recourbés que porte l’épiderme infé­
rieur, feutrage qu’on n’aperçoit guère, d’ailleurs , qu’à la loupe.
Nous avons parlé déjà p. 45) de la consistance et de
l’épaisseur du limbe dans les deux espèces.

49
Inflorescences et fleurs. — Comme nous l’avons dit (p. 42-43)
les inflorescences, dans les deux espèces, ne sont autre chose
que des particules constituées elles-mêmes par de petites ey mes,
le plus souventbipares1 (fig. G).
Ces cymes montrent de petites bradées triangulaires (fig.
G /&gt;/•), très velues et très caduques, à l’aisselle desquelles
SUlt LE PROTORHUS PERRIERI

F ig .

t&gt;. — Un fragment d’inflorescence de Protorhus Perrieri. En hr, bractées
(Fortementgrossi .

naissent les pédoncules de divers degrés. Il ne nous a pas été
possible de constater la présence de préfeuilles au-dessous des
Heurs, peut-être pour le seul motif qu elles sont trop petites
pour laisser une trace sensible après leurchute, probablement
très précoce2.
Les Heurs mâles ont sensiblement les mêmes dimensions,
et à très peu de chose près la même structure que celles du
Protorhus Heckeli de MM. Dubard et Dop (v. p. 20 du pré­
sent volume). Dans chacune des petites cymes contractées en
glomérules, dont l’ensemble constitue 1 inflorescence générale
1. Cette biparité est beaucoup plus nette chez le Protorhus Heckeli
que chez notre espèce.
2. A. Engler signale, chez les P rotorhus , la présence de deux pré­
feuilles (Bot. Jitlirb., I, Vol. 1881. p. 377).
Annules du Musée col. de Marseille. — 2' série, 5* vol. 1007.

i

�---------------------------------------------

-

50
L. COURCHET
paniculiforme, la fleur terminale est portée sur un pédoncule
qui atteint ou peut même dépasser de beaucoup la longueur
de la fleur elle-même ; les fleurs latérales sont presque sessiles
ou ne possèdent qu'un pédoncule très court, destiné peut-être
à s’allonger plus tard(lig. 6). Nous n’avons observé que des
fleurs 5-mères.
Le réceptacle floral est presque plan.
Le calice est formé par 5 sépales à peine concrescents par

51
L’androcée (tig. de 7 à 10) est constitué par 5 étamines (si,
si) opposées aux sépales dont les tilets, élargis à la base, attéSUH LE PROTORHUS PERRIERI

Fui. 7. — Une fleur complète de Prolorhus Perrieri .étalée dans l’eau tiède,
(Fortement grossi.)

leur base (Jig. b, ”, ^ et 10) (ils le sont jusqu'à mi-hauteur
chez le Prolorhus Ilcckeli, loc. ci/., p. 20), concaves, très
velus sur leur face externe, se recouvrant à peine dans le bou­
ton, puis à préfloraison libre. D’abord plus grands que la
corolle qu'ils enveloppent entièrement (lig. b), ils atteignent
à peine la moitié de la hauteur des pétales dans la fleur adulte
”)•
La corolle est formée par 5 pétales indépendants1 (tig. (i,
7. 9 et 10)nettement imbriqués dans la préfloraison, fortement
concaves, assez épais ; leur sommet est légèrement incurvé,
terminé par une pointe obtuse. Comme les sépales, les pétales
sont pourvus, surtout en dehors, d’un duvet abondant, mais
qui disparaît peu à peu lorsque la fleur approche de son com­
plet développement.
I. Les pétales seraient soudés jusqu'au tiers de leur hauteur chez, le
P. Ileckeli, d’après MM. Duhard et Dop. loc. cil., p. 2Ui.

F ig. 8. — A, fleur sans corolle ; — B, la fleur sans corolle ni calice ;— C, fleur
montrant le disque cupuliformc d (les filaments staminaux si. .si sonl privés
de leurs anthères et la corolle a été enlevée : — D, la fleur vue parla face
inférieure ; — E et F, un sépale vu par la face dorsale el par le côté ventral :—
1», disque isolé, et vu par le côté supérieur. 'Fortementgrossis.)

nués en pointe au sommet, portent des anthères assez volu­
mineuses, dorsifixes, introrses et biloculaires, à déhiscence
longitudinale. Le sillon qui sépare les deux sacs polliniques
dans chaque lobe est latéral et assez profond pour que, sur

�mêmes, sur leur milieu, d’une dépression peu profonde. C est
aux échancrures qui séparent les lobes du disque que corres­
pondent les étamines (fig. 8 C) ; les pétales sont insérés en
face des sinuosités beaucoup plus faibles qui marquent le
milieu de chacun de ces lobes. Le centre de la concavité du
disque se soulève en un petit corps conique (lig. 8 G et lig. 10
fjyn), obscurément trilobé au sommet, qui représente un
gynécée rudimentaire.
M O R P H O L O G IE IN T E R N E

La structure anatomique du Protorhus Perriori, comme celle
du P. Iieckeli, n’offre aucune anomalie, et elle est, dans toutes
les parties de la plante, conforme au type général qui carac­
térise nettement les Anacardiacées ; sauf quelques divergences
d’une valeur très secondaire, cette structure est également con­
forme à celle qu'assigne Engler au genre Protorhus. Ces carac­
tères communs de structure sont exposés en détail ou résumés
dans plusieurs ouvrages classiques1 ou mémoires spéciaux *.
Nous n’insisterons donc ici que sur les points qui nous paraî­
tront constituer pour la plante certaines particularités propres
à la distinguer dans le groupe, ou à la différencier à l’égard du
P. Ifcckeli Dub. et Dop, dont elle est anatomiquement aussi
très voisine.
Tige. — La structure de la tige (lig. Il, I2 et 13) est essen­
tiellement la même chez les deux plantes. L’épiderme, chez
Protorhus Perriori, y est abondamment pourvu de ces poils
simples (pii s’observent généralement sur tous les organes
jeunes des plantes de ce genre.
F ig . 10. —

Diagramme floral: s, s, sépales; /), p. pétales; si. si.
ri. disque; f/i/n, gynécée rudimentaire.

étamine;

Les tilels staminaux s’insèrent en dehors et en dessous d'un
disque cupuliforme d'une épaisseur moyenne (lig. S et lig. !(&gt;&lt;/),
dont le bord sinueux forme cinq lobes larges, marqués eux-

I Engler et Prantl, Die ruiliirlichen P /lanzenfam ilien , II! Teil,
à Ableilung. A. Engler, p. IX9.— Solereder, Si/sleinatische Anatom ie lier
Dicolyledonen, Stultgard 1899, p. 27X.
2. A. Engler, Ueber die morpholoyischen Verhâltnisse und die yeograph ische V erbreiluny der Gattung P rot ho rus. liotanische Jahrb. I Batul.
11X1. — F. Jadin, Iiecherches sur la structure des Térébinlhaeées. Am i.
sc. nat. Bol., 1X94.

�54

I,. COUKCHET

Le liège nous paraît être d'origine sous-épidermique, bien
que nous n'avons pu directement en observer la formation
première; sur bien des points on voit, en effet, l’épiderme
tomenteux reposer immédiatement sur la première assise de
su ber.

F ig . 11. — Tige de Prolorhus Perrieri, en coupe transversale : sub, liège ; es,

es, canaux sécréteurs du liber primaire, avec les arcs fibreux përicycliques
qui les protègent ; /, liber dans lequel on aperçoit les séries de màclcs cor­
respondant aux rayons médullaires, et les canaux sécréteurs du liber secon­
daire es', es' ; sel. sel. cellules scléreuses ; h, bois ; m, moelle. (Gross. : 47/1.)

Chez le Prolorhus Perrieri, le liège, dont quelques-uns des
éléments les plus profonds sont seuls sclériüés, repose immé­
diatement sur l’écorce secondaire, essentiellement consti­
tuée par des cellules à parois minces (lig. 12); chez le Prolorhus
Heckeli, ainsi que le décrivent MM. Duhard et Dop, le liège
confine à une bande scléreuse à peu près continue, formée par
les éléments les plus extérieurs du phelloderme, et peut-être
aussi, en certains points, par les éléments les plus profonds
du suber ; l’épaississement de ces cellulles est parfois en fer à
cheval et très inégal, la paroi demeurée mince étant tournée en

dehors. Ce caractère distinctif entre les deux espèces nous a
paru constant.
Le parenchyme cortical renferme, disséminées ou groupées
en îlots, des cellules scléreuses de formes diverses (fig. 1 I et
12, sel, sel) et des cellules à cristaux isolés (cr, cr).

— Partie extérieure d’une coupe transversale de la tige de Prolorhus
Perrieri : sub, liège ; pc, parenchyme cortical : sel, cellules selérenchymateuses; cr, cellules à cristaux ; ij, gaine péricyclique ; es. canaux sécré­
teurs. (Grossis. : 400/1.)

F ig . 12.

Chez les deux Prolorhus on trouve dans le liber secondaire,
en dedans des grands canaux du liber primaire extérieurement
protégés par les arcs fibreux périeyeliques (fig. I I et 12 es, es
d’autres canaux plus petits (lig I I es', es'), plongés dans le
liber mou secondaire, et irrégulièrement disposés en séries
transversales. Nous n’en avons observé qu'une seule rangée
dans les tiges de P. Perrieri que nous avons étudiées.
Le bois occupe, dans la tige des deux plantes, une étendue
à peu [très égale à la moitié du rayon total de l organe, et il
montre une structure à peu près semblable ; mais chez le
Prolorhus Perrieri, les vaisseaux sont moins nomhreuxet d’un

�O/
phologie externe, offre le plus de divergence entre les deux
plantes dont il est ici question ; c’est dans la feuille encore
que nous allons trouver les caractères anatomiques différen­
tiels les plus importants entre les deux espèces, bien que le
type général de structure soit le même.
(laine cl pétiole. — Chez le Prolorhus Perrieri (tig. I l),
comme chez 1eP. Ileckeli (Voy. Dubard et Dop, loc. cil., p. 24),
si h

diamètre sensiblement moindre que chez le Prolorhus ffeckeli,
où on les observe fréquemment juxtaposés et séparés par
leurs simples parois accolées. Ces différences sont faciles à
constater quand on observe comparativement les deux tiges
sur une section transversale.
Chez notre plante, les vaisseaux du bois secondaire sont

LE

PHOTO H

111 S

PEU K l ER

1

F ig . 1 1. — Section schématique d'une ^aîne foliaire du Pr. Perrieri , montrant
les cinq faisceaux principaux de l’axe qui se portent dans la feuille.

F ig. 13. — Liber cl partie extérieure du buis de la lifje, en coupe transversale.
En es un canal sécréteur du liber secondaire. Grossis. : 100/1.)

les uns réticulés, les autres simplement rayés, d'autres enlin,
et généralement les plus gros, sont marqués d’aréoles ellip­
tiques nombreuses avec boutonnières transversales. Il existe,
d'ailleurs, des transitions entre ces divers types. — Les rayons
médullaires sont assez nombreux, formés d’éléments finement
ponctués, presque toujours unisériés (fig. 13, rm). On peut
souvent les suivre à travers le liber, à de faibles grossis­
sements, grâce aux màcles que contiennent fréquemment les
cellules qui les composent (fig. I !).
La structure de la moelle rappelle celle du parenchyme de
l'écorce, et ne présente aucune particularité. Elle contient des
cristaux nombreux.
Feuille. — G est la feuille qui, au point de vue de la moi­

la gaine foliaire reçoit de Taxe cinq faisceaux, dont un médian
plus volumineux, formant un arc convexe du côté dorsal, et
deux à quatre faisceaux plus petits, orientés en sens inverse des
premiers, fermant la concavité de l'arc du côté ventral, à une
légère distance du point d’insertion de l'organe. Chacun d'eux
est pourvu d’un volumineux canal sécréteur, autour duquel la
gaine fibreuse fait défaut. Mais tandis que, chez le P. Ileckeli,
les sept à huit faisceaux de la gaine cheminent séparément
dans le pétiole, où on les retrouve toujours distincts, ils se
rapprochent et se subdivisent plus ou moins chez le P. Perrieri
(Jig. Io et 16 ), de façon à former un système ellipsoidal à peu
près continu, dans lequel ils ont perdu leur individualité lors­
qu ils arrivent .vers la région caractéristique, au voisinage
du limbe (fig 16). Les canaux sécréteurs se sont eux-mêmes
segmentés et multipliés dans la même proportion. En outre,
tandis que les màcles d'oxalate sont abondantes dans tout le
parenchyme périphérique du pétiole chez le P. Ileckeli. où
les poils font défaut, les cristaux manquent dans la région
correspondante chez le P. Perrieri où l'épiderme est, par contre.

�59
recouvert de poils abondants. Les faisceaux sont ici partout
dépourvus de gaines fibreuses.
Limbe. — Les divergences s'accentuent encore dans le limbe
des deux feuilles, bien qu'elles possèdent certains carac­
tères communs : localisation des stomates sur l'épiderme
inférieur qui porte également des poils de deux sortes (loc. ci/.,
p. 22 1, les uns simples, allongés et terminés en pointe, lesautres
renflés en ampoule et beaucoup plus courts, ordinairement
SU U L L

là. — Section transversale de la région moyenne du pétiole du Prolorhus
Perrieri : es, es, canaux sécréteurs; /, liber: b, bois; g, gaine des faisceaux
conducteurs; m, moelle- (Grossis. : 18 I.)

F ig .

Img . lô. — S ection Iran sv crsalc du pétiole du Prolorhus Perrieri d an s la
l ésion caractéristiq u e im m édiatem en t au-dessous du p o in t où co m m en ce le
lim be). Légende com m e dans la fig. 15.(G ross. : J8/1.)

PHOTOnm s

PEIUUEKI

Fig. G. — Figure schématique de la nervure médiane du limbe chez le
Prnlnrhns Perrieri (A) el le Pr. Ileckeli iB).

subdivisés transversalement par une à deux minces cloisons
(tig. 21); symétrie nettement bifaciale du mésophylle qui ne
possède qu une seule rangée de cellules en palissade ; présence
d’une nervure marginale de charpie côté du limbe ; nervures
de second et de troisième degré (pourvues d’un canal sécré­
teur) reliées aux deux épidermes par une lame de tissu
fibreux.
Les caractères spéciaux du limbe chez le P. Perrieri sont
les suivants.
Nous avons parlé ailleurs (p. i3) de son épaisseur bien
moindre que chez le P. Heckeli, et de sa faible consistance.
L'épiderme supérieur (lig. 21), très glabre, est tormé chez
notre plante par des cellules irrégulièrement polygonales et
indivises (les cellules de l’épiderme supérieur du limbe sont
presque partout cloisonnées tangentiellement chez le P.
Ileckeli, où il se constitue ainsi un hypoderme (v. Duhard et
Dop, loc. cit., p. 22-23).
Les poils sont rares sur l'épiderme inférieur du limbe chez
le P. Ileckeli (loc. cit., p. 21) ; ils forment chez le P. Perrieri

�L. COUIU'IIÜT
GO
un feutrage gui masque entièrement les stomates et les cellules
épidermiques (lig. 19), et on ne peut observer la structure
de l'épiderme que sur les parties qu’on a eu le soin d'épi­
ler à l’aide d’un léger raclage au rasoir. Ces poils sont
scléreux à la base (lig. 20 A et 11). Les stomates, chez notre

18. — Section transversale tic la nervure médiane chez le Pr. P erricri:
pp, parenchyme en palissade.; pP parenchyme lacuneux. Le reste comme
dans les figures précédentes.

ül
et lig. H B de notre travail), on y observe quatre à six faisSUR LF. PROTORHUS PF.RRIF.Tu

F ig .

plante, sont assez nombreux, rapprochés les uns des autres,
quelquefois contigus, ti contour presque circulaire. Leurostiole
lig. 20 A et 2 H s'ouvre à peu près au niveau de la surface de
l’épiderme, et les cellules stomatiques confinent à un nombre
indéterminé de cellules qui ne se distinguent en rien des
autres cellules épidermiques, et qui représentent assez souvent
des bases de poils.
L’aspect que présente l’épiderme inférieur, chez le P.
Ileckeli, est dilférent : les poils y sont très disséminés, les
cellules plus grandes et à contours plus sinueux, enlin les
stomates y sont encadrés par cinq à six cellules annexes plus
petites (loc. cit., p. 22).
Le limbe foliaire est relativement mince chez notre plante.
La nervure médiane y forme, à la face inférieure (lig. 17 A et
lig. 18), une saillie beaucoup plus large et moins conique que
chez h* P. Ileckeli. Comme chez ce dernier (loc. cit. lig. 8.

F ig .

19. — Un fragment d’épiderme foliaire inférieur chez le Prolorhns t'errieri,
montrant les deux sortes de poils. ;Grossis, environ 400 ).

F ig . 20. — A et IL Un stom ate et poils de l'épiderme intérieur du limbe chez
le Protorhus Perricri , vus sur une section transversale.

ccaux symétriquement placés, accompagnés de canaux sécré­
teurs; mais l’ensemble formé par ces faisceaux forme une ellipse

�62
L. COL'RCIIET
à grand diamètre transversal, et les ares fibreux qui protègent
les canaux chez le P, Heckeli manquent ici totalement.
Le collenchyme est très peu développé, aussi bien en dessus
qu en dessous de la nervure médiane.

63
â une lame verticale et étroite de fibres qui relient aux deux
épidermes les éléments conducteurs de ces nervures ; mais ces
libres ont ici un calibre relativement très large et des parois
peu épaisses. Les mêmes caractères s observent sur les
éléments qui forment la nervure marginale du limbe, nervure
peu développée et peu résistante chez notre espèce, et repré­
sentée, chez le P. IJeckcli, par un puissant cordon fibreux
[loc. ciI., p. 20).
Signalons encore, dans le tissu palissadiforme du P. Per­
rieri, la présence de cellules à cristaux (màcles ou cristaux
isolés), dans les mêmes situations que chez le P. Heckeli [loc.
cit., p. 23).
si;u lk rrothorus perrikri

CONCLUSIONS

F ig . 21. — Sccliou transversale du limbe chez le Protorhus Perrieri. Le centre
de la figure est coupé verticalement par une lame de fibres à m inces parois qui
accompagnent quelques vaisseaux r. A droite cl à gauche v', v', term inai­
sons dans le parenchyme de fines nervures réduites à quelques trachées;
cr, un cristal isolé; si, stomate : pg, un poil glanduleux. (Grossis. : 100/1.)

Comme chez le P. Heckeli, le mésophylle (fig. 21) est formé
par deux régions bien distinctes ; mais le parenchyme en
palissade, constitué par des cellules étroites et minces, occupe
ici la moitié de la longueur totale du limbe (il n’en forme que
le tiers chez le P. Heckeli, v. loc. ci/., p. 22-23).
A l’exception des ramifications dernières se terminant dans
le parenchyme assimilateur, les nervures, meme les plus
délicates, sont cloisonnantes chez 1e P. Perrieri (fig. 21), grâce

I. — Far ses caractères végétatifs (feuilles simples, ordinainairement opposées, dont le limbe est pourvu d'assez nom­
breuses nervures latérales parallèles, son revêtement épider­
mique, etc.), et par ceux de ses caractères floraux qu il nous a
été donné d’observer inflorescences, structure et diclinie de
la fleur, présence d'un disque cupuliforme chez la fleur mâle,
etc.), la plante qui fait l’objet du présent travail nous paraît
devoir être rattachée au genre Protorhus d A. Engler, et
nous proposons pour elle le nom de Protorhus Perrieri, en
faisant toutefois nos réserves jusqu’à ce que l'examen du
gynécée, du fruit et de la graine nous ait permis d'en com­
pléter l’étude.
IL — Le Protorhus Perrieri n’est pas une simple forme du
Protorhus Heckeli Duhard et Dop dont l analogie avec les
espèces du genre décrites par A. b'ngler est manifestement
beaucoup plus étroite. 11 constitue une espèce bien autonome,
et qui se distingue même des autres Protorhus par des parti­
cularités importantes.
Les principales divergences qu’il offre à l’égard du Protorhus
Heckeli sont les suivants :
1° Chez Protorhus Perrieri. feuilles beaucoup plus courtes.

�64

L. COURC MET

oblongues, obovales ou spatulées, à limbe mince cl 1res friable
recouvert, à la face inferieure, par un Jure/ 1res fin et très
serré Je poils simples.
2° Nervures latérales du limbe beaucoup moins nombreuses
et, relativement à la surface de l'organe, moins rapprochées
les unes des autres. Nervure marginale beaucoup moins
épaisse et moins résistante.
3° Inflorescences (panicules de cymes) plus longues que
chez Protorbus Ifeckeli, égalant ou dépassant les feuilles végé­
tatives.
La structure des fleurs mâles est essentiellement la même
chez les deux plantes.
i° Point de bande scléreuse à la limite du liège et du paren­
chyme cortical.
5° Vaisseaux du bois, dans la tige, moins nombreux, plus
étroits et plus disséminés que chez Protorbus Heckcli Dub.
et Dop.
6° Cellules Je iépiJerme supérieur du limbe non cloisonnées,
et absence d'hypoderme.
7° Nervure médiane du limbe formant, sur une section
transversale, une saillie dorsale beaucoup plus large, à con­
tour plus arrondi ; absence de gaine fibreuse autour des canaux
sécréteurs qui accompagnent les faisceaux.
8° Parenchyme en palissade occupant environ la moitié de
l'épaisseur totale du limbe (il est beaucoup plus étroit chez
Protorbus Heckcli, comme aussi chez d'autres Protorbus).
!)° Fibres qui accompagnent les nervures à lumen large et à
parois faiblement épaissies.
10° Stomates confinant à un nombre indéterminé de cellules
épidermiques ordinaires, et sans cellules annexes.
Dans ces conclusions, nous avons souligné ceux des
caractères du Protorbus Perrieri qui différencient cette plante,
non seulement à l’égard du Protorbus Heckcli, mais encore
du plus grand nombre des autres- Protorbus décrits jusqu’il ce
jour.
Grâce à l’obligeant concours de M. le professeur Lecomte
et de M. Poisson, du Muséum de Paris, nous avons pu

65
étudier, en effet, anatomiquement la feuille et quelquefois
même la tige de plusieurs des espèces décrites par A. Engler
(.Prot. oblongifolia, nitida, Thouarsii,lafifolia, pauciflora). En
ce qui concerne les feuilles, les caractères communs à ces
divers Protorbus sont les suivants :
1°Le limbe est toujours plus ou moins coriace, glabre sur les
deux faces ou pourvu, seulement sur la face inférieure, de
quelques poils simples, rares et épars.
2° Les nervures latérales du limbe, plus ou moins nombreuses
et parallèles entre elles, vont se confondre tout près du bord,
en une nervure marginale fibreuse très résistante.
3° Dans la gaine et le pétiole pénètrent cinq faisceaux prin­
cipaux formant un arc à concavité supérieure, ordinairement
accompagnés, du côté ventral, par des faisceaux plus petits
diversement orientés. Les cinq faisceaux principaux, accom­
pagnés chacun en dehors par un canal sécréteur, se laissent
distinguer jusque dans la nervure médiane du limbe (ils sont
accompagnés de quelques faisceaux accessoires plus petits
chez Pr. latifolius, et ils se fragmentent plus ou moins dans
le pétiole [voy. p. 51 et suiv. pour reprendre plus loin, dans la
nervure médiane, leur individualité chez Pr. Perrieri
i u Les cellules de l’épiderme supérieur du limbe, etquelquefois aussi, bien qu’à un degré bien moindre, celles de l’épiderme
inférieur, tendent à se cloisonner d'une manière plus ou moins
irrégulière de façon à donner naissance à un bypoderme.
5° Les nervures principales du limbe (abstraction faite de la
nervure médiane) sont réunies aux deux épidermes par une
lame fibreuse, et accompagnées chacune par un canal sécréteur:
les nervures les plus faibles sont noyées dans le mésophylle
et sans canaux sécréteurs.
6° Le parenchyme en palissade est toujours formé par une
rangée unique de cellules ; mais ces dernières, plus ou moins
longues, occupent ordinairement le tiers, quelquefois la
moitié de l'épaisseur totale du limbe. Dans toutes les espèces
observées, comme dans l'espèce nouvelle décrite par
MM. Dubard et Dop, ce parenchyme est fréquemment interSDH LE PRpTORIll'S PERRIERI

Annules (lu Musée col. de Marseille. — 2* st’rie, i ‘ vol. 190".

�rompu par une, deux ou plusieurs cellules à cristaux, formant
des séries perpendiculaires à la surlace du limbe.
7° Les stomates, de forme plus ou moins arrondie, se montrent
vus de face, entoures par une sorte de cadre circulaire divisé par
des cloisons rayonnantes. Ce cadre est constitué par des
cellules annexes, très bien décrites par MM. Duhard et Dop
chez le Prof. Heckeli, et qui débordent en dessous les cellules
stoma tiques.
Les caractères généraux imprimés en italiques sont ceux
qui manquent au Pr. Perrieri ou qui ne s’y rencontrent qu’à
un faible degré. Ces divergences que présente notre plante à
l'égard
O des autres Protorhus motivent nos réserves sur sa
place définitive dans le genre.

LE KITS ONGO

VRAI

DE MADAGASCAR
liourea (B yrsocarpus) orientitlis IL Bn.
PAR

\1. le Professeur L. COURCIIE1'.

INTRODUCTION
On paraît avoir tout d’abord confondu, sous le nom de
« Kirondrou » ou sous celui de « Kitsongo » deux plantes au
moins qui n’ont de commun entre elles que d’être toutes deux
éminemment toxiques, de croître à peu près dans les mêmes
régions à Madagascar, et d’être appliquées à des usages sem­
blables par les naturels du pays. La cause première de cette
erreur est probablement due à ce fait que H. Bâillon luimême a donné comme portant le nom malgache de « Kérondrou » une Légumineuse qu’il décrit, avec un point de doute,
à titre d’espèce nouvelle, sous le nom botanique de Dalbergia ? toxicaria, et dont il n’a pu voir ni les fleurs ni les fruits L
1. D ilberrjiu ? toxicaria, sp. nov. — Ramosa ; cortice ramulorum griseo
llavescente rugoso. Folia in ramulis junioribus albido punctulatis conferta. Foliola oblonga (ad 2 cent, longa, 2 3 cent, lata ad basim
attenuata, ima basi obtusiuscula, apice emarginata, subtas pallidiora ;
veuulis remotiusculis subtransversis. Flores fructusque ignoti. Frutéx
dicilur 3 metralis. Vernac. K erondm u. — Pervillé, u. 601, Ambongo
(Bulletin do la Société linnéenne d&lt;‘ Paris, t. I, 1874-1889, p. 438).

�L. COURCHET
G8
Le H. P. Baron, dans son Compendium des plantes de Mada­
gascar, fait la même confusion.
Or, le u Kirondro » (Perriera Madagascariensis) dont nous
avons pu faire l'étude et établir la place parmi les Simarubacées, grâce aux matériaux récoltés par les soins de M. Perrier
de la Bathie et mis obligeamment à notre disposition par
M. le l)r E. Heckel, directeur et fondateur de l'Institut colo­
nial de Marseille, est désormais hors de cause1. 11 résulte,
d'autre part, de l’examen que nous venons de faire d échantil­
lons récoltés également par M. Perrier de la Bathie dans la
région de PAmbongo, et envoyés par lui comme représentant
le vrai Kitsongo des Sakalaves, que cette plante n’est autre
que le Rourea (Ryrsoearpus) orientalis II. Bn., ou tout au
moins une variété du type de cette espèce qui croît sur la
côte orientale d’Alrique, dans le Mozambique. D'ailleurs, une
forme de cette Gonnaracée, très peu différente du type,
aurait été trouvée déjà vers 18G0 à Nossi-Bé et à SainteMarie de Madagascar '2 ; cette dernière n’est pas signalée dans
PAmbongo et le Borna, d'où proviennent cependant les maté­
riaux étudiés par nous. Enfin, grâce à quelques échantillons
de tiges, de feuilles, de fruits et de graines provenant des
collections du Muséum et que M. le professeur Lecomte a
bien voulu nous communiquer, nous avons pu comparer notre
plante avec celle décrite par II. Bâillon, et confirmer ainsi,
par des preuves matérielles, les conclusions auxquelles nous
avait conduit l’étude du « Kitsongo » récolté par M. Perrier
de la Bathie.
Mais le Kirondro et le Kitsongo vrai (Ronron (Ryrsoearpus)
orientalis II. Bn. var. madagascariensis 3) ne pouvant plus

1. Annales du Musée colonial du prof. Ileckel, année 1903.
2. Adansonia, vol. VII, p. 230. Comme on le verra plus loin, dès
lB41,on avait pourtant signalé dans l’Ambongo un Hyrsocarpus que
Bâillon rattache, avec doute, sous le nom de var. parcifolia, à l'es­
pèce de la côte orientale d’Afrique. Mais les dimensions assignées aux
folioles de cette plante ne nous permettent pas de l’assimiler à notre
Kitsongo.
»
3. Nous nommerons ainsi cette forme récoltée à Madagascar.

I.E KITSONGO VRAI DE MADAGASCAR

désormais prêter à confusion, ne pourruil-il exister, à Mada­
gascar, deux ou même plusieurs plantes distinctes appelées
Kitsongo dans leur pays d’origine? Voici quelques faits qui
rendent pour nous cette supposition assez admissible.
Nous croyons utile de les faire connaître ici afin de

F ig . 1. — A, Une foliole de « Kitsongo mâle » ; B. id. de u Kitsongo femelle »

(grossies environ du double .

grouper tous les documents susceptibles, d'une façon
plus ou moins directe, de servir à débrouiller l’histoire des
plantes toxiques croissant à peu près dans les mêmes
régions, et qui peuvent avoir été confondues sous des noms
identiques ou, tout au moins, d'une désinence semblable.

�72

L. COURCHET

« Marovoaï, le 4 juin 1907.
« Monsieur,
« 11 n'existe, à ma connaissance, qu’un seul Kitsongo dans
« 1 Ambongo et le Boïna,* c’est-à-dire dans les régions com«' prises entre le cap Saint-André, la haie de Narinda et Man« dritsara : c'est la Connaracée n° 36o de mon herbier. — Les
« écorces envoyées par moi à M. Heckel proviennent, sans
a aucun doute possible, de cette plante. Nulle autre plante,
« dans cette région, n'est appelée « Kitsongo ». Il est néanv moins possible qu'il existe dans la Grande Terre, aux envi« rons d'Ambato, lieu de résidence ordinaire du prince como« rien Saïdina, inspecteur de milice, auteur de la lettre qu'on
« vous a communiquée, des plantes voisines que les Saka« laves ont cru devoir distinguer sous les noms de Kitsongo
« vavy et de Kitsongo lahy, car beaucoup de Connaraeées,
« notamment des Cnestis, ont des propriétés semblables. Mais
« cette dénomination n'existe ordinairement pas dans l’Am« bongo et le Boïna, où une seule plante est communément
« appelée Kitsongo, et utilisée comme telle.
« J ’ai dit plus haut qu’une seule plante est appelée ordinai«&lt;renient Kitsongo (sans plus) dans l'Ambongo et le Boïna, et
« que cette plante est la Connaracée n° 365. Mais, d ’après un
« renseignement d’un Sakalave de Bessalampy (cercle de
« Maintirano), il existerait sur les bords de la mer, au Sud
« du cap Saint-André, un autre Kitsongo dénommé Kitsongo
« vavy, et qui diiïérerait du Kitsongo lahy (qui, d'après ce
« Sakalave, serait le n° 365) par ses fruits plus petits. Plu« sieurs Connaraeées de la région répondraient bien à cette
« description, et il est possible que je connaisse botanique(( ment le Kitsongo vavy sans en connaître les propriétés et la
« dénomination sakalave, les côtes, dans l’Ambongo et le
« Boïna, étant peuplées de Matron et de Silam peu au cou« rant des propriétés des plantes de la région et de la phar« macie sakalave. — Je ferai des recherches à ce sujet et vous
« tiendrai au courant.

LE KITSONGO VRAI l)K MADAGASCAR

73

« C’e&gt;t probablement aux environs de Bessalampy et de
« Maintirano que le D’ Talavrac a recueilli les feuilles qu'il
« vous a envoyées, et je ne connais pas encore botaniquement
« cette région.
« Quant aux dénominations lahy (mâle) et vavy (femelle),
(( elles sont souvent employées par les Malgaches pour dési« gner des plantes ayant des propriétés voisines, lahy s’ap« pliquant aux plantes ayant des feuilles plus petites, au port
« plus chétif, vavy aux plantes ayant de grandes feuilles et
« un port plus luxuriant ; suivant les cas, ces dénominations
« pouvant indiquer des espèces, des variétés ou simplement
« des formes voisines.
« En résumé :
« Le Kitsongo ordinaire et le plus commun est incontesta« blement la Connaracée n° 365. Ce serait aussi le Kitsongo
« lahy dans les régions où existerait le Kitsongo vavy, Gon« naracée voisine qui habite spécialement les dunes du bord
« de la mer.
« Le Kitsongo lahy ou n° 365 existe aussi bien au bord de
« la mer que sur les terrains primitifs du centre, aux environs
« d’Andriba et de Mandritsara. »
Bien que les lignes suivantes de la même lettre n'aient avec
le sujet de ce travail aucun rapport direct, nous les reprodui­
sons ici parce qu’elles sont bien propres à nous montrer à
quelles causes, parfois bizarres et bien inattendues, sont dues
ces appellations multiples d’une seule et même plante, et la
confusion qui en résulte pour le botaniste et le chercheur.
&lt;&lt; Voici, pour finir, quelques explications au sujet de la
« phrase du prince Saïdina que vous n ’avez pas comprise :
— « Il s’en trouve dans TAmbongo sous le nom de Hifotro,
« nom donné à cette plante (d’après les mœurs sakalaves)
« depuis la mort du Panjaka (roi) sakalave Bakary-Kirondro. —
« Lorsqu'un roitelet sakalave meurt, ses sujets déclarent fady,
« c'est-à-dire tabou le nom d’une plante, d un objet, d un
« homme, d une chose quelconque ; ces objets, ces choses, ces
« plantes sont dorénavant désignés par un autre nom. C'est
« ainsi qu'après la mort du roi dénommé Andrianbazuha, les

�7i

LF. KITSONGO VRAI DE MADAGASCAR

I.. COl'RCHET

« Vasaha. c'est-à-dire les blancs, ne furent plus désignés sur
« son territoire que sous le nom de GaraniUSO (yeux clairs,
« brillants), etqu'après la mort d'un autre roi appelé Kumena,
&lt;( le mot mena, c'est-à-dire rouge, fut changé en manzohy,
« nom dont l'étymologie est plus qu’incertaine.
« Au reste, ces mots ne sont jamais fady (pie sur le terri« toire du roitelet décédé (l’Ambongo à lui seul possède plus
« d’une vingtaine de ces roitelets), et j ’ai toujours entendu les
« Sakalaves appeler le Perriera kirondro (prononcez Kiroundre)
« dans toute la région où cette plante existe, c’est-à-dire la
« moitié Sud de l’Ambongo. — Il est possible que dans la
« basse vallée du Betriloku, cette plante, bien connue des
« Sakalaves, soit appelée Hifotro, mais les vrais Sakalaves
« sont devenus si rares dans cette région (que j ’habite), que
« je n’ai jamais entendu ce nom-là.
« . . . Veuillez agréer, etc.
« P

e r r ie r

de la

B a t h ie » .

P.-S. — « Je rouvre ma lettre. Les Sakalaves signalent
« aussi l'existence du Kitsongo oauy dans les dunes du bord
« de la mer, en face de Majunga, sur la rive opposée de la
« baie Bombitaki, à Ankasépé ; le n° 363 serait bien aussi,
« d'après ces témoins, le Kitsongo laliy. »
Ces renseignements nouveaux changent à peu près en cer­
titude les doutes conçus par nous sur l'existence d une seule
espèce de plante appelée Kitsongo en langage sakalave, dans
la région N.-W. de Madagascar. Il résulte bien, en eifet, de
la lettre de M. Perrier de la Bathie, qu’on doit admettre
l’existence de deux plantes, voisines botaniquement l'une de
l’autre, appelées respectivement Kitsongo mâle ou lahy et
Kitsongo femelle ou vavy. Ces deux plantes correspondentelles bien aux deux feuilles reçues par nous sous les noms de
Kitsongo mâle et Kitsongo femelle? En comparant les deux
feuilles de la tig. 3 avec celle représentée en B (feuille envoyée
à nous sous le nom de Kitsongo femelle) dans la figure 1, on

73

se rend compte de l’analogie qu'elles ont dans leur forme et
surtout dans leur mode de nervation ; mais le A de la fig. I
(reçue par nous sous le nom de Kitsongo mâle) montre, avec
les feuilles précédentes, des différences dont l'importance est
dillicile à apprécier sur un simple dessin, cl ne nous semble
pas appartenir à une plante du même genre.

�LE KITSONGO VRAI DE MADAGASCAR

APERÇU GENERAI. SUR LA FAMILLE
DES dOXXARACÉES

Avant d'exposer les résultats de notre étude sur le « Kitsongo », nous croyons utile de rappeler les caractères essen­
tiels des Connaracées et ses principales subdivisions.
Les Connaracées sont ordinairement des arbrisseaux sou­
vent grimpants, rarement des arbres, dont les feuilles alternes
et composées imparipennées rappellent celles de beaucoup de
Légumineuses; mais elles sont sans stipules.
Les fleurs, groupées en grappes ou en panicules, sont
presque toujours complètes, actinomorphes et pentamères,
hermaphrodites.
Le calice, plus ou moins gamosépale par sa partie basi­
laire, à lobes imbriqués ou valvaires dans la préfloraison, est
le plus souvent persistant, parfois même accrescent autour du
fruit qu'il embrasse d’une façon plus ou moins étroite.
Les pétales, libres ou très peu conerescents à leur base,
sont imbriqués dans leur préfloraison.
Il existe un nombre d’étamines double de celui des pétales;
elles sont de deux grandeurs différentes, les oppositipétales
étant plus courtes que les cinq autres, stériles même parfois.
Le gynécée se compose de cinq (rarement moins) carpelles
indépendants ; ils sont uniloculaires, et contiennent chacun
deux ovules orthotropes dressés, ou ascendants tout au moins.
Ils s’atténuent vers le haut en un style plus ou moins long
terminé par un stigmate capité, souvent déjeté en dehors ou
bilobé.
Presque toujours un seul des carpelles arrive à développe­
ment complet et forme un follicule déhiscent, soit par sa
suture ventrale, soit par la nervure dorsale. Presque toujours
aussi, dans ce carpelle, se développe une seule graine. Cette

77

dernière, basilaire ou, dans tous les cas ascendante, renferme
un embryon droit, accompagné ou non par une certaine quan­
tité d'albumen.
Le tégument séminal se laisse habituellement diviser en
deux enveloppes : une interne plus résistante, le plus sou­
vent de teinte foncée, et une externe de teinte plus claire,
souvent aussi vivement colorée en rouge, décrite sous le nom
d'arille ou d’arillode, mais dont la nature, en fait, n'est pas
exactement connue. Parfois également développé sur toute la
surface de la graine, comme il l est sur notre Kitsongo, ce
tissu n’en enveloppe ailleurs que la base, ou bien encore se
produit seulement par places, en forme de lanières charnues plus
ou moins ramifiées. M. E. Gilg donne simplement ace tissu le
nom de « formation arilliforme » qui ne préjuge rien relative­
ment h sa valeur morphologique *. Pour IL Bâillon, il s’agi­
rait ici, le plus souvent, d'une simple hypertrophie plus ou
moins généralisée du tégument séminal -.
1. E. Gilg, in E ngler et P rantl, Die naliirlischen Pflanzenfam ilien, III
Teil, 3 A bteilung, p. 61 et suiv.
2. II. Bâillon (Adansoniu, vol. VII, p. 21o, et B ull soc. linnéenne de
P aris, séance du 24 décem bre 1866) insiste particulièrem ent, à propos
des C onnaracées de l’Afrique tropicale, sur la nature de ce tissu. Il pro­
viendrai!, pour ce botaniste, d ’une hypertrophie locale ou plus ou
moins généralisée de la région superficielle du tégum ent séminal, hyper­
trophie qui se p roduirait sur y&gt;lacc, et ne serait due ni à un renverse­
m ent des bords de l’exostom e, comme dans les cas des arilles fanx ou
arillodes (sem ence du M uscadier, celles des Evonym us, etc.), ni à une
expansion cupulil’orm e du funicule ■a ri 1le vrai des H ibberlia,du Bocouyer,
etc. ). Dans certains cas, le tégum ent séminal se doublerait extérieurem ent
d ’une enveloppe égalem ent décrite comme arillc, mais qui lui serait com­
plètem ent étrangère, et ne serait qu'une partie détachée du péricarpe
(genre Manotes). E. Gilg signale égalem ent, chez certaines espèces du
genre Bourea et chez tous les Manoles, deux enveloppes distinctes, l'ex­
térieure charnue, blanche, rose ou rouge sang, nettem ent délim itée à
l’égard de l’interne qui serait noire, dure et ligneuse.
L'exam en que nous avons fait des graines de notre Kitsongo nous
paraît confirm er l'opinion de II. Bâillon. La question toutefois ne
p eu t être définitivem ent résolue que par des observations organogéniques que l’état beaucoup trop avancé de nos sem ences ne nous a pas
perm is de réaliser.

�LE KITSONGO VRAI DE MADAGASCAR
L. COL RCMET

1. Dr Hans Solereder, Sys/emalische Anatomie (1er Dicoty/edonen,
18yy, p. 280.

79

a0 L’oxalate de calcium n’apparaît, dans la feuille tout au
moins, qu’à l’état de cristaux isolés.
b° Localisation des stomates sur l’épiderme inférieur du
limbe.
Subdivision des Connaracées. — La subdivision des Conna­
racées en tribus et en genres, telle que nous la résumons ici,
est celle qui est adoptée par M. E. (iilg dans sa monographie
(dans Engler et Prantl ; loc. ci/.). Elle est simple et permet
aisément de rattacher à un genre connu une plante nou­
vellement décrite ; mais il convient de remarquer que certains
genres de cette famille sont assez mal délimités à l’égard les
uns des autres, et souvent reliés entre eux par des formes
intermédiaires ; c’est ainsi que Bâillon a été amené à ne for­
mer qu’un seul genre des Byrsocarpus et des Rourea, aux­
quels nous rattachons notre plante.
1. Connahées. — Calice imbriqué ; graine
sans albumen.

Les Connaracées, plantes exclusivement tropicales, sont
représentées dans les deux continents ; le Brésil se montre
comme leur principal centre de développement dans le Nou­
veau-Monde. Elles se rencontrent aussi dans toute l'Afrique
tropicale, à Madagascar, en Asie où elles atteignent, à HongKong, leur limite septentrionale ;• elles sont richement repré­
sentées dans l'Indoustan, l'Indo-Chine, l'Archipel malais. On
ne connaît jusqu'à ce jour que deux Connaracées en Australie.
Les plantes de cette famille possèdent, dans leur structure
anatomique, certains caractères communs, que nous retrou­
verons dans notre Kitsongo :
I° Il se développe dans le péricycle de la tige, autour du
système libéro-ligneux, une gaine mixte formée de libres et
de cellules scléreuses.
2° Les vaisseaux du bois ont des perforations simples et
leurs parois latérales sont marquées de ponctuations simples
ou aréolées ; les libres ligneuses ont des ponctuations
simples.
3° Le périderme a une origine superficielle.
4° Il existe, chez les Connaracées, des appareils sécréteurs
de diverses sortes :
a) De grandes cellules à contenu gommo-résineux (Agelaea
Làmarkea Planch. et A. Konneri 0. Hoff.);
h\ Des cellules à mucilage, comme chez Rourea Pervilleana H. Bn ;
c) Des lacunes sécrétrices d’origine l vsigène chez les Connarus à l’exception du C. fecundus Bac). Ces lacunes contien­
draient une résine doublement réfringente, à structure rayonnée, aisément soluble dans l’éther, insoluble dans l’alcool 1.
Le siège ordinaire de ces glandes est dans le mésophylle du
limbe et surtout dans les pièces florales, où on les trouve
alors même que les feuilles en sont privées. Nous trouverons
dans le Kitsongo des formations sinon identiques, compa­
rables tout au moins à ces dernières.

jl Cnestjdèks. — Sépales valvaires ; graine avec ou sans albumen

7S

Calice étalé, n’embrassant pas le pédicelle.
A.— Capsule neltemenl pé- l Le plus souvent 2 à 4 capsules bien développées.
dicellée. Graine le plus )
Pseudoconnarus Rdlk.
souvent fixée sur la suture J Calice embrassant le pédicelle ; le plus souvent une
ventrale du carpelle
seule capsule.......................................... Connarus. L.
Feuilles 3-foliolées, avec deux fo­
lioles opposées__ Agelaea Sol.

B.— Capsule sessile ; grai­
ne fixée à la base de la
cavité ovarienne.

Calice peu ou pas
1 i O
du tout accres“ËL •Ji
cent,demeurant
O
/
*5
le plus souvent
\ •* c. 'ji.
petit et mou
l ©
après l’anthèse. 1 =» 5 .2
I 1
1£

/ Calice le plus souvent
1 caduc (Nouveau Mon1 d e ). B e r n a r d i n i a
1 Planch.
Calice persistant (An1 cien Monde! Byrso!
car pus. Schum. et
Thônn.

. étalé, n’embrassant pas la capsule...
Calice persistant \
/}oureo;jsIS iManch.
et
accrescen i corjace ou üg-neux. embrassant la
apres ant i e s e (
capsule.............. Rourea Aublet
Capsule velue en dedans...........................

Fleur avec 5 carpelles
et lu étamines.

l’intérieur

i

Cnestis Juss.

pédicellée.................. Ma notes Sol.

«
) I S
I ®7
[
s.
\

Pétales à peine plus longs
l
que le calice Cnestidium
' Planch.
1 P^tales ayant presque deux
!
fois la longueur des pétal
les Taeniochaena Ilook. f.

Fleur le plus souvent avec 4 carpelles et 3-4 étamines... Troostwyckia Miq.
Fleur ne contenant qu’un carpelle. \ Capsule velue en dedans... Tricholobns Blume
avec dix étamines.
I Capsule lisse en dedans... Kllipanlhux Ilook. f.

�Im g . 3. — , \ . a et l&gt;. deux folioles du B yrsocarpus orienlalis II. Bu. (herbier

du Muséum de Paris): — B .a ,fo lio le prise sur un rameau florifère des échan­
tillons de l ’Am bongo ; h et e, deux folioles d’un rameau fructifère de même
provenance. (D essins grossis 2 fois environ .

�LE

KITSONGO

VRAI DE MADAGASCAR

/
[Bourea (Byrsocarpns) orienta lis II. Bnvar. madagasca rien sis.)

I — M O R PH O LO G IE E X T E R N E

D’après les notes de M. Perrier de la Batliie dont nous
avons fait mention déjà, le « Kitsongo » est un arbuste à
rameaux sarmenteux qui croit, à Madagascar, dans la région
de l’Ambongo et du Boïna, en terrains siliceux.
La floraison aurait lieu en octobre et novembre ; les fruits
seraient mûrs en décembre.
A cela se réduisaient les renseignements que nous possé­
dions sur la taille, le port, les diverses phases évolutives de
cette plante, et les conditions de milieux dans lesquelles elle
végète.
Comme nous l’avons dit déjà (p. 71), cette Connaracée est,
pour nous, une simple forme, fort peu différente du type spécilique, du Rourca (ou Byrsocarpus orientalis qui croît sur
la cote orientale d'Afrique, espèce très voisine elle-même du
Byrsocarpus parviflorus Planchon, qui est propre a la cote
occidentale.
Nous décrirons tout d’abord en détail les échantillons d après
lesquels nous avons fait cette étude ; 1 identification de notre
plante avec celle de II. Bâillon résultera tout naturellement
de cette description.
Les matériaux à l’aide desquels nous avons pu faire ce tra­
vail comprenaient :
1° Des tiges abondamment pourvues de feuilles, de bourgeons
et de fleurs entièrement épanouies ;
2° D'autres tiges également garnies de feuilles, mais ces
feuilles à folioles plus petites de 1/3 environ que celles des
rameaux florifères (fig. 3), plus membraneuses, et d une couA nnale s du Musée col. de Marseille. — 2' série, 5* vol. 1907.

�I l \ l/.A.'N 1)1 MCSI-I-: COLOXI t L DE 1/ \I1SEI E U ..

{$2

Pages S2-N1.

L. COl'RCHET

leur plus ferrugineuse (v. plus loin'. Le dernier échantillon
portait des fruits à divers états, les uns clos encore bien qu en­
tièrement développés, d autres largement ouvei ts mais conte­
nant encore leur graine (lig. 14), d autres déjà &gt;ules, entin des
graines détachées, bien développées. — Malgré quelques
différences dans la taille, l'aspect et la consistance des feuilles,
les rameaux florifères et les rameaux ci fruits oil raient les
mêmes caractères généraux et la même structure (v. lig. 3 et G).
Indépendamment de ces matériaux, tous secs d ailleurs,
mais bien conservés, nous mentionnerons encore de nombreux
fragments d’écorce, dont l'examen chimique se poursuit, con­
curremment avec le présent travail, dans un de nos labora­
toires.
Appareil végétatif. — Tige ^écorce. — Les échantillons de tige
les plus épais dont nous avons disposé n'excédaient pas 4 à
5 millimètres de diamètre. Leur surface (lig. t, A et 13) est
d'un brun foncé, irrégulièrement sillonnée dans le sens de la
longueur ; de larges cicatrices triangulaires y marquent les
points d'insertion des feuilles tombées et de leurs rameaux
axillaires. Sur certains rameaux se montrent d assez nombreux
bourgeons végétatifs (lig. 4, H) ; ils sont extérieurement pro­
tégés par une écaille brune (éc.), large et triangulaire, forte­
ment concave en dessous, de consistance cartilagineuse. Entre
cette écaille et l’axe mère se montrent déjà, sur certains bour­
geons, quelques très jeunes feuilles de la pousse nouvelle,
couverte d'un duvet d’un fauve ferrugineux *.
Les rameaux sur lesquels, au-dessus du jeune périderme,
s'est encore intégralement conservé l’épiderme primitif, se font
remarquer par de nombreuses lenticelles, dont la teinte claire
tranche nettement sur la couleur brune de l'écorce (lig. 4,
A et B . Elles sont ovales, leur grand diamètre étant orienté
suivant la longueur de l’axe ; elles forment, sur ce dernier,
des saillies assez prononcées, et leur surface, déprimée et légè­
rement concave, est percée au milieu d’une fente longitudi-

Fie. i. — A. fragment de lige, grossi du double environ. — H, un fragment
de lige, grossi 3 fois environ, montrant un bourgeon axillaire h, avec son
écaille protectrice éc. En cicnl, la cicatrice de la feuille-m ère. — C. une
lent icelle vue de face, fortem ent grossie.

1. Comme nous le verrons plus loin, ce duvet est formé par de longs
poils sim ples unicellulaires.

Fie.. :&gt;. — Un fragment d’écorce de K ilsongo légèrem ent grossi — A. écorce
vue par sa surface extérieure; — B, par sa surface interne. — t. et 1&gt;. la
même écorce plus jeune, et montrant encore extérieurem ent quelques lenti­
celles en 1) grossie deux fois environ .

�L. COURCIIET
84
Enlin sur une section transversale, on aperçoit déjà à 1 œil
nu la ligne claire (gaîne scléro-fibreuse péricyclique) dont la
présence est constante dans l’écorce adulte (v. plus loin, p. 104).
FcMcs. — Les feuilles composées imparipennées (fig. 6,
\) sont alternes et sans stipules, et rappellent, par leur forme
générale, celles de certains Cassia de la section des Sonna.
Leur longueur totale est de 14 à 15 centimètres. Les folioles
latérales, opposées ou subopposées, forment six à dix paires;
toutes sont articulées à l'aide d'un court pétiolule (d'une lon­
gueur de I millimètre à peine pour les folioles latérales, celui
de la foliole terminale étant un peu plus long) sur le rachis
commun dont elles se détachent avec une facilité extrême. —
Les folioles ont des dimensions variables d’un rameau à l’autre,
et presque toujours aussi sur une même feuille; leur longueur
totale est de 1,5 centimètres à 2,5 centimètres, sur une lar­
geur de 0,5 centimètre à I centimètre. Ainsi que nous l’avons
dit déjà et comme l'indique nettement la figure 3, les folioles
des rameaux fructifères que nous avons étudiés n'ont exacte­
ment ni la même forme ni les mêmes dimensions que celles
des rameaux florifères qui nous sont parvenus en même temps.
Avons-nous affaire ici à deux variétés d'une même espèce,
ou bien ces dillérences sont-elles de simples variations dues à
des causes extérieures fortuites ? Nous devons faire nos réserves
à cet égard ; dans tous les cas, la structure et le mode de
nervation sont partout identiques.
Les folioles, sur les rameaux florifères, plus vigoureux et
plus épais que les rameaux de. l'autre échantillon, sont ovales,
arrondies au sommet ou parfois légèrement émarginées au
niveau de la nervure médiane qui, dans quelques folioles, se
termine par un très court mucron ; elles sont très entières sur
les bords, dont les deux latéraux courent presque parallèle­
ment l'un à l'autre dans la région moyenne du limbe. Les
deux folioles inférieures de la feuille sont presque toujours
plus arrondies et plus courtes ; la terminale est, par contre,
plus longue et plus longuement atténuée à sa base (fig. 6, A).
Les tolioles sont, sur ces mêmes rameaux à fleurs, d’un vert
toncé en dessus, dune teinte plus claire en dessous, presque
coriaces, à bords légèrement révolutés.

,
i l
•' t— v«..v i. v uumr&gt; ci un iruii arrête
dans son développement fr. (Ce dessin est un peu grossi). - B. une foliole
fortement grossie pour montrer le mode de nervation. - (Celte figure cor­
respond aux rameaux des échantillons florifères, qui sont les plus con­
formes au type du Muséum).
r

�l.K KITSONGO VU AI Dii MADAGASCAR

Ko

Sur les rameaux fructifères, un peu plus grêles que ceux
du premier échantillon décrit, les folioles (fig. 3 G) sont plus
membraneuses et de 1/3 ou presque 1/2 plus petites, à bords
non révolutés, en général beaucoup plus longuement atténuées
au sommet, d’une teinte fauve sur les deux faces
La ligure (i montre, en B, le mode de distribution des ner­
vures. De chaque côté de la nervure médiane se détachent,
formant avec elle un angle très obtus en avant, six à dix ner­
vures de second degré qui, à une certaine distance des bords
du limbe, s'incurvent en avant pour s'anastomoser et former
ainsi une ligne ondulée qu’on peut suivre jusqu’à l’extrémité
du limbe. Les nervures de second ordre émettent, à leur tour,
presque à angle droit 2, les ramifications de troisième degré
qui, se ramifiant elles-mêmes suivant le même mode, contri­
buent à constituer au sein du parenchyme foliaire, dans les
intervalles des principales nervures, un réseau à mailles irré­
gulièrement polygonales. Tout près du bord entin règne un
mince cordon ondulé formé, à la périphérie du limbe, par des
ramifications des nervures de 3e et de i c degrés anastomosées
entre elles.
Organes de reproduction. Inflorescences. — Les fleurs sont
petites, réunies en nombre assez considérable en grappes
ramifiées, au-dessus des cicatrices de feuilles tombées. Les
inflorescences sont donc axillaires (fig. 7). Les pédoncules
florifères de divers degrés sont garnis, surtout vers leur base,
de ces mêmes poils de couleur fauve (sur le sec tout au
moins), longs et unicellulaires qui se montrent sur toutes
les parties jeunes de la plante. Les ramifications de 1inflores­
cence naissent à l’aisselle de bractées sessiles, oblongues,
couvertes d’un assez grand nombre de poils semblables a
1. C 'est aux feuilles de nos rameaux florifères que ressem ble le plus
exactem ent celle qui nous a été envoyée du Muséum par les soins de
M .le professeur Lecomte.
2. Chez certaines espèces du genre Connaru», le s.n e rv u re s princi­
pales s'anastom osent perpendiculairem ent les unes aux au tres dans les
folioles.

�86

LE K1TSONGO VRAI DE MADAGASCAR
l

c o r n a iK t

ceux des pédoncules. On rencontre ces bractées çà et là rap­
prochées par paires et presque opposés (lig. 7, ln\ hr).
Les pédicelles assez courts qui portent directement les Heurs

87

sur le sec, garni de poils simples et longs (lig. 9). Examiné à
la loupe par transparence, leur limbe laisse voir ses princi­
pales nervures anastomosées en un épais réseau, et le paren-

Fio. 0. — Un sépale fortement grossi, vu par transparence.

Fin. 7. — Un fragment d’inflorescence; br., br., bractées (Grossi .

montrent chacun, à une certaine distance au-dessous de ces
dernières, une articulation où ils se rompent très aisément, et
que l’on retrouve très nette encore sur les pédoncules fructi­
fères (fig. IL art.). La longueur des pédicelles n’excède guère
2 millimètres.
Fleur. — Les fleurs, entièrement étalées, onl un diamètre

F ig. 8. — A, une fleur dont les pétales sont rapprochés en cloche ;
B, une fleur étalée (D essins grossis).

total de l, o centimètre à 2 centimètres. Elles sont complètes,
hermaphrodites, actinomorphes, 5mères. Le réceptacle est à
peu près plane (diagramme, lig. 11).
Le calice (tîg. 7, 8, 9, 10 et 11) est formé par cinq sépales
légèrement concrescents, concaves, larges et subcordés à la
base, prolongés au sommet en un appendice arrondi, rouge

chyme qui en occupe les mailles s’y montre creusé de grandes
lacunes sécrétrices que l’on peut observer avec la plus grande
netteté sur des coupes transversales de la fleur (lig. 49). Les
sépales se recouvrent largement en préfloraison quinconciale

F ig . 10. — Le calice vu par la base de la fleur, très grossi : pé l.. pétales;
sép., sépales ; péd., pédoncule.

(fig. 11) ; ils sont persistants et légèrement accrescents à la
base du fruit, comme nous le verrons plus loin.
La corolle (fig. 7, 8, 9 et 11) est représentée par cinq
pétales membraneux, oblongs, environ trois fois plus longs
que le calice, arrondis à leur extrémité, à peine rétrécis à la

�89

Fi; KITSO.NGO VIIAl DK MADAGASCAR

élargis et légèrement cohérents par leur extrémité inférieure.
Les anthères, relativement petites, sont subglobuleuses,
didymes, introrses, à déhiscence longitudinale.
Le centre de la fleur est occupé par cinq carpelles opposés
aux pétales, indépendants (lig. Il, 12 et 13 carp). Chacun
d’eux est lormé par un ovaire oblong, couvert de longs poils,
atténué en un style terminal plus ou moins long; ce dernier

■Vv

F ig. 12. — Androcée slam., sla.ni.) et gynécée (carp., carp. sans les enve­
loppes florales. La fleur ici représentée est pourvue de longs styles, et les stig­
m ates (s t i g .) viennent affleurer au niveau des étamines longues l Fortement
grossi).
F ig. 11. — Diagramme de la fleur : sép., sép ales; pél., p éta les;
s la m., étam ines ; carp., carpelles.

quinconciale (fig. I h: les pétales s'écartent les uns des autres
lorsqu'on plonge les ileurs dans l’eau tiède, et s’étalent en
étoile, disposition qu'ils alFectent probablement sur la
fleurs épanouie et fraîche (fig. 8 H et fîg. 10).
Landrocée (lig. 11 et 12) est formé par dix étamines, sen­
siblement insérées au même niveau en dedans des pétales.
Comme chez presque toutes les Connaracées, elles sont de deux
longueurs dillerentes, les cinq qui alternent avec les pétales
atteignant presque la hauteur de ces derniers, les cinq oppositipétales étant environ de moitié plus courte; toutes sont fer­
tiles d'ailleurs. Les lilets staminaux, subulés au sommet, sont

s’élargit au sommet en un stigmate papilleux, souvent déjeté
en dehors (lig. 12 et 13 stiy.). Les fleurs du Kitsongo sont
hétérostylées, cas signalé comme fréquent chez les Connaracées
du genre Byrsocarpus : chez certaines d'entre elles, les styles
atteignent à peine la hauteur des étamines courtes (lig. 13), tan­
dis que, chez les autres, les stigmates sont portés à peu près
au même niveau que les anthères des étamines les plus
longues (lig. 12).
Chaque carpelle contient deux ovules dressés et basilaires,
orthotropes, à tégument double L
%

I. 11 nous a été im possible, sur les (leurs dont nous avons disposé,
d ’o b serv er d irectem en t ce dernier caractère. Mais la présence d ’un
tégum ent ovulaire double ayant été constatée chez toutes les C onnara­
cées, il est infinim ent probable que le Kitsongo ne fait pas exception à
cet égard.

�00

A.XNALIiS IB MUSÉE COLONIAL DI-: MA 11SEU.LE.

L. COI RCHET

Fruit. — Comme chez la grande majorité des Connaracées, un seul des carpelles, dans chaque fleur, se développe
en fruit. Ce dernier, à 1état sec (fig. t i, 16 et 17), est un fol­
licule oblong ; il mesure un centimètre à un centimètre et
demi en hauteur, sur une largeur de 50 à 60 millimètres; son
péricarpe est peu épais, coriace ; il présente un côté ventral très

s im
ÔTÏ'
F ig . 13. — Deux carpelles dans une fleur à styles courts : sium., filets

stamineux : or., ovaires ; stig., stigmates (Fortement grossi).

convexe et un côté dorsal presque plane ou même légèrement
concave en dehors. La face ventrale du fruit (fig. 16 et 17)
montre en outre, dans sa région médiane, un sillon le long
duquel s'effectue la déhiscence L Ce sillon aboutit, un peu en
1. Suivant Oliver, dont l'opinion est indiquée par E. Gilg toc,, cil. in
Engler et Prantl), le fruit des Byrsocarpus serait déh iscen t p ar sa n er­
vure dorsale. Il est difficile, en effet, lorsqu'on se trouve eu présence
d'un fruit isolé, dont la base rem plit totalem ent la cavité du calice per­
sistant, de distinguer le côté ventral du côté dorsal. Mais en com pa­
rant la section transversale d'un jeune ovaire, dont l’orientation dans la
fleur n'offre aucune difficulté, avec celle d'un fruit développé encore
clos, on rem arque que les deux faisceaux com m issuraux du carpelle
fig. 50 fc. fc correspondent aux deux faisceaux qui, dans le fru it,
courent le long des deux bourrelets qui lim itent, de chaque côté la
ligne de déhiscence. C'est donc par la com m issure ventrale que s'effectue
celte dernière.
L’analogie vient encore corroborer cette assertion. C’est par la su tu re
ventrale que s'ouvre égalem ent le follicule chez les Connarus, ainsi que
l'a observé et décrit M. le professeur Heckel chez 1e Connarus africanus
Lamk. Etude botanique, chim ique e t thérapeutique su r le Connarus
africanus Lamk, par MM. Ed. Heckel et Fr. SchlagdenhaulTen, A nnales
de la Faculté des Sciences île Marseille, t. VI, 1897).

Pages 9J-93.

�91
arrière du sommet du fruit, à une cicatrice ou une pointe
légère, dernier vestige du style terminal. La surface du fruit
est glabre, d un rouge foncé, finement ridée dans le sens de
la longueur (fig. 11); la paroi interne est lisse, d’une teinte
fauve. La déhiscence s’effectue sur toute la longueur de la
suture ventrale ’, et le péricarpe largement ouvert, un peu tordu
en arrière -, laisse voir la semence unique qu’il renferme. Cette
dernière (fig. 11 c), remarquable par la couleur rouge intense
de son tégument externe, est sessile et basilaire ; elle occupe
environ les 2/3 de la cavité du fruit.
Le follicule est embrassé à sa base par le calice persistant,
induré et légèrement accrescent (fig. 11-17). Ce calice se
I.l. K1TS0NG0 VUAl DE MADAGASCAR

F ig . 15. — Calice fructifère isolé grossi .

montre relativement volumineux lorsqu’il accompagne des
fruits peu ou mal développés (fig. 16); mais sa croissance
s'arrête rapidement et. dans les conditions normales, il ne
recouvre qu une faible partie de la base du fruit. Etroitement
appliqués contre le péricarpe par leur région inférieure, les
sépales s'en écartent et se réfléchissent légèrement à 1exté­
rieur par leurs bords. Le pédoncule fructifère (fig. IL, a
une certaine distance au-dessous du fruit, montre une articu­
lation très nette [art. fig. 11). Si Ion rend les fruits du
Kitzongo, entièrement développés mais encore clos, turges­
cents en les traitant par l’eau chaude, ils prennent 1apparence
1. La structure du péricarpe (voir plus loin i explique la déhiscence de
ce fruit.
2. Ces détails ont une im portance réelle pour établir n ettem en t la
place du Kitsongo dans l'ensem ble des Connaracées (voir plus loin).

�92

93
1° Une enveloppe externe générale d’un rouge écarlate,
glabre, irrégulièrement ridée sur le sec, susceptible de se
gonfler en devenant charnue dans l'eau ;
2° Une enveloppe interne brune, plus résistante et plus
mince, directement appliquée sur l’embryon.
Nous n'avons pu constater sur aucune graine une formation
LÊ KITSONGO VRAI DF MADAGASCAR

L. COL' IICHET

de drupes à surface lisse, et le calice s'applique alors sur
l'épicarpe par toute sa surface (fîg. 17) *.
Graine. — La graine (tig. 14 G, lig. 18 et 10), de forme
oblongue, mesure environ un centimètre de longueur sur

Fie». 10. — Un jeune fruit arrêté dans son développem ent (le même fruit,
grossi environ 10 fois, représenté en fr. sur la ligure 6 A).

une largeur d'environ 50 millimètres. Sa forme correspond k
celle de la cavité qui la contient ; elle est très convexe du
côté ventral, plane ou légèrement recourbée sur sa face dor-

F ig. 17. — Fruits adultes, mais encore clos, rendus turgescents dans l’eau
chaude : A, fruit vu le prolil ; B, par la face ventrale ; C, par le côté
dorsal i D essins grossis).

sale. Elle s'insère directement au fond de l’ovaire par une
surface irrégulièrement elliptique, blanchâtre, mesurant envi­
ron un millimètre et demi d’avant en arrière, sur une largeur
d'un millimètre. Elle possède un tégument double ; ce dernier
comprend :
1. Nous verrons plus loin que le péricarpe du Kitsongo est formé par
une zone scléreuse interne el par un tissu ex térieur parenchym ateux qui
rappelle le m ésocarpe des fruits charnus.

F ig . ls. — A, graine encore revêtue de scs téguments ; B. embryon sans
les enveloppes sém inales, vu de face ; C. le même vu de prolil ; D.
em bryon à cotylédons inégalement développés ;Dessins grossis .

arilliforme plus ou moins localisée au côté inférieur de la
graine, comme on en décrit chez la plupart des Connaracées.
Le côté supérieur de la graine est occupé par une surface

F ig . 10. — Graine provenant des herbiers du Muséum de Paris grossie .

oblongue qui tranche par sa teinte brun noirâtre sur la cou­
leur rouge du tégument, et s'atténue en arrière en une ligne
qui se prolonge quelque peu sur le côté dorsal (fig. 14, C). Au
milieu de cette surface, est une petite protubérance de couleur
claire correspondant au micropyle de la graine orthotrope, et à
la radicule de l’embryon qui est ici directement apicale. Sur
un échantillon de graine provenant du Muséum (tig. 19),
l'extrémité micropvlaire de la graine ferme une pointe nette­
ment proéminente ; nous ne pouvons cependant attacher une

�I.F. KITSONGO VRAI DE MADAGASCAR

Gomme nous l’avons dit déjà, ridentilication du Kitsongo
vrai 1avec le Hou rca (Byrsocarpus) orientalis ~ nous paraît être
1. Nous donnons au Bourea orientalis le nom de Kitsongo vrai pour
lo distinguer des autres plantes que l’on pourrait confondre avec lui sous
le nom de Kitsongo.
2. Les genres Bourea et Byrsocarpus sont ex trêm em en t voisins l’un
de l'autre. Leurs caractères essentiels sont les suivants :
Byrsocarpus Sehum. et Tlionn. Sépales 5, non caducs, p e rsista n ts
après l'an thèse, im briqués dans la prélloraison. Pétales plus longs que
le calice, linéaires. Etamines Illégales, ou bien celles opposées aux pétales
plus courtes, à filets dilatés et légèrem ent cohérents à la base, subulés au
sommet. Carpelles 5, velus, progressivem ent attén u és en un style que ter­
mine un stigm ate bifide. H étérostvlie fréquente dans ce genre. Capsule
oblique,coriace, oblongue, s'ouvrant par la su tu re dorsale d ’ap rès O liver
voy. [&gt;. 90 . Graine solitaire, sessile, album inée, pourvue (d’après les
caractères assignés aux Byrsocarpus par E. Gilg.) d ’une form ation arilloïde qui arrive ju sq u ’à m i-hauteu r du tégum ent sém inal avec lequel elle
est concrecsenle. En outre, d'après Guilielmo G erardo W a lp e rs (Annales
botanices systema/icæ, 1851-1852, (. 111, p 294), la radicule courte,
conique et non exserle, serait tournée vers la région v en trale du car­
pelle. Bentham et Ilooker Gênera, pars 1, p. 431) d isen t p ar co n tre :
«radicule très petite, supère ou ventrale dans la même espèce »&gt;]. A rb ris­
seaux peu élevés, dont les feuilles altern es, com posées-pennées, ont
un pétiole commun grêle, et un nom bre variable de paires de folioles
latérales, petites, veinées, bilobées ou obtuses au som m et. F leurs en
grappes axillaires, solitaires ou gém inées, paucillores; (leurs blanches
portées sur des pédicelles grêles.
Deux caractères seulem ent sépareraient n ettem en t les Bourea des
Byrsocarpus, si ces caractères étaien t constants :
1° Le calice n’em brasserait pas exactem ent la base du fruit chez les
Byrsocarpus, tandis qu’il s’appliquerait étro item en t sur elle chez les
Bourea ;
2° La formation arilloïde est décrite chez les Byrsocarpus com me
arrivant ju sq u ’à m i-hauteur du tégum ent sém inal avec lequel elle est
concrescente ; on assigne aux Bourea une form ation arilloïde diverse­
ment conformée, et généralem ent indépendante de la graine qu’elle
envelopperait en en tier à la m anière d'un m anteau, de telle so rte qu’un
des bords recouvrirait l'autre chez les espèces de l’Ancien Monde, tandis
qu'elle atteindrait au plus, chez les form es am éricaines, le tiers de la
hauteur du tégum ent séminal avec lequel elle serait concrescente.
Comme l’indique, d ’ailleurs, II. Bâillon, cette prem ière distinction

95

très légitime : en effet, bien que nous n ayons pu comparer entre
elles les fleurs des deux plantes, la description donnée par
II. Haillon supplée à cette lacune. Les divergences légères
(pu* nous avons observées relativement aux feuilles, aux fruits
et à la graine sont les suivantes : les folioles sont plus fré­
quemment munies d’un mucron très court chez la plante du
Muséum ; chez cette dernière encore, le fruit est plus nette­
ment prolongé en une pointe un peu recourbée en arrière, et
le calice s’applique moins étroitement sur sa base, enfin la
graine y est moins colorée et beaucoup plus nettement apiculée
que chez notre Kitsongo. Ces divergences ne nous paraissent
pas avoir la valeur de caractères différentiels spécifiques; tout
au plus pouvons-nous considérer notre plante comme une
forme du Bourea de la côte orientale d'Afrique, car nous man­
quons encore de termes de comparaison suffisamment abondants
et complets. Ajoutons à ces ressemblances celle qui résulte
de la présence, dans les deux plantes, de cette enveloppe arilloïde
généralisée que nous avons décrite, enveloppe différente à la
fois de la formation simplement basilaire assignée à la graine
des Byrsocarpus Schum. etThonn. (voiries caractères du genre
à la note 2) et de cette enveloppe charnue, indépendante de
la graine qu elle recouvrirait comme un manteau chez les
Bourea (v. la note qui précède). Ainsi que nous l’avons dit
page 84, nous faisons toutes nos réserves au sujet des diver­
gences (jue présentent les feuilles dans les échantillons étu­
diés par nous, et qui pourraient provenir de deux variétés de
la même espèce.
Nous croyons devoir reproduire ici presque en entier la diag­
nose de II. Haillon (Atlonsonia, vol. VII, p. 230).
enlre les deux genres, basée sur la disposition du calice et sur son déve­
loppem ent, perd toute sa valeur si l'on considère qu'il existe, à Mada­
gascar, des Connaracées appartenant m anifestem ent à l’un ou à l'autre
de ces deux genres, el où l'on trouve tous les passages en tre un calice
écarté du fruit, et un calice rapproché de la base du péricarpe.
Q uant au second de ces deux caractères différentiels, on ne peut non
plus lui attrib u er une valeur très grande, puisque la formation arilloïde
se p résente, dans le même genre Bourea, à des degrés de développem ent
très divers.

�LE KlfSONGO VRAI DR MADAGASCAR

Ronron orientalis sp. nov. (Ryrsocarpus orientalis, II. Bn.
spec. in herb. Mus. par.)
Kami lignosi, teretes uodosi glabri, uti ramuli lentieeliis
creberrimis punctiformibus (albidis) notati. Folia imparipinnata In (et ultra) foliolata; petiolo glaberrimo gTacili, basi
repente inernssato articulato; foliolis saepius suboppositis,
brevissime i I millim.) petiolulatis, elliptieo vel oblongo-ovatis (2-3centim. long, 1 centim. lat.), basi rotundatis; apiee
rotundato vel acutiusculo brevissime apiculato; integerrimis
merabranaceis, supra glabris dense viridibus, subtus opacis,
in sicco ferrugineis venosis ; Costa subtus valde prominula.
Flores in axilla foliorum adultorum rami supremorum racemosi ; racerao brevi pauciiîoro ; calice 5 partito puberulo
ciliato ; petalis pro généré brevioribus obovatis valdè imbricatis; staminibus basi vix coalitis antheris elliptius, introrsis, rima ferme marginali debiscentibus, in alabastro inflexis;
stylis capitellatis. Frue tus longius (1/2 cent.) pedicellati ;
calyce cupuliformi 5 fido; lobis acutiusculis plus minus cap­
sula1 basim amplectentibus, bine arcte applicatis, inde apice
patentibus, Capsula inæquali ovata oblongave (1 1/2 cent,
longa, 1/2-1 cent, lata), apice apiculo brevi acuto arcuato instructo gla bro. Semen erectum, omnino ortbotropum ; inlegumento extus undique carnosnlo arilliformi ; radicula omnino
supera.
Crescit in Africa1 Costa orientali ad Mombaza (Boivin, 184752).
Formam (?) fol iis paulo longioribus et fructu sæpius subelongato legerunt quoque Richard (olim cum Boivin, n° I 8S7 communicatam) ad Sainte-Marie de Madagascar et ad No,ssi-be.
Boivin ipse, anno 1850 (n° 2 1953) prope magnum lacum Djabal (herb. Mus.). Hanc stirpem, fructibus longioribus plerumque arcuatis, aprili 1841 fructiferum legit quoque Perville
(n°755 in Xossi-bélocis bumidis ; a quo frutex dicitur 3 metralis. Ad ejusdem démuni speciei varietatem parvifoliam non
sine dubio referimus specimina nonnulla ab eodem in
Ambongo (n° 544), plagis arenosis, februario 1841 collecta,
quorum folia omnino quoad formam analoga duplo triplove

97

minora evadunt; capsula nutem omnino eadem est (v. s. in
Herb. Mus. part.).
Les dimensions assignées par Bâillon aux folioles du Rourea
orientalis sont identiques à celles des folioles que portent nos
rameaux llorifères (v. p. 84), bien que, d’après cet auteur,
chez la forme récoltée par Boivin à Sainte-Marie de Madagas­
car. par Perville et Boivin à Nossi-bé, les feuilles soient un
peu plus longues et les fruits un //ou plus allongés que chez le
représentant de la cote africaine. Mais la forme rencontrée
dans l’Ambongo par Boivin et que Bâillon rattache avec doute,
sous le nom de var. parvifolia, à l’espèce orientalis, diffère
plus amplement de notre plante par les dimensions des
folioles. Ces dernières seraient, en effet, deux ou trois fois
plus petites que dans le type; or, les plus petites folioles
des échantillons récoltés par M. Perrier de la Bathie, sont à
peine d'un fiers plus courtes que les plus grandes de ces mêmes
plantes.
Jusqu’au moment où de nouveaux matériaux nous permet­
tront de compléter cette étude, nous croyons pouvoir admettre
l’identité spécifique de notre plante avec le Ryrsocarpus (ou
Rourea) orientalis H. Bn., sous une forme un peu différente;
mais elle nous paraît différer, comme variété tout au moins, du
Rourea orientalis, var. parvifolia, signalé dans l'Ambongo.
II. — M O RPH O LO G IE IN T E R N E
S tru ctu re de la tig e

D’une manière générale, la structure anatomique du Byr­
socarpus orientalis est, dans toutes les parties de la plante,
conforme au type général de structure des Connaraeées (voir
j). 78) ; elle offre cependant certaines particularités intéres­
santes.
La tige très jeune encore est revêtue d'un épiderme dont les
cellules sont tout d'abord plus ou moins papilliformes (fig. 20
et 21); on y rencontre des stomates semblables à ceux des
feuilles (voir plus loin, p. 113) et de longs poils simples uniA nnales du Musée col. de Marseille. — 2* série, 5 ' vol. 190".

�98

l.

cornai et

cellulaires, scléreux à la base, semblables à ceux qui revêtent,
chez cette plante, la plupart ^es organes jeunes. L'écorce

LE KITSONGO VhAI DE MADAGASCAR

99

plus ou moins nettement cubiques, elle est tout entière formée
par des cellules arrondies, incolores, à parois minces.
A cet âge déjà, et même avant la différenciation des pre­
miers éléments de la gaine péricy clique, dont l’apparition est
cependant très précoce, se montrent dans l’écorce, nussi bien

F ig. 2o. — lig e jeune, en coupe trans'ersnle ; ép., épiderm e garni de poils
unicellulaires ; éc., écorce avec poches glandulaires p g . : g ., gaine péricyclique:
liber avec poches glandulaires ;
i)(,is : m., m oelle (Gross. :
38, I .
F ig . 22. — Une poche glandulaire de l'écorce primaire dans une jeune lige
(Gross. : 100/1).

Fto. 21. — Épiderm e et assises sous épiderm iques d une très jeune tige.
En p, un poil scléreux à la base (G ross. : 400/1;.

primaire occupe environ le tiers du rayon total de la jeune
tige (p. 2(1 éc). A l'exception de la première ou des deux
premières assises sous-épidermiques dont les éléments sont

que dans la moelle et dans la région libérienne, des poches
glandulaires irrégulièrement arrondies, d’un diamètre relati­
vement énorme (fig. 20, 22 et 28 pff.). Elles sont très nom­
breuses, et certaines d’entre elles confinent même à l'épi­
derme. Leur origine est lysigène ou, tout au moins, c'est par
voie lysigène qu elles s'agrandissent, car leur formation, dans
diverses parties de la plante, nous a paru débuter dans une
seule cellule dont les parois se gonflent et se détruisent;
la désorganisation gagne ensuite les cellules adjacentes. On
observe fréquemment, dans la cavité de ces poches et sur leur
pourtour, les débris gonflés et en partie gélifiés des éléments aux
dépens desquels elles se forment. Deux poches voisines
deviennent fréquemment confluentes par destruction des cellules

�100

L. COURCIIET

tjui les séparent. Enfin les cellules qui les entourent, plus
aplaties et plus petites que les éléments du parenchyme ambiant,
leur forment parfois une bordure qui rappelle celle qu’on observe
autour des glandes internes chez beaucoup d'autres plantes,
les Idutacées, par exemple (fig. 23 pcj.).

F ig. 23. — L iberd’une tige jeune : g., gaine péricyclique : cr.. cristaux isolés
d’oxalale de calcium ; I. cr., tissu criblé : p g ., poche glandulaire ; cm ., rayons
médullaires Gross. ; 100/1).
F ig. 21. — Structure générale de la tige adulte : suh.. suber; /en /,, lenticellcs;

La gaine péricyclique apparaît de très bonne heure (lig. 20.
2t et 23//; ; elle est tout d'abord discontinue et simplement
représentée par des îlots séparés de libres, auxquelles s'ad­
joignent plus tard des cellules sclérifiées du parenchyme
ambiant. Ainsi se constitue la gaine mixte, formée en même
temps de libres et de sclérenchyme, caractéristique pour la
lige des Connaracées (voir p. 78). Disséminés dans l’écorce,
mais surtout nombreux tout contre la gaine, se montrent des
cristaux (cr.) isolés d oxalate de calcium, cristaux que l'on
rencontre, d’ailleurs, dans presque toutes les parties de cette
plante.
Le péricvcle, auquel appartiennent sans doute les deux ou
trois assises de cellules qui continent à la gaine en dedans de

éc., écorce ;/.. liber ; h.. bois; m., moelle; f/., gaine du péricyclc ’.pg., poches
glandulaires 1Fig. demi-schématique ; gross. : 60 1 .

lument à cet âge. Il est traversé par les rayons médullaires
unisériés qui vont se confondre plus loin avec le parenchyme
du péricycle, et renferme des poches glandulaires relative­
ment très grosses.
Le bois des jeunes tiges n’olîre aucune particularité intéres­
sante. Il se constitue, comme à peu près partout chez les dico­
tylédones, par des faisceaux isolés d’abord (lig. 20), mais qui
s'unissent plus tard, en se multipliant, en un cercle continu
(tig. 24). Le cylindre ligneux, relativement mince, entoure une
large moelle (fig. 20 et 2i m) dont la structure est semblable

�LE KITSONüd VRAI DE MADAGASCAR

103

dies, incolores et à parois minces qui les remplissent, les
autres sont largement ouvertes, leurs bords, en continuité
avec les assises de liège qui recouvrent le reste de l'écorce,
étant même réfléchis en dehors (lig. 2i).
Sur les rameaux plus âgés encore (fig. 20), le suber (sub)

Les fragments d écorce de Kitzongo dont nous avons décrit
l'aspect extérieur (p. 83) sont formés, non seulement par
l'écorce proprement dite, mais encore par le tissu libérien.
Dans les plus jeunes d'entre ces fragments, la structure de
l'écorce et du liber est la même que sur les rameaux feuilles
que nous avons observés (lig. 2i et 23). Le liège, dont
l'origine est sous-épidermique et que recouvrent encore çà et là
des éléments de l'épiderme, y occupe une zone peu épaisse
(sub) ; il est formé d’éléments aplatis ou cubiques, colorés
par un contenu fauve brunâtre dans ses assises profondes.
Les lenticelles [lent) s’y montrent nombreuses; les unes ont
des parois presque closes encore au-dessus des cellules arron-

k

F ig. 26. — Ecorce détachée d'un rameau âgé : suh., liège formé par des zones
alternatives claires et plus colorées, reposant sur une première assise sclé­
reuse sel. ; r/. gaine péricyclique ; /. liber Gross. : 60 I .

est beaucoup plus épais : il est formé par deux ou trois zones
de cellules cubiques incolores, séparées par des bandes beau­
coup plus étroites d’éléments péridermiques aplatis et de cou­
leur foncée. Les lenticelles ont disparu sur ces fragments,
rejetées avec les assises superficielles du liège.
Quelle que soit l’épaisseur du liège, les cellules subéreuses
les plus profondes sont en majeure partie épaissies ou sclérifiées sur leurs parois latérales et internes, et presque toujours
très inégalement (lig. 26 sel et lig. 27). A ces sclérites s'en

�LE KITSO.NGO VRAI DE MADAGASCAR

plus petits (jue les cellules du parenchyme ambiant. Les séries
de cellules ont souvent l’aspect de fibres transversalement
cloisonnées (lig. 32.).

F ig . 2 8 .— Un ilol fibreux isolé dans le parenchym e co rtical ( î r o s s . : 100/1).

La gaine repose sur un parenchyme dans lequel viennent se
perdre, en s’élargissant, les rayons médullaires qui traversent

Km. 21. — Assises profondes du suber avec sclérenchymc ;
à gauche un crislal (Gross. : iOO/1).

La limite entre l’écorce et le péricvcle est impossible à
fixer ; il convient cependant de rattacher à ce dernier, par
analogie, la gaine mixte (fîg. 24 et 20 y.) qui se montre par­
tout autour du cylindre libéro-ligneux ; elle est plus ou moins
puissante dans les rameaux adultes, mais à peu près partout
continue. Tandis que l'élément fibreux apparaît le premier
et domine tout dabord dans cette gaine (v. p. 100), le nombre
des sclérites qui s’y adjoignent augmente avec 1 âge. et ce
sont eux qui sont les plus abondants dans les écorces déta­
chées des vieux rameaux. On trouve, disséminées partout,
mais nombreuses surtout au voisinage delà gaine, à l'intérieur
et à l extérieur de celle-ci et contre le suber, des cellules
contenant des cristaux solitaires d’oxalate de calcium, rhomboïdaux ou irrégulièrement prismatiques (fîg. 30); presque
toujours, comme cela s’observe chez un très grand nombre de
végétaux, ces cellules à cristaux correspondent en réalité à
des files longitudinales d éléments cristalligères superposés,

F ig . 2 9 .— Une portion du liber d’une écorce Agée, correspondant à une bande

transversale de fibres f) accompagnées de cristaux (cr); r, rayons médul­
laires (Gross. : 100/1).

le liber, dont on ne peut nettement déterminer la limite
extérieure.
Le liber mou règne exclusivement dans la zone libérienne
des jeunes axes (v. p. 101), tandis que le tissu criblé forme des

�106

L.

COIRCIIKT

îlots dans l'intervalle des rayons médullaires unisériés. Mais,
avec 1âge, des fibres s'y différencient en groupes d’abord
épars, puis en bandes transversales interrompues, dont le

!Æ KITSONGO Vit Al DU MADAGASCAR

107

nales nombreuses de cellules à cristaux accompagnent les
libres; enfin, l'amidon est assez abondant dans l’écorce
(fig. 30 ; il est en grains arrondis ou irréguliers, isolés ou sou­
vent accolés plusieurs ensemble (diamètre moyen : 60 à 70 g).
Le bois (tig. 31), dans la tige adulte, présente une structure

F ig. 30. — A. quelques éléments du sclcrenchyme cortical avec cellules à
cristaux : H. cellules du parenchyme cortical avec amidon (Gross. :
650/1 .

nombre est assez considérable dans les écorces d’un assez fort
diamètre (lig. 26 et 29): dans celles-ci on voit le liber prosenchymateux alterner ainsi régulièrement avec du liber mou.
F ig . 32. — Cellules à cristaux en liles longitudinales au pourtour de la moelle

Gross. : lüO/l .

F ig . 31. — Bois de la lige. en coupe transversale. Eu l. la limite interne du

liber nous n'avons point trouve de cambium nettement caractérisé) ; v, v,
vaisseaux entoures par les libres ligneuses ; r. r, rayons médullaires
Gross. : 315/1).

En outre, dans ces mêmes écorces, des amas de ce même prosenchyme ( fig. 28) sont épars au milieu du tissu cellulaire
dans lequel viennent se perdre les rayons médullaires, en
dehors du liber proprement dit. Partout des (îles longitudi-

assez normale. Il est presque uniquement constitué par
des fibres à parois médiocrement épaissies, et marquées de
fines ponctuations linéaires (fig. 32), presque toutes con­
tenant de l’amidon ; de trachéides à ponctuations aréolées,
dont la boutonnière est transversale ; enfin de vaisseaux à
calibre assez large, aréoles eux-mêmes, mais chez lesquels
les aréoles s'allongent fréquemment dans le sens transver­
sal, de telle sorte qu’on trouve toutes les transitions entre
les vaisseaux aréoles et les vaisseaux à sculptures scalari­
formes. Les trachées, vaisseaux annelés, etc., d’un faible
calibre, se montrent, comme à l’ordinaire, dans l’étui périmédullaire. — Les rayons médullaires unisériés qui tra­
versent le bois sont assez nombreux, mais ils se distinguent
assez difficilement, sur les coupes transversales, des fibres
ligneuses dont ils ont souvent à peu près le diamètre.
La moelle, comme toujours beaucoup plus large dans les

�LE K1TS0NG0 VRAI DF. MADAGASCAR

jeunes axes que dans les tiges adultes, conserve encore, dans
ces dernières, un diamètre moyen égal au quart du diamètre
total de l'axe.
S tru ctu re de la feuille.

Gaine et pétiole. — La gaine reçoit de l'axe trois systèmes de
faisceaux disposés tout d abord en une courbe convexe dorsale-

109

transversal fig. 34), entouré par une large zone de liber
mou. Les éléments prosenchymateux, peu distincts encore
dans cette région du rachis commun, se montrent d’autant
mieux différenciés qu’on les considère plus loin du point
d’insertion de la feuille. Lutin, dans la partie du rachis com­
mun située vers le niveau où s’insèrent les premières folioles,
région où l’on peut admettre que cet organe a pris sa struc­
ture caractéristique, la gaine périeyelique a acquis sa dilfé-

F ig. 3i. — Coupe transversale du pétiole à un niveau plus élevé que dans
la ligure précédente. — Mêmes indications pour les lettres Cross. : 3N I .

ment, largement ouverte en dessus ; mais à peu de distance du
point d insertion de la feuille, chacun de ces systèmes se frag­
mente. et les divers faisceaux ainsi produits se disposent, comme
l indique la ligure 33, en un arc transversal dont les deux extrémi­
tés laissent, du côté ventral (ou supérieur), un large intervalle
occupé par deux faisceaux plus petits, isolés l’un de l’autre.
Plus en avant, à la partie inférieure du pétiole proprement
dit, l'arc se ferme entièrement à son côté supérieur, et
se transforme en un système unique, ellipsoïdal dans le sens

renciation complète à l’égard des tissus voisins ; elle est
formée, comme dans la tige, par des libres longues, à parois
d’un blanc nacré, mais les cellules scléreuses y font défaut
(lig. 35). Continue latéralement et sur le côté ventral du
pétiole, cette gaine est souvent incomplète du côté dorsal, où
elle n’est alors représentée que par des ilôts libreux épars.
Les poches sécrétrices sont très abondantes et très déve­
loppées dans cette partie de la feuille, surtout dans l’écorce

�HO

111

L. COURCHET

LE IUTSONUO VRAI DE MADAGASCAR

où on les observe dans toutes les régions dorsales et laté­
rales (lig. 35 p;/.). Elles font tout d'abord défaut sur le côté
ventral, mais plus haut sur la feuille, dans cette partie où le
rachis commun, devenu très grêle, porte les folioles latérales
et où sa section transversale offre un contour arrondi (fig. 36),
ces poches, devenues moins nombreuses, sont disséminées dans
l’écorce sur tout le pourtour de l'organe. Dans cette région, la

montrent un système libéro-ligneux formé de deux arcs d’orien­
tation inverse, concaves l’un et l’autre vers le haut, en contact

â/

F ig . 36. — S e c tio n . transversale du rachis commun sur le trajet des insertions
des folioles. Légende comme dans les figures précédentes Gross. : 3S 1 .

sur les côtés par leurs extrémités amincies. Les deux systèmes
ligneux, en regard l'un de l’autre, limitent une moelle transver­
salement allongée, très étroite. — La gaine prosenchvmateuse

F ig . 35. — Coupe transversale du rachis commun, au niveau de l'insertion
des premières folioles latérales. Légende comme dans les ligures précé­
dentes Gross. : 38/1).

gaine fibreuse et le bois forment deux zones de largeur inégale,
séparées par un anneau de liber mou. Dans la moelle, dont
le diamètre est inégal suivant la région du pétiole quelle occupe,
les glandes sont moins abondantes que dans l écorce ; elles
font même entièrement défaut dans certaines parties du rachis.
On trouve encore sur le pétiole commun quelques poils, toujours
unicellulaires et simples ; mais ces derniers font défaut à une
certaine distance de la gaine, au delà de laquelle la feuille est
parfaitement glabre.
Folioles et limbe. — Les folioles, avons-nous dit, sont por­
tées sur de très courts pétiolules. Ces derniers, à peu près
planes sur le côté ventral, très convexes en dessous (fig. 37),

F ig . 37. — Section transversale d'un péliolule : y . , gaine :
p y ., poches glandulaires (Gross. : 60/1).

règne encore, nettement différenciée et partout continue à ellemême, sur les régions dorsale et latérales du pétiolule ; mais
elle fait défaut sur toute la région moyenne du côté ventral.
De grandes poches glandulaires se montrent, ici encore, dans
l’écorce; mais, contrairement à ce qu’on observe pour la
gaine, elles sont presque exclusivement localisées sur la région
ventrale supérieure de. cet organe.

�t.F. KITSONGO VRAI DF. MADAGASCAR

113

être considérer que comme une localisation, sur certaines eel-

F ig. 3&lt;s . — Épiderme supérieur du lim be, m ontrant, au centre du dessin, une
cellule plus grande et A contenu légèrem ent granuleux (Gross. : iOO'l).

MM

polygonales, presque aussi hautes que larges, à 4-6 cotés en
général. Certaines d'entre elles se laissent distinguer parmi
les autres par leurs dimensions plus considérables, et parfois
aussi par un contenu incolore, réfringent, qui üxe les colorants
tels que le carmin et la fuchsine.
Sur les coupes transversales, on voit ces cellules faire une
saillie, considérable parfois, dans le parenchyme en palissade
dont les éléments sont ainsi refoulés (fig. 40 et i l ) ; en outre,
leur cavité est le plus souvent cloisonnée transversalement
par une, deux ou plusieurs membranes délicates. Il ne nous
a pas été permis de préciser, sur nos échantillons, la vraie
signification de ces éléments cloisonnés, qu’on ne doit peut-

k

F ig . 39.— Épiderme inférieur montrant les stom ates avec leurs deux cellules
annexes, l'une d'elles sou ven t tronquée. Une base de poil /*. est figurée dans
la partie gauche du dessin Gross. : i00/l).

\

Iules, de formations hypodermiques beaucoup plus générali­
sées chez d’autres Connaracées ’. Observés de face, ces élé1. Sur le limbe do la feuille qui nous a été envoyée sous le nom de
« Kitsongo femelle », nous avons observé des form ations absolument
sem blables, et m ontrant quelquefois ju sq u ’à trois cloisons transversales
superposées (fig. 42). — D’autre part, un dédoublem ent transversal de
l'épiderm e, localisé sur certaines cellules ou, chez quelques espèces,
généralisé sur tout l'épiderm e, a été signalé chez plusieurs Ronrea
R. frutescens Aub., glabra 11. Bn., revoluta Planch., nblongifolia llook.
et À rn., comploneura Hadlk. et pubescens Bdlk. Yoy. Solereder. Die
syst. A nal. (1er Dicol., p. 285]).
8
Ann,aies du Musée col. de Marseille. — 2* série, 5* vol. 1907.

�LE KITSONGO VRAI DE MADAoASC.AR

ments se montrent avec leur paroi propre très nette, entourés
par les cellules épidermiques voisines, lorsque la mise au
point est exactement faite sur la surface de l’épiderme ; mais
si on abaisse légèrement l'objectif, on aperçoit le fond de celle
meme cellule sous l’apparence d'une lacune, assez large
parfois, limitée par les cellules en palissade du limbe. Le
simple examen des coupes transversales rend compte de cette

115

Iules latérales, dont l une plus grande, de forme irrégulière,
l’autre moins large et tronquée è l un de ses angles par
une cloison oblique qui en a détaché un élément plus

F ig . il. — Une cellule cloisonnée de l’épiderme foliaire supérieur
chez le lli/rsocarpiis orienta Us L. de l'échantillon du Muséum (Gross. : 100/1 .

petit, triangulaire ouquadrangulaire. Cette disposition, dont la
constance n'est pas absolue, est assez générale cependant
pour constituer un caractère d'une certaine valeur. Parfois aussi

F ig . io. — A et B, cellules épiderm iques de la face supérieure du lim be,
cloisonnées transversalem ent, chez le Kilson^o vrai (Gross. : 100/1).

différence d'aspect. Enfin ces cellules sont quelquefois très
larges et correspondent, par leur côté interne, convexe dans le
mésophvlle, à un grand nombre de cellules en palissade
(fig. 4if.
Ces grandes cellules épidermiques, souvent dédoublées,
sont beaucoup plus rares sur l’épiderme inférieur dont les élé­
ments sont, d’ailleurs, sensiblement plus petits et plus iné­
gaux (fig. 39). C’est sur l'épiderme inférieur que sont loca­
lisés les stomates. Ces derniers sont relativement pelits,
ovales, à peu près constamment accompagnés par deux cel­

F ig . 42. — Cellule épiderm ique cloisonnée d’une foliole de Kilsonjro femelle
Gross. : î00/1 .

les deux cellules latérales sont également tronquées (fig. 39, au
bas du dessin). Les cellules épidermiques auxquelles confine
le stomate le débordent en dessus, de telle sorte que l'ostiole
s'ouvre au fond d’une sorte de dépression large et peu profonde,
et n'est pas situé au niveau de la surface épidermique (fig. 43).
Le mésophvlle (fig. 44) est formé par deux régions dis­
tinctes :
1° Une zone de cellules en palissade (/&gt;/&gt;•). Celle-ci occupe un
peu moins de la moitié du parenchyme vert ; elle est elle-même

�LE Kl'ISO ,NGO VRAI DE MADAGASCAR

I 17

constituée par des éléments disposés en une série unique ou,
en certains endroits, par deux séries de cellules plus courtes,
par suite du cloisonnement transversal des éléments primor­
diaux ;
2" Unezone lacuneuse(/c sp.)formée par des cellules de forme
très irrégulière, lâchement unies et laissant entre elles de

F ig . 45. •— Une nervure du limbe plus forte que celle figurée sur le dessin
qui précède (Gross. : 400/1).

F ig . 44. — Coupe transversale du lim be au niveau d’une petite nervure cloi­
sonnante : yjp, parenchyme en palissade: p. sp, parenchym e lacuneux. — Au
milieu du dessin est la nervure dont un îlo t libérien l. occupe le centre,
accompagné sur les côtés et en dessous par quelques vaisseaux, r, r, peu
distincts sur cette section. Au-dessus et au-dessous du faisceau conduc­
teur. on v oit les libres qui relient la nervure aux deux épidermes
Gross. : 400/1).

larges méats. Des cristaux doxalate sont disséminés dans le
mésophylle ; on les rencontre surtout au voisinage des ner­
vures.
La nervure médiane diffère sensiblement, comme structure, du
pétiolule dont elle est le prolongement (fig. 16). L'arc libéroligneux supérieur disparait ; il ne reste plusiciqu un arc inférieur,
largement étalé, formé lui-même de plusieurs faisceaux cunéi­
formes syémtriquement disposés, dont le médian est le plus
gros. La gaine fibreuse (g) est ordinairement discontinue et
formée d’un arc inférieur très large qui embrasse l'ensemble
des faisceaux, et d’un îlot plus épais, mais beaucoup plus étroit,
sur la région ventrale ; du reste elle se complète sur les
côtés et devient continue en certainspoints. Au-dessous de l'arc

�118

L. COL’RCHET
LE K1TSONGO VRAI l)K MADAGASCAR

fibreux dorsal, entre ce dernier et l'épiderme, règne un puren-

111)

surtout vers l’extrémité de la nervure, de grandes poches
glandulaires semblables à celles qui ont été déjà si fréquem­
ment décrites (il n en existait pas dans la partie de la ner­
vure médiane représentée dans la ligure iti).
$

F ig . 16. — Coupe transversale de la nervure m édiane :
,7. et /., comme dans les figures précédentes (Gross. : lso/1).

F ig . «S. — Coupe transversale d'un pédoncule : éc., parenchyme cortical

pg., poches glandulaires; /.. liber; b, b o is;m ., moelle figure demi-sché­
matique, gross. : 36/1 .

F ig .

il. —

Fibres des nervures du limbe. En

l.

une trachée (Gross.

: -100/1).

chyme incolore qui ne présente qu’à un faible degré les carac­
tères d'un collenchvme, mais on y observe fréquemment,

Les nervures de second et de troisième degré sont cloison­
nantes *, c’est-à-dire que le faisceau libéro-ligneux qui en
constitue la partie conductrice est relié aux deux épidermes
par une lame de prosenchvme (lig. 44 et 45) qui cloisonne,
en quelque sorte, le inésophvlle. Des cellules à cristaux s’y
montrent fréquemment. Vers le côté ventral du limbe, la cloi­
son fibreuse se rétrécit beaucoup, et n’est fréquemment
constituée que par une seule assise de fibres. Toutes ces fibres,
dont le lumen est assez large, sont de forme et de dimensions
inégales, les unes très allongées, d’autres courtes et contrac­
tées sur elles-mêmes, rectilignes ou sinueuses, souvent rami1. Nous croyons pouvoir em ployer cette expression pour désigner
ces sortes de nervures appelées rlurchgehende Xerven par les au teu rs
allem ands.

�120

121

i.. coniCH ET

LE KITSONGO VKAl IJU MADAGASCAR

liées aux points d anastomose des nervures (fig. 17). Cette
disposition, que I on aperçoit très aisément par transparence
sur des feuilles décolorées par l’eau de Javel, est caractéris­
tique. Le bord du limbe, le long duquel court une petite ner­
vure ondulée (voir p. 8'»). est occupé par un certain nombre
de cellules incolores, parfois d'aspect collenchymateux.

C’est encore avec des dimensions considérables que ces
mêmes poches glandulaires se montrent dans toute la région
dorsale des sépales, en arrière des faisceaux libéro-ligneux
(fig. 49, en péd. et sép.) L Elles sont &lt;/à et là confluentes, et
tellement rapprochées les unes des autres que le parenchyme
dans lequel elles sont creusées en revêt 1aspect d un tissu

S tru ctu re de la fleur.

Comme presque partout, les pédoncules (lig. 48) repro­
duisent la structure de la tige dans ses traits essentiels, struc-

F ig . 49 bis. — Section transversale clans le limbe d’un sépale, montrant des
lacunes glandulaires clans le parenchyme dorsal, et des faisceaux vers la
région ventrale (Gross. : 400/1).

F ig. 40. — Section longitudinale d’une lleur dans sa région inférieure demi
schématique) : péd., pédoncule ; sép., sépales ; pêt.. pétales ; si., étam ines;
carp., carp elles; /h ., faisceaux du pédoncule.

turc qui, sur la plus grande partie de la longueur de l'axe,
n’est troublée par l'insertion d’aucun organe latéral. Le con­
tour général est plus ou moins trigone en section transver­
sale. La gaine péricyclique (g) se retrouve ici avec les mêmes
caractères que dans les axes d’un faible diamètre, où elle est
essentiellement fibreuse, et l’écorce s'v montre creusée
d’énormes poches glandulaires (éc, p g , pg). Ces lacunes se
retrouvent, avec un développement relatif plus considérable
encore (fig. 49), dans la région du réceptacle floral en conti­
nuité avec le parenchyme cortical du pédoncule, en dehors
des faisceaux conducteurs qui se ramifient pour se distribuer
dans les verticilles floraux.

alvéolaire dont les larges lacunes sont séparées par des cloi­
sons plus ou moins minces (fig. 49 bis). Partout ces cavités
sont occupées par une sorte de mucilage-qui lixe assez forte­
ment le carmin, la fuchsine, etc.
Dans la moelle du pédoncule, pas plus que dans toute la
région ventrale des sépales, on ne retrouve ces poches qui
sont remplacées çà et là par quelques cellules plus volumi­
neuses, mais sans différenciation nette. 11 en est ainsi, d’ail­
leurs, dans toutes les autres parties de la fleur, pétales, tilets
staminaux, et les carpelles eux-mêmes où les organes glandu­
laires manquent totalement, bien que plus tard le péricarpe
en soit abondamment pourvu.
1. Voir page 87 el fig. 9.

�I.E KITSONGO VRAI DE MADAGASCAR

Les carpelles lig. 30), dont la surface est hérissée de
longs poils unicellulaires (v. p. 89), laissent, voir nettement •
en section transversale, le faisceau dorsal f.d. et les deux fais­
ceaux commissuraux ventraux f.c., f.c. ,(jui s’élèvent paral-

F ig . 50. — Section transversale schém atique d’un carpelle, m ontrant les deux
faisceaux commisuraux f.c., le faisceaux dorsal f.d ., c l les deux ovules or.

lèlement l’un à l’autre dans le style. L’étroite région qu'ils
comprennent entre eux se creuse, le long du style, d’un sillon
qui, vers la région terminale stigmatifère, se transforme en une
gouttière. C’est contre la base de la suture ventrale que s’in­
sèrent. au fond de l'ovaire, les deux ovules orthotropes (lig. 50
00, 00.).

123

nières assises périphériques. Le parenchyme mésocarpique
est tout entier pourvu d’abondantes poches glandulaires
(lig. 31 et 52) ; on y rencontre aussi, très disséminés et ordi-

F ig . 51. — Coupe transversale du péricarpe : mes., mésocarpe creusé de nom­
breuses glandes pg, pg. et montrant des faisceaux dans sa région interne :
end., endocarpe (Gross. : 38/1).

S tru ctu re du fruit.

Le péricarpe, de consistance cartilagineuse, laisse voir deux
régions distinctes (lig. 51) :
1° Le mésocarpe mes.). 11 est recouvert par un épiderme
(épicarpe) lisse et glabre, dont les cellules sont tabulaires et
polygonales (lig. 32 ep. et lig. 31) ; il occupe lui-même envi­
ron les i 3 de l'épaisseur totale de la paroi du fruit. Le tissu
qui le forme est un parenchyme dont les éléments, arrondis et
à membrane mince, sont d'un diamètre moindre vers la limite
interne de cette région et contre l’épiderme où ils s'aplatissent
et deviennent à peu près tabulaires dans les deux ou trois der-

F ig . 52. — Partie externe du mésocarpe en coupc transversale : p g , pg.
poches glandulaires; sel., cellules scléreuses ; ép., épiderme (Gross. : 180/1).

nairement isolés, quelques éléments scléreux (lig. 54 B).
C’est dans la partie interne de celte région que courent les
faisceaux du péricarpe.

�!.. COl'HCHKT
124
2" L endocarpe 1lig". 51 et o3 cnri.j constitue une soi'te de
mince novau. Il esl forme par des éléments lignifiés, a parois
d’une épaisseur moyenne, latéralement aplatis et allongés

LE KITSONGO VRAI DE MADAGASCAR

125

Les poches glandulaires manquent dans l’endocarpe que
tapisse intérieurement un épithélium formé d’éléments légè­
rement papilleux (fig. 53 épi/.).
S tru ctu re de la grain e.

Nous avons parlé ailleurs de cette formation arilloïde géné­
ralisée qui caractérise la graine du Bijrsocarpus orientalis
II. Bn. et qui, d'après Bâillon, se constituerait sur place, par

F ig. 53. — Partie interne du mésocarpe (mes.) et endocarpe (end. ;.
En épil., épithélium (Coupe transversale. Gross. : 180/1).

dans le sens radial; ils sont allongés aussi dans le sens longi­
tudinal, alFectant ainsi la forme de tables très irrégulières,
placées radialement : ces cellules sont, en quelque sorte,

F ig. 51. — A, épiderme du fruit vu de face ; B, une partie du mésocarpe
montrant deux cellules scléreuses (Gross. : îxo/n .

intermédiaires entre les libres et les éléments du sclérenchyme. C'est vraisemblablement par suite du retrait considé­
rable subi, sous l'influence de la perte d’eau, par le mésocarpe
presque charnu, et grâce à la résistance opposée par cette zone
interne de tissu mécanique, que le péricarpe doit de pouvoir
s’ouvrir largement sans se rompre, en se tordant d’avant en
arrière, au moment de la déhiscence.

F ig. 55. — Région périphérique de la graine, en section transversale : f. ar,
formation arilloïde; hr/., tégum ent interne; cot., cotylédons avec nombreuses
glandes (Gross. : 38/1).

une simple hypertrophie des tissus préexistants. Le carac­
tère anatomique du tégument séminal est très favorable à
cette hypothèse qui cependant, pour devenir certitude, devrait
être appuyée par des observations organogéniques que nous
n'avons pu faire.
Le tégument séminal est double, et la limite entre les deux
enveloppes nettement tranchée (fig. 53).
1° L’externe (formation arilloïde f.ar) est ruminée et pré­
sente, sur une section, un contour irrégulièrement ondulé,
fille est revêtue d'un épiderme formé de cellules petites, tabu­
laires, légèrement saillantes en papilles à la surface; c’est là
que se localise le pigment qui donne à la surface entière de la
graine sa couleur rouge caractéristique. Il se présente en granula­
tions rouge orangé, serrées les unes contre les autres et rem-

�12(&gt;

127

I . COI’RCHET

LE K1TSONGO VRAI DE MADAGASCAR

plissant la cavité cellulaire. Nous avons donc affaire ici à de
vrais chromoleucites dont le pigment présente, d'ailleurs, tous
les caractères de la carotine (solubilité dans l’éther, le chloro­
forme, etc., verdissement par les solutions iodées, coloration
d'un bleu intense par l'acide sulfurique concentré qui les
détruit ensuite, etc.). Le petit nombre de graines dont nous
pouvions disposer ne nous a pas permis de pousser plus loin
l'examen de cette matière colorante. Le tissu fondamental de
l’enveloppe arilloïde, dont la surface est marquée de replis

résulte peut-être de la destruction de cette matière granulée.
— Les faisceaux libéro-ligneux manquent dans l enveloppe
arilloïde, dont l'épaisseur est naturellement variable suivant
qu'elle correspond à une partie saillante de la surface ou à un
sillon.
2° La formation arilloïde repose immédiatement sur un
second tégument, dont l’épaisseur est à peu près égale à la

ep

F ig . 56. — Formation arilloïde. Les éléments de I épiderme

de chromoleucites routes

èj&gt; sont remplis

Gross. : 1so l .
F ig . 57. — Lieu de réunion de I enveloppe arilloïde f.ar. au tégument

assez profonds dans lesquels pénètre l'épiderme ainsi coloré,
est formé par un parenchyme mou, incolore sur les graines
en bon état, souvent déchiré. Ses éléments constituants sont
des cellules à minces parois, très irrégulières sur le sec, mais
devenant arrondies lorsqu'on rend la graine turgescente en la
faisant macérer dans de l'eau chaude. Ces éléments sont abso­
lument remplis par des granulations jaunissant par l’iode (de
nature proétique peut-être ?), d'une exiguïté extrême et si
serrées que le tissu (pii les renferme, vu par transparence, en
devient grisâtre et opaque
Sur des graines altérées, ces
mêmes cellules sont occupées par une substance jaunâtre
amorphe qui en masque les membranes; c-etle substance
1. Ces granulations n’ont p asété figurées sur nos dessins de la graine.

proprement dit de la graine lèif. (Gross. : ISO/l).

sienne. Cette seconde enveloppe(lig. 55, 57 et 58 Ig) est formée
par un parenchyme spongieux incolore, dont les cellules
irrégulièrement arrondies laissent entre elles de nombreux
méats, surtout dans la région moyenne. Ce tissu se resserre
davantage et les éléments qui le constituent s’allongent trans­
versalement vers sa limite interne, où il se termine par une
assise beaucoup plus régulière de cellules quadrangulaires.
Sur les graines altérées, toute cette région offre également
une teinte jaunâtre, et les cellules, dont les parois sont plus
ou moins déformées et gonflées par places, renferment des
masses d'une substance amorphe de même teinte.
Il est à remarquer que si, dans l'ensemble, la formation

�128

!.. COURCHKT

arilloïde et le tégument interne constituent deux enveloppes
distinctes, l'examen microscopique révèle entre elle une con­
nexion intime (fig. 'i7), les cellules périphériques aplaties du
tégument interne se reliant aux dernières cellules de l’enve­
loppe extérieure, comme les éléments constituants d’un
même tissu dont la forme et le contenu sont seuls différents.
Ici encore, l’étude du développement pourrait seule tran­
cher d'une manière absolue la question relative h la vraie
nature du tégument séminal externe ; il nous paraît pourtant
que la structure anatomique donne à la manière de voir de
Bâillon une certitude tout au moins morale, en ce qui con­
cerne cette formation dans le genre Bi/rsocarpus '.
C'est exclusivement dans la partie périphérique du tégument
interne que courent les faisceaux conducteurs.
Sous l'action des réactifs iodés, les chromoleucites épider­
miques prennent, comme nous l'avons dit, une couleur verte
très foncée (réaction de la Caroline), la zone granuleuse prend
une coloration jaunâtre ; le tégument interne brunit. Ce dernier
noircit par le réactif de Milon qui n'amène que peu de modi­
fication dans les tissus extérieurs.
Les solutions de potasse brunissent l’ensemble des enveloppes
de la graine ; dans ces conditions, la matière colorante épider­
mique se détruit en formant un liquide oléagineux jaune, ce (pii
se produit aussi spontanément dans les préparations conservées
depuis plusieurs années.
1. D’après M. le professeur ITeckel Annales île la Faculté des Sciences
de Marseille, 1896), chez le Connarus africanus Lamk. (et vraisem ­
blablem ent le fait est commun à toutes les espèces du genre), la graine
est pourvue d ’un arille qui en encapuchonné la base, ju sq u ’au tiers de
sa h au teu r; cet arille ne serait, d ’ailleurs, qu’une expansion charnue du
funicule. Les figures en couleurs (nos 13, l i et 15 qui accom pagnent
celte étude m ontrent, en effet, cette enveloppe externe très n e tte ­
ment distincte du tégum ent séminal su r lequel elle tranche par sa cou­
leur vive, et tout à fait sem blable à ce que les botanistes nom m ent
un « arille vrai ». P eu t-être la graine peut-elle, chez les Connaracées,
développer, suivant les genres, une formation arilloïde ou un véritable
arille. Dans tous les cas, il existe à celte égard, en tre les graines de
notre Byrsocarpus e tc e lle d u Honnarus africanus, une grande différence.

l.l. KITSO.NOO VU M LM-: MADAGASCAR

12!)

Par le double colorant, le parenchyme arilloïde se colore en
rose pâle ; le tégument interne se teint fortement en vert.
A l’œil nu déjà, sur une section assez mince, le tissu qui

F ig . 5*. — Partie interne du tégument séminal proprement dit : lêg, reposant
sur l’embryon ; ép, épiderme colylédonaire : col. cotylédon Gross. : 180/1 .

F ig . î)9. — Une poche glandulaire, entourée de plusieurscellulcs cotylédonaires

(Gross. : iOO/1).

forme le corps de l’embryon (l’albumen fait ici défaut) se
montre criblé de points translucides ; ils correspondent à
tout autant de poches sécrétrices. Parmi ces dernières, il en est
Annales iIn Musée col. île Marseille. — 2" série, 5' vol. 1907.

9

�130

L. COURCHET

qui ne se révèlent que comme des cellules du parenchyme
cotyédonaire, plus agrandies et à contours plus régulièrement
circulaires ; par le double colorant, leur paroi propre prend
une teinte rose, tandis que le tissu ambiant se colore en
bleu. Mais à côté se montrent d’autres cavités plus grandes,
dont l’accroissement s’est manifestement réalisé par destruc­
tion des parois cellulaires (iig. 39). Il est donc permis de sup­
poser qu'ici, comme dans les autres parties de la plante, la
formation des poches glandulaires commence dans une cellule
unique dont les parois se gélifient et finissent par se détruire,
et que cette modification gagne ensuite les éléments voisins
aux dépens desquels la poche sécrétrice s'agrandit.
Ces glandes ne s'observent pas dans la ligelle.’
Cotylédons et tigelle sont revêtus d'un épiderme constitué par
de petites cellules régulières, à peu près cubiques (fig. 58 ép) ;
leur tissu fondamental col est formé d'éléments polyédriques, à
parois délicates, gorgésd'amidon. Celui-ci se présente en grains
arrondis,dedimensionstrèsinégales fig.59), lesplusvolumineux
pouvant atteindre un diamètre de 10 g. La fécule devient
plus rare vers la périphérie des cotylédons.

CONCLUSIONS
Nous croyons pouvoir assimiler spécifiquement le « Kitsongo » vrai de Madagascar au Rourea | Byrsocarpus) orientalis H. Bn. dont la forme type croît sur la côte orientale
d Afrique, bien que nous n’avons pu observer les fleurs chez
cette dernière forme.
Toutefois les rameaux portant des fleurs, étudiés par nous
et récoltés dans l Ambongo. diffèrent par leurs folioles des
rameaux fructifères de même provenance, les folioles étant,
sur ces derniers, plus petites, plus membraneuses, à bords
planes, plus étroitement atténuées au sommet, d'un fauve fer­
rugineux sur le sec ; ces mêmes folioles sont, sur les rameaux
florifères, plus grandes, de consistance plus coriace, à bords

131
légèrement révolutés, plus arrondies au sommet, enfin beau­
coup plus vertes sur le sec. Ce sont ces derniers échantillons
qui out le plus de ressemblance avec ceux du tvpe étudié par
H. Bâillon.
Avons-nous affaire ici à deux variétés distinctes de la
même espèce, et les rameaux à petites folioles se rapportentils à la var. parvifolia que Bâillon, qui ne paraît pas, d’ail­
leurs, l’avoir directement étudiée, rattache avec doute au Byrsocarpus oricntalis? Voyant pu étudier en même temps les
fleurs et les fruits sur chacune des deux sortes de rameaux
dont nous avons parlé, nous ne pouvons nous prononcer à cet
égard. D’autre part, la différence de taille qui existe entre les
deux sortes de folioles observées sur nos échantillons est
moindre que celle qui, d’après Bâillon, distinguerait la var.
parvifolia de la forme type, et les folioles de cette dernière
ont sensiblement les mêmes dimensions que celles de nos
rameaux florifères. Jusqu’au moment où de nouveaux maté­
riaux nous auront permis de compléter cette étude, nous devons
donc garder la plus grande réserve.
Mais si nous ne pouvons, pour l’instant, considérer nos
échantillons de l'Ambongo comme correspondant à une ou
peut-être à deux variétés distinctes, nous pensons qu’ils
doivent être spécifiquement rattachés au Byrsocarpus orientalis, et nous invoquerons, pour justifier cette manière de voir,
les motifs suivants :
1° La structure anatomique est partout la même ;
2° Si, d’une part, nos rameaux florifères ont des feuilles
très semblables à celles de la forme type africaine dont nous
n'avons pu voir les fleurs, de l'autre les fruits et les graines de
la forme type ont la plus grande ressemblance avec les fruits
et les graines de nos rameaux à petites folioles. Ces trois
plantes, si toutefois elles sont distinctes comme variétés, ont
donc entre elles des rapports trop intimes pour qu'on puisse
les séparer spécifiquement.
Au point de vue de la structure, les caractères les plus sail­
lants, chez le « Kitsongo » sont les suivants :
1° Il existe des poches glandulaires lysigènes dans presque
LE KtlSÔNGO VRAI Dlî MADAGASCAR

�13:2

l.

cm ncmrr

tous les parenchymes de la plante, dans les pédoncules Moraux
et les sépales, dans le fruit et dans l'omln-von lui-même. Mais
le parenchyme vert des folioles en est privé;
2" Les màeles cristallines font partout défaut, mais les
cristaux isolés d'oxalate de calcium sont présents dans presque
tous les organes, ordinairement contenus dans des cellules
disposées en séries longitudinales ;
3° Les poils qui existent sur diverses parties de la plante
base des feuilles, l&gt;ourgeons. jeunes rameaux, partie inférieure
des carpelles) sont toujours simples et unicellulaires ;
4° Il existe, dans la tige, une gaine péricycliquc à la fois
formée, chez les axes adultes, de fibres et de sclérenchvme.
Cette même gaine se retrouve dans les pédoncules, les pétioles
et les pétiolules îles feuilles, et les principales nervures du
limbe ;
o° Uniquement composé par du tissu mou dans les axes
jeunes, le liber des tiges âgées renferme des îlots fibreux dis­
posés en rangées concentriques, alternant avec le parenchyme
libérien et le tissu criblé ;
t&gt;° Les rayons médullaires, dans les axes adultes, sont unisériés ;
7° Les lenticelles sont nombreuses et relativement grosses
sur les axes dont le périderme n’est pas encore exfolié. Le
liège, dont l'origine est superficielle, se développe en assises
assez puissantes ;
8° Sur les folioles, les stomates sont localisés sur 1 épiderme
inférieur 1;
9° Il y a lieu de remarquer, sur l'épiderme supérieur, la
présence de certains éléments isolés, plus grands que les autres,
souvent cloisonnés transversalement ;
10° Les stomates, situés un peu au-dessous du niveau de
1épiderme, sont à peu près toujours accompagnés par deux
cellules annexes, dont l’une au moins est ordinairement tron­
quée à l’un de ses angles ;
I. Plusieurs do ces caractères sont indiqués comme étant généraux
dans la famille des Connaracées.

LF. KITSONGO VRAI DK MADAGASCAR

133

I 1° Les nervures de 2° et de 3e degrés, presque perpendi­
culairement anastomosées entre elles, sont cloisonnantes;
12° Les (leurs sont manifestement hétérostylées ;
13° L'écorce des pédoncules floraux et le parenchyme dor­
sal des sépales possèdent des poches glandulaires nombreuses
et très développées ;
14° Le péricarpe se laisse nettement subdiviser en un méso­
carpe essentiellement parenchymateux, et un mince endocarpe
exclusivement formé par du tissu mécanique ;
15° La graine est surtout intéressante par ses deux enve­
loppes. La plus extérieure (formation arilloïde généralisée)
est recouverte d’un épiderme dont les éléments sont remplis
de chromoleucites, et la matière colorante de ces derniers est
la Caroline ;
16° L'embryon enfin, dépourvu d’albumen, contient une
fécule abondante; le tissu cotylédonaire est creusé de nom­
breuses poches glandulaires.

Port-Bergé (Madagascar), le fi septembre 1907.
A Monsieur le professeur Courchet à Montpellier.
Monsieur le Professeur,
Au sujet du Kitsomio vrai, je puis vous assurer que tous
les échantillons de cette Gonnakacéf envoyés par moi à
M. Ileckel appartenaient bien à la même espèce que je
connais depuis dix ans et qui ne varie absolument pas du
cap Saint-André à Mandritsara. Mais comme beaucoup
d autres espèces que la destruction de la forêt par les flammes
a forcé de croître dans un état différent de leur état primitif,
il arrive qu elle présente souvent dans la même plante) des
ports un peu différents selon les cas suivants :

�Li; KITSONGO VRAI DE MADAGASCAR

1° La plante croit sur le sommet d unecolline dénudée 1^1le a
alors le port d’un petit arbuste dépassant souvent un mètre de
haut, et sa végétation, quelque peu désordonnée, peut fournir
deux sortes d'échantillons. En effet, dès que le feu de brousse a
passé, détruisant ses feuilles, qui sont presque persistantes,
elle se met à fleurir et les échantillons récoltés à ce moment
sont purement constitués par des rameaux fleuris sans feuilles
ou à feuilles peu développées, et par des rameaux feuillés
provenant des jeunes pousses à folioles beaucoup plus grandes
et légumes différents.
La même plante, dès les premières pluies, quelques mois
plus tard, se couvre de fleurs nouvelles et de feuilles mieux
conformées que les précédentes, mais différant encore des
échantillons types qui, pour moi, 1 1 e sont fournis que par le
second port dont il sera question plus bas). La même plante
encore, quelques-mois plus tard, à la maturité des fruits, aura
des folioles plus coriaces, plus colorées et les feuilles, dévelop­
pées en pleine saison des pluies, seront différentes de celles
apparues avec les fleurs.
2" La plante croît dans un bois. — Elle a alors le port d une
liane parvenant jusqu'au sommet des plus grands arbres. Elle
fleurit toujours à une époque normale, c'est-à-dire au com­
mencement de la saison des pluies et les échantillons qu elle
fournit (échantillons presque forcément cueillis dans la partie
inférieure de la liane), ont des fleurs plus grandes et plus
minces que ceux récoltés dans les lieux découverts.
Ci-inclus vous trouverez une série de folioles cueillies sur
une seule plante.
Les différences que je viens de signaler ne sont frappantes
que sur des échantillons d'herbier. — In situ, cette plante
est la moins variable de nos espèces vulgaires. Je ne puis
vous affirmer que cette Connaracée est bien le Kitsongo lahy.
C'est le Kitsongo lahy d'après les Sakalaves du Boïna, dont
l ame tortueuse ne livre qu'avec peine un renseignementexact;
au surplus, il se pourrait très bien que le Kitsongo lahy dans
le Boïna soit vavy à la grande terre et vice-versa. Je recher­
cherai. en saison des pluies, le Kitsongo vavy des Sakalaves
du Boïna,

135

Les variations foliaires et autres, causées par les feux de
brousse et la destruction de la forêt, ont induit déjà en erreur
bon nombre de botanistes travaillant sur le sec; et si je me
permets d’insister longuement sur ces faits, c'est que j ’ai
admiré la réserve et la prudence dont vous avez usé dans
votre étude des Cinamosma, réserve et prudence qui
devraient bien être imitées par d’autres, enclins à créer des
espèces beaucoup trop vite. Ces variations sont surtout remar­
quables chez les Mascarenhasia et nous venons, M. Jumelle
et moi, d’étudier, à ce point de vue spécial, ceux qui croissent
dans l'Ambongo et le Boïna. — La consistance des feuilles,
notamment chez le M. arborescens, y varie énormément, et le
limbe, épais et coriace en plein soleil, devient, à l'ombre, très
mince et très souple.
Ce n’est évidemment pas une variation de ce genre qui
vous a frappé dans les feuilles du Prolorhus Perrieri, mais je
voudrais bien, avant que vous établissiez cette espèce, que
vous puissiez comparer à elle les jeunes feuilles du Pr. 'Ileckeli.
Autant que je puis m'en souvenir, il me semble avoir cueilli
le n° 859? sur un arbre qu'un coup de feu produit par l'incen­
die d'un fourré voisin, venait de dépouiller (un mois aupara­
vant) de toutes ses feuilles persistantes. Aucune des feuilles de
cet échantillon n’était adulte, et au moment de la récolte,
c’était bien pour moi des jeunes fleurs et des jeunes feuilles
du Pr. Ileckeli. Ce n'est que plus tard, en comparant les
échantillons dans mon herbier, que j ’ai conyu des doutes.
Espérant pouvoir vous envoyer bientôt des échantillons plus
complets qui vous permettent d’éclaircir complètement celte
question, je vous prie d’agréer, monsieur le Professeur, l'assu­
rance de mes sentiments dévoués.

�AVANT-PROPOS
RELATIF AUX KINOS 1&gt;E LA GUYANE FRANÇAISE
à 1occasion du Ivino des Mvhisticâgées
et notamment du Goukgou.xy.

Le travail qui va suivre, et dont M. Jacob de Cordemoy a
l)ien voulu se charger sur ma demande, est venu au jour
dans des conditions qui méritent d'être relatées afin de faire
disparaître définitivement un malentendu d'origine botanique
qui, répété par tous les auteurs, menaçait de se perpétuer avec
le temps.
Sous le nom de Bougourny ou Bourgouny, Burgoni, on
expédie depuis longtemps de la Guyane, dans toutes les Expo­
sitions européennes, un produit sec, tannoïde, de couleur
rouge foncé, en morceaux assez gros et très irréguliers, indi­
qué uniformément comme résultant de la saignée ou de la
décoction de l’écorce d’une Légumineuse : YInga Burgoni
DC. C’est sous ce nom que ce produit tinctorial ligure jusqu ici
dans toutes les collections, quelquefois avec une variante de
couleur jaune sale) comme je l’ai vu récemment à l’OfTice
colonial à Paris, d’où j'ai rapporté un spécimen de ce coloris.
Ce qui donnait crédit à cette indication originelle, c est ce
fait que YInga Burgoni L)C. existe à la Guyane française, y
est signalé, décrit et figuré par Aublet dans son Histoire (les
plantes de la Guiane et que Sagot confirme cette affirmation
dans sa Flore de la Guyane (A n n . de Sc. n a t . , Bol., vol. 13,
p. 329 •). Cependant, j ’avais été une première fois mis
1. Inga Burgoni DC. [Mimosa Burgoni Aublet.) Plantes de la Guyane :
« A rborad ripas, prœsertim in parte inféra fluminuni, valde frequens, glaberrima. Eoliola sæpuis 3 juga, rachidc majori parte nudà ad foliola brevis-

�ANNALES DU MUSÉE COLONIAL l)E MARSEILLE.

138

Pages 138-130

ÀVÀNT-PKOP0S

en garde contre une erreur possible, du jour où, contraire­
ment au dire de tous nos correspondants guvanais, je pus
lire dans Aublet que ce produit, employé comme teinture et
même comme vernis de bois et de calebasse par les indi­
gènes de la Guyane1, est fourni, non pas par 1incision du tronc
et des branches, comme l'affirment tous nos récolteurs de tan­
noïde, mais bien par le sue de cette écorce (pas le lait). Enfin,
une note officielle accompagnant un envoi lait par 1adminis­
tration pénitentiaire de la Guyane, disait que YInga Burgoni
ne donne aucun écoulement par incision et que le produit tan­
nant et colorant de cette plante s'obtient en pilant 1écorce et
en la faisant bouillir dans une certaine quantité d'eau. Je pro­
fitai donc de l oceasion de l'Exposition coloniale de 1900, à
Marseille, pour demander de nous adresser le tannoïde Bur­
goni avec un ou plusieurs rameaux en fleur et en fruit du
végétal ayant fourni ce tannoïde par saignée. L'échantillon
en Heur et en fruit comparé au Muséum de Paris par les
soins de mes amis MM. Marcel Dubard et Poisson, a affirmé
l'identité avec une espèce du Brésil et de la Guyane connue
sous le nom de Yirola Gardneri DG. et appartenant à la
famille des Myristicacées. En outre, l'anatomie des rameaux
de YInga Burgoni DG. montra que cette espèce ne possède
aucun appareil sécréteur de Kino (tannoïde) tandis que le
Yirola Gardneri en est pourvu de nombreux et apparents,
sime alalà, glandulis cupularibus. Flores minimi, 1 vel. 5-meri, calice parvulo,
corollà tubulosâ gracilli.
Spicæ florales, multifloræ, non longæ, fasciculatæ. Stamina ultra corollam
non mullo producla. Foliola oblonga-ovata, apice acuta, 12 cent, longa, 5 lata.
Fructus valde com pressus, glaber. Foliola aliquando 2-juga.— Syn. I. assimilis
Miquel. » Telle est la description de Sagol.
I. Voici comment s'exprime, au sujet du meme végétal, F u sée-A u b lel dans
son Hist. pl. de lu Guiune, t. II, pl. 358, page 043 : « Cet arbre qui s'élève de
30 à 40 pieds sur un pied et demi de diamètre est nommé h u j u par les
Noiragues, peuple de la Guyane. Il est connu par les habitants d’Aroura sous
la dénomination de Palétuvier sauvage et de Bourgoni. 11 croît dans les lieux
marécageux de ce canton-là.
« Son écorce est âcre et astringente. On emploie le suc m êlé avec le noir de
fumée, pour marquer le linge et donner une couleur d'ébène aux bâtons qui
en sont enduits.
&lt;« Il est en tleui^s et en fruits dans les mois d’août et de septem bre ».

\'irola Gardneri W arb. de la Guyane française. — Rameau en fleurs avec
fruits murs à droite.

�A YANT-PKOPOS

130

el que les cellules sécrétantes de la périphérie des tiges con­
tiennent un tannoïde jaune, tandis que celles du centre
donnent un produit rouge foncé, comme on va le voir par
l'étude détaillée de M. Jacob de Cordemoy.
Dès 1ors, tous les faits observés rentraient dans l'ordre: le
produit de YInga Burgoni est un extrait aqueux solide prove­
nant de l'écorce de cet arbre et le vrai Burgoni, tantôt rouge
foncé tantôt jaune, provient suivant la profondeur de l'incision
(tantôt corticale tantôt libérienne) du Virola (îurdneri qui,
comme tous les genres et comme toutes les espèces de Myristicacées, possède un appareil sécréteur plus ou moins déve­
loppé. Ces deux produits tanniques se ressemblent du reste
beaucoup, une fois secs.
C'est de celte constatation et de cet ensemble d'observa­
tions que s’est dégagée la nécessité d'étudier, non pas seule­
ment l'appareil sécréteur du Virola Gardneri, mais du plus
grand nombre possible de Myristicacées productrices de Kino,
alin d'ajouter une vue d'ensemble aux notions anatomiques qui
se dégageraient de l’examen de différentes sections de cette
famille. C’est ce qu'a pu faire M. Jacob de Cordemoy dans les
conclusions de son travail.
Je donne ici une ligure de l’échantillon de Virola Gard­
neri qui m a été expédié de la Guyane et qui m’a permis de
rectifier l’erreur que je viens de signaler.
AI&gt;rès l'étude anatomique de M. Jacob de Cordemoy, je
donnerai l’analyse chimique de ce tannoïde telle quelle
résulte des recherches de M. le professeur agrégé Ribaut, de
la Faculté de médecine de Toulouse.
Avant de terminer cette introduction, je veux rappeler en
quelques pages tout ce qui a été établi par des recherches
antérieures dues à mes collaborateurs sur la question des
kinos fournis par la Guyane sous les noms de Coumaté et
Liane sang, et dont le présent travail est le complément par
l’étude du Burgoni ou Bougourny. Mon but est non seulement
de résumer et rapprocher ces travaux, mais encore d y joindre
quelques indications nouvelles d’emploi de ces produits et de
dispersion géographique des végétaux producteurs.

�no

AVANT-PROI'OS

Dans le 13'* 1905) et le 1i-° volume (1906) des Annules de
l'Institut colonial, ont paru successivement des recherches
anatomiques et morphologiques dues a MM. Gourchet, Jacob
de Cordemoy et Decrock sur les Légumineuses douées d’un
appareil sécréteur, savoir ; 1 hperua fnient a Auhlel, le l nterca Guiancnsis Auhlel et le Machærium ferrugineum Pers.
de la Guyane française connus sous les noms vulgaires de
Wapa huileux, Coumaté et Liane sang. Un examen physique
et chimique du à MM. les professeurs Bramier et Ribaut de*
Toulouse sur la matière sécrétée par ces végétaux complète
cette étude en ce qui touche les deux dernières de ces Légu­
mineuses. Parmi les produits tannoïdes connus et employés
à la Guyane, il restait à examiner le Burgoni au double point
de vue de l’examen anatomique de la plante et de 1analyse
chimique sommaire du produit de sécrétion. Le présent travail
a pour but de combler cette lacune, comme je l ai dit déjà.
Avant de l’exposer ici, il m’a paru nécessaire, en vue de
rattacher ce travail aux précédents, d ajouter, bien que ce ne
soit pas exactement leur place, quelques renseignements que
j'ai pu recevoir depuis l’apparition de ces mémoires, sur les
végétaux, leur dissémination, l’emploi de leur produit en
Guyane française.
L Eperua falcata a été décrit et liguré par Auhlel (Histoire
des plantes delà Guyane, 1775, p. 375, pl. 152) dont nous don­
nons ici la ligure Sagol (Plantes de la Guyane in A nnales des
Sc. n a t . , 6e sérié, vol. 12, p. 315) Ta décrit à nouveau et a
indiqué que ce bel arbre se trouve très abondant dans les forêts
intérieures du sol humide et que les indigènes et les colons le
désignent sous le nom de Vouapa ou Vouapa gras L Vouapa
Tabaca (Galibis) est le seul nom indigène indiqué par Aublet.
Je puis ajouter d’après des renseignements qui me sont trans­
mis de la Guyane, qu’il est commun à toute la colonie, sur
les terrains inondés et toujours humides, comme c’est le cas
à la briqueterie de Saint-Laurent du Maroni, située au bord
l. Sans doute à cause de la sécrétion abondante que donne le tronc à l’in­
cision.

U1
di* ce tleuve, et entourés de marais et de pripris1 (marécages ,
humide toute 1année. G est dans cette dernière localité qu’ont
AV \NT-PI\Ot»OS

été recueillis par le surveillant militaire Koch les échantillons
1. A ublet (/oc. c il., p. 371 dit qu'il croit dans les forêts de la Guyane et sur
le bord des rivières à 25 lieues du rivage de la mer. 11 l'a observé en fleurs et
en fruits de septem bre à décembre.

�142

AVANT-PROPOS ,

qui ont fait l'objet de l’étude anatomique de M. Courchet
dans ce recueil même.
Mais, autour de Cayenne, il abonde également ainsi que le
Coumaté [Vatairea Guianensis Aublet) et le Bourgoni [Inga
Burgoni OC.), ses tidèles satellites dans les forêts de Tonnegrande, de la Comté, de Roura, de Kourou meme en remon­
tant vers Pariacabo.
Au Maroni, le Vouapa huileux ou gras, se trouve non seu­
lement dans les marais longeant la route de la briqueterie,
mais vers Saint-Pierre, Sainte-Marguerite, le nouveau chan­
tier, Saint-Maurice, etc. C'est dans cette région du Maroni
qu'il est le plus commun et le plus exploité. On le recherche
pour la fabrication des bardeaux et des piquets de clôture, à
cause de l’incorruptibilité relative de son bois.
Le Vouapa gras donne dans le bois du tronc et des
rameaux une sécrétion, qu’on peut évaluer jusqu’à 3 kilos par
gros pied, d aspect résineux, noyée dans un liquide dont
M. Tschirch a donné l’analyse chimique. Ce produit, tant le
solide que le liquide, n'a donné lieu à aucun emploi, ni de la
part des indigènes ni des colons. Dès lors, ni les uns ni les
autres ne l’extraient de l’arbre par la saignée '. I ne analyse
du produit résineux solide est en voie d’exécution par les
soins de M. Tarbouriech, professeur agrégé à l'Ecole de phar­
macie de Montpellier.
Le Coumaté ou dartrier ( Vatairea Guianensis Aublet), dont
je me suis- déjà occupé dans l'introduction au travail de
MM. Decrock et Ribaut (Ann. de l'Institut colonial, 1906) au
point de vue taxinomique, donne, comme le Burgoni extrait de
1. Quant au produit tinctorial (kino faux dont la sécrétion a son siège dans
l’écorce, voici ce que m’écrit au sujet de son emploi indigène, M. Mayes,
ancien agent général des cultures de l'administration pénitentiaire : « ün ne
sait pas exactement si ce suc rouge qui découle de la saignée de l'écorce est
employé par les indigènes, mais j ’ai toujours pensé que les indigènes Galibis
s’en servaient en mélange avec le Rocou BUta orellana L.) pour teindre leurs
voilures de pirogue, leurs lignes de pêche, leurs hamacs même. Ces indigènes
font grand usage du Rocou (graines) pour se teindre le visage et le corps
contre l’attaque des mouches et moustiques, et comme la teinture du Rocou
s'ell'ace très facilement, tandis que celle qu’ils emploient persiste beaucoup
plus longtemps, j'ai estimé qu'ils la mêlent au produit rouge du Woupa
yras ».

AVANT-PROPOS

143

l’écorce d'Inga Burgoni par décoction, un tannoïde qui, à
l’analyse chimique el à l’examen physique, se rapprochent
sensiblement. Aussi ne sera-t-on pas étonné d’apprendre
d ores et déjà que les deux produits, utilisés en Guyane, y
reçoivent une application identique au laquage des bois et des
calebasses. Voici, en effet, comme complément et rectification
à ce que nous avons déjà dit de l’emploi du kino de Coumaté
en Guyane, les renseignements que nous recevons de
Cayenne sur le mode d’application de ces deux produits.
Ces deux kinos y servent à fabriquer par une préparation
spéciale une sorte de laque de Chine. Voici le procédé peu
connu qu’emploient les indigènes pour l’un comme pour l'autre
de ces produits.
Ils saignent le Coumaté et en obtiennent une certaine quan­
tité de kino qui suinte sur les plaies profondes faites a
l’écorce, mais généralement cette récolte est faible. Four la
compléter, ils font bouillir des fragments de branches ou des
troncs de ces arbres et en préparent un extrait liquide qu'ils
joignent au produit de la saignée, et maintiennent à l’ébullution
sur un feu doux jusqu’à réduction de la moitié environ du
volume primitif de l'extrait liquide. On étale alors cet extrait
épaissi, rouge foncé, avec un pinceau doux sur les calebasses
(intus et extra) ou autres objets (plateaux, etc.), qu’on veut
recouvrir d’un enduit laqué. 11 en faut plusieurs couches suc­
cessives et on doit attendre qu’une couche soit sèche avant
d’en passer une seconde. Lorsque la dernière est donnée, on
étale les objets ainsi enduits sur deux morceaux de bois sou­
tenus parallèlement au-dessus de la terre avec l’espacement
voulu pour que ces objets reposent sur les deux supports.
Au-dessus de ces objets et entre les deux supports reposant
sur deux briques ou deux pavés, on verse de. l'urine humaine
pendant plusieurs jours de suite, puis on recouvre le tout avec
une toile quelconque de manière que les vapeurs ammonia­
cales, résultant de la fermentation de l’urine, se condensent
sur les objets à laquer. Au bout de quelques jours, on obtient
des laquages couleur d’ébène d'un brillant miroitant, inalté­
rables, rappelant tout à fait la laque de Chine. Ces produits

�lit

\ y \ NT-rnoiMis

se recommandent par ce côté intéressant à l’attention de nos
industriels français.
En terminant cet Avant-propos, nous croyons utile de
reproduire la description de Sagot [Ann. des Sc. naturelles,
Ge série. Botanique, vol. 13, p. 307, année) en ce qui touche
le Valairea Guianensis Auhlet. On y verra combien celle
plante était peu connue des botanistes, bien longtemps après
Aublet, qui n'avait décrit et dessiné que la plante en fruit
[Plantes de la Guiane, 7mi, tab. 302) : « Cet arbre n'est pas
rare dans les forêts, comme le prouve la présence de ces fruits
rencontrés souvent nageant dans des cours d'eau ; il n ’a été
que très rarement récolté par les botanistes, les Meurs en sont
ignorées et la plante est très mal connue. A cause de l'analo­
gie de ses feuilles avec Spirotropis, je l'ai placée à coté de ce
genre. — Arbre à rameaux robustes, feuilles grandes, imparipinnées, coriaces, glabres, à 7 folioles. Folioles ovales,
pétiolulées, à pédicelles épais rugueux. Stipules très caduques,
vraisemblablement petites, bourgeons légèrement pulvéru­
lents. Calice (persistant dans le fruit à l'état de traces) tubu­
leux. coriace. Fruit grand, coriace, ligneux, comprimé, à une
ou trois graines, dilaté au niveau des graines et légèrement
contracté dans leur intervalle, bords épais et coriaces. Je l’ai
récolté en fruit sur les rives du Karouanv, en compagnie de
M. Melinon au Maroni, plus tard M. Melinon l'a récolté en
fruit ». Aublet l a décrit sur des échantillons provenant de
Caux chez M. Boutin au bord d’une rivière. Comme emploi,
le même auteur ne rapporte que l’usage local de piler la
semence avec du saindoux pour en faire une pommade usitée
contre les dartres ; de là le nom de fruit ou de graine à
dartres que les habitants du pays lui donnent.
En somme, dans l'état de nos connaissances actuelles, il y
a dans la Guyane française plusieurs Kinos plus ou moins
employés par les indigènes et répondant à la définition chi­
mique de ce mot, c’est-à-dire des extraits colorés à base tannique. se ressemblant beaucoup tant par les apparences exté­
rieures que par leur composition chimique : les uns viennent
exclusivement de L égumineuses, tels que Vatairea Guyanensis

AVANT-PROPOS

(Coumaté), Machærium ferrugineum (Liane-sang) et sont obte­
nus par l’incision du tronc d’où ils découlent à l'état liquide ou
demi-liquide, un autre est obtenu par décoction de l'écorce, c’est
le Bourgouny extrait de 1 Inga Burgoni 1)0. Mais sous ce
même nom indigène, on confond un autre Kino provenant
par saignée de l’écorce et du tronc d'un arbre de la famille
des M yristigagées, c’est le Virola Gardneri Warb.
Marseille, le 30 octobre 1907.
l)r Ed. H eckel ,
Directeur-fondateur des Annales.

Annales du Musée col. de Marseille.

2* série, 5e vol. 1907.

10

�LE

KINO

DES MYRISTICACÉES
RECHERCHES

SUR L’APPAREIL SÉCRÉTEUR DE KINO CHEZ CES
PLANTES
P au M. II. JACOB DE CORDEMOY
Professeur à l’Ecole de médecine et à l'Inslilut colonial,
Chef de travaux à la Faculté des Sciences de Marseille.

I. Historique.
De toutes les nombreuses plantes qui fournissent ces sub­
stances tanniques, astringentes, qu’on nomme généralement
des Kinos et que la Pharmacopée utilise encore plus ou moins,
les Mvristicacées sont parmi celles que I on trouve le moins
communément citées à cet égard dans les ouvrages classiques.
C est que, en ellet, les premières études précises concernant
le Kino des Mvristicacées sont de date relativement
récente.
A notre connaissance, le l)1' Edouard Schaer, professeur de
Pharmacologie à l’Université de Strasbourg, est le premier
qui, en 1890, ait publié des données scientifiques sur cette
question L Au commencement de l’année 1896, M. Schaer
reçut du Dl O. Warburg (de Berlin), qui le tenait lui-même
du Jardin et Musée de Kew. un échantillon du produit de
sécrétion d’une espèce de Myristica, ressemblant tout à fait
à un Kino. Ce produit, étiqueté « Kàt jadikai » fut reconnu,
1. Edward Schaer. — Ona new Kino inspecies front Mtjrislica (Pharm aceulical Journal, Aug. 8. 1896, p. 117).

�us

II. JACOB DK CORDEMOY

après examen, comme provenant d’incisions faites dans
l'écorce du Myristica malabarica L un., espèce de l’Inde méri­
dionale. Il ollrail une grande analogie, par son aspect exté­
rieur, avec la matière que la Pharmacologie anglaise tout au
moins désigne sous le nom de Kino officinal ou de vrai Kino,
ou encore « Malabar Kino », fourni par le Pterocarpus Mar­
supium Roxb.
M. Schaer tenta d abord une première étude chimique de ce
produit en comparant ses propriétés avec celles des autres Kinos
déjà connus. Puis, jugeant qu’il était intéressant de complé­
ter ces investigations et de les étendre aux produits fournis
par d’autres Mvristicacées, il obtint l'envoi par le Jardin de
Buitenzorg (Java) de liquides tanniques exsudés par trois
espèces dilférentes de Myrislica: Myristica glabra Bl.
M. succedanea Bl. et M. fragrans Houtt. Dans chacun
de ces produits d’exsudation, l’auteur observa un dépôt
cristallin qui lui parut être un caractère pouvant servir
à distinguer immédiatement un Kino de Myrislica des Kinos
d’autres origines.
Le Dr Van llomburgh (de Buitenzorg), qui avait du reste
noté l’existence de ce dépôt dans les échantillons avant leur
expédition en Europe, 1 avait attribué à la présence soit de sels
cristallisés de calcium ou de magnésium, soit encore d’un acide
organique. Or, le Dr Schaer ne tarda pas à reconnaître qu’il
s’agissait, en effet, de tartrate de calcium. Et, dans les con­
clusions par lesquelles il termine son travail, l’auteur cons­
tate d'abord que le Kino des Myristica n’offre, par son
aspect et ses qualités physiques, que de faibles différences
avec le Kino oflicinal ou « Malabar Kino»; que, d ’ailleurs,
ses réactions chimiques, tout au moins dans leurs traits essen­
tiels, sont comparables à celles du Kino de Plerocarpus
Marsupium ; et qu il s’agit, en somme, d'une drogue dont les
caractères généraux sont semblables à ceux non seulement
du Kino officinal, mais aussi des autres substances de la
même catégorie fournies par diverses familles végétales :
Légumineuses [Biilca, Plerocarpus, Milletia)\ Saxifragacées
!Ceratopetalum &lt;; Mvrtacées (Eucalyptus, Angophora). Puis,

LE KINO DES MVRISTICACÉES

14 9

dans une dernière conclusion, il établit comme suit les carac­
tères distinctifs entre le Kino des Mvristicacées et les autres
matières de même ordre : « Le Kino de Myristica diffère,
d’après mes observations, dit-il, du Kino de Butea Kino du
Bengale) et A Eucalyptus, en ce qu’il contient, lorsqu’il esta
l’état de liquide fraîchement recueilli, une proportion plus ou
moins grande de cristaux très distincts d’un sel de calcium,
en l’espèce, de tartrate de calcium tenus en suspension et cjui
se déposent des que le liquide est en repos. La présence de
ces cristaux de tartrate de calcium est caractéristique et
permet de distinguer aisément ce Kino du Kino officinal et
probablement aussi des autres Kinos connus. »
Peu de temps après qu’eut paru ce travail fondamental du
Professeur Schaer, et qu’à ce titre nous avons cru devoir résu­
mer un peu longuement, M. I). Hooper publia à son tour un
mémoire 1où il étudie le Kinodedeux autres espèces indiennes
de Myristica : M . gihbosa Hook. f. et T., et M. Kingii Hook f.
Le produit exsudé du M. gihbosa serait même, d’après les
renseignements reçus par cet auteur, employé comme une
sorte de vernis et appliqué, en cette qualité, sur les portes et
les fenêtres, dans certaines parties de 1Assam.
Au reste, M. Ilooper a constaté, comme M. Schaer, la
présence de cristaux de tartrate de calcium, si caractéristiques,
dans le Kino de ces deux espèces de Myristica.
Nous étions en possession de ces données purement histo­
riques et bibliographiques, lorsque, tout récemment, M. le
professeur D' E. Ileckel voulut bien de nouveau appeler notre
attention sur ce Kino des Mvristicacées. Poursuivant ses
recherches sur les produits de séc rétion des Légumineuses
arborescentes de la flore tropicale, M. le D1' Ileckel avait, en
effet, reçu de la Guyane française, sous le nom de « Burgoni »,
une plante qui lui était signalée comme produisant un Kino.
Après détermination faite par ses soins, il résultait que cette
plante n’était nullement une Légumineuse, mais bien une
1. D. Hooper. — On Myristica Kino obtained froin wild nutm cg trocs
o f Initia (The ajjricullural I.edger, 1900, n° 5, p. il .

�I.'IO

II. JACOB DE COKDEMOY

Mvrislieacée, le Virola Gardnef'i Warb., dont le nom brésilien
Pao sangue Bois sang-) est, d'ailleurs, bien significatif.
Or, l'étude anatomique d’un rameau de celte espèce nous
montra que l’appareil sécréteur du Kino offre des caractères
assez intéressants qui ne nous paraissent pas avoir été
décrits. M. le D" O. Warburg, dans sa belle et magistrale
Monographie des Myristicacées1 ne fait que mentionner le
Kino fourni par cette famille de plantes et ne cite, à ce
propos, (pie le produit du .1/. Malabarica Lam. et celui du
M. Cumingii Warb. Il ne s'occupe pas de l’origine anato­
mique de ces exsudations.
Je me proposai, dès lors, d'entreprendre quelques recherches
sur l'appareil sécréteur tannifère des Myristicacées. Mais je
ne disposais encore que dune seule espèce, le Virola Gardneri,
de la Guyane, et. pour iixer les traits généraux de structure
de l'appareil de sécrétion de la famille des Mvristicacées,
il était évidemment indispensable d’étudier à ce point de
vue plusieurs espèces, le plus grand nombre d’espèces possible.
M. le Dr Heckel voulut bien adresser une demande à M. le
D1O. Warburg qui. avec son obligeance coutumière, consentit
à prélever dans la collection des Mvristicacées formée par lui
au Muséum de Berlin, des fragments de tige de différentes
espèces. Nous remercions bien vivement ce savant pour ces
précieux matériaux qui nous ont permis de mener à bien le
présent travail.
II. Étude anatomique de l’appareil sécréteur du Kino.
Nous nous sommes borné à l étude de l’appareil sécréteur de
la tige qui seule paraît productrice de Kino ; les autres parties
de la plante nous faisaient d’ailleurs entièrement défaut.
Les espèces dont nous disposions étaient les suivantes, que
t. Dr O. W arburg. — Monographie der Mgrislicaceen (Nova Acta
Academiæ Gaesareac Leopoldino Carolinæ germanica- N aturæ Curiosol*qm, ]3and 08. Halle, 1897),

LE KINO DES MYIllSTICACÉES

loi

nous énumérons avec lu synonymie indiquée par M. Warburg :
M yristica M alabarica Lam. ; I I orsfieldia glabra Warb.
[Mg ris liea glabra Bl.); M yristica succedanea Bl. ; Knemia
intermedia Warb. ; P ycnantiius K ombo Warb.(.V/iym/ica Kombo
IL Bn. ; Myristica Angolensis Ficalho) ; I ryantiiera S agotiana Warb. (.Myristica Sagotiana Benth.) ; V irola G ardneri
Warb. (.Myristica Gardneri. D.C.).
Je dois pourtant dire que j’avais affaire à des échantillons
d'herbier qui ne permettent pas toujours une étude anato­
mique complète. Néanmoins l’état de conservation de la plu­
part des espèces et un examen aussi attentif que possible des
autres moins favorables aux recherches histologiques ont
suffi pour montrer que les caractères anatomiques de l’ap­
pareil sécréteur du Kino sont sensiblement les mêmes chez
ces diverses espèces de Myristicacées ; et les variantes que je
signalerai ne sont, en somme, que de faible importance.
Tous les rameaux examinés ne présentaient pas encore de
périderme ; et, d’une façon à peu près constante, l’écorce pri­
maire renfermait de grandes cellules incolores, très dis­
tinctes des éléments corticaux voisins, et qui sont vraisembla­
blement des glandes unicellulaires à huile essentielle. De
manière constante également, chez toutes les espèces, l'écorce
est séparée du cylindre central par un péricycle scléreux,
formé d'un anneau fibreux épais, le plus souvent discontinu.
Ceci posé dès le début, afin d’éviter les redites, abordons
maintenant l'étude particulière de l’appareil sécréteur du Kino,
qui fait l’objet principal de ce travail. Nous pouvons, à cet
égard, prendre comme type la tige de Myristica Malabarica
Lam., cpii produit en abondance un Kino aujourd’hui bien
connu. L’appareil qui sécrète cette matière dans les tissus de
cette plante offre un développement remarquable et peut être
considéré comme la représentation schématique de cet appa­
reil sécréteur tannifère chez les Myristicacées (fig. 1).
Deux régions de la tige renferment les cellules à Kino pro­
prement dites. Ce sont : le liber secondaire (Ib) et la zone
périmédullaire (pm). Ces cellules à Kino (t et tp) ne sont pas.
il est vrai, très différenciées au point de vue morphologique,

�152

153

11. JACOB DK CORDEMOY

LE KINO DE MYRISTLCACÉES

mais leur contenu permet de les distinguer au premier exa­
men. En réalité, toute l'écorce primaire est tannifère, et les
cellules à tanin sont également très répandues dans la moelle.

cellules sont le plus souvent isolées, mais aussi parfois grou­
pées par deux ou trois ; elles s'anastamosent donc fréquem­
ment dans leur trajet longitudinal. En coupe tangentielle,
elles forment, aussi bien dans l’épaisseur du liber secondaire
que dans la zone périmédullaire, un réseau comparable à celui
des laticifères chez d’autres plantes.
Mais ces deux réseaux, libérien et périmédullaire, ne sont pas
indépendants. Ils sont réunis l’un à l’autre par l’intermédiaire de
certains rayons médullaires tannifères de l’anneau ligneux
interposé entre eux. C’est là un fait remarquable. Dans les
coupes transversales, on trouve, en effet, souvent des rayons
médullaires qui, sur la plus grande partie de leur longueur,
sont remplis d'un contenu rouge brun foncé tout à fait sem­
blable à celui des cellules à Kino libériennes et périmédul­
laires (rt, fig. 1 et 2). Dans le M. Malabarica, les cloisons
qui séparent les éléments de ces rayons médullaires à contenu
tannique ont même disparu, et ceux-ci constituent de véri­
tables tubes, des conduits à Kino allant de la périphérie de la
moelle à la couche libérienne secondaire. Ces conduits de
communication à Kino, qui se forment ainsi aux dépens des
rayons médullaires secondaires et qu’on observe très nette­
ment sur les coupes transversales, présentent en outre deux
caractères essentiels : d’une part ils se trouvent à différents
niveaux dans la masse ligneuse secondaire de la tige et
paraissent toujours simples et isolés. D’autre part, ils ne sont
pas toujours rectilignes, puisque le plus souvent, dans les
sections transversales des rameaux, ils n’occupent qu’une
partie des rayons; ils sont donc sinueux, et ces sinuosités,
pour chacun d eux, sont comprises dans un plan vertical et
radial.
Eniin, dans ce même M. Malabarica qui paraît offrir, au
point de vue qui nous occupe, un maximum de complexité,
nombre de vaisseaux (v t), ainsi que les cellules ligneuses qui
les entourent renferment un contenu tannique identique à celui
des cellules à Kino.
Le Virola Gard neri Warb. doit être rappproché du M. Mala­
barica en ce qui concerne les caractères de son appareil à Kino

\ . — Coupe transversale schém atique d'un rameau de Mi/rislica
Malabarica : e, épiderm e; ec, écorce prim aire ; p, péricyte fibreux ;
Ib, liber ; l, cellules à Kino du lib e r ; rj, assise génératrice libéroligneuse ; vl, vaisseaux du bois secondaire à contenu tannique ; r,
rayon m édullaire secondaire; rt, rayon m édullaire tannifère ; pm , zone
périm édullaire ; /p, cellules ii Kino périm édullaires.

F ig .

Mais dans tous ces éléments corticaux ou médullaires le contenu
tannique est jaune rougeâtre. Le contenu des cellules à Kino
du liber et de la périphérie de la moelle est, au contraire, rouge
brun très foncé, de sorte que ces cellules sont toujours faciles
à diilérençier de toutes les autres par ce seul caractère. Ces

�H. JACOB DL COUDI-JMOÏ
154
, [jc.r_ 2). Ici encore n o u s trouvons un double resenu \eilicul de
cellules à Kino : l'un, dans le liber secondaire, et l'autre dans

F ig . 2. — C oupe tran sversale d ’un ram eau de Virola G ardneri : e, é p i­
derm e ; s, gland e u n icellu laire ; c, é co r ce ; p, p é r ic y c le fibreu x ; f ,
lib res lib ér ien n e s ; t, c e llu le s à Kino du lib er se c o n d a ir e ; //, a s s is e
g én ératrice lib é r o -lig n e u se ; h, bois seco n d a ire ; ri, rayon m édul*
laire tannifère ; vp, v aisseau x du bois prim aire ; Ip, c e llu le s à K ino
p érim éd u lla ires ; m , m o elle.

la zone périmédullaire, reliés entre eux par des tubes de com­
munication continus et creusés en quelque sorte dans les rayons

�156

157

11. JACOli DE CORDE MOY

LE KINO DES MYIUSTICACÉES

médullaires, par suite de la disparition des cloisons intercel­
lulaires. Mais les vaisseaux renferment plus rarement du con­
tenu tannirjue.
Les mêmes observations, sans différence notable, peuvent
se faire dans les sections de tige du Myristica succedanea 1î1.
Quelques modifications de détail seulement apparaissent
dans le HorsfieIdia glabra Warb. (fig. 3). Dans cette espèce,
le double réseau d'éléments à Kino, libérien et périmédullaire,
existe. Mais tout le tissu sécréteur situé dans la région libé­
rienne prend ici une importance et une disposition remar­
quables. Le liber comprend, en ell'et, dans le"//, glabra, du
liber dur et du liber mou, selon la description classique : le
liber dur se compose d îlots fibreux (/') dissociés et disposés
assez régulièrement en rangées radiales et en lignes circulaires
concentriques. Entre eux se trouve interposé tout le liber mou
dans lequel se trouve de nombreuses cellules à Kino t). Il en
résulte que celles-ci sont, à leur tour, assez régulièrement dis­
tribuées suivant des lignes circulaires et successives entre le
péricycle fibreux (p ) et le bois secondaire (b). Quant aux rayons
médullaires tannifères, ils paraissent plus rares dans cette
espèce.
Chez le Kncma intermedia Warb., l’appareil sécréteur à Kino
est notablement plus réduit que dans les types précédents.
Les cellules à contenu tannique spécial sont beaucoup moins
nombreuses aussi bien à la périphérie de la moelle que dans
le liber secondaire. Il convient seulement de noter ici la par­
ticularité que présente le liber secondaire. Celui-ci est par­
couru par de larges bandes gélifiées circulaires, réunies par
des bandelettes plus étroites dirigées radialement ; l’ensemble
de ces membranes gélifiées du tissu libérien dire, par suite,
un aspect réticulé (fig. 4).
Chez le Pycnanthus Kombo Warb. et YIryanthera Sagoliana Warb., il faut surtout noter l’absence de cellules à Kino
dans le liber et lu localisation des cellules sécrétrices spéciales
du Kino seulement dans la zone périmédullaire. Par contre,
dans YIryanthera Sagotiana, la seule de ces deux espèces
dont l étal de conservation ait permis une étude détaillée, on

observe en grand nombre, dans le bois secondaire, des vais­
seaux ou groupe de vaisseaux à lumière remplie d'un contenu
tannique identique au Kino, lequel se trouve aussi en abon­
dance dans les cellules ligneuses avoisinant les vaisseaux.
On ne saurait affirmer pourtant, d'après ces seules observa-

F ig . 4. — Coupe transversale partielle d’un rameau de Knema interme­

dia : e, écorce ; /), péricycle libreux ; &lt;/, couche libérienne à bandes
gélifiées (d) ; t, cellules à Kino du liber ; g, assise génératrice
libéro-ligneuse ; b, bois secondaire.

tions, que les cellules à Kino font complètement défaut dans
le liber de ces deux espèces. Ces éléments sécréteurs pour­
raient fort bien n'v apparaître que tardivement, ce que mon­
trerait sans doute l'examen de rameaux plus âgés.
CONCLUSIONS
En somme, nos connaissances sur le Kino des Myristicacées
et l'appareil sécréteur qui le produit dans la tige de ces plantes

�158

H.

J VCOH DE COII DEMO \

peuvent, en l'état actuel des choses, se résumer de la façon
suivante :
I. — Par incisions de la couche cortico-libérienne de la
tige d un certain nombre d’espèces de Myristicacées, il s'écoule
un Kino qui se présente, à l’état frais, sous forme d’un liquide
d'un beau rouge, lequel, au repos, laisse déposer des cristaux
de tartrate de calcium. Ceux-ci seraient caractéristiques du
Kino des Myristicacées, d'après M. E. Schaer, qui le premier
a étudié chimiquement ce produit.
II. — Les recherches anatomiques que nous venons d’ex­
poser montrent que ce kino, liquide tannique et astringent,
est sécrété par des cellules spéciales de la tige, situées d’une
part dans le liber secondaire et d'autre part dans la zone périmédullaire. Dans chacune de ces deux régions, les cellules
spéciales à Kino, qui se distinguent par leur contenu rouge
brun foncé des autres éléments tannil'ères de l’écorce ou de la
moelle, s’anastomosent en un réseau parcourant la tige dans
sa longueur. Les deux réseaux, libérien et périmédullaire,
sont mis en communication à travers les rayons médullaires
secondaires par de véritables conduits à Kino résultant de la
résorption des cloisons intercellulaires (.Mi/ristica Malaharica,
Virola Gardneri, Myristica succedanea).
Les cellules h Kino du liber sont remarquablement déve­
loppées et disposées en lignes circulaires et concentriques chez
le Horsfieldia glabra ; mais les conduits à contenu tannique
des myons médullaires sont plus rares.
Dans le Knema inter media, dont le liber offre des bandes
gélifiées affectant une disposition réticulée, tout l'appareil
sécréteur à Kino occupe encore le liber et la moelle périphé­
rique. mais il est notablement réduit.
Chez le Pycnanthus Kornbo et 1 Iryanthera Sagotiana les
cellules spéciales à Kino n’existent qu’à la périphérie de la
moelle. Le liber paraît en être dépourvu ; mais il se pourrait
aussi qu’elles n'y apparaissent que tardivement.

EXAMEN CHIMIQUE
m;

KINO

DE

BOURGONI

Pa h M. H[HAUT
Chargé de cours à la Faculté de Médecine
cl de Pharmacie de Toulouse.

Ce Kino rouge brun, qui, par son apparence extérieure,
rappelle ceux des Coumatéet de Liane sang est partiellement
soluble dans l’eau et l'alcool. En présence de ces dissolvants
il donne lieu aux phénomènes que l’on observe avec la plu­
part des Kinos, c’est-à-dire que la solution précipite quand
on la dilue.
Le perchlorure de fer donne avec la solution aqueuse une
coloration verte passant au violet rouge par addition d'ammo­
niaque. L’acide chlorhydrique et le chlorure de sodium pro­
duisent un abondant précipité.
L’analyse a donné les résultats suivants :
Perte à 105°................................ ! .............
Cendres.......................................................
Partie insoluble dansl’eau et l'alcool. . . .
Partie insoluble dans l’eau, soluble dans
l'alcool.....................................................
Partie soluble dansl'eau.............................
Partie soluble dans l'eau, précipitable par
H C l.........................................................
Partie soluble dans l'eau non précipitable
par HCl...................................................

10.2 °/0
15.3
11.0
19.7
58.6
33.4
25.2

�160

M. RI HA l'T

Le*résidu insoluble dans l'eau et l’alcool est presque uni­
quement composé de cristaux de su!fuie de calcium.
11 m'a été impossible d'y déceler avec certitude la présence
du tarlrate de calcium observée dans les Ivinos des My risticacées.
La décomposition pyrogénée a donne un mélange de pyrocatéchine et de phloroglucine.

RECHERCHES
SUM LES

E

R

Y

T

H

R

O

P

H

L

E

U

M

1

ET EN PARTICULIER SUR

L’E. C oum inga H. En.
P ar

le

d o c teu r

L ouis

PLANCIION

Professeur tic Matière médicale à I Ecole supérieure tic pharmacie
tic Montpellier.

INTRODUCTION
Mon collègue et ami M. le professeur Ileckel, de Marseille,
ayant reçu de Madagascar pour le Musée colonial, un lot
d'écorces d’Erythrophleum Couminga II. Bn. a bien voulu
me confier ces matériaux encore peu connus, pour en faire
une étude plus complète. Mais j'ai pu avoir entre les mains,
grâce à l’obligeance de plusieurs correspondants; des échantil­
lons d’autres Erythrophleum ; le sujet s'est dès lors rapide1.
On écrit d ’ordinaire E rythrophlœ um écorce rouge, de =.Xoio; écorce
c'osl l’orthographe de Bentham et Hooker, de Bâillon, «le bngler el
P raatl, du supplém ent de l ’Index Ivewensis, etc. : mais Erythrophleum
(suc rouge, de çXswcoulcri a été écrit par Bob. Brown, d'après Al/.élius,
au teu r du genre, el doit être adopté. Du rosie, on retrouve celle ortho­
graphe clans Sleudel e t dans l'Index Kewensis (non dans le supplémenl .
Quant à E rythrophlaeum em ployé par quelques auteurs, il ne répond û
aucune étym ologie. Il est probable que le nom a été donné pour les
m êm es raisons qui ont fait appeler l'arbre vulgairement Red mater tree
p a rle s Anglais et Rothwasserbaum p a rle s Allemands.
Annales du Musée col. &lt;le Marseille. — 2* série. 5e vol. 190".

11

�162

!..

ri.ANCIION

menl élargi et j'ai cherché à comparer entre elles les diverses
espèces de ce genre.
Cependant l’objet principal de celte étude reste VE. Couminga
11. Bn. de Madagascar et des Seychelles. C’est pourquoi, au
lieu de faire l'examen successif de chaque espèce dans son
ensemble, il m'a paru plus utile d étudier d'abord chaque
organe dans VE. Couminga. et de comparer immédiatement
les parties correspondantes des autres espèces. Cette méthode
permettra de faire pas à pas les rapprochements et les dis­
tinctions nécessaires, que de p etits tableaux comparatifs résu­
meront encore à latin de chaque chapitre.
L'espèce la plus anciennement connue, VE. guineense G.
Don. a été souvent étudiée déjà. Je n'ai pas l'intention de
répéter ici tous les détails de botanique ou de matière médi­
cale que l’on peut trouver sur son compte dans tous les
livres classiques. Je l'ai cependant étudiée à nouveau, en insis­
tant sur les points de comparaison qui permettront de la rap­
procher ou de la distinguer des autres Erythrophleum.
Après avoir énuméré les échantillons sur lesquels sera basé
ce travail, après avoir donné quelques indications sommaires
sur les espèces (YErythrophleum et sur leur distribution
géographique, je ferai l'étude successive, au point de vue de la
morphologie d'abord et de l'anatomie ensuite, des feuilles, des
tiges, des écorces, des fleurs, des fruits et des graines b Cette
partie principale sera suivie d’un court chapitre de toxicologie
et de pharmacologie. Quant à l’analyse de l'écorce, elle doit
être l'objet, dans ce recueil même, d’un travail sur lequel je
ne veux ni ne puis empiéter.
J'ai eu entre les mains pour mener à bien cette étude :
l°des échantillons d'herbier qui m’ont été obligeamment com­
muniqués soit par les collections de Ivew, soit par celles du
Muséum, soit encore par le Musée colonial de Marseille; 2° des
échantillons d’écorces provenant des droguiers de Marseille,
de Paris ou de Montpellier voir plus loin rénumération détail­
lée de ces matériaux).
J. Je n’ai pu voir les racines d’aucune espèce.

Je tiens à remercier ici MM. Prain et Hemsley de Kew,
MM. Lecomte et Poisson du Muséum qui ont mis à ma dispo­
sition avec la plus grande amabilité les collections de ces éta­
blissements.
Les dessins qui accompagnent cette étude ont été exécutés
dans mon laboratoire par mon préparateur, M. Armand Juil­
let, auquel je tiens à exprimer ma gratitude pour son utile col­
laboration, sans laquelle ce travail, longtemps retardé par une
grave maladie, n'aurait pu être achevé en temps opportun.
Les ligures en couleur sont dues au pinceau du peintre
bien connu Claverie de Marseille, qui les exécuta sur la
demande de M. Heckel. Le cliché des arbres d'Egtroph. Conniinga en placeà Madagascar fut aussi envoyé à M. Heckel par
M. Perrier de la Bathie, le zélé et savant correspondant du
Musée colonial de Marseille.
Enfin les clichés photographiques représentant les plantes
d’herbier sont dus à l'obligeance amicale de M. Gagnière, pro­
fesseur à la Faculté de médecine de Montpellier, et de M. de
lî'ougemont, étudiant en pharmacie.

�lŒClIlJtClIliS St H I.KS EUVTlIltO.l’tlLEl .M

168

C A R A C T È R E S DU G E N R E

S Y N O N Y M I E DU G E N R E K R Y T U R O H I L E U M Afz.

Le nom d’Erj/throphleuin a été donné par Afzelius à une
plante africaine dont la description n'a pas été publiée par lui.
Rob. Brown en 1S18 indique cette plante d’Afzelius parmi les
espèces rapportées par Smith du Congo en 1810 (expédition
du capitaine Tuckev l). Il lui attribue le nom vulgaire de Red
mater tree de Sierra Leone et ajoute qu’une autre espèce de ce
genre est la plante d épreuve (Ordeal plant) ou Cassa des
naturels du Congo. Il s'agit évidemment, pour les deux plantes,
de VE. guineense, connu en Afrique sous ces mêmes noms.
En 1838, Guillemin et Perrottet décrivent leur genre Fillæa : pour une plante, du Sénégal, qu’on doit rapporter à celle
d'Afzelius. Plus tard encore, en 1850, Bertoloni lils:i donne le
nom de Mania à un arbre du Mozambique dont l'identification
avec YErythrophleiim a été faite ultérieurement par Bâillon.
En 1859, le baron Ferd. von Mueller de Melbourne décrit
sous le nom de Lah tucheria ■ une espèce australienne qu’il
reconnaît lui-même peu de temps après comme appartenant
aux Erythrophleum:\
Quant au nombre d’espèces que renferme ce genre, il reste
encore un peu douteux. Si Madagascar, la Chine et 1Australie
n'en contiennent respectivement qu'une seule, jusqu’ici du
moins, il n'en est peut être pas de même de l'Afrique où VE.
guineense se présente avec des formes un peu diverses c.
1. Rob. Brown : Obs. on the herbarium eoll. in the vicinîty of the
Congo......Londres, ISIS.
2. Flora' Senegainbiæ Lentanaen. I, 242, t. 53.
3. Mém. acclimat. Bolog. II, 1850, 570 et llln slr., piant. Mossamb. I,
10, l. 3 ve \ Index Keweusis).
4. Journ. Linu. soc. III, 158, 1859 (fide Index Ivevv.).
5. B e n t h .vm el M u e l l e r Flora australiensis, II, 297.
6. Les échantillons ([ne j’ai exam inés (voir pins loin) sem blent n’être

Les Erylhrophleum sont tous des arbres inermes, à feuilles
alternes bipinnées, à pinnules opposées et à folioles alternes.
Les Heurs petites, vertes ou rouges, sont disposées en
grappes rameuses paniculées, donnant à ces inflorescences
l’aspect général des Mvrtacées.
Chaque fleur se compose : d’un réceptacle nettement con­
cave et glanduleux ; d’un calice régulier à cinq divisions imbri­
quées, presque valvaires ; d'une corolle à cinq pétales libres, plus
longs que les sépales, très légèrement imbriqués ; de dix éta­
mines périgvnes, généralement inégales, les plus courtes oppo­
sées aux ^pétales, chaque étamine à long lilet grêle, portant
une anthère biloculaire, dorsihxe, introrse. à déhiscence lon­
gitudinale ; d’un ovaire plus ou moins longuement stipité,
allongé, velu, terminé par un style court et un stigmate non
renflé; ovules anatropes en nombre variable.
Le fruit, dont la forme semble assez diverse dans la même
espèce, est un légume allongé comprimé, bivalve, plus ou
moins ligneux.
Les graines, entourées de pulpe sur le frais, ont autour de
1 embryon un albumen bien développé. Cotylédons charnus.
Radicule droite.
A F F IN IT É S

Les Erythrophleiun sont ordinairement rangés parmi
les C æ salpim ées dans le groupe des Dimorphamlrces, à côté
des genres Dimorphandra et Burkea, dont ils peuvent être dis­
tingués par un réceptacle Moral plus concave et par conséquent
une insertion plus nettement périgyne des étamines.
C’est cependant un genre que ses caractères rapprochent un
peu des M imosées . Rob. Brown, après l'avoir tout d'abord
en ellel que de sim ples formes, mais il a été récem m ent nommé, comme
on le verra, d’au tres espèces africaines sur la valeur desquelles je ne puis
me prononcer en l’absence d'échantillons el de descriptions.

�L. PLANCIION
166
classé clans las C«esalpiniées ', tend ensuite a en laire line
Mimosée -, bien que les étamines soient périgvnes. La régula­
rité du calice et de la corolle, la prétloraison presque valvaire
justilîent ce rapprochement avec les Mimosées ; B â illo n c o n ­
sidère 17;. guinecnse comme rattachant aux Mimosées les
genres Copaifera et Harlwickia.
Guillemin et Perlottet rapprochent leur genre des genres
Pntsopis et Acacia, et pensent qu'il tient le milieu entre les
deux tout en conservant son individualité.
Bentham et Mueller* classent le genre dans les Mimosées, en
ajoutant que 1 étroite imbrication des pétales le rapproche îles
Cæsal pi niées et spécialement des Mura. et que 1on peut le con­
sidérer, ainsi que les
comme un terme de passage
aux vraies Mimosées.

ESPÈCES

E. Couminga H. Bn.
La plante a été décrite par Bâillon en 1871 0 sous le nom de
E. Couminga. d'après la dénomination vulgaire de l'arbre dans
le pays. Elle n'a reçu aucun synonyme.
Le nom de Kirnariga semble avoir désigné, d'après Heckel
deux plantes différentes : le Tanghin du Ménabé (Menabea
venenata IL Bn., Asclépiadées) et une Légumineuse également
de Madagascar et des Seychelles, VE. Couminga Bn. Le nom
indigène est d'ailleurs écrit diversement suivant la région :
Couminga, Komanga, Kiminga, Kimanga, Koumanga, Koumango.
L'arbre est de grande taille 7, et d’autant plus élevé, semblet-il, qu’on s’éloigne du bord de la mer, où il a souvent l 'aspect
1. Rob. Brown (/oc. ci/.,')

2. Obs. ou... rem arquable plants collecl. bv Oudney and Deuham and
Clapperton... central Africa 182&lt;V.
3. Adansonia, VI, p. 203.
i. Flora auslraliensis, II, 297.
o. Adansonia, A, p. 103.
6. Réperl. Pharrn., décem bre 1902.
7. La description donnée dans le livre de D ujardin-Beaum elz et
Egnsse, répétant celle de de Lanessan Piaules utiles des colonies fra n -

�Pieds de Couminga K. Couininçju II. Bn i, vue prise à Madagascar, chms l'Ambongo, par M. Pem’er de la lîalhie.

RECHERCHES SI R LES ERYTHROPHLEUM

167

tic nos grands chênes verts de la Méditerranée (Perrier de la
Bathie, in litt.) (lig. 1). D après 1 étiquette d’un échantillon du
Muséum n" 8), il atteint la grosseur du tamarinier ; on lui
attribue souvent 20 à 30 mètres de haut (60 pieds, d’après Pervillé)1 et 40 à 70 centimètres de diamètre (Heckel, loc. cit.).
A 1 Exposition coloniale de Marseille (Pavillon de Madasrascar), on pouvait voir de larges planches de bois de Couminga,
provenant évidemment de troncs très volumineux, et des pavés
de bois destinés au pavage des rues, indiquant aussi une plante
de fortes dimensions.
Cet arbre est en fleurs de septembre à octobre.
E. guineense (1. Don2.
C’est la première espèce décrite, certainement celle pour
laquelle Afzelius a créé le genre Erythrophleum, adopté
par Rob. Brown en 18183.
C est aussi le Fillæa suaveolens, dédié par Guillemin et
Perrottet en 1833 ' à M. Filleau dî Saint-Hilaire, directeur
général des colonies. Il faut rapporter encore à cette espèce :
le Mavia Judicialis de Bertoloni fils5 ; YErythrophleum
judiciale de Procter5 ; VE. Ordale de Bolle7.
J'ai trouvé aussi l’indication d’un E. Leonensc G. Don dans
le catalogue du Jardin botanique de Cambridge8 où la
çatses, Nossi-Bé, p. 877) ne peut provenir que d’une confusion tout à
fait inexplicable. O utre que l’espèce de Bâillon est attribuée à Afzelius,
auteur seulem ent du genre, la plante est donnée comme un arbuste de
petite taille, la fleur comme ayant quatre pièces au calice, un seul pétale
orbiculé, trois étam ines et un ovaire bi-ovulé. Je ne puis com prendre
avec quelle plante la confusion a pu s’établir.
1. Fide Bâillon, Adansonia, X, 105.
2. G. Don Gen. syst. Il, 424 (fide lnd. Kew., p. 897 .
3. R. Brown, loc. cit.
4. G uillem in, P erro ttet et Richard, Fions Scncçj. Tent.
5. Loc. cit.
6. Amer. Journ. Pharm ., XVIII, p. 195, 1852 (fide Index Kewensis).
7. P eters Reise Mossamb. ^Bot), 10 (ici.)
8. H ortus cantabrigiensis o ra n a c c e n te d catalogue of indigenous and
exotic p lan ts cultivated in the Cambridge botanical garden, by J. Donn,
etc., etc., 13e édit. Londres 1845,

�168

I.. PI.ANCHON

plante a été introduite de Sierra Leone en 1822. Je n’ai ren­
contré ce nom nulle part ailleurs : ce doit être un simple
synonyme, car le catalogue attribue à l'arbre le nom vulgaire
du guineense Red water tree).
Enfin on trouve dans le Xo/nenclator hotanicus de Steud el1 comme synonyme de VE. guineense le nom de Afzelia grandis Hort. L Index Keirensis donne aussi ce nom d’après
Loudon (Mortus brit. 108).
L'Erythrophleum gnineense est connu sous des noms vul­
gaires très divers suivant la région de l'Afrique : Sassy, Casca
Casa ou Cassa, Mançone, Teli, Midi. Tali, Bourane, Doom ou
Odum, Elondo ; c’est le Sassy bark tree ou Red water tree des
Anglais ; le Sassybaum ou Rothwasserbauni des Allemands,
etc. Le nom de Méli semble aussi avoir été donné à l'écorce
d'une autre légumineuse, le A iey-datah {Detariurn senegalense)
(ex Heckel)
Comme 1 E. Couminga, c’est un très grand arbre, devenant
très vieux, et qui peut atteindre, d ’après la plupart des auteurs,
de 3() à 40 mètres de haut et jusqu'à 2 mètres de diamètre. Les
branches naissent à 5 ou 0 mètres du sol. L'arbre aurait le
port du Caïl-Cedra: Eh ai/a senegalensis lide Bâillon (toc. cit.).
D'après Guillemin et Perrottet, c'est un arbre très rameux,
à rameaux épais, divariqués, à tronc de I pied 1/2 de dia­
mètre, dressé, à écorce grise crevassée, à rameaux gris ponc­
tués de blanc, à sommet roux, pubescent. Ces extrémités des
rameaux, d'abord finement pulvérulents deviennent bientôt
glabres. En Gambie, l’arbre fleurit en mars-avril.
C'est la seule espèce d’Afrique que j'aie étudiée, mais on
trouve en outre dans ExGLERet P ra.ntl et'dans VIndex Keirensis
l’indication de trois autres espèces africaines2 dont je n'ai
pu vérifier l'identité, n'en ayant eu aucun exemplaire entre
les mains. Ce sont :
t. Deuxième édit., 1840, 597.
2. On a vu que Rob Brown indiquait déjà deux espèces.

RECHERCHES SI K LES ERYTHHOPIII.feLLM

169

E. pubistamineum Hennings. Je n'ai eu entre les mains
aucun spécimen de cette espèce, mais j ’ai pu, grâce à
l’obligeance de MM. les professeurs Bois et Lut/, avoir la copie
de la description et le décalque du dessin de la plante1. Il
semble au premier abord que ce ne soit qu'une variété de
VE. guineense, ce qui est aussi l’opinion d’Hoffmann2. L au­
teur, en décrivant les feuilles et bourgeons de la plante comme
pubescents, voit dans ce caractère une différence avec VE.
gnineense, d’après lui complètement glabre ; mais c'est là
une erreur, car Guillemin et Perrottet décrivent leur Fillæa
comme pubescent au début ; Oliver de son côté dit les feuilles
légèrement pubescentes en dessous, ainsi que le pétiole et le
pétiolule. Lewin dit aussi les jeunes branches pubescentes
C'est donc une question de plus ou de moins.
Mais il existe d’autres différences : d'abord les étamines, dans
la moitié supérieure du filet sont fortement duveteuses; les
folioles sont ovales, mousses et émarginées au lieu d’être ter­
minées par une pointe comme celles du gnineense. et leur
forme générale les distingue de toutes les autres espèces. En
outre les bractées, très rapidement caduques dans VE. gni­
neense. persistent beaucoup plus longtemps dans VE. pubista­
mineum ; enfin le calice de cette dernière plante est fendu
plus profondément que dans l’espèce de Don.
Ces différences, bien que ne portant pas sur des caractères
essentiels, indiquent certainement plus qu’une simple varia­
tion ; mais, en l'absence de tout spécimen, je ne puis tran­
cher la question de la valeur spécifique de cette plante.
L’arbre de Hennings aurait environ 6 mètres de haut. Sta­
tion : Angola, Malange. (Mechow, Flora von W. Africa n° 185).
E. Dinklagei Taub. du Kameroun et E. Gabunense Taub. du
Gabon. Ces deux espèces sont indiquées dansEngleret Prantl ’
1. Gartenflora 1889, XXXVIII, p. 39.
2 . P lantœ .Mechowiana.*, p. 130 d'après Hennings, loc. cit.).
3. E t il ne s’agit pas ici de VE. pubistamineum, car aucun de ces
auteurs n ’indique de poils sur les étamines.
4. Sur toute leur longueur d’après le dessin.
5. III, 3, p 386.

�et dans Yfndex Kewensis (supplément . Mais nulle part il
n’existe île description : ce sont deux simples noms, sans doute
d'après des échantillons d'herbier non décrits. Du reste, le
supplément d'Engler et Prantl (page 20*1) les retranche du
ffenre.
Enfin le nom de E. Adansonia (sir) est indiqué comme celui
d'une espèce africaine dans un travail de Lewin sur l'Erythrophléine. Je ne sais à quoi se rapporte ce nom : Hennings,
qui le relève aussi, suppose qu'il pourrait s'agir de Y E. Couniin&lt;ja\ mais celui-ci n'a jamais été signalé dans l'Afrique
continentale.
E. Fordii Oliv.
L'espèce est d'Oliver 1 et faite d’après une plante récoltée
par Ford dans le sud de la Chine ; elle n’a reçu aucun autre
nom. L'arbre aurait, d’après Oliver, de 20 à 30 pieds de haut.
Les rameaux en seraient recouverts d’une pubescence ferrugi­
neuse, ou glabres.
E. chlorostachys (F. von Muell.). H. Bn.
La plante a été décrite d’abord par le baron F. v o n M u e l l e k ,
de Melbourne, sous le nom de Laboucheria chlorostachya*.
Elle a été ensuite rappportée par le même auteur aux Erythrophleum, sous le nom d E. Laboucherii3. Le nom d E. chlo­
rostachys H. Bn. ‘, doit donc être adopté en raison des lois de
la nomenclature, bien qu’il soit moins répandu dans les col­
lections et les herbiers que celui d'E. Laboucherii. C'est aussi
un arbre véritable, mais dont les dimensions n’ont pas été
indiquées dans les descriptions.
Le bois en est dur, les branches et les feuilles glabres, d’a­
près Mueller.
1.
2.
3.
4.

Hooker Icônes plant. T. 1409.
Journ. L inn. Soc., III, 159 (1859) (fide Ind. Kew.).
Bentham et Mueller, Flora australiensis, II, 297.
Hisl. des plantes, II, 150 (1870).

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE

Les quaire espèces d'Erythrophlcum étudiées ici, habitent
des régions très distinctes. Aucune n'est du Nouveau-Monde :
une ou plusieurs appartiennent à l’Afrique continentale, une
à Madagascar et aux Seychelles, une ù l'Extrême-Orient, une
dernière enfin h la llore australienne. En somme, toutes
poussent plus ou moins autour de l'Océan Indien.
E. Couminga IL Bn.
Habite les Seychelles (Ambongo) où il a été indiqué par
Pervillé (18il); on le retrouve à Madagascar sur divers points:
côte Ouest et Nord-Ouest Bév. Baron) 1. M. Perrier de la
Bathie dit dans une de ses lettres à M. Ileckel : « L'habitat
« exact de l’arbre est une bande littorale qui ne dépasse pas
« 30 kilomètres de large, composée de terrains siliceux (sables,
« conglomérats à cailloux roulés, basaltes), à l’exclusion de
« tout terrain calcaire. On ne le trouve plus au Nord de la
« Mahovàvy. Je n ai aucune indication sur ses limites du
« côté sud. » Et dans une autre lettre: « Les échantillons.....
« proviennent des collines sablonneuses des environs de
« Manongarivo (Ambongo) v».
D’après des indications antérieures citées par Heckel, M. Per­
rier de la Bathie n'a pu trouver cet arbre que dans les collines
boisées des « bords du lac Kinkony, à l’est de Soulala, dans
« le cercle de Mahavava, que les Malgaches de l'Ouest
« appellent Ambongo. Il ne l'a jamais trouvé dans le Bouény,
« mais il abonde sur les rives occidentales du lac Kinkony et
« de deux lacs voisins ».
1. D'après Ileckel, Repert. de Pharm. Déc. 1902.
2. Le même nom de Am bongo désigne, comme on le voit, une loca­
lité des Seychelles (échantillon Pervillé) et une province de Madagas­
car, L’arb re habite précisém ent ces deux points.

�172

L.

PLANCHON

E. guinense G. Don.
L'espèce est répandue dans une grande partie de 1 Afrique,
mais semble n'ètre très abondante nulle part. Guillemin et
Perrottet n en ont trouvé qu'un seul individu sur les bords de la
Gambie, non loin du comptoir français d Albreda.
On peut donner les quelques indications suivantes :
L'arbre habite divers points de l’Atrique : Guinée supé­
rieure, Sénégambie (Perrottet, Heudelot1, etc.); Casamance
^A. Marche) ; Sierra Leone (Afzelius, Don, Brass, Barter) ;
Liberia; Nun river (Mann) ; Mozambique (Bertoloni) ; Nil blanc
(Schweinfurth) ; Zambesia (Dr Peters) ; Zangbar (Sacleux) ;
Kamerun (Zinker) ; Gabon (Klaine, Thollon) ; Loango (Sojaux,
Bastian), etc., etc. — Mais je ne puis faire la distinction
d‘origine entre le guineense proprement dit et les deux ou trois
espèces plus récemment créées en Afrique.
E. Fordii Oliv.
Get arbre habite la Chine, province de Kwangtung, sur la
rivière Lpting. C. Ford (Oliver). Il existerait aussi au Tonkin,
mais les localités sont jusqu’ici peu connues et les rensei­
gnements peu précis.
E- chlorostachys (F. V. Muell.)H. Bn.
C’est une plante du Nord de l'Australie et du Queensland ;
Bentham et Mueller - 1indiquent : 1° sur la côte Nord-Ouest’.
à Careening Bayet à Vansittart Bav, d'après Allan Cunningham ;
sur la rivière Victoria, d'après Bynoë et F. Mueller ; dans les
iles du golfe de Carpentarie, d'après Bob. Brown ; sur la
rivière Strangways, d'après Douall Stuart ; 2° au Queensland
sur la rivière Endeavour, d’après Banks et Solander, et
A. Cunningham ; sur les rivières Burdekin et Gilbert, d’après
Mueller.
p lG

1. Ravin de \ \ oulli et plus rarem ent dans le Ferlo 183(5 (Ode Bâillon)
2. Flora australiensis. Vol. II p. 297.

2 _Échantillon n“ 1. IC. guineense, échantillon Sacleux. Muséum.

���F ig . ô. — Kcluuilillon n" 7. !.. &lt;/uinccnsc, cchaiilillmi Thollou, Muséum

�Fin. li.

F cliantillu» n" 8. E. Couminya, ét-lian I il Ion M uséum , Paris.

���F i g . !*. — Kchanlillon n ' 11. Koli. Porrier de la liathie. Musc»: colonial

de M arseille.

�—

Km. 10. — Echantillon n" 13. E. F o r d ù , échantillon Forci. Ilcrl». K ew .

�|| _Kclianl ill&lt;»n n" 14. !.. l'n n lii. reliant il loi) Hulunsu. Ilorh. Kc\v.

��K,G. 13. — Keh.million n- 16. !.. rhloro&amp;lnchys, cc'.maliUon Miiellcr.
l l e r b . K cw ,

�ECHANTILLONS ÉTUDIÉS

Pour faciliter la lecture des descriptions, je crois utile de
donner la liste de tous les échantillons que j'ai eus entre les
mains, en assignant à chacun d eux un numéro d’ordre.
Voici cette liste :
l. — É C H A N T I L L O N S D H E R B I E R .

I. — E. guineense.
Tous les échantillons d’herbier de cette espèce m’ont été
fournis par le Muséum d'histoire naturelle de Paris.
N° 1 (fig. 2) étiqueté R. P. Sacleux. Côte orientale d'Afrique,
et sur une étiquette manuscrite ’.Zangbar Mandera, fév. ISSU.
N° 701) plus un nom de localité peu lisible, Mkonordi?), arbre
des bords du fleuve, fleur violette. Erijthrophlœum guineense
Don ; reçu du frère Alexandre et signé P. Sacleux. Cet échan­
tillon consiste en : une branche avec quelques folioles, une inflo­
rescence portant de nombreuses galles et un fruit volumineux.
N° 2. Eri/tfirophlœum guineense Don, Var. ; C. Zenker.
N° 151$. Flora von Karnerurn 1896, reçu le 15 juillet. 1S9S.
Une feuille incomplète, deux fragments d'inflorescence sans
fleurs, quelques folioles et fleurs séparées. (Non photographié).
N" 3 (fig. 3) . Gabon, R. P. Kinine, reçu en novembre 1S95,
et sur une autre étiquette: IS9 fleurs d Elondo, grand arbre,
bois de construction, vieux fruits ; plaine, Gabon. Deux fruits
âgés, une grande inflorescence, presque sans fleurs : une feuille
avec deux ou trois folioles seulement.
N" 4. Première étiquette : X° 1S9, fleurs d'Elondo, bois de
construction. Deuxième étiquette : Herbier. L. Pierre ; Ergthrophlceum guineense Don. Gabon. R. P. Klaine. V° 189.

�I 71

!..

i‘i.A.\i:lloN

10. ISO,). Une inllorescence complète avec des Heurs en bou­
tons et quelques folioles. (Non photographié).
Cet échantillon est très évidemment de la même origine
que le précédent.
N" 5 (fig. I). Herbier. L. Pierre. Erythr. &lt;
juineense, Libre­
ville, coll. R. P. Kinine. Y" 189, reçu 28-1, 1890. Une
branche avec de nombreux fruits âgés.
N" 6. Première étiquette: Herbier Muséum Paris. Erythrophlœum; Maria, Judicialis Bertol. (ils. Donne par M. Bertoloni
1830. Deuxième étiquette: Mavia Judicialis Bertol. fils. Ex
Moçambico 1818. Renferme un bout de branche avec une
feuille, deux fruits et quelques folioles isolées. (Non photogra­
phié).
N° 7 (!ig. 5). Herb. Mus. Paris Gabon, Congo, M. Thollon.
.Y0 98. Renferme un rameau avec deux feuilles et deux fruits
jeunes.
J'ai eu en outre le dessin d’un échantillon de l’herbier de
Kew exécuté par M. M. Smith et accompagné de quelques
fleurs isolées. (N° 24). Ce dessin porte l’indication suivante :
N° 33, Erythr. guin. Don. « Mer agi » poison cxtracted front
the bnrk sbire Highlands Zambezia. J. Buchanan com. II.
B. Edimburg $-81.
II. — E. Couminga.
N° 8 (Jig. 6). Herbier Muséum . Paris E . Couminga H. Bn.
(écriture de Bâillon). Sur une autre étiquette, au crayon :
feuille Koumanga. Koumanga du Menabé 1; il atteint la gros­
seur du tamarinier. Le Sakalave dit qu à la floraison de cet
arbre, il donne la mort; que même les bœufs qui se repose­
raient sous cet arbre en mourraient — ou des oiseaux (sic).
N’est composé que d une feuille.
N° 9 (fig. 7). Herbier Muséum Paris étiqueté: E. Cou­
minga H. Bn. (de l’écriture de Bâillon). Voyage de M. Pervillé, Ambongo 1841. Une petite branche feuillée, deux frag1. Par confusion avec Menabea venenata H. Bn, Asclépiadée qui porte
aussi le nom vulgaire de Koumanga.

RECHERCHES SUR LES KRYTJIMOlMIl.l-a .M

I 7O

monts de fruits et des fragments de graines en mauvais état.
N° 10 (fig. 8). Envoyé par M. Perrier de la Bathie au
Musée Colonial de Marseille, Madagascar occidental. Cet
échantillon est formé de feuilles brunes, à folioles petites, ordi­
nairement détachées du rachis ; il renferme en outre dos (leurs
détachées et d’autres réunies en épis serrés.
N° 11 (fig. 9). Même origine que le précédent, mais il con­
tient seulement des feuilles vertes, plus grandes, et sans
aucune fleur.
N° 12 (planche coloriée III). Un fruit isolé, provenant du
Musée colonial de Marseille (récolté par M. Perrier de la
Bathie).
III. — E. Fordii.
Deux échantillons seulement, venant tous deuxde l'herbier
de Kew. N0S 13 et 11.
N° 13 (fig. 10) étiqueté: Erythrophlœum Fordii Oliver
Loting River Chine. Coll. C. Ford. 10/82, Index Floræ Sinensis. Une moitié de feuille, quelques folioles, un tout petit frag­
ment d’inflorescence.
N" 14 (fig. I I). B. Balansa, pi. du Tonkin, 1883-89. Purch.
3 1890. — N° 2163 Erythrophlœum Tordi (sic) Oliv. in IIoockers icônes p. 7, tab. 1409, arbre de 7 à 8 mètres de hauteur.
Yen Caa, près du poste de Bat-Bac 18 août 1888. Une
branche portant quatre fruits murs et une feuille incomplète.
IV. — E. chlorostachys.
N1’ 15 (fig. 12). Echantillon de l’herbier de Kew étiqueté:
« Allan Cunningham, australian herbarium, piesented by
Robert Howard, Esq. 1802. Erythrophlœum Laboucherii F.
Muell. Cæsalpinia? Vansittart Bay. septembre 1819 et CarrecningBay, septembre 1820. North West Australia; signé Allan
Cunningham U
Sur une autre étiquette: Dr Mueller 1807, Laboucheria
1. Le nom Cæsalpinia est de l’écriture d'Allan Cunningham.

�ehlorostachya, Arnheirns Land. I)r M. Deux ou trois feuilles
incomplètes, quelques fragments d’inflorescence, un petit fruit
très jeune.
N° 16 lig. 13). Egalement de Kew, Laboucheria chlorostachya Ford. Muell. Arnheirns Land, signé Ferd. Muell., et à
côté: Erythrophlœuni Laboueherii F. Muell.
Une feuille et trois fruits plus ou moins fragmentés.
N° H . Échantillon du Muséum.
llerb. Mus. Paris. Erythrophlœuni (An Laboucheria
F. Muell.?). Voyage de M. Leichhardl dans l'intérieur de la
partie Nord-Est de la Nouvelle-Hollande en IS i9Sur une autre étiquette : Leguminous..... /irstsun at /lie.......
(complètement illisible).
Un assez, grand nombre de folioles détachées, quelques
graines et trois fruits entiers ou non. (Non photographié).
B.

— É C H A N T IL L O N S DE D R O G U IER S.

N” 18. Écorce d E. Couminga provenant du Musée Colonial
de Marseille (Envoi de M. Perrier de la Batliie).
N" 19. Ecoi•ce d Zi. guineense. du droguier de Montpellier.
Origine inconnue.
N° 20. Id.. du Musée Colonial de Marseille.
N" 21. ld..du droguier de Montpellier, provenance du dro­
guier de l'École de pharmacie de Paris.
N” 22. Id.,du dro guier de Montpellier,sans indication d'ori­
gine (probablement Marseille).
N" 23. Ecorce de Moc Ifuong probablement E. Fordii).pro­
venant de l'Exposition Coloniale de Marseille (1906).
N° 24. Déjà indiqué (voirp. 171').
N" 25. Trois ou quatre fruits d'E. guineense venant du
Musée Colonial de Marseille.

I. — MORPHOLOGIEE. Couminga.
Comme celle de tous les Erythrophleum, les feuilles du
Couminga sont composées bi-pinnées, alternes sur la tige, à
pinnules opposées (3 paires) et à folioles alternes sur la pinnule. Elles peuvent atteindre 30 centimètres. Elles se com­
posent:
1° D'un rachis 1brun, un peu renflé à la base sur une longueur
de 2 à 3 millimètres. Cette base, un peu plus foncée, au moins
sur le sec, a l 1/2 à 2 1/2 millimètres de diamètre; la longueur
du rachis varie de 12 à 18 centimètres. Il ne dépasse pas
I millimètre I 2 de diamètre au-dessus du renflement basilaire.
II se montre à la loupe finement strié en long, et présente un
léger sillon longitudinal supérieur sur la moitié de sa longueur
à peu près ;
2° De pinnules à rachis très fin, portant soit des folioles,
soit la trace de leur insertion, ces folioles étant très caduques ;
3° De folioles alternes, distiques, au nombre de 10 à 13 par
pinnule, à peu près équidistantes, la première à peine plus
distante à la base ; forme ovale lancéolée, la plus grande lar­
geur étant au tiers inférieur — 2 à 3 centimètres de large sur
4 à 6 centimètres de long en moyenne. — Les dimensions et
même un peu la forme de ces folioles sont d’ailleurs très
I. Haillon dit (Adansonia X, p. 103): « stipula? mininia? e eicatricis
linearibus pallidis vix conspicuis nota? ». Je n ’ai pas vu sur les échan­
tillons examinés les traces de ces stipules, mais seulement parfois des
lenticelles linéaires, allongées transversalement.
Annules (lu Musée col. de Marseille. — 2* sé rie . 5« v o l. 1907

12

�RECHERCHES SC K LES ERYTH KOPHLEUM

variables dans le même échantillon (n° 10), et les folioles de la
base de la pinnule sont en général plus petites. Forme le plus
souvent asymétrique, la moitié supérieure plus petite et la ner­
vure médiane plus ou moins courbe à concavité supérieure.
Nervure un peu déprimée en dessus, saillante en dessous.
Nervures secondaires nombreuses, parallèles, anastomosées
près du bord; lin réseau de nervures de troisième ordre. La
face supérieure plus luisante. Bord entier, légèrement retourné
vers la face inférieure. Pointe largement acuminée, mousse ou
même légèrement émarginée au sommet. Base non cordée.
Pétiolule très court 3 millimètres), oblique, rougeâtre, sillonné
en dessus. Consistance dure et coriace ; mais la feuille reste
souple et non cassante.
Saveur franchement amère ; aucune odeur sur le sec.
Un échantillon (n° 11) porte sur le rachis un renflement
pathologique dû à une piqûre d'insecte, et tout à fait analogue
à ceux que l’on trouve sur un échantillon d'E. yuineense
(n° 1).
Deux échantillons (nos 9 et 11 1 diffèrent par quelques points
de la description ci-dessus. Les folioles, plus grandes dans leur
ensemble, sont aussi plus coriaces, plus cassantes, plus lancéo­
lées, à surface plus lisse, tandis que les nos 8 et 10 ont des
folioles plus tînes, plus minces, à surface un peu crispée, plus
élargies vers la base. Les échantillons 8 et 10 sont identiques ;
les folioles sont seulement un peu plus grandes et moins asy­
métriques dans le n'18.
Enfin le nu 9 porte des feuilles évidemment très jeunes, qui,
par dessiccation, sont devenues noires et dont les folioles sont
de très petites dimensions.
En somme, une différence très nette d’aspect sépare les deux
échantillons envoyés par M. Perrier de la Bathie, si bien qu’à
première vue, on est tenté de les attribuer, sinon à deux
espèces distinctes, du moins à deux variétés. Nous verrons
d’ailleurs que quelques différences anatomiques les séparent
aussi. 11 est remarquable que les deux plantes communiquées
parle Muséum présentent des dissemblances parallèles, le n° 8
se rapprochant évidemment du n° 10 (Perrier de la Bathie)

179

et le n° 9 (Pervillé) d u n ° ll (P. de la B.). Malheureusement les
échantillons du Muséum ne contiennent aucune fleur; seul le
n° 9 a des fragments de fruits ; quant au n ° ll de P. de la B., il
se compose uniquement de feuilles. Le fruit isolé n" 12 ne peut
être rapporté avec certitude à l’un ou à l’autre des échantillons
Perrier de la Bathie. En sorte que l’établissement d’une variété
serait prématuré ; peut-être l’habitat, les conditions biolo­
giques, l’époque de la récolte sont-ils pour quelque chose dans
la variation de l’aspect extérieur.
Il est en tous cas certain, d’après la morphologie et la struc­
ture, (pie toutes ces feuilles sont des feuilles d' Erythrophleum.
E. guineense.
Les feuilles répondent au type général : alternes, formées
d 'un long rachis glabre, renflé à la base et atteignant 21 à 22 cen­
timètres (n° 4), ordinairement 12 à 15 sur 2 millimètres 1 2
de diamètre. Axes secondaires renflés aussi à la base et nette­
ment articulés, opposés, au nombre de 3 paires, quelquefois 2
(n° 1) ou 4 (n° 4), de longueur un peu variable, atteignant
aussi 20 centimètres (n° 4), parfois seulement II (n° 6).
Les axes foliaires ne portent pas de lenticelles; sur les axes
secondaires sont les folioles alternes ou la trace de leur inser­
tion.
Folioles au nombre de 10 à 12, ordinairement II fl à 8 Guillemin et Perrottet ; fl à 11 Oliver); munies d’un petit pétiolule
de 2 à 3 millimètres; alternes, coriaces, plus ou moins asymé­
triques, ovales, lancéolées, arrondies ou un peu atténuées à
la base, plus longuement au sommet, qui est acuminé et obtus;
entières, à bords légèrement sinueux; rappelant beaucoup les
feuilles de Couminya et de Fordii. Dimensions variables : les
plus petites ont 3 centimètres 1/2, sur 2 les plus grandes
(nos 3, 4 i 8 1/2 sur 3 ; en moyenne 6 sur 2 1/2 à 3 centimètres.
Surface presque toujours crispée (sauf l’échantillon n° 7) ;
glabre même à la loupe -. Couleur généralement brune,
1. Il s’agit de feuilles adultes; Oliver les dit glabres ou légèrement
pubescentes en dessous (nervure médiane) ; d ’après lui le pétiole et le
pétiolule ont aussi la base pubescente.

�!.. iM.VNCIION
ISO
quelquefois restée plus ou moins verte (il"' 1 et 7). Nervure
principale saillante en dessous, légèrement concave en dessus.
Nervures secondaires Unes, -anastomosées près du bord,
avec réseau intermédiaire.
Comme pour le Courninga, il existe entre les divers échan­
tillons de cette espèce, au point de vue des feuilles, des dilïérences d'aspect cpii les feraient prendre tout au moins pour
des variétés, et qui sont certainement plus grandes que les
différences entre deux échantillons d'espèces distinctes (Couininga et Fordii par ex.). Ainsi les échantillons du P. Klaine
3 et 4 ont îles folioles très grandes, très lancéolées, diffé­
rentes du type ordinaire. La plante de Thollon fn° 7) dont les
folioles lisses et non gaufrées, sont épaisses, coriaces et plus
longues par rapport à la largeur, paraît surtout très différente.
11 existe entre cette plante et le type normal du guincense les
mêmes variations qu'entre les deux échantillons de M. Perrier
de la Bathie, et lesdeux échantillons du Muséum pour VE. Couminga (voir plus haut).
Les feuilles du n° 6 [Mavia judicialis Bertol.) paraissent
identiques à celles de la plante de Zenker (n° 2). Mais c’est
surtout par le fruit que l’échantillon n° 6 semble différer des
autres.

E. Fordii.
La feuille de VE. Fordii ressemble beaucoup, comme aspect
général, à celles des E. Courninga et guincense, dans leur
forme souple, c'est-à-dire pour le premier aux échantillons 8
et 10 et pour le deuxième à l'ensemble des échantillons, sauf
celui de Thollon. Plies ont un rachis cylindrique très long
(23 centimètres), 6 pinnules opposées, renflées à la base, brun
foncé, longues de 20 centimètres dans les grandes feuilles, de
11 centimètres dans les plus petites et portant des folioles
alternes au nombre de 10 en général, (9 à 13 Oliver); un peu
variées de forme, ordinairement lancéolées, ovales, elliptiques,
à sommet longuement atténué et acuminé, à pointe obtuse, à
base non cordiforme, sub-arrondie ou arrondie ; glabres ; ces

heciikkuies sur les eiiyteiuoi’Iii. ei m

181

folioles, ordinairement plus ou moins asymétriques, sont portées
par un court pétiolule de 3 millimètres de long. Plies sont
parcourues : — par une nervure médiane déprimée en dessus,
fortement saillante en dessous ; — par des nervures secondaires
nombreuses, parallèles, anastomosées en arc près du bord ;
— par un réseau de nervures de troisième ordre.
Dimensions : longueur maxima, 8 centimètres I 2; minima
i centimètres; largeur maxima 4 centimètres; minima, 2 centi­
mètres. Consistance assez dure, un peu coriace, mais peu
cassante. Surface plus ou moins gaufrée.
E. chlorostachys.
Feuilles formées: 1° D'un rachis de 10 à 12 centimètres, un
peu renflé à la base, un peu ridé par dessiccation ; 2° depinnules
opposées (2 paires *), à base également un peu renflée, noirâtres,
opposées; 3° de folioles, 0 à 7", sur chaque pinnule, alternes,
de forme générale très asymétrique, plus ou moins arrondie:
obliquement obovales ou orbiculaires, parfois presque aussi
larges que longues (4 centimètres de long sur 3 1 2 de large .
d'autres fois plus allongées (o à (i centimètres sur 3 I 2ou 4).
Nervure médiane bien saillante en dessous; nervures secon­
daires visibles des deux cotés de la feuille; base atténuée;
sommet arrondi ou même émarginé: bords légèrement sinueux,
un peu retournés \ ers la face inférieure. Couleur générale brun
verdâtre. Pétiolule très court.
RÉSUM É GÉNÉRAL l)E LA MORPHOLOGIE DE
LA FEU II. LE.
En résumé, toutes les feuilles d'Ergfhrophleuni se rap­
prochent par les caractères suivants :
Elles sont : alternes, composées bipinnées, à pinnules oppo­
sées et à folioles alternes.
1. Dans tous k*s échantillons vus; 2 ou 3 paires d'après Bentham.
2. i- «à !) d'après Bentham.

�L. F LA.NCHON

Le rachis général est plus ou moins renflé à la base.
Le nombre des pi rinu les est de 2 (chlorostachys) h \ paires
(quelques échantillons de guineense).
Les folioles sont en nombre un peu variable dans la même
espèce, et peuvent présenter un certain polymorphisme. Elles
sont asymétriques, de dimensions et d aspect dilièrent, quel­
quefois dans la même espèce (Couminga, guineense, et de
forme lancéolée, sauf dans le chloroslachgs', la base est sou­
vent atténuée, jamais cordée. Le pétiolule est toujours très court.
Le bord, légèrement sinueux, est un peu retourné en dessous.
La nervure médiane bien marquée, est saillante en dessous
et les nervures secondaires parallèles s anastomosent en arcades
près du bord.
Saveur et odeur très faibles, presque milles, au moins sur
le sec.
Les différences qui séparent ces feuilles peuvent être résu­
mées dans le tableau suivant ;

MOHPHOLOOIF. DE LA FEUILLE

IS2

�RfiXHKRCHIJS SUR CCS CRYTUROPI 1CKUM

Il faut étudier successivement et pour chaque espèce : M e
rachis général, 2” le rachis des pinnules, 3° ]c pétiolule, i° le
liiuhc.
E. Couminga.

18o
Parenchyme cortical demi-collenchymateux avec quelques
méats cependant, et quelques sclérites isolés çà et là. Dans le
parenchyme se trouve un faisceau supplémentaire complet
au-dessus du faisceau principal.
Zone scléreuse péricyclique épaisse, formée de libres nacrées
à zones d'épaississement visibles, à lumen étroit, séparées par
des paquets de sclérites volumineux.
Liber à parois nacrées très épaisses, à lumen étroit, ten-

Nous prendrons comme type l'échantillon Terrier de la

Fig. 15. — E. Couminga. Formation subéreuse dans le raclus général.

Bathie n° I I. en indiquant ensuite, s’il y a lieu, quelques différences pour les autres types.
HACHIS CC.NIÎKAL.

r---

La section transversah* est circulaire, plutôt un peu sail­
lante en dessus (lig. li .
Epiderme très épais à cellules parfois un peu allongées
radialement. non spécial. Au-dessous, sur quelques points,
tendance à la subérification (fig. 1d ).

dance à la forme de liber écrasé 1. Les rayons médullaires ne
traversent ordinairement, pas la zone scléreuse, saufquelquesuns qui semblent arriver jusqu'au parenchyme. Pas de
cambium visible.
P éy ion liyneusc : gros vaisseaux, alignés radialement par
deux ou trois; fibres ligneuses nombreuses, également ali­
gnées. Hayons médullaires à un seul rang, d cellules plus
minces et plus allongées suivant le rayon.
Moelle h cellules arrondies, à parois épaissies et ponctuées.
I. (à* nom s ’applique ici et dans la suite de ce mémoire au tissu obli­
téré formé parla compression du tissu criblé sous l'influence delà lurgescencedes tissus voisins. Ce tissu, très répandu, surtout dans certaines
écorces, est souvent désigné sous d'autres noms,en particulier sous celui
de Keralenrhgm e qu’emploient volontiers les Allemands. I/aspecl de ce
tissu est celui d'une lame cellulosique, en général étendue langentiellement et dans laquelle les restes des cavités cellulaires prennent l’aspect
de petites fentes presque virtuelles. Il est remarquable, ainsi qu'on le
verra par la suite, qu’un aspect analogue et dû probablement aux mêmes
causes,se rencontre parfois dans les E rglhrophleum , soit dans le jjéricvcle, soit même dans la moelle.

�186

187

L. PLANCHOX

RECHERCHES SI R LI.S ERYTHROPHLEUM

RACHIS L&gt;ES PlXNliLES.

deux faisceaux supplémentaires, se rendant évidemment aux
folioles alternes et, par conséquent, inégalement séparés du
faisceau principal.

10.4 la base vfi£. 11&gt;), seclion circulaire sinueuse, — épiderme
épais avec quelques poils imicellulaires rares, — parenchyme
cortical nettement collenchymateux; quelques sclérites très
JBo i y

Fio. 1*. — E. Couminga. Rachis des pinnules vers le som m et Schéma .

PÉTIOLE LE.

La section en est très sinueuse (tig. 18),
Epiderme très épaissi en fer à cheval. — Parenchyme cortical
F ig .

16.

— E. Couminga. Rachis général à la base (Schém a).

rares, —endoderme peu net, sans cristaux ou presque, — pas de
zone lihro-scléreuse continue, — liber à parois nacrées très
épaisses, à lumen réduit, — bois non spécial, peu développé.
Le faisceau général circulaire est déprimé fortement en des­
sus, de façon à former deux arcs ligneux, opposés l’un à l’autre
et en sens inverse. Le liber pénètre dans la concavité de l'arc
supérieur et une moelle écrasée, d ’aspect libérien, forme une
zone mince entre les deux régions ligneuses.
2° Plus haut (Iig. I T). entre les folioles, la section présente
une dépression étroite et profonde à la partie supérieure. Le
parenchyme cortical n'est plus collenchymateux. Il existe une
zone de fibres nacrées. Le liber est en faisceaux peu dévelop­
pés. un peu écrasés. La moelle centrale olfre des cellules
arrondies, à larges méats. Rayons médullaires à un ou deux
rangs, rarement trois. Enfin au-dessus du faisceau se trouvent

F ig . 1 8 . — E. Couminga. S ectio n d u p étio lu le (Schéma .

épais, à cellules assez grandes, polygonales, épaissies, mais
non véritablement collenchymateuses. Quelques sclérites
rares. — Quelques gros cristaux d oxalate (rares) dans l’assise
endodermique. — Péricvcle peu net, plus ou moins confondu
avec le liber.

�ISS

L.

l'LAM'.IloN

Liber en cercle continu, spécial, épais, nacré ; parois très
épaissies, lumen irrégulier, réduit, allongé transversalement.
Ce liber entoure un faisceau ligneux arrondi, normal, et, en
haut, un faisceau supplémentaire. Les vaisseaux renferment
une matière brune. La moelle centrale est très réduite et
présente des cellules épaissies et écrasées, analogues, comme
aspect, à celles du liber.
Au moment où le limbe delà feuille commence à apparaître,
les faisceaux supplémentaires tendent à se diviser et le faisceau
principal s ouvre en Y.

tlEC.IIF.HCIIES SI li LES Eli VTII ROPII l.t I M

189

bas, est élargie dans la région moyenne lig. 21). Au-dessous
de l’épiderme supérieur, trois ou quatre assises de cellules
polygonales chlorophylliennes. Au-dessous de l’épiderme infé-

FOLIOLE.

Nervure médiane très fortement convexe en dessous, très

Fig . 19. —_E. Couminga. Section de la foliole (Schém a).
F ig . 20. — E. Couminga. Anatomie de la nervure médiane-

peu en dessus (fig. 111-20). Epiderme supérieur allongé trans­
versalement. à paroi externe très épaisse.
Epiderme inférieur très analogue, sauf sur la nervure où
les cellules sont très bombées en fer à cheval, plus petites,
aussi hautes que larges ; quelques poils rares, subulés, à
pointe peu aiguë, parcourus par une cavité remplie d’une
matière brun verdâtre. Celte cavité, filiforme en haut cl &lt;•n

rieur, cinq ou six rangs de cellules arrondies, les plus externes
à demi collenchymateuses.
Le faisceau est bi-convexe, surtout arrondi en dessous.
Péricycle fibreux continu, se prolongeant entre les faisceaux
libéro-ligneüx, et se confondant avec les prolongements delà

�L. PI.ANCMOS

ilECHERCHES SIR LES ERYTIIROI’HLEÙM

moelle, plus, ou moins sclériiiée et très analogue d'aspect
avec le péricycle, d'où la difficulté de limiter le contact.
Liber en gros faisceaux plus ou moins séparés, généralement
trois vers la face inférieure et deux vers la face supérieure ;
en somme de trois à cinq.
Bois en faisceaux analogues, assez larges, séparés par les pro­
longements péricvcliques ou médullaires. Rayons médullaires

à parois moins toruleuses, et dirent des stomates entourés par

190

l9l

F ig . 22. — E. Couminga. Anatomie du limbe.

deux cellules péristomatiques (rarement trois) dont une plus
grande que l’autre. Ces stomates, très nombreux et très serrés,
peu nets, sauf les plus larges. Quelques cristaux d’oxalate
dans l'endoderme.
Dans le limbe proprement dit (fig. 22), le parenchyme en
palissade, à cellules longues et étroites, forme une seule ran­
gée. Sur quelques points, la chlorophylle est rétractée dans
les deux tiers inférieurs de la cellule, laissant au-dessus d'elle
un espace vide, simulant un hvpoderme.
Le tissu lacuneux est assez serré, à lacunes rares et petites
(plutôt méats que lacunes). Les cellules sont assez bien
alignées parallèlement à la surface.
Çà et là se trouvent de grandes cellules scléreuses allongées,
parfois ramifiées, pouvant pénétrer jusqu'entre les cellules en
palissade et analogues aux sclérites des Camelliacées.
Vu de face, l'épiderme supérieur a des cellules polyédriques
à parois toruleuses, sans poils ni stomates ; les cellules de l’épi­
derme inférieur, vues aussi de face (fig. 23), sont plus petites.

F ig. 23. — E. Couminga. Epiderme inférieur et stomates.

ovales, allongés, sontun peu plus petits que les autres cellules
de l'épiderme.
Il existe quelques différences anatomiques entre les divers
échantillons d'E. Couminga.

�__ _|

192

!..

RECHERCHES SI U LES ERY TIIROPHLELM

P L A M ÏloS

L'échantillon Pervillé ^n" 9) répond au type Poirier de la
Bathie (n °ll) que nous venons d’étudier; les différences sont
insignifiantes; indiquons seulement que la moelle de la ner­
vure médiane a presque complètement disparu et que les bois
supérieur et inférieur du faisceau sont h peu près en contact.
L’échantillon Perrierde la Bathie (n" 10 diffère davantage.

Epi 3V
A
.p

Fn:.. 21. — E. Couminga. E piderm e de l'éc h an tillo n n° 10. en coupe et de l’ace.

11 existe un faisceau circulaire aplati, régulier, dépourvu de
tout péricycle fibreux, et non divisé par celui-ci en faisceaux

193

vers le haut que dans le premier type étudié. L’absence de
péricycle fibreux semble la différence la plus importante, mais
son intérêt est bien diminué par l’existence du terme du pas­
sage qui suit.
En effet dans l’échantillonn° 8 (Muséum, Bâillon)le faisceau
possède un péricycle seulement à sa face supérieure, se prolon­
gea ni parfois latéralement, mais non jusqu'en dessous ilig. 25).
Ce péricycle est mince (un ou deux rangs de libres nacrées
nettes). Liber brun, circulaire. Le bois, développé surtout sur
l'arc inférieur, a des vaisseaux souvent rèmplis d une matière
brune. Déplus le tissu sous-épidermique inférieur n’est presque
pas collenchvmateux (un à deux rangs).
Comme dans le n° 10 il y a plutôt tendance à la subérilication.
Enfin il existe des poils très nombreux et relativement très
longs, mais localisés sur la nervure.
E. guineense.
RACHIS GÉNÉRAL.

EP.
F ig. 25. — E. Couminga. N e rv u re. É ch a n tillo n n° 8.

secondaires. On voit un collenehvme net à la face inférieure
du faisceau. Pas de sclérites. L’épiderme a des parois laté­
rales sinueuses, formant des plissements quand on le voit de
face ilig. 24), et porte des poils dont la cavité est plus élargie

Prenons comme type l'échantillon du Rév. P. Klaine n° 4.
Section d’ensemble plus ou moins arrondie, vaguement
triangulaire, surtout si l'on n'a pas gonflé le tissu (lig. 26).
Epiderme à cellules assez petites, inégales, assez étroites,
à paroi externe épaisse. Très nombreux poils, surtout à la
face supérieure, assez courts. La cavité de ces poils est rela­
tivement très large.
Parenchyme cortical collenchymateux sur trois ou quatre
rangs, plus épais à la face supérieure et présentant une ten­
dance à la subérif ica lion. Le parenchyme ordinaire qui se
trouve au-dessous, renferme, surtout dans les coupes de la base
du rachis, et principalement vers la face supérieure, de nom­
breux groupes de sclérites, plus épaissis dans la profondeur
de la coupe, à lumen plus large vers l’extérieur. L'abondance
de ces sclérites diminue beaucoup dans le même rachis vers
l’extrémité supérieure ; ces sclérites renferment une matière
13
Annules du Musée col. de Marseille. — 2° série. 5e vol. 1907.

�194

193

L. PLANCHOM

RECHERCHES SI H LES ÈIIYTI!ROPHLEliM

brune. Autour des paquets scléreux, les cellules contiennent
très souvent de gros cristaux d'oxalate.
Faisceau de forme générale triangulaire ou cordiforme, dépri­
mé en dessus. Extérieurement une 7.0 1 1 e péricyclique, divisée

Enfin au-dessus du faisceau, dans le parenchyme, sont deux
faisceaux supplémentaires (quelquefois trois, ou même quatre
par dédoublement), arrondis, avec fibres, liber et bois, ordinai­
rement orientés avec le bois en bas et en dedans.
RACHIS DES PINNULES.

Sur la coupe transversale, une dépression marque la face
supérieure (fig. 27).
11ressemble au rachis général ; mais pas de poils visibles, pas

Fio. 26. — E. guineense. S ection tra n sv e rsa le du rachis général (Schém a).

en faisceaux bien nets, sauf à la face supérieure où la zone
est ordinairement plus continue. E1 1 dehors et surtout entre
les faisceaux de libres sont parfois quelques sclérites.
Liber mou. en faisceaux bien séparés ; çà et là quelques
groupes de cellules plus grandes que les autres, à contenu
rougeâtre ou brun (voir dessin de VE. Fordii fig. 32, p. 199) ;
ces faisceaux libériens, bi-convexes, empiètent sur le péricvcle et sur le bois. Les rayons médullaires 1 1 e sont pas
toujours nets.
Bois : rien de spécial. Vaisseaux assez grands ; rayons médul­
laires ayant parfois plus d’un rang de cellules.
Moelle centrale triangulaire. Quelques cellules ont un con­
tenu coloré. L’action d'un hypochlorite est nécessaire pour
étudier cette moelle, dont les cellules comprimées forment une
masse noirâtre sur le sec.

Fio. 27. — E. guineense. Section transv. du rachis des pinnules (Schéma).

de sclérites dans le parenchyme, sauf vers la base. Cristaux gros
et rares dans l’endoderme qui n'est pas très net. Le faisceau,
très convexe en dessous, plan au-dessus, est semblable à celui
du rachis général. Deux faisceaux supplémentaires, parfois
complètement concentriques, parfois divisés. Les cellules delà
moelle ont un contenu coloré, disposé en une masse vermiforme,
repliée sur elle-même. Rayons médullaires nets, à trois ou
quatre rangs.
A la base du rachis des pinnules la coupe est ovale ; il
n'existe pas de faisceau supplémentaire ; la partie supérieure
du faisceau concentrique normal est morcelée et pénètre même

�lUXHERCHES SI R I ES ERYTHROPHLEIM

par fragments clans la région médullaire. Enfin il existe des
sclérites dans le parenchyme cortical.
PÉTIOLULE.

Section transversale (lig. 28) arrondie, peusineuse ; épiderme
très épaissi comme partout ; parenchyme cortical entièrement

197

longements du périevcle et de la moelle. Bois formant un
arc inférieur dont les bords, très épais, se recourbent en des­
sus, sans se rejoindre complètement : entre ces bords s'enT pal.

F ig. 29. — E. guineense. Secl. transv. de la nervure Schéma .
F ig . 2S. — E. guineense. Secl. tran sv . du p é t i o l u l 3 (Schém a).

collenchvmateux. contenant une matière brune. Quelques rares
cristaux dans l'endoderme. Périevcle peu distinct du liber,
sans zone (ibro-scléreuse. Le faisceau cylindrique normal con­
centrique est surmonté d'un faisceau supplémentaire concen­
trique également. Liber épais, nacré, très écrasé, à lumen
réduit, dépourvu de grosses cellules à contenu coloré. Bois
normal ; rayons médullaires à un rang, avec matière brune ;
moelle à aspect de liber plus ou moins écrasé.

foncent le liber et un peu le périevcle ; il n'v a donc pas vrai­
ment d arc supérieur ligneux. La moelle centrale est aplatie
et les rayons médullaires à un seul rang.

FOLIOLE.

Xercure médiane lig. 29) à section plan convexe, analogue h
celle du Couniin&lt;ja. légèrement déprimée en haut. Epidermes
non spéciaux. Pas de poils visibles. La zone parenchymateuse
entre l’épiderme inférieur et le faisceau est mince; le collencliyme est très peu développé (deux ou trois assises) ; cristaux
assez rares dans l'endoderme. Périevcle fibreux assez épais,
trois ou quatre rangs. Liber en faisceaux, séparés par les pro­

F ig . 30. — E. guineense. E piderm e et tissu palissadique.

Limbe (fîg. 30). Structure normale. Epiderme supérieur à
parois non tondeuses, légèrement ondulées; ni poils, ni sto­
mates. Epiderme inférieur à cellules petites, inégales, portant
des stomates nombreux, ovales, non spéciaux. I n rang de

�108

L. PLANCHON

cellules en palissade, longues et étroites; tissu lacuneux à cellules quadrilatères, allongées et assez 1»ien alignées tangenliellement. Aucun scié ri le dans ces parenchymes ; sous les
épidermes ([uelques cristaux d’oxalate de chaux.
Les différences anatomi([iies entre les diverses feuilles exa­
minées de VE. guineènse sont peu importantes et ne per­
mettent pas une distinction aussi évidente que l’examen mor­
phologique. Indiquons seulement ;
1° Echantillon n° 1 (Thollon): limbe et nervure répondant au
type, mais arc ligneux supérieur peu développé, tandis que le
liber et le péricycle île cette région le sont bien. Péliolule
avec un arc libéro-ligneux bien net, dans la concavité duquel
se trouve une sorte de faisceau supplémentaire avec liber et
péricycle. mais sans bois visible.
2° Echantillon n° 1 iSacleux : pétiolule à faisceau unique,
simple ; pas de faisceau ligneux supérieur. Le péricycle a
1 aspect écrasé. Dans cet échantillon la nervure médiane
répond au type.
3 ' Echantdlon n" 6 (Bertoloni) ; pétiolule à faisceau normal
circulaire, entouré d un parenchyme épaissi de couleur brune.
Les autresdilférences sont sans importance.
E. Fordii.
1° HACHIS GÉNÉRAL.
Section transversale convexe en dessous; face supérieure
présentant une saillie : fîg. 31 ).
Epiderme comme celui du Coumiiuju, à cellules remplies
d une matière brune : au-dessous tendance à la formation d un
suber sous-épidermique ; un peu de collenchynie sous l épideime, parenchyme cortical a sclérites rares. Zone scléreuse à
contoui forme d arcs successits ; sclérites moins nombreux et
libres a lumen plus larges que dans le Couminga,, surtout vers
1intérieur de la zone (caractère peu important'.
Liher très écrase, k parois épaisses et irrégulières, un peu

�200

L

PLANCTON

colorées; dans ce liber sont de grandes cellules non écrasées
a contenu brun clair (fig. 32).
Zone li(jne use à vaisseaux en général petits et relativement
peu nombreux; rayons médullaires avec un seul rang de cel­
lules, rarement deux, parfois avec un contenu brun; moelle
épaisse n ayant que peu ou pas de contenu cellulaire coloré. A
la face supérieure du cercle vasculaire sont deux laisceaux sup­
plémentaires. en tout semblables comme structure au cylindre
central général.
HACHIS UES PI.YM LES.

Section transversale très irrégulière, vaguement pentagonale
tig. 33). Coupes laites dans la région moyenne.

201
écrasées contiennent une matière colorante jaune brun. Des
cellules analogues, mais très rares, se retrouvent dans la moelle.
RECHERCHES SI R LES EUYTHROPIIl,El M

F i g . 3 i. —

E. Fordii. Hac his d es pin n u les ( end od erm e c l p c r i c y c lc !.

Lois, rien de spécial ; rayons médullaires peu nets et très rares,
à un ou deux rangs. En haut deux faisceaux supplémentaires,
réguliers et complets.
l’ÉTIOLl LE

Section un peu ovale (lig. 33), à grand axe transversal.
Epiderme épais ; parenchyme cortical très épais, plus ou
moins collenchymateux. La plupart des cellules ont un contenu

F i g . 33. —

E. Fordii. Sec), transv.

du rachis d es p in n u le s (Schém a .

Epiderme glabre et parenchyme cortical légèrement collenchvmateux en dehors (trois ou quatre assises). Pas de
sclérites. La dernière assise (endoderme tig. 31) contient de
gros cristaux d’oxalate. La zone scléreuse est très importante ;
les parois cellulaires, très épaissies dans les assises externes,
s amincissent peu à peu dans la profondeur.
Faisceau principal vaguement triangulaire. Le liber est très
écrasé, à parois cellulaires jaunâtres. Certaines cellules non

F ig. 35. — E. Fordii. Sect. transv. du pétiolule (Schéma .

brun, inaisd autres, par groupes, en dedans surtout, sont vides ;
pas de sclérites.
Endoderme bien net; un gros cristal dans presque toutes les
cellules.
Faisceau arrondi dans son ensemble. Le péricycle à parois

�RECI1ERCHES SUR LES ERYTHROPHLEUM

très épaisses et le liber sont très écrasés, mais surtout le
second, à lumen beaucoup plus réduit et plus irrégulier (voir
chlorostachys fig. 10, p. 206). Le bois forme un cercle inégal,
en arc épais en dessous, beaucoup plus mince en dessus. Au
centre se trouve la moelle, écrasée, d'aspect libérien; le bois
envoie souvent (sauf tout à fait en haut, près du limbe) des
prolongements latéraux qui divisent la région médullaire
centrale en un arc inférieur et un cercle supérieur. Le faisceau
supplémentaire est mal délîni et plus ou moins confondu avec
le faisceau principal.
Le tissu péricyclique cl libérien pénètre lui aussi avec ses
caractères entre les deux régions ligneuses, et se confond avec
la moelle dont l'aspect est identique.
FOLIOLE.

A. Xervure médiane (fig. 36), très bombée en dessous, très

203

drique est d’abord collenchymateux; les parois deviennent plus
minces dans la profondeur du tissu. Endoderme très cristallifère : presque toutes les cellules ontun cristal.
Le faisceau commence par un péricycle fibreux très épais
qui se prolonge plus ou moins dans le liber et le bois, en les
divisant en segments. Quelques cellules ont un contenu brun
noirâtre qu'on retrouve dans la moelle centrale très réduite.
Idber mou, un peu écrasé, non spécial. Bois à vaisseaux petits ;
rayons médullaires peu nets. Ln faisceau supplémentaire.
B. Limbe. Epiderme supérieur comme dans la nervure,
â contenu brun, à parois non tondeuses. Epiderme inférieur
analogue, bien moins épais. De face l’épiderme supérieur a de
petites cellules polyédriques non spéciales et n’a pas de sto­
mates; l'épiderme inférieur a des cellules un peu plus grandes,
des stomates très nombreux, arrondis, avec deux cellules
péristomatiques, souvent à contenu jaunâtre. Le paren­
chyme en palissade est formé d'un rang de cellules, qui par­
fois se subdivisent par une cloison transversale ; elles ont un
contenu brun noir. Le parenchyme lacuneux est régulier. On
y voit des files de cellules, laissant entre elles des méats assez
larges et assez nombreux ; ces cellules, arrondies ou ovales
à grand axe transversal, sont assez bien alignées parallèlement
à l’épiderme et souvent aussi perpendiculairement â lui.
Pas d'oxalate.
E. chlorostachys.
HACHIS GÉNÉRAL.

légèrement saillante ou à peu près plane en dessus, glabre. Epi­
derme supérieur à cellules épaissies et allongées tangentiellement. Au-dessous, quatre ou cinq rangs de cellules polygo­
nales. Epiderme inférieur à cellules très bombées, plus hautes
que larges et à contenu brun ; au-dessous le parenchyme polyé-

Section transversale arrondie, déprimée en dessus (fig. 37).
Epiderme comme celui du Couminga, très épais, jaunâtre à
contenu brun uniforme ; hypoderme collenchymateux, avec ten­
dance à formation de suber sous le collenehyme. Parenchyme
cortical à sclérites rares et petits; quelques cellules à contenu
rouge. Zone scléreuse analogue à celle du Couminga, moins
épaisse. Liber assez écrasé, sauf quelques groupes de cellules
remplies d une substance brune uniforme, que l’on retrouve

�201

RECHERCHES SCR EES ERYTIIROPII CEI M

Hayons médullaires rares, à un ou deux rangs. La moelle est
réduite : quelques cellules ont un contenu brun. Deux fais­
ceaux supplémentaires supérieurs, réguliers et complets.

Fin. 37. — F chlorostacliys. Sect. Irnnsv. du rachis général Schéma .

tuées ; beaucoup ont un conleim rouge. Lu haut, dans le paren­
chyme cortical. sont deux ou quatre faisceaux supplémentaires
détachés du cercle général vasculaire.

F i g . 3 s . — E .c h lo ro sla ch y s. Secl. transv. du rachis des pinnules

Schéma .

PÉTIOLULK.

Section plus ou moins arrondie un peu aplatie en dessus
RACHIS DES 1&gt;L\ NIEES.

Section transversale région niovenne) vaguement arrondie,
déprimée nettement en haut, un peu saillante, sur les côtés
(%. 38 .
Epiderme non spécial, glabre ; parenchyme cortical un peu
collenchvmateux sous l'épiderme. Endoderme peu distinct avec
gros cristaux nombreux. Zone fibreuse nacrée, nette, d’épais­
seur moyenne, formant une ligne ondulée, ou même des arcs;
à cellules très épaissies, surtout les extérieures, montrant des
zones d’accroissement très évidentes. Cercle libéro-ligneux non
spécial Dans le liber écrasé sont des cellules intactes, grandes,
avec un contenu cellulaire brun uniforme. Bois non spécial.

(«s-

F i g . 39. — E. chloroslncliys. Secl. Iransv. du pétiolule (Schéma).

Epiderme à parois très épaisses et jaunes. Parenchyme cor-

�206

L. PLA.NC.HoS'

ùcal à parois très épaisses aussi, collenchy mateux, à contenu
brun clair dans la plupart des cellules.
Endoderme net, très cristallifère. Périeycle avec quelques
libres jaunâtres plus nombreuses que dans le Fordii, mais ne
formant pas une zone libro-scléreuse continue ; l’ensemble du
tissu est blanc nacré, à parois très épaisses et à lumen réduit. Ce
péricvcle entoure un faisceau complexe formé d’un arc libéro-

Re c h e r c h e s

sur

e es

e r y t h r o ph l k u m

207

FOLIOLE.

A. Nervure médiane fig. 41) biconvexe, glabre. Epiderme
inférieur et supérieur comme Couminga. Collenchvme sousépidermique plus net en dessous, à cellules remplies d’une
masse noirâtre. Le faisceau est légèrement saillant en dessus.
Périeycle en zone à peu près continue (trois ou quatre rangs),

F ig . 41. — E. chlorostachys. Sect. transv. de la nervure (Schéma].

Fio. 40. — E. chlorostachys. Endoderme, périeycle e l liber du péliolule.

ligneux recouvert par un deuxième faisceau à orientation
inverse, le tout surmonté d’un petit faisceau supplémentaire.
11 semble que les deux premiers faisceaux soient le résultat de
l'aplatissement d'un faisceau circulaire unique, mais le tissu
central moelle) est identique d’aspect avec le péricvcle, avec
lequel il communique largement, soit par les extrémités de
l'arc, soit par de larges rayons médullaires qui subdivisent
l’arc inférieur en trois ou quatre gros faisceaux. Liber
assez écrasé (fig. 40 : quelques cellules non écrasées à con­
tenu brun, peu nombreuses. Bois non spécial (quelques cellules
à matière brune); rayons médullaires à un ou deux rangs (sauf
les grands rayons divisant le faisceau).

avec des prolongements allant rejoindre la région centrale du
faisceau, qu'ils subdivisent en plusieurs segments volumineux.
Les cellules de ces prolongements sont bourrées d’une matière
noirâtre, ainsi que beaucoup de cellules du péricvcle. Il existe
aussi des cellules à contenu noir dans le liber. En somme, la
structure de cette nervure est le prolongement de celle du
pétiolule.
B. Limbe. Epiderme supérieur à larges cellules, trèsépaissies
en dehors, portant des stomates, mais assez écartés. Epiderme,
inférieur avec des stomates nombreux, mais moins que dans
le Fordii ; d mx cellules péristomatiques, généralement iné­
gales. Les cellules épidermiques ont des parois droites. Zone
en palissade, souvent à deux rangées, la seconde plus courte.
Tissu lacuneux à grosses cellules arrondies ; le dernier rang
sous l'épiderme est formé de cellules un peu allongées, presque
palissadiques.
Je n'ai pu voir aucun sclérite.

�Nervure médiane plane ou un peu déprimée en dessus, bien
saillante en dessous, glabre, avec un épiderme supérieur à cel­
lules allongées transversalement, et un épiderme inférieur très
épaissi, allongé radialement. Parenchyme cortical plus ou
moinscollenchymateux. Endoderme plus ou moins cristallifère.
Limbe. L’épiderme offre des stomates, ordinairement loca­
lisés à la face inférieure (le chlnrnstachys en a aussi à la face
supérieure). Ces stomates sontentourés de deux cellules péristomatiques dont une généralement plus petite. Le parenchyme en
palissade a un seul rang, quelquefois deux dans le chlorostachys.
Le parenchyme lacuneux, assez serré, a des lacunes plutôt
rares (sauf Fordii , et des cellules assez bien alignées parallè­
lement à la surface.
Les tableaux suivants indiquent les différences anatomiques
que l’on peut trouver entre les feuilles des quatre espèces
étudiées :

HACHIS DES PINNl LES.

Epiderme toujours épaissi; collenchyme presque toujours.
L’endoderme est souvent cristallifère (non dans Couminga). Le
faisceau principal est surmonté partout d'un ou deux faisceaux
supplémentaires. Les rayons médullaires sont à un ou deux
rangs (rarement trois).
PÉTIOLULE.

Epiderme toujours très épaissi. Le parenchyme contient des
sclérites et l’endoderme contient des cristaux. Le péricycle,
le liber et la moelle ont souvent des cellules colorées en brun.
Le faisceau libéro-ligneux, un peu variable suivant l’espèce, a
cependant un type général commun : c’est un faisceau bi-facial,
parfois séparé en faisceaux plus petits par des prolongements du
péricycle allant rejoindre les prolongements de la moelle :
ordinairement un faisceau supplémentaire.

�navilis général.
Section transversale..

E piderm e.......................
Parenchym e co rtical.

Fa is cea u x su ppl é me n tu
r e s .................................
Zone libre sc lé r e u se ..

Liber

U nis...........................
Hayons m édullaires
M o e lle .......................

Hachis des pinailles.
Section transversale.

Épiderm e.

E. Courninga.
I:. guineense.
E. ch loroslachys.
E. Fordii.
A peu près circulaire, Plus ou moins triangu­ Convexe en dessous, face Vrrondic avec une dé­
légèrem ent saillante en
laire, à face supérieure
pression en dessus.
supérieure avec légère
dessus.
j)lane.
saillie.
Epais, cellules allongées Cellules assez petites, Cellules épaisses à conte­ Cellules épaisses, jaunâ­
nombreux poils.
transversalem ent.
nu brun.
tres. à contenu brun.
Quelques cellules épais­ Très nombreux sclérites Sclérites rares.
Presque pas de sclérites,
sies.
vers la base du rachis.
quelque» cellules à con­
tenu rouge.
l'n .
Deux, quelquefois trois. D eu x.
Epaisse, à peu près conti­ D ivisée en faisceaux, sauf En arcs successifs; scléri­
en dessus.
nue.
tes moins nombreux,
libres à lumen assez
large.
Mou, en faisceaux, gros­ Très écrasé, avec gran­
P lus ou m oins écrasé.
ses cellules à contenu
des cellules à contenu
brun.
brun clair.
Gros vaisseaux.
Non spécial.
Vaisseaux petits, peu
nom breux.
Parfois plus d'un rang. A 1 rang.
V 1 rang.
Parois épaisses et ponc­ Plus ou moins trian­ Epaisse, presque sans
tuées.
gulaire. non scléreuse.
contenu coloré.
Q uelques cellu les à
contenu coloré.

Assez écrasé ; quelques
cellules entières à ma­
tière colorante brune.
Vuisseaux
nombreux ,
alignés.
A 1 rang.
Parois épaisses et ponc­
tuées.

Circulaire, sinueuse vers Dépression n e tle à la face Très i r r ég u I i è r e m e n t A rrondie, d é p r e s s i o n
la base ;déprimée, trian­ supérieure ; à la base
p e n t a g o n a l e ( r é g io n
nette à la partie supé­
gulaire vers l’extrém ité
section ovale.
moyenne).
rieure, un peu saillan­
te sur les côtés (région
m oyenne).

E. Courninga.
Quelques poils unicellulaires rares.
C ollenchym ateux (â la
base du rachis seulem enti. Q uelques sclérites rares
Peu mi pas de cristaux.
A bsente vers la base;
existe plus haut entre
les folioles.

E. guineense .
A peu près sans poils.

E. Fordii.
Pas de poils.

P lus ou m oins collenehy- Deux ou trois assises de
ma toux en dehors. Pas
collenchym c. Pas de
sclérites.
de sclérites, vers la
base.
Quelques cristaux.
Endoderm e...................
Nombreux cristaux.
Absente en bas; divisée Très importante ; parois
Zone iibro-scléreuse..
en faisceaux vers le liant.
très épaissies en de­
hors, de plus en plus
m inces vers l’intérieur.
Vaguem ent triangulaire.
Faisceau princip al........ En arc double, très dé- Plan-convexe.
primé en d essu s.
Faisceaux s u p p lé m e n - Un vers la base, deux Deux, parfois com plète­ Deux .presque circulaires.
en haut du rachis.
ment concentriques ;
laires.
absents vers la base.
Liber................................. Nacré, épais, plus ou Non spécial, peu écrasé. Très écrasé, quelques cel­
m oins écrasé.
lules à matière colo­
rante jaune brun.
C ellules
arrondies
à A vec couteau coloré.
Cellules à matière colo­
M o elle.
larges méats.
rante analogue à celle
du liber.

Parenchym e cortical.

D eux ou quatre.
R elativem ent peu épais­
se.

E. chlorostachys.
Pas de poils.
C ollenchym ateux s o u s
l’épiderm e.
Pas de
sclérites.
Nombreux cristaux.
Très marquée, nacrée,
cellules très épaissies.

En cercle, non spécial.
Deux.

Ecrasé ; grandes cellules
à contenu brun.
Réduite ; quelques cellu­
les à contenu brun.

Péliolule.
Arrondie, pen sinueuse. Ovale, à grand axe trans­ Arrondie, plus ou moins
versal.
aplatie en-dessus.
Parenchym e c o r tic a l.... Non c o lle n c h y m a teu x ; Collenchym ateux j u s - Très épais, collenchynui- Très épais, collenchymateux. contenu b r u n
qu’au liber; contient
(eux ; groupes de cclluquelques sclérites ramatière brune.
les brun es,p asd e scléclair abondant.
| res.
ri tes.
. Très sinueuse.

:

�E. guinecnsc .
F. Cnnmingn.
E. chloroslnchyx.
E. Fordii.
Oxnlntr en gros cristaux Quelques cristaux rares. Un gros cristal par cellu­ Nombreux cristaux.
rares.
le.
Indistinct, pas de zone Indistinct, pas de zone Très écrasé, pénétrant Blanc nacré, à parois
P ér ic y c lc ..........
fibro-sclércusc.
libro-scléreusc.
dans le fnisecaujusqu'à
épaissies ; subdivise le
la m oelle ; quelques li­ faisceau; quelques li­
bres rares, mais p u s de
bres jaunâtres, mais
zone ftbro- scléreuse.
pas de zone fibro-scléreuse.
Arrondi dans l'ensemble, Com plexe, deux arcs A
Faisceau prin cip al.......... Normal.
Concentrique, normal.
arc inférieur très épais.
orientation inverse.
Un, peu net, confondu Un.
—
supplém entaire. Un.
Un, concentrique.
avec le faisceau princi­
E ndoderm e. . . .

pal-

L iber..................................... Epais,nacré,lum en réduit Epais, nacré, très écrasé, Très écrasé, parois épais­
ses, tourm entées, irré­
irrégulier.
lumen réduit, parois
gulières.
épaisses; pas de gros­
ses cellu les A contenu
coloré.
En cercle inégal, beau­
Bob
Normal, vaisseaux avec Norm al.
coup plus épais en des­
m atière brune.
sous, p r o lo n g e m en ts
dans la m oelle.
Très réduite, à cellules Écrasée, ressem ble au li­ Ecrasée, ressem ble au li­
M o e lle ....................
épaissies et écrasées.
ber.
ber et au péricyclc.
Foliole.
F ortem ent convexe en Plan convexe, très légère­ Très bom bée en dessous,
Mervure médiane.
dessous, plane en des­
m ent déprim ée en-des­
à peu près plane en
su s.
sus.
dessus.
Q uelques cristaux rares. Cristaux assez rares.
Cristaux très nombreux.

E. C oum inga.
Bi-convexe.

F. gnincense.
Plan convexe.

Écrasé; cellules non écra­
sées à contenu brun,
peu nombreuses.

Normal. Quelques cellu­
les à contenu brun.

Identique d’aspect avec
le péricyclc.
Bi-convexc.

Cr istau x assez nom bre u x

E. Fordii.
E. chloroslnchys.
Très convexe en dessous C onvcxcen dessous, sa il­
un lieu en dessus.
lant en dessus.
Fibreux, très épais, divi- A peu près continu (3
saut le faisceau en segou i rangs), divisant le
m ents. — Q uelquescelfaisceau en segm ents,
Iules â contenu brun.
contient une matière
noirâtre.

Fibreux, continu, pro- Fibreux, assez épaix (3—1
rangs , divisant le liber
longé entre les faisen faisceaux, pénétrant
ceaux vers la m oelle.—
dans la région médiane
Absent dans quelques
entre les bords du fais­
échantillons ou lim ité
ceau ligneux.
à la face supérieure.
En faisceaux séparés (de Circulaire, en faisceaux Mou, un peu écrasé.
d istin cts s'enfonçant
3àa).
entre les bords de l'arc
ligneux.
En faisceaux séparés, cou- En arc â bords recour- Non spécial, vaisseaux
petits.
bés, non spécial.
lient parfois une su b ­
stance brune.
Réduite, cellules à con te­
Parfois presque absente. Centrale, aplatie.
nu brun.
Peu nets.
Peu nets.
A 1 rang.

Réduit, mince, quelques
cellules à contenu noir.

Non spécial.

Nom breuses cellules à
contenu noir.
A t rang, cellules à con­
tenu noirâtre.

A parois tond eu ses, sans Parois non ton d eu ses, Cellules allongées trans- Cellules larges, à parois
versalem ent, contenu
très légèrem ent ondu­
poils ni stom ates.
droites; quelques sto ­
brun. Pas de stom ates,
lées; sans poils ni sto­
mates écartés : pas de
ni de poils ; contient
mates.
poils.
quelquefois de l'oxalulc.
Cellules petites, inégales, Cellules moins épaisses, Cellules à parois droites.
Cellules plus petites.
à parois canaliculécs.
plus grandes ; parois un
peu sinueuses.

to
ce

�TIGE

ET BOIS

E. Couminga.
1»

TIG E .

On sait que 1E. Couminga. est un grand arbre de fort dia­
mètre ; la partie utile à la médecine est l'écorce adulte qui sera
étudiée à part. .1 ai pu avoir aussi un fragment du bois utilisé
pour divers usages industriels. Mais dans les échantillons d her-

Fio. 42. — E. Couminga. Secl. transv. d’une tige de l ram 1 2 de diamètre
;Schéma .

hier, la branche la plus forte avait moins d'un centimètre de
diamètre (nos 9 et 10 i. Ces tiges d herbier ramifiées, anguleuses,
plus ou moins striées en long, sont gris foncé ou brunes par
dessiccation et portent d abondantes lenticelles blanchâtres ou
rougeâtres, ressemblant à celles qu'on trouve sur les branches
du guineense. On y remarque aussi, très visibles, les cicatrices
des feuilles tombées. Les rameaux jeunes deviennent noirs par
dessiccation (n° 9).
ANATOMIE.

T ige

jeune

( l mm 1/2 de diamètre) (fig. 42) : le contour de

la coupc est un peu sinueux.

�L. N..ANCIION
2 II)
Epiderme lig. I.‘1-11 .cellules plutôt allongées radialemenl,
en 1er à cheval saillant, très épaisses en dehors, à paroi interne

F i g . 13. — E. Couminga.

Tige jeune; parties extérieures.

RECHERCHES SUR LES ERY I HROPHLEl M

217

de vaisseaux groupés de distance en distance (lig. (/••&gt;). —
Moelle : cellules a parois épaissies, arrondies, avec des méats
lig. 10).

Tige plus âgée ( 1 millimètres de diamètre) ilig. 17) ; quelques
poils unicellulaires rares; formation d'un suber peu à peu

mince. — Parenchyme cortical : huit à dix rangs de cellules
polyédriques à contenu brun granuleux, plus aplaties vers la

F ig . 16. — E. Couminga. Moelle.

profondeur : ni collenchymaleuses, ni subéreuses. — Pcricycle
formant une zone à peu près continue de cellules épaissies (libres
et quelques sclérites), mais à lumen encore large, allongées
radialement, sur deux à quatre rangs d’épaisseur. — Liber mou
et c a m b i u m normal. — B o is en zone à peu près continue,

sur toute la périphérie, et exfoliation des parties extérieures
du parenchyme cortical. Au-dessous, tissu à demi collenehymateux à cellules aplaties. — Parenchyme cortical à cel­
lules sub-arrondies, assez épaissies ; nombreux sclérites isolés
ou groupés ; quelques cristaux d’oxalate dans l'endoderme audessus des ilôts du péricycle libreux. — Zone scléreuse péricyclique peu épaisse et discontinue (libres et sclérites). — Liber,
prenant peu à peu l’aspect de liber écrasé; quelques cristaux
d’oxalate. — Cambium bien net. — Bois à rayons médul-

�RECHERCHES SUR LES ERYTHSROPHLEI M

219

lairos étroits (un ou deux rangs). Cellules ligneuses assez bien
alignées ; vaisseaux assez gros, surtout à l'extérieur, isolés ou
groupés, renfermant quelquefois un contenu résineux jaunâtre.
— Moelle à cellules très épaisses et ponctuées.
T i c e â g é e (fig. iS i d environ 6 à 9 millimètres de diamètre): —
la structure paraît très analogue à la précédente. Il existe un

fi*- 4/.

E. Couminga. Sect. transv. d u n e tige de 4 mm. de diam ètre

(Schéma).

Coll.
-Sc£.
Mot*

F ig. 19. — E. C o u m i n g u . Tige de l cent, de diam. Formation du périderme :
ep., épiderm e en voie de desquam ation ; s u h . , suber; par., parenchyme ; sel..
paquet scléreux entouré de suber.

péridernie rougeâtre, mince, à parois épaisses, et renfermant des
sclérites. — Nient ensuite un suher sur huit à dix rangs. Au-des­
sous ou autour des paquets scléreux du parenchyme cortical, une
zone subéreuse se forme et tend à éliminer ces parties vers le
périderme (fig. i-9).— Pare ne hj/me sub-collenchymateux avec
E. Couminga. Sect. transv. d une lige de 1 centim. de dio
(Schéma).

�221

!.. PL A NCII ON

RECHERCHES SUR LFS ERYTIIHOI'HLEI M

des scié rit es (fig. 18); les premières assises de ce parenchyme
sont certainement formées par le camhiuni subéro-phelloder-

(fig. oO) ; puis un liber dont les éléments s'écrasent de plus en
plus (lig. .'il), et renferment quelques cristaux d’oxnlate.
Les autres tissus comme précédemment.

220

2° ROIS.
DESCRIPTION.

Fui.

50. — E. Couminga. Péri cycle libres et b d ériles).

A l’Exposition coloniale de Marseille ( 1006) se trouvaient des
pavés de bois d 'E . C o u m in g a destinés au pavage des rues et
mesurant 20 centimètres sur l'id c large et 8 d’épaisseur. La

F ig. 52. — E. Couminga. Bois adulte; vaisseaux et fibres Sect. transv.i.

F ig . 51. — E. Couminga. Tige de I cent, dediam . (liber mou et écrasé'.

inique. Au-dessous, les cellules deviennent plus collenchymateuses, plus nettement alternes et plus allongées tangent iellernenl ; puis vient la zone scléreuse jdus ou moins continue

couleur de ce bois est rougeâtre, sa densité très forte. Si on
fend d’un coup de hache, la surface d’éclatement est plus pâle,
irrégulière ; la direction des libres, assez variée, donne une
sorte de structure santaline. La surface de rupture est rude au
toucher, grenue et porte de petites esquilles lines, à pointe
blanche, visibles à la loupe et même â l ’œil nu. La cassure
d’un fragment est très courtement fibreuse, à grosses fibres.
Odeur peu prononcée, saveur peu sensible. Dureté très grande
sous la dent ou le couteau.

�L.

RECHERCHES SL'K LES I IIYTHROl’lI LU M

pl a n c h o n

ANATOMIE.

Les coupes transversales sont difficiles à exécuter et se
résolvent souvent en poussière ; de plus les éléments y sont cou­
pes en sens varies à cause de la structure générale.
Les coupes montrent fig. **2 de gros vaisseaux ovules, a parois

223

blanches (jaunes sur épaisseur i ; très longues, peu pointues et
à lumen linéaire sur les coupes longitudinales (fig. 54). Les
vaisseaux ont des raies ondes ponctuations aréolées, ovales, très
grosses, de couleur rosée. Dans tout le tissu, amidon en grains
ovales, arrondis ou irréguliers, de dimensions très diverses, à
hile médian allongé ou étoilé, assez transparents.
E. guineense.
Le bois de l’arbre est très recherché pour sa durée et son
incorruptibilité ; il est asez dur pour n etre pas carbonisé dans
les incendies qui dévorent (rapidement, il est vrai) les cases
îles noirs. L’est avec lui qu'on fait des colfres et tous les
ustensiles de ménage. Les termites ne l'attaquent pas1. L'est
aussi un bois pour la batellerie et pour les constructions.

F ig. 53. — F. Cotnninga. Rois iicluUe : ray. m cilul. Secl. Iransv.).

épaisses, très canaliculées, accompagnés d'une zone de cellules
annexes, ponctuées aussi, à lumen largement ouvert. Les

F ig . 51.

— E. Couminga. Bois adulte (Sect. longitud.) : f, fibres ligneuses;

r. m., rayon médullaire; c. a., cellules annexes ; r, vaisseau.

rayons médullaires serrés ont un à trois rangs de cellules ponc­
tuées, allongées radialement, plus ou moins aréolées. Tout
le reste du tissu est formé d’une quantité de fibres très serrées,
plus ou moins arrondies (fig. 53), à lumen ponctiforme,

DESCRIPTION.

Dans les échantillons d’herbier, la plus grosse tige vue était
d’un centimètre de diamètre (n" 5 ; ces tiges sont rameuses,
de teinte brune, marquées de nombreuses lenticelles, surtout
chez les jeunes ; en général un peu renflées à l'insertion des
rameaux, plus ou moins striées en long, et montrant les traces
d’insertion des feuilles alternes ; ces traces sont plus larges que
hautes, convexes en dessous, un peu déprimées en dessus. Les
lenticelles semblent manquer complètement sur l'échantillon
n° 7 ; on les retrouve abondamment dans deux fragments de
tige de 1 cent. 1/2 de diamètre, qui se trouvaient mêlés à
l’échantillon d’écorce du Musée colonial de Marseille n" 20 .
Sur la section transversale de ces derniers fragments pris
comme type, on voit une écorce mince brune. Dans la pro­
fondeur de cette écorce se trouve une ligne blanche continue
(sclérites), en dehors d'une ligne brun foncé liber et cam­
bium, lig. 35). Le bois ollVe deux zones concentriques épaisses
avec des pores bien visibles à la loupe et même à l’œil nu,
1.

L anessan,

Piaules utiles des colonies fra n ç., p. 338.

�hKCiircimiitfs s n i

surtout dans la région externe des zones. Les rayons médul­
laires sont très évidents. Les ilôts vasculaires du Lois se
détachent nettement sur le fond gris des libres ligneuses.

les

k k y ti ih o i i i l i j m

223

Iules minces, allongées radialement, atteignant la zone scléreuse
sans l'intéresser— La moelle a des cellules épaissies et ponc­
tuées. Dans quelques échantillons (n° 6) elle est complètement

SJ. ,

F ig . 55. —

E. guineense. Scct.

t r a n s v . d 'u n e tig e d e d e u x ans.

Au centre une moelle, qui. dans les gros fragments sus-indi­
qués, atteint 3 millimètres de diamètre.
ANATOMIE.

La tige présente un épiderme qui bientôt a une tendance à
s’exfolier n° 6) et à disparaître (n° 5) pour être remplacé par
un suber non spécial (fig. 3(i).
Parenchyme cortical épais (vingt rangs environ), collenchvmateux vers l’extérieur, à cellules allongées tangentiellement.
Dans ce parenchyme sont des sclérites tantôt assez, rares et
isolés n° 6 , tantôt nombreux et en paquets (n° 5'.
La zone scléreuse est continue, mince quand elle est formée
de sclérites, plus épaisse au niveau des fibres, dont les fais­
ceaux sont saillants à l’intérieur. — Liber mou, épais, abon­
dant, renfermant quelques cristaux d'oxalate : ce liber olIVe
de très nombreuses cellules à contenu noirâtre, souvent en
masse vermiforme. — Cambium banal. — Bois à vaisseaux
relativement peu nombreux, entourés d’abondantes fibres
ligneuses bien alignées. — Bayons médullaires h un rangdecel-

sclérilîée (sauf tout à fait vers l’extérieur) ; les cellules en sont
polygonales, sub-arrondies, jaunes, très épaisses, à lumen ponctiforme. La moelle est absente dans le n° 5.
E. Fordii.
Des deux échantillons de Fordii que j'ai eus entre les mains,
l’un (n° 13) ne contenait que des feuilles, l'autre (n° 14) avait
quatre fruits portés sur une petite tige commune, anguleuse,
brune.
ANATOMIE.

La section de cette tige montrait fig. 37) : —Epiderme à cel­
lules peu épaissies, portant des poils à contenu brun ; au-dessous
début de subérification. — Parenchyme cortical épais, à cel­
lules ovales. Tout ce parenchyme contient des paquets de
A nnale s d v Musée col. de Marseille. — 2» série. 5« vol. 1907

13

�sclérites très épaissis, à lumen très petit; autour de ces paquets,
les cellules renferment souvent de l’oxalate de chaux, qu on
trouve aussi disséminé dans le parenchyme. — Endoderme non
différencié, mais reconnaissable par la présence d'un gros cristal

tilvCHi:iu:iii:s sut /.i.s i:nviiiiioruua

m

227

Les échantillons dis. chlorostuchys que j ’ai eus entre les
mains n diraient ch1 fragments de tige que dans l’exemplaire
d Allan Cunningham (n“ 15). Cette tige est un peu anguleuse,
courte, de teinte brun clair, avec traces d insertions foliaires
alternes assez rapprochées.
ANATOMIE.

Dans le plus gros fragment (environ 1 centimètre de diaïed

Fiu.

— E. Fordii. Tige de 1 cent, de diam. Sect. Iransv.ï Schéma).

dans la plupart des cellules (voir fig. 3i à la p. 201 ). — Zone
scléreuse à peu près continue, avec des [taquets de libres ordi­
nairement reliés par des sclérites. — Liber contenant aussi de
l’oxalate de chaux, vers l’extérieur surtout. Certains des rayons
médullaires, bien visibles, à un ou deux rangs, traversent la
zone fibro-scléreuse. — Bois normal; vaisseaux petits, assez
rares, accompagnés de parenchyme ligneux et de libres.
Moelle, non vue. absente.

E. chlorostachys.
Le bois est très dur, d’après Mueller *.
1. D'après Bentham et Mueller, l’arbre existe dans la collection de
Leichhardt sous le n o m d e « Léguminous Iron-bark tree » (a rb re à l'écorce
de fer.)

Fio. 5S. — E. chlorostachys. Tige de 1 cent, de diam. (Secl. transv.) (Schéma).

mètre), on voit (fig. 58) un suber épais (l'épiderme a disparu,
sauf quelques cellules portant des poils). Les zones extérieures
de Técorce sont plus ou moins desquamées par des productions
subéreuses secondaires. — Le parenchyme cor/ical a des cellules
allongées tangentiellement. Beaucoup, surtout vers l’extérieur,

�RECHERCHES SLR LES ERYTIIROPHLElM

renferment des prismesri’oxalate. Sclérites abondants, dispersés
çâ et lâ.— La zone scléreuse n’est pas continue ; elle est mince,
inégale, souvent interrompue; les libres et les sclérites y sont
disposés par groupes. - Le liber est remarquable par ses nom­
breuses et longues bandes parallèles de cellules contenant une
substance brune, devenant rouge par les alcalis et soluble
dans Lhypochlorite. Ce liber est formé de cellules minces très
allongées dans le sens tangentiel et très riches en cristaux
d’oxalatedisposés pargroupes. — Cambium banal. — Bois avec
vaisseaux et libres par groupes ; quelques sclérites. — Ilai/ons
médullaires, à un à deux rangs, contenant de l’amidon. La même
coupe renferme des vaisseaux sectionnés obliquement et d’autres
normalement. — Moelle à cellules épaissies et marquées
fortement de grosses ponctuations, mais non encore véritable­
ment scléreuse ; quelques paquets de sclérites ; beaucoup
d'amidon : un peu d’oxalate.

C A R A C T È R E S COMIVKJtfS D E S T I G E S .

Les tiges d'Erythrophleum examinées à peu près au même
âge i environ I centimètre de diamètre) sont en général à rami­
fications anguleuses, et recouvertes plus ou moins de lenticelles.
On y voit aussi partout la trace cicatricielle des feuilles
alternes, en général allongée transversalement. La couleur est
toujours plus ou moins brune et la surface un peu ridée par
dessiccation.
Sur une section tranversale, l’écorce mince laisse voir une
ligne blanchâtre (zone fibro-scléreuse) qui disparaît souvent
dans l’écorce âgée.
ANATOMIE.

L’épiderme très épais est en voie d’exfoliation et un périderme s'est formé grâce à l’apparition du suber ; ce périderme,
qui contient des sclérites, tend à s’exfolier.
Parenchyme cortical contenant plus ou moins de sclérites

22(. )

La zone fibro-scléreuse n est continue que dans le jeune âge ;
puis elle se fragmente (plus tard peut-être chez le rjuineense)
Liber : tend à s'écraser et contient souvent de l’oxalate de
chaux.
V aisseaux du bois de dimensions variables. Rayons médul­
laires à un ou deux rangs. Moelle à cellules toujours épaissies
et ponctués, parfois même tout à fait scléreuses.

�Iw

ANATOMIE DKS TIGES DEIIVTH H0PIILK1 &gt;1
E. Couminga.

M
ISpiderme............

Péridcrine..........

Très épais en fer à cheval
tombe d'assez bonne
heure.
Tendance à icxfolintion.
contient des sc l é r it e s . .
s ou 10 rangs.
Contient sclérites isolés
ou groupés; collcnchymaleux (non dans le
jeune Age).
Inlerromp pe, c o n t i n u e
dans le jeune âge.

E. Eordii.

E. gtiineense.

Feu épais; uvec poils A Disparu A peu près ; por­
contenu brun.
te des poils.

Tond A s ’exfolier.

Peu développé dans les Absent encore.
échantillons vus.
S u b e r ........................... ....
Au début.
Rien de spécial.
Parenchyme cortical. .
Epais, eollenchvmateux, Epais, nombreux sclérites
très épaissis ; oxalate de
contient plus ou moins
chaux, su rtou tdan sen­
de sclérites.
doderme.
Zone libro-sclércuse.
Continue, mince, plus A peu près continue,
épaisse au niveau des
mince, un peu plus
libres.
épaisse au niveau des
libres.
Plus ou moins écrasé, non Mou. épais, nombreuses Cou t i e n t o x a l a t e d e
dans lejeune Age.
cellules A contenu noichaux.
rAtre.
*
V a i s s e a u x assez g r os. Vaisseaux peu nombreu \, Vaisseaux petits et assez
Cellules ligneuses assez
cellules ligneuses bien
rares.
bien alignées.
alignées.

1ou

2 rangs. .

1rang.

1ou

2 rangs.

Cellules très épaisses et Plus ou moins sclériliée, Non vue.
poncLuées.
parfois tout A fait.

, .-mî .

E. chlnrnsliichya.

'

Plus ou moins desquamé.

.

Epais.
Riche en oxalate; nom­
breux sclérites disper­
sés.
r&gt;
Inégale, mince, souvent
interrompue.

?
V.

5
Nombreuses bandes parrallèles de cellules à
substance brune b e a u ­
coup d'oxalate.
Renferme surtout fies
groupes de libres et
quelques sclérites : la
direction des vaisseaux
est variée.
1ou 2 rangs ; contiennent
de l'amidon.
Cellules épaissies, forte­
ment ponctuées mais
non scléreuses : amidon.

�ÉCORCES

E. Couminga.
DESCRIPTION.

Le seul échantillon examiné, déjà décrit sommairement par
Heckel1 est celui qu'a envoyé au Musée colonial de Marseille,
M. Perrier de la Batliie (n° 18) (Planches I et 11).
Forme et dimensions. —Ces écorces proviennent évidemment
du tronc ou des très grosses branches de l’arbre ; elles sont
épaisses et volumineuses, plus qu’aucune des écorces de Man(,'one que renferment les droguiers ; les fragments, irrégulière­
ment cassés et un peu cintrés, ont de 10 à lo centimètres de
long sur 3 à 6 de large et 2 centimètres d’épaisseur.
Sur face externe très grossière, à gros rhitidome noirâtre ou
noir rougeâtre, crevassé en tous sens, et se détachant par larges
plaques irrégulières qui atteignent I centimètre d’épaisseur ;
quelques rares lichens blanchâtres et quelques taches blanc
jaunâtre amas de sclérites). — Au-dessous, après la chute de
ces plaques, surface irrégulièrement rugueuse, de couleur rou­
geâtre, lie de vin, avec des dépressions plus ou moins conchoïdales séparées par des crêtes irrégulières vives. Si 1on frotte
celte surface après la desquamation du périderme, il se forme
une poussière rosée, fleur de pécher.
Surface interne gris jaunâtre ou gris rougeâtre icambium ,
sous laquelle la couleur lie de vin, se retrouve tout de
suite. Cette face est lisse ou un peu striée en long, le plus sou­
vent soulevée par de petites élevures allongées, dues aux amas
scléreux.

�232

L..

l'LANCIlON

Cassure grenue, aucunement libreuse, couleur lie de vin, ou
Heur de pécher, uniforme, ou plus pâle vers l'intérieur. A la
loupe et meme à l'œil nu. amas de sclérites formant de petites
élevures arrondies ou plus souvent un peu allongées suivant
la longueur de l'écorce.
Section nette, difficile, l'écorce étant très dure et très résis­
tante au couteau et à la scie. Sur la teinte générale rougeâtre,
décroissant de dehors en dedans, les amas scléreux se détachent
nettement, même à l'œil nu, en taches demi-translucides, plus
serrées et plus petites à mesure qu'on se rapproche de la face
interne. Dans la partie extérieure du périderme, ces taches
sont jaunâtres, plus faciles à attaquer au couteau, et comme
en voie de dissociation. Dans le périderme, et au contact de
celui-ci avec l'écorce proprement dite, sè montrent des lignes
sinueuses plus ou moins noirâtres; ce sont les zones subé­
reuses déterminant les assises successives du périderme. Nulle
part dans les échantillons ' examinés, ne s'aperçoit la ligne
blanche continue, vue dans les écorces jeunes, et indiquée
comme caractéristique de l’écorce de Mançone. Cette ligne,
mentionnée par Heckel, existe dans les écorces de troncs
jeunes que je n’ai pas eues entre les mains' et qui sont repré­
sentées à la planche II ; elle disparaît évidemment par suite
des exfoliations péridermiques. Je dois dire d’ailleurs que j ’en
ai souvent constaté l'absence dans les écorces de Mançone
un peu âgées; je crois donc imprudent d attacher une trop
grande importance à ce caractère classique. 11 n’existe que
dans des écorces jeunes et disparait plus tard chez tous les
Erythrophleum.
Densité très grande : l'écorce plonge au fond de 1eau.
Dureté très grande aussi : l'ongle laisse sur la face interne
une trace luisante.
Odeur très faible, peu définissable. Saveur d’abord astrin­
gente, puis un peu amère, donnant enfin du picotement à la
langue.
L’eau de macération de cette écorce est fortement colorée en
rouge noirâtre.
1, Elles avaient été pulvérisées en vue de l’élude chim ique.

RECHERCHES SIR LES ERYTHROPHLEUM

23.3

La pulvérisation amène une irritation violente de la
muqueuse nasale et donne tout au moins une sternutation
abondante.
ANATOMIE.

Le périderme extérieur (fig. 59-60) est parcouru par des zones

F ig . 59. — E. Couminga. Secl. transv. de l’écorce (Schéma .

subéreuses de cellules aplaties, à parois assez épaisses, régu­
lières ; dans les régions externes, sont des paquets de sclérites
jaunes, et çà et là des bandes de liber écrasé, coloré, que les

�RECHERCHES SUR LUS ISRVTHIIOI’IILULM

235

assises subéreuses successives ont évidemment détachées du
iber vivant (fig. fi 1).
Au-dessous, toute la surface libérienne delà coupe est iden­
tique et picsente.
1 un parenchyme fondamental assez résruO

F ig . 6 2 .—

E. Couminya. Uu point

de la région libérienne (coupetransversale -

lier, à cellules plus ou moins quadrangulaires; — 2° de nom­
breuses zones parallèles de liber écrasé : sur les coupes longitudi­
nales le liberécrasé simuledes fibres;— 3°enlin desamas ovales,
polygonaux ou quadrangulaires de sclérites (fig. 62 à droite), les
plus extérieurs en zone de groupes allongés tangentiellement
mais jamais en zone continue); vers 1intérieur, ce sont plu­
tôt des groupes arrondis, dont les cellules sont fréquemment
alignées en (iles. Les parois de ces sclérites sont épaisses et
ponctuées,jaune clair; contenu nul ou rougeâtre.
Abondance d’amidon dans le parenchyme, en grains arron­
dis, de dimensions variées.
Rayons médullaires sur un à trois rangs (fig. 62, à gauchei.
Les cellules contiennent beaucoup de tannin et noircissent
fortement le rasoir ou les aiguilles dont on se sert pour les
préparations.

�236

L. Pl.ÀMUON

E. guineense.
DESCRIPTION.

La description de l'écorce de Mançone ou de Teli est faite
dans tous les ouvrages classiques, cette écorce étant connueet
utilisée depuis déjà longtemps, ; je crois cependant utile de la
reprendre, pour comparer cette écorce à celles des autres Erythrophleum, et aussi parce que j’ai eu entre les mains plu­
sieurs échantillons d’origines diverses : droguier de Montpel­
lier n° 19) ; Musée colonial de Marseille (n° 20); droguier de
Paris n" 21 ) et un échantillon sans indication d'origine (n° 22)
tout à fait identique à celui du Musée colonial de Marseille.
Avec quelques différences extérieures, tous ces échantillons
se rapportent en somme au type des écorces d'Erythrophlcum,
et par conséquent doivent être considérés comme authentiques.
Forme assez variable et irrégulière, parfois à peu près plate,
d’autres fois cintrée ou même enroulée en gouttière.
Dimensions variables aussi. En général de i à 10 centimètres
de long sur 2 à o de large et I centimètre d’épaisseur moyenne.
Le n° 19 beaucoup plus large i 10 centimètres).
Face externe un peu rugueuse, parfois avec quelques fentes
transversales étroites et quelques tissures longitudinales
régulières, mais pouvant être, suivant 1 âge, ou sans tissure,
ou assez largement fissurée n" 19). La surface peut être desquamée par la chute de plaques péridermiques, toujours
beaucoup plus minces que celles du Couminçja 1; dans l’échan­
tillon de Montpellier n°19) la surface extérieure a été débar­
rassée artiticiellement de son périderme et montre seulement
le liber avec ses ilôts de sclérites jaunes. Le plus souvent, la
face externe présente un périderme blanchâtre, caduc, rappe1. La figure donnée par Lewin

Du s Haya-Gift und das E r y t h r o rep résen te une écorce à gros
rhilidom e très crevassé. Je n'ai eu aucun échantillon offrant cet aspect,
niais le tronc de l'arb re ou les très grosses branches doivent le pré­
senter. D'après les chiffres de Lewin, l’épaisseur de son écorce n 'éta it
pas plus grande cependant que celle de mes échantillons.

p ld a e in Virchov's Arcli. Bd. CXI, 1888

RECHERCHES SI R I.ES ERVTIlROPIIl.Et’M

2117

lant celui de la Cascarille (nos 20 et 21 en partie ; .si l'on râcle,
on trouve une surface brun jaune ou rouille, et plus tard la
desquamation des parties extérieures laisse à nu une écorce
rouge brun ou brune.
Face interne brune ou brun rouge (n° 20) souvent foncée,
presque noirâtre (n° 21), ordinairement assez lisse ou très tinement striée, parfois un peu marbrée. Quelques fragments de
bois jaune peuvent s’y trouver accolés (’n° 19).
Cassure grenue, non fibreuse, irrégulière, grossière, avec de
légères saillies formées par les ilôts de sclérites. Si la cassure
est longitudinale, ces îlots scléreux sont allongés.
Sur la section transversale nette, on voit un périderme
toujours peu épais, de teinte rougeâtre, et une région
interne plus grisâtre, ou dans tous les cas moins rouge que
celle de VF. Couminç/a. La teinte est ordinairement plus fon­
cée vers l’intérieur de l’écorce, ce qui est l’inverse du Couminçja. Mais dans les deux régions se montrent des îlots sclé­
reux blanchâtres, se détachant sur le fond coloré, et assez régu­
lièrement alignés, plus rares et plus gros en dehors.
La zone scléreuse continue, donnée comme caractéristique
dd cette écorce, peut être visible assez nettement (n° 21), et dans
ce cas, elle est placée tout à fait en dehors, contre le périderme;
d’autres fois elle n existe pas plus dans les échantillons
intacts (20, 22) que dans ceux qui ont été mondés artificielle­
ment (19). — Densité assez forte. — Dureté considérable,
moindre que le Couminçja.
Saveur peu astringente, assez amère ; picotement à la
langue moins sensible qu'avec le Couminçja. Il est probable
que sur le frais la saveur est beaucoup plus marquée. On
indique une sensation d âpreté extraordinaire à la pointe de
la langue, canime une brûlure (sauf la douleur), avec grande
diminution de la sensibilité tactile.
Odeur très faible. Propriétés sternutatoires milles, sans
doute à cause de l’ancienneté des échantillons.
La macération^de toutes ces écorces est colorée. Les quatre
échantillons donnent rapidement avec de la potasse à 1/100
une couleur rouge brun foncé.

�239

RECHERCHES SUR LES ElUtlIROPIILEL M

On trouve un périderme dont les cellules renferment une
matière brune. Dans ce périderme sont des zones subéreuses
assez épaisses et des îlots desclérites. — Le reste du tissu est
formé par un liber renfermant : — \° du tissu écrasé cjui
manque dans le n" 20; — 2° de grandes cellules de paren­
chyme, minces, nombreuses, riches en amidon, remplies d’une
matière brune qui disparaît dans l hvpochlorite. Des rayons
médullaires très sinueux, à un ou deux rangs de cellules, par­
courent ces tissus, qui renferment enlin de très nombreux îlots
scléreux jaunâtres, ou de petits faisceaux de libres courant en
divers sens (n° 20).
Pas plus au microscope qu’à l’œil nu, on ne distingue (sauf
dans le n" 21 de ligne scléreuse continue.
Le fragment de bois attenant à l’écorce du n° 19 m'a semblé
identique au bois de Couminga. Les vaisseaux sont encore
plus fortement canaliculés que dans ce dernier.

extérieurement, mais non véritablement crevassés. Aucun de
ces fragments n’atteint l’épaisseurde l'écorce de 1E .Couminga.
Face interne. Chez tous, elle est identique ; de couleur noi­
râtre, finement granuleuse, sans stries ni fissures.
Cassure grenue sur toute l’épaisseur.
Section nette ^fig. 63 montrant chez tous une quantité d ilôts
scléreux blanchâtres, finissant par occuper à peu près toute la

1

F ig.

E. Fordii.
DESCRIPTION.

Sous le nom de Moc-Huong (Tonkin), j’ai eu de M. Grévost
(Exposition coloniale de Marseille 1906, pavillon de l’IndoChine) quelques fragments d'une écorce, attribuée avec beau­
coup de doute, à un Erythrophloum (n° 23). Les caractères
extérieurs, et même la structure, malgré quelques dilférences,
semblant justiiier cette attribution, je considère jusqu'à nou­
vel ordre cette écorce comme produite par le seul Erythrophleum d Extrême-Orient, c’est-à-dire VE. Fordii.
Cet échantillon se compose : 1° d'un fragment d écorce jeune,
enroulée, de 3 millimètres d’épaisseur, de teinte grise, avec
nombreuses lenticelles; 2° d'un fragment cintré beaucoup
plus épais (8 millimètres), de même aspect, mais plus blanc ;
enfin, 3° de fragments très épais (12 millimètres), très rugueux

ü3.

— E. Fordii ’ Écorce de Moc-Huong section transversale)

surface. Ces paquets scléreux sont plus gros, moins serrés et
plus allongés dans le sens radial dans la région profonde de
l'écorce. Une ligne blanche, fine, scléreuse, à peu près continue,
se montre dans la région moyenne, mais non dans tous les
fragments, ce qui diminue beaucoup la valeur de ce caractère.
Dans les échantillons jeunes (1 et 2) le bord intérieur de
l'écorce a une teinte plus rougeâtre.
Consistance moins dure que les autres ; écorce attaquée
facilement par le couteau; s'ell'rite.
Densité m &gt;inire aussi que les autres Erythrophleum.
Saveur nulle, puis un peu amère. Odeur de moisi, suivie
d'un léger picotement à la muqueuse nasale.
Cette écorce traitée par la potasse à l/l 00 donne un liquide
rouge clair, beaucoup moins foncé que celui qu’on obtient
avec les autres Erythrophleum.

�recherches

si'u f.r:s erythrophleim

2i 1

C A R A C T È R E S CO M M U N S D E S É C O R C E S

Toutes les écorces adultes d'Erythrophleum présentent les
caractères suivants :
CARACTÈRES EXTÉRIEURS

Fio. 64. — E. Fordii.' Écorce de Moc lluong. Une partie de la ligne blanche.

pas de véritables fibres. On trouve de gros cristaux, jusque
dans les sclérites. Quand la zone scléreuse continue existe, les
cellules scléreuses y sont plus ou moins allongées dans le sens
tangentiel (lig. Gi- ). Rayons médullaires à un ou deux rangs,
assez droits. L'amidon est très abondant, en grains petits,
arrondis ; le hile est longitudinal, mais rarement visible.
E. chlorostachys.
Je n’ai vu cette plante que dans les échantillons d’herbier et
n'ai pu décrire les écorces âgées. Mais la structure des écorces
jeunes (voir Tiye) fait prévoir qu elles doivent être analogues
à celle des autres Erylhrophleum.

Epaisseur toujours grande,surtout dans le Couminya.
Forme ordinairement plate, quelquefois cintrée ou enroulée.
Face externe toujours rugueuse ou même crevassée {Cou­
minya). Couleur grise, ou brune, ou noirâtre. Rhytidome plus
ou moins caduc. Face interne toujours grise ou brune. Cas­
sure toujours grenue, montrant des ilôts de sclérites.
Section. Sur le fond, de couleur variable, se montrent partout
de petits ilôts scléreux, blanchâtres ou jaunâtres, plus ou moins
serrés et plus ou moins allongés. La zone scléreuse continue
semble manquer dans les échantillons âgés.
La densité et la dureté, toujours fortes, atteignent leur maxi­
mum dans le Couminya.
Odeur nulle ou à peu près sur le sec, mais propriétés sternutatoires. Saveur toujours un peu amère.
Macération. Toutes ces écorces mises dans l’eau donnent au
liquide une coloration rouge.
ANATOMIE.

On trouve chez toutes ces écorces :
Un périderme (bandes de suber et de parenchyme libérien).
Une zone libérienne formée d’un parenchyme fondamental
à parois minces, parfois écrasé, et de nombreux amas de sclé­
rites plus ou moins alignés.
Les rayons médullaires ont de un à trois rangs. Amidon
partout.
On pourra distinguer les diverses écorces à'Erythrophleum
en consultant le tableau suivant :

Annules iln Musée col. de Marseille. — 2* série. 5° vol. 190"

10

�n ECll KHCl (FS NI K LES ERYTHROPHLEUM

241

C A R A C T È R E S COMMUNS D ES ÉCORCES

Toutes les écorces adultes d’Erythrophleum présentent les
caractères suivants :
CARACTÈRES EXTÉRIEURS

Epaisseur toujours grande,surtout dans le Couminya.
Forme ordinairement plate, quelquefois cintrée ou enroulée.
Face externe toujours rugueuse ou même crevassée iCou­
minya). douleur grise, ou brune, ou noirâtre. Hhytidorne plus
ou moins caduc. Face interne toujours grise ou brune. Cas­
sure toujours grenue, montrant des îlots de sclérites.
Section. Sur le fond, de couleur variable, se montrent partout
de petits îlots scléreux, blanchâtres ou jaunâtres, plus ou moins
serrés et plus ou moins allongés. La zone scléreuse continue
semble manquer dansles échantillons âgés.
La densité et la dureté, toujours fortes, atteignent leur maxi­
mum dans le Couminya.
Odeur nulle ou à peu près sur le sec, mais propriétés sternutatoires. Saveur toujours un peu amère.
Macération. Toutes ces écorces mises dans l’eau donnent au
liquide une coloration rouge.
Fia. 64. — E. Fordii'.' Écorce de Moc Iluong. Une partie de la ligne blanche.
ANATOMIE.

pas de véritables libres. On trouve de gros cristaux jusque
dans les sclérites. Quand la zone scléreuse continue existe, les
cellules scléreuses y sont plus ou moins allongées dans le sens
tangentiel (lig. (il). Hayons médullaires à un ou deux rangs,
assez droits. L'amidon est très abondant, en grains petits,
arrondis; le bile est longitudinal, mais rarement visible.
£. chlorostachys.

Je n’ai vu cette plante que dans les échantillons d’herbier et
n'ai pu décrire les écorces âgées. Mais la structure des écorces
jeunes (voir Tige) fait prévoir qu'elles doivent être analogues
à celle des autres Erythrophleum.

On trouve chez toutes ces écorces:
Un périderme (bandes de suber et de parenchyme libérien).
Une zone libérienne formée d'un parenchyme fondamental
â parois minces, parfois écrasé, et de nombreux amas de sclé­
rites plus ou moins alignés.
Les rayons médullaires ont de un à trois rangs. Amidon
partout.
On pourra distinguer les diverses écorces d'Erythrophleum
en consultant le tableau suivant:

Annales du Musée col. de Marseille. — 2" série. 5* vol. l'.xiT

16

�U*_____

ÆÊÊ

E. Couminga.
T r è s gra nde.
T r è s faible ; p o u d re s t e r n u ta toire.
A s trin g e n te , p u is a m è r e ; p icotem e n t à la langue.
Rouge très foncé.

D ureté
Odeur
Saveur . . . .
M a cération

E. guineense.

E. Fordii ?

F o rte , m o in d re que Couminga. M oindre aussi que les a u tre s.
T r è s faible.
F a ib le ; p ic o te m e n t nasal.
P e u a st r in g e n t e , assez a m ère. Un peu am è re à la longue.
m oins p i q u a n te q u e Couminga,
R o u g e t r è s foncé.
Liquide bien plus c lair que les
a utres.

A n a t o m ik

Périderme.
Zone libérienne.
P a r e n c h y m e fo n d a m e n ta l.

S c l é r i t e s ..................................
F i b r e s ................................
R a y o n s m é d u lla ire s . .
A m i d o n .............................

B andes de s u b e r et de pareil- A c o n t e n u b r u n ; z o n e s s u b é r e u - Subéreux.
c h y m e lib érien écrasé, avec pases e t îlo ts de sclérites.
q u e ts de sc lcrilcs ja u n e s.
Assez ré g u lier, zones p a rallèles A p a ro is m inces, s o u v e n t à conde lib e r plus ou m oins écrasé .
t e n u b r u n , zones plus ou
m oin s écrasées.
En a m a s n o m b r e u x , de form es En très n o m b r e u x ilôts j a u n â tre s d iverses, j a u n e clair.
A b s en te s.
E p ars es en d iv e rs sens.
1 à 3 ra n g s assez droits.
S in u e u x ; 1 à 2 r a ngs
A b o n d a n t, dim e n sio n s des grains A b o n d a n t, dim e n sio n s variées.
variées.

Très réduit; avec oxalate
chaux.

de

qu e to u te la c oupe,
bsentes.
1 à 2 r a n g s; assez droits.
T r è s a b o n d a n t, p e tits gm
rondis.

te

H

---------------

-

�RECHERCHES SLR LES ERYTHROPIILEl M

24b

sur l'axe par groupes, à distance inégale, laissant leur base
sur l’axe après la chute (lig. 66).

F i g . 66. — E. Couminga. Infloresc ence fleurs tombées).

4

F ig. 65. — E. Couminga. Infloresencce : e xtré m ité d’une branche.

La fleur (lig. 67, 68) est hermaphrodite1; ouverte, elle atteint
8 millimètres jusqu’au sommet îles étamines exsertes, \ mil­
limètres jusqu’au sommet des pétales.
b sépales soudés à la base, de couleur verte, à préfloraison
très légèrement imbriquée *, fortement concaves en dedans,

un épi d'aspect général brunâtre sur le sec, d’environ 2 centi­
mètres de diamètre et de 8 centimètres de long en moyenne,
avec une petite bractée basilaire et une bractée caduque à
chaque lleur; cette bractée brunâtre, velue, estàbase large et à
sommet obtus. Les pédoncules floraux sont très courts, insérés

1. Heckel indique quelques rares fleurs sans organe femelle, d ’où une
légère polygamie. Je n’en ai pas rencontré. D ailleurs lleckel n’a pas
retrouvé cette anomalie purem ent accidentelle (Heckel in litt.'i.
2. On (lirait souvent la préfloraison valvaire. 11 faut reg a rd e r de
très près des fleurs à peine ouvertes pour voir l’imbrication. L’hésitation
est fréquente.

�L. PLANCHON
246
à pointe mousse, velus, surtout au bord, à surface finement
chagrinée.
5 pétales libres, analogues aux sépales, dépassant le calice

RECHERCHES SUR LES ERYTHROPHLEUM

périgynes. Filets longs, glabres, un peu sinueux, brunâtres,

F i g . 68. —

F ig . 67. — E. Couminga. Fleur.

de moitié, concaves, obtus, atténués à la base, pourvus, sur­
tout au bord, de longs poils blancs : la couleur est d’un vert
plus clair que les sépales. Prétloraison très légèrement imbri­
quée '.
Etamines 10 ; o plus longues, opposées aux sépales (rang
externe) ; o plus courtes, opposées aux pétales (rang interne).
Les étamines des deux rangs partent du même niveau,
restent, adhérentes au calice sur une faible longueur, puis s’en
détachent suivant un cercle unique. Elles sont donc nettement
1. Bâillon la dit légèrement imbriquée, puis valvaire.

247

E. Couminga. F le u r fendue el étalée.

minces, finement atténués au sommet. Anthères ovales,
oblongues, légèrement échancrées à la base, courtement atté-

F ig . 69. — E. Couminga. G rains de pollen.

nuées au sommet qui présente une pointe obtuse; dorsifixes,
introrses, jaunâtres, à pointe brune, s’ouvrant par deux tentes

�longitudinales, se détachant facilement du filet. Le pollen
(fig. 69) est en grains arrondis, à pores un peu déprimés.
Ovaire longuement stipité, avec quelques poils sur le pied,
et très longuement velu (longs poils blancs jaunâtres) sur
toute sa surface. Style relativement court, un peu courbé;
stigmate coupé obliquement, non renflé. Cet ovaire se laisse

F ig. 70. — E. Couminga. Ovule.

difficilement ouvrir en longueur, mais se fragmente d'ordi­
naire en travers et se sépare très aisément du pédoncule.
Ovules lig. 70) en nombre variable (de 6 à 9 sur les fleurs
examinées), anatropes, encore peu différenciés, ovales, un
peu piriformes, à hile légèrement latéral et assez large ; â un
grossissement suffisant, la paroi de cet ovule se montre formée
de cellules sineuses, et laisse apercevoir vaguement le sac
embryonnaire.
L’odeur des fleurs est très forte (Perrier delà Bathie in litt.).
E. guineense.

Inflorescence serrée, très rameuse, atteignant dans son
ensemble 2b à 30 centimètres (n° 3l, terminée par des épis
grêles, allongés, de fleurs facilement caduques ; couleur géné-

F ig . 71. — E. guineense. Fleur.

de petites pointes(voir Courni nga lig. 66). Chaqueépi et chaque
fleur portent aussi à la base une bractée rapidement caduque.
Les axes floraux présentent quelquefois des galles (n° 1,
lig. 2) formant des renflements isolés ou en chapelets, bruns,
plus foncés que l’axe, et portant comme le reste du pédoncule
la trace des fleurs tombées. Ces renflements ont de b à 6 milli­
mètres de large sur une longueur variable, et sont très ana­
logues aux galles trouvées sur une feuille de E . Coumi nga.

�iS—

-----* —

i &gt; . f; -».rt

250

L. PLANCHON

J'ai examiné les (leurs dans les échantillons 1 (Sacleux), 2
(Zencker), 3 (Klaine) et 24 de Kew (Buchanan). Je n’ai pu
trouver entre ces diverses fleurs aucune différence sensible.
Elles étaient seulement plus ou moins ouvertes. Une descrip­
tion suffira donc pour toutes.
Les fleurs développées (Jig. 71), à peu près de la taille de
celles de \'E. Couminga, ont une teinte générale brune ; on
sait qu'elles sont rouges sur le frais (blanc rosé d’après Guillemin et Perrottet ; Bâillon les dit blanc jaunâtre) ; elles sont
portées sur un pédoncule floral très court. La base de la fleur
est creusée en un réceptacle concave.
Les sépales sont velus, lancéolés, moins obtus que ceux
du Couminga, bruns.
Les pétales très velus aussi, surtout sur les bords, sont
lancéolés, très longuement atténués à la base. La couleur en
est brune. Préfloraison comme l’Zs. Couminga L
10 étamines assez longuement exsertes, inégales mais moins
que dans le Couminga, â filets bruns (roses sur le frais),
fins, sinueux, atténués. Anthères dorsilixes, biloculaires, un
peu cordées à la base, arrondies et même parfois émarginées
au sommet(différence avec le Couminga), de teinte brune plus
oumoins foncée, sauf la région des loges beaucoup plus claire.
Le pollen était altéré dans tous les échantillons, mais il
semble très analogue à celui de l espèce précédente.
L ovaire très longuement pédiculé, est recouvert de poils
légèrement roussâtres (plus colorés que chez le Couminga).
8 à 10 ovules, semblables à ceux du Couminga.
Ces fleurs, tout à fait inodores dans l'herbier, répandent sur
le frais une odeur très agréable, si suave, d’après Guillemin et
Perrottet, qu'elle attire de nombreux essaims d’abeilles.
t. Valvaire d’après Guil. et Perr. Cette préfloraison est en réalité très
légèrement imbriquée, mais les pièces du calice ou de la corolle
s’écartent bientôt un peu et paraissent se toucher par le bord.

RECHERCHES S IR

LES ERYTHROPHLEl'M

251

E. Fordii.

Inflorescence en épis paniculés d’après Oliver. Je n'ai pu
voir qu’un petit fragment d’inflorescence (fig. 72) (n° 13
Ford) ; ce fragment consistait en une grappe moins dense que

F ig . 12. — E. Fordii. F r a g m e n t d'inflorescence.

celle de 1 E. Couminga. Les épis ontde 10 à 15 centimètres
de long d’après Oliver, et sont sur le sec de couleur géné­
rale brune, à pubescence ferrugineuse.
Les fleurs (fig. 73-74) semblent s'insérer par groupes sur
l’axe. Les bractées étaient sans doute tombées. La fleur est
portée sur un pédoncule court ; elle est velue dans son
ensemble.
Le calice, brun foncé, est velu sur les bords, à lobes allongés,
lancéolés, obtus.

�L. PLAMCHON

luaaiKiu.MKs srn u:s kiutiihopiii.i:i \i

La corolle, d un brun plus clair, dépasse le calice d une lon­
gueur presque égale au limbe de celui-ci. Chaque pétale, peu

Les étamines très inégales (ü longues, b courtes), ont leurs
anthères assez régulièrement ovales, très légèrement cordées
à la base, très légèrement pointues au sommet, dorsilixes
vers la base, de couleur rouge brun, sauf la région de déhis­
cence qui est jaune pâle. Le pollen de ces fleurs était altéré.
Vovaire est pédoncule, très velu; il a des poils jaunâtres,
assez gros et longs1.
Oliver indique 10 à 12 ovules : j ’en ai trouvé 8 sur toutes
les fleurs examinées.
Oliver dit que le guineense se distingue par des pétales
plus longs et des ovules plus nombreux. Les pétales du Fordii
sont, en effet, plus courts, et la fleur, dans son ensemble, est
plus large que celle du Couminga et plus petite que celle du
guineense. Les étamines sont aussi plus courtes, mais il est
probable que ces différences tiennent à ce que les fleurs exami­
nées n’étaient pas encore complètement épanouies.

2b2

Ffo. 73. — F. Fordii. Fleur non épanouie.

velu sur sa lace dorsale, porte de très nombreux poils blancs
jaunâtres sur les bords et à l'intérieur.

]• ig. 74. — h. Fordii. Fleur étalée.

Oliver dit la préfloraison étroitement imbriquée; elle m’a
pai u en effet, analogue à celle des autres espèces.

2a3

E. chlorostachys.

Je n'ai eu entre les mains que quelques petits fragments d in­
florescence, suilisant à montrer que celle-ci forme des épis
ruineux, très analogues à ceux des autres espèces par leur
aspect extérieur (fîg. 7b). Les épis, presque sessiles. sont de
2 1/2 à 7 1/2 centimètres de long d’après Bentham. Les éta­
mines exsertes hérissent l'inflorescence en tous sens.
La fleur a les dimensions de celle du Couminga lig. 7f&gt;). La
couleur, au moins sur le sec. est d'un brun rougeâtre ; d'après,
Ileekel (in lilt.) la couleur sur le frais est verte, ce qu'in­
dique d’ailleurs le nom spéeilique de chlorostachys.
Calice à b divisions, à base large et à pointe très mousse,
relativement peu velu. Les bords des sépales sont ciliés, velus,
mais bien moins que chez les autres, surtout que chez le
Fordii. Couleur très foncée, presque noire sur le sec.
I. Oliver l e d i t court em ent stipilé. C’est bien ce que j'ai vu, mais
les fleurs étaient très peu ouvertes et le pédoncule n’avait peu t-ê tre pas
a tteint toute sa longueur.

�RECHERCHES SUR LES ERYTHROFHLEL'M

25o

arqués partent du centre de ce calice persistant. Ces fruits
noirs sont surmontés d ’une longue pointe formée par les restes
du style (fig. 77).

F i g . 75. —

E. chlorostachys. Fragm ent d'inflorescence.

Anthères rouge-brun foncé, avec loges jaunâtres. La forme des
anthères moins arrondie que chez le Fordii, moins aiguë que
chez le Couminga.
Ovaire bien développé, ne différant pas essentiellement de
celui des autres espèces, stipité, velu, contenant au moins
10 ovules.
A la chute de la fleur, le calice persiste souvent sur l’inflo­
rescence qui en est plus ou moins hérissée. Dans un des exem­
plaires (n° 15\ de jeunes fruits longuement pédonculés et

F i g . 7ü. —

E. chlorostuchys. F leur.

C A R AC TÈR ES COMMUNS DES FLEURS.
'l'ouïes les fleurs d Eri/fhrophleum sont construites sur un
même type remarquablement uniforme, et ne different que par
des détails d’importance secondaire.
Inflorescence. Elle forme toujours des sortes d'épis réunis en
groupes et rappelant par leur aspect général l'inflorescence des
u y rtacées. En général ces épis, ou plutôt ces grappes spici-

�25G

L. PI.ANü IION

RECHERCHES SUR LES ERYTIIROPHLEIM

formes, ont une bractée basilaire et montrent une autre bractée
caduque à la base de chaque Heur.
Les Heurs, toujours assez serrées, portées par des pédon-

aux sépales, et 5 plus courtes opposées aux pétales. Toutes
ces étamines sont périgynes, et se détachent sur un meme cercle,
au-dessus d ’un réceptacle légèrement concave et glanduleux.
Elles ont des /ile/s très longs, minces, finement atténués et
glabres, et des anthères ovales, allongées à base un peu cor­
dée, h pointe variée, plus ou moins obtuse suivant l’espèce ;
dorsifixes, introrses, colorées (la région des loges plusclaire);
s ouvrant par deux fentes longitudinales et se détachant faci­
lement du filet.
Le pollen semble partout assez analogue ; il est en petits
grains arrondis, à pores un peu déprimés.
Gynécée supère, formé par un ovaire longuement stipité, à
pédoncule peu ou pas velu ; 1 ovaire lui-même se montre recou­
vert de très longs poils, blancs ou jaunâtres, formant une véri­
table toison. Le style, relativement court, est terminé par un
stigmate très petit. Les ovules, en nombre très variable (jamais
plus d’une dizaine), sont anatropes, plus ou moins piriformes,
et montrent un hile assez net.
En somme, toutes les fleurs d'Erythrophlcum sont très
semblables et nedilFèrent entre elles que par quelques points
que l’on peut résumer dans le tableau suivant :

237

Fio. 77. — F., cliloroslachys. Jeunes fruits avec calice p e r sista n t.

cules très courts et souvent persistants après la chute de la
Heur, sont ordinairement insérés sur l'axe à des distances iné­
gales, par petits groupes.
Toutes les Heurs sont hermaphrodites, régulières, cons­
truites sur le type 5, plus ou moins velues dans leur ensemble
et formées de :
Calice à o sépales, soudés à la base, à préfloraison légère­
ment imbriquée, velus, surtout au bord, concaves.
Corolle à 5 pétales libres, caducs, plus longs que les
sépales de moitié, alternes avec eux, velus aussi, sur les bords
surtout, de couleur analogue à celle du calice, mais plus claire.
Androcée formé de 10 étamines, dont 5 longues opposées
Annales du Musée col. de Marseille.

série. 5« vol. 1907

17

�FLEURS UES ERYTHOPIILEUM

E. Couminga.
Sépales.

E. Fordii.

Sommet mousse,arrondi. Sommet un peu atténué. Sommet arrondi.
Velus surtout au bord.

A n th è re s

E. yuineense.

E. chloroslachys.
Sommcttrès mousse.

Velussurloutau bord.

Velus surtout au bord. Moins velus que les au­
tres.
Verts sur le frais et sur le Bruns sur le sec, rouges Brun foncé sur le sec, Très foncés, presque
sec ;
ou roses sur le frais.
probablement rougeè- noirs sur le sec, verts
tres sur le frais?
sur le frais.
Caduques.
Caduques.
Caduques.
Persistant après la chute
de la corolle.
Sommet atténué, obtus. Sommet arrondi ou même Sommet légèrement poin­ Sommet plus aigll que
émarginé.
tu.
Fordli, moins que Cou­
minga.
Jnunftlres.
Jaune-brun.
Rouge-brun A loges jau­ Brun foncé à logesjuunes.
nes.

Annales du Musée el de l'Institut
colonial de Marseille.

Gousse d 'K rylh ro ph leum Coum inga Bâillon. I 2 G.

�FRUIT
MORPHOLOGIE

E. Couminga.

Le fruit de VE. Cou/nincja paraît être assez variable dans
sa tonne; il a été décrit par Heckel 1 qui le représente
comme un gros légume à parois ligneuses, de couleur foncée,
bordé par un cadre épais et contenant de une à trois graines,
parfois séparées par un étranglement.
Le fruit de 1échantillon du Muséum n" 9) (vov. lig. 7) est
incomplet. On y voit deux fragments de gousses (le sommet
manque), qui devaient avoir environ 17 à 18 centimètres
(celui de Heckel en avait 20), et 5 centimètres I /2dans la plus
grande largeur. Les bords sont nettement saillants, la sur­
face externe brun foncé, chocolat, chagrinée, marquée d’un
réseau de nervures. Le pédoncule étant brisé, on ne peut en
indiquer la longueur.
La face interne blanc jaunâtre, mate, présente une dépression
d’environ i centimètres sur 3 de diamètre. Cette dépression
devrait renfermer une graine large et aplatie, dont il ne reste
que la base du funicule, très plat, d’environ 1/2 centimètre. Un
autre funicule devait conduire à une graine avortée qui n'a
pas marqué de dépression; le fruit entier semble n'avoir eu
qu une graine développée. Ce fruit n’offre aucun étrangle­
ment.
Mais cette description, qui répond assez bien au fruit des­
siné par Heckel, ne peut s’appliquer à tous les fruits de l'ii.
Couminga. En effet, le fruit unique envoyé par M. Perrier de
la Bathie (n° 12) et que représente la planche III est très nette1. Répertoire de Pharm acie, déc em bie 1902.

�HECUKm; Il es SI H les ehytiihopiilel m

261

ment distinct, (/est une gousse brun rougeâtre, de couleur plus
claire que la précédente, très longue (36 centimètres sur 4 cen­
timètres de large), â surface un peu bosselée, irrégulièrement
ridée, à surface interne jaune, mouchetée de brun, sauf la suture
brun clair. Cette gousse n a pas conservéde pédoncule; le som­
met se termine par une pointe mousse ; elle renferme huit
graines discoidales, placées dans des dépressions plus larges
quelles. La pulpe a à peu près disparu,en laissant seulement
quelques traces autour des graines.
Ce fruit doit être des plus grands de l’arbre ; en effet,
M. Perrier de la Ratine, dans une lettre à Heckel, dit : « Les
« fruits, beaucoup plus volumineux que ceux envoyés antérieu« rement, atteignent la plus grande longueur que j aie observée
« jusqu’ici. Les lruits monospermes sont d’ailleurs rares ».
Ce fruit venait de Manongarivo (Ainbongode Madagascar).
Un fragment delà paroi de ce fruit, mis dans une solution
de potasse colore le liquide en rouge foncé, comme l'écorce.
Du reste tous les fruits d’Erythrophleum agissent de même.
E.

guineense.

Le fruit présente une assez grande variété d aspect1. Le type
normal offert par les échantillons de Klaine nos 3 et 5) est
formé de gousses bivalves, de 7 i» II) centimètres de long,
sur 3 à 4 centimètres de large et 4 à 3 millimètres d’épais­
seur. L échantillon n° 1 atteint 13 centimètres sur 3 à 6 milli­
mètres d’épaisseur-. De forme ovale, à bord ventral presque
droit, ou même un peu cintré, à pédoncule un peu latéral,
1. Bâillon (Adonsonia VI, 203)*dil que la gousse y a r ie , plus ou moins
piale, plus ou moins large, à rebords plus &lt;5u moins saillants, ou encore
plus arrondie, eylindroïde el sans suture saillante. Je n'ai vu nulle part
celle dernière forme, ni chez 17;. (juineense, ni chez aucune autre espèce.
Toutes les gousses d 'E rythrophleum sont aplaties.
2. D'après Oliver, le I)r Bolle indique que le légume a six pouces de
long, sur un pouce de large. Oliver n'a pas vu de fruit aussi étroit p ro ­
portionnellem ent à la longueur, mais M. Baker, q u i a comparé la plante
du Dr Bolle avec celle de Barter, a noté qu ’elles étaient spécifiquement
identiques.

�!.. l'LAM MON
2 \2
court (I centimètre au plus), presque sur le prolongement de la
suture ventrale. A l'extrémité opposée du fruit est la trace du
stvle. La surface des fruits âgés est bosselée par les graines
qu’ils contiennent (de trois à six). Dans les fruits très vieux
n" 3 lig. 3 et 78 , la surface devient très ligneuse, rugueuse, se
desquame et se crevasse plus ou moins; elle est alors gris brun.
Dans les fruits jeunes nos 7 et 1) cette surface est luisante,
glabre, couleur de cuir foncé. La surface intérieure offre une
couleur cannelle. La forme de ces fruits peut être très arron­
die au sommet; parfois aussi ils sont étranglés (n° 6). Cette
variation de forme n'indique pas sans doute l'existence de
variétés botaniques. On peut rapprocher par la forme et la
couleur, les fruits des échantillons n° 7 (Thollon) évidemment
très jeunes, non mûrs, et celui du n° 1 (Sacleux) plus grand
que tous les autres, mais analogue. D'après un dessin de l'her­
bier de Kew (n° 24) exécuté par M. Smith sur un échantillon
récolté par J. Buchanan, le fruit est identique comme forme
et dimensions à celui du n° 1 (Sacleux). D’autre part, l'échan­
tillon n° 6 (Bertoloni) semble être le plus distinct; en outre de
l’étranglement qu’il présente, les parois en sont moins ligneuses,
les dimensions différentes (10 centimètres sur 3 1/2) et on
serait tenté à première vue de le rapprocher plutôt des fruits
d is. ehlorostnckys ; mais les feuilles de l’échantillon et son
origine géographique'ne permettent aucun doute.
E. Fordii.

Un seul exemplaire examiné (n" 14, Balansa).
C’est une gousse plate, noirâtre, à bord supérieur un peu
sinueux, à bord inférieur légèrement convexe. Sommet faible­
ment acuminé, la pointe dirigée en haut; base atténuée en un
pédoncule court ; surface un peu rugueuse ; un bourrelet sail­
lant fait le tour complet de la gousse en partant du pédon­
cule.
Face interne du péricarpe brun très clair, plus pâle au niveau
de la suture,

IlECHEllCHES SL H LliS ERYTHROPIILEUM

263

Dimensions ; pédoncule de 1 à 1 1/2 centimètre; fruit, 14 à
16 centimètres sur 4 de large; épaisseur, de \ à o millimètres.
Cinq ou six graines.
E. chlorostachys.

Gousse très aplatie, de forme assez variée, mais cependant
reconnaissable dans tous les échantillons étudiés; allongée,
parfois étranglée dans le milieu, moins ligneuse que celles du
Couminga et du guineensc, coriace. La pointe porte la trace
du style, la base est atténuée (voy. lig. 13 et 78).
Les dimensions varient depuis 7 centimètres sur 2 jusqu’à
14 centimètres sur 2 1/2 1(1 centimètre 1/2 à l’étranglement).
Le bord est marqué par une marge accentuée. La face externe
est brun cuir, glabre ; la face interne chamois, luisante.
Déhiscence par les deux bords.
Pédoncule d ’environ 2 centimètres.
Nombre de graines variable, souvent deux seulement.
C ARAC TÈRES COMMUNS DES FRU ITS
(Morphologie)
Les caractères communs qui réunissent tous les fruits
d Erythrophleum sont les suivants :
Fruits secs, ligneux, ou fortement coriaces, allongés, aplatis,
s’ouvrant par le dos et par la suture ventrale, de dimensions
variables dans la même espèce, quelquefois étranglés ; extré­
mité supérieure plus ou moins arrondie avec trace du style ;
base plus ou moins atténuée, et bords parcourus par une suture
saillante.
Les caractères distinctifs sont indiqués dans le tableau sui­
vant :
1. 10-15 centim ètres sur 0,037 de large (Bentham .

�RECHERCHES SUR LES ERYTHROPHLEUM

205

ANATO M IE.
E. Couminga.

Des coupes transversales et longitudinales dans la paroi du
fruit de M. Perrier de la Bathie (n° 12) montrent (fig. 79à 84) :

F ig .

79. _ E. Couminga. Coupe longit. de la paroi du fruit Schéma .

1° Un épiderme épaissi en fer à cheval, à cellules allongées
radialement, remplies d‘un contenu brun (fig. SI) :
îr

F i g . 80. —

si

E. Couminga. F r u it. Sect. t r a n s v . au niveau de la suture) S c hém a' .

2° Un parenchyme à parois minces, 8 ou 10 rangs, avec
quelques rares sclérites (lig. 79).

�266

L. PLANCllON

3° Une zone fibro-scléreuse épaisse ; les cellules scléreuses
tantôt allongées dans le sens radial (lig. 82), tantôt plus carrées,
à lumen plus large, à parois plus minces, bien qu’encore épais-

REC1IERCUES

SLll LES ERYT11ROP1ILEUM

267

ponctuées (fig. 83). Dans les ligures 70 et 80 (schémas) cette
zone et la précédente sont réunies (Sel.).
5° La région interne du péricarpe montre une épaisse zone de

F ig. 81. — E. Courninga. Fruit (É piderm e e t p a r en c h y m e ).
F ig . 83. — E. Courninga. F r u i t (zone profonde).

sies et nettement canaliculées. La forme de ces sclérites varie
beaucoup suivant le point.
Au niveau des faisceaux, cette zone scléreuse devient mince

fibres (8 ou 10 rangs), allongées dans le sens transversal, per­
pendiculairement à l’axe du fruit et parallèlement ô sa sur­
face (fig. 84).

F ig . Si. — E. Courninga F r u i t (coupe t r an s v ers.) (zone fibreuse .

F ig. 82. — E. Courninga. F ruit (région scléreuse).

(fig. 80 Sel.) et entoure de gros paquets de fibres (Fib.), entre
lesquels elle pénètre en les séparant et en conservant ses
caractères. Le liber et le bois des faisceaux sont normaux. Audessus du bois, la zone fibro-scléreuse reparaît.
4° Au-dessous de la zone scléreuse est un parenchyme de
petites cellules plus ou moins quadrangulaires, allongées
radialement en dehors et en dedans de la zone, plus carrées
et plus petites dans la région moyenne, un peu épaissies et

Enfin quelques débris de parenchyme mince représentent
probablement la pulpe qui entoure la graine à l'état frais.
Les dilférences que présente l'échantillon Pervillé (n° 9)
sont insignifiantes.
E.

guineense.

Les divers fruits examinés (nos 1 ,6 , 7, 25) répondent sen­
siblement au même type, et ne diffèrent que par quelques
nuances. On peut prendre comme type le n" 5 (H. P. Klaine).
(fig. 85).
Tout d'abord est un épiderme allongé transversalement, à

�268

RECHERCHES

L. PLAM'IION

paroi extérieure épaisse, quelquefois même extrêmement
épaisse (n° 1).
Vient ensuite une zone parenchymateuse qui, le plus sou­
vent, se subdivise en plusieurs régions suivant que les cellules
contiennent ou non un liquide coloré en rouge.’ On a d’ordi­
naire dans cette région : 1° une zone de trois ou quatre assises de

SFR LES ERYTllROI'HLEl'M

209

Ce parenchyme peut contenir quelquessclérites (n° 7).
Lorsque le fruit est encore très jeune, tout ce parenchyme
extérieur est relativement très développé et peu foncé en cou­
leur (n° 7).
Zone scléreuse. Au-dessous de ce parenchyme existe cons­
tamment une zone plus ou moins épaisse de sclérites très fortementcanaliculés, à canalicules rameux. Les plus externes sont
les plus petits et souvent allongés perpendiculairement à la

U

Fia. 86. — E. yuineense. Fruit (Sect. Lransv. au niveau de la su ture) (Schéma).
Fig. 85. — E. çjuineensc échantillon n° 5 . F ru it(S e c t. longit.) (Schéma

cellules allongées transversalement, il contenu rouge assez foncé ;
2° une zone incolore de cellules ordinairement plus grandes,
plus ou moins quadrangulaires, à parois minces, se gonflant
par la potasse et sans aucun contenu ; 3° une deuxième zone
rouge, à deux ou trois rangs de cellules, dont le contenu
coloré est ordinairement plus pale.
Cette zone parenchymateuse peut varier dans une certaine
limite. Ainsi la première zone colorée peut être très mince,
tandis que la zone colorée profonde devient très importante
et à cellules très grandes (n° li. Il se peut aussi que la zone
incolore médiane disparaisse et que tout le parenchyme soit
coloré (certains points du n° 6) ; ou au contraire que deux zones
incolores s'interposent entre trois colorées certains points du
n° 24).

surface, en une ligne plus ou moins palissadique. Les plus
internes sont polyédriques et généralement beaucoup plus
gros. On voit souvent, contre la zone scléreuse, des fibres
assez longues, provenant de la section des faisceaux qui par­
courent le fruit et qui sont plongés dans la zone suivante.
Le parenchyme profond est épais, à cellules d’abord allongées
perpendiculairement à la coupe, grandes, è parois minces, se
gonflant par tapotasse ; vers l’intérieur ces cellules deviennent
plus petites et polyédriques. C’est dans cette zone, plus ou
moins près de la ligne scléreuse, que se trouvent les faisceaux
libéro-ligneux. On y rencontre aussi quelquefois (n° 6) des
sclérites isolés, ou groupés en lignes, parfois assez longues,
pouvant simuler par places une deuxième zone scléreuse
(n° 25).
La zone interne des fibres parallèles à la surface du fruit et

�RECHERCHES SUR LES ERYTHROPHLEUM

perpendiculaires à son axe, ressemble absolument à celle du
Couminga ; elle peut varier un peu d’épaisseur. Les libres
en sont longues, à lumen étroit et canaliculé. Contre cette
assise, au contact de la précédente, peuvent se trouver quelques
sclérites.
La coupe s’arrête là d’ordinaire; cependant, dans cette
espèce comme dans 1e Couminga. on trouve parfois en dedans
des libres quelques assises de cellules mal définies, à parois
minces, appartenant sans doute à la pulpe du fruit.
Au niveau des sutures du fruit, on aperçoit toujours de gros
faisceaux assez complexes (tig. 8fi , limités en dehors par des
paquets de libres épais, séparés par des travées à parois
minces, offrant ensuite un liber mou à contenu souvent coloré,
un bois normal, et enfin une région supérieure riche en cellules
sclérifiées.
E. Fordii.

L’étude n’a pu porter que sur le seul échantillon présentant
des fruits (n° 14).
Les coupes transversales et longitudinales dans la paroi de
ce fruit montrent :
L épiderme, fortement épaissi sur les parois externe et
latérales;
Le parenchyme sous-épidermique, uniforme. Les cellules en
sont parallèles, allongées transversalement, un peu plus larges
dans la région moyenne, et remplies d'une matière colorante
brune, plus foncée dans les assises extérieures. Cette zone ne
renferme pas de sclérites ;
La zone scléreuse. Les sclérites sont allongés perpendiculai­
rement à la surface de la coupe, sur deux ou trois rangs d’épais­
seur ; toutefois le rang le plus externe est formé, par places, de
cellules plutôt arrondies et remplies d’une matière brun rouge;
Le parenchyme interne, assez épais, un peu coloré, à cellules
de dimensions moyennes, épaissies dans certaines régions. La
dernière assise est à cellules un peu plus grandes. Dans ce
tissu, courent en divers sens de nombreux faisceaux nor­
maux, protégés par un arc fibreux ;

271

La zone fibreuse comme dans les autres espèces : les libres
en sont longues et fines, très peu adhérentes au tissu sousjacent, et s’en détachant dans les coupes.
E. chlorostachys.

J ’ai pu comparer l’échantillon de Kew (n" 16) avec celui
du Muséum (n° 17). Je prendrai le premier comme type.
L épiderme est moins épais que dans les autres espèces,
mais l ’épaisseur devient grande dans l'échantillon 17.
Le parenchyme sous-épidermique est à grandes cellules
assez irrégulières, un peu allongées transversalement. Con­
tenu coloré, disparaissent facilement dans les réactifs.
La zone de sclérites jaunâtres est sans direction spéciale,
parfois avec contenu coloré brun. Dans l’échantillon 17, la ligne
scléreuse est toujours réduite à deux rangs au plus, quelque­
fois un seul.
Le parenchyme interne a des cellules polyédriques ou arron­
dies ; beaucoup d’entre elles sont épaissies et ponctuées (non
dans le n° 17). La dernière assise (dans les deux échantillons
est formée de cellules un peu plus petites que les autres, toutes
épaissies et ponctuées.
La zone fibreuse habituelle est peu épaisse et à fibres minces
et fines.
Enfin, en dedans, quelques débris cellulaires de la pulpe
du fruit.
C A R A C TÈ R E S COMMUNS DES FRU ITS
(Anatomie;
Malgré leurs différences d aspect dans la même espèce, les
fruits d 'Ery'hrophleum ont une structure très analogue et
sont tous formés: — 1° d'un épiderme toujours très épaissi sur
les parois externe et latérales, fréquemment avec un contenu
brun ; — 2° d ’un parenchyme extérieur plus ou moins coloré
pouvant contenir des sclérites ; — 3° d’une zone scléreuse plus
ou moins épaisse, continue, formée de sclérites très épaissis
et accompagnés, au niveau du faisceau, par des paquets de

�fibres; — 4° d'un parenchyme interne plus ou moins épais,
dans lequel se trouvent les faisceaux ; ce parenchyme peut
aussi contenir des cellules sclériliées. Quant aux faisceaux, ils
courent dans tous les sens, mais surtout d'une suture à l’autre
et ont une structure normale. Ceux des sutures, très gros, sont
souvent subdivisés en faisceaux plus petits. Au-dessus du
faisceau sont des paquets scléreux; — 5° la partie interne
du fruit est toujours formée par une zone de fibres en général
minces et fines, plus ou moins nombreuses, allongées perpen­
diculairement à l’axe du fruit et parallèlement à sa surface.
Enfin, contre ces fibres on trouve presque partout des
débris cellulaires, restes sans doute de la pulpe du fruit.
Quant aux caractères différentiels, on les verra réunis dans
le tableau suivant :

(ANATOMIE)

L . l'LANOIION

FRUITS IJ ERYTHROPHLEÜM

212

�RECHERCHES s u t

GRAINES

IÆS ERYTHROPHLEU.M

des cotylédons qui, vus à plats, sont émarginés, subfoliacés,
orbiculaires et offrent des nervures visibles. La radicule est
courte et épaisse.
Ces graines, plongées dans l’eau, se recouvrent rapidement,

MORPHOLOGIE.
E. Courainga.

Aspect. Ces graines, vues seulement sur le n° 17 (fig. 87),
sont orbiculaires, irrégulièrementdiscoidales, aplaties, de 2 à 2
centimètres 1/2 de diamètre et de 7 millimètres d’épaisseur.

F ig .

F ig. 87. — E. Counüngu. Graine clans le fruit (Gr. nal.).

Le hile saillant forme une petite pointe sur le bord. La cou­
leur extérieure est brune, la surface glabre, parfois avec trace
jaunâtre de pulpe desséchée. Le funicale rougeâtre, large et
aplati à la base, s'atténue et devient filiforme à l’extrémité ( 10
à 12 millimètres de long).
Sur une section on distingue dig. 88) :
1° Une enveloppe brun clair (.spermoderme), un peu plus
épaisse au centre des faces;
2° Une zone plus foncée périphérique (albumen) ;
3° Une amande jaune vif, montrant la ligne de séparation

88.

—

E. Couminga. Graine. Sect. longit.

comme d’ailleurs les graines des autres Erythrophleum , d une
épaisse couche de mucilage visqueux ; si l’immersion se pro­
longe, la graine se gonfle énormément et l’enveloppe se fend
pour laisser sortir les cotylédons très augmentés de volume.
E. guineense.

Aspect. Ces graines, en nombre variable, de 3 n° 6 à 7
n" 5), sont de forme aplatie, ovale, de 13 millimètres sur 8
ordinairement, jusqu’à 20 sur 12. Plus larges dans le n° 6 i 13
sur 18 ’). Environ 0 millimètres d'épaisseur (fig. 89-90-91).
Funicule charnu, allongé, assez élargi en bas, moins cepen­
dant que dans le chlorostachys, longuement atténué vers le
haut et tortueux.
i. On voit que cet échantillon de Bertoloni continue, par sa graine
comme par son fruit, à se m ontrer assez différent des autres.

�27(i

L. PLANCIION

La surface de la graine est presque toujours recouverte d’une
sorte d’enduit vernissé, parfois craquelé ((ig. DO), reste de la
pulpe qui entourait le fruit1.

RECHERCHES Sl lt LES ERYTHROPHLELJM

277

« dimorphisme ; les mêmes gousses tout à fait semblables
&lt; donnentdesgrainesqui ne se ressemblent pas du tout,ni comme
« forme, ni comme constitution extérieure : les unes ont une
« enveloppe transparente, cassante, qui forme par macération

F ig. S9. — E. yuineense. Graine (E chantillon n° 5 . (Gr. nul.).

La pointe du hile est beaucoup moins marquée que dans le
Couminga ou le chlorosfachys.
Section : spermoderme dur, brun : albumen corné, gris, ou

F i g . 91.

— E. guineense. Graine Échantillon

n° 6.

Marin) Gr. nat. .

« une membrane épaisse géliliée, tandis que les autres ne
« l’ont pas du tout. De ces graines dissemblables sortent des
« végétaux identiques après germination........le ne connais pas
j Al b c■

F i g . 90.

— E. guineense. Graine (Échantillon n° 1 dans le f ru it gr. nat.).

gris noirâtre ; cotylédons verts ou vert jaunâtre (n0i 1, 6, etc.)
gris sur les vieilles graines (ig. 02). Nervures visibles.
Dans une lettre à mon père du 17 avril 1887, Heckel dit à pro­
pos des graines fraîches: « Elles sont bien singulières par leur
1. Guillemin et Perrot tel disent celle pulpe gélatiniforme, blanche et
sucrée.

F i g . 92. — E. guineense. G ra in e Sect. longit. .

« de cas de dimorphisme, ou mieux d'héterospermie plus
&lt;( accusé ».
Je n'ai pu constater un dimorphisme aussi complet, surtout
en ce qui concerne la pulpe, quia disparu dans les échantillons
secs que j ’ai eus entre les mains. 11 est certain cependant qu'il

�L. PLAN Cl ION

v a des différences entre les divers exemplaires d'E. guineensc
que fournissent les herbiers. La graine unique que contient le
n" 1 Sac leu x) est de dimensions plus grandes que celle des nos
3 et 5 IL P. Ivlaine et du n ' 25 ; celle de l'échantillon n" 6
Bertoloni), plus large relativement à la longueur, est aussi assez
distincte. 11 y a donc en effet un certain polymorphisme.
E. Fordii.

Dans le seul exemplaire que j'ai eu entre les mains (Balansa,

___ _ ___

278

m’était conlié ; la base de ce funicule était un peu aplatie, le
sommet peu visible.
Aspect. Cette graine est aplatie, ovale, subquadrangulaire, de 18 millimètres de long sur 11 de large et 3 ou \
d’épaisseur (fig. tld). Elle est mate, de teinte gris foncé. La
section montre: une enveloppe dure, mince, brun clair; — un
albumen noirâtre assez épais, corné, très dur, un peu aminci
aux extrémités : au centre, un embryon de couleur jaune nan­
kin (fig. 94).
E. chlorostachys.

Aspect. Forme générale arrondie (fig. 95), un peu plus
longue que large, bien plus petite (pie la graine du Couminga,

F ig . 03. — E. Fordii. Graine (dans le fruit (Gr. nat.).

n° 14), les graines recouvertes de pulpe desséchée, étaient assez

F ig . 95. — E. chlorostachys. G ra ine dans le fruit Gr. n a t . v.

/M

F i g . O i.

— E. Fordii. Graine. Secl. longit.

profondément altérées. En particulier, le funicule en était peu
visible, à moins de risquer d’abîmer l’exemplaire unique qui

Il à 13 millimètres sur 9 à II, légèrement aplatie (4 à 5 mil­
limètres d’épaisseur ; couleur brun rougeâtre ou brun noirâtre),
plus foncée sur les faces (pie sur les bords ; à peine quelques
traces de pulpe desséchée. Surface finement chagrinée.
Section (fig. 96): enveloppe spermodermique assez épaisse et
dure, à peu près égale sur toute la surface et de couleur brun
clair; région de Yalbumen gris foncé, inégale, beaucoup plus
épaisse sur les faces ; cotylédons jaune nankin, d'aspect cireux
à bords épais.
Le funicule est particulier; il est large et plat, trapézoïde,
de 1 centimètre de large à son départ du placenta, de fi mil-

�280

L. PLAN Cl ION
RECHERCHES SUR LES ERYTHROPHLEUM

limètres en haut. II forme en approchant de la graine un bord
épais et charnu qui se contourne en un large pli, pour aller en
s’atténuant, s'attacher au hile tout près du micropyle. Au

-3
3
2
C5
O
O
bD
£
X
-O

JJ

)

®
66 3
X
3
o
c

S
X
X
«
“
X
-o

-

Cl

o c
t£-

.
O
3
C
p

3
3
fi—

Ca
C x c .2
i- c 2 ?

-2 c
C- ~

H

.3

p

O

£

3

3
o
X

&lt;

En résumé, les graines d Erythrophleum sont réunies par
les caractères communs suivants : attachées par un funicule
charnu plus ou moins élargi à la base, elles sont nettement
anatropes, plus ou moins aplaties, de couleur brune plus ou
moins foncée, à surface lisse ou finement grenue, parfois
î ecouN ertes d un reste de pulpe desséchée.
Le
spermodcrmeépais et dur, cassant, de couleur brunâtre,
souvent strie de blanc sur la section dans la profondeur
entoure un albumen assez abondant, corné, de couleur ordi­
nairement foncée. Au centre, se trouve
/on droit, à coty­
lédons charnus, épais, de couleur verte, jaune ou grise, av^c
une petite radicule droite.
Les différences qui distinguent entre elles les graines des
diverses especes peuvent être résumées dans le tableau suivant :

E. I
I
E. guineense.

5u

£

£ -

i | | 1

=« os
= ns
= g «3.-32 *3
&lt; 2

3

0

0

"

o o £ o
3 &gt; - 3
c- c % c
£

CS

= G*2
■
ci

— 33 33“

oc o
X
c- ce

û- *3 S

te

y rZi
s £

x

a,

s

C

o. E g
—3 —0
o 3= - X
■s. a 2 S S
0i.*SC0-3
oc
3 °
O y
p
s
- -2
s
£
5 x e

C3 5

I

(Morphologie).

G

•—* —

CS
J, o

J5 ^
Couminga.

CARACTÈRES COMMUAS DES G RAIXES

(MORPHOLOGIE)

centre delà partie basilaire, un petit cordon saillant constitue
le véritable funicule (fig. 0o).
Mises dans 1eau, ces graines se recouvrent d’une épaisse
couche de mucilage.

d ’e RYTHROPHLEUM

lo n g il.) .

GRAINES

F. cliloruslmhys. Graine ;Suct.

= e Z «

2 * — ,
cc
X J?

js

1 i g . 96.

•3 ? -O

£ O C G
— e o *£

- « ce

. a -r — *C“•
x ê ’3 ? 3
C»
—
D- ~

w

5

2

Ô

3
X

3

0 . 0

G

—

O _2 .5 a

—

x x

O-

i.

e 7

3

«

O

o

X

3
-o

c 2 CJ -o

281

�282

RECHERCHES SUR LES ERYTHROPHLEUM

!.. PLANCHON

ANATOMIE.

283

la paroi est plus claire et l’ensemble de ces régions plus
claires forme une zone lumineuse très nette. Les parois cellu­
laires sont blanches (jaunâtres sur épaisseur).

E. Couminga.

[.es coupes delà graine, examinées dans l’alcool afin d’évi­
ter le gonflement, du mucilage, montrent la constitution sui­
vante (fig. 07 à 103):
A. Spermoderme. — On trouve d’abord une couche externe

F i g . 98. — E. Couminga. Graine (Zone des prism es .

2° La zone des cellules en sablier, dilatées aux extrémités,
rétrécies en leur milieu, à parois fort épaisses, plus minces aux
extrémités, irrégulières, blanches (fig. 09).

E. Couminga. Graine (Sect. transv.) : P, zone des prismes ; S, zone
des sabliers; - p, zone profonde; Lb. ligne brune; Asp, assise sous spcrmodermique ; A, albumen; Zi, zone intermédiaire (Schéma).

F i g . 97. —

complètement amorphe, légèrement granuleuse, à limite
extérieure irrégulière et donnant sans doute du mucilage dans
l’eau. Cette couche n'est probablement que le reste de la pulpe
qui entoure les graines fraîches.
Puis la structure normale des graines de Légumineuses,
savoir :
1° une zone de cellules en prismes (fig. 08), assez
longues, à parois épaisses, à cavité filiforme dilatée en bas.
L extrémité distale do ces cellules est pointue; tout près d’elle

F i g . 99. —

E. Couminga. Graine (Zone des sabliers ; deux assises de la zone

profonde).
3° Une zone profonde de dix à douze rangées de cellules
aplaties transversalement, très épaissies, à lumen réduit, par­
fois linéaire, allongé, à parois blanches (fig. 00 ; dans la pro-

�28 i

L. PL ANCHOIS

fondeur, la zone se termine par une mince ligne brun jaunâtre.
La dernière assise de la zone présente souvent une forme en
sablier aplati (fig. 100).

F ig. 100. — E. Conminga. Graine (Contact du spermoderme et de l'albumen).

RECHERCHES SI R LES ERYTHROPHLElM

283

C.
C o t y l é d o n s formés d'un épiderme à petites cellules en fer
à cheval (sur les coupes transversales) ou allongées (sur les

coupes longitudinales) ; puis viennent des cellules allongées
radialement, devenant peu à peu irrégulièrement polyédriques.

i° Une zone cellulaire très mal définie (-o/ie sc&gt;(;s-s/;&gt;ermodermique) (fig. 100), que l’on rencontre d'ailleurs dans d'autres
Légumineuses (zone nourricière de / albumen).

F i g . 103. —

F ig . 101 . — E. Coumingu. G raine (Albumen .

B.
A lbumen. — 11 est formé degrandes cellules peu distinctes,
polyédriques, à lumen irrégulièrement étoilé, dont les prolon­
gements communiquent de cellule à cellule (fig. 101). Dans
la profondeur de la zone, celle-ci devient brusquement formée
de cellules polygonales à parois minces.
Zone intermédiaire entre l'albumen et l'embryon (fig. 102),
à cellules minces.

E. Conminga. G raine C o tylé dons .

Contenu cellulaire granuleux abondant, avec nombreuses gout ­
telettes de matière grasse. Pas vu d’amidon (fig. 103).
Ileckel indique l’aleurone
E. guineense.

Comme pour le fruit, nous prendrons pour type la graine
de l'échantillon n° 5 (R. P. Klaine, Congo).
S permoderme. — 1° Zone des prismes. Les cellules en sont
allongées, fines, minces, à lumen filiforme, peu dilaté en bas.

�2S(&gt;

L. PLAXCHON

La zone lumineuse est bien nette; l’extrémité externe des cel­
lules non pointue, mais arrondie.
2° Zone des cellules en sablier. — Ces cellules sont très nettes,
allongées radialement, à parois latérales très épaissies, parois
terminales beaucoup plus minces ; espaces intercellulaires
larges.
3°Au-dessous, une épaisse zone profonde de douze à dix-huit
assises de cellules, très épaisses, serrées, allongées tangentiellement, et il lumen étroit. Cette zone se termine par une ligne
brune au-dessous de laquelle est un tissu sous-spermodcrmique un peu vague.
A lbi men . — La ligne de séparation des cellules reste peu
visible. Les parois en sont épaisses et confondues. On voit

RECHERCHES SUR LES ERYTIIROPHLEUM

287

Les graines du n° 25 sont à peu près identiques ; les cellules
en sablier sont seulement plus écrasées, sans doute à cause
d’un séjour moins prolongé dans l’eau, avant l’exécution de la
coupe.
L'échantillon 1 (Sacleux) ne présente pas de ditîérence sen­
sible.
Quant à l’échantillon 6 (Mavia de Bertoloni), il montre
dans le tissu sous-spermodermique (fig. lOi), une assise plus
ou moins palissadique de cellules larges, à parois minces et
sinueuses, analogues à celles que nous trouverons bientôt dans
la même région de la graine d E. Fordii.
Entre l’albumen et l’embryon se trouvent dans cet exem­
plaire une zone intermédiaire, qui se rencontre d ailleurs chez
tous les Erythrophleum , mais qui est ici particulièrement
développée et le sera plus encore dans les graines d E. chlorostachys.
E. Fordii.

La seule graine que j aie pu étudier était assez altérée exté­
rieurement. On pouvait y voir cependant au-dessous d’une masse
amorphe brune (pulpe desséchée) :

F ig. 104. — IL yuineense. Graine (Échantillon n° 6 Maria). Conlacl du
sp e rm o d erm e et de l'album en .

seulement des cavités cellulaires petites, irrégulières, et nette­
ment alignées en liles radiales; contenu granuleux.
Il existe une zone intermédiaire peu développée entre
l’albumen et l’embryon.
Enfin, LEmbryon a des cellules plus ou moins arrondies
et à parois minces, à contenu huileux et granuleux ; il est
limité par un épiderme à petites cellules régulières.

F ig . 105. — E. Fordii. G ra in e (Contact du s p e r m o d e r m e et de l'album en .

Spermoderme. — 1° La zone des prismes à cellules longues
et minces, à cavité filiforme, non dilatée, à extrémité externe
pointue comme dans le Courninga.
2° La zone des cellules en sablier, il cellules très courtes,

�ramassées, très épaissies sur toute la surface et renfermant
un contenu brun.
3° La zone profonde, du type normal, mais à cellules très
aplaties et fortement épaissies (dix à douze rangs). Une ligne
brune termine cette zone (lig. 103).
Au-dessous un tissu sous-spermodermique bien net, ordi­
nairement aplati et serré, mais formant sur quelques points
une zone de cellules largement ouvertes, plus ou moins palissadiques (tig. 103).
L'albumen et Lembryon ne présentent pas de différence sen­
sible avec ceux du guineense.
E.

280

3° Le parenchyme profond est très spécial ; les cellules en
sablier passent en effet peu à peu à cette zone par deux ou trois
assises de cellules en forme de sablier irrégulier, à nombreux
et larges méats (lig. 106), Puis la zone reprend avec ses carac­
tères normaux sur une très grande épaisseur(vingt-cinq à trente

chlorostachys.

Extérieurement, une couche amorphe assez épaisse d’aspect
muqueux (paroi cellulaire des prismes épaissie).
Spermoderme. — 1° La zone des prismes : à cellules, comme

F i g . 106.

Recherches s u t les erythrophleum

— E. chlorostachys. Graine (Zone des sabliers et passage à la zone
suivante).

précédemment, très allongées, minces et à lumen linéaire. Les
parois, blanches vers l'extérieur, sont jaunâtres au delà de la
zone lumineuse, qui est placée plus en arrière que dans les
autres espèces. L’extrémité externe est un peu pointue, à
pointe mousse, peu visible à cause du gonflement de la paroi.
2° Zone des sabliers (fig. 106) : les cellules assez allongées
ont des parois épaissies sur toute la surface ; les parois laté­
rales sont peu arquées, les espaces intercellulaires petits.

F i g . 107. —

E. chlorostachys. Graine. (Albumen).

rangs). Elle se termine par une ligne brune sous laquelle on
remarque un tissu sous-pcrisperinique à cellules assez dis­
tinctes.
L ALBUMEN lui aussi est très différent des autres comme struc­
ture ; il est formé de cellules plus distinctes, plus arrondies,
à parois plus nettes, à cavité plus ou moins ovale fig. 107).
Ces caractères de l'albumen existent, mais moins marqués,
dans 1 échantillon de Kew (n° 16), qui se rapproche un peu plus
de l'albumen des autres espèces. L'épaisseur de cette zone est
très faible sur le pourtour de la graine (deux ou trois assises ;
forte, au contraire, sur les faces.
Au-dessous le tissu intermédiaire, entre l’albumen et l'em­
bryon, est formé de cellules polyédriques à parois très minces.
Enfin I ’e m b r y o n , au-dessous de l’épiderme à petites cellules
régulières assez hautes, offre un tissu de cellules polyédriques
à contenu peu visible.
En somme cette graine diffère nettement des trois autres
par sa structure, tout en répondant au type général des E rythrophleum.

Annales du Musée col. de Marseille. — 2* série. 5* vol. 1907

19

�290

L.

PLAN ("Il ON

CARACTÈRES COMMCXS

RECHERCHES SUR LES ERYTHROPHLEUM

DES

G RAIN ES

(Anatomie)
Toutes les graines d’Erythrophleuni sont réunies par les
caractères anatomiques suivants :
L ’enveloppe de la graine présente extérieurement une ligne
régulière, amorphe, due au reste de la pulpe qui entourait les
graines; parfois une ligne d ’aspect mucilagineux indique un
léger gonflement de la paroi externe de la zone des prismes.
On trouve ensuite :
1° La zone des prismes, dont les cellules ont une cavité
étroite, des parois blanches ou jaunâtres, une zone lumineuse
nette ; l'extrémité externe diffère suivant l’espèce.
2° La zone des cellules en sablier ordinairement simple,
parfois passant insensiblement à la zone suivante (chlorostac/ii/s); les parois blanches sont épaissies également partout, ou
restent minces aux extrémités (çjuineense, Couminga).
3° La zone profonde, analogue chez tous, mais différant par
l’épaisseur, est formée de cellules aplaties transversalement, à
parois épaisses, à lumen linéaire allongé et se serrant dans la
profondeur en une ligne colorée en jaune brun.
Entre l’enveloppe de la graine et l albumen est une zone
sous-spermodermique mince, à cellules lines ; les cellules en
sont ordinairement mal définies, mais peuvent devenir très dis­
tinctes (Fordii).
A lbumen spécial et formé à peu près partout de grandes
cellules à séparations peu distinctes et à lumen très irrégulier,
étoilé, communiquant avec celui des cellules voisines par des
canalicules, et très petit par rapport à l’épaisseur des parois.
Ces cellules sont ordinairement bien alignées en files radiales.
Entre l’albumen et les cotylédons se trouve, comme d ’ail­
leurs chez beaucoup de graines, une zone intermédiaire de
cellules peu distinctes et très minces, plus marquée chez le
chlorostachys que chez les autres espèces.

291

Enfin les c o t y l é d o n s ont un épiderme à petites cellules régu­
lières et un parenchyme polyédrique irrégulier, sauf vers l’ex­
térieur et à contenu granuleux, montrant des gouttelettes
d’huile et des grains d’aleurone. Ce contenu est presque nul
chez le chlorostachys.
Quant aux différences anatomiques qui séparent ces graines,
on les trouvera résumées dans le tableau qui suit :

�ANALYSE

Elle n’a été jusqu’ici sérieusement tentée que pour l'écorce
de VE. guineense.
C’est un côté du sujet que je résumerai très rapidement,
1 étude chimique de VE. Couminga étant actuellement contiée
à un de mes collègues plus spécialement chimiste.
Il semble que toutes les espèces soient plus ou moins riches
en un alcaloïde, YErythrophléine, trouvée par Gallois et
H ardy1, d’abord dans VE. guineense, puis dans VE. Cou­
minga. Cependant, d’après divers auteurs, particulièrement
Harnack et Zabrocki, Schlagdenhaullen, il semble (pie des
recherches nouvelles sur la composition de cette écorce soient
encore à faire.
L’Erythrophléine semble avoir été vue par ltoulmud, de
Corée avant même la découverte de Gallois et Hardy.
C est une substance cristalline, incolore, peu soluble dans
l’éther, la benzine, le chloroforme, plus soluble dans 1 éther
acétique, l’alcool et même dans l’eau, et susceptible de donner
des sels avec les acides.
D’après Gallois et Hardy 1 Ervthrophléine donne les réac­
tions suivantes :
I K io d u r é ....................................
Iodare double de I l g e l de K.
de Bi et de C d .
de Cd el de K .
Bichromate de K .......................
de I l g ...................
Chlorure d ’A u ................... ..
P d ....................... ’ . . .
Acide p h o sp lio m o ly b d iq u e ..

précipité jaune rougeâtre.
—
blanc.
—
jaune.
blanc floconneux.
—
jaunâtre.
—
blanc.
—
blanchâtre.
—
blanc.
—
gre n u, j a u n e ve rd â l r e .

1. Gallois et Hardy, 1876 ,Jo u rn . de P h a rm . el C him ., Sér. IV, tome

�2!H

L. PLANCIION

Harnack et Zabrocki 1ont donné le nom d’Erythrophléine
à une substance non chimiquement détinie, se décomposant en
acide érvthrophléinique et en une base volatile, la Mançonine,
à constitution non étudiée, et qui n'a pas les propriétés phy­
siologiques de l'Erythrophléine. SchlagdenhaufFen n'a trouvé
aucun alcaloïde.
Quant à VE. Couminga, Gallois et Hardy (loc. cit.) y ont
indiqué un alcaloïde peut-être identique à l'Erythrophléine, en
tous cas très voisin.
L'extrait qu ils ont préparé avec l'écorce a arrêté le cœur
chez la grenouille.
Comme on le verra dans l'article qui suit cette étude, M. le
prof. Laborde a trouvé à son tour un alcaloïde dans l’écorce
de LjE". Couminga, et cette substance lui semble identique à
l'Erythrophléine. Je ne puis que renvoyer à ce travail pour
les réactions et les caractères de l'alcaloïde.
1. Arch. f. exp. path. und Pliarm., tome XV, p. 403.

ESSAI DE LOCALISATION DE
L’ALCALOÏDE
J ’aurais désiré pouvoir indiquer avec précision les points
où la substance active des Erytlirophleum se trouve loca­
lisée. Malheureusement les circonstances ne m'ont pas per­
mis de consacrer à ces recherches le temps nécessaire, et
d’autre part l'ancienneté des échantillons que j'ai eus entre les
mais enlevait toute précision aux résultats. Tout au plus, et
sans rien affirmer absolument, puis-je penser que la plupart
des tissus parenchymateux peuvent contenir l’érythrophléine ;
en elfet, traitées par le réactif de Bouchardat, les cellules de
ces tissus se montrent remplies d'une substance colorée, qui
est beaucoup moins abondante lorsque les coupes ont été
traitées préalablement par l’alcool tartrique d’Errera. Mais la
substance ainsi vue était de teinte uniforme et ne présentait
guère les caractères d'un alcaloïde : je crois donc devoir m ab­
stenir de toute conclusion personnelle : c’est un sujet à
reprendre avec des matériaux frais et je n'aurais même pas
parlé de ces essais, si M. Ileckel ne m'avait communiqué à ce
sujet une note à lui remise par M. Jacob de Cordemov de
Marseille, qui a pu avoir au Jardin botanique de Marseille,
un pied unique d'E. Couminga et qui résume son opinion
dans les lignes suivantes : « Nous avons essayé de mettre
« en évidence la localisation de l’Erythrophléine dans les
« rameaux, de même que dans la tige, d’une jeune plantule
« venue dans les serres du jardin botanique de Marseille.
« Nous avons utilisé pour cela les réactifs habituels des alca« loïdes usités dans les recherches de microchimie végétale,
« c’est-à-dire : le réactif de Frœhde, celui de Mandelin et
« enfin la solution d iodure de potassium iodé. Dans toutes les
u coupes traitées par ces différents réactifs, on observe
« constamment un précipité abondant et finement granuleux
« dans les cellules de la couche libérienne. Nous sommes
« donc amenés à penser que c’est dans les éléments de cette
&lt;( région que se trouve localisée l'Erythroplxléine. »

�RECHERCHES SL II LES ER YTH RO PH L EU M

P H A HMAC0 L 0 Ci IE

E. Gouminga.
ACTION PHYSIOLOGIQUE.

Mal connue jusqu’ici ; elle doit se rapprocher beaucoup de
celle de la Mançone (voir plus loin). On a vu que l’extrait
proposé par Gallois et Hardy arrêtait 11 cœur chez les gre­
nouilles. Mais les expériences sont h reprendre.
TOXICOLOGIE.

Les indigènes de Madagascar et des Seychelles attribuent à
cet arbre une action pernicieuse très énergique. On retrouve
cette idée chez presque tous les auteurs qui ont parlé du Couminga (voir, entre autres choses, 1étiquette de l'échantillon du
Muséum il0 8).
Voici, d'après une lettre dePerrier de la Bathie à Ileckel, ce
qu'en pensent les Sakalaves : « Pendant l’époque de la florai« son, c’est-à-dire d’août à décembre, l'eau provenant des
« endroits où pousse le Komanga (sic) ferait mourir les animaux
« (et meme les hommes) qui en boivent, mais seulement lors« qu ils n’y sont pas encore accoutumés.
« L’odeur forte des fleurs rendrait également malade.
« Les grandes pluies une fois commencées l’arbre ne pro« duirait plus cet effet.
« Je n'avais accordé tout d'abord que peu de créance à ces
« dires, mai&gt; quelques-uns de mes bœufs, dont une partie paît
« sur les terres à Komanga, sont morts avec tous les symp« tomes de l’empoisonnement par le Komanga ; je me suis misa
« étudier lachose de plus près, et je crois bien que, en réalité,
« cet arbre est très nuisible, mais qu’il ne cause la mort du
&lt;&lt; bétail que lorsque celui-ci en a ingéré les feuilles, soit

«
«
«
«

297

sèches avec des herbes courtes, sous les arbres, soit vertes,
les bœufs les ayant prises alors pour des feuilles de Bois
noir (Accacia Lcbbeck) dont nos zébus paraissent ici très
friands.
« Cette hypothèse est d’autant plus plausible que la période
« néfaste du Kimanga (sic) coïncide remarquablement avec
« le moment le plus sec de l’année, moment où les animaux,
« plus ou moins affamés, se jettent avec avidité sur tout ce
« qu’ils trouvent. La couleur des feuilles de cet arbre, qui sont
« en cette saison d'un vert magnifique, pourrait peut-être bien
« aussi les attirer.
« Aucun accident de ce genre n’arrive ordinairement aux
« bœufs du pays même, et les bœufs de provenance autre que
« des terrains à Komanga, seuls, ont à souffrir de ce poison.
« L’odeur très forte des fleurs, sur lesquelles les insectes
« bourdonnent en quantité, et la fumée du feu de bois de
« Komanga, contrairement aux assertions des indigènes, ne
« m’ont jamais fait éprouver aucun malaise. »
D’après les renseignements antérieurs du même correspon­
dant *, la toxicité de cette plante est, au dire des Malgaches,
sans limite; certains sorciers en font une sorte de panacée. Ils
emploient l’écorce, qu ils n’administrent d’ailleurs qu'avec de
grandes précautions, accompagnées de pratiques préliminaires
superstitieuses. Sans accepter toutes les assertions des indi­
gènes, la toxicité est indéniable ; Perrier de la Bathie a
éprouvé de violents maux de tête pour avoir manié des
écorces fraîches ou des feuilles fermentées, et le Révérend
Dursap a ressenti des troubles de la vue, du vertige, de 1 hé­
bétude et une sudation générale pour avoir goûté une petite
parcelle de cette écorce 2.
Un garçon de laboratoire ayant dû pulvériser une certaine
quantité d'écorce de Couminga a éprouvé une violente inflam­
mation des muqueuses de la face, avec éternuements énergiques
et prolongés, le tout suivi de fièvre et de gonflunm t, qui n'ont

�/ Ov*- H
298

L. PLAKCHON

disparu qu'au bout de plusieurs jours. Il sullit d'ailleurs de
scier un fragment de cette écorce, même avec des précautions,
pour ressentir son elî’et sternutatoire.
D'après les indigènes, les animaux qui boivent l'eau dans
laquelle ont macéré des feuilles sèches, ont leurs excréments
sanguinolents. Une très petite dose suffît pour tuer un chien
de taille moyenne en quelques minutes.
Les symptômes principaux sont: des vomissements glaireux
et gazeux et des selles sanguinolentes et muqueuses; à dose
très légère on n'aurait que l'eiFet vomitif (Perrier de la Bathie,
d’après Ileckel).
En t h é r a p e u t iq u e , toujours d’après Perrier de la Bathie, o n
emploierait \ E. Couminga comme remède sous forme de décoc­
tion d’écorce, contre les plaies ulcéreuses, qui seraient guéries
facilement.
E. guineense.
ACTION PHYSIOLOGIQUE.

Nous sommes mieux renseignés à cet égard sur la Mançone,
étudiée de longue date, que sur l’espèce précédente.
D après Yulpian, la Mançone et son alcaloïde agissent sur
le cœur à la façon de l'Upas Antiar, de l'Inée, du Tanghin,
du Laurier rose, de 1 Allouai et du Venin de crapaud. Elle a
une action élective sur la circulation sanguine et agit comme
un tonique du cœur et des vaisseaux (fibres élastiques des
artères). Dès que la dose augmente, on arrive à l’intoxication
(arrêt du ventricule en systole, puis des oreillettes en dias­
tole). Cette écorce a en outre des elfets diurétiques très mar­
qués, d’après Dujardin-Beaumetz.
La solution d’Erythrophléine de 1/2 il 2 0/0 est aussi un anes­
thésique local, rapide et énergique, agissant sur les muqueuses
ainsi que l'ont montré les recherches de Lewin (loc. cit.). Ses
expériences sur la muqueuse oculaire et sur les plaies et
diverses observations sur les animaux indiquent que, non seule­
ment l’Erythrophléine, mais encore la décoction d’écorce ou
l'extrait fluide, constituent un anesthésique analogue à la

RECHERCHES SUR LES ERYTHROPHLEUM

299

cocaïne ou à la résine de Kawa, utilisable avec quelques pré­
cautions. Sur la cornée, elle peut amener des opacités transi­
toires; dans quelques cas isolés sont survenus, après absorp­
tion, même à dose faible, des nausées, de la céphalalgie, des
vertiges et du collapsus.
La Mançonine provoquerait l’abolition des mouvements
volontaires, l’exagération de la sensibilité réflexe (excitation
tactile suivie de convulsions), et la paralysie du cœur.
TOXICOLOGIE.

La Mançone est un toxique puissant, employé de longue
date comme poison de flèches et d’épreuve dans TAfrique tropi­
cale. C’est probablement l'écorce de Mançone que l’on appelle
au Congo, Casque ou Cassa 1 et que les féticheurs indigènes
emploient comme poison judiciaire 2 ; mais d’après d’autres, la
Casque, serait une Euphorbiacée3. L’écorce du côté sud du
tronc serait plus active (Chavanne, fide Lewin).
L’écorce sert à préparer une décoction dite « eau rouge » :
c'est peut-être cette décoction qui porte le nom spécial de Téli.
Ou bien on donne environ 4 cuillerées d’écorce mêlées à I 2 litre
d’eau. On manque de détails précis sur la pratique de ces empoi­
sonnements. D’après Corre, le poison serait d’abord donné à un
chien ; quand l’animal est mort, on partage le reste du toxique
entre les deux adversaires; presque toujours ils meurent tous
les deux. On assure que certains noirs connaissent un procédé
pour atténuer l’elTet du Téli : ce serait l’emploi de l'écorce d'un
Acacia appelé, en Wolof, Bonilié-Bété dont l'infusion déter­
mine d ’abondants vomissements (d'après Dujardin-Beaumetz).
A moins de fraude (fréquente) presque tous les sujets meurent
Les chevaux s’empoisonnent spontanément en rongeant
l’écorce des arbres; les chiens, les chats, les cobayes sont très
sensibles au poison. Les personnes qui préparent ou manient
1. Yoy. page 168.
2. Ces pratiques ont été interdites dans l’Angola par les Portugais.
3. Berland citant E. Dupont, Lettre sur le Congo, 1889.

�300

L. PLANCI10N

l’écorce éprouvent du coryza et des éternuements. La cuis­
son et la dessiccation ne détruisent pas le poison
S ymptômes. — Les symptômes chez l’homme sont mal con­
nus. Les expérienceschez les animaux montrent aprèsquelques
minutes : inquiétude, affaissement, traits tirés, œil terne,
pupille dilatée, mâchonnement, salivation, écume à la bouche
(quelle que soit la voie d’administration), puis vomissements
très pénibles, répétés, de matières glaireuses, spumeuses ; plus
tard, évacuation de matières fécales glaireuses et d’urine claire ;
prostration, cris plaintifs, crispation des extrémités, allonge­
ment spasmodique du cou, mouvements vacillants et incer­
tains, rétraction du ventre. La sensibilité est émoussée ; le
pouls s'accélère et devient petit ; la respiration est irrégulière,
tantôt précipitée, tantôt ralentie; la température s'abaisse; on
observe du trismus, des hoquets, puis des convulsions et la
mort. Celle-ci est presque foudroyante chez les petits ani­
maux
L’action paralysante sur le cœur est évidente ; les battements
deviennent de plus en plus faibles et intermittents jusqu'à l’ar­
rêt définitif ; la pression sanguine s’abaisse jusqu’à dispa­
raître.
D'après quelques auteurs le signe de l'intoxication serait
la diminution de la quantité d'urine émise.
Lésions. — A l'autopsie on constate une congestion plus
ou moins grande des viscères abdominaux. La muqueuse
digestive est recouverte de matières glaireuses, rosées,
comme sanguinolentes. Elle montre des ecchymoses par places,
même si le poison a été introduit par voie hypodermique. Si
la mort a été rapide, cette muqueuse est au contraire pâle et
presque exsangue. Les poumons sont congestionnés, le cœur
a ses oreillettes dilatées et ses ventricules contractés ; d’après
1. Pour les détails sur la pratique de ces Jugem ents de Dieu, et pour
l’étude des effets physiologiques et toxicologiques de la Mançone, que
je ne puis développer ici, voy. : Lewin, Dus Huya Gif't und dus E n jth ro phlæin — Virchov’s Archiv. (1888, Bd CXI).
2. D’après Corre et Lejanne : Résumé de la Mat. Méd. et toxicol.
colon. 1887.

RECHERCHES SCR LES ERYTIIROPHLEUM

301

d’autres il est en diastole complète (Cornevin). Enfin les
méninges sont injectées, surtout dans le mésocéphnle, où l’on
constate un piqueté hémorrhagique.
La viande des animaux intoxiqués doit être proscrite, le
poison se trouvant dans le sang.
En cas d’empoisonnement, agir par les évacuants et les
stimulants du cœur.
INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES.

Les indications seraient à peu près celles de la Digitale
(hyperthrophie du cœur, palpitations cardiaques, arythmie,
dyspnée, affections valvulaires, myocardite, asystolie, péricar­
dite). La Mançone rendrait de réels services, à la condition de
n’employer que des doses fractionnées et bien espacées. C’est
aussi un diurétique : Dujardin-Beaumetz l’a donné à quelques
malades (40 gouttes de teinture d’écorce) : chez les uns l’effet
diurétique a été très énergique, chez d’autres presque nul.
Les propriétés anesthésiques de la Mançone l’ont fait pré­
coniser en collyre, comme remplaçant la cocaïne, dans lathérapeutique oculaire ; mais ce remède est parfois irritant, dou­
loureux et moins actif que la cocaïne.
D’après Lewin. le chlorhydrate d’érythrophléine en solution
à l/oOO, instillé dans l’œil d’un chat, a produit en lo à 20
minutes une anesthésie persistante de 40 à 00 heures. Chez
les cobayes on peut inciser la peau après une piqûre d érythrophléine sans amener de douleur : les muscles même sont
insensibles ; mais les expériences ne sont pas assez con­
cluantes pour qu'on puisse substituer ce remède à la cocaïne
jusqu’à nouvel ordre.
FORMES ET DOSES.

On peut donner la teinture d’écorce de Mançone au 1/10,
5 à 10 gouttes trois fois par jour, ou l'érythrophléine en gra­
nules de 1/10 de milligramme, 1 à 3 par jour ; on peut aller
jusqu’à 4, 5 et 6 par jour, en agissant avec beaucoup de
prudence et en tenant compte de la susceptibilité individuelle
du malade.

�E. Fordii.

Les autres espèces n ont reçu jusqu’ici aucune utilisation
thérapeutique sérieuse et n ’ont même pas été 1 objet d expé­
riences préliminaires.
L E. Fordii, d'après une lettre de M. Crévost à M. Heckel,
pourrait avoir une certaine utilisation locale : « Selon toute
« probabilité, mais ce ne sont là jusqu’à présent que des
« hypothèses. L/s. Marudii (sic) (sans doute Fordii), signalé
( parBalansa, serait représenté par le Cày-rut (lin cai zout),
« dont les écorces seraient utilisées dans certaines régions du
« Tonkin pour la préparation d une tisane à la lois désob« struante et tonique ».
On ne sait rien de la pharmacologie de VE. chlorostachys.

A PPE N D IC E

Mon collègue, le professeur Ed. Ileckel, me communique une
description anatomique de la tige et du rachis général d eV Frylhrophleum Couminga, faite par M. Jacob de Cordemoy, un peu
après cjue Meckel eut publié son Elude 1. Je crois devoir ajouter ici
celte note, dont on connaît déjà une p a r t i e 2, en raison de l'intérêt
spécial que présente l’étude des matériaux f r a is 3, et parce q u ’elle
est antérieure à mes recherches, bien q u ’elle n'ait pas été publiée
encore. On pourra ainsi com parer avec la description des échan­
tillons d 'herbier.

Noies analomigues sur la lige et le pétiole commun de la feuille
La coupe du rameau m ontre : un
périderm e à liège épais, protégeant une écorce primaire, en général
peu épaisse, parsemée de nombreux îlots de sclérites. Le péricycle
est fibreux ; mais la couche fibreuse, d ’épaisseur variable, n'est pas
continue sur toute l’étendue du cercle péricyclique. La zone libé­
rienne, qui succède au péricycle, est toujours bien développée; on
trouve dans ses cellules parenchymateuses de nombreux cristaux
parallélipipédiques d'oxalate de chaux. La couche ligneuse, très
dure, renferme de larges vaisseaux, groupés en nombre variable, et
olfre une remarquable quantité d ’éléments libreux. Le conjonctif
médullaire contient des grains d'amidon en abondance.
Il convient de rem arquer que les vaisseaux les plus internes
renferm ent presque constam m ent une substance résineuse d'un
beau ja u n e d ’or.
Le pétiole commun de la feuille présente, dans sa structure, les
d ’ERYTHBOPHLEUM C ouminga .

1. Répert. de Pharm acie, décem bre 1902.
2. Voy. Localisai ion, p. 295.
3. L e je u n e p lan t qui a perm is les rech erch es anato m iq u es provenait
de graines envoyées de M adagascar par M. P e rrie r de la Bathie, et q u i
le v èren t très bien en se rre chaude au Jard in botanique de M arseille
(Note de E. Ileckel).

�ÉTUDK CHIMIQUE DE L’ÉCORCE
\ ) ’E R Y T H R O P H L E U M

Par M.

le

docteur

LABORDE

Professeur agrégé à la Faculté de médecine et de pharmacie de Toulouse.
Pharmacien en chef d e s Hospices civils.

Ces recherches comprennent trois parties :
$ lrr. Recherche de l’alcaloïde.
$ 2. Identification de l'alcaloïde.
£ 3. Dosage de l'alcaloïde.
$ lor. Recherche de l'alcaloïde. — Pour cette opération, on
a utilisé le procédé Relier qui présente l'avantage d’être très
rapide et qui est généralement adopté :
Une petite quantité de substance finement pulvérisée est
introduite dans un flacon avec dix fois son poids d’un mélange
d’une partie de chloroforme et de huit parties d'éther sulfu­
rique. Après dix minutes de contact, on ajoute de l'ammo­
niaque en léger excès et on agite fréquemment le mélange
pendant quatre heures environ. De l'eau est ensuite ajoutée
en quantité juste suffisante pour entraîner au fond du vase la
substance traitée et laisser surnager la liqueur éthéro-chloroformique ; cette dernière est décantée après repos suffisant et
agitée avec de l’eau acidulée contenant l °/0 d'acide sulfu­
rique. Cette solution acide traitée par les réactifs généraux
des alcaloïdes a donné des précipités. La solution acide con­
tient donc un alcaloïde.
§ 2. Identification de l'alcaloïde. — Quelle est la nature de
Annales du Musée col. de Marseille. — 2* série* 5* vol. 1907.

20

�306

M. LABOHDK

cet alcaloïde? Pour faire celte détermination, il était néces­
saire d'avoir à sa disposition une certaine quantité d’alcaloïde
aussi pur que possible.
Pour isoler l’alcaloïde on a opéré sur 100 gr. de substance
pulvérisée. La poudre est placée dans une capsule et humec­
tée avec 10 ce. ammoniaque (densité = 0,92) et un mélange
composé de : 10 ce. alcool et 30 cc. d'un autre mélange de
six parties d'éther anhydre et d'une parlie de chloroforme.
La poudre ainsi humectée esl placée dans deux petits appa­
reils à lixivier de Barthel. Le lixiviateur a été bouché et on a
laissé en contact pendant dix minutes, afin que l'ammoniaque
imprègne bien la substance. On a ensuite lixivié avec le
mélange éthérochloroformique jusqu’à épuisement complet.
On s'est assuré qu'il en était ainsi en agitant vingt gouttes
du lixi\ié avec deux gouttes d'acide sulfurique pur ; ce mélange,
après évaporation de l'éther et du chloroforme au moyen de
la chaleur, puis refroidi, a donné une solution acide ne préci­
pitant plus à la fin de l’opération par les réactifs des alca­
loïdes.
Le produit de la lixiviation a été évaporé à l’air libre jus­
qu'à disparition de la presque totalité du liquide ; le résidu de
cette évaporation a été traité à plusieurs reprises par de l’eau
acidulée au moyen de l'acide chlorhydrique ; d’assez grandes
quantités de résines sont restées insolubles dans l’eau aci­
dulée.
La solution acide filtrée a été introduite dans une boule à
décantation,puis additionnée d’ammoniaque en léger excès et
de chloroforme. Après mélange et repos, on a décanté le chlo­
roforme. Ce traitement a été renouvelé trois fois. Les liqueurs
chloroformiques réunies et évaporées ont laissé un résidu légè­
rement coloré, composé de petits cristaux et d'une substance
amorphe (résine). Ce résidu repris par de l’acide chlorhy­
drique à 1 °/0 ne s'est pas entièrement dissous. Par filtra­
tion, on a séparé une solution très limpide et le filtre a retenu
la résine.
De cette solution on a fait deux parts : l’une a été évaporée
à la trompe jusqu’à évaporation de la presque totalité du

sur

l ' éc orc k

d ' e r y t i i r o p h l e u .m co iwiinga

307

liquide, puis placée sous une cloche à acide sulfurique ; on a
ainsi obtenu des cristaux de chlorhydrate d’alcaloïde; l'autre
partie de la solution a été traitée par les réactifs généraux des
alcaloïdes; elle présente les caractères suivants : elle donne :
1° Avec l iodure de potassium iodé (réactif de Bouchardat),
un précipité jaune rougeâtre;
2° Avec l iodure double de mercure et de potassium [réac­
tif de \Valser, désigné à tort sous le nom de réactif de Meyer ,
un précipité blanc ;
3° Avec l iodure de cadmium et de potassium (réactif &lt;le
Manne), un précipité blanc tloconneux ;
i° Avec le bichromate de potasse, un précipité jaunâtre;
•&gt;° Avec le chlorure mercurique, un précipité blanc ;
6° Avec l'acide phospho-molybdique, un précipité jaune ver­
dâtre ;
7° Avec le réactif de Tanret, un précipité blanc ;
8° Avec l’acide silicotungstique, un précipité blanc cailleboté ;
0" Avec l’acide picrique, un précipité jaune ;
10" Avec le permanganate de potassium en solution, d y a
décoloration.
U ne se forme ni de précipité, ni de réaction colorée avec
les autres substances oxydantes : hypochlorites alcalins, eau
oxygénée, chlorure ferrique, ferricyanure de potassium.
Les six premières de ces réactions sont identiques à celles
indiquées par Hardy et Gallois dans leur Mémoire ;
« Recherches chimiques et physiologiques sur l’écorce du
Mançone [Erythrophleum guinense) et sur YErythrophleum
Couininga L »
L’alcaloïde retiré de YErythrophleum Couminga paraît
donc identique à l’érythrophléine isolée par Hardy et Gallois.
Les caractères physiques observés viennent à l'appui de
cette manière de voir. En effet, l’alcaloïde isolé du chlorhy­
drate cristallisé dont il est parlé plus haut présente les carac­
tères suivants : il est incolore, cristallin, soluble dans l’eau,
1. Journ. de Pliarm. et de Chim., 4* série, tome XXIV, p. %
2 j.

�m

M. LAHOHDE

l'alcool, l'alcool amylique, l'éther acétique, peu soluble dans
l’éther sulfurique, le chloroforme et la benzine.
Toutefois, il y a une réserve à faire : Hardv et Gallois ont
observé qu'il se produit une coloration violette, disparaissant
assez rapidement quand on fait agir Yérythrophlcipe sur une
solution de permanganate de potassium en présence d’acide
sulfurique.
Malgré plusieurs tentatives, je n’ai pu obtenir cette réaction
avec l'alcaloïde de YErythrophleum Couminga, j'ai observé
seulement que le permanganate de potassium se décolore soit
en présence soit en l'absence de l'acide sulfurique. Mais dans
le premier cas, la décoloration est plus rapide.
à a-t-il là un motif suffisant pour différencier Yérytlirophlêine de Hardy et Gallois de l’alcaloïde retiré de l'écorce de
YErythrophleum Couminga? Je ne le pense pas.
Et, à l'appui de cette opinion, je ferai remarquer que non
seulement ces deux alcaloïdes donnent lieu à un certain
nombre de mêmes réactions ainsi que je l'ai indiqué déjà, mais
encore exercent la même action physiologique et provoquent
tous deux l’arrêt du cœur de la grenouille. On doit encore
cette observation à Hardy et Gallois qui ont préparé des
extraits avec un fruit et une feuille d*Erythrophleum Cou­
minga et ont injecté ces extraits à des grenouilles.
Tous ces faits paraissent suffisamment probants et auto­
risent, semble-t-il, à conclure à l’identité entre ces deux alca­
loïdes malgré la différence constatée dans l'action du per­
manganate de potassium sur chacun d'eux. Acceptons provi­
soirement cette conclusion.
§ 3. Dosage de Valcaloïde. — Quelle est la qualité d’alca­
loïde existant dans YErythrophleum Couminga ? — On sait
que les diverses méthodes proposées pour le dosage des alca­
loïdes donnent des résultats variant dans des proportions très
sensibles. Aussi n’était-il pas inutile d’appliquer plusieurs
procédés pour cette détermination :
Cinq procédés ont été employés :
1° Procédé à 1ammoniaque, éther et chloroforme; 2° pro­
cédé à la magnésie, éther et chloroforme ; 3° procédé à la

SUR

l ’écorce d ' eryt hr ophl eu m couminga

30!)

chaux, éther et chloroforme; 4° procédé à l’eau acidulée;
o° procédé à l’acide silico-tungstique.
1° Le procédé à l’ammoniaque, éther et chloroforme est le
procédé de Lyons déjà décrit à la page 1 pour l’extraction de
l’alcaloïde. Le résultat trouvé est: 0,433 d’alcaloïde pour 100
de substance.
2° Procédé à la magnésie, éther et chloroforme, 30 grammes
de poudre et 15 grammes de magnésie calcinée ont été mélan­
gés avec soin, puis placés dans un appareil à déplacement de
Barthel. La substance a été épuisée avec les précautions
d’usage par un liquide éthéro-alcoolique composé de volumes
égaux d’éther sulfurique et d’alcool rectifié à 93°. L’impré­
gnation de la substance ne s’est fuite qu’avec lenteur, mais, à
partir de ce moment, la lixiviation a été assez rapide. On a con­
tinué la lixiviation jusqu’à ce que le liquide passant à travers
le mélange soit incolore et privé d'alcaloïde (ce dont on s’est
assuré par un essai analogue à celui indiqué dans le procédé
d’extraction de l’alcaloïde, page 1).
Le produit de l’opération est évaporé d’abord à l'air libre
puis au bain-marie ; on a ainsi obtenu un résidu brun marron
qui a été traité à plusieurs reprises par de l’acide chlorhy­
drique à 2 °/0. La solution acide a été alcalinisée par de l'am­
moniaque puis additionnée de chloroforme qui dissout l’alca­
loïde mis en liberté par l'ammoniaque (dans un premier essai on
s est servi d'éther an lieu de chloroforme, mais l’éther se
mélangeait avec le reste de la solution, par suite sans doute
de la dissolution de matières résineuses abondantes).
La solution chloroformique séparée après repos a laissé un
résidu blanc sale qui a été repris par de l’eau distillée. La
solution aqueuse filtrée et évaporée à la trompe a été portée
à l’étuve à 60° jusqu’à poids constant. La matière était inco­
lore et cristalline, le poids obtenu est de 0.1272, ce qui repré­
sente :
0,1272 X 100
= 0,424 %.
30
3° Pour le procédé à la chaux, le mode opératoire a été le
même. Les résultats obtenus sont un peu différents.

�3 10

&gt;1. LAltOKDK

Imi effet, le poids de 1alcaloïde extrait de 30 grammes de
substance a été de 0,1383, ce qui donne p. °/0 :
0,1383 x 100
= 0,461
~ 3 ir
4° Procédé à 1eau acidulée. Ou a opéré sur 40 grammes de
substance dans un appareil à déplacement, avec de l’acide
chlorhydrique à I 0 0 on a obtenu une solution rouge brun.
11 a fallu près de 730 cc. d'eau acidulée pour épuiser complète­
ment la substance. La solution concentrée au bain-marie jus­
qu en consistance sirupeuse a été alcalinisée par de l'ammo­
niaque. puis additionnée d’éther acétique ; ce dernier, décanté,
a laissé par évaporation un résidu jaunâtre constitué par de
1alcaloïde mélangé d’impuretés. Pour purilier on dissout dans
1eau distillée, tiltre et évapore à la trompe. En renouvelant
ce traitement, on obtient un produit ne contenant plus de
matière jaunâtre. Cette substance desséchée sous une cloche
en présence d’acide sulfurique jusqu'à poids constant pèse :
0,1964 ce qui donne
0,1964 x 100
= 0,491 %•
~Ü T
3° Procédé à l’acide silico-tungstique : 20 grammes de poudre
sont épuisés par de l'alcool à 90°. La solution alcoolique est
évaporée au bain-marie. Le résidu dissous dans 15 cc. d’a­
cide azotiqueau 1/10° est additionné de 10 cc. d’ammoniaque
densité = 0,921et agité dans une ampoule à robinet avec de
l éther sulfurique. La solution éthérée est décantée dans une
autre ampoule. On achève l’épuisement avec du nouvel éther.
On réunit les liqueurs éthérées, puis on les agite avec de l’acide
azotique au 1/10e étendu de son volume d’eau. La solution
acide étant mise de coté on lave l'éther avec de l'eau jusqu’à
cessation de réaction acide. On réunit les eaux de lavage à la
solution acide, puis on les chaulle doucement pour évaporer
l'éther dissous et l’on traite par une solution d’acide silicotungstique à 3 °;0, tant qu’il se forme un précipité. Puis on
en ajoute un léger excès. On obtient ainsi un précipité cail-

SI H L ECORCE L) EllYTHKOPÜLEl M COL’Ml MGA

lebotté blanc. On chauffe le liquide jusqu'à commencement
d’ébullition. Le précipité se dépose au fond de la capsule ; il
est cristallin. Après 24 heures, le précipité est recueilli sur
un filtre, lavé à l'eau distillée, calciné et pesé. Le résidu de
la calcination est de 0,184. Ce résidu est un mélange d'acide
silicique et d’acide tungstique ayant pour formule Si O2, 12
Tu O3 qui correspond à 4 molécules d’alcaloïde *.
Pour connaître le poids d 'alcaloïde correspondant à ce résidu,
il faut effectuer un calcul relativement simple :
Le poids moléculaire de Si O2, 12 Tu O3 est 2844 ; le poids
moléculaire de \crythrophléine est, d après la formule adoptée,
C28 II '-3 Az O7 = 505.
Les silico-tungstates d’alcaloïde enfermant 4 molécules
d'alcaloïde il en résulte; que 2844 de résidu = 5&lt;)3X 4 ou
2020 d’érythrophléine, par conséquent 1 d érvthrophléine —
— 0,710. Donc, pour connaître le poids d'alcaloïde
28 44
qui était combiné à l’acide silico-tungstique, il suffit de mul­
tiplier le nombre exprimant le résidu de la calcination par le
coefficient 0,710.
On a ainsi; 0 ,1 8 4 x 0 ,7 1 0 = 0,13064.
20 grammes de poudre renfermaient donc 0.130 d alcaloïde et
100 grammes de poudre en contiennent : 0,1306i x 5 = 0,6532.
Comparant les résultats obtenus dans ces différents dosages:
Procédé à l’ammoniaque..................
—
à la magnésie.........................
—
à la chaux.............................
—
à l’eau acidulée.................. .
à l’acide silico-tungstique. . .

0 gr. 453 0/o
0 gr. 424 —
0 gr. 461 —
0 gr. 491 —
0 brl&gt;- 653 —
On voit ([lie les premiers résultats sont sensiblement con­
cordants, mais qu’il y a une différence très appréciable entre
ces derniers et celui obtenu par le procédé à l’acide silicotungstique.
D’où provient-elle ? On ne saurait l’expliquer avec précision.
1. Gabriel Bertrand, J o u r n a l d e p h a r m . et d e c h im ., 4e série, t. IX,
p. 447

I

�312

M. LAltORDE

On pourrait, penser que dans les divers traitements nécessités
par la détermination quantitative de 1alcaloïde, ce dernier
n'est pas extrait complètement de la substance ou des liquides
obtenus par la lixiviation de cette substance. Mais on s ’est
assuré avec soin que la substance ou les liquides de lixivia­
tion étaient complètement épuisés.
On peut aussi supposer que le coefficient 0,710 est trop
élevé et que l’acide silico-tungstique ne se combine pas en
réalité à 3 molécules d’alcaloïde mais à une quantité moindre,
trois molécules et demie par exemple comme l'a déjà constaté
Eealle pour l’aconitine *.
Mais dans ces conditions les résultats obtenus ne sont que
très légèrement modifiés. En ellèt le nombre 2020 représen­
tant le poids moléculaire de 4 molécules d’érythrophléine, ou
505 x 4, le poids moléculaire de 3 molécules et demie serait :
505 X 3,5 = 1707,5.
Par suite, le rapport

2020

2841

doit être remplacé par le rap­

I 767,5
0,617. En multipliant par 0,617 le résidu de
IS lT
la calcination du silico-tungstate d'alcaloïde, on trouve :
0,184 X 0,617 = 0,113528 pour 20 grammes de substance
et 0 ,113528 X 5 donnent le poids de l’alcaloïde contenu dans
100 grammes de substance.
0,113528 x 5 = 0,56764 chiffre inférieur de 1/8 à celui
trouvé avec le coefficient 0,710.
Mais il y a un écart tel entre ce nombre et les nombres
précédents que cette interprétation doit être considérée comme
inexacte.
Une troisième hypothèse est plus plausible : Le poids molé­
culaire indiqué pour l'éry trophléine est inexact ou bien encore
l’alcaloïde retiré de YErytlirophleum Courninya n’est pas iden­
tique à l’éry trophléine. Il serait intéressantde vérifier le premier
point. Quandau second, on l’a déjà examiné. L’alcaloïde étudié
présente, nous l'avons vu. les mêmes réactions chimiques que
rérytrophléine, sauf dans un seul cas (absence de coloration
port :

I. lit’pf.r taire de p h a n n ., I. XIII, 1901, p. 403,

sun

l ’é c o r c e

d e u v i ii

non

i le i m c oum inga

313

violette en présence du permanganate de potassium et de
l’acide sulfurique). L’action physiologique de ce même alca­
loïde est, d’après Hardy et Gallois, comparable à celle de 1érytrophléine. Il est donc très vraisemblable cjue l'alcaloïde de
LEryIhroplileum Couminga n’est autre chose que de l’érytrophléine ou un corps très voisin. Mais la chose n’est pas abso­
lument démontrée; car, parmi les réactions signalées pour
Ycrythrophléinc, aucune n est vraiment caractéristique. C'est
dans cette voie et aussi dans la vérification du poids molécu­
laire de l 'érythrophléine, qu’il serait intéressant d’entreprendre
de nouvelles recherches.
Conclusions. — En résumé, ce travail autorise les conclu­
sions suivantes :
1° Erythrophleum Couminga renferme un alcaloïde;
21‘ Cet alcaloïde paraît être identique à l'Erythrophléine
extraite par Gallois et Hardy de YErythrophleum guineense.
La proportion de l’alcaloïde varie, suivant les diverses
méthodes, dans des proportions assez élevées.
Les méthodes pondérales donnent pour la teneur en alca­
loïde des nombres variant entre 0,484 et 0,491 °/0 ; la
méthode de dosage au moyen de l'acide silico-tungstique
accuse un résultat de beaucoup supérieur : 0,653 %•

�QUELQUES PLANTES UTILES
OU

INTÉRESSANTES

DU NORD-OUEST DE MADAGASCAR
P ar

M. Henri JUMELLE

Professeur à la Faculté des Sciences de Marseille.

A plusieurs reprises, en ces dernières années, nous avons
eu l’occasion, grâce aux documents recueillis par notre ami
M. Perrier de la Bathie, de signaler ou de faire mieux con­
naître un certain nombre de plantes utiles ou intéressantes du
Boina et de l’Ambogo. Mais les résultats de nos recherches
n’ont, pour la plupart, été publiés jusqu’alors qu’en de courtes
notes éparses, et il nous paraît utile de les réunir aujourd hui
en un travail d’ensemble, dans lequel nous allons, en même
temps, les compléter et les développer.
Les espèces étudiées sont intéressantes à des titres divers,
car ce sont des bois de construction, des producteurs de
gommes ou de résines, et des textiles.
Diospyros Perrieri nov. sp.
Les arbres à ébène de Madagascar sont depuis longtemps
connus en Europe, puisque Flacourt les signalait dès le milieu
du xvne siècle, en les indiquant même sous le nom d'hazom ainty, c’est-à-dire « bois noir », sous lequel, en certaines
régions de 1 île, ils sont encore désignés aujourd hui par les
indigènes.

�316

II. Jl'MELLE

Nous avons déjà dit ailleurs 1 que même à l’heure actuelle
cependant le commerce de ces ébènes dans notre colonie est
insignifiant.
Il y a trente ans, le bois ne servait guère que de lest poul­
ies voiliers. Un peu plus tard seulement, les Indiens et les
Arabes commencèrent sur la côte occidentale un petit trafic
qu’entrava malheureusement presque aussitôt — sans néan­
moins le faire cesser complètement — la loi par laquelle, en
1882, les Hova interdisaient l’exploitation des forêts sur tous
les territoires soumis à leur domination.
A ce moment, l’ébène de Madagascar valait 20 à 25 francs
leslOO kilos. Indiens et Arabes l ’achetaient d’avril à septembre,
puis ils l’apportaient à Xossi-Bé, où ils le vendaient aux mai­
sons allemandes et anglaises, ou bien ils l’envoyaient à Zan­
zibar, d'où il était réexpédié dans l’Inde et en Chine.
Les Chinois, en effet, dit-on, appréciaient vivement ce bois,
qu'ils employaient non seulement pour la fabrication de
meubles, mais encore, et surtout, pour la confection de cer­
cueils. Et il paraît que les Arabes, qui connaissaient cet emploi,
réservaient pour la Chine les plus longues billes, qn’ils ven­
daient à des prix très élevés.
Nous ignorons si ce commerce continue aujourd’hui. En tout
cas, les premières expéditions régulières de Majunga ne datent
que de 189i; et, en 1896, ces exportations étaient de
99.796 francs, dont 95.650 francs pour l’Angleterre et
3870 francs pour la France.
Au prix moyen de 40 francs les 100 kilos — qui était déjà
le prix de 1886 et était encore celui de 1902 — les quantités
exportées auraient donc été alors de 230 000 kilos environ.
Nous ne croyons pas qu’elles aient augmenté beaucoup
depuis cette époque, le commerce, d’après les renseignements
que nous a fournis M. Peri ier de la Bathie,étant passé presque
tout entier, dans la région de Majunga, entre les mains d’une
1. II. Jum elle : Les forêts et les essences forestières exploitables à
Madagascar (B ulletinde la Société de géographie de M arseille; Congrès
de 1899).

PLANTES UTILES OU INTÉRESSANTES

DE MADAGASCAR

317

compagnie allemande, la « Deutsche Ost-Afrika Gesellschaft ».
Mais quelles sont les espèces botaniques qui fournissent cet
ébène de Madagascar?
Rappelons que, sur le continent africain, les arbres à bois noir
qu’on peut exploiter ne sont pas les mêmes dans toutes les
régions.
L’ébène du Sénégal serait surtout le Dalhergia rnclanoxylon
Guil. etPerr.
Les ébènes du Congo et de l’Angola proviendraient de Dios/ti/ros, tels que le Diospyros mcspilifonnis Ilochst(le mulende
des indigènes, et un des muIsoveira des colons, dans l’Angola)
de Maba, tels que le Maba buxifolia Fers., et de Millet lia. tels
que le Millettia Laurentii de Willd, et le Millet lia versicolor
W elw.
L’ébène du Gap serait YEuclea Pseudehenus, un des
emboto du sud de l’Afrique.
Au Mozambique, au Zanguebar et jusqu’en Abyssinie, on
retrouverait le Diospyros mcspiliformis, qui serait l'aje ou
ajejeh des Abyssins, et qu’accompagnerait le Dalbergia
melanoxylon, qui serait le bois de grenadille des colons por­
tugais et un des mpingo du Dar es Salam.
A Maurice l’ébène serait le Diospyros tessellaria Per.
Il ne semble point qu’aucune decesespèces pousse à Mada­
gascar, où, par conséquent, l’ébène aurait pour origine d’autres
Diospyros, tels, peut-être, que le Diospyros haplostylis Boiv.
et le Diospyros rnicrorhombus.
Ces deux Dyospyros sont, du moins, ceux que signale
M. Hiern dans sa Monographie des Ebénacées, en prenant le
soin de faire remarquer que ces indications ne reposent que
sur de courtes notes trouvées dans les herbiers, à côté des
échantillons de ces espèces. Ainsi, dans l’herbier du Muséum,
les spécimens de Diospyros rnicrorhombus sont accompagnés de
la mention : « Ebénier de Madagascar; son bois est superbe. »
11 est évidemment possible que les deux espèces citées four­
nissent un bois qui convienne pour l’ébénisterie, et il serait
d’autant plus injustifié de le mettre en doute que certainement

�ce ne sont pas les mêmes Diospyros qui, suivant les régions
de l'ile, sont les ébéniers exploitables. Dans l'est, le Diospi/ros haplostylis peut très bien être l'ébénier des forêts
de l'Antsihanaka.
Nous sommes sur toutefois que, dans le nord-ouest, c’est
un autre Diospyros qui fournit sans exception toute l’ébène
de Majunga. L’espèce est nouvelle, et nous l'avons nommée
Diospy ros Per ri cri.
Cet arbre, appelé lopingo par les Sakalaves, atteint de 15
à 25 mètres de hauteur. Son tronc a une écorce noirâtre ou
blanchâtre qui se détache par plaques, comme celle du pla­
tane. Dans les vieux sujets, l'aubier n'a que quelques centi­
mètres d’épaisseur; par contre le diamètre du cœur, qui est
ordinairement, en moyenne, de 30 centimètres, en atteint quel­
quefois 00.
Les rameaux, lorsqu'ils sont jeunes, sont parsemés de nom­
breux poils blancs; mais ils deviennent plus tard rapidement
glabres.
Les feuilles (planche I) sont alternes, pétiolées, coriaces,
blanc argenté en dessus à l’état sec, plutôt blanc verdâtre,
avec des nervures brunes, en dessous. Sur le pétiole et sur
les deux faces du limbe, surtout sur les nervures, sont, çà et
là, les mêmes poils blanchâtres que sur les parties terminales
des branches.
Le limbe est elliptique. Sa base est tantôt aiguë et tantôt
arrondie; son sommet est quelquefois arrondi, mais plus sou­
vent légèrement rétréci en pointe souvent obtuse.
La nervure principale est canaliculée sur la face supérieure,
et très saillante sur la face inférieure ; les nervures secon­
daires, très nombreuses, obliques, sont au contraire très peu
marquées de part et d’autre.
Le pétiole, très net, a de 6 à 10 millimètres ; le limbe a de 5
à 10 centimètres, sur 2 centimètres à i centimètres 1/2.
Les fleurs femelles — les seules que nous ayons vues — se
trouvent sur les jeunes rameaux ; elles y sont tantôt espacées,
et tantôt, si le rameau est court, rapprochées presque en sorte
d’épis. A un même niveau, elles sont isolées, ou par 2, 3 ou 4,
et presque sessiles.

PLANTES

UTILES OU

INTÉRESSANTES

DE

MADAGASCAR

310

Chacune est munie, à son point d’insertion, de deux ou trois
petites bractées qui ont à peu près même couleur et mêmeaspect
que le calice.
Ce calice est à quatre lobes triangulaires et aigus, de 2 mil­
limètres environ de longueur ; la partie soudée a 3 millimètres
de hauteur à peu près. Toute la surface externeest recouverte,
comme celle des bractées, d'un épais duvet blanc ou blanc
roussàtre. Intérieurement chaque sépale a le même duvet sur
son pourtour, mais est glabre dans la partie basilaire
médiane.
La corolle, à l'état frais, est d’abord jaune ; elle devient
ensuite brun rouge, bille est tétragonale, plus longue que le
calice, qu'elle dépasse de i à 5 millimètres. Les lobes, qui ont
5 millimètres environ, sont triangulaires, aigus, et portent
extérieurement, surtout sur leur ligne médiane, de nom­
breux poils fauves, plus clairs que le tube quand la fleur est
encore fermée, plus foncés au contraire quand la fleur est
ouverte. Intérieurement ces lobes sont glabres. La partie sou­
dée, également glabre en dedans, porte des poils extérieure­
ment dans les intervalles des lobes, immédiatement au-dessous
des sinus, et est glabre plus bas.
Il y a quatre staminodes.
L’ovaire, couvert d'un épais duvet roux clair, un peu plus
foncéque celui du calice, est sensiblement globuleux et a l ou b
loges uniovulées.
Le style est unique, très brièvementquadrilobé au sommet.
11.est regrettable que nous n’ayons jamais pu compléter
cette diagnose en décrivant les fleurs mâles ; mais heureuse­
ment les caractères précédents sont suffisants pour séparer
notre Diospyros de tous ceux qui ont été signalés jusqu'alors ;
et M. Hiern, que nous avons jadis consulté sur ce point, a été
de notre avis. D’après le savant monographe des Ebénacées
l’espèce ne peut être identifiée avec aucune de celles qu’il a eu
l'occasion d examiner.
Elle nous semble rentrer plus particulièrement dans la sec­
tion des Noltia ; et on remarquera qu'un de ses caractères
les plus intéressants est le nombre de ses loges ovariennes,

�PLANTES UTILES OU

qui est aussi souvent de six que de quatre. Il est très rare
que l'ovaire ait ainsi six loges dans les Diospgros, à l'inverse
de ce qui a lieu pour les Maba, chez lesquels ce nombre des
loges est toujours trois ou six.
Le Diospgros Perrieri croît principalement dans les bos­
quets forestiers à sol rocailleux, et sur les bords des torrents.
Dans le cercle de Mévétanana, par exemple, il habite les gorges
boisées des montagnes.
Dalbergia ikopensis nom. nov.
Svn. : Dalbergia Perrieri Jum.
Par une regrettable coïncidence, au moment où nous entre­
prenions, il y a quelques années, l'étude des deux Dalbergia
à palissandre que nous décrivons de nouveau ici, Drake del
Castillo, avec des échantillons provenant, comme les nôtres,
de la collection de M. Perrier de la Bathie, s’occupait égale­
ment d'une de ces espèces, la suivante. Nous ignorions le fait
et lorsque, en février 190'i 1, nous nommâmes nos deux Dal­
bergia, nous n'avions pas encore connaissance de la courte
diagnose donnée par Drake dans un volume (Histoire naturelle
(les plantes de Madagascar, tome I, texte) (pii porte la date
de publication de lî)02, mais, qui, en réalité, ne fut mis en
distribution que beaucoup plus tard.
Or Drake nomme Dalbergia Perrieri l'espèce qu'il a ana­
lysée, et qui précisément n’est pas celle que nous avons ainsi
désignée, mais l’autre, que nous avons appelée Dalbergia
boinensis.
Tenant compte de la date de publication, nous substituons
à notre première dénomination celle de Dalbergia ikopensis.
Au reste, ce Dalbergia est excessivement voisin de trois
espèces de Bâillon, le Dalbergia suaresensis, le Dalbergia
Greveana et le Dalbergia Bernieri, et nous ne serions pas sur­
pris que ces quatre espèces, un jour, n'en tissent définitivement
qu’une seule, à feuilles polymorphes.
1. I l . Jumelle : D eux Dalbergia a palissandre de Madagascar (Com ptes
Rendus de l’Ac. des Sciences, fév. 1905).

INTÉRESSANTES

DE MADAGASCAR

321

Le Dalbergia Greveana ne se distingue du Dalbcrgia suare­
sensis que par son aspect moins grêle, ses folioles plus coriaces
et à nervation plus accentuée, et ses inflorescences presque
glabres.
Le Dalbergia Bernieri est à folioles plus obovales, non cuspidées, à nervation peu nette.
Ce sont de faibles différences, d'autant moins sûres que les
trois espèces de Bâillon sont incomplètes. On ne connaît pas
les fruits du Dalbergia suaresensis, ni ceux du Dalbergia Gre­
veana, non plus que les fleurs du Dalbergia Bernieri.
Par contre, nous possédons des échantillons complets du
Dalbergia ikopensis, et étant donné, d’autre part, que notre
espèce présente, par ses feuilles (nombre des folioles, forme
et dimensions de ces folioles, longueur de l’acumen), des carac­
tères qui l'éloignent peut-être plus des trois espèces de Bâillon
que ces espèces ne se distinguent entre elles, nous la conser­
vons momentanément sous un nom spécial.
Cette réserve est d'autant plus prudente que nous signalons
l ’arbre comme essence h palissandre ; et ce n ’est pas sans autre
documentation que nous serions en droit d'attribuer aux
Dalbergia Greveana, suaresensis, ou Bernieri des propriétés
et une valeur dont nous ne sommes sûr que pour le Dalbergia
ikopensis, tel que nous allons le décrire.
Ce Dalbergia est un des rnanarg des Sakalaves, qui donnent
déjà ce nom au Dalbergia trichocarpa Bak. Mais l’identité
des termes ne correspond certainement pas à une similitude
spécifique.
Notre rnanarg est un arbre de 10 à 20 mètres de hauteur,
plus grand déjà, par conséquent, (pie le Dalbergia trichocarpa,
que Baker indique comme un arbrisseau. Son tronc peut
atteindre 00 centimètres de diamètre; il esta écorce gris noi­
râtre, ponctuée de nombreuses petites lenticelles.
Les rameaux sont également lenticellés. Sur tous ceux que
nous avons vus, les feuilles n’ont jamais, en outre de la foliole
terminale, plus de huit folioles latérales, et elles n’en ont
souvent (pie six ou sept, le nombre total n'étant pas néces­
sairement impair.
Annules du Musée col. de Marseille. — 2* série. 5* vol. 1907.

21

�322

11.

.IUMELLE

Ces folioles sont toujours nettement alternes, très espacées
(o à 20 millimètres), pétiolulées, glabres, assez coriaces,
ovales, aiguës à la base, acuminées au sommet.
Le rachis a de 7 à 13 centimètres; les pétiolules ont de 5 à
S millimètres, et les folioles ont de 3 centimètres à i- cm. 1/2
de longueur, sur 17 à 23 millimètres de largeur ; l’acumen a
de 7 à 10 millimètres.
Les inilorescences sont de grandes cvmes scorpioïdes lâches,
très ramifiées; leurs derniers rameaux, légèrement velus, sont
des axes assez longs ( I à 2 centimètres, ou plus) qui portent
unilatéralement de nombreuses fleurs sessiles, disposées, par
conséquent, encore en une cyme scorpioïde.
La floraison a lieu en octobre et novembre. Les Heurs sont
blanches et n’ont que 2 à 3 millimètres de longueur.
Le calice est glabre extérieurement, pubescent en dedans;
un de ses sépales, lancéolé, est plus long que les quatre
autres, qui sont obtus ou très légèrement aigus au sommet.
La corolle est glabre. Les 10 tilets staminaux, à surface papilleuse, sont soudés, sur les deux tiers de leur longueur, en
une gaine fendue supérieurement. Les anthères sont à loges
elliptiques, arrondies, un peu plus longues que larges.
L ovaire est velu.
Les fruits cependant (pl. Il, fig. B) sont glabres; ils sont
blancs à l'état sec, monospermes, réticulés au niveau de la
graine. Ils sont ovales, aigus aux deux extrémités, de 3 cm.
1/2 à i centimètres de longueur sur 18 à 22 millimètres de lar­
geur. Ils mûrissent de novembre à mai.
Le Dalbergia ikopensis se plaît surtout dans les bois secs. On
le rencontre notamment sur les terrains siliceux du haut bassin
de la Betsiboka et de l’Ikopa. Il semble manquer, par contre,
dans tout le Bas-Boina.
S’étend-il de là vers l’Est, jusque dans le Ilaut-Bemarivo ?
Xous ne pouvons l'affirmer, car nous ne sommes pas certain
qu'un Dalbergia queM. Perrier de la Bathie nous signale dans
cette dernière région, et dont nous possédons des rameaux
avec fruits, soit exactement la même espèce.
On peut relever quelques dillerenees dans les caractères des

PLANTES

UTILES

OU

INTÉRESSANTES

DE

MADAGASCAR

323

folioles et des fruits; et c'est une forme qui avoisine seule­
ment notre espèce comme l’avoisinent les Dalbergia suaresensis, Greveana el Bernieri.
Dans la plante du Bemarivo, les folioles, qui brunissent en
se desséchant, sont, en général, plus allongées (6 centimètres
sur 2, par exemple) et plus acuminées encore que dans la forme
du Haut-Boina; elles sont aussi plutôt larges vers la base, où
elles s ’arrondissent, tandis que, dans le Dalbergia ikopensis
typique, le maximum de largeur correspond à peu près à la
région médiane. Lesfruits (pl. II, fig. G), brunâtres à l'état sec,
sont assez gros, plus longs, et souvent plus obtus que ceux
de notre manarg, et ils contiennent souvent deux ou trois
graines. C'est même lorsqu’ils .sont ainsi oligospermes que
rallongement leur donne une forme qui n’est plus celle que nous
avons décrite plus haut.
Mais, d'autre part, sur les mêmes rameaux, certaines folioles
et certains fruits monospermes rappellent sensiblement les
folioles et les fruits du Dalbergia ikopensis; il y a. en outre,
similitude entre les deux plantes au point de vue du nombre
et de la disposition générale des folioles, qui, dans les deux
cas, sont alternes, espacées, pétiolulées, ovales, acuminées.
Dans ces conditions, il estimpossible de se faire sans examen
des fleurs une opinion précise. Le polymorphisme des folioles
et des fruits de l’arbre du Bemarivo, et le rapprochement que
certaines formes de ces organes permettent avec notre manary
du Haut-Boina prouvent bien, au reste, que nous avons eu
raison de faire des réserves sur la valeur de ces espèces de
Dalbergia citées plus haut, et créées avec des échantillons
incomplets.
Dalbergia Perrieri Drake.
Syn. : Dalbergia boinensis Juin.
Nous avons déjà exposé les raisons pour lesquelles nous
désignons comme Dalbergia Perrieri Drake (qui n est pas le
Dalbergia Perrieri Juin., devenu le Dalbergia ikopensis Juin.)
l’espèce (n° 2 il de l’herbier Perrier de la Bathie) que nous
avions tout d'abord appelée Dalbergia boinensis.

�32i

PLANTES UTILES
II. JUMELLE

Beaucoup plus commun que le précédent dans le Boina, ce
second Dalbcryia est, par suite, au point de vue du commerce
d'exploitation, l'arbre à palissandre le plus important de la
région. Il est regrettable que son tronc n’atteigne pas le dia­
mètre du manary.
C'est le manipika des Sakalaves.
M. Perrier de la Batliie nous le signale comme un arbre de
10 à 25 mètres de hauteur, à rameaux étalés. Son tronc, à
écorce jaunâtre, ne dépasserait pas 10 centimètres de diamètre.
Les feuilles, imparipennées, sont composées, outre la foliole
terminale, de sept à neuf paires île folioles, opposées ou légè­
rement alternes.
Ces folioles sont elliptiques, arrondies ou faiblement aiguës
à la base, arrondies au sommet, qui est parfois un peu émarginé; elles ont de 11 à 22 millimètres de longueur, sur 9 à 13
millimètres de largeur, et sont portées, par des pétiolules de
1 millimètre, sur un rachis long de 7 à 10 centimètres. Ce
rachis, les pétiolules et les deux faces des folioles sont parse­
més de poils très espacés.
Les inflorescences, qui sont terminales ou latérales, sont
d'amples ovines scorpioïdes, dont les dernières ramifications
simulent un peu des corvmbes très denses comprenant un très
grand nombre de fleurs. Toutes ces ramifications sont couvertes
d'un duvet roux.
Les fleurs sont blanches et à odeur forte, quand elles sont
fraîches. Sèches, elles sont jaunes, marquées de stries longitu­
dinales brunes. Elles ont i millimètres environ de longueur.
Le calice (I mm8), glabre intérieurement, est velu extérieu­
rement comme les rameaux de l’inflorescence. Un de ses lobes,
caréné et lancéolé, est plus long que les quatre autres, qui sont
ovales, à peine aigus.
Les pétales sont glabres. Les dix étamines sont soudées en
une gaine fendue supérieurement. L’ovaire porte les mêmes
poils roux que les sépales; et on retrouve le même duvet, de
couleur de rouille, sur les fruits.
Ceux-ci (planche IL lig. A) sont àun ou deux graines et sont
atténués, sans être très aigus, aux deux extrémités; leur som-

OU

1M É H ESSA.N TES

DE

.MADAGASCAR

325

met est même quelquefois arrondi. Us ont de 35 à 05 milli­
mètres de longueur, sur 13 à 15 millimètres de largeur.
Aucune partie de la plante ne noircit pendant la dessic­
cation.
Nous avons dit que le Dalbergiu Perrieri Dr. est plus com­
mun que le Dalbergia ikopensis; il croît, en effet, à peu près
partout dans le Boina, sauf dans les terrains humides. Dans le
bassin du Bemarivo, c'est cette essence qui reboiserait en
grande partie les collines, si les feux de brousse cessaient.
En même temps qu'il est intéressant par son bois, le /iianipika pourrait l'être aussi par la gomme-résine qu il secrète,
lorsque son tronc est entaillé.
Dans le bassin du Bemarivo, M. Perrier de la Batliie a
remarqué que c'est surtout un coléoptère longicorne qui, en
attaquant l'écorce, provoque cette sécrétion; un petit arbuste
peut alors donner 20 grammes de produit.
Mais, pour activer plus encore l'écoulement, notre correspon­
dant a lui-même pratiqué des entailles. Il s’est échappé des
blessures un liquide très aqueux, et dont la fluidité rend même
la récolte très difficile. Cependant, au bout d'un mois, la dessic­
cation est suffisante pour qu'on puisse détacher de l'écorce le
secrétât.
Le produit ainsi obtenu, et que nous avons reçu, pourrait
être pris, au premier abord, pour un kino ou un baume solide.
C’est une substance noire, brillante et cassante comme les tanogommesde Légumineuses ou d Eucalyptus; et on la réduit faci­
lement dans le mortier en une poudre rouge. Mais c’est alors
l'odeur très forte de cannelle qui se dégage pendant la pulvéri­
sation qui peut faire songer à un baume, tel que les résines
accroïdes des Xanthorrliea ou le sang-dragon du Calamus
Draco.
En réalité, l'exsudât est plutôt pourtant une sorte de gommerésine, ainsi qu'on va en juger.
Débarrassé de ses impuretés, il est bien complètement
soluble dans l'alcool, dans l'acétone et dans le terpinéol, avec
lesquels il donne des solutions d'un rouge vif ; et. comme tel,
il pourrait, plus que jamais, sembler un baume. Mais traitons-

�326

11 . .II'.MELLE

le par l'eau froide, et nous constaterons la dissolution de
3° „ environ d’une substance (ou d'un mélange de substances)
qui communique au liquide une teinte jaune paille.
Et on ne peut, d'ailleurs, objecter que cette partie soluble
est composée d'un reste de matières étrangères dont il n ’y a pas
à tenir compte dans la composition générale du produit, carie
traitement par l'eau chaude, au lieu de l'eau froide, décèle,
d’autre part, des caractères qui rappellent ceux que nous signa­
lerons plus loin pour la gomme de Stcreospermum euphorioides.
Dans cette eau bouillante, l’excrétat de manipika ne se dis­
sout jamais entièrement, si prolongée que soit l’ébullition; il
surnage toujours une partie colorée qui est seulement liqué­
fiée, en meme temps que se dégagent des vapeurs rougeâtres
très odorantes.
Ce qui prouve bien néanmoins qu’il y a eu dissolution par­
tielle, c'est que, lorsqu’on filtre, il passe un liquide jaunâtre
cpii, pendant un instant, est limpide. Un peu plus tard seule­
ment, au cours du refroidissement, la solution se trouble, et un
dépôt se produit. Mais encore ce dépôt n’est-il jamais complet,
et la solution, même après un temps très long de repos et une
nouvelle filtration, ne redevient pas complètement claire. Elle
est composée évidemment alors de la partie que nous avons
vue tout à l'heure se dissoudre à froid et d une autre partie en
suspension.
Cette solution indéfiniment trouble, et qui, comme telle,
rappellerait un peu celle de la gomme de Grevillea robusta étu­
diée par M. G. Fleury, est brun-rougeâtre. Le sous-acétate
de plomb et l'acétate neutre y provoquent des précipités bruns,
d'aspect filamenteux quand c’est l’acétate neutre. L ’alcool
l’éclaircit et la transforme en un liquide limpide brun clair.
Une solution de borax produit le même effet, à froid. Une solu­
tion d'alun n amène aucun changement. Le perchlorure de fer
détermine une coloration brun noir. Le sulfate de fer donne
un précipité noir, qui se dépose au sein d’un liquide vert foncé.
La teinture de gaïac ne bleuit pas ; et la liqueur de Fehling
n est pas réduite.

PLANTES

l Tl LES 01

INTÉRESSANTES

DE

MADAGASCAR

327

Il est bien certain qu’on ne peut considérer comme résines
les substances qui ont ces caractères et qui se dissolvent, soit
dans l’eau froide soit dans l'eau chaude, celles qui ne sont
solubles que dans l’eau bouillante restant même, plus ou moins,
ensuite en suspension dans l'eau refroidie. Ce n’est, il nous
semble, que parmi les gommes que nous pouvons les classer,
d’après les propriétés quelque peu vagues que nos connaissances
actuelles, encore très imparfaites, nous permettent d’assigner
à ces gommes.
Leur ensemble, au fond du cristallisoir, lorsqu'on a fait
évaporer toute l’eau dans laquelle elles étaient dissoutes ou
en suspension, est de couleur rouge.
Quant à leur proportion dans la substance totale, nous
n’avons pu, malgré de nombreuses tentatives, l'établir avec
précision, car, si l’on jette la solution chaude sur le filtre, et
si on reprend ensuite, et même plusieurs fois, par l'eau bouillante
la partie solide retenue par ce liltre, les nouvelles solutions se
troublent en se refroidissant, indiquant que la séparation n’a
pas été effectuée complètement. Les 16 à 17 pour 100 de
gomme que, après plusieurs ébullitions et filtrations, l'eau
chaude a entraînés ne représentent donc pas la teneur absolu­
ment exacte.
A priori, il est vrai, une ressource peut nous rester, qui est
de rechercher un dissolvant de la résine qui, contrairement à
l’acétone, au terpinéol et à l’alcool, ne soit pas, en même
temps, un dissolvant de la gomme.
Une nouvelle difficulté malheureusement surgit: l'éther sul­
furique, l’éther de pétrole, la benzine, le toluène, l'essence de
térébenthine ne dissolvent pas le produit, au moins à froid, ou
n’en retiennent que des traces.
Le chloroforme seul donne des résultats satisfaisants, car il
entraîne 30 °|0 d'une substance très odorante, qui le colore
en rouge, et qu'il est permis de regarder comme une résine
on un mélange de résines.
On pourrait donc même croire alors que la séparation dési­
rée est obtenue; ce n'est cependant pas tout à fait le cas.
D’une part, toute la partie insoluble dans le chloroforme est

�328

II. J l MELLE

bien soluble dans l'acétone, mais ne l’est pas entièrement
dans l'eau bouillante; et nous ignorons la nature de cette sub­
stance qui est insoluble dans le chloroforme et dans l'eau bouil­
lante, mais qui est soluble dans l’acétone.
D autre part, la portion soluble dans le chloroforme se dis­
sout légèrement dans l'eau bouillante, qui se trouble pendant
le refroidissement. Et on ne peut douter, malgré cette solubi­
lité dans l'eau chaude, qu'il s’agisse d'un corps réellement
soluble, en même temps, dans le chloroforme, car, lorsqu on
agite un mélange, à volumes égaux, de chloroforme et de la
solution aqueuse trouble, et qu'on laisse ensuite reposer, on
remarque que l'eau qui forme la couche supérieure, et qui,
avant toute agitation, était trouble, devient limpide. La sub­
stance a, par conséquent, été prise par le chloroforme.
Ajoutons que la dissolution de cette substance dans l'eau
chaude est jaune très pâle, tandis que la dissolution en eau
chaude de la partie insoluble dans le chloroforme est jaune
foncé.
En définitive, ce que tous ces faits établissent de plus clair,
c'est la très grande complexité de composition du produit de
sécrétion du Dalbergia boinensis\ et il serait à souhaiter qu'une
étude chimique complète — qui serait une véritable analyse de
la substance, et non le simple relevé de caractères de solubi­
lité — pût être faite sur une assez grande quantité de produit.
Pour l instant, nous devons à peu près nous borner à dire
de l'exsudât du manipika que c'est vraisemblablement une
gomme-résine. Et encore n’est-ce que parce que nous ne
voyons pas dans quelle catégorie autre que celle des gommes
pourraient rentrer certains de ses constituants que, en tenant
compte de quelques-uns de leurs caractères de solubilité, nous
les appelons des gommes, bien que d ’autres caractères, égale­
ment de solubilité, les éloignent aussi des gommes ordinaires
étudiées jusqu’alors. Le terme de gomme ne convient exacte­
ment qu'à la petite quantité soluble dans l’eau froide. La
résine, d’autre part, est tout au moins représentée par la plus
grande partie de la portion soluble dans le chloroforme.
La substance dont il importerait de pouvoir établir la com-

PL ANTES

UTILES

OU

INTÉRESSANTES

DE

MADAGASCAR

320

position est celle qui est à la fois soluble dans l'eau chaude et
dans le terpinéol et l’acétone. Moins surprenante est la solubi­
lité de cette même substance dans l’alcool, car cette solubi­
lité est un caractère déjà connu de certaines gommes, notam­
ment de lano-gommes.
Quoi qu’il en soit, le fait qui, dès maintenant, est à retenir
dans les recherches précédentes — et qui, au point de vue
pratique, est le point intéressant, quels que soient les résul­
tats théoriques que doive donner dans la suite l’analyse pré­
cise du produit — c’est la solubilité complète de l ’exsudât du
Dalbergia hoirie nsis dans l’alcool.
Cette solubilité permet d’obtenir aisément, avec la substance,
des vernis rouges qui sont au moins aussi beaux, à notre avis,
que les vernis à l'alcool préparés avec des baumes tels que les
accroïdes et le sang-dragon.
Or on n’ignore pas que ces vernis d'accroïdes et de sangdragon sont usités. Ce sont notamment des vernis pour métaux.
Les accroïdes jaunes, par exemple, entrent dans les formules
des vernis cuivre jaune, les accroïdes rouges servent pour la
fabrication des vernis cuivre rouge, et les mêmes accroïdes,
ainsi que le sang-dragon, font partie des vernis or jaune et des
vernis or rouge. Les accroïdes sont employés encore pour la
préparation de certains vernis à bon marché, destinés à don­
ner des tons mordorés aux chaussures communes ou à divers
objets de vannerie. Il nous semble bien que, pour tous ces
emplois, la gomme-résine balsamique du Dalbergia boinensis
pourrait également convenir.
Des essais pourraient, tout au moins, être faits, au cas tou­
tefois où il serait tout d’abord reconnu qu il serait possible de
se procurer une quantité du produit assurant une petite expor­
tation régulière.
Sur ce point, nous sommes assez peu renseigné, et nous
savons même seulement, au contraire, comme nous l’avons dit,
que le liquide qui s'écoule de l'arbre est très aqueux et ne
donne, après dessiccation, qu’une faible proportion de résidu
concret. Ce ne serait que l'abondance des arbres — que nous
avons dit être assez grande, et qui le serait encore plus, dans

�330

II. JUMELLE

le Bemarivo par exemple, si l’on parvenait 5 restreindre les
feux de brousse — qui compenserait leur faible rendement.
Poupartia gummifera Spr.
Cette Térébinthacée est une espèce nouvelle qui, jusqu'alors,
a été seulement nommée par M. Sprague, avec les échantillons
que nous avons envoyés en 1905 au Jardin, botanique de Kew.
La description suivante est, en partie, celle que M. Sprague a
bien voulu nous communiquer en manuscrit.
Le Poupartia gummifera est un arbre de 10 à 15 mètres
de hauteur, dont le tronc peut avoir 30 centimètres de dia­
mètre à la base. Ses branches sont peu nombreuses et étalées.
L'écorce est grise et lisse, avec, nous dit M. Perrier de la
Bathie, « des lignes saillantes, arrondies, s’enroulant en spi­
rale autour de la tige ». Le bois est blanc et mou.
Les plus jeunes rameaux sont glabres, rougeâtres à l’état sec.
Les feuilles (pi. 111) sont imparipennéefs. Toutes celles que
nous possédons ont, en plus de la foliole terminale, 4 paires
de folioles latérales opposées. Le rachis, les pétiolules et toutes
les nervures de la face inférieure des folioles ont une pubes­
cence blanchâtre. Les folioles sont ovales, entières, larges sur­
tout vers la base, qui est arrondie ou un peu en coin, etinéquilatérale ; leur sommet est plus ou moins fortement acuminé.
Elle sont un peu coriaces, ciliées sur les bords. Sur leur face
supérieure, la nervure médiane seule est pubérulente,
Le rachis a de 10 à l i centimètres de longueur; les inter­
valles entre les folioles ont de 1 cm. 5 â 2 centimètres; les
pétiolules ont, en moyenne, 3 millimètres; les folioles ont de
3 cm. 5 à 4 cm. 5 de longueur, sur 1 cm. 5 à 2 centimètres
de largeur.
Les Heurs, qui apparaissent d’août à octobre, sont rougeâtres.
Elles sont disposées, par petits groupes sessiles et espacés, sui­
des axes de 10 à 14 centimètres de longueur. Ces axes sont
rapprochés par 2, 3 ou 4, à un même niveau, sur les jeunes
rameaux de l'année, sur lesquels ils sont surtout vers la base.
Nous ne connaissons que les Heurs mâles et les fruits.

PLANTES

UTILES

OU

INTÉRESSANTES DE

MADAGASCAR

331

Dans les fleurs mâles, les lobes du calice sont semi-ovales,
obtus, de Omillim. 75 de longueur environ sur 0 millim. 50
de largeur, glabres sur les deux faces, mais ciliolés sur les
bords. Les pétales sont d’un rouge plus clair, ovales-obtus,
plus atténués vers la base que vers le sommet, glabres, très
faiblement ciliolés, de 2 millimètres de longueur sur 1 milli­
mètre de largeur. Les étamines du verticille externe, opposilisépales, sont plus grandes (filets de 1mi". 5 de longueur que
celles du verticille interne, oppositipétales, dont les filets n’ont
que 0 millim. G à 0 millim. 75 de longueur. Le disque est pelviforme, à 10 lobes.
L’ovaire rudimentaire est surmonté de cinq styles épais,
égaux, plus courts que tous les filets staminaux.
Les fruits, qui mûrissent en novembre, sont de petites drupes
obovoïdes, de 7 à 8 millimètres de longueur sur 5 à 7 milli­
mètres de largeur, noir brunâtre à l’état sec, uniloculaires par
avortement.
Ce dernier caractère est, pour M. Sprague, un de ceux qui
séparent notre Poupartia de l’espèce voisine, le Poupartia horbonieà Lamk. 11 se distinguerait, en effet, du bois de Poupart
de la Réunion et de Maurice par ses rameaux plus grêles, par
ses folioles plus petites et plusovales, à nervures très visibles
sur la face supérieure, par la réduction des pédicelles floraux
latéraux, et enfin par sa drupe, qui, dans l'espèce de Bourbon,
serait pluriloculaire.
Les feuilles seraient aussi, d'ordinaire, plus grandes dans
cette dernière espèce, car M. Jacob de Cordemoy, dans sa
Flore de la Réunion, dit qu elles portent huit à dix paires de
folioles.
Au point de vue de l’habitat, le même auteur signale le Pou­
partia borbonica Lamk. (Spondias borbonica Bak.) sur les
bords des rivières.
Au contraire, à Madagascar, dans le Boina et l'Ambongo,
M. P errier de la Bathie nous dit que le Poupartia gummifera
croît dans les rochers, les sables et les bois secs. Il disparaît
dans les sols calcaires.
C’est, au surplus, un arbre qui ne nous paraît avoir aucune

�332

II. JUMELLE

PLANTES

importance économique, car il fournit bien un produit de sécré­
tion, mais (pii no nous semble pas susceptible d’une applica­
tion -quelconque.
Nous avons fait l’étude de cette substance sur un échantil­
lon recueilli en juin 1902 par M. Poi rier de la Bathie, et que
notre correspondant avait obtenu en entaillant un arbre de
moyenne grandeur. L'exsudât solidilié, et que nous avons reçu,
était entassé dans une coque de fruit de voan-mkotra (S try ch nos spinosa). Le tout pesait 250 grammes environ ; et c’était
toute la récolte fournie par l’arbre, qui est mort ensuite. La
quantité représente donc le rendement maximum d'un pied
tel que celui que M. Perrier de la Bathie a saigné.
Le produit n'est pas de couleur uniforme ; c’est une agglo­
mération de fragments qui sont tous inodores et sans saveur,
à surface et à cassure irrégulières et brillantes, mais dont les
uns sont blonds, et les autres brun très foncé.
Il y a une certaine ressemblance d’aspect avec la gomme
d’acajou (.Anacardium occidentale) ; et on pourrait encore, à un
premier examen, être d'autant plus tenté de penser qu’il s’agit
d'une gomme vraie que la substance est assez fortement col­
lante sous le doigt humecté.
En réalité, l'analyse indique la composition suivante :
Gomme soluble dans l'eau...............
Résine................................................
Im puretés.........................................
E au ....................................................

44 p. 100
30 —
14 —
12 —

La gomme est friable, de couleur café clair, non vis­
queuse, et se dissout aussi bien à froid qu’à chaud. La solution
aqueuse est grisâtre et trouble, peu adhésive. Il s’y produit un
précipité par le sous-acétate de plomb, ainsi que par l acétale
neutre et par l'alcool.
Le perchlorure de fer, la teinture de gaïae, le sulfate de fer
et le borax ne provoquent aucune modification.
La résine est soluble dans l’alcool, l’acétone, l’éther sulfu­
rique, l’éther de pétrole et le chloroforme. Toutes ces dissolu­
tions laissent, par évaporation, au fond du cristallisoir, une

UTILES

OU

INTÉRESSANTES

DE MADAGASCAR

333

couche vernissée, incolore ou un peu brunâtre, transparente,
non friable, visqueuse à chaud et sèche à froid.
Cette composition ne permet plus, dès lors, de rapprocher
de la gomme d’acajou, qui n’est accompagnée d’aucune résine,
la sécrétion gommo-résineuse du Poupartia yummifera. A cet
égard, le produit, qui, pur et desséché, représente 59 °/0
de gomme et 41 °/„ de résine, serait plutôt comparable,
parmi les Térébinthacées, soit aux laques des Phus et des
Melanorrhea, soit au suc concret des Semecarpus.
Mais sa consistance et sa couleur l’éloignent, par ailleurs,
nettement des laques, qui sont liquides, et sa couleur le diffé­
rencie également du suc des Semecarpus.
Ce n’est qu’en dehors des Térébinthacées qu’il serait pos­
sible d’établir des analogies plus étroites, avec, par exemple,
l’exsudât des Araucaria, pour lequel M. Heckel a proposé
autrefois de séparer la partie gommeuse et la partie résineuse.
Mais pour notre produit du Poupartia nous ne voyons pas
l intérèt pratique qu’il y aurait à effectuer cette séparation. La
résine ne présente aucun caractère qui la recommande pour un
emploi quelconque, et la gomme est très colorée et donne des
solutions troubles, excessivement peu adhésives.
La substance une fois signalée, nous ne croyons donc pas
qu'il y ait lieu de poursuivre davantage son étude, contraire­
ment à ce ({ue nous avons conclu pour l’exsudât du Dalbergia
Perrieri Dr.
Stereospermum euphorioides DC.
Cette Bignoniacée a été décrite et nommée par de Candolle,
qui en a indiqué les caractères suivants :
« Arbre à feuilles imparipennées, composées de quatre à
cinq paires de folioles ovales-lancéolées, acuminées, entières,
blanches en dessous, glabres sur les deux faces; fleurs incon­
nues ; capsules cylindriques, atténuées aux deux extrémités.
Le fruit a 10 centimètres de longueur et 1 centimètre de dia­
mètre, est glabre, à valves convexes, avec une cloison subé­
reuse profondément excavée aux niveaux des graines. Ces

�33 i

II. Jl'MfcILLE

graines, au nombre de cinq ou six de chaque côté, sont épaisses,
de 23 à 30 millimètres île longueur, à ailes obtuses. La plante
croît sur les bords sablonneux de la baie de Bombetok et fleu­
rit en février et mars. »
D’après les observations de M. Perrier de la Bathie et les
échantillons d herbier que nous possédons, nous pouvons com­
pléter la description précédente.
L'arbre, que les Sakalaves appellent rnangarahara, atteint
de 10 à 30 mètres de hauteur. 11 est à tronc très droit, bien
cylindrique, avec un bois blanc très dur, que recouvre une
écorce grisâtre et sans crevasses. Les rameaux sont subdressés.
Les folioles (pl. B ”) sont grandes (de 7 à 13 centimètres de
longueur, sur 3 à G centimètres de largeur), longuement pétiolées (l cm. 1/2 à A centimètres), très espacées sur le rachis
(2 à 3 centimètres d ’intervalle).
Les inflorescences sont des cymes bipares très lâches, avec
une Heur terminale développée à chaque bifurcation.
Ces fleurs, qui apparaissent de septembre à novembre, sont
blanches ; seul le tube corollaire est un peu rose.
Le calice, glabre, est longuement tubulaire ; très étroit tout
à fait à sa base (sur une longueur de 3 millimètres à peu près)
il s’élargit ensuite brusquement. Il a une longueur totale de
2 cm. 3 environ ; sa largeur, au-dessus de la base étroite, est de
3 millimètres à peu près. Il est à dents très courtes.
La corolle, pubescente extérieurement et glabre en dedans,
est tout d’abord régulièrement cylindrique (2 millimètres de
largeur) sur une longueur de i cm. 5 environ ; elle s’évase
ensuite en entonnoir sur une longueur de I centimètre, et se
termine par d’amples lobes arrondis, pouvant avoir 17 milli­
mètres de longueur sur une largeur à peu près égale.
Les quatre étamines développées sont tétradynames ; les
filets des deux plus longues ont i centimètres à peu près, et
les filets des deux plus courtes 2 cm. 3.
L’ovaire, allongé, plus haut que le disque, est surmonté d'un
style (1 cm. 3) glabre, avec stigmate bilamellé.
Les fruits (pl. IV) mûrissent de novembre à juillet. La
graine proprement dite a 7 millimètres de largeur, chacune

PLANTES

UTILES

OU

INTÉRESSANTES

DE MADAGASCAR

333

de ses ailes a 1 cm. 3 de longueur. Le Slereospermum
cuphorioides est spécial aux forêts sèches de tous les terrains
siliceux.
Sa particularité biologique est la sécrétion gommeuse que
provoque tout grattage superficiel de son tronc. Nous ne
croyons pas que, jusqu’alors, on ait signalé la formation de
gomme chez les Bignoniacées.
Pour obtenir le produit qu’il nous a envoyé, M. Perrier de la
Bathie a enlevé l'écorce par plaques. Deux ou trois mois plus
tard, de grosses larmes d’un blanc laiteux perlaient sur les sur­
faces dénudées, et ce liquide ensuite a bruni.
Puis, peu à peu, l'écoulement est devenu plus abondant, et
une récolte de 10 grammes par arbre a pu, dès lors, être faite
tous les quinze jours.
Ce qu'est, au juste, cette substance, nous éprouvons malheu­
reusement quelque embarras pour le dire ; on va voir que ses
caractères de solubilité, tout comme ceux d une partie de la
gomme-résine du Dalbergia Pcrrieri Dr., ne permettent pas de
la classer sans réserve dans l'une quelconque des catégories
actuellement établies pour les divers produits de sécrétion des
végétaux.
L’exsudât du mangarahara, tel que nous l’avons reçu, for­
mait un petit bloc brunâtre, assez dur, terne à la surface,
mais à cassure brillante.
Il est inodore et sans saveur appréciable. Lorsqu'on le laisse
pendant quelque temps dans l’eau, il colle ensuite aux doigts,
mais très légèrement,
Au contact de la flamme il fond en se boursouflant, sans
s’enflammer.
Sa densité est de 1,23 environ. La teneur en substances
minérales est de 1 °/0 en moyenne.
Dans le mortier, la pulvérisation est facile; nous avons
traité la poudre par différents dissolvants. Les quatre meil­
leurs sont les mêmes que pour cette partie de l’excrétat de
Dalbergia Perrieri à laquelle nous venons de faire allusion.
Ce sont l’eau bouillante, l'alcool à 93°, l'acétone et le terpinéol.
Avec ces quatre dissolvants, le résidu qui reste sur le filtre

�3:Ui

PLANTES
11. JUMELLE

semble composé uniquement de débris végétaux et autres impu­
retés.
L'eau froide, par contre, n'est qu’un dissolvant partiel.
L o rsq u e , en effet, on laisse refroidir la solution aqueuse, liltrée bouillante, cette solution, qui, à la température d'ébulli­
tion. était claire, se trouble peu à peu, par suite du dépôt
d’une partie de la substance.
Il reste dissous, au maximum, 83 °/0 du produit. 17 °/0
seraient, par conséquent solubles dans l'eau chaude, mais
insolubles dans l'eau froide.
Hàtons-nous de dire toutefois que ces proportions sont
très approximatives. Non seulement nous n’avons pas obtenu
des nombres constants avec divers échantillons, mais
encore, pour un même échantillon, voici ce qu’on constate. Les
solutions aqueuses, qui sont très claires après filtration et
refroidissement complet, se troublent souvent de nouveau au
bout de quelques jours de repos. D’autre part, si on reprend
par l'eau chaude la substance obtenue par évaporation de solu­
tions froides bien filtrées, la nouvelle solution, limpide à
chaud, se trouble par le refroidissement comme s’il s’agissait
de la première solution du produit total. C'est ce qui nous
avait fait tout d'abord penser que la substance était entière­
ment soluble dans l'eau froide et que la précipitation n’était
due qu'à une sursaturation de la solution refroidie. Nous avons
reconnu ultérieurement que le même fait peut se reproduire
quelle que soit la quantité d’eau employée.
Il faudrait donc plutôt admettre une altération facile de
la substance, qui modifierait ses caractères de solubilité.
Traitée directement et exclusivement par l’eau froide, la
matière se dissout très difficilement et toujours en petite quan­
tité.
En tout cas, de quelque manière qu'on l'obtienne, la solution
aqueuse, à la température ordinaire, offre les caractères sui­
vants.
Elle est légèrement brune et à peu près neutre. Comme la
solution de gomme arabique ordinaire (gomme d’Acacia
Sénégal), elle donne avec le sous-acétate de plomb un abon-

UTILES

OU

INTÉRESSANTES

DE

MADAGASCAR

337

dant précipité gommeux. On sait que, au contraire, en pré­
sence du même réactif, la solution de gomme d'Acacia arabica
ne se précipite pas.
Avec l’acétate neutre, qui ne provoque pas la précipitation
de la gomme d'Acacia Sénégal, on obtient dans la solution
aqueuse froide de notre exsudai de Stercospermum un précipité
grumeleux.
Un précipité analogue est produit par le perehlorure de fer,
qui, en même temps, donne au liquide une coloration vert
sale.
Le sulfate de fer ne modifie pas la coloration, mais donne
un précipité qui se redissoul dans l'acide chlorhydrique.
Le persulfate, qui gélatinise la solution de gomme d'Acacia
Sénégal sans la colorer, ne solidifie pas notre solution, mais la
colore légèrement en verdâtre. Ultérieurement, en outre, le
liquide se trouble et prend une coloration brune; on peut
toutefois l’éclaircir de nouveau par l'addition d’acide chlorhy­
drique.
L’alcool, la potasse, le borax, l'alun sont sans effet.
La teinture de gaiac ne provoque aucun changement de cou­
leur.
Enfin la liqueur de Fehling n'est pas réduite.
Ce sont là les caractères de la partie soluble dans l'eau
froide.
La substance totale, que nous avons vue plus haut être
soluble dans l'eau chaude, dans l’alcool, dans 1acétone et dans
le terpinéol, est insoluble, ou excessivement peu soluble, dans
le chloroforme, l’éther, la benzine, le toluène, l'essence de téré­
benthine.
.Jetée en poudre dans l’éther froid, elle s'y agglutine aussi­
tôt.
Le même effet est produit par le chloroforme bouillant.
En résumé donc l’excrétat du Slereospermum euphorioides
est un produit qui se présente avec certains caractères de solu­
bilité des gommes ; et il paraît surtout s'en rapprocher lors­
qu'on le traite par l'eau chaude, puisqu'il se dissout, en ce
cas, entièrement ; mais il se distingue aussi des gommes par
sa solubilité dans l’acétone et dans le terpinéol.
Annales du Musée coL de Marseille. — 2° série. 5« vol. 1907.
22

�338

it.

ju m el le

Et cependant si cette dernière solubilité peut laisser hési­
tant pour la partie qui ne se dissout que dans 1eau chaude, il
faut remarquer que le même caractère est ollert par la partie
qui est soluble dans l'eau froide et qui semble bien, à tous
autres égards, être de h» catégorie des gommes vraies (c’està-dire des gommes se dissolvant dans l’eau, commeles gommes
arabiques).
Voilà ce qui, croyons-nous, nous autorise à considérer 1en­
semble de la sécrétion delà Bignoniacéo comme une gomme,
quoique, en réalité, il faille apporter la même réserve que
pour la substance analogue contenue dans la sorte de gommerésine du Dalbergia Perrie ri Dr. 11 serait nécessaire de pouvoir,
sur une quantité suffisante, analyser le produit et déterminer
sa composition, ou plutôt celle de ses principaux constituants,
au lieu de se contenter des indications vagues que fournissent
les caractères de solubilité.
Ce ne serait, du reste, pour la sécrétion de rnangarahara,
qu’une étude d'un intérêt théorique car nous ne voyons pas
trop quelle application industrielle elle pourrait recevoir. Sa
solution à froid est claire et dépourvue de toute adhésivité.
Ophiocaulon firingalavense Dr. Cast.
Nous ne décrirons pas ici celte espèce, qui n’a été créée
que nominalement par Drake del Castillo. Cette description
sera prochainement donnée par M. Claverie dans une étude
sur les Pâssillorées.
Indiquons seulement que la plante, qui est un des ola-boay
des Sakalaves, est une liane à tige glabre, munie de vrilles
simples, avec des feuilles longuement pétiolées, cordées à la
base, trilobées, le lobe médian étant plus grand que les deux
latéraux. Les Heurs mâles, disposées en grappes, ont des
lobes calicinaux linéaires aigus, plus longs que les pétales,
qui sont blancs.
La plante est, en outre, curieuse par le volumineux renfle­
ment, en forme de pain de sucre, que présente la partie infé­
rieure de son tronc. La tige peut ainsi, à sa base, atteindre

PLANTES UTILES

OU

INTÉRESSANTES

DIS MADAGASCAR

339

30 centimètres de diamètre, et davantage, et n’en plus avoir
que 3 un peu plus haut.
« De plus, nous dit M. Perrier de la Bathie, l’écorce est
recouverte d'un enduit de cire verte qui peut avoir I centi­
mètre d’épaisseur. »
Ce dernier caractère serait un point de contact déplus entre
1 Ophiocaulon de Madagascar et les trois espèces déjà connues
ailleurs, et qui sont Y Ophiocaulon cynanchifolium Mast., de
Fernando Po, du Gabon et de l ’Angola, l'Ophiocaulon cissampeloides, des mêmes régions et de l'Afrique orientale, ainsi
que des Seychelles, et YOphiocaulon gunimiferum Mast., du
Zanguebar.
Pour toutes ces espèces, il est dit, par exemple, dans le
P/lanzenfamilien d’Engler, que la tige est « recouverte d'une
couche cireuse blanchâtre. »
Et l’on remarquera que c’est toujours le même qualificatif
de « cire » qu'on retrouve dans toutes ces descriptions.
La substance dont nous avons examiné un petit échantillon
est cependant loin de rappeler les cires végétales ordinaires
par son aspect et par les quelques autres caractères que nous
avons pu relever.
Pour obtenir cet échantillon, M. Perrier de la Bathie a
frappé et raclé l’écorce de la base du tronc, puis a mis le
tout dans un linge et l'a fondu dans l’eau bouillante.
Il nous a ainsi fait parvenir un petit bloc ovoïde d une
matière vert brunâtre, terne extérieurement, brillante, au
contraire, sur la cassure, qui rappelle assez celle d'un frag­
ment de résine de Gardénia de Nouvelle-Calédonie. L’en­
semble paraît formé de nombreuses lames brillantes, incluses
dans une petite quantité de poussière vert pâle qui dessine
des veines sur les brisures. C'est donc bien plutôt l'aspect
d une résine (pie celui d’une cire. Seul le toucher un peu gras
indique la présence possible d’une substance cireuse, mais
qui serait, en tout cas, accompagnée d une très forte proportion
de matière résineuse.
Et les caractères de solubilité sont en conformité avec cette
supposition.

�Etant très friable, le produit est très facilement pulvérisé;
et la poudre se dissout dans les proportions suivantes dans
quelques liquides :
92 °/0 dans le chloroforme, 83 dans le sulfure de carbone,
l'éther sulfurique et la benzine, 81 dans l’alcool froid et le
toluène, 78 dans l’acétone.
Avec tous ces liquides, les dissolutions laissent, après éva­
poration, au fond des cristallisoirs, une couche d’une matière
amorphe comme celle que l’on obtient lorsqu'on traite parles
mêmes solvants la résine de Gardénia.
Or on sait que les cires, animales ou végétales, peuvent
être solubles dans l’éther, le chloroforme, la benzine, mais sont
essentiellement caractérisées par leur excessivement faible solu­
bilité dans 1alcool froid.
La cire d’abeilles est entièrement soluble dans l'éther sul­
furique, l’éther de pétrole, le sulfure de carbone, le chloro­
forme, la benzine, 1essence de térébenthine, mais ne se dis­
sout pas dans l alcool froid et ne se dissout même que partiel­
lement dans l’alcool bouillant.
La cire de carnauba est soluble dans l’éther, le chloro­
forme et 1 alcool chaud, mais se dépose dans l’alcool froid.
La cire de Raphia Ruffia de Madagascar, étudiée récem­
ment par Descudé *, se comporte de même avec l’alcool et est,
d’ailleurs, en outre, à froid, presque insoluble dans le chlo­
roforme, la benzine, le toluène, l’essence de térébenthine, etc.
Enfin les cires minérales, solubles dans le chloroforme et
la benzine, ne se dissolvent de même qu’en faible proportion
dans 1alcool bouillant, et la portion dissoute se précipite pen­
dant le refroidissement.
La solubilité dans l’alcool froid du produit de YOphiocaulon
firingalavense est donc bien plus le caractère d une résine que
d ’une cire.
D’autre part, d’après les dosages que voulut bien faire autre­
fois, sur notre demande, notre collègue Duvillier, professeur de
1. Marcel Descudé : S u r une nouvelle cire végétale Le Caoutchouc et
la G utta-P ercha ; 15 m ars 1907).

PLANTES

UTILES

OU

INTÉRESSANTES

DE MADAGASCAR

341

chimie industrielle à la Faculté des Sciences de Marseille, la
quantité d’iode lixée par 100 parties de la portion soluble dans
le chloroforme est de 34,7. D’après M. Buisine, ce titre d iode
est ordinairement beaucoup plus faible (6 à 11) pour les cires;
et Descudé a reconnu qu’il est de 7,75 pour la cire de Raphia.
Peut-être n’y a-t-il comme cire, dans la substance, que la
partie qui est insoluble dans l’alcool, mais soluble dans le
chloroforme, soit 10 °/0 environ. Lorsqu’on reprend, en effet,
par Palcool la portion qui est dissoute dans le chloroforme, il
reste en dépôt, au fond de la solution alcoolique, une substance
blanche un peu grasse au toucher.
Mais il y aurait donc, au moins, sur la masse totale, 83 °/0
de résine, 8 °/0 environ représentant, d’autre part, des impu­
retés, composées, en grande partie, des débris végétaux.
Telle que nous l’avons re^ue, la masse avait pour densité
0,980 environ ; mais, après qu’elle a été refondue et pétrie,
sa densité a été de 1,014 à 1,020. Cette densité, supérieure
à l’unité, est plutôt encore le caractère d’une résine que
d une cire.
Dans l’eau chaude, la substance commence à se ramollir
vers 03°, et est complètement pâteuse entre 85° et 90°.
Au sujet de sa localisation dans la plante, nous avons déjà
indiqué qu elle recouvre la base tubérisée de la tige.
Nous avions pensé un moment que cette extériorité n’était
qu apparente. A l’époque, en effet, où nous faisions pour la
première fois l’étude de l’échantillon que nous avait envoyé
M. Perrier de la Bathie, nous ne possédions de la plante
qu’un tout petit fragment de tige (de 2 ou 3 centimètres de
longueur) que nous avait communiqué Drake del Castillo.
Sur ce fragment,la cuticule était dépourvue de tout revête­
ment quelconque; ce n’était donc que dans les cellules sécré­
trices internes, nombreuses dans toutes les parties de la plante,
qu’on pouvait admettre que s'accumulait la résine.
Mais nous avons reconnu ultérieurement que cette supposi­
tion était erronée. Sur des spécimens d herbier plus complets
nous nous sommes assuré tout d'abord— ainsi que nous l'avons

�...

342

,

11.

JUMELLE

déjà indiqué 1— que les cellules sécrétrices sont exclusivement
tanifères et que leur contenu ne donne jamais les réactions des
résines. Puis nous avons pu examiner la base épaissie de la
tige, et nous avons ainsi constaté que la matière verdâtre y est
bien extérieure à l'épiderme.
Elle est donc histologiquement localisée comme les cires,
mais elle constituerait , du moins chez VOphiocaulon (iringalavense, un revêtement qui serait spécial au tuberculecaulinaire,
immédiatement au-dessus du sol, et ne s’étendrait pas plus haut,
sur la partie amincie de la tige.
Genipa Rutenbergiana Baill.
Les échantillons de la plante que nous allons étudier ont été
déterminés jadis à M. Perrierde la Bathie par Drake del Castillo comme appartenant au Genipa Perrieri Dr. ; ce devrait
être par conséquent l’espèce dont Drake a donné la diagnose
dans le Bulletin de la Société linnéenne de juin 1898. M. Perrier
de la Bathie nous l a communiquée comme telle.
En fait, il y eut certainement une erreur dans les indications
transmises par Drake à notre correspondant.
La plante dont il s'agit ici ne correspond pas à la descrip­
tion du Genipa Perrieri. Elle en diffère notamment par ses
stipules, qui sont concrescentes en un anneau, au lieu d'être
oblongues et caduques, par ses feuilles moins longuement pétiolées, par son tube corollaire beaucoup plus court; et Drake del
Castillo ne fait pas allusion, non plus, à la résine qui recouvre
les bourgeons et les jeunes (leurs.
Au contraire, nous reconnaissons notre plante dans le Tor­
que aria que signale Bâillon dans le Bulletin de la Société
linnéenne de Paris d’août 1882.
En créant la section Torquearia dans le genre Genipa, Bâil­
lon écrit : « Peut être cette section semblera-t-elle à quelque
partisan de la multiplication des genres digne de devenir le type
i. II. Jum elle : Le Raphia R u/fia, palm ier à cire de Madagascar
(Comptes Rendus de l'Académie des Sciences, “26 décem bre 1905).

PLANTES

UTILES

01

INTÉRESSANTES

DK MADAGASCAR

343

d’une division générique. Cette autonomie ne nous a pas paru
nécessaire, et cependant la plante qui fait l’objet de cette note
présente des particularités remarquables. Il s’agit d'un arbuste
de Madagascar qui, comme plusieurs Bubiacées du même pays,
laisse exsuder un produit résineux abondant, à la surface de ses
bourgeons et de ses inflorescences.
Les feuilles sont opposées, obovales, elliptiques et glabres,
entières, et elles sont accompagnées de stipules interpétiolaires.
Mais ces stipules font tout le tour de la branche sur laquelle
elles s'insèrent et sont complètement unies en un anneau mem­
braneux qui, finalement, se détache par la base et devient, par
conséquent, libre autour du rameau qu il entoure sans y adhé­
rer. Quand ensuite le rameau s allonge, le collier stipulaire
demeure à sa place primitive, ou se retrouve mobile en un point
variable de l’entre-nœud.
C'est de la présence de cette sorte de collier que le type que
nous étudions prend le nom de Torquearia.
Les fleurs, assez grandes, y sont solitaires et axillaires.
Leur ovaire infère esta deux loges multiovulées; ('I ces loges
sont, le plus souvent, incomplètes dans la fleur.
Autour du disque épigyne en forme de cupule s’insèrent une
corolle campanulée, à cinq lobes tordus, et, plus en dehors,
un calice gamosépale, à cinq divisions étroites et aiguës. Ce
calice persiste au-dessus du fruit.
Le style est claviiorme, exsert, obtus au sommet, et partagé
en haut en quatre lobes inégaux, dont deux, plus rigides,
répondent seuls aux loges ovariennes.
Le fruit e t ellipsoïde elslrupacé. Son noyau est mince, de
même que son sarcocarpe; et sa surface extérieure est tout à
fait glabre. Les graines sont nombreuses, petites, nichées en
partie dans la pulpe placentaire, comprimées et albuminées.
Le nom spécifique de celte plante sera celui de l'infortuné
voyageur Chr. Rutenberg, qui l a découverte en 1878 au nordouest de Andranusanonta, à Madagascar, et je ne vois pas
qu'aucun autre collecteur l’ait ailleurs trouvée dans cette île.
Par les caractères de sa corolle, elle rappelle beaucoup une

�34 4

II. Jl'MELLE

espèce des Seychelles, le Gardénia Annœ \Yr. ; mais ses
anthères incluses, dorsifixes, sont tout à fait sessiles.
Il faut cncQrc remarquer les poils formant un épais man­
chon dont est garni le tube court de la corolle, et les nervures
secondaires de la feuille, distantes, opposées ou alternes, à
peine arquées, presque perpendiculaires, à leur base, sur la
nervure principale, et tranchant en clair sur le fond du paren­
chyme foliaire, dont la face supérieure est lisse et comme vernie.
Les llcurs sont blanches. »
Quoique nous ne connaissions le Torque.aria de Bâillon que
par la note que nous venons de reproduire en entier, ainsi que
par la description un peu plus complète qu’en a donnée ulté­
rieurement Vatke nous ne pouvons avoir aucun doute. C’est
bien la même plante dont nous possédons des rameaux avec
Heurs et avec fruits.
Les indigènes la nomment caripédahy.
C’est un arbrisseau de I à 3 mètres, à rameaux nombreux,
dressés, roides, très ramifiés.
Les feuilles, dont Bâillon a déjà indiqué la forme, sont en
coin à la base (pi. Y), avec un pétiole de a millimètres envi­
ron ; elles ont de \ à 10 centimètres de longueur, sur 3 à 5
centimètres de largeur. A un même nœud, l’une est souvent
beaucoup plus petite que l'autre. Elles peuvent être vernissées
aussi bien sur la face inférieure que sur la face supérieure. Elles
ont, en général, de sept à onze paires de nervures latérales.
Les Heurs, qui s’épanouissent de juin à décembre, sont
d’abord blanches, puis d'un jaune safran.
Le calice, dont la partie soudée- a 3 millimètres environ de
longueur, est à lobes linéaires aigus, brunâtres, plus courts
que la corolle, pubescents extérieurement, sous la mince
couche résineuse craquelée qui les recouvre.
La corolle (15 millimètres de longueur environ) est infundibuliforme, à lobes ovales, arrondis, se recouvrant à gauche,
glabres, de 3 millimètres de longueur, sur une largeur égale.
I. W . Vatke : Reliquiœ Rulenberfjianœ (Abhandlungen von nalurwissenschaftlichen Vereine zu Brerinen).

PLANTES

UTILES

OU

INTÉRESSANTES

UE

MADAGASCAR

345

Intérieurement, le tube présente un anneau de poils au niveau
(1 millimètre au-dessus de la base de la corolle) où il com­
mence à s’élargir en entonnoir.
C’est un peu au-dessus de cet anneau (à 1 centimètre de la
corolle) que s'insèrent les étamines, subsessiles, à anthères
étroites et allongées, incluses.
Le style, avec ses deux lames stigmatiquesépaissesetétroites,
est saillant. Il est glabre. Les fruits (pi. Y) qui mûrissent de
janvier à septembre, sont un peu jaunâtres à maturité, mais
brunissent ensuite. Ils sont ovoïdes, de 12 millimètres envi­
ron de longueur sur 10 millimètres de largeur; les cinq lobes
calicinaux linéaires qui les couronnent ont 12 millimètres à
peu près de longueur et 1 millimètre de largeur. La surface
externe n ’est pas absolument glabre, car elle porte épars
les mêmes poils que nous avons signalés sur le calice.
La pulpe placentaire est comestible. Aussi les Sakalaves
ramassent-ils quelquefois les fruits de Genipa, lorsqu’ils sont
tombés, et les font cuire pendant quelque temps dans l'eau
bouillante.
L’arbuste croit dans le Boina et dans l Ambongo. Il est
commun d'Andriba à Suberbieville. Il se plaît sur les collines,
dans les bois secs, et recherche surtout, comme terrains, les
gneiss et les micaschistes. Il manque sur le calcaire et est rare
sur les basaltes.
Nous avons dit qu’une sécrétion résineuse recouvre les
bourgeons et les jeunes fleurs. A ces niveaux, la résine exsu­
dée se concrète sous forme de petites perles irrégulièrement
globuleuses, qu’on détache aisément, et dans lequelles sont
presque toujours inclus de petites écailles de bourgeons ou
de jeunes calices.
M. Perrier de la Bathie a remarqué que la sécrétion cesse
en septembre et octobre, lors de la montée de la sève, et que la
résine alors disparaît.
La substance est de couleur jaune clair ; pulvérisée, elle est
jaune soufre et exhale, lorsqu’on la frotte entre les doigts, une
légère odeur assez agréable, difficile à définir, mais qui nous
a semblé rappeler un peu celle de certaines résines de Burséracées.

�PLANTES

Cette poudre est complètement insoluble dans l'eau chaude
et dans l'éther de pétrole. Elle est entièrement soluble, au
contraire, dans le chloroforme, le sulfure de carbone, l’éther
sulfurique et l'essence de térébenthine. Dans l'acétone, l’al­
cool à 95°, le toluène cl la benzine, la solubilité n'est que par­
tielle et est de 83 % environ.
Les Sakalaves récoltent peu ces perles résineuses ; cepen­
dant ils les utilisent quelquefois pour confectionner, en les
pulvérisant et en les mélangeant avec de la graisse de bœuf,
une pommade qui, prétendent-ils, fait repousser les cheveux.
Ala/ia Perricri nov. sp.
Cette Apocynée.est une liane dont le tronc peut avoir, à la
base, 15 centimètres de diamètre, et dont les rameaux, s’élèvent
parfois jusqu’au sommet des plus grands arbres.
Même jeunes, les branches sont glabres. Les feuilles pl.YI)
sont épaisses, glabres, faiblement pétiolées ^3 à 5 millimètres),
ovales, obovales ou lancéolées, atténuées vers le pétiole.
Lorsqu’elles sont ovales, le sommet est souvent arrondi, mais
avec un léger acumen. Le limbe a de 6 à 9 centimètres de
longueur, sur 3 à t centimètres de largeur. A l'état sec, la
face supérieure est brunâtre, la face inférieure, à bords involutés, est plus verte. La nervure principale forme sillon en
dessus et est très saillante en dessous. Les nervures secon­
daires, au nombre d’une dizaine de paires environ, espacées,
alternes ou opposées, ne sont bien visibles que sur la face infé­
rieure (beaucoup moins nettes sur la face supérieure que le
laisserait croire la planche VI).
La floraison a lieu de juin à septembre.
Les inflorescences sont de larges et épais bouquets termi­
naux, pouvant avoir 6 à 7 centimètres de diamètre. Ce sont
des pseudo-ombelles plusieurs fois composées; les premiers
pédoncules (au-dessous des premières ramifications) ont un
centimètre à peu près.
Les fleurs sont jaunes, très odorantes. Les pédicelles, courts

UTILES

OU

INTÉRESSANTES

DE MADAGASCAR

347

(3 millimètres), assez épais, sont couverts de petits poils, qu’on
retrouve sur le calice.
Ce cal ice est à cinq lobes profonds (3n,m5), ovales, obtus,
plus velus extérieurement &lt;ju intérieurement, en préfloraison
quinconciale. Avec ces lobes alternent autant de petites
glandes qui semblent attenir plus particulièrement aux
deux lobes recouverts et au bord recouvert du lobe mirecouvert mi-recouvrant.
La corolle est crassulescente. Le tube, de 5 millimètres de
longueur environ, s’élargit très légèrement vers le milieu de
sa hauteur, au niveau où s’insèrent les étamines. Les lobes,
de 7 millimètres de longueur sur 3 millimètres de largeur, se
recouvrent à droite ; ils sont obtus, glabres intérieurement,
mais velus dans la région médiane de leur face dorsale.
Les filets staminaux, courts, sont garnis de longs poils:
le cône staminal atteint à peine l ouverturo du tube corol­
laire.
Les ovaires sont pubescents : le style (3 millimètres de lon­
gueur) est glabre; le stigmate, acuminé au sommet, est
entouré, à sa base, d'un anneau.
Les follicules (pi. A’11), glabres, sont longs et grêles. Nous
en avons vu qui avaient 30 centimètres de longueur, sur
5 millimètres, au plus, de largeur. Ils mûrissent en octobre.
Les graines, surmontées d'une longue aigrette rousse
(35 millimètres), sont allongées (15 à 20 millimètres), étroites
(2 millim. 5 à 3 millim.), faiblement aiguës aux deux extré­
mités.
Nous ne connaissons que par la description de de Candolle
l’espèce à Al afia déjà signalée à Madagascar, YAlafia Thouarsii Roem. et Sch., et il v a , entre cette espèce et la nôtre,
quelques caractères communs.
Mais beaucoup d'autres, tels que les dimensions des feuilles,
la forme, la grandeur, la couleur et le mode de pubescence
de la corolle, sont distincts.
Ce ne peut-être davantage YAlafia paucifïora Radlk.
Nous croyons donc pouvoir admettre une espèce nouvelle.
]YAlafia Perricri, dans le Boina et l’Ambongo, pousse dans

�PLANTES

348

H. JUMELLE

les ravins sombres et humides, et surtout sur les terrains sili­
ceux.
La liane est très riche en un latex qui est d’abord verttrouble quand il s’écoule, puis blanchit.
Les Sakalaves l'emploient en guise de savon.
Il est donc probable qu'il contient de la saponine. Ce ne
sont malheureusement pas les quelques centimètres cubes
que nous avons eus à notre disposition qui nous ont permis
de nous en assurer. Et l’étude était d’autant moins possible
que, lorsque le lait nous est parvenu, il avait noirci, et s’était
donc probablement altéré.
Nous avons constaté seulement que les globules étaient
d'une excessive ténuité, qui empêche de les séparer de l’eaumère par tiltration.
Pour reconnaître la présence de la saponine, nos essais ont
du être bornés à la seule expérience suivante :
Nous avons traité par une très grande quantité d’alcool
absolu à chaud la petite quantité de latex que nous possédions.
Par tiltration rapide de ce mélange, les globules pris en masse
sont restés sur le filtre, et il est passé un liquide clair et inco­
lore qui pouvait contenir la saponine, puisque le glucoside
est soluble dans l’alcool chaud à 83°.
Ce liquide s’est troublé pendant le refroidissement en
donnant un abondant précipité blanc, qui a été repris par
l’eau.
Mais la nouvelle solution aqueuse, qui eût dû, maintenant,
renfermer la saponine, puisque cette saponine se dépose dans
l'alcool refroidi, n'a donné de précipité ni par l'acétate triplombique ni par l eau de baryte. La liqueur de Fehling a été aussi
sans elfet.
Il esta remarquer que, en soumettant au même traitement
le latex caoutchoutifère de Mascarenhasia arborescens — qui
contient, comme nous l'avons dit depuis longtemps *, une sub­
stance soluble dans l’eau et produisant, par frottement
1. II. Jum elle : Nouvelles observations sur les Mascarenhasia à caout­
chouc de Madagascar (Le Caoutchouc de la G ulta-percha, 15 oct. 1904).

UTILES

01

INTÉRESSANTES

DE

MADAGASCAR

349

humide, une mousse analogue à celle de la saponine — nous
avons obtenu un tout autre résultat. La dissolution aqueuse
de la substance qui s’est déposée dans l’alcool refroidi puis
(pii a été reprise par l'eau n’a pas donné la réaction de Fehling,
mais il s’y est produit un abondant précipité, par addition
d’eau de baryte ou d'acétate triplombique.
Nous ne signalons qu’incidemment, et sans y insister, ces
quelques expériences ; et il est certain surtout qu’on ne doit
tirer aucune conclusion d ’un seul essai fait sur une minime
quantité d'un latex qui, en outre, était altéré.
Il est bien probable que ce latex en bon état contient de la
saponine, qu'il serait intéressant aussi de rechercher avec plus
de précision dans le lait des Mascarenhasia, qui sont assez
voisins, en somme, des Ala/ia au point de vue botanique.
Cryptostegia madagascariensis Boj.
Cette Asclépiadée (lig. 1) est trop connue pour qu’il soit
nécessaire de redonner ses caractères botaniques. Rappelons
seulement le fait que nous avons récemment 1 signalé que, à
coté de la forme typique, qui est plus ou moins glabre, il
existe une forme entièrement velue. Les jeunes rameaux,
les pétioles, toutes les nervures du limbe, surtout sur la face
inférieure, l’extérieur de la corolle, les fruits sont parsemés de
poils blanchâtres. Cette forme, que, d'autre part, aucun
caractère floral ne distingue du type, a été observée par
M. Perrierde la Bathie sur les bords de la baie de Bombetoka,
en sol salé, dans un endroit où, d'ailleurs, d'autres individus
de la même espèce étaient glabres ou glabrescents, ou seule­
ment légèrement pubescents.
Nous avons également, à maintes reprises, donné des ren­
seignements sur la liane, en tant qu’espèce caoutchoutifère.
Nous avons dit quelle est sa répartition à Madagascar, quel
1. II. Jum elle et II. P errier de la Bathie : Le polym orphism e des Mas­
carenhasia du Boina et de l'Am bongo (L’A griculture pratiq u e des pays
chauds, oct. 1907).

�350

II. JUMELLE

est son mode d’exploitation, comment on peut la cultiver, et
quelle est la valeur de son produit.
Mais ce qu il importe, en outre, de ne pas ignorer, et ce que

F ig.

1. — Rameaux üeuris de C r y p to s te g ia m a d a g a s c a r ie n s is Boj.

nous voulons précisément redire ici, c'est que le lombiro —
puisque c’est sous ce nom que le Cryptostegia rnadagascariensis Boj. est connu dans tout l'ouest de Madagascar, aussi bien

PLANTES

UTILES

OE

INTÉRESSANTES

DE

M \DAGASCAll

331

dans 1Androv que dans le Boina — serait, à loccasion, une
excellente plante textile.
Les Malgaches la connaissent bien comme telle.
Dans le Boina et l'Ambongo, les Sakalaves se servent prin­
cipalement de sa lilasse pour la fabrication de cordelettes, de
lignes à pêcher et de filets.
Dans le sud-ouest, les Antandroy l’utilisent de même pour
confectionner de bonnes cordes.
La méthode sakalave de préparation de cette filasse est la
suivante.
Les tiges sont décortiquées à la main ; et c'est k la main
encore, avec les ongles, que le récolteur dégage de l'écorce
isolée, qui n’est ni rouie, ni battue, les faisceaux fibreux qui
se trouvent sur la face interne (plus exactement dans le péricycle entraîné avec l'écorce), et que leur blancheur et leur
espacement rendent bien visibles.
Ce procédé n’est donc pas celui auquel ont recours les
mêmes Sakalaves lorsqu’ils préparent la filasse d'une autre
plante, le kiriza, qui est 1’Urena lobata. L'écorce de ce kiriza
est, au préalable, trempée dans l'eau pendant quelques jours,
puis martelée.
Mais la filasse du Cryptostegia madagascariensis est, d’ail­
leurs, bien plus belle, à première vue, que celle de YUrena
lobata.
Déjà, en raison de son mode de préparation, elle ne se pré­
sente pas, comme cette dernière, à l’état de longues lanières
grisâtres, dans lesquelles les filaments sont restés plus ou
moins agrégés. Les filaments sont beaucoup mieux isolés.
Ils sont, en outre, d’une absolue blancheur.
Ceux que nous avons reçus mesuraient, en moyenne, de
53 k 60 centimètres de longueur, leur diamètre variant de
0 mm 100 à 0 ,hm 180.
Ils sont généralement formés par la réunion, à un même
niveau, de vingt-cinq à quarante libres élémentaires. C'est ce
qu indique, d'une part, la dissociation de quelques-uns de ces
filaments examinés au microscope, et ce que confirme, d autre
part, l’examen de la section transversale des rameaux de la
plante.

�352

II. JUMELLE

Sur cette coupe, en ellet, les faisceaux libreux apparaissent
sous forme d ilôts très rapprochés, disposés sur un seul rang
dans lepéricycle. Et chacun comprend : dans des rameaux de 4
millimètres de diamètre, vingt-cinq à trente libres constituant
un faisceau de 0 """ 120 de diamètre moyen; et, dans des
rameaux de I centimètre de diamètre, une quarantaine de ces
libres, constituant un faisceau de 0 11,1,1 200. La grosseur un
peu moindre que nous venons d'attribuer aux brins de lîlasse
s'explique évidemment par la dessiccation que ces derniers
ont subie.
Examinées isolément, les libres élémentaires de lombiro,
beaucoup plus longues que celles de VUrena lobata (qui n’ont
guèreque 2 ou 3 millimètres) 1 ont entre I et 5 centimètres,
et, la plupart du temps, 2 cm. 1/2 à 3 cm. 1/2. Leur largeur
totale est. en général, quelle que soit leur longueur, de
0 mm 0175 à 0 ,nm 023, le diamètre du canal correspondant au
cinquième environ, soit 0mm 0035 à 0",m 0045.
Par l'action successive de la solution iodo-iodurée et de
l’acide sulfurique, elles prennent une coloration bleue très
nette, quoique plus pâle que celle du chanvre. Du reste, lorsque
la solution iodée est faible, le bleuissement est plus' lent que
chez le chanvre; on n'obtient encore qu'une coloration bleuviolet ou bleu-mauve, alors que le chanvre est déjà bleu.
Dans les mêmes conditions, les libres de Yabaca [Musa textilis), qui bleuissent également par le réactif iodo-sullurique
fort, contrairement à ce que dit M. Wiesner, acquièrent
une teinte d 'un mauve plus prononcé.
En présence du sulfate d’aniline, la lilasse de lombiro ne
prend même pas la légère coloration jaune que le même réactif
communique au chanvre. Enfin, dans le liquide de Schweizer,
elle se dissout à la longue, quoique sa solubilité soit beaucoup
plus faible, plus lente, et moins complète que celle du chanvre,
dont elle ne présente pas, en outre, le gonflement irrégulier
préalable caractéristique.
1. H. Jum elle : Trois plantes à corderie de Madagascar (Revue des
cultures coloniales; 20 ju illet 1903).

PLANTES

UTILES

OU

INTÉRESSANTES

DE

MADAGASCAR

353

De toutes ces réactions on doit conclure que la filasse de
Cryptostegia madagascariensis est essentiellement cellulosique,
comme beaucoup d'autres filasses d'origine pcricyclique. Elle
diffère donc notablement, en cela, de la filasse d' I rena lobata
qui, comme toutes les filasses d ’origine libérienne, est ligneuse.
Desséchée, elle perd 8,58 °/0 d’eau.
Incinérée, elle laisse 1,83 °/0 de cendres.
Lin écheveau de 210 grammes a été peigné à la main.
Il est resté sur le peigne 92 grammes d’étoupe, soit 43 0 0
environ.
Avec la filasse de première qualité, restée dans la main de
l’ouvrier, nous avons fait fabriquer des cordelettes; et nous
avons obtenu 15 mètres de corde à trois fils, de 3 millimètres de
diamètre, pesant 72 grammes, et 14 mètres de ficelle à deux
fils, de 2 millimètres, pesant 35 grammes.
Les 92 grammes d'étoupe restés sur les peignes ont fourni
5 m. 45 de corde à quatre fils, de 6mm5 de diamètre.
Tous ces cordages étaient d'une très grande blancheur, et
bien distincts, par ce caractère, de ceux que nous avons fait
confectionner, en même temps, avec la filasse de kiriza. Ces
derniers sont toujours d’un gris-brun brillant.
Pour nous rendre compte de la résistance des uns et des
autres, nous avons fait les expériences suivantes. Nous avons
tout d’abord opéré avec des ficelles à deux fds, en prenant
pour terme de comparaison des ficelles analogues en chanvre
d ’Italie
Toutes ces ficelles de chanvre, de kiriza et de lombiro
avaient 2 millimètres de diamètre; nous leur avons donné une
même longueur de 1 m. 90, et nous y avons suspendu des
poids jusqu’à rupture.
Or, alors que les ficelles en chanvre se sont cassées sous une
charge moyenne de 40 kilogrammes, celles en filasse d’Urena
lobata se sont rompues, en moyenne, sous I 4 kilogrammes,
c’est-à-dire sous une charge trois fois moindre, et celles en
filasse de Cryptostegia madagaseariensis sous une charge de
18 kilogrammes.
Nous avons répété des essais analogues avec de simples fils
Annales du Musée col. de Marseille. — 2“ série. 5e vol. 1907.

23

�354

H. JUMELLE

de caret de 2mm 5 de diamètre. Ces fils se sont rompus sous
les poids de : 19 kil. 500 pour le chanvre d'Italie, (i kil.800
pour la filasse de kiriza et 10 kil. 800 pour la filasse de lombiro.
Ainsi la filasse de Cryptoslegia madagascariensis, tout en
avant une résistance environ deux fois moindre que celle du
chanvre, est très sensiblement plus résistante que la filasse
d'Urena loba la, qu'on a pourtant, en ces derniers temps, con­
sidérée déjà elle-même comme très supérieure au jute.
Mais il y a plus. A cette remarque, que nous avons déjà faite
il y a quelques années, nous ajoutons aujourd’hui que cette
filasse de lombiro, examinée, sur notre demande, par des fabri­
cants de tissus, a attiré leur attention et a été cotée mieux
que comme une simple matière première pour corderie, car elle
pourrait recevoir les mêmes applications que la ramie.
Des offres d'achat furent même faites dans le but de tenter
quelques essais en ce sens; elles n’eurent malheureusement
pas de suites, parce que — comme toujours — il fut impos­
sible de trouver à Madagascar le moyen de faire préparer les
quantités de filasse demandées.
Que, toutefois, ces conditions économiques se modifient, et
il ne serait pas impossible que le Cryptoslegia madagascariensis, déjà caoutchoutifère, devînt en même temps une
espèce textile. La question vaudrait tout au moins d’être exa­
minée.
Un obstacle est le faible rendement des tiges de lombiro ; il
faut couper, nous dit M. Perrier de la Bathie, un grand
nombre de lianes pour obtenir une certaine quantité de filasse.
Et cette remarque concorde bien avec ce que nous apprend
l’étude microscopique des rameaux, puisque nous avons vu
qu’il n’y a qu'un rang de faisceaux fibreux dans le péricycle.
Mais ne parviendrait-on pas à réaliser une exploitation régu­
lière en coupant méthodiquement les tiges vers la base ? Ce
procédé donnerait peut-être de bons résultats, le Cryptoslegia
madagascariensis étant une liane qui, lorsqu’elle ne rencontre
pas de support, prend volontiers la forme buissonnante. Et
cette forme, qui, pour les raisons que nous avons dites ailleurs *,
1. II. Jum elle : Les ressources agricoles et forestières des colonies
françaises (Marseille, 1907), page 200.

PLANTES

UTILES

OU INTÉRESSANTES

DE

MADAGASCAR

355

n’est pas celle qui convient lorsqu’il s’agit d'exploiter le lonibiro pour son caoutchouc, n’offre plus les mêmes inconvé­
nients — bien au contraire — lorsque l’exploitation a lieu
en vue de 1 obtention de la filasse. Il resterait seulement à
savoir quel serait le rendement en filaments fibreux d'un
de ces arbustes, et quel temps il serait nécessaire d’attendre
pour obtenir une nouvelle récolte, à la suite de chaque coupe.
Un des avantages de l’espèce, quel que soit son mode
d’utilisation, est sa large répartition dans l'ouest de Mada­
gascar, puisqu'elle est loin d’être spéciale au Boina et à l’Ambongo et qu’on la retrouve, au Sud, jusque dans la partie
occidentale du cercle de Fort-Dauphin.
Tout en paraissant alfectionnerplus particulièrement les sols
calcaires, elle croît également sur les autres terrains, dans les­
quels, comme sur le calcaire, elle recherche les bords des cours
d ’eau, des étangs et des lacs. Dans l’extrème-sud de l'ile, par
exemple, elle habite la même zone à végétation épineuse que
le kompitso, l'angalora et 1 intisy\ mais tandis que ces
trois autres plantes sont surtout dans les endroits sans eau,
le Cryptoslegia inadagascaricnsis, au contraire, se cantonne
au voisinage immédiat des rivières.
Il ne redoute même pas le bord de la mer. M. Perrier de la
Bathie nous dit qu’on le rencontre dans le Boina sur le litto­
ral, et M. le commandant Vacher, dans le cercle de FortDauphin, a bien noté aussi qu'il est commun dans les terres
salines. Il s’agit donc bien d’une plante assez répandue à Mada­
gascar, ce qui accroît son intérêt.
Nous avons rappelé qu elle donne du caoutchouc. Ajoutons
qu elle a des propriétés vénéneuses qui ne sont pas ignorées des
indigènes. Dans l’Androv, d'après M. le commandant Vacher,
les Antandroy, avant de soupçonner que le latex pouvait don­
ner du caoutchouc, l utilisaient déjà pour se suicider ou se
débarrasser de leurs ennemis. M. Perrier de la Bathie nous dit
cependant que le poison ne doit pas être très violent, car, dans
le Boina, les Sakalaves préparent des décoctions des racines
comme remède contre les blennorrhagies chroniques dont tout
Malgache qui se respecte est toujours amplement pourvu.

�336

II.

ju m el le

Pachypodi um R ut en bergian u in Va tke.
Lorsqu'on 1902 nous recevions de M. Perrier de la Bathie
une filasse étiquetée bontaka, notre attention était d'autant
plus vite attirée sur cet envoi que des échantillons botaniques
l’accompagnaient, et que l'occasion nous était ainsi offerte de
reconnaître quelles plantes étaient ces bontaka, ou vontaka,
dont il est souvent question, sous ce nom indigène, dans les
rapports des explorateurs de notre colonie africaine. Les von­
taka, par exemple, sont fréquemment cités parmi les repré­
sentants de la flore bizarre, cactiforme, épineuse et ventrue, de
l'Androy.
Les spécimens reçus nous permirent de reconnaître 1 que
les végétaux en question étaient des Apocynées du genre
Pachypodium, déjà connu, en effet, pour l’aspect étrange de
ses espèces.
Actuellement, les Pachypodium signalés à Madagascar,
soit dans le sud, soit dans les parties du nord-ouest où l'on
retrouve une flore analogue à celle de l'Androy, sont : le
Pachypodium Rutenbergianum Vatke, le Pachypodium brevicaule Bak., le Pachypodium rosulatum Bak., le Pachypo­
dium densi/lorum Bak., le Pachypodium cactipes K. Sch., le
Pachypodium Lamerci Drake, le Pachypodium Drakci Cost.
et Bois, le Pachypodium Geayi Cost. et Bois.
La plante que nous avons reçue du nord-ouest est la pre­
mière de ces espèces, le P. Rutenbergianum. Nous pouvons
l'affirmer, car K. Schumann voulut bien, en 1902, vérifier
notre détermination, en comparant les Ileurs de nos spécimens
avec celles de l'échantillon trouvé par Vatke dans l ’herbier de
Rutenberg.
Vatke n’a, en effet, décrit du Pachypodium Rutenbergia­
num que la fleur, qui est la seule partie que rapporta Ruten­
berg. 11 eût été imprudent de se contenter d’une description
aussi incomplète pour identifier notre plante avec celle du
1. II. Jum elle : Le P achypodium liutenbergianum , textile de Mada­
gascar (Comptes Rendus de l’Académie des Sciences ; fév. 1902).

PLANTES

UTILES

OU

INTÉRESSANTES

DE

MADAGASCAR

357

botaniste allemand. Mais l’examen comparé des fleurs, que
lit, au musée de Berlin, K. Schumann, enlève toute hésita­
tion ; K. Schumann nous répondit : « Les fleurs conviennent
bien point par point. »
Voici donc la description complète du Pachypodium Ruten­
bergianum.
C’est, nous dit M. Perrier de la Bathie, un arbre cactiforme
de 3 à 4 mètres de hauteur, dont le tronc, épaissi à la base,
diminue rapidement de grosseur vers son sommet, où il porte
quelques rameaux étalés.
Son diamètre, près du sol, est de 30 à 50 centimètres, et, à
la naissance des rameaux, de 20 à 33 centimètres. Il est cou­
vert d'aiguillons droits coniques.
Les rameaux (pl. VIII), sur lesquels les fleurs et les feuilles
sont localisées aux extrémités, qui sont obtuses, portent des
piquants plus nombreux et plus robustes que ceux du tronc.
Les feuilles, disposées en spirale, comme chez toutes les
espèces du genre, sont glabres, ovales-allongées, aiguës aux
deux extrémités, assez longuement pétiolées. Le limbe a ordi­
nairement 17 à 20 centimètres de longueur sur 35 à 15 milli­
mètres de largeur. Le pétiole est long de 3 k 4 centimètres et
est muni, à sa base, de deux petits aiguillons, de nature pro­
bablement stipulaire.
La nervure principale du limbe est fortement proéminente
sur la face inférieure; et il en part, presque à angle droit, une
trentaine de paires de nervures, très rapprochées, bien nettes,
avec lesquelles alternent, en outre, souvent d’autres nervures
secondaires plus fines.
Avant que ces feuilles se développent, les fleurs, aux extré­
mités des rameaux, paraissent en ombelles terminales. En
réalité, elles sont solitaires aux aisselles des feuilles, chacune
sur un pédicelle court (1 centimètre environ).
Les lobes du calice sont triangulaires, aigus, de 4 mil­
limètres environ de longueur, sur l mm5 à 2mm5 de largeur.
La corolle, lorsqu’elle est encore en bouton, est tubulaire dans
sa partie inférieure, avec un étranglement un peu au-dessus
du calice ; et cette partie tubulaire, un peu plus large au-des-

�358

H. JUMELLE

sus de l étranglement qu’au-dessous, est surmontée d’une par­
tie sphérique, dont le sommet se prolonge en une longue
pointe conique, où l'enroulement des lobes forme une spirale
s'élevant de droite à gauche.
Apres l’épanouissement, le tube, qui est verdâtre extérieu­
rement et jaunâtre intérieurement, a 3 centimètres environ de
longueur (I centimètre dans la partie étranglée et 2 centi­
mètres dans la partie plus large), sur i à 5 millimètres de
largeur; les lobes, blancs, acuminés, recouvrant à droite mais
contournés vers la gauche, ont i à 5 centimètres de longueur,
sur 1cm. 5 de largeur dans la partie médiane.
Les étamines sont insérées, par des filets courts, larges et
très velus, immédiatement au-dessus de l’étranglement du
tube corollaire, Les anthères, sagittées, aiguës, ont 13 milli­
mètres de longueur.
Les fruits (pi. IX) sont de doubles gros follicules parallèles,
à péricarpe ferme, très noir à sec. Ils sont un peu aplatis,
aigus au sommet, et ont de 20 à 25 centimètres de longueur,
sur 1cm. 5 de largeur.
Les graines sont ovales, arrondies à la base, rétrécies au
sommet, qui est muni d’une aigrette. Cette aigrette est longue
de i centimètres; la graine a 12 millimètres de longueur, sur
fi millimètres de largeur vers l'extrémité inférieure.
Nous ignorons comment les Sakalaves préparent, pour en
faire ensuite des cordages, la filasse de Pachypodium ; mais,
à en juger par les échantillons qui nous ont été envoyés, le
procédé doit être à peu près le même que pour la filasse
d Urena lobata.
L écorce doit être enlevée, puis rouie et battue.
Nous avons reçu, en effet, de longues lanières de 2 mètres
à 2 ni. 10, blanc jaunâtre ou jaunes, auxquelles une matière
gommeuse desséchée donne une certaine raideur, en même
temps qu elle ne permet pas d'isoler des brins de filasse régu­
liers, comme on le fait à la rigueur, en prenant quelques pré­
cautions, avec les lanières cl'Urena. Lorsqu'on cherche à dis­
socier en les étirant suivant leur largeur, ces lanières de
Pachypodium, l’adhérence des filaments fibreux entre eux

PLANTES

UTILES

OU

INTÉRESSANTES

DE MADAGASCAR

359

est telle qu’on n’obtient qu’un réseau de faisceaux, de gros­
seurs très inégales.
Cela étant, on conçoit qu’il soit assez difficile de travailler
la filasse, et que les Sakalaves ne l’emploient que pour confec­
tionner des cordages.
Pour notre part, nous n’avons pu faire préparer des cordes
analogues à celles que nous avons obtenues avec les filaments
fibreux de lonibiro et de ltiriza, en raison des difficultés du
peignage â la main, qui ne donne jamais ici qu’une filasse
très grossière.
Un peignage à la machine devrait cofnpléter ce peignage à la
main ; mais nous ne possédions pas les quantités d’étoupe
nécessaires (10 kilogrammes au minimum) pour alimenter une
peigneuse mécanique. Nous avons donc dù nous contenter
d’une filasse seulement dégrossie, avec laquelle nous avons fait
confectionner un fil de caret de 3 millimètres de diamètre.
Ce fil a été préparé avec la filasse restée définitivement dans
la main de l’ouvrier, après passage à la brosse la plus fine.
130 grammes de cette filasse ont donné 23 mètres de fil.
Fil et étoupe étaient très blancs, ou à peine teintés de jau­
nâtre, ce qui prouve que les lanières ne doivent leur coloration
jaune qu’à la substance agglutinant les faisceaux.
Pour juger de la résistance, nous avons fait alors confection­
ner un til de caret analogue en chanvre de Russie, et un fil en
abaca.
La longueur des fils étant de 1 m. 80, la rupture a eu lieu
sous les charges de: 47 kilogrammes pour le chanvre, 34 kilo­
grammes pour l’abaca, Ifi kilogrammes pour le Pachypodium.
Nous nous gardons, d’ailleurs, de trop insister sur le résul­
tat obtenu avec l’abaca, pour lequel nous n’avons pu faire
qu’un essai. Mais les chiffres que nous donnons pour le
chanvre et le Pachypodium sont les moyennes de plusieurs
essais, et ils établissent que la résistance de cette filasse de
Pachypodium est environ trois fois plus faible que celle du
chanvre, et correspond, à peu près, par conséquent, à celle des
fibres d Urena.
Mais, tandis que la filasse d'Urena est ligneuse, celle de

�360

II. JUMELLE

Pachypodium, comme celle de lombiro, est cellulosique, car
elle se colore en bleu ou en bleu-mauve par la solution iodoiodurée et l'acide sulfurique, et elle ne jaunit pas par le sul­
fate d'aniline.
Dans le réactif de Schweizer, pourtant, nous n’avons jamais
pu obtenir sa dissolution, alors que le même liquide dissolvait
le chanvre.
Desséchée, elle abandonne 14,38 °/o d'eau.
Incinérée, elle laisse 1,92 °/0 de cendres.
Les libres élémentaires — qu'il est assez facile d'isoler, sim­
plement en les dissociaitt sur des fragments de lanières qui
ont séjourné dans une solution potassique — ont de 2 cm. 1/2
à i- centimètres de longueur. De calibre général très inégal,
elles présentent, çà et là, des dilatations ovoïdes, et leur canal
est généralement très irrégulier. Aux points les plus étroits,
elles ont de 0 mm 018 à 0mm 23 de diamètre total; dans les
parties rentlées, elles ont de 0n,ra 033 à 0mm 045. Dans ces
dilatations, le canal est très large; il peut avoir, par exemple,
0mm 031 pour une paroi de 0mm 045. Dans les rétrécisse­
ments, il est. au contraire, plus ou moins réduit à une ligne, ou
même devient complètement invisible.
Ces libres de Pachypodium sont donc bien distinctes de
celles d Urena et de Cryptostegia.
Au point de vue de la ténacité, si l'on représente par 3 la
résistance du chanvre d'Italie à la rupture, on peut admettre
— sous cette réserve, du moins, que la force du chanvre que
nous prenons pour type de comjjaraison peut être évidemment
un peu variable, car elle dépend de la provenance, de Incul­
ture, de la préparation — que les coefficients de résistance
des autres textiles sont : 1,35 à 1,55 pour la filasse de Cryp­
tostegia madagascariensis; 1,05 pour celle d'Urena lobala\
1,02 pour celle de Pachypodium Rutenbergianum.
Mais, au surplus, l'intérêt des Pachypodium comme textiles
est certainement, à plusieurs égards, très restreint. En pre­
mier lieu, leur filasse est bien cellulosique, mais nous avons
dit les difficultés que présente sa préparation, difficultés qu'au­
cune raison sérieuse ne nous semble forcer à surmonter. Puis

PLANTES

UTILES

OU

INTÉRESSANTES DE

MADAGASCAH

301

les vontaka ne sont guère des plantes de culture; et s’il est
vrai qu'ils sont assez communs dans les régions de Madagas­
car que nous avons indiquées plus haut, il n’en reste pas moins
probable que leur abondance n’est pas telle qu’une exploitation
un peu intense ne les ferait rapidement disparaître.
Le Cryptostegia madagascariensis. reste bien l’espèce beau­
coup plus digne d’attention que ces vontaka et que Y Urena
lobata.
Nous avons donc étudié successivement dans ce mémoire:
un arbre à ébène, le Diospyros Perrieri; deux Légumineuses
à palissandre, le Dalbergia ikopensis Juin, et le Dalbergia
Perrieri Dr. ; deux plantes à gommes-résines, ce Dalbergia
Perrieri Dr. et le Pouparlia gummifera; une Bignoniacée à
exsudât gommeux, le Slereospermum euphorioides: une Passiflorée dont la base tuberculeuse de la tige est recouverte
d’une couche de résine mélangée à de la cire, YOphiocaulon
firingalavense\ une Rubiacée à résine, le Genipa Rutenbergiana; une Apocynée à latex saponifiant, YAlafia Perrieri ; et
une Asclépiadée et une Apocynée textiles, le Cryptostegia
madagascariensis et le Pachypodium Rutenbergianum.

�____

��ANNALES DC MUSfi K COLONIAL DE MARSEILLE.

H a m ea u a v ec fru its

3 / i-) d e

Poupurlia gununiferu

P l a n c h e II I

Spr

�ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE

Rameau avec Heurs et fruits , 2 3) de Genipa Ruteribergiana Baill.

�I
II

A.X.XALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE.

Feuilles (2/5), fruit (1/2) et graine de Stereosperm um euplwriodes DG.

P

lanche

IV

����AAA'ALES DU MISÉE COLOMAL DE MARSEILLE.

P lanche IX .

Follicules '1/2) de Pachypodium Rutenbergianum \ atke

�NOTES
SUR

LA FLORE DU NORD-OUEST
DE
P

au

MADAGASCAR

MM. H. JUMELLE

et

H. PERRIER DE LA BATHIE.

Nous allons décrire ici quelques plantes nouvelles ou encore
imparfaitement connues du nord-ouest de Madagascar. La
première est une Cryptogame et est un Basidiomycète-Gastromvcète ; les autres sont une Méliacée, une Sapotacée, un
Palmier, deux Asclépiadées et trois Strychnos.
Clathrus madagascariensis nov. sp.
Si l'on admet que les Clathrus et les Laternea sont deux
genres distincts, notre espèce est de celles qui, par l’extrême
réduction du réseau, constituent des types intermédiaires.
Autour de la glèbe, en effet, sont quatre ou cinq bras
(lig. 1) qui sont indépendants sur presque toute leur longueur;
ce n'est qu'immédiatement au voisinage du sommet que se
dessine un réseau, provenant soit de ce que quelques anasto­
moses transversales ou obliques, comme dans la figure cijointe, unissent les bras, qui se soudent plus haut par leurs extré­
mités, soit de ce que ces bras se bifurquent et que les bifurca­
tions se soudent entre elles à des niveaux divers, soit encore
de ce que les bras mêmes se soudent directement, sans indi­
cation de barre transversale, avant de s'unir de nouveau au
sommet.

�364

363

II. JUMELLE ET II. FERMER DE LA BATHIE

LA FLOUE DU NORD-OUEST DE MADAGASCAR

Mais, quelle que soit que soit la manière dont ce réseau
plus ou moins irrégulier s’organise, il y a donc ainsi ordinai­
rement, dans la partie supérieure de la masse enveloppée par
la volve, quelques mailles ; et, si réduit qu’en soit le nombre, ce
rudiment de réseau doit faire classer le champignon parmi
les Clatlirus.
D’autre part, d ’ailleurs, nous avons vu quelques individus
chez lesquels il n’v avait entre les bras aucune union autre
que celle des extrémités; ce serait plutôt, en ce cas, le type
La teme a.
En réalité, notre espèce est de celles qui justifient la manière
de voir des nombreux mycologues pour qui les La terne a ne
sont pas un véritable genre et doivent être placés dans le genre
Clatlirus.
Le Clatlirus maclagascariensis a été trouvé par l'un de nous
dans le Boina, sur des débris de bois, en forêt humide et
sombre.
Avant la déchirure de la volve, le champignon est blanc,
transversalement ovoïde ou presque globuleux (lig. 1), de
2 centimètres à 2 m. 1/2 de diamètre, avec, à la base, les cor­
dons ramifiés ordinaires.
Sous cette volve, les quatre ou cinq bras, qui sont d’un
beau rouge corail, sont étroitement accolés contre la glèbe.
Celle-ci est grise, circonvolutée, et divisée longitudinalement
en autant de masses lobaires qu il y a de bras. Chaque bras
court le long de la ligne médiale dorsale du lobe sur lequel
il est appliqué.
Les spores, par quatre sur chaque baside, sont à membrane
mince, incolores, et en forme de bâtonnets à sommet arrondi,
de 0 millim. 006 environ de longueur, sur 0 millim. 002 de
largeur.
La volve se déchire irrégulièrement.
Les bras, qui font alors saillie, unis au sommet comme
nous l'avons dit, ont de 4 à 6 centimètres de longueur, sur 5 mil­
limètres environ de largeur. Us ont sensiblement la même
épaisseur sur toute leur longueur, ou ne s’amincissent qu'im-

médiatement au voisinage du sommet. Ils sont indépendants
entre eux â la base.
Leur surface présente d innombrables plissements trans-

F ig . 1 . — Clalhrus madagascariensis. A gauche, le cham pignon a v a n t la
d é c h ir u r e de la volve (celle-ci é ta n l s u p p r im é e s u r l’un des deux s tr o m a s
p o u r m o n tr e r l’in té r ie u r , c’est-à-dire ia glèbe e t les bras). A droite , le
c ham pignon après la d é c h iru re de la v o l v e ; les b r a s font saillie, et la glèbe
est to m b é e .

versaux irréguliers, qui leur donnent un aspect chenillé. Tous
ces plis sont interrompus toutefois sur la ligne médiane exté­
rieure, à laquelle correspond une rainure nette et continue qui
s’étend d une extrémité à l'autre du bras.

�360

H. JUMELLE ET II.

PERRIER

DE LA

IIATH1E

Plutôt aplatis sur la face externe, où se trouve cette rainure,
les bras sont convexes sur la face qui, avant la déchirure de
la volve, était appliquée contre la glèbe.
Intérieurement, ils sont divisés en plusieurs chambres par
îles cloisons longitudinales, qui sont plissées comme la sur­
face extérieure.
Khaya matin g as carions is nov. sp.
On ne connaissait jusqu’en ces dernières années que deux
espèces de Khaya, le Khat/a senegalensis Juss., le premier
décrit, qui est le cail-cédra, ou acajou du Sénégal, et le Khaya
anthotheca DG., qui, dans l'Angola, est le cababa des
Mahungos.
Ce n’est que récemment que M. Aug. Chevalier 1 a signalé
d’autres espèces du genre dans l’Ouest-africain : le Khaya ivorensis Chev. à la Côte d Ivoire, le Khaya euryjihylla Ilorms
au Cameroun, le Khaya grandifolia C. D C.2 dans le HautOubangui, dans le pays des Mbrous, sur la rive droite de la
Tond.
Mais toutes ces espèces sont donc de l’Afrique occidentale ;
sur la côte orientale, ce n’est jusqu alors qu’avec doute que
la présence du genre, représenté par le Khaya sencgalcnsis,
est admise par Oliver, d’après des spécimens très incomplets
recueillis par Speeke et Grant dans la région du Nil blanc et
par le L)r Meller dans le Zambèze.
Cette incertitude sur l’extension du genre vers l’Afrique
orientale n’en rend, croyons-nous, que plus intéressante la
découverte de l’espèce que nous avons signalée en 1906 à
Madagascar, où elle est, dans l’Ambongo et le Boina, un des
hazomcna, ou « bois rouges », des Sakalaves.
t. Nous avons exposé la question, d ’après les renseignem ents que
nous a communiqués par lettre M. A. Chevalier, jdans notre volume :
Les ressources agricoles et forestières des colonies françaises (Barlatier,
Marseille, 1907).
2. Aug. Chevalier : Novilales /loræ africanæ (Bulletin de la Société
botanique de F rance; août 1907).

LA FLORE DU NORD-OUEST DE MADAGASCAR

367

Son bois a été quelquefois exporté au Havre, où il a été rap­
proché de celui de Yaucoumé (Boswellia Klaineana Pierre, ou
Aucoumca Klaineana Pierre) du Gabon, et vendu aux mêmes
prix.
C'est un grand et bel arbre, de 20 à 30 mètres de hauteur,
à tronc très droit et cylindrique, dont l’écorce est brunâtre
maculée de gris.
Les feuilles, qui sont surtout groupées aux extrémités des
rameaux, sont de dimensions très variables suivant qu'elles
ont poussé sur des arbres qui n'ont jamais été coupés ou sur
des pieds recépés.
Sur ces derniers, elles peuvent avoir 1 mètre de longueur
et 43 centimètres de largeur1. Sur les premiers, elles ont
ordinairement 30 à 40 centimètres de longueur sur 25 à 30
centimètres de largeur.
Elles sont glabres, paripennées, composées de 5 à 7 paires
de folioles opposées ou nettement alternes.
Les folioles sont assez brièvement pétiolées (5 à 10 milli­
mètres) ; leur limbe est elliptique-oblong. ou quelquefois
ovale, en coin à la base, faiblement aigu ou quelquefois légè­
rement acuminé au sommet.
Sur les pieds recépés, les folioles ont jusqu'à 20 centimètres
de longueur, sur 5 centimètres à 5 cm. 1 /2 de largeur. Sur les
arbres restés intacts, elles ont de 10 à 1i centimètres de lon­
gueur sur 3 centimètres à 3 cm. 1/2 de largeur.
Sur des feuilles de 30 centimètres de longueur, la première
t. Ce sont c 's feuilles que nous avons seules antérieurem ent décrites
(C. R. Acad, des Sciences; avril 1906), Mais elles provenaient d’arbres
qui paraissaient jeunes, et qui, en réalité, avaient été recépés. Ce sont,
du reste, celles q u’on aura chance de trouver le plus com m uném ent dans
les herbiers, c i r ce sont celles qu’on se procure le plus aisément. Pour
avoir les feuilles normales de la cime de pieds qui n’ont jamais été
coupés, il faut, en raison de leur hauteur, abattre ces arbres. C’est ce
qu ’a fait l’un de nous pour obtenir les nouveaux échantillons décrits.
Mais bien souvent donc, lorsque les espèces sont de haute taille, les
rameaux cueillis par des collecteurs non botanistes le sont sur des arbres
provenant de rejets; et c’est une raison de plus pour ne pas attacher
une trop grande importance aux dimensions indiquées pour des feuilles
trouvées en herbier et de provenance incertaine.

�368

H. JUMELLE ET II.

PERRIER DE LA BATHIË

paire de folioles est insérée â 1i centimètres environ de la
base.
La nervure médiane de chaque foliole est seule nettement
proéminente sur la face inférieure. Il en part 10 à 15 paires
de nervures secondaires, beaucoup moins saillantes, alternes
ou opposées, arquées, et se réunissant, par leurs extrémités,
en une nervure marginale ondulée, encore moins marquée.
Entre toutes ces nervures est un réseau de nervures très
fines.
Les inflorescences sont axillaires et sont de longues panicules
de cvmes bipares, de 30 centimètres environ de longueur.
Les premières cymes sont insérées à 15 ou 16 centimètres de
la base du pédoncule principal.
Toutes ces cymes, sur ce pédoncule, sont très espacées, tout
en étant de plus en plus rapprochées vers le sommet.
Les cymes elles-mêmes sont à ramifications lâches; celles
de la base ont 5 à 6 millimètres de longueur et ne com­
mencent à se ramifier que vers le milieu de leur hauteur.
En somme, sur toute l’étendue de l’inflorescence, les fleurs
restent bien distinctes et ne sont nulle part groupées en bou­
quets touffus.
La floraison a lieu vers septembre.
Les quatre sépales sont jaunâtres, larges et courts, arrondis.
Les quatre pétales, environ cinq fois plus longs que les
sépales, ont 5 millimètres de longueur sur 2 millimètres de
largeur ; ils sont blancs, convexes extérieurement, plus épais
au milieu que sur les bords.
Le tube staminal, de même hauteur que la corolle, est légè­
rement ventru à la base, et est à 8 lobes arrondis, entre les­
quels s’insèrent, sans filets libres, 8 étamines jaunâtres,
incluses.
Le disque est jaune-orange, large, crénelé.
Le style, blanc, se termine par un stigmate discoïde, qui est
jaune, puis vert supérieurement. L’ovaire est h quatre loges
multiovulées.
Les fruits (pl. X), mûrs en mai et juin, sont des capsules for­
tement ligneuses, quadriloculaires, chaque loge contenant une

LA FLORE DU NORD-OUEST DE MADAGASCAR

369

dizaine de graines insérées sur deux rangs. La déhiscence,
comme dans les autres espèces de Khaya, est septieide ; et
les quatre valves se rabattent de haut en bas, en laissant au
centre une colonne à quatre ailes, formées par les cloisons des
loges. Ces valves ont 6 centimètres de longueur sur 3 cm. 1/2
de largeur.
Les graines (pl. X) sont aplaties, brunes, et entourées d’une
membrane comme celles du Khaya senegalensis, mais de forme
un peu différente : elles ne sont pas orbiculaires, mais plu­
tôt vaguement triangulaires, le hile correspondant à l’un des
sommets du triangle. Elles ont souvent, non compris la mem­
brane bordante, 2 centimètres à 2 cm. 1/2 de largeur sur
I cm. 5 à I cm. 7 de longueur, mais peuvent être aussi plus
petites. La radicule, qui est papilliforme, est latérale et
située un peu au-dessus du hile. L’embryon est ainsi oblique­
ment transversal.
A notre avis, cet embryon forme seul toute 1 amande, car
nous ne voyons pas pour quelle raison Guillemin et Perrotet,
puis de Gandolle, Bentham et Ilooker, ainsi que Bâillon, ont
admis dans le genre Khaya un albumen qui serait confusé­
ment soudé avec les cotylédons. L'amande est formée de
deux masses égales, que traversent des faisceaux libéroligneux, et qu’aucun caractère n'empêche, selon nous, de con­
sidérer comme constituées exclusivement par les cotylédons.
Telle est la nouvelle espèce que nous avons nommée Khaya
mailag ascariens is .
Dans l’Ambongo et dans le Boina, l’arbre pousse dans
toutesles alluvions calcaires et humides des bords des rivières.
II ne manque que sur les sols siliceux, où il est remplacé par
les Canarium.
Son tronc secrète une gomme, qui se concrète sur 1 écorce
sous l’aspect de petites stalactites, dont les unes sont jaune
clair, les autres plus brunes, et d'autres verdâtres.
Cette gomme, lorsqu’elle est récoltée depuis quelque temps,
contient 21 °/0 d’eau. Complètement desséchée, elle se com­
pose de 85 parties solubles dans l’eau chaude et de 15 parties
gonflables mais insolubles.
Annales du Musée col. de Marseille. — 2* série. 5e vol. 1907.

21

�371»

II. JUMELLE ET II.

PEIU11ER DE LA UATHlÊ

La portion soluble dans l’eau chaude reste dissoute après
refroidissement, et donne des solutions épaisses, mais encore
parfaitement liquides, en présence de douze fois son poids
d'eau.
Ces solutions, plus ou moins colorées, ont l'aspect de solu­
tions de gomme d'Acacia Sénégal. Étendues en couche mince
sur le papier, elles lui donnent une certaine adhésivité.
La gomme en est précipitée, â l'état gélatineux, par l’acé­
tate neutre et par le sous-acétate de plomb ; mais elle n’est
pas précipitée parle perchlorure de fer, qui, en outre, ne pro­
voque aucun changement décoloration.
C'est donc une gomme sans tanin.
Elle est sans saveur ni odeur.
Sideroxylon rubrocoslatum nov. sp.
Le nom de « natte » (ou nalo) est appliqué, à la Réunion, à
Maurice et à Madagascar, à différentes Sapotaeées.
A Maurice et à la Réunion, le grand natte, ou natte à
grandes feuilles, est YImbricaria maxima Loir. ; le petit natte,
ou natte à petites feuilles, ou petit natte rouge à grosse peau,
est le Miniusops calophylloides Baill.
A la Réunion, le natte bâtard, ou natte blanc, est le Side­
roxylon borbonicum DC. et d'autres espèces du même genre ;
le petit natte blanc est le Miniusops calophy lloides var. revoluta.
A Maurice, le bois de natte rouge est le Miniusops E ryt/troxylon Boj.
A Madagascar enlin un des nato est le Miniusops Commersonii Engl. [Imbricaria coriacea DC., Labramia coriacea
Benth. et Hook., Miniusops Bojeri Hartog).
Mais est aussi un nato le nouveau Sideroxylon que nous
allons décrire, et qui est une espèce du bassin du Bemarivo.
C’est un arbre de 20 à 25 mètres de hauteur, à écorce noi­
râtre et crevassée, à bois jaune-rouge très dur.
Les très jeunes rameaux seulement sont parsemés de poils

LA FLOUE

de

NOHD-OUEST DE MADAGASCAR

371

blancs ; mais ces poils sont rapidement caducs, et, de très
bonne heure, tous les rameaux sont entièrement glabres.
Les feuilles (pi. XI) sont de consistance très variable sui­
vant l’àge. Jeunes, elles sont très minces et transparentes
(vert brunâtre à sec) ; plus vieilles, elles deviennent coriaces
(vert pâle ou vert blanchâtre à sec).
Elles sont alternes, assez longuement pétiolées (de 5 à
20 millimètres), glabres. Le limbe est ovale-allongé, aigu aux
deux extrémités dans les jeunes feuilles, souvent plus ou
moins arrondi à la base dans les feuilles âgées. l i a de 7 à
10 centimètres de longueur sur 2 cm. 1/2 à 4 centimètres de
largeur. Les nervures secondaires, nombreuses et assez rap­
prochées, presque perpendiculaires à la nervure médiane, sont
peu visibles ; sur les minces feuilles jeunes on les voit sur­
tout par transparence.
La nervure principale, au contraire, est toujours très nette
sur les deux faces, bien saillante et rouge.
Les Heurs, portées sur des pédicelles de 7 à 10 millimètres,
sont par bouquets aux aisselles des feuilles tombées, et forment
des glomérulcs (d’environ 3 centimètres de diamètre] immé­
diatement au-dessous des jeunes rameaux.
Ces Heurs sont verdâtres.
Les sépales sont triangulaires, acuminés, de 5 miilim. I 2
de longueur sur 3 millimètres de largeur. Ils sont ciliés sur
les bords, pubescents extérieurement, glabres en dedans.
La partie soudée de la corolle a 3 millimètres de hauteur ;
et les 5 lobes sont des languettes de 5 millimètres de longueur
sur I millimètre de largeur.
Les 5 staminodes, bordés de longs poils filamenteux, sont
triangulaires, acuminés, recourbés en dedans.
L e s 3 étamines, dont les lilets, glabres, deviennent libres
sur une longueur de I miilim. 1 2 environ au sommet du tube
corollaire, sont presque aussi hautes que les lobes (pl. XI). Les
anthères (3 millimètres de longueur) sont aiguës au sommet.
L’ovaire, à 5 loges, couvert de poils bifurqués comme on
en observe chez d’autres Sapotaeées, le Miniusops Aface

�Engl, par exemple, est conique, el surmonté d’un st yle qui
dépasse largement la lleur.
En raison de la coloration rouge de la nervure médiane de
toutes les feuilles à tout âge, nous avons nommé cette espèce
Sideroxylon rubrocostafuni.
Dans le bassin du Bemarivo, l’arbre est commun dans les
rocailles des bords des torrents.
Lorsqu'on incise le tronc, il s’écoule en abondance un latex
blanc, qui se coagule rapidement sur la plaie.
D’abord poisseux, le coagulât complètement durci est cas­
sant et assez facilement pulvérisable.
Il est de couleur gris-brun.
*Un fragment jeté dans l’eau bouillante se désagrège, puis
se délaie ; et le liquide prend un aspect laiteux qu’il conserve
longtemps après le refroidissement, la substance ne se dépo­
sant que lentement.
Le produit n'est donc même pas une de ces matières guttoïdes comme en fournissent les latex de beaucoup d’autres
Sapotacées, matières qui, si elles n ont pas les propriétés iso­
lantes de la gutta-percha, se ramollissent du moins, comme
celle-ci, dans l’eau chaude sans se désagréger, et deviennent
momentanément plastiques.
Non seulement, du reste, le latex concrété du Sideroxylon
ruhrocostatum se désagrège, mais déjà, avant cette désagré­
gation. lorsque la température s’élève, il devient visqueux. A
tous égards il est dénué d'intérêt.
Borassus flabellifer L.
Le Borassus de Madagascar, qui est le (limai,a des Sakalaves, a été jadis considéré par Bojer comme une espèce dis­
tincte, le Borassus maclagascarien sis.
Nous ne sachions pas que, depuis lors, la question de la
spécificité réelle du rônier malgache ait été de nouveau exa­
minée, ni qu’une description ait jamais été donnée du palmier
que Bojer s'est contenté de dénommer.

LA F LO K10 DI

iNOItn-OüLST DK MADAGASCAR

373

Il n’est peut-être pas inutile, par conséquent, de faire
aujourd’hui cette étude.
Le genre Borassus a déjà donné lieu à beaucoup de discus­
sions, puisque tous les auteurs n'ont pas toujours voulu
admettre comme une simple variété du type asiatique le Boras­
sus de la zone tropicale du continent africain.
Martius 1 notamment, à l’encontre de Linné et de Schuma­
cher et Thoning, réserve au palrnyra (ou lontar) du sud de
l’Asie le nom de Borassus flabellifer (ou Borassus flabelliformis) Lin. ; et le palmier africain, le de leb du Soudan oriental,
serait le Borassus Ethiopurn.
Les deux caractères sur lesquels se base Martius pour sépa­
rer les deux espèces sont : I" le plus petit nombre de fleurs
(5 à 7 au lieu de 10 à 15) groupées à l'aisselle de chaque
bractée des épis mâles, dans le Borassus africain ; et 2° le ren­
flement du tronc de ce même Borassus.
Mais, comme le fait justement observer M. Ivirk2, ces
deux caractères sont vraiment secondaires, au cas même où
l'on admet — ce qui est contestable —- qu’il y ait toujours la
différence signalée dans le nombre des fleurs du palrnyra et
du deleb. Le renflement plus ou moins prononcé du tronc est
aussi un de ces caractères variables qui sont sans grande
importance. Enfin, en ce qui a trait à la répartition géogra­
phique, le Borassus ne serait pas la seule plante commune aux
flores de l'Asie et de l'Afrique tropicales.
Et l'opinion de M. Ivirk est restée celle de presque tous les
botanistes, car Bâillon 3, M. Warburg \ M. Drude 5,
M. W right11, M. de W ildeman7 mentionnent le Borassus
africain sous le nom de Borassus flabellifer var. Ethiopurn.
1. Martius : Historia naturalis palmarurn Munich, 1823-1850 .
2. Kirk : On the Palnis o f East tropical A frica (Journal of tlie Linnean Society, 1867).
3. Bâillon : Histoire des Plantes, vol. 13.
i. W a r b u rg , in : Engler, Die Pflanzenwelt Ost-A friras, B.
5. A. Drude : Die P aime n fl or a des tropischen A frik a Bot. Jalirbücher,

21).
6.

W r ig h t, in : Flora o f tropical A frica, vol. VIII.
7. De W ild e m a n : Mission Em ile L a u ren t, 1903.

�374

h.

.11 mk l l k

et

h

. l'F.n ni i .r ni :

la

h ath ie

M. NVarburg fait cependant quelques îéserves, suggérées
par certaines différences qu'a relevées M. Drude, et qui vien­
draient s'ajouter à celles déjà indiquées par Marlius, entre les
deux formes.
Sur les segments foliaires d’un spécimen de Sénégambie,
M. Drude a remarqué que la face inférieure présente des
nervures longitudinales assez fortes, bien séparées les unes
des autres par des intervalles de I à 2 millimètres, mais que
réunissent des nervures presque aussi grosses, qui leur sont
perpendiculaires. L’ensemble forme ainsi une surface résiliée,
constituée par de petits carrés de I à 4 millimètres carrés.
Sur les segments foliaires du palm yra, la nervation est
beaucoup plus ténue, visible seulement à la loupe; les ner­
vures longitudinales sont d'épaisseurs inégales, les plus fines
très rapprochées ; les nervures transversales sont si faibles
et courent, en même temps, en lignes si ondulées qu'il n'y a
plus de quadrillage régulier.
Une seconde différence serait fournie par le nombre des
spathes de l'inflorescence femelle.
Ferguson (cité par M. Drude) dit que, tandis que, sur le
spadice mâle du palmyra, il y a 10 à 14 petites bractées, le
spadice femelle, qui est simple, ne possède ordinairement
qu’une bractée, et n'est que très rarement formé par deux
rameaux, à l’intérieur d'une gaine composée.
Dans un échantillon du musée de Kew examiné par
M. Drude, le spadice fructifère était, par contre, entouré de
4 bractées de 40 à 44 centimètres, et d'une cinquième plus
longue, de 00 centimètres.
Si on n’admet pas pour le Borassus une variation dans le
nombre des spathes, qui n'est pas le cas ordinaire chez les
autres palmiers, il est certain qu’il aurait y là une réelle dis­
tinction à établir.
Mais M. Drude lui-même ajoute qu'il faudrait être plus sur
qu'on ne l’est de l'exactitude et de la constance de ces dilféences.
Et, d'autre part, il y a identité incontestable entre les deux
formes asiatique et africaine au point de vue de la longueur

LA FLOUE DU NOHD-OLEST DE MADAGASCAR

375

des inflorescences mâles, de la structure des fleurs, et même,
quoique en ait dit Martius, du nombre des fleurs mâles aux
aisselles des bractées. CarM. Drude confirme, au sujet de ce
nombre, 1 observation déjà faite par M. Kirk que la différence
n’est pas nécessairement celle que croyait Martius.
Quels sont maintenant les caractères du Borassus de
Madagascar?
Précisons tout d’abord qu’il n’est pas douteux que le type
de palmier que nous décrivons est bien le même dont parle
Bojer, car l’auteur de Y H or tus mauritianus dit de son Boras­
sus madayascariensis qu il « croît sur les bords de la rivière
Marou-Voai, dans la baie de Bombetok, autour du village de
Majungay, où son nom malgache est dimouka. »
C’est dans la même région que nos observations ont été
faites et nos échantillons recueillis.
Le palmier a de 6 à 20 mètres de hauteur (fig. 2). Les
trois individus abattus par l'un de nous aAraient respective­
ment 14, 15 et 10 mètres. Ces arbres, avec leur bouquet ter­
minal de feuilles, avaient donc environ 20 mètres de hauteur
totale.
Le tronc est grisâtre, lisse, à cicatrices foliaires très peu
marquées, avec un renflement vers le milieu de sa longueur
ou au-dessus, plus rarement au-dessous. D'abord conique à
la base, il s’amincit ensuite, puis se rende en fuseau, et se
rétrécit de nouveau au voisinage des feuilles, tout en restant
plus épais qu'au-dessus de la partie conique basilaire.
Sur l'un des exemplaires abattus, le diamètre était de
60 centimètres immédiatement au niveau du sol, 40 centi­
mètres à 2 mètres plus haut, 75 centimètres à 6 mètres audessus, et 50 à 55 centimètres au voisinage des feuilles (à 16
mètres de terre).
Au centre du tronc est une moelle rappelant celle du
Medemia nobilis, un peu amère comme celle-ci, avec des
filaments libéro-ligneux noirâtres et cassants. La partie péri­
phérique seule de la tige est très dure.
Le bouquet terminal est composé de 12 à 16 feuilles.

�1. P . C laverie

: L 'H y p h e n e c o ria c e s , p a lm ie r te x tile d e M a d a g a s c a r

(Comptes Rendus de l’Académie des sciences, mars 1904).
-• M. Claverie signalera prochainement ces mêmes points rougeâtres
sur les segments foliaires de 1 H y p h e n e H ild e b r a n d ii (ancien H y p h e n e
rnriaeea de Madagascar,

Borassus

Jeunes, ces feuilles sont plongées dans un épais duvet
grisâtre, qui recouvre également les ülaments intersegmen­
taires qu'on remarque chez le Borassus du nord-ouest de
Madagascar comme chez les Afcdemia et les Hyphene de la
même région.
Lorsqu'elles sont épanouies, les feuilles, qu entourent a
leur point d insertion de torts filaments fibreux, sont très
grandes.
Le pétiole a 2 mètres environ ; il est fortement creusé en
gouttière sur sa face supérieure, et convexe sur sa face infé­
rieure : ses bords sont garnis de courts aiguillons irréguliers.
Le limbe épanoui couvre une surface de 1 ni. 70 a 2 m. 20
de longueur, sur 2 m. 50 à 3 mètres de largeur.
Sur les segments foliaires, on n'observe pas aussi faci­
lement que semble le dire M. Drude pour son spécimen de
Sénégambie la structure résiliée. Les seules nervures bien
marquées sont les nervures longitudinales, espacées de
I millimètre environ. Les nervures transversales sont peu
visibles, même à la loupe, sur les jeunes feuilles ; elles ne
deviennent un peu plus nettes que sur les feuilles âgées. Mais
elles ne se raccordent pas en lignes droites sur toute la
largeur du segment, et elles ne forment pas de carres de / a
l millimètres ; il n'y a pas de quadrillage régulier.
Par contre, ce qui est caractéristique sur nos feuilles, et ce
que M. Drude n’indique ni pour le palmyra ni pour le deleb,
c'est la présence, sur les jeunes feuilles, d’une infinité de
petits points rougeâtres 2 que portent les nervures longitudi­
nales, aussi bien sur la face supérieure que sur la face infé­
rieure. Les deux faces des segments sont ainsi toutes pique­
tées de ces points, qui sont les cicatrices laissées par la chute
précoce de touffes de poils bruns.
Avec 1 âge, ces points blanchissent ou deviennent grisâtres;

de M adagascar.

H. JUMELLE ET II. PERHIEH DE LA BATIIIE

L es

376

�378

H. .11 MELLE ET H.

P ER K1ER DE LA RAT! HE

ils restent cependant longtemps visibles sur les parties des
leuilles qui échappent à tout contact. Ils disparaissent, au
contraire, rapidement aux endroits où, par exemple sous le
souffle du vent, les segments sont sans cesse frottés les uns
contre les autres.
Sur les pieds mâles, les inflorescences (fig. 3) sont simples
ou composées.
Nous appellerons du moins — il est nécessaire de préciser,
car ce terme,au sens où nous l'employons ici, estconventionnel
— inflorescences simples les spadices dont l’axe principal
ne porte que des épis pédoneulés isolés, ou bien des groupes
de deux ou trois épis réunis au sommet d’un pédoncule com­
mun. Ce sont donc, en réalité, des grappes d'épis '. Mais
nous nommerons plus spécialement inflorescences composées
celles dont l'axe principal porte, en outre, à différents niveaux
de sa partie inférieure, des axes secondaires qui ne sont pas
directement des pédoncules d’épis, mais ont même organi­
sation générale et même spathes basilaires que l’axe principal
et portent à leur tour, comme ramifications de second ordre, les
épis ou les bouquets d’épis.
Quand l'inflorescence est simple, elle a ordinairement
5 spathes stériles. La sixième spathe a à son aisselle le premier
épi ou le premier pédoncule d’épis. Viennent ensuite des
spathes longuement tubuleuses, presque deux fois plus
longues que celles de la base, et dont le nombre est égal au
nombre des pédoncules suivants.
Ainsi donc une inflorescence h deux épis (ou groupes
d'épis) aura 7 spathes; une inflorescence à trois épis aura
8 spathes, etc.
Lorsque l’inflorescence est composée, le premier épi est
encore à l’aisselle de la sixième spathe, et il y a également
au-dessus un nombre variable d'épis, avec chacun une spathe
tubuleuse, comme précédemment. Mais c’est aux aisselles
1. Ces épis sont, du reste, eux-mêmes exactement des épis de cym es de
corymbiformes, si l'on admet que les petits bouquets de fleurs logées
aux aisselles des innombrables bractées écailleuses de ces épis sont,
c o m m e le dit Bâillon, des cymes corymbiformes de fleurs mâles.

L\

FLORE DU NORD-OUEST DE MADAGASCAR

379

de quelques-unes des b spathes de la b ase— qui, tout à
l’heure, dans l'inflorescence que n o u s appelons simple, étaient

Fig. 3. — Inflorescences mâles du Borassus flaheWfer de M adagascar.

stériles — que se trouvent les axes secondaires sur lesquels
sont, comme sur l'axe principal, des épis.
Sur ces axes secondaires toutefois, où les spathes sont
plus petites, les épis peuvent apparaître à l’aisselle de la
cinquième, ou même de la quatrième de ces spathes. 11 n y
a donc, sur ces ramifications, que 3 ou i bractées stériles, au
lieu de 5.
Ces explications générales données, voici le détail d une

�380

H. JUMELLE ET H.

FERMER DE LA RATI1IE

inflorescence simple, après laquelle nous analyserons une
inflorescence composée.
L inflorescence simple que nous considérons a I m. 20 de
longueur totale. Sa base est comprimée par les spathes, qui
sont irrégulièrement distiques. L'axe a une longueur de 32cen­
timètres.
La première spatlie a 30 centimètres de longueur sur
13 centimètres de largeur ; elle est fendue en deux, bicarénée, peu aiguë.
La seconde, de mêmes dimensions, est engainante à la
base, sur une hauteur de 5 centimètres, carénée sur le dos,
avec une seconde carène plus petite rejetée latéralement.
Elle se termine en pointe subobtuse dure.
Los carènes observées sur ces deux premières feuilles sont
dues à la pression des pétioles sur les inflorescences.
La troisième spathe ressemble beaucoup aux deux premières,
mais a b centimètres de plus de longueur et n’a pas de
carène latérale. La quatrième, engainante à la base sur 10 cen­
timètres, a 40 centimètres de longueur et 13 centimètres de
largeur. La cinquième, plus engainante encore (11 centi­
m ètres, est aussi un peu plus grande. La sixième lui est
semblable, mais à terminaison plus obtuse.
C’est à l’aisselle de cette dernière bractée qu'est le premier
pédoncule. Ce pédoncule, plus ou moins aplati, est long de
40 centimètres et porte à son sommet, dans le plan de son
aplatissement, 3 épis cylindriques ou un peu comprimés, droits
ou courbes, de 35 à 40 centimètres de longueur, et de 4 centi­
mètres environ de largeur.
La septième spathe est bien différente des précédentes. Elle
est longuement engainante, terminée en pointe obtuse, tubu­
leuse, à dos arrondi dans la partie basilaire, caréné seulement
vers le sommet dans la partie libre. Sa face ventrale, qui est
tournée vers le pédoncule précédent puisque toutes ces brac­
tées sont opposées, est creusée par ce pédoncule qu’elle
encastre ; et cet encastrement, plus haut, se divise en trois
sillons correspondant aux emplacements des trois épis. La par­
tie engainante a 30 centimètres de longueur, et la partie
ouverte In centimètres.

LA FLORE DU NORD-OUEST DE MADAGASCAR

381

Le pédoncule qui part de l’aisselle de cette septième spathe
est long de 38 centimètres, et surmonté seulement de deux
épis.
La huitième spathe ressemble à la septième, mais est plus
grande (48 centimètres sur b), engainante et tubuleuse sur
une longueur de 40 centimètres, brièvement (8 centimètres)
ouverte au sommet, qui est une pointe courte et obtuse. Sur
sa face ventrale est marqué l'encastrement du pédoncule pré­
cédent, cet encastrement se bifurquant au niveau des deux
épis terminaux. Le pédoncule qui appartient à cette dernière
bractée a 54 centimètres de longueur et se termine par un
seul épi.
L’axe principal de toute l’inflorescence a 20 centimètres
depuis la base jusqu’au premier pédoncule, et 12 centimètres
au-dessus.
On voit que cette inflorescence simple se compose, au total,
de 6 épis, portés par 3 pédoncules, le premier en possédant
trois, le second deux, et le troisième un.
Pour montrer les variations, nous pouvons citer une autre
infl oresce nce simple.
Dans celle-ci, les b premières spathes ressemblent aux
bractées correspondantes du spadice précédent; mais c'est à
l’aisselle de la cinquième spathe, à peine engainante, qu est
le premier pédoncule.
Ce pédoncule de la cinquième spathe porte 3 épis.
Le pédoncule de la sixième, qui n'est pas engainante, a
3 épis.
Celui de la septième, un peu engainante, en a également 3.
On en compte aussi 3 au sommet du pédoncule de la hui­
tième, qui est longuement engainante. Il n'y en a qu'un sur
le pédoncule de la neuvième, longuement tubuleuse.
Au total, cette fois, nous avons 12 épis sur b pédoncules.
Examinons maintenant un spadice composé.
L'inflorescence a, comme la première, une longueur totale
de 1 m. 20, mais est moins comprimée à la base. L’axe
principal a G0 centimètres.
La première spathe a 36 centimètres sur 13; la se'ri le

�382

H. JUMELLE ET 11. l'KltltlLK DE LA IIATIIlÈ

40 centimètres sur 18 ; la troisième, 42 centimètres sur 20.
Ces trois spathes sont brièvement embrassantes, et tendues
en deux moitiés, qui sont rejetées par la croissance de 1axe de
part et d'autre de cet axe ; chaque moitié est carénée sur le
dos. .1 l'aisselle de la troisième spathe est In première ramifi­
ent ion.
L'axe de celte ramilication porte (i spathes semblables à
celles d'une inflorescence simple, mais plus petites. Les deux
dernières (5e et 6e) enveloppent chacune un pédoncule à un
seul épi.
La quatrième spathe de l'axe principal, qui a 54 centimètres
sur 20, est peu carénée, peu engainante. De son aisselle part
la seconde ramification.
Cette seconde ramification est encore à 0 spathes comme la
première. Mais sa spathe n° 1 n ’est pas fendue en deux et est
seulement fortement marquée sur le dos, entre les deux
carènes, par la pression de l'axe principal ; puis il y a
3 pédoncules, car le premier esl à l’aisselle de la quatrième
bractée. Ce pédoncule lia qu'un épi ; les deux suivants,
engainés chacun dans une spathe tubuleuse, en portent respec­
tivement 3 et 1.
La cinquième spathe de l'axe principal a 'in centimètres
sur 24. Elle est. comme la précédente, peu carénée, peu
engainante.
A son aisselle naît la troisième ramilication, quia 5 spathes
et deux pédoncules à un seul épi. Le pédoncule terminal seul
est enveloppé d une spathe tubuleuse.
La sixième spathe, de 4b centimètres sur 18, est peu caré­
née, assez longuement (10 centimètres) engainante.
De son aisselle part, comme nous l avons dit plus haut, non
plus une ramification, mais, comme dans une inflorescence
simple, un pédoncule à épis, qui est le premier pédoncule (h*
l'axe principal. 11 n’y a qu'un épi.
La septième spathe ressemble à la sixième, tout en étant
moins aiguë au sommet. Sa face ventrale est marquée par
l’encastrement du pédoncule précédent. Son pédoncule propre
est surmonté de trois épis.

la

floue

du

n o h D- o u e s t

de

Ma d a g a s c a r

383

La huitième spathe, de 55 centimètres de longueur, est
longuement (30 centimètres) tubuleuse. L’encastrement de sa
face ventrale est trifurqué au sommet, puisque le pédoncule de
la septième spathe était à 3 épis. Le pédoncule de la huitième
spathe est long de 60 centimètres et a 3 épis.
La neuvième spathe, de 45 centimètres, a la même gaine
que la précédente, mais sa partie ouverte est bien plus courte
(15 centimètres au lieu de 25). Le pédoncule qui part de son
aisselle a 60 centimètres et est à 3 épis.
La dixième et dernière spathe, de 50 centimètres sur 5 ou
6, est longuement tubuleuse, comprimée à sa base, marquée
d'un encastrement trifurqué, et enveloppe complètement le
pédoncule terminal. Elle est ouverte seulement au sommet
pour le passage de ce pédoncule, qui a 60 centimètres et est à
un seul épi.
En définitive, ce spadice composé porte, au total, 20épis, dont :
11 appartiennent à l’axe principal, à partir de la sixième
spathe ;
2 appartiennent à la première ramification (3e spathe) ;
5 appartiennent à la seconde ramification (4e spathe) ;
2 appartiennent à la troisième ramification (5e spathe).
On voit que, comme nous l’avions dit, les ramifications sont
localisées à la base de l’axe principal du spadice, aux aisselles
de ces premières bractées qui, en aucun cas, ne portent direc­
tement ni épis ni pédoncules d’épis.
En d’autres termes, une inflorescence mâle composée de
Borassus tlabellifer est une inflorescence simple dans laquelle
les bourqeons des cinq premières spathes — aux aisselles des­
quelles normalement ne naissent jamais d'épis — se déve­
loppent en ramifications de l'axe principal, au lieu d'avorter.
Au-dessus de la sixième spathe, l’axe d'une inflorescence
composée redevient un axe ordinaire d’inflorescence simple,
c’est-à-dire — puisque c’est le sens que nous avons donné à
ce terme — une grappe d’épis L
!. Mais ces épis étant eux-mêmes, comme nous l’avons déjà dit en
note, des épis de cymes corymbiformes, ce que nous appelons Y in flo r e s -

�HSi

ii.

jumelle

et

ii.

pishniEH nu

la

b a t II ir

Au sujet île ces épis, que nous n avons pas encore décrits,
Lenombre
ou, du moins, que avons dit seulement être soit presque cylin­
driques, soit plus ou moins comprimés, il est une remarque
importante à faire.
I n v a r i a b l e m e n t ils se terminent par un rétrécissement
brusque, eii forme de petit cône, dont le diamètre basilaire est
moindre que la larqeur de la, partie de l'épi située immédiate­
ment au-dessous.
Ce caractère est bien visible, surtout à droite, sur la
figure 3 ; et nous le mentionnons en y insistant, car nous ne
l’avons trouvé nulle part signalé, et il n’est pas indiqué sur
la figure que donne Bâillon du spadice mâle de Borassus flabellifei\ dans son Histoire des plantes. Serait-ce une particularité,
qui alors serait assez grande, du Borassus malgache ?
Dans les fleurs que portent tous ces épis mâles, les sépales
sont libres, un peu élargis au sommet, obtus, mesurant
de longueur, sur 2 millimètres de largeur; les pétales,
soudés sur une longeur de 3 millimètres, ont 3 millimètres
sur I dans leur partie libre, qui est à sommet arrondi. Les
étamines, dont les anthères sont lixées sur de courts lilets,
égalent à peu piès les lobes corollaires.
Sur les pieds femelles, les inflorescences sont toujours des
épis vraiment simples.
No u s entendons par là que l'axe principal ne porte même
plus des épis, comme dans les inflorescences mâles que con­
ventionnellement nous avons appelées « simples » (pour lesbien
distinguer de celles qui. vers leur base, portent des ramifica­
tions plus ou moins semblables à l'axe principal . Dans le
spadice femelle, l'are principal porte directement des /leurs.
A la maturité, c’est donc sur cet axe unique que si* trouvent
les fruits, dont le nombre varie de 7 à 2d. Des deux infrutes­
cences représentées Iig. 4, celle de gauche est à IS fruits, cl
celle de droite à S.
cence sim ple est, en définitive, une grappe d'épis de cymes corym biformes ; et Yinflorescence composte est une grappe de grappes d'épis de
cymes corymbiformes, qui toutefois, au-dessus de la sixième bractée de
1 axe principal, redevient une grappe simple d ’épis de cym es c o ry m b i­
formes.

d e , s p u t h e , e,l
plus rarement -

^ l&lt;’‘ *•

ùpeu pré, tou jour, de dix bien
une fois sur dix — de neuf. La première

M é g im e s d e Borassus flabellifer v a r . madagascariensis.

est un peu engainante, de 35 a 40 centimètres de longueur,
sur 11) a 15 centimètres de largeur. Les suivantes sont de plus
Annales du Musée col. île Marseille. — 2* série. 5e vol. |;to“

25

�38l&gt;

H. JUMELLE ET H.

PER Kl UK UE LA BATI HE

en plus engainantes jusqu’à la dernière, qui est complètement
tubuleuse. Aucune ne dépasse 40 centimètres de longueur.
Voici, du reste, comme pour les spadices mâles, le détail
d’une de ces inflorescences femelles.
Sa longueur totale est de 1 m. 20, mais la partie fructifère ne
correspond qu'aux 25 centimètres du sommet.
La première spathe, de 35 centimètres sur 10, est bicarénée,
fendue en deux, aiguë au sommet. La seconde, de 35 centi­
mètres sur 15, rejetée d’un seul coté, est engainante sur une
longueur de 5 centimètres ; elle est bicarénée. La troisième,
un peu plus longue, est aussi un peu plus engainante ; elle est
unicarénée, et dans le bas seulement. La quatrième, la cin­
quième et la sixième sont semblables, mais encore de plus en
plus longues et engainantes. La gaine de la cinquième a
11 centimètres, et celle de la sixième 18. La septième spathe
est plus courte (28 centimètres), mais sa gaine a néanmoins
la même longueur (18 centimètres) que la précédente. La hui­
tième a 30 centimètres de longueur totale et une gaine encore
de 18 centimètres. La neuvième, de 35 centimètres, est tubu­
leuse, et ouverte seulement en haut pour le passage de l’axe.
La dixième, de 45 centimètres, complètement tubuleuse, tron­
quée supérieurement, enveloppe Taxe. Les huit premières brac­
tées sont aiguës, la neuvième l'est un peu moins.
Les fruits, au sommet, sont au nombre de sept. Chacun
est entouré à sa base par les six pièces du périanthe accrues
et persistantes. La bractée-mère s’élargit peu et est simple­
ment déjetée.
Dans un autre régime, de même longueur que celui que
nous venons de décrire, la partie fructifère, composée de 14
fruits, correspondait aux 40 centimètres du sommet. Les 10
bractées étaient sembables aux précédentes, mais un peu plus
courtes.
Les fruits ont 15 centimètres environ de longueur, et un
diamètre à peu près égal à cette longueur dans leur moitié
supérieure, qui est plus large que la moitié inférieure. Celle-ci,
en elfet, ordinairement, s’amincit progressivement vers le point
d’insertion. Le fruit est donc turbiné.

LA FLORE DU NOKD-OUEST DE MADAGASCAR

387

Cependant cette forme ne doit être considérée que comme
frequente, et non absolument constante, car elle n'a d’autre
cause que la compression réciproque que les fruits, très rap­
prochés, exercent, vers leur base, les uns contre les autres.
Sur les régimes qui ne portent que quelques drupes, et où,
par conséquent, la compression est moindre, ces drupes sont
beaucoup plus sphériques.
Les noyaux ont 5 millimètres d’épaisseur, et les cavités
qu’ils limitent ont fl centimètres sur 5.
En somme, aucun des caractères précédents ne sépare nette­
ment notre Borassus de son congénère du continent africain.
Nous ne retrouvons pas sur les segments foliaires la nerva­
tion nettement résiliée que signale M. Drude sur son spéci­
men de Sénégambie ; mais est-il bien sur que cette réticula­
tion soit un caractère constant de tous les Borassus d Afrique?
Nous remarquons sur les mêmes segments foliaires la pré­
sence de points rouges qui n’ont, croyons-nous, jamais été
signalés sur les feuilles du drlci) ; mais n'y a-t-il pas là une
simple négligence d’observation?
Sur l'épi femelle, nous comptons régulièrement 10 bractées,
alors que Ferguson n’en admet qu’une pour le palmira, et
M. Drude ciqq ; mais nous redirons, comme M. Drude, que,
avant de tenir compte de ces différences, un contrôle serait
nécessaire. Nous pouvons garantir l'exactitude de nos observa­
tions, faites sur des inflorescences fraîchement abattues et cer­
tainement complètes ; il n'est pas aussi sûr que le spécimen
de musée examiné par M. Drude fut entier et intact. Actuelle­
ment, ce caractère ne peut donc être utilisé.
Pour une autre raison, les fruits ne nous fournissent pas
davantage des indications bien sûres, car déjà nous relevons
d'appréciables variations, suivant les provenances, dans les
Borassus déjà connus et décrits.
Le jardin d’essais de Marovoav, par exemple, possède des
Borassus qui proviennent de la Station de l lvoloina, et qui
sont des plants introduits (peut-être d'Asie). Les graines —
et, à en juger par ces graines, les fruits — sont d'assez faibles
dimensions ; les noyaux ont une cavité de 5 cent. 1/2 sur 3.

�388

II. J I M Kl. LE ET H. PERlUER DE LA RATMlE

Ces dimensions sont aussi à peu près celles de noyaux que
nous avons mesurés au Musée colonial de Marseille sur un
fruit du Dahomey, (le fruit lui-même n’a que 10 centimètres
environ de diamètre, et il est à peu près globuleux.
Au contraire, sur une photographie d’un régime de Borassus
du Congo belge donnée par M. de Wildman dans le premier
fascicule de la Mission Laurent, les fruits paraissent plus volu­
mineux, et, en tout cas, sont turbines, et même plutôt plus
allongés que les nôtres.
Enfin c'est une autre forme qu'indique M. Warburg pour
les fruits de l'Afrique orientale, puisque, d'après le botaniste
allemand, ces fruits auraient, par exemple, 20 centimètres
de largeur et lb centimètres de hauteur, c'est-à-dire seraient
plus larges que hauts.
Etant donné toutes ces variations, il est bien difficile d ’atta­
cher une importance quelconque à la forme précise des fruits
du dimaka, et d autant plus que nous avons vu cette forme
dépendre de la plus ou moins grande compression sur les
régimes.
Peut-être faudrait-il retenir un peu plus, comme caractéris­
tique de notre palmier, le faciès général de ces régimes. 11 y
a, en effet, pour celui de nous qui a pu souvent les voir sur
la plante même, une différence frappante, d ’aspect avec le
régime photographié dans l’ouvrage de M. de Wildeman. Les
fruits, sur ce dernier, sont beaucoup plus espacés que les
régimes de la forme malgache, sur lesquels ils sont, nous
l'avons dit, très rapprochés et très serrés, toute l'inflores­
cence étant plutôt ovoïde qu’allongée.
Ce ne serait, au surplus, là qu'un caractère assez secondaire.
Un peu plus important, à notre avis, serait celui que four­
nirait la forme des épis mâles, chez lesquels nous avons men­
tionné le rétrécissement brusque de l'extrémité (iig. 3). Et
nous avons dit que ce rétrécissement est constant. Cependant
il n'est pas indiqué sur les figures que certains auteurs, tels
que Bâillon, ont données des spadices mâles du Borassus flahellifer. S il est réellement spécial au dimaka, c'est une par-

LÀ FLORE I&gt;1

NORD-OUEST DE MADAGASCAR

389

ticularité qui, selon nous, en raison de sa constance, suffirait
pour faire considérer ce dimaka comme une variété.
Nous appelons, en loul cas, sur ce point l’attention des
Musées cpii possèdent des épis mâles de Borassus de diverses
provenances.
Et c’est en attendant que ce caractère et quelques autres
que nous avons énumérés soient recherchés sur ces divers
Borassus que nous pensons pouvoir considérer, non comme
une espèce, ainsi que le voulait Bojer, mais comme une
variété du type flabellifer le Borassus de Madagascar. C’est
le Borassus flabellifer var. madaqascariensis.
La présente étude aura tout au moins pour utilité de four­
nir une description complète de ce Borassus — plus complète
que toutes celles qui ont été données jusqu’alors pour l’es­
pèce — et de permettre une comparaison détaillée de la forme
malgache avec toutes les autres formes d ’Asie et du continent
africain.
A Madagascar, le dimaka est commun dans le nord-ouest,
où il s’étend très loin des côtes, se plaisant surtout dans les
plaines alluvionnaires et fertiles des bords des rivières.
Les Sakalaves lutilisent de plusieurs manières, comme tant
d ’autres palmiers.
De la partie ventrue du tronc ils font des coffres et des bar­
riques.
La pulpe fibreuse des fru its— (pii est de couleur orangée,
comme celle du Borassus flabellifer var. Ethiopum — est
sucrée et parfumée ; ils s’en servent pour la fabrication d’un
alcool.
Ils mangent la grosse racine des jeunes plants, qui est un
légume tendre, blanc, et assez bon, quoique un peu amer.
Enfin le bourgeon terminal est également comestible.
Toxocarpus ankarensis nov. sp.
Cette plante, que nous décrivons surtout ici pour ne pas
séparer son étude de celle de l ’espèce suivante, est une liane
diffuse, à latex blanc et poisseux, qui croit dans les rocailles
calcaires, et d’origine jurassique, du plateau d’Ankara.

�390

H. JUMELLE ET II. PERRIEH DE LA BATlllE

Les jeunes rameaux sont à surface cotonneuse, mais les
rameaux un peu plus âgés sont glabres.
Sur les branches jeunes, les feuilles, qui sont opposées,
sont brièvement pétiolées (i à 8 millimètres), à pétiole velu,
et à limbe couvert également, sur les deux faces, d’un duvet
qui est particulièrement abondant et serré sur la face infé­
rieure. beaucoup moins fourni et constitué par des poils plus
espacés sur la face supérieure.
Ces limbes sont ovales, obtus au sommet, arrondis ou à
peine cordés à la base. Sur les feuilles les plus grandes que
nous ayons vues — mais (pii n'avaient peut-être pas encore
atteint leurs dimensions définitives — ils avaient 7 centi­
mètres de longueur sur 3 centimètres de largeur.
Les nervures sont très peu marquées, et ne sont nettement
visibles que par transparence. Les nervures secondaires, au
nombre de 7 ou 8 paires, sont très obliques, et font un angle
très aigu avec la nervure principale.
On ne distingue plus qu'à la loupe les nervures d'ordre sui­
vant.
Les inflorescences, axillaires, sont des cymes bipares lâches
de i à 8 fleurs, à pédicellcs couverts du même tomentum
jaunâtre ou roux que celui de la face inférieure des feuilles.
Le même duvet se continue sur la face externe des
sépales.
Ceux-ci, seulement pubescents en dedans, sont à peu près
libres jusqu'à la base, étroits, aigus, de 5 à G millimètres de
longueur sur 1 millimètre de largeur.
Les pétales ne les dépassent pas, ou à peine, lis sont aussi
divisés presque jusqu à la base, et sont ovales, obtus au
sommet, de (i millimètres de longueur sur 3 millimètres de
largeur, glabres, d’un beau jaune à l'intérieur quand la fleur
est fraîche. Dans le bouton, les sépales sont plutôt plus longs
que les pétales.
La couronne est formée par cinq languettes épaisses, adhé­
rentes inférieurement au dos des étamines et se recourbant,
dans leur partie supérieure, en corne aiguë, qui vient s’arron­
dir immédiatement au-dessus de l’anthère correspondante,

LA FLORE DU .NORD-OUEST DE MADAGASCAR

391

Les deux loges de l’anthère, rapprochées l’une de l'autre, se
prolongent chacune vers le bas en un long appendice qui des­
cend presque jusqu’à l'insertion du filet staminal, et au-des­
sous du niveau où la pièce coronale devient libre.
Les pollinies sont par quatre sur les rétinacles ; elles sont
elliptiques, de 0 millim. 340 de longueur environ, sur
0 mil. 160 de largeur.
Le style, large (1 millim. 2 de longueur et 0 millim. 340 de
largeur), s’évase au sommet; et le stigmate, à l'intérieur de
cet évasement, se compose de 2 longues branches qui peuvent
avoir 1 millim. 1/2 de longueur.
Nous ne connaissons ce Toxocarpus que dans l’Ankara ;
c'est pourquoi nous l’avons nommé Toxocarpus ankarensis.
Toxocarpus tomentosus nom. nov.
Cette plante est, selon nous, celle pour laquelle Decaisne
créa le genre Pervillea, et qu’il nomma Pervillea tomentosa.
Après que nous en aurons donné la description complète
d'après les échantillons que nous possédons, on verra pour­
quoi nous plaçons parmi les Sécamonées, en la désignant
comme Toxocarpus, l’espèce que Decaisne rangeait parmi les
Marsdeniées, tout à côté des Marsdenia.
Notre Toxocarpus tomentosus, qui est le voansifitra des
Sakalaves, est une liane dont les rameaux ont de 5 à 6 mètres
de longueur. Son latex, comme celui du Toxocarpus ankaren­
sis, est blanc et visqueux.
La plante croît dans le Boina et dans l’Ambongo ; mais
elle disparait partout sur les terrains calcaires et semble
essentiellement silicicole.
Elle se plaît sur les gneiss et les basaltes, dans les bois frais.
L’un de nous l’a trouvée, par exemple, dans les bois du
sommet d’une colline à roches volcaniques, sur les bords du
Mahavavy, à Bekimpy. Sur le plateau d’Ankara, elle habite,
dans les bosquets, les îlots de mélaphyre.
Nous la connaissons aussi dans les ravins boisés et à sol
basaltique du plateau d ’Antanimena. entre la Mahavavy et la
Betsiboka.

�392

ii. j i m e l l e e t i i . p e i ui i e h de i . v i j athi e

Dans l’Ambongo, nous pouvons la signaler dans les bois
sablonneux humides de Manongarivo.
Les rameaux sont couverts d'un épais duvet roussàtre.
Les jeunes feuilles sont quelquefois ovales-lancéolées,
aiguës au sommet, s'atténuant à la base vers le pétiole. Elles
ont alors, par exemple, fi centimètres de longueur sur
2 cm. I 2 de largeur, avec un pétiole de 1 cm. I /2.
Mais, plus souvent, elles sont ovales-arrondies, avec seule­
ment un léger acumen brusque au sommet, et tout à fait
arrondies à la base ; elles ont, par exemple, Ii centimètres de
longueur, sur b centimètres de largeur, avec un pétiole de
I cm. 1 2 à 2 centimètres.
Les très grandes feuilles sont ovales, un peu aiguës au
sommet, arrondies à la base, de 17 centimètres de longueur
sur I I de largeur, avec un pétiole de i centimètres.
La nervure principale et les nervures secondaires sont déjà
bien visibles sur la face supérieure, et très saillantes sur la
face inférieure. Sur les feuilles un peu grandes, les anasto­
moses qui unissent les nervures secondaires sont apparentes
des deux cotés.
Toutes ces nervures, sur la face inférieure du limbe, ont,
ainsi que les pétioles, un revêtement de poils roux très serrés.
Entre les nervures, sur la face inférieure, le duvet est rous­
sàtre ou blanchâtre. Sur la face supérieure, les poils sont tou­
jours plus rares ; ils deviennent même très épars sur les très
grandes feuilles.
Un fait non constant, mais assez fréquent sur plusieurs
rameaux (pie nous avons examinés, c’est l’inégale pubescence
de cette face supérieure, de part et d’autre de la nervure
principale. Les poils seront, par exemple, plus nombreux à
gauche de cette nervure qu’à droite.
Mais il ii 'y a là vraisemblablement qu’une influence de la
position des rameaux, au point de vus de l'éclairement ou de
l’humidité, sur laquelle il n v a pas lieu d ’insister davantage.
Les inflorescences, qui sont latérales ou subterminales
immédiatement au-dessous du bourgeon terminal), sont des
cvmes bipares lâches d'une dizaine de Heurs. L'axe primaire,

au-dessous de la première dichotomie, peut avoir 2 centi­
mètres de longueur environ ; les deux branches de la pre­
mière bifurcation ont I centimètre ; et les branches des autres
dichotomies sont rapidement de plus en plus courtes.
roules ces ramifications de la cvme portent le même duvet
que les rameaux, les pétioles et les nervures. Et ce duvet se
continue encore sur les sépales, extérieurement et intérieure­
ment. Ges sépales, soudés tout à fait à la base, sont étroits,
aigus, de 2 à fi millimètres de longueur sur 1 millimètre de
largeur.
La corolle dépasse largement le calice. A l'état frais, elle
est d ’abord pâle, puis devient rouge sombre intérieurement,
pendant qu elle se décolore extérieurement.
Desséchée en herbier, elle parait rouge à l’extérieur. Elle
est glabre.
Les pétales, un peu soudés à la base (sur une longueur de
1 à 2 millimètres), sont des languettes de 10 à 13 millimètres
de longueur, s’élargissant un peu en spatule au sommet, qui
est arrondi ; leur largeur est de 2 à 3 millimètres à la base,
et de i millimètres au sommet.
Les appendices coronaires, adhérents par la base aux éta­
mines. sont des filaments droits, plats, aigus, plus ou moins
brun-noirâtre, de 2 millini. 1/2 à 3 millimètres. Ils dépassent
1argemont l’androcée.
Les anthères sont à loges écartées : et le connectif se
termine par une large membrane triangulaire, lancéolée, qui
se recourbe sur le stigmate. Dans chaque loge sont 2 polli­
nies ovoïdes, de O""11 220 de longueur environ, sur 0 mm 100
de largeur.
Ces pollinies sont donc par quatre sur chaque rétinacle.
Style et stigmate ont, au total, I millimètre environ de
hauteur. Le stigmate est une sorte de disque horizontal légè­
rement tronconique, bordé à sa base par une collerette bilobée qui, vue extérieurement, est le prolongement évasé du
style (comme dans les Calostigma, d’après la figure donnée
par K. Schumann dans le Pflanzenfamilienb
Le diamètre de ce disque stigmalique est de 0 mm 18 ’&gt;; la

�39 i

11. JUMELLE ET II. PERRIER DE LA BATI II E

largeur de l’évasement qui constitue la collerette basilaire est
de 0 mm 850.
La floraison a lieu en juillet, et la fructification en
novembre.
Les fruits sont de gros follicules ovoïdes, de 15 centimètres
environ de longueur, sur 3 centimètres k peu près de largeur;
ils sont revêtus d'un épais duvet laineux, blanc ou jaunâtre.
Les poils excessivement serrés qui constituent ce duvet ont
15 millimètres environ de longueur et sont composés chacun
d’une file de quelques très longues cellules.
Les graines, entourées d’une assez large membrane, sont
ovales, arrondies inférieurement, un peu tronquéés supérieure­
ment, de 10 millimètres de longueur sur 7 de largeur, surmon­
tées d’une belle aigrette blanche de 6 à 7 centimètres.
En somme, toute cette description correspond sensiblement,
avec seulement un peu plus de détails, à la description que
donne Decaisne dn Pervillea tomcntosa, ainsi qu’aux figures
de fleurs et de fruits données par K. Schumann dans le
Pflanzenfamilien.
Un seul caractère diffère ; il est vrai que c’est le plus impor­
tant !
Nous admettons 2 pollinies par logé, alors qu'il n’y en
aurait qu’une pour Decaisne, comme pour Bentham et
Hooker, pour Bâillon et pour K. Schumann, puisque tous
ces auteurs placent le genre Pervillea au voisinage des Marsdenia.
Faudrait-il donc admettre que, malgré une très grande
similitude apparente, notre Toxocarpus est distinct de l'espèce
de Decaisne ?
Pour être fixés, nous avons prié M. Lecomte de bien
vouloir nous communiquer une des fleurs du Pervillea tomen(osa de l'herbier du Muséum.
Malgré la pauvreté de ses échantillons, M. Lecomte, avec
une grande obligeance dont nous le remercions ici, nous a
envoyé cette fleur.
Un insecte en avait malheureusement détruit une partie de
l’intérieur, et nous n’avons pu nous livrer à un examen aussi

LA KLOBE DU NORD-OUEST DE MADAGASCAR

395

complet que nous l’eussions désiré, et qui devenait même
d’autant plus nécessaire que la fleur du Muséum était
quelque peu plus petite que les nôtres. Les pétales, par
exemple, étaient environ deux fois plus courts, et moins net­
tement élargis au sommet ; les appendices coronaires étaient
aussi moins longs, et à extrémité plus obtuse.
Mais, à cela près, les autres caractères de toutes les parties
florales étaient les mêmes ; un sépale et un pétale de notre
Toxocarpus, examinés au microscope, n’étaient pas distin­
guables d'un sépale et d’un [létale de Pervillea ; les pétales
notamment présentaient absolument la même nervation.
Puis surtout les pollinies étaient d’aspect identique ; et si
difficile qu'ait été leur étude précise pour le Pervillea, en rai­
son de l’altération de notre unique fleur, nous avons réussi à
voir un fragment où certainement le même rétinacle portait
plus de 2 pollinies.
Nous croirions donc volontiers à une erreur d’observation
de Decaisne, reproduite ensuite sans contrôle par Bentham
et Ilooker, Bâillon et K. Schumann : et c'est ce qui nous a
fait admettre plus haut une synonymie entre notre Toxocarpus
tomentosus et le Pervillea tomcntosa.
Au cas, du reste, où quelques caractères du voansifitra enga­
geraient à le séparer des Toxocarpus et à en faire un genre
distinct, le nom générique de Pervillea pourrait être con­
servé ; mais le genre devrait toujours passer des Marsdéniées
dans les Sécamonées.
Dans le nord-ouest de Madagascar, les Sakalaves emploient
comme amadou l'épais duvet des fruits de voansi/ifra.
Strychnos spinosa Lamk.
De toutes les espèces qui représentent, à Madagascar, le
genre Strychnos, la mieux connue et la plus anciennement
décrite 1 est le Strychnos spinosa Lamk. Nous ne voulons
I. Elle fut mentionnée déjà par I'iacourt soas le nom de «m -

laha,

�390

II. JUMELLE Kl

II. l'ElUlIER DK LA HATIIIE

donc pas refaire ici une étude complète de ce Strychnos, nous
apportons seulement quelques renseignements complémen­
taires,
Rappelons que le Strychnos spinosa n est pas aujourd'hui
exclusivement localisé à Madagascar et aux Seychelles. En
admettant même que son aire d’extension sur le continent
africain ne soit pas actuellement aussi vaste que l'indique
M. Baker, qui signale 1 l'espèce sur presque toute la côte
occidentale d’Afrique et, en Afrique orientale, aussi bien
dans la région du Nil qu'à N atal— M. Baker ayant, d’après
MM. Gilg et Busse :, rapporté à tort au Strychnos spinosa
plusieurs espèces distinctes — nous croyons que, tout au
moins, il est incontestable qu’on retrouve ce Strychnos dans
l’Afrique orientale, au Mozambique et dans le sud.
A Madagascar, le Strychnos spinosa — qui est le Brehmia
spinosa Ilarv., le Strychnos Vuntac Boj., le Strychnos madagascariensis Spreng. — ne porte pas seulement le nom indi­
gène de vontaka ; c'est aussi le voan-mkotra des Sakalaves et
le voan-pena des Betsileo.
C’est un arbuste de 2 à 5 mètres de hauteur, très rameux,
à écorce blanchâtre.
Les piquants, de 8 à 10 millimètres de longueur, sont, les
terminaisons des branches ou sont de petites épines isolées
aux aisselles des feuilles ; ils ont donc encore, en ce dernier
cas, la valeur morphologique de rameaux avortés et sclériliés.
Les feuilles, à la base de chacune desquelles sont deux
petites stipules subulées, sont de forme un peu variable.
Elles peuvent être nettement et régulièrement ovales, avec
un tout petit piquant à l’extrémité ; elles ont alors 3 cm. I/2,
par exemple, de longueur sur 3 centimètres de largeur. Les
deux nervures longitudinales marginales partent du sommet
du très court pétiole, mais les deux nervures longitudinales
J. Flora o f tropical A frica ; vol. IV, partie 3.
Gilg e t B u s s e : Weitere lleitrage zur Kenntniss (1er G altung S tr y chnos (E n g lers Bot. Jalirb. ; 1905).
2.

la

flore

du

nord- ouest

de

Ma d a g a s c a r

3117

intermédiaires, plus fortes, ne se détachent qu’à un demi-cen­
timètre plus haut de la nervure médiane.
D’autres feuilles sont encore ovales et ont la même nerva­
tion, mais sont plus élargies (3 cm. 1/2 par exemple, sur 2 cen­
timètres) et plus atténuées à la base, qu'au sommet, où elles
tendent à s'arrondir. Et cette forme nous achemine vers celle
des limbes presque orbieulaires, de 3 cm. 1/2 de longueur, par
exemple, sur 3 centimètres de largeur, à base un peu rétrécie
et triangulaire vers le pétiole, mais à sommet rond ou même
légèrement aplati. D’ailleurs, même sur cette dernière forme, le
petit mucron piquant persiste ; mais les deux nervures inter­
médiaires se détachent de la nervure principale à peu près au
même niveau que les deux nervures marginales.
Les inflorescences sont de petites cymes corvmhiformes. aux
extrémités de courts rameaux, doutes les ramifications en
sont assez fortement pubescentes
La corolle, qui ne dépasse pas les longs lobes linéaires du
calice, est verte. Son tube, campanulé, muni, à la gorge, d'un
anneau de longs poils, est surmonté de lobes larges et trian­
gulaires (de 1 millim. 1/2 de longueur, pour un tube de 2 millim. 1/2).
Les filets staminaux sont glabres, mais les anthères sont
velues, surtout à la base, où les poils sont longs et fournis.
L'ovaire est également velu.
Le fruit, jaune à la maturité, est une baie cortiquée, de la
grosseur d’une orange, ou plus grosse ; il peut avoir, par
exemple, 10 centimètres de diamètre. Sous la partie externe
scléreuse du péricarpe, qui forme une coque de 2 à 3 milli­
mètres d'épaisseur, est une pulpe dans laquelle sont logées de
nombreuses graines, groupées tout autour d un axe cen­
tral .
Cette pulpe est sucrée et comestible. Fermentée et distillée,
elle donne un bon alcool.
Déjà jadis Loiret 1 a indiqué que le Strychnos spinosa croît
surtout « sur les bords de la mer et dans les sables les plus
1. Poirel : E n c y c lo p é d ie de L ini irc k , tome \ 111, 1808.

�398

H. JUMELLE ET II. RERR1ER DE LA RATlllE

arides ». Et, en effet, l’espèce est assez spéciale aux collines
sablonneuses de la cote Ouest.
On ne la trouve ni sur les terrains calcaires ni sur les ter­
rains primitifs, même quand ces terrains sont près de la cote;
par contre, elle réapparaît à l’intérieur, lorsqu’il va des dunes
sablonneuses.
Signalons-la notamment dans le Boina, dans les collines
des environs du mont Tsitondraina.
Strychnos ] acacoua Baill.
Il ne serait pas impossible que cette espèce, à fleurs tétramères, fût le Strychnos madagascariensis Poir. (qui ne doit pas
être confondu avec le Strychnos madagascariensis Spreng.,
qui est le Str. Spinosa).
Poiret dit de son espèce découverte dans les environs de
Foulpointe par du Petit-Tliouars : « Lelimbe des corolles est
à quatre découpures, au lieu de cinq; elles sont garnies de
poils à 1 intérieur. Le fruit a un pouce environ de diamètre ;
il ne contient qu'une seule graine. Les feuilles sont pétiolées,
opposées, entières, ovales, aigues ; les (leurs sont disposées, à
l’extrémité des rameaux, en petits corvmbes axillaires munis
de bractées. »
Mais la brièveté de cette description, que Decaisnea repro­
duite sans la compléter, ne permet aucune certitude ; et il est
plus prudent, sans insister, de conserver le nom spécifique
donné par Bâillon, qui a considéré l'espèce comme nouvelle,
dans la courte note suivante du Bulletin de la Société linnéenne
(3 mars 1880):
« Bernier aobservé l'arbre de ce nom dans le nord de Mada­
gascar, à Diego-Suarez, sur les montagnes Antsingui, et il en
avait remis un petit échantillon à Boivin. Il soupçonne que c’est
un Strychnos, et, cette opinion étant, pour nous, confirmée,
nous en ferons le Strychnos I acacoua. C’est un arbre droit, à
écorce lisse et verdâtre, dont le tronc a 30 à 40 pieds de hauteur
1. Poiret : Encyclopédie de L am arch, vol. VIII.

la

flore

nu

No r d - o u e s t

de

Ma d a g a s c a r

399

et 2 pieds de diamètre. Toutes ses parties sont glabres ; et ses
feuilles épaisses, coriaces, rappellent assez celles d’un grand
buis, plus aiguës, atténuées aux deux extrémités, souvent briè­
vement acuminées, avec l’extrême sommet obtus. En dessous,
elles sont ternes, et l'on a quelque peine à y reconnaître la
nervation caractéristique des Strychnos ; mais il n’en est pas
de même en dessus, où, lisses, brillantes, elles ont deux ner­
vures basilaires qui montent parallèlement aux bords, et sont
reliées à la nervure principale par de fines veines réticulées.
Le pétiole est très court, et, sur les rameaux latéraux trapus,
on observe un grand nombre de cicatrices opposées et rappro­
chées de feuilles tombées. C’est sur de pareils rameaux que les
fruits sont portés, au nombre d'un, deux ou trois. Leur orga­
nisation et celle des graines démontrent bien que la plante
est un Strychnos. Le fruit, cortiqué, gros comme une aveline
ou une petite châtaigne, est sphérique ou à peu près. Les
graines sont peu nombreuses dans la pulpe intérieure, et non
mûres dans nos échantillons ; mais elles affectent déjà la dis­
position peltée de celles des Strychnos en général. »
La description même de Bâillon est, on le voit, très incom­
plète ; et ce n’est que l’examen de ses échantillons dans l'her­
bier du Muséum de Paris qui nous a convaincus que la plante
que nous possédons, et dont nous allons donner la diagnose,
est bien la même.
L’arbre est encore nommé par les Sakalaves bakanko. 11
atteint quelquefois, mais rarement, 20 mètres de hauteur ; sa
taille ordinaire est de 10 à 15 mètres. Le tronc, cylindrique,
droit, peut avoir, à la base, 50 centimètres de diamètre.
L'écorce est lisse, d’un gris plombé ; le bois est blanc, mais,
chez les vieux sujets, devient à cœur noirâtre. Les rameaux
sont subdressés.
Les feuilles sont à très court pétiole (2 à 4 millimètres),
comme le dit Bâillon, et à limbe ovale et plus ou moins briè­
vement acuminé. Elles sont plus ou moins coriaces, glabres,
entières, avec cinq nervures, dont les deux marginales, très
fines, partent de la base, ou presque, de la nervure médiane,
mais dont les deux intermédiaires, plus fortes, ne se détachent

�400

n. J l M K u . r : i r

ii.

p eki si i - r

m: i.\ iîatiiiic

de cette même nervure qu’à une liauleur de 7 à S millimètres,
ou même parfois plus haut encore.
Au reste, sur certaines feuilles très étroites, la nervation
cesse d’être caractéristique, et, en plus de la nervure médiane,
il n'y a plus que deux nervures marginales.
Ces variations dans la nervation (observées sur un même
rameau) accroissent encore le polymorphisme que déjà pré­
sentent ces feuilles lorsqu'on ne considère que la forme géné­
rale du limbe.
\oici, en elîet, quelques mesures de limbes foliaires pris
sur un même pied: i centimètres sur I cm. 1/2 ; (i centi­
mètres sur 2; 8 centimètres sur I cm. 7 ; 11) centimètres sur
3 ; 9 cm. I 2 sur I; I I centimètres sur i : I 1 centimètres sur
o 2 ; 1I cm. I 2 sur 7.
Les deux nervures intermédiaires sont toujours plus rappro­
chées des nervures marginales que delà nervure médiane. Sur
les feuilles fraîches, toutes ces nervures sont blanches.
Les inflorescences sont axillaires et sont de petites cymes
bipares simples, ou dans lesquelles l'axe principal, au-dessus
des deux pédicelles latéraux, se ramifie encore ufo is avant
de se terminer par une fleur. Ces cymes sont donc de trois ou
de cinq fleurs. C'est très rarement, dans les échantillons que
nous avons examinés, que les pédicelles latéraux se ramitient
à leur tour; et encore ne se ramifient-ils pas tous. Il y aura,
par exemple, une ramification d'un des pédicelles latéraux basi­
laires et une ramification d'un des pédicelles situés au-dessus;
la cyme porte alors neuf fleurs. Il y a, le plus souvent, deux de
ces cymes à chaque aisselle de feuille.
A l'état sec, pédicelles et calices sont noirâtres.
A l’état frais, les fleurs sont verdâtres.
Les pédicelles sont pubescents, de 3 millimètres environ
de longueur.
Les quatre sépales, de 2 millimètres environ de longueur
sur I millimètre de largeur, sont ovales, à sommet obtus ou
à peine aigu, et sont ciliolés sur les bords. Ils sont glabres
sur les deux faces et ne sont soudés qu’à la base.
Le tube de la corolle a 2 mi 11. 1/2 à 3 millimètres de lon­

L

gueur, et les lobes 2 millimètres à 2 mill. 1/2. Ces lobes, au
nombre de quatre, sont ovales, peu aigus. A la base de chacun
sont deux toull’es de longs poils.
Les quatres étamines, insérés au sommet du tube, entre les
lobes, sont presque sessiles, à anthères oblongues, plus courtes
que la corolle.
L’ovaire, un peu allongé, porte à son sommet de longs poils
filamenteux pluricellulaires qui se continuent à la base du
style. Plus haut, ce style devient glabre, bien avant son
élargissement stigmatique.
La floraison a lieu en novembre, et la fructification en juin.
Les fruits, qui contiennent un nombre variable de graines,
sont de grosseurs très diverses, suivant la fertilité des terrains
où l’arbre pousse. Les plus petits, à la maturité, ont de 2 cen­
timètres à 2 cm. 1/2 de diamètre ; les plus gros ont fi à 7 cen­
timètres.
Ce sont des baies cortiquées, comme celles de Sfrychnos
spinosa. Leur pulpe orangée est de saveur douceâtre et par­
fumée ; elle est comestible.
Les graines ont déjà été décrites — sans détermination
précise d’origine, et sous le nom de bakanko — par MM. Bourquelot et llérissey, qui en ont retiré1 une assez grande quan­
tité d'un glucoside nouveau, la hakankosine, dépourvue, d'ail­
leurs, de propriétés toxiques à l’égard des animaux.
Tel que nous venons de le décrire, le Sfrychnos \'ncacnua
Baill. est certainement la même espèce que celle que M. E.
Brown ' a nommée en 1896, d’après des échantillons prove­
nant de Natal, Sfrychnos Gerrarcli.
Les feuilles, les inflorescences et les fruits de ce Sfrychnos
Gerrarcli, que nous avons pu examiner, en septembre dernier,
1 . E. Bourquelot et II. llé risse y : S u r un nouveau glucoside h y d ro ly sable par Vêmulsine, la bakankosine, retiré des graines d'un Sfrychnos de
Madagascar (Journal de Pharmacie et de C him ie; 6 mars 1907 . Les
graines étudiées ayant été données par l’un de nous, ce n'est donc pas
d ’après le s e u t n o m indigène que nous établissons l'identification.
2. Décades Kewenses (Bulletin of Miscellaneous Information ; Kew,
1896).

Annales du Musée col. de Marseille. — 2‘ série. 5e vol. 1907.

26

�LA FLORE DU NORD-OUEST DE MADAGASCAR

dans l'herbier des Royal botanic Gardons de Kew, sont abso­
lument identiques à nos échantillons, et il n’y a pas de différences
sensibles dans les caractères floraux. Les sépales sont seule­
ment un peu plus larges et plus arrondis (orbiculés) dans la
plante du Natal.
C’est là une variation bien secondaire ; et le Stryc/inos Ger­
rardi de Brown doit donc être rapporté à l’espèce plus ancien­
nement créée par Haillon, le Strychnos Vacacoua.
Une autre synonymie peut-être un peu moins évidente, et
qui cependant, pour nous, n’est guère plus douteuse, est celle
du Strychnos Baroni, qui, de nouveau, est une espèce de
Madagascar créée par M. Baker1.
Les fruits de ce Strychnos Baroni sont inconnus, mais les
inflorescences et les fleurs, que nous avons vues dans l'herbier
Kew, sont les mêmes que celles de notre espèce. Le caractère
qui pourrait faire hésiter est la consistance des feuilles, qui,
tout en ayant la même forme générale et la même nervation
que les feuilles du Strychnos Vacacoua, sont plus molles.
Mais ce peut être une différence due uniquement à l’âge, car
nous allons dire précisément, à propos de l’espèce suivante,
que nous connaissons, pour cette espèce, des limbes coriaces
et des limbes mous. Les feuilles molles et minces sont les
feuilles du premier printemps ; et les rameaux sur lesquels
M. Baker a établi son espèce sont vraisemblablement des
rameaux récoltés à cette époque2.
En tout cas, la fleur du Strychnos Baroni ne présente aucun
caractère qui soit à signaler comme particulier. Les sépales,

mn m*

iiiMlrff m

1. J.-G. Baker : F urther Contributions lo the o f Flora M adasgacar
(Journal of the Linnean Society; 1887).
2. Ce passage était imprim é lorsque nos nouvelles observations nous
ont confirmé l’exactitude de ce que nous ne présentons dans le texte
ci-dessus que comme une hypothèse.
Les feuilles du Strychnos Vacacoua sont bien molles au printem ps,
deviennent coriaces ensuite, passent sous celle forme la saison sèche,
et tombent à l’apparition des feuilles nouvelles. L’arbre peut ainsi offrir
deux aspects ; il est à feuilles molles en novembre, et à feuilles coriaces
en février. Il n’est pas rare, au reste, de trouver réunis su r un même
pied les deux types foliaires.
Beaucoup d ’autres arbres fournissent des exemples du m êm e cas.

403

ovales, un peu arrondis au sommet, sont, en quelque sorte,
intermédiaires entre ceux du Strychnos Vacacoua et ceux du
Strychnos Gerrardi, tout en se rapprochant plutôt de ces der­
niers.
Evidemment, il importerait, pour acquérir une certitude
absolue, de connaître les fruits du Strychnos Baroni. Sous
cette seule et très faible réserve, nous identifions encore le
Strychnos Baroni, comme le Strychnos Gerrardi, avec le S try­
chnos Vacacoua. Les trois espèces, pour nous, n'en sont
qu’une.
Dans le Boina et dans l’Ambongo, le Strychnos Vacacoua
peut être rencontré dans tous les bois secs, sur tous les ter­
rains. On le trouve notamment dans les boisde Morataitra, sur
la rive droite de la Betsiboka, à l est de Mevetanana.
Nous avons déjà vu que la pulpe de ses fruits est comes­
tible. Les Sakalaves emploient également les feuilles pour par­
fumer leurs boissons fermentées.
Strychnos boinensis nov. sp.
Ce Strychnos, que nous croyons nouveau, est un arbre de
10 à 45 mètres de hauteur, que l’un de nous a rencontré dans
le Boina, dans les bois à sol sablonneux de l’Ankaladina, sur
les bords de la Betsiboka.
Les rameaux sont glabres. Les feuilles, qui ressemblent
beaucoup à celles du Strychnos floribunda Gilg 1, ont un assez
long pétiole jaune de 12 à 15 millimètres. Le limbe est glabre,
ovale, de 5 à 8 centimètres de longueur sur 3 centimètres à
5 cm. 1/2 de largeur, tout à fait obtus ou un peu acuminé au
sommet, légèrement aigu à la base, à nervures visibles,
mais très peu proéminentes, sur les deux faces. Les deux ner­
vures longitudinales intermédiaires partent à peu près du
même point que les deux nervures marginales, immédiate­
ment au-dessus du sommet du pétiole. Exceptionnellement,
1. Gilg: Loganiacœ africanæ (Engler’s Bot. Jahrbücher ; 1893).

�401

H. JUMELLE ET H. PE1UUE1L DE LA BATH1E

chez les plus grandes feuilles (8 centimètres sur o 1/2), ces
deux nervures intermédiaires se détachent un peu plus haut.
Ainsi (pie nous l'avons dit incidemment à propos de 1es­
pèce précédente, ces feuilles sont de consistance variable ;
elles peuvent être coriaces, et alors, à 1état sec, sont blanc
argenté en dessus, mais peuvent être aussi plus ou moins
molles, et alors brunâtres à l'état sec, quelles que soient, d’ail­
leurs. leurs dimensions.
Les inflorescences, par leur aspect général, rappellent,
comme les feuilles, le Strychnos floribunda. Ce sont des
cymes axillaires, isolées ou par deux.
Ces cymes sont bipares ; mais, alors que dans celles du
Strychnos Vacacoua l'axe principal ne se ramifie ordinairement
que deux fois, il se ramifie ici généralement trois fois avant de
se terminer par une Heur ; et les ramifications, surtout celles
de la base, se ramifient fréquemment à leur tour une fois. 11
y a ainsi souvent 11 fleurs par cvme. En outre, les ramifica­
tions, sur l'axe principal, sont très espacées ; la première
ramification est, par exemple, à 1 centimètre de la base, la
seconde à 6 ou 8 millimètres au-dessus, et la troisième à 3
ou 3 millimètres de la seconde.
Les fleurs sont bien distinctes de celles du Strychnos flori­
bunda., elles sont pentamères.
Les sépales sont ovales, un peu aigTis, à 3 nervures, de
1 millim. 1.2 de longueur sur 1 millimètre de largeur, ciliolés
sur les bords.
La corolle fraîche est jaune, à lobes renversés en arrière et
recourbés en dessous. Le tube est très court (1 millimètre),
mais les lobes sont longs (4 millimètres environ), assez larges
(2 millimètres), arrondis ou faiblement aigus au sommet. La
gorge est garni de longs poils blancs filamenteux.
Les étamines, à filets blancs et à anthères jaunâtres, sont
presque de meme longueur que les lobes, et, par conséquent ,
tiès saillantes et bien visibles entre les lobes renversés. Les
filets, insérés dans les sinus interlobaires, ont 2 millimètres
environ, et les anthères, oblongues, 1 millimètre. Filets et
anthères sont glabres.

�AN y A LES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE.

P lanche

XI.

Rameau, avec jeunes feuilles el fleurs, de S ideroxylon rubrocostalum
Jum . et Perr. A droite, fragment de fleur corolle cl androcée .

BU
fs s \^

�LA FLORE DU NORD-OUEST DE MADAGASCAR

405

Ovaire et style sont également sans poils. Le style, long de
3 millim. 1/2 environ, se termine par une légère dilatation stigmatique.
Les fruits, jaunes à la maturité, ont 2 millim. 1/2, à peu
près, de diamètre ; tous ceux que nous avons vus étaient
monospermes.
La graine est discoïde, de 15 millimètres de diamètre sur
8 millimètres d’épaisseur.
Nous ne connaissons aucun usage de cette espèce, que nous
avons nommée Strychnos boinensis.

�Sommaires des volumes parus des
A N N A L E S DE L 'IN S T IT U T COLONIAL I)E M A R SE IL L E

i «9:î .

-

Premier volume. — (Première année.)

1*r M é m o ir e . —Sur les Kolas africains eu point de vue botanique, chimique, physiologique, thérapeu­
tique, bromatologique et pharmacologique, par le professeur Ko. IIkckki..
2» M é m o ir e . — Sur le bourre et le pain d'O’D i k a &lt;lu Gabon-Congo et sur les végétaux qui le produisent.
Comparaison aveu le beurre de C a y - C a y du Goohincbine et les végétaux qui le donnent, par le professeur
Eo. IIeckkl.
1891. — (Deuxième année.)
Dans la Haute-Gambie. — Voyage d'exploration scientifique, par le

docteur André Kanvos. (Avec cartes

et figures dans le texte et hors texte. )

1895. — D e u x iè m e vo lu m e. — (Troisième année.)

1. Contribution à l'élude du Robinia

N ic o u A u b le t.a u point de vue botanique, chimique et physiologique,
par K. Geoffroy, pharmacien des colonies, licencié es sciences naturelles.
2. Contribution à l'étude botanique, thérapeutique et chimique du genre A d a n S O n ia ( Kaol.nh), parle docteur
Charles GüRUKn, professeur suppléant à l'Ecole île médecine, préparateur de botanique a la Faculté des sciences
de Marseille.
3. Sur le Quassia africana Haillon, du Gabon. (Etude botanique, chimique et thérapeutique, par le
docteur L. Claudki-, préparateur à la Faculté des sciences de Marseille, licencié c&lt; sciences naturelles.)
4. Sur le Bakls (Tinospora lial.is Miers) et le Sailgol (t'occulus f.eaeba
P. et Itich.) du Sénégal et du
Soudan, par Ed. Hbckkl et Fr. Sciii.aooeniiauvfe.x.
5. Elude sur le Psidium iGovavier), par M. Kiiouni, pharmacien de l re classe de l’Ecole de Paris.
1S96. — T r o is iè m e v o lu m e . — (Quatrième année.)

Flore phanèrogamique des Antilles françaises (Guadeloupe

et Martinique), par le H. P. Duss.
professeur au Collige de la Kasse-Terre.(Avec annotations du profes&gt;eur l)r II kckki. &gt;ur l'emploi de ces plante-).
1897. — Quatrième volume. — Cinquième année.)

0-

U

INÏ - )

Rapport de mission scientifique à la Martinique et A la Guyane, par Emmanuel Gkokfroy.
Les Plantes médicinales et toxiques de la Guyane française, par M. Edouard IIkckki..
Recherches sur les Graines grasses nouvelles ou peu connues des Colonies françaises, par Ed. Hbckei..
Sur un Strophantus du Congo français (Strophantus d'Aulran). Elude de chimie et de matière médi­
cale, par MM. les professeurs Soin aoofniiaiikfkn et Louis P i.amciion.
5. L'Erouma de la Nouvelle-Calédonie et son 'produit résineux, par M. Henri J imkli.r.
6. Du Bois piquant de la Guyane française et de son écorce fébrifuge, fourni par le Zastiioxyi.um
P kuhotktii DC., par MM. Ed. IIkckkc et F. Soin acdexhaui i kx.
7. Sur les Murraya Koenigii et exotica de Cochinéliine ; étude de pharmacognosie, par le Dr L aboure.
1898. — Cinquième volume. — (Sixième année.)

1. Les Plantes à. Caoutchouc et à Gutta dans les Colonies françaises, par II. Jumeh.k, professeuradjoint Ala Faculté des sciences de Marseille.
2. Les Graines grasses nouvelles OU peu connues dos Colonies françaises, étude botanique
chimique et industrielle, par M. Edouard Hkc.kki..
3. Sur un nouveau Jaborandi des Antilles françaises (Pilocarpus racemosu.s Vahl), par
M. le Do Rocher, professeur Al’Ecole de médecine et de pharmacie de Clermont Ferrand (Etude botanique et
pharmaceutique.)
1899. — Sixièm e volume. — (Septième année.)
1.

2.

Etude sur les cacaos, par M. le professeur J oueu.e.

Etude sur les gommes, gommes-résines et résines

des Colonies françaises,

par

m.

i*

I)r Jacob de Coudraioy.
1900. — Septième volume. — (Huitième année.)
1er fascicule. _Étude SUT le tabac, production, manufacture et culture, notamment d IIIIs les Colonies
françaises, par M. L a«iu:nt, docteur es sciences.
2» fascicule. —Elude morphologique et anatomique du Brachytrupes achatinus Stoll, qui, au Toukin,
ravage les caféiers, par le Dr Boudas, docteur fs sciences.

�Sommaires des volumes parus des
ANNALES DE L' I NSTI TUT COLONIAL DE MA USE IL LE
1901. — H u itiè m e vo lu m e. — (Neuvième année.)

— r- Les Soles dans l'Extrême Orient et dans les Colonies françaises
p r o f e s s e u r d o c t e u r llu i ie r t . .
ni. C
, —
L’Or dans les Colonies françaises

futritnlr.

p a r le
j m ou
uudkuoy
(liialorique, g ise n ic u ts, p r o c é d é - d 'e x lr a et i o n , r oi ni nc ree ). pu r M. le prol'emo ur d o c te u r

L auii l .'T.

!' fttsctniit. — 1" S u r l'O u so u n ifln g du S o u d a n [Cnleux Coppini lleokel . par M E. Uk.-.kh..

Sur le processus germinatif dan? Onguekoa «l Strombosia (Olacaeêe&gt;i, par M. E.
Sur l’Igname plate d u Japon (Dioscoreu Japonicu Tliurnh.), parM. K. IIkckkl.
— l'“ Le capitaine Landolphe et la première roluuisatiou française (lu Bénin, par M. P. GAFPAKEi..
— n* Culture des arbres à gutta en Imlu-Chine et aux Inde? néerlandaise», par M. C. Verne.—
0" Notes d'exploration économique au Congo français, par M. Léon Bkhthirr.
19112. — -Ycuvième volume. — (Dixième année)
1. Voyage scientifique au Sénégal, au Soudan et en Casamance, par M.A. Chbuum.
2. Journal de route du Sénégal au Soudan et au Foutah-DJallon, par le capitaine
2Hkckei . — 3°

D evaux .

1903. — P rem ier volume, 2' série. — (Oniième année).
I " fascicule.
L’Exposition d’Hanoï. par le professeur P. G akeaiiel (avec denondireuaes illualralions).
2* fascicule . — 1. Graines grasses nouvelles ou peu connues des Colonies françaises, étude
botanique, chimique ei industrielle, par M. Edouard IIfi kil. — 2. Recherches sur la composi­
tion de l’albumen des graines X Asirocoryitm vulgare .Mari, cl X Œ nocurpus Hacüba Mari.,
Palmiers de la Gnvane française, par M. Licxabh. — 3. Catalogue alphabétique raisonné
de? piaule? inedii-iualcs et toxique? de Madagascar arec leur emploi indigène. parM . Edouard IIeckkl.
100-1. — D eu xièm e volu m e. ‘2° S é r ie .— (Douzième année).

i. Recherches anatomiques sur la fleur du Tanghin du Ménabé Madagascar)
pur Paul Dor, docteur è? scie- ce?, chargé d’un cours de botanique, à la Kacttlté des sciences de Toulouse.
- Étude sur l’ile de la Féunion (Géographie physique ; Hhin-ssrs naturelles ; Cultures et Industries),
par le Ur H. J
Cordkuuy, chargé de cour? s l'Ecole de médecine et à ! Institut colonial de Marseille.
3. Sur un nouveau Copal et sur un nouveau Kino fourni?, le premier par le fruit, et le second
acou de

par le tronc et les rameaux du D ip le n jx oiJurulii Willd. (Élude anatomique du genre Diplei'yx «t élude
chimique de scs produits), par MM. Edouard H k' K sl , 11. J acob de Cobukmov et En. S c iii acdkniuufff .m.
4. Etude ethnographique sur la race Man du H a u t - T o n k i n , p a r le capitaine Mai*», de I in­
fanterie coloniale.
1903. — T r o is iè m e v o lu m e , 2e S é r ie . — (Treizième année).
Iù

Madagascar
. . .en 1756, par

M.

Beunaud, chirurgien

au service de la Compagnie des Indes

.

huli

______

2a E t u d e c h i m i q u e s u r l e s h u i l e s d e b o i s
d ’I n d o - C h i n e , p a r M. E t . L ekelviu :. — 3» E t u d e m o r p h o l o g i q u e e t a n a t o m i q u e d u
S a b l i e r lluru crepitans L.), p a r M. G i u . e s , — 4- L ’E p e r u a f a l c a t a A ublet (W apa huileux
de la G uyane), au point d e v u e de la M orphologie e x te rn e cl de l'A natom ie, p a r M. L. C o u h c i i e t ,
p ro fesse u r à l'E co le s u p é rie u re d e p harm acie de M ontpellier. — b0 L e K i r o n d r o d e M a d a g a s
c a r (Perricru Madugatcurieitshs C ourclieti. n o uvelle Sim aroubéc toxique p a r M. L, Coimom-.r.
p ro fesse u r à l'E cole s u p érieu re de p h arm acie de M ontpellier. — o° É t u d e d u V o a n p i s o ou
M o r a n d a , p é ric a rp e co m estib le du Raphia pedunculnlu Palisot de Ileauvois, de M adagascar, an
point d e vue botan iq u e et chim ique (nouvelle so u rc e de m atière g ra sse ), pur MM. Deckock e t Eu
Sent voriEMiAi i kk.n — 7° M o r p h o l o g i e g é n é r a l e e t é t u d e a n a t o m i q u e d e l a L a r v e
d ’Io I r e n e , chenille séricig èn e d e la G uyane fra n ç a ise , p a r M. I.. B o u d a s , d o c te u r è s sciences
n a tu re lle s, d o c te u r en m édecine, m a ître de"conférences à la F aculté îles sciences de lte n n e s.
1000
t

— Quatrième volume, 2e Série. — (Q uatorzièm e année).

É t u d e s u r l e d é v e l o p p e m e n t d e l ' a p p a r e i l s é c r é t e u r d e I'E peuua falcata
A u b l e t , p a r M . il J acou de C oudkmoy , c h arg é de co u rs ù l'E cole de m édecine, ch ef d e s tra ­
vaux p ra tiq u e s de botan iq u e à la F a c u lté des S cien ces de M arseille. — 2» D e s s i n p h o t o g r a ­
p h i q u e d e s f e u i l l e s , note de M. le P ro fesseu r L o tis P l a nc i io n , de ('U niversité de Mont­
p ellier — 3° R e c h e r c h e s m o r p h o l o g i q u e s e t a n a t o m i q u e s s u r le K atafa ou K a tha fa y de M adagascar (Ceürclopsis (irerei II. B â i l l o n ), p a r M . le p ro fesse u r L uci en CounctiET, de
l’U niversité de M ontpellier. - 1° C o n t r i b u t i o n à l 'é t u d e d u g e n r e C i n s a .mosma H . B â i l ­
lo n , p ar M. le P ro fesseu r L ucien C o l hcu i . t . — &gt;n C o n t r i b u t i o n à. l ' é t u d e d e q u e l q u e s
p o i n t s d ’a n a t o m i e i n t e r n e d e s P h y l l i e s Plnjllium crurifoliam AudineL Serville), p a r
M. L. B ou d as , d o c te u r ès scien ces, d o c te u r en m édecine, m aître de conférences à la F aculté
d e s S cien ces de B en n es. — ti° R e c h e r c h e s s u r l ’a p p a r e i l s é c r é t e u r d u V atai hea
G ui ane nsi s A u b l e t ( C o u m a t é ) e t du M acilkiiium f k i i uu o in iu m Pet s. ( L i a n e s a n g ) e t s u r
la com position chim ique des kinos q u 'ils fournissent, p ar M D kcbo ck , professeur ad jo in t à la
F acu lté des scien ces de M arseille, e t M. B i haut , a g ré g é à la F aculté de m édecine e t de p h a r­
m acie de Toulouse.

�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="1422" order="2">
        <src>https://odyssee.univ-amu.fr/files/original/2/270/Annales-Musee-colonial_1908-Vol-06.pdf</src>
        <authentication>98b39c73492f5b84f68268be74927f7a</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="92">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="8672">
                    <text>A N N A L E S
ou

MUSÉE COLONIAL
DE M A R S E IL L E
FONDÉES EN

M.

LE

PR O FESSEU R

I)'

1893

PAH

E douard

HECKEL

et publiées sous sa direction.

Publication subventionnée par le Conseil général des Bouches dû-Rhône

Seizième année. 2e série. 6e volume (1908)

1908 - Vol 6

1° E squ isse su r la pèche dans la province de Tuléar, par M. C a m il l e LE BARBIER,
commis des services civils à Tuléar, et revue par M. le professeur D a r b o u x .
2° Le genre Plectaneia de M adagascar, par MM. Henri JU M EL LE et H. PERRIER DE
LA BA TH IE.
3° Contribution à l’étude des Fécules de l’Indo-Chine. par E. DECROCK, professeuradjoint à la Faculté des sciences de Marseille.
Notes biologiques sur la végétation du nord-ouest de M adagascar: Les Asclépiadées, par MM. Henri JU M E L LE et H. PERRIER D ELA BATH IE.

5® Le caoutchouc des herbes au Congo français, par M. A. BAUDON, administrateur
des Colonies.
6° Sur quelques plan tes à graines g ra sse s nouvelles ou peu connues des colonies
françaises et en particulier de Madagascar et sur l’appareil sécréteur résinifère de
quelques Symphonia malgaches, par M. E do u ar d HECKEL.

Ma r s e i l l e

MUSÉE

COL ONI AL

5, Ruk Noaiu.es, .')
1 1M&gt;8

�A N N A L E S
ou

MUSÉE COLONIAL
DE M A R S E IL L E
FONDÉES EN

M.

LE

PR O FESSEU R

I)'

1893

PAH

E douard

HECKEL

et publiées sous sa direction.

Publication subventionnée par le Conseil général des Bouches dû-Rhône

Seizième année. 2e série. 6e volume (1908)
1° E squ isse su r la pèche dans la province de Tuléar, par M. C a m il l e LE BARBIER,
commis des services civils à Tuléar, et revue par M. le professeur D a r b o u x .
2° Le genre Plectaneia de M adagascar, par MM. Henri JU M EL LE et H. PERRIER DE
LA BA TH IE.
3° Contribution à l’étude des Fécules de l’Indo-Chine. par E. DECROCK, professeuradjoint à la Faculté des sciences de Marseille.
Notes biologiques sur la végétation du nord-ouest de M adagascar: Les Asclépiadées, par MM. Henri JU M E L LE et H. PERRIER D ELA BATH IE.
5® Le caoutchouc des herbes au Congo français, par M. A. BAUDON, administrateur
des Colonies.
6° Sur quelques plan tes à graines g ra sse s nouvelles ou peu connues des colonies
françaises et en particulier de Madagascar et sur l’appareil sécréteur résinifère de
quelques Symphonia malgaches, par M. E do u ar d HECKEL.

Ma r s e i l l e

MUSÉE

COL ONI AL

5, Ruk Noaiu.es, .')
1 1M&gt;8

�INTRODUCTION

M. Lo Barbier, commis des services civils à Tuléar SudOuest de Madagascar), appelé, par ses fonctions mêmes, à donner
toute son attention à l'une des principales sources de l'alimen­
tation malgache dans la région qu'il administre, veut bien
nous adresser le mémoire qui va suivre, intitulé: Esquisse sur
la pêche à Madagascar et en particulier à Tuléar Ce travail,
résultat d'une longue observation, se ressent bien naturelle­
ment de l’imperfection et de la pauvreté des moyens et des
documents scientifiques de détermination dont a disposé son
auteur, auquel il faut savoir grand gré d’avoir atteint, avec
des ressources bornées à sa propre érudition, le résultat qu’il
a obtenu. C'est un jalon précieux pour la meilleure connaissance
des espèces fluviales et maritimes exploitées par la pêche
indigène à Tuléar ; mais il est bien entendu, et l'auteur luimême a formulé dans ses lettres d'envoi, à ce sujet, des
réserves spéciales, que ce travail de premier jet est susceptible
de révision, d’ex tension et peut-être de correction au sujet de
la nomenclature et de la détermination plus exacte des espèces
mentionnées. Ce sera là l’œuvre du temps et le bénéfice de
travaux ultérieurs à réaliser dans des centres appropriés, avec
l’aide de spécimens recueillis sur place et expédiés dans des
laboratoires de y.oologre appliquée. Mais, pour donner au tra­
vail de M. Le Barbier toute la somme de perfection compa­
tible avec l’état du manuscrit, en dehors de tout contrôle
matériel; pour le mettre en concordance enfin avec des tra­
vaux déjà acquis sur la faune maritime et fluviale de Madagascar,
M. le professeur Darboux, delà Faculté des sciences de Mar­
seille, qui s'est spécialisé dans la question des pèches mari­
times, par son livre bien connu sur la matière et paru à l'ocAnnales du Musée Colonial de Marseille. — 2° série, 6° vol. 1908.

1

�■)

INTRODUCTION

casion de D éposition coloniale en UK)t&gt;. sous le titre de
« l’Industrie des pêches aux colonies françaises 1 »,abien voulu
accepter, et je l'en remercie beaucoup, de reviser ce mémoire
et de mettre au point tout ce qui a trait aux poissons et coquil­
lages de la côte Sud-Ouest de Madagascar. Les remaniements
apportés par M. Darboux à la rédaction du mémoire princeps
de M. Le Barbier, ont été assez importants pour être signalés.
Les corrections exigées par la partie la plus considérable du
travail primitif, celle qui a trait à la faune de la province de
Tuléar, ont exigé la refonte complète de cette rédaction. Le
chapitre sur les poissons, en particulier, a dû subir des rema­
niements considérables, la classification adoptée par M. Le
Barbier étant actuellement inadmissible dans son principe et
quelquefois peu exacte dans son application. Mais le texte pri­
mitif a été respecté autant que possible par M. Darboux, qui,
corrigeant ou supprimant quelquefois (le moins possible), n'a
jamais rien ajouté de personnel. Les additions qui ont paru
nécessaires ont été rejetées en note, île même que certaines
observations relatives à des espèces dont la présence à
Madagascar ne semble pas à M. Darboux absolument démon­
trée jusqu’à plus ample information ou jusqu'à détermina­
tion scientifique rigoureuse. — En outre, j'ai cru devoir, dans
la mesure du possible, combler une lacune en ajoutant au
nom malgache des plantes utilisées par les indigènes pour la
confection de leurs engins de pèche (tilets, pièges, pirogues,
liens et ustensiles divers), les noms scientifiques.
Ainsi révisé et pourvu de notes additionnelles, ce travail
présentera surtout de 1 intérêt aux naturalistes et à tous ceux
qui, à un titre quelconque, s ’occupent de colonisation d’une
façon générale et en particulier des ressources capables d assu­
rer celle de la grande lie malgache.
Le Directeur des « Annales »,
E. H e c k e l .
1. Marseille, Barlalier, imprimeur-éditeur, 1906.

ESQUISSE SUR LA PÊCHE
DANS LA PROVINCE DE TULÉAR
PAU

M. C ami.le LE BARBIER
Commis des services civils à Tuléar.

Nous nous proposons de publier dans le présent travail un
ensemble de données relatives à la pêche telle qu'elle est pra­
tiquée dans la province de Tuléar et sur la partie méridionale
de la côte ouest de Madagascar, depuis l’embouchure du Mangoky jusqu'au cap Sainte-Marie.
Nous examinerons dans autant de parties distinctes ce qui
a trait aux produits de la pêche, à la technique des pêches et
enfin à la préparation et à l'utilisation des divers produits.

I — P roduits de la pêche.
Nous avons à parler successivement ici des mammifères,
des reptiles, des poissons, des mollusques, des échinodermes,
des cœlentérés et des spongiaires et enfin de divers produits
végétaux et minéraux.
A. — Mammifères.
C é t a c é s . — Parmi les Cétacés à la pèche desquels se
livrent les indigènes de la province de Tuléar, on peut citer
tout d’abord diverses formes appartenant à la famille des
Delphinidés et que les Yezo désignent sous le nom générique
de fesotsy. Dans le canal de Mozambique, principalement dans
les eaux de Manombo, à l'embouchure de la rivière du même

�i

CAMILLE LE RARHlKR

LA PÊCHE DANS LA PROVINCE DE TULÉAR

nom, dans les parafes de Saint-Augustin, à l'embouchure du
grand fleuve Onilahy et près du cap Sainte-Marie, on rencontre
en très grand nombre et pas très loin des cotes les espèces
suivantes :
Sténo plumbeus Dussum., dauphin plombé, fesotsy tamboromborotsa ;
Delphinus delphis L.. dauphin commun, fesotsy;
Prodelphinus euphrosyne Gray (/). rnarginatus Dussum.),
dauphin bordé, fesotsy misoratsy ;
Prodelphinus malayanus Less. (D. velox Dussum., D. kastatus F. Cuv.), dauphin léger, fesotsy ;
Prodelphinus fraenalus F. Cuv., dauphin bridé, fesotsy
misoratsy :
Prodelphinus dubius G. Cuv., dauphin douteux, fesotsy ;
Prodelphinus longirostris Gray (D. capcnsis Gray), dauphin
du Cap, fesotsy ;
Lagenorhynchus obscurus Gray, marsouin obscur, fesotsy
tsohy ;
Cephalorhynchus Heavisidei Gray, marsouin hasté. fesotsy
tsohy ;
Phocaena commuais G. Cuv., marsouin commun, fesotsy
tsohy.
Grampus griseus G. Cuv., épaulard, fesotsy akiho ;
Parmi les globicéphales une seide espèce est connue ; c'est
le dauphin globiceps ou de Hisso, Globicephalus mêlas Traill
Delphinus globiceps Cuv.), connu des indigènes sous le nom
de fesotsy zakoa et commun dans les parages d’Itampolo et
de Lanerano (cercle Mahafaly).
Une variété, nommée ambory, qu'on rencontre près de
Nossy-Vé et d'Anakao, est peut-être, d’après la description
qu’en font les Yezo, le delphinaptère béluga des mers arctiques.
Les renseignements recueillis ne sont pas suffisants pour rame­
ner cette espèce au type delphinaptère ou au type béluga, bien
que par sa couleur blanche elle semble se rapprocher plutôt du
sous-genre béluga.
Tous les habitants de la côte se livrent à la pêche de ces

mammifères dont la chair savoureuse est très appréciée et qui
leur fournissent en outre de l’huile et de la graisse.
Les autres genres de Delphinidés sont inconnus dans le
canal de Mozambique, exception faite toutefois pour le genre
narval: 1e Monodon monoceros L., appelé vahavaha ou fiantsifa, se rencontre près de Saint-Augustin, à l’embouchure
de l'Onilahv, dont ces cétacés remontent parfois le cours ju s­
qu'à Behovay, à 40 kilomètres environ de la côte; ces ani­
maux atteignent une taille de 2 à mètres et leur défense
mesure jusqu’à l in 50.
Les Platanistidés ne sont pas représentés dans les eaux de
la province de Tuléar L
Dans la famille des Physétéridés il convient de citer le cachalot
à grosse tête, Physe 1er macroccphalus L. etlc/éogia breviceps
HL, tous deux désignés sous le nom de tOZO. Les indigènes
ne se livrent pas habituellement à la pêche du cachalot qu’ils
redoutent ; mais lorsqu’ils trouvent échoué sur le sable un de
ces énormes mammifères ils ne se font pas faute de se régaler
de sa chair. En pleine mer, lorsqu’ils aperçoivent un cachalot,
ils regagnent la terre à force de rames, prétendant que le
tOZO, en les voyant, se précipite sur leur pirogue à toute vitesse
et la fait chavirer pour faire sa pâture des hommes qui la
montent.
La famille des Balaenidés est représentée par le genre

O

i. Prodelphinus dubius G. Cuv. n’a été ju sq u ’ici signalé que clans l’Atlan­
tique et ne parait pas descendre aii delà des des du Cap Vert.
L'espèce citée par l’auteur sous le nom de marsouin commun (Delphinus
commuais) et à laquelle nous avons restitué son nom générique de Phocoena
est. comme on sait, une forme habitant les parties septentrionales de l'Atlan­
tique et du Pacifique. La même observation s’applique au Grampus qriseus
G. Cuv., que M. Le Barbier désigne sous le nom d’épaulard Delphinus gram ­
pus).
Outre les formes citées dans le texte et pour lesquelles nous nous sommes
contentés de rétablir les noms scientifiques, M. Le Barbier fait encore men­
tion de deux delphinidés qu'il appelle Delphinus Boryi et Delphinus Homei
et sur lesquels nous n’avons pu nous procurer aucun renseignement.
Le béluga et le delphinaptère sont en réalité une seule et même espèce, Delphinaplerus leucas Pall., qui, comme le fait du reste remarquer l'auteur, habile
les régions arctiques.
11 est par contre un delphinidé que l’on rencontre dans tous les Océans et qui
n’est pas cité ici ; c’est l’orque, Orca gladiator Bonnaterre (O. Capensis Gray).

�6

CAMILLE LE BARBIER

Balaena, en sakalave tozombé, assez (*0111011111 sur toute la
cote, près de Manombo et de Fiherenanamasay, au Nord de
Tuléar, et à Saint-Augustin, au Sud. C est à Saint-Augustin
que faisaient autrefois escale les baleiniers américains cpii
venaient jusque-là poursuivre l'énorme cétacé. Deux espèces
sont connues : la baleine franche, Balaena mysticetus L .,
tozombé bevata, et la baleine du Cap ou Nord Caper, Balaena
australis Desni., tozombé.
Le genre Balaenoptera, tozombé lava, comprend trois
espèces; le rorqual, B. musculus L., le baleinoptère à liée,
B. rostrata Midi., amby, qui possède sous l’œsophage et entre
les branches de la mâchoire inférieure une grande poche vésiculeuse et gluante à laquelle, au dire des indigènes, les petits
poissons dont il fait sa nourriture viennent se coller et
demeurent attachés, et enfin le baleinoptère poeskop, B.
!Megaptera) Lalandii Gray.
La jubarte et le gibburdes Basques 11e sont pas représentés.
Comme les cachalots, les baleinoptères ne sont pas pêchés
par les Vezo qui en ont une terreur superstitieuse, mais qui
en font cependant leur nourriture lorsqu'il leur arrive de trou­
ver un de ces animaux échoué sur le rivage L
S i r é n i e n s . — Au Nord-Ouest de la province, au large de
Belavenoka et de Morombe, il a été vu quelques Siréniens
I. Balaena mysticetus L. estim e forme arctique circumpolaire ne descen­
dant pas au-dessous du 55' degré de latitude nord. Sous le nom de Balaena
mysticetus antarclica, Schlegel a désigné jadis une espèce qui n’est autre chose
que Balaena australis Desrn. Nous ne voyons pas dans la sous-famille des
Baleaninés d'autres formes qui aient été signalées dans l'hémisphère sud,
Balaena biscayensis Eschricht elle-même ne descendant pas au-dessous de
Madère.
Balaenoptera rostrata est une forme de l'hémisphère nord. Toutefois Van
Heneden désigne sous ce nom en 1888 un baleinoptère qui est le B. Hultoni
Gray (1874 ou mieux le B. bonaeraensis Bol. 1866), que l'on trouve dans les
régions méridionales de l'Océan Indien e id e l'Atlantique, depuis lu NouvelleZélande jusqu'à la République Argentine en passant par l’île de Kerguelen.
Balaenoptera musculus L. est aussi une forme septentrionale, qui s’étend
vers le sud jusqu’à la Méditerranée, mais pas plus loin.
Les baleinoptères signalés dans l’hémisphère sud sont B. Schlegeli Flcnv.
du Japon au cap Hornen passant par la Nouvelle-Zélande et Java) ; B. anlarctica Gray Nouvelle-Zélande, Australie, Pacifique sud, Atlantique sud, Cap
Horn ; B. Blylhi Anders. (Océan Lndien, golfe du Bengale) et B. Indica Blyth
(Océan Indien, golfe Persiquc, Mer Rouge.).

LA PÈCHE DANS LA PROVINCE DE TULÉAR

7

appartenant au genre dugong et à l'espèce Halicore dtigntirj
Erxleb. Les Vezo, qui les désignent sous le nom de tozofia,
n hésitent pas à harponner ces mammifères dont ils n'ont rien
à craindre et qui leur fournissent pour longtemps une chair
succulente ayant le goût de la viande de porc. D'après la des­
cription qu’ils en font, le dugong serait probablement la sirène
des anciens, à moins que ce ne soit le lamantin.
Les genres lamantin, Mnnnlus, et stellaire, Rhytina, sont
inconnus. Les vieux du pays qui ont quelque peu voyagé
assurent que le lamantin se rencontrerait dans les parages de
l'archipel des Comores et du cap d'Ambre.
Les Comoriens font une cérémonie spéciale lorsqu'ils
trouvent un de ces cétacés sur le rivage. Ils lui enlèvent
publiquement les mamelles et les parties génitales avant de le
dépecer et le livrer à la consommation. Cette coutume est
courante à Mayotte et dans tout l'archipel.
En règle générale, les Vezo de la côte, qui sont tous marins
et pêcheurs, ne se livrent pas d'une façon assidue à la pêche
des Cétacés. Lorsqu'accidentellemenl, au cours de leurs pêches
journalières, ils se trouvent en présence d'un dauphin ou d'un
marsouin, ils n hésitent jamais à capturer l’animal au moyen
du harpon, fondaka, dont ils sont toujours munis. Quant aux
cachalots et baleines, les indigènes fuient à leur approche sans
jamais songer à les harponner, tantestprofonde la terreur que
leur inspirent ces monstres au mugissement formidable.
P in n ip è d e s . — Les phoques, morses et autres Pinnipèdes
n'ont jamais été remarqués dans les eaux de la province.
Cependant un indigène de Saint-Augustin qui a fait, en
1903, un voyage à l'ile Europa, au nord-ouest de Tuléar, pré­
tend avoir rencontré à 20 milles environ de cette ile un cheval
marin nageant presque à fleur d'eau. L ’animal qu'il décrit serait
de la taille d’un jeune àne et de couleur noire, posséderait
une longue crinière et aurait la tête et les pieds du cheval.
B. — Reptiles et amphibiens.
T ortues. — 11 existe dans la province de Tuléar des tor-

�S

CAMILLE LE HAHHIER

tues marines, des tortues lluviatiles et des tortues ter­
restres.
Tortues murines. — On trouve en grand nombre des tor­
tues de mer dans le canal de Mozambique, mais surtout à
l'ile Europa. Elles sont l’objet d'une pêche assidue de la part
des indigènes qui les poursuivent avec ardeur, les unes, fano,
pour leur chair, les autres, îanohara, pour l'écaille dont leur
carapace est revêtue.
La tortue marine commune (Chelone) appelée fano, dont la
chair rappelle, comme couleur et comme goût, celle du bœuf,
est harponnée en pleine m er; mais à l'ile Europa, où ces tor­
tues abondent, les Vezo ont recours à un procédé bien plus
simple pour s'en emparer ; ils les retournent et après avoir
attaché solidement la bête alors sans défense, ils la remorquent
jusqu’à leur village. Après le dépeçage une partie de la viande
est fumée ou séchée au soleil, légèrement salée, pour être con­
servée : fraîche, la chair de la tortue est assez agréable. Les
œufs de la tortue marine sont aussi comestibles et les indi­
gènes de la cote en sont friands.
La tortue à écaille ou caret, Chelone imbricata L., fanohara
est pêchée au harpon à la pointe Barrow ; mais sa chair
amère n'est pas comestible. On en distingue plusieurs sortes,
correspondant aux diverses variétés d écaille. On rencontre
ces tortues en grand nombre du coté de Lamboharana et d’Andavadoaka, au nord de Tuléar.
Tortues d'eau douce. — II existe dans les marais et les
flaques d'eau, près des fleuves et des rivières, une sorte de tor­
tue de forme allongée, qui se nourrit de vase et de détritus
végétaux. Ces tortues, désignées sous le nom de rerehy, ne
sont pas comestibles.
Tortues terrestres. — Dans les vallées herbeuses de l’Onilahy et du Filierenana et dans les plaines du pays Mahafaly
et Antandrov abondent des tortues terrestres à carapace bom­
bée. dont la chair est très goûtée. Appelées sakafy par les
Vezo, kasafy et kotroka par les Antandroy et les Mahafaly,
elles se nourrissent d'herbes et de cactus, raketa, et se
laissent prendre facilement. Leurs œufs, de forme arrondie,

LA PÊCHE DANS LA PROVINCE DE TULÉAR

9

ont une saveur délicate et sont très appréciés des gourmets 1.
Il existe aussi une espèce de tortue terrestre qui, adulte,
atteint à peine 10 centimètres et qui n est pas comestible. Les
indigènes la nomment sokaka.
C r o c o d il e s . — Les Hydrosauriens sont représentés par
des êtres hideux, improprement désignés sous la dénomina­
tion de caïmans. Les Crocodilus madagàscariensis pullulent
dans tous les cours d'eau et les mares de la Grande île. Extrê­
mement redoutés de certaines races, ils sont, pour les peu­
plades de la côte ouest, un objet de respect et de crainte. Les
Sakalaves sont fermement convaincus que l ame de leurs
ancêtres habite le corps de ces horribles reptiles. Dans cer­
taines régions c’est un crime de tuer un jeune caïman, voay,
ou un caïman adulte, mamba, et jamais un indigène ne s'en
rendra coupable. Aux environs de Tuléar, il existe une mare
où vivent en paix d’énormes caïmans, sous la surveillance d’un
gardien indigène ; ce sont les caïmans royaux, autrefois entre­
tenus par le mpanjaka Tompomanana, l'ex-roi des Masikoro ;
la tradition rapporte que la mare aux caïmans est la résidence
de tous les anciens rois du pays de Masikoro qui y viennent
après leur mort, sous la forme de ces reptiles. Gétte légende per­
siste toujours.
11 existe deux espèces de caïmans : l’une a le museau en
pointe et l’autre le museau arrondi; toutes deux se rap­
prochent du crocodile d’Egypte. Les Ilova affirment que les
Tanala et les Sakalava de la région du Mangoky mangent la
chair des caïmans.
L ’alligator n'existe pas à Madagascar.
T r it o n s . — Dans les mares, près des fleuves et rivières,
on trouve des tritons ou lézards d’eau, dénommés matahotrandro par les indigènes; mais ils ne sont pas pêchés, n'étant pas
comestibles.
I. La tortue terrestre dont il est ici question est sans doute Testudo rad ial*
Shaw.
Les tortues d eau douce sont assez abondantes dans tous les cours d'eau de
la côte occidentale, el on cilci en particulier les Du merilia, belles et grosses, pour
la finesse de leur chair. Il semble, d'après ce que dit M. Le Barbier, que cette
espèc'e lasse défaut dans la province de Tuléar.

�10

CAMILLE LE RARMER

C. — Poissons.
C y c lo st o m es et G a n o ïd e s . — On n'a jamais signalé dans
la province de Tuléar de poissons appartenant à l'ordre des
Cyclostomes ou à celui des Ganoïdes.
S é l a c ie n s , — Le sous-ordre des Squalidés et celui des
Batoidés sont tous deux bien représentés.
Différentes espèces de Squalidés pullulent à peu de distance
des cotes et principalement à l’embouchure des fleuves. On
peut citer entre autres le requin commun, appelé akiho par les
Yezo et les Mahafaly, antsantsa par les Hova et les Betsimisaraka. Signalons encore le requin blanc, akihofotsy, dont la
chair est très estimée des indigènes ; le hihahiha, qui est noir;
le maintipaty. de couleur gris-brun, avec des ailerons blancs
à extrémité noire ; lakihofesotsy, qui ressemble beaucoup au
marsouin ; le requin marteau, akihoviko, à tète plate, avec la
gueule petite et ronde et les yeux à fleur de tète près de la
gueule.
Parmi les Batoidés, nous mentionnerons la raie électrique ou
torpille, appelée ledraledra ; le fahitombily, à dos grisâtre
taché de brun; le diable de mer, fahiandramiango, gris avec
taches noires, qui atteint de i à 5 mètres et qui n’est pas
rare près de Sarodrano pendant la saison chaude ; le fahitsifitsy, qui a une rangée d'épines sur toute la longueur de sa
queue; le fahironto ou andema, gris, rayé de blanc, dont la
queue est fourchue ; le fahivalangy, de couleur noire ; le fahivanda, qui a des taches brun-rouge ; le fahisokitsy, la plus
petite espèce connue, qui se tient à peu de distance de la côte,
et qu'on trouve à marée basse, près des palétuviers baignés
par la mer ; cette espèce est très friande des feuilles et des
fruits du palétuvier.
Citons enfin les Prislis ou poissons-scie, communs à l’em­
bouchure des cours d’eau '.
1. Nous croyons devoir donner ici à titre d’indication une liste de quelques

LA PÊCHE DANS LA PROVINCE DE TULÉAR

11

A c a n t h o p t é r y g ie n s . — Parmi les Percidés, nous devons
une mention spéciale aux genres Dules, Diayramma, Ambassis et Apsilus dont voici les espèces principales ;
Dules fuscus C. V., jiampahy, brun-clair à dos plus foncé ;
Dules caudavittatus C. V., hangarera, appelé poisson plat
Sélaciens signalés dans les régions qui avoisinent Madagascar :
Cnrc.ha.rius acutus Rüp. Mers du Cap.
—
acutidens Rüp. Mer Rouge. Océan Indien.
—
P layfairi Gthr. Zanzibar.
—
glaucus Rond. Pondichéry. Australie. Méditerranée.
melanopterns Q. et O. Afrique du Sud.
—
IUeekeri Duméril. Océan Indien. Seychelles.
—
limhalus Müll. et Ilenle. Seychelles.
Loxodon macrorliinus Müll. et Ilenle. Seychelles.
Galeus canis Rondel. Mers du Cap.
Zygaena malle us Shaw. Zanzibar. Seychelles.
—
tude Cuv. Zanzibar.
Triaenodon obesus Rüp. Seychelles,
I.eplocarcharias Smithi Gthr. Afrique du Sud.
Muslelus laevis Rondel. Cap de Bonne Espérance.
Lamna glauca M. et H. Cap. Japon.
Carcharodnn Pondeleli M. et II. Cap. Australie.
OdonlAspis americanus Mitch. Cap. Australie.
llhinodon typicus Smith. Cap. Seychelles.
Notidànus indiens Cuv. Cap. Océan Indien.
Scyllium F.dwardsi Cuv. Cap.
—
capense Smith. Cap. Océan Indien.
—
bivium Smith. Cap.
—
afrieanum Gin. Cap. Baie d’Algoa.
Gynglimosloma brevicaudatnm Gthr. Zanzibar. Seychelles.
Stegostoma tigrinwn Gthr. Zanzibar. Ceylan.
Chiloscyllinrn indicum Gm. Cap. Ceylan.
Acanthias vulgaris Risso. Cap. Australie
Acanthias Blainvillei Risso. Cap.
Prislis peclinata Lath. Cap. Indes.
llhynchobalus djeddensis Forsk. Seychelles. Mer Rouge. Zanzibar.
llhinobatus Illochi M. et H. Cap.
—
cnlumnae M. et II. Cap. Zanzibar.
—
Halavi Forsk. Mer Rouge. Chine.
Torpédo marmoratn Itisso. Cap. Océan Indien.
—
ftiscomaculala Peters. Zanzibar.
Aslrape capensis Olfers. Cap. Madagascar.
Raja Smithi Gthr. Afrique du Sud.
Urogymnus asperrim us Bl. Schn. Seychelles. Côte d’Afrique.
Trygon uarnak Forsk. Mer Rouge. Zanzibar. Seychelles.
—
Kuhli M. et II. Zanzibar.
—
sephen Forsk. Seychelles
Tocninra lymma Forsk. Zanzibar.
—
Meyeni M. et H. Maurice.
Aëtobatis narinari Euph. Seychelles.
Dicerobatis Khuli M. et H. Zanzibar. Océan Indien.

�12

CAMILLE LE RARRIER

il la Réunion, de couleur brun-gris, à dos brun; cette espèce
abonde dans les cours d'eau de la province et en particulier
dans l’Onilahv et le Fiherenana ;
Dules rupestris Lcpd., hangarera petapetaka, brun, tacheté
de brun foncé, à dos bleuâtre ;
Diagramme gatterina Forsk., gueule pavée;
Ambassis productus, sabonto, gris-blanc à dos bleuâtre;
Apsilus fuse us G. W, alila.
Les Chactodon, fiandrata. sont communs sur tous les récifs
de corail.
Sous le nom de salabara on désigne des Mullidés apparte­
nant â diverses espèces d Upencus [U. vitlatus Forsk., U.,
cyprinoïdes G. Y.).
Les daurades se trouvent en mer et dans les eaux saumâtres,
elles sont désignées sous le nom de laniorambe : citons comme
espèces Ch rysoph rys haffara Forsk. et Ch. hast ata Bl.
Le moramasaka. vulgairement appelé marguerite, est VArnphacanthus luridus Ehrb.
L'ambitry, de couleur gris-clair, et l'anibitrifotsy, aux
écailles argentées, tous deux communément appelés capitaine,
sont des Polynemus (P. Astrolabi Svg. et autres espèces). De
même sans doute les poissons désignés sous les noms d'antsisy ou de fiantsara.
Sous les noms de voromborontsatra et de fiantsifa on dis­
tingue deux acanthoptérygiens de la famille des Xiphiidés,
appartenant, selon toute vraisemblance, au genre Histiophorus.
L'angy ou cordonnier n’est autre chose que YAcanthurus
triostegus L.
Les carangues, Caranx hippos L., lamora, ne sont pas
rares.
Les Scombridés sont bien représentés, notamment par des
thons, lamata ou menasofy, Thynnus thynnus L. ou Th.
thunnina G. V. dont la chair délicate, tant fraîche que fumée,
est appréciée des Européens comme des indigènes ; ce pois­
son très gras, qui atteint environ un mètre de longueur,
abonde dans les eaux de Manombo et de Saint-Augustin, à

LA PÊCHE DANS LA PROVINCE DE TL LÉ AR

13

l'embouchure de l Onilahy et du Manombo. Gitons également
la bonite, Pelamys sarha G. V., nommée saboto dans le
pays.
Les Vezo se servent du scorpion de mer, qui est un Platycephalus (PL insidiator Forsk. très probablement), pour
appâter leur ligne de pêche.
Le genre Gobi us est représenté par de très nombreuses
formes ; G. aenco-fuscus Peters, johobehohy, rougeâtre,
tacheté de noir; G. albopunclatus G. V. johopetapetaka
fotsy, gris tacheté de blanc et rayé de noir ; G. obscurus
Peters, johomainty, brun ; G. signatus Peters, johotahola,
également brun ; G. madagascariensis lavanify, blanc tacheté
de noir; G. auchcnotaenia, joholovohara, blanc tacheté et
rayé de noir ; G. polyzona, johomisoritsy. blanc rayé de noir;
G. melanopterus, johomena, rougeâtre ; G. hypsilosoma joho­
petapetaka, gris-brun tacheté de blanc et de noir ; G. Vcrgcri,
johokely, blanc rayé de noir; G. isognathus, johokibopetapetaka. à dos brun et ventre blanc tacheté de brun.
A côté des Gobius se placent les Eleotris : E . fusca BL et
Sclm., lovo, vulgairement appelé cabot de fond ; E. madagas­
cariensis G. V., lovohara ; E. ophiocephalus, C. V., toho,
brun rayé de blanc.
Les Bleniidés les plus communs sont le fiantsomotsy, gris
blanc à dos brun et les valalantaikié, dont l’uii est jaunâtre
tacheté de noir et l ’autre grisâtre avec des bandes verticales
brunes peu marquées et des points blancs. Les trois espèces
sont connues sous les noms scientifiques suivants ; Pelroscirtes barbatus Peters, Salarias frenatus C. V. et Salarias
meleagris G. Y.
Les Mugilidés sont abondants en mer et dans la partie
basse des cours d'eau. Les différentes variétés de mulet sont
connues sous les noms d'antendro, de bokonondro, de mokijy ;
citons seulement les espèces suivantes : Mugil borbonicus C.
Y. ; M. robustus Gthr. ; M. carinatus C. Y. ; M. waigiensis
Q. et G. ; .V/. Smithi Gthr.; M. coecutiens ; M. rodericensis ;
Agonostoma dobuloides C. Y.
P h a r y n g o g n a t h e s . — Parmi les nombreux Labridés, les

�14

CAMILLE LE HARIUKR

plus remarquables sont le poisson l)lanc désigné sous le nom
de vao, qui a pour nom scientifique IVovacula immaculata G.
V., et le fiambazaha. vulgairement appelé perroquet à cause
de sa couleur verte, et qui appartient au genre Pseudoscarus ;
la chair de ce poisson, réduite en poudre, fournit une sorte de
farine, appelée koba, qui sert d'aliment aux enfants en temps
de disette.
l)e façon générale les Cichlidés sont, on le sait, très bien
représentés à Madagascar ; on trouve dans les eaux douces de
la province de Tuléar le Ptychochromis oligacanthus Bleeker
typique et les variétés décrites sous les noms de P t. Grandidieri et de Pt. madagascariensis par M. Sauvage ; on y
rencontre aussi le Parelroplus Dami Bleeker, d'un brun uni­
forme, avec une tache noire au-dessus de la pectorale, qui est
connu sous le nom de gourami malgache ; enfin Paratilapia
Polleni Bleeker, brun rougeâtre avec taches bleues, se trouve
surtout dans le Fiherenana. Les noms indigènes sont les
suivants : votroho et votroho misoritsy pour les Ptychrochromis, votroho bevata pour le Paretroplus et trondro pour
le Paratilapia.
A n a c a n t h im e n s . — La famille des Pleuronectidés fournit à
la consommation quelques espèces : le fianako, sorte de pois­
son plat rappelant la plie et la limande; le fiamileva ou sole
malgache et le lanilany, qui ressemble au turbot L
P hysostomes. — Sous le nom de tsaramasy on désigne le
poisson rouge, Carassius aura tus L., dont l'introduction à
Madagascar peut être citée comme un bien malheureux
exemple d'acclimatation, puisque, devant l'envahissement de
ce Cyprinidé, qui est sans valeur alimentaire, pour les Euro1. Les indications fournies sont évidemment insuffisantes pour permettre la
détermination des Pleuronectidés dont il est ici question. Nous nous borne­
rons donc à rappeler que les espèces suivantes ont été signalées dans les eaux
de M adagascar:
Rhombus horhonensis K p .; Rhornboiflichlliys pantherinus Rüpp. ; Pardachirus marmoratus Lcpd. ; Solea tubifera Peters ; Cynoglossus capensis Kp.
Par ailleurs, nous croyons devoir rappeler aussi que la faune ichthyologique
des eaux douces de Madagascar est caractérisée par l'absence absolue des
Cyprinidés, et, dans ces conditions, il nous parait prudent de faire quelques
réserves sur l'exactitude du nom vulgaire de barbeau appliqué au fiantsomotsy. dont il est question quelques lignes plus bas.

LA PÊCHE DANS LA PROVINCE DE TULÉAR

4M

péens tout au moins, les Cichlidés et les Gobiidés, qui consti­
tuent un excellent aliment, ont beaucoup diminué.
On trouve aussi dans les eaux douces le fiantsomotsy ou
barbeau.
Les Clupéidés vont par bandes considérables ; Megalops
cyprinoides Brouss. (AL indiens G. V.), blanc à dos brun,
pénètre dans les eaux douces ; les indigènes l’appellent
pepihy.
L'anguille de mer est appelée lamorabe ou lamerankena
lorsqu’elle est noire et lamerampotsy lorsqu’elle est blanche. La
tona, Anguilla Delalandei Kp., que l’on trouve dans la vase,
a de nombreuses arêtes. Dans les rivières on pêche lamalo,
gros et court, et l henalava, long et mince, dont la chair line
est très goûtée des Européens ; ce sont également des
Anguilla.
Les congres sont dénommés lamera ou henalava.
P l e c t o g n a t h e s . — Nous signalerons ici le Tetrodon fahaka
lias, dont le nom indigène est botana ; une espèce voisine,
botanalovo, posséderait une vessie natatoire contenant de
l'ambre. Le Diodon hystrix L. est le votrandra des indigènes.
Enfin le trondro ou bourse doit être rapporté à l’un des
genres Triodon ou Batistes.
En ajoutant aux poissons cités dans les pages qui précèdent
quelques formes sur la position systématique desquelles nous
n'avons pu avoir de renseignements suffisants et qui sont con­
nues des indigènes sous les noms de kiho, de dry, de tsiamborodoko, de fiamisaka, d'ambalavoto et de vohé-vohé, on
aura un aperçu déjà suffisant de la faune ichthyologique de la
province de Tuléar, en tant du moins qu’elle intéresse les
pêcheurs. Tous les poissons décrits ci-dessus sont comestibles;
les indigènes les mangent bouillis ou encore salés ou fumés.
Le foie des squales et autres gros poissons fournit de l’huile
aux Vezo et aux autres pêcheurs ; mais il n’est fabriqué ni
colle de poisson ni caviar ou boutargue et les déchets ne sont
pas employés en guise d’engrais.

�i&lt;i

CAMILLE LE BARBIER

D. — Mollusques.
C é p h a l o p o d e s . — Parmi les Céphalopodes on peut citer le
poulpe, orita ; la seiche et le calmar, confondus sous le nom
d'angisy. Tous ces mollusques, qui sont communs dans les
eaux de la province, depuis l’embouchure du Mangoky jus­
qu’à celle de TOnilahv, sont comestibles et le poulpe surtout
a la préférence des indigènes ; salée, séchée ou fumée, aussi
bien que fraîche et bouillie à l’eau salée, la chair de lorita
est très appréciée des populations côtières.
Le Xautilus pompilius, L.,salabatO, et surtout YArgonauta
argo L., saroboka, sont rares.
L a m e l l ib r a n c h e s . — Les Lamellibranches abondent sur les
récifs et les rochers qui bordent presque toute la côte ; les
espèces les plus communes sont les suivantes:
Pholas cos fata L. ; Asaphis coccinea Mart. ; Sanguinolaria
sanguinolcnta Cnn., l'hihinkenamena des indigènes; Tellina
punicea Boni. ; Tellina radiata L. ; Strigilla pisiformis L. ;
Donax trunculus L. ; Cytherea (Dionc) veneris Argenv.
(dione auct.) ; Cytherea ( Tivela) maclroides Boni.; Cytherea
(Cal lista) rnaculata L. ; Cytherea (Callisla) aurantianca
Sow. et Chione L. ; Meretrix lusoria Ch. ; Tapes amabilis
P h i.; T. striata Cil.; T. sulcaria Lm. ; Chione laqueata
S ony. ; Chione cnidia ; Dosinia ponderosa Gray ; Cardium pseudolirna Lm. : C. tuberculatum L. ; C. edule L. ; Laevicardium
elatum Sow. ; Hemieardiurn fraguni L. ; Isocardia sp. ; 777dacna gigas Lm. ; Tr. squamosa Lm. ; Hippopus maculatus
Lm. ; Lucina tigerina L. ; Mytilus sp. et .1/. decussatus Lin. ;
Meleagrina sp. ; et Mel. margaritifcra L. ; Pinna californica ; Pecten aequisulcatus Crptr. ; P. glaber L. ; P. japonicus Gm. ; P. jacohaeus L. ; Spondylus americanus Lm.
L huître, petite et très goûtée, existe en grande quantité à
Manombo et à Sarodrano ; les indigènes l’appellent hihy.
L ’huître perlière, tsilatsilaka, et la grande huître nacrée,
hihibe, sont assez communes à l ile Europa, dans les parages
de Lamboharana et de Manombé au nord de la province et

LA PÈCHE DANS LA PROVINCE DE TL LEAR

17

depuis Langavato jusqu’à la pointe Barrow au sud de la pro­
vince.
Les Tridacna et Hippopus sont dénommés hima sur toute
la côte ; les Pecten sont connus sous le nom de fitindro ; le
Spondylus et le Pinna sous celui de hihitahola.
La moule ordinaire, tsangalahala. et la grande moule,
tsangalahalabe, se trouvent un peu partout.
Tous les Lamellibranches cités ici sont comestibles et les
habitants de la côte les pèchent pour leur consommation 1.
G a s t é r o p o d e s . — De nombreux gastéropodes existent par­
tout sur les côtes et principalement à Ambohibé, Manombo,
Tuléar, Sarodrano, Nossi-Vé, Arikélibé et Anakao. Nous don­
nons ici une liste des principales espèces :
Murex cornu lus L.
Murex tribu!ns L. (crassispina Lm.).
Murex Trose lie H Schk., connu sous le nom de liva.
Murex b r and a ris L.
Murex brassica Lm., nom indigène angata.
Murex infiat us Lm.
Murex erythrostomus S\v. (bicolor Val.)
Murex radix Gm.
Murex regius Wood.
Murex saxalilis L., appelé droka.
Murex trunculus L.. le bozika des indigènes; ce mollusque
a l’ouverture de sa coquille fermée par une mince lame corI. Il résulte des données fournies ici p arM . Le Barbier que la faune desLamellibranches de la province de Tuléar comprend un certain nombre d'es­
pèces dont l’aire de répartition géographique est assez vaste. En consultant
le Catalogue de Paetel nous y trouvons les quelques indications suivantes :
Asaphis coccinea. Tellina radiata et T. punicea, SlriyiLla pisiform is,
Cyllierea reneris, Tiuéla maclroides sont des Antilles.
Spondylus americanus est connu des Bermudes.
Laevicardium elatum, Dosinia ponderosa, Pecten aequisulcatus, Lucina
tigerina, Pholas coslala, Callisla auranliaca sont des formes de la côte améri­
caine du Pacifique.
Donax trunculus. Callisla chione, Pecten glaber et P. jacobaeus ont été
trouvés dans la Méditerranée.
Cardium tuberculatum el C. edule sont de l’Europe septentrionale.
Tapes amabilis el Chione laqueata font partie de la faune australienne.
Cardium frayum et Meretrix lusoria sont connus des mers de Chine et
enfin Tapes striata est de Bornéo.

2

�IS

CAMILLE LE HAH111EU

née, sorte de petite écaille noirâtre appelée fimpy, qui, brûlée,
fournit aux Indiens un parfum très estimé; le fimpy vaut de
2 à 3 francs le kilogramme.
Pyrula melongena L., menavava des indigènes.
Pyrula vesperlilio Lm.
Pyrula corona Gm.
Pyrula paradisiaca Mart.. appelé dosidy.
Busyconperversum L.,trondro.
Xeptunea an tiqua L., angadolo.
Fusus dupetit-thouarsi Ivien., akoralavavoly.
Fusus proboscidiférus Lm., tongoroaka.
Triton olearius L.
Triton nodifer L.
Triton lampas L.. antsiva.
Triton tritonis L., antsiva lavavoly.
Ranella albivaricosa Kv.
Ranella perça Perry [pulchra Gay), kabo.
Buccinum undatum Fabr., kabo.
Xassa thersites Brug.
Eburna lutosa Lm., kabo.
Eburna japonica Sow.
Purpura patula L., kabo.
Rapana thomasiana Cross., kabobevata.
Oliva porphyria L., dosidosy lava.
Oliva reticularis Lm., dosidosy petapetaka.
Oliva in/la la Lm. (yibbosa Lm.), dosidosy et dosidosy
bevatâ.
Ollivella eburnea Lm. (nitida Gm.), dosidosy kely.
Dipsacus ylabratus L.. dosidosy.
Fasciolaria princeps Sow . , antsiva lavavoly.
Fasciolaria tulipa L., sifotsa.
Fasciolaria trapezium L., bositza.
Yasum cornigerum Lm.
Vasum capitellum L.
Yasum rhinocéros Gm., mondondy.
\ asum scolymus Gm., angaroaka.
Yoluta vespertilio L., dosidosy.

LA PÊCHE DANS LA PROVINCE DE TL'LEAR

Yoluta scapha Gm.
Xoluta indica Gm. (melo Sol.).
Yoluta diadema Lm., dosidosy bevata.
Mitra episcopa lis I,.
Mitrapontificalis Lm., sakody.
Mitra papa lis L.
ITarpu ventric&amp;sa Lm.
Harpa nobilis Rumph., valorira.
Cassis madagascariensis Lm.
Cassis cornu ta L., maromongy.
Cassis ru fa L.
Cassis lu ber osa L.
Cassis te nuis Gray, menasamba.
Cassis decussata Lm.
Cassis saburon Lm. ( ' aponiea Rv.), akora.
Cassidaria echinophora L.
Doliutn galea L.
Dolium per dix L., akora.
Malea dentatum Boni. (ringens Sow.), akora.
Ficula ficoides Lm., akora lava.
Nat ica duplicata Say, akora.
Natica laniarckiana Bel/..
Scalaria commuais Lm., sakody.
Terebra dimidiata L.
Terebra maculata L.
Terebra muscaria Lm., sakody lavavoly.
Conus betulinus L.
Conus capitaneus L.
Conus imperialis L.
Conus generalis L.
Conus miles L.
Conus litteratus L.
Conus virgo L.
Conus rnarmoreus L.
Conus pulicarius Brug.
Conus textile L.
Conus striât us L.

I!)

�2()

CAMILLE LE BARBIER

Strombus yigas L., akora
Strombus pugilis !..
Strombus alatus Gm.
Strombus auris Dianae L.
Strombus vittatus L.
Strombus lentiginosus L.
Strombus lobalus Sw. (bitubcrculatus Lni.).
Strombus floridus Lin.
Strombus papilio Ch.
Strombus luhuanus L.
Strombus gibberulus L.
Strom bus fascial us Boni, [poli/ fascial us Ch.), bozika.
Strombus urccus L.
Strombus galeatus Sw ., akora.
Strombus costatus Gm. (accipitrinus Mart.).
Pterocera chiragra L.
Ptcrocera rugosa Sow.
Pterocera scorpio L.
Pterocera aurantia Lm.
Pterocera lambis L.
Pterocera bryonia Gm. truncata Lm.), liva.
Aporrhais pespelicani L.
Ovula ovum L., tsifopotsy.
Cypraea talpa L.
Cypraea isabella L.
Cypraea tigris L.
Cypraea pantherina Sol.
Cypraea exanthema L.
Cypraea lynx L.
Cyprea vitellus L.
Cypraea mauritiana L.
Cypraea mus L.
Cypraea stercoraria L .|(raltus L.).
Cypraea arabica L.
Cypraea caurica L., hovohovo.
Cypraea caput serpenfis L.
Cypraea moneta L., dont on distingue quatre variétés.

LA PÈCHE DANS LA PROVINCE DIC TL' LÉ AH

21

Cypraea helvola L.
Cypraea annulus L., tsakoriaka.
Cerithium vulgatum Brug., sakody.
Vertagus vulgaris Schmch.
Pyrazus palustris L., sakodibé.
Littorina muricafa L., angatakely.
Littorina obtusata L., akorakely.
Turrifella commuais Risso, sakodilava.
Turritella sj&gt;., sakodikely.
Ncrita albicilla L.,betampy.
Nerita polila L., betampy.
Nerita peloronta L., betampy.
Nerita versicolor Lm., betampy.
Neritina commuais Quoy, betampy.
Neritina virginea L., betampy.
Turbo chrysostomus L., betampy.
Turbo sarmaticus L., betampy.
Turbo fluctuât us Rev. (Fohkesi Jon.), betampy.
Turbo argyrostomus L., betampindolo.
Turbo cornutus Gm., betampindaholâ.
Astralium longispinum Lm., betampy.
Pachypoma japonicum Dkr., betampy.
Rotclla lincolata Lm., betampy.
Delphinula sp., betampy.
Livona pica L., betampy.
Trochus niloticus L., betampy.
Pyramidea mauritiana Gm., betampy.
Zizyphinus maculalus PhL, betampy.
Turcica argenteonitens Lschk., betampy.
Omphalus modcstus Koch, betampy.
Gibbula cineraria L., betampy.
Les coquillages nacrés des diverses espèces de Turbo font
l’objet d’un commerce d’exportation de la part des Indiens, qui
paient sur place de 15 à 20 centimes le kilogramme. Et
puisque nous parlons de coquillages nacrés remarquons en
passant que les Haliolis demeurent inconnus des Vezo.

�22

CAMILLE LE HAHH1ER

LA PÈCHE DANS LA PROVINCE DE TULÉAR

Comme Gastéropodes nous avons encore à citer quelques
espèces terrestres ou d'eau douce :
fJcli.r haemastoma L.
Buliniusperversus L. (intcrruptus Müll.)
Bulimulus multilineatus Sa y (vinjulatus Bin.), kabo.
Pupa uva L.
Clausilia cana Hld (iosloma Schmidt).
Auriculus auris Afidae L., kabo.
Tudora vorsicolor Pfr., sakody.
Helicina miltochila Cross.

les différents cours d'eau, en grand nombre, des crevettes à
longues pinces (tsitsiky), des petites crevettes et des écrevisses
(tsitsikabe 1. Nombreux sont encore les crabes, dont les espèces
comestibles sont le Geryon tridens (drakaka), le Cancer payurus (drakaka pititsy) et le Lithodes maja (gagalado). Il existe
aussi une espèce de crabe terrestre (drakakatay) qui vit dans
les terrains humides couverts par la mer à marée haute ; mais
les indigènes 11e mangent pas ce crabe qui se nourrit d'ordures.
Les Bernhard-l’Ermite ou Paguridés, appelés tangaloaka.
sont assez communs.
La limule (Limulus polyphemus) est inconnue

En appendice aux Gastéropodes mentionnons le Dentalium
cntale L., connu des indigènes sous le nom d akoranify.
Tous ces coquillages servent à la nourriture des indigènes
qui mangent leur chair cuite dans la coquille sur un feu ardent
sans aucun assaisonnement
E. — Crustacés.
La faune carcilonologique de la province de Tuléar est riche
en espèces comestibles. Si les homards et les squilles font
défaut, les langoustes ttsitsikalava, tsitsikabevata) abondent
dans tous les creux de rochers, principalement à la pointe
Barrow ; on trouve aussi sur toute la côte des crevettes de
mer et d’eau saumâtre (tsitsiky), à pinces peu visibles et dans
1. Nous pouvons répéter en parlant des Gastéropodes ce que nous disions
plus haut des Lamellibranches. Dans les listes établies par M. Le Barbier on
trouve des formes connues déjà dans des régions qui sonl très éloignées de
Madagascar ; nous en citons quelques-unes :
M éditerranée: Murex brandaris et M. trn n cu lus; Triton nodifer\ Cassis
decussala et C. saburon; Cassidaria echinophora ; Dolium galea ; Ceritbiuin
vulgatum ; Littorina obtusata : Gibbula cineraria.
Côte américaine du Pacifique : Murex brassica, M. regius et M. erythrostomus: Fusus Dupetil-Thouarsi : Oliva p o rp h y ria; Fasciolaria prin ceps; Cassis
tenuis: Malea dentalum.
Côte américaine de l'Atlantique : Murex ra d ix ; Pyrula nielongena; Oliva
reticularis ; Fasciolaria tulipa ; Strombus g ig a s; S. p n gilis ; S. alatus : S. lobatus\ S.- costatus ; Littorina muricata ; Nerita peloronla ; N. versicolor ; Aerilina virginea , Astralium longispinum ; Pupa uva.
Japon -.Murex Troscheli, Eburna jap on ica, Pachypoma jap on icu m : Turcica
argenleonitens, etc., etc.

2d

F. — Échinodermes.
Les chenilles de mer ou trépangs existent en très grand
nombre par des fonds de 5 à 15 brasses sur la côte depuis
Belo et le Mangokv jusqu’au cap Sainte-Marie. On en connaît
deux espèces, lezanga, petit et noir, et le vatohandry, long et
gris.
L'animal est d'abord vidé, puis séché au soleil; ensuite il est
bouilli en plusieurs fois, fuméet enlin verni; il est alors vendu
aux Indiens qui l’exportent ; cav le trépang n’es t pas consommé
par les Vezo.
Autrefois on faisait beaucoup de trépang. Aujourd'hui la
quantité préparée est minime, alors que la production peut
atteindre quelques centaines de kilogrammes. La préparation
du trépang est une industrie qui mériterait d’être encouragée
et qui est susceptible d’un grand développement dans l'avenir.
On trouve sur les côtes des oursins ou châtaignes de mer
I. On a signalé sur les côtes rie Madagascar deux espèces de langoustes:
Palinorus ornalus Fabr. cl Palinurus penicillatus 01.
Les tsitsiky d’eau douce sont les Palaemonidés et les petites crevettes d’eau
douce sont peut-être des Parapalaemon palsa. L'écrevisse de Madagascar est
['Aslacoides madagascariensis Guérin.
Les crabes terrestres appartiennent aux genres Telpliusa ou Paratelphusa.
Enfin nous croyons devoir faire quelques réserves en ce qui concerne la
détermination des crabes; nous ne pensons pas que Cancer Pagurus existe à
M adagascar ; les Geryon sont des formes qui vivent à de grandes profondeurs.
Les Lithodes habitent les mers froides ou tempérées ou se trouvent sous les
tropiques à une profondeur assez considérable.

�LA PÊCHE DANS LA PROVINCE DE TULÉAR

25

II. — Spongiaires.

Il existe sur les côtes de la province de Tuléar diverses
esjièces de coraux et de madrépores, roses, rouges, blancs ou
noirs, tous désignés sous le nom de hara. Citons d'abord deux
espèces très rares, Stylastcr sanyuincus et Distirhopora coccinea. le premier rose, le second rouge. On trouve aussi et sur­
tout les espèces suivantes:
Madrepont prolifera
Madrepora com m unis
Poecillopora acuta
Trachyphyllia arnaran thus
H y d nop hora E hr cube rg i
Coelaria stricta
Herpetolithes

Fungia integra
Funyia elegans
Tridacop/iyllia lactuca
Caepop hy Ilia g y rosa
Tu rh in a ri a ci nerase en s
Tuhipora rnus ica

Les méduses sont appelées tsangilihiry.
Parmi les gorgones, Gorgonia flàbellum est connue sous le
nom de fahitsa quand elle est de couleur brune et sous celui
de lahy quand elle est jaune ou lilas: Gorgonia setosa de cou­
leur mauve, et Gorgonia aurantiaca, de couleur dorée sont
aussi dénommées lahy.
I. Le vatohandry est sans cloute un Slichopus, tandis que le zauga serait
vraisemblablement quelque espèce d'Holotliuria. L ’industrie du trépang a clé
introduite à Madagascar vers 1860. Les quantités exportées en 1902 représen­
tent une râleur de 175.000 francs, et il nou^a été dit que la province de Tuléar
pourrait, à elle seule, fournir 30 tonnes de trépang par mois si la main-d’œuvre
ne faisait pas défaut.
Nous doutons que l’oursin consommé par les Vezo soit bien VEchinus escnlenlas Lam. Sphærechinus gran nlaris Ag.) qui n’a été signalé ju sq u ’ici que
dans l'hémisphère nord et nous devons faire remarquer aussi que Nidorellia
Michelini est connue de Mazatfan, à l’entrée du golfe de Californie, que Stichaster aurantiacus est une forme du Pérou et du Chili, et enfin que Solaster
papposns et H ippasteriasphrygiana sont de l’Atlantique septentrional.

I

|;

Les indigènes de la côte no se livrent à la pêche des
éponges que depuis quelque temps, à l ’exemple de quelques
colons qui la pratiquent.
L’éponge ordinaire ronde, harandolo, est commune presque
partout et abonde surtout à Belavenoka et Andamotibe ; c’est
la qualité dite d écurie ; l’éponge de qualité moyenne et 1 éponge
line de toilette sont pêchées à Andavadoaka et à Tserongv.
On trouve par bancs l’éponge dite à aiguille, qui est très
poreuse, à Lamboharana et dans la baie de Befandefana. Les
éponges sont encore pêchées à Tsifotsy, Salaro, Mamerana,
au sud de Kitambano. Ces éponges se vendent couramment
3 francs les cinquante. Mais, mal préparées, elles sont presque
toujours brûlées et sans couleur franche. Les indigènes ne
savent pas les nettoyer et les habiller et se contentent de les
mettre à sécher sur le toit de leurs cases, sans prendre aucune
précaution.
A signaler encore le Synops Xepluni, valandolo ou valan
indolo, près d’Anakao. De consistance rigide et affectant les
formes les plus variées, quelques-uns de ces Spongiaires pré­
sentent deux ou trois cavités voisines. D autres ont 1 aspect
d'une jardinière, d'un vase à (leurs ou bien rappellent la
corolle évasée d'une lleur1.
K. — Plantes marines.
Les algues brunes et rouges, lahia, le varech et le goémon,
lamotsy, se trouvent sur toute la côte à trois ou quatre mètres
de profondeur et près des récifs par des fonds de deux à trois
1. Nous pensons qu’il ne faut accepter (pie sous réserve l’opinion qui con­
siste il voir dans le valandolo du canal de Mozambique le Synops Xepluni
Sollas, qui est une forme des côtes du Brésil. Les Synops n'ont pas été jusqu'ici
signalés dans l’Océan Indien. Selon toute vraisemblance le valandolo est
un Télraetinellide de la famille des Gcodidés, appartenant peut-être au genre
Fsops, dont une espèce a été signalée à Zanzibar, ou encore au genre

�26

CAMILLE LU BARBIER

brasses. Mais ces plantes ne sont utilisées ni comme entrais
ni pour l ’iode, la soude ou la potasse qu elles peuvent contenir.
L. — Produits minéraux.
Les pierres ponces se rencontrent sur toute la partie
rocheuse de la cote, depuis la pointe d Andelitra, au nord de
Manombé, jusqu’à la pointe d'Anakao, à 200 ou 300 mètres du
rivage ou en arrière des bancs de sable. A signaler les dépôts
de Bevato. de Belavénoka, d’Andamotibé, d'Andavadaka, de
Tsanananibé, d'Ampasilava, de Samboharana. Mais la qualité
de ces roches volcaniques est très inférieure.

II. — Technique des pêches.
Les indigènes de la côte qui pèchent journellement, non seu­
lement pour la vente mais surtout pour assurer leur nourri­
ture et celle de leur famille, se servent, suivant le cas, d'en­
gins, d’ustensiles variés, selon que la pêche se fait en eau
douce ou à la mer, près du rivage ou en eau plus profonde.
A. — Pèches marines se pratiquant saris embarcation, du
rivage ou en eau peu profonde.
Les pèches marines dont nous avons à parler ici sont la
pèche à la main, à la ligne, au harpon ou au lamba.
Les indigènes pêchent à la main le tseratseraka, petit pois­
son qui vit dans le sable ou sous les roches près de la côte.
La pèche à la ligne, maminta, est pratiquée sur tout le lit­
toral ; la ligne est faite avec la libre d'un arbre appelé hafotsy Abutilon angulatum Mast. ou avec de la ficelle tressée ;
lhameyon, vinta, provient d’Europe. Tous les poissons de
côte sont péchés de cette façon.
Le harpon employé pour la pêche a différentes formes, sui­
vant l’objet auquel il est destiné. Le bolotsoké, sorte d’épieu
de 25 décimètres de long, a une hampe en bois de katafahy,
bois très dur, terminée par une pointe en fer de 25 à 30 cen-

LA PÈCHE DANS LA PROVINCE DE TL LEAR

27

timètres de long ; il sert pour la pêche du hangarera ; du
fiantsomotsy et du torovoka. Le manambahiké est une sorte
d’anspect en bois dur dont la pointe de fer est complétée par
un croc effilé placé à 10 ou 15 centimètres de l’extrémité ; il
sert à accrocher et à ramener le poisson harponné avec le
bolotsoké; mais il est aussi employé comme engin de pèche,
proprement dit pour le fiamasiaka. lambitry. le moramasaka,
le fiantsiîa et l’angely.
La pèche au lamba est pratiquée par les femmes et les
enfants qui, dans l'eau jusqu'à la ceinture, capturent à marée
haute une sorte de petit poisson blanc appelé âmbasy au moyen
d’un morceau de toile ou de tulle tendu dans l'eau.
Comme engins fixes fonctionnant automatiquement par le
jeu des marées il faut citer lharato, long lilet à grandes
mailles, de 100 mètres de long quelquefois, sur 3 ou i mètres
de large, fait en fil d'hafotsy. A marée descendante, ce lilet,
soutenu par des piquets de palétuvier, est tendu près de l'em­
bouchure des rivières ; lorsque la mer s’est complètement
retirée on amène le lilet rempli de poisson de toute espèce, cjui
sont partagés entre tous les gens du village qui ont participé
à la pèche ou à la confection de lharato.
Les enfants de la côte, au moyen d'un clayonnage en lalanda,
plante rampante vulgairement appelée patate à Durand, qui
abonde sur le sable du rivage, ferment toute issue aux pois­
sons qui à marée basse restent prisonniers dans les feuilles et
les tiges de lalanda.
Les Masikoro de l’Onilahy et du Fiheranana et aussi les
Yezo d’Ankilibé et de Sorodrano pratiquent la pêche au
votry ; le votry est un clayonnage fait de roseaux, bararata,
ou de gaules de palétuviers, tsorakaso. placés les uns près
des autres et dont les interstices sont bouchés à la partie
inférieure avec des herbes et des feuilles de lalanda (Batatas
rnaritirna Boj.), pour que le poisson ne puisse pas passer entre
les bois; une ouverture, varavara, de 2 ou 3 mètres de large,
est pratiquée sur un des côtés du votry; mais lorsque la mer
est étale, une barrière de bararata (Pliragmites commuais
Trin.) et de vondrona (Typha anqustifolia L.), sorte de jonc,
y est poussée et retient les poissons.

�28

CAMILLE LE HAH IMEli

B. — Pêches murines à l'aide d'embareations.
La pèche à la ligne est aussi pratiquée en pleine mer : une
solide cordelette de chanvre et un fort hameçon en fer, forgé
dans le pays, sont indispensables pour prendre les gros pois­
sons du large.
Le harpon employé pour la pêche de la tortue, du requin,
de la raie, du marsouin et des baleinaux se nomme fondaka ;
le manche en bois dur. long de 2 à 3 mètres, se termine par un
fer de lance à deux crochets, qui mesure 30 centimètres
environ.
Les Ye/.o se servent souvent du hazomanta pour prendre
les mulets, torovoka. Ce hazomanta est une longue perche
dont l'extrémité, au lieu d’être pointue, comporte quatre mor­
ceaux de bois minces, solidement fixés au bâton.
La pèche à la torche, fanilo, se pratique couramment sur
les récifs qui bordent la côte ; des poissons de toutes sortes
sont alors harponnés en grande quantité.
L emploi du trident et du carrelet, celui de l’huile, de la
lunette d’eau ne sont pas connus des indigènes de la côte.
Les engins fixes appâtés, tels que nasses aune ou plusieurs
entrées, filets fixes, tramails, lignes de fond, palangres, ne
sont pas usités dans la province de Tuléar. Par contre les
Vezo pratiquent assez fréquemment, la pèche dite mananjaka : le grand filet, harato, dont il a été question plus haut,
est immergé près des récifs à une ou deux brasses de profon­
deur et tendu au fond de l’eau par de grosses pierres qui y sont
attachées et qui le maintiennent en place. Lorsque la mer s ’est
retirée on relève le filet.
Lharato à larges mailles est seul employé comme filet traî­
nant pour la pêche en embarcation : une dizaine de pirogues
placées en demi-cercle tendent le filet et le promènent dans la
mer, puis les pirogues des deux extrémités se rapprochent et
ferment lharato ; tous les poissons contenus alors à l’intérieur
du filet sont tués à coups de bolotsoké.
Une façon de pécher assez courante chez les Vezo et les
Masikoro est celle qui consiste dans l'emploi d ’un poison végé-

LA PÈCHE DANS LA PHOVINCK DE TULÉAR

29

tal appelé laro, extrait d’une sorte d’arbre à lait, laro
(Euphorbia Laro Drak) ; de petites incisions pratiquées sur
une branche de cet arbuste laissent couler le latex qui est
recueilli pour être mêlé à du sable ; ce sable, jeté dans la
mer, tue tous les poissons qui passent dans la zone empoi­
sonnée. Les poissons ainsi pêchés ne peuvent cependant être
consommés sans danger, car si l'on néglige de leur enlever la
tête et les ouïes et de les bien laver, il peut se produire des
empoisonnements très graves et parfois mortels. Les Vezo se
servent encore comme stupéfiant du hotsohotso (Phi/llan/hus
spec.), dont les branches écrasées sont lancées à l'eau en
paquets ; les indigènes attribuent à l'odeur insupportable qui
se dégage de la plante l’elficacité de ce procédé.
G. — Pêches se pratiquant dans les eaux douces.
La pêche à la main dans les fleuves et les rivières est surtout
pratiquée par les Masikoro pour la capture des crevettes et
kabo, appelés aussi tohomainty, espèce de petit poisson noir
dont la chair est très estimée.
La pèche par assèchement n’est pas usitée : les Masikoro de
l’intérieur font quelquefois une ou plusieurs saignées sur le
bord d’une rivière; l’eau est amenée dans une sorte de canal
d’irrigation peu profond qui est bouché après trois ou quatre
jours avec des pierres, des herbes, de la boue; mais cette pêche
n’est pas très fructueuse et n’a qu’un avantage, qui est de
donner très peu de peine.
Les poisons et stupéfiants ne sont pas employés dans les
eaux douces.
Les engins employés sont le tandrohotsy et le vovo.
Le tandrohotsy est une sorte de carrelet à ouverture ronde,
suspendu à une longue perche et qui sert principalement à la
pêche des crevettes et des écrevisses. Le filet est fait en fibres
de hafotsy.
Le vovo est une nasse à double entrée entièrement construite
en lamelles de bambou ou de raphia, de forme conique et
atteignant parfois un mètre de longueur. La plus petite cuver-

�LA RÉCIIE DANS l,A PROVINCE l)K TCI.ÉAK

ture est fermée quand le VOVO est dans l'eau et n'est ouverte
que quand l’engin est ramené. Le VOVO est posé le soir, appâté de
viande faisandée ou de poisson pourri, et retiré de l'eau le lende­
main matin. L'anguille, amalo. le kabo, les crevettes et les
petits poissons de rivière sont pêchés avec cet engin.
D. — Pèches sous-murines.
La pêche des mollusques à nacre, des coraux et des éponges
n est pas pratiquée par des plongeurs : les indigènes attendent
(jue la mer se soit retirée pour recueillir les coquillages et les
coraux sur le rocher, lis ne plongent que pour la pêche des
poissons qui sont harponnés sous l'eau avec le bolotsoké ou le
manambahiké ; mais cette façon de pêcher n’est pas très
prisée des \ ezo qui sont d ailleurs d'assez médiocres plon­
geurs. La plonge dure à peine une minute.
Aucun scaphandrier n’a jamais pêché dans les eaux de la
province.
E. — Bateaux de pèche.
Le seul bateau employé pour la pêche est la pirogue à balan­
cier, laka ; construite en bois spongieux, farafatsé. l'embar­
cation est munie d'un balancier, fanary, en bois sec et léger;
c'est habituellement lhazomalanga ou faux camphrier qui
est utilisé. Longue de 5 à 8 mètres, la pirogue, de forme
eftilée, peut porter de 700 à 800 kilogrammes en sus de ses
rameurs. La rame dont se servent les Vezo est le fivehy, en
bois de manary ou palissandre (Dalbergia Ikopensis Juin.),
sorte de longue pagaie manœuvrée verticalement; ils utilisent
aussi, lorsque le vent est bon, une grande voile, appelée laindaka , en grosse toile ou en rabane, soutenue par deux
longues perches, tehy. Mais leurs bateaux ne possèdent ni
mât ni gouvernail. Les indigènes, pêchant presque toujours
en vue des côtes, n’ont jamais beaucoup d’eau potable à bord;
l’eau est contenue dans un angolo, vase cylindrique creusé
dans un tronc d'arbre, pouvant contenir une vingtaine de
litres ; l’ouverture du vase est étroite.

31

1’ . — Matières employées pour la confection des engins.
Le hafotsy fournil ses libres pour la confection des lignes
et des filets; le bambou et le raphia donnent des lamelles
pour les nasses. Les hameçons, crocs, harpons, etc., sont en
général fabriqués dans le pays; il en est aussi importé par les
commerçants européens et asiatiques, mais en petite quantité.

III. — U tilisation des produits de la pêche.
A. — Produits servant à /’alimentation.
— A l’arrivée des pirogues
de pèche, le soir, les poissons, mollusques et crustacés sont
vendus à l’état frais dans des paniers, sobika, pour être con­
sommés immédiatement. Les produits invendus sont grillés ou
bouillis pour être conservés pendant un jour ou deux ; les pois­
sons sont cuits sur la braise; les coquillages, les langoustes
et les crevettes sont passés à l’eau chaude. Les Masikoro
seuls mangent les mollusques grillés dans leur coquille.
Le mode de conservation à l’état vivant, dans des viviers et
la conservation par le froid ne sont pas employés dans le pays.
C o n se r v a t io n a l o n g u e é c h é a n c e . — La préparation du pois­
son destiné à être conservé longtemps n’est pas trop compli­
quée et a lieu à l'arrivée à terre.
Après avoir vidé et lavé le poisson, on le laisse égoutter une
heure ou deux; on coupe ensuite la tête des poissons et on les
fend, dans le sens de la longueur, d'entailles profondes pour que
le sel puisse bien pénétrer dans la chair ; on le frotte alors de
gros sel de provenance indigène. Ensuite on le laisse sécher
au soleil. Au bout de quinze jours environ le poisson est com­
plètement préparé ; il est sec et peut se conserver pendant
longtemps.
Quand le poisson a été salé comme il vient d'être dit, on
peut aussi le fumer ; pour cela les indigènes l'exposent à un
bon feu de bois pendant un jour ou deux, en le retournant de
temps en temps.
C o n se r v a t io n d e f a i b l e d u r é e .

�:)2

i : \ m ii .m -:

LU it\Riti i-:k

Les Ve/.o ne sav ent pas conserver le poisson dans la saumure
et la conservation en boites soudées n'est pas pratiquée dans
la province.
S oi s - p k o d u it s de la p ê c h e . — Les débris et déchets de pois­
sons ne sont pas utilisés comme engrais.
L industrie de la colle de poisson n’est pas connue des
Yezo.
L huile est extraite des foies de tortues, de squales, de
scombres et des autres gros poissons; elle est employée dans
diverses industries et se vend de 1,'iO à 2 francs le litre.
B. — Au/res produits de la pèche.
L ’ivoire est assez rare, les cachalots n’étant pas pêchés et
les morses n’existant pas. Il n’est pas utilisé, pas plus que les
fanons des baleines qui viennent s’échouer sur le rivage. Seule
la défense du narval, vahavaha. a une valeur commerciale,
de 5 ;i 10 francs suivant longueur; mais elle est vendue à
l'état naturel, sans préparation d’aucune sorte.
L ’écaille du caret, fanohara, subit une préparation assez
complète avant de devenir article de commerce. Lorsque la
carapace doit être conservée entière elle est salée intérieure­
ment après avoir été débarrassée de tous les morceaux de chair
qui v adhéraient et lavée à grande eau ; puis elle est vernie
extérieurement ; une application de une ou deux couches
d'huile de foie de tortue ou de requin suffit à la rendre bril­
lante; les indigènes emploient aussi pour cela de la graisse
de bœuf. Le plastron est préparé de façon analogue. Le plus
souvent l'écaille est enlevée par lames sur la carapace et le
plastron et vernie pour être vendue.
La carapace de la grosse tortue marine, fano. n'est pas
commerciale; elle n est préparée que sur demande et comme
curiosité. Ordinairement, la viande une fois enlevée, la cara­
pace est employée par les indigènes comme récipient pour
l’eau.
Les coquillages à nacre, Lamellibranches et Gastéropodes,
sont nettoyés à l’eau chaude, tant extérieurement qu’intérieu-

t.A PÊCHE DANS LÀ PROVINCE DE TULÊAR

33

renient ; ils ne doivent plus avoir aucune mauvaise odeur
pour être acceptés par les commerçants. Les Indiens font
d’importantes exportations de ces produits et surtout des
betampy, dont la nacre est très appréciée sur les marchés
européens.
Pour recueillir les perles contenues dans les bivalves, on
emploie un procédé très simple: les huîtres perlières ou suppo­
sées telles sont laissées au soleil un jour ou deux. Lorsqu’elles
sont ouvertes on les fait séjourner pendant quelque temps
dans un tonneau rempli d’eau. Tous les jours on remue le
mélange et on enlève au fur et à mesure les chairs décompo­
sées qui flottent à la surface de l’eau. A la fin de l’opération il
n ’y a plus qu’à recueillir les perles qui sont tombées au
fond du tonneau, ce qui se fait en filtrant l’eau sur une toile.
Le corail et les madrépores, couverts de vase et d’herbes
marines quand ils sont retirés de la mer, sont débarrassés de
toute impureté et brossés avant d’être livrés au commerce.
Les éponges, noirâtres d’aspect à leur sortie de l’eau, sont
nettoyées extérieurement d’une façon très sommaire. Les Yezo
se contentent d’enlever le sable et les plantes marines qui les
recouvrent, sans se préoccuper de les débarrasser des herbes et
des substances organiques qui se trouvent dans la partie
poreuse. Elles sont ensuite séchées au soleil. Les indigènes
ignorent la façon de blanchir et d’habiller les éponges.
Les algues et autres plantes marines ne 'donnent lieu à
aucune industrie; elles ne sont pas exploitées pour les pro­
duits chimiques qu elles contiennent et les Yezo ignorent tout
le parti qu’on en pourrait tirer.
En résumé, les ressources minimes dont dispose la région et
l’importance actuelle de la province Tuléar ne justifient pas,
pour le moment du moins, la création d’industries susceptibles
d'utiliser les produits ou sous-produits de la pêche.

Annales du Musée Colonial de Marseille. — 2” série, 6* vol. 190S.

3

�LE

GENRE

PLECTANEIA

DE MADAGASCAR
Par MM. II enui JUMELLE cl IL PERRIER DE LA BATI 1IE.

Le genre Plectaneia, créé jadis par du Petit-Thouars, est
un genre malgache, delà famille des Apocynées, qui, jusqu’à
la date toute récente 1 où nous en avons fait une étude préli­
minaire à propos d’une espèce caoutchoutifère, était resté très
délaissé par les botanistes, puisqu’aucune espèce n'en avait
encore été réellement décrite.
De Candolle a bien donné dans le Prodrome quelques carac­
tères du Plectaneia Thouarsii Roem.et Schult, mais qui sont
tout à fait insuffisants pour reconnaître la plante dont il s'agit.
11 est dit, par exemple, tout simplement des feuilles qu elles
sont opposées ! La seule indication est celle relative aux fruits,
qui sont « de longues capsules siliquiformes subquadrangulaires, biloculaires, formées de deux follicules accolés, qui ne
se séparent qu’à la maturité par suite du décollement des deux
bords séminifères ».
De Candolle fait remarquer encore que ces fruits rappellent
un peu ceux des Bignoniacées; et la ressemblance est encore
accentuée par ce fait que les graines, qui sont échelonnées le
long de la cloison médiane constituée par l'accolement des
parois placentaires, sont ailées aux deux extrémités.
Mais, tous les Plectaneia ayant des fruits plus ou moins quadrangulaires et des graines ailées, les caractères précédents
sont des caractères génériques, et non spécifiques.
Bâillon, dans son Histoire des Plantes, ne donne pas une
diagnose plus précise. Il ajoute seulement que les feuilles du
Plectaneia Thouarsii sont ovales.
1. IL Jum elle et H. P erricrde la Bathie : Une nouvelle plante à caoutchouc
du nord-ouesl de Madagascar Le Caoutchouc et laGutla-Percha, février 190S,.

�3G

11. JUMELLE ET II. PER1UËR DE LA RATIIIE

K. Schumann a donc raison dedire, en 185)7, dans le P flanzenfamilien, qu'il n'y a pas de description de 1 espèce de du
Petit-Thouars. Malheureusement, non seulement le botaniste
allemand ne comble pas la lacune qu’il signale, mais lui-même
est aussi sobre de détails sur les deux nouvelles espèces qu'il
crée, le Plectaneia Hildebrandtii et le Plectaneia Pervillei. Les
renseignements qu'il donne se réduisent h ceci : les bords
externes des follicules, dans le Plectaneia Hildebrandtii, sont
épais, au lieu d être ailés comme dans le Plectaneia Thouarsii,
et les feuilles sont longuement acuminées; dans le Plectaneia
Pervillei, les inflorescences sont lâches.
Notons que K. Schumann est le seul qui attribue au Plectaneia
Thouarsii des capsules ailées. De Candolle, Bentham et Hooker,
Bâillon ne signalent pas ces ailes sur les follicules de l’espèce,
qu’ils disent, au contraire, vaguement quadrangulaires. Et ces
ailes, en fait, n'existent pas sur les fruits des spécimens de
l herbierdedu Petit-Thouars que M. Lecomte a eu l ’obligeance
de nous communiquer. D'autre part, les feuilles du Plec ta ne ia
Thouarsii seraient plutôt plus acuminées que celles du Pleclaneia Hildebrandtii. Nous ne savons pas quelle est la plante
que lv. Schumann a considérée comme Plectaneia Thouarsii.
Quant aux inflorescences lâches du Plectaneia Pervillei, elles
ne peuvent suffire à délinir cette espèce ; plusieurs des Plecta­
neia que nous connaissons offrent ce caractère, qui n'est, d'ail­
leurs, nullement fixe.
Plus précises sont les quelques données qu’ont fournies
récemment, à propos du tsitsiry du sud-ouest de Madagascar,
qui est un Plectaneia, MM. Gostantin et H. Poisson 1; mais les
deux botanistes n ont eu à leur disposition que des échantillons
sans fleurs, et se sont surtout préoccupés de l examen anato­
mique des fruits et des graines, sans insister sur la détermina­
tion botanique.
On voit que, en somme, l'étude des Plectaneia reste à faire
presque entièrement.
L embarras que toutefois nous pouvions éprouver en l’abor1. J.C ostantiii et H. Poisson : Sur le « tsitsiry « de M adagascar (Comptes ren­
dus de l'Association française pour l’avancement des sciences; Reims. 1907).

LE GEN ME PLECTANEIA DE MADAGASCAR

37

dant, avec les documents assez nombreux que nous possédons,
était de savoir quelles étaient, parmi les espèces de notre her­
bier. les espèces nominales antérieures.
M. II. Lecomte a bien voulu nous confier le Plectaneia
Thouarsii de l’herbier du Muséum de Paris, et M. Engler le
Plectaneia Hildebrandtii de la collection du Muséum de Berlin.
Nous remercions vivement ces deux professeurs de nous avoir
ainsi facilité notre travail.
Une seule espèce nous reste inconnue— pour laquelle nous
risquons évidemment de créer plus loin une synonymie — le
Plectaneia Pervillei.
Pour le Plectaneia Thouarsii, les échantillons du Muséum
de Paris que nous avons vus ne portaient que des inflores­
cences toutes jeunes, el nous n'avons pu en étudier sérieuse­
ment les fleurs ; mais c’est par l'ensemble et par la position
exclusivement terminale de ces inflorescences, et surtout par
les feuilles adultes d’un spécimen de l’herbier de Boivin, que
nous croyons pouvoir identifier avec l ’espèce ancienne un
Plectaneia vu par l’un de nous dans le Ilaut-Isandrano.
Une détermination plus délicate était celle du Plectaneia
Hildebrandtii, qui, dans l’herbier de Berlin, est sans fleurs, et
dont les fruits sont ceux de plusieurs espèces du genre, dépour­
vus de tout caractère distinctif.
Cependant parla forme générale des feuilles — et malgré les
grandes variations de ces feuilles — nous sommes persuadés
que c’est à l’espèce de K. Schumann qu’appartiennent les Plecta­
neia rencontrés par l’un de nous en divers endroits, dans le
Tampoketsa, à Madirovalo, au Bongo-Lava, etc.
Nous allons donc ici décrire, avec nos échantillons, ces
espèces déjà nommées; puis nous donnerons la description
d’autres espèces nouvelles.
Mais résumons tout d’abord les principaux caractères géné­
riques.
Les Plectaneia, dans le Boinaet l’Ambongo, se rencontrent
surtout au jourd’hui, par suite de la destruction des forets inter­
médiaires, dans les bois rocailleux et secs, humides seulement
pendant la saison des pluies. Les espèces que nous allons décrire

�H. JUMELLE ET H. PEKRIElt UE LA DÀTIllE
38
plus loin sous les noms de P. Thouarsii, P. elastica, P. inulilis
semblent croître exclusivement sur le granit, le gneiss ou le
basalte: le P. Hildebnmdtii pousse dans les sables du lias
ou sur les dunes de la côte; le Plectaneia rhornboidalis serait
plus spécial au calcaire.
Çà et là toutes ces plantes se présentent sous la forme buissonnante des Landolphia atteints par les feux de brousse;
mais, en général, ce sont des lianes.
Les feuilles des jeunes pieds ou des jeunes rameaux sont
souvent, comme nous le verrons plus loin, très différentes des
feuilles des plantes plus âgées.
Les fleurs sont à lobes étroits, qui sont de longueur variable
suivant les espèces, lorsqu'on les compare au tube qu’ils sur­
montent. Ce tube est cylindrique dans sa partie inférieure,
mais présente immédiatement au-dessous des lobes une dilata­
tion globuleuse plus ou moins prononcée. C'est dans cette dila­
tation que sont logées le s5 étamines, presque sessiles. Constam­
ment, au niveau où s’insèrent les lilets staminaux, la corolle
porte intérieurement un anneau, plus ou moins fourni, de poils
à surface échinée. A la base de chaque lobe, entre les éta­
mines, se trouvent enfin, quoique souvent bien peu percep­
tibles, 5 toutes petites écailles déjà signalées par Bâillon.
L'ovaire est à deux loges. Le style, court, est surmonté d'un
stigmate qui toujours, au-dessous de sa pointe bilobée, est
plus ou moins dilaté. Cette dilatation est de forme variable,
mais un caractère absolument constant est la présence, sur toute
cette extrémité stigmatique, de poils assez longs, perpendicu­
laires à sa surface.
Les inflorescences, qui sont des cymes hélicoïdes, contractées
ou lâches, sont disposées sur les rameaux suivant deux types.
lantôt elles sont et restent terminales; tantôt elles sont
primitivement terminales, mais deviennent ensuite latérales.
Les inflorescences sont et restent terminales lorsque, comme
dans le Plectaneia Thouarsii, les deux feuilles opposées situées
juste a la base de 1 inflorescence qui représente l’extrémité du
rameau donnent naissance chacune, à leur aisselle, à une inflo­
rescence semblable à 1 inflorescence terminale, ou bien encore

�LE GENRE PLECTANEIA DE MADAGASCAR

39

lorsque, comme dans le Plcctaneia rhomboidalis, les bourgeons
de ces deux feuilles avortent. L ’inflorescence, indéfiniment ter­
minale, se compose donc soit de linflorescence médiane et de
deux inflorescences latérales, soit seulement de l'inflorescence
médiane.
Lorsque les inflorescences doivent devenir latérales, cette
disposition peut être ainsi réalisée. Au-dessous de l'inflores­
cence tout d’abord terminale une seule feuille s’est développée.
Mais, à l’aisselle de cette feuille, naît, non pas une inflores­
cence, mais un rameau ordinaire, (pii, en s'accroissant, rejette
de coté l'inflorescence terminale. Ce rameau, du reste, se ter­
minera à son tour par une inflorescence avec une seule feuille
basilaire; et de l'aisselle de celte feuille partira encore un
rameau rejetant latéralement le groupe floral. Et ainsi un cer­
tain nombre de fois.
Il
est toutefois une variante de ce dernier type ; et les inflo­
rescences, en ce cas, restent littéralement terminales, bien
qu’elles le soient de façon moins apparente que dans le premier.
Ceci se produit lorsque, à la base de la cyme terminale, deux
feuilles, et non une seule, se développent. Il y a alors formation
de deux rameaux axillaires égaux, qui maintiennent naturelle­
ment l'inflorescence dans sa position médiane. Mais ces inflo­
rescences, quoique restant terminales, le sont donc moins net­
tement que celles du Plcctaneia Thouarsii, puisqu’elles sont
dépassées de chaque côté par les rameaux nouveaux.
On peut observer, du reste, sur un même individu, ces deux
modes correspondant au second type ; ce peut être, par exemple,
les rameaux partant des aisselles des deux feuilles basilaires
de la première inflorescence qui porteront ensuite des inflores­
cences rejetées latéralement.
Les fruits (fig. 1) sont, avons-nous dit, de longues capsules
siliquiformes, tétragonales, composées de deux follicules qui
restent unis jusqu à la maturité.
Lorsqu’ils sont jeunes, ces fruits ont une cloison médiane qui,
sur les bords, est constituée par le rapprochement étroit des
parois des deux futurs follicules; et, dans la région centrale,
est une masse générale placentaire, portant, de part et d autre,
les deux rangées verticales de graines.

�41

H. Jl'MELLE ET II. 1“EU11IEH DE LA BATII1E

LE GEN II E PLECTANEIA DE M\DAGASGAR

A la maturité, c’est au sein ilecelte niasse placentaire qu'une
division se produit, suivant le plan longitudinal passant entre
les deux parois accolées.
Les deux moitiés s ’écartent alors en deux follicules distincts,
et qui, momentanément, sont encore fermés. Mais la paroi, au
niveau du tissu placentaire, est très mince; c’est donc très faci­
lement que, suivant cette ligne, il y a déchirure longitudinale.
Les graines sont mises en liberté.
Ces graines (fig. I ) sont ovoïdes, disposées un peu oblique­
ment par rapport au plan médian perpendiculaire à leurs ailes.
Ces ailes ont à peu près la même largeur sur toute leur étendue
etsont tronquées aux extrémités libres, plus rarement arrondies.

Aucun des rameaux floraux que nous possédons ne porte les
petites feuilles du spécimen de du Petit-Thouars. La raison en
est (/uc nos échantillons ont été recueillis, comme certainement
ceux de Boivin, sur des individus qui ont subi l'action des feux
de brousse, et qui ont pris, en repoussant, la forme huissonnante.
On ne peut pas dire, en effet, que ces dimensions tiennent
à ce que les rameaux sont des rameaux inférieurs de la plante,
alors que ceux de l’herbier de du Petit Thouars seraient des
rameaux du sommet, car les branches inférieures ri ont jamais
de peurs.
Les uns et les autres ont donc même position sur la plante;
mais ce que nous avons déjà dit des autres genres est vrai éga­
lement pour les Plectaneia. Sur ces lianes ou ces arbres dont
la partie aérienne est périodiquement détruite par les incendies,
les feuilles sont plus grandes que sur les pieds restés intacts.
On peut, d'ailleurs, trouver aussi sur un même pied, au pre­
mier printemps, c’est-à-dire en octobre, des rameaux fleuris
de deux sortes : sur les uns, les feuilles anciennes sont tom­
bées, et les feuilles nouvelles se sont développées, mais sont
encore petites et minces ; sur les autres, les feuilles ont per­
sisté, et sont naturellement plus coriaces et plus grandes.
Ces remarques n'étaient pas inutiles pour expliquer les
grandes différences qu'on peut relever entre exemplaires d une
même espèce.
Les feuilles, dans nos échantillons, sont assez brièvement
•
pétiolées (3 à 5 millimètres) et sont glabres. Le limbe est soit
nettement ovale, soit un peu plus large vers la base que vers
le sommet. Ce sommet est un peu acuminé ; la base est en
coin. Les contours latéraux sont arrondis. Les plus grandes
feuilles ont 7 à 8 centimètres de longueur sur 4 à 5 centimètres
de largeur. La nervure médiane est très saillante sur la face
inférieure; et il en part de très nombreuses et fines nervures
secondaires un peu obliques, qui s ’unissent par leurs extré­
mités en une nervure marginale. Celle-ci, du moins sur les
feuilles encore minces et molles, est bien visible en dessous.
Les inflorescences, nous le savons, sont toujours nettement
terminales parce que aux aisselles des deux feuilles situées à

40

Pleclaneia Thouarsii Rom. et Sch.
Nous venons de dire que nous considérons comme étant le
Plectaneia de du Petit-Thouars une liane récoltée par l ’un de
nous dans le massif granitique du Haut-Isandrano, affluentde
gauche de l’ikopa.
Les échantillons de l’herbier du Muséum que nous avons
vus correspondent à deux types de feuilles un peu différents.
Dans les uns, qui appartiennent à l'herbier de du Petit-Thouars,
les feuilles que portent les rameaux floraux sont petites, et
plutôt étroites, lancéolées (3 centimètres sur l, par exemple) ;
quelques-unes seulement s'élargissent et deviennent ovales
(3 cm. 1/2 sur 2 cm. 1/2).
Dans les échantillons de l herbier de Boivin (1817-1852),
ces mêmes feuilles des rameaux floraux sont beaucoup plus
grandes, largement ovales (7 centimètres sur 4), un peu acuminées, en coin seulement à la base, au lieu d'être aiguës,
C’est avec ces dernières feuilles que sont entièrement iden­
tiques celles du Plectaneia de notre herbier.
Nous répétons que les inflorescences sont d’ailleurs, dans les
deux cas, exclusivement terminales.
Décrivons donc l’espèce d’après notre plante du Haut-Isandrano.
Elle habite là les bois secs, à terrains granitiques ou gneissiques.

�LE GENRE PLECTA NEl A DE MADAGASCAR

42

43

II. JUMELLE ET II. PERRIER DE LA RATIllE

la base de l'inflorescence qui termine le rameau naissent inva­
riablement. au lieu de rameaux, des inflorescences analogues.
Ce sont, dans l'ensemble, des bouquets corvmbiformes, lon­
guement (1 à 3 centimètres) pédoncules. Le pédoncule de l'in­
florescence médiane est ordinairement le plus ramifié, ses
ramifications naissant plus ou moins haut sur Taxe principal.
Pédoncules et pédicelles sont légèrement velus.
Le calice, court, couvert extérieurement des mêmes poils que
les pédicelles, se divise, vers le 1/3 de sa hauteur, en cinq
petits lobes triangulaires (i/2 millimètre de longueur sur 0""n400
de largeur), peu aigus ou même arrondis au sommet.
La corolle, d'abord jaune, puis de couleur de café au lait,
est revêtue des mêmes poils que ceux du calice et des pédi­
celles sur ses lobes, sur la partie renflée et dans le haut de la
partie cylindrique. Elle ne devient glabre que vers la base.
Les lobes sont les plus courts que nous connaissions, parmi
toutes les espèces du genre. Ils .sont ordinairement plus
courts que la partie concrescente ; ils ont, en moyenne, 2 mil­
limètres, pour un tube de 2 mm1/2. Ce sont de petites languettes
relativement larges (0mm760), très obtuses au sommet.
La dilatation de la partie supérieure du tube est ovoïde. Sa
longueur est de l inm 3 à l mm5; celle de la partie cylindrique
est de 1 millimètre au plus.
Intérieurement, chaque lobe est muni, à la gorge, d’une
petite languette triangulaire, de 0mra 400 de longueur. Au
niveau de l'insertion des étamines, les poils échinés sont peu
nombreux.
Ovaire et style sont glabres, et leur limite est nette. Le stig­
mate est allongé, ovoïde, avec une pointe bien marquée.
Nous ne connaissons pas les fruits de la plante du HautIsandrano. Dans l'herbier de du Petit-Thouars, ces fruits du
Plcctaneia Thouarsii sont glabres, de 20 centimètres de lon­
gueur sur 1 centimètre environ de largeur, un peu étranglés
dans les intervalles des graines, à bords peu saillants.
Dans la forme buissonnante, le latex ne donne qu’un coa­
gulât visqueux ; nous ignorons ce qu’il est dans les lianes
adultes.

Pleclaneia Hililebrancltii K. Sch.
Les fleurs du Pleclaneia Hildebrandtii K. Sch. étant incon­
nues, et les fruits de beaucoup d’espèces du genre étant peu
caractéristiques, c’est par les seules feuilles que nous avons
pu identifier quelques-uns de nos Pleclaneia avec le type de
IL Schumann.
Nous sommes bien persuadés néanmoins que c’est ce Pleclaneia Hildebrandtii qu’il faut reconnaître, par exemple, dans
une liane en fruits récoltée par l’un de nous en 1003 dans le
Tampoketsa, entre le Mahazambe et le Bemarivo, dans des
bois à sol gneissique.
Malheureusement, cette liane était sans fleurs.
Mais nous n’avons pas plus de doute sur l’identification avec
la même espèce d’autres lianes — fleuries, celles-là — des
bois sablonneux de Madirovalo. Nous allons donc donner,
d’après ces exemplaires, la description du Plcctaneia de K.
Schumann.
Les feuilles, un peu coriaces, sont, à l'état sec, brun-rougeàtre en dessus et vert très pâle en dessous. Elles ont un
pétiole de 5 à 10 millimètres. Le limbe est irrégulièrement
ovale, car il est, beaucoup plus que dans l’espèce précédente,
plus large à la base qu’au sommet. Cette base, aiguë dans les
petites feuilles, qui sont quelquefois lancéolées, s ’arrondit dans
les feuilles adultes, tout en restant presque toujours en coin au
niveau du pétiole. Vers le milieu de sa hauteur, le limbe com­
mence à se rétrécir progressivement vers le sommet, qui est
aigu sans être réellement acuminé. Il a de 4 à 6 centimètres
de longueur, sur 2 centimètres à 3 cm. 1 /2 de largeur dans la
moitié inférieure. Les petites feuilles lancéolées du sommet des
rameaux ont, par exemple, 3 centimètres de longueur sur 1 cen­
timètre de largeur.
La nervure médiane, creuse sur la face supérieure, est sail­
lante inférieurement. Les nervures secondaires ne sont bien
visibles qu’en dessous; elles sont très fines, très nombreuses,
très rapprochées, presque perpendiculaires à la nervure médiane,
et s ’unissent sur les bords en une nervure marginale.

�il

11. JUMELLE ET H. PERR1ER I)E LA UATUIE

Les inflorescences sont de petits bouquets corymbiformes,
condensés et très brièvement pédoncules.
Elles correspondent au second des deux types décrits plus
haut. Tantôt elles sont terminales, mais dépassées par les
rameaux qui naissent des aisselles des deux feuilles basi­
laires ; tantôt elles sont latérales parce que de 1 unique feuille
de leur base est né un rameau qui les a rejetées de côté. Ce
rameau se termine, du reste, à son tour, par une inflorescence
qui, pour la même raison, devient ensuite latérale, et ainsi plu­
sieurs fois. Il y a ainsi, en définitive, à divers niveaux d’un
axe sympodique, plusieurs de ces bouquets.
Fréquemment, ces axes à inflorescences devenues latérales
sont les rameaux qui partent des aisselles des feuilles d’une
inflorescence restée terminale.
Les fleurs, d'abord blanches, jaunissent ensuite.
Le calice, de l u"u 5 à 2 millimètres de longueur, est à lobes
rougeâtres à sec, étroits, lancéolés, ciliolés, glabrescents, sou­
dés sur le tiers à peu près de leur longueur.
Les lobes de la corolle sont également étroits, très longs
(7 millimètres environ) par rapport au tube (2 millimètres).
Celui-ci est régulièrement cylindrique à sa base, sur un peu
plus d'un 1/2 millimètre, et renflé au-dessus.
Le pistil ne dépasse pas les sépales.
Ovaire et style sont glabres.
La base du stigmate ne représente qu'un très faible épaissis­
sement du style et n’est donc que légèrement ovoïde.
Les fruits, glabres, ont de 13 à 15 centimètres de longueur,
sur 5 millimètres de largeur. Les graines, y compris les ailes,
ont environ 18 millimètres, 8 millimètres correspondant à la
graine proprement dite, et 5 millimètres à chaque aile.
Toute celte description convient sensiblement à une plante
récoltée encore par l'un de nous, en janvier 1907, dans les bois
secs et sablonneux du Bongo-Lava.
Les feuilles ont à peu près même couleur à l ’état sec et
même forme. Quelques-unes sont bien un peu plus nettement
ovales que précédemment, mais d’autres atteignent encore leur
maximum de longueur vers la base pour se rétrécir graduelle-

LE GENRE PLECTANE1A DE MADAGASCAR

45

ment vers le sommet, qui n’est pas, non plus, nettement acuminé.
Les inflorescences ont absolument même disposition et même
aspect que celles de la plante de Madirovalo.
Les fleurs ont aussi mêmes dimensions, et sont caractérisée,
par la grande longueur des lobes corollaires. Les sépales sont
lancéolés; la seule particularité qu’ils présentent est de ne
pas être ciliolés.
Le renflement ovoïde du stigmate est peut-être un peu plus
prononcé que précédemment.
Mais ces faibles différences ne peuvent nous faire séparer la
plante du Bongo-Lava de celle de Madirovalo. Les fruits sont
les mêmes, et seulement un peu plus gros ; c’est donc encore
le Plectaneia Hildcbrandtii.
D’autre part, nous ne considérons que comme une forme
velue de la même espèce des Plectaneia qui croissent dans
les bois des terrains triasiques de la vallée du Menavava.
Les feuilles ont même forme que celles des individus précé­
dents, et ont surtout une complète ressemblance avec celles
de Madirovalo. Mais le pétiole, les nervures, les deux faces du
limbe, et particulièrement la face inférieure, portent de nom­
breux poils blanchâtres.
Les jeunes rameaux sont revêtus de ces mêmes poils, ainsi
que les pédoncules des inflorescences et l’extérieur des calices.
La corolle est aussi parsemée extérieurement de poils, qui
sont toutefois plus courts que les précédents.
Le style est glabre, mais l’ovaire est velu.
Les fruits, même complètement développés (17 à 20 centi­
mètres de longueur) restent couverts de courts poils, qui les
veloutent légèrement.
Il est certain que, par cette pubescence générale, la plante
du Menavava est assez distincte de celles de Madirovalo et du
Bongo-Lava.
Mais, à ce caractère près, ses feuilles, ses inflorescences,
ses fleurs, à longs lobes corollaires, rappellent tellement les
mêmes parties de la forme glabre que la villosité ne nous
apparaît que comme une de ces variations qui sont, en somme,

�47

H. JUMELLE ET H. TERRIER DE LA RATHIE

LE GENRE PLECTANEIA t)E MADAGASCAR

assez fréquentes, et que nous avons signalées, par exemple,
dans le Landolphia Perrieri, le Cryptostegia madagascariensis, etc.
La liane du Menavava est donc le Plectaneia Hildebranditi
forme hirsuta.
Et c’est à cette forme que nous rapportons encore un Plec­
taneia de Maroabolo, près d’Ampasimentera, dont nous ne
connaissons malheureusement pas les fleurs.
Mais ce sont toujours les mêmes feuilles, tantôt ovales et
tantôt, sur le même rameau, plus ou moins arrondies et larges
à la base, puis se rétrécissant progressivement vers le sommet,
qui est, ou non, acuminé.
11 y a, d'ailleurs, à Maroabolo, des types complètement
glabres, que des intermédiaires nombreux relient à la forme
velue.
Les lobes du calice, qui est resté persistant à la base du
fruit, sont étroits, allongés, aigus, velus extérieurement.
Sur les fruits jeunes sont encore d’assez nombreux poils
épars.
Sur certains rameaux, les jeunes pousses sont aussi velues,
ainsi que les pétioles, la nervure médiane et la face inférieure
du limbe. Sur d’autres, ces mêmes parties sont glabres.
Preuve nouvelle de la faible importance qu’il convient d’at­
tribuer à la pubescence, et qui justifie bien le rattachement de
la forme très velue du Menavava au type de Madirovalo. La
plante de Maroabolo est, en quelque sorte, intermédiaire.
Cette plante, dans la région indiquée, à Test d’Ampasimen­
tera, pousse sur les rocailles de gneiss.
Il est assez rare de la rencontrer sous sa forme liane ; nous
ne croyons cependant pas qu’elle donne du caoutchouc.

cymis terminalibus pauci/loris. Calix fere usgue ad basirn
5-/idus, segmcntis 2 mm. — 2 mm. 0 lonyis, acutis, exluspilosis ; corollaç fubo lobis breviore ; stylus longus, stigmate conico.
Folliculi alati.

46

Plectaneia rhomboidalis nov. sp.
Scandens, volubilis *, foliis rdiomboidalibus, 2-3 cenlim.
longis, 18-20 millim. latis, breviter [3-4 millini.) petiolatis ;
1. L ’un de nous a déjà dit ailleurs, mais répète ici que ce n’est pas sans pro­
tester qu’il se conforme à la décision tout à fait arbitraire du Congrès
botanique de Vienne, d’après laquelle toute description de plante nouvelle
n’est valable que si elle est accompagnée d’une diagnose latine (H. Jumelle).

Cette nouvelle espèce (planche I) croît dans les bois du pla­
teau d'Ankara, et, par exemple, à Belambo, en terrain juras­
sique. Elle est tout à fait spéciale aux sols calcaires du juras­
sique et du crétacé.
Les feuilles ont vaguement la forme d’un losange dont la
grande diagonale serait la nervure médiane, et dont la petite
diagonale couperait cette nervure à une distance de la base
du limbe égale, à peu près, au tiers de sa longueur.
Elles sont donc assez fortement en coin vers le pétiole ;
leur sommet est plus rétréci et nettement acuminé.
Elles sont relativement petites, du moins sur les rameaux
lloraux. Leur limbe a, par exemple, 2 à 3 centimètres de lon­
gueur, sur 18 à 20 millimètres de largeur au niveau de la petite
diagonale. Le pétiole a 3 à 4 millimètres.
Les rameaux jeunes sont hispides ; le sont également le
pétiole et la nervure médiane.
Les nervures secondaires, surtout bien visibles en-dessous,
sont nombreuses et rapprochées, bien plus obliques que dans
l'espèce précédente, ce qui est probablement en conformité
avec la forme angulaire très nette de la base du limbe. Ces
nervures, en outre, se bifurquent souvent très rapidement ; et
leurs extrémités ou celles de leurs bifurcations vont ensuite
s ’unir en une nervure marginale bien tracée.
Les inflorescences appartiennent au premier type. Sur tous
les rameaux que nous avons examinés, elles sont et restent
terminales comme celles du Plectaneia Thouarsii. Toutefois ici
l’ensemble de l'inflorescence terminale ne représente pas l'in­
florescence vraiment terminale accompagnée des deux inflo­
rescences latérales nées aux aisselles des deux feuilles basi­
laires; elle est exclusivement le bouquet qui termine Taxe, car
les bourgeons des deux feuilles basilaires ne semblent jamais
se développer, ne donnant, par conséquent, ni inflorescences

�48

lt. J l ’MEt.LE ET il. FERMER DE LA BÀTltlü!

LE GENRE PLECTANEIA DE MADAGASCAR

latérales comme dans le Plectaneia Tfiouarsii, ni rameaux
feuilles comme dans le Plectaneia Hildebrandtii.
Ces inflorescences du Plectaneia rhomboidalis sont sessiles
ou pédoneulées, pauciflores, moyennement condensées.
Les sépales, soudés seulement vers la base, sont plus longs
que dans les autres espèces (2 millimètres à 2 millim. 6),
étroits, un peu triangulaires, aigus, velus extérieurement.
La corolle en bouton a 9 à 10 millimètres de longueur.
Les lobes corollaires, tout en étant encore assez longs, sont
cependant ordinairement plus courts que ceux du Plectaneia
Hildebrandtii; par contre, le tube corollaire est plus long que
celui de ce Plectaneia.
Pour un tube de 3 mill. 1/2 environ, les lobes ont de A h
6 millimètres.
La face externe de ces lobes est pubescente, ainsi que,
extérieurement, la partie renflée du tube ; la partie cylindrique,
recouverte par les sépales, est glabrescente.
Le renflement du tube, plutôt ovoïde que sphérique, est à
un peu plus de I millim. 1/2 de la base.
Ovaire et style sont glabres.
Le style est plus long (quelquefois presque 1 millim. 1/2)
que dans toutes les autres espèces du genre que nous connais­
sons; et il oll're aussi cette autre particularité de faire suite
sans transition brusque au sommet rétréci de l'ovaire, dont
il n’est, en quelque sorte, que la continuation graduellement
amincie. Dans toutes les autres espèces que nous avons étu­
diées, la base du style, étroite, est bien plus distincte du
sommet de l'ovaire.
Le stigmate est conique plutôt qu’ovoïde, car la région tout
à fait basilaire en est la partie la plus large. Le sommet du
cône, très brièvement prolongé en pointe, est bilobé.
Les fruits sont très caractéristiques, car les deux bords
externes de chacun des deux follicules accolés, au lieu de
n'être que légèrement saillants, comme dans les Plectaneia
précédents, se prolongent en sorte d'ailes, fortement ondu­
lées à frais. Ces fruits sont pubescents.
Et ainsi plusieurs caractères font du Plectaneia de l’An-

kara une espèce bien définie, que la forme de ses feuilles nous
a fait nommer Plectaneia rhomboidalis.
Même sur les lianes qui atteignent 10 centimètres de dia­
mètre, le latex ne donne qu’un coagulât visqueux.

49

Plectaneia inutilis nov. sp.
Foliis g la b ris, ovatis, apice leviter acuminalis, hasi rolundatis vel truncatis, supra medium attenuatis. Flores alln ;
calijcis se&lt;jmentis lanceolatis, ciliolatis ; corollæ tu ho lobis vix
breviore. St igma lis capite acumina/o. Stylus brevior quant in
superiore specie. Folliculi non alati.
Nous avons nommé cette liane Plectaneia inutilis parce
qu elle croît dans le Haut-Bemarivo, c’est-à-dire dans la même
région que le Plectaneia elastica que nous décrirons plus loin,
mais ne donne pas de caoutchouc comme cette autre espèce.
Son latex est visqueux.
Le diamètre de son tronc ne dépasse pas b centimètres.
L'écorce en est noirâtre et ne présente pas les énormes lenfi­
celles qui parsèment la tige du Plectaneia elastica.
Les rameaux aoûtés sont rougeâtres, avec de petites lenticelles grises assez rares et irrégulièrement disséminées.
Les toutes jeunes branches sont glabres. Les feuilles le sont
également ; cependanll a nervure médiane, surtout sur la
face inférieure, peut porter quelques poils.
Le pétiole a de b à 8 millimètres. Le limbe lig. 2) est un peu
celui des feuilles du Plectaneia Hildebrandtii. Il est vague­
ment ovale, légèrement acuminé au sommet, arrondi dans sa
partie inférieure, qui, au niveau du pétiole, est soit en coin,
soit à bord droit. C’est surtout sur les plus grandes feuilles
qu’on observe cette dernière forme.
Le rétrécissement de la partie supérieure commence, en
général, vers le milieu de la hauteur.
Les plus grands limbes on.t li à 7 centimètres de longueur
sur 4 à b centimètres de largeur vers la base; d autres ont
(i centimètres sur 2 cm. b ; d'autres 4 centimètres sur 2.
La nervure médiane est peu proéminente en-dessous. Les
Allantes du Musée Colonial de Marseille. — 2- série, 6* vul. 1908.

»

�30

II. JUMËtLR RT fi. PRftRlRH DE LA HAITI IR

nervures seconde! ires, nombreuses cl rapprocheeSj peu
obliques, sont plutôt plus visibles sur la lace supérieure que

F ig . 2 . — Pleclaneia inulilis J u i n . et Perr.

sur la face inférieure. La nervure marginale n’est distincte que
sur les feuilles très jeunes et molles.

L e GENRE IM.ECTANKIA DE MADAGASCAR

51

�53

II. J LM II 1.1 11' II. l'IltUIER DE I.A HATIII i :

Il-; GEMIR PLECTAX El A DR MADAGASCAR

Les inllorescenees appartiennent au second type, et sont
celles du Plectaneia Ilildebrandlii’.
Les (leurs en bouton ont b millimètres environ.
Les sépales, de I millimètre à I millim. I 2 de longueur, sont
lancéolés, ciliolés, unis seulement tout à lait à la base. Frais,
ils sont verts, avec une bordure blanchâtre.
La corolle, jaunâtre dans le boulon et blanche quand elle
est épanouie, est un peu pubescente sur les lobes et sur la par­
tie renflée du tube. File est gris-brunâtre à I état sec.
La longueur des lobes 2 millim. 7 ; est faiblement supérieure
à celle du tube.
Ovaire et stvle sont glabres. Le style, plus court que celui
du Plectaneia rhornboidalis, est plus long que ceux du Plectaneia Tliouarsii et du Plectaneia Hildebrandtii.
La dilatation stigmatiqu'e est globuleuse ou ovoïde, avec une
pointe nette.
Les fruits sont sensiblement ceux du Plectaneia Ilildebrandtii. Et c'est évidemment de ce Plectaneia Hildebrandtii que
1 espèce du llaut-Bemarivo se rapproche le plus.
Cependant la brièveté des lobes corollaires par rapport au
tube, puis la différence de coloration des Heurs, à 1état frais
ou à l’état sec, enlin les détails du pistil ne peuvent nous lais­
ser admettre son identité avec 1 espèce de K. Schumann.
Nous avons dit la raison qui nous 1 a fait appeler Plectaneia
inutilis. Les spécimens d’après lesquels nous avons donné la
description ci-dessus ont été récoltés dans les bois des collines
sèches des environs d’Ampanihv, près d Ampasimentera ;
mais nous connaissons la présence de la plante sur d’autres
points du Ilaut-Bemarivo.
Et partout elle offre un des plus beaux exemples qu’on
puisse rencontrer de polvmorphisme foliaire. Car les feuilles
dont nousavons donné plus haut les caractères sont les leuilL-s
adultes et des pieds âgés. Tout autres sont les feuilles des
jeunes plants.
C dles-ci tig. 3 ) sont exlrèm -ment menues et minces, à peine
pétiolées, d aspect gracile. Très aiguës à la base, elles s’élar­
gissent sur une très faible longueur pour se rétrécir très rapi­
dement en un très longacumen. Cudaines sont presque linéaires.

Elles ont, par exemple, 15 millimètres sur I, ou 25 milli­
mètres sur 2, pendant que d’autres, s’élargissant un peu et
devenant ovales dans leur région inférieure, ont de S a 2.") milli­
métrés de longueur sur 3 à i de largeur.
Au sujet de cet extrême polymorphisme foliaire, tel que
nous l’admettons ici, nous entrevoyons, au surplus, l'objection.
Quelle preuve avons-nous que ces petites plantes sont les
jeunes individus des Plectaneia auxquels nous les rappor­
tons ?
Nous avons déjà répondu ailleurs 1 que, cette preuve, nous
la possédons doublement pour le Plectaneia inutilis.
D’abord nous connaissons toutes les formes intermédiaires
entre les feuilles linéaires et les feuilles adultes. Puis surtout
nous avons trouvé et nous conservons en herbier des rameaux
tig. i) sur lesquels se trouvent a la fois des branches portant
des feuilles qui se rapprochent des feuilles adultes ordinaires
tig. 5) et de plus jeunes pousses portant des feuilles linéaires.
Ce sont ces documents (pii nous permettent d’aflirmer le
polymorphisme foliaire du Plectaneia inutilis, polymorphisme
que nous allons retrouver plus loin chez le Plectaneia elas(ica,et (pie présentent, du reste, plus ou moins toutes les espèces
du genre.
Il y a, en somme, trois faciès possibles:
Le premier est celui des jeunes plants venus de graines.
Les feuilles sont étroites, très petites, très nombreuses, et
sur des rameaux étalés.
Le second est celui des rejets des formes buissonnantes ou
encore des lianes croissant au grand soleil. Les feuilles sont
grandes et coriaces.
Le troisième est celui des lianes ayant leur port naturel,
c’est-à-dire (pii sont parvenues à étendre leurs rameaux flo­
raux au sommet des arbres de haute futaie. Les feuilles sont
moyennes, assez minces, plus courtesel arrondies, ('.'est natu­
rellement ce troisième faciès qui est le plus rarement repré­
senté dans les herbiers.
Chez le Plectaneia inutilis il faut encore signaler une varia-

52

1. H. .lumelle et II. Pcrrier de la Battue, loc. cil.

�H. JUMELLE ET II. PERR1ER DE LA BATIT 1E

F ig. 'i . — Rameau de Plectaneia inulilis dont les branches portent
des feuilles de deux formes.

LE GENRE PLECTANEIA DE MADAGASCAR

•M

F ig, 5 .— Rameaux fleuris de Plectaneia in u lilis, avec feuilles adultes.

�56

57

H. JUMELLE ET 11. PERRIER DE LA BATUIE

LE GENRE PLECTANEIA DE MADAGASCAR

lion qui porte, cette fois, sur les inflorescences, qui ne sont
pas toujours aussi condensées ni fournies que nous venons de
1 indiquer pour le type.
Toujours dans les parties boisées du Haut-Bemarivo, l’un
de nous a trouvé, en novembre 1907, une liane qui, par son
port, ses feuilles, la disposition de ses inflorescences sur les
rameaux, et enfin ses principaux caractères floraux, est bien le
Plectaneia inutilis.
Les sépales sont peut-être un peu plus courts et un peu plus
arrondis au sommet que ceux du type, et la base stigmatique est un peu moins dilatée, mais ce sont là toutes les dif­
férences. La longueur des lobes corollaires, comparée à celle
du tube, est sensiblement la même que dans la plante d Am panihy. Style et stigmate sont de même longueur ; les anthères
sont les mêmes. Les fleurs sont blanches. Les rameaux aoûtés
portent des lenticelles grisâtres.
11 n’y aurait certainement aucune hésitation si les inflores­
cences étaient condensées et multitlores. Mais ce qui, à pre­
mière vue, sépare celte plante de la précédente, c’est que, au
contraire, ces inflorescences sont très pauciflores (de 9 à 12
fleurs); en outre, sur les inflorescences, qui restent terminales
(quoique dépassées par les rameaux qui partent des aisselles
de leurs feuilles basilaires et qui portent les inflorescences
latérales), les deux pédicelles latéraux nés du pédoncule prin­
cipal peuvent être très longs ( I cm. f/2). L'aspect général des
rameaux floraux se trouve bien ainsi quelque peu modifié.
A notre avis, il n y a là, néanmoins, qu une variation tout à
fait secondaire. La liane n'est qu’une forme latiflora du
Plectaneia inutilis.

dernière espèce, que nous ne connaissions tout d abord que
dans le sud-est du Boina, dans la forêt d Analamahitso, où
elle croît entre 800 et 900 mètres de hauteur, mais dont nous
avons constaté ensuite la présence entre Firingalava et Andriba, aux mêmes altitudes, et jusque dans le sud de Madagas­
car, dans le cercle de Fort Dauphin, dans la région de Tsivory,
tou jours vers 800 mètres.
Nous ignorons si — comme c’est probable — la liane de
Firingalava donne du caoutchouc; mais à Analamahitso c est
le piravaovao des Sakalaves, dont nous avons décrit le caout­
chouc qui est bon, et à Tsivory c’est le vahyvanda des indi­
gènes, et nous avons également donné les caractères 1 de cette
sorte, que récoltent lesTanala et les Bara.
Nous ne nous occuperons ici de l’espèce qu’au point de vue
botanique.
Le Plectaneia elastica est une liane dont le tronc, dans le
Boina, peut atteindre, à la base, jusqu’à 20 centimètres de
diamètre. Ce tronc, du moins chez les exemplaires d’Analamahitso, est recouvert de nombreux et gros mamelons lenticellaires (fig. 6), qui sont plus ou moins espacés ou confluents sui­
vant que la plante pousse à la lisière du bois ou à l’intérieur.
Les feuilles, comme celles du Plectaneia inutilis, sont très
polymorphes. Sur les jeunes individus, ces feuilles (fig. 7) sont
minces, étroites et graciles comme les précédentes ; elles sont
aussi à peine pétiolées. Mais elles sont toujours moins acuminées et plus courtes que celles de Plectaneia inutilis ; elles
sont toujours aussi un peu plus larges et plus ovales, et
paraissent, par suite, moins linéaires. Elles sont plutôt lancéo­
lées, aiguës à la base et au sommet. Elles ont, en moyenne,
de 8 à 15 millimètres de longueur sur 3 millimètres à 3 millim.
5 de largeur.
Mais, mélangées à ces feuilles étroites, en sont déjà d’autres
d’aspect aussi graciles, mais qui s ’élargissent dans leur tiers
inférieur, devenant ovales-lancéolées, et ayant, par exemple,
1 o millimètres sur 7.

Plectaneia clastica nov. sp.
Caulis valdc lenticellata ; foliis basi cuneatis, apice acuminatis vel acutis, serpe (in sylvis) infra medium maxime latis.
Flores luteoli ; calycis segment is ovatis, acutis, ciliolatis, extus
villosis ’ corolla extus glandulosà. Stigma conicum. Folliculi
non alati.
Nous avons déjà lait partiellement ailleurs l’étude de cette

1. II. Jumelle, Le Plectaneia elastica et le Mascarenhasia lisianthiflora dans le
sud-ouest de iVadagascar (Le Caoutchouc et la Gutta-Percha, juin 1908 .

�58

H. JUMELLE ET H. TERRIER DE LA BATH1E

LE GENRE PLECTANEIA DE MADAGASCAR

Cette dernière forme est. la transition vers les feuilles
adultes (fig. 8), qui sont nettement pétiolées (5 à (i millimètres),
ovales, de i centimètres sur 1 cm. 1/2 5 2 centimètres.

F ig . 6 .— Fragm en ts de troncs de Plectaneia. — A, P . elaslica ;
B, P . inutilis.

D’autres sont encore plus grandes et ont un pétiole de
8 millimètres et un limbe de b centimètres sur 3.
toutes ces feuilles (fig. 9) sont fortement en coin à la base,
acuminées au sommet; leur plus grande largeur est à un niveau

F ig . 7 . — Je u n e plant de Plectaneia elastica.

39

�60

H. JUMELLE ET H. PEU HIER DE LA HATIIIE

situé au-dessous de la région médiane. La nervure principale
seule est bien marquée, canaliculée sur la face supérieure, sail­
lante sur la face inférieure. Les nervures secondaires, assez
nombreuses, assez fortement obliques, sont peu visibles sur
l une et l’autre face. La nervure marginale dessinée par
1 union de leurs extrémités est généralement peu distincte.
Tous ces caractères, toutefois, ne sont exactement que ceux
des feuilles des individus poussant en forêt. Sur les pieds qui
croissent à la lisière du bois, dans des endroits plus éclairés,
les feuilles conservent bien le même aspect général, sont encore
plus ou moins coriaces et glabres, mais, dans l'ensemble, elles
sont moins larges, moins arrondies latéralement, et elles
paraissent plus oblongues (6 centimètres sur 2 cm. 1/2); puis
leur plus grande largeur, au lieu de correspondre au tiers infé­
rieur, est au niveau de la région médiane.
Enfin, sur des pousses en voie de développement, il est des
feuilles d'un type encore un peu différent; celles-ci s ’élar­
gissent tellement dans la région médiane qu elles sont ovalesarrondies (2 cm.7 sur 1 cm. 7).
Cependant les caractères qui persistent toujours sont le
sommet aigu ou acuminé et la base nettement en coin,
et qui semble très rarement s ’arrondir. Au contraire, chez le
Plectaneia inutilis, cette base a toujours tendance à s ’arron­
dir, et même souvent devient à bord droit et est comme tron­
quée.
Les fruits, qui ont de 10 à 30 centimètres de longueur sur
o millimètres de largeur, ressemblent à ceux du Plectaneia
Hildcbrandtii. Les bords libres proéminent seulement en un
léger ourlet, replié vers la ligne médiane de la partie dorsale.
Nous n’avons pas vu les fleurs du Plectaneia elastica d'Analamahitso, mais nous pouvons décrire celles des échantillons
de la même espèce récoltés soit à Firingalava, soit à Tsivory.
Les inflorescences de la plante de Firingalava sont moins
condensées que celles de la plante de Tsivory, mais les unes
et les autres ont même disposition.
Elles peuvent appartenir exceptionnellement au premier

�ANNALES DE MUSÉE COLONIAL DE MAHSE1LLE.

62

2* s é r ie .

Vol. VI.

ir. .iüMellë rrr h. pfrrifr de la bàtiiiF

type, lorsque l'inflorescence qui apparaît au sommet d’un
rameau reste unique, avec deux feuilles basilaires sans
rameaux axillaires.
Mais beaucoup plus souvent, comme dans nos échantillons
de Firingalava (pl. II), il se développe aux aisselles de ces
deux feuilles d’assez longs pédoncules qui vont être terminés
chacun par une nouvelle intlorescence, avec, au moins, une
feuille basilaire.
Et la ramification peut encore se prolonger. Car, dans cer­
tains spécimens de Tsivory, ce n'est pas seulement une feuille
qui se forme h la base de la seconde inflorescence, mais deux,
et il peut donc y avoir deux nouveaux rameaux. 11 y en a, en
tout cas, tout au moins un, qui se terminera par une troisième
intlorescence, avec une feuille basilaire.
Les fleurs fraîches sont jaunâtres. Les sépales sont un peu
soudés â la base, ovales, de 1 millim. d environ de longueur,
sur un peu plus d'un demi-millimètre de largeur, aigus au
sommet, ciliolés, plus ou moins velus extérieurement, ainsi
que le pédieelle.
Le tube corollaire, un peu plus large dans sa moitié supé­
rieure que dans sa moitié inférieure, a environ 2 millimètres
de longueur; les lobes, qui sont des languettes obtuses, ont
2 millim. a à 3 millimètres. Toute la corolle est glanduleuse
extérieurement. Intérieurement, il y a de nombreux poils à la
base de chaque filet staminal.
Les anthères sont aiguës. Ovaire et style sont glabres. Le
style est court et large, et surmonté d’un stigmate conique,
à base un peu élargie.
Les fruits — dans la plante d’Analamahitso comme dans
celle de Tsivory — ressemblent à ceux du Pleclaneia Hildebrandtii. Les bords libres proéminent seulement en un léger
ourlet sur la face dorsale du follicule correspondant. Les fruits
des échantillons de Tsivory ont de 10 à 13 centimètres. Dans
nos échantillons d’Analamahitso, quelques-uns atteignent
30 centimètres. La largeur ordinaire est de 5 millimètres.
Les graines, ailées aux deux extrémités, sont celles du
genre.
Hameau fleuri de Pleclaneia rh om boidalis Ju m . et Perr.

P l . 1.

�Ram eau fleuri de Plectaneia elastica Ju m . et P err.

�LÉ GENRE PLECtANEÎA DE MADAGASCAR

63

Assez différents des fruits précédents sont ceux qui, dans
notre herbier, accompagnent les échantillons de Firingalava.

Fig. 9. — Plectaneia elastica Jura, et P err.

Nous les avons représentés fig. I ; ils ont, pour 10 centi­
mètres de longueur, l centimètre de largeur environ, et sont

�fit

11. JlM E tX E E t II. PEUmEli DE LA HATFIlE

légèrement velus. Ce sont même les caractères particuliers
de ces follicules qui nous avaient fait penser un moment que
la plante de Firingalava était une espèce distincte, que, sans la
décrire, nous avions désignée provisoirement sous le nom de
Plectaneia firingalavensis. C’est depuis que nous avons vu les
rameaux lloraux de Plectaneia elaslica de Tsivorv que, le port
et l'habitat aidant, ainsi que nous l’avons déjà dit, nous avons
été bien persuadés que le Plectaneia qui est le n° 331 de notre
herbier est l’espèce d’Analamahitso.
Malheureusement, les fruits qui l’accompagnent sont sur des
rameaux séparés et dépourvus de feuilles; dans ces conditions,
et bien que l’une de ces branches portât encore une tleur qui
nous a bien semblé être la même que celle des rameaux
tleuris, il est évident qu’il peut rester une petite incertitude,
d’autant plus que l ’un de nous croit se souvenir que, lorsque,
en 1898, il explorait les bois de Firingalava, il avait trouvé
une autre Plectaneia (n° 701) qui ne ligure plus aujourd hui
dans notre herbier1. C’est donc sous cette réserve que nous
indiquons comme étant la forme firingalavensis des fruits
de Plectaneia elastica les follicules représentés fig. 1, et qui
sont plus gros et plus velus que ceux de l’espèce type.
Nous précisons bien d’ailleurs quecette réserve ne se rapporte
qu’aux fruits. Les rameaux avec feuilles et Heurs de la plante
(n° 351 de Firingalava sont bien ceux du Plectaneia elastica,
dont la présence entre Mevetanana et Andriba est ainsi sûre­
ment constatée.
Nous ignorons si les troncs des lianes de Firingalava et de
Tsivory portent les mêmes excroissances lenticellaires que
les lianes d’Analamahitso.
Dans le Haut-Bemarivo, le Plectaneia elastica, comme le
Cryptostegia madagascariensis, ne donne qu’un coagulât vis­
queux lorsque le lait est recueilli sur des troncs qui ont moins
de 2 centimètres de diamètre. Ce fait, qui doit être vrai pour
tout le genre, ne nous permet pas d’alïirmer qu’aucune des
autres espèces n’est caoutchoutifère, car l’un de nous n’a pas
I. Mais qui doit se trouver dans l’herbier de Drake del Castillo, à qui, à
l'époque, tous ces spécimens avaient été confiés.

LE GENRE PLECTANEIA DE MADAGASCAR

fi O

eu l’occasion, pour tous les Plectaneia, d’inciser des tiges sulïisamment grosses. Nous n’avons de certitude que pour le Plec­
taneia inutilisé t le Plectaneia rhomhoidalis ; ces deux espèces
sont sans intérêt pratique. 11 en est très probablement de
même du Plectaneia Hildchrandtii. Pour le Plectaneia
Thouarsii, nous avons déjà fait remarquer que nous ne pou­
vons rien dire, car nous ne le connaissons que sous sa forme
buissonnante.

Annules du Musée colonial de Marseille. — 2' série. 6 'vol. I90S.

b

�CONTRIBUTION A L’ÉTUDE
D KS

F KG IIL E S

DE
P ar

L ’INDO-CHI N E

E. DHCKOCIv

Professeur-adjoint à la Faculté des sciences de Marseille.

INTRODUCTION
Considéré dans son ensemble, ce travail est une revue dw
nos connaissances actuelles sur 1 amidon, revue suivie de
l’étude micrographique d'un certain nombre de fécules pro­
venant des collections envoyées à l’exposition coloniale de
Marseille par le gouvernement général de lTndo-Chine. C’est
sur lus indications du docteur Heckel, directeur fondateur du
Musée colonial de Marseille, que nous avons entrepris cette
étude ; c’est avec les matériaux que ce savant a m isa notre dis­
position (pie nous avons pu l’elFectuer. Qu il nous permette de lui
adresser en commentant l’expression de notre très sincère
reconnaissance pour avoir bien voulu nous associer une fois de
plus à son œuvre : l’étude scientifique et pratique des produits
coloniaux.
L ’industrie française est obligée de se procurer à l’étran­
ger une partie des amylacés dont elle a besoin ; nos colonies
ne pourraient-elles fournir ce supplément d importation? Il y au­
rait certainement dans cette voie un débouché qui permettrait de
mettre mieux en valeur leurs ressources agricoles; lTndo-Chine
française en particulier pourrait développer considérablement
ces ressources. Parmi les plantes à fécules cultivées ou suscep­
tibles d’être cultivées en grand, il en est quelques-unes dont

�68

e.

dechock

la matière amylacée n’a pas encore été décrite ou l'a été d’une
manière incomplète. Nous avons essayé de combler en partie
cette lacune. Les descriptions et les qualités spéciales des
amidons coloniaux sont loin d’être complètement établies
d'autant plus que chaque année de nouveaux apports viennent
augmenter la liste des espèces utilisables. En qualité de bota­
niste, nous ne pourrons contribuer à compléter nos connais­
sances sur le sujet que pour ce qui concerne la description
micrographique des amidons. Les quelques analyses chimiques
citées ont été empruntées aux auteurs.
Il est amplement démontré combien le microscope peut
rendre des services au point de vue de la détermination et de
la falsification des fécules. Récemment, un de nos savants con­
frères, M. Dufour, a montré ce que pouvait donner cet ordre de
recherches appliqué à l’étude de ces substances '.
L ’étude physiologique de chacun de ces amidons serait
également du plus haut intérêt. La digestibilité de chacun
d'eux est loin d’être égale ; de même, leurs qualités nutritives.
Tout le monde connaît la valeur très différente de certaines
farines suivant le but qu'on se propose d’atteindre ; l’exemple
le plus connu est celui des farines de sarrazin et de maïs si
employées par les aviculteurs : tandis que la farine de maïs
favorise l’engraissement de la volaille, la farine de sarrazin
stimule généralement la ponte. Ces propriétés physiologiques
n'appartiennent pas toujours en propre à l’amidon ; elles
tiennent plutôt à la présence de produits accessoires qui accom­
pagnent l'amidon dans la cellule végétale ou qui se sont formés
à leurs dépens pendant la mouture et le tamisage.
Les matériaux dont nous avons disposé sont de deux
ordres :
1° Farines et fécules en nature, préparées en Indo-Chine et
envoyées, parfaitement scellées dans des boîtes en zinc;
2° Graines et tubercules provenant du Musée agricole et
I. Dufour, lissai sur la détermination des amidons (L'Agriculture pratique
des pays chauds. Challamel, Paris, 1902).

ÉTUDE DES FÉCULES DE u'iNDO-CHINE

6!)

commercial d’IIanoï et destinés à contrôler et à compléter nos
observations sur les farines et fécules préparées.
Nous avons également puisé dans les collections du Musée
colonial et dans les cultures du jardin colonial du Parc Borély,
que dirige également M. le I)r Ileckel.
Nous ferons précéder l’exposé de nos observations person­
nelles par un chapitre général résumant nos connaissances
actuelles sur l’amidon ; nous verrons ainsi ses principales pro­
priétés physiques, chimiques, structurales et physiologiques.
A la suite «le cet exposé nous énumérerons les principaux
usages en faisant ressortir, chaque fois que cela sera possible,
la corrélation qui existe entre ces propriétés et l'emploi
industriel ou alimentaire correspondant. Dans la partie des­
criptive de notre travail nous commencerons toujours par
caractériser sommairement la plante et spécialement la partie
de la plante qui a fourni l'amidon.
Quel sera l’ordre adopté? Dans un travail de botanique
pure, l'ordre fourni par la classification s'imposerait. Mais
comme il s'agit ici de recherches à tendances pratiques, nous
tiendrons compte, pour commencer, du groupement générale­
ment adopté dans le commerce, savoir : d une part, les ami­
dons; d’autre part les fécules. Pour le biologiste cette dislinction n'existe pas, le terme amidon s'appliquant à la sub­
stance de réserve «jue nous étudions, quelle «{ue soit son ori­
gine. Au contraire, dans le commerce on réserve souvent l’appel­
lation d'amidon pour le produit fourni par les graines et le
terme de fécule pour le produit fourni par les tubercules ou
rhizomes.
Cette première division posée nous pourrons adopter
ensuite des groupements en rapport avec les divisions bota­
niques. C’est ainsi que dans notre première partie nous aurons
un chapitre consacré aux amidons fournis par les graminées,
un autre par les légumineuses, etc. ; dans notre seconde
partie, un premier chapitre concernera les fécules fournies par
les Aroidees, une autre pour les Dioscoréncées, etc.
Historique. — Il serait hors de propos de donner ici un long
historique sur l’édification de nos connaissances concernant

�70

E. DEC.IIOCK

l'amidon. Cependant, il est juste de rappeler quelques noms
célèbres et de donner un simple aperçu de l'évolution de la
science sur ce sujet 1.
Antoine de Leeuwenhoek a le premier affirmé que la matière
farineuse renfermée dans le froment et l'orge est composée
de globules. Sa découverte date de l’année 1710. D après
Caventou. Yillars aurait, dès 1802, reconnu la différence d'as­
pect que présente la fécule de pomme do terre de l'amidon de
blé. Caventou lit faire de grands progrès à l’étude physique de
l'amidon en montrant (1826) que les grains sont formés de
couches d inégale densité au lieu d'être constitués par une
masse lluide entourée d’une membrane.
La première notion nette d une structure complexe de 1ami­
don remonte à Raspail : en effet, en 182b, il affirme que le grain
d'amidon naturel est composé d’une masse gommeuse entourée
d'un tégument inattaquable par l'eau et les acides à froid.
Cette première donnée devra être rapprochée des notions les
plus récentes que nous possédons sur le grain d'amidon. Les
idées de Raspail furent bientôt véritiées par Guérin-Yarrv et
parClievreul ; ces savants donnent le nom d'a midi ne à la partie
soluble et d amidin à la partie insoluble ; il estime à 97 ° / 0
et 3 °/0 les proportions respectives de ces deux substances.
L'amidine est devenue plus tard la gran alose ( \ aegeli),
l'amidon 1 ami/lo-cellulose Brown et Héron).
Parallèlement aux premières recherches physiques et chi­
miques, s ’effectuent les observations d ordre morphologique
qui ont trait au problème de l'origine du grain d’amidon.
Les théories émises furent nombreuses, les deux plus intéres­
santes, parmi les premières avancées, sont celles de Fritzsche
et de Paven. Fritsche admet que le grain est composé de
couches concentriques et formé par des dépôts successils des
couches extérieures sur les intérieures. Suivant l'aven le grain
J. Ou pourra trouver dans : RIeicher, Les Fécules, une étude bibliographique
complète jusqu'à 1&gt;7S. En lsS-_&gt;. M. le I)r Ileckel, professeur à la Faculté des
S ieuces de Marseille, a public dans la Revue scientifique, sous le litre SI ruelure el développement de l'amidon, un excellent exposé des connaissances que
l’on possédait à celte époque sur le sujet qui nous occupe ici.

ÉTFDE DES FÉCt IÆS DE L INDO-CHINE

71

d’amidon est d abord à l’état sphérique, il absorbe le plus sou­
vent par un seul point la substance amylacée et celle-ci,
s'accumulant dans l’intérieur, presse les premières parties
agrégées en une couche périphérique, à l’intérieur de laquelle
se dépose une nouvelle couche lorsque arrive un autre Ilot de
sécrétion, et ainsi de suite ; donc pour Fritzsche, la forma­
tion est centrifuge et pour Paven elle est centripète. C’est l’opi­
nion de Fritzsche qui a prévalu.
A partir de 1843, ce sont les travaux de Xaegeli et de son
école qui dominent la scène. En collaboration avec Scbleiden,
Naegeli indique (en 1843) que l'amidon se produit non directe­
ment dans les utricules, comme on disait alors, mais dans de
petites vésicules de mucilage particulières qui ne se colorent
pas par l'iode, tandis que les granules contenus dans leur inté­
rieur bleuissent. Un peu plus tard Xaegeli admet qu’au centre
du grain de fécule il existe une cavité remplie de liquide.
Pour Gruger (1834) le grain d'amidon est recouvert par une
couche extrêmement mince d'une substance non colorable en
bleu par l’iode « substance de transition ». Les grains composés
résultent de la soudure de plusieurs grains simples à l aide de
la substance de transition. Après la période naegelienne, si
nous pouvons nous exprimer ainsi, période qui a duré toute la
deuxième moitié du xixc siècle, vient la période actuelle. Ce
sont les noms de Schimper, Relzung, Maquenne, etc., qui sont
alors en vedette. L'analyse de leurs travaux sera faite dans le
corps de cette étude.

�PREMIÈRE PARTIE
ÉTUDE GÉNÉRALE DE l ’AMIDON

I PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES
L ’amidon est une poudre blanche d’origine végétale consti­
tuée par un mélange de corps appartenant à la classe des
hydrates de carbone. Ces corps n’ont pu encore être caractéri­
sés individuellement, mais ils ont une série de propriétés phy­
siques et chimiques communes qui, jusqu'ici, les ont fait con­
sidérer comme un composé défini. Leurs propriétés com­
munes les plus connues sont : leur formule élémentaire
(O1II100 5)n, leur bleuissement par l'iode, la formation d’empois
avec l’eau, et enfin la striation concentrique des granules
constituants.
Dans le langage commercial, les substances amylacées
reçoivent tantôt le nom d'amidon, tantôt le nom de fécule.
On leur donne plus spécialement le nom d'amidon lorsqu il
s ’agit du produit fourni par les graines et celui de fécule a
celui qui est retiré des tubercules. Mais il n y a pas de règle
bien fixe, et, au point de vue scientifique, il n’y a pas lieu de
s’arrêter à ces divergences de dénominations ; amidon, fécule
seront donc considérés comme termes synonymes dans la partie
générale de notre travail.
Les amidons sont définis par ce que 1 on sait de leurs pro­
priétés phvsiques, chimiques et biologiques. L est 1 ensemble
de ces propriétés que nous devons examiner succinctement.
Caractères physiques. — La fécule pure est blanche, ino­
dore, insipide. Comprimée entre les doigts, elle fait entendre,
dans certains cas, un craquement caractéristique. Exposée a
l’air, elle absorbe beaucoup d eau ; séchée a 20 , a 1air, élit
retient de l’eau dans la proportion de 18 à 33,5 ° / 0; dans le

�74

K. DKCROi'K

vide sec à 20°, la proportion diminue notablement mais se
maintient encore il 9,2 °/0. Il faut une température de 100 «à
140° dans le vide sec, pour que la déshydratation soit com­
plète.
Action de l'eau. — L ’eau froide ne modifie pas l'amidon ; l’eau
chaude détermine la formation d’empois. Une partie de fécule
délayée dans 1ri parties d'eau s'hydrate rapidement lorsqu'on
élève la température. Vers 57°, le gonflement est considérable,
les grains se déchirent et l’empois continue de s'épaissir en
allant de 72 à 100°. Les grains plus ou moins fondus, surtout
dans leurs couches intérieures, ont augmenté de 25 à 30 fois
de volume.
Sous sa forme organisée, l'amidon paraît insoluble dans l'eau,
cela tient probablement à la pellicule de nature spéciale qui
enveloppe chaque grain. Lorsqu'on brise celte pellicule en
broyant l'amidon dans l'eau froide, la liqueur filtrée entraîne
un principe soluble qui se précipite par l'alcool. L ’ébullition
d’une partie de fécule avec 100 parties d’eau donne une pseudosolution qui passe à travers le filtre. La partie soluble du grain
c’est la granulose ou amvlose soluble, la partie insoluble étant
l amvlocellulose. Pour Maquenne et Houx (1007) la granulose
devient le groupe des amyloses, l'amylocellulose devient
l'amylopectine. Nous verrons dans la caractéristique chimique
quelques indications sur ces deux catégories de substances.
Forme. — Les grains d'amidons sont des corps figurés. Leur
forme et leur organisation particulières permettent de les
reconnaître sous le microscope sans l’intervention d'aucun
réactif. On a parlé quelquefois d’amidon amorphe, mais il
semble que, dans ces cas, il s’est agi, en général, d'une variété
de cellulose bleuissant directement par l’iode ou bien d’amidon
solubilisé. Les formes, les dimensions, les détails du contour
extérieur varient notablement avec les plantes comme on le
verra dans la partie descriptive de ce travail, sur toute une
série d amidons d origine indo-chinoise.
Les grains d’amidon sont isolés et simples ou associes et
composés. Les grains composés sont formés de granules élé­
mentaires comprimés en un corpuscule de forme définie qui peut

étude

DES FÉCULES DE i i.mjo-ciiim;

se dissocier mécaniquement, de telle sorte que, dans les fécules,
on observe fréquemment des grains à une ou plusieurs faces
planes qui ne sont autre cjue les faces de contact des granules
composants. Un corpuscule amylacé formé de granules tout
d'abord indépendants peut être revêtu découches enveloppant
toute la masse. On dit alors que le grain d’amidon est demicomposé.
Au point de vue physiologique on doit distinguer l'amidon de
première formation, produit de synthèse, issu de l’activité pro­
toplasmique, de l'amidon de réserve, produit d'accumulation
dans des organes spéciaux. C’est l’amidon de réserve que nous
aurons spécialement en vue, parce que lui seul fournit la sub­
stance utilisée par l'homme.
La dimension des grains d’amidon de réserve varie beau­
coup suivant les plantes; leur diamètre oscille entre 2 et
183 millièmes de millimètres. Parmi les plantes exploitées,
les plus communes, les grains d’amidon de pomme de terre
mesurent de 185 à 140 \i. ; ceux du riz de 3 à 7 g.
Striation. — Le caractère physique le plus frappant des
grains d'amidon de réserve c'est la striation concentrique.
Autour d'un point sombre, le noyau ou hile du grain, on
observe des couches alternativement claires et sombres, la
périphérique étant toujours claire. Cette différenciation paraît
tenir à la teneur en eau, la partie brillante étant moins hydra­
tée que la partie sombre. Quand le hile est central, la striation
est uniformément concentrique. Il n’en est plus ainsi quand
le hile est excentriquement placé : les couches sont d’abord
amincies autour du hile, puis interrompues, présentant alors
la forme de croissants emboîtés. Dans certains grains on
trouve une striation radiaire ; ces grains ont alors un aspect qui
rappelle celui des sphéro-cristaux d'inuline. Si, à cette don­
née, on joint celle que fournit 1 observation dans la lumière
polarisée on est amené à conclure (pie la structure du grain
d'amidon est cristalline. 11 serait formé de cristallites très ser­
rés disposés en séries concentriques et en files radiales autour
d’un centre qui correspond au hile.
Observation dans la lumière polarisée. — Sous l'influence

�7fi

K.

DECROCK

de la lumière polarisée, les prismes de Nicol adaptés au
microscope étant croisés, chaque grain est coupé de deux
bandes sombres qui se croisent ;i angle droit sur le hile. Ils
agissent donc sur la lumière polarisée à la manière des cris­
taux biréfringents.
A la suite de ces indications sur les propriétés physiques de
l'amidon n o u s allons entrer dans quelques détails sur la
structure du grain d'amidon. On verra, par cet exposé, que
le problème n'est pas encore résolu d’une manière définitive
et que de nouvelles recherches sont appelées sur ce point.

Structure du grain d'amidon
Dès 1848, Naegeli avançait et après lui d’autres observa­
teurs ont affirmé que la portion périphérique de certains grains
d'amidon offre aux colorants une réaction différente de celle de
la partie centrale. En effet, les gros grains excentriques de
Canna, par exemple, traités par la triple coloration, montrent,
outre les couches violettes sombres et claires composant le
corps du grain, une couche extérieure de largeur uniforme,
de couleur orange. Quelle est la nature de cette couche?
Peu de recherches ont été consacrées à cette question par­
ticulière. Cela ne doit rien avoir de surprenant, si l’on réfléchit
que la technique de la fixation et de la coloration est relative­
ment nouvelle.
Pour Naegeli la couche extérieure du grain d'amidon est
composée de cellulose. Von Mohl montre, en 1859, que les
réactions sur lesquelles s ’appuyait Naegeli ne sont pas carac­
téristiques. En 1854, Crüger distingue, entre le protoplasme
et le grain d’amidon, une couche qui ne se colore pas en
bleu avec liode, ni aussi rapidement en brun que le proto­
plasme environnant ; comme ce botaniste ne signale pas la
plastide, c'est probablement d'elle qu'il s'agit; d’ailleurs les
figures semblent confirmer cette supposition. Mikosh, en 1885,
constate l'existence d une région, intermédiaire entre le grain
et la plastide, remplie de ce qu’il appelle la substance-mère
du grain. D’après Meyer 1895), les grains d’amidon normaux

ÉTUDE DES FÉCULES DE l/lNDO-CHlNE

77

n’ont pas de couche externe différenciée, mais on en trouve
une dans quelques cas, dans l’amidon du tubercule de pomme
de terre, par exemple.
Salter reprend la question en IStlS. Il retrouve la couche dont
il est question plus haut, et il émet l’opinion qu’elle est tout
simplement composée d’un amidon plus dense que le reste du
grain, et cela expliquerait la différence de coloration.
Enfin plus récemment, Denniston revient sur le même sujet,
afin de rechercher les relations de cette couche différenciée avec
la croissance du grain et d'essayer de déterminer sa nature chi­
mique. Les matériaux qu’il a mis en œuvre sont les rhizomes
de Canna, les tubercules de pomme de terre, les feuilles et
les tiges de' Pellionia Daveauana, les grains de diverses
céréales, les graines de haricots et de pois. Il a appliqué à leur
étude les procédés de fixation et de coloration les plus déli­
cats, fournis par la technique histologique moderne. Au point
de vue fixation, l'acide acétique chromo-osmique fort, le
Flemming faible lui ont donné les meilleurs résultats. La
méthode de triple coloration lui a rendu de grands services.
Les coupes colorées contenant des centaines de grains d’ami­
don montrent que la masse de chaque grain est d'un violet
brillant, les stries étant respectivement plus claires et plus
foncées, tandis qu’autour de la masse violette et à 1 intérieur
de l'amyloplastide, se distingue nettement une couche orange.
La constance de cette dernière, quelle que soit la durée
d’immersion dans les différents bains colorants, semble indi­
quer qu'il y a dans le grain d amidon deux substances diffé­
rant de propriétés ; l une prenant le violet, 1 autre l’orange.
Il est intéressant de remarquer que, tandis que la couche
externe orangée entoure complètement le grain, la strate vio­
lette voisine peut n’entourer qu'une partie de la masse plus
intérieure.
Si la couche externe était simplement de l’amidon plus
dense, il serait difficile d’admettre la formation de couches
excentriques d amidon à 1 inférieur et à travers la couche soidisant plus dense. L'expérience suivante de Denniston montre,
avec évidence, que la substance violette pénètre vite à travers

�78

F..

DECROC K

la couche orange, mais il est pas absorbée par elle. Dans des
coupes au microtome, la coloration d’un grain de Canna peut
être suivie sous le microscope en laissant une solution diluée
de violet de gentiane pénétrer sous la lamelle. Les strates (pii
sont à l’intérieur de la couche externe absorbent immédiate­
ment le colorant qui ne se lixe pas sur cette dernière.
Denniston a étudié aussi des grains d’amidon attaqués par
la diastase, pour déterminer si ce sont les couches orange ou
les couches violettes qui sont entamées les premières. Les
gros grains excentriques de Canna traités pendant plusieurs
jours montrent encore leur couche orangée intacte, sauf en
quelques points. Les couches violettes extérieures se dis­
solvent en plusieurs endroits, mais, d’une manière générale,
sont en partie conservées tandis qu'une portion considérable
de substance a été enlevée de l’intérieur du O
‘rrain et on trouve
alors dans cette région des particules colorées par l’orange.
Dans quelques grains, le centre a été complètement dissous
et il reste seulement une coque composée par une partie des
couches violettes extérieures. 11 est à remarquer que dans un
grain corrodé les parties des couches bordant les fentes corro­
dées présentent une marge de substance orange qui se fond
graduellement avec le violet des parties non attaquées.
Là où la couche orangée comprend plusieurs strates, les
plus internes présentent toujours une trace de coloration vio­
lette. Pour Denniston, il se pourrait que la couche orangée
soit constituée par un hydrate de carbone qui a été amené
dans la plastide et qui n’a pas encore revêtu les caractères
de l’amidon et en particulier celui de fixer le violet.
Timberlake, en observant la formation de la membrane
dans les cellules du sommet végétatif d’une racine d’oignon, a
mis en évidence un fait qui peut être rapproché des indica­
tions fournies par Denniston. 11 a reconnu dans la plaque
équatoriale des cellules en voie de division une substance qui
se colore, en orange seulement, par la triple coloration et qui
ne fixe ni l’hématoxyline, ni le rouge de ruthénium, colorant
bien la membrane cellulosique. Voilà deux cas, par consé­
quent, où il y a unesubstance de transition, passant, d’une part,

ÉTUDE DES FÉCULES DE L INDO-CHINE

79

ii l'amidon ; de l’autre, à la cellulose et pectose. L hypothèse
de Denniston se trouverait donc renforcée par cette constata­
tion. Ce même savant s ’est occupé aussi de rechercher le mode
de formation des couches concentriques. Sans résoudre la
question, il se rallie à l’hypothèse, déjà admise par Mikosh,
hypothèse suivant laquelle le grain d’amidon naîtrait aux
dépens d’une substance mère gélatineuse qui devient de plus
en plus concentrée par additions venues du dehors et cela
jusqu’à ce que l’amidon se concrète en un point. Dans les
jeunes grains, le dépôt se fait d’une manière uniforme tout
autour de ce point interne. Si ce granule primitif n’occupe
pas le centre de la plastide, la substance-mère bientôt saturée
et visqueuse, ne laisse plus diffuser facilement les additions
provenant du côté où la plastide est plus épaisse; c’est pour­
quoi, de ce côté, se déposent les portions les plus épaisses des
strates d’amidon. Cette hypothèse est en harmonie avec ce fait
que lorsque les couches excentriques commencent à se former,
elles sont d’abord plus minces à l’extrémité antérieure du grain
puis elles deviennent incomplètes et finalement elles sont
déposées sur le côté postérieur seulement. En somme, il reste
encore à établir le mode de formation des grains d’amidon,
et même leur structure intime n’est pas encore parfaitement
connue.
Caractères chimiques. — Composition. — La donnée clas­
sique actuelle est que l amidon normal est formé de deux
variétés d’amylose, l’une soluble dans l’eau, au-dessus de 30°,
c’est l’amylose soluble, l’autre exigeant pour se dissoudre
une température de 130°. c'est l’amylose insoluble. Il est admis
aussi que ces deux amyloses, répondant à la formule centési­
male C6 II10 O ’, ne diffèrent entre elles que par la teneur en
eau, plus abondante dans la première que dans la seconde.
D’après les travaux de Maquenne et Houx à cette notion
classique il faudrait substituer la suivante : l’amidon est une
substance essentiellement complexe. Il est surtout formé de
maltosanes devant former le groupe des amyloses et la plupart
1. Maquenne el Houx. Ann. île Chimie el üe physique. 1906, et C. 1t. Acad.
Sc., 1903, |&gt;. à 12.

�80

K. DECROCK

des propriétés de l'amidon sont dues aux corps de ce groupe ;
par exemple, le bleuississement par 1 iode, la dissolution par­
tielle dans l'eau chaude, etc. D’autres propriétés n’appar­
tiennent en aucune manière aux amvloses, mais doivent être
attribuées aune nouvelle classe de corps : les amylopectines,
telles sont la capacité de fournir de l'empois, et de se saccharitier sous l'action du malt. Les amvloses forment la majeure
partie du grain d amidon. Ce dernier emprunte donc ses pro­
priétés essentielles à ce groupe et les propriétés de l’amylopectine cessent d'ètre fondamentales quoiques très appa­
rentes.
Cette conception est nouvelle et ne concorde plus avec les
données classiques. Pour en démontrer l'exactitude il a fallu
séparer les deux groupes am vloses et amylopectines et les étu­
dier séparément. M"“° Gatin-Gruzewska1 a trouvé un procédé
très simple ; en voici le principe: à une certaine quantité d’em­
pois bien liquide ajouter à chaud de la potasse concentrée et
ensuite une faible quantité d’alcool. Au cours de l’opération il
se fait deux précipités successifs, le premier filamenteux, et,
après addition d'alcool, le second qui a l’aspect tloconneux. Le
premier précipité, lavé, neutralisé et dialysé, répond aux carac­
tères de la substance désignée sous le nom d’amylopectine.
MmeGatin-Gruzewska a pu extraire aussi des eaux-mères delà
première précipitation lamvlose de Maquenne et Roux qui
n est autre d ailleurs que la granulose de Naegeli.
L ’amvlopectine et l amvlose donnent du glucose quand elles
sont hydrolysées par les acides. Elles se comportent différem­
ment avec l'amylase animale; celle-ci n'a donné que du
maltose, de l amvlose rétrogradée et pas de dextrine ; l amylopectine se solubilise instantanément et s ’hydrolyse lentement
pour donner au bout de 24 heures du maltose, une ou des
dextrines et une certaine quantité d'amylocellulose inattaquée.
L amylopectine constitue l’enveloppe du grain d’amidon,
i’amvlose est la substance soluble du grain. D'après Fouard2,
1. Gatin-Gruzewska. C. H. Acad. Sc., 1908, p. 5-iO.
2. Fouard. Annales Je l'Inslilul Pasteur, 1908.

81

ÉTUDE DES FÉCULES DE L J.NDO-CIII.NE

la solubilisation des amvloses dans l’eau au delà de dl)° n’est
qu’une apparence. L'amidon pur, desséché, ayant préalable­
ment subi Faction très modérée de l'acide chlorhydrique,
prend dans l’eau, vers 70-80°, l'état colloïdal parfaitement
lluide, ce qui a pu faire admettre qu'il s'agissait là d’une
solubilisation complète, alors qu’on n obtient qu une pseudo­
solution. En effet toute une série de caractères montreraient
(pi on se trouve seulement en présence d une transformation
colloïdale. On observe en effet la polarisation partielle de la
lumière diffractée par le liquide, le transport de l'amidon par
le courant électrique, la coagulation tantôt spontanée, tantôt
provoquée par modification chimique.
Action des acides. — Dans Faction des acides, il y a lieu
de distinguer les réactions de dédoublements et les réactions
de combinaison.
Dédoublements. — Les dédoublements par Faction des acides
étendus d’eau se font suivant une règle générale : les acides
convertissent les amvloses en dextrines puis en maltose. Ces
actions sont plus ou moins rapides suivant les acides
employés; l’amidon chauffé avec une liqueur contenant 1 2
à 1 °f0 d'acide sulfurique se transforme très vile en glucose d.
C'est le procédé dont 1 industrie tire parti dans la fabrication
des sirops et sucres de fécule. Il y a d’abord transformation
en amylodextrines, de même composition centésimale : les
amylodextrines, par hydratation, donnent de la dextrine et
du maltose; la dextrine formée se convertit en maltose, tou­
jours par hydrolyse; enfin le maltose se chang-e en glucose.
Quand Faction de l’acide sulfurique est prolongée, il se passe
un phénomène de réversion et il y a formation aux dépens du
glucose existant, de substances dextriniformes dont l'hydro­
lyse, par les acides ou par la fermentation, est beaucoup
plus difficile que celle de la dextrine.
Combinaisons. — Il serait trop long d'entrer dans le détail
des combinaisons que beaucoup d’acides donnent avec les
amvloses. Pour rester dans le cadre des généralités, conten­
tons-nous de dire que les acides organiques vers J fit)0 et que
Annales du Musée colonial Je Marseille. — 2* série, 6* vol. 1908.

«

6

�82

K. DECllÜCK

1 acide sulfurique concentré, à froid, donnent des éthers que
l’eau peut décomposer en régénérant partiellement l'amidon.
L acide nitrique dissout lamidon et 1eau précipite de la solu­
tion un corps blanc explosif, l’amylide nitrique appelée encore
xyloïdine.
L'anhydride acétique donne également un composé déliai :
l’amidon triacétique, corps blanc, amorphe, bleuissant par
l’iode et régénérant l'amidon par les alcalis.
Action des alcalis. — Les alcalis réagissent chimiquement
sur les amyloses. L empois obtenu avec une solution de
potasse ou de soude à 2 °/„, précipité par l’alcool, repris par
l'eau et de nouveau précipité donne un corps amorphe, inco­
lore. de composition chimique constante répondant à la formule
C ’i Ip» O20 k L'amvlose qui est ainsi entrée en combinaison
renferme donc au moins 24 atomes de carbone. Il y a peutêtre dans l'étude des amidons sodiques ou potassiques une
voie pour isoler les multiples amyloses qui coexistent dans
l’amidon.
Saccharification diastasique de l’amidon. — L ’empois
d'amidon est rapidement fluidifié à la température de 30 à 35°
sous faction de la diastase et la fermentation aboutit à la for­
mation d'un sucre, le maltose. Un peu de glucose se trouve
mélangé avec le maltose et on pense qu'il provient de l'action
du ferment sur le maltose.
Entre le terme amidon et le terme maltose, il y a toute
une série d’intermédiaires qui seraient des dextrines à poids
moléculaire de plus en plus faible. L'extrait de malt renferme
deux ferments, la maltase et la dextrinase, inégalement impres­
sionnés par la chaleur. La maltase est détruite par la chaleur
au-dessus de 5o°, la dextrinase résiste au contraire.
Avec ces deux ferments la saccharification se ferait de la
manière suivante. Par la maltase l’amidon donnerait du mal­
tose et de l'érythro-granulose transformée par la dextrinase
en leucodextrine, laquelle n’est plus attaquée par l’extrait de
malt.
Par la dextrinase, l'amidon se convertirait en maltodextrine que la maltase transforme en maltose. La transformation

étude

d es

féclles

de

E ENDO-UMME

83

en maltodextrine et maltose n’est pas totale; l ’accumulation
du maltose l’arrête; mais en précipitant à plusieurs reprises
le maltose par la phénylhydrazine on peut obtenir des
saccharifications successives. Maquenne et Roux ont pu ainsi
obtenir des rendements très voisins des rendements théo­
riques, ce qui les a autorisés à considérer toutes les parties
constituantes de l’amidon comme des maltosanes, c’est-à-dire
comme des produits entièrement transformables en maltose,
donnée absolument nouvelle.
Le maximum de saccharification s ’établit toujours en milieu
alcalin, contrairement à ce que I on admettait jusqu’ici, à
savoir que la neutralité absolue était plus favorable qu'une
légère alcalinité. De l'examen des quantités d’acide néces­
saires pour obtenir les vitesses maxima/les auteurs ont déduit
la règle approchée suivante: « La saccharification diastasique
atteint son maximum de vitesse lorsque l’alcalinité du moût
est comprise entre la moitié et les deux tiers de celle du malt
qu’il renferme ». Ce qui peut s'exprimer encore par cette règle:
« Pour obtenir le maximum de vitesse, dans une saccharifica­
tion d’amidon, il faut d ’abord neutraliser l’empois, puis ajouter
au malt une quantité d'acide sulfurique comprise entre le tiers
et la moitié de celle qui pourrait le neutraliser complètement ».
D’une manière générale, les farines sont beaucoup moins
sensibles à ces influences que les amidons. Il faut sans doute
attribuer cette différence à la présence des substances azotées
qui se comporteraient comme régulateurs automatiques de la
réaction.
En somme, la diastase fonctionne comme les acides étendus
d’eau. Le phénomène essentiel est une hydrolyse. Toutefois,
l'action des ferments diffère de l’action des acides parce qu elle
ne donne pas lieu au phénomène de réversion.
Rétrogradation de l'empois. — Maquenne a repris dans
ces derniers temps l'étude de la composition de l’amidon et il
a cherché plus particulièrement à définir les relations qui
existent entre l’amidon cru et l'empois. Ces recherches l’ont
amené à la découverte d’un phénomène auquel il a donné le
nom de Rétrogradation de l’empois. L'amylopectine (ancienne

�84

E. DECROCK

amvlocellulose) que l'on croyait n’exister qu’en faible quantité
dans l’amidon peut se former spontanément au sein de l’empois
sous 1'intluence du temps et des matières minérales ou orga­
niques qu’il renferme. L ’apparition de l’amylopectine dans
l'empois vieilli, alors qu’il n'existait pas dans l’empois
frais, montre qu’il y a eu là un retour de la substance entière­
ment saccharitiable vers un état primitif dont la saccharification
n est que partielle, d ’où le nom de rétrogradation donné à ce
phénomène. D'après Maquenne, le grain de fécule de pomme
de terre n’est qu'une masse diamylose légèrement rétrogradé,
c'est-à-dire ne renfermant que fort peu d'amylopectine. C’est
la présence de cette amylopcctine à la surface du grain qui
retarde l'action dissolvante de l’amylose, c’est sa solubilité dans
les alcalis qui détermine le gonllement dans l’amidon cru, c'est
enfin à sa répartition inégale dans les amidons d'origine diverse
que ceux-ci se laissent plus ou moins bien attaquer par le
malt.

Form ation et rôle des fécules dans la plante.
Durant la vie de la plante, les grains d'amidon apparaissent
dans les corps chlorophylliens où ils sont un des résultats de
l’assimilation chlorophyllienne. La substance amylacée entre
ensuite en dissolution ou subit une transformation qui la rend
soluble et transportable dans les parties- de l'organisme
où elle doit être absorbée ou accumulée. Dans cette dernière
alternative les grains d amidon se reconstituent de nouveau.
Pour qu’une plante produise de l’amidon, il faut qu’elle soit
riche en chlorophylle et qu'elle soit placée dans les conditions
d'éclairage et de température les plus convenables. On peut faire
disparaître et réapparaître à volonté la substance amylacée en
plaçant alternativement la plante à l'obscurité et à la lumière.
G est dans les cellules des parenchymes, et spécialement
dans celles du parenchyme fondamental, que s ’accumule
l’amidon. On les trouve aussi dans les laticifères et dans les
tubes criblés, mais cette catégorie d'éléments, peu riches en
amidon, n’a pas d’importance au point de vue qui nous occupe.

ÉTUDE DES FÉCULES DE I.’iNDO-CHINE

85

I^es cellules-réservoirs sont normalement bourrées de grains
amylacés, il en résulte que ceux-ci peuvent être déformés,
par suite des compressions réciproques qu’ils exercent les
uns sur les autres. Mais ce cas est loin d’être la règle. Dans
la plupart des exemples, les grains, quoique fortement serrés
dans un espace restreint, conservent leurs formes originelles,
plus ou moins arrondies.
La reconnaissance de l’amidon dans une cellule est toujours
facile, grâce à l’action de l eau iodée qui le bleuit, mais, ordi­
nairement, ce réactif n'est pas nécessaire, la réfringence spé­
ciale des grains, leur forme souvent caractéristique, la pré­
sence des stries concentriques, permettent souvent de les dis­
tinguer à première vue dans une coupe examinée au micros­
cope.
Dans toutes les parties vertes des plantes, l'amidon se
forme à l'intérieur des corps chlorophy lliens et même des plastides incolores. Les ehloroplastides apparaissent donc comme
des organites générateurs de la substance amylacée et cela indé­
pendamment des autres fonctions qui leur sont dévolues.
Mais il peut y avoir aussi formation d’amidon dans le pro­
toplasme proprement dit. Belzung a montré que dans les
premiers stades de formation de l'embryon avant l’apparition
des plastides, il se dépose des granules d'amidon aux lieu et
place où s ’édifieront plus tard ces corps figurés du proto­
plasme. Ils peuvent être considérés à cet état comme un de
leurs principes générateurs. Le protoplasme des cellules
embryonnaires sécrète donc directement de 1 amidon. Plus
tard, les plastides sont spécialement adaptés à ce rôle. Cette
fonction amylogène directe se trouve à tout âge dans les cel­
lules des algues rouges. On y trouve en effet la substance
amylacée, sous une variété un peu spéciale il est vrai, en
dehors des chromatophores. Quant à l'amidon de réserve, c’est
à l’activité du protoplasme qu'il doit son accumulation en cer­
tains points, suivant un mécanisme que nous ignorons encore.
Un travail récent de Fouard est venu jeter une lueur sur cette
question obscure. L'examen des impuretés naturelles, en
quantité extrêmement faible (1/1000), que renferme l’amidon

�86

K. DECROCK

colloïdal, l’étude de leurs variations et de leur élimination, a
conduit M. E. Fouard à quelques conclusions intéressant le
mécanisme de la migration de 1amidon à travers 1 organisme
végétal. Un amidon quelconque ayant subi le maximum d épu­
rations donne toujours un résidu minéral lorsqu'on l’incinère
sur une lame de platine. Dans ce résidu, on peut déterminer
du phosphore, du silicium, du manganèse et des bases indé­
terminées. Ces impuretés sont retenues avec la plus grande
énergie, comme si elles faisaient partie intégrante du grain
d'amidon. Le composé le plus constant et le plus abondant
est l'acide phosphorique. Le phosphore est-il bien à 1 état
minéral dans l'amidon purifié à l'extrême, ou ferait-il partie
d une molécule organique sur laquelle l'acide chlorhydrique
serait sans action ? Fouard penche vers cette dernière manière
de voir parce que la réaction de la solution colloïdale est
acide, relativement aux indicateurs colorés, et il avance que la
destruction de la structure granulaire détruit la combinaison
phosphorée et détermine une certaine acidité.
Le milieu dans lequel se forme l'amidon renferme toujours
des phosphates. Ces corps jouent-ils un rôle dans le phéno­
mène de la migration de l'amidon dans l'être végétal ? Par
une série de déductions et d’expériences, M. Fouard arrive à
cette conclusion qu'une solution colloïdale d ’amidon se
trouve dans un état d ’équilibre instable et réversible, modi­
fiable dans un sens ou dans l'autre par une variation très
faible vers l'acidité ou l'alcalinité et que l'acide phospho­
rique jouerait bien le rôle de mordant, lors de la formation
colloïdale de l'amidon dans le protoplasme.

Extraction.
La technique varie suivant que l'on doit traiter des graines
ou des tubercules, en d'autres termes, suivant que l 'on doit
obtenir des amidons ou des fécules.
I. Amidons. — La décortication et la mouture ont permis d 'iso­
ler assez exactement la cellulose imprégnée de silice et les sels
minéraux; il reste l'amidon et le gluten intimement mélan-

ÉTlïDE DES KECU LES DE I, INDO-CHINE

87

gés ; dans la préparation industrielle, il s’agit de séparer ces
deux substances. Pour arriver à ce résultat, on peut suivre
deux marches nettement distinctes. Dans le premier cas, on
rend le gluten soluble pour en débarrasser l'amidon ; dans le
second, on prolile de sa plasticité pour le séparer mécanique­
ment de l'amidon.
1° Procédé de fermentation ou de solubilisation. — Il s'ap­
plique surtout aux farines de blé avariées. Ces farines sont mises
à macérer dans de l’eau pendant plusieurs semaines, et on a eu
soin d'ajouter au préalable un peu de liquide d'une opération pré­
cédente. Il se fait une fermentation active des substances azo­
tées, fermentation accompagnée de dégagement d'ammoniaque,
d'hydrogène sulfuré, (de. (d’où b insalubrité de l'opération). La
destruction du gluten étant réalisée, la masse est étendue d'eau
et on la passe à travers des tamis de plus en plus fins qui
retiennent le son. Le liquide filtré est abandonné à lui-même ;
l’amidon se dépose. Il est purifié par des lavages répétés et
passé sur un tamis (in. On le blanchit ensuite, et enfin l'opé­
ration se termine par un nouveau lavage à l eau et une dessic­
cation progressive.
Le riz et le maïs fournissent actuellement des quantités
considérables d’amidon, mais le procédé de fermentation ne
leur est pas applicable parce que leur substance azotée n'est pas
fermentescible dans les conditions précitées. La farine est
traitée par une solution de soude caustique au centième qui
solubilise le gluten et laisse l'amidon inaltéré. Celui-ci est
séparé par décantation, puis lavé et séché. Le gluten peut
être récupéré, car la neutralisation de la liqueur alcaline
détermine sa précipitation.
2° Procédés mécaniques. — Dans les divers procédés méca­
niques employés, on fait macérer la farine dans de l eau pen­
dant deux ou trois jours. On obtient ainsi une pâte qu'on
traite par un courant d'eau, dans des appareils spéciaux ; le
gluten s’agglomère et reste dans ces appareils, tandis que
l’amidon est entraîné. Après plusieurs tiltrations dans les­
quelles on profite des avantages du plan incliné, on recueille
1 amidon plus lourd qui se dépose le premier et on lui fait

�88

i:, DKcnor.K

subir des lavages successifs après lesquels on le dessèche pro­
gressivement, dabord à l'air libre, sur des aires en plâtre,
puis dans des étuves chauffées qu'on amène à la température
île 60°.
II. Fécules. — L'amidon fourni par les organes autres que
la graine, renferme relativement peu de substances azotées.
Le travail à effectuer est pour ainsi dire purement mécanique.
Les organes, préalablement lavés, sont soumis à 1action de
râpes sous un courant d’eau contenu. La pulpe est reçue dans
des tamis métalliques cylindriques tournant sur leur axe et à
mailles de plus en plus petites. La cellulose est retenue et la
fécule passe, entraînée par l’eau. On la reçoit sur un plan
incliné très long, puis on la purifie dans une série de grands
baquets, où l'amidon s'e dépose en vertu de sa densité. La
fécule est ensuite séchée.

Applications diverses des fécules.
Il a suffi de parcourir les palais de l’Exposition coloniale,
de Marseille, 1006, pour se rendre compte de l’importance de
beaucoup d’amidons comme articles d’exportation. Les envois
des différentes colonies françaises montraient presque toutes
des séries remarquables de matières amylacées destinées aux
besoins de l’alimentation ou de 1 industrie ; en particulier, l’expo­
sition indo-chinoise renfermait un beau choix de fécules, que
nous avons pu étudier avec soin, grâce à la bienveillante solli­
citude de M. le Dr Meckel, directeur-fondateur du musée
colonial de Marseille.
Les substances amylacées, sous leurs différentes formes,
sont employées dans l’alimentation journalière, concurrem­
ment avec l'amidon des parties vertes des plantes que nous
consommons. Le pain, les pâtes alimentaires, qui, dans beau­
coup de pays sont la base de l’alimentation, doivent en par­
tie leur valeur nutritive à l’amidon plus ou moins transformé
qu’ils renferment.
L emploi des amidons ou fécules s'est étendu à toute une
série d industries importantes. Dans l'industrie du tissage, on

K TUDR DUS FÉCULES DR l.‘ LNDO-CHINE

89

s’en sert pour le parage des chaînes de coton et pour l’apprêt
des tissus blancs et imprimés. Les papeteries emploient des
quantités considérables d’amidon dans la fabrication de la
pâte à papier. Enfin, pour nous en tenir à la grande industrie,
disons que l'amidon sert de matière première dans la fabrica­
tion des glucoses et des dextrines.

M atières étrangères.
Les matières étrangères que renferment parfois les fécules
sont accidentellement présentes ou peuvent avoir été ajou­
tées. Nous ne parlerons pas ici des matières inorganiques intro­
duites frauduleusement (cendres, alun, plâtre, craie), dans
le but de modifier la qualité des fécules ou d’en augmenter
le poids. On trouve parfois des particules minérales qui pro­
viennent de la terre ou même de cailloux brisés lorsque les
tubercules ont été insuffisamment lavés âvant le brovag-e.
L ’usage de meules neuves peut introduire aussi un peu de silice.
La présence d’une fécule provenant d’une autre plante est
un fait assez fréquent, et l’examen microscopique permet en
général de déceler facilement ce genre d’adultération. Quand
on connaît le pays d’origine d’une fécule, il faut toujours avoir
présent à l’esprit les caractères des grains d’amidon fournis
par les autres espèces à grand'rendement. En ce qui concerne
les fécules d’Indo-Chine il y aura souvent lieu de constater
dans un sagou, par exemple, la présence de farine de riz, et de
fait c’est ce que nous avons observé quelquefois dans la
collection de choix que nous avons étudiée.

A ltérations.
Les fécules humides s’altèrent très facilement â cause des
fermentations qui sont ordinairement provoquées par des
microbes ou champignons envahissant toute la masse et y
déterminant un pelotonnement en marrons de grosseur
variable. Lorsque l’altération est très avancée, la masse prend
une coloration qui peut varier entre le blanc sale et le noir

�90

E. DECROCK

d ivoire en passant par le jaune et le brun plus ou moins foncés.
Les fécules avariées présentent des odeurs qui dépendent de
la nature des fermentations entrées en jeu ou même des orga­
nismes renfermés. L'odeur putride indique une altération pro­
fonde des matières organiques azotées ; à cette odeur succède
quelquefois l'odeur ammoniacale. L'odeur acétique tient aux
transformations successives de la matière amylacée en dextrine,
alcool et enfin acide acétique. L'odeur de moisi s ’observe
lorsqu il y a un développement très abondant de moisissures
dans une fécule peu tassée.
Parmi les moisissures que l'on rencontre ordinairement
dans les farines ou fécules européennes, il faut citer le Mucor
Afucedo (moisissure blanche), le Pénicillium crustaccum (moi­
sissure verte), le Hhizopus nigricans (moisissure noire), le
Thamnidium elegans, 1'Oïdium au réuni, etc. 11 est très pro­
bable que dans les fécules exotiques on trouverait beaucoup
d’autres formes ; fa question n’a pas encore été étudiée suffi­
samment pour que nous puissions donner ici des indications
générales.
Les bactéries pullulent également dans les fécules avariées.
Elles les transforment en substances solubles et spécialement
en dextrine.

DEUXIEME PARTIE
PARTIE DESCRIPTIVE

Dans la deuxième partie de ce travail, nous donnons les
observations personnelles que nous avons pu faire sur un
certain nombre d amidons de provenance indo-chinoise. Les
plantes qui les ont fournis sont spontanées ou originaires
d'autres régions du globe, mais déjà cultivées dans notre
grande colonie d’Asie.
L ’ordre suivi sera le suivant :
A. Amidons de graines.
R. Amidons de Tubercules ou Fécules.
A. 1° Graminées : Riz, Maïs, Millet, etc.
2° Dicotylédones : Nelumbo, Légumineuses, Cycas,
etc.
R. 1° Aroidacées, Maranta, Dioscorea, Manioc, Batatas,
Convolvulus, etc.
A . A midons

R iz [Ori za saliva L.).
Le riz est la denrée alimentaire la plus importante d e l’IndoChine. Il forme en elfet la base de la nourriture des habi­
tants de notre colonie; là, comme dans tout l'Extrême-Orient
d’ailleurs, il remplace complètement le pain. C’est en outre le
produit essentiel de l’exportation qui a atteint la somme de
100 millions de francs par an durant la période 1901-1904.
On cultive le riz dans toute 1 Indo-Chine, mais les deux centres
principaux de culture sont le delta du Mékong en Cochinchine
et celui du (leuve rouge au Tonkin. Les chiffres approximatifs
(jue nous possédons sur les surfaces cultivées en riz se
rapportent :
A la Cochinchine......................... 1.200.000 hectares.
Au Tonkin...................................
900.000
—

�92

E. DECUOEK

La superficie cultivable n’augmentera plus beaucoup dans
le delta tonkinois. A peu près tout ce qui est. cultivable à
l'heure actuelle est cultivé en fait, et il n’y a plus à espérer
d'augmentation de rendement que dans le perfectionnement
des méthodes culturales et de l'irrigation.
Au contraire, en Cochinchine, il reste encore beaucoup à
conquérir sur les surfaces incultes, car la moitié du delta
seulement est cultivée. Dans la partie occidentale du delta, il
l'este de grandes étendues à exploiter, mais ici la main-d’œuvre
manque, la population étant beaucoup moins dense qu'au
Tonkin où elle atteint jusqu'à 35U habitants au kilomètre
carré, chiffre extraordinairement élevé; pour s'en convaincre
il suffit de se rappeler qu’en France il n'y a en moyenne que
7G habitants par kilomètre carré. Quoiqu'il en soit, la Cochin­
chine est actuellement après la Birmanie le plus gros expor­
tateur du. monde. Le Siam vient ensuite et la culture y pro­
gresse admirablement depuis quelques années.
Au point de vue botanique on distingue dans notre colonie
les espèces suivantes :
Oriza saliva, c'est le riz type; Oriza glutinosa, riz glutineux ; Oriza montana, riz de montagne, qui ne pousse pas
dans les terrains inondés. Enfin un riz non déterminé spécifi­
quement qui pousse dans les terrains très inondés des bords du
Mékong et qui est remarquable par la propriété d’allonger sa
tige au fur et à mesure de la montée des eaux. Son nom anna­
mite est luasông-lon, ce qui veut dire « riz du grand tleuve ».
Le nombre des variétés du riz est innombrable et les indi­
gènes connaisseurs en citent jusqu'à 350, si l'on en peut juger
par les différents noms qu’ils leur donnent. 11 faut avouer,
très simplement, qu'il règne dans leur nomenclature une con­
fusion inextricable. Pour un indigène instruit des méthodes
scientifiques il se présente là un travail de longue haleine que
ne pourrait qu imparfaitement entreprendre un Européen ;
il y a déjà sur ce sujet des observations séculaires déjà faites,
observations comparables à celles qui ont été entreprises et
continuées par la famille de Vilmorin sur les Blés. C est ainsi
qu’on connaît une longue série de variétés plus ou moins

ÉTUDE DES FÉCULES DE L IXDO-CHIXE

93

hâtives, des variétés adaptées à telles ou telles conditions de
milieu, des variétés à grains plus ou moins durs, des variétés
plus ou moins nutritives1.
Caractères extérieurs du grain. — Le riz est récolté enve­
loppé de ses glurnelles. Dans le commerce, il est réduit à son
amande. C’est alors un grain allongé, aplati. Son aspect est
plus ou moins corné et translucide, sa couleur varie du blanc
pur au gris un peu jaunâtre.
Caractères microscopiques de l’enveloppe. — Dans l’en­
veloppe du grain de riz on distingue nettement, ce qui revient
à la paroi du fruit et ce qui revient au spermoderme quoique
ces deux couches soient étroitement accolées comme dans
toutes les graminées.
Péricarpe. — L ’épiderme externe est composé de grandes
cellules, isodiamétriques ou à peu près vues de face, à parois
latérales fortement sinueuses. Les membranes sont fortement
épaissies et lignifiées. Le parenchyme formant le mésophylle
est partagé en deux zones, une zone externe sclériliée et une
zone interne molle, lacuneuse. L ’épiderme interne est forte­
ment écrasé.
Spermoderme. - Le spermoderme est réduit à une lame
mince formée de cellules écrasées. Les cellules tubulaires
internes sont très étroites.
Albumen. — La couche protéique est ordinairement réduite
à une seule assise de cellules à section carrée. En quelques
points ces éléments se sont divisés par une cloison parallèle à
la surface. Les cellules amylifères sont polyédriques. Dans une
section transversale elles sont un peu allongées dans le sens
radial.
1. Au point de vue commercial, on distingue, à Saïgon du moins, trois
sortes de riz :
1** Le Go-concj, c csl une variété à grains ronds; c'est celui qui est surtout
demandé en Europe ;
2° Le Vinh-long, variété à grain long : c'est le plus abondant;
3° Le Bai-xau, variété à grains demi-longs, très demandée en Chine où elle
est considérée comme étant le plus nutritif des riz. L ’analyse a prouvé la ju s­
tesse de cette appréciation. Voir à ce sujet une étude intéressante de M.
Lefeuvre, dans le Bulletin économique de iIndo-Chine, ancienne série,

nsl 17 et 18.

�ÉTUDE DES FÉCULES DE l ' i .NDO-CHINE

93

Zea M ay s L (Maïs).

arrivé : eau, 13, 12; matières azotées, 7,83; matières grasses,
0,88; amidon et dextrine, 76, 32; matières sucrées, traces;
cellulose, 0,63; cendres, I.
Usages. — Etant donnée cette composition, on voit que le
riz est le type des féculents (blé, 66,17). Il est cependant
moins un aliment complet que le blé qui renferme 12,83 %
de matières azotées. Au point de vue industriel, il sert avanta­
geusement à la fabrication de l'alcool, parce qu’il est d’un prix
de revient suffisamment bas et qu'il ne donne pas d’alcool
méthylique, ce qui simplifie considérablement la rectification.
Le riz a quelques usages thérapeutiques. Sa décoction sert
fréquemment à combattre la diarrhée ; sa farine sert à faire des
cataplasmes émollients et à saupoudrer les excoriations.
Il est inutile d’insister sur l’emploi de la poudre de riz dans
la toilette.

Le maïs est une des céréales les plus répandues après le riz
et le blé. Il est cultivé à peu près partout, pour son grain et
pour ses organes aériens jeunes qui constituent un excellent
fourrage. En Indo-Chine, 1 importance de sa culture est envoie
de progrès parce qu’elle y trouve de vastes terrains, tout à fait
appropriés à ses exigences. Il est permis de supposer qu'avant
peu, cette céréale deviendra une denrée d exportation de bon
rapport pour la colonie. A l’heure actuelle, le maïs est surtout
cultivé au Tonkin et en Annarn mais sa culture en grand pour­
rait réussir très certainement dans l’est de la Cochinchine, au
Cambodge et même dans une partie du Laos. Il n'est encore
exporté que du Tonkin.
Les variétés sont nombreuses. Les plus cultivées en IndoChine sont le maïs dur et le maïs tendre. Le maïs dur à grains
jaunes est celle qui est le plus répandue actuellement sur les
marchés de l’An nam.
Au point de vue des affinités du genre Zen avec les autres
genres de graminées, il est intéressant de rappeler ici la notion
nouvelle introduite dans la science par les belles recherches
de Blaringhem1. Ce savant est arrivé à cette conclusion que le
Zea May s est une espèce née dans la culture aux dépens d'une
plante américaine, YEuchlœna rnexicnna dont une variation ou
une série de variations brusques ont fait l’espèce qui nous
intéresse en ce moment.
Caractères extérieurs. — Quelle que soit la variété exami­
née, les grains de maïs présentent des caractères extérieurs
assez uniformes qui tiennent surtout au mode de groupement
de ces grains dans leur inflorescence. S ils proviennent de la
région moyenne de l’épi, leur forme est plus ou moins pyra­
midale, les arêtes étant plus ou moins arrondies. Les deux
faces horizontales sont plus larges du double, environ, que les
faces verticales dans les graines fortement comprimées. L em­
bryon occupe presque toute la longueur d'une face large et
1. L. Blaringhem. Action des traumatismes sur la variation et l’hérédité, li»u7.

�96

97

E. DECROCK

ÉTUDE DES FÉCULES DE i/lNDO-CHINE

environ la moitié de sa largeur. La surface est lisse et. dure.
La couleur varie du jaune au rouge orangé et au violet.
Caractères microscopiques du péricarpe. — D'après Gué­
rin. lastructuredupéricarpe est la suivante (lig. 2). — Epiderme
externe à cellules très épaissies et parois externes saillantes. P a­
renchyme comprenant deux zones : 1° zone externe à cellules
arrondies fortement sclériiiées, occupant la moitié de l'épais­
seur de la région; 2" zone interne à cellules également selérifîées, allongées parallèlement à la surface extérieure du grain,

évidence, lame dans laquelle il est impossible de reconnaître
la structure cellulaire.
Albumen. — La couche protéique de l'albumen est réduite
à une seule assise de cellules. I/albumen amylacé comprend
deux zones, une zone externe cornée, translucide, riche en
matière grasse interposée entre les grains d’amidon, une zone
interne farineuse, dans laquelle la matière grasse fait défaut,
les grains d'amidon y étant étroitement juxtaposés. Ces grains
sont plus volumineux dans la zone farineuse que dans la zone
cornée; de là vient en grande partie la différence des dimen­
sions observées dans les éléments constituants de la farine de
mais.
Caractères microscopiques de l’amidon. — Les grains
d'amidon sont polyédriques, de forme et de dimensions assez

F ig . 2. — Zea

May s. — Section tranversale (Je l’enveloppe du grain :
P é r., péricarpe ; a. p ., assise protéique.

plus ou moins fusiformes en section transversale. Epiderme
interne : cellules fortement allongées dans le sens du plus
grand axe du grain, légèrement épaissies. Cette forme étirée
leur a valu le nom « cellules tubulaires ». Dans beaucoup de
graminées l’épiderme interne du péricarpe se retrouve avec
cette caractéristique b
Le Spernioderme est représenté par une mince lame de
tissu écrasé, d'apparence cornée, a-isez difficile à mettre en
1. Je dois la ligure 2 ù l'extrême obligeance île M. Guérin, professeur
agrégé à l’École Supérieure de Pharmacie, qui a bien voulu m’en communiquer
le cliché.

variables (fig. 3). Vusde face, ilssontfréquemment hexagonesou
pentagones, avec arêtes mousses et faces un peu excavées. Le
hile primitivement punctiforme et central devient étoilé dans
les graines sèches. Ils sont toujours plus volumineux que ceux
du riz, comme on peut le constater par la comparaison des
figures 3 et 1.
Composition chimique.
L amidon de maïs renferme pour­
cent ; eau, 13,10; matières azotées, 9 ,8 5 ; matières grasses,
4,60; amidon etdextrine, 66 ; matières sucrées, 2,46; cellulose,
2,49; cendres, 1,50.
Annales du Musée colonial de Marseille. —

série, 6” vol. L90ü.

7

�!&gt;8

99

11. DECROt.K

ÉTL'DE UES FÉCULES DE I,'INDO-CHINE

Usages. — Les usages du maïs sont nombreux : il entre
dans l’alimentation courante des Indo-Chinois, qui le con­
somment sous forme de bouillie ; sa richesse en matières
grasses fait qu'on le fait entrer dans l'alimentation des tuber­
culeux ; son gruau convient bien aux convalescents ; on se
sert aussi de sa farine pour faire des cataplasmes ; enfin, tout
le monde connaît les applications des stigmates de maïs comme
diurétiques; dans la gravelle. leur emploi est toujours indiqué.
Douard et Labbé ont extrait récemment (IÎ102) du maïs un
composé la maïsine qui est attaqué lentement par le suc g a s ­
trique et rapidement par le suc pancréatique. Cette propriété
est utilisée aujourd’hui lorsqu’on veut faire arriver jusqu’à
l'intestin des médicaments qui risqueraient d'être dissous et
absorbés dans l'estomac. Il suffit d'enrober ces médicaments
dans la maïsine pour qu'ils arrivent à destination.
Le maïs sert encore à engraisser les volailles et les bestiaux,
fin Indo-Chine, lorsque la récolte a été abondante cet emploi
est courant dans 1 élevage des porcs.
Coupé avant la fructification le maïs est un bon fourrage
vert. Les indigènes visant surtout la récolte du fruit ne tirent
pas encore assez part i de ce fourrage.
On a accusé le maïs de déterminer la pellagre chez l'homme.
Il est reconnu maintenant que c'est la présence d'un champi­
gnon toxique, YUstilago May dis Cord., qu'il faut incrimi­
ner.

ment acuminée du côté de la petite extrémité de l'ovale, par
la saillie que détermine la radicule embryonnaire. Comme
dans toutes les graminées, l'embryon est latéralement placé.
Il est médian et occupe les i/o de la longueur du grand axe.
Dans les graines fraîches ou dans les graines ayant séjourné
dans l'eau, il fait généralement saillie à la surface ; ailleurs, sa
place est marquée par une dépression. La couleur de la graine
est jaune-crème.
Caractères microscopiques de l'enveloppe. — Nous ne con­
sidérerons ici que l ’albumen, c’est-à-dire la partie de la graine
qui fournit le produit utilisé, en disant quelques mots cependant
sur l’enveloppe du grain dont les fragments peuvent se ren­
contrer dans la farine et serviràsa détermination,lecaséchéant.
La glumelle des Panicées est généralement épaissie autour
du fruit et. par une sorte de balancement organique, le péri­
carpe est très mince. Il ne comprend que deux ou trois assises
de cellules conservées. La plus extérieure, c'est l'épiderme
externe du fruit ou épicarpe; la plus interne, c’est l’épiderme
interne ou endocarpe. Entre les deux, on trouve encore un
mince feuillet corné. Le tégument séminal proprement dit fait
défaut ou peut n'ètre représenté que par une mince bande
brune, une simple ligne en quelque sorte.
Albumen. — L'assise protéique est constituée par des cel­
lules très aplaties.
La partie amylacée est très dure. Les cellules y sont régulière­
ment prismatiques et deux à trois fois plus longues que larges.
Les grains d’amidon sont étroitement serrés les uns contre les
autres sans laisser le moindre interstice. Cette indication
permet d’avancer que les grains de Panicum miliaceum sont
très riches en amidon et que, sous un volume relativement
restreint, ils peuvent donner un rendement considérable.
Caractères microscopiques de l’amidon. — Les grains
d'amidon sont régulièrement polyédriques, avec arêtes droites et
angles aigus (fig. i). Leurs dimensions sont assez homogènes, b
à G [j. de diamètre. Ils sont pourvus d'un hile central, trifide en
général lorsqu'on les examine avant tout contact avec l'eau.
Dans l'eau, ils se gonflent légèrement, et le hile disparait. La

Millet jaune.
(Panicum miliaceum L).

Caractères extérieurs. — Le grain du millet étudié a la
forme d'un ovoïde court et aplati. Les trois dimensions princi­
pales qu'on peut donner pour cette forme sont 1mm. 5, 1mm. 2
et 0 mm. (i. La première indique la longueur du grand axe de
1 ovoïde, la deuxième, le petit axe mesuré parallèlement à la
direction de l'aplatissement, la troisième, l'épaisseur maximum
mesurée dans le sens de l'aplatissement. La graine examinée
à plat a un contour ovale, presque circulaire. Elle est légère-

�too

K. DECROCK

ÉTUDE DES FÉCULES DE L’ iNDO-ClIINE

région centrale paraît avoir subi une solubilisai ion partielle,
elle a, au microscope, une couleur plus sombre que la zone
périphérique qui esl très réfringente. Le hile est. encore visible
dans beaucoup de grains, mais c'est alors un simple point.
La farine préparée, de provenance indo-chinoise, est pure.

O Ô&lt;**

9

o
°o

o
° o
O
a

ment le niveau des feuilles. Nous n'entrerons pas dans le détail
de la morphologie florale, si ce n est pour dire que le réceptacle
se dilate au-dessus de l’androcée en un grand cône renversé,
une sorte de pomme d arrosoir, creusée dans sa partie basi­
laire d'un nombre variable de cavités dont chacune renferme

Op &amp;

O
0

10!

o

o

Q ^ (^ 0 o

Q
©

O
0 « °,
0 o
O
O 0 ‘
O O
°o O
ô O 0°
ô
Q ^ r\® °

o ~ ° c P a ip
° oq

© 0

O

O

y® %
0

0

^

O o

’ o

0

^

o °

0

o

0

\

^

Q

F ig . i . — Fécule d e Panicum miliaceum.
On y trouve bien quelques grains arrondis, étrangers au mil­
let, mais leur nombre est extrêmement faible.
Composition chimique du grain. — Eau 8,84; matières
grasses 4,57 ; albuminoïdes 8,0 i ; hydrates de carbone solubles
65,20 cellulose et ligneux 7,39; matières minérales solubles
2.16 ; silice 3,79 ; azote total 1,36; azote albuminoide 1,29.

Amidon de Nelumbo.
La farine de Nelumbo provient de l'embryon de lYelumbium
speciosuni W. ou Xelumbo nucifera Gtertn., de. la famille des
Nymphéacées. Comme toutes les espèces de cette famille,
c’est une plante aquatique pourvue de rhizomes puissants qui
rampent dans la vase. Les feuilles, alternes, sont polymorphes,
les unes réduites à des écailles s ’appliquent étroitement contre
le rhizome, les autres émergent fortement au-dessus de la sur­
face de l’eau. Leur pétiole est très long et leur limbe pelté.
Chaque Heur est portée par un pédoncule qui dépasse longue-

F ig .

— N elum bium speciosum W

un ovaire uniloculaire, monosperme. C est le développement
de chacun de ces ovaires qui donne lieu aux petites noix qui
sont l’objet de notre étude au point de vue de leur teneur en
amidon.
Le fruit porte sur sa partie supérieure, à une petite distance
du sommet, une gibbosité qui paraît être de nature glandu­
leuse. Le péricarpe est sec, indéhiscent et coriace. Il ne renferme
qu’une seule graine, suspendue, revêtue d un spermoderme
parenchymateux spongieux. Il n’y a point d albumen; un gros
embrvon occupe tout le volume de la cavité du lruit. Les deux
cotvlédons, très volumineux, forment par leur rapprochement
une masse charnue au milieu de laquelle est logée la gem­
mule très développée.
Caractères microscopiques de l'amidon. — L ’amidon est
constitué par des grains simples, ovoïdes ou elliptiques, fréquem­
ment aplatis d’un côté, ce qui les rend un peu réniformes(lig. 5&gt;.

�Il)2

103

I). DECItOCIv

ÉTIRE DES FÉCULES DE EINDO-CIIINE

Leur taille varie peu et comme moyenne on peut donner l'i g
de longueur et I i g de largeur. La striation n'est pas visible.
Le hile punctiforme et central est le plus souvent prolongé en
une fente diamétrale qui occupe presque toute la longueur du
grain. La forme de ces grains d'amidon se rapproche de celle
que présentent beaucoup d’amidons de Légumineuses.
Usages. — 11 ne semble pas que la farine de Nelumbo joue
un grand rôle dans l'alimentation des Indo-Chinois, et nous
n'avons trouvé sur ce point aucun renseignement précis. La
récolte en grand des fruits doit nécessairement être entourée
de difficultés et par suite l’exploitation industrielle entraî­
nerait des frais considérables.
On admet que la fécule de Nelumbo est un amylacé nutritif
et reconstituant. Aucune analyse chimique n’en a été donnée.
L échantillon de la collection renfermait beaucoup d ’amidon
de riz et nous avons donné nos observations d’après l'étude
de la graine elle-même qui a été mise à notre disposition par
M. le D' Ileckel.

nom de « petits haricots verts » d’après l’étiquette d’envoi du
Musée agricole et commercial d Hanoï.

0

0

3

V

0

0

©

6

7

-i

œ
6

0

9

i

F ig . 6. — Phaseolus radiatus.

Caractères extérieurs de la graine. — La graine est beau­
coup plus ellipsoide que rénilorme, ce qui la différencie net ­
tement du Haricot. En outre, le côté hilo-micropilaire n’est

Amidons de Légumineuses.
Les graines des Légumineuses jouent un grand rôle dans
l’alimentation indigène. Parmi celles qui méritent d’attirer
particulièrement l’attention, il faut citer le Phaseolus radiatus,
petit haricot vert (pii fournit un vermicelle très nutritif, le
Soja hispida dont les graines servent à faire un « fromage de
Haricots », très apprécié des Annamites et des Chinois, le Vigna
sinensisavec ses nombreuses variétés, enlin la série des Doliques
qui, botaniquement parlant, diffèrent très peu des Vigna.

Phaseolus radiatus L. (Phaseolus Mungo L.).
Le Phaseolus radiatus est une papilionacée dont les carac­
tères se rapprochent de notre Phaseolus commuais, c’est-àdire du Haricot cultivé. On la cultive dans toute Tlndo-Chine
sous le nom de Dau xhan ; en français on les désigne sous le

F ig. 7. — Phaseolus radiatus L.

pas concave et la graine n’est pas aplatie. Les dessins 1 à 8
(lig. G) rendent compte de cette forme. Les principaux diamètres
mesurent respectivement : Longueur, un peu moins que b milli­
mètres; largeur, ï millimètres ; épaisseur, 3 millimètres b. La
couleur de la graine est vert jaunâtre. La radicule détermine
une légère
saillie à la surface et de 1 autre côté de la cicatrice
O

�104

E. DKCnOCK

hilaire il y a également une proéminence triangulaire plus
courte et de couleur noirâtre.
Caractères microscopiques de l’amidon. — L ’amidon se
présente sous la forme habituelle chez les Légumineuses. Les
plus nombreux sont elliptiques un peu réniformes. Ils sont
entremêlés de quelques grains circulaires. Le hile est central,
peu apparent dans l'amidon pris directement sur la graine.
Dans la farine préparée, presque tous les grains présentent
une fente médiane. La striation est à peine perceptible. Les
dimensions moyennes des grains sont environ de 21 g pour
la longueur et de 18 ;j. pour la largeur. La farine de la collec­
tion n'était pas parfaitement dissociée, il y a beaucoup de
paquets cellulaires, je veux dire par là qu'il y a beaucoup de
cellules restées entières et renfermant leur contenu amylacé
intact ; j'ai remarqué, en outre, une petite quantité d’amidon
de riz.
Composition chimique delà graine. — Eau, 10,38 ; matières
grasses, 1.07; albuminoïdes, 21.22; hydrates de carbone,
59,58 ; cellulose et ligneux. 3,80; substances minérales
solubles, 3,70; silice, 0,42; azote total, 3,82; azote albu­
minoïde, 3,40.

Dolics.
Sous le nom de Dolics on comprend fréquemment toute
une série d'espèces dont les unes appartiennent véritablement
au genre Dolichos, dont les autres doivent être rapportées au
Yigna sinensis avec ses nombreuses variétés; de telle sorte
tjue les dénominations sous lesquelles nous avons reçu ces
graines ne doivent être retenues que sous bénéfice d'inven­
taire.
Les grains d'amidon des divers dolics examinés présentent
la même forme et des dimensions très peu différentes. Tous
sont elliptiques ou légèrement réniformes avec une proportion
très réduite de grains circulaires plus petits. La striation est
nulle ou à peine perceptible. Le hile primitivement puncti­
forme et central est remplacé en général par une fente longi­
tudinale qui occupe les deux tiers de l'axe du grain.

105

ÉTUDE DES PÉCULES DE LIN DO-CHINE

Dolics m ouchetés

(Dolichos tonkinensis Lour.).

Ces doliques mouchetés doivent probablement être regardés
comme une variété de Yigna sinensis. Jusqu’à plus ample
informé, nous devons leur conserver b‘ nom sous lequel ils
nous ont été adressés.
Caractères extérieurs. — Les graines de Doliques mou-

O4
0

8

)

F ig. S. — Dolics mouchetés. Différents aspects de la graine.

chetés rappellent quelque peu la forme des haricots. Ils en
diffèrent cependant par quelques caractères dont on se rend
immédiatement compte par 1examen des figures qui repré­
sentent la graine vue à plat ou de face, vue du côté hilomicropylaire, vue du côté opposé et enfin vue d’en haut par la
pointe voisine du hile (fig. 8 de 1 à ï). Vue à plat, la graine est
presque elliptique, toutefois le côté hilo-micropylaire est droit.
Examiné de prolil, le contour est légèrement ovalaire. Le hile
est triangulaire, rapproché d’une des extrémités de la graine.
11 mesure environ deux millimètres de longueur et une largeur
basilaire d'un peu moins d un millimètre. Tout autour du hile
se trouve un sillon. Du côté opposé la graine présente une
crête qui s'atténue graduellement vers les extrémités.
Lorsqu’on fuit une coupe transversale d'ensemble de la
graine, section passant par la partie élargie du hile, on obtient
une section que j ’ai représentée grandeur naturelle dans la

�106

K. DKGROCli

ligure S, n° i. Cette figure, en montrant la forme de la section,
complète l'aspect extérieur de la graine et montre combien
elle est plus renflée du côté du hile que du côté opposé.
La couleur du tégument est caractéristique, une partie est
colorée en brun chocolat, l'autre en jaune brunâtre. Ces deux
teintes dessinent des marbrures irrégulières, d’où vient le
qualificatif de moucheté donné à ces graines. La longueur des
graines atteint 6 à 7 millimètres, la largeur â plut, environ
5 millimètres, l'épaisseur. 3 millimètres.
La graine est constituée par un tégument et une amande.
Le tégument est mince, cassant. L amande est constituée par
l'embryon comme chez toutes les légumineuses. La ligureS, n° 5,
montre le développement relatif de la gemmule et la disposi­
tion de toutes les parties de l'embryon.
Caractères micrographiques. — Au point de vue qui nous
occupe, c'est seulement la caractéristique de l’enveloppe et
celle du tissu cotylédonaire qui doit attirer notre attention.
Nous laissons de côté et à dessein l'étude histologique de la
partie axile, l'embryon.
A. Spermodernie. — Le spermoderme se présente avec les
caractères qu'il présente chez les Légumineuses en général. La
marbrure que l’on observe à la surface est due à la réparti­
tion inégale d'une substance tannique dans la partie basale
ou interne des cellules prismatiques externes.
B. Cotylédon. — Le parenchyme cotylédonaire est homogène
dans toute son épaisseur, nous voulons dire par là qu’il ne
présente pas dans la région ventrale la différenciation palissadique sous l'épiderme interne comme cela a lieu dans
d’autres graines de Légumineuses que nous avons étudiées.
Les cellules y sont régulièrement prismatiques et leur section
transversale est polygonale et le plus souvent hexagonale. Le
long du bord hilo-micropvlaire, les cellules sont allongées per­
pendiculairement à la surface et cela sur deux ou trois assises.
Elles sont bourrées d'amidon et les grains s’y présentent
sous la forme elliptique ou circulaire en général (fig. 9). La
forme elliptique y est la plus abondante. Entre les grains d’a­
midon il y a des granules d'aleurone en assez petite quantité.
Le parenchyme renferme deux séries de faisceaux.

La farine préparée provenant de la collection indo-chinoise
est presque pure ; la grande majorité des grains d’amidon
qu elle renferme est identique à ce que l'on observe sur une
coupe de graine. Les quelques grains d'amidon étrangers sont
des grains composés par 3 ou par \ ou des fractions de grains

F ig. 0. — Amidon de Dolic moucheté.

composés. Cette forme composée ne nous a pas paru exister dans
l’amidon du Dolique moucheté, ni même dans aucune graine
de Légumineuses en général. 11 semble qu'on puisse attribuer
leur présence à ce que les instruments ou récipients, ayant
servi à la manutention de la farine de Dolics, ont servi à
la préparation d'autres farines ou fécules. Etant donné leur
petit nombre, ces grains étrangers ne peuvent influer en rien
sur les propriétés et sur les applications de l’amidon étudié.

Dolics noirs

(.Dolichos niyer P. Pigneaux).

Caractères extérieurs de la graine (lig. 10).— Les graines
de Dolics noirs sont des ellipsoïdes assez irréguliers, leurs
deux extrémités étant dissemblables en général. Le hile n’est
pas médian, il occupe la moitié du côté hilo-micropvlaire
situé à l’extrémité irrégulière de la graine. La cicatrice hilaire
est blanche, en forme d'ovale allongé. Sa longueur est d'envi­
ron 2 mm. 2. Le tégument se relève tout autour et forme un

�ÉTUDK DES FÉCULES DE l ' i NDO-CHINE

rebord légèrement saillant. L ’autre moitié du coté hilo-micropylaire présente une saillie radiculaire très accusée par deux
dépressions que présente la surface de chaque côté de cette
saillie. La face opposée au hile, au lieu d'être régulièrement
arrondie, est en forme de crête mousse.
Caractères microscopiques. — A. Tégument. — Par rapport
au type général de structure décrit c hez, les légumineuses, on
observe les particularités suivantes : L'épiderme externe à cel­
lules palissadiques est formé de cellules peu épaissies, à cavité
large remplie d une matière colorante d'un noir bleuâtre. La

9

8

0

109

laires, beaucoup plus petits. Le hile est ordinairement remplacé
par une fente longitudinale, la striation est légèrement indi­
quée ou invisible.
L échantillon de farine préparée que nous avons étudié ren­
ferme en grande quantité un amidon de riz ou autre de forme

o
0

F ig. 10. — Graine de Dolic noir. Différents aspects et sections.

forme de ces cellules est celle d’une bouteille à col rétréci à sa
base.
B. Cotylédon. — Le parenchyme cotylédonaire est formé de
cellules prismatiques, sans différenciation de tissu palissadique,
sauf du côté hilo-micropvlaire où les cellules sont allongées.
Il renferme deux rangs de faisceaux procambiaux.
Amidon. — L amidon, pris directement dans la graine, est
formé en majorité de grains ovalaires ou elliptiques fig. I 1).
Beaucoup de ces grains ont certaines parties de leur contour plus
ou moins rectilignes. L épaisseur est un peu plus grande que
la moyenne, ce qui se traduit au microscope par une légère
accentuation de l’ombre périphérique. Ces grains ont en
moyenne 18 g de longueur, 13 g de largeur. Entremêlés avec
la forme typique, on trouve un petit nombre de grains cireu-

semblable. Cette indication montre bien le profit qu’on doit
tirer de l’examen microscopique des amidons pour en recon­
naître la pureté.

Vigna sinensis

Endl.

Le Vigna sinensis est originaire de l’Amérique du Sud, mais
on le cultive aujourd’hui dans tous les pays tropicaux et
même dans le Midi de la France. 11 présente un grand nombre
de variétés que l'on distingue ordinairement d’après la confi­
guration et la couleur du grain. On leur donne souvent le nom
de Dolic. Les graines de Vigna que nous, avons étudiées
étaient étiquetées Vigna sinensis, Doliques jaunes.
La graine de Doliques jaunes observée à plat olTre un
contour plus ou moins rectangulaire avec angles arrondis et
côtés légèrement courbes, il en est de même lorsqu on 1 étudie
dans la vue de profil, qu'il s'agisse du côté hilo-micropylaire
ou du côté opposé. Vu par l'extrémité, le contour est moins
circulaire. Les dimensions approchées sont, pour la longueur.

�ÉTUDE DES FÉCULES DE t/lNDO-CHINE

un peu plus de i millimètres, pour la largeur et pour 1 épais­
seur un peu moins de i millimètres. Le liile est ovalaire, à
égale distance des extrémités, Sa longueur dépasse à peine 1 mil­
limètre. Contiguë à la partie étroite du liile se trouve une crête
de couleur brune qui se prolonge en s'atténuant jusqu'au milieu
de l’exlrémité correspondante. La surface est lisse et de couleur
jaune. En écartant les deux cotylédons, on observe que la plantule se recourbe brusquement au niveau du nœud cotylédonaire, de manière à placer la plumule dans l'axe du cotylédon
sur lequel elle est appliquée. La plumule occupe la moitié de
la longueur du cotylédon. Celui-ci a une section transversale
demi-circulaire, une section longitudinale semi-elliptique. La
coloration de son tissu constitutif est d'un jaune un peu plus
clair que celui du tégument.
Le parenchyme cotylédonaire est formé de cellules à section
polygonale, qu'on les observe en coupe transversale ou en
coupe longitudinale, leur forme est donc polyédrique.
L'amidon s'y montre sous la forme de grains elliptiques en
général, quelquefois réniformes ou circulaires. Le contour est
toujours entier, le hile y prend la forme linéaire ou étoilée.

Glycina hispida

Maxim.

(Soja).

Caractères extérieurs de la graine. — La forme de la graine
de Soja peut, être définie : un ellipsoïde aplati (lig. ."&gt;) ; elle se dif­
férencie par conséquent de celle du haricot, pris comme type, en
ce qu’elle n'est pas réniforme, le coté hilo-micropylaire n'étant
pas concave. Les dimensions moyennes de la graine sont sui­
vant les trois axes principaux de l'ellipsoïde : Longueur 7 milli­
mètres, largeur 5 millimètres, épaisseur 3 millimètres et demi.
La couleur de la graine est jaune pâle. Le hile a la forme
elliptique, il mesure 2 millimètres de longueur, 1 millimètre
de largeur et occupe exactement la partie moyenne du côté
hilo-micropylaire de la graine, sa couleur est noirâtre, une
saillie un peu plus claire occupe toute sa longueur.
Spermoderme. — D'après Blondel 1 le Spermoderme a la
1. Blondel, Journal de Pharmacie el de Chimie, 1888, p. 537.

structure suivante de dehors en dedans : 1° Assise de cellules
prismatiques épaissies, palissadiques formant une couche de
protection ; 2° Assise de cellules en T, volumineuses près du
hile, s'aplatissant dans le reste du tégument ; 3° couche de
%

Q

u

a

2

3

CO

0

(!)

®

7

8

S

6

F ig . 12. — Glycina hispida. Différents aspects de la graine.

parenchyme mou ; i° couche discontinue de cellules à contenu
opaque, vestige de l’albumen embryonnaire.
Dans aucune de ces couches tégumentaires l iode n'a révélé
la présence d'amidon.
Cotylédon. — Considéré dans son ensemble, le parenchyme
cotylédonaire est formé de cellules allongées perpendiculai­
rement aux faces externes et internes des cotylédons. Cet
allongement est surtout accusé du côté de la face interne,
de telle sorte qu’on peut dire que la différenciation palissadique est déjà très nettement accusée dans la feuille cotylédo­
naire et cela sur une épaisseur de trois assises au moins. Les élé­
ments y sont quatre à six fois plus longs que larges. Ils ren­
ferment un corps gras, une matière azotée. Il n'y a pas d ami­
don1.

Cycas revoluta Thunb.

Les Cvcadacées sont la seule famille des Gymnospermes
susceptibles de fournir de la fécule. Celle-ci provient, soit
de la moelle de leur tronc, soit de la graine. La moelle est
1. Nous n'insistons pas sur cette graine qui vient cl être l'objet d une étude com­
plète à tous égards de la part de M. Bloch, pharmacien des troupes coloniales
(Annales d'hygiène el de médecine coloniales, 190S).

�112

E. DECROCK

consommée directement après cuisson par les indigènes ; ou
bien ceux-ci en fabriquent une sorte de Sagou qui remplace
le Sagou tiré des palmiers. D'après 11. Jumelle1, la farine tirée
de la graine est plus line que la fécule, de plus, comme, en
délinitive, le rendement par l'exploitation des graines est
* supérieur à celui que donne l'abatage des arbres, cette der­
nière méthode devrait être complètement abandonnée. Un
Cycas femelle peut donner 530 graines par an ; chacune
pèse environ 20 grammes et donne 22 0/ o d'amidon. En IndoChiné c’est le Cycas révolu fa Th. et le Cycas inermis Lour. qui
paraissaient devoir être exploités. On fait rentrer leur fécule
dans le groupe des Sagous — En attendant qu’une analyse
chimique et une étude physiologique aient pu nous rensei­
gner sur la valeur alimentaire de ces pseudo-sagous, nos
observations nous permettent d'affirmer que les caractères
morphologiques des amidons de Cycas sont assez différents
de ceux de l’amidon des palmiers 5 fécule pour qu'on puisse
toujours reconnaître un mélange ou une substitution. On en
jugera par la comparaison des figures que nous en donnons.
Graine. — La graine du Cycas rcvoluta et des Cycadées en
général est un corps de forme ovoïde ou globuleuse ayant
quelque peu l’aspect d'une prune. Dans cette graine on dis­
tingue : une enveloppe épaisse, parenchymateuse et charnue
dans sa partie externe, ligneuse dans sa partie profonde (de
là cette apparence drupacée) ; une réserve amylacée abon­
dante, l ’endosperme, au centre de laquelle est plongée l'em­
bryon dont les deux cotylédons, soudés par leurs bords, se
prolongent en un axe hypocotylé très court, terminé par une
radicule qui se termine par un filament suspenseur, enroulé
en spirale.
Caractères microscopiques de l’amidon. — L ’amidon est
formé en totalité de grains composés. Les grains simples
qu'on trouve dans la préparation sont toujours le résultat de
la dissociation de grains composés, dans lesquels ils sont
réunis par 3, 4, 2, ces chiffres indiquant l'ordre de fréquence
du nombre d'unités entrant dans le groupement. Le hile est
1. A. Jumelle, Les Cultures coloniales. Plantes alimentaires, 1901.

113

ÉTUDE DES FÉCULES DE L ’iNDO-CBINE

ponctiforme ou étoilé. Sa striation n’est pas appréciable.

F ig . 13. — Cycas revoluta. Deux cellules de l’endosperme

bourrées d’amidon.

F ig. 14. — Amidon de Cycas revoluta. Thunb.

Les figures 14 et 13 montrent la première les grains d’ami­
don isolés, la seconde l’amidon vu en place dans la cellule.
Annules du Musée colonial de Marseille. — 2* série, 6“ vol. 1908.

8

�114

E. DECROCK

ÉTUDE DES FÉCULES DE l 'IN DO-CHINE

B. FÉCULES.

Aroïdacées.
Toutes les Aroïdacées sont riches en fécule accumulée
dans leur lige souterraine; celle-ci se développe soit en un
rhizome allongé et traçant, soit en un tubercule renflé. Ces
plantes sont très abondantes sous les tropiques et elles cons­
tituent souvent un aliment précieux pour les indigènes.
Elles pourraient donner lieu à une exploitation industrielle
si l'on en croit les envois qui ont été faits à l’exposition colo­
niale de Marseille par le gouvernement général de l’IndoChine. Les Aroïdacées les plus importantes au point de vue qui
nous occupe sont des espèces des genres Colocasia, Alocasia,
Amorphophallus, Xanthosoma. Les Colocasia sont origi­
naires de l’Inde et aujourd’hui répandues dans toute la
région tropicale et surtout dans les îles de l'Océanie où la
fécule que fournit leur rhizome forme la principale nourriture
des indigènes. On les désigne sous le nom de taro en Océanie,
sous le nom de Mon en Cochinchine, kuchoo dans l'Inde, etc.
Les tubercules ou rhizomes sont en grande partie consti­
tués par un parenchyme fondamental à parois minces. Les
cellules sont presque toutes remplies d’amidon, quelques-unes
renferment des paquets de raphides assez courtes. Ce tissu
contient aussi un principe acre qui disparaît par une torréfac­
tion ménagée, ce qui rend la fécule propre à l’alimentation.
C’est surtout les Colocasia qu’on exploite, à cause de la pro­
portion plus grande de fécule qu'ils renferment.

Caladium esculentum

Vent.

(Colocasia esculenta Schott).
Cette plante produit des tubercules qui atteignent parfois
des dimensions extraordinaires. On en observe qui pèsent 50
et même 80 kilos. C’est pour me conformer à la nomenclature
usitée dans la collection que j ’ai conservé le nom de Cala­
dium esculentum. Les botanistes considèrent en elFet que ce

ns

genre ne doit pas être séparé du genre Colocasia, et que le
C. esculentum n’est qu'une variété du Colocasia anliquorum
Schott.
La fécule est renfermée dans les cellules du parenchyme fon­
damental (fig. 15) au milieu d'un suc cellulaire mucilagineux
très abondant.
Caractères microscopiques deramidon. D'une manière géné­
rale les grains d ’amidon sont régulièrement elliptiques. Leurs

F ig . 15. — Caladium esculentum. Deux cellules du parenchyme

de la tige.

dimensions, assez variables, sont comprises entre 20 g et 25 g
de longueur et en moyenne 12 g de largeur. Parmi les grains
les plus petits, un certain nombre présentent la forme circu­
laire. Le hile et la striation ne sont guère visibles (fig. 15).
D ’après ces caractères, on voit qu’il sera toujours facile de
distinguer cette fécule d’avec celle des Arrow-root avec
laquelle on les mélange parfois.
Composition chimique. — Dans son travail sur les plantes
comestibles cultivées aux Antilles M. Albert Pairault 1 a
donné l’analyse du tubercule de Caladium esculentum : Eau,
74 ; matières minérales, 1.15 ; matières azotées, 2.55 ; matières
grasses, 0,36 ; amidon, 16.64 ; cellulose, 1.80. Indéterminé, 3.50.
En comparant les chiffres fournis par l'analyse des Dioscorea
A. Pairault, Note sur la valeur alimentaire des plantes féculentes culti­
vées aux Antilles, 1S99.

�NNAI.ES DU MUSÉE c o l A) M A L DE MARSEILLE, 100s.

146

P.

E. DECROCK

alata et D. tuberosa, avec les chiffres que nous venons de
citer, on constate que l'Aroïdacée en question est un peu
plus riche en matières azotées, en matières grasses, en ami­
don que les Ignames.

A rrow -root.
D’une manière générale on désigne sous le nom &lt;¥Arrowroot l’amidon fourni par les tiges souterraines d'un certain
nombre d’espèces appartenant au groupe des Scitaminales. Ces
divers Arrow-root se distinguent aisément par leurs carac­
tères microscopiques.

M aranta arundinacea L.

Arrow-root des Antilles.

L ’arrow-root des Antilles est retiré des rhizomes du Maranta
arundinacea, plante originaire de l’Amérique tropicale. Au

Bengale, à Java et dans les Philippines, on l’obtient, de la variété
désignée sous le npm de Maranta indica Tussac. Elle est
actuellement cultivée dans toutes les régions chaudes et sa
culture pourrait prendre une grande extension en Indo-Chine.
Elle fournit une fécule blanche brillante, qui crie sous les
doigts. Elle est parfois agrégée en petites masses delà grosseur
d’un pois. Par leur forme, les grains d’amidon de ce Maranta
se rapprochent beaucoup de celui de la pomme de terre,

Jeune plante de M aranta arundinacea 1 !.. du jardin
botanique colonial de Marseille.
1. D’après une photographie que nous devons à l’extrême obligeance de
M. le D' lleckel.

116

.

�ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE,

Rhizomes de

J90 *.

M aranla arundinacea

P. Il

I&gt;.

1. D'après une photographie que nous devons l'extrême obligeance de
M. le l)r Heckel : à droite, rhizome pourvu de ses écailles : à gauche, dépourvu
de scs écailles.

�ÉTUDE DES FÉCULES DE L ’iNDO-CHINE

1 17

mais il n’y a que des grains simples et ils sont plus ellip­
tiques ou légèrement ovalaires, quelquefois pyriformes à
hile excentrique, finement striés. Beaucoup de ces grains
mesurent 25 à 50 ij. de longueur. D'une manière générale il y
a relativement beaucoup plus de grains volumineux que dans
la fécule de portâmes de terre qui est assez hétérogène et
présente beaucoup de petits grains circulaires.
L arrow-root de 1 Inde provient des Curcurna leucorhiza et
C. anguslifolia que l’on cultive sur la côte de Malabar. Les
grains en sont plus volumineux que ceux du Maranta arundinacea. Ils s’en distinguent aussi par la présence d'une sorte
de bec du côté de la petite extrémité de l’ovale. Le hile est peu
apparent, ponctiforme. Ordinairement la striation n’est pas
concentrique, les couches, allant seulement d’un bord à l’autre,
affectant par conséquent la forme d’un croissant.
L ’arrow-root de Travancore est retiré du Curcuma rubescens.
Ses caractères sont analogues à ceux du précédent, mais les
grains sont moins acuminés et d’une manière générale la stria­
tion moins évidente.
L ’arrow-root de Queensland ou fécule de Tolomane provient
de divers Cannas Canna edulis, C. coccinea, C. indica. Les
grains ont une forme et des dimensions très variables, les plus
volumineux dépassant de beaucoup ceux qui entrent dans la
constitution de tous les autres arrow-root.
Usages. — Etant données leurs qualités nutritives et surtout
leur lacile digestibilité, les fécules d’arrow-root devraient
entrer pour une part beaucoup plus grande dans l’alimentation
européenne. Il en résulterait une exportation beaucoup plus
considérable au grand bénéfice de nos colonies où la culture
en grand des Maranta est possible.
DiûSCO rea (Ignames).
Les Dioscorea constituent le genre le plus important de la
famille des Dioscoréacées. 11 nous intéresse ici en ce que beau­
coup d'espèces présentent des tubercules comestibles consti­
tuant un aliment sain et agréable qui a beaucoup d'analogie

�ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE. 1908.

P. 118.

E. DECROCK

H8
avec la pomme de terre. Dans ces tubercules 1 amidon remplit
toutes les cellules du parenchyme fondamental. Au voisinage
immédiat des faisceaux conducteurs il est beaucoup plus
abondant que dans les cellules plus éloignées. De nombreuses
cellules à aiguilles d’oxalate de chaux sont réparties dans tout
le tubercule, on pourra donc trouver assez fréquemment ces
aiguilles mélangées h la fécule. La substance amylacée fournie
par les Dioscorea est exportée sous le nom de fécule d'igname
ou encore d’arrow-root de la Guyane.

D ioscorea alata L.
[Igname blanche).
Le Dioscoi'ea alata est une liane dont la tige, mesurant 5 ou
6 mètres de longueur, a besoin d’ètre soutenue par des sup-

F ig . 17. — Fécule de Dioscorea alata.
ports. Cette tige est quadrangulaire, ailée aux angles. Les
tubercules sont de forme allongée et très volumineux. Leur
poids atteint souvent 5 à 6 kilos et même davantage. Pour
donner son maximum de rendement, l’Igname blanc demande
une terre meuble, profonde, riche en humus ; avec cela une
température chaude et beaucoup d'humidité. On la reproduit
au moyen de tronçons de tubercules ou au moyen des bulbes
aériens qui poussent sur la tige. La récolte se fait environ dix
mois après, lorsque la tige aérienne jaunit, se flétrit et se des-

Dioscorea alala Lin. cultivé au jardin botanique

colonial de Marseille1.
1. D après une photographie que nous devons à l'extrême obligeance de
M. le IV Ileckel.

�ÉTUDE DES FÉCULES DE LTNDO-CIILNE

119

sèche. D’après Nichols et Raoul (Traité d'agriculture colo­
niale, Paris, 1892), le rendement moyen serait de 11.000 kilos à
l’hectare. On cultive en Indo-Chine plusieurs variétés de Dioscorea alata et en particulier une variété alba à chair blanche et
une variété purpurea h chair pourpre clair.
La fécule que nous avons étudiée provient d’un tubercule
digité, à chair blanche et couche périphérique pourpre sur un
millimètre d’épaisseur. Sur une coupe transversale le tubercule
présentait : 1° un liège à parois minces et cellules assez
allongées, parallèlement à la surface ; 2° un parenchyme
secondaire un peu plus épais où se trouve localisé le suc
cellulaire pourpre, avec cellules à raphides ; 3° une assise
de cellules sclérifiées ; 4° enfin, un cylindre central formé de
parenchyme amylifère dans lequel sont inclus de nombreux
faisceaux libéro-ligneux. Il y a de l’amidon dans toutes les
cellules de ce parenchyme, mais il est surtout accumulé autour
des faisceaux, ce qui rend compte de l’aspect granuleux ou
cloisonné de la surface obtenue en coupant transversalement
le tubercule.
Caractères microscopiques de l'amidon. — Les grains
d’amidon sont de dimensions assez variables, les plus nom­
breux et les plus volumineux sont irrégulièrement ovalaires
et fréquemment une partie de leur contour est plus ou moins
rectiligne. Le hile occupe la partie la plus élargie du grain,
il est très marqué, ponctiforme, entouré de stries concentriques
bien distinctes. Les dimensions atteignent 42 |jl pour la lon­
gueur, 27 pour la largeur. Parmi les grains plus petits il y
en a d’elliptiques et de subtriangulaires avec une longueur de
18 g environ.
Composition chimique. — Nous transcrivons ici l’analyse
que M. A. Pairault a donnée du tubercule de Dioscorea alata,
les chiffres se rapportant au poids de la plante fraîche telle
qu’on la trouve sur les marchés : Eau, 77.60 ; matières miné­
rales, 0.96 ; matières azotées, 2.10 ; matières grasses, 0.23 ;
amidon, 15.60; cellulose, 1.10; indéterminé, 2.41 ; resterait
à déterminer la composition de la fécule elle-même.
Dioscorea Batatas Dcne. (Igname de Chine). — Cette espèce,

�120

E. DECROCK

.1 A VI/./'.S

1)1

Mrs fi. K (;i)U)M.\L DK MARSEILLE ,

190X.

originaire de la Chine et du Japon, se prête très bien à la
culture dans le midi de la France et même beaucoup plus vers
le nord. Chaque pied donne toute une série de tubercules en
forme de massue, espacés le long d'un rhizome, plus ou moins
cylindrique.
De la périphérie au centre, le tubercule présente : 1° un
liège très mince ; 2° une assise génératrice ; 3° un parenchyme
incolore, non amylacé, renfermant de grandes cellules à

raphides d’oxalate de calcium ; 4° un parenchyme amylacé
très féculent et mucilagineux dans lequel sont inclus les
faisceaux conducteurs et des cellules à raphides.
Caractères microscopiques de l'amidon. — Les grains
d amidon sont irrégulièrement elliptiques ou quelquefois
ovoïdes. Le hile est excentrique situé près de l’extrémité du
grand axe de l’ellipse. Il est entouré de stries très minces,
sauf à l’extrémité opposée au hile où elles sont plus espacées
et plus visibles. D’une manière générale, la striation est moins
accusée que dans le Dioscorea alata, et les dimensions des

1)iOSI

il U

1. D'après une photographie qu r nous devons a 1extrême obligeance do
M. le Dr Heckel.

�ÉTUDE DES FÉCULES DE l 'INDO-CHINE

121

grains les plus volumineux dépassent un peu celles de l’espèce
précédente (lig. 18).

M anihot utilissim a

Pohl.

Manioc.
La fécule de Manioc est fournie par la racine de deux
Euphorhiacées tropicales le Manihot utilissima et le M. dulcis. Jusqu’ici ces espèces ont surtout été cultivées dans la
région intertropicale de l’Amérique et de l’Afrique, on les

F ig . 19. — Fécule de Manioc.

exploite fort peu encore en Indo-Chine, mais comme elles
pourraient y donner un bon rendement (surtout dans le Tonkin
moyen), que, d’autre part, la consommation du tapioca aug­
mente sensiblement, il serait désirable que leur culture
s ’étende et l’exportation arriverait probablement à donner un
chilfre important, surtout dans nos colonies françaises qui ont
la franchise de droit.
La racine de manioc ne peut être utilisée pour l’alimenta­
tion que lorsqu elle a été débarrassée du principe toxique
qu’elle renferme. Ce principe toxique est l’acide cyanhydrique.
Comme cet acide est volatil, il suffît de réduire la racine k
l’état de pulpe, de la presser et de l’égoutter, puis de la sécher
complètement sur des plaques de fer chauffées. On obtient
ainsi une fécule qui est mise en sacs pour la vente.

�122

123

E. DECROCK

ÉTUDE DES FÉCULES DE L ’iNDO-CHINE

Caractères microscopiques de la fécule. — Si l'on examine
de la fécule de manioc (fîg. 19) qui n’a pas été trop fortement
chauffée, on constate que la plupart des grains ont la forme
d’ovoïdes tronqués ; quelques-uns ont un contour circulaire, ce
sont probablement des grains du premier type qui, dans la pré­
paration, reposent sur leur face tronquée. Le hile est central,
ponctiforme. On aperçoit encore une légère striation. Assez
souvent une fente en forme de croissant se montre à peu de
distance de la face plane. Les dimensions sont comprises entre
8 g. et 22 jx de longueur. D’après ces caractères pris sur une
fécule qui a déjà subi des manipulations pouvant modifier un
peu la forme de ses éléments composants, il est permis de
conclure que dans la plante l’amidon se présente sous forme
de grains composés par deux ou par trois, les faces planes cor­
respondant aux faces de contact.
Composition chimique. — Le tubercule de manioc ren­
ferme pour cent et lorsqu’il est desséché à l’air : Eau, 8.10 ;
matières minérales, 1.00; matières azotées, 1.30; matières
grasses, 1.00; amidon, 83.80; cellulose, 2.20; indéterminé,
2.80 (Pairault). A l’état frais la composition est la suivante
d’après Payen : Eau, 67.63 ; matières minérales, 0.65 ; matières
azotées, 1.07 ; matières grasses, 0.40; amidon, 23.10; cellu­
lose et pectose, 1.50; sucre, gomme, 5.63. L ’eau mise à part,
on remarque tout de suite la haute teneur en fécule par rap­
port aux autres composants. Au point de vue industriel et ali­
mentaire, les maniocs sont par conséquent des plantes à grand
rendement.

des faux sagoutiers appartenant au genre Caryota : C. mitis,
C. urens et certains Phénix qui peuvent fournir un sagou
commercial. En outre, on rattache aux sagous l’amidon fourni
par le tronc et par la graine des Cycas.
L'Indo-Chinc jouissant d’un climat analogue à celui des
Moluques, la culture en grand des sagoutiers pourrait s’y faire
avec un rendement rémunérateur, d’autant mieux que les
sagous bruts se prêtent à la série entière des emplois industriels
de la matière amylacée. Leur usage est surtout indiqué dans
la glucoserie et la distillerie. Dans le commerce le sagou est
rarement sous forme de fécule à grains dissociés. Le plus
souvent il est granulé à cause de la préparation et en par­
ticulier de la torréfaction qu’on lui fait subir dans le pays
d’origine.
La collection étudiée ne renfermait pas de vrais sagous,
mais seulement un sagou de Phénix décrit ci-après. Nous
avons joint l’étude de l’amidon de Cycas revoluta que l’on fait
ordinairement rentrer dans le groupe des sagous.

Sagous.
On réserve le nom de sagou à la fécule fournie par la moelle
de divers palmiers répandus surtout dans la presqu’île de
Malacca, à Sumatra, à Bornéo, aux Célèbes et aux Moluques.
Les vrais sagoutiers appartiennent au genre Metroxylon
dont les principales espèces exploitées sont le Metroxylon
Pumphii, le M. Sayus, le M. fariniferum. Aucune de ces
espèces n’est spontanée en Indo-Chine. Il y a, en revanche,

Sagou d’un Phénix indéterm iné.
La fécule examinée sous ce nom provient d’un Phénix non
déterminé spécifiquement. Elle est formée de grains assez
variables dans leurs formes et leurs dimensions. La note
dominante est fournie par les grains elliptiques allongés parfois
légèrement incurvés ou rétrécis dans leur partie moyenne.
Il y a des grains de forme moins régulière, plus ou moins
triangulaires, ce sont les plus volumineux ; enfin il y a un
petit nombre de grains circulaires. Le hile est excentrique et
toujours ponctiforme; tout autour les couches stratifiées sont
nettement visibles. D’après ce que nous venons de décrire, le
sagou du Phénix diffère notablement, au point de vue microgra­
phique, des sagous décrits par les auteurs. En effet si nous
jetons un coup d’œil sur les figures données par Hérail dans
son Traité de pharmacologie et de matière médicale, p. 97,
fig. 38 (fécule de sagou), sans indication d’origine botanique
d’ailleurs, nous constatons que noire sagou a des formes et

�125

E. DECROCK

ÉTUDE DES FÉCULES DE LhNDO-CHINE

des dimensions bien plus variables, que sa striation est bien
plus concentrique par rapport au hile, qu'il ne présente
jamais de parties tronquées par rapport au bile, que le hile
est toujours ponctiforme et très rarement étoilé. Cette com­
paraison n'a d'ailleurs rien d’absolu. En ce qui concerne les
grains d'amidon, les figures n’ont qu'une valeur très relative.

tleurs sont groupées en grappes composées, les inflorescences
partielles sont espacées et constituent des grappes contractées.
Ces inflorescences naissent isolément ou par deux à l’aisselle
des feuilles. La fleur est bleuâtre ou pourpre, d’odeur
agréable.
L’amidon est fourni par les tubercules qui sont en petit
nombre, mais peuvent atteindre en revanche plusieurs kilo­
grammes. Lorsqu’ils sont jeunes ils peuvent entrer directe­
ment dans l'alimentation. Plus tard ils deviennent trop fibreux.
A cet état ils sont exploités pour la fécule qui n'y est pas
extrêmement abondante (5 à 7 ° / 0).
A l’état spontané, le Pachyrhizus angulatus vient dans les
terrains rocailleux et incultes ; en culture il importe de le planter
dans un terrain meuble et un peu humide, on augmente ainsi con­
sidérablement le volume des tubercules. Ordinairement on le
multiplie par fragments de tige pourvus de racines. Il est tout
aussi avantageux de procéder par semis.
Les grains d’amidon sont composés par 2, 3, 4 et même
davantage. Ces grains sont facilement dissociables en leurs
granules composants qui ont par conséquent un contour cur­
viligne du côté de la surface libre, rectiligne et angulaire du
côté des faces de contact. Lorsque ces grains sont posés à
plat, leur contour peut être parfaitement circulaire. Le hile et
la striation n’étaient pas visibles sur les vieux matériaux que
nous avons examinés. Les granules sont très petits, beaucoup
ne dépassent pas 12 [/. de diamètre, les plus réduits n’ont
guère que 6 g.

124

F ig. 20. — Sagou d’un P h én ix sp.

Etant donnée l’impossibilité d’en donner un croquis parfaite­
ment exact, elles ne sont tout à fait valables que pour celui qui
les a faites.

Pachyrhizus angulatus

Rich.

Le Pachyrhizus angulatus est une papilionacée à tuber­
cules. Les tiges sont très longues et volubiles. A l’état
naturel elles grimpent sur le sol ou rampent aux arbres. On
cultive la plante en échalas soutenus par des fourches verti­
cales. Les feuilles composées ont trois folioles stipellées. Les
trois nervures principales se terminent en trois dents aiguës
entre lesquelles le bord du limbe est fortement échancré. Les

B atatas edulis Choisy.
(Ipomœa Batatas, Lam. Patate douce).
La Patate douce est une convolvulacée qui est probable­
ment originaire de l'Amérique du Sud. Elle vient très facile­
ment en Indo-Chine, où elle pourrait devenir une source
importante de fécule pour l’exportation. Cette plante a des
tiges herbacées de 2 mètres de longueur environ. Elle n’est point
grimpante comme celle de la plupart des autres convolvula-

�126

127

E. DECROCK

ÉTUDE DES FÉCULES DE L’iNDO-CHINE

cées et elle émet très facilement des racines qui produisent
des tubercules une fois qu elles ont pénétré dans le sol. Les
feuilles sont rondes et généralement entières.
La patate cultivée fleurit rarement et ne produit jamais de
graines. On la multiplie facilement par boutures de la tige ou
par fragments de tubercules. Cette plante a cet avantage
qu elle peut être plantée en toute saison. La récolte peut se
faire six à sept mois après la plantation, et peut se renouveler
deux fois par an dans une terre suffisamment fumée. Le sol
qui lui est le plus favorable doit être léger meuble, bien arro-

vérisent presque tous en leurs grains élémentaires. A plus
forte raison doit-il en être ainsi dans une fécule obtenue par
voie industrielle. La forme des grains est très variable, ils
offrent cependant ce caractère commun de présenter tous une
surface courbe plus ou moins étendue, face qui correspond à
la partie libre du granule et une ou plusieurs faces planes qui
sont les faces de contact avec les granules adjacents (fig. 21).
Lorsque le grain composé ne comprend que deux granules, la
surface courbe est d'une étendue relativement considérable.
Dans la préparation, on peut rencontrer des grains à contour
circulaire, cela arrive ordinairement pour les granules qui
reposent sur leur face plane unique.
Au point de vue des dimensions, il est inutile de donner
une moyenne ; il y a tous les intermédiaires entre les gra­
nules ayant 1 g. de diamètre et ceux mesurant 18 à 20 \x. Peutêtre en serait-il autrement dans une fécule industrielle, les
plus petits grains pouvant être entraînés par les lavages.
Composition chimique du tubercule. — D'après Pairault,
la patate renferme pour 100 : Eau, 65.13 ; matières minérales,
0.88 ; matières azotées, 1.00 ; matières grasses, 0.28 ; amidon,
25.17 ; saccharose, 3.00; cellulose, 1.43 ; indéterminé, 3.05.
Ces chilfres sont le résultat d'analyses faites sur des patates
provenant des Antilles; les proportions pourront varier
quelque peu suivant les provenances et surtout suivant les
variétés.
Usages. — La fécule de patate présente une grande ana­
logie avec celle du manioc et pourrait répondre aux mêmes
usages. La patate elle-même peut supporter la comparaison
avec la pomme de terre, le goût en est peut-être plus fin. En
Indo-Chine, c'est de tous les tubercules celui qui joue le plus
grand rôle dans l’alimentation des indigènes.

r\° 0 ©
U
0 n
Q O _00
0

£ .. o
A
'
O

©

poV

OQ
o
F ig .

©

d

o ■ '

►

(9

-

O•

oo
ilcpê 2&gt; 0 O Q&gt;

Oo
»

o ) r0 &amp;

oo

o

r\ O?

21. — Fécule de Bnlatas edulis Choisy.

sable. Elle se cultive bien dans les régions chaudes où les
pluies sont modérées. Le rendement pourrait être de 15.000 k.
à l'hectare, par récolte; dans les terres riches on arrive à des
chilfres bien supérieurs. Des essais de culture ont été réalisés
dans le Midi de la France et en particulier au Jardin bota­
nique colonial que dirige M. Heckel, les résultats ont été
encourageants. Du reste la patate est cultivée en Italie, en
Espagne et même dans tout le Midi de la France avec succès.
Caractères microscopiques de l'amidon. — Observés direc­
tement dans les cellules du tubercule, les grains d’amidon
sont composés et forment ordinairement des masses ovoïdes
dans lesquelles il rentre 2 à 10 granules et quelquefois davan­
tage. Ces grains composés sont tellement dissociables, qu’en
les plaçant dans une goutte d’eau ou de glycérine ils se pul-

Convolvulus mammosus Lour.
Une coupe transversale faite en un point quelconque du
tubercule montre delà périphérie au centre :
1° Un liège superficiel formé de cellules très allongées
parallèlement à la surface et disposées sur 4 à 6 assises;

�\ SNA LES DU MUSÉE COIJ) XJ A / , l)E MAR SE! LUI. 1908.

F ig . 22. — Une cellule du tubercule de Convolvulus raammosus.

et les cellules qui entourent immédiatement ces derniers en
sont complètement bourrées.
Caractères microscopiques de l'amidon. — Gomme dans
la patate douce, les grains d'amidon sont agglomérés en
masses plus ou moins ovoïdes, de dimensions assez variables.
Nous avons trouvé pour la plupart des chilFres oscillant entre
18 et 30 [j. de longueur, 13 et 18 y. de largeur. Ces grains se
dissocient en leurs granules alimentaires, un peu moins faci­
lement que dans l’espèce précédente. Les grains simples sont
tous plus ou moins polyédriques et ceux qui proviennent de la
surface du grain ont une face courbe. Leur diamètre varie entre
4 et 6 ijl. Etant données cette forme et ces dimensions, il pour­
rait y avoir à première vue une possibilité de confusion entre
de la fécule préparée de Convolvulus et la farine de certaines

Jeune plant tic Convolvulus inaminosus Lour. cultive au jardin
botanique colonial de Marseille *.
I. 1J’après une photographie que nous dc\ous à 1extrême obligeance de
M. le \.' lteckcl.

�AMNALES DU MUSÉE COLOXJM. DE MARSEILLE, 190*.

P. ]•_&gt;«.

1. D'après une photographie que nous devons à l'extrême obligeance de
M. le D' Heckel.

�ÉTUDE DES PÉCULES DE l ' ï NDO-CHINE

129

graminées, telles que le riz par exemple. La présence de faces
courbes, l’inégalité des dimensions et une certaine agglomé­
ration des granules sont autant de caractères propres à la
fécule que nous étudions ici, caractères qui permettront de
faire aisément la distinction.
Nous arrêtons ici ce travail sur les amidons. Ce n’est évi­
demment qu’une ébauche qui devra être complétée. Nous

O

cp

«P
o
&lt;D
® ©0° 9
o

O

e&gt;
O
0
o a
o Qo o
Oo
&lt;£&gt;
°
0
&lt;p
o
4
O o
ô
o

© &lt;O&gt;

0
Oo °
&amp; o
(
c
&gt;
o °0

F ig . 23. — C onvolvulus m am m osus : grain s de fécule.

tâcherons de le faire par la suite au tur et à mesure que nous
obtiendrons de nouveaux matériaux. Nous essaierons ainsi de
faire mieux connaître une partie importante de nos richesses
coloniales.
L’agriculture pourra tirer des ressources précieuses de
l’exploitation rationnelle des plantes féculentes, étant donné
que la métropole est obligée k Theure actuelle de demander à
l’étranger une bonne partie des amidons qui servent de matière
première à l’industrie de la distillerie, de la glucoserie, etc.

Annales du Musée colonial de Marseille. —

série, 6* vol. 190S.

9

�NOTES BIOLOGIQUES
SUR LA VÉGÉTATION I)U NORD-OUEST
DE MADAGASCAR;
LES

A SC LÉPIA D ÉES

Par MM. II kniu JUMELLE et IL PERRIER DE LA BATMIE.

L ’étude que nous allons faire ici des Asclépiadées du
nord-ouest de Madagascar sera, nous l'espérons, suivie
d’études analogues sur les autres familles végétales de la
même région. Il n’est donc pas inutile de donner tout d'abord
sur la partie de l'ile à laquelle se rapporteront toutes ces obser­
vations, et où ont été récoltées les plantes que nous entrepre­
nons de décrire, quelques renseignements généraux.
I
VUE d ’ e n s e m b l e SUR LA VÉGÉTATION DU BOINA ET DE l ’ a MBONGO

Exactement la contrée que l ’un de nous, en ces douze der­
nières années, a minutieusement explorée, et que nous dési­
gnons — peut-être un peu conventionnellement et dans le
sens restreint que nous allons justement préciser — sous le
nom de nord-ouest de Madagascar, correspond au triangle
qu'indique notre carte, et qui a pour sommet le voisinage de
Tananarive et pour base la partie de la cote occidentale qui
s ’étend du cap Saint-André à la baie de Narinda.
Ce triangle comprend les bassins entiers du Sambao, de
l’Andranomavo, de la Mahavavy, de la Betüiboka, de la Malia-

�Fio, 1. — Carte do l’Ambongo et du Boina.

II. JÜMELLE ET II. PEH1WKR DE LA KATftlE
m
zamba/et le bassin inférieur de la Sofia. C esl, en somme, 1Ambongo et le Boina.
La pluviosité de cette région est sensiblement la même
partout, puisqu'il tombe I m. oO d eau à Majunga et 1 m. 30
Tananarive. Partout aussi il ne pleut que de novembre à
avril.
Par contre, la moyenne de température, qui atteint 27° à
Majunga, est de 18° seulement à Tananarive.
Tout le pays, pendant la saison sèche, est balayé par l'alisé.
Ce vent, toutefois, souillant du sud-est ou de l'est, est d'au­
tant. plus violent, en général, qu'on se rapproche davantage
de Tananarive. Il s ’affaiblit beaucoup sur les plateaux calcaires ;
sur la côte, il est bien souvent annihilé par les brises marines
et ne se fait sentir que par intermittences. Ces différences
météorologiques, puis aussi d'autres facteurs tout aussi
variables, tels que la nature du sol, la densité plus ou moins
grande de la population, le déboisement plus ou moins com­
plet il la suite des feux de brousse, ont naturellement eu
depuis longtemps un retentissement sur la richesse et la
diversité de la végétation. Et il en résulte que, pour qui se
dirige de Tananarive vers la côte, le pays offre aujourd'hui
quatre zones successives, bien distinctes à plusieurs égards.
La première zone, qui est la zone du centre, est essentielle­
ment caractérisée par la violence de l'alisé, un substratum de
latérite et de gneiss, une population dense, le manque absolu
de bois.
Dans la seconde zone, qui est une zone intermédiaire, les
bouquets de bois sont encore rares, car on ne les rencontre que
dans les lieux inhabités ou en dehors des passages fréquentés
anciennement ou actuellement. Ils sont toujours localisés
dans le fond des ravins, dans tous les endroits qui, pour l une
des raisons que nous dirons plus loin, sont protégés contre les
feux de brousse. Sur tous ces points la végétation arborescente
se manifeste alors même que le sol est une plaque épaisse de
latérite. Sauf en certaines vallées, cette seconde zone est très
peu habitée. Son substratum est le même que précédemment :
gneiss et latérite. L'aspect est, en général, montagneux, et
l’alisé est surtout violent sur les hauteurs.

�13 i

H. JUMELLE ET M. PERRIER DE LA BATIIIE

La troisième zone est plus riche en bosquets, qui cependant
sont toujours localisés à 1abri de 1 alise et des leux de
brousse. Ce sont de grandes plaines ou causses calcaires.
L'alisé s'atténue. Les herbes sont plus épaisses que dans les
deux zones précédentes. La population est clairsemée.
Beaucoup plus peuplée est la quatrième zone, où les bois
abondent partout, surtout dans les endroits arides. C'est la
zone des grandes plaines alluvionnaires et des dunes actuelles
ou anciennes. Le substratum est souvent constitué par des
étages du crétacé ou du tertiaire, et quelquefois par des roches
éruptives récentes. Les brises marines remplacent fréquem­
ment l'alisé, dont le souffle est faible.
Reprenons maintenant avec plus de détails 1 étude de ces
quatre zones.
Première zone.
Géographiquement, la première zone, telle que nous venons
de la définir, ne comprend que la partie de l lmerina qui est
au nord et au nord-ouest de Tananarive. Nous avons dit
qu’elle est dépourvue de bois. C'est la steppe ; et les espèces
herbacées qui la couvrent ne sont guère plus d'une dizaine,
dont quatre ou cinq Graminées. Baron dit bien que, sur les
1.236 espèces observées sur le plateau central, il y en a 900
qui seraient herbacées ou sulfrutescentes ; mais il faut remar­
quer que la plupart de ces plantes auxquelles le botaniste
anglais fait allusion poussent dans des stats très spéciaux, tels
que jardins,.rocailles, tourbe, etc. Dans la steppe réelle, le
nombre des herbes ne dépasse pas celui que nous venons d'ad­
mettre.
11 n’v a d'arbres que là où les hommes les ont conservés
artificiellement. Les fonds des vallées sont souvent tourbeux ;
et on trouve parfois sur les bords de ces tourbières des efflo­
rescences de nitrate de potasse. La tourbe, en elle-même, ne
fùt-ce que parce qu elle est dépourvue de calcaire, est inutili­
sable, même pour la culture du riz.

.NOTES BIOLOGIQUES --- LES ASCLÉRIADÉES

135

Seconde zone.
La seconde zone comprend : 1° la région qui est intermé­
diaire entre le plateau central et la bande triasique de
M. Gautier; 2° cette bande triasique.
Quoi qu’en dise M. Gautier, on peut trouver dans cette
zone, lorsqu’on l’explore attentivement, d’épaisses plaques de
latérite qui sont boisées. Il est aussi des cimes d'une altitude
supérieure à 1,200 mètres qui sont couvertes de bois. Il suffit
pour cela que ces plaques de latérite ou ces cimes soient en
dehors des passages ethniques anciens ou actuels, ou bien à
l’abri des flammes que pousse l’alisé. Les arbres de ces bos­
quets, d’ailleurs, ne dépassent guère une hauteur de 10 mètres,
à moins qu’ils ne croissent dans des ravins; en dehors de ces
dépressions, ce n’est que de loin en loin qu’un bel et grand
arbre domine le taillis.
Pour donner une idée de la végétation de cette contrée, l’un
de nous a dressé en plusieurs endroits la liste des espèces qui
composent les bois ou la steppe, à différentes altitudes et sur
des sols divers.
Sur un dôme dénudé de latérite, de moyenne altitude, où le
sol est formé de la décomposition du gneiss, toute la flore est
constituée par trois espèces de Graminées, un Cyperus et une
Polygalée, toutes ces plantes ne dépassant pas un mètre de
hauteur. Et les cinq espèces sont représentées dans les propor­
tions suivantes, pour 100 : lrc espèce de Graminée, 35;
2e espèce, 32; 3e espèce, 22; Polygalée, 0 ; Cyperus, o.
Au sommet d’une colline à sol gneissique des environs de
Morataitra, sur la rive droite de la Betsiboka, est un petit bois
qui couvre une couche de latérite épaisse d une douzaine de
mètres environ. Les arbres ont une hauteur moyenne de 10
mètres; quelques-uns seulement sont plus grands. Sur 100
plantes, on compte :

�130

H. JUMELLE ET II. PERRIER DE LA RATI11E
5

-

NOTES BIOLOGIQUES — LES ASCLÉPIADÉES

Dalbergia Perrieri D ra k e (D. boincnsis J u m .) de 10
à 15 m è tre s ;

4

Dalbergia ikopensis J u m . (D. Perrieri J u m .) de 15 à
20 m è t r e s ;

2

Xylia Perrieri D ra k e , de 12 k 15 m è t r e s ;

4 in d iv id u s d 'u n e e sp è c e d '.lc a c ia ;

6 Mascarenhasia lisianthiflora DC.;
3 Stereospermum euphorioides D G ., de 15 à 2 0 m è t r e s ;
8 in d iv id u s d ’un e T é ré b in th a c é e , de 4 à 5 m è t r e s ;
5 in d iv id u s d ’une e sp è c e d ' Erythroæylon

;
Anisocycla Grandidieri B n ., l ia n e s ;
2 in d iv id u s d ’une e sp è c e de Salaria , lia n e s ;
3 in d iv id u s d 'u n e M a lv a e é e ;
1

Ficus de 13 à 15 m è tr e s ;

3 p e tits a rb re s d 'u n e

e sp è c e

in d é te rm in é e

(hazoto-

kaua) de 5 à 8 m è t r e s ;
6 in d iv id u s d 'u n e E u p h o rb ia c é e , a r b u s t e s ;
2

Landolphia Perrieri J u m ., lia n e s ;

5 in d iv id u s d une C é la s tr a c é e , a r b u s t e s ;
2

in d iv id u s d ’u n e R u b ia c é e , a r b u s t e s ;

4 in d iv id u s d ’une B ix a c é e

(hazoambo), a r b r e s d e 10

m è tre s ;
2 in d iv id u s d ’u n e a u tre B ix a c é e ,

de Mevetanana, à l'altitude de 450 mètres, une colline dont
la latérite provient de la décomposition du granit :
3
5
10
2
5
4
0
3
5

4

a r b u s te s de 4 à 5

8
1
3
5
2
3
2
2
3
5

m è tre s ;
3 in d iv id u s d ’une e sp è c e de

Grewia, a r b u s t e s de 3 à 8

m è tre s ;
3

in d iv id u s d 'u n e R u b ia c é e , a r b u s t e s ;

2

in d iv id u s d une L a u r a c é e , a r b r e s de 10 à 15 m è t r e s ;

6 in d iv id u s d 'u n e R u b ia c é e , a r b u s t e s ;
2

in d iv id u s d 'u n e E u p h o r b ia c é e , a r b u s t e s ;

1

D ille n ia c é e , lia n e ;

5 in d iv id u s d u n e e sp è c e de

Dioscorea ;

7 in d iv id u s d ’un e lia n e in d é te rm in é e .
100

Voici maintenant la composition d’un bois couvrant, près

137

3
2
4
6
1
2
5

Dalbergia Perrieri Drake, de 2 à 3 mètres;
Dalbergia ikopensis Jum ., de 12 à 15 mètres;
Vernonia Merana. de 12 à 15 mètres;
Pachy/)odiurn Rutenbergianum Vatke;
individus d’une Anonacée, lianes;
individus d'une autre espèce de la même famille,
également lianes;
individus d’une Gonvolvulacée ;
individus d’une Composée, arbustes;
individus d’une Légumineuse qui est un arbuste à
rameaux sarmenteux ;
individus d’une espèce deVernonia, arbustes;
Rhopalocarpus;
individus d'une Gelastracée;
Genipa Rutenbergiana Bn. ;
Stereospermum euphorioides DG. ;
Mascarenhasia lisianthiflora;
individus d'une espèce de Vitis, lianes;
Secamone pacliychylla Jum. et Perr.
individus d'une Euphorbiacée, arbustes;
individus d'une autre espèce de la même famille,
arbustes ;
individus dune Anacardiacée, arbustes;
individus d'une espèce de Grewia, arbustes;
individus d'une Rubiacée, arbustes ;
individus d'une Bambusée ;
Combretacée, liane ;
individus d’une Apocynée qui est un arbre de 8 à 12
mètres ;
individus d'une liane indéterminée.

100 individus.
Sur la cime boisée d'une montagne granitique, sur la rive
gauche de la Betsiboka, au sud d’Ambohimalazabé et k l'est
d'Andriba, à l’altitude de 1.000 mètres, la flore, qui est sur-

�138

139

II. JUMELLE ET FI. PERIMER DE LA BATIME

NOTES BIOLOGIQUES --- LES ASCLÉPIADÉES

tout représentée par des bois taillis composés d'arbres tortueux
et d'arbustes éricoïdes, a la composition suivante :

Les familles qui sont représentées par le plus grand
nombre d individus sont les Cryptogames vasculaires (66), les
Légumineuses (51), les Composées (26), les Apocynées (22),
les Rubiacées (25).
Non loin du ravin, sur les flancs d’une colline dénudée dont
le terrain est identique au précédent, il y a, pour 100 plantes:

11 Vernonia Merana de 4 à 8 mètres ;
4 individus d'une Mvrtacée, arbres de 4 à 6 mètres;
2 individus d'une Liliacée, arbustes ;
6 individus d'une Mimosée, arbres de 10 mètres.
6 individus d'une Térébinthacée, arbustes;
3 individus dune Composée, arbustes;
I Acanthacée, tout petit arbrisseau ;
5 individus d'une Convolvulacée, lianes grêles;
3 individus d'une Yerbénacée, arbres de 4 à 6 mètres ;
4 individus d’une Composée, arbustes ;
10 individus d'une Ericacée, arbustes;
12 individus dune Saxifragée, arbustes;
3 Euphorbes cactiformes ;
13 arbustes appartenant à 3 espèces de Rubiacées ;
5 individus d'un arbuste indéterminé;
13 Graminées et Cryptogames vasculaires diverses.
TôcT
Enfin voici, d’autre part, comment est constituée la végé­
tation d’un ravin boisé des collines triasiques de Kimondio, à
sable et galets siliceux, près de Mevetanana.
Sur 336 individus il %
v/ a :
83 plantes herbacées, dont 31 grimpantes et 52 non grim­
pantes; 43 Ophioylossum ; 6 Fougères; 273 plantes arbo­
rescentes, dont 112 grimpantes et 161 non grimpantes; un
Tacca pinnatifida (qui pousse rarement dans ce slat). Ces
336 individus appartiennent à 31 familles et à 59 espèces dont
7 sont herbacées (4 grimpantes), 20 sont des lianes, et 32 des
arbustes ou des arbres.
Il y a donc, pour 100 plantes, 9 familles et 16 espèces.
Les familles dont les espèces sont les plus nombreuses sont
les Légumineuses, dont 3 espèces de D albergiai6), les Apocynées (5), les Euphorbiacées (4), les Rubiacées (5), les Cryp­
togames vasculaires (4), les Rhamnées (3), les Anonacées (3),
les Burséracées (3).

85
13
1
1

Graminées appartenant à 3 espèces.
Cypéracées appartenant à 1 espèce.
Malvacée appartenant à . . 1 espèce.
Acridocarpus appartenant à I espèce.

100 individus appartenant à. .

6 espèces.

L ’Accridocarpus est la seule espèce ayant le port d’arbuste.
Au sommet de la même colline, toutes les plantes sont des
Graminées appartenant à 2 espèces.
Puis, dans un terrain humide d'un fond de vallée, mais
toujours d’ailleurs de même nature géologique, on trouve, pour
100 plantes :
77
16
2
2
3

Graminées appartenant à. . . 4 espèces.
Cypéracées appartenant à . . . 1 espèce.
Malvacées appartenant à. . . 1 espèce.
Convolvulacées appartenant à 2 espèces.
Hypericum appartenant à. . 1 espèce.

100 individus appartenant à. . . .

9 espèces.

Mais il faut remarquer que, sur ces 9 espèces, 5 sont cosmo­
polites1.
Et il est 3 noter encore que généralement la plupart des
espèces herbacées précédentes sont des plantes aquatiques, ou
de celles qui habitent les marais, les rocailles, les ravins, les
bois humides. C’est aussi dans ces bois humides et les ravins
que se trouvent principalement les lianes, qui sont plus rares
dans les bois secs.
Telle est, au point de vue de la végétation, cette seconde
zone qui, avant la conquête, était la région qui servait si sou­
vent de champ clos aux luttes que les hordes de pillards
sakalaves soutenaient entre elles ou avec les habitants de
l’Imerina,

�NOTES BIOLOGIQUES —

140

H. JUMELLE ET H. PER1UER DE LA UATHIE

Troisième zone.
Quoique plus habitée que la précédente, la troisième zone
est plus boisée, sans doute parce que balisé y est moins vio­
lent et active moins les feux de brousse. Il y a des bois aussi
bien au sommet des collines, dans les endroits secs, qu’au tond
des vallées; les arbres sont seulement plus beaux, naturelle­
ment. dans les bois humides. De légers obstacles, tels qu’un
marais, peuvent suffire ici pour conserver un massit important.
La moindre rocaille semble faire surgir de terre un petit bois.
Nous allons donner encore le relevé des espèces dont est
composée une petite forêt qui couronne une colline de la
causse d Ankara, près de Ivamakama. Le sol est une terre
noire, avec, çà et là, des blocs calcaires apparents. La hauteur
moyenne des arbres est d’une dizaine de mètres ; rarement, de
place en place, un pied plus haut domine le massif.
Il v a , pour 100 plantes:
10
2
2
5

Dalbergia Perrieri Drake (D. boinensis Juin.) ;
Adansonia Za Bn., de 15 à 25 mètres;
Adansonia madagascariensis Dr., de même hauteur;
individus d’une espèce de Grewia, arbustes de 3 à
6 mètres ;
1 Ficus de 10 à 12 mètres;
2 individus d’une espèce de Baulxinia, arbustes de 3 à
4 mètres ;
5 Tamarindus indicus Lin., de l i a 20 mètres ;
3 individus d'une espèce de Rhopalocarpus, de 7 à
10 mètres ;
2 individus d’une espèce d Harpagophijtum, de I à
3 mètres ;
1 Diospyros Perrieri Jum ., de 15 à 30 mètres ;
2 individus dune espèce de Crataeva, de 3 à 4 mètres;
3 individus de Landolphia tennis Jum ., lianes;
2 individus d’une espèce de Bignoniacée;

LES ASCLÉPIADÉES

lit

3 individus d une autre espèce de la même famille,
arbres de 10 à 20 mètres, à bois dur ;
U) individus d’une Euphorbiacée, petits arbustes ;
2 individus d’une Buttnériacée, lianes :
2 individus d’une Myrtacée, arbustes ;
2 individus d’une Euphorbiacée, arbustes;
1 Dalbergia, arbuste ;
3 individus d ’une Lauracée, de 10 mètres;
4 individus d’une Légumineuse, d’une dizaine de mètres;
2 individus dune Euphorbiacée, arbres de 12 mètres;
3 individus de deux espèces d'Acanthacées ;
2 individus d’une Méliacée, arbres de 15 mètres ;
3 individus d'une Euphorbiacée, arbustes ;
4 individus d'une Loganiacée, arbres de 12 mètres;
3 individus d'une Apocynée, lianes ;
5 individus d'une espèce de Chadsia, arbustes ;
10 individus d’un arbuste indéterminé (Méliacée ?)
1 arbre d'une dizaine de mètres, également mal déter­
miné.
lo o
Dans la même causse d'Ankara, le sommet d une autre col­
line, à sol craveux blanc, est déboisé. Il est surtout couvert
de Graminées, poussant en toulFes espacées. Sur 100 plantes,
on compte dans cette steppe :
84 individus d’une Graminée ;
8 individus d une espèce d'Acridocarpus, arbustes de 2
à 3 mètres ;
b individus d'une Graminée ;
2 individus d’une Yerbénacée.
100
L’endroit est très sec ; un peu plus loin, la sécheresse est
moindre et les plantes poussent en herbes serrées, mais ce
sont toutes des Graminées appartenant à 4 espèces, parmi les­
quelles les deux précédentes.

�H. JUMELLE ET II. PEHRÎER DE LA IIATI1IE
H2
Plus bas, sur un sol inondé pendant les pluies, il y a :

individus d’une cinquième espèce de Graminée ;
i Hibiscus cannabinus ;
4 Cyper us.
Quelques arbres sont assez caractéristiques de la troisième
zone. Tels sont notamment deux Palmiers, le Medemia nobilis, ou satrana, YHyplienc coriacca Gaertn., ou satranabe,
une Térébinthacée, le Sclerocarya Caffra, ou sakoa, une
Malpighiacée qui est un Acridocarpus, ou mavaravina. La
résistance remarquable que ces quatre espèces oll’rent aux
feux de brousse explique leur fréquence, h'Acridocarpus et le
Sclerocarya Caffra semblent surtout protégés par leur
épaisse écorce lanifère, et les deux Palmiers par leur tronc
lisse et dur, que les flammes n’entament que difficilement. Il
est de ces Palmiers qui sont brûlés aux trois quarts sans
paraître en souffrir. Dans ces conditions, on conçoit que tous
ces arbres aient persisté dans la steppe.
Le Medemia nohiiis cependant a dû être primitivement un
arbre de forêt, car, alors que, dans la steppe actuelle, il ne
dépasse guère 4 mètres de hauteur, il en atteint souvent plus
de 40 dans les forêts des bords du Jabohazo et de la Mahavaw . De même PHyphene coriacea se trouve souvent dans
les bois sablonneux, où il devait croître exclusivement jadis.
Mais survinrent les feux de brousse; et, alors que les arbustes
ou d’autres arbres moins résistants ont disparu, les deux Pal­
miers sont restés. Nous reviendrons du reste plus loin sur ces
faits en discutant la question de l’ancienne forêt malgache.
Quatrième zone.
L ’alisé est, nous le répétons, généralement très affaibli dans
cette zone littorale par la brise marine. Le sol paraît, en
même temps, peu favorable pour les prairies épaisses
de Graminées, et les feux de brousse actuels restent toujours
nettement localisés, car la moindre broussaille les arrête.
Toute la région est, en conséquence, restée très boisée.

NOTES BIOLOGIQUES —

les

a sc l é p ia d é e s

143

Nous avons dit que c’est aussi la zone des grandes plaines
alluvionnaires et des dunes. Sur les hauteurs, ce sont des
bois formés d’arbres d une dizaine de mètres; dans les val­
lées, les arbres atteignent une taille plus grande.
Considérons, comme pour les autres zones, quelques types
de végétation.
Sur le plateau d Antanimena, entre la Mahavavy et la Betsiboka, le sommet d’une colline de latérite basaltique est
boisé et la plupart des arbres qui le recouvrent ont une hau­
teur moyenne de 10 mètres; quelques pieds seulement s’élèvent,
çà et là, à une trentaine de mètres.
On note sur 100 arbres :
7 Dalbergia Perrieri Drake, de 12 à 20 mètres ;
4 individus d’une autre espèce de Dalbergia de même
taille ;
3 Adansonia Za Bn., de 20 à 25 mètres;
8 Stereospermum euphorioides DC.
2 Landolphia Perrieri Jum. ;
7 arbres de 10 à 20 mètres, du genre Strychnos :
9 arbustes de 3 à 8 mètres, semblant appartenir à la
famille des Célastracées ;
5 individus d’une espèce d'Acacia qui est une liane épi­
neuse ;
5 Tamarindus indicus d'une vingtaine de mètres ;
0 individus d'une Méliacée qui est un petit arbuste de
la lisière des bois ;
3 Toxocarpus tomentosus [Pervillea tomentosa Dcne.),
lianes ;
5 individus d'une Malvacée ;
4 individus d’une espèce de Grewia ;
2 individus d une espèce de Xylia ;
12 Mucuna pruricns ;
2 individus d’une Acanthacée ;
5 individus d’une Ampélidée ;
1 X ylia, arbre de 8 mètres ;
G Dioscorea.

�lit

il. .iümklld Et h . përhiek de la hatMië

2 individus d'une famille indéterminée ;
2 individus d'une Graminée.
~

Sur le même plateau, le sommet d'une autre colline de laté­
rite basaltique est dénudé. Il n’y a comme végétation .que des
Graminées, qui croissent en touffes serrées de 1 m. 20 de hau­
teur, et quelques Cypéracées. Il y a pour 100 plantes :
pieds d’une Graminée ;
52 pieds d'une autre espèce de la même famille ;
4 Cyperus.
44

Du Boina passons à l'Ambongo, pour faire la même com­
paraison sur deux collines analogues, mais qui sont sablon­
neuses au lieu d’être recouvertes de latérite.
Dans les environs de Manongarivo, sur des dunes anciennes,
une de ces collines est boisée au sommet par des arbres d’une
hauteur moyenne de 8 mètres, que dépassent seulement, de
place en place, quelques essences de 12 à 20 mètres. Les
arbustes sont souvent rameux dès la base, et leurs branches
rapprochées forment un taillis épais.
11 y a, sur 100 plantes :
o
6
8
7
2
10
12
4
5

Erythrophleum Kimanga Bn., de 12 à 18 mètres;
Slereospermum euphorioides DG., de 12 à 15 mètres;
Tarruirinrius indica Lin., de 10 à 15 mètres 1 ;
individus d’une espèce de Terminalia de 8 à 0 mètres
de hauteur, à écorce tenace ;
individus d'une Dilléniacée, lianes ;
individus d’une Combrétacée, arbustes sarmenteux;
individus d’un petit Dalbergia de 5 à 6 mètres ;
Hazongia, arbres à résine ;
individus d’une espèce de Grewia, arbuste de 4 à 8
mètres de hauteur, dont l’écorce tenace sert pour
faire des liens ;

1. On voit que ces trois arbres atteignent dans les endroits humides
une hauteur bien plus grande.

03
18
4
5
6
2

touffes espacées d'une Graminée ;
toutfes espacées d’une Graminée;
individus d’une espèce de Polygala ;
individus d’une Malvacée ;
individus d’une espèce de Cassia ;
individus d’une espèce de Salacia dont la souche, res­
tée vivace en terre, émet, chaque année, après les
feux de brousse, de nouvelles pousses ;
1 Landolphia Perrieri Jum ., végétant dans les mêmes
conditions ;
1 Tacca pinnati/îda.

Fait curieux : dans cette quatrième zone, qui est la plus
boisée, la végétation arborescente est représentée par un
nombre d'espèces moindre que dans la troisième et la seconde.
Annales du Musée colonial de Marseille. — 2* série, 6” vol. 190S.

10

�146

H. JUMELLE ET H. PERRIER DE LA BATIIlE

IL
L ANCIENNE FORÊT MALGACHE

En définitive, l'Amhongo et le Boina sont actuellement des
pays peu boisés. C'est l'impression nette qui se dégage de
l'étude précédente, puisque les arbres manquent à peu près
totalement dans la première zone, sont rares encore dans la
seconde, ne forment que des bosquets épars, dans les endroits
protégés contre les feux de brousse ou en dehors des passages
ethniques, dans la troisième, et ne deviennent réellement
abondants, et encore ne le sont pas partout, dans la région
littorale, qui est la dernière zone.
Que faut-il penser de cette rareté de la forêt ?
En fut-il toujours ainsi, et les surfaces aujourd’hui dénudées
l'ont-elles été de tout temps? Ou fut-il, au contraire, une
époque où une végétation hautement arborescente couvrait
tout le pays, l’ancienne forêt malgache ayant été détruite peu
à peu ?
La plupart des auteurs penchent, à l'heure présente, vers
la première de ces deux hypothèses. M. E. Gautier notam­
ment ne croit pas qu'il y eut jadis, dans le centre et 1 ouest
de Madagascar, de vastes forêts qui, sous des causes diverses,
auraient progressivement disparu. Et les principales raisons
invoquées sont la stérilité absolue de la latérite qui forme le
sol d'une grande partie de ces espaces dénudés, puis le manque
de preuves historiques, et aussi ce fait qu’aucun massif fores­
tier actuel ne serait en voie de disparition, sauf là où les
indigènes abattent les arbres, pour la culture du riz dit de mon­
tagne.
Il
peut être délicat pour nous de combattre la théorie
de M. Gautier, qui fut, sans conteste, puissamment documenté,
et dont l’opinion a quelque valeur, puisqu'il est un de ceux
qui ont parcouru le plus complètement les diverses parties de
l ile. L un de nous, au contraire, est toujours resté cantonné
dans le Boina et l’Ambongo, et ses explorations ont toujours

NOTES BIOLOGIQUES —

LES ASCLÉPIADÉES

147

été limitées à cette région nord-ouest, qui ne représente qu'un
coin relativement restreint de Madagascar.
Mais peut-être justement les observations poursuivies dans
ce coin pendant douze ans ont-elles été d autant plus approfon­
dies que le champ des investigations était moins vaste; et. en
tout cas, c’est sans vouloir généraliser, en les étendant aux
régions qui nous sont mal connues, les conclusions que nous
nous croyons en droit de tirer des faits relevés par l'un de
nous dans le nord-ouest que nous affirmons qu’ily eut /à, dans
le Boina et /'Amhonçjo^ nue temps préhistoriques, &lt;le vastes
forêts.
Le lecteur reste libre de juger si l'on ne serait pas en droit
d’appliquer au plateau central les explications qui vont suivre.
Nous allons nous efforcer : 1° de réfuter les arguments par
lesquels on a voulu combattre 1 hypothèse d une ancienne
forêt malgache; 2" d’apporter les preuves positives qui
démontrent, au contraire, à notre avis, la réalité de cette
ancienne forêt.
I. — A r g u m en ts ém is c o n tre l ' h y p o t h è se d e l ’ a n c ien n e f o r ê t

— Ces arguments sont les suivants :
1° La latérite serait stérile. On a dit: la latérite est stérile;
et, par conséquent, sur les grands espaces qu elle recouvre, il
est impossible que jamais des arbres aient poussé.
(Jette stérilité de la latérite n’est nullement pour nous abso­
lue, quelle que soit l’origine de cette argile, qu elle provienne
de la décomposition des gneiss, ou de celle des granits, ou de
celle des basaltes.
Nous connaissons une vingtaine d’espèces d’arbres, d ar­
bustes ou de lianes qui ne se développent bien que sur une
épaisse couche de latérite. Tels sont, entre autres, le Stereospermum euphorioides, le l ernonia Merana, le Dalberqia Perrieri Dr., le Dalberqia ikopensis Juin., certaines espèces d -Icacia, le Mascarenhasia lisianthi/lora, h* Landolphia Perrieri.
Toutes ces plantes ont des racines pivotantes (pii plongent
profondément dans le sol et ne se contentent pas du mince revê­
tement Immifère qui, suivant l’expression de M. Gautier,
serait à la lois « produit et cause de leur végétation ».
m a lg a c h e .

�lis

H. JUMELLE ET 11. PEHlUËR UE LA ItATHiE

Nous no voulons pas prétendre, au reste, que, dans les
conditions actuelles, toutes les latérites soient fertiles. Beau­
coup de ces sols, au contraire, sont certainement rebelles à
toute végétation arborescente. Mais nous pensons que celte
stérilité est une conséquence du déboisement, et non la cause.
Après la disparition de la foret, l’action des pluies sur la terre
dénudée a balayé tout d'abord la couche humifère superfi­
cielle ; puis toutes les parties meubles de la latérite, sous la
même influence, ont été entraînées; et finalement les couches
inférieures, dures, compactes et imperméables, ont été ame­
nées à la surface. Depuis lors, l'érosion continue à enlever
chaque année toutes les parcelles qu'ont ameublies à nouveau
l'air, l'eau et le soleil ; et le sol apparaît d’autant plus stérile
qu il est depuis plus longtemps déboisé.
Pourquoi ne pas admettre cette hypothèse?
Les nombreuses espèces forestières de la région ne per­
mettent pas de douter que les conditions climatiques soient
favorables à la végétation arborescente. Or, sur le sol le plus
stérile, n'y eùt-il primitivement que des Lichens ou des asso­
ciations de Cyanophycés gélatineuses et de Bactéries fixatrices
d'azote, on s’accorde à penser que, avec le temps, une flore de
plus en plus élevée apparaît, sur les débris qui progressive­
ment s’accumulent. Il n’en a pas été autrement pour la laté­
rite de Madagascar ; et, le jour où sur cette latérite il y eut
des broussailles, l'humus fourni par ces plantes dut fatale­
ment, à son tour, provoquer l’apparition de la forêt, puisque,
nous le répétons, les arbres sont représentés dans la contrée
par de nombreuses espèces qui y prospèrent, et dont certaines
se plaisent même tout particulièrement sur la latérite.
C’est le feu qui ultérieurement a tout anéanti de même que,
actuellement, en détruisant, à chaque saison sèche, lesGraminées qui ont remplacé les bois d’antan, il empêche la forma­
tion d'un nouvel humus, sur lequel se reconstituerait la brous­
saille, puis la forêt.
2° La latérite du centre ne contient aucun débris végétal. —
Il est bien vrai qu’on ne retrouve aucune trace végétale
dans les latérites du plateau central. Mais, une plaque de laté-

NOTES BIOLOGIQUES —

LES ASCLÉPIADÉES

119

rite étant d’autant plus stérile et compacte qu'elle est depuis
plus longtemps dénudée et soumise à l’action de l’érosion, il
est tout naturel de ne pas observer des restes d’une ancienne
végétation forestière dans des terrains dont la surface est
aujourd'hui constituée par des couches qui étaient Jadis à plus
de dix mètres au-dessous du sol de la forêt.
La seule objection possible est que nous exagérons les effets
de l'érosion. 11 n’en est rien. L’un de nous a fait de nombreuses
observations sur l’emplacement d’une forêt qu’il a vue dispa­
raître ; il évalue à 5 centimètres l’épaisseur des terres qui furent
enlevées par les pluies pendant les premières années qui sui­
virent le déboisement.
Dans la suite, l’action de l'érosion est naturellement bien
moindre et s'affaiblit à mesure que la latérite apparaît plus
compacte, mais on peut encore la constater par la position que
prennent peu à peu les toulîes de Graminées qui couvrent les
collines. Ces plantes vivaces, dont le rhizome était primitive­
ment souterrain, ne tardent pas à laisser voir à leur base de
grosses souches, que plusieurs centimètres séparent du sol ;
et les rejets courts qui en partent doivent s'incliner forte­
ment pour pouvoir s'enterrer.
3° Il n'y a pas de preuve historique de l'ancienne forêt mal­
gache. — Aucun écrit ne fait, en effet, allusion à une ancienne
forêt. Mais aucun écrit ne mentionne non plus, que nous
sachions, YEpiornis et l’hippopotame malgache, qui cepen­
dant furent contemporains de l'homme. Sans leurs ossements,
nous ne soupçonnerions pas l’existence de ces anciens animaux,
que l’homme aussi, vraisemblablement, a fait disparaître,
comme il a détruit les grands bois.
Et la destruction de la forêt par l'homme est attestée par la
répartition des bosquets actuels. Si M. Gautier, au lieu de
suivre les passages ethniques du nord-ouest, les avait coupés
transversalement, il eût remarqué que ces passages et leurs
environs sont bien dénudés, mais que les intervalles présentent
de nombreux vestiges d'anciens bois. In situ, on ne peut con­
tester qu'il y eut là jadis d importants massifs forestiers, aujour­
d'hui réduits. Leur persistance fui incompatible avec la pré-

�i:;o

H. JUMELLE ET II. PERRIER DF LA BATIIIE

sencede l'homme primitif ou demi-civilisé, et ils ont commencé
à disparaître dès l'apparition d’êtres humains, ou, pour mieux
dire, dès que ces êtres surent faire du feu.
i° Il n i/ aurait pas d exemples actuels d incendies de forêts.
— Sans doute les forêts de Madagascar no ilambent pas comme
les bois de pins de nos Landes; et c'est probablement de celte
sorte d incendie — où un coin de forêt devient rapidement un
vaste brasier dont les hautes flammes, en s’élançant vers le
ciel, illuminent l'horizon — qu'on a voulu dire qu’il n’y a pas
d'exemple dans l'ile africaine, car autrement l'affirmation est
incompréhensible. Depuis douze ans que l'un de nous parcourt
les bassins de la Mahavavy, de l'Ikopa, de la Betsiboka, delà
Mahazamba. du Bemarivo et de la Solia, il n'a jamais trouvé
un bosquet, un bois, une forêt de quelque étendue qui n’ait
pas eu à souffrir des flammes, et ne soif autre qu'un reste de
massif jadis plus important.
En réalité, le feu opère ici son œuvre discrètement, et
d'une manière lente, mais qui n'en est pas moins sûre. Chaque
année, la flamme, se propageant par l’humus et les feuilles
sèches, décelée seulement par une épaisse fumée, passe sour­
noisement d’arbre en arbre, carbonisant les troncs de ceux qui
sont encore verts, abattant ceux qui ont le plus souffert du pré­
cédent incendie, el brûlant complètement ceux qui gisent déjà
sur le sol. Petit à petit, en cinq ou six ans, si le phénomène se
reproduit régulièrement chaque année, le feu, de plus en plus
violent à mesure que le sol découvert se recouvre de Grami­
nées, arrrive ainsi à détruire la forêt tout entière. Et c'est main­
tenant une prairie dont la végétation s'appauvrira progressive­
ment les années suivantes, les pluies entraînant la couche
meuble humifère.
Tout ceci n’est pas description imaginaire. L ’un de nous a
suivi pendant cinq ans à Morataitra, sur la rive droite de la Bet­
siboka. la marche des incendies qui ont ravagé un mamelon de
latérite encore boisé par hasard.
La colline sur laquelle se trouvait celte petite forêt avait à
peu près un hectare de superficie. Deux ruisseaux coulaient à
sa base, à l’Est et à l’Ouest, et allaient se rejoindre au Sud ;

NOTES BIOLOGIQUES —

LES ASCLÉP1ADÉËS

151

c’est évidemment à cette circonstance que le bois avait dû d'être
préservé très longtemps.
Au moment où nos observations commencèrent, l’incendie
avait déjà exercé quelques ravages sur le flanc Est. Les grands
arbres, au-dessus du ruisseau Est, avaient leurs troncs à demi
carbonisés; quelques-uns gisaient dans l’herbe; et une bande
de Graminées large d’une dizaine de mètres s'étendait déjà
entre le ruisseau et le bois. Au mois de juin, ces herbes, qui
n'avaient pas brûlé l’année précédente, couvraient la terre d une
couche de chaumes desséchés, de 50 centimètres de hauteur, d’où
émergeaient les herbes vertes de l’année, hautes de 2 mètres.
Le bois de la colline, composé d'un taillis d'arbustes de 3 à
0 mètres, que parsemaient des arbres de 11) à 15 mètres, était
fortement entamé sur la lisière orientale. Des arbustes étaient
complètement secs, d'autres n’avaient que quelques pousses
vertes ; et, en pénétrant dans le bois, il était facile de recon­
naître que le feu, pendant les précédentes années, poussé par
le vent, s ’y était propagé très loin à l'aide des feuilles sèches, car
la plupart des arbres et des arbustes avaient leurs troncs cica­
trisés à la base. Sur la rive du ruisseau Ouest seule les arbres
plus grands étaient encore intacts et très vigoureux.
Tel était l'état des lieux en juin 1898. A cette époque un
Malgache découvrit de l’or dans le ruisseau Est ; son premier
soin, en se mettant à la besogne, fut d'enflammer les herbes
sèches du bord, avec le brandon dont se servent les indigènes
de la contrée pour chasser les mouches importunes. Le vent
était violent ; les flammes, poussées contre le bois, et s ’élevant
à plusieurs mètres de hauteur, brûlèrent toutes les feuilles des
arbres qui en avaient encore, jusqu’à 5 ou 6 mètres au delà de
la lisière. Plus à l'intérieur, sur une longueur de dix mètres,
les feuilles étaient plus ou moins atteintes et roussies. Faute
d’aliment, le feu diminua ensuite d intensité et s'éteignit partiel­
lement. Sous le souffle du vent, il continua néanmoins de se pro­
pager, par les feuilles sèches, jusqu'aux rives du ruisseau Ouest ;
puis, vers le soir, ce feu de feuilles sèches à son tour s’étei­
gnit. Mais les souches delà lisière Est flambaient encore; des
arbres, rongés à la base, s ’abattaient; et de petits feux s'allu-

�152

H. JUMELLE ET H. PER HIER DE LA BATIIIE

niaient dans les cicatrices anciennes des arbres antérieurement
attaqués et persistaient pendant plusieurs jours, faisant encore
tomber çà et là, dans toute l'étendue de la foret, quelques
arbres ou arbustes.
Au mois de décembre de la même année, c’est-à-dire lorsque
les feuilles nouvelles apparurent, les dégâts de cet incendie
étaient trèsapparents. Sur tout le pourtour delà forêt, une bande
de 10 mètres était entièrement formée d’arbres et d’arbustes
desséchés; 10 mètres plus loin, beaucoup d’arbustes ne végé­
taient plus que par leurs bases.
En août 1899, les herbes de l'année avaient 2 mètres de
hauteur sur les bords de la rivière; au delà, jusqu'à la lisière
réelle de la forêt encore vivante, il s’était développé une telle
abondance de lianes, de plantes grimpantes, de Graminées, le
tout entremêlé aux vestiges du précédent incendie, qu'il était
impossible, sur ce versant, de pénétrer dans la forêt.
Par un vent aussi violent que celui de l’année précédente,
un indigène, attiré encore par 1or de la ravine, mais impor­
tuné par les piqûres de ces sortes de punaises qui pullulent
surtout justement à l’entrée des bois incendiés, mit le feu à son
tour. Les Graminées encore vertes du bord du ruisseau s ’en­
flammèrent lentement; mais, arrivées au bois, les flammes
augmentèrent soudain de violence, et, favorisé par les détri­
tus de l'incendie de l'autre année, le feu devint tel que la zone
des bois desséchés et celle qui n'avait été jusqu’alors que légèment attaquée disparurent entièrement, pendant qu'une nou­
velle zone plus intérieure de 10 mètres, plus ou moins dessé­
chée et roussie, était toute préparée pour servir d'aliment
facile à l’incendie futur. Dans le bois, le dégât fut moindre;
les feuilles sèches du sol, peu abondantes, ne propagèrent pas
l’incendie jusqu'au ruisseau Ouest.
En 1900, mêmes faits et mêmes conséquences. Les arbustes
ou arbres disparaissent, cette fois, du sommet de la colline,
qui est, d'ailleurs, peu élevée ; le feu, transmis par toutes les
herbes sèches accumulées dans le bois, a détruit presque tous
les gros arbres et attaqué même ceux qui bordent la rivière
Ouest.

NOTES BIOLOGIQUES --- LES ASCLÉPIADÉES

153

Des groupes d’arbres desséchés forment , au printemps, autant
de taches sombres parmi la masse verte du reste de la forêt.
A l’Est, une bande de Graminées basses, entre les bords du
ruisseau et l’ancienne lisière, se dessèche.
En 1901, mêmes processus encore, mais les progrès du feu
à l’intérieur du bois sont plus rapides. Au printemps, quelques
bosquets et quelques arbres des rives du ruisseau Ouest sont
seuls encore intacts. Les Graminées basses atteignent le faîte de
la colline. Des pousses de Landolphia Perrieri, liane très résis­
tante, apparaissent toutefois parmi les herbes. Mais déjà, par
places, on entrevoit le rouge de la latérite ; et, comme pour
témoigner de la rapidité avec laquelle les terres nues sont
entraînées par les pluies violentes de l’été, certaines souches
de Graminées sont à quelques centimètres au-dessus du sol.
En 1902, cinquième année, virtuellement il n’y a plus de
forêt. La latérite se montre partout sur le flanc Est; et cette
partie de la colline ne diffère plus des collines dénudées des
environs. Les grands arbres du bord du ruisseau Ouest ne sont
plus eux-mêmes que des troncs mi-carbonisés et secs. D’ail­
leurs, la vigueur de végétation des Graminées et des plantes
adventices est l’indice d une fertilité encore assez grande, mais
qui diminuera progressivement, car la disparition rapide de
l’humus sur les sols dénudés et exposés aux rayons brûlants
du soleil des tropiques est un fait depuis longtemps connu des
agriculteurs coloniaux. Le soleil vient en aide à la pluîe pour
l’élimination de la couche humifère.
Peut-on dire, après cet exemple précis, qu’il n'y a pas actuel­
lement d’incendies de forêts? Et on ne saurait objecter que
1 incendie que nous venons de décrire fut une exception : c’est
à la suite de feux analogues que 90 °/0 des arbres du nordouest ont les bases de leurs troncs marquées de cicatrices qui
attestent qu ils ont été, à un moment donné, léchés par les
flammes. Partout les forêts ont brûlé ou brûlent.
5° // y a dans l'Imerinapeu d'espèces arborescentes. — Pour
combattre l’hypothèse des anciennes forêts de l’Imerina, on
s’est basé encore sur le petit nombre d espèces arborescentes
qu’on rencontre aujourd’hui dans le centre de l’île, alors que,
par contre, le nombre des espèces herbacées est très grand.

�15 i

II. JUMELLE ET II. PERRIER DE LV RATHIE

Il est cependant tout naturel qu’il y ait |) m d’espèces arbo­
rescentes, dès l’instant que toutes les forêts ont été détruites;
l'anéantissement des bois implique fatalement l'anéantisse­
ment des espèces qui les composaient.
Quant aux espèces herbacées, il en est beaucoup qui sontsylvicoles. ou l'étaient primitivement, et ne se sont adaptées qu'ultérieurement, et à la longue, aux lieux découverts. Puis il faut
remarquer que la plupart des autres sont des types spéciaux
aux grandes altitudes, ou aux rocailles, ou aux marais, ou aux
champs cultivés. Et, lorsqu’on a déduit toutes ces espèces, il
n'en reste plus que quatre ou cinq pour couvrir la steppe de
leurs innombrables individus. Le nombre des espèces herba­
cées ainsi comprises n'est donc pas aussi grand qu'on veut bien
le dire. Et nous allons voir, au contraire, maintenant que, pour
le nord-ouest, nous admettons plutôt une proportion qui est
l'inverse de celle qu'on suppose d'ordinaire.
Car, après avoir combattu les arguments qui précèdent,
exposons k présent les preuves, qui, selon nous, militent en
faveur de l’hypothèse de l’ancienne forêt.
II. —

P r e u v e s en fa v eu r d e l ' h y p o t h è se d e l ’ a n c ie n n e f o r ê t

— Ces preuves sont de divers ordres :
1° Preuves botaniques. — Dans le nord-ouest de Mada­
gascar. il est incontestable que, sur tous les terrains, les espèces
forestières, quoique ne couvrant pas la centième partie dn sol,
sont innombrables, en regard du nombre infini d'espèces de
Graminées qui composent la prairie actuelle. Précisons en
donnant la moyenne de très nombreuses observations.
Sur les terrains archéens du centre, par exemple, nous trou­
vons :
Dans les lieux boisés, 38 espèces, représentées, pour
100 plantes, par 20 arbres, 62 arbustes, IS lianes, apparte­
nant à 22 familles;
Dans les lieux découverts, 3 espèces, toutes herbacées, et
appartenant à une seule famille, les Graminées.
Sur terrains calcaires, il y a : dans les bois, 43 espèces,
représentées, pour 100 plantes, par 25 arbres, 54 arbustes,
m a lg a ch e .

NOTES BIOLOGIQUES —

LES ASCLÉPIADÉF.8

155

15 lianes et 6 herbes, appartenant à 18 familles; dans les
prairies, 5 espèces, toutes herbacées, appartenant à 3 familles,
dont l une, celle des Graminées, est représentée par 02 indi­
vidus.
Sur des latérites d’origine basaltique, nous comptons : dans
les bois, 34 espèces, représentées, pour 100 plantes, par
15 arbres, 63 arbustes, 22 lianes, appartenant à 16 familles;
dans les prairies voisines, i espèces, toutes herbacées, appar­
tenant à 2 familles, dont l une, les Graminées, est représentée
par 97 individus.
Toutes ces observations ont porté naturellement sur des
sols qui, sauf la nature géologiquedu terrain, étaient identiques
et à même exposition.
Fait k noter! Les espèces forestières sont toutes très di 11erenciées et, pour la plupart, sont spéciales k Madagascar,
surtout dans les bois secs; au contraire les Graminées des lieux
découverts sont des espèces cosmopolites, ou, tout au moins,
d’aire très étendue, et, s'il en est quelques-unes qui sont spé­
ciales k l’île, leurs individus sont rares, et elles sont sylvicoles !
De même sont peu fréquents, et donnent l impression de
types qui sont en voie d’extinction, parce que ce n’est plus
qu’exceptionnellement que le milieu leur est adéquat, certains
arbres ou arbustes. En fait, ces formes sont de celles
qu’on voit tomber dès la première atteinte des feux de brousse,
et se sont cantonnées dans les endroits où ces feux n'ont
jamais pu exercer leurs ravages. Il en est dont l’un de nous
n a jamais vu, en douze ans d’exploration, qu'un seul exem­
plaire.
Cet unique échantillon n’atteste-t-il pas cependant qu’il
dut y en avoir jadis beaucoup plus ; et. lorsqu'on le retrouve
sur ces terrains plats qui sont intermédiaires entre le s c o l l i n e s
et les marécages ou les rivières, et qui sont k peu près tou­
jours découverts, ne peut-on admettre que le stat fut autre­
fois beaucoup plus riche en ces espèces particulières, c’est-kdire fut boisé ?
Les seuls grands arbres que l’on rencontre aujourd'hui

�156

11. JUMELLE ET II. PER HIER DE LA RATIIIE

dans les prairies de l’ouest sont, nous l avons dit dans le pré­
cédent chapitre, un Acridocarpus, le Sclerocarya Caffra,
et deux Palmiers, le Medemia nobilis et l Hyphæne coriacea
Gaertn. (Ilyphæne Hildebrandtii Bec.).
Mais nous avons bien expliqué déjà que ces arbres doivent
leur persistance, au milieu des herbes et des flammes, à des
qualités de résistance que ne semble présenter au même
degré aucun autre arbre malgache.
Le Sclerocarya Caffra, qui est le plus fréquent des quatre,
a très bien pu. d'ailleurs, provenir de l'Afrique orientale et
être introduit dans l ile après la destruction partielle de la
forêt ; il se sera ensuite répandu rapidement propagé par les
sangliers qui en mangent les fruits. L ’Hyphæne coriacea, égale­
ment de l'est de l’Afrique, a peut-être été apporté dans Pile dans
les mêmes conditions. Le Medemia, indigène, autrefois exclu­
sivement sylvestre, a survécu et continue à prospérer, grâce à
son extraordinaire résistance au feu. h'Acridocarpus a peutêtre eu toujours pour habitat les rochers découverts.
En dehors de ces quatre arbres, les autres plantes ligneuses
qui se sont conservées n'y ont réussi qu'en se modifiant. Gette
modification seule leur a permis de se maintenir dans les
herbes. Leurs tiges sont devenues, à la base, des souches
aplaties, carbonisées, irrégulièrement rongées, sur lesquelles
se développent, après chaque feu, des rameaux annuels ou. au
plus, bisannuels, qu’un nouvel incendie fait périr.
Parmi ces végétaux, le Landophia Perrieri, la liane à caout­
chouc qui fournit la plus grande partie du caoutchouc de
Majunga, est un des plus curieux. Un pourcent seulement de
ses individus développe des tiges normalement L
Ces modifications, qui font d’un arbre ou d une liane un
petit arbuste ou une plante suflrutescente, sont probablement
I. Ce qui revient à dire que le caoutchouc exporté par Majunga
n’est que le centième de ce qu’aurait pu produire la région, si les
jeunes pousses des lianes à caoutchouc qui y croissent n’étaient détruites
chaque année par les feux de brousse. Et nous ne tenons pas compte
des pieds qui au lieu d’être simplement transformés, ont disparu à
jamais avec la forêt.

NOTES RIOLOGIQUES —

LES ASCLÉPIADÉÉS

157

trop récentes dans le nord-ouest de Madagascar pour avoir
acquis (comme M. A. Chevalier pense que c’est le cas au
Congo) un caractère d’hérédité quelconque; ce qui semblerait
prouver que la disparition des forêts dans le Boina ne doit pas
remonter à une époque bien reculée.
A cet égard, l’Imerina, plus anciennement déboisée, four­
nirait peut-être des données plus intéressantes et des exemples
de races déjà fixées. Malheureusement il n’est pas facile de
mettre ces faits en lumière, car trop souvent les botanistes,
mal renseignés par des notes insuffisantes ou des échantil­
lons incomplets, ont décrit comme espèces nouvelles certaines
de ces modifications passagères ou sans importance, pendant
qu ils négligeaient des races ou des espèces affines qui auraient
pu être de quelque intérêt dans la question.
Preuves zoologiques. — Les animaux, tout au moins ceux
des trois groupes qui seuls ont été assez étudiés pour qu’on
puisse tirer quelques conclusions de ces études, les Mammi­
fères, les Oiseaux et les Coléoptères, ont le même mode de
dispersion que les plantes, sur la côte Nord-Ouest. Leurs
espèces svlvicoles, très spéciales, et localisées sur des aires
très limitées, sont très nombreuses, mais, en revanche, les
individus en sont excessivement rares. Les espèces de la prai­
rie, au contraire, sont cosmopolites et peu nombreuses, quoique
leurs individus soient très communs.
Tout se passe, en un mot, comme si les derniers animaux
de la forêt s’éteignaient avec elle, et comme si la prairie, de
création trop récente, n’avait pu encore se peupler que des
rares espèces que le hasard a amenées du dehors.
Preuves ethnographiques et climatiques. — Nous avons dit
plus haut que les passages ethniques du nord-ouest, Mevetanara, Tsaratanana, Mandritsara, étaient déboisés, mais que les
intervalles présentaient encore de nombreux vestiges de la
forêt.
En réalité, dans la zone si peu peuplée où Sakalaves et
Iiova exerçaient jadis leurs brigandages et vidaient leurs
querelles, ces intervalles sont souvent dénudés sur une grande
surface, surface qui est généralement, d’ailleurs, l'indice d’un

�158

H. JUMELLE ET II. PEttïllEK DË LA BATUlE

ancien sentier disparu depuis lors ; mais nous entendons que
dans ces régions, plus que partout ailleurs, on a chances de
trouver et on trouve des massifs forestiers bien conservés,
chaque fois, du moins, que l’endroit est abrité contre les vents
de l'Est et du Sud-Est.
Ces vents, en ell’et, sont avec la densité de la population,
parmi les facteurs les plus importants de la destruction de la
forêt. Et pour mettre ces deux influences en pleine évidence,
non seulement pour la cote Nord-Ouest, mais pour toutes les
régions de l'ile soumises aux mêmes conditions climatiques,
il suffirait d indiquer sur une carte, par une .teinte plus ou
moins foncée, la densité plus ou moins grande de la popula­
tion et par une autre couleur, également plus ou moins sombre,
la plus ou moins grande violence des vents de l'Est et du
Sud-Est en saison sèche. Pour les deux teintes, les parties les
plus claires indiqueraient exactement la distribution des bois
actuels, à la condition, bien entendu, de pouvoir tenir compte
de toutes les circonstances locales qui ont pu, en quelques
points, modifier même passagèrement les deux influences.
Preuves tirées des forêts actuelles, île leur aspect, etc. —
Pour mieux établir encore — car nous ne saurions trop y
insister— que ces vents de l'Est et du Sud-Est ont puissam­
ment contribué à l'anéantissement delà forêt, prenons quelques
exemples.
Et nous voulons même laisser de côté celui auquel on pense
immédiatement, ce boisement persistant de la zone littorale,
c'est-à-dire de la zone où ces vents sont à peine sensibles, com­
battus par les brises marines. Nous ne croyons pas que l'ab­
sence de ces vents soit ici un facteur dominant pour la con­
servation de la forêt. La nature du sol, fait de dunes et de
dépôts sablonneux de toute nature, peu propices à la crois­
sance des Graminées, a peut-être été plutôt la principale
cause du maintien de la végétation broussailleuse ou arbores­
cente.
Avançons-nous plus à l’intérieur. Déjà nous remarquons
tout de suite que, dans tous les bois qui subsistent, c’est tou­
jours la bordure Est et Sud-Est qui offre des troncs noircis

Puis où sont les grands et beaux massifs? Invariablement
dans tous les endroits où un obstacle ou un abri quelconques
ont arrêté manifestement l'action des vents. La forêt de
Kasiza a été protégée par le lit de la Mahavavy. Les hauts
sommets du Tampoketsa ont abrité tous les massifs — un
peu entamés néanmoins— compris entre la Namakia et Mandritsara.
Du haut de ce Tampoketsa, la disposition des forêts est
caractéristique. A voir le tracé des parties dénudées et vertes
qui tranchent sur le sombre des bois, on se représente immé­
diatement la marche de flammes poussées par un vent violent
à travers une prairie d'herbes sèches.
Au bord des rivières, les arbres, dont les espèces ne sont
pas toutes spéciales à ce stat, et dont beaucoup se retrouvent
au sommet des collines, ont leurs troncs courbés, penchés
vers l’eau; et leurs rameaux, que les feux de brousse, du côté
de la prairie, ont taillés en un mur perpendiculaire, s étalenl.
à l opposé, en une magnifique frondaison. Les lits souvent
desséchés des ruisseaux deviennent ainsi de magnifiques
allées.
Dans les vallées où la forêt est en voie de disparition,-la
végétation est souvent répartie comme l'indique la coupe cidessous :

�160

H. JUMELLE ET H. t'KIUUEH DE LA BATtlIE

Les arbres occupent donc les hauteurs (A) et le bord de la
rivière (D).
Pourquoi le bois a-t-il subsisté en A ? Parce que, en B, la
latérite dénudée ne peut nourrir que quelques maigres touffes
d herbes, qui ne peuvent transmettre qu'à de longs intervalles
le feu qui brûle, chaque année, la partie C.
Cette partie C, plane, est constituée par des alluvions bien
plus fertiles que les mamelons de latérite; et c’est sa fertilité
même 1 qui est cause qu'elle est rarement boisée et que les
espèces arborescentes qu’on y trouve normalement, bien que
nombreuses, ne sont jamais représentées que par un tout petit
nombre d individus. La richesse du sol favorise, en etïet, puis­
samment le développement des Graminées, dès qu’un premier
incendie y a fait quelques ravages ; et l’abondance de ces hautes
herbes fournit, dans la suite, au nouvel incendie un aliment
tel que même les espèces ligneuses qui persistent, en se modi­
fiant seulement, sur les collines déboisées ne peuvent pas ici
résister et disparaissent entièrement.
Mais donc la stérilité de B a arrêté les flammes dans leur
marche vers A.
Un autre barrage contre le feu, ce sont les coulées basal­
tiques qui sont si fréquentes dans lAmbongo et le Boina.
Sur ces terrains, le profil transversal des vallées est presque
toujours le suivant :

Fig. 3. — Coupe indiquant comment la roche aride B a protégé
contre les feux de brousse la partie boisée A.

Ici le bois a persisté en A, dans la partie supérieure de la
coulée, par suite de la grande stérilité de la couche inférieure
1. Ce sont ces terres que les indigènes cultivent ordinairement.

NOTES BIOLOGIQUES —

16!

LES ASCLÉPIADÉES

B, qui, formée d’une roche volcanique tendre, bleue, rou­
geâtre ou violacée, est absolument impropre à toute végéta­
tion. Et cette zone, à peine large de quelques mètres, a suffi
pour protéger les forêts du faîte (A) contre les incendies qui,
pour la même raison que tout à l'heure, ravagent facilement
la partie très fertile C.
C’est ce phénomène qui, d’ailleurs, donne aux coulées
basaltiques l’aspect particulier qui permet de les reconnaître
de si loin.
— Pour toutes les raisons que nous venons de déve­
lopper, nous admettrons donc:
1° Que le Boina et l Ambongo — c’est-à-dire la région de 1 île
que l’un de nous a longuement explorée — étaient primitive­
ment couverts de bois. Ces bois n’avaient sur les dunes et les
sables de la côte que 10 à 12 mètres de hauteur ; mais ils attei­
gnaient 15 et 20 mètres de hauteur moyenne sur les gneiss, les
calcaires ou les basaltes de l’intérieur.
2° Ces forêts ont été détruites par le feu, qu’activaient les
vents violents de l'Est et du Sud-Est et qu’alimentaient abon­
damment les tiges sèches des Graminées, d’autant plus touflues
que le sol était plus fertile.
3° Cette destruction n'a pas été, du reste, l’œuvre d un jour,
mais s ’est opérée lentement, d’une fayon continue. L ’homme
en a été la cause première.
4° Les couches humifères, toutes les substances azotées accu­
mulées par des siècles de végétation et de vie, puis les parcelles
meubles de la latérite ont été rapidement emportées par les
pluies, dès que le sol a été dénudé. Une colline de latérite est.
par suite, d ’autant plus stérile et impropre à toute végétation
qu elle est déboisée depuis plus longtemps.
Nous étendrions, d ’ailleurs, volontiers les conclusions que
nous formulons pour l Ambongo et le Boina à toutes les par­
ties de 1 île habitées qui sont soumises aux mêmes conditions
climatiques que le nord-ouest.
R é su m é .

C o n c l u s io n s p r a t iq u e s . — Sans conteste, si le feu n’était
venu, en fléau dévastateur, contrarier le cours naturel des
Annales du Musée colonial de Marseille. — 2* série, 6' vol. 1908.

11

�l(i2

II. J 1; Ml! LL K ET II. l‘ËKltiER ÜK LA UATIllE

choses, la long-ne accumulation de matières végétales et ani­
males des siècles passés aurait du rendre d'une merveilleuse fer­
tilité ces terres du nord-ouest, où tous les étages géologiques
sont représentés. Les incendies, au contraire, les ont. transfor­
mées en sols stériles, comparables à des champs qui, depuis
des centaines d’années, auraient été épuisés par d’incessantes
et abondantes récoltes, sans que jamais une parcelle de prin­
cipes nutritifs leur ait été restituée.
Ce n'est plus que dans les vastes et belles plaines d’alluvions qui avoisinent les estuaires des ileuves qu'il est encore
possible de retrouver, sous une forme plus ou moins assimi­
lable, la partie des éléments fertilisants qui, après l'incendie,
a été entraînée par les eaux. Et seules, pour l’instant, ces
plaines méritent d'attirer l'attention de l'administration et des
agriculteurs européens et indigènes. Ce n’est que leur mise en
culture qui pourrait assurer la prospérité et l'essor économique
de la côte Nord-Ouest, voire de la côte Ouest tout entière, qui
n’ont d'aveniretde ressources que là.
Faut-il cependant considérer comme irrémédiablement inu­
tilisables les terres hautes ?
Nullement; car, lorsqu'on voudra donner quelque valeur à
celles qui ne peuvent servir de pâturages, il n’y aura qu’à
entreprendre de les reboiser et d’y multiplier notamment les
plantes à caoutchouc, qui y poussent naturellement.
Ce reboisement serait, en principe, relativement facile dans
les endroits où il y a encore quelques bouquets d'arbres ; il
suffirait, pour que la vraie forêt réapparût, qu’on réussît à
interdire au moins pendant quatre ou cinq ans les feux de
brousse b En fait, il ne faut pas se dissimuler qu’il sera très
malaisé d’obtenir ce résultat, étant donne les habitudes invété­
rées des indigènes et aussi, d'autre part, la violence des vents
et la sécheresse extrême des herbes, à la lin de la saison sèche.
1. Ou a prétendu que ces feux de brousse avaient l’avantage d’empèclier la trop grande multiplication des sauterelles. C’est inexact ; si les
sauterelles ne s’établissent pas d’une façon permanente dans la Boina,
c’est que leurs pontes ne réussissent pas ou sont très mauvaises dans les
terres argileuses.

NOTES Ht OLOGIQUES

LES ASCLÉPlADÉES

163

Dans les endroits qui sont stériles et dénudés depuis très
longtemps, il serait possible également, et sans trop de peine,
de « recréer » les forêts; mais il faudrait alors attendre la forma­
tion d’une nouvelle couche humifère, sous laquelle ces terrains
redeviendraient meubles et fertiles. On établirait ensuite des
plantations régulières, en ayantsoinde choisir comme essences
de reboisement les seules espèces forestières — et nous en avons
cité — qui croissent bien sur les couches épaisses de latérite.
Evidemment, ces travaux de sylviculture ne pourront pas, de
longtemps, être entrepris par l’Etat ; mais les indigènes pour­
raient dès à présent établir des zones de reboisement, à proxi­
mité des villages; et les forêts ainsi reconstituées deviendraient
propriétés communales.
Il ne faut pas perdre de vue que la récolte de caoutchouc —
avec le produit de laquelle les indigènes se sont acquittés ju s­
qu'à présent du montant de leurs impôts 1— tend à devenir de
moins en moins importante. Si l’on n’y porte remède dans le
plus bref délai, elle cessera bientôt tout à fait. Nous avons dit
comment tout le caoutchouc exporté de Majunga ne représente
réellement que la centième partie du produit que fourniraient
les lianes de la région, si toutes pouvaient acquérir leur déve­
loppement complet de liane. Pour obtenir ce développement,
c’est-à-dire, par conséquent, pour pouvoir récolter cent fois
plus de caoutchouc qu’à l’heure présente, il faudrait simple­
ment que les feux de brousse cessassent pendant quelques
années.
Or, ne serait-il pas possible de protéger les lianes, au moins
à proximité des villages ?
Nous croyons que les indigènes s ’acquitteraient de ces tra­
vaux de reboisement avec autant de bonne volonté qu’ils en
i. Et la plupart, surtout les Sakalaves et les Antandrona, ne se livreront
de bonne volonté à aucun autre travail pour s’en acquitter. Ils vendront
leurs bœufs à vil prix s ’il est nécessaire, mais ils refuseront toujours de
travailler avec un blanc, fussent-ils sûrs de gagner un, deux, ou même
trois fraucs par jour. Et pourtant, lorsqu'ils récoltent du caoutchouc, ils
ne gagnent que 0 fr. 20 à 0 fr. 40 par jour ; et leur travail est infiniment
plus pénible.

�164

II. JUMELLE ET h . PKRIUER DK LA HATIIlE

mettent lorsqu’ils doivent payer des impôts dont, après dix
ans, ils n'ont pas encore compris le sens, et dans lesquels ils
s ’obstinent à ne voir qu’une spoliation !
Puis, même s'il fallait les contraindre, il n'y aurait pas encore
à hésiter; ne les forcerait-on pas à travailler pour eu x? En
troublant un peu leur incurable paresse — sans les molester,
bien entendu — on ne leur causerait pas, semble-t-il, un grand
préjudice !
Sakalaves, Antandrona et Betsimisaraka ne se. plieront
jamais à nos usages ni à notre grande loi du travail. Après
leur avoir fait très simplement repeupler la forêt comme nous
venons de le dire, on leur apprendrait à la conserver et à en
vivre. Et ils pourraient ensuite reprendre tout doucement leurs
anciennes habitudes, qui, somme toute, valent peut-être bien
celles que nous cherchons à leur inculquer!
III
LES ASCLÉPIADÉES DU NORD-OUEST

Trente-deux genres d'Asclépiadées sont actuellement signa­
lés à Madagascar; ce sont les suivants :
1° Parmi les Périplocées : les genres Ilarpanema, Camptocarpus, Baroniel/a, Cryptoslegia, Cryptolepis, Gonocrypla,
Peu topefia ;
2° Parmi les Astéphanées : les Astephanus et Microstephanus ;
3° Parmi les Asclépiadinées : les genres Gomphocarpus et
Asclepias ;
4° Parmi les Cynanchées : les genres Pleuros/elmu, Pycnoneurum, Cynanchum, Vohemaria, Sarcostemrna, Pentatropis,
IJecanenia, Decanemopsis, Folotsia et Voharanga ;
i)° Parmi les Séeamonées : les genres Secamone, Secamonopsis, Toxocarpus et Menabea ;
6° Parmi les Céropégiées : les Leptadeniaet Ccropeyia ;
7° Parmi les Marsdéniées : les genres Gymnema, Tylophora, Stephanotis, Stephanostegia et Marsdenia.

NOTES BIOLOGIQUES —

LES ASCLÉPIADÉES

163

Douze seulement de ces genres nous sont, pour le moment,
inconnus dans le Boina et l'Ambongo.
Ce sont : les Ilarpanema, les Iiaroniella et les Gonocrypla
parmi les Périplocées ;
Les Astephanus (si l’on en sépare, sous le nom de Microslephanus commis, l’espèce de Descaine) parmi les Astéphanées ;
Les Asclepias p a rm i le s A s c lé p ia d in é e s ;
Les Pleurostelma, Vohemaria, Decanemopsis, Folotsia et
Voharanya parmi les Cynanchées ;
Les Stephanotis et Stephanostegia parmi les Marsdéniées.
Nous connaissons, par contre, dans la région qui nous inté­
resse, des représentants de tous les autres genres, et nous
allons les passer en revue. Tous ne sont pas naturellement des
espèces nouvelles, mais la plupart des espèces anciennes ont été
décrites très succinctement, en quelques lignes, par Decaisne,
et il n'est, par conséquent, pas inutile de reprendre leur étude
pour donner, au point de vue biologique, sur leur habitat, leur
port, leur plus ou moins grande fréquence, etc., des renseigne­
ments qui n'ont jamais été fournis.
C’est donc, en somme, l histoire de toutes les Asclépiadées
que l’un de nous a pu rencontrer depuis dix ans dans le nordouest de Madagascar que nous nous proposons de faire.
Nous suivrons l’ordre adopté dans le Pflanzenfamilien d’Engler, où la famille est subdivisée en 7 tribus.
Pentopetia androsæmifolia Dcne.
Cette liane, à latex blanc et poisseux, est à feuilles très poly­
morphes. Nous avions eu l'occasion de constater ce polymor­
phisme en examinant, en septembre 1307, les échantillons de
l'herbier de Kew, et il a été signalé plus récemment par
MM. Costantin et Gallaud 1, dans une note où toutefois ces bota­
nistes ont peut-être un peu rapidement attribué à des variétés
1. Costanlin cl Gallaud : Les Pentopetia de l'herbier du Muséum el la
variation dans un genre exotique Bulletin du Muséum d'Histoire natu­
relle, 1907).— Révision des A sclépiadaeées de M adagascar Annales des
Sciences naturelles, 1907|.

�I 66

H. JUMELLE ET II. TERRIER DE LA RATHIE

différentes [cordifolia, Cowani, lanceolata, ovalifolia) ces
diverses formes de feuilles, qui peuvent très bien, dans les
herbiers, se trouver sur des échantillons séparés, mais, dans la
nature, être réunies sur le même pied, suivant l’âge, parexemple, ou la position des rameaux.
Ces feuilles, d’après nos échantillons, peuvent être ovales ou
lancéolées ; et les unes et les autres, sur le même rameau,
peuvent être à sommet acuminé, ou simplement aigu, ou arrondi ;
la base est, soit fortement en coin, surtout dans les limbes
lancéolés, soit plus ou moins arrondie, et ne reste alors, plus
ou moins, en coin qu'au niveau du pétiole.
Les pétioles ont de 5 à 9 millimètres, et sont souvent velus,
ainsi que les jeunes rameaux ; sur les feuilles plus âgées et
coriaces, ils deviennent glabres.
Les limbes lancéolés ont, par exemple, 5 cm. 1/2 de longueur
sur 2 cm. 1/2 de largeur, ou 7 centimètres sur 2 cm. 1/2. Les
limbes ovales ont 7 centimètres de longueur sur i centimètres
de largeur, ou 8 centimètres sur 4 cm. 1/2, ou 6 centimètres
sur i centimètres, ou i cm. 1/2 sur 3 centimètres, ou 3 cm. 1/2
sur 3 centimètres.
Sur les deux faces des feuilles molles, toutes les nervures
sont parsemées de poils blancs, qui disparaissent sur les feuilles
âgées et coriaces. Les nervures sont bien visibles de part et
d’autre chez les feuilles molles, et la nervation en réseau est
bien accusée surtout sur la face inférieure.
Les inflorescences, axillaires, sont de petits corymbes lâches
d’une douzaine de fleurs, avec pédicelles de I centimètre en
moyenne. Les lobes ealicinaux, soudés seulement à la base,
sont ovales, peu aigus au sommet, glabres, ciliolés,de2 mm. 1/2
de longueur environ sur I mm. 1/2 de largeur.
La corolle est de couleur crème, plus pâle en dehors qu’en
dedans, à lobes tordus sur eux-mêmes. Ces lobes sont lancéo­
lés, aigus au sommet, de 1 centimètre environ de longueur sur
3 millimètres de largeur, soudés sur une longueur de 2 mm. 1/2
à peu près. Les cinq appendices, insérés dans les tissus inter­
lobaires, sont linéaires, blancs, de 2 cm. 3 de longueur environ,
et dépassent par conséquent fortement les pétales. Il y a des
poils intérieurement à la gorge de la corolle.

NO I ES BIOLOGIQUES —

LI S VSCLÉPI YDÉKS

167

Les étamines sont libres, comme dans tout le genre. Les filets
portent des poils sur la face ventrale; ils sont courts (0 mm. 700
environ). Les anthères, brunâtres, sont un peu dilatées, et
auriculées â la base; elles sont couvertes de poils sur leur par­
tie dorsale, et ces poils se continuent sur la membrane qui ter­
mine leconnectif. Cette membrane, couverte de ces longs poils,
est ovale-lancéolée, à pointe nette.
Le caudicule, très court, forme une sorte de lanière presque
aussi large que la cuiller, allongée et ovale, qui le surmonte,
(jette cuiller a un demi-millimètre de longueur, sur une largeur
environ deux fois moindre. La glande rétinaculaire est une lan­
guette ondulée en S, et du milieu de laquelle part le caudicule.
Le style est court et blanc. Le stigmate est ovoïde, pointu
au sommet, sa plus grande largeur étant un peu au-dessus de
son point d insertion sur le style. C ’est sur la partie la plus
large que s ’appliquent, comme toujours, les rétinacles.
Les fruits sont des follicules allongés et grêles, légèrement
striés longitudinalement, un peu arqués, se rétrécissant gra­
duellement vers la pointe dans leur tiers supérieur. Les plus
grands que nous connaissions ont I l centimètres de longueur
sur 5 millimètres de largeur dans leurs deux tiers inférieurs.
Les graines sont étroites, de I centimètre environ de longueur
sur 2 millimètres de largeur; elles sont carénées sur leur face
d'insertion. Les aigrettes, bien blanches, sont longues de 3 cm.
â 3 cm. 1/2.
Les spécimens avec lesquels nous venons de donner cette
description ont été récoltés dans les bois sablonneux de Madirovalo et dans ceux d’Ankirihitra, près du mont Tsitondraina.
Pentopetia rcticulata nov. sp.
Caulis glaber; petiolo brcvi, foliis crassis, ovatis vel clliplicis,
basi cuncalis, apice acutis vel ( junioribus) obtusis, etiamque
rotundatis, infra reticulato-venosis. Corolla rotata, luteola,
lobis lanceolatis, ] cm.-] cm. //2 longis, 3~f mm. latis, apice
obtusis ; squamis subulatis, corollam prope æequantibus : tubi
ore intus leviler piloso. Filamenta glabra ; antheræ dorsobar-

�168

H. JUMELLE ET U. PERIMER DE LA BATHIE

batæ, appendice trianyulà, parce ciliatà. Folliculi ovati, acuti,
5-6 cm. lonyi, /-&lt;?? mm. /a//.
C'est une petite liane de faible diamètre, grimpant sur les
buissons. Elle est à latex blanc et visqueux.
Les tiges sont "labres, parsemées de quelques lenticelles
lorsqu’elles sont adultes. Les feuilles des rameaux florifères
sont assez épaisses, ovales, légèrement aiguës, obtuses ou arron­
dies au sommet, graduellement rétrécies à la base ; elles sont
vert-noirâtre en dessus, glauques en dessous. Le pétiole est
court (4 millimètres) ; il porte quelques poils, ainsique la ner­
vure médiane. Le limbe a 3 à 5 centimètres de longueur sur
16 à 30 millimètres de largeur. Sur sa face inférieure, la ner­
vation est très nette et réticulée ; c’est ce caractère que rappelle
la dénomination spécifique que nous donnons à la plante. Les
feuilles adultes sont coriaces, elliptiques, brun-rougeâtre en
dessus à l'état sec, et vert-pâle en dessous. Le pétiole, épais, a
1 centimètre environ; le limbe a, par exemple, G centimètres
sur 3 centimètres, et est aigu, ou même un peu acuminé, au
sommet, et en coin à la base.
Les inflorescences sont axillaires, au voisinage des extrémi­
tés de courts rameaux. Ce sont — d’après la disposition des
bractées, dont il n'y a jamais qu’une à chaque bifurcation —
des corvmbes lâches, pauciflores, à longs (13-14 millimètres)
pédicelles floraux.
Les sépales, à peine concrescents inférieurement, sont courts
(2 à 3 millimètres), larges, glabres, non ciliolés, presque arron­
dis supérieurement, avec seulement une petite pointeau som­
met même ; ils sont renversés en arrière.
La corolle, de 25 à 30 millimètres de diamètre, est rotacée,
jaune-pâle, à lobes un peu tordus et légèrement échancrés en
faux dans le sens de la torsion. Ces lobes, soudés sur 1 mm. 1/2
à 2 millimètres, ont 1 centimètre à 1 cm. 1/2 de longueur sur
3 à 4 millimètres de largeur ; ils sont lancéolés, à sommet
presque obtus. Les appendices, subulés et spiralés, sont à peu
près de même longueur que la corolle, parfois un peu plus longs.
A la gorge de la corolle sont intérieurement quelques poils.
Les filets staminaux, au-dessus de leur insertion, sont ordi-

NOTES BIOLOGIQUES —

LES ASCLÉPIADÉES

109

nairement glabres ; mais les poils réapparaissent sur la face
dorsale des anthères, surtout vers la base, et sur la membrane
(jui termine le connectif. Ils sont cependant beaucoup moins
nombreux (une dizaine au plus) sur cette membrane que dans
le Penlopetia androsæmifolia ; parfois même ils manquent. La
membrane est triangulaire, bien nette (1 /2 millimètre de lon­
gueur environ sur 1/3 millimètre de largeur vers la base), peu
aiguë.
Le caudicule, très large au voisinage du rétinacle, se rétrécit
peu à peu vers la cuiller, qui est ovale (0 mm. 700 delongueursur
0 mm. 500 de largeur).
Les anthères sont jaunes, un peu allongées, légèrement
auriculées. L’ovaire est glabre, le stigmate est oblong, dilaté
vers la base, au niveau où s'insèrent les retinacles, conique
au-dessus.
Les follicules sont par paires, divariqués, ovoïdes, de o à 6
centimètres de longueur sur 7 à 8 millimètres de largeur dans
leur région médiane ; ils s’amincissent vers les deux extrémi­
tés, mais surtout vers l’extrémité supérieure, où ils deviennent
aigus. Les graines sont ovales (5 millimètres de longueur sur
2 millimètres de largeur), chagrinées avec une minime crête
médiane longitudinale sur une face, surmontées d’une aigrette
blanche de 2 centimètres environ.
Nous connaissons la plante dans les bois de Belambo. c’està-dire aux environs de Mevetanana, sur la rive gauche de
l'Ikopa. Elle croît là en sol granitique ; elle fleurit en novembre
et fructifie en avril.
Nous la connaissons aussi sur les collines rocailleuses
d'Ampanihy, dans le Haut-Bemarivo ; elle y est en fleurs en
octobre.
Pentopctia boinensis nov. sp. (pi. I).
Scandens, tenuis ; fnliis ovafis basi rolundatis vel leviter cordatis, apice abrupte acuminatis, inox cjlabris. Floresalbi; sepalis apice obtusis ; petalis lancelolatis ; tuhi ore extra vil/oso ;
squamis corollæ lobos aquantibus, vel brevioribus, lutcis.

�170

11. .în iE l.l.K ET H. PERRIER DE LA RATIFIE

Filamenfa in/us barbata ; antherae dorso ciliàtæ, appendice
triangula, 2 au/ ,7 /&gt;/7/s ornatà. Folliculi teretes, ap/c&lt;?
nuati, ^-,9 cm. longi, 7-8 mm. lati.
Encore une liane de faible diamètre, grimpant sur les buis­
sons et les petits arbustes. La tige, arrondie, est à écorce gri­
sâtre, d'où s’écoule, par incision, un latex visqueux.
Les rameaux aoûtés sont bruns, avec des lenticelles assez
grosses, mais très espacées; par places, la surface a un aspect
argenté. Les tiges encore vertes sont glabres, sans lenti­
celles.
Les feuilles sont nettement pétiolées, ovales, arrondies ou
un peu en cœur à la base, brusquement acuminées au som­
met. Le pétiole a de 5 à 10 millimètres; le limbe a de 3 cm.
à i cm. 1/2 de longueur, sur 1 cm. 1/2 à 2 cm. 1/2 de lar­
geur, plus rarement 5 centimètres sur 3 centimètres. Les toutes
jeunes feuilles peuvent présenter quelques poils à la base du
pétiole ; mais de très bonne heure pétiole et limbe, sur tous les
individus que nous connaissons, sont complètement glabres.
A sec, le limbe est violacé sur la face supérieure, vert-pâle sur
la face inférieure.
Les inflorescences sont — plus nettement que sur la planche
1— de petites cymes bipares, contractées en ombelles au som­
met d’un pédoncule principal. Ce pédoncule, au-dessous des
premières ramifications, a 7 à 8 millimètres. Les bractées sont
très courtes, blanchâtres à frais.
Les sépales, très brièvement soudés à la base, sont ovales,
obtus au sommet, de 2 millimètres de longueur environ, glabres,
ciliolés, â bords souvent blanchâtres.
La corolle, rotacée et à lobes tordus, est blanche, puis un
peu jaunâtre. Les pétales, soudés sur un peu plus de 1 millim. I /2, sont lancéolés, et ont de 7 à 8 millimètres de longueur
sur 2 millimètres de largeur. Il y a des poils intérieurement à
la gorge.
Les appendices, à base d’insertion assez large, mais fili­
formes immédiatement au-dessus, ont même longueur que les
lobes; ils sont jaunes, contournés en spirale.
Les filets staminaux son t cou rts M millim. 1/2), poilus sur la

NOTES HIOLOGIQUES —

LES ASCLÉPIADÉES

171

face ventrale. Sur le dos des anthères sont aussi quelques
poils, et il y en a 2 ou 3 sur la petite membrane terminale.
Cette membrane est triangulaire, et ses bords, surtout dans
les fleurs jeunes et encore en bouton, font suite aux bords de
l’anthère. Les anthères, légèrement auriculées,ont 1 millim. i
de longueur sur 1 millimètre de largeur.
Du milieu de la glande rétinaculaire, qui est une languette
ondulée en S, part un caudicule court (0 millim. 340 sur 0 mil­
lim. 170, qui tantôt a à peu près la même largeur sur toute sa lon­
gueur, mais tantôt aussi s ’élargit un peu, soit dans sa région
médiane soit au voisinage du rétinacle. Sa cuiller est ovale, de
0 millim. 500 de longueur sur 0 millim. 350 de largeur.
Le stigmate, arrondi basiliairement, est oblong et conique
supérieurement, comme celui du Pentopetia androsæmifolia.
C est encore sur les bords de l'élargissement voisin de la base
que s'insèrent les rétinacles. Les caudicules sont dressés.
Les fruits sont des follicules vaguement cylindriques, comme
ceux du Pentopetia androsæmifolia, et,comme ceux-ci, s’amin­
cissent progressivement en pointe dans leur tiers supérieur ;
mais ils sont un peu plus gros, car ils ont, en moyenne, 8 à 9
centimètres de longueur sur 7 à 8 millimètres d'épaisseur. Ils
sont, d’ailleurs, quelquefois beaucoup plus petits (5 cm. I 2
sur 5 millimètres). Les graines, encore carénées sur une face,
ont 7 à 8 millimètres de longueur sur 2 millim. 2 de largeur,
avec une aigrette de 2 cm. 1/2 environ. La floraison a lieu en
octobre, et la fructification en février.
Tous les caractères précédents sont ceux que nous avons
relevés sur des individus récoltés à Ampombo, dans le HautBemarivo.
Il en est deux qui sont un peu différents dans des spécimens
que 1 un de nous avait recueillis antérieurement, en 1901, dans
les bois sablonneux d'Ankirihitra, c’est-â-dire dans la région
où nous avons signalé plus haut le Pentopetia androsæmi folia.
Dans cette forme d’Ankirihitra, les appendices corollaires
sont (PL I) beaucoup plus courts que les lobes, et ont â peine
2 millimètres; et nous n’avons jamais vu de poils sur la mem­
brane triangulaire qui surmonte l'anthère. On pourrait pe\it-

�172

II. JUMELLE ET II.

l’ ERRIER DE LA RATMIE

être noter aussi que les caudicules ont plus souvent sensible­
ment la même largeur sur toute leur longueur.
Mais MM. Constantin et Galland ont déjàfait remarquer avec
raison que la longueur relative des filaments, dans les divers
individus d’une même espèce, est susceptible de certaines varia­
tions ; et ce n'est pas, non plus, la présence ou l’absence de 2
ou 3 poils sur la terminaison du connectif qui peut constituer
un critérium distinctif.
D’autre part, les plantes d’Ankirihitra et d’Ampombo se
ressemblent entièrement par leurs feuilles, par l’ensemble de
leurs caractères floraux et par leurs fruits.
Les plantes d'Ampombo représenteraient donc seulement,
à notre avis, une forme plus vigoureuse que celles d’Ankirihitra.
Et, en définitive, le Plectaneia boinensis a pour diagnose
celle que nous avons donnée pour le type d'Ampombo ; il faut
seulement ajouter que les appendices corollaires n'égalent pas
toujours les lobes et peuvent être beaucoup plus courts, puis
aussi que la membrane terminant le connectif peut être com­
plètement glabre. Les poils staminaux sont, en ce cas, locali­
sés sur la face ventrale des filets et sur le dos des anthères.
En plus des deux localités précédentes, nous pouvons encore
signaler l'espèce :
Dans les broussailles du sommet du mont Manainampongo,
entre le Bemarivo et l’Anjobona ;
Dans les bois d’Analamahitso, près de Beovv ;
Dans les bois rocailleux, à terrain gnessique, d’Ambondiroka,
près des chutes de la Betsiboka, en amont du confluent de
cette rivière avec l lkopa.
Pentopetia mollis nov. sp.
Foliis ovatis, vel ovato-rolundatis, vcl lanceolatis, basi lads,
apice acuminatis, *2-3 cm. Iongis, 1-2 cm. latis. Corymbi
pauciflori, la.ri. Sepalis breviler ovatis, 2 mm. longis et latis j
petalis ovatis, glabris, ciliolatis ; squamis paulo brevioribus.
Filamentis intus harbatis ; antheris et appendicibus glabris.
Folliculi leviler arcuati, basi et apice attenuati.

n o ie s

b io l o g iq u e s

—

les

a sc l é p ia d é e s

173

Cette espèce, qui croît dans les bois de Belambo, comme le
Pentopetia reliculata, en est tout de suite facilement distinguée
par ses feuilles plus petites et plus molles, et à nervation bien
moins nettement réticulée sur la face inférieure.
Les feuilles sont ovales, ou ovales arrondies, ou encore lan­
céolées, mais très larges et arrondies dans leur moitié infé­
rieure ; la plupart sont nettement acuminées.
l^e pétiole a 5 millimètres environ et est glabre. Le limbe,
également glabre, a 2 à 3 centimètres de longueur, sur l à 2
centimètres de largeur ; k sec, il est discolore ou de même
couleur sur les deux faces.
Les inflorescences sont des corymbes pauciflores lâches,
avec des pédicelles floraux de 1 cm. k 1 cm. 1/2.
Les sépales, à peine soudés k la base, sont courts, ovales,
presque aussi larges que longs (2 millimètres), faiblement aigus
au sommet, glabres, assez longuement ciliolés.
lies pétales, soudés sur 1 millimètre k peu près, sont k peine
ovales, un peu ciliolés, glabres, de 3 k b millimètres environ
. de longueur sur 2 millimètres de largeur.
Les appendices (3 millim. 1/2)sont un peu plus courts, subulé s.
Les filets staminaux sont velus sur la face ventrale ; mais
il n'y a de poils ni sur les anthères ni sur la membrane trian­
gulaire allongée (plus allongée que dans le Pentopetia boinen­
sis) qui termine le connectif.
Les caudicules sont excessivement courts, presque nuis; la
cuiller, ovale, repose presque sur le rétinacle, qui est discoïde.
Le stigmate, large vers la base, est surbaissé, plus ou moins
hémisphérique (comme lenticulaire et faiblement bombé, vu
d’en haut), au lieu d'être oblong et conique comme celui du
Pentopetia boinensis.
Les follicules, un peu arqués, ont k peu près la même forme
que ceux du Pentopetia reliculata. Ils sont amincis aux deux
extrémités, surtout k la pointe, qui est aiguë; ils ont 3 centi­
mètres de longueur, sur 7 millimètres de largeur dans leur
région médiane.

�! 7i

H. JUMELLE ET H. PERR1ER DE LA HATIIIE

Pentopetia elasfica noh. (pl. II).
Scandens, gummifera, foliis adullis ovatis, basipaulo cordatis, apice acuminatis col emarginatis ; junioribus basi ovatis sed
infra apicem abrupte attenuatis ; petiolo venisque pubescentibus. Sepalis extra villosis, triangulis, angustis, acutis; petalis
oblongis, 7 mm. longis, I mm. 3/4 latis, leviter acutis. Squamis quasi triangulis, integris, ut’/ a/u’cc paulo et inæqualiter
bi/idis. Staminibus omnino glabris. Fructi ignoti.
Nous avons déjà fait ailleurs1 l’histoire de cette espèce, qui
est le mavokely des Sakalaves ; nous avons dit que cette petite
liane croit dans les bois rocailleux de la baie de Bombetoka,
aux environs de Majunga, et qu elle est depuis longtemps, là,
exploitée par les indigènes, qui mélangent son lait avec celui
du Landolphia Perrieri. En fait, celait donne un caoutchouc
(jui paraît médiocre.
Les jeunes rameaux de ce Pentopetia elastica (pl. II) sont
bruns ou noirâtres, parsemés de lenticelles grisâtres.
Les toutes jeunes feuilles des extrémités des branches sont
ovales dans leur moitié inférieure et arrondies vers le pétiole ;
mais, vers le milieu de leur hauteur, elles se rétrécissent brus­
quement, et ce rétrécissement brusque simule, sur les bords,
une sorte d’échancrure, due à ce que, plus haut, le limbe con­
serve presque jusqu'au sommet la même largeur, au lieu de
continuer à s’amincir graduellement. Au sommet seulement il
y a une nouvelle atténuation en pointe.
Les petites feuilles, sur les deux faces, portent des poils
épars, surtout sur les nervures.
Les feuilles plus développées sont ovales ou arrondies, pétiolées.
Les pétioles sont pubescents. Le limbe est un peu échancré
à la base, et acuminé ou émarginé au sommet. Les nervures
1. II. Jumelle et II. Perrier de la Batliie : Une nouvelle A sclépiadée à
caoutchouc., A M adagascar (Le Caoutchouc et la Gutta-Percha ; 15 sept.
1908).

NOTES BIOLOGIQUES —

LES ASCLÉPIADÉES

%

175

restent velues ; les nervures secondaires sont opposées ou
alternes, très espacées.
Les feuilles ovales ont un pétiole de 5 à 7 millimètres et un
limbe de 3 cm. I/2 sur 2 cm. 1/2. Les feuilles arrondies ont
un pétiole de même longueur, pour un limbe qui a 3 centi­
mètres en longueur comme en largeur.
Les inflorescences sont de petits bouquets de 3 à 6 (leurs,
portées sur de petits pédicelles velus.
Le calice est aussi velu extérieurement et ciliolé. Les
sépales, soudés seulement à la base (sur 1 millimètre environ)
ont 5 millimètres de longueur sur 1 millimètre de largeur ; ils
sont étroits, triangulaires, aigus au sommet.
Les pétales sont libres également sur à peu près les 3/4 de
leur longueur, qui est de 7 millimètres environ. Ce sont des
languettes de largeur presque uniforme (1 millim. 3/4 jus­
qu’à leur extrémité, qui est légèrement aiguë.
Les appendices interlobaires sont des lilaments un peu trian­
gulaires, simples, ou légèrementet inégalement bifides au som­
met, de 1 millim. 7 de longueur sur 0 millim. 350 de largeur
à la base. Ils ne sont donc pas aussi subulés que dans les
espèces précédentes et rappellent plutôt les appendices du sousgenre Acustelma de Bâillon.
Les étamines, entièrement glabres, sont libres, à filets très
courts (0 mm. 300). Les anthères, nettement auriculées à la
base, et dont le connectif est surmonté d’une membrane vague­
ment ovale, un peu aiguë, presque aussi large que haute, sont
courtes (I millim. 1 de hauteur sur 0 millim. 83 de largeur).
Le caudicule part du milieu d’un rétinacle allongé, ondulé
en S ; il est élargi dans sa région médiane, où ses bords sont
un peu repliés, puis se rétrécit de nouveau avant de se termi­
ner par la cuiller.
Les deux styles, courts (0 millim. 765), (s’unissent en un stig­
mate épais, qui a sa plus grande largeur un peu au-dessus de
son insertion, puis s ’arrondit plus haut en forme de cloche; il
est latéralement, et surtout vers la base, rendu un peu angu­
leux par les dépressions sur lesquelles s’insèrent les rétinacles.
Nous n avons pas encore vu les fruits de ce Pentopetia.

�17G

H. JUMELLE ET II. PEHRÎER DE LA ItATHlE
NOTES BIOLOGIQUES —

Pentopetia alba nov. sp.
Scandens, tenuis, foliis ovatis, basi sensirn attenuatis, apice
acutis vel sæpius obtusis aut rotundatis, aut emarginatis. Flo­
res, versus apicem ramorum,
/, in fasciculis axillaribus ;
calice fere corollam æquante : corollà alba, Z&gt;a$i paulo dilataià;
Squamis vix dimidium petalorum æquantibus, a/n'ce distincte
bifidis ; staminibus omnibus glabris. Folliculi ovati acuti.
Nous avons dit que, dans le Pentopetia elastica, les appen­
dices corollaires sont quelquefois légèrement divisés au som­
met. Le caractère va s’accentuer dans les deux espèces du
genre qu’il nous reste à décrire.
Dans le Pentopetia alba, les appendices sont encore briè­
vement bifides, mais ils le sont toujours très nettement.
Le Pentopetia est une liane de faible diamètre, dont le latex
devient visqueux en se coagulant.
Les feuilles n’ont qu’un court pétiole (2 millim. 1/2), qui est
velu, ainsi que la nervure principale. Sauf sur cette nervure,
le limbe est glabre ou glabrescent ; il est ovale, de 2 centi­
mètres en moyenne de longueur sur I centimètre de largeur.
Il se rétrécit sans devenir aigu vers le pétiole ; le sommet est
quelquefois presque aigu, mais plus souvent obtus, ou arrondi,
ou émarginé. A sec, la face supérieure est de couleur de rouille,
la face inférieure est grisâtre; les nervures secondaires, tines,
sont obliques.
Les tleurs sont, par deux, trois ou quatre, aux aisselles des
feuilles, et surtout vers les extrémités des jeunes rameaux.
Le calice, presque aussi haut que la corolle, a ses cinq sépales,
de 4 millimètres environ de longueur, soudés à la base seule­
ment. Larges et ovales vers cette base, ces sépales se rétré­
cissent très vite en une longue pointe étroite ; ils sont velus
extérieurement , glabres en dedans, ciliolés, avec des glandes au
fond des sinus.
La corolle est rotacée, blanche, glabre, un peu renflée dans
sa partie inférieure, où ses pétales sont soudés sur une longeur
de 2 millimètres environ. Les lobes, de 3 millimètres à peu

LES ÀSCLÉPIADÉES

177

près, sont oblongs, peu aigus au sommet. Entre les pétales
sont les cinq appendices, qui sont des filaments blancs, n’attei­
gnant pas tout â fait la moitié de la hauteur des lobes. Nous
avons dit qu’ils sont bifides au sommet.
Les filets staminaux sont très courts, glabres; les anthères,
très larges, avec deux petits lobes basilaires, sont glabres éga­
lement. La membrane terminale, ovale et courte, un peu plus
large que haute, est surmontée d’un poil unique, exactement
placé à son sommet.
Le rétinacle est allongé, à extrémités un peu recourbées en
sens inverses; le caudicule est assezlong; la cuiller est â som­
met renversé.
Le stigmate est épais, un peu en forme de tonnelet dressé.
Les follicules, de 3 cm. 1/2 de longueur environ, sont ovoïdes
à la base, puis rétrécis en pointe.
Nous ne connaissons la plante que dans le bois de Belambo,
en sol granitique. Elle était en fleurs en janvier 1901.
Pentopetia bidens nov. sp.
Scandens, tenuis ; ramulis foliisquepilosis ;limboovato,'$ centim. 1/$ longo, 15-17 millim. lato,apice acuto vel acuminato,
basi rotundato etiamque paulum cordato. Flores 1 vel 2 axillares; tenuibuspedicellis. Corolla alba,minima (4 mm.), glabra;
tubi ore intus barbato. Squamæ brèves, sed alte bifidæ ; 2 par­
vis dentibus lanceolatis, obtusis. Filamenla intus barbata ;
appendix nuda .
Cette espèce, avec ses appendices profondément bifides,
serait sans doute élevée au rang de genre par quelques bota­
nistes.
Mais pourquoi, d'abord, donnerions-nous au caractère auquel
nous faisons allusion une importance plus grande que celle
qu’on lui attribue dans le genre Crgptostegia, où il constitue
une différence seulement spécifique entre le Crgptostegia
madagascariensis et le Crgptostegia grandiflora ?
Puis les deux espèces précédentes établissent bien la transiAnnüles du Musée colonial de Marseille. — 2* série, 6* vol. 1908.

12

�178

H. JUMELLE ET 11. BEIWUER DE LA HATH1E!

tien graduelle entre les Pentopetia à filaments subulés simples
et ce Pentopetia bidens.
Il n’v a donc, à notre avis — au lieu de créer un nouveau
genre — qu’à modifier un peu la diagnose générique des Pen­
topetia, chez lesquels, croyons-nous, on n’a pas encore eu l'oc­
casion de signaler cette division des appendices.
Le Pentopetia bidens est une liane grêle à jeunes rameaux
un peu duveteux. L'écorce est grise, avec des lenticelles rares
et espacées, et contient un latex blanc et poisseux.
On retrouve le même duvet que celui des jeunes rameaux sur
les pétioles (qui ont 2 millimètres de longueur environ) et sur
les deux faces du limbe, surtout sur la face supérieure. Sur la
face inférieure, il se localise sur les nervures.
Le limbe est ovale, de 2 cm. à 2 cm. 1/2 de longueur sur
15 à 17 millimètres de largeur, aigu ou acuininé au sommet,
arrondi, ou, plus souvent, un peu cordé à la base. La ner­
vation, peu visible sur la face supérieure— qui, à sec, est vert
noirâtre — est bien nette sur la face inférieure de couleur plus
claire. Les nervures de troisième et de quatrième ordre ellesmêmes, quoique très fines, forment un réseau bien marqué.
Les inflorescences sont des cy.nes billores (ou uniflores par
avortement) axillaires, à longs pédicelles grêles et velus, de 2
centimètres environ. Sur les rameaux que nous avons exami­
nés, nous n’avons vu aucune cyme triflore.
Les fleurs sont très petites.
Le calice, jaunâtre, de 2 millimètres environ,est profondément
divisé, à lobes oblongs, arrondis au sommet, velus extérieure­
ment. glabres en dedans, ciliolés.
La corolle, blanche, a un tube de 2 millimètres à peu près,
que surmontentd e s lobes oblongs, de 2 millimètres également,
glabres, obtus. Intérieurement, le tube, dans sa partie supé­
rieure, est garni de poils.
Immédiatement au-dessous des sinus interlobaires sont des
appendices courts, violets à frais, formés chacun de deux
petites dents lancéolées, obtuses, soudées seulement entre
elles à la base, au niveau de leur insertion.
Les étamines, grisâtres à frais, ont des filets velus sur la

No t é s b io lo g iq u e s —

lès

a sc l é p ia d é e s

179

face ventrale ; l’anthère est large, avec deux petits lobes basiliaires, et sa membrane terminale est dépourvue de poils. A
la base du connectif seulement, au sommet du filet, sont
quelques poils.
Les anthères affleurent, à peu près, par leur partie extrême,
au niveau des sinus interlobaires de la corolle.
Le stigmate est à deux courts becs aigus.
Nous n’avons vu que des fruits très jeunes, qui sont des fol­
licules allongés, étroits, aigus, glabres.
La liane habite les bois rocailleux, à sol jurassique, d'Andranomavo, dans l'Ambongo. Elle est en fleurs en novembre.
Cryptolepis albicans nov. sp. (pl. III).
Scandens, tenuis, villosus ; foliis ovatis vcl rotundatis, basi
cordatis, apiçe rotundis sed abrupte et breviter acurninatis.
Cyrnæ paucifloræ
floribus), terminales vel axillares ;
corollæ lobis ovatis, atfamen apice anipliatis simulque uno
lalere emarginatis ; in tus tubi ore barbato. Squamæ rninutæ,
apice rotundatæ vel paulum emarginatæ. Filanienta pilosa,
pariterque antheraruni basis. Folliculi crassi, acuti, triquetri,
velutini.
Comme beaucoup d’autres auteurs, nous ne voyons pas bien
quel est le caractère qui pourrait permettre de séparer nette­
ment les genres Pentopetia et Cryplolepis. La longueur des
appendices corollaires est si variable chez les diverses espèces
de Pentopetia et, chez certaines de ces espèces, est si réduite
qu'on peut admettre qu’il y a tous les types intermédiaires
entre les longs filaments du Pentopetia androsæmifolia et les
écailles rudimentaires des vrais Cryptolepis. Le Pentopetia
bidens, par exemple, avec ses courts appendices bilobés, est
certainement très voisin des Cryptolepis et nous amène, en
particulier, d’autant plus insensiblement au Cryptolepis albi­
cans que les minuscules écailles de celte dernière espèce sont
quelquefois à bord supérieur un peu émarginé.
Ce n’est, en somme, que l'extrême petitesse de ses appen­
dices qui nous fait séparer la présente espèce des précédentes,

�180

h . ju m e l l e

et

u.

im: iuuku

de

la

k à t Hië

et nous engage à la désigner génériquement comme Cryptolepis ; mais ce n’est là, il faut le reconnaître, qu'une différence
de degré.
Le Cryptolepis albicans est encore une liane de faible dia­
mètre, qui recouvre les grands arbustes el les petits arbres.
Son latex est incolore et visqueux. Les rameaux aoûtés sont
gris-blanchâtres, veloutés au toucher, parsemés de nom­
breuses lenticelles grisâtres. Sur les branches toutes jeunes,
les poils sont blancs.
Les feuilles jeunes sont ovales, plus ou moins arrondies et
un peu cordées à la base, presque arrondies aussi au sommet,
avec un très court acumen, ou bien plus atténuées et légère­
ment aiguës. Le pétiole est court (5 millimètres environ), épais,
velu. Le limbe a 3 à 3 centimètres de longueur sur 2 à 3 cen­
timètres de largeur, vert sombre en dessus, blanchâtre en des­
sous, velu sur les deux faces, mais beaucoup plus sur la face
inférieure que sur la face supérieure. Les poils forment un feu­
trage sur la face inférieure, ils sont plus courts et espacés sur
la face supérieure.
Les feuilles adultes sont obovalesou presque rondes, cordées
à la base, arrondies au sommet, avec toutefois un brusque et
court acumen. Le pétiole a 3 à 10 millimètres de longueur et est
très velu. Le limbe a, par exemple, 7 centimètres de longueur
sur 4 centimètres de largeur, ou bien 0 cm. 1/2 de longueur sur
3 cm. 1/2 de largeur, ou 8 centimètres sur h centimètres, ou
encore, quelquefois, 12 centimètres sur 8 centimètres ; il est vert,
et à poils disséminés, en dessus, blanc et cotonneux en dessous.
Il v a 7 à 8 paires de nervures secondaires, jaunâtres en dessous.
Les inflorescences terminent ordinairement de très courts
rameaux, qui ne portent, au-dessous, que quelques petites
feuilles, souvent deux. Parfois, aussi, sur ces rameaux, les
inflorescences sout latérales.
Ce sont de petits bouquets de 3 à 12 fleurs, disposées
en cymes bipares. Les premières ramifications de ces cymes
sont contractées; les dernières, qui se terminent par les fleurs
dont elles sont les pédicelles, sont, au contraire, très longues
(10 à 13 millimètres). Toutes ces ramifications et les bractées

NOTES BIOLOGIQUES —

LES ASCLÉPIADÉËS

181

linéaires qui les accompagnent sont couvertes de poils blan­
châtres.
Les sépales, peu soudés, sont ovales, peu aigus, de 3 millim.
1/2 à 3 millimètres de longueur, sur 2 à 3 millimètres de
largeur, velus en dedans et plus encore’ en dehors.
La corolle est rotacée, d’abord jaunâtre, puis blanchissante,
profondément divisée. Les cinq lobes, étalés, sont ovales, plus
larges toutefois vers le sommet que vers la base ; en outre,
vers le sommet, leur bord est arrondi d'un côté, tandis que,
de l’autre, il s ’élargit en s’échancrant légèrement, formant
ainsi une sorte de croissant dans le sens de la torsion. Ces
lobes ont, en moyenne, 12 millimètres de longueur, sur 6 à 8 mil­
limètres de largeur ; ils sont ciliolés, pubescents extérieurement,
surtout vers les bords. Intérieurement, il y a de nombreux
poils à la gorge de la corolle.
Les appendices, dans les sinus interlobaires, sont réduits à
de toutes petites écailles, larges, arrondies au sommet, avec
même une légère échancrure médiane.
Les filets staminaux. libres, sont velus; les anthères le sont
aussi à la base. L’ensemble de ces anthères, au-dessus du
stigmate, forme dôme. Les membranes qui terminent les con­
nectifs sont excessivement courtes et ne dépassent que très
légèrement les anthères; elles sont triangulaires, à sommet
arrondi.
Les glandes rétinaculaires sont ovales-allongées. Le caudicule qui part de chacune est très court, non élargi ou peu
élargi vers la base ; la cuiller est presque ronde (0 millim. 760
sur 0 millim. 080).
L’ovaire est glabre; le stigmate est arrondi au sommet.
Les fruits sont toujours des follicules épais, triquètres,
velus, peu rétrécis vers le point d’attache, mais atténués pro­
gressivement vers le sommet qui est aigu. Secs, ils ont 7 cen­
timètres de longueur sur 1 cm. 3 dans leur partie la plus large.
Frais, leur largeur atteint 35 millimètres.
Les graines sont carénées suivant la ligne médiane, sur l'une
des faces, comme chez les Peu topetia ; elles sont ovales-allon­
gées (7 millimètres sur 2 millim. 1/2), larges et arrondies à la

�182

H. JUMELLE ET H. PER R1ER DE LA RATHIE

base, plus étroites dans le tiers supérieur, qui est surmonté
d'une aigrette blanche de 2 millimètres environ.
La plante est commune dans les bois secs, à terrain gneissique, des environs d’Ampasimentera, dans le Boina. Elle fleu­
rit là en octobre et fructifie en mai et juin.
L ’un de nous l’a rencontrée encore sur le granit, dans les
bois secs deBelambo, aux environs de Mevetanana, et aussi sur
le littoral, dans les environs de Marovoay, sur le basalte.
Cryptostegia madagascariensis Boj.
Nous nous contentons de mentionner ici cette espèce, qui
est le lombiro des Sakalaves, et sur laquelle nous avons déjà
antérieurement publié diverses notes 1.
L ’année dernière, dans ces Annales, nous indiquions qu’elle
n’est pas seulement intéressante comme liane à caoutchouc,
mais encore comme plante textile.
Nous rappelions que. à côté de la forme typique, qui est
plus ou moins glabre, il est une forme entièrement velue. Cette
forme a été observée par l ’un de nous dans les environs de la
baie de Bombetoka, en sol salé et dans des endroits humides
et calcaires où, d’ailleurs, d’autres individus de la même espèce
étaient glabres ou glabrescents,ou seulement légèrement pubescents.
Enfin, dans une note plus récente 2, nous croyons avoir
établi cet autre fait que le Cryplosteyia niadayascariensis,
sur la côte Ouest, s ’arrête au-dessus de Tuléar. S ’il existe
au-dessous de ce niveau, il doit, en tout cas, devenir rare, car.
la liane que les indigènes nomment encore lombiri entre
Tuléar et Tsivory est l ’autre espèce du genre, le Cryptostegia
grandiflora.

1. H. Jumelle et H. Perrier delà Bathie:
(L’Agriculture pratique des pays
chauds, oct.
Jumelle
(Annales du Musée colonial de Mar­
seille, 1907).
2. H. Jumelle : (Le C ryptostegia g ra n d iflo ra dans le sud-ouest de
M adagascar (Le Caoutchouc et la Gutta-Percha, nov, 1908).

Le polym orphism e des Mascarenhosia du Boirta et de l'A/nbongo
1907). — II.
: S u r quelques plantes utiles ou intéres­
santes du nord-ouest de M adagascar

NOTES BIOLOGIQUES —

LES ASCLÉPIVDÉKS

18B

Camptocarpus maurilianus Dcne.
Cette espèce est bien connue et a été plusieurs fois décrite;
elle l’a été tout récemment encore par MM. Costantin et Gallaud ( loe. cit. ).
MM. Costantin et Gallaud admettent toutefois une variété
madagascariensis parce que, dans les échantillons qu ils ont
examinés, les nervures latérales sont, sur le limbe, moins
nombreuses (4 à 7 au lieu de 1 ï à IG) et plus écartées (4 à G
millimètres au lieu de 2 à 5) que dans le type.
Nous croyons ce caractère bien relatif. Dans nos spécimens,
les limbes, ovales-arrondis et acuminés, et de 4 c. 1/2 envi­
ron de longueur sur 3 centim. 1/2 de largeur moyenne, ont
ordinairement une dizaine de nervures secondaires obliques,
avec des écartements de 2 à ’’&gt; millimètres, et quelquefois
aussi de G millimètres. Ils appartiendraient donc aussi bien
au type qu’à la variété et seraient intermédiaires. Nous ne nous
attachons, par conséquent, qu’à l’identité spécifique.
Les glandes rectangulaires qui alternent avec les sépales
sont très grosses, à bord supérieur dentelé.
Les pétales, triangulaires et aigus, sont soudés vers la base
seulement. Les cinq pièces de la couronne, larges dans leur
partie inférieure, se rétrécissent ensuite presque brusquement
en une languette qui, un peu plus haut, se divise en deux fila­
ments étroits, dépassant les étamines. De part et d’autre de
la base de la languette, les bords supérieurs de la partie large
sont obliques et dentelés.
Les anthères, qui n’ont qu’une pointe très courte, recouvrent
le stigmate. Celui-ci est large à la base et est à sommet
hémisphérique, avec un tout petit mamelon. La cuiller est un
peu ovale, arrondie au sommet, avec un caudicule long et grêle.
La liane a été vue par l’un de nous en Ileurs, en janvier 1903,
dans les bois secs de Soalala, dans l’Ambongo.
Camptocarpus Bojeri nob.
Scandens, tennis, foliis parvis [ S c m . longis), siccis nigresccntibus, crassiusculis, basiet lateraliter rotundatis, apice acu-

�18 i

II. JUMELLE ET H. PERRIER DE LA BATHIE

minatis. Flores,’} in axillaribus cymis ; corolla rotata. Coronæ
foliolisalte bi/îdis, basi in annulant connatis, androceurn excedentibus. Folliculi (immaluri) tongissimi et graciles.
Nous nommons cette espèce Camptocarpus Bojeri parce que
nous croirions volontiers que c'est le Camptocarptus Bojerianus Dcne. Mais comment nous en assurer?
MM. (jostantin et Gallaud disent que l’espèce de Decaisne
n'est pas représentée dans l’herbier du Muséum de Paris et
nous ne l’avons pas vue davantage dans l’herbier de Kew.
Nous n'avons donc sur le Camptocarpus Bojeri a nus Dcne
d'autre renseignement que la description de Decaisne qui est
réduite à ceci : «. feuilles ovales ou ovales-lancéolées, subacuminées, obtuses, obscurément veinées, à cymes tritlores ». Dans
le doute, nous donnons à notre plante un nom qui se rap­
proche de celui de Decaisne.
Notre Camptocarpus Bojeri est une liane grêle, à latex
blanc et poisseux, et qui habite ordinairement les bois sablon­
neux secs.
Il diffère par plusieurs caractères du Camptocarpus mauritianus.
Les feuilles semblent toujours relativement petites, attei­
gnant à peine 3 centimètres de longueur. A sec, elles sont
noir-brunâtre, brillantes, un peu coriaces. Et cet aspect
est assez caractéristique, car nous l'observons aussi bien sur
des échantillons en fruit récoltés en décembre 1905 à Ankirihitra près du mont Tsitondraina) que sur des rameaux en
fleurs recueillis en 1907 à Ankarafantsika.
Le pétiole est court (2 millimètres), le limbe est ovale, de
2 cm. 1/2 sur 1 cm. 1/2 en moyenne, arrondi latéralement et
5 la base, acuminé au sommet. Les nervures secondaires, qui
forment des dépressions sur la face brillante supérieure, mais
sont néanmoins très peu saillantes sur la face inférieure, sont
obliques ; et leurs extrémités se réunissent en un ourlet mar­
ginal suivant lequel le limbe se replie un peu supérieurement.
Les inflorescences sont des cymes triflores axillaires.
Le calice est très petit, à sépales de 1 millimètre environ,
ovales, larges, à peine aigus, presque libres. Avec ces sépales

NOTES BIOLOGIQUES —

LES ASCLÉP1ADÉES

185

alternent cinq glandes beaucoup plus petites, rectangulaires,
un peu plus larges que hautes.
La corolle est rotacée ; les pétales, de \ millimètres sur
2 millimètres, sont soudés seulement à la base.
La couronne est formée de cinq pièces dont les parties
basilaires larges constituent un tube. Chaque pièce est sur­
montée de deux longs filaments grêles qui dépassent l’androcée, et entre lesquels se trouvent ordinairement deux petites
dents. 11 y a donc dix longs filaments pour l’ensemble de la
couronne.
Les anthères sont larges, triangulaires, k bords repliés un
peu en dehors ; le connectif se termine rapidement en une
très courte pointe.
La cuiller est arrondie, portée par un assez long caudicule
grêle et régulièrement cylindrique, qui se rattache à un rétinacle allongé.
Le sommet du stigmate est plat, un peu déprimé au centre.
Les follicules (non murs) sont grêles et très longs (15 k
17 centimètres), toujours par deux, noirs quand ils sont secs.
Microslcpftanus cernuus E. Br.
Syn. : y\stephanus cernuus Dcne ; Astephanus ovatus Dcne;
Astephanus arenarius Dcne.
Cette Astéphanée est très répandue sur la cote orientale
d’Afrique ; elle est indiquée par Brown dans la région du Nil,
k Mombasa, et sur tout le littoral du Mozambique.
Dans le nord-ouest de Madagascar, c’est une petite liane
grêle, verte, un peu crassulescente. localisée sur le bord de la
mer. Elle pousse, par exemple, sur les rocailles de la baie de
Diego-Suarez.
Gomphocarpus fruticosus H. Br.
On sait quelle est aujourd’hui la large répartition de cette
espèce, qui n'est même nullement limitée k la zone tropicale,
car elle s'avance jusque dans le bassin méditerranéen. Elle est,

�NOTES BIOLOGIQUES —

Les Pycnoneurum — dont Decaisne a décrit deux espèces
— sont des plantes qui sont tout de suite bien caractérisées
par leur port et par l'aspect de leurs fleurs.
On n’a jamais, croyons-nous, signalé, d’autre part, que ce
peuvent être des Asclépiadées à tubercule, comme les Brachystelma, les Decaceras, les Ceropcgia et les Dichaelia. C'est
le cas cependant, tout au moins, pour l’espèce que nous con­
naissons dans le nord-ouest, le Pycnoneurum sessiliflorum.
Annuelle par sa partie aérienne, cette espèce est vivace par
sa partie souterraine, qui est un tubercule napiforme allongé,
féculent. La tige est dressée, ordinairement simple, cylin­
drique, légèrement renflée seulement aux nœuds, de AO à
60 centimètres de longueur. Elle contient en abondance un
latex blanc, visqueux.
Les feuilles sont presque linéaires, de 12 à 16 centimètres
de longueur, sur 5 à 7 millimètres de largeur, longuement
aiguës au sommet, atténuées en un court pétiole à la base.
Elles sont glabres ou glabrescentes, la nervure médiane cepen­
dant étant couverte de la même pubescence que les tiges.
Les inflorescences sont des groupes ombelliformes subsessiles, de 20 à 40 fleurs. Exactement, les fleurs, portées cha­
cune par un pédicelle court ( i à 6 millimètres), et pubérulent,
sont groupées par deux sur un axe conique de 6 à 10 milli­
mètres de longueur.
Les sépales, soudés seulement à la base, sont triangulaires,
très étroits et aigus, de 4 millimètres environ de longueur, blan­
châtres et scarieux sur les bords, pubérulents.
La corolle est, dans sa partie inférieure, un large tube blanc ou

LES ASCLÉPIADÉES

187

blanc-rougeâtre, de ’i millimètres de longueur sur i millimètres
de diamètre, marqué extérieurement de 5 carènes, avec 5 fos­
settes intermédiaires. Les lobes sont des languettes de 6 mil­
limètres environ, excessivement étroites, qui se replient, en se •
tordant et en se touchant par leurs sommets, vers l'intérieur
de la fleur; et leur ensemble forme un cône verdâtre. La cou­
ronne est urcéolée, entière, de Amillimètres de hauteur environ,
rouge ou violette, et dépasse l'androcée.
Les étamines sont à filets dilatés en arrière, épais ; les
anthères, à loges jaunâtres, sont appliquées contre le stig­
mate, et surmontées d'une large membrane claire, triangu­
laire, un peu lobée à la base, aiguë au sommet.
Les pollinies sont elliptiques, allongées et étroites ; les caudicules sont courts et très larges ; le rétinacle est allongé,
ovale, et se termine, à l'extrémité opposée à celle où s'insè­
rent les caudicules, par deux petites cornes convergentes
(simulant une sorte de pince).
Le stigmate est vaguement en forme de calotte, marquée
toutefois latéralement des cinq dépressions correspondant aux
rétinacles ; le sommet est un peu excavé.
Le Pycnoneurum sessiliflorum croit, dans les endroits secs
et découverts, dans le bassin moyen de l lkopa et dans les
bassins de la Betsiboka, de la Mahazamba, du Bemarivo et de
la Sofia.
L'un de nous l’a trouvé pour la première fois, en avril 1898.
sur les collines sèches, à sol gneissique, des environs de Firingalava, sur la rive droite de l'Ikopa, entre Mevetanana et
Andriba. En avril 1908, il l'a récolté sur les collines sèches du
crétacé inférieur des environs de Majunga.
La floraison a lieu de janvier à mai.
Cynanchum Eurychiton Dcne.
Le Cynanchum (Cynoctonum) Eurychiton, brièvement
décrit jadis par Decaisne, est une plante annuelle, volubile,
peu rameuse, atteignant environ 4 ou 5 mètres de longueur.
La tige, de 7 à 8 millimètres de diamètre, est sull'rutescente à la

�■ • ■~lW
—-

188

H. JUMELLE ET II. PEU HIER DE LA IIATM1E

base, couverte de lenticelles verdâtres, el contient un latex
blanc, visqueux. Toutes les parties sont glabres.
Le pétiole (7 à 8 millimètres) est plus ou moins cylindrique. Le
* limbe, dont les dimensions varient de 2 cm. 1/2 sur 2 cm. à
8 centim. sur7 cm., est fortementauriculé, les oreillettes se ter­
minant en pointe arrondie ; le sommet se prolonge en un acumen très aigu.
Les inflorescences sont axillaires et sont des cymes de 7 à
13 fleurs, contractées en corymbeau sommet d’un axe épaissi,
nu sur une très grande longueur (7 à 12 centimètres). La par­
tie épaissie, et qui porte les fleurs, a 10 à 15 millimètres. Les
pédicelles floraux ont 12 à 15 millimètres.
La corolle est rotacée, stellée, à cinq lobes étalés (8 â
10 millimètres sur i millimètres), canaliculés au milieu sur la
face interne, verts extérieurement, et brunâtres, avec un rebord
jaune, intérieurement.
La couronne, simple, blanche, dressée, lobée, avec cinq plis­
sements internes, dépasse le gynostège. Cette couronne et ce
gvnostège sont bien représentés dans le Pflanzenfamilien ; nous
n'avons pas à y insister.
Les pollinies, elliptiques et descendantes, obtuses aux deux
extrémités, sont fixées sur de courts caudicules qui s'élar­
gissent au niveau de leur insertion. Le rétinacle est noir, briè­
vement ovale, presque arrondi.
Les fruits sont des follicules lancéolés, triangulaires, les
trois angles se prolongeant en ailes ondulées et épaisses,
hautes de 10 à 15 millimètres. Chaque follicule est brusquement
rétréci et brièvement stipité â la base, aigu au sommet ; sa
plus grande largeur est au-dessous du quart inférieur de sa
longueur. Les dimensions ordinaires sont 12 à 15 centimètres
de longueur sur 5 cm. 1/2 à 6 centimètres de largeur.
Les graines sont plates, ovales, beaucoup plus larges cepen­
dant dans leur moitié inférieure, qui est arrondie, que dans la
moitié supérieure. Elles ont, en moyenne, I centimètre de
longueur sur 7 millimètres de largeur maxima. Le bord inférieur,
arrondi, est dentelé ; l’extrémité supérieure porte une aigrette
blanche de 15 millimètres de longueur environ.

NOTES tUOLOG QÜES —

LES ASCLÉPtADÉES

189

L ’espèce est assez commune sur tous les terrains, dans
l’Ambongo et le Boina, oü elle habite de préférence la lisière
des bois.
L'un de nous l’a récoltée pour la première fois, en fleurs,
dans les bois rocailleux du plateau du Tampoketsa, en terrain
jurassique, dans LAmbongo.
Elle fleurit, suivant les régions, de janvier à mai et fructifie
vers juillet.
Cynanchum arenarium nov. sp.
Scàhdens, aphyllum. Corolla rotata, alha; corona basi dilatata, 5 foliolis ustjue ad tertiam partern superiorem connatis,
deinde liberis et apice breviter hifidis, introrsuni iucurvatis.
Androceum corona multo brevius; appendice ovatâ, acutà ;
polliniis piriformibus, translatoribus perbrevibus, latis ; retinaculo oblonçjo. Folliculi ovati, acuti, 4-5 cm. longi.
Cette liane aphylle, vert blanchâtre, crassulescente, à latex
blanc verdâtre et poisseux, croît dans les bois très secs de
Madirovalo; elle grimpe sur tous les arbustes qu elle peut
atteindre. Sèche, la tige est fortement ridée, blanchâtre.
Le calice est à sépales presque libres, très courts (1 milli­
mètre), ovales, aigus, glabres, non ciliolés.
La couronne, de 2 millim. 1/2 à 3 millimètres de hau­
teur, est gibbeuse dans sa partie inférieure, où les cinq pièces
sont soudées ; les lobes, qui correspondent à peu près au tiers
supérieur, sont larges, et terminés chacun par deux dents
aiguës, rabattues vers l'intérieur.
L'androcée est plus court que la couronne, et logé dans sa
portion gibbeuse. Les anthères sont terminées chacune par un
appendice en fer de lance.
Les pollinies, piriformes, sont pendantes, attachées à des
caudicules courts un peu élargis.
Le stigmate est moins long que chez le Cynanchum Euryc hit on, épais, pentagonal, un peu aigu au sommet.
Les fruits sont des follicules ovoïdes, aigus au sommet, de.
i cm. I / 2 de longueur environ. Les graines sont très plates,

�190

H. JUMELLE ET li. PERRÎER DË LA RATHIE

ovales, de 7 millimètres environ sur 4 millimètres, arrondies
à la base, tronquées au sommet, qui est plus étroit, avec
une aigrette blanche de 2 centimètres environ.
Cynanchum erythranthum nov. sp.
Tenue, inter frutices scandens ; foliis petiolatis (7 -10 mm.),
texturà herbaceis, ovafis, S cm.-6 cm. //$ longis, 13 rnm.\ cm. la fis. apice acutis, basi acutis vel modo attenuatis et leviter rotundatis etiamgue cordatis. Flores (non aperti) rubri,
basi dilatati. apice conici; coronâ (7-S mm. altâ) omnino
integra, truncatâ, gynostegium multo excedente. Folliculi
triquelri, aZaZf, 9-10 cm. longi, acuti.
Nous ne connaissons cette plante qu'en bouton ; c’est en
cet état que l’un de nous l’a récoltée, en 1904, sur la rive
gauche de la Mahavavy, dans les bois des roches calcaires du
Tampoketsa, dans l’Ambongo.
C'est une liane de faible diamètre, de 2 à 4 mètres de lon­
gueur, grimpant sur les arbustes. Son latex blanc donne un
coagulât visqueux. Les jeunes rameaux portent quelques poils
blancs.
Les feuilles sont ovales, pétiolées, molles, à nervures rou­
geâtres. Le pétiole a de 7 à 10 millimètres et porte les mêmes
poils épars que les jeunes rameaux. Le limbe est ovale, de
3 cm. 1/2 à 6 cm. 1/2 de longueur, sur 13 millimètres à 4
centimètres de largeur, aigu aux deux extrémités, ou bien aigu
au sommet et rétréci, mais un peu arrondi, ou même très légè­
rement cordé, à la base. De la nervure médiane partent 5 à
7 paires de nervures très obliques; toutes ces nervures portent
quelques poils blancs.
Les inflorescences sont des groupes de 6 à 7 fleurs longue­
ment (1 cm. 1/2) pédicellées ; elles sont latérales, toujours un
peu déjetées d un côté ou de l’autre de l insertion des pétioles.
Les sépales sont excessivement courts par rapport au bou­
ton floral, qui peut avoir 15 millimètres de hauteur; ils sont
triangulaires, aigus, étroits (1 millimètre), glabres et non
ciliolés.

No t e s u io lo g iq u es —

les

a S c l é p ia d é e s

191

Le bouton, dont nous venons de dire la longueur, est
conique, très dilaté à la base, rouge pourpre extérieurement,
décoloré intérieurement.
La couronne, de 7 à 8 millimètres de hauteur, est absolument
entière et forme une urne allongée, dilatée inférieurement,
brusquement tronquée au sommet, Elle dépasse longuement
l’androcée, qui est situé dans la partie dilatée inférieure. Cette
partie mesure 4 millimètres environ de hauteur; la couronne, audessus, devient cylindrique sur une longueur à peu près égale.
Les anthères, dont les bords sont recourbés extérieurement,
sont jaunâtres, avec une languette terminale oblongue, aiguë,
rabattue sur le stigmate. Celui-ci est aplati, étoilé.
Les follicules sont allongés, aigus, de 9 à 10 centimètres de
longueur, triangulaires, avec d assez larges ailes aux angles.
Sarcostemma viminale R. Br.
Cette liane, largement distribuée dans la zone tropicale du
continent africain, croît dans le nord-ouest de Madagascar,
sur les rochers calcaires et boisés du plateau d'Ankara, en ter­
rain jurassique. Elle est aphylle, à tiges grêles.
Les fleurs, qui sont blanches, sont en ombelles aux nœuds
des rameaux.
Le calice est réduit à de petites dents ovales, aiguës, glabres,
glanduleuses intérieurement, de 1 millimètre de longueur envi­
ron.
La corolle est rotacée; les pétales, libres presque jusqu'à la
base, sont lancéolés, obtus ou aigus, de 5 millimètres sur
2 millimètres. Dans les sinus interlobaires sont de petites
pochettes. 11 y a une double couronne, mais l’extérieure est
très courte et ne forme qu’une cupule à bords sinueux, lobés.
La couronne intérieure est composée de 5 pièces en forme de
cuiller, aiguës à l ’extrémité, appliquées contre les étamines
et plus courtes que ces étamines.
Les anthères sont surmontées chacune d’une membrane
claire et large, en forme de fer de lance. Les pollinies sont
piriformes, un peu courbes, pendantes, fixées à de longs caudicules flexueux.

�No t e s m o l o g iq ü e s —

Les étamines sont un peu dépassées par le sommet du stig­
mate, qui est apiculé, bifide.
Sarcostemma implicatum nov. sp.
Scandons, ramosissirnum, rarnis implicatis, carnosulis,
aphyllis. Calyx brevis ; corolla rotata, 11-12 mm. lata, glabra,
lobis triangulis, reflexis, leviter acutis. Corona 15 mm. alla,
duplex ; 10 laciniis ezterioribus, 5 inlerioribus, omnibus æquilongis (/ mm. 3/-^), gracilibus, apice obtusis hasi connatis.
Antherarum membrana terminalis nulla. Stigma pentagonum
planum. Folliculi soli, $-9 cm. longi, 5-6 mm. lati, acuti.
Si nous étions partisans de la multiplication des genres, il nous
serait encore facile de séparer cette espèce des Sarcostemma.
Certains caractères, tels que la hauteur de la couronne exté­
rieure et la longueur de ses lobes, ainsi que l’absence d’une
grande membrane claire au sommet des anthères, justifieraient
— et justifieront peut-être pour d’autres botanistes — la créa­
tion d'un genre nouveau. Mais, comme nous serions plutôt
tentés d'élargir le genre Sarcostemma en y faisant rentrer,
par exemple, les Dccanema que nous décrirons plus loin, nous
nommerons Sarcostemma implicatum cette petite plante vivace
et aphylle qui, dans l'Ambongo et le Boina, croît dans les
rocailles et les endroits secs et découverts que n’atteignent
pas les feux de brousse.
Sa tige, ligneuse à la base, se subdivise plus haut en une
multitude de rameaux entremêlés, quelquefois un peu volubiles à droite, mais toujours grêles, et s’appuyant sur les
buissons voisins, qu ils recouvrent souvent entièrement.
Toutes ces branches sont crassulescentes, de grosseur uni­
forme, d un vert glauque, recouvertes par moments, surtout
en saison sèche, d ’un enduit cireux blanchâtre. Elles sont
glabres et cannelées. Les ramifications naissent par deux,
opposées, et en formant tout d'abord un angle droit avec l’axe
qui les porte. Le latex est blanc et visqueux.
Les feuilles sont réduites à de petites écailles d’à peine 1 milli­
mètre, qu'on ne peut observer que sur les tiges nouvelles.

les

a sc l k p ia d é k s

193

Les inflorescences sont des glomérules de 2 à G fleurs pédicellées, groupées sur un axe court; elles sont terminales ou
latérales, et, dans ce dernier cas, ne sont pas exactement aux
aisselles des écailles, mais seulement plus rapprochées d’une
des écailles du nœud que de l’autre.
Les pédicelles, glabres, ont de 4 à 6 millimètres.
Le calice est très court; les sépales, de 1^ millim. 1/2 envi­
ron, sont ovales, aigus, ciliolés, glabres intérieurement, avec
quelcfues poils en dehors.
La corolle est rotacée, de 11 à 12 millimètres de largeur
totale, glabre. La partie inférieure est un tube de 3 milli­
mètres de hauteur environ; les lobes, étalés et à bords infléchis,
verdâtres, sont triangulaires, de 4 millimètres environ de
longueur, sur 2 millimètres de largeur à la base, peu aigus au
sommet.
La couronne, de 4 millimètres environ de hauteur, est formée
de 15 appendices concrescents entre eux à la base, qui est un
peu ventrue, et ne devenant libres qu’à 2 millim. 1 / i envi­
ron. Les extrémités libres de ces appendices forment alors,
sur le tube, 15 lobes sensiblement égaux (1 millim. 3/4 environ
de longueur), cylindriques et grêles (1 /4 millim. d’épaisseur à
peu près), obtus au sommet. Mais ces 15 appendices, examinés
de près, correspondent d'ailleurs bien à deux couronnes, car
les cinq placés derrière les anthères sont adnés aux filets des
étamines et plus rapprochés que les dix autres du centre de la
fleur.
Les anthères sont dépourvues de l’ample membrane ovale
qui les surmonte dans d'autres espèces du genre, telles que le
Sarcostemma viminale. Les pollinies sont elliptiques, pen­
dantes; les caudicules sont longs et grêles, dilatés seulement
au point d’insertion des pollinies; le rétinacle est allongé,
ovale. Le stigmate est pentagonal, à sommet complètement
plan.
Les fruits sont des follicules isolés, aigus, glabres, de 8 à
9 centimètres de longueur, sur 5 à G millimètres de diamètre
à la base.
Annales du Musée colonial de Marseille. — 2* série, 6* vol. 1908.

13

�194

11. JUMELLE ET 11. PEMUE11 DE LA RATI UE

La floraison a lieu de janvier à mai; les fruits mûrissent en
juillet.
Pentatropis madagascariensis Dcne.
Le Pentatropis madagascariensis Dcne. — très voisin du
Penlatropis cynanchoides H. Br. (Pentatropis spiralis Dcne.)
— est une liane herbacée, sans latex, à tiges volubiles et
crassulescentes, qui, comme le Mierostej)hanus cernuus, croît
sur le bord de la mer. On la rencontre, par exemple, à
Amboanio, près de Majunga.
Les jeunes rameaux sont blanchâtres. Les feuilles sont ellip­
tiques, brièvement pétiolées. Le pétiole, velu, a 2 à 3 milli­
mètres. Le limbe est elliptique, étroit, plus ou moins allongé,
de 12 millimètres sur 8 millimètres, ou de 21 millimètres sur
7 à 9 millimètres, ou de 27 millimètres sur 7 millimètres ;
il est obtus aux deux extrémités, avec un léger mucron for­
mant un tout petit piquant au sommet. Les deux faces sont
glabres ou glabrescentes.
Les fleurs, longuement pédicellées (10 à 23 millimètres),
sont, par deux ou trois, aux aisselles des feuilles.
Le calice est très court (2 millimètres environ), à sépales
triangulaires, aigus, libres presque jusqu'à la base.
La corolle est crassulescenle, et ses cinq divisions en étoile
dépassent longuement le calice. Les pétales (8 millimètres
de longueur), très peu soudés, sont triangulaires, acuminés,
d'une largeur basilaire de 3 millimètres environ, velus inté­
rieurement, glabres extérieurement, rougeâtres, sauf à l’extré­
mité, qui est jaunâtre.
Les anthères sont surmontées d'une membrane triangulaire,
rabattue horizontalement sur le stigmate. Les appendices,
plus courts que les étamines, sont des lames comprimées laté­
ralement et formant des crêtes très saillantes, perpendiculaires
à la surface de l'androcée, au dos duquel elles sont soudées.
Chacune de ces crêtes, jaunâtre dans sa partie inférieure et
rougeâtre au sommet, qui est libre et aigu, se prolonge à sa
base en un fort éperon arqué. Les rétinacles sont allongés et

NOTES BIOLOGIQUES —

LES ASCLÉPIADÉES

193

gros; les caudicules sont très courts, avec des pollinies qui
sont pendantes, insérées un peu au-dessous du sommet, briève­
ment elliptiques, arrondies.
L ’ovaire est ovoïde; le style est allongé, d’un beau vert à
frais; le stigmate est surbaissé, presque plan.
Decancma Bojerianum Dcne.
Cette espèce, dont Decaisnea donné une description rapide,
est une liane aphylle dill'use, qui habite les bois sablonneux
très secs comme ceux d’Ankirihitra, près du mont Tsitondraina.
Elle fleurit là en juin.
Les fleurs sont en ombelles pauciflores, aux nœuds des
rameaux. Le calice est réduit à cinq petites dents ovales, aiguës,
ciliolées. La corolle est rotacée ; les pétales, soudés à la base
sur une faible longueur (moins de 1 mm.), sont oblongs, obtus,
de 4 millimètres, glabres. Il y a deux couronnes de 5 pièces
chacune.
Les cinq appendices extérieurs (3 mm.) sont larges à la
base, mais brusquement rétrécis, vers le tiers de leur hauteur,
en languettes étroites et aiguës. Au niveau du rétrécissement,
les bords sont sinueux, et il y a deux petits lobes latéraux.
Les cinq pièces internes sont un peu plus courtes que les
cinq pièces externes. Chaque anthère est surmontée d une
ample membrane claire, simulant un fer de lance large et
court. Les pollinies sont elliptiques, pendantes aux extrémi­
tés de caudicules à peu près horizontaux.
Le stigmate est conoïde, avec un léger sillon médian, qui
est l’ébauche d une division en deux lobes.
Les follicules sont cylindriques, très longs ( 13 centimètres)
et grêles.
Decanema grandifloruni nov. sp.
Aphy lluni, scandons, glabrum. Calyx minimus{ 1 mm. cire a);
corolla rotata, lobis 7 mm. longis, 2 mm. latis, triangulis,
a cutis. Corona duplex, corollà paulo brevior, sed staminibus

�196

H. .IUMËLLE ET II. PER1UER DE LA RAt HIE

longior; 5 laciniis exterioribus angustis, intrnrsum inflexis;

5 interiorihus basi connatis, fripdis, dentis lateralibus brevi-

bus, /obo medîo longiore, extrorsum reflexo. Corona interior
(5 mm. 1/$) exteriorè [b mm.) paulo longior.
L espèce de Decanema précédente est la seule du genre
actuellement connue. Celle que nous décrivons maintenant,
et qui est nouvelle, est une liane aphylle, ou plutôt dont les
jeunes pousses seules — comme d'ailleurs, chez la plupart de
ces lianes dites aphylles — ont des feuilles petites et pétiolées, qui sont promptement caduques.
Elle grimpe sur les Ilgphaene et autres arbres. Ses rameaux,
nombreux, crassulescents, enlacent les plantes qui leur servent
de support et retombent de tous côtés. Les jeunes sont verts ;
ceux qui sont plus âgés se recouvrent d'un enduit blan­
châtre.
Le latex est blanc et donne, par coagulation, une matière
grisâtre, friable.
Sur les rameaux sans feuilles, les Heurs sont disposées, aux
nœuds, en bouquets ombelliformes sessiles, d'une vingtaine
de fleurs, portées chacune sur un pédicelle de 1 cm. à
1 cm. 1/2. Toutes les parties sont glabres ou glabreseentes.
Le calice est très réduit (1 mm. environ); ses lobes, blan­
châtres et à extrémités brunes, sont ovales, larges surtout
au-dessous du sommet, qui est aigu et souvent épaissi. Dans
les sinusÿnterlobaires sont des paires de glandes bien visibles.
La corolle est rotacée, assez grande. Les pétales, jaunâtres,
sont libres presque jusqu'à la base; ils ont 7 millimètres envi­
ron de longueur sur 2 mm. de largeur et sont triangulaires
allongés, aigus, obliques. Aux sinus sont de petites pochettes.
Intérieurement sont deux couronnes d’un blanc pur, un peu
plus courtes (o mm. environ que la corolle, mais dépassant,
d'autre part, l'androcée. La couronne externe est formée de
cinq languettes épisépales, étroites, aiguës, de 5 mm. environ
de longueur, recourbées sur l'androcée. Les languettes internes,
également étroites, sont soudées en un tube ventru sur 3 mm.
de hauteur environ; et c’est à la base de ce tube que sont sou­
dées aussi en dehors les languettes externes. Au-dessus de

la partie eoncrescente, les o languettes internes, épipétales,
réfléchies extérieurement, forment des lobes trifides dont les
deux dents externes, d’ailleurs, sont excessivement courtes,
tout juste indiquées, la dent médiane seule formant, à propre­
ment parler, lu languette, qui*est étroite, aiguë, de 2 millim. o
environ. Les languettes de la couronne interne seraient donc
plutôt un peu plus longues que celles de la couronne externe,
contrairement à ce qui a lieu pour le Decanema Bojerianum.
Les étamines sont courtes; et chaque anthère est surmontée
d’une large membrane ovale, rétrécie vers le sommet, qui est
aigu. Los pollinies sont pendantes, assez régulièrement ellip­
tiques, étroites, portées par des caudicules très courts; le rétinacle est allongé.
Le sommet de l’ovaire est très blanc; le stigmate, à peine
proéminent au-dessus, de l’androcée, est conoïde, épais, obtus,
bilobé.
Cette liane paraît avoir pour habitat préféré les terrains
calcaires. Elle pousse sur les collines sèches des environs du
lac Kinkony. Nous la connaissons aussi à Andranomavo, dans
TAmbongo.
Sccamone ligustrifolia Dcne.
Signalé par Decaisne dans les environs de Tananarive, ce
Secamone se retrouve, dans le nord-ouest, sur les bords de
l lkopa, près de Firingalava. Il pousse là sur les rochers, en
terrain gneissique.
C'est un arbuste à rameaux faibles, quelquefois grimpants.
Le latex en est blanc et visqueux.
Les Sakalaves d'Andriba emploient parfois la plante en
décoction pour augmenter la sécrétion lactée; d’où le nom de
tambonono qu’ils lui donnent, tamho signifiant « excès, aug­
mentation » et nono « sein ».
Les feuilles ont un pétiole très court ou presque nul, qui
n est, en somme, que le prolongement de l’atténuation de la
base du limbe. Celui-ci est étroit et allongé ( Và fl centimètres de
longueur, sur 1 cm. de largeur), arrondi au sommet, qui porte

�1î&gt;8

II. JUMELLE ET H. l’ERRIER DE LA RATHIE

toutefois un très petit acumen simulant un petit piquant. A
l’état sec, ce limbe est vert pâle en dessous, vert foncé en
dessus. De part et d'autre de la nervure principale, les ner­
vures secondaires, visibles sur les deux faces, quoique non
saillantes et plutôt enfoncées sur la face inférieure, sont
obliques.
Les inflorescences sont terminales, soit au sommet de longs
rameaux, soit aux extrémités de rameaux latéraux plus
courts. Ce sont des cymes bipares assez lâches, plus fournies
que ne l indique Decaisne, car elles peuvent être composées
d’une dizaine de fleurs, et non pas seulement de 2 ou 3.
C’est une différence analogue que nous relèverons plus loin
entre nos spécimens et ceux de Decaisne pour le Secamone
bicolor. Il semble que, assez souvent, les individus étudiés par
Decaisne, et qui provenaient de la région centrale, soient plus
chétifs et moins développés que les nôtres, observés et récol­
tés dans le Boina.
Les cinq sépales ne sont soudés qu’à la base, où ils sont
glanduleux latéralement. A sec, ils sont verdâtres. Ils sont
ovales, obtus ou faiblement aigus, de 2 mm. de longueur sur
1 mm. de largeur médiane, ciliolés.
La corolle, dans la partie soudée (4 mm. de hauteur), est
globuleuse, avec des poils intérieurs; puis elle se continue par
cinq divisions de 4 millimètres de longueur, également trian­
gulaires, très étroits, un peu recourbés en dehors, jaunâtres.
Les appendices sont de larges membranes dont les bords laté­
raux sont repliés vers l'intérieur; elles sont soudées aux bases
des étamines, qu elles dépassent.
Les fruits — non décrits par Decaisne — sont de petits folli­
cules courts, de 1 cm. 1/2 de longueur, ovoïdes, très brièvement
aigus au sommet, à surface finement striée longitudinalement.
Nous n’en avons vu, d’ailleurs, que quelques-uns, et encore en
mauvais état, car ils étaient complètement ouverts et dépour­
vues de graines.
En outre de la localité citée plus haut, nous connaissons la
plante près des chutes de l'Anzobona, affluent de la Sofia.

NOTES BIOLOGIQUES —

LES ASCLÉPIADÉES

un)

Secamone bicolor Dcne (pl. V).
La description de l’espèce a été donnée par Decaisne d'après
des échantillons provenant de l lmerina. Nos exemplaires,
récoltés dans les bois sablonneux secs d Ankirihitra, près du
mont Tsilondraina, représentent une forme plus vigoureuse
du t}Tpe, sans doute par suite de meilleures conditions de
végétation ; ils sont à feuilles et à fleurs un peu plus grandes
et à inflorescences plus fournies et plus longues que ne l'in­
dique, dans le Prodrome, le monographe des Asclépiadées.
Les rameaux aoûtés de ce Secamorc sont gris-brunâtre. Les
pousses plus jeunes, vertes, portent de petites feuilles briève­
ment ovales ou presque rondes, bien qu elles soient toujours
un peu plus larges à la base, qui s'arrondit au niveau du
pétiole, qu’au sommet, oii elles se rétrécissent progressivement
pour se terminer brusquement par un très petit acumen.
Pétiole et limbe sont glabres. Le pétiole, bien distinct du
limbe, puisque celui-ci est à base arrondie, ou même tronquée,
a 2 à 3 millimètres de longueur. Le limbe, à l'état sec, est
vert sur la face supérieure et blanc cendré sur la face infé­
rieure. Il a 14 à I fi millimètres de longueur, sur 13 milli­
mètres de largeur. Les nervures secondaires, au nombre de 5
à fi de chaque côté, obliques, sont peu visibles sur les deux
faces.
Les inflorescences sont terminales et dépassent les feuilles ;
ce sont des cymes bipares corymbiformes d'une dizaine de
fleurs assez longuement pédicellées (3 à 5 millimètres).
Les sépales sont courts et larges, concrescents seulement à
la base, de 1 millimètre environ de longueur, sur une largeur
deux fois moindre, tout à fait obtus au sommet, glabres.
La corolle est brunâtre à sec; campanulée dans sa partie
tout à fait inférieure, elle se divise très vite, à peu près au
niveau du sommet des sépales, en cinq lobes très longs et
étroits (de 7 millimètres environ de longueur sur un peu
moins de 1 millimètre de largeur), aigus au sommet, glabres.
Les appendices sont des languettes étroites, obtuses, qui se

�200

II. JU M E LLE ET II.

P ER H1ER DE LA HATI1IE

détachent du milieu à peu près du dos des étamines et
dépassent à peine les anthères.
Les pollinies, par quatre, sont petites (0 millim. 085 sur
0 millim. 051 environ). Le stigmate est longuement bifide,
formé de deux filaments de I millim. environ de longueur.
Les fruits — non décrits par Decaisne — sont (pl. V),
comme le reste de la plante, remarquables par leur gracilité ;
ce sont des follicules très divariqués, presque filiformes,
aigus, de 6 centimètres, par exemple, de longueur, sur 1 milli­
mètre à 1 millim. 1/2 de largeur.
Secamone defiex a nov. sp.
Scandons, tenuis ; foliis crassis, glabris, supra nitidis, lato
ovatis. basi cunoalis vel rolundatis etiamque cordalis, apice
acutis vel rotundis vel emarginatis. Flores 2-8, in fasciculis
terrninalibus, longe (10-16 millim.) pedicellati : corollâ
luteolà, rotatâ, pelalis oblongis (7-9 millim. longis, 2-3
millim. latis) ; sc/uamis angustis, crassis, staminarum
dorso adnatis, apice introsum recurvis. Stigma elongatum,
alte bifidum. Folliculi ovati, pericarpio valde lignoso, longiludinaliter tenuiier striato.
Cette plante est très commune dans LAmbongo et le
Boina, dans les bois taillis, sur les collines sèches.
C'est une petite liane à rameaux grêles, à latex blanc et
visqueux.
Les branches aoûtées, cylindriques et de faible diamètre,
sont glabres, couvertes de nombreuses lenticelles assez ser­
rées. Les pousses jeunes sont roussâtres aux nœuds et cou­
vertes de poils couchés.
Les feuilles jeunes sont petites, brunes, légèrement pubescentes, à pétiole creusé en gouttière sur sa face supérieure.
Les feuilles adultes sont coriaces, glabres et brillantes en
dessus, plus ternes en dessous, où elles sont parsemées de
quelques poils, surtout sur les nervures. Le pétiole, d’abord
pubescent. puis glabre, est court (7 millimètres au plus) et
épais. Le limbe est largement ovale ; il a, par exemple, 7 cen-

NOTES BIOLOGIQUES --- LES ASCLÉP1ADÉES

201

tim. à 7 cm. 1/2 sur 5 centimètres, ou 6 cm. 1/2 sur
4 cm. 1/2, ou 9 centimètres sur 4 cm. 1/2, ou 7 à 8 centi­
mètres sur 3 centimètres â 3 cm. 1/2. Il est en coin, ou
arrondi, ou même faiblement cordé à la base, aigu ou arrondi
ou émarginé au sommet. La nervure principale est saillante
inférieurement, et il en part, soit perpendiculairement soit
obliquement, 8 à 10 paires de nervures secondaire espacées,
arquées vers les bords.
Les inflorescences sont terminales aux extrémités de courts
rameaux et sont de petits fascicules contractés de 2 à 8 fleurs
assez longuement (10 à 1Gmillimètres) pédicellées.
Le calice est court (2 millimètres à 3 millim. 1/2); les
5 sépales, soudés sur 1 millim. 1/2 à peu près, sont triangu­
laires, étroits, aigus, ciliolés, velus extérieurement et glabres
en dedans.
La corolle est jaune verdâtre, rotacée, de 15 millimètres de
diamètre. Les pétales, unis à la base seulement (sur 2 milli­
mètres environ) sont des languettes de 7 à 9 millimètres de
longueur sur 2 à 3 millimètres de largeur, faiblement aigues,
glabres.
Les cinq appendices sont des languettes épaisses et étroites,
soudées au dos des étamines et qui se recourbent en s'ar­
quant au-dessus des anthères. Celles-ci ont des loges se pro­
longeant longuement vers le bas. Les pollinies, par quatre,
fixées presque directement sur le rétinacle, sont elliptiques.
L ’ovaire est glabre, surmonté d’un style qui se termine par
un long stigmate bifide, à divisions étroites. Style et stigmate
ont à peu près même longueur.
Les fruits sont des follicules doubles, réfléchis légèrement
sur leur base, ovoïdes, de 5 h 8 centimètres de longueur sur
1 cm. 1/2 à 2 centimètres de largeur vers la base, brièvement
rétrécis vers le sommet, qui n'est pas très aigu, à paroi forte­
ment ligneuse, et finement striée longitudinalement à sec.
Les graines, rougeâtres, sont ovales, de 5 à 7 millimètres
de longueur sur 3 millimètres à 3 millim. 1/.2 de largeur,
larges à la base, qui est obtuse, plus étroites vers le sommet,
qui est un peu tronqué, et où s’insère une aigrette très blanche,
de 15 à 20 millimètres.

�202

H. JU M ELLE ET 11. PERRIER UE LA RATH1E

La liane croîl dans les bois sablonneux secs tels que ceux
du Bongo-Lava et du Haut-Bemarivo ; on la retrouve encore
sur le gneiss, dans les bois de Firingalava, entre Andriba et
Mevetanana.
Elle fleurit vers décembre, et ses fruits mûrissent en mai
et juin.
Secarnone brachysfigma nov. sp.
Scandens ; rarnulis glabris ; foliis ovatis, angustis, 3-4 centirn. longis, 12-i5 rnillim. lads. Flores 7-/2, in cymis la.ris
(oel de.nsis) terminalibus ; corollæ tubo intus quinque V
pilosis infra lobos ornato ; squamis dorso antherarum adnatis, latis, antheras non excedenlibus, apicc multilobulatis.
Stylus et stigma æqualiter cylindrati, apicc leviter bilobato.
Cette liane, à latex blanc et poisseux, habite les bois
humides des alluvions silico-calcaires, telles que celles des
bords du Jabohazo, près d'Ankirihilra, au pied du mont
Tsitondraina.
Les jeunes rameaux sont glabres. Les feuilles sont ovales,
étroites ; les plus grandes que nous ayons vues ont de 3 à
i centimètres de longueur, sur I2 à lo millimètres de largeur.
Sur les rameaux jeunes, elles ont de 20 à 23 millimètres de
longueur sur 7 à 8 millimètres de largeur.
Le pétiole a 2 à i millimètres, et est glabre ; le limbe est éga­
lement glabre sur les deux faces. Sur les feuilles adultes, qui
sont coriaces, la face supérieure est brillante, la face inférieure
terne. Sur les feuilles jeunes, la nervure principale seule est
visible ; sur les feuilles adultes, la nervure principale est fai­
blement saillante, les nervures secondaires, peu obliques, fai­
blement arquées aux extrémités, espacées, sont peu apparentes.
Les inflorescences sont des cymes bipares terminales très
lâches, de 7 à 12 fleurs environ, {portées par des pédicelles de
5 à 8 millimètres.
Les sépale.s, de 1 rnillim. 1/2, ne sont soudés qu’à la base;
ils sont ovales, arrondis au sommet, glabres, glanduleux inté­
rieurement, ciliolés.

NOTES BIOLOGIQUES —

LES ASCLÉPIADÉES

203

La corolle est formée d’un tube de 1 millimètre environ et
de lobes de 3 millimètres sur 1 millimètre, à sommet aigu.
Intérieurement, dans la partie soudée, au-dessous de chaque
lobe, sont deux lignes obliques de poils qui se rejoignent infé­
rieurement sous un angle aigu. Le reste de la corolle est
glabre.
Les appendices staminaux, fixés au dos des étamines, sont
des lamelles dont le bord supérieur, lobé, n'atteint pas le som­
met des anthères. Les pollinies, par quatre, sont très petites,
ovoïdes.
Style et stigmate forment une colonne épaisse, presque
régulièrement cylindrique, ou h peine épaissie au sommet,
aussi longue ou plus courte que l'ovaire, légèrement bilobée
au sommet.
Les follicules sont petits, de 3 centimètres k 4 cm. 1/2 de
longueur, sur 4 millimètres de largeur vers la base ; ils sont
cylindriques inférieurement, et rétrécis progressivement de la
partie médiane vers le sommet, qui est acuminé.
Les graines, petites, sont ovales-allongées, de 6 millimètres
environ sur 2 millimètres, avec une aigrette de 2 centimètres.
C’est k la même espèce que nous croyons qu'il faut rappor­
ter une liane grêle, k latex visqueux et k fleurs blanches, des
bois sablonneux d’Ankarafantsika. Les feuilles sont sensible­
ment celles du type, ovales-allongées, k nervures peu mar­
quées ; les caractères floraux sont aussi ceux que nous venons
de décrire. Mais les inflorescences, au lieu d’être lâches, sont
des cymes fortement condensées en tout petits capitules arron­
dis, qui ont k peu près le même nombre de fleurs que précé­
demment. C'est, pour nous, le Secarnone brachysfigma forme
densipora.
Par quelques caractères, et surtout par l'aspect général, le
Secarnone brachystigma pourrait être confondu avec le Secamone discolor K. Sch. Les deux espèces, que nous avons
comparées — le Muséum de Berlin ayant eu l'obligeance de
nous communiquer le type de K. Schumann — sont cependant
certainement distinctes. Dans le Secarnone discolor, notam­
ment, les inflorescences sont latérales, les fleurs plus petites.

�20 i

H. JU M ELLE ET 1!. PERRIER DE LA

HATIIIE

il n’y a pas de poils aux bases des lobes dans le tube corol­
laire, qui est court ; et le stigmate a la même forme que dans
notre espèce, mais dépassé nettement l’androcée.
11 est tout aussi impossible de réunir le Secarnone brachystigma au Secarnone rnicrantha Dcne, dont le tube corollaire
est également dépourvu de poils et chez lequel les appendices
staminaux sont des crochets courts, égalant seulement les
deux tiers environ de la hauteur des étamines.
Secarnone pachystigma nov. sp.
Scandens, glabra ; foliis ovatis, 6 centim. longis, 2 cm.
S latis. acutis, pellucido-punctulatis. Ci/mæ pauci/loræ
terminales; corollà rotatâ, lobis ovatis, 9 millitn. 1/2 longis,
I millini. 1/2 latis, basi attenuatis, apice latioribus, rolundafis ; tubo intas barbato ; coronæ sguamis staminarum
dorso adnatis, latis, gynostegium excedentibus, apice supra
ant lieras incurvatis ; stylo fere nu Ho, stigmate bilobato, trans­
verse dilatato. Folliculi brèves, ovati, basi rotundati, apice
breviter acuminati, valde lignoso pericarpio.
Cette liane habite les bois secs. Elle est à latex blanc et
résineux.
Les jeunes rameaux sont glabres. Les feuilles, également
glabres ou glabrescentes, sont ovales, marquées, par transpa­
rence, de nombreuses ponctuations, qui correspondent à autant
de cellules oxaligènes.
Le pétiole a I ou 2 millimètres. Le limbe a 6 centimètres
environ de longueur, sur 2 cm. 8 de largeur, aigu aux deux
extrémités. Il y a cinq ou six paires de nervures secondaires
distantes.
Les inflorescences, terminales, sont des cymes pauciflores,
à pédicelles et bractées pubescents.
Le calice est de 2 millimètres environ, glabre extérieure­
ment et intérieurement, glanduleux dans le sinus. Les lobes,
libres presque jusqu à la base, ciliolés, sont ovales, s'arron­
dissant vers le sommet.
La corolle, rotacée, jaune pâle d’abord, puis jaune foncé, a

NOTES BIOLOGIQUES —

LES ASCLÉPIADEES

203

un tube court (1 millim. 1/2 à peine) et des lobes de 2 millim. 1/2 de longueur sur 1 millim. 1/2 de largeur, ovales,
rétrécis vers le bas, plus larges au sommet, qui est arrondi.
A l’intérieur du tube sont de nombreux poils ; le reste de la
corolle est glabre. Entre les lobes sont de petites pochettes.
Les appendices staminaux sont des lames qui se recourbent
au-dessus des anthères, comme dans le Secarnone pachyphy lia
et le Secarnone alba que nous allons décrire plus loin, mais
dont le bord supérieur est moins frangé qu il ne le sera dans
ces deux espèces. Il y a quatre pollinies courtes, ovoïdes.
Le style est presque nul ; le stigmate, bilobé, est fortement
élargi, plus large que haut, alors que c’est l'inverse dans le
Secarnone alba.
Les follicules sont courts (4 cm. 1/2), ovoïdes, arrondis à
la base, qui est large (3 cm. 1/2 quand ils sont complètement
ouverts), puis rétrécis vers le sommet en un court acumen.
Leur paroi est très épaisse et ligneuse, et à surface externe
finement striée longitudinalement.
Les graines, relativement grandes (11 millimètres sur
4 millimètres), sont très aplaties, arrondies à la base, faible­
ment tronquées au sommet, avec une aigrette de 2 centimètres
environ.
Nous connaissons cette liane dans les bois secs de Tandraka, sur le plateau du Tampoketsa, dans l’Ambongo, en
terrain jurassique.
Secarnone pachypbylla nov. sp.
Ramuli puberuli ; petiolo 1-9 millim., foliis basi cuneatis,
apice acutis vel acuminatis, crassis, supra glabris nitidisque,
infra pube.ru lis. Cyrnæ umbelli formes, terminales ; corollà
rotatà, alba deindeque luteolà, lobis ovatis, leviter acutis,
glabris, tubo intus infra lobos pilis reflexis ornato ; coronæ
squamis latis, apice supra ant lieras incurvatis ; ovario turbinato, stylo brevi, stigmate ovato, apice rotundato, firnbriato,
fere piano.
C’est encore une liane des bois secs, tels que ceux, il sol

�206

H. JU M E LLE ET H.

PER 1UEK DE LA BATIUE

granitique, de Belambo, près de Mevetanana, sur la rive
gauche de l'Ikopa.
Elle est à feuilles coriaces, pétiolées, ovales, de G à 7 cen­
timètres de longueur sur 3 centimètres à 3 cm. 1/2 de largeur.
Les jeunes rameaux sont velus. Il y a des feuilles sur ces
jeunes rameaux et sur les plus vieux.
Les pétioles, pubescents, ont 7 à 9 millimètres de longueur.
Le limbe est en coin à la base, et aigu ou acuminé au sommet,
glabre et luisant en dessus, légèrement pubescent en dessous
tout d’abord, puis glabrescent plus tard. La nervure médiane,
sur cette face inférieure où elle fait saillie, est couverte de
poils ; les nervures secondaires, au nombre de huit à dix paires,
sont obliques, espacées.
Les inflorescences sont terminales sur les jeunes rameaux ;
ce sont des cymes ombelliformes d une vingtaine de petites
fleurs un peu charnues.
Le calice, de 2 millimètres environ, est à dents de 1 milli­
mètre, ovales, obtuses, ciliolées, glabres, et est muni intérieu­
rement, dans les intervalles de ces dents, de cinq glandes assez
grosses, coniques.
La corolle, de 3 millimètres à peu près de hauteur totale,
est blanche d'abord, puis jaune, rotacée, à tube très court ;
ses lobes, de 2 millimètres environ, sont renversés légèrement
en arrière, ovales, faiblement aigus, glabres. La partie soudée
seule est revêtue intérieurement, à la base de chaque lobe, de
poils renversés. Les sinus interlobaires forment, en dedans, de
petites pochettes.
Les pièces de la couronne, soudées aux bases des étamines,
sont des lames assez larges, dont le bord supérieur, un peu
frangé, se recourbe au-dessus des anthères, qui sont jaunes.
Les pollinies sont ovoïdes, par quatre.
L ’ovaire est turbiné, la partie étroite correspondant à sa base.
Le style est excessivement court et s’élargit presque immédia­
tement en un stigmate ovoïde, bilobé, à sommet légèrement
arrondi, presque plan.
Style et stigmate sont, dans l’ensemble, plus courts que
l’ovaire.

NOTES BIOLOGIQUES--- LES ASCLÉP1ADÉES

207

Les fruits sont des follicules de 7 à 8 centimètres de lon­
gueur sur I centimètre de largeur, presque cylindriques,
s’amincissant seulement un peu en pointe vers le sommet,
légèrement arqués.
Les graines, ovales, aplaties, ont 7 à 8 millimètres de lon­
gueur sur 3 millimètres de largeur; elles sont à peine aiguës
à la base, tronquées au sommet, qui porte une aigrette de 13 à
20 millimètres.
Secarnone alha nov. sp.
Foliis ferc. sessilibus, ovatis, clongatis, 7-S centim., Iongis,
3 cm., 3 cm. 1/$ latis, basi attenuatis, apice acutis vel
acuminatis, pellucido-punctulatis. Cyrnæ brèves, terminales,
a ut interdum axillares ; flores albi, deimleque luteoli ;
petalis 4 millim. Iongis, basi (1 millim. 1/2) connatis,
apice rotundis, glabris; tubo intus 5 pilosis triangulis maculis
infra lobos ornato; coronæ squamis latis, ggnostegium supe­
rantibus, apice fimbriato supra antheras incurvatis ; ovario
cylindrico, stylo brevi, stigmate clavato.
Celte liane, à latex blanc et poisseux, pousse dans les bois,
dans les ravins calcaires du plateau d’Ankara, en terrain juras­
sique.
Les feuilles sont presque sessiles, ovales, allongées, de 7 à
8 centimètres de longueur, sur 3 centimètres à 3 cm. 1/2 de
largeur. Le pétiole a l à 2 millimètres. Le limbe a un peu la
forme de celui de Secarnone pachyphylla ; il est cependant un
peu plus rétréci dans sa partie inférieure, qui s’atténue vers le
pétiole ; il est marqué de petites ponctuations et est à sommet
aigu ou acuminé.
Les jeunes rameaux ne sont pas velus, non plus que le
pétiole et la nervure principale. De celle-ci partent, sur les
feuilles développées et coriaces, cinq ou six paires seulement
de nervures secondaires, excessivement espacées, moins
obliques ordinairement que chez le Secarnone pachyphylla,
arquées aux extrémités.
Les inflorescences sont souvent au sommet des branches ou

�208

II. Jl'M K LLiS ET H.

PERRIEH DE LA llATlliK

de courts rameaux, mais peuvent être aussi axillaires ; ce
sont des cymes courtes, d'une dizaine de fleurs.
Ces fleurs sont blanches d'abord, puis deviennent jaunâtres.
Les sépales sont libres presque jusqu’à la base, glabres, ovales
(2 millim. 1/2 environ sur 2 millimètres), arrondis au sommet,
ciliolés.
La corolle, de 4 millimètres de hauteur totale, a des lobes
de 1 millim. 1/2 à peu près, arrondis au sommet, glabres. A
l'intérieur du tube il y a, correspondant à la base de chaque
lobe, une plage triangulaire de poils dont le sommet est tourné
vers le bas et correspond à peu près au tiers inférieur de la
partie soudée ; les deux angles de la base aboutissent aux
petites pochettes des sinus interlobaires.
Les pièces de la couronne sont des lames soudées basilairement aux étamines, et qui dépassent longuement les anthères,
au-dessus desquelles se recourbe leur bord frangé et un peu
élargi.
Les pollinies, par quatre, sont ovoïdes.
L ’ovaire est plus cylindrique que turbiné ; le style, très
court, se continue par un stigmate bilobé, en forme de massue.
Nous ne connaissons pas les fruits.
Secamone petiolata nov. sp.
Foliis ovatis et acutis, vel fere rotundis et abrupte acurninatis ; 8 centim.-S cm. 1/2 longis et 2-3 centirn. latis,
vel 3 centim. circa longis et latis; venis pubescentibus ;
petiolo 5-6 millim. longo. pubescente. Cymæ laxissimæ, termi­
nales vel axillares; corollà luteâ, lobis oblongis (4 millim.
longis, 2 millim. latis) ; tubi ore intus villoso annulo
ornato. Coronæ squamis latis, plus minus apice trilobatis,
supra antheras incurvatis. Folliculi parvi, teretes, acuti, 5 cen­
tim. longi, 7-8 millim. lati.
Cette liane, à latex blanc et poisseux, a été vue par l’un de
nous à Ankirihitra, près du mont Tsitondraina, sur les bords
du Jabohazo ; elle croît là dans les bois qui sont inondés pen­
dant la saison des pluies.

NOTES BIOLOGIQUES —

LES ASCLÉPIADÉES

209

Les feuilles, qui sont un peu celles du Secamone barbinervis
K. Sch., sont de forme un peu variable. Ou bien elles sont
ovales et seulement aiguës, ou bien elles sont arrondies et
brusquement acuminées. Elles sont, en tout cas, assez longue­
ment pétiolées (5 à 0 millimètres) par rapport au limbe, qui,
dans les échantillons que nous avons vus, a, au plus, 4 centi­
mètres de longueur. Les limbes ovales ont, par exemple, 3 cen­
timètres à 3 cm. 1/2 de longueur sur 2 centimètres à 2 cm. 3
de largeur ; les limbes arrondis ont, par exemple, 3 centimètres
de longueur (non compris l’acumen) sur une largeur à peu
près égale. Au-dessus du pétiole, ces limbes sont arrondis ou
un peu en coin. Le pétiole est pubescent. Il y a aussi des poils
sur les nervures de la face inférieure ; le reste du limbe est
glabre.
Les inflorescences sont des cvmes bipares, terminales ou
axillaires, très lâches.
Ordinairement, aux aisselles des deux feuilles basilaires
d’une inflorescence terminale naissent deux rameaux qui, un
peu plus haut, donneront de nouvelles inflorescences ; celles-ci
ou bien seront terminales, avec quelquefois, à leur tour, des
rameaux axillaires, ou bien seront latérales. En ce dernier cas,
elles naîtront, aux aisselles de feuilles, sur les flancs du
rameau principal, qui continue à s'allonger jusqu’au moment
où il se terminera par une dernière cyme, après avoir encore
formé, ou non, d’autres inflorescences latérales.
Les pédicelles floraux sont glabres ou glabrescents.
Le calice, de 2 millim. 1/2 de longueur totale, est à dents
de 1 millim. 1/2 à peu près, triangulaires, aiguës, glabres,
ciliolées.
La corolle, d’une couleur jaune beurre, est formée d'un tube
de 2 millimètres environ, que couronnent des lobes allongés,
de 4 millimètres à peu près, sur 2 millimètres, à sommet
presque arrondi, faiblement aigu. A l’intérieur du tube, vers
la gorge, est toute une couronne de poils courts. L'extérieur du
tube et les lobes sont glabres.
Les pièces de la couronne sont des lames dont le sommet
vaguement trilobé se recourbe au-dessus des anthères. Les pol­
linies, par quatre, sont petites, ovoïdes.
Annales du Musée colonial de Marseille. — 2« série, 6* vol. 1908.

14

�210

H. JU M ELLE ET H. DERRtER DE LA BATHIE

L ’ovaire porte, à sa surface, de courts poils. Style et stig­
mate forment une colonne courte, assez épaisse, régulièrement
cylindrique, bilobée au sommet.
Les follicules sont petits, de 5 centimètres de longueur sur
7 à S millimètres de largeur, cylindriques dans leur partie infé­
rieure, et s’atténuant en pointe à partir du milieu à peu près
de leur longueur.
Secamone cristata nov. sp.
Foliis ovatis, midis, breviter (9 millirn.) petiolatis, ba.si et
apice acutis. Cymæ terminales, umbelliformes ; corollæ tubo
$ millirn. lomjo, intus quinque l pilosis (sient in S. brachystigmate) ornato ; lobis brevibus (/ millirn. circa), latis,
rotundatis, obtusis. Coronæ squamis compressis, introrsum a
latere incurvis, androeeo æquis vel subæquis, extra brevi uncinulataque crisfa ornatis. Stigma androceum superans, apice
hdobato ovato, puberulum. Folliculi brèves, basi ovati.
Cette liane, à fleurs jaunâtres, habite les bois sablonneux
d'An karafan tsi ka.
Elle est à feuilles ovales, molles, glabres ou glabrescentes,
très brièvement (2 millimètres au plus) pétiolées. Le limbe est
aigu aux deux extrémités, avec des nervures secondaires très
obliques ; sur les rameaux florifères, il a de 3 cm. 1/2 à i cm.
1/2 de longueur sur 13 à 20 millimètres de largeur.
Les inflorescences sont des cymes généralement terminales,
composées d’une cyme médiane ombelliforme et de deux cymes
latérales, situées à la base de l'axe de cette cyme médiane et
également ombelliformes. Les pédicelles de ces trois cymes,
pubérulents, ont 3 à 3 millimètres de longueur; chaque cyme
porte de 20 à 30 petites fleurs.
Les sépales, de 1 millirn. 1/2 environ, sont ovales, larges, à
sommet anguleux, obtus, ciliolés, pubescents extérieurement.
La corolle, de 3 millimètres à peine de hauteur, est à lobes
courts (1 millimètre environ) et larges, ciliolés, arrondis,
très obtus. A 1 intérieur du tube se trouvent au-dessous de
chaque lobe, comme dans le Secamone brachystigma, deux

Toxocarpus sulfureus nov. sp.
Scandens, tennis ; foliis adul/is crassis, glabris, ovatis, basi
et apice acutis, vel apice acutis, rarius obtusis, et basi cuneatis.
Cymæ brèves, extraxillares; corollà magnà sulfureo-luteà ;
tubo quinque millirn. longo, intus incano-barbato ; lobis 6 millirn. longis, 1 millirn. latis, utrinque glabris, apice leviter
acutis. Coronæ squamis triangulis, anlherarum dorso adnalis, androeeo paulo brevioribus, basi latis, apice obtusis.
Stigma filiforme, indivisum, androceum multo superans. Fol­
liculi basi ovati, apice attenuati et acuti.
Ce Toxocarpus, à grandes fleurs d’un jaune soufre, groupées
en fascicules latéraux, se plaît à la lisière des bois, sur la laté­
rite, dans le Haut-Bemarivo.
C’est une liane grêle, dont le tronc ne dépasse guère 2 cen­
timètres de diamètre. La tige, de 3 à 6 mètres de longueur, est
à rhvtidome grisâtre et crevassé, de 3 à t millimètres d'épais­
seur. Le latex est blanc et visqueux.
Les branches aoûtées sont glabres, gris blanchâtre, cou-

�NOTES MOLOGIQUES --- LES

vertes d’assez nombreuses lenticelles ; les jeunes pousses
encore vertes sont revêtues de poils apprîmes.
Les feuilles sont ovales, pétiolées.
Le pétiole, de 7 à 1i- millimètres de longueur, est canaliculé
en dessus, couvert de la même pubescence que les jeunes
pousses.
Sur ces pousses, les limbes sont largement ovales, ou ovales
allongés, de 8 à 12 centimètres de longueur sur \ à 5 centi­
mètres de largeur; leur base est arrondie, ou un peu en cœur,
ou atténuée vers le pétiole, quelquefois inéquilatérale ; le som­
met est longuement acuminé en pointe aiguë.
Sur les rameaux floraux, les dimensions sont plus faibles.
Les limbes n’ont plus que i à 7 centimètres de longueur sur
15 à 40 millimètres de largeur ; ils sont plus ou moins aigus
aux deux extrémités, sans être ordinairement vraiment acuminés au sommet, où ils sont même parfois obtus.
Les feuilles sont toujours glabres, coriaces quand elles sont
adultes, d'un vert sombre en dessus, plus claires en dessous,
avec 12 à 15 paires de nervures secondaires un peu obliques,
surtout visibles sur la face inférieure.
Les inflorescences, qui apparaissent en mars sur les rameaux
aoûtés, sont des cymes fasciculées, courtes, 'de 12 à 15 fleurs
latérales, et plus rapprochées alternativement de l'un et de
l’autre pétiole. Le pédoncule général n’a que 2 millimètres.
Pédicelles (1 millimètre) et bractées sont pubescents, bru­
nâtres.
Les sépales, couverts extérieurement des mêmes poils roux,
sont glabres à l’intérieur ; ils sont triangulaires, aigus, libres
presque jusqu’à la base, d’une longueur de 3 millimètres.
La corolle est grande ( I I à 12 millimètres de hauteur), d’une
couleur jaune soufre très pâle. Son tube, obtus inférieurement,
a 5 millimètres de longueur sur 2 millim. 1/2 de largeur ; les
cinq lobes, tordus en spirale, ont 6 millimètres de longueur
sur I millimètre de largeur et sont glabres sur les deux faces,
faiblement aigus au sommet. Intérieurement, le tube est garni,
surtout vers la gorge, d'un long duvet blanc.
Les pièces de la couronne, lixées au dos des étamines, sont

XSCLEI’IAOEES

213

des lames triangulaires, larges dans le bas, obtuses au sommet,
qui s’arrête un peu au-dessous du sommet des anthères. Il y
a quatre pollinies par rétinacle.
Style et stigmate sont filiformes et paraissent indivis ; ils
dépassent longuement l’androcée.
Les fruits sont des follicules disposés par paires, divariqués,
se touchant par leurs bases, qui sont arrondies. Ils ont 6 à 7
centimètres de longueur, et sont ventrus dans leur partie infé­
rieure (I centimètre environ), mais se rétrécissent rapidement
en une large pointe aiguë, un peu au delà de la région
médiane.
Les graines sont ovales, aplaties, de I centimètre de lon­
gueur sur 0 cm. 1/2 de largeur vers la base, arrondies infé­
rieurement, un peu tronquées au sommet, qui est étroit, termi­
nées par une aigrette blanche de 2 cm. 1/2 à 3 centimètres.
Toxocarpus ankarensis nob.
Nous avons décrit l’année dernière 1 cette espèce, qui est
une liane diffuse, à latex blanc et poisseux, poussant dans les
rocailles calcaires, et d origine jurassique, du plateau d An­
kara.
Nous en redonnons donc seulement ici une rapide diagnose :
Ra mi glabri ; ramuli tomentosi; fol iis utrinque, sed præcipue infra. tomentosis, ovatis, apice obfusis, basi rotundis vel
paulo cordatis. Cymæ pauciflores (4-8), laxæ, axillares, pedicellis tomentosis ; pariter tomentosis extra sepalis, intus pubescenlibus, angustis, acutis, 5-6 millim. longis.
Corolla calicem æquans, vel vix superans. Coronæ squamis
crassis, dorso staminarum basi adnatis, apice acutis et supra
anlheras ineurvatis. Stylus apice patulus ; stigma alte bifidum.
Les rétinacle s, auxquels sont fixées quatre pollinies, sont
toujours très nets dans cette espèce.
1.
II. Jumelle el II. Perrier de la Bathie : Xoles su r la flore du nordouest de M adagascar Annales du Musée colonial, 1907).

�NOTES RIOLOGIQUES —

Nous avons dit, dans un précédent mémoire1, pourquoi
nous appelons ainsi, en la rangeant parmi les Sécamonées,
l espèce que Decaisne considérait comme une Marsdeniée et
qu'il nommait Pervillea tomentosa.
Decaisne n'avait pas remarqué que chaque rétinacle porte
quatre pollinies.
Donnons encore en quelques lignes la diagnose de l'espèce,
qui est le voansifitra des Sakalaves et est une liane à rameaux
de 5 à 6 mètres de longueur, paraissant essentiellement silicicole.
Rami valde fu /vastro-tomcnfosi; foliis ovato-rotundatis,
apice abrupte acuminatis, ba si rotundis, infra tomentosis,
supra rariure tonientovestitis ; petiolo nervisque valde tomen­
tosis. Cymæ pauciflores (8-10), laxæ, terminales vcl subtermi­
nales ; pedicellis, sepalis (intus et extra) tomentosis ; petalis
glabris, calycem superantibus, 10-13 millim. longis. basi
hreviter (1-2 millim.) connatis, apice rotundatis spatuliformibus. Coronre squarnis staminarum dorso basi adnatis,
angustis, erectis, acutis, androceum conspicue cxcedcntibus ;
staminarum appendice triangulà, lanceolatâ, supra stigma
incurvatâ. Stigma cyathiforme, umbilicatum. Folliculi ovati,
15 centirn. longi, 3 ccntim. lati, lanâ densa vestili.
A cette diagnose nous devons ajouter une remarque que
nous n’avions pas faite dans notre travail antérieur, parce
que nous n’en voyions pas alors l’intérêt, mais à laquelle un
caractère de l’espèce suivante donne une certaine importance.
Nous voulons parler de la difficulté qu'on éprouve pour obser­
ver des pollinies fixées au rétinacle, lorsqu'on examine des
fleurs de Toxocarpus tornentosus. Dans certaines de ces
fleurs nous n’avons jamais réussi à voir ces rétinacles ; toutes
les pollinies étaient isolées. Avec nos échantillons, ce n’est
quexceptionnellement que nous avons été assez heureux pour
t. H. Jumelle et H. Perrier de la Batliie, toc. cit.

LES ASCLÉPIADÉES

2lo

trouver des pollinies manifestement réunies par quatre et
fixées à une petite masse vaguement triangulaire, qui était
bien évidemment le rétinacle, sans avoir cependant la netteté
de contours et de teinte qu'ont généralement ces glandes.
Nous avions, l’année dernière, attribué ce fait à l’état des
fleurs desséchées sur lesquelles nos observations microsco­
piques étaient faites ; et il suffisait, en somme, que nous
eussions, à plusieurs reprises, constaté la réunion des polli­
nies par quatre, en même temps que la présence d’une glande
d'union, pour que le caractère relatif à ces pollinies fût éta­
bli. Aujourd’hui, nous revenons sur cette particularité parce
que nous croirions plus volontiers que la facilité de sépara­
tion des pollinies et leur adhérence extraordinairement faible
au rétinacle ont pour.cause une sorte de dégénérescence pro­
gressive de cette glande, qui serait comme en voie de dispa­
rition.
Et cette disparition serait un fait accompli chez le Menabea
venenata.
Menabea venenata Baill.
Le rapprochement que nous venons de faire entre ce Mena­
bea venenata et le Toxocarpus tornentosus n'est, d'ailleurs,
possible que si le Menabea venenata est rattaché aux Séca­
monées.
Mais telle est notre opinion.
On sait que cependant le Menabea venenata, considéré
comme une Périplocée par Bâillon1, puis par M. Perrot-,
fut rangé parmi les Cvnanchées par M. HeckeP et par
Iv. Schumann.
t. Bâillon : S u r le tanghin de Ménabé (Bulletin mensuel de la Société
linnéenne de Paris, 5 fév. 1890).
2. E. Perrot : S u r le K sopo, ou tanghin de Ménabé (C. R. de l’Acad.
des Sciences, 3 fév. 1902).
3. E. Ileckel : S u r le Menabea venenata lin ., qui fournit p a r ses
racines le tanghin du Ménabé ou des Sakalaves, encore dénommé Kissoum pa
ou K im anga h M adagascar, sa p atrie (C. R. Acad, des Sciences, 10 fév.
1902). — Nouvelles observations su r le tanghin de Ménabé et su r sa
racine toxique et médicamenteuse (C. R. Acad, des Sciences, 17 fév. 1902 .

�2 1(&gt;

H. JUMELLE ET II. PERRIEIl DE LA BATilIE

Il nous semble que sa place est bien mieux indiquée dans
la tribu des Sécamonées, car il y a 20 pollinies par fleur, soit
2 pollinies par loge, ce qui est le caractère essentiel de ces
Sécamonées.
Et s'il fallait une autre raison pour justifier notre manière
de voir, ne la trouverions-nous pas précisément dans le rap­
prochement que nous avons annoncé entre le Toxocarpus
tomentosus et le Menabea venenata, et qu'on entrevoit peutêtre si l'on se rappelle la grande particularité du Menabea,
qui est le manque de tout appareil de translation ?
11 v a, chez le Menabea venenata, des pollinies, mais il n’y
a ni caudicules ni rétinacle.
Si l’on admet, comme nous l avons fait, que, chez le Toxo­
carpus tomentosus — où il y a des pollinies qui, par leur
nombre et leur aspect, ressemblent beaucoup à celles du
Menabea venenata et où les caudicules font défaut — le réti­
nacle est lui-même en voie de dégénérescence, évidemment
la transition est insensible entre les deux plantes.
Elle l’est d'autant plus qu'il ne faut peut-être pas trop al'lirmerque, à aucun moment, il n'v a de rétinacles dans la fleur
du Menabea; peut-être ces glandes disparaissent-elles seule­
ment de très bonne heure. En tout cas, on distingue toujours
très nettement, vers la base large du stigmate, cinq dépressions
vaguement triangulaires qui correspondent aux insertions
ordinaires des rétinacles.
Il faut bien remarquer aussi, d'autre part, la grande simi­
litude d’aspect général que présentent le Menabea venenata
et les deux Toxocarpus précédents. Le Menabea venenata est
un arbuste et ces deux Toxocarpus sont des lianes; mais les
trois plantes sont fortement tomenteuses dans toutes leurs
parties. Les follicules du Toxocarpus tomentosus, comme ceux
du Menabea venenata, sont recouverts d’une véritable couche
laineuse.
Enfin, il y a ressemblance frappante entre les androcées de
ces deux dernières espèces. Les pièces de la couronne, chez
le Menabea venenata, sont, comme chez le Toxocarpus
tomentosus, des languettes étroites et aiguës, non arquées, et

NOTES BIOLOGIQUES --- LES ASCLÉPIADÉES

217

dépassant longuement les étamines à la base desquelles elles
sont adnées.
En détinitive, sans abandonner l’idée déjà émise que le
Mencbea venenata, par l'absence de tout appareil de transla­
tion, est un type de passage entre les Asclépiadées et les Apocynées, nous établissons ce passage par les Sécamonées, et
non plus par les Cynanchées. Et il est, à tous égards, bien
plus net ainsi, puisque la tribu des Sécamonées, par l'ex­
trême brièveté des caudicules chez tous ses représentants,
otfre déjà, dans l'ensemble, une réduction de l’appareil de
translation.
Exception est à faire seulement pour la plante que 1 un de
nous a récemment décrite1 sous le nom de Secamonopsis
madagascariensis. Chez cette plante, qui est le vahimaintij et
Yangalora de l'ouest et du sud-ouest, il y a quatre pollinies,
mais les paires sont aux extrémités de caudicules bien déve­
loppés, comme chez les Marsdéniées.
Mais nous ne nous représentons, dès lors, que plus facile­
ment la filiation qu’on peut tenter d'établir.
Le Secamonopsis madagascariensis, avec le dédoublement
de ses pollinies dressées, nous amène des Marsdéniées aux
Sécamonées. Chez les deux grands genres de ces Sécamonées,
Secamone et Toxocarpus, les caudicules se réduisent, deve­
nant plus ou moins nuis, et il ne reste guère que le rétinacle.
Mais cette glande, à son tour, bien nette encore chez le
Toxocarpus ankarensis, semble subir une dégénérescence et
tendre à disparaître chez le Toxocarpus tomentosus ; et elle a,
au moins à un certain moment, complètement disparu chez le
Menabea venenata, qui, pourvu uniquement de pollinies, sans
appareil de translation, nous fait passer aux Apocynées.
Le Menabea venenata est le tangena sakalava ou le kita.
Il se plaît particulièrement sur les sommets dénudés des col­
lines. C'est dans ce stat qne l’un de nous l'a trouvé en terrain
basaltique, à la limite occidentale de l'Ambongo, près du mont
Ambohibenga, ainsi que, en terrain gneissique, à Analabé,
\ . H. Jumelle : L'an galora et le kom pilso, lianes à caoutchouc du sudouest de M ad agascar (Le
1

Caoutchoucet la Gulta-Percha, iîioct. 1908 .

�218

H.

JUMELLE ET II.

PERRJER DE LA

BATHIE

près du Mandratv, non loin d Andriba, sur la rive gauche de
l'Ikopa, et encore sur le mélaphyre à Ankasoa, sur le plateau
d’Ankara, et sur le gneiss dans le Haut-Mazoma, affluent de
droite du Menavava.
Leptadenia madagascariensis Dcne.
Le Leptadenia madagascariensis Dcne — avec lequel, à
notre avis, le Leptadenia Bojeriana du même auteur ne pré­
sente aucun caractère distinctif réel — est une liane très
commune au bord des rivières et sur les sables, dans le Boina
et dans 1Ambogo. Sa fréquence auprès des habitations lui
donne, d'ailleurs, les allures d une plante introduite.
Les tiges sont grêles (2 à 4 centimètres de diamètre), remar­
quables par leur très grande souplesse ; elles traînent ordinai­
rement sur le sol ou s'élèvent un peu parmi les broussailles,
sur une longueur totale de 2 à 6 mètres.
Le latex qui s ’écoule des incisions est jaune verdâtre, hya­
lin, visqueux. L'écorce du tronc est grisâtre, marquée de
grosses lenticelles, qui sont allongées et confluent en lignes
courtes, plus claires.
Les rameaux, couverts d'une pruine blanchâtre, sont épais­
sis aux nœuds ; les jeunes tiges sont pubescentes.
Les feuilles sont pétiolées, velues sur le pétiole et sur les
deux faces du limbe, blanchâtres à sec. Le pétiole a de 5 mil­
limètres à 2 centimètres, et est à peu près cylindrique. Le
limbe est ovale, tantôt plus ou moins obtus aux deux extrémi­
tés, tantôt aigu au sommet et en coin, ou arrondi, ou même un
peu cordé, à la base. U a entre 3 centimètres, sur 14 à 17 mil­
limètres, et 5 centim. 1/2, sur 4 centimètres. Les nervures
secondaires et tertiaires sont, surtout sur le frais, plus visibles
en dessus qu'en dessous; il y a cinq à six paires de nervures
secondaires, qui s'anastomosent à 3 millimètres environ des
bords.
Les inflorescences sont de petites cymes de 5 à lo fleurs,
plus ou moins condensées suivant les individus. Parmi les
exemplaires que nous possédons, ces inflorescences sont plus

NOTES

BIOLOGIQUES —

LES ASCLÉPJADÉES

219

denses et plus petites sur les individus récoltés à Ampassiry
(entre Andriba et Mevetanana) que sur ceux qui proviennent
du Haut-Bemarivo. Sur les premiers, d’autre part, toutes ces
inflorescences sont axillaires, et aux aisselles de feuilles ordi­
naires ; sur les secondes, elles ont quelquefois la même dispo­
sition, mais sont souvent aussi terminales, ou bien se trouvent,
vers les extrémités des rameaux, aux aisselles de feuilles
réduites à des bractées. Il y a, dans ce dernier cas, comme de
longs épis de cymes ombelliformes espacées.
Aux aisselles des feuilles, les pédoncules principaux sont
plus courts (5 à 6 millimètres) que les pétioles. Les pédicelles
portant les fleurs peuvent être très courts, ou atteindre 7 ou
8 millimètres.
Toutes ces inflorescences sont velues et blanchâtres.
Le calice a 2 millim. 1/2 environ de hauteur. Les sépales,
libres presque jusqu’à la base, et de 1 millimètre environ,
sont triangulaires, aigus au sommet, velus, blanchâtres. La
corolle, rotacée, charnue, velue, blanchâtre ou jaunâtre, a un
tube de 2 millimètres environ et des lobes de 3 millim. 1/2
sur 1 millimètre, un peu ovales à la base, triangulaires audessus, aigus au sommet. Ces lobes, qui intérieurement sont
d'abord blanchâtres ou jaunes, puis orangés, sont verts sur la
face dorsale ; ils sont à bords renversés en arrière et ont la
face ventrale bombée.
Entre ces lobes sont de petites écailles larges et arrondies
au sommet, portant à ce sommet seulement quelques poils
pluricellulaires assez longs. A la base, un peu au-dessous du
sinus, chaque écaille se prolonge, de part et d’autre, en une
sorte de repli qui se relève jusqu’au quart à peu près de la
ligne médiane du lobe corollaire voisin, où il s'unit en
s'arquant avec le repli analogue du côté opposé de l’autre
écaille.
Les anthères sont larges : mais, au-dessus des loges polliniques, le connectif se rétrécit en une languette ovale, aiguë
au sommet, qui est rabattue horizontalement au-dessus du
stigmate.
Le rétinacle est rougeâtre, petit, par rapport aux pollinies;

�220

II.

J l'WELLE ET

II.

PER RI ER DE LA

RATIIIK

les caudicules, un peu au delà de leur insertion sur ce rétinacle, s’élargissent triangulairement. Les pollinies sont larges,
vaguement réniformes, car elles sont arrondies dans la par­
tie extérieure, tandis que la face qui est en regard de l’autre
pollinie est presque plane. Au sommet de chaque pollinie est
un appendice clair, court et obtus, disposé obliquement.
L’ovaire est ovoïde, à style court, à stigmate large, sur­
baissé, pentagonal, présentant sur sa face supérieure, et
presque jusqu’au sommet, les dépressions qui correspondent
aux rétinacles
Les follicules sont fortement ovoïdes à la base, de 7 à 8 cen­
timètres de longueur sur 1 cm. 1/2 de largeur vers le bas,
atténués en pointe vers le sommet, pubescents.
Les graines sont ovales, de 4 à 5 millimètres sur 2 milli­
mètres, avec une aigrette blanche de 2 cm. 1/2 environ.
La plante est en fleurs en août et septembre, et en fruits
vers décembre. Elle a été récoltée pour la première fois par
l'un de nous en 1898 sur le gneiss à Ampassiry, entre Andriba
et Mevetanana.
Ceropegia scabra nov. sp.
Perennis, tuhere depresse, 3-4 centim. demetiente j caille
nigricante; foliis glahris. pefiolatis (S-J J millim.), ova fis vel
oblongis, 7-10 centim. lorigis, 'i-'t centim. latis, basi
rotundatis vel cuneatis, apice acutis vel acuminatis. Flores
*7-3 in fasciculis extraaxillaribus, longe pedicellati. Corolla
F S centim. longa, basi ovata : tubo 1$ millim. ; infundibulo, 1 centim. longo; lobis 3 centim. longis, triangulis, angustis et acutis, pilosis, apice cohærentibus. Coronæ
exterioris W dentibus parvis, triangulis, acutis, basi connatis,
harbatis ; foliolis interioribus 3-plo longioribus, oblongis,
obtusis, 4 millim. longis, pariter bar bâtis. Folliculi graciles,
JS centim. longis, bini apice con rial i.
Annuelle par ses tiges herbacées et grêles, qui atteignent
de 2 k i mètres de hauteur, cette espèce de Ceropegia est vivace
par sa souche, qui est un tubercule discoïdal, de 3 à 4 cen­

NOTBS BIOLOGIQUES --- LES ASCLÉPIA DÉES

22 I

timètres de largeur, sur 15 k 20 millimètres de hauteur. Ce
tubercule fait souvent saillie un pemau-dessus du sol par sa
partie supérieure; de sa partie inférieure seulement partent de
nombreuses racines fusiformes blanches.
Les tiges sont noirâtres et très glabres et contiennent un
latex incolore. Les feuilles, très glabres, pétiolées (8 k l l mil­
limètres), sont de forme variable. Elles sont plus allongées sur
les pieds vigoureux et adultes, et plus larges sur les pieds
jeunes. Ordinairement elles sont ovales ou oblongues, de 7 k
I6 centimètres de longueur sur 2 k 4 centimètres de largeur
(fréquemment 14 centimètres sur 3 centimètres], arrondies ou
en coin k la base, k bords parallèles dans les deux tiers infé­
rieurs, puis se rétrécissant en pointe très aiguë, ou même acuminée, dans le tiers supérieur.
Les inflorescences, latérales et interpétiolaires, quoique tou­
jours plus rapprochées d'un pétiole que de l’autre, sont des
groupes de 2 k 3 fleurs, portées, par des pédicellesglabres de
3 k 4 centimètres, sur un axe commun plus court, de 2 k 3 cen­
timètres. A la base des pédicelles sont des bractées linéaires
caduques.
Les sépales, de S k 6 millimètres de longueur, k peine sou­
dés, sont triangulaires tout k fait à la base (sur 1 millimètre),
mais sont ensuite filiformes.
La corolle a 7 k 8 centimètres de longueur. La partie glo­
buleuse du tube est largement ovoïde, peu rétrécie à la base,
arrondie au sommet, de 20 k 23 millimètres de hauteur sur
12 k 15 millimètres de largeur, glabre. A frais, elle est entière­
ment rougeâtre, avec cependant des taches plus foncées à la
base de la partie étroite. Elle est quelquefois munie de poils
rares, qui peuvent manquer.
La partie étroite, de 12 millimètres de longueur, et vaguementk 5 pans, est rouge sombre, maculée de taches plus claires.
La partie évasée, de 1 centimètre de longueur, et qui atteint,
vers le haut, 12 millimètres de largeur, est vert-grisâtre, rayée
transversalement de noir. Les bandes sont plus sombres et
plus nettes vers la base, qui est teintée de rougeâtre sombre.
Les lobes, de 3 centimètres de longueur, rouge-brunâtre,

�222

H.

JUMEL LE ET II.

PERRIÈR

DE LA RATHlE

sont triangulaires, étroits et aigus, plus ou moins ciliés et velus,
surtout vers le haut, conèrescents parleurs extrémités, qui sont
verdâtres.
Intérieurement, la partie globuleuse est jaune, avec de nom­
breuses taches brun-rouge, et est remarquable par les lignes
longitudinales de tubercules saillants et obtus qui la rendent
rugueuse. La partie contractée est lavée de rouge sombre h la
base. La partie évasée est jaune-verdâtre, avec des bandes trans­
versales brun-noirâtre. En se flétrissant, toute la fleur s'as­
sombrit.
La couronne extérieure se présente essentiellement sous
l’aspect de dix petites dents triangulaires, aiguës, concrescentes
à la base, couvertes de longs poils.
La couronne intérieure est composée de cinq pièces trois
fois plus longues environ que ces dents, oblongues, de i milli­
mètres environ sur 1 millimètre, obtuses, parsemées des mêmes
longs poils que ceux des dents.
Les étamines, plus courtes même que les dents de la cou­
ronne externe, sont à sommet élargi, qnadrilobé.
Les pollinies sont brièvement ovoïdes, presque aussi larges
que longues, arrondies à la base, un peu plus étroites au som­
met, que surmonte obliquement, vers l'intérieur, une étroite
membrane rectangulaire, à bord épaissi. Les caudicules, sur
lesquels ces pollinies s’insèrent latéralement, sont très courts.
Le rétinacle est petit, losangique.
Le stigmate est large à la base, pentagonal, puis brusquement
rétréci pour devenir conoïde au sommet.
Les fruits sont de longs follicules grêles, de 18 centimètres
de longueur sur 3 millimètres de largeur, glabres. Les deux
follicules de chaque paire sont toujours accolés par leurs extré­
mités supérieures. Les graines sont allongées (9 millimètres),
étroites (2 millimètres) sur à peu près toute leur longueur,
marginées, avec une aigrette blanche de 15 millimètres environ.
La plante habite les forêts rocailleuses, à sol gneissique, du
Ilaut-Bemarivo. Elle lleurit de février en mai ; les fruits
mûrissent en juillet.
Les tiges sont un peu crassulescentes. Si on les coupe vers

NOTES BIOLOGIQUES

—

LES

ASCLÉP!ADÉES

223

la base, elles continuent à vivre, et même fructifient; et les
feuilles ne disparaissent qu'à la fin de la saison des pluies.
Ceropegia saxatilis nov. sp.
Volubilis, sim plex; foliis glabris, ovatis, 5-6 centim.
longis, 15-20 millim. latis, basi acutis, apice acutis vol breviter acuminatis ; petiolo 7-12 millimètres longo. Flores bini
axillares ; pedicellis 5-10 millim. longis. Corollæ basi ovatâ,
/ centim. longà, 6 millim. latà ; tubo 1 cm. 1/2-2 cen­
tim. ; infundibulo 5 millim. longo ; lohis triangulis, gla­
bris vel apice pubescentihus, in hemisphærium connatis.
Coronæ exterioris 10 lobis, interiobus foliolis fere similibus ;
interioribus vix longioribus, apice paulo latioribus, introrsum
levitcr incurvatis; exterioribus lobis triangulis, glabris, basi
concrescenlibus, S millim. longis.
C'est une espèce herbacée, volubile, simple, qui croît dans
les bois calcaires et rocailleux, à sol jurassique, de Mahabo,
près d'Andranomavo, dans l’Ambongo.
Les feuilles, un peu crassulescentes, rappellent certaines
feuilles larges de l'espèce précédente ; elles ne sont cependant
jamais aussi allongées que le sont les feuilles ordinaires du
Ceropegia scabra. Elles sont glabres, ovales, de 5 à 6 centi­
mètres de longueur sur 15 à 20 millimètres de largeur, aiguës
à la base, aiguës ou souvent brusquement acuminées au som­
met. Le pétiole a 7 à 12 millimètres de longueur.
Les Heurs sont par deux, sur des pédoncules courts (5 milli­
mètres) et axillaires; leurs pédicelles propres sont un peu plus
longs (5-10 millimètres) que le pédoncule commun. Une des
fleurs, généralement en retard sur lautre, peut avorter.
La fleur entière a 35 à 40 millimètres de longueur.
Les sépales, soudés à la base, sont triangulaires, allongés,
de2 millim. 1/2 environ, étroits, aigus, glabres, avec de petites
glandes dans leurs intervalles.
La partie globuleuse de la corolle, moins large que celle du
Ceropegia scabra, a 1 centimètre de longueur sur 6 millimètres
de largeur ; elle est blanc-verdâtre.

�22 i

II.

JUMELLE

ET I).

PEU Kl ER

DE LA RATHTE

La partie contractée, de 1 cm. 1/2 à 2 centimètres de lon­
gueur, est blanc-jaunâtre, marbrée de très nombreuses taches
violet terne, et comme annelée de vert et de blanc.
La partie évasée a environ 3 millimètres.
Les lobes, triangulaires, glabres, ou munis, surtout vers le
haut, de poils excessivement courts, ont 1 cm. 1/2 à peu près
et sont unis au sommeten un dôme oblong.
Les cloisons sont blanc-jaunâtre, mais parsemées d'un si
grand nombre de petites taches rouges qu'on les dirait roses.
Le dôme formé par les lobes est rouge-brun intérieurement, un
peu décoloré extérieurement.
Les dix lobes de la couronne extérieure et les 5 pièces
internes opposées aux étamines sont presque semblables. Les
5 pièces internes ne sont que légèrement plus longues que les
lobes externes; elles restent aussi un peu plus larges au sommet,
qui, très obtus, se recourbe légèrement vers l ’intérieur. Les
10 lobes externes sont triangulaires allongés, dé 3 millimètres
de longueur à peu près, sur 1/3 de millimètre de largeur,
glabres, obtus, quoique un peu moins larges au sommet qu’à
la base, concrescents inférieurement.
Les anthères, très courtes, sont élargies et quadrilobées au
sommet., comme celles du Ceropegia scabra. Les pollinies, avec
leurs caudicules et le rétinacle losangique, ressemblent aussi
aux mêmes parties de 1espèce précédente.
Nous ne connaissons pas les fruits.
Ceropegia petiolala nov. sp.
Volubilis, parvo luhere clepresso ; petiolo 10-20 millim.
longo ; foliis ovatis, basi truncatis vel leviter cordatis, a latere
rotundis, abrupte acuminatis, 2-3 centim. longis, J 4-20 mil­
lim. lads. Flores soli, axillares, 3 centim. circa longi.
Corollæ basi globosà (9 millim. dcmetiente) ; tubo 9 millim.
longo ; infundihulo 9 millim. longo, basi et apice abrupte
truncato ; lobis triangulis, 4 millim. longis, in verticem
lurhinatum apice connatis. Coronæ exterioris 10 lobis
angustis, triangulis, oblusis, barbatis ; 5 interioribus foliolis
circa duplo longioribus, oblongis, basi et apiceparitcr lalis.

No t e s

bio lo g iq u es

—

les

à sclépiad ées

223

La base de cette espèce grêle et volubile est un tout petit
tubercule discoïdal, de 7 à 8 millimètres d’épaisseur, tronqué
intérieurement.
Les feuilles rappellent celles de quelques autres espèces
telles que le Ceropegia carnosa, ou le Cerepogia beccariana
Mart., d’Abyssinie, ou encore le Ceropegia volubilis lin.
Le pétiole est grêle et assez long (10 à 20 millimètres),
avec quelques poils épars. Le limbe est ovale, tronqué ou légè­
rement cordé à la base, qui est très large, arrondi latéralement,
puis brusquement acuminé, à bords plus au moins ciliolés. 11
mesure, en moyenne, y compris l’acumen, de 2 à 3 centimètres
de longueur sur 11 à 20 millimètres de largeur.
Les deux ou trois fleurs que nous avons vues étaient isolées
aux aisselles des feuilles, sur des pédieelles de 3 à 0 millimètres.
Les fleurs ont 3 centimètres de longueur à peu près.
Les sépales, soudés seulement à la base, sont triangulaires,
aigus, courts (1 millim. 1/2 environ), avec de petites glandes
triangulaires alternantes.
La partie globuleuse de la corolle est plus large que la partie
évasée; elle a 9 millimètres environ de diamètre, et est blanche,
maculée de taches violacées sur un fond de petites taches de
même teinte, mais un peu plus claire. La partie contractée et
tubuleuse, de 9 millimètres de longueur sur 2 millimètres de lar­
geur, est de même couleur.
La partie évasée, de 9 millimètres de longueur sur 7 milli­
mètres de largeur, brusquement tronquée aux deux extrémi­
tés, devient un peu plus jaunâtre, avec les mêmes taches.
Les lobes, deltoïdes, de i millimètres de longueur à peu
près, se réunissent au sommeten un cône obtus. Ils sont sans
taches, jaunes dans le haut, verdâtres dans le bas.
La couronne externe, de 2 millimètres environ de hauteur,
présente, au-dessus de sa partie basilaire concrescente, 10 lobes
étroits, triangulaires, obtus, garnis de longs poils.
Les 5 pièces de la couronne interne sont environ deux fois
plus longues que la couronne externe et ne sont plus triangu­
laires, mais sont des languettes oblongues, obtuses, à bords
parallèles, à peu près aussi larges au sommet qu à la base.
A n n a le s

du Musée c o lo n ia l de M a r s e ille . —

2* sé rie, 6° vol. 1908.

là

�220

11. JUMELLE

ET II.

PÜRRIEft

DE LA

NOTES BIOLOGIQUES —

BATII1E

L e s a n th è re s so n t à so m m e t non é la r g i, m a is é p a is e t a r r o n d i.
L e s p o llin ie s sont c e lle s d e s a u tre s e sp è c e s.
L e s tig m a te e st d é p rim é , p re sq u e c irc u la ire , ou se u le m e n t
v a g u e m en t p e n ta g o n al lo rsq u 'il e s t v u d ’eja h au t, a v e c un lé g e r

LES

ASCLÉIMAGÉES

227

m ê m e s ta c h e s. L a p a rtie é v a sé e , de 8 m illim è tre s de lo n g u e u r
e n v iro n , p lu s la rg e (1 c e n tim è tre au so m m e t) qu e la p a rtie
d ila té e b a s ila ir e , e st p re sq u e n oire. L e s c lo iso n s so n t v e rtn o irâtre .
L e s lo b e s, de 15 m illim è tre s de lo n g u e u r, fo rm en t un cô n e

m am e lo n c e n tra l.
C e Ceropegia a été ré c o lté p a r l ’un de n o u s en so l b a s a ltiq u e

de 1 ce n tim è tre en v iro n de h au te u r ; ils so n t d ’un n oir v io ­

d a n s les b o is v o isin s de B e v o a y , s u r le s b o rd s d u M an o n ib o ,

lac é , fo rte m e n t s illo n n é s au m ilie u , et so n t to rd u s en sp ira le

d a n s l ’A m b o n g o .

v e rs la d ro ite .
L a co u ro n n e e x té rie u re , d ’une

Ceropegia conforta n ov . s p .
Volubilis, parvissirno tuberc ; pctiolo 15-W millim. longo;
foliis ovatis, 5-6 centim. longis, 2 cenlim .S cm. 1/glatis, basi
cuneatis, apice acuminatis. Flos i centim. longus : corollæ basi
ovatâ. I centim. longâ, 5 millim. latà ; tubo 13-1 f millim.
longo ; infundibulo 18 millim. longo, / centim. lato; lobis
15 millim. longis, in conum apice connatis. Exterioris coronæ
5 foliolis alte bifidis, pilosis ; interioribus 5 foliolis pau/o
longioribus, glabris, integris, apice levifer spatuliformibus.
C ette au tre esp è ce e st é g a le m e n t de l ’A m b o n g o , m a is h ab ite

h au te u r to ta le de 4 m illi­

m è tre s à peu p rè s, e s t à cin q p iè ce s so u d é e s p a r le u rs b a s e s et
lo n g u e m e n t b ifid e s un peu a u - d e s s u s de la co n c re sc e n c e . 11 y
a a in si d ix lo n g s lo b e s, q u i so n t d e s la n g u e tte s o b lo n g u e s, à
b o r d s p a r a llè le s , o b tu s e s , a v e c d e s p o ils un peu p a rto u t, m a is
s u r to u t v e r s la b a s e . L e s cin q p iè c e s in te rn e s, o p p o sé e s au x
é ta m in e s,

so n t lé g è re m e n t p lu s lo n g u e s qu e le s e x te rn e s ;

e lle s so n t é g a le m e n t é tro ite s, m a is p lu tô t

un peu s p a t u lé e s

v e r s le so m m e t e t so n t g la b r e s .
L e s é ta m in e s so n t trè s c o u rte s ; le s a n th è re s so n t à so m m e t
la r g e , b ilo b é . L e ré tin a c le e st lo s a n g iq u e ; le s c a u d ic u le s so n t
trè s c o u r ts ; le s p o llin ie s, o v o ïd e s, p re sq u e ro n d e s, a p p en d ic u -

le s b o is sa b lo n n e u x de M a n o n g a riv o .

lé e s co m m e c e lle s d e s a u tre s e sp è c e s, so n t ra p p ro c h é e s l ’une

E lle e st v o lu b ile , à b a se lé g è re m e n t tu b é re u se , et co n tie n t
du la te x . L e s fe u ille s — qu i son t un p e u c e lle s d u Ceropegia

de l ’a u tre .

fusiforniis B r. de la G o ld C o a st — so n t g la b r e s , a v e c u n a ss e z

a v e c un m am e lo n c e n tr a l.

lo n g p étio le de 15 à 20 m illim è tre s. L e lim b e e st o v a le , de
5 à 6 ce n tim è tre s su r 2 c e n tim . à 2 cm . 5 , en coin à la b a s e ,

L ’o v a ire e s t g la b r e ; le s tig m a t e e s t v a g u e m e n t p e n ta g o n a l,

Ceropegia albisepta n ov. s p .

a c u m in é au so m m e t.
N o u s n ’a v o n s pu a n a ly s e r q u u n e Heur. S a lo n g u e u r to ta le
é ta it de 4 c e n tim è tr e s .
L e s s é p a le s , p r e sq u e lib re s, s o n t tr ia n g u la ir e s , a ig u s , de
2 m illim . 1/2 de lo n g u e u r en m o y e n n e , g la b r e s .
L a p artie d ila té e d e la c o ro lle e st o v o ïd e , de 1 ce n tim è tre
de h au te u r su r 5 m illim è tre s d e la r g e u r , ro u g e te rn e , a v e c
se u le m e n t, v e r s

la b a se ,

q u e lq u e s ta c h e s ir r é g u liè r e s v e r ­

d â tr e s.
L a p a rtie é tro ite et tu b u le u se , de 13 à 14 m illim è tr e s su r
3 m illim è tre s, e s t de m êm e te in te g é n é r a le , a v e c , ç à e t là , le s

Volubilis, non tuberosa ; foliis ovato-lanceolatis, 6 centim.
longis, $ centim. latis. basi attenuatis, apice attenuato
vel rotundato acuminatis. Corollæ basi turbinatà ; tubo
8 millim. longo, angusto ; infundibulo 11 millim. longo,
11 millim. lato ; lobis 2 centim. longis, friangulis, pubescentihus, apice acuminato connatis; septis albis. Coronæ
exterioris 10 lobis basi triangulis, deindeque angustis et
gracilibus, obtusis. harbatis ; interioribus foliolis vix longio­
ribus, sed duplo laliorihus, apice rotundis, harbatis.
E n c o re d a n s l ’A m b o n g o , ce

Ceropegia c ro it s u r le s ro c h e r s

�228

ii.

jum elle

et

h

. p e r r i Er

de

la

b a t Hi e

boisées et calcaires d’Andranomandavo, près d’Andranomavo,
en terrain jurassique.
11 est volubile, à souche non tubéreuse, mais persis­
tante. Le bas de la tige est de la grosseur du doigt, un peu
ligneux et crassulescent. Plus haut la tige est crassulescente.
Les feuilles sont ovales-lancéolées, de 6 centimètres envi­
ron sur 2 centimètres, aiguës à la base, acuminées au sommet,
qui est généralement rétréci comme la base, mais quelque­
fois aussi élargi et arrondi.
Les fleurs ont 4 cm. 1/2 de longueur environ.
La partie basilaire dilatée de la corolle est un peu en tronc
de cône, surtout au sommet, et a 13 millimètres environ de
hauteur sur 9 millimètres de largeur. Fdle est verdâtre.
La partie tubuleuse, de même couleur, a 8 millimètres de
longueur et est étroite. La partie évasée, de 9 millimètres de
longueur sur I 1 millimètres de largeur supérieurement, est
rougeâtre, légèrement marbrée de vert, à l’extérieur, et
blanc jaunâtre, avec des raies brun livide sur les bords, à
l’intérieur. Les cloisons verticales sont d’un blanc mat, légè­
rement brun seulement sur le bord extérieur.
Les lobes, longs de 2 centimètres, sont triangulaires (2 mil­
limètres de largeur à la base), verts, avec des poils sur toute
leur longueur ; ils sont spiralés, et leurs pointes s ’unissent au
sommet en une sorte d’acumen. La couronne extérieure, de 5
millimètres environ de hauteur, est à dix longs lobes de 3
millim. 1/2 environ, triangulaires à la base, puis rapidement
étroits et grêles, obtus, munis de longs poils. Les cinq
pièces internes ont à peu près la même hauteur que la
couronne extérieure, mais ce sont des languettes au moins
deux fois plus larges que les lobes précédents, à sommet
arrondi ; elles sont également velues.
Les étamines sont courtes, à sommet large, bilobé. Les pol­
linies ont la forme ordinaire ; le rétinacle est toujours losangique.
Le stigmate est pentagonal, avec un petit mamelon cen­
tral.

NOTES BIOLOGIQUES ---- LES ASC LÉPIADÉES

229

Ceropegia breviloba nov. sp.
Volubilis ; petiolo 13-18 millim. circa Iongo ; foliis ovatis,
15 millim. longis, 2 2 millim. latis, basi cuneatis, apice
acuminalis, glabris. Flores bini axillares, 3 cm. / / 2 longi.
Corollæ basi 1 centim. long à ; tuho I centim. ; infundibulo 6 millim. longo., 1 centim. apice lato ‘ lohis latis brevibusgue, triangulis, in conicum acuminatumque apicem connatis. Coronæ e.rterioris 5 fo/iolis allé bilobis, lohis triangulis
bar bâtis ; 5 interiorihus foliolis circa duplo longioribus,
oblongis, basi et apice latis, introrsum leviter incurvatis.
Cette espèce pousse dans les bois des bords de la Betsiboka.
Elle est volubile. Le pétiole a de I3 à 18 millimètres ; le
limbe est ovale, de 43 millimètres environ sur 22 millimètres,
en coin à la base, acuminé au sommet, glabre.
Les Heurs sont par deux, portées, par des pédicelles de
lu millimètres, sur un pédoncule principal de 7 millimètres.
Nous n'avons pu encore en examiner qu’une. Les sépales sont
triangulaires, glabres, de 2 millimètres environ.
La corolle est haute de 3 cm. I/2 à peu près.
La partie globuleuse, tachetée, a l centimètre à peu près de
longueur; le tube, deteinte plus foncée, est à peu près aussi long;
la partie évasée, de (&gt; millimètres environ, tachetée, est très
large au sommet (1 centimètre) et est surmontée de lobes
larges (4 millimètres à la base) et courts, deltoïdes, garnis de
petits poils papilleux, et formant, par leur ensemble, en se
soudant supérieurement, un cône de 5 millimètres de hau­
teur, avec pointe terminale.
La couronne extérieure, de 2 millimètres à peine de hau­
teur, est formée de cinq pièces, qui sont profondément divi­
sées chacune en deux lobes triangulaires, faiblement aigus,
couverts de longs poils, et formant à leur base un sinus
arrondi.
Les cinq pièces de la couronne interne, opposées aux éta­
mines, sont un peu plus de deux fois plus longues que la cou­
ronne extérieure, y compris ses lobes, et sont des languettes

�230

11.

JUMELLE

ET

11.

PEU H1ER DE LA

BATH1E

oblongues, plus larges que les lobes externes, et conservant à
peu près la même largeur jusqu’à l ’extrémité, qui est arrondie,
faiblement recourbée vers l’intérieur, et porte quelques poils.
Les étamines sont courtes ; les anthères sont à sommet
large, épais, arrondi ou légèrement anguleux. Les pollinies
sont presque rondes ; les caudicules sont courts et le rétinacle est losangique.
Le stigmate est pentagonal, à côtés concaves, avec un
mamelon central.
Gymnema rufescens Dcne.
Si l'on admet l’identification, en effet, très vraisemblable,
de R. Brown, cette espèce est, en même temps, le Gymnema
sylvestre R. Br., très répandu à travers toute la zone tropi­
cale du continent africain.
C’est une liane à nombreux rameaux grêles, dilfus, à latex
blanc et poisseux. Les tiges aoûtées sont glabres, avec
quelques grosses et rares lenticelles.
Les feuilles sont vert sombre à frais ; à sec, elles restent
vertes et ont une nervure principale jaunâtre. Le pétiole,
canaliculé en dessus, et de 1 cm. 1/2 environ de longueur,
est velu, comme les jeunes rameaux. Le limbe est ovale, en
coin ou arrondi à la base, aigu ou parfois arrondi au sommet;
il y a des poils sur les nervures des deux faces.
Les inflorescences sont des cymes ombelliformes axillaires,
presque sessiles, moyennement denses, souvent géminées. Sur
les jeunes rameaux, tous les nœuds en sont garnis.
La corolle est épaisse, rotacée, blanc jaunâtre, avec des
lobes dont le haut se recourbe en arrière. Entre ces lobes, dans
la partie soudée, sont des languettes elliptiques, bordées laté­
ralement de longs poils, libres au sommet, qui est aigu et fait
saillie à la gorge de la corolle.
L ’androcée est blanc ; les anthères sont surmontées d’une
large membrane claire, à bord supérieur tronqué et sinueux. Les
pollinies, dressées, sont elliptiques, fixées sur des caudicules
courts, qui sont étroits près du rétinacle, mais s ’élargissent
ensuite en se coudant.

NOTES B lO L O G lg E E S ----

LES ASCLÉIMADÉES

231

Le stigmate, ovoïde, dépasse longuement les anthères.
Les follicules sont ovoïdes, défi centimètres environ de lon­
gueur, arrondis à la base, aigus au sommet, à surface glabre,
finement striée longitudinalement à sec.
Les graines, nettement marginées, sont ovales, de I centi­
mètre de longueur sur un demi-centimètre de largeur,
arrondies à la base, tronquées au sommet, qui est surmonté
d’une aigrette blanche de 2 cm. 1/2 environ.
Le Gymnema rufescens se plaît à la lisière des bois secs.
L’un de nous l’a récolté, par exemple, dans ce stat sur les
bords du lac de Kimadio, dans la vallée de la Menavava,
aftluent de gauche de l lkopa.
Tylophora Bojeriana Dcne.
Le Tylophora Bojeriana est une liane dont le tronc, à écorce
brunâtre, peut atteindre i centimètres de diamètre.
Elle est un peu frutescente à la base, très rameuse, à branches
grêles et herbacées, sans latex, à saveur amère. La souche, de
2 centimètres de diamètre, est pivotante et charnue. Les
tiges, pubescentes quand elles sont jeunes, deviennent glabres
ensuite, avec des lenticelles allongées, souvent confluentes en
lignes.
Les feuilles oll'rent d’assez grandes variations au point de
vue de la grandeur; elles ont, par exemple, 3 centimètres sur
2 cm. 1/2, ou i centimètres sur 2 centimètres, ou 3 cm. 1/2
sur 3 cm. 1/2, ou 7 centimètres sur 3 cm. 1/4, ou encore
7 centimètres sur 5 centimètres.
La dernière de ces dimensions est celle de feuilles d'un
exemplaire du Maut-Bemarivo poussant vers fiOO mètres
d’altitude. Ces feuilles sont ovales, arrondies latéralement.
Bien plus souvent, dans d’autres exemplaires du Haut-Bemarivo, comme dans ceux des bois humides île l’embouchure du
Jabohazo sur la Betsiboka, les feuilles ont plutôt une forme
générale elliptique, ou des bords latéraux peu arrondis, et
même fréquemment parallèles. En tout cas, elles sont à peu
près toujours cordées à la base et rapidement rétrécies en

�232

Il. JUMELLE ET II.

TERRIER

DE LA

BATI-UE

aeumen au sommet. Tantôt elles sont entièrement glabres,
tantôt le pétiole et les deux faces du limbe portent des poils
épars, ou même sont pubescents.
Le pétiole ( l à 3 centimètres de longueur) est souvent
tordu ou courbé à la base. Il y a de petites glandes au point
d'insertion du limbe sur le pétiole.
Les inflorescences, ordinairement axillaires, quelquefois
terminales, sont d'assez longs épis pendants, grêles et
flexueux, de 3 ou i- petites cymes pauciflores (b à 10 Meurs)
un peu lâches, très espacées le long de l'axe principal. Elles
sont pubeseentes.
Les Meurs sont un peu grasses.
Les sépales (2 millimètres) sont obtus, velus. Les pétales,
unis seulement à la base, arrondis au sommet, sont glabres,
verts ou rougeâtres extérieurement, rouge sombre à l'inté­
rieur.
Les étamines sont celles du Tylophora sylvatica Dcne,
dont est bien voisine l'espèce de Madagascar. Comme dans
ce Tylophora, les pièces de la couronne forment, à la base de
chaque étamine, une gibbosité; elles sont rougeâtres, à frais.
Les anthères sont surmontées chacune d’une membrane
vaguement semi-circulaire, plus large que haute. Les pollinies
sont presque globuleuses et se trouvent, sur le gynostège, à
peu près au même niveau que les rétinacles.
Le stigmate, vert, est large, pentagonal, légèrement bombé.
Les fruits sont semblables à ceux des spécimens du Tylo­
phora sylvatica du Lagos que nous avons vus dans l’herbier
de Ixew. Dans chaque paire de follicules, l’un des deux avorte
souvent.
Ils sont noirs, allongés, de 6 à 10 centimètres de longueur,
ovoïdes ou cylindriques inférieurement (I centimètre de dia­
mètre au plus), puis atténués et aigus supérieurement. Dans
leur partie inférieure, ils sont arqués sur la face ventrale ;
mais le sommet redevient droit. Sur la face ventrale sont, à
frais, quatre ou cinq lignes longitudinales saillantes ; sur la
face dorsale, il y a neuf ou dix de ces lignes, plus marquées
encore.

NOT ES

BIOLOGIQUES —

LES ASC LÉPIADÉES

233

Les graines, de 6 à 7 millimètres de longueur, sont ovales,
très plates, nettement arrondies à la base, qui est très large
(4 à 5 millimètres), rétrécies vers le sommet, qui est plus ou
moins aigu, avec une aigrette blanche de 2 à 3 centimètres.
Leur bord forme une marge assez nette ; toute la surface est
parsemée de courts poils bruns bien étalés.
Le Tylophora Bojeriana ne semble pas avoir la même
vigueur dans tous les endroits où il pousse. Ainsi que nous
l’avons déjà fait remarquer pour les feuilles, les plus grandes
des dimensions précédentes sont celles d'individus croissant
sur la latérite, à la lisière des bois, dans le Haut-Bemarivo.
Fruits et graines sont de dimensions un peu moindres dans
les exemplaires de l'embouchure de Jabohazo que nous possé­
dons en herbier. A Kapiloza, dans l'Ambongo, la liane vit en
bois humides.
Marsdenia verrucosa Dcne.
Nous citons seulement pour mémoire cette espèce bien con­
nue, qui est le bokalahy des Sakalaves, et dont nous avonsdéjà
fait l’histoire à plusieurs reprises, en tant que liane à caout­
chouc. Nous avons dit, du reste, que son caoutchouc n'est que
médiocre. Les principaux caractères de la plante ont été don­
nés autrefois par Decaisne ; remarquons seulement les grandes
dimensions que ses feuilles peuvent avoir. Nous en avons vu,
provenant de Mahavarano, près de Majunga, en terrain cal­
caire, qui avaient 17 à 20 centimètres de longueur, sur une lar­
geur presque égale.
Marsdenia truncata nov. sp.
Inter frutices scandens. Ramuli pilosi; petiolo^-5 centim.
longo, piloso ; foliis ovatis, apice acutis vel acuminatis, basi
cordatis, cum lobis rotundis, utrinque pilosis, 4-9 centim.
longis, 3-8 centim. latis. Cymæ multiflores, corymbosæ,
pilosæ, terminales vel axillares ; corollà urceolatà, tubo
2 millim., leviter dilalato, dentibus i rnitlim. longis, apice
obtusis etiamquc emarginatis ; tubo in tus 5 pilosis maculis

�234

II. JUMELLE ET II. l'ERRIËR DE LA RATIIIE

infra dentes ornato ; coronæ squamis dorso staminarum
adnatis, acutis, androceo brevioribus ; caudiculîs breviter
calcaratis. Folliculi soli, teretes, a / ù c c basique truncati, S con­
tint. circa longi.
Cette espèce, à petites Heurs vert jaunâtre, croît partout
dans l’Ambongo et le Boina, surtout à la lisière des bois.
C’est une liane grêle, dont le tronc, garni de lenticelles
saillantes, éparses, ne dépasse pas I centimètre de diamètre ;
ses très nombreux rameaux recouvrent 'les buissons. Elle est
à latex blanc et poisseux. Les jeunes branches sont velues.
Les feuilles sont longuement pétiolées (2 à 5 centimètres). Le
pétiole est velu; le limbe est ovale, très aigu ou acuminé au
sommet, cordé à la base, avec lobes arrondis. Du sommet du
pétiole partent cinq nervures, dont lesplus extérieures se rami­
fient dans les lobes basilaires ; les nervures secondaires se
réunissent assez loin des bords. Toutes ces nervures, blan­
châtres à l'état frais, sont saillantes en dessous. Il y a des
poils sur les deux faces. Les limbes peuvent avoir, comme
dimensions, 4 centimètres sur 3 centimètres, ou 5 centimètres
sur 4 centimètres, ou 9 centimètres sur 8 centimètres. En ce
dernier cas, les limbes tendent à s'arrondir ; mais ils sont
toujours acuminés au sommet et auriculés à la base.
Les inflorescences, velues, sont terminales ou axillaires, et
sont des cymes lâches multitlores, vaguement corymbiformes.
Le calice, de 2 millim. 1/2 environ, èst profondément
divisé, à sépales ovales, arrondis au sommet, ciliolés etscarieux
sur les bords, velus extérieurement, glabres en dedans.
La corolle, de 3 millimètres de hauteur, est urcéolée ; le
tube, de 2 millimètres, est un peu renflé ; les dents, de 1 mil­
limètre, sont étalées, à sommet obtus, légèrement émarginé.
Un peu au-dessous du milieu du tube sont 5 touffes de
quelques poils dressés, correspondant aux dents.
Les anthères sont surmontées chacune d’une membrane
triangulaire; sur le dos de chaque étamine, la pièce coro­
naire est un appendice court, aigu au sommet, qui atteint h
peu près le niveau du milieu de l'anthère. Les pollinies, dres-

NOTES BIOLOGIQUES --- LES ASCLÉPIADÉES

235

sées, sont ovoïdes, étroites, arrondies à l'extrémité libre, et
fixées au rétinaclepar de courts caudicules, qui portent, à l’en­
droit où ils se recourbent, un petit prolongement extérieur
formant un court éperon.
L’ovaire est ovoïde; le style est épais et court; le stigmate,
large à la base où s'insèrent les rétinacles, s’étrangle légère­
ment un peu plus haut, puis se termine en une masse conique
bilobée.
Les follicules sont solitaires, de 8 centimètres environ de
longueur, presque cylindriques, un peu plus larges seulement
vers la base (7 millimètres environ de diamètre) que vers le
sommet. Les deux extrémités sont obtuses, comme tronquées;
à l’extrémité supérieure est une dépression. La surface est
glabre, mais couverte, avant la maturité, d une pruinosité
blanchâtre. Les pédoncules sont très velus.
Les graines, marginées, sont ovales, aplaties, de 1 centi­
mètre environ de longueur sur 4 millimètres de largeur,
arrondies à la base, tronquées au sommet, avec une aigrette
blanche de 2 centimètres de longueur.
Citons la plante dans les bois sablonneux secs d'Ankirihitra,
près du mont Tsitondraina, et dans les bois également secs,
et à sol granitique, de Belambo, sur la rive gauche de lTkopa,
aux environs de Mevetanana.
Marsdenia hrevisquama nov. sp.
Ramulis, petiolis, limboque pilosis ; foliis ovatis vel plus
minus rotund's, sed semper apice acutis, basi rotundatis vel
leviter cordatis, 4 centim. longis, 2-3 centim. latis.
Flores 2, 3., vel 4, axillares, breviter pedicellati; sepalis intus
qlabris, extra pilosis ; corollà rotatà, tubo I millim. 1/$longo,
intus raris pilis ore ornato, lobis oblongis, apice obtusis, extra
pubescentibus; coronæ squamis brevibus, dorso staminarum
adnatis, triangulis, filamenta non excedentibus. Folliculi
ignoti.
Cette liane, k latex blanc et poisseux, a été trouvée par
l’un de nous sur les bords du Jabohazo, près du mont Tsiton-

�236

H. JUMELLE lîT M. I‘KKHIER DK LA RATIIIE

draîna, mais en bois humides. Les jeunes rameaux sont
pubescents ; et feuilles et pétioles sont également velus.
Les pétioles ont S millimètres de longueur, pour des
limbes de i centimètres de longueur sur 2 ou 3 centimètres de
largeur. Ces limbes sont ovales ou tendent à s ’arrondir, mais
sont tou jours aigus au sommet, et arrondis, ou plus ou moins
légèrement cordés, à la base. Les nervures secondaires sont
très obliques.
Les fleurs sont axillaires; sur les rameaux que nous avons
examinés, elles sont isolées ou par deux ou trois, très briève­
ment pédiceliées.
Le calice, de i millimètres de longueur, est très profondé­
ment divisé ; les lobes, de 3 millimètres, sont ovales, allon­
gés, obtus, glabres en dedans, velus en dehors, ciliolés.
La corolle, rotacée, a un tube de I millim. 1/2 environ et
des lobes qui sont des languettes de 3 millim. 1/2 de lon­
gueur sur 2 millimètres de largeur, obtuses au sommet. Inté­
rieurement il n’y a que quelques poils, au niveau des sinus
interlobaires; extérieurement, les lobes sont pubescents.
Chaque anthère est surmontée d’une membrane ovale,
aiguë au sommet, rabattue horizontalement sur le stigmate.
Les pièces de la couronne sont simplement de petites
écailles triangulaires, larges et courtes, soudées à la base des
étamines, et dont le sommet, qui est aigu, n'atteint même
pas la base des anthères.
Les pollinies, jaunes, sont elliptiques, arrondies, un peu
plus longues seulement que larges, et fixées sur d’assez longs
caudicules, qui partent d'un rétinacle allongé. Ces caudicules,
d'abord régulièrement cylindriques, s ’élargissent au-dessous
des pollinies, en se coudant.
L'ovaire est ovoïde, avec un style court, que surmonte un
stigmate large, surbaissé, légèrement hémisphérique.

NOTES BIOLOGIQUES —

LES ASCLÉPIADÉES

237

nous ne croyons pas qu’elle ait été jusqu’alors signalée — les
bois sablonneux secs tels que ceux d’Ankaladina, sur les
bords de la Betsiboka. Elle est grêle, à latex blanc et vis­
queux.
Les feuilles, très longuement pétiolées (2-3 centimètres) sont
allongées (7 centimètres par exemple, sur 3 cm. 3), aiguës ou
acuminéesau sommet, en coin, ou, plus souvent, arrondies ou
un peu cordées à la base, glabres.
Les inflorescences sont des fascicules ombelliformes, axil­
laires, de 5 h 10 fleurs brièvement (3 millimètres) pédiceliées.
Les sépales, soudés sur le quart de leur longueur, sont lan­
céolés (4 millimètres sur I millimètre), ciliolés, glabres, avec
de petites glandes interlobaires ; ils sont verts, un peu blan­
châtres seulement sur les bords.
La corolle, blanche, est renflée dans sa partie inférieure sou­
dée (6 millimètres de hauteur), que surmontent des lobes trian­
gulaires allongés, étroits (9 millimètres, sur I millimètre à la
base), aigus, spiralés. A la base de chaque lobe, vers le niveau
de la gorge de la corolle, est une toulfe de poils blancs. Au
fond du tube sont cinq autres toutfes allongées des mêmes
poils.
Au dos de chaque étamine est fixée une pièce coronaire, qui
est une sorte de lame en spatule, sur la face interne de laquelle
est une languette étroite, lancéolée, aiguë, se recourbant vers
l’anthère, qu’elle dépasse. Le sommet de la lame spatulée,
également dépassé par la languette, est à peu près au même
niveau que le sommet de l’anthère.
Les anthères sont surmontées chacune d’une large mem­
brane claire, ovale, lancéolée, aiguë. Les pollinies sont un
peu piriformes, allongées, dressées sur de très courts caudiculcs, qui s’élargissent au point d’insertion de la pollinie.
Le stigmate estconoïde, à sommet arrondi ou un peu aplati.
Résumé

Pcrcjularia africana H. Br.
Cette liane, connue en Afrique tropicale sur la côte de Gui­
née, au Mozambique et ë Natal, habite à Madagascar — où

En résumé, nous avons, dans ce troisième chapitre, passé
en revue 48 Asclépiadées du nord-ouest de Madagascar ; 29
nous ont paru être des espèces nouvelles.

�238

11. JUMELLE El’ II. PERRIEK UE LA UATHIB

Au point de vue du port, deux seulement de ces plantes
sont véritablement dressées, 1e Gomphocarpus fruticosus, qui
est sutTrutescent, et le Alenabea venenata, qui est un arbuste.
Toures les autres sont des lianes, généralement grêles, ou des
plantes rampantes, ou plus ou moins herbacées et volubiles.
Le Pycnoneurum sessiliflorum a une tige dressée simple, de
40 à 60 centimètres de longueur. Le Secamone ligustrifolia
est, par sa base, un arbuste, mais dont les rameaux tendent
à devenir grimpants.
Sont aphvlles le Cynanchum arenarium, le Sarcostemma
viminale, le Sarcostemma implicatum; le Decanema Bojerianum, le Decanema grandiflorum.
Le Pycnoneurum sessiliflorum est à tubercule allongé napiforme ; le Ceropegia scabra a un tubercule discoïdal, le Ceropegia contorta et le Ceropegia petiolata sont aussi légèrement
tubéreux à la base ; le Tylophora Bojeriana a une souche
pivotante charnue.
Presque toutes les espèces contiennent un latex blanc et vis­
queux ; les latex du Cryptostegia maclagascariensis, du Marsdenia verrucosa, du Pentopetia elastica donnent par coagula­
tion du caoutchouc. Le Pentopetia madagascariensis et le Tylo­
phora Bojeriana sont sans latex.
Au point de vue de l’habitat, il y a aussi de grandes dissem­
blances. Beaucoup d’espèces semblent se plaire dans les bois
secs, notamment le Camptocarpus mauritianus elle Camptocarpus Bojeri, la plupart des Pentopetia, le Cryptolepis a/bicans, le Decanema Bojenarium, presque tous les Secamone, le
Pergularia africana, le Gymnema rufescens, etc. Ce dernier se
trouve surtout à la lisière des bois ; il en est de même du Marsdenia truncata, qui croît sur tous les terrains, du Toxocarpus
sulfureus, que nous avons récolté, dans le Haut-Bemarivo,
sur la latérite.
Sont plutôt dans les endroits secs et découverts le Pycno­
neurum sessiliflorum, le Cynanchum arenarium, le Sarcos­
temma implicatum, plante des rocailles, le Toxocarpus ankarensis, 1e Menahea venenata, arbuste des cimes dénudées.
Nous connaissons, au contraire, le Secamone brachystigma

No t e s

bio lo g iq u es

—

les

a sclépiad ées

230

dans les bois humides des alluvions silico-calcaires et le Seca­
mone petiolata dans les bois des bords du Jabohazo qui sont
inondés en saison pluvieuse, le Toxocarpus tomentosus dans
les bois sablonneux humides, le Tylophora Bojeriana dans
des bois où règne également une certaine humidité.
Le Cryptostegia madagascariensis, dans tous les terrains, se
localise au voisinage des cours d’eau ou des lacs.
Dans les bois rocailleux et calcaires de l’Ambongo on ren­
contre le Ceropegia saxatilis et le Ceropegia albisepta ; dans les
bois sablonneux, le Ceropegia contorta ; dans les bois à sol
basaltique, le Ceropegia petiolata.
Dans les bois des bords de la Betsiboka, on trouve le Cero­
pegia brevilnba ; dans les forêts rocailleuses, à sol gneissique,
du Haut-Bemarivo, le Ceropegia scabra.
Le Leptadenia madagascariensis, surtout fréquent auprès des
habitations, se plaît au bord des rivières et sur les sables.
Enfin sont halophytes et se cantonnent dans les terrains du
bord de la mer le Microstephanus cernuus et le Pentatropis
madagascariensis.
Telle est l’histoire, aussi complète qu'il nous était possible
de la faire, des Asclépiadées du nord-ouest de Madagascar.
Nous devons dire que nous en avons exclu quelques espèces
qui, dans notre herbier, étaient insuffisamment représentées ;
mais le nombre des plantes que nous avons ainsi délaissées
est si faible qu’il nous semble bien que nous pouvons vraiment
considérer la présente étude comme une étude d'ensemble de
la famille, pour l’Arnbongo et le Boina.

�2' série. Vol. VI. P l . I.

----------- —----

A N N A L E S DU M U S É E C O L O N IA L D E M A R S E IL L E .

Rameau fleuri et fruits de P e n l o p e t i a b o i n e n s i s Ju m . et Perr.

��ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE.

2* série. Vol. VI. P l . III.

Ram eau fleuri et fruit de C r y p t o l e p i s a l b i c a n s Ju m . et P err.

�Boj. (forme buisson).

2“ série. V ol. V I.

C ry p to x le g ia m n d a g a s c a r ie n s is

ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE.
Pi..IV.

�A N N A L E S DU M U S É E C O L O N IA L D E M A R S E IL L E .

2* série. Vol. VI. P l

Rameau, avec fleurs et fruits, de Secamone bicolor Dcne.

\

�LE CAOUTCHOUC DES HERBES
AU CONGO FRANÇAIS
P ar M. A. BAUDON,
Administrateur des

Colonies.

Parmi les nombreuses plantes k caoutchouc du continent
Africain, arbres ou lianes, il en existe une qui, d’aspect plus
modeste que les autres, puisqu’elle n'atteint que 20 k 30 cen­
timètres de haut, se traite d une façon toute particulière. C’est
par le battage de ses parties souterraines qu'on obtient le pro­
duit, et on sait que cette plante est le Landolphia Thollonii
qui emprunte surtout son intérêt k ce qu’elle est la seule
ressource des régions où elle se trouve.
Poussant dans les sols sablonneux les plus arides, quecouvre
une maigre végétation composée presque exclusivement de
graminées, ce Landolphia Thollonii disparait dans les terrains
plus riches. Il croît par petites touffes de 20 à 30 centimètres
de hauteur au maximum ; ses rameaux, de faible épaisseur
(2 à 3 millimètres), sont brun-roussâtre lorsqu’ils sont jeunes,
plus foncés ensuite et recouverts de lenticelles assez claires.
Les feuilles opposées sont étroites, de 10 k 45 centimètres de
long; k l’état jeune elles sont d'une couleur jaunâtre fonçant
ensuite pour devenir vert luisant en dessus, vert mat plus
clair en dessous. Les (leurs, qui apparaissent en octobre, sont
blanches, petites, peu nombreuses et terminent les rameaux.
Le fruit, de la grosseur d'un citron, est de couleur marron
tacheté de lenticelles, il renferme des graines entourées d'une
pulpe acidulée dont les indigènes sont assez friands. Cette
plante, qui vit dans la savane, ne peut atteindre un grand
A n n a le s d u

Musée c o lo n ia l d e M a r s e ille . — 2e série, 6* vol. 1908.

16

�LE CAOUTCHOUC DES (1ER«ES AU CONGO FRANÇAIS

développement, car la partie aérienne est détruite chaque
année lors des incendies qui servent à débarrasser le sol (les
herbes desséchées dont il est recouvert à la (in de la saison sèche.
Les tiges aériennes ne pouvant s'accroître, ce sont les parties
souterraines qui, par balancement, se développent, atteignant
plusieurs mètres de longueur et la grosseur du doigt. C'est
dans la partie interne de l'écorce de ces rhizomes que se
trouvent les laticifères ; pour en extraire le caoutchouc il faut,
ainsi que nous le verrons plus loin, séparer l écorce du bois,
puis par battage désagréger cette écorce. On obtient, sous
forme d'un réseau de filaments mélangés de débris, le produit
qui, nettoyé, deviendra le caoutchouc des herbes.
'Fout en étant l’habitat exclusif de l’espèce, tous les ter­
rains sablonneux ne lui conviennent pas, car on trouve de
vastes espaces où il n'y a que du sable et où manque le Landolphia à rhizomes. Pourquoi? nous 1ignorons. Est-ce que la
composition du sol n'est pas propice, ou bien le peuplement
n'a-t-il pu se faire parce que les graines ne peuvent se trans­
porter sans le secours d'un intermédiaire ? Cette dernière
hypothèse paraîtrait la plus simple et pourtant elle est discu­
table. Nous avons remarqué, en elfet, que la végétation des
endroits où existe le Landolphia Thollonii diffère de celle des
autres terrains sablonneux où il ne pousse pas; ce sont, dans
tous les cas, des graminées, mais d'espèces différentes. Là où
se trouve le Landolphia, ces graminées sont plus clairsemées, la
végétation est moins dense et il n'y a que peu ou point d'ar­
bustes; aussi à première vue peut-on dire si l'on a des chances
de trouver des rhizomes.
Tantôt, dans ces parties, il croit au milieu d'autres plantes
à rhizomes, tantôt il est seul, mais il se rencontre plus sou­
vent avec Carpodinus lanceolata qu'avec Landolphia humilia,
les deux autres espèces qui avec son concours peuplent la
région des savanes. 11 semblerait donc résulter de ce fait que
les terrains sablonneux que I on rencontre seraient semblables
seulement en apparence et que, leur composition chimique dif­
férant, la plante peut se développer dans certains d'entre eux et
ne vit pas dans d’autres. Nous avons remarqué aussi que sa

243

fréquence, ou plutôt son abondance en un même point ditfère
encore suivant l’aspect du sable ; plus il est blanc plus l'on
trouve de rhizomes. Si, traversant une plaine, ou escaladant
une colline, ils trouvent, en des replis de terrains, des dépôts
de sable* très blancs, les indigènes sont en ces endroits assurés
d’une ample récolte. L'altitude ne paraît pas, d’ailleurs, avoir
d’influence sur la répartition de la plante, ou tout au moins
celle que Ton rencontre dans la région des savanes; car que
ce soit dans les plaines ou sur les collines élevées et nues qui
bordent la rivière Djoué, sa fréquence est la même. Contrai­
rement a ce qui a été dit, le Landolphia Thollonii ne pousse
pas dans les terrains humides ; au contraire il se plait dans
ceux qui sont secs, et la meilleure preuve en est dans sa fré­
quence sur des collines où il y a absence complète d’eau.
Durant la période de végétation qui a lieu à la saison des
pluies, l'eau abonde, les précipitations étant fréquentes, et la
plante n’en manque pas ; en saison sèche les parties aériennes
ayant été détruites par les feux de brousse, elle passe à un
état de vie ralentie et exige de ce fait moins d'humidité. Du
reste, pendant cette période, s'il ne pleut pas, il n’en existe
pas moins des rosées abondantes la nuit, et l'air chargé d'humi­
dité peut suffire à maintenir la végétation, d’autant plus que
le soleil ne se montre pas et que la température est relati­
vement peu élevée.
L’aire de répartition du Landolphia Thollonii, quoique
vaste, est assez limitée au Congo français. En etfet, il n'est
abondant que dans la région comprise entre Brazzaville et la
rivière Léfini, en suivant le lleuve Congo, ou, plus exactetement,il a été abondant, car à la suite de l'exploitation inten­
sive à laquelle s'est livrée une société, il a à peu près com­
plètement disparu. Et, bien que cette exploitation ait cessé
en lin 1905, la plante n’a pas encore atteint des dimensions
suffisantes pour que I on puisse la récolter à nouveau. De
plus elle est devenue relativement rare, ce qui est dù aux
procédés défectueux d’arrachage employés par les indigènes.
Vers l’intérieur, on la retrouve dans toute la partie sablonneuse
qui s’étend entre les cours des rivières Léfini à l'Est et Niari

�244

A.

l u i DON

à l’Ouest, en ne dépassant pas vers le Sud la latitude de Braz­
zaville. Ces limites sont bien nettes, surtout vers le Nord, où
nous avons vu cette plante disparaître d'une façon complète à
quelques kilomètres au-dessus de la rivière Lélini. Elle
n’existe pas partout dans la région ainsi délimitée et sa fré­
quence varie beaucoup d’un point à un autre; les parages où
elle est plus particulièrement abondante sont les deux rives
de la rivière Djoué, affluent du Congo qui s’y jette près de
Brazzaville, et plus à l’Ouest celle de la rivière N ’Douo,
affluent du Niari. Contrairement à ce qui a été dit, le Landolphia Thollonii n’existe nullement dans les environs de
Franceville, et nous ne l’avons trouvé en aucun endroit vers
l Ogooué e tl’Alima.
Partout où il pousse, la végétation est pauvre et. par suite,
les populations peu denses ; aussi l’exploitation de cette
plante s’en ressent. Si dans les environs de Brazzaville où il
a été exploité d’une façon intensive, il est devenu rare, par
contre il est encore abondant plus au Nord où les Européens
n’ont pas encore pénétré et où les indigènes, n’ayant pas de
besoins, ne travaillent pas.
En parlant de Landolphia Thollonii, vrai et seul producteur
du caoutchouc des herbes, on ne peut pas laisser de côté les
autres plantes à latex des savanes : Landolphia humilis et
Carpordinus lanceolata. Ces trois plantes, en effet, se ren­
contrent fréquemment ensemble; d’autres fois l’on n’en trouve
que deux : Landolphia Thollonii et Carpodinus lanceolata ou
Landolphia Thollonii et Landolphia humilis ; mais l aire de
répartition de ces dernières est sensiblement plus étendue que
celle de Landolphia Thollonii. Si, dans la région proprement
dite du caoutchouc des herbes, on les trouve réunies toutes
les trois, lorsqu’elles la quittent elles se rencontrent souvent
isolément. Ainsi dans le bassin de l’Alima, en suivant les
affluents de cette rivière du côté des plateaux Achicouyas,
l’on trouve Carpodinus lanceolata seul ; il y est très abondant.
Même dans les endroits les plus arides, on peut le trouver ;
son fruit, là où l’eau est rare, est une ressource pour les
indigènes qui le sucent avec plaisir pour se rafraîchir. Par

LE CAOUTCHOUC DES HERBES AU C0.M1O FRANÇAIS

245

contre, Landolphia humilis est très rare ; ce n’est guère
que là où il existe quelque peu de végétation, à l’ombre des
arbres principalement, que l’on peut le voir.
Plus au nord et à l’ouest dans le bassin de 1 Ogooué dans la
région de Franceville, c’est le contraire qui se produit. Lan­
dolphia humilis est abondant, Carpodinus lanceolata est rare.
Il est à remarquer, du reste, que la nature du sol a une
influence sur la répartition de ces plantes : Carpodinus lan­
ceolata préférant Ces terrains sablonneux comme Landolphia
Thollonii, et Landolphia humilis ceux de nature argileuse où
la végétation est un peu plus dense.
Landolphia humilis, sans atteindre une grande taille (60 à
70 centimètres), est beaucoup plus développé que Landolphia
Thollonii : la tige brune, lenticellée, peut atteindre près d’un
centimètre de diamètre, elle est fréquemment ramifiée, les
feuilles, rougeâtres au début, puis jaune-brun, deviennent
vertes ensuite, elles sont très variées de forme. Les fleurs
petites, blanc-crème, terminales, sont remplacées par des
fruits de la grosseur d’une pomme ; la pulpe qui constitue
une partie des fruits est comestible.
Le système radiculaire rappelle celui du Landolphia Thol­
lonii, mais moins développé ; les laticifères, peu nombreux,
ne permettent pas l’extraction du caoutchouc, dont le rende­
ment est à peine de I °/0, et encore ce produit est-il de faible
valeur.
Carpodinus lanceolata diffère des autres plantes par son
aspect plus grêle ; sa hauteur est en moyenne de 40 centi­
mètres ; les feuilles, opposées ou verticillées par trois, sont
longues et étroites, de couleur vert foncé presque noir au
début, s ’éclaircissant ensuite pour rester d'un beau vert bril­
lant en dessus, mat en dessous. Les Heurs, blanc-crème, sont
assez grandes, légèrement odorantes, elles sont remplacées
par un fruit, jaune à maturité, de la grosseur d'un beau citron
dont ils ont un peu l’aspect ; la pulpe en est comestible. Dans
celle plante le latex est surtout abondant dans la tige d’où il
coule lorsque l’on brise une feuille, mais il est sans valeur, ne
donnant qu’un produit poisseux.

�LE CAOUTCHOUC DES HERBES AU CONGO FRANÇAIS

D'autres espèces se rencontrent aussi dans les savanes,
mais comme elles sont beaucoup moins fréquentes il n’entre
pas dans le cadre de cette note d'en parler.
La récolte des rhizomes du Landolphia Thollonii est des
plus simples. L'indigène se rend dans les endroits où cette
plante est abondante ; là, muni d’une machette ou d’une
petite houe, il déterre le rhizome qu’il veut arracher, cela sur
une partie de sa longueur seulement, puis il exerce une forte
traction jusqu'à ce qu'il se rompe. Il arrache alors les quelques
tiges aériennes qui peuvent exister, et, 1 opération étant termi­
née, il passe à un autre tronçon du même pied ou à une autre
plante. Cette façon d’exploiter cette plante est peu compli­
quée et c’est la seule qui soit possible. Les tiges, ne donnant
que peu de latex, par suite de leurs faibles dimensions, ne
peuvent être utilisées; mais pratiquée ainsi qu’il vient d’être
dit. elle présente le grave inconvénient d’amener la destruc­
tion de toute plante visitée, même s’il reste des tronçons en
terre. L’indigène, en elfet, pour procéder à l’arrachage, enlève
bien la terre sur une certaine longueur, mais ensuite il exerce
une traction sur le rhizome jusqu’à ce qu’il se rompe, et c’est
là qu’est le défaut. En procédant ainsi il ébranle toute la par­
tie restante dans le sol, détruisant le chevelu qui assure la
nutrition de la plante et amène ainsi sa mort. Il faudrait arri­
ver, comme nous l’expliquerons plus loin en parlant des
moyens de conservation de cette plante, à obtenir de l’indi­
gène qu’il mette à jour toute la partie qu’il veut enlever et
qu il sectionne d’un coup de machette la partie restant dans
le sol et dont la conservation et la reprise, si elles n’étaient pas
assurées, seraient au moins favorisées.
En procédant ainsi qu’il vient d’être dit, un indigène arrive
à extraire en 6 ou 8 heures de travail une vingtaine de kilos
de rhizomes d'une longueur de 1 mètre à 1 ,n 50 qu’il rap­
porte à son village. Le temps employé à la récolte même n’est
pas excessif, mais il y a lieu de tenir compte en outre de la
durée du trajet pour se rendre du village à l’endroit conve­
nable. Très variable suivant les parages, elle peut atteindre,
pour l’aller et le retour, de quelques heures à un, voire

217

même deux jours, ce qui change beaucoup le prix de
revient, ou tout au moins ce qui le changerait pour nous
car les indigènes ne comptent pour rien le temps qu’ils
emploient pour ce travail.
A son arrivée au village, l’indigène laisse les rhizomes se
dessécher pendant trois, quatre jours, quelquefois cinq jours,
mais seulement après les 'avoir sectionnés par bouts de 20 à
30 centimètres dont il fait des petites bottes. La dessiccation
étant terminée, ces bottes sont mises à tremper dans un
marigot d’eap stagnante pendant encore quatre à cinq jours,
cette opération ayant pour but de faciliter le battage. Lors­
qu elles sont retirées et après avoir été mises à égoutter pen­
dant quelques heures, commence le battage, qui a pour but
de séparer l’écorce caoutchoutifère du bois. Le matériel indi­
gène employé pour ce travail est des plus simples, il se com­
pose d’une large pierre polie provenant d'un ruisseau voisin,
servant de support, et d’un battoir cylindrique en bois dur
toujours du même modèle. Pour le travail, l’indigène prend
de la main gauche une petite poignée de rhizomes, qu il
attache avec un petit bout de liane ou d’écorce de bananier,
et de la droite il frappe vigoureusement jusqu'à ce qu il ait
obtenu la séparation de l’écorce et du bois, puis il passe à une
autre. Ce travail est long et fatigant, car nous estimons à un
kilogramme seulement par heure la quantité qui peut être bat­
tue par un homme surveillé. D'ordinaire, en etfet, les indigènes
traitent de petites quantités à la fois, précisément à cause de
la fatigue qui arrive vite chez des gens qui n'aiment pas beau­
coup le travail.
Lorsquecette opération est terminée, l'on procède au lavage
des plaques de caoutchouc ainsi obtenues, afin d’enlever les
débris d'écorce peu adhérents. Quand tout est lavé, le reste
est mis dans un récipient quelconque, mais toujours en métal
(vieille boite à poudre ordinairement), avec de l’eau, et chauiïé
pour obtenir une ébullition lente, qui sert à nettoyer le pro­
duit. Pour le chauffage l’on utilise les débris du bois d’où a
été extrait le caoutchouc. Durant cette espèce de cuisson qui
dure plus ou moins longtemps, mais toujours au moins une

�LE CAOUTCHOUC UES HERBES AU CONGO FRANÇAIS

heure, l'on remue fréquemment le mélange. Lorsque l'on
retire la masse du récipient, il reste à l’intérieur une eau fortement colorée par le tannin dissous et des débris d’écorce en
abondance; elle est alors lavée à grande eau pour enlever
encore une partie des impuretés. Quelques indigènes ne pro­
cèdent qu'à une seule ébullition, mais on obtient alors un
caoutchouc contenant une forte proportion d impuretés, ce qui
le déprécie sensiblement. Généralement après avoir lavé le
caoutchouc, il est battu à nouveau pendant une demi-heure?
et la galette ainsi obtenue, après un bon lavage à l'eau courante,
est remise sur le l'eu avec de l’eau et soumise à une nouvelle
cuisson d une heure toujours à petit feu, ce qui sert encore à
purifier le produit. C’est d'ordinaire après cette seconde série
d opérations que le caoutchouc est préparé pour la vente. Pour
cela, l'indigène, laissant refroidir le contenu du récipient jus­
qu'à ce que la température soit supportable, fait de petites
boules de l à 2 centimètres de diamètre : la dimension varie
suivant la race qui fait le travail. Ces boules sont assemblées
par lignes de cinq, en largeur, deux cents en longueur pour
former des tablettes cjui sont elles-mêmes mises par épaisseur
de cinq, de façon à former un bloc parallélipipédique de mille
boules qui, après égouttage, pèse d ordinaire environ un kilo.
Après cette deuxième cuisson, si les diverses opérations
ont été faites avec soin, l’on obtient un produit qui est propre
et commerçable ; bien souvent malheureusement, par paresse,
et pour augmenter le poids des plaques, l'indigène laisse beau­
coup d'impuretés, ce qui a contribué à déprécier ce caout­
chouc sur les marchés européens.
Si on veut l'obtenir d’une plus grande pureté, il faut, après
la deuxième cuisson, renouveler le lavage, le battage et
recommencer la cuisson, ce qui enlève encore une grande par­
tie des impuretés restantes. Ces diverses opérations pour l'ob­
tention du caoutchouc dit « des herbes » sont très simples
mais demandent beaucoup de temps, aussi estimons-nous que
cette exploitation n'est pas avantageuse pour l'indigène, sur­
tout aux prix actuels du caoutchouc. Ces prix sont surtout très
bas pour celui qu'ils produisent, ce qui est dû en partie, il est

249

vrai, à leur faute, car ils ne le préparent pas avec tout le soin
voulu.
L ’exploitation de Landolphia Thollonii au Congo Français
remonte à trois ou quatre ans à peine. Elle a commencé dans
les environs de Brazzaville, gagnant peu à peu les autres
régions où la plante existe, et, à l’heure actuelle, on en pré­
pare à peu près partout. A quelque race qu'ils appartiennent,
Bacongos, Ballalis, Bassoundisou Batékés, tous les indigènes
exploitent ce précieux rhizome qui est leur seule ressource
pour se procurer les marchandises dont ils ont besoin ; mais
entre tous ce sont les Batékés, cjui, pourtant réputés les
plus paresseux, produisent le plus de caoutchouc. Mal­
heureusement, malgré l’abondance de la plante, elle disparait
d’une façon rapide, et dans quelques années ce Landolphia
qui aura été une source de revenus, la seule du reste de ces
contrées, disparaîtra peu à peu des régions où l'exploitation
est trop intensive ; et plus elle progressera plus il faudra aller
loin pour trouver la plante, car il faut attendre plusieurs années
pour qu'une des parties visitées soit à nouveau productive.
En traitant de l'exploitation du Landolphia Thollonii par les
indigènes, nous ne pouvons passer sous silence les tentatives
faites pour obtenir le produit par des moyens mécaniques
industriels. En 1905, une usine fut fondée dans ce but à Braz­
zaville, elle comprenait : 1° des machines destinées à séparer
l’écorce du bois ; 2° de grandes cuves dans lesquelles étaient
placées les écorces qui étaient broyées par de grosses meules ;
grâce à un courant d’eau continu, l’on arrivait à expulser tous
les débris de bois, puis le caoutchouc ainsi obtenu, qui était en
plaques très fines, ayant l’aspect d’une toile d'araignée, était
placé dans une cuve d'eau chaude où un malaxeur finissait
l’épuration du produit. Les impuretés montant à la surface
étaient entraînées par l'eau ; la masse restante, qui se compo­
sait de caoutchouc à peu près pur, était mise dans des moules,
soumise à l’action d’une presse hydraulique qui expulsait
l’eau, et l'on obtenait des cylindres de caoutchouc d’une dizaine
de kilogs. Ceux-ci étaient cotés sur les marchés d Europe à
un prix qui eût rendu l’opération rémunératrice si l'usine avait
pu produire une tonne de caoutchouc par jour.

�250

A. BAUDON

LE CAOUTCHOUC DF.S HERBES AU CONGO FRANÇAIS

Malheureusement voici les conditions dans lesquelles
elle opérait. 11 fallait, pour assurer son fonctionnement nor­
mal. plusieurs tonnes de rhizomes par jour. Pour l’obte­
nir, h la suite d’une entente entre l'administration locale
et la direction de l’entreprise, les indigènes des régions avoi­
sinantes de Brazzaville, où le Landolphia T/iollinii abondait,
furent dégrevées de l'impôt de capitation, sous condition
qu’ils apporteraient des rhizomes h l'usine. Cette combinaison
était avantageuse pour tout le monde, car chacun en retirait un
bénéfice ; en effet, l'indigène apportait son produit au bureau
de l'administrateur de la région où avait lieu le pesage. Vers
quatre ou cinq heures du soir toutes les charges étaient diri­
gées sur 1 usine où s ’effectuait le paiement, d'après les tiches
remises à chacun des porteurs. Le prix de vente était lixé à
15 centimes le kilog. sur lesquels 5 étaient remis à l'indi­
gène et 10 étaient retenus par l’Administration comme droit
de récolte. L ’indigène n'était pas très enthousiaste pour ce
genre de travail, mais il redoutait une punition s'il ne por­
tait pas sa charge au jour fixé et il le faisait quand même.
Tout le monde paraissait donc content de la combinaison; en
effet, grâce à elle, l’usine était assurée d’avoir de la matière
première en abondance et d'une façon régulière, puisque
chaque chef de groupe avait à fournir tant de kilogs de rhi­
zomes à des dates fixes; l'indigène, lui. recevait un salairequi était
naturellement le bienvenu et l’Administration retirait aussi un
bénéfice de l'opération, car le produit de la retenue était de
beaucoup supérieur à la somme qu’elle aurait retirée par la
perception de l’impôt. En même temps que lui arrivait ainsi la
matière à traiter, la direction de l'usine avait des travailleurs
engagés régulièrement qui étaient occupés tout le long de la
rive française du Congo, du Stanlev-Pool à la Léfini, à la
récolte des rhizomes. Durant cette période, l'usine fit des béné­
fices, mais une exploitation aussi intensive ne pouvait durer
et \es apports diminuèrent ; à ce moment l'administration
locale fut obligée de renoncer à prêter son concours à l’opéra­
tion ; la quantité fournie par les travailleurs réguliers fut
insuffisante et l'usine ne put plus fonctionner que trois fois,

puis deux fois par semaine, et, finalement les bénéfices des
débuts se transformant en pertes, l'usine dut fermer ses
portes.
Le résultat de cette exploitation par les procédés mécaniques
a montré l’impossibilité de les employer, parce qu'on ne peut
assurer un approvisionnement de rhizomes suffisant pour
alimenter une usine.
Une deuxième tentative de ce genre a été faite après la ces­
sation de la première ; cette fois la nouvelle installation a été
placée près de la rivière Djoué à quelques kilomètres de Braz­
zaville. On y traite non seulement les rhizomes, mais aussi
le caoutchouc produit par l’indigène, qui est épuré et qui
est livré au commerce sous la forme de plaques minces d une
très grande pureté ; c’est surtout cette dernière façon de pro­
céder qui est la plus employée. Par ce procédé, l'on obtient un
produit de première qualité qui a été vendu jusqu’à 12 francs
le kilog. sur les marchés d’Europe, alors que celui qui est pro­
duit par les indigènes ne vaut que i francs à i fr. 50. Malgré
cette grande différence de prix nous ne croyons pas que la
société propriétaire de l’usine fasse de gros bénéfices. Elle a,
paraît-il, l’intention de modifier son outillage et de se servir de
machines mobiles pouvant traiter sur les lieux de production
5 tonnes de rhizomes par jour. Nous ignorons quels pour­
ront être les résultats de ces nouveaux essais, mais nous
croyons, d’après ce que nous connaissons du pays, qu'ils sont
voués à un échec dont nous pouvons donner les causes.
Ainsi que nous l’avons dit, le Landolphia Thollonii est
abondant mais par place seulement ; aussi un peuplement serat-il rapidement détruit si l'on en retire quelques tonnes tous les
jours. Lorsqu'il faudra déplacer les machines, ce sera des frais, car
il n’existe pas de routes et pas d’animaux susceptibles d'en
faciliter le transport. Mais en dehors de la question de la dispari­
tion rapide des pieds de Landolphia qui ne permettra aux
machines que de fonctionner un temps très court au même
endroit, il y a lieu de tenir compte qu’il y faudra un nombreux
personnel pour arracher et transporter ces tonnes de rhizomes,
quatre à cinq cents environ. Où recrutera-t-on ces hommes?

251

�LU CAOUTCHOUC DUS ItKRBUS Al) CONGO FRANÇAIS

Personne n'ignore qu'au Congo la question main-d'œuvre est
une de celle dont la solution est le plus difficile ; partout
on se plaint du manque de bras et le recrutement de ces
travailleurs ne se fera pas sans difficulté. Mais supposons un
instant qu’avec le concours de l'administration locale 1 on soit
arrivé à recruter le personnel nécessaire, et qu'il se trouve sur
les lieux d'exploitation, une nouvelle difficulté surgit, il fau­
dra les nourrir et le pays ne produit rien; déplus, dans beau­
coup d'endroits l'eau est rare, au point qu'il faut faire plusieurs
heures de marche pour en trouver. 11 faudra donc que la
société en question fasse venir d’Europe les vivres destinés
à la nourriture de ses travailleurs, vivres qui, grevés de frais
de transport élevés, lui reviendront fort cher. De plus, il fau­
dra aussi qu elle songe à se munir d’abris, tentes ou autres, pour
couvrir son personnel durant la nuit et pendant les tornades
qui sont extrêmement violentes, faute de quoi la maladie ne
tardera pas à créer de nombreux indisponibles. En un mot,
les difficultés seront nombreuses, les frais généraux considé­
rables, en plus de ceux résultant de l'achat du matériel, tout
cela pour une exploitation qui pourra durer deux ou trois ans
au maximum. Pour toutes ces raisons, nous croyons que celte
entreprise a bien peu de chances de réussir. Nous n’ignorons
pas que la disparition du Lanclolphia Thollonii des savanes du
Congo Français est un mal nécessaire et inévitable, mais
autant vaudrait, dans l’intérêt du pays et des indigènes, qu’elle
soit retardée le plus longtemps possible. L exploitation de
cette plante n'est pas une entreprise pour de grands capitaux.
Elle doit être réservée aux naturels ou à ceux qui, comme
un ancien mécanicien des bateaux du Congo, établi dans
les environs de Brazzaville, y a fait par ses propres moyens
une installation hydraulique pour le battage et la prépara­
tion du caoutchouc, h l'aide de petits capitaux, les font
fructifier de leur mieux par leur travail.
Nous ne parlerons pas du rendement que peuvent donner
les rhizomes par le traitement mécanique : il est variable
suivant le degré de pureté obtenu, mais nous allons exami­
ner le temps nécessaire à un indigène pour traiter vingt kilogs

233

de racines, c est-a-dire une charge ordinaire, et ce qu’il en
retire :
Récolte d'une botte de vingt kilogs...................
8 heures.
Battage.................................................................. 20
Lavage, cuisson de l'écorce battue, l rc opération
i
—
2e
—
4
Soit un total de. . . . 36 heures de
travail.
Voyons maintenant le poids de la matière au cours des dif­
férentes manipulations :
La botte de 20 kilogs sectionnée en petits botillons pesait,
au sortir de l’eau, 38 kilogs.
Après le battage il restait fi kg. 800 d’écorce caoutchoutifère
et 10 kilogs de bois, la différence résultant des débris qui se
séparent pendant l’opération.
Après les cuissons, battages, lavages et une dessiccation con­
venable, il y a I kg. 120 de caoutchouc commerçable, soit
environ 5,o ° / 0.
Lorsqu’il vient d'être préparé le caoutchouc est blanc rosé,
mais il fonce peu à peu en séchant, jusqu'à atteindre une
teinte presque noire.
Le produit ainsi préparé est de bonne qualité ; et s'il était
toujours bien nettoyé, il se vendrait à un bon prix sur les mar­
chés d’Europe. Malheureusement, ainsi que nous avons pu le
constater, l’indigène, par paresse et dans un but de lucre, y
laisse des impuretés pour en augmenter le poids, il com­
mence même à.y introduire du sable, des morceaux de grès,
ce qui est plus grave, et si l’on ajoute à cela qu’il plonge
les plaques dans l eau pour les alourdir avant de les porter au
marché, l’on voit quel produit défectueux est livré au com­
merce, aussi se vend-il à un prix qui n'est guère rémunéra­
teur pour personne.
En ce moment où une crise importante règne sur les caout­
choucs, une répression sévère des fraudes et du mouillage peut
seule mettre un terme aux pratiques malhonnêtes des produc­
teurs ; de cette manière l’on arriverait à obtenir un produit de

�LE CAOUTCHOUC DES HERBES AU CONGO FRANÇAIS

meilleure qualité qui se vendrait mieux, ce qui serait
avantageux pour tout le monde.
Le commerce du caoutchouc des herbes se fait de différentes
façons suivant les endroits. A Brazzaville le produit est acheté
directement par les factoreries, soit contre argent, soit contre
marchandises. Dans ce cas, qui est le plus simple, il n'y a pas
de frais spéciaux du fait de ces transactions, mais c’est l’excep­
tion, et une intime partie de la production seulement est ven­
due ainsi. Dans l'intérieur, c’est par l’intermédiaire de trai­
tants indigènes sénégalais, sierra-léonais, loangos que se font
les affaires. Ces traitants, installés dans les centres de produc­
tion, s'arrangent avec les chefs de village à qui ils donnent
des marchandises à crédit pour s ’assurer l’acquisition de ce
qu’ils feront faire par leurs gens. Le caoutchouc est aussi vendu
sur les marchés indigènes qui sont assez nombreux, bien que
trois ou quatre seulement soient vraiment importants (Borna,
Kindia, Gamamvouli), et encore n’y traite-t-on que 3 à 400
kilogs par marché qui ont lieu tous les huit jours.
Jusqu'en ces derniers temps, le caoutchouc se vendait, ou
plutôt s'échangeait contre des marchandises, principalement
des étoffes, à raison de 3.000 boules pour une pièce de quatre
brasses, d'une valeur de 5 francs environ, prix de vente, mais
d'un prix de revient bien moindre. En présence des progrès
de l'organisation administrative, la zone de perception de l'im­
pôt (lequel n'est perçu qu’en argent), s'est agrandie, les indi­
gènes, pris de tous côtés, sont obligés de payer leur taxe, aussi
commencent-ils à réclamer de l'argent en échange de leur
caoutchouc, et, à l'heure actuelle, le vieux commerce par
échanges qui donnait les plus beaux bénéfices est en voie de
diparition pour devenir ce qu'il doit être, celui de la vente du
produit contre espèces. Ce changement dans les habitudes com­
merciales est évidemment une révolution qui va obliger les
maisons européennes à se montrer plus exigeantes sur la qua­
lité des caoutchoucs, car elles ne pourront plus, comme autre­
fois, escompter les bénéfices ressortant de l’écoulement de leurs
marchandises pour compenser les pertes faites sur leurs achats
et ce sera là forcément un régulateur des prix.

233

Les frais résultant pour le commerçant de cette façon de
procéder, c'est-à-dire du commerce par l’intermédiaire de
traitants, sont : 1° le paiement de ces traitants qui ont en
général une solde lixe et un pourcentage sur leur production ;
2° le payement d’une patente de 4e classe, soit 130 francs
par an ; 3° les frais de transport des marchandises et du caout­
chouc, de Brazzaville aux marchés et vice-versa, frais qui
doivent être décomptés à raison de I franc par jour et par
homme [jour une charge de 30 kilogs et une marche moyenne
de 23 à 30 kilomètres par jour : 4° le droit de récolte sur les
caoutchoucs, taxe qui était autrefois de 0 fr. 30 par kilog. et
qui depuis le 1er janvier 1908 a été ramenée à 0 fr. 03 ; 3° les
droits de sortie qui sont fixés par le protocole de Lisbonne à
10 °/ 0 a&lt;J valorem. Le changement dans les coutumes commer­
ciales résultant du remplacement des marchandises par de l argent aura pour résultat de diminuer les bénéfices de l'acheteur,
mais cette diminution sera compensée d'une façon appréciable
par les économies résultant du transport sur les lieux de pro­
duction des marchandises d’échange et. par la disparition des
pertes résultant des détériorations auxquelles elles étaient expo­
sées. Afin de satisfaire l'indigène et le commerçant qui sont
également intéressés dans ces modifications, et de permettre
au premier de payer ses impositions et à l'autre d ’écouler ses
approvisionnements, il est admis pour le moment que les paie­
ments de caoutchouc se feront partie en argent, partie en
marchandises.
Le caoutchouc acheté sur les marchés est toujours de fabri­
cation récente; aussi contient-il beaucoup d'eau, surtout par
suite des pratiques que nous avons signalées, de telle sorte que
1 acheteur doit compter sur une perte de poids de 30 à iÜ °/0
résultant de la dessiccation entre le moment de l'achat et celui
de l’expédition, perte qu'il ne peut éviter, car il est obligé d'at­
tendre une dessiccation suffisante pour faire ses envois, s'il ne
veut pas voir ses produits se détériorer pendant le voyage.
Les envois de caoutchouc du Congo sont faits par sacs de
30 kilogs et sont dirigés sur Anvers où ils sont connus sous
le nom de « thimbles du Bas-Congo ». Leur prix de vente

�256

A. HAUDON

pour les caoutchoucs préparés par les indigènes a varié entre
3 francs et S fr. 85, mais au moment de la crise, il est des­
cendu à des prix sensiblement inférieurs, ce qui empêchait ce
commerce d’être rémunérateur pour l’expéditeur. Le caout­
chouc de Landolphia Thollonii préparé industriellement a
atteint le prix élevé de l l francs à l 1 fr. 50 le kilo, mais ce
n'est que grâce à cette surélévation que l'opération peut être
rémunératrice, les frais de préparation étant très élevés.
L’exploitation des rhizomes à caoutchouc, amenant, comme
nous l'avons vu, la destruction de la plante, qui disparaît peu
à peu, il y aurait lieu de chercher, dans l’intérêt même de ces
régions déshéritées, les moyens d’y remédier dans une cer­
taine mesure. Le meilleur procédé et le plus rapide serait
une exploitation moins brutale, c’est-à-dire le sectionnement
des racines au lieu de l’arrachage. Ce ne serait pas un bien
grand travail, dans ces terrains sablonneux, que d’enlever les
15 à 20 centimètres de sable qui le recouvrent; on laisserait
ainsi en terre les parties trop minces pour être enlevées,
lesquelles auraient des chances de donner naissance à une
nouvelle plante, ce qui arrive très souvent, malgré les pra­
tiques ordinaires.
11 ne faut guère songer à faire des plantations à cause de la
faible teneur en caoutchouc de cette essence et de la lenteur de
son développement. Il faudrait de vastes étendues de terrain,
de la main-d'œuvre, tout cela pour un rendement médiocre.
Seuls les indigènes pourraient, s'ils le voulaient, s'occuper de
ce repeuplement, mais ils ne le feront pas s’ils n’y sont pas
forcés, et l administration locale ne peut pas les y obliger,
comme elle pourrait le faire pour les lianes.
Le Landolphia Thollonii est donc appelé à disparaître gra­
duellement mais non complètement, car lorsqu’il deviendra
trop rare pour être exploité, on ne s'en occupera plus et alors
il repoussera plus clairsemé, ce qui permettra encore aux indi­
gènes d’en retirer quelques ressources, si d'ici là l’on n’a pas
trouvé une autre plante pour le remplacer.

SUR QUELQUES PLANTES
A GRAIN ES G R A SSE S

NOUVELLES OU PEU CONNUES DES COLONIES
FRANÇAISES
ET

EN

PARTICULIER

DE

MADAGASCAR

et sur l’appareil sécréteur résinifèrede quelques
Symphonia malgaches.
Par M. E douard IIECkEL.

En deux mémoires précédents, insérés dans les Annales
de l'Institut et du Musée colonial de Marseille (1897-1898,
l r0 série), j'ai fait connaître en détail un certain nombre de
graines grasses de nos colonies, d'Afrique et d'Amérique plus
spécialement. A ce moment les études sur Madagascar n'étaient
qu’à leur début et cette de ne nous appartenait pasencore entiè­
rement. Aujourd'hui je veux appeler l'attention sur les mêmes
productions végétales de la grande île Madécasse et de l lndoChine, en y joignant quelques considérations sur les résines
des Guttifères de Madagascar et sur les appareils sécréteurs
de ces résines. J'examinerai en dernier lieu quelques graines
grasses d’Apocvnées.
CHAPITRE 1
J ’ai revu, en 190i, de M. le capitaine Dardaine, chef de la
province de Farangana à Madagascar, un certain nombre de
graines grasses récoltées à mon intention dans cette région Est
sur les ordres du général Galliéni, gouverneur général de l ile.
A n n a le s d u M u sé e c o lo n ia l d e M a r s e ille .

— 2* série, 6* vol. 1908.

17

�Dans le mémo envoi, figuraient les échantillons botaniques des
plantes productrices: quoique en très mauvais état ù leurarri-

Sun QUELQUES PLANTES A GRAINES GRASSES

259

Fig- 1. — Ram eau floral avec inflorescences fem elles «le Vouri
ou Voapary (.I î r o ç h o n e u r a V o u r i W arb ).

vée, il a été possible de parvenir à une détermination suffi­
sante de ces plantes, mais non sans difficultés.
I.
I ne des graines les plus intéressantes de cet envoi est le
Voapary, connu aussi dans les environs de Farafangana sous

rig\ 2. — Rameau fructifère avec fruits murs de Vouri ou Voapary
(Brochoneura Vouri Warb.)

�le nom indigène de Rara. qui est, à Madagascar, commun à tous
les arbres producteurs de graines grasses appartenant à la
famille des Mvristicacées 1.
C'est, d'après des renseignements du capitaine Dardaine
accompagnant l'envoi : « un arbre atteignant 15 mètres de haut,
dépourvu de rameaux à la partie inférieure de son tronc, et
revêtant la forme générale d'une pyramide. Les branches, en
allant du sommet à la base, augmentent régulièrement de lon­
gueur. 11donne beaucoup de fruits en forêt dense et peu en forêt
clairsemée : il recherche, dans l'une ou l'autre de ces deux condi­
tions, les terres compactes et fuit les sables et les lieux humides.
Sa floraison se produit de novembre à décembre ». Il donne,
sur une même branche ou sur des branches voisines (fig. I ),
une série d inflorescences axillaires unisexuées (grappes à fleurs
presque sessiles), les fleurs mâles, plus rares, étant au som­
met et les femelles plus nombreuses à la base2, quand elles
sont portées par un rameau unique. Ces fleurs ont un périanthe
rose foncé. Les inflorescences femelles quoique pourvues de
nombreuses fleurs, ne nouent qu’un ou deux fruits (fig. I et
2 portés à l'extrémité supérieure de l’inflorescence dont l'axe
s’épaississait considérablement, les autres fleurs avortant
(lig. 2). L'arbre, qui vit non en société, mais isolé, a ses fruits
murs en janvier-février. Ces fruits, très développés, égalant
presque comme dimensions ceux du Myristica fragrans, sont
fortement verruqueux avec deux lignes de suture dorsoventrale dominantes lig. 1) et pourvus au sommet d'un mucro
très accusé dont la base est épaisse. Ils contiennent une
graine arillée dont l’enveloppe extérieure, crustacée est
cassante, peu résistante à la pression et pourvue d'une odeur
très suave (lig. 4 à droite), peut-être plus que la graine elle1. Cet arbre existe dans File en assez grande quantité, en ce qui

lo u c h e à la province de Farafangana. On le trouve dans les forêts du
district de Vohipeno et de l’Ikongo, dans le district de Vangaindrano et
abondamment dans la forêt qui s'étend entre Vondrozo et Ifandana.
Tous ces districts sont au N. au S. et à l'Ouest de Farafangana.
F. H.
2. 11 arrive souvent qu'un même rameau ne porte que des inflores­
c e n c e s mâles ou femelles, c’est même le cas le plus fréquent.

si u or ki.qi i:s h \Mrs a i.iiaim s miAssr.s

2(&gt;l

même dont l’endosperme gras et parfumé rappelle celui de
la muscade ordinaire.
Le végétal répond dans ses caractères essentiels à la descrip­
tion écourtée que donne Bâillon de son Mi/risticn Ynuri Broc/ioneiira Vouri W arb.!, mais la comparaison de son échantillon
type du Muséum de Paris avec ceux dont je disposais, m a
conduit aux observations suivantes :
Cet arbre est décrit par Bâillon dans le Bulletin de la
Société linnéenne de Paris ( 1885, p. 455), d’après un spécimen
de Poivre provenant de l’herbier de Jussieu et un autre de Cha­
pelier provenant de la partie boréale de Madagascar. Je n ai
trouvé au Muséum que le spécimen de Chapelier. \ oici les
termes de la description de Bâillon : il convient de les rappe­
ler pour 1 intelligence de ce qui va suivre :
« Vouri ; Rarabé1. — Arhor alfa, succo ruhro. Folia distic/ia, hreviter petiolata, elliptico oltovata (ad 8 cm. longa, 4 cm.
lata), basi longe in peliolum at/enuata, apice obtuse vef breviler acuminata, coriacea, glaberrima, supra fusco-virescentia,
subtus ferrugineo-c/laucescenlia pa/liiliora ; nervis venisgue
crcbris reticulatis.
Flores masculi amentacei, ut in sequentibus; androcei stipite brevissirno ; antherarum loculis ad S longiorihus. Fructus
parvusfad 1/2 cm. longus latusque), inaequiobovatus compressus. Semen (,arumaticum) arillo ceraceo involutum. Flores
monoeci (?) ».
Cet échantillon de Chapelier ne porte ni fleurs ni fruits: ces
organes ont dû être décrits par Bâillon sur le spécimen de
Poivre que je n’ai pu voir, etencore cet échantillon devait-il être
très incomplet, puisque Bâillon n a pu être affirmatif suri état
monoïque de la plante. Ce spécimen de Poivre devait aussi
porter des fruits puisque Bâillon les décrit comme petits. C’est
sur ce point et sur quelques autres que va nous renseigner
fort heureusement une liche manuscrite de Chapelier, épinglée
I. Ou remarquera le rapprochement qui existe entre la dénomination
malgache de Vouri et celle de Vonpur y (pii est adoptée dans certaines
provinces de Madagascar, notamment du Sud.

�E. IIEGKEL

262

à la feuille d'herbier de son Myristica Vouri, et que je copie
textuellement à raison de son importance :

Fig. 3. — Rameau fructifère avec un fruit jeune, non mur, de
ou
(Brochoneura }'ouri Warb).

Voapary

Vouri

Rara-he vulgo, La uri-Congcnèrc % ris (ica. — « Ce grand
arbre à bois blanc, à corolle rougeâtre, se distingue aisément
de l’espèce à fruits anguleux et gros, par ses fleurs mâles et

femelles qui sont séparés sur des branches différentes sur le
même pied, et en petites grappes redressées et distiques; par
les fruits de la grosseur d'une moyenne orange, sphériques et
dont le brou épais de près d’un pouce, oléagineux intérieure­
ment, a la superficie grise, inégale, crevassée, avec un sillon
transversal formé par la suture des deux bateaux. 11 contient
une noix presque sphérique enveloppée d'un macis comme la
muscade à laquelle elle ressemble beaucoup, tant par la cou­
leur brune et l ’aromate de la coquille. Les feuilles sont
alternes, distiques, lancéolées, obtuses, longues de i à 5
pouces sur 2 1/2 de largeur, d’un vert brun supérieurement
et glaucescent ferrugineux inférieurement ».
De celte double description dont je rapproche intentionnel­
lement les termes, en soulignant les plus discordants, il
semble résulter que l'espèce décrite et créée par Bâillon sur les
deux échantillons de Poivre et Chapelier, ne ressemble pas
en tous points à ce qu’en dit Chapelier dans sa note manu­
scrite. Notamment, en ce qui touche à la forme et à la dimen­
sion des fruits, il y a discordance absolue ; et sur la question
de la monœcie, qui est indiquée comme douteuse, Chapelier
est très affirmatif. Il faudrait donc admettre, les autres carac­
tères paraissant concordants dans les deux descriptions, que
Bâillon n’a eu à sa disposition que des échantillons très impar­
faits, portant des fruits non mûrs. Ce qui confirme ma manière
de voir, c’est que Warburg (Monographie des Myristicacées,
p. 239) dit que les fruits qu'il possède et qui ne sont pas mûrs,
mesurent 3 cm. 1/2 sur 2 1/2 de large, en opposant ce fait aux
. dimensions indiquées par Bâillon.
Les fruits de Voapari que j ’ai entre les mains concordent
bien par leur forme et leurs dimensions avec la description de
Chapelier, et ils sont assez caractéristiques avec leur couleur
grise, leurs bosselures et leur mucro (dont aucun auteur ne
parle), pour n ôtre pas confondus avec tout autre fruit de
Myristica, sous les réserves que j indiquerai en décrivant avec
détail les formes de ce fruit (fig. i).
Quoi qu'il en soit, le Myristica Vouri doit subsister en tant
qu’espèce, car on retrouve dans la plante de Farafangana

�SI II QUELQU ES

Voapary tous les caractères indiqués par Chapelier : il ne
reste plus qu'à corriger la diagnose de Bâillon, en indiquant que
les fruits mesurent i cm. I 2 de long sur autant de large;
qu'ils sont donc presque sphériques et que 1espèce est, en
outre, parfaitement monoïque. M . \\ arburg, à qui j’ai soumis

PLANTES

A GH AIN ES G BASSES

265

mais elle existe encore dans la partie N. de l'ile, ainsi que l'in­
dique Chapelier. Il esl donc probable qu’on la trouverait aussi
dans l’espace compris entre le Nord et le Sud-Est tout au
moins, sinon dans 1 île entière. C’est à vérifier.
La graine de ce végétal est particulièrement intéressante, à
raison de son parfum qui rappelle celui de la muscade (Myristien nromatica LU.) mais plus accentué cl plus délicat encore.
Nous allons nous en occuper avec quelques détails.
Le fruit grisâtre et bosselé extérieurement, avec son mucro
caractéristique au sommet, ses deux crêtes dorsale et ventrale
saillantes, enfin ses verrues disposées en séries linéaires méri­
diennes, est, sans tenir compte de son support, à peu près
sphérique. Il se continue par un pédoncule long, ligneux,
épais au sommet et diminuant d’épaisseur jusqu’à son point
d insertion sur le rameau. Ces fruits sont indiqués par Warburg comme sessiles, mais j ’ai dit comment leur pédoncule
très développé se forme (voir lig. i).

A. Rameau fructifère de Vouri ou Voapary 'Brochoneura
Vouri Warl). ’ avec, à droite B, une graine revêtue de son spermoderme

Fig. ’i.

et dépouillée de son m ille (G. N.).

mes échantillons, les reconnaît (in litteris) pour être son Iirochoneura Vouri.
Farafangana est une province située sur la côte Sud-Est de
Madagascar, par environ 23° de latitude sud et 16° de longi­
tude Est. L ’espèce estasse/ répandue dans toute celte région,

Fig. 5. — Fruit de Brochoneura
Vouri, de profil, pour montrer la
ligne de suture dos deux pièces du
péricarpe (G. N.).

Fig. 6. —
Vouri, vu
l'inégalité
péricarpe

Fruit de Brochoneura
de face, pour montrer
des deux coques du
G. N. .

Le fruit peut, du reste, présenter quelques variations de
forme, ainsi que je l’ai constaté sur un échantillon provenant

�SL’Il QUELQUES PLANTES A CHAINES GRASSES

de la section Madagascar il l'Exposition coloniale de Mar­
seille (1906), où un flacon étiqueté Moltradrongo 1 et conte­
nant fleurs et fruits, était bien attribuable au Broc/ioneura
1’ouri [Myristica \'ouri Bâillon) Warb., par conséquent au
Voapari de Farafangana. — Comme on le verra parles ligures
5, 6, 7 et 8, ce fruit est un peu différent de celui que je con­
sidère comme le type mucroné et qui m’a été envoyé à plu­
sieurs reprises l°parM . Dardaine, puis, 2 °plus récemment, par
M. le gouverneur général Augagneur, en assez grande quan-

Fig. 7. — Fruit de Brochoneura Vouri vu par sa face inférieure pour
montrer le pédoncule et son insertion au péricarpe (G. N.)

tité et sur rameaux. Il présente les mêmes bosselures à la sur­
face du péricarpe, mais il est peu mucroné, et on voit là com­
ment se forme le mucro si accusé dans le type. C’est par le
prolongement du sommet de l'une des pointes de la feuille
carpellaire unique, au détriment de l’autre, que naît un bec
peu accusé d’abord et simulant deux lèvres dont l'une sur-

Moltradrongo

Moltradrago

1. On verra bientôt que ce nom de
ou
peut ètredonné à des espèces d e Myristica ( Brochoneura) fort distinctes,
car nous aurons à en signaler sous cette dénomination une espèce
nouvelle dont la forme du fruit est loutà fait différente. Je l’ai nommée
Myristica (Brochoneura) Dardai ni.

207

plombe l’autre (fig. 6). L’état mucroné n'est que l’exagération
de cette condition première. Ces fruits se distinguent encore de
ceux du type par le pédoncule qui le supporte (fig. o, 0, 7) qui
est cylindrique, enfin par le sillon qui règne sur la commissure
des deux bords de la feuille carpellaire et sur le dos de cette
feuille, tandis que, dans la forme du fruit type, c’est au con­
traire une crête saillante qu'on trouve sur ces deux lignes dor­
sale et ventrale du fruit. Ce fruit provenait de la province des
Bétaniména au nord de l’Emirne, très loin de Farafangana.
Si des fleurs et des feuilles contenues dans le même flacon
sous le même nom de Moltradrongo ne m’avaient donné
quelque certitude sur l'origine botanique de ce fruit, je l’au­
rais volontiers attribué à une espèce nouvelle au premier
aspect. Mais en pénétrant plus avant dans la constitution du
péricarpe, de l'arille de la graine, et du spermoderme très par­
fumés, j'ai retrouvé les mêmes formes (de l'arille notamment)
que dans le type mucroné de Vouri ou Voapary. On voit par
là combien il faut se tenir en garde, dans l'établissement des
origines botaniques, contre la valeur des indications qu’on pour­
rait être tenté de tirer de la similitude ou de la discordance des
noms indigènes.
Le péricarpe (brou) est dur, résistant, indéhiscent, ce qui le
distingue de celui de la muscade ordinaire qui s’ouvre et reste
charnu : il a une épaisseur de .') à 6 millimètres sur le fruit sec. En
dedans, se trouve un arille à consistance de cire (blanc verdâtre
sur le frais) et peu épais, très parfumé, atteignant le sommet de la
graine et l'enveloppant tout entière, sans lanières terminales.
Cette graineest formée d'un spermoderne externe (tig. 4, B)
dur, crustacé, cassant, moins résistant que celui de la muscade
ordinaire, moins brillant et ne portant pas, comme cette der­
nière, l’empreinte profonde et durable, en creux, des laciniations de l’arille (macis) qui n’existent pas ici. Mais ce testa
assez dur, couleur jaune sale (isabelle), très veiné, non adhérent
au tegmen et se détachant facilement de cette seconde enve­
loppe est doué d'un parfum très agréable *, peut-être plus fin
1. Celle odeur est due à une huile essentielle qui y existe dans la
proportion de 1,6 p. 100 el qui s’obtient facilement à la distillation.

�SUlt OUKLQlGS PLANTES A GRAINES GRASSES

que celui de la graine qu'il entoure, ce qui n'exisle pas dans la
muscade ordinaire dont le testa est dur, brun foncéet sans odeur
marquée.
L ’endosperme est étroitement enveloppé d’un tegmen adhé­
rent. de couleur plus foncée, à tissu fin, très veinule, mais (pii
ne pénètre pas dans la masse endospermique : la graine n’est
donc pas ruminée (état commun à tous les Brochoneura), ce
qui la distingue très nettement de celle de la muscade ordi­
naire. dont l'endosperme est fortement pénétré par le teg­
men (fig. 8).

Voapary

Vouri

Fig. 8. — Coupe transversale du fruit de
ou
(Brochoneura Vouri ) : à gauche reste, entre le péricarpe et la graine, un
lambeau de l arille. (G. N.).

L'endosperme gras du Vouri est très parfumé (un peu moins
cependant que le testa), de couleur jaune, et présente à son
centre, orientée du sommet à la base de la graine, une large
cavité entièrement vide (cela à l’état sec, mais à l’état frais,
en solution de formol, la même chambre existe plus étroite).
La même cavité, dans la planche qui accompagne la descrip­
tion du Brochoneura pterocarpa Warb., est dessinée dans la
Monoçj. der Myrist. (lab. VIII, fig. 2 et 3) de Warburg L Par
1. La même cavité se retrouve dans la graine delà plupart des repré-

269

ailleurs, cet endosperme, notamment par son odeur, se rap­
proche de celui de la noix de muscade, mais sa consistance est
moins accusée. Revêtue de son spermoderne, la graine est
irrégulièrement sphérique ou ovoïde (lig. 4, B)
Une coupe transversale (fig. 8) faite h travers la graine y
compris l arille d’aspect cireux et verdâtre, nous présente :
1° Dans l arille : des grandes cellules à parois relativement
épaisses contenant de grosses masses de corps gras solides
sphériques ou ovoïdes, sans traces d’amidon.
2° Dans le spermoclerrne externe de couleur brunâtre, des
cellules à parois épaisses avec un contenu qui paraît être formé
de globules très petits d'huile essentielle: pas d'amidon. Le
spermoderme interne contient une matière colorante brune.
3° Dans l'endosperme blanc jaunâtre, des cellules à parois
très ténues, bien plus petites que celles du macis (arille) et con­
tenant soit de grosses masses sphériques ou polyédriques de
corps gras solide, soit de petits globules sphériques ou ovoïdes
de cette matière grasse solide qui remplit les cellules. Ces
petits globules sont le plus souvent agglomérés en une masse
dont les éléments composants se distinguent nettement. La tein­
ture d'iode révèle sur ces masses la présence de tout petits
grains d’amidon qui sont comme appliqués sur la surface de
ces masses. Enfin, on voit des cellules à contenu jaune formé
de gros globules d'huile essentielle.
Historique. — D’après Copland (Histoire de Madagascar,
1822, p. 310), le Rarabé est un muscadier sauvage plus
élevé que le Malao-Manguit (Brochoneura acuminata Warb.),
également de Madagascar. On peut, d'après le même auteur
cité par Warburg, obtenir du fruit (il s ’agit évidemment de la
graine) une huilearomatique avec laquelle les indigènes s oignent
le corps et les cheveux. Cette huile est pour eux un spécifique
contre la scrofule et les maux d’estomac. Warburg émet avec
raison des doutes sur ce dernier point. Grant (Histoire de Mau­
rice, 1801) aussi connaît déjà la plante et dit qu elle a dû être
introduite dans cette ile par Rochon; il la nomme Rarabé
sentants de celle famille. Le caractère (si c'en est un) n’est donc pas par­
ticulier aux Brochoneura.

�270

K. HECKEI.

et ajoute qu elle guérit par son huile les humeurs Iroides et
fortifie l'estomac.
Usages et préparation de l’huile. — Voici, d’après le capitaine
Dardaine, les procédés de préparation que font subir à cette
graine, pour en obtenir le beurre, les indigènes de Farafangana :
« Pour faire de l'huile, les indigènes enlèvent l'écorce des fruits
(péricarpe), les écrasent à l'aide d’un pilon de bois avec un peu
d'eau, puis laissent fermenter le tout pendant une huitaine
de jours dans un panier en jonc (sobika). Ils font alors chauffer
une marmite en fonte, puis passent pendant 20 minutes envi­
ron, dans cette marmite maintenue à la meme température, le
produit de la fermentation des graines écrasées. Une fois ce
produit bien chauffé, il est mis dans un petit sachet en jonc qui
est ensuitepressé, la matière demeurant chaude, entre les deux
faces planes d'une forte branche de bois dur fendue en deux,
suivant l'axe de cette branche, et dont l'une des deux extré­
mités reste fortement liée pour en maintenir les deux fragments
appliqués. On rapproche les deux autres extrémités libres avec
force et on opère ainsi sur le sachet en jonc une pression qui
en fait sortir l'huile tluide à cette température. Celle-ci est
ensuite recueillie dans des tubes faits avec des entrenœuds de
bambous. L'opération est répétée deux ou trois fois de suite
pour le même produit, en faisant chauffer chaque fois de
manière à en extraire la plus grande quantité d'huile possible. »
L ’huile de Voapari est employée, comme l'indiquent les
auteurs déjà cités pour d'autres régions de Madagascar, par
les indigènes de Farafangana, pour lisser les cheveux et contre
la gale, mais pas contre la scrofule. Après ce que je viens d’en
dire, on peut ajouter que cette muscade sauvage pourra prendre,
quand elle sera mieux connue, une place marquée à coté de la
muscade cultivée, dont elle a toutes les qualités peut-être
plus accusées encore.
Nous nous occuperons ultérieurement de la teneur en beurre
de sa graine, de la composition chimique de ce beurre ainsique
de son essence. Les matériaux nous manquent, en ce moment,
pour l'entreprendre. Toutefois nous ne terminerons pas ces

SUR QUELQUES PLANTES A GRAINES GRASSES

271

documents sans enregistrer ceux que vient de me fournir, sur
ce fruit, M. Augagneur, gouverneur général de Madagascar.
« Le fruit est de la grosseur moyenne d'un gros œuf de poule.
Un arbre, qui ne porte pas avant l’âge de 10 ans, peut en pro­
duire une dizaine de kilogr. mais cette production varie avec
les années. Débarrassée de son enveloppe, la graine ne fournit
que la moitié de son poids de graisse; le rendement serait à
peu près de 4 à 5 litres par vata 18 litres) de graines. On
pourrait se procurer sur place une certaine quantité de ces
graines à raison de 0 fr. lo le kilog. »
II.
J ’ai reçu de M. le capitaine Dardaine, dans le même envoi,
une autre Myristacée à graine parfumée et d'un réel intérêt,
sous b' nom indigène de Moltradrago. .l'avais d'abord pensé,
comme Bâillon, que cette espèce pourrait être le Myristica Chapelieri [Maloufchia Chapelieri Warb.), ou, comme M. Jumelle
(Les ressources agricoles et forestières des colonies françaises,
Marseille, 1907), à Myristica acuminata Lamk. Le nom indigène
de Moltradrago, se rapproche beaucoup en effet de celui de
Malotsiandrongo, quiestun de ceux du Malouf chia. Mais, l'exa­
men des caractères qu’a pu me fournir un exemplaire de la
plante (rameau sans fleurs ni mâles ni femelles) pourvu de fruits
murs, et la comparaison avec les types du Muséum de Paris,
m'ont démontré que, selon toute probabilité, j ’avais affaire à
une espèce nouvelle de Brochoneura que j ’appellerai B. Darclaini, du nom de son récolteur. Je n'ai eu qu'un rameau avec
fruits sans fleurs (fig. 9 et 10). Cette espèce est très caracté­
ristique par ses fruits et fort différente de la précédente ; mais
ses graines et les enveloppes de ses graines sont aussi très parfu­
mées et pourraient être employées aux mêmes usages que celle
deVoapary ou Vouri. Voici la description que m'en donne le capi­
taine Dardaine : « C'est un arbre atteignant 10 à 12 mètres de
haut, qui donne tous les ans, en octobre et novembre, de petites
fleurs roses sans pédoncule et fructifie en janvier et février.
Il se trouve un peu partout dans les forêts de la province, mais
pas en grande quantité, les sujets en sont isolés. On le ren­
contre le long des rivières, mais en terre compacte, pas dans
les marais ou le sable. L'huile s ’extrait des graines comme

�&gt;

K. MRCKEL

SUR QUELQUES PLANTES À GRAINES GRASSES

273

sommet (tig. 10). Le pédoncule qui le supporte est très court.
Il rappelle(fruit et support) la forme du Slaudtia Kamerunensis Warb. ou du Pycnanlhus Kombo VVarb.1, avec celte dill’érence que le sommet en est plus aigu dans Brochoneura I)arclaini. Ce fruit est lisse sur toute la partie extérieure de son
péricarpe (veiné à veinules saillants sur le sec), avec les deux
sutures dorsoventrales développées en arêtes méridiennes 'du
sommet à la base pédonculée). Il mesure 3 centimètres de
long (pédoncule compris), 2 centimètres de large, sur le sec,
et pèse 3 gr.bO en moyenne (lig. 10 à droite).
Au-dessous du péricarpe est un a ri lie lacinédont les lanières
atteignent jusqu’au sommet de la graine en laissant sur le
spermoderme au moins une dépression sensible, les autres

celles do Voapary et par les mêmes procé
ployée aux mêmes usages. »

- Fruit en lier (à droile) et graine sans arillc à gauche
[Brochoneura Dardaini, nov. spec. .

Moltradrago

étant à peu près invisibles. Je n'ai vü que les débris de cet
arille, mais très apparents. Le spermoderme est crustacé, peu
résistant, mais très parfumé comme dans le Voapary ou Vouri
(un peu moins cependant), brunâtre (lig. 10 à gauche).
L ’endôsperme non ruminé et recouvert de son tegmen à cou­
leur plus claire, est très parfumé et très riche en beurre, de cou­
leur jaune et présentant au centre une grande cavité vide. C'est
encore là une muscade sauvage qui pourrait être utilisée comme

Rameau avec

des feuilles de
D ardain i, nov. spec.)

fragments

(Brochoneura

Moltradrago

.1 régulièrement ovale et légèrement aeuminé

1. Voir les figures dans mon travail sur les graines grasses nouvelles
ou peu connues des colonies françaises [Annales de l'Institut col. de
Marseille, 1896, pp. lO.'iet 107, pour Picnanthus Kombo) et dans Warburg
Munotj. der Myrist, lab. YI11, pour Slaudtia Iîarnerunensis.
Annales du Musée Colonial de Marseille. — 2“ série, 6* vol. 1908.

18

�27 i

K. Ill t KKI.

succédané du muscadier cultivé (Myristica fragrans llouit).
Cette espèce mériterait une étude plus approfondie que nous
entreprendrons dès que les matériaux que nous demandons à
la colonie de Madagascar nous seront envoyés en état suffisant
pour la mener à bien, comme il convient pour un végétal qui
pourrait être l'objet d une exploitation régulière et productive.
Si écourté que soit l'examen de ce végétal et de son produit
nous avons cru devoir le publier pour montrer tout l'intérêt
que présenterait une étude complémentaire.
III.
Le même envoi de M. le capitaine Dardaine contenait un
fruit de Hazina pesant frais 980 grammes et 9 i graines grasses
extraites de trois fruits de ce végétal, enfin des tiges avec feuilles.
Le fruit sec pèse actuellement 240 grammes avec ses graines.
L Hazina est connu sous le nom scientifique de Symphonia
fasciculata Bâillon (Chrysopia fasciculata Dup. Thouars) de la
famille des Guttifères. Nous ne croyons pas devoir le décrire à
nouveau. Il suffira au lecteur désireux d'en avoir une connais­
sance suffisante de se reporter à l'ouvrage classique de Bâillon
(Hist. des plantes, t. YI, p. 339), où il en trouvera la descrip­
tion, au moins pour ce qui concerne la fleur. Je parlerai sur­
tout de son fruit et de sa graine qui nous intéresse particu­
lièrement. puis de la proportion de la graisse qui y est con­
tenue. La connaissance plus complète de cette graine servira
d introduction à l'étude des autres graines des nombreuses
espèces de ce genre Symphonia très homogène. Nous nous
bornerons à reproduire les indications que nous donne le capi­
taine Dardaine sur la condition de ce grand arbre dans la pro­
vince de Farafangana :
« C'est un arbre atteignant jusqu’à 30 mètres de haut, très
ramifié ; il pousse un peu partout : terre compacte, terrain sablon­
neux, mais pas en sol humide L II ne donne des fruits que
dans les grandes forêts et lorsqu'il atteint au moins 10 mètres
de haut. Ces fruits, charnus, pèsent de 800 grammes à I kilog
(voir fig. I I et fig. I i), et sont assez rares. Chaque fruit ren-

Manide

Symphonia globulifera;,

1. Le
la Guyane
par contre, ne croît
que dans les endroits marécageux ou les prairies humides, enfin, comme
va nous le révéler la structure anatomique, le S. clusioides doit être luimême un végétal recherchant les terres très humides.

273
ferme dans sa cavité fig. I i) de 30 à 35 graines do la grosseur
et de la couleur d'un marron moyen.
Le végétal
vit isolé dans
°
O
SIR (,Hi:i,OlT.S PLANTES A OHAINES CRASSES

Fig.

II. — Fruit entier et mur de Hazina

Symphonia fasciculata Bâillon;.

la forêt. Le Hazina fleurit en octobre-novembre et donne des
fleurs blanches assez étalées ; il fructifie en décembre, janvier
et février. L'huile s ’extrait des graines comme les indigènes le
pratiquent pour le Voapary et le Moltradrago (voir page 270 1,

�2 7 r.

13.

I1ECKEL

mais cette matière grasse ainsi obtenue est plus line et les indi­
gènes l'emploient pour leur alimentation ; elle est en outre
utilisée pour lisser leurs cheveux, mais pas contre la g a le 1 ».
J. Vesque (Guttiferæ. Monog. phaner., vol. VIII) dit que les
graines butyreuses produisent une huile comestible assez esti­
mée.
Il n'est pas surprenant de voir une plante appartenant à la
famille des G u t t i f è r e s ou G l u s i a c é e s donner des graines
grasses intéressantes. J ’ai déjà fait connaître dans ces
Annales (1896) et dans le journal Les Matières grasses (n° 1
du 23 mai 1908) un certain nombre de représentants de
ces familles qui présentent à cet égard une réelle valeur,
comme par exemple, celles d’Allanblackia floribunda 01. et
A. Sacleuxi Hua (Bouandjo et Bounzi) des côtes occidentale et
orientale d Afrique équatoriale el tropicale, puis Penfadesma
donnant les beurres de Iv a m a et d’EnoNizo) des mêmes régions.
Ces graines, extraites de fruits pulpeux (baies) le plus sou­
vent, sont surtout remarquables par l'état nu dans lequel
elles arrivent en Europe et par la richesse de leur contenu en
beurre. Deux qualités importantes au point de vue industriel.
Celle d'Hazina ne fera pas exception à cette double règle
comme nous allons le voir. Cependant ce végétal, ainsi que
I. Voici ce que j ’écrivais, de mon côlé, sur ce végétal, en 1903, dans
mon mémoire « Surles plantes médicinales et toxiques de Madagascar »
(Ann. de l'Institut colonial de Marseille, onzième aimée, l*r volume, p. 93),
il est bon de le rappeler : « C’est un des plus beaux arbres de Madagas­
car, dont le nom vient du malgache Hazina qui signifie élance. Tous les
organes végétatifs delà plante (tiges, rameaux) sont remplis d’une résine
visqueuse, jaune clair, se prenant à l'air en une masse poisseuse odorifé­
rante. Cette résine sert à confectionner des torches et à calfater les
pirogues. La matière grasse contenue dans les graines est comestible, elle
sert également d’huile à brûler et est employée par les Malgaches, en
mélange avec la résine des canaux sécréteurs, à faire des pommades usi­
tées dans le traitement de la gale (?.), de lalèpre et des ulcères. On fait aussi
avec cette huile des frictions contre les rhumatismes, les contusions. »
Voir plusieurs figures de la fieur détaillée dans Bâillon, Histoire des
plantes, t. NT, p. 399. — Il est probable que les onze espèces connues de
Symphonia, dont le S. globulifera I,., de la Guyane française, donnent
aussi des graines grasses utilisables et de composition rapprochée, mais
avec des teneurs différentes en corps gras. C’est une question à élu­
cider et que nous allons ébaucher plus loin.

SUlt QUELQUES PUAMES A &lt;1II AINI3S CRASSES

277

nous l’avons dit, mais pas ses congénères *, était connu
comme source de graines grasses et c’est un fait d’autant plus
intéressant que le genre Symphonia est presque exclusive­
ment des colonies françaises tropicales propres à la France.
En dehors, en elfet, du S. globulifera L. fils qui est de l’Amé-

Kig. 12. — Région des Tapias Sym phonia m icrophylla , à Madagascar,
entre Vinaninkarena et Itaka.

rique et de l’Afrique tropicales (y compris Madagascar 2,
toutes les autres espèces, au nombre de onze, sont spéciales à la
grande îleMadécasseet y sont assez répandues. Uned entre elles
même, S. microphylla Camb. y est fort cultivée (au pays
Betsileo) sous le nom indigène de Tapia, par les Malgaches qui
y élèvent le ver à soie sauvage (Borocera madagascariensis).
Voir fig. 12 et 13 extraites d'un travail de M. Prudhomme,
1. Nous allons voir que quelques autres espèces du même genre ont
des embryons riches en matières grasses.
2. On connaît de cette espèce deux variétés africaines : la variété
africana en Angola et la variété gabonensis, au Gabon (Congo français).
Cet arbre existe dans toute la vallée du Niger, et si, comme l'admet
Vesque, le S. urophylla Benth. et Hooker n'est qu'une forme peu
distincte du S. globulifera, cette dernière espèce existe aussi à Mada­
gascar où S. urophylla est signalé. Ce serait donc S. globulifera qui
serait, de ce genre, l’espèce la plus répandue dans le monde.

�278

Ë.

suit

IIECKEL

sur l'industrie séricigène à Madagascar (Bévue d'agriculture
tropicale, 1905), et "montrant les régions à Tapia et un rameau

QIELQUES PLANTES \ Ol«AINES CRASSES

279

pyramidale siégeant à la périphérie du fruit fig. 1i , et une
autre siégeant au centre de ce fruit et de forme ovale, sans
spermoderme.

Fig. 14. — Coupe verticale du fruit de Hazina Symphoniu fascicalata
Bâillon) pour montrer les graines en place (33 graines environ par
fruit).

l ig-.

13

. — Hameaux de Tapia [Sym phonia
en Heurs et en fruits.

rnicrophylla

Camb.)

de cet arbre en fruits. Les figures 11 et 14 représentent un
fruit de Hazina mûr et entier (fig. 1 I.) et le même ouvert pour
montrer la situation des graines (fig. 14).
Enfin la figure 15 représente deux graines : une de forme

Voici maintenant la description de ces graines et les résul­
tats qu’ont donnés l ’extraction et l'analyse de leur corps gras.
Elles sont de forme différente selon la situation qu elles
occupent dans le fruit (fig. 14). Celles de la périphérie sont com­
primées et tétraédriques (forme pyramide à quatre faces et
à base convexe regardant les parois du fruit); les autres,
plus centrales, moins comprimées, sont ovales irrégulières.
Leur poids, à l’état sec, est compris entre 4 et 5 grammes,
les graines de la périphérie étant un peu plus lourdes que
celles du centre. Sous un spermoderme brunâtre, papyracé,
à structure pelucheuse sur le sec i lig. 15 H . elles renferment

�SUt QUELQUES PLANTES A URAINES GltASSES

Hazina

Fig-, Ci. — A, graine nue Isanssper moderne) de
St/mphonia [asciculata), provenant du centre du fruit. — B, la même revêtue de son
spermoderme pelucheux et provenant de la périphérie du fruit (G. N.).

toutes sont remplies de cristaux aiguillés, très tins, de matière
grasse solide, orientes dans différents sens. Cet embryon 11e
renferme pas traces de poches ni de cellules sécrétrices,
organes qui existent par contre dans d’autres graines de
Guttifères (Calophyllum, Garcinia, Ochrocarpus ') et même,
comme nous allons le voir, dans l’embryon des N. globulifera et verrucosa. Peut-être se développent-ils pendant la
1. Chapelier, d’après Vesque (Guttif. Monog. Pliait., t. VIII, p.
,
dit de la graine d'Oe/t. Chapelier! Planch. et Triana: « la substance des
semences est jaunâtre et elles sont remplies d'un suc visqueux, tenace
verdâtre et un peu odorant ». Toutes les graines d 'Ochrocarpus (genre
indomalgache, très bien représenté à Madagascar) doivent être vrai­
semblablement dans le même cas.

281

germination comme c’est le cas dans les graines d’Allanblackia
et Pentadesnia, ainsi que je l’ai démontré.
Traitée par la glycérine bouillante, la coupe transversale
de la graine de ce fait éclaircie, présente uniformément des
cellules sans matière colorante et contenant, pour le plus
grand nombre d’entre elles, des cristaux aiguillés rayonnant
autour d'un centre commun (en oursin), tandis que d’autres
renferment de grands globules sphériques huileux dont un seul
remplit quelquefois la cellule entièrement. Traitée au sulfure
de carbone, la même coupe ne présente dans ses cellules com­
posantes que des globules huileux, tous les cristaux ont dis­
paru. Le corps gras renfermé dans chaque cellule est donc
manifestement formé d ’une graisse solide (cristallisée) et d'une
huile liquide. Il n'y a pas de traces d’amidon.
Le rendement en corps gras semi-solide de cette graine (pur
le sulfure de carbone) est très élevé : 6b ° / 0. Le rendement de
ce corps gras en acides gras de saponification est de 9b ° / 0 ; en
stéarine de saponification, il est de 3 i,3 9 °/0. Le point de soli­
dification de la stéarine est de 6i°, le rendement en glycérine
de 10,26 °/0. Ainsi constituée, cette graine a paru intéressante
à la maison de stéarinerie Fournier, de Marseille, qui l’a fait
examiner et qui y voit un produit fructueusement utilisable
pour son industrie et même la savonnerie, peut-être l’alimen­
tation.
Fruit et graine de Symphonia clusioides Baker -(Kijy).
Nous allons porter notre attention sur le fruit de Symphonia clusioides et sur sa graine grasse, pour ensuite examiner
les graines grasses de Symphonia globulifera et verrucosa.
Sous l’apparence d'une prune de moyenne grandeur, le
fruit est verdâtre, sphérique ou peu ovalaire, mesurant 3 cen­
timètres de long sur 2 centim. 1/2 de large : il ne renferme
qu’une seule graine et se termine à son sommet par un court
stvgmate trifide et à sections aiguës en lanières pointues et
recourbées en dehors (fig. 16).
En coupant ce fruit transversalement, c'est-à-dire perpen-

�282

E. HECKEL

SUR QUELQUES PLANTES A GRAINES GRASSES

diculairement à son grand axe, on trouve un péricarpe charnu,
assez épais et criblé de pertuis (poches sécrétoires) visibles à
l'œil nu, puis un spermoderme peu développé, papyracé, enfin
immédiatement après un embryon gros, présentant au centre
une moelle bien accusée limitée par une ligne de couleur plus
claire.

J ’ai eu aussi à ma disposition, et j ’y reviendrai p. 287, une
graine de Symph. globulifcra L. fils, grâce à l'obligeance de
M. Praim, directeur du jardin botanique royal de Kew (Londres).
Cette graine provient du fruit unique qui existe sur l'échan­
tillon recueilli par Barter (n° 3255) au Niger, à Eppah. En
voici la description :
Cette graine qui, à l'état sec, mesure 1 cm. 5 de long sur
1 de large, présente exactement, sauf les dimensions beaucoup
plus grandes que nature dans Aublet, la forme qui est dessi­
née dans la planche de cet auteur [Flore de la Guiane, tab. 313)

283

Fig. 16.— Fruit (grandeur naturelle) et rameau foui 'lé de Kijy
tSymphonin clusioides) (dessin original de M. J. de Cordèmoy).

La graine de Symph. clusiosides Baker dont j ’ai eu un seid
échantillon 1 est formée par un embryon charnu et gras. Une
coupe transversale examinée au microscope montre des cel­
lules peu épaisses contenant une masse amorphe dense de
matière grasse solide. Pas de traces d’amidon. Si on chauffe
la préparation dans la glycérine, on obtient une aggloméra­
tion du corps gras solide en masses cérébroïdes denses et en
sphérules jaunes, petites ou grosses, d'huile liquide conte­
nant des grains d’aleurone. Cet embryon renferme donc un
mélange d’huile concrète et d’huile liquide comme celui de
S. fasciculata Bâillon, et si j'en juge par la plénitude des
cellules, en aussi grande abondance que dans cette dernière
espèce (60 à 65 ° / 0). Elle est donc riche en corps gras, et
pas de traces de poches ni de cellules secrétaires dans l'em­
bryon qui la constitue.
1. La graine élait encore close dans le fruit représenté fig. 16 et con­
servé en eau formolée.

Fig. 17. — Graine de Symphonia ylobulifera vue de l'ace
par sa partie concave G. N.).

et attribuée à son Moronobea coccinea. Elle représente un seg­
ment d’ovoïde concave sur une face et convexe sur l’autre. Le
spermoderme, bien que la graine provienne d'un spécimen de
Barter, ne présente pas l’état papyracé et séparable de l'em­
bryon, comme l’indique Oliver (dans Flora of tropical Africa,
p. 164, vol. 1) qui en fait un signe distinctif entre la plante du
Niger (Barter) et celle du Gabon et du vieux Calabar récoltée
par Mann. Cette dernière aurait sa graine pourvue d'un spermoderme étroitement adhérent â l’embryon et suivant les cir­
convolutions de sa surface. Ici, la graine de Barter (est-ce l'in­
fluence de l'âge?) est brun marron et le spermoderme est for­
tement adhérent k l’embryon. Cette graine sèche pèse 0 gr. 65
et mesure 1 cm. 5 de long sur 1 de large. De plus, comme
l'indique Duss, elle est couverte sur toute sa surface de sil­
lons ou de fossettes longitudinales irrégulièrement disposés.
En réalité, tout le spermoderme est sillonné de nervations

�284

E. ÎIECKEL

saillantes sur les deux faces convexe et concave, le tout for­
mant un réseau admirable fortement anastomosé fîg. 18) :
c'est une disposition que j ’ai déjà indiquée comme étant mani­
festement accusée sur le spermoderme des Allanblackia et des
Penladesma, mais ici plus accusé encore.

SUR QUELQUES PLANTES A GRAINES GRASSES

28b

Une coupe transversale examinée au microscope (tig. 19)
montre, en allant de la périphérie au centre, une enveloppe

S

Fig. IS. — Graine de Symphonia globulifera, fortement grossie pour
montrer la riche veinulation de son spermoderme et vue par sa face
concave.

Cette graine se coupe aisément au couteau, elle otfre sur
les surfaces de section une couleur cacao et une faible consis­
tance qui permet de l'entamer à la pression de l'ongle. Cette
section offre au centre une petite moelle limitée par une ligne
(endoderme) elliptique et de couleur plus claire. Toute la partie
corticale est couverte par la trace des grosses cellules sécré­
trices qui abondent dans le tissu et qui, orientées en tous sens,
sont plus ou moins longues. On les voit plus nombreuses à la
périphérie qu’au centre (moelle) où elles paraissent faire
défaut. Ces cellules se révèlent sur la tranche de la graine
coupée sous forme de points brillants visibles à l’œil nu et plus
ou moins développés. La saveur de cette graine est acidulé et
un peu astringente.

Fig. 19. - Coupe transversale de la graine de Symphonia globulifera
(dessin original de M. Jacob de Cordemoy).
p, parenchyme à contenu gras: s, cellules sécrétrices à large diamètre,
renfermant des masses résineuses.

(spermoderme) à cellules externes prolongées en poils très
courts ',au-dessous la zone périphérique de l'embryon à cellules
1. Il a été beaucoup discuté sur l’état velu ou non de cette graine.
Planchon et Triana ( \lém. Gutlif. Ann. des Sciences nat. série 4, xiv284) décrivent la graine comme étant velue et font de ce caractère le
signe distinctif entre le S. globulifera et les espèces madécasses qu'ils
rangent sous l’ancien nom de Chrysopia. Bentham et llooker (Ge«.
plant., 1-173) ne partagent pas cette opinion, car après avoir vu trois
fruits (dont ils constatent la rareté dans les herbiers), deux présen­
tèrent des graines glabres et un seul avait des graines portant sur
leur dos une substance laineuse (pas sur les côtés) qui leur parut adhé­
rer plutôt à l’endocarpe qu’à la semence et qu'ils considèrent vraisem­
blablement comme de la pulpe desséchée et siégeant dans la cavité

�286

r. iIeckel

fortement colorées en brun et peu riche en cellules sécrétrices,
puis un tissu plus épais, fortement interrompu par de grosses
cellules sécrétrices pourvues tou tes d’un contenu résineux jaune :
ces organes augmentent en nombre et en dimensions de la
périphérie au centre jusqu'au cylindre central où il font à peu
près défaut. C/est à peine si on en aperçoit quelques-uns en
voie de formation douteuse.
Toutes les cellules sont remplies de corps gras : 1° l ue
graisse solide sous forme de bâtonnets orientés en différents
sens ou quelquefois groupés en faisceaux ; 2° des sphérules
d’huile liquide mais en assez petit nombre du reste. Traitée
par la glycérine bouillante, cette coupe s ’éclaircit et on peut
voir que les sphérules d'huile liquide sont pourvues d'aleurone ; que les cellules bordantes des appareils sécréteurs
n’existent pas ; que le corps gras solide s ’est cristallisé et
groupé en cristaux disposés en oursins, enfin que les parois
des cellules à corps gras sont très minces. Donc le corps gras
est mi solide et liquide comme dans l’embryon des deux Symplionia fasciculata et clusioides. La graine est évidemment
assez riche en ces deux corps gras, dans lesquels le solide
paraît dominer. Mais à l'extraction, cette graisse serait souillée
par de la résine des cellules sécrétrices et par conséquent plus
difficilement utilisable et en tout cas non comestible.
M. de Wildeman (Notice sur les plantes utiles de la
Flore du Congo, vol. II, fasc. I, p. 20 à 24) attribue à
située entre l'endocarpe et la graine. Enfin, Linné fils, créateur de l'es­
pèce (Suppléai. 302), dit : « Les graines sont glabres, l’écorce coriace du
fruit recouvrant les graines colorées par l’intermédiaire d’une matière
muqueuse très jaune ».
En réalité, il y a sur le spormoderme externe, et E. Planchon avait
bien observé, des cellules qui se prolongent en poils très courts,
incomplets dans notre préparation : ces poils prendraient-ils un plus
grand développement dans quelques variétés de cette espèce si répan­
due sur le globe? Ou bien ces poils, dont je n’ai vu sur la coupe que
les bases, iraient-ils jusqu'à l’endocarpe ? Je ne saurais l’affirmer,
dans l’état de la graine de Barter. Il aurait fallu faire cet examen sur
un fruit frais et des graines fraîches. Peut-être le pourrons-nous dans
quelque temps avec des échantillons que nous attendons de la Guyane
et de la Guadeloupe.

Symphonia globulifera L. f., le Belungu du Rasai ou
Bondjo du Bassankussu, ou Molemela du Tanganika, résine
usitée par les indigènes 1. Mais, Dewèvre dit que ce végétal
dont il a pu recueillir des échantillons à Coquillatville, à Bas­
sankussu, aux environs de Lokandu, a un fruit qui peut
atteindre de 25 à 35 centimètres de long sur 11,5 de diamètre
et pèse jusqu’à 2 kilogs. Luja, rapporte encore M. de Wilde­
man, a observé la matière collante d’un jaune soufré dans
les Heurs et dit que les abeilles recherchent cette substance.
Or, les fruits de ce Symphonia globulifera mesurent au plus
3 à 4 centimètres de long, ont leur péricarpe cartilagineux,
mince, drupacé, indéhiscent (d'après Duss in Fl. des Antilles
françaises, Annales de l'Institut colonial de Marseille, 1896,
p. 101) , ce qui ne correspond pas du tout à ce que dit
Dewèvre dont la description concorde très bien, par contre,
avec ce que j ’ai fait connaître (avec dessins) du fruit et des
graines d'Allanhlackia floribunda. Ce que dit Luja de la
matière résineuse contenue dans les fleurs, je l'ai constaté et
décrit dans les fleurs de la même plante, tandis que Duss,
&lt;pii décrit minutieusement les fleurs de Symphonia globuli­
fera, n’en parle pas. Enfin, Dewèvre dit encore que ces
graines de Bondjo sont oléagineuses, comestibles (les indigènes
les consomment) ; or, nous savons que celles du S. globuli­
fera, à cause de la présence d’une résine dans le tissu
de l’embryon, ne peuvent pas être comestibles. Enfin, cet
auteur ajoute qu’elles mesurent 3 centimètres de long sur
1 cm. 5 de large, dimensions que ne peuvent pas atteindre
les graines de Symphonia globulifera dans un fruit qui
mesure lui-même à peine 3 centimètres de long (Duss).
Tout ce que dit Dewèvre concorde bien, au contraire, avec ce
que j'ai publié sur le fruit et sur les graines d Allanblackia
floribunda dans mon mémoire sur les graines grasses des
colonies françaises [Annales de l'Institut colonial de Marseille,
1898) et dont le nom indigène de Boandjo, très répandu dans
notre colonie du Congo, se confond presque avec celui de
1. Le nom indigène de l'arbre, dans le district de l’Equateur, est
Bolaka (d’après Wildeman).

�SI R QUELQUES’ PLANTES A GRAINES GRASSES

liondjo du Congo belge. Du reste, M. Wildeman, dans les
Reliquæ Dciocvreanæ (p. 1(1) attribue Bondjo à Allanblackia.
Il résulte de cette discussion que le Bondjo du Congo belge
doit être attribué à YAllanblackia floribunda, comme l'a rec­
tifié M. Wildeman, et que nous ignorerions encore, si la
graine de Symphonia ylobulifera, comme celles de Symphonia
fasciculata et de Symphonia clusioides, est grasse ’, si je
n’avais pu obtenir deM. Praim, directeur du Jardin royal de
Kew, la distraction dans l’unique fruit de cette espèce, d'une
graine que j’ai pu examiner à loisir. J ’adresse tous mes remer­
ciements à M. Praim pour sa grande bienveillance. Un envoi
attendu de graines des Antilles et de la Guyane me permettra
bientôt d'en poursuivre une analyse chimique et un essai
industriel.
Je donne p. 285, à l’appui de cette description, au moins
en ce qui touche l'appareil sécréteur de la graine de Mani, le
dessin qu'a bien voulu me faire M. le Dr Jacob de Cordemov,
en y joignant son interprétation de cette coupe transversale
(perpendiculaire au grand axe) de la graine de Symphonia
globulifera, comme suit (voir fig. 19, p. 285) :
« Au milieu d’un parenchyme (p) formé de cellules polygo­
nales remplies d’un contenu finement cristallisé, on observe
des organes sécréteurs à large diamètre (s), très faciles à dis­
tinguer et renfermant des masses résineuses rougeâtres arron­
dies, ou seulement des globules sphériques de même nature
fixés contre les parois. Au premier abord, on est tenté de
prendre ces organes pour des poches sécrétrices dont les cel­
lules de bordure seraient détruites. Un examen plus attentif
montre qu il n'en est rien et qu'il s ’agit en réalité de simples
éléments cellulaires, différenciés par leur large diamètre et
par leur fonction sécrétrice particulière.
Ces cellules sécrétrices, sortes de laticifères anastomosées
et ramifiées, présentent, dans les coupes, des sections tantôt
1. Les Guttifères doivent avoir des graines le plus généralement
grasses, car, même dans le genre G urcin ia , j ’ai trouvé des globules
huileux (G. C am bogia ) dans l’embryon à tissu cependant corné, et, dans
d’autres C arcinia, une grande abondance de corps gras comme je vais le
dire, dans des embryons à tissu charnu.

289

transversales et tantôt obliques ; mais toujours elles tranchent
nettement sur la masse parenchymateuse voisine par leur lar­
geur et leur contenu rougeâtre ».
Voilà donc une graine qui ne peut, malgré ses apparences
de richesse en corps gras, être employée utilement ni par l’in­
dustrie de la stéarinerie ni par celle de l'alimentation, à rai­
son de la présence de cellules à sécrétion résineuse dans la
plus grande partie de ses tissus. Il est remarquable de voir
combien, à ce point de vue, elle se distingue des deux autres
congénères (S. fasciculafa et S. clusioides) qui ne présentent
aucune trace d’organes sécréteurs 1, pas plus du reste que les
genres Allanblackia et Penfadcsma, où cependant ils se déve­
loppent dans la graine pendant la période germinative, ce qui
du reste ne saurait nuire à leur emploi industriel dont j ’ai
esquissé ailleurs la possibilité.
IV.
Enfin, le même envoi Dardaine contenait des fruits de
Vitano et quelques rameaux de ce végétal avec feuilles et fruits
mûrs.
Bien qu’il n’y eût pas de fleurs, j ’ai pu déterminer ce Vitano
et le reconnaître avec certitude comme étant Calophyllum
parviflorum Bojer (d’après Vesque simple variété de C. Tacahamaca), encore dénommé à Madagascar, où il est assez com­
mun, Vintanina. Je ne le décrirai pas, il est bien connu ;
voici ce qu’en dit le capitaine Dardaine :
« C’est un arbre qui atteint 15 mètres de haut et plus, à tronc
très élancé et à rameaux relevés (fastigiés). Il fleurit tous les
ans en octobre et novembre en donnant des Heurs blanches,
assez longues; les fruits mûrissent dans la deuxième quinzaine
de janvier et en février. Le végétal se rencontre en sujets iso­
lés, mais dans les grandes forêts seulement.
« L'huile s’extrait des graines comme je l’ai indiqué pour le
I. D’après les nombreuses graines de Clusiacées que j'ai étudiées ju s­
qu'ici, on pourrait les diviser, au point de vue de la présence ou de l’ab­
sence de poches ou cellules sécrétrices, en: 1° celles où ces organes fout
complètement défaut ; 2° celles où, manquant dans la graine, ils s'y
développent pendant la germination; 3" ceux où ils existent dès la for­
mation de la graine.
Annales du Musée Colonial de Marseille. — 2* série, 6* vol. 1908. 19

�290

IL ITECKEL

Voapary (voir page 270) et est employée aux mêmes usages ».
La composition des graines et de l’huile parfumée (résineuse)
des Calophyllum est assez connue pour que je n’aie pas à m’en
occuper ici. J'ai développé ces divers points en m’occupant
de la graine de l’huile et de l’oléorésine du Calophyllum inophyllum L. de la Nouvelle-Calédonie U où cette huile et cette
résine sont employées par les indigènes (canaques) contre les
maladies de la peau ’. Ces mêmes produits sont employés de
la meme façon en Cochinchine, en provenance du même arbre,
qui est désigné dans notre colonie d Orient sous le nom de
Cay-Meuou. Les produits du Calophyllum parviflorum de
Madagascar doivent avoir, à peu de chose près, les mêmes pro­
priétés et la même composition. C’est une question à élucider
quand l’envoi d’une quantité sutlisante de graines en bon état
le permettra. Nous en demandons l’envoi dans l’intérêt de la
colonie.
Avant d’abandonner les graines des Clusiacées en tant que
productrices des matières grasses, je voudrais ajouter l'examen
de quelques-unes d'entre elles appartenant au genre Garcinia,
non encore étudiées à ce point de vue, et qui sont communes
dans notre colonie d’Indo-Chine.
On sait déjà que certains Garcinia tels que G. indica Clioisy,
donnent un beurre très employé dans l'Inde anglaise où le
végétal est spontané, sous le nom de Beurre de kokum et qu’il
y est vendu couramment dans les bazars indiens. J'ai dit que la
graine de G. Camhoyia Desrousseaux est faiblement huileuse.
1 l

h

■ i il

t i " r a p n tiq u e

i

le Gublor, I87(i.

i* lis
e t »ht * ’o îvehe recherche sur la
5
' -e
|U
L-s auteurs et, en particulier Vesque
/ . iii.i -r g — Juili avs, L. VIII, p. oi-9j, tendent à confondre
c lie espèce de Baker avec C . T a c a h a n i a c a Willd. et à en faire une
variété, même Baker ne maintient pas cette dernière espèce distincte
de C. I n o p h y l l u m L. — Vesque va plus loin dans cette voie de réduc­
tion et dit : « On sera amené un jour à reconnaître une seule et même
e père dans toutes ces plantes (ci-dessus nommées), y compris C a l o p h y l l u m c a l é d o n i e n m Wieill. et C. i n o p h y l l o i d e s King ». Je ne suis pas
éloigné d’admettre celte manière de voir. On a trop démembré ce
groupe sans tenir compte des différences de stations et de climat.
&gt;

SUIT QUELQUES PLANTES A GRAINES GRASSES

291

Mais j ’ai cru devoir porter mon attention sur les graines des
végétaux suivants pour juger à quel point cet état gras des
graines,est communément répandu dans les Garcinia et j ’ai pris
celles qui sont les plus connues, en utilisant les collections
indo-chinoises provenantde l’Exposition coloniale de Marseille
(1906), en possession actuellement du Musée colonial de Mar­
seille. Ces espèces sont les suivantes : Garcinia ferrea Pierre,
G. Loureiri Pierre, G. Manyoslana L ., et G. Xanthochymus
Hoock. Toutes ces espèces, sauf l’avant-dernière, sont sponta­
nées ou cultivées abondamment (G. Manyoslana L. en Cochin­
chine. Elles ont toutes des graines grasses dont je vais exami­
ner la nature et le contenu par l’examen des coupes microsco­
piques. Je ne décrirai pas à nouveau les graines : leur descrip­
tion ayant été faite dans divers classiques de matière médicale
ou de botanique pure, notamment par J. Vesque dans ses Guttiferæ, Monoy.phaneroy., t. VIII, et dans Pierre [Flor. for.
d’Indo-Chine).
Toutes celles que j ’ai examinées provenaient de fruits entiers
conservés en bon état dans l'eau formulée et par conséquent
faciles à reconnaître au point de vue de l'origine botanique.
Je commencerai par G. Manyoslana qui donne, à raison
même de la culture intensive dont cet arbre est l'objet pour
l’excellence de son fruit (arille de la graine), une graine plus
facile à se procurer commercialement en quantité considérable.
Ce végétal est, en effet, aujourd'hui introduit et cultivé dans
toutes les régions chaudes du globe.
1° La graine du Mangoustan est assurément grasse; dessé­
chée, elle brûle facilement et avec flamme non fuligineuse en
répandant après extinction l'odeur caractéristique de gras de
côtelette grillée. Recouverte d’un spermoderme noirâtre forte­
ment veinulé, elle est formée par un embryon charnu se laissant
facilement entamer sous la pression de l ongle et de saveur
aigrelette légèrement astringente.
Sur la coupe transversale de cette graine, on voit au centre
de l'embryon une zone médullaire ovale limitée par un tissu
plus clair.
Une coupe microscopique transversale de cette graine pré­
sente :

�292

293

E. BECKEL

suit QUELQUES PLANTES A GRAINES GRASSES

!° Le spemioderme sans intérêt) formé de plusieurs couches
de cellules à parois épaisses et à contenu fortement pigmenté
de brun ;
2° L'embryon gras présente à la périphérie une succession
de trois à quatre couches de cellules à parois assez épaisses et
à contenu jaune verdâtre foncé se décolorant entièrement et
disparaissant sous l'influence de l’eau de Labarraque (pig­
ment), accentuant leur couleur brunâtre sous l'influence de
l'iode et ne se colorant pas par la teinture d’orcanette. C'est
la zone périphérique pigmentée à chromoleucites.
Les autres cellules composantes de l’embryon sont plus
grandes à mesure qu’on va de la périphérie au centre et à
parois plus ténues. Elles sont uniformément remplies de
matière grasse sous deux états : de sphérules huileuses très
nombreuses dans chaque cellule ou quelquefois réduites à une
seule plus grosse, incolores, se colorant en jaune par la tein­
ture d'iode, et d une masse de matière grasse solide mame­
lonnée. Sous 1 influence de la liqueur de Labarraque, les sphé­
rules d'huile liquide disparaissent et il ne reste que le corps
gras solide, incolore, et à aspect de masses plus ou moins
rayonnées. Le corps gras solide et le corps gras liquide se
colorant l’un et l’autre par la teinture d’orcanette fraîche à
chaud, peuvent se discerner facilement dans leurs formes
variées. Si j ’en juge, par la plénitude des cellules en ces deux
corps gras, la graine doit avoir une teneur assez élevée en ces
deux matières ; malheureusement, cette graine est de petites
dimensions. Il n'y a pas de traces d’amidon dans les cellules;
pas d’organes sécréteurs dans l’embryon.
2° Garcinia ferrea Pierre (G. Benthami Pierre var. ferrea
Vesque) ; nom vernac. : Roi mat (Annam) ; prus pnom ( Kmer).
Cette graine assez développée, de couleur jaune intus et
extra, en forme d ongle de félin recourbée en crochet à une de
ses extrémités, est incontestablement grasse et de la même
façon que la précédente, c’est-à-dire à corps gras constitué par
une huile et une graisse solide qui paraissent y être assez
abondantes.
Coupée transversalement, la graine présente un embryon

de couleur jaune rougeâtre avec une moelle très prononcée et
ovolaire au centre de couleur plus claire. Le tissu se laisse
facilement entamer par l'ongle. Sur une [coupe transversale
microscopique, on voit au-dessous du spermoderme une double
zone de cellules à pigment brun jaunâtre, et immédiatement
après commence le tissu gras formé de cellules plus larges et
les unes colorées par un pigment jaune brun et les autres
incolores. Les premières contiennent presque exclusivement
des sphérules d’huile quelquefois rassemblées en masse, les
autres sont plus particulièrement composées de corps gras
solide ramassé en blocs de formes diverses, quelquefois for­
més d'aiguilles cristallines. Sous 1 influence de la liqueur de
Labarraque, la matière colorante disparait partout et avec elle
les sphérules d’huile, il ne reste dans la zone pigmentaire
dense de [la périphérie et de l’embryon que des cellules vides
dont quelques-unes à macles d’oxalate de chaux et dans les
autres décolorées, des masses de corps gras solide.
La teinture d’iode ne révèle la présence de l’amidon à quelque
degré que ce soit. La teinture d’orcanette teint en rouge plus
régulièrement les masses ^de corps gras solide que les sphé­
rules liquides.
3° Garcinia Loureiri Pierre. Nom vernaculaire : Giay Luûr
(Annam).
Cette graine est de petite dimension ; elle est recouverte
d’un spermoderme brun foncé très fortement veiné. L embryon
de consistance charnue facilement entamée par la pression de
l’ongle, de couleur jaune foncé, présente à la coupe transver­
sale une région médullaire ovale limitée par une zone très
claire. Cette graine est encore manifestement grasse, mais le
spermoderme est résineux.
A la coupe microscopique transversale, au-dessous du sper­
moderme, un tissu dense, interrompu par des files radiales de
cellules contenant un pigment rouge orange et en séries nom­
breuses, plus ramassées à la périphérie. Ces liles sont inter­
rompues par des cellules de plus en plus grandes à mesure qu on
s ’avance vers le centre et toutes incolores. Les premières à pig­
ment orangé (disparaissant par l'eau do Labarraque) contiennent

�294

295

E. HECKEL

SUR QUELQUES PLANTES A GRAINES GRASSES

une certaine quantité de matières grasses en sphérules liquides
et en masses solides, mais les cellules incolores plus grandes
renferment des sphérules liquides plus nombreuses ou plus
grosses (quand il n’y en a qu’une seule, ce qui est le cas le
plus fréquent) et des masses de corps gras solide ou des
aiguilles cristallines de ces corps gras, plus développées.
11 n’y a pas de traces d’amidon, ni de cellules ou de poches
sécrétrices. Elle semble riche en graisse.
En somme, dans cette graine, comme dans toutes celles exa­
minées jusqu’ici, appartenant à la même famille des Guttifères,
on trouve, dans le tissu gras de l’embryon, un mélange ou
mieux une juxtaposition de corps gras (huiles en sphérules) et
de corps gras solide (en masse).
4° Garcinia Xanthochy mus Hook. fils (Xantliochymus
tinctorius D. G.) qui est surtout de l’Inde anglaise, n’est pas
signalé dans notre Indo-Chine : il donne une et jusqu’à quatre
graines dans chaque fruit. Ces graines sont d’assez fortes
dimensions (2 cm.1/2 de long sur 2 de large), à spermoderme
brun clair, discrètement veinulé et à embryon d ’un beau
jaune clair. Ce dernier, charnu, se déprime difficilement sous
la pression de l'ongle et est criblé de poches à sécrétion jaune
brun. Il n’est pas gras. Au centre, une moelle peu apparente,
très petite. Une coupe transversale laisse percevoir au micros­
cope : 1° un spermoderme ni gras ni résineux ; 2° un embryon
formé de cellules grandissant de la périphérie au centre,
comme les poches sécrétrices orientées en tout sens, qui en
interrompent le tissu. Ces cellules sont remplies de granules
simples d’amidon affectant différentes formes ; on voit à
peine dans chaque cellule du parenchyme un globule sphérique
huileux. Mais, autour des faisceaux libéro-ligneux, règne un
parenchyme non amylacé et pourvu, dans chacune de ses cel­
lules, de plusieurs sphérules huileuses. En somme, cette graine
qui brûle mal, n’est pas grasse : elle est amylacée.
Comme on le voit, dans ce genre Garcinia qui est le plus
important de la famille tant au point de vue numérique que
comme distribution géographique (Asie tropicale, Afrique tro­
picale occidentale, Madagascar et Océanie), sur quatre espèces

indo-asiatiques, prises au hasard des collections, nous trou­
vons trois graines grasses, et vraisemblablement au sens indus­
triel du mot, c’est-à-dire pouvant fournir, soit à la presse, soit
aux dissolvants, une proportion rémunératrice de matière
grasse exploitable. Cette graisse est complexe comme dans
les Symphonia, c’est-à-dire formée de deux éléments distincts
et bien visibles au microscope dans les cellules qui les ren­
ferment : 1° des sphérules huileuses, 2° des masses de formes
diverses (amorphes ou cristallines) de corps gras solide *.
Nous étudierons bientôt plus complètement, quand les maté­
riaux nous le permettront, les deux graines grasses qui pro­
mettent le plus, soit comme abondance de corps gras, soit
comme facilité à leur assurer un courant commercial, celles de
Mangoustan et d’Hazina.
1. Au moment de clore ce chapitre, j ’ai pu examiner la «graine du

Symphonia verrucosa 11ils. et Boj. que j ’ai prise dans un fruit sphérique,
tuberculeux, non encore mûr complètement et conservé dans l’eau
formolée : l’examen anatomique m’a permis de constater que cette graine
légèrement grasse est farcie de poches sécrétrices (comme les parois de
l’ovaire) qui sont remplies d’une résine jaune. Elle entre dans le cas de
Symphonia globulifera et de Garcinia Xanthochymus. La graine est
connue sous le nom de K ijy beravin a, comme l’arbre, et le végétal qui
la donne est assez commun, paraît-il. (Voir page 319 les détails anato­
miques concernant la tige, la feuille et le fruit de ce Symphonia verrucosa, et dus à M. Jacob de Cordemoy, texte et figures.)

�SUR QUELQUES PLANTES A GRAINES GRASSES

ÉTUDE DE L APPAREIL SÉCRÉTEUR RÉSIMFÈRE DES

Symphonia

MALGACHES DANS LES ORGANES VÉGÉTATIFS

Nous allons examiner maintenant les Symphonia sous un
autre aspect et en portant notre attention sur les organes
qui en font des sources importantes de production de résines
par leurs appareils végétatifs (tiges, rameaux, feuilles). Ces
résines paraissent avoir un intérêt industriel méconnu jusqu'ici.
Les Symphonia, dont je viens d’étudier avec détail un
représentant, sont encore des végétaux intéressants pour l’in­
dustrie par une autre particularité dont j ’ai déjà parlé en note
à propos de ÏHazina, p. 27(». Tous donnent assez abondam­
ment, après incision de leur tronc ou de leurs rameaux, des
résines ou des oléorisines dont quelques-unes, déjà employées
dans nos colonies françaises parles indigènes, pourraient trou­
ver leur emploi ailleurs. Je citerai comme la plus ancienne­
ment connue et déjà bien étudiée par M. Jacob de Cordemoy
(Annales de 1 Institut colonial de Marseille, 1899, pp. 214 et
215), la résine fournie par le 6’. globulifera nommée Mani en
Guyane française, Mawnatree et Hung-Gume en Guyane
anglaise, Oanini au Brésil, Résine de bois Cochon au Soudan.
Elle est employée dans notre Guyane pour enduire et calfater
soigneusement les calebasses (Crescentia Cujete) vides qu'un
filet environne et fixe aux câbles palans servant pour la pêche
à titre de flotteurs. Ces palans (cordes en coton) sont euxmêmes enduits de suc de Bougouni (extrait du Virola Gardneri ou de VInga Burgoni1). M. le lieutenant Vallier (Notes,
renaissances et explorations à Madagascar, 30 novembre 1898)
rapporte au S. clusioides Baker, la plante qui, sous les noms
de Dentinina ou Kijy( en dialecte Bezanozano), et sous la forme
d’un grand arbre, produit, par incision de l’écorce, une résine
i. Voir, pour ces deux produits étudiés dans ce recueil, le travail de
Ileckel (Annales de l'In slit. cul. de Marseille,
1007, 2e série, pag-e 137).

MM. Jacob de Cordemoy et

297

que les indigènes utilisent comme une sorte de brai pour fixer
les manches de leurs outils, réparer divers ustensiles, calfater
les embarcations, etc. Ce produit serait même, à Madagascar,
l’objet d’un petit commerce, mais très localisé aux pays de
production. Le Musée colonial de Marseille possède un pain
de 10 kilogs environ de cette résine qui, d'une couleur vert
foncé, est assez ductile sous les doigts quand elle a été ramollie
par la chaleur de la main. Elle sera étudiée ultérieurement par
M. Jacob de Cordemoy, qui prépare une nouvelle édition des
gommes et résines des colonies françaises. Sera reprise aussi
l'étude de la graisse d Hazina, quand nous posséderons de cette
dernière une quantité suffisante pour un examen chimique
complet. Un envoi important de graines est demandé au gou­
vernement de Madagascar.
En attendant, nous allons donner, pour connaître les organes
sécréteurs de cette résine (et leur situation), une description
des coupes des rameaux de Symphonia fasciculata, de S. globulifera, et de tige, fruit et feuille de S. clusioides Kijy),
accompagnées de figures semi-schématiques de ces coupes.
Les unes et les autres sont dues à M. le Dr Jacob de Cor­
demoy qui a bien voulu se charger de ce travail exécuté avec
la compétence et le soin qui caractérisent toutes ses études, je
me borne à transcrire ses notes et à faire reproduire ses des­
sins originaux, accompagnés des légendes.
Symphonia fasciculata : Rameau (fig. 20).
L ’écorce, protégée extérieurement par un épiderme à cellules
rectangulaires et modérément cutinisées (e), olfre un collenchyme sous-épidermique bien développé (c). L écorce parenchy­
mateuse qui lui succède (d) est parsemée d'ilots fibreux compo­
sés de fibres épaisses à ponctuations canaliculées (/'). Dans la
partie profonde interne de cette écorce, se trouvent disséminés
de larges canaux sécréteurs schizogènes (S).
La stèle est limitée extérieurement par un cercle péricvclique fibreux continu (o). La couche libérienne qui lui est
sous-jacente renferme un grand nombre de canaux sécréteurs
étroits, disposés assez irrégulièrement en rangées concen-

�298

299

E. UECKEL

SUR QUELQUES PLANTES A GRAINES GRASSES

triques (gr). La masse ligneuse secondaire que surmonte l’assise
génératrice (a) est formée d’un sclérenchyme fibreux dense [b)
où les vaisseaux (y) de diamètre réduit sont relativement rares ;
de nombreux rayons médullaires (r) la traversent.

grand nombre, à la périphérie, et, d ’autre part, mais plus rare­
ment. isolés dans la couche médullaire profonde (i). En d’autres
termes, la répartition générale des organes sécréteurs est la
même dans le Symphonia fascieulata que dans d’autres Guttifères dont la structure est déjà connue (Calophyllum Calaba,
Garcinia Morella) ; chez toutes ces plantes, on trouve, en effet,
des canaux sécréteurs schizogènes à la fois dans l’écorce pro­
fonde, dans la couche libérienne, et dans la moelle. Mais, dans
le Symphonia, les canaux sécréteurs périmédullaires sont sen­
siblement plus nombreux que dans les autres espèces.

t

Description de la coupe transversale de la tige de « Symphonia
clusioides » Baker (fig. 21).

Fig. 20. —

Coupe transversale semi-schématique d'un ram eau
de Sym phonia fascieulata.

e, épiderme; c, couche collenchymateuse corticale; d, écorce parenchyma­
teuse; f, îlots fibreux de l’écorce; s, canaux sécréteurs de l'écorce; /&gt;, cercle
péricyclique fibreux; l, liber: r/, canaux sécréteurs libériens ; a, assise géné­
ratrice libéro-ligneuse ; h, sclérenchyme ligneux ; v, vaisseaux du bois ;
r, rayons médullaires secondaires ; m, moelle; h, canaux sécréteurs périmédullaires; t, canaux sécréteurs médullaires. (Dessin original de M. J. de
Cordemoy.)

Dans la moelle (m) enlin, on observe des canaux sécréteurs
larges (/i), quoique de diamètre variable, situés, d’une part, en

L ’écorce est protégée extérieurement par un épiderme à cel­
lules hautes, cylindriques et fortement cutinisées (e). Cette
écorce très large est limitée en dehors par une couche chloro­
phyllienne verte sous-jacente à l’épiderme et constituée par
cinq ou six assises de cellules; elle offre, de plus, des lacunes
nombreuses, fréquentes surtout dans sa région moyenne. Les
îlots scléreux font complètement défaut. Les canaux sécréteurs
corticaux se trouvent aussi en grand nombre, répandus sans
ordre déterminé (SSr) : les plus larges sont toutefois situés dans
le tiers interne delà couche corticale. Les dernières assises de
celle-ci sont remplies de grains d’amidon, que l’eau iodée per­
met de mettre aisément en évidence. — Ces observations
montrent donc que cette écorce si largement développée et
lacuneuse paraît appartenir à une plante croissant en terrain
humide.
Un cercle péricyclique fibreux, presque continu (p), limite
en dehors une couche libérienne [li) relativement très large, et
dans laquelle existent deux rangées très nettement concen­
triques de petits canaux sécréteurs; le cercle le plus interne de
ces organes sécréteurs [SI) surmonte presque immédiatement
la zone génératrice (z). L ’anneau ligneux [b) est peu développé
par rapport au liber, ce qui prouve que l’assise génératrice
fonctionne irrégulièrement, formant plus de liber que de bois;

*+Sl\&lt;y

�300

E. HECKEE

SUR QUELQUES PLANTES A GRAINES GRASSES

301

la seule particularité de cette couche ligneuse est 1existence
d îlots scléreux, fibreux (//) situés entre les rayons médullaires
(r) ; ce qui lui donne un aspect stratifié. I ne zone périmédul­
laire sclériliée (pm) sépare la face interne du bois de la moelle
///, dépourvue également d’éléments scléreux. A la périphérie
de la moelle, s'étend une couche caractérisée par la présence
de nombreux canaux sécréteurs de différents diamètres (.sm);
tandis que, plus profondément, la zone médullaire ne renferme
que des organes sécréteurs beaucoup plus rares (si).
En résumé, pour ce qui concerne les canaux sécréteurs, ils
sont répartis, dans la tige de cette espèce, comme dans celles
des autres Symphonia et des Guttifères, en général : dans
l’écorce, dans le liber, et h la périphérie de la moelle, et
quelques-uns dans la moelle centrale.
Tous ces canaux sécréteurs sont schizogènes.

Fig. 21. — Coupe d'un rameau de Symphonia clusioides.

e, épiderme; c, couche chlorophylliennes ; d, conjonctif cortical lacuneux ;

/. lacunes corticales; S, S’, canaux sécréteurs de l’écorce ; a, assises corti­
cales internes à amidon : p, péricycle fibreux ; //, liber;.?/, canaux sécréteurs
libériens; s, zone génératrice ; b, bois secondaire; v, vaisseaux du bois ;
r, rayons médullaires secondaires; h, îlots scléreux du bois en rangées con­
centriques ; pm, zone périmédullaire sclérifiée ; m, moelle ; sm, canaux
sécréteurs médullaires périphériques; si, un canal sécréteur de la moelle
interne Dessin original de M. J. de Cordemoy).

Elude anatomique du fruit de Symphonia clusioides. — Le
péricarpe du fruit, étudié sur des coupes transversales ffig. 22)
se compose de deux zones bien distinctes : l'une externe (3 ei
et l'autre interne ( 3 i).
La zone externe la plus large est limitée en dehors par un
épiderme à cuticule remarquablement épaisse et résistante.
Au-dessous de cette assise épidermique, s'étend une faible
couche cellulaire compacte essentiellement chlorophyllienne
qui donne au fruit sa coloration verte.
Puis vient une couche moyenne, largement développée, et
qui est la partie la plus intéressante à considérer. Elle ren­
ferme, en effet, de très nombreuses poches sécrétrices, à sec­
tions arrondies dans les coupes transversales, et qui sont, par
conséquent, dans le péricarpe du fruit, orientées dans le sens
longitudinal. D une manière générale, ces poches sécrétrices
augmentent de diamètre, de dehors en dedans ; les plus
petites se trouvent immédiatement au-dessous de la couche
chlorophyllienne, et les plus larges sont situées profondément,
au voisinage d'une couche d’éléments étroits, allongés trans­
versalement, et qui termine intérieurement la zone externe
considérée.
Mais, en réalité, cet accroissement progressif des diamètres

�302

SUR QUELQUES PLANTES A GRAINES GRASSES

I-:. HECKEL

de ces poches sécrétrices de la périphérie de la zone externe
vers sa profondeur n’est pas un fait absolu ; car on voit les
plus larges poches internes accompagnées de nombreux
organes séeréteurs plus ou moins étroits.
Ce qui est à noter, c'est le nombre considérable de ces
poches, séparées le plus souvent par de très faibles épaisseurs

l
■ f
LS

. - LS

.A

__ m
Fig. 22. — Coupe transversale du fruit de Sym phonia clusioides.

e, épiderme; c, couche chlorophyllienne; h, conjonctif de la zone externe
z e et interne [z i) du péricarpe; ps, poches sécrétrices de la zone
externe; ij, poches sécrétrices de la zone interne ; d, &lt;/, m, couches d'élé­
ments minces transversalement orientés (Dessin original de M. J. de Corde­
raoy).

de parenchyme ; de telle sorte que ce parenchyme, relative­
ment réduit, est creusé de tout un système de cavités qui ne
sont autres que les poches sécrétrices dont nous venons de
donner la disposition générale. Et c’est ce qui explique l ’as­
pect spongieux qui apparaît même à l’œil nu, quand on sec-

303

tionne ce péricarpe. Les anastomoses entre les poches sécré­
trices paraissent fréquentes.
Ces poches sont d’origine schizogène; mais la plupart d’entre
elles, qui renferment d’ailleurs des masses résineuses obstruant
parfois complètement leur lumière, n’offrent plus que des cel­
lules de bordure déformées, aplaties ou même entièrement
détruites.
Quant au parenchyme intermédiaire, ses éléments, à con­
tenu granuleux, sont lâchement unis et laissent entre eux, çà
et là, des lacunes de dimensions variables, mais toujours fai­
blement développées (cl, g).
La zone interne (z i), environ trois fois moins épaisse que
la précédente, peut être décrite plus brièvement : elle est limi­
tée, à l’extérieur comme à l’intérieur, par une couche d’élé­
ments cellulaires transversalement dirigés (m), et qui offre exac­
tement le même aspect que la couche (d) de la zone externe.
Toute sa partie moyenne est parcourue par des poches sécré­
trices dont les sections sont obliques ou longitudinales dans
nos coupes transversales, c’est-à-dire que dans le péricarpe,
elles sont elles-mêmes orientées transversalement. Leurs
anastomoses sont fréquentes, et les détails de structure que
nous avons décrits pour les organes sécréteurs de la zone pré­
cédente leur sont applicables.
En résumé, les deux zones constituantes du péricarpe, du
reste étroitement unies entre elles, se distinguent essentielle­
ment par l’orientation différente de leurs poches sécrétrices.
Celles-ci sont longitudinales dans la zone externe et transver­
sales, ou du moins très obliquement dirigées, dans la zone
interne.
Description de la coupe transversale de la nervure médiane
de la feuille de « Symphonia clusioides » (fig. 23).
Au centre de cette coupe, il existe un arc libéro-ligneux
composé de trois gros faisceaux. Dans le liber de ces faisceaux,
on observe de nombreux petits canaux sécréteurs ; ils corres­
pondent à ceux de la même région de la tige.

�304

si ; H Ql'ELU LES PLANTES A CHAINES CHASSES

E. HECKEL

Dans le conjonctif qui sépare le bois des différents faisceaux,
on voit également quelques organes sécréteurs ; ils corres­
pondent sans doute à ceux de la moelle de la tige ; mais on
remarquera combien ils sont réduits au double point de vue
du nombre et des dimensions.
Enfin, dans le conjonctif de la nervure, lacuneux comme

303

Coupe transversale tl'un rameau de « Symphonia globulifera » de la Guyane française Maroni (fig. 24).
Description. — Dans cette espèce, l’écorce, relativement
peu développée, était protégée par un périderme comprenant

- a

Fig. 23. — Coupe transversale de la nervure médiane de

Symphonia clusioides.

t

es. épiderme supérieur; ei. épiderme inférieur; p, tissu palissadique ; d,
(issu lacuneux : b, bois de l’arc libéro-ligneux ; si, canaux sécréteurs du liber
de l'arc libéro-ligneux : s, canaux sécréteurs du conjonctif de la nervure ;
/, lacunes de ce conjonctif ; a, couche fibreuse externe entourant l’arc libéroligneux. (Dessin original de M. J. de Cordemoy.)

------- -------------- ------

celui de l’écorce de la tige, les canaux sécréteurs sont les plus
grands et répartis irrégulièrement. On doit les considérer
comme la continuation des organes sécréteurs de l’écorce de
la tige.
Il n’y a pas d’organes sécréteurs dans le limbe proprement
dit, où on voit une différenciation très nette du mésophylle en
tissu palissadique p) et tissu lacuneux (d).

Fig. 24. — Coupe transversale d’un rameau de Symphonia ylobulifera
de la Guyane française.

p. périderme (liège) ; c, conjonctif cortical ; d, cellules scléreuses sclérites)
de l'écorce ; s, canaux sécréteurs de l’écorce; g, cercle fibreux péricyclique ;
li, liber ; si, canal sécréteur libérien ; a, assise génératrice libéro-ligneuse ;
b, bois; a, vaisseaux du bois; r, rayons médullaires secondaires; t. îlot s
fibreux en cercles concentriques ; m, moelle; sm, canaux sécréteurs en une
seule rangée à la périphérie de la moelle (Dessin original de M. J. de Cordemoy).

une couche de cinq à six assises de liège. Cette écorce est parse­
mée de nombreuses cellules scléreuses isolées ou formant des
Annales du Musée colonial de Marseille. — 2* série, 6* vol. I90S,
20

�306

E. HECKEL

groupes peu nombreux de deux à quatre éléments (d). Elle ren­
ferme. en outre, dans sa partie profonde, une rangée unique,
circulaire, de larges canaux sécréteurs remplis de matière rési­
neuse.
A l'écorce succède un anneau fibreux péricyclique à peu
près continu, formé de une ou deux assises de fibres épaisses.
La zone libérienne sous-jacente ne présente que de très rares
canaux sécréteurs comparativement à d’autres espèces de
Symphonia, et de S. clusioides notamment; ce fait peut tenir
soit à ce que le liber contient réellement peu d’organes de
sécrétion, soit encore à ce que les canaux se forment tardive­
ment.
La couche ligneuse n’offre aucun caractère bien particulier,
sauf la présence d ilots d’éléments fibreux, h parois très
épaisses, disposés en lignes concentriques, donnant au bois
un aspect stratifié très remarquable.
Enfin la moelle renferme à la périphérie un seul cercle de
larges canaux sécréteurs, peu nombreux. Le centre médul­
laire en est complètement dépourvu.
En résumé, les canaux sécréteurs sont localisés, comme
chez les espèces déjà étudiées, dans les trois régions : corti­
cale, libérienne, et médullaire périphérique. Cependant la
zone libérienne n’en contient que de très rares pour l ’une des
deux raisons exposées plus haut.
Tous ces canaux sécréteurs sont schizogènes.
Coupe de la nervure médiane de la feuille
de « Symphonia ylobulifera » (fig. 25).
Echantillon de la Guyane française (Maroni). — L ’arc libéroligneux est constitué par trois faisceaux : l’un médian et
deux latéraux ; mais il ne contient aucun organe sécréteur, ni
dans le liber, nia la face interne du bois, comparables à ceux
qui ont été signalées dans la feuille de Symphonia clusioides.
Seul le conjonctif de la nervure médiane présente des canaux
sécréteurs, tous situés au voisinage immédiat de la couche
fibreuse limitant extérieurement l ’arc libéro-ligneux. Tous ces

SUR QUELQUES PLANTES

A GRAINES GRASSES

307

canaux sécréteurs correspondent à ceux de l'écorce de la tige ;
ils sont schizogènes et sont obstrués par des masses rési­
neuses.
Cette description, qui intéresse surtout la nervure médiane
de la feuille et des canaux sécréteurs, se confond par les par­
ties traitées en commun, avec celle de Vesque (Gu G if ères,
Monoy. phaner.,t. VIII, p. 229). Mais ce dernier, qui indique

Fig. 2o. — Coupe de la nervure médiane de la feuille de S y m p h o n ia
g lo b u life r a de la Guyane française.
es, épiderm e su p é r ie u r ; ei, épiderm e in fé rie u r; l. liber et b, b ois de l'arc
lib éro-lign eu x; a, couche fibreuse externe entourant l’arc libéro-ligneux ; s,
canaux sécréteu rs du con jon ctif de la nervure ; p, tissu p alissadiq ue, et t,
tissu lacuneux du lim be de la feuille (D essin original de NI. J . Cordem oy).

bien les échantillons botaniques qu’il a utilisés pour son étude
morphologique de l’espèce, omet de dire sur quel spécimen,
de quelle origine, il a opéré ses coupes pour la structure anato­
mique (epharmosis) de la feuille. Est-ce une variété du nou­
veau monde ou de l’ancien monde ? A ce propos, il est bon de
rappeler ici ce que dit de cette variation de l espèce dans
Annales du musée du Conyo, vol. I, fasc. I, p. 62, M. de
Wildeman. On verra combien il importe de préciser, car les
différents auteurs sont peu d’accord sur ce point, les uns
admettant l’existence de simples variétés de l’espèce S. globulifera, les autres, au contraire, faisant de ces variétés le plus
souvent de vraies espèces.

�308

E.

HECKEL

Symphonia globulifera L. f. District de l’Équateur, 1902
(L. Pinaert).
« Cette espèce, très répandue au Congo belge, est appelée
« dans le district de l’Equateur du nom indigène de Bolaka.
« 11 s’écoule du tronc une résine qui, soumise à la chaleur, est
malléable et peut être utilisée pour boucher les fissures des
(( canots, pots. etc. Le bois est également très utilisé par les
« Européens pour les constructions. Cette plante a déjà été
« signalée à l'attention en juin 1900 par L. Gentil, qui l'a
u rencontrée à Iboko ( Lac Léopold II), où elle porte le meme
« nom indigène.
« Var. africana Vesque in D. C. Monog. phaner., vol. 8,
« 1893, p. 230. — Kimeyenza, mai 1901 (J. Gillet, s. n.).
« Sous le nom de S’, gabonensis, Pierre a mis dans son her« hier de nombreux échantillons qu’il a séparés du type
« S. globulifera, en se basant en partie sur la grandeur des
« fleurs (échantillons Trilles). Dans son étude monographique
« des Guttifères, Vesque a considéré la plante signalée par
« Pierre comme simple variété gabonensis (du S. globulifera),
« et, d'une plante de Welwitsch qui lui avait été signalée
« par Pierre, il a fait la variété africana (du S. globulifera),
« qui existe également dans la collection de von Mechow
« (Temba-Aluma sur le fleuve Tamba, n° 549). La plante que
« nous signalons ici avait attiré tout particulièrement notre
« attention par ses fleurs, qui, par leur grandeur, rappellent
« celles des formes américaines. C’est la seule fois que nous
« avons observé cette plante dans les collections congolaises,
« tous les autres échantillons de Symphonia récoltés par
« divers collecteurs (la plante paraît répandue dans 1 Etat)
« doivent être rapprochés de S. globulifera var. gabonensis
« Vesque ou S. gabonensis Pierre. Ces deux plantes sont-elles
« deux variétés ou deux espèces et les plantes d'Afrique sont« elles identiques à celles d’Amérique? Nous n’oserions nous
« prononcer. Certaines formes recueillies dans le Bas-Congo
« par J. Gillet paraissent être intermédiaires entre la var.
« africana et la variété gabonensis. Une d’elles récoltée en
« 1900 à Kisanta (J. Gillet, n° 345) a des fleurs un peu plus

SUR QUELQUES PLANTES A GRAINES GRASSES

309

«
«
«
e

grandes que celles du type de la variété gabonensis, mais
plus petites que celles de la plante que nous rapportons à
la variété africana, elle est accompagnée d'un fruit dans
lequel la graine, en mauvais état, n’est certes pas velue ».
En somme, il se dégage de cette étude, cependant très limi­
tée à un petit nombre de représentants malgaches de la famille
des Guttifères, que : 1° les graines des Symphonia devraient
être examinées dans leur ensemble comme source intéressante
de matières grasses, comestibles ou industrielles ; 2° que
toutes les plantes de cette famille présentent un intérêt réel
comme producteurs importants (l’abondance des canaux
sécréteurs dans la tige et les rameaux en témoignej de résines
peu étudiées jusqu’ici et cependant employées par les indi­
gènes. — H y a là un travail fructueux à entreprendre : j ’en ai
demandé la récolte des matériaux à M. le gouverneur général
Augagneur, à Madagascar, dans l’intérêt même de la colonie.
N. IL Je renvoie le lecteur pour la connaissance des organes sécréteurs
dans la tige, la feuille et le fruit (péricarpe) du Symphonia verrucosa
11ils et Bojer (K ijy b era v in a de Madagascar), tels que les a établis
M. J. de Cordemoy, à la page 319. Cette étude, à raison de l’obtention
tardive des matériaux, n’a pu être mise en page à sa place.

�SUR QUELQUES PLANTES A GRAINES

ÉTUDE DE QUELQUES GRAINES HUILEUSES d’ a POGYNÉES
INDO-CHINOISES OU d ’ a UTRES ORIGINES.

La présence dans les graines de la vaste famille des
Apocynées, d'une huile liquide, est un fait assez généralement
admis, au moins dans quelques espèces plus particulièrement
étudiées à raison de leurs propriétés médicinales, mais on
n'en a jamais examiné la di(fusion dans l'ensemble des genres de
cette famille, si bien que, dans les descriptions génériques,
on voit le plus souvent signalés comme charnus des endospermes et des embryons qui, en réalité, sont huileux et gor­
gés de corpuscules graisseux : c’est ce que j'ai pu constater
notamment pour les genres A mso nia, W rightia,Nerium, PleioCeras, Ala/ia, Funtumia et bien d’autres non examinés à
ce point de vue. En réalité, l’état de graine huileuse me
paraît être le cas le plus fréquent dans cette famille, mais on
ne sait pas grand'chose sur ces huiles, sauf ce qui touche
au Tanghinia vcnenifera, au Gerbera Manghas, aux Strophanlus divers, h Gerbera Odollam et Gerberiopsis Gandelabra, où
on sait que la richesse des graines en huile peut atteindre
77 °/0 dans le Tanghin ; Gerbera Manghas, 7 2 ° / 0; Gerbera
Odollam, 72 °/0. Maison discute encore sur l'innocuité ou la
toxicité de certaines d’entre ces huiles, sans pouvoir se
mettre d’accord.
Une graine qui lit en assez grande abondance son appari­
tion à 1Exposition coloniale de Marseille (1906), nous a per­
mis de jeter un peu de jour sur cette question, en appelant notre
attention sur l’huile qu elle contient.
En 1902, MM. Heynaud et Blanc, colons auTonkin, recueillaientdans leursconcessions auprès de Tuycn-Quan, des graines
huileuses qu’ils voulurent bien me soumettre pour la déter­
mination. et dans lesquelles je reconnus aisément une semence
d'Apocynée, mais sans pouvoir lixer davantage la situation de
la plante productrice. Je demandai des échantillons botaniques

GRASSES

311

plus complets. Entre temps, ces graines soumises, pour l'ana­
lyse chimique, à mon collègue M. Rivais, professeur de chimie
industrielle à la Faculté des sciences de Marseille, y furent
l’objet d’une étude faite en commun avec M. Bimar, et publiées
sous le nom indigène (à défaut d’autre) de Cay-tu-Mut, dans le
Bulle/in de la Société de chimie.
série, t. I, p. 87(3'.
En 1906, je recevais de MM. Heynaud et Blanc des échan­
tillons botaniques de la plante me permettant d'en faire prendre
un dessin représenté dans la planche ci-contre, et je pouvais
affirmer que cette plante productrice de graines huileuses est
certainement W righlia tonienlosa Rœm. et Sehult.
D'après nos connaissances actuelles, le genre Wright ia,
créé par R. Brown, est essentiellement gérontogéique : il
compte environ 25 espèces à peu près bien connues, répan­
dues inégalement sur l’ancien continent : 17 Indo-asiatiques,
dont une à la fois de Malaisie et de Madagascar ( W. pubescens
B r.); une exclusivement propre à Madagascar (W. madagascariensis Boj.) ; A spéciales à l’Australie ; enfin une à l’Afrique
tropicale occidentale (IL. parviflora Stapf) et l’autre à
l’Afrique tropicale orientale (W .Sluhlmanni K. Schumann). De
ce nombre, il faut distraire deux espèces africaines : IL. Afzeli
K. Schum., de Lagos, Rowland, Eppah, Yoruba, Sierra-Leone
(?) et W. parviflora Stapf, de la même région, mais plus éten­
due, que M. Otto Stapf a, avec raison, placées en 1902 (Flora
of tropical Afrika, vol. IV, part. I) dans le genre Fleioceras
de Bâillon [Bull, delà Soc. Linn. de Paris, I, p. 751) qui ne
renfermait jusqu’alors qu’une seule espèce : PI. Barteri Bâil­
lon. De ce fait, le W. parviflora Stapf a été identifié avec PL
Barteri Bâillon et le W. Afzelii K. Schumann est devenu Pleioceras2 Afzelii Stapf. Les deux genres se distinguent, d’après
Stapf, par l’endosperme charnu3 et plus réduit dans les Pleio-

1. Ces graines portent en annamite le nom de Ling-niut, et le végétal
producteur celui de Cay-tu-mut.
2. Les espèces de Pleioceras sont : P. Barteri. Afzelii, Zenkeri Stapl
(du Cameroun) et Gilletii Stapf (du Congo supérieur).
3. Nous citons exactement les termes de Stapf, mais en réalité l'endosperme est huileux dans les deux genres.

�312

E. HECKEL

ceras, les fleurs plus petites et surtout des graines, dans les
Pleioceras, qui ne présentent pas de touffes de poils (aigrettes)
à la base, mais sont recouvertes en totalité par de longs poils
soyeux, amassés en plus grand nombre il la base et plus soyeux.
Ainsi caractérisé, ce genre Pleioceras renferme, en totalité,
seulement quatre espèces de l'Afrique tropicale. Nous verrons,
à l’examen anatomique, qu'il existe d'autres différences dans la
structure des graines propres à ces deux genres, et elles vien­
dront s ’ajouter à celles que M. Stapf a justement invoquées
pour faire cette disjonction de certains Wrightia au profit des
Pleioceras.
Nous croyons nécessaire de donner, pour la compléter au
moins en ce qui touche le fruit et la graine, une nouvelle des­
cription de la plante qui nous occupe spécialement, en suivant
la diagnose établie par J.-D . Hooker (Flor. of Drilish India,
vol. III, p. 653). Voir PI. VI.
Wrightia tomentosa Rœm. et Schult. (Sy st., IV, 414) est un
petit arbre ordinairement à feuilles caduques, recroquevillées,
opposées. Ces feuilles mesurant 0 m. 075 de long sur 0 m. 037
de large, sont souvent tomenteuses sur les deux faces,
mais ce caractère n'existe pas sur l’échantillon du Tonkin, qui
a servi à notre dessin ; ces feuilles y sont glabres, brun noir
à l'état sec ; nervures de 10 à 14 paires; pétioles: 0 m. 006 de
long. Inflorescences en cymes pédonculées, corymbiformes,
multiflores. Fleurs : 0 m. 012 de diamètre, jaunâtres, avec
des écailles coronaires, orangées1. Sépales mesurant la moitié

1. « Il règne sur la couleur des fleurs de cette espèce quelque obscurité
révélatrice peut-être de l’existence de différentes espèces, ou d’un chan­
gement durant la vie. Dans les figures de Tliwaites, relatives à celte
plante de Ceylan, elles sont d’une couleur jaunâtre, rouge, dans une
autre, bleue, pourpre. Dans un dessin de Royle, elles sont d’un blanc
presque pur ; dans une autre, rose pâle; dans les illustrations de White
(pour W . m o ltissim a, qui est un synonyme de W . to m e n to sa ), elles sont
d’un rouge pâle. Brandis, qui a fait des observations sur ce sujet et sur
les variations«dans l’odeur des fleurs, suppose qu’elles changent de cou­
leur après leur épanouissement. » Ainsi s’exprime .1. D. Ilooker : il
faut rapprocher ces observations de ce que nous allons dire à propos
des graines, en ce qui touche à la variation de leur couleur dans le

SUH QUELQUES PLANTES A CHAINES CHASSES

313

de la longueur de la corolle, arrondis. Lobes de la corolle :
linéaires ou oblongs, obovés ; écailles coronaires très
variables. Anthères blanches.
Follicules mesurant 0 m. 15 à 0 m. 30 de long, sur I) m. 012
de large, concrescents en un cylindre rétréci à la base et
mucroné au sommet : les fruits portent de chaque côté
une rainure profonde et sont couverts de tubercules. Dans
ce fruit, toutes les graines, qui sont allongées, pointues à leur
partie libre et couronnées à l'autre bout par une aigrette très
soyeuse et caduque (se détachant tout d'une pièce , ont leur
pointe tournée vers le sommet du péricarpe et leur base
aigrettée vers l'insertion du fruit sur la tige. Celui-ci est porté
par un pédoncule très long et tortueux h son sommet.
Les graines (B, Pl. VI) petites et jaunâtres (poids moyen :
Ogr. 011) peuvent, dans le même fruit, être colorées tout
entières en rouge carmin, ou être en partie jaunes et en
partie rouges. Une même graine jaune peut être maculée partiel­
lement de rouge. Au-dessous du spermoderme assez développé et
recouvert sur toute sa partie extérieure de petites papilles à
peine sensibles (C., PL VI), se trouve un endosperme huileux,
à globules sphériques (à grains d'aleurone) colorés en jaune
ou en rouge, selon la couleur de la graine, et entourant un
embryon dont les cotylédons très développés, huileux aussi,
sont roulés sur eux-mêmes dans deux sens ditrérents. L'em­
bryon a sa radicule tournée vers la base de la graine (et du
fruit).
Ce végétal possède une aire de dispersion considérable : on
peut dire qu'il s'étend depuis l'Inde, des régions de l’Est à
celles de l’Ouest et du Sud jusqu'à Ceylan, Birma et Penang, en
montant jusqu'à 610 mètres d’altitude dans 1 Hymalaya et 1220
mètres dans les Nilgirrhies. Il est commun dans nos colonies
de Cochinchine, d'Annam et du Tonkin. En somme, c'est une
plante très abondante en Asie tropicale. Dans notre colonie

même fruit, et que nous avons observée nous-mêmes avec certitude.
Ne faudrait-il pas en conclure que ce genre W rig h tia présente, dans
diverses partie de sa fleur, des tendances bien marquées à la variation
du coloris ?

�311

SI JH QUELQUES PLANTES A GRAINES GRASSES
E. HECKEL

d’Indo-Chine, elle a déjà forcé l’attention des indigènes et des
colons, par la nature soyeuse remarquable de ses aigrettes,
très développées, qui sont employées pour la fabrication des
coussins, des matelas et des traversins. On a cherché, mais
sans résultat, un mode de lissage des poils de cette aigrette,
pour en fabriquer des étoffes de soie végétale. Si, jusqu’ici,
on n'a pu y parvenir, à cause sans doute du peu de résistance
et de longueur des poils qui constituent les aigrettes, il n’en
serait pas moins intéressant pour l'industrie de poursuivre la
solution de ce problème.
Je crois devoir terminer cet examen de la graine du Cay-lumut en reproduisant la note de MM. Rivais et Bimar, rela­
tive à l'analyse chimique de l’huile et à ses propriétés phy­
siques.
« Les graines ont été d’abord broyées, puis passées directe­
ment ou épuisées au sulfure de carbone. Mais, dans la suite,
nous avons trouvé plus commode de broyer les graines, de les
imbiber de tétrachlorure de carbone et de les passer ensuite à
la presse. On chasse le tétrachlorure et on a un bon rendement
en huile.
« Les graines renferment 35,5 °/0 d’huile ; le tourteau épuisé
contient 6,7 °/ 0 d’azote, 2 °/0 de P2 O5 et 1,3 de K2 O avec de
notables proportions de manganèse. Il aurait donc une réelle
valeur comme engrais. Il ne serait pas alimentaire; l’huile ellemême est vénéneuse; un cobaye qui en avait absorbé deux
grammes par la voie stomacale est mort 48 heures après.
« L’huile est fortement colorée en rouge foncé, groseille’, cette
coloration est due à la présence, dans certaines graines, de
parties violacées ; mais un simple passage sur noir animal
suffît à l’éclaircir entièrement.
« L’huile est très visqueuse et à la longue, à la température
ordinaire, elle devient presque concrète. Par ses caractères chi­
miques,elle rappelle beaucoup Yhuile de ricin, mais elle n'a pas
de pouvoir rotatoire sensible.
« La graine existe, paraît-il, en grande abondance au Tonkin
et un arrivage massif permettra prochainement, nous l'espérons
du moins, de tenter des essais industriels.

315

« Nous pourrons alors purifier l’huile et en déterminer avec
précision les constantes dont voici une première évaluation :
« Densité : 0,940. Indice de réfraction ù 15° : 1,15.
« Très visqueuse, très soluble dans l’alcool.

Fig. 26. — P le io c e r a s B a r t e r i Bâillon (Coupe transversale tle la graine).
p a p , papilles; en d, endospernie ; fe , feuille cotylédonaire ; f g , gem­
mule; te g , tegmen.
« Acidité de l’échantillon examiné : 2 °/0 (en ac. oléique).
« Indice de saponification : 178.
« Indice d'iode des acides gras : 123. Indice d acétyle : 136.
« On voit donc que l’on a affaire à un oxy-acide dont le
poids moléculaire et l’indice d'acétyle se rapprochent de ceux
de l'acide ricinoléique, mais avec un indice d'iode beaucoup plus
élevé.

�ANNALES DU MUSÉE COLONIAL DE MARSEILLE.

2'

série.

Vol. V I. Pr.. V I.

E. IIECKEL
316
« Des essais d analyse immédiate, soit par cristallisation des
sels de baryum, soit par la méthode de M. Haller (alcoolyse
préalable et distillation fractionnée des éthers méthyliques)
nous ont donné des résultats imparfaits. »
J ’ai pu examiner, en dehors de 1 espèce qui vient île m occu­
per, les graines de presque toutes les espèces de 11 rightia con­
nues. et j ai toujours trouvé la même condition huileuse de
l’endosperme et de l'embryon, ce dernier revêtant dans la graine

Fig. 27. — Pleioceras Barteri (spermoderme) : chaque cellule de la
papille ca, cb,c'a') porte un poil caduc: teg, tegmen.

par la torsion de ses cotylédons, les mêmes rapports. Struc­
ture anatomique identique. 11 est probable que toutes ces huiles
de graines de Wrightia doivent, à peu près, reproduire la
constitution chimique de celles de W. tomensa.
Mon attention s’est ensuite portée, dans un esprit de compa­
raison. sur des graines appartenant à des genres voisins comme
P/eioccras ou d’autres très éloignées comme Alàfia, Orchipeda,
Funturnia par exemple, pour vérifier leur état gras et exami­
ner les relations des cotylédons et leur situation dans la
graine.
En ce qui touche aux Pleioceras qui constituent un dénom­
brement des Wrightia, comme nous l’avons déjà vu, la
graine présente d'une façon constante l’état huileux dans les

Graine el Rameau fleuri et fructifère de Wrightia tomentosa.
A. Rameau en fleurs et en fruits; R. Graine huileuse avec son aigrette articulée ;
G. Coupe transversale de la graine grasse (complète) ; D. Coupe longitudinale de
la même graine dépouillée de son spermoderme et de son endosperme.

�SI H QUELQUES PLANTES A GRAINES GRASSES

317

quatre espèces connues de ce genre ; et cet état est commun à
l’endosperme et aux cotylédons.
Dans ce genre, le spermoderme est bien différent de celui
des Wrightia. A la périphérie on trouve un testa formant, non
pascommedans W rightia, des papilles à peine apparentes (PI.
VI, G), mais des villosités très développées (fig. 26, pap.), dont
chaque élément cellulaire (ca, c/&gt;, c’a, (ig. 27) porte des poils
longs et unicellulaires qui recouvrent toute la graine, mais qui
sont très caducs. A l’intérieur, se trouve une seconde couche
du spermoderme à tissu écrasé: le tegmen (fig. 26 et lig. 27,
teg.) \ enfin l’endosperme huileux, puis les cotylédons dont les
deux moitiés sont repliées l'une sur l’autre et se recouvrent
entièrement en formant un ensemble tordu en spirale, fort dis­
tinct de la manière d’être de l’embryon dans la graine des
Wrightia (comparer C de la planche VI et /e, fig. 26 dans le
texte). On trouve, plus au centre, les deux feuilles gemmaires
étalées. La gemmule prend ici de bonne heure un fort déve­
loppement, ce qui ne se produit pas au même degré dans la
graine des Wrightia (PI. VI, D).
Dans le genre Alafia, la graine, pourvue d'une aigrette, pré­
sente un spermoderme à cellules (du testa) plus développées
que celles du tegmen (tissu écrasé) mais non prolongées ni en
papilles, ni en poils : ces cellules renferment quelques petits glo­
bules gras. L ’endosperme huileux est très développé et pourvu
de macles d'oxalate de chaux, et de grosses sphérules huileuses
à aleurone. L ’embryon gras a ses cotylédons appliqués face à
face, l’un contre l'autre, et tantôt en situation rectiligne (fig. 28,
Alafia lucida), tantôt contournée en S à leur extrémité (.Alafia
landolphioides) : cet embryon est lui-même gras et pourvu
de cristaux d'oxalate.
Les Funtum ia, également à graines grasses, ont, sur le sper­
moderme externe, des cellules prolongées en papilles cylin­
driques ( F . elastica) ; l endosperme, de dimension moyenne, est
gorgé d’huile comme les cotylédons : ceux-ci, comme dans Alafia
landolphioides, sont affrontés face h face et contournés en S
h leur partie moyenne.

�318

3t9

E. HECKEL

Suit QUELQUES PLANTES A ('.RAINES GRASSES

Dans le genre Plectaneia (de Madagascar), à graines grasses
aussi, le spermoderme externe (PI. inutilis Jumelle) est luimême composé de cellules à contenu huileux (sphères jaunes)
et h parois externes très épaisses. L'endosperme se divise en
deux zones : une externe incolore et huileuse, à gros globules
gras; une interne plus épaisse, de couleur verte, à contenu gras
aussi, mais à globules huileux très petits. L ’embryon gras est

et un endosperme huileux, très développé, en deux zones
verte et jaune comme dans Plectaneia : embryon huileux, à
cotylédons rectilignes, affrontés face à face.
Marsdenia verrucosa a un spermoderme externe faiblement
papilleux ; un endosperme très peu épais, excepté aux deux
sommets de la graine : cotylédons huileux, affrontés face à
face, rectilignes.
Nerium oleander : a un spermoderme papilleux, à papilles
terminées par des poils; un gros endosperme huileux et des
cotylédons huileux, affrontés face à face, rectilignes1.
En somme, comme je l’ai dit, il paraît y avoir, dans les
Apocynées, bien plus souvent des graines grasses que sim­
plement charnues. Il y a donc là matière à une ample étude
chimique.

Description anatomique du Kijy beravina
« Symphonia verrucosa ».

Fig. 28. — Alafia lucida (Coupe transversale de la graine) : sp, sper­
moderme ; end. endosperine huileux avec cristaux d’oxalate de
chaux, cr ; coUj, cotylédon.

formé de deux cotylédons rectilignes, affrontés face à face, l’un
débordant un peu l'autre aux extrémités.
Le genre Mascarenhasia présente, au-dessous d'un spermo­
derme externe normal, pourvu de petites papilles, un très
épais endosperme (AL arborescens) avec de tout petits globules
huileux entremêlés de grosses macles d’oxalate de chaux.
Embryon à cotylédons rectilignes.
Orchipeda Thouarsi : gros endosperme, très huileux comme
les cotylédons ; ces derniers sont rectilignes. Spermoderme
externe à cellules papilleuses (papilles plus marquées que dans
Wrightia).
Cryptostegia madagascariensis a un spermoderme rappelant
par places celui des Pleioceras (grosses papilles pluricellulaires)

Tige (pédoncule floral), fig. 21). — L’écorce, très large, est
protégée extérieurement par un épiderme à cuticule remar­
quablement épaisse. Au-dessous de l'épiderme s'étend une
couche de cellules à chlorophylle, composée de huit ou dix
assises : le contenu de ces éléments est formé de chloroleucites
parfaitement distincts.
Tout le reste delà zone corticale est constitué par un paren­
chyme à cellules minces arrondies, dans lequel on observe un
grand nombre de canaux sécréteurs, isolés, ou parfois anasto­
mosés. Relativement peu nombreux et assez étroits dans la
partie moyenne de l’écorce, où ils sont disséminés, les organes
de sécrétion forment au contraire un cercle continu dans sa
partie profonde, où ils offrent leur maximum de largeur; mais
1. M. Camo, professeur à l'Fcole de Médecine de Marseille, a publié
récemment une étude complète de l’huile de graines de Xerium oleander
(laurier-rose), dans Ilev. des Sciences j&gt;liar/nacolo!ji(]ues, 1908. Cette huile
ne ressemble en rien par sa constitution chimique à celle de Wriyhtia

tomentosa

�320

321

K. HECRliL

SIR QUELQUES PLANTES A GRAINES GRASSES

là les plus grands canaux sont accompagnés d’autres, de dia­
mètre moindre.
Les dernières assises corticales internes sont amylifères.

posés en cercles concentriques, dont le nombre s’accroît à
mesure qu'augmente, par l'activité de l’assise génératrice,
l’épaisseur de la zone libérienne secondaire.
L ’anneau ligneux, d ’ailleurs faiblement développé, n’offre
rien de particulier. A la périphérie de la moelle, mais à des

Fig. 30. — Coupe de la nervure médiane et du limbe de la feuille
(Dessin original de M. J. de Cordemoy.)

Fig. 29. — Coupe de lu lige (Dessin original de M. J. de Cordemoy.)

e. épiderme ; c, couche chlorophyllienne ; d, écorce ; si, canaux sécréteurs pro­
fonds de lécorce; a, couche amilyfère; l, liber; si, canaux sécréteurs libé­
riens ; h, bois et x\ vaisseaux du bois ; m, moelle ; sm, canaux sécréteurs
périphériques de la moelle ; g, assise génératrice libéro-ligneuse.

La couche libérienne qui succède à l’écorce renferme une
ou deux rangées de petits canaux sécréteurs à cellules de bor­
dure hautes et cylindriques. Ces organes sécréteurs sont dis­

es, épiderme supérieur: ei, épiderme inférieur; p, tissu palissadique : I. tissu
lacuneux ; l, liber et h, bois du faisceau médian de Tare libéro-ligneux de
la nervure ; rr, faisceaux latéraux ; m, canal sécréteur médian ; sL canaux
sécréteurs libériens; sn, canaux sécréteurs du conjonctif n de la nervure
(canaux corticaux) ; a, arc scléreux extra-libérien.

profondeurs pourtant variables, s ’observent une ou deux ran­
gées de canaux sécréteurs dont le diamètre varie également.
Tout le parenchyme médullaire est mou.
En résumé, en ce qui concerne la nature et la répartition
des organes sécréteurs, on peut dire qu'il s ’agit dans cette
espèce, comme dans celles précédemment étudiées, de canaux
sécréteurs, d’origine scliizogène, assez fréquemment anasto­
mosés et qui se rencontrent à la fois dans l’écorce, mais sur­
tout au niveau de sa partie profonde, dans le liber, où il s en

�m

K, iIËCKLL

forme continuellement à mesure qu’augmente l’épaisseur du
liber secondaire dérivé de l’activité de l'assise génératrice, et
ii la périphérie de la moelle.

Fig. 31. — Coupe du péricarpe du fruit
(Dessin original de M. J. de Cordemoy.)
e, épiderme externe, très cutinisé ; é, épiderme interne ; c, couche limitante
interne à éléments aplatis; p, parenchyme général du péricarpe à cellules,
remplies d’un contenu dense et jaune brun ; s, poches sécrétrices, anasto­
mosées en s\

Feuille. — Des coupes ont été pratiquées dans la nervure
médiane comprenant de chaque côté une partie de limbe. La
structure observée est sensiblement la même nue pour les
espèces précédemment étudiées. Au centre de la nervure

SUR QUELQUES PLANTES A GRAINES GRASSES

323

médiane se trouve un arc libéro-ligneux comprenant trois
faisceaux.
Dans le faisceau médian, comme d’ailleurs dans les fais­
ceaux latéraux, le liber renferme de petits canaux sécréteurs,
qui sont évidemment la terminaison dans la feuille des mêmes
organes de la zone libérienne de la tige.
Dans le plan médian de l’arc et entre les deux faisceaux
latéraux, se trouve un large canal sécréteur qui paraît être le
représentant unique dans la nervure des organes sécréteurs
médullaires de la tige.
Enfin, les canaux sécréteurs, de diamètre variable qui sont
situés dans le conjonctif de la nervure, au voisinage de l’arc
libéro-ligneux, sont les prolongements dans la nervure
médiane des organes sécréteurs de l'écorce de la tige.
Le limbe de la feuille offre une structure bifaciale, comme
dans les autres espèces du genre. Toutes les nervures qui le
parcourent dans différents sens, sont accompagnées de
quelques organes sécréteurs faciles à reconnaître, grâce à leur
contenu résineux brunâtre.
Péricarpe du fruit. — Le péricarpe, en coupe transversale,
montre deux épidermes : l’un externe à cuticule épaisse,
l’autre interne k éléments plus minces ; celui-ci est doublé
d’une couche limitante formée de cellules aplaties transver­
salement. Tout le reste du parenchyme constituant est com­
posé de cellules pleines d’un contenu jaune brun, résinoïde 1;
mais cette couche parenchymateuse est creusée de longues
poches sécrétrices, isolées ou anastomosées qui sont allongées
dans le sens longitudinal du fruit. Ces poches, à cellules de
bordure encore plus ou moins intactes, renferment pour la
plupart des masses résineuses brunes.
1. Le musée colonial de Marseille possède dans des collections de
Madagascar un pain de 5 à 6 kilog. de celle résine de K ijy b erav in a, de
couleur vert foncé et très agréablement aromatique (E. IL).

M ACON, P R O T A T F R E R E S .

1 M P R IM B C R S .

��S o m m a ir e s d e s v o lu m e s p a r u s d e s

A N N A L E S DE

i:I N S T IT U T COLONIAL DE M A R SE ILLE
I89H. — / ‘ren tier volume. — ( Première «nnré.J

l*r M ém o ite. — Sur le- K o l a s a f r i c a i n s «u point &gt;le vu» botanique, chimique, physiologique, thérapeu­
tique. hromatologique et pharmacologique. par le professeur En. IDcsn..
5 . A\J, 1,n o tre . — Sur le beurre cl le pain d 'O 'D lka 'lu Gabon-Congo et &gt;nr le- végétaux qui le produisent.
Comparaison avec le beurre .le C a y - C a y 'le Cochine.hine et le- végétaux qui le ilnnuenl, par le profe-eur
Bo. IlltCKEI..
1894. — (Deuxième année. 1

D a n s l a H a u te - G a m b ie .

— Voyage d'exploration -cientilique, par le docteur André R as .,os. (Avec eartei
et ligure» dan- le texte et lier* texte.'
189ô.— D eu x ièm e volume. — (Troisième année.)

1 Contribution a l'élude du R o b in ia N iC O U Aublet. au point de vue botanique, chimique et physiologique,
par K. G eoffroy. pharmacien de- colonie-, licencié .*« -cienee* naturelle-.
A d a n s o n la ■R.mbab). parle docteur
Charte- G fiiiimi, profe-enr suppléant a l'Ecole de médecine, préparateur .le botanique à la Faculté de» *cien-e»
de Marseille.
:s. Sur le Q u a s s ia a f r i c a n a Haillon, .lu Gabon. (Elude botanique, chimique et thérapeutique, par le
docteur !.. C i.aouei., préparateur à la Foeulté de- -cienee- de Marseille, licencié es science- naturelles. 1
I. Sur le B a k i s ( T h tn sp o ra H ak is Miers| et le S a n g o l IC o ccu lu * Leaeb a G. P. et Itich.i du Sénégal et du
Soudan, par Ed. II kckfi. et Fr. S ciii.aookniiaus se .' .
... F.tu.le -ur le P s ld lu m (Goyavier), par M. K houm , pharmacien de l r* classe de l'Ecole .le Paris.

5 . Contribution a l'étude botanique, thérapeutique et chimique du genre

lSbti. — T r o isiè m e v o lu m e. — (Quatrième année.)

F lo r e p h a n é r o g a m iq u e d e s A n tille s f r a n ç a i s e s

Guadeloupe et Martinique.. parle R. P. bo-$.
professeur nu Collège de In Ha—e-Terre.; Avec annotations du professeur l)r H kckp.i. -ur l'emploi de res plantes).
1897. — Q u atriè m e v olu m e.

— ,Cinquième

année.)

1. R a p p o r t d e m is s io n sc ie n tifiq u e a la Martinique et è la Guyane, par Emmanuel ( ikockrov.
7. Les P l a n t e s m é d ic in a le s e t t o x iq u e s de la Guyane française, par M. Edouard H rckki..
:t. Reeberohes sur les G r a in e s g r a s s e s nouvelles ou peu connues .les Colonie- françaises, par Ed. Hkckii..
4 . Sur un S t r o p h a n t u s du Congo français S t r o p h a n t u s d’Aulran Etude de chimie et de matière médi­
cale, par MM. les profes-eurs Sciii.Ar.DKaiiAUrrKx et l-ouis P i a Sciiox.
h. L’E r o u m a delà Nouvelle-Calédonie et son produit résineux, par M. Henri Ji b s l u .
fi. Du B o is p iq u a n t de la Guyane française et .le -on écorce fébrifuge, fourni par le Z axtiioxyi cm
PganoTKTii UC., par MM. Ed. H rc.kfx et F. Son ac.oemiauffkm .
7. Sur les M u r r a y a K o e n lg ii et e x o t te a de Corhin.-hino ; élude de pharmacognosie, par le Dr L ahohoe.
1898.

— C in q u ièm e volum e. — (Sixième année.)

I. Les P la n t e s à C a o u tc h o u c e t à G u t ta dans les Colonies françaises, par II. Juusi I.f, professeuradjoint à la Faculté des sciences de Marseille.
3 . Les G r a in e s g r a s s e s n o u v e lle s ou p eu c o n n u e s de- Colonies fran-ai-e-, élude botanique
chimique et industriel le, par M. Edouard II fckki..

:i S u r un n o u v e a u J a h o r a n d i d e s A n tille s f r a n ç a i s e s

( P ilo c a r ms r a c e m o su x

Vahlt, par

M. le l)r Rocher. professeur à l'Ecole de médecine et de pharmacie de Clermont-Ferrand .Elude botanique
pharmaceutique.)

et

1899. — S ix iè m e v o lu m e. — (Septième année. 1
l.
?.

E tu d e s u r l e s c a c a o s . parM. le professeur Juuki.i .f .
E tu d e s u r le s g o m m e s, g o m m e s - r é s in e s e t r é s i n e s

de- Colonies française-

par

M le

b ' Jacob de C or ur uov.
1900. — S ep tiè m e v olu m e. — (Huitième année.)
SUT le tabftC. production, manufacture et culture, notamment dans le» Colonie»
f ra n ça is es , p a r M. L ai h k n t , d o c t e u r è s sc ien ces .
*&gt;• fascicule . — Elude morphologique et anatomique du B r a C b y t r u p e S a c h a t i n U S Stoll, qui, au loukin,
ravage les rnléiera. par le Dr B ouua », docteur è» sciences.

fascicule. —

É tu d e

1901.

— H u itiè m e volu m e. — (Neuvième année.)

I*r fascicule. — 1 L e s S o le s d a n s l'E x tr ê m e O rie n t e t d a n s le s C o lo n ie s f r a n ç a is e s
par le professeur docteur Hubert J.vcon de Coantuov. — 2° L ’O r d a n s le s C o lo n ies f r a n ç a s e s
(historique, gisements, procédés d'extraction. commerce), par M. le professeur docteur I a . uk - t
Z‘ fascicule. — 1° S u r l'O uSO U nlflng du S o u d a n
lests ('oppini H-ekel . par M b. Ile AFL. —
2“ S u r le p r o c e s s u s g e r m i n a t i f dan- O n g u e k o a »t S t r o m b o s ia &lt;)U. :i.-ee- . p *rM . E.

Hf. kki . — 5» S u r l'Ig n a m e p l a t e du J a p o n (Dioscorea Ja p o n ica Thomb. car M E. Hfcakx..
L e c a p it a i n e L a n d o lp h e et la première colonisation française du B-niu. 1 »r M. P^ G a - fa net.
C u lt u r e d e s a r b r e s A g u t t a en Imlo-Cliine et aux Inde- néerlandaise- par M. C. S f b x &gt; . —
0“ N o t e s d 'e x p lo r a tio n é c o n o m iq u e a u C on go f r a n ç a is . n»r M. I-**n B ra m u *.
1902. — Xeuoième volum e. — (Dixième année
1. V o y a g e s c ie n t ifiq u e a u S é n é g a l, a u S o u d a n e t en C a s a m a u c e . u r M. A. C a tv-u a *.
2 J o u r n a l de r o u te du S é n é g a l a u S o u d a n e t a u F o u ta h - D ja llo n , p«r k capitaine
— 1°
— 5°

D evaux.

�S o m m a ir e s d e s v o lu m e s p a r u s des

ANNALES DE L 'IN S T IT U T COLONIAL DE M A R SE ILL E
’

1903. — P r e m ie r vulnmv, 2r s é r ie . — (Omsiàme annèu).
fascicule.
L 'E x p o s it io n d ’H an oï. par le professeur I’. (U pp^iiki. (areu «l«; upiubreü*i-&gt; illuslralion»
faSèicule. — 1. G r a in e s g r a s s e s n o u v e lle s ou p e u c o n n u e s d&lt;-&gt; Coioni&lt; * française», éiu«ie
botanique, obimique ei iriilu-unulle, par M. Kiloum-.i Hki.kix . — 2. R e c h e r c h e s s u r l a c o m p o s i­
tio n de l ’a lb u m e n d e s g r a i n e s é\\stropavMini vu/r/are Mari, et Œ nocae/ms Iiacaba Mari..
Palmiers .le la Guyane française, par M. Lu xaiu&gt;. — il. C a t a lo g u e a lp h a b é t iq u e r a iso n n é
îles planli's nuiilicinnles et toriques île Madagascar avec leur emploi indigène, |&gt;nr.M. I ■1-n - 1 .1 IIh-kkl.

, I90-1, —

D e u x iè m e v o l u n ie. i a S é r i e . — (Douzième année).

1. R e c h e r c h e s a n a to m iq u e s s u r l a fle u r du T a n g h in du M é n a b é M a d a g a s c a r )
par Paul Uor, docteur ès sciences, chargé d'un cours de botanique, il la l'acuité des sciences de Toulouse.
2. E tu d e s u r l ’ile de la R é u n io n idéographie physique , Uiclr sses naturelles ; Cultures ol Industries),

par I - llr H. J acou de Cobukmov, clmrgé de cours « l'Erolo de inédeciue et à l'Institut colonial «le Marseille.
3. S u r un n o u v e a u C o p a l et s u r un n o u v e a u Kin,o fournis, le premier par le fruit, et le second
par le tronc et les rameau* du D ip le r y x o d o n tla Witld. (Elude anatomique du genre D ip le iy x et élude
cbimiiije doses produits), par MM. Edouard IIei.kfl, II. J acoh dk Cohukuov et Pu. Soiilac.dknii auffk.v
l E tu d e e th n o g r a p h iq u e s u r l a r a c e M an du H a u t-T o n k ln , par le capitaine M aire , .le l'in­
fanterie coloniale.

19u5. — T ro isiè m e v o lu m e , 2e S é r ie . — (Treizième année).
M a d a g a s c a r en 1 7 5 6 . par M. B e r n a u d , chirurgien au service de la Compagnie des Indes
(préface par M. le professeur G.vn a iie i .).
2" E tu d e c h im iq u e s u r le s h u ile s de b o is
d ’In do-C h in e, par M. E t . L ef k u y u k .
:i« E t ide m o r p h o lo g iq u e e t a n a to m iq u e du
S a b l i e r il i u m c r é p i ta n s L. ), par M. G m.i.ks. — 4° L 'E p e r u a f a l c a t a Aublet (W a p a h u ile u x
de la Guyane), au point de vue de la .Morphologie externe et de l'Anatomie, par M. L. C o u r c h e i ,
professeur à l'Ecole supérieure de pharmacie de Monlpéllier. — 3° L e K iro n d r o de M a d a g a s ­
c a r T e r r ie n i M n d a g u sc u rie n six Courcheti, nouvelle Simaroubée toxique par M. L. C o u u c iib t .
professeur à l'Ecole supérieure de pharmacie «le Montpellier
ti“ É tu d e d .t V o a n p iso ou
JM oranda, péricarpe comestible du R a p h ia p e d u n c u lu h t Pnlisûl de Bcauvois, de Madagascar, au
point de vue botanique et chimique (nouvelle source de matière grasse), par MM. 1&gt;«•;&lt; hoc.k et En.
SciiEAGDENiiAUFFEN — 7 M o rp h o lo g ie g é n é r a le e t é tu d e a n a to m iq u e de l a la r v e
d’Io Ire n e . chenille sérioigène de la Guyane Française, par M. L. B o u d a s , docteur ès sciences
naturelles, docteur en médecine, maître de conférences à la Faculté de's sciences de Ilennes,
1900. — Q u a triè m e v o lu m e, %’ S é r i e . — (Quatorzième année).
0 É tu d e s u r le d é v e lo p p e m e n t de l 'a p p a r e i l s é c r é t e u r de E E p e u u a falcata
A u b le t, par M II. J ac o u d e C or d k m o y , chargé de cours à l'Ecole de médecine, chef des tra­
vaux pratiques de botanique à la Faculté des Sciences de Marseille. — 2» D e s s in p h o t o g r a ­
p h iq u e d e s fe u ille s , note de M le Professeur Louis P l a n c h o n , de l'Université de Mont­
pellier. — 3° R e c h e r c h e s m o r p h o lo g iq u e s e t a n a to m iq u e s s u r le K atafa ou K atha
fa y de Madagascar (C e d re /o /isis G re v e i II. B â il l o n ), par M. le professeur L u cien C ouk ciik t , de
EUniversité de Montpellier. — i ° C o n trib u tio n a l’é 'u d e du g e n r e C in n a .m osmv H. B â i l ­
lon, par M. le Professeur L ucien C o u r c iift . — 3° C o n trib u tio n à l ’é tu d e de q u e lq u e s
p o in ts d 'a n a to m ie in te rn e d e s P h y llle s P h y lliu m c r u r ifo liu in Audinet Serville), par
M. L. B o r d a s , docteur ès sciences, docteur en médecine, niaitre de conférences à la Faculté
des Sciences de Bennes. — 0° R e c h e r c h e s s u r l 'a p p a r e il s é c r é t e u r du Y atairk v
G u ia n e n s is A u b ie t (C o u m até' et du M ac h .ek ium keiihuginbum Pers. L ia n e s a n g et sur
la composition chimique des Linos qu'ils fournissent, par M. D ec k o c k . professeur adjoint à la
Faculté des sciences de Marseille, et M. U ib .vut , agrégé à la Faculté «le médecine et de pliaimacie de Toulouse.
1907. — C in qu ièm e, v o lu m e,
S é r i e . — (Quinzième année).
I1 R e c h e r c h e s m o r p h o lo g iq u e s et a n a to m iq u e s s u r une R u b ia c é a n o u v e lle de
M a d a g a s c a r : D ir ic lile lia P r in c e i nova sp., par M. P aul Dop, docteur ès sciences, chargé d'un
cours de botanique à la Faculté de« sciences de Toulouse. — 2° S u r q u e lq u e s p la n t e s n ou ­
v e lle s de M a d a g a s c a r au point de vugmorphologique el anatomique, par M. Duhard, maître
de conférence de botanique coloniale 3 la Sorbonne, et P. D o p , chargé de «murs à la Faculté des
sciences de Toulouse. — 3° S u r le P r o t o r h u s P e r n e r i nov. sp. de Madagascar, par M. le
professeur L. C ou r c iiet . — 1° L e K its o n g o v r a i de M a d a g a s c a r , R o u r e a ( B y r s o c a r p u s )
o r ie n t o n s IL Bu., par M. le professeur L. G ou r c iibt . — 5° L e K in o d e s M y r is t ic a c é e s .
recherches sur l'appareil sécréteur de Kino chez ces plantes, par M. II. J acou db C ok deaio y , pro­
fesseur à l'école de médecine et à l’Institut colonial, chef de travaux à la Faculté des sciences de
Marseille. — 0° E x a m e n c h im iq u e du K in o d e B o u r g o n i, parM . R ibaut, chargé de cours à
la Faculté de médecine etdc pharmacie de Toulouse. — 7° R e c h e r c h e s s u r le s E r y t h r o ph leu m et en particulier sur VU. C o u m in g u II. Bn., par le docteur Louis P l a n c h o n , professeur
à l'Ecole supérieure de pharmacie «le Moutpèllier. — 8u E tu d e ch i m ique de l’E c o r c e d ’E r y th ro p h le u m C o u m in g a. par M. le docteur L a iio k d e , professeur agrégé à la Faculté de ruéde
cine el de pharmacie de Toulouse, pharmacien en chef «les Hospices civils — 9° S u r q u e lq u e s
lia n te s u t ile s ou in té r s s a n t e s d u N o rd -O u e st de M a d a g a s c a r , par M. H enri
yu m e l lb , professeur à la Faculté des Sciences de Marseille. — 10° N o te s s u r l a F lo r e du N ord
O u est de M a d a g a s c a r , par MM. H. Ju m e l le et H. P eiiuibh de la B a t iiie .
MACON, l'ROTAT FRERES, IMPRIMEURS

A P ^ ’V p » P*

4 c vv

ld

eu
:$ £ \y ;

T

�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="1423" order="3">
        <src>https://odyssee.univ-amu.fr/files/original/2/270/Annales-Musee-colonial_1909-Vol-07.pdf</src>
        <authentication>9c14045a124efdbce73f3a322a71e0d3</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="92">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="8673">
                    <text>ANNALES
DU

MUSÉE COLONIAL
DE M A R SE IL L E
FONDÉES EN 1893 PAR

M.

le

P rofesseur !)• E douard HECKEE
ET PUBLIÉES SOI S SA DIRECTION

Dix-septième Année. — 2‘ série, 7e volume (1909)
1" Contribution à l'étude anatom ique et histologique des plantes textiles
exotiq u es Pussiflorées, Musacccs, Palmiers, Aroïàtcs.Cypéracées), par M. Pas­
cal ClAVKRIK.
2" Notes sur des plantes largem ent cu ltivées par les in d igèn es en Afrique
tropicale, par M. K. de W ii .dkman, conservateur au Jardin botanique de
l’État de Bruxelles, professeur au Cours colonial de l'École d’horticulture de
de Vilvorde (Belgique .
J" Sur l'action toxique de la Saponine des grain es du Sapindus sen egalen sis
Jussieu (Savonnier du Sénégal, Cerisier du Cayor), par M. le I)r J. C hevalier .
Avec une introduction du Professeur I)‘ E. H kckf.l , sur l’Histoire naturelle et
sur les em plois de ce végétal.
4" Sur quelques fécu les des Colonies et en particulier de PIndo-Chine, par
M. E. Dkcrock, professeur-adjoint à la Faculté des Sciences de Marseille,
fr Notes sur la flore et les plantes économ iques du Bas-Congo, par M. A.
R a u u o n , adm inistrateur colonial.
(P Étude de quelq u es fécu les coloniales, par MM. Louis P lanchon, professeur de
m atière médicale, et A. J uillet , chef des travaux d'Histoire naturelle à
I École supérieure de Pharm acie de M ontpellier.

1909 - Vol 7

MARSEI L E E
M U S É E
C O L O N IA L
5, Rue Nouilles, 5

1909

�ANNALES
DU

MUSÉE COLONIAL
DE M A R SE IL L E
FONDÉES EN 1893 PAR

M.

le

P rofesseur !)• E douard HECKEE
ET PUBLIÉES SOI S SA DIRECTION

Dix-septième Année. — 2‘ série, 7e volume (1909)
1" Contribution à l'étude anatom ique et histologique des plantes textiles
exotiq u es Pussiflorées, Musacccs, Palmiers, Aroïàtcs.Cypéracées), par M. Pas­
cal ClAVKRIK.
2" Notes sur des plantes largem ent cu ltivées par les in d igèn es en Afrique
tropicale, par M. K. de W ii .dkman, conservateur au Jardin botanique de
l’État de Bruxelles, professeur au Cours colonial de l'École d’horticulture de
de Vilvorde (Belgique .
J" Sur l'action toxique de la Saponine des grain es du Sapindus sen egalen sis
Jussieu (Savonnier du Sénégal, Cerisier du Cayor), par M. le I)r J. C hevalier .
Avec une introduction du Professeur I)‘ E. H kckf.l , sur l’Histoire naturelle et
sur les em plois de ce végétal.
4" Sur quelques fécu les des Colonies et en particulier de PIndo-Chine, par
M. E. Dkcrock, professeur-adjoint à la Faculté des Sciences de Marseille,
fr Notes sur la flore et les plantes économ iques du Bas-Congo, par M. A.
R a u u o n , adm inistrateur colonial.
(P Étude de quelq u es fécu les coloniales, par MM. Louis P lanchon, professeur de
m atière médicale, et A. J uillet , chef des travaux d'Histoire naturelle à
I École supérieure de Pharm acie de M ontpellier.

MARSEI L E E
M U S É E
C O L O N IA L
5, Rue Nouilles, 5

1909

�j

CONTRIBUTION
A L'ETUDE ANATOMIQUE [ET HISTOLOGIQUE
DES PLANTES TEXTILES EXOTIQUES
(

Passif/orées, Musacêes, Palmiers, Aroïdèes et Cypèracèesl

l&gt;ar Pascal CLAVERIE

�PRÉFACE
Qui eût pu prévoir (pie ce mémoire serait posthume ? Pascal
Claverie venait d’en rédiger tes conclusions générales lorsque, en
moins de huit jours, une maladie soudaine l'enlevait à sa famille
et à ses amis. Tous ceux qui connaissaient notre jeune préparateur
l'aimaient pour sa constante affabilité, pour son caractère doux et
affectueux, pour son humeur toujours égale ; nous perdions en outre
en lui un collaborateur soumis et prévenant, toujours empressé à
nous satisfaire, travailleur consciencieux qui, pendant plusieurs
années, à titre bénévole, nous seconda dons notre laboratoire de la
Faculté des Sciences avec un dévouement sans limites. Sa récente
nomination officielle à la Faculté n'avait été que la récompense
méritée et trop longtemps attendue des services que spontanément il
se plaisait déjà,auparavant,à nous rendre dans notre enseignement.
Nous n’accomplissons aujourd'hui qu'un devoir de reconnais­
sance en assurant la publication des recherches qui devaient lui
faire décerner par la Faculté des Sciences de Paris le titre de
Docteur ès-sciences naturelles.
C'est au cours d'une étude générale, et d'ordre pratique, sur les
plantes textiles que Claverie avait trouvé, dans notre laboratoire,
un sujet de thèse, en envisageant au point de vue botanique certaines
de ces plantes, encore inconnues ou peu connues. Il avait donc
distrait de l'étude d'ensemble qu'il espérait poursuivre un certain
nombre de familles qui lui avaient paru fournir, par leur mor­
phologie externe et interne, des données nouvelles intéressantes : et
il avait fait de cette étude le mémoire qui va suivre.
On excusera, d'ailleurs, les lacunes qui pourront être relevées ça
et là. Lorsque la rédaction d’un travail vient d'être terminée, une
dernière mise au point est nécessaire. Cette mise an point définitive,
Claverie n'eut pas le temps de la faire, et nous avons parfois
éprouvé un certain embarras à la tenter. Quelques figures devaient
aussi être refaites, d'autres retouchées-, quelques-unes étaient seule-

�10

PRÉFACE

ment esquissées. Il nous a donc fallu en mettre de côté un certain
nombre ; nous en avons, d'ailleurs, conservé, qui ne sont peut-être
pas irréprochables, mais nous avons pensé que, dans une étude
anatomique, un mauvais dessin vaut mieux qu'aucun dessin. En
dépit de ces imperfections, nous croyons qu'on reconnaîtra que les
résultats bien acquis sont assez nombreux pour qu'il ne puisse
y avoir aucune hésitation à publier le manuscrit qui nous est
resté en dépôt.
Nous avons seulement supprimé l'introduction, qui était la partie
la moins complète et aussi la moins nécessaire. Il nous suffira de
dire que les familles étudiées ci-après sont, parmi les Dicotylédones,
les Passiflorées, et, parmi les Monocotylédones, les Musacées, les
Palmiers, les Aroïdées et les Cypéracées.
Pour ces diverses familles, tons les matériaux avaient été fournis
à notre préparateur par Al. Perrier de la ISathie, qui avait bien
voulu nous confier cette partie de son riche herbier. Nous remer­
cions ici, comme le faisait Claverie dans son Introduction, notre
correspondant et ami.
Henri JUMELLE,

Professeur à la Faculté des Sciences de Marseille.

CONTRIBUTION
A L’ÉTUDE ANATOMIQUE ET HISTOLOGIQUE
DES PLANTES TEXTILES EXOTIQUES
(Passiflorées, Musacées, Palmiers, Aroïdées Cypéracées)

Par P ascal CLAVERIE
CHAPITRE PREMIER
PASSIFLORÉES

Harms (1) est, à notre connaissance, le seul auteur qui se soit
occupé spécialement de l’anatomie des Passiflorées.
Les espèces que ce botaniste a étudiées appartiennent toutefois
surtout à la flore de l’Afrique tropicale ; les seules espèces mal­
gaches citées dans le mémoire sont YAdenia peltata Bak. et
YAdenia antongiliana Tul. Au contraire c’est surtout sur les
espèces de Madagascar que notre élude a porté ; et ces espèces
sont d’ailleurs, pour la plupart, nouvelles. L’étude anatomique
en était donc tout entière à faire.
Du reste, M. Harms ne considère que les liges et les feuilles ;
nous allons examiner ici, en outre, les fruits et les graines.
Jusqu’alors, cette dernière étude des fruits et des graines de
Passiflorées n’a pas été poussée très loin ; aucun travail parti­
culier n’a été entrepris à ce sujet. Quelques auteurs seulement,
s’occupant de questions plus générales, ont donné de rapides
indications anatomiques.
M. Garcin (2), par exemple, a examiné, parmi les Passiflorées,
(1) Harm s : Ueber die Verwerthung des anatom . Baues fü r die Umgrenzung
und F.inteilung der Passifloraceæ (Engler’s Bot. Jahrb, 1893.'i
(2) G. Garcin : Recherches sur l'histogénèse des péricarpes charnus (Thèse de
Doctorat ès sciences naturelles, 1890.)

�PASCAL CLAVERIE
12
le péricarpe charnu du Passiflora alba Lamk. Il dislingue dans
dans ce péricarpe quatre zones, comprises entre les deux épi­
dermes : un hypodernic collenchymateux ; une zone formée de
cellules sphéroïdales ; une zone lacuneuse ; et, sous l’épiderme
interne, une région formée de cellules sinueuses.
Le Passiflora cœrulea Lin., d’après M. Garein, a des fruits
semblables et semblablement constitués.
M. Brandza (1), qui s’est occupé des téguments séminaux, ne
décrit, pour la famille des Passidorées, que les graines du Passi­
flora holosericca Lin. Les téguments de ces graines seraient
constitués par trois zones distinctes : une rangée de cellules
incolores ; une assise de grandes cellules scléreuses ; une double
rangée de cellules tabulaires.
La structure des fruits et des graines de Passiflorées est donc
loin d'être complètement connue ; il sera, dès lors, intéressant
de voir quelle elle est chez les plantes de Madagascar qui
appartiennent à diverses sections de la famille.
Pour la lige, au point de vue du sclérencbyme, M. Harms note
la présence constante, dans le péricycle, de faisceaux fibreux
lignifiés. Ces faisceaux sont presque toujours séparés les uns
des autres. Chacun est composé quelquefois d’un petit nombre
de cellules (P. emarginata, Humb. et Bomp.), beaucoup plus sou­
vent d’un grand nombre de fibres &lt;Echinothamnus Pechuelii
Engl.).
En section transversale, ils se présentent tantôt sous la forme
de demi-lune et tantôt sous celle de cercle ou d’ellipse. C’est
par exception que chez le Mitostemma Glaziovii Mast., tous ces
faisceaux se réunissent latéralement les uns aux autres et cons­
tituent un mamelon tout autour du système libéroligneux. Le
péricycle, dans ce dernier cas, est analogue à celui que l’on
observe si fréquemment chez les Cucurbitacées.
Ce sont ces faisceaux de sclérencbyme, d’origine péricyclique,
qui, lorsqu’ils sont bien isolés les uns des autres, pourraient à
la rigueur être utilisés par l’industrie textile.
il; Marcel Brandza : Développement des téguments de la graine (Thèse de
Doctorat és sciences naturelles, 1891).

13
Les espèces malgaches étudiées par nous appartiennent aux
quatre genres Ophiocaulon, Adenia, Deidamia et Paropsia.
Au point de vue de la classification, M. Harms distingue dans
la famille des Passifloracées les sections des Passiflorées, des
Achariées, des Paropsiées, des Malesherbiées, des Bixacées et
des Flacourtiacées.
1° La section des Passiflorées est caractérisée par le grand
développement du réceptacle, la non-concrescence des pétales,
la disposition des étamines, qui sont complètement séparées du
gynophore ou unies avec lui au fond seulement, enfin la pré­
sence fréquente d’une couronne simple ou double. La plupart
des plantes de cette section sont des lianes. M. Harms admet
dans cette section les genres Milostemma, Trgphostemma, Hollrangia, Tacsonia, Passiflora et Modecca.
Les Modecca se subdiviseraient en quatre sous-genres : Ophiocaulon, Adenia, Keramantlius et Echinothamnus.
Les Ophiocaulon et Adenia sont très Voisins; leurs espèces
sont dioïques et les fleurs sont semblablement constituées. Mais
dans les Ophiocaulon le réceptacle est peu développé et plat,
tandis qu’il est en cloche chez les Adenia.
Le genre Deidamia est placé par Harms tout à côté du genre
Trgphostemma, dont il a les caractères floraux, mais dont il
diffère par ses feuilles pennées.
2° Chez les Achariées, le réceptacle manque et les pétales
demeurent unis en cloche au-dessus de la gorge du calice.
3° Les Paropsiées sont des arbres ou arbustes velus, à feuilles
simples et à fleurs hermaphrodites renlermant cinq, dix ou
vingt étamines. Le réceptacle des Heurs est court et en forme de
coupe. Le style est toujours divisé.
4° Les Malesherbiées sont des [liantes portant des Heurs her­
maphrodites, qui ofTrent comme particularités le grand nombre
de leurs [létales et la présence d’une couronne mince et
mem braneuse.
Comme Ophiocaulon, nous avons examiné l’O. firingalaoense,
espèce créée seulement nominalement par Drake del Castillo.
Nos Adenia, tous nouveaux, sont VAdenia Perrieri, YAdenia
amhongensis, VAdenia olahoensis et VAdenia spherocarpa,
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�14

PASCAL CLAVERIE

Le Deidamia dont nous avons eu des échantillons de tige,
feuilles et fleurs est le D. Tliompsoniana DC. Les Paropsia que
nous avons étudiés constituent aussi des espèces nouvelles ; ce
sont le P. Perrieri et le P. integrifolia.
Ophiocaulon firingalavense

15
M. Jumelle (1) a, d’autre part, signalé seulement le renflement
énorme de la partie basilaire des tiges.
Nous allons donc donner tout d’abord la description d’après
les échantillons que nous possédons.
Morphologie externe. — L’Ophiocaulon firingalavense est un
des olahoag et le lokoranga des Sakalaves.
C’est une liane commune dans les bois arides et dans les
forêts calcaires du nord-ouest de Madagascar.
Sa tige présente à la base un renflement en forme de pain de
sucre pouvant avoir 80 centimètres de diamètre ; mais rapide­
ment la tige s’amincit et n’a bientôt plus que 5 centimètres
d’épaisseur.
Ces feuilles sont très polymorphes et longuement pétiolées.
Les unes ont un limbe arrondi, ordinairement aussi large que
long, à bords droits, cordé à la base et terminé supérieurement
par un petit mucron de 1 à 2 centimètres de longueur. Les autres
sont à limbe plus ou moins profondément échancré, divisé en
trois lobes inégaux, le médian étant légèrement plus long et
plus large que les deux latéraux, Ainsi, pour un limbe de
8 cent. 1/2 de longueur et de largeur, le lobe médian a, par
exemple, une longueur de 4 centimètres et une largeur maxima
de 3 cent. 1/2 ; le lobe de droite (si l’on examine la feuille par sa
face supérieure) a 2 cent. 1/2 de longueur et 2 cent. 1/2 de lar­
geur, celui de gauche 3 centimètres de longueur et autant de
largeur.
Il est à remarquer que les deux lobes latéraux présentent leur
plus grande largeur à leur base, tandis que le lobe médian est
plus large au milieu de sa longueur.
Toutes ces feuilles sont toujours longuement pétiolées; et
fréquemment la longueur du pétiole est aussi grande que la
longueur du limbe.
Dans les échantillons que nous avons examinés, les feuilles
avaient, en moyenne, un limbe de 12 centimètres, pour un
pétiole de 10 centimètres.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

Dr.

Le genre Ophiocaulon est composé actuellement de quelques
espèces qui, comme nous l’avons dit, sont quelquefois rattachées
au genre Modecca ; d’autres fois encore on les fait rentrer parmi
les Adenia. Avec Bentham et Hooker, nous conserverons cepen­
dant ce genre Ophiocaulon, qui se distingue bien notamment du
genre Adenia par quelques caractères.
Dans les Ophiocaulon, l'ovaire estsessile ou, au plus, faiblement
stipité, les fleurs sont ordinairement petites, il n’y a pas de
style, la couronne située à l’intérieur des pièces périanthiques
est peu développée ou même nulle, il y a une glande unique au
sommet du pétiole, enfin le réceptacle est réduit et généralement
moins plat.
Chez les Adenia, au contraire, l’ovaire est porté sur un gynophoreplus ou moins long et est surmonté fréquemment par un
style qui peut être court, mais qui parfois aussi est bien déve­
loppé. La couronne florale, qui peut manquer (Ad. trisecta Mast.,
par exemple), est souvent présente ; elle est formée alors par
cinq pièces membraneuses dentelées, libres ou soudées entre
elles.
Le réceptacle a la forme de cloche, de tube ou de plateau. En
outre, à l’extrémité du pétiole se trouvent deux glandes placées
dos à dos.
Parmi les caractères considérés ordinairement comme com­
muns aux deux genres indiquons la dioïcité des fleurs, la
présence, dans les fleurs mâles, de cinq étamines et, dans les
fleurs femelles, d’un ovaire à trois placentas.
L'Ophiocaulon dont nous allons nous occuper est une espèce
qui n’a été citée que nominalement par M. Drake del Castillo.

(1) H. Jum elle : Quelques plantes nouvelles ou peu connues du nord-ouest
de M adagascar (Annales du Musée colonial ; 1907).

�17

PASCAL CLAVERIE

PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

Au sommet du pétiole se trouve une glande unique.
La nervation est palmée. Les nervures principales, qui sont au
nombre de sept, se séparent les unes des autres à une petite
distance de la base du limbe.
Les deux extrêmes sont très fines et tout à fait marginales.
Le limbe, entièrement glabre, est foncé sur la face supérieure,
vert blanchâtre sur sa face inférieure ; et les nervures se déta
client par leur teinte plus sombre sur le fond clair.
La plante, d'après M. Perrier de la Batliie, serait monoïque.
El le fait est important à constater, puisque nous venons de
rappeler plus haut que généralement les Ophiocaulon et les
Adenia sont dioïques.
Ce ne serait pas, du reste, un caractère contribuant, plus que
par le passé, à séparer ces plantes, puisqu'on connaît des Ophiocaalon réellement dioïques ; mais cela restreint l’importance
qu’il faut attribuer à ce caractère, donné comme constamment
commun aux deux genres.
Tantôt les fleurs mâles et les fleurs femelles sont sur un même
rameau et tantôt sur des rameaux distincts.
La floraison, qui a lieu avant l'apparition des feuilles, n’est
pas toujours régulière ; ce sont les fleurs mâles qui s’épanouissent
les premières.
Ces Heurs mâles sont disposées en grappes de 15 centimètres
environ de longueur, sur lesquelles les pédicelles secondaires
sont à intervalles très rapprochés.
Le calice est profondément divisé en cinq lobes allongés
(2 centimètres), étroits (lm/m5). Les cinq pétales sont blancs,
rubanés, de 12 à 14 millimètres de longueur sur lm/m 1/2 de lar­
geur, concrescents, à la base, avec les pièces calicinales.
Les cinq étamines, hypogynes, sont à filets allongés, soudés
tout à fait à la base avec le tube périanlhique.
Les anthères sont linéaires, aussi longues (4 millimètres),
quelquefois plus longues (6 millimètres) que les filets.
On observe, en outre, à l’intérieur du tube périanthique,
cinq petites pièces peu développées constituant une sorte de
couronne.
On sait que cet organe est fréquent dans les Passiflorées. On le

trouve, par exemple, chez beaucoup (YAdenia, tels que YAdenia
sinensis Mart.,l’Af/ema lobata Jacq., chez la plupart des Paropsia
(Paropsia grewioides Welw. P. guineensis Oliv.), dans les genres
Tryphostenuna, Deidamia (7). thomjxsoniana DC.) ; mais dans
ces genres il est ordinairement plus développé que dans le genre
Ophiocaulon, où il atteint son extrême réduction.
Dans la fleur femelle, les pièces du périanthe, qui sont analo­
gues à celles de la fleur mâle, entourent un ovaire ovoïde, que
surmonte un stigmate trilobé sessile.
Cet ovaire est uniloculaire et renferme des ovules anatropes
portés par trois placentas pariétaux.
Le fruit est une capsule très allongée qui peut mesurer
8 cent. 1/2 de longueur sur 2 cent. 1/2 de largeur, et s’ouvre en
trois valves.
Les nombreuses graines qui y sont contenues sont ovales, de
6 à 8 millimètres de longueur sur 4 à 5 de largeur, arillées, à
épais albumen amylacé, avec un embryon à cotylédons foliacés.
Morphologie interne. —Nous allons examiner successivement,
au point de vue anatomique, la tige, le tubercule, les vrilles, les
feuilles et les fruits.
T ige (fig. 1). — L’écorce est mince. Dans une tige de 2 milli­
mètres de diamètre, elle n’a, en effet, comme épaisseur, que
0n7,n 175. Le cylindre central occupe donc presque toute la lar­
geur de la tige.
L’épiderme est constitué par des cellules tangentiellement
allongées et l’écorce par sept à huit rangées de cellules polygo­
nales, dont quelques unes renferment des màcles d’oxalate de
chaux, de 0m/m 018 à 0m/m024 de diamètre. El la présence de ces
mâcles est le premier fait intéressant à signaler, puisqu’elle n’est
pas constante dans toute la famille.
D'après M. Harms, en effet, qui ne semble pas avoir étudié à
cet égard la tige des Ophiocaulon, beaucoup d'autres Passiflorées
(Adenia lanceolaia Engl., A. repanda Engl.) présentent bien ces
màcles, mais d’autres n’ont que des cristaux (A. Schweinfurthii
Engl.) et d’autres enfin n’ont ni cristaux ni màcles (A. cardiophylla Mast.), pendant que, inversement, dans YHollrungia, il y

16

�PASCAL CLAVERIE
18
a présence simultanée de cristaux et de rnàcles. Ces différences
peuvent ainsi présenter quelque intérêt pour la caractérisation
des espèces; et notre Ophiocaulon présente le même cas que
YAdenia lanceolata et VAdenia repanda.
Dans le pérîcycle, nous trouvons les faisceaux de sclérenchyine que nous avons déjà dit exister dans toutes les Passiflorées. Ils sont disposés régulièrement en face des faisceaux
conducteurs. Leur section transversale est soit circulaire, soit
ovale, rarement en forme de demi-lune.

F ig . 1. — Sectiou transversale d'une lige d'Ophiocaulon firingalavenseD v.

Ils sont de diamètre très variable ; les plus petits ont 0m/m024,
les plus gros 0m/mICO.
Dans un faisceau de 0n,/m 108 de diamètre, il y a environ 80 à
90 fibres ; dans un autre, de 0m/ni 090, il y en a en moyenne 70 à
à 75. Ces cellules fibreuses sont à section polygonale et de dia­
mètres divers ; les unes ont à peine 0m/m005, les autres 0m/ra 016.

19
Les parois sont relativement faibles, puisqu’une fibre de0m/m014
a une lumière d’environ 0m/m010.
Sous le pérîcycle, liber et bois forment deux anneaux concen­
triques, circonscrivant une moelle qui se détruit de bonne heure.
Un certain nombre de ces cellules médullaires, de mêmes
dimensions que leurs voisines, renferment des rnàcles sem­
blables à celles de l'écorce. Et c’est là encore un point à préciser,
car M. Harms admet qu’il n’y a pas concordance nécessaire, à cet
égard, entre la structure de l’écorce et celle de la moelle. Dans
VAdenia repanda, comme dans notre Ophiocaulon, il y a bien des
rnàcles à la fois dans l’écorce et dans la moelle ; mais, dans
d’autres espèces, l’écorce seule possède de ces rnàcles, qui font
défaut dans la moelle ; dans d’autres encore, c’est l’inverse.
Le liber comprend des tubes criblés de large diamètre, réunis
entre eux par des cellules libériennes,dont quelques-unes renfer­
ment des rnàcles ; il n’y a pas de fibres.
Le bois ne nous offre aucun caractère saillant. Il est composé
de sept à dix assises de cellules ligneuses, réunies en groupes
séparés les uns des autres par de larges rayons médullaires. Ces
rayons sont constitués, à ce niveau, en grande partie, et quelque­
fois même en totalité, par des éléments très épais et lignifiés. Les
vaisseaux de grand diamètre sont disposés assez irrégulière­
ment ; ils sont réunis ordinairement en petit nombre, quelque­
fois isolés. Ils sont entourés par du parenchyme ligneux, qui est
en contact direct avec les rayons médullaires sclérifiés.
C’est là une disposition que nous retrouvons assez fréquem­
ment dans toutes les espèces dont nous avons fait l’étude.
T u b e r c u l e . — Nous avons dit plus haut que la base de la tige
de YOphiocaulon firingalauense est fortement renflée en une sorte
de tubercule, couvert d’une couche résineuse et cireuse.
Une coupe de cette souche peut être particulièrement intéres­
sante car l’anatomie des tubercules des Passiflorées n’a jamais
été faite. On peut se demander tout d’abord quelles sont les
parties de la tige qui s’hypertrophient.
Une coupe transversale dans le milieu de sa longueur nous
montre que c’est à la fois l’écorce et le cylindre central. Le rapPLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�20

PASCAL CLAVERlE

port, en effet, de l’épaisseur du cylindre central à celle de l’écorce
est de 9,5 environ, aussi bien dans la tige ordinaire que dans la
région tubérisée. C’est bien la preuve que l’épaississement a eu
lieu de façon uniforme dans la zone corticale et dans le cylindre
central.
Dans l’écorce, les six à huit assises de cellules périphériques
sont remplies de chloroleucites, tandis que les rangées internes
sont bourrées de grains d’amidon, de formes et de dimensions
variables. Certains de ces grains sont ovoïdes et mesurent
Qmjtn 024 sur 0m/“ Û12; les autres, globuleux, ont en moyenne
O'n/m Q12 de diamètre; d’autres enfin, très allongés, peuvent avoir
0n*/,“ 008 de largeur et 0n,/m030 de longueur. Çà et là diverses
cellules des deux régions corticales renferment des màcles, dont
la grosseur varie de 0m/m030 de diamètre à 0m/m048.
En outre, et ceci est une particularité par rapport à la tige,
l’écorce présente de petits cordons fibreux qu'on ne trouve pas dans
cette tige. Ces cordons sont au niveau à près de la dixième
rangée des cellules du parenchyme, et très éloignés, par consé­
quent, du cylindre central, dont les séparent encore 30 à 36
assises.
Un tel éloignement ne laisse aucun doute sur leur indépen­
dance complète vis-à-vis du péricycle. Celui-ci malheureusement
est d’autant plus difficile à reconnaître et à délimiter qu’il n’y a
en dehors de lui aucun endoderme bien caractérisé et qu'il ne
présente plus, d'autre part, les faisceaux fibreux signalés dans la
tige.
Ce dernier caractère est donc une nouvelle différence entre la
partie tubérisée et celle restée grêle. Mais alors faut-il admettre
que ce sont les faisceaux fibreux de l’écorce qui viennent rem­
placer dans le tubercule les faisceaux de soutien du péricycle de
la tige ?
Il serait bien difficile de répondre à celte question. Toute
interprétation est possible et peut être soutenue, mais nous
croyons que le plus prudent est de constater simplement le fait.
Il y a, d’ailleurs, une autre différence entre les deux cas, car,
en concordance avec une sclérification générale moindre, ces
faisceaux corticaux du renflement restent cellulosiques, alors

PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

21

que nous avons vu que sont sclérifiés les faisceaux fibreux du
péricycle.
Dans le cylindre central, le développement très grand du
parenchyme éloigne naturellement les uns des autres les fais­
ceaux libéro-ligneux. Les rayons médullaires élargis (2 à 10
assises de cellules) qui les séparent ne présentent plus trace de
sclérification, non plus que la moelle.
Sur une section transversale, le liber apparaît sous la forme
de petits amas de larges tubes criblés (0n,/m 030 à 0,n/,n 038), et
le bois sous celle des traînées radiales plus ou moins larges. Ces
traînées atteignent presque le centre. Il en résulte que la moelle
est relativement réduite. Elle n’occupe, en effet, que 3 à 4 milli­
mètres dans un tubercule de trois centimètres de diamètre.
D’où celte conclusion que, dans le cylindre central, c'est princi­
palement sur le bois que parle l'épaississement des tissus.
Exactement, sur une épaisseur totale de tubercule de trois cen­
timètres de diamètre, le bois, représenté surtout par du paren­
chyme, occupe une largeur de 8 à 9 millimètres.
Quant aux cellules à tanin, rares dans la lige, on n’en observe
plus dans le tubercule.
En résumé, cette sorte de tubercule de la base de la lige
d’Ophiocanlon firingalavense se distingue donc anatomique­
ment de la lige ordinaire :
1° Par le développement de l’écorce et du cylindre central,
et en particulier, dans ce cylindre central, de la région du bois ;
2° Par la moindre sclérification des tissus en général ;
3° Par élargissement des rayons médullaires, qui restent à
tissu mou ;
4° Par la présence de faisceaux fibreux cellulosiques au voi­
sinage de la périphérie de l’écorce ;
5° Par la disparition, par contre, des faisceaux fibreux sclé­
rifiés du péricycle ;
6° Parla présence de nombreux grains d’amidon dans l’écorce
profonde, les rayons médullaires, les cellules du bois et la
moelle ;
7° Par l’absence de tanin.
Ann. du Musée col. de Marseille. —

série. 7* vol. 1909.

�PASCAL CLAVKHIK
22
Vrille.— Au point de vue de la morphologie externe et interne,
ainsi que du mode d’enroulement, les vrilles des Passiflorées ont
été étudiées pour la première lois par M. Leclerc du Sablon (1),
qui, toutefois, n'a examiné que les vrilles du Passiflora gracilis.
M. Leclerc du Sablon conclut que ces vrilles sont de nature
caulinaire, car elles ont toutes, dit-il, la structure d’une tige jeune,
dont la symétrie axile est à peine modifiée.
Après M. Leclerc du Sablon, M. William Kussell (2) a publié
une nouvelle note sur les vrilles de la même famille. Ce botaniste fait remarquer quq, si l'on, s’accorde sur la nature des
vrilles de Passiflorées, il n’en est pas de même pour leur origine,
et il conclut, après avoir examiné le Passi/lora holosericea Lin.
et le Passi/lora triloba, que la vrille des Passiflorès représente un
rameàu axillaire modifié, qui peut avoir à sa base plusieurs
rameaux secondaires dépourvus de feuilles axillantes.
Les vrilles de YOphiocaulon firingalavensc sont bien ces mêmes
rameaux. Leur structure ne diffère de celle de la tige que par la
réduction du nombre et la grosseur des vaisseaux et aussi par
la sclérification de toute la moelle.
Ce sont là les caractères qu’a relevés M. Leclerc du Sablon.
L’enroulement de ces vrilles s’explique donc comme celui des
vrilles du Passi/lora gracilis.
P é t io l e . — Le pétiole, qui a de 8 à 14 centimères de lon­
gueur, est glabre.
Sa section transversale est presque circulaire.
Les cellules de l’épiderme, plus larges que hautes, sont rem­
plies de chloroleucites.
Le parenchyme sous-jacent débute par une à trois assises de
cellules collenchymateuses, à parois assez peu épaissies, audessous desquelles sont cinq à sept rangées de parenchyme
ordin aire.
Les faisceaux libéro-ligneux sont au nombre de dix. Huit sont
(1) Leclerc du Sablon : Recherches sur l'enroulement des vrilles (Ann. des
Sc. nat. 1887).
(2) W. Russell : Recherches sur les vrilles des Passiflorées (Bull, de la Soc.
bot. de France, 1890).

23
disposés en cercle ; deux extérieurs, plus petits, se trouvent vers
la face inférieure.
La zone comprise entre ces faisceaux conducteurs et le paren­
chyme périphérique est occupée par de nombreuses et larges
cellules à tanin.
D’autres cellules de même nature se trouvent entre les fais­
ceaux conducteurs et dans la région centrale.
Et nous devons nous garder de passer sous silence ce carac­
tère, qui n’est pas constant dans la famille. Nous ferons donc, au
sujet de cette substance, les mêmes remarques que nous faisions
plus haut pour les cristaux d’oxalate de chaux.
Harins signale dans son travail certaines espèces telles que le
Paropsia grewioides, YAdenia glanca Schinz, etc., chez lesquelles
pétiole et limbe sont totalement dépourvues de cellules à tanin,
tandis que d’autres, comme YAdenia cardiophylla, n’en présentent
que dans le parenchyme et la zone libérienne des grosses ner­
vures, et que d’autres enfin (Adenia Schweinfurthii) n’en ont
que dans le parenchyme lacuneux du limbe.
Notre Ophiocanlon présente ainsi le même cas que YAdenia
cardiophylla Engl.
En outre des cellules à tanin, le pétiole de YOphiocaulon firingalavense renferme quelques rares cellules à màcles, dans les
assises du parenchyme périphérique et dans la zone à tanin.
Signalons aussi, dans ce pétiole, l’absence complète de fibres ;
c’est là, d’ailleurs, d’après l’auteur allemand, un caractère com­
mun à la majorité des Passiflorées. U Adenia lobata Engl, serait
une des rares espèces où les fibres de la tige persistent dans le
pétiole.
L im b e . — Les cellules à tanin que nous venons de signaler
dans le pétiole se rencontrent encore dans le limbe, où elles
sont exclusivement répandues dans le tissu lacuneux.
Ce limbe, qui a environ 0,n/m230 d’épaisseur, est constitué
par un mésophylle hétérogène. Il est formé, dans la moitié supé­
rieure, par deux à trois assises de parenchyme palissadique,
renfermant de nombreux chloroleucites, et dans l’autre moitié
par un tissu lacuneux riche en tanin.
RI.ANTES TEXTILES EXOTIQUES

�24

PASCAL CLAVERIE

Les épidermes qui limitent ce mésopliylle sont tous deux cons­
titués par des cellules plus larges que hautes; toutefois celles de
la face supérieure sont plus grandes que celles de la face inté­
rieure. Nous n’avons observé de nombreux stomates que sur
cette dernière face.
F r u it . — Le fruit de YOpliiocaulon firingalauense dont nous
allons décrire l'anatomie mesurait 8 cent. 1/2 de longueur sur
2 cent. 1 2 de largeur. Nous l'avons examiné, en section transver­
sale, vers la région médiane et près du sommet. Au niveau de la
région médiane, la paroi përicarpique est essentiellement com­
posée de deux couches bien distinctes, l’une externe et dure,
l’autre interne et molle.
La zone externe est recouverte d'un épiderme formé de cellules
plus larges que hautes. Cette zone périphérique, de 0m/m 175
d’épaisseur moyenne, comprend cinq à six rangées de cellules
scléreuses, dont l’épaisseur et la sclérification diminuent pro­
gressivement de dehors en dedans.
La zone interne est beaucoup plus épaisse (1m/m 400) ; elle est
composée de cinq à sept assises de cellules à section polygonale,
de 0,,’/ra 000 de largeur, et d'un nombre à peu près égal de cellules
plus grandes (0ra/m 100 à 0,n/m 115). Toutefois, intérieurement,
cette zone est bordée par une ou deux rangées de cellules beau­
coup plus petites ; la dernière assise est à cellules étroites
(0“VU036) et peu hautes (0n,/m018 à 0m/,n 022).
Dans le parenchyme mou sont de nombreuses cellules à tanin.
L’état de nos échantillons, très desséchés, ne nous a pas per­
mis de bien examiner les faisceaux libéro-ligneux.
Vers le sommet du fruit, la structure histologique générale est,
en quelque sorte, l’inverse de la précédente : c’est la zone externe
sclcrifiée qui est la plus épaisse. Les cellules à tanin, très nom­
breuses, ne sont pas seulement disséminées dans le tissu mou,
mais encore dans cette partie scléreuse.
F a isc e a u x f ib r e u x . — Nous devons faire ici une étude spé­
ciale des faisceaux fibreux dont nous avons seulement plus haut
signalé la localisation : ce sont ces faisceaux qui pourraient, à

25
l’occasion, faire considérer YOpliiocaulon firingalauense comme
une plante textile.
On peut réussir à les isoler de la façon suivante : les liges sont
débarrassées de leurs feuilles, puis légèrement écrasées ; on les
débite ensuite en lanières, d’où les libres sont mises en liberté
par suite d’une friction qu’on leur fait subir, en les passant, par
exemple, entre le doigt et un instrument tranchant, ou plus
simplement entre deux doigts.
Les faisceaux fibreux, qui, comme nous l’avons vu, ne sont
entourés que de tissus mous, s’isolent aisément.
C’est ce qu’a lait sur place, à Madagascar, M. Perrier de la
Bathie, qui nous a envoyé celle sorti* de filasse ainsi préparée.
Les filaments fibreux sont relativement souples lorsqu’ils
proviennent de jeunes pousses; ils sont plus roides et plus
cassants, mais légèrement plus résistants, lorsqu’ils ont été
extraits de vieilles tiges.
Des expériences nous permettent, au reste, de préciser cette
ténacité. Nous avons pris des filaments de huit centimètres de
longueur, à l’extrémité de chacun desquels nous avons suspendu
des poids.
Il a fallu mettre 630 grammes pour faire rompre un filament
de 0n,/m210 de diamètre. Dans un autre essai, où le brin n’avait
que 0"7”' 105 d’épaisseur, il a fallu 600 grammes. Dans un troi­
sième, 700 grammes ont été nécessaires pour briser un brin de
0m/,n 225 de diamètre moyen.
En résumé, après dix essais, nous avons reconnu que la résis­
tance moyenne serait environ de 618 grammes. Le maximum
atteint 775 grammes, le minimum 470. C’est une ténacité qui, en
somme, est faible.
Nous avons dit plus haut comment se présentent les éléments
fibreux qui constituent ces filaments. Ajoutons ici que ces élé­
ments isolés, soit par simple grattage, soit après macération
dans le liquide de Schulze, se présentent sous la forme de fais­
ceaux allongés, effilés à leurs deux extrémités.
Leur longueur, qui égale quelquefois 1 millimètre, peut attein­
dre l m/m850 et a, comme moyenne, 1mjm 500.
Les fibres sont très lignifiées. La pldoroglucine et l’acide
pl a n t e s t e x t il e s ex o tiq u es

�26
PASCAL CLAVERIE
chlorhydrique les colorent en rouge violet, le chlorhydrate
d'aniline en jaune paille, la naphlylamine ou le sulfate de thalline en orangé; l'iode et l’acide sulfurique en jaune brun. Toutes
ces colorations sont bien celles de la lignine.
nov. sp.
Nous avons indiqué, à propos de l’espèce précédente, les prin­
cipaux caractères qui séparent des Ophiocaulon le genre Adenia ;
et nous avons dit que ces caractères sont peu nombreux et de
faible importance.
La première espèce d Adenia que nous allons étudier est une
liane très commune sur la côte occidentale de Madagascar;
elle se trouve surtout, d’après M. Perrier de la Bathie, dans les
bois secs, sur les terrains d’ailleurs les plus divers.
Morphologiquement, elle offre tout de suite une ressemblance
d’autant plus grande avec YOphiocaulon firingalavense que sa tige
est encore renflée, à la base, en une sorte de tubercule de 12 à
15 centimètres de diamètre, tandis que cette même tige n’a, un
peu plus haut, que 6 à 8 centimètres.
Cette très grande similitude d’aspect explique que les Sakalaves donnent à VAdenia, le même nom d'olabaij qu’à YOphiocaulon. Ils ne semblent pas distinguer les deux plantes.
La base de la lige est dressée sur une longueur de 1 mètre à
lm50; les branches redescendent parfois jusqu’à terre pour
s’élancer sur les arbres voisins, sur lesquels elles se fixent à
l’aide de leurs fortes et nombreuses vrilles raméales simples.
Ces vrillés ont, en moyenne, 10 à 12 centimètres de longueur.
Lorsque la tige atteint une certaine grosseur (4 à 6 centimètres
de diamètre), elle se couvre de gros mamelons irréguliers, dis­
posés en lignes plus ou moins sinueuses. Ces tubérosités ne
s’observent pas sur les branches.
Les liges fraîchement coupées exhalent une odeur singulière,
rappelant à la fois la rose et les épiçes.
Les feuilles, qui sont alternes, sont glabres — ce qui est rare
dans le genre Adenia — longuement pétiolées et ne sont pas aussi
polymorphes que celles de YOphiocaulon firingalavense. Le péAdenia olaboensis

27
liole a environ 5 centimètres, pour un limbe de 7 centimètres de
longueur; il porte, près du limbe, deux glandes sessiles, tandis
qu’il n’y en a qu’une sur celui de YOphiocaulon. Le limbe est
semi-circulaire ; il est presque aussi large (10 centimètres) que
long (10e/m'/*); il a une petite pointe, à peine indiquée, au sommet.
Il est vert foncé sur la face supérieure, vert blanchâtre sur la
face inférieure. A sec, les nervures, qui sont saillantes sur celte
dernière face, se détachent un peu en blanc sur le fond verdâtre;
et ce caractère, sur des échantillons d’herbier, peut contribuer
à différencier YAdenia que nous nommons olaboensis de YOphio­
caulon firingalavense, chez lequel les nervures sont verdâtres
sur fond clair. La nervation est palmée, et les cinq nervures
principales se séparent presque toujours au sommet même du
pétiole. La hase du limbe n’est pas cordée comme elle l’était
dans YOphiocaulon ; elle ost presque droite, ou aiguë vers le
pétiole, avec une légère concavité de part et d’autre. La plante
est dioïque.
Le réceptacle de la fleur mâle, qui a la forme d’une cloche très
haute, est porté sur un pédoncule de 2 à 3 centimètres de lon­
gueur. Les cinq sépales sont soudés environ vers la moitié de
leur hauteur; les lobes ainsi formés ont 1 centimètre, à peu près,
de longueur sur 2 millimètres de largeur, sont jaunâtres, recour­
bés en arrière depuis la base, et se terminent par une sorte de
cuiller, à concavité tournée vers le centre de la fleur. Les cinq
pétales, qui alternent avec les cinq sépales, sont plus courts et
plus membraneux que ces sépales; ils sont dressés, ef recourbés
seulement au sommet. L’androcée comprend cinq étamines
alternipétales. Les filets, libres sur toute leur longueur (6 millU
mètres), sont surmontés d’anthères jaunâtres, poilpes suivant
leur ligne axile, basifixes, déhiscentes par deux fentes longitu­
dinales. Les grains de pollen sont arrondis, de 0m/m030 à 0m/m035
de diamètre, à membrane lisse, avec un seul pore. Il y a cinq
staminodes et un rudiment d’ovaire.
, La fleur femelle est portée par un pédicelle de lc/m5 de lon­
gueur. Son périanthe ressemble à celui de la fleur mâle. Les
dimensions des sépales sont à peu près les mêmes ; les lobes ont
7 à 8 millimètres de longueur et 2,n/m*/* de largeur, aussi bien à
la base que vers le sommet, qui est arrondi brusquement.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�PASCAL CLAYERIE
28
Les pétales ont de 5 à 6 millimètres de longueur et 2 milli­
mètres de largeur. Opposés aux sépales sont cinq staminodes,
avec lesquels alternent cinq petites pièces ienflées. La couronne,
que nous avons trouvée peu développée chez YOphiocaulon firin­
galavense, est encore plus réduite dans notre Adenia ; elle est
représentée par cinq petites pièces de lmr iji de longueur, sou­
dées avec les pétales. Celle forte réduction affaiblit quelque
peu l’intérêt des caractères différenciels ordinairement indiqués
entre les genres Adenia et Ophiocaulon. Par toutes les espèces
jusqu’alors connues on tendait, en effet, à admettre que la
couronne était,de façon générale,plus développée chez les Adenia
que chez les Ophiocaulon. Nous voyons, par la présente espèce,
que ce caractère n’est nullement absolu, et qu’il peut être des
Adenia faisant exception, et qui ont une couronne même plus
rudimentaire que celle d’Ophiocaulon. L’ovaire, glabre et ovoïde,
d’un demi-centimètre de hauteur, est porté, dans notre espèce,
par un gynophore de même longueur ; le style est court, épais,
terminé par un stigmate trifide, à lohes charnus et cordiformes.
Le fruit est une capsule ovoïde, de 3 à 4 centimètres de lon­
gueur sur 15 à 20 millimètres de largeur, terminée en pointe au
sommet ; elle s’ouvre en trois ou quatre valves. A l’intérieur
sont de nombreuses graines lenticulaires, de 4 à 5 millimètres
de diamètre, arillées, et disposées suivant ordinairement trois,
ou quelquefois quatre placentas pariétaux. Ces petites graines
présentent à leur surface une ornementation nette, consistant
en petites alvéoles polygonales sur les deux faces larges et en
une ligne saillante continue sur le bord. Elles sont de moindres
dimensions (4 à 5 millimètres, que les graines d'Ophiocaulon
firingalavense (6 à 8 millimètres) ; leur ornementation est aussi
plus irrégulière.
Par l’ensemble de tous ces caractères, notre plante est bien un
Adenia ; elle présente, en résumé, comme tous les Adenia, des
fleurs unisexuées, portées sur des réceptacles en forme de clo­
che, des ovaires slipilés, des feuilles entières, dont les pétioles
sont pourvus de glandes à leur sommet, et des fruits déhiscents
en 3 ou 4 valves, renfermant des graines à tégument dur et
alvéolaire. Tous ces caractères sont ceux du genre Adenia.

29
Mais ce serait, croyons nous, une espèce nouvelle, car elle se
distingue toujours, par quelque point, des espèces voisines que
nous connaissons.
Il faut tout d’abord naturellement mettre à part les espèces où
les feuilles sont pennées (comme YAdenia membranifolia) ou
celles qui n’ont pas de vrilles (Adenia pellala Bak.)
Les espèces les plus voisines seraient YAdenia hederæfolia,
YAdenia seriensis Engl., /’Adenia irisecla Mast. et YAdenia lobata
Engl.
Notre Adenia se sépare notamment de YAdenia hederæfolia :
1° par les moindres dimensions de ses fruits (3 à 4 centimètres
seulement au lieu de 12 à 13) ; 2° par la forme de ses feuilles,
qui sont entières et non échancrées ; 3° par la moindre longueur
du pédoncule floral de la fleur mâle (2 à 3 centimètres dans
notre espèce, 10 à 13 chez VA. hederæfolia Bak).
Elle se distingue de YA. senensis par ses feuilles entières et
par l’absence de couronne bien développée dans la fleur mâle, et
de YAdenia trisecta par ses feuilles entières et par la longueur
des pétioles, comparée à celle des pédoncules floraux.
Elle se sépare de YAdenia lobata, à tronc trigone, par son tronc
cylindrique, puis aussi par ses feuilles non polymorphes et par
ses fleurs sans couronne développée.
Il n’est pas possible davantage de la confondre, par ses feuilles
et par ses fleurs, avec YAdenia antongiliana Tul., dont les feuilles
sont fréquemment cordées et lobées, avec un pétiole relativement
court (3 à 4 centimètres), et dont les lleurs sont notamment à
lobes calicinaux fortement ovales, au lieu d’être à bords droits.
Nous désignerons par conséquent ce nouvel Adenia sous le
nom d'olaboensis, qui rappelle le terme d'olaboay sous lequel les
Sakalaves désignent, en même temps que cette plante, YOphiocaulon firingalavense, mais qu’ils ne semblent pas appliquer aux
autres espèces d’Adenia El la dénomination spécifique que nous
choisissons a peut-être un avantage, celui de rappeler précisé­
ment le rapprochement qu’il y a peut-être, en effet, lieu de faire
entre cet Adenia et YOphiocaulon firingalavense.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�30

PASCAL CLAVERIE

Morphologie interne. — Nous avons eu à notre disposition un
tronc assez gros (YAdenia ; nous en décrirons donc l’anatomie,
après que nous aurons examiné une tige grêle. Nous étudierons
ensuite les feuilles et les fruits.
T ige (fig. 2). — La tige mince dont nous donnons la structure
a 3n,/m 1/2 de diamètre ; sa périphérie est occupée par une
zone subéreuse de 0 0 4 8 à 0m/m050 d’épaisseur, formée de
cellules 1res serrées les unes contre les autres, à parois extrême­
ment épaisses.

F ig. 2. — Section transversale d’une tige d'Adenia olaboensis
!

:

■

!

. La région corticale est assez réduite, puisque, dans cette tige
de 3m/m 1/2 de diamètre, elle n’a que 0m/'” 150 d’épaisseur. Le
cylindre central occupe donc une largeur de 3'nl'n 200 ; les
diverses régions se répartissent ainsi : 0ra/m840 pour la moelle;

PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

31

1m/m600 pour le bois, 0,n/m480 pour le liber, et 0in/m280 pour le
péricycle.
Le cylindre central est donc proportionnellement beaucoup
plus développé (deux fois environ), par rapport à l’écorce, qu’il
l’était dans YOphiocaulon firingalavense.
Cette écorce, qui ne contenait, dans l’espèce précédente, que
des mâcles, possède chez YAdenia olaboensis des cristaux et des
màcles. Elle se rapproche, à cet égard, de l’écorce de YAdenia
venenata FL, dans laquelle, d’après M. Harms, il y a ces deux
formes cristallines, alors que, dans la plupart des Adenia
(A. aculeala Oliv. ; A. globosa Engl., etc.), c’est plutôt le cas dq
YOphiocaulon.
La répartition des cristaux et des mâcles dans l’écorce d’d,
olaboensis n’est, d’ailleurs, pas quelconque ; les cristaux, qui se
présentent sous la forme de losanges plus ou moins gros, sont
exclusivement dans certaines cellules des deux ou trois assises
corticales sous-jacentes à la couche subéreuse ; les mâcles sont
dans les cellules des assises plus profondes.
Dans l’écorce sont, en outre, quelques rares sclérites isolés,
qui se présentent, en section transversale, sous la forme de
grosses cellules à contour polygonal, à parois fortement épaissies
et sclérifiées.
Le péricycle est hétérogène, comme celui de YOphiocaulon
firingalavense. Les cordons scléreux qui le parcourent sont à
section ovale et sont séparés les uns des autres par des inter­
valles de trois ou quatre rangées de cellules. Certains de ces ilôts
mesurent à peine 0m/m048 de longueur et 0m/m038 de largeur ; les
Autres 0m/m150 sur 0ni/m090. Un faisceau de 0m/m120,de longueur
et de 0m/m090 de largeur renferme environ 125 à 150 libres ; un
autre, de section circulaire,a 0m/m042 de diamètre et est composé
de lj8 à 20 éléments fibreux. Ces fibres sont à section polygonale
et de grosseur variable ; les unes ont 0m/m005 de diamètre, tan­
dis que les autres ont 0m/m015. Le canal central est dans toutes
excessivement réduit.
Lorsqu’on fait agir sur l’ensemble du faisceau certains réactifs,
tels que le pliloroglucine et le sullate de thalline, on remarque
que les parois propres des fibres prennent une coloration toujours

�32
PASCAL CLAVERIE
beaucoup moins forte que la substance cellulaire qui réunit les
fibres entre elles. M. Sanio a déjà signalé le fait chez le Passiflora
snberosa Lin. et Harins l’a également constaté chez YAdenia
Schweinflirthii et diverses autres espèces. D’après ce dernier
anatomiste, le ciment serait la paroi primaire de la libre, qui se
sclérilierait fortement et engloberait les libres dans une sorte de
réseau.
Chaque cordon fibreux est en face d’un faisceau libéro-ligneux.
Les amas libériens de ces faisceaux sont séparés radialement
les uns des autres par des rayons médullaires, dont certaines
cellules contiennent des màcles et dont d’autres se sont transfor­
mées en éléments scléreux. Par suite de la sclérification des
rayons médullaires à ce niveau, la zone de bois primaire forme
un anneau continu autour de la moelle. Les faisceaux secon­
daires, au contraire, sont séparés entre eux par des rayons
médullaires restés à tissu mou. Chacun de ces faisceaux, d’autre
part, est traversé suivant le sens tangentiel par des assises égale­
ment non lignifiées, qui le divisent en plusieurs îlots superposés;
et chacun de ces îlots est formé soit de vaisseaux et de fibres,soit
exclusivement de libres. La moelle, qui est sclériliée à sa péri­
phérie, renferme des màcles, des grains d’amidon et de nom­
breuses cellules à tanin. On observe, au reste, aussi de ces
cellules lanifères dans l’écorce, dans le péricycle et dans les
rayons médullaires. En outre, dans les rayons médullaires,
l’amidon est abondant.
T ronc . — Nous avons fait deux sections transversales de tige
âgée, l’une dans un tronc de 3 cent. 7 de diamètre et l’autre dans
un tronc de 8 cent. 5.
Dans le premier, l’écorce n’a qu’une épaisseur de 0"7m425 ; et
la même région ne mesure guère, dans le second, que 0m/m450.
Cette zone corticale est donc mince dans le tronc comme dans
les tiges grêles.
A tous autres égards, d’ailleurs, il y a de grandes ressem­
blances anatomiques entre ces liges d’àges différents. Cristaux
et màcles sont aussi distribués de la même manière ; les cellules
à tanin et les cellules scléreuses se trouvent respectivement

33
dans les mêmes régions. Toutefois, tandis que, dans les liges
jeunes, ces cellules scléreuses sont isolées, ou réunies au plus
par deux ou Lois, elles forment dans les gros troncs des groupes
de 8 à 20 éléments. De plus, les vaisseaux fibreux péricycliques,
qui sont très rapprochés dans les tiges minces, sont séparés
dans les troncs par des bandes de 20 à 25 assises de parenchyme.
Liber, bois et moelle n’offrent aucune particularité.
R am eaux . — Les rameaux se distinguent mieux anatomique­
ment des liges, que celles-ci soient encore grêles ou soient
devenues de vieux troncs. Et les principaux caractères différen­
tiels sont, dans ces rameaux : le grand développement de la
moelle, qui a 1m/m3 de diamètre pour une branche de 3 milli­
mètres d’épaisseur, alors qu’elle n’a que 0m/m840 dans une tige
de 3m/m5 ; l’absence totale de cellules scléreuses et de cellules à
màcles; la diminution considérable du nombre des cellules
à cristaux ; la grosseur plus grande des faisceaux fibreux
péricycliques.
Ces faisceaux fibreux ne sont séparés, d’ailleurs, comme dans
les jeunes tiges, que par deux à quatre assises de parenchyme;
ils sont de section circulaire ou ovale.
Les uns ont 0,n/m100 de diamètre, les autres 0m/m175; cer­
tains, moins nombreux, mesurent O1"/'"215 de longueur et
0,Il/m 175 de largeur. Dans la lige grêle, ces mêmes cordons
n’avaient, au plus, que O1"/1” 150 de diamètre.
Les fibres qui les composent sont encore de section polygo­
nale; elles ont, en moyenne, 0m/m015 d’épaisseur; certains cepen­
dant mesurent 0m/m 018 à 0 m/m020, grosseur que n’atteignaient
jamais les libres des cordons fibreux des troncs ou des petites
liges.
Mais si les fibres sont plus grosses, le canal central est aussi
plus large ; il est généralement au moins égal à l’épaisseur de la
paroi, tandis qu’il était presque imperceptible dans les fibres de
la lige. Pour les autres régions du rameau signalons seulement
que les rayons médullaires sont scléri liés au niveau du bois et
que la moelle et le péricycle renferment quelques cellules à
tanin.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�34

PASCAL CLAVER1E

V r il l e . — La vrille ne diffère du rameau que par la réduction
du nombre et de la grosseur des vaisseaux et par la sclérifïcation
complète de la moelle.
P é t io l e . — Le pétiole est glabre et de section tranversale
ir régu 1ière ment arrondie.
Les cellules épidermiques, plus larges que hautes, limitent un
parenchyme dont les cinq à sept premières assises sont formées
de cellules collenchvmateuses.
L’assise contiguë à l’épiderme est remplie de cristaux d’oxalate
de chaux. Les rangées profondes, formées de grandes cellules
polygonales, possèdent quelques rares màcles et de nombreuses
cellules à tanin.
Les faisceaux libéro-ligneux sont au nombre de dix. Huit sont
disposés en cercle ; deux extérieurs, plus petits, se trouvent vers
la face inférieure. C’est la même disposition que nous avons
déjà vue chez YOphiocaulon firingalauense.
Les seules différences à signaler entre les pétioles de ces deux
genres sont la présence constante de cristau'x dans YAdenia
olctboensis et le moins grand nombre de cellules à tanin dans
cette espèce que dans YOphiocaulon.
L im be . — Le limbe de YAdenia olaboensis, comme celui de
YOphiocaulon firingalauense, renferme de nombreuses cellules à
tanin. Mais, dans ce dernier genre, ces cellules étaient exclusi­
vement dans le tissu lacuneux ; elles sont, au contraire, toutes
réunies dans le parenchyme palissadique, chez notre Adenia.
Ce parenchyme peut être composé d’une à deux assises de
cellules ; mais les cellules à tanin sont toujours immédiatement
sous l’épiderme.
Le parenchyme lacuneux occupe environ les deux tiers de
l’épaisseur du inésopliylle.
Les épidermes sont, comme chez YOphiocaulon firingalauense,
dépourvus de poils ; et la face inférieure seule présente de nom­
breux stomats.
F r u it . — Comme nous l’avons dit plus haut, le fruit de notre
Adenia est une capsule de 3 à 4 centimètres de longueur et de 15
à 20 millimètres de largeur.

35
Pour nous rendre compte de la structure anatomique du péri­
carpe, nous avons fait des coupes transversales au milieu et
vers le sommet de celle capsule.
L’épaisseur du péricarpe desséché est très faible ; elle est de
0m/m200. Mais elle devient beaucoup plus grande lorsqu’on
traite au préalable le fruit par une solution de potasse; elle
atteint en ce cas 1,n/m 050.
Entre les deux épidermes le péricarpe est composé de deux
régions bien distinctes : extérieurement est une zone scléreuse,
d©0n7 ? 000 d’épaisseup, et de quatiQ.ou cinq assises de cellules, à
laquelle succède intérieurement une région parenchymateuse
de 0m/m960 où sont les faisceaux libéro-ligneux.
Dans la zohe scléreuse, les cellules des deux à trois rangées les
plus externes sont à parois très épaissies ; l’assise ou les assises
plus internes, tout en étant toujours sclérifiées, sont à cellules
plus grandes, avec parois beaucoup plus minces.
Dans la zone interne, restée parenchymateuse, on observe des
cellules a tanin, qui sont particulièrement nombreuses au voisinage des faisceaux.
Ces faisceaux sont normalement orientés; en dehors de
chacun d’eux est un énorme cordon fibreux (0m/m 660) extra­
libérien.
Les fibres qui constituent ces cordons sont toujours lignifiées
et chacune d’elle est traversée par un canal central relativement
large. Elles sont réunies en très grand nombre (300 environ).
Les faisceaux sont séparés de la couche scléreuse par sept à
huit assises de parenchyme.
Au sommet du fruit, le seul caractère anatomique à indiquer
est la présence d’un plus grand nombre de cellules scléreuses, et,
par contre, la moindre épaisseur du tissu mou.
G r a in e . — Nous avons déjà dit que nous ne connaissons,
comme élude antérieure de la structure des téguments sémi­
naux des Passiflorées, que la description qu’a donnée M. Brandza
pour le Passiflora liolosericea.
L’anatomie de l'enveloppe de la graine d'Adenia olaboensis
correspond, d’ailleurs, sensiblement à cette description.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�PASCAL CLAVERIE
36
Dans le tégument de la graine de Passiflora holosericea on
trouve, sous l'épiderme, les régions suivantes : 1° une rangée de
grandes cellules prismatiques, remplies d’un liquide incolore ;
2° une assise de cellules cylindriques, à parois sclérifiées et striées
et 3° une double rangée de cellules tabulaires.
Dans le tégument de nos graines dAdenia olaboensis, nous
trouvons de même, sous l’épiderme externe, des cellules inco­
lores ; mais il y a ici deux rangées au lieu d’une. Plus intérieure­
ment est une assise de cellules allongées radialement, à parois
sclérifiées et striées. Mais la particularité de celte zone scléreuse
est d’être fortement ondulée, et de suivre, par conséquent,
ainsi les ornementations de la surface. Au fond de chaque
alvéole externe correspond, vers l’extérieur, une partie ren­
trante de celle zone, dans laquelle les cellules, en même
temps que naturellement elles sont placées plus bas, sont un peu
plus allongées ; et cet allongement contribue donc encore à faire
proéminer davantage vers l’intérieur chaque partie concave de
l’ondulation.
Sur une section tangentielle du tégument, les cellules sclé­
rifiées, qui sont alors vues transversalement, ont une forme
polygonale.
L’albumen était, dans toutes nos graines, en trop mauvais
état pour qu'il nous ait été possible d’en faire une étude com­
plète. Disons seulement qu'il nous a paru constitué par un tissu
compact, dont les cellules étaient remplies par une substance
jaune verdâtre. Nous avons essayé sans succès les réactifs de
l’amidon et des substances grasses.
R ésum é des caractères anato m iq u es . — En définitive, il est
bien quelques caractères anatomiques qui séparent YAdenia
olaboensis et YOphiocaulon firingalauense ; et les principaux sont
les suivants.
Dans la tige, la présence constante de cristaux simples, de
màcles et de cellules scléreuses est caractéristique pour YAdenia
olaboensis; la lige de YOphiocaulon firingalauense ne contient
que des màcles. Les faisceaux fibreux sont à peu près de mêmes
dimensions dans les deux genres; mais les fibres qui les consti-

37
tuent ne sont pas identiques, car celles de la tige d'Ophiocaulon
firingalauense sont à parois beaucoup plus épaisses que celles de
la tige d'Adenia olaboensis.
Dans les feuilles, les cellules à tanin du pétiole de YOphiocaulon firingalauense sont groupées autour des faisceaux libéroligiieux ; celle du pétiole de YAdenia olaboensis sont dispersées
dans le parenchyme. Dans le limbe, les mêmes cellules sont dans
le tissu lacuneux chez YOphiocaulon firingalauense, et dans le
tissu palissadique chez YAdenia olaboensis.
Dans le fruit, le péricarpe de YOphiocaulon firingalauense est
plus épais que celui de YAdenia olaboensis ; et cette plus grande
épaisseur est due au plus grand développement de la zone sclé­
reuse située immédiatement au-dessous de lepiderme extérieur.
F aisceaux f ib r e u x . — Comme nous l’avons fait pour YOphio­
caulon firingalauense, nous allons examiner dans le sens de la
longueur les faisceaux fibreux dont nous connaissons déjà la
structure en section transversale. La position et la constitution
de ces faisceaux étant la même dans les deux plantes, leur extrac­
tion se fait par les mêmes procédés. Les filaments ainsi isolés
sont blanchâtres. Ils peuvent mesurer jusqu’à 0m50 à 0m65
de longueur.
Pour connaître leur résistance, nous avons opéré, comme pour
le genre précédent, sur des brins d’une longueur de 8 centi­
mètres. Ces brins ont été pris dans la partie médiane de fila­
ments dont les deux extrémités ont été coupées aux distances
voulues.
Et nous avons obtenu les résultats suivants.
Dans un premier essai, il a fallu 350 grammes pour amener la
rupture d’un brin de 0m/m210 de diamètre; dans un second,
360 grammes ont été nécessaires pour briser un brin de 0m/m225;
dans un troisième, il a fallu 378 grammes, le diamètre du fila­
ment étant 0m/m250. Après douze expériences, nous concluons
que la résistance moyenne est environ de 350 grammes (maxi­
mum : 395 ; minimum : 285).
La résistance des filamentsde YOphiocaulon firingalauense était
de 660 grammes ; ces derniers sont donc environ deux fois plus
tenaces que les filaments de Y A dénia olaboensis.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

A nn. du Musée col. de Marseille. — 2e série. 7* vol. 1909.

3

�38
PASCAL CLAVERIE
L’élasticité de ces filaments est â peu près nulle chez les deux
genres. Les éléments qui constituent les cordons libreux d'Adenia
olaboensis se présentent sous la forme de fuseaux allongés, ter­
minés en pointes effilées. Leur longueur oscille entre 0m/m700 et
2 millimètres ; la moyenne est l m/m450.
Au point de vue chimique, ces faisceaux fibreux se compor­
tent comme des éléments ligneux. L’iode et l’acide sulfurique les
colorent en jaune; la phloroglucine et l’acide chlorhydrique en
rouge vif ; le sulfate de thalline en orangé et l'orcine en jaune.
nov. sp.
La seconde espèce d’Adenia que nous allons examiner est une
liane de grandes dimensions, à lige cylindrique brunâtre, recou­
verte, à la base, d’une mince couche de résine verte. Elle croit
principalement dans les bois secs de l’Ambongo, où M. Perrier
de la Bathie l’a récoltée.
Les feuilles sont alternes, simples, et longuement pétiolées. Le
pétiole a environ 3 cent. 1/2, pour un limbe de 8 centimètres de
longueur. Ce limbe est assez polymorphe, car il est ordinaire­
ment trilobé, mais les lobes sont plus ou moins profonds et soni
quelquefois si peu indiqués que le limbe semble à peu près
entier. Dans tous les cas, il est cordé à la base. Lorsqu’il est
entier, ou presque, il est tantôt aussi large que long (9 à 12 centi­
mètres, ou plus, dans les deux sens) et tantôt plus long (10 cent.
1/2) que large (9 centimètres). 11 est vert foncé sur la face supé­
rieure et vert clair sur la face inférieure. La nervation est
palmée ; et les trois ou cinq nervures primaires qui se séparent
au sommet même du pétiole se détachent, à sec, en brun sur un
fond vert clair. Il y a des poils courts sur toutes les nervures de
la face inférieure. Les vrilles sont toujours simples et ont, en
moyenne, 8 à 12 centimètres de longueur.
L’espèce semble dioïque.
Les fleurs mâles sont réunies en épis lâches. Le calice est
composé de cinq pièces calicinales jaunâtres, étroites (2 à 3 mil­
limètres) et allongées (20 à 25 millimètres), rejetées en arrière à
partir de la base de leur partie libre. La corolle est à cinq pétales
Adenia sphœrocarpci

39
blancs, de 16 à 18 millimètres, plus courts, par conséquent, que
les sépales, membraneux, fortement recourbés extérieurement
au sommet. Les cinq étamines sont alfernipétales; les filets,
cylindriques, de 0 à 7 millimètres de longueur, sont libres ; les
anthères, de 4 à 5 millimètres, sont basilixes, à déhiscence
longitudinale.
Nous ne connaissons pas les fleurs femelles.
Le fruit est une capsule plus ou moins globuleuse, de 4 à 6
centimètres de longueur et de 5 à 7 centimètres de largeur, s’ou­
vrant en trois ou quatre valves. Les graines sont nombreuses,
lenticulaires, de 6ra/‘" 1/2 de longueur et 5 millimètres de largeur,
noirâtres, à surface alvéolaire et à bords marqués de petits
sillons. A l’extrémité opposée au hile est un petit mucron.
Mais c’est donc essentiellement la forme des fruits qui sépare
cette espèce de la précédente, puisque ses capsules sont presque
globuleuses au lieu d’être nettement ovoïdes. Elles paraissent
aussi ordinairement beaucoup plus grosses, puisque leur dia­
mètre moyen est égal à peu près à la hauteur des capsules de
YAdenia olaboensis, qui sont, d’autre part, plus étroites.
Nous appellerons cette espèce Adenia sphærocarpa.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

Morphologie interne. — Etudions tout d’abord l’anatomie
d’une tige jeune, appartenant à une plantule issue de la germi­
nation de nos graines.
Dans celte lige, d’un diamètre de 3m/m1/2, la zone corticale,
formée de cinq ou six assises de cellules à section transversale
polygonale, n’occupe pas une épaisseur supérieure à 0m/ra 225 ;
le cylindre central est donc encore très développé. La largeur
totale de ce cylindre central est de 3m/m 050, sur lesquels la
moelle représente 0n,/ra 700.
L’épiderme est constitué par des cellules tangentiellement allon­
gées, séparées de place en place par les ouvertures stomatiques.
Les cellules de l’écorce sont remplies de choroleucites ; certaines
cependant, de même forme que leurs voisines, en sont dépour­
vues, mais renferment alors chacune une grosse màcle, de
0m/m 042 environ de diamètre, ou une petite de 0 m/m024.
Dans le péricycle et dans la moelle nous retrouvons les mêmes

�40
PASCAL CLAVERIE
cellules à màcles, qui manquent, par contre, dans les rayons
médullaires.
Dans le péricycle, en outre, sont dix faisceaux de sclérenchyme, placés en lace de dix faisceaux libéro-ligueux. Ces fais­
ceaux fibreux sont presque tous de forme ovale en section
transversale. Ils sont de diamètres divers : les uns ne sont com­
posés que de dix-huit à vingt files de fibres, tandis que d’autres
... .t

F ig . 3. — Section transversale d’une tige d’Adenia sphœrocarpa

eu ont de trente-cinq à quarante. Les éléments fibreux sont à
section polygonale ; les uns ont ()'"/“ 018 de diamètre, d’autres
Qm/m 024, et les plus gros 0,n/m058. L’épaisseur des parois est à
peu près constante, et elle est le plus souvent égale à environ
0m/m007 ; ce qui revient à dire que le canal central augmente de
grandeur en même temps que la fibre s’accroît en épaisseur.

41
Les faisceaux libéro-ligneux, qui, comme nous l’avons indiqué
plus haut, sont au nombre de dix, sont séparés les uns des
autres par de larges rayons médullaires, formés de cellules
allongées tangentiellement, à parois restées cellulosiques mais
épaissies.
La moelle est constituée par de grandes cellules à section cir­
culaire. Dans une tige plus âgée que la précédente nous trou­
vons (fig. 3) les mêmes cellules à màcles (m) que dans la jeune
tige et nous trouvons aussi des cellules à tanin, ainsi que dans
le péricycle et dans la moelle. Mais c’est par une plus forte
sclérificalion que cette tige, d’autre part, se différencie de celle
d’une plantule. Les faisceaux libéro-ligneux sont plus nombreux
et plus larges; et les rayons médullaires qui les séparent sont
lignifiés. Dans le péricycle, il y a de même un plus grand
nombre de faisceaux fibreux, que séparent seulement des inter­
valles de trois à six assises de cellules parenchymateuses. Ces
faisceaux sont, en outre, plus larges, et peuvent atteindre jus­
qu’à 0m/m435 de plus grand diamètre. Dans la moelle, c’est
aussi l’apparition du tissu scléreux qui est à signaler dans la
zone périmédullaire, absolument comme chez VAdenia
olaboensis.
V r il l e . — La vrille ne se distingue de la tige que par la dimi­
nution du nombre des vaisseaux et la lignification complète de
la moelle (fig. 4).
P é t io l e . — Le pétiole a une section transversale plus ou
moins circulaire. Il est limité par un épiderme analogue à celui
de la tige, au-dessous duquel se trouvent deux à trois rangées
de courts éléments collenchymateux. Le parenchyme central,
qui est formé de grandes cellules arrondies, entoure six fais­
ceaux libéro-ligneux, dont huit sont disposés en cercle ; deux
plus petits, extérieurs, sont situés vers la face inférieure. Les
cellules à màcles et les cellules à tanin sont disséminées çà et
là, dans tout le parenchyme.
L im b e . — Le mésophylle est hétérogène. Sous l’épiderme
supérieur, il y a une ou deux assises de tissu palissadique,
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�PASCAL CLAVERIE
42
comme dans YAdenia olaboensis. Mais les cellules à tanin ici
l'ont défaut, ou plutôt se localisent exclusivement autour des
faisceaux libéro-ligneux des petites nervures. Rappelons que
ces cellules étaient dans le tissu en palissade chez YAdenia ola­
boensis, et dans le parenchyme lacuneux chez YOphiocaulon
firingalavense. Voilà donc un caractère distinctif. Un autre est
la présence des poils sur l’épiderme inférieur ; ces poils sont
unicellulaires et en massue.

F ig . 4. — Section transversale d ’une vrille d’Adenia sphærocarpa
F r u it . — Le péricarpe a à peu près la même structure que
celui de YAdenia olaboensis, dont il diffère surtout par la plus
grande épaisseur de la zone scléreuse. Cette zone est formée ici,
pour un péricarpe de même épaisseur que celui de l’espèce précé­
dente, de 12 à 10 assises. Inversement, bien entendu, la zone de
tissu mou est moins développée. Il y a des cellules à tanin dans
cette zone et aussi dans la partie profonde de la couche scléreuse.

43
G r a in e . — Les cellules de l’assise scléreuse sont beaucoup
plus lignifiées et plus brunes que dans YAdenia olaboensis ; d’où
un aspect brun noirâtre et une consistance plus grande du tégu­
ment. Sous cette assise de grandes cellules cylindriques, sclé­
reuses et striées, sont deux rangs de petites cellules tabulaires.
L’albumen — que nous avons pu examiner sur des échantillons
en assez bon état — présente à la périphérie deux assises de
cellules brunes, en dedans desquelles est un tissu compact de
cellules polyédriques, riches en grain d’aleurone (de 0m/m005 à
0 m/m008 de diamètre).
E n Résumé, retenons surtout, pour YAdenia sphærocarpa, les
divers caractères anatomiques suivants : la présence de cellules à
mâcle et de cellules à tanin dans l’écorce et dans la moelle de la
tige; l’absence de ces cellules dans le mésophylle du limbe; la
présence de poils unicellulaires et en massue sur l’épiderme
inférieur de ce limbe.
F aisceaux f ib r e u x . — Les faisceaux fibreux péricycliques de
YAdenia sphærocarpa, composés de libres de 0m/,n 800 à 2m/m250
de longueur, sont plus résistants que ceux de YAdenia olaboensis.
Ainsi un filament de 0m/m395 de diamètre a supporté, avant de
se rompre, 1 kil. 300; un second, de 0m/m365, s'est rompu sous
une charge de 0 kil. 900 ; un troisième, de même diamètre, a
supporté 0 kil. 930.
La résistance maximum nous a été fournie par un brin de
Qm/m 398 (ie diamètre, qui ne s’est brisé que sous un poids de
1 kil. 395.
La moyenne a été de 0 kil. 855, alors qu’elle est de 0 kil. 350
seulement, c’est-à-dire environ deux fois et demie moindre, pour
les filaments d’Adenia olaboensis.
Cette différence doit s’expliquer par l’épaisseur plus grande
de filaments fibreux de YAdenia sphærocarpa.
Ces filaments ont 2,8 o/o d’eau et 1 o/o de cendres. Au point de
vue chimique, les réactions sont les mêmes que pour l’espèce
précédente.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�44

PASCAL CLAVERIE

nov. sp.
Cette troisième espèce d'Adenia est une liane à racine pivo­
tante, qui croit dans les bois sablonneux de l’Ambongo, à Manongarivo par exemple.
Dans sa partie inférieure elle semble un arbuste. Le tronc, un
peu renflé au voisinage du sol, s’élève en s’amincissant graduel­
lement jusqu’à une hauteur de 2 à 4 mètres. A ce niveau seule­
ment apparaissent les premières ramifications, qui sont rigides,
étalées et dépourvues de vrilles. Et ce n’est qu’au-dessus de
ces premières branches qu’en naissent d’autres, qui sont plus
grêles et portent des vrilles avec lesquelles elles se fixent sur les
arbres voisins.
Les feuilles sont alternes et polymorphes, comme celles de
YOphiocaulon firingalavense et de YAdenia précédent.
Mais, tandis que, chez les deux autres plantes, le limbe pouvait
être entier, et l’était même le plus ordinairement, il est, au
contraire, constamment divisé en cinq lobes chez l’espèce que
nous étudions ici.
Le polymorphisme des feuilles ne porte que sur les lobes: ce
sont seulement ces lobes qui sont ou entiers ou découpés.
Dans le premier cas, le limbe est divisé en cinq lobes par
quatre échancrures profondes qui atteignent presque le pétiole,
ne laissant entre les bases des nervures qu’une toute petite por­
tion du limbe entier.
Les cinq lobes ainsi constitués sont inégaux et de forme lan­
céolée ; le lobe médian est toujours le plus développé et les deux
inférieurs les plus courts. C’est ainsi que, pour un limbe qui
mesure 16 centimètres dans les deux sens, le lobe médian a 12
centimètres de longueur et 6 de largeur ; les deux lobes intermé­
diaires ont 11 centimètres sur 4 cent. 1/2 et les deux inférieurs
8 centimètres sur 3 cent. 1/2.
Dans le second cas, chaque lobe est découpé, à son tour, sui­
vant le mode penné, en présentant 4 à 6 échancrures plus ou
moins profondes, disposées symétriquement.
Toutes ces feuilles sont glabres et longuement pétiolées ; ainsi
un limbe de 16 centimètres de hauteur est porté par un pétiole
Adenia P e rrie ri

45
de 15 centimètres ; un autre, de 6 centimètres a un pétiole de
4 centimètres, etc.
Le sommet du pétiole est toujours pourvu, comme chez tous
les Adenia, de deux glandes, accolées dos à dos.
En plus de ces deux glandes, on en observe quatre autres
petites , situées entre les nervures, dans la partie basilaire
entière du limbe.
Ou, du moins, on trouve ces quatre glandes sur les feuilles du
premier type à lobes entiers; elles manquent sur toutes les
feuilles à lobes découpés que nous avons vues. Les vrilles sont
simples, de 13 à 16 centimètres de longueur. La plante est
dioïque.
Les fleurs mâles sont réunies en groupes de 6 à 10. Dans
chaque groupe, toutes les fleurs sont insérées au même niveau ;
les inflorescences mâles, qui sont donc de petits bouquets, sont
appliquées directement sur le tronc et les rameaux rigides ;
quelques-unes seulement sont sur les rameaux sarmenteux, et
on n’en observe que très rarement sur les jeunes pousses. A la
base de chaque pédicelle floral sont deux petites bractées brunes
de 1 m/m 1/2 de longueur et de 1/2 millimètre de largeur. Ces
bractées sont de forme rectangulaire, plus étroites à la base qu’au
sommet, où les bords sont très irrégulièrement dentelés.
La fleur mâle est portée par un pédicelle de 6 à 8 millimètres
de longueur. La préfloraison du calice est quinconciale. Il y a
deux sépales recouvrants, deux recouverts, et un mi-partie
recouvert, mi-partie recouvrant. Ces sépales sont blanc verdâtre,
de 2 centimètres environ de longueur sur 3 millimètres de largeur,
soudés en tube sur la moitié de leur hauteur. Les lobes sont
en forme de gouttière à concavité tournée vers l’intérieur de la
fleur. Les bords en sont droits et épais lorsqu’ils sont recou­
vrants ; ils sont membraneux et finement dentelés lorsqu’ils
sont recouverts.
La préfloraison de la corolle est valvaire. Les pétales, au
nombre de cinq, sont libres sur toute leur longueur, légèrement
ovales, de 5 à 6 millimètres de longueur, verdâtres à la base,
blancs au sommet.
L’androcée comprend cinq étamines opposées aux sépales.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�PASCAL CLAVERIE
46
Les filets, qui ont de 8 à 14 millimètres, sont soudés entre eux
sur une longueur de 7 à 10 millimètres. Les grains de pollen
sont sphériques, jaunes, à surface alvéolaire ; leur diamètre
oscille entre 0m/m086 et 0“7m042.
Au fond du tube calicinal est un rudiment d’ovaire. Nous
n’avons observé aucune trace de couronne dans les fleurs mâles.
Nous ne connaissons pas les fleurs femelles.
Les fruits sont des capsules ovoïdes, fortement allongées, de
12 à 13 centimètres de longueur et de 3 à 3°/ra 1/2 de largeur.
Le péricarpe est membraneux et s’ouvre en trois valves égales.
Les graines sont disposées sur trois placentas pariétaux.
Ces graines sont lenticulaires, noirâtres, dures, de 5 à 6 milli­
mètres de diamètre, et à surface très fortement rugueuse. Elles
se distinguent très nettement des graines de VAdenia précédent
par leur forme plus arrondie et surtout par le développement
plus considérable des saillies des téguments.
L’espèce est voisine des Adenia antongiliana, réfracta, lobata,
hederæfolia. Mais elle se sépare notamment de VAdenia antongiliana par le renflement basilaire de son tronc, par les plus
grandes dimensions de ses feuilles, par la brièveté de ses pédicelles floraux, par la plus faible longueur de ses filets staminaux. Elle se distingue de VAdenia réfracta par sa tige plus
épaisse, par ses feuilles à cinq lobes, et non à trois, et par ses
fruits beaucoup plus gros (12 à 13 centimètres au lieu de 3 à 4).
Elle se distingue de VAdenia lobata par ses feuilles, qui, dans
cette dernière espèce, sont entières ou trilobées, par l’absence de
couronne dans sa fleur, par la longueur moindre des pédicclles
floraux. Il n’y a aucune confusion possible, non plus, avec
VAdenia hederæfolia. Nous nommerons donc cet Adenia VAdenia
Perrieri.

Morphologie interne. — Nous avons vu tout à l’heure que
VAdenia Perrieri possède à la fois des rameaux rigides, dépourvus
de vrille, et des rameaux plus minces, flexibles, grimpant à
l’aide de vrilles raméales.
Examinons donc d’abord une lige grimpante; nous verrons
ensuite par quels caractères la tige rigide s’en distingue.

47
R am eaux g r im p a n t s . — Dans une tige de 3m/m 1/2 de
diamètre, la région corticale occupe environ 0m/m 140 d'épais­
seur, le péricycle 0m/ni 125, le liber et le bois 0,n/ra 700. La moelle,
qui se détruit de bonne heure, a une largeur totale de lm/m1/2.
L’épiderme est formé, comme chez les espèces précédemment
étudiées, par des cellules tangentiellement allongées, à parois
externes très épaissies.
L’écorce comprend cinq à six rangées de cellules irrégu­
lières, lâchement unies entre elles. Certaines de ces cellules
contiennent des inâcles de 0m/m030 environ de diamètre.
Dans le péricycle, les faisceaux de sclérenchyme, au nombre de
trente-six, sont disposés, pour la plupart, en face des faisceaux
libéro-ligneux et sont séparés les uns des autres par deux à huit
assises de cellules parenchymateuses.
La section transversale de ces faisceaux fibreux est circulaire
ou. plus souvent, ovale. Leur diamètre est variable ; certains,
en effet, n’ont que 0,n/m140; d’autres, au contraire, mesurent
jusqu’à 0m/m350 de largeur et 0m/m365 de longueur.
Les cellules fibreuses qui composent ces faisceaux sont à sec­
tion transversale polygonale. Les unes, très petites, n’ont que
Qm/m012 de diamètre ; d’autres, et ce sont les plus nombreuses,
ont 0,n/m020 ; d’autres enfin, situés à la périphérie du cordon,
mesurent jusqu’à 0m/m036.
L’épaisseur des parois des fibres est à peu près constante ; elle
est égale à environ 5 millimètres, et cela aussi bien chez les
fibres de grand diamètre que chez les fibres étroites.
Le liber, qui est constitué par de larges tubes criblés et des
cellules libériennes, forme de gros amas séparés les uns des
autres par les rayons médullaires.
Dans le bois, remarquons la lignification des rayons médul­
laires entre les faisceaux.
La moelle est également sclérifiée à sa périphérie ; sa partie
centrale se détruit rapidement. Dans quelques cellules paren­
chymateuses de cette moelle, ainsi que des rayons médullaires,
sont des mâcles d’oxalate de chaux.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�48

PASCAL CLAVERIE

R ameaux d r essés . — Les rameaux dressés sont ordinaire­
ment plus gros que les branches grimpantes, puisqu’ils corres­
pondent à une région plus basse, et par conséquent plus âgée, de
la plante. Celui de ces rameaux que nous avons examiné avait
8 millimètres de diamètre, dont 0m/m525 pour l’écorce, 0m/m150
pour le péricycle, l m/m225 pour le liber, 1 millimètre pour le
bois et 2 millimètres pour la moelle.
Les mâcles, qui étaient rares dans la tige grimpante, sont, au
contraire, ici très nombreuses, et aussi plus grosses ; elles se
trouvent d’ailleurs, dans les mêmes tissus.
Les faisceaux fibreux péricycliques sont beaucoup plus éloi­
gnés les uns des autres que précédemment.
Dans le liber, il y a de nombreuses fibres libériennes, qui
manquaient dans les branches grimpantes. Ces fibres libériennes
sont beaucoup plus larges que les fibres péricycliques ; elles
ont, en moyenne, 0m/m060, et l’épaisseur de leurs parois oscille
entre 0m/m010 et 0n,/m012.
Dans le bois, la grosse particularité à relever est la non-sclérification des rayons médullaires, qui étaient à tissu dur dans les
rameaux grimpants. Il est très possible que cette différence soit
à attribuer au mode décroissance, les branches qui grimpent
ayant tendance à sclérifier leurs tissus, tout comme les vrilles.
En tout cas, non seulement, dans les tiges dressées, les rayons
médullaires restent parenchymateux, mais on remarque, en
outre, dans les faisceaux mêmes des bandes tangentielles de
tissu mou qui manquaient dans les tiges grimpantes.
La moelle ne présente aucun caractère distinctif.
V r il l e . — L’anatomie de la vrille est la même que celle de la
tige grimpante. Elle ne s’en distingue que par la sclérification
plus accentuée de la moelle et par la disparition presque com­
plète des mâcles.
P é t io l e . — Le pétiole a une section transversale ovale. Il est
limité par un épiderme analogue à celui de la tige. Au-dessous
sont trois rangées de cellules arrondies, fortement épaissies aux
angles.
Le parenchyme central, qui est formé de grandes cellules

49
polygonales, entoure dix faisceaux libéro *ligneux, dont huit
sont disposés en cercle ; deux, plus petits, sont en dehors de ce
cercle, sur la face inférieure.
Les cellules à mâcles, assez peu nombreuses, ne s’observent
que dans le tissu extérieur aux faisceaux.
Il n’y a pas de cellules à tanin.
L im b e . —Le limbe de VAdenia Perrieri est hétérogène, comme
celui des feuilles des Adenia déjà décrits.
Il est constitué sous l’épiderme supérieur par une à deux
assises de tissu palissadique, et sur la face inférieure par une
couche de tissu lacuneux.
Il se distingue des limbes des espèces précédentes par l’absence
complète de cellules à tanin.
On se souvient que, chez VAdenia olaboensis, ces cellules sont
toutes réunies dans le parenchyme palissadique, tandis que, chez
YAdenia sphærocarpa, elles sont exclusivement autour des fais­
ceaux libéro-ligneux. Ici ces cellules manquent, comme d’ailleurs
dans la tige ; et celte disparition complète des cellules à tanin dans
tous les organes nous semble une caractéristique microchimique
de l'espèce.
Quant aux mâcles, on en observe quelques-unes de grande
taille dans les deux sortes de tissus.
Les épidermes sont, comme chez YAdenia olaboensis, dépourvus
de poils ; l’épiderme inférieur porte de nombreux stomates.
p l a n t e s t e x t il e s e x o t iq u e s

En

r ésu m é ,

les g ra n d s c a ra c tè re s a n a to m iq u e s de l’espèce
s o n t : l’a b se n c e de c ellu les à ta n in et la p résen ce de cellu les à
m â c le s d a n s l’éco rce et d a n s la m o elle de la tige ; et l’ab sen ce de
c e llu le s à ta n in et la p résen ce de cellu les à m â cles d a n s les d eu x
so rte s d e p a re n c h y m e du lim b e.

nov. sp.
Comme le précédent, cet Adenia croît dans les bois sablon­
neux de l’Ambongo. C’est une liane à tiges cylindriques vert
noirâtre. Les feuilles sont entières, cordiformes, arrondies laté­
ralement, obtuses ou un peu aiguës au sommet, longuement
Adenia ambongensis

�50
PASCAL CLAVERIE
pétiolées. Leur aspect rappelle beaucoup celui des feuilles
entières ou presque entières de YAdenia sphærocarpa, et d’autant
plus que les nervures de la face intérieure sont garnies des
mêmes poils; mais, alors que l'indication plus ou moins légère
des lobes élargit toujours un peu le limbe au-dessous du som­
met, dans YAdenia sphærocarpa, ce limbe est plus rétréci au-des­
sous de ce sommet (qui est ainsi plus ou moins régulièrement
triangulaire) dans YAdenia que nous nommons ambongensis.
Les pétioles, qui sont presque cylindriques et munis supérieu­
rement d’une paire de glandes, ont de 3 à 10 centimètres de lon­
gueur ; les limbes ont de 9 à 15 centimètres de longueur sur (5 à
13 centimètres de largeur.
Les vrilles sont simples, longues de 10 à 15 centimètres.
L'espèce, d'après M. Perrier de la Bathie, est quelquefois
dioïque ; mais le plus souvent le même pied porte des fleurs des
deux sexes.
Nous n'avons pu voir la disposition de ces fleurs sur les
branches. La fleur mâle est portée par un pédicelle de 20 à
22 millimètres de longueur. Les cinq sépales ont de 20 à 25 milli­
mètres de longueur et 3 à 4 millimètres de largeur ; ils sont
soudés en tube sur le quart environ de leur hauteur. Les lobes
sont entiers et glabres, en forme de gouttière à concavité tournée
vers l’intérieur. Les cinq pétales sont libres ; ils sont moins longs
et moins larges que les sépales, mais plus membraneux. Les filets
staminaux, qui ont 8 à 10 millimètres de longueur, ne sont unis
entre eux que tout à fait à la base. Les anthères sont jaunes et
basifixes. Les grains de pollen sont sphériques, jaunes, à sur­
face alvéolaire; leur diamètre oscille entre 0m/m050 et 0m/m060.
Au fond du tube calicinal est un rudiment d’ovaire. En outre
vers le milieu de la hauteur de ce tube sont 5 staminodes.
La fleur femelle est plus grande que la fleur mâle ; elle mesure,
en moyenne, 28 à 30 millimètres de hauteur.
Les sépales, disposés dans le bouton en préfloraison quinconciale, ont 2c/ml/î à 3 centimètres de longueur et 2 à 3 milli­
mètres de largeur ; ils sont soudés entre eux sur une hauteur
de 6 à 8 millimètres.
Les pétales sont blancs, membraneux, de 1(3 à 18 millimètres
de longueur, et enroulés en dehors.

51
L’ovaire, qui est très allongé, est porté sur un petit pédicelle;
il est surmonté de 3 styles distincts, de 5 à 6 millimètres de lon­
gueur, terminés chacun par un stigmate en forme de cœur. Les
ovules, anatropes, sont portés, la plupart du temps, par 3
placentas pariétaux, quelquefois seulement par 2.
Quant aux fruits, nous ne croyons pas que ceux que nous
avons vus fussent arrivés à leur complet développement. Le
plus gros était, à l’état sec, une capsule jaune brunâtre, ovoïde,
(4c/,n5 de hauteur sur 1c/ra'/* (^e largeur), portée par un pédon­
cule de 1 centimètre de longueur.
Nous n’avons encore pu rapprocher cette espèce &lt;YAdenia
d’aucune de celles déjà décrites; nous l’avons donc nommée,
ainsi que nous l’avons déjà dit, Adenia ambongensis.
Morphologie interne. — Examinons successivement, au point
de vue anatomique, la tige, les vrilles, les feuilles et les fruits.
T ig e . — L’écorce est mince ; dans une tige de 4 millimètres
environ, elle n’a en effet, comme épaisseur, que 0ra/m215. Le
cylindre central occupe donc presque toute la largeur de la tige.
L’épiderme est constitué, comme chez toutes les Passiflorées
que nous avons déjà examinées, par une rangée de cellules tangentiellement allongées, que recouvre une cuticule très épaisse.
L’écorce comprend cinq à sept assises de cellules polygonales,
dont quelques unes renferment des màeles d’oxalate de chaux de
0m/m036 à 0m/ni 040 de diamètre.
On se souvient que la présence exclusive des màeles dans cette
région s’observe chez l'Ophiocaulon firingahwense et chez quel­
ques autres Adenia tels que YAdenia lanceolala, YAdenia repanda.
Le péricycle renferme un très grand nombre de cordons
fibreux très rapprochés.
La section transversale de ces cordons est ou circulaire ou
ovale; ils sont de diamètre très variable; les plus petits ont
0m/m085, les plus gros 0n,/m195.
Dans un faisceau de 0in/m095 de diamètre, il y a environ 45 à
50 fibres; dans un autre, de 0,n/m180 sur 0m/m160, il y en a en
moyenne 120 à 140.
Ces éléments fibreux sont à section polygonale et de diamètre
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�PASCAL CLAVEKIE
52
variable; certaines cellules ont à peine 0,u/m008; les autres
0m/m018 à 0m/ni 020.
Les parois sont épaisses, puisqu’une fibre de 0m/m008 a un
lumen d’environ 0m/m001. On peut dire que le canal central est
inférieur ou, au plus, égal à l’épaisseur de la paroi.
Sous le péricycle, liber et bois forment, avec les rayons médul­
laires, deux anneaux concentriques, circonscrivant une moelle
qui se détruit de bonne heure.
Un certain nombre de ces cellules médullaires, de mêmes
dimensions que leurs voisines, renferment des màcles semblables
à celles de l’écorce. C’est donc la même disposition que celle de
YAdenia repanda d’après M. Harms.
Le liber, qui est dépourvu de fibres, forme de petits îlots
séparés les uns des autres par de larges rayons médullaires.
Le bois ne nous offre aucun caractère saillant.
Par contre, signalons la sclérification qui apparaît d’assez
bonne heure dans les rayons médullaires, au niveau du bois et
dans les assises périphériques de la moelle.
En plus des màcles d’oxalate de chaux, la tige de cet Adenia
est riche en tanin ; on en observe dans l’écorce, le péricycle, les
rayons médullaires et la moelle.
Dans une tige plus âgée, le bois et le liber ont acquis de nou­
veaux éléments et se sont accrus en épaisseur. En même temps,
dans le péricycle, sont apparus, en dedans de chaque cordon
fibreux, de grosses cellules scléreuses, réunies par deux ou trois.
V r il l e . — Aucune particularité n’est à signaler dans la vrille.
C’est un rameau, et son anatomie ne diffère de celle de la tige
précédemment décrite que par la plus grande sclérification des
rayons médullaires et surtout de la moelle, qui persiste tout
entière.
P é t io l e . — Le pétiole, qui a de 4 à 5 centimètres de longueur,
est glabre et est de section transversale ovale.
L’épiderme est semblable à celui de la tige. Le parenchyme
sous-jacent débute par deux à quatre assises de cellules collenchymateuses, au-dessous desquelles sont cinq à sept rangées de
parenchyme ordinaire.

53
Les faisceaux libéro-ligneux sont au nombre de sept. Cinq
sont disposés en cercle; deux extérieurs plus petits se trouvent
vers la face inférieure.
Tout autour des faisceaux, comme d’ailleurs à l’intérieur du
cercle qu’ils forment, sont de nombreuses et grosses cellules à
tanin. En outre, le parenchyme périphérique renferme çà et là
quelques rares màcles.
Cette répartition de ces cellules est absolument celle qu’on
observe chez 1’Ophiocaulon firingalauense.
L im b e . — Les cellules à tanin sont encore très nombreuses
dans le limbe de notre Adenia ; il y en a, du moins, dans les
nervures et dans le tissu lacuneux.
Le limbe, qui a environ 0,n/m 250 d’épaisseur, est constitué
par un mésophylle hétérogène. Il est formé dans sa moitié supé­
rieure par deux à trois assises de parenchyme palissadique et
dans l’autre moitié par un tissu lacuneux riche en tanin.
F r u it . — Nous répétons que le fruit que nous avons examiné
n’était pas complètement développé. Entre les deux épidermes
sont deux zones bien distinctes : l’extérieure est formée d’un tissu
compact; celle qui avoisine l’épiderme interne est constituée par
des cellules plus grandes et plus lâchement unies entre elles.
Dans ces deux zones sont disséminées des cellules à tanin, plus
nombreuses cependant vers le centre qu’à la périphérie.
Les faisceaux libéro-ligneux, situés à égale distance des deux
épidermes, ne sont pas accompagnés de faisceaux fibreux.
E n r é s u m é , notons dans cet Adenia ambongensis la présence
de cellules à màcles et de cellules à tanin dans l’écorce et la
moelle de la tige, et la présence de cellules à tanin dans le tissu
acuneux du limbe.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

DC.
Le genre Deidamia est caractérisé par ses feuilles composées
pennées et par ses Heurs hermaphrodites, pourvues chacune
d’une couronne formée d’un double disque.
Le Deidamia Thompsoniana DC. est une liane assez peu
4
A nn. du Musée col. de Marseille. — 2’ série. 7' vol. 19U9.
Deidam ia Thompsonicma

�54

PASCAL CLAVERIE

répandue dans le nord-ouest de Madagascar. M. Perrier de la
Batliie ne l'a trouvée que dans l'Arabongo, dans une forêt sèche
et rocailleuse, à sol jurassique, du Tampokelsa.
La tige est cylindrique, glabre, et mesure en moyenne 10 à 15
centimètres de diamètre au niveau du sol. Chaque feuille est
ordinairement à cinq folioles ovales, à peu près égales, de 8 à
11 centimètres de longueur sur 3 à 4 centimètres de largeur. Le
pétiole principal est relativement long (3 centimètres pour une
feuille de 12 centimètres) ; les pétioles secondaires, au contraire,
sont courts, d’un demi-centimètre à peine. A la base de chacun
des deux pétioles secondaires, au point où il s’insèrent sur le
pétiole principal, est une glande ; en outre, sur ce pétiole prin­
cipal, à 1 centimètre environ au-dessous de ce niveau d’insertion
des deux premiers pétioles secondaires, sont deux autres glandes
analogues.
Les inflorescences sont des eymes de quelques fleurs à longs
pédicelles. Les cinq sépales sont blancs, de 12 à 15 millimètres
de longueur, presque libres, insérés sur les bords d’un récep­
tacle cupuliforme. Les cinq pétales sont également blancs, de
même longueur que les sépales, soudés entre eux seulement vers
la base, et recourbés un peu intérieurement. Il y a huit étamines
verdâtres, à filets libres, basilairement dilatés. Les anthères
sont oscillantes et renferment un pollen de couleur orangée,
constitué par une multitude de petits grains de 0 m/m048 à
0m/‘" 052 de diamètre, à surface alvéolaire. Chacun de ces grains
présente trois pores, disposés à égale distance les uns des autres.
L’ovaire est jaunâtre, ovoïde, glabre, à une loge.
Le style est droit, simple, est terminé par un stigmate blanc,
divisé en cinq lobes frangés.
La couronne est formée extérieurement par des appendices
filamenteux, velus, orangés, et intérieurement, par des pièces
membraneuses blanchâtres.
De Candolle n’a pas décrit les fruits, et malheureusement nous
ne les connaissons pas non plus.
Morphologie interne. — Examinons, au point de vue anato­
mique, la lige, les vrilles et les feuilles.

55
T ige (flg. 5). — Le cylindre central est encore ici très large ; il
occupe environ les 10/11 de l’épaisseur totale de la tige. L’écorce,
qui ne mesure donc que 0m/m300 à 0m/m350 dans une tige de
5n,/m400 de diamètre, est constituée sous l’épiderme par cinq à
six assises de cellules collenchymateuses à parois assez épaissies,
contre lesquelles sont trois à quatre rangées de cellules plus
grandes, arrondies, lâchement unies entre elles.
l’LANTES TEXTILES EXOTIQUES

F ig . 5. — Section transversale d’une tige de Deidamia Thompsoniana

Nous n’avons observé ni cristaux, ni màcles dans cette écorce.
L’épiderme est formé par une assise de cellules aussi hautes
que larges, recouvertes par une couche cuticulaire beaucoup
moins épaisse que celle qui revêt la tige de YAdenia ambongensis.
Le péricycle, qui occupe à peu près, de chaque côté de la tige,
une largeur de 0m/ni 150, renferme des faisceaux de selérencliyme de divers diamètres. Les uns ont seulement 0m/m 210 sur

�PASCAL CLAVERIE
56
0m/m 120 et renferment 90 à 100 libres; les autres cylindriques
mesurent 0m/ul 350 et contiennent 280 à 300 fibres.
Plusieurs faisceaux voisins s’unissent latéralement et cons­
tituent des cordons fibreux de forme rubanée.
Les cellules fibreuses qui composent ces faisceaux sont à sec­
tion transversale polygonale. Leur diamètre oscille entre
0n,/m012 et 0n,/m026. L’épaisseur des parois est relativement
faible, puisqu’un fibre de 0m/,u 018 de diamètre a un canal
central égal au moins à 0m/m 610.
Le liber est divisé en amas par des rayons médullaires dans
lesquels on trouve quelques rares màcles d’oxalate de chaux.
Le bois primaire est constitué par des groupes de vaisseaux,
de diamètre moyen, disposés en séries radiales et accolés les
uns aux autres. Le bois secondaire est composé de vaisseaux
très larges, isolés, séparés les uns des autres par de nombreuses
fibres ligneuses à parois très épaissies. Les rayons médullaires
sont lignifiés au niveau des deux sortes de bois.
La partie centrale de la moelle, qui reste cellulosique, se
détruit de bonne heure, tandis que les cinq à six assises péri­
phériques, qui sont sclérifiées, persistent. La moelle, pas plus
que l’écorce, ne paraît contenir des cristaux ou des màcles.
V r il l e . — Nous trouvons ici un caractère que nous n’avons
pas encore observé chez les vrilles des Passillorées déjà exami­
nées, caractère qui paraît assez anormal et que pourtant nous
avons relevé sur plusieurs coupes transversales de diverses
vrilles de ce Deidamia Thompsoniana. On a vu que l’anatomie
des vrilles de Passillorées est la même que celle d’un rameau,
avec seulement quelques différences portant sur la constitution
du bois et de la moelle, ordinairement plus sclérifiée dans les
vrilles. Chez le Deidamia, ces mêmes différences entre la vrille et
la tige se remarquent, mais, d’autre part, on observe dans la
vrille la disparition des amas fibreux péricycliques de la tige.
P é t io l e . — Le pétiole est de sec!ion transversale plus ou
moins ovale ; il présente cependant deux replis symétriques sur
la face supérieure.
Les cellules épidermiques sont analogues à celles de la tige.

57
Le tissu sous-jacent débute par cinq à six assises de cellules
collenchymateuses, à parois fortement épaissies, au-dessous
desquelles sont des cellules polygonales, laissant entre elles de
petits méats. Çà et là, on observe dans ce tissu quelques màcles
de 0m/m012 à 0ni/ni018 de diamètre.
Les faisceaux libéro-ligneux forment denx arcs. L’un, le plus
étendu et le plus rapproché de l’épiderme inférieur, tourne sa
partie convexe et son liber du côté de cet épiderme; l’autre,
composé d’un nombre beaucoup moindre de vaisseaux et de
tubes criblés, est orienté inversement. En outre de ces deux
arcs, et beaucoup plus rapprochés de la face supérieure, sont
quatre autres petits faisceaux de même constitution que les
premiers, mais tournant leur liber respectivement vers les deux
faces latérales.
Le pétiole du Deidamia Thompsoniana ne renferme aucune
cellule à tanin.
L im b e . — Le limbe est à mésophylle hétérogène. Il est formé
dans sa partie supérieure par une à deux assises de tissu palissadique, et au-dessus de l’épiderme inférieur par du tissu
lacuneux.
Certaines cellules des deux tissus renferment des màcles, mais
aucune ne contient de tanin.
Les épidermes qui limitent le mésophylle sont tous deux com­
posés de cellules plus larges que hautes ; toutefois celles de la
face supérieure sont plus grandes que celles delà face inférieure.
De face, ces cellules épidermiques sont polygonales. Nous
n’avons observé des stomates que sur la face inférieure.
Les petites nervures sont de petits faisceaux entourés de
parenchyme ordinaire.
Les nervures principales ont la même constitution, mais pos­
sèdent, en outre, à leur périphérie, comme le pétiole, du
collenchjmie. Les nervures principales saillent sur les deux
faces du limbe.
E n r é s u m é , les principaux caractères anatomiques du Dei­
damia Thompsoniana sont :
1° Dans la tige : l’absence de cristaux et de màcles dans
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�PASCAL CLAVER1I2
rxs
l’écorce et la moelle ; et la présence d’une cuticule relativement
mince ;
2° Dans la vrille : l’absence d’amas fibreux péricycliques ;
3° Dans le limbe : la présence de cellules à màcles dans le
tissu palissadique et le tissu lacuneux ; et l’absence complète,
par contre, de cellules à tanin dans tout ce mésopliylle.
F aisceaux f ib r e u x . — Les faisceaux fibreux dont nous connais­
sons déjà la position dans la tige, ainsi que l’organisation géné­
rale, présentent, isolés, les propriétés suivantes.
Un filament de 8 centimètres de longueur et de 0"'/n' 437 de
diamètre, a supporté, avant de se rompre, une charge de
520 grammes ; il a fallu 600 grammes pour briser un brin de
0,u/m445 et de même longueur; un troisième brin de 0ra/m 400
de diamètre n’a supporté que 470 grammes, etc. Après dix essais
successifs, nous concluons que la résistance moyenne est envi­
ron de 540 grammes (maximum 640 grammes; minimum : 400
grammes).
Les filaments de Deidamia Thompsoniana sont donc nettement
plus résistants que les brins des divers Adenia examinés ici ; leur
ténacité est très voisine de celle des brins de YOphiocaulon firingalauense, tout en restant cependant légèrement intérieure.
Les libres qui composent les filaments sont des cellules très
fortement allongées, terminées en pointe à leurs deux extré­
mités. Leur longueur varie entre 0m/m650 et ln,/m850 (moyenne
lm/ni 350).
Soumis aux divers réactifs chimiques de la lignine et de la
cellulose, les faisceaux fibreux du Deidamia Thompsoniana se
montrent sensibles aux premiers et indifférents aux seconds.
La phloroglucine et l’acide chlorhydrique les colorent en
rouge; la naphtylamine en orangé, le sulfate de thalline en
orangé aussi ; l’iode et l’acide sulfurique en jaune verdâtre, etc.
Cette teinte jaune verdâtre provient de ce quelques cellules
parenchymateuses restent adhérentes aux cordons fibreux, et se
colorent en bleu sous l’action de l’iode.
La superposition de ces cellules colorées en bleu et de la mem­
brane propre des fibres colorée en jaune fait paraître l’ensemble
jaune verdâtre.

PLANTES TEXTILES EXOTIQUES
Paropsia P e rrie ri

59

nov. sp.

M. Engler pense qu’on devrait séparer le genre Paropsia des
Passiflorées et en faire une petite famille à part. Mais Bâillon,
Oliver et la plupart des botanistes n’admettent pas cette séparatipn; et nous nous rallierons à l’opinion la plus générale.
Nous allons donc, après VOphiocaulon, le Deidamia et les
divers Adenia que nous venons d’examiner, faire l’étude de deux
Paropsia récoltés par M. Perrier de la Bathie.
D’une façon générale, on sait que les Paropsia sont des arbres
ou des arbustes plus ou moins recouverts de poils jaunes, à
feuilles coriaces, alternes et ovales, ordinairement sans stipules.
Les fleurs sont axillaires, petites, blanches ou jaunes, soli­
taires ou quelquefois disposées en cymes. Ces Heurs sont à peu
près semblables à celles du Deidamia 7hompsoniana ; elles sont
donc hermaphrodites et portées sur un réceptacle court, en
forme de coupe.
Le calice est formé par quatre à cinq sépales imbriqués,
oblongs, obtus ou faiblement aigus, souvent velus.
Les pétales sont aussi oblongs, quelquefois linéaires.
La couronne est laciniée; les segments qui la forment sont
ciliés et disposés en face des pétales.
Les cinq étamines sont monadelphes, à filets libres, à anthères
oblongues.
L’ovaire est ovoïde, velu, à une loge, presque sessile ; et le
style qui le surmonte est divisé en deux à cinq branches termi­
nées chacune par un stigmate capité.
Le fruit est coriace ; c’est une capsule subglobuleuse s’ouvrant
en trois valves.
Les graines, nombreuses, sont ovoïdes et pressées les unes
contre les autres.
La première espèce du genre que nous allons décrire est un
arbre de 10 à 15 mètres de hauteur, qui croît dans les bois
rocailleux, gneissiques de la région du Besafotra, affluent de
droite du Meriavava.
Le tronc, qui peut atteindre 25 centimètres de diamètre vers

�PASCAL CLAVEHIE
60
sa base, se continue par une tige de couleur brun clair, verruqueuse, très ramifiée et glabre.
Les feuilles sont simples, alternes, ovales, à bord entier, vert
clair sur la face inférieure, vert plus foncé sur la face supérieure.
Le limbe est ovale ou elliptique, non cordé, acuminé au
sommet chez les jeunes feuilles, largement arrondi en ce point
chez les feuilles plus âgées. Il mesure, en moyenne, 8 centimè­
tres de longueur sur 4 à ô centimètres de largeur.
Le pétiole est court, puisque, pour un limbe de dimensions
moyennes, il ne mesure que 4 à 7 millimètres; en outre, il est
dépourvu des glandes que nous avons signalées chez l'Ophiocaulon et les Adenia.
Il y a de nombreux poils, non seulement sur les deux faces du
limbe, mais aussi sur le pétiole et les jeunes rameaux.
Les rameaux qui portent les fleurs et les feuilles tombent
chaque année après la maturation du 1ruit, en laissant une
cicatrice sur le rameau purement foliaire.
Les fleurs sont hermaphrodites, solitaires ou réunies par
petits groupes de deux à trois. Elles sont blanches, et sont por­
tées chacune sur un pédieelle de 2 à 3 centimètres de longueur,
pourvu, à une petite distance de sa base, de petites bractées,
verdâtres et velues. Les sépales ont 12 millimètres de longueur
sur 5 millimètres de largeur ; ils sont verts sur leur lace externe,
blancs intérieurement.
Les cinq pétales sont blancs, de 10 millimètres de longueur
sur 4 m/m1/2 de largeur ; ils sont libres jusqu’à leur base.
Toutes ces pièces périantbiques portent de nombreux poils sur
leur face externe, beaucoup moins sur leur face interne.
A l’intérieur du périantbe est une couronne formée de cinq
pièces membraneuses distinctes, plus ou moins profondément
découpées et pourvues, sur le bord, de nombreux poils.
Les cinq étamines sont opposées aux sépales ; elles sont à
filets longs (5 à 6 millimètres), surmontés chacun par une
anthère jaune, de 2 à 3 millimètres de hauteur, dorsifixe,
oscillante.
L’ovaire, qui n’offre aucune adhérence avec les filets des éta­
mines, est sessile, velu, sphérique, à une loge, avec trois pla­

PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

61

centas;il est surmonté par un style trifide, avec trois masses
stigmatiques.
Le fruit est une capsule globuleuse, velue, de 7 à 8 millimè­
tres de diamètre, s’ouvrant en trois valves.
Nous ne connaissons pas les graines.
Par l’ensemble de tous ces caractères, notre plante est incon­
testablement un Paropsia, mais non encore décrit, car elle se
distingue nettement à plusieurs égards des deux espèces les plus
voisines que nous connaissions, et qui sont le Paropsia
grewioides et le Paropsia edulis Tul.
Elle se sépare du Paropsia grewioides par sa plus grande taille
(10 à 15 mètres, au lieu de 3 à 6 mètres), par ses feuilles non
dentelées et très velues, par ses fleurs moins grandes, par la
pilosité du péricarpe.
Le Paropsia edulis est aussi plus petit,a des feuilles dentelées et
plus glabres, des pédicelles floraux plus courts ; et il y a des
staminodes dans la fleur.
Nous nommerons notre espèce Paropsia Perrieri.
Morphologie interne. — Nous étudierons la lige, les feuilles et
les fruits.
T ige. — La branche dans laquelle nous avons fait des sections
tranversales avait 5 m/m 1/2 de diamètre. Sa périphérie est
occupée par un épiderme qui tombe peu à peu, par suite de
l’apparition de deux à trois assises de suber. Et la chute de cet
épiderme explique pourquoi on n’observe plus de poils sur les
tiges âgées, alors qu’ils sont très nombreux sur les jeunes
rameaux.
La région corticale est relativement plus large que dans la tige
des Adenia, précédemment étudiés; elle a environ 0m/m 380 à
0m/m600 d’épaisseur, dans la tige de 5m/m 1/2 de diamètre. Le
cjdindre central occupe donc une largeur de 4m/,u 900.
Le rapport du diamètre du cylindre central au diamètre total
de la lige est donc plus voisin de celui de YOphicaulon firingalavcnse que de ceux des divers Adenia malgaches. L’écorce com­
prend deux zones bien distinctes. A la périphérie sont sept à dix
rangées de cellules collenchymateuses, dont les parois sont

�62
PASCAL CLAVERIK
épaissies à peu près uniformément sur tout leur pourtour ; et,
plus intérieurement, sont huit à dix assises de cellules parenchy­
mateuses arrondies, lâchement unies entre elles. Ces deux tissus
renferment à la fois, et sans aucune régularité, des cellules à cris­
taux simples et des cellules à màcles; mais, si les premières sont
très nombreuses, les secondes sont assez rares. Par contre, on
n’observe pas de cellules à tanin.
Le péricycle, comme chez toutes les Passiflorées que nous
avons examinées, est parcouru par de nombreux faisceaux de
sclérenchyme, dont la section transversale est soit circulaire,
soit ovale. Ces faisceaux sont de diamètre très variable : les uns
n’ont que 0m/m 055, tandis que d'autres mesurent 0m/m102 sur
0 m/m175, et d'autres enfin 0m/m075 sur 0mjm 250. Dans un faisceau
de 0m/’m 102 surOn,/m 175 il y a environ 50 à 00 fibres. Les cellules
fibreuses sont à section transversale polygonale. Les unes, très
petites, n’ont que 0nl/m008 de diamètre, tandis que d'autres
mesurent jusqu’à 0m/m021 (moyenne 0m/,n 016). La membrane de
ces fibres a une épaisseur à peu près constante, qui ne varie
qu'entre 0m/m 003 et 0m/m004.
Le bois est constitué par de grands vaisseaux que réunissent
entre eux des cellules lignifiées et de nombreuses fibres à
parois très épaissies. Les vaisseaux du bois secondaire sont plus
larges que ceux du bois primaire.
La moelle est sclérifiée dans toute son étendue, mais ne paraît
renfermer ni màcles, ni cristaux.
Dans les rayons médullaires, au contraire, il y a quelquesunes de ces màcles. Ces rayons médullaires, au niveau du bois,
contiennent dans leurs cellules, ainsi que la moelle, de nom­
breux grains d’amidon, sphériques ou ovoïdes, de 0 m/n&gt;008 à
0 m/m012 de diamètre.
J e u n e r a m ea u (fig. 6). — L’anatomie d’un jeune rameau est peu
différente de celle des rameaux plus âgés. Les seules différences
à signaler sont : 1° la présence de nombreux poils épidermiques
unicellulaires ; 2° l’absence de liège ; 3° la moindre épaisseur du
bois et du liber . 4° la sclérification moins accentuée des cel­
lules médullaires ; 5° un nombre bien moindre de màcles et de
cristaux dans l’écorce.

63
P é t io l e . — Le pétiole est à section transversale ovale, le
grand axe étant perpendiculaire au plan du limbe. Les cellules
épidermiques, un peu plus hautes que larges, et dont quelquesunes s’allongent en poils semblables à ceux des rameaux, limi­
tent un parenchyme dont les quatre à six premières assises sont
à cellules collcnchymateuses. Les faisceaux libéro-ligneux sont
au nombre de sept; cinq sont disposés normalement, et les deux
autres sont orientés inversement. En dehors du liber de chacun
pl a n t e s t e x t il e s ex o tiq u es

F ig . 6. — Section transversale d ’un ram eau de Paropsia Perrieri

de ces faisceaux, on observe quelques fibres analogues aux fibres
péricycles de la tige. C’est là une disposition que nous n’avions
pas encore trouvée ni chez YOphiocaulon firingalavense, ni chez
nos divers Adenia, ni chez le Deidamia Thompsoniana.
Tout le parenchyme du pétiole renferme de nombreuses cel­
lules à tanin. Il y a aussi quelques cellules à màcles sur le pour­
tour des faisceaux.

�64

PASCAL CLAVERIE

L im be . — La principale nervure du limbe offre la même ana­
tomie que le pétiole. Les faisceaux sont disposés sur deux arcs ;
ils sont toutefois réduits à cinq par suite de la soudure entre
eux des deux faisceaux situés aux deux extrémités de l’arc
inférieur.
Les fibres que nous avons vues pénétrer avec les faisceaux
dans le pétiole persistent dans la nervure.
Le parenchyme renferme cà et là quelques cellules à tanin.
Des màcles assez peu nombreuses se trouvent surtout à la péri­
phérie des faisceaux.
Les cellules à tanin que nous venons de signaler dans le
pétiole se rencontrent encore dans le mésophylle, où elles sont
exclusivement répandues dans le tissu palissadique. La même
disposition, on s’en souvient, peut être observée dans le limbe
de YAdenia sphaerocarpa.
Le mésophylle est hétérogène. Il est formé dans sa partie supé­
rieure par une à deux assises de tissu palissadique, où se trou­
vent exclusivement toutes les cellules à tanin du limbe; intérieure­
ment sont cinq à six assises de cellules arrondies, lâchement
unies entre elles, et dont un certain nombre, réparties assez
irrégulièrement, renferment des màcles.
Les épidermes qui limitent le mésophylle sont tous deux cons­
titués par des cellules plus larges que hautes ; toutefois les
cellules épidermiques de la lace supérieure sont plus grandes
(0m/m030 sur 0m/n'024)et plus régulières que celles delà face infé­
rieure (qui ont tantôt 0m/m018 dans les deux sens, tantôt 0m/m024
à 0m/m030 de largeur et 0m/m020 de hauteur). Les stomates sont
lçcalisés sur cet épiderme inférieur.
F r u it . — Le péricarpe, dontl’épaisseur, à sec, est de 1 ,n/m1.2
environ, est composé d’une zone externe dure et d’une zone
interne à tissu mou.
L’épiderme qui recouvre la zone externe porte de très nom­
breux poils unicelluîaires, coniques. La couche dure est un
tissu de cellules scléreuses, à parois toutefois de moins en moins
épaisses de l’extérieur vers l’intérieur. Les cellules de la première
assise sont riches en tanin. La zone interne, plus épaisse que la

65
précédente, est contituce par un grand nombre d’assises de cel­
lules polygonales ; elle est traversée par les faisceaux libéroligneux normalement orientés et pourvus chacun d’un cordon
fibreux extra-libérien.
p l a n t e s t e x t il e s e x o t iq u e s

Vers l’intérieur de la capsule, le péricarpe se termine par un
épiderme composé de petites cellules allongées tangentiellement
E n r é s u m é , les caractéristiques anatomiques de l’espèce sont :
1° La présence de cellules à màcles et de cellules à cristaux
simples disséminées sans ordre dans l’écorce de la tige ;
2° L’absence de ces mêmes cellules dans la moelle ;

�66

PASCAL CLAVERIE

3° L’absence de cellules à tanin dans toutes les régions de
la tige ;
4° La présence de quelques fibres contre les faisceaux libéroligneux du pétiole ;
5° La présence de cellules à tanin dans le parenchyme palissadique du limbe.
nov. sp.
Celle seconde espèce est un arbuste à feuilles caduques, de 1 à
2 mètres de hauteur, croissant dans les bois sablonneux des
environs de Majunga.
La tige est très ligneuse, à surface verruqueuse, d’un gris rou­
geâtre. Les feuilles, dans les échantillons que nous avons vus,
sont portées par de jeunes rameaux encore très courts, sur
lesquels elles forment de petits bouquets. Elles sont petites,
velues sur les deux faces. Le limbe, qui n’a peut-être pas encore
atteint ses dimensions maxima, est ovale-lancéolé, à bord
entier, obtus ou peu aigu au sommet, de 2 centimètres à 3c/m5
de longueur sur 1 centimètre à 1 e/m5 de largeur. Le pétiole,
velu, est très court (5 à 6 millimètres).
Les fleurs sont solitaires aux aisselles des feuilles des petits
bouquets foliaires. Elles sont pédicellées (5 à H) millimètres),
hermaphrodites et pentamères.
Les cinq sépales sont jaunâtres, de 4 à 5 millimètres de lon­
gueur et 2 millimètres de largeur, soudés à la base sur une
longueur de 1 millimètre à peine.
Les pétales sont libres, jaunes, avec un liseré brun rouge au
sommet ; ils ont 10 à 13 millimètres de longueur sur 5 à 7 milli­
mètres de largeur. L’onglet a 2 à 3 millimètres de hauteur.
La couronne, formée de cinq pièces soudées, est profondément
laciniée.
Les filets staminaux, libres, sont légèrement aplatis à la base,
cylindriques au-dessus. Les anthères sont oscillantes; les grains
de pollen sont sphériques, à surface alvéolaire.
L’ovaire est sessile, légèrement velu, sphérique, uniloculaire,
avec de nombreux ovules sur trois placentas pariétaux. Le style
Pciropsia in tegrifolia

67
est divisé dès la base en trois branches, dont chacune se termine
par un stigmate en forme de cœur.
Les fruits sont brunâtres, légèrement velus; ceux que nous
avons vus —étaient-ils complètement développés? — avaient 6
à 8 millimètres de diamètre. Ils contiennent de nombreuses
graines.
Ce serait surtout du Paropsia guineensis et du Paropsia Dewevrei que notre plante se rapprocherait. Mais elle diffère du
Paropsia guineensis par ses feuilles à limbe non denté, par ses
fleurs solitaires, par la faible hauteur de sa couronne, par la
pilosité des fruits. Elle se distingue du Paropsia Dcwevrei par son
limbe entier et velu, par la brièveté du pétiole,par ses fruits plus
petits.
D’autre part, elle s’éloigne de notre Paropsia Perrieri par sa
moindre hauteur, puisque ce n’est qu’un arbuste, parla couleur
de sa tige, par les dimensions relatives inverses du calice et de
la corolle, par la forme des pétales et parla soudure des pièces
de la couronne, qui sont libres dans le Paropsia Perrieri.
Morphologie interne. — Nous avons encore étudié la tige, les
rameaux, les feuilles et les fruits.
T i g e . — La branche dans laquelle nous avons fait des sections
transversales avait 3mjm 1/2 de diamètre. Extérieurement est une
zone subéreuse de 0,n/m040 d’épaisseur, formée de trois ou
quatre assises de cellules à parois épaisses, très serrées les unes
contre les autres. L’assise phellogène prend naissance dans la
quatrième ou cinquième assise corticale ; le phelloderme qu’elle
donne est composé, dans notre rameau, par cinq à six rangées
de cellules. Le cylindre central est relativement réduit.
Dans l’écorce sont de nombreuses cellules à màeles, irréguliè­
rement disséminés ; mais nous n’avons pas vu de cellules à
cristaux isolés.
Le péricycle est traversé par de nombreux cordons fibreux de
diverses grosseurs et de sections transversales variées. Certains,
cylindriques , ont 0n7m060 de diamètre; d’autres, rendus ovales
par suite de l’accolement de deux faisceaux voisins, mesurent
0"7 ‘n 100 sur 0,,,/m 060 et renferment, en moyenne, soixante à
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�68

PASCAL CLAVERIE

soixante-cinq fibres; d’autres, enfin, ovales sont composés de
vingt-cinq à trente fibres et ont environ 0m/m050 sur 0m/,n 090.
Les fibres qui constituent ces faisceaux sont à section trans­
versale polygonale et de grosseurs diverses ; les unes n'ont que
0ra/m012, d’autres, qui sont les plus nombreuses, ont 0ra/m020
à 0 "7“ 025. Le canal central est très étroit.
Le bois est très dense ; il est composé de vaisseaux de diamètre
moyen et de libres à parois très épaisses. Les rayons médullaires,
à ce niveau, sont étroits et sclérifiés.
La même sclérification atteint la moelle, dans laquelle se trou­
vent, çà et là, des màcles et des cristaux simples.
Ni dans la moelle ni dans les rayons médullaires nous
n’avons trouvé d’amidon ni de tanin.
J eu n e R ameau . — L’épiderme de ce rameau est fortement velu ;
il n’v a pas encore d’apparition de l'assise subéreuse. Les fais­
ceaux libéro-ligneux sont séparés les uns des autres par des
rayons médullaires non sclérifiés. Il n’y a pas encore de fais­
ceaux fibreux dans le péricycle. La moelle, plus large que dans
le rameau plus âgé, n’est pas sclérifiée ; elle renferme de nom­
breux màcles, mais, de même que l’écorce, semble dépourvue
de cristaux isolés.
P é t io l e . — La section transversale du pétiole est plus ou
moins ovale. Les poils de l’épiderme sont unicellulaires, de
longueurs très diverses, les uns à sommet arrondi, les autres
aigus. Le parenchyme sous-jacent à l’épiderme débute par trois
ou quatre assises de collenchyme, au-dessous desquelles les
cellules sont à parois minces. Les faisceaux libéro-ligneux for­
ment un grand arc principal à concavité supérieure; il y a, en
outre, à droite et à gauche, un ou deux petits faisceaux. Au
voisinage de ces faisceaux sont quelques cellules à tanin et de
nombreuses cellules à màcles. Les cellules à cristaux isolés
manquent.
L im b e . — Sous l’épiderme supérieur sont deux ou trois assises
de cellules palissadiques courtes. Il n’y a nulle part de cellules à
tanin.

69
Quant aux màcles, on en observe de diverses grosseurs au
voisinage des faisceaux des petites nervures.
Les épidermes sont formés par de grandes cellules, qui por­
tent, sur l’un et l’autre, de nombreux poils semblables à ceux du
pétiole. L’épiderme inférieur seul porte des stomates, comme
dans le limbe du Paropsia Perrieri.
F r u it . — Le fruit est une capsule de 6 à 8 millimètres de dia­
mètre. L’épaisseur du péricarpe (gonflé par la potasse) est envi­
ron 0,n/m 815. Entre les deux épidermes le péricarpe est com­
posé de trois régions distinctes : extérieurement est une zone
parenchymateuse, formée de trois à quatre rangées de cellules à
chlorophylle, dont certaines renferment du tanin. La région
centrale comprend cinq à sept assises de cellules sclérifiées très
allongées radialement. Ces cellules forment des bandes séparées
entre elles par du tissu parenchymateux. Vers l’intérieur se
trouvent six à huit assises de cellules polygonales, dont un grand
nombre renferment du tanin. C’est dans cette dernière zone que
sont les faisceaux libéro-ligneux. Vers l’intérieur de la capsule, le
péricarpe se termine par un épiderme formé de cellules aussi
larges que hautes, à parois interne et externe fortement épaissies.
L’épiderme extérieur est semblable à l'interne, mais forte­
ment velu. L’état dans lequel était nos graines ne nous a pas
permis d’en faire l’anatomie.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

E n r é su m é , n o to n s, au p o in t de vue de la m o rp h o lo g ie in te rn e
d u Paropsia integrifolia : la p ré se n c e de n o m b re u se s cellu les à
m à c le s, m a is l’a b se n c e (o u , en to u t cas. la très g ra n d e ra re té )
de c e llu le s à c ris ta u x sim p le s d a n s l’écorce et d a n s la m o elle de
la tige ; l’a b se n c e de cellu les lan ifè res d a n s to u te la tige et d an s
le lim b e fo lia ire .

Résumé
Les diverses espèces nouvelles ou peu connues de Passillorées
que nous venons d’étudier appartiennent aux quatre genres
Ophiocanlon, Adenia, Deidumia et Paropsia.
Le genre Ophiocaulon est caractérisé : 1° par la disposition
.4/ j /j .

du Musée col. de Marseille.

—

2e série. 7« vol. 1909.

5

�PASCAL CLAVERIE
70
de ses fleurs unisexuées, qui sont ordinairement petites, et à
l’intérieur de chacune desquelles est une couronne peu déve­
loppée ou nulle ; 2° par l’ovaire sessile ou peu stipilé de la fleur
femelle ; 3° par la présence d’une seule glande au sommet du
pétiole. C’est par ces mêmes caractères que VOphiocaulon firingalanense diffère de nos quatre Adenia.
Ceux-ci se distinguent ainsi entre eux, d’autre part.
Les feuilles sont peu polymorphes, et toujours entières et sans
poils, dans YAdenia olaboensis; elles sont polymorphes, toujours
lobées et glabres, chez YAdenia Perrieri ; elles sont polymorphes,
entières ou trilobées, mais velues inférieurement, chez VAdenia
sphærocarpa ; elles sont toujours entières, et velues sur la face
inférieure, chez YAdenia ambongensis.
Dans les quatre espèces, la fleur est sans couronne.
Au point de vue anatomique :
La tige de YAdenia olaboensis est à écorce mince, dans laquelle
sont des cellules à cristaux simples (vers la périphérie), des
cellules à màcles (surtout dans les assises plus internes), quel­
ques cellules à tanin et des cellules scléreuses. Il y a des cellules
à màcle dans le péricycle et dans la moelle, et de nombreuses
cellules à tanin et de l’amidon dans la moelle.
Dans la tige de YAdenia sphærocarpa, les màcles sont dissé­
minées irrégulièrement dans l’écorce, la moelle et le péricycle.
On n’observe plus de cristaux simples. Les cellules à tanin sont
les unes dans l'écorce, les autres dans la moelle.
La tige de YAdenia Perrieri, qui nous a paru dépourvue de
tanin, ne contient pas, non plus, de cristaux isolés, mais il y a
des màcles dans l’écorce, dans le péricycle et dans la moelle.
La tige de YAdenia ambongensis renferme des màcles et des
cellules à tanin dans l’écorce, le péricycle et la moelle.
Les feuilles, quoique toujours formées par un mésophylle
hétérogène, offrent également quelques caractères différentiels
assez nets dans nos quatre espèces.
Les feuilles de YAdenia olaboensis, qui sont sans poils,renferment
de nombreuses cellules à tanin, disséminées toutefois exclusivementdans le tissu palissadique du limbe. On n’observe pas de
màcles.

71
Les feuilles de YAdenia sphærocarpa, velues inférieurement,
ne présentent de màcles dans aucun tissu. Les cellules à tanin
sont localisées autour des faisceaux libéro-ligneux, même de
ceux correspondant aux plus petites nervures.
Les feuilles de YAdenia Perrieri ne renferment pas de tanin,
mais présentent, par contre, des màcles dans les tissus palissadique et lacuneux. Les feuilles de YAdenia ambongensis possè­
dent des cellules à tanin, mais réparties uniquement dans le
tissu lacuneux.
Ces quelques caractères peuvent se résumer dans le tableau
suivant :
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

sans poils

Cellules à tanin réparties dans le tissu palissadique. Adenia olaboensis.
Pas de cellules à tanin. Adenia Perrieri.

avec des poils
inférieurem ent

Cellules à tanin autour des faisceaux libéroligneux. Adenia sphærocarpa.
Cellules à tanin dans le tissu lacuneux. Adenia
am bongensis.

Feuilles

Le Deidamia Thompsoniana a pour caractères anatomiques
distinctifs : la présence, dans la tige, d’une zone collenchymateuse sous-épidermique et l’absence, dans celte tige, de cellules
à cristaux simples, de cellules à màcles et de cellules à tanin,
aussi bien dans la moelle que dans l’écorce ; la disparition des
faisceaux fibreux péricycliques dans les vrilles ; la présence de
cellules à màcles dans tout le mésophylle de la feuille, mais
l’absence de cellules à tanin.
Chez YOphiocaulon firingalavense, la tige ne contient que des
màcles et est dépourvue de cellules à cristaux simples et de
cellules scléreuses ; les cellules à tanin sont rares, et disparaissent
même entièrement dans la partie tubérisée. Dans le limbe, on
trouve de ces cellules à tanin, mais seulement dans le tissu lacu­
neux
Nos deux Paropsia sont bien différents déjà au point de vue de
la morphologie externe.
Le Paropsia Perrieri est un arbre de 10 à 15 mètres de hau-

�— ggjWi

PLANTES TEX TILES EXOTIQUES

leur, à feuilles entières, ovales, grandes ; ses fleurs, en grappes,
ont des sépales plus longs que les pétales.
Le Paropsia integrifolia est un arbuste de 1 à 2 mètres, à
petites feuilles ovales, lancéolées, velues ; ses fleurs, solitaires, ont
des sépales plus courts que les pétales.
Si nous considérons maintenant la structure anatomique :
La tige du Paropsia Perrieri possède, dans l’écorce, des cellules
à cristaux simples et des cellules à màcles, qui manquent dans
la moelle ; les feuilles ont des cellules à tanin dans le tissu
palissadique, et quelques cellules à màcles dans le tissu lacuneux.
La tige du Paropsia integrifolia ne possède dans l’écorce que
des cellules à màcles ; mais la moelle, dépourvue de tanin, pré­
sente des cellules à màcles et quelques cellules à cristaux sim­
ples. Le limbe est sans cellules à tanin ; et il n’y a de màcles
qu’au voisinage des faisceaux libéro-ligneux.

73

CHAPITRE II
M US AC ÉE S

K. Schumann ( 1) a divisé la famille des Musacées en trois
sous-familles: 1° les M u so ïd ées , renfermant le genre Musa;
2° les S t r e l it z o ïd é e s , subdivisées en deux tribus, les Strelitziées
(avec les genres Ravenala et Strelitzia), et les Heliconiées (avec le
seul genre Heliconia) ; 3° les L o w io d ïé e s , comprenant les deux
genres Ixnvia et Orchidantha.
Le genre Musa qui nous intéresse particulièrement est subdi­
visé en trois sous-genres par Baker : la Physocaulis, dont la
tige est à base très épaisse et les fleurs réunies en grand nombre
sous chaque bractée ; les Eumusa à tige allongée, conique et à
base non épaissie, et chez lesquels les fleurs sont groupées en
grand nombre sous chaque bractée ; et les Rhodochlamys, où les
fleurs sont réunies en petit nombre aux aisselles des bractées.
La nouvelle espèce de Musa de Madagascar dont nous allons
faire l’élude, et que nous avons signalée et nommée Musa
Perrieri dans une note antérieure (2), appartient au groupe des
Physocaulis de Baker. C’est, en effet, une plante dont la partie
basilaire de la tige est très épaissie, et dont chaque bractée florale
recouvre un grand nombre de fleurs disposées en deux séries.
Elle est voisine du Musa Ensete Gmel, d’Abyssinie, dont elle se
distingue cependant bien par les quelques caractères que nous
indiquerons plus loin.
Au point de vue anatomique, divers auteurs se sont spéciale­
ment occupés des Musacées ; nous signalerons ici les mémoires
de M. Ross (3), qui a examiné exclusivement les racines de ces
(1) K. Schum ann : Das Pflanzenreich (Musaceœ), (Leipzig, 1900).
(2) P. Claverie : Un nouveau bananier de Madagascar (C. R. Acad, des
Sciences, 13 juin 1905).
(3) Ross : lieitrâge zur Anatomie abnorm. Monokotyl. wurzeln (Berichte der
deutsch. bot. Gesellschaft, 1883).

�PASCAL CLAVERIE
74
végétaux, el celui de M. Petersen (1), qui s’est attaché à l’étude
anatomique des organes aériens des Scitaminées.
M. Petersen nomme couche fasciculaire la partie externe du
cylindre central qui, en dehors rie la moelle, contient les fais­
ceaux libéro-ligneux.
Le même auteur indique, en outre, les principaux caractères
qui différencient l’axe floral de l’axe végétatif, mais nous n’avons
pas à nous occuper ici de ces différences, puisque nous n avons
pas examiné l’axe floral de notre espèce.
Pour la feuille, M. Petersen observe que les variations d'épais­
seur du limbe tiennent à la réduction, tantôt du tissu palissadique, tantôt du tissu lacuneux.
Étudions notre espèce, le Musa Perrieri.

M usa P errieri

nov. sp. (fig. 8).

Plusieurs espèces de Musa indigènes sont connues dans
l’Afrique orientale, maison n’a jamais signalé, à notre connais­
sance, de représentant du genre qui soit spécial à Madagascar.
Tel est le cas cependant pour le bananier que M. Perrier de la
Bathie a rencontré à Ankaladina, dans la région de la Betsiboka,
ainsi que sur les plateaux d’Ankara et du Tampoketsa, près de
la Mahavavy.
Ce bananier, appelé tsirohoroka par les Sakalaves, est une
grande plante de 5 à G mètres de hauteur, donc le tronc est
renflé à la base en un épais tubercule de 2 "' 50 de circonférence.
C’est une espèce sans rejets, qui, d’avril à octobre, est réduite
au tronc et aux gaines, car aucun limbe ne persiste pendant la
saison sèche.
Les racines sont blanches, cylindriques et épaisses. La tige
est entourée des gaines persistantes des feuilles el prend ainsi
l’aspect d’un gros tronc renflé à sa base. Elle mesure, en
moyenne, 2 mètres de circonférence au collet, 2m50 un peu plus
haut (à 50 centimètres de distance), 0m70 seulement au niveau
des feuilles inférieures.
(1) Petersen: Bidrag lil Scilam in. anal. (Danske Vid. Selsk. Skrift ; 1893).

(Cliché tic M. Perrier de la Bathie .

F ig . 8. — M usa P errieri Clav.

�PASCAL CLAVERIE
76
Sur une telle tige on remarque successivement, en remontant
de la base vers le sommet, deux à trois gaines desséchées, trois à
quatre encore vertes, mais courtes, et non appliquées contre le
tronc, puis un nombre variable tle gaines vertes, de plus en plus
longues à mesure qu’elles se rapprochent du sommet, toutes
étroitement appliquées contre le tronc.
Les gaines de l’année seulement sont surmontées de limbes,
qui se dessèchent à la fin de la saison ; ce qui explique l’aspect
particulier du végétal pendant la saison sèche.
Les feuilles (lig. 8) sont pendantes, étalées, et plus ou moin,
déchirées ; leur limbe, vers la base, s’amincit jusqu’à la gaine,
le long de la nervure médiane.
Les inflorescences sont énormes et peuvent peser plusieurs
kilogrammes ; elles sont pendantes et glabres et portent jusqu’à
60 bractées floritères, qui sont de plus en plus petites de la base
au sommet.
La tige qui porte l’inflorescence présente, avant le point de
courbure, deux bractées espacées, semblables aux feuilles, mais
à gaine moins longue.
L’inférieure a 0m80 de longueur, la supérieure 0m50.
A la base de l'inflorescence se trouvent 3 bractées stériles, à
limbe très réduit. La bractée inférieure, qui a 0m60 de longueur
et 0,n 35 de largeur, est pourvue d’un limbe dont la partie molle
forme une simple bordure de 6 à 7 centimètres de largeur, de
chaque côté de la nervure médiane. La bractée supérieure
mesure 0m50de longueur et 0m40 de largeur.
Les autres bractées qui enveloppent les fleurs sont plus petites.
Leur couleur est loin d’être uniforme ; si les bractées des rangées
externes sont vertes, il n'en est pas de même des autres, qui sont
successivement jaunes, roses, violet clair et enfin violettes.
Aux aisselles de chacune de ces bractées sont 18 à 20 fleurs, à
pétales d’un blanc rosé.
Le calice de ces fleurs est formé de trois sépales concrescents,
dont le médian est situé en avant.
La corolle est représentée par un sépale trilobé dont le lobe
médian est aigu et les deux latéraux arrondis.
Des 6 étamines de la fleur typique des Musacées, l’une est

77
toujours avortée dans l’espèce de Madagascar. Les cinq autres
sont à filets blancs et à anthères rosées; elles renferment, dans
leur quatre sac polliniques, des grains de pollen globuleux,
jaunes, à surface verruqueuse.
Le pistil se compose d’un ovaire triloculaire, surmonté par
un style simple que termine un stigmate bifide. Chaque loge
renferme deux rangées d’ovules anatropes horizontaux.
Le régime mûr pèse 25 à 35 kilogrammes. Sa forme générale
est ovale. II mesure environ 60 centimètres de longueur et 50
centimètres de largeur.
Les fruits, appelés voantsirohorolca par les indigènes, sont très
nombreux.
M. Perrier de la Bathie indique qu’il en a compté 210 sur un
seul régime. Ils sont très serrés les uns contre les autres et
entourés par les bractées desséchées de l’inflorescence.
La partie terminale du régime est formée par un cône de fleurs
avortées.
Les fruits du Musa Perrieri sont des baies. Ils sont cylindri­
ques, de 10 à 12 centimètres de longueur sur 3 centimètres de
largeur, un peu rétrécis à la base et au sommet. Le péricarpe est
mince et fortement appliqué contre les graines, de sorte que la
surface du fruit est irrégulièrement mamelonnée.
La pulpe est jaune et est réduite à une mince couche de tissu
parenchymateux riche en amidon. Elle est en trop faible quan­
tité pour que ces fruits séminifères soient comestibles ; en
outre, elle a une saveur amère, même à maturité.
Les graines sont nombreuses, dures, noirâtres, à surface
rugueuse, irrégulièrement ovoïdes, de 8 à 10 millimètres de lar­
geur ; elles présentent, au pôle opposé au hile, une petite plage
lisse légèrement surélevée.
Les Sakalaves recueillent ces fruits, les font dessécher et en
confectionnent des colliers qu’ils portent comme amulettes.
D’ailleurs, ces mêmes indigènes connaissent bien encore, à un
autre point de vue, le Musa, car ils emploient, à l’occasion, le
bord de ses gaines pour en faire des liens et pour confectionner
divers objets de vannerie,
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�PASCAL CLAVERIE
78
Les caractères de notre espèce ne concordent entièrement avec
ceux d’aucune autre espèce déjà décrite.
C’est, ainsi que nous l’avons déjà dit, par son tronc renflé à la
base, par l’absence de rejets, parla forme des diverses pièces du
périanlhe qu elle appartient à la section des Physocaulis ; et elle
se place, par le nombre des fleurs de chaque série et laspect de
ses inflorescences,au voisinage du Musa Ensetede l’Afrique orien­
tale. Mais elle s’en éloigne nettement parle nombre des étamines
et la hauteur de sa tige. Tandis que le Musa Ensete Gmel. a six
étamines, le Musa Perrieri en a cinq.
Il diffère d’autre part, du Musa ventricosa Welw. et du Musa
Schweinfurlhii K. Schum. par la forme de sontépale, qui est tri­
lobé et non entier, du Musa Buchananii Bak. et du Musa superba
Roxb. par la présence d’un nombre plus considérable de fleurs
sous chaque bractée florale (18 à 20 au lieu de 10 à 15) et par ses
inflorescences pendantes. En outre, la forme de ses bractées
ovales le distingue du Musa Buchananii, tandis que ses grosses
graines les séparent du M. superba. Enfin, il ne peut être con­
fondu avec le Musa proboscidea à cause du nombre plus faible de
ses fleurs, de sa tige renflée à la base, de la forme de ses bractées
florifères, ovales mais allongées, et de ses inflorescences beau­
coup plus ramassées. Son port n’est pas, non plus, celui qu’in­
dique Oliver, dans les Icônes, pour le Musa proboscidea Oliv. Et
c’est pourqnoi nous avons cru pouvoir, sans hésiter, considérer
comme une espèce nouvelle le Musa de l’Ambongo.
Morphologie interne. — Nous allons étudier au point de vue
anatomique les feuilles (gaine et limbe), les bractées florales et
les fruits de ce Musa Perrieri. Nous examinerons en même temps,
à titre de comparaison, la structure interne des feuilles de quel­
ques autres espèces du genre (Musa textilis Née, M. Ensete, M.
sinensis).
GAi n e f o l i a ir e . — La gaine foliaire desséchée que nous avons
eue à notre disposition avait 25 centimètres de largeur et 3 centi­
mètres d’épaisseur dans sa région moyenne. A cet état, la face
externe ou inférieure, plus rigide que la face interne, est pO U r­

79
vue de petits sillons longitudinaux. La face opposée présente de
petites dépressions alvéolaires.
Les deux laces sont réunies l’une à l’autre par de nombreuses
cloisons, qui sont toutes perpendiculaires aux épidermes mais
dont les unes sont plus ou moins perpendiculaires et les autres
parallèles à la longueur de la gaine.
Sur une coupe transversale, l’épidenne dorsal, ou inférieur,
qui présente quelques rares stomates, se montre formé par de
petites cellules légèrement plus larges que hautes. Leurs parois
radiales et internes sont assez épaisses, mais la paroi externe a
une épaisseur encore plus grande et est à cuticule épaisse.
Sous cet épiderme est une couche de vingt-trois à vingt-six
assises de cellules parenchymateuses, arrondies et lâchement
unies entre elles. Sous l’épiderme opposé est une couche ana­
logue, mais qui ne comprend que huit à douze rangées de cellules,
d’ailleurs semblables aux précédentes.
El c’est entre ces deux couches que sont les cloisons paren­
chymateuses plus haut signalées, et qui divisent en nombreux
compartiments l’intérieur de la gaine. Ou telle est du moins
l’organisation générale, qui se complète par des faisceaux libéroligneux et par des cordons scléreux.
Les faisceaux libéro-ligneux sont situés :
1° Dans la couche inférieure, c’est-à-dire attenant à l’épi­
derme dorsal ;
2° Dans les cloisons.
Les cordons scléreux se trouvent uniquement dans la couche
inférieure. La couche supérieure, de huit à douze assises de
cellules, est donc complètement dépourvue de ces cordons et de
faisceaux.
Les amas scléreux sont séparés par des intervalles de cinq à
huit cellules; ils se composent chacun de dix à quatre-vingts
éléments, à section transversale polygonale, et de 0n,/m012 à
ü m/m024 de diamètre.
Les faisceaux libéro-ligneux sont disposés suivant trois
rangées.
Les faisceaux libéro-ligneux de la rangée externe sont (fig. 9)
de petit diamètre, et composés chacun d’un tout petit amas libéPL ANTES TEXTILES EXOTIQUES

�PASCAL CLAVERIE

PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

rien et de un à deux vaisseaux très étroits. Certains de ces fais­
ceaux ne renferment comme éléments vasculaires que quelques
trachéïdes. Un gros amas scléreux est accolé contre le liber.
Les faisceaux libéro-ligneux de la seconde rangée ne diffèrent
des premiers que par leur plus grand diamètre. Enfin ceux qui
constituent la rangée la plus interne, et qui sont surtout au
niveau des cloisons, et alors en grande partie dans ces cloisons,
sont (fig. 10) de section transversale très ovale ; le liber y forme
un gros amas et le bois est composé de quelques vaisseaux
étroits et de un à deux larges vaisseaux. De plus, chacun d’eux
est pourvu d'un arc fibreux extra-libérien, composé de cinq à
sept assises de fibres, et d’un tout petit amas scléreux disposé
contre le bois.

naient sont semblables à ceux de la rangée interne de la couche
parenchymateuse dorsale. Tous ces faisceaux sont orientés
normalement.
Les deux couches sous-épidermiques se rejoignent latérale­
ment pour donner sur les bords foliaires une masse cellulaire
compacte qui renferme de nombreux cordons scléreux et des
faisceaux libéro-ligneux riches en fibres. C’est d’ailleurs l’ab­
sence de lacunes en cette région, ainsi que le grand développe­
ment du tissu mécanique, qui donnent aux bords de ces gaines

80

F ig . 9. — Faisceau de la périphérie de la gaine du Musa Perrieri
(gross. 120)
1/épiderme de la face ventrale est plus riche en stomates que
l’épiderme dorsal ; ses cellules sont un peu plus grandes, mais
avec une cuticule très mince.
Les cloisons longitudinales qui relient entre elles les deux
couches sous-épidermiques, et qui limitent donc, dans la gaine,
de grands espaces aérifères, sont formées en épaisseur par
six à huit assises de cellules parenchymateuses arrondies ; et
les faisceaux libéro-ligneux que nous avons dit qu’elles conte­

81

F ig . 10. — Faisceau libéro-ligneux des cloisons du Musa Perrieri
(gross. 170)

une certaine résistance. Les filaments utitisables sont les cor­
dons scléreux et les faisceaux libéro-ligneux entourés de leurs
deux arcs fibreux. Ils peuvent donc provenir de plusieurs
régions. Les uns, et ce sont les plus nombreux, sont extraits de
la zone sous-épidermique inférieure ; les autres appartiennent
aux cloisons transversales; enfin quelques-uns proviennent des
bords.

�PASCAL CLAVERIE
82
Tous ces faisceaux ne présentent cependant pas les mêmes
propriétés physiques. Ceux qui proviennent des bords sont
longs et résistants, ceux qui sont extraits de la région sous-épi­
dermique inférieure ont une résistance supérieure mais une
une souplesse moindre. Enfin les filaments extraits des cloisons
transversales sont longs mais très peu tenaces.
Toutes les cellules parenchymateuses sont bourrées de grains
d’amidon, de formes et de grosseurs diverses. Les uns, allongés
en forme de bâtonnet, ont en moyenne 0m/m084 de longueur et
0n'/m025 de largeur; les autres, ovoïdes, mesurent, pour la plu­
part, 0nVm100 sur 0,n/m075.
Çà et là se trouvent quelques cellules sécrétrices réunies en
files.
L im be . — Nous n’avons pas eu le pétiole de la feuille, mais
examinons le limbe. Comme la gaine, il est limité par deux épi­
dermes, dont l’un, le supérieur, est formé de cellules irrégulières,
aussi hautes que larges, et l’autre de cellules légèrement plus
larges que hautes. Tous deux ont des stomates.
Le mésophylle est hétérogène ; il est composé de une à deux
rangées de cellules palissadiques dans la région supérieure et
d’une couche plus épaisse de tissu lacuneux sur la face infé­
rieure. Ce mésophylle est séparé de chaque épiderme par une
assise de larges cellules à contenu incolore.
Les faisceaux libéro-ligneux sont de deux sortes. Les uns
forment des lames à travers toute l’épaisseur du limbe ; les
autres, plus petits, sont appliqués seulement contre l’hypoderme inférieur. Les premiers comprennent un à deux larges
vaisseaux, entourés de cellules ligneuses, et un petit amas libé­
rien; chacun d eux est pourvu de deux arcs fibreux, extra-ligneux
et extra-libérien, à peu près d’égale épaisseur. Ces arcs fibreux
renferment en moyenne chacun quinze à vingt-cinq éléments.
Les petits faisceaux, qui ont la même constitution générale
que les gros, ne possèdent qu’un seul arc fibreux sur le bord
libérien.
Les fibres qui composent ces arcs scléreux sont de même
forme et de même grosseur que les fibres des faisceaux libéroligneux de la gaine.

83
Au voisinage des faisceaux se trouvent des cellules sécrétrices
superposées en files. Ces cellules renfermaient, dans nos échan­
tillons desséchés, un contenu tannique brun rougeâtre.
N e r v u r e . — La nervure médiane qui traverse longitudinale­
ment le limbe présente comme la gaine, dont elle semble bien
la continuation, un tissu très lacuneux. Son parenchyme est
réduit à deux couches sous-épidermiques d’inégale épaisseur,
réunies l’une à l’autre par des cloisons plus ou moins
épaisses. Mais ici les cellules immédiatement accolées à l’épi­
derme inférieur ont leurs membranes épaissies et lignifiées, et
elles semblent correspondre à l’hypoderme membraneux du
limbe.
La disposition des faisceaux libéro-ligneux et des cordons
scléreux est à peu près la même que dans la gaine.
Dans la nervure,cependant, la couche sous-épidermique supé­
rieure est traversée par quelques faisceaux libéro-ligneux
disposés sur une seule rangée ; on se souvient qu’aucun fais­
ceau n’occupait celle position dans la gaine. Çà et là, et surtout
au voisinage des faisceaux libéro-ligneux, on observe des cel­
lules sécrétrices disposées en files.
Tous les faisceaux libéro-ligneux sont pourvus soit d’un seul
arc fibreux extra-libérien, plus rarement extra-ligneux, soit de
deux arcs scléreux.
D’une façon générale, ce sont les faisceaux périphériques de la
face inférieure qui possèdent un seul arc puissantextra-libérien ;
les faisceaux de la seconde rangée de la même face, ainsi que
ceux qui traversent les cloisons transversales, sont pourvus de
deux arcs fibreux inégalement développés ; enfin, les faisceaux
situés sous la face supérieure ne possèdent ordinairement qu’un
tout petit amas scléreux sur le bord ligneux.
Toutes les fibres qui composent les cordons scléreux et les
arcs fibreux des faisceaux libéro-ligneux sont cylindriques. Leur
diamètre est très variable. Ce sont les fibres des cordons sclé­
reux et les fibres qui composent les arcs extra-libériens des fais­
ceaux libéro-ligneux inférieurs qui sont les plus petites.
Les fibres des arcs scléreux des faisceaux libéro-ligneux de la
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�PASCAL CLAVEHIE
84
région centrale, ainsi que celles qui composent l’arc fibreux des
faisceaux de la face supérieure, sont de plus grand diamètre.
C'est ainsi que les libres qui forment les arcs scléreux des fais­
ceaux libéro-ligneux de la face inférieure ont en moyenne
0,w/m010 à 0m/m018, celles des faisceaux supérieurs atteignent
0,M/m015 à 0m/m020 ; enfin les libres des faisceaux de la région
lacuneuse ont jusqu’à 0m/,w026de diamètre.
La membrane de ces fibres est peu profondément imprégnée
de lignine ; elle conserve une épaisseur constante qui égale
environ 0 m/m002 à 0 m/m004.
B r a c t é e s f l o r a l e s . — Les bractées florales ont sensiblement
la même anatomie que les feuilles ordinaires. Cependant, au
point de vue de la morphologie externe, elles s'en distinguent
par leur vive coloration et par le grand développement que
prend la nervure par rapport au limbe.
Le mésophylle de cette nervure est très lacuneux. Les fais­
ceaux libéro-ligneux qui le parcourent sont situés, les uns— et
ce sont les plus nombreux— dans la région sous-épidermique
inférieure, les autres dans la région supérieure. Les cloisons qui
réunissent entre elles ces deux régions renferment en outre un
ou deux faisceaux libéro-ligneux.
Entre deux cloisons voisines on compte cinq à sept faisceaux
sous la face inférieure, et seulement trois ou quatre sous la face
supérieure.
Tous ces faisceaux libéro-ligneux sont pourvus d’arcs fibreux.
Les faisceaux de la face inférieure possèdent un seul amas sclé­
reux extra-libérien ; ceux des cloisons transversales présentent
ordinairement deux arcs fibreux ; enfin les faisceaux de la face
supérieure, qui sont beaucoup plus petits, n’ont qu’un seul amas
adossé au bord ligneux.
F r u it ; p é r ic a r p e . — Le parenchyme du péricarpe est tout
entier charnu et mou. Il est limité, vers l’extérieur, par une
assise de hautes cellules à parois latérales et externes épaissies,
et, vers l’intérieur, par une rangée de cellules beaucoup plus
petites et aplaties. Sous l’épiderme externe est une assise de cel­
lules polyédriques, à membranes légèrement épaissies.

85
Dans son ensemble, on peut distinguer deux régions : la pre­
mière, externe, est formée de cellules ovoïdes pressées les unes
contre les autres ; la seconde, interne, est presque aussi épaisse
mais traversée par de nombreuses et larges lacunes aérifères.
La région périphérique est parcourue par des cordons collenchymaleux et par des faisceaux libéro-ligneux pourvus chacun,
en dehors du liber, d’un arc de collenchyme.
La zone lacuneuse ne renferme exclusivement que quelques
faisceaux libéro-ligneux,présentant chacun un tout petit amas de
collenchyme sur le bord libérien. Les cordons collenchymateux
sont séparés de l’épiderme externe par quatre à huit assises de
cellules parenchymateuses. Les faisceaux libéro-ligneux situés
plus profondément sont disposés sur trois à quatre rangées. Ils
sont composés ordinairement d’un, rarement de deux larges
vaisseaux, de deux à six vaisseaux plus étroits, de quelques
cellules ligneuses entourant ces vaisseaux et d’un petit amas
libérien entouré d’un arc de collenchymes.
Ces éléments de soutien ont leurs membranes épaissies sur­
tout aux angles. Le parenchyme de la région externe renferme
de nombreuses et larges cellules sécrétrices à contenu brunâtre,
disposées en files. On observe, en outre, quelques cellules sem­
blables dans le tissu lacuneux, et particulièrement au voisinage
des faisceaux libéro-ligneux.
G r a in e . — Nous ne connaissons pas jusqu’alors d'étude ana­
tomique des graines de Musa,
Le tégument de la graine de notre espèce est composé de deux
couches, l’une externe,épaisse, noirâtre, dure et ligneuse, l’autre
interne, mince et papyracée. Ces deux couches réunies ont, vers
le milieu de la graine, une épaisseur moyenne de 0n,/m780. Sur
le pourtour du hile, le tégument forme une couronne de
renforcement.
A l’intérieur est une amande très riche en substance amylacée.
Le tégument est limité sur la face externe par une assise de
petites cellules légèrement plus hautes que larges, recouvertes
par une couche cuticulaire épaisse. Au-dessous est une large
couche de cellules allongées tangentiellement, à membranes très
6
A nn. du Musée col. de Marseille. — 2’ série. 7* vol. 1909.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�86

PASCAL CLÀVER1E

épaissies et lignifiées. Toutes ces cellules, qui sont de plus en
plus grandes à mesure que l’on se rapproche de la face interne,
renferment un contenu brun noirâtre. Sous ce tissu lignifié est
une zone, beaucoup plus mince, de tissu papy racé, composée de
deux h trois assises de cellules à contenu incolore et à mem­
branes peu épaissies,au-dessous desquelles on observe une à deux
rangées de cellules lignifiées, plus petites, ovales, à contenu
brunâtre.
La face interne du tégument est formée par une assise de
petites cellules polyèdriques, recouvertes par une cuticule assez
épaisse.
L’albumen a un épiderme composé de cellules allongées tangentiellement. Sous cette assise extrême sont deux à trois rangées
de cellules de même forme, incolores. Enfin, la région centrale
est occupée par de grandes cellules polyèdriques, à parois
épaissies. Ces cellules sont bourrées de grains d’amidon com­
posés, un seul de ces grains pouvant occuper presque toute la
cavité de la cellule.
La forme et la grosseur des grains composés sont très
variables. Les uns sont ovoïdes, les autres sphériques ou irrégu­
lièrement tétraédriques; certains ont 0 m/m 120 sur 0m/m 070,
d’autres 0 m/m060, quelques uns seulement 0®/m040. Ils sont
formés chacun d’un très grand nombre de grains partiels
ovoïdes, dont le diamètre varie entre 0 ,n/m004 et 0 m/m009.

Autres

M usa

Il était intéressant de comparer la structure de notre espèce
avec celle de quelques autres espèces déjà connues. Nous avons
donc fait pour ces autres Musa une étude anatomique rapide,
qui était d’autant plus nécessaire qu’elle reste en grande partie
à faire. Le travail de M. Ross ne concerne que les racines des
Scitaminées; M. Petersen s’est bien occupé de la lige et des
feuilles, mais en ne portant son attention que sur certains carac­
tères spéciaux.
Gaîne. — Nous avons examiné cette partie, de la feuille chez le
Musa textilis, le Musa Ensete et le Musa sinensis. Remarquons»

87
d’ailleurs, qu’il nous va falloir tenir plutôt compte de la disposi­
tion générale des tissus que de leur développement, car les
exemplaires des trois espèces dont nous disposions étaient
jeunes.
Dans les trois, nous retrouvons les deux couches parenchy­
mateuses sous-épidermiques, reliées par les cloisons transver­
sales qui limitent des espaces aérifères médians. Ce serait donc
un caractère assez général des Musa, puisque nous l’observons
dans des espèces qui appartiennent, les unes à la section des
Physocaulis, les autres à la section des Eumusa.
De même, dans tous les cas, la couche correspondant à la face
dorsale est la seule qui contienne des faisceaux libéro-ligneux et
des cordons scléreux.
On n’en trouve jamais dans la couche opposée. Les cloisons
contiennent aussi invariablement des faisceaux libéro-ligneux.
On sait déjà que la présence des cellules sécrétrices dans les
divers représentants du genre est constante.
Et, en définitive, la seule différence que nous puissions relever
est relative à la lignification plus ou moins grande des fibres des
cordons scléreux. Encore ne concerne-t-elle que les Musa textilis
et sinensis.
Dans le Musa Ensete, cette lignification est celle du Musa
Perrieri et est très faible. Elle est, au contraire, plus forte dans
les Musa textilis et sinensis, chez lesquels la phloroglucine colore
plus vivement les fibres que dans les espèces précédentes. Et on
ne peut pas, au surplus, objecter que la différence tient à l’àge,
puisque le Musa textilis et le Musa sinensis que nous avons
étudiés étaient des plants beaucoup plus jeunes que le Musa
Perrieri.
Le fait dès lors est d’autant plus à relever qu’il s’agit précisé­
ment de deux espèces dont l’une donne une filasse qui est
utilisée. Elle ne serait pas ainsi au nombre de celles qui, dans
le genre, sont les moins ligneuses, cette lignification cependant
étant encore relativement faible.
L im be e t n e iiv u r e . — Nous avons dit pour le Musa Perrieri
que l’iiypoderme de la face supérieure était composé d’une seule
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�88

PASCAL CLAVERIE

assise de grosses cellules incolores. Il en est de même pour le
Musa Ensete et le Musa sinensis ; mais nous avons trouvé deux de
ces assises dans le Musa textilis.
Sur la face inférieure, l’hypoderme est invariablement repré.
sente par une assise unique, dans les quatre espèces.
Est ce à l’àge qu’il faut attribuer, d’autre part, le nombre
moins grand des cellules sécrétrices dans le Musa Ensete, le Musa
textilis et le Musa sinensis que dans le Musa Perrieri ? Nous ne
pouvons pas nous prononcer à ce sujet.
Pour les nervures nous n'avons relevé aucune particularité.
F a isc e a u x f ib r e u x du Musa Perrieri. — Nous avons dit que
les Sakalaves détachent parfois les bords des gaines foliaires du
Musa Perrieri pour en faire des lanières, qn’ils utilisent en
vannerie.
Nous n’avons pas eu ces lanières mêmes, mais — ce qui était
préférable — les filaments fibreux, isolés à l’état de filasse.
M. Perrier de la Batliie nous a, de plus, envoyé séparément :
1° la filasse correspondant aux bords de la gaine ; 2° celle prove­
nant du parenchyme de la face dorsale ; 3° celle contenue dans
les cloisons du tissu lacuneux médian.
Des expériences vont nous permettre de préciser la résistance
des deux premières (1) de ces trois catégories de filaments. Nous
avons pris, pour nos divers essais, des filaments de 8 centimè­
tres de longueur, à l’extrémité de chacun desquels nous avons
suspendu des poids.
Pour amener la rupture il a fallu :
780 grammes, pour un brin extrait de la région inférieure et
ayant 0n,/ni 275 ;
550 grammes, pour un brin provenant des bords et ayant
Qm/ni 250 de diamètre.
La résistance moyenne a été de 525 grammes pour les premiers
filaments ; de 725 pour les seconds.
(1) Les nombres obtenus pour la troisièm e catégorie de filam ents (filaments
de cloisons) n’ont pas été indiqués par M. Claverie dans son m anuscrit (où
cette place est laissée en blanc) et nous n’avons pu les retrouver dans aucune
note. 11 y a donc, sur ce point, des résultats un peu incom plets (H. J.).

89
Ces différences tiennent, en premier lieu, au diamètre un peu
plus petit des filaments des bords, et, en second lieu, à la lignifi­
cation un peu moins profonde des membranes des fibres qui les
composent.
Mais celte lignification moindre a du reste vraisemblablement,
d’autre part, un avantage, qui est de rendre plus souple ces fila­
ments des bords. Et ils sont bien ainsi ceux qui doivent fournir
les lanières les plus propres à un travail de vannerie, la résis­
tance restant suffisante.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

Résumé

En résumé, dans notre Musa Perrieri, comme dans les autres
espèces que nous avons accessoirement étudiées à litre de com­
paraison , les principaux caractères anatomiques sont les
suivants :
La feuille est composée d’une gaine épaisse, d’un pétiole et
d’un limbe lancéolé.
La gaine, comme la nervure médiane, et vraisemblablement
comme le pétiole, est composée de deux couches sous-épider­
miques d’inégale épaisseur, réunies entre elles par une série de
cloisons transversales qui, en s’entrecroisant perpendiculaire­
ment, limitent entre elles de grands espaces aérifères.
Les faisceaux libéro-ligneux, entourés chacun de un ou deux
amas de fibres, sont situés : dans la couche inférieure et dans les
cloisons transversales de la gaine ; dans ces deux mêmes régions
et, en outre, dans la zone supérieure de la nervure principale.
Les cordons scléreux sont toujours uniquement dans la couche
inférieure.
Vers les bords, le tissu devient compact et renferme de nom­
breux cordons scléreux et des faisceaux libéro-ligneux riches en
fibres.
Toutes les cellules parenchymateuses sont bourrées de grains
d’amidon. Çà et là sont des cellules sécrétrices réunies en files.
Le parenchyme du limbe est hétérogène et est traversé par des
faisceaux libéro-ligneux, pourvus soit de deux arcs scléreux,

�90
PASCAL CLAVERIE
soit d’un seul, adossé au bord libérien. Au voisinage de ces
faisceaux on observe toujours des cellules sécrétrices.
La bractée florale du Musa Perrieri est caractérisée par une
large nervure médiane dont l’anatomie est semblable à celle de
la nervure de la feuille.
Le fruit est charnu ; et son péricarpe présente deux régions :
l’une externe compacte, l’autre interne lacuneuse. La couche
externe est traversée par des cordons collencliymateux et des
faisceaux libéro-ligneux, pourvus chacun, en dehors du liber,
d’un arc de collenchyme ; la couche interne est parcourue exclu­
sivement par quelques faisceaux libéro-ligneux, peu riches en
éléments de soutien.
La graine a un tégument épais, noirâtre, composé de deux
couches ; l’une, externe, est dure et ligneuse, et l’autre, interne,
est mince et papyracée.
L’amande est richement amylacée; son tissu général est à
grandes cellules polyédriques, à parois épaisses, que limitent
extérieurement deux à trois assises de larges cellules incolores
adossées elles-mêmes contre un épiderme à cellules allongées
tangentiellement.

PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

91

CHAPITRE III
PALMIERS

Les travaux spéciaux sur l’anatomie des Palmiers sont nom­
breux ; il vient s’y ajouter encore les études faites incidemment
par des auteurs s’occupant de questions plus générales.
En 1845, Hugo de Mohl ( 1) étudiant ces plantes dit que c’est lâ
que les Monocolylédones rencontrent l’expression la plus pure
de leurs caractères. Décrivant la constitution des faisceaux
libéro-ligneux, il signale la présence, autour de chacun d’eux,
d’un tissu formé d’éléments allongés et épaissis dont il attribue
l’origine mi-partie au liber, mi-partie au bois. Cette manière de
voir n’est, d’ailleurs, pas celle de M. Guillaud ni des auteurs
plus modernes.
En 1847, Karsten (2), s’occupant des racines des Palmiers,
remarque que ces végétaux ont rarement une racine principale,
qui est ordinairement remplacée par des racines latérales.
Bien avant cet auteur, en 1839, Mirbel (3), à propos du cam­
bium, avait décrit la structure interne des racines de quelques
palmiers et particulièrement du dattier.
En 1878, M. Guilland, reprenant l’étude encore fort incomplète
de la tige des Monocotylédones, réfute certaines opinions
qu’avait émises H. de Mohl. Il fait observer que l’énorme déve­
loppement de leurs organes végétatifs, loin de prouver en faveur
de leur perfectionnement, peut être presque regardé comme une
exagération des caractères végétatifs dans un groupe spécialisé,
isolé, dans la suite des âges, du type ancestral et du reste de son
embranchement. Plus loin, il examine les faisceaux libéro(1) Hugo de Mohl : De Palm arum structura ; 1845.
(2) K arsten : Die oegetationsorgatxe der Palmen (Ahhandl. d .k , Akad d.
W iss. Berlin ; 1847).
(3) Mirbel : Nouvelles notes sur le cam bium , extraites d'un mémoire sur la
racine du dattier. (Métn. de l’Institut de France ; 1839).

�PASCAL CLAVERIE
92
ligneux des Monocotylédones en général, et, suivant pas à pas
leur développement, il reconnaît que les arcs fibreux extra­
ligneux et extra-libériens, qui souvent se réunissent en une gaine,
sont issus du cambium et appartiennent donc aux faisceaux
libéro-ligneux. Comparant ces éléments fibreux aux fibres libé­
riennes, il nomme gros liber le tissu constitué par leur
ensemble.
Tout récemment, en 1906, M, C. L. Gatin ( 1) a décrit la struc­
ture interne des toutes jeunes plantules de quelques espèces de
Palmiers. « Le cylindre central de la radicule et de la gemmule,
dit-il, sont tout d’abord différenciés ; plus tard se différencient
l’écorce et la coille, aux dépens du parenchyme uniforme qui
constitue la masse de l’embryon ».
En résumé, la structure interne, dans la famille qui va nous
intéresser maintenant, est caractérisée par la disposition et la
constitution des faisceaux libéro-ligneux, qui sont à peu près
tous construits sur le même type. Chacun d’eux comprend, dans
la plupart des espèces : dans la portion ligneuse, des vaisseaux
annelés et spiralés, avec parfois des thylles et de nombreuses
cellules ligneuses; puis, dans la portion libérienne, des tubes
criblés et des cellules libériennes surmontées d’arcs fibreux.
Dans certains faisceaux cependant le bois ne renferme que des
trachéides.
Notre élude va porter surtout sur quatre palmiers de Mada­
gascar, YHyphœne coriacea Gaertn., le Xledemia nobilis Hild. et
Wend., 1e Borassus flabellifer Lin. et le Raphia Ru/fia MarL, dont
nous avons eu des spécimens qui étaient assez complets pour
nous permettre de faire l’anatomie de la plupart de leurs
organes. Les trois premiers sont des Borassées, le quatrième est
une Lepidocaryée. Nous verrons que divers caractères anato­
miques séparent bien les représentants de ces deux tribus.
Nous étudierons, en fin de chapitre, deux espèces asiatiques
et malaisieunes, YArenga saccharifera Labil. et le Carijota urens
Lin., à l’anatomie desquels une discussion récente a donné un
certain intérêt.

(1) C. L. Gatin : Recherches anatomiques et chimiques sur la germ ination
des Palmiers. (Kevue générale de Botanique, 1906).

PLANTES TEX TILES EXOTIQUES

93

Gaertn.
D’après M. Beccari ( 1) l'Hyphæne le plus commun à Mada­
gascar, et qui est celui dont nous nous occupons ici, ne serait
pas YHyphœne coriacea de Gaerlner, mais une espèce distincte
qu’il nomme Hyphœne Hildebrandtii. M. Beccari cite encore
pour Madagascar YHyphœne Baronii. Il nous semble difficile
d’admettre, pour le moment, comme définitive cette distinction,
basée uniquement sur la forme des fruits, qui seraient, par
exemple, oblongs-turbinés et à sommet large et inégalement
arrondi dans YHyphœne Baronii, et globuleux-turbinés, à
sommet plat et non déprimé, dans YHyphœne Hildebrandtii.
Ces descriptions aussi précises laissent entendre que la forme
des fruits (YHyphœne est très régulière et très constante pour
une même espèce ; il n’en est certainement rien. Nous possé­
dons de nombreux fruits (YHyphœne de Madagascar; ils sont
extraordinairement dissemblables. A part la forme turbinée
d’ensemble, aucun caractère n’est constant; et les particularités
mentionnées par M. Beccari pour chacune des deux espèces sont
fréquemment entremêlées. C’est ainsi que certains fruits sont
régulièrement piriformes, légèrement atténués vers le point
d’attache, sans étranglement vers la région médiane, et à
sommet arrondi. D’autres, tout en conservant un sommet
arrondi, sont pourvus d’un sillon plus ou moins profond dans
la région moyenne. Un troisième type nous est offert par des
fruits à dépression profonde vers le milieu de la hauteur, avec
un sommet large et déprimé.
Ces fruits sont de grosseurs diverses, tantôt isolés, tantôt
réunis par deux ou par trois.
D’ailleurs M. Perrier de la Bathie, à qui nous devons tous ces
échantillons, a fait cette remarque que, sur un pied déterminé,
tous les fruits ont bien entre eux une certaine ressemblance,
mais c’est lorsqu'on compare les fruits de deux arbres voisins
qu’on relève surtout ces différences.
Hyphœne coriacea

(1) O. Beccari : Palm arum madagascariensium Synopsis. (Englers Botanische
Jahrbucher, xxxvm, 3).

�94
PASCAL CLAVERIE
Mais si l’on voulait alors en tenir compte, il faudrait donc
admettre à peu près autant d’espèces que d’individus. Cette
exagération même, à laquelle on aboutirait, prouve bien que,
surtout tant qu’on ne peut baser la détermination que sur les
fruits, il vaut mieux s’en tenir à l’ancienne espèce Hyphæne
coriaceci.
Il n’est pas invraisemblable que ce soit le palmier de l’Afrique
orientale qui ail été importé dans l’ile malgache, comme beau­
coup d’autres espèces.
Cet Hyphæne, que les Sakalaves nomment satrana viehy ou
satrana mira ou encore banty, est, sur la côte nord-ouest de
Madagascar, un palmier de deux à trois mètres de hauteur, qui
pousse par touffes de quatre à cinq tiges, quelquefois ramifiées
sur le tronc même.
Les feuilles, que nous avons examinées, offrent la particularité,
au point de vue de la morphologie externe, d’être jusqu’à un
certain point une forme de transition entre les feuilles palmiséquées et les feuilles vraiment penniséquées des Cocosées. Leurs
segments, en effet, n’aboutissent pas tous au même niveau du
pétiole, ils s’étagent quelque peu les uns au-dessus des autres
sur une longueur d’environ 0m25 à 0m35. Ces feuilles ont, au
maximum, y compris le pétiole, lm70 à 11,180 de longueur.
Les tiges qui les portent sont rarement droites, plus souvent
inclinées.
L’espèce est dioïque.
h'Hyphæne coriacea se plaît surtout dans les terrains siliceux ;
il est commun à Andriba, Mevatanana, Madirovalo, Menavava,
Ankarafantsika, etc.
Partout, dans ces régions, il est très utilisé par les Sakalaves,
qui confectionnent avec les segments foliaires divers objets de
vannerie, tels que paniers à riz, nattes. Ils se servent aussi des
faisceaux isolés pour la fabrication de cordages.
Nous allons étudier, au point de vue anatomique, les feuilles
(limbe et pétiole), les diverses parties (spathe et spadice) de
l’inflorescence, et le fruit.

95
Feuille. — Lorsque la feuille s’épanouit, la déchirure se lait
suivant les nervures que nous appellerons les nervures de seg­
mentation, par opposition aux nervures qui alternent avec
celles-ci et qui deviendront — puisqu’il n’y a pas de déchirure à
leur niveau — les nervures médianes de chaque segment. Cellesci seront les nervures d'union. Remarquons tout de suite que ce
sont les plis supérieurs de la feuille jeune qui se déchirent. La
partie concave de chaque segment foliaire correspond donc à la
face supérieure du limbe, qui est, par conséquent, indupliqué.
Indiquons aussi que, dans chaque segment, un bord est mince
et l’autre épais. Nous allons avoir l’explication de ce fait ( 1) au
cours de l’étude anatomique suivante qui va comprendre :
1° L’anatomie des lames des segments ;
2° L’anatomie des nervures d’union ;
3° L’anatomie des nervures de segmentation.
A na to m ie des lam es des se g m e n t s . — Le limbe a en moyenne
0m/m525 d’épaisseur. Les deux épidermes sont pourvus de
stomates et portent en outre des poils rougeâtres unisériés,
disposés en bouquets qui s’échappent du fond de petites dépres­
sions. Sous chacun de ces deux épidermes est un hypoderme,
composé de plusieurs assises continues de grandes cellules à
section transversale polygonale; il y en a deuxou trois sous l’épi­
derme supérieur et ordinairement trois, rarement quatre, sous
l’épiderme inférieur. Le mésophylle est homogène, car il est
palissadique contre les deux faces de la feuille ; il est lacuneux
seulement sur une faible épaisseur (3 à 5 assises) dans la région
moyenne. Les faisceaux libéro-ligneux qui y sont inclus sont
reliés aux deux couches sous-épidermiques par deux faisceaux
fibreux qui n’ont tantôt que 6 à 10 rangées de fibres, tantôt
jusqu’à 18 et 25.
En outre, alternant avec ces paquets fibreux qui accompa­
gnent les faisceaux libéro-ligneux, sont de plus petits îlots de
même nature, qui sont également accolés aux couches sous-épi-

(1) P. Claverie : L'Hyphæne coriacea, palm ier textile de M adagascar (G. R*
de l'Académie des Seiences, 31 mars 1904).

(1) Qui n’est pas constant chez tous les Palmiers à feuilles déchirées-palmées, car on ne l'observe pas, par exemple, dans le Chamcerops hum ilis.

PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�PASCAL CLAVERIE
96
dermiques, mais qui ne s’avancent pas jusqu’au centre de la
feuille et qui ont par conséquent leurs pointes libres.
Les faisceaux conducteurs, qui constituent les petites nervures
du limbe, sont tous construits sur le même type. Le bois
comprend un large vaisseau central, rarement deux ; puis,
autour de ce grand vaisseau ou de ces grands vaisseaux en sont
d’autres, plus étroits, entremêlés ceux-là de nombreuses cellules
ligneuses. Le liber tantôt forme un amas compact et tantôt est
divisé en plusieurs parties par suite du développement de libres
libériennes qui se réunissent à l’arc fibreux extra-libérien. Cet
arc fibreux est un peu plus large que l’arc extra-ligneux.
Celui-ci n’est composé que d’une, ou quelquefois de deux ran­
gées de grandes cellules à section polygonale, à membranes
légèrement épaissies et lignifiées.
Les fibres qui composent les lames fibreuses auxquelles sont
accolés les faisceaux, comme d’ailleurs celles qui constituent les
ilôts isolés, sont assez peu adhérentes entre elles. Leur section
transversale est polygonale et leur diamètre est variable ; les
unes n’ont que 0m/n&gt;012 ; les autres mesurent jusqu'à 0m/,n018.
Si nous soumettons une coupe transversale de feuille à l’action
de la phloroglucine et de l’acide chlorhydrique, nous observons
que les fibres qui entourent les faisceaux vasculaires prennent
une belle coloration rouge intense, tandis que celles qui compo­
sent les cordons scléreux sous-épidermiques se teintent en rose
foncé. Les premières qui accompagnent les faisceaux sont donc
plus profondément imprégnées de lignine que les secondes, qui
sont indépendantes de ces faisceaux.
Certaines cellules du parenchyme, et particulièrement du
parenchyme contigu aux faisceaux libéro-ligneux, renferment
du tanin.

(Fig. 11).— Dans ces ner­
vures, qui sont donc les nervures médianes des segments, il y a,
au centre, quatre gros faisceaux libéro-ligneux (F, F', F", F'")
plus ou moins superposés. En outre, sur le bord, sont quelques
faisceaux latéraux (f ) et, enfin, plus extérieurement, il y a quel­
ques petits îlots exclusivement fibreux (/ 6).
A n a t o m ie

d e s n e r v u r e s d ’u n io n

97
Dans toutes les nervures que nous avons examinées, les deux
faisceaux libéro-ligneux supérieurs (F", F"') étaient accolés par
leurs libers et entourés par une gaine commune (g), composée
de quatre à huit assises de fibres. Cet accolement des libers est
rendu possible par le fait que les deux faisceaux ne sont pas sur
une même ligne verticale ; le faisceau inférieur est déjeté latéra­
lement en remontant un peu vers le faisceau supérieur. Les
deux autres faisceaux situés plus bas présentent une superpop l a n t e s t e x t il e s e x o t iq u e s

F ig . Il

• Section transversale schém atique d une nervure d'union
d'Hypliæne coriaeea Gaertn.

sition plus nette et par suite restent toujours distincts. Chacun
est entouré d’un manchon fibreux très réduit sur le bord ligneux,
plus développé latéralement et surtout sur le bord libérien. Le
liber est divisé, comme dans le mésophylle des lames, en plu­
sieurs îlots, par suite du développement de fibres libériennes qui

�PASCAL CLAVERIE
08
s’unissent d'une part à l’arc scléreux externe et d’autre part au
tissu ligneux interne.
Les deux hypodermes du limbe se continuent avec les mêmes
nombres d’assises dans la nervure, mais ce n’est que contre
l’hypoderme inférieur que le tissu est palissadique. Sous l’hypoderme supérieur sont huit à douze rangées de grandes cellu­
les incolores polyédriques. Dans toute cette zone incolore (r. î.)
on n’observe aucun faisceau libéro-ligneux, mais seulement trois
petits cordons scléreux (sel).

F ig . 12.— Coupe transversale schém atique d'une nervure (intacte) de segm entation
d'Hyphœne coriacea. Dans cette figure et dans les deux suivantes, la partie
inférieure correspond au sommet du plissem ent et est, par conséquent la face
supérieure de limbe.

12, 13, 14). —
Puisque, suivant ces autres nervures, le limbe se déchire, il est
à prévoir que leur structure ne va pas être celle des nervures
médianes des segments. L’anatomie que nous venons de décrire
ne permettrait pas, et, en fait, ne permet pas une division longi­
tudinale ; et, en effet, la disposition des faisceaux libéro-ligneux
est tout autre. Les quatre faisceaux qui, dans les nervures
d’union, étaient vers l’intérieur des tissus, et plus ou moins
superposés, viennent se placer ici sur le même niveau que les
A n a t o m ie

d e s n e r v u r e s d e s e g m e n t a t io n

(fig .

99
autres (fig. 12), suivant l’arc que ceux-ci dessinent vers la face
supérieure, c’est-à-dire convexe, du limbe. Dans cet arc,
d’ailleurs, ils restent plus ou moins inégaux comme précédem­
ment et il y a de même soudure de deux d’entre eux en un seul
plus gros. Mais ce gros faisceau, qui était situé très profondé­
ment, et vers la face supérieure, dans la nervure d’union, est le
faisceau médian (F, fig. 12) correspondant au sommet même de
la nervure dans la nervure de segmentation. Dans ces condi­
tions, c’est nécessairement un peu latéralement par rapport à la
ligne médiane de la nervure que la déchirure doit se produire.
En fait, elle a lieu suivant la ligne n m de la fig. 13 ; et c’est
pourquoi, après la déchirure, le bord de l’un des segments est
mince, et le bord de l’autre épais. Le bord épais correspond au
segment qui a entraîné le gros faisceau (B’, fig. 14).
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

F ig . 13. — Coupe transversale schém atique d ’une nervure de segmentation
d'Hyphœne coriacea sur laquelle sont indiquées les lignes de déchirure
m n et m o.

Ce n’est pas tout, au reste. Régulièrement, sur le segment à
bord mince, une nouvelle déchirure se fait suivant la ligne om
entre le petit faisceau bordant f (fig. 13) et le faisceau un
peu plus interne; et le résultat est évidemment d’isoler ce fais­
ceau f. Or c’est ce faisceau qui est le filament intersegmentaire
qui, dans une feuille qui s’ouvre, accompagne chaque déchi­
rure, et que les Sakalaves détachent quelquefois et utilisent
comme filasse.

�100

PASCAL CLAVERIE

— Le pétiole des feuilles d'Hyphæne
coriacea est semi-cylindrique. Il porte sur ses deux bords de
puissants aiguillons de 1 centimètre en moyenne de longueur,
distants les uns des autres de 1 cent. 1/2 à peu près.
Sa structure anatomique se rapproche, dans son ensemble, de
celle de la nervure d’union. Nous retrouvons, en effet, un liypoderme composé de deux à trois rangées de cellules à membranes
épaissies et lignifiées, et, dans la région centrale, un certain
nombre de faisceaux libéro-ligneux. Mais , tandis que dans
la nervure, les principaux faisceaux libéro-ligneux sont au
nombre de quatre, et tous orientés normalement, on en observe
un très grand nombre, orientés très diversement,dans le pétiole.
Les uns tournent bien leur bois vers la face supérieure, mais
d’autres ont subi une torsion variant de 30 à 120 degrés.
A natom ie du p é t io l e .

pl a n t e s t e x t il e s ex o tiq u es

101

être compris au nombre de ces palmiers, comme le Raphia
Hookeri de la Côte occidentale d’Afrique, car nous avons vu de
ces filaments qui avaient cette origine et avaient dû être retirés
de la base de gros pétioles. Ils avaient une épaisseur de 0m/m800
à 1 millimètre. Leur structure (tig. 16) était, aux dimensions
près, celle que nous venons de voir pour les faisceaux libéroligneux du sommet du pétiole, le liber toutefois ayant disparu.
Organes floraux. — Nous allons examiner l’anatomie de la
spatheprincipale, et celle des spadices mâles et femelles.
A natom ie de la s p a t h e . — La spathe principale est étroite,
fermée sur la plus grande partie de sa longueur. Sa face
externe est striée longitudinalement ; sa face interne, au
contraire, est lisse.

F ig . 14. — Coupe transversale d’une nervure de segm entation
d ’Hyphœne coriacea après la déchirure.

La constitution des faisceaux libéro-ligneux est la même dans
le pétiole et dans les nervures. Chacun d’eux est toujours pourvu
de deux arcs fibreux tantôt égaux, tantôt inégaux (lig. 15). De
même, les cordons scléreux sous-épidermiques sont encore
cylindriques dans le pétiole, où ils ont 0n,/m70 à 0m/m750 de dia­
mètre. Dans toutes les parties de la feuille, pétiole, nervures,
limbe, on observe quelques cellules à tanin, réparties surtout au
voisinage des faisceaux libéro-ligneux.
On sait que de ces pétioles de divers palmiers on retire des
filaments fibreux connus dans le commerce sous le nom de
piassauas. Peut-être YHyphæne coriacea de Madagascar pourrait-il

F ig . 15. — Section transversale d’un faisceau libéro-ligneux d’une nervure
de segm entation d'Hyphæne coriacea (avec quelques cellules à tanin).

La structure interne est notablement différente de celle du
limbe. Le mésophylle est toujours homogène, mais uniquement
composé de cellules arrondies, lâchement unies entre elles et de
plus en plus grandes de la surface vers le centre. On se souvient
que, dans le limbe, le parenchyme était palissadique contre les
deux hypodermes et lacuneux seulement dans la région moyenne.
La présence des deux zones hypodermiques est le seul carac­
tère commun à la spathe et au limbe, la spathe ne possédant pas,
Ann. du Musée col. de Marseille. — 2e série. 7« vol. 1909.

7

�102

PASCAL CLAVEltlË

par contre, le tissu palissadique du limbe. Les faisceaux libéroligneux, au lieu d’occuper la région centrale, sont disposés, dans
la spatlie, sur un seul rang, et appliqués contre la dernière
assise hypodermique de la face externe ou inférieure. Chacun
de ces faisceaux libéro-ligneux est pourvu de deux arcs fibreux
très inégaux.

PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

103

A natom ie du spa d ic e male (fig, 17). — A p re m iè re vu e, lo rs­
q u ’on en ex a m in e au m ic ro sc o p e u n e sectio n tra n s v e rsa le , cet
axe se p ré se n te co m m e co m p o sé d ’un p a re n c h y m e g én éral, d a n s
leq u el on p e u t d is tin g u e r d eu x rég io n s :

1° Une région périphérique où le parenchyme ne renferme, au
voisinage de l’épiderme, qu’une rangée de faisceaux libéroligneux entremêlés de cordons scléreux ;

F ig . 16. — Section transversale d'un brin de piassava isolé

d ’Hyphœne coriacea.

Contre l’hypoderme de la face interne, ou supérieure, sont de
nombreux cordons scléreux cylindriques, mais, dans aucun cas,
ces cordons ne prennent la forme de lames pénétrant plus ou
moins profondément dans le mésophylle. Les faisceaux libéroligneux restent donc indépendants et sont entourés par du
parenchyme cellulosique. Ces faisceaux de la spatlie sont carac­
térisés par la réduction du nombre des éléments vasculaires
(vaisseaux du bois et tubes criblés).
Au voisinage des faisceaux libéro-ligneux, on observe encore
des cellules à tanin.

F ig. 17. — Section transversale de l’axe du spadice mâle
d'Hyphæixe coriacea.

2° Une région centrale, parcourue par de très nombreux
faisceaux libéro-ligneux sans accompagnement d’ilots scléreux.

�PASCAL CLAVERIE
104
Dans la région périphérique, l’hypoderme est composé de deux
à trois assises de cellules à membranes très épaissies et lignifiées.
Contre la dernière de ces assises se trouvent de petits faisceaux
libéro-ligneux, dont quelques uns sont réduits à un amas libérien
entouré par une gaine fibreuse très épaisse, entremêlés de cor­
dons scléreux. Ces cordons ne sont pas en alternance régulière
avec les faisceaux libéro-ligneux ; il peut y en avoir deux, trois
ou un plus grand nombre entre deux faisceaux consécutifs. Il
s’ensuit que les faisceaux vasculaires ne sont pas non plus entre
eux à des intervalles réguliers.
Les faisceaux libéro-ligneux de la région centrale sont, comme
ceux du pétiole, orientés diversement. Chacun d’eux est entouré
par une gaine fibreuse plus développée en dehors du liber que
sur le bord ligneux. Rien à signaler au point de vue de la cons­
titution des faisceaux qui sont semblables à ceux des nervures.
A n a t o m ie du s p a d ic e f e m e l l e . — L’axe de l’inflorescence
femelle que nous avons examinée était à section ovale, de
(jm/m500 sur 0ra/m400 d’épaisseur. Il présente les deux mêmes
zones que nous avons vues dans le spadice mâle ; toutefois la
région périphérique est ici encore plus réduite. La région cen­
trale, qui, dans l’axe de l’inflorescence mâle, ne renfermait que
des faisceaux libéro-ligneux, est parcourue, en outre, dans le
spadice femelle, par de petits cordons scléreux.
Au point de vue de la structure des faisceaux libéro-ligneux
il y a à relever le développement plus considérable des gaines
fibreuses qui entourent les éléments vasculaires.
L'impression qui se dégage de l’examen comparé des deux
axes est qu.'il y a un développement plus grand des tissus de soutien
dans l'axe de l’inflorescence femelle (pic dans le spadice mâle, ce
qui est du reste en concordance avec lepaisseur plus grande du
spadice femelle et avec le rôle de ce spadice, qui doit supporter
les fruits.
Anatomie du fruit. — Le fruit de VH. coriacea dont nous allons
faire l’anatomie mesurait cinq centimètres de longueur et quatre
centimètres de largeur entre le sommet et le rétrécissement
médian.

105
Soit une coupe transversale passant par la région moyenne.
Vers l’extérieur, le péricarpe est limité par un épiderme formé
de cellules plus larges que hautes, et, vers l’intérieur, par une
assise de cellules de même forme, mais un peu plus petites.
Le tissu compris entre ces deux épidermes est composé de
trois couches distinctes ; l’une externe est dure et noirâtre, l’autre
moyenne spongieuse et la troisième interne très dure.
La zone périphérique qui n’occupe environ que 0n,/m170, com­
prend cinq à six rangées de cellules scléreuses, dont la plupart
renferment du tanin.
La zone moyenne, beaucoup plus épaisse (3 à 5 millimètres),
est formée par un tissu lâche, composé de cellules à parois
épaissies, allongées radialement, réunies par petits groupes,
séparés eux-mêmes, les uns des autres, par de grands vides pro­
venant de la disparition d’un tissu mou.
La zone interne, dont l’épaisseur varie entre deux et trois milli­
mètres, est formée de cellules très allongées de dehors en dedans,
très serrées les unes contre les autres, a parois épaissies et
lignifiées. Certaines de ces cellules renferment du tanin.
La graine est irrégulièrement sphérique. Elle est composée
d’un tégument épais, dans lequel on distingue deux régions, et
d’une amande formée par un albumen corné, au sommet duquel
se trouve un embryon conique. La région centrale est occupée
par une large cavité. Le tégument de la graine est limité par un
épiderme irrégulier, au-dessous duquel est une première région
composée de cellules arrondies, à parois épaissies et lignifiées,
lâchement unies entre elles. Quelques unes de ces cellules, et
principalement celles qui sont au voisinage de l’amande, ren­
ferment du tanin. La seconde zone interne est formée de petites
cellules polyédriques, à parois très épaissies et lignifiées. La
dernière assise constitue l’épiderme du tégument.
L’albumen, dont l’épaisseur est égale à environ six à sept milli­
mètres, est blanc, et est formé de cellules radialement très
allongées, à parois très épaissies. Dans les cavités sont des gout­
telettes d’huile et de grains d’aleurone. Ce sont bien là les carac­
tères des albumens cornés.
L’embryon est situé dans la région supérieure de la graine. 11
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

w

�PASCAL CLAVERIE
106
se présente sous la forme d’un petit cône, de cinq millimètres de
longueur et de deux millimètres d’épaisseur, s’enfonçant dans
l’albumen. Il est formé par un tissu compact, composé de
cellules polyédriques, au sein duquel se trouvent les faisceaux
libéro-ligneux, au nombre de quarante. Ces faisceaux sont situés
sur une seule rangée périphérique dans la radicule ; ils s’incur­
vent peu à peu vers le centre en pénétrant dans la tigelle.

Étude des faisceaux isolés. — Nous avons vu plus haut que
ce sont les filaments que nous avons appelés intersegmen­
taires qui peuvent être employés comme filasse, et nous avons
expliqué que chacun de ces filaments correspond â l’un des
faisceaux libéro-ligneux (/' de la figure 13) de la nervure de
segmentation. •
Et, en effet, si nous considérons maintenant ces filaments
isolés, nous voyons qu’ils se composent chacun d’un faisceau
libéro-ligneux complètement entouré d’une assise scléreuse,
mince latéralement et formant surtout un arc épais autour du
liber. Il en résulte que leur section transversale est ovale dans
le sens antéro-postérieur, le grand diamètre mesurant en
moyenne 0 m/m345 et le petit 0 m/m285.
Tels que nous les avons reçus isolés, ces brins libéro-ligneux
avaient 50 à 70 centimètres de longueur. Leur résistance est
un peu plus faible que celle de la filasse du fruit du cocotier, car,
alors que, d’après M. Lecomte, un filament de coir de huit cen­
timètres de longueur se rompt sous un poids moyen de 650
grammes, la rupture de ces filaments de feuille d'Hyphæne
coriacea a eu lieu, dans nos essais, sous une charge moyenne
de 550 grammes. D’autre part, l’élasticité a été beaucoup moindre
que celle du coir ; elle est presque nulle.
Les éléments fibreux qui, avec le tissu ligneux, constituent
les brins de filasse se présentent, lorsqu’on les a isolés, sous la
forme de fuseaux effilés à leurs deux extrémités. Leur longueur,
qui égale quelquefois 0m/ni 700, peut atteindre 5m/m500 (moyenne
2 m/m900). Le canal qui parcourt chacun d’eux est égal au tiers
ou tout au plus à la moitié du diamètre total de la fibre.

107
Au point de vue chimique, les fibres sont fortement lignifiées.
En effet, la phloroglucine et l’aoide chlorhydrique les colorent en
ronge violet,, le chlorhydrate d’aniline en jaune paille, la naphtylamine ou le sulfate de thaJline en orangé, l’iode et l’acide
sulfurique en jaune brun.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

Medemia nobilis

Hild. et Wendl.

Le Medemia nobilis, appelé satrana be parles Sakalaves, appar­
tient, comme YHyphæne coriacea, à la tribu des Borassées. C’est
un palmier assez répandu dans le nord-ouest de Madagascar, où
il couvre, dans la région de l’Ambongo, de vastes espaces, au
bord de la mer et dans le voisinage des cours d’eau.
11 est utilisé au double point de vue textile et alimentaire. Les
Sakalaves se servent, en effet, des fibres qu’ils extraient des
feuilles et ils consomment la moelle de la tige, après l’avoir
réduite en une poudre jaunâtre.
La tige, simple, porte des feuilles fiabellées très développées.
L’espèce est dioïque. Les inflorescences sont semblables à
celles de YHyphæne coriacea ; toutefois, elles s’en distinguent par
le nombre plus considérable des ramifications des axes secon­
daires. Nous avons vu des inflorescences mâles de Medemia
nobilis qui avaient quatre, cinq et même six ramifications
successives.
Les fruits du Medemia nobilis sont nettement différents de ceux
du genre précédemment étudié. Ils sont plus ou moins régulière­
ment ovoïdes, à sommet jamais déprimé ; de plus, leur albumen
est profondément ruminé, tandis qu’il ne l’était nullement dans
les fruits de YHyphæne coriacea.
Nous allons examiner la constitution interne des feuilles (limbe
et pétiole) et des diverses parties (spathe, axes des spadices) de
l’inflorescence de ce M. nobilis.
Feuille. — La feuille du Medemia nobilis, comme celle de YHy­
phæne coriacea, se déchire en s’épanouissant ; et c’est encore sui*

�108
PASCAL CLAVERIE
vant les nervures des plis supérieurs que s'effectue celte division
du limbe en segments. Nous aurons donc encore à étudier l'ana­
tomie des nervures d'union et l’anatomie des nervures de
segmentation.
A n a t o m ie d e s la m es d e s s e g m e n t s f o l i a ir e s . — Le limbe
du Medemia nobilis est plus mince que celui de YHyphæne coriacea ; il ne mesure en effet que 0m/m350 à 0m/m400 d’épaisseur. De
plus, son anatomie est bien distincte de celle du palmier précé­
dent. Nous retrouvons bien un parenchyme homogène, palissadique sous les deux épidermes, lacuneux dans la région centrale;
il y a aussi deux hypodermes, formés, l’un, le supérieur, de deux
ou trois assises de cellules polyédriques, l’autre de trois, rare­
ment quatre, rangées de ces mêmes cellules. De même, les
principaux faisceaux lihéro-ligneux sont toujours reliés aux deux
zones hypodermiques par des bandes scléreuses composées d’un
nombre très variable de libres. Mais ce que nous n’avons jamais
observé dans la feuille de YHyphæne coriacea, et qui est constant
dans celle du M. nobilis, c'est la présence de petits faisceaux libéroligneux, formés de quelques vaisseaux de faible diamètre et (Tun
amas libérien très réduit, accolés chacun à un seul cordon fibreux
situé contre l'hypoderme de la face supérieure.
En outre de ces cordons scléreux, sous-jacents aux faisceaux
libéro-ligneux, on observe, comme dans la feuille de YHyphæne
coriacea, de petits cordons de même nature, mais isolés, appli­
qués les uns, et ce sont les plus nombreux, contre la face inté­
rieure, les autres contre l’hypoderme supérieur.
Quant aux fibres qui composent les cordons et les rubans
scléreux, elles sont analogues, aux points de vue physique
et chimique, aux fibres de YHyphæne coriacea; elles ont la même
grosseur (0ni/m012 à 0m/m018), ainsi que la même composition.
Dans le voisinage des faisceaux libéro-ligneux, on observe
quelques cellules à tanin.
A n a t o m ie d e s n e r v u r e s d ’u n io n . — Il n’y a pas de différences
sensibles entre l’anatomie de cette nervure et celle qui occupe la
même position dans la feuille de YHyphæne coriacea. La région
centrale est parcourue par trois gros laisceaux libéro-ligneux

109
orientés normalement et superposés, le plus petit étant le plus
voisin de la face inférieure. Les deux laisceaux libéro-ligneux
inférieurs sont pourvus chacun d’une gaine fibreuse, réduite à
deux ou trois assises d’éléments sur le bord ligneux, composée de
six à huit rangées en dehors du liber. Au contraire, la gaine du
faisceau vasculaire supérieur est plus développée sur le bord
ligneux que sur le bord libéreux.
En outre de ces trois faisceaux libéro ligneux principaux on en
observe sept à huit beaucoup plus beaucoup plus petits, tournant
leur liber vers le centre et situés, les uns au sein du parenchyme,
les autres contre l’hypoderme. Ces derniers alternent très irrégu­
lièrement avec des cordons scléreux composés de 15 à 60 fibres.
Les deux hypodermes du limbe se continuent dans la
nervure.
Vers la face intérieure, le parenchyme est palissadique sur une
faible épaisseur ; il est composé de cellules arrondies entre les
faisceaux libéro-ligneux ; sous l’hypoderme supérieur est une
large zone formée de grandes cellules incolores. Dans cette
région on n’observe aucun faisceau vasculaire, mais seulement
quelques cordons scléreux.
A n a t o m ie d e s n e r v u r e s d e s e g m e n t a t io n . — La nervure de
segmentation diffère par plusieurs caractères anatomiques de la
nervure d’union.
Les grands faisceaux libéro-ligneux n’occupent plus la région
centrale ; ils sont disposés sur une seule rangée au voisinage de
l’hypoderme supérieur. Les cordons scléreux périphériques
supérieurs sont moins nombreux. Ils sont, par contre, réunis en
plus grand nombre dans la région incolore inférieure.
Cette même description s’appliquait aussi, on s’en souvient, à
la nervure de segmentation de la feuille de YHyphæne coriacea.
Cependant ces deux mêmes nervures de deux palmiers diffé­
rents n’ont pas tout à fait la même constitution. Dans la nervure
de segmentation du M. nobilis, les faisceaux libéro-ligneux, tout
en restant d’inégales grosseurs, ne sont pas, comme ils l’étaient
dans la nervure correspondante de YH. coriacea, de plus en plus
petits d’un bord vers l’autre. C’est ordinairement le gros faisceau
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�110

&lt;

111

PASCAL CLAYERIE

PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

qui est au centre, et de chaque côté sont deux ou trois autres
faisceaux libéro-ligneux plus petits.
La disposition des faisceaux vasculaires n’étant pas la même
dans les nervures de segmentation de ces deux palmiers, il
s’ensuit que la déchirure ne se produit pas absolument au même
point dans les deux cas. Elle se fait suivant une ligne plus rap­
prochée de la ligne médiane dans la feuille du M. nobilis que
dans la précédente. La ligne de déchirure passe entre les cordons
scléreux inférieurs et entre le gros faisceau libéro-ligneux central
et l’un de ses voisins. Il reste donc d'un côté deux à trois
faisceaux vasculaires et de l’autre le gros faisceau libéro-ligneux
central et deux ou trois petits faisceaux de même nature. Les
deux à trois premiers faisceaux sont entraînés par le segment
correspondant ; de même, les deux ou trois petits faisceaux du
bord opposé restent adhérents à l’autre segment; mais le gros
faisceau s’isole et constitue le filament intersegmentaire, quel­
quefois employé comme filasse.
Après l’explication que nous avons donnée pour la plante
précédente, et qui nous a fait comprendre pourquoi les bords
voisins de deux segments sont d’épaisseur inégale, puisque l’un
est muni d’un gros faisceau libéro-ligneux, il semblerait que,
cette fois, dans le Medemia nobilis, les deux bords vont être
semblables dès l’instant que c’est le gros faisceau qui s’isole.
Ils ne le sont cependant pas, car une autre cause intervient,
qui aboutit au même résultat, et cette autre cause, qui avait déjà
sa part, mais tout à fait secondaire, dans l’épaisseur d’un des
bords des segments foliaires de YHyphæne coriacea, c’est le tissu
incolore épais qu’on retrouve dans la région médiane de toutes
les nervures de toutes les feuilles de palmiers. Nous avons signalé
ce tissu dans les nervures d’union, où il est sur la face supérieure
delà feuille, mais nous le retrouvons, dans le Medemia nobilis
comme dans YHyphæne coriace dans les nervures de segmen­
tation, où il est sur la face inférieure.
Or la déchirure de la feuille du Medemia nobilis, sur cette face
inférieure où elle débute, a lieu de telle sorte qu’une grande partie
de ce tissu est entraînée par l’un des segments dont elle forme le
bord, et ce bord est donc plus épais que le bord opposé, sur
lequel il n’est resté que quelques cellules du même tissu.

A défaut de la présence d’un plus gros faisceau, ce tissu
incolore, compact, suffit encore pour épaissir un des bords de
chaque segment.
P é t i o l e . — Le pétiole des feuilles de Medemia nobilis est
semi-cylindrique. Il a à peu près les mêmes dimensions que
celui des feuilles de YHyphæne coriacea. Toutefois il s’en dis­
tingue par ses bords amincis et surtout par ses aiguillons très
courts (1 millimètre au maximum) et très rapprochés les uns
des autres.
Au point de vue anatomique, il n’offre pas de bien grandes dif­
férences avec le pétiole du palmier précédent. Nous retrouvons,
sous un épiderme percé de stomates de loin en loin, un hypoderme formé de deux à quatre rangées de cellules à membranes
légèrement lignifiées. La région centrale est parcourue par un
grand nombre de faisceaux libéro-ligneux orientés de façons
très diverses. Tous ces faisceaux sont pourvus de deux arcs
fibreux. Les faisceaux des deux rangées périphériques, moins
riches en vaisseaux et en tubes criblés que ceux du centre, sont
entourés par deux arcs fibreux très développés. Et c’est toujours
l’arc extra-libérien qui est le plus puissant.
Au contraire, autour de la plupart des faisceaux libéro-ligneux
de la zone centrale, ces deux arcs sont ordinairement égaux.
Entre les tubes criblés et l’arc fibreux externe, on observe tou­
jours deux ou trois assises de fibres libériennes, beaucoup plus
étroites (0m/m008 à 0,0/m010) que les fibres de l’arc protecteur, qui
ont en moyenne 0m/m012 à 0ra/m018 de diamètre.
Contre l’assise hypodermique interne sont de nombreux petits
cordons scléreux cylindriques, composés de dix à vingt éléments
peu fortement unis entre eux, alternant irrégulièrement avec de
petits faisceaux libéro-ligneux réduits à un ou deux vaisseaux
spiralés et à un faible amas libérien. Certaines cellules du
parenchyme, semblables à leurs voisines, renferment du tanin.
Organes floraux. — Nous n’avons pas eu à notre disposition la
spathe du M. nobilis; nous n’avons donc pu examiner que les
spadices mâles et femelles.

�112

PASCAL CLAVERIE

A n a t o m ie du s p a d ic e m a l e . — L’axe du spadice mâle du M. nobi­
lis ne se distingue pas, à première vue, de l’axe du spadice mâle
de YH.coriacea. Il se présente comme formé d’un parenchyme
général, dans lequel on peut distinguer deux régions : une région
périphérique étroite, et une zone centrale où se trouvent les prin­
cipaux faisceaux libéro-ligneux de l'inflorescence. Toutefois un
examen attentif permet de relever quelques légères différences
entre ces deux mêmes organes de deux plantes différentes. En
premier lieu, la région périphérique est beaucoup plus large dans
l’axe du spadice mâle duM. nobilis, où elle comprend 18 à 24 assi­
ses de cellules, que dans l’axe du spadice mâle de VH. coriacea, où
elle n'est formée que de 10 à 12 rangées de ces mêmes cellules.
En outre, dans cette zone périphérique, les petits faisceaux
libéro-ligneux, entourés chacun d’une énorme gaine mécanique et
entremêlés de cordons scléreux, sont disposés ordinairement sur
une seule, rarement sur deux rangées, dans le spadice mâle de
VH. coriacea ; ils sont sur trois à quatre rangées dans le spadice
mâle du M. nobilis.
A n a t o m ie du s p a d ic e f e m e l l e . — L’axe du spadice femelle du
M. nobilis a à peu près la même anatomie que l'axe du spadice
femelle de VH. coriacea. Il diffère du spadice mâle, précédemment
décrit, par les mêmes caractères qui nous ont permis de distin­
guer les deux spadices de VH. coriacea.
A n a t o m ie du p é d o n c u l e f l o r a l . — Le pédoncule de la fleur
femelle s’allonge beaucoup pendant le développement du fruit ; il
atteint, lorsque le fruit est arrivé à son complet développement,
1 à 3 centimètres de longueur. Il est cylindrique et très velu.
L’anatomie de ce pédoncule floral est très voisine de celle de
l'axe de l’inflorescence femelle ; elle s’en différencie cependant par
quelques caractères. On n’observe plus de faisceaux fibreux dans
la région périphérique; les cellules à tanin sont beaucoup plus
nombreuses; et l’épiderme pousse de nombreux poils de formes
et de longueurs très diverses, les uns unicellulaires et coniques
les autres pluricellulaires, plus eu moins cylindriques et termi­
nées soit en pointe soit en tète sphérique.

113
Anatomie du fruit. — Le fruit ovoïde du Medemia nobilis dont
nous allons indiquer la structure interne avait 3 cent. 1/2 de
largeur et 4 centimètres de longueur.
Une coupe transversale faite dans la région moyenne laisse
voir, de dehors en dedans, trois couches distinctes: une couche
mince et coriace à la périphérie ; une couche spongieuse dans la
partie moyenne; et enfin, intérieurement, une région très dure
qui présente de nombreuses lames irrégulières s’enfonçant plus
ou moins profondément vers l’intérieur du fruit et d’où résulte
la rumination de l’albumen.
Ce sont, on s’en souvient, les mêmes couches que nous avons
observées dans le péricarpe du fruit de VH. coriacea. Toutefois la
zone interne du péricarpe du fruit de 1’ H. coriacea ne présentait
aucune saillie.
Les diverses régions du fruit du M. nobilis ont la même consti­
tution que les couches correspondantes qui composent le péri­
carpe du fruit de VH. coriacea.
La couche externe, dont l’épaisseur est égale à environ 0,n/n,175,
est formée de cellules scléreuses disposées sur six à huit assises.
Un grand nombre de ces cellules renferment du tanin.
La zone moyenne, beaucoup plus épaisse (3 à 4 millimètres), est
composée de cellules à parois épaissies et lignifiées, très allongées
radialement, réunies par petits groupes, séparés eux-mêmes les
uns des autres par du tissu mou qui se détruit lorsque Je fruit
se dessèche.
Enfin la couche interne, compacte, très dure, est constituée
par de nombreuses cellules très allongées de dehors en dedans,
à parois épaissies et lignifiées. En certaines régions, et suivant
des lignes irrégulières, ces cellules sont plus nombreuses et cons­
tituent ainsi les lames rigides qui s’enfoncent dans la cavité
centrale du fruit.
La graine unique occupe toute cette cavité. Son albumen,
ruminé et corné, blanc jaunâtre, est recouvert par un tégument
brun jaune. Au centre est une petite cavité s’étendant jusqu'à
la base même de la graine, au point d’attache de celle-ci sur
le placenta. L’embryon, qui est de forme conique, est situé
dans la région supérieure de l’albumen.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�PASCAL CLAVERIE
114
Le tégument de la graine est composé de cellules arrondies, à
contenu tanique.
L’albumen est toujours constitué par de longues cellules, à
parois très épaissies, renfermant des grains d’aleurone et des
gouttelettes d’huile.
L’embryon est une masse uniforme de cellules, à la périphérie
de laquelle les faisceaux libéro-ligneux sont disposés suivant
une seule ligne circulaire.
Étude du faisceau isolé. — Comme pour VH. coriacea, nous
avons examiné isolés quelques uns des filaments intersegmen­
taires. Ces filaments sont de section ovale et ont 0m/m400 à
0,n/m560 de diamètre moyen. Ce sont, comme on le sait, des
faisceaux libéro-ligneux, pourvus de leurs deux arcs fibreux. Les
fibres qui composent ces arcs mécaniques sont polygonales : leur
largeur varie entre 0”/m015 et 0m/m018 et leur lumen est un peu
plus étroit que la moitié du diamètre total.
Au point de vue chimique, les faisceaux isolés du M. nobilis,
offrent les mêmes réactions que les faisceaux de VH. coriacea ; ils
sont comme eux fortement lignifiés.
Borassus fla bellifer

Lin.

Nous n’avons pas l’intention de décrire la morphologie interne
des divers organes du Borassus flabellifer. Nous nous proposons
d’examiner seulement les feuilles de ce palmier en les comparant
aux feuilles de VHyphæne coriacea et du M. nobilis, qui sont de la
même tribu des Borassées.
Ces feuilles du Borassus flabellifer sont, on le sait, penniséquées;
et, comme chez les deux palmiers précédents, les segments se
déchirent suivant les plis supérieurs. Les deux bords sont encore
inégalement épaissis et on observe toujours entre deux segments
consécutifs un filament intersegmentaire. Sur les deux faces du
limbe on relève la présence de nombreux points rougeâtres qui
sont des groupes de poils situés dans autant de dépressions de la
surface de la feuille.

115
A n a t o m ie d e s la m e s d e s s e g m e n t s .— Examinons tout d’abord
les lames des segments. Le limbe a en moyenne 0m/m500 à
0m/m550 d’épaisseur. Les deux épidermes sont pourvus de
stomates. Les poils que nous venons de signaler sont semblables
à ceux que nous avons déjà décrits chez VH. coriacea et le
M. nobilis. Vers chacune des deux faces du limbe est un hypodenne composé de plusieurs assises de grandes cellules polyédri­
ques; il y en a deux ou trois pour chaque face. Le mésophylle est
composé de trois ou quatre assises de cellules palissadiques sous
l’épiderme supérieur et d’un nombre beaucoup plus grand de
cellules ovoïdes dans la région inférieure.
Les faisceaux libéro-ligneux sont de deux sortes. Les uns, de
grandes dimensions, occupent à leur niveau presque toute
l’épaisseur du limbe; les autres, beaucoup plus petits, sont
accolés à l’hypoderme supérieur. Entre deux gros faisceaux on
en observe toujours trois petits.
Les gros faisceaux libéro-ligneux sont pourvus chacun de deux
arcs fibreux très épais; les petits faisceaux n’en possèdent ordi­
nairement qu’un seul, sur le bord ligneux.
Les fibres qui composent ces arcs sont cylindriques et de
diamètre variable. Le canal central est à peu près égal à
l’épaisseur de la membrane, c’est-à-dire au tiers du diamètre
total.
En outre des faisceaux libéro-ligneux que nous venons
de signaler, on observe au voisinage de la face inférieure
quelques rares cordons scléreux, cylindriques, alternant irrégu­
lièrement avec de petits faisceaux libéro-ligneux.
A n a t o m ie d e s n e r v u r e s d ’u n io n . — Dans ces nervures, il y a
dix ou douze gros faisceaux libéro-ligneux plus ou moins super­
posés, et de plus en plus grands à mesure qu’on se rapproche
de la face supérieure. On se souvient que c’est là la disposition
des faisceaux libéro-ligneux dans les nervures d’union de
VHyphæne coriacea et du Medemia nobilis, oit toutefois le nombre
des faisceaux principaux est beaucoup moins considérable.
A la périphérie de cette nervure se trouvent d’autres faisceaux
libéro-ligneux, beaucoup plus petits que les faisceaux du centre.
Contre l’hypoderme sont quelques rares cordons scléreux.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�PASCAL CLAVER1E
116
Tous les faisceaux libéro-ligneux sont pourvus d’une gaine
fibreuse, plus épaisse sur le bord libérien que sur le bord
ligneux. Le faisceau supérieur seul, qui est le plus gros, possède
un amas fibreux très développé en dehors du bois.
Certains faisceaux libéro-ligneux périphériques s’unissent à
leurs voisins par leurs gaines mécaniques ; mais il est rare qu’il
y ait plus de trois faisceaux libéro-ligneux ainsi accolés. Nous
verrons, en examinant la nervure d’union de la feuille du
Raphia, que presque tous les faisceaux libéro-ligneux de cette
nervure sont soudés entre eux par un tissu scléreux très
développé.
Entre le faisceau libéro-ligneux supérieur et l’hypoderme de
la face supérieure est une zone formée de grandes cellules
incolores au milieu desquelles on observe 18 à 24 cordons
fibreux.
A n a t o m ie d e s n e r v u r e s d e s e g m e n t a t io n .— Dans ces nervures,
les grands faisceaux libéro-ligneux sont au nombre de quatre et
sont superposés, le plus grand faisceau étant toujours le faisceau
inférieur.
A la périphérie sont de nombreux faisceaux libéro-ligneux, les
uns appliqués contre l’hypoderme, les autres séparés de cette
zone sous-épidermique par une à deux rangées de cellules
parenchymateuses. Vers la face inférieure est une zone formée
par un tissu incolore, au sein duquel sont quelques cordons
scléreux.
Remarquons ici que l’on n’observe jamais dans les nervures
de segmentation la soudure de deux ou plusieurs faisceaux
libéro-ligneux voisins.
La déchirure se fait suivant une ligne qui passe entre les
cordons scléreux de la face inférieure et qui laisse d’un côté les
deux gros faisceaux libéro-ligneux inférieurs et de l’autre le fais­
ceau situé immédiatement au-dessus. Et l’étude anatomique
des segments montre que les deux faisceaux inférieurs sont
entraînés par l’un des segments, pendant que, des deux autres
faisceaux, un seulement, le plus interne, reste accolé au segment
opposé. Quant au quatrième faisceau (qui est le faisceau supé-

117
périeur) il s’isole, constituant le filament intersegmentaire qui
est quelquefois employé comme filasse.
Nous avons dit que l’un des bords est mince, l'autre épais ;
indiquons que c’est toujours le bord auquel reste adhérent le
faisceau qui s’isole qui est le plus épais.
On a vu que dans les nervures de segmentation de YHyphæne
coriacea, après déchirure, l’épaisseur de l’un des bords était due
à la présence d’un gros faisceau et d’une grande partie du tissu
incolore inférieur. Chez le Medemia nohilis, cette épaisseur plus
grande de l’un des deux bords a pour cause unique la présence,
dans l’un des segments, de la plus grande portion du tissu
incolore. Chez le Borassns flabellifer, cette différence d’épaisseur
entre les deux bords des segments est due à la présence, dans
l’un des segments, d’un gros faisceau libéro-ligneux tout à fait
marginal. Dans le bord opposé, on observe à ce même niveau,
deux petits faisceaux de même nature. Les deux gros faisceaux
qui sont entraînés par ce segment sont situés un peu plus
profondément.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

Raphia Ruffia

Mart.

Au début de toute étude sur les Raphia de Madagascar, la pre­
mière question qui se pose est de savoir s’il n’est dans toute l'île
qu’une seule espèce de Raphia, qui serait le Raphia Rnffia (R.
pedonculata Pal. Beauv.) ou s’il n’en est pas plusieurs.
Récemment Sadebeck a admis que seul le Raphia de la côte
occidentale serait le Raphia Ruffia ; sur la côte orientale, ce
serait le Raphia tamatavensis.
Sadebeck donne, du reste, comme seule raison que les bandes
de raphia qui parviennent dans le commerce européen de la
côte Est n’ont pas tout à fait la même structure anatomique que
celles de Majunga sur la côte occidentale.
La base de ce raisonnement nous semble un peu fragile, et il
est, croyons-nous, imprudent de créer ainsi une nouvelle espèce
d’après une simple donnée anatomique, empruntée à un frag­
ment de feuille. C’est ce que d’ailleurs, nous pensons que nous
Ann. du Musée col. de Marseille. — 2* série. 7* vol. 1909.

8

�PASCAL CLAVERIE
118
allons prouver en nous plaçant au même point de vue que
l’auteur allemand.
Nous avons eu, en effet, à notre disposition un assez grand
nombre de ces bandes de raphia, mais provenant de divers
points de Madagascar cl d’origine certaine. Voyons si tous ces
échantillons se rattachent exclusivement aux deux types de
structure admis par Sadeheck.
E t u d e a n a t o m iq u e d e s é p id e r m e s s u p é r ie u r s e t t is s u s s o u s ja c e n t s d e s s e g m e n t s f o l ia ir e s d e r a p h ia .

— Faire l’élude
anatomique des bandes dç,raphia telles qu’on les trouve dans le
commerce, c’est, en effet, faire l’étude anatomique des tissus de
la face supérieure des segments foliaires du palmier, puisque,
on le sait, ces bandes sont obtenues en détachant des feuilles
toutes jeunes et encore fermées l’épiderme supérieur, qui
entraîne avec lui les faisceaux fibreux qui y sont immédiatement
accolés et qui constituent la véritable partie résistante.
Dans les deux sortes de bandes que nous venons de citer,
Sadebeck examine la structure : 1° dans la partie moyenne de la
longueur ; 2° vers la base, au voisinage du pétiole.
Dans la région moyenne, il reconnaît que le raphia de l'Ouest —
qu'il nomme raphia clair — est formé par une réunion de fais­
ceaux fibreux de forme rubanée, très rapprochés les uns des
autres et appliqués par leur face large contre l’épiderme. A ce
niveau, deux ou plusieurs faisceaux scléreux voisins peuvent
s’unir latéralement et former ainsi sous l’épiderme une lame
fibreuse composée de vingt à trente fibres placées côte à côte.
Les éléments scléreux qui constituent ces cordons mécaniques
sont pourvus de lumens étroits.
Vers la base, ce même raphia est composé de faisceaux sclé­
reux cylindriques disposés sur deux à trois langées et constitués
par des éléments fibreux à cavités centrales relativement larges.
Si maintenant l’on considère le raphia de Tamatave — dit
raphia sombre — les deux mêmes parties ont la constitution
suivante.
Dans la région moyenne, les faisceaux fibreux sous-épider­
miques sont cylindriques, assez peu rapprochés les uns des
autres, mais toujours formés d’éléments à lumens étroits,

119
Vers la base, les cordons mécaniques ne se présentent plus, en
section transversale, sous la forme de cercles mais sous la forme
d’ellipses. De plus, à ce niveau, les fibres sont pourvues de canaux
très étroits.
Nous avons bien en réalité, reconnu ces deux structures dans
diverses bandes de raphia que nous avons examinées, et par
exemple, dans les raphias provenant de Majunga, de Mevatanana,
de Nossi-Bé, d’Andévorante, de Mananjary, de Sainte-Marie et
d’Antongil. Mais Sadebeck a eu tort de penser que ce sont les
deux seuls types anatomiques qu’on puisse constater.
Un nouveau et troième type nous est offert, par exemple, par
des raphias provenant d’Ambositra et de Mandritsara.
Dans ce troisième type, la région moyenne est caractérisée par
des faisceaux rubanés composés de fibres à lumens étroits
(caractères du raphia clair); mais vers la base, des faisceaux, en
devenant cylindriques, sont toujours formés de fibres à lumens
étroits (caractère du raphia sombre).
Puis c’est un quatrième type que présentent des raphias pro­
venant de Vohémar et de la province des Betsimisaraka.
Dans celte autre catégorie, les faisceaux fibreux sont cylin­
driques aussi bien dans la région moyenne (caractère du raphia
sombre) qu’à la base. De plus, on observe que les éléments
fibreux qui les composent sont à lumens étroits dans la zone
moyenne, mais à membrane mince à la base (caractère du
raphia clair).
En définitive nous avons donc au moins quatre types anato­
miques pour ces feuilles de raphia malgache. Dans ces condi­
tions, ce ne serait pas deux espèces mais quatre qu’il convien­
drait d’admettre.
Et, nous sommes assez persuadés, au reste, qu’il est, en effet,
plusieurs représentants du genre dans File africaine ; cette opi­
nion serait notamment confirmée par les très grandes variations
de forme des fruits de diverses provenances.
Ainsique l’a déjà fait observer M. Jumelle (1) avec les mêmes
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

(1) H. Jum elle : Les ressources agricoles et forestières des colonies françaises.
Marseille 19U8.

�120

PASCAL CLAVERIE

échantillons dont nous nous sommes servis, les fruits fournis­
sent un second élément de conviction. Palisotde Beauvois repré­
sente comme fruits du Raphia pednnculata des fruits piriformes
très atténués vers le point d’attache; et c’est la même forme que
Le Maout et Decaisne et, après eux, Drude indiquent pour ces
fruits. Sadebeck, par contre, donne une figure de fruits provenant
de Nossi-Bé. Or ces fruits sont très elliptiques et ne sont jamais,
dit-il, aussi atténués à la base que ceux représentés par P. de
Beauvois.
Nous avons eu, d’autre part, à notre disposition des fruits
provenant des Betsimisaraka du Sud, sur la côte Est, et ces fruits
sont aussi piriformes, et même plus, que ceux décrils par de
Beauvois. Les uns, provenant du raphia vauy (c’est-à-dire
« femelle ») sont nettement piriformes, tandis que d’autres, dits
raphia laly (c’est-à-dire « mâle»), sont plus petits et plus forte­
ment allongés.
Nous avons examiné aussi des fruits de la région d’Andriba
qui étaient désignés sous le nom de vauy et qui sont semblables
aux fruits décrits par Sadebeck.
Ces différences de forme des fruits — qui coïncident sans doute
avec d’autres caractères distinctifs — ont donc été remarquées
par les indigènes, puisque dans une même région, ils distin­
guent le raphia lahy (ou mâle) et le raphia vauy (ou femelle).
La vérité est que des documents suffisants manquent encore
pour trancher définitivement cette question ; ce qu’il y a de plus
sur et ce qu’établissent bien, croyons-nous, nos observations
anatomiques précédentes,c’est que la simple étude d’une partie de
feuille ne permet pas de préciser, comme l’a lait un peu trop
rapidement Sadebeck, le nombre des espèces et d’en créer de
nouvelles.
L^Raphia lamatavensis est une espèce plus que douteuse.
Ce premier point posé — et il a son importance — c’est sous
les réserves qu’imposent toutes ces remarques que nous dési­
gnerons comme Raphia Ruffia le palmier dont les échantillons
ont été recueillis dans le Haut Bemarivo par M. Perrier de la
Balhie, et dont nous allons faire l’examen anatomique.
Nous croirions, au surplus, volontiers que, le jour où l’étude

PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

121

descriptive des Raphia malgaches sera faite, notre détermination
provisoire ne sera pas modifiée; le palmier du Haut Bemarivo
pourrait bien être réellement un de ceux qui se rattachent le
mieux au type Raphia Ruffia. Non seulement ses fruits sont ceux
que figure Sadebeck pour ce Raphia, mais nous allons voir que
l’anatomie de ses segments foliaires concorde avec celle des
bandes de Majunga. Or le Raphia Ruffia a toujours été décrit
avec des spécimens provenant du nord-ouest de l’ile. Ce serait
donc bien le type du nord-ouest que représenterait notre palmier.
Puis il est encore à remarquer que les trois autres types
appartiennent à l’est de l’î le ; ce qui semblerait indiquer que,
s’il esl, comme nous l’avons supposé, d’autres espèces de Raphia
à Madagascar, celles-ci seraient plutôt des espèces du versant
oriental.
Ce serait, en d’autres termes, sur ce versant qu’il y aurait plu­
sieurs Raphia encore inconnus; le Raphia Ruffia serait le
palmier du Nord-Ouest.
Raphia Ruffia du Haut Bemarivo. - Puisque nous avons eu la
bonne fortune d'avoir entre les mains des inflorescences jeunes
de ce Raphia, nous les décrirons rapidement.
Les inflorescences mâles sont très développées et protégées
chacune par une grande spatlie générale. L'axe floral principal
se subdivise à différents niveaux, et les axes secondaires aux­
quels il donne naissance portent d’une façon alterne, et sur un
même plan, de nombreux axes tertiaires très voisins les uns des
autres. Et c’est sur ces axes de troisième formation que sont
implantées les fleurs mâles.
A la base de chaque axe secondaire est une spatlie protégeant
cette partie de l’inflorescence. En outre,au même point,et à l’inté­
rieur de la spatlie secondaire, est une bractée formée de &lt;leux
parties soudées, enserrant la base de cette portion d’inflorescence.
Les fleurs mâles sont disposées en alternance sur les axes
tertiaires. Chacune d’elles est entourée par une large bractée,
opposée à l’axe floral, et par deux bractées latérales plus
petites.
Le calice est membraneux et ne fait pas saillie au-dessus des

�122

PASCAL CLAVERIE

bractées que nous venons de signaler. II est formé de trois pièces
de 3m/m1/2 de longueur, soudées entre elles jusqu’au sommet.
La corolle, beaucoup plus longue que le calice(5 à (5 millimètres),
est composée de trois pièces de 4m/m 1/2 de largeur, coriaces,
concaves en dedans, libres jusqu’à la base.
L'androcée comprend six étamines disposées sur deux rangs
et soudées entre elles seulement par la base du filet. Ces filets
sont courts (1 m/mà 1m/m1 2), et renflés ; et chacun d’eux est sur­
monté par une anthère de 4 à 5 millimètres de longueur, insérée
sur le filet par sa région basilaire. Le pollen est formé de petits
grains ovoïdes, de 0m/m025 à 0m/m030 de diamètre moyen.
Nous n’avons pas vu les fleurs femelles.
Les fruits que nous avons examinés avaient 5 à 6 centimètres
de longueur et 3 à 4 de largeur.
Us étaient régulièrement ovoïdes et- très peu atténués vers le
point d’attache. Ils différaient donc, par ce fait, notablement
des fruits de raphia de la région des Betsimisaraka du Sud.
M o r p h o l o g ie e x t e r n e d e la f e u i l l e . — On sait que les
feuilles de Raphia sont déchirées-pennées, et que les segments
se déchirent ici suivant le pli inférieur, et sont par conséquent
rédupliqués. Les segments que nous possédons atteignent
Im50 et plus de longueur. Les deux bords n’en sont pas
inégalement épaissis, comme dans les Borassées précédentes.
Puisque le limbe est rédupliqué, chacun de ces segments pré­
sente sa nervure médiane sur la face supérieure. Cette nervure
est garnie d’une rangée de petits aiguillons acérés, recourbés
vers le pétiole. En outre, chaque bord présente une rangée d’au­
tres aiguillons de forme analogue, mais plus nombreux et plus
petits. Ces petits piquants, bien entendu, ne sont pas exacte­
ment bordants ; ils appartiennent à la nervure de segmentation,
qui en portait deux rangées sur la face supérieure, et sont
donc, en réalité, sur cette même face, sur les bords immédiats
des segments. Nous n’avons jamais vu de filaments intersegmentaires.
Examinons successivement des coupes transversales de ces
segments faites à différents niveaux de leur longueur, à la

123
base, au milieu et au sommet, en portant notre attention sur
le limbe proprement dit et sur la nervure de segmentation et
d’union.
A n a t o m ie d e s l a m e s d es s e g m e n t s . — Examinons tout d’abord
le sommet d’une lame foliaire. Le limbe à ce niveau a en moyenne
0m/,n350 d’épaisseur. L’épiderme inférieur seul est pourvu de
stomates.
L’épiderme supérieur est formé de cellules presque auss
larges que hautes, Le mésophylle est hétérogène, palissadique
dans la moitié supérieure, lacuneux dans l’autre moitié; çà et
là sont quelques cellules à tanin. Les faisceaux libéro-ligneux,
qui sont inclus dans le tissu lacuneux, sont de diverses gros­
seurs; entre deux gros faisceaux, il y en a ordinairement trois
à cinq beaucoup plus petits.
Dans les grands faisceaux libéro-ligneux, le bois est représenté
par un à deux larges vaisseaux, au-dessus desquels en sont
d’autres plus petits, entremêlés de cellules et de fibres ligneuses.
Le liber est divisé en deux parties par suite du développement
de nombreuses fibres libériennes, qui se soudent d une part à
l’arc fibreux externe, d’autre part au tissu ligneux. Chacun de
ces grands faisceaux est pourvu de deux arcs fibreux extra­
ligneux et extra-libériens égaux en épaisseur. Toutefois, l’arc
extra-libérien embrasse sur une plus grande surface le faisceau
vasculaire. Ces deux arcs scléreux ne se rejoignent pas latéra­
lement ; ils sont séparés l’un de l’autre par quelques cellules du
bois.
Les petits faisceaux libéro-ligneux se distinguent des gros
faisceaux libéro-ligneux non seulement par leur taille, mais
aussi par l’absence d’arc scléreux extra-ligneux. Eli outre, dans
ces faisceaux, le liber n’est plus divisé en deux régions par des
fibres lignifiées.
Autour de chacun de ces faisceaux est une gaine, quelquefois
incomplète, de grandes cellules arrondies et incolores.
Le mésophylle a aussi son stéréome propre. On observe, en
efTet, de nombreux Cordons scléreux, de forme cylindrique,
composés de quatre à dix éléments, appuyés contre l’épiderme
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�PASCAL CLAVERIE
124
inférieur; de plus, des cordons de forme rubanée, composés
seulement de une à deux rangées de libres, sont appliqués contre
l’épiderme supérieur.
Les faisceaux fibreux situés contre l’épiderme inférieur sont
séparés les uns des autres par quatre à six cellules parenchyma­
teuses ; les faisceaux fibreux de la face supérieure sont très
voisins les uns des autres, une seule cellule chlorophyllienne
séparant ordinairement deux faisceaux consécutifs.
Vers les bords, les cordons scléreux deviennent cylindriques
contre les deux faces.
En outre de ces cordons mécaniques sous-épidermiques,
le mésophylle renferme quelques petits faisceaux fibreux, dissé­
minés çà et là dans le tissu lacuneux.
Les libres qui composent ces faisceaux scléreux sont polygo­
nales, de 0m/lu008 à 0,u/012 de diamètre ; leur membrane est très
épaisse et fortement lignifiée. Les aiguillons qui se trouvent sur
la nervure médiane et sur les deux bords sont de petites émer­
gences de quatre à cinq millimètres de longueur, fortement
inclinées en arrière. Le tissu qui pénètre dans l’aiguillon est
formé de cellules polyédriques à membranes un peu épaissies.
Les cellules de la périphérie sont petites et à parois fortement
lignifiées. Certaines cellules qui forment l’émergence renferment
du tanin.
Dans la région moyenne, la constitution générale est la même
qu’au sommet. Les faisceaux libéro-ligneux et les cordons
scléreux ont la même disposition. Les fibres qui composent les
amas fibreux sous-épidermiques sont encore polygonales et à
membranes très épaissies.
A la base, le limbe a environ Qm/,n520 d’épaisseur. Le méso­
phylle est toujours hétérogène, palissadique dans le tiers supé­
rieur, lacuneux dans les deux tiers inférieurs.
A ce niveau, les faisceaux libéro-ligneux sont entourés chacun
complètement par une gaine scléreuse. En outre, les cordons
scléreux sont tous cylindriques; et, à l’inverse de ce qui avait
lieu au sommet et dans la région moyenne, la plupart d’entre eux
sont séparés des épidermes par une à trois rangées de cellules
polyédriques incolores.

125
Les fibres qui composent ces cordons sont traversées chacune,
à ce niveau, par un canal relativement large. On se souvient que
c’est bien là le caractère des éléments fibreux des bandes de
raphia clair, provenant du Raphia Ruffia.
A n a t o m ie d e s n e r v u r e s * d e s e g m e n t a t io n . - Tous les
segments que nous avons examinés étaient isolés; nous n’avons
pu, par une seule coupe, nous rendre compte de l’anatomie de ces
nervures de segmentation, mais c’est en rapprochant les résultats
que nous donne l’examen des deux bords que nous pouvons nous
faire une idée de la structure d’ensemble.
Les deux bords d’un même segment ont à peu près la même
anatomie et sont de même épaisseur. Sous l’épiderme, qui sur
le bord du segment est formé de cellules aussi larges que hautes,
on observe trois à cinq cordons fibreux cylindriques, composés
de trois à vingt éléments et séparés les uns des autres par deux
à trois cellules parenchymateuses.
Le mésophylle est compact et composé de cellules polyé­
driques à chlorophylle ; il possède souvent, dans cette extrémité
bordante, une grande cellule à cristaux.
A une petite distance du bord se trouvent deux petits faisceaux
libéro-ligneux semblables à ceux du limbe et placés l’un un peu
au-dessus de l’autre. En arrière est un faisceau beaucoup plus
gros, pourvu de deux arcs scléreux puissants.
La nervure de segmentation doit donc être composée réguliè­
rement de deux grands faisceaux libéro-ligneux, situés l’un à côté
de l’autre, et de quatre petits faisceaux de même nature placés au
dessous. La déchirure se produit dans la région médiane, de sorte
que les deux bords des segments restent de même épaisseur, ün
n’observe jamais de filaments intersegmentaires. Remarquons
que nous ne retrouvons pas dans les bords des segments foliaires
ce tissu incolore qui était constant dans les nervures de
YH. coriacea, du M. nobilis et du Rorassus flabellifer.
A n a t o m ie d e s n e r v u r e s d ’u n io n (Fig. 18).— Dans les nervures
d’union, qui sont très grosses, les faisceaux libéro-ligneux ne sont
ni superposés comme ils l’étaient dans les nervures correspon­
dantes de VH, coriacea ou du M. nobilis, ni situés sur un même
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�126
PASCAL CLAVERIE
plan (comme nous avons constaté incidemment quelles le sont
dans les nervures d’union du C. Immilis.) Ces faisceaux, au
nombre de quinze à vingt, sont disposés suivant des cercles
concentriques. Les faisceaux de la périphérie sont réunis les uns
aux autres par de nombreuses libres lignifiées formant une
gaine épaisse (/ /»), interrompue seulement en deux points (a, b).

F ig . 18. — Coupe transversale d ’une nervure de Raphia R uffia
(p . s ., face supérieure; p. i., face inférieure).

Les faisceaux libéro-ligneuxde la région supérieure (p.s.) de la
nervure tournent leur bois vers la face inférieure. Les faisceaux
de la partie inférieure sont orientés en sens inversé, c’est-à-dire
normalement.
En dehors de cette gaine fibreuse puissante se trouvent quel­
ques rares petits faisceaux libéro-ligneux riches en éléments
scléreux. De plus, contre l’épiderme supérieur et inférieur sont
çà et là de petits cordons fibreux. Vers la face inférieure et aux
points de jonction de la nervure et des lames de segments sont
trois à cinq assises de grandes cellules incolores (z. z.).
A n a t o m ie d e la s p a t h e . — La spathe principale, comme
d’ailleurs les spathes secondaires, est d’un jaune mat sur la face

127
externe, d’un jaune brun brillant sur la face interne. L’anatomie
de celte spathe de Raphia diffère par deux caractères principaux
de celle des spathes d'H. coriacea et de M. nohilis. Dans les
spathes de ces deux derniers palmiers, les faisceaux libéroligneux étaient disposés sur une seule rangée; dans la spathe
du Raphia ils constituent trois assises. En second lieu, tandis
que dans les spathes de ces deux Borassées on observait des cor­
dons scléreux situés contre l’épiderme supérieur, on n’en voit
aucun contre cette même face, dans la spathe du Raphia.
La constitution interne de la spathe du Raphia est notable­
ment différente de l’anatomie du limbe. Nous venons d'indiquer
que les faisceaux libéro-ligneux sont disposés sur trois rangées ;
dans la spathe on sait qu’ils ne forment qu’une assise dans le
limbe. En outre, on a vu que dans le limbe le mésophylle est
hétérogène et que les cordons scléreux qui sont assez peu nom­
breux sous l’épiderme inférieur sont très rapprochés les uns des
autres sous l’épiderme supérieur. Dans la spathe, au contraire,
les faisceaux fibreux sont exclusivement situés sous l’épiderme
inférieur et au sein du parenchyme qui est homogène.
Sous l’épiderme supérieur est une zone hypodermique, com­
posée de huit à dix assises de grandes cellules allongées parallè­
lement à l’épiderme. Dans celte région, on n'observe ni cordons
scléreux, ni faisceaux libéro-ligneux.
Tous les faisceaux libéro-ligneux sont disposés dans le tissu
inférieur, suivant trois rangées. Les faisceaux des deux assises
inférieures sont orientés normalement, les faisceaux de la rangée
supérieure tournent au contraire leur bois vers la face externe.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

A n a t o m ie d e l ’axf . d e l ’in f l o r e s c e n c e m a l e . — L’anatomie
de l’axe de l’inflorescence mâle du Raphia ne diffère de celle du
spadice mâle de 177. coriacea que par la constitution des fais­
ceaux libéro-ligneux et la grosseur des éléments fibreux qui
composent les gaines mécaniques de ces faisceaux.
Dans l’ensemble, cet axe de Raphia, tout comme le spadice
mâle de VH. coriacea, est composé d’un parenchyme général
formé de cellules arrondies, dans lequel on peut distinguer deux
régions. L’une, périphérique, comprend de vingt-cinq à trente

�128

PASCAL CLAVERIE

assises de cellules et est parcourue par des cordons scléreux
entremêlés de faisceaux libéro-ligneux ; l'autre centrale, beau­
coup plus large, renferme exclusivement des faisceaux libéroligneux très rapprochés les uns des autres.
Les faisceaux libéro-ligneux de la zone périphérique sont de
faible diamètre et alternent irrégulièrement avec les cordons
scléreux. Les faisceaux libéro-ligneux de la région centrale sont
beaucoup plus gros, et entourés chacun par une gaine méca­
nique plus épaisse en dehors du liber que sur le bord ligneux.
Ces faisceaux se distinguent des faisceaux libéro-ligneux cen­
traux du spadice mâle de VH. coriacea par la présence d’un plus
grand nombre de vaisseaux, la réduction de l amas libérien et
la présence d’une gaine fibreuse inégalement développée sur le
pourtour des éléments conducteurs. En outre, les fibres qui
constituent les gaines scléreuses sont à membranes beaucoup
plus épaisses chez le Raphia que chez VH. coriacea ou le M.
n obi lis.
L’axe de l’inflorescence mâle du Raphia renferme de nom­
breuses cellules à tanin, disséminées dans les deux régions que
nous venons d’indiquer. On en observe aussi quelques-unes
dans le liber.
É tude des faisceaux fib r e u x sous - é pid e r m iq u e s c h ez les
divers r a ph ia .

— Nous avons vu plus haut les différences que
présentent, au point de vue de leur disposition et de leur struc­
ture, les faisceaux fibreux qui sont appliqués, dans la feuille,
contre l’épiderme supérieur. Ces faisceaux étant la cause de la
ténacité des bandes de raphia du commerce, car l’épiderme pro­
prement dit n’a en somme, d’autre rôle que de les maintenir unis,
il peut y avoir quelque intérêt à comparer leurs diverses résis­
tances dans les divers types de structure que nous avons
décrits ; et nous terminerons donc par là l’élude du Raphia. Nous
avons déterminé ces résistances en fixant, à la base de bandes
de 80 centimètres de longueur et de 2 centimètres de largeur
attachées par leur sommet à un point fixe, des poids de plus en
plus lourds. D’après nos essais, toutes ces bandes ont supporté
au maximum les poids suivants ;

p l a n t e s t e x t il e s e x o t iq u e s

129

Lanières de Majunga............ 10 kilogrammes
»
Mananjary.......... 9
»
»
Sainte-Marie.... 8 kil. 500
»
Mevatanana....... 8 kilogrammes
»
Mandritsara___ 8
»
»
Vohémar........... 7 kil. 800
» des Betsimisaraka .. 6 kilogrammes
»
d’Ambositra......... 4 kil. 500
» de Nossi Bé............ 4 kil. 500
»
d’Antongil........... 4 kil. 100
»
d’Andévorante . .. 4 kil. 100
Sadebeck, pour expliquer les résistances différentes du raphia
clair et du raphia sombre, remarque que les bandes du premier
sont formées de filaments fibreux rubanés très rapprochés les uns
des autres, tandis que les lanières du raphia sombre sont consti­
tuées par des cordons scléreux cylindriques séparés les uns des
autres par plusieurs cellules parenchymateuses. D’après lui, c’est
donc la forme et le rapprochement des faisceaux fibreux qui sont
la cause de leur plus ou moins grande ténacité.
Si l’on compare les résistances que nous venons d’indiquer à
l’anatomie des bandes correspondantes, on voit que cette expli­
cation du botaniste allemand est insuffisante et erronée. Les
bandes provenant d’Andévorante et de Nossi-Bé ont tous les
caractères du raphia clair et ne sont pas résistantes. Par contre
des lanières de Mananjary et de Sainte-Marie qui correspondent
exactement au type du raphia sombre sont très résistantes.
Nous constatons une concordance bien plus nette entre les
résultats de nos expériences et l’anatomie, si nous envisageons
surtout le nombre, la grosseur, et l’épaisseur des parois des fibres
qui composent les cordons scléreux sous-épidermiques,
En effet, dans les lanières très résistantes, provenant de
Majunga, Mananjary, Sainte-Marie, Mevatanana, Mandritsara et
Vohémar, les faisceaux scléreux, qu’ils soient rubanés ou cylin­
driques, sont toujours composés de fibres nombreuses et grosses,
à membranes très épaissies. Dans les lanières moins tenaces
(Betsimisaraka, Ambositra, Nossi-Bé, Anlongil, Andévorante),

�PASCAL CLAVERIE
130
ces faisceaux mécaniques sont formés d’un plus petit nombre de
fibres, qui sont aussi plus étroites et à canal central plus large.
Indiquons les diamètres des fibres chez quelques lanières de
diverses provenances et de différentes ténacités.
Dans les bandes provenant de Majunga les fibres qui consti­
tuent les cordons scléreux ont en moyenne 0 m/m015 de diamètre
(maximum 0 n,/m 020, minimum 0 m/“ 010) ; la largeur de leurs
lumens oscille entre 0 n,/m002 et 0 ra/m003.
Les fibres des lanières de Mananjary ont 0 m/ni 012 à 0 m/ni 018
de diamètre et le canal n’a jamais plus de 0 m/m 003 de largeur.
Les éléments fibreux des bandes d’Andévorante n’ont que
0 mjm010 à 0 m/m014 de diamètre et le canal a 0 m/m003 à 0 m/m005
de largeur. Il en est de même des fibres des bandes provenant
d’Antongil.
lTne seule lanière paraît faire exception, c’est celle provenant
d’Ambositra. Là, en effet, les fibres sont grosses ( 0 m/m012 à
0 m/m015) et le canal étroit (0 m/ra 001 à 0 ,n/ra 003); mais la faible
résistance de ces lanières s’explique toujours, tout au moins, par
le nombre relativement réduit des fibres qui composent les cor­
dons scléreux.
Indiquons en terminant que, dans toutes les lanières que nous
avons examinées, la longueur des fibres varie au même niveau ;
les unes n’ont que 0 m/m200, tandis que d’autres mesurent jus­
qu’à 2 m/m700.
En résumé, nous pouvons classer presque toutes les lanières
que nous avons examinées dans les deux types suivants, ainsi
caractérisés.
1° Cordons scléreux formés de nombreuses fibres, grosses, à
membranes épaissies.
2° Cordons scléreux composés d’un nombre relativement
moindre d’éléments primordiaux, ordinairement plus étroits, à
membranes plus minces.
Les bandes résistantes appartiennent au premier type, les
lanières moins tenaces au second.
R a c in e s d e R a p h ia . — On sait que les Raphia sont des p a l ­
miers qui recherchent l’humidité du sol et vivent toujours sur le

131
bord de l’eau, dans laquelle leurs racines s’allongent comme
celles de tous les arbres de la mangrove. Comme tels, ils peuvent
avoir de ces racines, dites racines-asperges, qui s’accroissent de
bas en haut et dont le géotropisme, sous l’influence de l’humi­
dité, est devenu négatif.
Ayant eu entre les mains quelques-unes de ces racines à géo­
tropisme renversé, en même temps que des racines terrestres
ordinaires, nous en avons profité pour faire une petite étude
anatomique comparée, qui a sa place ici. La structure de la
racine terrestre, tout d’abord, est la suivante.
Immédiatement en-deçà de la coiffe est une ccorce très épaisse
et très compacte qui comprend, de dehors en dedans 1° une
assise pilifère, composée de cellules très allongées radialemenl,
2° une zone subéreuse, formée de trois à cinq assises de cellules à
membranes légèrement épaissies, 3" une zone corticale externe,
occupant environ le cinquième de l’épaisseur totale de l’écorce,
4° une zone corticale interne très épaisse, et 5° un endoderme
simple composé de petites cellules allongées radialement, à
parois épaissies.
Dans la région corticale externe,on observe, à la périphérie, de
nombreuses fibres lignifiées, réunies par groupes de deux à huit.
En outre, à une profondeur un peu plus grande, sont de grandes
cellules à raphia.
La zone corticale interne, formée de cellules arrondies dis­
posées en séries radiales, est traversée, de place en place, par de
petits cordons scléreux composés de deux à huit éléments.
Le cylindre central occupe environ le cinquième du diamètre
total de la racine. A sa périphérie est un péricyole formé de deux
rangées de cellules polyédriques. Contre ce péricycle les fais­
ceaux libériens alternent régulièrement avec les faisceaux
ligneux. Ces faisceaux sont en nombre variable suivant la gros­
seur de la racine ; nous en avons compté trente-quatre dans une
racine de 7 millimètres de diamètre. La moelle est composée de
cellules arrondies.
Dans la racine aquatique et dressée, la structure générale est
la même, mais avec une sclérification beaucoup plus intense.
Près de la coiffe, cette sclérification porte déjà sur toutes les
pl a n t e s t e x t il e s exotiques

�pascal claverie
132
cellules de la moelle ; dans une région plus âgée on la retrouve,
plus prononcée encore que dans la racine terrestre, dans l’endo­
derme et dans le tissu mécanique périphérique.
Ce sont donc les différences toujours signalées, par M. Cons­
tantin notamment, entre les organes croissant à l’air et ceux
qui croissent dans l’eau.
Résumé de l'étude des Palmiers précédents

Nous allons encore décrire plus loin l’anatomie de la leui 1le de
deux autres Palmiers, YArenga saccharifera et le Caryota urens,
mais, cette étude devant être faite à un point de vue différent et#
moinsgénéral, nouscroyons pouvoir auparavant résumer les prin_
cipaux caractères que nous avons été amenés peu à peu à recon­
naître chez le Raphia Ruffia et les trois Borassées précédentes.
Les trois Borassées (Hypliæne coriace a, Medemia nobilis, Borassus
flabellifer) ont, au point de vue de la morphologie externe des
feuilles, trois caractères principaux communs:
1° Leur limbe est parsemé de poils rougeâtres (groupes de
poils) ;
2° Après la déchirure du limbe, on observe que l’un des bords
du segment est mince et l’autre épais ;
3° Contre l’un des bords, il reste toujours un filament inter­
segmentaire.
D iffé r e n c e s anatom iques e n t r e les n e r v u r e s d e se g m e n t a ­
tion et les nervures d ’u n io n . — Ces différences sont en concor­

dance avec la destination de ces nervures.
Dans la nervure de segmentation de YHyphæne coriacea, les
faisceaux libéro-ligneux sont disposés sur un arc périphérique
et sont de plus en plus petits d’un bord vers l’autre ; les cordons
scléreux sont dans la région centrale, entre les faisceaux libéroligneux et l’épiderme inférieur.
Dans la nervure d’union du même palmier, les faisceaux
libéro-ligneux sont plus ou moins superposés et les cordons
scléreux sont à la périphérie.
Dans la nervure de segmentation du Medemia nobilis, les
faisceaux libéro-ligneux occupent les mêmes positions qu’ils

133
avaient dans la nervure correspondante du palmier précédent;
toutefois, nous observons qu’ici le gros faisceau est le faisceau
du milieu.
Dans la nervure d’union de ce M. nobilis les faisceaux libéroligneux sont superposés ; on en observe ordinairement trois gros
et sept à huit petits.
Chez le Borassus flabellifer la nervure de segmentation ren­
ferme quatre gros faisceaux libéro-ligneux, situés dans la région
centrale et superposés, le plus gros étant le faisceau inférieur.
A la périphérie se trouvent douze à seize petits faisceaux de
même nature.
Dans la nervure d’union, on observe quatorze à seize faisceaux
libéro-ligneux indépendants les uns des autres et disposés sur
trois à quatre rangées superposées.
Chez le Raphia Ruffia nous n’avons examiné directement que
la nervure d’union, dans laquelle les faisceaux libéro-ligneux
sont presque tous unis les uns aux autres par du tissu mécanique.
Ce n’est qu’en combinant les anatomies des deux bords d’un
segment foliaire que nous pouvons nous faire une idée de la
nervure de segmentation du même Raphia. Cette nervure est
formée par deux grands faisceaux libéro-ligneux placés côte à
côte, au-dessous desquels s’en trouvent quatre autres plus petits.
D if f é r e n c e s e n t r e la spa t h e e t le lim be . — Chez YHyphæne
coriacea la spathe diffère du limbe par trois caractères :
1° Par l’absence de tissu palissadique ;
2° Par la disposition des faisceaux libéro-ligneux, qui sont
tous appliqués contre l’hypoderme inférieur, au lieu d’occuper
la région centrale ;
3° Par la forme cylindrique des cordons fibreux, qui sont
exclusivement situés contre la face supérieure. On se souvient
que dans le limbe, ces cordons s’avancent plus ou moins pro­
fondément dans le mésophylle et qu’ils sont appliqués les uns
contre la face supérieure, les autres contre la face inférieure.
La spathe du Raphia Ruffia offre une anatomie très différente
de la constitution interne du limbe :
1° Les faisceaux libéroligneux sont disposés sur trois rangées
et non sur une seule ;
pl a n t e s t e x t il e s exotiques

Ann. du Musée col. de Marseille. — 2e série. 7®vol. 1909.

9

�PASCAL CLAVERIE
134
2° Le parenchyme est homogène ;
3° Sous la face supérieure est un hypoderme très épais, com­
posé de cinq à sept assises de cellules ;
Enfin 4° sous l’épiderme supérieur on n’observe aucun cordon
fibreux.
Nous n’avons pas vu les spathes des autres palmiers que nous
avons décrits plus haut.
D iffé r e n c e s an a to m iq u es e n t r e le spa d ic e m ale e t l e
spadice fe m e l l e . — Le spadice femelle de YHyphæne coriacea se

distingue, au point de vue anatomique, du spadice mâle :
1° Par la moindre largeur de la région périphérique ;
2° Par la présence de petits cordons scléreux disséminés
dans la zone centrale.
Les mêmes caractères séparent les spadices mâles et femelles
du Medemia nobilis.
D iffé r e n c e s anatom iques e n t r e l e s lim bes
pa lm iers p r é c é d e n t s .

d es

d iv e r s

— Dans VH. coriacea, tous les faisceaux
libéro-ligneux du limbe sont réunis aux deux hypodermes par
des cordons scléreux.
Chez le M. nobilis on observe, en outre des gros faisceaux
libéro-ligneux accolés à deux amas fibreux, de petits faisceaux
appliqués contre un seul amas scléreux situé sous la face supé­
rieure. Dans ces deux palmiers, le parenchyme du limbe est
palissadique vers les deux faces, lacuneux vers le centre.
Dans le limbe du Borassus flabellifer, le mésophylle est hétéro­
gène, palissadique vers la face supérieure, composé de cellules
arrondies sur la face inférieure. Les faisceaux libéro-ligneux
sont de deux sortes ; les uns très gros et pourvus de deux arcs
scléreux dont 1 un réunit le faisceau à 1 hypoderme supérieur ;
les autres plus petits, accolés chacun à un seul amas scléreux
qui s’étend jusqu’aux assises sous-épidermiques supérieures.
Enfin, le limbe du Raphia est composé d’un parenchyme hété­
rogène, palissadique sur la face supérieure, lacuneux vers la
face inférieure. Les faisceaux libéro-ligneux y sont encore de
deux sortes, les uns très gros et pourvus,suivant la région consi­
dérée, soit de deux arcs fibreux, soit d’une gaine scléreuse, les

135
autres plus petits situés au voisinage de la face inférieure, mais
séparés de l’hypoderme par deux à trois rangées de cellules
parenchymateuses.
A p r è s d é c h i r u r e . — On a vu que dans les trois Borassées que
nous avons étudiées, les nervures d’union sont à peu près
semblables. Les nervures de segmentation diffèrent les unes
des autres par quelques caractères, car après déchirure, nous
voyons :
1° Dans YHyphæne coriacea, deux petits faisceaux bordants,
un faisceau moyen isolé ; un gros faisceau bordant ;
2° Dans le Medemia nobilis, deux ou trois petits faisceaux
bordants, un gros faisceau isolé, denx ou trois petits faisceaux
bordants ;
3° Dans le Borassus flabellifer, deux petits faisceaux bordants ;
un faisceau moyen isolé ; un faisceau moyen bordant.
Malgré l’isolement du gros faisceau dans le M. nobilis, les
bords voisins des segments foliaires restent inégaux, mais pour
une cause qui n’est plus la même que dans YHyphæne coriacea.
Dans 177. coriacea, l’épaississement de l’un des bords avait
pour cause la présence d’un gros faisceau et d’une grande partie
du tissu incolore que l’on observe toujours sur la face concave
des nervures de palmiers.
Dans le M. nobilis, l’épaississement résulte uniquement de la
présence, dans l’un des bords, de la majeure partie du tissu
incolore inférieur.
Chez le Borassus flabellifer cette différence d’épaisseur entre
les deux bords des segments est due à la présence, dans l’un des
bords, d’un faisceau libéro-ligneux moyen, tout à fait marginal.
Ce caractère ne se retrouve pas dans la feuille du Raphia
Ruffia où l’on n’observe, après la déchirure, aucun faisceau
intersegmentaire; les deux bords de chaque segment sont ainsi
égaux.
PLANTES TEX TILES EXOTIQUES

D if f é r e n c e s e n t r e l e s s p a d ic e s m a l e s d e l ’ « H. c o r ia c e a »,
« M. n o b il is » e t du « R a p h ia R u f f ia ».— Les spadices mâles

du

et ces trois palmiers ont à peu près la même structure ; les seules
différences sont :

�PASCAL CLAVERIE
136
1° L’épaisseur variable de la zone périphérique, qui comprend:
vingt-cinq à trente assises dans le spadice du Raphia, dix-huit
à vingt-quatre dans le spadice du M. nobilis, el seulement dix
à douze dans le spadice de VH. coriacea ;
2° La disposition des faisceaux libéro-ligneux de celte région,
qui sont disposés sur trois à quatre rangées dans le M. nobilis
et le Raphia Rnffia, sur une à deux seulement dans VHyphæne
coriacea ;
3° La constitution des fibres des arcs scléreux, qui sont à
membranes très épaissies chez le Raphia, à membranes plus
minces chez VH. coriacea et le M. nobilis.
Les spadices femelles de VH. coriacea et du M. nobilis n’offrent
aucun caractère différenciel.
Nous n’avons pas vu le spadice femelle du Raphia Rnffia.
F r u it s . — Les fruits des deux Borassées de Madagascar, VH.
coriacea et le M. nobilis, très différents comme forme, ont à
peu près la même anatomie. Dans l’un et l’autre, on trouve trois
couches distinctes : une couche périphérique coriace et mince,
une couche moyenne spongieuse et une couche interne très dure.
Cette dernière couche est d’égale épaisseur en tous ses points
dans le fruit de VH. coriacea ; elle présente, au contraire, des
prolongements lamellaires dans le fruit du M. nobilis, dont la
graine a un albumen ruminé.
Arenga saccharifera

Labill. et

Caryota urens

Lin.

L’étude anatomique, que nous allons faire ici, de ces deux pal­
miers de l’Inde et de la Malaisie a été provoquée par une discus­
sion qui assez récemment s’est élevée entre M. Sadebeck ( 1) et
M. Willis (2), au sujet de la filasse nommée kitool et provenant
de Ceylan.
On appelle kitool les filaments grossiers extraits des gaines
des feuilles de certains palmiers et qu’utilise la brosserie ; etjus(1) Sadebeck : Ueber die sudatnerikanischen Piassavearten (B erichte der
deutsch, bot. Gesellschaft, 1902).
(2) Willis, in Journal d’agriculture tropicale ; 1905, page 124.

137
qu’en 1902, on admettait que l’origine botanique du kitool de
Ceylan était le Caryota uréns.
Mais, en cette année 1902, Sadebeck, s’appuyant sur la struc­
ture histologique de ces filaments, qu’il comparait à celle des fais­
ceaux des pétioles de VArenga saccharifera, contestait l’identifi­
cation antérieure et attribuait à cette dernière espèce le kitool
du commerce.
A son tour cependant, en 1905, M. J.-C. Willis affirmait de nou­
veau que le kitool était bien fourni par le Caryota urens, attendu
que « VArenga saccharifera n’est pas indigène à Ceylan et n’est
cultivé qu’au jardin de Peradenya, tandis que le Caryota urens,
dont le nom cinghalais est kitool, est très cultivé dans les pro­
vinces de Ceylan. »
M. Treub, de Buitenzorg ayant bien voulu nous envoyer des
feuilles des deux palmiers, il nous a semblé à propos de reprendre
la question en nous plaçant au même point de vue que M. Sade­
beck, c’est-à-dire en nous rapportant à l’anatomie. Nous avons
donc étudié, d’une part, les feuilles de VArenga saccharifera et du
Caryota urens et, d’autre part, la nature et la constitution des
filaments de kitool du commerce.
Arenga saccharifëra. — L'Arenga saccharifera est un palmier
de grande taille, à feuilles penniséquées longuement engainantes.
A n a t o m ie d e s f e u il l e s . — Nous allons examiner successive­
ment le limbe, la nervure principale, les nervures secondaires et
les filaments de la gaine.
Limbe. — Les deux faces du limbe sont limitées par deux épi­
dermes semblables, pourvus tous deux de stomates. Au-dessous
de chaque face est un hypoderme composé de deux, rarement
trois, assises de cellules. Le mésophylle est hétérogène, palissadique dans sa moitié supérieure, faiblement lacuneux dans la
région inférieure.
Les faisceaux libéro-ligneux, assez éloignés les uns des autres,
sont les uns de grand diamètre, les autres très étroits. Les gros
faisceaux sont formés par un à deux larges vaisseaux et cinq à
six plus petits, entremêlés de cellules ligneuses, et par un amas
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�PASCAL CLAVERIE
138
de liber composé de grands tubes criblés, accolés de petites
cellules compagnes. Chacun d’eux est entouré par une gaine
scléreuse, formée d'une à deux rangées de fibres sur le bord vas­
culaire, de deux à trois rangées sur le bord libérien.
Les petits faisceaux libéro-ligneux, réduits le plus souvent à
de petits amas de liber, contre lesquels sont adossés un à deux
vaisseaux de petit diamètre, sont entourés chacun par une gaine
mécanique, composée d’une seule assise de fibres.
Anatomie de la nervure principale. — Essentiellement, la
nervure principale est constituée par un tissu parenchymateux,
dans lequel on peut distinguer deux régions: l’une périphérique,
composée de douze à quinze assises de cellules polyédriques à
membranes très épaissies et lignifiées ; l'autre centrale, formée
de grandes cellules arrondies.
Dans la zone périphérique sont de nombreux cordons sclé­
reux de diverses grosseurs, disposés irrégulièrement sur deux
rangées. Ces cordons sont composés de fibres cylindriques, de
0m/m016 à 0nVm025 de diamètre.
La région centrale est parcourue par de nombreux faisceaux
libéro-ligneux semblables à ceux que nous venons de voir dans
le limbe. La gaine fibreuse qui entoure chacun de ces faisceaux
libéro-ligneux est plus épaisse en dehors du liber qu’en dehors
du bois chez les faisceaux des rangées externes, d’égale épais­
seur sur tout le pourtour chez les faisceaux du centre. Dans cette
même région centrale, on observe aussi quelques petits cordons
scléreux. Çà et là, et surtout au voisinage des faisceaux vascu­
laires, se trouvent quelques cellules à tanin.
Anatomie des nervures secondaires. — Dans son ensemble,
l’anatomie des nervures secondaires est la même que celle des
nervures principales. Toutefois, quelques caractères les distin­
guent de ces dernières. En premier lieu, on remarque un déve­
loppement plus considérable du tissu mécanique et en second
lieu l’inégalité constante des deux arcs fibreux extra-libériens
dont chaque faisceaux est pourvu. Les cordons scléreux de la
région périphérique sont soudés les uns aux autres et consti­
tuent, sous l’hypoderme, une zone mécanique d’épaisseur

F ig . 18. — Section transversale d’un filament de la gaine foliaire
d'Arenga saccharifera ; f , amas de fibres isolé.

Anatomie d'un filament extrait de la gaine foliaire (fig. 18).
— La gaine que nous avons eue à notre disposition n’était pas
en assez bon état pour nous permettre d’obtenir des coupes
transversales complètes. Nous n’avons pu examiner que des
coupes de filaments qui, par suite de la destruction des tissus
mous, étaient mis en liberté.
Ce sont seulement les cordons scléreux et les petits faisceaux

�140
PASCAL CLAVERIE
libéro-ligneux des rangées périphériques qui peuvent être utisés pour l'industrie de la brosserie. Les faisceaux du centre ne
sont pas assez riches en libres pour être propres à cet usage.
Les filaments rigides qui s’échappent de la gaine sont les uns
de section transversale circulaire, les autres de section ellip­
tique. Leur diamètre oscille entre 0m/ni300 et 0m/m645. Certains
ne renferment exclusivement que des fibres (cordons scléreux);
les autres (fig. 18) sont formés par des fibres et quelques
éléments vasculaires.
Les éléments fibreux de ces divers filaments sont cylindri­
ques, de0m/n,015 à 0m/m024 de diamètre et de 1 à 2m/m400 de
longueur. Isolés, ils se présentent sous la forme de fuseaux ter­
minés par des pointes émoussées.
Le canal central est relativement très étroit; il est toujours
inférieur au tiers du diamètre total de la fibre.
Tous ces éléments mécaniques sont à parois lignifiées et sont
réunis entre eux par un ciment très fortement imprégné de
lignine.
Au point de vue de la résistance, un filament de 8 centimètres
de longueur et de 0m/m500 sur 0m/m245 d’épaisseur a supporté
avant de se rompre 1 kilogr. 555 ; un second, de même lon­
gueur, de forme cylindrique, et de 0m/m425 de diamètre, a sup­
porté dans les mêmes conditions 1 kilogr. 610. Un troisième
s’est rompu sous une charge de 820 grammes ; ses diamètres
étaient 0,n/m335 et 0n,/n,200.
Ces filaments d'Arenga saccharifera sont donc très gros, très
résistants et très lignifiés.
Caryota urens. — Le Caryota iirens de l’Inde et de Ceylan
est un arbre à feuilles longuement engainantes. Les segments,
irrégulièrement triangulaires, sont dentelés sur le bord externe.
Anatomie du limbe — Le limbe du C. urens n’offre, au point
de vue anatomique, aucune différence sensible avec celui de VA.
saccharifera. Le mésophylle est encore hétérogène et est limité
de part et d’autre par deux hypodermes, formés l’un et l’autre
par deux ou trois rangées de cellules. Les faisceaux libéro-li-

141
gneux sont de deux grosseurs, et assez éloignés les uns des
autres. Ils ont la même constitution que les faisceaux du limbe
de ÏArenga saccharifera ; toutefois, dans nos échantillons tout
au moins, ces faisceaux de Caryota urens nous ont paru plus
riches en éléments fibreux.
Anatomie de la nervure principale. — La disposition géné­
rale de cette nervure est la même que celle de la nervure corres­
pondante de VA. saccharifera. Le tissu parenchymateux constitue
encore deux régions: l’une périphérique et l’autre centrale.
Toutefois, dans la région périphérique, les cordons scléreux ne
sont plus indépendants les uns des autres comme dans la ner­
vure de l’A. saccharifera. Tous ces faisceaux scléreux sont soudés
latéralement les uns aux autres, constituant sous l’hypoderme
une zone scléreuse, interrompue de place en place par une à
deux assises de cellules parenchymateuses.
Les faisceaux libéro-ligneux de la région interne sont sembla­
bles à ceux qui occupent la même position dans la nervure
principale de la feuille de ÏArenga saccharifera. La seule diffé­
rence à signaler porte sur la constitution des fibres protectrices,
qui sont un peu plus grosses et à membranes plus minces.
Anatomie de la nervure secondaire. — Rien à signaler au
sujet de cette nervure, qui ne diffère par aucun caractère de la
nervure correspondante de VA. saccharifera.
Anatomie d'un filament extrait de la gaine foliaire (fig. 19).
— Ce sont encore les cordons fibreux et les faisceaux libéroligneux périphériques qui constituent ces filaments. Ils ne
diffèrent pas extérieurement des faisceaux extraits des gaines
foliaires de YA. saccharifera. Les uns sont de section transver­
sale ovale, les autres de section circulaire. Leur diamètre varie
entre0“/m300et0m/m700. Leur résistance est à peu près celle des (ilamentsd’A. saccharifera. Les fibres qui lescom posent sontpolyédriques, de 1m/m200 à 2m/m500 de longueur et de 0"Vn 016 à 0mm030
de diamètre. Le canal central est large et mesure au moins la
moitié du diamètre total de la fibre. La membrane de ces
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�143
sur 0n,/n1 300. Les fibres qui les^constituent sont polyédriques, de
0m/m015 à 0m/m 030 de diamètre et de lm/m500 à 2m/m400 de lon­
gueur. Le canal qui traverse chacune d’elles est large et irré­
gulier ; il mesure au moins la moitié du diamètre total de la
fibre. Au point de vue de la résistance, les filaments de kitool
peuvent supporter, en moyenne, avant de se rompre, l,kil. 300
(maximum 1 kil. 990, minimum 0 kil. 890).
ConclusioDs. — On voit donc que les caractères généraux,
résistance, forme, grosseur, composition chimique, des brins de
kitool sont aussi bien ceux des filaments des gaines foliaires de
l’A. saccharifera que ceux des filaments du Caryota urens. Ils
correspondent indistinctement aux faisceaux libéro-ligneux et
aux faisceaux scléreux des gaines foliaires des deux espèces.
Cette similitude n’est pas, au surplus, très surprenante, puisque
Arenga et Caryota sont deux genres de la même tribu des Arècées. Et c’est donc sur des caractères de détail qu’il faut porter
notre attention, par exemple sur les éléments fibreux. Or, par
leur forme polyédrique, par la largeur relativement grande de
leur lumen, les fibres du kitool et celles du Caryota urens sont
identiques ; par contre, dans YArenga saccharifera, les mêmes
éléments sont cylindriques et à lumen étroit. Ces petites particu­
larités avaient évidemment échappé à M. Sadebech, qui ne
semble pas avoir eu l’occasion d’étudier le Caryota urens et a été
seulement frappé par la similitude anatomique en effet assez
grande — quoique incomplète — des filaments de kitool et des
faisceaux de la gaine d’Arenga saccharifera.
L’auteur allemand n’a pas été à même de constater que l’iden­
tification est encore plus grandeet plus réelle entre ces filaments
et les faisceaux analogues du Caryota urens.
Par des moyens différents et pour des raisons d’ordre histolo­
gique, nous pouvons donc confirmer les assertions de M. Willis.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

F ig . 19. — Section transversale du filament de la gaine foliaire
de Caryota urens; f, am as de fibres isolé.

fibreuse, très étroite en dehors du bois, excessivement déve­
loppée ur le bord libérien. Les seconds sont formés exclusivement
de fibres.
L’épaisseur de ces filaments est très variable. Certains mesu­
rent 0ra/m 560 sur 0m/m360 ; d’autres, de section circulaire, n’ont
que 0ra/m280; d’autres enfin, de section très allongée, ont 0m/m615

�144

PASCAL CLAVERIE

CHAPITRE IV
A R O ID É E S
•

La famille des Aroïdées a été étudiée au point de vue de la
morphologie interne par divers auteurs.
En 1854, Trécul ( 1) décrit le mode de formation des perfo­
rations du limbe foliaire de certaines espèces. Ces perforations,
dit-il, sont produites par l’extension des lacunes du tissu
caverneux, accompagnée d’une multiplication des cellules envi­
ronnantes. Cette extension forme, sur la surface inférieure, une
boursouflure, au centre de laquelle l’épiderme se déchire; puis,
l’altération se propage jusqu’à l’épiderme supérieur. Quand
l’autre est lacéré, il se perfore à son tour.
En 1859, M. Duchartre (2) établit que l’eau rejetée par les
feuilles de certaines Aroïdées s’échappe par des stomates qui ont
subi graduellement une amplification énorme.
Quelques années plus tard, en 1864, M. Hanstein (3) décrit
chez un grand nombre d’Aroïdées, sous le nom de vaisseaux
utriculeiix, des files de cellules à raphides. Le même auteur,
dans un autre mémoire, signale chez beaucoup d’Aroïdées la
présence de laticifères qu’il rapporte à trois types. Les uns, qui
sont rétiformes, sont placés de part et d’autre du faisceau libé­
rien, ou épars dans le parenchyme externe. D’autres sont situés
au milieu du faisceau vasculaire. Les troisièmes enfin sont de
longs tubes qui traversent l’écorce externe.
Trécul (4), reprenant les observations de l’auteur allemand,
(1) Trécul : Sur la form ation des perforations que présentent les feuilles de
quelques Aroïdées (Annales des Sciences naturelles; 1854).
(2) Duchartre : Recherches physiologiques, anatom iques et organogéniques
sur la colocase des anciens. (Annales des sciences naturelles ; 1859).
(3) Hanstein : Die Milchsaftgefasse, 1864; et dans M onatsberichte derB erliner
Akademie, 1859.
(4) T récul: De.' vaisseaux propres dans les Aroïdées. (C. R. Acad, des
Sciences ; déc. 1865 et janv. 1866).

145
fait remarquer tout d’abord que les éléments sécréteurs de Ja
première et de la troisième catégorie ne forment qu’un seul type.
Il donne ensuite le mode de formation de ces laticifères, qui
proviennent, dit-il, «de la fusion de nombreuses cellules ; ils
peuvent s’anastomoser entre eux en s’ouvrant directement l’un
dans l’autre quand ils sont contigus, ou en s’envoyant de petites
branches latérales qui s’abouchent par leurs extrémités quand,
sur le même côté d’un faisceau, ces laticifères ne sont séparés
que par une ou deux rangées de cellules. «Trécul fait remarquer,
de plus, que des laticifères appartenant à des faisceaux différents
peuvent aussi communiquer entre eux par des anastomoses.
Le même auteur signale, en outre, une autre espèce de h-licifères dans les tiges, les racines adventives et les feuilles de
certaines Aroïdées ; ce sont des canaux formés par deux ou trois
rangées de petites cellules oblongues, entourées quelquefois
elles-mêmes par deux à trois rangées de fibres.
Scbacht, dans une étude sur Le Microscope, signale dans l’écorce
des Aroïdées arborescentes des faisceaux de collencbyme, qu’il
nomme improprement « faisceaux libériens. » Ces faisceaux de
soutien, fait remarquer M. van Tieghem, se trouvent dans le
pétiole et le pédoncule floral d’un certain nombre d’Aroïdées,
mais ils n’existent pas dans la tige.
En 1866, dans une nouvelle note, Trécul décrit dans la tige du
Caladium odorum un type de faisceau libéro-ligneux composé.
Ces faisceaux, ajoute-t-il, « sont des agrégats de deux, trois ou
plusieurs faisceaux simples juxtaposés et confondus par leur
partie libérienne renfermant des fibres. »
La même année M. van Tieghem ( 1) publie un important
mémoire sur les Aroïdées. Il recherche, en établissant la struc­
ture anatomique comparée des divers types de cette famille,
comment les différences de structure s’accordent avec la classi­
fication basée sur l’organisation florale. Il reconnaît que les
grandes divisions fondées sur l’anatomie ne coïncident pas avec
celles que l’on tire de ces caractères extérieurs.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

(1) Van Tieghem : Recherches sur la structure des Aroïdées (Annales des
Sciences naturelles, 1866),

�PASCAL CLAVEMË
146
M. van Tieghem admet chez les Aroïdées quatre formes d’orga­
nisation distinctes. Le premier type est caractérisé par l’absence
de couche génératrice continue et permanente. Les faisceaux y
sont composés.
Dans le second type, il y a une zone formatrice, permanente et
non continue, les faisceaux sont simples et le parenchyme
produit dans ses méats des poils fibreux.
Le troisième type ne présente pas de couche génératrice perma­
nente et continue et les faisceaux sont simples.
Enfin, dans le quatrième type, il y a une zone formatrice
permanente et continue; les faisceaux sont simples mais peuvent
se dédoubler.
M. van Tieghem observe que si, dans chaque groupe, le type
est commun « il y a dans la structure et la disposition des
faisceaux de la tige, dans la structure des faisceaux de la feuille
et des rameaux floraux, dans le genre de relation qui unit (quand
il y en a une) les faisceaux de collenchyme aux faisceaux vascu­
laires... des caractères différentiels qui peuvent définir les genres,
et dans un même genre, séparer parfois les espèces les unes des
autres. »
L’auteur ajoute que les faisceaux de la tige peuvent posséder
des fibres, et les faisceaux du pétiole en être dépourvus. Ces
fibres, d’ailleurs, peuvent réapparaître dans la nervure. Le cas
inverse se présente chez le Lasia ferox.
Résumant les résultats de ses observations, M. van Tieghem
mentionne comme caractères constants des Aroïdées :
« 1° L'existence d’un parenchyme cortical dans lequel émer­
gent, presque toujours, les faisceaux émanés du corps central
pour y séjourner sur la longueur de plusieurs entre-nœuds avant
de pénétrer dans la feuille, tandis que celle-ci reçoit directement
quelques faisceaux qui s’écartent du centre par une flexion
brusque et traverse presque horizontalement le parenchyme
externe.
2° La présence, à la périphérie du corps central, de faisceaux
vasculaires tantôt libres et isolés par du parenchyme, tantôt
réunis par du tissu cribreux en une zone commune qui revêt
Taxe central sur tout ou partie de sa périphérie, mais qui sont

147
toujours les terminaisons inférieures des faisceaux foliaires, et
sur lesquels viennent naître et s’insérer les racines adventives.
A une certaine hauteur, chaque faisceau s’incline vers l’axe de
la tige, qu’il reste simple ou qu’il multiplie ses groupes vascu­
laires. Simple, tantôt il conserve sa structure à toute hauteur,
en transformant seulement ses vaisseaux en trachées au moment
d’émerger, et tantôt il les remplace par un seul gros vaisseau,
auquel il substitue ensuite un groupe de trachées ; maistoujours
il finit par s’incurver au dehors pour s’échapperdu corps central,
soit par une flexion lente, pour n’entrer dans la feuille qu’après
un long parcours vertical dans le parenchyme externe, soit brus­
quement, en pénétrant directement dans le pétiole, une feuille
recevant en même temps les deux ordres de faisceaux. Composé,
il subit tour à tour dans chacun de ses groupes la même trans­
formation, et après sa mise en liberté, chaque faisceau simple
suit la même voie pour émerger, r,
Nous allons étudier le Typhonodoram madctgascariense,qui est
une espèce utilisée à Madagascar au point de vue textile (1). Les
faisceaux fibreux que l’on extrait en abondance des gaines
foliaires très développées servent à faire des filets.
Nous décrirons l’anatomie des diverses parties de la plante ;
nous examinerons ensuite rapidement la propriété des filaments.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

Engl.
Les Typhonodoram, qui appartiennent à la famille des Aroï­
dées, tribu des Avèes, sont des plantes qui, comme beaucoup
d’autres espèces de la même famille, vivent dans les marais et
sur les bords des cours d’eau boueux. C’est dans ces endroits
qu’on les trouve à Zanzibar, à Maurice et à Madagascar.
Deux espèces seulement, d’ailleurs, sont connues actuellement,
le Typhonodoram madayascariense décrit par M. Engler, et le
T. Lindleyanam de Schott ; et encore ces deux espèces sont-elles
si voisines que Brown, dans la Flora of tropical Africa, n’admet
qu’une seule espèce, sous le nom de T. Lindleyanam.
Typhonodoram madagascarien.se

(1) P. Claverie : Élude morphologique el histologique du Typhonodoram
m adagascarieuse, textile de Madagascar (Kevue générale de Botanique, 1906).

�14S

PASCAL CLAVERIE

Nous ne croyons pas cependant pouvoir nous rallier à cette
opinion, car les caractères que nous relevons sur les échantillons
avec lesquels nous avons tait les recherches suivantes sont exac­
tement ceux du T. madagascariense, et ils nous semblent assez
distincts de ceux du T. Lindleyanuin typique.
Dans ce T. Lindleyanum, tel que l’admet le botaniste allemand,
les feuilles, qui sont cordées, ont des lobes obtus, et les ovaires
ne renferment jamais chacun qu’un seul ovule ; au contraire,
dans l’espèce de M. Engler, les feuilles sont â lobes aigus, et, les
ovaires subglobuleux sont à trois ou six loges et peuvent avoir
deux ovules.
Cette dernière description s’applique exactement à nos échan­
tillons; nous n’avons donc aucune raison d’admettre que, comme
semble le penser Brown, ces caractères de l’espèce de Mada­
gascar soient accidentels ; et c’est bien leur constance qui
nous fait rétablir l’espèce T. madagascariense.
Indiquons que cette espèce fournit une filasse employée par
les Sakalaves pour la confection de grands filets de pêche.
Toutes les parties de la plante contiennent un suc irritant qui
provoque des démangeaisons. La souche,d’autre part, est utilisée,
à l’occasion, par les Malgaches, qui la râpent et qui, après
l’avoir desséchée sur un feu doux, en retireut une fécule comes­
tible, qui cause, malgré l’action du feu, dans la bouche et même
dans l’œsophage, un prurit spécial.
Enfin certains animaux, tels que les sangliers, sont friands de
la souche entière.
Morphologie externe. — Le Typhonodorum madagascariense,
appelé par les indigènes viha, ou mangibo, ou mangoka, est une
plante des terres humides qui atteint lra50 à 2m50 de hauteur.
Elle est très commune dans tout l’ouest de Madagascar. De la
souche partent les grandes feuilles, à gaines très développées,
d’où la filasse est retirée. Celles de ces gaines qui sont peu
éclairées prennent une coloration rosée, avec de longues bandes
brunes longitudinales.
Les pétioles sont carénés sur le dos, et les limbes lancéolés ont
à leur base deux lobes très aigus. Ces limbes peuvent avoir trente
centimètres de largeur et soixante centimètres de longueur.

149
. De l’axe souterrain naissent en outre des spadices jaunes et
dressés, enveloppés chacun par une spathe blanc verdâtre tou­
jours plus longue que l’inflorescence, de quarante à cinquante
centimètres de longueur, contournée à la base, aiguë brusque­
ment au sommet. Cette spathe a généralement huit centimètres
dans sa plus grande largeur ; et la partie située au-dessus du
spadice est convexe en dedans, à bords repliés en dehors
On sait que, dans le genre, les spadices portent des fleurs
femelles, des fleurs mâles, des staminodes et des pisli 1Iodes.
Dans notre échantillon, la partie femelle est courte (10 à 12
centimètres), cylindrique, séparée de la partie mâle par un
intervalle aminci couvert d’organes femelles stériles(pistillodes).
La partie fertile mâle occupe environ une longueur de vingtdeux à vingt-quatres centimètres ; elle est aussi cylindrique.
Au-dessus sont les staminodes.
Dans la fleur femelle, l’ovaire est jaune ou blanc et renferme
un ou deux ovules, qui, dit M. Perrier de la Bathie, sont brun
verdâtre, comprimés sur le dos. Dans la plupart des cas
toutefois un seul ovule se développe.
Nous n’avons pas vu les fleurs mâles.
Le fruit est une baie, à l’intérieur de laquelle est une grosse
graine, ou quelquefois deux, quand les deux ovules ont persisté.
Morphologie interne.— Nous examinerons la gaine, le pétiole,
le limbe, la spathe et le spadice et enfin le fruit,
G a in e . — Le premier fait qu’on remarque lorsqu’on examine
en coupe cette partie de la feuille, c’est la présence, sur toute sa
longueur, de grandes lacunes aérifères.
Nous aurions, du reste, presque pu le prévoir, puisque c’est le
caractère ordinaire des végétaux qui habitent les sols humides et
marécageux, et celui que, notamment, l’on a retrouvé jusqu’alors
dans toutes les Aroïdées qui ont été étudiées, parmi celles qui
vivent dans ces conditions, telles que le Calla paluslris, VArum
maculalum, VAlocasia odora, etc.
Ce parenchyme lacuneux occupe ici presque toute l’épaisseur
de la gaine, car ce n’est qu’immédiatement au-dessous de chaque
épiderme qu’on trouve une ou deux assises de cellules denses.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

A nn. du Musée col. de Marseille. — 2« série. 7* vol. 1909.

10

�150

PASCAL CLAVEK1E

Les deux épidermes sont pourvus d’une cuticule très nette.
L’épiderme inférieur est à cellules allongées perpendiculairement
à la surface de la gaine; les cellules de l’épiderme supérieur
sont, au contraire, allongées parallèlement à cette surface.
11 ne semble pas y avoir de stomates.
Dans le parenchyme lacuneux, les faisceaux sont de deux sortes
correspondant à deux positions différentes.
Les uns sont répartis dans tout le parenchyme. Leur portion
libéro-ligneuse est représentée par un amas de tubes criblés,
entourés de leurs cellules compagnes, et par une grande lacune
qui provient de la résorption des vaisseaux ; vers l’extérieur,
adossé au liber, se trouve un cordon scléreux puissant.
Les faisceaux de seconde sorte sont disposés sur une rangée
unique, immédiatement au-dessous de l’épiderme inférieur,
chacun d’eux interrompant par conséquent, au niveau où il
se trouve, les deux assises de cellules sous-épidermiques.
Mais le tissu de résistance, dans ces seconds faisceaux, n’est
plus formé exclusivement de sclérenchyme ; il est plutôt
représenté par du collenchyme, car il se compose surtout de
cellules allongées à parois épaissies et cellulosiques.
Ce n’est qu’à l’intérieur de cet îlot collenchymateux que se
trouve un groupement de dix à vingt fibres lignifiées. Ces fibres
sembleraient ainsi représenter l’amas scléreux des faisceaux pré­
cédents, car c’est contre elles que se trouvent, comme dans les
premiers faisceaux, le liber et une lacune vasculaire.
En somme, les faisceaux de seconde sorte seraient les premiers
faisceaux dans lesquels le sclérenchyme dorsal est partielle­
ment remplacé, vers l’extérieur,par du collenchyme.
Incidemment, indiquons que ce sont les faisceaux de première
sorte qui, seuls, constituent la filasse.
Mais, pour compléter la description de notre gaine, il nous
faut encore noter la présence de cellules à tanin et de cellules à
raphides.
Les cellules à tanin sont disséminées un peu partout, dans les
assises sous épidermiques, dans la partie lacuneuse et au voisi­
nage des faisceaux.
Les cellules à raphides ne se trouvent qu’autour des fais­

151
ceaux, dans l’assise périphérique bordant les lacunes. Elles
sont absolument semblables à celles que décrit M. van Tieghein
pour le Colocasia antiquorum.
M. van Tiegbem a décrit, en effet, chez les Aroïdées trois sortes
de cellules à raphides :
1° Dans VAlocasia odora, la cellule ne s’ouvre jamais, même
au contact de l’eau.
2e Chez le Philodendron iripartitum, la cellule est à sommet
aminci ; l’eau détermine l’ouverture de cette extrémité, par
laquelle s’échappe la raphide.
3° Il en est de même pour les cellules du Colocasia antiquorum, où la rupture est produite par le rejet brusque de l’extrémité
épaissie en forme de bouchon.
Nos cellules présentent la même structure et les mêmes phé­
nomènes que dans ce dernier cas ; le sommet est nettement
épaissi et les raphides s’en échappent lorsqu’on examine la coupe
dans l’eau.
P é t io l e . — Au point de vue de l’organisation générale, nous
retrouvons, dans le pétiole comme dans la gaine, les deux sortes
de faisceaux plus haut signalés, faisceaux sous-épidermiques et
faisceaux internes, répartis dans le parenchyme.
Mais, première différence, dans les uns et dans les autres de ces
faisceaux, les groupements fibreux ont disparu.
Seconde différence, par contre, tandis que nous ne trouvions
pas de collenchyme dans les faisceaux internes de la gaine, ce
tissu — pour remplacer évidemment le tissu sclérenchymateux
disparu —apparaît.
Mais comparons à présent, dans le pétiole, faisceaux périphé­
riques et faisceaux centraux. Les faisceaux périphériques sont
composés, comme ceux qui occupent la même position dans la
gaine, par un amas libérien et une lacune provenant de la
résorption des vaisseaux. Chacun d’eux est adossé à un cordon
de collenchyme bien développé. Entre le liber et l’amas collen­
chymateux, on observe une à deux assises de cellules vides.
M. van Tiegbem signale, dans le pétiole des feuilles de l’Arum
maculatum, la présence de faisceaux dont le liber est séparé du
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�PASCAL CLAVERIE

PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

collenchyme par trois à quatre rangées de cellules vides. Ces
faisceaux n'existent pas dans notre espèce.
Les faisceaux de l’intérieur, répartis dans le parenchyme, sont
composés chacun d'un amas de larges cellules libériennes et
de tubes criblés contre lequel sont appliqués, d’une part, trois
ou quatre petits vaisseaux spiralés adossés eux-même à un large
vaisseau de même nature et, d’autre part, un cordon de collen­
chyme peu développé.
Et alors la relative faible épaisseur de ce collenchyme dans
les faisceaux centraux nous amène à dire que, tandis que dans
la gaine c’étaient les faisceaux périphériques qui étaient plutôt
les mieux partagés en éléments de soutien puisqu'ils avaient un
fort paquet fibreux, ici au contraire ce sont les faisceaux péri­
phériques chez lesquels le tissu de soutien est le plus abondant,
puisque l’assise collenchymateuse y est plus forte.
On pourrait dire aussi, il est vrai, que ce collenchyme dans le
pétiole s’est surtout développé là où il avait déjà tendance à se
former dans la gaine.
Et quant à cette tendance dans la formation du collenchyme,
on peut l’expliquer comme l’a fait M. van Tieghem pour les Homalonema et les Philodendron.
Les faisceaux fibreux de la tige entrent dans la gaine pétiolaire, conservent encore pendant quelque temps leur arc fibreux
puissant; mais peu à peu, en avançant vers le pétiole, ces libres
disparaissent pour être remplacées par des cellules allongées de
collenchyme.
Les autres caractères du pétiole sont ceux de la gaine car nous
trouvons encore : 1° des cellules à tanin disséminées dans le
parenchyme lacuneux, dans les assises sous-épidermiques et
dans les assises périphériques des faisceaux ; 2° des cellules à
raphides présentant la forme et le caractère déjà indiqués, et
3° des laticifères situés au voisinage des vaisseaux des faisceaux
intérieurs, et formés de cellules distinctes superposées.

chacun d’un petit cordon de collenchyme. Ce parenchyme est
limité par les assises épidermiques.
L’épiderme supérieur est constitué par des cellules qui sont
légèrement allongées perpendiculairement à la surface de la
feuille; au-dessous sont, de distance en distance, des paquets de
collenchyme, servant d’appuis aux faisceaux libéro-ligneux.
Ceux-ci comprennent des éléments libériens très nets et deux à
trois vaisseaux, qui sont à parois généralement bien conservée,
tandis qu’ils étaient presque toujours résorbés dans la gaine et
dans le pétiole.
D’autres faisceaux, absolument identiques aux premiers, sont
disposés dans le tissu lacuneux, suivant quatre à cinq rangées
parallèles. Ils sont accolés chacun par leur liber à un faisceau
collenchymateux.
Les faisceaux de la dernière série sont appliqués directement
contre l’épiderme inférieur, interrompant donc de loin en loin les
assises sous épidermiques. Au point de vue de l’orientation, les
faisceaux des trois rangées les plus rapprochées de l’épiderme
inférieur tournent leur bois vers la face supérieure de la feuille,
les autres sont disposés inversement.
En résumé, les faisceaux libéro-ligneux, pourvus de fibres
dans la gaine, les perdent en pénétrant dans le pétiole et pour­
suivent leur course dans la nervure médiane sans acquérir de
nouveaux éléments mécaniques. C’est là le cas le plus fréquent
chez les Aroïdées, quoique dans certaines espèces, telles que le
Philodendron crinipes, étudié au point de vue anatomique par
M. van Tieghem, et le Philodendron pertusum que nous avons
examiné, les faisceaux libéro-ligneux perdent leurs fibres en
pénétrant dans le pétiole mais les reforment dans la nervure prin­
cipale. C’est là un fait intéressant à signaler, et qui peut per­
mettre à l’occasion de distinguer certaines espèces entre elles.
L im b e . —Le parenchyme des limbes que nous avions entre les
mains était trop altéré par la dessiccation pour qu’il nous ait été
possible d’en relever avec certitude les divers caractères
anatomiques.
Indiquons seulement que les lacunes du parenchyme semblent

152

N erv u re m éd ia n e . — La nervure principale diffère fort peu
du pétiole. Le parenchyme est toujours très lacuneux et ren­
ferme dans ses mailles des faisceaux libéro-ligneux pourvus

153

�154

PASCAL CLÀVERIE

toujours plus grandes du côté inférieur que sous l’épiderme
supérieur.
Les faisceaux, qui ici sonl sur un seul rang au sein du tissu
lacuneux, sont formés d’éléments libériens et de un à deux vais­
seaux normaux ; ils s’appuient contre des amas de collenchyme,
accolés eux-mêmes à l’épiderme intérieur du limbe.
Et nous aurons achevé l’anatomie de la feuille, lorsque nous
aurons indiqué, dans toutes ces parties que nous venons de
décrire (gaine nervure et parenchyme du limbe), la présence
de planchers comme on en a déjà souvent signalés dans les
Aroîdées.

Ces planchers divisent les lacunes en compartiments, qui ne
communiquent donc entre eux, que par les petits méats trian­
gulaires compris entre les cellules de ces sortes de cloisons.
M. van Tieghem pense que ces planchers jouent un rôle res­
piratoire; ils seraient destinés à épurer l’air qui traverse les
lacunes de haut en bas.
S p a t h e . — Une coupe transversale dans la bractée florale
laisse voir une anatomie à peu près analogue à celle du paren­
chyme de la feuille.
Le tissu est lacuneux, et les faisceaux libéro-ligneux sont
encore placés contre les cordons de collenchyme. Mais, en
raison de l’épaisseur du tissu, leur unique rangée n’est plus à
peu près médiane, elle est nettement rapprochée de l’épiderme
inférieur. En certains points cependant quelques faisceaux de
même constitution que les premiers sont situés un peu plus
profondément.
Tout l’espace compris entre cette assise de faisceaux et l’épi­
derme supérieur est occupé par de grands vides aérifères que
les planchers subdivisent en étages.
On observe encore, dans la spathe, des cellules à tanin et des
cellules à raphides.
S o m m et du s p a d ic e . — Vers le sommet, le spadice que nous
avons examiné avait 1 centimètre de diamètre La coupe trans­
versale que nous allons décrire passe au niveau des staminodes.
Le spadice est limité par une rangée de cellules épidermiques

155
aussi hautes que larges, recouvertes par une mince couche de
cuticule. Çà et là sont les staminodes. Au niveau de ces petits
organes, le parenchyme cortical s’est cloisonné abondamment,
refoulant l’épiderme vers l’extérieur. Dans ces proéminences
purement parenchymateuses on observe de nombreuses cellules
à tanin, et tout à fait à la périphérie une rangée de cristaux
d’oxalate de chaux (màcles).
Le parenchyme est compact à la périphérie, lacuneux dans la
région centrale.
Sous l’épiderme, il comprend quinze à vingt assises de cellules
collenchymateuses dans les espaces compris entre les éminences,
et quinze à vingt-cinq assises de cellules ordinaires sous les
staminodes.
Les faisceaux libéro-ligneux sonl tous situés, à ce niveau,
dans le tissu lacuneux.
Ces faisceaux sont dépourvus de fibres et de collenchyme.
Chacun d’eux comprend un petit amas libérien contre lequel
sonl deux à trois petits vaisseaux, adossés eux mêmesà un large
vaisseau spiralé composé d’une file de cellules dont les cloisons
transversales très obliques persistent même après la disparition
descloisons longitudinales. Ces vaisseaux ne sont séparés dutissu
voisin que par une assise de petites cellules allongées. Ce sont ces
éléments que M. Caspary (1) a décrits sous le nom à cellules
conductrices.
Comme les parties foliaires déjà examinées, le tissu lacuneux
est traversé par des diaphragmes ; et des cellules de raphides
font saillie dans ces lacunes.
F r u it . — Le péricarpe, qui est charnu puisque le fruit est une
baie, comprend, de dehors en dedans, les couches suivantes :
1° Un épiderme formé de larges cellules à parois épaissies ;
2° Une zone parenchymateuse comprenant huit à dix assises
de cellules à contours polygonaux ;
3° Quatre à cinq rangées decellule. arrondies, à parois épais­
sies, fortement pressées les unes contre les autres. L’épiderme
interne est formé de cellules allongées radialement.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

(1) C asparj\ in : M onatsberichte der Berliner Akademie, 1862.

�156

PASCAL CLAVERIE

Graine . — Dans la graine, le tégument est constitué par
quatre à cinq assises de parenchyme ordinaire, que limite exté­
rieurement un épiderme à cellules allongées tangentiellement.
L’albumen est un ensemble de grandes cellules à contours
polygonaux, dont certaines, sans différer des autres par leur
forme et leurs dimensions, contiennent des raphides. Les cellules
ordinaires sont bourrées de grains d’amidon. La forme de ces
grains est un peu variable, car la plupart sont lenticulaires, mais
quelques-uns sont légèrement ovoïdes. Les dimensions des pre­
miers oscillent entre 0m/,M008 et 0n*/m012 de diamètre ; les grains
ovoïdes ont en moyenne 0m/m009 pour petit axe et 0m/ni 011 pour
grand axe.
A n a t o m ie du f a is c e a u f ib r e u x . — Répétons que les filaments
utilisés par les Sakalaves pour la confection de grands filets de
pêche, sont retirés de la gaine foliaire (1). L’extraction en est
facile, car il suffit de rompre brusquement la gaine, et de tirer à
soi doucement. Les filaments apparaissent et sortent facilement,
pourvu qu'on les lire bien parallèlement à l’axe du limbe. Peutêtre, du reste, les Sakalaves facilitent-ils quelquefois cette opé­
ration par un battage préalable.
Les filaments ainsi obtenus sont jaune foncé, mais cette teinte
s’éclaircit notablement par le lavage.
Une coupe transversale dans un brin du textile indique qu’il
est constitué par la réunion d’un certain nombre de fibres,
auxquelles restent accolées généralement quelques cellules de
parenchyme voisin.
Les éléments libériens et les vaisseaux du bois ont disparu.
La coupe du filament fibreux a sensiblement une forme ovale,
déprimée à l’un des pôles du petit axe.
Nous avons reçu de M. Perrier de la Bathie deux lots de cette
filasse, l’un à l’étal brut, l'autre lavé.
Ces deux lots provenaient chacun d’un seul pied et représen­
taient respectivement toute la récolte du pied ; le premier lot
pesait 45 grammes, le second 65 grammes. Des coupes tranver(1) D’après M. Perrier de la Bathie, une variété qui a les gaines rougeâtres
ou noirâtres donne de meilleures libres que celle à gaines blanches

157
sales obtenues dans les deux cas indiquent que le lavage entraîne
presque tous les débris de cellules parenchymateuses qui sont
restés adhérentes aux éléments fibreux après l’extraction. Dans
l’un et l’autre cas, d’ailleurs, les réactions chimiques sont les
mêmes.
Soumise à l’action successive de l’iode et de l’acide sulfurique,
la filasse du Typhonodorum madagascariense prend une colora­
tion jaune rougeâtre. Elle se teinte en rouge vif par la phloroglucine, en violet par la résorcine, en jaune orangé intense par
le sulfate de thalline ou la naphtylamine. Le chlorhydrate d’ani­
line la colore en jaune.
On peut donc affirmer que cette filasse est ligneuse comme le
jute, le coir, le pite, etc.
Au point de vue pratique, nous avons cherché à déterminer
la résistance de cette filasse, mais nous devons indiquer, tout
d’abord, que les comparaisons entre les fibres brutes et lesfiDres
lavées seront faites sous celte réserve que leur épaisseur n’est
pas la même. En effet, les diamètres moyens des filaments non
lavés sont 0m/m300 sur 0m/m315, ceux des brins lavés 0ra/m350 sur
Qmjm430 Celte différence en faveur des filaments lavés tient évi­
demment, indépendamment du lavage, aux dimensions de la
plante productrice, et ce qui nous confirme cette supposition,
c’est que les brins bruts étaient, en même temps, plus courts
(0m80 à l m50) que les filaments lavés (1 mètre à lm70).
Nous avons vu aussi que la récolte avait été plus forte sur le
pied qui a donné les filaments ayant été lavés que sur l’autre, ce
qui serait une nouvelle preuve de la vigueur plus grande de la
plante productrice.
Quoiqu’il en soit, un filament non lavé ayant 0m/m315 pour
grand axe et 0m/m262 pour petit axe s’est rompu sous une charge
de 420 grammes. Un second a supporté 460 grammes ; ses dia­
mètres étaient 0m/m317 et0m/m300. La moyenne de résistance
obtenue après quinze expériences a été 445 grammes, le maxi­
mum étant 560 grammes et le minimum 315 grammes.
Avec les brins lavés, la résistance a été plus élevée.
Un brin ayant 0 ,n/m265 sur 0 m/m435 a supporté sans se rompre
900 grammes ; la cassure s’est produite sous l’action de 925 gramPLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�158

PASCAL CLAVERIE

nies. Un autre ne s’est rompu que sous un poids de 1 kilog. 050 ;
ses diamètres étaient 0 m/m472 sur 0 m/m890.
La moyenne a été 820 grammes (maximum 1 kilog. 050, mini­
mum 650 grammes), mais nous répétons que ces différences
entre les deux lots de filasse doivent, sans aucun doute, être
attribuées, non au lavage, mais au plus fort développement de
la plante productrice.
Nous n’avons malheureusement pas eu de filaments lavés et non
lavés provenant d’un même individu.
Pour nous rendre compte maintenant de l’élasticité, nous avons
soumis à une traction de 700 grammes un filament de 8 centi­
mètres de longueur. Ce filament s'est allongé de 1 centimètre,
mais, l’action disparaissant, il est resté à 8 centimètres et demi.
Plusieurs expériences du même genre ont donné à peu près les
mêmes résultats.
La filasse est donc plutôt extensible qu’élastique.
Pour obtenir les fibres élémentaires de celle filasse, nous avons
chauffé quelques filaments dans l’acide azotique ordinaire,
additionné d’une trace de chlorate de potasse (macération de
Schulze).
Ainsi isolées, les fibres ne présentent pas, au microscope, le
même diamètre dans toute leur longueur. 11 y a des alternatives
d’étranglements et de dilatations qu’on n’observe pas nécessaire­
ment, on le sait, dans toutes les fibres ainsi traitées d’autres
plantes.
Leur épaisseur est fort variable ; certaines ont jusqu’à 0 m/ni 045
de diamètre, d’autre ne mesurent que 0ni/m024 et même 0m/m020;
la moyenne est 0m/m032. La lumière est égale, dans la plupart
des cas, aux trois cinquièmes de l’épaisseur totale. Une fibre de
O®/™040 de diamètre, par exemple, aura une cavité de 0m/m024.
La longueur de ces éléments primordiaux varie entre 1m/m100 et
2 m/m; moyenne 1 m/ni 500.
Après dessiccation, un gramme de filasse perd 10 centigram­
mes si le textile n’a pas été lavé, et 9 centigrammes s’il a été lavé.

PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

159

CHAPITRE V
GYPÉRACÉES

Nous trouvons déjà quelques renseignements sur l’anatomie
des Cypéracées, soit dans des mémoires spécialement consacrés
à la famille, soit dans des études plus générales sur les Monocotylédones.
Nous ne nous occuperons, d’ailleurs, ici, que du genre Cyperus
et, plus particulièrement encore, des espèces de Madagascar,
dont la morphologie interne n'a guère été abordée.
Au sujet du genre, Du val-Jouve ( 1) pose en principe « qu’un
centimètre d’une partie quelconque, racine, rhizome, chaume,
feuille, suffit pour déterminer un Cyperus ». L’examen anato­
mique des espèces malgaches que nous avons eues à notre
disposition semble justifier cette opinion.
L’auteur français signale, par exemple, dans la feuille, comme
caractères anatomiques particuliers au genre Cyperus, la dimen­
sion variable des cellules de l’épiderme supérieur, qui sont
beaucoup plus petites au-dessus des faisceaux fibreux hypoder­
miques que dans les intervalles.
Examinant le tissu assimilateur de la tige et de la feuille,
Duval-Jouve observe encore que les cellules à chlorophylle sont
groupées soit autour des lacunes aérifères, soit autour des fais­
ceaux conducteurs, et que, de plus, ces cellules ne forment
tantôt qu’une seule assise bordante, tantôt sont disposées sur
plusieurs couches. C’est là, dit-il, un bon caractère qui peut
servir à la détermination spécifique.
La disposition des lacunes et des faisceaux dans la feuille peut
aussi permettre la distinction de certaines espèces. Ces lacunes,
en effet, sont tantôt très grandes, tantôt au contraire très
réduites. Les faisceaux libéro-ligneux sont disposés, dans cer(1) Duval-Jouve : Étude histotaxique des Cyperus ; 1874.

�160

PASCAL CLAVERIE

taines feuilles, sur un seul rang, et chez d’autres sur deux à trois
assises. Lorsqu’ils ne forment qu’une seule rangée, les faisceaux
libéro-ligneux sont au-dessus des lacunes ou entre elles.
Lorsqu’ils sont disposés sur deux à trois assises, ils peuvent
être les uns au-dessus des lacunes, les autres au-dessous, ou
encore se trouver tous réunis au-dessous ; et c’est encore là un
bon moyen pour la distinction spécifique.
Toutes ces remarques se rapportent exclusivement au genre
Cyperus.
Mais, d’autre part, M. Martin Rickly ( 1) d’abord, en 1895,
M. Plowmann ensuite en 1906 (2) ont tenté une classification de
la famille d’après certains caractères anatomiques.
M. Rickly considère principalement la présence ou l’absence
d’une gaine chlorophyllienne autour des faisceaux libéro-ligneux
périphériques.
Lorsque cette gaine existe, ce sont les Chlorocyperacées ; lors­
qu’elle manque, ce sont les Eucyperacées.
Cette classification, toutefois, et c’est peut-être le reproche
qu’elle encourt, amène à démembrer les deux genres Cyperus et
Heleocliaris, car l’un et l’autre ont des représentants appartenant
aux deux types. Il y a des Chlorocyperus et des Eucyperus et des
Chlorocharis et des Eucharis.
Nos espèces malgaches appartiennent tes unes aux Chlorocyperus
(C. latifolius Poir., C. madagascariensis R. etSch., C. tuberosus),
tes autres aux Eucyperus (C. alternifolius Lin., C. nudicautis
Poir., C. æqualis Vahl.
M. Plowmann ne donne pas, à vrai dire, de classification,
mais étudie les variations des deux caractères suivants dans
l’ensemble de la famille :
1° La constitution des faisceaux libéro-ligneux du rhizome ;
2° La disposition des tissus mécaniques et chlorophylliens
dans la tige.
(1) M. Rickly : Beitrâge zur vergleich. Anatom ie der Cyperaceen, m it
besonder Beruchsichtigung der inneren Parenchymscheide (Pringsheim ’s
Jahsbücher, 1895).
v2) Plowmann : The comparativ arialomy and phylogeny of the Cyperaceae
(Annals of Botanv, 1906).

PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

161

Et, pour chacun de ces deux caractères, il range les Cypéracées en deux groupes, ces deux groupes, bien entendu, ne
concordant pas nécessairement, et, en outre, chaque genre ne
rentrant pas toujours tout entier dans l’un de ces groupes. Cer­
taines espèces de Scirpus, par exemple, sont à placer dans le
premier groupe ; certains autres dans le second.
En ce qui concerne les faisceaux libéro-ligneux du rhizome,
tantôt le bois entoure complètement le liber et tantôt il n’est
accolé à lui que sur un côté.
Les Cyperacées qui appartiennent au premier cas sont les
Amphiuasées ; celles qui appartiennent au second sont les Cenlrivasées. D’après M. Plowmann, tous les Cyperus qu’il a examinés
sont des Amphivasées, tandis que le genre Scirpus renferme
des espèces, telles que le Sc. debilis, le Sc. latifolius, qui rentrent
dans le premier cas, et des espèces, comme le Sc. americanus, le
Sc. robustus, qui sont des Centrivasées.
Tous les Cyperus de Madagascar étudiés par nous sont des
Amphiuasées.
Relativement à la disposition des tissus mécaniques et chlo­
rophylliens, on observe : tantôt peu de sclérenchyme dans
l’écorce de la lige, le tissu assimilateur étant alors très déve­
loppé ; et tantôt, au contraire, un tissu scléreux largement
représenté dans cette même région sous-épidermique.
Les Cypéracées qui présentent la première structure sont les
Chlorocyperacées (terme qui n’est donc pas pris parM. Plowmann
dans le même sens que par M. Rickly, ce qui risque malheureu­
sement d’amener des confusions fâcheuses). Les Cypéracées qui
offrent la seconde structure sont des Sclérocypèracées.
Tous les Cyperus de Madagascar étudiés par nous, et qui n'étaient
pas toujours des Chlorocyperus au sens de M. Rickly, sont des
Chlorocypéracées au sens de M. Plowmann.
Nous allons examiner maintenant six espèces de Cyperus de
Madagascar, qui sont le Cyperus latifolius Poir., le C. madagas­
cariensis Kunlh, le C. alternifolius Lin., le C. nudicaulis Poir.,
le C. æqualis Vahl et le C. tuberosus Rottb.

�162

PASCAL CLAVERIE

Poir.
Le Cyperus latifolius, appelé herana par les Sakalaves, et dont
nous pouvons donner une description d’ensemble plus complète
que celle publiée jusqu’alors, est une plante à souche cespiteuse,
émettant des rejets courts, réunis en grosses touffes de 1 à 2 mètres
de diamètre. 11 a le port de notre Carex maxima Scop., mais avec
des dimensions beaucoup plus considérables.
Il présente deux sortes de tiges : les unes stériles, ne portent
que des feuilles, et s’élèvent à environ deux mètres de hauteur ;
les autres sont florifères et peuvent atteindre jusqu’à trois mètres.
Ces tiges à fleurs sont nues sur toute leur longueur, mais sont
pourvues de feuilles radicales très longues. La tige foliée, comme
la tige florifère, est triquètre vers le sommet, cylindrique à la
base ; elle présente aussi, sur toute sa longueur, de fins sillons
longitudinaux. Les feuilles sont très longues, et très épaissies
dans leur région engainante.
Le limbe, qui a environ 2 cent. 1/2 de largeur dans sa région
moyenne, est parcouru par une nervure principale médiane,
très saillante sur la face inférieure, et par deux autres petites
nervures, disposées symétriquement par rapport à la première
et faisant saillie sur la face supérieure.
Dans sa région terminale, et sur une certaine étendue (environ
le tiers de la longueur totale), les bords du limbe ainsi que les
nervures portent de nombreux aiguillons.
Les inflorescences générales sont de larges ombelles compo­
sées. Les axes principaux sont de longueurs très diverses; les uns
ont à peine 1 centimètre, d’autres atteignent 12 à 15 centimètres.
Leur diamètre varie aussi beaucoup ; il est égal à peine à un
demi-millimètre chez les uns, tandis qu’il mesure jusqu’à deux
millimètres chez les autres. Chaque axe principal se termine par
une ombelle de sept à huit centimètres de développement, et
chaque axe secondaire porte un ou plusieurs épis d’épillets dis­
posés d’une façon alterne. Les épis ont environ un à quatre cen­
timètres de longueur ; lesépillets mesurent régulièrement quatre
millimètres de longueur et un millimètre et quart de largeur.
Cyperus latifolius

163
Morphologie interne. — Nous allons examiner d’abord la tige
loliée.
T ige f o l ié e . — Dans cette tige, en dehors du premier cercle
de faisceaux libéro-ligneux, la zone qui correspond à l’écorce
est un hypoderme assez étroit, limité lui-même par un épiderme
simple.
lîne couche cuticulaire mince recouvre les cellules épidermi­
ques, qui sont à parois très épaisses.
Contre l’épiderme sont de petits cordons fibreux cylindriques,
de0m/m050 à 0m/m100 de diamètre, composés chacun de 20 à
30 fibres et séparés les uns des autres par deux à trois cellules
hypodermiques.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

F ig . 20. — Faisceau libéro-ligneux de la périphérie de la tige
de Cyperus latifolius.
yl gaine fibreuse; yc’ gaine chlor. externe ; gc gaine chlor. int.
I liber ; v vaisseau

A une petite distance au-dessous de ces cordons scléreux est
une première rangée de faisceaux libéro-ligneux, orientés norma­
lement, et composés (fig. 20) de trois à cinq vaisseaux et d’un
amas libérien peu important. Chacun d’eux est pourvu d'une
gaine mécanique formée d'une seule assise de fibres. En dehors
de cette gaine est un manchon de cellules à chlorophylle
allongées radialement. En outre, on observe de l’autre côté de la
gaine scléreuse, entre cette gaine et le faisceau libéro-ligneux,

�PASCAL CLAVERIE
164
une assise de cellules également chlorophylliennes, mais allon­
gées suivant l’axe du faisceau.
Tantôt ces cellules assimilatrices constituent un manchon
complet autour des éléments conducteurs, tantôt elles ne forment
qu’un arc autour du liber. Dans ce dernier cas, ce sont les cel­
lules ligneuses qui s’appuient directement contre la gaine
fibreuse. Rappelons que ces cellules à chlorophylle situées
autour des faisceaux et en dedans d’une gaine mécanique ont été
signalées chez d’autres Cyperus, tels que le C. angustifolius. Ce
sont les Clilorocypenis de Martin Rickly.
Les faisceaux libéro-ligneux plus internes sont beaucoup plus
grands que les premiers et présentent dans leur bois une grande
lacune. Ces faisceaux sont disposés çà et là dans le tissu lacuneux central ; et chacun d’eux est entouré par une gaine sclé­
reuse, formée de trois à quatre assises de libres sur le bord vas­
culaire, d’une seule latéralement, et de une à deux en dehors
du liber.
Les éléments fibreux qui composent les deux rangées contiguës
au tissu conducteur sont étroits (0m/ni 005 à 0m/,n012) et très
lignifiés ; les éléments des assises externes sont plus larges
0m/m012 à0m/m018), à parois plus minces et plus faiblement
lignifiées.
Dans toute la région centrale de la tige règne un tissu lacuneux
composé de larges cellules étoilées. Les cloisons de ces lacunes
sont parcourues longitudinalement par de gros faisceaux libéroligneux et par quelques rares petits cordons scléreux. Au voisi­
nage des faisceaux libéro-ligneux sont de nombreuses cellules
tanifères, à contenu homogène.
T ige f l o r if è r e . — Cette autre tige se distingue anatomique­
ment de la précédente par le développement un peu plus grand que
prend le tissu de soutien. Les cordons scléreux sous-épidermiques
sont un peu plus larges; et de nombreux petits faisceaux fibreux
sont disséminés dans le tissu lacuneux.
Nous avons dit que vers l’inflorescence cette tige, qui est trian­
gulaire plus bas, s’arrondit exactement. Sa section transversale,
à ce niveau supérieur, est ovale, d’environ 2 millimètres de dia­

165
mètre moyen. Elle diffère d’une section transversale faite à un
niveau inférieur par deux caractères principaux :
1° Les cordons fibreux sous-épidermiques sont plus rapprochés
les uns des autres ;
2° Les faisceaux libéro-ligneux sont plongés dans un tissu qui
n’est plus lacuneux, tout en restant cependant peu dense. Ce tissu
est composé de cellules arrondies lâchement unies entre elles.
F e u il l e s de l ’axe s t é r il e .— Le limbe, qui peut être très long,
a, en moyenne, 2 centimètres à 2 cent. 1/2 de largeur elO m/,n 250
d’épaisseur vers le sommet. A la base, il est plus épais et peut
atteindre 1 m/m 700. Cet épaississement est dû au développement
considérable du tissu lacuneux.
L’épiderme supérieur est formé de grandes cellules (de 0m/m040
environ), aussi hautes que larges, à parois latérales et internes
minces, à parois externes épaissies et recouvertes par une forte
couche cuticulaire. Les cellules de l’épiderme inférieur sont
beaucoup plus petites (0 m/in 012 à 0 m/m018), légèrement plus
larges que hautes, et recouvertes d’une mince couche cuticulaire.
Çà et là, la face inférieure présente des stomates sans cellules
annexes. La face supérieure porte, au niveau des nervures, de
petits piquants, d’origine épidermique.
Contre les deux épidermes sont de petits cordons fibreux plus
étroits et plus espacés qu’ils ne l’étaient dans la lige; et, au niveau
de chacun de ces cordons scléreux, les cellules épidermiques
sont beaucoup plus petites que leurs voisines. Chaque faisceau
renferme huit à quatorze fibres et mesure 0 m/m025 à 0 n,/m040 de
diamètre. Entre deux cordons scléreux voisins, on compte ordi­
nairement 15 à 20 cellules sur l’épiderme supérieur, et 6 à 12 sur
l’épiderme inférieur. Les fibres qui composent ces cordons sont
lignifiées, de 0 m/m012 à 0 m/m014 de diamètre, et à lumen qui
égale environ le tiers du diamètre total. Le mésophylle est homo­
gène et très lacuneux ; il est réduit à deux ou trois assises de
cellules polyédriques sous l’épiderme supérieur, et à une à deux
seulement sous l’épiderme inférieur. De place en place, des cloi­
sons parenchymateuses longitudinales, composées de trois à
quatre rangées de cellules, réunissent les deux hypodermes.
Ann. du Musée col. de Marseille. — 2e série. 7e vol. 1909.
11
RLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�PASCAL CLAVERIE
166
Les faisceaux libéro-ligneux du limbe sont de deux sortes. Les
uns, d’assez grand diamètre, sont situés entre les lacunes, dans
les cloisons de parenchyme ; ils sont semblables à ceux du centre
de la tige, mais il ne sont pourvus chacun que d'une seule assise
de fibres. Les autres, beaucoup plus petits, sont tous placés audessus des lacunes, contre le parenchyme sous-jacent à l’épi­
derme supérieur.
Cette disposition des faisceaux libéro-ligneux, ne concorde pas
avec celle qu’indique MM. Perrot et Gorris (1) pour la paille de
l'herana, où les auteurs observent deux rangées de petits
faisceaux vasculaires, l’une au-dessus des lacunes, l’autre
au-dessous. Mais MM. Perrot et Gorris ne donnent pas le nom
botanique de la plante, dont ils n’ont possédé d’ailleurs que la
paille; il est probable qu’il s’agit d’une autre espèce qui serait
aussi désignée sous ce même nom d'herana. Rappelons que notre
herana est le Cyperus qui est ainsi désigné dans le nord-ouest
de Madagascar. Peut-être, sur le plateau central, Yherana est-il un
Cyperus différent.
Les petits faisceaux libéro-ligneux sont entourés chacun par
une gaine fibreuse, à 1intérieur de laquelle est un manchon de
cellules polyédriques chlorophylliennes. En dehors de celte gaine
est un second manchon de cellules assimilatrices, allongées et
rayonnantes. De nombreuses cellules à tanin s’observent dans
le voisinage des faisceaux libéro-ligneux. Les lacunes sont tra­
versées par de nombreux planchers aérifères.
L’accroissement en épaisseur du limbe vers sa base est dù au
développement plus considérable des lacunes. Les deux hypodermes conservent à ce niveau le même nombre d’assises de
cellules.Les petits faisceaux libéro-ligneux sont toujours accolés
au parenchyme de la face supérieure, mais les gros faisceaux
s’en sont éloignés et occupent le centre des cloisons transversales.
Au point de vue du tissu mécanique, on observe dans la gaine,
en plus des cordons fibreux sous-épidermiques, d’autres petits
faisceaux de même nature,disséminés çà et là dans le parenchyme.
(1) Perrot et Gorris : Recherches sur tes pailles a chapeaux de Madagascar
vL’Agriculture pratique des pays chauds; Paris, 1908.)

167
F e u il l e s radicales de l ’axe f l o r if è r e . — Ces feuilles ont
absolument la même anatomie que les feuilles de l’axe stérile.
B r a c t é e s pr in c ipa le s de l ’in fl o r e sc en c e . — Les bractées
principales, aux aisselles desquelles naissent les grands axes
de l’inflorescence, ont la même anatomie que la feuille.
Les cellules à chlorophylle sont toujours disposées autour
des faisceaux, et ces faisceaux occupent les mêmes posi­
tions que dans le limbe. Toutefois, par suite de la moindre
épaisseur de la bractée, les gros faisceaux ne sont plus dans la
région médiane, mais, tout en restant situés entre les lacunes,
sont accolés au parenchyme situé immédiatement sous l’épi­
derme supérieur. Au niveau de la nervure qui saille fortement
sur la face inférieure est un gros faisceau libéro-ligneux, qu’en­
toure une gaine fibreuse, mince sur le bord libérien, beaucoup
plus épaisse sur le bord ligneux. A ce niveau, le mésophylle
devient compact, par suite du grand développement des cellules
de l’épiderme supérieur, qui ont dans celte région 0 m/m 190 de
hauteur c’est-à-dire près de la moitié de l’épaisseur totale de la
bractée. La face inférieure n’offre à ce niveau rien de particulier.
B r a c t é e s des axes pr in cipa u x de l ’in fl o r e sc en c e . — Chacun
des axes nés aux aisselles des bractées précédentes est muni à sa
base d’une bractée propre, qui est réduite à une courte gaine
entourant complètement l’axe qui la porte.
Ces nouvelles bractées se distinguent nettement des bractées
principales par les caractères suivants :
1° Par la moindre grandeur des cellules de l’épiderme
supérieur ;
2° Par la présence de quatre à cinq assises continues de fibres
lignifiées, situées sous l’épiderme inférieur, qui ne présente
plus de stomates ;
3° Par la réduction de la largeur des lacunes.
Le grand caractère distinctif est donc, en définitive, pour ces
bractées secondaires, une sclérification beaucoup plus prononcée
que dans les bradées principales. Celles-ci offraient la même sclérificcition que les feuilles radicales de la même tige florifère.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�PASCAL CLAVERIE
168
E n résumé, nous voyons que :

1° Le principal caractère distinctif des deux axes folié et flori­
fère du Cyperus latifolius est la présence d’un tissu mécanique
plus développé dans l’axe florifère que dans l’axe folié.
2° Les particularités des feuilles radicales de l’axe florifère,
sont les mêmes que celles des feuilles de l’axe stérile, et sont les
suivantes : les cellules de l’épiderme supérieur sont environ
deux fois plus grandes que les cellules de l’épiderme inférieur ;
les cordons fibreux qui sont situés contre les deux épidermes
sont plus nombreux sous la face inférieure; le mésophylle est
très lacuneux, et les lacunes sont très grandes; les faisceaux
libéro-ligneux sont situés sur deux rangées, les uns placés entre
deux lacunes, dans la région moyenne, les autres au-dessus de
ces lacunes ; enfin, les faisceaux libéro-ligneux de l’assise supé­
rieure présentent deux manchons de cellules à chlorophylle.
3° Les bractées principales se distinguent, au point de vue
anatomique, des limbes foliaires par leur moins grande épais­
seur et par la situation des gros faisceaux libéro ligneux, qui,
tout en restant dans les cloisons interlacunaires, sont adossés
au parenchyme sous-jacent à l’épiderme supérieur.
4° Les bractées des axes principaux de l’inflorescence pré­
sentent comme caractères particuliers et distinctifs : la réduction
de la largeur des lacunes ; et surtout la présence d’une couche
continue de fibres sous la face inférieure.

Cyperus madagascariensis Kunth.
Le Cyperus madagascariensis Kunth, appelé isatra par les
indigènes, est une plante à tiges traçantes, abondante dans les
marais du massif granitique central de Madagascar. Elle est,
par exemple, commune dans le bassin de l’Isandrano.
De ces tiges horizontales, qui ont en moyenne 6 à 8 centimètres
de diamètre, partent des ramifications dressées, triquètres,
toutes florifères, qui atteignent deux à trois mètres de hauteur.
Ces branches secondaires ne portent aucune feuille complète.
L’appareil foliaire est réduit à dix à douze grandes gaines
brunes, situées à la base de ces tiges dressées.

PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

169

Les fleurs sont disposées en ombelles.
Les Malgaches utilisent les tiges de cette Cypéracée pour confec­
tionner des nattes très solides. Ils n’emploient pour cela que la
région périphérique des tiges, qu’ils découpent en lanières fines
et résistantes. La partie centrale qui offre peu de résistance est
rejetée.
Morphologie interne. — T ig e .— Dans l’ensemble, la structure
de la tige est celle de la tige du C. latifolius. Toutefois elle s’en
distingue par quelques caractères constants. On trouve encore,
de dehors en dedans, une zone de tissu dense périphérique et
une zone de tissu lacuneux centrale Dans la zone dense se trou­
vent : 1° des cordons fibreux, immédiatement sous l’épiderme et
2° deux cercles de faisceaux libéro-ligneux. Les cordons fibreux
sous-épidermiques sont plus petits (0Tn/m024 à 0ra/m030 de
diamètre) que dans le C. latifolius ; ils ne renferment chacun
que huit à vingt fibres. De plus ils sont un peu plus éloignés les
uns des autres, puisque ce sont quatre à cinq cellules parenchy­
mateuses qui les séparent.
Les faisceaux libéro-ligneux sont plus nombreux et plus petits.
Tous ceux de la rangée externe sont réduits la plupart du temps
à un amas libérien. Chacun de ces petits faisceaux, qu’il renferme
ou non des éléments ligneux, est entouré par une gaine méca­
nique d’une seule assise de cellules, en dedans et en dehors de
laquelle est un manchon de cellules de chlorophylle.
On se souvient que nous avons signalé la présence de ce tissu
assimilateur interne dans la tige et les feuilles du C. latifolius.
Le C. madagascariensis rentre donc, avec l’espèce précédente,
dans le groupe des Chlorocyperus de Martin Rickly.
Cette assise fibreuse, que nous venons de signaler autour des
petits faisceaux libéro-ligneux de la périphérie, existe également
dans la seconde rangée de faisceaux, pourvus également d’une
gaine fibreuse. Toutefois cette gaine n’est réduite à une seule
assise que sur le bord libérien externe ; contre le bord ligneux
interne, elle s’épaissit et est composée alors de cinq à six assises.
Dans le tissu lacuneux, dont les cloisons sont formées par une
seule assise de cellules, la sclérification s’accentue, et c’est aussi

�PASCAL CLAVERIE
170
bien le faisceau libérien que le faisceau ligneux qui est bordé
par ces cinq à six assises fibreuses.

A xes principaux de l’inflorescence . — Chaque axe principal
de l’inflorescence est de section transversale rectangulaire. Sa
constitution diffère peu de celle de la tige; il y a à noter une réduc­
tion de la zone centrale lacuneuse et un moindre développement
des amas fibreux extra-ligneux dont chaque faisceau est pourvu.
De plus, on observe que les faisceaux libéro-ligneux de l’axe
floral sont composés d’un plus petit nombre de vaisseaux que
les faisceaux de la tige et que ces vaisseaux sont plus étroits. Ce
sont bien là les principaux caractères qu’indique Laborie pour
les différences de structures anatomiques des axes végétatifs et
floraux.
La différence est, par contre, plus grande lorsqu’on compare
cette anatomie avec celle de la partie correspondante du C. lati­
folius. Dans cette dernière espèce, la zone aérifère centrale de la
tige a disparu dans l’axe de l’inflorescence,où elle est remplacée
par un tissu lâche. Au contraire, dans l’axe de l’inflorescence
du C. madagascariensis, la zone lacuneuse de la tige persiste avec
tous ses caractères.

— Les feuilles sont réduites à des gaines de 25 à
30 centimètres de longueur et de 6 à 8 centimètres de largeur à
la base.
Chaque gaine, gonflée par la potasse, a en moyenne lm/m400
d’épaisseur vers son sommet, tandis qu’elle atteint 3 à 4 milli­
mètres à sa base. Son anatomie, dans son ensemble, est celle des
gaines foliaires du C. latifolius.
Le mésophylle est homogène et très lacuneux ; il est réduit à
trois ou quatre rangées de cellules polyédriques sous chacun des
épidermes; et de place en place des cloisons transversales réunis­
sent entre elles ces deux zones sous-épidermiques. Ces deux
couches compactes situées sous chaque face de la gaine se rejoi­
gnent latéralement pour donner sur les côtés une masse cellu­
laire, diminuant graduellement d’épaisseur jusqu’aux bords où
les deux épidermes sont en contact.
F euilles.

171
Si nous considérons maintenant la disposition des faisceaux
libéro-ligneux et des cordons fibreux, nous remarquerons que ce
sont là autant de caractères différentiels des gaines des deux
espèces.
On retrouve bien contre l’épiderme inférieur les cordons
fibreux que nous savons ; et ces cordons, qui sont à section
ovale, renferment ici GOà 70 éléments, c’est-à-dire sont plus gros
que ceux des feuilles du C. latifolius. Mais on n’en n’observe
plus contre l’épiderme supérieur. Par contre, soit dans les
cloisons de parenchyme, soit aux points de jonction de ces
cloisons avec les assises parenchymateuses sous-épidermiques
sont de petits cordons qui n’existaient pas dans le C. latifolius.
Les faisceaux libéro-ligneux, tous semblables entre eux, sont
ici disposés sur une seule rangée, à égale distance des deux
épidermes, dans la région centrale des cloisons transversales.
Dans le C. latifolius, il y avait bien la même rangée; mais, en
outre, de petits faisceaux libéro-ligneux étaient situés dans le
parenchyme de la zone sous-épidermique supérieure. Ces
faisceaux dans le C. madagascariensis ont disparu.
D’une façon générale, on peut donc dire, semble-t-il, que les
petits faisceaux libéro-ligneux de la périphérie de la tige, entourés
chacun de leur double gaine de cellules à chlorophylle ne pénè­
trent pas dans les gaines foliaires du C. madagascariensis, tandis
qu’ils se continuent dans les longues feuilles du C. latifolius.
pl a n t e s t e x t il e s exo tiq u es

B ra ctées p r in c ip a l e s . — Les

bractées princpales, au point de
vue anatomique, diffèrent peu des gaines. Leur épaisseur est
moindre (0m/m240 environ), par suite de la réduction de la
hauteur des lacunes. L’hypoderme supérieur occupe à peu près
le tiers de l’épaisseur totale de la bractée.
Les cordons fibreux que nous avons vu être exclusivement
répartis contre l’épiderme inférieur dans la gaine sont ici
appliqués contre les deux épidermes. Les faisceaux libéroligneux, semblables à ceux de la gaine, sont situés aux points de
jonction des cloisons transversales et de l’hypoderme supérieur.
L’épiderme supérieur est formé d’une assise continue de
grandes cellules quadrangulaires ; l’épiderme inférieur est

�PASCAL CLAVERIE
172
composé d’une file de petites cellules de même forme, inter­
rompue par les ouvertures stomatiques.
B ractées des axes prin cipa u x de l ’in fl o r e sc e n c e . — Cha­
cune de ces bractées, est une gaine fermée. Sa section est rec­
tangulaire, de lmlm200 de longueur et de 0m/m800 de largeur.
Le parenchyme, qui était très lacuneux dans la gaine, mais
l’était déjà moins dans les bractées générales de l’inflorescence,
devient absolument compact dans ces bractées secondaires. Son
épaisseur, y compris les deux épidermes, n’est que de 0m/m120. Il
se compose, sous l'épiderme inférieur, de deux à trois rangées
de cellules polygonales à membranes épaissies et légèrement
lignifiées, et, sous l’épiderme supérieur ou interne, de trois à
quatre assises de cellules plus grandes que les premières, mais
purement cellulosiques. Les faisceaux libéro-ligneux sont logés
dans ce tissu mou et appliqués contre la dernière assise du tissu
lignifié sous-jacent à l’épiderme inférieur. Chacun d’eux est
entouré par une gaine fibreuse, réduite à une seule assise en
dehors du liber, beaucoup plus développée du côté du bois.
Comme dans la gaine, les cordons fibreux sont exclusivement
situés contre l’épiderme inférieur; ils sont très voisins les uns
des autres puisque une à deux cellules seulement les séparent.
Dans les angles, il arrive fréquemment que plusieurs cordons
voisins se réunissent latéralementet constituent en ces points de
larges rubans fibreux disposés parallèlement à l’épiderme.
En résum é . 1° Les particularités de la tige du Cyperus madagascariensis sont les suivantes :
a) Le parenchyme est dense à la périphérie et lacuneux dans
la région centrale. Les lacunes sont larges et séparées les unes des
autres par une seule assise de cellules.
b) Les cordons fibreux périphériques sont relativement
petits.
c) Les faisceaux libéro-ligneux sont, les uns dans le tissu
dense, les autres dans le tissu lacuneux.
d) Les faisceaux périphériques sont entourés chacun par un
double manchon de tissu assimilateur.

173
2° Les feuilles sont réduites à des gaines et présentent au point
de vue de la morphologie interne les caractères suivants :
a) Les cordons fibreux sont situés les uns contre l’épiderme
inférieur, les autres dans les cloisons transversales. On n’en
observe pas contre l’épiderme supérienr.
b) Le mésophylle est très lacuneux et les lacunes sont très
grandes.
c) Les faisceaux libéro-ligneux sont tous disposés sur une
seule rangée entre les lacunes.
d) Le tissu assimilateur n’est plus disposé autour de certains
faisceaux libéro-ligneux comme il l’était dans la tige.
3° La bractée principale se distingue de la gaine foliaire par sa
moins grande épaisseur, par la disposition des laisceaux fibreux
répartis contre les deux épidermes, par la position des faisceaux
libéro-ligneux aux points de jonction des cloisons transversales
et du tissu dense supérieur et par la réduction dans la grandeur
des lacunes.
4° Dans la bractée des axes principaux de l’inflorescence, le
tissu devient compact et les cordons scléreux sont uniquement
disposés contre l’épiderme inférieur.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

Cyperus alternifolius Lin.
Le Cyperus alternifolius diffère des deux espèces précédentes
aussi bien par sa morphologie externe que par son anatomie.
Toutes les tiges sont fertiles et cylindriques. Elles sont entou­
rées, à la base, par des feuilles réduites à des gaines. Elles sont
terminées par des inflorescences composées d’un certain nombre
d’axes principaux qui s’insèrent à différents niveaux sur la tige
et sont surmontés chacun par un bouquet de petites ombelles
d’épillets.
A la base de chacun des axes principaux est une grande
bractée beaucoup plus longue que l’inflorescence elle-même. Ces
bractées sont alternes et insérées sur la tige à de très petites
distances les unes des autres; les plus externes ont environ
0m30 de longueur, et un centimètre de largeur à la base. Les

�PASCAL CLAVERIE
174
autres n’ont que 0m15 à 0m20 de longueur et seulement deux à
trois millimètres de largeur.
Les Malgaches utilisent la tige de celte Cypéracée, qui est
commune dans le Boina et le Ménabé, pour confectionner
divers objets de vannerie, et particulièrement des nattes.

175
dans les deux espèces précédentes, mais formé de larges cellules
constituant des cloisons plus ou moins épaisses. Ces cloisons
limitent de grands vides qui font du tissu un tissu aéritère. Au
voisinage des faisceaux libéro-ligneux on observe de nombreuses
cellules à tanin.

Morphologie interne. — T ig e . — La section transversale est
circulaire. Les cellules épidermiques sont de deux grandeurs,
suivant qu’elles sont superposées aux cordons scléreux ou
comprises entre ces cordons. Les premières sont très petites
(0m/m012 de largeur sur 0m/ni 000 de hauteur), les secondes sont à
peu près aussi hautes que larges et ont 0m/'"012 à 0ra/ni015 dans
les deux sens. Çà et là, on observe des stomates. Au-dessous de
l’épiderme, sont des cordons scléreux de section transversale
triangulaire, de 0,u/n*060 de largeur et de 0m/m120 de hauteur,
composés de 40 à 125 libres. Leur base appliquée contre l’épi­
derme se compose de cinq à six fibres. Ils sont séparés les uns
des autres par deux à quatre cellules de parenchyme. Les fais­
ceaux libéro-ligneux sont situés suivant un grand nombre de
cercles concentriques et sont tous orientés normalement. Ils
sont de grosseurs diverses, mais de constitution semblable.
Chacun d’eux comprend : deux à trois gros vaisseaux rayés ou
ponctués, placés latéralement l’un vis-à-vis de l’autre et séparés
par un groupe de petits vaisseaux réticulés; un à quatre vais­
seaux annelés, serrés entre les cellules ligneuses chez les petits
faisceaux, situés dans une lacune chez les gros faisceaux ; un
groupe de cellules criblées; et, vers l’extérieur, une gaine méca­
nique, réduite à une seule assise du côté du liber et latérale­
ment, et composée de six à huit rangées en dehors du bois.
Les faisceaux libéro-ligneux des trois premières rangées sont
situés dans un tissu compact. Ceux de la première rangée sont
entourés par un tissu chlorophyllien formé de petites cellules
polyédriques; ceux de la seconde rangée sont mi-partie dans ce
même tissu, mi-partie dans le tissu incolore plus interne ; ceux
de la troisième assise sont encoredans ce tissu compact incolore.
Les autres faisceaux sont disséminés dans le tissu central lacuneux, qui n’est plus composé de grandes cellules étoilées, comme

B r a c tées p r in c ip a l e s . —Chacune de ces grandes bractées a
environ 12 à 15 millimètres de largeur dans sa partie moyenne ;
son épaisseur à ce même niveau est à peu près 0m/m 400 à
0mlm 480. Le parenchyme est hétérogène, palissadique sous
l’épiderme supérieur, lacuneux dans la région moyenne, com­
pact, mais formé de cellules polyédriques, sous l’épiderme
inférieur. Toutes ses cellules renferment de la chlorophylle. Les
cellules de l’épiderme supérieur ont 0m/m 036 à 0m/m 045 de
largeur et 0m/m048 à üni/m054 de hauteur ; celles de l’épiderme
inférieur n’ont que 0m/m020 de largeur et 0m/ra 026 de hauteur.
Comme dans la lige, les cellules épidermiques sont beaucoup
plus petites au niveau des cordons scléreux.
Les stomates sont peu nombreux et ne sont répartis que sur
la face inférieure, où l’on observe en outre de petits poils rigides
dont la pointe est dirigée vers le sommet du limbe.
Les faisceaux qui parcourent le limbe dans toute sa longueur
sont situés vers le milieu de son épaisseur, et chacun d’eux est
séparé du faisceau voisin par une lacune aérifère.
Autour de chaque faisceau libéro-ligneux est une gaine
fibreuse peu développée, entourée elle-même par un manchon
d’une assise de grandes cellules incolores.
Au niveau de chaque faisceau libéro-ligneux sont deux cordons
fibreux, l’un appuyé contre l’épiderme supérieur, l’autre contre
l’épiderme inférieur. Et tantôt ces cordons n ont aucun point de
contact avec le faisceau libéro-ligneux, tantôt, au contraire, ils
s’unissent à la gaine fibreuse propre au faisceau.
Les fibres qui constituent ces cordons scléreux foliaires sont de
même forme, de même composition et de mêmes dimensions que
les fibres des cordons de la tige. Elles sont de section polygonale,
de 0m/m006 à 0'"/m012 de diamètre, avec un canal égal environ au
quart du diamètre total. Leurs membranes se colorent en rouge

pl a n t e s t e x t il e s ex o tiq u es

�PASCAL CLAVERIE
176
par la phloroglucine, en jaune par l’iode et l’acide sulfurique,
en jaune orange parle sulfate de thalline;ce sont donc des
fibres lignifiées.
G aines .— Chaque gaine a 0m/m875 environ d’épaisseur et cette
grande épaisseur résulte surtout du développement des lacunes
aérifères. Le tissu parenchymateux comprend, en outre des
assises sous-épidermiques, des cloisons transversales composées
de six à huit rangées de cellules limitant les lacunes. C’est,
d’ailleurs, vers la partie moyenne de ces cloisons que sont les
faisceaux libéro-ligneux de la gaine. El ces faisceaux sont cons­
titués comme ceux du limbe, qui n’en sont du reste que la conti­
nuation. Toutefois ces faisceaux de la région basilaire de la
feuille sont pourvus chacun d’une gaine fibi euse encore réduite
à quelques assises du coté du liber, composée au contraire d’un
grand nombre de rangées en dehors du bois.
En plus de ces éléments de soutien, propres aux faisceaux
libéro-ligneux, on observe de petits cordons fibreux situés les
uns contre l’épiderme inférieur, les autres au sein du tissu
parenchymateux. Les premiers sont composés de cinquante à
cent éléments et sont séparés les uns des autres par trois à
quatre cellules épidermiques ; les seconds, plus petits, sont de
grosseurs diverses et sont formés, les uns, de deux à trois
cellules, les autres de trente à quarante. Contre l’épiderme supé­
rieur, dont les cellules sont environ deux fois plus larges que
hautes, on n'observe aucun cordon scléreux.
A xes principaux de l ’in flo r esc en c e . - Chaque axe principal
de l'inflorescence est de section transversale ovale, de l m/m145 sur
0n7m700 de diamètre. Le tissu de la région centrale est lacuneux
et incolore, tandis que les cellules des trois ou quatre rangées
sous-épidermiques sont bourrées de chloroleuciles. Les faisceaux
libéro-ligneux qui sont situés dans la région centrale sont
orientés normalement, et chacun d’eux est entouré par une gaine
mécanique composée d’une seule assise sur les bords latéraux,
de trois ou quatre en dehors du liber, et de six à sept en dehors
du bois. Sous l'épiderme sont de petits faisceaux fibreux de

177
section ovale, s’appuyant par leur face large contre l’assise
extrême.
Çà et là, aussi bien dans le tissu compact périphérique que
dans le tissu lacuneux central, et surtout au voisinage des
faisceaux libéro-ligneux, on observe des cellules à tanin.
B r a c t é e s des axes pr in cipa u x de l ' in fl o r e sc e n c e . — Cha­
cune de ces petites bractées a la même constitution que la
gaine foliaire que nous avons examinée précédemment. Le
parenchyme est toujours très lacuneux et c’est encore dans les
cloisons transversales que sont situés les faisceaux libéro-ligneux.
Les cordons fibreux adossés à l’épiderme externe ou inférieur
sont à la hauteur des faisceaux libéro-ligneux. Ces derniers sont,
les uns séparés des cordons fibreux par quelques cellules paren­
chymateuses, les autres accolés par leur gaine propre au cordon
sous-jacent. Du côté de la face interne le stéréome n’est pas
représenté.
E n résum é les particularités de l’espèce sont les suivantes :
1° Dans la tige :
a) Le parenchyme est dense à la périphérie et lacuneux dans
la région centrale.
Les lacunes sont larges, et séparées les unes des autres par
plusieurs assises de cellules.
b) Les cordons fibreux périphériques sont bien développés et
de section transversale triangulaire.
c) Le tissu assimilateur forme une couche continue sous
l’assise épidermique.
2° Les feuilles sont réduites à des gaines et présentent les
caractères suivants :
a) Les cordons fibreux sont situés les uns contre l’épiderme
inférieur, les autres dans les cloisons transversales. On n’en
observe pas contre l’épiderme supérieur.
b) Le mésophylle est très lacuneux et les lacunes sont très
grandes.
c) Les faisceaux libéro-ligneux sont tous situés sur une seule
rangée entre les lacunes.
3° Les bractées principales se distinguent des gaines foliaires
pl a n t e s t e x t il e s ex o tiq u es

�178

PASCAL CLAVERIE

par leur moins grande épaisseur, par la grosseur plus considé­
rable des cellules épidermiques de la|face supérieure,et par Indis­
position des faisceaux fibreux répartis contre les deux épidermes.

Cyperus nudicaulis Poir.
Le Cyperus nudicaulis, qui est, d’après les spécimens commu­
niqués par M. Periier de la Balhie, ïahibano, ou un des ahibano, des Malgaches, est une plante de petite taille, qui présente
une souche principale émettant des rejets et de nombreuses
racines brunes qui plongent dans l’eau et dans la boue liquide.
Les tiges sont nombreuses et dressées,malgré leur faible épais­
seur (un millimètre et demi à deux millimètres et demi) et leur
longueur relativement grande (Ü"'50 à 0n'60).
C’est une plante abondante dans l’Ambongo, où elle se plaît
surtout, dans la région de Manongarivo par exemple, dans les
fonds vaseux et dans les marais tourbeux.
MM. Perrot et Gorris décrivent sous le nom de tsipolimanitra,
dont ils ignorent l’origine botanique, une paille qui a tous les
caractères de notre ahibano ; et ils ajoutent que celte paille ne
leur parait guère susceptible d’application à l’industrie des cha­
peaux. Plus loin les mêmes auteurs examinent, au point de vue
anatomique, une autre paille, très différente de la première,
qu’ils nomment alors ahibano. C’est une Cyperacée indéterminée
dont les tiges atteignent 1"‘50 de hauteur.
Sans nous préoccuper de tous ces termes indigènes, d’une pré­
cision très relative, nous décrivons, en tout cas, ici la plante qui
est le Cyperus nudicaulis. Peu nous importe, dans celle étude de
botanique pure, que ce soit ïahibano vraiment exploité dans le
centre ou une autre espèce.
Morphologie interne. — 1° T ige. La tige est sensiblement
cylindrique. Une section transversale, faite vers le milieu de sa
hauteur, nous montre une disposition particulière, bien diffé­
rente de celles que nous avons vues dans les tiges des trois
espèces précédentes.
D’une façon générale, chez les trois Cypéracées que nous venons

179
d’examiner, le tissu lacuneux occupait la région centrale de la
tige et le tissu compact la périphérie.
Dans le Cyperus nudicaulis, au contraire, c’est le tissu compact
qui est au centre et le tissu lacuneux à la périphérie. C’est dans
la région centrale, formée de cellules arrondies, que se trouvent
tous les faisceaux libéro-ligneux, qui sont ordinairement réunis
au nombre de quinze par tige.
Ces faisceaux sont de deux sortes, les uns de section circu­
laire et les autres, plus gros, de section ovale. Les premiers, qui
forment la rangée périphérique, sont constitués chacun par deux
à trois vaisseaux entourés de cellules ligneuses et par un amas
libérien, le tout étant au centre d’une gaine de sclérenehyme
mince en dehors du liber, un peu plus épaisse en dehors du
bois. Les faisceaux les plus gros ont une constitution analogue
mais présentent, en outre, chacun une grande lacune en forme
de canal, provenant de la dissociation des cellules mêlées aux
premiers vaisseaux. La gaine fibreuse dont chaque faisceau
libéro-ligneux est pourvu est souvent interrompue sur les bords.
Entre cette région centrale et l’assise contiguë à l’épiderme
sont treize grandes lacunes de 0m/m400 environ de largeur, sépa­
rées les unes des autres par des cloisons formées de trois à
quatre rangées de cellules allongées radialement. Au point de
jonction de chaque cloison radiale avec l’assise sous-épidermique se trouve un cordon fibreux plus ou moins cylindrique,
composé de quarante à cinquante libres. Ces fibres sont de
section transversale polygonale, de 0m/m006 à 0ra/m012 de
diamètre, et leur lumen est toujours au moins égal aux deux tiers
du diamètre total. Elles sont moins fortement imprégnées de
lignine que les fibres des gaines des faisceaux libéro ligneux ;
elles se colorent en effet, en rose par la pbloroglucine et l’acide
chlorhydrique, en vert jaune par l’iode et l'acide sulfurique, en
jaune paille par le sulfate de thalline ou la naphtylamine.
Les mêmes réactifs ont une action différente sur les fibres des
faisceaux libéro-ligneux. Si nous plaçons une coupe transversale
de tige dans une solution de phloroglucine et que nous la trans­
portions ensuite dans de l’acide sulfurique étendu, nous obser­
vons que l’arc fibreux qui entoure le liber et s’étend latéralement
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�PASCAL CLAVERIE
180
jusqu’au niveau des gros vaisseaux du bois se colore rapidement
en rouge intense. Au contraire, les fibres qui constituent l’amas
extra-ligneux se colorent lentement et faiblement en rose, et
l’intensité s’affaiblit graduellement de l’intérieur à la périphérie.
Les deux arcs fibreux extra-ligneux et extra-libériens diffèrent,
en outre, entre eux par la grosseur des cellules qui les compo­
sent. Les libres qui entourent le liber ont, en effet, en moyenne
0 0 0 9 de diamètre; celles qui constituent l’arc extra-ligneux
n’ont que 0m/m005.
L’épiderme de la tige est formé par une rangée de cellules
aussi hautes que larges (0m/ni 018). De distance en distance, des
stomates, dont les cellules bordantes affleurent la surface, per
mettent la pénétration de l’air dans les lacunes aérifères de la
tige. Une couche de cuticule peu épaisse recouvre les cellules
épidermiques.
G aines fo l ia ir e s . — Les gaines foliaires qui entourent les bases
des liges sont jaune brunâtre à l’état sec et ont en moyenne
0m/m250 d’épaisseur. Le parenchyme est très lacuneux ; il est
réduit à deux ou trois rangées de cellules polyédriques sous
l'épiderme inférieur, à une ou deux seulement sous l'épiderme
supérieur. De place en place, des cloisons tranversales, ordinai­
rement au nombre de vingt-cinq par gaine, réunissent entre eux
les deux mésophylles sous-épidermiques. C’est dans ces cloisons
parenchymateuses transversales que sont logés les faisceaux
libéro-ligneux, qui ne diffèrent pas de ceux de la tige. Ces fais­
ceaux libéro-ligneux sont beaucoup plus voisins de l’épiderme
supérieur, dont ils ne sont séparés que par une, rarement deux
rangées de cellules, que de la face inférieure, d’où six à sept
assises de cellules les séparent.
Contre l’épiderme inférieur, percé çà et là de rares ouvertures
stomatiques, et composé de cellules aussi hautes que larges, sont
de petits cordons fibreux cylindriques, constitués chacun par
quinze à vingt éléments lignifiés et séparés les uns des autres
par cinq à six cellules parenchymateuses.
B ractées pr in c ipa les de l ’in f l o r e s c e n c e . — Les bractées
principales sont très petites; elles ont environ ln,/m05 de largeur

pl a n t e s t e x t il e s ex o tiq u es

181

et O'V 35 d’épaisseur vers la base, et lü à 12 millimètres de lon­
gueur. Ellesont formées, comme les gaines foliaires, par un mésopliylle lacuneux, limité vers la face supérieure par un épiderme
formé de cellules très hautes, et vers la face inférieure par un
épiderme composé de petites cellules dont la continuité est inter­
rompue au niveau des lacunes par des ouvertures stomatiques.
Les faisceaux libéro-ligneux, au nombre de huit par bractée,
sont situés entre les lacunes, dans la région médiane du
mésophylle.
Contre l’épiderme inférieur se trouvent quelques petits cor­
dons scléreux.
Çà et là, on observe des cellules à tanin.
R é su m é . — Nous redirons plus bas les principales différences
très nettes qui séparent ce Cijperus nudicaulis des espèces précé­
dentes; indiquons seulement ici, comme nous l’avons fait pour
chacune de ces espèces, les principaux caractères frappants des
diverses parties de la plante.
1° Dans la tige : a) le parenchyme est dense dans la région
centrale, lacuneux à la périphérie. Les lacunes sont séparées les
unes des autres par trois à quatre assises de cellules polyédriques.
b) Les cordons fibreux périphériques sont irrégulièrement
cylindriques.
c) Les faisceaux libéro-ligneux sont tous réunis dans le tissu
dense central.
2° Dans la feuille, qui est réduite à une gaine:
a) Les cordons fibreux sont situés exclusivement contre l’épi­
derme inférieur.
b) Le mésophylle est très lacuneux.
c) Les faisceaux libéro-ligneux sont disposés sur une seule
rangée entre les lacunes, vers la face supérieure.
3° Dans la bractée :
a) Le mésophylle est lacuneux.
b) Les cordons fibreux sont disposés exclusivement contre
l’épiderme inférieur.
c) Les faisceaux libéro-ligneux sont situés entre les lacunes,
dans la région médiane.
Ann. du Musée col. de Marseille. — 2* série. 7* vol. 1909.

12

�182

PASCAL CLAVEHIE

d) Les cellules de l'épiderme supérieur sont très grandes et
occupent environ le tiers de l’épaisseur totale du limbe de la
bractée.
Cyperus œqucilis Vahl
Le Cyperus æqualis est une plante de 1 mètre environ de
hauteur. Sa tige, iirégulièrement cylindrique, est à surface
ondulée. Ses racines sont grêles et ne s’enfoncent que de cinq à
six centimètres dans le sol. Chaque tige est entourée, à la base,
par une seule gaine foliaire, s’élevant à douze ou quinze centi­
mètres au-dessus du sol.
Les inflorescences sont des ombelles de 12 à 14 centimètres de
largeur. A la base de chacun des axes principaux est une petite
gaine jaune rosée, de trois à quatre millimètres de longueur. Audessous des points d’insertion des axes secondaires sont trois
bractées de deux centimètres de longueur et de quatre à cinq
millimètres de largeur vers la base. Les épillets que portent les
axes floraux ont environ trois à cinq millimètres de longueur
et 1 ,u/mlji de largeur; chacun d’eux est composé de six à huit
fleurs.
M. Perrier de la Bathie nous indique que ce Cyperus æqualis
constitue les 25 o/o de la végétation des tourbières de Manongarivo. Il croit aussi en abondance dans les lieux humides, où
cependant il reste beaucoup plus petit et sa souche plus grêle.
Morphologie interne. — T ige. — La tige du Cyperus æqualis ne
ressemble encore, anatomiquement, ni à celle du Cyperus nudicaulis ni à celles des trois premières espèces.
Dans le C. nudicaulis la position des tissus compact et lacuneux était inverse de celle de ces mêmes tissus dans les trois
espèces antérieures, puisque les lacunes étaient périphériques
au lieu d’appartenir à la zone centrale.
Dans le C. æqualis, le tissus lacuneux va redevenir central et
le parenchyme externe sera dense, mais les lacunes, dues à la
disposition du tissu étoilé, ne vont pas être limitées, comme
dans les C. latifolius et madagascariensis, par une seule assise

183
de cellules. Les cloisons, en effet, sont composées d’au moins
trois à quatre assises de cellules polyédriques.
Après cette importante différence, les autres caractères sont
un peu secondaires mais méritent cependant d’être relevés.
Le tissu périphérique chlorophyllien, sorte de tissu palissadique, est constitué par cinq à six rangées de cellules allongées
radialement. Dans ce tissu et contre l’épiderme se trouvent de
nombreux petits cordons fibreux, cylindriques, de 0m/m036 à
0,n/m050 de diamètre, composés de 18 à 25 éléments et séparés
les uns des autres par trois à six cellules hypodermiques. Les
fibres qui par leur association constituent ces cordons sont fai­
blement lignifiées et de petit diamètre (0 ra/m006 à 0,n/m008).
Les faisceaux libéro-ligneux des cloisons des lacunes sont
tous orientés normalement et de grosseur peu variable. La
section transversale en est généralement ovale. Chacun de ces
faisceaux libéro-ligneux comprend : deux gros vaisseaux placés
latéralement l’un vis-à-vis de l’autre et séparés par un groupe
de petits vaisseaux réticulés et ponctués ; sur la ligne médiane
et au-dessus, un à trois vaisseaux annelés ; un groupe de tubes
criblés, et enfin, extérieurement, un tissu mécanique, disposé
soit en ceinture continue, soit en deux ,amas plus ou moins
considérables, placés chacun à une extrémité de la ligne médiane.
La particularité que nous avons signalée chez les faisceaux
libéro-ligneux de la tige du C. nudicaulis se retrouve ici. Comme
chez l’espèce précédente, en effet, les fibres de l’arc extra-libérien
n’ont pas la même composition chimique ni les mêmes dimen­
sions que les fibres de l’arc extra-ligneux. Elles sont plus forte­
ment lignifiées et plus grosses.
Certaines cellules des cloisons des lacunes et de la région
périphérique dense renferment un contenu tanique.
La coupe transversale que nous venons de décrire [a été faite
vers la partie moyenne de la tige. Examinons maintenant une
seconde coupe transversale passant au niveau de la base de
cette même tige. La disposition générale est naturellement la
même; il y a toutefois un développement plus grand du tissu de
soutien. C’est ainsi que les deux arcs fibreux des faisceaux libé­
ro-ligneux, qui rarement s’unissent l’un à l’autre vers le milieu
l’LANTES TEXTILES EXOTIQUES

�PASCAL CLAVERIE
184
de la hauteur de la tige, constituent fréquemment à la base, en
se rejoignant latéralement l’un à l'autre, une gaine autour des
faisceaux vasculaires. De plus, à ce niveau, ces gaines fibreuses,
complètes ou incomplètes, sont composées d’un nombre d’as­
sises plus considérable.
Dans la région moyenne de la lige, les fibres qui composent
les gaines fasciculaires et les cordons scléreux sous-épidermi­
ques sont jaune clair. A la base, toutes les fibres n’ont pas la
même coloration ; celles qui entourent le liber sont de couleur
orangé, celles qui forment l’assise interne de l’arc extra-ligneux
sont rouge grenat, tandis que les fibres des rangées périphéri­
ques sont à peu près incolores. Quant aux fibres des cordons
scléreux, elles se présentent avec une coloration rosée.

sec, la gaine est jaune brunâtre ;
elle est alors réduite à une mince pellicule de 0,n/m180 environ
d’épaisseur. L’épiderme supérieur est formé de cellules plus
larges que hautes; l’inférieur a des cellules à peu près cubiques.
Le parenchyme est très lacuneux, il est réduit à une ou deux
rangées de cellules sous l’épiderme supérieur et à quatre à cinq
sous l’épiderme inférieur. Des cloisons formées de deux à trois
assises de cellules unissent seulement, de place en place, ces
deux zones sous-épidermiques.
Les faisceaux libéro-ligneux sont disposés sur une seule
rangée, au voisinage de la face supérieure. Çà et là, on observe
quelques cellules à tanin.
Le stéréome de la gaine est formé : 1° par les petits arcs
fibreux extra-ligneux et extra-libériens dont chaque faisceau
vasculaire est pourvu ; 2° par les nombreux cordons fibreux qui
sont situés exclusivement contre l’épiderme inférieur.

185
derme inférieur, au contraire, est composé de petites cellules,
un peu plus larges que hautes, recouvertes aussi par une forte
cuticule. Le mésophylle est très lacuneux; il est formé par trois
à quatre assises de parenchyme chlorophyllien palissadique,
situées sous l’épiderme inférieur, et par deux à trois rangées de
cellules de même forme, disposées sous l’épiderme supérieur.
De place en place sont des cloisons, composées de deux à trois
assises de grandes cellules à contenu incolore. Ces cloisons
s’étendent de l’épiderme supérieur jusqu’à la rangée interne du
parenchyme assimilateur inférieur. Les faisceaux libéro-ligneux
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

G aine f o l ia ir e . — A l’état

B ractées pr in c ipa le s . — Chacune de ces bractées (fig. 21 et
22) a, en moyenne, 0m/m500 d’épaisseur. Dans son ensemble,
elle offre la même anatomie que la gaine foliaire, mais tous les
tissus sont composés d’éléments plus gros. L’épiderme supérieur
est formé d’une assise de grandes cellules, plus hautes que
larges et recouvertes par une épaisse couche cuticulaire. L’épi­

F ig . 21. — Section transversale schématique d'une bractée principale
de Cyperus cequalis.

sont disposés sur une seule rangée,au voisinage du tissu assimi­
lateur inférieur. Chacun de ces faisceaux est pourvu de deux
arcs fibreux, réduits à une ou, rarement, à deux assises d’élé­
ments lignifiés.
La rigidité de la bractée est accrue par l’adjonction de petits
cordons fibreux, composés de trois à huit éléments, et situés
contre l’épiderme inférieur.
On se souvient que la gaine foliaire renferme ces memes
cordons dans la même région.

�PASCAL CLAVEK1E
180
Le tissu chlorophyllien, au sein duquel se trou vent ces cordons
scléreux, renferme çà et là de nombreuses cellules à tanin.
Sur les bords, le mésophylle est compact ; il est uniquement
composé de cellules assimilatrices entourant deux ou trois
faisceaux libéro-ligneux. Dans cette région marginale, on observe,
en plus des cordons scléreux situés contre l’épiderme inférieur,
un gros amas scléreux appliqué contre l'épiderme opposé.
R hizom e .— Dans le rhizome, la limite de l'écorce et du cylindre
central est nettement marquée par une assise endodermique,
formée de cellules ovoïdes à membranes épaissies et ligniliées.

F ig. 22. — Section transversale d’un fragment de bractée principale
de Cyperus æqualis.

L’écorce est relativement étroite.
Le péricycle est formé de huit à dix rangées de cellules sclérifiées. Les faisceaux libéro-ligneux sont très nombreux, du type
amphivasal de Plowmann. Chacun de ces faisceaux est entouré
par une gaine fibreuse, qui est quelquefois d’égale épaisseur sur
tout le pourtour, mais quelquefois aussi plus épaisse (cinq à six
rangées) sur le bord interne.

PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

187

Çà et là, et particulièrement dans le péricycle, on observe des
cellules à tanin.
Racines.— Dans une racine de lm/ml/2 de diamètre, le cylindre
central occupe environ le quart du diamètre total.

L’écorce est nettement différenciée en deux couches; l’une,
externe, est formée de larges cellules polyédriques et l’autre est
composée de cinq assises d’éléments arrondis, disposés en
couches concentriques et en séries radiales. L’endoderme est à
cellules ovoïdes, à parois épaissies et lignifiées. En certains
points, cette rangée se dédouble.
Le cylindre central, ainsi limité, est presque entièrement
lignifié. Les faisceaux libériens y sont très étroits, tandis que les
éléments du bois en occupent toute l’épaisseur.
Toutes les racines que nous avons examinées étaient traver­
sées. suivant leur axe, par un large vaisseau ponctué.
E n résumé, nous relevons chez le Cyperus æqualis les grands
caractères suivants :
1° Dans la tige :
a) Le parenchyme est dense à la périphérie et lacuneux dans
la région centrale. Les lacunes sont séparées les unes des autres
par trois à quatre assises de cellules polyédriques.
b) Les cordons fibreux périphériques sont cylindriques et
relativement étroits.
c) Les faisceaux libéro-ligneux sont, les uns dans le tissu
dense, les autres dans le tissu lacuneux.
2° Dans la feuille, qui est réduite à une gaine:
a) Les cordons fibreux sont situés exclusivement contre l’épi­
derme inférieur.
b) Le mésophylle est très lacuneux.
c) Les faisceaux libéro-ligneux sont disposés sur une seule
rangée, entre les lacunes, vers la face supérieure.
3° Dans les bractées principales;
a) Les coi dons scléreux sont situés contre l’épiderme inférieur.
b) Le mésophylle est lacuneux.
c) Les faisceaux libéro-ligneux sont disposés sur une seule

�___________________

188

PASCAL CLÀVERIE

rangée, entre les lacunes et au voisinage du tissu assimilateur
inférieur.
4° Dans les bractées des axes principaux de l’inflorescence, le
tissu reste lacuneux, et les cordons scléreux sont uniquement
disposés contre l’épiderme inférieur.

Cyperus tuberosus Rottb.
Le Cyperus tuberosus Rottb. est une plante qui croît sur les
bords de certains cours d’eau aurifères (1) de Madagascar. Sa
faible hauteur (80 à 40 centimètres) et son exiguïté l’excluent
évidemment de la catégorie des Cypéracées à vannerie.
Les branches aériennes et dressées qui partent du rhizome
sont irrégulièrement triangulaires, et chacune de ces branches
est renflée à la base en un petit tubercule qui explique le nom
spécifique.
L’inflorescence est une ombelle d’épillets. A la base de chacun
de ces groupes floraux sont trois bractées d’inégales longueurs
(3 à 8 centimètres) et de faible largeur (4 à 6 millimètres). En
outre, chaque axe principal de l’inflorescence est entouré dans sa
région inférieure par une petite bractée fermée. Les épillets ont
en moyenne un centimètre de longueur et un millimètre et demi
Morphologie interne. — T ige . — La section transversale de la
tige, vers le milieu de sa hauteur, est triangulaire. Anatomiquement
l’espèce se rapproche du Cyperus madagascariensis et du Cyperus
æqualis par ce fait que les lacunes seraient plutôt centrales que
périphériques, mais elle se distingue de ces deux espèces par une
réduction beaucoup plus grande de ces lacunes. Il n’y a plus de
ces grandes espaces bien visibles, séparés par une assise (C. mada­
gascariensis) ou plusieurs assises (C. æqualis) de cellules ; c’est,
plus exactement, tout simplement, un tissu lâche et spongieux,

189
c’est-à-dire ressemblant au tissu lacuneux typique de la face
inférieure des feuilles.
L’épiderme, au-dessous duquel est un hypoderme formé de
deux à trois assise de cellules incolores polyédriques et à mem­
branes légèrement épaissies et lignifiées, est composé lui-même
de cellules aussi hautes que larges (0 m/m010), recouvertes par
une couche cuticulaire épaisse. Çà et là sont des stomates.
Contre cette assise extrême sont de petits cordons fibreux, de
de section circulaire ou ovale, de 0 m/m 050 à 0 m/m 085 de
diamètre, composés chacun de trente à cent fibres et séparés les
uns des autres par cinq à six cellules hypodermiques.
Les faisceaux libéro-ligneux sont de deux sortes. Les uns, de
section circulaire, de petit diamètre, sont très voisins des amas
scléreux sous-épidermiques ou même quelquefois sont accolés
avec eux. Les autres, ordinairement de section ovale, beaucoup
plus gros, sont situés plus profondément ; malgré cela,certains de
ces faisceaux libéro-ligneux s’appuient encore contre des cordons
fibreux sous-épidermiques qui s’enfoncent profondément dans
le parenchyme.
Le» petits faisceaux libéro-ligneux de la rangée externe sont
analogues à ceux que nous avons décrits dans les tiges des Cype­
rus latifolius et madagascariensis. Ils sont formés chacun par un
petit amas libérien et deux à trois vaisseaux de faible diamètre.
Autour de ce tissu conducteur est une première rangée de cellu­
les polyédriques, à chlorophylle, entourées elles-mêmes par une
gaine mécanique formée d’une seule assise de fibres. En outre,
en dehors de celte gaine est un second manchon de cellules
allongées, disposées radialement par rapport au faisceau, et
riches en chloroleucites.
Les gros faisceaux libéro-ligneux internes n’offrent aucune par­
ticularité, si ce n’est la présence d’un amas fibreux extra-ligneux
et l’apparition d’une lacune provenant de la dissociation des
petits vaisseaux du bois.
Quant au tissu lacuneux, il est formé principalement, ainsi
que nous l’avons annoncé, de grandes cellules arrondies laissant
entre elles de grands méats.
Ce tissu occupe toute la région centrale de la tige et s’étend
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�PASCAL CLAVERIE
190
jusqu’au niveau des faisceaux libéro-ligneux de la rangée périphérique. Le parenchyme chlorophyllien est réduit aux man­
chons qui entourent les petits faisceaux libéro-ligneux de la
première assise. Ces manchons se touchent latéralement les uns
les autres, de sorte que le tissu assimilateur constitue, sur une
section transversale, une zone circulaire parallèle à l'épiderme et
interrompue de place en place par les cordons scléreux, plus
développés que leurs voisins et contre lesquels sont accolés cer­
tains des gros faisceaux libéro-ligneux de la seconde assise.
Vers la base, la tige devient cylindrique, en même temps
qu'elle s'épaissit graduellement pour former le tubercule auquel
nous arriverons plus loin.
L’anatomie de cette partie caulinaire diffère par plusieurs
points de celle de la partie moyenne.
1° Tout à fait au-dessus du renflement, la distinction qu’il n’a
vait pas été possible de faire vers la partie moyenne de la tige
entre l’écorce et le cylindre central devient aisée par suite du
développement de l’assise endodermique, qui est composée de
cellules ovales, à membranes épaissies et sclérifiées sur les faces
latérales et internes.
A la base d’une tige de 1 ,n/m 1/2 de diamètre, le cylindre
central n'a que 0 m/,n 870 d’épaisseur. La croissance en largeur
porte donc surtout sur le parenchyme cortical. Les cellules de
ce parenchyme comme d’ailleurs celles du cylindre central, sont
remplies de grains d'amidon, les uns petits (0 n,/m005) et arrondis,
les autres plus gros (0 m/m008) à 0 m/m010, et ovoïdes.
Les cellules corticales sont larges, arrondies, à membranes
minces.
2° Les petits faisceaux libéro-ligneux périphériques, entourés
de leur double gaine de cellules à chlorophylle, ne se continuent
pas dans cette partie inférieure de la tige. Les gros faisceaux
libéro-ligneux, qui étaient surtout nombreux au voisinage de
l’épiderme, dans la région moyenne, se sont rapprochés les uns
des autres, tout en gagnant la zone centrale, où ils sont presque
tous réunis en dedans de l’endoderme.
L’écorce est parcourue par quelques rares faisceaux libéro-

191
ligneux, qui ont la même constitution que les gros faisceaux
internes.
Le stéréome de la partie basilaire de la tige est réduit aux arcs
fibreux des faisceaux libéro-ligneux. On n’observe plus, en
effet, à ce niveau de cordons fibreux sous-épidermiques.
De plus, les arcs fibreux des faisceaux libéro-ligneux sont plus
étroits, mais sont formés de fibres plus grosses (0m/m020 à
0m/m024). Les vaisseaux de ees faisceaux ne sont plus situés
d’un même côté du liber mais entourent celui-ci.
3° Sous l’épiderme, on observe une couche composée de trois
ou quatres rangées de cellules polyédriques, à membranes très
épaissies et lignifiées.
Par les caractères précédents, la partie de la tige voisine de la
base diffère donc bien déjà de la portion supérieure, mais une
autre différence importante reste encore à mentionner.
Certaines cellules de l’écorce et du cylindre central sont
remplies par un contenu jaunâtre, qui est une huile essentielle.
Nous pouvions nous attendre d’ailleurs à trouver dans le
Cyperus tuberosus ces cellules sécrétrices, mais nous constatons
par l’anatomie qu’elles se localisent dans la partie inférieure de
la plante ; et en réalité, elles vont être surtout abondantes
dans le tubercule que nous allons examiner maintenant.
T u b e r c u l e . — Pour une tige de 0 m/m700 de diamètre, la région
tubérifiée avait 5 millimètres. Sur ce diamètre total l’écorce
représentait un millimètre et demi environ de chaque côté et le
cylindre central deux millimètres. Si l’on considère que dans
la tige non renflée l’écorce avait pour épaisseur 0ra/m087 et le
cylindre central 0ra/m525, on est amené à considérer le tubercule
comme un petit épaississement du cylindre central et un fort
épaississement de la région corticale.
Rien à signaler au sujet des faisceaux libéro-ligneux, qui ont la
même constitution et la même disposition que dans la base
de la tige.
Certaines cellules du cylindre central et de l’écorce renferment
une huile essentielle. On observe dans l’écorce quelques petits
faisceaux libéro-ligneux. Les cellules corticales sont de même
forme que celles de la base de la tige ordinaire.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�192

PASCAL CLAVERIE

R hizom e . — Dans le rhizome, les cellules sécrétrices redisparaissent. Le cylindre central, composé de faisceaux vascu­
laires analogues à ceux de la base de la tige aérienne, et
réunis entre eux par un parenchyme formé de cellules remplies
de grains d’amidon, a en moyenne 0m/m875 de diamètre.
L’écorce, dans ce même rhizome dont le diamètre était de
1m/™800, avait 0,n/m460 d’épaisseur. Les cellules de l’écorce,
toujours arrondies, sont plus petites que dans le tubercule ; elles
sont à membranes épaissies et laissent entre elles de grands
méats. Toutefois les quatre à cinq rangées périphériques sont
composées decellules polyédriques, à parois épaissies et ligni­
fiées. Çà et là, l’écorce est traversée par de petits faisceaux
libéro-ligneux.
Les faisceaux libéro-ligneux, moins nombreux que dans le
tubercule, sont plus rapprochés les uns des autres et sont dispo­
sés suivant deux rangées à la périphérie du cylindre central.
F eu il le s . — La feuille est longuement engainante ; elle a
environ 20 à 25 centimètres de longueur et 3m/n,5 de largeur. Le
limbe est légèrement replié et a 0 "Y™420 environ d’épaisseur.
L’épiderme inférieur est tonné de petites cellules d e0 m/m012
environ de hauteur, et le supérieur de cellules plus grandes, de
0m/m024 en moyenne.
Contre la face inférieure sont, dans chaque moitié du limbe,
dix à douze cordons scléreux, séparés les uns des autres par une
largeur de 8 à 12 cellules épidermiques. Contre la face supérieure
on n’en observe que cinq à six, mais composés chacun d’un
nombre plus considérable d'éléments. Chaque moitié du limbe
est traversée par six à sept canaux aérifères inégaux, situés audessous des faisceaux libéro-ligneux.
Ces faisceaux sont de deux sortes ; les uns de grand diamètre
sont situés dans les cloisons parenchymateuses qui séparent
entre elles les lacunes ; les autres, plus petits, sont placés audessus des lacunes dans la région compacte supérieure.
Les faisceaux principaux ont la constitution ordinaire des
faisceaux des Cyperus ; chacun d’eux est pourvu d’une gaine
scléreuse formée d’une seule assise de fibres. Les petits faisceaux

193
renferment, à l’intérieur de la gaine fibreuse qui entoure chacun
d’eux, un manchon de cellules à chlorophylle.
Le tissu chlorophyllien du limbe est réduit à ces cellules
internes qui entourent les éléments conducteurs et aux man­
chons, formés de cellules allongées, disposés en dehors de la
gaine fibreuse de chacun des petits faisceaux libéro-ligneux.
Contre l’épiderme inférieur est une seule rangée de cellules
incolores, tandis qu’il y en a trois, formées de cellules beaucoup
plus grandes, contre la face supérieure.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

F ig . 23. — Section transversale schématique d’une bractée principale
de Cyperus tuberosus.

Au niveau du pli médian, les cellules de l’épiderme supérieur
sont très hautes et atteignent jusqu’à 0m/m180 environ. A ce
niveau, l’hypoderme de celte même face est réduit à une seule
assise de cellules; Le faisceau libéro-ligneux médian est situé à
égale distance des deux épidermes.
B r a c t é e s . — Les grandes bractées (fig. 23) ont en moyenne
Qm/m250 d’épaisseur. Leur anatomie est voisine de celle de la
feuille. Les seules particularités à mentionner sont : 1° l’absence
de lacunes aérifères ; 2° la moindre grosseur des faisceaux
libéro-ligneux. Le tissu de la bractée est en effet compact ; il est
formé, sous l’épiderme supérieur, de cellules ovoïdes à contenu

�194

PASCAL CLAVERIE

PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

incolore et, sous l’épiderme inférieur, de cellules assimilatrices,
disposées autour des faisceaux libéro-ligneux. Ces faisceaux for­
ment une rangée à une petite distance de la face inférieure.

Résumé de l'étude des Cypéracées.

A xes principa ux de l ’in fl o r e sc e n c e . — Les axes principaux
sont irrégulièrement cylindriques et ont 0m/m325 de diamètre
moyen. Leur anatomie diffère de celle de la tige par deux carac­
tères principaux : 1° par l’absence de lacunes aérifères ; 2° par
la disposition des faisceaux libéro-ligneux en une seule rangée.
Ces faisceaux libéro-ligneux sont, les uns appliqués contre
les amas scléreux adossés à l'épiderme, les autres situés à
une petite distance de ces cordons.

En résumé, le Cyperus tuberosus nous offre surtout les carac­
tères suivants:
1° Dans la tige :
a) Le parenchyme est dense à la périphérie et lacuneux dans
la région centrale. Les lacunes sont très petites ; ce sont plutôt
des méats intercellulaires.
b) Les cordons fibreux périphériques sont cylindriques et
larges.
c) Les faisceaux libéro ligneux sont, les uns dans le tissu
dense, les autres dans la région centrale. Un certain nombre de
ces faisceaux libéro-ligneux sont accolés aux cordons scléreux
sous-épidermiques.
d) La base de la tige est renflée en un petit tubercule.
2° Dans les feuilles :
a) Les cordons fibreux sont disséminés contre les deux faces
du limbe.
b) Le mésophylle est très lacuneux.
c) Les faisceaux libéro-ligneux sont situés, les uns entre les
lacunes mais au voisinage de la face supérieure, les autres audessus des lacunes.
3° Dans les grandes bractées :
a) Les cordons scléreux sont situés contre les deux épidermes.
b) Le mésophylle est dense.
c) Les faisceaux libéro-ligneux forment une rangée au voisi­
nage de la face inférieure.

195

Les principales différences anatomiques que nous relevons
entre les diverses espèces de Cypéracées que nous venons
d’étudier sont les suivantes :
T ige. — 1° Au point de vue de la morphologie externe : trois
espèces sont à tiges nettement triquètres (C. latifolius, C. madagascariensis, C. tuberosus) ; une espèce (C. æqualis) a une tige
qui n’est plus que très faiblement anguleuse ; les deux autres
espèces (C. altemifolius, C. nudicaulis) sont nettement à tiges
cylindriques.
2° Au point de vue de la morphologie interne, nos espèces se
séparent surtout bien par la position, la grandeur et l’organisa­
tion des espèces aérifères. Le tissu où se trouvent ces lacunes est
périphérique dans le C. nudicaulis et central dans les Cyperus
latifolius, madagascariensis, tuberosus, altemifolius et æqualis.
Dans certaines espèces, les lacunes sont très grandes et méri­
tent le nom d’espaces aérifères, comme dans les Cyperus latifo­
lius et madagascariensis, où elles sont séparées entre elles par
une assise de cellules, et dans les C. æqualis et altemifolius, où
elles sont séparées par deux à trois rangées de cellules ; mais
elles sont plus réduites et ne sont plus que des lacunes aérifères,
au sens où on l’entend pour le tissu lacuneux proprement dit des
feuilles, dans le Cyperus tuberosus.
Nous pouvons résumer ces caractères importants dans le
tableau suivant :
Lacunes périphériques................................................... Cyperus nudicaulis
l séparées entre elles par une j C. latifolius
grandes ) seule assise de cellules... C. madaqascariensis
(yissu aeruere n séparées entre elles par plu- (C. æqualis

I

\ sieurs assises de cellules . (C. altemifolius
petites (tissu lacuneux)..................................C. tuberosus

Après ce caractère essentiel, nous ferons entrer en ligne de
compte ceux que nous fournissent le stéréome.
Le nombre, la grosseur, la disposition des cordons fibreux

�196
PASCAL CLAVERIE
sous-épidermiques sont autant de caractères différentiels de nos
espèces de Cgperus.
Chez le C. madagascariensis, ces cordons scléreux sont cylin­
driques, formés de huit à vingt éléments cl séparés les uns des
autres par quatre à cinq cellules de parenchyme.
Chez le C. æqualis, ils sont ovales et comprennent environ
chacun 18 à 25 fibres ; trois à cinq cellules parenchymateuses
les séparent les uns des autres.
Dans la tige du C. latifolius, ils sont en forme de lames, dispo­
sées parallèlement à l’épiderme. Chacune de ces lames est com­
posée de 20 à 30 éléments, et deux ou trois cellules parenchyma­
teuses les séparent les uns des autres.
Chez le C. nudicaulis,ils sont de section triangulaire, composés
chacun de 40 à 50 fibres, mais éloignés les uns des autres de la
largeur de 18 à 24 cellules.
Dans le C. tuberosus, ils sont cylindriques, formés de 30 à
100 éléments, et séparés les uns des autres par cinq à six cellules
parenchymateuses.
Enfin dans la tige du C. alternifolius ces cordons mécaniques
se présentent, en section transversale, sous la forme de triangles
isocèles dont la base est appuyée contre l’épiderme. Ces cordons
sont composés de 40 à 125 éléments, et chacun d’eux est séparé
du cordon voisin par deux à quatre cellules parenchymateuses.
Un dernier caractère repose sur la disposition du tissu
chlorophyllien.
Ce tissu constitue un double manchon autour de chacun des
faisceaux libéro-ligneux périphériques chez le C. latifolius, le
C. madagascariensis et le C. tuberosus, tandis qu’il est réparti
uniformément sous l’épiderme chez les C. alternifolius, nudicaulis et æqualis.
F e u il l e . — Dans la feuille nous relevons deux caractères
différentiels, qui sont relatifs :
1° A la position des faisceaux libéro-ligneux et des cordons
scléreux; 2° à la disposition du tissu assimilateur.
A. — Faisceaux libéro-ligneux sur un seul rang dans le tissu
lacuneux; cordons scléreux contre les deux faces du limbe;

197
tissu assimilateur autour des faisceaux libéro-ligneux : C.
latifolius,
• B. — Faisceaux libéro-ligneux sur deux rangs, l’un dans le
tissu lacuneux, l’autre dans le tissu compact; cordons scléreux
contre la face inférieure du limbe seulement :
«) Tissu assimilateur autour des fais- ( C. madagascariensis
ceaux libéro-ligneux
I C. tuberosus
. .. , dispose
,. . en une i\ C. alternifolius
b) r„.1issu .assimilateur
.. ..
. . . .
nudicauhs
couche sous-epidermique
/&lt;\ _C.
C. æqualis
B ractées principales . — Les caractères que nous relevons
dans ces bractées sont de même ordre que ceux que nous
venons d’indiquer pour les feuilles.
Dans ces bractées, comme dans la feuille, nous avons un tissu
lacuneux médian compris entre deux zones compactes. Mais
dans les bractées des Cgperus latifolius, madagascariensis et tube­
rosus, les faisceaux libéro-ligneux sont de deux ordres; les uns,
les plus gros, sont situés entre les lacunes, les autres dans la
zone compacte sous-jacente à l’épiderme supérieur. Dans les
Cgperus alternifolius et nudicaulis, au contraire, les faisceaux
libéro-ligneux sont tous dans la région médiane lacuneuse. Il en
est de même dans les bradées du C. æqualis, où toutefois les
faisceaux se rapprochent de la face inférieure. Ces caractères
peuvent se résumer dans le tableau suivant :
A. — Faisceaux libéro-ligneux dans la zone lacuneuse et dans
la zone compacte de la face supérieure : C. latifolius, C. mada­
gascariensis, C. tuberosus.
B. — Faisceaux libéro-ligneux dans la zone lacuneuse.
a) Dans la région médiane de cette zone: C. alternifolius, C.
nudicaulis.
b) Dans la partie de cette zone avoisinant le tissu compact de
la face inférieure: C. æqualis.
Quant aux cordons scléreux, on remarque qu’ils sont disposés
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

.4/j/j . du Musée col. de Marseille. — 2* série. 7' vol. 1909.

13

�200

PASCAL CLAVERIE

l’aide de vrilles raméales, à tige renflée à la base en un tuber­
cule, et portant de petites fleurs unisexuées, à l’intérieur de
chacune desquelles est une couronne ordinairement peu déve­
loppée, quelquefois nulle. L’espèce, d’après M. Perrier de la
Batliie, serait dioïque. Dans la fleur femelle, l’ovaire est sessile
ou très faiblement slipité. Les feuilles sont polymorphes; et
au point de jonction du limbe et du pétiole est une seule
glande.
Au point de vue de l’anatomie, nous avons constaté que, dans
la tige, qui offre la constitution générale des liges dePassiflorées,
l’écorce, qui est mince, et la moelle renferment des mâcles.
La vrille présente à peu près la même structure que la tige ;
elle n'en dilfère que par la réduction du nombre et de la grosseur
des vaisseaux et la sclérification de la moelle.
Le pétiole est presque cylindrique et possède des cellules
à tanin et quelques mâcles ; il est dépourvu d’éléments
fibreux.
Le limbe est formé par un mésophylle hétérogène, renfer­
mant des cellules à tanin réparties dans la région lacuneuse.
A oenia. — Les quatre espèces d’Adenia que nous avons étu­
diées se distinguent entre elles par plusieurs caractères externes
et internes.
1° La forme des feuilles et la présence ou l’absence de poils sur
le limbe offrent déjà deux premiers caractères, qui peuvent être
indiqués dans le tableau suivant :

Feuilles peu polymorphes, limbe entier, non
velu.........................................
Adenia olaboensis.
Feuilles i bmbe toujours lobé,non velu. Adenia Perrieri.
polymorphes i bmbe entier ou trilobé, velu.. Adenia spherocarpa.
( limbe entier et velu. Adenia
ambongensis.

2° Au point de vue de la morphologie interne, on peut tenir
compte de la présence ou de l’absence de tanin, de cristaux isolés
de carbonate de chaux, de mâcles et de leur situation dans la
tige et dans le limbe.

201
Cristaux, mâcles et tanin dans rérotce, 1«péricnl# et la moMIe Adenia olaboensis
mâcles
»
»
# Adenia spherocarpa
Tige mâcles etet tanin
tanin
»
»
, » Adenia olaboensis
mâcles
»
»
» Adenia Perrieri
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

sans poils
Feuilles \

vpImp*

; Cellules à tanin réparties dans le tissu palissadique................................ Adenia olaboensis.
( Pas de cellules à tanin....... Adenia Perrieri.
Cellules à tanin autour des faisceaux libéro&gt; ligneux........................... Adenia spherocarpa.
i Cellules à tanin dans le tissu lacuneux
Adenia ambongensis.

— Les deux espèces nouvelles que nous avons
étudiées se distinguent l’une de l’autre par plusieurs caractères :
1° Le Paropsia Perrieri est un arbre de 10 à 15 mètres de
hauteur, portant des feuilles entières, ovales, velues, de 8 centi­
mètres environ de longueur, et des fleurs réunies en grappes. Le
calice de ces fleurs dépasse la corolle.
2°Le Paropsia integrifolia est un arbuste de 1 à 2 mètres, por­
tant de petites feuilles lancéolées, de 2 à 3 centimètres de lon­
gueur, velues, et des fleurs solilaires, chez lesquelles le calice est
plus court que la corolle.
La structure générale de la tige et du limbe est la même dans
nos deux espèces, mais la disposition des cristaux, des mâcles et
des cellules à tanin est particulière à chacune des deux espèces.
P a r o p s ia .

Cristaux simples
dans
r&gt; . Perrieri.
„ . .
lamidon
j etdans
, mâcles
i moelle.
i, 1l Paropsia
,
1
ecorce,et
la
Tige
° &lt;' Mâcles
et,, cristaux et ) Paropsia
r&gt; . mteqnfolia.
.,
„ , dans
, l’ecorce,
,la moelle.................
mâcles
dans
)
* ‘
Cellules à tanin dans le tissu palissadique, mâcles dans le
Limbe / t»ssu lacuneux............................. .. Paropsia Perrieri.
i Pas de tanin ; mâcles au voisinage des faisceaux libérof ligneux.............................................. Paropsia integrifolia.

D eid a m ia . — La seule espèce que nous ayons étudiée au point
de vue anatomique est le Deidamia Thompsoniana.
C’est une liane à feuilles composées pennées, et à fleurs herma­
phrodites, pourvues chacune d’une couronne formée d’un
double disque.

�202

PASCAL CLAVERIE

Tout en offrant la structure générale des Passiflorées, le
Deidamia Thompsoniana se distingue de nos autres plantes
appartenant aux genres Ophiocaulon Adenia et Paropsia par
plusieurs caractères :
1° Dans la tige, on n’observe ni cristaux, ni màcles, ni tanin ;
2° La vrille est dépourvue d’amas fibreux péricycliques ;
3° Le limbe ne renferme pas de tanin; on y observe seulement
quelques màcles, réparties dans les deux tissus lacuneux et
palissadique.
Musacées. — La nouvelle espèce de Musacée que nous avons
signalée et décrite provient de Madagascar où elle est connue
sous le nom de tsirohoroka. C’est une espèce sans rejets, réduite
au tronc et aux gaines pendant la saison sèche,' et présentant, à
la base de la tige, un renflement plus ou moins développé.
La disposition des fleurs, la présence du renflement basilaire,
l’absence de rejets sont des caractères propres à la section des
Physocaulis, de Baker.
Notre espèce se sépare des autres connues de la façon
suivante :
1° Du Musa Ensete J.-F. Gmel., par le nombre de ses étamines
(cinq) et par la hauteur de sa tige ;
2° Du Musa ventricosa Welw. et du Musa Schweinfurthii K.
Schum., par la forme de son tépale qui est trilobé et non entier ;
3° Du Musa Buchananii Bak. et du Musa superba Roxb. par la
présence d’un nombre plus considérable de fleurs sous chaque
bractée florale (18 à 20 au lieu de 10 à 15), par la position pen­
dante de ses inflorescences, par ses bractées ovales ;
4° Du Musa proboscidea par le nombre plus faible de ses fleurs,
par sa tige renflée à la base, par la forme de ses bractées flori­
fères, ovales mais allongées, et par ses inflorescences beaucoup
plus ramassées.
Au point de vue anatomique, notre espèce n’offre rien de
spécial par rapport aux autres espèces du genre.
La gaine foliaire, les nervures du limbe et des bractées sont
toujours composées de deux couches parenchymateuses sousépidermiques d’inégale épaisseur, réunies entre elles par une

203
série de cloisons transversales qui limitent de grands espaces
aérifères.
Les faisceaux libéro-ligneux, entourés chacun d’un ou de
deux arcs fibreux, sont situés : dans la couche inférieure et dans
les cloisons transversales de la gaine; dans ces deux mêmes
régions et, en outre, dans la zone supérieure de la nervure prin­
cipale de la feuille et de la bractée.
Les cordons scléreux sont toujours uniquement dans la couche
inférieure.
Çà et là, on observe des cellules sécrétrices réunies en files.
Le limbe est formé par un parenchyme hétérogène ; les
faisceaux libéro-ligneux sont pourvus soit de deux arcs scléreux,
soit d’un seul arc, adossé au bord libérien.
Le péricarpe du fruit présente deux régions, l’une externe
compacte, l’autre interne lacuneuse, contenant toutes deux des
faisceaux libéro-ligneux.
Palmiers. — Les Palmiers, assez mal connus jusqu’ici, que
nous avons étudiés aux points de vue de la morphologie externe
et surtout de l’anatomie, sont:
1° L'Hyphæne coriacea ;
2° Le Medemia nobilis;
3° Le Borassus flabellifer ;
4° Un Raphia malgache du Haut-Bemarivo, probablement le
Raphia Ruffia.
A la suite de l’étude de ces quatre végétaux, nous avons
recherché l’origine botanique du kitool, en examinant, d’une
part, les feuilles de YArenga saccharifera et du Caryota urens et,
d’autre part, des filaments de kitool brut.
Les trois Borassées (Hyphæne coriacea, Medemia nobilis, Borassus
flabellifer) ont, au point de vue de la morphologie des feuilles,
trois caractères principaux communs :
1° La présence de points rougeâtres (groupes de poils) sur le
limbe ;
2° L’inégale épaisseur des deux bords des segments;
3° La présence, contre l’un des bords, au niveau de chaque
déchirure, d’un filament intersegmentaire.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�PASCAL CLAVERIE
204
Si nous examinons Ja morphologie interne des nervures
d’union et des nervures de segmentation des feuilles de ces trois
palmiers, nous remarquons que si les premières de ces nervures
sont semblables et formées par un parenchyme dense, traversé
par des faisceaux libéro-ligneux plus ou moins superposés et
par des cordons scléreux périphériques, il n’en est pas de même
des nervures de segmentation. Dans la nervure de segmenta­
tion de YHgphæne coriacca, les faisceaux libéro-ligneux sont
disposés sur un arc périphérique et sont de plus en plus petits
d’un bord vers l’autre.
Dans la nervure correspondante du Medemia nobilis, les
faisceaux libéro-ligneux occupent les mêmes positions, mais
c’est le gros faisceau qui est situé dans la région médiane.
Chez le Borassus flabelifer, la nervure de sergmentation renferme
quatre gros faisceaux libéro-ligneux situés dans la région centrale
et superposés, le plus gros étant le faisceau inférieur.
Comme conséquences de ces diverses dispositions, nous obser­
vons après la déchirure :
1° Dans YHgphæne coriacea :
Deux petits faisceaux bordants; un faisceau moyen isolé; un
gros faisceau bordant ;
2° Dans le Medemia nobilis :
Deux ou trois petits faisceaux bordants; un gros faisceau
isolé; deux ou trois petits faisceaux bordants;
3° Dans le Borassus flabellifer :
Deux petits faisceaux bordants ; un faisceau moyen isolé; un
faisceau moyen bordant.
L’épaississement de l’un des bords du segment ne résulte pas
toujours des mêmes causes.
Dans VH. coriacea, cet épaississement est dû à la présence, dans
l’un des bords, d’un gros faisceau et d’une grande partie du tissu
incolore que l’on observe toujours sur la face concave des
nervures des palmiers.
Dans le M. nobilis, cet épaississement résulte uniquement de la
présence, dans l’un des bords, de la majeure partie du tissu
incolore inférieur.

205
Chez le B. flabellifer, cette différence d’épaisseur entre les deux
bords des segments est due à la présence, dans l’un des bords,
d’un faisceau libéro-ligneux moyen tout à fait marginal.
Le Chamærops humilis dont, incidemment, nous avons étudié
rapidement l’anatomie des feuilles, ne présente pas cette particu­
larité. On n’observe pas de filaments intersegmenlaires et les
deux bords de chaque segment sont également épaissis. Il en est
de même de la feuille du Raphia du Haut-Bemarivo.
La disposition des faisceaux libéro-ligneux dans le limbe est
un bon caractère différentiel.
[mésophylle homogène.......................... Chamærops humilis.
1* Tous les faisceaux libéro-ligneux réunis aux
deux hypodermes par leurs arcs fibreux
Hyphæne coriacea ;
2° Faisceaux libéro-ligneux accolés les uns à
Limbe
deux arcs scléreux s’étendant jusqu’aux deux
hypodermes, les autres à un seul arc fibreux
1mésophylle ! supérieur........................ Medemia nobilis ;
1hétérogène Faisceaux pourvus, les uns de deux arcs
fibreux, les autres d’un seul arc du côté du
bois. Tous ces faisceaux ne sont réunis qu’à
l’hypoderme supérieur. Borassus flabellifer ;
4° Tous les faisceaux sont entourés par deux arcs
fibreux ou par une gaine scléreuse, mais
aucun d’eux n’est réuni par ces éléments
mécaniques aux hypodermes......... Raphia.
K it o o l . — D’après nos recherches, nous concluons que le
vrai kitool est extrait des gaines foliaires du Caryota urens. La
forme polyédrique des fibres et la largeur relativement grande
de leur lumen nous indiquent bien que les filaments de kitool
sont les faisceaux libéro-ligneux périphériques et les cordons
scléreux de la gaine foliaire du Caryota urens, et non de YArenga
saccharifera comme le pensait Sadebeck.
Aroïdées. —Nous avons étudié, dans cette famille, le l'yphonodorum madagascariense Engl. ; nous avons donné les princi­
paux caractères anatomiques des gaines, des pétioles, des
limbes, des spathes, des spadices et des fruits. Nous avons décrit
les principaux caractères de la filasse des gaines foliaires.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

�PASCAL CLAVERIE
206
Cypéracées. — Nous avons étudié six espèces de Cyperus,
toutes de Madagascar :
1° Le Cyperus latifolius ;
2° Le C. madagascariensis ;
3° Le C. alternifolius ;
4° Le C. nudicaulis :
5° Le C. tuberosus ;
6° Le C. æqualis.
Ces six espèces se distinguent facilement les unes des autres,
aussi bien par leur morphologie externe que par leur structure
interne.

1° Mo r ph o lo g ie e x t e r n e . — La tige est :

deux sortes de tiges,stérile et fertile C. latifolius.
feuilles réduites à des gaines....... C. madagascariensis.
feuilles complètes........................ C. tuberosus.
trèsfaiblement anguleuse................................... C æqualis.
,. ,. | inflorescences grandes.................. C. alternifolius.
1 I inflorescences trèspetites.............. C. nudicaulis.

I

2° M o r ph o lo g ie in t e r n e . — La lige offre les caractères ana­
tomiques suivants :
Lacunes périphériques

Grandes
(tissu aérifère)

(

Cyperus nudicaulis

Cordons scléreux en forme de lames,
séparées entre elles formés de 20 à 30 éléments
C. latifolius
par une seule as­ Cordons scléreux cylindriques
for­
sise de cellules__ més de 8 à 20 éléments
C. madagascariensis

Cordons scléreux cylindriques, for­
séparées entre elles més de 18 à 25 élémentsC. æqualis
par plusieurs assi­
scléreux triangulaires, for­
ses de cellules__ Cordons
més de 40 à 125 éléments

Petites (tissu lacuneux)

C. alternifolius
C. tuberosus

207
Voici maintenant les deux tableaux qu’on peut dresser, d’après
les caractères des feuilles et ceux des bractées.
PLANTES TEXTILES EXOTIQUES

A. — Faisceaux libéro-ligncux sur un seul rang dans le tissu
lacuneux; cordons scléreux contre les deux épidermes; tissu
assimilateur autour des faisceaux.. Cyperus latifolius
B. — Faisceaux libéro-ligncux sur deux rangs, les uns
dans le tissu lacuneux, les autres dans le tissu compact ;
Feuille. cordons scléreux sur la face inférieure.
a) Tissu assimilateur autour des fais- l C. madagascariensis
e.eaux hbéro-ligneux....................... | C. tuberosus
C. alternifolius
b) Tissu assimilateur disposé en une C.
nudicaulis
couche sous-épidermique.
C. æqualis
A. — Faisceaux libéro-ligneux dans la zone lacuneuse.
; a) Dans la région médiane de cette ( C. alternifolius
zone...................................................( C. nudicaulis

I

b) Dans la partie de cette zone avois-

nant le tissu compact de la face infé­
rieure................................................ C. æqualis
Ces tableaux
résumentlibéro
sousligneux
la forme
nette les diffé­
B. — Faisceaux
dans la iplus
C. latifolius
zone lacuneuse
et dansqu’offrent
la zonenos
I C. six
madagascariensis
rences anatomiques
très grandes
Cyperus.
compacte de la face supérieure.... ( C. tuberosus

�SUIR, L’ACTION TOXIQUE
DE LA

SA P O N IN E DES G R A IN E S
DU

2 AP INB US SENEGALENSIS Jussieu
( S a v o n n i e r du Sénégal, Cerisier du Cayor)
P ar M. le D' J. CHEVALIER
Avec une introduction du Profr Dr E. H eckel, sur l'Histoire naturelle
et sur les emplois de ce végétal

INTRODUCTION

Le travail qui va suivre a trait à un arbre du Sénégal (JSapindus
Senegalensis Jussieu) qui a pris depuis un an ou deux un regret­
table intérêt d’actualité à cause des entraves qu’il parait apporter
au développement de l’élevage dans celle colonie. De nombreux et
inquiétants cas d’empoisonnement relevés, en effet, dans les
troupeaux de moutons qu’alimentent son sol, furent tous attri­
bués à l’ingestion par ces animaux des fruits de cette plante,
fruits dont la toxicité était connue depuis longtemps, mais
n’avait point été mesurée physiologiquement et n’avait fait l’objet
d’aucune recherche scientifique. Ces produits étant devenus un
véritable danger pour l’avenir de l’élevage, à raison de l’exten­
sion sans cesse croissante de ce végétal qui se propage aisément
par ses nombreuses graines, il y avait lieu pour l’administration
de s’occuper de cette situation. Elle me fut signalée il y a deux
ans par une lettre de M. le Lieutenant Gouverneur du Sénégal
accompagnant un envoi de ces fruits, et me demandant de
vouloir bien faire entreprendre un travail de recherches chi­
miques et physiologiques capables de fixer l’administration,
et surtout MM. les vétérinaires du Gouvernement, sur le bien
fondé de leurs appréciations résultant de l’autopsie des ani-

�210

DOCTEUR J. CHEVALIER

maux empoisonnés et partant sur l’urgence à se débarrasser de
ce fléau agricole.
Sans hésiter, je demandai à M. le D1'Chevalier, dont les tra­
vaux sur les saponines m’étaient bien connus (comme tous ceux
qu’il a publiés sur la pharmacodynamie), de vouloir bien se
charger de celle étude et il l’a acceptée, ce dont je dois le remer­
cier au nom de toutes les colonies en général. Ce travail, je n’ai
pas besoin de le dire, porte la trace de la haute expérience et de
la profonde érudition de son savant auteur. Il est de nature à
donner satisfaction à tous ceux que ces questions intéressent et
il permettra, par la lumière qu’il projette sur les inconnues qui
l’obscurcissaient, de rendre fructueuses les mesures administra­
tives qui pourraient être prises en vue d’enrayer les causes de
ces empoisonnements.
Mais avant de laisser la parole à M. le D* J. Chevalier, il me
parait indispensable d’éclairer le lecteur sur l’histoire naturelle
de ce végétal, menace permanente pour les éleveurs à l’heure
actuelle, et sur ce qu’on soupçonnait de sa toxicité avant le
travail de M. Chevalier.
Ce végétal fut observé à la fin du xviii 0 siècle au Sénégal par
Adanson et Geoffroy, et fut décrit par de Jussieu sur des échan­
tillons d’Adanson (1) et sous le nom scientifique de Sapindus
Senegalensis, ou en français Savonnier du Sénégal, de la façon
suivante (2) :
« Ses rameaux sont droits, effilés, cylindriques, garnis dans
« leur jeunesse d’un léger duvet d’un roux foncé, un peu ferru« gineux, qui disparaît avec 1âge. Les feuilles sont alternes,
« amples, rapprochées, ailées, sans impaire, composées de quatre
« à huit folioles, glabres à leurs deux faces ; les unes larges,
« ovales, obtuses ; d’autres plus étroites, lancéolées, rétrécies à
« leur base, un peu acuminées à leur sommet, d’un vert tendre
« ou un peu glauque à leur face supérieure, plus pâles en des« sous, très entières sur leurs bords, marquées de nervures sail­
li) Histoire des piaules d’Adanson (nom indigène : Kewer).
(2) Ce végétal est cité clans l’Encyclopédie botanique de Lamarck continuée
par l'abbé Poiret t. vi, p. 666, 1804; dans le prodrome de De Candolle I, p. 608,
et figuré dans Delessert Icônes selectœ, vol. 3.

211
« lantes des deux côtés, un peu rameuses et confluentes à leur
« sommet, et dont l’intervalle est rempli par un réseau saillant.
« Le pétiole commun est glabre ou un peu pubescent, aplati en
« dessous et fortement strié. Le fruit est ovale, un peu globu« leux, de la grosseur d’une fraise. Je ne connais pas les fleurs. »
Voici d’autre part en ce qui touche la fleur, les fruits et la
manière d’être du végétal, la description dans leur Floræ
senegambix Tentamen qu’en donnent Guillemin, Perrotet et Ri­
chard (1833); «Il croît fréquemment sur les rives sablonneuses du
« fleuve Sénégal et partout en Sénégambie jusqu’en Casamance et
« fleurit de septembre à décembre; c’est le Kéuret Kellrdes noirs.
« Cet arbre n’a pas le port du Sapindus saponaria et des autres
« espèces anciennement connues ; il ressemble beaucoup plus à
« l’Euphoria Longana fort répandu dans les îles de l’Archipel
« indien et dont les fruits sont très appréciés des Chinois qui le
« nomment Litchi. Le Sapindus Senegalensis a des fleurs très
« nombreuses pourvues de très petites bractées, blanches,
« groupées en glomérules et disposées en une panicule ample et
« rameuse— Calice cinq sépales, inégal, pubérule, sépales dis« posés en préfloraison imbriquée, concaves, à cils blancs sur
« les bords, les extérieurs plus petits. — Pétales 5, blancs iné« gaux à sépales intérieurs plus courts que les inférieurs ou à
« peine égaux, à préfloraison imbriquée sur les bords à la base ;
« insérés sous le disque, ovales, subconcaves, ciliés, brièvement
« unguiculès, pourvus à la base et à la face interne d’un
« appendice très court et barbu. — Disque hypogine, régulier,
« épais à cinq lobes ou irrégulièrement ondulé.— Etamines huit
« ou sept par avortement, plus longues que les sépales, insérées
« autour de l’ovaire et sur le disque; filets villeux à la base,
« subulés au sommet, rougeâtres; anthères dorsifixes, oblongues,
« très épaisses, tétragones, terminées au sommet par un
« appendice arrondi à connectif dorsal peu développé, rougeâtre,
« émarginées à la base, biloculaires, à déhiscence linéaire
« longitudinale et latérale. — Ovaire 2, très rarement à 3 car« pelles divergents, ovoïdes, glabres, uniovulés. Style 1 dressé,
« subanguleux, inséré entre les lobes de l’ovaire, à stigmate à 2
« ou 3 lobes. Fruit drupacé, charnu, comestible, de la grosseur
SAPINDUS SENEGALENSIS

�212

DOCTEUR J. CHEVALIER

o d'une cerise, pourpre foncé, simple par avortement, quelque« fois accompagné d’un carpelle plus ou moins développé;
« noyau crustacé. — Graine sur l'axe latéralement, à double
« enveloppe spermodermique, cotylédons très épais, radicule
« infère.
« Le 5. Senegalensis a comme le Litchi des panicules chargées
« de fruits gros comme des cerises de Montmorency et d’un rouge
« très vif. Leur pulpe n’est pas fort épaisse, elle a un goût légère« ment âpre avant la maturité, mais, en mûrissant, elle acquiert
« une saveur douce, vineuse fort agréable, même pour les Euro« péens qui nomment ce fruit Cerise du Sénégal. C’est assu« rément le meilleur fruit de la contrée. La graine est très
« amère et passe pour vénéneuse dans l'opinion des nègres,
« quelques cultivateurs ayant cru voir une certaine ressemblance
« entre le feuillage du S. Senegalensis et celui du Laurier
« d’Apollon (Laurus nobilis) l’ont envoyé en France sous le nom
« de iMurier du Sénégal.
Ce végétal se retrouve en Afrique tropicale ailleurs qu’au
Sénégal : on le trouve indiqué dans Flora of trop. Africa d’Oliver
(I. p. 430) dans les stations suivantes :
En Sénégambie (Perrotet, Heudelot, Brunner); région du Nil,
Abyssinie (Ruppel).
Dans le Catalog. of Wehuistsch plants (I. p. 108) il est indiqué
sous les synonymes de Aphania SenegalensisRadlk.; Oronitrophe
thyrsoides Schmn. et Tliônn.; Schmidelia tlujrsoides Baker, à :
1° Lilongo, fleurs jaunâtres, abondant dans les endroits boisés
près de la rivière Lifune; fleurit en fin septembre (1858).
2° Incolo et Bongo ; fleurs jaunâtres, rivière Zenga près
Catumba ; fleurit en septembre.
3° Zenzo du Bolungo ; sur les bords des torrents dans les
dépressions boisées entre Tanderachèque et Quicanda, à Quindjongo; fleurit en septembre.
Pour ce qui touche aux propriétés de cet arbre, voici ce qu’on
relève dans divers auteurs :
De Lanessan (Plantes utiles des col. françaises 1880 p. 345 et
847) « son bois peut être employé en ébénisterie car son grain

213
est très fin et serré ». Sur le même sujet (emploi du bois), voici
les indications de Grisard(Les bois industriels, 1897) qui indique
les noms indigènes au Sénégal de Kewer (Kells, et en Casamance
Hévèr d’après P. Sebire) : « Arbre d’une hauteur moyenne sur un
« diamètre de 35 centimètres mais atteignant parfois les dimen« sions d’un arbre de première grandeur. Celle espèce se ren­
ie contre dans toutes les forêts du Sénégal, de la Casamance et
« du pays de Sérères : elle est surtout commune dans le Oualo,
« le Dimar, ainsi que sur le versant des collines à Dagana,
« Richard Toll. —Son bois d’un gris brunâtre parsemé de belles
« veines presque noires, offre beaucoup de ressemblances avec
« le noyer, tant sous le rapport de la beauté que des qualités. —
« Assez léger, assez flexible, tendre sans être mou, d’un grain
« fin et serré, ce bois est facile à travailler et se conserve bien
« lorsqu’il n’est pas exposé aux intempéries. 11 convient très
« bien aux ouvrages de tour, d’ébénisterie et de menuiserie inté« rieure, mais quoique son exploitation soit facile dans notre
« colonie, ce bois est encore peu employé jusqu’ici. Les indi« gènes en font surtout des rames et des avirons. »
Le R. P. Sebire (Les plantes utiles du Sénégal, 1899) sous les
noms indigènes de Hever (en Volofl), Kobus (en Noue), Mbutj ou
Mhatj (en Sérèse), Boxlao (en Diola), Sarenja (en créole portu­
gais), Sis (en Falor), et sous celui de Cerise du Cayor par les
Français, dit : « il croît un peu partout. Le fruit a une saveur
« douce, vineuse, assez agréable, mais la graine el les fe u il l e s
« tuent les moutons et Fs chevaux (pii les mangent.Le bois est
« d’un beau jaune qui brunit au vernissage. Leshommes (pii
« mangent beaucouj) de noyaux sont comme enivrés et peuvent en
« mourir. Le lait serait le contre-poison.
« On donne l’infusion des feuilles avec du beurre à ceux qui
« sont tombés des arbres, pour faire circuler le sang. Les
« négresses font avec la racine de cet arbre des pinceaux pour se
« brosser les dents. »
Ch. Naudin (Manuel de l'acclimateur, 1887) s’exprime ainsi:
« La pulpe du Sapindus Rarak 1). C. grand arbre de Java, y
« passe pour vénéneuse, aucun animal n’y touche, l’écorce jouit
a des mêmes propriétés. Outre Sapindus Senegalensis, deux
SA1*INDUS SENEGALENSIS

Ann. du Musée col. de Marseille. — 2e série. 1« vol. 1909.

14

�DOCTEUR J. CHEVALIER
214
« autres espèces sont réputées à fruits comestibles, ce sont
« S. fniticosusde l’Inde et surtout S. esculenlns du Brésil. »
Comme on le voit, l’arbre étant par ses graines (et peut-être par
ses feuilles, c’est à vérifier) manifestement nocif, ainsi que va le
démontrer le travail de M. le Dr Chevalier, on pourrait, à raison
des qualités bien reconnues de son bois, en poursuivre l’exploi-

SAPINDUS SENEGALENSIS

215

arrêter la propagation de cette essence, faire arracher les jeunes
pieds qui, après la chute des fruits, poussent en abondance
autour de ces arbres. Pour pouvoir reconnaître ces jeunes pieds
et les distinguer des plantes ambiantes, je donne ici la photo­
graphie de deux de ces plantules obtenues par la germination de
graines fraîches au jardin botanique de Marseille (dans les serres
chaudes). Comme on le verra, les premières leuilles simples,
chartacées et très vertes, sont dimorphes (1); tantôt ovales
acuminées (figure de gauche), tantôt cordiformes et échancrées
au sommet (ligure de droite). Il sera facile avec ces dessins de
les reconnaître et partant d’en débarrasser les régions fréquen­
tées par les moutons et livrées à l’élevage. Il n’y a pas, semblet-il, d’autre remède au mal que M. le Dr Chevalier a mis en
évidence dans le mémoire qui va suivre.
Dr E. H e c k el .

(1) Cest, du reste, ce qu’indique Jussieu dans sa description de la plante
adulte (page 210); les mêmes phénomènes de démorphisme foliaire se mani­
festent dès l’apparition des premières feuilles de la jeune plante, mais pas
toujours.

�216

DOCTEUR J. CHEVALIER

PRÉPARATION. PROPRIÉTÉS

Les graines de Sapindus Senegalensis sont grossièrement
broyées et épuisées par l’éther sulfurique pour leur enlever la
matière grasse quelles contiennent. Elles sont ensuite soigneu­
sement pulvérisées et épuisées par de l’alcool chaud à 90" en
présence d’une petite quantité de carbonate de chaux. L’alcool
est en partie distillé dans le vide; par refroidissement une partie
de la Saponine précipite ; la liqueur est additionnée de trois à
quatre fois son volume d’éther et fournit encore un abondant
précipité de saponine. Ces diverses portions réunies sont redis­
soutes dans l’alcool et reprécipilées par un grand excès d'éther
anhydre.
On obtient ainsi une poudre blanche, légèrement jaunâtre,
soluble dans l’eau, l’alcool, l’alcool mélhylique, l’éther acétique
insoluble dans l’éther, l’éther de pétrole, le chloroforme.
Elle précipite de ses solutions aqueuses par le sous-acétate de
plomb, par l’eau de baryte et la magnésie. Elle donne avec
l’acide sulfurique une coloration rouge foncé qui passe bientôt
au violet puis au brun; avec l’acide sulfosélénieux, elle donne
une coloration rouge cerise.
Elle est dédoublée à chaud en présence d’acide chlorhydrique
à 10 o/o en donnant un sucre et une sapogénine insoluble dans
l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther.
Le sucre donne avec Je phénylhydrazine une ozazone qui fond
à 160° et qui paraît être identique à celle du galactose.
Elle fournit une combinaison acélylée par l’emploi de
l’anhydride acétique et de l’acétate de soude, sous forme d’une
poudre blanche insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et
l’éther.
Elle renferme 1,8 o/o de cendres contenant une forte propor­
tion d’acide phosphorique.
Les graines de Sapindus Senegalensis renferment environ
10 o/oo de saponine.
Celle saponine est très altérable et perd facilement une partie
de ses propriétés toxiques lorsqu’elle est extraite à une tempéra­

SAPINDUS SENEGALENSIS

217

ture trop élevée. Comme l’avaient déjà signalé R o b e r t et A tlass
pour d’autres saponines, elle devient à peu près inactive lors­
qu’on l’a extraite soit de sa combinaison barytique, soit de sa
combinaison plombique. 11 est également à remarquer que plus
on purifie la saponine«moins elle est active et toxique. Il se fait
pendant la purification un départ de substances minérales, et en
particulier de phosphate de potasse, et il est à se demander, si
dans les plantes les saponines ne se trouvent pas en combinai­
sons moléculaires complexes avec des composés phosphorés et
si ces combinaisons ne sont pas nécessaires pour la production
de l’activité pharmacodynamique des saponines.
Il faut également rapprocher ce fait des combinaisons de
saponine et de lécithine que l'on peut facilement obtenir.
Il est, en tous cas, un fait certain, que nous avons pu cons­
tater souvent avec des plantes fraîches devant leurs propriétés
toxiques à la présence de saponines ; c’est que le suc de la
plante obtenu, soit par pression, soit par osmolvse, est toujours
beaucoup plus actif et toxique surtout beaucoup plus hémoly­
tique que les corps isolés, même en prenant des précautions pour
éviter l’action de la chaleur, des oxydants, etc.
Aussi, ne faut-il pas s’étonner si la saponine retirée du
Sapindus Senegalensis parait être beaucoup moins toxique que
ne sembleraient le faire supposer la gravité et l’intensité des
accidents constatés chez les ruminants qui. dans l’Afrique occi­
dentale, absorbent ces fruits avec leur nourriture.
ACTION GÉNÉRALE

Quelques gouttes d’une solution à 1 o/o de saponine, injectées
sous la peau de la cuisse ou dans les sacs lymphatiques dorsaux
d’une grenouille, déterminent au bout d’un temps variable,
suivant le lieu de l’injection, des phénomènes toxiques. Pendant
quelques minutes, l'animal conserve son attitude naturelle, mais
bientôt on constate qu’il a une certaine tendance à s’affaisser;
si on l'excite, les mouvements s’exécutent avec moins de viva­
cité. Peu à peu, on voit s’établir de la parésie des membres pos­
térieurs, qui ne sont pas cependant entièrement soustraits à

�DOCTEUR J. CHEVALIER
218
l’action de la volonté, mais dont les mouvements produits sont
trop faibles pour être efficaces. Ces phénomènes s’aggravent et la
parésie se transforme bientôt en une paralysie complète. A cette
période, les membres antérieurs sont encore susceptibles d’exé­
cuter des mouvements volontaires coordonnés mais faibles, et,
finalement, se paralysent complètement.
L’excitation mécanique, électrique ou chimique, lorsque les
muscles du train postérieurs sont déjà parésiés, détermine la
production de réflexes plus ou moins généralisés, mais toujours
très amoindris ; le temps perdu est sensiblement plus long qu’à
l’état normal. Au fur et à mesure de l’évolution de l’intoxication,
ces mouvements réflexes deviennent moins intenses, plus
limités, puis ils finissent par disparaître.
Chez les animaux supérieurs, l’évolution de l’intoxication est
en tous points semblable, qu’il s’agisse de cobayes, de lapins ou
de chiens. Chez le cobaye, à la suite d’une injection de 1 centi­
gramme de saponine par kilogramme dans la cavité intra-péri­
tonéale, on constate un affaiblissement de l’animal au bout de
10 à 12 minutes. Sa démarche est lente, il répond difficilement
aux excitations et se blottit dans un coin de sa cage. La tempé­
rature baisse rapidement.
L’animal au bout de 20 minutes est immobile : le ventre et le
museau reposent sur le sol ; il se traîne péniblement à la suite
d’une excitation douloureuse. La respiration est haletante, l’im­
pulsion cardiaque est fortement affaible. Les membres inférieurs
se paralysent complètement, puis, 35 minutes après l’injection,
les membres antérieurs deviennent inertes. L’animal mis sur le
dos ne fait aucun effort pour se relever ; les excitations doulou­
reuses restent sans effet. La respiration se ralentit et devient
superficielle et irrégulière. La température s’est fortement
abaissée 31-32°.
Les muscles de la cuisse mis à nu sont encore faiblement
excitables électriquement, mais ne déterminent plus de réflexes.
Les inspirations deviennent de plus en plus rares, les batte­
ments cardiaques ne se font plus sentir. Cependant si l’on ouvre
le thorax de l’animal, on voit encore se produire quelques
contractions cardiaques faibles, irrégulières, séparées par des

219
pauses de durée de plus en plus longue. Le cœur s’arrête en
diastole, il est encore excitable électriquement. La mort s’accom­
pagne parfois de convulsions.
A la dernière période de l’intoxication, on voit s’établir une
diarrhée profuse avec parfois des selles sanguinolentes.
Les mêmes phénomènes s’observent chez le lapin.
Chez le chien et le chat,l’injection d’une forte dose de saponine
détermine la mort rapide en quelques minutes, au milieu de
convulsions et de mouvements respiratoires précipités, irrégu­
liers, difficiles, qui s’arrêtent bientôt ; les battements cardiaques
persistent encore quelques minutes après l’arrêt respiratoire.
La mort se produit par paralysie du système nerveux
central retentissant surtout sur la respiration. Dans ces condi­
tions, on ne note aucune lésion de l’appareil gastro-intestinal.
Avec des doses plus faibles (0 gr. 001 à 0 gr. 003 par kilog.
d’animal), la mort ne survient qu’au bout de plusieurs heures :
les animaux ne commencent à présenter des symptômes d’in­
toxication qu’nssez longtemps après l’injection; ils deviennent
tristes, apathiques, se couchent et se refusent à manger. Puis
ils sont pris de vomissements d’abord alimentaires, puis
muqueux et parfois bilieux et sanguinolents, et, à la suite, on
voit s’accentuer les phénomènes de prostration qui se transfor­
ment progressivement en paralysie. La respiration qui jusque là
avait été normale se ralentit, et l’inspiration devient plus pro­
fonde, puis vers la fin de l’intoxication, on voit s’établir des
pauses respiratoires irrégulières de plus en plus prolongées.
Le pouls qui, au commencement, n’avait pas été modifié
sensiblement, s’accélère, devient filant irrégulier.
On voit alors se produire des évacuations diarrhéiques et
sanguinolentes. L’animal meurt au bout d’un temps variable,
qui n’est pas d’ordinaire exactement en rapport avec la dose
qu’on lui a injectée, avec une hypothermie marquée et de la
paralysie généralisée. Des convulsions se montrent parfois à
la période immédiatement prémortelle. Chez un certain nombre
d’animaux, l’évolution de l’intoxication est fort lente et ils
meurent seulement au bout de trois à cinq jours.
A l’autopsie, on trouve le cœur plein d’un sang noir foncé, en
9APINDUS 9ENEGALEN8IS

�220

DOCTEUR J. CHEVALIER

majeure partie liquide, avec quelques caillots fibrineux adhé­
rents; on remarque assez souvent des ecchymoses péricardiques
ou endocardiques ; les valvules présentent parfois de l’infiltra­
tion. Les poumons sont normaux, ou presque, dans les intoxica­
tions aiguës ; dans les intoxications lentes, ils sont fortement
engoués et on remarque de l’hypersécrétion bronchique abon­
dante, parfois sanguinolente. On note également des ecchymoses
sous pleurales.
Les lésions gastro-intestinales sont d'autant plus marquées
que l'intoxication a été plus lente à évoluer. Dans ce dernier
cas, l’estomac est fortement congestionné, il présente des suffu­
sions sanguines mais non des ulcérations, les parois sont
œdémateuses.
L’intestin est également fort congestionné ; la muqueuse est
beaucoup plus volumineuse qu’à l’état normal, friable et partiel­
lement desqüammée surtout à la portion inférieure du gros
intestin.
On note des ecchymoses punctiformes surtout dans le duodé­
num et au voisinage de la valvule iléo-cœcale et dans le
rectum ; sur ces dernières portions de l’intestin, on constate
parfois de larges ecchymoses ayant été parfois le point de
départ d’hémorragies intestinales.
Le pancréas est fortement congestionné, parfois hémorragi­
que; le foie est d'ordinaire fort congestionné et la vésicule biliaire
est distendue. Les reins sont irrégulièrement congestionnés ;
c’est alors la partie corticale qui paraît la plus touchée.
La vessie est remplie d’une urine assez foncée contenant
assez souvent des pigments biliaires.
D oses toxiques moyeniNes ;

Grenouilles,de 30 à 40 gr. Injection s/culanée (k'r01,mort en 50 minutes.
Cobayes. Injection intra-péritonéale OfcOl p. kg., mort en 40 min. à 1 h.
Lapins
»
»
0^005 p. kg., mort en 2 heures.
» Injection intra-veineuse 0trr002 p. kg., mort en 2 à 3 heures.
Chiens Injection intra-veineuse 0^002 p. kg., mort en 6 à 8 heures.
Chats Injection intra-péritonéale 0^002 p. kg., mort en 6 à 8 heures.
» Injection s/cutanée 0?r005 p. kg. mort en 3 jours.

SAPINDUS SENEGALENSIS

221

Nous avons administré per os, la saponine du Sapindus Senegalensis, à des cobayes et à des lapins mélangée à leur nourriture
à des doses de 80 milligrammes à 100 milligrammes par kilo­
gramme et par jour, sans aucun résultat pendant une période de
huit jours.
Chez le chien lorsqu’on administre de la saponine par la voie
stomacale, on obtient très rapidement des vomissements répétés.
Dans un cas, nous avons injecté dans le duodénum une solution
de 2 milligrammes de saponine par kilogramme. Au bout de
vingt-cinq minutes, l’animal présentait une diarrhée intense avec
vomissements et il mourait au bout de quatre heures en présen­
tant des phénomènes analogues à ceux des animaux intoxiqués
par une autre voie
Nous regrettons de n’avoir pu opérer sur des ruminants avec
des graines fraîches de Sapindus ; nous nous proposons d’étudier
spécialement cette question dans un travail ultérieur. Étant
donné la similitude d’action de cette saponine et de celles étu­
diées antérieurement par Koberl et ses élèves, il est fort possible
que ce corps n’agisse sur l’intestin des herbivores que lorsqu’il
a été préalablement lésé soit par irritation mécanique, soit par
inflam mation.
A ctio n lo c a le . — La saponine du Sapindus Senegalensis,
ainsi que les autres corps de ce groupe, agit comme un destruc­
teur de la vitalité cellulaire des tissus avec lesquels elle se trouve
en contact. Injectée sous la peau, elle détermine la formation
rapide d’un abcès aseptique évoluant en quelques jours. Cette
injection est immédiatement suivie d’une sensation de douleur
très vive à laquelle succède de l’insensibilité et de la paralysie
motrice de la région. Son action toxique générale ne se fait sentir
que beaucoup plus tardivement en raison de sa diffusibilité
faible.
Une solution de saponine à 1 o/o appliquée sur un muscle
détermine rapidement de la rougeur et de la contracture persis­
tante et bientôt de l’inexcilabilité complète.
Celte même solution appliquée sur la conjonctive détermine
également des phénomènes de douleur, d’hyperhémie, puis
d’insensibilité et de désorganisation.

�222

DOCTEUR J. CHEVALIER

A ction sur le c œ u r . — Une ou deux gouttes d’une solution de
saponine à 1 o/o appliquées directement au contact d'un cœur
de grenouille mis à nu déterminent immédiatement un arrêt du
fonctionnement du cœur. Le point du ventricule touché pâlit
fortement et se contracte d’une façon durable.

F ig. 2. — Cœur de grenouille après injection sous la peau de la cuisse de
0 gr. 001 de saponine de Sapindns Scnegalen$ls. Appareil Verdin-Vibert.
Vit. du cylindre 45 ,m à la minute.

En même temps le ventricule tout entier se contracte plus
lentement et incomplètement et s’arrête bientôt (au bout de trois
à six minutes) en diastole incomplète, si on continue les instil­
lations. Les oreillettes persistent à battre pendant encore quelques
minutes.

223
A la suite de l’injection sous-cutanée d’une faible quantité de
saponine, 1 milligramme, chez une grenouille de moyenne taille
on observe peu de changement pendant les du côté du cœur
quelques minutes qui suivent, mais l’animal manifeste de la
douleur par des mouvements violents. Quinze à vingt minutes
plus tard, on voit survenir un léger ralentissement du rythme
avec augmentation de l’énergie systolique; puis,on voit apparaitre
(fig. 2, ligne 2), un ralentissement plus accentué avec dédou­
blement systolique et diastolique. Ces phénomènes persistent
pendantassez longtemps, puis brusquement, on voit le ventricule
se contracturer et ne plus se distendre que difficilement donnant
un tracé presque nul (ligne 3). Cette période de contracture systo­
lique se prolonge pendant près d’une heure puis, le cœur se
remet à battre avec plus d’énergie ; mais alors, il présente des
irrégularités de rythme assez particulières (lignes 4 et 5). Les
systoles sont très espacées et le ventricule se gonfle en plusieurs
fois, les oreillettes battant plus régulièrement et plus rapidement
que les ventricules (trois à cinq battements auriculaires pour
une contraction ventriculaire); de plus, le ventricule se contracte
par zones en plusieurs temps. Ce fait est analogue à celui signalé
antérieurement par Robert dans son élude sur la saponine du
bois de Panama, mais cet auteur n’avait pas reproduit les tracés
de ses expériences.
Ultérieurement, on voit survenir un affaiblissement pro­
gressif des contractions cardiaques, qui se produisent à des
intervalles irréguliers de plus en plus prolongés, et, finalement,
le cœur s’arrête en diastole incomplète. Le cœur est inexcitable
même par une excitation électrique intense.
Nous avons également étudié l’action de la saponine du Sapindus Senegalensis, en solution diluée dans du sérum de Locke, sui­
des cœurs de lapin isolés, et placés en circulation artificielle au
moyen de l’appareil de Pachon.
Dans ces conditions, comme le montre le tracé de la figure 3,
si l’on emploie une solution de 2n1ffr5 par litre, on voit se pro­
duire presque immédiatement un ralentissement considérable
des battements cardiaques, avec augmentation considérable de
leur énergie. On constate des irrégularités, des systoles avortées,
SAPINDUS SENEGALENSIS

�DOCTEUR J. CHEVALIER
224
des pauses diastoliques de plus en plus considérables, puis
l’arrêt définitif au bout de deux à trois minutes.
Si, comme dans l’expérience que reproduit la figure 3, on cesse
rapidement l’irrigation avec le sérum toxique, on voit le cœur
reprendre progressivement, et les battements, au bout de quel­
ques minutes, sont semblables à ceux du tracé normal. L’irri­
gation pratiquée avec un sérum de Locke ne contenant que

F ig. 3.— Cœur de lapin isolé. Circulation artificielle avecdu sérum de Locke,
contenant dans la première partie de l'expérience 2m&lt;ir 5 par litre de
saponine, et seulement l ra9r25 dans la seconde partie. Appareil de Pachon.
Vitesse du cylindre, 8 centimètres à la minute. (Réduction de moitié.)

l'n«r25 de saponine par litre détermine tout d’abord comme
précédemment un notable ralentissement des battements car­
diaques avec augmentation de l’énergie, irrégularités, pauses
diastoliques, mais, au lieu de voir se produire au bout de
quelques minutes un arrêt brusque et définitif du cœur, on
constate une accélération des battements cardiaques, qui se

225
régularisent, mais diminuent d’énergie et présentent alternati­
vement une systole énergique et une systole plus faible. Puis, à
nouveau, le cœur se ralentit, présente des systoles avortées
diminue d’énergie, montre des pauses diastoliques de plus en plus
considérables, et, finalement, s’arrête au bout de trente à trentecinq minutes. Si, avant l’arrêt définitif, on excite le cœur avec un
courant induit suffisant, on voit se produiie une contracture
assez persistante et le myocarde ne se détend (pie lentement, et
presque toujours, il ne revient plus à son état normal.
Ces expériences sont assez comparatives avec celles de Robert
sur la saponine dubois de Panama (1). La saponinedu Sapindus
Senegalensis détermine donc sur le cœur une action irritante
locale, qui se traduit par de la contracture myocardique, si la
dose est suffisante, ou par des troubles de la contractilité aboutissantbientôl à laparalysie si lesdosessonlplusfaibles. Il se produit
donc bientôt avec cette saponine, comme avec celle du bois de
Panama, des modifications de la structure moléculaire de la
fibre musculaire lui faisant perdre ses propriétés physiologiques
et sa striation transversale pour lui faire prendre l’aspect
granuleux.
Nous avons également recherché l’action exercée par la sapo­
nine sur la circulation générale du chien à la suite d’une
injection intraveineuse d’une dose toxique non mortelle d’emblée.
Dans ces conditions, nous avons pu constater les phénomènes
suivants : Immédiatement après l’injection poussée lentement
dans la veine saphène, on voit se produire, comme le montre le
tracé de la figure 4, une accélération des battements cardiaques
s’accompagnant d’une diminution d’énergie et d’une chute pro­
gressive et peu importante de la tension sanguine. A la fin de
l’injection, on voit se produire un arrêt respiratoire assez pro­
longé à la suite duquel se montrent des respirations convul­
sives, accélérées. Un peu plus tard, le cœur se ralentit à
nouveau et le rythme redevient presque normal, mais l’énergie
reste fort diminuée et la pression ne se relève pas, du moins
SAPINDUS SENEGALLNSIS

(1) Fourni par les écorces des Quillaya suponaria Mol,, Q. Smeginadermos
D. 0- et Q. Brasiliensis A. Saiut-Hil.

�226

DOCTEUR J. CHEVALIER

F ig. 4. — Chien 6 k. 700 Chloralosé. — Injection par la saphène d’une solution
de 0 gr. 007 de saponine de Sapindus Senegalensis dans 67 centimètres cubes
de sérum physiologique. Pression fémorale prise avec le Kymographion de
Ludwig. — Mort le surlendemain.

pendant un certain temps. Un peu plus tard, cependant, elle
remonte mais se maintient toujours au-dessous de la normale;
on voit en même temps se produire de l’acélération des batte^
ments cardiaques toujours de plus en plus faibles et de l’accélér
ration des mouvements respiratoires spasmodiques. Au fur et à

SAPINDUS SENEGALENSIS

227

mesure des progrès de la paralysie, ces divers phénomènes
s’accentuent peu à peu, la chute de la pression étant en rapport
étroit d'une part avec la vaso dilatation intense des organes
abdominaux et d’autre part, avec la diminution de l’énergie
cardiaque.
A ction sur la r e s pir a t io n . — Lorsque les injections intra­
veineuses sont poussées rapidement ou lorsque la quantité
injectée est importante des troubles respiratoires se traduisant
par de l’arrêt brusque ou par une accélération irrégulière, des
mouvements se font sentir, indiquant l’action profonde exercée
par la saponine sur le système nerveux central. Le centre respi­
ratoire peut être paralysé d’emblée et cette paralysie détermine
la mort par asphyxie primitive.
Dans les intoxications subaiguës on voit toujours se produire, à
la suite de l’injection, une période d’accélération transitoire, puis
les phénomènes s’amendent, et ce n’est qu’au moment où la para­
lysie des membres antérieurs commence à se manifester, que l'on
voit se produire à nouveau de l’accélération respiratoire et des
irrégularités. A la période terminale de l’intoxication, la respira­
tion se ralentit,devient diaphragmatique, diminue d’amplitude et
finalement s’arrête après quelques pauses de plus en plus longues.
A ction sur le sa ng . — La saponine du Sapindus Senegalensis
possède un pouvoir hémolytique assez élevé et les divers
animaux intoxiqués présentent nettement de l’hémolyse au
moment de leur mort.
Chez les chiens sur lesquels nous avons recherché l’action de
ce corps sur la pression sanguine, nous avons pu constater une
hémolyse nette quarante-cinq minutes après l’injection de
1 milligramme de saponine par kilo d’animal.
In vitro, opérant sur du sang défibriné de lapin mis en sus­
pension dans une solution de chlorure de sodium à 0,75 o/o, on
obtient encore l’hémolyse au bout de trente minutes avec une
dilution de 1 : 9500.
A ction sur les m uscles . — Une solution de saponine à
0b’r02 o/o mis au contact d’un muscle détermine à la suite d'une

�228
DOCTEUR J. CHEVALIER
excitation électrique une contraction exagérée avec contracture
persistante pendant quelque temps. Une solution plus concen­
trée 0^05 o/o détermine en moins de dix minutes un affaiblisse­
ment, puis, une disparition de l’excitabilité électrique. Avec des
concentrations supérieures, ce dernier phénomène se produit
immédiatement.
On voit se produire des phénomènes analogues lorsque la
solution est placée au contact des nerfs. Il est cependant à
remarquer que les troncs nerveux paraissent moins sensibles à
l’action de cette saponine que les muscles, et que, pour une même
concentration, l’action paralysante est plus lente à se produire.
A ction sur l ’a ppa r e il g a str o -in t e st in a l . — Toutes les fois
que l’intoxication a mis un certain temps à évoluer, on note des
lésions importantes du côté de l’appareil gastro-intestinal et en
particulier sur l’intestin. Elles consistent surtout en congestion
généralisée avec épaississement de la muqueuse. De place en
place, on remarque des suffusions sanguines plus ou moins
étendues siégeant surtout au voisinage de la valvule ileo cœcale
et au rectum, sur lesquelles sont adhérentes des mucosités vis­
queuses, diffluentes, fortement colorées en rouge. Rarement on
constate de véritables ulcérations intestinales mais l’épithélium
superficiel est sinon complètement desquammé par endroits
tout au moins fortement infiltré.
La muqueuse de l’estomac est d’ordinairement moins atteinte
que celle de l’intestin, mais elle présente cependant du gonfle­
ment et de fortes ecchymoses disséminées irrégulièrement.
(Travail du Laboratoire de Matière Médicale et de Pharmacodynamie
de la Faculté de Médecine de Paris).

NOTES
PLANTES LARGEMENT CULTIVÉES PAR LES INDIGÈNES
SUH

DES

EN A FR IQ U E TR O PIC A L E
I»AR

É. DE WILDEMAN,

Conservateur au Jardin botanique de l'État à Bruxelles,
Professeur au Cours colonial de l’École d’Horticulture
de Vilvorde (Belgique).

Dans un des chapitres de son ouvrage George Grenfell and the
Congo, Sir Harry Johnston étudie l’alimentation du noir et fait
remarquer le petit nombre de végétaux alimentaires existant à
l’état cultivé chez les peuplades de l’Afrique tropicale centrale.
Sir Harry Johnston émet, à ce propos, quelques considérations
sur lesquelles il nous semble intéressant de revenir, car elles ne
paraissent pas concorder avec les observations que nous avons
pu faire sur de nombreux matériaux, mis à notre disposition
par le Gouvernement de l’État Indépendant du Congo et par le
Département des Finances du Ministère des Colonies de Bel­
gique, c’est ce qui nous a amené à publier ces notes, que l’Ins­
titut colonial de Marseille a bien voulu accepter.
L’étude des cultures indigènes et spécialement celle des
plantes dont l’indigène tire des produits entrant dans la consom­
mation courante, doit intéresser tout particulièrement les
colonisateurs.
L’État du Congo avait bien saisi l’importance des cultures
vivrières et avait toujours poussé à l’extension de celles-ci ; en
1907 il publia même un traité (1) à la tête duquel il inscrivait :
(1) État Indépendant du Congo. Département des Finances : Culture des
plantes vivrières, potagères et fruitières. Bruxelles 1907.
Ann. du Musée col. de Marseille. — 2e série. 7« vol. 1909.
15

�É. DE WILDEMAN
230
« Il importe que des plantations vivrières soient établies par­
tout dans le but de pourvoir d’une façon complète au ravitail­
lement du personnel. »
Beaucoup de travaux ont paru sur les colonies de l’Afrique
tropicale et centrale, mais on peut reprocher à la plupart
d’entre eux d’avoir été « écrits, comme le disait M. Arcin, à un
point de vue presque exclusivement européen ; en traitant des
questions économiques en vue de résultats pratiques, de 11 e pas
s'inquiéter assez de la mentalité du noir (1). »
C’est par l'étude des cultures indigènes, par celle des plantes
vivrières, par leur extension, que l’on agira le plus efficacement
sur la mentalité du noir. Ces études ont pour les colonies tropi­
cales, elles-mêmes, un autre genre d’importance, considérable
d’abord parce que ces plantes doivent être largement cultivées
pour permettre aux indigènes et aux blancs de lutter contre
l’anémie, et ensuite parce que la culture de ces plantes peut
donner des bénéfices sérieux à ceux qui l’entreprendront.
M. Guebhard le faisait remarquer récemment encore à propos
du développement agricole du Foula-Djalon. « C’est de l’im­
puissance causée par la misère physiologique et morale que
vient l’incapacité des Foulahs à tout travail. Il faudrait pour y
porter remède, pendant plusieurs années les restaurer par une
nourriture abondante sans qu’il leur en coûtât une fatigue trop
grande (2). »
Cette appréciation du rôle de la culture vivrière est absolu­
ment exacte et cette phrase peut s’appliquer à l’état dans lequel
se trouvent actuellement un très grand nombre de peuplades
africaines, en particulier dans l’Afrique centrale.
M. Aug. Chevalier a émis cette même appréciation et conclut
même que les mesures à employer pour développer la produc­
tion de denrées alimentaires sont des plus urgentes (3).
(1) A. Arcin. — La Guinée française. Paris, Challamel, 1907, p. ix.
(2) In Revue Coloniale, Paris 1909, n03 71 el 72 : L'agriculture au FoulaDjalon, p 141 ; travail qui renferme sur les cultures de plusieurs plantes
que nous examinerons des renseignements précis et intéressants auquels
nous renvoyons le lecteur.
(3) A. Chevalier. — L'Afrique centrale française, p. 427.

231
Quant à la valeur économique de ces cultures indigènes, cer­
tains agronomes allemands ont prétendu, d’après nous avec
raison, que la mise en culture de plantes vivrières pour les indi­
gènes et pour le blanc rapporterait plus que la culture de
plantes dites de grand rapport. Nous-même, au VIIe Congrès
international d’Agriculture (Rome 1903), nous avions insisté
sur le manque de connaissances relatives aux cultures
indigènes (1).
M. Bruel, dans son étude Le Congo français au point de vue
économique, dit : « Notre devoir est donc bien net : il importe de
développer l’agriculture indigène, de répandre des espèces nou­
velles ou plus productives, comme le riz, le mil, le manioc (dans
certaines régions), le maïs, les dazo, les patates, etc., (qu’on ne
cultive pas partout comme on le croit en général), de façon à
rendre la vie plus facile et moins chère (2). »
Au Congo français, l’exemple a été donné par les frères
Trichot qui, dans la Likouala-Massakase, se sont lancés dans
des cultures de pommes de terre el d’oignons.
M. Bruel cite également à ce propos les essais de M. Marsault
qui a mis en expérience trente-cinq variétés de fraisiers et est
arrivé, en 1907, à des résultats magnifiques, prouvant une fois
de plus qu’en agriculture il 11 e faut pas désespérer; au contraire,
on peut être assuré du succès si les essais sont faits rationnelle­
ment et méthodiquement.
Ce que disait il y a peu de temps notre confrère et ami,
M. Aug. Chevalier, en exploration dans la région limitrophe du
Libéria est on 11 e peut plus exact el corrobore l’opinion de
M. Bruel et la nôtre ; les phrases suivantes peuvent très bien
s’appliquer au Congo. « Plus je parcours cette contrée, dit
Chevalier, plus je constate combien sont variées les choses
qu’on y peut faire et qui contribueront tôt ou tard à la richesse
de ce vaste pays.....Non seulement dans chacune des provinces
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

(1) É. De Wildeman. — Notes sur les cultures indigènes de l’État Indépen­
dant du Congo, in Rapports et Communications du VIF Congrès international
d'Agriculture de Rome, vol. i, part. 2, p. 219.
(2) Supplément au na 15, 1909, du Bulletin de l’Oftiee colonial de Paris,
p XIV.

�É. DE WILDEMAN
232
naturelles les habitants ont leurs aptitudes spéciales, mais les
cultures alimentaires mêmes ne sont pas identiques «et il ajoute:
« Je crois que dans ces dernières années nous avons tous eu les
yeux fixés beaucoup trop exclusivement sur le caoutchouc et le
coton.... Au lieu de tendre à uniformiser les productions de ce
vaste domaine, il serait bien plus intéressant de chercher à faire
produire à chaque région les produits qui sont sa spécialité et
que les provinces voisines ne possèdent pas (1). »
Ce serait d’ailleurs le vrai moyen d’arriver à sélectionner les
espèces productrices et à faire donner par la plante son maxi­
mum de rendement de la meilleure qualité.
En 1908, dans sa Revue de l’année 1907, le professeur O.
Warburg, faisait, dans le Tropenpflanzer, ressortir l’importance
des cultures indigènes; il insistait sur la compréhension que les
Étals devaient avoir de leur rôle, car l’avenir des colonies est
dans les cultures indigènes, les cultures européennes n’inter­
viennent guère, d'après cet auteur, pour plus de 5 à 10 o/o dans
la production totale (1).
Plus que jamais il est temps, pensons-nous, de soumettre les
plantes cultivées par les indigènes à des enquêtes poursuivies
dans toutes les colonies et, en particulier, dans celles de l’Afrique
occidentale, afin de pouvoir déduire des résultats de ces
enquêtes, dans quel sens le blanc doit diriger ses efforts pour
arriver à faire produire, par les indigènes, ce qui a pour le
noir comme pour le blanc le plus de valeur alimentaire et
commerciale.
Ces considérations nous ont amené ô parler ici d’une manière
relativement étendue de certaines plantes que l’indigène du
Congo belge, et de la plupart des colonies limitrophes, cultive
d’une façon assez courante. Il n’entre pas dans notre idée de faire
un exposé détaillé de ces cultures, mais bien de faire ressortir
notre manque de connaissances à leur égard et l’intérêt immense
qu’il y aurait à voir tous les fonctionnaires coloniaux s'occuper
(1) In Journal d'Agriculture tropicale, u° 94, avril 1909, p. 128.
(2) Voyez également : K. De Wildeinan. — Sciences biologiques et colonisa­
tion. Bruxelles, 1909, p. 10.

233
activement de l’exainen de cette question primordiale pour la vie
de la race noire à laquelle nous avons accordé notre appui.
Que connaissons-nous, en effet, des variétés indigènes de
céréales, de plantes à huiles; avons-nous une idée de faction des
terrains sur ces plantes ?
Les variétés si nombreuses, d’après ce que nous connaissons
d’autres régions africaines, et d’après certains rapports, sontelles fixées ou sont-elles tout simplement dues aux conditions
de milieu ?
Tous ces points méritent une étude approfondie.
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

*

♦

*

Grenfell attribue aux Portugais et aux Arabes l’introduction
de diverses céréales, de tubercules et de graines provenant
de l’Amérique, soit dans l’ouest, soit dans l’est de la région
congolaise.
il est indiscutable que la flore économique de l’Afrique Orien­
tale, et même celle de la partie orientale du Congo, grâce au
commerce qui s’élait établi entre la côte orientale du continent
noir et l’Égypte, l’Arabie et l’Inde a été enrichie de plusieurs
plantes alimentaires d’origine asiatique et peut-être quasi
européenne.
Mais peu de ces plantes ont pénétré, sauf dans ces derniers
temps, dans le centre du bassin du Congo et, actuellement encore,
la pénétration des produits amenés de l’Est sous l’influence euro­
péenne est lente. Il ne pourrait en être autrement, l’ancienne civi­
lisation arabe a été arrêtée tout autour de la cuvette centrale du
Congo, largement occupée par l’épaisse forêt que ces conquérants
n’ont pas osé entamer
Malheureusement, l’étude de cette importation de plantes de
culture est difficile à entreprendre. Nous aurons beaucoup de
peine à établir le chemin parcouru par les introductions, même
récentes, car nous n’avons pas à notre disposition ces inventaires
circonstanciés que tant de coloniaux ont réclamés et contre la
préparation desquels, des opposants essayent de défendre cette
idée surannée, que l’élude scientifique d’une région est sans

�É. DE WILDEMAN
234
importance et qu’elle peut même être nuisible 1 Ils vont jusqu’à
prétendre que l’arrivée dans un poste africain d'un agronome, est
la perle des cultures ! Argument bien mauvais, qui peut se
retourner contre les opposants eux-mêmes; il est permis de dire
en elïet que si ces agronomes incriminés à tort ou avec raison
avaient possédé des connaissances d’agriculture coloniale, leur
influence eût été bienfaisante au lieu d’être, comme on le pré­
tend, mauvaise.
Pour Grenfell, jusqu’à la fin du xvc siècle les seules plantes
alimentaires semblent avoir été les bananiers et des tubercules
réunis par les Anglais sous le nom de « yams » provenant les
uns du Colocasia antiquorum (Coco yam ou Taro) les autres de
diverses espèces de Dioscorea. Plusieurs espèces de ce dernier
genre produisent comme on sait des tubercules aériens et des
tubercules souterrains sur la valeur nutritive desquels nous
possédons pour l’Afrique des données malheureusement très
éparses.
Le nombre de plantes alimentaires aurait donc été très réduit.
Mais peut-on admettre une réduction aussi grande ; déjà à cette
époque l’indigène n’aurait il pas connu la valeur de certaines
plantes oléagineuses et de certaines graminées?
On peut presque affirmer que plusieurs de ces plantes étaient
connues, au moins en même temps que le bananier, si tant est
que ce dernier soit indigène en Afrique.
Il y a quelque temps, M. le Professeur O. Warburg insistait
également (1) sur le petit nombre de légumes feuillus cultivés
par les indigènes de l’Afrique tropicale, et même dans toutes les
régions tropicales du globe ; mais par contre il était porté à
considérer le nombre de plantes à tubercules, consommées et
cultivées par les indigènes, comme relativement considérable.
Chaque pays possède des spécialités et à côté de plantes telles
que les Colocasia répandues sous les tropiques, dans tous les
continents, en des variétés plus ou moins améliorées, et les Dios­
corea dont plusieurs types comestibles existent à l’état indiscuta-

235
blemenl indigène au Congo, il se rencontre en Afrique tropicale
des végétaux tels que les Coleus dont les tubercules sont très
employés dans certaines régions du Congo français et du Congo
belge, et même préférés aux patates douces, qui nous sont
venues d’Amérique avec le manioc.
Si nous possédons pour les colonies françaises des données
relativement nombreuses et positives sur l’emploi par les indi­
gènes des tubercules de Coleus et de Plcdranthus, pour le Congo,
presque rien n’est connu.
M. A. Sapin a vu employer des tubercules d’une espèce de ce
groupe, mais ces tubercules rappelant le Coleus Dazo Chev., n’ont
pu être rapportés à un type végétal défini (1).
Parmi les graminacées comestibles,Grenfell considère avec un
certain doute comme indigènes au Congo, des espèces apparte­
nant au genre Panicum et dans celui-ci les P. sarmentosum,
P. maximum, P. spectabile, P. Burgu, le Penniselum typhoideum,
le sorgho et l’éleusine.
Le doute est en effet permis, car plusieurs de ces espèces n’ont
pas encore été renseignées dans les limites de l’État du Congo
et n’appartiennent probablement pas à la flore de cette zone
africaine.
Les espèces du genre Panicum signalées jusqu’à ce jour dans le
Congo belge sont: P. arborescens L. (P. ovalifolium Poir.) ;
P. argyrolrichum Anders., P. brizanthum Hochst.; P. colonum L. ;
P. coloratum L., P. Crus-Galli L. et var.,P. diagonale Nees et var.,
P. distichophyllum Trin., P. elongatum Mez, P. GriffoniiFranch.,
P. Hensii Iv. Schum., P. indutum Steud., P. inlerruptum Willd.
P. lutetense K. Schum., P. maximum Jacq., P. mayombense
Franch., P. molle L. (introduit), P. mulicum Forsk. (peut être
introduit?), P. nigritanum Hack., P. nudiglume Hochst.,
P. ogowense Franch., P. plicatum Lam. et var., P. polystachyum
(H. B. et K.) K. Schum.,P. sanguinale L. et var.,P. scabrum Lam.,
P. sulcatum Aubl., P. Tbolloni Franch., P. Zenkeri K. Schum. et
P. zizanioides H. B. et K.

(1) O. Warburg. — l'ber die Iropische Landwirlschaft in Jahresb. d. Vereinigung fur angeivandle Botanik. 1906. Berlin 1907, p. 20-39.

(1) Vojrez: Coleus à tubercules comestibles. É. Perrot in A. Chevalier: Les
végétaux utiles de l’Afrique tropicale française, vol. I, fasc. I, p. 100 et suiv.

PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

�É. DE WILDEMAN
236
La plupart de ces plantes sont connues d’un nombre très
restreint de localités et on possède sur leur utilité des données
très vagues ou nulles. Plusieurs cependant sont renseignées avec
des noms indigènes, ce qui permet de supposer que les indigènes
sont capables de les reconnaître et de tirer d’elles, peut-être, un
certain parti.
Pour Grenfell il n'existait, avant l’influence portugaise et
arabe, ni oignons, ni canne à sucre, ni riz, ni maïs et tabac,
ni probablement d’arachides.
Les discussions qui se sont fait jour au sujet de ces diverses
plantes sont déjà nombreuses, en particulier au sujet des deux
dernières. Citons entre autres l’opinion du Docteur G. Schweinfurth, qui admet l’origine africaine de l’arachide, bien que des
types végétaux du même genre paraissent plus spécialement
localisés en Amérique.
Quant aux nombreuses variétés de courges il est indiscutable
qu’elles étaient connues par le noir avant l’arrivée des étrangers ;
la variété de forme sous laquelle elles se rencontrent en Afrique
centrale, leurs millliples usages, semblent des indices certains
de leur présence ancienne parmi les populations nègres du
Congo.
S’il faut considérer certains Coleus, des Panicum comme
plantes de cultures vivrières indigènes indiscutables, on doit se
demander si certaines légumineuses : Dolichos Lablab, Cajanus
indiens, Phaseolus ne pourraient avoir elles aussi une origine
africaine ? Certains auteurs penchent pour une origine asiatique
et appuient leur manière de voir sur le fait que la plupart de ces
plantes se rencontrent presque uniquement en culture un peu
étendue au dehors de la grande forêt centrale, et là surtout où
les influences arabe, portugaise et soudanaise se sont fait
sentir.
Il serait difficile d’entrer actuellement dans la discussion
détaillée de celte question dont l'étude est poursuivie en France;
il parait en tous cas assez certain, que l’influence portugaise a
été prépondérante dans la diffusion actuelle des légumineuses
à graines comestibles, et c’est dans la région du Kasai que la
culture des divers haricots a pris semble-t-il le plus d’extension.

237
Ne nous y trompons pas, il ne peut être question dans la
répartition des plantes vivrières, comme d’ailleurs dans celle
de toutes les plantes utiles, de tenir uniquement compte du
facteur « importation par un peuple », il faut encore compter
sur une différence de climat, sur des dissemblances dans la
constitution chimique du sol et sur tout ce qui constitue l’habitat
des plantes. Il ne peut y avoir dans un vaste pays comme le
bassin du Congo uniformité complète, il faut y considérer des
régions éminemment différentes ; la cuvette centrale du Congo
belge et le Katanga sont de magnifiques exemples de cette
grande dissemblance.
Certes la forêt congolaise qui s’étend vers l’Ouest dans le
Congo français, et vers l’Est par la brèche du Semliki dans
l’Afrique orientale anglaise a dû avoir, dans le temps, une plus
grande extension ; cela semble irréfutable et, dans sa remar­
quable étude sur les feux de brousses, M. le Dr Busse démontre
clairement que la zone forestière africaine voit constamment son
étendue diminuer grâce aux incendies périodiques allumés par
les noirs et occasionnés par leur vie nomade, et par leurs dépla­
cements continuels après l’épuisement d’un champ (1).
Cette déforestation doit,avoir eu une action très notable sur
l’alimentation. Il est probable que vivant dans un milieu plus
franchement forestier l’indigène se nourrissait plus régulièrement
du produit de ses chasses et de ses pêches : grands animaux,
oiseaux, insectes, reptiles, poissons, et peut-être aussi du miel
d’abeilles sauvages et qu’il tirait sa nourriture végétale de cham­
pignons, de quelques graines et fruits sauvages, de racines, de
tubercules et peut-être de bananes.
La destruction de la forêt et la présence de la brousse ont
forcé l’indigène à commencer des cultures très rudimentaires, il
est vrai, mais c’est quand le manioc a été introduit que le noir a
largement détruit la forêt pour la culture d’une plante qui lui
fournissait rapidement de la substance nutritive.
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

(1) Voyez à ce sujet : W. Busse : Die periodische Grasbrândc in tropischen
Afrika in Mitteilungen nus den deutsch. Schutzgebieten 1908, les nombreuses
études de Chevalier, Pobéguin, etc., et tout récemment encore Giraud
in L'Agriculture pratique des pays chauds, 1909, j&gt;. 421.

�238

E. DE WILDEMAN

Bananiers

Nous rappelions parmi les plantes à produit alimentaire que
l’indigène pouvait trouver dans la forêt le bananier. On peut se
poser la question : le bananier à fruits comestibles est-il vrai­
ment indigène en Afrique?
Les arguments que l’on a fait valoir en faveur de l’indigénal de
l’arachide et des autres légumineuses à graines comestibles
sont tout aussi puissants dans le cas présent. En effet, l’emploi
considérable de bananes, et nous pourrions ajouter, la culture
plus ou moins intensive des bananiers, s’observent surtout
dans le Nord, en dehors de la zone occupée par la grande foret
tropicale, dans celte même région où le D. Selrweinfurth ren­
contre les arachides et les considère comme indigènes. A la
sortie du bassin du Nil, nous dit le DrG. Schweinfurth, la banane
devient chez les Mangbetu la base de l’alimentation, c’est donc
que là, plus que dans les autres régions visitées par le voyageur
allemand, le bananier à fruits comestibles était cultivé.
Si les bananiers à fruits comestibles ne sont pas indigènes au
Congo, comment sont-ils arrivés dans le centre du continent?
Il sera pensons-nous fort difficile de l’établir, d’autant plus que
les bananiers à fruits comestibles ne se rencontrent plus nulle
part à l’état indigène.
Le célèbre explorateur nous signale que c’est généralement en
vert que la banane est employée, elle est séchée et réduite en
bouillie. Parfois les noirs savent à l’aide de la banane mûre,
séchée au soleil, préparer une sorte de conserve ou poudre bru­
nâtre de la couleur du café moulu, douce et parfumée, analogue
à la farine de bananes préparée en Amérique et dont on a essayé
l’introduction sur nos marchés (1).
La banane mûre n’est guère usagée par les hommes, on aban­
donne ces fruits aux femmes et aux enfants.
Chez les Bangalas le bananier est, avec le Manihot, la base de
(1) Schweinfurth, Au Cœur de l'Afrique, II, pp. 79-80.

239
l’alimentation, l’indigène a donné des noms aux variétés les plus
cultivées, elles sont au nombre de trois; l’une indiscutablement
importée, serait la banane de Chine, la seconde porte le nom
« Etabi. » et rappelle la banane d’argent, la troisième, grosse
banane à cuire est le « Makondo ».
Pour M. A. Chevalier c’est également la banane qui doit
être considérée comme la base de l’alimentation des peuples de
la forêt congolaise , du moins dans sa partie septentrionale ;
avant l’introduction du manioc, elle devait être plus utilisée
encore.
M. Fr. Thonner (1) dans le premier de ses voyages dans le
pays des Bangalas a aussi fait ressortir que c’est le bananier à
grands fruits qui est le plus cultivé, sauf dans le voisinage des
rives où le manioc a pris indiscutablement le dessus sous
l’influence de l’Européen. Dans la partie nord de la Mongala,
le maïs est même plus cultivé que le manioc et cela cepen­
dant encore dans la grande forêt.
Dans la zone du Ruzizi-Kivu, chez les Warundi, la culture
d’une variété de bananes douces et petites a pris une grande
extension, mais ce n’est guère en vue de l’alimentation que cette
culture est faite, c’est surtout pour préparer une boisson fer­
mentée, le « màvu » très employée dans la région ; chez les Mhorohoro de la même région le bananier a plus d'importance dans
la nourriture habituelle (1).
D’après les notes que le Lieutenant-colonel Descamps a bien
voulu nous communiquer, on doit conclure que dans le sud-est
de la colonie du Congo : Luebo-Luluabourg, Lusambo, route de
Lusambo au Katanga, il n’existe pas de bananeraies proprement
dites; les indigènes possèdent des bananiers en plus ou moins
grande quantité dans leurs villages ou aux environs. Les bana­
niers sont particulièrement nombreux entre les vallées de Lubudi
et du Lualaba et en aval du confluent du Lubudi (Lovale), au
nord du Tanganika entre Baraka et Uvira.
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

(1) Fr. Thonner. — Dans la grande forêt de l'Afrique centrale, 1899, p. 23,
42 et 62.
(1) Cf. Ch. Delhaise in Bull. Soc. roy. belge de Géographie, 1908, n°6.

�É. DE WILDEMÀN
240
Au nord-ouest du Tanganika, les indigènes ont planté les
bananiers entre le pied de la montagne et le bord du lac ; quan­
tité de petits ruisseaux descendent de ces hauteurs et sont
employés, détournés au besoin, pour arroser les bananeraies et
même les champs de maïs cultivés pendant la saison sèche.
Dans la vallée de la Ruzizi, les éléphants fort nombreux
commettent beaucoup de dégâts dans ces plantations.
A Luluabourg, le Lieutenant-colonel Descamps a vu plier, à
différentes reprises, une feuille de bananier au-dessus d’un
régime pour que ce dernier soit à l’ombre, car il produit alors
de plus belles bananes.
L’indigène de ces régions parait connaître très bien la culture
de cette plante et même être capable de distinguer (comme le
Mangbetu) les rejets stériles de ceux qui peuvent donner des
fruits et cela dès qu’ils sortent de terre.
Parfois il laisse se développer tous les rejets qui poussent, en
écartant les stériles, mais en général il admet qu’il faut en laisser
un prêt à donner son régime, un deuxième moins avancé, le
troisième plus petit encore et ainsi de suite.
Dans le Mayombe les bananeraies sont nombreuses et l’explo­
rateur Gilmont écrivait en 1895 qu’il avait rencontré, en particu­
lier dans les terrains déboisés, des bananiers dont les régimes
pourrissaient sur place faute de bras pour les récolter. Il s’agit
surtout de la grande banane à cuire, à fruit long et courbe (1).
Mais le Mayombe connaît lui aussi plusieurs types de bananiers;
la plante cultivée pour l’alimentation porte le nom de « Tebegombe » elle est très productive, son régime porte souvent
200 bananes. Le bananier qui produit les fruits de dessert est le
« mushibazu » (bazufeu).
Dans le Mayombe la banane forme actuellement en grande
partie la base de l’alimentation végétale, bien que depuis peu on
ait introduit dans la région le riz qui semble s’y bien développer.
La chikwangue de manioc a également pris pied au Mayombe,
mais pour certains voyageurs la culture du Manihot serait
(1) Gilmont. — Précis historiques, 3e série, IV (1895), p. 315 et Gyr. van
Overbergli, Les Mayombe, p. 98.

241
beaucoup moins importante que celle des bananiers, on trouve
ces derniers partout autour des villages.
Pour le Maypmbe, comme pour d’autres régions africaines, il
n’est pas possible de déterminer quelle culture a le plus d’im­
portance pour l’indigène ; d’ailleurs l’influence du blanc se fait
sentir de plus en plus pour varier les cultures et cela pour le
plus grand bien de la population.
Il n’est donc pas exact de dire que la grosse banane à cuire
se rencontre surtout à l’état cultivé dans le nord de notre Congo;
au contraire, les bananiers à longs fruits recourbés en croissant,
à côtes apparentes, se rencontrent dans bien des régions de
l’ouest, de l’est, du sud et même du centre africain.
Le bananier à petites bananes ou â fruits de dessert Musa
Cavendishii ou siuensis, existe, comme nous l’avons vu, dans le
Mayombe et dans beaucoup d’autres régions congolaises, il se
répand de nos jours très fortement, surtout sous l’influence du
blanc.
Mais personne ne songera à lui octroyer un indigénat en
Afrique, il a probablement été introduit par les Portugais, soit
de l’Asie, soit de l’Amérique; il ne se rencontre d’ailleurs pas
loin des villages qui ont subi l’influence des Arabes ou des
Européens (I).
On a prétendu que le vocable « banana » pourrait avoir été
emprunté par les Portugais à la langue des Sierra Léonais et des
Libériens lorsque ces régions furent découvertes ; mais l’origine
africaine de ce nom ne constituerait pas encore un argument
certain en faveur de l’indigénat ou de l’origine africaine des
bananiers à fruits comestibles.
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

(1) Le bananier nain ou Musa sinensis M. Cavendishii, a semble-t-il
pénétré dans la région congolaise pour la première fois vers 1878. L’intro­
ducteur aurait été le R.-P. Duparquet et les missionnaires l’auraient
propagé jusque dans le Haut-Oubangui qu’il ne parait pas avoir dépassé.
(Cf. A. Chevalier. L’Afrique centrale française, p. 718).
Il est probable que d’autres importations ont été faites vers la même
époque, en tous cas le Gouvernement de l’État du Congo et diverses Sociétés
l’ont introduit depuis dans divers centres de culture au Congo. Le Jardin
botanique d’Eala et le Jardin d’essai des R.-P. Jésuites à Kisanlu cultivent
cette plante depuis longtemps.

�É. DE WILDEMAN
242
Il v a au Congo, sans conteste, de nombreux bananiers
indigènes croissant à l’état sauvage, ne fournissant pas de fruits
comestibles et dont diverses parties de la plante sont souvent
considérées comme fétiches. Il sulfira de citer : Musa Gilletii et
M. Arnoldiana, plantes ornementales qui ont été introduites
dans les cultures européennes. Contrairement à l’opinion émise
par Grenfell, les Musa indigènes du Congo, parmi lesquels ne
ligure pas encore le M. ensete, sont loin d’être confinés aux
zones d’une certaine élévation ; ils ne croissent peut-être pas
dans les grandes forêts du centre congolais, mais ils se ren­
contrent dans la zone de brousses du Bas-Congo que l’on ne
peut considérer comme d’une certaine élévation.
La question de savoir si les longs plantains comestibles de
l’Afrique tropicale proviennent d’un type sauvage à fruits
courts, trapus, à graines grosses, ou s’ils furent introduits il y a
des siècles à l'Est par les Arabes, les Malais et les Perses, à
l'Ouest par les Portugais, est donc loin d’être résolue?
Pour essayer de solutionner cette question, il serait utile de
connaître en détails les variétés cultivées et exploitées par le
noir, car, jusqu’à ce jour, nous n’avons sur elles aucune donnée
précise, quant à l’aspect des plantes, aux caractères des fleurs
et des fruits.
La culture du bananier à grands fruits est, nous l’avons dit,
familière aux indigènes de plusieurs régions ; peut-être date-t-elle
d’avant la grande dispersion Bantu?
Pour Grenfell il y aurait dans le Congo occidental : Bakongo
et région côtière, au moins huit variétés de bananiers en culture;
il en donne la définition très sommaire suivante :
1° Plantain ordinaire, allongé, courbé, pas très doux;
2° Variété du n° 1, trouvée également au nord-est et à l’est
du Congo, courbé, côtelé, atteignant 30 à 60 centimètres de
long ;
3° Banane douce à écorce rouge, rappelant certaines variétés
des Indes Occidentales.
Les cinq autres types appartiennent au groupe des bananes
douces et courtes et elles sont supposées, comme le plantain
rouge, avoir été introduites par les Portugais.

243
D’après Grenfell, les deux premières variétés semblent exister
loin des régions où l’influence portugaise ou arabe s’est fait
sentir. On doit reconnaître que ces descriptions par trop som­
maires ne peuvent servir pour classer les variétés de bananes
que l’on rencontre dans les cultures indigènes et pour les rap­
procher de celles que nous avons signalées plus haut.
Le nombre des variétés mises en culture par le noir va d’ail­
leurs être modifié assez rapidement, car dans les slations^de
l’Etat, en particulier à Eala, on a mis à l’essai des bananiers
d’origines diverses qui seront multipliés et distribués largement
parmi les indigènes. Au jardin d’essai des R. P. Jésuites, un
grand nombre de variétés exotiques et indigènes de Musa sont
expérimentées et le résultat de ces études, très utiles au point de
vue économique, sera de modifier dans une très grande mesure,
la culture indigène et de rendre de plus en plus difficile, si l’on ne
se dépêche, l’étude de l’origine des races des bananiers cultivés
au Congo (1).
Parmi les Musa cultivés à Kisanlu, il en est un grand nombre
dont nous connaissons fort peu l’origine, et pas du tout les carac­
tères distinctifs, nous citerons les suivants d’origine congolaise
décrits très sommairement comme suit par le frère J. Gillet,
S. J. :
Musa Arnoldiana De Wild. (nom ind. Mankita). — Bananier
à feuilles très amples, bordées d’un filet rouge; nervure médiane
rouge. Plante ornementale d’un grand effet (non comestible) (2).
Musa Gilletii De Wild. (nom ind. Bizeki). — Bananier relative­
ment petit, feuilles d’un vert glauque pruineux. Port élégant et
très ornemental (non comestible) (2).
Musa hybrida Gill. (Arnoldiana X Gilletii). — Hybride. Plante
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

(1) J. Gillet, S. J. — Catalogue des plantes cultivées dans les jardins de
Kisantu, in L'agronomie tropicale, février 1909, II, p. 28 et suiv.
(2) Nous avons décrit ailleurs ces trois espèces, elles ont même été figurées.
Nous renvoyons pour plus de détails soit à nos « Notes sur quelques plantes
utiles ou intéressantes de la flore du Congo », soit à notre « Mission Em.
Laurent », soit encore à la deuxième édition de : «. Plantes tropicales de grande
culture ».

�É. DE WILDEMAN
244
ornementale, d’une croissance rapide el d’un port majestueux
(non comestible).
Musa Laurentii De Wild. (nom ind. Mankita). — Plante
ornementale vigoureuse, feuilles très grandes et dont le revers
est glaucescent. Nervure rose. Plante d’un grand effet (non
comestible) (1).
M^isa paradisiaca L.
— Var. Dongila — Grand bananier donnant d’immenses
régimes et d’un fort rendement dans les terres riches
(comestible).
— Var. Dombe. — De taille moyenne, donnant des fruits
d’excellente qualité (comestible).
— Var. Kanga nmssi. — Grand bananier ne donnant qu’une
ou deux mains par régime. Fruits très grands et très
bons (comestible).
— Var. Kikubi. — Bonne var. à fruits petits, mais de bon
goût (comestible).
— Var. Kiela moko. — Bananier à mains ouvertes. Fruits
de bonne qualité mais peu nombreux (comestible).
— Var. Kinwunga. — Taille moyenne. Fruits de bonne
qualité; dans les mains inférieures les fruits sont
grands; ils diminuent progressivement dans les autres
(comestible).
— Var. Makela. — Taille moyenne. Régime bien fourni ; à
fruits moyens de bonne qualité (comestible).
— Var. Mazinga. — Excellente variété d’un bon rendement.
Le régime est en tire-bouchon (comestible) (2).
— Var. Myela-fuku. — Bananier assez grand. Régime de 2 ou
3 mains, donnant 5 à 10 fruits chacune. Bonne qualité
(comestible).
— Var. N'sisi. — De taille relativement petite ; produisant
de grands régimes. Croissance lente (comestible).
(1) Cf. J- Gillet, ouvragé cité.
(2) Voyez à ce sujet, É. De Wildeman.— Notices sur des plantes utiles ou
intéressantes de la flore du Congo, I (1903) p. 114.

P L A N T E S C U L T IV É E S EN A F R IQ U E T R O P IC A L E

245

Musa paradisiaca. Var. N'zaô. — De grande taille ; donnant de
6 à 12 fruits très grands et des plus estimés (comestible).
— Var. Ponge inene. — Bananier à lige marquée de rouge.
Régime moyen, à fruits très grands et très appréciés
(comestible).
— Var. Pongo lia. — Tige rouge-sang. Comme rapport et
qualité c’est une des meilleures variétés (comestible).
— Var. Sakala. — Bonne variété d’un bon rendement;
régime bien fourni. Fruits très bons (comestible).
— Var. sanguinea Welw. — Bananier à feuilles rouges. —
Plante très ornementale ; fruit fade et mucilagineux
(comestible).
— Var. Twele-tafuta. — Bananier mamelle. — De taille
moyenne. Fruits gros et courts de bonne qualité (comes­
tible).
— Var. Vokolo. — De petite taille. Convient pour les endroits
où régnent de grands vents. Fruit de bonne qualité
(comestible).
— Var. Zingano. — Bananier relativement grand. — Régime
peu fourni, fruits excellents (comestible).
— Var..........— Bananier du Kasai. — De forte taille, d’un
bon rendement el à fruits très estimés (comestible).
— Var. argentea. — Bananier d’argent. — De grande taille,
à feuilles argentées en dessous. Fruits se conservant
bien et de qualité supérieure. Introduit ? (comestible).
— Var. Palaia. — D’assez petite taille. Régimes assez fournis.
Fruits petits, farineux, sucrés, très succulents (comes­
tible).
Musa Dgbowski. — Bananier fétiche. - Plante ornementale. —
Existerait au Kasai (non comestible).
Musa sapientum. — Petite banane,
— Var. Matiba siduelo. — Figue banane. — Feuilles tache­
tées de noir. Régime moyen ; fruits petits et très sucrés
(comestible).
— Var. Matiba inene. — Figue banane à gros fruits. —
Feuilles tachetées de noir. Régime vigoureux ; fruits
gros, aqueux et se fendillant (comestible).
Ann. du Musée col. de Marseille. — 2« série. 7* vol. 1909.

16

�H. DE WILDEMAN
246
Il ne nous serait pas possible d’établir ici une énumération
complète des variétés cultivées par l’indigène, beaucoup plus
nombreuses que le croyait Grenfell, et, à plus forte raison,
d’affirmer la synonymie des dénominations accordées aux plantes
fruitières cultivées (1).
Dans la Mission Laurent (2) nous avions aussi attiré l’attention
sur la série de variétés de bananiers qui existent au Congo et au
sujet desquelles on possède si peu de renseignements. Nous y
signalions un bananier trouvé à Nouvelle-Anvers et qui semble
se rapporter au M. paradisiaca ; il se fait remarquer par les
feuilles rosées à la face inférieure et rayées de vert sombre, vert
clair, blanc et rose. Nous y signalions aussi le Musa, désigné à
l’Équateur sous le nom de « Pambi », autre forme du M. para­
disiaca (pl. CXXX1I), d,ont les mains possèdent neuf bananes
et rappelant celle que le professeur Schumann avait désignée,
d’après Pecbuel-Loesche, sous le nom de banana gigantea.
Nous insistions à ce propos sur le peu de valeur du caractère
tiré du nombre de côtes du fruit, variant de trois à cinq dans les
fruits d’une même main.
Il y a, comme on le voit, dans l’étude de ces races locales,
toute une série de lacunes à combler et des enquêtes judicieuses
sur les races cultivées par l’indigène pourraient avoir le grand
avantage de faire cultiver des variétés plus productives ou d’ob­
tenir par sélection des races de mieux en mieux appropriées aux
diverses régions.
(1) Dans la zone congolaise traversée par l’explorateur Chevalier dans sa
« Mission Congo-Chari-Tchad », nous trouvons citées parmi les variétés du
M. paradisiaca cultivées par les Boudjas.
Zimbala-Beuxa.— Tronc de 3 à 4 mètres, à gaines des feuilles noires. A régime
pouvant peser 40 kilogrammes.
Ndou. — Tronc de 3 à 4 mètres, à gaines d’un vert glauque, à pétiole liseré de
roux. Banane de 15 à 20 centimètres. Régimes de 2 mètres, pesant
30 à 40 kilogrammes.
Le nombre des variétés cultivées y serait illimité et l’indigène cultive en
mélange plusieurs variétés. Dans la forêt de Brazzaville il existerait, outre le
bananier à feuilles pourpres (qui, d’après Chevalier, ne donnerait jamais de
fruits), uue variété à feuilles et tronc rouges donnant de petites bananes
sucrées.
(2) É. De Wildeman. — Mission Laurent, vol. I, p. 376, pl. CXXXII.

247
Des enquêtes de ce genre ont été entreprises en Afrique alle­
mande (West-Usambara) sans grands résultats il est vrai, elles
méritent d’être reprises ailleurs (1).
Les bananiers ont encore d’autres usages en Afrique. Une
bière douce et plus ou moins inoffensive est fabriquée à l’aide
des grosses bananes ou plantains par les Mangbetu, les Ababua
du Congo septentrional, et probablement par beaucoup d’indi­
gènes des tribus des forêts claires du Nord-Est. Dans la région
de Luluabourg, le Lieutenant-colonel Descamps a vu l’indi­
gène faire du savon noir avec les cendres des feuilles du
bananier et de l’huile de palme.
Les soldats blessés par des flèches tordaient la lige du bana­
nier au-dessus de la plaie, le suc étant considéré comme un
excellent remède pour hâter la guérison des blessures.
P lantes cu ltiv ées en a brique tr o pic a l e

Elaeis

Il est certain que l’indigène connaissait, avant l'arrivée du
blanc, l’usage de l’huile de palme, produite par une plante
indiscutablement indigène à l’Afrique, 1Elaeis guineensis. Il
savait que l’on peut faire à l’aide de la sève de ce palmier une
liqueur fermentescible alcoolique et que le bourgeon terminal
constitue un légume très apprécié.
L'Elaeis est très répandu au Congo et devient dans certaines
zones l’arbre caractéristique; sa distribution naturelle est diffi­
cile à établir exactement, car de nos jours la culture s’étend
fortement, l’indigène trouvant dans cette culture une source de
richesse.
C’est ce qui a même fait dire par certains explorateurs que la
culture des palmiers, pour leur huile, leurs noix, leur vin, leurs
fibres amène, par exemple, chez les Mangbetu, Mangbellet et
Mobadi, l’aisance, sinon la richesse, qui caractérise leurs
villages.
(1) Vo3'ez à ce sujet, entre autres : E. De Wildeman. — Notices sur des
plantes utiles ou intéressantes de la Flore du Congo, 1 (1903), p. 109 etsuiv.

�E. DE WILDEMÀN
248
D’après M. G. Giraud (1), c’est par la présence de nombreux
Elaeis que les villages Yakoma seraient particulièrement privi­
légiés en comparaison de ceux de la région de Bangui à Mobaye,
d’immenses îles sont transformées dans ce pays en palmeraies de
grande richesse.
Dans le Mayombe, YElaeis paraît être largement répandu, on
n’a signalé encore dans celte région qu’une seule forme de cette
plante (2).
Dans la région des Warundi, dans l’est du Congo, dans le voi­
sinage de la Ruzizi et du Ivivu, les indigènes tout en consom­
mant l’huile d'Elaeis, ne posséderaient pas de palmiers chez eux,
ils la font venir d’une région située plus au Nord où il existe en
effet de vastes palmeraies. Dans certaines régions en dehors du
centre du Congo, dans les steppes du Kasai, ce palmier est le
seul arbre capable de fournir au noir, outre la graisse nécessaire
à sa subsistance, la matière première pour son chaulTage, c'est
avec les vieilles feuilles de YElaeis qu’il fait son leu, d’après les
observations recueillies par M. Sapin. Les Elaeis ainsi privés de
leurs feuilles présentent un aspect tout à fait caractéristique.
Les indigènes ne peuvent guère se passer de YElaeis t pour
d’autres raisons encore ; avec l’huile qu’ils extraient des fruits,
ils se frottent le corps pour s’assouplir ou pour se barioler
de couleurs variées et c’est en cas d’absolue nécessité qu’ils
s’adressent à d’autres essences oléagineuses pour remplacer la
graisse d'Elaeis, soit à l’arachide et au sésame, pour l’alimen­
tation et la toilette, soit au ricin, pour la toilette, soit à l'une ou
l’autre plante indigène de moindre importance.
Souvent même l'indigène est arrivé à préparer à l’aide de cette
huile un véritable savon (4).
C’est encore à l’aide des palmes de YElaeis que l’indigène
tresse ses paniers ou « inoutetes » dans lesquels il transporte
facilement sur la tête des charges souvent assez considérables;
(1) De l'Atlantique au Nil. — in Revue coloniale, Paris, avril 1909, p. 237
et suiv.
(2) Gilmont. — Congo belge, I, p. 6 bis et Cyr. Van Overbergh. Mayombe p.97.
(3) De Renette in Van Ovcrbergh. Mungbelu, p. 06.
(4) Voyez Cyr.Van Overbergh. Mangbeiu, p. 127 et suiv.

249
parfois encore, les rachis servent dans la construction de ses
huttes.
Pendant ses voyages le Lieutenant-colonel Descamps a ren­
contré ce palmier cultivé partout de Lusambo au Lomami vers
8° 34. S. Du Lomami au Katanga par le lac Kinda on ne l’aper­
çoit plus mais on le retrouve sur les bords du Lualaba, en aval
de l’embouchure du Lubudi (800 mètres).
Les indigènes Babondo, des environs des sources du Lomami
se sont plaints que leurs Elaeis produisent peu, ils sont deux fois
plus hauts que YElaeis existant au nord du Moero et au nord du
Tanganika ; celui-ci serait très fructifère. Du Zambèze au nord
du Tanganika, YElaeis serait inconnu.
Dans les régions de l’Est, la sève du palmier ne serait pas
exploitée pour la préparation d’une boisson comme à Luebo,
Luluabourg, Lusambo, où l’arbre atteint une hauteur intermé­
diaire entre celle des Elaeis des lacs et du Haut-Lomami.
Il existe donc plusieurs vaiiétés d'Elaeis au Congo, comme le
prouvent également les données du frère J. Gillet, S. J. de Kisantu
et les indications de la « Mission Laurent » qui signalent au
Congo, dans la seule région d’Eala, trois variétés ; l’une Elaeis
ordinaire, la seconde Elaeis à fruit verts, la troisième Elaeis à
fruits verts jaunâtres. Malheureusement aucun élément de déter­
mination scientifique ou économique ne nous a permis d’essayer
de rapporter ces variétés à l’une ou l’autre des variétés signalées
dans les colonies voisines. Nous ne pouvons donc insister sur la
valeur économique de leurs huiles, probablement très différente.
C’est ce qui nous faisait dire dans « Les matières grasses »(1).
«Mais dans toutes ces régions (de l’Afrique Occidentale) on a
observé des variétés différentes, non seulement par l’aspect des
fruits, mais encore pour la teneur en huile, très mal connues au
point de vue scientifique comme au point de vue économique, et
nous ajoutions « ne serait-il pas très utile et très opportun de
provoquer sur la valeur des divers Elaeis une petite enquête qui,
menée scientifiquement et économiquement,pourrait donner des
résultats de grande valeur. »
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

(1) É. De Wildeman: A propos du palmier à huile, in Les Matières gras­
ses. Paris, 25 mai 1908, p. 1006.

�É. DE WILDEMAN
250
Peu de temps après celte note, l’intérêt que l’on a attaché à
cette plante est devenu plus grand encore, de nombreux tra­
vaux ont paru sur la question, nous ne pouvons nous appesantir
sur eux, mais d’après les études entreprises à Kew (1), rap­
portées dans le Bulletin du célèbre jardin botanique, et résu­
mant la question dans son état incomplet actuel, il résulte qu’il
existe en Afrique occidentale au moins trois formes d'Elaeis bien
définies.
Elaeis guineensis type.
— Var. macrospenna Welw., le Diholio de l’Angola.
— Var. microsperma Welw., le Disombe de l’Angola.
Existe-t il des rapports entre ces type et variétés et celles dési­
gnées par exemple au Dahomey : De kisudi, Degbakoum, Votchi,
et à la Côte d Ivoire : Adé-Quoi, Aquoi-Sram, Ade-Sram ?
Dans une étude de M. S. de Almeida (2), quatre variétés sont
signalées : Diholio ou Sloho, Dihusue, Disombe et Difumbe ;
leur différence réside, en partie, dans la consistance du tégument
de la graine, dur et résistant chez les Diholio et Dihusue, fragile
et cartilagineux chez les Difumbe et Disombe, et ensuite dans la
teneur en huile.
Pour 100 kilos de fruits :
Huile

Coconotes

Hoho..........
12.5 kilo
Sombe.. . . .. ... 30.ü ))
15.4 »
...
30.7
»
)
13.0 »
Fumbe.......
Déjà en 1895, M. Nordlinger avait attiré l’attention sur le
pourcentage différent de l’huile contenue dans les noix de
palme (3) et M. Adam a, à ce sujet, donné dans le Bulletin du
Jardin colonial de Nogent-sur-Marne (4) des tableaux dans les(1) Yarieties of the Oit Palm in West-Africa in Bull, of Miscellaneous information, n°2, 1909, où l’on trouvera d'ailleurs la bibliographie complète parmi
laquelle le remarquable travail de M. Adam, paraissant dans le Bulletin du
Jardin colonial de Nogent-sur-Marne.
(2) Noticia sobre a pulmeira do Dendem e suas variedades, Lisboâ 1906.
(3) Cf. Zeitschrift für algem. Cliemie. 1895, p. 19.
(4) Adam in L’Agriculture pratique des pays chauds, 1909, n° 74, p. 399
et suiv.

251
quels on voit, par exemple, que la richesse en huile varie pour
les Elaeis du Dahomey, de la Côte d’ivoire, de la Guinée et du
Sénégal (en p. c. du fruit) de 14.3 (Mellacorée) à 47.1 (var. Vot­
chi du Dahomey).
On pourrait probablement, parmi les nombreuses variétés
dénommées et reconnues par les indigènes des diverses régions
de l’Afrique occidentale, distinguer d’autres variétés. Peut-être
la variété Disombe de l’Angola est-elle identique à celle connue
sous le nom de Sombe ou Nsombe dans la région de Kisantu
(Bas Congo belge).
La multiplication de ce palmier mérite d’être largement faite.
Les Gouvernements ont tout intérêt à l’encourager. Il y a là une
source sérieuse de bénéfices tant pour l’indigène que pour la
métropole, on a tort de ne pas accorder à cette plante l’impor­
tance à laquelle elle a droit. Comme M. Bruel le faisait remar­
quer encore récemment, on verse trop dans l’erreur de ne consi­
dérer dans la valeur des colonies que les produits riches, car
« le commerce moderne cherche non pas à gagner beaucoup sur
quelques rares marchandises, mais peu sur un grand nombre
d’articles (1). »
Prenons-y garde, ne faisons pas dans notre colonie de la
monoculture, nous y avons des ressources suffisantes pour
placer nos efforts sur diverses matières premières ; d’ailleurs,
rien ne s’oppose à l’extension de la culture du palmier Elaeis,
car peu de plantes sont aussi faciles à multiplier que cette
essence. « Pour tirer de cette culture tout ce qu’elle peut donner,
le blanc aura intérêt à intervenir; d’abord pour inciter l’in­
digène à augmenter ses plantations , et ensuite parce que
parmi ces palmiers il en existe de variétés différentes encore
mal connues au point de vue scientifique, mais pas équivalentes
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

(1) S. Bruel, — Le Congo français au point de vue économique Bull, de
l'Office coloniul, Paris 1909, n. 15 suppl.
Comparez également les nombreux essais suivis de succès faits sous l’im­
pulsion des gouvernements coloniaux et des particuliers français, par exemple
au Dahomey où M. Poisson a obtenu des résultats superbes (consultez à ce
sujet, le-; avis élogieux des Allemands in Verhandl. d. Kolonial Wirtschaft.
Komitee. Berlin 1909, n° 1 mai, p. 34 et suiv.).

�2,')2

É. DE WILDEMAN

au point de vue du rendement. Il faut donc chercher à établir où
se trouvent les meilleures variétés, comment on peut les recon­
naître, les indiquer, et montrer l’intérêt qui réside dans la
culture des plantes les plus productrices (1). »
Partout où il y a des Elaeis on en trouve de jeunes plants dans
la brousse, poussant sans soins, et il suffit de les transplanter,
ce que l’indigène fait généralement. Souvent même il entoure de
soins les jeunes pieds qui se sont développés dans les savanes
ou autour de son village et M. Sapin a vu dans la région du
Kasai, les indigènes recouvrir les jeunes plants d'un panier à
larges mailles pour éviter leur destruction par l’homme ou les
animaux.
Si l’indigène ne dispose pas de ces plants, il fait un trou de
25 centimètres de profondeur et y jette une dizaine de noix, mais
cela ne devrait pas suffire, il faudrait sélectionner avant de
planter.
Malheureusement la question est complexe et si le rendement
en huile varie d’après la variété, certains agronomes allemands
ont prétendu qu’il varierait aussi, ce qui n’aurait rien d’étonnant d’ailleurs, d’après la nature du sol, la culture ; d’un autre
côté certains essais encore trop peu probants sembleraient
démontrer que le semis ne peut être considéré comme donnant
indiscutablement des plantes jouissant des propriétés de la
plante mère.
Citons à titre d’exemple de l’importance de l'Elaeis dans le
commerce des métropoles, les importations des produits de ce
palmier en Allemagne en 1907 (origine des colonies de l’Empire).
Togo............................ Mks. 861.981
Cameroun....................
2.957.985
Total.................. Mks. 3.819.966

Soit donc près de 4.000.000 de marks.

(1) É. De Wildeinan.— Ressources végétales du Congo, et E. De W ildeman.—
A propos du palmier à huile et à propos d'Elaeis in Les Matières grasses.
Paris, 1908, p. 1006 et 1117. — Consultez à ce propos : cf. J. de Almcida. —
« Noticia sobre a palmeira do Dendein e suas variedades b, cité plus haut ;
« Varieties of the Oil Palm in West Africa » et « The Economie aspects of the
Oil Palm » in. Bull. Miscel. inform. Kcw 1909, dans lequel on trouvera une
littérature plus étendue sur le sujet.

253
Les dernières statistiques publiées relativement au commerce
de l’huile de palme et de noix de palme par l’État du Congo,
donnent pour le commerce spécial de 1907 les valeurs (1):
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

Huile de palme............. F. 1.508.358 91
Noix de palme.............. 2.088.872 »
Total.................... F. 3.597.230 91

Comme élément de comparaison signalons ici les exportations
des produits d'Elaeis pour le Congo français 1906 et pour l’An­
gola (1904).

E xportation des pr o d u it s de l ’E laeis
Congo français
. Angola
1906
1904

Noix de palm e.......... 422.367 kit.
Huile de palm e. ... 91.257 »
Total......... 513.624 kil.
(1) Les statistiques générales donnent:

100.477 fr.
83.487 »
133.964 fr.

Huile dk palme :

1.123.000kil.
82.000 »
1.205.000kil.

Quantités

Kilos
Valeur
2.051.461 1.507.826 04
725 _____ 532 87
2.052.189
1.508.35891
151.560
111.396 60
7.518
• 5.525 73
156.849
115.28402
2.368.116
1.740.56526

État du Congo (Bas-Congo)............................................
»
(Haut-Congo) .........................................
Total du commerce spécial...................
Possessions portugaises (bassin du Chiloango)...........
u
(côte m aritim e).....................
»
(rive gauche du Congo).. ..
Total du commerce général..................
Noix PALMISTES :
État du Congo (Bas-Congo)............................................. 5.222.180 2.088.872 »
»(Haut-Congo)........................................................
» _________ _»
Total du commerce spécial................. 5 222.180 2.088.872 b
Possessions françaises (côte maritime)................ ...
22.293
8.917 20
b
portugaises (bassin du Chiloango)......... 878.263 351.305 20
»
»
(côte m aritim e)...................
34.516
13.806 40
»
b
[rive gauche du Congo).... 148.009
59 203 60
Total du commerce général.................. 6.305 261 2.522.104 40
Il est indiscutable qu’au Congo belge, comme dans toute l’Afrique occi­
dentale de grandes quantités de matières grasses sont perdues, tant par suite
d’une préparation défectueuse que par l’abandon de matières premières.
Les statistiques pour 1908 ont paru pendant 1impression de ce travail, nous
les donnerons en annexe à ces notes.

�E. DE WILDEMAN
254
La valeur de l’exportation du Congo français est donc de beau­
coup inférieure à celle du Congo belge qui, pour la même année
1906, a exporté pour 2.665.449 fr. 80 de produits d’Elcieis (com­
merce spécial) (1).

255
Cette importance de la culture a fait récemment voter au sein
du Comité colonial allemand un vœu par lequel le comité s’en­
gage à favoriser l’extension de VElaeis par l’apport de graines,
par la publication de conseils et, d'après les résultats obtenus,
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

(1) A titre documentaire on peut ajouter ici les statistiques de l’exportation
de l'huile et de noix de palme pour les autres régions de l’Afrique occiden­
tale (française, anglaise, allemande).
Huile de Palme
C o l o n ie s

1904

1905

T o t a u x ..........

68 27.400
5.839 2.452.800
8 368 3.765.800
152 75.800
14.-137 6.321 800

C o l o n ie s

1904

f r a n ç a is e s

1906

23
9 100
86 36.600
107 43.000
3.281 1.146.800 4-857 1.721.900 5.662 1.949.500
5.637 2.395.800 6.378 1.715.700 7.835 3.427.200
159 66 9 0
91 33.100
»
D
9.100 3.618.600 11.412 4.505.300 13.604 5.419.700

f r a n ç a is e s

1905

otaux

1904
1906

o tau x

C o l o n ie s

1904

Tonnes Marks
Togo......................
Cameroun ... .......
T o t a u x ............

939 367.084
2.462 814.092
3.401 1.181.176

18 524 1.408 27.744 2.310 51.154
88.359 8.036 125.008 7.000 119.468
179.006
678.844 60.122 1 001.648 68 750 1.313.960
964.733 69.122 1.154.400 78 060 1.484.582

Tonnes Marks
425
2.606
3.031

179
1 132
Gambie...................
Sierra-Leone......... 25.101 213.731
Côte-d’Or ............. 9.957 86.586
59.318 579.343
Nigérie méridion1®. 70.500 597 953
165.055 1.478.745
I . f l g O S ..............................

151.106
793.884
944.990

1906

Tonnes

Marks

469 180.799
1.983 926.997
3.452 1.107.796

1904

1907

Tonnes

Tonnes Marks
998 417.998
3.560 1.328.299
4.558 1.746.297

1906

1907

342
3.657
2 122
256
227
1.612
28.155 269.355 30.373 330.427 34 942 447.801
9.041 78.625 9 355 80 834 9.753 101 822
45.177 491.044 ^113.347 1 193.939 133.630 1.658.292
63.645 599.010
141.245 1.449.646 153.331 1.607.322 178.669 2.211.572

C o l o n ie s

allem an des

1905

1905

Tonnes Liv. st. Tonnes Liv. st. Tonnes Liv. st. Tonnes Liv. st.

1907

Tonnes Liv. st. Tonnes Liv. st Tonnes Liv. st. Tonnes Liv. st.
Sierra-Leone.........
90 i 16.245 1.000
Côte-d’O r.............. 8.664 128.752 5.947
Lagos..................... 10.100 219.114 9.000
Nigérie méridion1*. 43.800 718.056 38.000
62.568 1.074.167 53.947
T
.............

a n g l a is e s

a n g l a is e s

1905

1904

1907

Sénégal ...................
903 144.000
903 162.600 1.046 200 600 1.431 332.400
Guinée..................... 2.856 571.000 2.810 562 000 2.931 586.100 3.694 738.900
3.666 572.2C0 3.169 552.000 3.217 546 800 3.351 571.700
Côte d’ivoire.
Dahomey................ 25.997 5.459.400 17.480 3.933.000 18.835 4.237 800 18.811 4.673.100
»
»
442 100.500
691 172.700
667 152.000
Congo......................
T
.............
34.113 4.919.400 25.029 5.361.600 26.471 5.671.800 27.287 6.316.100
C o l o n ie s

C o l o n ie s

1906

Tonnes Francs Tonnes Francs Tonnes Francs Tonnes Francs

1907

Tonnes Francs Tonnes Francs Tonnes Francs Ton nés Francs
Guinée...................
Côte d’ivoire.........
Dahomey..............
Congo....................

Noix de Palme

Togo........................
T o t a u x .............

allem an d es

1905

Marks Tonnes

1906

1907

Marks Tonnes Marks Tonnes Marks

5.658 991.614 3.200 605.865 3.434 681.184 4.346 981.418
7.862 1.333.055 9.518 1.664.739 10.441 2.030.988 13.188 2.853.859
13.720 2.325.669 12.718 2.270.604 13.875 2.712.172 17.534 2.835.277

�É. DE WILDEMAN
256
par l'envoi de machines permettant l’extraction rationnelle de
l’huile et l’utilisation despioduits de VElaeis, non seulement en
Afrique occidentale niais encore en Afrique orientale alle­
mande (1). C’est donc en partie réaliser la demande que nous
rappelions plus haut, et c’est d’ailleurs dans le même ordre
d’idées que le directeur des jardins de Kew proposa d’adresser
aux autorités coloniales locales le questionnaire suivant, alin
d’obtenir des réponses permettant une élude plus approfondie de
cette question.
1° Quels sont les avantages que les commerçants peuvent trouver
dans la production du palmier 5 huile.
2° Un palmier à huile, à graines à écorce tendre est-il connu dans
la région.
3° Les facilités de communications sans cesse croissantes ontelles augmenté la quantité d’huile exportée pendant ces
dernières années?
4° Quelle a été l’action des progrès dans les méthodes d’extrac­
tion sur la qualité de l’huile.
5° La qualité de l’huile compense-t-elle la plus petite quantité
produite par les fruits.
6° Distribution et abondance des variétés locales.
7° Le degré d’humidité nécessaire dans le sol pour amener le
rendement maximum.
8° Essayer de déterminer les régions où celte condition d’humi­
dité du sol existe.
9° Pendant combien d’années le palmier à huile maintient-il son
rendement.
Puissent les décisions du Comité colonial allemand, les efforts
des Gouvernements coloniaux anglais et des jardins botaniques
de Kew être pris en considération par tous les Gouvernements
de l’Afrique tropicale occidentale, il y a pour eux dans l’exploi­
tation rationnelle de ce palmier un devoir envers le noir placé
sous leur protection, et une source considérable de bénéfices.
(1) Voyez Verhandl. Kol. Wirtsch. Komitee. — Berlin, 1901 nn 1, mai p. 41.
Les résultats d’une mission spèciale de ce Comité confiée au Dr Soskin, ont
été publiés dans les suppléments du Tropenpflanzer de Berlin, voyez aussi les
Verhandl,n° 1, 1909, p. 34 et suiv.

257
L’usage trop fréquent par les indigènes des palmiers Elaeis
pour la préparation d’un vin ou pour la production d’un légume,
est néfaste pour l’avenir de la production de la matière grasse, si
même il n’est pas déjà néfaste pour l’indigène lui-même qui se
grise volontiers et fréquemment avec cette liqueur.
La sève du palmier plus ou moins laiteuse, peu alcoolique à
l’état frais, devient par la fermentation très riche en alcool.
Consommé dans toutes les régions congolaises où YElaeis existe,
sous le nom de Malafu, ce liquide est à l étal frais, agréable à boire,
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

(1) Les chiffres ci-dessous donnent les exportations du Congo belge d’après
lesquelles on peut déduire que les facilités de transport ont, entre autres,
rendu plus considérable le trafic de ces matières.
Huile de Palme
ANNÉES
f &lt;r juillet 1 8 8 6 ..........
30 juin 1 8 87.............
1 8 87..............................
18 8 8 ..............................
1 8 89..............................
18 90..............................
1 8 9 1 ..............................
1892..............................
1 8 93..............................
1 8 9 4 ..............................
1895 ............................
18 9 6 ..............................
1 8 9 7 ..............................
1898 ............................
1 8 99..............................
19 00..............................
1 9 0 1 ..............................
19 0 2 ..............................
1 9 0 3 ..............................
19 04..............................
19 0 5 ..............................
1 9 06______________
1 9 07..............................

COMMERCE SPÉCIAL

C o m m e r c e GÉNÉRAL

K ilo s

F ra n c s

K ilo s

7 3 8.426

332.291 70

1 .3 2 8 .2 9 8

597.734 10

1 .0 2 8 .0 2 2
1 .0 3 3 612
1 .3 4 4 .9 8 5
2 .3 0 3 926
1 .5 7 3 .1 9 1
90 6 .2 9 5
1 .2 6 7 .4 5 2
1 7 1 0.306
1 .7 9 9 .3 4 4
1 .4 8 1 .7 9 4
1 .2 5 0 .3 9 7
1 .4 1 8 .8 7 1
1 .4 6 9 .0 2 2
1 .6 2 6 .6 0 1
1 .4 9 9 .8 9 7
1 .7 7 7 .2 9 3
1 .6 4 6 .4 3 4
1 .7 8 3 .9 8 3
1 .9 2 2 .3 2 4
1 .9 9 4 .6 8
2 .0 5 2 .1 8 0

462.609 90
465.125 40
505.243 25
1 .1 5 1 .9 6 3 »
849 523 68
432.302 71
614 114 60
889.259 12
9 3 5 .6 5 8 .8 8
770 532 88
650 206 44
6 6 9.869 37
734.511 b
8 1 3.300 50
80 2 .4 4 4 80
950.851 75
9 7 1 .9 8 6 06
1 .0 5 1 -5 4 9 97
1 .1 5 3 .3 9 4 40
1 .1 9 6 .7 7 6 80
1 .5 0 8 .3 5 8 91

1 .7 8 0 .6 7 4
1 .7 7 7 .4 5 2
2 .1 8 2 159
3 .1 2 7 .5 1 2
2 .2 7 2 .1 1 1
1 .1 9 4 .1 8 9
1.5 2 4 .3 3 3
2 007 260
1 .99 3 437
1 712.377
1 334.870
1 .6 4 5 .6 7 4
1 6 6 8 .M 5
1 .9 1 0 .9 3 8
1 .7 3 4 .6 7 5
1 .9 5 6 .6 2 7
1 .8 4 8 .0 9 2
2 .0 1 8 .9 9 6
2 .3 6 4 .0 4 8
2 .3 0 1 .4 7 3
2 .3 6 8 .1 1 6

801 393 30
799 808 40
981.071 55
1 .5 6 3 .7 5 6 »
1 226.939 94
5 6 9.628 15
727.106 84
1 .0 4 3 .7 7 5 20
1 .03 6 587 24
890.436 04
695.133 40
7 7 3.400 78
834.257 50
95 5 .4 6 9 »
928.051 12
1 .0 4 8 .7 9 5 44
1 0 9 0 .3 7 4 28
1 .1 9 1 .2 0 7 64
1 4 1 8.428 80
1 .3 8 0 .8 8 3 80
1 .7 4 0 .5 6 5 26

F ra n c s

�258

E. DE WILDE MAN
Noix palmistes
ANNÉES

1" juillet 1881)..........
30 juia 1887............
1887.............................
1888.............................
1889.............................
1890.............................
1891.............................
1892.............................
1893.............................
1 8 9 4 ............................
1893.............................
1896.............................
1897.............................
1898................... ..
1899.............................
1900.............................
1901...........................
1902.............................
1903.............................
1904.............................
1905.............................
1906.............................
1907.............................

Com m erce

F ra n c s

K ilo s

K ilo s

4 2 7.505 20

2 .1 3 7 .5 2 6
2 903.886
3 .7 7 3 .P 5 7
4 518.136
6 .5 2 9 .6 7 9
4 .7 1 4 763
3 .0 6 4 .7 4 7
4 .0 5 5 .4 2 2
5 .3 3 1 .8 8 0
4 .9 7 1 .5 9 4
4 .5 9 4 .4 2 0
4 .3 9 5 .5 1 6
4 .7 3 9 -8 8 5
4 .7 0 3 .3 2 0
4 .8 8 4 .4 8 2
4 224 589
5 .2 1 2 .1 4 9
4 .9 5 7 .6 3 5
4 .5 9 5 .5 7 3
5 .0 4 6 .9 8 2
4 .8 9 5 .5 7 0
5 222.180

Com m erce

s p é c ia l

590.781
75 4.791
903.627
1 .7 6 2 .0 6 7
1 .3 2 0 .1 3 3
6 7 7.309
8 9 6.248
1 .3 3 2 .9 7 0
1 .2 4 2 .8 9 8
1 .1 4 3 .6 0 5
1 0 9 8.879
1 .2 7 9 768
1 .2 9 3 .4 1 3
1 .31 8 810
1 .37 2 991
1 .6 9 3 .9 4 8
1 487.290
1 .3 7 8 671
1 .5 1 4 .0 8 8
1 .4 6 8 .6 7 1
2 .0 8 8 .8 7 2

20
40
20
33
64
09
26
»

50
»
»
95
»
14
42
48
50
90
60
»
»

3 .5 6 8 .2 1 8
4 .8 6 1 .3 8 6
5 .9 7 3 .6 4 2
6 .5 4 6 .8 3 3
9 .1 2 8 .2 2 0
6 .6 5 8 .4 0 1
3 .7 9 9 .0 9 4
4.4 2 4 .2 8 1
5 .9 4 3 .6 3 7
5 .3 2 5 .3 0 8
5 .1 3 4 .9 2 4
4 .8 0 0 .8 8 5
5 .6 0 6 619
5 .6 4 9 .1 7 7
6 .0 0 2 .2 9 5
5 .1 6 4 126
6 .0 7 8 .1 0 8
5 .9 0 9 .9 0 0
5 .6 0 1 .7 5 6
6 .2 9 2 .2 0 9
5 .9 1 7 .5 5 0
6 .3 0 5 .2 6 1

général

F ra n c s
713.643 60
972.281
1 .1 9 4 .6 0 8
1 .3 0 9 .3 6 6
2 .4 6 4 .6 1 9
1 .8 6 4 .3 5 2
8 3 9 .5 9 9
*197.766
1 .4 8 3 .6 5 9
1.331 327
1 .2 8 3 .7 3 1
1 .2 0 0 .2 2 1
1 .5 1 3 .7 8 7
1 .5 3 3 .5 2 3
1 .6 2 0 619
1 .6 7 8 .3 4 0
97 5 .3 8 5
1 .7 7 2 .9 7 0
1 .6 8 0 .5 2 6
1 .8 5 7 .6 6 2
1 .7 7 5 .2 6 7
2 5 2 3 .1 0 4

20
40
60
40
28
77
10
25
»
»
25
»
67
65
95
10
»
80
70
70
40

Valeur totale de l’Exportation

Commerce

188:............. ........... F. 1.053.391 70
1888 ........... ...........
1 219.916 80
18S9............. ...........
1.508.87045
1890 ............. ...........
2.915.030 33
1891............. .........
2.169.657 32
1892 ______ .........
1.109.661 80
1893 ............. ...........
1.510.362 86
1894 ............. ...........
2.222.329 12
1895 ............. ...........
2.178.557 38
1896 ............. ...........
1.914.13788
1897 ............. ...........
1.749.085 44

spécial

259
mais fermenté et conservé quelque temps en vase clos, il peut
être vraiment considéré comme toxique.
Les alcools sont malheureusement très estimés par le noir et
quand il n’a pas à sa disposition des alcools d’importation, il
arrive à en obtenir à l’aide de la plupart des fruits et sait même
le distiller malgré les défenses du Gouvernement.
Si on peut dire, en général, que le noir sait vivre de peu, il
n’est pas sobre quand il a, à sa disposition, des boissons alcoo­
liques, et dans certaines régions, des négociants peu scrupuleux
ont fréquemment exploité cet amour malheureux de la race
nègre pour l’alcool.
L’indigène demande de l’alcool non seulement à YElaeis et à
d’autres fruits de la forêt : bananes, éleusine, mais encore à
d’autres palmiers, tels les nombreux représentants du genre
Raphia ou palmiers bambous, comme on les dénomme assez im­
proprement au Congo. Ceux-ci lui fournissent non seulement
par la pulpe de leurs fruits une matière comestible souvent plus
estimée que le beurre de palme, mais aussi des vins plus ou
moins alcooliques, suivant l’étal de fermentation, des bois poul­
ies constructions et divers usages quotidiens, des fibres pour la
confection de nattes, pagnes, etc.
Les feuilles de ces palmiers sont également entrées dans l’usage
courant, de même que le bourgeon terminal qui sert de légume,
comme celui de YElaeis.
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

1898......................... F. 1.949.638 32
1899............... ..........
2.027.924 00
1900...............
1901...............
9. 644 RDI) 17
1902.............
1903...............
1904...............
2 431 221 07
1905............... .........
2.667.483 80
1906.............. .........
2.665 447 80
1907...............

M anihot (1)

Un des groupes de plantes vivrières sur lequel l’attention s’est
surtout portée dans ces dernières années, c’est celui des Manihot
qui fournissent le manioc, c’est-à-dire les racines tubéreuses de
plusieurs espèces de ce genre américain appartenant à la grande
famille des Euphorbiacées.
Le manioc aurait été introduit de l’Amérique parles Portugais
vers 1600 ; ces tubercules sont en tous cas devenus la nourriture
principale des indigènes de presque tout le Congo central et
(1) Cf. H. Jumelle. Les plantes à tubercules alimentaires, p. 94. (Note ajoutée
pendant l’impression.

�E. DE WILDEMAN
260
occidental, comme d’ailleurs celle des noirs de beaucoup d’autres
régions africaines dans lesquelles ils pénétrèrent petit à petit et
arrivèrent même en lutte avec les graines de Sorghum ayant
constitué et constituant encore dans beaucoup de régions de
l’Afrique tropicale la base de l'alimentation du noir.
Lors de son arrivée parmi les Mangbetu, le D‘ G. Scliweinfurth
trouva partout le manioc en culture, mais sans que pour cela des
soins spéciaux lui fussent donnés.
C’est surtout dans les vallons que cette plante était cultivée,
mais à celte époque, sa racine était loin de former la base de la
nourriture des indigènes qui consommaient surtout la banane.
Dans la région des Bangala (1), le manioc est également
cultivé, il forme là avec le bananier la base de l’alimentation,
deux variétés s’y trouvent côte à côte, la variété amère appelée
Songo, la variété douce Mankeka.
Les procédés employés pour multiplier cette plante varient
considérablement. C’est ainsi que dans les vallées du Kasai, de
la Lulua, du Sankuru, du Lubi, le lieutenant-colonel Descamps,
a vu, pour planter le manioc, l’indigène rassembler la terre en
las ; d’autres fois il fait des plates-bandes assez longues, ou même
utilise le terrain tel qu'il se présente ; généralement il enfonce la
bouture horizontalement à peu de profondeur, il ne bouture pas
verticalement.
Ces boutures mesurent environ 15 centimètres de longueur et
sont enfoncées à 10 centimètres de profondeur. D’après certains
observateurs il convient de placer de préférence les boutures
en terrain sablonneux, au commencement de la saison des
pluies ou après la petite saison sèche ; en bouturant à la fin de la
saison des pluies, on risque que les racines ne soient pas assez
développées pour résister à la saison sèche. En plaçant la plante
en terrain humide, on expose les racines à pourrir et les tiges
à pousser trop vigoureusement au détriment des tubercules.
Souvent on conseille de ne pas faire la récolte avant quinze mois
et encore de récolter seulement les plus fortes racines. Un
champ de manioc peut être comparé à un grenier où l’on peut
(1) Cf. Cvr. Van Overbergh. Bangula, p. 97.

PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

261

aller puiser à volonté. Mais, ne l’oublions pas, la teneur
en acide cyanhydrique augmente avec l’àge.
Au lieu d’exploiter peu à peu les racines de manioc, les indi­
gènes du Sud du Tanganika rabattent parfois toutes les branches
quand les racines ont atteint leur développement et peu de temps
après, ils font toute la récolte en une fois.
Dans les pays exposés aux invasions des sauterelles, la culture
du manioc devrait, d’après certains observateurs, être forte­
ment encouragée et ce produit devrait même former la base de
l’alimentation avec les patates douces, car ces plantes souffrent
très peu des invasions des criquets.
C’est là, certes, un avantage du manioc, mais il y a, comme
nous le verrons, des désavantages nombreux à cette culture faite
en grand.
On considère, généralement, deux sortes de manioc: une le
Manihot utilissima à tubercules dits semi-vénéneux et amers;
l’autre, le Manihot palmata à tubercules doux dits non vénéneux
et considérés comme n’exigeant pas de lavage avant la consom­
mation. Il est bien prouvé actuellement que le principe amer n’a
aucun rapport avec la teneur en acide cyanhydrique,ce principe
en est totalement indépendant. La question de la spécification
du manioc est malheureusement beaucoup plus compliquée
que cela, on ne peut la résumer en quelques lignes ; la solu­
tion de cet important problème serait cependant d’un très grand
intérêt pour les colonies tropicales, elle demandera de nom­
breuses études auxquelles il conviendrait de s’atteler sans délai.
Les opinions des botanistes sont encore très partagées au point
de vue systématique : les uns réunissent maniocs doux et amer,
en une seule espèce, Manihot utilissima, ne formant pour la
variété à tubercules amers qu’une variété M. utilissima var. Aipi
Pohl (M. Aipi, M. dutce) d’autres rapportent cette plante à une
variété du M. palmata, sous le nom de variété Aipi.
Cette différenciation en maniocs doux et en maniocs amers,
qui paraît à première vue si nette, est malheureusement difficile
à traduire par des caractères extérieurs et de toutes les recher­
ches fragmentaires, qui ont été entreprises, on peut sans le
moindre doute conclure que la plupart des caractères proposés
Ann. du Musée col. de Marseille. — 2e série. 7* vol. 1909.

17

�É. DE WILDEMAN
262
n’ont pas de valeur constante ; c’est ainsi par exemple que les
caractères que M. Th. Peckholt (1) a essayé d’esquisser des
maniocs doux n’ont pas été retrouvés chez les races non véné­
neuses cultivées en Afrique orientale allemande et étudiées à
l’Institut d’Amani, par M. le Dr Zimmermann (2).
Il y a lieu d’ailleurs d’insister sur le fait qu’il existe entre les
variétés amères et les variétés douces, toute une série de formes
intermédiaires et que même des variétés dites douces peuvent
renfermer une quantité plus ou moins considérable d’acide
cyanhydrique.
Cet acide cyanhydrique n’existerait pas préformé dans la
plante, c’est par le dédoublement d’un glucoside sous l’action
d’enzymes spéciales qu’il se formerait. Ce glucoside du Manihot
a été dénommé en 1886 « Manihotoxine » par le chimiste alle­
mand Peckolt (3),
Les recherches faites par Carmody, Burkill, H. Cousins, etc.,
ont prouvé que la teneur en acide cyanhydrique varie d’après
la partie du tubercule ; dans les variétés dites douces, la teneur
en acide cyanhydrique est proportionnellement plus considé­
rable dans la partie corticale que dans le reste du tubercule,
pouvant atteindre 0,030 o/o, alors qu’elle atteint seulement
0,007 o/o dans la partie centrale ; chez les variétés amères,
Carmody trouve 0,024 o/o dans l’écorce et 0,023 o/o dans la
partie centrale. Cette teneur en acide cyanhydrique peut être
beaucoup plus faible et dans certains cas, par exemple chez
des formes de Manihot de Colombie, elle peut tomber, mais
rarement, à 0,0009 o/o.
Le professeur Carmody analysant des maniocs de Trinidad
y trouva, chez les variétés douces, environ 0,010 et chez les
variétés amères 0.022 d’acide cyanhydrique. Des variétés de
cassave douce de Colombie analysées par M. H. Cousins ont
donné seulement une teneur en cet acide de 0,001 à 0,008, des
cassaves amères ont donné 0,036 à 0,077 d’acide cyanhydrique.

263
Il est facile de concevoir que les conditions de la culture
doivent influencer sur la teneur en acide prussique; Burkill (1)
a observé que des plants de manioc doux cultivés d’abord
dans un terrain rocailleux et mouvementé devenaient amers
quand ils étaient transplantés dans un terrain plus bas ou dans
les plaines. M. Zimmermann rapporte également une observation
d’un indigène de la région d’Amani, qui prétend qu’une variété
donnant des tubercules doux peut fournir des tubercules relati­
vement très chargés d’acide prussique, quand la température est
pendant longtemps élevée et que l’air est sec.
D’un autre côté, nous l’avons dit, la teneur en acide augmente
avec l’âge.
D’après M. H. Cousins, quatorze variétés de cassave, consi­
dérées comme non vénéneuses en Colombie, ont donné à
l’analyse, après un an de culture dans les plaines de Liguanea
(Colombie), en moyenne 0,0034 o/o d’acide. Après quatre ans de
culture dans la même région, la proportion d’acide atteignait
0,0124 o/o, soit quatre fois autant. Par contre, des rapports
publiés à Trinidad, prétendent que des résidents en Colombie,
ayant importé des maniocs amers de Jamaïque, en ont obtenu
des maniocs doux.
Aux États-Unis, des essais ont été laits à Biloni (Mississipi) et
à Miami (Floride) ; trente-neuf variétés ont été expérimentées
dans la première de ces stations, vingt-huit à Miami. A Biloni
les variétés cultivées étaient originaires de Porto-Rico, de
Jamaïque et de Floride ; à Miami toutes étaient originaires de
Jamaïque.
De ces expériences on a pu conclure qu’aucune des variétés
introduites n’a donné à l’analyse un pourcentage aussi faible
d’acide C3ranliydrique que le « Florida Sweet », qui contenait
0,002 o/o. Les « Pie de Perdiz » et « Cenaguen » contenaient en
moj'enne 0,003 o/o. Parmi les maniocs cultivés à Biloni, le
« Porto-Rico, White top » contenait le plus fort pourcentage

(1) Heil uud Nutzpflauzen Brasilien in Ber. dcr D. Pharmaz. Ges. 1906 Bd.
16. p. 22.
(2) In Der Pflunzer, vol. h . 1906, p. 259,
(3) Voyez à ce sujet Gresholï in Bull. Sc. pharm., Paris 1906, i, p. 589
et suiv.

(1) AgricuUural Ledger, 1904, n. 10. Voyez également au sujet de la teneur
en acide cyanhydrique et des conditions dans lesquelles cette teneur varie
chez les variétés : Colson et Chatcl. Culture et industrie du manioc, 1906,
p. 4 et suiv.

PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

�E. DE WILDEMAN
264
d’acide, soit 0,030 o/o, puis venait « Porto-Rico Amitié Grâce »
avec 0,028 o/o, ensuite « Mantera » et « Helada » de Jamaïque,
renfermant respectivement 0,026 à 0,022. A Miami le pourcen­
tage variait entre 0,0005 et 0,016 o/o, plus de la moitié des variétés
renfermaient au moins 0,002 pour o/o. Le «Mantera» qui, à
Beloni, titrait 0,026, titrait à Miami 0,006 o/o seulement d’acide
cyanhydrique.
Il y a donc là quelques expériences qui mériteraient d’être
poursuivies, il faudrait pouvoir rechercher quelles sont les
conditions de vie de la plante qui favorisent la production de cet
acide ou du corps cyanogénétique, naturellement sans rapports
avec l’amidon, qui existe surtout mais pas uniquement dans la
partie corticale.
Cela a une grande importance, car il y aura grand avantage à
produire pour les indigènes les variétés les plus pauvres en acide
cyanhydrique.
11 y a là toute une série de points d’interrogation et il y a place
pour des enquêtes dont les conclusions pourraient être particu­
lièrement utiles pour notre colonie. Nos voisins de l’Est ont
compris, depuis un certain temps, la grande importance de ces
questions, auxquelles on a chez nous attaché peu d’attention, et
des questionnaires envoyés dans certaines régions ont permis de
dresser des listes des variétés les plus généralement cultivées en
Afrique orientale allemande et de déterminer leurs caractères et
leurs propriétés (1).
11 serait également très utile et des plus intéressants, comme
nous l’avons demandé souvent, de chercher à faire une mono­
graphie des variétés de culture du Manihot utilissima, un essai
(1) A titre de document nous donnons ici la série des questions posées par
la Direction de l'Institut d’Amani ; ce questionnaire peut d’ailleurs servir pour
toutes les plantes cultivées par l’indigène dans les diverses régions de
l’Afrique tropicale :
1° Quelles sont les variétés de manioc cultivées ?
2" Par quels caractères extérieurs sont-elles reconnaissables les unes des
autres ?
3° Comment se comportent-elles par rapport à leur amertume suivant les
conditions extérieures ?
4° Au bout de combien de temps après la mise en place des boutures

265
de ce genre a été tenté à Amani, il mériterait d’être repris dans
d’autres colonies et sur une plus vaste échelle.
Chez la plupart des populations indigènes du Congo, on
cultive encore une variété amère, non sélectionnée, dont la
racine, qui varie de grandeur suivant son âge et les conditions
de culture, est très souvent transformée en « chikwangue «.Pour
obtenir celle-ci, les racines sont mises à tremper dans l’eau
froide ; ce trempage dure plus ou moins longtemps; dans le
Mayombe il durerait jusqu’à vingt jours et se ferait dans une
mare d’eau putride servant toujours au même usage.
Les racines sont ensuite pétries et lavées, très souvent dans
l’eau courante, jusqu’à ce que la masse ne donne plus de matières
solubles ; elles sont ensuite bouillies puis séchées au soleil. Les
racines qui, par cette préparation, seraient privées de l’acide
cyanhydrique, sont réduites en farine ; celle-ci est mélangée à
de l’eau avec laquelle on la malaxe pour former une pâte
épaisse. Celte pâte est roulée en boudins ou mise en forme
de boules ou de pains plus ou moins volumineux, qui sont enve­
loppés très généralement au Congo de feuilles de bananiers. Les
masses ainsi obtenues sont ensuite bouillies afin de subir un
dernier lavage, et toutes les eaux provenant de ces opérations
sont rejetées. Cette préparation subit de légères modifications
suivant les régions et la « chikwangue » qui en résulte se
conserve plus ou moins longtemps en bon état.
Dans la région occupée par les Balubas, les Luluas, les
Lundas, c’est-à-dire dans la région sud du Bassin du Congo, à
la limite du territoire vers l’Angola, le manioc se trouve cultivé
dans les plaines élevées, comme dans le voisinage des rivières,
dans les galeries plus ou moins boisées. Dans la brousse, la
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

peut-on commencer la récolte et pendant combien de temps les tubercules
souterrains peuvent-ils être usagés ?
5° Quel est le meilleur écartement à observer entre les plants ?
6" Quel est le meilleur procédé de mise en terre des boutures : oblique ou
horizontal ?
7° Comment se comportent les differentes variétés aux maladies
Et nous pourrions ajouter qu’il serait utile d’envoyer à la métropole des
documents botaniques pour essayer de solutionner les questions pendantes de
systématique, et de préciser ainsi les caractères vraiment constants des
variétés mises en culture.

�É. DE W1LDEMAN
266
plante est toujours plus réduite que dans la forêt; cette diffé­
rence est-elle due uniquement aux conditions du milieu ?
M. A. Sapin nous a rapporté sur la manière d’employer le
manioc dans ces tribus et sur les conditions de sa culture,
quelques données intéressantes.
Près des grands cours d’eau, les indigènes plantent le manioc
dans la galerie déboisée. La broussaille, la futaie sont brûlées
et les gros arbres abattus, à demi-consumés gisent au milieu
des plantations.
C’est dans la galerie que le manioc végète le mieux. Les habi­
tants des plaines font leurs plantations dans la savane la plus
boisée possible, sur les pentes, dans les plis de terrain, aux
environs des sources, parfois aussi autour des mares que l’on
rencontre souvent sur les plateaux.
Dans la plaine, avant la préparation du terrain, le feu n’est
pas mis à la brousse, l’herbe est déracinée à la houe et aban­
donnée sur le sol où elle se dessèche. L’indigène prépare ensuite
des monticules de 50 centimètres de hauteur et espacés de
un mètre environ. C’est dans ces monticules qu’il place, avant
les pluies, de quatre à cinq boutures de manioc de la grosseur
du doigt et de 30 à 40 centimètres de longueur environ.
Dans la galerie déboisée et brûlée on opère de même.
Dans les plantations soignées on nettoie après la saison des
pluies en séparant les monticules et en abandonnant l'herbe
déracinée sur le sol.
Parfois, comme culture intercalaire, on trouve le millet dans
les plaines et le maïs dans les galeries. Dans la région de Dilolo,
où n'existent pas les palmiers Elaeis, on y intercale parfois des
ricins dont l’huile sert à la toilette.
Dans les terrains de galeries, la racine de manioc atteint la
grosseur du bras et de la cuisse. Dans les savanes, dans les
plaines elle atteint au plus la grosseur du poignet.
Les indigènes de ces régions conservent le manioc en enlevant
l’écorce des tubercules et en les faisant sécher, soit dans leurs
cases où toujours ils tiennent du feu, soit au soleil sur des
claies.
Parfois ils coupent au préalable la carotte en morceaux, par­

267
fois ils la contusent grossièrement avant dessiccation ; parfois
aussi ils la laissent entière. Les claies sont supportées par des
branches fourchues qui sont très souvent des branches d’un
Ficus qui prennent racine.
Les Balubas, les Luluas, les Lundas ne font guère de a chikwangue » comme les indigènes du Bas-Kasai et d’autres
régions congolaises.
A chaque repas ils préparent leur « Bidia &gt;', c’est-à-dire une
sorte de pâte qui correspond plus ou moins à la Pollenta des
Italiens. Dans de l’eau bouillante, ils versent par petites portions
de la farine de manioc en agitant continuellement jusqu’à obten­
tion d’une pâte consistante. Cette opération est délicate, car il
faut éviter les grumeaux et obtenir la consistance désirée en
empêchant que la pâte ne colle aux parois du vase. C’est la femme
seule qui prépare le « bidia &gt;, elle y met un certain art et c’est
au « bidia » qu’on reconnaît la ménagère. La pâte est présentée
sur une feuille ou un plat quelconque, arrosée d’huile de palme,
assaisonnée de pilipili et couronnée par un peu de «Matomba »
ou purée de teuilles de manioc bouillies. Le « Bidia » est la
base du repas. Les gens riches le mangent avec de la viande,
des sauterelles, des chenilles, etc. Il est rare que le manioc soit
mangé cru, sauf parfois en cours de route; mangé frais il a un
goût de marron.
Dans les parties sud-est de l’État, Luluabourg, Katanga, Tanganika, on ne connaît pas la chikwangue telle qu’on la prépare
dans la plupart des régions du Congo. L’indigène fait une simple
bouillie avec la farine et dans certaines zones il prépare la
farine par un procédé introduit par des sujets portugais. Il
râpe la racine, au préalable un peu séchée puis grillée , et
obtient ainsi une espèce de son dont il fait une bouillie qui
serait, disent des voyageurs, beaucoup plus digestive, ne provo­
querait pas d’aigreurs et se conserverait mieux (1).
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

(1) La préparation du manioc en chikwangue ou en farine séchée (moteke des
Bangalas) au soleil après rouissage et boucanage (botala des Bangalas) varie
d’une région à l’autre, mais dans tous les procédés on sent la préoccupation
de l’indigène de séparer la partie externe et l’acide cyanhydrique soluble.
Voyez entre autres : Cyr. Van Overbergh. Bangala, p. 103 ; Baum, KuneneSambesi Expédition, p. 91, 491, etc., etc.

�268

E. DE WILDEMÀN

Mais est-il absolument certain que toute cette longue prépara­
tion détruise leglucoside cyanogénétiqueet quelle soit toujours
faite avec soin ? On peut répondre négativement à la seconde
partie de la question. Il suffit de parcourir les travaux des
auteurs pour voir que si, dans certaines régions, les indigènes
soignent la préparation, dans d’autres ils ont pris l’habitude de
mettre le manioc dans des marais, à une certaine distance de
leur habitation, mais où l’écoulement des eaux se fait mal (1).
Les publications officielles de l’État du Congo ont condamné
avec grande raison cette manière d’opérer (2), car elles recon­
naissent que la chikwangue préparée de cette façon peut occa­
sionner de graves accidents.
Quant à la première partie de la question, elle reste encore
en suspens. En effet, on avait prétendu pour le Phaseolus
lunatus, légumineuse très répandue dans les régions tropicales
et renfermant la « phaséolunatine », glucoside cyanogénétique,
qu’en cuisant les graines ce glucoside était enlevé. De recher­
ches faites à 1’ « Impérial Institute » de Londres, il résulte net­
tement qu’aucun changement ne s’effectue dans le glucoside par
la cuisson, mais l’enzyme qui met en liberté l’acide prussique
est détruite et naturellement le poison ne se forme pas quand les
fèves sont mélangé*s avec de l’eau.
N’en est-il pas de même avec la « maniholoxine » ? Il reste à
rechercher dans quelles conditions la décomposition du gluco­
side peut encore se faire ?
Mais même sans occasionner de maladie appréciable pour
l’homme, le procédé actuellement en usage chez beaucoup de
peuplades indigènes a pour résultat d’empoisonner les environs
des endroits où le manioc est mis à macérer (3).
(1) Cyr. Van Overbergh. — Les Basonge ; Voyez entre autres la carte du
village Dihu en annexe.
(2) Culture des plantes vivrières, potagères et fruitières. — Élevage. Publié
par le Dép. des Finances de l’État du Congo, 1907, p. 58.
(3) 11 serait peut-être utile d’essayer en Afrique la préparation de farine de
manioc par le procédé biologique décrit dans le « Teysmannia » par M. E.
de Kruiff.
Cette méthode consiste dans la destruction de la paroi cellulaire par dissoution. Cette dissolution est obtenue par différentes sortes de bactéries et

PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE .TROPICALE

269

On doit donc attacher une certaine importance aux allégations
des observateurs qui prétendent que la maladie du sommeil
serait due ù l’ingestion de manioc mal préparé. Certes il ne s’agit
pas de prendre cette assertion à la lettre, nous ne prétendrons
jamais que l’usage du manioc puisse produire la maladie du
sommeil, car elle présente des caractères physiologiques très
précis, mais nous prétendons, que l’empoisonnement lent par
l’acide cyanhydrique se fait remarquer par des symptômes qui
peuvent rappeler ceux de la maladie du sommeil, et que, par
conséquent, dans les régions où le médecin n’a pu établir un
c’est ce qui a fait proposer par l’auteur le nom de « méthode biologique » en
opposition avec la « méthode mécanique ». Les constituants de la paroi cel­
lulaire, substances pectiques et cellulosiques, insolubles dans l'eau, se dissol­
vent par des enzymes fermentées ou bactériées ; la cellulose se décompose
beaucoup plus difficilement que les pectoses. Dans les tubercules de la cassave, nous nous trouvons en présence d une cellulose très difficile à entamer
et il faudrait des semaines pour que toute la cellulose soit transformée en
substances solubles. Mais il n’est pas nécessaire de pousser le procédé si loin,
il suffit de continuer l’attaque des tissus jusqu’au moment où les cellules se
désagrègent facilement. La farine est alors tamisée.
Il faut une minime quantité d’enzyme pour attaquer une proportion rela­
tivement considérable de matières pectiques ; il ne peut être question
d’employer des cultures pures, il peut donc se faire qu’en même temps que
des bactéries utiles, il se développe des bactéries nuisibles provoquant la
formation de composés chimiques pouvant avoir une action sur la valeur
commerciale du produit.
11 faut veiller à ce que le processus se passe de telle façon que ces produc­
tions accessoires soient le plus possible évitées.
En employant le procédé suivant on serait tout à fait à l'abri de ces réac­
tions accessoires :
Les tubercules de cassave sont coupés en tranches de un à trois centimètres
d’épaisseur et mis dans des récipients en pierres ou en bois, sous une
couche d’eau pure qui doit être au moins deux fois aussi épaisse que la
couche de tranches de rhizomes. 11 n'est pas absolument nécessaire d’em­
ployer des tubercules décortiqués, cette écorce n’est pas attaquéa, mais il est
préférable de se débarrasser de l’écorce par suite des impuretés qui se trou­
vent à l’extérieur. Au bout de vingt-quatre heures on remplace l'eau; ce
renouvellement fait disparaître les albuminoïdes solubles qui peuvent donner
lieu à une fermentation butyrique.
Au bout de vingt-quatre nouvelles heures on renouvelle l’eau qui a souvent
une légère odeur d’acide lactique ; vingt-quatre heures plus tard, donc trois
jours après la mise en train, la dissolution des parois cellulaires est suffi­
samment avancée pour qu’il soit possible de pulvériser à la main les rondelles

�270
É. DE WILDEMAN
diagnostic précis, on ne peut affh nier que tous les cas de maladies
mortels soient dus à une trypanosomiase.
Nous prétendons également que si l'ingestion du manioc, ren­
fermant encore de l’acide cyanhydrique, n’empoisonne pas mor­
tellement l’individu, elle affaiblit son organisme et le prépare à
l'attaque des maladies parasitaires et le rend moins apte à lutter
contre elles.
On oublieen effet, trop fréquemment, comme l’ont fait voiries
études de nombreux toxicologues, que l’acide cyanhydrique, et
tous les composés cyanogénétiques, sont des poisons à action
sûre et énergique ; même à l’état gazeux cet acide peut occa­
sionner, si l’homme se trouve à son contact pendant un certain
temps, des troubles graves, un coma presque absolu et après un
traitement bien dirigé, on a même observé que les maux de tête
et la prostration peuvent persister pendant plusieurs jours.
Ce qu’il faut également noter, c’est que même assez dilué,
l’acide cyanhydrique conserve ses propriétés et que contraire­
ment à ce.qui arrive pour d’autres poisons, tels l’arsenic, l’opium,
l’action prolongée de l’acide cyanhydrique n’amène pas de tolédes tubercules. Si cela n’est pas le cas, on laisse la fermentation se continuer
encore pendant quelques heures.
On purifie ensuite par tamisage et lavage ; les résidus sont beaucoup moins
conséquents que par le procédé mécanique ordinaire, et comme ils ne renfer­
ment plus guère de farine, ils ne peuvent être vendus pour la préparation
d'empois.
La poudre humide est mise à sécher et à blanchir au soleil. On peut hâter
le procédé en ajoutant au liquide qui recouvre les rondelles de tubercules un
peu du liquide provenant d'une fermentation antérieure ; dans ces conditions
l’opération peut être terminée au bout de deux jours.
Le produit obtenu par ce procédé est d’un blanc pur, inodore et insipide,
il renferme beaucoup moins d'acides libres que les farines obtenues par les
autres procédés.
Il y a beaucoup moins de perte d’amidon que par le procédé mécanique, et
par suite le rendement est plus fort.
Parle procédé mécanique, 6 kilos de cassave donnent 1 kilo de farine.
Par le procédé biologique, 6 kilos de cassave donnent 1,4 kilo de farine.
Pour établir la valeur des deux procédés, il faut naturellement encore
tenir compte du résidu qui, par le premier procédé, a une valeur très faible
il est vrai, et qui par le second n'en a pas.
M. de Kruyff a, par le même procédé, séparé la farine des Iponioea Batalas,
Canna eciulis, Curcuma.

271
rance ; Certains toxicologues ont même prétendu que, au
contraire, il y a accumulation des effets par l’usage continu de
doses ingérées journellement. N’est-ce pas journellement que l'in­
digène absorbe de l’acide cyanhydrique?
Ce poison est d’autant plus dangereux, qu’il n’en existe aucun
antidote sérieux, même dans l’arsenal de la médecine moderne,
à plus forte raison dans les régions tropicales.
Pour certains auteurs les caractéristiques de l’empoisonnement,
lent ou partiel, par l’acide cyanhydrique, seraient : irrégularité
de la respiration qui ne s’accomplit pas sans douleur, céphalalgie,
troubles de la vue, obtusion graduelle des facultés intellectuelles ;
ces troubles cérébraux peuvent aboutir à un déclin plus ou moins
rapide, ou à un état d’assoupissement pouvant aller jusqu’au
coma.
Cette action hypnotique des composés du cyanogène est donc
particulièrement à mettre en évidence et se manifeste, même sous
l’action de faibles doses, par des vertiges, des maux de tète ou
l’ivresse passagère.
Quelle que soit donc la dose ingérée, les composés cyaniques
déterminent des phénomènes qui rappellent ceux que l’on obtient
avec les anesthésiques. Si l’ingestion de ces composés est relati­
vement faible et interrompue, l’action est fugitive, mais si elle est
continuée, les troubles de la respiration et de la circulation pro­
voquent l’anesthésie et la mort.
Sans entrer dans la citation des nombreux cas d’empoisonnements certains et suspects, rappelons ceux cités par MM. Baum
et O. Warburg dans « Kunene-Sambesi Expédition » (1).
Le premier de ceux-ci a observé plusieurs cas de maladie, l’un
d’entre eux suivi rapidement de mort, parmi les hommes de son
escorte, qui avaient consommé en quantité du manioc à l’état cru.
L’action toxique du manioc est indiscutable et puisque les
recherches effectuées par les auteurs allemands ont démontré
que les variétés dites douces pouvaient encore contenir, sans
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

(1) H. Baum. Kunene-Sambesi Expédition 1903 von Prof. 0. Warburg. Zur
Auflrage des Kolonial-Wirtschaftlichen Komitees, herausgegeben. Berlin 1903
p. 88, 91 et 490. — Voyez également : Colson et Chatel. Culture et industrie
du manioc, p. 5.

�272

É. DE WILDEMAN

que rien ne puisse le faire prévoir, de l’acide cyanhydrique, il y
aurait lieu d'éviter de propager sa culture, malgré les avan­
tages que l’on pourrait en tirer.
L’indigène vérifie d’ailleurs bien rarement ses cultures et il
ne se rend fréquemment compte de la douceur ou de l’amertune
des tubercules qu’au moment de l’emploi.
Si, dans certaines régions du Congo, on signale presqu’exclusivement la culture du manioc doux, par exemple dans la région
de Mérode San Salvador, où la racine est simplement pelée puis
séchée au soleil, mais où la farine est aussi plus jaune et moins
appétissante, dans d’autres zones, par exemple au Tanganika, les
deux variétés se cultivent en mélange et les indigènes suivant
qu’ils désirent manger la racine crue, cuite sous la cendre ou
bouillie, goûtent le produit et rejettent les racines amères; mais,
nous le répétons, cet examen peut être insuffisant puisqu’il n’y
a semble-t-il pas de rapport certain entre le principe amer
et la teneur en acide cyanhydrique.
Il y a d’ailleurs une autre raison pour déconseiller la culture
en grand de cette plante, et pour regretter, peut-être, son intro­
duction en Afrique, c’est qu’elle est terriblement épuisante poul­
ie sol, et qu’ayant donné une bonne récolte, le terrain privé de la
plus grande partie de ses constituants chimiqnes, et peut-être
empoisonné par les sécrétions des racines, n’est plus apte à être
remis en culture immédiatement.
On cite cependant des exemples de régions où le sol peut être
replanté en manioc après une récolte ; c’est ainsi que le
lieutenant-colonel Descamps rappelle qu’en beaucoup d’en­
droits, sur les bords sablonneux du Tanganika, on refait les
plantations à la même place, sans s’apercevoir d’une diminution
dans le rendement. Mais dans quelles conditions se faisait cette
culture?
L’épuisement du sol est en tous cas certain; dans la plupart
des régions, il force l’indigène, qui ne peut généralement
faire de restitution, même s’il en connaît les avantages, à aller
chercher plus loin un terrain favorable à ses cultures et il le
trouve en détruisant un nouvel espace de forêt. En conseillant
la culture du manioc, on excite donc l’indigène à se déplacer

273
et on le force à détruire la valeur du sol par le défriche­
ment exagéré des forêts qui sont les réserves de l’avenir dans
toutes les régions tropicales.
Cette phase de l’agriculture indigène, qui devrait être sérieu­
sement réglementée, est une des causes qui ont donné tant
d’acuité à la question des terres vacantes, particulièrement
pour le Congo ; si l’on ne réglemente pas les cultures de l’in­
digène, si on ne l’empêche pas de brûler pour obtenir chaque
nouvelle récolte, il n’y aura, en la colonie du Congo, dans peu
de temps, aucune terre vacante au sens qu’accordent à ce
terme certains juristes, et il n’y aura plus aucune terre valant
la peine d’être cultivée; le sol sera épuisé partout et la forêt
même ne pourra pas se reconstituer, car tout ce qui aura pu
rester sur le sol en fait de terre arable et d’humus aura été
brûlé par le soleil et enlevé par l’eau.
Le Gouverneur général Fuchs a, en quelques lignes, flétri cette
malheureuse méthode de culture et conclut également à la
nécessité de réglementer ce mode de travail, qui détruit les
forêts, vraies et seules sources de richesse de nos colonies
tropicales.
« Le spectacle d’immenses étendues de terrain, dit-il, qui
ont été évidemment couvertes autrefois d’une luxuriante végé­
tation forestière et où l’on n’aperçoit d’ici de là que quelques
arbres chétifs et rabougris, aux branches calcinées que tordirent
les derniers incendies, est vraiment lamentable. Que de
richesses perdues et parties en fumée par suite de cette stupide
coutume locale d’incendier les herbes sur pied. » (1).
Pour M. Fuchs, comme pour certains agronomes allemands,
et comme nous a^n s essayé de le faire ressortir, la forêt
tropicale doit avoir été beaucoup plus étendue qu’elle ne l’est
de nos jours, et c’est par l’indigène agriculteur quelle a été en
partie détruite (2).
PLANTES CULTIVEES EN AFRIQUE TROPICALE

(1) Bulletin Soc. roy. Belge de Géogravliie XIX (1895), p. 9 et Cyr. Van
Overbergh, Mayombe, p. 175.
(2) Voyez entre autres à ce sujet : Cook. Végétation atTected by agriculture
in Central America. U. S. Departm. of Agriculture, Bureau of Plant Industry.
Bull. n. 145, 1909; les travaux allemands de M. le docteur O. Busse et ceux

�É. DE WILDEMAN
274
Quant aux feuilles du Manihot elles sont souvent usagées en
guise d’épinards, mais elles aussi renferment le composé
cyanogénétique et peuvent occasionner des empoisonnements
si l'ébullition n’est pas suffisamment prolongée. 11 est du reste
très facile de percevoir, pendant la cuisson de ces feuilles, l’odeur
caractéristique de l’acide cyanhydrique mis en liberté.
Certains voyageurs estiment même qu’il devrait être défendu
de cueillir ces feuilles pour les manger en guise d’épinards avant
que les plantes iraient 6 mois, et qu’il faudrait surveiller le
personnel pour qu’il ne les enlève pas trop souvent, non pas
pour la teneur en acide prussique, mais pour ne pas entraver le
développement normal de la plante.
Les Bakongo et les Tshi-Kongo, fabriqueraient à l’aide du
maïs et du manioc une liqueur fermentée, sorte de bière. Le
maltage du maïs se fait par le séchage au soleil des graines
germées. On mélange à Ces graines les racines du manioc, puis
une certaine quantité d’eau, on fait bouillir, on liltre et on laisse
refroidir. On obtiendrait ainsi une boisson douce et inoffensive,
mais qui après fermentation deviendrait acide et capiteuse.
Dans la région du Haut-Lomani, où l’on voit souvent fabri­
quer cette bière, elle serait loin d’avoir la saveur douce que
certains explorateurs lui accordent, on la considère comme très
forte et peu agréable au goût.
Ce que nous disons ici du manioc s’applique à son utilisation
comme plante vivrière, il en est naturellement tout autrement
quand on envisage le Manihot comme producteur de farine et
de M. P. Guehhard, administrateur des Colonies in Revue Coloniale, mars
1909, n. 72, p. 141, où il est dit : « L'élevage aussi bien que l’agriculture
nécessitent des incendies fréquents et leur action qui s’exerce sur de vastes
espaces empêche d’en surveiller et d’en circonscrire les effets. Poussée par
le vent la flamme détruit la végétation forestière non seulement dans les
fourrés nécessaires à l’agriculture, mais encore sur les pentes inaccessibles,
de sorte que les effets du ruissellement que rien n’arrête plus ravagent les
cultures et emportent la terre. »
Nous ne voulons pas discuter ici cette phrase relative à la nécessité des
incendies pour l’élevage et l’agriculture, il y a là un cercle vicieux qu’il
faudrait briser

275
de fécules soil pour l’alimentation européenne, soit pour
l’industrie (1).
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

Sorgho

La plante productrice du Sorgho ou Andropogon Sorghum,
représenté en Afrique par de nombreuses variétés, est une gra­
minée dont les tiges peuvent atteindre, suivant les formes, plus
de4m50 de hauteur et environ l’épaisseur du doigt. L’épi ter­
minal, à graines nombreuses et relativement peu serrées, peut
être coloré différemment ; les graines sont lisses , brillantes,
variant du blanc au rouge foncé presque noir.
Nous ne connaissons rien de précis sur les variétés mises en
culture parle noir au Congo; dans les autres régions de l’Afrique
les éludes sur la variation de cette plante sont encore fort peu
avancées, et mériteraient cependant d’être poursuivies à plus
d’un point de vue.
Depuis l’apparition de l’important ouvrage du professeur
Kœrnicke sur les graminées, presque rien n’a été publié sur ce
groupe, saul les recherches partielles du professeur Iv. Schu­
mann et des docteurs Busse et Pilger. Le docteur Kœrnicke faisait
lui-même ressortir, dans le récit du voyage du Dr O. Bauinann,
en Afrique orientale allemande (2), les lacunes qui existaient
dans les connaissances des espèces, souvent représentées dans
les collections par un seul épi, rarement par deux ou plusieurs,
et aussi dans la classification des formes et par suite dans la
constitution des sous-genres.
Avec infiniment de raison MM. Busse et Pilger disent (3) qu'il
(1) Voyez : Culture et Industrie du manioc, par L. Colson et L. Chatel,
Paris, A. Challamel 1906 et différents périodiques coloniaux anglais, hollan­
dais ou allemands dans lesquels les auteurs ont préconisé la culture de
variétés spéciales ou de procédés particuliers. Voyez aussi : La réforme
douanière et le régime des fécules exotiques in Les Annales Coloniales
Paris, 20 mai 1909.
(2) O. Baumann. — Usambara. D. Reimer, Berlin, 1891 (Dr Kœrnicke. —
Unters. einiger von I)r ü. Baumann in Osl-Afrika gesammelter Getreidearten
p. 315 et suiv ).
(3) in Engler. Bot. Juhrb. XXX11, p. 185.

�276
K. DE WILDEMAN
sérail utile dans l'intérêt du relèvement des cultures indigènes,
d’étudier avec soin les meilleures formes culturales africaines
de ce groupe, de rechercher la valeur de leur rendement, suivant
les sols elles climats, et d’amener le noir à sélectionner soigneu­
sement ses graines.
Afin de donner une idée de la complexité de la nomenclature
chez ces graminées intéressantes, et de la synonymie embrouillée,
nous donnons ci-après un conspectus des variétés relevées par
le professeur Hackel dans le Prodrome de de CandoIIe, dans les
travaux du professeur Kœrnicke et nous y avons ajouté les
variétés plus récemment décrites; nous avons limité cette énumé­
ration à l’Afrique et nous ne serons peut-être pas encore com­
plet. Comme on le verra, les auteurs ne sont pas toujours
d’accord dans les synonymies ; il serait grand temps de réunir
les données éparses d’essayer de faire une monographie de ce
groupe de variétés qui rendrait, pour la mise en valeur des terres
indigènes, les plus grands services.
« ANDROPOGON S o RGHUM » ET SES VARIÉTÉS AFRICAINES :

Brot. Fl. Lusit. I (1804), p. 88 (sens,
ampl.); A. Rich. Tent. fl. Abyss. II, p. 470 ; Kœrn. et
Wern. Handb. d. Gelreideb, I, p. 294; Hack. in D C.
Monog. phan. VI, p. 500.
? Holchus Doclina Forsk. Fl. Ægypto Arab. (1775), p. 174.
— — Var.æ gyptiacus Kœrn. in Ascliers. in Schweinf. 111. Fl.
Egypte (1887), p. 164.
Holcus Durrci Forsk. Fl. Ægypto Aral). (1775), p. 174, (sait,
ex. pte).
Haute-Égypte.
------Var. æ t h io pic u s Hack. in DC. Monog. phan. VI (1889),
p. 504.
S. aelliiopicum Rupr. in Herb. Vindob (ex Hack.).
5. halepens. Pers. var. cuprina Schweinf. PI. quæd.
Nilot. p. 43.
Afr. austro. occ. : Pays des Herero (Marloth 1863); Nubie;
Darfour ; Kordofan.
A ndropogon S orghum

277
A. S o r g h u m . Var. æ t h io p s Kœrn. in Kœrn. et Wern. Handb. d.
Gelreideb. (1885), p. 313; Ascliers. et Schweinf. Illustr.
11. d’Égypte, p. 165.
Cuit. : Egypte.
------Var. alhidus Kœrn. in Bull. herb. Boiss. II (1894), p. 226
et in O. Baumann Durch Massailand (1894), p. 295.
Afr. austr. occ. : Pays des Ambo.
— — Var. allofuscus Kœrn. in O. Baumann Durch Massailand
zur Nilquelle (1884), p. 295.
Ussui occid. (Baumann).
— — Var. a m ph ib o lu s Busse et Pilger in Engler Bot. Jahrb.
XXXII (1902), p. 184.
Togo (Busse).
--------Var. A nkolib Hack. in DC. Monog. phan. VI (1889),
p. 519.
Afr. centr. : Pays des Gallabat (Schweinf. 1530).
------Var. A rduini Kœrn.
Holcus Sorghum L. ; Holcus Durra Forsk.; Holcus Arduini
Gmel.; Sorghum uulgare Pers. et Sorghum saccharalum
Pers. var. rubens Nees fl. Afr. aust. I (1841), p. 87 (excl.
syn.) et Andropoqon Sorghum Brot. var. rubens Alefeld
Land. Fl. p. 513.
Afr austr. : Egypte.
— — Var. B aumann i Kœrn. in O. Baumann Usambara(1891),
p. 318; Busse et Pilger in Engler Bot. Jahrb. XXXII
(1902), p. 186; K. Schum. in Engler Pflanzenw. OstAfr. B, p. 349.
Cuit, dans le Usegua seplentr. (Baumann).
Ussagara (Busse).
------ Var. b ic o lo r (L.) Kœrn. Handb. d. Getreideb. I (1885),
p. 313.
Holcus bicolor L., Sorghum bicolor Willd., Andropogon
bicolor Kunth, S. uulgare L. var bicolor Pers. et S. uul­
gare Metzger Eur. cer. (1824) p. 59, t. 17, fig. a-c.
Afr. orient.: Massai ; Égypte ; Gambie.
------Var. c a fe r (Ard.) Kœrn. in Kœrn. et Wern. Handb.
Getreideb. vol. I (1885), p. 307.
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

Ann. du Musée col. de Marseille. — 2« série. 7* vol. 1909.

18

�278

279

É. DE WILDEMÀN

PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

Holcus cafer Ord. in Saggi sc. e lett. di Pad. I (1786),
p. 119, t. i.
Afr. aust. et austr. orient.
A. S orghum . Var. calcareus Busse et Pilger in Engler Bot.
Jalirb. XXXII (1902), p. 188.
Afr. orient.: Ugogo(Busse).
------— f. a Busse et Pilger loc. cit. p. 189.
Ugogo.
--------Var. callom elaenus K. Solium, in Engler Pflanzenw. Ost
— Afric. B (1905), p. 40.
Afric. orient.: Mambogo (Stuhlmann).
-------- Var. cernuus Kœrn. Handb. d. Getreideb. 1(1885), p. 314;
Aschers. et Schweinf. 111 fl. Égypte, p. 165; Hack. in DC.
Monog.-Phan. VI p. 515.
Andropogon cernuus Kuntli. Enum. pl. I (1883) p. 501.
(excl. syn. Roxb.).
Holcus cernuus Ard. in Saggi sc. e lett. Ac. Pad. I (1786),
p. 128. t. 3, tig. 1-2.
Sorghum cernuum Willd. ; Andropogon cernuus Roxb.;
Holcus Dura Mieg. in Act. Soc.helv. phys. 8(1777) p. 125,
t. 4. fig. 3 et Andropogon compactus Brot.
Égypte; Abyssinie; Afrique centrale; Bosnie; Gambie.
— — Var. C harisianus Busse et Pilger in Engler Bot. Jahrb.
XXXII (1902), p. 187.
Usambara (Holst).
— ----f. a Busse et Pilger loc. cit.
Afr. orient.: Mpapwa (Busse).
----------Subvar. glabrescens Busse et Pilger loc. cit.
Afr. orient. : Kilosso (Busse); Togo (Kersting).
----------Subvar. H o lstii Busse et Pilger loc. cit.
Afr. orient. Usambara (Holst.).
------Var. concolor K. Schum. in Engler Pflanzenw Ost —
Afr. B (1885), p. 42Afr. orient.: Ugogo (Stuhlmann).
------Var. densissim us Busse et Pilger in Engler Bot. Jahrb.
XXXII (1902), p. 188.
Afr. Orient. : Ugogo (Busse).

A. S o r g h u m . Var. d e n s is s im u s f. a Busse et Pilger loc. cit.
Ugogo (Busse).
— — Var. D r u m m o n d i Hack. in DC. Monog. plian. VI (1889)
p. 507.
S. DrummondiNees in Steud. Syn.pl. glum. I (1885) p. 393.
Afr. Occid. : Bas-Niger.
------Var. D urra Hack. in DC. Monog. plian. VI (1889) p. 519.
Holcus Durra Forsk. Fl. Ægypto-Arab. (1775) p. 174. pr. p.
Cuit.: Égypte (Schweinf 1523); Abyssinie; Darfour;
Sénégal.
— — Var. effu su s Hack. in DC. Monog. phan. VI (1889) p. 503.
S. halepense Nees Fl. Afr. Austr. (1841) p. 88.
Maurice ; Madagascar ; Sâo-Thomé ; Bas-Niger ; Gabonie; Guinée; Congo; pays des Gallabat; bassin du Tanganika ; Cap.
— — Var. E h r en ber g ia n u s Kœrn. in Aschers. et Schweinf. III.
fl. Égypte (1887), p. 163.
Cuit. : dans l'Egypte sup.
— — Var. eleg a n s Kœrn. in O. Baumann, Usambara (1891)
p. 318; Busse et Pilger in Engler Bot. Jalirb. XXXII
(1902), p. 185; K. Schumann in Engler Pflanzenw. Ost
— Afr. B. p. 39.
Dans les cultures du Nord de l’Usegua (Baumann);
Kilossa ; Ussagara (Busse) ; Togo (Kersting).
------Var. fulvis Hack. in DC. Monog. phan. VI (1889', p. 512.
Cuit. : Nossi-Bé (Hildebr. 3219); Angorna.
— — Var. glaberrim u s Hack. loc. cit. VI (1889), p. 512.
Cuit. : Darfour ; Kordofan (Pfund. 561) et Sennaar.
— — Var. h a l e pe n sis Hack. loc. cit. VI (1889) p. 502(sens strict).
Holcus halepensis L. Sp. pl. ed. I (1753) p. 1047.
Blumenbachia — Koel. Descr. gram. (1802) p. 29.
Sorghum —Pers. Syn. pl. I (1805), p. 101 ; Webb etBerth.
Hist. nat. Canar. III, p. 428; Coss. et Durieu Expi.
scient. Algérie II, p. 46; Bail Spicil. 11. Marroc., p. 734;
Batt. et Trab. fl. de l’Algérie (monoc.), p. 32.
Andropogon — Brot.Fl. Lusit. I (1804), p. 89 (sens, strict.);
Aschers. et Schweinf. 111. fl. Égypte p. 165.

�280

E. DE WILDEMAN

Madère ; Canaries ; Cap-Vert ; Maroc ; Algérie; Tunisie ;
Égypte.
A. S orghum . Var. hihsutus Busse et Pilger in Engler Bot.
Jahrb. XXXII (1902), p. 185.
Afr. Orient. : Meatu, Ngungumavaz (Baumann).
----- Var. incündus Busse et Pilger in Engler Bot. Jahrb. XXXII
(1902) p. 185.
Afr. Orient. : Ugogo (Busse).
------Var. in term edius Busse et Pilger in Engler Bot. Jahrb.
XXXII (1902), p. 185.
Togo (Kersting).
------Var. K ersting ian us Busse et Pilger in Engler Bot. Jahrb.
XXXII (1902), p. 187.
Togo (Kersting).
----------Subvar. su lfureus Busse et Pilger, loc. cit., p. 188.
Togo (Kersting).
------------- Subvar. albidus Busse et Pilger, loc. cit.
Togo (Kersting).
— Var. m elanosperm us Hack. loc. cit. 11(1899), p. 518.
Afr. aust. : Colonie du Cap.
------Var. natæ Kœrn. in O. Baumann Durch Massailand zur
Nilquelle (1894), p. 296.
Nata (Baumann).
------Var. N eesii Kœrn. Handb. d. Getreideb. I (1885), p. 315 ;
K. Schum in Engler Pflauzenw. Ost-Afrik. B, p. 40.
Sorghum bicolor Nees (non Willd.) Fl. Afr. aust. (1841),
p. 86.
Cuit. ; Cafrerie.
------Var. niger (Ai d.) Kœrn. in Kœrn. et Wern. Handb. Getrei­
deb. (1885), p. 311.
Holcus niger Ard. in Saggi Sc. lelt. d. Accad. di Pad. I
(1786). p. 134, tab. 5.
Sorghum nigrum Kœrn. et Schult. Syst. veg. II, 2(1817),
p. 837.
Gambie.
Andropogon niger Kuntli Gram. II, p. 164.

281
A. S o r g h u m . Var. n ilo tic u s Kœrn. in Aschers. et Schweinf.
111 fl. Égypte. suppl. (1889), p. 778.
Cuit, en Egypte.
------Var. n iten s Busse et Pilger ni Engler Bot. Jahrb. XXXII
(1902), p. 189.
Afr. orient. : Ugogo (Busse).
-------- Var. obovatus Hack. in DC. Monog. phan. VI (1889),
p. 514.
------Var. O ndongae Kœrn. in O. Baumann Usambara (1851),
p. 319 et Durch Massailand zur Nilquelle, p. 296 (in col.
odongæ) ; Busse et Pilger in Engler Bot. Jahrb. XXXII
(1902), p. 186; K. Schum. in Engler Pflanzenw. Ost-Afr.
B, p. 40.
Usambara (Baumann); Katolo et Victoria-Nyanza (Bau­
mann) ; Ussagara (Busse).
— — Var. o v u l ife r Hack. in D. C. Monog. phan. VI (1889),
p. 510; Busse et Pilger in Engler Bot. Jahrb. XXXII,
p. 184.
Gambie ; Togo (Busse).
— — — f. a Busse et Pilger, loc. cit.
Togo (Busse. — Nom vern. : Manbedu).
----------f. 3 Busse et Pilger, loc. cit.
Togo (Busse. — non vern. : Manguren).
— -----f. y Busse et Pilger, loc. cit.
Togo (Busse. — Nom vern. : Man et palia).
-------- Var. R oxburg hii Hack. Monog. Androp. (1889), p. 510,
Busse et Pilger in Engler Bot. Jahrb. XXXII (1902),
p. 184 ; K. Schum. in Engler Pflanzenw. Ost-Afr. B,
p. 40.
Afr. orient. : Usaramo, Uluguru, Ussagara (Busse).
------ Var. rubicolo r Kœrn. in Kœrn. et Wern. Handb. d.
Getreidebaues II (1804), p. 227.
Afr. austro. occ. : pays des Ambo.
— — Var. r u fesc en s Hack. in D C. Monog. phan. VI (1889).
p. 511.
PLANTES CULTIVEES EN AFRIQUE TROPICALE

�282

É. DE WILDEMAN

S. saccharatum Pers. var. rubens Nees Fl. Austr. (1841)

p. 87 (exd. syn.)
Afr. trop. occ. : Gambie.
A. Sorghum. ;Var. rugulosus Hack. in DC. Monog. phan. VI
(1889), p. 508.
Cap Vert ; cuit.: Abyssinie.
— — Var. saccharatus Kœrn. in Kœrn. et Wern. Handb d.
Getreidebaues (1885), p. 310, pr. p. et II, p. 911 ; Hack.
in DC. Monog. phan. VI, p. 509.
Holcluis saccharatus L. Sp. pl.; ed. I (1773), p. 1047.
Sorghum saccharatus Vers. Syn pl. I (1805), p . 101 ; Nees
11. Air. austr. (var. a), p. 80; Host Gram. Austr. I, t. 4.
Andropogon saccharatus Kuntli (non Roxb.) Enum, pl. I
(1833), p. 502.
Cuit, dans toute l'Afrique.
------ Var. Schenckii Kœin. in O. Baumann Usambara (1891),
p. 319 et in Kœrn. et Wern. Handb. d. Getreidebaues, II
(1894), p. 227 ; K. Schum.z/i Engler Pflanzenw. Ost —
Air. B, p. 39.
Afr. aust. or.: pays des Belchouana Kisegua (Usegua).
------ Var. S chim peri Hack. in DC. Monog. phan. VI (1889),
p. 519.
Afr. or.: Abyssinie (Schimp. 968).
— — Var. S chumannii Busse et Pilger in Engler Bol. Jahrb.
XXXII (1902), p. 186.
Afrique or.: Uluguru, Ussagara (Busse).
------ Var. Stuhlmannii Kœrn. in O. Baumann Durch Massailandzur Nilquelle (1894), p. 295; K. Schum; in Engler
Pflanzenw. Ost — Afr. B, p. 39.
Ugulula, Usuija, Uyogoma, Ussui occid. ; Ngorome
(Baumann).
------Var. subbicolor Kœrn. in O. Baumann Durch Massailand zur Nilquelle (1894), p. 295.
Urundi, Ussui occid. (Baumann).
— - Var. subglabrescens Hack. in DC. Monog. phan. VI
(1889), p. 518.

283
Andropogon subglabrescens Steud. Syn. pl glum, I (1885),
p. 393.
Sorghum subglabrescens Aschers. et Schweinf. Beitr. fl.
Æthiop. (1867), p. 302.
Afr. or.: Abyssinie.
A. S o r g h u m . Var. S c h w ein fu r th ia n u s Kœrn. in Kœrn. et Wern.
Handb. d. Getreidb. II (1889), p. 779.
Égypte.
------Var. tech n icu s Kœrn. Ubers d. Cereal. d. Poppelsdort,
p. 20, in Kœrn et Wern. Handb. d. Getreideb. I, p.
308 ; Hack. in DC. Monog. phan. p. 508.
Cuit, dans l’Afr. austro occ. (Schinz), l’Italie, la Hongrie,
l’Amérique bor. et les îles Philippines.
------Var. usaram ensis Busse et Pilger in Engler Bot. Jahrb.
XXXII (1902), p. 184.
Afrique orientale : Usaramo, Ussagara (Busse).
--------U sorum Kœrn. in Kœrn. et Wern. Handb. d. Getreideb. I
(1885), p. 311 ; Hack. in DC. Monog. phan. VI, p. 512.
Sorghum Usorum Nees Fl. Afr. aust. (1841), p. 87.
Andropogon Usorum Steud. Syn. pl. glum. I (1855), p. 392.
Cafrarie, pays des Djur (Schweinf. sec. 3 n. 180);
Abyssinie (Schimp. 112) ; Massai (Baumann),
------Var. ussien sis Kœrn. in O. Baumann Durch Massailand
zur Nilquelle (1894), p. 295.
Ussui occid. (Baumann).
— — Var. v er sic o lo r Anders. in Peters Reise n. Mossamb. II
(1864), p. 563.
Afr. austr. or. : Mozambique.
------ Var. virg atu s Hack. in DC. Monog. phan. VI(1889), p. 504.
? Holchus eæiguus Forsk. Fl. Ægypto-Arab. (1775),
p. 174.
S. halepense L. Var. Crupina Schweinf. Pl. quaed. Nilot.
(1862) p. 43. (quaod. specim. Ehrenb.)
Égypte (Kotschy 1882) ; Sénégal (Perrottet) ; Nubie
(Kotschy, 316-449) ; Ivordofan (Kotschy, 173; Schweinf.
529-538) ; Sennaar. Bahr-el-Ghazal (Schweinf. sect. 3
n. 136).
PLANTES CULTIVÉES en AFRIQUE TROPICALE

�284
A.

É. DE WILDEMAN

Var. vulgaris Hack. in DC. Monog. phan. VI
(1889), p 515.
Holcus Sorghum L. Sp. ed. I (1753), p. 1047.
Andropogon —Brot. fl. Lusit. 1(1804), p. 88(sens, strict.);
Kunth Enum. pl. 1, p. 501.
? Holcus Arduini Gmel. Syst. nat. (1767) p. 174.
Sorghum vulgare Fers. Syn. pl. I (1805), p. 101; Rchb.
Icon. fl. Germ. VII, t. 80 ; Coss. et Durieu Expi.
scient. Algérie II p. 46.
------Var. yem ensis Ivœrn. in O. Baumann Durch Massailand
zur Nilquelle (1894), p. 295.
Meatu (Baumann).
------Var. Z ie g l e r i Busse etPilger//? EnglerBot. Jahrb. XXXII
(1902), p. 186.
Afr. Orient.: Meatu, Ngungumavar (Baumann); Ugogo,
UssagaraftBusse).
S orghum .

PRINCIPAUX SYNONYMES DES VARIÉTÉS DE SORGHO AFRICAINES

Andropogon bicolor Kunth = A. Sorghum var. cernuus.
Andropogon cernuus Roxb. = ibid.
Andropogon compactus Brot. = A. Sorghum var. cernuus.
Andropogon halepensis Brot. = A. Sorghum var. hcilepensis.
Andropogon niger Kunth = A. Sorghum var. niger.
Andropogon saccharatus Kunth = A. Sorghum var. saccharatus.
Andropogon Sorghum Brot. = A. Sorghum var. vulgaris.
Andropogon Sorghum var. rubens = A. Sorghum var. Arduini.
Andropogon subglabrescens Steud. = A. Sorghum var. subglabrescens.
Andropogon usorum Steud. = A. Sorghum var. usorum.
Blumembachia halepensis Koel. = A. Sorghum var. halepensis.
Holcus Arduini Gmel. = A. Sorghum var. vulgaris et var.
Arduini.
Holcus bicolor L. = A. Sorghum var. bicolor.
Holcus cafer Forsk. = A. Sorghum var. cafer.
Holcus cernuus Ard. = A. Sorghum var. cernuus.
Holcus Dochna Forsk. = A. Sorghum.

285
Holcus Durra Forsk. = A. Sorghum var. aegijptiacus et var.
Arduini et A. Sorghum var. Durra.
Holcus Durra M. = A. Sorghum var. cernuus.
Holcus exiguus Forsk. = A. Sorghum var. virgatus.
Holcus halepensis L. = A. Sorghum var. halepensis.
Holcus niger Ard. = A. Sorghum var. niger.
Holcus saccharatus L. = A. Sorghum var. saccharatus.
Holcus Sorghum L. = A. Sorghum var. vulgaris et var. Arduini.
Sorghum aelhiopicum Rup. = A. Sorghum var. aethiopicus.
Sorghum hicolor Nees = A. Sorghum var. Neesi et var. bicolor.
Sorghum cernuum Willd. = A. Sorghum var. cernuus.
Sorghum Drummondi Nees = A. Sorghum var. Drummondi.
Sorghum halepense Nees = A. Sorghum var. effusus.
Sorghum halepensis Pers. = A. Sorghum var. halepensis.
Sorghum halepensis var. cuprina Schw. = A. Sorghum var.
aethiopicus et var. virgatus.
Sorghum nigrum Roem. et Schult. = A. Sorghum var. niger.
Sorghum saccharatus Pers. = A. Sorghum var. saccharatus.
Sorghum saccharatum var. rubens Nees — A. Sorghum var.
rufescens et var. Arduini.
Sorghum subglabrescens Asch. et Schweinf. = A. Sorghum var.
subglabrescens.
Sorghum usorum Nees = A. Sorghum var. usorum.
Sorghum vulgare Nees = A. Sorghum var. bicolor.
Sorghum vulgare Pers. = A. Sorghum var. vulgaris.
Sorghum vulgare var. bicolor Pers. = A. Sorghum var. vulgaris.
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

•k
¥

¥

D’après Grenfell une variété rouge, se rencontrant dans
l’Angola, serait cultivée dans l’est du Congo jusqu’au Katanga.
Elle y serait plantée au début de la saison pluvieuse, octobrenovembre, tandis que pour le Lieutenant-colonel Descamps, le
sorgho serait au contraire semé à la fin de la saison des pluies.
C’est dans la zone du chef M’Siri aux environs de Bunkeia que
cet explorateur a vu en 1895, les plus belles et les plus vastes

�286

É. DE WILDEMAN

plantations de sorgho. Le long du Tanganika le sorgho est
également cultivé, surtout dans les endroits où l’humidité se
conserve le plus longtemps pendant la saison sèche. Mais
malgré cette précaution, qui témoigne d’une certaine obser­
vation de la part du noir, l’explorateur Descamps n’a jamais
observé dans les environs du Tanganika une culture de sorgho
aussi notable qu’au Katanga.
Dans cette partie du Congo les indigènes attachent une grande
importance à cette culture et font surveiller étroitement leurs
champs pendant la maturation des graines, car les oiseaux en
sont très friands; on construit même des tourelles d’où les
enfants, préposés à la garde du champ, peuvent taire fuir par
leurs cris les oiseaux avides de pillage.
Quand les graines sont mûres [on laisse encore [les plantes
un certain temps sur pied, environ deux ou trois semaines,
afin d’obtenir le séchage complet. La moisson est en général
faite par les femmes, et les graines, après leur séparation, sont
très souvent mises dans des greniers dont la forme varie
suivant les régions
Les graines de sorgho pulvérisées produisent une farine plus
ou moins grossière, car il est, pour les indigènes qui ont à leur
disposition des appareils primitifs, difficile de séparer totale­
ment la partie centrale de la graine de l’écorce.
Cette larine n’est pas fermentante et ne peut être employée
pour fabriquer un pain tel que celui que nous mangeons, aussi
les indigènes en préparent-ils simplement une sorte de bouillie ;
ils y mélangent souvent des haricots, des pois, des arachides,
de l’huile de palme, de la graisse animale ou de petits mor­
ceaux de viande.
Le goût de cette farine est réputé assez agréable mais on
prétend que son usage provoque chez l’Européen des désor­
dres intestinaux et même de la dysenterie ; les désordres
observés ne peuvent, parait-il, provenir de la farine ellemême, mais ils pourraient être dus aux parcelles dures de
l’enveloppe des graines ou à des particules enlevées au
mortier de pierre pendant la pulvérisation.
Très souvent encore, dans les contrées où le sorgho est

PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

287

cultivé, il sert à fabriquer une sorte de bière très estimée du
noir et préparée souvent en telles quantités qu’il ne reste plus
de graines pour l’alimentation.
Dans la zone du Katanga, d’après le Lieutenant-colonel
Descamps, l’indigène mâchonne souvent les tiges du Sorgho
qui sont riches en substances sucrées; ce n’est pas comme on
pourrait le croire par gourmandise que l’indigène mange la pulpe
ou le suc des tiges, mais surtout pour calmer par la matière
sucrée la faim qui le tourmente.
Cette pratique pourrait ne pas être sans danger.
Le Sorgho renferme en effet de l’acide prussique et d’après de
nombreux observateurs, l’activité nocive de la plante serait en
raison inverse de sa vigueur de croissance.
L’acide prussique se rencontre en effet en plus grande quantité
dans les plantes qui végètent lentement pendant la saison sèche,
que dans celles qui se sont développées rapidement en terrains
humides, dans lesquelles il peut même ne pas exister.
Les repousses, en général inférieures au point de vue du
rendement et de la qualité, sont aussi plus dangereuses que
les premières pousses et l’augmentation de la teneur en acide
prussique est en rapport direct avec l’apport d’engrais azotés.
L’acide prussique se rencontre souvent en forte proportion
entre la cinquième et la septième semaine de croissance, après
cette période la proportion de poison diminue et disparaît même
totalement après la floraison ; à la fructification l'acide prussique
a disparu.
On devra donc porter son attention sur cette plante; quand on
voudra la faire entrer dans l’alimentation du bétail, il ne faudra
la donner qu’en faibles quantités, en ayant soin de faire sécher
le foin au soleil, ce qui facilitera la volatilisation du corps
toxique (1).
(1) Il y a lieu de ne pas oublier que la présence d’acide cyanhydrique a été
signalée dans beaucoup de plantes et qu’elle a même occasionné des ennuis
nombreux. Les recherches suivies du professeur L. Guignard ont fait faire
un pas considérable à cette étude, si importante au point de vue de la santé
de l’homme et de celle des animaux domestiques. En 1906, M. le docteur
Greshoff a publié la liste des plantes à acide cyanhydrique (in Bull. Sc. pharm.

�E. DE WILDEMÀN
288
On a prétendu que l'ingestion de lait doux ou de mélasse diluée
constitue un excellent contre-poison de l’acide prussique con­
tenu dans le Sorgho. L’ingestion de ces boissons par des ani­
maux montrant les premiers symptômes d’empoisonnement
aurait donné de fort bons résultats (1).
Les tiges de Sorgho, surtout celles des variétés de grande
taille, servent encore à la construction de cases provisoires, elles
sont de résistance suffisante pour soutenir les feuilles et cons­
tituer un abri capable de résister au moins pendant quelques
jours (2).

Riz

Un des végétaux dont la culture en grand aurait la plus
grande importance pour l’avenir du Congo, est le riz.
Paris, nov. 1906 et Assoc. avanc. des Sciences, Angleterre, Congrès d'York 1906,
sect. B.).
Parmi les plantes utilisées en Afrique citons : Dolichos loblabL., Pbaseolus
lunatus L., Zea Mais L. (Voyez à propos de Pbaseolus, entre autres: L. Guignard
Le haricot à acide cyanhydrique in Bull. Sc. pharm. Paris 1906, I, p. 130 et
suiv.).
Au sujet de l’action nocive du Sorgho on consultera également avec intérêt;
Crawford The poisonous action of Johnson grass in Mise, papers of the U. SDepartment of Agriculture, Bureau of plant industry. Bull. n° 90, 1906 où une
littérature étendue est donnée à ce sujet.
Ces notes étaient écrites quand nous avons eu connaissance d’une circulaire
du Ministère des Colonies de Belgique, ordonnant d’exclure de l’alimentation
des troupeaux le fourrage constitué par les tiges et les feuilles du Sorgho. La
même circulaire prescrit également d'envoyer au Gouvernement aux fins d’a­
nalyses des échantillons, d'un kilo, des différentes espèces de haricots cultivés et
consommés par les indigènes ; ces envois doivent être accompagnés d’élé­
ments botaniques complets permettant la détermination scientifique des
plantes productrices. On doit applaudira la publication de ces mesures.
(1) Cf. Queensland agricullural Journal et Quinzaine coloniale 25 fév. 1908
p. 163.
(2) 11 y a lieu de renvoyer pour une plus ample documentation sur la cul­
ture et l’exploitabilité du Sorgho à : Koernicke et Werner Handbuch des
Getreidebaues ; K. Schumann in Engler Pflanzenw. Ost-Afr. B. ; Semler
Die tropische Agrikultur vol. 111, et aux nombreux travaux sur les cultures
coloniales parus en France : Jumelle, Dumas, Pobéguin, Chevalier, auxquels
il faudra recourir, mais sur lesquels nous ne pouvons insister davantage ici,
car cela nous mènerait trop loin.

PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

289

Ce serait au Dr Pogge, qui a traversé le sud du Congo, vers
1875-1876, que l’on devrait l’introduction de celte Graminée,
actuellement de plus en plus cullivée dans toute la colonie.
Vers la même époque les Manyemas et les populations du
Lualaba auraient reçu des graines de riz des Arabes deZanzibar et
auraient commencé la culture dans le Lualaba et dans le bassin
du Lomami.
Dans la région de Lusambo, la culture du riz a surtout lait
des progrès et elle en ferait certainement davantage si l’indigène
parvenait à écouler ses récoltes plus facilement.
Depuis quelques années, la puissante Compagnie du Kasai
achète le riz nécessaire à la consommation des agents et du
personnel noir à Ikoio (Lusambo) et de ce seul centre elle en
reçoit plusieurs tonnes par mois.
Sous l’inlluence du blanc, le riz est actuellement cultivé un
peu partout au Congo, d’ailleurs, M. le Dr Schweinfurth faisait
déjà remarquer, lors de sa visite au Bahr-el-Ghazal, la présence
à l’état indigène d’un riz qui couvrait les bords des rivières ;
cette forme sauvage tout en se différenciant par ses longues
aristes, posséderait des graines aussi agréables que celles des
variétés de culture. La culture du riz aurait été particulièrement
florissante dans le temps, dans la région de Lado et de Dufïile.
Le lieutenant-colonel Descamps, trouva le riz cultivé au
Katanga par les sujets civilisés du roi Msiri.
Au Tanganika, le riz existerait depuis longtemps du Nord
au Sud, il y en a même diverses variétés, celle à grains
rougeâtres est la moins appréciée ; l’indigène parvient semblet-il à distinguer les variétés rien qu’aux feuilles.
Le riz se cultive de préférence dans les endroits humides, à
la saison des pluies, on peut aussi le voir cultivé dans les
champs de maïs, sous prétexte que le maïs devenant beaucoup
plus haut que le riz le protège des ardeurs du soleil. Partout
le lieutenant-colonel Descamps a vu le riz importé par les
Arabes donner de bonnes récoltes quand il y avait de l’eau en
suffisance.
Dans le sud-est du Congo il faut semer le riz dès le commen­
cement de la saison des pluies afin que la plante soit suffi-

�290

É. DE WILDEMAN

samment avancée pour résister à la petite saison sèche. Au
Tanganika on 11 e semble pas obtenir deux récoltes par an ;
aux Stanley Falls par contre le riz pourrait être cultivé pendant
toute l’année et donner trois récoltes.
Depuis peu, le Département de l’Agriculture du ministère des
colonies de Belgique a fait faire de nombreux essais de culture
de riz dans le Bas-Congo et les résultats ont été très favorables
pour le développement de cette culture de grande valeur (1).
C’est ainsi qu’à Kitobola le rendement des champs a été toujours
meilleur que dans tous les autres postes du Bas-Congo. Les
rizières y sont établies sur les terrains longeant la Lnkunga qui
deux fois par an sort de son lit et submerge la vallée pendant
un ou deux'jours, y déposant un limon fertile. Des instruments
aratoires perfectionnés, pour le labour et l'ensemencement, ont
été envoyés dans la région et on a monté une usine pour la
décortication du riz; elle comporte deux décortiqueurs, un tarare,
un séparateur et un trieur actionnés par un manège. Par contre
les essais de culture de riz entrepris à Gongolo donnèrent peu
de résultats à cause du manque de main-d’œuvre et de la
pauvreté du sol. En 1908, la culture de Gongolo a été aban­
donnée ; par contre, les champs de Kitobola couvraient quarantecinq hectares et les rendements paraissent devoir être fort bons.
Les meilleures variétés de riz, à aristes noires, à aristes blan­
ches, barbu à courtes arêtes blanches, et barbu à grains rouges
et blancs, originaires de Buitenzorg, de même que le «riz de
Piémont», le «riz Peruviano», le «riz Nostrano», le «riz Novarette » ont été introduits à Kitobola et ont donné des résultats
satisfaisants.
La culture sera faite à l’aide d’irrigation.
Malheureusement, malgré l’intérêt de ces essais, il faut bien
reconnaître qu’il serait très nécessaire de soumettre les diffé­
rentes variétés de riz à une enquête approfondie, ce qui n’a
encore été fait nulle part. Il n'existe pas de travail d’ensemble
pouvant donner à l’intéressé une idée comparative de la valeur
des variétés.
(1) Bulletin officiel du Congo belge, avril 1909, n° 8 annexe.

PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

291

Le rapport de M. Y. Henry sur la campagne des céréales en
Afrique occidentale française, paru récemment, insiste en parti­
culier, lui aussi, sur les essais faits avec le riz. Il signale parmi
les riz :
Pays Bayas. — Riz de marais : Bagamale, Yaga, Maronikone,
Toma, Pana, Américain.
Mellacorée : Coba, Yaka, Ouaka, Marken.
Basse-Guinée : Riz de montagnes : Sali, Oudefite, Taghe.
Mais il reconnaît également que beaucoup de ces variétés
sont mal fixées et les descriptions fournies sont, personne ne le
contestera, absolument insuffisantes pour permeltre un rappro­
chement ou une identification.
Une des preuves de la nécessilté d’un travail sérieux sur les
variétés de celte graminée, peut être nettement mise en lumière
par les données de M. Y. Henry. On remarquera, en effet, que
dans le Pays Bagas, il cite une variété Yaga et en Mellacorée
une variété Yaka ; ces deux noms indigènes sont très semblables,
et on pourrait croire qu’il s’agit d’une même variété, alors que
d’après le texte le contraire paraît prouvé. En effet, le Yaga est
décrit : à paille dorée, à grains blancs et plus gros que le Bugamale, et très estimé par les indigènes; par contre, le Yaka est
signalé ; à grain petit, allongé, cassure vitreuse et rendement
inférieur.
Il y a des années, Koernicke s’était occupé de l’étude des
variations de VOryza saliva, dont il existe en Afrique des
variétés devenues presque indigènes.
Au Congo, la Mission Laurent a signalé la présence de repré­
sentants des deux groupes de variétés : aristées et mutiques (1).
II y a lieu de faire remarquer une fois de plus que dans
ces deux groupes de variétés on a signalé au Congo la stérilité
de plants. Il s’agirait de voir à quoi peut être due cette stérilité.
Se présente-t-elle dans d’autres régions et est-elle constante ?
(1) É. De Wildeman. — Mission Laurent, p. 205.

�292

E. DE WILDEMAN

n'est-elle pas due à la présence d’un organisme inférieur
parasite ? (1).
Pour le professeur K. Schumann, un des seuls botanistes qui
aient repris depuis Koernicke l’étude des races de riz indigènes
dans l’Afrique tropicale, les variétés suivantes existeraient dans
l’Afrique orientale allemande.
Groupe : A rista ta
O ryza sativa L. var. ianthoceras Koernicke in Kœrn. et Wern.
Handb. der Getreidebaues, I, p. 232 et II, p. 943 (Xanthoceras) ;
K. Schum. in Engler Pflanzenw. Ost — Afr. B, p. 60.
Digoland (Holst) ; Damiette (Schweinfurth) ; Urambo (Baumann) ; Tanga (Baumann).
— — Var. B aumanni Kœrn. in O. Baumann Usambara (1891),
p. 315; K. Schum. in Engler, loc. cit., p. 61.
A cette variété se rapporteraient peut-être encore les formes
connues sous les noms indigènes : Bangolo, Kipurure et Bory
signalées par Holst.
Groupe : M utica
O ryza sativa Var. italica Alef. Kœrn. in Kœrn et Wern.
Handb. d. Getreidebaues, p. 938; K. Schum. in Engler
Pflanzenw. Ost. Afr. B, p. 62.
Cette variété, qui paraît particulièrement répandue, se décom­
poserait en cinq sous-variétés ou formes :
(1) Voyez au sujet des variétés de 1Oryza sativa, outre les travaux de
Koernicke : K. Schumann : in Engler Pflanzenw. Ost. - Afr. B., p. GO et suiv.
Consultez également : Baum — Kunene-Sambesi Expédition, et A. Chevalier,
L'Afrique française, où l’auteur fait remarquer l’importance que la culture
du riz devrait acquérir et la place faihle ou nulle que cette céréale occupe
dans la région centrale de la colonie française africaine.
M. A. Chevalier a réuni dans ses voyages les variétés suivantes de riz :
Oryza salira L. var. italica Alef. f. longiligulata : Haut-Oubangi, HautChari (cultivés).
— silvestris Stapf, var. Barthii Stapf. : Bas-Chari (riz sauvage du
Baguermi).
— silvestris Stapf, var. punctala f. lonyiligulata : Bas-Chari.

293
Kigegu : Afrique orientale (Holst.), Zanzibar (Hildebrandt), Njangesi et Mamboga (Stuhlmann).
Kitschanachana : Afrique orientale (Holst.) ; Zanzibar
(Hildebrandt).
Mniengwa : Afrique orientale (Holst).
rondo : Afrique orientale (Holst.) ; Tanga (BaumannMpunga var. Ngopa).
Sifaln ou Safala : Afrique orientale (Holst) ; Talvia
(Stuhlmann); Zanzibar (Hildebrandt).
Cette forme serait particulièrement cultivée, elle fournirait
la plus forte proportion de riz commerçable, dans l’Afrique
orientale allemande.
O. S a tiv a . Var. su ndensis Koern. in Kœrn. et Wern. Handb. der
Getreidebaues I (1885), p. 232 et II, p. 939 ; K. Schum.
in Engler Pflanzenw. Ost-Afr. B, p. 63.
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

Il serait utile au plus haut point de faire un relevé des noms
indigènes accordés, dans les diverses régions tropicales afri­
caines, aux variétés cultivées, comme l’ont déjà fait certains
auteurs (1).
Ce commencement d’enquête accompagné de matériaux
d’études et de renseignements précis, sur les conditions et béné­
fices de la culture, rendrait des services signalés, car il y a dans
l’étude des variétés de riz, en dehors de l’intérêt scientifique, un
intérêt économique considérable et tout récemment encore un
article de « La Quinzaine coloniale » insistait sur la question
de « L’amélioration du riz delà Cochinchine » par sélectionnement. Pour l’auteur (2) il faut largement encourager cette cul­
ture par des primes, distribution de semences sélectionnées, et
par une « pression énergique et continue » afin de triompher de
(1) Tel, par exemple, M. Pobéguin, clans son Essai sur la Flore de la Guinée
française, p. 95, où il énumère pour la Haute-Guinée sept variétés et pour la
Basse-Guinée douze.
(2) Quinzaine coloniale, 1909, 10 mai, p. 325.
Ann. du Musée col. de Marseille. — 2e série. 7« vol. 1909.
19

�É. DE WILDEMAN
294
la routine et de modifier profondément les procédés de culture
indigènes. Nous sommes tout à fail de cet avis. 11 faut, si nous
voulons arriver à un résultat, agir sur l'indigène, l’amener à faire
de la culture intensive, c’est le seul moyen, comme nous l’avons
fait ressortir souvent, de transformer le nomade gaspillant les
richesses du sol, par conséquent son avenir comme le nôtre, en
un homme sachant tirer tout le parti possible du terrain qui
sera mis à sa disposition.
D’ailleurs, si l'on reproche au Gouvernement qu’il fait dans ce
sens, comme le prétendent certains esprits, abus d’autorité, on
pourra très bien répondre que cette contrainte est sans impor­
tance en comparaison du bien qui en résultera ; elle sauvera non
seulement l’indigène de la ruine et de la famine, mais l’enrichira.

« Panieum, Pennisetum » et G ram inacées de culture
peu étendue.

Les Panieum sont en général peu cultivés dit-on, mais d’après
Grenfell ils le seraient sur une certaine échelle dans la vallée de
Uele-Mubangi, le long des bords du Tanganika et dans le
Katanga.
Les Panieum sont beaucoup moins cultivés que le sorgho et
l’éleusine et seraient surtout employés pour la fabrication de
la bière.
Celte coutume ne pénétrerait pas dans la zone forestière où la
bière de banane, et surtout le vin de palme, sont partout en
honneur.
Malheureusement, ces données sont vagues et le resteront
aussi longtemps que l’on n’aura pas pris l’habitude de dénommer
scientifiquement les plantes de culture. Que signifie en effet le
vocable. « Les Panieum ». D’abord les espèces de ce genre sont
nombreuses et très affines, des espèces portant ce nom générique
ont été souvent transférées de genre, il faut donc absolument
pour connaître la plante qui intéresse arriver à une plus grande
précision.
Il faut, d’après certains auteurs, en particulier Sir H. Johnston,

295
entrer dans le Soudan égyptien, voire même dans l’Afrique orien­
tale allemande, pour trouver les millets cultivés sur une plus ou
moins vaste échelle. De nombreux millets sauvages sont origi­
naires de l’est et de l’ouest de l’Afrique, où ils atteignent parfois
une hauteur de 15 pieds.
Nous tenons ici ù faire observer que le terme « Millet » est
encore plus vague que celui de « Panieum » et que son emploi a
donné lieu très fréquemment à des erreurs.
C’est ainsi que très souvent en se basant sur la dénomination
« millet » qui s’applique chez nous au Panieum miliaceum on a
indiqué au Congo cette espèce qui n’esl pas tropicale (1).
Une graminée souvent appelée « millet à chandelle » ou
« millet cylindrique ». dont le classement a varié, est plus ou
moins cultivée au Congo, suivant la région (2).
Cette plante mérite d’ailleurs la culture, car les grains sont
riches en substances alimentaires, la composition oscille autour
de :
Eau.......................................................... 11,3
Substances albuminoïdes..................... 10,4
Matières grasses........................
4,0
Amidon...................................■ ............. 71,5
Cellulose brute.......................................
1,0
Cendres........................................................
2,0
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

(1) Voyez entre autres II. Semler : Die tropische Agrikultur ad. II, col. III,
p. 148..
(2) Les principaux noms accordés à cette plante sont :
P
(L.) Kœrn. et Wern. Handb. d. Getreidebaues I 1885),
p. 284.
IIolcus - L. : Cenchms spicalus Cav.
Penicellaria spicata Willd. ; Panieum americanum L.
Pennisetum typhoideum L. G. Ricli. : Panieum spicatum Roxb.
Cette plante porte un très grand nombre de noms vernaculaires sous les­
quels elle est citée dans de nombreux travaux : Millet de Chine, millet
d’Afrique, petit mil, mil ou millet à chandelle, Donkhu ou Duchu des Arabes ;
elle est d’ailleurs répandue dans toutes les régions tropicales et sa véritable
patrie ne peut être déterminée.
Voyez pour cette espèce, comme pour les plantes de culture, pour rensei­
gnements généraux : H. Jumelle. Les cultures coloniales. Plantes alimen­
taires et plantes industrielles, 2 vol. Baillière, Paris, 1901, et aussi les travaux
de Koernicke et Semler cités à propos du Sorgho.
e n n is e t o m

s p ic a t u m

�E. DE WILDEMAN
29(5
D’après le Lieulenant-colonel Descamps Je « millet cylindri­
que » serait la moins cultivée des Graminées, il n’existerait que
dans les environs de Luluabourg où il sert aussi à fabriquer de
la bière. L’épi, dans cette région, ne dépasserait pas 10 à 15 cen­
timètres et la plante un mètre. La récolte ne réussit pas toujours
très bien car les graines sont souvent attaquées par un champi­
gnon qui les noircit complètement. On le sème, comme le maïs, à
la saison des pluies.
11 n’en serait pas de même dans d’autres régions duCon^ocar
M. A. Sapin, chef de la Mission scientifique permanente de la
Compagnie du Ivasai, a vu ce Pennisetum spicatum largement
cultivé par le noir dans tout le sud de la région ; dans la région
deLusambo, Ém. Laurent observa également l’extension de celte
culture et y remarqua même une forme vivipare.
M. Pogge avait également signalé la culture de cette plante
dans la région de Nyangwe et de Mukenge.
Pour M. Sapin, la pâte qui se prépare dans certaines régions du
Congo, avec le manioc, peut être remplacée par celle obtenue de
la graine du millet à chandelle et même par le maïs pulvérisé. Si
le manioc est la base de la nourriture des habitants des galeries
forestières, celle des habitants de la steppe est le millet
cylindrique.
Ce que M. A. Sapin nous a dit de l’extension de la culture de
ce millet à chandelle dans la zone sud-occidentale du Congo,
cadre fort bien avec les observations laites par l’expédition
Baum au Kunene-Zambèse. Là aussi ce voyageur a observé
cette culture particulièrement intensive, plus intensive même
que celle du Sorgho ; ce fait a déjà été signalé antérieurement
par Welwitsch.
Pour le professeur Warburg, la raison de l’extension de cette
culture réside dans les conditions locales, la plante est beaucoup
moins sensible que d'autres graminées à la chute d’eau.
D’après les observations de Baum, la plante donne quatre
mois après le semis ; les épis sont coupés, les liges servent à
l’alimentation du bétail, et la plante peut donner une récolte pen­
dant trois ans, ce n’est qu’après ce laps de temps que la culture
est recommencée par semis. Les noms indigènes accordés à celte

297
plante dans la région congolaise et vers le Zambèse sont : Luko,
Manna, Massange (1).
Le Pennicellaria spicata ou Pennisetum spicatum est égale­
ment cultivé par le noir au nord du Congo, dans le Sultanat de
Ndelle où il constitue pour ainsi dire avec le Sorgho, la base de
l’alimentation (2)
Malheureusement, il ne nous est pas possible, par suite du
manque de matériaux, d’entrer dans le détail des formes de cette
intéressante espèce, présentes au Congo. Celte étude a d’ailleurs
été à peine reprise depuis que A. Braun, en 1855, publia vingt et
un noms nouveaux se rapportant à ce type spécifique (3).
Le professeur K. Schumann (4) qui a essayé de classer ces
variations a démontré leur grand nombre et outre les sousespèces que le professeur Koernicke avait été amené à créer, il
constitua dans une de ces sous-espèces: P. spicatum subsp. Willdenowii Kœrn. dont des représentants existeraient dans la région
congolaise de Mata-Yamvo, dans les environs de Nyangwe et de
Mukenge (Pogge), six variétés dont la distribution géographique
serait :
P. spicatum subsp. Willdenowii.
------Var. typicum K. Sch. — Usambara, Sambesi, VictoriaNyanza, Bukoba, Mpwapwa, Karumo, Pays Dschur,
Abyssinie, Nyangwe, Mukenge, Sierra-Leone, Nupe,
Haut et Bas-Chari (5).
— — Var. longepedunculatum K. Sch.— Bukoba.
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

(1) Voyez: Baum. Kunene-Sambesi Expédition. Berlin 1903, p. 4S8.
(2) A. Chevalier. L’Afrique centrale française, p. 216.
(3) A. Braun. Appendix gen. et spec. quae in horl. Berolin. cohmtur 1855,
p. 22-26
(4) Iii Engler. Pflanzenwelt Ost. Afr. B. p. 51 et suiv.
(5) C’est par M. Aug. Chevalier que cette variété a été indiquée dans la région
du Chari, les autres espèces du même genre signalées par lui sont :
P. parviporuin Trin. var. Major. Stapf.: Haut-Chari ;
P. pedicellatum Trin. : Bas-Chari ;
P. Prieurii Kunth. : Bas-Chari ;
P. purpureum Schum. et Thonn. : Haut-Oubangui, Bas-Chari ;
P. setosnm Ricli. : Haut-Oubangui, Haut-Chari, Bas-Chari ;
P. unisetum Bçpth. : Haut-Oubangui.

�298
É. DK WILDEMAN
P. spicatum subsp. Willdenoivii. Var. macrostachyiun (Kl.) K.
Sch. —Sénégal.
------Var. Tchinum K. Sch. —Zanzibar (cultivé).
------Var. ursinum Iv. Sch. —Turu (cultivé).
------Var. atherurus K. Sch. — Mussuniba (Muata-Yamvo).
Éleusine

L’éleusine (1) serait confinée clans les régions déjà livrées
à la culture, c’est-à-dire dans les zones de brousse plus ou
moins denses qui entourent la grande fcrêt au Nord,à l’Est et au
Sud. Elle est surtout cultivée dans la région des Mangbetu.
Dans sa traversée de l’Afrique, le lieutenant-colonel Descamps ne
l’aurait pas rencontrée dans les zones du Sankuru , de la Lulua,
du Lobi, du Lubilascli et du Loin ami, mais par contre il a vu
employer les graines comme nourriture dans la région qui
s’étend entre le Nyassa et leTanganika. Les noirs formaient en
pulvérisant les graines avec de l’eau une sorte de pâte grisâtre.
Cette graminée serait surtout cultivée dans les régions à Sor­
gho, où elle fournirait, au dire de l’indigène, la matière nécessaire
pour faire fermenter le sorgho dans la préparation de la bière.
Dans la zone du Nyassa-Tanganika, les indigènes qui se
livrent à la culture de l’Éleusine choisissent, d’après M.
Descamps, des fonds humides qu’ils fertilisent par l’apport de
cendres de bois. Celle dernière est obtenue en brûlant les bran­
ches des arbres du voisinage auxquels on laisse le tronc dénudé.
C’est là un procédé blâmable contre lequel il faudra lutter,
car l'amendement des terres pour la culture vivrière ne peut se
faire au détriment du développement des arbres.
(1)
Gaertii. Fracl. et Semin. pl. I (1788), p. 8 tab. 1 flg. 11 ;
Lam. Encyclop. méth. Bot. 1 (1791), p. 203 et Illustr. tab. 48, fig. 1 ; Kœrnicke et Wern. Handb. d. Gelreidebaues, I p. 323 et suiv. ; Th. Dur. et
Schinz, Consp. Fl. A/r. Y. p. 866 ; K Scliuin. in Engler Pflanzcnw. Ott. — A/r.
B p.
Eleusine Tocussa Fies, in Mus. Senckenberg 2 (1837), p. 141 et 1. (1834),
p.284.
Cynosorus coracana L. Svst. veg. Ed. 10, p. 609.
e l e u s in k

c o r a c a x a

299
La destruction de ceux-ci entraîne la perte de la forêt et dans
une très large mesure, la perte de la fertilité du sol.
Si le champ d’éleusine est bien entretenu, la plante se
reproduit, parait-il, d’elle-même, et l’on peut alors pendant un
certain temps récolter des graines sur le même terrain ; quand
le rendement devient trop faible, l’indigène, comme toujours,
transporte sa culture à un autre endroit laissant à la nature le
soin de régénérer le sol.
La fabrication de la bière d’Eleusine paraît, d’après le comman­
dant Laplume, avoir atteint surtout de l’importance dans la
région de Mangbetu (1).
La fabrication de cette bière se fait comme suit : après germi­
nation des graines, celles-ci sont mises à sécher, le malt est
ensuite moulu, mis en pots de terre avec de l’eau et le mélange
est soumis à l’ébullition. C’est généralement la femme qui
remplit le rôle de brasseur, et la difficulté de la préparation
réside, paraît-il, dans la cuisson. Le liquide est ensuite filtré et
placé à l’ombre dans des récipients où se produit la fermen­
tation. La bière, de couleur blonde, est mousseuse, pétillante
comme le champagne, mais elle a le défaut de devenir rapidement
aigrelette.
Comme pour les autres graminées, nous ne connaissons rien,
pour le Congo, de la valeur des variétés ou races d’éleusine,
cultivées par le noir; il y a cependant beaucoup à retirer, pour
l’obtention des pâturages, de l’étude des formes de cette espèce.
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

Maïs

Le maïs, sous différentes formes, se présente à l’état cultivé
dans la plupart des régions du Congo. On a signalé des graines
de couleurs différentes.
La culture de cette graminée est surtout faite dans les
(1) Cf. Cyr. Van Overberg. — Mangbetu, p. 171 et suiv., où l’on trouvera
d’autres données relatives aux boissons des Mangbetu.

�300
K. DE WILDEMAN
régions situées en dehors de la grande forêt ou sur la lisière
de celle-ci (1).
La plante est d'introduction relativement récente, mais sa
dispersion s’est beaucoup étendue dans ces dernières années.
Celte plante mérite d’ailleurs d’être largement cultivée.
Dans ses pérégrinations en Afrique centrale, le lieutenantcolonel Descamps a remarqué du maïs à grains blancs, jaunes,
rouges ou violets, les blancs semblent les plus répandus. La
taille des plantes varie de 1 mètre à 2m50. L’indigène plante le
maïs à très larges intervalles au commencement de la saison
des pluies ; il peut récolter et semer pendant celle même saison,
la première récolte étant la plus fructueuse.
Le maïs demande un terrain frais, léger, non sujet aux inon­
dations, il peut être et est cultivé aussi pendant la saison sèche
au fond des vallées marécageuses ; la culture de cette plante
utile ne pourra donc se faire partout au Congo.
Dans les contrées où le manioc forme la base de la nourriture,
le maïs est surtout cultivé comme accessoire. L'indigène réunit
les épis par bottes de huit, dix, douze, en retroussant les bractées
extérieures de l’enveloppe ; la botte suspendue dans les cases est
en quelque sorte fumée; les graines, mises ainsi à l’abri des
insectes, conservent leurs propriétés germinatives. Dans les
contrées où le sorgho et le maïs forment la base de la nourri­
ture, la conservation du maïs nécessite la construction de gre­
niers, qui se fait plus soigneusement que celle des habitations.
Au nord du Moero, il y a des greniers avec échelle dont le
plancher se trouve à 3m40 au dessus du sol. L’intérieur et l’exté­
rieur sont tapissés d’argile et, malgré cela, les insectes parvien­
nent encore à les tarauder.
L’indigène prend aussi la précaution d’emmagasiner les épis
après dessiccation sur place. Comme le commencement de la
saison des pluies correspond souvent à une période de disette
dans les pays à maïs ou à millet, il s’agit de faire produire vite.
L’indigène sème des haricots dans le même champ, le maïs sert
(1) Fr. Thonner. — Dans la grande forêt de iAfrique centrale. 1899, p. 62.

301
de tuteur; il mange les haricots en attendant que le maïs puisse
être mangé frais, soit environ trois mois plus tard.
Les indigènes attachent peu d’importance au sarclage à la
houe, ils enlèvent ce qu’il faut pour que les plantes ne soient
pas étouffées au commencement de leur développement, puis ils
laissent faire la nature. Si les noirs peuvent obtenir de bonnes
récoltes sur le même terrain pendant des années, c’est qu’ils
plantent tout au plus une cinquantaine de pieds par acre ; ils
ont donc grande chance de ne pas remettre les graines en terre à
la même place. Il faut aussi ajouter que, d’après certains obser­
vateurs, l’indigène fait sans s’en rendre compte usage d’engrais
vert, car les herbes croissant entre les plants sont enfouies dans
le sol.
Tous les indigènes savent qu’en trempant les graines pendant
quelques heures dans l’eau, elles germent plus vite. Us prennent
aussi dans certaines régions la précaution, pour favoriser la
production de graines et pour ne pas épuiser les plantes, d’en­
lever les fleurs mâles dès que les infrutescences sont bien for­
mées (sud du Tanganika), car ils ont remarqué que de cette
façon la récolte est plus belle, la tige plus sucrée; il s’agit, en
effet, pour beaucoup d’indigènes, non de maïs destiné à devenir
farine, mais bien de maïs à consommer frais.
Le maïs ne craint les sauterelles que pendant les deux pre­
miers mois de sa croissance ; elles ne s’attaquent pas à l’épi,
mais aux feuilles, auxquelles elles font du tort, sans cependant
trop compromettre la récolte. Les plantations ont après ces
invasions un aspect très minable, car il ne reste que tiges et
fruits.
Les oiseaux dont le bec est fort, parviennent à enlever les
feuilles enveloppantes du cône en l’attaquant par le sommet qui
est alors déchiqueté sur deux à trois centimètres de longueur.
Cependant les champs de maïs ne sont pas surveillés contre les
oiseaux granivores, car les dégâts qu'ils causent sont peu
importants.
Dans les endroits où le bois est rare, tiges et épis servent de
combustible,
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

�302
É. DE WILDEMAN
Dans certaines régions, par exemple chez les Mangbetu (1),
on prépare, avec les grains de maïs germés, une bière moins
appréciée que celle d’éleusine ; elle est du reste souvent trouble
et de préparation défectueuse.
Nous ne connaissons presque rien des variétés de maïs culti­
vées ou introduites en Afrique occidentale. Il existe, pour d’au­
tres régions de l’Afrique et entre autres pour l’Afrique orientale
allemande, des essais d’étude sur cette importante graminée. Le
professeur K. Schumann considérait dans celte région deux
groupes de variétés, les unes à enveloppes velues, «Mawusi » des
indigènes, les autres, « Mapemba », à enveloppes glabres.
Dans le premier de ces groupes, deux variétés se distinguent
par divers caractères et par la couleur de la farine obtenue des
graines; dans le second, une variété est rouge, les autres au
nombre de cinquante sont à grains blancs (2).
Ces diverses variétés possèdent, paraît-il, des propriétés diffé­
rentes et mûrissent à des époques variées. Existent-elles en
Afrique occidentale ? Nous ne saurions le dire.
Il serait de la plus grande utilité, pour les cultures indigènes,
et pour celles que l’Européen devra entreprendre, de connaître
en détails les variétés de cette plante qui constitue une réserve
excellente, car elle a comme le riz, l’incontestable avantage de
se conserver facilement en bon état.
Canne à sucre

La canne à sucre est cultivée presque partout dans le Congo ;
au dire de certains auteurs elle aurait été introduite du Brésil
dans l’ouest du Congo par les Portugais, dans l’est par les
Arabes ; nulle part cependant la culture n’est faite d’une façon
intensive. Suivant les uns, son introduction remonterait au
xvne siècle, d’autres prétendent, au contraire, qu’elle est indigène
au Congo.
Durant son voyage. M. G. Schweinfurth la signale comme lar(1) Cf. C. Van Overbergh. Mangbetu, p. 172.
(2) Cf. K. Schumann in Engler. Pflunzenwelt Ost. — Afrika, B, p. 71.

303
geinenl cultivée dans la zone des Mangbetu, mais il n’en est pas
de même partout. Il est en tous cas très certain que les indi­
gènes possèdent en culture, mais en culture rudimentaire,
diverses variétés sur l’origine desquelles il est difficile de donner
des avis, car jamais une enquête sérieuse n’a été établie sur elles.
Ces variétés ont-elles été introduites à différentes époques, par
l’Est, l’Ouest, le Sud, ou se sont-elles différenciées par une
sorte de mutation, de sélection ou par la culture même ?
Il y a déjà bien des années que certaines peuplades riveraines
faisaient avec le jus de la canne une boisson fermentée. Dans
un tronc d’arbre creusé, les cannes coupées en morceaux sont
concassées et le jus obtenu est, après filtrage grossier, abandonné
à lui-même; il s’y forme alors une fermentation.
L’emploi de ce jus est signalé surtout dans le Congo supérieur,
dans la région de Mubangi, dans le Ivasai et le Sankuru.
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

Dioscorea ou Ignam es (1)

Il existe au Congo un très grand nombre d’espèces et proba­
blement de variétés d’ignames, tant à l’état sauvage qu'à l’état
de culture rudimentaire. Elles sont utilisées pour la forte quan­
tité d’amidon contenue dans leurs tubercules, et forment pour
l’indigène un aliment très estimé qui n’est même pas dédaigné
par le blanc.
Très fréquemment les indigènes en consomment les tuber­
cules souterrains et même les bulbilles aériens, ils distinguent
paraît-il parfaitement les bonnes et les mauvaises espèces ; si l’on
veut faire une culture, il y a tout lieu de se fier à eux pour le
choix des jets à planter, car certaines espèces de ce genre ren­
ferment un poison assez violent; comme nous le rapporterons
plus loin, on a observé au Congo un empoisonnement de
trente-deux soldats attribué à l’ingestion des tubercules d’une
Dioscorée.
D’après M. le lieutenant-colonel Descamps, l’espèce que l’on
rencontre le plus souvent est une igname à tige ailée dont la
(1) Cf. H. Jumelle. Les plantes à tubercules alimentaires, p. 166 et suiv.
(Note ajoutée pendant l'impression).

�É. DE WILDEMAN
304
partie aérienne est peu eslimée comme nourriture. Pour lui,
l’igname à lige ailée est plus cultivée dans les environs de Luluabourg el de Lusambo qu’au Katanga, Moero el Tanganika. Il
nous serait difficile de préciser le nom de celle plante, car
plusieurs Dioscorea différents possèdent des tiges ailées.
Le genre Dioscorea est représenté dans la Flore de l’État du
Congo, par de très nombreuses espèces, dont plusieurs présen­
tent des tubercules aériens. Ce nombre s’accroîtra encore large­
ment, car nous possédons en herbier de nombreux matériaux de
ce genre, dans lequel nous avons plusieurs espèces nouvelles à
décrire. Il est indiscutable que parmi les plantes de ce genre
cultivées par le noir, il doit y avoir également des variétés locales
sur la définition desquelles nous n’avons aucun renseignement
précis (1).
Nous citerons le Dioscorea saliva répandu un peu partout dans
les colonies de l’Afrique occidentale tropicale, soit sauvage, soit
cultivé et le D. macrura Harms, récolté d’abord dans la région

1) Les Dioscorea signalés au Congo belge sont :
D. acarophyta De Wild.; D. alala De Wild.; D. apiculala De Wild.; D.
Beccariana Mart.; D. Coslcrmansiaiia De Wild ; dont le tubercule serait
comestible et du nom indigène de « Kisadi » dans le Bas-Congo ; D. Demeusei
De Wild. et Th. Dur.; D. dumeloruni (K.) Pax ; D. Liebrechisiana I)e Wild.;
à tubercule souterrain comestible; D.macrura Harms, dénommé « Elea » dans
la région du lac Léopold 11 et dont la racine serait vénéneuse ; D. minutiflora
Engl.; D odoratissima Pax ; D. praehensilis Benth.; D. Preussii Pax ; D.
pterocaulon De Wild ; D. saliva L.; D Schimperiuna Hochst. et var. vestita Pax ; D Schlcchteri Harms : D. smilaci/olia De Wild. et Th. Dur.; D.
Thonneri De Wild. et Th. Dur.; D. Verdickii De Wild.
Dans le catalogue du Jardin de la Mission de Kisantu in L'Agronomie tro­
picale, Partie II, p 32 et 49, le frère J. Gillet signale les ignames suivantes
dont la dénomination scientifique n’a pu être faite d’une façon rigoureuse,
plusieurs d’entre elles n’ont pas passé entre nos mains.
D. atata L. — Nom ind.: Si Sielinge. — Tubercule à chair blanche de
digestion facile et de goût agréable
D. bulbifera L. — Nom ind.; Masoko. — Tubercules aériens comestibles à
chair jaune verdâtre.
D. acnleata L. — Nom ind. Bisunia. Tubercules gros, à chair jaunâtre,
à arriére goût amer.
D globosa Hort.— Nom indigène : Zaogufu. — Tubercule globuleux à chair
blanche, délicate et nutritive.
D. saliva L. — Nom ind.; Kiugwela. — Tubercule assez gros, à chair
jaunâtre, ferme et de bonne qualité.

305
des Niams-Niams et retrouvé depuis dans le Bas-Congo et dans la
région du Tanganika. Celte dernière espèce forme de très gros
tubercules souterrains qui ne paraissent pas être employés par
les indigènes ; ceux-ci mangent parfois, mais en cas de disette
seulement, les bulbilles aériens qu’ils font rôtir sous la cendre.
Parmi les Dioscorea les plus employés en Afrique, il faut citer
outre D. satioa : D. abyssinica, D. alala, D. cUimelorum. Le Dios­
corea alala possède des tubercules en général rougeâtres, pour­
pres à la surface, à chair d’un pourpre clair, mais il existe
paraît-il également des variétés à tubercules blancs plus estimés
que les tubercules violets.
Un empoisonnement de trente-deux soldats des troupes de
l’Enclave de Lado ayant été constaté en avril et mai 1900, le
Gouvernement général de l’État indépendant du Congo avait fait
demander au commandant des troupes des renseignements rela­
tifs à la cause de cet empoisonnement.
L’autorité compétente a fait parvenir un rapport dont nous
extrayons le passage suivant:
« Je vous expédie un buvard contenant trois feuilles de Kurnfnlala, tel est le nom madhi de la plante, qui a causé la mort par
empoisonnement de trente-deux soldats.
« La racine de cette plante se présente sous la forme d’un
tubercule dont les dimensions, à complet développement, sont
celles de la tête humaine; elle a l’aspect de l’igname sauvage;
sa pulpe est d’un blanc jaunâtre, mais devient violacée en
séchant ; elle paraît granuleuse ou striée.
« Des centaines de radicelles partent du tubercule. La tige,
sorte de liane, est grimpante, les feuilles sont alternes. Il m’a
été impossible de me procurer des fleurs de ladite plante, el si
je ne vous envoie pas de racine, c’est que je crains qu'elle ne
pourrisse en route. Les indigènes emploient la racine pour tuer
ou étourdir le poisson dans les mares et marigots. Les Bari,
riverains du Nil, en mangent la farine en l’assaisonnant de cen­
dres de bois, après l’avoir fait bouillir pendant vingt-quatre
heures. »
Le Gouvernement de l’État du Congo m’ayant fait parvenir ces
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

�É. DE WILDEMAN
306
feuilles de Kiinifutala, j’ai pu certifier qu’elles appartiennent
indiscutablement à une espèce de Dioscoreci (igname ou yams), et
pour autant que la détermination scientifique soit possible sur
le vu de feuilles non accompagnées de fleurs et de fruits, il
semble que la plante incriminée doive appartenir au Dioscoreci
sutiva L.
Cette espèce est largement cultivée, non seulement en Afrique
mais dans toutes les régions tropicales, nous n’avons pas
entendu signaler des cas d’empoisonnements sérieux par l’inges­
tion des tubercules de cette plante. Ils contiennent il est vrai
un principe alcaloïdique âcre,amer, toxique peu connu au point
de vue chimique, qui a été dénommé « dioscorine » et qui
aurait, au dire de certains auteurs, une action narcotique (1).
Ils contiendraient également une assez forte proportion d’oxalate calcique en cristaux, auquel serait dû le rougissement de
l’épiderme. Mais, par une cuisson plus ou moins longue, il paraît
facile de débarrasser le tubercule de ce principe et d’obtenir un
produit des plus nutritifs. Il est assez probable que l'empoisonne­
ment relaté plus haut a été dû à une cuisson insuffisante ou que
les indigènes n’ont pas éliminé le liquide de cuisson dans lequel
pouvait se trouver une certaine quantité du principe narcotique.
Certains auteurs ont prétendu d’après des recherches faites à
Java que les D. aculeala, D. alaia, D. pentaplujlla et ü. spiculata
ne possédaient pas de substances toxiques, mais les analyses de
M. Boorsma ont démontré le contraire.
MM. Heckel et Schlagdenhaufien ont retrouvé dans les tuber­
cules aériens d’un Dioscorea Imlbifera Forst. ( = D. sativa L. —
Helmia Imlbifera Kunth) le principe amer toxique qui aurait
occasionné dans certaines régions l’empoisonnement du bétail;
mais il est, comme nous le disions, facile de se débarrasser de ce
principe en lavant les bulbilles coupées en tranches minces ou
en les faisant bouillir dans de l’eau, comme le font les indigènes.
Après avoir desséché les bulbilles, ces auteurs ont trouvé 52 o/o
d’amidon et 5 o/o d’albuminoïdes.

(1) Cf. Boorsma in Meded. Landb Plant. XIII et Dr Dekker. Voederstoffen in
Meded. Departni. van Landb. n° 8 , 1909.

307
D’après MM. Heckel et Schlagdenhaufien ce ne serait pas le
tubercule noir et rugueux quand il est sec,qui serait comestible,
mais bien les bulbilles axillaires du Dioscorea saliva ; ces derniers
peuvent peser jusque 50 grammes. Cette indication peut être
vraie pour certaines régions, mais d’après les renseignements
obtenus au Congo, l’indigène fait également, et surtout, usage
du tubercule souterrain.
Il serait vivement désirable que de nouveaux matériaux et des
renseignements plus précis sur les conditions dans lesquelles les
empoisonnements se sont présentés, fussent réunis, afin que l’on
puisse déterminer avec certitude l’espèce botanique des plantes
incriminées de toxicité, soit par leurs tubercules, soit par leurs
bulbilles, et élucider cette question qui peut avoir un grand
intérêt au point de vue de l’alimentation des indigènes et des
fonctionnaires coloniaux.
Letude des Dioscorées a été entreprise dans certaines
régions tropicales par exemple en Jamaïque et à Ceylan ; à la
Jamaïque on a signalé diverses variétés du Dioscorea sativa, du
D. alaia, du D. cayennensis et du D. bulbifera (1).
PLANTES CULTIVEES EN AFRIQUE TROPICALE

(1) CI. Harris in Bull, of. lire Department of Agriculture of Jamaica, jan­
vier 1906 décrit :
Dioscorea sativa L. « Negro Yam ».
Tige cylindrique non ailée, plus ou moins épineuse ; feuilles cordées arron­
dies, s’amincissant graduellement en pointe aiguë. Grand tubercule, foncé
extérieurement, à extrémité blanche, amer quand il est cuit avant d’être
arrivé à maturité. Le tubercule cuit est mou, d’un blanc sale, mais il est bon.
Le « Negro Yam » est toujours cueilli avant d’être arrivé à maturité. C’est
un tubercule résistant, c’est la meilleure espèce à cultiver dans les parties
froidds des montagnes.
Variétés. — « Man Yam ». — Elle est plus grande et meilleure au goût que
le « negro ». Tubercule oblong, ayant presque le même diamètre dans toute
sa longueur. On ne le cueille qu’à maturité.
« Lucea Yam ». — Plus long que le « negro » ou le a Man ». Comme goût
il est supérieur au « Negro » mais inférieur au « Man ». Tubercule ajant
environ la même épaisseur dans toute sa longueur. Très cultivé dans les
parties occidentales (Hanover, etc.) et expédié en grandes quantités par le
port de Lucea vers Kingston et Cuba. Dioscorèe de première qualité.
« Mozella » ou Bitter Yam — Très semblable au Lucea, mais ayant sous
la peau une couleur pourpre et à goût amer quand il est cuit. Les tiges de
cette variété arrivent jusqu’au sommet des plus hauts arbres.
Discorea alata L. — « Wlvite Yam » des Indes. Tiges à angles aigus, ailées,

�É. DE WILDEMAN
308
M. H.-F. Macmillan a publié dans les « Circulais and Agricultural Journal » du Jardin botanique de Ceylan en 1905 une
étude très détaillée sur les variétés du genre cultivées à Ceylan.
11 n’est peut-être pas mauvais d’insister ici sur certaines des
observations de l’auteur qui montrent bien l’intérêt qu’il y
aurait à attacher un peu plus d'importance à l’étude de ces
plantes. C’est ainsi que M. Macmillan attire l’attention sur la
variation du rendement, qui dépend souvent de la variété
cultivée et des conditions de culture ; certaines variétés culti­
vées à Ceylan, telle le « Kululala » ne donnent que 3 à 4 livres
de tubercules par plante, d autres le « Kaharta-ala » par
exemple produisent parfois plus de 30 livres par plante.

feuilles cordées, arrondies ou pointues, variables de forme et de grandeur,
souvent très grandes. Tubercule très grand en général et blanc.
Variétés. — t Guinea Yam ». Une des espèces blanches les plus grandes.
Épiderme lisse ; tubercule tendre quand il est cuit, de bon goût comme le
« Mozella Xam » à tiges grimpant très haut.
« Moonshine Yam » Épiderme pourpre. Une bonne espèce blanche.
« Snalce Yam ». Tubercules plus ou moins claviformes atteignant trois à
quatre pieds de long et huit à neuf pouces de circonférence. Peu cultivé, de
qualité intérieure.
« Silver Yam ». — Yam sec, farineux, un des meilleurs yams blancs.
« Bull liead Hard Yam ». — Yam à épiderme rugueux, velu, tubercules en
forme de tète de taureau. Dur quand il est cuit, mais de goût agréable.
» Mwo sister’s Hard Yam » — Analogue au Bull head, chaque tète produit
deux tubercules.
« Bear and drop Hard head ». — Produit un grand nombre de petits tuber­
cules réunis par une masse de racines fibreuses, ces tubercules sont aqueux
quand ils sont cuits. Sorte peu employée et pas cultivée.
&lt;r Bragging Tom Yam ». — La plus grande espèce blanche cultivée. Tuber­
cules de trois à quatre pieds de long et dix-huit pouces de diamètre. Devenu
très rare mais a été cultivé avec grand soin. Un des meilleurs Yams quand il
est bien cultivé.
« Pucka Yam ». — Sorte grande, arrondie et si molle qu’il faut la cuire à
la vapeur. Constitue un bon Yam
« Bullet tree Pucka Yam ». — Semblable au « Pucka » mais la surface du
tubercule est hérissée de protubérances assez grandes.
« Flour Yam». - Yam farineux. Un des meilleurs.
« Barbados Yam ». — Pâteux quand il est cuit, mais cependant assez cultivé
dans certains districts où il est de bonne qualité.
Dioscorea caycnnensis Lara. — « Yellow Yam », « Afou Yam ».
Tiges cylindriques éparsement épineuses en dessous ; feuilles cordées,

309
En règle générale au plus le tubercule est grand, au plus la
proportion de matière impropre à l’alimentation est forte ; c’est
là une considération dont il faut tenir compte dans l’estimation
du rendement. Le rendement par acre varie de 5 à 10 tonnes, à
Kandy, M. Whyte a obtenu 14 tonnes. C’est surtout par la
cuisson que les tubercules des Dioscorées perdent ou gagnent
leurs propriétés. On sert fréquemment les tuberbules à moitié
cuits, encore durs, ou fortement cuits, et réduits en une masse
pulpeuse.
Certains connaisseurs conseillent de bouillir partiellement
les tubercules, puis de les placer dans des cendres chaudes
pour en enlever l’eau, d’autres, de les rôtir. Dans les Indes
occidentales où les Dioscorées sont très usagées, on les rôtit, on
les passe au four, on les fait bouillir, ils sont servis en rissoles,
en fritures, en puddings, etc. On peut également découper les
tubercules frais en tranches qui sont ensuite séchées au soleil
et peuvent alors être conservées pendant longtemps. Dans les
gros tubercules, la moitié environ, c’est-à-dire la moitié inférieure
est comestible, la partie supérieure est ligneuse et amère;
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

arrondies, pointues, sept nerviées, d’environ trois pouces et demi de long sur
trois pouces de large, presque glabres, papvracées, inflorescences géminées,
naissant aux aisselles des feuilles. Tubercule grand, souvent ramifié, d’un
jaune de soufre. Les tubercules cultivés dans de bons terrains sont bien secs
et farineux, mais ceux cultivés dans des sols lourds, humides, sont visqueux
quand ils sont cuits. Quand il est bon, ce yam est fortifiant et apprécié par
les classes ouvrières. Il se développe de préférence dans les endroits chauds,
il est résistant. On peut se le procurer à toutes les époques de l’année, on
peut faire deux récoltes de tubercules.
Dioscorea trifhia L. — « India Yam », « Yampee », « Cush-Cusli ».
Tige anguleuse légèrement ailée ; feuilles trilobées ; tuliercule cylindrique,
d’environ six pouces de long. Chaque plante produit plusieurs tubercules.
C’est le plus beau yam de table. Les tubercules rôtis ou bouillis et mangés
avec du beurre sont délicieux, lis ont un goût de noisette.
Dioscorea bulbifera L. — « Acom Yam », « Bulbbearing Yam ». — Indes
orientales mais acclimaté dans les Indes occidentales.
Tige subcylindrique ; feuilles cordées, ovales, pointues ; tubercule plus ou
moins globuleux.
Cette plante produit un grand nombre de hulhilles ; ceux-ci d’un brun
clair, d’environ trois pouces de long, ovales, arrondis, ou aplatis d'un côté.
Ou peut les employer pour propager la plante. On mange rarement les tuber­
cules, mais ils fournissent un bon amidon.
Ami du Musée col. de Marseille. — 2« série. 7e vol. 1909.
20

�310
E. DE WILDEMÀN
toutes les parties trop fibreuses impropres à l’alimentation
peuvent être usagées pour la reproduction . Les tubercules
produits sur les tiges sont en général comestibles, ils sont
mangés occasionnellement à Ceylan par les indigènes; il faut
noter que les tubercules de l’Udella ou Dioscorea bulbifera ne
semblent pas comestibles, d’après l’auteur (1).
Quelques recherches sur les meilleures méthodes culturales
seraient également très utiles, c'est ainsi qu’il convient d’attirer
l’attention sur le lait que le tuteurage augmente fortement le
rendement, il est, en effet, de celle manière plus aisé de planter
serré et d’économiser ainsi du terrain. Une expérience très
démonstrative a été faite en 1908 à Sainte-Lucie (École d Agri­
culture), deux variétés d’ignames : « Lisbon » et « Bottle-Neck(1) A Ceylan on rencontre les espèces et variétés suivantes de Dioscorea
les trois dernières ne sont pas comestibles.
Le tableau suivant de ces espèces est donné par M. Macmillan, nous avons
cru utile de le reproduire sommairement ici :
Tiges à 3-5 ailes ou angles, munies de tubercules, non épineuses.
Feuilles opposées, entières.
Augilly-ala; Verralvalli-Kelcngu — Dioscorea alata, var.
Bindhar; Binaar-ala
»
» »
Hingur; Ingur-ala
»
» »
Japana ; Rathu-ala ; Savuvalli-Kelengu »
» »
Kaharta-ala ; Karavalli-Kelengu
» purpurea Roxb.
Kirikoudol : Arthuvalli-Kelengu ;
Dioscorea alata var.
White Yam
a
Kirivel-ala; Vaithilayvalli-Kclengu
Niame Chino( Indes occidentales)
Niame Pellu (Indes occidentales)
Raja-ala
Rata-Kondol
Ratavel-ala
Vel-ala ; Kodivalli-Keleugu
Feuilles 3 à 5 lobées.
Yampee; Cush-cush (Indes Occidentales) Dioscorea trifida.
Tiges arrondies, tubérifères non épineuses.
Feuilles alternes.
Udella; Uda-ala ; Kodk-Karrana-Kelengu Dioscorea bulbifera L.
Tiges arrondies ou légèrement sillonnées, tubérifères épineuses.
Feuilles alternes ou opposées entières.
Hiritala ; Sheeuivalli-Keleugu
Dioscorea obcuncata Hook. f.
B

»

»

»

»

B

»

B

»

B

B

B

B

»

B

»

»

»

B

»

311
Lisbon » furent cultivées avec et sans supports; les rendements
obtenus furent :
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

Sans supports
acre

Avec supports
acre

Lisbon.....................
3.2 tonnes
6.7 tonnes
Bottle-Neck.............. 2.4 »
4.3 »
Dans diverses régions de l’Amérique centrale, par exemple
à Antigua et à Sainl-Kitt, des expériences sur la valeur des
variétés de culture des ignames ont été poursuivies depuis
plusieurs années ; les résultats ont prouvé que les variétés étaient
loin d’être équivalentes. Les quelques chiffres réunis dans le
tableau ci-dessous font ressortir l’ importance de la culture des
bonnes variétés.
Variétés

Ligbt Read................
Sealend Cop..............
Bottle-Neck-Lisbon ..
Cush-Cush................
Bugh-hom.................

Antigua
acre

10.780
7.700
7.326
6.314
6.182

Saint-Kitt
acre

livres
»
»
»

14.626 livres
13.849 »
—

8.781 »

»

—

Java-ala ; Natt-ala ou MahaKukul-ala ;
Shoravalli-Kelengu
Dioscorea fasciculata Hook.
Katukukul-ala
Kukul-ala ; Shirruvalli-Kelengu
Jambur-ala ; Podhalivaili-Kelengu
Dioscorea sp.
Kalia Japana-ala ; Guinea-Yam
Dioscorea aculeala L.
Feuilles 3-5 digitées.
Katu-ala ; Mulluvalli-Kelengu
Dioscorea penlaphylla L,
Tiges arrondies, non épineuses, sans tubercules aériens.
Feuilles opposées.
Gon-ala; Kombuvalli-Kelengu
Dioscorea spicata.
Dioscorées de Ceylan non comestibles :
Uyala
Dioscorea tomentosa.
Panu-Kondol
Dioscorea satiua.
—
Dioscorea intermedia.
Il est remarquable de noter qu’à Ceylan le D. sativa indigène n’est pas
comestible.
Nous ne pouvons entrer ici dans le détail des descriptions de ces variétés
pour lesquelles nous renvoyons au travail original et très intéressant de
M. Macmillan.
»

B

»

B

B

»

�É. DE WILDEMAN
312
11 serait donc vraiment utile de pouvoir mettre en parallèle
avec ces études américaines quelques observations africaines (1).

P atates douces

Les patates douces, constituées par les tubercules souterrains
de Ylpomoea batatas, originaire de l’Amérique du Sud, ont été
introduites au Congo, jamais on n'a pensé à leur attribuer un
indigénat en Afrique, bien que des espèces du même genre exis­
tent dans la région et possèdent des tubercules, peut-être
comestibles.
Les patates douces sont cultivées dans le Congo occidental,
dans le bassin du Mubangi-Uele, dans le Manyema, l’Aruwirai,
le Lomami et dans le bassin du Tanganika. Elles seraient même
plus cultivées qu’on ne le suppose, dans toute la région Sudorientale du Congo, on les retrouve quélle que soit la base de
l'alimentation : maïs, sorgho, manioc ou banane.
La patate douce est mangée fraîche, bouillie ou sous forme de
farine.
Sous forme de farine, elle a dû au préalable être découpée en
lines tranches que l’on fait sécher au soleil (sud du TanganikaMoeroJ. Il faut les yeux du noir pour distinguer cette farine de
celles du manioc et du maïs préférées par les indigènes.
L’indigène cultive la patate sur petits monticules (Matuda), ou
en plates-bandes, parfois aussi entre les sillons qu’on réserve au
manioc ou au maïs. Deux ou trois boutures de 15 à 20 centi(1) M. Aug. Chevalier vient de publier dans les Comptes Rendus de l’Académie
des Sciences de Paris (11 octobre 1909), une note sur les Dioscorea cultivés en
Afrique tropicale, dans laquelle il fait ressortir l’importance prise par la
culture de ces plantes dans la Haute Côte d Ivoire et dans le Baoulé où trente
races d’ignames se rattachant à trois espèces principales sont largement
cultivées par le noir. Il fait remarquer les différences entre les races cultivées
et les races sauvages, et cite en particulier la présence d’épines sur les racines,
caractères que nous avons trouvés sur certains échantillons congolais, dont
nous étudierons la valeur systématique dans un autre mémoire.
L’espèce la plus répandue dans la région serait le D. prehensilis Benth.

313
mètres de longueur sont placées dans de petits trous pendant la
saison des pluies et même à la fin.
Déjà trois ou quatre jours après la mise en terre, la bouture
entre en végétalion, même dans le sable pur des bords du lac
Tanganika. On y connaît trois variétés : blanches, rouges et
grosses rondes. Les variétés blanches et rouges sont les plus pré­
coces, en deux mois elles produisent.
La grosse patate ronde a le goût du manioc et est, au dire des
voyageurs, meilleure fraîche que bouillie, car elle semble moins
sucrée.
Ces variétés se différencieraient, à première vue par la feuille.
Pour la multiplication, il reste généralement des tiges qui ont
résisté à la saison sèche de plus de six mois comme à Moer
(sud du Tanganika ; du reste les noirs bouturent parfois à la
fin de la saison sèche, et en août on les voit faire sécher les
patates douces. D’ailleurs, la patate douce est une plante facile
à multiplier et même envahissante, car elle se marcotte très
aisément.
Les sauterelles n’attaquent pas la feuille de la patate, mais par
contre les grands ennemis de cette plante sont les cochons et les
singes.
Si dans diverses régions de l’Amérique l’étude systématique
des variétés et races de patates douces a donné des résultats
précieux, en Afrique rien n’a encore été fait dans ce sens. Il y a
là une lacune qui mériterait d’être comblée, car si l’aliment
fourni par la patate douce a une moindre valeur que celui fourni
par d’autres plantes, la farine a le grand avantage de ne jamais
contenir de principe toxique et la plante possède celui d’être
beaucoup moins épuisante pour le sol.
Cependant, hàtons-nous d’ajouter que la question de la toxi­
cité de la patate douce a été soulevée récemment; en effet, le
Queensland Agricultural Journal a insisté (1) sur le fait que les
tiges de cette plante renferment de l’acide prussique et que leur
ingestion aurait occasionné la mort de certains animaux, en
particulier des porcs. On ajoute cependant à cela que dans les
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

(1) Cf. Quinzaine Coloniale, 15 février 1908, p. 103.

�314
E. DE WILDEMAN
Indes occidentales cette plante est très souvent employée dans
l’élevage des porcs, veaux, etc., et que jamais on n’a remarqué
des accidents à la suite de l’ingestion de ces tiges.
Cette différence dans l'effet ne serait-elle pas due à une diffé­
rence de variété, ou à des différences dans les conditions du
milieu de culture, comme cela semble être le cas chez le Manihot ?
A rachide

La culture de VArachide, tout en étant assez répandue parmi
les indigènes du bassin du Congo, pourrait l'être davantage, sauf
dans la grande forêt où sa croissance est difficile.
Nous avons rappelé les opinions différentes qui ont cours sur
son origine.
La grande valeur de cette plante réside non seulement dans sa
valeur alimentaire, mais aussi dans son importance pour l’édu­
cation du noir.
Toutes les parties de la plante trouvent leur emploi ; elle
donne des graines utilisables telles quelles, de l’huile facile à
extraire et qui, avec la graine, constitue une marchandise
d’échange de valeur ; de plus elle fournit un fourrage très
estimé pour le bétail et possède le très grand avantage de ne pas
être aussi épuisante pour le sol que le manioc, par exemple,
puisque, comme toutes les légumineuses, elle a la propriété
d’enrichir le sol en azote.
Nous 11e voulons pas insister ici sur cette plante, mais malgré
les nombreux travaux qui lui ont été consacrés dans ces der­
nières années, des études systématiques permettant de se
retrouver dans les nombreuses formes que l’on rencontre dans
les cultures, manquent encore. Ces formes peuvent cependant
avoir, au point de vue du rendement, une importance très diffé­
rente, suivant les conditions dans lesquelles elles se trouvent en
culture (1).
( 1) Voix'pour l’Arachide entre autres : J. Adam. L'Arachide, Paris 1908, où
l’on trouvera la plus grande partie de la littérature et É. De Wildemau.
Notices plantes utiles on intéressantes de la Flore du Congo, vol. I, p. 397 et
suiv.

PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

315

Voandzou et autres Léguminosacées

Dans certaines parties du Congo, en même temps que l’Ara­
chide, ou à sa place, on cultive le Voandzeia ou Voandzou.
L’origine de cette plante est loin d’être établie, on ne sait si elle
a été introduite d’autres régions de l’Afrique continentale ou de
Madagascar, et pour plusieurs auteurs elle serait indigène.
Dans la même catégorie de plantes viennent se classer natu­
rellement d’autres légumineuses qui n’ont pas, au point de vue
commercial, la portée de l’arachide, mais ont tout autant de
valeur pour l’alimentation du noir, et, à ce titre, méritent une
mention spéciale.
Les Phaseolus, Dolichos, Cajanus et Cicer sont, sous des formes
différentes, cultivés dans des régions où la culture du champ a
pris une extension relative, c’est-à-dire toujours en dehors de la
grande forêt tropicale.
Si l’on voulait étudier les conditions d’introduction de ces
plantes, on devrait les considérer séparément, car il est certain
que leur origine n’est pas comparable.
Pour certains auteurs, toutes ces plantes encore très mal
connues, viendraient de l'Est, et tout en étant d’introduction
ancienne dans les centres actuels de culture, elles ne seraient
pas indigènes au Congo. Certes, une partie des Phaseolus et Doli­
chos cultivés au Congo n’ont pas une origine directement orien­
tale, car ils ont suivi les Portugais venant de l’Ouest et il sera
naturellement très difficile d’établir le chemin parcouru, comme
il est pour le moment impossible d’établir un census des variétés
cultivées.
Cependant certains auteurs pensent pouvoir déduire de diver­
ses observations, que les fèves et les haricots, dont des formes
semblent exister à l’étal indigène dans diverses régions du centre
africain, sont vraiment originaires de ces pays où ils seraient
cultivés depuis fort longtemps, bien avant la découverte de
l’Amérique.
L’étude des races de ces plantes comestibles mérite donc à
plus d’un titre d’être entreprise.

�316

K. DE WILDEMAN

Ananas

La pénétration des Ananas de la Côte occidentale vers l’inté­
rieur du continent a été signalée à plusieurs reprises ; cette
espèce semble avoir trouvé au Congo un terrain favorable, surtout
dans le sud et le centre du bassin, où la plante est retrouvée à
un état quasi spontané, se multipliant dans la forêt à des dis­
tances relativement considérables d’emplacements de villages.
Certes, les ananas produits dans ces conditions, et même dans
les cultures encore trop peu soignées des indigènes, ne peuvent
rivaliser avec les fruits sélectionnés, cultivés avec soin en
Amérique et aux Indes ; mais la facilité de la croissance de cette
plante, fournit une indication qui ne devra pas être perdue de
vue, car, de même que la culture des bananiers peut être d’avenir
en Afrique, soit pour l’exportation du fruit de dessert, soit pour
celle de la farine et des conserves de bananes, la culture des
Ananas pourrait également donner des bénéfices.
Il y a, d'ailleurs, d’autres bénéfices encore à réaliser par la
culture de l'ananas, de même que par la culture des bananiers ;
si ces derniers donnent une fibre résistante, de valeur pour la
fabrication des cordages, les feuilles de l’ananas produisent une
fibre très fine, de grande valeur, surtout si elle pouvait être
amenée régulièrement sur le marché.
On ne devrait jamais oublier que la production de fibres est
une immense ressource pour le développement économique des
colonies tropicales.
Cucurbitacées

Les courges des genres Lagenaria et Cucurbita, fort mal
connues au point de vue scientifique, sont cultivées presque
partout dans le Congo, en nombreuses variétés ; celles-ci parais­
sent particulièrement répandues en dehors de la grande forêt, et
au Katanga, par exemple, leurs formes diverses ont frappé tous
les explorateurs.

317
Mais même dans la forêt la culture de ces plantes est encore
faite dans les clairières, autour des cases, car lecorcedes fruits
sert à fabriquer toute une série d’ustensiles indispensables,
même aux peuplades les moins civilisées.
C’est dans des récipients faits à l’aide de courges que les noirs
récoltent dans le centre du Congo le latex des plantes caoutchoutilères et c’est souvent dans des jarres de même origine qu’ils
opèrent la coagulation de ce latex par écrémage. Les nombreuses
graines que renferment ces fruits trouvent également leur
emploi dans la cuisine et la médecine indigènes.
PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

Café

Bien que le café ne soit pas à proprement parler un aliment,
il nous semble intéressant de le rappeler ici, car les renseigne­
ments publiés par Sir Harry Johnston dans son livre, 11 e rendent
pas un compte exact de l’état actuel de la question qui a pour
nous, quoi qu’on dise, une grande importance. D’après les notes
de Grenfell, le caféier sauvage aurait d’abord été découvert
par lui dans le bassin de la Sanga et dans celui des rivières du
Bas-Mubangi. O11 le trouverait principalement dans les forêts de
la partie nord du bassin du Congo et, jusqu'à ce jour, aucune
espèce de caféier sauvage n’aurait été trouvée, spontanée, dans
les régions du sud du Congo.
Pour Sir Harry Johnston, le caléier semblerait être une des
plantes caractéristiques de la ceinture des forêts équatoriales
de l’Afrique occidentale et s’étendrait vers l’Est jusqu'en Abys­
sinie et à l’Ouest vers le Sénégal.
Les découvertes récentes 11 e corroborent pas du tout celte
opinion ; le genre Coflea possède des représentants uu sousgenre Eu-cofjëa dans la plupart des régions de l’Afrique tropicale.
Les matériaux nombreux rassemblés par Dewèvre, la Mission
Laurent, des agents de l’État du Congo et du Ministère des
Colonies, dont une partie seulement est étudiée à ce jour, ont
permis de signaler dans notre colonie les espèces suivantes :

�318

É. DE WILDEMAN

Coffea arabica. — Environs de Lukolela, Équateur, Ubangi, BasCongo, Coquilhatville. — Sans doute souvent échappé des
cultures, pouvant peut-être se rencontrer à l’état indigène.
Coffea Arnoldiana De Wild. — Aruwimi.
Coffea aruiuimiensis De Wild. — Mongo, Aruwimi, WanieRukula et cultivé actuellement à Surango et Basoko.
Coffea canephora Pierre.— Lomami, Lusambo.
------Var. crassifolia Laurent. — Lusambo.
------Var. kouilouensis Pierre. — Mayombe, Liwituku.
— — Var. sankuruensis De Wild.— Ibaka et cultivé à Lusambo,
Dibele, Idanga, Bombaye et Ikongo.
— — Var. Wildemanii Pierre. — Congo ?
Coffea congensis Froehner. — Coquilhatville, Lualaba, env. de
Wabundu (Pontliierville) et cultivé aux Stanley-Falls.
------Var. Chalolii Pierre. — Lukolela, Kinshassa (cultivé),
Équateur, Ukatoraka, env. de Bumba, cultivé à Wangata et à Imese.
------Var. Froehneri Pierre. — Congo.
------Var. subsessilis De Wild. — Stanley-Falls, env. Wabundu.
Balekolela.
Coffea Dewevrei De Wild. et Th. Dur. — Bena-Lecula.
Coffea Lanrentii De Wild. —Café du Sankuru cultivé à Lusambo
et à Kasongo ; Bombaye.
Ce caféier est probalement une forme du C. canephora.
Coffea liberica Bull. — Cultivé.
Coffea robustct L. Linden. — Probablement une forme du C.
canephora.
Coffea Royauxii De Wild. — Banzyville, importé de Bili.
Coffea spathicalgx K. Schum. — Environs de Léopoldville.
Cette liste sommaire prouve déjà que le genre Coffea si inté­
ressant n’est pas aussi limité que le croyait Sir Harry Johnston,
d’ailleurs nous pourrions ajouter encore que des représentants
de ce genre existent bien au sud du Congo, dans l’Angola et
dans la zone de Zambèse.
On ne peut assez se mettre en garde contre les conclusions trop
hâtives, nous connaissons encore bien trop mal la flore africaine

PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

319

pour pouvoir définir la zone de dispersion des plantes, même
de celles le plus largement répandues.

Si l indigène cultive des légumes en petites quantités, — on
ne peut considérer comme culture l’exploitation des palmiers
à laquelle il donne relativement peu de soins, — cela ne veut
pas dire qu’il n’en consomme pas.
Il faut même se demander si l’on peut admettre l’opinion
exprimée si souvent que l’indigène se nourrit principalement
de matières carnées. Plusieurs auteurs ont affirmé que dans
diverses régions congolaises (1) l’indigène ne mange pas de
la viande tous les jours et se nourrit principalement de plantes
indigènes cuites en légumes et de fruits.
D’autres auteurs ont émis l’hypothèse, très plausible, que
l’anthropophagie est, dans bien des cas, une résultante de la
faible quantité d’aliments carnés mis à la disposition du noir et
que celte alimentation est pour lui une nécessité. Us considèrent
dès lors l’anthropophagie comme facile à combattre pour l’in­
troduction d’animaux de boucherie.
Au point de vue de l’alimentation du noir, tout le bassin du
Congo a considérablement profité de l’arrivée des Européens et
si, dans certains cas, des famines partielles peuvent encore se
faire sentir, cela est du en première ligue au peu d’attrait que
le noir trouve dans le travail du sol, qui seul peut amener la pro­
duction de la nourriture tant végétale qu’animale. L’indigène
préfère prendre les fruits qui lui tombent sous la main, car il ne
peut comprendre encore que la nourriture saine et abondante a
une action directe sur sa santé et son aptitude au travail. Nous
devons nous efforcer de lui démontrer que par le travail il trou­
vera les moyens d’augmenter sa ration et en même temps sa
résistance aux maladies, donc santé et bien-être.
(1) Cyr. van Overberqh. Mangbetu, p. 152.

�320

K. DE WILDEMAN

Si de cet exposé déjà fort long, et très incomplet, nous
essayons de faire une synthèse, nous voyons imniédiatemant qu’il
ne peut être question de tirer des conclusions générales. Nous
devons reconnaître en tout premier lieu que nous connaissons
fort peu de chose des plantes cultivées par le noir, même de
celles qui sont exploitées depuis le plus longtemps, par exemple
l'Elaeis.
Il suffit, en effet, de jeter un coup d’œil sur les travaux
anglais, auxquels nous avons fait allusion plus haut pour voir
que : noms indigènes, caractères fournis par les voyageurs dans
diverses colonies, ne donnent rien de concordant. Pour amener
un peu plus d’uniformité dans les renseignements, pour les
rendre comparables, il serait donc utile qu’ils fussent recueillis
d’une manière rationnelle et que l’enquête à laquelle toute plante
productrice devrait être soumise, fût accompagnée de nombreux
matériaux de collection : rameaux feuillus, fleuris et fructifères,
graines mûres, afin de conduire parallèlement des études scien­
tifiques dans la métropole et des essais de culture dans la colonie.
L’envoi de photographies est naturellement tout indiqué ;
dans le port des plantes, dans la manière dont elles sont grou­
pées, dans leur association, il y a des éléments importants pour
des études complètes,
Pour chacune des plantes cultivées sur une certaine échelle,
dans une région déterminée, il y aurait lieu de faire une enquête
permettant de répondre au questionnaire général suivant :
Noms indigènes de la plante ?
Origine (indigène ou introduite)?
Y a-t-il plusieurs variétés en culture ?
L’indigène les reconnaît-il ?
A quels caractères les reconnaît-il ?
Portent-elles des noms spéciaux où leur accorde-t-on un
simple nom générique ?
Quels sont les caractères scientifiques de chacune des variétés
(forme de la plante, couleur des tiges, feuilles, fleurs, fruits,
etc.) ?
Présentent-elles des différences quant à la résistance aux

PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

321

maladies, aux conditions climatériques, au rendement, à
la qualité du produit ?
Quelles propriétés attribue-t-on à chacune des variétés de
culture ? Les considère-t-on comme équivalentes ?
Comment se préparent les aliments obtenus de la plante ?
Observe-t-on des malaises ou même la mort après ingestion
du produit ?
Culture :
Comment se fait le défrichement du sol en vue de la culture ?
En brousse ?
En forêt ?
Le feu intervient-il au début ou régulièrement ?
Quels sont les instruments aratoires ?
Comment l’indigène prépare-t-il le sol au moment de la
culture? (Engrais ou amendements).
Conditions du sol et son action sur la récolte.
Semis.

Soins pendant la croissance.
Récolte et séparation des graines.
Conservation des graines, tubercules, etc., pour la multipli­
cation .
Au bout de combien de temps le sol épuisé par telle ou telle
culture peut-il être remis en culture ?
La même plante peut-elle revenir sur le terrain ou est-il fait
une rotation ? Dans ce cas quelles sont les raisons données
par l’indigène?
Le sol laissé en jachère, pris sur la forêt ou sur la brousse, se
couvre-t-il des éléments de la forêt ou de la brousse ?
Cette forêt ou cette brousse nouvelle possède-t-elle les carac­
tères de la forêt ou de la brousse vierge voisine ?
Dans le cas négatif comment distinguer les nouvelles for­
mations ?
Les questions relativement générales que nous avons réunies
dans ce questionnaire devraient naturellement être plus ou moins

�322

É. DE W1LDEMAN

modifiées suivant la plante et il faudrait dans certains cas pou­
voir entrer dans de longs détails, tous auront leur importance.
Le voyageur en Afrique croit trop souvent que les choses qu’il
rencontre à chaque pas. si communes pour lui, sont connues de
tous ; c’est là une erreur qu’il faudrait parvenir à déraciner.
Les inventaires floristiques des colonies de l’Afrique occiden­
tale sont si incomplets que l'on pourra recueillir pendant des
années encore des échantillons botaniques avant de pouvoir
indiquer d’une façon précise la délimitation des zones de distri­
bution des plantes, c’est le but vers lequel doivent tendre tous
les efforts, car de la distribution naturelle des plantes, nous pour­
rons dans la plupart des cas, tirer les meilleures indications pour
l'établissement de plantations de rapport.
Mais pour arriver à un résultat, nous devons être plus nets
dans nos appréciations ; nous sommes trop habitués à l’impré­
cision. Que d’observations totalement perdues parce qu’elles se
rapportent à des choses non spécifiées. Que signifient des noms
tels que a patates », « faux bambou », « millet », etc., que l’on
rencontre à chaque page dans les récits de nos voyageurs, même
dans ceux appelés à donner des renseignements officiels?
Nous avons été poussés dans celte voie par la véritable manie
des noms vernaculaires, seuls utiles d’après certains auteurs, et
par l’opinion que professent volontiers certains coloniaux : non
valeur des noms scientifiques qui encombrent, disent-ils, les
données vraiment pratiques (1).
Ne nous faisons pas illusion, la détermination rigoureuse­
ment scientifique des plantes de culture, l’indication précise de
leurs noms et même la suppression des noms vernaculaires géné­
raux, et souvent fautifs, peuvent seuls permettre de se retrouver
dans le dédale des formes qui se présentent presque journelle­
ment devant nos yeux ; c’est vers la connaissance scientifique
des plantes coloniales que doivent porter nos efforts, d’elles
découleront tout naturellement les indications relatives à leur
culture.
(1) Voyez : É. De Wildeman. — Sciences biologiques et colonisation, p. 14
et suiv.

PLANTES CULTIVÉES EN AFRIQUE TROPICALE

323

Comme l’a dit un jour le professeur Ch. Flahault : « Qu’il
s’agisse de grande culture, de forêts, de prairies, de montagnes
pastorales ou des plus modestes vergers, chaque région, chaque
zone, chaque point du pays a ses possibilités qu’il faut étudier
avec soin, si l’on ne veut pas courir au-devant d’insuccès ou
faire de coûteuses écoles » (1).
Par la voie des enquêtes dans lesquelles on alliera la science
et la pratique, on obtiendra les progrès vraiment durables, car
ils permettront d’atteindre « le but le plus élevé auquel nous
puissions prétendre: reconnaître, dans le monde végétal, la
place de chaque chose, l’ordre de la nature, afin d’enseigner aux
intéressés à mettre chaque chose à sa place » (2).
(1) Ch. Flahault in Ém. Gadeceau. — Le Lac de Grand-Lieu. Nantes, 1909.
(2) Ch. Flahault. — Le Progrès de la Géographie botanique in Progressus
Rei Botanicae, vol. I, p. 243 et suiv.

�324

E. DE WILDEMAN

A D D E N DA
ANNEXE A L’ARTICLE ELAEIS, voir p. 253-257.

SU R

QUELQUES FÉCULES DES COLONIES
ET EN PARTICULIER DE L’INDO-CHINE
Par E. DECROCK,

Exportations des produits de l’ Elaeis du Congo belge

Professeur-adjoint à la Faculté des Sciences de Marseille.

pendant l’ année 1908.

Kilos
Valeur
Congo belge (Bas-Congo)............................ 2.102.673
1.219 550 34
»
(Haut-Congo)..........................
1.513
877 54
Total du commerce spécial...................... 2.104.186 1.220.427 88
Possessions portugaises (bassin du Chiloango) ... . 162.329
94.150 82
»
(rivegauche duCongo)....
105.183
61.006 14
Total du commerce général...................... 2.371.698 1.375.584 84
H u il e

de

palm e

:

Noix
:
Congo belge (Bas-Congo)................................................. 5.627.613
1.744.56003
d
(Haut-Congo)..............................................
—
—
Total du commerce spécial .................... 5.627.613
1.744.56003
Possessions portugaises (bassin du Chiloango). ... 839.065
260.11015
»
»
(rive gauche du Congo)__ 165.032
51.15992
Total du commerce général .................. 6.631.710 2 055.830 10
p a l m is t e s

La valeur des produits de VElaeis se chiffre donc pour le commerce spécial
du Congo belge à :
Huile de Palme................................................... F, 1.220.427 88
Noix palmistes....................................................
1.744.560 03
T otal..................................................... F. 2.964.987 91

Nous avons terminé notre mémoire sur les Fécules de l’JndoChine, en promettant de poursuivre nos études sur la micro­
graphie des amidons coloniaux, au fur et à mesure que des
matériaux nouveaux nous parviendraient. Grâce aux soins
persévérants de M. le Docteur Heckel, directeur de l’Institut
colonial de Marseille, un certain nombre d’autres fécules,
d’origine Indo-Chinoise surtout, ont été réunies et mises à notre
disposition. Nous les décrirons en suivant le même ordre que
celui qui a été adopté précédemment (1).
Comme il ne s’agira dans le présent travail que de la matière
amylacée fournie par les organes autres que la graine, organes
tels que : tubercules radicaux ou caulinaires, rhizomes et fruits,
nous n’aurons pas à faire la distinction, toute commerciale
d’ailleurs, entre les amidons et les fécules, la première expres­
sion étant spécialement réservée au produit amylacé des graines.
Les groupements adoptés seront en rapport avec les grandes
divisions de la classification botanique et dans l’ordre suivant:
I. — M onocotylédones :

1° Fécules fournies par les Aroïdacées : Amorphophallus satiuus,
A. campcimilatus ; Xanthosoma sagittæfolium.
(1) E. Decrock. Contribution à l’étude des fécules de l'Indo-Chine. Annales
du Musée colonial de Marseille, 16e année, 2e série, 6« volume, 1908.
21
Ann. du Musée col. de Marseille. — 2° série. 7« vol. 1909.

�E . DECROCIv
326
2° Fécules fournies par les Dioscoréacées : Dioscorea trifida,
D. Macabiha, D. opposilifolia, D. bulbifera, etc.
3° Fécules fournies par les Scitaminéesi Canna ednlis, Maranta
indica, Musa sapientuin ; Curcuma longa.
4° Fécules fournies par les Palmiers : Arenga saccharifera,
Borassus flabellifcr, Caryota urens, Medemia nobilis ;
5° Fécules de Tacca pinnatifida, Elæocharis plantaginea.

II. — D icotylédones :

327
au toucher, elle crie un peu sous la pression des doigts. Projetée
sur l’eau elle s’étale lentement à la surface et gagne en grande
partie le fond du tube sous forme de flocons nuageux, à part les
grumeaux qui descendent verticalement.
Caractères microscopiques de la fécule . — La fécule
comprend à la fois des grains simples et des granules prove­
nant de la fragmentation de grains composés. (Voir fig. 1). Les
grains simples sont en petit nombre ; les uns sont ovalaires et
sur quelques fécules des colonies

1° Fécules fournies par les Euphorbiacées : Manihot palmata.
2° Fécules fournies par les Légumineuses : Pueraria Thunbergiana.
3° Fécules fournies parles Convolvulacées: Ipomæa paniculata.
A la description micrographique de l’amidon nous ajouterons
quelques renseignements complémentaires sur la plante et sur
l’analyse chimique des tubercules ou de la fécule lorsque cette
analyse aura été publiée.

1° AROIDACÉES
AM O R PH O PH A LLU S

Les Amorphophallus sont des Aroidées, originaires de l’Asie
et de l’Afrique tropicales, de l’Archipel malais et des îles de
l’Océan pacifique. Ce sont des plantes assez voisines des Arum ;
elles s’en distinguent toutefois par leur spathe étalée, par la
dehiscence poricide de leurs anthères, par leurs nombreuses
loges carpellaires. La plupart des espèces présentent des tuber­
cules volumineux, pouvant atteindre le poids de trois à quatre
kilogrammes et le volume d’une tête d’homme.
Amorphophallus campanulatus Blum.
Celle espèce est cultivée dans l’Inde, la Cochincliine, les Iles de
la Sonde, etc. Ses tubercules contiennent environ cinq pour cent
de fécule, qui est d’un blanc-crème clair, très homogène et douce

F ig . 1. — Amorphophallus campanulatus

les plus volumineux mesurent environ 40 p. sur 20, les autres
sont circulaires et leur diamètre atteint parfois 25 pi. Le hile
est ponct-i forme, parfois étoilé. La striation n’est bien marquée
que dans les grains les plus gros. Les granules ont généralement
un contour recticurviligne, ils présentent une ou plusieurs faces
planes et une portion courbe. Leurs dimensions sont comprises
entre 15p.de longueur sur 12 pi de largeur.
Amorphophallus sativus Blum.
Les tubercules d'Amorphophallus sativus sont plus arrondis
que ceux de l’espèce précédente. Ils contiennent environ 14 o o
de fécule.

�328

E. DECROCK

C aractères m acroscopiques de la f é c u l e . — La

fécule est
d'un blanc-crème liés clair, elle est liés douce au toucher, crie
sous la pression des doigts et donne la sensation de fraîcheur
que l’on trouve à la fécule de pomme de terre. La saveur est
analogue à celle de la farine de hlé. Projetée sur l’eau elle s’étale
lentement à la surface et se mélange au liquide en formant des
flocons nuageux.
C aractères m icroscopiques de la fé c u l e . — La fécule est for­
mée presque uniquement de granules à contours recticurvilignes ou circulaires. (Voir fig. 2). Les dimensions sont assez
variables; elles sont approximativement comprises entre 5 jx et
25 ;x de diamètre moyen. Le hile est ponctiforme et central. La
striation est bien visible sur les grains à contour circulaire.

sur quelques fécules des colonies

329

Xanthosoma sagittæfolium Schott.
Antilles : Chou-caraïbe, Malanga. — Guyane : Tayove

Cette espèce produit un tubercule qui compte parmi les prinpales espèces vivrières des Antilles et en particulier de la Marti­
nique. A l'état spontané elle croît dans toute l’Amérique
tropicale. On la cultive çà et là aux Antilles, mais seulement en
petites quantités à la fois.
C’est une belle plante à feuilles sagittées, très larges ; la
spathe est plus longue que le spadice, sa couleur est jaune serin ;
la souche est allongée, à surface très rugueuse.
O
0 O“
W O -0 s-, 0 O
° '0 &amp;&lt;. ° e Q 3 O 0° o
o . V ° . » ° *. • ® 0 *
. ‘ 0 ° °o °
»
o ° O 0 OO 0 o* O
O ° 0 °
S o
o O O °^ °
o • o °o o OO ° o n
S6 » s 4
a 3
O

©C7

Û

o

-1_____ I—

I------------1-----------1—

F ig . 3. — Xanthosoma sagittæfolium
■

S

3

&lt;

(

5

&lt;

S

?

8

9

'

0

j ---------1----------1----------1---------1--------- 1----------1----------1_______ l______ i

F ig. 2. — Amorphopliallus salivus

D’une manière générale la dissociation des grains est complète
et nous n’en avons trouvé aucun entier dans nos préparations.
En somme, cette fécule parait différer seulement de celle de l’es­
pèce précédente par le nombre moins considérable de grains
simples.

C aractères m acroscopiques de la féc u le .— La fécule est d’un
blanc-crème clair, sans brillant ; elle est un peu dure au loucher
par suite de la présence de petits grumeaux. Projetée à la surface
de l’eau, elle ne s’étale presque pas mais gagne directement
le fond sous forme de grumeaux qui se délitent chemin faisant.
C aractères m icroscopiques de la fé c u l e . — La fécule est
constituée par des granules de dimensions très variables, les
plus volumineux mesurant 10 jx, les moyens 18 jx, les plus
petits 2 a. Ces deux dernières catégories de grains forment la
plus grande partie de la fécule. (Voir fig. 3). Ils présentent

�E. DECROCK
330
plusieurs faces planes, faces de contact dans les grains com­
posés, et une face curviligne, correspondant à leur partie libre
dans le grain composé. Beaucoup de ces granules paraissent
polyédriques parce qu’ils sont posés sur leur face courbe. La
dissociation des granules du grain composé est généralement
imparfaite, ils sont agglomérés en nombre variable. Le hile est
central, ponctiforme, parfois étoilé dans les granules les plus
gros ; la striation est imperceptible.
A nalyse chim ique du tu b er c u le . — D’après Pairault (1) le
tubercule renferme : eau 70, 30 ; matières minérales 1, 13 ;
matières azotées 1, 35 ; matières grasses 0, 26 ; Amidon 17, 70 ;
cellulose 1, 51 ; indéterminé 1, 75.

2° PALMIERS

331
La moelle du tronc fournit un sagou, le bastard sago des
Anglais, de qualité inférieure à celle des vrais sagoutiers.
L’échantillon que nous avons examiné avait une couleur ocre
clair. A la loupe il est peu brillant, grenu, donnant un peu l’as­
pect d’un sable fin. Le toucher est peu doux, il ne glisse pas
facilement entre les doigts. Dans l’eau les grumeaux se dissocient
parfaitement en gagnant le fond, l’expérience étant faite avec
un tube à glucose ; projelée à la surface de l’eau contenue dans
un verre de montre elle s’y étale très rapidement et si la quantité
d'amidon n'est pas trop considérable, elle ne tarde pas à prendre
un arrangement en réseau d’aspect caractéristique.
L’expérience apprendra, par la suite, s’il y a lieu d’attacher
quelque importance à ces caractères d’ordre macroscopique ;
pour nous, qui cherchons, il convient de les sigualer ; un autre
fera mieux.
SUR QUELQUES FÉCULES DES COLONIES

Dans beaucoup de palmiers, le parenchyme central de la tige
renferme une forte proportion d’amidon qui fournit une farine
alimentaire, diversement appréciée suivant l’espèce qui l’a
produite. Le meilleur rendement est obtenu quand l’extraction
est faite avant l’apparition de la fleur; plus tard la quantité de
fécule diminue considérablement. On désigne les fécules des
palmiers sous le nom de Sagous. Autrefois cependant ce nom
ne s’appliquait qu’au produit fourni par les vrais sagoutiers
appartenant tous au genre Métroæylon.
Caryota urens Roxb.
Le Caryola urens est originaire de l’Inde et on le trouve surtout
dans la région côtière (Coromandel, Malabar, Travancore, Ceylan
Malacca et Indo-Chine).
Il atteint 15 à 20 mètres de hauteur. Ses feuilles réunies en
panache au sommet de la tige ont 5 à 6 mètres de longueur ; elles
sont bipennées et leurs segments sont triangulaires tronqués.
(1) A. Pairault. Note sur la valeur alimentaire des plantes féculentes culti­
vées aux Antilles, 1899.

C aractères m icroscopiques de la F éc u le . — La fécule est
composée de grains à; contours irrégulièrement ovalaires en
général. (Voir fig. 4). Il y a des grains en bâtonnets droits
ou légèrement incurvés, des grains ovalaires avec saillie
latérale, à contour plus ou moins triangulaire, des formes régu-

�E . DECROCK
332
lièrement ovalaires, peu abondantes, enfin quelques petits
grains circulaires.
Le hile est ponctiforme, excentrique. La striation apparaît
faiblement dans la glycérine. Dans l’eau les grains se gonflent
fortement, se fendillent dans leur région centrale à partir du
hile ; la striation concentrique devient plus nette, de telle sorte
que dans un certain nombre de grains on voit à la fois cette
striation concentrique et une striation radiale.
Sur les grains allongés les plus volumineux, nous avons
relevé les dimensions suivantes : grains larges, 60 (u de lon­
gueur sur 20 de largeur ; grains plus étroits, 90 p. sur 25.
Parmi les petits grains circulaires beaucoup ont nn diamètre
approximatif de 10 p..
La coloration ocre n’est pas répartie uniformément. La subs­
tance colorante imprègne des débris de cellulose que renferme
abondamment la fécule examinée et imprègne aussi un certain
nombre de grains, le reste ayant au microscope la teinte et la
réfringence habituelle des grains d’amidon.

333
sa saveur est assez forte, peu agréable ; il s’y mêle un peu de
goiit de a moisi ». A la loupe, l’aspect est sableux, à grain
brillant. Projetée sur l’eau, elle s’étale lentement à la surface,
en nappe continue et une partie gagne le fond en se délitant
lentement aussi.
C a r a ctèr es m icroscopiques de la fé c u l e . — La fécule est
un mélange de grains simples et de grains composés, les pre­
miers étant de beaucoup les plus nombreux. (Voir fig. 5).
Les grains simples ont des contours elliptiques ou ovalaires
rarement circulaires ou réniformes. Comme formes extrêmes,
on trouve des grains à contours plus ou moins triangulaires,
d’autres en bâtonnet. Les dimensions en sont assez variables,
elles oscillent entre 80 fj. et 7 jlde longueur.
sur qu elq u es fécules des colonies

Arenga saccharifera Lab.

Palmier Areng.
Le palmier Areng est surtout un arbre à sucre ; mais lorsqu’il
a été épuisé par de fréquentes saignées de sève sucrée, on l’abat
pour en retirer la fécule. L’extraction est un peu plus difficile
que celle du produit des vrais sagouliers parce que la tige en est
beaucoup plus fibreuse.
La quantité de Sagou fournie par un pied d’Areng. est natu­
rellement très variable ; aussi les chiffres donnés par les auteurs
manquent-ils de concordance. On trouve ici 25 kilogrammes et
par ailleurs 70 kilogrammes.
C aractères m acroscopiques de la fé c u l e . — La fécule est
d’un blanc-pur, brillant. L’échantillon examiné présente une
agglutination très prononcée en fragments mesurant jusqu’à
cinq millimètres de diamètre. Lorsque la fécule est bien pulvé­
risée elle est très douce au toucher et ne crie pas entre les doigts ;

Le hile est linéaire dans les formes allongées, il est ponctiforme dans les grains circulaires, quelquefois fissuré en étoile
dans les grains triangulaires.
La striation est à peine visible ou nulle dans les petits gra­
nules, elle est au contraire bien marquée dans les grains sim­
ples et surtout dans les grains allongés en bâtonnets.

�334

E . DECROCK

Borassus flabelliformis L. — Ronier.
Cette espèce, originaire de l’Afrique et de l’Asie tropicale, peut
s’élever à 20-25 mètres de hauteur. La tige est couronnée par un
bouquet de feuilles à limbe presque orbiculaire plissé en éven­
tail à demi-étalé.
Elle fournit aux indigènes un excellent vin de palme qui
s’écoule des incisions faites au spadice mâle,des graines alimen­
taires et enfin une fécule. Celte fécule provient deux sources :
1° la racine jeune ; 2° la tige âgée. Lorsque la graine entre en
germination, elle produit une radicule qui s’enfonce dans la terre,
en se recourbant. Non loin de son extrémité, elle se tubérise et
atteint alors 8 centimètres de circonférence et un poids d’une
cinquantaine de grammes. A cet état, elle donne 15 o/o d’une
belle fécule. L’amidon de la tige âgée a la même origine que
danslesautrespalmiers.il s’agit vraisemblablement ici d’une
fécule ayant cette dernière provenance.

F ig. 6 . — Borassus flabelliformis
C aractères macroscopiques de la f é c u l e . — La fécule a une
couleur blanc-crème foncé; à la loupe son aspect est grenu,
légèrement brillant. Sa texture est homogène, elle est douce au

335
toucher et donne aux doigts la sensation de fraîcheur que l’on
trouve à la fécule de Pomme de terre.
C a r a c tèr es m icroscopiques de la féc u le . — La fécule
comprend des grains simples et des grains composés. Les grains
simples sont de beaucoup les plus nombreux ; leur forme
est ovalaire ou elliptique quelquefois réniforme; ils peuvent
présenter des saillies latérales qui leur communiquent un
contour plus ou moins triangulaire ; il y a en aussi dont le
contour est partiellement rectiligne. Les dimensions sont très
variables ; parmi les plus grands s’en trouvent qui ont 45 a de
longueur sur 15 de largeur, parmi les plus petits 28 fx sur
8 |x. Les grains composés réunissent deux ou trois granules
seulement ; leur contour est elliptique. Quand ils sont dissociés
leurs éléments ont une ou deux faces planes et une partie
courbe, ce qui peut leur donner un contour circulaire ou un
contour recticurviligne, suivant la manière dont ils sont placés
dans la préparation. Dans les grains composés, il arrive qu’un
des granules est deux à quatre fois plus grand que les deux
autres ; sa striation est alors très nette comme celle des grains
simples volumineux.
Medemia nobilis H. et W.
La fécule a une couleur crème, un peu foncée, analogue
à celle que présentent beaucoup de sables. Elle à l’aspect
grumeleux sans brillant; au toucher elle est un peu dure et ne
crie pas sous les doigts ; projetée sur l’eau, elle s’étale instan­
tanément et reste en grande partie à la surface, si la quantité
est très faible; elle n’y tonne pas une plage continue mais tend
à se disposer en réseau comme la fécule du Caryota urens.
C ar a ctèr es m icroscopiques de la fé c u l e . — La fécule est
composée de grains simples, généralement volumineux, appar­
tenant au type ovalaire très irrégulier, certains grains sont
latéralement mucronés, d’autres sont cordiformes, quelquesuns elliptiques,quelquefois allongés en bâtonnets. Il y a de rares
grains composés de deux granules, le hile est ponctiforme,
difficile à percevoir dans beaucoup de grains. Il est quelquefois
SUR QUELQUES FÉCULES DES COLONIES

�336
irrégulièrement fissuré. La striation est peu accusée en général,
souvent même imperceptible, ce qui peut d’ailleurs tenir au
mode de préparation de la fécule, point sur lequel nous n’avons
E . DECROCK

pas d'indications. Les plus gros grains mesurent 40 p. de longueur
sur 25 (i dans leur partie la plus large. (Voir lig. 6).

3° SCITAMINÉES
Canna edulis

La fécule de Tolomane ou Arrow-root de Queensland a été
décrite et figurée à maintes reprises, mais on ne sait pas toujours
de quelle espèce de Canna elle tire son origine. A cet égard, il
convient d’apporter un peu de précision dans la description
de fécules provenant d’une série d’espèces d’un même genre.
Actuellement nous ne disposons que de la fécule du Canna
edulis.
C aractères m acroscopiques l&gt;e la F é c u l e . — La fécule est
d’un blanc légèrement crème; elle est fraîche au toucher, crie
sous la pression des doigts et à la loupe présente un aspect grenu

337
brillant. Projetée sur l’eau, elle s’étend rapidement sur la surface
et gagne le tond en se délitant parfaitement; elle est donc bien
miscible.
C a r a ctèr es m icroscopiques de l ’A m idon . — Tous les grains
sont simples, du type ovalaire ou elliptique à larges extrémités.
Le hile est subterminal. La striation est très nette. Il y a beauSUR QUELQUES FÉCULES DES COLONIES

F ig . 7. — Canna edulis

coup de grains très volumineux : 70 u de longueur sur 40 de
largeur et même davantage (voir fig. 7).
Musa sapientum L. (1)
La farine de Bananes, déjà très utilisée en Angleterre, com­
mence seulement à être accueillie en France. On la prépare
avec des bananes vertes que l’on coupe en tranches minces,
soumises d’abord au feu, puis pulvérisées.
La valeur alimentaire du produit est faible, disent Sagot et
Raoul, à cause de la faible qualité d’azote qu elle contient. Cette
(1) K. Schumann rattache le Musa sapientum L. au M. paradisiaca à titre
de sous-espèce (Das Pflanzenreich : Musaceæ 1902;.

�338
E. DECROCK
indication peut avoir son importance lorsqu'il s’agil de savoir si
une substance constitue ou non un aliment complet ; mais en
ce qui concerne les Européens, la question ne se pose pas ainsi.
En dehors des usages industriels, une fécule n'est jamais qu’un
adjuvant de l'alimentation normale et il suffît qu’elle pré­
sente un goût agréable et une digestibilité parfaite. C’est le
cas pour la fécule de Banane.
C aractères m acroscopiques de la f é c u l e . — La farine de
Bananes est d’un blanc-crème assez foncé. Elle est généralement
grenue, un peu dure au toucher, sans brillant et ne crie pas

339
C aractères m icroscopiques de la fé c u l e . — La fécule ne
renferme que des grains simples, généralement très volumineux
appartenant au type ovalaire irrégulier. Un grand nombre
se présentent sous la forme de bâtonnets plus ou moins incurvés
d’autres ont un contour irrégulièrement triangulaire, enfin
quelques uns parmi les plus petits sont circulaires. (Voir fig. 8).
Les plus grands mesurent 25p. sur 60, les plus petits 12 p..
La striation apparaît légèrement dans la glycérine, elle s’ac­
cuse un peu plus dans l’eau, sans être très marquée cependant.
SUR QUELQUES FÉCULES DES COLONIES

M aranta indica Tussac.

Le Maranta indica peut à peine être maintenu au rang de
variété du Maranta arundinacea ; nous lui avons néanmoins
conservé cette dénomination parce que sa fécule nous a pré­
senté quelques caractères différentiels.

sous la pression des doigts. Projetée sur l’eau, contenue dans
un verre de montre, elle s’étale rapidement à sa surface en
dessinant une sorte de réseau. En opérant avec un tube à
glucose rempli d’eau, on constate que les grumeaux gagnent
peu à peu le fond du liquide sans se dissocier (1).
(1) L’échantillon étudié in’a etc remis par M. Baudon, administrateur des
colonies, auquel j adresse mes bien sincères remerciements.

F ig . 9. — Maranta indica

— La fécule de
Maranta indica, désignée souslenom de moussèche ou monssache'
est agglomérée en fragments de grosseur variable atteignant
jusqu’à un centimètre de diamètre et même davantage. Sa couC aractères m acroscopiques de la fé c u l e .

�E. DECROCK
340
leur est blanc-crème. Après pulvérisation, la fécule est douce
au toucher. Projetée sur l’eau, elle s’étale lentement et une bonne
partie, restant à l’état de grumeaux, gagne le fond du verre,
en se délitant à peine.
C aractères m icro sco piq u es de la f é c u l e . — L’amidon est
formé uniquement de grains composés par deux granules, en
général. Le contour de ces grains est ovalaire avec un léger
étranglement au point de réunion des deux granules. La fécule
préparée est presque uniquement constituée par les granules
résultant de la dislocation des grains ; ces granules ont la forme
ovoïde, tronquée par une face plane. Leurs dimensions en sont
assez homogènes, les plus gros et les plus petits étant beaucoup
moins nombreux que les moyens. Ceux-ci mesurent approxima­
tivement 15 jj. de longueur et une largeur égale ou un peu
moindre. Le hile occupe le centre de la partie la plus large et la
situation apparaît tantôt nette, tantôt assez vague. (Voir fig. 9).
Il n’est pas exact que la fécule de Maranta ressemble à celle de
la pomme de terre dont la plupart des grains sont simples avec
une striation très marquée et un bile placé dans la partie étroite.

Curcuma longa L. (Zingiberacées)
Safran des Indes
Le rhizome de tous les Curcuma est riche en fécule, mais
l’espèce dont nous nous occupons ici n’est utilisée que comme
plante à condiment et comme plante tinctoriale.
C aractères m acrosco piques de la p o u d r e . — La fécule de
Curcuma longa est une poudre jaune-orangé assez foncée, dans
laquelle on remarque, même à l’œil nu, la présence de particules
cellulosiques qui permettent d’affirmer qu’elle est le résultat
de la pulvérisation des rhizomes et non d’une extraction
méthodique.
Son odeur est forte et aromatique, sa saveur amère ; elle est
rugueuse au toucher par suite de la présence des débris cellulo­
siques mentionnés plus haut.
C aractères m icroscopiques de l ’a m id o n . — Les grains
d’amidon n’apparaissent pas avec leurs caractères optiques

341
habituels, ils sont recouverts de granulations irrégulières qui
masquent le hile et la striation et rendent leurs contours peu
nets. Pour distinguer leur forme avec un peu plus de netteté et
les différencier de la gangue cellulosique qui les accompagne, il
est bon de les examiner dans l’eau iodée très diluée. On recon­
naît alors que les grains sont tous simples, très volumineux en
général et qu’ils appartiennent au type ovalaire irrégulier, les
uns très larges, presque quadrilatères, mesurant 80,70 jxde lon­
gueur sur GO(jl de largeur en moyenne ; les autres, moins nom­
breux, en forme de bâtonnets irréguliers plus ou moins incurvés
de dimensions très variables, enfin, il y en a un petit nombre
qui affectent la forme circulaire ou elliptique.
Cette description devra être complétée par l’examen de l’amidon
provenant de tubercules frais, car il est à supposer que la fécule
examinée a été obtenue de tubercules échaudés, l’échaudage
ayant pourbutd’empêcher la germination des tubercules destinés
à l’exportation.
sur quelques fécules des colonies

4° DIOSGORÉACÉES
Dans notre premier mémoire sur les fécules nous avons donné
les caractères microscopiques de l’amidon des Dioscorea alata et
Balatas. Or, la qualité et l’abondance du produit montrant des
diversités très marquées suivant les espèces, nous avons cherché
à étendre nos observations à d’autres Dioscorea. M. le professeur
Jumelle a eu l’extrême obligeance de nous donner une bonne
partie des nouveaux matériaux examinés.
Dioscorea trifida L.

Fécule de Cousse-couche (Martinique)

Cette espèce est très voisine du Dioscorea alata dont nous
avons déjà étudié la fécule dans notre premier mémoire ; elle en
diffère par la forme de ses feuilles plus larges et découpées en
trois lobes oblongs et pointus et par ses tubercules beaucoup
Ann. du Musée col. de Marseille. — 2« série. 7e vol. 1909.

22

�342
E. DECROCK
plus petits et plus nombreux. La saveur de ces ignames est par­
ticulièrement agréable et les créoles en font grand cas. La fécule
est d'un blanc-crème clair, sans brillant, un peu grumeleuse au
toucher; projetée sur l’eau, elle s’étale lentement, les grumeaux
ne se délitent presque pas et presque toute la pincée reste à la
surface. La miscibilité, telle que nous l’entendons ici, est donc
très faible. C’est peut-être un caractère accidentel, son degré de
généralité pourra être recherché dans l’avenir.
C aractères m icroscopiques de l ’a m idon . — La fécule est
formée de grains très volumineux en général. Leur forme est
assez régulièrement ovalaire dans l'ensemble, quelquefois les
contours sont partiellement rectilignes. L’extrémité large du
grain est presque toujours tronquée. Le hile est punctiforme,
excentrique. La striation, extrêmement fine, est invisible dans
beaucoup de grains.

343
matières minérales 1,51 ; matières azotées 2,52 ; matières
grasses 0,44; amidon 37,94; cellulose 1,70; indéterminé 0,79.
SUR QUELQUES FÉCULES DES COLONIES

Dioscorea oppositifolia L.
— Cette espèce
originaire des Indes orientales n’est pas sigualée parmi les
plantes vivrières de ces régions.
La fécule est d’un blanc crème terne. Elle est parfaitement
homogène, douce au toucher, ne criant pas sous la pression des
doigts. Projetée sur l’eau elle se délite et s’étale lentement et une
grande partie gagne le fond, son degré de miscibilité est donc
assez considérable.
C ar a ctèr es m acroscopiques de la fé c u l e .

i a 3 &lt;* s *&gt; ? 8 s
11. — Dioscorea oppositifolia

F ig .

F ig 10. — Dioscorea trifida

Beaucoup de ces grains mesurent 50 p. de longueur et 30 de
largeur, les plus petits 48 u. sur 30 (voir fig. 10).
A nalyse chim ique du t u b er c u le . — D’après Pairault le tuber­
cule, tel qu’il est vendu sur le marché, contient : Eau 55,10;

C ar a ctèr es m icroscopiques de la fé c u l e . — La fécule est
composée presque uniquement de granules à contours recticurvilignes ou circulaires suivant la manière dont ils sont posés
dans la préparation. Leurs dimensions très variables sont
comprises entre 30 ;x et 10 &lt;x. Tous ces granules présentent d'un
côté 1, 2 ou 3 faces planes et de l’autre une partie courbe.
Le hile est central, punctiforme, quelquefois étoilé. La stria-

�344
E. DECROCK
tion, parfois visible, est ordinairement difficile à percevoir. Les
grains simples appartiennent au type ovalaire irrégulier avec
contours partiellement rectilignes les plus gros mesurent 50 ;x
- sur 30.
Les quelques grains simples que l’on rencontre dans une prépa­
ration appartiennent au type ovalaire, plus ou moins irrégulier
mesurant jusqu'à 60 [xde longueur (voir fig. 11).
Dioscorea M acabiha Juin, et Perr. (I)

Le Dioscorea Macabiha est une nouvelle espèce de Madagascar
décrite par MM. Jumelle et Perrier de la Bathie.

L’analyse du tubercule a été faite récemment par MM. Bourquelot et Bridel, sur un échantillon envoyé par les deux
botanistes cités plus haut. Nous avons eu l’occasion d’examiner
(1) Jumelle et Perrier de la Bathie. Fragments biologiques de la flore de
Madagascar. Annales de l'Institut Colonial de Marseille, 1910.

345
ce tubercule au laboratoire de M. Jumelle. 11 présentait l’aspect
d’une grosse pomme de terre aplatie de haut en bas et toute
recouverte d’un chevelu de racines. La face supérieure est
excavée en son milieu et on remarque au fond de la dépression
une saillie qui correspond à la région d’insertion des tiges ; la
face inférieure est bombée et présente une cicatrice centrale.
L’échantillon que MM. Bourquelot et Bridel ont étudié avait
lm24 de circonférence ; son plus grand diamètre 0m39, son plus
petit 0m30 et son épaisseur maximum 0m 20. Le poids était
de 13 kilos, c’est dire les dimensions énormes que peuvent
atteindre les tubercules (1).
Il ne nous appartient pas d’aller plus avant dans la descrip­
tion morphologique de cette plante. Au point de vue anatomique
nous avons observé, au moyen de coupes transversales, que le
tubercule présente de la périphérie au centre :
1° Un liège comprenant environ une dizaine d’assises de
cellules, très allongées parallèlement à la surface.
2° Une zone de parenchyme secondaire dépourvue d’amidon
et riche en cellules à raphides.
3° Un cylindre central à nombreux faisceaux disséminés dans
un parenchyme fortement amylifère renfermant également des
cellules à raphides et des cellules à contenu brun-orangé brunis­
sant par l’action du perclilorure de fer, cellules à tanoïde par
conséquent. L’amidon n’est pas réparti uniformément dans toute
la masse parenchymateuse; il s’accumule surtout autour des
faisceaux et il est d’autant plus abondant qu'on s’avance plus
vers le centre.
C a r a ctèr es m icroscopiques de l ’am idon . — L’amidon est
formé de grains simples appartenant au type ovalaire irrégulier,
au point que beaucoup d’entre eux, surtout parmi les plus volu­
mineux ont un contour plus ou moins triangulaire. D'autre
présentent un côté très convexe et un côté plus ou moins
rectiligne. Le hile est excentrique et la striation très fine est bien
SUR QUELQUES FÉCULES DES COLONIES

(1) Bourquelot et Bridel : Analyse d'un tubercule de Dioscorea Macabiha,
Jum.et Perr. » Journal de Pharmacie et de Chimie », 6™* série, tome xxvm, 1908.

�846
E. DEC.ROCK
visible. Les dimensions varient approximativement entre 30 jx
sur 20 et 70 a sur 25.
A nalyse chim ique du tu b er cu le fr a is . — MM. Bourquelot et
Bridel ont donné l'analyse chimique du produit frais. En voici
le résultat: eau 81.621 ; matières fixes 18.379; cendres 1.141;
sucre réducteur 0.045; saccharose 0.111; amidon 6.805;
azote 0.428.
Les deux éminents chimistes dont nous venons de rapporter
l’analyse, n’ont pas trouvé de principe toxique dans le tubercule,
cependant M. Jumelle m’a affirmé que son collaborateur,
M. Perrier de La Bathie a ressenti les symptômes de l’empoi­
sonnement après l’ingestion d’un aliment préparé avec le tuber­
cule de l'espèce en question.

347
grands, certains atteignent 20 ;x de longueur sur 12 jx de largeur.
Le hile est poncliforine et excentrique. Les grains circulaires
mesurent jusqu’à 30 de diamètre. Dans la région élargie, beauSUR QUELQUES FÉCULES DES COLONIES

Dioscorea Bem andry Jum. et Perr.

Malgache : Bemandry
Le Dioscorea dont il est question ici appartient également à
une nouvelle espèce de Madagascar. Pour observer la réparti­
tion de l’amidon nous avons fait une section transversale dans
un fragment de tubercule que nous a obligeamment commu­
niqué M. Jumelle. En allant de la périphérie au centre nous
avons constaté :
1° Un liège très mince, ne comprenant que deux à quatre
assises de cellules plates, plus ou moins écrasées ;
2° Un parenchyme secondaire renfermant une petite quantité
d’amidon. Très près de la périphérie se forment de nombreux
faisceaux secondaires ;
3° Un parenchyme central renfermant un grand nombre de
faisceaux libéro-ligneux. Les cellules de ce parenchyme ne
renferment que relativement peu d’amidon, surtout si on
compare leur teneur à celles des cellules appartenant à d’autres
espèces de Dioscorea.
C aractères m icroscopiques de la f é c u l e . — L’amidon est
formé de grains simples appartenant au type ovalaire ou circu­
laire. Les grains ovalaires sont les plus nombreux ; parmi les plus

,

?? » ?

,6

? ?x

F ig. 13. — Dioscorea Bemandry

coup de ces grains présentaient une encoche arrondie plus ou
moins profonde, allant dans la direction du hile. (Voir fig. 13).
Dioscorea bulbifera L.

Cette espèce est remarquable par les nombreux bulbilles
qu’elle produit sur ses tiges aériennes. Elle est originaire de
l’Inde, de Madagascar, de l’Océanie, de la Guyane. Au point de
vue alimentaire les bulbilles sont médiocres, mais l’àcreté qu’ils
présentent disparaissant par le lavage, ils pourraient fournir
une fécule de bon goût ou tout au moins, une fécule industrielle.
D’autre part il est permis de penser que la culture augmenterait
non seulement le rendement mais améliorerait aussi la qualité
du produit.
C aractères m icroscopiques des b u lb illes . — Sur une coupe
transversale nous avons observé : 1° à l’extérieur un liège
pouvant présenter une quinzaine d’assises de cellules sur une

�348

E. DECROCK

bulbille grosse comme une châtaigne ; les parois de ces cellules
sont légèrement épaissies ; 2° un parenchyme cortical pauvre en
amidon formé de cellules à contour polygonal ; quelques unes
sont tannifères, d’autres renferment des raphides d’oxalate de
calcium. Cette zone externe comprend huit à dix assises de
cellules ; 3° une région centrale renfermant un grand nombre
de faisceaux libéro-lignenx, épars dans un parenchyme dont la
plupart des éléments sont bourrés de grains d’amidon. Ordinai­
rement l'amidon des cellules entourant immédiatement les
faisceaux est formé de grains beaucoup plus petits que ceux qui
sont contenus dans les cellules plus éloignées. Ici aussi il y a
des cellules colorées en jaune par un tannoïde grumeleux et des
cellules à raphides, relativement peu nombreuses ; eu égard au

349
irrégulier, la plupart des grains ayant un contour plus ou moins
triangulaire. Le hile ponctiforme occupe un des sommets du
triangle. La striation est très line, mais bien visible. Les dimen­
sions sont assez homogènes, à part quelques gros grains qui
atteignent 22 à 30 p de longueur sur 30p. de largeur, la plupart ont
une longueur de 10 à 15 p et à peu de chose près la même
largeur. (Voir fig. 14).
SUR QUELQUES FÉCULES DES COLONIES

Dioscorea Batatas Dcne.
(B u lb ille s)

(1)

volume du paquet de cristal 1ites, le volume des cellules est
considérable. Pour avoir une notion plus précise de la structure
des bulbilles ou des bulbes des Dioscorea, on consultera avec
fruit le travail de Ch. Queva sur l’anatomie des Discoréacées (1).
C aractères m icroscopiques de l ’am idon . — L’amidon est
formé en totalité de grains simples, appartenant au type ovalaire

Nous avons examiné l’amidon contenu dans les bulbilles de
cette espèce dans le but de le comparer à l’amidon des tuber­
cules et nous avons constaté non seulement des différences dans
la dimension des grains, ce qui était à prévoir, mais encore quel­
ques variantes dans la forme, qu’il importe de noter.
Sur une coupe transversale d’une bulbille ayant le volume
d’un gros pois, on trouve de la périphérie au centre :
1° Un liège de couleur brun foncé, très fendillé dans le sens
de l’axe facile à exfolier en lames tangentielles. Il comprend une
dizaine d’assises cellulaires dont les éléments sont inégalement
allongés et parsemés de cellules tannifères.
2° Un parenchyme cortical pauvre en amidon formé d’une
dizaine d’assises de cellules plus ou moins tabulaires entre­
mêlées de nombreuses cellules à raphides d’oxalate de calcium.
3° Une région centrale amylifère dans laquelle sont distribués
les faisceaux libéro-ligneux en nombre relativement peu consi­
dérable. Il y a un très grand nombre de cellules.tannifères, si
volumineuses, quelles tranchent sur la section comme autant
de taches brunes très visibles à l’œil nu. La substance tannoïde
qu’elles renferment est concrétée en granules. Les cellules à
oxalate de calciumsont peu nombreuses.
C ar a ctèr es m icroscopiques de l ’am idon . — L’amidon des bul­
billes est formé en totalité de grains simples appartenant au

(1) C. Quera. Recherches sur l’anatomie de l’appareil végétatif des Taccacées et des Dioscorées, Lille, 1894.

(1) D’après une communication verbale de M. Jumelle ces bulbiles sont de
véritables tubercules aériens.

F ig. 14. — Dioscorea bulbifera

�E. DECROCIv
350
type ovalaire, présentant quelques variations dans la forme du
contour : grains acuininés à une des extrémités, grains légère­
ment tordus ayant alors un côté convexe et un côté concave,
enfin grains régulièrement elliptiques.
Le hile est excentrique et toujours placé du côté de la pointe,
la striation est fortement marquée. Les grains les plus volumi­
neux, et ce sont surtout les acuminés qui rentrent dans cette
catégorie, mesurent environ 25a de longueur sur 15 de largeur

351
de grains simples cl de grains composés; ceux-ci sont les plus
nombreux et ne comprennent que deux granules en général.
Celle constitution du grain composé explique l’existence d’une
seule face plane et d’une surface courbe très étendue. Ce sont des
caractères de cette nature qui aideront à la distinction des fécules
provenant de plantes voisines.
sur q u e l q u e s fécules des colonies

O O O

o e O gopp

o

Cr * # O0 ( P# - O
(9,
D~ ^ &lt; oo 0 O9°°&lt;0 £ o
ü
Q
V ° ? ' D&lt;0 ^ 0 o
o
g O O
0 0 O oo
CP o
CD 0 ° ° . ,
O
O
o o°°o
CT) D Ær
&amp; o O
o

H

'

a

3

«

5

t

1

S

9

Fig . 15. — Dioscorea Batatas

Z_J_
F ig . 16. — Dioscorea Fargesi

les grains de dimension moyenne qui sont d’ailleurs les plus
nombreux mesurent environ 15p. de longueur sur 8 p. de largeur.
En somme les grains d’amidon des bulbilles sont beaucoup plus
petits que ceux des tubercules, de plus leurs formes sont plus
irrégulières étant donné la présence des grains mucronés et de
grains tordus. (Voir fig. 15).

Les grains simples appartiennent au type ovalaire irrégulier.
Très souvent leur contour est plus ou moins triangulaire. La
striation n’est bien visible que dans les grains les plus gros qui
mesurent de 30 à 40 [x de longueur. Les granules ont de 5 à 10 |x
(voir fig. 16).

Dioscorea Fargesi Franch.

Tacca pinnatifida Forster

Ce Dioscorea produit en grande quantité des bulbilles aériens,
riches en amidon. N’ayant pas eu entre les mains de la fécule
préparée, nous nous bornons à donner la description microsco­
pique de l’amidon pris directement dans le bulbille.
C aractères m icroscopiques de l ’A m id o n . — C’est un mélange

Les Tacca font partie d’une petite famille de Monocotyledonées, les Taccacées, voisines des Amaryllidacées. Ils sont origi­
naires de l’Inde, de la Cochinchine et des Iles de l’Océanie. Le
Tacca pinnatifida a un nom spécial dans tous les pays où on le
cultive, Tacca est celui sous lequel on le désigne auxMoluques.

5° TACCACÉES

�E. DECROCK
352
La plante a un port caractéristique : du tubercule souterrain
part un bouquet de feuilles radicales pourvues d’un long pétiole
et d’un limbe divisé en lobes penniséqués ; du centre de ce bou­
quet se dresse la hampe florale terminée par une ombelle. Les
fleurs sont parfois entremêlées de pousses qui se transforment
en bulbilies.
Les tubercules sont gros comme le poing, irrégulièrement
arrondis ; ils présentent des yeux comme ceux de la pomme de
terre ; leur poids peut atteindre 500 grammes. La surface est
jaune clair, sans aspérités ; la chair, d’un blanc mat, est ferme,
la saveur en est acre, mais le lavage fait disparaître cette
âcreté.
La fécule existe dans la proportion de 30 à 65 o/o (Payen) plus
abondante au centre qu’à la périphérie. Elle constitue un
arrow-root excellent.
Caractères macroscopiques de la fécule . — La fécule de
Tacca est d’un blanc pur, son aspect est grenu si on l’examine
à la loupe, elle n’a pas le brillant sableux. Bien pulvérisée,
elle est douce au toucher.
La fécule ordinaire renferme beaucoup de grumeaux assez
résistants, sa saveur est un peu amère. Projetée à la surface de
l’eau elle se délite lentement et gagne le fond du récipient.
C aractères microscopiques de la fécule . — Les caractères
microscopiques de la fécule que nous avons étudiée ne répon­
dent que très imparfaitement à ceux qui sont donnés par les
auteurs. Ces caractères seraient-ils différents suivant les
variétés? ou bien les matériaux d’étude n’ont-ils pas toujours
été authentiques? Quoi qu'il en soit, voici nos observations
faite sur un échantillon préparé par M. Perrier de la Balliie,
échantillon que nous a donné M. Jumelle.
L’amidon est formé de grains composés qui sont complé­
ment dissociés en leurs granules composants, dans la fécule
préparée. Ces granules présentent deux à cinq faces planes et
une partie courbe, portion de sphère ou d’ovoïde plus ou
moins allongée. Le hile est punctiforme ou étoilé, la striation,
bien visible dans l’eau, s’atténue considérablement dans la

353
glycérine. Les dimensions des granules sont assez homogènes
en ce sens que les granules extrêmement petits ne mesurant que
2 à 3 jx et si fréquents dans beaucoup de fécules similaires font
presque totalement défaut dans la fécule de Tacca. Parmi les
granules les plus volumineux, certains ont une longueur de
35 [Xsur 25 |x de largeur, d’autres plus nombreux n’atteignent
que 22 [j. sur 15 à 20. Bref on ne peut indiquer une dimension
caractéristique; il en est d’ailleurs ainsi pour un très grand
nombre de fécules. (Voir fig. 17).
SUR QUELQUES FÉCULES DES COLONIES

A nalyse chimique de la fécule . — Dans une fécule de
Tahiti, qui d’après M. Jumelle est vraisemblablement celle du
Tacca piimalifida, Balland a trouvé pour 100 : eau 13.70 ;
amidon 84.18; substances grasses 0.10 ; substances azotées 1,42 ;
cellulose 0,30 ; cendres 0,30.

6° CYPÉRACÉES

Elæocharis plantaginea R. Br.
Cette C)rpéracée, originaire de Madagascar et de la NouvelleCalédonie a des tiges molles et résistantes dont on fait des
nattes fines, des petits paniers, des corbeilles, des chapeaux,
etc., très souples.
C aractères macroscopiques de la fécule . — La fécule

�354

E. DECROCK

préparée a une couleur blanc jaunâtre ; elle est très grumeleuse
et crie sous les doigts; bien pulvérisée, elle est douce au toucher
et se mêle parfaitement à l’eau, lorsqu’on la projette sur ce
liquide.
C aractères microscopiques de la fé c u le . — La fécule est
constituée par des grains simples et des granules dont quelques
uns demeurent associés, par deux le plus souvent. (Voir iig. 18).
Les grains simples sont nombreux ; ils appartiennent au type
ovalaire; les uns sont acuminés d’autres tendent vers la forme
triangulaire et même quadrilatère; il y a aussi quelques grains
circulaires. Les dimensions très variables sont généralement

F ig. 18. — Elæochavis plantaginea

comprises entre 35 ix sur 25 p. et 10 surSjx. Le hile est central
ou subcentral punctiforme ou étoilé. La striation est à peine
perceptible, à part quelques stries très marquées sur certains
grains.
Les granules ont un contour ovalaire circulaire tronqué avec
une rarement deux troncatures. Leurs dimensions moyennes
sont 24 u. sur 18 ou 20 [*. Dans la plupart le bile et la striation
ne sont pas visibles.

sur quelques fécules des colonies

355

II. — D IC O T Y L E D O N E S

1° EUPHORBIACÉES

Manihot palmata Muell.
Manihot Aypi Pohl ; Manihot dnlcis Bâillon.
Cette espèce est désignée sous le nom de Cassave douce aux
Antilles et de Aypim au Brésil d’où elle est originaire. On la
cultive à la Guyane, aux Antilles, à la Réunion, en NouvelleCalédonie, en Cochinchine et à Madagascar. Elle est bien
distincte du Manihot utilissima dont nous avons étudié la fécule
dans notre premier mémoire. Disons seulement que la tige n’y
est pas anguleuse, que les stipules sont largement ailées, que les
fruits sont anguleux et dépourvus d’ailes au sommet, enfin que
les tubercules prennent plus ou moins la forme de tubercules
de Dahlia.
Au point de vue pratique, ces tubercules ne renferment pas
de suc vénéneux à l’état frais,ce qui est un avantage; toutefois
le rendement étant moindre que celui du Manioc amer, la
culture est en moins répandue, aux Antilles tout au moins.
Pour obtenir une bonne fécule au point de vue quantité et
qualité, il faut récolter les tubercules au bout d’une année
environ, après la plantation. Le rendement est très différent
suivant les variétés.
C aractères macroscopiques de la fécule . — La fécule est
d’un blanc pur sans brillant. Elle est parfaitement homogène,
douce au toucher et ne criant pas sous la pression des doigts.
Projetée en petite quantité sur l'eau contenue dans un verre de
montre, elle s’étale rapidement et se délite. Projetée en quantité
un peu plus grande dans l’eau contenue dans un tube à glucose,
elle se mélange au liquide sans qu’il soit nécessaire d'agiter.
C aractères microscopiques . — Dans la fécule préparée les
grains d’amidon composés sont complètement dissociés en
leurs granules composants. (Voir fig. 19). Leurs dimensions sont
assez variables et nous avons noté tous les intermédiaires

�356
E . DECROCIv
entre 3 ^ et 24 a. Leur forme est celle d’un ovoïde ou d’une sphère
tronqués, sur un de leurs côtés, par une ou plusieurs faces
planes qui correspondent leurs points de contact dans le grain
composé. Dans une préparation microscopique ils pourront
donc se présenter avec un contour recticurviligne laissant voir

’--1
-&gt;--‘S ■ ‘î —•*----S -ib---1?---I8_«_i| __I10
F ig . 19. — Mauihot palmata
à la fois une partie de leur surface qui est courbe et une partie
qui est polyédrique ou bien encore un contour circulaire avec
ou sans faces planes. Le hile est punctiforme ou étoilé. La
striation est à peine perceptible et dans les granules volumineux
seulement.

2° LÉGUMINEUSES

Pueraria ThuRbergiana L.
Le Pueraria Thunbergiana fait partie des Phaséolées parmi les
Papilionacées. C’est un arbuste à tiges volubiles, à feuilles trifoliolées, à folioles largement rhomboides, la terminale étant lon­
guement péliolulée. Les lleurs disposées en grappes compactes
pouvant atteindre jusqu’à 30 centimètres de longueur sont d’un
bleu violet.
Les tiges fournissent aux Japonais des libres textiles avec les­
quelles ils fabriquent une toile imperméable ; les rameaux longs
et souples leur servent de liens, les feuilles sont propres à la

357
nourriture des animaux, enfin, et c’est ce qui nous intéresse plus
particulièrement ici, les racines tubérisées contiennent une fécule
agréable au goût et très nutritive que les Chinois et les Japonais
estiment beaucoup. L’échantillon que nous avons examiné est
d’un blanc pur sans brillant, même à la loupe. Elle est homo­
gène, un peu dure au toucher; projetée dans l’eau elle s’étale peu
en se délitant, s’y mêle bien toutefois; mais une grande partie,
même après agitation, reste à l’état de petits grumeaux sableux
au fond du verre.
û
0 "«a
9
&lt;£v
V
° #
^ oo
a o oO o
.0 3 ûo ^ ^ d^ O
6? c
o
&lt;fJ O1 Cp
O o 3 - o O &amp; '&amp; 6
a V
» ’ C3°_ *V
o o OZ
o
0
0o
O&amp;
OQ O Ü Û Q o p
O
o 0oo
° 0 Q&gt;
0 a -Q 5 0 ~ '-/ 0
SUR QUELQUES FÉCULES DES COLONIES

F ig. 20 . — Pueraria Thunbergiana
C aractères m icroscopiques de la fé c u le . — La fécule est
formée de granules irrégulièrement polyédriques de dimensions
assez homogènes comprises entre 4 à 8 ;jlde diamètre moyen,
(Voir fig. 20). Leur région centrale présente un hile punctiforme
ou une tache sombre plus ou moins étendue ; il n’y a aucune
trace de striation Beaucoup de ces granules sont groupées
par 2, 3... jusqu’à 10 environ, ce qui semble montrer qu’ils
forment dans les cellules des grains composés dont nous ne
pouvons donner la forme à l’heure actuelle faute de matériaux
suffisants, lacune que nous comblerons plus lard.

Ann. du Musée col. de Marseille. — 2* série. 7* vol. 1909.

23

�358

E. DECROCK

3° CONVOLVULACÉES
Ipomæa paniculata R. Br.
Batatus paniculata Choisy.

Cette espèce très voisine de YIpomæa Batalas est largement
cultivée dans l'Inde.
C a r a c t è r e s m a c r o s c o p i q u e s d e l a f é c u l e . — Sa fécule d’un
blanc crème, douce au toucher, donne an doigt une sensation
de fraîcheur très accusée, analogue à celle nue donne la fécule de
pomme de terre. Projelée sur l’eau elle se délite mal et ne s’étale
que faiblement, même après agitation de la couche supérieure
du liquide, elle ne gagne pas le fond ou du moins très faiblement.

F ig . 21. — Ipomæa paniculata

— La fécule est
formée de grains simples et de grains composés. La dimension
des grains simples varie dans de larges proportions : beaucoup
mesurent de 40 à 60 jx de longueur, d’autres ne dépassent pas
20 (jl. Les plus volumineux sont irrégulièrement ovalaires, leur
contour pouvant être partiellement rectiligne sur un côté ou pré­
senter une saillie latérale. Leur largeur varie énormément, il s’en
trouve qui ont la forme de bâtonnets. Les grains simples les plus
Caractères

m ic r o s c o p iq u e s d e l a f é c u l e .

359
petits ont au contraire un contour régulièrement ovalaire ou
circulaire (voir tig. 21). Le hile est excentrique, punctiforme
La striation est très fine, difficilement perceptible dans certains
grains. Les granules présentent un contour recticurviligne ou
circulaire suivant la manière dont ils sont posés dans la prépa­
ration. Ils ont de 5 à 8 |x de longueur. La fécule examinée
renferme beaucoup d’aiguilles d’oxalate de calcium.
Toutes ces observations sont encore trop fragmentaires pour
donner lieu à des conclusions générales sur la forme de l’amidon
dans tel ou tel groupe. Cependant on voit déjà, lorsqu’on examine
plusieurs espèces du même genre, comme nous l’avons fait poul­
ie G. Dioscorea, que des différences appréciables existent entre
ces espèces et que, d’autre part, une similitude des formes les
relie assez étroitement. Ce sera une étude à poursuivre dans ce
sens.
SUR QUELQUES FÉCULES DES COLONIES

�NOTES
SUR

LA FLORE ET LES PLANTES RCOM OIS
DU B A S -C O N G O
PAR

A. BAUDON.
A D M IN IST R A T E U R

CO LO N IA L

Ayant été appelé à servir depuis 1904 dans la région adminis­
trative dite du Bas-Congo, qui plus exactement devrait se
nommer du Moyen - Congo, puisqu’elle ne commence qu’à
hauteur du deuxième bief navigable du grand fleuve africain,
nous avons utilisé nos loisirs et profilé des nombreuses tournées
que nous avons été amené à faire dans ces parages pour
recueillir le plus grand nombre de documents possible sur la
flore, et particulièrement sur les plantes intéressantes, de cette
région qui peut passer pour une des plus pauvres de l’Afrique
équatoriale. La collection des plantes que nous avions rapportée
lors d’un précédent séjour nous avait servi, en 1906. à présenter
à l’Exposition Coloniale de Marseille les produits exposés par
le Congo, et M. de Wildeman, le savant botaniste qui connaît si
bien la flore du Congo belge, avait bien voulu alors se charger
de nous en déterminer quelques unes, ce dont nous sommes
heureux de le remercier ici. Depuis, nous avons pu pendant les
années 1907-1908 nous éloigner de Brazzaville, centre de nos
précédentes recherches, et parcourir un peu dans tous les sens
la région dite des savanes qui s’étend entre le Congo et l’Alima.
L’ensemble des documents que nous avons recueillis tant au
Carte des régions explorées au point de vue botanique par M. Baudon,
avec délimitation de la zone à L a n d o lp h ia T h o llo n ii.

�A. BAllDON
362
point de vue botanique qu’à celui économique ayant paru suffi­
sant à M. le Dr Heckel pour faire l’objet d’une étude, il a bien
voulu nous encourager à la faire et l’accepter pour ses Annales
ce dont nous le remercions, ainsi que de la bienveillance avec
laquelle il a toujours répondu à toutes nos demandes.
Nous devons aussi de nombreux remerciements à M. Jumelle,
qui a bien voulu nous guider et nous aider de ses conseils
dans la rédaction de ce travail. Nous n’avons pu, faute de
temps, terminer l’examen de toutes les plantes que nous avions
rapportées; aussi nous trouvons-nous dans la nécessité de
laisser de côté un certain nombre de familles, lesquelles du reste
ne présentent qu’un minime intérêt économique et qui pourront
faire, avec celles que nous comptons recueillir encore, l’objet
d’une antre étude.
Avant d'aborder le fond de notre sujet, il nous paraît bon de
donner quelques indications sur la région dont nous allons
parler, sur ses limites, sa constitution géologique et les condi­
tions qui y régnent.
La région des savanes, c’est-à-dire celle où la grande forêt
équatoriale est remplacée par de vastes étendues peuplées seule­
ment des graminées et de quelques arbres rabougris, comprend
au Congo français une zone assez étendue. Limitée à l’Est et au
Sud par le fleuve Congo, à l’Ouest sensiblement par la rivière
Ladi, branche principale du fleuve Niari, puis sur une certaine
longueur par le cours de la Lebagny, ensuite la M’Pama, cette
zone s’étend, vers le Nord, assez loin jusqu’aux abords de la
rivière Couilou poursuivre ensuite l’Alima jusqu’à son confluent
avec le Congo.
L’aspect de la région que nous venons de délimiter dans ses
grandes lignes n’est pas partout le même; en effet, en certains
endroits, la galerie boisée qui borde les rivières s’étend sur une
assez grande surface et ressemble à une forêt; ailleurs c’est la
petite brousse avec ses taillis peu denses et peu élevés ; ailleurs
encore ce sont de vastes étendues couvertes à perte de vue
uniquement de graminées, sans un arbre, ni-un arbuste, et dont
l’aspect change suivant les époques. Au début de la saison des
pluies tout est d’un vert agréable à voir ; un peu plus tard, on

363
dirait d’immenses champs de céréales au moment de la moisson.
Lorsque le feu a tout détruit, une couche noirâtre de cendres et
de débris de chaumes recouvre le sol, et le pays dénudé donne
alors une impression de solitude et de désolement dont on se
fait difficilement une idée. Les surfaces occupées par ces grami­
nées sont de beaucoup les plus considérables dans cette contrée,
et c’est à cela qu’elle doit son nom de région des savanes par
opposition à celle des forêts qui l’environne.
Le sol, dans la partie dont nous parlons, est surtout composé
de sable ou d’argile sablonneuse, avec par places des affleu­
rements, de peu d’étendue, de latérite ou de grès siliceux.
D’humus, pas de trace, si ce n’est une faible couche sous le cou­
vert des parties boisées, où les feuilles et les détritus accumulés
peuvent se décomposer sous l’action du temps et y rester. Là où
depuis un temps indéterminé ne poussent que des graminées, il
n’y a que du sable et les incendies annuels appauvrissent tou­
jours plus les endroits où ils se propagent, la quantité minime
de cendre qu’ils produisent étant dispersée par le vent et ne ser­
vant à rien.
Vers le Nord, entre les rivières M’Pama et Lékéty, sur les pla­
teaux habités par les Achicouyas, la terre est de meilleure qua­
lité; le sable disparaît pour faire place à une terre noirâtre qui
convient parfaitement pour les cultures, lesquelles du reste sont
faites avec assez de soin par les naturels. Au sud de cette même
région, vers le confluent des rivières Djouéké et N’Douo, existe
aussi une région assez fertile, mais qui est peu habitée et où
l’on ne trouve que des plantations sans importance. Si l’on
ajoute à cela quelques rares vallées où des dépôts alluvionaires
ont enrichi le sol, il est facile de se rendre compte du peu d’éten­
due des terres cultivables.
Les conditions météorologiques se ressentent de l’aspect de
celte région. La température y est assez peu élevée comme
moyenne, ce qui est dû en partie à son altitude relativement
haute (300 à 400 mètres). Le minimum -|- 12° est observé assez
fréquemment en saison sèche, dans les matinées où un brouil­
lard intense recouvre le sol ; et les maxima qui sont en général
d’environ 35° sont ressentis surtout en saison des pluies, au
LA FLORE ET LES PLANTES ÉCONOMIQUES DU RAS-CONGO

�304
A. BAUDON
moment où les tornades vont éclater. La température moyenne
dans la journée est d’environ 25° et pendant la nuit de 17°.
L’humidité est assez forte durant toute l’année. Les précipita­
tions d’eau peuvent être estimées à deux mètres environ pour

F ig. 1. — Galeries boisées succédant à la Savane

l’ensemble de la région, avec une différence en plus ou en moins
suivant les parages, le maximum en quantité étant observé dans
la vallée des rivières Ladi etN’Douo,où la forêt est assez épaisse,
et le minimum sur les plateaux désertiques qui avoisinent

305
l’Alima et la M’Pama, où il n’y a que quelques tornades durant
lesquelles la pluie tombe à torrent.
Ainsi que nous l’avons dit précédemment, la région que nous
désignons sous le nom de région des savanes du Congo français,
n’est pas composée exclusivement de terrains recouverts par
des herbes, et l’on y trouve aussi des endroits de ce que l’on a
désigné sous le nom de petite brousse soudanienne, faciès qui
est caractérisé, ainsi que l’on le sait, par la présence d’arbustes
de petite taille disséminés et ayant un peu l’aspect de taillis î
mais il y a encore des traces de forêt, non seulement dans les
vallées en bordure des rivières, mais aussi à flanc de coteau et
même sur des hauteurs où il n’existe pas d’eau.
Comment expliquer la présence de ces parties boisées, isolées
de loin en loin sans cause, pourrait-on dire, si ce n’est par la
présence autrefois, dans ces parages, d’immenses forêts qui ont
été détruites peu à peu par les feux de brousse qui sont un véri­
table fléau pour ces régions. Il est évident qu’il serait peut-être
difficile d’établir que partout la forêt existait autrefois, mais
néanmoins cela n’est pas douteux pour nous. Outre la présence
de ces parties boisées disséminées, il est d’autres faits qui ont
non moins de valeur,par exemple : la présence dans ces parages
de copal enfoui dans le sol à une faible profondeur. Comment
expliquer, en effet, la présence de celte résine dans le sol en des
endroits où, pour toute végétation, l’on ne rencontre que des
graminées ? Il a bien fallu qu’à une époque éloignée, très éloi
gnée certainement, car les indigènes n’ont pas gardé souve­
nance, même dans leurs légendes, de sa présence, la forêt avec
des copaliers ait recouvert ces endroits (1).
Ceci est un fait matériel et indiscutable, mais il n’est pas le seul,
et les observations si précises dont parlent MM. Jumelle et
Perrier de la Batliie, dans leurs notes biologiques sur la végéta­
tion du nord-ouest de Madagascar (2) au sujet de déboisement
de celte région, peuvent aussi s’appliquer au Bas-Congo. Il est
LA FLORE ET LES PLANTES ÉCONOMIQUES DU BAS-CONGO

(1) Ces indigènes ignorent même que le copal est un produit d’origine végé­
tale et le considèrent comme un produit du sol, une espèce de terre comme
ils disent.
(2) Annales du Musée colonial de Marseille ; année 1908.

�366
A. BÀUDON
bien plus facile dans notre cas de soutenir cette opinion, car
dans la région en question ce sonl des sables et non de la
latérite, et l'on ne peut invoquer que le sable soit impropre à
une végétation puissante ; ce sable était et est encore, dans les
parties boisées, recouvert d'humus constitué par les débris de la
végétation existante, humus qui a disparu après coup, par suite
du ravinement occasionné par les pluies, et qui ne peut se
reconstituer, les incendies annuels répétés, quelquefois à deux et
trois reprises dans une même saison sèche, ne laissant rien sub­
sister. Celle couche d’humus favorisant la végétation est du reste
bien moins importante que l’on ne l'admet généralement ; elle
atteint souvent 30 centimètres au maximum, là où existe la forêt
la plus épaisse; aussi voit-on les géants des lorêts africaines être
abattus par les tornades lorsqu’ils ne sont pas retenus par les
lianes auxquelles ils servent de support, mais qui en revanche
sont pour eux de précieux étais. Leurs racines rampantes audessus du sous-sol souvent dur et imperméable, ne leur donnent
pas un point d’appui suffisant pour résister aux violents coups
de vent auxquels ils sont exposés. Du reste, et sans rechercher si
loin, si au hasard on prend un point quelconque des savanes (de
préférence pas trop éloigné d’une partie boisée pour ne pas avoir
recours à des plantations, et pour que le reboisement soit spon­
tané avec l’aide des graines transportées par le vent), un terrain
que l’on protège contre les feux de brousses, l’on voit la végéta­
tion herbacée, faire place l’année suivante à des plantes arbustives qui, si la protection continuait, deviendraient des arbres au
bout d’un certain nombre d’années. De même que la forêt a dis­
paru peu à peu par suite des ravages annuels des feux de
brousse, ce sera aussi peu à peu que l’on pourra regagner le
terrain perdu; mais alors, au lieu de laisser cette forêt se recons­
tituer spontanément il y aura lieu de profiter de ce reboisement
pour le faire avec des espèces utiles,
On pourra peut-être invoquer les difficultés que présenteront
une œuvre semblable ; nous les connaissons et nous ne les croyons
pas insurmontables. Celte œuvre de reboisement, d’une haute
importance pour l’avenir de ces régions,est une œuvre de longue
main et ne peut s’accomplir qu’en un temps très long et avec

LA FLORE ET LES PLANTES ÉCONOMIQUES DU BAS-CONGO 3^7

méthode, mais elle peut se réaliser. Il faudra la commencer
d’abord près des villages, des rivières, en un mot des endroits
fréquentés ou favorables, en utilisant des espèces résistantes et
réservant des emplacements pour les cultures de plantes
comestibles ou industrielles.
L’indigène malgré sa paresse et son apathie n’est pas
dépourvu d’intelligence et il comprendra très bien l’intérêt qu’il
y aura pour lui à plantera proximité des villages des essences
caoutchoulifères, dont l’exploitation lui sera réservée, et qui lui
assureront dans l’avenir une source de revenus. Ces plantations,
il ne les fera pas de son propre mouvement, mais seulement s’il y
est contraint, et il semble que sans gros inconvénients l’on pour­
rait astreindre les chefs de village à reboiser chaque année une
certaine surface, en donnant à titre d'encouragement des primes
à ceux qui feraient les plantations dans de bonnes conditions et
en punissant les autres. Mais il serait peut-être bon, si l’on ne
pouvait ou ne voulait en arriver là, de prendre des mesures pour
enrayer les dégâts occasionnés par les feux de brousse, ce qui,
dans une certaine mesure, pourrait assurer la conservation et la
reconstitution des forêts. Le décret interdisant les feux de
brousse et punissant ceux qui en sont les auteurs est lettre morte.
Il serait nécessaire pour arriver à un résultat de tenir soigneuse­
ment la main à son application.
En outre, il faudrait : 1° obliger les indigènes à faire des. sen­
tiers débrousséspour arrêter la propagation du feu aux abords des
parties que l’on voudrait conserver : ce travail serait minime, un
espace dénudé d’un mètre suffisant largement pour arrêter les feux
debrousse les plus violents et il serait assez facilement accepté
parce que c’est un travail qui serait exécuté par les femmes ;
2° Punir sévèrement les auteurs des incendies ayant pour but
de faire fuir le gibier dans un cul de sac près d’une forêt, là où
son abatage est rendu plus facile. Enfin, il serait bon aussi
d’astreindre les collectivités faisant des débroussements en vue
de plantations vivrières, à replanter en essences caoutchoutifères
ou autres les emplacements qu’ils abandonnent. L’ensemble de
ces mesures, combinées suivant les cas, et appliquées avec tact
par les administrateurs des régions intéressées, permettrait

�368
A. BAUDON
d’enrayer le déboisement et de constituer des ressources dans
un pays qui n’en a pour ainsi dire pas.
Après ce que nous venons de dire, on comprendra facilement
que les espèces que l’on rencontre dans la région, dite des
savanes, varient suivant qu'il s’agit de la savane proprement
dite, de la petite brousse ou de la forêt. Mais avant d’énumérer
celles que nous y avons rencontrées, il nous parait bon de faire
connaître quelques remarques qu'il nous a été permis de faire.
Tout d’abord, il convient de noter l’absence de YElæis gnineensis. Ce palmier si commun dans toute l’Afrique ne se rencontre
pas à l’état spontané dans ces parages; nous disons à l’état
spontané, car il s’y trouve cultivé autour des villages par les
indigènes, grands amateurs de vin de palme. Chaque village a,
en effet, sa petite plantation, vingt, trente palmiers, quelquefois
moins, rarement davantage; et la présence de ces arbustes, soit
en bordure d’une forêt, soit au milieu d’une plaine, est l’indice
certain qu’à une époque plus ou moins éloignée cet emplace­
ment a été habité ; d’après leur taille l’on peut estimer l’époque
à laquelle elle remonte, car il semble que l’on peut admettre
que les indigènes changent de place environ tous les cinq ans,
par suite de l’épuisement des terres de culture avoisinantes. La
plantation des Elæis précède la construction du village, de
même que l’exploitation de ceux que l’on a abandonnés se
continue par leurs propriétaires, à moins qu’ils ne les cèdent
en location à des gens du voisinage. Les amandes sont consi­
dérées comme un produit secondaire, l’huile de palme est
excessivement rare et elle ne sert pour ainsi dire pas dans
l’alimentation.
Un autre groupe de palmiers, les Raphia, sont peu communs
et ne se rencontrent en quantité que sur les bords de la rivière
Ladi et surtout de l’Alima et de ses affluents ; près des autres
rivières ce n’est qu’exceptionnellement que l’on en trouve.
D’autres arbres dont l’absence est à signaler sont : Adansonia
digitata, qui existe à Kinshassa, en face de Brazzaville ; Eriodendron anfractaosiim, commun sur les rives du Congo et de
l'Oubangui ; Borassus flabelliformis, qui a une prédilection
marquée pour les terrains alluvionnaires. Il en existe un grand

369
nombre en certains points de la rive Belge et dans l’île de
M’Bamou, alors que par contre on pourrait compter les spéci­
mens sur la rive française, etc., etc., cela pour ne citer que les
plus grands. Il est de même intéressant de noter l’absence
presque totale des orchidées épiphytes sur les arbres de la forêt.
D’autres espèces, au contraire, sont représentées par de très
nombreux exemplaires, les différents Milletia sont excessive­
ment nombreux, les Musanga Smitliii qui, débités en planches,
servent aux Batékés à faire des palissades autour de leur village,
les Dracœna, etc.
Les incendies annuels, qui, ainsi que nous l’avons dit, se
renouvellent deux et trois fois dans la même saison sèche,
détruisant infailliblement toute la végétation, font que la flore de
cette région est, surtout dans la savane, tout à fait particulière.
Les pluies commençant en septembre sont le point de départ
de la végétation. Dès les premières chutes d’eau, avant même que
les graminées aient germé, l’on voit apparaître un peu partout
des champignons en grand nombre, mais cela pendant une
période d’une quinzaine de jours seulement; ces champignons
qui ressemblent à ceux de nos prairies sont consommés avec
plaisir tant par les Européens que par les indigènes. Ils font
bientôt place à une végétation plus dense et plus agréable à voir; en
effet, c’est à ce moment que les rares plantes à fleurs se montrent,
telles que les Crinum, les Aloe, les Gladiolas et quelques Orchidées
dans les endroits humides, mais cette floraison est de courtedurée
et bientôt l’on ne rencontre plus que des graminées et cypéracées,
les unes atteignant à peine 30 centimètres de haut, ailleurs dépas­
sant 2 mètres ; mais là où existent les petites espèces l'on ne
retrouve pas les grandes. Le développement de toutes est rapide
et, bien avant la fin de la saison pluvieuse, elles ont atteint leur
maturité; à partir de ce moment, elles se desséchent et il suffit
qu’un indigène s’arrêtant pour faire un peu de feu n’ait pas le
soin de l’éteindre en partant, pour que les étincelles le communi­
quent aux herbes voisines et alors gagnant de proche en proche il
ravage des espaces très étendus. Ce premier incendie ne détruit
pas tout; son action se fait sentir surtout là où se trouve de hau­
tes graminées, dont il ravage les parties basses, laissant les chauLA FLORE ET LES PLANTES ÉCONOMIQUES DU BAS-CONGO

�A. BAUDON
370
mes dénudés; mais tout a souffert et comme c’est alors que la
saison des pluies se termine, la sécheresse achève de tuer les
plantes, lesquelles sont anéanties par un deuxième incendie, suivi
souvent d’un autre, pour peu que la sécheresse se prolonge, et ce

371
appartiennent à un petit nombre d’espèces et ne sont susceptibles
d’aucune utilisation. Par suite d’une adaptation spéciale, une
catégorie d’arbustes a réussi à s’accommoder de l’état de choses
existant et les parties aériennes ne pouvant pas se développer, ce
LA FLORE ET LES PLANTES ÉCONOMIQUES DU BAS-CONGO

/

F ig. 3. — Rameau de Landolfia humilis en fruit
F ig. 2. — Rameau de L a n d o lfia h u m ills en fleur

dernier détruit tout ce qui aurait pu résister aux précédents. Il
est bien évident que dans ces conditions aucun arbuste ne peut
résister et que les rares spécimens que l’on rencontre diminuant
en nombre, d’années en années, finiront par disparaître. Ils

sont les organes souterrains qui ont pris de l’extension. Nous
voulons parler des Landolphia humilis et Tholonii, du Carpodintis
lanceolcitus, espèces que l’on rencontre à peu près partout, et qui,
malgré les conditions de végétation défavorables, résistent très
bien en ces parages. Leurs rhizomes, rampant sous le sable à une

�A. liAUDON
372
profondeur d’environ 30 centimètres, prennent une extension
considérable, et donnent naissance, à chaque saison des pluies, à
des rejets aériens qui se développent, fleurissent et fructifient
rapidement ; mais au moment de la saison sèche toute cette par­
tie disparaît, détruite par les incendies et la plante passe alors à
un état de vie ralentie jusqu’à la saison suivante. Les laticifères de ces plantes ne pouvant se développer normalement ont
pris dans les parties souterraines une extension relativement
considérable, et, alors que, dans les autres plantes à caoutchouc
l’exploitation est faite par le tronc ou la tige, c’est chez elles aux
rhizomes que l’on s’adresse ; toutefois une seule L. Thollonii
donne un rendement suffisant pour que l’on puisse en faire
l’exploitation.
Ces plantes sont des types modifiés des espèces de la forêt et
si on les plaçait dans un autre milieu, elles redeviendraient très
probablement, avec le temps, à leur forme primitive. Cela, au
moins pour L. humilis, est facile à vérifier, la transformation
étant rapide.
On ne retrouve nulle part, dans la savane pas plus que
dans la petite brousse, d’arbres ayant pu faire partie de l’ancienne
forêt, mais par les parties qui en subsistent, l’on peut se faire une
idée de son importance. En certains endroits, notamment vers le
confluent des rivières Djouéké et Ndouo, nous avons rencontré
fréquemment des arbres atteignant 40 mètres de haut et 2 à 3
mètres de diamètre à la base, et sous ces géants de la forêt s’en
développaient encore de nombreux de moindre taille, alors que
sur le sol, recouvert de détritus de toute sorte, l’on ne trouvait
pour ainsi dire aucune végétation. Dans ces forêts l’on rencontre
les essences les plus variées, et parmi elles les Légumineuses
semblent dominer. Dans la région dont nous parlons, la partie
de beaucoup la plus dénudée est celle qui constitue la ligne de
partage des eaux entre les affluents de l’ügooué et du Congo ; ce
sont, en effet, des plateaux absolument dénudés et nous y
avons fait 30 kilomètres sans y rencontrer d’eau. Vient ensuite
la partie située à l’Est delà Rivière Djoueke. Du côté de Brazza­
ville et de Pangala, au contraire, l’on rencontre des bois assez
étendus et une végétation un peu plus variée.

LA FLORE ET LES PLANTES ÉCONOMIQUES DU . BAS-CONGO

373

Polypodiaceæ
L ygodjum

Lygodium scandens, n° 171 a . Brazzaville.
Selaginellaceæ
Seing india scandens L. Spring, n° 174 a . Brazzaville.
Cette plante est très commune à Brazzaville dans les endroits
humides, où elle grimpe un peu partout.
Graminaceæ
A ndropogon L.
Andropogon citriodora H. et B., n° 694. Brazzaville.
Citronnelle. — Cultivée à Brazzaville pour faire des bordures
d’allées ; les feuilles sont employées en infusion.
Andropogon muricatus Retz., n° 695. Brazzaville.
Vétiver. — Cette plante est aussi employéé pour faire des bor­
dures, mais elle a l’inconvénient de s’étendre rapidement au
point de devenir gênante. Les racines, qui sont odorantes, ne
sont pas utilisées.
üriza L.
Oriza saliva L., n° 696. Pangala.
Le riz n’est pas cultivé par les indigènes du Bas-Congo qui
n’en sont pas grands amateurs. Nous avons fait à Pangala un
essai de culture qui n’a pas été satisfaisant, les insectes ayant
détruit une partie de la plantation. Il se vend à Brazzaville, outre
le riz importé, du riz indigène provenant du Haut-Congo.
S accharum L.
Saccharnm officinarnm L., n° 697. Brazzaville.
La culture de la canne à sucre est peu répandue ; néanmoins
l’on en trouve toujours quelque peu dans les plantations, les
indigènes aimant beaucoup tout ce qui est sucré.
A n n d u M usée co l. de M arseille.

— 2e série, 7e vol. 1909.

24

�374

A. BAUDON

SüUGHUM L.
Sorghum vulgare L., n° 698. Pangala.
Celle plante n'est pas cultivée clans la région qui nous inté­
resse, ce qu'il y a lieu de regretter, car c’est un aliment de
valeur, et d’autant plus que les résultats que nous avons obtenu
dans une plantation d’essai ont été très satisfaisants. Nous
avons distribué aux chefs des villages voisins du poste des
graines et espérons qu’il sera possible d’arriver à obtenir d’eux
qu’ils continuent à faire des plantations de cette plante.
Z eà L.
Zea Mays L., n° 699. Brazzaville. Pangala.
C’est la seule graminée qui soit cultivée par les indigènes du
Bas-Congo et encore ne l’est-elle qu’en petite quantité. Il en
existe diverses variétés. Les épis sont consommés avant matu­
rité en les faisant griller et c’est alors un mets très estimé ; il se
mange aussi bouilli.
Cyperaceæ
K y l l i n g i a Rottb.
Kytlingia nmbellala Rottb., iî°1 8 9 a . Brazzaville.
Cyperus L .
a.

Cypénis disions L , n° 194 Brazzaville.
Cyperus mapanoides C. B. Clarke, nos 166 a , 167 a , 184 a . Brazza­
ville.
M a r i s c u s Valil.
Mariscus pseudopilosus C. B. Clarke, n° 193 a . Brazzaville.
Mariscus trelerianiis, n ° 187 a . Brazzaville.
F i m b r i s t y l i s Valil.
Fimbristylis dipliylla Retz., n° 165 a . Brazzaville.
B u l b o s t y l i s Kunth.
Bulhosliylis cardiocarpa C. B. Clarke, n ° 144 a . Brazzaville.
F u i r e n a Bentli.
Fuirena nmbellala Rottb., n° 185 a . Brazzaville.

LA FLO U E E T LES P L A N T E S ÉC O N O M IQ U ES DU 13AS-CO NG O

375

R. Br.
Lipocarpha argentea R. Br., n,,s 169 a , 191a. Brazzaville.
R y n c h o s p o r a Valil.
Rynchospora anrea Valil, n ° 168 a , Brazzaville.
S c l e r i a Berg.
Scleria vermeosa Willd., n ° 186 a . Brazzaville.
Palmaceæ
B o r a s s u s L.
Borassus flabelliformis L. Ile de M’ Bamou.
L ip o c a r p h a

E laeis

Eheis guineensis L. Cultivé autour des villages pour le vin de
palme.
Cocos L.
Cocos miciferu L. Cultivé à la mission catholique de Brazzaville,
où il en existe deux allées en très bon état et de belle avenue.
E remospatha sp., n° . Pangala.
Les feuilles de celle plante sont employées pour la couverture
des cases.
Araceæ Vent.
C a l a d iu m

Caladium escnlenlum Vent., n° 699. Pangala.
Celte plante est quelque peu cultivée pour ses tubercules et
ses feuilles qui sont alimentaires.
Nom indigène Lcnguè.
Liliaceæ
S m i l a x Tourn.
Smilax Kraussiana Meissn., n ° 164 a . Brazzaville.
Très commun dans les savanes.
U rginea Steinh
Urginea altissima L., n°.

�376

A. BAUDON

L.
Asparagus africanus Lam., n° 137, Kikouimba.
Plante assez commune.
S a n s e v i e r a Thunb.
Sanseviera cylindrica Boj., n° 167-27 Pangala.
Les indigènes de quelques villages du Bas-Congo se servent
de cette plante pour écarter les fourmis de leur case ; dans ce
but, ils en placent des pieds le long des cloisons.
Elle ne sert pas 5 d’autres usages.
Amaryllidaceæ
Crinum L.
Crinum giganteum And., n° 178 a 360. Brazzaville, Pangala.
Belle plante ornementale très commune dans les savanes
surtout au début de la saison des pluies ; les oignons dépassent
la grosseur du poing.
H æmanthus L.
Hæmantluis grandifoliusBaUour, n° 309-431. Kindamba.
Dioscoreaceæ
D i o s c o r e a L.
Dioscorea bulbifera L., n° 162 a . Brazzaville.
Cultivée quelquefois pour ses tubercules aériens.
Dioscorea Thonneri De Willd., n° 163 a . Brazzaville.
Dioscorea alala L., n°679. Pangala.
Cultivée dans tout le pays du Congo, mais en petite quantité.
Nom indigène: ukoloba.
Dioscorea macroura Harms, n° 680. Pangala.
Dioscorea aculeala L., n° 681. Pangala.
Nom indigène: Bisounia, cultivée.
Iridaceæ
G ladiolus L.
Gladiolus angolensis Welw.
A spa ra g u s

LA FLORE ET LES PLANTES ÉCONOMIQUES DU BAS-CONGO

377

Cannaceae
* C a n n a L.
Canna indica L., n°9272-608. Pangala, Lebagny.
Plante commune aux abords des villages et dont les rhizomes
sont consommés par les porcs.
Musaceæ
M u s a L.
Musa Arnoldiana de Wild., n° 699. Pangala.
Musa Ciilletii de Wild., n° 700, Pangala.
Musa paradisiaca L., var. sangninea, Welw., n° 701. Pangala.
Musa sapientum L., n° 702. Pangala.
Musa sinensis L., n° 703. Brazzaville.
Les bananes entrent pour une large part dans l’alimentation
des indigènes du Bas-Congo, bien que la base essentielle de leur
nourriture soit le manioc. Au contraire vers l’Ogooué M’Fassa
le manioc passe au second rang et les bananes prennent une
importance considérable.
Les villages sont entourés d’un nombre plus ou moins grand
de bananiers; mais très souvent ce sont des variétés à faible
rendement. Les Bassoundis distinguent quatre espèces :
Kitiba ou bitiba, grand bananier donnant beaucoup de fruits
atteignant 15 centimètres de long, très sucrés ;
Dinkondi diakoko, grand bananier à très peu de fruits atteignant
30 centimètres de long et peu sucrés.
Donguela, grand bananier donnant beaucoup de fruits de 20 à
26 centimètres de long non sucrés.
Kibiénè, grand bananier donnant beaucoup de fruits de 10 à
15 centimètres de long peu sucrés.
Il existe enfin un autre Kitiba de petite taille à grand rende­
ment avec fruits de 20 centimètres de long très sucrés.
Les Musa paradisiaca var. sanguinea sont excessivement rares
et du reste peu recherchés, les fruits étant fades et peu nombreux;
les plantes donnent peu de rejetons. Outre les propriétés alimen-

�A. BÀUDON
378
taires du fruit, les indigènes utilisent les différentes parties de la
plante pour divers usages.
Les bananes écrasées et mélangées à divers ingrédients passent
pour guérir les douleurs du genou et des jambes.
Les bractées florales, toujours mélangées à d’autres produits,
sont employées pour combattre les maladies de cœur.
Les nervures des* feuilles et les morceaux du tronc, servent à
faire des liens très solides ; les feuilles à entourer les morts dont
les parents n’ont pas le moyen d’acheter de tissu pour les enve­
lopper au moment de l'ensevelissement.
Zingiberaceæ
C o s t u s L.
Costus spectabilis K. Sébum., n° 295.
Bromeliaceæ
A nanas

Ananassa sativa Scliult., n° 682. Pangala.
Cette plante est commune un peu partout; on la trouve sur­
tout en bordure des bois près des sentiers. Elle couvre quelque­
fois d’assez vastes étendues et le fruit est une grande ressource
pour les indigènes de certaines régions très pauvres.
Piperaceæ
P i p e r L.
Piperguineense Schum. et Tlionn., n°
Assez commun dans les bois, mais sans usage.
Urticaceæ
M

u san g a

R . B r.

Mnsanga Smithii R. Brown, n° 685. Pangala.
Commun dans les bois humides, principalement près des
ruisseaux. Le bois est employé par les indigènes Batékés pour
faire des palissades aux abords des villages ; il sert aussi pour
faire divers ustensiles de ménage ; sur les rives du Congo il est
employé comme flotteur pour les lignes de pèche.

LA I-LORE ET LES PLANTES ÉCONOMIQUES OU BAS-CONGO

379

L.
Cannabis sativa L., n" 686. Brazzaville.
Cultivé pour les feuilles, que les indigènes fument. Cette pra­
tique étant nuisible, une circulaire du Gouverneur du MoyenCongo recommande aux administrateurs de faire détruire celte
plante lorsque cela sera possible.
C a n n a b is

F

leurya

G aud.

Fleurya æstuans Gaud., n° 25. Brazzaville.
Balanophoraceæ
T h o n n i n g i a Vahl.
Thonningia sanguinea Vahl.
Se rencontre assez fréquemment dans les forets, où elle vit en
parasite sur les racines de certains arbres.
Phytolaccaceæ
Molhana latifolia Moq.

M o h l a n a M a rt.

Crassulaceæ
K alanchoe A dan s.

Kalanchoe velutina Welw., nos 163-640.
T i i .l æ a

Tillxa Vaillanti Willd., n°98.
Loranthaceæ
L oranthus L.

Loranthus capitatus Spreng. var. latifolius Engl., n° 198 a .
Brazzaville.
Begoniaceæ
B é g o n i a L.
Bégonia rostrata Welw., n° 512. Pangala.
Le nom indigène des bégonias est Mouyeyeri. Les graines et les

�A. BAUDON
380
feuilles de bégonia sont consommées par les populations du BasCongo.
Amarantaceæ
C e l o s ia L .

Celosia trigyna L., n° 70 a . Brazzaville.
Cijatlmla prostrata L.,

C yathula
n° 253 a . Brazzaville.

Menispermaceæ
C issa m pelo s L.
Cissampclos Pareira L., var. owariensis Pal. Beauw, n° 102 a .
Brazzaville.
Rosaceæ
P arinarium Aub.
Parinarium glabrum Oliv., n° 200. Pangala.
Passifloraceæ
P a ssiflo ra
n° 69 a . Brazzaville.

Passiflora fætida L.,
Celle plante esl commune à Brazzaville principalement près du
fleuve.
Passiflora quadrangularis L., n° 21. Brazzaville (Barbadine).
Cultivée pour son fruit.
Passiflora edutis Sims. Brazzaville.
Cultivée pour son fruit.
Myrtaceæ
P sidium L.
Psidium Guajava L., n° 678.
Le goyavier est cultivé à Brazzaville et ne se retrouve guère
ailleurs, malgré la facilité avec laquelle il se reproduit.
E u g e n i a L.
Eugenia cordata Laws., n° 248. Source de la rivière Lefini.

LA FLORE ET LES PLANTES ÉCONOMIQUES DU BAS-CONGO

381

Melastomaceæ
D isso tis Benth.
Dissotis Bazzaci Cogn., 13 a , 143 a . Brazzaville.
Dissotis capitata Hook., 146 a . Brazzaville.
Dissotis Afzelii Hook., n°356. Pangala.
T

r is t e m m a

J

u ss.

Tristemma Scluimacheri Guill. et Perr., n0* 144 a , 147 a . Braz­
zaville.
OSBECKIA L.
Osbeckia senegambiensis Guill. et Perr., nos341, 357, Pangala.
D i n o p h o r a Benth.
Dinophora sponneroides Benth., n° 381. Kaounga.
C a l v o a Hook.
Caluoa sinuata Hook., n° 408, Pangala.
Gombretaceæ
COMBRETUM L.
Combretum constrictam Laws., n° 490. Rives de la Riv. N’Douo.
Combretum trichanthum Fresen.,n°471. Source de la Riv. Liéfïné.
Caricaceæ
C a r i c a L.
Carica Papaga L. 12 a .
Cultivée pour son fruit à Brazzaville. Ne se retrouve pas ail­
leurs sauf dans les postes ; est inconnu des indigènes.
Cucurbitaceæ
C o g n a u x i a Baill.
Cognauxia podoleana Bâillon, n° 71 a . Brazzaville.
Cette plante est assez commune au Congo français, surtout en
bordure des bois ; mais il nous a été impossible d’y trouver C.
trilobata. qui se rencontre le long de la voie du chemin de ter
Matadi-Brazzaville.

�382

A. BAUDON

LA FLORE ET LES PLANTES ÉCONOMIQUES DU BAS-CONGO

P eponia Naud.

palissade, ont donné un nombre considérable de fruits; et si le
commerce des éponges végétales prenait de l’extension, il serait
possible à nos colonies d’en fournir de grandes quantités à un
très bon prix.
Kitébé, donne un fruit delà grosseur d’une citrouille, dont on ne
mange que les graines.
Dans le deuxième groupe, il y a :
Moulaba ntomubou, fruit de la grosseur d’une citrouille, dont on
mange les graines ; la calebasse a nom nkalou ;
Moulaba ntoumbou, fruit petit dont on ne mange pas les graines
à cause de leur faible taille, elles servent à faire de calebasses
pour recueillir le vin de palme.
Nksia, grosse calebasse dont on mange les graines.

Peponia bracteata var. birsuta Cogn., n° 1 6 0 a . Brazzaville.
L a g e n a r i a Seringe
Lagenaria vulgaris Seringe, n° 536. Pangala.
Nom indigène : Ntoumbci.
L

u ffa

C av.

LufJ'a cijlindrica Roem., nos 161 a , 689. Brazzaville.
Nom indigène nsouria ou nlaga.
M o m o r d i c a Sim
Momordica Charantia Sim., nOs06,175. Brazzaville, Pangala.
Momordica corymbifera Hook., var. abbreviata, n° 1 6 0 a . Brazza­
ville. N° 541 Pangala.
C u c u m i s Sim.
Cucumis Figarei Delile, n° 433. Pangala.
C i t r u l l u s Schrad.
Citriillns vulgaris Shrad., n° 537, Pangala.
Les Cucurbitacées ont une place assez importante clans l’ali­
mentation des indigènes du Bas-Congo. Ils les divisent en deux
groupes, celles à tleurs jaunes et celles à fleurs blanches
(calebasses).
Dans le premier groupe ils distinguent :
Lingue, qui est une espèce de citrouille dont on mange la chair
et les graines; les feuilles sont aussi consommées
Nsoueki, fruit de la grosseur d’un melon, la chair, les graines, et
les feuilles sont comestibles.
Nsoueki (autre espèce) à fruit de la grosseur du poing, garni de
petits aiguillons mous, on en mange les feuilles seulement, les
graines étant trop petites.
Nsouria, ntaga, qui est le LufJ'a cylindrica, le fruit est quelque­
fois consommé à l’état jeune, mais, d’ordinaire, c’est pour les
graines qu'on la cultive, rarement on en mange les feuilles.
Nous avons fait un essai de culture de cette plante et les
résultats en ont été très satisfaisants. Les plantes appuyées à une

383

Solanaceæ
D a t u r a L.
Datura Stramonium L., n° 589. Bokaba,
N i c o t i a n a L.
Nicoliana Talmcum L., nos 180. Pangala, 622. Riv. Lefini (source),
669. Tabac batéké.
Le tabac est cultivé dans tous les villages, surtout dans ceux
des Batékés, les feuilles servent pour fumer ou pour priser. Les
graines sont semées souvent au hasard dans les tas de détritus
qui avoisinent les cases, d’autres fois les plantations plus éten­
dues, sont faites avec beaucoup de soins, les feuilles préparées
donnant lieu à un trafic important sur les marchés. Les indi­
gènes distinguent diverses variétés : celle nommée kibembé par
les Babembés, qui a les feuilles très grandes et qui est employée
pour fumer et priser est celle qu’ils préfèrent, vient ensuite nsala
des Ballalis qui se rapproche de la précédente, mais est moins
appréciée.
Enfin, il y a hisoumou, variété cultivée par les batékés dont
les feuilles sont assez longuement pétiolées comparativement
aux autres variétés.

�384

A. BAUDON
SOLANUM

Solarium Melongena L., n° 690. Pangala.
Les aubergines cultivées par les indigènes sont en général
assez petites, mais de bonne qualité.
Solanum Lgcopersicum L., n°691. Pangala.
Les tomates indigènes se trouvent fréquemment aux abords
des villages; le fruit atteint la grosseur d’une cerise.
C apsicum

Capsicum frutescens W., nos 534, 648, 649. Pangala.
Les piments sont un des condiments les plus employés dans
la cuisine indigène, et l'on en trouve toujours quelques pieds
autour des villages. Il en existe diverses variétés dont quelques
unes donnent des fruits de la grosseur d’une prune.
P hysalis L.
Physalis peruviana L , n° 692. Brazzaville.
Cette plante est cultivée à Brazzaville et dans certains postes
pour ses baies comestibles.
Convolvulaceæ
Ipomæa Batatas L., n° 109 a . Brazzaville.
Les patates douces sont assez cultivées par les indigènes du
Bas-Congo, surtout par les Batckés, qui consomment assez peu
de manioc. Les deux variétés rouge et blanche sont cultivées,
mais la deuxième en plus grande quantité ; outre les tubercules,
les feuilles sont aussi consommées. Noms indigènes : Moumbala,
Kihoua.
Ipomæa involucrata P. Beauv., n° 199 a . Brazzaville.
Q üam oclit

Quamoclit vulgaris Choisy, n° 693. Brazzaville.
H eu rtia
Heurtia bicolor W. Arn., n° 132 a . Brazzaville.
S ticto ca rd ia
Stictocardia berauensis Hall., n° 183 a . Brazzaville.

LA FLORE ET LES PLANTES ÉCONOMIQUES DU BAS-CONGO

Jacquemontia capitata.

385

J acquemontia
De Wild., n° 190 a . Brazzaville.

Borraginaceæ
H elio tr o piu m L.
Heliotropium indicum L., n° 52 a . Brazzaville.
Tiliaceæ
G hyphæ a Hook.
Glujphæa grewioides Hook., n° 105 a . Brazzaville.
C ephalonem a

Cephalonema polgandrum K. Schum., nos 394-246.
Ngoni des Bacongos, l’écorce sert à faire des cordes assez
solides.
Dilleniaceæ
T etracera L.
Telracera alnifolia Willd., n° 15 a . Brazzaville.
Liane très commune sur les bords du Congo.
Capparidaceæ
G ynandropsis

Gynandropsis pentapbylla Schrank, n° 120 a . Brazzaville.
Bixaceæ
B ixa L.
Bixa orellana L., n° 658. Pangala.
Il existe en général un ou deux pieds de cet arbuste dans les
villages. La matière rouge qui enveloppe les graines sert aux
indigènes à se barioler le corps lors des cérémonies fétichistes.
Anacardiaceæ
Anacardium Rottb.
Anacardium occidentale L., n° 676.
Cultivé à Brazzaville.

�386

A. BAUDON
M a n g if e r a

L.

Mangifera indicci L., n° 077.
Cultivé à Brazzaville, comme arbre d’avenue, les fruits en sont
très appréciés des indigènes et ils commencent à planter ces
arbres dans leurs villages.
Sapindaceæ
P a u llinia L.
Paullinia pinnata L., n° 181 a . Brazzaville.
Meliaceæ
M e l i a L.
Melici Azedarach L., n°245A.
Répandue à Brazzaville comme arbre d'ornement.
C a r a p a Aubl.
Carapa procera D. C.
Grand et bel arbre assez commun. Les graines grillées puis
pilées donnent un corps gras qui est employé par les indigènes
comme pommade pour enduire le corps et les cheveux.
Simarubaceæ
Q u a s s i a L.
Quassia gabonensis Pierre, n°668. Pangala.
Ces Quassia sont très abondants dans les forêts et leurs
graines oléagineuses ne sont pas employées.
Leguminosæ
C r o t a l a r i a L.
Crotalaria glauca Willd., n0s 409, 354. Pangala.
Crotalaria uniflora Baker, nus 182a-114. Brazzaville, Pangala.
Crotalaria tenuiramaWehv., n° 99. Bords du Congo.
I n d i g o f e r a L.
Indigofera capitata Kotschy, n° 33 a . Brazzaville.
Indigofera astragalina D. C., n° 203 a . Brazzaville.

LA FLORE ET LES PLANTES ÉCONOMIQUES DU BAS-CONGO

387

Indigofera panicnlala Pers., n° 418. Pangala.
Indigofera procera Schum. et Thonn., n° 371. Kaounga.
Indigofera suaueolens Jaub. et Spach, n° 383. Kaounga.
Indigofera erythrogramma Welw., n°* 235-207. Pangala.
Indigofera hirsnta L., n° 37. Rives du Congo.
M i l l e t i a Wiligt et Arn.
Millelia iirophyltoides De Wild., n° 210 a . Brazzaville.
Milletia Lanrentii De Wild., n° 382. Kaounga.
Cet arbre, qui atteint de grandes dimensions, est commun
dans les environs de Brazzaville où il est exploité par le Service
des Travaux publics comme bois de construction. Il donne un
bois marron foncé presque noir, dur et résistant, mais qui est
malheureusement fréquemment sillonné par les galeries qu’y
creusent des larves de coléoptères.
Milletia Thonningii Welw., n° 49. Rives du Congo.
T e p h r o s i a Pers.
Teplxrosia melanocalyx Welw., n° 1 9 a . Brazzaville.
Tephrosia hnrnilis Guill. e t Perr., n° 2 2 a . Brazzaville.
Tephrosia Inpinifolia D. C., h°61 a, 117. Brazzaville.
Tephrosia Vogelii Hook., n° 76 a , 201 a , 237, 15. Brazzaville,
Pangala.
Cet arbuste est cultivé aux abords de presque tous les villages
à cause de ses propriétés stupéfiantes. Les feuilles pilées servent
pour la capture du poisson. Il en existe diverses variétés.
Tephrosia noctiflora Bojer, nos81 a , 544. Brazzaville, Pangala.
Tephrosia brevidens D. C., n° 2 0 6 a . Brazzaville.
Tephrosia capillipes Welw., n°118. Brazzaville.
S e s b a n i a Pers.
Sesbania pachicarpa D. C., nu 104. Brazzaville.
A r a c h is L .

Aracliis hypogea L., nos 522, 336, 524, 523. Pangala.
Cette plante est cultivée presque partout dans la région du
Bas-Congo, spécialement par les Batékés ; mais toujours en petite
quantité, aussi sur les marchés les arachides atteignent elles un

�388
A. BAUDON
prix élevé. Il en existe à notre connaissance deux formes l’une
rampante, l’autre dressée, la première donnant un rendement
plus élevé, mais des gousses moins grosses.
Nous avons fait un essai de culture de la variété dressée avec
des graines sélectionnées et avons obtenu une plantation superbe*
Mais la plante s’élevant trop, beaucoup de gynophores ne pou­
vaient atteindre la terre et de ce fait restaient stériles. Au moment
de la floraison une maladie cryplogamique s’est déclarée qui a
amené la chute des teuilles. Des taches noires de 1 à 2 milli­
mètres de diamètre se sont formées, puis les feuilles se sont
desséchées et sont tombées au bout de quelques jours; d’autres
sont repoussées ensuite, mais en petit nombre (1). Le rendement
en graines n’a pas été influencé et la paille étant sans usage, les
dégâts ont été nuis, mais il n’en aurait pas été de même si l’on
avait voulu faire servir la paille à la nourriture des animaux, car
il ne restait guère que les tiges qui ont une valeur nutritive très
minime.
Æ schynomene L.
Æschynomene Ruppellii Baker, n° 596, Riv. Liefini.
O rmocarpum Beauv.
Ormocarpum sennioides D. G., n°203A. Brazzaville.
PSEUDARTHRIA Wigllt. et Al’ll.
Pseudarthria macrophylla Wehr., n° 402. Ivaounga.
Pseudarthria Hookeri Wigllt et Arn., n° 276. Kindamba.
U raria Desv.
Uraria picta Desv., n° 131 a . Brazzaville.
D esmodium Desv.
Desmodiam Mauritianum D. C., n° 47 a , 5. Brazzaville.
Desmodium lasiocarpum D. C., n° 140 a , 208 a , 530. Brazzaville,
Pangala.
(1) M. le Directeur de la Station de Pathologie végétale a bien voulu exa­
miner pour nous des feuilles de ces arachides; il y a reconnu la présence du
C ercospora p erso n a lu Berk. et Curtis Ellis, qui serait la cause de la maladie.
11 ajoute que c’est probablement la même espèce que Raciborski a récem­
ment appelée S ep to g lœ u m a ra ch id is et P. Hennings C ercospora a ra c h id is .

389
Cette Légumineuse qui est très commune partout est nommée
lunama par les indigènes, elle est employée en médecine
indigène pour combattre la stérilité.
Desmodium incanum D. C., n° 101. Brazzaville.
V igna Savi
Vigna luteola Hook., n° 209. Pangala.
Voandzeia Thouars
Voandzeia subterranea Thouars, n° 673. Pangala.
Cette plante quoique connue est relativement peu cultivée.
C entrosema D. C.
Centrosema uirginiana Bentli., n®238. Pangala.
M ucuna Adans.
Mucuna pruriens D. C., n° 674. Brazzaville.
LA FLORE ET LES PLANTES ÉCONOMIQUES DU BAS-CONGO

D olichos L.

Dolichos densiflorus Wehv., n° 600. Rives Lefini.
Dolichos debilis Hochst. ne. 585. Rives du Congo.
P sophocarpus Neck.
Psophocarpus longepcdunculalus Hassk. n° 584. Rives du Congo.
R hynchosia Lour.
Rhynchosia ferruginea A. Rich. n° 420. Pangala.
E riosema D. C.
Eriosema cajanoides Hook., h°82 a. Brazzaville.
D albergia L.
Dalbergia macrosperma Wehv., n° 124. Brazzaville.
O stryocarpus Hook.
Oslryocarpus riparius Hook, n°327. Pangala.
L onchocarpus H. B. K.
Lonchocarpus sp., n° 89. Rives du Congo.
D erris Lour.
Derris nobilis Wehv., n° 658. Riv. M.’Pama.
Derris Congensis de Wildeman, n° 355. Pangala.
A n n . d u M usée col. de M arseille.

— 2' série, 7« vol. 1909.

25

�390

A. BAUDON
D a l h o u s ie a Wahl
africana S. Mon., n® 10(&gt;a . Brazzaville.

Dalhousiea
Dalhousiea bracteata Wahl, n®481. Riv., Lach.
B a p h ia Alz
Bapliia spatliacea Hook., n° 205 a . Brazzaville.

391
Très jolie liane à fleurs de grande taille, très commune près
de Brazzaville, très ornementale (voir fig. 4, page 390).
Cæsalpinieæ
O lig o ste .m on Benth. et Hook.
Oligostemon pictus Benth., n°241. Pangala.
LA FLOUE ET LES PLANTES ÉCONOMIQUES DU BAS-CONGO

C assia L.

F ig. 4. — Rameau de Camoensia maxima en fleur

Benth. et Hook.
Leucomplmlus capparideus Benth., n° 90 a . Brazzaville.
C amoensia Welw.
Camoensia maxima Welw., nos 195 a , 212. Brazzaville. Pangala.
L eucom phalus

Cassia occidentalis Linn., nos 20 a 19. Brazzaville, Pangala.
Celte plante est employée partout comme diurétique.
Cassia absus L., n° 207 a . Brazzaville.
Cassia lævigata Willd., n° 586. Rives du Congo, dans le couloir.
Cassia mimosoides Linn., n° 166.
Cassia alata Linn, n® 109. N’Doua.
B e r l in ia Solander
Berlinia acuminata Solander, n° 112 a 617. Brazzaville, Pangala.
B aikiea Benth
Baikiea minor Oliver, n° 646. Franceville.
E r y th ro ph leu m Afz.
Enjthrophleum guineense Don, n°332. Pangala.
Cet arbre, qui atteint une grande taille, est très commun dans
les lorèts du Congo. Son écorce broyée et mise à macérer dans
l’eau, donne un liquide qui est employé par tous les indigènes
pour servir de poison d’épreuve (nkassa). Suivant le résultat
qu’il veut obtenir, le féticheur y ajoute ou non de l’écorce de
Strychnos, qui est beaucoup plus active, ce qui amène un
résultat différent, suivant le cas.
Mimoseæ
P enta cleth ra Benth.
Pentaclethra macrophijlla Benth., n° 151-671. Pangala.
Arbre assez commun, dont les graines oléagineuses ne sont pas
employées par les indigènes.
Parkià R. Br.
Parkia filicoidea Welw., n° 199. Pangala.

�392 •

A. BAUDON

E ntada Admis.

Entada scandens Benth., n° 670. Pangala.
Entada sudanica Schweinf., nu 531. Pangala.
Entada abyssinien Steud., n° 317. Pangala.
P ipt a d e n ia Benth.
Piptadenia africana Hook., nu 442. M’Biasse.
M imosa L.
Mimosa asperata L., n° 25 a , 79 a , 93. Brazzaville.
A cacia Willd.
Acacia pennata Willd., n° 305. Rivière Djouéké.
Euphorbiaceæ
R icinus L.
Ricinus commuais L., n° 410. Pangala.
Celte plante se trouve assez communément dans les villages
mais est d’un usage restreint.
J a tro ph a L.
Jatropha Curcas L., n°687. Brazzaville, jardin d’essai.
M a n ih o t L.
Manihot utilissimum Polh, n° 179. Pangala.
Manihot dulcis H. Br., n° 363. Pangala.
Le manioc est la base de la nourriture des populations du
Bas Congo, bien que les Batékés lui préfèrent les ignames.
II est cultivé presque partout dans des endroits nouvellement
débroussés, le débroussemenl étant fait par les hommes, les
plantations par les femmes. Les tubercules sont consommés
après macération, broyage et cuisson à la vapeur d’eau.
Il est extrêmement rare que l’on les fasse dessécher.
Le manioc amer est de beaucoup le plus cultivé et l’autre ne
se trouve qu’en pelile quantité et pour parer à l’imprévu.
Il existe dans cette région au moins deux variétés de
manioc amer; nous avons, en effet, rencontré dans les régions
les plus pauvres, vers les sources de la M’Pama et du côté de
l’Alima, des plantations de manioc dont la variété nous a paru

393
tout à fait particulière : les plantes étaient de faible taille et les
feuilles bien plus petites que celles que l’on voit normalement. Il
ne nous a malheureusement pas été possible de les examiner de
plus près, mais nous croyons devoir les signaler.
Manihot Glaziovii Muell. Arg., n°668. Brazzaville.
Celte plante à caoutchouc, importée, existe à Brazzaville, au
jardin d’essai et même comme arbre d’avenue. On la retrouve un
peu partout, dans les postes anciens. A Bokaba, il y en avait un
assez grand nombre de pieds. Elle se développe très rapidement,
mais ne donne que peu ou point de latex. Des arbres ayant
environ quinze centimètres de diamètre, abattus et débités en
tronçons ont donné à peine quelques gouttes de latex.
La valeur de cette plante comme essence caoutchoutifère est
très discutée ; et, en opposition avec ce que nous disons ci-dessus,
nous pouvons citer le témoignage d’un de nos amis, planteur au
Gabon qui, par saignée, a obtenu une quantité de latex relati­
vement importante. Il semble que ce n’est pas à une question de
terrain qu’il faut attribuer la différence dans les résultats
obtenus, mais bien à une différence de variété dans les plantes
cultivées.
Malvaceæ
Hibiscus esculentus L., n° . Brazzaville,
Le fruit mucilagineux de cette plante est consommé sous le
nom de Gombo.
U rena L.
(Jrena lobata L., var. reticulata (Cav.) Gurke, nos 148a, 155.
Brazzaville.
G ossypium L.
Gossypium arborescens L., nos 236, 667.
Les cotonniers se trouvent en petit nombre un peu partout,
mais le produit n’en est pas utilisé : on les trouve aux abords des
villages sur les tas de détritus. Us poussent vigoureusement et
fructifient dans de bonnes conditions. Nous avons fait un essai
de culture avec des graines introduites ; il a porté sur :
LA FLORE ET LES PLANTES ÉCONOMIQUES DU BAS-CONGO

�394

A. BAUDON

Nos 1 Gossypium Pentvianum Cav.
Carauonica Kidney
2 id.
Caravonica, n° 1.
3 id.
Caravonica, n° 2.
4 id.
Les semis ont été faits aussitôt réception des graines que nous
devons à M. le D‘ Heckel, c’est-à-dire le 15 janvier, en pleine
saison des pluies ; elles ont été mises à tremper pendant quinze
heures avant le semis. Les poquets écartés de un mètre en tous
sens se trouvaient en terrain argilo-sablonneux fraîchement
débroussés, sans engrais. Le 10 elles commencent à lever et
c’est le Caravonica n° 2 qui est le plus précoce et le plus régulier
dans la levée, toutes les plantes étant sorties à la même date.
Puis viennent Carauonica n° 1 et Carcivonica Kidney et enfin en
dernier lieu G. peruvianum Cav., avec seulement à celte date
3 ojo de levée.
A partir du 20 janvier, l’on peut considérer que tout ce qui
doit pousser est sorti de terre et l’on constate que le nombre des
graines qui n’ont pas germé est minime. La végétation est vigou­
reuse, mais étant donnée l'époque tardive de la mise en terre, la
récolte ne peut se faire avant la fin de la saison sèche.
Au 6 juin, voici les résultats :
Gossypium peruvianum : Tronc court fort, plantes peu rami­
fiées, atteignant 50 centimètres à 1 mètre de haut. Fleurs assez
nombreuses, pas encore ouvertes.
La plante est peu attaquée par les chenilles, alors que des
cotonniers indigènes placés dans les mêmes conditions en sont
couverts.
Caravonica Kidney : Tronc court, peu ramifié, floraison beau­
coup plus avancée, fruits formés.
Caravonica n° 1 : Beaucoup plus grand que les précédents,
très en retard, à peine en fleur.
Caravonica n° 2 : Comme Caravonica Kidney.
Caravonica Kidney : Au 16 juillet, la situation relative est la
même.
La floraison bat son plein, certaines gousses sont à peu près à
maturité, mais le rendement est peu important.

395
C onclusions . — Les espèces essayées ont parfaitement réussi
comme végétation, mais les semis ont été faits trop tard. 11
serait bon de pouvoir fumer le sol et arroser de temps en temps
au début de la saison sèche pour obtenir un bon rendement.
Les variétés à recommander seraient Caravonica Kidney et
Caravonica n° 2, mais étant donné le peu de densité de la popu­
lation et l’éloignement de cette région de toute voie de commu­
nication, cette culture n’est appelée à aucun avenir.
Apocynaceæ
V ahadenia Stapf.
Vahadenia Laurentii Stapf, n° 316. Pangala.
L a n d o lph ia Beauv.
Landolphia ftorida Benth, n° 498. Pangala. Nom indigène
mantchocongo.
Cette liane est assez commune dans les parties boisées ; le
fruit en est consommé par les indigènes.
Landolphia Klainei Pierre, n° 644. Franceville.
Cette liane est très commune dans les forêts du Haut-Ogooué ;
c’est elle qui fournit une grande partie du caoutchouc exporté
de cette région. Elle atteint de grandes dimensions et nous en
avons trouvé de la grosseur du poignet. Le procédé d’exploi­
tation des indigènes consiste à sectionner la liane en tronçons
d’environ un pied de long, et à les laisser égoutter au dessus
d’un récipient quelconque, calebasse ou, de préférence, boîte à
poudre vide ; mais l’on n’obtient ainsi qu’une partie du latex, le
reste se coagulant dans les vaisseaux est forcément perdu. Il n’est
pas douteux que cette façon primitive de procéder peut être
considérée, à première vue, comme néfaste et pourtant il n’est
guère possible aux indigènes de faire autrement. En effet, les inci­
sions que l’on a préconisées ne donnent qu’un rendement infime
et toute liane qui a été exploitée un certain nombre de fois
meurt, de telle sorte que le résultat est finalement le même,
le rendement étant inférieur à ce qu’il aurait pu être. L’indigène,
qui est souvent obligé de faire un long trajet pour trouver des
lianes exploitables ne comprend pas nos restrictions sachant
I,A FLORE ET LES PLANTES ÉCONOMIQUES DU BAS-CONGO

�A. BAUDON
396
très bien que toute plante saignée est appelée à dépérir, aussi
cherche-t-il à en tirer tout le parti possible. Toute réglemen­
tation ayant pour but d’interdire la coupe des lianes est forcé­
ment sans effet, l’administration n’ayant pas les moyens de
l'appliquer par suite du manque de personnel, aussi semble-t-il
qu’il ne faut pas essayer de rien changer à l’état actuel et se
contenter de modifier ces procédés afin de retirer le meilleur
parti possible des lianes coupées. Il nous semble qu’il serait
préférable d’apprendre aux récoltcurs l°qu’en coupant les lianes
assez près du sol, elles rejetonneront et qu’ainsi la plante ne
sera pas complètement détruite et qu’au bout d’un certain
nombre d’années une autre aura poussé bien plus vigoureu­
sement que si elle provenait d’un semis et qu’elle produira à
son tour; 2° à tirer tout le parti possible des tronçons de liane,
c’est-à-dire qu’après égouttage, il serait possible par battage des
écorces d’obtenir une certaine quantité de caoutchouc. Cette
opération serait d’autant plus facile que la plante battue serait
plus jeune, car sur les lianes âgées l’écorce devenue épaisse et
ligneuse ne se travaillerait plus que difficilement.
Le Landolphia Klainei n’est pas la seule liane à caoutchouc du
Haut-Ogoouée, mais elle est, ainsi que nous venons de le dire, de
beaucoup la plus importante et son latex est quelquefois
mélangé avec celui d’autres plantes de moindre valeur et
notamment avec celui du Periploca nujrescens Afz.
Landolphia humilis K. Schum, nos 3 a , 231, Brazzaville, Pangala,
Franceville. (Voir fig. 2 et 3, pages 370 et 371.)
Cet arbuste qui atteint rarement plus de 90 centimètres de haut
est très commun dans la région des savannes du Congo, c’est
une des plantes caractéristique de celte flore et elle a subi une
transformation remarquable, par suite du régime auquel elle est
soumise. Les incendies annuels empêchant les parties aériennes
de se développer, ce sont les parties souterraines, les rhizomes,
qui ont pris de l’extension, anomalie qui se retrouve du reste
dans Landolphia Thollonii et Carpodinus lanceolata, de la même
famille. L’aire de répartition de cette plante est très étendue et
elle est partout très abondante, ce qui peut faire regretter que ses

397
rhizomes ne donnent par le battage qu’une faible quantité de
caoutchouc de valeur minime.
Malgré sa fréquence, ce Landolphia a une préférence marquée
pour les terrains argileux où il se développe beaucoup mieux et
atteint une taille un peu plus élevée que dans les autres, on le
trouve surtout dans les environs de Brazzaville, près des rivières
Djouéké et N’Douo.
Dans les régions sablonneuses et absolument dénudées qui
avoisinent les plateaux d’où parlent la M’Pama et l’Ogooué, il est
remplacé par Carpodinus lanceolata, et, si on le rencontre, ce
n’est que près des arbres où règne un peu d’ombrage.
Le polymorphisme des feuilles dans cette espèce est très pro­
noncé, et, alors que l’on en trouve qui sont ovales, il y en a
d’autres qui sont elliptiques acuminées, à tel point qu’au premier
abord le port des plantes étant différent, l’on se demande si l’on
n’a pas à faire à des espèces différentes. Ces feuilles, qui à l’état
jeune sont marron clair, foncent peu à peu et deviennent d’un
beau vert au complet développement.
Il ne nous a pas semblé, après les essais de battage auxquels
nous avons fait procéder, qu’il soit possible de tirer parti des
rizomes de ce Landolphia, le rendement étant beaucoup trop
faible pour être rémunérateur. S’il est vrai que dans d’autres
régions l’on ait obtenu un rendement supérieur au nôtre, on
pourrait peut-être alors tenter une exploilation industrielle,
bien qu’à notre avis et ainsi que nous l’avons dit ailleurs à pro­
pos du L. Thollonii, une telle exploitation ne puisse pas être
rémunératrice.
Landolphia Thollonii Dew.
Celte plante à caoutchouc d’un développement encore moindre
que la précédente puisqu’elle ne dépasse pas 40 centimètres de
haut, croît au milieu des Graminées de la savane desquelles
elle se distingue à peine. Les parties souterraines atteignent un
développement relativement considérable, et, ce sont ces rhi­
zomes, qui, par battage, donnent le caoutchouc dit a des herbes »,
le seul que produise le Bas-Congo. Livré au commerce sous
forme de plaques composées de petites boules sphériques, ce
I.A FLORE ET LES PLANTES ÉCONOMIQUES DU BAS-CONGO

�898
A. BAUDON
caoutchouc lorsqu’il est bien prédaré a une certaine valeur et a
atteint sur les marchés d’Europe les prix de 6 à 7 francs le
kilo ; préparé industriellement c’est-à-dire débarrassé de toutes
ses impuretés et livré en plaques minces, il s’est vendu 11 francs
le kilo. Malheureusement l’exploitation de celle plante amène,
comme pour les autres lianes, presque fatalement sa destruction
et, dans tous les cas, lorsqu’elle résiste, la croissance de ses
rhizomes étant très lente, la production de ce caoutchouc est
appelée à diminuer peu à peu, ce qui sera un malheur pour la
région qui le fournit car c’est la seule ressource pour les indigènes
qui l’habitent.
Il est, en effet, à remarquer que, malgré la présence d’autres
lianes susceptibles d’exploitation, les indigènes se cantonnent
systématiquement dans l’exploitation du L. Thollonii, estimant,
malgré la somme de travail importante que nécessitent le hallage
des rhizomes et les manipulations nécessaires pour obtenir un
kilo de caoutchouc, qu’il vaut mieux le faire que de récolter
dans la forêt. Cette anomalie apparente s’explique par le fait
que, dans le premier cas, il leur suffit d’arracher les rizhomes et
de les travailler à leur heure, dans leur village même, alors
que, dans le second, il faut qu’ils restent dans la forêt tout le
temps nécessaire pour faire la cueillette.
La question de la plantation des lianes ou arbres à caoutchouc
dans le Bas-Congo, pays de peu de ressource, se pose d’une
façon impérieuse et urgente et plus que partout ailleurs dans la
colonie, car si l’on ne vient pas en aide aux indigènes en les
obligeant à travailler, ils se trouveront, dans un délai très court,
sans un seul produit exploitable.
C litandra Bentli.
Clitandra cirrhosa Radlk., n° 638, source de l’Ogoouë.
Liane buissonnante en bordure de la forêt.
Clitandra leptantha Hallier, n° 140. Pangala.
Liane buissonnante poussant en bordure des bois.
C arpodinus R. Br.
Carpodinus parviflora Slapf, n° 176. Pangala.
Carpodinus ligustrifolia Stapf, n° 405. Pangala.

399
Nom indigène : Mankala mankombo. Liane atteignant une
grande longueur et donnant un latex sans valeur.
Carpodinus Gentilii de Wild., n° 509. Pangala.
Nom indigène : Gankata.
Latex donnant du caoutchouc. Cette liane, qui atteint une
grande taille, n’est pas exploitée, son fruit est comestible.
Carpodinus lanceolala K. Sclium., n° 18. Brazzaville, Pangala.
Plante arbuslive de très petite taille, croissant, ainsi que nous
l’avons déjà dit, avec L. humilis et L. Thollonii. Le latex, particu­
lièrement abondant dans la partie aérienne de la plante aussi
bien dans la tige que dans les leui 1les d'où il s’écoule à la moindre
déchirure, n’est pas utilisable. Celte plante, qui se trouve un
peu partout, a une préférence marquée pour les terrains sablon­
neux ; son fruit, de la grosseur d’une petite orange quoique très
acide, comme tous les fruits de Landolpliia, est comestible.
Carpodinus dulcis Sab., nos 406-497. Pangala.
Nom indigène : Mintenda.
Liane n’atteignant pas de grandes dimensions. Fruit comes­
tible. Latex sans valeur.
CONOPHARYNGIA D. Don
Conopharyngia pachysiplion Stapf, n° 187. Pangala.
Liane à belles fleurs blanches très odorantes.
Conopharyngia Thonneri Stapf, n° 247. Kikonimba.
S trophantus D. C.
Strophanlus hispidus D. C., n° 229. Brazzaville.
Cette liane est très connue dans les fourrés des environs de
Brazzaville et dans la ville même. Les propriétés des graines
sont connues des indigènes, mais ils ne s’en servent pas comme
poison.
Strophanlus Tholloni Franch., n° 645. Franceville.
Très commun dans la région de Franceville. Les graines pilées,
mélangées à d’autres ingrédients, sont administrées parles féti­
cheurs lorsqu’il y a lieu de soumettre quelqu’un au poison
d’épreuve. Le résultat obtenu est celui que désire celui qui admiLA FLORE ET LES PLANTES ÉCONOMIQUES DU RAS-CONGO

�400
A. BAUDON
nistre la drogue, car il peul doser les produits à son idée et y
introduire ce qu’il veut, voire même des écorces de Strychnos.
Il existerait, parait-il, un contrepoison pour combattre les effets
du Stropliantus, mais nous n’avons pu obtenir aucun rensei­
gnement sur sa nature.
F untumià Stapf.
Funtumia elaslica Stapf., n° 601. Léfiné (fig. 5.)

401
rendement élevé l’ont fait rechercher pour les plantations, et à
l’heure actuelle, on en plante un peu partout. Nous en reparle­
rons au sujet des plantations d’essences caoulchoutifères.
A lafia Thouars.
Alafia Darteri Oliv., n° 456. Pangala.
LA FLOUE ET LES PLANTES ÉCONOMIQUES DU BAS-CONGO

P l u m e r ia

Plumeria cilba L., n° , Brazzaville.
Cultivé comme plante d’ornement.
Asclepiadaceæ
C r y p io l e p is R. Br.
Cryptolepis Henrii E. Br., n° 215 a , 438. Brazzaville Pangala.
Cryptolepis nigritana V. E. Br., n°665. Franceville.
T ylophora R. Br.
Tylophora sylvatica Willd., n° 244 a . Brazzaville.
Tylophora gracilis Willd., nos 222 a , 251. Brazzaville.
G entiànaceæ

Voysia platypelala Baker (Voysia Aubl.), n° 367. Pangala.
Scrofulariaceæ
SCOPARIA

Scoparia dulcis L., n° 48. Brazzaville.

F ig. 5. — Funtumia elastica de plantation

Cet arbre qui dépasse 20 mètres de haut, est le principal pro­
ducteur de caoutchouc de l’Oubangui et de la Sangha. Il est
relativement rare dans la région dont nous nous occupons et
on ne le rencontre guère à l’état spontané que près de l’embou­
chure de la rivière Léfiné et en petit nombre, dans le couloir,
avec bunlumia africana Stapf. Son développement rapide, son

Bignoniaceæ
S pathodea Pal. Beauv.
Spalhodea campanulata Pal. Beauv., n° 110. Brazzaville.
Acanthaceæ
B rillantaisia Pal. Beauv.
Brillantaisia alata I. Anders, n° 513. Pangala.
Employée en médecine indigène.
A canthus L.
Acanthas montaïuis I. Anders., n° 104 a . Brazzaville.

�402

A. BÀUDON

PSEUDERANTHEMUM Radlk.
Pseuderanthemum Ludoviciamim Br., n°238 a . Brazzaville.
T

h o m a n d e r ia

Thomanderia Hensii De Wild., nos 230 a , 242 a . Brazzaville.
A s y s t a s ia

Asystasia coromandelina And., n° 233 a . Brazzaville.
W

h it f ie l d ia

Whitfieldia sp., n° 235 a . Brazzaville.
Pedaliaceæ
Sesamum L.
Sesahuim calycinum Wehm., n0S68A, 208. Brazzaville, Pangala.
Getle plante se retrouve un. peu partout, surtout aux abords
des villages.
Verbenaceæ
L antana

Lanterna camara Lin., n° 40 a . Brazzaville.
Clerodendron

Clerodendron spinaceus Oliv., n° 57 a. Brazzaville.
Rubiaceæ
O l d e n l a n d i a L.
Oldenlandia decumbens D. G., n° 34 a . Brazzavville
Oldenlandia nocli/lora Hiern, n° 156. Pangala.
Oldenlandia peltospermum Hiern, n° 50. Brazzaville.
Oldenlandia lancifolia Schweinf., n°43A. Brazzaville.
VlRECTA Afz.
Virecta multiflora S\v., nos 122 a , 130 a . Brazzaville.
Virecta setiejera Hiern, n° 546. Pangala.
M u s s æ n d a L.
Mussænda elegans Schurn. |et Thonn., n ° 103 a , 148, 388. Brazza­
ville. Pangala.

LA F L O R E E T L E S P L A N T E S ÉCON O M IQU ES DU BAS-CON G O

403

L.
Gardénia Thunbergia L., nos
661. Brazzaville. Pangala.
Arbuste à belles fleurs blanches ornementales.
R a n d i a Houst,
Randia octomera Hook. et Bentli., n° 100 a . Brazzaville.
Randia acuminata G. Don., K. Schum., n° 236. Brazzaville.
B e r t i e r a Aubl.
Bertiera congolana De Wild. et Tli. Dur., n° 127 a . Brazzaville.
Bertiera subsessilis Hiern, n° 142. Pangala.
GoFEEa L.
CofJ'ea sp., n° 33. Brazzaville.
Cofjea Liberica Hiern, cultivé au jardin d’essai.
I x o r a Hook.
Ixora Laurentii De Wild., n° 237 a . Brazzaville.
Ixora radiata Hiern., n° 239. Pangala.
M o r i n d a L.
Morinda longiflora G. Don, n° 123. Pangala.
G a r d é n ia
239a,

M

it r o c a r p u s

Mitrocarpus verticillatns Vahl, n ° 23 a . Brazzaville.
ÜTOMERIA

Otomeria Icinceolata Hiern, u ° 5 9 a . Brazzaville.
U ro phylla

Urophylla Oeweurei De Wild. et Th. Dur.,
G e o p h il a

Geophila inuolucrata Schum., n °

179a .

nu

121 a . Brazzaville.

Brazzaville.

U ragoga

Uragoga Thonneri De Wild. et Ch. Durand,
ville.
S perm acoce

n°

180 a . Brazza­

Spermacoce stricta Linn. n os 226 a , 228 a . Brazzaville.

�404

A. BAUDON

LA FLORE ET LES PLANTES ÉCONOMIQUES DU BAS-CONGO 405

P avetta

Pavetta Baconia Hiern, n° 241 a . Brazzaville.
Septactinia Bciudoni

S e p t a c t in ia
De Wild., n° 37 a .

Brazzaville.

Mitragyne

Mitraggne afrinaca Kortli., n°264. Pangala.
Compositaceæ
V ernonia

Vemonia jugalis Oliv. et Hiern., var. Dekindhii (O. HofF) Hiern.,
n° 115 a . Brazzaville.
Vernonia lasiolepis O. Hoff., n° 118 a . Brazzaville.
G y n u ra Cass.
Gynura cernua Benth., n° 116 a . Brazzaville.
J a u m ea

Jaumea congensis O. Hoff., n° 117 a . Brazzaville.
A g ér a t u m L.
Agératum conyzoides L., n° 123 a . Brazzaville (introduit).
M elanthera

Melanthera Brownei Scli., n* 124 a . Brazzaville.
Microglossa

Microglossa angolensis Hiern, n° 113 a . Brazzaville.
Nous venons d’énumérer les plantes que nous avons rencon­
trées dans la région du Bas-Congo, laissant de côté, ainsi que
nous le disions au début, un certain nombre de familles que
nous n’avions pu examiner faute de temps. Cela peut suffire,
pensons-nous, pour donner une idée de la llore de celte région,
qui pourtant mériterait d’être étudiée plus à fond; nous exami­
nerons maintenant les cultures indigènes et surtout sur ce qu’il
y aurait lieu de faire pour améliorer la situation des habitants.
La base essentielle de la nourriture de ces populations est le
manioc, culture excessivement épuisante, et que l’on devrait,

semble-t-il, essayer de leur faire remplacer par une autre. Il faut,
en effet, pour le manioc, des terres riches, terres que l’on ne
trouve que dans les parties boisées, ce qui oblige l’indigène
chaque fois qu’il veut entreprendre une plantation à abattre la
forêt sur une plus ou moins grande surface, pour, quelques années
après, souvent même après une première récolte, changer son
champ de place et faire de nouveaux abatis. Celle façon de pro­
céder, qui en certains parages 11 e présente aucun inconvénient,
ne peut être admise dans le Bas-Congo, où elle contribue à ruiner
le pays. La forêt qui autrefois existait partout a disparu peu à
peu et fait place à la savane sur laquelle presque rien 11e pousse;
aussi tout ce qui entraîne le déboisement doit être rigoureuse­
ment prohibé. Et si on 11 e peut l’empêcher totalement, doit-on
au moins exiger de ceux qui ont procédé aux abatis la replanta­
tion, en essences utiles, de surfaces égales à celles débroussées et
celle des emplacements qu’ils abandonnent. Il est évident que
cela sera assez difficile à obtenir, d’autant que le noir, très impré­
voyant, ne se préoccupe pas de l’avenir ; mais étant donné l’in­
térêt primordial qu’il y a à le faire, on ne doit pas le laisser
libre d’agir à sa guise.
Si nous l’obligeons ou plus exactement nous le poussons à
abandonner la culture du manioc pour une culture nouvelle,
laquelle doit-on lui conseiller? Il est assez difficile de le dire
exactement, car pour cela il doit avoir une grande liberté et l’on
doit tenir compte de ses préférences. En recherchant dans les
plantes qu’il cultive celles qu’il préfère, nous trouvons qu’auprès
du manioc il y a autour des villages des bananiers, des plantes
à tubercules, ignames et patates, des arachides, du maïs et
quelques autres plantes d’un intérêt secondaire; c’est donc de ce
côté que l’on doit se retourner. Pour les Batékés, qui consom­
ment assez peu de manioc, il sera relativement facile de les
convaincre ; quant aux autres : Ballalis, Bassoundis et Bacongos,
il semble que ce seront les bananes et les ignames qui auront
leur préférence comme plantes alimentaires, en y ajoutant le
maïs et le mil. Ce dernier inconnu d’eux et pourtant d’une
réelle valeur et l’on devrait fortement les pousser vers sa culture
caria surproduction, si elle se produisait, 11 e serait nullement
une gène, l’écoulement en étant assuré à Brazzaville.
A n n . d u M usée col. de M arseille.

— 2* série. 7* vol. 1909.

20

�406
A. liAUDON
On pourra peut-être dire qu’il est facile d’indiquer ce qu’il
laut faire mais pas autant de mettre en pratique ces conseils.
Nous qui connaissons les naturels de celle région, ayant vécu
parmi eux, nous sommes persuadé que l’on en peut obtenir à
peu près ce que l'on désire. Il est évident que d’eux-mêmes ils
ne changeront rien à leurs habitudes, et que ce n’est que sous
l’impulsion de l'administration qu’ils le feront ; mais pour réussir
il ne sera pas nécessaire d’user de rigueur et il suffira nous le
répétons, d’exiger de toute collectivité désirant faire une plan­
tation qu’elle demande à l’administrateur de qui elle dépend
remplacement pour la faire. Cette autorisation sera toujours
accordée, mais sous la réserve 1° que les arbres utiles seront
réservés ; 2° que dans la forêt avoisinante un certain nombre
d’arbres à caoutchouc seront plantés ; 3° qu’au moment de
l’abandon de la plantation, elle sera complanlée, elle aussi, en
essences caoulchoutifères, qui seront entretenues en bon état,
les manquants devant être remplacés tous les ans; des péna­
lités étant prévues pour assurer l’exécution de ces mesures.
Chaque année l’administrateur devrait s’assurer, au cours d'une
tournée que les chefs se sont bien conformés à ses instructions,
tant pour ce qui est exposé ci-dessus que pour les plantations
qu’ils devraient faire et dont nous allons parler. Comme au
bout de quelques années ces arbres rapporteraient et que ce
serait pour ceux qui les auraient plantés, contre leur gré proba­
blement il est vrai, une source de bénéfices, ils trouveront la
chose très bien et ne feront aucune difficulté pour continuer à
s’en occuper.
Les cultures vivrières étant nécessaires, l’on n’éprouvera pas
de grandes difficultés pour qu’elles soient faites fie telle ou telle
façon, surtout si l’abatage des forêts entraîne les obligations
que nous avons énumérées et d’autant moins que le gros travail
étant fait par les hommes et le reste par les femmes, les
premiers ne verront aucun inconvénient à ne rien faire.
Mais là ne doit pas se borner notre œuvre. Il faut aussi
obtenir des indigènes qu’ils fassent,ou plus exactement produi­
sent quelque chose pour se procurer le bien-être matériel vers
lequel nous devons les pousser; et ainsi que nous l’avons dit, le

407
L. Thollonii, seule plante utilisable du pays, est appelé à devenir
tellement rare qu’il ne faudra bientôt plus le compter.
Parmi les cultures que nous devons leur conseiller, une seule,
celle des plantes caoulchoutifères mérite de retenir l’altenlion
et cela pour plusieurs raisons. Il n’y a guère, en effet, que le
caoutchouc et le cacao qui seraient d’un rendement rémuné­
rateur à une aussi grande distance de la côte, et la nature du
sol, les difficultés de culture, les soins pour la préparation du
cacao font écarter ce dernier. Il reste donc à choisir la plante
parmi celles produisant du caoutchouc que l’on doit propager,
choix qui du reste ne nous semble pas devoir offrir de diffi­
cultés, c’est au Funtumia elastica ou irch que l’on doit s’a­
dresser, laissant de côté les espèces exotiques y compris VHeuea,
malgé sa plus grande valeur, car il ne nous semble pas pouvoir
réussir.
Les raisons qui nous font désigner Yireh comme plante à
cultiver sont nombreuses et parmi elles nous devons citer ;
1° qu’il sera facile de se procurer des graines en abondance et
dans d’excellentes conditions puisqu’il suffira d’en demander
aux administrateurs de la Sanglia et de l’Oubangui qui pourront
en envoyer en un temps très court, c’est-à-dire qu’elles arrive­
ront à destination avec leurs facultés germinatives entières ;
2° que l’arbre, étant indigène et poussant dans les régions voi­
sines, aura le maximum de chance de réussir ; 3° que des essais
de culture dans la colonie ayant déjà été faits, on pourra pro­
fiter de l’expérience acquise, expérience qui sera précieuse car
les premières plantations n’ayant pas réussi parce que l’on
n’avait pas tenu compte des conditions biologiques de la plante,
on pourra ne pas retomber dans ces errements.
Nous résumerons ici les résultats de ces essais afin d’en tirer
les indications qui devront servir de base aux plantations
futures.
Les premières plantations de Funtumia au Congo ont été laites
dans l’Oubangui, près des rives du fleuve, et pour ce faire on a
abattu à grands frais la forêt sur des espaces relativement
considérables, mettant ensuite entièrement à nu le sol argileux
dans ces parages ; puis, dans des trous préparés à l’avance on a
LA FLORE ET LES PLANTES ÉCONOMIQUES DU BAS-CONGO

�408
A. BAUDON
placé de jeunes plants sortis de pépinières composées d’excellent
terreau et placées dans des endroits abrités du soleil.
Que s’est-il passé alors? Des jeunes Funtumia qui, sont des
arbres de forêt habitués à l'ombre et à l’humidité des sous-bois,
se sont trouvés exposés, en saison des pluies, aux fortes tornades
après lesquelles ils étaient noyés, le sol imperméable n’absor­
bant pas l’eau et la laissant séjourner dans les creux existant au
pied de chaque arbuste, puis au soleil torride qui succède en
général à la pluie, lequel les brûlait ; comme conséquence, des
quantités considérables sont morts dans un intervalle de quel­
ques mois.
Mais une autre conséquence de l’erreur commise au début a été
que, le sol dénudé et dépouillé des arbres dont les racines rete­
naient le terreau a été rapidement raviné par les pluies qui ont
entraîné la couche humifère, et qu’il n’est resté que de l’argile
impropre à toute végétation.
Un certain nombre de plants avaient résisté et nous les avons
retrouvés trois ans après, vigoureux et en pleine végétation,
mais ne répondant pas encore à ce que l’on pouvait espérer. En
effet, ces arbustes poussant dans des endroits où ils pouvaient se
développer autant qu’ils voulaient, avaient pris un aspect buissonnant comme celui que représente la photographie ci-contre,
ce qui n’est pas avantageux, car n’ayant pour ainsi dire pas de
centre la saignée en est difficile et le rendement moindre.
S’ils s’étaient développés ainsi, c’est qu’ils avaient été placés
dans des conditions autres que celles où ils ont l’habitude de
végéter, c’est-à-dire dans les bois, où l’air, la lumière et l’espace
leur étant mesurés, ils croissent en hauteur, cherchant à percer
la futaie pour avoir leur place au soleil. A cela il y aurait un
remède, c’est la taille, mais cette opération déjà bien délicate
devient dangereuse avec des arbres à latex, toute plaie pouvant
servir d’entrée aux cryptogames parasites, si fréquents dans les
régions équatoriales et amener la disparition de la plante. De
plus, ce travail ne pouvant être confié à des noirs, l’on ne peut
songer à l’employer dans des plantations importantes. Un autre
inconvénient des plantations non abritées réside dans les dégâts
occasionnés par des tornades souvent violentes qui abîment
fréquemment les jeunes Funtumia.

409
Nous avons cru devoir rapporter ces observations afin d’expli­
quer comment nous concevons une plantation dans le BasCongo. On ne doit pas abattre d’arbres puisque, au contraire,
il faut reboiser.
Les graines de Funtumia seront distribuées aussitôt leur récep­
tion aux chefs de village à raison de 4 à 500 chaque année. En
même temps les administrateurs devront leur indiquer les endroits
où ils devront les planter et leur donner les indications néces­
saires pour le faire.Ce sera toujours à une galerie boisée, non loin
d’un ruisseau, que l’on donnera la préférence, la forêt devant être
simplement éclaircie et nettoyée dans un petit rayon autour de
l’endroit où sera fait le semis. Les plantations devront se faire de
préférence en saison des pluies, les graines étant mises en terre
par trois. En cas de germination des trois graines on supprimera
deux jeunes plantes que l’on transplantera dans le voisinage, car
nous ne croyons pas qu’il soit possible d’exiger des indigènes des
plantations régulières, ce qui du reste est inutile. Chaque semis
sera entouré d’une petite barrière en branchage pour le retrouver
et protéger la jeune plante et cela permettra d’en faire le recen­
sement, opération qui devra être faite annuellement au moins au
début et qui deviendra inutile lorsque la période de rendement
sera arrivée.
En quelques années, il sera possible ainsi de constituer de très
importantes plantations d’arbres utiles et d’assurer des ressources
à des populations qui, sans cela, n’en auraient aucune. A titre
d’encouragement, il serait bon de récompenser les chefs qui
auraient les plantations les plus étendues et les mieux entrete­
nues et, par contre, de punir ceux qui n’auraient rien fait.
Comme en toute chose, ce serait les débuts qui seraient les plus
durs, mais, lorsqu’après la sixième année, les arbres commen­
ceraient à rapporter, il est probable que d’eux-mêmes les indi­
gènes les augmenteraint, trop heureux de retirer des bénéfices
de plantations qui leur auraient donné si peu de peine.
En indiquant le Funtumia comme arbre à cultiver au Congo,
nous n’avons pas voulu dire que l’on devrait écarter systémati­
quement toute autre essence caoutchoutifère, mais nous croyons
que c’est celle qui donne le maximum de chances de réussite.
LA FLORE ET LES PLANTES ÉCONOMIQUES DU BAS-CONGO

�410
A. R\UDON
Cela ne devrait pas empêcher d’essayer autour des postes la
culture des lianes, du L. Klainei, par exemple, qui pousse au
nord du Bas Congo. Dans ce cas, les plantations pourraient se
faire en forêt au pied des arbres inutiles, mais pour l’exploitation
nous ne sommes pas partisan des saignées qui ne donnent un
rendement sensible que sur les grosses lianes; au contraire, nous
pensons que le meilleur moyen est de les couper, de recueillir le
latex découlant des tronçons et de les battre ensuite pour en
obtenir le maximum. En coupant au pied, il poussera des reje­
tons qui, au bout d’un certain temps, seront, eux aussi, exploi­
tables, et la plante ne disparaît pas, comme on le dit souvent.
A ce sujet, nous croyons que c’est une erreur de prohiber la coupe
des lianes, car, faute de moyen de surveillance celte interdiction
est lettre morte et il serait préférable d’apprendre ce que nous
disons plus haut aux indigènes, une chose que beaucoup savent,
c’est qu’en coupant toujours au pied il pousse des rejetons exploi­
tables à leur tour et que la plante ne meurt pas complètement,
alors que souvent, à la suite de saignées brutales, elle disparaît,
sans avoir donné ce qu’elle était susceptible de produire.

ÉTU D E
D li

PAR

Louis PLANCHON,

et

Armand JUILLET,

Professeur de Matière médicale Chef des travaux d'Histoire naturelle
à l’École supérieure de Pharmacie de Montpellier.

AVANT-PROPOS
Les farines et fécules (1) jouent dans le commerce et dans
l’alimentation un rôle si important, et les falsifications dont elles
Sont l’objet sont si fréquentes et si diverses, que leur étude a
suscité de nombreuses recherches, depuis longtemps déjà et
encore tout récemment. Il semble donc que le sujet, traité dans
tous les livres classiques, soit de longue date épuisé; l’aborder à
nouveau peut paraître œuvre à peu près inutile. Et pourtant,
dès qu’on serre la question de près, on s’aperçoit qu’il reste
beaucoup à faire. Si certaines farines ou fécules ont des carac­
tères si distincts qu’un rapide coup d’œil suffît à les reconnaître,
d’autres laissent trop souvent un doute dans l’esprit, surtout s’il
s’agit d’un mélange avec un amidon de forme analogue. Ce n’est
pas que les moyens de distinction, tant microscopiques que
microchimiques ne soient pas nombreux; quelques-uns même
(1) Bien que le mot Amidon désigne plutôt le produit retiré des graines et
celui de Fécule, le produit fourni par les tubercules, nous considérerons,
comme on le fait souvent dans le langage courant, ces deux mots comme
synonymes.

�412

LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET

ont été tout récemment proposés ou perfectionnés; mais à l'essai
ils se montrent de valeur fort inégale, et exigent souvent, pour
donner des résultats constants, une minutie dans l’application
que les livres n’indiquent pas toujours suffisamment. Certains
d’entre eux, si anciennement connus qu’ils soient, n’ont été, en
outre, appliqués jusqu’ici qu’à un petit nombre de farines et
spécialement aux produits indigènes les plus répandus: il était
bon de les essayer sur les autres.
Nous avions, depuis longtemps, le désir de fixer d’une façon
plus précise les conditions nécessaires à l’emploi de tel ou tel
caractère distinctif ; d’autre part, nous projetions d’étendre aux
fécules exotiques les procédés de recherche que nous indiquaient
les mémoires récents. L’exposition coloniale de' Marseille de
1900 nous otïrit l’occasion d’étudier de près quelques fécules
coloniales plus ou moins rares. Grâce à l’obligeance des orga­
nisateurs, qui ont admis (chose étrange en vérité !) que les
collections de province pouvaient servir à quelque chose, et
qui ont bien voulu conserver pour nous quelques-unes des
miettes que Paris laissait tomber, nos collections se sont alors
enrichies de nombreux échantillons. Nous pensions prendre
ces spécimens très variés de fécules intéressantes comme
base de nos recherches et comme types de nos descriptions. ;
mais à peine à l’œuvre, et à notre grande surprise, nous
avons constaté que nombre de ces fécules, libéralement primées
d’ailleurs, étaient outrageusement falsifiées (1), surtout celles
de l’Indo-Chine et parfois aussi celles de Madagascar. Nous
avons cru d’abord à quelques erreurs d’étiquette ou à quelques
mélanges accidentels : mais, devant la répétition du fait, devant
la fréquence, sous des noms divers, des fécules à bon marché,
devant le rôle prépondérant joué par le Riz ou le Manioc dans les
fécules rares, il a bien fallu se rendre à l’évidence : les exposants
avaient judicieusement pensé que les membres du Jury n’appor­
teraient pas avec eux le microscope révélateur qui les aurait
confondus ! Et si nous signalons ce fait sans, bien entendu,
(1) Toujours par d’autres fécules. Nous n’avons jamais rencontré de
matières minérales.

413
nommer personne, c’est pour que, l’attention une fois attirée sur
ce point, on s'efforce, dans des circonstances analogues, de s’en­
tourer de quelques garanties sérieuses. Nous nous empressons,
du reste de dégager complètement la responsabilité des organi­
sateurs, dont la probité ne peut être mise en question et dont la
bonne foi est rendue tout à fait évidente par le seul fait qu’ils
nous ont donné ces fécules falsifiées, sachant très bien (nous ne
nous en étions pas cachés), que nous les examinerions un jour
ou l’autre.
La constatation du fait, loin de nous décourager, et bien qu’elle
augmentât singulièrement les difficultés de notre étude, nous a
été, cela va sans dire, une raison de plus de continuer des recher­
ches dont elle nous démontrait plus que jamais l’utilité.
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

Le présent travail doit être limité dans son but :
Disons tout d’abord que notre intention n’a été aucunement
de faire une étude complète de toutes les fécules que peuvent
fournir nos colonies, mais seulement d’étudier, avec le plus de
soin possible, celles que nous avions entre les mains, c’est-à-dire
toutes celles de l’Exposition coloniale de Marseille et quelquesunes que nous pouvions trouver dans les collections de notre
Ecole. Maison en pourrait énumérer bien d’autres. On ne sera
donc pas surpris de ne pas trouver dans la liste certains pro­
duits, parfois plus importants commercialement que d’autres
dont nous avons fait l’étude. Nous parlons non des fécules mais
de quelques fécules coloniales : nous ne décrivons que ce que
nous avons vu.
Dans ces fécules on en trouvera qu’il faudrait appeler farines ;
mais, comme on le verra, nous ne nous occuperons que de
l’amidon et notre titre reste exact, car nous avons volontaire­
ment négligé les débris végétaux accompagnant l’amidon.
Nous avons voulu, en somme, deux choses :
1° Examiner quelle était la valeur absolue ou relative des
divers procédés utilisés d’ordinaire pour étudier et reconnaître
les fécules ;
2° Décrire les fécules coloniales que nous pourrions avoir entre

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
414
les mains; les caractériser autant que possible,d’après des types
authentiques ou d’après l’organe producteur, et leur appliquer
les procédés étudiés dans la première partie, en faisant ressortir
pour chacune les points caractéristiques et les principales diffé­
rences avec les fécules analogues.
De là, tout naturellement, deux parties dans celte élude :
1° Partie generale, dans laquelle nous laisserons tout à fait de
côté tout ce qui n’est pas la recherche critique des caractères et
des réactions de l’amidon ;
2° Partie spéciale où les divers amidons seront passés en revue
d’après la classification botanique, pour laquelle nous avons
suivi l’ordre de Bentham et Hooker.

PREMIÈRE PARTIE
ÉTUDE CRITIQUE DES CARACTÈRES DE LAMIDON

Nous laisserons complètement de côté tout ce qui a trait à la
nature de l’amidon, à sa formation dans les cellules, à son utili­
sation par la plante, à ses transformations, à la nature de la
membrane (?) qu’on trouve autour de certains grains, etc. Toutes
ces questions, longtemps discutées et pour la plupart encore
pendantes, ont été mises au point dans des articles trop récents,
dont certains ont paru ici même (1), pour que nous soyons tentés
d’y revenir Nous nous bornerons a étudier les points suivants :
forme des grains d’amidons, dimensions, transparence, indivi­
dualité, stries et bile, action de la lumière polarisée, action des
réactifs: iode sous ses diverses formes, potasse en solution
titrée, salicylale de soude, hydrate de chloral, teinture de
gayac.
Comme on le voit, tous ces chapitres n’ont en eux-mêmes rien
de bien nouveau : nous ne prétendons pas employer des moyens
d’investigation inusitésjusqu’ici. Nous voulons seulement, ayant
souvent reconnu à nos dépens combien la négligence du moindre
détail d’opération peut fausser les résultats, indiquer soigneu­
sement à ceux qui feront des recherches après nous, dans quelles
conditions exactes il convient d’opérer, si l’on veut obtenir des
résultats comparables et par conséquent faire un travail utile.
Notre titre même indique que les éléments étrangers n’auront
pour nous qu’une importance tout à fait secondaire. On peut,
(1) Decrock ; Contribution à l'étude des farines de l'Indo-Chine (Annales du
Musée colonial de Marseille, 1908 et 1909).
Voyez aussi Lutz : L’amidon (Bull. Sc. pharm., 1906, p. 475 et 540).

�416
LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
en effet, lorsqu'il s’agit des farines, tirer de la présence, du
nombre, de la nature, ou de la forme de ces éléments, des indi­
cations précieuses (poils, tissu scléreux, éléments du bois, etc.).
Mais nous nous sommes volontairement privés de cette
source d’information.
D’abord la plupart des substances amylacées que nous fournit
le commerce sont de vraies fécules, par conséquent réduites ou
à peu près à l’amidon, plus faciles à conserver que les farines,
ne fermentant pas pendant le voyage, et préparées de telle façon
que la pureté en est presque complète. Le broyage sous l’eau,
auquel elles sont presque toujours soumises, leur enlève toutes
les substances solubles, et le dépôt lent qui se fait ensuite, permet
de faire disparaître toutes les impuretés restées à la surface ou
tombées au fond. D’autre part, dans le cas où il s’agit de farines,
leur pureté est très variable et nous avons presque toujours
trouvé altérées ou putréfiées celles qu’une préparation soignée
n’avait pas suffisamment débarrassées des matières fermentes­
cibles. Notre étude laissera donc de côté tous ces éléments qui
peuvent faire défaut. Nous n’avons tenu compteque d’un seul,
parce qu’il ne peut jamais être complètement enlevé à l’amidon,
et que sa présence suffit dans certains cas pour dissiper toute
hésitation entre deux fécules très analogues de forme, par
exemple Manioc et Cycas ; nous voulons parler des cristaux
d’oxalate de chaux et tout particulièrement des cristaux aiguillés
ou raphides,si répandus dans les cellules végétales, surtout chez
les monocolylédones. Dans les fécules bien préparées, ces cris­
taux peuvent être assez rares pour échapper à un examen, même
attentif; nous indiquerons, à propos des fécules de Cycas, la
méthode que nous avons suivie (tétrachlorure de carbone) pour
mettre en évidence les mâcles d’oxalate qui risquent d’échapper
à l’examen direct. Ce procédé n’est d’ailleurs bon que pour les
màcles et ne réussit pas avec les raphides, trop légères.
CA RA CTÈRES E X T É R IE U R S

L'aspect extérieur d’une fécule peut donner des indications
sur son origine, quelquefois même sur sa préparation. Cet

417
aspect lient en effet, pour une large part, aux éléments étrangers
qui accompagnent l’amidon. Tandis que les fécules pures sont
généralement blanches, ont un grain fin et un aspect très homo­
gène, les farines, fabriquées par exemple avec les fruits entiers
des céréales ou avec les graines broyées des Légumineuses, sont
plus rudes, d’aspect plus ou moins granuleux, avec des frag­
ments souvent colorés, visibles à la loupe ou même à l’œil nu.
El les fécules proprement dites elles-mêmes, séparées par le
lavage de ces éléments étrangers, peuvent différer beaucoup
d’apparence, suivant le degré de perfection du procédé employé.
D’autres fois la fécule ou la farine peuvent être agglomérées en
grumeaux plus ou moins durs, aspect dù, souvent mais non
toujours, à l’emploi de la chaleur pour la préparation.
Il importe naturellement de tenir compte de ces différences
d’aspect, mais on n’oubliera pas qu elles peuvent varier beau­
coup pour la même farine, par exemple suivant l’abondance
plus ou moins grande du son. La farine de Maïs est presque
toujours de teinte jaunâtre ; elle est blanche dans certaines
préparations américaines (voir Maïs), qui ne renferment que les
grains d’amidon seuls. En somme, on ne peut tirer de cette
apparence que des indications secondaires.
Il en est de même du toucher de la farine, tantôt granuleux et
rude, tantôt au contraire savonneux.
On sait que beaucoup de fécules, lorsqu’on appuie le doigt à
leur surface, font entendre un bruit spécial (cri de la fécule).
Sans doute la présence des éléments étrangers modifie aussi ce
caractère, mais il reste assez important à cause de sa constance
dans certains groupes de fécules, et parce que, avec l’aspect
homogène, il donne une présomption en faveur de la pureté du
produit.
L'odeur et la saveur, quelquefois assez différentes dans les
farines, sont au contraire assez analogues pour les fécules pures;
quelques unes de ces dernières nous ont cependant présenté une
odeur assez marquée d’iris ou de violette, que nous indiquerons
à propos de chacunes d’elles, mais qui nous a paru presque
toujours avoir une origine étrangère à la fécule elle-même, et
qui, par suite, ne doit pas entrer en ligne de compte.
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
418
La couleur est évidemment un caractère plus constant, mais la
plupart des fécules sont blanches et même d’un blanc assez
éclatant. Les farines sont en général blanches aussi ; les excep­
tions sont presque toujours dues à des éléments étrangers, dont
la proportion fera varier la teinte. Il n’en est pas moins vrai
que dans quelques cas la couleur peut être réellement utile, si le
commerce, par exemple, ne livre le produit qu’à l’état de
pureté imparfaite: c'est le cas ordinaire du Maïs, dont il vient
d’être question et de la farine de certains Palmiers, normalement
grisâtre ; mais on comprend très bien que cela puisse changer
avec un mode de préparation plus perfectionné.
En somme, de ces caractères extérieurs, constatés sans
microscope, on ne pourra tirer que des présomptions un peu
vagues, qu’un examen plus sérieux devra toujours confirmer.
EXAMEN MICROSCOPIQUE

Pour examiner une farine au microscope, on peut commencer
par l’emploi d’un grossissement de 200 à 250 diamètres : dans
nombre de cas cela doit suffire (céréales indigènes). Cependant
nous ne saurions trop recommander l’emploi de grossissements
plus forts lorsqu’il s’agira de distinguer entre elles des fécules à
grains très petits, très analogues, telles que celles du groupe du
Riz {Riz, Avoine, Arbre à pain, Corossol, Ipomea manunosa,
Millet, Mais, etc.). En effet, l’impression générale qui se dégage
d’une préparation fortement grossie, devient beaucoup plus
nette pour un observateur un peu averti, tandis qu’elle se perd
à peu près complètement devant des préparations à grains
minuscules. Ces grossissements font en outre apparaître quel­
ques détails qui sont souvent indispensables, par exemple la
présence d’un hile dans les grains de Riz.
Il est important de faire des préparations toujours avec très
peu de fécule: les grains, à moins qu’il ne s’agisse de vérifier leur
degré de transparence, ne doivent pas se recouvrir ; en etTet,
non seulement les réactifs agissent moins bien, mais encore
bien des détails passent inaperçus dans une préparation trop
épaisse. Mieux vaut multiplier les préparations.

419
On ne devra jamais conclure à l’addition d’une farine étran­
gère par ce fait qu’on aura constaté çà et là quelques grains
d’amidon de cette farine. On n’oubliera, pas que dans les
magasins, dans les laboratoires, etc., des poussières voltigent
constamment dans l’air et retombent, invisibles, sur les lames,
lamelles, linges, etc. Le mieux, quand on étudie les farines, est
de flamber les lames de verre ou de les laver avec delà potasse
un peu forte.
On pourra dans quelques cas employer utilement le système
des décantations successives, devenu classique, soit par le
procédé indiqué par la méthode officielle, soit en agitant avec
de l’eau dans un grand verre les farines mélangées, qui se sépa­
rent plus ou moins d'après leur densité.
En fait nous n’avons guère eu à utiliser ce moyen, ayant surtout
cherché à donner les caractères des fécules pures, et les nom­
breux mélanges que nous avons eus ayant pu être reconnus
sans l’aide de ce procédé.
ETUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

Forme

C’est le caractère auquel on s’attache tout d’abord, car il
frappe les yeux au premier examen microscopique; et dans bien
des cas, il faut le dire, il n’en est pas de meilleur. Quelques
fécules, en effet, présentent des grains à peu près tous iden­
tiques ou fort analogues (Riz, Sarrazin, Millet, etc.) et de
dimensions à peu près égales dans toute la préparation. L’intro­
duction d’une fécule étrangère quelconque sera donc facilement
reconnue, et la difficulté sera seulement de distinguer entre elles
ces formes si analogues. Mais cette identité presque complète
est rare : dans la règle, une grande variété de formes se ren­
contre dans une même fécule pure. Pourtant, même dans ce cas il
existe un type général plus fréquent que les autres, et surtout de
forme spéciale (1), qui imprime à toute la préparation un
(1) J. Mqeller : Mikroscopie der Nahrungs uiid Gennssmiltel ans déni
Pflanzenreiche, 2m" édition 1905, p. 127, fait justement observer que la forme
caractéristique d’une fécule peut n’être pas celle qui domine par le nombre,
et qu’il faut savoir la rechercher.

�420
LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
cachet particulier : ainsi les grains en cloche courte du Manioc,
les grains plats et allongés de beaucoup de Zingibéracées, etc.,
permettent d’avoir tout de suite une opinion. L’écueil, si la
variété de forme est grande, est de croire trop vite à une falsi­
fication ou à un mélange accidentel. La variété dans la forme
des grains d'une fécule a donc grande importance et doit tou­
jours être signalée. Cette diversité est malheureusement une
règle assez générale, si bien que les caractères finissent par
converger et que des fécules d’origine tout à fait distinctes se
ressemblent étrangement. Dès lors la forme seule devient insuf­
fisante et on doit avoir recours aux caractères microchimiques :
voyez, par exemple, les fécules de Manioc, de Cycas et d'Arum.
On prendra garde que certaines formes ne sont différentes
qu’en apparence et tiennent à la position du grain sous le
microscope : chez les Zingibéracées, à côté des grains ovales,
plats et transparents s’en montrent d’autres allongés, presque
cylindriques et opaques: ce sont les mêmes vus par la tranche.
Dans le Manioc, les grains en cloche sont toujours accompagnés
de grains sphériques, qui pour la plupart ne sont que des cloches
vues par le sommet. Il suffit naturellement de faire rouler les
grains sous la lamelle pour éviter une erreur grossière.
Il faut savoir encore que dans les fécules de même origine
botanique et parfaitement pures, la proportion des diverses for­
mes de grains peut varier dans une certaine limite. Pour
reprendre l’exemple du Manioc, certaines préparations, prises
directement dans des fragments de racines et par conséquent
non suspectes, offrent une proportion toute différente de grains
en cloche et de petits grains. Nous en avons trouvé où les gros
grains et les très petits font également presque défaut
Il existe même parfois des différences à cet égard dans les
amidons de la même plante, quand on compare celui de la lige
et celui de la graine par exemple. Il arrive aussi, exceptionnelle­
ment il est vrai, que des différences se montrent, non seulement
entre deux organes, mais entre deux régions du même organe.
Dans la tige de certains Palmiers, dans le rhizome du grand
Galanga,nous avons trouvé des grains de fécule assez différents,
dans le centre et dans la périphérie de l’organe.

421
Il est assez rare que les grains de fécule soient réellement
irréguliers. Le plus souvent ils sont zygomorphes. Si l’irrégula­
rité est réelle, c’est un caractère qui devient important ; ainsi les
grains de fécules de Canna ont presque tous une petite gibbosité
latérale qui les fait reconnaître ; ailleurs l’irrégularité sera, non
seulement réelle, mais encore variable avec chaque grain,
comme dans ces fécules de Palmiers qui ressemblent à des
amibes en marche.
Pour beaucoup de fécules il convient de ne pas oublier qu’elles
ont été séchées plus ou moins complètement à la chaleur artifi­
cielle (étuve, etc.), et que, sans les détruire, l’action du feu peut
avoir modifié leur forme. Il en est de même des fragments de
rhizomes ou d’autres organes, riches en eau et pour lesquels
une dessiccation rapide était nécessaire. Cependant il ne faudra
pas conclure trop vile, en voyant dans une préparation des
grains d’amidon déformés et très différents de leur aspect
normal, qu’ils ont été soumis à l’action de la chaleur. Dans
des graines récoltées par nous ( Légumineuses, Nelnmbinm,
etc.), comme dans celles qu’offrait le commerce, nous avons
toujours trouvé de nombreux grains déformés. Il s’agit évidem­
ment ici d’un commencement d’action des diastases. Bien
entendu la chaleur est souvent intervenue dans d’autres cas.
Il sera bon de se méfier de certains aphorismes qui courent
dans tous les livres et induisent parfois en erreur : par exemple
l'affirmation souvent répétée que les grains de fécule des Légu­
mineuses sont réniformes : en fait, ils le sont rarement et seule­
ment dans quelques espèces.
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

Dimensions

La dimension, comme la forme, peut acquérir une impor­
tance de premier ordre ou rester un caractère à peu près négli­
geable. Les petits grains anguleux du Riz, les gros grains ovales
de plusieurs Arrow-root, frappent tout de suite par leurs dimen­
sions presque égales pour tous, en sorte que des grains volu­
mineux dans le premier, ou minuscules dans le second, donnent
aussitôt le droit de conclure à une falsification. Il n’en va pas de
même pour la plupart des fécules, car la variété de dimensions
Ann. du Musée col. de Marseille. —2&lt; série, 7« vol. 1909.

27

�422
L O U IS P L A N C H O N E T A H M A N D J U I L L E T
est la règle et devient un caractère à retenir. Une farine à grains
égaux ou peu différents ne proviendra jamais du Blé ou du
Seigle.
Encore dans cette variété même est-il important de noter des
mesures : sans doute les grains du Manioc sont très inégaux et
ceux de divers Palmiers aussi, mais ces derniers n’ont jamais de
tout petits grains et le Manioc jamais de très gros ; l’ensemble
de la préparation peut donc avoir tout de même un aspect carac­
téristique. Enfin, dans bien des cas, il faut le dire, la variété de
dimensions est si grande, que la valeur du caractère se perd.
L'important est donc d’indiquer les dimensions extrêmes pour
une fécule déterminée, et lorsque les formes soûl analogues, les
proportions moyennes ; par exemple, pour comparer le Maïs et
le Riz. Dans toute étude d'ensemble, il est donc essentiel d'exé­
cuter tous les dessins exactement à la même échelle : un simple
coup d'œil comparatif permet ainsi de se reconnaître. Toutes
les ligures du présent mémoire ont été dessinées à la chambre
claire et au grossissement de 750 de diamètre (voir p. 437).
Les dimensions sont assez constantes pour une espèce donnée;
toutefois il paraît certain, et nous l’avons constaté nous-mêmes,
que l’époque de la récolte et peut-être aussi la localité, peuvent
avoir une certaine influence ; ainsi le Caryota mens du Jardin
des Plantes de Montpellier nous a montré des grains qui ne
différaient de ceux de la fécule commerciale que par les
dimensions.
Individualité

On sait que les grains de fécule peuvent être isolés dès l’origine
(grains simples), et dans ce cas de forme ordinairement régulière,
ou plus ou moins réunis primitivement, agglomérés en plus ou
moins grand nombre et séparés par des surfaces planes (grains
composés). Dans ce dernier cas, ils peuvent demeurer unis en
gruaux, qui, tantôt restent solides, tantôt se résolvent en leurs
éléments à la moindre pression, ou, au contraire, être isolés les
uns des autres. Enfin, les grains composés peuvent être entourés
par des zones concentriques communes, formant des grains
dits demi-composés qui ne se séparent jamais.

423
On notera toujours avec soin ces dispositions, bien que 1im­
portance en soit, suivant les cas, très différente. Dans beaucoup
de fécules, il est de nul intérêt de constater çà et là l’existence
de quelques grains composés ou demi-composés; ailleurs, cela
devient un caractère de premier ordre, par sa généralité. Les
Arrow-root ont presque toujours leurs grains entiers; la présence
de grains composés ou à facettes dans ces fécules doit faire
penser à quelque addition frauduleuse. Au contraire aucun grain
ne doit être entier ou arrondi dans le Riz, dont les petits grains
anguleux, en partie séparés, en partie unis en gruaux, les uns
solides, les autres faciles à dissocier mécaniquement, constituent
les seuls éléments La complexité des grains n’est d’ailleurs pas
toujours évidente à première vue : dans les Sagous, dans les
Maniocs, des grains d’apparence arrondie montrent des facettes
lorsqu’on y regarde de près et qu’on fait rouler les grains sous
le microscope.
Si le hile et les zones concentriques sont invisibles ou man­
quent simplement de netteté, un grain composé paraîtra souvent
simple ; il est bon de faire toujours agir sur les préparations
dont les grains paraissent tous simples: 1° la lumière polarisée,
qui dessinera sur les grains composés autant de croix noires
qu’il existera d’éléments composant ; 2° certains réactifs, tout
particulièrement la potasse en solution faible, qui mettra sou­
vent en évidence les hiles et les stries et décèlera ainsi la com­
plexité du grain.
En somme, sauf exception, ce caractère est d’une très réelle
utilité.
É T U D E D E Q U E L Q U E S F É C U L E S C O L O N IA L E S

Transparence

Elle se rattache étroitement à la forme, car elle est [en raison
surtout de l'aplatissement et de la minceur des grains. Il va de
soi qu’entre les grains plus ou moins sphériques et presque
complètement opaques du Manioc et les grains diaphanes très
aplatis de certaines Zingibéracées, on pourra trouver tous les
termes de passage. Il est certain aussi que la mesure de celte
transparence manquera de précision et qu’on devra se contenter

�424
L O U IS P L A N C H O N l iT A ilM A N D J U I L L E T
d’expressions un peu vagues. C’est cependant un caractère à
noter toujours soigneusement, car il est très constant pour une
fécule donnée. Pour l’apprécier, il faut mettre dans la prépara­
tion assez de fécule pour que les grains se superposent un peu.
On cherchera alors à les voir les uns au travers des autres. Il
faudra pour cela faire une préparation spéciale, car toutes les
autres observations doivent se faire, au contraire, ainsi qu’on
l’a vu, avec aussi peu de fécule que possible.
Hile

Sans en discuter la nature, examinons en l’importance au seul
point de vue qui nous occupe :
1° Visibilité.— Chez certains amidons, il reste toujours et tota­
lement invisible ; chez d’autres, il apparaît seulement sous
l’influence de certains réactifs, tout spécialement de la potasse
taible (voir plus loin); et mieux encore, bien que cela exige un
peu plus de temps et de soins, par le procédé que Gastine (1) a
employé pour la recherche du Riz dans la farine de Blé et que
nous avons appliqué plusieurs fois à d’autres fécules. Dans de
nombreux cas, le hile se montre avec une évidence caractéris­
tique, mais fréquemment certains grains, surtout parmi les
petits, dans les farines polymorphes à grains inégaux, en sont
dépourvus, tandis que leurs voisins dans la préparation le lais­
sent très bien voir. Il faudra, comme conséquence, se garder de
considérer comme falsifié un échantillon uniquement parce
qu’il renferme des grains tout différents à cet égard.
2° Situation. — Le hile peut être placé au centre (assez rare­
ment, dans quelques Arrow-root par exemple), ou vers la grosse
extrémité (ainsi chez quelques Palmiers) ; le plus souvent il est
dans la partie rétrécie. Celle position est assez fixe pour devenir
1 Gastine (Acad, sc 28 mai 1908) procède de la façon suivante : délayer
très peu de farine sur le porte-objet dans deux gouttes de solution colorante
hydro-alcoolique (nous avons choisi la Vésuvine dans la longue liste donnée
par l’auteur); évaporation lente à 28n — 3Uu, puis 50° puis 110u — 130° : monter
au baume ou à l’huile de cèdre (Pour détail, voir l’article cité).

425
un caractère de valeur, mais toujours à la condition de ne pas
tenir compte de quelques exceptions toujours possibles.
3° Forme. — Il se peut qu’elle soit assez variable dans la
même farine; il n’en est pas moins vrai, qu’elle est en général
caractéristique. Tantôt c’est une ligne transversale, tantôt un
accent circonflexe, tantôt une véritable étoile (1), tantôt enfin et
le plus souvent, un point ou un tout petit cercle.
É T U D E D E Q U E L Q U E S F É C U L E S C O L O N IA L E S

Stries

Par leurs stries comme par leur hile, les amidons présentent
d’importantes différences. Comme le hile également, les stries
peuvent être examinées à divers points de vue.
1° Visibilité. — Il est bien des cas où elle reste un peu dou­
teuse et l’on a pu décrire la même farine tantôt comme offrant,
tantôt comme ne montrant pas de stries. Dans ce cas, l’action de
la potasse faible, observée immédiatement, pourra mettre ces
stries en évidence en même temps que le hile ; il en est de
même des solutions d’acide chromique ou d’hydrate de chloral.
Mais il ne faut pas oublier que, même dans des fécules où la
striation se montre très nettement, certains grains, et quelque­
fois plus de la moitié, ne la laissent voir qu’avec difficulté. Il
va sans dire qu’en général (toujours sauf exception) ce sont
les plus gros grains qui la montrent le plus nettement.
2° Disposition. — Les zones sont en principe concentriques
autour du hile; mais celui-ci est d’ordinaire placé vers une extré­
mité; il s’ensuit que les zones sont plus larges et plus nombreuses
du côté opposé, et, si les premières sont en effet circulaires, les
autres ne tardent pas à devenir incomplètes, formant des crois­
sants. La dernière zone, mince, souvent considérée comme une
membrane, et dont les réactions sont, en effet, différentes de
celles des autres, fait le tour complet du grain; mais elle n’est
pas toujours visible. Cette disposition excentrique donne la
(1) Nous appelons hile, comme terme général, toutes les formes ci-dessus
indiquées, bien que l’aspect étoilé fréquent, et souvent caractéristique, repré­
sente plutôt une déchirure, un éclatement des grains, qu’un véritable hile.

�L O U IS P L A N C H O N E T A R M A N D J U I L L E T
426
tonne si fréquente d’écaille if huître , que présente typiquement
la fécule de Pomme de terre. L'aspect change naturellement si le
grain est vu par son sommet. Dans certains cas les zones ne sont
plus disposées en croissants, mais en véritables ménisques
superposés comme des piles d’assiettes ; c’est le cas de beaucoup
de Zingibéracées. Il arrive aussi que des zones en ménisques
sont entourées par quelques couches concentriques complètes
qui donnent au grain un aspect tout spécial (certains Palmiers).
Les grains demi-composés montreront des zones autour de
chaque hile et des zones communes entourant le tout.
11 importera de tenir compte des apparences assez diverses
que peut donner aux zones concentriques le gonflement par la
potasse faible (voy. action de la potasse).

Lumière polarisée.
Le défaut principal du caractère que donne au grain d’amidon
l’action de la lumière polarisée est d’être trop général. Presque
tous les grains, en effet, examinés à travers les Niçois croisés,
montrent, comme on le sait, une croix noire dont le point de
croisement est au hile et dont les branches vont en s’élargissant
à mesure qu’elles s’éloignent de ce point. Le plus souvent donc,
il sera tout à fait inutile d’invoquer ce caractère; mais il peut,
comme les autres, acquérir de l’importance: ainsi quelques
fécules ont une croix difficile à voir, et que l’on pourrait croire
absente; chez d’autres, les branches sont sinueuses ou de formes
plus ou moins étranges, dues à l'irrégularité des zones concentri­
ques ou du grain lui même (voy. Palmiers). Enfin la lumière
polarisée peut, en nous montrant deux ou même plusieurs croix
sur le même grain qui nous semblait simple, nous en révéler la
complexité (Arrow-root de Saint-Vincent), et même nous indi­
quer par le point de croisement, la situation d’un hile resté invi­
sible. Il est à remarquer que dans ce dernier cas, ainsi qu’on
pourra le voir dans nos figures, les croix multiples ne sont pas
toujours entièrement visibles et qu’on n’aperçoit nettement que
deux des branches de chacune d’elles quand les hiles sont très
voisins.

É T U D E D E Q U E L Q U E S F É C U L E S C O L O N IA L E S

427

A C T IO N D E S R É A C T IF S

Action de l’Iode
L’iode est certainement un des meilleurs réactifs de l’amidon,
mais de l'amidon en général-, il permet, par la coloration qu’il lui
donne, de le reconnaître tout de suite dans les cellules, même s’il
a été déformé par la chaleur. Mais, pour employer ce réactif trop
général à la distinction des divers amidons entre eux, il faut
prendre quelques précautions et les détails ne sont pas inutiles.
On peut employer l’iode de trois façons différentes :
1° Traitement de 1amidon sous le microscope par une solution
iodée. — C’est la méthode ordinaire, consistant à introduire une
goutte de solution iodée entre la lame et la lamelle et à suivre au
microscope la coloration successive des grains d’amidon atteints
par le réactil (eau iodée, ou iodure de potassium iodé). L’important
est que la solution soit très faible ; pour peu qu’elle soit concen­
trée, la couleur bleu-noir de l’amidon devient toujours intense, et
les nuances entre les diverses sortes ne peuvent plus être saisies.
Si l’on emploie de l’eau iodée faible, et si l’on met directement
la fécule dans celte solution, pour éviter les différences de dilu­
tion que l’on aurait en ajoutant le réactif à une préparation déjà
faite, on peut à la rigueur établir quelques distinctions de
teinte (1); mais ce procédé ne donnant que très rarement des
indications précises, nous l’avons presque totalement laissé de
côté dans la caractéristique des amidons.
2° Actioa des solutions d’iode dans un tube à essais. — Si l’on
met en suspension dans une quantité d’eau donnée et toujours
la même, un même volume de fécule, et si l’on ajoute au liquide
préalablement agité, une quantité, toujours la même aussi, d’une
solution titrée d'iode, on obtient une coloration qui, le plus sou­
vent est trop semblable aux autres pour qu’on puisse baser sur
elle une distinction pratique, mais qui, dans des cas assez nom(1) Quelques farines de Riz nous ont montré par l'eau iodée une coloration
brun rouge et non bleue ou violette (Voyez Riz).

�42,S
L O U IS P L A N C H O N E T A R M A N D J U I L L E T
breux,peut être vraiment utile.Voici comment nous avons opéré,
en nous plaçant dans des conditions toujours identiques, prin­
cipe essentiel pour obtenir des résultats comparables :
.4. — La difficulté principale est de prélever une quantité de
farine constante, sans faire une pesée délicate et par conséquent
hors de la pratique courante ; il faut se contenter d’un à peu près.
Nous avons adopté comme mesure l’ancienne cuiller à grain
des pharmaciens d’autrefois, mesure évidemment approximative,
mais qui prélève pourtant des quantités comparables.
Après avoir, si c’est nécessaire, écrasé ou pulvérisé la farine,
(par exemple s’il existe des grumeaux), on remplit la cuiller à
grain, on lasse en frappant légèrement, on égalise la sui face sans
compression et l'on verse le contenu dans un tube.
B. — On ajoute 10 centimètres cubes d’eau distillée et l’on agite.
C. —On fait tomber avec un compte-goutte (encore une mesure
approximative à moinsde précautions toutes spéciales!) d’abord
une goutte de la solution iodée, titrée (1) à 12 grammes d’iode
pour mille. On agite, et on note la couleur. Puis addition de deux
autres gouttes de la même solution et observation de la teinte
après agitation.
Il est bon aussi d’observer de nouveau après quelques minutes
de repos, car il existe des fécules qui se déposent bien plus rapi­
dement que d’autres, et même quelques-unes, exceptionnelles il
est vrai (farine de Châtaignes), avec lesquelles la couleur bleue
disparait complètement.
Le liquide lui-même reste en général verdâtre après le dépôt
de l’amidon (bleu de l’amidon -j- jaune de l’iode) ; mais là
aussi on peut trouver quelques différences qu’il sera bon dénoter.
Le procédé n’est certes pas parfait ; la teinte obtenue avec trois
gouttes de solution donne rarement une couleur spéciale: presque
toujours le tube est d’un bleu noir foncé, identique pour la
plupart des échantillons; et, même avec une goutte, les diffé­
rences ne sont pas toujours sensibles ; mais parfois, au contraire,
le caractère est vraiment bon et vient alors s’ajouter à d’autres
pour achever la conviction ou la certitude.
(1 ) Io d e 12 g r a m m e s ; i o d u r e d e p o t a s s i u m 15 g r a m m e s ; e a u d i s t i l l é e q . s. p.

^.

1000

429
3° Vapeurs d’iode. — En soumettant la fécule à examiner aux
vapeurs d’iode, on obtient, suivant le cas, des colorations
diverses, et depuis longtemps déjà (1) on a proposé ce moyen de
distinction, sans y attacher, d’ailleurs, une bien grande impor­
tance. On se contentait de mettre sous une cloche pendant
quelques instants deux verres de montre contenant, l’un, la
farine étudiée, l’autre de l’iode pulvérisé. Ainsi obtenus, les
résultats n’ont, aucune valeur On peut, en effet, constater
facilement que la couleur obtenue varie beaucoup, non seule­
ment, cela va sans dire, avec la durée de l’expérience, mais
aussi avec la température, la quantité d’iode employée, etc. Des
farines de même espèce,de Riz par exemple, donnent des résul­
tats déconcertants ; l’une sera bleue ou grise, l’autre jaune,
dans les mêmes conditions de durée, de température, etc. Cela
tient à Yétat hygrométrique delà farine ; car on sait en effet qu’à
l’air l’amidon absorbe beaucoup d’eau, et le même échantillon,
desséché au préalable, se colorera beaucoup moins, toutes choses
égales d’ailleurs, qu’à l’état normal et surtout que s’il est humide.
Est-ce à dire que l’emploi des vapeurs d’iode doive être
abandonné? Ce serait excessif, car le moyen reste bon dans bien
des cas ; mais il faut absolument se placer toujours dans des
conditions identiques. Nous avons adopté et nous proposons les
suivantes :
1° Placer dans deux verres de montre une égale quantité de
farine et l’étaler, la surface seule étant modifiée par le réactif ;
2° Mettre l’un des deux verres sous une cloche avec un réci­
pient à chlorure de calcium, et placer le tout à l’étuve à 30° ;
mettre le second sous une autre cloche, à côté d’un petit cristallisoir renfermant de l’eau ; les deux cloches, lulées à la vaseline,
sont abandonnées pendant vingt-quatre heures ;
3° Prendre les deux verres de montre et les placer sous une
troisième cloche, de cinq litres de capacité, à côté d’un récipient
contenant deux grammes d’iode pulvérisé; mettre le tout à
l’étuve à 30° ; laisser une demi-heure ; puis:
É T U D E D E Q U E L Q U E S F É C U L E S C O L O N IA L E S

(1) Voyez entre autres : Bleiclier, Les Fécules, Paris-Nancy, 1878, p. 67.—
Chevalier et Baudrimont, Traité des altérations et falsifications. Édit. 1895 11,
p . 686.

�L O U IS P L A N C H O N E T A R M A N D J U I L L E T
430
4° Noter la teinte de la farine desséchée et de la farine humide.
Les deux couleurs sont généralement très différentes.
Si, à la farine sèche ainsi obtenue, on ajoute une goutte d'eau,
on observe immédiatement la coloration qu’aurait donnée la
farine traitée par la solution iodée.
En prenant exactement ces précautions, on obtiendra des
résultats comparables à ceux que nous indiquons, et celle réac­
tion deviendra quelquefois utile. Si on en néglige une seule, la
couleur change et le procédé n’oITre plus aucun intérêt. Pour celle
raison, et à cause de la difficulté de bien définir des teinles
analogues, nous devons avouer qu’en réalité ce procédé est
d’importance secondaire.
Les deux dernières méthodes, surtout les vapeurs d’iode,
exigent une assez grande quantité de substance et un certain degré
de pureté de la fécule. Aussi, ne trouvera-t-on pas l’indication de
ces caractères pour les fécules qui se présentaient sous forme
de farine très grossière, ou que nous avons dù étudier sur des
fragments de végétaux, graines ou rhizomes et non sur le produit
commercial.

Action de la potasse

L’action des alcalis caustiques, et tout spécialement de la
potasse sur l’amidon, est connue de longue date. Le phénomène
d’hydratation qui se produit, gonlle el dissout tous les amidons
pour peu que la solution soit lorle, et cette action est bien plus
énergique que celle des acides.
On sait aussi depuis longtemps que la résistance des divers
amidons à ce réaclif, est inégale, et qu’on peut ainsi distinguer
les farines en employant des solutions faibles. Mais les appli­
cations étaient, en somme, restreintes et futilité du procédé
restait faible, car on n’avait pas suffisamment précisé les condi­
tions d’emploi de l’alcali. Il suffit, en effet, d’une minime
différence pour que les résultats soient complètement opposés.
Ainsi une solution de potasse glycérinée à 4.35 o/o, laisse le Riz
intact ; titrée à 4.55 o/o, elle l’attaque déjà notablement.
Il est donc fort important de déterminer avec une exactitude

431
rigoureuse le litre des solutions à employer. Celles-ci n’étant
guère altérables (1), on peut en faire une certaine quantité, que
l’on conservera pour les analyses ou expertises ultérieures.
C’est à Bel lier (2) que nous devons d’avoir indiqué le titre
de trois solutions typiques. Il joint à la potasse une certaine
quantité de glycérine qui joue le rôle de modérateur de l’hydro­
lyse ; les formules qu’il a données et qui font aujourd’hui partie
de la méthode officielle d’examen des farines (3), sont les
suivantes :
É T U D E D E Q U E L Q U E S F É C U L E S C O L O N IA L E S

Potasse pure en cylindres à deux molécules d’eau.
Glycérine à 30°.....................................................
Eau distillée.........................................................
soit 4tfr 35 de potasse
o/o,
Réactif n° 1....
Solution n° 2 Glycérine
à30°,
Réactif
n°
1..
Solution ii" 3 Eau distillée (4)..

I

5?r
15cc
85c«

100e '

5cc

100fc
300‘c

Nous avons utilisé ces trois solutions devenues classiques, en
les appliquant à toutes les fécules que nous avions entre les
mains ; mais pour distinguer les amidons qui se comportent à
peu près de même vis-à-vis de ces solutions potassiques, nous
avons dû augmenter le nombre de ces solutions, soit en dimi­
nuant, soit en augmentant la proportion dépotasse ; nous avons
fait ainsi une solution n° 4 plus faible avec un mélange à parties
égales d’eau et de réaclif n° 3, et cinq autres solutions que nous
avons appelées A, B, C, 1), E (A étant la plus faible), afin de
(1) Tenir le flacon hermétiquement bouché pour éviter la carbonatation de
la potasse.
(2) Bellier : Recherches microscopiques des farines étrangères, dans la
farine de Blé, particulièrement du Riz et de la Fèverole. — Annales de Chimie
analytique 1907, p. 224. (La méthode officielle y ajoute le Maïs).
(3) Revue internationale des falsifications et d’analyse des matières alimen­
taires. 4nie livraison, juillet-août 1907, p. 110.
(4) Pour préparer ces différents réactifs nous avons employé une solution
concentrée et exactement titrée de potasse. 11 nous suffisait donc d’eu prendre
un volume correspondant au poids de potasse prescrit et d’y ajouter l'eau et
la glycérine nécessaire ; nous obtenions niusi très rapidement et avec une
précision suffisante nos différentes solutions.

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
432
laisser aux solutions de Bellier leurs numéros, qui sont aujour­
d'hui connus et qu'on ne saurait changer sans confusion grave.
En somme nos solutions sont les suivantes :

E contenant l-rr de potasse (KOI!) et 15" de glycérine à 30° pour 100"
D » 6trr
C » 5,50
B » 4,75
A » 4,50
1)
2 ' Solutions de Bellier
3!
4 Mélange à parties égales d’eau et de solution 3.

Nous répétons qu’un écart de quelques centigrammes suffit
à fausser complètement les résultats; il importera donc que
solutions soient titrées très exactement.
Les solutions une fois faites, il importe encore de se placer
dans des conditions pratiques identiques.
D’abord; ne pas ménager le réactif dont il faudra mettre deux
grosses gouttes sur la lamelle : comme conséquence, employer
des couvre-objetspassez grands.
Dans cette large goutte mettre très peu d’amidon et toujours
finement divisé (écraser avec soin les grumeaux); les grains ne
doivent pas se recouvrir.
Regarder immédiatement. Pour quelques fécules, rares
d'ailleurs, l’action est si rapide qu’il faut, pour l’observer,
monter la fécule à sec et faire arriver le réactif par capillarité
entre les deux lames.
Suivre la réaction en examinant de temps à autre, jusqu’à ce
qu’il n’y ait plus aucune modification.
Dans la pratique, les changements se produisent toujours
assez vite, et l’état définitif est acquis au bout d’un quart d’heure
à vingt minutes. Sauf des cas exceptionnels, il est inutile de
prolonger davantage l’examen.
Sous l’influence de ces dissolutions faibles de potasse, les
amidons se comportent diversement. Pour une solution donnée
on peut constater, suivant la fécule examinée :
Une résistance complète : les grains ne changent ni de forme,
ni de dimensions, ni d’aspect;

433
Une accentuation du hile et desslries, ou bien leur apparition
sur des grains où ils étaient tout à fait invisibles ; les hiles
deviennent souvent brillants et très réfringents, et leur forme
s’accuse (creusement, éclatement, lente, etc.). La potasse peut
ainsi montrer que certains grains, d’apparence simple, sont en
réalité complexes, et confirmer les indications données par la
lumière polarisée. Il se peut aussi qu’elle amène, par hydra­
tation totale du grain, la disparition de hiles ou de stries d’abord
visibles ;
Une augmentation de volume des grains, avec ou sans action
sur les stries, parfois avec déformation et atténuation des
angles, d’autres fois avec conservation de la forme. Ce gonfle­
ment peut être lent ou rapide, s’arrêter plus ou moins vite, ou
conduire peu à peu à la dissolution totale;
Un éclatement ou une déchirure du grain au lieu du gonflement
d’ensemble. Le contenu fait saillie à l'extérieur. L’association
du gonflement et de la déchirure donne aux grains d’amidon
de certaines espèces des formes parfois étranges et souvent
caractéristiques. Des séparations se montrent entre les couches
concentriques; des striations perpendiculaires à la surface de
ces couches apparaissent ; parfois des sortes de sphères radiées
sortent par la déchirure, etc. Toutes ces particularités devront
être notées avec soin.
Un gonflement immédiat et considérable avec conservation de
la forme du grain.
Enfin, une dissolution complète, immédiate ou très rapide.
Si l’on emploie des solutions concentrées et surtout chaudes,
il se produit une attaque subite ; mais cette action est com­
mune à toutes les fécules et ne saurait servir de caractère dis­
tinctif ; il faut s’en tenir aux solutions faibles agissant à froid.
Il ne semble pas que l’eau fixée naturellement par l’amidon
intervienne dans cette réaction. On peut, en effet, prendre des
échantillons authentiques de fécules à réaction un peu diffé­
rente (ainsi des Maniocs de diverses régions), les soumettre
d’une part à la dessiccation à 30° à l’étuve pendant vingt-quatre
heures en présence du chlorure de calcium, et d’autre part les
abandonner vingt-quatre heures en chambre humide, on pourra
É T U D E D E Q U E L Q U E S F É C U L E S C O L O N IA L E S

�434

L O U IS P L A N C H O N E T A R M A N D J U I L L E T

constater que l’action des solutions potassiques reste exactement
ce qu’elle était sur des échantillons témoins.
Ce réactif peut rendre, comme on le voit, les plus grands ser­
vices : il permet en particulier de déceler bien des mélanges,
puisqu'il laisse intacts certains amidons en en détruisant d’au­
tres. Aussi invoquerons-nous très souvent ce caractère. 11 est
bon cependant de se mettre en garde contre diverses causes
d’erreur :
Il arrive, en effet, que certaines fécules, le Manioc, par exem­
ple, retirées directement des rhizomes et par conséquent bien
authentiques, présentent quelques légères différences dans leur
résistance à la potasse.
Il arrive aussi, et bien plus souvent encore, que les divers
grains d’une préparation sont inégalement résistants ; dans ce
cas, et sauf exception, ce sont les petits grains qui résistent le
plus.
Il est nécessaire de se rappeler ces quelques faits, d’ailleurs
plutôt exceptionnels, pour ne pas conclure trop vite à une falsi­
fication. Ils n’enlèvent rien à la valeur de la méthode.
Action de l'Hydrate de chloral et du Salicylate
de soude
Ces deux réactifs ont été employés, surtout le premier, depuis
assezlongtemps ; nous les avons à plusieurs reprises utilisés,mais
nous ne pensons pas devoir donner ici une technique spéciale,
ni l'indication de solutions titrées très précises (1). En effet, dans
l’immense majorité des cas,elles ne nous ont pas paru offrir grand
avantage sur les solutions potassiques. Trop diluées,ces liqueurs
demandent pour agir un temps vraiment trop long, et, de plus,
l’action sur les divers grains d’une préparation est plus inégale
qu’avec la potasse : si les solutions sont concentrées, elles font
plutôt double emploi avec nos solutions potassiques auxquelles
il nous a paru suffisant de nous tenir. Nous avons cependant
fait appel quelquefois a ces réactifs, pour confirmer des distinc(1) Voyez W. Lenz Journal de Pharmacie el de Chimie, 1909, I p. 392,

435
tions difficiles (Aroïdées) et dans ce cas nous avons employé des
solutions fortes, savoir :
É T U D E D E Q U E L Q U E S F É C U L E S C O L O N IA L E S

Solution aqueuse d’Hydrate de chloral à 150 o/o...........
Eau distillée.......................................................•.............
Solution aqueuse de Salicylate de soude saturée à froid.
Eau distillée......................................................................

5«
10cc
5,f
10fc

Action de la teinture de Gayac
On a observé, il y a quelques années (1), que certaines farines
renfermaient des oxydases, et l’on a pu, en mettant ces corps en
évidence au moyen de la teinture de gayac, établir des dis­
tinctions entre des farines frès analogues. Nous avons utilisé ce
procédé, bien qu’il ne dût a priori nous donner que rarement
des résultats; il était certain en effet, que les oxydases ne se
trouvaient pas dans l’amidon lui-même, mais dans les fragments
de cellules végétales constituant les éléments étrangers ; elles
devraient manquer dans toutes les fécules pures. Cependant
dans bien des cas, grâce à la présence de ces éléments dans la
fécule, même d’apparence pure, nous avons eu des résultats
positifs qui valent d’être signalés et que l’on trouvera dans la
partie spéciale.
Voici comment il convient d’opérer :
Une petite quantité de la farine (30 à 50 centigr.) est
mise dans un tube à essai et additionnée de 8 à 10 cen­
timètres cubes d’eau distillée. On agite vivement. On ajoute
alors deux gouttes d’eau oxygénée (2) et l’on agite encore ;
puis, et celte fois sans agiter, on laisse tomber ou mieux
couler le long des parois du tabe 8 à 10 gouttes de tein­
ture de gayac ancienne. Si la farine contient de l’oxydase, le
résultat ne se fait pas attendre : en moins de cinq minutes, et
souvent en une minute, une teinte vert sale ou vert bleuâtre, ou
(1) I)r Corsini : La guaiaco reazione nella diagnosa delle farine, Rivista
d’igiene c sanità pubblica. Anno 16, 1905 (d’après la Ilevue (THygiène1.
(2) Nous trouvons l’eau oxygénée préférable à l’essence de térébenthine indi­
quée par Corsini, qui emploie un mélange à parties égales d’essence de téré­
benthine et de teinture de Gayac.

�L O U IS P L A N C H O N H T A ltM A N D J U I L L E T
m
même franchemenl verte, se montre dans le haut du liquide sur
une épaisseur d’environ 1 centimètre.
Si l’expérience ne réussit pas, il est bon de la recommencer en
augmentant la quantité de farine ou en diminuant la proportion
d'eau.
Même pour les farines provenant de plantes qui contiennent
certainement une oxydase, cette réaction ne réussit que : 1° si la
farine n’a pas été soumise à l’action du feu ; 2° si elle n’est pas
altérée par quelque fermentation ; 3° si elle n’est pas trop
ancienne. Cependant nous avons eu des résultats positifs en sep­
tembre 1909 avec des farines provenant de l’Exposition coloniale
de Marseille, et faites par conséquent au moins trois ans et demi
auparavant, l’Exposition ayant ouvert ses portes en avril 1906.

Aucun de ces caractères n’a, cela va sans dire, de valeurabsolue. Non seulement il est rare qu’un seul suffise pour se
tonner une opinion ferme, mais encore, il convient d’appliquer
ici les principes de la méthode naturelle, et de peser la valeur des
caractères,car cette valeur peut varier suivant la farine examinée;
telle réaction, presque toujours sans valeur, devient précieuse,
indispensable même dans quelques cas. En veut-on quelques
exemples ? La lumière polarisée ne donne que rarement d’utiles
indications ; mais voici la farine de Canjota sur laquelle elle
forme des croix à branches sinueuses toutes spéciales. L’iode en
solution colore uniformément presque tous les amidons: mais
la fécule de Châtaignes perd rapidement la couleur bleue qu’il
lui a donnée, etc. Aussi la diagnose d’une fécule doit-elle tou­
jours mettre en vedette dans un court résumé les caractères
essentiels pour la fécule en question. C’est ce que nous ferons
dans la seconde partie.

SECONDE PARTIE
ÉTUDE SPÉCIALE DE QUELQUES FÉCULES ( ')

Nous rappelons que les fécules dont l’étude va suivre sont loin
de représenter toutes celles que pourrait fournir, ou même que
fournit le commerce de nos colonies. Nous ne décrirons cjue ce
que nous avons vu.
Il a paru commode de suivre l’ordre botanique. A cause de la
variété même des formes à étudier et des termes de passage, il
est, en effet, très difficile d’établir une classification morpholo­
gique des fécules, et encore moins une clé dichotomique. Il est
cependant possible, et nous tenons à le faire dès le début, de
façon à pouvoir y renvoyer au cours de nos descriptions, d’éta­
blir un certain nombre de groupes autour de quelques types
principaux :
C’est ainsi que nous aurons :
1° Groupe Taro : grains extrêmement petits, uniformes et angu­
leux : Colocasia esculenta, A morphophallus Rioierii.
2° Groupe Riz : caractérisé par des grains tous assez petits,
tous anguleux : Riz, Millet, Ipomea, Corossol, Arbre à pain, Maïs,
Alocasia indien.
3° Groupe Manioc : grande variété de dimensions; grains
jamais très gros, souvent composés : Manioc, Patate, Tacca,
Amorphophallus campaïuilatiis et salions, Arum, Cycas.
4° Groupe Légumineuses : grains ordinairement allongés ; hile
en fente ramifiée. Toutes les Légumineuses, Nelumbium.
5° Groupe Arrow-root . grains plats, simples, plus ou moins
allongés : Maranta, Canna, Banane.
(1) Tous les dessins de cette seconde partie ont été exécutés au grossis­
sement uniforme de 750 diamètres et à la chambre claire, d’après les échan­
tillons que nous possédions ou les échantillons témoins que nous avons pu
nous procurer.
28
Ann. du Musée col. de Marseille. — 2e série. 7« vol. 1909.

�m

L O U IS P L A N C H O N E T A R M A N D J U I L L E T

6° Groupe Iguame : grains analoguesauxprécédents, maisextrêmement transparents: Curcuma, Gingembre, tous lesDioscorea.
7° Groupe Palmiers : grains très volumineux, polymorphes,
très spéciaux : Tous les Palmiers-, une autre fécule indéterminée
sous le nom de fruit d'Hippuris.
Enfin la fécule d'Eleocharis ne rentre dans aucun de ces groupes
à cause de l'irrégularité de sa forme. Elle pourrait servir de type
à un groupe où rentreraient la Châtaigne et le Marron d’Inde.
Dans les descriptions, nous aurons souvent à citer les échan­
tillons étudiés ; il est bien entendu que les étiquettes de ces
produits seront copiées sans modification, en en respectant les
erreurs. Nous n’y avons ajouté que les noms d’auteurs des
espèces. Les rectifications seront mises en note ou en tête de
chaque chapitre.
Nous indiquons ici la signification de quelques abréviations
que nous emploierons souvent au cours des descriptions et qui
ont trait à l’origine des produits :
E. C. M. Exposition coloniale de Marseille en 1905.
M. C. M. Musée colonial de Marseille.
C. E .,. Collection de l’Ecole supérieure de Pharmacie de
Montpellier.
Nous employons pour le litre de chaque chapitre le nom de
Fécule (qui pour nous est synonyme d’Amidon), même lorsqu'il
s’agit de Farines : on sait déjà en effet que seule la Fécule nous
arrêtera.
fécule de Corossol (Fig. 1)
Fournie par divers Anona (Corossols, Cachimans, etc.) cultivés
dans les régions tropicales pour leurs fruits comestibles, leur
bois, etc. Cette fécule est très rare dans le commerce. L’Expo­
sition coloniale ne nous en a fourni aucun spécimen : les échan­
tillons examinés provenaient : 1° des collections de l’École de

l

439
Pharmacie de Montpellier; 2° de celles de Paris (l’un et l’autre
sans origine géographique exacte) 3° du Musée colonial de
Marseille, venant des Indes Orientales. Tous trois étaient
identiques (1).
Celte fécule est presque entièrement formée de fragments durs,
irréguliers, anguleux, difficiles à écraser entre les doigts et de
couleur légèrement rosée. Une fois écrasée, cette fécule est savon­
neuse au loucher, mais ne fait entendre aucun cri.
É T U D E D E Q U E L Q U E S F É C U L E S C O L O N IA L E S

F ig . 1. — Amidon de Corossol

Grains simples extrêmement rares (2) ; tous sont composés,
mais presque tous aussi sont isolés, sauf quelques rares gruaux
mamelonnés.
Forme très variée, polyédrique, mais à angles plutôt mousses,
(1) Nous avons essayé de vérifier les caractères de cette fécule sur des
fruits de Corossol de nos collections. Mais ceux-ci , sans doute trop mûrs ,
ne contenaient pas d’amidon.
(2) Se méfier des grains eil cloche vus par le sommet et qui paraissent
sphériques.

�L O U IS P L A N C H O N E T A R M A N D J U I L L E T
440
avec plusieurs facettes et toujours une face courbe ; très rarement
presque sphérique.
Dimensions jamais très grandes, mais variables cependant ; les
grains de 3 à 7 p. sont très fréquents; ordinairement 5 à 10; très
rarement 15; à peu près isodiamétriques. Hile punctiforme; n’est
visible que sur quelques grains. Stries presque toujours invi­
sibles. Lumière polarisée : croix noire particulièrement nette sur
les gros grains. Transparence très faible. Quelques rares débris
cellulaires.
Malgré son aspect en fragments anguleux, cette fécule n’a pas
subi l’action de la chaleur.
Iode: Solution (1), action forte; trois gouttes colorent presque en
noir. Vapeurs : farine humide violet bleu, farine sècbe jaune sable.
Potasse : La solution n°l (2) a une action très énergique : gélifi­
cation très rapide et presque totale des grains dont les contours
restent cependant visibles longtemps. Solution n°2, même action
plus lente. Les solutions nos3et4 accentuent le bile sans changer
les contours.
Teinture de Gayac : aucune action.
C aractères essentiels . — Couleur de la fécule ; — forme des
grains; — action de la potasse.
C onfusions possibles . — Les confusions seraient faciles avec
les autres fécules à grains polyédriques et isodiamétriques;
la distinction est surtout difficile avec la fécule del’Arbre-à-pain :
mais celle-ci a des grains un peu plus gros dans l’ensemble, avec
des arêtes larges et brillantes (3), réunis en petits gruaux
mamelonnés de quatre à six grains ; les gruaux du Corossol sont
plus irréguliers, à grains plus nombreux et généralement
plus petits. La distinction reste cependant très délicate.
Le Ri/, et le Millet diffèrent par des grains à angles plus vifs,
des gruaux irréguliers, non mamelonnés et à grains multiples, et

d) Pour la solution d’iode employée, vov. p. 428 ; pour les vapeurs, voy. p. 429.
(2) Pour les solutious de potasse, v. p. 431.
(3) Les deux farines ont des grains de 4 à 10 p.; mais ceux de 10 p. domi­
nent dans 1’Artocarpus ; ils sont relativement rares dans le Corossol.

441
surtout par l’action de la potasse n° 1. L'Ipomea mammosa a de
nombreux gruaux, des grains plus anguleux, jamais de hile,
même par les réactifs ; les faces arrondies plus rares et moins
nettes.
Les fécules d’Aroïdées, en particulier YAlocasia indica résistent
à la potasse et contiennent des raphides.
Enfin on ne peut confondre ni avec le Manioc ni avec les
fécules similaires, à cause de l’inégalité de dimensions de
leurs grains.
É T U D E D E Q U E L Q U E S F É C U L E S C O L O N IA L E S

Fécule de Nelumbo (Fig. 2).
Nelumbium speciosum Willd (AJelumbium indicurn Poir. nec Tussac)

Cette fécule est retirée des graines de la plante bien que le
rhizome puisse en contenir aussi.
Nos échantillons étant inexactement nommés, nous avons
étudié cette fécule au moyen de graines entières de nos collec­
tions étiquetées : Hol sen, Nelumbium indicurn : Annam, Tonkin,
E. C. M. et d’après les graines, mûries à Montpellier même, du
Nelumbium speciosum, qui est la même espèce.
La fécule provenant des graines pulvérisées ou râpées, montre
au microscope des grains d’amidon souvent altérés, gonflés et
paraissant avoir subi l'action de la chaleur (1). Mais quelques
uns ont gardé leur forme normale. Ils sont à peu près tous sim­
ples (quelques uns doubles très rares), avec l’aspect général des
amidons de Légumineuses.
Forme : les grains sont plus ou moins régulièrement ovales ou
légèrement réniformes, quelquefois irrégulièrement arrondis.
Dimensions assez homogènes, variant de 8 à 18 a.
Hile en longue fente longitudinale dans les grains ovales, plus
ou moins étoilé dans les grains arrondis; rarement invisible.
(1) Peut-être ces graines ont-elles été en effet séchées au feu. Cepenclan
clans celles du N. speciosum récoltées à Montpellier par nous-mêmes et sim­
plement séchées au laboratoire, quelques grains d’amidon, plus rares il est
vrai, présentent ce même aspect.

�442
LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
Stries non distinctes. — Transparence très faible, — Croix île
polarisation peu marquée.
Les solutions et vapeurs d'Iode n’ont pas été essayées, les
farines commerciales étant tout à fait impures.
Potasse. — La solution n° 1 fait éclater et gélifier quelques
grains, la fente du hile disparaît, souvent remplacée par une
taehe, brillante ou sombre suivant la mise au point. Les
grains qui semblent avoir subi l’action du feu se dissolvent très
vite. Solution n°2: même action plus lente. Solution n°3: la fente
est accentuée sur quelques grains, transformée dans d’autre en
tache brillante. Solution n° 4 : rien de sensible, sauf l’étalement de
quelques hiles.

443
nant de Cochincliine, se rapprochait par son aspect et ses
caractères microscopiques des fécules de Palmiers, sans que nous
ayons pu déterminer exactement l’arbre producteur.
C a ra ctères e s s e n t ie l s . - forme du grain ; — disposition du
bile ; — action de la potasse.
C o n fu sio n s po ssibles : on ne peut confondre cette fécule
qu’avec les farines de Légumineuses en général. La distinction
pourra se faire par la teinture de Gayac qui ne donne rien avec
les Légumineuses, même fraîches (1). Du reste, en général, les
grains de fécule des Légumineuses ont des dimensions plus gran­
des. On pourra faire en outre la réaction de Donny. (Voir Légu­
mineuses généralités).
KTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

Fécule de H aricot Mungo (Fig. 3 et 4)

Teinture de Gayac : action très évidente.
Sous le nom de Bot-Hot-sen, Nelumbium indicum ; Tonkin
Hanoï, nous avons eu deux échantillons identiques, formés en
très grande partie de Riz avec quelques grains d’Arrow-root, pro­
bablement accidentels.
Un autre échantillon ayant le même nom annamite, et prove­

Phaseolus Mungo L. (Phaseolus radiatus L.) Petit haricot vert.
Cette farine est très répandue dans le commerce de l’ExtrêmeOrient; tantôt les graines sont pulvérisées simplement, tantôt
un traitement soigné permet d’obtenir une fécule blanche, rappe­
lant par son aspect la fécule de Pommes de terre, et se conservant
bien, tandis que la première, de couleur jaune verdâtre avec de
petites ponctuations noires, fermente rapidement en répandant
une odeur ammoniacale.
Nous avons eu cette farine sous le nom de Bot-dan-Xanh,
Haricot vert, Phaseolus radiatus ; Annam, Phn Yen . un ou deux
échantillons à l’état de farine, trois ou quatre à l’état de fécule.
C’est le même produit, mais plus grossier, et d’un blanc un peu
jaunâtre, que nous avons eu sous le nom de Mo san saudak Bay,
Haricot vert, Phaseolus radiatus ; Cambodge, Pnom-Penh.
La fécule pure est d’un blanc éclatant et donne un cri très
prononcé, en rapport avec son degré de pureté. La farine offre des
débris de tissus, dans lesquels on voit les grains d’amidon en
place, entourés d’une vacuole (fig. 3), surtout nette si on fait agir
la potasse.
(1) Du moins sur celles que nous avons vues. Corsini (loc. cit.) dit que
quelques Légumineuses donnent une réaction douteuse. La distinction reste
facile, car la réaction est ici très énergique.

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
444
Les grains sont simples.
Forme : en général ovales, souvent réniformes et fréquemment
trilobés.
Dimensions : de 7 à 8 jusqu’à 28 ou 30 ; — Hile : tout à fait
celui des Légumineuses, mais non toujours bien visible, ainsi
que les stries, qui d’autre fois sont très apparentes : cela dépend
un peu des échantillons (tig. 3 et 4). —Transparence : faible, mais
réelle. — Croix de polarisation très nette ; — beaucoup de débris
cellulaires dans la farine, non dans la fécule.

445
en blanc crème ; la farine humide se colore peu (du blanc grisâtre
au gris violacé, suivant l’état de l’échantillon.)
Potasse : la solution n°l gonfle légèrement en étalant les hiles:
quelques rares grains sont gélifiés. — Solution n° 2, action très
faible et très lente. — Les autres sans effet.
Teinture de Gayac. — Pas d’action.
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

C a r a c tèr es e s s e n t ie l s . — Ceux des Légumineuses en général.
C o n fu sio n s po ssib les : faciles avec d’autres Phaseolus et

F ig. 3. — Fécule de Phaseolus radiatus : grains d’amidon
libres et dans les alvéoles

En outre, aucun des échantillons commerciaux n’était parfai­
tement pur : les uns renfermaient du Riz, les autres du Manioc,
peut-être un peu de Sagou
Iode. —La solation donne une couleur très foncée à la fécule, à
peine grisâtre à la farine. — Les vapeurs colorent la fécule sèche

même avec d’autres Légumineuses; mais seraient de nulle
importance. — Avec le Nelumbium (voir cette fécule.)
Fécule de H aricot sp. (Fig. 5).

Sous le nom de Bot dan, Haricot sp. : Cochinchine, nous avons
eu deux échantillons d’une farine très blanche, ayant tout à fait
l’aspect de la fécule de Pomme de terre et donnant un cri très

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
446
prononcé. Dans la masse, d’assez nombreux grains de Manioc et
peut-être de Sagou un peu trop abondants pour être accidentels.
Les vrais grains du Phaseolus sont simples, à peu près tous
elliptiques, réniformes ou trilobés: dimensions variant de 9 à
23 ix. Hile, stries, transparence et polarisation, solutions de potasse
et d’iode comme chez l'espèce précédente.

447
Cette farine contenait un peu de Riz; c’était cependant la plus
pure de toutes les farines de Vigna étudiées.
Bot-Dan-Vang, Doligue jaune, Vigna sinensis : Tonkin, Hanoï.
Amas assez informe d’éléments variés où les grains de fécule de
Légumineuses ne sont que l’exception,
Bot-Dan-Chung-Quoc, Doligue mouchetée , Vigna sinensis :
Tonkin, Hanoï. Ces échantillons contiennent surtout du Riz et
du Manioc.
Bot-Dan-Vang, Vigna sinensis : Tonkin, Hanoï. La grande
masse en est formée par du Riz avec quelques grains de
Légumineuses.
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

F ig . 5. — Amidon de Phaseolus sp.

Les vapeurs d'iode colorent en blanc d’ivoire la fécule sèche, en
gris rosé pâle la fécule hydratée.
Il est évident que le rapprochement avec la fécule du Phaseolus
Mungo s’impose ; peut-être même y a-t-il identité.
Fécule de Vigna (Fig. 6).
Vigna Catjang Walp. ( Vigna sinensis Endl.).

Nous avons examiné d’assez nombreuses farines de cette
espèce, venant toutes de l’Indo-Chine (E.C.M.) sous les noms
qui suivent :
Bot-Dan-Den, Haricot noir, Vigna sinensis : Tonkin, Hanoi.

Comme on le voit ces farines sont partout abondamment
falsifiées; en outre, la quantité de matière protéique qu’elles
renferment les a fait rapidement fermenter ; elles dégagent
une forte odeur d’ammoniaque. Nous pouvons cependant en

�I.OUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
448
donner les caractères, d’abord d’après les graines de divers
Vigna de nos collections (Dolique jaune, Haricot noir, etc.), puis
d’après le premier des échantillons énumérés, dont la masse
répond à la fécule authentique.
Cette farine était gris-jaune, mouchetée de points noirs, gros­
sière, un peu grumeleuse.
Grains tous simples, les uns régulièrement allongés, les autres,
plus rares, un peu réniformes; beaucoup plus ou moins
trilobés. Dimensions: au moins 8 ou 9 &lt;j. jusqu’à 22 ou 24.
Bile. Celui des Légumineuses, bien marqué partout, allongé et
rameux. Stries, au contraire, ordinairement invisibles. Transpa­
rence et polarisation comme les fécules précédentes.
Beaucoup de débris cellulaires et de matières protéiques.
Iode. — Vapeurs : farine sèche jaune sable : farine humide gris
de souris foncé. — Solution : même avec trois gouttes la teinte
n’est que légèrement violacée.
Potasse. — La solution n° 1 gonfle beaucoup en faisant dispa­
raître le hile. La solution n° 2 gonfle quelques grains seulement,
mais déchire souvent le hile et rend la membrane (?) très
évidente. Quelques grains sont encore un peu influencés par la
solution n° 3, aucun parla solution n° 4.
La teinture de Gayac est sans action.
C aractères essen tie l s : ceux des fécules de Légumineuses
en général.
Les trois fécules qui précèdent sont assez difficiles à distin­
guer entre elles ; la confusion est aussi presque inévitable avec
bien d’autres fécules de Légumineuses. Tout au plus l’absence
constante des stries dans le Vigna peut-elle être indiquée comme
un caractère spécial. Mais ces confusions n’auraient qu’une
importance très secondaire ; il est donc inutile d’y insister longue­
ment. Il est plus intéressant de résumer les caractères d’en­
semble du groupe. Tous ces grains de fécules sont en effet : —
entrés grande majorité simples; —toujours de dimensions assez
grandes— sans facettes— avec un hile caractéristique ; — sans
réaction nette avec la teinture de Gayac. — La résistance à la

449
potasse est un peu variable. On a vu ci-dessus comment on
évitera la confusion facile avec le Nelumbium.
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

Fécule de Pois d’Angola (Fig. 7)

Cajanus indicus Spreng.
(Peut-être est-ce le C. flavas D C. de la Nouvelle-Calédonie,
synonyme de C. indicus).
L’échantillon examiné provenait de la Nouvelle-Calédonie (E.
C. M.) sous le nom de : Pois d'Angola, Cajanus sp. Nous en
avons vérifié les caractères sur diverses graines de Cajanus de
nos collections.

F ig . 7. — Amidon de Fois d’Angola

Farine jaune paille très clair, à toucher un peu rugueux et
légèrement gras.
Forme. Les grains de fécule sont ovoïdes (les plus grands)

�450
LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
ou arrondis (les plus petits), souvent composés par deux ou
trois, et dans ce cas ordinairement en file; les hiles plus ou
moins étoilés ou entente longitudinale, rarement punctiformes;
des fentes les séparent dans les grains composés. De plus,
certains grains sont fendus de telle sorte, qu’on pourrait les
croire complexes : en réalité la direction des stries, souvent bien
visibles, montre que ce n’est lâ qu'une apparence. L’aspect de
l’ensemble est typique, bien que la forme de beaucoup de grains
soit assez irrégulière.
Dimensions : en général assez grande, 20 à 50 p. (rarement 00)
mais parfois seulement 4 ou 5; — transparence marquée; — croix
de polarisation nette. — Nombreux éléments étrangers, parmi
lesquels belles cellules en sablier, montrant, si l’amidon n’y
suffisait pas, que l’on a bien à faire à une Légumineuse.
Iode — Vapeurs. Farine sèche jaune ocre; farine humide gris
bleu, un peu verdâtre. — La solution iodée agit peu : trois ou
quatre gouttes donnent une coloration vert olive ; mais il est
évident que cette réaction a peu de valeur, et que si la fécule
était pure, la coloration serait toute différente.
Potasse : la solution n° 1 gonfle très rapidement et beaucoup
tous les grains, mais la dissolution complète demande un temps
très long, comme pour les autres Légumineuses. La solution n° 2
gonfle plus lentement, ouvre largement le hile, accentue les
stries et met en évidence les grains composés. Les solutions nos 3
et 4 agissent aussi mais avec plus de lenteur et moins d’énergie.
La teinture de Gayac ne donne rien.
C aractères e ssen tie l s : — dimensions ; — forme du hile ; —
fentes ; — aspect des grains composés ; — action de la potasse.
C onfusions po ssib l e s . — Cette farine diffère de celle des
Légumineuses précédentes par quelques points : 1° existence de
grains composés, ordinairement en ligne de 2 ou 3 ; 2° hile non
toujours allongé, mais souvent étoilé et déchiré ; 3° dimensions
plus grandes; 4° action bien plus énergique de la potasse n° 1
au moins au début. — Avec le Voanzo (voir plus loin).

451
On retrouve exactement les mêmes caractères en retirant
l’amidon directement des graines de divers Cajanus(bicolor DC.,
flavns DC., indicus Spreng.) (1)
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

Fécule de Voandzo (Fig. 8).

C’est de la farine précédente qu’il faut rapprocher celle que
l’on pourrait retirer (bien que nous ne l’ayons jamais trouvée
dans le commerce) du Voandzeia snbterranea Dup. Th., de Mada­
gascar. Le grand nombre de gouttelettes d’huile qu’on y ren-

F ig . 8. — Amidon de Voandzo

contre éveillera évidemment l’attention, mais les grains de
fécule sont assez semblables à ceux des Cajanus. Quelques uns
ont 5 jj., la plupart 20 à 40, quelques uns 50 jx.
Les grains vraiment composés semblent extrêmement rares
(1) Ces trois espèces sont considérées comme synonymes.

�452
LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
(le Cajcimis en a beaucoup), bien que quelques uns aient une
surface postérieure plate qui ressemble à une facette. Les
déchirures partant du large hile sont plus fines, plus nombreuses
et aussi plus sinueuses. Surtout la potasse distingue; elle gonfle
sans doute le Voandzo, mais moins et moins rapidement que le
Cajanus; au début du gonflement, les rayons partant du hile
s’accentuent en s’irradiant dans toute l’épaisseur du grain.

453
l’attaque par la potasse n° 1. Cette distinction n’aurait qu’une
importance tout à fait secondaire, si l’on ne risquait de trouver
dans ces farines, celles du Phaseolus Innatus que son amidon ne
distingue pas, mais que l’on reconnaîtra facilement par les réac­
tions devenues classiques de Guignard. Il sera prudent chaque
fois que l’on achètera une farine de Légumineuse, de s’assurer
qu’elle ne donnera pas d’acide cyanhydrique.

Fécules diverses de Légum ineuses

T ubercules

Nous en avons étudié beaucoup, provenant de l’Indo-Chine et
surtout du Tonkin, mais la plupart étaient très altérées ou très
falsifiées. Entre autres, nous avons vu :
G ra in es

Trois échantillons appelés : Bot-dan-do, Dolique ronge, Dolichos purpurea (1): Tonkin, Hanoï. Farine grossière, blanc
jaunâtre, ponctuée de noir, renfermant une très forte proportion
de Riz et des grains d’une fécule de Légumineuse, assez sem­
blables à ceux qui viennent d’ètre décrits pour qu’il soit inutile
d’y revenir et de les dessiner ;
2° Bot-Dan-Trang, Dolichos albus (2); Tonkin, Hanoï. La
masse est formée de Riz, avec un peu de Manioc et très peu de
fécule de Légumineuses.
Néanmoins, les étiquettes montraient que ces farines étaient
commerciales: il devenait dès lors utile d’en indiquer les carac­
tères ; nous les avons recherchés directement dans les graines
de nos collections, entre autres : Dolichos purpurea, D. Sinensis
Forsk. (3), D. Lablab L.. Phaseolns divers, de Madagascar,
d’Indo-Chine, etc.
Chez tous, le caractère d’amidon de Légumineuses est très
évident, mais la distinction des espèces et même des genres
serait extrêmement délicate.On ne trouve guère que des nuances
dans la forme du hile, la visibilité des stries, l’intensité de
(1) C’est le Dolichos Lablab L. (D. purpureus L.)
(2) C’est le Dolichos Lablab L. (D. albus Lour,)
(3) C'est le Vigna Cafjang Walp. (Yigna sinensis Endl.)

ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

Les Légumineuses fournissent aussi parfois des fécules prove­
nant de leurs racines tubérifiées, entre autres, celles des Pachyrrhizus et des Pneraria. L’Exposition coloniale de Marseille en
offrait quelques unes que nous n’avons, malheureusement pas
pu étudier, à cause des erreurs d’étiquetage, ou des falsifications
dont elles étaient l’objet. C’étaient :
Bot-cu-sang-rung , Pneraria Thnnbergiana Benth. Tonkin,
Hanoï; — Bot-cu-dan Pachyrrhizus angulatus Rich. Tonkin.
Hanoï ; ces échantillons étaient uniquement formés par du Riz.
Bot-cu-san-dan, Pachyrrhizus tuberosns; Tonkin, Hanoï. Ce
dernier échantillon est une belle fécule blanc rosé, qui doit
être rapprochée des Sagous de Phoenix (voy. Phoenix).
L’absence de tubercules de Pachyrrhizus et de Pneraria dans
nos collections, nous a empêchés de donner les caractères réels
de ces farines commerciales.
Fécule d’A rachide.

Arachis hypogæa L.

L’amidon joue un rôle si peu important dans les Arachides,
que le produit de la pulvérisation de ces graines ne rentre véri­
tablement pas dans notre cadre. Nous n’avons eu d’ailleurs qu’un
seul échantillon de ce produit, venant de la Nouvelle-Calédonie.
C’est une farine assez fine, de couleur beige, à toucher gras, lais­
sant une tache huileuse sur le papier et renfermant au milieu de
Ann, du Musée col. de Marseille. — 2e série, 7« vol. 1909.

29

�454
LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
nombreux débris cellulaires, de grains d’aleurone et de goutte­
lettes d’huile, quelques grains d’amidon. Ceux-ci, le plus souvent
arrondis ou un peu allongés, n’offrent ni hile, ni stries visibles
sans réactif. Les dimensions en sont petites, quoique assez
variées; en moyenne 10 ix.
L'iode ne peut évidemment rien donner sur une farine si peu
riche en amidon : les colorations obtenues sont dues à d’autres
éléments.
La potasse n° 1 agit seule un peu, en gonflant légèrement et en
déchirant quelques grains. Les autres solutions n’agissent pas.

•

F écu les de lég u m in eu ses

Il est facile de donner la formule générale de ces fécules. Elle
est d’ailleurs classique, à cause des falsifications auxquelles
servent les farines de ce groupe et particulièrement celle de la
Féverole. Les grains, presque tous simples, ont toujours une
forme plus ou moins allongée, assez souvent réniforme, sans
que ce soit la règle générale. Le lxile est caractéristique par sa
position axile, sa forme en longue fente, ramifiée tout le long de
son parcours. Les stries varient trop pour être caractéristiques :
en général, on les voit assez bien. Les débris cellulaires et les
matières protéiques ne manquent que chez quelques farines
fines assez rares; le plus souvent, ils abondent et sont alors
faciles à reconnaître (cellules en sabliers, etc.). Pas d’oxydase.
Quant à la potasse n° 1, elle attaque les grains, assez inégalement
suivant l’espèce, en général peu ; en tout cas, la forme du grain
ne disparaît pas, même après un gonflement assez fort et un
temps assez long.
Diverses réactions microchimiques ou chimiques ont été pro­
posées; mais, en général, elles reposent moins sur la fécule ellemême que sur les matières étrangères : elles sortent, par consé-

Fécule de Courge (Fig. 9).

Nous avons eu sous le nom de Bot-bi-dao, Fécule de Courye.
Cucurbita Pepo L. Tonkin, Hanoï E. C. M., une fécule qui cer­
tainement ne provenait pas de la Courge. Le produit répondait
tout à fait à un Sagou de Phoenix (voir plus loin) ; erreur d’éti­
quette sans doute.
0
:&gt;0

Le commerce offre aussi la farine de Soja (Glycine hispida
Sieb. et Zuc.), si employée pour l’alimentation des diabétiques ;
mais celle-ci ne renfermait aucune trace d’amidon dans les
échantillons examinés par nous.

455
quent, du cadre que nous nous sommes tracé. Nous citerons
entre autres la réaction de Donny (1).
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

o

o

o o

0
•o ©
°
° O
o O

o

o

Oo

o

o

o

o

C

o O

O

V
o
o

.oV°

o

F ig. 9. — Amidon de Courge
(1) Voy. Villiers et Collin : Traité des altérations et falsifications, p. 119.
Ce procédé consiste à étaler sur la paroi d’une capsule de la farine humectée
d’eau, à verser au fond de la capsule quelques gouttes d'acide azotique que
l'on chaude, puis à retourner la capsule au-dessus d'un verre de montre conte­
nant de l’ammoniaque. La couleur devient rougeâtre. Avec des farines de
Légumineuses très pures, à peu près réduites à l’amidon, cette réaction ne
nous a pas donné de résultat.

�436

LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET

Mais le nom même du produit montre que la fécule retirée des
Courges vertes est commerciale en Indo-Chine ; elle est chez
nous inusitée, et d'ailleurs la fécule disparaît dans la Courge dès
qu’elle tend à mûrir. Mais dans les Courges jeunes, encore blan­
ches à l'intérieur, on trouve, en effet, une assez grande quantité
d’amidon que l’on peut décrire facilement.
Forme et dimensions. — Il est en grains extrêmement petits,
de 1 à 4 ou 5 a, très rarement 7, isolés, arrondis ou très légère­
ment ovales, sans hile ni stries visibles. La croix de polarisation
apparaît bien sur les gros grains, difficilement sur les très
petits. La potasse agit énergiquement : par les solutions 1 et 2,
disparition rapide ; la solution 3 attaque peu.
C aractères e s s e n t ie l s . — Petitesse extrême des grains. —
Forme sphérique. — Action de la potasse.
C on fu sio n s p o ssib l e s . — Elles ne peuvent avoir lieu qu'avec
le groupe Taro ; mais celui-ci résiste à la potasse, a des grains
polyédriques et contient des Rapkides. Tous les autres amidons
se distingueront par leur taille.
Fécule d’ipomæa mammosa Chois. (Fig. 10).
Coiwoluutus mammosus Lour. — Nous avons examiné quatre
échantillons de celle fécule,provenant, soit de l’Exposition colo­
niale, soit du Musée colonial de Marseille. Les premiers étaient
étiquetés, Bot-cu-tu trang, fécule d'igname, Convoluulus mam­
mosus ; Tonkin, Hanoi. Ils ont été trouvés identiques, mais
malheureusement composés en réalité par du Riz, falsification
très judicieuse comme on le verra. La description qui suit a été
faite d’après un fragment de tubercule, que M. Heckel a bien
voulu nous envoyer du Musée colonial de Marseille.
Aucun grain simple, mais les grains composés sont tantôt
isolés, tantôt réunis en amas irrégulièrement ovoïdes ou arron­
dis, sans forme ni volume constants, et composés de dix à trente
grains ; ces gruaux, qui rappellent un peu ceux de l’Avoine, ont
de 20 à 30 de diamètre.

457
Forme. — Les grains simples sont tous polyédriques, avec des
arêtes assez vives el des facettes nombreuses et brillantes.
Dimensions inégales, très petites d’ordinaire, depuis 2 à 4 ne
dépassant pas 10 à 12.
Hile toujours invisible, même chez les plus gros grains et
même en employant le procédé de Gastine (voy. p. 424).
Stries invisibles aussi, transparence nulle.
étude de qu elq u es fécu les coloniales

;j . ,

F ig. 10. — Amidon d’ipomæa mammosa

Lumière polarisée : croix sur tous les grains, mais difficilement
visible ; gruaux brillants, avec réseau.
Potasse. — Avec le il0 1, gonflement et gélification nette des
grains sauf quelques uns ; les gruaux surtout sont peu altérés.
La solution 2 agit encore bien, et aussi rapidement. La solu­
tion 3 n’attaque que quelques grains.
Aucun résultat avec la teinture de Gayac.

�458

459

LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET

ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

— Dimensions ; —absence de bile et
de stries ; — action de la potasse n° 1.
C o n fu sio n s p o ssib l e s . — Au premier abord les échantillons
commerciaux examinés se rapprochent beaucoup de la descrip­
tion précédente ; mais en examinant de près on a pu constater
qu’ils répondaient tous aux caractères du Riz, auquel VIpomen
ressemble beaucoup. La distinction peut cependant se faire : en
effet, VIpomea mammosct diffère du Riz par les points suivants :
absence de hile même par les réactifs ; — arête des grains
moins tranchante ; — aspect arrondi des gruaux ; —gonflement
par la potasse n° 1. Les mêmes caractères distingueraient du
Millet, avec en plus la présence de l’oxydase.
On pourrait aussi confondre celte fécule avec celle de YAvoine,
à cause des gruaux arrondis ; mais l’Avoine présente : — des
grains à dimension un peu plus grande que VIpomea ; — des
gruaux plus réguliers et plus grands ; — quelque petits grains
simples fusiformes ou arrondis, parfois associés par deux ou
trois. La potasse gonfle les deux farines ; mais, chez l’Avoine seule,
elle détermine l’apparition d’un bile, invisible auparavant. Enfin,
l’Avoine contient une oxydase que montre la teinture de Gayac.
La fécule d’Arbre-à-pain, très analogue et très facile à con­
fondre, a des grains à arêtes plus brillantes, et jamais réunis en
gruaux arrondis.
On pourrait aussi confondre cette fécule avec celles de cer­
taines Aroïdées dont les grains sont petits et anguleux; mais
parmi elles, les fécules d’Amorphophallus Rivieri et de Colocasia
esculenla sont d’une finesse extrême ; de même celles de YAlocasia
indicaei de Kduoch suet, sont de dimensions moindres que celles
de VIpomea mammosa : enfin, l'Alocasia indica s’en distinguera par
ses rapbides et l’action faible delà potasse. Quant au Kduoch svel
il nous reste de grands doutes sur son compte (voir ce mot).
Nous insistons pour ces diverses fécules à petits grains polyé­
driques, sur la nécessité d’observer à grossissement assez fort
(voir généralités).

Fécule de Patate douce (Fig. 11)
Ipomea Batalas Poir., Batatas edulis, Chois. (1)
Un des Arroiv-rool du Brésil.
Les Patates nous ont fourni plusieurs spécimens à examiner.
La fécule était représentée par deux échantillons de Cochinchine et cinq de La Martinique ; un huitième venant du Tonkin
renfermait au moins 70 o/ode Riz. La vérification des caractères

C a r a ctèr es e s s e n t ie l s .

Fro. 11. — Amidon de Patate
(1) Deux échantillons de fécule de Patate venant de l’Expositiou coloniale
de Marseille (Pondichéry), étaient étiquetés : Batatas paniculata Chois. Cette
espèce est en réalité VIpomea digitata L. nec Parodi ; mais il s'agissait d’un
mélange de fécules dans lequel on trouvait, en même temps que de la Patate, du
Sagou.du Canna,du Manioc et certainement d’autres fécules encore,car il renfer­
mait beaucoup de mâcleset deraphides d’oxalate. Heureusement un envoi tout
récent de la Chambre d’Agriculture de Pondichéry nous a permis d’étudier cette
espèce à l’état de farine pure, et de constater, ainsi que nous avions pu le faire
d’ailleurs sur des tubercules, qu’elle est identique à celle de la Patate ordinaire.

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
460
a été faite sur plusieurs tubercules d’origines diverses de nos
collections et aussi sur des tubercules commerciaux. Ces fécules
sont très blanches, lines, avec ou sans petits grumeaux, à toucher
légèrement granuleux puis talqueux. Certains échantillons
crient très légèrement sous le doigt, d’autres pas du tout. Très
peu de grains simples; cependant quelques gros grains parais­
sent vraiment sphériques. La plupart sont primitivement
composés, mais à peu près tous séparés dans la préparation.
Forme irrégulière: tantôt plus ou moins sphérique, au moins
en apparence ; tantôt en cloche, ordinairement assez allongée,
tendant à la forme en pain de sucre ; le plus souvent grains irré­
guliers à facettes nombreuses et bien accentuées (différence à
noter avec le Manioc), mais toujours avec une surface courbe.
Dimensions variables. Quelquefois très fortes ; jusqu’à 35 et
40 (x ; les petits grains, souvent plus arrondis, descendent
jusqu’à 4 [j..
Le hile, bien visible, est d’ordinaire étoilé, plusrarement punc­
tiforme. Les stries sont visibles aussi, surtout sur les gros grains.
Transparence faible, plus accentuée cependant que celle du
Manioc.
Croix de polarisation bien marquée.
Iode. - Solution : couleur très foncée, presque noire avec trois
gouttes. — Vapeurs : colorent peu la farine sèche ; teinte violacée
avec la farine humide,
Potasse. N° 1 : gonfle rapidement les gros grains, sans cepen­
dant les dissoudre ; les grains en cloche s’évasent à la base ;
les petits sont peu attaqués. Avec le n° 3 quelques gros grains
sont gélifiés, d’autres se gonflent très légèrement en accentuant
les stries; enfin la solution 4 rend plus nets le contour, le hile
et les stries (1).

(1) Il semble que les échantillons de la Martinique soient un peu moins
sensibles à la potasse que ceux de la Cochinchine; ces derniers paraissent
avoir des grains de dimensions un peu plus petites dans l'ensemble ; les
gros grains sont plus rares : question sans doute de variété ou de climat,
tous les autres caractères étant identiques. Nous avons du reste trouvé ces
mêmes différences de dimensions dans les tubercules d'origine.

ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

461

La teinture de gayac donne un résultat négatif.
C a r a c t è r es e ss e n t ie l s ; variété de forme des grains ; —dimen­
sion des plus gros; — nombre des facettes; — action de la
potasse.
C o n fu sio n s p o s s ib l e s . — Il ne peut guère s’établir de confu­
sion qu'avec le Manioc ; mais celui-ci n’a pas de grains aussi
gros, et les facettes y sont en général moins nombreuses et moins
accentuées. L’aspect d’ensemble est différent, et la sensibilité à
la potasse beaucoup moindre. Cependant lorsque le Manioc a
de gros grains et qu’il est assez sensible à la potasse n° 1, comme
cela arrive quelquefois (voy. Manioc), la distinction devient
très difficile. On se rappellera que les plus gros grains de
Manioc ne dépassent pas 25 ;x. L’absence de raphides distingue
du groupe des Aroïdées.
On pourrait aussi très facilement confondre avec la fécule de
Tacca qui ressemble singulièrement au Manioc. Dans le lacca
les dimensions extrêmes sont plus rares ; peu de petits grains ;
les gros ne dépassant jamais 30 et rarement 25 ;x.
L’action de la potasse est aussi un peu moins forte sur le
Tacca. Mais ce sont là des nuances, comme aussi la fréquence
plus grande dans la Patate, de grains en cloche allongée, rappe­
lant vaguement un pain de sucre. Ce sera là toujours un problème
difficile à résoudre et pour lequel les échantillons types seront
nécessaires. La présence de raphides le cas échéant serait plus
importante. (Voir Tacca).
Fécule de Manioc (Fig. 12 à 15).
Arroiu-ioot du Brésil, de Para, de Rio, de Bahia ; farine de Cassave ;

Moussache ; Tapioca ; Mandioca.
Manihot utilissima Pohl. et aussi M. palmata Müll. Arg.
( = M. Aïpi Pohl.).

Le Manioc se présente sous diverses formes dans le commerce.
1° A l'état de nature (rarement), en fragments de tubercules
décortiqués, cylindriques, en rondelles, ou même coupés en

�462
LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
long; assez friables d’ordinaire. Madagascar et l’Indo-Chine en
offraient beaucoup sous celte forme à l’Exposition coloniale.
2° A l'état de fécule. Rien pure celle-ci esl très blanche,
inodore (1), pulvérulente (2), criant sous le doigt ; rarement en
grumeaux, avec aspect d’Arrow-root.
A côté de ces farines pures, obtenues par trituration sous
l'eau, les colonies, surtout la Nouvelle-Calédonie et la Marti­
nique. en offraient tout une série, laites simplement par pulvé­
risation ou râpage des tubercules; la fécule est alors mêlée de
libres et de fragments et bien des grains sont altérés, sans doute
par la dessiccation artificielle.
3° En préparations, pour lesquelles la chaleur est fortement
intervenue sous une forme ou sous une autre : ce sont par
exemple \escouaques, dont la Guyane offrait de nombreux échan­
tillons ; les cassaues, de la Nouvelle-Calédonie; le camanioc de
la Guyane : les divers tapiocas. Il y faut ajouter les granulés, ana­
logues au Sagou ; il est vrai que, sous cette dernière forme, les
produits examinés étaient en réalité constitués par du Riz.
Notre étude a porté sur une soixantaine d’échantillons d’ori­
gines très diverses : Indo-Chine, Inde, Madagascar, La Réunion,
Nouvelle-Calédonie, Guyane et surtout Martinique.
La description de la fécule sera faite d’après les fragments de
tubercules. A ce type certain, nous rapporterons les autres, en
signalant seulement les légères différences, qui n’empêchent
jamais de reconnaître le Manioc.
I. — F écule norm ale (fig. 12).

Forme. — Les grains simples peuvent être assez abondants.
La grosse majorité est cependant formée de grains composés,
mais rarement unis entre eux, et montrant des facettes en
nombre variable, de 1 à 4 et même plus, surtout dans certains
échantillons. Des grains assez nombreux sont réunis deux à
(1) Un échantillon de Nouvelle-Calédonie (E C.M.) avait une odeur de
violette.
(2) Quelquefois en grumeaux plus ou moins friables , desséchés au soleil
et grossièrement concassés.

463
deux (grains jumeaux), chacun constituant ordinairement un
peu plus d’une hémisphère. 11 est fréquent de voir un ou
deux petits grains accolés au gros. Il en résulte de très nom­
breuses formes en cloche, devenant presque sphériques si le
deuxième grain était très petit.
Les petits grains, souvent très nombreux, ont un aspect
polyédrique qui les rapprocherait des grains de Riz ; mais,
avec un peu d’attention et d’habitude, on verra que les angles
sont moins aigus et qu’une des faces au moins est toujours
courbe ; quelques grains moyens sont même complètement sphé­
riques. D’ailleurs, les petits grains qu’on pourrait confondre
sont relativement peu nombreux ; il existe surtout des grains
intermédiaires.
Dimensions. — Varient dans de fortes limites : 3 à 5 a pour les
petits grains, 13 à 15 souvent, et exceptionnellement jusqu'à 25.
Ce qui change le plus, suivant le cas, c’est la proportion entre les
grains de diverses grandeurs : sur deux échantillons envoyés
en même temps, par la même personne (1), et venant tous deux
de La Réunion, l’un sous forme de fécule, l’autre en rondelles, le
premier renfermait de très gros grains qui manquaient au
second.
Hile. — D’ordinaire bien visible, placé au centre et en étoile.
Dans les grains en cloche il est fréquent que deux branches de
l’étoile, plus marquées que les autres, se dirigent vers le bord de
la cloche. Dans d’autres grains le hile est punctiforme ou même
invisible. Dans ce cas, la potasse n° 1 le fait apparaître comme
un point brillant (différence avec le Riz). Dans quelques échan­
tillons (San-Tan du Tonkin), le hile n’est visible que dans
quelques grains, et les facettes deviennent très nombreuses.
Stries. — Elles sont surtout marquées chez les gros grains et
jamais d’une très grande netteté.
Transparence toujours très faible. — Croix de polarisation nette.
Iode. — Vapeurs : L’action varie beaucoup suivant l’état de
pureté de la fécule : sèche, celle-ci est très peu modifiée et varie
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

(1) M. Mundler, négociant au Havre.

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
464
du blanc ivoire au jaune paille; humide, elle devient violet bleu ;
mais en somme, les renseignements donnés par cette réaction
sont ici peu précis. Les solutions iodées ne donnent rien de
spécial : la couleur bleue est très accentuée.
Potasse.— La solution n° 1 agit nettement mais non très vite,
et surtout sur les gros grains, car les petits résistent beaucoup.
Généralement le contour des gros grains devient brillant, le hile
se déchire ou s’étale en larges taches, brillantes aussi. Dans les

Fig. 12. — Amidon de Manioc

grains en cloche, les deux branches principales de ce hile étoilé
se prolongent jusqu’au bord de la cloche dont elles accusent for­
tement la forme ; ce mode d’attaque des grains en cloche est
assez général pour mériter d’être signalé. Quant aux petits grains,
même dans les farines très pures, provenant directement des
tubercules, ils sont très inégalement attaqués ; certains même
restent intacts, sauf l’apparition du hile sous forme d’un point

465
brillant. La solution n°2 aune action analogue, moins intense et
plus lente. Elle donne à l'ensemble de la préparation un aspect
très lumineux. L’action des solutions nos3 et 4 est faible. Quel­
ques grains cependant se gonflent à la longue.
La teinture de Gaijac reste toujours sans effet.
Il est important et intéressant d’observer que ces caractères du
Manioc sont soumis à quelques variations. Nous pourrions, par
exemple, citer tel échantillon de Madagascar en rondelles plates,
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

F ig . 13. — Amidon de Siokoro (Manioc)

dans lequel les gros grains manquent, et qui résiste assez à la
potasse pour que la solution n° 1 ne gélifie aucun grain, mais
les gonfle seulement un peu, en accentuant les formes en cloche
et les hiles étoilés. Chez d’autres un grand nombre de grains
sont atteints : des différences du même ordre peuvent même se
rencontrer dans la fécule retirée de deux points distincts d’un

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
466
même fragment. C’est en somme une question de degré. Cepen­
dant on peut dire en résumé, que, avec la potasse n° 1 :
1°. L’attaque n’est jamais rapide ;
2°. Les gros grains sont toujours attaqués ;
3°. La durée nécessaire varie suivant le cas entre deux ou
trois minutes et un quart d’heure.
Nous insistons sur l’utilité de ne mettre que très peu de fécule
dans une forte goutte de solution potassique.

Ces variations constatées sur des échantillons authentiques,
nous permettent de rapporter au Manioc, malgré quelques diffé­
rences, deux fécules indéterminées de Madagascar (E. C. M.).
1° Siokoro (fig. 13). Belle farine blanche, grenue, mais à gru­
meaux friables, différant du Manioc type par l’absence presque
complète des grains très petits : tous les grains sont moyens et
plus ou moins arrondis en cloche. Le Siokoro est assez sensible
à la potasse (vov. fig. p. 465).
2° Sitkaho. Farine blanc jaunâtre, légèrement grenue, diffé­
rant du Manioc normal par l’abondance plus grande des grains
composés non dissociés, l’abondance aussi des tout petits grains
et la rareté des gros, enfin l’action de la potasse, qui attaque
moins. Il n’y a pas entre ces échantillons et le Manioc ordi­
naire de différence plus grande qu’entre tel ou tel échantillon
d’un Manioc bien authentique.
C aractères e s s e n t ie l s . — Polymorphisme et diversité de
dimensions ; — aucun grain au-dessus de 25 p. ; — action de la
potasse — forme fréquente en cloche à base rétrécie.
C o n fusions p o s s ib l e s . — Avec toutes les fécules du groupe
Manioc. Voir Patate, Amorphophallus, Arum, Cycas, Tacca.
II. — F écu le c h a u ffé e
Quand la chaleur est intervenue dans la préparation du
Manioc, les grains de fécule sont modifiés, mais, suivant le cas,
à des degrés très différents : quelques échantillons appelés farine

467
de manioc et venant de la Martinique (E. C. M.), sont en ràpures
plus ou moins fines, un peu jaunâtres, avec des fibres ligneuses
et des grumeaux durs : ce sont des tubercules râpés, dont la des­
siccation a été achevée ou même faite à la chaleur artificielle ;
aussi les grains de fécule sont-ils, les uns intacts, d’autres à hile
dilaté en tache brillante ou même éclaté, d’autres enfin comme
vitrifiés (fig. 14).
é t u d e de qu elq u es fécules coloniales

Ces mêmes caractères se rencontrent dans des cassaves de
Nouvelle-Calédonie et, avec de plus en plus d’intensité, dans le
cramanioc et dans les diverses cassaves ou coaaques de la Guyane
(lig. 15). Chez eux, on voit de nombreux grains déformés,
énormes, à contour flou, avec de nombreux débris cellulaires.
On arrive ainsi aux tapiocas commerciaux, où la déformation des
grains est complète. Le tapioca vitreux de Nouvelle-Calédonie ne
montre plus qu’une masse générale vitrifiée, avec de rares grains

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
468
d’amidon reconnaissables. Dans toutes ces préparations, le degré
de chaleur auquel a été soumis le produit peut être apprécié
d’après le nombre de grains intacts ou peu altérés.
Nous n’avons pu trouver aucune différence entre le produit du
du Manihot utilissima Pohl. et celui du M. palmata Mull. Arg.
(AL Aïpi Polil.).

F ig. 15. — Couaque blanc

Si bon marché que soit le Manioc, il arrive parfois falsifié,
spécialement avec du Riz. Ainsi, un échantillon appelé Bot-san,
Fécule de Manioc : Annam, Fu Yen, était un granulé ressem­
blant à du glycérophosphate de chaux, très friable et formé de
Riz. D’autres échantillons du Tonkin étaient du Riz ou du Manioc
mêlé de Riz; un autre appelé Bot-Khoaï-Mi, fécule de Manioc,
Cochinchine, était formé par du Blé. Mais il est bien plus fréquent,

469
ainsi qu’on a pu le voir déjà, que le Manioc serve lui-même à
falsifier d’autres produits plus chers (1).
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

Fécule d’Arbre à Pain (fig. 16).
Artocarpus incisa I„.

Celle farine est commerciale, bien qu’elle n’arrive guère en
France. L’échantillon étudié par nous venait de la Guyane

F ig . 16. — Fécule d’Arbre à Pain

(E. C. M.). L’authenticité a pu en être vérifiée au moyen d’un
fruit desséché provenant de Grenada, Antilles (collection
(1) Le ta p io ca de F ia n c e fait, comme on le sait, avec de la fécule de Pomme
de terre, est très analogue d’aspect au tapioca ordinaire ; il est très blanc, trop
blanc même. On le reconnaîtra : 1° par l'examen microscopique, certains
grains, au milieu de grains altérés, ayant conservé Jes caractères de la fécule de
Pomme de terre; 2° par l’action énergique de la potasse qui attaque immé­
diatement tous les grains ; cet amidon est gonflé même par la solution n° 4.
A n n . d u M usée col. de M arseille. — 2e série. 7« vol. 1909.
30

�LOUIS PLÀNCHON ET ARMAND JUILLET
470
Chantre) (1), et dont la plupart des grains étaient intacts. Tous
les autres fragments de tubercules examinés avaient leur amidon
altéré et méconnaissable.
La farine d'Artocarpus est blanc jaunâtre, mate, assez gros­
sière, laissant voir à la loupe quelques débris cellulaires ; à tou­
cher un peu rude, à cause de petits grumeaux; d’odeur rappe­
lant un peu la farine de Blé. Aucun cri.
Forme. — Tous les grains sont composés, donnant dès l’abord
l’impression d’une fécule de Riz; ils sont isolés ou agglomérés en
petits gruaux vaguement sphériques, mamelonnés et formés de
grains inégaux. Les grains isolés sont polyédriques, à facettes
très nombreuses et bien visibles, dont une plus ou moins bom­
bée ; angles obtus et arêtes mousses se détachant en lignes larges
et brillantes, entre des facettes un peu plus sombres. Dimensions
très inégales; nombreux petits grains de 1 vu. jamais plus de 10.
Hile invisible, sauf très rare exception, même par les réactifs
(procédé Gasline). Quelques hiles restent douteux sur les gros
grains. Aucune strie. Transparence à peu près nulle. Croix de
polarisation bien marquée. Nombreux débris cellulaires, et
même cellules entières gorgées d’amidon. Quelques grains de
fécules étrangères (Sagou, Manioc) mais certainement accidentels.
Iode : — en solution, action énergique; — en vapeurs, colore la
farine humide en havane, la farine sèche en jaune maïs.
Potasse. — Solution 1 ; gonflement énorme et subit, puis rapide
dissolution. — Solution 2, même action moins énergique. —
La solution 3 laisse presque tous les grains non altérés, mais
montre çà et là quelques hiles; quelques grains seulement gon­
flent et éclatent.
Teinture de gayac sans action.
Caractères essentiels . — Forme polyédrique à arêtes
mousses ; — petitesse de certains grains ; — rareté du hile ;
potasse.
(1) M. Chantre, industriel lj'onnais, avait réuni dans ses multiples voyages
diverses collections scientifiques. La collection de Matière médicale a été
acquise par l’École supérieure de Pharmacie de Montpellier.

471
C o n fusions p o s s ib l e s . — Il ne peut s’établir de confusion
qu’avec le groupe du Riz. Les arêtes bien plus mousses, l’absence
du hile et surtout l’action énergique de la potasse suffiront à
distinguer du Riz et du Millet; les gruaux arrondis ou régulière­
ment ovales de l’Avoine, ainsi que la présence de l’oxydase
suffiront à distinguer celle-ci. Pour la confusion possible avec
Ipomea mammosa etCorossol, voir ces fécules.
ÉTUDE I)E QUELQUES FÉCULES COLONIALES

Arrow-root de Travancore (Fig. 17).
Arrow-root des Indes-Orientales, de Bombay, de Malabar, de Tellichery, etc.; attribué aux Curcuma leucorhiza Roxb , anguslifolia (1)
Dalz. et Gibs., rubescens Roxb., etc.
Nous avons étudié plusieurs échantillons de l’Arrow-root de
Travancore, deux venant de l’Exposition de Paris en 1900 et
étiquetés : Curcuma leucorhiza ; provinces du nord de l'Inde; un
troisième existait depuis longtemps dans les collections de notre
Ecole de Pharmacie sous le nom de Arrow-root de Travancore.
Les deux premiers, agglutinés en fragments durs, irréguliers,
légèrement teintés et assez impurs ; le troisième très blanc,
n’ayant pas cependant à la loupe les éclats brillants des fécules
de Canna.
Forme. — A l’examen microscopique ces fécules sont iden­
tiques ; elles sont formées de grains simples, ovales, avec une
pointe très prononcée à une extrémité, pointe plus marquée et
plus constante que chez la plupart des Zingibéracées. Ces grains
sont très plats, et, vus par la tranche, apparaissent comme des
cylindres étroits, allongés et plus sombres.
Dimensions variant de 10 à 15 g.. Les stries se voient faible­
ment, mais le hile n’apparaît à peu près jamais.
La transparence est tout à fait remarquable ; c’est de toutes
les fécules la plus translucide. On peut apercevoir quelquefois
quatre ou cinq grains les uns à travers les autres.
Lumière polarisée : les grains montrent une croix d’aspect
(1) C’est le C. neilgherrensis Wight

�LOUIS PLÀNCHON ET ARMAND JUILLET
472
spécial. Une seule branche est visible et s’étend sur le milieu
du grain, les autres à peine distinctes sont à l’extrémité du
grand diamètre, montrant (pie le hile est en réalité tout à l’ait
excentrique.
Iode.—Les impairs donnent à la farine humide des teintes mar­
brées gris jaune et gris pierre. La farine sèche se colore en blanc
ivoire très clair. — La solution colore fortement, même avec une
goutte.

473
C on fu sio n s po ssib les avec Gingembre, Arrow-root de SaintVincent, Banane, Dioscoréacées el Tolomane.(Voyez ces diverses
fécules.)
Les autres fécules de Zingibéracées ne sont jamais extraites à
l’état pur. Nous dirons quelques mots de celles qui pourraient
remplacer la précédente ou fournir des caractères importants à
certaines poudres condimentaires.
étude de q u elq u es fécu les colonia les

Fécule de Curcuma longa L. (Fig. 18).
Le Curcuma commercial, qu’il soit en poudre, en fragments
ou en rhizomes entiers, est à peu près toujours traité par la
chaleur au cours de sa préparation. Sur une trentaine d’échan­

F ig. 17 — Arrow-root de Travancore

Potasse.- - Réaction très énergique.Les solutions 1 et 2 gonflent
énormément et donnent une gélification immédiate. La solu­
tion 3 gonlle légèrement et accentue les stries.
La teinture de Gayac est sans action.
C aractères e ss e n t ie l s . — Forme. — Transparence très
grande. — Excentricité des stries. — Action énergique de la
potasse.

tillons examinés, les neuf dixièmes ne contenaient dans leurs
cellules que de l’empois. Nous avons vu cependant un échan­
tillon ancien de celte fécule pure (C. E) ; elle est formée de

�474
LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
grains simples, allongés et très plats, à pointe souvent marquée,
à stries en ménisque, à hile toujours invisible. Dimensions de 10
à 50hl. Action de la potasse identique à la précédente. En somme
très ditficile à distinguer de l’Arrow-root de Travancore.
Fécule de Zédoaire
Curcuma Zedoaria Rose.
Cette drogue étant fournie par des Curcuma, il est naturel
que l’amidon en soit semblable au précédent. Sous ce nom
d’ailleurs, le commerce comprend diverses choses, entre autres
la Zédoaire jaune qui est un Curcuma altéré par l’action du feu.
La Zédoaire dite ronde, la seule actuellement commerciale (et
encore l’est-elle bien peu en France) a un amidon très analogue
à celui de l’Arrow-root des Indes orientales.
Les caractères en sont les mêmes : la potasse en particulier
l’attaque immédiatement, en mettant tout d'abord en évidence le
hile et les stries, ce qui éloigne cette fécule de celles du Gin­
gembre en la rapprochant de l'Arrow-root de Travancore. Le
Gingembre a, il est vrai, des grains plus petits, un peu moins
transparents et plus réguliers de forme, mais il ne faut pas se
dissimuler, que sans la potasse, la distinction serait presque
impossible. La difficulté serait évidemment de distinguer
l’amidon de la Zédoaire de celui des autres Curcuma et de
l’Arrow-root de Travancore en particulier. Nous ne pouvons
donner de caractères bien nets : mais l’Arrow-root de Curcuma
est chaque jour plus rare dans le commerce, où le Maranta le
supplante de plus en plus. Cette difficulté est donc sans impor­
tance: et alors même que la Zédoaire donnerait une fécule au
commerce, ses propriétés et ses qualités seraient tout à fait les
mêmes que celles du Curcuma leucorrliiza.
Fécule de Gingembre (Fig. 19)
L’amidon du Zinyiber officinale Rose., répond par l’ensemble
de ses caractères à celui des Zingiberacées qu’on vient de voir.
Mais dans la plupart des échantillons, il est détruit ou profon-

475
dénient altéré par la chaleur. Intact, il est formé de grains
simples ou très rarement composés, et seulement par deux ;
de forme un peu plus arrondie que ceux du Curcuma : de
longueur assez variable suivant l’échantillon. — Dimensions :
depuis6 ^ (pour les petits grains assez nombreux), jusqu’à 45 (i.
Slries et hiles visibles seulement sur quelques rares grains.
Ce hile est punctiforme.
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

Lumière polarisée. — Elle donne une croix très peu visible, à
peine teintée de gris, et dont le point de croisement est près du
sommet du grain.
Transparence très grande, mais moindre que celle du Curcuma.
Polasse. — L’action de la solution 1 est importante, car elle
suffit à distinguer le Gingembre de tout le groupe des Curcuma.
Le gonllement a lieu cependant, mais il est très peu marqué : un
hile brillant apparaît, puis le grain se dilate à son centre, ce que

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
470
l’on voit mieux encore sur les grains placés de champ. Action
analogue, mais plus lente avec la solution 2. — La solution 3
accentue les stries ; le n° 4 n’a aucun effet.
Tous les Gingembres examinés, d’origines cependant très
diverses, répondent à cette description.
C aractères e s s e n t ie l s . — Forme relativement courte et
en pointe. — Action de la potasse.
C onfusions p o s s ib l e s . — Les mêmes que pour le Curcuma dont
il ne diffère que par des grains plus courts et une action moins
énergique de la Potasse.

ETUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

477

A rrow -root de Saint-Vincent (Fig. 20-22)
Maranta arundinacea L. (dans lequel rentre le M. indien Tuss.)
et autres probablement. — Arrow-root des Indes Orientales (Fig. 20)

La fécule de Maranta a l’aspect d’une farine blanche,
éclatante, à cri très net avec d’assez nombreux gruaux faciles à
écraser entre les doigts. Elle est très répandue dans le commerce,

F écules de Z in g ib ér a c ées

Toutes les fécules de Zingibéracées qui viennent d’être étudiées
présentent des caractères très généraux : — aspect très blanc,—
cri marqué; — grains simples;— forme générale ovale, très
aplatie, avec souvent une extrémité en pointe. — Dimensions
toujours assez grandes. — Petits grains rares presque partout. —
Stries variables, plutôt en ménisque qu’en zone bien concen­
trique. — Hile invisible ; la croix de polarisation peu nette et les
stries l’indiquent tout à fait excentrique. — Action de la potasse
variable, en général énergique.
Ces caractères, exacts pour toutes les Zingibéracées commer­
ciales, peuvent offrir dans d'autres espèces de nombreuses
exceptions.
Ainsi dans le Petit Galanga (Alpinia officinarum Hance), non
seulement les grains de la même préparation peuvent différer
beaucoup, mais parfois un même rhizome examiné sur deux
points différents donne des fécules à caractères distincts (forme
générale, dimensions, et même action de la potasse). Le poly­
morphisme des grains est plus marqué encore dans le Grand
Galanga (Alpinia Galanga Willd.), où il est tel qu’il échappe à
toute description et là aussi deux parties du même rhizome ont
des grains tout à fait différents (1).
(1) Nous ne pouvons traiter ici cette question, les galangas et les diverses
autres Scitaminées médicinales ou condimentaires ne fournissant pas de farine
commerciale et ne servant pas aux falsifications.

F ig 20. — Arrow-root provenant de Saint-Vincent

et nous avons pu par conséquent, en examiner de très nombreux
échantillons (25 à 30), ce qui nous a permis de bien affirmer la
constance de ces caractères.
Forme. — Au microscope les grains sont simples pour la
plupart, au moins en apparence (voir plus loin) ; grains irrégu­
lièrement ovales, avec une saillie latérale plus ou moins accentuée
et non constante : les plus petits plus réguliers.
Dimensions variables depuis 5 à 7 a jusqu’à 35 ou 40 : les gros
bien plus nombreux.

�478
LOUIS PLÀNCHON ET ARMAND JUILLET
Stries.— Visibles sans réactif sur les grains moyens et gros;
moins nettes cependant que dans d’autres fécules.
Hile.—U mérite une mention spéciale, car il convient de distin­
guer entre les diverses fentes que l’on aperçoit sur les grains.
1° Fente longitudinale : on peut voir souvent une petite fente
longitudinale à une extrémité : ce n’est pas un hile ; en effet, de

479
à une extrémité (cas le plus fréquent) : elle n’est jamais droite,
mais en accent circonflexe ou un peu étoilé ; c’est un hile (confir­
mation par la lumière polarisée et les zones concentriques).
La croix de polarisation est très nette, et confirme la
complexité fréquente, des grains (fig. 21).— Transparence assez
grande.
Iode. — Les solutions ont une action énergique. Par contre les
vapeurs agissent faiblement: la fécule sèche devient blanc ivoire ;
la fécule humide se teinte seulement en un gris rosé assez clair,
qui varie un peu avec l’échantillon.
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

F ig . 22. — Paquets de Fécule de Maranta arundinacea, grossis deux fois

F ig . 21. — Arrow-root de Saint-Vincent vu à la lumière polarisée

part et d’autre, visible directement ou mis en évidence par la
potasse, se montre un petit point arrondi, véritable hile, entouré
de quelques zones : ils s’agit donc d’un grain demi-composé, à
partie commune très prépondérante. Cette ligne longitudinale
peut être dans la région centrale où elle ne représente qu’une
déchirure.
2° Fente transversale. — a) Droite et au milieu du grain : elle
sépare deux hiles qu’un examen attentif permet de voir de part
et d’autre (confirmation par action de la potasse et par la dou­
ble croix depolarisation); c’est encore une déchirure. — b) Placée

Potasse. — La solution 1 détermine d’abord un léger gonfle­
ment. A ce moment les hiles apparaissent en points brillants et
arrondis, isolés dans les grains simples, placés côte à côte dans
les grains demi-composés ; puis le gonflement augmente et va,
pour quelques grains, jusqu’à la gélification. — Solution 2, même
action sur les hiles, mais gonflement à peine sensible ; — 3 et 4
sans action ainsi que la teinture de Gagne.
Nous avons vérifié ces caractères des farines commerciales sui­
des fragments de rhizomes du Maranta arundinacea. Nous les
avons retrouvés avec quelques modifications secondaires dans
de nombreuses fécules d’origines diverses, avec ou sans nom,
entre autres : — 1° Fécule d’Envers Martinique (E. C. M.) ; —
2° Bot-Hoang-tinh (1) Arrow-root, Annam Bin-Thuan ; — 3° BotBink-Tinh ; fécule d'Arrow-root, Maranta arundinacea, Cochin(1) Hoang-Tahn (Annam) Cambodge, d’après Perrot et Hurrier.

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
480
chine;—4°Dictame, Arrow-root, Maranta arnndinacea ; Guadeloupe
(échantillon C. E. ancien) —; 5° Arrow-root, Guyane, pénitencier
de Kourou ; — 0° Arrow-root des Antilles, Maranta arnndinacea,
origine inconnnue ;’ — 7° Arrow-root Madagascar E. C. M., cet
échantillon a des grains plus arrondis en général et des stries un
peu plus visibles ; enfin l’attaque par la potasse est plus énergique
et il contient un peu de Manioc ; — 8° Une fécule indéterminée

F ig. 23. — Fécule de Maranta arnndinacea du Tonkin

appelée Amidon du pays, venant de la Guyane E. C. M. ; —
9°Une autre fécule indéterminée de Madagascar E. C. M., un peu
spéciale, d’un blanc crayeux, finement grenue ; elle est attaquée
un peu plus vivement par la potasse ; les grains demi-composés
y sont plus rares ; l’ensemble des grains un peu plus gros et le
hile plus accentué.
Un de ces Arrow-root étiqueté Bot-Hoang-Tinh, Arrow-root,
Maranta arnndinacea, Tonkin (Hoag-Hoa) est intéressant surtout
par son mode de présentation au public. Cette fécule est en effet
enveloppée, sous forme de petits paquets arrondis de 15 milli­

481
mètres de diamètre, par des fragments d’un papier léger, blanc
jaunâtre, fibreux, très analogue à certains papiers d'Edgeworthia ;
ce papier déplié est rectangulaire, de 4 centimètres sur 5 ; les
angles opposés en diagonale ont été rapprochés et collés deux à
deux au-dessus de la fécule (Fig. 22). Celle-ci est agglomérée en
petits fragments blanc grisâtres; il semble qu’elle a été enfermée
humide.
Ses caractères sont ceux du A/aran/a,à stries un peu plus nettes,
à forme peut-être un peu plus irrégulière et à dimensions un peu
supérieures. Mais la principale différence est l’action de la potasse,
qui gonfle un certain nombre de grains beaucoup plus vite que
ceux de l’Arrow-root de Saint-Vincent. (Fig. 23.)
Les petits grains sont attaqués moins vite et moins profon­
dément.
Signalons encore quelques falsifications de cette farine :
Le Bot-Hoang-Tinh, Arrow-root, Maranta arnndinacea, Tonkin,
Hanoï E. C. M. est bien un Arrow-root, mais non celui de la
plante indiquée. Il est rapidement gélifié par la potasse. Il
est de plus falsifié par du Manioc.
Un échantillon Bot-Bin-Tinh, Maranta arnndinacea, Cochinchine
E. C. M. et un échantillon Moussaclie de Maranta indica Tussac,
venant de la Martinique M. C. M., sont l’un et l’autre du
Manioc pur.
C a r a c t è r es e s s e n t ie l s . — Irrégularité relative de la forme ; —
nombre des grains demi-composés; — disposition des fentes et
des hiles ; — lumière polarisée.
C o n fu sio n s p o s s ib l e s . — Avec les Curcuma. — Grains à trans
parence beaucoup plus grande, à forme plus longue et plus
plate, d’aspect spécial vus par la tranche; ils disparaissent
immédiatement par la potasse. — Le Gingembre offre les mêmes
différences, sauf la dernière.
Avec la Tolomane.— Cette fécule a des dimensions énormes,
peu de grains demi-composés, pas de fentes. Gélification intense
et complète par la potasse.
Avec la Banane. — Fécule de forme irrégulière ; n'a pas
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
482
de grains demi-composés ; est attaquée par la potasse d’une
façon spéciale.
Avec la Pomme de terre. — Formes en écaille d’huîtres ; à
hile très excentrique ; pas de fente; dissoute instantanément par
la potasse n° 1.
Avec les Dioseorea. — Pas de fente, pas de grains demi-com­
posés, grande transparence, action énergique de la potasse,
Raphides.

ETUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

Fécule de Tolomane (Fig. 24).

Arrow-root du Queensland, des Indes Orientales, de la NouvelleGalle du Sud. Fécule de tous les mois, etc.

Fournie par divers Canna (coccinea Mi 11., indica L., edulis
Iver. Gawl., etc.)
Cette fécule est trop connue pour qu’il soit nécessaire de s’y
arrêter très longuement. Les échantillons examinés provenaient
pour la plupart de laMarlinique, soit par l’Exposition coloniale,
soit par le Musée colonial. Un autre, identique d’ailleurs, acheté
au commerce sans origine géographique, avait une couleur
légèrement rosée. Cette fécule est normalement très blanche,
criant fortement sous le doigt. Les grains sont presque tous
simples ; quelques demi-composés très rares.
Forme en général ovale, très aplatie, presque toujours avec
une gibbosité plus ou moins marquée sur le côté dans la région
voisine du hile.
Dimensions — Très grandes et caractéristiques. Une des fécules
les plus volumineuses; 20 ^ au moins pour les plus petits grains
(rares); les gros atteignent 110; on en a signalé de 130 et plus.
Étalés sur une lame de verre, les grains brillants sont visibles à
l’œil nu.
Hile. 1oujours très excentrique et généralement peu visi­
ble ; punctitorme, arrondi. Très rarement linéaire.
Stries. Toujours très visibles sans réactif; autant que dans
la fécule de Pomme de terre, mais moins courbées.
Transparence très grande. — Belle croix de jiolarisation.

F ig . 24. — Fécule de Tolomane

483

�484
LOUIS PLANCIION ET ARMAND JUILLET
Iode. — La solution colore en bleu azur avec une goutle, en
bleu violet avec trois gouttes. — Les vapeurs donnent une teinte
rose saumon à la fécule humide et crème très clair à la farine
sèche.
Potasse. — Les solutions 1 et 2 gélifient rapidement et complè­
tement ; les solutions 3 et 4 accentuent les stries et font appa­
raître plus ou moins le hile.
Teinture de Gayac sans action.
C aractères e s s e n t ie l s . — Forme ; — dimensions; — hile;
— stries ; — potasse.
C onfusions po ssib l e s . — Déjà les dimensions distinguent
cette fécule de toutes les autres, sauf quelques amidons de
Palmiers bien différents, mais la ressemblance est surtout avec
la fécule de Pomme de terre qui a les mêmes caractères organo­
leptiques, dont les dimensions sont très grandes, et que la
potasse attaque vivement ; cependant la forme est différente, en
écailles d’huitre, sans gibbosité ; les stries sont plus concen­
triques et le hile plus visible. En outre, la Pomme de terre
montre, en plus des grains demi-composés, quelques rares
grains composés. La Tolomane n’a que des grains demicomposés et d’ailleurs rares.
L’Arrow-root de Saint-Vincent a des dimensions bien moindres,
des grains demi composés liés spéciaux, des fentes, un hile par­
ticulier; il offre plus de résistance à la potasse.
Les Dioscorea ont des grains de forme plus ou moins triangu­
laires, pas de grains demi-composés, des stries peu distinctes et
des raphides.
Les Curcuma ont une transparence considérable, des grains
opaques (vus par la tranche), des dimensions moindres.
Mêmes différences pour le Zingiber., avec en plus une assez
grande résistance à la potasse.
Les Bananes offrent un plus grand polymorphisme de grains ;
pas de hile, gonflement spécial par la potasse.

ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

485

Fécule de Bananes (fig. 25)
Les fécules que nous avons examinées sous le nom de Musa
n’avaient pas de détermination spécifique. Nous les avons iden­
tifiées par comparaison avec la fécule retirée de bananes fraîches
encore vertes ; ces produits étaient au nombre de sept, cinq pro­
venant delà Martinique, sous le nom de farine de Bananes (Musa
sp.) E. C. M.; une autre de Madagascar, côte Sud-Ouest, province
de Tulear E. C. M. (1).
Fécule en poudre blanc grisâtre avec nombreuses et fines mou­
chetures noires ; aucun cri sous le doigl.
Forme. — Grains presque tous simples, irrégulièrement ovales,
allongés, aplatis, très souvent tordus ou réniformes, ou en
crosse, en bâtonnet, etc.
Hile.— Presque toujours invisible, mais la direction des stries
montre qu’il peut se trouver dans la grande comme dans la
petite extrémité.
Stries : — Parallèles ; leur netteté varie suivant les grains.
Dimensions. — 30 jlen moyenne ; depuis 5 a jusqu’à GO.
Lumière polarisée. — Croix assez nette, branches parfois
sinueuses.
Transparence. — Assez grande.
Iode. — Les solutions agissent énergiquement. — Vapeurs.
Farine humide violet rosé ; farine sèche jaune crème.
Potasse. — La solution 1 gonfle beaucoup ; une ligne brillante
axile apparaît, bientôt étalée en une large surface centrale
(1) Sous le nom de fa rin e de T a y o v e G uya ne E . C. .1/., nous avons eu une
farine jaunâtre, légèrement grenue, qui ne provenait certainement pas du
C o lo ca sia e sc u le n ta , qui est le Tayove delà Guyane. 11 est probable qu’il y a
eu erreur de nom. Cette fécule, dont les grains sont en général simples et
allongés, irrégulièrement ovales, a des caractères extérieurs, microscopiques
et microchimiques, qui sont à peu près identiques à ceux des M usa. - Une
fa rin e de B a n a n e de la G u y a n e E. C. M. était de la farine de Manioc accom­
pagnée de diverses fécules étrangères et contenant une très faible proportion
de fécule de Bananes.
Ann. du Musée col. de Marseille. — 2e série, 7e vol. 1909.

31

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
486
gélifiée, entourée par un bord réfringent ; mais pas de disso­
lution complète. — La solution 2 montre souvent un hile sous
forme d’un gros point brillant. — Les numéros 3 et 4 ont le
même effet plus atténué.
Teinture de Gayac sans action.

F ig .

25. — Fécule de Bananes

C aractères e ssen tiels : polymorphisme des grains ; — mode
d’attaque par la potasse ; — absence du hile.
C o n fusions po ssib le s : elles peuvent se faire avec les fécules
de forme ovale et sans facettes. — Avec la Pomme de terre, la forme
et l'action de la potasse suffisent. Avec le Canna, on invoquera la
différence de taille et aussi l'action de la potasse. — h'Arrow-root
de Saint-Vincent différera par ses fentes particulières et ses
grains demi-composés spéciaux (voir Maranta).— Les Zingibéracées ont une transparence caractéristique et des grains vus de
profil en forme de bâtonnets. — Enfin la forme triangulaire des

487
Dioscorea et leurs raphides les fera aussi reconnaître facilement
(v. Dioscorea p. 491).
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

Fécule de Kabija. (Fig. 26).

Tacca pinnatifida Forst.
Sous le nom sakalave de Kabija et sous le nom hova de Tavolo
nous avons étudié une fécule venant de l’Exposition coloniale de
Marseille (Madagascar) et.préparée à Majunga par M. Perrier de
la Batliie, qui ajoute comme renseignement que ce produit pour­
rait être fourni en grande quantité par l’Ambongo, au prix de
300 francs la tonne, rendue au port d’embarquement (1).
Nous avons rapporté cette fécule au Tacca pinnnatifida Forst.
qui donne au commerce, surtout anglais, le produit appelé
Arrow-root de Tahiti ou de Williams, ou encore fécule de Pia ; à
vrai dire, certains ouvrages classiques (2) donnent de la fécule
de Tacca une description et des figures différentes de ce que nous
avons vu et dessiné, et, en particulier, attribuent aux grains une
dimension plus grande et une forme plus ou moins régulière,
sans aucune facette. Mais, d’une part, le nom de Tavolo ou de
Tavoiitou est indiqué dans bien des livres, comme le nom du
Tacca à Madagascar, et celui de Kobitso (bien voisin de Kabija)
désigne aussi la même plante dans ce pays. Dans une letlre à
M. Heckel, M. Jumelle indique cette dernière dénomination, et
ajoute qu’il existe dans le nord-ouest de File un Kobitso dolo qui
serait le Tacca umbrarum Juin, et Per.
D’autre part, la fécule du Tacca est décrite par Soubeiran (3)
(1) Nous avons eu aussi deux échantillons sous la dénomination de : pécule
les caractères étaient identiques au Kabija,
sauf sur un point d’ailleurs assez important et qui nous laisse quelques doutes :
c’est que ce produit contenait quelques raphides, isolées et rares sans doute, mais
volumineuses, tandis que dans le Kabija (est-ce le hasard des préparations?)
nous n’avons pu, malgré des examens multiples, en apercevoir aucune. 11 est
vraisemblable cependant que ces raphides existent, mais évidemment très
rares; et ce caractère ne peut pas entrer en ligne de compte, d’autant plus
que nous n’avons pu voir ces raphides même dans des coupes de tubercules.
(2) Tschirch et Œsterle, A n a to m isc h e r A tla s der P h a rm a co g n o sie.— Villiers
et Collin, T ra ité des fa lsific a tio n s .
(3) É tu d e m ic ro g ra p h iq u e de quelq ues fécu les. Thèse Paris, 1853.
in d éte rm in é e de M a d a g a sca r, dont

�488
LOUIS PLANCHON HT ARMAND JUILLET
et aussi par Gu ibon ri (1), comme présentant des facettes, et les
figures qu'en donnent ces auteurs, bien que très petites, se rap­
prochent de la nôtre.
De plus, un échantillon étiqueté Fécule d'igname (Dioscorea, sp.)
Kabija, Nossi-Bé, Madagascar E. C. M., répond tout à fait au pro­
duit de M. Perrier de la Bathie. Il y a évidemment erreur de
dénomination botanique, mais le nom de Kabija confirme la
détermination.
La vérification a encore été faite au «moyen d'un fragment de
tubercule venant du Musée colonial de Marseille et dont les
caractères sont identiques.
Un autre fragment de tubercule de l’herbier de l’Institut de
botanique de Montpellier (2), offrait un amidon très distinct des
ligures deTscliirch et de Collin, et seulement analogue à celui du
Tacca pinnatifida que nous décrivons, mais bien comparable
cependant, et se distinguant surtout par une taille un peu
moindre, un nombre un peu plus grand de grains à apparence
sphérique, des petits grains bien plus nombreux un hile à
ramifications fines et arborescentes. Peut-être y a-t-il là une
simple différence d’âge, ou peut-être aussi d’espèce, puisque,
comme on l’a vu, un autre Tacca se trouve à Madagascar.
Ajoutons cpie nous avons reçu de M. Heckel un tubercule
d’une espèce africaine, le Tacca iiwolucrata, dont l’amidon, avec
la forme générale de celui du T. pinnatifida avait des dimen­
sions beaucoup plu s petites et se rapprochait de l’exemplaire du
Jardin des Plantes.
Pour toutes ces raisons nous considérons notre produit
comme pur et comme fourni par le Tacca pinnatifida type.
Fécule d’aspect très blanc, avec quelques grumeaux. Cri très
marqué.
Au premier coup d’œil, au microscope, on pense à une fécule
de Manioc et la distinction reste difficile. Grains simples rares ;
ceux qui paraissent sphériques montrent souvent des facettes
si l’on fait varier le point. Grains composés, tous séparés les uns
(1) H istoire n a tu relle des d rogues

sim p les.

(2) Récolté par M. Estève, à Porto-Novo, le 20juillet 1903 et déterminé par
M. Daveau. Le collecteur le dit très amer, même après ébullition.

489
des autres, d’où absence de ces grains jumeaux si fréquents
dans le Manioc. I es tout pet its grains sont relativement rares et
polyédriques avec un côté convexe. Les gros grains en cloche,
largement évasés, sont très abondants et rarement rétrécis à
leur base (différence avec les grains similaires du Manioc) ;
beaucoup sont irréguliers et présentent de multiples facettes.
ÉTUDE I)E QUELQUES FÉCULES COLONIALES

Fig. 20. — Fécule de Kabija (Tacca

p in n a tifid a )

Dimensions : les petits, peu nombreux, ont 7 u., la grande masse
15 à 25. Ceux de 30 sont rares.
Hile ; presque partout visible, en étoile de trois à cinq bran­
ches ; quelques fois en fente. Rarement punctiforme.
Stries : bien visibles sur les gros grains et régulièrement
concentriques, au moins près du hile. Transparence relative­
ment assez grande, bien que les grains ne soient point aplatis.
Lumière polarisée : donne une croix assez nette; les grains sont
brillamment éclairés.

�490
LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
Iode : coloration énergique par les solutions.— Vapeurs : à sec,
teinte blanc crème ; humide, de couleur violet légèrement rosé.
Potasse : action nette mais non très rapide ; la solution 1 attaque
et gonfle ; la disparition totale a lieu en vingt minutes environ.
Le Manioc, attaqué aussi, garde de petits grains intacts. Les
solutions 2 à 4 ne donnent rien. Il faut pour obtenir une attaque
immédiate arriver à la solution E.
Teinture de Gaijac : sans action.
C aractères e s s e n t ie l s . — Polymorphisme ; — grains en
cloche ouverte ; — grande analogie avec le Manioc.
C onfusions po ssir l e s . — C’est une difficulté réelle que de
distinguer celte fécule des autres produits du groupe Manioc
(Cycas, Amorplwphallus, Arum, Patate), et tout spécialement du
Manioc lui-même. La résistance à la potasse pourrait servir ;
mais la différence est trop faible et, d’ailleurs, on a vu que les
divers Maniocs varient à cet égard. La présence de raphides
constatée serait précieuse, mais on vient de voir que l’un des
échantillons en contient très peu, et l’autre pas du tout.
Force nous est de nous rabattre sur l'aspect général des grains,
sur leur séparation constante, la rareté des petits grains (1),
l’existence de quelques grains assez gros, la forme ouverte des
gros grains en cloche, la multiplicité des facettes et l’accentua­
tion des stries, c’est-à-dire sur des caractères dont chacun est
en soi peu important,mais dont l’ensemble donne une impres­
sion assez nette si l'on est un peu exercé.
Une préparation type servant de comparaison sera fort utile.
On sera frappé, dès l’abord, de la taille plus grande des grains
de Tacca, dans l’ensemble.
La distinction avec le Cijcas se fera par les màcles d’oxalate ;
(voy. Cycas) ; — avec les Arum, par la potasse (voy. Arum) ; la
Patate est un peu plus attaquée par la potasse, et surtout un
grand nombre de petits grains qui sont bien plus rares dans le
Tacca, d’où différence d’aspect de la préparation (voy. Patate).
(1) La fécule appelée Siokoro et rapportée par nous à un Manioc a aussi
très peu de petits grains. (Voy. Manioc).

ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

491

Fécules de Dioscoréacées

Parmi les nombreusesespèces d’ignames cultivéesdansles pays
chauds, nous avons pu étudier les suivantes:
Dioscoreaalala, L. (divers échantillons venant de la Martinique
ou d’autres régions.)
Dioscorea trifida L. (ou fécule de Cousse-couche de la Marti­
nique).
Dioscorea eburnea Lour. (fragments de tubercules venant du
Musée colonial, deux échantillons).
Dioscorea sp. (échantillon de l’école de Pharmacie de Paris).
Dioscorea divaricata Blanco (Dioscorea Batalas Dcne.) (racine
fraîche d’un jardin de Montpellier et du jardin botanique de
Marseille (1).
Fécule d’ignam e (Fig. 27)

Dioscorea alata L. L’Exposition coloniale de Marseille nous a
fourni sous le nom de Dioscorea alata une fécule provenant de
la Martinique et à laquelle nous avons pu rapporter plusieurs
autres échantillons d’origines diverses. Celte fécule est blanche
très légèrement jaunâtre, finement granuleuse et crie un peu
sous le doigt.
Grains presque tous simples.
Forme : allongée ovoïde ou subarrondie,à base souvent aplatie
sans qu’il s’agisse pourtant d’une facette de grain composé. Les
grains ont ainsi une vague silhouette d’obus ; ils sont très plats ;
la plupart ont sur un des côtés une gibbosité plus ou moins
(1) D’autres produits sous les mêmes noms étaient plus ou moins falsifiés.
Nous avons vu aussi : — un tubercule de D. sp. nova du Dahomey (M.C.M.) à
gros grains de fécule altérés, probablement sous l’action d'un champignon dont
les spores abondaient dans la drogue— tubercule de D. Japonica Thuub.
du Japon et un de D. Fargesii Franch. de Corée, tous deux du Musée colonial
et tous deux très petits, dans lesquels les grains d’amidon étaient différents et
de taille bien plus faible que dans les autres Dioscorea. Nous en négligerons
l’étude, les tubercules étant beaucoup ti'op jeunes et lafécule non commerciale.

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
492
marquée, formant parfois une véritable pointe et rendant le grain
irrégulier.
Dimensions : varie entre 20 et 70 ^ ; petits grains relativement
rares.
Hile peu ou pas visible.

Fig. 27. — Fécule d’igname

Stries visibles avec un peu d’attention.
Transparence réelle, moindre cependant que les Ano&gt;v-root
proprement dits.
Croix de polarisation très nette.
Il existe des raphides volumineuses mais presque toujours peu
nombreuses et qu’il faut parfois rechercher avec soin.
Iode. — La solution colore énergiquement : presque noir avec
trois gouttes ; le dépôt de la fécule colorée se fait très rapidement.
— Les vapeurs teintent en violet mauve la farine humide et en
jaune paille la farine sèche.

493
Potasse. — Les solutions 1 et 2 amènent un gonflement énorme
et rapide, puis gélifient le grain, dont cependant les contours res­
tent longtemps visibles. La solution 3 fait apparaître le hile
comme un point brillant.
Teinture de Gayac, sans action.
C a r a c tèr es e s s e n t ie l s . — Forme allongée ; — gibbosité ; —
raphides ; —transparence ; — action de la potasse.
A ce type nous rapporterons les produits suivants : Pécule
d'igname, Dioscorea sp. Martinique!*,. C. M.(deuxéchanlillonsdont
l’un renferme une assez forte proportion de Manioc). — Fécule
d'igname Martinique E. C. M., renfermant aussi un peu de
Manioc mais peut-être par accident.
Enfin, sous le nom de Farine d'igname, Dioscorea, sp. Guyane
nous avons eu un produit se rapprochant beaucoup du Dioscorea
alata ci-dessus décrit.
Il en diffère par les points suivants : aucun cri; gibbosité
moins fréquente; quelques grains allongés avec fente longitudi­
nale ; stries plus nettement visibles; éléments étrangers plus
nombreux ; surtout résistance à la potasse bien plus grande.
C’est certainement un Dioscorea, mais probablement pas l'alata.
Cet échantillon est d’ailleurs falsifié par du Manioc et du Riz. On
verra plus loin, à la fin des Dioscoréacées, les caractères essen­
tiels du groupe.
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

Fécule de Dioscorea eburnea Lour. (Fig. 28)

Bien qu’elle soit commerciale, nous n’avons vu cette fécule que
dans des fragments de tubercules venant du Musée colonial ; ces
fragments, en rondelles circulaires, étaient bruns à l'extérieur,
blancs intérieurement, à surface mamelonnée.
Forme. — Grains simples: triangulaires pour la plupart, soit
en triangle à angles mousses et à côtés légèrement courbes, soit
en forme d’obus plus ou moins allongé ou surbaissé. Très plats et
très transparents.
Dimensions— 10 à 60 p.. — Hile invisible. — Stries souvent peu

�LOUIS PLANCIION ET ARMAND JUILLET
494
distinctes, d’ordinaire parallèles au bord inférieur, et s’incurvant
un peu aux extrémités. — Croix de polarisation très nette.
Raphides abondantes dans certaines préparations, grosses et
en paquets volumineux.

F ig .

étude de quelques fécules coloniales

495

Fécule de Cousse-Couche (Fig. 29)

La Fécule de Cousse-Couche, Dioscorea trifida L. Martinique(1),
que nous a donnée l’Exposition coloniale, a un aspect finement
granuleux, une couleur blanche très légèrement jaunâtre et un
toucher talqueux. Grains tous simples.

28. — Fécule de Dioscorea eburnea

Potasse. — La solution 1 étale le grain et en fait disparaître les
zones, tout en lui laissant sa forme. — Solution 2, même action,
moins intense. — Solution 3, agit peu.
Teinture de Gayac sans action.
C aractères e ss e n t ie l s . — Régularité de la forme; — transpa­
rence; — disposition parallèle des stries; — action particulière de
la potasse. Celle-ci suffirait à distinguer cette fécule des autres
Dioscorea.

F ig . 2 9 .—

Fécule de Cousse-Couche

Forme. — analogue à d’autre Dioscorea ; triangulaire ou en
obus à pointe très émoussée; mais la plupart des grains sont
asymétriques et ont un côté presque droit, parfois concave.
Hile invisible.—Stries invisibles aussi, sauf peut-être sur
quelques grains.
Sous le nom de farine de Cousse-Couche, Canna-edulis Martinique, E. C. M.,
nous avons une fécule qui présente tous les caractères de la fécule de Tolomane (voy. .Tolomanc Canna coccinea). Le nom Cousse-Couche a été mis là
probablement par erreur.

�496

LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET

Dimensions : — de 10 jusqu'à 65 tx; les plus nombreux ont 35 à
50 (i. Grains légèrement aplatis et de transparence assez grande.
Croix de polarisation nette.
Raphides rares mais volumineuses.
Iode:— la solution donne une couleur lilas avec une goutte,
violet intense avec trois gouttes ; — les vapeurs colorent la fécule
sèche en blanc crème, la fécule humide en havane très clair.
Potasse. — Les solutions 1 et 2 gélifient instantanément avec
gonflement énorme, mais sans dissolution complète. La solu­
tion 3 montre le hile en point brillant.
Teinture de Gaijac sansaction.
Ces caractères ont été retrouvés dans quatre échantillons de la
Martinique, dont trois venaient de l’Exposition coloniale et un
du Musée colonial. Tous renfermaient du Manioc et deux en
proportion très forte.
C aractères e ss e n t ie l s . — L’asymétrie des grains est ici le
point spécial à mettre en relief ; — absence de stries. — Par les
autres caractères, (forme, transparence, action de la potasse),
cette fécule se rapproche des autres Dioscorea.
Fécule d’igname de Chine
Dioscorea divaricatu Blanco. Dioscorea Batalas Dcne
Nous l’avons étudiée dans des tubercules provenant, les uns
d’un jardin des environs de la ville, les autres du Jardin bota­
nique de Marseille.
Les grains ont les caractères des Dioscorea ; mais on est frappé
tout de suite, de la différence de leurs dimensions bien plus
petites dans celte espèce (10 à 30 ;x maximum). Le hile, bien que
peu accentué, est plus fréquemment visible.
Stries très peu marquées.
Croix de polarisation très nette.
Potasse.— Solution 1 attaque rapide; gonflement et défor­
mation instantanés ; mais la disparition n’est jamais complète.
— Solution 2, action analogue moins intense.-- Solution 3 presque
rien.

497
C aractères essentiels . — Petitesse relative des grains —
fréquence plus grande des hiles.
ETUDE DE QUELQUES FECULES COLONIALES

Fécules de Dioscorea divers.

Nous avons pu, en dehors des fécules commerciales, examiner
les tubercules suivants :
1° Igname,Dioscorea oppositifolia L., PondichéryE. C. M. — Gros
tubercules, coupés en rouelles dé 5 à 7 centimètres de diamètre,
à surface mamelonnée par la dessication.
Fécule semblable à celle des Dioscorea en général, de dimen­
sion intermédiaire entre eburnea et divaricata. Forme peut-être
moins triangulaire. Parait avoir été chauffée.
2° Hoaï-son (Annam). Dioscorea Japonica Th uni). Indo-Chine,
Importation chinoise du Tchili E. C. M. En bâtonnets blancs jau­
nâtres, soigneusement mondés. Fécule du type Dioscorea, bien
triangulaire, à grains à peu près égaux, mais un certain nombre
déformés, sans doute par dessiccation au feu;
3° Huaï-shan. Dioscorea satiua L. Chili. Collection Chantre. — '
Racine cylindrique, mondée, jaunâtre; à amidon déformé par la
chaleur; quelques grains ont un hile ou une fente longitudinale.
La proportion des petits grains est assez grande.
A utre fécule d’igname (Fig. 30).

Les collections de l’Ecole de Pharmacie de Montpellier renfer­
ment une farine blanche, très légèrement teintée, formée de
petits fragments anguleux, durs mais friables, étiquetés : Dios­
corea sp. et provenant de l’École de Paris.
Forme. —Cette fécule est formée de nombreux grains simples,
très analogues de forme à ceux des Dioscorea précédemment étu­
diés, c’est-à-dire vaguement triangulaires, à angles mousses ou
plus ou moins ovales, ou encore en obus assez réguliers. Mais à
côté d’eux se trouvent de très nombreux grains composés, la plu­
part assez petits, réunis par groupes de 3 à 5 grains, soit sous
forme de petits gruaux irréguliers, soit le plus souvent en série
simple ou en double série alternante.

�498
LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
Hile : — est presque toujours invisible — Stries souvent peu
distinctes.
Dimensions : — en général bien plus faibles dans l’ensemble
que celles des autres Dioscorea. 50 pi. maximum ; en moyenne 12
à 80. Les petits grains varient de 5 à 7 p.. Aucun n’est très petit.
Quelques grains sont déchiquetés et un peu déformés, sans doute
par la chaleur.

ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

499

Teinture de gayac sans action.
Il est permis de se demander si dans cette fécule les petits
grains composés, égaux et d’aspect si particulier, n’appartiennent
pas à une fécule étrangère. Cependant, l’action de la potasse sur
eux, la présence aussi de quelques grains composés plus gros
servant d’intermédiaires, font plutôt croire à la pureté du pro­
duit. Dans ce cas, celui-ci est facile à distinguer des autres Dios­
corea. Par ses gros grains, en tout cas, il appartient certainement
à ce genre.
Beaucoup de fécules commerciales de Dioscorea sont plus ou
moins falsifiées; nous pouvons citer par exemple :
1° Bot-cu-caï-do fécule d’igname, Dioscorea purpurea Roxb.,
Tonkin, Hanoï. Echantillon altéré contenant Manioc, Riz,
fécules diverses, mais aucune trace d’igname.
2° Bot-cu-caï-trang. Dioscorea alata L. var. alba. Fécule
d'igname, Tonkin, Hanoï. C’est un mélange de Riz et de quelques
grains assez rares d’autres fécules (Palmiers?)
3° Même étiquette pour un échantillon altéré ne contenant que
du Riz.
4° Dioscorea oppositifolia L. Pondichéry M. C. M.; Manioc avec
quelques grains d’une autre fécule.
5° Fécule d'igname. Dioscorea sp. Kabidja, Nossi-bé, Madagascar
E. C. M. C’est du Tacca pinnatifida (v. Tacca p. 487)
F écules de D ioscorea

Transparence assez forte.
Croix de polarisation nette, multiple chez les grains composés.
Nous n’avons pas vu de raphides.
Iode. — Solution colore énergiquement.— Vapeurs ne colorent
la farine sèche qu’en gris très clair ; la farine humide devient
violet bleu.
Potasse. — Solution 1 et 2 très actives; tous les grains gon­
flent énormément sans éclater cependant. La solution 3 agit très
peu.

Nous pouvons essayer de donner maintenant la formule géné­
rale des fécules de Dioscorea. Pour cela, il faut insister sur les
points suivants :
Dimensions des grains, assez gros, en moyenne 25 à 40 tx,
n’excédant pas 70. Petits grains rares à deux exceptions près.
Forme vaguement triangulaire, souvent en obus et aplatie,
d’où : transparence assez grande.
Absence de grains composés (sauf dans une variété).
Hile invisible sans réactif (sauf une exception).
Stries très peu distinctes.

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
500
Croix de polarisation très nette.
Action énergique de Viode et ordinairement énergique de la
potasse, sans que les grains disparaissent complètement.
Rapliides volumineuses, mais rares.
Si maintenant nous cherchons à distinguer entre elles les
quelques lëcules d'igname que nous venons d’étudier, nous
pourrons le faire de la façon suivante :
D. alata. — Forme plus allongée, gibbosité.
D. eburnea. — Résistance plus grande à la potasse. Forme
générale bien triangulaire.
I). trifida. — Asymétrie des grains, absence de stries.
D. diuaricata. — Petitesse relative des grains : fréquence plus
grande des hiles.
Dioscorea sp. (P. 498). — Polymorphisme et complexité de
nombreux grains.
Il faut aussi chercher à distinguer ce groupe de fécules des
divers amidons de forme plate et ovale et sans facettes. On peut
le faire en quelques mots :
Tolomane : taille très grande des grains,—stries très marquées,
— quelques grains demi-composés.
Pomme de terre : forme en écaille d’huître, — stries et hile,
nets, —quelques grains composés et demi-composés.
Banane : polymorphisme des grains.
Maranta : grains demi-composés spéciaux, — fentes, — plus
grande résistance à la potasse, - transparence moindre.
Curcuma : très grande transparence,— grains très plats vus
quelquefois parla tranche, — pointe plus accentuée.
Aucune de ces fécules n’a de rapliides.
Beaucoup d’autres Dioscorea (aculeala L.&lt;/tabra Roxb.,Japonica
Thunb., nummularia Lam., tomentosa Koenig ; etc.) que nous
n’avons pas eu l’occasion de voir, fournissent des fécules com­
merciales dont les caractères sont sans doute ceux de l’ensemble
du groupe. —

ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

501

Fécule de Sagou (Fig. 31 à 33)

Le Sagou est fourni au commerce par diverses espèces du genre
Metroxglon (= Sagus). Mais d’ordinaire l’originespécifiqueexacte
n’est pas indiquée, et le produit constitue sans doute un mélange.
Nous prendrons comme type une fécule existant depuis long­
temps dans les collections de l’école de pharmacie et étiquetée :

Farine de Palmier Sagou (Sagus), Bornéo, produit brut du premier
lavage. Envoi de M. Itier. C’est une fécule d’aspect plâtreux,
légèrement jaunâtre, assez fine, à cri très net.
Grains simples (fig, 31) ou composés, presque toujours séparés ;
très souvent de petits grains latéraux sont accolés aux gros grains,
ou ont laissé leur empreinte sous forme d’une facette. Quelques
grains sont déformés par la chaleur.
Forme ovale arrondie, à base présentant un ou, plus rarement,
A n n . d u M usée col. de M arseille.

— 2« série. 7« vol. 1909.

32

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
502
deux pans coupés ; parfois des fentes irrégulièrement disposées
indiquent la complexité de quelques grains.
Dimensions — ordinairement de 30 à 45 pu, rarement 60 ; rare­
ment aussi petits grains à partir de 7 p..
Hile — tantôt invisible, tantôt en fente, tantôt en étoile.
Stries — généralement très nettes, surtout autour du hile.
Transparence — faible.
Lumière polarisée dévoilant souvent la complexité des grains
(Fig. 32)

F ig .

32.

—

503
Heures résistent un peu, puis laissent sortir, commedes hernies,
de petites sphères ou des hémisphères plus ou moins rayonnées
et correspondant, semble-t-il, à des noyaux de formation à
l’intérieur du grain, si bien qu’un grain simple apparail alors
comme composé. D’autres fois de petites sphères bien formées
s’échappent de l’utricule constitué par le grain primitif fortement
gonflé. (Fig. 33)
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

Fécule de Sagou vue à la lumière polarisée

Iode.— La solution agit plus énergiquement qu’avec les autres
Palmiers ; une goutte teinte en bleu de Prusse. — Les vapeurs
colorent la fécule sèche en jaune paille et la fécule humide en
havane clair.
Potasse.— La solution n° 1 agit d’une façon spéciale. Les grains
gonflés prennent des aspects étranges, qui paraissent en rapport
avec leur complexité. De la grande variété des formes, on peut
dégager le type suivant : une fente en étoile se creuse au centre
du grain, qu'elle sépare en segments inégaux; les zones exté-

F ig. 33. — Fécule de Sagou traitée par la potasse n° 1

Cette même action plus lente se retrouve avec la solution 2;
la solution 3 attaque surtout les grains déjà altérés par la
chaleur. — La solution 4 a peu d’action.
La teinture de Gaijac ne donne rien.
C aractères essentiels , forme des grains ; — troncatures ; —
action de la potasse n° 1.
Confusions possibles . — Avec le groupe du Manioc, la taille

�504
LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
plus grande, l’absence de grains en véritables cloches courtes
distinguent déjà au premier coup d’œil. Le mode de composi­
tion des grains, l’action de la lumière polarisée et surtout delà
potasse enlèveraient Ions les doutes s’il pouvait en rester.
(Pour la distinction avec les autres Palmiers, voir à la fin du
Chapitre.)
Une fécule étiquetée Sagou et provenant des collections de
l'Ecole de Paris est en gros granules blanchâtres, plus ou moins
marbrés de brun, inégaux et durs ; l'amidon offre le même type,
mais beaucoup plus déformé par la chaleur.
Un autre échantillon du commerce français, appelé Sagou des
Indes, est formé de granules sphériques demi-transparents, avec
un point opaque, mélangés avec de petits grains irréguliers,
rappelant de tous petits granules de Tapioca. C’est un Sagou
assez typique, dont l’amidon est un peu déformé, avec un bile
plus ou moins dilaté ou éclaté, et des stries devenues moins
nettes.
Dans le commerce le Sagou est très falsifié. Nous avons pu le
constater sur trois échantillons : 1° Bot-ban-len, Gros Sagou,
Sagus Rumphii Willd. Cochinchine (E. C. M.), en granules régu­
liers, arrondis, vitrifiés, très durs, avec une tache friable,
crayeuse sur un point, se ramollissant dans l’eau ; c’est du
Manioc déformé par la chaleur. — 2° Bot-ban-nho, Pelit Sagou,
Sagus Rumphii (Willd.) Cochinchine (E. C. M.) ; ce n’est qu’un
diminutif du précédent. — 30 Sagou ; Sagus sp. M. C. M. : par
tous ses caractères, c’cst un Sagou de Manioc ordinaire.

505
Grains simples, demi-composés et composés ; ces derniers,
libres ou encore associés par 2, 3, ou même plus.
Forme. — Variable ; en général irrégulière, plus ou moins
ovale, mais avec des courbes diverses; tronquée quelquefois en
arrière; çà et là des facettes, traces de petits grains accolés aux
grands. Ces grains à section plus ou moins circulaire roulent
souvent dans la préparation.

Fécule de Borassus flabellifer L (Fig. 34-36)

Dimensions. — Depuis le grain minuscule de 3 u jusqu’à 55 u.
Les plus nombreux se tiennent aux environs de 30 u.
Hile. — Punctiforme, souvent en fente ou en étoile, bien visible
et clair ; parfois, et dans le même organe, le hile a l’aspect éclaté
sans qu’il y ait eu compression : ce caractère perd donc ici de
son importance. Dans les grains composés, il existe souvent une
ligne de séparation nette, sombre et droite, qu’il ne faut point
confondre avec un hile.

(B. flabelliformis Murr.).

Deux: échantillons de cette fécule (Fig. 34) venant de Pondi­
chéry étaient purs et provenaient certainement de l’espèce indi­
quée, car nous en avons retrouvé les caractères sur des frag­
ments de la [liante venant du Musée colonial. Cette fécule
commerciale a l'aspect de plâtre blanc fin, crie légèrement sous
le doigt et offre un toucher talqueux.

ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

F ig . 34. — Amidon de Borassus flabellifer

�506
LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
Stries — Bien visibles sans réactif, loul spécialement près
du hile.
Croix de polarisation, —Bien visible, à branches étroites et un
peu sinueuses ; elle révèle la complexité de grains qui parais­
saient simples, et donne un aspect assez bizarre à l’ensemble de
la préparation (Fig. 35).
Transparence assez marquée.

F ig .

35. — Amidon de Borassus flabellifer, vu à la lumière polarisée

Raphides très rares.
Iode. —Action relativement faible. — En solution la teinte est
bleu pâle avec une goutte, bleu verdâtre avec trois. —Les vapeurs
ne donnent à la farine humide qu’une teinte grise légère­
ment violacée ; la farine sèche devient d’un jaune lycopode.
Potasse.— La solution n° 1 agit assez; le hile devient brillant et
forme souvent sur legrain une fente longitudinale arborescente;
les grains composés se révèlent bien ; quelques grains éclatent

507
sans se dissocier, d’autres, plus rares, se gélifient. — La solution
n° 2 agit plus faiblement ; les autres très peu ou pas du tout.
Teinture de Gaijac sans action.
C a r a ctèr es e s s e n t ie l s . — Morphologie du grain ; — varia­
bilité du hile ; — action des vapeurs d’iode et de la potasse n° 1.
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

F ig .

36. — Autre Amidon de Borassus

C o n fusions po ssib les : seulement avec fécules du groupe des
Palmiers. (Voir fin du chapitre).
Un échantillon venant de l’Exposition de 1900 (Indes anglaises)
et étiqueté : Sagou de Caryota urens L. Coog. Indes présentait au
microscope des caractères identiques à ceux des fécules de
Borassus flabellifer. C’est un produit de couleur terreuse avec
nombreux grumeaux durs, s’écrasant difficilement entre les
doigts et criant sous la pression ; il ne parait pas avoir subi
l’action du feu, malgré sa dénomination de Sagou (Fig. 36).

�508

LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET

Fécule de Caryot (Fig. 37 à 41)

Caryota urens L.
Nous avons eu sous ce nom deux échantillons identiques
et évidemment de même origine ; l’un provenant de 1Expo­
sition coloniale, est appelé Bot-Moc, Caryota urens L. Haylang (Tonkin) ; l’autre étiqueté Caryota urens,Indochine,vient du
Musée colonial (1).
Cette fécule (Fig. 37) est de couleur cannelle claire, assez douce
au toucher, mais non talqueuse.
Grains simples ou souvent demi-composés.
Forme.—Très irrégulière et cependant caractéristique ; presque
toujours très allongée. L aspect dominant, mais avec de nom­
breuses variantes, est en navette avec tendance à la tonne cylin­
drique. 11 est remarquable que certains grains ont, sans l’action
d’aucun réactif, une coloration jaune plus ou moins uniforme.
Dimensions. — Quelques grains n’ont que 10 à 12 ^ ; mais la
plupart atteignent 50 à 70 et quelques-uns sont démesurés, jus­
qu’à 160 ix suivant le plus grand axe.
Hile.— Bien visible, en fente rayonnante et arborescente rappe­
lant parfois celui des Légumineuses. D’une extrémité du hile
partent souvent de très fins rayons qui traversent les stries
concentriques, bien visibles aussi. Très fréquemment une fente
accentuée sépare les hiles à l’intérieur d’un grain demi-composé.
Lumière polarisée. — Elle donne des aspects très étranges et
fort intéressants. Les croix très irrégulières à branches étroites
et sinueuses, révèlent souvent par leur nombre la complexité
d’un grain qui paraissait simple (Fig. 38).
Transparence. — Moyenne ; nombreux éléments étrangers (2).
Iode. — Teinte légèrement rosée avec une goutte de solution.
Vert bleuâtre avec trois gouttes. — Vapeurs : comme toutes les
(,1) On vient de voir que Je Sagou de Caryota urens de l’Exposition de 1900
doit être rapporté au Borassus
(2/ Hess (Zeitschr. der œsterr. apoth. Ver. 44-25, d’après Pliarm. Journ.)
indique des raphidcs que nous n’avons pas vues ; mais qui doivent exister
car nous en avons vu dans la plante vivante,

ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

509

�510

LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET

ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

511

farines de Palmiers, celle du Caryota est peu sensible à ce réactif ;
humide, elle devient gris verdâtre ; à reflets violacés, avec de
nombreuses mouchetures jaunes, brillantes (débris cellulaires);
sèche, elle est havane très clair, teinte qui n’est point modifiée
par 1addition d’eau, contrairement à ce qui se passe pour les
autres farines.
Potasse.— Les solutions n#sl et 2 amènent un gonflement assez
fort et accentuent remarquablement les zones concentriques qui

F ig . 39. — A m id o n d e C a r y o ta u r e n s t r a i t é p a r la p o ta s s e n ° 1

I'iG. 38.

Amidon de Caryota urens, vu à la lumière polarisée

se détachent, s’élargissent, se séparent pendant qu’une fine
striation rayonnante se montre dans la région extérieure de
chacune d’elles (Fig. 39). Cette action spéciale est encore marquée
avec la solution n°3, et aussi, bien que plus lente et bien moins
forte, avec le n° 4 ; mais même avec le n# 1, il n’y a jamais disso­
lution complète.
Teinture de gayac. — Sans action.
C ar a ctèr es e s s e n t ie l s . — Forme. — Dimensions. — Stries.

�L O U IS P L A N C H O N E T A R M A N D J U IL L E T
512
— Action de l’iode surtout. — Action de la potasse et de la
lumière polarisée.
(Voir plus loin pour la distinction avec les autres Palmiers).
Dans des pétioles de Caryota urens du Jardin des Plantes de
Montpellier, la fécule diffère du type précédent surtout par les
dimensions ; mais l’irrégularité des grains, la tendance à la
forme cylindrique, la netteté des stries l’en rapprochent beau­
coup. Cette fécule est accompagnée dans la feuille d’un grand
nombre de raphides, très grandes et très belles, souvent en
paquets.
La lumière polarisée et la potasse produisent les mêmes effets
que sur la farine commerciale.
Comme différence il faut encore noter que le bile est peu
visible et que le grain n’est pas parcouru par ces fentes rami­
fiées si communes dans la farine du commerce ; mais on peut
remarquer que si l'on chauffe un peu cet amidon, la déchirure
apparaît : il est très probable que la farine commerciale doit être
desséchée au-dessus d’un feu doux, qui donne au grain de fécule
son aspect sans le déformer.
A utre fécule de pa lm ie r . — Sous le nom de Bot-bang, Sagou,
Sagas Rumphii, Tonkin, Kaobang ? (Fig. 40) nous avons examiné
une fécule blanc légèrement rosé, à grains simples et demicomposés.
Forme. — Assez polymorphes, en poire, en bâtonnets souvent
courbes ou sinueux, parfois d’aspect étrange, et sans aucun pan
coupé. Petits grains relativement rares ; les gros atteignent
00 à 80 |jl.
Hile. — Punctiforme, parfois fendu et de teinte rose. Stries
très visibles, assez irrégulières, formant souvent deux ou trois
zones parallèles à la surface, et des lignes empilées dans la
partie centrale.
Croix de polarisation. — Irrégulière, mais moins que chez
d’autres Palmiers. — Raphides nombreuses très volumineuses.
Iode. — Rien de spécial pour la solution ; — les vapeurs teignent

étude

de

quelques

fécu les

c o l o n ia l e s

513

en gris très clair la farine sèche, en violet mauve la farine
humide.
Potasse. — Les solutions nos 1 et 2 gonflent énormément, en
donnant un aspect remarquable : les couches concentriques
semblent se séparer les unes des autres et se marquent de stries

F i g . 40. — A m id o n d e

Palmier. — Caryota?

�514

LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET

perpendiculaires à leur surface, tandis que le centre du grain
semble disparaître. La gélification est cependant rarement com­
plète. La solution 2 agit presque autant que 1 ; — les solutions
3 et 4 avec moins d’intensité.
La teinture de Gayac ne donne rien.
En somme, ce Sagou est certainement une fécule de Palmier ;
peut-être vient-elle d’un Meiroxylon, mais nous sommes bien
plutôt tentés de la rapprocher de celle du Caryota urens.

515
lignes entrecroisées, brillantes ; le bord est très brillant aussi ;
— avec la solution 3, les grains sont un peu altérés, et quelques
lignes de déchirure partent du hile ; — enfin la solution 4 accentue
seulement les stries.
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

9

Fécule de P alm ier sp. (Fig. 41).

C’est certainement dans le groupe des Palmiers et probable­
ment dans le voisinage des Caryota que doit être rangée une
fécule de l’Exposition coloniale de Marseille, étiquetée par erreur
Bot-hot-sen, Nelumbium indicum, Cochinchine. Ce produit est
formé de fragments anguleux très friables, de couleur nankin,
et donnant un cri marqué.
Grains simples ou composés ; ceux-ci ordinairement séparés,
et souvent à base étalée.
Forme. — Très irrégulière, très variée, rappelant un peu les
Sagou; ordinairement en cloche évasée à la base.
Dimensions. — Quelques petits grains rares n’ont guère que
Ü ; la plupart 20, 40 et jusqu’à 60.
Hile. — Bien visible, punctiforme ou le plus souvent étoilé.
Stries. — Bien apparentes et caractéristiques par leur disposi­
tion en ligne irrégulièrement ondulée, comme tremblée, ce qui
rend la croix de polarisation irrégulière. —- Transparence
moyenne.
Oxalate de chaux assez abondant, soit en mâcles, soit en
paquets de raphides longues et minces.
Iode. — Une goutte de solution donne un bleu très pâle, trois
gouttes une teinte vert olive.— Vapeurs.
Potasse. —La solution n° 1 gonfle beaucoup mais lentement, les
contours restant bien marqués ; — la solution 2, plus intéressante,
accentue d’abord les stries qui disparaissent ensuite d’ordinaire,
tandis que le centre du grain, légèrement gonflé, est parsemé de

F ig . 41. — Amidon de Palmier sp.

La teinture de Gayac n’agit pas.
C a r a c t è r e s e s s e n t ie l s .— Forme ; — étalement de la base ; —
stries ; — cristaux ; — potasse (surtout n° 2).

�516

LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET

Farine de Phænix sp. (Fig. 42)

Sous le nom de Bot-dao. Sagou, Phænix sp. Tonkin (ThaïNguyen) (E. C. M.), nous avons reçu une fécule blanc jaunâtre
légèrement granuleuse à petits gruaux friables, à cri très léger.
Les grains sont simples ou plus rarement composés.

F ig. 42. — Amidon de Phænix

Forme. — Très variée, le plus souvent allongée, parfois même
cylindrique, en navette, en fuseau, en bouteille, et dans ce cas,
le hile est à la grosse extrémité. Quelques grains de Manioc
sont mélangés au produit.
Dimensions. — La plupart ont 35 à 40 &lt;j. ; mais il existe de
nombreux grains tout petits et quelques gros très rares de 80
à 90 lit. Il existe aussi des grains tout à fait irréguliers présentant,

517
en dehors des zones concentriques normales» des saillies plus
ou moins marquées, souvent dépourvues de zones.
Hile. — Bien visible punctiforme ou en très petite étoile.
Slries. — Bien apparentes sans réactif; les stries extérieures
parallèles à la surface du grain ; les zones centrales empilées en
ménisques.
On voit souvent la ligne longitudinale arborescente, si fré­
quente chez les Palmiers, et très souvent aussi la ligne nette qui
sépare les hiles dans les grains demi-composés. Quelques
raphides brisées et volumineuses.
Transparence assez forte.
Croix de polarisation analogue à celle des autres Palmiers, à
longues branches étroites, montrant bien les grains demicomposés.
Iode. — La solution donne un gris bleu avec une goutte, un
bleu verdâtre foncé avec trois gouttes. Vapeurs : farine humide,
violet mauve accentué; farine sèche reste blanc ivoire très clair.
Potasse. — Les solutions 1 et 2 amènent un gonflement général.
Les zones s’accentuent et prennent une striation transversale,
tandis que le grain s’allonge et que le hileacquiert une teinte un
peu rosée. Quelques grains sont tout à faitgélifiés. Le gonflement a
toujours lieu de la même façon, et montre les stries des parties
renflées plus ou moins circulaires, tandis que celles de la région
étroite sont empilées les unes sur les autres. — La solution 3
accentue seulement les stries. —Le n° 4 n’agit pas.
La teinture de Gayac est sans effet.
Cette fécule que malheureusement nous n’avons pu rapporter
à une espèce déterminée,et dont nous acceptons,sans vérification,
l’attribution à un Phænix, se distingue assez bien des autres
fécules de Palmiers, malgré son polymorphisme. En effet, elle a
une forme fréquente en bouteille, des prolongements en crête
latérale, et un gonflement un peu particulier par la potasse. Elle
ne contient aucun grain jaune comme le Caryota ; elle est plus
irrégulière que celle du Borassus et moins que celle du Caryota.
Cette même fécule s’est rencontrée deux fois à l’Exposition
coloniale sous des étiquettes fausses.
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

Ann, du Musée col. de Marseille. — 2e série, 7e vol. 1909.

33

�518
LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
1° Bot-cu-san-day. fécule de Paclujrrhizus. P. luberosus(Tonkin,
Hanoï).
2°Bot-bi-dao. Fécule de Courge. Cucurbita Pepo (Tonkin-Hanoï).
Sous le nom d Arenga saccharifera Labill.,nous a été donné une
fécule (venant de l’Indo-Chine E. C. M.) blanc jaunâtre et qui
renfermait, en elTet, quelques grains d’un amidon de Palmier,
ressemblant un peu à celle de certains Metroxylon ; mais la
grande masse de l’échantillon était formée de Manioc et
d’amidon de Légumineuses.
F écu les de P alm iers

De l’étude des divers amidons de Palmiers que nous avons
eus entre les mains, se dégagent, semble-t-il, les caractères
communs qui suivent :
Ces amidons sont généralement très variés de forme. Ils sont
irréguliers et dans l’ensemble allongés, avec parfois tendance à
la forme cylindrique ; jamais très petits, ils sont souvent de très
grande taille.
Les grains sont simples, demi-composés ou composés, mais
ces derniers restent rarement réunis.
Le hile est souvent à la grosse extrémité. Il est, comme les
stries, presque toujours bien accentué.
La croix de polarisation, toujours bien marquée, a des bran­
ches souvent sinueuses, caractéristiques, et met en évidence la
complexité de certains grains.
Les raphides, très souvent grosses, peuvent manquer dans bien
des cas.
La potasse a une action énergique. Les solutions 1 et 2, en par­
ticulier, accentuent très fortement les stries, qui semblent se
séparer et présentent elles-mêmes une striation perpendiculaire
à leur surface : ce caractère manque dans le Sagou.
Ces fécules sont peu sensibles aux vapeurs d'iode.
Enfin, elles ne renferment pas d’oxvdase.
Ces caractères sont assez spéciaux pour qu’il soit inutile d'in­
diquer les différences qui les distinguent d’autres fécules qui ne
sauraient être confondues avec elles.

519
Mais si nous voulons distinguer les uns des autres les divers
Palmiers étudiés, nous voyons qu’au milieu de leurs caractères
communs, ils ont leur individualité, que l’on peut facilement
préciser.
Sagou ordinaire : forme générale arrondie — facettes posté­
rieures — action de la Potasse 1.
Sagas Ramphii? et Caryota urens : dimensions — longueur et
polymorphisme des grains — lumière polarisée — potasse 1.
Borassus: nombre des grains composés et demi-composés —
— lumière polarisée — potasse.
Phænix ? — forme générale irrégulière — crête latérale —
potasse 1 — petits grains assez nombreux.
Palmier sp. ; disposition ondulée des stries — cristaux —
potasse 2.
ÉTUDE DE QUELQUES PÉCULES COLONIALES

F é c u les d ’A r o ïd é e s

Les Aroïdées peuvent fournir par leurs tubercules diverses
fécules que l’industrie ou l’alimentation emploient quelquefois.
A ce point de vue, les genres principaux sont : Colocasia, Amorphophallus, Arum.
Ces fécules se divisent en deux groupes morphologiques : l’un
n’a que des grains extrêmement petits; l’autre, par son aspect
général, se rattache au type Manioc. Les deux formes peuvent se
rencontrer dans deux espèces du même genre et peut-être dans la
même espèce (?) (I).
Nous avons considéré comme entrant dans le cadre de nos des­
criptions tous les produits dont le nom figurait sui des étiquettes
de fécules commerciales, et nous avons cherché à contrôler
les caractères observés au moyen de tubercules entiers ou frag­
mentés. Malheureusement, surtout quand il s’agit de parties de
tubercules, on est en droit d’hésiter sur l'authenticité des détermi­
nations,en particulier dans un groupe où la synonymie est parfois
complexe. Aussi prendrons-nous comme type la fécule retirée
(1) Si les détermination? de nos échantillons sont exactes (Voy. Colocasia
antiquorum).

�520
LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
directement des tubercules de plantes que l'on trouve à l'état de
culture dans nos jardins : Colocasia esculenta Scholt, Amorpliophallus Rivieri DR., Arum macnlatiim L. et A. Draconciilus L.
La description répondra donc à la réalité. Après chacun de ces
types, nous décrirons les fécules inscrites sous le même nom de
genre, quelles que puissent être leurs différences morphologi­
ques, mais en faisant d’avance nos réserves sur des détermina­
tions que nous n’avons pu contrôler.
Fécule de Chou caraïbe (Fig. 43).
Colocasia esculenta (t) Schott
Étudiée d’après des tubercules frais arrachés dans un jardin
de la ville.

(1) Colocasia antiquorum Schott. — Arum esculenlum L. — Caladium esculenlum Veut. Nous conservons le nom (te Colocasia esculenta, très répandu,
parce que la fécule de C. antiquorum examinée par nous était très différente,
bien que les deux espèces soient considérées comme n’en formant qu’une.
Nous aurions eu des confusions qu’il était nécessaire d’éviter en acceptant
deux espèces.

521
Etaient identiques les fécules venant des échantillons sui­
vants : Arum esculenlum L., M. C. M ; — Colocasia sp. M. C. M. ;
— Colocasia esculenta Schott M. C. M.; — Colocasia esculenta
Schott de l'Inde (collection Chantre).
La fécule parfois légèrement colorée en café au lait, a des grains
extrêmement petits, de 1 p. à 1 p. 1/2, séparés ou réunis en gruaux
irréguliers pouvant atteindre 25 p. de diamètre.
Dans les tissus de la plante (Fig. 43), ces grains de fécule sont
réunis en petits groupes ovales ou arrondis qui remplissent les
cellules au nombre de dix ou quinze et plus par cellule, et qui
ont pu donner l’impression de grains simples, surtout si on exa­
mine à l’état frais, alors que la réfringence du suc cellulaire
empêche de bien distinguer les granules polyédriques composant
les groupes. Ceux-ci sont bien visibles dans les tubercules secs&gt;
même fort anciens. Si l’on écrase ces groupes en appuyant sur
le couvre objet, tous les granules unis se séparent et la prépa­
ration devient remarquablement homogène ; enfin, sur des
tubercules frais et très jeunes, l’amidon est en granules si fins
que le réactif iodé est nécessaire pour en indiquer la nature.
Forme. — Les grains normaux sont irrégulièrement arrondis
ou polyédriques, mais à angles peu marqués. — On ne voit ni
hile (1) ni strie, ni croix de polarisation.
Transparence très faible. Raphides volumineuses mais rares.
Coloration bleu noir par l’iode en solution.
La potasse n° 1, est sans action ; même les solutions A et B ne
montrent rien de sensible, mais C commence à gonfler les grains
isolés, et les gruaux eux-mêmes disparaissent dans la solution E.
La teinture de Gayac démontre bien la présence d’une oxydase,
même après plus d’un an de conservation.
C a r a c t è r e s e s s e n t ie l s : — ténuité des grains ; — résistance
à la potasse ; — raphides.
C o n f u s io n s p o s s ib l e s . — La fécule qui s’en rapproche le plus
par ses dimensions est YAmorphophallus Rivieri avec lequel le
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

(1) Cependant, à un très fort grossissement il semble qu’un hile apparaît,
mais il reste douteux.

�522
LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
Colocasia constitue un groupe spécial. Elle s’en sépare par la
plus grande ténuité et l'homogénéité de ses grains.
Cette ténuité extrême suffit à la distinguer de tout le groupe du
Riz, comme aussi d’autres Colocasia dont il sera question plus
loin.
Fécule d'Alocasia indica Schott (Fig. 44).

O
0
OO0

O

0 DO

O0

0
0 oo
0e’
o / C’o
O
0

o

o

o

&lt;=C

0

O
0
&lt;P

&gt;o0V
\
4
°

c0
&gt;O0

Sous le nom de Colocasia indica, nous avons une fécule, en un
petit échantillon ancien sans indication d’origine, provenant de la
collection de la chaire de pharmacie de notre école. Ce doit être
sans doute le C. Indica Kunlh (= Alocasia indica Schott.) des
Indes orientales et de Malaisie, plutôt que le C. indica Hassq.
de Java.
Cette farine blanc-crème, à toucher grumeleux et talqueux, a,
à première vue, tous les caractères du Riz, par ses granules
séparés (pour peu que la préparation ait été comprimée), par
ses dimensions, etc.
On ne voit ni hile, ni stries.
Raphides isolées et assez volumineuses.
L’iode donne une coloration gris bleu avec une goutte et bleu
très foncé avec trois gouttes de solation.
La lumière polarisée montre une croix sur les plus gros grains,
mais seulement avec les Niçois croisés à 45°. A 90° tout disparaît.
Potasse. — Les solutions ordinaires n’agissent pas ; la solu­
tion A très peu ; B lentement aussi; C amène une gélification
rapide ; E gélifie immédiatement et fait disparaître les grains.
C a r a c t è r e s e s s e n t ie l s . —Petitesse des grains ; —action de la
potasse ; — raphides.
C o n f u s io n s p o s s ib l e s . — Celte fécule constitue par ses dimen­
sions un terme de passage entre les Aroïdées à grains minimes
(Colocasia esculenia, Amorphophallus Rivieri) et tout le groupe
du Riz.
Ses dimensions (2 à 7 p.) suffisent à la séparer des premiers.
La difficulté et en même temps l’intérêt, est dans la distinction
avec le Riz. On invoquera : —l’existencede raphides —lesdimen-

523
sions des grains dont laplupart sont plus petitsqueceux duRiz —
l’absence du hile même parles réactifs —le mouvement brownien
des petits grains (il est vrai que les petits grains duRiz l’ont
quelquefois, mais à un degré moindre). -- Enfin, avec la
solution potassique C, les grains d'Alocasia indica disparaissent
presque totalement au bout de cinq à six minutes ; tout au
moins la gélification est elle très avancée: dans les mêmes condi­
tions le Riz a ses grains gonflés, mais parfaitement visibles.
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

û

°

a

»

° c

^

O

Q

0

O0
o

F ig. 44. — Amidon de Alocasia indica

Pour la distinction avec la fécule appelée Kduoch Svet (voyez
ci-après) :
Sous le nom de Arum indicum Lour (1), Bot-Doc-Can-Ha.
Tonkin(Hanoï) E. C. M., existe une fécule decouleur café au lait et
décomposition complexe, renfermant : 1° desgruaux identiques à
(1) C’est VAlocasia indica Schott, Colocasia indica Ivunth. Même espèce que
ci-dessus.

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
524
ceux du Colocasia esculenta, mais assez distincts de ceux du C.
Indien : 2° des grains de fécule comparables à ceux qu’on verra
plus loin sous le nom de Arum serpentaire ; 3° d’autres grains
nombreux qu’on peut rapporter au Manioc ; 4° des raphides
venant des Colocasia et des màcles assez rares, qui pourraient
faire croire à une fécule de Cycas, mais dont la présence
s’explique, car les coupes de Colocasia esculenta en offrent quel­
ques-unes.

(?) Scliott (Fig. 45).
Cette espèce est le type auquel on rapporte ordinairement le
Colocasia esculenta Scliott. ( Caladium esculentum Vent, ou
Arum esculentum L.) Nous avons eu des tubercules de ce nom
provenant de l’Afrique occidentale, Côte d’ivoire, E.C.M.; ils
sont napiformes, marqués de franges circulaires et très farineux.
La fécule a des grains d’Aroïdées, mais très différents des deux
espèces précédentes, et qui entrent bien plutôt dans le type
Manioc (1). Ces grains sont composés, très souvent réunis en
gruaux; très variables de dimensions, depuis 1 p. jusqu’à 15ou 17,
et aussi de forme, tantôt ressemblant au Riz, tantôt au Manioc,
dont on trouve les grains en cloche. Nombreux groupes de 2 à
4 ou plus, formant un ensemble arrondi ; très souvent aussi un
gros grain est flanqué de plusieurs petits ou moyens.
Hile. — Souvent étoilé, n’est visible que sur les gros grains.
— Aucune strie. — Transparence faible.
Lumière polarisée montre une croix nette sur quelques gros
grains brillamment éclairés ; les autres, gros ou petits ont une
croix visible, mais assez peu distincte. — Il existe des raphides.
Potasse. — La solution 1 gonfle légèrement et lentement ; —
n° 2: action à peine sensible. — Le gonflement ne devient rapide
qu’avec C et D. — E gélifie complètement et très vile.
Par la forme de ses grains on pourrait croire, si elle n’était
pas retirée directement d’un tubercule, que cette fécule est un

525
mélange de Manioc et de Riz. Comme on le voit, il ne faut pas
se hâter de conclure à des falsifications.
Un échantillon intitulé fécule de Choux Caraïbe (Colocasia
esculenta Scliott), venu de la Martinique (E. C. M.) ; un autre
étiqueté Chou Caraïbe : Xanthosoma saqittæfolia Scliott (Marti­
nique), sont tout à fait semblables à la description ci-dessus. Ce
sont des fécules très blanches, très fines, à toucher un peu gra­
nuleux puis talqueux, criant un peu sous le doigt, montrant des
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

Fécule de Colocasia antiquorum

(1) La différence est sigrande entre cette fécule et celle du C. esculenta ci-dessus
décrit, alors que les deux espèces n’en forment qu’une en réalité, que nous
conservons des doutes sur l'exactitude de la détermination,Erreur d’étiquette ?

F ig . 45. — Amidon de Colocasia autiquorum

grains de toutes dimensions, de 1 à 20 &lt;x, dont les uns rappellent
les petits grains de Colocase et les autres, ceux du Manioc, avec
parfois comme eux, un hile étoilé. L’absence totale de raphides
est le seul point qui nous laisse un doute et nous empêche
d’identifier complètement ces échantillons avec le Colocasia
antiquorum.
Mais il devient alors très difficile d’affirmer qu'il n’a pas été
ajouté de Manioc. On ne peut guère en somme s’appuyer que

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
526
sur les points suivants : —forme anguleuse des petits grains; —
plus forte proportion de petits grains ; — nombreux petits
gruaux arrondis; — association d’un gros grain avec des petits ;
multiplicité des facettes sur les grains en cloche.
Fécule

de

Kduoch-Svet

(Fig. 46)

Coloeasia sp. ? ?
Sous ce nom, accompagné de l’indication : fécule de Manihot
utilissima, Cambodge, E. G. M., nous avons eu deux farines
commerciales d'aspect tout particulier; ce sont de petits lam­
beaux chiffonnés, tordus, très irrégulièrement comprimés, blanc
légèrement crème ; à cassure facile, blanche et poussiéreuse.
L’aspect est celui d’une pâte étalée humide, puis déchirée en
fragments et repliée sur elle-même.
Malgré l’étiquette, ce n’est pas là du Manioc (1). On peut s’en
assurer au premier coup d’œil :
Aucun grain simple.
Forme : tous les grains composés libres sont anguleux, de
2à4 jx, semblables absolument à ceux du Coloeasia Indica ;
les autres sont réunis en petits gruaux ovoïdes de 12 à 25 et
même 35 p. ; tout à fait semblables aux gruaux caractéristiques
de l’Avoine.
Hile et stries. — Invisibles même avec les réactils. — Croix de
polarisation très difficilement visible.
Transparence à peu près nulle. — Pas de raphides.
Iode. — Vapeurs : teinte blanc sale, un peu ivoire sur la farine
sèche ; violet rosé sur la farine humide. — La solution colore
énergiquement.
Potasse. — Action énergique et importante ; les solutions 1 et 2
gonflent et font éclater presque instantanément les grains isolés,
qui conservent quelque temps leurs contours, mais prennent
des angles très aigus ; les gruaux éclatent aussi en gonflant
(1) Le nom de Kduoch désignerait en Cambodgien le Manihot utilissima,
d'après Perrot et Hurrier. (Matière médicale et Pharmacopée Sino-Anuamites).

527
leurs grains. La solution 3 agit encore, mais lentement; — la
solution 4 est à peu près inactive.
C a r a c t è r e s essentiels : forme ; — absence de hile et de
raphides ; — action de la potasse.
Nous sommes embarrassés pour assigner à cette fécule une
place certaine dans la classification : par l’ensemble de ses
caractères, par ses dimensions, elle se rapproche beaucoup de
YAlocasia indica, mais il semble qu’on ne peut, en tout cas, faire
ÉTUDE DE QUELQUES FECULES COLONIALES

F ig . 46.

— Amidon de Kduoch-Svet

d’identification, car l’action de la potasse est différente et on ne
rencontre dans le Kduoch-svet aucune raphide : il se peut d’ail­
leurs qu’il s’agisse d’une Aroïdée voisine, bien que l’absence de
raphides laisse planer un doute. Mais il est permis aussi de
rapprocher ce produit delà fécule d'Ipomea mammosa : ici c’est
surtout la taille qui diffère, Ylpomea atteignant de 10 à 12 ix
tandis que le Kduoch-svet ne dépasse pas 6 ix : tous les autres

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
528
caractères concordent : la potasse est cependant un peu plus
énergique sur Ylpomea.
Confusions possibles . — Pour distinguer cette fécule de
YAvoine à laquelle elle ressemble aussi beaucoup, on se servira
de la potasse n° 3; cette solution attaque l’Avoine, mais assez
lentement; au bout de cinq ou six minutes les grains d’Avoine
gonflés ont encore leur forme, tandis que les grains du Kduoch-svet
ont complètement disparu. Il faut ajouter que : — les grains sont
un peu plus petits que ceux de l’Avoine;— ils sont plus réguliers
de dimensions ; — aucun n’est triangulaire ; — les gruaux sphé­
riques sont plus petits que dans l’Avoine ; — enfin, la teinture
de Gayac n’agit pas, tandis qu’elle décèle l’oxydase de l’Avoine.

DR.
Prenons comme type des Amorpliophallns, l’A. Rivieri DR.
(Fig. 47), étudié sur les tubercules vivants de nos jardins. L’ami­
don de cette plante est en grains très petits, de 1 ou 2 &lt;x rarement
Fécule d’Amorphophallus R ivieri

529
5 ou 6; groupés en gruaux arrondis à l’intérieur des cellules, mais
le plus souvent isolés dans la préparation.
Forme assez arrondie. — Ces stries sont invisibles. — Le hile,
petit et punctiforme n’apparaît qu’en employant les réactifs et
l’immersion. Les gruaux sont analogues par leur forme générale à
ceux des Colocasia, mais un peu plus petits : 10 à 15 &lt;x sur 5 à 10.
La lumière polarisée ne donne pas de croix, ce qui contribue à
rendre le hile douteux.
Quelques raphides très fines, d’autres volumineuses plus
rares.
Les solutions d’iode colorent souvent mal les grains. Il suffît,
dans ce cas, de modifier le point pour que la coloration appa­
raisse : c’est d’ailleurs le cas pour d’autres farines très fines.
Potasse : la solution 1 agit très lentement ; — A et B agissent
bien ; — avec E tout disparaît.
La teinlure de Gayac décèle une oxydase sur le frais.
C aractères essentiels ; -- forme et dimensions des grains,
— action de la potasse.
C onfusions possibles : avec Colocasia esculenta dont les grains
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

so n t p lus tén u s et p lus hom ogènes.

Fécule d’Am orphophallus campanulatus Bl. (Fig. 48)

F ig .

47. — Amidon d’Amorphophallus Rivieri dans les cellules
de la plante

Comme les Colocasia, les Amorphophallus ont deux types de
fécule : l’A. campanulatus, bien différent de l’epèce précédente,
rentre dans le type Manioc. Nous avons étudié cette espèce sui­
des fragments de tubercules venant du Musée colonial. Ces
fragments étaient irréguliers, brun clair, à surface rugueuse.
La fécule est formée de très rares grains simples et de nombreux
grains composés, libres ou associés par 3 à 5.
Forme : toujours au moins un côté arrondi et un certain
nombre de facettes.
Dimensions : depuis 3 ijljusqu’à 10 à 12, et pour les gruaux, de20
à 22 jx.
Aucune strie. — Quelques hiles étoilés.

�530
LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
Croix de polarisation assez nette.
Transparence faible : on peut, cependant deviner le grain
inférieur d’un gruau à travers les antres.
Raphides fines et courtes.
Iode : — La solution colore en gris bleu avec une goutte, en
bleu noir avec 3.

531
d’aspect plâtreux et crie légèrement sous le doigt. Grains compo­
sés presque tous séparés ; en général, à peu près isodiamétriques.
Dimensions variables : de 3 p. à 25 (x, souvent beaucoup plus
grandes que les autres espèces.
Stries et hile punctiforme rarement visibles.
Croix de polarisation très apparente. — Raphides nombreuses,
volumineuses et isolées.
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

F ig . 49.— Amidon d’Amorphophallus sativus
F ig . 48. — Amidon d'Amorphophallus campanulatus

Potasse. — La solution 1 gonlle seule quelques grains, mais
seulement après deux heures de contact.
De ces deux types d'Amorphophallus nous pouvons maintenant
rapprocher, en les comparant, les fécules commerciales dont
nous avons des échantillons.
1° A.satiuus Bl. Pondichéry P. C. M., 2 échantillons (Fig.49). —
Cette fécule, qui appartient au second type, est cependant assez
différente de VA. campanulatus ci-dessus étudié : elle est blanche,

La potasse agit plus fortement que chez les autres (solutions 1
et 2) mais encore bien peu.
Cette fécule appartient certainement à une Aroïdée, mais nous
n’avons pu examiner de tubercules authentiques de l’A. satiuus.
Il faut rapprocher des A. satinas et campanulatus qui viennent
d’être décrits, un échantillon de tubercules étiqueté Arum serpen­
taire, Arum Dracuntium (1)IndochineE. C. M. Cette fécule, tout en
(1) Probablement Dracuntium pour Dracuncuhis ?

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
532
conservant le type Arum, diffère de celle de la Serpentaire (voir
plus loin) et se rapproche de VA. saiivus (forme des grains ;
raphides réactions, etc.) —Les hiles sont seulement un peu plus
marqués (Fig. 50).
2° Amorphophallus (sans nom d’espèce), de Madagascar E.
C. M. Cette fécule présente tous les caractères microscopiques et
microchimiques du Manioc. Pas de raphides.

533
de les rapprocher des Arum, dont il nous reste à parler main­
tenant.
(Voir pour la distinction des Aroïdées entre elles et avec le
groupe Manioc, à la fin des Aroïdées.)
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

(Fig. 51j.
Arum Dracunculus L. (Drucuncuhis vulgaris Scliott.)
Nous prendrons comme type la fécule retirée d’un tubercule
cultivé dans nos jardins.
Fécule d’Arum Serpentaire

Fig . 50. — Amidon d'Amorphophallus saiivus

3° .4. campanulatus (Pondichéry) E. C. M. mélange complexe;
peut-être un peu d’une fécule d’Aroïdée, mais surtout Sagou,
Arrow-root, et probablement aussi Manioc.
En somme, le seul Amorphophallus dont nous puissions affir­
mer l’authenticité, est le A. Riuieri avec ses petits grains en
gruaux. Le second type représenté par le A. campanulatus peut
fort bien exister réellement; dans ce cas, il constituerait, au point
de vue de son amidon, une deuxième forme bien distincte de la
première ; mais il se peut aussi qu’il s’agisse de fragments mal
étiquetés ou mal déterminés, et dans ce cas, nous serions tentés

F ig .

51. — Amidon d'Arum Serpentaire

Comme pour beaucoup d’autres Aroïdées, on est frappé de la
ressemblance qu’offre dès l’abord cette fécule avec celle du
Manioc : cloches à pans coupés, grains jumeaux, etc. Nous
n’insisterons donc sur la forme que pour faire la distinction
des deux fécules à la lin du chapitre.
Ami. du Musée col de Marseille. — 2« série. 7c vol. 1909.

34

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
534
Dimensions : 4 à 22 [j..
Lumière polarisée donne une croix très nette.
Potasse. — Actiou énergique : la solution 1 attaque vivement ;
les grains se gonflent rapidement, et plus tard se gélifient parfois
en éclatant à partir du centre ; quelques-uns disparaissent entiè­
rement. — La solution 2 n’est qu'un peu plus lente dans son
— action 3 agit encore ; 4 n’agit plus tout.
La teinture de Guyac donne une réaction rapide.
Déjà ces deux réactions suffiraient à établir la distinction avec
le Manioc et tout son groupe {Tacca, Patate, Cijcas, etc.); nous
y pouvons ajouter encore que :
1° Les grains composés restent unis par 2 à 5 en gruaux mame­
lonnés ou arrondis (il est vrai que nous étudions un tubercule).
2° Le hile, rarement punctiforme, est d’ordinaire en étoile, très
gros, d'aspect éclaté;
3° Il existe de nombreuses raphides, isolées, en paquets ou
brisées ;
4° Les stries ne sont visibles que sur quelques grains excep­
tionnels ;
5° Tous les gros grains sont composés;
6° L’impression générale de la préparation est celle d’un
ensemble de grains polyédriques. Pour le Manioc, l’impression
est nettement celle d’un ensemble de grains arrondis.

Un échantillon d’Arum serpentaire acheté au commerce sous
forme de rondelles rappelant celles des racines de Manioc,
montre un amidon qui ne diffère du précédent que par des
dimensions un peu plus grandes, des hiles un peu moins éclatés,
et quelques grains déformés qui semblent avoir subi l’action du
feu.
Trois échantillons venus sous le même nom générique n’étaient
autre chose que du Manioc. Ils étaient dénommés :

535
Me-santran, fécule de Taro, Arum Draconlium (1) (Cambodge,
Pnom Penh).
— Bot-ban-ha, fécule de Taro. Arum Draconlium (Annam,
Binh-Thuan).
— Bot-Khoaï-Mon, féculede Taio. Arum Indicum(Annam, BinhThuan).
C a r a c t è r es e s s e n t ie l s . —Nombre des hiles fortement étoilés.
— Association en petits gruaux. Attaque par la potasse. —
Oxydase. — Raphides.
Des tubercules appelés Arum Draconlium, Indo-Chine (E.C. M.)
sont dus à une espèce voisine, différente par sa résistance à la
potasse. Cet amidon doit être rapproché d’une fécule déjà
signalée d’Amorphophallus satiuus. Pondichéry (E.C. M.).
En examinant diverses fécules non commerciales, nous en
avons rencontré une tout à fait semblable à celle de YArum
serpentaire. C’est la fécule de YArisœma triphyllum, retirée d’un
tubercule coupé en tranches et venant de la collection des dro­
gues américaines que le Philadelphia College of Pharmacy avait
envoyée à l’Exposition universelle de 1889.
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

Fécule de Gouet ou Pied de veau (Fig. 52)
(Arum maculation L.)
Cette fécule n’est pas commerciale en France ; elle constitue
l’Arrow-root de Portland ; elle est formée de grains à peu près
tous composés, quelques-uns en cloche, presque tous polyé­
driques, plus petits que les grains de Manioc : de 2 à 3 u jusqu’à
12, rarement 15. Souvent réunis en gruaux plus ou moins gros ;
la grande masse est formée de tous petits grains, ce qui rend
l’ensemble très différent, comme impression générale, des prépa(1) Le nom de Taro est plutôt réservé d’ordinaire au Colocasia. Quant au
nom d'Arum Dracimtiiiin sans nom d’auteur, il est difficile de dire à quoi il
se rapporte. Sans doute à IM. Dracunlium L, = Arisœma Draciuitium ; mais
le même nom a été donné par divers auteurs (Loureiro, Thunberg, Yellozo à
des plantes différentes.

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
530
râlions d’A. Serpentaire où les gros grains sont bien plus
nombreux.
Ilile. — Punctiforme ou étoilé parfois invisible. — Stries
invisibles.
Croix de polarisation. —Nelle seulement sur les gros grains.
— Rapliides.
Potasse. — Par les solutions 1 et 2, gonflement rapide et gélili-

F ig. 52. — Amidon de Gouet (Arum maculatum)

cation plus ou moins complète. Lorsque deux grains composés
sont réunis par leur face plane, le gonflement dans la potasse n°l
débute par le cercle de contact et les grains semblent avoir suice point un bourrelet circulaire. Même fait d’ailleurs pour
l'Arum Dracunculus.
La teinture de Gayac ne donne rien.
La distinction avec le Manioc se fera facilement par la pré­
sence des rapliides et l’action de la potasse n° 1. Celle-ci rap­

537
proche les deux Arum étudiés, mais la petitesse delà plupart
des grains du Gouet établit la distinction.
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

Fécule d’A risæ m a p entaphyllum Schott (Fig. 53).

(Arum pentaphyllum L.)
Nous l’avons étudiée, sur des tubercules étiquetés Arum penta­
phyllum. Douanes chinoises. Exposition 1878. Ce sont des
tubercules aplatis, déprimés, de dimensions variées, blanc
jaunâtre, avec de petits tubercules latéraux.
Forme.— Grains composés, libres ou associés, du type Manioc,
mais à gros grains moins nombreux et ne dépassant pas 20 ;x ;
quelques grains simples, d’apparence sphérique (peut-être
hémisphères vues par le sommet) ; petits grains d’ordinaire
arrondis.
Dimensions : depuis2jusqu’à 20 |x, avec tous les intermédiaires.
Hile — punctiforme ou étoilé, souvent invisible. — Stries
invisibles.
Croix de polarisation nette ; —rapliides très nombreuses, plus
ou moins brisées.
Potasse. — La solution 1 agit peu et lentement ; cependant
quelques grains gonflent un peu sans se déformer, et le hile
s’accentue en étoile.
Teinture de Gayac sans action.
Les dimensions un peu moindres et la présence de rapliides
sont à peu près les deux seuls moyens de distinguer cette fécule
de celle du Manioc. Peut-être serait-il plus difficile encore de la
distinguer de celle d’autres Aroïdées, particulièrement du Colocasia antiquorum.
Deux échantillons intitulés Nan-hsing ; — Arum pentaphyllum
Chine (Collection Chantre) ; — et Nan-sin, Arum pentaphyllum,
douanes chinoises (Exposition 1878) ne peuvent être identifiées,
l’amidon y étant complètement détruit par la chaleur.

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
538
Enfin un produit étiqueté Tien-nan-sin, Arisæma Japonica (1)
Indochine (importé de Chine (E. C. M.), semble par son nom
chinois se rapporter à YArisæma pentaphijllum, mais il en est
assez distinct. Ce sont des tubercules un peu plus petits et moins
ramifiés que les précédents, mondés, blanc jaunâtre sale. La
fécule en est uniquement constituée par des grains composés, en
petits groupes de 3 à 6, rappelant ceux du Colocasia antiquorum.
La Potasse 1 est absolument inactive. Beaucoup de raphides.

539
petits groupes, mamelonnés de 3 ou 4, ont tout à fait la caracté­
ristique de la famille, et les divers échantillons ne diffèrent entre
eux que par la taille des grains et l’accentuation plus ou moins
grande du hile.
Ces fécules résistent beaucoup à la potasse ; la solution C
elle-même les gonfle sans les faire disparaître.
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

Lasia aculeata Lour.
Nous ne savons si cette fécule est commerciale. L’Exposition
coloniale en offrait un échantillon, mais celui-ci, formé d’un
mélange de fécules d’une Aroïdée, de Riz et de Légumineuse, n’a
pu être étudié.
F écules d ’A r o id ée s

Les caractères des farines d’Aroïdées, se retrouvent, en somme,
assez constants, sous fun ou l’autre de leurs types principaux,
dans presque tous les tubercules de cette famille. Nous avons
examiné à cet égard les petits tubercules de Pinellia tuberifera
Ten. ou Bau-ha, quiparaissentfort répandus, car on les rencontre
dans toutes les collections de matière médicale chinoise. Leurs
grains d'amidon plus ou moins arrondis, souvent réunis par
(1) Arisæma japonicum Bl.

Comme nous l’avons dit au début de ce groupe, les fécules
d’Aroidées répondent à deux types principaux :
1° Fécules à tout petits grains, polyédriques, constituant le
groupe Taro, très voisin du groupe Riz. La difficulté de distinc­
tion n’est pas très grande, car les deux fécules de ce groupe se
séparent de tout le groupe Riz par une petitesse extrême des *
grains, qui, jointe à la présence de raphides, suffit pour se faire
une opinion. Quant à la distinction entre Colocasia escnlenta,
Amorphophallus Rivieri et Alocasia indica, voir ces fécules.
2° Fécules appartenant au groupe Manioc. Ici la difficulté est
réelle, qu’il s’agisse de la distinction de ces fécules avec celles du
groupe Manioc, ou de la distinction entre elles. Dans ce groupe
rentrent Colocasia antiquorum (?), Amorphophallus campanulatus
et satiuus, Arum maculatum, Arum Dracunculus et Arisæma penfaphyllum (1).
a) Distinction avec le groupe Manioc :
Tout d’abord la présence de raphides, générale chez toutes les
Aroïdées, distinguera du Manioc lui-même, de la Patate et du
(1) Saut un échantillon douteux.

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
540
Cvcas qui n'en renferment point. On a vu que la fécule de Tacca
ne nous en a pas montré non plus (1).
En dehors de ce caractère capital, on peut noter que les
Aroïdées n’ont presque jamais de stries visibles, sauf de très
rares exceptions, et que l'ensemble de leurs grains est plus polyé­
drique que chez les fécules du groupe Manioc, et surtout que chez
le Manioc lui-même.
Enfin s’il s’agit seulement des Arum, l’action immédiate de la
potasse les distinguera aussi.
b) Distinction entre elles des Aroïdées du 2me groupe :
Toutes ces fécules se ressemblent beaucoup par la variété de
dimensions de leurs grains, le nombre de leurs facettes, l’exis­
tence chez toutes de petits gruaux mamelonnés, à nombre de
grains peu considérable (2), enfin l’existence de raphides fines et
nombreuses.
Une première division peut être établie par la potasse n° 1, qui
gonfle immédiatement deux de ces fécules et peu ou pas les
autres : ce gonflement rapide a lieu chez les deux Arum (A. Dracunciilus et A. maculatum) : pour les séparer l’un de l’autre, on
se basera sur la dimension des grains, plus gros chez YA. Dracunculus, et la grande prédominance des petits grains chez l’A.
maculatum.
Les quatre autres feuilles ne pourront être distinguées que par
des caractères un peu secondaires ;
L’Amorphophallus satiuus a des grains nettement plus gros
que les autres : encore faut-il un échantillon de comparaison.
L'Arisæma pentaphgllum se fait tout de suite remarquer par
une masse énorme de raphides courtes et fines : les autres n’en
montrent que fort peu. Nous n’avons pas vu la fécule commer­
ciale d’Arisæma, mais il est certain qu’elle en contient beaucoup.
D’autre part on peut tirer quelques renseignements de l’emploi
de réactifs énergiques :

541
La potasse E détruit en quelques minutes les quatre fécules
mais le Colocasia résiste plus longtemps. Avec la potasse C, plus
faible, on peut voir que YArisæma est très attaqué, alors que les
trois autres le sont beaucoup moins. Avec la solution B, mêmes
différences : le Colocasia n’est pas attaqué du tout(demi-heure de
contact).
Lasolution d'hydratedechloral, qui attaque fortement l'ophallus
campauulatus et /’Arisæma, ne touche que quelques grains de
Yophallus satiuus, et atteint très peu le Colocasia (un quart
d’heure de contact).
Enfin la solution de Salicylate de soude attaque fortement YAri­
sæma très peu les Amorphophallus et pas du tout le Colocasia (un
quart d’heure de contact).
En somme, de ces quatre fécules, le Colocasia est la plus résis­
tante aux réactifs et YArisæma la plus sensible: par suite YAmor­
phophallus campanulatus elle Colocasia antiquorum, qui restaient
à distinguer, peuvent être séparés par ce moyen, spécialement par
la solution d’hydrate de chloral.
Nous ne nous dissimulons pas que cette distinction reste assez
difficile. D’ailleurs ces fécules sont peu commerciales.

(1) Nous n’affirmons la détermination que pour les deux Arum, ainsi qn’on
a pu le voir.
(2) Dans les farines, la séparation des grains est fréquente.

(1) C’est VEleocharis plantaginea de Rob. Brown (Cgpéracées), sans
rapport avec les Hippuris (Haloragées), qui ne renferment qu'une espèce l'H.
vulgaris L.

ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

Fécule d’Eleocharis plantaginea R. Br. (Fig. 54 et 55)

Cette fécule était exposée sous le nom de Bot-Nang, Hippuris
indica Lour. (1) Cochinchine (importée de Chine). L’Exposition
coloniale en offrait deux échantillons semblables ; — un troisième
identique aux deux premiers, nous est venu du Musée Colonial
de Marseille, sous le nom de : Fécule d'Hippuris indica Lour.
Eleocharis plantaginea R. Br., (Indes Orientales et Madagascar).
Nous aurions voulu vérifier les caractères de cetfe fécule en
examinant la plante elle-même : nous n’avons pu le faire, mais
les fécules préparées, ci-dessus indiquées, étant identiques entre
elles, malgré leur origine géographique différente, et présentant

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
542
des caractères très spéciaux, nous les considérerons jusqu’à
nouvel ordre comme authentiques.
La fécule commerciale est d’un blanc légèrement jaunâtre
formant des grumeaux très friables ; le toucher est savonneux ;
cri léger.
Grains : — presque tous simples ; rares grains composés réu­
nis par deux ; demi-composés plus rares encore.

543
ou moins étalée, fente ou étoile, celte dernière forme pouvant se
confondre avec les déchirures ci-dessus indiquées.
Slries : — peuvent être très apparentes et épaisses, mais c’est
l’exception.
Transparence faible.
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

F ig . 55. — Amidon d’Eleocharis plantaginea attaqué par la potasse

Forme : — arrondie ou elliptique dans l’ensemble, mais très
irrégulièrement, avec nombreux grains à contour sinueux, varié,
parfois presque polyédrique. Beaucoup de grains fendillés,
surtout dans le centre, comme s’ils étaient légèrement écrasés.
(Fig. 54).
Dimensions : — d’ordinaire faibles, mais variables ; depuis 3 p.
jusqu’à 28 ou 30.
Hile : — inégalement visible. Point, tache brillante plus

Croix de polarisation nette; —à moins que les déchirures du
grain ne la rendent irrégulière, et parfois peu distincte, en pro­
voquant l’apparition de lignes sombres.
Iode : — solution : rien de spécial ; — vapeurs : colorent la fécule
sèche en jaune paille très clair, la fécule humide en gris lilas
très clair aussi.
Potasse. — La solution 1 attaque les grains, qui se fendillent
avec fissures ramifiées en arborisations (Fig. 55), puis se gonflent
rapidement, sauf quelques-uns dont l’attaque est plus lente : la
plupart sont complètement dissous en une demi-heure. — La
solution 2 attaque plus lentement, mais les grains éclatent tout

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET

ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

de même en ramifications arborescentes partant du centre. —
La solution 3 fendille légèrement quelques grains. La solution 4
accentue seulement un peu les stries.
Sous le nom de Ma-de. Elescharis (sic, Eleocharis ?) tuberosa (l)nous avons eu, venant de Canton (E. C. M., Indochine),
une fécule que son nom scientifique, altéré sans doute, rapproche
de celle du Musée colonial. Elle est, en effet, formée d'une faible
quantité de la fécule ci-dessus décrite ou d’une autre extrême­
ment analogue, noyée dans une grande masse de Manioc.

Elles sont uniquement formées de grains composés ; les uns
isolés, les autres en grumeaux ou en amas plus ou moins volu­
mineux et dont la proportion varie avec le degré de pulvérisation.
1 ° G r a i n s i s o l é s . — Forme : t r è s h o m o g è n e , p o l y é d r i q u e , a u
m o in s à q u a tr e c ô té s v is ib le s ; d e s a rê te s v iv e s et d e s a n g le s

544

Fécule de Riz (Fig. 56).

Oriza sativa L.
Comme nous l’avons dit, notre intention n’est pas de parler ici
des céréales européennes, même de celles que cultivent nos colo­
nies. Le sujet est rebattu, et de plus, le Blé, l’Orge et le Seigle,
par exemple, qui restent difficiles à distinguer entre eux, ne sau­
raient être confondus avec aucune des fécules que nous avons
étudiées.
L’Avoine qui ressemble assez au Riz est aussi très analogue à
diverses fécules exotiques (voir Ipomea mammosci, etc.), mais
nous en avons fait la distinction chemin faisant.
Restent le Riz et aussi le Maïs qui jouent dans l’alimentation
de nos colonies un rôle trop important pour être passés sous
silence. De plus, le Riz se trouve mêlé ou substitué à nombre
d’autres fécules, ainsi qu’on a pu le voir, et il est le type d’un
groupe d’amidons en petits grains, assez dilficiles à distinguer
les uns des autres. Pour toutes ces raisons il est nécessaire sinon
de donner sur lui des détails, du moins de rappeler ses carac­
tères, que nous avons si souvent été obligés d’invoquer comme
terme de comparaison.
Nous ne traiterons que des caractères de Vamidon, comme
nous l’avons fait jusqu’à présent pour les précédentes fécules.
Les fécules commerciales de Riz sont généralement très fines,
blanches, très légèrement grenues et ne criant pas sous le doigt.

545

a c c e n tu é s le u r d o n n a n t u n a sp e c t crista llin .

O
Q
O

©
O

Dimensions : toujours à peu près les mêmes ; 4 à 6 p. en
moyenne; très exceptionnellement 10 p ou 3 p.
Hile : parfois visible sous forme d’un point ou d’une étoile ;
n’est souvent révélé que par les réactifs (procédé Gastine).
Stries invisibles.
Croix de polarisation visible sur tous les grains, mais plus ou
moins nette. Les gruaux, très brillants, présentent un réseau de
croix (1). Transparence faible.
( 1 ) Voir pour l'examen du Riz en lumière polarisée chromatique : G
:
Emploi de la lumière polarisée pour la recherche microscopique des amidous
de Riz et de Manioc dans la fariue de Froment. Annales de chimie analy­
tique, 1907, p. 85.
a s t in e

(1) Eleocharis tuberosa Schult., des Indes Orientales.

�546

LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET

2 ° G r u a u x . — Ils prennent ici une importance assez grande.
Les uns ne sont que des accumulations de grains d’amidon et se
séparent facilement en leurs éléments ; ils se présentent avec des
dimensions très diverses, un aspect un peu mamelonné et géné­
ralement sombre ; les grains s’y distinguent bien. Les autres,
formés par de petits amas cellulaires de l’albumen, sont très
anguleux, fort durs ; les grains d’amidon s’v dessinent plus
vaguement. Les gruaux ont l’aspect de plages claires, sillonnées
de lignes brisées un peu plus foncées (parois cellulaires). Ce sont
ces gruaux qui restent sur le tamis n° 240, quand on traite les
farines par le procédé officiel (2).
Iode. — Vapeurs : colorent en bleu rosé la fécule humide et en
blanc grisâtre la fécule sèche.— Solution : coloration hleue assez
foncée avec trois gouttes et même avec une goutte.
Mais nous devons noter ici une particularité très curieuse ren­
contrée chez beaucoup de Riz provenant directement d'ExtrêmeOrient (E. C. M.) (Farine de I\iz tendre, Bot-Gao-nep, et un très
grand nombre d’amidons purs, en particuliercelui du Riz gluant).
En effet, sous le microscope, la plupart des grains de ces fécules
se colorent seulement en brun rougeâtre. De teinte variée, quelle
que soit d’ailleurs la concentration du réactif, quelques grains
seulement prennent la teinte bleue normale. Cette exception se
retrouve dans le traitement de l’amidon en tube d’essai, suivant
notre méthode ordinaire. La coloration générale est brun rouge.
Mais si on chauffe ensuite le tube, la teinte devient bleue et
reste bleue après refroidissement. Cette particularité se retrou­
vant chez les grains encore enveloppés de leur gluinelle (Paddy),
ne saurait être attribuée à un traitement chimique.
La teinture de Gayac est sans action (caractère important pour
la distinction avec le Millet).

(2) Nous devons dire que plusieurs farines de Riz d’Extrême-Orient que nous
avons examinées ainsi que les produits dénommés Amidons de Riz tendre,
gluant, etc-, venant d’Indo-Chine, ne présentaient aucun gruau, grâce sans
doute à un procédé spécial de fabrication. L’observation est d’importance, car
le procédé officiel, sus-indiqué, qui recueille les gruaux sur le tamis n° 240,
ne semble pas être applicable à ces produits, non plus du reste que d’autres
méthodes, telles que celle de Gastinc (Loc. c it.), basée, sur l’action de la
lumière polarisée chromatique sur les gruaux de Riz.

547
Potasse : la résistance du Riz à ce réactif est connue ; il faut
arriver à la solution B pour avoir un commencement d’attaque.
Les solutions C et D agissent plus vivement et la solution E
fait disparaître assez rapidement les grains.
On ne peut noter à cet égard que quelques différences bien
légères et bien rares. Ainsi une farine de Riz tendre. Tonkin-Hanoï
&lt;rBot-gao-nep » s’est montrée un peu plus résistante que les autres.
Nous n’avons trouvé aucune différence entre les divers
Riz d’Indo-Chine (tendre, gluant, etc.)
C a r a c tèr es e s s e n t ie l s : — petitesse et homogénéité des
grains ; —absence de stries ; — aspect cristallin ; — résistance
à la Potasse ; — absence d’oxydase.
C o n f u sio n s p o s s ib l e s . — Le groupe du Riz (grains petits
homogènes, d’aspect cristallin), comprend: Millet, Avoine,
Ipomea mammosa, Artocarpus, Corossol, Maïs. On a vu les diffé­
rences pour chacune de ces fécules. Il ne reste que la distinction
avec le Millet et le Maïs (voir plus loin) et avec YAvoine, céréale
européenne que nous ne traitons pas dans ce mémoire. La dis­
tinction avec cette dernière peut cependant se faire par divers
caractères : forme des gruaux d’Avoine qui sont plus réguliè­
rement arrondis, sauf exception rare (quelques Riz ayant des
gruaux assez réguliers) ; — existence dans l’Avoine de grains
simples et de grains triangulaires ; — présence d’une oxydase
et attaque de l’Avoine par la Potasse.
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

Fécule de Millet (Fig. 57)

Sous le nom un peu général de Millet, on connaît diverses
graminées des genres Setaria, Panicum et Pennisetum. Sous forme
de farine, nous avions seulement deux échantillons, provenant
l’un, de l’Exposition coloniale : Bot-ko-do (1), Setaria italica,P.
de Beauv., Tonkin, Hanoï ; l’autre du Musée colonial de Marseille
et qui doit avoir la même origine.
Mais la difficulté de distinguer morphologiquement cette farine
(1) Ke-do en annamite.

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
548
de celle du Riz nous a amenés à la comparer aux nombreux
échantillons de Millets en grains ou en épis que nous avions
dans les collections, et qui provenaient du Laos, de i’Annam, du
Tonkin, du Cambodge, de Cochinchine, ou même du Dahomey.
On en trouvera l’énumération à la fin de ce chapitre.
Notre élude comparative a montré que ces divers échantillons
étaient fort analogues, sauf une petite différence dans les dimen-

o
O

O o&amp;&gt;
/

0°
'

°

O o

O

2 -0 ° ®

o

0O°C)Oo

O

° O
O ®
Z° Oo QG Vo
&amp;

0 çf&gt;

0 0 0 O°o

O
O

*

0

F ig . 57. — Amidon de Millet

sions, et qu’il était possible de les distinguer assez bien de la
fécule du Riz.
La farine de Millet est légère, blanc sale, montrant à la loupe
quelques débris d’enveloppe colorée. — Toucher savonneux.
Forme. — Grains tous composés mais ordinairement séparés,
polyédriques, à angles un peu moins marqués que ceux du Riz,
mais bien nets. — Dimensions variant entre 5 et 15 p., toujours

549
inférieureàcelle du Maïs et supérieure à celle du Riz. —Hileètoilé
plus visible que dans le Riz. — Lumière polarisée : croix noire
sur tous les grains, très nette sur les gros; les gruaux ont un
réseau analogue à celui des gruaux de Riz.
Gruaux analogues à ceux du Riz, irréguliers, anguleux, diffé­
rents de ceux de l’Avoine. Quelques globules gras au milieu des
débris cellulaires ; ils sont beaucoup plus nombreux quand on
examine des graines broyées.
Transparence très faible.
Iode. — Les solutions colorent bien ; —les oapenrs donnent un
gris rosé très pâle avec la farine sèche, un violet bleu si elle est
humide.
Potasse. - Importante Avec la solution 1, action presque nulle
sauf accentuation du hile. — La solution A n’attaque bien ni le
Millet ni le Riz. — Avec B le hile devient bien visible. — Avec G la
dissolution du Millet est à peu près complète au bout de trois
quarts d’heure, tandis que le Riz, bien que gonfié, a conservé sa
forme. Les solutions plus fortes attaquent rapidement les deux
fécules.
Teinture de Gayac. — Bon caractère distinctif. Réaction
intense et rapide sur la farine comme sur les graines broyées, et
même après un temps assez long ; ainsi un échantillon du
Dahomey d’une origine très ancienne, la donne encore nettement.
Un mélange à 10 o/o de Millet dans du Riz peut être ainsi
reconnu.
C a r a c t è r e s e s s e n t ie l s . — Potasse. — Teinture de Gayac. —
Gouttelettes grasses.
C o n fu sio n s f o s s ib l e s .— Pour distinguer du Riz, il faudra :
1° Rechercher les oxydases, et, en cas d’échec, employer une
formule plus concentrée, savoir : 5Cc d’eau, 0 gouttes d’eau
oxygénée et 20 gouttes de teinture de Gayac pour lgr50 de
farine ;
2° Constater la diversité de dimensions des grains et les nom­
breux hiles étoilés ;
5° Traiter par le Soudan 3 pour colorer les matières grasses :
4° Enfin employer les potasses B et C.
ÉTUDE I)E QUELQUES FÉCULES COLONIALES

Ann. du Musée col. de Marseille. — 2e série. 7e vol. 1909.

35

�L O U IS P L A N C H O N E T A R M A N D J U I L L E T
550
Pour la distinction avec les autres fécules du même groupe,
voir chacune de ces fécules.
Les divers échantillons de Millet en grains qui ont été étudiés
étaient étiquetés :
1° Tinh-Ke, Millet à épis, Setario italien, Annam ;
2° Millet à épis, Annam ;
3° Millet à épis, Selaria italien, Laos (Hna-panh) ;
4° Millet noir, Setaria italien, Annam ;
5° Millet jaune, Selaria, Cambodge (Kandal). Celui-ci a des
graines un peu différentes, mais très voisines des quatre pre­
mières.
Les cinq farines qui précèdent sont identiques au type décrit :
les suivantes sont très analogues mais à grains seulement un
peu plus gros ;
(P Ke-trang, Millet blanc,Selaria italien, Annam (Quang-binh).
Le nom est probablement erroné, c’est plutôt un Panicum ;
7° Millet jaune, Panicum ?, Indo-Chine ;
8° Millet rouge, Selaria?, Tonkin (Sontag). C’est probablement
un Panicum ;
9° Ke-Vang, Millet, Panicum ?, Cochinchine ;
10° Millet de Mos, Pennisetum sp. (Laos) ;
11° Pennisetum, Dahomey, Collection Chantre.
On voit que les Setaria semblent avoir des grains de fécule
plus petits que les autres et que c’est à eux qu’il convient de
rapporter les échantillons commerciaux étudiés sous le nom de
Millet.
Fécule du Maïs (Fig. 58).
Zea Maïs L.
La description de la farine et de la fécule de Maïs se trouvant
partout, il est inutile d’y insister longuement.
La farine est jaune très clair (quelques produits américains,
absolument blancs, servant seuls à la panification) (1), d’ordi­
naire grenue et ne criant pas sous le doigt.

Dimensions : — 7 &lt;x à 27 p. ; en moyenne 10 à 15 ; peut-être un
peu plus dans la partie farineuse.
Même retiré directement du grain, cet amidon donne parfois
l’impression d’avoir été légèrement chauffé (contours un peu
flous, vague cavité centrale).
Hile : — non toujours visible sans réactif, d’ordinaire étoilé,
quelquefois punctiforme, surtout sur les grains arrondis de
l’albumen farineux. — Les stries sont invisibles, sauf rare
Lumière polarisée : — croix nette.

( 1) V. C
: Pain au Maïs, J. de Pharm. et de Chimie, 1906. II, 461. Nous
avons eu quelques échantillons d’une farine très blanche de Maïs, étiquetée

Bot-bat-nep Farine de Maïs tendre, Hanoï Tonkin, mais contenant une très
forte proportion de Riz et de Manioc, tandis que les farines américaines

o l l in

551
Grains tous composés, isolés, ou réunis en gruaux plus ou
moins volumineux.
Forme : — toujours polyédrique; mais dans la région centrale
du grain de Maïs (albumen farineux) les angles sont beaucoup
moins accusés que dans la région externe (albumen corné) ;
souvent même les grains sont presque arrondis ou ovoïdes.
É T U D E D E Q U E L Q U E S F É C U L E S C O L O N IA L E S

sont pures.

�55*2

LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET

Iode.— Solution : une goutte colore en bleu clair ; trois gouttes
en bleu foncé (non spécial). — Vapeurs : la farine sèche se teinte
en jaune orange ; la farine humide en brun noirâtre.
Potasse (1). — La solution n° 1 agit peu ; quelques grains sont
légèrement gonflés, et un hileapparaît presque partout.—Lasolution 2 agit très légèrement en accentuant le hile. — Les autres
solutions sont sans action.
Teinture de Gayac. — Elle n'agit que sur la farine grossière, et
renfermant une certaine proportion de tégument. Les autres (ami
don encore jaunâtre ou absolument blanc) ne donnent aucune
réaction.
C aractères e s s e n t ie l s . — Forme et dimensions; —résistance
à la potasse — oxydase.
C onfu sio n s po s s ib l e s . — Peu nombreuses ; les grains de
dimensions analogues ont presque tous une forme bien diffé­
rente ; ceux de même forme sont toujours beaucoup plus petits.
(Riz, Millet, etc.).
Fécule de Cycas (Fig. 59-60)
Plusieurs genres de Cycadées (Cycas, Zamia, etc.) peuvent
fournir des fécules, mais en fait nous n’avons rencontré dans le
commerce que des produits attribués au genre Cycas ; souvent
même l’espèce n’est pas indiquée.
L’Exposition coloniale de Marseille nous a fourni : 1° Fécule
de Cycas ; — 2° Sagou de moelle de Cycas ; — 3° Cassave de Cycas
(deux échantillons, l’un plus fin que l’autre). Ces quatre produits
venaient de Nouvelle-Calédonie, et sans doute étaient fournis
par le Cycas Neo-Caledonica Lind.
En outre, nos collections renferment, sous le nom de Sagou de
Cycas pectinala, un produit du Burmali (Inde), envoyé par l’Expo­
sition de Paris 1900 (Indes anglaises).
(1) Certaines farines de Maïs d’Extrême-Orient qui, au premier examen,
ont d'assez nombreux grains déformés, se laissent gonfler beaucoup plus
facilement par la potasse. Mais ces farines contiennent des éléments étran­
gers qui ont pu induire en erreur.

553
Nous avons aussi étudié comme comparaison : des graines des
Cycas Auslrocaledonica (1) (M. C. M.), Thouarsii(2) (M.C.M.?) et
revoluta Thunb. ; un pédoncule floral deCycas Auslrocaledonica ;
des raclures de bois d’un vieux tronc de la même espèce, venant
du Musée colonial (Nouvelle-Calédonie) ; enfin, des troncs de
Cycas revoluta et circinalis (3) L., cultivés pour l’ornement dans
les jardins.
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

F ig . 59. — Amidon de Cycas

Aspect.— Les farines de Cycas sont tantôt en fine fécule, blanc
très pur, à cri prononcé, tantôt sous forme de ràpures. rappelant
les cassaves de Manioc, blanc jaunâtres ou café au lait, analogues
par l’aspect et le toucher à de fines ràpures de liège. Plusieurs
échantillons répandent une odeur marquée de violette, observée
déjà chez quelques farines de Manioc.
(1) Neo-Caledonica ?
(2) Thouarsii Roh. Br. C'est probablement le Cycas circinalis Roxb. C.
Rumphii Miq. (?)
(3) Linné écrit Circinnalis.

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
554
Forme. — Au microscope (Fig. 59) ces fécules ont une grande
analogie avec celle du Manioc.
Grains simples rares; grains composés ordinairement séparés,
arrondis, avec pans coupés assez nombreux ; parfois réunis par
petits groupes de deux à quatre. Beaucoup sont en cloche.
Dimensions. De 5 à 35
Hile. — Ordinairement étoilé, bien marqué.
Stries. — Souvent visibles et formant cercle brillant autour du
hile.
Transparence faible.
Lumière polarisée. — Croix très nette sur tous les grains.
Cristaux d’oxalate en macles. Grande diversité dans la propor­
tion des débris cellulaires.
Iode. — Solution colore fortement, surtout la fécule pure.
— Vapeurs : à sec action faible, teinte crème, paille ou chamois ;
humide, violet mauve ou violet rose ; avec les cassaves, brun
violacé ou même gris verdâtre à cause des éléments étrangers.
Potasse. — Solution 1 gontle seulement quelques grains et len­
tement (demi-heure). — La solution B attaque encore peu le
Cycas, (différence avec le Manioc qui est très atteint). —La solu­
tion C attaquant fortement les deux est moins utile.
Teinture de Gayac sans action.
C a r a ctèr es e s s e n t ie l s . — Diversité des formes ; — mâcles
d’Oxalate de chaux ; — action de la potasse.
C o n fusions po s s ib l e s . — L’intérêt et la difficulté résident ici
dans la distinction avec le Manioc, qui se présente sous les mêmes
aspects (fécules, Cassaves, etc.) etdontles caractères, vus super­
ficiellement, sont si semblables que l’on conclut souvent trop
vite à des falsifications. L’attention devra porter sur les points
suivants :
1° Les grains en cloche du Manioc sont plus petits, et quel­
ques-uns presque ovales; ceux du Cycas ont en général un
nombre plus grand de facettes, et chez beaucoup la région convexe
est plus petite que l’autre ;
—

ij..

555
2° La potasse attaque davantage et plus vite le Manioc que le
Cycas (choisir de préférence la solution B);
3° Le Cycas renferme des cristaux d’oxalate de chaux (fig. 00)
qui peuvent donner des indications précieuses ; malheureuse­
ment : 1° ils ne sont pas très nombreux : il faut parfois les cher­
cher longtemps et ils peuvent même échapper complètement à
l’examen; 2° ils existent dans la lige et les feuilles, mais man­
quent complètement dans les graines.
ÉTUDE DE QUELQUES FÉCULES COLONIALES

F ig. 60. — Cristaux et Mâcles d’Oxalate de Chaux
de la fécule de C3’cas
(Ces cristaux sont à une échelle moitié moindre
que toutes les autres figures du mémoire)

Ces cristaux sont volumineux, bien plus gros que les grains
d’amidon et très polymorphes (fig. 60) : beaucoup de mâcles
hérissées de pointes; beaucoup de prismes, de cristaux en
livre ouvert, plus transparents que les mâcles. Beaucoup sont
irréguliers.
Pour constater leur présence dans les farines qui en contien-

�LOUIS PLANCHON ET ARMAND JUILLET
556
lient peu, nous nous sommes arrêtés après quelques essais au
procédé suivant :
2 grammes de farine sont mis en suspension dans (1) 10 centi­
mètres cubes de tétrachlorure de carbone et agités dans une
ampoule à décantation; après une demi-heure de repos, on
décante dans un verre de montre 2 centimètres cubes du liquide
inférieur qui entraîne les cristaux; l’évaporation spontanée du
liquide laisse ceux-ci sur le verre de montre; ils sont dès lors
très faciles à observer à la loupe ou au microscope.
Nous avons pu, par ce moyen, constater que les échantillons
étudiés appartenaient bien à des Cycas. Seule, la première fécule
de la liste (fécule de Ci/cas) ne renfermait pas de cristaux ; mais
l’identité de tous ses caractères nous lait supposer, en l’absence
de toute autre indication, que celle fécule, très pure, devait être
retirée des graines, qui, comme on l’a vu, ne renferment pas de
cristaux.
.1) S'il s'agit d’une cassave, il convient île pulvériser tout d’abord la prise
d'essai, sans quoi les cristaux restent dans les débris cellulaires.

TABLE DES MATIÈRES
A
Pages
Alocasia indica................................................
437-522
Alpinia G alan g a................................................................................................
47&lt;;
— officinarum............................................................................................
476
Amidon (Action des réactifssur P ) .............................................................
427
— (Caractères extérieurs de 1’) ............................................................
416
— (Étude critique descaractères de 1).................................................
415
— (Examen microscopique de 1’) .....................................................
418
A m orphophallus................................................................................................
437
—
campa nulatus...................................................................... 437-529
—
R iv ieri................................................................................. 520-528
—
sativus ................................................................................. 437-530
Angola (Pois d’)............................
............................................................
449
A n o n a ...................................................................................................................
438
Arachides...............................................................................................................
453
Araehis hypogæ a........................................................................................
453
Arbre à p a in .................................................• .................................................. 437-469
Aroïdécs ................................................................................................................ 519-539
Arrow-root............................................................................................................
437
— de R allia..........................................................................................
461
— de Rom bay......................................................................................
471
— du Brésil........................................................................................... 459-461
— des Indes O rientales....................................
471-477-482
— du Malabar.......................................................................................
471
— de la Nouvelle-Galles du Sud....................................................
482
— du Para..............................................................................................
461
— du Q ueensland...............................................................................
482
— de R io ..............................................................................................
461
— de Saint-Vincent............................................................................
477
— de Taïti.............................................................................................
487
— de Tellicliéry...................................................................................
471
— de T ravancore...............................................................................
471
— de Willams.......................................................................................
487
Arisema Dracuntium ..........................................................................................
535
— japonicum ......................................................................................
538
— pentapliylluin.......................................................................... . . .
537
— triphyllum ...........................................................................................
535
Arum.............................................................................................’. .....................
437
— D racunculus.............................................................................................. 520-533

�TABLE DES MATIÈRES

TABLE DES MATIÈRES

558

Pages

Arum Dracuntium................................................................................................
535
— esculentum................................................................................................. 520-524
— macula tu ...................................................................................................... 520-535
— pentapliyllum.............................................................................................
537
— Serpentaire................................................................................................
533
Artocarpus incisa. ..............................................................................................
469
B
Banane................................................................................................................... 485-537
Batatas edulis.......................................................................................................
459
— paniculata..............................................................................................
459
Borassus flabellifer.............................................................................................
504
— flabelliformis......................................................................................
504
C
Cachiman...............................................................................................................
438
Cajanus bicolor......................................................................................................
451
— indicus....................................................................................................
449
— flavus....................................................................................................
449
Caladium esculentum......................................................................................... 520-524
Canna......................................................................................................................
437
— coccinea.......................................................................................................
482
— edulis..................• .....................................................................................
482
— in d ic a ........................................................................................................
482
C aryot...................................................................................................................
508
Caryota urens ....................................................................................................
508
Cassave.................................................................................................................. 461-467
Châtaignes............................................................................................................
438
Chou caraïbe........................................................................................................
520
Colocasia autiquorum ...................................................................................... 520-524
— esculenta..................................................................................... 437-520-524
— indica.................................................................................................
522
— sp.........................................................................................................
526
Convolvulus m am m osus..................................................................................
456
Corossol ............................................................................................................... 437-438
Couaq u e .............................................................................
462-467
Courge....................................................................................................................
455
Cousse-couche.....................................................................................................
495
Cram anioc.................................................................................................
462
Cucurbita Pepo....................................................................................................
455
Curcum a..............................
43g
— angustifolia.........................................................................................
474
— leucorhiza..............................................................
474
—

lo n g » ................... • ..................................................................................

474

559

Pages
Curcuma N eilghcrrensis.................................................................................
471
— rubescens............................................................................................
471
— Z ed o aria...........................................................................................
474
Cycas....................................................................................................................... 437-552
— Austro-Caledonica....................................................................................
553
— circinalis....................................................................................................
553
— revoluta.......................................................................................................
553
— R u m p hii....................................................................................................
553
— Thouarsii....................................................................................................
553

Dioscorea............................................................................................................... 438-499
Dioscorea alata................................................................................................
— Batatas................................................................................................. 491-4%
— divaricata........................................................................................ ....
—
eburnea............................................................................................. 491-493

••
Fargesn..........................................................................

491

— ...........................................................................................

£
452

—

— Japonica............................................................................................ 491-497
— oppositifolia.....................................................................................
— sativa..................................................................................................
_
sp..........................................................................................................
491
— trifid a.................................................................................................. 491' 495
Dioscoréacées.......................................................................................................49* ^ 9
Dolichos a lb u s ...................................................................................................
— p u rp u r e a ............................................................................................
— sin en sis................................................................................................
..
Dohque jaune.....................................................................................
- m ouchetée.............................................................................................
•. ...
Dracunculus vulgaris.........................................................................................

.447
4a2
533

E

Eleocharis..............................................................................................................
— plantaginea........................................................................................
— tuberosa.............................................................................................

438

F
Fécule d’E n v e rs............................................................................... . . . .
ae .....................................................................................................................
__ de tous les m o is ..................................................................................

479
™

�t a b l e d e s m a t iè r e s

561

Pages
M a ra n ta ...............................................................................................................
437
— arundinacea........................................................................................
477
—
indica.................................................................................• . . . .
477
Marron d’I n d e ....................................................................................................
438
M etroxylon...........................................................................................................
501
Millet............................................................................................................... 437-547-550
— à é p i s ........................................................................................................
550
— ja u n e ......................
550
— de M os.......................................................................................................
550
— n o i r ...........................................................................................................
550
— rouge...................................................
550
M oussache...........................................................................................................
461
M usa.......................................................................................................................
485
N
Nclumbiuin............................................................................................................
— indicum............................................................................................
— sp ecio su m .....................................................................................

N elum bo..........................................................................................................................

437
441
441

441

O

544

üziza sativa
P
Pachyrrhizus angulatus
—
tuberosus
P alm iers.......................
Palmier sp....................
P anicum .......................
P a ta te ..........................
— douce...............
Pennisetum...................
Phaseolus Mungo. . .
— radiatus . .
Phœnix..........................
Pia (Fécule de) . . . .
Pied-de-veau...............
Pinellia tuberifera . . .
Pois d'Angola...................
P u e ra ria ..........................
— Tbunbergiana

453
453
438-518
514
547-550
437
459
547-550
443
443
516
487
535
538
449
453
453

�562

TABLE DES MATIÈRES
Pages

R

Riz .......................................................................................................................... 437-544
S

Sagou.......................................................................................................................
501
Sagus.......................................................................................................................
501
— Rumphii....................................................................................................
501
Setaria................................................................................................................... 547-550
— italien........................................................................................................ 547-550
Siokoro...................................................................................................................
466
Sitkao.....................................................................................................................
466
S o ja ........................................................................................................................
454
T
Tacca......................................................................................................................
437
— involucrata.............................................................................................
488
— pinnatifida...............................................................................................
487
— umbrarum................................................................................................
487
Tapioca................................................................................................................... 461-467
— de France.............................................................................................
469
T a ro ...................................................................................................................... 437-535
T avolo...................................................................................................................
487
Tayove..................................................................................................................
485
Tolomane...............................................................................................................
482
V

Vigua......................................................................................................................
446
— Catjang.....................................................................................................
446
— sinensis. . . • ........................................................................................ 446-447
Voandzeia subterrauea......................................................................................
451
Voandzo......................
451
Z

Z a m ia ...............................................................................................................
Zea M ais.........................................................................................- ..................
Zédoaire................................................................................................................
— jaune...................................................................................................
ronde....................................................................................................
Zingiber officinale...............................................................................................
Zingibéracées........................................................................................................

Marseille. — Imprimerie du

Sém aphore,

Barlatler, rue Yenture, 17-19.

552

550
474
474
474
474
47g

ERRATA
Page 473, légende de la figure, au lieu de : C. Ling, lisez : C. longa.
» 477, » »
supprimez le mot provenant —
» 490, ligne 3 (en remontant), lisez : et surtout offre un...
» 501, » 2, après le mot : Sagus,ajoutez : et surtout S.Rumphii).
» 507, » 9, au lieu de Coog lisez Coorg. » 518, » 7, au lieu de : à celle de certains M — lisez : àcelui de
certains M.
« 535, » 10, au lieu de Draconiium.. lisez : Dracunlium..
» 540, » 23, »
feuilles, lisez : fécules.
» 541, » 7 et 9, au lieu de : VOphallus, lisez: l'Amorphophallus.
» 540, s 7 de la note, lisez : d’autres méthodes, telles que celles
etc.
» 549, » 2 (en remontant) : au lieu de Soudan 3, lisez Sudan III.
» 550, » 10, au lieu de : Graines, lisez : fruits.

��Som m aires des volum es parus des

ANNALES l)E L’INSTITUT COLONIAL DE MARSEILLE
1893. - P re m ie r volum e —(Première année).
1 Mpeutique,
ém o ire. —Sur les Kolas africains au point do vue botanique, chimique, physiologique, théra­
bronialologique et pharmacologique, par le professeur lid. Heckel.
2' M ém oire. - Sur le beurre et le pain d’O’Dika du Gabon-Congo et sur les végétaux qui le produisent.
Comparaison
le beurre de Cay-Cay de Cochinchine et les végétaux qui le donnent, par le
professeur Ed.aveHeckel.
1891. —(Deuxième année).
Danscartes
la etHaute-Gambie.
—
A
oyage..d’exploration
scientifique par le docteur André Itancwi. Vvee
figures dans le ie\te-et hors texte.),
y 1895. —D eu xièm e coin me. — (Troisième aunècl.
1* Contribution
à
l'étude
du
Robinia
Nicou
Aublet.licencié
au point
de vue botanique,
chimique
et phtsiclogique,
par
lé.
Geoll'
r
oy,
pharmacien
des
colonies
ès
sciences
naturelles.
z Contribution
aCharles
l'étude Gerber,
botaniqueprofesseur
thérapeutique
et àchimique
genre Adansonia
parà lale 1-acuité
docteur
suppléant
I Ecole deduafrîcana
médecine,
préparateur
de(Baobab),
botanique
des
sciences
de
Marseille.
—
;
t
®
Sur
le
Quassia
Bâillon
du
Gabon
(Etude
botanique,
chimique
etlirene
thérapeutique,
le docteur
préparateur
à la Faculté des Science' de
Marseille,
e «s sciencesparnaturelles
I—4L.SurClaudel,
le Bakls
&lt;T inos fuma B a in s Miers) et le Sangol
I5*Covcutus
l.eaeba G. P. et Rich.) du Sénégal et du Soudan, par Kd.llectel et Kr. SehLgdenhauitèn
Etude sur le Psidium (Goyavier), par M. Khouri, pharmacien de 1" classe de l'Ecole de l’aris
1890. — T roisièm e volume. — (Quatrième année).
Flore
(Guadeloupe
et Martinique),
It. 1*
Russ.phanérogamique
professeur au Collègedes
de la Antilles
Basse-Terre.françaises
(Avec annotations
du professeur
R' Jlerkelpar
sur lel'emploi
de ces plaotes).
1897. —Q uatrièm e volum e. —(Cinquième année)
1* Rapport
de
mission
scientifique
à la Martinique
et a lafrançaise.
Guyane, par
l-àunouuel
GcoU'
rov. —
Les
Plantes
médicinales
et toxiques
de un
la Guyane
parM.
Edouard
Heckel.—
8"Heckel.
Recherches
sur
les
Graines
grasses
nouvelles
peu
connues
des
Colonies
françaises,
par
Ed.et
—
4*
Sur
un
Strophantus
du
Congo
français
iStrophantus
d
Autran).
Etude
de
ennuie
de
matière médicale, paretMM.
les professeurs
Schlagdenhautien
et l-ouis—Planchon.
—5* piquant
l/Eroumadedela
la .Nouvelle-Calédonie
son
produit
résineux,
parfourni
M Henri
Jumelle.
6 Du Bois
Guvane
française
et
de
son
écorce
fébrifuge,
par
le
Z a n th o xylu m P erroteiii RC., par
MM. Ed.
Heckel
et F. Sehlagdonhauffon.
7» Sur )e&lt; Murraya Kœnigii et exotica de ' ochinchine
: etude
de pharmacognosie,
par le R'—I»aborde.
1898. — C inquièm e volume. —.(Sixième année).
1 Les Plantes à Caoutchouc et a Gutta dans les Colonies françaises, par II Jumelle, professeuradjoint
à la Faculté
des s -lences
de Marseille.
£♦ Les Graines
nouvelles
connues
des Colonies
françaises,
étude —
botanique
chimique grasses
et industrielle,
par M. ouE. peu
Heekel.
—
3
Sur
un
nouveau
Jaborandi
des
Antilles
françaises
P ilocurpus raeem&lt; us
Yahli. par M. le Rr Rocher, professeur ,i l’Ecole de médecine et dé pharmacie «le Clcrniont-FerTam !
iEtude botanique et pharmaceutique.)
1899. —S ix iè m e volum e. —(Septième année).
1* Etude
sur
les
cacaos,
par des
M Colonies
le professeur
Jumelle.
les gommes,
gommes-résines et résines
françaises,
par. M.—le- R'Etude
Jacob desur
Cordemoy.
1900. —S ep tièm e volume. — (Huitième année).
I" fa se ie u le. —Étude sur le tabac, production, manufacture et culture,notamment dans les Colonies
rançaises, par M. Laurent, docteur ès sciences.
0- fa scicu le .—Etude morphologique et anatomique du Brachytrupes achatinus s'toll, tpii, au
Tonkin, ravage les caféiers, par le Rr Bordas, docteur ès-sciences.
1901. —H uitièm e volum e. —(Neuvième année).
1- faparscicule
L
Les
Soies
dans
l’Extrême
Orient
et dans
les
Colonies
françaises
le
professeur
docteur
Hubert
Jacob
de
Cordemoy
—
2"
L’Or
dans
les
Colonies
françaises
historique, gisements, procédés d'extraction, commerce), par M. le professeur docteur I-auront
-jmu. - —. 5*LeCulture
capitaine
Landolphe----r—
.
(iio
)Ma(Farci
des
arbres
à gutta on ----Indo-Chme
et
aux
Indes
néerlandais»',
poi
C. Verne - (!• Notes d’exploration économique au Congo français, par.M. L-.m
Berthier.
,
1&lt;k»2 — N euvièm e volume —(Dixième annee).
Voyage
scientifique
au
Sénégal,
au
Soudan
par M. A.parChevalier
? Journal de route du Sénégal au SoudanetetenauCasamance,
Foutah-DjaUon,
le capitaine
Revaux.
1»H)3. — p re m ie r volum e, 2' série. — (Onzième année).
r fa seieule. — L’Exposition d’Hanoï, par le professeur P. Gaffarel (ave»- de nombreuses
illustrations)
nouvelles ou peu connues des Colonies françaises,
faeume
se ie u iioiamiiue,
le .— L Graines et«Tasses
industrielle, par M Edouard Heckel. — ? Recherches sur la
étude botanique,
chimique
composition
de l’albumen des graines d'A sirocaryuni r u ly ir e Mari et d
liacalm Mnrt., l’almiersde I» Gin .me française, par M. Le nard. - ■! Catalogue alphabétique
raisonné
des piaules médicinales et toxiques de Madagascar ave» leur emploi indigène, pai
M. Edouard Ih

�Sommaires des volumes parus des

ANNALES DE L'IN ST H T T COLONIAL DE MARSEILLE
1904. — D eu xiem e col-tune, 2* série. —(Douzième année).

I* Recherches
anatomiques
sur diun
la fleur
Tanghinà laduF’arulté
Ménabé
(Madagascar)
par
Paul
Hop. docteur
ès soiuncos, chargé
cours du
de botanique,
des sciences
de Toulouse.
—
2*
Étude sur l’île de la Reunion.(Géographie physique : Richesses natuielles ; Cultures et
Industiics),
par le l)r —
11 ;!•Jacob
de Cordoiuoy, charge de cours ii l'Ecole de médecine et a l'institut
colonial
de Ma'saille.
Sur un nouveau Copal et sur un nouveau Kino lourms, le

preutier par ledutruit,
et Dleinsecond
par le tronc et les rameaux du D ip te n jj- odorufa Willd. Étude
anatomique
genre
tertjx et étude chimique de scs produits), par MM. Edouard Ileekel.
II. Jacob de Cordemoy et Fr. Sclilagdcnhaull'cn. — T Étude ethnographique sur la race
Man du Haut-Tonkin, par le capiiaine Maiiv. de l infanteric coloniale.
1905. — T roisièm e colum e, 2‘ série. — (Treizième année).
t* M adagascar en 175ô, par M. Bernard, chirurgien au service do la Compagnie des Indes
ipréfacé pm' M le professeur Gartartd; — t Étude chimique sur les huiles de bois
a’Indo-Clilne, par M. lit. bet'euvre. — 3* Étude morphologique et anatomique du
Sablier (H uru rrep iton s b.), par M. Gilles.—T L’Eperua falcata Aüblet( W n p a huileu.r
de
la Guyane),
au point
de vitededepharmacie
la Morphologie
eijternc—et5‘deLel'AKlrondro
natomie, pardeM Madagas­
b. Courchet.
professeur
à l’Ecole
supérieure
de Montpellier
car
t
C ern era M uilagusciirieusis Courrhct), nouvelle Simarouhèe toxique par M b. Courchet.
professeur
à l'École supèrieuic de pharmacie de Montpellier. — (r Étude du Voanpiso ou
Moranda. péricarpe comestible du H a p h i a p ednneulafa Palisot de Beauvois, de Madagascar, au
point
de
vue
botanique
etMorphologie
chimique (nouvelle
source de matière grasse), par MM Decrock et Fr.
SchlagdenhauH'
e
n.
—
7
générale et étude anatom ique de la larve
d’Io Irene, cheuille séricigène de la Guyane Française, par M. b. Bordas, docteur es sciences natu­
relles, docteur en moaèèiqc, maître de conférences à la Faculté des sciences de Rennes.
1906. — Q uatrièm e colum e, 2' série. —(Quatorzième année).
I' Etude
sur
le
développement
decours
l’appareil
sécréteur
de
V E /ieru uJulecda Aublet, par
M.
II.
Jacob
de
Cordemoy,
chargé
de
à
l’Ecole
de
médecine,
chef
des travaux pratiques île bota­
nique
àlelaprofesseur
Faculté des
Sciences de Marseille.
— 2° Dessin
photographique des feuilles, note
de
M.
bouisPlaiic.hon.de
f
Université
de
Montpellier.
3 Recherches m orpholo­
giques
et
anatomiques
sur
le
K u tn fa ou K u tru n n j de Madagascar i C cdrelopsis Grecei
II. Haillon), par M le professeur buefen Courchet, de l'Univerailè de Montpellier. — 4* Contribu­
tion a l’étude du genre C innam osm o H. Bâillon, par M. le professeur bucien Gourchet
r&gt; Contribution à l’étude de quelques points d’anatomie interne des Phyllies (Hnjllium eruriJoliu.ru Audinet Surville) par M. b. Bordas, docteur ès sciences,docteur en médecine, maître
de
conférences
à la Faculté des Sciences de Rennes —0° Recherches sur l’appareil sécréteur
du
V utairea G uiunensis Aublet (Coumaté) et du M uehœ rium t errutjineum Pers.
(Liane san^) et sur la composition chimique des kinos qu'ils fournissent, par Si. Deciôck. processeur
adjoint
à ladeFaculté
des Sciences de Marseille, et M. Ribaul, agrégé à la Faculté de médecine et de
pharmacie
Toulouse.
1907. C inquièm e colum e, 2‘ série. — (Quinzième année).
1° Recherches morphologiques et anatomiques sur une Rubiacée nouvelle de
M adagascar : D irich letiu P rin c ei nova sp , par -M Paul Dop, docteur ès sciences, chargé d’un
cours
botanique
à la Faculté
des Sciences
de Toulouse.—
2* Sur quelques
plantesmaître
nou­de
vellesdede
M adagascar
au
point
de
vue
morphologique
et
anatomique,
par
M.
Dubard,
conférence
de botanique
à la Sorbonne, et P. Dop, chargé de cours a la F’aculté des Sciences
de
Toulouse.—
3° Surcoloniale
le Protorhus Perrieri uov. sp. de Madagascar, par M le professeur
I&gt;. Gourchet. - 4° Le Kitsongo vrai de Madagascar, H oureu (B ijrsocarpus) o rien ta lis H.
Bu., par M.deleIvino
professeur
b.plantes,
Courchetpar M.5“II.LeJacob
Kino des Myristicacéês, recherches sur l'appareil
sécréteur
chez
cesde
dedes
Cordemoy,
professeur
à l'école—de0*médecine
et à
l'Institut
colonial,
chef
travaux
à
la
Faculté
Sciences
de
Marseille.
Examen
chimique du Kino de Bourgoni, par M Ribaut, chargé de cours à la Faculté de médecine et
de
pharmacie de Toulouse. —7° Recherches sur les Erythrophleum et en particulier sur
VE. C oum inga 11. Bn.. par le docteur Louis Planchon, professeur à 1Ecole supérieure do pharmacie
dé
Etude chimique de l’Ecorce d’Erythrophleum Couminga, par
M. Montpellier.
le doeleur
b-aborde,
professeur
agrégé
à Sur
la Faculté
de médecine et de pharmacie de Toulouse,
pharmacien
en
chef
des
Hospices
civils.
—
9*
quelques plantes utiles ou intéressantes
du Nord-Ouest de M adagascar, par M. Hoon Jumelle, professeur u la F’aeiilté de' Sciences
do
Marseille.
10* Notes
sur la Flore du Nord-Ouest de Madagascar, par MM. HJumelle
et II. —
Perrier
de la Bnthie.
1908. —S ix iè m e volum e, 2* sé/‘ie. — (Seizième année).
1’ Esquisse
sur la pèche dans la province de Tulear, par M. Camille be Barbier, nniiini des ser­
vices
civils h Tüléar, et revue par M. le professeur Darboux ' —2 Le genre Plectaneia de
Madagascar, par MM. Henri Jumelle et II. Denier de la Bathio —3° Contribution a l’étude
des Fécules de l’Indo-Chlne, M. Fi. Decrock, professeur adjoint à la Faculté Sciences de
Marseille —4* Notes biologiques sur la végétation du nord-ouest de Madagascar:
Les Asclépiadées, par MM. Henri Jumelle et 11. Derrier de la Bathie. — •&gt; Le caoutchouc
des herbes au Congo français, pa* M A. Bandon. administrateur des Colonies. - 6- Sur
quelques plantes a graines grasses nouvelles ou peu connues des colonies françaises et
en
Madagascar et sur l'appareil sécréteur rèsinitère de quelques S ym p ho uu i nml'.'aclies,particulier
par M. Fi.deIleekel
d es

�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="1424" order="4">
        <src>https://odyssee.univ-amu.fr/files/original/2/270/Annales-Musee-colonial_1910-Vol-08.pdf</src>
        <authentication>39ae3494ff26c5a8a211b1e730969ab3</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="92">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="8674">
                    <text>A N N A L E S
DU

MUSÉE COLONIAL
DE MARSEILLE
FONDÉES EN 1893 PAK

iM. LE PROFESSEUR

D r ËDOUARD

H Ë C K E L

el publiées sous sa direction.

Dix-huitième année. 2e série. 8' volume (1910)

1910 - Vol 8

MACON, PU O TAT FRÈRES, IMPRIMEURS.

)° Les plantes utiles de Madagascar, par M.

E douard

HECKEL.

2° Fragments biologiques de la flore de Madagascar
Dioscorea, Adansonia
Colle a, etc.), par MM. H enri J U M E LL E et H. P E RR IE R DE L A B A T H IE .

M AR SE ILLE
M USÉE

C O L O N IA L

5, R ue N oaili.es, 5
1910

�A N N A L E S
DU

MUSÉE COLONIAL
DE MARSEILLE
FONDÉES EN 1893 PAK

iM. LE PROFESSEUR

D r ËDOUARD

H Ë C K E L

el publiées sous sa direction.

Dix-huitième année. 2e série. 8' volume (1910)
MACON, PU O TAT FRÈRES, IMPRIMEURS.

)° Les plantes utiles de Madagascar, par M.

E douard

HECKEL.

2° Fragments biologiques de la flore de Madagascar
Dioscorea, Adansonia
Colle a, etc.), par MM. H enri J U M E LL E et H. P E RR IE R DE L A B A T H IE .

M AR SE ILLE
M USÉE

C O L O N IA L

5, R ue N oaili.es, 5
1910

�INTRODUCTION
Au

point de vue des sciences naturelles pures

ou

appliquées, Madagascar excite le plus haut intérêt, bien
légitim é, du reste, par les particularités propres à cette
terre. Mais, de conquête récente, notre grande île mal­
gache, si spéciale par sa llore comme par sa faune, esl
encore trop peu connue au point de vue général de ses
productions végétales. Cependant, il faut bien recon­
naître que des notions précises sur cette flore très parti­
culière se dégagent des belles publications de Grandidier et de Bâillon, continuées par le regretté Drake del
Castillo; du Révérend Baron (de la Société des mission­
naires de Londres) et enfin de quelques mémoires récents,
notamment ceux de M. le professeur Jumelle qui. forl de
la collaboration de M. P errierd e la Batliie, continue avec
une persévérante précision à nous faire connaître cette
végétation

non seulement d ’une façon

générale

mais

encore, mais surtout dans les applications de ses produits
à diverses industries. Il faut citer encore le récent travail
de M .H ocbreutiner (S e rlu m Mndagascariense 1907-19081.
Toutefois

il n'en

va pas de même

touche aux multiples applications

pour tout

ce qui

de cette flore

à la

médecine indigène ou scientifique.
Il serait certainement injuste de ne pas rappeler ce qui
a été fait récemment par les Ecoles allemande de Berlin
et anglaise de K e w sur le même sujet, enfin les travaux
de M. Hubert-Jacob de Cordem oy, mon précieux colla­
borateur à l ’Institut colonial de Marseille, sur les résines
de Madagascar 1 et, notamment, sur celles des R am ys,
1. Les Gommes, résines el gommes-résines de nos colonies fran­
çaises (Annales de l'Institut colonial, 1898).

�6

INTRODUCTION

INTRODUCTION

si peu connues jusque là dans leurs origines. Mais il faut

indications d’emploi très uIiles : je ne saurais trop le

aussi se hâter d'ajouter que, sur ce terrain spécial, il

rem ercier de son aimable attention.

7

reste beaucoup à faire. Et personne ne s’ étonnera de

Je ne puis passer sous silence non plus les deux dic­

l ’étal encore naissant de la question, étant connu que

tionnaires : 1° Malaçjasy english du Rév. J. Richardson,

la conquête de l’île est de fraîche date et (pie la période

datant de 1885, et 2° Malgache français, datant de 1885,

de mise en valeur des richesses naturelles de Madagascar

des R R . P P . Abinel et Malzac, qui, tous deux imprimés

vient à peine de commencer. Néanmoins, les progrès

à Tananarive, m ont été de quelque secours.

ont été si rapides, depuis ces dernières années, que j ’ai

Le lecteur constatera que, dans le présent catalogue, et

cru devoir en donner à nouveau le tableau en raccourci,

en un trop grand nombre de cas, des noms malgaches ne

et c'est ce qui justifie le présent catalogue, la réédition

sont accompagnés d ’aucune identification botanique, tan­

augmentée, revue et corrigée de celui que j ’ai publié, en

dis que d autres sont identifiés mais sans indication d’em­

1902, dans les Annules de /'Institut et du Musée co lo ­

ploi. Celui-ci étant peu connu, ou en voie de contrôle, j ’ai

nial de Marseille.

cru devoir ajourner toute indication imprécise. C ’est là

En ce qui touche aux plantes médicinales et à leur

une lacune que, dans l’état d’ imperfection de nos Mores

emploi indigène, que j ’ ai un peu plus particulièrement

madécasses, de nos herbiers et

en vue de faire connaître dans la présente étude, si on

générales, il ne m ’ a pas été possible de com bler encore

en

afïirm er

entièrement, et je le regrette. D ’autres le feront en se

qu’aucun travail d ’ensemble n ’a jusqu’ici vu le jou r en

servant des indications que j ’ai suffisamment multipliées

excepte quelques notes

dehors de très

isolées,

on

peut

rares annotations publiées

par le R.

Baron dans son Com pendium des plantes malgaches ',
en quelques lignes intercalées entre le nom de la plante
et l’ indication de ses habitats. Ce sont là des notes trop
clairsemées quoique le plus souvent très exactes.

Le

de nos connaissances

pour faciliter cette identification complète et définitive,
car ce (pie j ’ai principalement en vue c ’est d’assurer, en
publiant ce catalogue, portant en tète de chaque plante
les noms indigènes, une plus grande facilité d’obtention
de ces plantes à ceux qui voudraient les étudier de près.
Depuis l’occupation

française,

mais surtout depuis

R. Dursap, il est vrai, a pu, durant un long séjour dans

l ’avènement du général

le Betsiléo (Fianarantzoa), comme missionnaire aposto­

général, Madagascar a été livrée d’ une façon plus effi­

lique, rédiger des notes inédites sur l’em ploi des plantes

cace, plus méthodique et plus suivie aux investigations

indigènes (ou importées) à Madagascar et aux Masca­

des chercheurs. Le haut gouvernement aidant, les fonc­

reignes, mais il ne les a jamais publiées. Cet observa­

tionnaires

teur persévérant et consciencieux

a

bien

Galliéni

des divers ordres

se

comme

sont

gouverneur

appliqués

à se

voulu

me

mettre en concordance d’esprit avec le général Galliéni,

communiquer son manuscrit et j ’ai pu y relever

des

en adressant aux divers centres de recherches disséminés

1. Revue de Madagascar, 1901, nos 10 et 11, p. 7 47 et 850. La
première partie de celte étude a paru dans les Notes, Recon­
naissances et Explorations de Madagascar, dont la Rerue de Mada­
gascar est la continuation.

en France des matériaux d’études. Et c’est ainsi que, peu
à peu, et de jou r en jour, se sont dégagées de nouvelles
données sur l’utilité de cette flore

et sur l’application

�INTRODUCTION

8

des plantes à l'art de guérir

INTRODUCTION

dans notre grande île

malgache. Ces notions, du reste, ont reçu une vigou ­
reuse

impulsion à la suite

de

l'E xposition coloniale

de Marseille (1906) qui a permis de voir et de connaître
un certain nombre de produits de cel ordre jusqu'alors
ignorés ou

parvenus

seulement

en

France

à

titre

d ’échantillons réduits, ne permettant pas une recherche
approfondie. Le complément im portant que je puis ajou­

9

naire de Madagascar, et démonstration vivante de l’es­
prit de libéralité qui caractérise la civilisation dont la
France veut faire profiter les peuples conquis par ses
armes.
Ce que j ’ai surtout voulu démontrer dans les lignes
précédentes, afin que le lecteur ne se méprenne pas surla portée du travail que je republie aujourd’hui, c'est que
les données précises manquent encore sur les applica­

ter actuellement à la prem ière édition de ce catalogue,

tions rationnelles à la médecine des plantes de Madagas­

paru en 1903, résulte de l'attribution au Musée colo­

car, dont l’ inventaire est lui-même incomplet, et qu’à

nial de Marseille d’ un grand nombre de

ces produits

l ’heure actuelle, tout catalogue, quelque raisonné qu’ il

végétaux après la dislocation des collections de l ’E xpo­

puisse être, doit se borner à peu près à indiquer les

sition coloniale. Le beau livre que M. Jumelle a publié

em plois indigènes autant qu’il est en nous de les pou­

à ce moment, intitulé les Ressources agricoles et fores­

voir connaître après douze années seulement d ’occupa­

tières

tion effective.

des colonies françaises, et oii

les produits de

Madagascar, bien étudiés avec les données de l'E xp osi­

Il n’est pas douteux que, cette colonie de peuplement

tion. occupent la place im portante que justifient les tra­

étant appelée à se développer avec rapidité, tout fait pré­

vaux spéciaux de l’ auteur, a bien mis en

sager

lum ière

Et, depuis, ce savant si

connaissances aujourd'hui sommaires

consciencieux n'a

mément ressenti par tout colon en lutte avec un climat

m ême bonheur, grâce à la collaboration fructueuse de

nouveau,

de s’assurer,

par les ressources locales,

les

m oyens de conserver le prem ier et le plus précieux de
fous les biens : la santé. Un prompt départ se fera entre

M. P e rrie r de la Balhie.
D ’autre part, nouveau bienfait résultant de l ’assimila­
de cette colonie,

ces

s’accroîtront très vile sous l’empire de ce besoin unifor­

cessé de poursuivre les études sur la m ême flore avec le

tion

que

de

grande partie des produits alors connus, de celle
malgache.

la

des indigènes de choix ont pu

venir en France s’im prégner de hotre civilisation et y
parfaire même des études élevées, couronnées par des
diplômes d'enseignem ent supérieur. De ce fait, la litté­

les produits végétaux sans valeur ou dont l'em ploi est
inspiré par des

idées extra-scientifiques et ceux

dont

l ’expérience aura démontré l ’ utilité réelle. Le nombre
des médicaments

actuellement

usités

diminuera sans

doute; la masse se tassera sous le poids du travail d'épu­
ration quotidien résultant d’ une saine observation, mais

rature médicale s’est récem ment enrichie, entre autres

de nouvelles substances végétales viendront, sous 1 in­

travaux,

de

fluence d'une connaissance meilleure et plus pratique

médecine de Paris sur les P ra tiq u e s et croyances m éd i­

des flores locales, se joindre aux anciennes déjà admises

cales des M algaches, par le docteur K am isiray 1, o rig i-

dans la thérapeutique courante des Malgaches.

d’ une thèse soutenue

devant la Faculté

En attendant, il est bon, non pas seulement au point
1. Paris, 1901 (Maloine, éditeur, 25, place de l'Fcole-de-Médecine).

�INTRODUCTION

10

INTRODUCTION

H

de vue théorique, mais encore pour faciliter celte épu­

Je ne saurais partager entièrement toutefois, malgré

ration, de présenter le tableau approxim atif des plantes

ces constatations, l ’appréciation de M. Thiry, inspecteur

employées

par les indigènes

au commencement

du

adjoint des forêts à Madagascar, (elle qu'il l ’a émise dans

xxe siècle.
Pour précipiter, s il est possible, ce mouvement d épu­

le B u lletin économ ique de Madagascar (2e année, 1902,
n" i, p. 325 ') et qu’ il formule ainsi qu’il suit : « Parmi

ration, il est nécessaire de jeter un coup d’œil sur les

les renseignements que le botaniste peut recueillir sur

doctrines médicales malgaches, seules inspiratrices de

les végétaux ligneux, beaucoup ont trait aux propriétés

l'application actuelle des plantes de Madagascar à l’art de

médicales que leur attribuent les indigènes. Là, encore,

guérir; et c'est ici déjà que la thèse du docteur Ham isi-

il y a peu de chose à retirer; les données recueillies

rav, avec le caractère de sincérité et de vérité qui la

peuvent être curieuses, même amusantes, se rapportant

caractérise,

pourra nous venir en aide. Ce praticien,

plutôt à la sorcellerie qu’à la médecine empirique, mais

pour qui, comme je l’ai dit, les mœurs de ses com pa­

elles ne doivent pas être acceptées sans grandes réserves,

triotes n’ont aucun secret, parce qu'il a vécu de leur

et il est probable que très peu de remèdes indiqués ont
une efficacité réelle. »

vie, qu'il est né de leur sang, qu’il appartient à leur
race et qu'il parle enfin leur langue,

nous

dém ontre

Ces réserves sont empreintes d ’une grande prudence,

d'une façon saisissante que l'empirisme le plus grossier

mais il ne faudrait pas croire, cependant, que rien d'utile

préside seul à la recherche des propriétés des plantes et

ne puisse sortir de ces mélanges empiriques, de ces for­

à leur application médicale.

mules aussi compliquées que grossières. N avons-nous pas

Des idées superstitieuses, qui n'ont du reste rien de

vu des médicaments acquérir droit définitif de cité dans

nouveau ni de bien surprenant, et qui ne s'éloignent

notre matière médicale, bien qu'engendrés par des théo­

guère de celles dont on constate la survie encore au jour­

ries erronées, condamnées, comme celle des signatures

d'hui au fond de nos campagnes de France, constituent

de Porta? L'em p loi de la graine de courge, par exemple,

à elles seules toute la méthode de ces applications. Chas­

à litre de tænicide, la préparation du curare, l'em ploi du

ser les mauvais esprits à l'aide de topiques ou de breu­

quinquina, de l’ipéca, de l'opium ne sont-ils pas une belle

vages semble être

démonstration de ce qu'on peut attendre de l'empirisme ?

l’unique préoccupation des guéris­

seurs occasionnels ou de profession. De là, ce
indigeste de formules
incohérence

à

celles de

de rejeter, a p r io r i et sans examen, avant de l'avoir passée

rien à envier com m e

à la pierre de louche de la science, quelque application

dont je

nos sorciers ou

rebouteurs

ruraux : c'est la polypharmacie inconsciente et dans
toute sa splendeur confuse, empruntant à la fois ses élé­
ments surtout au règne végétal,

La vérité sort quelquefois de l'erreur, et il n’est pas sage

donnerai

compliquées

quelques exemples et qui n'ont

fatras

quelquefois au règne

que ce soit de ces doctrines superstitieuses. Néanmoins
tout ou à peu près tout reste à faire en ce qui concerne
les drogues végétales de la grande île de Madagascar :
mais on reconnaîtra que ce travail d épuration ne pou-

animal, même dans ses productions les plus impures et
les plus répugnantes, et enfin au règne minéral.

1. La forêt fie Manjakandriana.

�12

13

INTRODUCTION

INTRODUCTION

vait trouver d ’autre base que dans l ’établissement d'un

loppement que je donne sous un nom indigène domi­

inventaire accompagné des applications
empiriques
actuelles. C ’esl ce que j ’ai entrepris de faire en esprit de

gnements pour l’emploi médicinal des plantes sont res­

nant, généralement de dialecte Ilo v a b Tous les rensei­

poursuite d ’un plan d’ensemble dont j’ai développé les

tés, sauf quelques exceptions, en dehors de mon contrôle

détails à l'occasion de ma publication des plantes m édi­

personnel. Je les ai empruntés soit au R. Baron, soit

cinales el toxiques de la Guyane française 1. La méthode

au R. Dursap, soit enfin à des correspondants locaux

d'exposition en sera identique.

qui ont bien voulu me renseigner, et au prem ier rang

Tout d’abord, j'indiquerai, par ordre alphabétique, les

desquels je dois citer M. P errier de la Bathie dont le

plus importants à con­

zèle, en tant que récolteur incomparable et botaniste

naître pour le colon, parce que ce sont les seuls qu'il

éclairé, est servi par un véritable talent d’observateur.

pourra invoquer auprès des indigènes pour obtenir les

Pour les plantes communes à Madagascar, à La Réunion

plantes dont il se proposera de faire em ploi ou de con­

cl à Maurice, j ’ai recouru quelquefois aux données four­

noms indigènes : ce soûl

les

trôler l’efficacité. Pour mettre en lumière l’utilité de la

nies par MM.

les docteurs J. de Cordem oy, père, dans

connaissance de ces noms dans bien des cas, il me suffira

sa remarquable flore de La Réunion, et Daruty, dans sa

de rappeler ce fait récent qu’une plante très intéressante

matière médicale de l île Maurice. J’ajoute, enfin, que

de Madagascar [A p h lo ia theæ form is), à laquelle on a

j’ai reçu des plantes el

reconnu des propriétés incontestables contre la fièvre

M. le D r Jourdran, médecin major des troupes coloniales,

quelques renseignements de

bilieuse hémoglobinurique, ayant fixé l'attention d’ un de

ancien directeur de l’École de Médecine de Tananarive,

nos plus éminents pathologistes de la Faculté de médecine

actuellement inspecteur général de l’hygiène à Monrovia

de Paris qui ne la connaissait que sous sa dénomination

(République de Libéria). Je dois aussi rendre un hom­

aux

mage de gratitude à la mémoire du pharmacien militaire

botanistes les plus qualifiés de la capitale pour identifier

des colonies Prince, trop tôt enlevé à la science et au

indigène

(Vaofotsy),

celui-ci s’adressa vainement

et demander cette plante par son vrai nom scientifique,

corps de santé qu'il honorait. Le Musée colonial lui est

afin de s'en procurer une quantité suffisante en vue d ’une

redevable de précieuses et remarquables collections de

étude clinique. Mes éminents confrères de Paris me le
renvoyèrent et je pus donner satisfaction à la requête.
Toi, une petite difficulté se présentait. Il existe, dans
la grande de, des peuples et même des races de langage
différent : j'a i donc du, pour la même plante, faire con­
naître plusieurs dénominations empruntées aux dialectes
principaux, et après avoir mis ces dénominations à leur
place par ordre alphabétique, je renvoie à l’ unique déve*
1. .1nnales de VInstitut colonial de Marseille, 1897.

plantes malgaches

récoltées

pendant

une

mission

à

1. Dans la première édition de ce mémoire, dont celle-ci n'est
que le développement el la rectification en certains points, beau­
coup de noms malgaches empruntés à des publications diverses ont
été mal orthographiés ou mal attribués en tant qu'idiomes. ,)'ai
pu ici rectifier ces erreurs, grâce au concours bienveillant de
M. A. Dandouau, directeur de l'École indigène de Tamatave, qu'un
séjour prolongé à Madagascar et une étude approfondie des
langues indigènes a bien préparé au redressement de ces noms. Je
m'en suis rapporté à ses indications pour cette mise au point en me
servant d'un catalogue manuscrit dont il a bien voulu me laisser
libre usage.

�INTRODUCTION

14

Madagascar, â l'issue de laquelle il succomba à Majunga,
victime de son dévouement a la Science el aux intéiêts
de la colonisation.
Malgré cette documentation on

verra qu’ un grand

nombre de plantes sont citées, identifiées à des noms
indigènes, sans que 1emploi soit médicinal, soit econo­
mique ou industriel, suive cette citation. Les plantes qui
se présentent dans celle condition sont ou en période
d’étude scientifique ou douteuses dans leurem ploi, ou d uti­
lisation soit nulle, soit encore mal précisée mais entrevue.
Il est bon de faire remarquer en terminant, et le lec­
teur s en apercevra bien vite lui-m ême, que les relations
établies depuis

longtemps et bien avant

1 occupation

française entre Madagascar et La Réunion ont eu une
répercussion profonde
munes à ces deux fies.

sur 1emploi

des plantes com ­

On trouve à Madagascar des

méthodes de traitement absolument semblables à celles
de La Réunion, mettant en cause les mêmes plantes
soit spontanées, soit introduites. Et il faut ajouter que
ces introductions ont été le plus souvent dues à des
Français dans leur mouvement de m igration de La R éu­
nion et de Maurice vers la grande île malgache, ou y
ayant voyagé dans un intérêt de négoce.
En terminant, je me borne à appeler de mes vœux le
moment où un travail d'allure plus scientifique pourra
être publié sur notre grande île africaine; mais je ne
puis me dissimuler que ce sera l’œuvre du temps et des
générations nouvelles. Je ne

saurais espérer pou voir

l’entreprendre. Peut-être aurai-je posé les bases, d'autres
bâtiront l’édifice.
Institut colonial de Marseille, le 30 décem bre 1909.
D r Edouard I I e c k e l .

_

�CATA LC) GU E A L P H AB ÉTIQ UE
DkS

PLANTES

U T IL E S

ET

EN

P A R T IC U L IE R

DES PLANTES MÉDICINALES
ET TOXIQUES DE MADAGASCAR AVEC LEURS
NOMS MALGACHES ET LEURS EMPLOIS

— Végétation à Madagascar.
Vallée de la Mandraka.

SIGNES ABRÉVIATIFS :

IL ou Hov.
signilie dialecte Ilova.
RI. ou Betsil.
—
—
Retsileo.
Men.
—
—
Menabe.
Tn.
—
—
Ta nos.
Swa.
—
—
Swahili.
SI. ou Sak.
—
—
Sakalave.
Rs. ou Betsim.. —
—
Belsimisaraka.
Ta ou Tan.
—
—
Tan ala.
Tank.
—
—
Tankay.
Vak. Ank.
—
—
Vakin Ankaratra.
Anal.
—
—
Ananalava.
Sa ou Antsih.
—
—
Antsianaka.
Anlank.
—
—
Antankarana.
Antand.
—
—
Antandroy.
Pr.
—
—
Provincial en général
cr
—
généralement à Madagascar.
b•
ni. à ni.
traduit « mot à mot ».
ni. ni.
—
manuscrit malgache.

A
Abiba, Mahabiba Sak., Koroso Swa. ; S emecarpus A nacardium L. ( . inacardiacées). — On emploie le suc, en consistance
de miel, acre et caustique, renfermé dans les cavités propres
au péricarpe du fruit. La semence contenue dans le fruit
est huileuse et comestible. — Le fruit est par suite caus-

�16

PLANTES UTILES PE MADAGASCAR

tique et vésicant, on l’emploie contre la scrofule, les mala­
dies vénériennes, l’ainhum et le rhumatisme. Contre l'ainhum
ou dégénérescence hypertrophique du petit orteil, on fait
griller le fruit dans une cuiller sur la flamme jusqu’à ce que
l'huile suinte. Employée comme topique, cette huile calme
presque instantanément les douleurs causées par cette
maladie. 2° contre la lèpre, dartre; mal vénérien : frotter
avec le suc acre de l'écorce du fruit (péricarpe) et laver
aussitôt avec de l’eau.
AdaboSl.; Ficus sakalavarum et F. coculifolia Bak. ( U rticées). Le premier est très polymorphe par ses fruits (glabres
ou velus et de la grosseur d'une cerise à celle d’une orange
avec tous les intermédiaires), d’après Jumelle.

Adabobe IL ; F rcus coculifolia Bak. ( Urticées).
Adabolahy SI. ; Ficus

sakalavarum

Bak. {Urticées).

AdabonolalL; Ficus sp. (Urticées).
Adabonomby IL ; Ficus sp. (Urticées).
Adabovavy SI. — Voir Adabobe.
Adalavatana IL ; P anicum
Plante fourragère.

interruptum

Aekaombe BL; C rotalaria
Plante textile.

striata

W illd (Graminées) . —

DC. (Légumineuses). —

Aferontany g. (m. à m. « fiel de terre » ); M ollugo nudicaulis
Lamk (Ficoides) -— Petite plante herbacée, d’une amertume
de tiel très prononcée d où lui est venu son nom malgache.
On la trouve dans les environs de Tananarive et de Fiadana
a Madagascar. Infusion 5 pour 1000 d’eau; poudre 0 gr. 05
a 0 gr. 15 en nature ou en pilules. — Amère, pectorale,
tambavine (contre le tambavy1); employée aussi contre la
coqueluche.
1. Le tambavy est une affection très commune à Madagascar et aux
Mascareignes, qui se caractérise par une entérite chronique compliquée

o.w.muimi! j op suo.ii.vuq

Adaboala SL; Ficus sp. ( Ui'ticées).

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

17

Aferombohitra B. ; T achiadenus carinatus Gris. (Gcntianées). —
Plante amère, stomachique, apéritive (Rhizome .
Afiafy (Sak.); G eltis disodoxylois Thw. ( Urticées), SI.; Avic.ennia officinalls L. ( Vcrbénacées). — Ecorce riche en tannin
utilisable pour la tannerie. Ce palétuvier blanc pourrait
être employé pour consolider les grèves maritimes. — Voir
Mantsintay.
Afolava Bl. ; H yptis pectinata Poir.
sanganandevolahy.

Labiées). — Voir Sanga-

Afontsy H. ; M usa sp. (Musacées).
Agilahy H .; Fragia
toxique.

furialis

Agilahy Bl. ; Tragia
Toxique.

Boj. (Euphorhiacées). — Plante

cordifolia

Benth.

Euphorhiacées). —

Agy g. ; M ucuna horrida Bâillon [Légumineuses). — Cette
plante donne des gousses couvertes de poils irritants plus
redoutables que ceux du Mucuna urens DC. : les gousses
d Agy sont employées à Madagascar aux mêmes usages que
ces dernières.
Ahaka Bm.; D ayalia

pedata

Sm. (Fougères).

Ahibano H.; Ç yperus isudicaulis Poir. (Cypéracées). — La
paille sert à fabriquer des chapeaux très souples et de pre­
mière qualité, dits chapeaux Panama de Madagascar.
Ahibary Bl. ; P anicum crus- galli L. ( Graminées). — Le grain
pourrait servir à la nourriture de la volaille; bon pâturage.
Ahibita H.; E loscopa
Plante ornementale.

glomerata

Hassk. (Commélinées). —

d ’engorgement des ganglions mésenteriques. Pour le Dr Clément Darutv

( Piaules médicinales de l île Maurice et des pays intertropica u x , Maurice,
1896,p. 121 etsuiv.), cette alTection ne saurait être autre que 1 athrepsie
de Parrot. C ’est une maladie de la première enfance qui a été souvent
à tort confondue avec le carreau (phtisie mésentérique.)

Annales du Musée colonial de M arseille. — 2* série. 8* vol. 1910.

2

�18

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

DC. (.Rubiacées-Cinchonacées). — Calmant
employé à Madagascar pour apaiser l'irritabilité nerveuse
des petits enfants.— Plante mymécobie.
lancifolia

Ahidambo Sa. ; H eteropogon

contortus

Ahidrindrina H.; D ichrocephala

R. et S. (Graminées).

latifolia

D. C. (Composées).

Ahifatra Tn.; Ambaville des Mascareignes; S enf.cio ambavilla
Pers., H ubertia ambavilla Borv (Composées). — Cette
plante, qui offre l'avantage précieux et rare de conserver,
après dessiccation, toutes les propriétés médicinales qu elle
possède à l ’état frais, est réputée dépurative, diurétique,
antigoutteuse, tambavine, aromatique. Doses suivantes :
sommités fleuries 50 : 1000 d'eau en fusion et 60 à 100
pour 1000 en décoction réservée à l’usage externe ; poudre
10 pour 30 d'axonge en pommade. Existe aux Mascareignes
comme à Madagascar où elle est très employée.

Ahikongona Bl. ; P anicum

Xees (Graminées). — Plante
hexandra W . (Graminées). —

roseum

fourragère et H.; L eersia
Riz bâtard.

Ahimafana g. — Herbe chaude, indéterminée, constituant un
vermifuge usité à Madagascar.

Ahipisaka Bs. S tenotaphrum sp. ( Graminées).
Ahipody Bl.; S etaria

glauca

Beauv. et Sa. E ragrostis

maxi .ma

Bak. (Graminées).

Ahipotsy Bl.; G naphalium
Ahitra; F loscopa

steldelii

glomekata

S. B. (Composées).

Hank. (Commélinacées). — Plante

ornementale.

Ahitrakoholahy Bl. (m. à m. « herbe des coqs » ); H elichrvsum
Bak. (Composées). — Les feuilles sont répu­
tées vulnéraires et employées, après avoir été écrasées,
comme topique sur les plaies.
tanacetiflorum

Ahitrakonga H.; P anicum
A ndropogon

ragères.

10

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Ahibitsika g. (ni. à ni. « Herbe des fourm is»); O ldenlandia

trichozygus

R. Br. (Graminées) et
Bak. (Graminées). — Plantes four­
semialatum

Ahitrakohovavy H.; G naphalium

luteo - album

L. (Composées).

Ahitrakondro H.; A nthericum P arkeri Bak. (IJliacées).
Ahitrandriana H.; P terocallon B ojeri Bak. et L agera
S. B. (Composées).

alata

Ahitrorana H. ; P olygonum sp. (Colygonées).
Ahitsitry II. ; S tachys
Aibary Bl.; P anicum

brachiata

crus- galli

Bojer (Labiées).

L. — Voir Ahibary.

Aidinono Bl. ; E uphorhia pilulifera L. (Euphorbiacées). —
Plante bien connue pour son emploi contre l’asthme et les
bronchites chroniques dans la médecine classique.
Aika Hov.; I ndigofera tinctoria L. (Légumineuses). — Il
existe, à Madagascar, un grand nombre d'espèces d'Indigo­
fera spontanées et sauvages, mais on n’emploie guère, sous
ce nom indigène, que l'espèce introduite, qu’on trouve autour
des villages en Imérina, entre l’Atsihanaka et la côte Est,
enfin au N .-O. de l ile. Les Malgaches savent en extraire
l'indigo qu'ils appellent Volory (velours) et qu'on trouve à
bas prix sur tous les marchés. Il est employé comme émétocathartique contre les convulsions des enfants. L'indigotier
sauvage : aikaberavina (à grandes feuilles) (Ind. peduneulata Ilils. et Boj.) serait résolutif et employé contre l asthme
et les maladies nerveuses. Il sert aussi aux usages tincto­
riaux.
Aikaberavina IL ; C rotalaria
Plante textile*.

incana

L. (Légumineuses). —

Aikafatray Bl. (m. à m. « Indigotier que nous commandons » );
I ndigofera lyallii Baker (Légumineuses). — Le nom que
donnent les Betsiléo à cette plante indique qu'ils la font
venir des régions de l ’Est. Ils l’emploient contre les maux
de tète associée au gingembre en fumigations, en aspirations
et comme masticatoire.
Aikamanga IL ; I ndigofera pedlnculata Mils, et Boj. (Légu­
mineuses). — Plante tinctoriale. — Voir Aika.

�20

P. 20-21.

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Aikaoniby B l . ; C rotalaria

striata

L)C.

(Légumineuses),

plante textile.
Aikavavy H.; C rotalaria

incana

L. (.Légumineuses), plante

textile.

Ajy Bl.; I pomœa W

igutii

Chois. (Convolvulacées), plante orne­

mentale.
Akondro : Otsy Betsiléo ; Ontsy Sl. ; Katakata ; M usa sapientum
L. et M. paradisiaca L. (Musacées) (fig. 3). — Il y a dans
l’île une grande variété de bananiers auxquels les indigènes
reconnaissent d'une façon générale des propriétés astrin­
gentes, antiseptiques, hydragogues et diurétiques. Ils en
emploient les fleurs en décoction et les feuilles ainsi que la
tige pulpée comme topique contre les brûlures, ulcères,
dysenterie, diabète, ascite, hydropisie.
Akondrohazo, R ayenala madagascariensis Sonn. (Musacées) . —
Graine à arille bleu gras donnant une huile concrète. —
Voir Ravinala.
Akondronjaza g.; Kimalao BL; N asturtium barrarejefolium
Baker {Crucifères). — Stimulante, diurétique, antiscorbu­
tique, reconstituante. Les Betsiléo l'appliquent, après mas­
tication, sur les abcès.
Alafy g. — Sous ce nom on connaît trois espèces dApocy nées
appartenant au genre Alafia créé par Dupetit-Thouars et
spéciales à Madagascar. Ces espèces sont : A lafia T houarsi
Rœm. et Schult, A. pauciflora Radl. et A. perrieri Jum.
La plus connue au point de vue utilitaire est cette dernière
qui a été étudiée û cet égard par M. Jumelle (A nn. du Musée
col.de Marseille, 15e vol., 1907, p. 347). Cette espèce (voir
fig- 4 et 5) se présente sous forme d’une liane qui peut mesu­
rer,à sa base, 15 centimètres de diamètre et dont les rameaux
s’étalent parfois jusqu’au sommet des plus grands arbres.
Elle croit dans le Boina et l Amborgo sur les terrains sili­
ceux des ravines sombres et humides. Cette liane est très
riche en un latex qui, d abord vert trouble quand il s écoule
par incision, blanchit ensuite et est utilisé par les Sakalaves

Fig. 3.

Bananier à Madagascar Akondro, Ulsy).

��P. 20-21.

Fijç, 5. — Follicules (1/2) d'Alafia l ’errieri Jum.

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

21

en guise de savon. Il est probable qu’elle contient de la
Saponine (comme les Mascarenhasia très voisins). Il est
probable aussi que le latex des autres espèces d Alafia mal­
gaches susnommés pourrait être employé aux mêmes
usages domestiques.
Alakamisy g. (m. à m. «je u d i») E vodia sp. ( Rutacées). — Les
Malgaches de 1 Imérina font avec le bois de cet arbuste
indéterminé, ou avec les feuilles et les racines râpées, un
apozème contre la colique et les douleurs d'entrailles. Les
Sakalaves emploient une plante du même nom contre les
maux de tète.
Alaivana B L; H elichrysum

selaginifouim

Alamienga BL; A nthospermum

emirnense

Boj.

Bak. (Rubiacées).

Alandranto Bm. ; A fzelia spec. [Légumineuses).
Aloesy H.; Vahona g.; diverses espèces d’aloès, dont A loe
soccotrina DG. (Liliacées). — Les Malgaches de l ’Imérina
préparent l’aloès avec les feuilles de ces végétaux. Le nom
hova de ces plantes indique qu'elles sont introduites dans
1île. — On connaît les propriétés de laloès.
Amaniomby IL ; A ntherotoma N audini Hook fils (Mélastomacces).
Amalomanta Pr. ; P sychotria sp. [Rubiacées). — Racines émé­
tiques.
Ambamboana Sa.; P anax

multirracteatum

Bak. [Araliacées).

Ambaradeda C anna indica L. [Scitaminées). — Rhizome fécu­
lent (arrow-root d’Australie).
Ambarakasa Sl.; B drasaia
rnées).

madagascariensis

Thou. [Ménisper-

Ambarivatrindolo (m. à m. « Ambrevade des papillons ») g.
C rotalaria fulva Roxb.— Légumineuse à fleurs jaunes dis­
posées en grappes terminales. Arbuste très commun dans
tout l’intérieur de Madagascar et employé contre les tumeurs
blanches, la gale et autres maladies. Fibres textiles ?

�22

Ambazaha Sak. ; M anihot

utilissima

Pohl. et palmata Mull.

amrerana

Amboafotsikely
M imosa

Euphorbiacées). — Voir Mangahazo.

Amberana Bl. U rera

23

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DF, MADAGASCAR

pudica

ilo v .; Matirosana ; Anankoay Betsim. ;
L. (Légun ineuscs). — C ’est la sensitive bien

connue : elle a été introduite à Madagascar et se trouve

Bak. [Urticées).

communément sur la côte Est jusqu’à Ranomafana, route

Amberivatry g. : Ambarivatry II. ; Ambatry Bl. ; Antsotry. —
( Légumineuses) avec ses diverses variétés cultivées aux

de Mananjary à Fianarantsoa. Elle passe pour être douée
de propriétés diurétiques et calmantes, ses feuilles sont
employées contre la diphtérie, les convulsions des enfants,

Mascareignes. Sur les côtes de Madagascar, l ’ambrevade
atteint les proportions d’un arbrisseau; à l'intérieur, il est

les affections vermineuses et la disménorrhée. On donne le
plus souvent une infusion ou une décoction de feuilles, mais

plus petit. On le cultive moins pour ses graines qui, fraîches,

contre l'aménorrhée on l'associe au curcuma et au gros
chiendent en pédiluve vinaigré.

Ambrevade

des Mascareignes; C ajanus

indicus

Spreng.

sont savoureuses comme légumes, que pour l’élevage des
vers à soie, à domicile.
On emploie les diverses parties de la plante auxquelles on
attribue des propriétés béchiques, diurétiques, astringentes,
puissamment antidysentériques, détersives, laxatives, vul­

Amboàmboana Sa.; P anax

multibracteatus

Ambonambo Bs. ; G astonia

emirnensis

Bak. (Araliacées).

Bak. (Araliacées).

Ambora g. — Sous ce nom général on connaît à Madagascar

néraires. Les bourgeons sont pectoraux, les fleurs béchiques,

un certain nombre d espèces de T ambourissa parmi lesquelles

le suc des feuilles, laxatif; la farine des graines, résolutive;

il faut citer, par rang d utilité et d'importance : T. parvi FOLIA, BoiVINI, PURPIREA, RELIGIOSA, ROTA. TRICHOPHVLLA Baker
( Monimiacées), et qui, toutes, portent des qualificatifs parti­
culiers venant s’ajouter à Ambora pour former un tout,

la lessive de cendres, détersive. Les nègres de Guinée se
poudrent avec la farine des graines pour faire disparaître
les pustules récentes.

Ambiatilahy Sk. — Arbrisseau indéterminé très rare qui jouit

comme amboralavarina (ambora à longues feuilles), amboramenalaingo (ambora à duvet rouge), amboratsiavoka
(ambora fin) Amboramangidy (ambora amer), Amboramanitra (ambora odorant), etc... Ces arbres, ou au moins quel­

de propriétés très amères. Les Antsianaka en emploient la

ques-uns d'entre eux, fournissent un bois gris jaunâtre

décoction contre le tambavv.

dégageant

Amberivatrindolo H. — Voir Ambarivatrindolo.
Ambiatilahy SI. ; V ernonia c.olorata W illd . ( Composées).

une

odeur

légèrement aromatique

rappelant

Less. ( Composées). —

quelque peu celle du santal : cette odeur est très probable­

La floraison de cette plante sert à lixer la saison propre aux

ment due à une essence volatile qui contribue à rendre le

Ambiaty H .; V ernonia

appendicülata

semailles. La pulpe des fruits est appliquée topiquement

bois presque imputrescible.

sur les plaies. Bois d’œuvre.

confection des cercueils des anciens rois de l'Imerina. Le
suc rouge du fruit contient une matière colorante utilisable

Ambilazo g.; Ambilazona B l.; C alliandra

alternans Benth.
( Légumineuses). — Plante employée en bains de vapeur

locaux coutre les dartres (Voir Fanolehenai.

Ambilazona. — Voir Ambilazo.
Ambizo B L; I pomœa

batatas Lam. ( Convolvulacées). — Patate
douce, tubercule comestible (Introduit).

Il était autrefois réservé à la

et comparable à celle du rocou (Bixa Orellana). L'écorce de
la racine est emménagogue. Les feuilles sont employées en
bain contre les maladies de la peau et contre le tambavv.
Ses sommités fleuries (feuilles et fleurs) sont utilisées avec
grand succès contre les angines, et ce serait un spécifique
de l'aphonie. La racine enfin entre dans la composition du

�Oj

P. 2Î-25

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

bouillon hygiénique des Malgaches. Contre le tambavy, ils
emploient le fruit mur.

Amboralahy Bl. ; T ambourissa

parvifolia

Bak. (Monimiacées).

Amboralavarina H.; T ambourissa sp. (Monirnlacées). — Voir
Ambora.
Amboramangidy H. ; T ambourissa
cées). — Voir Ambora.

purpurea

Bak. ( Monimia-

Amboramanitra H. — T ambourissa parvifolia Bak. (M onim iacées). — Voir Ambora et Amboralahy.
Amboramenalaingo II. — Voir Amyoralahy (Monimiacées).
Amborandrainivelona H .; T ambourissa sp. (Monimiacées).
Amborantoloho H.; T ambourissa sp. (Monimiacées).
Amborasaha B urasaia

Decne. (Ménispermées) et
A. DC. (Monimiacées). — Arbuste
fébrifuge à Madagascar. Feuilles données en décoction
contre la gonorrhée.
T ambourissa

gracilis

elliptica

Amborasaha ; P ittosporum

pachylobium

Tul. (Pittosporées).

Amboratsevoka H.; T ambourissa sp. (Monimiacées).
Amboratsiavoka II. ; T ambourissa sp. (Monimiacées).
Amboravato H .; Amboravavy H .; T ambourissa

rota

Bak.

(Monimiacées).

Amborovy SI. ; S trychnos
Voavontaka.

spinosa

Lamk. (Loganiacées).— Voir

Ambotonana H.; S permacoce sp. (Rubiacées).
AmbovitsikaSa. ; P ittosporumS enacia Putterl. (Pittosporées), et
SI.; Buts

venulosa

Amelo H.; S olanum
tra, Anamamy.
Amiana g.

Bak. (Anacardiacées), plante toxique.

nigrum

L. (Solanécs). — Voir Anamafai-

Plantes arborescentes à tiges spongieuses fournies
par les U rera oligoloba et radula Bak., puis par obéit a morifolia , O. pinnatifida , et O. laciniata Baker ( Urticées). Ces
01 lies sont très communes à 1 intérieur de Madagascar. —

Photographie tlu D r Teissonnière.
l'ig. 3 lus. — Amiana ( Lrern r adula) sans feuilles et Aviavy
(Ficus Irichopoda) feuilles.

�PLANTES UTILES DK MADAGASCAR

25

Antiphlogistiques vulnéraires. Les Malgaches entourent les
membres fracturés avec la pulpe des racines de Amiana, et
la i apure de Marovelo (Ipotnæa species) mêlées au Lombiro
[Crypto&amp;terjia madagascariensis Boj.). Les blessures sont
pansées au suc des feuilles fraîches d Amiana (voir (ig. 2
et 6).

Fig. 6. — Environs de Tananarive.

Ficus Irichopoda, Cactus e t Cirera radula.

Amianbavy H. — Voir Amiana.
Amiandahy IL — Voir Amiana.
Amiandahy H. — Voir Tsontsona.
Amiandahy g .;

Bak. [U rticé e s ).— On se
sert de la cendre de cette ortie pour saupoudrer les ulcères
scrofuleux (boiboika) après les avoir lavés avec une décoc­
tion faite de feuilles pilées de Borona ( Tctradenia fruticu losa Benth.), de Kelihomandra (Ethulia conizoides L. i et de
Tsantsambaitra (Hçlichrysum Plantago DC.)
O

betia

m o rifo lia

Amiandambo Bs., Amihandahy.— Voir Sampivato.

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

26

Amokombe g. ; R andia T alanguinia DG. (Rubiacées). — Arbre
d’où découle une résine aromatique employée comme fébri­
fuge et anticatarrhale. A étudier.

AmokombeSl. ; G ardénia succosa Bak. ( Rubiacées). — Arbris­
seau sécrétant une résine balsamique qui enveloppe les
bourgeons.

Amongy H. : I I ernandia
Mongy.

peltata

Amontanag. ; Ficus bakoni et F.

Meisn. [L a urinées). — Voir

Baker (Urticées).
— Ces végétaux constituent les plus grands arbres de
trichosphkra

l’Imérina. La racine de ces figuiers gigantesques de Mada­
gascar est employée comme topique contre deux ulcères de
mauvaise nature : le Boiboika et le Kobay.
1° Contre le Boiboika : on applique râpure ou pulpe de
racines d'Amontana, de Haniganahaingana et du fruit de
Tanghin (T angiiima venemkera Poir.).
2° Contre 1eKobai/:on prend du suc de gingembre pilé et
des racines d Amontana râpées avec quantité suffisante d ’eau
pour laver l ’ulcère, puis on le recouvre avec de la cendre
de safran du pays ( Curcunia longa L .).

Amontamandina H. Ficus sp. Urticées).
Amontambavy H.; Ficus B aroni Bak. ( Urticées).
Amontamboloina H.: Ficus sp. {Urticées).
Amontandahy H.; Ficus
Ampaliala IL ; Ficus

trichosph.erà

soroceoides

Bak. [Urticées).

Bak. (Urticées).

Ampalibe g. ; A rtocarpusintegrifolia L . — Jacquier [Urticées).
— Cet arbre introduit est commun sur la côte, il vient aussi
dans l’intérieur de File. Outre les usages alimentaires de
son fruit, la racine de cet arbre est antiasthmatique et la
farine des graines est employée contre les coliques hépa­
tiques.

Ampalibe S L ; F icus guatterlkfolia Bak. [Urticées).
Ampalyg. ; Ficus

soroceoides

Baker (Urticées). — Arbre com­

27

PI,ANTES UTILES DE MADAGASCAR

mun sur les côtes de Madagascar. Les feuillee en sont tel­
lement rudes et âpres que les Malgaches s’en servent en
guise de papier verre pour polir le bois. Son écorce est
vermifuge, on la considère comme un spécifique sûr contre
la douve du foie. Son fruit aromatique, d’une odeur fine,
d’une saveur piquante et amère, passe également pour ver­
mifuge. Il entre dans la composition générale des bouillons
hygiéniques des Malgaches.

Ampaly Bs. P ittosporu.m
Voir Amborasaha.
Ampana SI.

;

Ficus

paciiylobiu .m

broussonetiæfolia

Ampananina IL ; B embicia

axillaris

Tul. (P ittosporées). —

Bak. Urticées

i.

Oliv. (Samjdacées .

Ampanga IL — Nom générique des fougères.
Ampangafenakoho H . ; O smunda

regalis

L. ( Fougères .

Ampangamanga IL ; P teris sp. (Fougères).
Ampangandrano I L ; A lsophii .a B aroni Bak. Fougères . —
Voir Ampangafenakoho.
Ampanganravina SI. ; T rina

trijuga

Radl. (Fougères).

Ampangantsirika g. ; G leichenia

dichotoma W illd . Fougères .
— Plante fort belle et très commune dans Pile, dont les
frondes sont employées contre l’asthme.

Ampangavolamena I L ; G ymnogramme

argentea

var.

aurea

Desv. (Fougères).

Ampelantsifotra Bs. ; I pom.ea

lei cantiia

Jacq.

Convolvula­

cées) .

Ampemby I L ; S orgiium

vulgare

Pers. (Graminées*. — Sorgho

à balai.

Ampilelavarika Bs.; U rera

longifolia

Ampombolava SI. ; H ippocratea

W illd . ( Urticéesi.
Tul.

evonymoides

Célastri-

nées).

Apongabeandanitra H . ; P umca
Grenadier (introduit).

gr anatu .m

L.

\

Mi /rtacées .

—

�28

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Ampongandrano

Bs. :

N epenthes

madagascariensis

Poir.

(Xepent hacées).

Anakoay Bs. — Voir Amboafotsikely.
Anakatsotsy BI. ; P hyllanthus sp. (Enphorbiacées).
Analasosona g. — Herbe indéterminée employée contre la
dysenterie et l’hémoptysie (Hémostatique puissant).

Anamafaitra H., Morelle noire ; S olanum

nigrum L. (Solanées).
— Herbe potagère chez les Malgaches. Elle est un narco­
tique et un antispasmodique bien connu. — Voir Anamamy.

Anamafana SI. et Bets. (m. à m. « herbe potagère chaude ») ;
Kimotodoha B l.; Anamalaho llo v .; S pilantiies acmella
Rich., S p . oleracea L. (Composées). — Cresson du Para,
cresson des Indes. On trouve cette plante un peu partout à
Madagascar, à l'état sauvage et dans les champs cultivés.
C’est une des herbes potagères les plus estimées du pays.
Elle est antiscorbutique, diurétique, syallagogue, odontal­
gique, tonique et digestive. Entre dans la préparation
du ro mazava, ou ro mangazafy, bouillon très prisé des
indigènes à base de brèdes ma fana.

Anamalaho H.; S pilantiies
Anamafana.
Anamalahoala H .; W

oleracea

edeluX

L. (Composées). — Voir

sp. (Composées).

Anamalahoye H. — Voir Anamafana.
Anamalahokely H. — Voir Anamafana.

nées). — Le nom malgache de cette morelle qui signifie
« herbe douce », justifie l’emploi qu’ils en font à titre d’ali­
ment. Elle se prépare mêlée au riz ou seule en guise d’épi­
nards (brèdes). — Les Malgaches pilent les feuilles de cette
morelle, celles de palma-christi et celles de safran du pays
(Curcurna longa), font chauffer ce mélange avec de l’eau et
en lavent le « Tomboka » ou anthrax, ainsi que les bubons
très douloureux. Le suc des feuilles est encore appliqué en
topique sur les ulcères en voie de guérison. Le D1 Ramisirav
(Pratiques et croyances médicales des Malgaches, p. 68)
indique que dans le cas de corps étrangers introduits dans
la cornée, on prend le pétiole de la feuille dont on enlève
lépiderme et on frotte la conjonctive jusqu'à ce qu’on ait
enlevé ce corps étranger : poussière, sable ou épine. Les
épines se fixent dans le parenchyme et s’enlèvent. On emploie
aussi pour cette pratique la racine de Mangidimata ( Vangueria emirnensis Baker). Le même auteur dit (p. 70) que,
hachée en guise d’épinards, elle calme la toux.

Anambalaza H. — Voir Anamalaza.
Anambararata I L ; I pom.ka
— Voir Ambolotara.

palmata

Anambario SI. ; A maranthus

tristis

Anambe B L; B iussica

campestris

Anambodihena H.; C iienopodium

Forst. (Convolvulacées).

L. (Amaranthacées).

L. (Crucifères).
murale

L. (Chénopodiacées .

— Riante maraîchère.

Anamalahombazaho H. — Voir Anamafana.

Anambolobotombahiny Sa. — Voir Akondronjaza.

Anamalahovavy H .; C onjza bellidifolia Bah. (Composées).
Anamalaza Betsim.; Fotsimbarinakoho Sak.; Kimaroatody

Anambolotara Sa.; I pomœa

Bl. ; A lternantiiera sessilis R. Br. (Amaranthacées). —
Cette plante herbacée est très commune à Madagascar dans
les champs cultivés. Les nourrices l’emploient comme
galactogène. On l’utilise aussi tout entière contre les divers
prurits en bains calmants, et contre les phlyctènes des
petits enfants.

Anamamy g. ; S olanum

nigrum

L. var. nodiflorum Jacq. (Sola-

29

palmata

Forst. (Convolvulacées).

— Plante ornementale.

Anamboraka Bl. ; S onchusoleraceus L. (Composées). — Plante
potagère.

Anambosaka Bs.; L obelia

serpens

Lam. [Campanulacées•.

Anamoarahina Sa.; Ficus sp. (Urticées).
Anampatsa, Anampatsy Hov. ; Sabotraboay Sak. ; Kimoealahy
Bl. ; A

maranthus

spinosus

L.

( Amarant hacées). — Cette

�30

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

espèce est très commune et croit spontanément aux envi­
rons des fermes, des villages et des villes dans toute l'île
de Madagascar. Les naturels en consomment les feuilles en
guise d’épinards. La racine y passe pour diurétique, laxative
et galactogène. 1° Contre le dridra (chancre syphilitique
rongeant), d’après un manuscrit malgache, prendre : cendre
d'anampatsa en topique, puis on traite la cicatrice avec du
miel, du jaune d’œuf et du lait. 2° Contre la rétention d’urine :
décoction des racines. 3° Contre l’eczéma : racines et safran
vert pilé, humectés d’eau en topique sur la peau du malade;
i° contre la gonorrhée : prendre racine 30 pour 720 d’eau
en décoction. Absorber la décoction par petites tasses dans
la journée. Cette tisane est considérée comme un spécifique
dans la gonorrhée, elle est diurétique et rafraîchissante.
L ’écoulement muco-purulent disparaît sous son action et
les symptômes concomitants aussi (chaleur, brûlures,
rougeur). Continuer cette tisane jusqu’à guérison. 5° On dit
encore qu'il suffît, contre la même affection, de chiquer
chaque jour cinq à six jeunes racines. La guérison serait
complète en une semaine.

Anampantsaka H.; P lectranthus

cymosus

31

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Bak. [Labiées).

— Tubercules comestibles.

Anampantsaka IL ; C oleus B ojeri Benth. [Labiées).
Anampisaka Pr. — Voir Akondronjaza. — Feuilles antiscor­
butiques.

Anampoza; C inerarla anampoza Bak. ; et E milla

ascendens DC.
[Composées). — Plantes grasses odoriférantes employées
par les Sihanaka contre les maux d’estomac (Dr Ramisiray,
loc. cit., p. 103).

Anandrambo (m. à m. « brède de la queue »); Maimbobe (m. à
m. « très puante »); Fitangosana Bl. ; G ynura cernua Bth.
( Composées). — Cette plante, originaire de l’Afrique tropi­
cale, est très commune à Madagascar dans les champs cul­
tivés, auprès des maisons et dans les chemins. Elle est
réputée adoucissante et antipsorique, on en fait de fortes

décoctions employées en lotions, ou de la poudre qu’on
mêle à 15 pour 30 d’huile de ricin ou d’axonge contre la
gale et toutes les maladies exanthémateuses. — Contre la
gale, les pustules, les eczémas humides, après lotions avec
la décoction d'Anandrambo, on oint le corps du patient
avec une pommade composée de : poudre de Gynura, 2 cuil­
lerées; huile de ricin, 1 c. ; liqueur de Van Swieten salée,
goudronnée, zinguée, alunée, q. s. pour faire une pâte
noirâtre et molle à laquelle on ajoute parfois de la suie.

Anampozalahy H .; C onyza

hirtella

Anampozavavy H. ; C onyza

bellidifolia

Ananakondro Sa.; C elosia

trigyna

DC. [Composées).
Bak. [Composées).

L. [Amaranthacées).

Ananambo SI. ; M oringa

pterygosperma Gaertn. (Moringées).
— Racines antiscorbutiques. Graines huileuses.

Anandaingo H. ; L obelia

natalensis

A. DC. [Campanulacées).

Anandrahona H. ; P olycarpum L œflingij: Benth. et Hook.
[Caryop hy l Lées) .

Anandrano H .; N asturtium

officinale K. Br. (Crucifères).
— Introduit. Feuilles antiscorbutiques.

Ahangoaika I L ; M ypericlm
— Voir Manitsorohina.

japonicum

Anankoay Bs. ; M imosa
Amboafotsikely.

pudica

Ananomby H. ; B rassica
Anamye.

campestris

Tkumb. ( Hypéricinées).

L. [Légumineuses). — Noir
L. [Crucifères). — Noir

Anantaraona Sa. — Voir Ambizo.
Anantarika H . ; A maranthus

tristis

L. [Amaranthacées).

Anantarobazaha H .; H ypericlm sp. Hypéricinées).
Anantatra H. — Voir Manitsorohina.
Anantsaonjo H .; C olocasia

antiquorum Schott.

[Aroïdées). —

Rhizome féculent, comestible.

Anantsaritaka H .; D rymaria

cordata

W illd . (C ariophyliées .

�33

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

32

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Anantsatria Bs.

Voir Anamafaitra et Anamamy.

Anantsifotra IIov.

Herbe indéterminée qui sert à prendre
les escargots et que le D' Ramisiray indique (loe. cit., p. 65)
comme employée en nature contre les maladies de la bouche;
on brûle aussi les feuilles pour en mélanger les cendres à de
la graisse et oindre de cette pommade les parties malades.

Anantsinahy H .; Anantsinahibavy H .; B idkns

leucantiia

Willd. (Composées).

Anantsinahilahy H.; B idens

ri pin nata

L. ( Composées).

Anantsinahimbazaha H.; T agetes

erecta L. (Composées). —
Introduit : originaire du Mexique. Plante ornementale.

Anantsindrana Bs. ; S olanum

nodiflorum

Anantsingitantsoavaly Hov. ; S ennebiera

Jacq. (Salariées).

Pers. (C ruci­
fères). Cochléaria de Madagascar. — Cette herbe à saveur
piquante et aromatique se trouve dans toutes les rues et sur
les places de Tananarive. Elle est antiscorbutique. Son
introduction à Fianarantsoa est récente. Elle est employée
aux Mascareignes à titre d’antiscorbutique et stimulante.
didy .ma

campestris

Anantsonganala H.; G éranium

L. (Crucifères).

sinense

Ilook. (Géraniacées).

Anapisaka Bl. — Voir Akondronjaza.
Andivolo Bs. ; A steropeia

amblyocarpa

Andrakadraka Bs. ; T rachylobium

verrucosum

orientalis

Andriambavifohy g. ; A lyxia

lucida W all, et A lyxia mada­
A. DC. (Apocynées). — Les feuilles et l écorce
sont employées dans la préparation du rhum à Madagascar.

gascariensis

Andriavolo Bs. — Voir Andivolo.
Andrivolahy I L ; C ucurbita

lagenaria

L. (Cucurbitacées).

— Gourde (Introduit).

Angalovo Fort-Dauphin ; M ascarenhasia

kakomba

Cost. et

Angalora Bl. ; S ecamonopsis madagascariensis Jum. (Asclépiadées). — Voir Vahimainty.
Angamay H. ; R hamphicarpa

longiflora

Benth. (Scrophula-

riées).
Tul. (Samydacécs).
Gærtn. (Légu­

mineuses). — Arbre à copal.

Andraraizina Bl.; T réma

Andrarezo Bl. — Voir Andraraizina.

Poiss. [Apocynées). — Donne un bon caoutchouc.

Anantsiry Bs. ; M arsilea sp. (Marsiléacées).
Anantsonga H. ; B rassica

d’une grande réputation dans la matière médicale indigène.
Son écorce est amère, stomachique, astringente, fébrifuge ;
on l ’emploie contre les dysenteries anciennes, la diarrhée,
la fièvre (à titre du succédané du quinquina). Les feuilles
sont diurétiques; on les utilise en boissons et en cataplasmes.
Les doses sont 50 à 60 gr. de feuilles pour 1000 en infusion
ou décoction : écorce : 15 : 1000 en décoction. Contre la
syphilis, les Malgaches en emploient les racines, les jeunes
bourgeons et leur résine. Avec le bois on prépare un char­
bon végétal qui joue un grand rôle dans la médication mal­
gache.

Bak. (Urticées).

Aadrarezina g. Andrèze, bois d’Andrèze; T réma

commersonii

Blume; C eltis madagascariensis Bojer (Ulmacées). — Ce
petit arbre est très connu et très commun dans les zones
basses et moyennes, clairières, coteaux découverts des
Mascareignes, fleurit à Madagascar ( Imerina) en mai et
novembre. Il jouit dans cette île et sur les îles environnantes

Angaroka Sak. ; D ioscorea O m na l a Baker (Dioscoréacées). —
Plante du Betsiléo et des contreforts du plateau central, qui
donne un tubercule fusiforme, préféré à toutes autres ignames
sauvages par les indigènes qui l'apprécient hautement.

Angavodania g. ; Kavodia Bl. ; A gauria

polyphylla Bak. et
A. salicifoeia Ilook. fils (Ericacées). — Arbres très communs
surtout sur les bords de la forêt de Madagascar. Ce serait,
paraît-il, un poison violent qu'il conviendrait dès lors d'étu­
dier méthodiquement. Le bois appliqué sur une simple
écorchure y produirait une sensation de brûlure.

Annules du Musée colonial. — 2* série. R* vol. 1910.

S

�34

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

35

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Les Malgaches se servent de ce bois pour faire du char­
bon ; ils incinèrent les feuilles et se servent des cendres
contre la gale.

Angavodianalahy H. ; A gauria

salicifolia Hook. fils (Ericacées). — Voir le mot ci-dessus Angavodania.

Angavodianavavy H.; A gauria
— Voir Angavodania.
Angea Bl. ; G rangea

polyphylla

maderaspatana

Bak. ( Ericacées).

Poir. (Composées).

Angeja SI. — Voir Vahivoraka.
Angetrika IL ; D ioscorea sp. (Dioscoréacées).
Angesoba II; T réma

grisea

Bak. ( Urticées).

Angesoba H. — Voir Andraraizina.
Angily Sk.; S olanum sp. (Solanées). — Cette herbe est employée
parles Sakalaves contre les maladies du cœur; la racine en
serait comestible.

Angivibe H. — Voir Angivy.
Angivinbazaha H. Solanum M elongena L. (Solanées). — Plante
introduite par la culture pour ses fruits comestibles (excellent
légume). — Voir le mot suivant, à la fin (Sol. heleracanthum Dun.), p. 35.

Angivy; Hery; Voangivy Hov. ; Roingivy Bl. ; S olanum

indi -

S. macrocarpon L. et S. erythracanthum Boj. (Solanées).
— Plantes de Madagascar qui sont considérées comme
aphrodisiaques, astringentes, résolutives et s’emploient
contre l ’asthme, la toux, les coliques et l’inappétence.
D’après Bocquillon-Limousin (Mat. méd. Eludes des plantes
des col. françaises, 3e partie ; plantes fébrifuges), les racines
et les fruits de S. macrocarpon sont fébrifuges en décoction
aqueuse et vineuse (15 gr. de racines pour 1 litre d'eau ou de
vin rouge) par verrées en 2i heures.
Les Malgaches mangent sans inconvénient les petites baies
roses teintées de jaune du S. erythracanthum et prennent à
l’intérieur en décoction, mêlées à d’autres plantes, les fleurs
et fruits de cette Solanée contre la gonorrhée ; les racines
cum ;

décodées s’emploient contre l ’hématurie et contre le tambavy associées à YOxalis sensitiva L. (voir Modimodia).
Le S. indicurn (appelé Angivy comme ses congénères
ci-dessus indiqués) est réputé stomachique, fébrifuge et
usité contre l’inappétence dans ses diverses parties; ses
baies en grappes, grosses et plus teintées de rouge que les
précédentes, sont réputées amères, antineurasthéniques et
hypnotiques.
Enfin le Sol. heteracanthum Dun. (S. Melongena L .),
Baranjely (H .), Bana (Bm .) qui est introduit et cultivé à
Madagascar pour ses fruits comestibles, et qui pousse très
bien partout, est employé dans ses feuilles en infusion (b
feuilles par 100U eau) et dans ses racines (10 gr. par 1000
eau) comme sialalogue, antidartreux et odontalgique. On le
donne aussi contre le choléra, les bronchites, la fièvre, la
dysurie et l'asthme : 1° contre le choléra on le donne associé
à la margose (Momordica Charantia L .), au poivre et au gin­
gembre en décoction aqueuse surajoutée de 120 gr. d'eau-devie; 2° contre l'asthme une infusion de feuilles; 3° contre
les dartres on emploie le fruit coupé en deux, enduit de
poudre et on frotte les parties malades ; i° contre la carie
dentaire on emploie les racines grillées en topique et en
fomentation.

Allivona Bak. ; P hloga

palystachya Nor. (Palmiers). — Plante
des hauts plateaux et des bosquets. Sa paille donne des cha­

peaux d’une haute finesse.

Anivo SI. — Voir Anivona Nor. (Palmiers).
Anjananjana Bl. ; Æ schynomene

sensitiva

Anjananjanafotsy H. ; L eptolæna

S w . (Légumineuses).

pauciflora

Bak. (Chlæna-

cées).

Anjavidilahy H .; P iii lip pia G oudotiana Klotzsch ( Ericacées).
— Voir Riadiatra.
Anjavidilahimadinika H .; P hilippia sp. (Ericacées).
Anjavidy H. ; P hilippia

floribunda

Benth. ( Ericacées).

Anjavidy. — Voir Anjavidilahy.
Anjavily Pr. ;

P

h ilippia

sp. ■Ericacées).

�36

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Ankavodiana H.

Antsointsoindahy II. — Voir Kimboiboitany.

Ankavodianalaky H. f Voir Angavodiana.

Antsointsoinabavy H. — Voir Antsointsoina.

Ankavodianavavy H. !

Antsointsoinabohitra H. ; E milia sp. (Composées).

Ankivy Bs. — Voir Angivy.
Antaka Bs., P sophocarpus

longepedonculatus

Hassk. (Légu­

mineuses)i.

Antentona H. — Voir Taintona.
Antrandra Bs. — Voir Ravinala.
Antsasakangatra Bs. — Voir Kitsikitsika.
Antsikana H., X eroclamys

37

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

)

pilosa

Bak. et \.

pubescens

Bâillon

( Chlænacées).

Imerina et dont la racine est acidulé et aromatique. Les
Malgaches en font des infusions contre la colique et la fièvre.
Dans les cas de fièvre, ils pilent ensemble les racines d’A n t­
sora et de Veroîehana (Andropogon Nardus L .j, et en font
une décoction dont ils se servent pour les bains de vapeur,
fermentations et boissons. Ils mâchent aussi cette plante en
avalant leur salive. — Voir Veroîehana.

Antsoroboanjo I L : F imbristylis sp. (Cypéracées&lt;.

Antsirohoroka Sak., fruits du M u s a P errieri Claverie. — Voir
Tsirohoroka.
Antaly Sak. ; D ioscorea A ntaly Jura, et Perr. [Dioscoréaccès) .
— Plante silicicole dont le tubercule très différent de celui
du Macabiha (Diosc. Macabiha Jum. et Perr. (voir ce mot
et celui deFanganga), bien que les deux plantes productrices
soient alïînes, est très allongé et très amer, mais pas toxique.
Les indigènes la mangent après quelques manipulations
préalables. Son goût, après ces préparations,rappelle celui
de la châtaigne et de la pomme de terre.

Antsointsoina Hov., E milia

Antsora IIov. — Graminée indéterminée que l’on trouve en

DG. (.Synanthérées). —
Cette plante herbacée, à fleurs d'un beau jaune orange, est
employée par les Malgaches comme antisyphilitique, antipsorique et contre le condylome. On exprime le suc des
feuilles, de celles de Tanikandro (Emilia graminea DC.),
d’hydrocotyle indigène (Kiloviantsahona), et de celles de
Dingadingana (Psiadia dodoneæfolia Steetz), on fait bouil­
lir le tout et on y ajoute la cendre de Fatibolo (cheveux) et
l'on applique sur les plaies. Contre la gale, on extrait le
suc des feuilles d’Antsointsoina et de cotonnier, on le
laisse se condenser au soleil et on en frictionne la peau du
patient.
citrina

Antsotry. — Voir Araberivatry.
Aposy Bl.; A calypiia sp. (.Euphorbiacées).
Ara Bl.; Ficus

Bak. ( Urticées).

tiliæfolia

Aramy IIov. — Grand arbre à gomme résine et à fruits
comestibles dont les graines sont oléagineuses. (Voir Ramy.
Arampandrotra Sa. — Voir Vandrahana.
Aranfaja Bl.; Ficus

p i :lvinifera

Bak. ( Uricées).

Arangoaka Pr.-; T epiirosia ou M undulea sp. (Légumineuses).
— Plantes enivrantes pour la pèche du poisson.

Argodro Menabe; L ageka

Schultz Bip. Composées).—
Plante herbacée employée comme désinfectante.
alata

Ariabo Menabé. — Voir Reiabo. — Donne un des caoutchoucs
rouges de Madagascar.

Ariandro IL ; P terocaulon B ojeri Bak. ( Méliacées).
Arina Bs.; B ridelia

coccolobæfolia

Arivolahy IL ; C lcukbita
Andrivolahy.

lagenaria

Arivotaobelona Bl.; P olygonem
nées).

Bak. (Euphorbiacées).
L. ( Cucurbitacées). — Voir

senegalense

Meissn. (Polygo-

�P. 38-39.

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

38

Arry-Coota

: P entaptera R oxrirgii Tul. (Combrctacées).

Atafa Bs. ; T krmixvlia C atappa L. (Comhrétacccs). — Graines
oléagineuses comestibles.

Ataly II.: D ioscorea sp. (Dioscorcacees).
Atindrambo II.; Vternonia

ochroleuca

Bak. (Composéesj.

Avaotra II. : S.milax K raussiana Meissn. [Asparaginées). —
Voir Fandrikibodisy.
Avetro Bs. — Voir Avaotra.
Avetro Bl. : Aoaotra Men. — Voir Vandrikibodisy.
Aviavy ou Aviavindranog. ; Ficus

trichopoda Baker(Urticées).
— Abondant dans les marais de la côte qui s'étend de Tama-

I ig. S. — Environs de Tananarive.
Bois à'Aviavy (Ficus trichopoda Bak.'..

tave à Mananjary. Les incisions pratiquées sur les branches
laissent échapper un liquide laiteux que les indigènes
emploient seulement pour panser les blessures. Ce liquide
se coagule aisément au simple contact de l'air.
L'action du sel marin ne paraît pas avoir une grande

Fig. ". -

De la nan arive a Ilafy. — \ ieux pied d'Aviavy Ficus trichopoda Baker',

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

39

influence sur la coagulation : mais celle-ci s'obtient facile­
ment par 1action combinée du sel et de la chaleur. On peut
aussi retirer de ce latex une masse coagulée qui équivaut
aux 2/3 du jus traité. Ce produit est mou. élastique, adhère
aux doigts comme de la glue et peut être étiré en longs fila­
ments qui ne durcissent pas à 1air. L abondance de ce Ficus
est telle que si l ’on pouvait trouver quelque application
industrielle pour le produit de la coagulation, son exploita­
tion constituerait une source de revenus importante pour
certaines régions de Madagascar.

Aviavimamiomby II.; Ficus
Aviavimbazaba H .; Ficus

podopiivlla
carica

Bak. ( Urticées).

L. i Urticées). — Figuier

introduit pour ses fruits.

Aviavindrano g. — N oir Aviavy.
Aviotra SI. — Voir Avaotra.
Avoha M.; D ais

glaucêscens

Avoka Bs.; P ersea

Decne (Thyméléacées).

Gaertn. ( Laurinées). — Avoca­
tier : fruit excellent par sa pulpe comestible. (Introduit.

Avoko II.; Y igna

gratissima

angiyensis

Avokombily H.; A systasia

Bak. ( Légumineuses).
gangetica

T. Anders. (Acantha-

cees).

Avovina Men. ; R lmex

Spreng. ( Polygonées). —
Les feuilles sont employées contre les coliques, en infusion,
et appliquées en nature sur les plaies syphilitiques.
nepalensis

Avozo M. — Nom générique des Ravensara (Laurinées i. (Voir
ce mot.)

Avy Bl. — Voir Tsingovihonyagy Bl., Tsingovihovy IL , Agy
Betsileo.

Ayapana Bs. : E upatorium A yapana Vent. ( Composées).
Feuilles aromatiques données en infusions digestives et sudo­
rifiques. (Introduit).

Azafo Pr. ; P istia

stratiotes

L. ( Aroïdées).

�to

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

,

B

Babaka SI.; C ucurbita

pepo

(Apocynées). — Lianes donnant un bon caoutchouc (pro­
vince d’Analalani).

L. (Cucurbitacées). — Courge

introduite.

Babo g.; D ioscorea sp. ( Dioscoréacées).
Babonga Sa. ; L ycopersicum

esculentum

M ill.

( Solanées).

Tomate. — Introduit.

Bahia Bs. ; Ipomaîa

purpurea

Roth. ( Convolvulacées). — Plante

Barabanjafotsy, Barabanjamena Bs.; M ascarenhasfa sp. (Apoeynées). — Donne peut-être un bon caoutchouc.

Baranjehy Bs. ; S olanum
Angivy.

Bararaka Bs.; S c.evola K œnigii Wahl. (Goodénoviées).
Bararatâ IL ; P ragmites

communis

Bakaka SI. ; S orgiium
Ampemby.

yulgare

Bakakely SI. ; T ribulus

terrestris

Pers. ( Graminées). — Voir
L. (Zygophy liées).

Bakanko Sak. ; StrycïinosV acacoua Bâillon ( Strychnées). — Bel
arbre, 10 à 15 m., à tronc cylindrique, droit, à écorce grise et
lisse d un gris plombé ; le bois est blanc, mais chez les vieux

Batata Bs.; I pomæa
douce.

batatas

Beandoha IL ; C yperus

difformis

comestibles. Les feuilles servent aux Sakalavespour parfumer

Befotsy g.; E uphorbïa

leurs boissons fermentées (Jumelle).

Bege. — Voir Batata.
Behatoka H. — Voir Paraky.
Bekira Bs. — Voir Paraky.

Forst.

triloiia

( Euphorbiacées). —

Graines à huile très siccative.
utillissima Pohl.

( Euphorbiacées).

— Tubercules féculents comestibles.

Bana Bs. ; S olantm M elongena L. (Solanées). — V oir Angivy.
Bano H.; C yperus nudicaulis Poir.(Cypéracées). — Voir Ahibano.

coriacea

Bak. ( Araliacées).

et

ARBORESCENS

Voir

L. (Légumineuses).

Barabanja ou Barabandza Betsimisar., M ascareniiasia
CEOLATA

A. D. C., M.

ANGÜSTIFOLIA

nobilis

Ilild. et W . (Palmiers). —
Drake (Euphorbiacées).

elegans

L. (Cypéracées). — Tiges et

feuilles employées pour la fabrication des préparations en
paille grossières.

Belohalika g. ; S trobilanthes

madagascariensis

Bak. (*4can-

1Lacées).

Gaertn. (Palmiers). —

indica

L. (M al-

L. (Cypéracées).

leucodendron

Bele Bs. ; Belena Bs. — Voir Batatas.
Bemaimbo Sa.; C assia

Baombary II.: Æ schynomene

tiliacels

Belahy SL; E yodiabelahe Baill. ( Rutacées) et Bs. U rophyllum
L yalii Bak. (Bubiacées). — Voir Bilahy.
Beloha LI. ; C yperus

Balahazo Bl. — Voir Balafanapaka.

Banty SI. ; H yphæne
Satrana-mira.

Aubl. (Cypéracées).

Lam. (Convolvulacées). — Patate

tous les terrains (Boina et Ambongo). Pulpe de petits fruits

pentamera

maritima

vacées). — En Nouvelle-Calédonie, les fibres textiles de ce
végétal appelé Bourao sont très employées par les
Canaques pour la confection de leurs tapas (vêtements .

Befelatanana SL; B ismarckia
Voir Dimaka.

sujets, il devient brun noirâtre. Croît dans les lieux secs, sur

Bantsilana g. ; P anax

Trin. (?) (Graminées).

Baro Bs., corruption de Bourao ; H ibiscus

Bakabia Bs. — Voir Ravinala.

Balafanapaka SL; M amhot

L. {Solanées). — Voir

melongena

Bararatandriaka Bs., R emirea

ornementale.

Bakoly H .; A lelrites

41

PLANTES 1 Tl LES DE MADAGASCAR

la n -

Pervillé

occidentalis

L. (Légumineuses). —

Plante fébrifuge et active (feuilles) contre la fièvre hémoglobinurique et la fièvre palustre. Graines employées après
torréfaction comme faux café.

�42

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Bemandry. SosoSak.; D ioscorea B emandry et D ioscorea S oso
Jum. et Perr. (.Dioscoréacées). — Ces deux plantes qui
n'habitent pas les mêmes régions, l'une de la côte Ouest, la
première, et l'autre du plateau central, donnent de gros
tubercules comestibles très appréciés des indigènes qui
recherchent leur saveur sucrée et les mangent même crus.

Bernavo. — Voir Ravinala.
Benjanina II.; I mpatiens sp. (Géraniacées).
Benoara H. — Voir Bonara.
Beraboky, Mahafaly. — Nom attribué h un S ecamone sp.
(Asclépiadées) d après Jum. et donnant un caoutchouc.

Beraboky g.: M ars d é n i a

yerrucosa Decne (.Asclépiadées). — Pro­
ductrice de caoutchouc mais d'une qualité médiocre.

Beravimpotsy H. ; C rotalaria

striata

DC. (.Légumineuses).

Beravina H. — Voir Beravimpotsy.
Beroberaka Sa.; L actuca

indica

L. et H., S onchus

oleraceus

L. Composées).

Beroberokamboa H. — Voir Beroberoka.
Besofimbavy Sa. ; T riumfetta

riiomboidea

Jacq. ( Tiliacées).

Besofina Sa.; P avonia B ojeri Bak. i Malvacées).
Besofina. — Voir Besofimbavy.
Betanana Bs. : E upiioriiia

lophogona

Betondandra Sa. : E üphorria

Sam. (Euphorbiacées).

erytiiroxyloides

Bak. {Euphor­

biacées).

Betranomay H. ; ( tynura
Anandrambo.

cernua

Bak. {Composées). — Voir

Betsimihilana H. — ^ oir Voalefoka. — Nénuphar étoilé.
Bevory SI. ; G ouama

aphrodes

Tul. {Rhamnées).

Bibasy H. (corruption du mot Bibasses); E riobothrya

japonica

Lindl. [Rosacées).
Néflier du Japon (introduit) par la
culture pour ses fruits savoureux.

mil

de

rameau I vu

c é&gt;/

hypodiuni liulenbei

i l II

al ki

��PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

43

Bilahy Bs. ; U uophyllum L yallii Bak. ( Buhiacées).
Bilo Bs. ; C vperus

emirnensis

Bochl. (Cypéracées) .

Bilogoma II. ; E ucalyptusglobulus Labill. ( Myrlacées). (Intro­
duit). — Plante médicinale bien connue.

Boaboanga g-.; L ycopersjcum

esculentum

Mill. (Solanécs). —

lomate introduite pour ses fruits. — Voir

Bokabe SI. ; M arsdenia
Beraboky.

verrucosa

Babonga.

Boj. (.Apocynées). — Voir

Bokabe et Bokalahy Sak. ; M arsdenia
piadées). — Voir Beraboky.

verrucosa

Dene Asclé-

Bokala. — Voir Batata.
Bokalahy. — Voir Bokabe et Beraboky.
Bokankazo Sa. ; G eophylla G errardi Bak. (.Rubiacées).
Bonaka Sa. ; C uscuta

chinensis

Lam. ( Convolvulacées).

Bonara Menabe et II., corruption de Bois noir ; A lbizzia L erreck

Benth. {Légumineuses). — Fournit par ses feuilles un

remède contre les affections syphilitiques.

Bongo IIov. ; D ionycha B ojeri Xaud. ( Mélastomacées). —
Arbuste employé comme remède contre la syphilis et pour
teindre les étolFes de soie.

Bongolahy H., Bongorano Bl. ; G arcima

orthoclada

Bak.

( Gulfifères). — Graines à huile.

Bongovavy BL; D ionychia B ojeri Xaud. [Mélastomacées). —
Voir Bongo.
Bontaka Sak. ; nom donné à plusieurs P achypodium \Apocijnées) notamment à P. R utenbergianum Vatke du X.-O.
de Madagascar, donnant un textile cellulosique comme celui
du lombiro (Jumelle). — Le même nom s’applique à Pachyp.
eactipes K. Schum., Lamerei Drake, Drakei et Geai// Cost.
et Bois; plantes textiles aussi.

Bontona H., Za Sk. ; A ndansonla

madagascariensis

et A . Z a

Bâillon ( Malvacées). — Outre ces deux Baobabs on trouve à
Madagascar A. Grandidieri Drake (.Réniala), A. Fony Bail-

�45

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

44

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Ion, .4. Bozy Jum. et Perr., *4. digitata L. (Sefo Sak.),
.1. alba et A. rabrostypa Jum. et Perr. plus rares :
ces végétaux occupent des stations différentes dans l’île et
sont employées de la même façon que 1*4. digitata L. Les
Malgaches en font infuser le bois dans l'eau qui sert de
breuvage au bétail d'engrais, mais ils n’en obtiennent qu’un
embonpoint factice. Toutes les parties des organes de ces bao­
babs recèlent un mucilage abondant qui justifie leur emploi
en médecine comme émollients. La pulpe rougeâtre renfer­
mée dans le fruit à coque dure et tomenteuse, et qui entoure
la graine, sert à faire une boisson agréable employée contre
la fièvre. Séchée au soleil et réduite en poudre, on l’em­
ploie comme anti-hémoptysique ; on l’associe à la gomme,
contre les pertes utérines et au tamarin contre la dysenterie.
Les feuilles en infusion sont données contre la lièvre inter­
mittente et la diarrhée. On sait que les graines de ces végé­
taux donnent des huiles liquides ou concrètes de quelque
valeur industrielle.

Boraka IL ; Heltchrysum

selaginifolium Boj. i Composées .

Boraraka SL; Solanum Melongena L .(Solanées).— Voir Angivy.
Borasaha SI. ; B urasaia

madagascaiuensis

Thou. (Ménisper-

mees).

vulnéraires, détersives, antiseptiques, antidiarrhéiques,
vom itives (suc de la plante). — 1° contre les coliques, diar­
rhée, dysenterie, on donne la décoction des feuilles en potion ;
2° contre les abcès, tumeurs, ulcères : pulpe des feuilles
mêlées à celles de kelihomandra ( Æthuza conyzoides L .) et
de Tsatsambaitra ( Hcliehrysum emirnense DC.) comme
topique; 3° contre la lèpre : feuilles décodées en lotion,
et racines du même arbuste râpées dans deux cuillerées
d’eau en potion dans la journée ; 4° contre 1 indigestion :
suc de feuilles dans un peu d’eau comme vom itif ; 5°
contre le Derona (maladie goitreuse des animaux), les
Malgaches mettent le suc des feuilles dans l'eau et en
aspergent les animaux auxquels ils font au préalable une
incision â l'oreille en guise de saignée. Ils percent l'enflure
goitreuse et y injectent aussi du suc de ces feuilles.

Borondahy Bl. ; T etradema
Voir Borona.
Borovy SL ; Strychnos
Amborovy.

fruticulosa Benth. (Labiées&gt;. -

spinosa Lam. ( L o g a n i a c é e s

Bozaka I L ; Chkysopogon Gryllus L. [Graminées).
Bozaka BL ; A rundinella

stipoides Hack. (Graminées).

Bozy, Bozo Sak. ; A dansonia B ozy Jum. et Perr. [Malvacées i .
— Voir Bontona (p. 43).

Boreda g.; N icandra

p h i s a l o i d e s Gærtn. [Solanées). — Plante
herbacée originaire du Pérou, introduite récemment à Mada­
gascar où elle est très commune. Les Malgaches en
emploient les graines mêlées à du suif. Le tout projeté sur
une pelle rougie au feu en fumigations comme antiodontalgique. Ils se servent aussi de feuilles en décoction pour
détruire les pediculi capitis (pous de la têteb

Boreraka. — Voir Boraka.

Borona g., Borena Menabe ; T etradema

D

Dandemy LL; A nthurium tetragonum Llook ( Aroïdées).
Dandemo IL , voir Dandemy.
Danga IL ; LIeteropogon

fruticulosa Benth.

Labiées). — Cet arbuste, très commun à l’intérieur de
Madagascar, serait, d’après les Malgaches, doué de propriétés

contortus

Dantonana H. ; Symphonia
Dintinina.
Dara S L ; P hœnix

Borombavy H. ; T etradema sp. Labiées).

. — Voir

R. et S. (Graminées).

clusioides

Bak. ( Guttifères ); voir

reclinata Jacq. (Palmiers).

Davy BL ; P olygonum senegalense Meissn. ( Polygonacées).
Debaka Bs.; A gel.ea
minty.

koneri Hoff. (Connaracées) ; voir

Vahi-

�4g

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Dendeme Bl., voir Landemy.
Dendemilahy Bl. ; A nthocleista

madagascariensis Bak. (L&gt;oga-

niacées).

Dendemona Bs. — L ’écorce de cette plante indéterminée,
employée en décoction, est très purgative et utilisée par
les Betsimisaraka contre les dérangements d’estomac.
flabellifer L. var. madagascariensis

Rônier malgache) et Bismarckia nobilis Hild. et W . (Pal­
miers). — Le Dimaka est commun dans le N .-O ., où il s'étend
très loin des côtes (plaines fertiles des bords des rivières). Les
indigènes l’utilisent de plusieurs manières : avec la partie
ventrue du tronc, ils font des cotfres et des barriques; la
pulpe fibreuse des fruits (de couleur orangée) est sucrée et
parfumée, ils en tirent de l’alcool ; la grosse racine des jeunes
plants, qui est un légume tendre, blanc et assez bon (quoique
un peu amer), est consommé par eux, ainsi que le bourgeon
terminal (Jumelle. Flore du A.-O. de Madagascar, Ann.
du Musée col. de Marseille, 1907, p. 373).

Dimbinala H.; P anax confertifolium Bak. (Araliacécs) ;
Embella concinna Bak. ( Myrsinées) et Halleria tetragona
Bak. (Scrophulariées).

Dimepate g. ; P aropsia

edulis

Thou. (Passiflorées).

Dingadingambazaha g.; J ustifia

gendarussa Burm. (Acanthacees .
Cette plante introduite est encore assez rare dans
1intérieur de Madagascar. — Dépuratif, diaphorétique,
émétique, fébrifuge. Décoction de feuilles et sommets
fleuris dans les rhumatismes chroniques, en tisanes ou
fumigations. On emploie aussi les décoctions des racines
bouillies dans du lait contre les rhumatismes, la dysenterie
et 1ictère. C’est le Nitcliouli des créoles de La Réunion et
Maurice.

Dingadingana g., Dingadingavabazaha; P siadia

dodoneæfolia

Stœtz (Composées). — Cet arbuste, de 2 à 4 mètres de
haut, est très commun dans l’intérieur de l’ile. Certaines
montagnes de la seconde zone de la région Est sont entiè-

Les liornssils flabellifer de Madagascar.

Dimaka Sak.; Borassus

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

47

rement occupées par cette plante. En septembre, octobre
et novembre, il se couvre de (leurs jaune orange produisant
par leur abondance un très bel effet. On le retrouve dans
la zone de 1 Ouest et du Centre, mais moins fréquent. Les
Malgaches emploient la cendre, ou mieux le charbon fait
avec les rameaux de ce végétal, en topique contre la gale,
contre les excoriations syphilitiques et les condvlomes
(Voir Antsointsoina). Les jeunes pousses des feuilles
sécrètent une résine visqueuse qui serait à étudier. Nourrit
les vers à soie indigènes ou Landibe.

Dingadingandahy et Dingandahy H .; Dodonjîa

viscosa L.

(■Sapindacées).

Dingiza Bs. ; Canna

indica L.

[Soit aminées). —

Rhizome

féculent.

Dinioka g. — Arbre indéterminé très commun sur les bords
du Marovoay, dans la baie du Bombétock, aux environs de
Majunga. Il fournit des écorces fébrifuges d’une grande
puissance, dit-on, employées comme préservatives de la fièvre
dite de Madagascar.

Dintina IL , Dintinina g .; Symphonia

clusioides Bak. ( Gutti[ères). — Grand arbre produisant par incision une résine de
couleur vert foncée et se ramollissant sous les doigts, donnée
par le tronc et les rameaux. Des graines on tire une huile con­
crète qui contient aussi de la même résine. Cette résine est
utilisée par les indigènes comme une sorte de brai pour fixer
les manches de leurs outils, calfater les embarcations, etc.
Petit commerce localisé aux pays de production.

Ditinonoka H.; H olarrhena

madagascariensis Bak.

(Apocy-

nées).

Dity-vahea Lak.; Landolphia P errieri var. ambatensis Jum.
[Apocynées). — Liane donnant un bon caoutchouc.

Divaina Pr. ; Ri bus sp.
Divay IL ; Hibiscus

[R o s a cé e s ).

sabdariffa L. [Malvacées). — Oseille de
Guinée : les feuilles pilées donnent au suc qui sert à coagu­
ler le latex de caoutchouc.

�49

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Famahona. — Voir Famaho.
Famakientana. Famakietana BL; Vms

microdtptera Bak.

[Ampélidées).

Famama. — Plante indéterminée donnant du caoutchouc.
Famamo H ov. ou Fanamamo; M undulea
Elakelaka g. ; Euphorbia melanacantha Drake (.Euphorbiacées).
Engitra Pr. ; I ndigofera tinctoria L. ( Légumineuses).
Engitratainakoho Bs. ; I ndigofera
Erana; Cyperus

hirsuta L. (.Légumineuses .

pauciflora Baker
[Légumineuses). — Dette plante sert à enivrer le poisson.

Famata SI.; E uphorbia

( Euphorbiacées).

Famatabotribotrika

F

Fahavalonkazo BL; Solanum
— Voir Angivy.

erythracantiium Boj. (Solanées).

Fahikindronono BL; E ugenia sp. ( Myrtacées).
Faho Bs.; Cycas T houarsii R. Br. [Cy cactacées).
Faintina IL; P iîyllanthus Casticum W ill. {Euphorbiacées).
Fakaraalao Bl. ; Hedychiu.m

flavescens Carev. ( Scitaminées).

Falahidambo BL; Dichrostachys tenuifoua Benth. [Légum i­
neuses). — Voir ci-dessous Famaho.
Famafantsambo Ants. ; Scoparia

dulois L. [Scrofulaririées). —
A Madagascar, les Antsianaka se servent de l'infusion des
feuilles contre les dérangements d estomac.

Famaho Hov., Falahidambo BL, Famoalambo Tank. ; D ichro­
stachys tenuifolia Benth. [Légumineuses). —

Les racines
de cet arbre servent à faire une poudre dentifrice. Les
Malgaches en pilent les feuilles avec du sel et placent cette
pulpe autour de leurs dents déchaussées pour les raffermir.

decorsei

Drake

Famatalaro et Famataletandro Ant.; E uphorbia i .aro Drake

sert à fabriquer des chapeaux, des sacs, des nattes, des
corbeilles grossières.
bojeri Bak. (Composées).

Bail), et E.

l Euph nrbiacées ).

latifolius Pers. [Cypéracées). — La paille

Eriandro B L; P terocaulon

stenoclada

Ant.;
E uphorbia
[Euphorbiacées). — Voir Famata.

stenoclada

Baill.

Famatolaro. — Voir Famatalaro.
Famaty SL ; M in d u l e a T elfairh Bak. ( Légumineuses\. — Voir
Fanomamo.
Famehifary Betsim. ; C u to iu a

ternatea L. [Papillionacées . —
Plante volubile à Heurs bleues : purgative, émétique, diu­
rétique. Les Betsimisaraka emploient contre la gastralgie la
racine dont le dosage exige quelques précautions, à cause
de ses propriétés émétiques. — L'écorce de cette racine agit
contre 1irritation de la vessie et de l'urèthre à la dose de
4 à S pour 101)0 d’eau en décoction. Ses effets sont diuré­
tiques. — Les graines, à la dose de 2 à 4 grammes, sont
purgatives ; on les mêle avec deux fois leur poids de bitartrate de potasse. Leur action est prompte et sûre.

Famelomana Hov., Lavaravina Bet., Lelanangaka (Ants.);
H umex nepalensis Spreng. [Polygonées). — Feuilles en infu­
sion contre les coliques et contre le tambavv. Ils mêlent
le suc de ces feuilles à celui des feuilles de Tsitoavina
[Dodonæa species), ils y ajoutent du sel et de l'eau, puis
font boire le tout à l'enfant. — Voir Avovina.

Famihifary Sa. ; T eramnus

labialis Spreng. (Légumineuses).

Annales du Musée colonial de Marseille. — 'i' série. S' vol. 1910.

1

�50

PLANTES UTILES ME MADAGASCAR

Failiao II.; Panicum jumentorum Pers. (Graminées).
Famoalambo SI. ; Diciirostachys

tenuifolla

Benth. (Légum i­

neuses).

Famolakantsy SI. : Desmodium

paleaceum G. et P. ( Légumi­

émétique par les feuilles contre les indigestions et les empoi­
sonnements; E i . eodendron gymnosporoides Bak.; E. vacci noides Bak. (Célas/rinées). Mêmes propriétés.

Fandefana Bl. ; Euphorbia

erythroxyloides Bak.

Euphnrbia-

cées). — Voir le mot suivant.

neuses).

Famonody II.; P hellolophium madagascariensis Bak. (Ombellifères); et H.; P eucedanum sp. ( Omhcllifères).
Famonodindo II.; Secamone

olejîfolla Decne (Asclépiadées).

Faraonototozy H. ; R hodocodon madagascariensis Bak. (.Liliacées). — Noir Tapabatana. Kilobaloba.
Fampiadiananketa II.; E uphorbia anagalloides Bak. (.Euphorbiacées). — Petite herbe que les Yahinankaratra nomment
Tandrantany ; employée comme tambavine.

Fanalafaritra Hov. — Plante indéterminée employée contre
la syphilis. Le Dl Hamisirav (/oc. cif., p. 73) cite son emploi
contre les coliques et en tant que dépuratif.

Fanalasimba,

51 .

PLANTES I T1I.ES DE MADAGASCAR

Fametitory

Hov. — Plante indéterminée
employée contre les indigestions et contre les empoisonne­
ments ( Dr Hamisirav, loc. ci/., p. 72).

Fanalasompatra IIov. — Remède indéterminé contre les

Fandefana IIo v.: E uphorbia

erythroxyloides Bak. (Euphorbiacées). — Arbuste dont la racine serait purgative, citée
par le I)‘ Hamisirav comme employée contre les maladies
du ventre.

Fandefana Betsim. — Voir Matahotrantsy.
Fandemy Bets. ; Fanory Bets. et Sak. : Gomphocarpus cornutls
Decaisne, G. fruticosus H. Br. ( Asclépadiées). — Les
Menabes emploient la racine et les feuilles comme émé­
tiques, et les Betsiléo contre les maladies de bêtes à cornes.
On utilise les feuilles contre l'asthme et le tambavv. Les
racines sont renommées comme alexitères. Les Sakalaves
emploient la plante contre : 1° l’asthme : prendre les
feuilles, 7 par 360 d’eau bouillante; 2° contre l’empoison­
nement : prendre 3 racines, 3 fruits de Fanory (Gomphocarpus fruticosus R. Br.), 3 racines de lingue, 3 racines de coco,
300 grammes d’eau en décoction, et ingurgiter le décocté
par gorgée.

Fandihambo F olygonum

coliques et les indigestions.

senegalense

VVilld. (Poli/yonacées).

Fanamamo II. — Voir Famaty.

Fandirana IL : W einmannia mtm'tifolu Bak.

Fanamo IL ; T ephrosia .monantha Bak. (.Légumineuses). —
Voir Fanomo. Enivrante pour les poissons.

Fandirandahy IL ; M emecylon

Fanaravoana IL ; Sesbama

Fandrahana Menabe, Fandrotrarana Sak.: Cynodon

punctata DG. (.Légumineuses).

Fanarondrimbana Bl. ; D ichondra

repens

Forst. (Convolvula­

cées).

Fanansandovia II. ; Y ellosia dasyliroides Bak. (Amaryllidées).
Fanazava Hov. ; Elæodedron

oliganthum Baker (Celas/racées).

— Les Malgaches râpent un peu (le la racine de cet arbuste
dans de l'eau et boivent le tout contre les coliques. Le D1'
Hamisirav (p. 72) indique l’emploi de cette plante comme

o le .efolium

&lt;S a x i f r a y é e s ) .

Bak.

(M é la stom a -

cées).
dactylon

Fers. ( G r a m i n é e s ) . — Rhizomes et plante entière employés
contre la goutte et le rhumatisme en applications locales.

Fandrahinakanga Sl. ; A sparagus sp.
Fandramanana I L ;

(L ilia c é e s ).

theeformis Bak.
( B ixin é es) ;
Boir. (C e la s / r i nées). — Pour la pre­
mière (la plus intéressante au point de vue des emplois de
ces deux espèces), voir Voafotsy.

C elastrus

A phloia

fasgiculatus

�•52

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

53

PLAN L’ES UTILES DE MADAGASCAK

Fandrambarika Bs. ; P andanus sp. ( Panda nées).
Fandrana Bl.:

P aniunus

goncretus Bak.

(Pandanées). —

Feuilles employées à la fabrication des sacs h emballage.

Fangnian P aropsia

edulis

Thou. (Passiflorées).

FangonokalL; E ragrostis

pojsoides

Fandrangozaza Sa.; A chyranthes aspkra L. (Amaranthacécs).

Fanganga Sak. — Voir Macahiba.

Fandresy g.; Ficus

Faniana Sa.; D iospyros

megapoda Bak. ( Urficées).

Fandrianomby SI. ; P ortülaca oleracea L. (Portulacées).
Fandribaratra H .; ^ uns

mk .rodiptera

Bak. (Ampélidées).

Fandrikibodisy SI.; Bets., Havaotra llov.. Avoatra Men.,
Avetro Bl. ; Smu.ax K raussiana Meissn. et S. Goudotiana
A . DG. [S mi lacces'). — On trouve [ces deux espèces’et d’autres
à Madagascar, dans les haies, bois et forêts, et elles jouissent
toutes des mêmes propriétés bien connues à nos salsepa­
reilles médicinales. L ’écorce et la racine sont réputées dépuratives. antivénériennes, rafraîchissantes, stomachiques et
tambavines. Pour assurer la fécondité des femmes et des
hommes, les Malgaches prennent une décoction des feuilles.

Fandrotararana

IL, Fandrotsana SL; C ynodon dactylon
Pers. (Graminées). — Voir Fandrahana.

Fanefitra llov.; Bojeria

speciosaDC. (Composées). — Plante
grasse dont on associe les feuilles à celles de l'oranger ou
du citronnier pour préparer des bains de vapeur dans le
traitement de la petite vérole. — Une autre plante voisine
de celle-ci et nommée Fanefitsa Bl. est employée par les
Betsiléo en guise de thé, et on la dit excellente.

Fanempoka IL ; A nthosper.mum

polyacanthum Bak.

(Rubia-

cées).

Fanerana BL; P sorospermu.m Fanerana Bak. (Rubiacées).
Fanerandahy llov. ; Kilahimena Bl. ; V ernonia

scariosa Bak.

(Composées). — Les Betsiléo en administrent le suc contre
les coliques. Les Malgaches emploient la décoction des
feuilles en lotions dans la petite vérole.

Fanganga BL ; Dioscorea sp. (Dioscoréacées).

megasepala

P. B. Craminéesi.

Bak. (Èhénacécs).

Fanidy Bl. ; T oddalia
madagascariensis

agi leata Pers. (Ru lacées) et C heiaçme
Bak. ( Urticécs). — Voir le mot suivant.

Fanidy Bets., Kasimba Imer., Roy Betsim., Voasarikelinala
Tank ; T oddalia aculeata Pers. (Rulacées). — Chez les
Betsiléo, l ’écorce de la racine constitue une sorte de remède
magique contre les attaques des crocodiles. Le voyageur
avant de partir se fait légèrement inciser la peau, et l écorce
coupée en petits morceaux est appliquée sur la plaie.
C’est la racine de Jean Lopez employée autrefois dans la
matière médicale européenne contre la diarrhée. Dans T Inde,
on l’emploie sous forme de teinture et on la prend en infu­
sion comme tonique et pour combattre la Fièvre malarienne.
Le D‘ Bidia, de Madras, dit qu’il ne connaît aucun remède
de la Pharmacopée de Llnde, dans lequel les propriétés
actives, stimulantes, carminatives et toniques se trouvent
si heureusement combinées. — Noir Voasarikelinala.

Faninkandro IL ; E milia
Kimboiboitany.
Fanitso Sa.; M e l a m m e r a

graminea

DG. (Composées). — Voir

madagascariensis

Fankasava Pr. ; E l .eodendron

Bak. (Composées).

oliganthum Bak. et

Eleoden-

dron griseum Bak. (Celaslrinées) .

Fanolehana g. — Arbuste indéterminé dont on fait boire aux
chiens lancés contre les sangliers une décoction de feuilles.
Stimulant héroïque, au dire de certains empiriques. Les
Hovas et les Betsiléo les emploient en infusion contre les
coliques. Contre les dartres (formule Radavary), on jette
une poignée de feuilles en macération dans un litre d’eau et
on fait boire de ce breuvage une cuillerée h bouche trois fois
par jour. Plante intéressante à étudier.

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

54

Fano Hov., Volatsara Betsim. : P iptadema

uhryrqstauivs

Benth. ( L é g u m in e u s e s ). — Cet arbre lïeiii'it tou U1 1année,
les abeilles en fréquentent beaucoup les fleurs. Les Mal­
gaches en emploient les cendres des feuilles mêlées à celles
d’Amiandahy (Obetia marifolia Bak.) pour saupoudrer les
ulcères et les tumeurs scrofuleuses (Voir Tenindahy). Les
racines, efficaces, dit-on, contre Fépilepsie, sont employées
aussi comme un tænifuge lent. Dans le Menabe, on
emploie les feuilles pour calmer les coliques. On donne le
nom de Fano surtout aux graines de cet arbre connu, sous
le nom de Sikily ou Sikidy . Ces graines servent dans la
pratique de la divination (sorcellerie).

Fanomamo H. ; Mundulea T elfairii et

suberosa Bak. (Légum i­
neuses). — Poison pour prendre les poissons. — Voir

Fanomo.
Fanondrehana IL ; L imnopiiila

touemoides Bak. (Scrophula-

riées) .

Fanomo B.; Mundulea

striata l)ub. et Dop. (Légumineuses).
— Plante employée avec d’autres Mundulea et Tephrosia
comme enivrant pour les poissons (lig. 12).

Fanoro et Fanory IL ; Gomphocarpus

R. Br.
(.Asclépiadées). — Aigrettes soyeuses des graines employées
pour faire des couvertures, des.coussins, des édredons, etc.
— Voir Fandemy.
fruticosus

Fanoroboka BL, Fotsivolomanokana Hov.. Kiafoatany Bl. ;
Clematis bojeri var. oligopliylla Ilook., Clematopsis suaveolens Bojer (Renonculacées). — G est une plante herbacée
qui tire son nom de 1usage qu en font les lépreux pour brûler
les excroissances de leur peau. Elle est tambavine et antis\ philitique ; le suc de la feuille a des propriétés caus­
tiques. Elle est couramment employée :
I" Contre le tambavy : pulpe de feuilles mêlée à celle de
Masinankorona (Légumineuse indéterminée), laisser macé­
rer et boire;
2 Contre la syphilis secondaire et le commencement de
lèpre . se baigner dans une décoction de sommités de Voa-

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

33

vahy [Do lie h os axillaris E. Maver) et de feuilles pilées de
Fanoroboka.
Fanory IIov. — Voir Fandemy.
Fantaka II.; A rundomadagascariensis Kunth. ? (Graminées] __
lige listuleuse employée à beaucoup d’usages domestiques.

Fantsi-holitra g. ; A lluaudia

procera Drake [Sapindacées).

Fantsikahidambo II.; Clerodendron sp. ( Verhénacées). —
Voir Fantsinakoho.
Fantsikahitra II.; P lectronia

buxifolia

Bak. (Buhiacées).

Fantsinakoho IIov., Tsatsandroy Bl. ; Clerodendron

iietero-

B. Br. [Verhénacées). — Cette plante, très com­
mune dans l’intérieur de Madagascar, est appréciée comme
fébrifuge, amère, tonique : 1° dans la dysenterie, les Mal­
gaches boivent le suc des feuilles mêlé à la racine râpée
dans un peu d’eau ; 2° les Betsiléo administrent à leurs
enfants le suc des feuilles contre les vers intestinaux; 3°
contre la piqûre redoutable de l’araignée Tarabiby (Mygale)
ils emploient en potion la racine de cette plante et celle de
Nonoka [Ficus Melleri Baker) râpées dans un peu d'eau ;
4° dans le traitement des abcès : feuilles torréfiées en
topique ; 3° petite vérole ; feuilles en décoction pour bains
PHYLLUM

de vapeur.

Fantso Sa. ; Justicia

haplostachya T. Anders. (Acanthacées).

Fany. — Voir Fano.
Faototra Bs.: Barringtonia sp. [Myrtacées). — Graines eni­
vrantes pour les poissons. — Noir Fotobe, Fototra.
Farafaka SI. ; Sonneratia

alra Sm. [Lythrariées).

Farafotsa et Farafotsy SI. ; G iyotia

madagascariensis Baill.

( Euphorbiacées).

Farimaty II.. — N oir Vahindambinana Bets.
Faromaso II.; T iiumbergia platyphylla Bak. (Acanthacées).
Voir Foromaso.
Faromaty Sak. ; C l e m a t i s m i c r o c u s p i s Bak. [Henonculacees .

�56

PLAN TES l TJLES DE MADAGASCAR

Farimainty H. Bl.; C lematts saxicoca Hils et Boj. (Henonculacées).

Farimanga II.; I'a .m u
Ahibary.

m giu s - galli L.

(iGraminées/. — Voir

Fasy Bs.; Bandants sp. (Pandanées).
Fatora g.. Fatoralahy Bl. ; M lssænda
ss .knda sp. et

vestita Bak. (liubiacées).

M. triciiophlebia Bak.

( Ruhiacées).

Fatraina g'.: Samadera

madagas» ariensis A. Juss. Simaroubées). — Cet arbre est très commun dans les forêts de
Madagascar : on en vend 1écorce dans les marchés, plutôt
comme ingrédient entrant dans la composition du rhum du
pays que comme agent thérapeutique : il est cependant
réputé comme amer, fébrifuge, astringent et antidysenté­
rique : on emploie l’écorce en ràpure contre les brûlures et
en applications sur les plaies saignantes. On prescrit la
décoction ou le vin contre la dysenterie, l'entérocolite san­
guinolente et la dysenterie chronique.

Fatray H. ; U rophyllum L yallii Bak. (liubiacées).
Fatsimbala Bl. ; Gymnosporia crÂtægina,

berbeiudacea, cuneifo-

lia Bak. (Célastrinées).

Fatsinokoho Bl.: Carissa

madagascariensis Thou. (Apocynées).

— Plante à écorce et bois amers, comme (h X ylopicron
T hou.

Felaborona II.: T rina

scikenanthi s L. (Grami­
nées). — Plante à feuilles donnant un parfum (huile essen­
tielle). Essence de citronnelle.

dasycarpa Kadl.

(Ternstnemiacées).

Felambarika II. ; Diônychia Bojeri Naud. (Mêlas tum accès) et
Mlss.enda triciiophlebia Bak. (liubiacées).
Felikadabo Sa. : Dicliptera

triciiopoda Bak. (I rtic é e s ). — Voir

Aviavy.

Fiandrilavenona Imérina, Miakana Bets. ; Malva

Fary H.; Sau iiahl.m offiginarum L. Graminées). — Canne à
sucre.

Fatoravavy Bl. : Mi

Fiahana et Fiahina H. ; A ndropogon

Fiamy H. : Ficus

Farisoko SI. ; Ptkris sp. Fougères).

57

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

mh.rantiies Nees (Acanthacées).

Femhamboloky Sa. : Sorgiium halepense Pers. (Graminées).

crispa L.
(Malracées). — Herbe probablement introduite (en Imérina
et Betsiléo). La racine en est râpée et employée par les
Betsiléo sous forme de cataplasmes pour les furoncles, les
abcès, les entorses. Lne décoction de cette racine est
d'abord mêlée aux feuilles de S id a r h o m h if o lia L. (Tsindahoro U puis utilisée comme ci-dessus. En Imérina elle est
pilée et mélangée à du miel contre les maux de gorge.

Fiandrilavenomamita II. ; Cyperus albomridis Clark. &lt;C y p é ra ­
cée s ).

Fiandrivalala II. : H ibbertia

coriacea Baill

Fiandrilavenombazaha g. ; A lui.ea
Fiandrivanala II. : Senecio
Fibary Bl. : P oiagom

D illé n ia c ê e s j.

officlnalis L.

Afalvacées .

faujasioides Bak. i C o m p o s é e s ).

m senegalense Meissn. (P o l i / g o n é e s \.

Fiehana II. — Noir Fiahana.
Filao Bs. ; Casi arina eqlisetifolia Forst. (C a s u a rin é e s ). —
Voir Fiofio. Bois de fer; tronc support vivant de la vanille
cultivée.

Finesy SI. ; A rtocarpîs

integrifelia L. ( U r iic é e s ).— Jacquier.

Fingibary ou Fingobary Bs. : L andolphia Dubardi Pierre A p o ct/nées). — Bon caoutchouc. — Voir Fingitra ou Fingotra.
Fingimainty ou Fingomaintry Bs. ; Landolphia

hispidula

Pierre ( A p o c y n é e s ). — Bon caoutchouc.

Fingimena ou Fingomena Bs. ; L andolphia
( A p o c y n é e s ).

fingimena Pierre

— Bon caoutchouc.

Fingipotsy Bs. ; L andolphia

surssessilis Pierre

Apocynées .

Fingitra ou Fingotra Bs.; Landolphia Dubardi Pierre i Apocy­
nées). — Bon caoutchouc.

Ferana Bs. ; D ypsis sp. (Palmiers).

Fingitrakalama Bs. ; Landolphia sp.

Ferifery Bs.; P iper

Fingotra Bs.; L andolphia madagascariensis K. Sch. i Apocynées

borbonense C.D.C, (Pipéracées).

( A p o c y n é e s ).

�PLANTES l TI LES DE MADAGASCAR

o8

— Liane considérée d’abord comme l’unique source du
caoutchouc de Madagascar; est une des rares espèces du
genre qui ne donne pas de caoutchouc.

Fingomoka 11. : Eragrostris
Fiofio SI. ; Casuarina
Voir Filao.

po.ecides P. B. ((ira minées).

equisetifolia Forst.

(Casuarinées). —

officinàrum

L. ((ira mi nées). — Canne

à sucre. — Voir Fary.

Fitangosona 131. ; G yaura

cernua Bak.

(Composées).

Fitohizambalala H. et Fitoiakoholatsaka Bl. ; C yperus
folii's Wahl. (Ci/péracées).

Fitroka g. : Ravenala madagascariensis Sonn. (Musacées).
— Voir Ravinala. Ankondrohazo.
purpurascens Thou. (Orchidées).

Fodilahimena H. ; Gladiolus

ignescens

Boj.

( I ridées). —

Plante ornementale.

Foiambazaha Bl. ; P ennisetum

triticoides Bak. (Graminées).

Folitra SI. ; Orciiipeda T houarsii R. et S. (Apocijnées). —
Graine oléagineuse.

Fompoha H.; Ficus

cyanea Boj. (Acanthacées).

Foromaso I L ; T humrergia
— Voir Faromaso.

platipiiylla

Bak. (Acanthacées).

Forombato BL ; Cyperus deiulissimus Bak. (Cypéracées).
Forona Bl. ; Scirpus

paludicola Kunth, var. decipiens Nees

Fotabe Bs. — Voir Fotobe.
Fosatra Bs. ; Barringtonia

racemosa Roxb. et B. apiculata
Miers (M y rincées). — Voir le mot suivant.

Fotobe Bs. ; Barringtonia
ôbtusi-

Fitra g’. — Plante indéterminée donnant du caoutchouc.

Fitsotsoka Bl. ; C ynorciiis

Forinondry I L ; T humrergia

( Cy pé racées).

Firambana Bs. ; Utricularia sp. (Lentibulariées).
Fisika SI. : Sacchari m

D9

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

trichociilada Bak. (l'rticées).

racemosa Roxb.,

Barringtonia

spe-

ciosa W all. (Myrtacées). — Ce bel arbre fait l’ornement et

l ’ombrage des plages sablonneuses brûlantes des côtes de
Madagascar. Il y est usité dans sa graine comme poison
servant à enivrer le poisson, à 1 instar de la coque du Levant
dans 1Tilde et du Robinia Xicou Aubl. à la Guyane. Mais
c’est surtout pour les Malgaches un vermifuge. On donne le
soir un morceau de l’amande, gros comme un pois, à l'enlant malade en ayant soin d’écraser ce produit dans un peu
d’huile d’olive ou toute autre huile et on purge à l’huile de
ricin le lendemain. On applique encore l’écorce du fruit de
Fotobe (bonnet carré) à titre de topique sur la piqûre du
bolîe-la-boue. — Voir Manondron.

Fotona Bs. ; L eptolæna turbinata Bak. : en Hov. Rhodoljsna
altivola Thou. et R. Bakeri Baill. (Sarcolænées).

Fony SI. : A danso.ma madagascariensis Baill. (Malvacées).

Fototra IL ; Barringtonia divers (Mi/rlacées). — Noir Fotobe.

Fontsilahinjanahary Bs.;() beroma breyifolia Lind \.(Orchidées).
Fontsy Bs. — Voir Ravinala, Ankondrohazo.

Fotsiavadika Bs. ; Croton N oronhje Baill. (Euphorhiacées)
et H elichrysum sp. (Composées).

Fopo SI.; Ficus

Fotsimbarinakoho Sa. ; A lternanthera

trichociilada Bak.

( Urticées).

Fopohana Bl. ; Ficus sp. (l'rticées).

Fotsimbarinakoholohy IL ; Polygonum

Foraha Bl. — Voir Voakotry.
Forambana I L ; Urticularia sp.
Firambana.
Forimboay IL ; H elichrysum

sessisis

R. Br. Ama-

ranthacées).

Lentibulariées). — Voir

araneosum Bak. (Composées).

senlgalense Meissn.

(Polygonées).

Fotsimivadika BL; P ipturus
Fotsimanahary 11. ; Senecio

integrifolius Bak. [Urticées).

cochlearifolils Bak.

Composées .

�1)0

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Fotsiravina II. ; C roton

pulchellus Baill.

Fotsivadiana g. ; II elicumrysum

(.Euphorbiacées).

cordifolium DC. ( Composées).

— Plante vulnéraire : la cendre des feuilles est appliquée
comme topique sur la dridra (plaie syphilitique excavée)
après avoir été lavée et imprégnée du suc du fruit d'Angivy
(Solarium eri/thracanthum Boj.).

Fotsivolomanokana Hov. — Noir Fanoroboka.
Fotsivony Bs. ; A g é r a t u m
Hanitrinirapantsaka.

com zo ides

L. (Composées). — Voir

Fozankao H.; Oldenlandia trinkrya Betz. (.Hubiacées).
G

Gararo IL ; X kroclamys

pilosa Bak. { ( 'hlænacées).

Gavo Bs. ; P sidilm

pomiferum L. ( Myrlacées). — Goyavier ;
cultivée pour son fruit; plante astringente dans toutes ses
parties.

Gavodania IL ; A gauria
Voir Angavodania.

salicifolia Hook. (ils ( Ericacées). —

Gidroa SL ; Mascàrenharia

lisianthiflora DC. et

M.

an ceps

Boiv. (Apocynées). — Ces deux arbres donnent un bon
caoutchouc (caoutchouc noir), exporté de Majunga. Ambongo
et Boina sont les deux principales provinces productrices
(Jumelle).

Gingiza IL ; Caxna

ixdica L. (.Scitaminées). — Bhizome fécu­

lent (arrow-root d'Australie).

Girenadelino IL ; Passiflora

stipulata Aubl. et P. incarnata

L. et P. cœrulea L. ( Passiflorées .

Goavy IL ; P sidilm

pomiferum L. [M y r tarées . — Voir

Goavimena IL ; P sidil mpomiferum à fruits rouges. — Voir Gavo.
Gorigosy I L ; K.mpholia

cattleianum Sab. (Alyrtarées).

pallidiflora Bak.

Uliacces),

quelle que soit leur origine ; qui paraissent sur les marchés
et qui sont longues et flexibles.
Hafopotsy Bs. ; A lsodeia arrorea Thou. ( Violariécs), et II.
Grewla cuneifolia Bak. Tiliacées) ; A rutilon angulatum
Mast. ( Malvacces), et Dombeya obovalis Baill. (Sterculiacées). — Plantes textiles.

Hafotra H ov. Bl. ; Ficus

rurra Vahl et F. terebrata Wi 1ld.
[Adorées). — C'est 1affouaehe bâtard des îles Bourbon et
Maurice (textile). A Madagascar, ces Ficus sont employés
comme astringents, on utilise contre la diarrhée et la dysen­
terie Fécorce des rameaux et les feuilles. On donne les mêmes
noms d Hafontra 1 ou Hafotsa, à Madagascar, aux fibres en
général quelle que soit leur origine, qui paraissent sur les

Gavo.

Goavifotsy H. ; P sidilm pomiferum à fruits blancs. — Voir Gavo.
Goavitsinahy II. ; P sidium

Hafontra ou Hofotsa g. — Nom donné aux libres végétales,

I. M. Thiry, inspecteur des forêts, identifie H a fo tra avec le genre
et le dictionnaire anglais malgache de Richardson aux genres
A s tra p œ a et D o m b e y a . M. Thiry a constaté &lt;|ue les tibres de 1Ita fo ls a ,
qu'il a étudiées, sont sans valeur comme textiles, et bonnes seulement
pour faire de la pâte à papier.
D om beya,

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

marchés et qui sont, longues et flexibles. Des vêlements sont
confectionnés avec les fibres d Abutilon an gu latum Mast. 1
par les Betsiléo. Ils emploient aussi Gracia cuira ta Baker,
et Dombeya vibur nifolia Boj.. puis Dombeya spectabilis et
cannabina Boj. sous le même nom général, mais pour cette
dernière espèce, sous celui de Hafotrasomanga.

Hafotrankora SI. ; Hibiscus

piianerandrus Bak. (Malvacées).

— Plante émolliente (feuilles).

Hafotrasomanga 11. ; Dombeya cannabina Boj. (Sterculiacécs).
— Plante textile. — Voir Hafotra.
Hafotsakanga Bl. ; P avonia Bojeri Bak. (Malracées).
Haîotsankora Bs. ; N esogordonia Bernikri Bai 11. ( T e r n s t r æ m ia cees).

Hafotsokina H. ; S parm\nnia discoi.ob Bak. ( Tiliacées). — Plante

Hakasimpoaka IL ; R umex
Halaitra g. ; Cqmbretum
Halampo SL ; Hibiscus

aryssinjcus

macrogonus Baill. {Malvacées).

Halampona 11 ; Dombeya
Voir Hafotra.

mollis Hook.

Haimahery g . , m. à m. « le fort » plante indéterminée employée
contre le rhumatisme et la goutte.
yaginellatus Boj. (Liliacées).

Hainindraisoa Hov.. Kimboiboy Bl. ; Senecio

(Sterculiacécsi.

Hamafana SL — Voir Voriravina.
Hamatra SL ; Æschynomene

sensitiva

Handrarezona Bs. ; P remna

serratifolia L. ( Verbénacées).

Sw . ( Légumineuses).

Hanga g. — Voir Anamafaitra.
Hanifika I L ; V iola

abyssinica Steud. ( Yiolariées). — Plante

ornementale.

Haninjatovo IL ; Selago

muralis Benth. (Sélaginées).
emirnense

DC. (Compo­

sées).

Hafotsomangana H. — Voir Hafotrasomanga.

Haimboalavo H. ; A sparagus

Jacq, (Polygonées).

coccineum Lam. (Combrétacées).

Hanitrandrianaivo I L ; Helichrysu.m

ornementale.

63

.

faujasioides R.

Br. (Composées). — Les feuilles et les racines de cet arbuste
sont employées par les Betsiléo en bains et tisanes contre
la syphilis et les condylomes, même contre le tambavy. Ils
en cueillent les feuilles, les font sécher au soleil et les con­
servent chez eux. Ainsi préparées, elles acquièrent un
parfum agréable (d’où le nom malgache de la plante). Le D1
Ramisiray ( loc. cit.. p. 59) indique les emplois de cette
plante contre la syphilis.

Haizantoloho Sa. ; Danais Gerrardi Bak. (liubiacées). —
Plante à racines fébrifuges, amères. Même emploi que celles
de Danais fragrans Connu.

Hanitrinimpantsaka g., Fotsivony (Betsim.); A gératum coxyzoiüës L. (Composées). — Cette herbe parfumée est peut-être
la plus commune des plantes des îles Mascareignes ; elle
existe aussi à Madagascar, et de son parfum, dont elle
embaume tous les chemins près des villages, est venu son
nom malgache qui signifie parfum des puiseuses d'eau. Les
feuilles et les tiges de cette plante sont employées en fomen­
tations contre certaines éruptions de la peau et notamment
dans la lèpre. On en compose aussi des bains qu on fait
prendre aux patients atteints de meurtrissures, après une chute
par exemple. Les feuilles sont employées en cataplasme sur
les plaies de l'anthrax. Elle passe pour empêcher le tétanos
si on l’applique sur une blessure. La décoction des racines
est une excellente tisane contre le tambavy. Enfin on
emploie encore la décoction froide en lotions contre l'ophtal­
mie purulente. — Cette plante desséchée sent le Coumarine.

Hara H . ; Sripa sp. (Graminées).
1. Sous les noms de

Ila fo lw r o n a

IIov. el

Z o b o ta ty

Bl.

Harahaitra H. ; Schismatocl.ea

viburnoidf.s Bak. (Rubiacées).

Harahara Menabe, Tsiavango Sak. : P hylloxylum

ensifolium

�fi S

PLANTES I III,ES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Bai 11. ; N koharoma p h ïi .lanthoides Baker (Légumineuses).
— Grand arbre dont le bois dur mis à macérer dans 1eau
est donné comme antidote de l'empoisonnement causé par le

Tsingala (coléoptère), insecte aquatique cpii vit quelquefois
dans les eaux potables.
D'après le D1 J. de Cordemoy (M ore de La Réunion) qui
l'a expérimentée méthodiquement, cette plante est stimu­
lante par les feuilles; la racine passe pour dépurative ; les
feuilles, en infusions théiformes, sont digestives, utiles contre
les pneumatoses gastro-intestinales et fébrifuges. Les Sakalaves en font un remède contre l'indigestion.

Haramy IL ; Canarium II arami Boj. ( Burséracées), arbre don­
nant la résine Ramg . et 11. Sympiionia sp. [Gu/lifères).
Haravola IL ; A rundineli.a stipcudes Ilack. ( Graminées).
Harefo I L ; Eleocharis

plantaginea R. Br. [C ypéracées). —
Avec les tiges molles et résistantes de cette plante, les M al­
gaches font des nattes fines, des petits paniers, des chapeaux,

des étuis à cigares. Les rhizomes contiennent une fécule très

appréciable. — Voir Decrock, les fécules d'Indochine [Ann.

du Musée col. de Marseille. 1909).

Harina I L : N eobaroma
— Voir Harahara.

phyli .antoides

Haronga Betsim. ; Haronga

Bak. ( Légumineuses).

madagasgariensis Choisy [Ilg p é ri-

cinées). — Voir le mot suivant.

Harongana Imerina et Bets., Haronga Betsim. : H aronga

mada-

gascariensis Choisy (Hypéricinées) ; //. paniculata Spach.,

Arungana paniculata Pers., Psorospernium Leonense Turc/.
— Arbuste de 1 ile entière, mais petit arbre dans les régions
chaudes de l'île et de ses dépendances. On le trouve dans

65

La tige et les racines renferment dans l’écorce primaire, le
bois et la moelle (d'après Yan Tieghem), des canaux sécré­
teurs d’où l'on peut extraire, mais en petite quantité, une
substance d ’un rouge brique, devenant rouge de sang au
contact de l'air, et que l'on a comparée à tort au sang-dra­
gon fourni par certaines espèces de Dracæna et de Stenocarpus : c’est la gomme-résine à'Haronga. Ce produit exsude
naturellement du tronc 1 et les Malgaches le nomment I)itin harongana : il a été étudié par le Dr Hubert Jacob de Corde­
moy dans ses belles recherches sur les gommes, résines et
gommes-résines des colonies françaises2. Il y a trouvé 8 °/0
de gomme soluble et 85 °/0 d'une résine noire ayant l'aspect
d’une laque et d’une matière colorante jaune qui était entraî­
née en partie avec la gomme et en partie a\rec la résine. C est
cette gomme-résine qui est la partie active de la plante ; elle
se retrouve dans les feuilles. Les Malgaches utilisent
cette gomme-résine fraîche contre les dartres, 1eczéma et
autres maladies de la peau. Ils l’emploient fraîche parce
qu elle durcit, noircit et perd, disent-ils, ses propriétés en
vieillissant. C’est avec cette résine et du suif que les Tanala
confectionnent leur Mena-draharaha, onguent noir employé
contre la gale ou du moins la dermatose appelée de ce
nom (et qui serait, parait-il, un eczéma) et contre les maladies
du cuir chevelu ou de la peau. Cet onguent est très en vogue
à Madagascar.
En Imerina, les feuilles sont pilées et employées comme
cataplasme contre la gale (?j ; prises en décoction elles ser­
vent contre la dysenterie et la diarrhée. Chez les Betsiléo,
les feuilles sont mêlées à celles de Tsimandra [E/hulia conizoides L.), pilées et séchées au soleil, puis employées comme
remède contre la gale (?), au moyen d’applications sur les

les vallées et sur le penchant des collines arides, sur les
rares sommets boisés de 1 Imerina et du Betsiléo, surtout sur

1. C ’ésl peut-être de cet arbre (|ue parle Flacourt, quand il dit, dans

la lisière des forêts. Il existe aux Mascareignes et aussi en
Afrique tropicale, au Gabon, où il est connu sous le nom

son H is to ir e de la g r a n d e ile de M a d a g a s c a r, qu’un arbre grand comme

de Ogina-Gina ou Guttier du Gabon. — Les feuilles de ce
végétal sont réputées fébrifuges, emménagogues, anticatar­
rhales, détersives; on les emploie aussi contre les angines.

un noyer « jette le sang de son écorce quand il est piqué, ni plus ni
moins q u ’un homme ». Toutefois cet arbre n’atteint jamais les dimen­
sions de notre noyer.

2.

A n n a le s de l ' Institut c o lo n ia l

de

M a r s e ille .

septième vol., 1890.

Annales ilu Musée colonial de Marseille. — 2' série, 8' vol., 1010.

5

�66

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR
PLANTES UTILES DE MADAGASCAK

parties malades (H. Baron). La décoction des teuilles est
usitée en tisane contre les lièvres rebelles, la tuberculose

67

de l llaronga (usage interne) sont extrêmement sensibles
au froid, éprouvent de l’insomnie, recherchent la chaleur et
sentent leurs facultés intellectuelles notablement surex­
citées, tandis qu'il se produit des exanthèmes sur la peau
(observations et expériences personnelles du R. Dursap).

Harongampanihy Sa. ; P sorospermum pauciflorum Bak. et Bs. ;
P sor. discolor Spach. ( Hypéricinécs).
Hasaotra. — Voir Fandrikibodisy.
Hasimbavy IL et Hasimbolo Bl. ; Dracj:na elliptica Thumb.
( Lilincées). — Voir Tsikasinkasintaboriravina.
Hasina Bets. — Voir Landihazo.
Hasina g ; Symphonia

fasciculata Thouars,

Chrysopia

fascicu-

lata Thouars ( Clusiacées). — C’est un des plus beaux arbres

de Madagascar dont le nom vient de Hazina qui signifie
élance. Tous les organes de la plante sont remplis d'une
résine visqueuse, jaune clair, se prenant à l'air en une masse
poisseuse odoriférante. Cette résine sert à confectionner des
torches et à calfater les pirogues. La matière grasse contenue
dans les graines est comestible, elle sert également d'huile
à brûler et est employée par les Malgaches, en mélange avec
la résine des canaux sécréteurs, à faire des pommades usitées
dans le traitement de la gale (?), de la lèpre et des ulcères.
On fait aussi avec cette huile des frictions contre les rhuma­
tismes, les contusions. (Voir mon étude récente de cette graine
dans les Annales clu Musée colonial, 1908 (lig. 13).

Hasindahy IL ; Dracæna sp. (Liliacées). — Voir Voantakasina.
Hasingola IL — Voir Hasimbavy.
Hatafa Bs., Hatafana Bs., Hatafo Bs. ; T erminalia Catappa
Fig. 13. — Fruit entier et mûr de Hazina

(S y m p h o n ia f a s c ic u la t a

B âillon).

pulmonaire, l’aménorrhée, la gonorrhée et la dysenterie
par atonie intestinale L Les malades soumis au traitement
1. Le Dr Ramisiray, dans sa lhèse(p. 74), cite l'emploi de celle planle
contre cette affection, en infusion et décoction.

L. (Comhrélacées).

Hatsikana ou Antsikana Iiner. ; Sarcoljsna pilosa Bâillon,
X erocmlamys pilosa Baker (Chlænacées). — Arbuste dont
l’écorce de la racine est employée pour aromatiser le rhum
du pays. Donnée aussi contre certaines all'ections, elle pro­
voquerait, à certaines doses trop élevées, des vomissements

�68

de sang. Celte plante se trouve en Imérina et au Betsiléo
ipavs découvert, sur le flanc des collines) : à étudier pour sa
toxicité.

Hatrevo Si. ; N vmimi.ua sp. ( Xymphéacées).
Havozog. ; R avbnsara

aromatica Gmél. (Laurinées). — Le nom
malgache de cet arbuste, qui a passé dans la dénomination
générique, est la corruption du mot Ravina (feuille) et tsara
(bonne). On connaît six espèces de Ravcnsara, genre spécial
à Madagascar, et l Havozo est particulièrement aromatique.
Les Malgaches distinguent deux sortes d llavozo : une douce
qu’ils nomment Havozomany, et l'autre amère Havozomangidy. Sont-ce là deux variétés de la même espèce ou deux
espèces différentes ? Quoi qu'il en soit, l'écorce et le bois de
cette espèce et dequelques autres sont doués, comme le fruit,
d'un parfum aromatique, doux, rappelant celui de l'anis.
Les indigènes se servent de ces écorces pour parfumer le rhum
du pays et on trouve ces écorces sur tous les marchés. D’après
un vieux manuscrit malgache, l'llavozo serait employé à
Madagascar aux mêmes doses et contre les mêmes affections
que le Sassafras officinal : coliques, maladies syphilitiques,
tambavy. Doses : poudre d'écorce, 2 à 4 grammes ; écorce
concassée, 10 grammes pour 1000, d’eau en infusion ; 20 à 00
grammes pour eau 1000, en décoction employée pour l'usage
externe. Le fruit serait un aromate apprécié par les palais
européens et par suite à exploiter. — Voir Kabitsalahy.

Hazafo g .; P istia

stra

hôtes L. (Aroïdées). — Voir

Azafo.

Hazoambo Bs. ; Calantica grandiflora Jamb. et N isa
crata DC. ( Samydacées).

invoiaj-

Hazobozy I L ; E rytiirina

versicolor Boj. (.Légumineuses).

Hazofitososona g. — Plante indéterminée dont le bois est uti­
lisé en infusion contre les faiblesses et les défaillances.

Hazofotsinanahary IL ; Senecio cochlearifolius Boj. (Com­
posées). — Voir Kitongotsorana.
Hazomafana g., de hazo bois, et mafana chaud ; Diospyros megasepala Hiern (R hénacées). — Arbuste à feuille et bois pur­
gatifs, vermifuges et détersifs : contre les ulcères, cata­
plasmes de feuilles ; contre la petite vérole, feuilles et
racines en décoction employées en lotion ; contre le tænia,
boire de la décoction de feuilles, puis se purger à l’huile de
ricin. Les femmes sakalaves, après leurs couches, se servent
des feuilles et de la graine d une plante du même nom
( Helychrysum species) pour se maintenir dans une douce
chaleur. Le D1' Ramisiray, dans sa thèse (p. 75), cite l’em­
ploi des feuilles de cette plante en infusion contre la consti­
pation. — Voir Faniana.

Hazomainty g. ; D albergia

Hazomaintsy (bois noir); D iospyros
MiCRORHOMBUS

Hazoanjova IL ; P olycardia
tri nres).

madagascariensis Gmel. (Celas-

Boiv. et Di.

Hazomaitso g. — Plante indéterminée et toxique employée à
divers usages médicaux: sert aux criminels comme poison

Hazomalahelo I L ; S alix

babylomca

L. ( Salicine'es). — Intro­

duit, ornemental.

Hazomalana Bs. ; P ayeria f.xcelsa Baill. ( Méliacées).

Hazomalefaka IL ; Casearia

sensitiva L. ( Géraniacées).

iiaplostylis

Ilerm. — Bois d’ébène superbe.

Hazoambony Sa. ; Clerodendron

nacées). — Plante ornementale.

Guill. et Perrotet

tale d ’Afrique.

Hazomalamy Bs. ; Casearia
Voir Voalatakakoholahy.

aucubifolium Hemsl. ( Verbe-

melanoxylon

( Légumineuses). — Donne le bois d'ébène de la côte orien­

Hazoambolahy Bs. ; U nona sp. (Anonacées).

Hazoandro SI. : Oxalis

69

TLANTUS UTILES DF. MADAGASCAR

PLANTES UTILES DU MADAGASCAR

nigrescens Tul. (Samydacées). —

lucida Tul. (Samydacées).

Hazomamy g. ; W eihea

sessiliflora Baker (Rhizophorées). —
Plante dont les feuilles sont employées pour les enfants
malades de la fièvre. Son écorce a le goût de la cannelle.

Hazomana H. — Voir Lalomango.

�PLANTES l ’TILES DE MADAGASCAR

70

Hazomanga, m. à m. « bleu ». -

Plante médicinale indéter­
minée odorante et dont on aspire le parfum contre les cépha­
lalgies. Elle fournit aussi une couleur pour les tissus de
soie. Les Sakalaves donnent le même nom à une plante
non identifiée qu ils emploient dans la cérémonie de la

circoncision.

Hazomanitra SI. ; C innamomum

aromaticum Nées. ( Launnées ).
— Arbre donnant l ’écorce de cannelle et introduit.

Hazombato Bs. ; H owalilm

axillare

Hazombato Bl. ; K alanchoe

Baill. (Samydacées).

orgyalis

Hazombatoberavina Bl. ; C ussoma
f rayées). — Voir Vantsilana.

Bak. (C rassulacees).
monopmylla

Bak. (Su.ri-

Hazomboay g., m .àm. « de caïman ». — Arbuste indéterminé
exhalant une odeur désagréable, fort employé par les Saka­
laves en bains de vapeur dans la fièvre et quelque peu par les
Betsiléo et les Menabés.

Hazomby Imer., Hazomainty Imer., Hazombiby Tan., m.
à m. « de fer », à raison de la dureté de son bois. —
Sous ces noms on connaît deux végétaux, un arbre et un
arbuste fort différents : E rytiiroxylum myrtoides Bojer
( Erythroxylées) et II omalium tetramerum Bak. ( Homalinées).
Le premier doit être plus actif, car il doit renfermer de la
cocaïne, comme la plupart des Erylhroxylum . On les emploie
dans leurs feuilles, comme stomachiques calmants et diuré­
tiques : l°con trelescoliques néphrétiques: tisane de feuilles;
2° gravelle, rétention d'urine : décoction de feuilles et de
grosses fourmis rouges; 3° maux d’estomac : feuilles en infu­
sion. Ce végétal, qui est nommé Hazomainty en Imerina et
Hazombiby chez les Tanalas, est souvent employé en bains
de vapeur.

Hazomena Sak. ; K haya madagascariensis Jumelle et Perrier. —
Bel arbre de 20 k 30 mètres de hauteur, à écorce brunâtre
maculée de gris. Cette écorce sécrète une gomme qui se
concrète sur l’écorce sous l ’aspect de petites stalactites, les
unes jaune clair, les autres plus brunes, d’autres verdâtres.

��PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

71

Elle contient non fraîchement récoltée, 21 °/0 d’eau : complè­
tement desséchée, elle se compose de 85 parties solubles
dans l’eau chaude et 15 gonflables, mais non solubles. C’est
une gomme donnant des solutions adhésives, elle ne contient
pas de tanin. Elle est sans saveur ni odeur.
L'arbre vient dans l’Ambongo et Boina, sur toutes les alluvions calcaires et humides des bords des rivières. Il
manque sur les sols siliceux (Jumelle etPerrier).
Le bois de cet arbre est très apprécié en ébénisterie. Il
est probable que l ’écorce de cet arbre y jouit, comme celle du
K. senegalensis Jus., de propriétés fébrifuges et qu’on y
trouverait aussi le principe amer, résinoïde, découvert par
Caventou, à propriétés fébrifuges et qu'il a nommé caïlce-

drine. (V o ir fig. 14 et 15.)

Hazomena Bs. ; Ochna
Hazomena Bl. ; W

madagascariensis DC. ( Ochnacées).

einmannia

R utembergii Engl. (Saxifrayées).

— Bois d’œuvre. — Voir Lalomanga.

Hazomenalakitra H. ; W

einmannia sp. (Saxifrayées).

Hazomoana, m. à m. « muet », est une plante indéterminée
employée dans le traitement des ulcères.

Hazompasiantely S l.; A lsodeia Greveana Baill. ( Violacées).
Hazompingona IL ; Diospyros leucomelas Poir. (Ebénaeées). —
V oir Lopingo.
Hazomporitra g. ; Clerodendron sp. ( Verbénacées).
Hazonakoho I L ; P sorospermum fanerana Bak. ( Hypéricinées).
— V oir Fanerana, Taikahoho, Tainakoho, Tongobositra.
Hazonandriana g., m. à m. « de sa majesté » ou mieux « des
nobles » ; Stenocline inuloides DC. (Composées). — Herbe
employée en

bains de

vapeur comme fébrifuge.

\ oir

Tsitakombohitra, Velonarivotaona.
Hazonantambo Sl. ; Æschynomene sensitivaS\x.(Légumineuses).
— Voir Anjanajana, Hamatra.
Hazondandy I L ; M orus

alba L. (Urticées). — Mûrier blanc.

Introduit par la sériciculture.

�72

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Hazondrano H o v ., Lampivakitra Tan., Mangibary Tan.; E læodendron species [Célastracées). — Feuilles purgatives. Arbre

de dimensions moyennes, commun, recherchant les stations
humides; à feuilles alternes, constamment pétiolées, d'un
vert foncé, brillant au-dessus, plus pâle au-dessous, com­
plètement glabres, à limbe entier coriace, irrégulièrement
gondolé. Ne pas confondre cette plante avec F Hazondrano
de Fort-Dauphin qui donne du bon caoutchouc ( Mascarcnha-

sia speciosa Elliott).

Hazongaga Bl. ; Crotalaria cytisoides Ilild. et Boj. ( Légumi­
neuses).

Hazongoaika, in. àm. « du corbeau » ; Gussonia B ojeri Seems.

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Hazontoho IL ; Gassinopsis

73

madagascariensis Baill. ( Olacinées).

Hazontohovavy H. ; A rdisia sp. [Myrsinées).
Hazontokana IL ; Synciiodendron ramiflorum Boj. [Composées).
Hazontozo H. ; Cassinopsis madagascariensis Baill. ( Olacinées).
Hazontsifaka I L ; L ycopodium sp. [Lycopodiacées). — Voir
Kitongotrandraka.
Hazontsilaky SI. ; Sterculia

erytmrosiphon Baill. [Sterculia-

cées).

Hazopasiantely SI. — Voir Hazompasiantely.
Hazotana Bl. — V oir Hazontana.

[Araliacc.es). — La décoction des feuilles est usitée contre

Hazotokana IL —

la diarrhée. Arbuste assez commun dont le feuillage res­
semble à celui de Fambrevade ( Cajanus indicus L.). — Voir

Hazotokana g., Mananotsa Bets., Hazotakava Menabe; V er-

Tsingila.
Hazonjaza Bl. ; Ocotea trichanta Bak. [Laurinées). — Ecorce
aromatique.

Hazonkisoa, m. à m. « de pourceau ». — Feuilles employées
contre Fanthrax, plante non identifiée encore.

Hazonkitsikitsika H. ; Colea T elfairu Boj. [Bignoniacées). —
Voir Hindramena, Hitsikitsika.
Hazontanty et Hazontana Bl. ; P iiyllanthus casticum W ill.
(.Euphorbiacées). — Voir Faintina, Hazotana, Saniry,
Takongona, Somaradindona, Kinoaevavy, Taintona.
Hazontavolo g. — Voir Tavolohazo.
Hazontoho Betsim. ; A rdisiafuscopilosa Baker ( Myrsinécs), —
Arbre au-dessous de la moyenne, assezrépandu. Les feuilles en
sont simples, alternes, elliptiques, de F centimètres de long
environ, d un vert foncé et brillant, glabre sur les deux faces,
nervure médiane seule accentuée ; ces feuilles sont employées
en infusion contre les maux de ventre. — V oir Sarihangy.

Hazontoho Bs. ; M yrsixe

madagascariensis A . DC. ( Myrsinées).

Hazontoho Bs. ; P otameia T houarsii R. et S. [Laurinées).

nonia

V o ir

Hazontokana.

species [Composées). — Arbre de faible dimension,

assez répandu. Les feuilles se rapprochent assez, par leur
forme, de celles du pommier commun, mais elles sont plus
courtement pétiolées et à limbe elliptique ou obovale, d'un
vert clair en dessus, blanc ou gris tomenteux en dessous,
5 à fi centimètres de long. On emploie cette plante dans :
l° la fièvre et la blennorrhagie aiguë, rétention d’urine :
décoction des feuilles; 2° les maux d'estomac : tisane de
feuilles sèches ; 3° les vers intestinaux, infusion de feuilles
(Betsiléo). — Ce serait un amer, astringent, fébrifuge,
diurétique, vermifuge, antisyphilitique. — Le Dr Ramisirav en indique l ’emploi suivant (Thèse, p. 91) contre
Fépilepsie : on prend un morceau du bois et des feuilles
très amères de cet arbuste, on brûle le tout et on avale les
cendres. — V oir Nananjo.

Hazotokava Sl. ; V ern o n iasp . [Composées).
Hazotsilaky, m. à m. « lent » ; L ycopodium species [Lycopo­
diacées). — Les Malgaches en prennent une infusion, pour
se donner de l’aplomb, quand ils doivent paraître en public.

Hazovola S a; D almergia B aroni Bak. [Légumineuses). — Voir
Voamboana.
Helana Bs. ; S arcolæna

multiflora

Thou. ( Chlænacées).

�P. 71-75.

74

l'[ ANTES UTILES DF MADAGASCAR

Hengitra Bs. — ^ oir Aika.
Heofika Sa. ; Dioscorea iieteropoda Bak. (.Dioscoréacées). —
Tubercule comestible.

Herana H. ; Cyperus

latifolius Hoir. (Cypéracées). — Plante
employée pour la fabrication des chapeaux, nattes et paillas­

sons. — Voir Vendrana.

Herandrano Pr. ; Mascareniiasia sp. ( Apocynées).
bon caoutchouc. — Voir Herotra.

Donne un

HerefoBl. : Eleocharisplantaginea R. Br. ( Cypéracées). — Voir

Harefo. — Rhizome féculent (amidon étudié par Planchon
et Juillet) : Fécules exotiques, Ann. du Musée colonial de

Marseille, 1909.

Herimboalavo Hov. : Roimboalavo Bl. ; A sparagus

yaginella -

rus Bojer (Aspa raffinées). — Plante très commune dans l'in­
térieur de Pile où on l’emploie pour faire des haies : elle
pousse sur les terres arides. Les Malgaches en utilisent la
racine comme un spécitique contre les lluxions de joues, le
chancre induré, les tumeurs et l’engorgement des ganglions
de nature scrofuleuse. — Voir Haimboalavo, Roimbalavo.

Herokazog. ; E uphorbia Intisy Drake(Euphorbiacées).— Donne
un bon caoutchouc dit de Fort-Dauphin. — Voir Intisy.
Heromafaitra Pr. : M ascarenhasia

speciosa var. dextra Dubard

(Apocynées).

Herondrano Bezanozano. — Voir Herandrano.
Herotra Bl. ; Mascaremiasia sp. ( Apocynées). — Liane donnant
un bon caoutchouc.

Hery SI. ; Mimosa asperata L. (Légumineuses). — Voir Riotra,
Roitra.
Hery H. — Voir Angivy.
Hetatra II. : Podocarpus Madagascariensis Bak. (Conifères). —
Bois d'œuvre.

Hidina Sa. , Chætac.me Madagascariensis Bak. (Rig noniacécs).
— Voir Fânidy.
Hindramena II. — Voir Hazonkitsikitsika.

Fig. 10.
llameauavec fleurset fruits I 2 gr. nat.)de Diospyros Perrieri Jum.

Hintsika.

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Hintsina Hintsy Bs. , A fzelia
— V oir Indrarinandra.

75

bijuga A. Gray (Légumineuses)

Hintsika II. ; Diospyros P errieri Jum. (Ebénacces). — Voir
Volombodimpona, Hitsika, Volimpoly, Volombodimpoli
(% • l(&gt;)-

Hitsika. — Voir Volombodimpona.
Hitsikitsika II. — Voir Hazonkitsikitsika.
Hobimboalavo Bs.; Stachvtarpiieta
cées). — Voir Hohimboalavo.
Hobohobo SI.; A nona

rbticulata

indica

Wahl. ( Verbéna-

L. (Anonacées). __ Fruit

comestible.

Hoda H. ; Batatas

edi lis

Hodinato g. ; I mhricaria

L. (Convolvulacées). — Patate douce.
madagascariensis Pierre

(,Sapotacées).

Hofa Bs.; P andanus sp. (Pandanées). — Voir Fasy ifig. 17).

Fiÿ. 17. — [\indanus Hofa.

Hofika Hov. et Bets., Ofaka Pr.; Dioscorea II offa J. de Cordemoy et D. iieteropoda Baker ( D io s co ré a cé e s ). — Beman-

�76

PLANTES UTILES HE MADAGASCAR
PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

dry. — Ces plantes grimpantes qui produisent des bulbes
aériens et comestibles, abondent dans tout Madagascar
(haies et bois). On se sert de la pulpe de ces bulbilles aériens
comme topiques sur les abcès. Contre les ganglions engor­
gés des aines (bubons), on grille le tubercule sur une pierre
chauffée et on en frictionne la tumeur (d'après Ralahy,
empirique Betsiléo). Se mangent en temps de disette.

77

Horirika I L ; A rum

esculentum L. (Aroidées). — Rhizome
comestible. — Voir Sahonjo, Taho.

Horombavy IIov. ; A ristlda

adscensionis L. (Graminées) . —

Contre la teigne, on emploie une pommade faite d'axonge
et de cendres de Heurs, comme topique. — Voir Pepaka.

Horompotsy H. — Voir Foiambazaha.

Hofikara D ioscorea sp. (Dioscoréacées). — Voir Ataly.

Harondry Bs.; Dicoryphe

Hofokorana Bl. ; G rewia
Hafotra et Hafokorana.

Horovy IIov., Sovy Bets. — Liane non identifiée, très com­

calyata

Bak. ( Tiliacées). — Voir

Hohiniboalavo Bs. — Voir Hobimboalavo.
Holataboka H.;

L ycoperdum giganteum Batsch (Champignons-Gastromycètes). — Ce champignon se trouve, en

décembre et en mars, dans les pâturages, sur les collines
herbeuses, dans les bois. Propriétés : dessiccatif, hémosta­
tique, antiseptique, tambavin. — Les Malgaches, quand il
n’est pas comestible, c est-à-dire quand il n'a pas pris une
consistance spongieuse par le complet développement des
spores, le préparent avec du poumon de bœuf, et le font
manger aux petits enfants chétifs, malingres ou atteints de
tambavv. La plupart des autres Lycoperdons sont aussi
employés, comme celui-ci, à titre d’hémostatiques.

Homandra I L ; E thulia

comzoides L. ( Composées). — Plante
citée par le Dr Ramisiray (thèse, p. 74), comme employée
en infusion contre la dysenterie, contre les hémoptisies et

aux personnes contusionnées (p. 103). — Voir Tsimandra
Bets. ; Kelihomandra, Tangentsahona.

Honahona Bs. ; H ounea

madagascariensis

Honkalahy SI. ; R iiizophora

mucronata

Baill. ( Passi/lorécs).

angustifolia Tul. (Hamamélidées).

mune dans l'intérieur de Madagascar et dont la racine, très
amère, serait le meilleur fébrifuge de toute l'ile. Ilovas et
Betsiléo ont grande confiance dans cette plante comme
amère et fébrifuge. A étudier et identifier.
1° Contre les maux d'estomac : prendre un peu de la pulpe
des feuilles fraîches de cette liane ; 2° contre la fièvre palu­
déenne : prendre poudre de racine 2 à 5 grammes, ou
2rt grammes de macératé, 100 à 200 grammes poudre de
racine dans un litre d’eau, ou la décoction de racines faite
avec 40 grammes pour 500 d'eau jusqu’à réduction de
moitié.

Hosambavy Bl.; V ellosia
Hosana Bl.; V ellosia
Voir Hosambavy.

pectinata Bak. (Amaryllidées).

sessiliflora

Bak. ( Amaryllidées) . —

Hosandahy BL — Voir Hosana.
Hovao IL ; D iloheia T iioiarsii R. et S. (Protéacées). — Voir
Tavolohazo, Vivaona.
Hovonjy Sa.; V ernonia polytriciiolepis Bak. (Composées).

Lam. (Rhizophorces).

1

— Ecorce tannante dans la racine.

Honko SL — Nom générique des palétuviers (Bhizopliora).

Ibotosy SL; B uettneria

Hontsy Pr. ; M usa sp. ( Musacées). — Voir Afontsy.

Imaroatody g. — Plante indéterminée dont la vertu serait

Horefo Pr. — Voir Herefo.

longicüspis Baill. (Sterculiacécs).

d ’assurer, prise en décoction aqueuse, Infécondité chez les
femmes.

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR
78

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Indrarinandra SI. ; A f/.elia

hijuga Gra\ , A f . madagascariensis

Baill. (légumineuses). — Arbre à bois très dur, cœur foncé
è veines rougeâtres. La graine grillée est comestible.

Indrapotsy SI.; Hugomacastanea Baill. ( Linées).
Intisy Antand.; Eupuorbia I ntisv Dr. del Gast. (huphorbiacces).
__C'est la plante productrice, dans le sud de l'ile, de
l’excellent caoutchouc connu sous le nom de Caoutchouc
blanc. — Voir Herokazo g.

Iratrika SI.; W oodfordia floribunda Salisb. (Lythrarices). —
Lambohenjana, Pisopiso H.
Isaka; K alanciioe Grandidieri (Bâillon) Drake (Crassulacées).
— Vulnéraire. L'écorce de la tige contient plusieurs résines
et brûle même en donnant l’odeur de l’encens ou du papier
d’Arménie (Heckel). — Voir Mongy, Sofisofy.

Isatra Sak. ; Cyperus madagascariensis Rœm. et Schult. (Cypéracées), dont la paille est employée pour fabriquer des cha­
peaux, des nattes et des paillassons. Cette plante vient
surtout dans les marais du centre.

Itimandrahehatra IL ; Heliciirysum

flexuosum Bak.

( Compo­

sées) .

Ivanivana B. IL ; Smithia ciiamjsciiristia Benth.
neuses). — Voir Sorindrana.

(Légumi­

Ivirandrana IL ; Ottelia ulncefolia Buch. (Hydrochariclées).
— Voir Tatangindrano.
.1

Jambarao IL ;

E u g e n i a j a m b o s a L. [Myrtacées). Jamrose.—
Plante à fruit apprécié (introduite).
Voir Varotra, Vasebambazaha, Zaona, Zahamborozano (fig. LS).

Jamalamprika g.;
Tsinjiajia Bm.

S

c o p a r ia

d u l c is

L. (Légumineuses). — Voir

Jangala Sa.; C anayalia ensiformis DG. (»Scropliulariées). —
Voir Tamafantsobo, Voavahibe Sa.
Jea Pr. ; Cannabis

sativa L. ( Urlicées). — Chanvre introduit
pour ses tiges textiles. — Noir Rongony, Soroma.

F ig .
Ja m erose :

18. — T a n a n a r i v c .

Euyenin Jnnibosa

L. — J a m b ara o.

71)

�P . 80 -81.

PLANTES ITILES DE MADAGA8CAH

so

K
K abijaSl.; T agca pinnatifida Forst. ( Taccacées). — Plante à
tubercule féculent comestible. — ^ oir Kobitso, Tavolo.
Kabitsalahy ; R avensara P errieri Dub. et Dop. ( Laurinées).
Plante aromatique (fig. 19). — VoirHavozo.
Kaboka IIov., Voakanga Prov., Montaka Tank., et Folitra
Sak.; Orciiipeda ( Yoacanga) T iiouarsii Rœm. et Scliult.
{Apocynées). — Pourvu d un latex caustique a étudiei, cet
arbuste croît dans les vallées chaudes de la côte Lst, à
300 pieds de haut, et aussi dans les vallées de la côte Ouest.

Kabona II. ; Oxalis
Kafe H. ; Coffea

villosa Bak. (Géraniacées).

arabica L. (Rubiacées). — Café.

Kafotsy H. ; C yperus e.mirnensis Bœckl. {Cypéracées). — Voir
Bilo, Zoro.
Kajaha Bl. — Voir Mangahazo.
Kakasimpoaka H.; Rumex abyssiniccs Jacq. {Polygonees).
Kakomba g.; Mascarenhasia kakomba Cost. et Poiss. [Apocynées). — Voir Angalovo.
Kalabotretraka Bl. — Voir Tsikobokobondanitra.
Kalamaka et Kalamakabe; P iiaseolus lünatus L. ( Légum i­
neuses). — Graines toxiques (acide cyanhydrique).
Kalamakantsoavaly H.; M ucuna

utiles Wal. ( Légumineuses).

Kalamasimbolena Bl. — Voir Tanterakala.
Kalampona Bs.; Dombeya

parviflora Boiv.

( Tiliacées). —

Textile.

Kaleva Hov.; Croton species {Euphorbiacées). — Les Mal­
gaches en emploient les feuilles contre les maladies ner­
veuses. — Voir Sarabo, Sily. Somainty.

Kalebanda Bs. ; N es.ea

triflora Kuth ( Lythrariées).

Kalobanda II.; Spilanthes sp. {Composées).
Kamasina Bs.; M edinilla

viscoides Triana {Mélastomacées).

�P. 80-81

Fig. 20.— Rameau avec fleu ret fruits (2/3) de G enipa R u le n b e rg ia n a Baill. — Karipedahy.

�PLANTES t Tl LES DE MADAGASCAR

81

Kamifana. Kelimafana g., m. à m. « petit chaud » . — Plante
herbacée indéterminée, apéritive. Citée par le l ) r Ramisiray
(thèse, p. 73) contre 1indigestion.

Kanda. voir Tsiparapandy.
Kangarano II. — Voir Kaboka.
Kanjo II.; I pom.ea sp. (Convolvulacées). — Voir Keliladina.
Kaoraosaly SI.; A nona

muricata L.

(Anonacées). — Fruit

comestible.

Kapisinina II.; T ropæolum

majus L. ( Géraniacées). — Capu­

cine (introduite).

Kapoakaty II.; Dialypetalum

floribundum Benth. fCampanu-

lacées).

Kapoky Antand.; Carissa

ou

Tanghinia species (Apocynées).

— Joli arbre qui pousse sur le plateau de l’Androy; assez
rare, sauf dans les forêts épaisses; à feuilles d’un beau vert
sombre verlicillées, rappelant celles du laurier-rose. Il
atteint la hauteur de 2 m. 50 au maximum et n’est jamais
très toulTu. Il donne, par incision de l’écorce, un latex
blanc qui se coagule en boule se laissant étirer en filaments
bruns très ductiles.
Cet arbre est connu des « Ombiasv Antandroys » pour ses
propriétés thérapeutiques. Ils se servent de la macération
de l’écorce dans l'eau comme émétique et en donnent de
très petites quantités. M. le L)r Jourdran, à qui je dois la
plante, a eu l'occasion d’étudier un empoisonnement produit
par la malveillance d'un indigène, qui, se disant sorcier,
avait donné à une femme, pour guérir ses névralgies, un
litre de cette macération concentrée. La mort s'est produite
dans les cinq heures qui ont suivi l’absorption de la drogue.
M. Jourdran a fait des macérations de cette écorce dans
l’alcool et provoqué, par des injections hypodermiques de
cet alcool, la mort presque instantanée de rats mis en expé­
rience. Cette écorce serait à étudier de près avec soin.

Karangy Sa. ; Panicum crus-galli L. ( Graminées). — Voir
Ahibary, Farimanga, Tsimparifarifotsy.
6
A n n a l e s d u M u s é e c o l o n i a l d e M a r s e i l l e . — 20 série, 8* vol. 1910.

�P. 82-83.

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

82

Karakarantoloho Sa. — "\ oir Voantangoniboalava.
Karanjamboay Bs. et Karanjananiboay Bs.; Mosciiosma

pol\s-

tachia Benth. ( Labiées).

Karaoty H. (traduction en malgache du mot carotte), D u u s
carota L. (Ombellifères). — Plante introduite (culture).

Karekika Pr.; Cyperus

esculentus L . (Cypéracées). — Tuber­
cules souterrains comestibles. — ^ oir le mot suivant .

Karepoka.
Karepoka H.;

L. (C ypéracces). —
Employé dans ses tubercules comme excitant et même
aphrodisiaque, — Noir Karerika.

Cyperus

esculentus

Karipedahy Sak. ; Genipa R utenrergiana Baill. ( Itubiacées).
— Arbrisseau de I à 3 m .,à rameaux nombreux, dressés,
roides. très ramifiés : croît dans le Boina et 1Ambongo; il
est commun à Suberbieville : se plaît sur les collines, dans
les bois secs et recherche surtout les gneiss et les mica­
schistes, manque sur les calcaires, rare sur les basaltes. Une
sécrétion résineuse recouvre les bourgeons et les jeunes
branches sous forme de petites perles irrégulièrement glo­
buleuses, de couleur jaune clair, à odeur agréable. Les Sakalaves utilisent quelquefois cette résine en la pulvérisant et
la mélangent à de la graisse de bœuf pour en faire une
pommade qui, prétendent-ils, fait repousser les cheveux
(Jumelle et Perrier) (fîg. 20).

Kasaka Pr. — Voir Ravinala.
Kasakasakampaha Bs. : Crotalaria striata DC. ( Légumi­
neuses). — Voir Beravimpotsy II., Beravina IL, Aekaombe
Bl., Kasakasakampaha Bs.
Kasimba Emir.; Toddalia aculeata Pers. — Voir Voasarikenilana et Fanidy. — Plante à écorce aromatique amère.
Katakata F L; M usa

paradisiaca L. ( Musacées). — Bananier.

Katrafay Sak., Katafa Ant. GedrelopsisGrevei Bâillon (Méliacées), dont l’écorce est employée par les Sakalaves pour
bonifier le rhum, et usitée en médecine indigène comme

1 ^ ' - 1,

Hameau en fruits du

Bâillon, ligure tirée de
Atlas, pl. 257.— Katrafay ou Katafa.

C e d r e lo p s is G r e v e i

l 'H i s t o i r e d e s p l a n t e s d e M a d a g a s c a r .

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

83

vermifuge et fébrifuge. Aromatique amer contre les mala­
dies d estomac et 1anémie paludéenne, très apprécié et à
étudier de près au point de vue chimique. A été bien étudié
au point de vue botanique par Gourchet dans les Ann. du
Musée colonial de Marseille, 1906 (fig. 21).

Katsamanga H. et Katsaboto H.; Zea
Katsakandevolahy Z ea
Tsako.

mais L.

mais L. ( Graminées).

&lt;Graminées). — Voir Sako,

Katsakandrongo II. ; Cynorchis pirpurascensTIiou. (Orchidées).
Katsaoka II.; P hragmites

communis

Trin. (?) ( Graminées).

Katsomandronono IIov. — Herbe indéterminée galactogène :
on en compose une boisson, pour appeler ou augmenter le
lait des nourrices.

Katsomata II. ; K aliphora

madagascariënsis IIoock.lils(C'o/'na-

cées).

Katzabazaha II., Katzaha H. — Noir Katsabato et Bararata.
Kavodia Bl. — Voir Angavodiana.
Kavodiandrano Bl. ; A gauria

littoralis DG. (Ericacées).

Kazaha Pr. — Voir Ambazaha.
Kebona II. — Voir Tangona.
Kelihomandra H. ; Etui

lia conizoides L. (Composées). — Voir

le mot suivant.

Kelihomandra g., Tsimandra. Homandra, m. à m. « gobesang», Tangentsahona Hov., m. m., « tanghin des gre­
nouilles » ; Etiiulia conizoides L. (Composées). — Petite
plante réputée toxique et hémostatique. Elle est employée
par les Malgaches : 1° contre le Babaka, ulcère purulent .
le suc en lotions mêlé à celui des feuilles pilées de Borona
(Tetradenia fruticulosa Benth.), etdeTsantsambâitra ( Helichrysum plantago I)G )‘, 2° contre la dysenterie (manuscrit
malgache) en tisane; 3° contre le dridra, chancre phagédénique (m. m.). on emploie les leuilles pilées avec celles
de Tsantsambailra et des cendres de coton, le tout sous
forme de topique; 1° contre les blessures, hémorragies

�Si

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

traumatiques, on fait cuire les feuilles et on les applique sur
la partie malade; 5° contre les foulures, entorses (m. m.) :
feuilles en topiques.

Keliladina Pr. ; I pomæa sp. ( Convolvulacées).
Kelimaika g1., m. h m. «petit pressé». — Herbe non identi­
fiée, antihystérique. Citée par le Dr Ramisiray ( loc. cii.,
p. 90); en tisane contre l'hystérie.

85

Kidroa SI. — Voir Gidroa.
Kidroa ; Mascarenhasia

kidroa Cost. et Poiss. (Apocynées). —
Donne par la contusion et l'incision de ses racines, dans la
province de Tulear, un caoutchouc des écorces.

Kifakakely H. ; T ephrosia L yallii Bak. (Apocynées).
Kifafalahy Bl. — Voir Tsobolo.

Kelimangalanitra Bl. — Voir Modimodia.

Kifafambohitra I L ; L ebeckia RETAMOiDEsBak. (Légumineuses).

Kelimanjakalanitra g.; C assia

Kifafarindrina BL; Calodrylm

mlmosioides L. [Légumineuses).

Kelivoloina Imer., Keliravina Bets., m. à m. «petite cheve­
lue » ; Conyza lineariloba DC. [Composées). — Plante
herbacée très commune dans l lmerina et que l’on trouve
aussi dans la partie du Betsiléo infestée par les Bara. Les
Betsiléo l’emploient contre les maladies de la vessie : le suc
de la plante entière est usité comme hémostatique. Elle est
amère, tonique, odontalgique, fébrifuge, hémostatique.
Cette plante a le goût et l'amertume de la quinine : elle
a aussi des propriétés fébrifuges très manifestes. A étudier.

Schweinfurth
{RuJjiacées). — Plante dont le suc des feuilles, après avoir
été exposé au soleil, est employé par les Betsiléo en appli­
cation topique contre la gale (?). — Voir Tamborimbahiry.

Kiamiana IL ; O betia

lancifolia

ficifolla Caud. [Urticées).

junciforme Decne

Kifoka Bl. — Voir Kifofo.
Kifokondanitra Bl. et Kifokondanitsa Bl. ; Songhcs pauciflorus
Bak. [Composées).

Kiforombato B L; X yris
Lohatoko.

semifuscata Boj. (Xy ridées). — Voir

Kiboiboitany Bets.. Tanikandro Hov.; E milia

DC.
(Composées). — Petite herbe très commune dans les champs
de manioc, de patates et de haricots, dont les Betsiléo pilent
les feuilles, les font sécher au soleil et les emploient en
frictions contre la gale (?). Ils les utilisent aussi contre le
chancre et les excoriations syphilitiques.
cormculata

Kiforona Bl. ; F uirena

pubescens Kunth. [Cypéracces).

Kihasinkasina Bl. ; T riumfetta riiomboidea Jacq. [Tiliacées). —
Plante à fibres textiles. — Voir Kisalengy, Tsindilay.
Kihorohorona Bl. — Voir Modimodia.
K ijal’ r. ; S y m p iio m a

clusioides

Baker. [GuUifères).— Voir Kijy.

Kijejalahy IIov. ou Kojejalahy; V ernoniascariosa Baker ( Com­

Kiboiboy Bl. — Voir Hainindraisoa.

Kidiadiamborona IL ; O xalis

Kifofo Bl. et Kifoko Bl.; P ycnoneurum
[Asclépiadées). — Voir Kitsangana.

[C ypéracées).

Kiafoatany Bets. — Voir Fanoroboka Bets.
O ldeniandia

martinicensis R. Br. [Labiées).

Kiforomboalavo Bl.; Fimbristylis Madagascariensis Bœckl.

Kiafatamy Bl. — Voir Fanoroboka.
Kiamalomata Bl. ;

Kifilanjambola BL; L eucas

tubiflorum Desv. (Méliacées).

graminea

L. [Géraniacées).

posées). — Arbuste dont les feuilles servent à composer des
bains de vapeur médicamenteux. Le Dr Ramisiray (thèse,
p. 62) indique l’emploi des racines de cette plante en décoc

tion contre la blennorrhagie. —
Kijijalahy IL ; V ernonia

N oir Fanerandahy.

lepidophylia Dr. del Cast. ( Compo­

sées).

Kijiberavina IL , Kijimadiniravina. Kijimboalavo IL ; Symphonia verrücosa

Ilils. et Bojer [Guttifères). — Arbre donnant

�8G

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

par incision du tronc et des rameaux une résine vert foncée
très agréablement aromatique qui est employée localement
par les Malgaches à divers usages domestiques. — (Voir
Ileckel, Ann. du Musée colon, de Marseille, 1908: Sur
quelques plantes il graines grasses nouvelles). — Graines
.huileuses.

Kilengaboay g. ; P olygonum

tomentoslm

87

Willd. (Polygonées).

Kilenganamboa Bl., Kotrokotrobato IIov.; B ryophylli

m cre-

Baker (Crassulacées). — Les Betsiléo en emploient
l'infusion ou la décoction des feuilles comme vermifuge.
Dans l’ Imerina, on l'emploie comme topique contre la mor­
sure d’animaux venimeux. Plante grasse.
natum

Kijitina Bl. — Voir Sakatavilotra.

Kililo SL, Kily SI. — Voir Madiro.

Kijy H . — Voir Dintinina.

Kilobaloba Bl. — Voir Tapabatana.
Kiloviantsahona Bets. ; II vdrocotyle

superposita et IL rrssiBaker (Ornbellifères). — Plantes herbacées dont
les Betsiléo mélangent les feuilles avec celles de Sihanaka
et de Kisiranaondry pour en faire une décoction qu’ils
donnent aux enfants atteints de dérangements d'estomac.

laginifolia

Kiloviatsahona Bl.; H ydrocotyi.f. sp. (Ornbellifères).
Kilymadiro, Andriambavifohy Sak., Rambaîohy Sak.: A lyxia
W all, et A. siadagasc arien sis A. DC. (Apoeynécs).
— Ces plantes, localisées dans la région Ouest de la grande
île, sont employées par les Sakalaves en infusion et en
décoction des feuilles, comme vermifuges et contre les
affections de l ’estomac. Ils tirent aussi de ces arbres une
matière colorante.
lucida

Fig. 21 his. — Fruit (grandeur naturelle) et rameuu feuillé de Kijy
(Symphonia elusioicles) (dessin original de M. J. de Cordemoy).

Kilahimena Bl. ; V ernonia

erythromarula

Klatt. et V.

spici-

FORMisKlatt. (Composées).

Kimalao Bets., Akondronjaza Imer., Anapisaka Bets. : N astur-

Kilalaotavy Hov. — Plante indéterminée dont les Malgaches
usent sous forme de pulpe des feuilles, mêlée à celle de
Tsobolo (Henonia scoparia Moq.) de Raisimpono et de
Volompimpina, contre une maladie des enfants nommée
« alobotra » (infiltration des tissus). La même pulpe, addi­
tionnée d’eau froide, est aussi, après macération, un des
remèdes administrés contre le tambavv.

Kilanjananahary Sak. ; L eonotis

R. Br. (Labiées).
— Plante herbacée réputée emménagogue, fébrifuge, dépurative, narcotique, amère et purgative, employée contre
les maladies de la peau, l’aménorrhée et la fièvre.

Kilenga Bl.; K itchingia
(C r assit lacées).

nepetæfolia

paryifi.ora

et K.

amplexicaults

Bak.

Bak. (Crucifères). — Plante herbacée
dont les Betsiléo font grand usage contre les abcès, en
topique (cataplasme des feuilles contusées).

tium rarbareæfolicm

Kimaogaga BL; E rïosema
Kimaotsa Bl. ; V igna
Avoko.

procumbens

angivensis

Benth. (Légumineuses).

Bak. ( Légumineuses). — Voir

Kimaroatody BL; A lternanthera sessilis R. Br. (Amaranthacées). — Noir Anambalaza, Fotsimbarinakoho.
Kimasakopanoko BL ; C elosia

trigyna

L. ( Amaranthacées).

Kimataojazavolana BL; I pomæa sp. (Convolvulacées).
Kimavo BL; C otylédon

pannosa

Bak. (Crassulacées): BL

�88

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

A bütilon angelatum Mast. [Malvacées); Bl.
goni &gt;i folm m

H elichrysum

DC. [Composées).

Kinesakinesa Bs.; C rotalaria

retijsa

Kimboiboitany Bets., Tanikandro Hov. ; E milia
(Composées). — Voir Kiboiboitany.

clusioidkb

graminea

1)C.

Lam.

Kingatsanondry Pr. ; E xact m
nées). — Voir Maninomby.

Kimesamesa Bl.; Ba liiim a sp. (Légumineuses).
Kimenamena SI.; Giséria

Kiotsiotsinala B L; A thrixia

Bak. ( Composées).

penctata

debilis

Kipongololo Bl. — Voir Tanterakala.

Kimoaelahy Bl. — Voir Anampotsa.

Kirajy SL; A cridocarpus
— Voir Mavoravina.

Kimoaembazaha Bl. — Tarobazaha.
L. : C yatiiula
L our. ( Amaranthacées). — Voir Takongona Bl.
le

geniculata

Bak. [Apoci/nées). -

Kimotodoha Bl. — Voir Anamafana.
Kinamena Bets., Tanatanamanga. Kinana Sak.; R icinis

com­

L. [Euphorbiacées). — Le l ) 1' Hamisiray ( loc. ci/.,
p. 6) indique l ’emploi de celte plante contre la carie den­
taire (les feuilles fraîches contusées). Les Betsiléo en uti­
me nis

lisent les feuilles contusées et jetées dans l’eau contre les
coliques. Cette plante est très commune dans le Menabé
(introduite sans doute). Graines purgatives.

Kinana SI. — Voir Kinamena.
Kinanafotsy. — Voir Tanantanampotsy.
Kinanakoho SL — Voir Ramiary.
Kinapotsy Bl. — Voir Tanantanampotsy.
Kindrese B1., Kindresy Pr. — Voir Fandrahana.
densiflora

Bak. (Passiflorées). —

DC. (.Légumineuses).

DC. (Composées).

Kimoae Bl.; A marantiius sp. [Amaranthacées).

tristis

Gris [Gcnlia-

Kingiza IL — Voir Amboradeda.
Kitnsamkintsana SL ; S esuania
— Voir Velonasara.

piiarnacioides

quinquenervium

Kintsakintsana SI. — Voir Voanembanalika.

Kimboiniboy Bl. — Voir Hainindraisoa.

Kindredretsa Bl.; M odecca
Voir Voatavohazo.

lævigata

Kingatsa IL — Voir Vahondrano.

Kimbamena B l., Kimbafotsy A n tk.; S ymphoma
Bak. [Gut/iferez). — Voir Dintinina.

Kimondro II. ; P achvpodium rreyicai
Plante textile. — Voir Boiltaka.

L. et

( L ég u mineuses).

Kimba Bl.; C hrysopia sp. (G ui/iferez).

Kimoaevavy Bl. ; A maranthus

89

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

excelsus A. Juss. (MaIpighiacées).

Kiramena IL ; I ndigofera B ojeri Bak. [Légumineuses).— Voir
Aika.
Kirandrambehivavy Bs. ; P sychotria

obtusifolia E. Mey.
[ Huhiacées); Bs. ; A piiloia tiie.eformis Benn. [Bixinées). —
Pour cette dernière espèce, voir Vaofotsy.

Kiranjay g. ; Ocymum canum Sims. [Labiées). — Les Malgaches
prennent contre la fièvre malarienne les semences de cette
plante herbacée pilées dans une infusion de feuilles. Ils
aspirent aussi par le nez, comme sternutatoires et contre la
migraine, le suc et la poudre de feuilles et de semences
pilées ensemble.
Elles sont pour eux aromatiques, toniques, fébrifuges,
anticatarrhales, expectorantes, antirhumatismales.
Doses : feuilles ou semences, 8 h 15 grammes dans
1.000 grammes d’eau en décoction ou infusion. Racines 15
pour 1.000 en infusion ; jus de feuilles q. s.; poudre de
feuilles et de semences, 10 pour 1.000 d'eau en infusion.
Emploi contre : 1° violents maux de tête, migraines,
névroses, rhumatismes, ozène : aspirer fortement par les
narines le suc des semences et des feuilles écrasées.t
2° Gonorrhée, affections néphritiques, coliques utérines,
vomissements : prendre l ’infusion des feuilles.

�90

P . 90-91.

PLANTES UTILES DE MADAGASCA.il

3° Maux d’oreilles : injection du suc des feuilles.
i° Vomissements, cholérine infantile et des adultes ;
prendre Ocimum basilic uni, feuilles n° 3, et K iranjaij,
feuilles, eau bouillante 120 grammes, ingurgiter de cette
infusion une cuillerée à café tous les quarts d’heure.
5° Rhumatismes et paralysies : fumigations avec la plante
entière.
6° Fièvre : décoction des feuilles et des graines pilées en
tisane.
Ce basilic, sur lequel on est renseigné scientifiquement à
cette heure, à la suite de travaux récents concernant son
huile essentielle, agit vraisemblablement, dans les divers cas
ci-dessus cités, par cette essence seulement. On a trouvé, en
etfet, que YOcymum canum est une plante qui élabore un
camphre, et les opérations chimiques ont porté sur des pro­
duits végétaux venant de Nossi-Bé, dépendance de Mada­
gascar. L ’huile essentielle de cette plante est jaunâtre; elle
abandonne une masse solide importante. Par refroidisse­
ment dans un mélange de glace et de sel marin, 10 gr. 3
d’essence ont donné 5 gr. 7 de produit concret. La partie
liquide isolée par filtration dans le vide dévie de -J- i l 0 le
plan de polarisation de la lumière sur une épaisseur de
100 millimètres. — La composition de la substance cristal­
lisée contenue dans cette essence correspond à la formule
G"' H1'’ O. Son point de fusion, déterminé en tube fermé, est
de 177°; son odeur et sa saveur sont celles du camphre.
On s est assuré de l’identification de ce produit avec le
camphre ordinaire en préparant avec ce produit concret de
la camphoroxine. En outre, une détermination polarimétrique a montré que c’est un camphre droit (Bertrand et
V albaum, Bulletin scientifique et industriel de la maison
Roure-Bertrand fils, de Grasse, avril 1903).
Le l)r Ramisirav (Thèse, p. 41), à propos de l’emploi de
ce végétal contre la fièvre, dit : « C’est un arbuste dont les
&lt;« teuilles possèdent une odeur infecte, on les emploie
« comme Los de crocodile. »

Fifo

—

K ir o n d r o

— P e r r ie r a M adagascariensis Gourchet .
Cliché pris sur place par M. Perricr de la Rathic).

�91

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Kirindra Bl. ; C yperus B aroni CB. Clarke ( Cypéracées) ; C.
distans

L .; C.

iieterocladus

Kirindrala Bl. ; K yllinga
Kirintsa SI.; C rotalaria
Aikaberavina.

Bak. [Cypéracées).

elatior Kunlh. [Cypéracées).
incana

L. ( Légumineuses). — Voir

Kiriza, K irijySak .; U rena

lorata L. (Malvacées). — Plante
textile très connue et appréciée ; se rapproche du Jute sans
le valoir. — Voir Poka, Pampao, Pampana, Tsikilenza.

Kirondrana IL ; Carpiialea

kirondron Baill. (Rubiacées).

Kirondro ; P erriera madagascariensis Courchet ( Simarouhées).
— Arbre toxique (fig. 22). A étudier de près.

Kisaondra BL ; A loe sp. ( Liliacées). — Voir Sakokenky.
Kisalenjy SL — V oir Tsitiamoty.
Kisanga Bs. — Voir Alamienga.
Kisilenja SL — Voir Kirijy.
Kisindahorina BL ; Sida

riiombifolia L. ( Malvacées).

Kisindahorina. — Voir Tsindahoro.
Kisira Bl. — Voir Tanterakala ; BL ; Oxalis

similans Bak.

(Géraniacées).

Kisiranondrilahy BL ; O xalis

caprina

L. {Géraniacées).

Kisompa ou Kisonompa, Ksopa ou Kisopa Hov., Ksopo Sak.,
Tangena Sakalava; M enabea venenata Bâillon (AsclépiadéesCynanchécs). — C’est le fameux Tanghin des Sakalaves 1
dont j'ai fait connaître l'identification - avec la plante décrite
en 1890 par Bâillon dans le Bulletin de la Société Linnéenne
1. Nommé encore Tan&lt;/hin f e m e lle ; il ne faut pas le confondre avec
le Tanghin ordinaire de Madagascar ( T a n g h in ia v e n e n ife ra don! il sera
parlé à l’article Tangena.
2. C o m p te s re n d u s d e l'A c a d é m ie des S cien ces (10 février 1902) : « Sur
le M en a bea venenata Bâillon, qui fournit par ses racines le Tanghin de
Ménabé ou des Sakalaves (poison d’épreuve) encore nommé K is o m p a , à
Madagascar, sa patrie. »

�02

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

93

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

de Paris, n° 1(H. La racine seule en est employée, et je l’ai
décrite dans sa forme et dans sa constitution (C. P. de /'Aca­
demie des Sciences, 1902, 17 février1). On vend, sur les mar­
chés de rimerina, cette racine à écorce mince, rougeâtre, gris
cendré à l'intérieur et parcourue dans toute sa longueur par
des faisceaux ligneux de cinq ou quatre grands cordons sail­
lants à l'extérieur. Ce médicament est considéré comme
amer, nauséeux, tambavin, purgatif, émétocathartique. On
le donne : 1° contre les maladies d'estomac (confection de
harongana sanntry, de Kisompa); 2° contre les maladies
du foie et le tambavy (ràpures de racines de Kisompa) : une
petite prise dans un peu d'eau en potion.
Je crois devoir donner ici, avec quelques détails, la des­
cription de cette racine qui semble devoir devenir un
médicament d’une certaine importance, en raison même de
sa grande toxicité et de son action physiologique entrevue.
Du collet de la tige et sur un axe souterrain très étroit
se dégagent en bas et en grand nombre, très rapprochées
les unes des autres et formant un faisceau serré et compact,
des racines de grosseur et de longueur variables. Leur cou­
leur rouge foncé est celle de la rouille; elles gardent, à
l'état frais comme à l’état sec, une odeur particulière qui
se confond avec celle du cuir fraîchement tanné ou de la
tannée. Cette odeur spéciale se dégage plus nettement quand
on enlève d'un coup d'ongle le suber qui recouvre les
racines. Elles sont fusiformes, beaucoup plus épaisses à la
base qu’au sommet. Leur plus grande longueur est de 30 à
35 centimètres et leur plus grande largeur à la base, de I à
2 centimètres. Elles présentent très rapidement sur leur
écorce des rides longitudinales, avec vallons et crêtes sail-

1. M. Jumelle qui a repris l’examen de cette plante dans son étude
monographique des A s clé p ia d é es de Madagascar 1908 (A n n a le s d u M u sée
c o lo n i a l , 1908) a conclu au rapprochement de ce genre avec les C i/rianchées, et c’est ce que j’avais pressenti dès 1903 ( A n n a le s de l 'I n s t it u t
c o lo n ia l de M a r s e ille ), ainsi qu'on pourra le constater à l'article Kisompa,
2e série, 1er vol., 1903, p. 103, note.

lantes dès que la dessiccation commence, et cela sur toute
leur étendue. Mais le caractère dominant est la présence de
cordons régnant sur toute leur longueur à peu près, plus ou
moins accusés et correspondant aux faisceaux libéro-ligneux
au nombre de 4 à 7, qui sont noyés dans le parenchyme
blanc, féculent, constituant presque toute la racine. La
saveur de ces racines est amère et un peu mucilagineuse.
Elles sont généralement indivises, mais peuvent se rami­
fier sur leur parcours ; les secondaires sont d'un volume à
peu près égal aux primitives. Au nombre de 35 à 40 pour
un seul pied de Kisompa, ces racines émettent peu de radi­
celles filiformes vers leur partie attenante à la portion
souterraine de la tige. Entre ces racines, l’une d’elles
paraît continuer la partie souterraine de la tige et prend
un plus gros développement en épaisseur et en longueur
que toutes les autres: elle est formée de 4 cordons fibreux,
la coupe en est quadrilatère à angles mousses. Le poids de
ces racines pour chaque pied est de 300 à 400 grammes
après dessiccation.
D'après M. le professeur Perrot '... « Il était intéressant,
« en attendant les résultats de l'analyse chimique poursui« vis au laboratoire de M. Behal, de faire quelques expé« riences sur cette racine. Dans ce but, nous avons préparé
« un extrait alcoolique et un extrait aqueux à l aide des« quels notre ami M. le Dr Camus a pu instituer un cer« tain nombre d’expériences.
« L extrait alcoolique a servi de préférence aux expéri« mentations pharmacodynamiques en solution dans l’eau
« salée physiologique ou dans l eau distillée au moment de
« l’injection. Sec et pulvérisé, cet extrait est une poudre
u jaunâtre, très amère et hygrométrique, un peu odorante;
« il est plus soluble dans l'eau distillée que dans l'eau
« salée et plus soluble à froid qu'à chaud. Une solution
« limpide à -J- 40° précipite fortement et même déjà à
1. A g r i c u l t u r e tr o p ic a le c o lo n ia le (Journal du Ministère des Colonies),
mai et juin 1903, n° 12, p. 676.

�t

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES l'TILES DE MADAGASCAR

(l _|_ 23° et à -j- 10°. Les solutions sont très amères, légè« renient odorantes et suffisamment limpides, si le titre est
« de 0,5 à I °/0.
« Si 1on compare la sensibilité du chien et de la gre« nouille vis-à-vis du Ksopo, on voit, &lt;1après les observa­
it tions du Dr L. Camus, qu'il existe des différences assez
« grandes. Le chien est beaucoup plus sensible que le lapin
« à l'action de ce poison, et le lapin beaucoup plus sen« sible que la grenouille. Tandis que la dose mortelle est de
« 0 gr. 04 par kilog. de celle-ci, elle est de 0 gr. 008 pour le
« lapin et seulement de 0,005 et peut être au-dessous pour
« le chien. Le symptôme dominant au début de l'intoxica« tion est le vomissement; il apparaît très rapidement et a
« une grande persistance. Ce sont d’abord des vomisse« ments alimentaires, si l'animal a mangé depuis peu; il
« rejette ensuite un liquide spumeux blanc de plus en
« plus visqueux et teinté de jaune par la bile ; progressi­
ez vement ces vomissements deviennent plus pénibles et ne
« se produisent plus qu'à la suite de violents efforts ; on
« en observe en moyenne une quinzaine à la suite, au
« cours de l’intoxication. La salivation est quelquefois
« abondante et la salive s'écoule hors de la gueule.
« L ’animal, épuisé par les vomissements, se couche et
« reste allongé, sa respiration est peu modifiée, sauf au
« moment des vomissements ; son cœur change de rythme,
« il s’accélère quelquefois passagèrement, mais il se ralen« tit très habituellement et devient irrégulier, les pulsa« tions se font par groupe de 2, 3 ou 4 et sont suivies de
« longues poses ; dans les derniers instants qui précèdent
« la mort, il n’est pas rare de voir le rythme cardiaque
« suivre celui de la respiration : 2 ou 3 pulsations accom« pagnent chaque respiration. Quand, après les crises de
« vomissement, l'animal n’est pas dérangé, il devient som« noient et sa pupille se rétrécit; dans cette phase de 1in« toxication, les mouvements provoqués sont mal coor« donnés, ils s'accompagnent de tremblements, enfin la
« paralysie apparaît. Toute lintelligence et la sensibilité

35

«
«
«
«
«
«
«
«
«

sont conservées jusqu'au moment de la mort. L ’approche
de la mort est souvent annoncée par la modification du
rythme respiratoire, par la faiblesse de la pulsation fémoraie qui devient imperceptible et enfin par une petite
attaque convulsive qui accompagne l’arrêt du cœur. Peu
après se produisent 2 ou 3 respirations agoniques. A l autopsie, on est frappé surtout par la congestion intense du
poumon, du foie et du pancréas, le cœur est mou et dilaté,
il peut secondairement se rétracter.

«
«
«
«
«

« L ’extrait alcoolique de Ksopo est donc un poison violent, notamment plus toxique chez h* chien que chez le
lapin. Chez ces animaux, comme chez la grenouille dont
on a étudié lintoxication, l’action toxique se manifeste
sur différents appareils, mais elle agit d'une façon prédominante sur le système nerveux et sur le cœur. »

Kisonjamboay Bl. ; S agittaria guyanensis H.B.K. (Alismacées).
Kisopa. — Nom du poison constitué par l'amande du Tangena
i Tanghinia venenifera Poir.) — Voir Tangena.
Kitaotao IL , Kitaratasy IL ; D ioscorea

Bak. Dioscoréacées). — Cette igname qui est assez abondante dans
l ’Ankaraka pousse dans les maigres graminées qui couvrent
les collines. Les indigènes consomment ses racines, dont
ils ne se montrent pas absolument friands. Ils ne les
récoltent que lorsque le riz et les produits des cultures se
font rares. Cette plante produit de très petits tubercules, elle
est donc peu avantageuse à récolter à l'état sauvage, mais
elle n’en est pas moins comestible et il serait peut-être
intéressant de la cultiver.
hexagona

Kitata B. ; M edinilla sp. (Mélastomacces), et Y accinium sp.
( K rie accès).

Kitenga Pr. ; Kitchingia amplexicaulis Bak. (Crassu lacées) . —
Voir Sodifafandrano.
Kitenindahy IL — Voir Tenindahy.
Kitiboka BL ; V agci.mum

emirnense llook. (Ericacées).

Kitokitohy Bl. — N oir Tsitohintohina.

�P. 96-97.

96

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Kitonda Bl. : Medinilla sp. (Mélastornacées).
Kitongo Bl. ; Semîcio
Tsorana.

longiscapus Boj. (Composées). —

Voir

Kitongotrandraka Bl. ; L ycopodium sp. ( Lycopodiacécs).
Kitongotsorana Bl. ; Senecio cociilearifolius Boj. (Composées).
Kitsangana H. ; P ycnoneurum junciforme Deene (Asclépiadées).
Kitsanganalika 11. ; Gynanchum

cucullatum N. E. Br. (Asclé­

piadées).

Kitsanganandy g. ; Exacum

quinquenervum Griseb. (Gentia-

nées).

Kitsangy Pr. ; A rundo

madagascariensis Kunth (?) (Graminées).
— Roseau employé à de nombreux usages domestiques.

Kitseaka Bl. ; Mikania

scandens W illd. (Composées).

Kitsikitsika Ilov., Hitsikitsika Bets. ; Colea T elfairii Boj.
(Bignoniacées). — Arbre à bois dur, de fa ille moyenne,
qu on trouve souvent près des maisons et autour des vil­
lages, dans les endroits découverts. Les feuilles sont oppo­
sées, composées, imparipinnées, à rachis mesurant 30 cen­
timètres de long environ, à folioles oblongues, entières,
complètement glabres. Fruit comestible. Ces feuilles sont
tambavines. Dans les attaques d’hystérie, les Malgaches
prennent la décoction des feuilles de cet arbre en bains de
vapeur et en tisane. — Voir Hazonkitsikitsika, Hindromena.

Kitsongo Sak., Roirea (Byrsocarpus)

orientalis

H. Bn. var.

madagascariensis Courcliet (Connaracée). — Arbuste à
rameaux sarmenteux, très toxique (lig. 23 et 2 i). A étu­
dier au point de vue chimique aussi bien que l a fait Courcliet
au point de vue botanique (Ann. du Musée colonial, 1908).

Kivarahina Bl. ; E pilobium

salignum Iiaussk.

Kivolavola Bets., Benjamina

(O nagcariées).

llov. ; I mpatiens Baroni et
quelques autres espèces spéciales à Madagascar décrites
aussi par Baker (/. emirnensis, firm ula, salicifolia, Lrichoceras), et I. madagascariensis W right et Arn. (Balsa mi nées).
— L’espèce cultivée, qui a nom indigène Benjamina (cor-

Fig. 23. — A, un rameau de Kitsongo vrai Rourea orientalis Bâillon, var.
madagascariensis Courchet), portant deux feuilles et un fruit arrêté dans
son développement fr. (Ce dessin est un peu grossi). — B, une foliole for­
tement grossie pour montrer le mode de nervation. — (Cette figure corres­
pond aux rameaux des échantillons florifères qui sont les plus conformes
au type du Muséum de Paris).

�Pages 96-97.

Fig. 21. — Fruits déhiscents (grossis) de Kitsougo vrai (llo u re a (Byrsocarpus
o rie n la lis Baill. variété m adagascariensis en A, et en C, graine détachée
du péricarpe et revêtue de son enveloppe arilloïde ; en B, fruit ouvert mon­
trant la semence inclue sem . ; le calice persistant c a l. et l'articulation
du pédoncule a rt. (mêmes indications pour la ligure A. .

�97

PLANTES l'TlLES DE MADAGASCAR

ruption de Balsamina), est 17. noli-tarujere L. introduite.
Les espèces spontanées sont assez communes ; elles habitent
les bords ombragés des ruisseaux, les tertres et fossés
humides. Chez les Betsiléo, où elles se trouvent plus fré­
quentes, on en fait des décoctions de tiges et de racines que
l ’on donne au patient avant les opérations, et aux femmes
pour faciliter les accouchements. Ils emploient aussi ces
plantes contre les maladies de la vessie, la rétention
d'urine et les écoulements uréthraux. Ils en boivent la
décoction ou préparent avec les feuilles le condiment de
leur fameux riz aux herbes (vary aminanana), brouet nau­
séeux, d’après Rainilambo, célèbre empirique malgache Bet­
siléo. Le Dr Ramisiray ( loc. cit., p. 61) cite cette herbe
comme employée contre la blennorrhagie en décoction.

Kivolavary Bl. — Voir Ranga.
Kivolonondry Bl. ; Eleocharis

cæspitosissi.ma Bak. ( Ci/péra-

cées). — Rhizome féculent.

Kivozabe IL ; Ficus

botryoides Bak. ( Urticées).

Kivoze Bl., Kivozy II. ; Ficus

claoxyloides Bak. (Urticées).

Kizika Bs. ; Jatropiia

curcas L. (Euphorbiacées). — Intro­
duite. — Plante à graines purgatives.

Koaintsy H. ; Gydonia vulgaris Pers. i Rosacées).— Cognassier,
introduit.

Kobitso Sak. ; T agca pinn atifid a Forst. ( Taccacées). — Donne
par son tubercule une fécule excellente et par ses feuilles de
la line paille k chapeau (à Tahiti). Le tubercule dilacéré est
traité à l’eau pour en extraire l ’amidon qu'on cuit ensuite k
l'eau ou au lait dans le Boina etTAmbongo. Plante très com­
mune dans les sables littoraux, rare dans le calcaire. Le
Kobitso dolo est une espèce nouvelle ( t . umbrarlm Jum. et
Perr.) dont le tubercule a les mêmes emplois (fig. 24 bis).

Kodiadiamborona, Kodiadiavorona IL ; Oxalis

cormculata

L. ( Géraniacées).
Annules du Musée colonial de Marseille. — 2° série, S" vol. 1910.

1

�98

PLANTES l Tl LES DK MADAGASCAR

Kodiadiavoronankaratra 11. : Oxalis

i iyida

Jacq. ( Géraniacées).

Kodokodabato g. ; K alamchoe

m iniata Mils et Boj. (Crassulacces). — Plante grasse à écorce qui brûle, même à l'état
frais, en répandant une odeur de benjoin et d'encens comme
celle de K alanciioe G randidieri Bâillon, nommée Mongy (voir
ce mot).

Kofafarindrina Bl. : Cai.odryi

m ti hifloiu m Desv. (Méliacées).

Kofehimany IIov. — Herbe indéterminée, dont la racine, de
la grosseur du doigt, est employée comme tambavine.

Kofolona BL ; Eriosema

prou mbens Benth. [Légumineuses).

Kojejalahy IL ; V ernonla i .epidophylia. Dr. del Cast. (Compo­
sées) .

Kolafa IL ; Vndropogon

iiirtis L. [Graminées). —

YoirVero.

Kokomba

Sak. ; M ascaremiasla Geayi Cost. et Poisson
donne, dans la province de Tuléar, par ses racines (écorces),
un caoutchouc.

Komanga ou Kominga. Sak. ; E ryti-irophleum Goüminga Bâil­
lon [Légumineuses). — Je crois devoir donner ici la descrip­
tion de ce bel arbre qui constitue un des médicaments les plus
actils du règne végétal. Il était très peu et mal connu avant
mes publications1et celles plus récentes, du prof1- Dr L. Planchon sur cette intéressante plante. Je vais les résumer ici.
Bâillon a décrit sommairement, sous le nom que je viens
d indiquer, ce végétal, dont toutes les parties, dit-il, sont
indiquées par Pervillé comme très toxiques, et à laquelle il
a assigné, comme patrie, Ambongo des Seychelles, en lui
donnant, comme dénomination spécifique, le nom vernacu­
laire malgache
Ce nom de Coumingn aux Seychelles
devient Komanga et Kiminga à Madagascar, où ce même
1. Sur un autre poison des Sakalaves appelé K o m a n g a ou
par E. Ileckel (Répertoire de pharmacie, décembre 1902).
2. A d a n s o n ia , t. X, 1 1, p. ÎOÜ.

K im a n g a ,

�99

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

végétal est indiqué par le Kév. Baron, des Missions pro­
testantes, dans son Compendium des plantes malgaches,
comme existant sur les côtes ouest et nord-ouest. Il n’v

.......\

V
m,l

...L

US

■■.y.
&lt;x

»
Yrv

Fig. 26. — Coupe d'un rameau d E r y Ih r o p h le u m C o in n in g a .— s, liège:
e, îlots de sclérites : 7j , écorce;
p, péricycle fibreux; l, liber :
o, cristaux d'oxalate de chaux du
liber ; d, bois; v} vaisseaux :
a, vaisseaux internes à contenu
résineux; /», moelle.

Fig. 27. — Coupe schématique du
pétiole commun de la feuille d 'E .
Couminga. — h, épiderme ; h,
écorce ; p, péricycle fibreux de
la méristèle ; l , liber ; d, bois ;
m, moelle.
(Dessins originaux de M. le D r
H. Jacob de Cordemov .

parle pas de ses propriétés toxiques. J’en ai reçu des spéci­
mens en fruits et en fleurs de mon zélé correspondant,
M. Perrier de La Bathie, qui l'a recueilli dans les collines
boisées du lac de Kinkony (alluvions anciennes) en mai
1902. Il m’a donné en même temps, sur ce grand arbre et
sur son emploi, quelques renseignements intéressants, que
je joins à d'autres indications provenant du Rév. Dursap,

�ion

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

des Missions catholiques, habitant Fianarantsoa depuis plus
de vingt ans. Cet arbre existe aussi aux environs de
Majunga (Moriceau).
M. Perrier de La Buthie, en m’annonçant son envoi de

fleurs, me disait, dès le mois de juillet 1902, qu'il les
avait déjà vues en boutons et que, dans cet état, elles se
présentent en multiples épis cylindriques, ce qui concorde
parfaitement avec l ’état de l’inflorescence bien connue dans
Erythrophleum guineensc G. Don., de l’Afrique tropicale,
plante employée comme poison d’épreuve dans toute cette

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

KM

région sous les noms de Mançone, T ali ou Téli b Cet
envoi fut d’autant plus précieux que la description sommaire
de Haillon indique ces fleurs comme inconnues, et, depuis,
elles n’ont pas été décrites que je sache.
Mon correspondant n'hésita pas à caractériser la haute
toxicité de cet arbre, en affirmant que c’est le plus violent
poison des Sakalaves. Voici, en effet, ce qu'il m’en écrivait :
« Toutes les parties de cette plante sont vénéneuses. Les
« indigènes vont jusqu’à prétendre que l’odeur de ce végé« tal et la fumée qu’il répand par combustion sont nuisibles.
« D’après eux aussi, les troupeaux qui boivent l’eau dans
« laquelle ont macéré des feuilles sèches ont leurs excré« ments sanguinolents. L ’écorce est la partie employée
« soit comme poison, soit comme médicament. Une très
« petite dose suffit pour tuer un chien de moyenne taille en
« quelques minutes. Les symptômes principaux de cet
« empoisonnement sont des vomissements glaireux et
« gazeux, et des selles sanguinolentes et muqueuses. J'ai
« rencontré un seul indigène qui m’a entretenu de l’emploi
« du Kimanga comme remède malgache, bien qu’avec hési&lt;« tation. C’est, d’ailleurs, un sorcier. Il prétend qu’on peut
« employer le Kimanga, à dose très légère, comme vomitif,
« mais que, si la dose est trop forte, le patient meurt infail« liblement. Par ailleurs, je n'ai jamais entendu dire qu’on
« employât cette plante comme remède, sauf en décoction
« de l’écorce contre les plaies ulcéreuses, que ce remède
« guérit, paraît-il, facilement. Les indigènes manifestent,
u au contraire, une telle crainte des propriétés toxiques de
&lt;( cet arbre qu'ils en abattent les pieds croissant aux envi« rons de leurs villages. J’ai éprouvé, personnellement, de
« violents maux de tète en maniant des écorces fraîches et
« des feuilles fermentées. »
« Le H. Dursap dit de son côté : « J’ai moi-même goûté
1. J'ai publié, en 1885, un mémoire complet sur ce Téli en collabora­
tion avec SclilagdenhaulTen (voir Je journal les X o u v e a u x rem èd es «lu
1er octobre 1885).

�102

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

«
«
«
«
«

une petite parcelle de cette écorce toxique. Elle a une
saveur amère. Immédiatement après mastication et déglutition de la salive, j'ai ressenti les effets de ce poison,
qui se traduisirent par des troubles de la vue, du vertige,
de l'hébétude et une sudation générale. »
Les croyances superstitieuses qui ont cours sur ce végé­
tal. parmi les Malgaches, sont toutes empreintes de ce grand
fait que la toxicité en serait sans limite. Avant de prendre
cette écorce, les empiriques malgaches offrent un coq rouge
en sacrifice, lancent sept fois leur sagaie ou déchargent une
arquebuse contre l'arbre et n’en prennent l’écorce que du côté
du levant. L ’empirique Rainilambo, qui jouit d une grande
réputation dans le traitement des maladies graves, fait,
d'après le Rév. Dursap, du Komanga une véritable panacée
universelle contre toutes les affections. Il râpe très peu
d'écorce sur une pierre, y ajoute du piment écrasé, un peu
d'eau et fait boire le tout aux malades. Les empiriques Betsiléo vont recueillir leur Komanga dans une ville située à
l'ouest : c’est Ambohinamboarina.
D escription. — Arbre de 60 pieds de haut (20 à 30 mètres,
voir tig. 31), glabre dans toutes ses parties, à tronc très droit,
de i-0 à 70 centimètres de diamètre; rameaux subdressés ou
étalés, ronds, à écorce brunâtre crevassée, couverts de lenticelles jaunes ferrugineux. Feuilles alternes, grandes de
30 centimètres (fig. 28), bipinnées, à pinnules opposées, à
tolioles alternes courtement pétiolées (3 à 5 millimètres),
également ou inégalement ovales (6 centimètres de longueur
sur 2 1/2 à 3 centimètres de largeur), à base arrondie égale
ou inégale, courtement acuminées et un peu obtuses au som­
met, entières, un peu coriaces et à nervures pennées, nom­
breuses, fines, n atteignant pas le bord de la foliole, plus
marquées à la lace supérieure qu'à la face inférieure. Les
fleurs étaient restées inconnues jusqu ici. On trouve, il est
vrai, sous le nom d’Erythrophleum Couminga Afz. *, une
I. P la n te s m é d icin a le s in d ig è n e s el exo lii/ u e s de DujAHDrx-BeAUMETZ et
E i .asse i Paris, Doin, 1S89. g
pèce due à Afzelius.

271 '. Il n’existe pas, dans ce genre, d 'e s ­

Fig. 29. — Gousse bien développée à deux lobes d’E r y lh ro p h le u m
Bâillon (Grandeur naturelle).

C ou m ing a

�04

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR
PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

description de la plante comportant avec détail celle de la
Heur. Mais elle ne répond pas à la réalité. Elle est attribuée
du reste à un arbuste dont le fruit serait inconnu, ce qui
n’est pas ici le cas, et qui habiterait bien cependant, comme
l’espèce de Bâillon, les Seychelles et Madagascar. Il y a là
certainement une grosse confusion que je ne m’explique pas
et contre laquelle je tiens à mettre en garde les lecteurs
qui auraient à consulter ce passage. Ce que nous savons
maintenant, c’est que les inflorescences rappellent, sauf la
coloration des fleurs, celles de YErythrophleum (juineense.
Ces fleurs hermaphrodites, disposées en assez longs épis,
sont très courtement pédonculées, chaque lleur et chaque
inflorescence étant pourvue d'une bractée basilaire ; leur
couleur est vert foncé à la base du calice et d'un vert plus
clair au sommet ; les pétales sont vert d’eau ; les sépales et
les pétales sont fortement velues sur leurs bords (longs poils
unicellulaires) ; l'ovaire, stipité et porté sur un assez long
support, est fortement velu ; les étamines saillantes, au
nombre de 10, ont leurs filets glabres et leurs anthères
ovales échancrées en cœur à la base et dorsifixes-. Quelques
rares fleurs paraissent ne pas avoir d'organe femelle, ce qui
indiquerait, sur la même inflorescence, un état polygame,
très discret s'il existe réellement. L ’ovaire contient un très
petit nombre d'ovules. Fort peu de fleurs développent, sur
la même inflorescence, un fruit à maturité.
Le fruit est un gros légume ligneux (fig. 29 et 34), de
couleur brun chocolat à l'extérieur et recouvert en entier
d ’un réseau très apparent et très saillant par places, d’une
nervation dont les principales branches émergent très proé­
minentes du cadre épais qui borde la gousse et vont, en se
ramifiant, se rejoindre et s’anastomoser largement sur les
deux faces aplaties du fruit. Celui-ci est très longuement
pédoncule, oblong inégal, très atténué à la base, très obtus
et arrondi inégal oblong, avec un sommet pourvu d’une
pointe mousse à peine visible, ou bien atténué aux deux
extrémités et pointu au sommet. Il mesure, dans le premier

105

état (fig. 30), de 16 à 20 centimètres de longueur ; dans le
second (fig. 30, D), seulement 10 à 11 centimètres et de ï à
6 centimètres de largeur ; dans ce dernier cas, il ne ren­
ferme qu’une seule graine ; dans le premier, il en renferme
3 à 4, et alors il présente un ou plusieurs étranglements
entre les graines (fig. 31). A l’intérieur, cette gousse est de
couleur blanc jaunâtre, avec proéminences plucheuses
(fig. 30, D) sur les bords circulaires et élevés qui entourent
la graine. Celle-ci est placée elle-même au fond d’une
dépression en verre de montre, sur laquelle se moule, sur
chaque face interne de la gousse, ladite graine. A maturité,
elle est orbiculaire comprimée, mesurant de 2 à 3 centi­
mètres de diamètre, glabre, de couleur brun chocolat à l’ex­
térieur et appendue au placenta par un long funicule épais
(fig. 32, I)). Le spermoderme, épais et appliqué contre un
endosperme assez développé, est cartilagineux et devient
mucilagineux par macération dans l ’eau.
Les cotylédons de l’embryon (fig. 32, B, C)sont verdâtres,
suborbiculaires émarginés, épais, pourvus de nervations
apparentes sur l’une et l’autre face, et enserrant par leur
base, sans la recouvrir, une radicule droite. Ils sont charnus
et à saveur de légumine crue. Le spermoderme présente
la même constitution anatomique qu’on rencontre dans
les graines d'un grand nombre de Légumineuses, notam­
ment dans le Lupin, le Jéquirity, le Bonduc, la Fève de
Calabar (Physostygma venenosum Balf.), le Gledilschia
triacanthos L. au Février, et enfin YErythrophleum yuineense G. Don., etc., etc. On y trouve, à l'extérieur, une
couche de cellules très allongées et à parois épaisses, dont
la face externe, très développée, se gélifie facilement et
donne une gomme abondante et gélatineuse, qui se gonfle
lorsqu’on fait macérer ces graines dans l’eau ; le même phé­
nomène a été observé dans la graine du Téli 1, mais, dans la
1. Bâillon dit à ce sujet {A d a n s o n ia , l. VI, 1865-1866, p. 203-204) : « Il v
« a longtemps que les graines d 'E n jt h r o p h læ u m (ju in e en s e G . Don. sont

�100

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

graine de Komanga, la quantité de gomme insoluble pro-

Fig. 30. — A, graine entière d'E ry tr h o p h le u m C o u m in g a \ B, cotylédons vus
par leur face externe avec leur radicule encastrée; C, cotylédons subfolia­
cés, vus par leur face interne : D, gousse à une seule graine ouverte (grandeur
naturelle).

duite par la macération est beaucoup plus abondante. Au« connues comme présentant deux particularités remarquables : un
« albumen assez épais, analogue à celui des G le d ils c h in , et une couche
« superficielle pulpeuse et gommeuse, dont la saveur est douceâtre et
« qui prend une grande épaisseur quand on laisse tremper ces semences
« dans l'eau. » J'ajoute que la structure anatomique est absolument la
même dans E. g u in e e n s o et E. Couminga.

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

107

dessous de celte couche externe de cellules en forme d’ I,
esl une couche de larges cellules en sablier, à parois
épaisses, et enfin une zone scléreuse formée de nombreuses
couches (7 à 8) de cellules épaisses, allongées horizontale­
ment, c’est-à-dire parallèlement à la surface de la graine.
Vient ensuite l’endosperme qui est très épais et rappelle,
par sa constitution, celui de la graine de fenugrec : il est

Fig. 31. — E . C o u m in g a . Inflorescence : extrémité d’une branche.

formé de plusieurs rangées de cellules polyédriques, qui se
gonflent en se désagrégeant, par suite de l'expansion du
mucilage qui y est renfermé. Le spermoderme se fait remar­
quer par l’épaisseur de la paroi externe des cellules en I ;
cette paroi se résout en gomme au contact de l’eau et se
colore en rouge par le picrocarmin, tandis que le reste,
c’est-à-dire la plus grande étendue des parois cellulaires, ne
se colore pas par ce réactif. Il existe aussi une rangée, mal
définissable sur le sec, de cellules spéciales, situées entre la

�108

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

troisième couche scléreuse du spermoderme et l’endosperme.
Elle se colore en rouge par le picrocarmin et tranche ainsi
sur les couches précédentes, qui se colorent en vert par le
vert de méthyle ou d'iode, sauf le contenu des cellules sclé­
reuses (3° couche) et les tètes des cellules en sablier qui sont
rougies aussi par le carmin. Les mêmes colorations se

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

109

dans chaque cellule). Ces cellules très développées du paren­
chyme sont remplies de gros granules arrondis et réguliers
d’aleurone, ne se colorant pas en bleu, mais en jaune foncé,
par l’iode.

Fig. 33.

E . C on m in g a . Fleur fendue et étalée.

Fig. 32. — E . C on m in g a . Fleur.

retrouvent dans les enveloppes de la graine du Téli ou
Mançone.
Il résulte de cette description que les enveloppes spermodermiques se trouvent prises, au moment de la germina­
tion (contact de l’eau), entre un mucilage externe et un
mucilage interne.
Quant aux cotylédons verdâtres, ils sont pourvus d'un
épiderme à paroi externe épaisse et sont formés de cellules
h contenu faiblement huileux (quelques sphères huileuses

Voici au sujet de la fleur, du fruit, puis de l'écorce qui
nous intéresse particulièrement, ce qu'ajoute M. le prof1'
Planchon, de Montpellier, dans sa magistrale étude sur les
Erythrophleum (Ann. du Musée col. de Marseille, 1907), pour
l’espèce qui nous occupe et qu’il a pu étudier sur des maté­
riaux provenant dudit Musée, postérieurement à ma pre­
mière description du Répertoire de pharmacie, décembre
1902:
« Inflorescence ramifiée : chaque ramification terminée

�110
«
«
«
«
«
u
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«

l’ L A M KS I TILES

DK MADAGASCAR

par un épi d’aspect général brunâtre sur le sec, d’environ
2 cm. de diamètre et de S cm. de long en moyenne, avec
une petite bractée caduque à chaque fleur; cette bractée
brunâtre, velue, est à base large et à sommet obtus. Les
pédoncules floraux sont très courts, insérés sur l'axe par
groupes, h distance égale, laissent leur base sur l’axe
après la chute (tig. 33).
« La fleur est hermaphrodite; ouverte, elle atteint 8 mm.
jusqu’au sommet des étamines exsertes, 4 mm. jusqu'au
sommet des pétales. Cinq sépales soudés à la base, de
couleur verte, à préfloraison très légèrement imbriquée,
fortement concaves en dedans, à pointe mousse, velus
surtout au bord, ksurface finement chagrinée (fig. 34 et 35).
« Huit pétales libres, analogues comme forme aux sépales,
dépassant le calice de moitié, concaves, obtus, atténués
h la base, pourvus, surtout aux bords, de longs poils
blancs : la couleur est d'un vert plus clair que les sépales.
Préfloraison légèrement imbriquée.
« Etamines dix : cinq plus longues opposées aux sépales,
cinq plus courtes oppositipétales. Les étamines des deux
rangs partent du même niveau, restent adhérentes au
calice sur une faible longueur, puis s’en détachent suivant
un cercle unique. Elles sont donc nettement périgynes.
Filets longs, glabres, un peu sinueux, brunâtres, minces,
finement atténués au sommet . Anthères ovales, oblongues,
légèrement échancrées à la base (fig. 34 et 35), courtement atténuées au sommet qui présente une pointe
obtuse; dorsifixes, introrses, jaunâtres, à pointe brune
s’ouvrant par deux fentes longitudinales, se détachant
facilement du filet. Le pollen est en grains arrondis, à
pores peu déprimés.
« Ovaire longuement stipité (fig. 35) avec quelques poils
sur le pied et très longuement velu (longs poils blancs
jaunâtres) sur toute sa surface. Style relativement court,
un peu courbé; stygmate coupé obliquement, non renflé.
« Ovules en nombre variable (6 à 9), anatropes, ovales,
un peu piriformes, à hile légèrement latéral et assez large.
L odeur des fleurs est très forte k l'état frais.

�12

Fruits

«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«

« Le fruit a été décrit par M. lleckel comme une gousse
de 10 à 12 cm. de long, mais celui qu'il m’a adressé et
provenant (un échantillon Unique) des récoltes de M. Perrier de la Bathie (n" 12) est une gousse brun rougeâtre
de couleur plus claire que la normale, très longue (36 cm.
de long sur i de large), à surface un peu bosselée, irrégulièrement ridée, à surface interne jaune, mouchetée de
brun, sauf la suture brun clair. Cette gousse se termine
au sommet par une pointe mousse; elle renferme 8 graines
discoïdales, placées dans des dépressions plus larges
qu elles (comme dans les formes décrites parM. lleckel).
La pulpe a à peu près disparu, en laissant seulement
quelques trous autour des graines. Ce fruit doit être des
plus grands de l’arbre, d’ailleurs M. Perrier écrit à
M. lleckel en faisant cet envoi : « Ce fruit, beaucoup
plus volumineux que ceux envoyés antérieurement, atteint
la plus grande longueur que j aie observée jusqu’ici. Les
fruits monospermes sont d’ailleurs rares »(fig . 34). Ce gros
fruit venant de Manongarivo (Ambongo de Madagascar).
Un fragment de la paroi de ce fruit, mis dans une solution
de potasse, colore le liquide en rouge foncé, comme le
fait l’écorce du tronc. Du reste, tous les fruits d 'E ry throphleurn réagissent de même. »

113

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES IT1LES DE MADAGASCAR

«
«
«
«
«

1 cm. d’épaisseur; quelques rares lichens blanchâtres et
quelques taches blanc jaunâtre. Au-dessous, après la
chute de ces plaques, surface irrégulièrement rugueuse,
de couleur rougeâtre, lie de vin, avec des dépressions
plus ou moins conchoïdales séparées par des crêtes irré-

É corces

« Les écorces que j ’ai examinées proviennent évidemment
du tronc : elles sont en plaques épaisses et volumineuses,
plus qu’aucune des écorces de Mançone des droguiers;
les fragments, irrégulièrement cassés et un peu cintrés,
ont de 10 à 15 cm. de long sur 3 à 6 de large et 2 cm.
d'épaisseur.
« La surface externe très grossière, à gros rhitidome
« noirâtre ou noir rougeâtre, crevassé en tous sens et se
« détachant par larges plaques irrégulières qui atteignent

«
«
&lt;(
«
«

Fig. 35. — E . C ou n tin ya . Scct. transv. de l'écorce Schéma).

&lt; gulières, vives. Si l’on frotte cette surface après la des« quammation du périderme, il se forme une poussière
« rosée, fleur de pêcher.
« Surface interne gris jaunâtre ou gris rougeâtre (camA n n a le s du M usée c o lo n ia l. — •&gt;' série, 8* vol. 1910.

s

�1I i

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

«
«
«
«

bium), sur laquelle la couleur lie de vin se retrouve tout
de suite. Cette face est lisse ou un peu striée en long, le
plus souvent soulevée par de petites élevures allongées,
dues aux amas scléreux.
« Cassure grenue, aucunement fibreuse, couleur lie de

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«

«

«
Fig. 3i). — E . C outninga. Sect. Iongil. do l’écorcc Schéma).

«
«
«
«
«

vin ou fleur de pêcher uniforme, ou plus pâle vers l'intérieur. A la loupe, ou même à l’œil nu, amas de sclérites
formant de petites élevures arrondies ou plus souvent
un peu allongées suivant la longueur de l ’axe.
« Section nette, difficile, l'écorce étant très dure et très

«
«

I 15

résistante au couteau et à la scie. Sur la teinte générale
rougeâtre, décroissant de dehors en dedans, les amas scléreux se détachent nettement, même à l’œil nu, en taches
demi-translucides, plus serrées et plus petites k mesure
qu'on se rapproche de la face interne. Dans la partie
extérieure du périderme, ces taches sont jaunâtres, plus
faciles k attaquer au couteau et comme en voie de dissociation. Dans le périderme et au contact de celui-ci avec
l’écorce proprement dite, se montrent des lignes sinueuses
plus ou moins noirâtres : ce sont les zones subéreuses
déterminant les assises successives du périderme. »
« Nulle part dans les échantillons examinés, ne s’aperçoit la ligne blanche continue, vue dans les écorces
jaunes, et indiquée comme caractéristique de l'écorce de
Mançone. Cette ligne, mentionnée par Heckel, existe dans
les écorces des troncs jeunes que je n'ai pas eues entres
les mains 1; elle disparaît par suite des exfoliations
péridermiques. Je dois dire d’ailleurs que j'en ai souvent
constaté l ’absence dans les écorces de Mançone un peu
âgées; je crois donc imprudent d’attacher une trop grande
importance à ce caractère classique. 11 n'existe que dans
des écorces jeunes et disparaît plus tard chez tous les
Erythrophleum.
« Densité très grande : l’écorce plonge au fond de l ’eau.
« Dureté très grande aussi : l ’ongle laisse sur la face
interne une trace luisante.
« Odeur très faible, peu définissable.
« Saveur d’abord astringente, puis un peu amère, donnant enfin du picotement à la langue.
« L'eau de macération de cette écorce est fortement
colorée en rouge noirâtre.
« La pulvérisation amène une irritation violente de la
muqueuse nasale et donne tout au moins une sternutation
abondante.

1. Elles avaient été pulvérisées en vue de l’étude chimique.

�!l(i

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

A

n ato m ie.

« Le périderme extérieur (fig. 59-GO) est parcouru par des
zones subéreuses de cellules aplaties, à parois assez épaisses
régulières; dans les régions externes, sont des paquets
de sclérites jaunes, et çà et là des bandes de liber écrasé,
coloré, que les assises subéreuses successives ont évidemment détachées du liber vivant.
« Au-dessous, toute la surface libérienne de la coupe est
« identique et présente : 1° un parenchyme fondamental
« assez régulier, à cellules plus ou moins quadrangulaires ;
« 2° de nombreuses zones parallèles de liber écrasé : sur les
« coupes longitudinales le liber écrasé simule des libres;
« 3° entin des amas ovales, polygonaux ou quadrangulaires
« de sclérites, les plus extérieurs en zone de groupes allon« gés tangentiellement (mais jamais en zone continue); vers
« l’inténeur, ce sont plutôt des groupes arrondis, dont les
« cellules sont fréquemment alignées en files. Les parois
« de ces sclérites sont épaisses et ponctuées, jaune clair;
« contenu nul ou rougeâtre.
« Abondance d'amidon dans le parenchyme, en grains
« arrondis, de dimensions variées. Rayons médullaires sur
« un à trois rangs. Les cellules contiennent beaucoup de
« tannin et noircissent fortement le rasoir ou les aiguilles
« dont on se sert pour les préparations. »
L'aire de dispersion de cet intéressant végétal n’est pas bien
connue encore. Il existe aux Seychelles, où il a été signalé
tout d'abord (Pervillé). M. Perrier de la Bathie ne l’a ren­
contré, sur la grande terre de Madasgascar, que sur les bords
du lac Kinkony, à l’est de Soulala, dans le cercle de Mahavava, que les Malgaches de l'Ouest appellent A mbongo. Il ne
l’a jamais trouvé dans le Bouény. Cet arbre est en très
grande abondance sur les rives occidentales du lac Kinkony
et des lacs voisins d’Andranolava et d'Anjeza. C ’est de là
que proviennent les échantillons botaniques en Heurs et en
fruits, puis les écorces que M. Perrier de la Bathie a bien
«
«
«
«
«

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

117

voulu m ’adresser avec sa complaisance habituelle. D’après
ce même observateur, aucun de ces arbres n’était fleuri
en mai, mais, en septembre, ils étaient tous couverts de
fleurs et de jeunes fruits; la floraison a donc lieu dans son
plein en septembre-octobre. Il est aussi aux environs de
Majunga (Moriceau).
— On n’est pas
encore très bien renseigné sur ces deux points.
C’est l’écorce du tronc de l’arbre qui est utilisée, comme
cela se pratique en Afrique tropicale occidentale pour le
Téli ou Mançone. Cette écorce, telle que je l’ai reçue de
M. Perrier de la Bathie, en assez grande quantité ( i à 5kilog.)
pour en permettre une analyse chimique, se présente avec
les caractères extérieurs suivants, que je crois devoir indi­
quer sommairement, parce qu’elle provient non pas des
rameaux mais du tronc de l’arbre. Rouge, très épaisse et très
irrégulière, elle se présente en plaques portant extérieure­
ment un suber très développé et très accidenté, recouvert
de végétations cryptogamiques diverses. A la face interne
(libérienne), qui est de couleur rouge grisâtre, on voit des
crêtes assez proéminentes, disposées en long, c’est-à-dire
dans le sens de l’axe du tronc. La cassure est irrégulière et
grenue; à la coupe transversale, polie, cette écorce pré­
sente, comme dans le Téli, une ligne blanche assez épaisse,
formée d’éléments scléreux, continue, située à faible dis­
tance du suber et précédant la couche épaisse de couleur
rouge dans laquelle se trouvent des faisceaux scléreux
noyés dans le parenchyme cortical et qui forment des ponc­
tuations (visibles à l’œil nu) plus rapprochées et plus nom­
breuses dans les couches internes de l'écorce qu'à l extérieur, où elles deviennent plus grosses et plus rares. Ce
sont, en somme, à peu près, sauf les dimensions plus
amples de l 'épaisseur de l’écorce, les caractères extérieurs
du Téli.
Tout fait présager que cette écorce trouvera en Europe
une utilisation médicinale contre les affections du cœur, de
U

tilisation

et

com position

c h im iq u e .

�118

PLANTES UTILES L&gt;E MADAGASCAR

la même façon que l’écorce du Téli, qui a conquis, depuis
quelques années, une place marquée dans la thérapeutique
des cardiaques. Mais on ne pouvait être affirmatif sur ce
point avant de pouvoir asseoir une prévision sérieuse sur
une analyse chimique de l’écorce. Dujardin-Beaumetz et
Egasse disent (/oc. ci(.) qu'elle jouit de propriétés analogues
à sa congénère de l'Afrique tropicale; ils ajoutent : « Gal« lois et Hardy y ont signalé la présence d’un alcaloïde se
« rapprochant de Yérytlirophléine et peut-être même iden« tique à cette base. » Ce passage est extrait en entier du
dernier alinéa d’un mémoire de Gallois et Hardy, intitulé :
Recherche.s chimiques et physiologiques sur l'écorce du
Mançone (Erythrophlæum guineense et E. Couminga),
inséré dans le Journal de pharmacie et de chimie, série 4,
t. XXIV.
25. Ces auteurs ajoutent : « L’Erythrophlæum
u Couminga ou Koumanga, espèce voisine de VE. gui« neense, est aussi un arbre au port élevé et qui atteint la
« grosseur du Tamarinier. Il est originaire des Seychelles.
« et toutes ses parties sont vénéneuses. Avec un fruit et
« une feuille, que nous avons dus à l’obligeance de
« M. Bâillon, nous avons préparé des extraits qui, injectés
« à des grenouilles, ont déterminé rapidement l’arrêt du
« cœur. » Dans ces mêmes extraits, ces auteurs ont cons­
taté la présence du principe actif qu’ils ont appelé érythrophléine. C’est là tout ce que l ’on savait de la composition
chimique de cette écorce, et nous pouvons en déduire que
c’est bien un poison du.cœur. Mais aujourd’hui, grâce aux
travaux publiés sur les Erythrophlæum par MM.L. Planchon
et Laborde 1 nous sommes fixés sur la teneur de cette
écorce en Erythrophiéine : elle en renferme 0,653 °/0. — Le
bois très dur de cet arbre a été employé pour le pavage
des rues en France avec succès.

p.

Kominga et Komenja SI. — Voir Komanga.
Komy prov. — Le Dr Ramisiray (/oc. cit., p. 41) dit de l’em­
ploi de ce végétal indéterminé contre la fièvre : « La décoc1. A n n a le s du Musée c o l. de M a rs e ille , 1007, p. 305. — Laborde,
EludeVhimique sur l ’écorce d'E r y t h . C o u m in g a .

119

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

«
«
«
«

lion de l ’écorce et des feuilles de cet arbre est employée
à faire des lotions sur tout le corps du malade. Elle peut
aussi être absorbée par l’estomac et servir à faire des
fumigations. »

Kompitso Bs. ;

G o n o c r y p t a G r e v e i Baill. et K o m p i t s i a e l a s Cost. et Salland. (Asclépiadées). — Liane qui existe à
Mahafaly (Fort-I)auphin),et par incision donne un bon caout­
chouc quand le latex est bien coagulé.

tiga

Konkony SI. ;

A n o n a s q u a m o s a Vol 1. (.Anonacées). — Pomme
cannelle; fruit apprécié (Introduit).

Kopakopa g. ;

sp. (Pandanées). — Feuilles utilisées
pour fabriquer des paniers et sacs à emballage.
B andants

Korapetaka SI. ;
Koria Bs. ;

A

nona s enegalen sis

D omreya C oria

Pers. (Anonacées).

Baill. (Sferculiacées). — Plante à

fibres corticales textiles.

Korintsampotsy H.

; C

r o ta lar ia

s t r ia t a

DC. (Légumineuses).

Koropetaka g. — Noir Korapetaka.
Koroso SI. — Voir Abiba.
Kotomena I L ;

A

ndropogon

sp. (Graminées).

Kotrokotrobato Imer., Kilenganamboa Bets. ; Bryopiiylli m
Baker ^Crassulacées). — Herbe charnue employée
en décoction ou infusion par les Betsileo comme fébrifuge.
Elle croît en pays découvert, et se trouve fréquemment sur
les vieilles toitures, en Imerina, Betsileo, entre l’Ankay et
la côte Est (Ampasompotsy). — Voir Sodifafana.

crenatum

Kotrokotroka H. ; K i t c h i n g i a p e l t a t a Bak. ; K i t c i i i n g i a a m p i .e x i ca u l i s

Bak. (Crassu lacées) ;

Bak. :

D

D

ichæ tanthera arborea

Kovaingo IL ;

N

ephr od ium

i c h .e t a n t i i e r a

o blo ng if o lia

Bak. (Mélastomacées).

cordifolium

(Fougères).

�120

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

L
Lafa H. — Végétal indéterminé donnant des libres textiles.
Lafara 111. ;

O

nc o b a

c a p r e æ f o l ia

Bak. ( B ix in é e s ).

Lafarina II. ; T r i t i c u .m y u l g a r e Vill. (Graminées). — Blé
(introduit pour la culture).
Lafaza Bs. ;

A

rec a

lu te s c e n s

Bory (Palmiers).

Lafitra II. ; V i s c u m sp. (Loranthacées).
Lahibendrana prov. ; G a i i n i a species (Cypéracées). — Cette
petite plante aquatique est employée comme topique sur les
furoncles (racines pilées).
Lahiriky SI. ;

S id a

Laingibongo II.;
Laingo SI. ;

L

g r e y e a n a

W

e b e r a

B

e c o m te a

Baill. (Malvacées).

sp. (Rubiacées).

u j e r ia n a

Laingoakalana II.; L im m

A. Ricli. (Rubiacées).

e m ir n e n s e

Laingokalana II.; C r o t a l a r i a
neuses). — Fibres textiles.

Boj. (Linées).

x a n t o c la d a

Boj.

(Légumi­

Laingomaimbo H. — Voir Laingo.
Laingoniboraka Sa.;
Laingonomby Sa.;

D

D

a n a is

Laingontsinsina II.;
lariées).
Laingotohatra II.;
Laisoa H.;

B

P

r a s s ic a

T

C

r r e v if l o r a

h r e y if l o r a

o le r a c e a

v n o m e tr a

Bak. (Rubiacées).

Bak. (Rubiacées).

e t h a s p i d i u m i a x i f l o r u .m

ip e r e m ir x e n s e

Laisoamasombika H.;
Laka SI.;

a n a is

B

Bak. (Scrophu-

Bak. (Pipéracées).

L. (Crucifères). — Cultivé.

r a s s ic a

o le r a c e a

L. (Crucifères).

Comm e r s o n t a x a Baill. (Légumineuses).

Lakitra H. — Voir Sakarivondambo.
Lalandana H.;
Lalo Bs. ;

W

C

a n a v a l ia

e i n .m a n n i a

Ma

o b t u s if o l ia

D C .

d a g a s c a r ie n s is

(Légumineuses).

DC. (Saxifragées).

12 !

Lalomanga Bl., Hazomena g., Hazomanga Hov.; W e i n m a n m a
r ü t e n b e r g i i Engler (Saxifragées-Cunoniacées) a les memes
emplois que le suivant.
Lalona g. ; W e i n .m a n n i a B o j e r j a n a , W . e r i o c a r p a Tul. et W .
l u c e n s Bak. (Saxifragées). — Ce sont de grands arbres mesu­
rant 2 à 3 mètres de circonférence, à feuilles opposées, com­
posées de trois folioles elliptiques ou obovoïdes, rétrécies à
la base, légèrement dentées, d’un vert brillant, plus pâles à
la face inférieure, à peu près sessiles. Le bois en est presque
imputrescible, de couleur rose violacé, il est très employé
en menuiserie. Toutes les parties de ces beaux végétaux
sont remplies de tannin et d une matière colorante noire :
aussi sont-ils employés au tannage des peaux (écorces), à
teindre les étoffes (feuilles bouillies avec la vase des étangs)
et enfin comme médicaments astringents (feuilles et écorces).
Leurs jolies fleurs blanches ou rouges attirent particulière­
ment les abeilles, de là leur nom d'arbre mouche à miel et
Tanrouge (allusion aux propriétés tannantes). — Voir Lalonamboa.
Lalonamboa IL ;

W

e in m an n ia

lucens

Bak. (Saxifragées).

Lambinamorona Bets.; D o d o n æ a y i s c o s a Jacq. (Sapindacées).
— Bois de reinette. Cet arbrisseau tropical cosmopolite
existe dans le Nord de Madagascar. Les feuilles ont une
saveur amère qui les fait employer comme fébrifuges; la
décoction de bois sert à préparer des bains et des fomen­
tations astringentes. Il fournit des remèdes très populaires
à l île de La Réunion, contre le croup, les angines, les rhu­
matismes, la goutte, la fièvre, la syphilis, les contusions,
les ulcères. — Voir Dingadingandahy, Dingandahy.
Lambinana Ants., Valanirana Ants.; N u x i a c a p i t a t a Baker
et N. VERTiciLi.iTA Lamk. (Loganiacées). — Ce sont des
arbres de petite taille, communs surtout à la lisière des
forêts ; les feuilles sont employées à manufacturer le rhum
du pays et comme médicament amer tonique.
Lambohenjana SL; W o o d f o r d i a f l o r i b u n d a Salisb. (Lythrariées). — Voir Iratrika, Pisopiso.

�P I,A N T E S

Laraary SI.;

O

c i i .n a

m a c r a n t h a

Bak. (Ochnacées).

Lamoty g. et Voatronaka Betsim.; F l a c o u r t i a R a m o n t c i i i
L'Hérit. (Bixacées). — Prunier malgache. Le fruit de cet
arbrisseau ressemble â une prune. On ne trouve pas ce
végétal dans l’intérieur de 1 i1e, mais il est très commun
sur la côte Est, notamment à Tamatave; c'est à cause de
son abondance dans 1'îlot situé en face de cette ville qu’il
est nommé 1Ile aux prunes. Le Lamoty est diurétique. Au
Menabé, les personnes atteintes de folie doivent être sou­
mises au traitement par les fruits de ce végétal, nommés
Voandamo/y. C'est une baie qu'on leur fait consommer en
abondance. Contre les coliques néphrétiques, on donne les
racines de prunier malgache : une poignée en décoction
dans 360 grammes d'eau; doses ; trois tasses par jour. Le
Lamoty chez les Sakalaves, notamment à Nossi-Bé et chez
les Bara, est le Flacourlia sepiaria Roxb., arbrisseau épi­
neux à fruit drupacé et comestible, ayant le goût et l'appa­
rence des câpres. 11 est employé (feuilles et écorces) à la
fabrication du rhum. L'infusion des feuilles est usitée contre
la morsure des serpents venimeux ; on fait en outre, avec
lécorce et de l'huile, un Uniment qui est réputé très etlicace contre la goutte. Les cendres de la racine sont consi­
dérées comme antinéphrétiques. — Voir Valamoty.
Lampivahitra. —

V o ir

DE

M ADAGASCAR

123

science européenne a pu faire touchant les emplois de ce
végétal en dehors de ses usages économiques (pansements
médicinaux antiseptiques).
Landemivavy IL ; A n t m o c l e i s t a
niacées). — Voir Landemy.

r h iz o p iio r o id e s

Bak. [Loya-

Landemilahy IL — Voir Dendemilahy.
Landemy Hov.; A n t h o c l e i s t a r i i i z o p h o r o i d e s Baker (Loganiacées). — Arbre au-dessus de la taille moyenne, assez com­
mun à l'intérieur de Madagascar, â feuilles opposées,

Fig. 37. — Camphriers à Nanisana.

Landemy.

Landahazo, Hasina Bets. ; G ossypiim B a r r a d e .n s e L. (introduit
à Madagascar depuis un temps très reculé). — Ce végétal est
chétif dans l’intérieur de Madagascar où il ne trouve pas la
terre meuble qui lui est nécessaire pour étendre ses racines;
il réussit mieux sur les côtes. On trouve sur les mêmes
côtes E r io d e n d r o n a n f r a c t i o s i m DC. (en Sakal. Pemba qui
donne le Kapok). C’est un grand arbre qui attire, la nuit, une
quantité de roussettes [Pteropus Edwardsi et P. vulyaris),
appelées Fanihy par les Malgaches. Les usages médicinaux
du cotonnier (racines et soie) sont trop connus pour que
nous les indiquions ici; du reste les indigènes ne paraissent
pas avoir sur ce végétal la notion des découvertes que la

i

F T IL E S

connées à la base et absolument semblables à celles d'un
gros chou ; l'écorce est assez épaisse, grisâtre et très amère,
comme les feuilles. Cette écorce possède effectivement la
propriété de guérir les dysenteries très anciennes. D'une
façon générale, c’est un amer tonique, fébrifuge, laxatif et
antidysentérique. Doses et emploi ; 1° contre les fièvres
graves (méthode empirique Jean Ranaivo) ; poudre gros­
sière d’écorce de Landemy, 3 pour 360 d'eau en décoction,
à prendre par tasses dans la journée. Diète sévère, décoc­
tion de riz en robe ( non décortiquée) pour toute boisson ;
2° contre l'hépatite, prendre ; écorce de Landemy, 5 grammes,
y ajouter carbonate de soude du pays, faire bouillir le tout

�!2i

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

dans 350 grammes d’eau, et absorber la décoction qui agit
comme émélocathartique ; 3° contre la dysenterie ancienne
et rebelle, la décoction de l’écorce de racines prise en quan­
tité importante tous les deux jours, paraît guérir infaillible­
ment. Le Dr Ramisiray (/oc. cit., p. 41) dit de 1 emploi de
cette écorce contre la fièvre : « L ’écorce verte et bouillie de
« cet arbre donne une tisane soulageant le malade, dose :
« 250 5 500 grammes.»— Voir Lampivahitra, Landamivary.
Landihazobe H. — Voir Moraingy.

Fit?. 38. — Tananarivc. — O puntia.

Lanjananahary IL ; L e u c a s
Voir Kifilanjambola.
Lanory Bl. ;

P

hyllanthus

Laorangy IL (corruption
(Bu lacées).

m a k tinicensis

sp.
de

R. Br. (Labiées). —

(Euphorbiacées).
Orange).

C itrus A

u rantium

Linn.

Laro Sak. ; E u p h o r b i a L a r o Drake (Euphorbiacées). — Arbre
(bords du Manarondra, près de la rivière Sakamasina, rives

�125

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

de 1Adranotina) dont le suc est mêlé au sable par les Sakalaves et employé pour tuer le poisson; il donne une sorte
de caoutchouc. Les cendres de ce végétal sont mélangées
avec du tabac concassé pour faire du savon.
Lavadia Bl.;

I

p o m e a

p t e r y g o c a u l is

Choisy (Convolvulacées).

Lavaravina g. (de lava long, et ravina feuille); S p i r o s p e r m c m
p e n d u l if l o r l 'm
DG. ( Ménispermées). — Le Dr Ramisiray
[toc. cit., p. 73) dit que cette plante est employée contre
les coliques (infusion des feuilles). On donne encore ce nom
h la plante suivante (Lelanangaka).
Lavatendro IL ;

P

o ta m o g e to n

f l u it a n s

Roth. ( Naïadacées).

Laza Tan. — On donne ce nom à deux végétaux différents :
1° à un arbre indéterminé dont l’écorce est employée pour
la fabrication des lambas nommés Fanto (les racines en
sont médicinales), et dans le Nord de l’He à une Laurinée
(Ocotea ou Beilschmicdia) dont le bois est aromatique et
doué d’une forte odeur d’anis. Il ne faut pas confondre ce
végétal avec le C i n n a m o s m a f r a g r a n s Bâillon ( Canellacées),
qui est aussi à odeur d’anis.
Lefondambo A. et S. ;
minées).

H

e te r o po g o n

c o n to r tc s

Legoviakoholahy, Lengoviakoholahy H .;
f o l i u s Bak. (Composées).

R. et S. ( Gra­

S enecio

lampsanjs-

Lelanangaka g. ; R cme x n e p a l e n s i s Spreng. (.Polyjonées). —
En infusion des feuilles contre les dérangements stomacaux
des enfants.
Cette plante croît dans les terrains un peu humides, les
bois, les haies, les fossés. On en utdise la racine. Il vaut
mieux remployer fraîche que sèche, ce qui est lacile, la
plante étant commune et vivace. On la dit tonique, depurative, antipsorique, astringente ou laxative, suivant les
doses. — Voir Molotrankaga, Talebaka.
Lelosy Bl. — Voir Lelaombe.

�P.

126

126-12"

PLANTES I TILES DK MADAGASCAR

L e lo s y H .; C ynoglossum R ochelia A.DG. ; C. monophi,ebium
Bak. ( Boraginécs).

Lesikondana Bl. ; Stœbe

cryptopiiylla

Bak. ( Composées).

Letisy

Bs.; N ephelium I, it - ciii Camb.
Graine à arille succulent.

Letrazo H .; W

einmannia

mlnutiflora

( Sapindacées).
Bak.

—

(Saxifnagées).

Lingozy Mov.} Longosa, Lingozo Betsim. ; A momum angustifoliüm Hanb. = A m o m u m Danielli Hook. (Scitaminées). —
Cette plante, appelée Longoase à Maurice, se trouve sur
les penchants ou au fond de la plupart des vallées de
Madagascar : les semences et le fruit en sont aromatiques,
stimulants et constituent une espèce de Cardamome. Contre
les ophthalmies des nouveau-nés, instiller dans l'œil le suc
de la tige; contre le choléra, et dès le premiers symptômes,
prendre les racines coupées en tranches minces et en mettre
i à 5 morceaux à décoder dans 720 grammes d’eau jusqu’à
ce que la décoction prenne la couleur du vin rouge clair,
administrer par petits verres de temps en temps.

Litchy Bs. — Voir Letisy.
Lobaka II. — Voir Dobibika.
Lohatoko I L ; X yris

skmifuscata

Lojo IL — Fruit de

C a s s ia

Boj. [X IJ r i d é e s ) .

sp. ( Légumineuses).

Lokoko Sa. Fruit de FH ypiiüne coriacea Gærnt. (Palmiers). —
\ oir aux Addenda à la lin du volume et à Banty, Satrana
mira, Satrana miry.
Lokoranga, Olaboay Sak. — Ophiocaulon firingalavense
Drake (Passif l orées). — Plante donnant un textile. — Voir
Olaboay.

forme buisson). -

Lengoviakoholahy II. ; S enecio lampsanæfouus Bak. ( Compo­
sées). — Voir Legoviakoholahy.

ïry p toileg i* mndognscariensis Boj.

emploient cette herbe contre les crevasses des pieds cau­
sées par la marche excessive. Ils 1appliquent sur les plaies
après torréfaction.

Lombiro.

Lelaombe Bets., Mangalahikely Hov., Madioranoray IIov. ;
S enkcio microdontus Baker ( Composées). — Les Betsileo

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

127

Lombiri, Lombiro Sak. ; Cryptostegla Madagascar i ensi s Boj.
( Asclépiiidée). — Sous forme liane ou buisson, cette plante,
me des plus importantes, puisqu’elle fournit la plus grande

Fi£. K). — Hameaux fleuris de Cryptoslegia madagascanensis Uoj.
rameau de la forme liane . — Lombiro.

partie d'un assez bon caoutchouc de Madagascar, est en
même temps médicinale. Les Sakalaves se servent de l’écorce
pour manufacturer le rhum du pays. Le suc laiteux (datex

�128

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

de la plante, celui dont la coagulation fournit le caoutchouc
de l'Ouest, est employé en topique contre la gale, les
ulcères et autres maladies de la peau. Dans les foulures et
les fractures, les Hovas se servent du lombiro mélangé à
marovelo (Ipomæa) et aux racines d’aniiana ( Urera),
râpées, en applications locales. Les libres de la plante
sont employées pour faire des lignes de pèche, et le duvet
des graines (aigrette) sert d’amadou. En outre, les Sakalaves connaissent bien cette plante comme source d’un
excellent textile (Jumelle) et de nature cellulosique, qui
tout en ne valant pas le chanvre comme filasse à corderie,
donnerait des tissus très fins comparables à ceux de la ramie.
« Cette espèce est la plante que les Sakalaves nomment
« lombiro dans le N.-O. de l'île. Elle est assez commune
« dans les terrains calcaires du Boina et du Menabé dans
« 1 Androy et même le sud de bile (fig. 10 et i l ). C’est tantôt
a une liane, tantôt un arbuste buissonnant, suivant qu’il
« se trouve, ou non, au voisinage d'un arbre. Dans le prê­
te mier cas, il peut atteindre très haut ; dans le second,
« l’ensemble du buisson s’élève à 1 m. à I m. 50 seulement.
« Les rameaux, quand ils sont jeunes, sont couverts de
« courts poils roux. Ils portent des feuilles opposées, vert
« sombre, ovales-elliptiques, ordinairement arrondies à la
« base, acuminées au sommet, glabres en dessus, un peu
« velues sur la face inférieure. Seuls, le pétiole et les ner« vures sont couverts de la même pubescence rousse que
« celle des jeunes branches. Le pétiole a G à 7 millimètres,.
« et le limbe, 7 à 9 centimètres de longueur sur i centi« mètres à i centimètres 1/2 de largeur » (Jumelle, Les
plantes à caoutchouc et à gutta, 1903). Dans le sud-ouest
de l’île (de Tsivorg à Tuléar) l’espèce productrice du caout­
chouc dit Lombiro est le Cryptostegia g r a n d i f l o r a , d’après
Jumelle.

Lopingo Sak. ; Diospyros P errieri Jum. (Ebénacees). — Bel
arbre de 150 m. de haut, à écorce noirâtre qui se détache
par plaques comme le platane : cœur très développé d’un

129

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

beau noir (ébène). Dans les bosquets rocailleux et sur les
bords des torrents (cercle de Movatanona) dans les gorges
boisées des montagnes. Bois d’ébène très beau. — Voir

Valombodimpona, Hintsika, Hitsika, Volimpoly, Volombodimpoly.
Lomo Bl. ; Pachypodium

rosi latum Bak. (Apocynées). —
Plante à textile. — Voir Bontaka, Manasindahitra.

Lomotra IL , g. ; V aucheria sessilis DC. (Algues-Confervacées).
— Cette conferve est employée par les Malgaches dans le
traitement des fractures et des plaies. Ils s’en servent
encore contre cette maladie qu’ils appellent hamatra
(dartres rouges et protubérantes) et pour traiter les brû­
lures : l°pour le hamatra, couvrir la surface dartreuse avec
une pulpe faite de farimaty (vigne vierge) ou de fanoroboka (Clematis oligophylla Ilook.) jusqu’à ce que la peau
puisse se soulever, puis recouvrir la plaie de lomotra et
exposer au soleil le patient. Si cette plaie devient fétide,
la badigeonner de fiel de bœuf. Pour les brûlures, voir le
traitement le plus commun indiqué à Sofintotozy.

Lomotsohy g. ; Kigelia Madagascar!ensis Bak. ( Bignoniacées).
— Voir Somotsohy.
Longolongo IL ; Buddleia
Sevalahy.

fusca Bak. (Loganiacées). — Voir

Longozo IL ; A momum Danielli Hook. fils (Scitaminées).
Lopingo SI. ; Diospyros leucomelas Poir. (Ebénacees). — Voir
Pingo. M Pingo.
Loviantsahona IIov., Viliantsahona Bt.; II ydrocotyle

cmbel-

lata L. (Ombellifères). — Très commune dans les lieux
humides, cette plante herbacée, en infusion ou décoction
des feuilles, est employée pour pratiquer des lotions sur les
plaies saignantes après l'opération de la circoncision. Elle
est regardée comme âcre, détersive et apéritive.

Loviantsahonantanenty IL ; II ydrocotyle asiatica L. (Ombellifères). — Introduite, cette plante est bien connue pour
ses emplois médicinaux (sans résultats prouvés) contre la
Annales du Musée colonial de Marseille. — 2* série, 8* vol. 1910.

9

�130

PLANTES UTILES UE MADAGASCAR

lèpre dans l'Inde (principe actif, la
Lépine). — Voir Raivolesoka.

Vellarine, d’après

Lovinohazo SI.: Dodonea viscosa L. (Sapindacées). — Voir
Dingadingandahy, Dingandahy.
M

Mabiba SI. — Voir Abiba.
Macabiha Sak., D ioscoreaM acabiha Jum. et Perr. (Dioscoréacée&amp;) de l ’ Ambongo, du Boina et de Marovoay (sols cal­
caires) donne un tubercule très toxique et cependant mangé
parles indigènes après quelques précautions culinaires.
Voici ce qu’écrivent récemment au sujet de cette igname
spéciale MM. Jumelle et Perrier de la Bat hie dans leurs
Fragments biologiques de la Flore de Madagascar (Annales
du Musée colonial, 1910):
« Ce Dioscorea Macabiha, nommé encore Fangaga ou
« Fanganga (voir ce mot pour rectifier ce qu il a d'incom« plet) aux environs de Marovoay, croît plutôt, dans l'Am « bongo comme dans le Boina, sur les terrains secondaires,
« alors que l'antaly (Dioscorea Antaly Jum. et Perrier)
&lt;( semble se plaire mieux en général — quoiqu’il y ait des
« exceptions — sur les terrains primitifs. En outre, tandis
« que les tiges d'antaly (comme celles de soso) sont herba« cées et lisses, les tiges de macabiha (comme celles de
« bemandry) sont épaisses et munies d’aiguillons.
« Les feuilles des deux espèces offrent une très grande
« ressemblance, et telle même que nous sommes persuadés
« aujourd’hui qu elles ont provoqué une erreur dans la
« récolte de nos échantillons fleuris. Nous avons dit, en
« effet, dans une note préliminaire que l’analyse de ces
« spécimens d’herbier ne nous avait pas permis de recon« naître, non seulement entre les feuilles, mais même entre
« les fleurs des deux plantes — à tubercules pourtant si
« dissemblables — une différence quelconque. Le fait pou« vait surprendre. En réalité, après un nouvel et minutieux

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

«
«
«
«
«
«

131

examen de la question, nous avons acquis la conviction
(pie les échantillons fleuris récoltés autrefois sur les
rochers calcaires boisés de Namoroka, dans l’Ambongo,
devaient appartenir, malgré le stat, au Dioscorea Antaly.
Pour cette dernière espèce, en effet, l’un de nous est
absolument sûr d'avoir prélevé des inflorescences sur des
« pieds ayant les tubercules caractéristiques de 1 antaly : la
« description que nous avons donnée de la précédente
« espèce est donc incontestable. Pour le macabiha, par
« contre, nous n’avons pas la même certitude, car nous
« savons depuis longtemps que le macabiha ne fleurit
« ordinairement pas — il ne fleurit même jamais à Maro« voay — et lorsque donc l'un de nous crut le rencontrer
« en fleurs à Mamoroka, il pensa avoir eu la chance d’ob« server une rareté. Il se souvient, d’ailleurs, parfaitement
« aujourd’hui n’avoir pu voir les tubercules; mais la plante,
« qui croissait dans un stat de macabiha lui fut désignée
« par les Sakalaves mêmes — trompés sans doute eux aussi
« par les feuilles — sous le nom de macabiha.
« Dans ces conditions, il nous faut par conséquent, pour
« comparer sûrement les deux espèces, séparer les échantil« Ions fleuris de Mamoroka des échantillons seulement
« feuillés— et de provenance très certaine— de Marovoay.
« Or, nous relevons bien maintenant aussi quelques difîé« ronces entre l antaly typique (auquel nous rapportons la
« plante de Mamoroka) et ce macabiha ou fangaga égale« ment typique, caractérisé parle tubercule que nous allons
« décrire plus loin.
« La forme générale du limbe est bien essentiellement
&lt;( la même dans les deux cas et dans les deux cas aussi les
«( feuilles sont opposées. Toutefois les feuilles de macabiha
« sont plus minces, plus molles, plus sombres et plus fîne« ment acuminées que celles d antaly. En outre, les ner« vures de la face inférieure ne portent pas les poils que
« nous avons signalés chez l'antaly. Ces feuilles de Diosco(c rea Macabiha sont très glabres.
(( Et nous admettrons donc que ce macabiha fleurit très

�132
«
«
u
le
«
«
«
«
a
«
«
ci
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«

IM.ANTES l Tl LES DE MADAGASCAR
PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

rarement, si même il fleurit. En tout cas, ses fleurs nous
sont pour l’instant inconnues. Par contre, il produit aux
aisselles de ses feuilles des tubercules aériens, ou « bul­
billes 1 », que nous n'avons jamais vus chez l antaly.
« Ces « bulbilles » ont un poids moyen de 12 grammes.
Elles sont arrondies ou irrégulièrement ovoïdes et ont,
sauf les dimensions, l'aspect des formations analogues
du Dioscorea Fargesii.
» Le Dioscorea Macabiha, qui ne forme que ces bulbilles,
est-il une espèce introduite? Sa non-floraison pourrait
évidemment le laisser supposer; nous ne voyons pas
cependant à quelle igname déjà déterminée son tubercule
si caractéristique pourrait permettre de le rattacher,
Si les feuilles ressemblent quelque peu à celles du Dioscorea saliva Lin., qui a aussi des tubercules aériens, la
partie souterraine n’est pas du tout celle de l’espèce
aérienne.
« Le tubercule unique du Macabiha ou Fanganga n’est
pas allongé, mais est une masse énorme vaguement plus
convexe et plus large que haute, la face plane ou peu
bombée étant la face supérieure. Cette face supérieure,
garnie de racines, alfleure souvent au niveau du sol; elle
présente une dépression d'où part la tige aérienne. Celleci, vers la base, est de la grosseur du doigt, violacée; les
gros aiguillons que nous aArons déjà mentionnés sont
tuberculeux, comprimés latéralement, plus ou moins
irrégulièrement lobés au sommet ; ils sont de plus en
plus rares sur les parties plus jeunes.
« Le tubercule ne pèse souvent que de 3 à 6 kilos, mais
peut très bien aussi peser 12 à 15 kilogrammes et davantage. Celui remis par l ’un de nous à M. Bourquelot attei-

1. « L’un de nous a déjà fait remarquer ailleurs (Les plantes à tubercules
« alimentaires (O. Doin, éditeur, Paris, 1909) que ce terme de « bulbilles »
&lt; appliqué aux formations tubéreuses aériennes des Dioscorea est tout à
» fait impropre. Ce ne sontpas des bulbilles au sensoù on l’entend chez
« certains A Ilium , par exemple, car ce sont des tubercules qui sont abso« lument de même nature morphologique que ceux du sol, mais qui sont
(i aériens au lieu d'être souterrains. Nous en avons acquis la preuve en

133

« gnait le poids de 13 kilogrammes. M. Bourquelot en a
« donné l’analyse suivante :
Eau ..................................
Cendres...........................
Sucre réducteur...............
Saccharose.......................
Am idon......................... .
A zote...............................

8I .G21
1.141
0.045
0.111
6.805
0.428
100.000

« M. Bourquelot n’a trouvé ni alcaloïde ni émulsine.
« Peut-être, dit-il, la toxicité est-elle donc due à une de
« ces toxines, comme on en a signalé plusieurs en ces
« derniers temps.
«
«
«
«
«

«
«
«
((
«
«
«
«
«
«
«

« Consommé sans aucune préparation, ce tubercule est de
saveur douce et très agréable. 11 n’en est que plus dangereux, puisqu’on n'est pas ainsi mis en garde — bien au
contraire — contre sa très grande toxicité. Et l'un de nous
a quelque raison d'exprimer ce regret ; il fut gravement
malade après s’être livré à cette dégustation.
« Les Sakalaves mieux renseignés ne dédaignent pas le
fanganga, mais prennent des précautions. Tout d’abord,
ils n'ignorent pas que le tubercule est surtout vénéneux
— comme c'est le cas pour un grand nombre d autres
ignames*— quand les nouveaux bourgeons commencent
à pousser ; puis, même au moment du repos, ils enlèvent
soigneusement toute la partie de la masse qui avoisine le
collet.
« Ainsi évidé supérieurement, le tubercule est alors traité
de la façon suivante. 11 est soumis à deux reprises à une
macération dans beau froide, chaque macération étant
suivie d’une dessiccation au soleil. Après la seconde
dessiccation, il est plongé dans l’eau bouillante ; on le

« couchant sur le sol une lige de Dioscorea Batalas, que nous avons
« couverte de terre aux nœuds; au lieu de « bulbilles » ordinaires, nous
« avons obtenu de petits tubercules allongés et en forme de massue,
« tout à fait identiques (sauf p a rle s dimensions aux tubercules enterrés
« de la base. »

�134

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

« presse ensuite fortement pour en faire sortir toute l'eau
« qu'il contient et qui entraîne le principe toxique. On le
a fait enfin cuire de la façon qu’on désire.
« Lorsque toutes ces précautions n'ont pas été observées,
« lingestion du tubercule peut provoquer des empoisonne« ments suivis de mort. On en connaît des cas chez les
« Sakalaves. Le docteur Andriananosona, de Marovoay, a
« cité, par exemple, à l’un de nous les deux suivants :
u Une mère et ses deux enfants furent pris de convoi­
te sions deux heures après l'absorption du mets toxique.
« Les malades se plaignirent tout d'abord de lassitude, de
« douleurs de tête et de douleurs articulaires; puis les
« convulsions et les spasmes augmentèrent, suivis de para­
ît lysie ; le ventre se ballonna. Trois heures après le corn« mencement de l'ingestion, la mort survint.
« En deux heures, une autre fois, un homme mourut
« dans les memes conditions après avoir traversé les mêmes
« phases.
« Celui de nous qui, plus heureux, en fut quitte avec
« une très sérieuse indisposition, ressentit des symptômes
« analogues. Ce furent d'abord des vapeurs, puis une lour« deur générale des membres. De dix en dix minutes
« quelques vomissements apportaient seulement un soula« gement momentané. Il y eut aussi quelques selles
« bilieuses ; puis, sept heures environ après’ les premiers
« vomissements, des douleurs articulaires se manifestèrent
« aux épaules, au cou et dans la nuque, et persistèrent
« pendant environ six heures.
« Les animaux ne sont pas réfractaires au poison; porcs,
« chiens, canards auxquels l'un de nous, dans la suite, fit
« absorber du fanganga, moururent ».

Maciba ou Malita Sak.; Dioscorea Maciba Jum. et Perr. [Dioscoréacées). — Cette plante silicicole donne, par son tuber­
cule, un des meilleures ignames malgaches.
Voici sur cette espèce intéressante au point de vue ali­
mentaire ce que publient MM. Jumelle et Perrier de la
Bathie dans leurs Fragnien/s biologiques sur la Flore de
Madagascar (Annales du Musée colonial de Marseille, 19 10) :

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

135

« La tige, ordinairement simple ou brièvement ramifiée,
« de cette espèce que les Sakalaves nomment maciba ou
« malita, peut atteindre 10 à 13 mètres de longueur, mais
« sans jamais dépasser 5 millimètres de diamètre. Elle est
« brunâtre, cylindrique, glabre, légèrement cannelée, munie
« parfois inférieurement de quelques rares aiguillons épais.
« Les feuilles sont alternes, mais de l aisselle de cha« cune partent — sur les exemplaires que nous avons vus
« — de très courts rameaux portant une feuille ou plusieurs
« très rapprochées. Le pétiole a de 1 à 9 centimètres de
« longueur ; il est plan en dessus, cannelé sur le dos,
« dilaté à son insertion sur la tige en deux petites oreil« lettes épaisses et obtuses. Le limbe est de forme et de
« dimensions assez variables, mais le plus souvent cordé« arrondi à la base et acuminé au sommet, de 7 à 8 centi« mètres de longueur sur une largeur à peu près égale. Le
« sinus basilaire est très prononcé (2 centimètres environ).
« Il y a généralement 7 nervures, les deux extérieures se
« ramifiant vers le bas dans les oreillettes.
« Au niveau des inflorescences, les feuilles peuvent être
« très petites (23 millim. sur 15), très brièvement pétiolées,
&lt;( à lobes basilaires arrondis largement ouverts. D'autres
« fois, elles sont plus grandes (8 centim. sur 6 centim.), tout
« en conservant la même forme. Quelquefois encore elles
« atteignent 11 centimètres sur 9, et leur élargissement
« basilaire les rend vaguement trilobées, les deux lobes
« latéraux, qui correspondent aux oreillettes, étant arrondis
« et le médian aigu.
« Sur les jeunes plantes, le limbe peut s'arrondir; dans
« certains cas, il est tacheté de blanc sale en dessus.
« Toutes ces feuilles sont glabres ou glabrescentes;
« elles portent au plus quelques courts poils sur les ner« vures de la face inférieure.
u L ’espèce est dioïque, avec inflorescences axillaires
« isolées et pendantes. Les inflorescences mâles peuvent
« avoir 20 centimètres et plus de longueur; sur l'axe, qui
« est glabre, un peu ailé — et parfois ramifié — les fleurs

�136

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

« sont isolées ou par deux ou trois, brièvement pédicellées,
« à des écartements de 3 à \ millimètres.
« Les fleurs mâles, comparées à celles des espèces précé« dentes, sont caractérisées par la longueur de la soudure
« des pièces pèrianl/tiques. Le tube est plus long' (2 milli« mètres) que les lobes i 1 millim. 1 2). Les lobes calicinaux
d sont ovales, plus ou moins obtus. Les lobes corollaires
« sont plus larges, un peu orbiculaires, obtus, avec toutefois
« une petite pointe terminale; ils seraient légèrement plus
« courts que les lobes calicinaux. Les six étamines ont des
« tilets assez longs qui font affleurer les anthères à la gorge
« de la corolle. Ces fleurs mâles sont jaunâtres.
« Les inflorescences femelles sont pendantes comme les
« mâles, mais plus longues encore et à fleurs plus espacées.
« L'ovaire (7 millim. environ) a même largeur aux deux
« extrémités et est à ailes peu marquées. Les lobes qui
« le surmontent ont respectivement la même forme que
« ceux des fleurs mâles. La floraison a lieu en octobre.
u Les fruits, murs en décembre, sont des capsules tri—
« ailées de 3 centimètres sur 12 â 13 millimètres, déhis« centes supérieurement et assez semblables à celles du
« Dioscorea Soso, mais tout en étant moins rétrécies à la
« base et plus arrondies au sommet, qui est presque
« tronqué. Elles sont ainsi à peu près de même largeur
« et de même forme aux deux extrémités. Chaque loge
« contient dans sa moitié supérieure I ou 2 graines obo« vales, de 7 millimètres environ sur 3. L'aile est â peu
« près celle du Dioscorea Antaly] elle est réduite latéra« lement à un léger rebord et n'est plus fortement dévelop« pée (2 millim. de hauteur sur 4 millim, de largeur) que
« vers le sommet, du côté tourné vers le placenta. Les
« ailes des deux graines d'une loge peuvent être d'ailleurs
« très inégales.
« Le Dioscorea Maciba, dans l ’Ambongo et dans le Boina,
« se plaît surtout à la lisière des bois, dans les sols sili« ceux. Ses tubercules ne se forment qu’au-dessous de la
« couche humifère, dans les sables ou la latérite que cette

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

137

« couche recouvre. La partie souterraine de l’axe traverse
« donc l’humus en ne donnant que des radicelles. Ce
« n’est qu’au niveau de la latérite ou du sable pur qu’elle
« porte (fig. 42) deux tubercules, dont l'un, petit et flétri
« lorsque la plante est développée, est de l'année précé« dente, tandis que l’autre seul, frais, est de l’année. Ces
« deux tubercules ont toujours entre eux un certain
&lt;( écartement vers leur point d'insertion; plus bas, ils
« deviennent presque parallèles et sont donc plus ou moins
« verticaux. Pendant toute la saison, le tubercule frais
« grossit; souvent, quand il a acquis une certaine grosseur,
« il produit quelques ramifications latérales. Son extrémité,
« qui peut se trouver k deux mètres au-dessous de la sur­
fe face du sol, est toujours obtuse ou arrondie. 11 pèse de
&lt;c 3 à 12 kilogrammes et a de 40 centimètres à 1 mètre de
u longueur sur 7 à 20 centimètres de diamètre.
« Il n’est bon que pendant le repos de la plante, c’est-à« dire de mars à septembre. Mais c’est alors une des
« meilleures ignames du nord-ouest, que les indigènes
« mangent cuite, préparée de diverses manières.

Madilo SI. — Voir Madiro, Kily.
Madioranoray IL ; S enecio
— Voir Lelosy.

microdontus L. (Composées). —

Madiro g., Kily Sak., Voamatory Sak. et Madilo S. ; Tamarinindica L. ( Légumineuses). — Le Tamarinier est légen­
daire sur les côtes de Madagascar, comme l'était jadis le
vieux chêne de France. Il existe dans tout l'ouest de 1 île.
C'est à son ombre que les princes et les rois malgaches
rendaient la justice de temps immémorial à leurs serfs,
car, en dehors des rois et des princes, il n'y avait, à pro­
prement parler, pas d’hommes libres à Madagascar avant
l ’occupation française. Celle-ci a eu pour premier résultat
d'abolir l’esclavage. 11 y a peu ou point de tamariniers sur
les hauts plateaux de Madagascar. Les emplois généraux
des produits (pulpe) de ce végétal sont trop classiques et
trop connus pour que nous ayons à y insister ici. Je rappeldus

�138

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

lerai seulement que, â Madagascar, l'écorce est employée
en décoction contre l'asthme et l'aménorrhée; les feuilles en
tisane contre les vers intestinaux et les dérangements d’es­
tomac.

Mafaiba H.; Momordica ciiarantia L. (Cucurhitacées).
Mafaimamy g., aigre-doux. Liane indéterminée employée
comme astringente contre la diarrhée.

Maîikely H.; Xeranthemum

annit .m A sso (Composées).

Mahabiba SI. — Voir Abiba.
Mahalonify H.; Schismatoclea concinnata Bak. (Rubiacées);
P sychotria reducta Bak. (Rubiacées).
Mahalotsaka Sa. — Voir Ferifery.
Mahamavany Pr. ; Gouania
Voir Vahifisorona.
Mahampy g.; L epironia
Voir Penjy, Rambo.

Mahavavy IL ; P olygonum sp. (Polygonées) . — Voir Ahitrorana.
Mahimavany IL — Voir Mahamavany.
Mahogo SL — Voir Ambazaha.
Mailo Bs. ; Solanum
Anantoindrana.

nodiflorlm

Maimbelona IL ; V ellosia
Voir Fanansandovira.

( Cypéracécs). —

Mahasarobahatra IL ; Vins microdiptera Bak. (Ampélidées). —
Voir Masonomby, Fanakietana.
Mahatambello Pr. ; Gommiphora

Jacq. (Solanées). — Voir

dasyliroides Bak. (Amary llidées).

Maimbobe H. — Voir Ramiary.
Maimbolazo Bs.; Calliandra
neuses). — Voir Ambilazo.

alternans

Benth. ( Légumi­

Maimbolena IL — Voir Fanansandovia.
vapeur par les femmes malgaches en travail d’enfant.

Mairnasela Bs.; A lsodeia

mucronata Rich.

130

Maimbovelona g. ; plante indéterminée employée en bains de

pannigera Tul. (.Rhamnées). —

fraxinifolia Bak. (Burséra-

cées).

Mahatanando g. IL ; Drosera

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

ramentacea Burchell ( D . mada-

gascariensis DG.). (Droséracées). — Herbe usitée comme con­
servatrice des dents et comme remède contre la coqueluche
et la dyspepsie. Elle est très commune dans les endroits
marécageux des hauts plateaux de Madagascar : terrains
humides et marécageux (tourbières) deTlmérina, du Betsileo, del’Ankay, del’Antsihanaka, d'Androna, d’Alalamotra.
Les Malgaches l’emploient comme dentifrice, béchique et
pectorale. Ils l’utilisent aussi comme rubéliant, ou excitant
cutané, contre l'anémie et les pâles couleurs.

Mahatratranify IL ; P sychotria

retiphlebia Bak. (Rubiacées).

Mahavaviomby IL ; P olygonum
Voir Tsingarivary.

minus Iluds. ( Polygonées). —

rubra Tul. ( Violariées).

Maintihariva IL ; Commelixa sp. (Commélinacées).
Maintipototra IL ; Dicorypiie

retisa Bak. (Hamamélidées).

Maitsoririnina g., m. à m. « vert en hiver » ; Senecio f.rechtitoides Bak. ( Composées). — Cette herbe est pectorale et

vulnéraire : 1° Asthme, phtisie (manuscrit malgache) : tisane
de cette plante et de Mita matin et soir; 2° rougeole : tisane
de cette plante seule; 3° syphilis tertiaire, excoriations,
plaies (manuscrit malgache) : faire bouillir ensemble le suc
de cette plante, de tankandro, d'antsointsoina, de kiloviantsahona et de dingadingana, et, .après v avoir mêlé la
cendre de fatibolo (bourrelet de cheveux), appliquer sur la
plaie.

Maivanaty SL; Sages

Jacq. (Palmiers). — Palmier à
sagou et à lanières de raphia. — Voir Fitroka, Kasaka,
ruffia

Akondrohazo, Mandravahana, Ravimpotsy.
Makape Bl. ; Dolichos L ablab L. (Légumineuses). — Orne­
mentale et grain comestible.

Makaranga Bs. ; Dombeya

spectàbilis Boj. (Sferculiacées). —
Fibres corticales textiles. — Voir Hafomena.

�I iû

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Makolodo Bs.; Domreya coûta Bail 1. (Sterculiacées). — Fibres
corticales textiles. — Voir Koria.
Makolody Bs. ; Greyvia

macrophylla Bak. ( Tiliacées) ;

Guewia

glandulosa Valil. ( Tiliacées). — Plantes textiles.

Malalia Bl. ; Jussijea erecta L. ('Onayrariées). — Plante orne­
mentale. — Noir Tamborontahalaka.
Malalialahy,

Malaliahy Bl. ; Ei piiorria emirnensis
( Euphorbiacées). — Plante drastique.

Bak.

Malambo g. — Plante indéterminée sécrétant une résine
amère d une grande puissance fébrifuge. Peut-être Groton
Malambo Jacq. (Euphorbiacées).
Malambohavana Sak. ; L eea guineensis G. Don. (Ampélidées).
— Plante tambavine. — Voir Voakazohambana.
Malambovavy SI.; Gompiiia

persejjfolia Bak. (Ochnacées).

Malandivony Sa.; P olycarpæa

corymbosa Lam. (Caryophyl-

lées).

Malemilahy H. — Voir Voretra.
Malerairana Bl. ; I ndigofera i.eucociada Bak. ( Légumineuses).
Malita Sak. — Voir Maciba.
Malotsiandrongo Bs. ; Myristica Ciiapelieri Bail 1. (M yristicées). — Muscadier sauvage. — N oir Raramolotrandrongo.
Mamalava L andolphia Mamaiava Cost. et Poiss. (Apocynées).
— Liane à bon caoutchouc de Fort-Dauphin.

Mamava Landolphia Maaiaya Cost. et Pois. (Apocynées). —
Liane à bon caoutchouc de Fort-Dauphin.

Mamoandraravina Ant. ;

P

o i .y g a r d ia

centralis Bak. (Célastri-

Manakobongo SI. ; Combretum coccineum Lam. (Combrélacées). — Voir Halaitra, Salay, Tsivokindahy.
Manakontsovoka SI. — Voir Bemaimbo.
Mananassy IL ; A.nanassa
Voafondrana.

saliva Ker. (Broméliacées). — Voir

Mananotsa BL; Synchodendron
— Voir Hazontokana.

ramiflorum Boj. (Composées).

Manarana Bs. ; état jeune du P hloga

polystachia Nor. (P a l­
miers). — Ses feuilles servent à la fabrication des chapeaux
supérieurs, dits Panama de Madagascar.

Manary SL; Dalbergia

trichocharpa Bak. Dalbergia ikoJum. (Léy u mi ne uses). — Sous ce même nom sont
connus ces deux D albergia et ces deux arbres qui donnent
le bois de palissandre, mesurent de 10 à 20 m. de haut. —
Voir Mangary.
pensis

Manarintoloho g. ;
Manary.

D a l b e r g ia

sp. (Légumineuses). — Voir

Manasindahitra Sl. ; Pachypodilm rosulatum Bak. Apocynées).
— Plante à textile. — Voir Bontaka, Lomo.
Manavidrado et Manavidredo SL; P r o t o r ms II eckeli Dub. et
Dop; P rotorfius P errieri Gourchet (Anacardiacées). —
Arbres de 10 h 15 mètres, dont le tronc peut atteindre
0 m. 45 de diamètre souvent, au bois odorant à cœur ronge.
Toxique à étudier (fig. 42 et 43).

Manavodrevo Sak., m. à m. « qui soulage».— Arbre qui

nées).

Mampivena Tank., m. à m. «fait tituber»; Hyptis

Mana Bs. ; Hibiscus A belmoschus L. (Malvacées). — Graines
médicinales à odeur de musc. — Voir Mana Bs. et Tsindraranjaza Sak.

spicigera

Lamk. (Labiées). — Herbe dont on aspire l’infusion contre
les rhumes : usitée dans la région des Tankay.

fournit pas ses feuilles un remède contre l ’indigestion.
Employé surtout par les Sakalaves, d’après le Dr Ramisiray
(loc. cil., p. 23). Probablement les mêmes P rotorhus que
les deux précédents.

�P. 142-143.

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

142

Mandavohitra SI.;
Mandiadiana SI.;

R

uelliola

G rewei

Baill. (Acan/hacées).

L u d w i g ia J ussle o id es

Lam. (Onagrariccs).

Mandemoka Hl.; P h y t o l a c c a a h y s s i n i c a MolTm. (Pliy lolla cées). — Voir Angeja, Vahivoraka.

h ig1. ‘iJ.

Croquis d un rameau fiorilerc de Pvotorhvs P crrieri
réduit d'environ 2/3). — Manavidrado.

Mandraitsiresina BL; Cynoglossum Bochelia A. DC. (Bora(jinées).
Mandravalana Pr. — Voir Ravinala.
Mandravasarotra Hov., Fanalamangidy Hl. de « mandrava »,
qui détruit, et « sarotra », diilicultés; C innamos.ua

fragkans

Fig. 43. __ Rameau de Prolorhus Heckeli. — Manavidrado.

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

143

Bâillon (Canellacées *), fig. 44.— Arbuste alexitère dont on
se sert contre les coliques et les indigestions. On emploie
surtout l’écorce qu'on trouve en vente dans les bazars. Cette
écorce est aromatique, âcre, tonique, stimulante, stoma­
chique. On 1utilise 1° contre le tamia mâcher et avaler
matin et soir 2 à 5 grammes de cette écorce, pendant 6 à
8 jours, et le dernier jour ne prendre, comme repas du soir,
que la dernière dose d’écorce ou de poudre. Le lendemain,
iorte purgation à 1huile de ricin pour évacuer le tænia. Le
l ) 1 Ramisiray (/oc. cit., p. 39) indique cette plante contre
la syphilis grave sans préciser son emploi, et aussi contre
la coqueluche grave conjointement avec le Tanghin. — Voir

Tangena.
Mandresy SL; Ficus
dresy.

megapoda

Bah. (Urticécs). — Voir Fan-

Mandriambavahady Sa.; V ernonia

malacopmylla

Bak. (Com­

posées).

Mandrianambo Fr.; L andolphia M andrianamho Fierre (Apocynées). — Bon caoutchouc de Fort-Dauphin.

Mandrianambovavy Fr. ; L andolphia sp. (Apocynées). — A
étudier comme productrice de caoutchouc. — Voir Fingitrakalamma, Pira.
Mandriaririvo Bs. ; C assia

brevifolia

Lam. ( Légumineuses).

— Feuilles purgatives.

Mandrofo Bs. ; T rachylorium

verrucosum Gaertn.
Légumi­
neuses). — Donne une excellente résine de copal. — ^ oir

Nandrorofo, Tandroroha, Tendrofony.
Mandronono Bl.; S enecio sp . (Composées).
1. Cet arbuste présente deux variétés d’après L. Courchet : 1" C in n .
var. B u illu n i propre au nord de Madagascar ! Diego-Suarez,
cap d'Ambre), et 2° Cinn. fragrans var. P e rrie ri de la région occidentale
de Madagascar (Ambongo et Boina).

fragrans

�III

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR
pitre

Sch. (Verbénacées). -

Hg. 1). — Tanonarive. — Manguier Mangifern imlica). -

Manga.

Mandrovibao H.; C lerodendron
Plante ornementale.

— b rameau, avec feuilles el fleurs, du Cinnamosma fragrans var.
Perrieri de l’Ambongo. (Un peu grossi.) — Il el III, fleurs de la môme
plante. Br, Br. bractées; S, S. sépales; co, corolle; and, androcée.— IV,

l'iîv

androcée isolé. — V, gynécée isolé. (Gross. : 10 fois environ.) —
Courchet).

vasarotra (dessins

Manendilanitra SI. — Voir Kelimanjakalanitra.

Mandra-

��144-145.

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Manevica SI.; I mperata arvxdinacea Cyr. ( Graminées).
Manga g1.; Mangiferaindica L. [Anacard lacées) (fig. 45 et 46).
— D’introduction récente sur les hauts plateaux de Mada­
gascar, le manguier y réussit quoiqu'il y parvienne à une
taille moins élevée que sur la côte. L écorce en est usitée
comme astringente ; la mangue (fruit excellent) comme
dépurative, sudorifique et fébrifuge; la graine enfin comme
vermifuge et astringente.
Mangahazo Bets., Kajaha Bets., Balafanapaka Sak,, Mabazaha
Betsim.; Mamiiot i tiussi.ma Pohl. et M. palmata Mull.
( E u p h o r h iü c é e s ). — Le manioc est devenu, par sa racine,
depuis qu'il a été introduit par les Français à Madagascar,
un des premiers aliments des Malgaches. Ils ont fait aussi
de la pulpe de la racine un topique contre les ulcères et
contre les brûlures. Contre l’empoisonnement parle manioc,
les Betsileo emploient une ou deux poignées de sommités
de Tsiety ( A c a li/ p h a a c u rn in a ta Bâillon), les pilent, y
versent un peu d’eau et font avaler une tasse de ce suc
exprimé à leurs bœufs intoxiqués par cette racine.
Mangalahikely I I . — Voir Lelaombe.
Mangaoka SL; T yphonodorum madagascariense Engler (A roïdée.s). — Les souches contiennent de la fécule, ce qui permet
de les utiliser comme aliment en farine grossière. — Voir
Vika.
Mangarahara. — Voir Harahara.
Mangarahara Sak.; Sterkospermum euphorioides DC. ( B iy n o niacées). — Arbre de 10 à 30 mètres de haut, à tronc très

droit, cylindrique, bois blanc, dur, couvert d'une écorce
grisâtre. Cette écorce grattée même superficiellement laisse
écouler une gomme sans emploi actuel (Jumelle) (fîg. 47).
Mangaravina Bl. ; Senecio purpureo- yiridis Bak. ;C o m p o s é e s ).
Mangary SL — Voir Manary.
Mangataho IL ; I ndigofera peduncülata Iiild et Boj. ( Légu­
mineuses). — Voir Aikamanga.
A n n u l e s du M u s é e c o l o n i a l de M a r s e ille .

— 2' série, S* vol. 1910.

lo

�P.146-147

fièvre paludéenne; ses feuilles sont de saveur d abord douce
puis amère.
Mangidihidihelika Pr. ; H yacintiius

cryptopodus

Bak. (Lilia -

cées).

Mangidimanta Bets. ; V angueria

emirneissis Bak. [JRub lacées).
— Arbuste préconisé par les Betsileo comme vulnéraire.
On en râpe le bois dans un peu d’eau et on 1applique
en topique sur les blessures récentes. 11 faut employer
des doses modérées, disent-ils, h cause de 1extrême
astringence de ce bois. Ils se servent aussi de la racine
pilée en application locale contre les maladies des yeux ou
encore ils emploient, contre ces affections, le procédé
indiqué par le Dr Ramisiray, à propos de lAnamamy. ("Noir
ce mot.)

Mangily Sak. ; C rat.eva

greveana

Bâillon [Capparidces). —

Feuilles excitantes.

Mangipasina Bl. ; C roton
Mangity Bl. ; S enecio

myriaster

acetosjefolils

Bak. (Euphorbiacées).
Bak. [Composées).

de

Mangoka SI. — Voir Mangibo.
Mangorondefona H .; H ibiscus B ojerianus Baill. [Malvacées).
Manilahy g.. Manikély « parfumée » ; M oiiria

C,

Mangidifara g. — Plante indéterminée employée contre la

H . D a lb e r g ia ik o p e n s is Jum. ;

Mangibo SI. — Voir Viha. Mangaoka.

— Manipika.

Mangibary Tan.; E uëodendron sp. [Célastrinées).

D rn k e.

Jacq. [Composées).

D .ilb e rg ia P e r r ie r i

oleracea

Bak. [Composées).

Des­
vaux (Polypodiacées). — Petite fougère qu’on rencontre sur
les tertres, dans les forêts et au bord des petits cours d’eau
à l’intérieur de Madagascar. Autrefois les Malgaches en
donnaient à leurs taureaux avant le combat, afin de les
préserver des blessures. Maintenant encore, les Betsileo en
tressent des couronnes en l'associant à l ahitra [Floscopa çjlomerata Ilasskarl C ommélynées), pour en parer le front des
caffrorum

Fruits (9/10

Mangevitsa Bl. ; S pilantiies
Voir Anamalaho.

betsilensis

-

Mangatoniandry Bl.; S enecio

D a lb e r g i i i de Hemarivo.

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

F i g . 48.

146

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

147

nouvelles accouchées, hors de la case et en pleine lumière,
après leur avoir toutefois tressé les cheveux avec ce que l’art
a de plus fin en ce genre. Ils lui font aussi boire un peu
de jus exprimé de ces deux mêmes plantes. On emploie
encore cette plante à odeur de coumarine, dit-on, en bains
de vapeur contre la fièvre malarienne.

Manimboalavo Pr. N elsonia

canescens

Spreng. ( Acanlhneées).

Maninjo Bl. ; S ecamone sp. (Aselépiadées) .
Manipika Sak. ; D alrergia P errieri Drake (Légumineuses). —
C'est 1arbre h palissandre le plus important de la région
de Boina où il croît à peu près partout. C'est un arbre de
10 à 25 mètres de haut, à rameaux étalés. Son tronc à
écorce jaunâtre ne dépasse pas 0m00 de diamètre. Ce végé­
tal intéressant par son bois l’est encore par la gomme-résine
qu’il sécrète lorsque son tronc est entaillé. C’est une sub­
stance noire et cassante, brillante comme les tano-gomme des
Légumineuses ou des Eucalyptus, qui, pulvérisée, dégage
une odeur très forte de cannelle, mais c’est une gomme
résine complètement soluble dans l'alcool et pouvant
être employée comme vernis à métaux (Jumelle) (fig. 48).

Maninomby II. — Voir Kingatsanondry.
Manitsorohina Bets., Anantatatra, Anangoaika ; H ypericum
Thunb. (.tiypéricinées ). — Plante répandue de
l’ Imerina à Analamazaotra,sur le bord des rizières. Employée
comme vulnéraire, hémostatique, antiasthmatique, antidy­
sentérique et tambavine.

japon ici' m

Manjato. Sa. ; Sesrania

pinctata

1)C. (Légumineuses).

Manjavona IL ; H eliciirysi m cirrhosum Less. (Composées).
Manokoambongo ; P oivrea

coccinea

DC. (Linées .

Manolamandry g. — Plante indéterminée employée comme
astringente. On prend la pulpe des racines râpées, mêlée à
un peu d'eau et aux racines également râpées de vahimpa-

sika. (V oir ce mot.)

�118

PLANTES UTILES ME MADAGASCAR

Manorovibao Tan. ;

G lerodendron

Manta Bs. ; A ngrüctm

citratum

pitr e

Sch.

erbenacées).

Thou. ( O rc h id é e s ).

Mantsinantoerana H .; Stachys L yallii Bentli. [Labiées).

Mantsintay Sak.; G e l t i s

d i s o d o x y l o n l'hw., C.ciNXAMOMEALindley (Ulniâcées). — On trouve ce micocoulier, à Geylan,
dans l’Inde, en Malaisie, à Maurice, à Bourbon et à Mada­
gascar Son bois est brun et. exhale une odeur stercorale
très prononcée qui s'accentue quand on le râpe, de là son
nom Sakalave (Nossi-Bé). A Majunga, on le nomme Afiafy,
et les Sakalaves le brûlent pour éloigner les moustiques.
Malgré sa mauvaise odeur, on l’emploie en usage interne,
mêlé au jus de citron, contre les affections cutanées. A
l’extérieur, on en fait des onctions en mêlant le bois à un
corps gras. L ’odeur de ce bois serait due a la l\aphytlamine. — Voir Afiafy.

Mapaza g. ; C arica

papaya L. — Le papayer a été introduit
avec succès k Madagascar et cultivé fructueusement à b ianarantsoa et Tananarive. Son fruit y est apprécié. Ce végétal,
dont les emplois médicinaux sont classiques et bien connus,
entrera probablement dans la médication des indigènes,
mais actuellement ils n’en tirent aucun profit.

Manondro SL — Voir Aviavy. — Voir Antk. Fotatra.
Manondrolanitra. — Voir Kebmanjakalonitra.
Manotona. — Voir Ramilamina.
Maramanana H. — Noir Voafotsy.
Marambongo. — Noir Voavontaka.
Marangatodika Bs. ; H omalium
scleroxylon

sclekoxylox

Bail,

et

N isa

DG. [Samy(lacées).

Maranika Bl. ; V ernoma

exserta

Maranitsapasina BL ; K alipiiora

Bak. (Composées).
madagascariensis

Ilook fils

(Cornacées).

Marefolena IL ; P iiyllanthcs B ojerianus Mull. Arg. (Euphorbincées .

�PLANTES UTILES UE MADAGASCAR

149

Margose g.; Momordica ciiaràntia L. [('u n ir bit urées). — Voir
Mafaiba.
Marininandro Bl.; A steropeiaspilerocarpa Bak. [Sa my (lacées).
Maroambongo SI. ; S tryciinos

spinosa

Lam. ( Loganiacées,).

Maroavolona. — VoirTaranta.
Marohay Sak., Tadilava, Birika, Raodia Sak. — Végétal
ligneux indéterminé dont les Sakalaves ont fait une panacée
contre tous les maux.

Marotampona II. ; E ugenia P arkerii Bak. [Myrtacées) (fig. 49).
— Ce végétal et son congénère M . cuneifolia Baker ont été
expérimentées par M. le Dr Jourdran, médecin-major des
troupes coloniales, avec grand succès (feuilles et écorces)
contre les diarrhées et dysenteries des pays chauds. — Voir

Rotra.
Marotononall. ; L imnopiiila

toremoides

Bak. (Scrop h ulari éett) .

Marovany II. ; M imulopsis sp. [Acanthacées).
Marovelo g. ; I pom.ea species (Convolvulacées). — Plante vul­
néraire employée en infusion, et comme topique dans les
fractures et les luxations. (Voir Lombiro.)

Marozandry H. ; C ommelina Madagascar] en si s C. B. Clarke
( Commélinacées) .

Masaizano SI. — Voir Varo.
Masakopanoko Bl. ; C elosia
Voir Masokopanako.

trigyna

L. (Amaran/hacées . —

Masanjerina Sa. ; Jlsticia C ommersonii And. ('Acanthacées).
Masinankorona g. — Légumineuse tambavine. — Voir Fanoroboka, Antsivolamo et Modimodia).
Masinjana g. et Masonjany (Faux camphrier) ; Santalina
madaoascariensis Bâillon (Santalacées). — Les racines con­
tiennent une huile essentielle d’odeur iorte et musquée, de
saveur chaude et astringente. Ce produit trouverait un
emploi dans la pharmacie à titre d antiseptique et dans la
parfumerie, d’après les appréciations même de M. J. Dupont,

�150

chimiste, adonné à l ’étude spéciale des huiles essentielles,
et qui a jugé cette essence d ’un arôme aussi fin et aussi
pénétrant que celui de l ’essence de Santal citrin [Santalum
album L .) et en même temps la plante d ’un rendement
supérieur à celui du santal vrai

Il aurait donc en médecine

des propriétés qui pourraient permettre de l’employer dans
le traitement de la gonorrhée.

Masinjoana g. — Arbre indéterminé dont les Sakalaves uti­
lisent le suc en guise d'encre. Le suc des feuilles est appli­
qué sur le front au-dessus des yeux, contre les maux de
tête.

Masintombo H. ; C elosia

popülifoua

Moq. [Amaranthacées).

Masipoisana Bl. ; V ernoma

secundifolia

Mâsokopanoko Bl. ; C elosia
— Voir Masacopanako.

trigyna

Boj. [Composées.).

W illd .

[Amarant hacées) .

Masonamboatora II. ; A brus precatorius L. [Légumineuses).
— Voir Voamboanamainty, Voamboanamavo, Voamboanamana, Vahemboamena, Voamaintilany, Voamantorona.
Masonomby II. ; Vins

macrodiptera

Bak. (.Ampélidées) .

Masontsokina g., Vahintsokina, « œil de hérisson » ; C ardiospermum malicacablm L. [ Sapindacées) . — Racine émétique
et laxative, on la dit aussi diaphorétique et diurétique. La
plante (feuilles et racines) est employée contre les hémorrhoïdes, l'aménorrhée, le rhumatisme, l'érysipèle, la gono­
rhée, les vers intestinaux.

Masonjirina Sa. — Voir Masanjerina.
Matahotrantsy IIov., Fandefana Bets. ; Ecpiiorbia

erythroxv-

Baker [Euphorbiacées). — Arbuste dont la racine
pilée est employée comme purgative. Les Malgaches se
servent de cette plante contre le lumbago.
loides

1. Élude sur le Sautai de Madagascar (M o n it e u r
7 septembre 1901).

loi

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

o ffic ie l du C o m m e r c e ,

Matsivina Bs. ; G o m p i i o c a r p u s

f r i t i c o s u s R.Br. (Asclépiadées).
— Aigrettes des graines employées à fabriquer des édre­
dons, coussins, etc. — Voir Fonoro, Fanory, Poaka. Tan-

demy.
Matreoka. Pr. — Voir Ambazaha.
Matsivino Bs. — VoirFandemy.
Mavokely g. ;

P e n t o p e t i a e l a s t i c a Jum. et Per. [Asclépiadées).
— Liane donnant par incision un caoutchouc médiocre :
elle croît dans les bois rocailleux de la baie de Bombatoka
et aux environs de Majunga : les indigènes mélangent son
lait à celui de Landolphia Perrieri (Jumelle).

Mavoravina

SL;

A

cridocarpos

excelsus

A. Juss. [Malpighia-

cées).

Mazinjany g. ;

Bail. [Santalacées).
— Plante très parfumée, antirhumatismale employée contre
les douleurs ostéocopes. — Voir Masinjana.
S antalina

m a dagascar iensis

Mazozano Menabé ;

S a n t a l u m a l b u m L. [Santalacées). — Le
bois est employé mêlé avec du sel pour être appliqué sur
les plaies. Autres emplois très connus.

M’Bazaha Bs. — Voir Ambazaha.
M Bizo Bl. — Voir Ambizo.
M’Boio BL — Voir Za.
Membovitsika Bs. ; P ittosporum

polyspermum

Tul. (Pittospo-

rées).

Menahihy et Menahy IL ; E rythroxylon ampullaceum Bak.
[Linées). — Plante à cocaïne comme Menahilatre.
Menahihilahy et Menahilahy Sa.; R iiodol.ena

acutifolia

Bak.

[Chlaenacées).

Menahilatre SI. ; E rytriioxylon
Menakapaha BL; P anicum

laurifolium

roseum

Menalaingo Bl. ; E rythroxylon

Baill. [Linées).

Nees [Graminées).

nitidulum

Boj. [Linées).

�I 52

Meiianivava

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR
et

Menanivavy H.;

E rytiiroxylon

a m p l i po lh jm

Baill. (.Linées). — Plante à cocaïne.

Menavongen g. ; P ittosporum

peryillki

Blum. ( Pittosporées).

Menavony Pr. ; Sa. M elanttiera madagascariensis Bak. (Com­
posées). — Voir Anamafana dont cette plante a les usages.
Merana Bl. ; V ernokia Merana Bak. (Composées). — Bois
d'œuvre.

Merika II.;

Boj. (.Sterculiacées); II. G r e v i a t r i n e r v a t a Bak. ( Tiliacées), H. Fibres textiles; Gy dont a
y u l g a r i s L. [Rosacées). — Ce dernier est le coignassier
(introduit par la culture).
D ombeya

e u .ip tic a

Miakana Bets. — Voir Fiandrilavenona Imer.
Mihorinkorona II. — Voir Hazoandro.
Mikahana Bets., Fiandrilavenoinamita g. ;

S alix

madagascariensis

Mita Bs. ; C yperus
Mitsa SI. ; C y p e r u s

articulâtes

Modimodia (plante entière), Vahimpasika (feuilles), ambrevades [Cajanus indiens L.), aferotany, de chacune une
poignée, piler et triturer postérieurement et faire sécher à
l’ombre. Le soir, râper successivement un peu d’écorce
d havoso et de racine de petite anguive [Solanum heteracanthum) dans 25 grammes d'eau et y verser I gr. 50 à
2 grammes de la poudre ci-dessus, laisser macérer jusqu’au
lendemain matin. Dose : 6 à 15 grammes à l'enfant et le
reste à la mère. L ’enfant et la mère doivent s’abstenir
d’œufs durant le traitement et aussi d horika.
2° Maux d’estomac (formule Raketaka) ; prendre une
poignée de modimodia, piler et râper gros comme une noix
ou un œuf de tomangina, et préparer avec le tout une tisane
et un bain de vapeurs.

Mofotra Pr. ;
C

yperus

a lb o yir i-

uis Clarke [Cypéracées). — On le dit diaphorétique, stoma­
chique, tambavin, antigonorrhéique et aphrodisiaque.

Misiho Bl. ;

153

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

And. (Salicinées).

L. [Cypéracées).

Vahl [Cypéracées). — La paille sert
à fabriquer les chapeaux. — Voir Bilo, Zorozoro, Zozoro.
jequalis

Modiraodia IIov., Mihoronkorona IL ; Kihorohorona B .;
Tsihilavanandriananahary. Helimangalalitra Bets. ; Oxai.is
sensitiya L. [Oxalidécs). — Cette plante se trouve dans un
grand nombre de pâturages, assez arides du reste, de l’Imerina et du Betsileo (côté Est). Elle est douée d’une légère
amertume, et passe pour tonique et légèrement stimulante :
elle est prônée comme tambavine à Madagascar. 1° Tambayy
(Ramatoa). Raketàka, empirique en renom, assure que la
formule suivante, qui est la sienne, était employée dans le
palais de la reine. Quand on veut suivre ce traitement, on
commence par faire boire à l'enfant atteint de tambavy,
pendant quelques jours, une infusion d’une demi-cuillerée
de Masinankorona. Puis prendre Kitsikitsika (feuilles),

A l e u r i t e s t r i l o b a Forst. [Euphorhiacées). —
Graine oléagineuse (huile siccative); donne l’huile d’Abrazin
ou de Bankoul. — Voir Bakoly. Savoga.

Mohogo Sl. — Voir Ambazaha.
Moina Sl. ; E læodendron

lycioides

Bak. [Célastrinées).

Moita Sak. — Racine odoriférante d une plante non identifiée
qui est employée par les Sakalaves pour faire une pommade.
Cette plante a l’aspect des Joncées, on en brûle les feuilles,
on mélange les cendres avec de la graisse et on frictionne
la tête avec cette pommade contre la céphalalgie (Dr Ramsiray, loc. cit., p. 65).

Mojungo g. ; G ouania

eriocarpa

Mokanasy SL ; Z i/.yphcs

jujuba

Tul. [Rhamnées).
Sam. [Rhamnées).

Mokarana S L ; M acaranga I I ildebrantii et
macropoda

et

ecminocarpa

obovata

Bak. [Euphorhiacées).

Mokaranalahy IL ; M acaranga sp.
Mokaranalavaravina IL ; M acaranga sp.
Mokaranamavoravina H. ; M acaranga sp.
Mokaranana Antk. — Voir Mokarana.

Baill.,

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

151

Makonazy SI. — Voir Mokanasy.
Mokoty SI. — Mokotra Bs. — Voir Borovy.
Molampagady H. — Voir Volampangady.
Molanga H.; M acaranga

ferruginea

Molotrankaga Sa.; R umex

Bak. (Euphorbiacées).
Spreng. (Polygonées).

nepalensis

Moltradrago II . ; B r o c h o n e u r a D a r d a i n i Heclcel (.Myrisdcacées).
Muscadier sauvage à graine parfumée et grasse.

du Moltradrago (Brochoneura Dardaini, nov. spec.b

Mongilahy Bs. — Voir Mongy.
Mongipasina Bl. :
Mongivavy

H .; D

C ro to n

myriaster

Bak. (.Euphorbiacées).

ombeya p l a t a n if o l ia

Boj. (Sterculiacées) . —

Fibres textiles.

Mongo. H. — Voir Bongo.
Mongy Betsim. — On connaît sous ce nom: 1° un arbre,
Meisn. (Laurinées), à bois d’œuvre ; 2°
Bâillon (Euphorbiacées), arbuste dont
les Malgaches emploient les feuilles en décoction comme
purgatif. La racine en est âcre, brûlante, et c’est, dit-on,
1écorce de cette racine qu’on vend sur les marchés sous le
nom de bekaraoka et qu on administre comme drastique à
la dose de 2 à 5 grammes infusée dans l’eau, et 3° une plante
grasse, le K a l a n c h o e G r a n d i d i e r i Drake (Crassu lacée), dont
H

e rna nd ia pe lt at a

C roton

macrobi x u s

Fig. 5 1 . — Sommité de la plante cl cpi de fruits mûrs de Mongy

( Kalanchoe Grandidieri Drake) (Extrait de 1Atlas de l histoire de Madagascar
de Grandidier, partie botanique par Bâillon .

�I\ 151-155.

l'ijr. 52.— Mongy. — Kalanchoe Grandidieri Drake
Plante entière adressée par Lescure de Tulèar : photographie prise
sur une plante v i v a n t e au Jardin botanique de Marseille serres chaudes .

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

1 MM

100

1écorce est remplie de résines diverses et dont quelques-unes
a odeur de benjoin ou d encens d’Arménie. Ces écorces
brûlent bien même fraîches (Ileckel ; (Comptes-rendus de
VAcad. des Sc. 1909) en répandant ces parfums (fig. 51,52,53).

Montafara et Montaka SI. — Voir Kaboka.
Moraingy SI. — Voir Pemba.
Morakibo prov. — Plante non identifiée employée par les
femmes pour favoriser leurs couches.

Morama SI. — Voir Ampemby.
Moramena et Fagni vana sont de petits arbrisseaux qui
croissent au bord des rizières et qui servent, le premier
par ses feuilles i Moramena) et le second par son bois(fagorivana) en macération dans 1 eau froide, pour confectionner
le remède appelé ody fankamora (remède qui facilite) dont
la sage-femme se sert pour asperger la femme dont l’accou­
chement est d’ordinaire difficile. Après cette aspersion, elle
procède à des massages (Dandouau).

Moranda Sak. — Pulpe du fruit de R aphia RuFFuMart., ren­
fermant du sucre et un corps gras solide : étudié par Decrock
et Schlagdenhaufîen [Ann. du Musée colonial 1903). C’est
un bon aliment, agréable, nommé encore Voanpiso. — Voir

Rofia.
Moridrano Bl. ; C ryptocaria

dealbata

Bak. (Laurinées).

Moringa SI. — Voir Morongy.
Morongy g., corruption du nom indien mouroungaï ; M oringa
petrygosperma

Gærtn. (Capparidées). — La Mouroungue,
introduite k Madagascar, se plaît surtout dans les terrains
sablonneux du bord de la mer : on n’a pas encore réussi à
l’acclimater dans les zones élevées. Les feuilles sont préco­
nisées contre les affections nerveuses (hystérie, tétanos).
L ’écorce pilée verte sert à faire des bols antispasmodiques.
Quand on l'incise sur l ’arbre, il s’en écoule une grande
quantité de gomme qui rappelle la gomme adragante. Les
graines enfin s'employaient autrefois contre les maladies

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

156

PLANTES UTILES l)K MADAGASCAR

vénériennes et servent encore à donner la fameuse /mile rie
Ben, qui rancit fort difficilement. De là son application en
horlogerie et dans l’industrie line de 1extraction des parfums.
Les Indiens font entrer les feuilles et les enveloppes tendres
des graines dans la préparation de leur cari. La racine,
douée d'une odeur pénétrante, due à une huile essentielle
sulfurée, une saveur chaude et un peu aromatique analogue
à celle du grand raifort. Elle est administrée comme
stimulante dans les cas de paralysie et contre les fièvres
intermittentes. Cette plante est indiquée comme diurétique,
vermifuge, fébrifuge, antispasmodique, excitante, rubé­
fiante, vésicante et antiscorbutique, selon les parties qu’on
emploie. On l'utilise contre l ’hydropisie, la goutte,
l’hystérie, l'otite, le tétanos, la paralysie, l’épilepsie, les
fièvres intermittentes et contre toutes les affections qui
demandent un révulsif prompt et énergique : 1° Asthme :
prendre fleurs de mouroungue, 250 grammes; racines de
jonquier rouge, 60 grammes; miel, 720 grammes; eau,
720 grammes ; en décoction, jusqu'à réduction de moitié.
Ingurgiter une cuillerée à bouche plusieurs lois par jour. 2°
Hydropisie, ascite et splénite : prendre écorce de racine de
mouroungue, 8 grammes ; feuilles d’oseille, 8 grammes ;
poivre long, 2 grammes ; poivre noir, 2 grammes ; sel de
cuisine, 2 grammes ; eau, 720 grammes en décoction. A
ingurgiter par tasses dans la journée. 3° Chute de la luette :
prendre racine fraîche de mouroungue, 30 grammes; mou­
tarde (graine), 30 grammes ; eau bouillante en infusion en
vase clos, 2 heures. Cette infusion est prise en gargarismes.
4° Hystérie, crises nerveuses : prendre fleurs, feuilles,
écorce, racines de mouroungue, même quantité de chaque,
piler le tout ensemble et en exprimer le suc. Mêler 00
grammes de ce suc avec poivre noir, I gramme en poudre,
miel 60 grammes; en avaler 4 grammes toutes les heures.
5° Otite phlegmoneuse du conduit auditif : mettre dans
1oreille le suc de la racine ; imbiber du coton avec une
émulsion de gomme délayée dans de l'huile de sésame et
placer le coton dans le conduit auditif. 6° Rhumatisme et

goutte : prendre suc de racines. 33 grammes et suc de gin­
gembre frais, 35 grammes, à ingérer à jeun. 7° Tétanos
(frissons) : prendre suc d'écorce de racines de mouroungue,
et d’ail âà, miel le double, et faire absorber 20 grammes par
jour. 8° Gangrène : on déterge les ulcères avec une forte
décoction des feuilles de l ’écorce et des racines de Morongy.
0° Vers intestinaux : prendre une tasse de suc exprimé de
feuilles et ensuite une décoction des mêmes feuilles jusqu’à
effet purgatif. — C ’est donc un médicament héroïque à
Madagascar.

Motomaso Hov., Angea Bets. ;

G r a n g e a m a d e r a s p a t a n a Poir.
( Composées). — Herbe très commune à Madagascar, dans
les terres à riz, pendant la saison sèche. Ses feuilles sont
employées comme stomachiques et antispasmodiques.
Toute la plante est d’une amertume excessive, que ni la
dessiccation, ni le temps ne font disparaître. On donne
encore le nom d'Angea à I’E pallage anemonæfolia DC.,
[Composées) qui est, du reste, sans emploi médicinal ni
autre.

Moussinavosinavo g. ;
M’Pingo Sl. ; D iospyros

Z

i z y p h u s s p h .e r o c a r p a

leucomelas

Tul. (.Rhamnées).

Poir. ( Ebénacées).

M Pira LL; L andolpiiia sp. ( Apocynécs).
N

Nananjo IL ; V ernonia sp. [Composées). — Voir Hazotokokana, Mananotsa, Hazotokava.
Nandrorofo Bs. ; T raciiylobium verrucosum Gaertn. [Légumi­
neuses). — Voir Mandrofo, Tandrovoho. Tendrofony.
Nanto Bs. — Voir Nato.
Nantofotsy Bs. ; P i t t o s p o r u .m
— Voir Membrovitsika.

polyspermum

Nantoningitra Bs. ; E læocarpus sp.
Sahana, Vanana.

Tul. [Pittosporées).

( Tiliacées).

—

Voir

�I ,')8

PLANTES UTILES DK MADAGASCAR

Nato II., Nanto Hets. — On connaît sous ces ternies : 1° I mbriCAIUA CORIACKA A. DG. I SlDEROXYLUM RUBROCOSTATUM Juin, et
Perr. ; L abramia coiuacea B. et Ilook. ; M imusops B ojeri
Ilartog. ; M. C ommkrsom E nfler (Sapot axées). — Les Sakalaves se servent de l’écorce du premier ( Imbricarin) de ces
arbres comme fébrifuge. Elle sert aussi à faire une teinture
rouge qui se vend sur tous les marchés. C’est avec le bois de
ce même arbre, creusé en forme de pirogue, que les Betsimisaraka construisent leurs cercueils qu'ils exposent sous un
toit ouvert à tous les vents. Le Sideroxylurn rubrocostatum Jumelle est un grand arbre de 2h mètres qui, dans le
bassin du Benarivo, est commun dans les rocailles des bords
des torrents (Voir lig. 54).

Natolahy IL ; C alophyllum

laxiflorum Drake ( Guttifères).
— Donne une oléo-résine de tige et une huile résineuse de
graines, antiseptiques.

Natovavy IL — Voir Nato.
Nave I L ; B rassica campestris L. ( Crucifères). — Voir A na- ,
nomby, Anantsonga, Anambe.
Ngitakely H. ; O tiopiiora

scabra

Z ucc . (Rubiacées) ; P iiillippia

P arkeri Bak. ( Ericacées).

Nifinakanga Hov., Marozandry, m. à m. « dent de pintade » ;
C ommelina madagascariensis Clarke ( Commelinées). — Les
Malgaches emploient la décoction de cette plante herbacée
contre la diarrhée et la dysenterie, en y joignant le tsindahoro Sida rhombifolia L.). Ils emploient aussi, pour faire
sortir du délire les accouchées, une tisane faite de nifina­
kanga et de tanantanamanga (R icin ).— Voir Marozandry.

Nofitsakoho Antk. ;.M issje.nda

landia

Poir. ( Rubiacées}.

Nonoka Hov. ; Ficus M elleri Bakef (Aforées). — On utilise la
décoction des feuilles de cet arbre, très répandu à Madagas­
car sur la côte Est, contre la diarrhée et dans le travail de
1enfantement. On la donne encore, surajoutée de carbonate
de potasse, dans le traitement de la pneumonie. Contre la
morsure de l'araignée venimeuse (Phrynarachne foka Vin-

Hg.5-i.
Rameau, avec jeunes feuilles et fleurs, de S id e ro x y lo n rn brocostatu m
Jum.et Perr. — A droite, fragment de fleur (corolle et androeée). — Nato.

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

159

son), on utilise la pulpe de la racine de cet arbre et de
celles du Fantsinakoho ou mieux Fantsinakoholahy, à l’in­
térieur. Enfin contre les névroses (formule Ramatoaraketaka, empirique malgache), on prend des feuilles de Nonoka
(une poignée), des feuilles d'halampona (Dombcya mollis
1look.), eau 1.500 grammes en décoction pour un bain de
vapeur et un bol de tisane.
Le l ) r Ramisiray (loc. ci/., p. i l ) dit de l’emploi de ce
végétal contre la fièvre : « Les feuilles de cet arbre donnent
aussi de bons résultats. Dose : le plus possible. » Il l’in­
dique aussi (p. /i) en décoction et en infusion contre la
dysenterie L Voir Vanoka.

Nonokaberavina IL ; ficus B a r o n ; Bak.; Ficus t r i c h o p h l e b i a
Bak. ( Urticées). — Voir Amontana, Amontambavy, Amontandahy.
Nanokavavy, Nonokorovana; Ficus sp. ( Urticées). — Voir
Andaboala.
Nonoki SL — Voir Nonoka.
Nonosay Bs. ; Ficus

t r i c i i o s p h .e ii a

Bak. [Urticées).

O

Oaka IL ; Q uercus sp. [Cupulifcres).
Odiandoha Ank.,

de la tête ». Tongotramboabe Imer.;
Poirel (Iicnonculacées). — Le principe
actif de cette plante herbacée est volatil et a une odeur
ammoniacale; de là son nom'malgache et son emploi. On
froisse les feuilles et on en aspire le parfum contre les maux
de tète. Dans le même but, les populations de l’Ankay
R anunculus

h remède

p i n n a t us

I. Le latex de ce végétal, sur la côte Es! où il esl très commun, se
mêle souvent à celui des meilleures plantes à caoutchouc (Landolphia

Madagascariensis) clans le but d ’augmenter la récolte, et cela au grand
détriment de la qualité de ce produit, car le latex coagulé de

Nonoka

n’a rien des propriétés de la gomme élastique; il perd rapidement son
élasticité, est fusible à une basse température et donne alors une sorte
de poix très agglutinative.

�\

160

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

pilent les feuilles pour les employer sous la même forme
que le tabac à priser. On la trouve dans les terrains humides
des forêts, en pays découverts de l'imérina jusqu'à Analamazaotra ; cette herbe est particulièrement abondante au
pied oriental de l’Ankaratra. Elle est comme toutes les
renoncules en général, acre, vénéneuse, irritante, épistastique et employée à ces différents titres comme le sont les
renoncules dans les autres pays. Entre autres pratiques, les
Malgaches se servent de la pulpe des feuilles en application
locale contre la gale.
Contre YHamatra (taches de la peau symtomatiques de
certaines alïections : pustule, desquammation) : 10ils pilent
les feuilles d'Odiandoha mêlées à celles de la vigne vierge
et les appliquent sur la partie malade une nuit durant.
L’épiderme se soulève et crève. Quand le liquide séreux est
évacué, on couvre la plaie de mousse d'eau ( Vaucheria sessilis) et on l'expose au soleil ; 2° (formule Rainibary) : piler
des feuilles d'Odiandoha et les appliquer sur la partie dont
on veut enlever la peau. Quand le vésicatoire a coulé, on
enlève la peau et on applique la pulpe de racines de la
plante afin de bien déterger la plaie. On met de nouveau
de la pulpe des feuilles là où la peau n’aurait pas été bien
enlevée. Contre la fièvre (manuscrit malgache), on emploie
la décoction des feuilles en bains de vapeur et en tisane.
Contre la sciatique et les douleurs rhumatismales chro­
niques, on emploie le procédé suivant (formule du Dr Poili) :
macération de Odiandoha dans l'huile pendant six jours
appliquée sur la peau à une température de 60°, il en résulte
une prompte vésication. La teinture alcoolique à froid est
aussi active, mais l'eau distillée de cette plante serait la
préparation la plus énergique, elle déterminerait même une
sphacèle de la peau. Le Dr italien Polli assure avoir guéri
par ces procédés 30 cas de sciatique rebelles aux autres
traitements connus.

Odifady H. ;

M

imosa m y rio c e p h ala

Odifonga Sa. ; H ermimera
neuses).

Bak. (Légumineuses).

olaphroxylon

G. et P. ( Légumi­

161

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Odiozaka IL ; D e s m o d i u m
— Voir Famolakantsy.

paleaceüm

Ofaka IL et Ofika Bs. ; D ioscorea
réacées). — Voir Hofika.

G. et P. (Légumineuses).

ueteropoda

Baker (Dioxco-

Olaboay Sak. ; O piiiocaulon

firlngalavense Drake (Passiflorees). — Liane à volumineux rendement en forme de pain
de sucre que présente la partie inférieure de son tronc. Le
tubercule caulinaire est recouvert extérieurement par une cire
verte très friable (Jumelle). Cette plante, comme un grand
nombre, d'autres Passiflorées de Madagascar (Adenia olaboensis, sphærocarpa, Perrieri, arnbongensis Clav. ; Deidamia Thompsoniana DC., Paropsia Perrieri var. integrifolia
Clav.), peuvent donner des fibres textiles appréciables, mais
en réalité peu résistantes. — Voir Lokorandra.

Ombiaty Sa. ;
Ambiaty.

V

Omonomona IL ;

ernonia

I I elichrysum

Ompoadambo Sa. ;
Ompy Sa. ;

P

appendicllata

N

a ia s m inor

Less. (Composées). —

lycopodioides

DC. (Composées).

L. (.Naïadacées).

otamogeton flu ita ns

Roth. (Naïadacées). — Voir

Lavatendro, Valatendro. Volonkolona.
Ontsy SI. — Voir Akondro.
Orondrano IL ; R o t t b œ l l i a
Orondre g. ; D i c o r y p h e
Voir Harondry.

cæ spitosa

vngustifolia

Bak. ( Graminées).

Tul. Hamamélidées). —

Otsy Bl. — Voir Akondro.
Ovibe IL, Ovifantaka IL, Ovifohy H., Ovifotsy Sak. (m. à m.
igname blanche); D i o s c o r e a s e r i f l o r a Jum. et Perr. (Dioscoréacées). — Igname qui croît dans le Nord-Ouest (Analalava) et sur tous les grès triasiques du Manongarivo, entre
600 et 1.200 mètres d’altitude. Ses tubercules ressemblent
à ceux du Diosc. Maeiba mais sont plus blancs. Ils me­
surent parfois 1 m. 20 de long sur 0 m. 10 d’épaisseur.
Annules du Musée colonial de Marseille. — 2' série, S' vol. 1910.
Il

�162

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Les indigènes les mangent cuits et c’est peut-être la meil­
leure sorte d'igname de tout le N.-O. Le goût en est au
moins aussi lin que celui de nos bonnes pommes de terre,
et pourtant ces tubercules ne se développent que dans les
grès arides à peine décomposés (Jumelle et Perrier, Frag­
ments biologiques de la pore de Madagascar. Annales du
Musée colonial de Marseille, 1910). — Voir Maciba.

Ovihazo Bl., Ovimango. — Noir Ambizo.
Ovimarika : D ioscorea sp. ( Dioscoréacées). — Voir Angetrika.
Ovimbazaha IL, Ovimbazahafody IL, Ovimbazahafotsy IL,
Ovimbazahamavo IL ; Solanum

ti reuosum

L. ( Solanéesj. —

Pomme de terre. Introduite.

Ovinala Bets., Angaroka Sak., D ioscorea O vinala Bak. (Dios­
coréacées). — Nous empruntons à MM. Jumelle et Perrier
de la Bathie les notions nouvelles qu'ils viennent de publier
[Fragments de biologie de la Flore de Madagascar dans les
Annales du Musée colonial de Marseille, 1910) sur l'igname
dont il s'agit ici.
« Baker a nommé Dioscorea Ovinala une igname qui est
« l'ovinala ou l'un des ovinala du Belsileo. Nous ne voyons
« aucun caractère qui sépare de cette espèce, telle qu elle
« est décrite par l'auteur anglais, l’igname que, dans le
« Nord-Ouest, les Sakalaves nomment angaroka. Nous
« considérons donc cet angaroka comme le Dioscorea
« Ovinala Baker.
« Les tiges aériennes de l'angaroka sont herbacées à
« pubescence courte. Les feuilles ont un pétiole de 2 à
« 5 centimètres de longueur, un peu renflé à la base, velu.
« Le limbe est cordiforme, avec des oreillettes arrondies
« divergentes; il se termine en pointe subaiguë. 11 est
« velu, blanchâtre et comme feutré en dessous ; il est gla« brescent et vert clair en dessus. Il a comme dimensions
« extrêmes 3 centimètres sur 2, et 7 centimètres sur 7.
« Les nervures sont ordinairement au nombre de cinq.
(( Les inflorescences sont des épis solitaires axillaires,

plantes utiles de

Madagascar

103

« grêles, de 5 à 9 centimètres de longueur. L ’axe, très
« velu, ne porte de fleurs qu’à partir de 1 cent. 1/2 envi« ron de sa base. Ces fleurs sont sessiles.
« Dans les inflorescences mâles, elles sont par deux ou
« trois à chaque niveau, placées dans une échancrure assez
« profonde et entourées par des poils blancs qui cachent
« presque complètement les bractées et le périanthe. Toutes
« les pièces de ce périanthe sont glabres intérieurement,
« étroites; les lobes calicinaux sont un peu plus grands que
« les lobes corollaires. Il y a six étamines à anthères
« jaunes, les trois internes étant un peu plus courtes que
« les trois externes.
« Les fleurs femelles sont en épis bien plus longs, de
« 15 à 23 centimètres, pendants; elles s insèrent, sur l’axe, à
« des intervalles de I centimètre environ et sont alternes,
« sessiles sur autant de mamelons cylindriques courts.
« Le fruit est à trois ailes courtes ; il est tronqué aux deux
« extrémités, mais un peu plus large au sommet qu’à la
« base. Cette base est un peu stipitée ; le sommet est ter« miné par un court acumen. A l'état jeune, la surface est
« couverte d’un épais tomentum blanchâtre, qui se détache
u facilement sous les doigts. Dans chaque loge sont deux
« graines obovales, de 4 millimètres environ de longueur.
« Dans le Boina, le Dioscorea Ovinala, assez rare d’ailleurs,
« ne se trouve que sur la latérite des contreforts du plateau
« central, où il croît à la lisière des bois. La partie souter« raine de la tige, très cylindrique, s'enfonce d’abord obii« quement dans le sol, puis devient verticale, et elle atteint
« ainsi la couche de latérite où elle A’a se tubériser. Pendant
« son parcours à travers la couche humifère elle a, au
« total, 40 à 80 centimètres de longueur; les racines qui
« en partent sont surtout nombreuses dans la partie oblique,
« près de la surface du sol. et deviennent plus rares dans
« la partie verticale. Dans toute cette région, il peut y
« avoir çà et là, le long de l’axe, de tout petits tubercules,
« sortes de « bulbilles » souterraines.
« Dans la latérite, la tige se continue par deux tuber-

�Hit

PLANTES l'TlLES DK MADAGASCAR

« ouïes fusiformes étroitement accolés. Mais, de ces deux
u tubercules, l'un, ici encore, est flétri et l’autre seul est
« frais.
« Le tubercule frais, jamais ramifié, peut avoir 1 mètre de
u longueur sur un diamètre de 8 à 15 centimètres; son
« poids varie de 5
10 kilogrammes. 11 est consommé
« par les Sakalaves 5 la façon de celui du Dioscoren Maciba,
« auquel il est jugé ordinairement supérieur. Les indigènes
« l’apprécient à tel point qu'ils sont persuadés que si sa
&lt;&lt; partie souterraine s’enfonce d’abord obliquement dans le
u sol, e'est pour tenter d’échapper à la gourmandise des
« hommes et des sangliers. — Voir Angaroka.

Ouvirandra; O l m kan du a

Poir. et Ouv. B e r n e r i a n a
les tubercules fournissent un

fenestralis

Dne. [Xuïadacées), dont
aliment apprécié l.

Ovirandra H. — Voir Ouvirandra.
Ovitantry IL, Ovitsangana 11. ;

D ioscorea

sp. (Dioscoréacées).

Ovivory Bl. — Voir Ovimbazaha.
Ovodravina Pr. ; I pom.ea sp. (Convolvulacées). — Voir Kanjo,
Tongoboka.
Ovotra Pr.; T ypiia

L. ( Typhacées). — Employé
pour fabriquer des paillassons grossiers.
angustifolia

P

Paka Bs. — Voir Kirijy. — Les fibres de la tige sont em­
ployées comme textiles.

Pamba SI. — Voir Maraingy, Pemba (Eriodendron anfractuosurn).
xAprès la naissance de l’enfant, il convient de modeler sa
tête. L ’esthétique malgache exige que le derrière de cette
tète soit absolument plat et vertical. Notre tète arrondie et

PLANTES UTILES DF. MADAGASCAR

165

bosselée par derrière paraît aux Sakalaves une monstruosité.
Ils désignent les Européens sous le nom de Magagoloha
(de gago bosse par derrière) à raison de ce fait, ou encore
de matekon-doha (qui a la tète par derrière connue les indi­
gènes du Mozambique). Pour que le crâne prenne et con­
serve cette forme plate si appréciée, on prépare au nouveau
né un petit bonnet dont le fond est garni d'une plaque polie
et bien plane de fomby (pétiole de raphia), découpée dans
la partie tendre et peu fibreuse de la base de ce pétiole.
Cette plaque est capitonnée avec un matelas de soie de
pamba ou kapok. Ce matelas dépasse la tète des deux
cotés et forme deux oreillettes destinées â la maintenir
immobile. Le bonnet est fixé par deux brides qui se croisent
sur le front de l’enfant. Il est porté pendant trois semaines
ou un mois, le temps sulïisant pour que les os du crâne
prennent la forme plate qu’on a voulu leur donner(Dandouau).

Pampaho, Pampana, Panapano Bs. — Voir Kirijy.
Pandela Bs. ; S tryciinos B arom Bak. (Loganiacces), qui ne
serait pour MM. Jumelle et Perrier que le St .
Baill. — Voir Bakanko.

Paoma IL; P yrus
Poma.

malus

vàcacoüa

L. i l iosacécs). — Pommier. — Voir

Papay Bs, — Voir Mapaza.
Papangay Bs.; L uffa

acutangula Roxb. (Cucurbifacées). —
Eponge végétale (fibres du fruit).

Papy Menabe. — Plante indéterminée dont les écorces ou les
racines pilées appliquées sur la face avec de la terre humide
décongestionnent le cerveau.

Papelimosy IL , corruption du mot Pamplemousse; C itrus
decumana W illd. (Rutacées). — Voir Tréma, Voasaribe,
Voasarihangibe.
Parakijirika, Parakinjirika Bl. — Voir Ariandro.
Parakinamboa Bl. ; C ynoglossum R ochelia A. DC. (Boragi-

1. Voir Heckel, Sur l ’O u v ira n d ra B e rn e ria n a Dec. de Madagascar, in
Journal Le X a lu r a lis le , 15 juillet 1808).

ncrs) et IL H arveya obtusifolia Benth. (Serophulariées) . —
Voir Mandraitsiresina.

�I GG

Parakinandrongo II . ; B ojeria
Voir Fanefitra. Fanefitsa.

speciosa

DG. ( Composées). —

Pingo SL — Voir M’Pingo, Lopingo.
Pira IL ; IjANdolp.h ia sp. [Apocynées).

Paraky g-., Tsisata et Lobara Bara, Tobaka Tanosy, Tabaka,
Betsil., N icotiana taracüm L. (Solanées). — Plante intro­
duite par la culture, le tabac vient assez bien dans tout
Madagascar : c’est un important article de commerce dans le
pays, mais il n'est guère employé comme médicament, sauf
sporadiquement et dans quelques rares cas. Ses propriétés
sont trop connues pour les rappeler ici.

Pataoly Bs. ; T riciiosanthes A nguina L. (Cucurbitacées).
Paza Pr. — Voir Mapaza.
Pea SL; H elichrysum sp. [Composées). — Noir Fotsiavadika,
Telovitrana.
Pemba Sak. ; E riodendron

a .nfractuosu.m DC. [Malvacées). —
Grand arbre dont la gousse est tapissée de poils fauves con­
nus et utilisés sous le nom de Kapok, pour faire des cein­
tures de sauvetage, des édredons, des couvertures-édredons,
des coussins, etc. — Voir Moraingy, Landihazo, Paniba.

Penjy et Penza Bs. ; L epironia
— Voir Mahampy.

1G7

PLANTES UTILES DF. MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

mucronata

Bak. (Cypcracées).

Pirahazo Sak. ; E uphorbia

elastica Jum. — Euphorbiacée à
port spécial (de Fort-Dauphin et Tuléar). donnant un excel­
lent caoutchouc récolté sur le tronc et les racines du végétal.

Piralahy H. ; L andolpiiia P errieri Jum. [Apocynées). — Donne
le bon caoutchouc rouge de Madagascar. — Voir Dity-vahea.
P ira v a h y ll.; L andolpiiia

sphærocarpa Jum. [Apocynées). —
Mêmes propriétés que le précédent. — Voir Ariabo, Reiabo.

Piravaovaho SL; P lectaneia elastica Jum. et Per. [Apocy­
nées). — Voir Vahivandina
Pisitasy II. — Voir Voanjombazaha.
Pisopiso H. ; W oodfordia
Voir Iratrika.

floriih nda

Pitsikahidambo Bs. ; P lectronia
— Voir Tsiba.

Salisb. [Lythrariées). —
Bak. [Rubiacées).

i mbellata

Pitipoa II. — Voir Petipoa.
Pitsikahitra II. ; P lectronia sp. ( Rubiacées).

Pepaka II. ; A ristida A dcensioms L. (Gran inées). — Voir
Horombavy.

Poaka H. ; G ompiiocarpus fruticosus R. Br. ; G omphocarpus cornutus Decaisne [Asclépiadées). — VoirFandemy ou Fanory.

Perisily IL, corruption de Persil ; P etroselinum

Poakaty H. ; D ialypetalum
cées). — Voir Kapoaky.

sativüm

Mœnch. ( Omhellifères).

fi .oribundum

Benth. [Campanula-

Peso, Pesolahy II. : A mvgdalus persica L. [Rosacées). — Pêcher.

Poma IL, corruption de Pomme ; P yrus

Pesombazaha; P runus

Popolemosy IL , corruption de Pamplemousse; C itrus

domestica

L. [Rosacées).

Petitpoa II. ; P isum

sativum L. [Légu mineuses). — Corruption
de petits pois. — Voir Pitipoa.

Piaka Pr.; \ astussp. [Graminées). — VoirVahimbolotsangana.
Pibary Bl. ; P olygone.m senegalense Meissn. [Polyyonées). —
Voir Arivotaobolona, Davy, Fibary, Fandihambo, Fotsimbarinakoholahy.
Pilipily H.; Pilopilo SL: C apsicum annuum L. [Solanées).
— Piment introduit. — Voir Sakaifantsinakoho.

mana

malus

L. [Rosacées).
decl-

W illd. [Rutacées).
R

Rabongolahy IL ; G arcinia ortmoclada Bak. [Guttifères).
Voir Bongolahy, Bongorano.
Radisa IL, corruption de Radis;

R apiia n u s

fères). — Introduit par la culture.

sativus

L. [Cruci­

�168

plantes

Rafia H. ;

R aphia

r u ff ia

utiles

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

ni-: Ma d a g a s c a r

Mart.; R.

pedunculata

Beauv. (P a l­

miers). — Voir Rofia.

Rafy g.. Voarafy Rets. ; M æsà tril.h o p h l e b i a Baker (Mi/rsinées). — Arbrisseau très commun à l’intérieur de l'île et se
couvrant littéralement de petits fruits blanchâtres, légère­
ment amers et vermifuges au dire des Betsileo. Les empi­
riques Betsileo en renom emploient les racines contre les
affections nommées â Madagascar 1 oankare.na et Otavary,
et aussi contre la syphilis : contre certaines formes d’hypochondrie ou de lipémanie, ils utilisent les feuilles mêlées à
un grand nombre d’autres plantes dans un polypharmacie
innomable et sous forme de décoction pour bains de vapeur.
Mais ce qui devient plus rationel, c'est l’emploi (Ralahy,
empirique Betsileo) des fruits grillés et pulvérisés contre
les vers intestinaux. On les donne à jeun à l'enfant.

Ragehezina g. — Plante indéterminée qui se vend sur les
marchés comme médicament antisyphilitique et antidéperditeur.

Raiabo H. — Voir Piravahy.
Raiboboka Sak. — Poison végétal et animal provenant de
diverses plantes indéterminées et dont les Sakalaves
enduisent la pointe de leurs lances. Ce poison produit de
l'œdème et la mort. 11 y entre des poissons et des insectes
que l'on pulvérise et que l’on mêle à certains bois. Son
nom vient de ce qu'il détermine une enflure très forte :
y;
§
£
£
O
O

(Hintana....................................
(poisson)
s iFayou Makoba..............................
d°
p Bontana.......................................
d°
« /Vavana..........................................
d°
05 f
Lafantohoronina, etc.. . : .............. (insecte)

Raijia prov. — Bois d'un arbre indéterminé qui, pris à l’in­
térieur, fait disparaître la fatigue.
1. On sait que le }fæsa y ic ta üoclisl., d’Abyssinie, est employé comme
tænifuge par les Abyssins sous le nom de Saoria.

Raiketa g., Tsilo g .,

169

Mill. et O p . ferox
Ilaw. (Cactées). Figuier de Barbarie. — Ces Cactus sont très
répandus à Madagascar et surtout depuis le Betsileo jusqu’au
sud de la grande île. Dans les provinces littorales du Sud,
vivent, parmi les fourrés impénétrables de ces raquettes, de
nombreuses tortues qui sont exportées à Maurice et à Bour­
bon, surtout au commencement du carême. Les Malgaches
emploient surtout les raquettes pour fortifier leurs villes,
villages ou fermes, 'l iges ou feuilles charnues, toute la plante
est couverte de longues aiguilles acérées, ce qui n'empê­
chait pas les Bara, quand ils faisaient leurs razzias d'esclaves
chez les Betsileo, de passer à travers ces barrières vivantes
hérissées d’aspérités, avec de simples sandales de peaux de
bœuf. — Les feuilles charnues sont employées aussi par les
indigènes comme émollientes et pectorales, contre la bron­
chite et les catarrhes opiniâtres (tig. 40 et il).

Railombo SL ;

B

ocagea

O

puntia

vu lg ar is

heterantha

Baill. (Anonacécs).

Raisaonjo SL; P h y s e n a madagaslariensis Thou. (Passiflorées).
— Voir Ramangaoka. Saratsoa.
Raivolesoka IL ; H y d r o c o t y l e a s i a t i c a L. (Ombellifères). —
Voir Loviantsahonantanenty.
Ralaingo Bs. ;

C optosperma

nigrescens

Hook. fils (Bubiacées).

Ramamonjy prov. « du Sauveur ». — Plante indéterminée
dont la racine est employée en infusion contre les maux
de ventre (Dr Ramisiray, loc. cit., p. 73).

Ramanakofa « de l’avorton », arbre employé contre les mala­
dies syphilitiques.

Ramanga « du bleu », plante dont on fait un remède contre
les maladies des yeux.

Ramangaoka Bs. ;

P i i y s e n a madagaslariensis Thouars (Passi­
florées). — Plante dont la racine est employée en remède
contre la gonorrhée. — Voir Raisaonjo Sak.

Ramanjavana IL ;
rhose m

V

ernoma

Lees (Composées).

L

yallii

Bak.

et I I e l i c h r y s u m

cir ­

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Imerina, et auquel d'anciens manuscrits malgaches attri­
buent beaucoup de vertus médicinales.
Les propriétés (|u'on lui accorde en font à la fois un aroma­
tique amer, tonique, stomachique, astringent, aphrodisiaque,
antirhumatismal, antigoutteux, antiherpétique et antiscor­
butique. Les Malgaches en préparent un sirop et une eau dis­
tillée composée. 1° Sirop : prendre feuilles vertes 200 pour
5.000 d’eau et faire une décoction jusqu’à réduction des deux
tiers, filtrer et ajouter du sucre pour faire un sirop secundum
artem. 2° L ’eau distillée est connue sous les deux noms, à
Madagascar, de « Fanofodin, Andriamisavalambo » (remède
d Andriamisavalambo, nom de l'inventeur) et « Fanafodiandoka » (remède encéphalique). Prendre une poignée de
feuilles vertes de la plante ; os de fémur de bœuf triturés,
un fahenina (mesure légale du riz); feuilles de mongy (Croton macrobuxus Bâillon), 5 à 10, suivant leur taille; eau, un
siny (cruche), faire avec le tout une distillation pour obtenir
3 à 4 litres d’eau distillée. Cette préparation a une odeur de
moelle de bœuf rance, et elle est pourtant en grande faveur
parmi les Malgaches à qui cette odeur ne déplaît pas. Les
indigènes se servent aussi des feuilles de rambiazina pour
embaumer ou mieux conserver leurs cadavres.
Doses : feuilles des sommités fleuries, 5 pour 1.000 en infu­
sion pour tisane ; 15 à 00 par 1.000 en décoction pour usage
externe ; poudre, 0 gr. 10 à 0 gr. 30 ; sirop, 5 à 20 grammes;
eau distillée. 3 à 5 grammes en potion; et quantité suffisante
en topique; pulpe des feuilles vertes 5 pour 50 daxonge en
pommade; vin composé de feuilles vertes 00 pour 1.000 de
vin en macération, édulcoré avec du miel pour usage
externe.
1° Aménorrhée ou dysménorrhée (manuscrit malgache) :

171

pédiluves et poudres de rambiazina; 2°digestion laborieuse:
infusion de feuilles; 3° impuissance, hypochondrie, coliques :
sirop ou infusion ; 4° diarrhée des phtisiques et des enfants
à la mamelle, sueurs profuses des phtisiques et des conva­
lescents de la fièvre : sirop, poudre ou infusion : 5° fièvre
typhoïde, forme ataxique et advnamique : infusion ; G° galactorhée après le sevrage : sirop, infusion, pommade, fomen­
tation ; 7° ulcères atoniques et scrofuleux : vin miellé en
topique (le R. Dursap, aux notes obligeantes de qui j ’em­
prunte cette énumération laborieuse, déclare avoir éprouvé
lui-même l ’efficacité de ce remède) ; 8° aphtes des enfants et
des femmes enceintes, gingivites ulcéreuses et scorbutiques :
vin miellé en collutoire : 9° engorgements œdémateux,
tumeurs atoniques (manuscrit malgache): poudre de feuilles ;
10° paralysie des membres, rachitisme : bains, fomentation,
lotions; 11° affections des poumons récentes, syphilis, kobay,
angine, coliques, goitre : eau distillée en potion, gargarisme
ou topique suivant le cas; 12° pour la conservation des
cadavres, les Malgaches prennent : feuilles vertes de ram­
biazina et d'oranger, quantité suffisante de chaque pour
envelopper tout le corps et remplir la bière après avoir au
préalable pilé les deux substances végétales.
Le l)1 Ramisirav (/oc. cit., p. 59) indique cette plante
contre la syphilis grave : on en fait brûler les feuilles pour
(Mi appliquer les cendres sur la partie malade ; il indique
l’emploi de la même plante en nature contre les céphalalgies.

Rambiazindrano IL ; S t e n o c l i n e
— Voir Rambiazina.
Rambihazo IL ;
biazina.

S teno cline

ferr ug inea

Bak. (Composées).

sp. (Composées). — Voir Ram­

Rambo g. ; L e p i r o m a m u c r o n a t a Rich. (Cypéracées). — Voir
Mahampy ; Penjy, Penza, Rambo.
Rambonaombe BL, Rambonaomby B., « queue de bœuf » ;
S enecio H

ildebrantu

Bak. (Composées). — Plante grasse qui

�172

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

IM.AMES UTILES DE MADAGASCAR

pousse dans les lieux arides, répand une odeur nauséabonde
et revêt en effet la forme d une queue de bœuf au bout de
laquelle s’épanouissent de longs pédoncules de fleurs soli­
taires d'un jaune foncé. Action sialagogue.

Ramianoka II. ;

Æ

schynomene

indica

L. [Légumineuses). —

Végétal dont la moelle sert à faire les casques coloniaux.
— Voir Baombary, Ramiavona.

Raïuiaribaka Bs. ;
Sofimbato.

K itchingia

sp.

Ramiary Hov., Kinanakoho Bl. ;

[Crassu lacées). —

Voir

Nees, D a t .
f a s t u o s a L. (Solanées). — C’est une des plantes (pie les
Hovas ont ennoblies [Iia-M iary, la productrice). C’est aussi
un stupéliant, calmant, antiasthmatique, antinévralgique et
toxique bien connu. Les indigènes n’en font pas une appli­
cation particulière. — Voir Kinanakoho. Maimbobe.
D atera

a liu

Ramiavona. — Voir Ramianoka.
Ramifaritra Hov., Ranofaritra;

P l e c t r a n t h u s c y m o s u s Baker
(et diverses autres plantes) [Labiées). — Plante vulnéaire
herbacée. Les Malgaches s’appliquent sur les ulcères syphi­
litiques les cendres de cette plante mêlées à celles de
quelques autres et de cornes de bœuf. — Voir Anampantsaka.

Ramilahy IL — Voir Ramiberavina.
Ramilamina Hov., Monotona Bl. ;

L e m n a m i n o r L. ( Lemnacées). — Cette lentille d’eau, très abondante dans les eaux
stagnantes et même dans les rizières inondées, sert à faire
des lotions rafraîchissantes sur les furoncles et les éruptions
syphilitiques.

Ramiberavina IL : C a n a r i ü m sp. [Burséracées). — Voir Ramy.
Ramiranja Pr. ;

M ascareniiasia

utiles

Bak. [Apocynées). —

Ramitampina Bs. ; P o t i i o s
Voir Vahimitampina.
Ramy g. ;

C

a n a r iü m

C

iiapelleri

m adagascariense,

173

Schott. [Aroïdées). —

Boivinf et

m ultiflor um

Engler. [B urséracées). — Les deux premières espèces sont
très voisines : le C. Bnivini croît dans le nord de Madagas­
car et le C. madagascariense est de Nossi-Bé. Quant au
C. multiflorum, qui présente des différences beaucoup plus
profondes avec les deux premières espèces, il a été signalé
sur la côte Ouest.
La résine qu’on extrait par incision de l’écorce de ces
arbres, désignée sous le nom A'Encens de Madagascar,
se présente sous la forme d’une masse assez molle qui se
laisse couper au couteau, jaune verdâtre et à odeur de citron.
Elle ne se dissout qu’en partie dans l'alcool absolu à froid;
la solution évaporée lentement à Pair libre reste limpide.
Traitée par l’alcool bouillant, elle se dissout complètement.
La solution, filtrée et évaporée au bain-marie jusqu’à con­
sistance sirupeuse, laisse déposer par le refroidissement de
fines aiguilles cristallines groupées en petites mâcles radiées
qui envahissent toute la masse résineuse. Celle-ci se trouble
de plus en plus et finit par se solidifier. Les choses se
passent à peu près de même si l'on emploie comme dissol­
vant le chloroforme et le toluène. La résine de Ramy est
complètement soluble dans ces deux véhicules. La solution
chloroformique est rougeâtre, celle obtenue par le toluène
est jaune clair. Les solutions, filtrées et évaporées au bainmarie, laissent déposer les mêmes cristaux aiguillés. Eu
résumé, la résine de Ramy est composée de deux résines :
1une amorphe qui, seule est soluble dans l’alcool absolu
froid, l'autre cristallisée, soluble, en même temps &lt;{ue la
première, dans l'alcool bouillant, le chloroforme et le
toluène L

Plante à caoutchouc.

Ramirondra IL ; R h i p s a l i s
Ramitambina IL ;

L

cassytha

o r a nt iius

Gaertn. [Caddes).

sp. [Loranthacées).

t. Tous les renseignements ci-dessus sont extraits des belles recherches
de M. le Dr Hubert Jacob de Cordemoy sur les g o m m e s , résines et
g o m m e s -ré s in e s des C o lo n ie s fra n ç a is e s , parues dans les A n n a le s de I In s ­
t itu t c o lo n ia l de M a rs e ille , 1897, p. 197, 205 et suiv.

�17 i

D’après Coffignier 1, le Ramy est soluble dans l'alcool
éthylique, le chloroforme, la benzine, l’éther sulfurique et
l'essence de térébenthine. Avec ce dernier dissolvant, il
donne, mêlé au Galipot d'Amérique, des vernis qui ne dur­
cissant pas les couleurs au plomb, permettent de les étendre.
C’est une résine encore peu connue dans l'industrie euro­
péenne.
Les Betsileo brûlent quelquefois la résine du Ramy comme
encens dans la cérémonie du Salamanga, fête de longue
durée (de 15 à 30 jours donnée par les parents et amis
d'un malade pour lui apporter un traitement spécial. Les
assistants, parés de leurs plus beaux atours, se livrent à
des jeux, danses et festins. Le malade lui-même doit par­
ticiper à ces exercices de danse et puis, tout couvert de
sueur, aller s immerger dans l'eau froide. Les Sakalaves
impreignent de cette résine leurs idoles et leurs amulettes.
D'une façon générale on emploie cette même résine comme
désinfectant.
Le Dl Ramisiray (loc. cil., p. 67) indique l'emploi de cette
résine contre la carie des dents; ils en remplissent la cavité
cariée, pour faire diminuer la douleur. D’après le même
auteur, cette résine serait appliquée à l’état frais sur les
tumeurs pour en assurer la résolution. — Voir Mana, Tam-

Ramofaritra IL ; L i m n o p h i l a t o r e n i o i d e s Bak.
rides). — Voir Fanondrehana. Marotonona.

( Scrophula-

Randriata IL ; P hilippia sp. (Ericacées). — Voir Anjavidilahimadinika, Anjavily.
Ranendo Hov.;

S o l a n u m a p h a n a n t h u m Baker (Solandes). —
Arbuste employé comme calmant contre les céphalalgies.
En froisser les feuilles et en aspirer fortement les émana­
tions.

1. Sur les résines co lo n ia le s . — l rc réunion

Paris, J1)00.

Ranga H .;
DELTOIDEA

I m p a t i e n s L y a l l i i Bak. (Gérariiacées) ;
Bak. (Ochnacdes). — Voir Kivolavary.

Rangahy IL ; O c h n a
Hazomena.
M

Rangikely H ,;

I m patiens

icro glossa

Rangimbato I L ;

X

DG. (Composées).

v olu bilis

firm ula

er o piiy ta

omphla

DC. (Ochnacdes). — Noir

.m a d a g a s c a r i e n s i s

Rangasoa Sa.;

G

Bak. (Gdraniacdes).

m adagasc ar ien sis

Gmel. (Amaryl-

lidées).

Ranjo IL — Voir Tavivolalahy.
Ranjona BL;

A

Ranofarika IL ;

Baill. (Rubiacécs).

l b e r t a m inor

P

l e c t r a n t h u s cyomsus

et C o l e u s B o j e r i Baill. (Labiées)
— Voir Anampantsaka.

à

Bak. (voirRamifaritra),
tubercules comestibles.

Ranohandrina Hov. — Arbre indéterminé dont les Malgaches
font un remède céphalique.

Ranomanga IL ; C r o t a l a r i a
trindola (Légumineuses).
Ranomanja IL ;

C

r o ta lar ia

fulva

Roseb. — Voir Ambariva-

B ermeri

Baill. (Légumineuses).

Raofia IL — Voir Rafia.
Raozy IL ; R osa sp. (introduit) (Rosacées).

bozotse.

coloniale.

175

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

internationale d'agronomie

Rapandrotra Sa. — Voir Fandrahana.
RaralL;

M v r t s t i c a a c u m i n a t a Lam. ( Myristicées). — Rara
veut dire « sang ». En incisant l’écorce de cet arbre, il en sort
des gouttes couleur de sang (tannorésine). Quant aux fruits
(muscades), les Malgaches les pilent, les font bouillir et en
forment une pâte qui aide à cicatriser les blessures. Le bois
sert pour la fabrication des avirons et pour la charronnerie.

RarabeBs.; M y u i s t i c a v o u r i Baill.;
(Myristicées). — Noir Vouri.

Rarahoraka Bs. ;

B r o c iio n elra

vouri

Warb.

Lam. (Myris­
ticées). — Muscadier sauvage. — Voir le mot suivant.
M

v r ts t i c a

madagascariensis

�176

PLANTES l Tl LES DE MADAG A SCA K

176'

Rarailovango ; M yiustica

madagascariensis Lam. (Mi/risticées).
— Donne, par sa graine, une bonne muscade.

Raramolotrandrongo II.; M yristica C hapelieri Baill. (M yristicées). — Muscadier sauvage. — Noir Moltradrogo.
Raravazaha II.; M yiustica

fragrans

Hoult.

( Myristicées).

— Muscadier introduit.

Rasay II. ; E ig enia M fcheli Lam. (Myrincées).
Ravimpotsy Bs. — Voir Ravinala.
Ravinala g.. Ravimpotsy. Fotsy Betsim.. Bemavo prov.,
Bakabia Sak., Akondrohazo p ro v .; R avenala madagasca-

Fig. 55. — Environs de Mazavalanitra. — Palmiers et Ravenala.

J. F. Gmélin (Aîusacées (fig. 5o et 56). — Ce végétal
est propre à Madagascar. Il se trouve spontané dans la zone
intermédiaire entre la côte et les chaînes centrales, mais il
existe aussi dans la partie N.-O. de 1île. Les trois lignes
de "végétation s étagent depuis la côte jusqu’à 1.500 pieds de
haut, altitude à partir de laquelle il commence à disparaître
iue.nsis

Fig. 56. — Environs de Tananarive. — Ravenala Madagascariensis Gmélin en fleur. — Ravinala.

Raramena H. — Voir Rarabe.

�177

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

rapidement. A une élévation de 1.000 pieds environ, il est
très abondant, même plus commun que tout autre arbre.
On ne le rencontre pas si souvent en forêts que sur les
hauteurs découvertes. Ce beau végétal fournit de belles et
larges feuilles (son nom indigène signifie feuille de la
forêt) dont on couvre les cases. L ’arille qui entoure sa
graine est d’une magnifique couleur bleue et produit une
matière grasse solide abondante, parfumée, qui pourrait avoir
des applications antiseptiques k la médecine. Les graines
sont farineuses; on les consomme dans le lait après les
avoir pulvérisées. La tige donne aux indigènes une liqueur
sucrée, comestible.

Ravindalandana Bs. ; C a n a v a l i a o r t u s i f o l i a DC. (Légumi­
neuses). — Voir Lalandana, Voandalandana.
Raviningitsa Anal. ;

L

a ndolph ia

spec. (.Apocynées) donnant

un bon caoutchouc.

Ravintsara g. « bonne feuille »;

R avensara

aromatica

J. F.

Gmél. ( Laurinées). — Les feuilles, l’écorce et les fruits de
ce grand arbre ont une odeur forte de clous de girofles. Les
feuilles sont coriaces et très aromatiques; elles conservent
leur odeur forte même après dessiccation. Les fruits ont un
arôme prononcé de cannelle ou de girofles : râpés ils servent
comme aromates, stimulants, toniques et fébrifuges. L ’embrvon est très huileux et très parfumé, acre même. C'est
l’épice ou la noix de girofle de Madagascar. Quelques autres
espèces de Ravensara, originaires aussi de Madagascar, par­
ticipent plus ou moins des mêmes propriétés : on en connaît
5 ou 0 seulement. — Voir Havozo.

Ravintsirahazo H. — Voir Anampoza.
Reakotsy SL — Voir Firavahy.
Rehareha Bs. ; C olea

floribunda

Boj. Voir Tsentsepimpy

(.Bignoniacées).

Reharehalahy Bs. — Voir Rehareha, Voalana, Voandriaria.
Reharehavavy Bs.; C olea

tetragona

DC. (Bignoniacées).

Rehe SL, Reiabo SI. — Voir Firavahy.
Annales du Musée colonial de Marseille. — 2* série, S* vol. 1910.

12

�178

Reniala Sak. ; A

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

d a n s o m a m a d a g a s c a r i e n s i s Bâillon [Maloacées).
— Dans le nord-ouest, on ne connaît Adansonia madagasca­
rien sis que sur les sols calcaires tels que ceux des causses
d Ankara ou des bois rocailleux du Bemariva.
C'est un arbre de 2a à 30 mètres de hauteur, dont le tronc
droit est presque cylindrique, à peine plus gros h la base
qu'au sommet. L ’écorce est grisâtre, couverte de petits
mamelons arrondis, entre lesquels elle çst lisse; il n'y a pas
d’exfoliation du rhvtidome. Les rameaux sont étalés.
Les feuilles sont assez longuement pétiolées (6 à 7 centi­
mètres avec ordinairement a ou 0 folioles. Celles-ci sont
sessiles et sont spatulées ; leur plus grande largeur corres­
pond à peu près au tiers supérieur, qui est arrondi, avec un
sommet un peu anguleux ou émarginé. Dans les deux tiers
inférieurs il y a rétrécissement graduel vers la base. Les'
dimensions des grandes folioles sont 9 à 10 centimètres sur
3 cent. I /2 à icentimètres de largeur maxima.
La floraison a lieu d’août à octobre.
Les sépales, soudés seulement à la base, sont charnus; ce
sont des languettes légèrement aiguës au sommet, de 18 cen­
timètres environ de longueur sur 10 à 17 millimètres de lar­
geur, couvertes extérieurement de courts poils fauves et
revêtues intérieurement de poils beaucoup plus longs, plus
pâles et soyeux.
Les pétales ont environ 13 centimètres de longueur sur
la millimètres de largeur, ils portent sur leur face externe,
dans la région médiane, les mêmes poils que la face interne
des sépales.
Le tube staminal est à peu près aussi long (5 à 7 centi­
mètres) que les parties libres des filets (6 à 8 centimètres).
Les fruits sont de forme très constante. Ils sont presque
globuleux mais toujours cependant un peu plus larges que
hauts, aplatis au sommet. Ils ont, par exemple, 7 centi­
mètres de hauteur et 9 centimètres de largeur. Leur surface
est pubescente, fauve, comme l’extérieur des sépales.
Les graines, dans la pulpe, sont réniformes, roussàtres à
sec, couvertes de courts poils; elles ont environ 1 centimètre

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

179

de largeur, 9 millimètres de hauteur, (i millimètres d’épais­
seur.
La substance grasse qu'elles contiennent est une huile, qui
peut être employée à divers usages domestiques ou indus­
triels (savonnerie, stéarinerie, etc.)
Une graine pèse en moyenne Ogr. 230. Le tégument repré­
sente 39,33 °/0 environ du poids total (Jumelle et Perrier).

Riaria IL — Voir Rehareha.
Riadiatra g., «p étillan t», P h illip pia

goudotiana Klotsch et
Pu. aristata Benth. (Ericacées). — Les Malgaches prennent
des bains de vapeur avec une décoction de cette bruyère.
La feuille pétille à la flamme, de là son nom. Contre les
frayeurs nocturnes des enfants (remède de Rainiharta), on
donne des fumigations de riadriata et d'ahibitsika (Oldenlendia lancifolia Schweinf.); de plus, avec les cendres de
ces deux végétaux, on fait une pommade dont on oint le
corps des petits patients. — Voir Anjavivilahy, Anjavily.

Rima Bs.; A rtocarpus

incisa L. (Urticées). — Jacquier. Arbre
à pain. Introduit. — Voir Sonambo, Voarikoromanga.

Riotra Sa. ; M imosa

asperata

Blanco et IL ; M imosa sp. (Légu­

mineuses)i. — Voir Hery, Roitra.

Ro H. ; G arcinia orthoclada Bak. ( Guttifères). — Voir Bongolahy, Bongorano.
Robanga Bs. — Voir Fingotra, Robenga.
Robary SL; A l y x ia sp. (Apocynées).
Robenga

(en Marcontsaro) L a n d o l p h i a m a d a g a s c a r i e n s i s
K. Sehum. ( Apocynées). — Liane donnant un mauvais
caoutchouc. — Voir Vahihena, Voahenalahy.

Rofia IIov., Maivanaty, Fomby, Raofia prov. ; Sagus

ruffia

Jacq., R aphia p e d u n c u l a t a Beauv. [Palmiers). — Ce palmier
est commun dans les régions riveraines de la mer, très com­
mun dans la zone moyenne et très rare dans la zone supé­
rieure de Madagascar. Cependant, on en vend, sous le nom

�180

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

de l\ofia, les fibres textiles dans toutes les foires de l’Imerina et du Betsileo. En incisant les spathes de Hofia, on
obtient une liqueur abondante et agréable, le vin de palmier
dit Harafa ou Ara fa à Madagascar. Ce n’est pas là seule­
ment un breuvage, il constitue aussi le plus simple et le
meilleur laxatif que les personnes d'un tempérament délicat
puissent employer sans recourir à la purgation, pour com­
battre la constipation.
Le fruit ovoïde et recouvert d’écailles luisantes contient
une pulpe jaune foncé, peu épaisse et comestible, désignée
par les Sakalaves sous le nom de Voanpizo et Moranda
(analysé par SchlagdenhaulTen, renferme 13 °/0 de matière
grasse). Mais la graine qui est dure (endosperme), mêlée au
Senasena (galle d’un végétal indéterminé), est employée
contre le tambavy. La racine de Rofia passe pour odontalgique.
On sait l'usag-e important que fait l ’agriculture des feuilles
de cet arbre débitées en lanières, on connaît moins la cire
très solide qu’on extrait de la face inférieure de ces feuilles
par le battage; cette cire n’a pas encore reçu d’emploi
industriel (voir Jumelle, les Hessources agricol. et forest.
des col. franç., p. 304 et suiv., 1907).
Avec les feuilles préparées, on fait des cordages, des
nattes, des chapeaux, des vanneries, des tissus et même
des vêtements mêlés à la soie.
On fabrique aussi avec ces feuilles des étolfes de diverses
qualités connues sous le nom de Rabanes et qui sont d’un
excellent usage. On distingue plusieurs variétés de ces
lanières de Raphia, ce qui semble indiquer qu’elles ne pro­
viennent pas toutes de la même espèce végétale : le Raphia
clair ou de Majunga est plus estimé que le rouge ou de
Tanatave.

Rohitra Bs. — Voir Amboafotsikely.
Rohondro Ant. :

A

l l u a u d i a dl m o s a

Drake (Sapindacées).

Roibe g.. Roibevavy Imer., Tsotsona Bets. ; H i b i s c u s

diversifo-

181

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

s Jacq. ( M a lv a c é e s ). — Arbuste probablement introduit.
Emollient dans toutes ses parties.

lu

Roibelahy IL ;

H

i bi s c u s

sp. (M a lv a cé e s ).

Roibevavy IL — Voir Roibe.
Roifataka H. ; G ymnosporia cratægina Bak. (C é la s trin é e s ). —
Voir Fatsimbala.
Roifantaka IL — Voir Roifataka.
Roifotsy Bl. — Voir Voaroimainty.
Roimainty Sa. :

R

é bus fruticosus

L.

(R os a cé e s ).

Introduit.

Roimbalavo BL — Voir Herimboalavo.
Roimbazaha Bl. — Voir Tsiafakomby.
Roimemy IL — Voir Roimbazaha.
Roina BL — Voir Voaroimainty.
Roinaombelahy BL — Tsiafakomby.
Roinjivy Bl. — Voir Angivy.
Rointsokina IL :

B a r b er ia P

rio m tis

L. iAcanthacées).

Roitra Sa. — Voir Riotra.
Romafaritra. — Voir Ranofaritra.
Romainty Antsih. — Voir Fanidy Toddalia aculeata Fers.).
Romba Bets. ;

O c i m u .m g r a t i s s i m u m L. (Labiées). — Ce basilic
est très commun chez les Betsileo et chez les Tankay, assez
rare en Inierina. Il vient dans les terrains rocailleux et y
atteint les proportions d'un arbuste. On lui reconnaît des
propriétés aromatiques, digestives, toniques, pectorales,
antiémétiques, antispasmodiques et antinévralgiques.
Doses : feuilles ou sommités, 30 à 40 grammes pour 1.000
d'eau en infusion; semences, 40 par 1.000 en macération:
feuilles q. s. comme masticatoire : 1° contre les maux de
dents, les Betsileo mâchent les feuilles; 2° contre les cépha­
lalgies, ils aspirent le suc des feuilles ou prisent la poudre
de semences. Le Dr Ramisiray (loc. ci/., p. 64 cite cette

�182

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

plante contre les maux de tête : on prend les feuilles, dit-il,
et on s’en frotte les tempes et le front en même temps
qu’on en respire le parfum; 3° contre la dysenterie chro­
nique, la diarrhée muqueuse, catarrhale, la gonorrhée et la
toux : prendre semences de Rom bu, 30 pour 72 d’eau froide
en macération; à boire comme tisane dans la journée; 4°
coliques utérines avec écoulement sanieux : prendre feuilles
de Romha 10 pour 1.000 en décoction. En avaler une cuil­
lerée de temps en temps et faire des fomentations sur le
bas ventre. La malade doit se tenir chaudement comme si elle
relevait de couches et elle sucera un peu de racines du même
végétal (le témoignage du R. Dursap résultant de ses obser­
vations est très favorable à ce mode de traitement) ; 5° otite :
instiller dans les oreilles le suc des feuilles; 6° vomisse­
ments et cholérine ; feuilles de romha, 3 à 5 et 80 grammes
d'eau bouillante ; dose, 3 à 5 grammes tous les quarts d'heure.

Rongony H.;

C

anna b is

sativa

183

L. — VoirZea, Soroma ( U rti-

cées). Chanvre introduit.

Rotra

u g e n i a P a r k e r i Bak. et c u n e i f o l i a Bak. (.Myrta— Bois d’ébénisterie et d’œuvre : feuilles antidysen­
tériques (D r Jourdran). — Voir Marotampona, Vavarotra.

H .;E

c é e s ).

Rotra. — Voir Marotampona.
Rotramasaizany H.; E ugenia sp. (.Myrtacées). — Voir Voatsimoka.
Rotravazaha H.;

E u g e n i a j a m b o l a n a W illd. (Myrtacées). —
Fruit comestible, introduit (tig. 18). — Voir Jambarao.

Rotsa Bl.;

E

ug enia

cyclopuylla

Bak. (Myrtacées). — Bois

d’ébénisterie et d’œuvre.

Roy Bs. — Voir Fanidy.
S

Rombatsahona. — Voir Afolava.
Roniemy H.;

M

imosa l a t i s p i n o s a

Lam. (.Légumineuses).

Rompotra Pr. — Voir Ambazaha.
Rondra Bl. ;

H

yd r o s t a c h y s i m b r i c a t a

Rondralahy H.;

P hilippia

A. Jus. (Podostérnacées).

sp. (Ericacées). — Voir Anjavily.

Rondramadinika Bl. ;

T ri s ti c i i a

Rongompanahy Sa. ;

P sorospermum

triearia

Tul. (Podostérnacées).

pauciflo rum

Bak. (Hypé-

r ici nées).

Rongonilahy H. — Voir Rongony.
Rongonimbary H.; A m m a n n i a m u l t i f l o r a . Roxb. ( Lythrariées). — Voir Taboronjazalahy.
Rongonimbazaha g. ; L inum usitatissimum L. (Linées). — Cette
plante textile introduite est encore rare à Madagascar, mais
cependant les premiers essais de culture chez les Betsileo
ont été favorables. — Les indigènes n’exploitent pas encore
les propriétés médicinales de la graine qui trop connues
et trop classiques pour y revenir ici.

Sabotraboay SI. ; A m a r a n t i i u s s p i n o s u s L. (Amaranihacées).
— Noir Kimodelahy, Sabotraboay.
Sabotraka II. ; Sicrpis

lacustris

Safitra SI.;

tracmycarpus

Sahana II.:

L

oranthus

E

Sabondra II.;

læocarpus

A

loe

L. (Cypéracées).
Bak. [Loranthacées).

sp. (Tiliacées).— Voit Nantoningitra.

capitata

Bak. &lt;Liliacées).

Sahongo SI.; C o l o c a s i a a n t i q u o r u m Schott. (Aroïdées) . —
Voir Anantsaonjo, Saona, Saony, Saonjo, Sohono, Sonjo.
— Rhizome féculent comestible.

Sahy IIov., « courageux »,

Vahinamalona Antsih. ; Bixa

L. (Bi.cacées). — Cet arbuste est encore rare à
l’intérieur de Madagascar, où il a été introduit. Les Mal­
gaches qui doivent parler ou danser en public prennent une
infusion des feuilles pour devenir hardis, audacieux '. Il

orellana

1. En rapprochant ce fait de cet autre que Varnotto, partie pulpeuse et
rouge qui recouvre la graine de cette plante (matière tinctoriale, rocou),
était, au Brésil, administrée aux taureaux qui devaient combattre, afin

�185

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

n’y a pas lieu de traiter ici des autres propriétés bien con­
nues de la graine de cette plante américaine tropicale :
elles ne sont, du reste, pas utilisées par les Malgaches.

Saingona SI. ; A

ndropogon

Sakaiala Bs. ;

rythroxylon

Sakaibe H.;

E

C a p s ic u m

sp. (Graminées).
py r if o lu

anmim E.

m Bak. (Linces).

(Solanées). — Voir le mot

suivant.

Sakaifantsinakoho Hov., Pilopilo Sak.,

Pilipili Swahili;
L., G. frutescens L. (Solanées). — C ’est le
gros piment qui est seulement à l ’état de culture à Mada­
gascar. On en emploie en poudre le fruit contre le delirium
tremens. Elle réussit quelquefois, là où le chloral et l’opium
sont impuissants, à la dose de 2 grammes toutes les heures.
C aps icum annl’ um

Sakainolomainty, Sakaintany P r.— Voir Fakamalao.
Sakaipilo Hov. : C.

m i n i m u m Roxb., C a p s i c u m f a s t i g j a t i m Blume
i Solanées). — C’est le petit piment, piment Martin, qui se
trouve, introduit, dans tout Madagascar auprès des hameaux
et villages, sur la lisière des bois. Les merles s'en nour­
rissent et en propagent l'espèce. Le fruit est réputé excitant,
sialogogue, révulsif, stomachique, digestif, laxatif, antisep­
tique, hémostatique : 1° Leucorrhée ou blenhorragie récente
(manuscrit malgache) : boire un verre de cognac assaisonné
de poudre de piment et puis manger du sosoa (potage au
riz); 2° morsure de l'araignée Tarabiby ( Tho/nisus foka
Vinson) : piment et décoction de tambintsy (Psorospermum
androsæmifolium Baker) en potion; 3° névralgie aiguë : on
torréfie les feuilles d andrarezina (voir ce mot) et du piment,
puis on prépare avec ce mélange une boisson et un topique ;
i° angine ulcéreuse de la gorge, enrouement, chute de la
luette : poudre de piment i grammes, sel de cuisine
1 gramme, eau bouillante 180 grammes; à cette infusion

de les rendre plus dangereux, il y aurait lieu de se demander s’il
n existe pas dans toute la plante un principe excitant comme la caféine
par exemple ou tout autre. 11 y aurait des recherches à faire dans ce sens.

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

185

refroidie, ajouter 150 grammes de vinaigre; en gargarisme;
5° constipation habituelle, anorexie : prendre, avec les
aliments, un petit piment vert; 0° hémorrhagies utérines
causées par une tumeur fibreuse ; endométrite granuleuse,
épithélioma, etc. : 10 centigrammes de poudre de petit
piment après chaque repas; 0° gale (remède Betsileo) :
prendre piments rouges pilés, suie tamisée, suc exprimé de
kimboiboitany (Emilia graminea DC.), chauffer le mélange
et frictionner vigoureusement aussi chaud que possible.

Sakamalao IIov., Sakaviro Bl. ;

I I e d y c h i u m c o k o n a r i u m Kœn.
et I I e d . p e r e g r i n u m IL Br. ainsi que quelques autres espèces
(Scitaminées). — Ces plantes fournissent le gingembre de
Madagascar et sont très abondantes dans 1'île : on en
trouve les produits (fruits) sur tous les marchés et presque
dans toutes les maisons. C’est un médicament réputé très
énergique et d'action stomachique, cordiale, carminative,
aphrodisiaque, emménagogue, diaphrétique, diurétique,
révulsive et odontalgique. — Doses^ : rhizomes secs en
poudre, 0 gr. 50 à 2 grammes pour 1usage interne; ou
encore 2 à 16 grammes par 1.000 grammes d'eau en infu­
sion ou décoction de pulpe de rhizome frais; en cataplasme
rubéfiant, pulpe de rhizome frais, quantité suffisante.
D’après le Dr Ramisiray (loc. cit., p. 65), on pèle le rhi­
zome de cette plante, on en extrait le suc et on le fait
couler dans les narines avec une cuiller à bouche; on peut
aussi le diluer dans de l’eau pour atténuer la douleur into­
lérable que cause cette opération. C’est là le traitement
malgache contre la céphalalgie.

Sakamalaobe H., Sakamalaontany H. — Voir Sakamalao.
Sakarivo

IL

—

Voir Fakamalao, Sakamalao.

Sakarivombato Bl. — Voir Ferifery.
Sakarivondambo Menabe;

Rose. (Scifaminées). — Plante asiatique introduite et employée dans son
rhizome bouilli pour amener la résolution des inflammations
pulmonaires. — Voir Sakitra.
Z

in g i b e r z e r u m b e t

�187

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Samanta Tan.; A lriz/.ia sp. (Légumineuses).
Samata BL;

E

uphorbia

sp. (Euphorbiacées).

Samatry g., plante médicinale aromatique indéterminée et
en très grande faveur chez les Malgaches. C’est la panacée
universelle contre les maladies du jeune âge. On appelle de
ce nom, chez les Betsileo, le C assia l .evigata W illd. Chez
les Sakalaves, c’est une liane indéterminée, qui est réputée
tambavine et béchique.

Sambalahy IL — Voir Volomborano.
Samona BL; P achypodium d e n s i f l o r l m Bak. (Apocynées). —
Plante textile. — Voir Bontaka.
Samoro SI. : D o m r e y a g r e v e a n a Baill. (Sterculiacées). — Plante
textile. — Voir Somoro.
Sampivato IIov., Amiandambo BL;
Sakavirondambo Bl.v— Voir Sakarivondambo.
Sakay II . ;

et a n m u m L. (Solanées). —
Condiment et aliment (fruit), gros piment. — Noir SakaiC a p s ic u m

frutescens

fantsinakoho.

Sana IL ; Ei..eocarpi' s

Sako Pr. ; Z ea m a is L. (Graminées). — Voir Katsamanga, Katsaboto. Katsabazaha, Katzaha, Katsakandevolahy.
Sakoa SI.;

Forst. ; SI.; S c l e r o c a r y a
Sonder (Anacardiacées). — Voir Sakoana, Saokoa.
S p o n d ia s

Sakoakenky H. ;

A

du l c is

loesp

.

caffra

( Liliacées).

Sakoana SI. — Voir Sakoa.
Salady II.;

L

a c tu c a s a t i v a

Saladingita H.;

U r e r a a c i m i n a t a Gaudichaud ( Urticées). — Plante dont la racine râpée est employée,
en décoction avec la cendre de Modimativoamitohy, comme
tisane contre la morsure ou la piqûre de cet insecte. On en
donne aussi la décoction aux femmes contre les douleurs de
l ’enfantement.

C h i c o r i u .m

L. (Composées). — Laitue.
en d iv a

L. (Composées). — Endive.

sericeus

Sanalahy IL ; E læocarpus

Bak. ( T ilia c é e s ).

alnifolius

Bak. ( Tiliacées).

Sanatry Bl. — Voir Samatry.
Sanavavy IL — Voir Sana.
Sandorimavo SI. — Voir Sandory)
Sandory SL; W altmeria
Tsindahorolahy.
Sang g.; P hysena
Ramangaoka.

americana

madagascariensis

L. (Sterculiacées). — Voir

Thou.

(P a s s if !o r é e s ) . — Voir

Salay SI.; C o m b r e t u m c o c c i n e l m Lam. (Combré lacées).— Voir
Halaitra, Manakobongo, Tsivokindahy.

Sanga Bs.; W
nalakitra.

Salobe SI. ;

Sanganakoholahy Bs.; H eritiera littoralis Ait. Sjerculiacées). — ^ oir Sangoniakoholahy.

Salotsa Bl. ;

C

ratæ va

V inca

greve an a

major

Baill. (Cappariclées).

L. (Apocynées). — Pervenche.

einmanma

sp. (Saxifr â g é e s ). —

A’oir

Hazome-

�189

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

188

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Sangasanganandevolahy lïov., Afolava Bl., Sangasanganimarina Sale,; I I y p t i s p e c t i n a t a Poil. (Labiées). — On trouve
cette plante sur les tertres, aux bords des sentiers, dans les
haies, dominant généralement par sa taille les plantes qui
l’entourent, aussi les Betsileo f appellent-ils « longue
« flamme », afolava. On lui reconnaît des propriétés aro­
matiques. toniques, vermifuges, antispasmodiques, emménagogues, odontalgiques : mais elle est employée surtout
contre les affections vermineuses des enfants. Les Sakalaves, toutefois, 1utilisent contre le tambavy et pour la
préparation du rhum : on la prescrit encore contre la lièvre
en décoction ou infusion des sommités fleuries (tisane ou
bains de vapeur) et contre les dérangements d’estomac, en
infusion et en tisane.
Sangasanganakoholahy H.; H yptis sp. (Labiées). — Voir
Satrantoloho.
Sangasanganimarina SI. — Voir Afolava.
Sangoniakoholahy Bs. — Voir Sanganakoholahy.
Saniry Pr. ; P iiyllanthus sp. (Euphorbiacées).

indica

Saonjo IL ; C olocasia

antiquorum Schott., A rum esculentlm
(Aroïdées). — Tubercule féculent comestible. — Voir
Taho, Saonjo précédent.

L.

Saonjofotsy IL — Saonjo dont on ne mange que les feuilles.
Saonjohoririka IL — Saonjo à petites feuilles et à tubercules
arrondis.

Saonjokira IL — Saonjo à grandes côtes.
Saonjomamy IL — Saonjo à feuilles et à tubercules doux.
Saonjomogemby IL — Voir Saonjohoririka.
Saonjomanga IL — Saonjo à feuilles et à tubercules rou­
geâtres.

Saonjondambo H. — Saonjo âcre qu'on ne mange pas.
Saonjondrangaina IL — Saonjo très grand.
Saonjondrano IL — Saonjo qui pousse au bord de l’eau. —
Voir Saonjo.

Saokoa Pr. — Voir Sakoa.
Saombia Bs. ; A locasia

matique : le suc exprimé du pétiole de Saonjo (Horirika)
est un puissant styptique; en topique, il arrête une hémor­
rhagie même artérielle et la plaie guérit par première
intention; 3° piqûre du poisson armé : cataplasme tiède du
tubercule de saonjo grillé. — Voir Sahongo.

Seem. (Aroïdées).

Saona, Saony Pr. — Anantsaonjo.
Saonjo g., Horirika (feuille de Saongo); C o l o c a s i a a n t i q u o r u m
Schott (Aroïdées). — Il est introduit et cultivé pour l’ali­
mentation : mais il existe à Madagascar un certain nombre
de gouets comestibles ou non qui sont spontanés. Le colocase comestible est vulnéraire, hémostatique, antisyphili­
tique : 1° ulcères syphilitiques (remède Stanislas Ramanono) : on recouvre l ’ulcère avec la pidpe du rhizome de
Saonjo, puis on saupoudre avec les cendres de fotsivadihana (Helichrysum cordifolium DG.), de fleur sèche d’un
bananier appelé baba, auxquelles on mêle aussi un peu de
tabac froissé ou trituré, mais non torréfié. Au bout de deux
jours, on renouvelle le pansement; 2° hémorrhagie trau­

Saonjoramandahy IL — Saonjo à grandes feuilles et à tuber­
cules allongés. — Voir le mot Saonjo.
Saonjovato; C anna
Varandeda.

indica

L.

(Soita m in é e s ).

— Voir

Dingiza.

Sapan g. — Voir Tsiafakomby.
Sarabo IL ; G roton sp. ( Euphorbiacées). — Voir Sily, Somainty.
Sararsoa g. — Voir Ramangaoka.
Sariampisa SL — Ortie à poils non urticants.
Sarihangy IL — Voir Hazontoho.
Sarihanko SL; L umnitzera
Sarika IL ; M usa

textilis

racemosa

Baill. ( Olacinées).

Nées (Musacées). — Fibres textiles

�190

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

très appréciées, plus connues sous le nom de libres d’Abaca
(Chanvre de Manille).

Sarinaika H.;

I n d ig o fera

sp. (.Légumineuses).

Sarinanamalaho 11. : II ypoestes

c a l a m i .n t h o i d e s

Bak. (Acan-

/hacées).

Sarinatsipelana H. — Voir Parakinamboa.

En outre, dans la feuille, des filaments intersegmentaires
pourraient être employés comme filasse; ils mesurent 50 à
70 cm. de long. Toutefois, leur résistance est un peu plus
faible que celle de la filasse du fruit de cocotier et leur
élasticité est beaucoup moindre que celle de ce même coïr.
Au point de vue chimique ces fibres sont fortement Jigniliées.

Saringoaso SI. — Voir Bemainibo.

Satrantoloho SL; H yphæne sp.

Sarisarimbomanga g. ; I pomjsa purpurea Roth. ( Convolvula­
cées). — Voir Tsingovihovy, Agy.

Savoa SL — Voir Tanantanampotsy.

Sarisarinanamalaho II. — Voir Sarinanamalaho.

Savoka IL ; D alrergia
Voir Savoka.

Satranabe SI. ; M edemia

Ilild. et Wend. [Palmiers). —
La moelle féculente est comestible (riche en matières albu­
minoïdes). Palmier commun dans l'Ambongo et le Boina;
donne 3 à 5 kilos de moelle par pied. Les libres de ce pal­
mier pourraient recevoir les mêmes usages que celles du
Satranamira (voir ce mot).
nobilis

Satranamira,Satranatrichy SL; II yphænecoriaceaGaertn.(Pa l­
miers). — Donne un piassaba par ses libres et ses segments
folianes; employé en vannerie. — Voir Banty, Lokoko.
C’est un palmier qui, sur la cote N .-O. de Madagascar,
mesure de 2 à 3 mètres de hauteur et qui pousse par touffes
de 4 à 5 tiges, quelquefois ramifiées sur le tronc meme. Les
feuilles offrent cette particularité morphologique d’être
comme une forme de transition entre les feuilles palmatiséquées et les feuilles penniséquées des Cocosées. Ces feuilles
ont, au maximum, pétioles compris, 1 m. 70 à 1 m. 80 de
long. On sait que, des pétioles de divers palmiers, on retire
des filaments libreux connus dans le commerce sous le nom
de piassavas, il résulte du travail de P. Claverie sur l'ana­
tomie des plantes textiles exotiques (Ann. du Musée colo­
nial, 1909), auquel nous empruntons ces données, que peutêtre ce palmier pourrait être compris au nombre de ceux,
tel Raphia Hookeri de la Côte occidentale d’Afrique, à
piassavas. Des filaments qui avaient cette origine retirés
de la base des pétioles, mesuraient 0 mm. 800 à 1 mm.

191

Savoga IL — Voir Mofotra.
pterocarpifolia

Bak. (.Légumineuses).

Savokara, Savoga IL, Mofotra pr. ; A leurites

triloba Forst.
(Bancoulier). A. amminux Fers. (Euphorbiacées). — Cet
arbre abonde sur les côtes de Madagascar. Les missionnaires
l'ont introduit à l'intérieur et il y prospère. C’est de la
graine de ce végétal qu’on extrait une huile liquide qui. à
la dose de 30 à G0 grammes, agit comme un purgatif doux
et sûr, déterminant après son ingestion (3 à 6 heures) des
selles bilieuses sans nausées ni coliques1. A Madagascar
comme à Bourbon, on applique à plusieurs reprises succes­
sives sur les articulations dans le rhumatisme ai^u, des
feuilles de bancoulier chauffées au fer à repasser. L ’huile
qu’on extrait des graines est siccative par excellence.

Savonimbary IL ; S aponaria V accaria L. (Caryophy liées). —
Introduit.

Sefo Sak. ; A dansonia

digitata L. (Malvacées). — Ce grand
arbre a été certainement introduit h Madagascar de la côte
occidentale d Afrique, bien que le fruitde cette espèce y soit
le plus souvent à sommet pointu au lieud étre déprimé. Il y
acquiert un très grand développement dans l’Ambongo et
le Boina ( 17 mètres de circonférence, pris du lac Ngamba au

I . Voir au sujet de l’huile de Baukoul, H is to ire m édicale et p h a i m a ce u par E. lleckel (suites à Guibert), p. 9,
Bruxelles, Manceaux, éditeur, 1874.

tiq u e des p r i n c i p a u x m é d ica m e n ts ,

�repanda

Bak. ( Tiliace'es). — Ecorce textile.

Senasena g. — Sous ce nom on connaît une galle (?) rugueuse
et grisâtre d'un arbre du domaine forestier, qui n’est pas
identifié, et qu’on trouve en vente sur tous les marchés.
Elle est employée par tous les Malgaches dans la médecine
infantile, comme désinfectant, tonique, amer, béchique,
vermifuge et tambavine. Ils râpent un morceau de celte
galle (?) dans 2 à 3 cuillerées d’eau et font boire le tout à
l’enfant en trois fois. Ils associent ce Senasena au Iruit du
rofia (voir ce mot).

Seva g., vigne malgache; B uddleia

Lamk
( Loganiacées). — On trouve cet arbrisseau sur toutes les
parties de file, dans le sous-bois dégagé. 11 mesure i à 5
mètres de hauteur et est pourvu de longs rameaux couverts
d'un épais duvet et retombant sur le sol (forme pleureuse).
Il est aussi souvent planté aux abords des cases malgaches
dans un but d'ornementation, malgré son port disgracieux.
Ses feuilles opposées, ovales et de 10 centimètres de long,
d’un vert clair au-dessus, pourvues au-dessous de poils
blancs, ses fleurs jaunes très agréablement parfumées, dis­
posées en longs panicules terminaux, sont employées avec
succès constant, paraît-il, contre les maladies scrofuleuses
et les affections chroniques. Ses racines seraient toniques,
aromatiques et dépuratives. Les baies dans certaines régions
entrent dans la fabrication du rhum du pays. Les fleurs
madagascariensis

A rameaux descendants.
madagascariensis)

Sely SI.; G rewia

L. (Ombelliferes). — Introduit.

et à l’exlrèmc gauche Seva (B u d d leia

graveolens

H cu s Irich o p o d n )

Selery II.; A pium

Aviavy

voisinage d'Ankirihitra à 100 kilomètres de la cote). On 11e le
trouve qu' autour des habitations où les emplacements des
anciens villages; exemple : au pied du mont Tsitondraina,
il occupe 1endroit ou lut un village hova. Dans 1Ambongo,
il est autour du village d'Anaboringa sur la Mahavavy, il
40 kilomètres environ de la mer (Jumelle et Perrier, Frag­
ments biologiques de la Flore de Madagascar, Annales du
Musée colonial, 1910). — Voir Savotraka H. ; S c i k p u s
l a c u s t r i s L. ( Cypéracces).

Photographie tlu D r 'Poissonnière.

PLANTES UTILES DE M VDAfïASCAR

l ig. 50 fl.

192

�193

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

sont aussi employées dans la teinture du J ia fo / s g ou r a b a n e .
On se servait jadis des feuilles en guise de savon [s a p o n in e ‘y
.).
En outre, on considère le végétal comme béchique, pecto­
ral, contre l’asthme, la toux, le catarrhe bronchique.

Sevabe g .. Tambakolahy Antsih., Voampoabe; S olantm

a u r i-

culatum Ait. [S o la n é e s ). — Antipsorique, vermifuge pour
chevaux, alTections pédiculaires, contre-poison du manioc.
Les baies sont rôties et appliquées sur les pieds dans cer­
taines formes de syphilis tertiaire.

Sevalahy Sa.; P iptadenia P ervillei Forst. ( L é g u m in e u s e s );
I L ; B lddleia

Bak. [L o g a n ia c e 'es ) ;
[ E u p l i o r b i a c é e s ).

fusca

B akerianu .vi Baill.

IL ;

C laoxylon

Sevavavy IL ; B uddleia sphæ:rocalix Bak. ( Loganiacées).
Siasia Bs. ; E mii.ia amplexicaulis Bak. (Composées). — Voir
Tsiontsiona.
Sihanaka BL; Jussiæa
drano.
Siho Bs. ; F œtidia
madagascartensis

repens

obliqua

And.

L.

[O

nag variées).—-VoirVolon-

Blum. ( Mgrtacées) ; BL; S alix

(.S a Urinées).

Sikidy IL ; P iptadenia chrysostaciiys Benth. ( Légumineuses).
— Voir Fany, Voampana, Voafano.
Sikilenjo SI. — Voir Kirijy.
Sikily SL; E.ntada

abyssimca

Steud ( Légumineuses).

Silimainty. Sily BL; C roton sp. (.Eupliorbiacées). — Voir
Sarabo.
Sinedrisinedry SL; O xalis A podiscias Tuiez (Géraniacéesi.
Sirabozoka IL ; G yperus

ljsyigatus

Sirangabalala Bs.; H ibiscus

L. ( Cypéracées).

surattfnsis

L. [Malvacées).

Siranomby Tank. ; P teris sp. [Fougères). — Voir Ampangamanga.
Sitrako amboafery g., de « Sitraka » satisfaction, et « fery »
blessure. — Plante indéterminée qui guérit rapidement les
blessures (Dr Rainisirav, loc. ci/., p . 104).
A n n a l e s d u M u s é e c o l o n i a l de M a r s e i l l e .

— 2* série, 8* vol. 1910.

13

�194

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DK MADAGASCAR

Soamalondona llov.;

E u p i i o r b i a species [Euphorbiacées) . —
Plante que les Malgaches appellent aussi « Tanghin des
rats » Tangemboalavo ou Tangenimboalavo : c’est un poison
et un drastique.

Soamalondana H.;

E

uphorbia

prim uiaefo lia

Bak. [Euphor­

biacées).

Soandro Bs., Vahemainti;

Planch. ( Connaracées). — D’après Bâillon, VA. ernetica Bâillon n’en est
qu’une variété. — Graines toxiques, feuilles émétiques.
A

ge lje a

L a m a rk ii

Soaravina Bl. — Voir Sohy et Sohihy.
B r v o p h y l l u m p r o l i f e r u m Bowie (Crassulacées). — Herbe haute et charnue, employée pour faire des
cataplasmes contre la goutte et les rhumatismes. On la
trouve dans les parties boisées de l'Imérina, des Ankays et
des Antsihanaka, Analamazaotra et côte N.-E.
a m p lex ic a u lis

Bak. (Crassula-

Sodindranto SI. — Voir Soaravina.
Sofinibato II.;
ribaka.

K

itchingia

sp. (Crassulacées). — Voir Ramia-

Soîimbatonalika II. ; Iv a l a n c h o e

pübescens

Bak. ( Crassulacées).

Sofinapaha Bl. — Voir Kimavo.
Sofingoaika H.;

K itchingia

streptanthà

feuilles de So/intotosy et de Tsanl&amp;ambailra (voir ce dernier
mot).

Sofisofi Antano. ; K àlàncHOE G randidieri (Baill.) Drake. [Cras­
sulacées). — Ecorce pourvue de résines très parfumées à
odeur de Benjoin et brûlant même à l ’état vert ( Crassula­
cées). — Vulnéraire. — Voir Isaka.

Sohono Pr. — Voir Anantsaonjo.
Sohy et Sohihy SI. ; C ephalantiius spathelliferus Bak. ( Jiuhiacées). — Voir Soaravina, Sodindranto.
Solaka g. ; L ycopodium species (Lycopodiacées). — Herbe dont

Sodifafana lmer. ;

Sodifafandrano II.; K i t c h i n g i a
cées). — Voir Kitenga.

195

on boit l’infusion pour obtenir une action exhilarante. —
Voir Hazontsifaka.

Solda Vak. ; M esanti-iemüm platypiiyllum Baker [Eriocaulouées)
et M entha species. — Les femmes près du terme de leurs
couches en prennent les feuilles cuites avec le riz pour pré­
venir tout accident fâcheux durant la parturition; de là le
dit-on malgache « moi stérile, je prendrai du Solda ». —
Astringent, aromatique, calmant : diarrhée (m. m.), après
avoir bu froide une décoction de racine de Jatropha Curcas
dans très peu d’eau, si le mal persiste prendre : gingembre
du pays (rhizome) brisé menu 3 à 4 grammes pour eau
1.000 en décoction et Solda 30 à 50 gr. par gorgée, jusqu à
guérison.

Somainty Bl.; C roton sp. [Euphorbiacées). — Voir Sarabo.
Bak. [Crassulacées).

Sofinondry.;

B r v o p h y l l u m ou K i t c h i n g i a spec. [Crassulacées).
— Petit arbuste employé comme vulnéraire ou fondant :
décoction des feuilles, 30 à GO pour 1.000 d'eau en lotions,
fomentations, et une cuillerée de temps en temps en usage
interne.

Sofintotosy g. — Plante indéterminée employée comme vul­
néraire. astringent et hémostatique. Blessure saignante
et brûlures (m. m.) : prendre cendres de cornes de bœuf
râpées en topiques et recouvrir le tout avec de la pulpe de

Somana Bl. — Voir Songosongo.
Somanga IL ;

T

iiylaciiium l a b u r n o id e s

Bak. [Capparidées).

Somangana Sa. ;

A b u t i l o n a n g u l a t u m Mast. [Maluacées). —
Plante à libres textiles. — Voir Hafopotsy, Kimavo.

Somangy g. — Arbuste indéterminé dont les tubercules
oblongs, presque inodores et insipides, sont réputés toniques,
stomachiques et galactogènes. 1° maux d'estomac (formule
Baketaka) prendre : Somangy coupé menu. 30 à 40 grammes ;
Modimodia 20 à 30 grammes pour eau 2.000 grammes en

�UK)

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR
PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

décoction, en bain de vapeur et en breuvage, jusqu’à gué­
rison ; 2" maigreur et anémie : user de ce tubercule. Hommes
et animaux émaciés, au dire des Malgaches, reprennent
bientôt vie, force et embonpoint même.

Somaradindona IL ; P iiy l i .antiius sp. (Euphorbiacées).— Voir
Anakatsotsy, Lanory.
Sominda g. — Plante indéterminée employée contre les mala­
dies de la gorge.

reva

G

reyeana

SomoronalL;
sp.

Baill. (Euphorbiacées); DoaiBaill. (Slerculiacées). — Voir Samoro.

C ro to n G

reveamjs

(Lgcopodiacées); H.;
( Loranthacées). — Voir Solaka, Lafltra.

Somotrazo Bs.;

L

ycopodium

U

sp.

snea barbata

Y

iscum

Somotsoy BL : J u s t i c i a h a p l o s t a c i i y a T. Anders. (Acanthacées).
— Herbe employée par les Betsileo en décoction contre les
maladies de l'enfance. — Voir Fantso.
Sonambo Bs. ;

A r t o c a r p u s i n c i s a L. ( Urticées). — Arbre
pain. — Voir Rima, Voankoromanga.
H ibi s c u s A

Songo Ant.;

A

lluauoia

à

L. (.Malvacées). —
odeur de musc. — Voir

belmo sciius

(Didiera)

à

ascendens

Drake (Sapinda-

cées) .

Songosongo Hov., Somosomana Bets. ;

E

Songosongomena. — Voir Songosongo (fleurs rougeâtres).
Songosongono. — Noir Songosongo.
Sonjamboae BL;

P

o ly sta c iiia cu lt r a t a

Lindl. (Orchidées).

upiiorbia

Sorindrana Bl.; S mithia C hamæcrista Benth. (Légumineuses).
— Voir Ivanivana.
Soroma Pr. — Voir Rongony.
comme excitant contre Ni vpochondrie et contre l'impuis­
sance (Dr Ramisiray, loc. cit., p. 104).

Achar. (Lichens).

Plante cultivée pour ses graines
Mana Bs., Tsindraranjaza Sak.

Songosongofotsy. — Voir Songosongo (fleurs jaunâtres).

Sorisory g. « ennui ». — Plante indéterminée employée

Somotsohy SI. ; K i g e l i a m a d a g a s c a r i e n s i s Bak. (Bignoniacces) . — Voir Lomotsohy.

Sondraranjaza Sa.;

(décoction de feuilles) et aussi contre les indigestions au
Menabe. — Ces deux espèces végétales sont très voisines.

Sonjo Pr. — Voir Anantsaonjo.

Somo et Somona Bl. — Noir Songosongo.
Somoro SL;

107

splendens

Boj. et E u p i i o r b i a B ojeri Ilook. (Euphorbiacées). — Les
Malgaches se purgent avec une décoction de la racine. Dans
l’ Imerina, on prend la même décoction contre la gonorrhée
et aussi contre les indigestions. Le suc laiteux est employé
comme rubéfiant et vésicant. Le I)r Ramisiray (loc. ci/.,
p. 02 ) indique l’emploi de cette plante contre la blennorrhagie

Soso S L ; D ioscorea Soso et D. B emandry Jum. et Perr. (Dioscoréacécs). — Voir Bemandry. — « La seconde espèce est
« vulgairement appelée bemandry, plus rarement soso. Très
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«

commune dans l’Ambongo et le Boina, elle est toutefois
localisée sur les terrains secondaires de la côte et disparaît vers l ’intérieur, sur les terrains cristallins des abords
du plateau central.
« Au-dessus du sol, la tige, qui provient d'un pivot souterrain persistant, est d'abord velue ; plus haut, elle est
couverte de nombreux aiguillons droits, caducs, ailés,
irrégulièrement confluents à la base ; elle s’élargit ensuite
légèrement (5 à fi millimètres de diamètre au lieu de 3 à
4 mm. plus bas) et insensiblement, et se ramifie. Les
rameaux supérieurs sont sans aiguillons, un peu pubescents.

«
«
«
«
«

&lt;c Les feuilles sont presque toujours alternes, très rarement opposées. Elles sont très polymorphes. Celles des
branches florifères sont glabres, pétiolées; le limbe est
oblong, aigu ou tronqué ou très faiblement cordé à la base,
peu rétréci au sommet, qui est anguleux ou arrondi, mais,
en tout cas, muni d’un tout petit mucron aigu. Le pétiole,

�198
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

creusé en gouttière en dessus, a 6 à 15 millimètres de
longueur; le limbe a de 5 à 7 centimètres de longueur, sur
2 à 3 centimètres de largeur. 11 y a 3 à 5 nervures principales; la médiane est droite, les deux suivantes sont
curvilignes, plus rapprochées des bords que de la nervure
médiane: les deux plus externes, plus fines que les trois
autres, sont tout à fait marginales. Sur d'autres rameaux,
les feuilles peuvent être à pétiole plus long, à limbe plus
étroit et allongé (8 à 9 centimètres, par exemple, sur 12 à
15 millimètres), avec une base tronquée ou même très
nettement hastée.
« l.es inflorescences mâles sont de longues grappes spici« formes, isolées ou par deux ou trois. L ’axe, glabre, cylin« drique, grêle, non ailé, d'un quart de millimètre environ
« d'épaisseur, a 15 à 20 centimètres de longueur; il porte, à
« des intervalles moyens de 3 millimètres, des pédicelles
« floraux, de 5 millimètres à peu près, qui restent simples
« ou, à 2 millimètres environ de la base, se ramifient une fois.
« Chaque pédicelle est ainsi uniflore ou bitlore ; à son
« insertion sur l’axe principal est une petite bractée; au
« niveau où il se ramifie est une bractéole.
« Un peu plus haut, une seconde bractéole, placée audessus de celle-ci sur la ramification, indique qu'il pourrait,
«&lt; à l’occasion, y avoir trois fleurs. Celte troisième fleur
« cependant paraît toujours manquer ; la seconde bractéole,
« d'ailleurs, peut faire elle-même défaut.
« Dans la fleur mâle, les trois sépales sont ovales« oblongs, obtus au sommet, qui est à peu près arrondi;
« ils sont soudés avec les pétales sur un millimètre environ
« et libres sur I mm. 1/2. Les trois pétales, jaune blanchâtre,
« sont un peu plus courts que les sépales; au-dessus de la
« partie soudée, les lobes sont triangulaires, obtus, presque
« aussi larges (1 mm. 1/4) a la base que hauts. La corolle
« ouverte a 4 millimètres de diamètre. Les étamines sont
« moins longues que la partie soudée du périanthe; elles
« atteignent à peu près le quart de la hauteur totale de ce
« périanthe. Les filets sont courts et larges, bruns; les
« athènres, plus ou moins globuleuses, sont blanches.

1911

« Les inflorescences femelles sont de longs épis simples,
de 20 â 25 centimètres, disposés aux aisselles des feuilles
comme les inflorescences mâles. Le long de 1axe, â des
intervalles de 1 centimètre, les fleurs, sessiles et réfléchies,
sont solitaires. L ovaire, de 7 à 10 millimètres environ de
hauteur, est sensiblement de même largeur à la base et au
sommet; il est glabre et surmonté de lobes périanthiques
semblables à ceux de la fleur mâle. Il y a six staminodes.
« Les fruits sont des capsules triailées, de 2 à 3 cenli« mètres de longueur sur 1 cm. 1/2 à 2 centimètres de lar« geur; ils sont nettement plus larges au sommet, qui est
« arrondi, qu’à la base. Lorsque le sommet a 3 centimètres
« de largeur (5 mm. sur 3 mm. 1/2), la base n'a que 2 cm.
« 1/2. Il y a deux graines par loge. Chacune est obovale,
« aiguë au point d insertion, arrondie au sommet. Un peu en
« deçà de ce sommet est une toute petite aile légèrement
« latérale, de 2 millimètres de largeur sur I millimètre à
« 1 mm. 1/2 de hauteur.
« Immédiatement au-dessous du sol, la tige est une souche
« pivotante de 8 à 10 millimètres de diamètre. A une pro« fondeur de 10 centimètres environ, cette souche ( fig. 8 bis)
« est divisée en deux branches, dont l une aboutit à un
« tubercule flétri, qui est le tubercule de l’année précé« dente, et l'autre à un tubercule frais, qui est le tubercule
« de l’année présente. Ces deux tubercules divergent sous
« un angle très obtus et sont presque horizontaux. Au« dessous du point où elle s'insère sur le stolon qui se ter« mine par le tubercule flétri, la branche qui a pour
« terminaison le tubercule frais s’enfonce encore dans le sol,
« en s'épaississant peu, sur une longueur de 10 centimètres
« à peu près ; ce n’est qu’ensuite qu'elle se renfle en devenant
« presque horizontale et en constituent un gros tubercule
« simple, atténué aux deux extrémités, de i-0 à 80 centi« mètres de longueur sur 8 à 12 centimètres d'épaisseur.
« Ce tubercule est blanc extérieurement et parsemé de
« petites radicelles courtes. Son poids est de 5 à G kilo« grammes. Il est très aqueux, un peu sucré. Les Sakalaves,

«
«
«
«
«
«
«

�200

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

« qui en sont très friands, le consomment cru » (fig. 8 bis).
i Jum. et Perr., Fragments biologiques sur lu Flore Je Mada­
gascar, Ann. du Musée col., 1010). — Appelé encore vul­
gairement Bemandry ou soso, le premier de ces deux Dioscorea est, par beaucoup de caractères, très voisin du précé­
dent; et on comprend que les indigènes donnent indifférem­
ment aux deux espèces le même nom.
,1e crois devoir insister sur les distinctions à établir entre
cette espèce et celles qui lui sont si affines comme forme, à
cause île l'intérêt pratique reposant sur la supériorité de son
tubercule et sur le peu d'exigences culturales réclamées par
cette plante, qu'il y a à ne pas les confondre.
« Les feuilles notamment sont à peu près semblables.
« Celles du Dioscorea Soso sont, comme celles du Dioscorea
» Bernandri/, glabres et, le plus ordinairement, oblongues
« ou ovales-allongées; mais cette forme générale peut, tout
« comme dans l'espèce précédente, varier suivant la posi« tion sur la plante.
iv Chez les toutes jeunes planlules ou à la base des
« jeunes pieds, le limbe est cordé-hasté inférieurement,
« avec des lobes obtus, longuement acuminé supérieure« ment; il a 8 à 11 centimètres de longueur sur 2 à 3 cenli« mètres de largeur. Au bas des tiges très vigoureuses, il
« est tronqué ou arrondi à la base, un peu rétréci dans
« les trois quarts supérieurs, acuminé dans le quart cor« respondant au sommet ; il a 12 à 15 centimètres de
&lt;( longueur et 3 à \ centimètres de largeur. Vers le milieu
« des tiges, il est ovale, rétréci et arrondi à la base, acu« miné dans le tiers supérieur; il a 7 à 8 centimètres de
« longueur et 3 centimètres à 3 cm. 1/2 de largeur. Sur les
« rameaux florifères, il est parfois rétréci en coin vers la
« base à partir du milieu, puis plus large dans la moitié
« supérieure, le sommet étant arrondi ou brusquement
« tronqué et terminé par un court acuinen ; il a A à 5 centi« mètres de longueur et 2 à 3 centimètres de largeur.
« D'autres fois, sur les mêmes branches florales, il est
« ovale-lancéolé, un peu arrondi et légèrement en cœur

«
«
li
«
«
«
«
a
;i
«
ii
«
u
«
«
ii
ii
u
u

«
ii

201

la base, très longuement acuminé en haut, avec cinq
nervures dont les deux latérales, beaucoup moins sail­
lantes que les trois autres, ne dépassent pas quelquefois
le tiers intérieur ; il a 12 centimètres environ de longueur,
sur 5 centimètres de largeur dans ce tiers inférieur et
2 cm. I /2 dans le tiers supérieur. Sur de très jeunes
pieds on peut trouver des feuilles ayant 16 centimètres
de longueur sur 6 centimètres de largeur.
u Toutes ces variations peuvent, d'ailleurs, être observées sur une même plante, avec toutes les formes intermédiaires possibles.
u Mais, d’une façon générale, le limbe est mince, xert
sombre, brillant sur la face supérieure. Le pétiole, de
5 à 13 millimètres, jaune dans les parties basses de la
plante, est toujours glabre, aplati ou à bords relevés en
dessus, souvent tordu et servant de vrille, parfois renflé
à la base et au sommet.
« L'espèce est dioïque. Les inflorescences sont en épis
axillaires pendants. On n'a pu jusqu’ici analyser les
fleurs; mais les fruits suffisent pour bien différencier ce
Dioscorea du précédent. Ils mûrissent en janvier et février.
« De 3 à A centimètres de longueur sur 12 à 16 millimètres de largeur, ils sont un peu plus allongés que les
capsules du Dioscorea Bemandry, mais leur sommet est
moins élargi et est anguleux au lieu d'être arrondi.

« L'axe qui les porte présente latéralement, de part e.tn d'autre, une petite expansion excessivement étroite qui
ii est comme un rudiment d’aile.
« Les graines, insérées vers le haut de chaque loge,
ii comme chez tous les Helmia, n ont d’aile que vers le
u sommet, comme chez le Dioscorea Bemandry, mais cette
« aile est ici très longue, plus longue ordinairement que la
u graine. Pour une graine obovale de 6 millimètres sur
« A, l'aile, insérée latéralement immédiatement en deçà
» du sommet arrondi, a, par exemple, 7 à 8 millimètres

�202

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

« de longueur sur l millimètres de largeur 1. Par ces seuls
« caractères aucune confusion n est déjà possible entre les
&lt;« deux Dioseorea ( D . Soso et D. Bemandry).
« Mais, en outre, tandis que les tiges du Dioseorea
« Bemandry sont subligneuses, épaisses, et ordinairement
« munies d'aiguillons, celle du Dioseorea Soso sont herba&lt;« cées et lisses. Ce n'est que tout à fait exceptionnellement
« qu elles portent quelques aiguillons mous, crochus, et à
« base dilatée.
« Les tubercules (tig. 8 bis) sont également distincts. Le
« Dioseorea Soso en possède deux, l’un frais et l’autre
« fané, comme le Dioseorea Bemandry, mais ces deux
« tubercules, qui se forment dans la latérite, au-dessous de
« la couche humifère, ne divergent ici que sous un angle
« très aigu (lig. 56 bis) et sont donc très obliques au lieu
« d’être presque horizontaux.
«« Cette différence de position tient-elle au terrain ?
« C'est possible, car, tandis que le Dioseorea Bemandry
« ne croît que dans les terrains secondaires de la côte, le
&lt;« Dioseorea Soso est, au contraire, spécial aux contreforts
«&lt; cristallins du plateau central. 11 vit dans la latérite, sur
« la lisière des bois, à Andriba, dans le Haut-Mahavavy, à
« Mevetanana, dans le Haut-Bemarivo, à Mandritsara. Il
« apparaît en somme, vers l’intérieur, aux niveaux où dis« parait l'espèce précédente (D . Bemandry).
« Le tubercule frais, de 10 à 80 centimètres de longueur,
« augmente progressivement de grosseur de sa base vers
« le sommet, où il atteint parfois 15 centimètres de dia« mètre. Le sommet, dépourvu des radicelles qui parsèment
« plus bas toute la surface de la tubérisation, est arrondi,
« et non aigu comme dans le Dioseorea Bemandry.
« Le tubercule pèse de 2 à 6 kilogrammes; il est quel« quefois ondulé, mais, en tout cas, toujours simple ; il est
1. Ceci, «lu moins, est vrai pour l'une des deux graines de chaque
loge; l’aile de l’autre graine peut être plus courte, tout eu restant plus
développée que chez le D . B e m a n d ry .

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

203

« blanc jaunâtre extérieurement, blanc à l'intérieur. Il est
« consommé cru comme le tubercule du Dioseorea Beman« dry, auquel il est toutefois un peu supérieur, car il est plus
« aqueux et plus sucré. Il vaut la meilleure pastèque. Comme
« la plupart des ignames, il est surtout bon avant le déve«« loppement de la tige aérienne.
« En résumé, les principaux caractères qui permettent de
« bien distinguer ces deux Dioseorea à feuilles presque sem« blables sont les suivants ;
Dioseorea Bemandry.
Tige subligneuse, épaisse, avec
aiguillons.
Axe de l’infrutescence sans
indication d'ailes.
Capsule à sommet élargi et
arrondi.
Graines avec une aile très
courte.
Tubercules presque horizon­
taux.
Tubercules frais à sommet
aminci.
Tubercule un peu sucré.
Espèce des terrains secon­
daires.

Dioseorea Soso.
Tige herbacée, lisse.
Axe de l’infrutescence avec
indication d’ailes.
Capsule allongée, à sommet
anguleux.
Graines avec une aile très
longue.
Tubercules obliques.
Tubercules frais à sommet
arrondi.
Tubercule très sucré.
Espèce des terrains gneissùpies et granitiques.

« Les deux espèces, avons-nous dit, sont appelées l’une
« et l’autre bemandry et SOSO. Cependant, c’est bien surtout
« à la première que doit s’appliquer le nom de bemandry,
« qui signifie «&lt; gros couché » (be, gros; mandry. couché),
« et est incontestablement une allusion à la position presque
« horizontale des tubercules. En fait, la seconde espèce est
« bien plus souvent nommée soso ; si les Sakalaves la
« désignent, quelquefois sous le terme de bemandry. c’est
« parce qu'ils la confondent, par ses feuilles, avec le vrai
«&lt; bemandry. Cette confusion a surtout lieu dans les régions
« où le vrai bemandry est rare et peu connu ; dans les

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

20 i
«
«
«
«
«
«

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

«

régions où, au contraire, le voisinage, des différents terrains
permet de rencontrer fréquemment les deux plantes, la
distinction est bien mieux faite par les indigènes euxmêmes. Les deux Dioscorea reçoivent ici respectivement
le nom qui leur convient et qui est celui que nous avons
adopté pour chacun d’eux comme terme spécifique.
« Dans les terres latéritiques, ordinairement si pauvres,
le Dioscorea Soso offre, au point de vue économique, u n

«

RÉEL

INTÉRÊT

COMME

PLANTE

ALIMENTAIRE

ET

A

FÉCULE

« (Jumelle et Perr., loc. cit.) ».

Sosety IL ;

L

u f f a æ gyptiaca

Mill. Cucurbitacées).

Sosoety-Sotisoty IL — Voir Sosety.
Savoka IL ;

D

albkrgia

pterocarpifolia

Bak. ( Légumineuses).

— Bois d’ébénisterie.

T

Tabaka Bs. — N oir Lobaka.
Tabebaka Sa. — Voir Avovina,
Tabiha IL ;

L y c o p e r s i c u m e s c u l e n t u m Dunal. (Solanées). —
Tomate (plante introduite). — Voir Babonga, Boabonga,

Voabonga, Voandamora.

Taborontahalaka BL;
Voir Malalia.
Taho Bs. ; A rum
Saonjo.

J usslea

esculentum

m ultiflora

erecta

Boxb. [Lythra-

Tainakoho IL — Voir Sanatry et Fanerana.
Taindanibo IL — Voir Ahipody.

L. [Onagrariées).

—

L. [Aroïdées). — Voir Horirika,

Taindalika IL ; S e t a r i a g l a u c a Beauv. [Graminées). — Voir
Ahipodi, Tenindalitra.
Tainkilotra. Taingilotra Sak., Agy Bets. ;

Taikakoho IL ; P s o r o s p e r m u m f a n e r a n a Bak. [Hypéricinées) .
— Voir Hazonakoho, Taikakoho. Tongobositra. Voantainakoho ; C ass ta l.evigata Willd. (.Légumineuses).
Taimborontsilozag;

introduite. — Le Dr Ramisiray [loc. cil., p. 77) dit que ;
« Cette herbe d’une odeur repoussante et amère est employée
comme vermifuge ; on pile les tiges, on les presse dans
l ’eau et on avale le suc ainsi obtenu, dose : 25 à 50 grammes
de liquide. » Il est dillicile, cette plante étant bien connue
en matière médicale, de ne pas conclure que le Dr Ramisiray
n’a pas porté son observation sur le thé ou ambroisie du
Mexique, il s’agit probablement d’un autre Chenopodium à
odeur puante comme le Ch. vulvaria L. Cependant le
Dictionnaire malgache de Richardson identifie bien, comme
je l’ai fait, la plante dont il s’agit ici, et cela sans indication
de doute, en disant que le Taimborontsiloza a été introduit
depuis peu à Madagascar, sous un nom qui signifie « fiente
de dindon ». Cette plante, dit le R. Dursap, est même très
commune dans les hauteurs de Madagascar, et sa cendre
est employée par les Ho vas pour fabriquer un savon noir,
bille y est utilisée contre la petite vérole en bains de vapeur
et contre certaines maladies des poules. On se sert des
feuilles et sommités fleuries en décoction, 5 pour 1.000
d’eau, et en infusion vermifuge, 8 pour 150. Le suc de la
plante est également employé comme vermifuge ; la poudre
de la plante en topique et de 1 à 5 grammes à 1intérieur;
les maladies contre lesquelles on l’applique sont : les con­
vulsions, vers intestinaux, aménorrhées, ulcères gangréneux,
pyohémie, gastralgies, enfin affections nerveuses. — Voir

Tetronokoloba.

Taborimbahiny IL — Voir Ahibitsika.
Taboronjazalahy BL; A m m a n n i a
riées). — Voir Rongonimbary.

C

205

henopod ium ambrosioides

L.

(Composées),

M

ccuna

pruriens

RC. [Légumineuses). — Plante grimpante qui n’est en
abondance que sur les côtes et à moyenne hauteur dans
Madagascar. Elle est redoutée des travailleurs ruraux à
cause des poils irritants dont ses gousses sont recouvertes.

�206

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Ou lui reconnaît des propriétés aphrodisiaques, toniques,
nerveuses, diurétiques, et on les emploie contre le choléra,
l'hémiplégie et les hémorrkoïdes. On utilise les poils comme
irritants et les graines comme aphrodisiaques. On donne
alors ces dernières en décoction dans le lait : i80 grammes
pour 4.000 de lait.

Taintona llov., Hazotana B1., Hazotanty prov. ; P iiy l l a m iiu s
Soy.-Will. (Gastique rouge) et P iiyllan tu ls
Müll. d'Argov. [E u p h o r b i a c é e s ) . — Ces
espèces, et notamment la première, sont à Madagascar très
répandues. Le bois sert h faire des paniers de pêche. C'est
un astringent détersif des plaies renommé aussi contre la
dysenterie et la diarrhée. On emploie surtout l’écorce du
tronc et des rameaux en décoction : I" on saupoudre les
plaies anciennes avec de la poudre d'écorce ; 2“ les bubons
syphilitiques et les abcès sont recouverts, par les Betsileo,
avec la pulpe de tige râpée fraîche; 3° contre l'impuissance
génésique (formule Rainilimbo) : mêler la racine de Gastique
rouge râpée avec celle de takongona et de fataka, y ajouter
un peu d'eau et prendre le liquide. Le même empirique,
dont la réputation est bien assise, traite avec succès les
maladies vénériennes parla même plante. — Voir Faintina,

castra m

madac.ascari en sis

Lanory, Hazontana. Takongona, Kimoevavy, Somaradindona.
Tagonkana g. ; C y a t h il a
— Voir Taintona.

globulieera

Moq. ( A m a r a n l h a c é e s ).

Takasina IL ; M elastoma sp. ( M e la s to m a c é e s ).
Takorobabonakoho Hov. « gésier de poule » ; G eissoriiiza
B ojeri Baker [ I r i d é e s ). — Les Malgaches emploient le bulbe

de cette plante herbacée à titre de stomachique, digestif,
antisyphilitique (voir Voavahyi. Ils saupoudrent les ulcé­
rations de toute nature avec la cendre de cette plante et y
superposent la poudre de Salsepareille indigène (voir Fan-

drikibodisy).

207

Takorobabonakoho I L ;

L i g j u t o o t i a m a d a g a s c a r i e n s i s A. DG.
[Campanulacées) ; G e i s s o r i i i z a B ojeri Bak. ( Iriüées); W a h l e m r e r g i a B oj e ri A. DG. (Campanulâcées) .

Takotako g. — Chez les Sakalaves c'est un arbre indéterminé;
à Nossi-Bé et chez les Betsimaraka, c’est une robuste
Cueurhitacée dont le fruit est employé en guise de savon
pour laver le linge. Chez les Antsianaka, c’est F A d e n o p u s
breviflo rus
Benth. que les habitants du pays emploient
contre la gale. Dans ces deux derniers cas qui pourraient se
confondre, c’est donc une Cueurhitacée.

Takotsifotra Sa. ; T e r a m n u s

laimalis

Spreng. ( Légumineuses).

Talandoha g. ;

L a n d o l p i i i a R i c h a r d i a n a Pierre ( Apocynées). —
Liane donnant un bon caoutchouc de la côte Est. — Voir

Voahona.
Tambako Pr. — Voir Lobaka.
Tambakolahy Sa.
Voir Sevabe.

; S olanum

auriculatum

Ait. ( Solanées). —

Tambakombako BL, « herbe de la jouissance » ; E l e p h a n t o p u s
s c a b e r L. [Composées). — Cette plante herbacée vient même
dans les terrains secs et arides. On lui attribue des proprié­
tés diurétiques et fébrifuges.

Tambaribarisa SL ; G u e t t a r d a
Tambaritsahona H. ;

R

speciosa

adamea montana

L. (Ruhiacées).
Bth. (Scrophulariées).

Tambazotse. — Voir Mana.
Tambelomanana H. ; Dilobeia T houarsii R. et S. (Protéacées).
— Voir Vivaona.
Tambintsy Betsil.

Baker
( Ily p é r ici nées) . — Arbuste dont la racine en cataplasme et
les feuilles en décoction sont employées contre la gale et
les eczémas. Le DpRamisiray (loc. cit., p. 82) cite la décoc­
tion de cette plante comme servant à arroser les pansements
des ulcères.

Tambolo g. ;

;

P

sorospermum

B uchnera

a n d r o s .e m i f o l i u m

leptostachya

Benth. (Scrophulari-

�208

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

nées K — Herbe don! les Malgaches se servent pour noircir
leurs dents.

Tamboloana II.;

P

olygonum

m e isner ia num

C. et S. (Polygo­

nees).
Bentli. [Scrophulariées). — Memes emplois que Tambolo (voir ce mot).
B uchnera

P olygonum

capitata

brachypodum

Bak. (Polygonées).

Tambonono SI.; S e c a m o n k l i g u s t r i e o l i a Decne. ( Asclépiadées).
— Plante employée en décoction par les Sakalaves pour
augmenter la sécrétion lactée.

Tambora Bl.;

K alanchoe I I ildebrandtu

Tamboro Pr. ; B u c h n e r a
— Voir Tambolo.
L

econtea

B ojeriana

leptostaciiya

Baill. (Crassulacées).

Bentli. (.Scrophulariées).

A. Rich. (Rubiacées). — Voir Laingo,

Laingomainbo.
Tamborokijoa Bl. ;

B

uchnera leptostaciiya

Bentli. (.Scrophu-

lariées). — N oir Tambolo.

Tamborokijoalahy Bl. ;

P olygarpæ a

corymbosa

Lam. (Cargo-

ph y liées).

Tamboromantsina Bl. — Voir Laingo.
Tamborombahiny II. — Noir Ahibitsika.
Tamboronaombe Bets. ;

D a n a i s i r a g r a n s Comm. [Rubiacées).
— Liane commune à Madagascar, La Réunion, Maurice et
Rodrigue, qui porte le nom de Liane bœuf, liane de bois
jaune. La racine est employée fraîche comme un vulnéraire
puissant, et la décoction passe pour fébrifuge, bien qu’elle
ne renferme aucun alcaloïde analogue à ceux des quinquinas.
Dans un mémoire sur cette plante !, nous avons démontré
en effet, M. Schlagdenhaulfen et moi, que le principe actif
est une matière colorante, la danaïne, glucoside (C 1'1IL ' (L)
se dédoublant en glucose et danaïdine (C'™ H20 0e).
L ’écorce de la tige, qui porte le nom de bois à dartres, est

1.

employée dans le traitement des affections cutanées ; on la
substitue souvent à celle de la racine.

Tamboronjazalahy Bl. — Voir Rongonimbary.
Tamborontahalaka BL — Voir Malalia.

Tambolondrano II.;
Tambonoana II. ;

209

J o u r n a l de P h a r m a c ie et de C h im ie ,

1885, p. 477.

Tamenaka g. — On trouve sous ce nom jusque sur les hauts
plateaux de Madagascar et sur les marchés, deux Co/nbréfa cées vermifuges par leurs graines : 1° Lune à fruit ailé, c’est
le Q u i s q u a l i s m a d a g a s c a r i e n s i s Boj., et l’autre à fruit lisse
du volume d’un œuf de pigeon, provenant des C o m r r e t u m
pachycladum
et C. p i i a n e r o p e t a l u m Baker. Les amandes
s’emploient comme vermifuges et tænifuges, il sulïit d’en
manger 6 à 7 ; mais si on dépassait cette dose, il pourrait
survenir des accidents (spasmes nerveux).

Tamotamo g. ;

C u r c u m a l o n g a L. [Amomacées). — Le Curcuma ou safran des Indes a vraisemblablement été intro­
duit d’Asie à Madagascar : mais on l’y trouve partout
comme dans sa propre patrie et il existe en telle quantité
que le rhizome n’a aucune valeur vénale sur les marchés.
Ce rhizome est employé pour la teinture et en médecine.
L ’ Indigo et le Curcuma sont les deux colorants les plus
appréciés à Madagascar. Avec ces deux couleurs et quelques
terres rouges ou violettes, les Malgaches, qui commencent
à soigner leur habitation, en embellissent les appartements
avec un certain art et quelque goût.
Les propriétés reconnues au rhizome sont les suivantes :
tonique, stimulant, apéritif, carminatif, cordial, emménagogue, astringent, détersif, fondant, diurétique. Doses :
rhizome, S à 10 grammes pour 1.000 d’eau en infusion ou en
décoction ; poudre, 2 à i grammes ; suc frais, 5 à 15
grammes : 1° contre la phtisie pulmonaire, toux, bronchite ;
Curcuma, o à 10 grammes; harongana (sommités), G0
' grammes; eau, 1.200, en décoction ou infusion à prendre
dans la journée ; 2° contre les ulcères syphilitiques (m. m.)
saupoudrer la plaie avec la poudre de Curcuma après l’avoir
lavée avec la décoction du même rhizome ; 3° contre l’anthrax

Annales du Musée colonial de Marseille. — 2* série, 8” vol. 1910.

14

�210

PLANTES l Tl LES DE MADAGASCAR

(m. m.) : suc de feuilles de pignon d’Inde, de safran d'Inde et
d'Anamamy en lotions et cataplasmes ou topiques ; 4° contre
les ganglions 'engorgés : prendre 21 sommités d'hafotra
avant le lever du soleil, piler et faire bouillir pour un bain de
vapeur, puis pulpe de Curcuma et terre blanche pulvérisée
à joindre à la décoction d’hafotra et suif bouillant : le tout en
topique; 5°contre les catarrhes opiniâtres : prendre tous les
matins I 5 grammes de suc exprimé de rhizomes frais dans une
tasse de lait et une cuillerée de rhum ; G0contre l’hémoptysie :
prendre Curcuma en poudre, une cuillerée à bouche dans
720 grammes d’eau; â ingurgiter par petites tasses après
avoir agité et tamisé; 7° contre diarrhée aqueuse, contre la
rétention d’urine causée par les calculs : prendre la décoction,
l’infusion ou la poudre île Curcuma ; 8° contre les ulcères de
mauvaise nature : prendre du Curcuma comme topique pour
déterger la plaie; 9° contre l ’ophthalmie purulente et catar­
rhale : prendre de Curcuma 30 pour G00 grammes d’eau en
décoction ou collyre et employer en lotions ou compresses;
10° contre les lièvres : les Betsileo prennent des bains de
vapeur avec les feuilles.

Tamotamoanala H. — Safran sauvage.
Tamotamonkova II. — Safran cultivé en Imerina.
Tampia SI. ; E r y t h r o x y l o n
Tanaho Bs. ;
Volotsara.

P

o inciana

platyclados

r e gi a

Boj. (Linées).

Boj. ( Légumineuses). — Voir

Tanantanananga H. — Voir Kinamena.
Tanantanambazaha H. — Voir Kinapotsy.
Tanantanampotsy Hov., Kinampotsy Bl., Voanongo Sak. ;
cu rc a s L. (Euphorbiacées). — On trouve le grand
Pignon d'Inde ou médecinier dans tout Madagascar. 11
est particulièrement utilisé dans toutes ses parties au pays
d’ Handra, région ouest de Betsileo. Les graines, et l’huile
qui en est extraite, sont un article de commerce important
dans ce pays. Toute la plante est douée de vertus médici-

Ja t r o p h a

PLANTES UTILES DE .MADAGASCAR

211

unies : les racines sont, suivant la dose, purgatives et vomi­
tives ; le bois est employé par les Malgaches comme anti­
diarrhéique; le latex est odontalgique, hémostatique, déter­
sif des plaies et constitue un excellent collutoire. On
applique les feuilles en cataplasmes sur les seins engorgés;
leur décoction est détersive et tout à la fois laxative. L ’huile
des graines et les graines elles-mêmes sont trop connues
dans leurs propriétés purgatives pour qu'il faille y insister
ici. L ’emploi de ces graines en nature à titre de purgatil
est dangereux, car deux seulement suilisent à déterminer
une superpurgation : nos matelots, maintes fois, et les soldats
de l’escorte du résident général descendant de Tananarive à
Majunga en 1894, en ont fait l’expérience. — Doses :
feuilles 50 pour 500 grammes d’eau en décoction ; lait q. s.
en topique; racine en poudre I à 3 grammes à l’intérieur, et
q. s. à l ’extérieur en topique; semences 2 graines pour
une purgation : 1° contre les plaies syphilitiques profondes
(manuscrit malgache) : laver avec une décoction de feuilles
et recouvrir avec la pulpe de la racine de trongafotsy (voir
ce mot) ; 2° contre la diarrhée : prendre 3 centimètres de
bois, le hacher menu, chauffer dans une cuillerée d’eau et
boire d’un seul coup ; 3° contre la diphtérie pharyngée,
prendre du latex obtenu par incisions de l’écorce de la tige
et appliquer en topique (collutoire) soit dans la gorge, soit
dans les fosses nasales. Si les couennes reparaissent, recom­
mencer l’application locale du latex soit avec un pinceau,
soit avec une plume (barbes) : le R. Dursap affirme avoir
obtenu de très bons résultats par ce procédé ; 4° contre les
hémorrhagies traumatiques, appliquer le même latex en
topique : il n’en résulte aucune douleur, ce qui indique que
le latex n’agit pas comme caustique mais coagide simple­
ment le sang et a une action hémostatique ; G0 pour aug­
menter la sécrétion lactée, appliquer des feuilles bouillies
de pignon d ’Inde en cataplasmes sur les seins : en quelques
heures Tellet est manifeste ; 7° les Betsileo prennent
contre les fièvres malariennes des bains de feuilles de pignon
d ’Inde. — Voir Kizika.

�212

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Tanantanana.— Nom générique des plantes donnant de l'huile.
Tanantanankisoa II. — Voir Kinapotsy.
Tanantanamanga. — Voir Kinamena Mets.
Tanderay Bl. ; G ompiiocarpus

frcticosus H. Br. (Asclépiacides).
— On emploie pour coussins les aigrettes soyeuses des
graines. — Voir Fanora, Fanory, Matsivina.

Tandrantany H. ; E u p h o r b i a
cées). — Noir Tandrotamy.

tr ich o ph vlla

Bak. (.Eup/iorbia-

Tandrokamporana Sa. — Voir Tandrokosy.
Tandrokosy g., « cornes de houe » : P entopf.tia

andros.emifo ­

Decaisne ( Asclépiadées). — Cet arbrisseau lire son
nom malgache de la disposition de ses fruits lisses et acérés
réunis deux à deux en forme de cornes de bouc. Les
racines en sont émétiques, diurétiques et diaphoniques : à
petites doses, elles agissent comme toniques. Les Malgaches
emploient l’écorce de la tige en infusion émétocathartique ;
les feuilles comme diurétiques et les racines comme alexipharmaques. La plante serait un poison pour les chiens, et,
suivant les doses, deviendrait émétique, diurétique, fébri­
fuge, tonique, antipyrétique et toxique.
lia

Tandrokosilahy BL ; S e c a m o n e TENuiFOLuDecne (Asclépiadées).

sa forme notre laurier-rose, n’existe que dans la région
côtière de File. On n’en vend pas moins, plus ou moins
secrètement, les fruits dans les bazars, même k Tananarive.
Ce fruit contient une graine nommée Kebona par les Mal­
gaches, et qui en est la partie toxique et médicamenteuse. Elle
a été, par son emploi comme poison d’épreuve, une des causes
de la dépopulation de 1 île. L ’épreuve du Tanghin est aujour­
d'hui prohibée sous peine de mort, soit pour le fournisseur,
soit, pour L’administrateur de ce poison. La dose légale en
était de deux amandes râpées dans l'eau, soit de i grammes
au moins. Les empiriques malgaches se servent encore du
Tanghin comme remède contre les maladies du cœur, du
foie, de la rate, à la dose de 0 gr. 05 k 0 gr. 50, et ce n’est
pas toujours sans danger qu’ils l’administrent à cette der­
nière dose, qui cause quelquefois de violents vomisse­
ments et des selles abondantes accompagnées de vertiges
et de sueurs profuses. On le donne aussi contre l’atonie
intestinale, les tremblements, l'incontinence d’urine noc­
turne, les paralysies toxiques k la dose de 0 gr. 05 k
0 gr. 10. Chez les Tsiméhity, dès la naissance de l'enfant,
on attache un demi-fruit au poignet de la mère. De cette
façon, l ’enfant sera moins sujet à la peur et pleurera moins
(Dandouau). — Voir Kisopa, Kebona.

Tandroroho Bs. — N oir Andrakadraka.

Tangenimboalavo IL — Voir Tangemboalavo.

Tandrotamy g. ;

TangentScThona II. ;
Voir Keliomandra.

Bak. (.Euphorbia cées). — Plante qui, au dire d’un empirique malgache
(d'après le R. Dursap), prise en lotions aqueuses ou en
fomentations sur l’abdomen, produirait des effets purgatifs.
E

tphorbia

trich oph vlla

— Voir Fampiadinanketa et Tandrantany.

E

uphorbia

prim ulæ folia

Bak. (Euphor-

Jjlacées).

Tangenag. ;

Poir. ( Apocynées). — C ’est
le poison d’épreuve et le remède célèbre, connu sous le
nom de Tanghin. Cet arbuste, qui rappelle par son port et
T a n g iiim a

v e n f .n i f e r a

E t iiu l ia

conyzoides

L. ( Composées). —

Tangilotra SL — Voir Tainkilotra.
Tangina Bl. — Voir Tsileondroaho.
Tanikandro IL et Taninkandro IL — Voir Kimboiboitany.

Tangembavy SL — Voir Kisompa.
Tangemboalavo IL ;

213

Tankilotra SL — Voir A gyTankosina IL — Voir Tanterakala.
Tantama IL — Voir Voalefoka.
Tantangindrano IL ;

H

elia

ulvæ fo lia

Bueh. ( Hydrochari-

�211

PLANTES l'TILES DE MADAGASCAR

Tanterakala g-, « perce-bosquet », Kipongololo, « baie des
mânes », Kisira Betsil ; E m b e l i a c o n c i n n a Bak. ( Myrsinées).
— Cet arbuste est très commun dans les fourrés, au pied
des grandes roches. Les fruits ont la saveur et les dimen­
sions de ceux du poivrier. Le végétal se dépouille totale­
ment de ses feuilles, puis se couvre entièrement de fleurs
et de fruits : les feuilles réapparaissent en même temps
que les fruits. Les Malgaches mâchent les feuilles pour se
noircir les dents et en prennent la décoction aqueuse en
tisane et fomentation contre les coliques : l’infusion de la
racine est employée comme vermifuge. La pulpe rougeâtre
de cette racine aromatique est très en honneur chez les
Betsileo, en topique sur les bubons syphilitiques. Il est
probable que E m b e l i a m a d a g a s c a r i e n s i s A. D C . et E . v i l l o s a Baker, également originaires de Madagascar, sont doués
des mêmes vertus et employés indifféremment aux mêmes
usages par les indigènes. On sait que dans l’ Inde YEmbelia
Iiibes est en honneur comme authelminthique et même tænifuge fD1 Harris). On en donne communément aux enfants
quelques graines en poudre dans du lait (2 gr. pour un
enfant, i gr. pour un adulte), mais on fait précéder d’un
purgatif leur administration. — Voir Kalamasimbolena.

Tapabatana Ant., Yak., « moitié de corps» ; T a c i i i a d e n u s

lon-

Griseb. (Gentianées). — Arbuste qui serait un poi­
son agissant à petite dose comme purgatif. Le Dr Ramisiray
( loc. ci/., p. 75) indique, sous le même nom, une « herbe
« remarquable par ses belles (leurs blanches et purgative
« même à petite dose » , c’est le R h o d o c o d o n m a d a g à s c a i u e n sis Baker (Liliacces), connu chez les Betsileo sous le nom
de Kilobaloba.

giflores

Tapaka H. ; R a v e n s a r a

T a p a k Bail 1. (Laurinées). — Plante
feuilles, à écorce et à fruits aromatiques.

Tapetaka Bs. ;
A

p o .n o g e t o n

O

fenestralis
Poir. (Naïadacées) ;
Thou. {Naïadacées). — Tubercules

u v ir an d r a

fenestralis

à

comestibles. — Voir Voarandrano, Ovirandra.

�215

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Tapiag., Tapea. Hazinina, Kijy ou Kisy,

C hrysopia

macrophylla

Gamb. (Gutlifères), — Arbuste dont le fruit est comestible
et dont les feuilles sont employées par les indigènes pour
l ’élevage du ver à soie sauvage ( Iiorocera madacjascariensis).

Fig. 58. — Région des Tapias Chrysopia macrophylla), à Madagascar,
entre Vinaninkarena et Itaka.

La tige fournirait le meilleur produit à mêler au tabac à pri­
ser pour augmenter ses propriétés sternutatoires. Résine
découlant du tronc, verte, ductile, parfumée (fig. 57 et 58).

Tapitsakondry Bs. — Voir Aika.
Taranjana H. ;

P

anax

Taranta Tan. ; R fius
Maroavolona.

am plif o lium
taratana

Bak. (Araliacées).

Bak. ( Anacardiacées). — V oir

Taretra H .; A gave
gigantëa

I x t l i Karv. (Amaryllidées) ;
Vent. (Arnaryllidées).

F ourcroya

Taritaribazaha H. — Voir Kimoaembazaha.
Tarobazaha, Taritaribazaha Hov., Kimoaembazaba et Kimoaevavy Bl. ; A m a r a n t i i u s i i v p o c h o n d r i a c u s L. (Amaranthacées).
— Herbe introduite et employée comme potagère k Mada-

�216

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

gascar. Contre la goutte, les Malgaches en préparent un bain
de vapeur en la mêlant aux sommités du dingandingana (voir
ce mot), à de la cendre de bouse de vache et du charbon. Sous
les mêmes noms, on désigne deux autres plantes de la même
famille : C y a t h u l a g l o b i l i f e r a Moq. et C . g e n i c u l a t a L o u reiro, qui sont administrées sous forme d'infusion contre les
maladies vénériennes.

Tarokazo Bl. ; C u s s o n i a

V

antsilana

217

noms de Arrow-root de Tahiti ou de Williams ou encore de
fécule de Pia. — Voir Kobitso, Kabija.
C'est une fécule d'aspect très blanc, avec quelques gru­
meaux. Cri très marqué. Au premier coup d'œil, au
microscope, on pense à une fécule de Manioc et la distinc­
tion reste difficile. Grains simples rares; ceux qui paraissent
sphériques montrent souvent des facettes si l’on fait varier le

Bak. (Araliacées).

Taroroka Bl. ; Fiers sp. ( Urticées). — Voir Adaboala.
Tatamo II. SI. ;

X

y .m p m .e a s t e l l a t a

W illd. — Voir Voalefoka.

Tatamokirana II.; N ymphéa L otus L. (Nympliéncées).
Tatamontolo Sa. ; L i m n a n t h e m u m
Tatangindrano II. ; O t t e l i a

ixdicum

u l v .e f o u a

Griseb. ( Gentianées).

Buch. ( IJi/drocaridées).

Tavivolalahy Bl.. Ranjo Hov., Tsihasinkasina Sak., Tsimitrona Tank., désignent à Madagascar le D r a c æ n a r e f l e x a
var. salicifolia Lamk ( Liliacées) employé fréquemment en
médecine, comme l est, à La Réunion, le D r a c . f e r r e a L.
connu sous les noms de Bois de chandelles ronge et qui,
selon Daruty, serait abortif, astringent, hémostatique et
antidysménorrhéique. Dans les hauteurs de Madagascar on
trouve, et les Antsianaka emploient contre la fièvre (sous
forme de bain de vapeur) le D rac .e n a e l l i p t i c a Thumb.,
désigné par les Sakalaves sous les noms de Kosingola,
Kosimbavy, enfin le D r a c æ n a a n g u s t i f o l i a Roxb. sous les
noms de Kosina Hov. et Tavivolavary Bl.

Tavivolavavy Bl. — Voir Hasimbavy.
Tavo II. :

C ucurbita

pepo

L. (Cucurhitacées). — Voir Babaka.

Tavolahy Menabe et Tavinolalahy Btsl. ;

D

racena

reflexa,

variété salicifolia Lam. ( Liliacées). — Colore les dents en
noir et les préserve de la carie.

Tavolo Hov., Kabija Sak.; T acca

p i n n a t i f i d a Forst. ( Taccacées). — Le tubercule de cette plante, commune à Mada­
gascar. donne une fécule connue commercialement sous les

point. Grains composés, tous séparés les uns des autres,
d’où absence de ces grains jumeaux si fréquents dans le
Manioc. Les tout petits grains sont relativement rares et
largement polyédriques avec un côté convexe. Les gros
grains en cloche largement évasés sont très abondants et
rarement rétrécis à leur base (différence avec les grains
similaires du Manioc) ; beaucoup sont irréguliers et pré­
sentent de multiples facettes ^fig. 59).

�218

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

219

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Dimensions. — Les petits, peu nombreux, ont 7 g, la
grande masse 15 à 25. Ceux de 30 sont rares.

Tendrofony Bs. — Arbuste non identifié, dont les Betsimisa-

Hile. — Prescpie partout visible, en étoile de trois à cinq
branches ; quelquefois en fente. Rarement punctiforme.

Tendroibo I L ;

Stries. — Bien visibles sur les gros grains et régulière­
ment concentriques, au moins près du hile. — Transparence
relativement assez grande, bien que les grains ne soient
pas aplatis.

raka tirent un r-emède contre les maladies des yeux.
xanthoclada

C r o ta lar ia

Bak. (Légumineuses).

— Plante textile. — Voir Laingokalana.

Tendroroho

g . ; T r a c i i y l o b u m v e r r u c o s u m Gaertn. (Léyumineuses). — Arbre producteur du copal ; abondant sur toute

la côte Ouest. — Voir Mandrofo, Nandrorofo.

Tenimpody IL — Fodilahimena.

Lumière polarisée. — Donne une croix assez nette ; les
grains sont brillamment éclairés.

Tenina I L ; I mperata arundinàcea Cyr. (Graminées . — Plante
à litière. — Voir Manevica, Tenona, Tsevoka.

Iode. — Coloration énergique par les solutions. —
Vapeurs : à sec, teinte blanc crème ; humide, de couleur
violet légèrement rosé.

Tenindahy

Teinture de Gayac. — Sans action (L. Planchon et Juillet,
Etude sur quelques fécules coloniales, 1909, Annales du
Musée colonial de Marseille).

Tavolohazo, Vivaona g. ;

Rœm. et Schult.
(Protéacées). — Arbre dont la graine sert à préparer une
huile que les femmes indigènes emploient dans leur toilette
et dont le bois sert de torche aux voyageurs et travailleurs
de nuit. — Voir Hovao, Tavolohazo.
D

ilo b e ia

T

h o u a rsii

Tavololahy SI. — Voir Ranjo.
Teloravina Hov. ;

Tenindalitra IL ;
Tainvambo.

S etaria

glaüca

Beauv. (Graminéesi. — Voir

Tenona IL — Voir Tenina.
Tenondahy B l.;
Tentina

et

C artopodium

Tentona IL ;

P

plan t ag in e u m

hyllanthus

Ridl. ( Orchidées).

casticum

Soy. W ill*

( Euphorhiacées). — Voir Taintona.

Bojer (Euphor­
hiacées). — Liane dont on se sert pour teindre en noir le
raphia. Elle est aussi employée par les Malgaches comme
détersive : ils râpent la racine, la mêlent à la cendre des
feuilles et appliquent le tout sur les plaies anciennes.
D ale c h a m pia

: G l a d i o l u s i g n e s c e n s Bojer. — Le bulbe est
employé comme maturatif et fondant: 1° contre les anthrax
et les abcès; ràpure du bulbe en topique; 2° contre les
ganglions engorgés, tumeurs scrofuleuses : cendres de feuilles
mêlées à du suif pour faire un onguent appliqué comme
topique. — Voir Fodilahimena, Kitenindagy.
g.

c le m a tif o lia

Telorirana H.; C yperus sp. ( Cypéracées). — Voir Vendrandambo.
Telovitrana IL ; H eliciirysum sp. (Composées). — V oir Fotsiavadika.
Telovitranankaratra IL ; L ightfootia Madagascar! ensis DC.
[Campa nu lacées). — Voir Telovitranankaratra.

Terifanga Sa.;

C u c u r b i t a l a g e n a r i a L. (Cucurhitacées). —
Gourde. — Voir Andrivolahy, Arivolahy.

Tetrolokoloba Bs. — Voir Taimborantsiloza.
Tifotifo SI. ;

C

r o to n e l j s a g n o i d e s

Balf. (Euphorhiacées).

Timimbo Bs. — Voir Fotsivony.
Tindinona IL ; C a s s i n o p s i s
— Voir Hazontozo.
Titsombambara Bl. ;
ILabiées).

A

m a d a g a s c a r i e .n s is

chyrospermum

Baill. ( Olacinées).

fruticosum

Benth.

�220

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Toaremy Bl. :

K ala nciio e

iiilderr and th

Baill. (Crassu lacées).

— Plante grasse à écorce résineuse parfumée brûlant même
à l'état vert (odeur de benjoin et d’encens).

Tobaka Tan. — Voir Lobaka.
Todinga Bs. ; S a r c o l æ n a
M

imlsops costata

Thou. — ( CMenacées) et
Hartog. (Sapolacées). — Voir Vandrozana,
gr and iflo ra

Voajabo.

Tongoalahy Bl. ;

L oranthljs B a r o n i

Tongobintsy Sa. ;
ravavy.

M

Bak. (Loranthacées).

sp. (Ltubiacées). — Voir Fato-

l s s .k n d a

Tongoboka II. ; I pomæa sp. (Convolvulacées). — Voir Kanjo,
Marovelo.
Tongobositra. Tongobosotra ; P s o r o s p e r m u m
(Hypéricinécs). — Voir Farerana.

Tohiravina SI. — Voir Zaliana. — Mêmes propriétés.

Tongogaga Bl. — Voir Tangotsokina.

Toho H .;

Tongolo 11., Tongolobe II. ;

G y m n o s p o r l a r r a c i i y s t a c i i y a Bak. (Ce las tracées). —
'Arbre dont les feuilles sont employées comme antipsoriques.

— Voir Hazondrano.

Toianibazaha Bl.;

triticoides

Fodilahimena, Horompotsy.

A

llium

cepa

A

llium

sativum

L. f Liliacées). — Ail. Intro­

duit pour la culture potagère.

Tongolondambo II.;

D

ipcadi

I I ild eb ra ndt ii

Damm. (Liliacées .

Tongolonkova II. — Voir Tongologasy.

Tokanfototra SI. ;

Tongolovoalavo Bl. ;

D

rimia

Tongorandambo II. ;

C

h l o r o p h y t u m decipiens

ascareniiasia

arborescens

Jum. (Apocy-

nées).

Tokantovo II. ; P anax

gomphopiiylla

Bak. ( Araliacées).

Bak.

L. (Liliacées). —

Toiana Bl. ; S porobolus i n d i c e s R. Br. ( Graminées). — Plante
fourragère. — Voir Tsiana, Tsindrodrota, Tsodrodrota.
M

fanerana

Oignon. Introduit pour la culture potagère.

Tongologasy 11. ;

Bak. (Graminées). —
Plante alimentaire pour la volaille par son grain. — Voir
P ennisetum

221

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Tongolovazaha II. — Voir Tongolo.
C o w anii

Ridl. (Liliacées).
Bak. ( Liliacées).

Tokorabolonakoho II. ; G eissoriiiza B ojeri Bak. (IrUlées).

Tongotrakoho II.; V e l l o s i a d a s y l i r o i d e s Bak. (Amaryllidées).
— Voir Maimbolona. Fanansandovia.

Tolandoha H.; L andolpiiia R iciiardiana Pierre (Apocynées).

Tongotramboabe Imer.;

Tolongo II. etTolongoala H. ; D icorypiie N oronhæ Tul. (Hamamél idées).

Tolongolongo Bs. ;

E l .e o d e n d r o n

palciflorum

Tul. (Célastri-

nées) .

Poir. Renonculacées). — D’après le Dr Ramisiray (loc. cit., p. 65), on
emploie les feuilles pulvérisées de cette plante à l'instar du
tabac à priser contre les céphalalgies. Au Cap, on les
applique sur les plaies cancéreuses. — Voir Odiandoha.
R

a n u n c u lus pinnatus

Tombakonjirika Sa.; P terocaulon B ojeri Bak. (Composées).
— Voir Ariandro. Tarakinjirika.

Tongotsokina I L ;

Tombokanjeva Bl. ; S mithia
— Voir Tsiboko.

Benth. (Légumineuses).

Toraraka H. et Toreraka FI. ; S o l a n u m m e l o n g e n a L. (Solanées). — Voir Angivinbazaha, Boraraka, Bana.

Bak. (Géraniacées).

Torovoka Bl. ; Ficus sp. (Urticées). — Voir Adaboala. Anamoarahina.

Tonaka Bl. ; P élargonium

strigosa

madagascariense

Tongoalahivahy Bl. — Voir Tongoalahy.

Tonkatoho H. ;

L

yco podium c l a v a t l m

C ussonia

L. (.Lycopodiacées).

sp. (Araliacées).

�222

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Totomanta « pilée verte ». — Plante herbacée indéterminée
qui est employée par les Malgaches contre les maladies des
petits enfants.

Tovimpatrana Bl. ;

A

ristolochia

acum ina m a

Lam. (Arislolo-

chiées).

Traka Pr. ; B i d e n s
Anantsinahy.

W illd. (Composées). — Voir

leucantiia

Trakajea g. — Voir Anantsinahilahy.
Trakavola H. — Voir Anantsinahy.
Trakavolanala g-.;

L. (Ombellifères). —
Cette plante herbacée a une saveur amère et styptique avec
un arrière-goût âcre qui prédomine dans la plante sèche.
Elle est employée â l’intérieur et à l’extérieur contre les
hémorragies, la leucorrhée, les contusions. Cette plante a
joui d’une grande faveur en Europe autrefois : elle est trop
connue pour y insister davantage.

Teanobemandrongo

S an ic u la

H. ; H

Eu r o p e a

e l i c h r y s u m a m p i .e x i c a u l e

Bak. (Com­

posées).

Tranobemay H. ;

G

Tranoraanditra H.,
Tranonkary II. ;

ynura cernua

G

n a ph a liu m

E upiio rb ia

Bak. (Composées).
luteo -alrum

o rtiioclada

Tranontantely II. ; D e s m o o i l m

radiatum

L. (Composées).

Trongafotsy Hov., « tronc blanc »;

P a v o m a m a c r o t i s Bak.
(Malvacées). — Avec la râpure de la racine de cette plante
herbacée, mêlée à la décoction des racines de grand Pignon
d’Inde (Kinapotsy), on lotionne les chancres syphilitiques.
Pilée seule elle s’emploie en topiques contre les furoncles.

Tsako H. SI. et Tsakotsako IL ;

Z e a mais

Tsatsambaitra IIov.;

H e l i c h r y s u m p l a n t a g o et H . e m i r n e n s e
DC. (Composées). — Vulnéraire, détersif, hémostatique :
1° contre les ulcères purulents, scrofuleux ou syphilitiques
(ni. m.) ; lotions avec le suc des feuilles de Koroma, de Kelihomandra et de Tsatsambaitra ; 2° blessures et brûlures.
Les Malgaches emploient les feuilles bien mâchées comme
topique hémostatique contre les hémorrhagies trauma­
tiques. — Voir Sofintotozy.

Tsaramaso I L ;

P

iiaseolus

yulgaris

L. (Légumineuses). —

Introduit pour la culture.

Tsatsoy Bl. ;

lyrata

decumana

L. (Graminées). —

Introduit pour la culture. — Voir Katsamanga, Katsabazaha.

Tsatsandroy Bl. — Voir Mandrovibao.

L. (Bu lacées). —
Pamplemousse, fruit comestible. — Voir Papelimosy, Voasaribe.
C itrus

appliquée en parasite sur les vieux troncs d’arbre. Les
Malgaches font avec le suc fermenté de cette plante une
boisson alcoolique h laquelle ils attribuent des propriétés
aphrodisiaques.

Bak. (Légumineuses).

DC. (Composées). — Herbe commune à l’intérieur de Mada­
gascar. Les Betsileo s’en servent pour panser les blessures
récentes et préparent avec les feuilles des cataplasmes poul­
ies bubons. Les I lovas en instillent le suc des feuilles sur
les conjonctives, contre les taies de la cornée (leucomes).
Ils en font aussi un remède pour traiter les dérangements
d'estomac des enfants.

Tréma SL et Tremo SI. ;

Trina g. — C’est probablement un Loranlhacée; on la trouve

Bak. (Euphorbiacées).

Trebotrebonamboa H., Ahidrindrina Bl. ; D i c i i r o c e p h a l a

223

H

aller ia

Tsentsefinantsoinag. ;

lig u str ifo lia

P

Bak. (Scrophulariées).

o ly g a la macroptera

DC. (Polygalées .

— Propriétés galactogènes.

Tsentsepimpy Bs. ; C o l e a f l o r i b u n d a Boj. (Iiignoniacées). —
Rehareha, Tsentsepimpy, Voalava.
Tsevoka IL ;

I mperata arundinacea
Cyr (Graminées). —
Plante fourragère. — Voir Manevica, Tenona.

Tsiafakomby llov., « retient-bœufs », Roinombilahy Bl.,
Roimbazaha BL; C æ s a l p i n a s e p i a r i a Roxb. (Légumineuses).
— Cette plante spinescente, introduite, et connue dans

�224

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES l ’TILES DE MADAGASCAR

1Inde sous le nom de Suppan où elle fournit le « bois de
Sappan », est très commune dans la grande île de Madagas­
car. On s'en sert pour faire des haies infranchissables aux
hommes et aux bœufs. Elle forme des fourrés impénétrables
autour des villages et des maisons isolées. L ’infusion con­
centrée des feuilles passe pour un puissant émétocathartique
et le bois pour un bon emménagogue employé contre l’amé­
norrhée.
Les Malgaches l ’utilisent pour soigner leurs bœufs quand
ils sont atteints par le charbon. On emploie le bois en macé­
ration dans l’eau contre la gonorrhée, avec grand succès,
paraît-il ; les graines étaient autrefois fréquemment
employées par les Ilovas dans les pratiques du Sikidy (table
de divinition).

Tsiahilika SL;

G ossypium

uerbàceum

L. (.Malvacées) . — Intro­

duit pour la culture du coton.

Tsiakondrokondro Bs. ;

A

ngr æc u m

superbuai

Thou. ( Orchi­

dées). — Plante ornementale.

Tsianiboaboa Pr. ; A

rundo

Tsiana Bl. — Voir Tsindrodrotra.
Tsianihimpoza IL ; C u p h o c a r p u s i n e r m i s Bak. (.Araliacées). —
Voir Tsitongampoza, Tsienimpoza.
Tsiankoditra SL ;

E

u piio rb ia a lcicornis

occidentalis L.), mais elle n'est pas inolîensive comme cette
dernière et détermine, après absorption, de la céphalalgie.
Le C. Tora a été introduit dans l’ile.

Tsiaridrafy H. ; C assia T ora L. ( Légumineuses). — Voir cidessus.

Tsiasaotra Pr. — Variété de riz. (Voir aux Addenda à la fin de
l’ouvrage le mot Riz.)
Tsiavango SL; P h y l l o x y l o n e n s j f o l ie m Baill. Légumineuses .
— Voir Harahara.
Tsiavaramonina Bl. ; R i i a p h i s p e r m u m g e r a r d i o i d e s Benth.
Scrophularinées). — Arbuste employé comme remède
contre le Tchy, affection syphilitique.

Tsiazonafo H. — Voir Betsimihilana.
Tsiboko IL ; S m i t h i a s t r i g o s a Benth. ( Légumineuses'). — Voir
Tsikobona, Tombokanjeva.
Tsibolo IL ; H e n o n i a s c o p a r i a Moq. (Aniaranthacées). — Noir
Kifaîalahy.
Tsidoboka Bs. ;

sp. (Graminées).

Bak. (Euphorbiacées).

Tsiaridrafinamboa IIov., Voatelondolo BL, Voamahatsara
Bets. ; C a s s i a t o r a L. ( Légumineuses). — Cette Cassiée
ubiquiste, tropicale comme la casse puante ( Cassia occidenfalis L.) dont elle partage les propriétés et le nom sous la
dénomination de « petite casse puante », est apéritive,
antihystérique, antidartreuse et fébrifuge.
Certains Malgaches prennent, en guise de café, l ’infusion
des graines d’une plante voisine : Cassia læviga/a W illd.,
Tsikakoho IIov., préalablement torrifiées et pulvérisées.
Cette infusion imite le café comme celle qu’on fait en
Europe et sur la côte d’Afrique avec le Café nègre ( Cassia

22Ü

M

ussænda

fusco- pilosa

Bak. (llubiacées).

Tsidrodrotra IL ;

S p o r o b o l u s i n d i c e s R, Br. (Graminées . —
Plante fourragère. — Voir Toiana, Tsiana, Tsindrodrotra.

Tsienimpoza IL — Voir Tsianihimpoza.

Tsiety BL,

A c a l y p i i a a c u m i n a t a Bâillon ( Euphorbiacées). —
Arbuste commun chez les Betsileo qui font boire le suc
exprimé des feuilles h leurs bêtes à cornes dans les cas d in­
digestion par le manioc ou d’empoisonnement par cette
racine. Contre l’empoisonnement par le manioc (racines),
les Betsileo emploient une ou deux poignées de sommités
de cette plante, les pilent, y versent un peu d’eau et font
avaler à leurs bœufs, intoxiqués par cette racine, une tasse
de ce sue exprimé.

Tsifo H. ; P l e c t r o m a u m r e l l a t a Bak. iRuhiacées). — Voir
Pitsikahidambo.
Tsihasinkasina Sa. ; D ra c æ na a n g u s t i f o l i a Roxb. (Liliacées).
— Voir Tsikasinkasina.
Annales du Musée colonial de Marseille. — 2* série, S* vol. 1910.

15

�226

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

227

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Tsihilavanandriananahary II. — Voir Hazoandro.
Tsihitafototrâ IIov., de Tsi pas, hita vu, fototra racine; C as svtiia FiUFORMis L. [Lanrinces). — Cette liane filamenteuse
et parasite se trouve à Madagascar dans les bois. Elle est
réputée astringente et diurétique. On l’emploie, contre la
dysenterie chronique, le tanbavv, le rachitisme, les affec­
tions du cuir chevelu, la gonorrhée récente et les flueurs
blanches (en décoction de la liane).

Tsiho H. ; S a l i x
Misiho. Siho.

m adagascar iensis

Tsikafonkafona H. ; P istia sp.

Aud. (Salicinées). — Voir

cette herbe grasse est employée en médecine comme diuré­
tique et antiscorbutique. Les graines infusées dans le vin
passent encore pour emménagogues. — Voir Fandrianomby.

Tsikobona g.; IL, Tombokanjeva BL, Tsiboko Tank;

Tsikotrakotra IL — Voir Anangosika.
Tsikotroka Bl. — Voir Voatrotroka.
Tsikotrokotro IL ;

(A r o ï d é e s ).

D

ichæ t an t er a

sp. (.Mélastomacées).

Tsikotrokotroka Imer. — Voir Manitsorhoina Bets.

Tsikasinkasina Sa. — Voir Tsihasinkasina.

Tsikotrokotrolahy IL — Voir Voatrotroka.

Tsikasinkasintaboriravina. — Voir Hasimbavy.

Tsikotrokotrovavy IL ;

Tsikilenza SI. — Voir Kiriza.

Tsilaibaratra Bl. ;
Angesoha.

Tsikirity Hov., Vahindaingo Sak., Voandaingo Tank.; MusPoir. (Rubiacées). — Sous les noms vulgaires
de Cicrite, liane cacapoule, lingue, cet arbuste grimpant
est connu et employé à La Réunion et à Maurice, comme
les Malgaches l’emploient à Madagascar. La décoction des
feuilles et de la tige est réputée tonique et fortifiante : on la
conseille pour l'usage interne et elle sert en outre à composer
des bains médicamenteux qui passent pour stimulants, sudo­
rifiques et d’une utile application dans les cas de paralysie,
de rhumatismes, et pour fortifier la constitution des enfants
faibles, scrofuleux ou débilités par la maladie. On recon­
naît à la cicrite les propriétés suivantes : dépurative, sudo­
rifique, laxative et tambavine. On l’emploie encore contre
les dartres, les eczémas et les psoriasis. Les doses sont :
sommités des feuilles, 20 à 30 grammes par 1.000 d’eau en
décoction comme tisane, et 30 à 60 grammes par 1.000
dans l’usage externe. Racines écrasées, une poignée pour
faire par décoction un litre de sirop purgatif qui agit à la
dosé de 1 à 2 cuillerées.
sæ .n d a a r c u a t a

Tsikobokobondanitra IIov., Kalabotretraka Bl. ;
oleracea

S m ithia

Benth. (Légumineuses). — Herbe dont on applique
la pulpe en topique contre les maux de dents.

s t r ig osa

P

ortulaca

L. (P o r l u l a c é c s ). — Usitée comme plante potagère,

T ristemm a

T réma

gr ise a

sp. [Mélastomacées).

Bak . [Hamamélidées). — Voir

Tsilaiza « impénétrable»;

D i c o r y p i ie l a u r i f o l l a Bak. ( Hama­
mélidées). — Arbre h bois jaune et très dur; il sert à faire
des manches d’outils, des cannes, des amulettes, etc. On
vend ce bois au marché avec son écorce lie de vin et de
saveur un peu astringente comme remède contre la diarrhée.
Les feuilles, dit-on, ne sauraient être mâchées sans incon­
vénient. — Voir Voambarilava.

Tsilaky, Tsilanky Vak.-Ants.,

L ycopodillm species [Lijcopodlacées). — Herbe qu'on administre en tisane aux danseurs
et danseuses pour les exciter et leur donner de l’aplomb.
Excitant héroïque. — Voir Hazontsifaka, Somorona.

Tsilamboza BL, Vilila Tan. — Arbre indéterminé dont les
feuilles broyées sont employées par les Betsileo en infusion
ou en décoction contre la gonorrhée.

Tsilavonandriana e t Tsilavondriana IL ;
culosa

H

ydrostachys

verru-

A. Juss. [Pocloslémacécs).

Tsilavondrivotra Imer. Ank. ; D e s m o d i u m
nense Baker et D.

m auritianum

b a r b a t u m var. emirDG., et aussi une herbe

�228

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Tsilavonomby H.;

229

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

indéterminée dont les Betsimisaraka se servent pour com­
battre les accès d’asthme.
L

epturus

sp.

(Graminées).

Tsileomparimbona g. — Plante indéterminée employée contre
les coliques hépatiques (.Harokatij en malgache).

Tsileondroaholahy H. ; Carum
fè r e s ) .

angelic.efolium Bak. ( O m b e lli -

Tsileondroahovavy. — Noir Famonody.
Tsimahalatsaka H. — Voir Ferifery.
Tsileondroaho Im.et Betl., Tsitongotramboabe Im., Tsileon­
droahovavy Yak., Ank., Tangina Bets., Famonody Im. ;
P hellolopiiium MADAGASCAR1ENSE Bak. ( O m b e llif è r e s ).
Cette plante, qui croît en abondance dans les endroits
humides, a le parfum et paraît avoir les propriétés du S u m bul. Les Malgaches le brûlent souvent dans leurs cases
pour combattre les mauvais sorts (désinfectant en réalité).
Elle passe pour tonique, stimulante, aromatique, antipru­
rigineuse et antispasmodique.
Les Malg aches en emploient l’infusion contre les indiges­
tions, douleurs gastralgiques et dérangements intestinaux.
Ils en préparent encore des bains de vapeur contre les
maladies nerveuses : hystérie, chlorose, asthme nerveux.
Sa cendre est utilisée comme vulnéraire dans le pansement
des plaies syphilitiques (voir Ramifaritra). La dessiccation
ne fait pas perdre à cette plante ses propriétés aromatiques
à la condition qu’elle soit conservée à l'abri de l’humidité.

Tsikondrokondro Bs. ; A ngræcum superbum Thou. (Orchidées).
— Plante ornementale.

Tsimaitompangady IL ; I ndigofera

thyroïdes Bak. ( L é g u m i ­

neuses).

Tsimandevy IL — Variété de riz.
Tsimandra Bets.; Ethulia

conyzoides L. (Composées). —

Plante employée par les Betsileo contre la gale ; ils en
mêlent les feuilles à celles de lHarongana, les pilent, les

exposent au soleil et en frottent le corps du patient. —
Voir Homandra, Tangentsahona, Kelihomondra.

Tsimandravina IIov., Vahinkary Vak. Ank.; S arcostemma
vi min ale B. Br. (Asclépiadées).— Liane sans feuille (Calé, à
La Réunion).— Cette liane participerait des propriétés bien
connues des Tylophorées, dont les feuilles sont employées
dans l lnde comme vomitives et expectorantes ( Tilophora
aslhmalica Wight et Arnott). A Maurice, cette liane est
employée comme astringente contre la ménorrbagie. A
Bourbon, elle a été employée heureusement dans les cas de
dysenteries anciennes.

Tsimanga Sa, Bs. — Voir Ambizo.
Tsimatevonoena B l. — V o i r Nifinakanga.
Tsimatra IL ; S alacia dentata Bak. (Célastrinées). — Noir
Voantsimatra.
Tsimbilaotraet Tsimbolotra II. ; A c a l y p h a s p . (Euphorbiacées).
Tsimifidy Antk.

Tsimiranja g.;

; Y

ernonia

C ordia

ceim ialoph o ra

subcordata

Oliv.

Composées).

Lam. (Borrayinées).

Tsimitrona IL — Voir Ranjo.
Tsimparefare Bl. ; P a n i c u m j u m e n t o r u m Pers. Graminées). —
Voir Famao, Tsiparefare.
Tsimparifarifotsy IL : P a n i c u m c r u s - g a l l i L . (Graminées). —
Ahibary, Farimanga, Karangy. Tsimparifarimango.
Tsimparifarimango IL et Tsimparifarimena, Tsimparifarifary
IL — Voir Ahibary.
Tsimperifery ; P i p e r b o r b o n e n s e C . DC. et P . p a c h y p h y l l u m Bak.
(Pipéracées), voir Voamperifery, Tsimpimpina g. — Sous
le même nom malgache est signalée une graminée indéter­
minée, citée par le Dr Ramisiray (loc. cil., p. 80) comme
employée dans le traitement de l’entorse : on frotte l ’ar­
ticulation malade avec la feuille froissée. — ^ oir Mahalot-

saka, Sakarivombato.
Tsimpohafoha H. — Voir Hazoandro.
Tsinainondrikely IL ; L o b e l i a s e r p e n s Lam. (Campanulacées).
— Voir Anambosaka.

�230

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Tsindahoro

H . , Kisindahorina Bl., « herbe dure » ; S i d a r h o m L. ( Malvacées). — Cet arbuste pousse sur les bords
des sentiers les plus fréquentés et sur les petits tertres qui
bordent les rizières. Il jouit des propriétés émollientes
générales des Malvacées. Les Malgaches en mâchent les
feuilles et en couvrent les furoncles. Ils prennent l’infusion
des racines dans la dysenterie, mais la pulpe de ces racines
est surtout employée en cataplasmes émollients. D'après le
Dr Ramisiray ( loc. cil. , p. 83), on utilise les feuilles de ce
petit arbuste en les appliquant, après contusion préalable,
sur les tumeurs de toute nature. — Fibres textiles.
bifolia

Tsindahorolahy H.; W a l t h e r i a a m e r i c à n a L. (Sterculiacées).
— Voir Sandory. Sandorimavo.
Tsindailay
fetta

H.

;

Bak. (Malvacées) et T r i u m Jacq. ( Tiliacées). — Voir Kihasinkasina,

H i bi s c u s P a r k e r i

rhomroidea

Tsindaily. °
Tsindavalakana, Tsindakandakana II. ; E u p h o r r i a

B aroni

Boj.

(Euphorbia cées) .

Tsindelo IIov., Foraha Betsim., Voakotry Taimoro. ;

Calo-

L. (variété donnant un fruit pyriforme).
— Cet arbre habite toutes les grandes forêts de la côte Est
de Madagascar et est plus rare sur la côte X.-O. Il fournit
une huile et une résine bien connues, dont nous avons fait,
en 1875, une étude spéciale (Journal de thérapeutique
de Gubler), M. Schlagdenhaulfen et moi, sur des spéci­
mens provenant de la Nouvelle-Calédonie, où cet arbre est
répandu et connu sous le nom de Tamanou. Les feuilles
passent à Madagascar pour antiophtalmiques, l écorce
écrasée sert en applications sur les orchites. La résine est
réputée vulnéraire, résolutive, anodine. L ’huile des graines
est antipsorique et employée en frictions contre les rhuma­
tismes. Les femmes Belsileo s’en servent pour leur coiffure.
Contre les plaies : résine de Calophyllum (Tacahamaque)
mêlée à un jaune d’œuf en topique. — Voir Voakotry.
ph ïllu m

in o ph yllu m

Tsindoharolahy IL — Voir Sandory.

231

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Tsindramy I L ;

A

po d o ce piia l a

pauciflora

Bak. {Composées).

Tsindraranjaza Sak. ; H ibi sc us A b e l m o s c h u s L. ( Malvacées). —
Voir Mana Bs. et Sondraranjaza Sak.
Tsindrodrota

H . ; S p o r o b o l u s i n d i c u s B. Br. (Graminées). —
La paille sert à fabriquer des nattes, des chapeaux, des
étuis et des petits paniers. — Voir Tsiana, Tindrorotra.

Tsingarivary Bs.; P o l y g o n u m
Voir Mahavaviomby.

m inus

Iluds. ( Polygonées). —

Tsingatsa I L ; C r i n u m d e f i x u m Ker-Gawl. ( Amaryllidées) . —
Voir Kingatsa, Vahonirano.
Tsingatsanondry I I . ; E xacum qiinquenervium Griseb. ( Genlia nées). — Voir Kingatsanondry. Maninomby.
Tsingila I L ; C u s s o n i a
Hazongoaika.

B

oje ri

Seem. ( Araliacées). —

Voir

TsingilongilondranoSa.; S m it i i i \s e n s i t i v a Ait. (Légumineuses).
— Plante employée en lotion contre les maux de tête.

Tsingolo Menabe. — Plante indéterminée dont les écorces et
les racines pilées appliquées sur la face avec de la terre
humide décongestionnent le cerveau.

Tsingovihovy Bl., Ajy;

I p o m æ a W i g h t i i Ghorisy (Convolvula­
cées). — Les Malgaches font avec cette plante et certains

corps gras une pommade composée qu'ils appliquent sur les
parties malades des goutteux.

Tsingovio Bs. ; M a r s d e n i a v e r r u c o s a B oj. (Asclépiadées) . —
Voir Bokahy, Bokalahy, Beraboky.
Tsinjiajia Bs. ; S c o p a u i a d u l c i s L. (Scrophuliacées). — Voir
Jamalamprika, Famafatsambo.
Tsinkafonkafona H.;
Hazafo.
Tsinkara Sa. ;

A

P

momum

istia str atiotes

L. (Aroïdées). — Voir

sp. (Scitaminées).

Tsinkasinkasintaboriboriravina. — Voir Hasimbavy.
Trinkerônkerana IL ;

G yperus

trem ulus

Poir. (Cypéracées).

�232

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES PE MADAGASCAR

Tsintohintohina H., Sa. — Voir Kitohitohy.
Tsiontsiona Bl.; E m i l i a c i t r i n a DC. ( Composées); E m i l i a
a m p l e x i c a i lis Bak. ( Composées). — Voir Siasia, Tsoina.
Tsiontsiondahy B l.;
Voir Anampoza.

E milia

ascendens

Tsiparapandy Hov., Kanda Bl.;

DC. (Composées) . —

Baker
(labiées). — Cel arbuste à fleurs jaunes d'or, très commun
chez les Betsileo, est pour les nourrices un remède tambavin
populaire dont elles se servent avant comme après leurs
couches.
S alv ia

leugordermis

233

racées (probablement de Cyperus) qu’ils emploient toutes
aux mêmes usages (fabrication de chapeaux).

Tsipolobazaha
N

icandra

II.;

L. ( Composées); Sa.;
Gaertn. (So lanées). — Voir Anantsi-

T agetes

piiysaloides

erecta

nahimbazaha.
Tsipolomanitra II. — Voir Fandrangozaza.
Tsipolotra II.;

B i d e n s l e u c a n t h a W illd.; B i d i n s b i p i n n a t a L.
(Composées). — Voir Anantsinahilahy,. Traka, Trakavola.

Tsiporomanitra II., Tsipotemena Bl. — Voir Fandrangozaza.
Tsiramiramy Sak.,

Tsiparefare Bl. — Voir Famoa.

P r o t i u m m a d a g a s c a r i e n s e Engl, et P r .
Marchand (Burséracées). — Arbres plus petits que
les Canarium, produisant une résine extérieurement compa­
rable à celle des Hamy, mais se rapprochant de celle du
Protium Icicariha Marchand et nommée ditindramy (élémi
du Brésil) : elle n’a pas, d’après les belles recherches de
M. Jacob de Cordemoy1, de caractère bien tranché, à l'état
frais, avec ceux des Ramys ( Canarium) et sert aux mêmes
usages économiques et médicinaux (voirRamy ). Leur couleur
est jaunâtre et elle exhale une odeur de citron. C est une sorte
de colophane (Lieu1 \ allier) très odoriférante et brûlant à
l’air. Elle était employée autrefois par les Ombiasa (prêtres
d’idoles) pour la célébration de quelques pratiques de leur
rite. Pour l'obtenir, les indigènes font à l'arbre une série
d'incisions qui laissent exsuder la résine, et ce n’est qu’un
mois après environ qu ils viennent la recueillir. Ils en font
des parfums en la mélangeant avec de la graisse. Les musi­
ciens malgaches s'en servent comme de colophane, et les
ferblantiers du pays l’emploient pour faire leurs soudures.
B eanpou

Tsipelana II., Tsipelany II. ; C y n o r c h i s p u r p u r a c e n s Thou.
Orchidées). — Voir Fitsotsoka. Katsakadrongo.
Tsipihipihina II.; E q u i s e t l m r a m o s i s s i m u m Desf. (Equisélacées). — Noir Kitohitohy, Tsintohintohina.
Tsipikopiko Bl.; C a n n a i n d i c a L. (Scitaminées).
giza. Varandeda, Ambaradeda, Saonjovato.
Tsipolimanitra.

—

Voir Din-

Sous ce nom, MM. Perrot et Gorris
lRecherches sur les pailles à chapeaux de Madagascar,
Agriculture pratique des pays chauds, Paris, 1908) ont
décrit une paille dont ils ignorent l'origine botanique et qui,
d après P. Claverie (Plantes textiles et exotiques, Ann. du
Musée col. de Marseille, p. 178, 1909), a tous les caractères
de I Ahibano des Sakalaves. (Voir ce mot.) Ce dernier est
le C v p e r l s n u p i c a u l i s Poiret (Ci/péracées). Ces auteurs
ajoutent, au sujet du Tsipolimanitra, que cette paille ne
leur paraît guère susceptible d’application h l ’industrie des
chapeaux, ce qui est en contradiction avec ce que nous
savons des beaux chapeaux que donne l Ahibano. Plus loin,
dans le même travail, les mêmes auteurs (Perrot et Gorris)
examinent, au point de vue anatomique, une autre paille,
très différente de la première et qu’ils nomment alors
Ahibano. C’est une Cypéracée indéterminée dont les tiges
atteignent 1m-50. Il est évident que sous ce nom d’Ahibano, les Malgaches désignent un certain nombre de Cypé-

Tsirebika Pr. ;

C

uc u rb it a

pepo

L. (Cucurhitacées). Courge.

Introduite. — Voir Baboka, Tavo.

Tsiriboalavo Sa.;

P andanus

migrocephalus

I. Iiésin es el g o m m e s -ré s in es des co lo n ie s
stitut colonial de Marseille, 1890, p. 207 .

Bak. ( Pandanées &gt;.

fra n ça is e s

(Annales de l’In­

�P. 231-235.

23 i

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Tsirijy SI. — \ oir Tsitiamoty.
Tsirika H., Bl. ; Dvpsissp. (Palmiers). — Voir Ferana, Tsontsorakâ.
Tsiriry H.; L e e r s i a h e x a n d r a S w . (Graminées). — Voir Ahikongona.
Tsirohoroka Sale. ; Musa P e r r i e r i Claverie (Musacées). —
Les fruits du Musa Perrieri auxquels les indigènes donnent
le nom de Voantsirohoroka, sont très nombreux sur un même
régime : on en a compté jusqu’à 210 (Perrier de la Bathie).
Ce sont des baies cylindriques, de 10 à 12 cm. de long sur
3 de large, un peu rétrécies à la base et au sommet. La pulpe
en est jaune et réduite à une mince couche de tissu paren­
chymateux riche en amidon. Elle est en trop faible quantité
pour que ces fruits soient comestibles, en outre elle a une
saveur amère, même à maturité. Les graines sont nom­
breuses, dures, noirâtres, irrégulièrement ovoïdes.
Les Sakalaves recueillent ces fruits, les font dessécher et
en confectionnent des colliers qu'ils portent comme des
amulettes. D'ailleurs, les indigènes connaissent, à un autre
point de vue, ce Musa, car ils emploient, à l'occasion, le
bord de ses gaines foliaires pour en faire des liens et pour
confectionner divers objets de vannerie. Ce bananier paraît
être le seul représentant de ce genre qui soit spécial à
Madagascar : il a été trouvé par Perrier de la Bathie dans
la région de la Betsiboka et sur les plateaux d’Ankara et
du Tampoketsa, près de laMahavavy. C’est une plante (voir
lig. 60) de o à 6 mètres de haut dont le tronc est renflé à la
base en un épais tubercule de 2 m. 50 de diamètre. — Voir

Antsihoroka.
Tsisata Pr. — Voir Lobaka.
Tsitakajaza BL ; V a c c i n i u m s e c ü n d i f o l i u m Hook. (Vacciniées).
— Voir Voaramontsimbavy, Voamontsina.
Tsitakombohitra Bl. ; S t e n o c l i n e i n u l o i d e s DC. (Composées).
— Voir Velonarivotaoma, Hazomandriana.
Tsitataka Sa.; I I y d r o c o t y l e s u p e r p o s i t a Bak. (Ombellifères).
— Voir Kilovirantsahona.

(Cliché de M. Perrier de la Bathie).
pig 60. —

Musn P e r r i e r i

Claverie. — Tsirohoroka.

�235

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Tsitiamoty IIov., Tsindailay, Besofimbasy prov., Besonîinantana Antsih., Kihasinkasina : T r i u m f e t t a r h o m b o i d e a Jacq.
( Tiliacées). — Petit arbuste employé comme remède contre
les all'ections des yeux et les furoncles : on pile la racine et
on l ’applique sur la partie malade. D’après le I)r Ramisiray,
elle serait aussi utilisée contre toutes les tumeurs en cata­
plasmes faits de feuilles et de tige pilées. Au Menabé, cette
plante, associée au Cynoclon dactylon, est employée contre
les bnilures et contre les all'ections oculaires. Fibres textiles.

TsitindaSl.; Ficus
Ampalibe.

g ua tt er iæ fo lia

Bak. ( Urticées). — Voir

Tsitoavina H.; Dodonüam a d a g a s c a r i e .n s i s Radl. (Sapindacées).
— Arbuste tambavin. — Voir Famelomana.
Tsitohintohina IIov., Sa.; Kitohitohy Bl.:

E quisetum

ramosis-

s i m u m Desf. (E q aisélacées). — Employé par les Betsileo
contre les foulures et les fractures osseuses (doctrine des
signatures, le végétal étant appelé par eux « bouta bout »L
Les I lovas, sous l’influence des mêmes idées, l'emploient en
bains de vapeur contre les maladies subites des enfants.
L ’on conseille encore la décoction delà plante sèche contre
l'accumulation des urines résultant de l'atonie de la vessie.

Tsitombambara

BL; A c h y r o s p e r m u m
(Labiées). — Voir Titsombambora.

Tsitondratondrano H. ;

P

fr ltico sum

ycis o s ta ch y s c œ r u l e à

Benth.

Hook. Labiées .

— Plante ornementale.

Tsitongampoza Bl. ; C u p h o c a r p u s i n e r m i s Bak. (Araliacées) . —
Voir Tsianihimpoza. Tsienimpoza.
Tsitongotramboabe
TsitopaSl.;

C

IL

r e s c e n t ia

— Voir Famonody.
C

u je te

L. (Bignoniacées).

Tsitotroka Pr. ; T iustemma virusanum .Iuss. (Mélastoniacées).
— Voir Trikotroka, Vatrotroka.
Tsitsihina

IL

;

D

ic o r y p iie

v it ic o id e s

Tsitsirontafika Antsih., Sa.

;

G .e

Bak.

r t n e r a

(.

Harnamélidées).

o b o v a t a

et

p i i a n f .r o

-

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

236

Baker [Loganiacées). — Plantes vulnéraires : on en
applique les feuilles cuites sur les plaies ou blessures. Répu­
tée fébrifuge par les indigènes. Le G . o b l o n g i f o l i a Boj. est
connu sous le nom de quinquina de Madagascar.
phlebia

Tsiveritelo. — Voir Mangahazo.
Tsivokindahy SI. ; C o m u r e t i m c oc g in e u m Lam. [Combré lacées).
— Voir Halaitra. Salay, Manakobongo.
Tsivokodambo SL;

P

o l y g a l a

Tsivolo IL ; S p a r m a n n i a
Hafotsokina.
Tsivory Betsim. ; G ol a n i a

g r e v e a n a

Bai 11. [Polygalées).

Bak. ( Tiliacées). — Voir

discolor

Lam. [R/ianmées). — Gel
arbuste grimpant est réputé emménagogue et diurétique, et
employé contre l’hydropisie et les all'ections de la vessie.
C’est la liane charretier des îles Mascareignes, employée
aussi aux mêmes usages à La Réunion et Maurice.
t il iæ f o l ia

Tsobolo. Kifafalahy Bets. ; H

Moq. (Amaranthacées). — Arbrisseau sans feuilles, employé contre Yalobotra
( pneumatose intestinale), et comme contrepoison en infusion
pour conjurer l'action novice du Tsingala, insecte venimeux
qui se trouve accidentellement dans les eaux potables.

Tsodrodrota

237

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

I L ;

S

e n o n ia s c o p a r ia

po r o b o lu s

in d ic e s

R. Br.

( G r a m i n é e s ).

dont les fibres servent à faire des cordes. Les Malgaches
emploient la décoction des racines pour traiter les fractures
des membres, et s’il y a blessure, ils la recouvrent de
graphite mélangé avec un œuf. Ces racines seraient purga­
tives; on les administre en râpure dans un bouillon de
canard salé.

Tsontsonala BL; G

e n io s p o r i m

M A D A G A S C A R iE N S E B en th .

[Labiées).

Tsontsoraka IL ; Dypsissp. [Palmiers). — VoirFerana, Tsirika.
Tsopatika Sa.; Ei phorbiasp. [Euphorbiacées). — VoirSamata,
Soamalondona.
Tsorana BL;
Kitongo.

S enecio

longiscapps

Boj. [Composées). — Voir

Tsorokanangatra IL — \roir Bemaimbo.
Tsotsona BL — Voir Roibe.
Tsotsonala BL — Voir Tsontsonala.
Tsotsoraka Pr. ; Dypsissp.[Palmiers). — Voir Ferana. Tsirika.
Tulungo Dicoryphe N oroniiae T uL [Hamamélidées). — Voir
Tolongo, Tolongoala.
V

—

Plante fourragère. — Voir Tsiana, Toiona. Tsidrodroka.

Tsoho Pr. ; C itrls sp. ( R u l a c é e s ). — N oir Voahangibe.
Tsoïna Bs. — Voir Siasia.
Tsokafara SI. — Plante non identifiée que les Sakalaves
emploient contre les maladies de la gorge.

Tsomanga Pr. ;

I

pomcea

b a t a t a s

Bele, Belena, Bokala. M’Bizo, Ovihazo, Ovimanga, Tsimanga, Tsomanga, Vihazo, Vomanga. Vorondro.
IL ,

Besofina Antsih., Hafotsakanga;

Vahatra Sa.;

D a nais

V

acacoua

i .i g u s t r i f o l i a

Bâillon (Loganiacées).

Bak. [Rubiacées). — Bois

et racine toxiques, amères.

Vahazag., « européen » ; A

Poir. (Convolvulacées). —

Patate douce. — Voir Ambizo, Anantaraona. Batata. Bege,

Tsontsona

Vacacoua Sak. ; S t r y c ï i n o s
— Voir Bakanko.

P

a v o n ia

B ojehi Bak. [Malvacées).— Arbuste émollient mucilagineux

r i s t e a k i t c i i i n g i i Baker [Iridées . —
Le rhizome a des propriétés vésicantes : on l'emploie
comme le Tongotramboabe (voir ce mot).

Vahealahy Bs.;

L a n d o l p i i i a P e r r i e r i Jum. [Apocynées). —
Liane donnant le bon caoutchouc rouge de Madagascar. —
Voir Piralahy.

�238

Vaheamojery;

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR
A

nisocycla

G

Baill. (Ménispermées).

randldieri

Vahefisorona B l.; G o u a n i a p a n n i g e r a Tul. (Bharnnées).
\’oir Mahamavany, Vahifisorona.
Vahehataka B l.;
neuses).

R

Vahekabohobo SI.:
Vahekanda Bl. ;
Vahemavo Bl.;
Kirajy.

M

h ynciiosia

V

a iie a

madagascariensis

icroglossa

A

trich ocepiiala

—

Bak. ( Légumi­

Boj. (Apocynées).

sp. (Composées).
sp. (Malpighiacées). — Voir

cridocarpus

L. (Ménispermées).
— Plante à rhizome amer, tonique et diurétique. — Voir
G issam pelos P a r e ir a

Hamaîana, Vahifotsy, Voriravina, Vahivory.
Vahendrongony B l.;

Muller d’Argov. ;
(Euphorbiacées). — Les Betsileo se servent de cette liane
pour noircir leurs dents.

Vahetiaombe Bl.;

M

D alecilam pia

e lo th r ia

ternata

sp. (&gt;Cucurbitacées).

Vahevoafanirina Bl. ; M o n a c h o c h l a m y s
t hacees). — Voir Vahifitoaty.

fla g e lla r is

Bak. (Acan-

Vahia g. — Herbe aromatique indéterminée : on aspire le suc
de cette plante pour guérir les céphalalgies.

Vahiataka II. — Voir Vahehataka.
VahidaingoSl. ; M u s s æ n d a

Poir. (Bubiacées).— Graines
rappelant celles du café, mais sans caféine.— Voir Tsikirity.

Vahifisaka Bs.;

Iodes

arcuata

madagascariensis

Vahijohy Bs.;

R o u r e a p l a t y s e p a l a Bak. (Connaracées). —
Graines toxiques. — Voir Voampika.

Vahilotso Bs. ;

R hipsalis

iiorrida

Bak. (Cactées).

Vahimahitso et Vahimahitsy Bs. ; B a r b e r i a
Steud (Acanthacées). — Voir Vahimaitso.

Baill. (Olacinées).

Vahimaintina SI. ; L a n d o l p h i a sp. (Apocynées). — Voir Mandrianambovavy, Pira, Voahenavavy.
Vahimaintsiamboditsimo Bs. ;

S trongylodon

madagascariensis

Bak. (Légumineuses).
S e c a m o n o p s i s m a d a g a s c a r i e n s i s Juin. ( Asclépiadées). — Donne un caoutchouc moyen supérieur à celui
de Marsdenia verrucosa. — Voir Bokabe. Angalora.

Vahimaitso Bs. — Voir Vahimahitsy.
Vahimavany g., Vahefisorona Bl. ; G o u a n i a

p a n n i g e r a Tulasne
(Bhamnées). — Plante grimpante dont on se servait autrefois
pour donner du courage aux taureaux dans les combats.
Dans la cérémonie de la circoncision, on s’en servait aussi
autrefois pour entourer les reins de l'enfant soumis à cette
opération. — Voir Mahamavany, Vahifisorona.
Le même nom (Vahimavany seulement) est attribué en
Imerina au C yclea m a d a g a s c a r i e n s i s Bâillon (Ménispermées)
dont les racines ont des propriétés toniques et amères.

Vahimbiby SI. — Voir Vahinkosy.
Vahimbibylava Sa.; V igna

luteola

Bentli. ( Légumineuses).

Vahimbolotsangana; N astus sp. (Graminées).— Voir Piaka.
Vahiminty et Debaka Bs. ;
ljsa

Vahifisorona Bl.; G o u a n i a p a n n i g e r a Tul. (Bharnnées). — Voir
Mahamavany, Vahefisorona. Vahimavany.

em etica

A

gelæa

K

oneri

Baill. (Connaracées).

—

IIotTm et A g e Plantes à feuilles
O.

émétiques.

Vahifitoaty H. — Voir Vahevoafanirina.

Vahimitampina ; P o t i i o s
Ramitampina.

Vahifotsy Bs. — Voir Hamafana, Voriravina.

Vahimpamamo IL — VoirFamamo.

Vahihataka Bl. — Voir Vahehataka.

Vahimpapango II. ; S e c a m o n e
— Voir Famonodindo.

Vahihena Bs. — Voir Fingotra.

m adagascariensis

Vahimaintsy SI. ;

Vahemboamena Bl. — Noir Voamaintilany.
Vahemboatavo Bl.;

239

C

hapelieri

Schott. (Aroïdées). — Voir

oleæ folià

Decne (Asclépiadées).

�240

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Vahimpasika g1.; E volv»l u s

a l s i n o i d e s L. [Convolvulacées).
— Plante réputée antidiarrhéique. Sa racine râpée mêlée à
celle de Manolamandry est additionnée d’un peu d’eau et
prise en boisson contre la diarrhée.

Vahimporinondry SI. ; I pomœa p a l m a t a Forst. (Convolvulacées).
— Voir Anambararata, Anambolotara, Vahintsatsaka.
Vahinamalo Sak.;

L. (Burinées), — Bocou,
arille de la graine tinctoriale. — Voir Sahy.
B ixa

orellana

Vahinambaramoty

11.:

R a piiidio cryst is

bracmvpoda

Bak.

(Cucurbifacées).

Vahindrono SI. — Liane non identifiée dont le suc blanc est
employé pour panser les brûlures. Mêmes observations que
ci-dessus.

Vahiniangaka L a n o o l p i i i a sp. (Apocynées). — Voir Mandrianambovavy, Pira. Fingitrakalama.

Vahinkelaka IL ;
Vahinkosy SL;

Forsk. (Convolvulacées).
Patate à Durand. — Les feuilles sont employées en fomen­
tations ou en cataplasmes contre les inflammations aux
jambes et en bains toniques contre le prolapsus rectal : on
s’en sert encore pour panser les panaris, contre les coliques
et les rhumatismes.
I pomæa

i i il o ra

Vahindambinana Bets., Farimaty, 1mer. ;

C

lem atis

sa xicola

Bojer et 11ils. (llenonculacées), mêmes usages que le Fànoroboka. — Noir ce mot.

Vahindambinana

probable­
ment L a n o o l p i i i a ) donnant un latex blanc jouissant d’une
grande réputation pour la guérison des brûlures.

Ip o m œ a

yim inale

R. Br. (Asclépiadées). —

pterygocaulis

Chois. (Convolvula­

cées). — Voir Lavadia.

Vahindaingo Sa. — Voir Tsikirity.
Vahindalandana Bs. ;

Vahindronono Menabe. — Liane indéterminée

Vahinkary IL ; S a r c o s t e m m a
Voir Tsimandravina.

Vahinanto Ils. — Voir Fingibary.

241

Bl., Farimaty H.; C l e m a t i s m a u r i t i a n a
Lamk ( llenonculacées). — Cette liane, très commune à
Madagascar où les pauvres s'en servent pour préparer avec
les feuilles des vésicatoires, est employée conjointement
avec la variété oligopliylla du Clematis Bojeri Mook., comme
rubéfiant et vésicant et contre les rhumatismes, l’asthme et
la phtvsie. Dans ces divers cas, ce sont les feuilles qui
servent : 1° en nature comme rubéfiantes et vésicantes, et
2° sont mises à macérer dans du rhum (7 à 8 feuilles pour
180 grammes de cette liqueur) contre l'asthme : 3 fois par
jour une cuillerée à bouche. Enfin, ils l'emploient encore en
nature contre la fièvre malarienne en bains de vapeur.

Boj. (Légumineuses). —
Liane que les Sakalaves emploient pour faire des cordes et
pour traiter le (lidra (chancre phagédénique).
C

lit or ia

lasciva

Vahintakifitra Sa., Vahintankifitra IL, Vahintankiîotra H.;
Vins

l e n t ic e l la t a

Bak. (Ampélidées).

Vahintambody SI.; S c l e r o l æ n a
cées). — Voir Vahitambody.

R i c h a rd i

Baill. (Chénopodia-

Vahintsatsaka. Vahintsatsatra Sa. — Voir Vahimporinondry.
Vahintsidity Bs. — Voir Bahia.
Vahintsikomba Pr. — Voir Famehifory.
Vahintsokina IL — Voir Masontsokina.
Vahipica Bs. ; F lagellarla indica Boj. (Flagellariées). — Voir
Voambaipika.
Vahitambody SL; S clerolæna R ichardi Baill. (Chlænaeées i.
— Voir Vahintambody.
Vahitsidy Bs. — Voir Bahia.
Vahitsikomba Pr. — Voir Famehifary.
Vahivanda, Vahivandana. — Noir Vahivandina.
Vahivandina IL — Plante grimpante dont on se sert comme
remède contre la carie dentaire. Le D1 Ramisiray (loc. ci/.,
Annules du Musée colonial de Marseille. — 2“ série, 8* vol. 1910.

16

�242

PLANTES UTILES DF, MADAGASCAR

P. 212-243.

p 74) marque son emploi contre 1ascite et (p. 44) 1 in­
dique comme très vénéneuse et employée contre l hyper­
trophie de la rate. Enlin (p. 05), cet auteur la signale encore
contre les maladies de la bouche : on brûle les feuilles pour
en mélanger la cendre avec de la graisse et on applique
cette pommade sur les parties malades. Le l ) 1Ch. Ranaivo
[Pratiques et croyances dès Malgaches relatives aux accou­
chements, thèse de doctorat en médecine de Paris, 1901)
indique que le suc des racines est donné aux femmes pour
assurer leur fécondité. 11 y a certitude que cette plante est le
P lectania elastica Jumelle et Perrier ( Apocynées), dont le
latex donne un caoutchouc (Jumelle) (fig. 01).

Vahivoahena Pr. ; L andolphla m a d a g a s c a r i e n s i s R. Sch. [Apo­
cynées). — Voir Fingotra, Robanga.
Vahivoraka llo v., Mandemoka R L ;

P

hytolacca

a r yssinica

Hoffm. (.Phytolaccées). — On trouve cette plante dans tout
l'intérieur de Madagascar, et c’ est un des meilleurs remèdes
du pays. Toutes les parties de la plante sont émétiques,
purgatives, mais particulièrement les racines et les fruits
qui sont employés couramment. Les Betsileo en mêlent les
feuilles avec celles de l'indigotier pour obtenir une couleur
noire : ils se servent des fruits en guise de savon. — Voir

Angeja, Mandamoka.
La racine est émétique, purgative, et, dit-on, un peu nar­
cotique. Son action ne se fait guère sentir qu’après une ou
deux heures, mais elle se continue longtemps sur l'estomac
et 1 intestin. Les vomissements se font sans douleur ni
spasmes, mais il se produit ensuite des vertiges et des
troubles de la vision. Les doses élevées provoquent en outre
une prostration considérable. A petite dose, elle serait effi­
cace contre les rhumatismes chroniques. Des accidents mor­
tels ont été observés à la suite de l'administration de 10 à
15 grammes de suc de feuilles fraîches et crues. — Les
doses sont de I à 4 grammes de feuilles vertes, et 0 gr. 50
h 2 grammes de feuilles sèches à macérer dans 120 grammes
d’eau froide pendant l2 heures; poudre de racine, 0 gr. 05

Kig_ (ü , _Plect&amp;neia Firingalaeensis Juin., forme du PL elastica Juin, el Perr.
Vahivanda du Sud ; Piravaovao du Boina

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

243

a 0 gr. 30 comme altérant, et 0 gr. GO à 2 grammes comme
émétique. Le gingembre du pays est le correctif de l'action
trop violente ou trop prolongée du Vahivoraka. Ce gin­
gembre est fourni (voir Sakamalao i par Iledgchium flavescens Carey et II. peregrinum N. E. Br. — Les proprié­
tés du \ ahivoraka sont, suivant les doses, narcotiques,
aperitives, dépuratives, purgatives, vomitives, émétocathartiques. On 1emploie contre la morsure des chiens enragés
(1 à 4 grammes de feuilles vertes pilées et humectées d'eau
froide, en exprimer et absorber le suc); contre l’hydropisie,
prendre l à 4 grammes de feuilles, ajouter 1G0 grammes
d eau froide, passer le liquide avec expression et prendre
par cuillerées jusqu à effet émétocathartique. Ce macératé,
qui comporte quelques variantes, porte le nom de phytolaqac à la malgache. Contre la constipation, on donne le
même macératé à la dose de 30 grammes en une ou deux
fois, surtout au commencement des repas; contre la dysen­
terie, même macératé par cuillerées jusqu'à elîet vomitif ou
abondamment purgatif, un, deux ou trois jours de suite.
Les effets sont comparables à ceux de l’ipéca à la brési­
lienne (macération dans l'eau froide).

Vahivory IL : C i s s a m p e l o s P a r e i r a L. (Mcnisperniées).— Voir
Hamafana. Vahemboatavo.
Vahizohy Sa.;
Mahafaly.

S ecamone

Vahobonoka Sa;

F

sp. (Asclépiadées). — V oir Beraboky,

lir e n a capitata

Willd. (■Cypéracées).

Vahokisaondra Bl. ; A loe sp. (.Liliacées). — Voir Kisaondra,
Sakoakenky.
Vahombato Bl. — Voir Vahona.
Vahombavy Bs.;
Voir Farafaka.

S o nneratia

Vahombe BL; A loe
Vahona.
Vahona g. ; A loe

alba

ma c r o c la d a

macroclada

Sm. M. (Lythrariées). —
Bak. ( Liliacées). — Noir

et A.

d e l t o i d e o d o .n ta

Baker

�244

F. 214-215

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

( Liliacées). — Ce nom malgache s'applique à tout le genre
Al or et particulièrement aux espèces ci-dessus qui sont plus
communes et plus employées que les autres, notamment
(l)r Ramisiray, toc. cif., p. 74) contre l’ascite. Au Menabe,
on en applique les feuilles sur le sein de la mère quand on
veut sevrer l’enfant. — Voir Vahombe, Vahombato, Vahona.

Vahondrano How, Kingatsa Bets. ; C rinlm

asiaticum Roxb.,
Cr. defixüm Ker.-Gawl. (Aniaryllidées). — On trouve ce
lis indien à Madagascar, comme au Bengale, dans l’Inde,
aux Moluques et en Cochinchine. Les Betsileo ont un véri­
table culte pour ce lis géant : ils le plantent partout où ils
ont à protéger leurs personnes ou leurs intérêts contre des
accidents ouïe mauvais sort. La partie employée en méde­
cine est le bulbe et la portion stolonifère de l'axe, bille est
douée d’une odeur narcotique déplaisante et agit intus
comme émétique sans produire de douleur ni de purgation.
A petites doses, le bulbe est nauséeux et diaphorétique : on
1emploie toujours frais. Ses propriétés sont d'être émollient
et vomitif. — Doses : bulbe ou stolon écrasé, 200 pour 800
d'eau en décoction : pulpe en topique. On l’emploie : 1° contre
le panaris : recouvrir de la pulpe cuite du bulbe; 2° contre
l’otite (remède indien) : instiller dans l'oreille quelques
gouttes du suc des feuilles ; 3° contre l'anthrax : pulpe, 20
pour 80 grammes d’eau, faire bouillir, ou suc exprimé de
bulbe, 20 pour 80. Prendre de l’un ou de l'autre une cuillerée
toutes les vingt minutes jusqu’à effet vomitif. Les Mal­
gaches regardent le Vahondrano comme le spécifique contre
l'anthrax. Ils prennent, gros comme le poing, de bulbe, le
font bouillir avec un peu d'eau, emploient cette décoction
en fomentation sur la tumeur, la recouvrent de pulpe cuite
et en font boire au patient la décoction par petites gorgées
jusqu’à effet émétique ; 4° brûlures : pulpe de bulbes crus
en topique. — Voir Kingatsa, Tsingatsa.

Vahondrahona Bl. — Voir Vahondrano.
Vahongarana, Vahonkarana Bl. — Voir Vahona.
60 bis. — Hofa. —

P a n d a n u s d iv e rs

Photographie du D r Teissonnière
sur les bords d'un marigot.

�245

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Vakakoa SI. — Voir Borovy.
Vakoa g. ; P andanus

Bory (Pandanées). — Sous ce nom
malgache il faut comprendre tous les Vaquois d’espèces diflerentes connus à Madagascar, et parmi lesquels le Pandanus
utilis est le plus répandu. C’est un arbrisseau très utile au
point de vue économique et dont la racine est réputée aphro­
disiaque. On l’emploie aussi contre les maladies vénériennes,
I hémoptysie et 1impuissance génésique : 1° impuissance:
décoction de racines en tisanes; 2° migraines : feuilles vertes
de vaquois et eau 360 grammes en décoction, compresses
imbibées de ce liquide sur la tête. Les feuilles sont employées
à faire des chapeaux tout à fait inférieurs et des bonnets de
bourjanos, aussi des sacs grossiers. — YoirHofa (fig. 60 bis).
u t ile s

Vakoamboalavo, Vakoampetraka Bs. ; P andanus

sparganioides

Bak. ! Pandanées). — Feuilles employées pour la fabrication
des sacs d’emballage (café, riz, etc.).

Vakoana Bs.; P andanus
Fandrana.

concretus

Bak. (Pandanées). — Voir

Vakoandambo, Vakoandrano, Vakoanondry Bs. ; P andanus sp.
(Pandanées). — Voir Fandrambarika. Fasy. Hofa.
Valamoty Bs. ; F lacourtia R amontchi L ’Hérit. (.Bixinées). —
Voir Lamoty.
Valanirana g. — Voir Lambinana;

N

uxia

capitata

Baker

[Locj aniacées).

Valatendro H .; P otamogeton

fluitans

Roth, et P.

parvlfolius

Buchen. (.Yaïadaccès). — Voir Lavatendro, Ompy.

Valatratraka Sa. ;

B r il l a n t a is ia

m a d a g a s c a r ie n s is

And. Acan-

thacées). — Voir Velatsa, Velatratraka.

Valavelo SI., Valavelona Sa. — Voir Kinapotsy.
Valimpangady. — Voir Molampangady.
Valo Sa. ;

D

o m b e y a

à libres textiles.

f l o r ib ü n d a

Bak. (Sterculiacées). — Écorce

�216

l'LANTKS UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Valomena, Valou llov.; T hespesia popilnea Sol. ( Malvacées). — Petit arbre ou arbuste dont on indique l'écorce
comme dépurative et dont on fait un succédané du Simarouba. On s est servi avec efficacité de 1écorce dans les
dysenteries chroniques, en décoction, et aussi contre les
affections de la peau. Cette écorce sert à faire des cordes.
Le bois très parfumé est employé en ébénisterie sous le nom
de boiis de rose. Le suc serait antidartreux.

2i7

Vantsiraokanangatra Bs. — Voir Bemaimbo.
Varandeda, Varandenda IL — Voir Ambaradeda.
Varanto Bs.;
Nato.

I mbricaiiiaco riacea

Varia Bs., Variahy IL ;

A

A. DC. (Sapotacées). — Voir

n tiioc le ista

m adagascariensis

Bak.

(Loganiacécs). — Voir Dendemilahy. Landemilahy.

Valoriotrabe Bs. ; Olyra latifoi ia L. (Graminées).

Variampemby BL; S o r g h l m v l l g a r e L. (Graminées). — Sor­
gho. — Voir Ampemby, Bakaka, Morama.

Vanana IL, Bl., Sa.; E lüocarpi s

Variangaka. — Variété de riz (Graminées).

soipes ,

rh o d am h u s , E. dalechamp E. Qi'ERciFOLiA Bak. ( Tiliacées) . — Voir Voanana.

Vandantaho IL ; S enecio B ojeri DC. (Composées).
Vandevenona IL ; P arinarifm

emirnense

Variangika. — Variété de riz (Graminées).

Bak. (Rosacées). —

Fruit comestible.

Vandriha Bs. ; V angueria

e d i i . is

verticillatum

Boj. (Apocy-

Vangasay g .; C itrus

Variatodimpoza. — Variété de riz (Graminées).
Variatodintsintsina. — Variété de riz à petits grains (Grami­

nées). — Bois d'ébénisterie.

Vandrozana Bs. ; S arcol.ena
— Noir Todinga.

Variangikafotsy. — Variété de riz (Graminées).
Variangikamena. — Variété de riz (Graminées).

Vahl. (,Ruhiacées).

Vandrika IL ; C raspidospermum

Variangeky. — Variété de riz (Graminées).

grandi flora

Thou. (Chlænacées).

nées).

Varibemalady. — Variété de riz à petits grains (Graminées).

Bojer (Rntacées-Auran/iacées).
— Son nom même indique que c'est l’orange de Madagascar :
&lt;c say » petite orange. Elle est antispasmodique et tempé­
rante, propriétés très connues aux espèces du genre : très
commune sur les côtes de Madagascar.
vangasay

Varibengaly. — Variété du riz du Bengale introduit (Grami­
nées).

Varibotry. — Variété de riz à grains ronds (Graminées).
Varibotrikely. — Variété de riz (Graminées).
Varibotrimidina. — Variété de riz (Graminées).

Vanimpolera IL; M irabilis Jalapa L. (Nyctaginées). — Intro­
duit. — Noir Voampolera. Vonimpolera.

Varibotrimadinika. — Variété de riz (Graminées).

Vanoka Menabe; Ficus

Varibotrivaventy. — Variété de riz (Graminées).

Baker ( [ ' rticées), guérit la
diarrhée et apaise les douleurs de l’enfantement. — Voir
melleri

Nonoka.
Vantsilana IL ; P anax

Varidiavolana. — Variété de riz (Graminées).
ormfouum

Bak. et C ussoma

monophylla

Bak. (Araliacées).

Vantsilanalahy, Vantsilanavavy IL ; C ussokia
(Araliacées).

Varidatsy. — Variété de riz ( Graminées).
Varifotsy. — Variété de riz très blanc lorsqu’il est pilé (Gra­
minées).

racemosa

Bak.

Varifemba Bs. — Voir Fariampomby.

�218

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Variharongana. — Variété de rh (Graminées).

249

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Varimbazahamointy H. ; F agopyrum esculentum L.

(P o ly y o -

nées). — Sarrazin. Graine alimentaire. — Introduit.

Varihova. — Variété de riz ( Graminées).

Varikary. — Variété de riz (Graminées).

Varinakoholahy II.; P olygonum senegàlense Meissn. (P o ly r/ o nées). — Voir Arivotaobelona, Davy, Fibary, Fandihambo,
Pibary, Fotsimbarinakoholahy.

Varikelihatoka. — Variété de riz ( Graminées).

Varintsoavahy H.; A vena

Varikalanana. — Variété de riz Graminées).

Varikelimidina. — Variété de riz ( Graminées).
Varikitra II. : Clerodendron
— Plante ornementale.

auojrifolium

Bak. (Vcrhénacées).

sa t iv a

L. (Graminées). — Introduit.

Avoine.

Variomby. — Variété de riz (Graminées).
Varipariaka. — Variété de riz ( Graminées).

Varilahy. — Variété de riz ( Graminées).

Varirioka. — Variété de riz (Graminées).

Varilango. — Variété de riz (Graminées).

Varirojo. — Variété de riz k gros grains (Graminées .

Varilantsika. — Variété de riz (G mm in ces).

Varirojobe. — Variété de riz à gros grains blancs (Graminées ).

Varilava. — Variété de riz (Graminées).

Varirojofotsy. — Variété de riz k gros grains blancs (Grami­

Varilavahatoka. — Variété de riz (Graminées).
Varilavarambo. — Variété de riz (Graminées).
Varilavasofina. —
(Graminées).

Variété de riz rouge à grandes feuilles

Varirojolavasomotra. — Variété de riz à longues barbes Gra­
minées).

Varirojogomambe. — Variété de riz (Graminées).

Varilavasomotra. — Variété de riz à longues barbes (Grami­
nées).
Varilengo. — Variété de riz (Graminées).
Varilingo. — Variété de riz (Graminées).
Varimadinika. — Variété de riz (Graminées).
Varimaintisomotra. — Variété de riz ( Graminées).
Varimaintivosy. — Variété de riz ( Graminées).
Varimalady. — Variété de riz ( Graminées).
Varimananjary. — Variété de riz (Graminées).
Varimangabe. — Variété de riz ( Graminées).
Varimangafaka. — Variété de riz (Graminées).
Varimbazaha H.; T riticum
ment introduit.

nées).

vulgare

L. (Graminées). — Fro­

Varirojomasonkibolo. — Variété de riz Graminées).
Varirojomena. — Variété de riz à gros grains rouges (Grami­
nées).

Varirojosorokomby. — Variété de riz à gros grains rouges
( Graminées).

Varirojovololona — Variété de riz à grains jaunâtres Gra­
minées).

Varisio. — Variété de riz ( Graminées).
Varisomotra. — Variété de riz barbu (Graminées).
Varisomotrandriana. — Variété de riz barbu blanc Grami­
nées).

Variterapotsy. — Variété de riz (Graminées).
Varitokambany. — Variété de riz ( Graminées).
Varitsihanimpody. — Variété de riz (Graminées).

�250

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DU .MADAGASCAR

251

Varivato. — Variété de riz (Graminées).

de l ’ancien monde). On s’en sert contre les ophtalmies, les
maladies cutanées et lhydropisie. Les racines sont préco­
nisées contre les affections puerpérales, pulmonaires, syphi­
litiques et rhumatismales. — Voir Tsipolomanitra, Tsipo-

Varivory — Variété de riz (Graminées).

temena.

Varilavoantaniratsy. — Variété 0e riz ( G r a m in é e s ).
Varitsiporitika. — V ariété de riz (Graminées).

Varo II., Baro Betsim.; Himscus

tiuaceus

B. (Malracées). —

Plante textile avant les propriétés émollientes des autres
Malvacées. — Voir Masaizano.

Varona H. ; T imonius

Bak. ( Bubiacées' ; SI. A
Lam. (Euphorbiacées).

flavescens

des.ma ma d ag a scari en si s

Varongifotsimalailay H.; T reculia

madagascarica

N.

nti -

E.

Varongimalailay II.; P lecospermum sp. ( Urlicées).
Varongimainty, Varongy 11. ; O cotea trichophlebia Bak. (Laurinées). — Plante à écorce aromatique. — Voir Varongifotsy,
Vasefaka, Vasebambazahà.
Varotra Bs. — Voir Janibarao.
sau v a

L. (Graminées). — Riz. Introduit et. lar­

gement cultivé.

Vasefaka H. — Voir Varongy.
Vasebambazaha Bs. — Voir Jambarao.
Vatoana Bs. ; C lehodendron

pyrifolium

Bak. ( Verbénacées). —

Plante ornementale.

Vatofolamainty II.; P haylopsis

longifolia

T. Anders. (Acan-

thacées).

Vatofosa II.; A chyranthes

aspera

L. — Voir le mot suivant.

Vatofosalahy H ov., Vandrangozaza H ov.;

A

chyranthes

L. (Amaranthacées). — Cette herbe pullule dans la
plupart des champs cultivés, sur les tertres, dans les haies
et les fossés. Elle est très riche en potasse et on en extrait
cet alcali pour la fabrication du savon h Madagascar. C’est
un dépuratif, astringent, diurétique, pectoral, à Maurice
(car cette plante existe dans toutes les régions tropicales

aspera

C

yathula

sp. ( Amaranta-

cécs).

Vatofosavavy IL ; C y a t h u l a

sphærocephala

Bak. (.Amaranta-

cécs).

Vatolalaka g., est le nom qu'on donne généralement au C. k s a l -

Br. ( Vrticées). — Voir aux Addenda.

Vary g.; O riza

Vatofosamainty, Vatofamanga IL ;

h u n d u c e l l a Fleming (Légumineuses), dont la graine se
trouve à titre de médicament dans toute l'ile de Madagascar,
bien que ce végétal ne croisse que dans les régions riveraines
de la mer. L amande, qui a été analysée par Scldagdenhauffen
et par moi-même ', renferme de l'huile amère 3 °/0. une
résine amèré(bondurine), du sucre, des matières salines, des
principes albuminoïdes solubles et insolubles et de l'ami­
don. La bonducine est le principe actif de ces graines :
c’est une résine amère, blanche, amorphe, sans àcreté. Les
graines, usitées dans l’Inde, y constituent un remède popu­
laire contre la lièvre paludéenne, et ces propriétés ont été
confirmées à Marseille, à notre instigation, par notre regretté
ami le Dr Isnard, qui a fait ses expériences avec la bondu­
cine préparée par nous. Cette résine réussit même dans les
cas rebelles ou la quinine avait échoué. — A Madagascar,
la graine de Bonduc se trouve en vente sur les places
publiques, et dans la plupart des maisons on la rencontre.
Elle jouit auprès des indigènes de propriétés fébrifuges,
astringentes, toniques, anthelmintiques. Les feuilles passent
pour emménagogues, la racine serait antiblennorhagique et
fébrifuge. Doses ; sommités de feuilles et fleurs, 50 pour
1000 en décoction; poudre ou pâte de l'amande, 1 à 2
pin ia

I. Sur la graine des Bonducs jaune iC æ salpinia lio m lu c Roxb.) et gris
Flem.), dans le Journal les N o u v e a u x Rem èdes, Kî mars
et avril 1886, par MM. lleckel et SchlagdenhaufTen.
(&lt;]. L io n d u e e lla

�O2

grammes; poudre de racine, 0,30 à I gramme; huile
extraite de l'amande, 0,10 à I gramme. D'après Kirkpatric,
la racine (dose 0,50) est supérieure à l’amande comme
antipériodique.
Cette plante est employée par les Betsimisaraka en infusion
des gousses à titre d’apéritif. Le Dr Ramisiray (/oc. ci/.,
p. 02) l'indique comme utilisée contre la blennorrhagie :
on avale la graine réduite en poudre. Ces graines sont, en
outre, de très bons toniques fébrifuges, très réputées au
Menabe, et employées aussi comme laxatives et utiles
contre les indigestions.
Dans la fièvre paludéenne, on mêle l'amande de Bonducau
poivre noir, 1 gramme de chaque, et on donne du mélange
1 à 3 grammes par jour. Contre les diverses formes de dys­
pepsie, on donne 1 gramme à 2 grammes de poudre ou pâte
d'amande à prendre un quart d'heure avant le repas. Contre
la gonorrhée récente et les llueurs blanches : décoction des
sommités par gorgées dans le jour. Contre la hernie étran­
glée : soit 3 cuillerées à bouche de poudre d’amandes bat­
tues dans 3 jaunes d’œuf, ou battues avec de. l'huile de ricin
et appliquées en cataplasme pendant 2 ou 3 jours sur le
scrotum, soit cataplasme de feuilles cuites dans l'huile de
ricin. Contre la piqûre du poisson armé (appelé pêche
tigre) : on racle l’écorce des rameaux du Bonduc et on
l’applique fraîche sur la piqûre qu'on a au préalable incisée
en croix et fait saigner. On donne encore la poudre de
feuilles de Bonduc contre le Tambavy (à la période où les
enfants grandissent et s'écorchent), mêlées à un grand
nombre d’autres substances dans un sirop composé. Comme
anthelmintique, on donne moitié d une amande de Bonduc
écrasée dans du miel ou de l'huile de ricin (15 grammes).
Enfin les sage-femmes malgaches emploient la graine de
ce végétal dans les cas de couches laborieuses ; elles la font
avaler en plusieurs doses à la parturiente sous forme de
poudre. Comme on le voit, ce produit végétal d’emploi
multiple est une vraie panacée.
Les graines dures de cette liane ou de cet arbrisseau

253

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

servent aux Malgaches de la côte à jouer au Katra. En Imerina, ils emploient les graines ou les fruits d’Azedarach
(Dandouau).
Le C æsalpinia B onduc Roxb. qui ne paraît pas exister
à Madagascar, jouit des mêmes propriétés. Sa graine est
jaune.

Vatrotroka SI., Bs. — Voir Voatrotroka.
Vatsilambato Bs.;

P anax

sp. ( Araliacées).

Vavana IL ; E læocarpus divers ( Tiliacées).
Vavandrika IL — Voir Vandrika.
Vavarotra Bs. — N oir Marotamponaka.
Vavongo SL; G arcinia

pachypiiylla Bak. ( Guttifères). —
Graine huileuse et résineuse. — Voir Vongolahy.

Vazaha H. ; A ristea K itchingii Bak. ( I ridée*). — Voir Vahaza.
Vazahakely Vak. Ank. ; A r i s t e a
— Même usage que Vahaza.
Vazahamakafo g .; D a m e ll ia
Velabavy Bl. ; E pilouium
Veladahy Sa. ; J usticia

angustifolia

ensifolia

flavescens

spigelioides

Bojer { I ridées).

Radl. (Bignoniacées&gt;.

E. Mev. [Onagrariées).
Bak. (Acanthacées).

Velatratraka Sa., Velatsa Bl. ; B rillantaisia madagascariensis
J. And. [Acanthacées). — Voir Valatratraka.
Velatsamadinika BL; H ypoestes

micropiiylla

Bak. (.Acantha­

cées) .

Velonarivotaona H. ; Stenocline inuloides DC. (Composées).
— Voir Hazomandriana, Tsitakombohitra.
Velonasara g. ; S esbania pcnctata DC. (Légumineuses). —
Voir Fanaravoana, Manjato.
Vendrana IL ; C yperus

Poir. (Cypéracées). — Les
feuilles sont employées pour fabriquer des sacs, des nattes
et* des corbeilles grossières. — Noir Isatra aux addenda et
Zorozoro dans le corps de l’ouvrage.
latifolius

�25 i

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES UE MADAGASCAR

Vendrandambo H.;
rirana.

C

Vero H. ; A. n d r o p o g o .n
Verofotsy.

yperus

i i ir tu s

sp. (Cypéracées). — Voir TeloL. ( Graminées) . —

N oir

Kolafa,

Verofehana H .;

A ndropogon
naudus
L. A . , S c h œ n a n t h u s
Benth. ; A. S c h œ n a n t h u s L. (Graminées). — Les Beisileo
emploient cette plante aromatique, associée à Sihanaka et
à Ahibalala comme remède contre l'action toxique de l’in­
secte coléoptère appelé Tsinyala qui peut se trouver acci­
dentellement dans l'eau potable. — Voir Fehana, Fiahana.

255

suffit de rompre brusquement la gaine et de tirer à soi dou­
cement. Les filaments apparaissent et sortent facilement
pourvu qu’on les tire bien parallèlement à l’axe du limbe.
Ainsi obtenus, les filaments sont jaune foncé, mais cette
teinte s’éclaircit notablement par le lavage. Un filament
non lavé, ayant 0 mm. 315 par grand axe et 0 mm. 262 par
petit axe, sera rompu sous une charge de 420 à 460 grammes.
Avec les brins lavés la résistance est plus élevée. Cette
filasse est plutôt extensible qu’élastique (P. Claverie . —
Les Malgaches emploient la fécule comme un excellent
topique contre la morsure des animaux venimeux.

Verofotsy BL, Veromanga Bl. — Voir Vero.

Vihazo BL — Voir Ambizo; IL — Voir Ambahaza.

Veromanitra H. — Voir Fiahana.

Viliantsahona H. — Voir Kiloviantsahona.

Verombato Bl., Verontsanjy H. — N oir Vero.

Viliantsahonantanenty H. — Voir Loviantsahonantanenty.

Via Bs., Viha Bs. — \’oir Viha et Mangaoka. — Fibres
textiles et fécule comestible.

Viha Sak. ; T yphonodorüm

Ma d a g a s c a r iense Engl. [Aroïdées).
— Cette espèce, comme tous les Typhonodorum, vit sui­
tes bords des cours d’eau boueux et dans les marais : on les
trouve à Zanzibar, à Maurice et à Madagascar.
Elle fournit une filasse employée par les Sakalaves pour
la confection des grands lilets de pêche; elle mesure I m.oO
à 2 m. 50 de haut. Toutes parties renferment un suc irritant
qui provoque des démangeaisons. La souche est utilisée, à
l'occasion, par les Malgaches, qui la râpent et qui, après l'avoir
desséchée sur un feu doux, en retirent une fécule comes­
tible, qui cause, malgré l’action du feu. dans la bouche et
même dans l’œsophage, un prurit spécial. Enfin, certains
animaux, tels que les sangliers, sont friands de la souche
entière P. Claverie, Textiles exotiques, Annales d*i Musée
colonial, 1909).
Les filaments usités par les Sakalaves pour la fabrication
de leurs filets sont extraits de la gaine foliaire, et d’après
Perrier de la Bathie une variété qui a les gaines rougeâtres
et noirâtres donne de meilleures fibres que celle à gâines
blanches. L extraction de ces filaments est facile, car il

Vilonala II. ;

L. (Scilaminées . — Rhi­
zome féculent très apprécié. — Voir pour la fécule de cette
plante les mémoires de Decrock et de Planchon et Juillet,
Ann. du Musée col. de Marseille, 1909, p. 339 et 477).
M

ara n ta arundinacea

Vina Betsim. — Plante indéterminée employée par les Betsimisaraka contre la gale en application locale.

Vinda Sak. ;

C y p e r u s a l t e r n i f o l i u s L. [Cypéracées) ; la paille
sert à fabriquer des chapeaux, nattes et paillassons.

Vintanina Imerina ;

C a l o p h y l l u m p a r v i f l o r u .m Bojer [Guttifères). — Arbre produisant une oléorésine comme celle du
Voakotry et ayant les mêmes propriétés (voir ce dernier
nom et Tsindelo). Existe dans les forêts des cotes Est et
Nord-Est de Madagascar. — Graines à huile résineuse.

Vintanona. — Voir Vintanina.
Vivaona IL — Voir Tavolohazo.
Voabana Bs. ;

L. (Solanées). — Introduit
et cultivé pour son fruit (légume). — Voir Angivimbazaha,
Solanum M

elongena

Bana, Bararaka.
Voabe IL S L; C i t r u l l u s
Voir Voamanga.

v u lg a r is

Sch. (Cucurbitacées). —

�236

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Voabonga Sa.; L vcopersicum esia lenti m Mil. (Salariées).
Tomate. — V oir Babonga, Boaboanga, Tabiha. Voandamora.
Voafaho II.; Gycas T hoearsii R. Br. (Cycadacces). — Voir
Faho.
sativa

Voafano II.; P i p i a d e m a c h rys os i
— Voir Fano, Sikidy.
Voafatz g.; T erminalia
Voafotsindrano g.

plmila

; A phloia

u .iiys

Iver. (Broméliacées). —

Bentli. (Légumineuses}.

Tul. (C ombré lacées).

s j ».

(Bixinées). — V oir Voafotsy.

Voat'otsy « fruits blancs », Fandramanana, Maramanana Imer.;
A p h l o i a the æko rmi s Benn. et A p i i l o i a m a d a g a s c a r i e n s i s
Clos. [Bixinées). — C’est un petit arbre qui boise dans File
une foule de coteaux Le fruit, petite baie blanche ( 1”oa-folsiy )
couvre la plante littéralement : il est comestible et très
sain, mais légèrement amer. Les feuilles supérieures valent,
dit-on, comme parfum celles de l ’Avaparia ( Eupaforiurn
ayapana L.) de la Guyane, et sont employées comme suc­
cédané du thé en infusion. Elles passent pour antigonorrhéiques et sont utilisées contre la strangurie. On s’en
sert aussi en décoction (60 pour 1.000 d'eau) contre l'ascite
et 1hydropisie. Les Malgaches n’emploient ([ue les feuilles
séchées à l’ombre il titre de tonique, apéritif, vulnéraire,
outre les propriétés ci-dessus indiquées. L ’écorce serait
vomitive.

1 Contre la strangurie, 1ascite et 1hydropisie ; décoction
des feuilles en tisane. 2° Fractures et luxations (remède
Betsdeo : feuilles cuites en cataplasme sur la partie lésée.
3 1 laies, ulcères, blessures (remède Betsileo) ; ràpure de la
tige en topique. 4° Contre les hotsohotso (rhumatisme, ostéo­
malacie) : tisane et fomentation de la décoction des feuilles
jointe à celle de Fangotsohana (chenille velue) dont les
soies produisent de l’urticaire et que l ’on trouve sur les
mêmes leuilles et sur le Bicinus commuais (m. m.). 5UContre

;amcaux fleuris

Voafandrana Tan. ; A nanassa
Voir Mananasy II.

�PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

257

le 7singala (ni. ni.), prendre une décoction des feuilles de
Noalotsy, d indigo et de ricin.
M. le Docteur Fontoinont [Presse médicale, 1908), dans
un premier travail, avait mis en évidence les propriétés de la
décoction de cette plante (feuilles) contre la lièvre bilieuse
hemoglobinurique, mais, depuis, son collaborateur, M. le
Docteur Rigaud ( Annales d hygiène et de médecine colo­
niales, n° 5, 1909), vient de publier un travail plus complet
sur le meme sujet, accompagné de nombreuses observations
tpii mettent le lait plus en évidence, et démontrent, comme
le dit ce savant médecin des troupes coloniales, que, si le
traitement du syndrome bilieux hémoglobinurique par les
infusions de feuilles sèches de Kinkélibah [Combretum Raimhaulti Ileckel, C. album Pers.) \ ou par celles de Fédégosa
ou A liouandémé[Cassia Occidentalis L.). est devenu presque
classique dans la pratique coloniale, il faut reconnaître que,
dans les colonies autres que l’Afrique Occidentale où le kinkélibah n'est ni indigène, ni introduit (comme à Madagascar !,
les feuilles de « Voafotsy » peuvent les remplacer sans désa­
vantage et avec le même succès. C'est donc là une précieuse
conquête contre une affection redoutable qui semble envahir
de plus en plus les hauts plateaux de notre grande île
malgache.
La préparation employée dans les essais de M. le Docteur
Rigaud était faite avec 25 à 50 grammes de feuilles demisèches bouillies dans un litre d'eau pendant 1/2 heure
environ. Il est nécessaire que les feuilles ue soient pas com­
plètement séchées, les feuilles sèches agissant avec beau­
coup moins de rapidité. D'où l'auteur infère que les pro­
priétés de Voafolsy sont probablement dues à un produit
volatil (huile essentielle ?), que la dessiccation des feuilles
fait évaporer en grande partie. Une analyse chimique qui
i. C’est à l’issue (le mon travail sur le K i n k é l i b a h ( R é p e r t o i r e d e P h a r ­
1891), démontrant la valeur de ce médicament contre la fièvre
bilieuse hématurique, que cette pratique s'est généralisée dans les colo­
nies françaises et étrangères où règne cette affection redoutée.
m a c i e , juin

Annules du Musée colonial de Marseille. — 2* série, 8* vol., 1910.

17

�258

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

reste à faire pourra seule fixer sur ce point 1. On donne
2 litres de tisane par 21 heures au début, et, dès que les
urines cessant d'être couleur madère, sont devenues claires,
la dose est réduite progressivement à un litre par 24 heures.
L'administration cumulative d'eau chloroformée a toujours
aidé à bien supporter la tisane, dans les cas de vomisse­
ments antérieurs ou consécutifs à une ingestion. Dans les
cas compliqués d’anurie ou d'hyperthermie excessive, des
grands lavages intestinaux d'eau bouillie (1 litre 1/2 à
2 litres), et comme tonique, du sérum artificiel (rarement),
du champagne et des potions à l’hémoglobine ou au quin­
quina, mais règle absolue, jamais de quinine dès l’apparition
de l'hémoglobinurie jusqu'à sa disparition totale.
L ’emploi des feuilles de Y o a f o t s y provenant de l'une ou
l’autre des deux espèces d'Aphloia fheæforniis et Madagascariensis est indifférent ; toutefois, les indigènes (et M. Rigaud
a imité leur exemple) n'utilisent pour leur usage médecinal que le Yoafotsy à petites feuilles, variété dYL theæformis qui donnerait, dans tous les cas, de meilleurs
résultats (fig. 62).

Voahambana Pr. ; P lectroma sp. (Rubiacées). — Voir Pitsikahitra.
Voahandrintsahona Sa. ; G arcim a

cernua

Bak. ( Gut/ifères).

Voahangibe H. ; C it r u s sp. (Rutaeées). — Voir Tsoho, Voangy.
Voahazo g. ; S esamum

DG. (Pédalinées). — On trouve
le sésame sur les côtes de Madagascar et jusque chez les
Tanala. Cette plante introduite est regardée dans toutes ses
parties comme émolliente et laxative. Elle est du reste très
mucilagineuse. Les Malgaches en torréfient les semences, les
indicum

Voahenavavy IL, Voahentetso Sud. ; L a n d o l p h i a sp. (Apocynées). — Voir Mandrianambovavy, Pira, Vahimaintina.
Voahirana H. — Voir Betsimihilana.
Voajabo Bs. — Voir Todinga.
Voakandrina IL ;

C a r i s s a e d u l i s Vahl. [Apocynées). — Fruits
comestibles. — Voir Voankandriana.

Voakanga H. ; O rciiipeda thouarsh R. et S. ( Apocynées). —
Voir Kabotra, Kangarano, Folitra, Montafara.
Voakiripy g. ; P aropsia
Dimepate.

edulis

Thou. (.Passiflorées). — Voir

Voakisomamboa IL ; Yms microdiptera Bak. [Ampélidées).
— Voir Fanakientana, Fanakietana, Fandribaratra, Mahasarobahatra, Masonomby.
Voakitso, Voakitsy Pr. ; Vms sp. (Ampélidées). — Voir Voalobokala.
Voakotry Taimoro, Foraha ; C alopiiyllum

inophyllim
L.
(Gut/ifères). — La racine de ce bel arbre est indiquée par
le Dr Ramisiray comme employée en décoction pour arro­
ser le pansement des ulcères. Il est remarquable que les
Canaques de Nouvelle-Calédonie emploient la résine du
même arbre pour panser les plaies ulcéreuses. — Noir Tsin-

delo.
I. Nous apprenons au dernier moment que ce travail d’analyse chi­
mique se poursuit à cette heure au laboratoire du prof. Pouchet à la
Faculté de médecine de Paris, avec des matériaux de recherche que j’ai
confiés à M. le Dr Chevalier, chef de travaux chimiques de ce laboratoire,
bien connu pour sa haute compétence en matière d’analyse végétale.

Voalatakakoholahy Bl.; C asearia i .ucida Tul. [Samydacées).
Voir Hazomalefaka.
Voalava BL ; C o l e a f l o r i b u n d a Boj. (Bignoniacées). — Noir
Antsosa, Kangaka, Tsentsepimpy, Rehareha, Riaria, Reharehalahy.

�260

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Voalavariana H. ; C olea sp. (.Bignoniacées).
Voalefoka Imer., Tatamo Sak. ;

W illd.
(Nymphéacées). — Cette plante abonde dans les lacs, les
étangs et les eaux paisibles des fleuves de Madagascar,
mais elle présente des variétés. Tantôt les fleurs sont
blanches, tantôt rouges pourpre. Le Tatamo est le grand
nénuphar avec de grandes fleurs purpurines connues sous
N

ym piiæ a

stellata

261

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

contre les hémorrhoïdes, l’aménorrhée, les flucurs blanches.
Les feuilles (aliments pour l’espèce bovine à Madagascar)
sont utilisées comme topiques contre les érysipèles. —
Voir Betsimihilana, Tantama, Tsiazonafo, Voahirana.

Voalefokalitrâ, Voalefokamboa, Voalefokoitra IL ; L imnanthemum indicum Griseb. (Gentianées). — Voir Tatamontolo.
Voalelolahy Bl. ; Sarcostemma sp. (Asclépiadées).
Voaloboka IL ; Vins

vinifera L.

(Ampélidées). — Introduite.

Voalobokala IL ; V m s sp. (Ampélidées). — \’oir Voakitsy.
Voalobokamboa IL ; Vins
Voir Voakisomanboa.
Voalombona Bs. ; Vins
Voamahatsara BL ;
Voir Samatry.

microdiptera

microdoma

C assia

Bak. (Ampélidées). —

Bak. (Ampélidées).

læ vigata

W illd . (Légumineuses).

Voamahery IL ; Grewta sp. ( Tiliacées).
Voamahombazaha Sa. ; H ibiscus Sabdariffa L.
— Oseille de Guinée. — Voir Divay.

Cliché du I)r Teissonnière.
Fig. 63. — Tananorive. — (Dans un étang).
N y m p h é a ste llata

Willd. — Voalefoka.

Voamaintilany H. ; A brus precatorius L. ( Légumineuses). —
VoirMasonamboatara, Voaniboanamainty, Vamboanamena,
Vamboanamavo, Vahemboamena, Voamaintilany, Voamantorona.
Voamaity Bl. ; Solanum

le nom de Voahirana ; le Voalefoka a des fleurs plus petites
et blanches : tous deux appartiennent à la même espèce. Le
rhizome en est mucilagineux et un peu âcre, amer, astrin­
gent : il ne sert pas moins d'aliment, après cuisson, aux
indigènes qui consomment celui de Voalefoka de préfé­
rence. On l'emploie aussi pour le tannage du cuir et la
teinture en gris. Les Malgaches mangent également le fruit.
On connaît les propriétés dont ont joui et jouissent encore,
en grande réputation, les rhizomes et les fleurs de Nymphæa
comme calmants, astringents et anaphrodisiaques. Employés

Malvacées).

nitens Bak.

Voamandina Bs. ; Citrus

medica

Voamanga Bl. ; C itrullus
Voir Voabe.

(Solanées).

L. (Rutacées).

vclgaris Sch.

(Cucurbitacées). —

Voamantorona Fr., Voamatorona H. — Voir Voamaintilamy.
Voàmarintampona H. ; E ugenia P arkeri Boj. (Myrtacées). —
Voir Rotra, Marantampona.
Voamasoandro SL; Salacla
nées).

madagascariensis

DC. (Célastri-

�262

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

263

Fl.ANTES UTILES DE JMVDAGASCAR

Voamasonomby H. — Voir Masonomby; II., Fanakientana.

tiq u e , a n tig o n o r r h é iq u e . E m p lo i ; g o n o r r h é e , a s th m e , in c o n ­

Voamatory SI. — Voir Madiro. — Fruit laxatif par sa pulpe.

t i n e n c e d ’u r i n e : 1 ° g o n o r r h é e : p o u d r e d e f r u i t s d e

Voamayg. — Plante indéterminée employée par les Sakalaves

ferjj

dose

p ro g re s s iv e de 8 à

15

Voambahy SI. ; L a g e n a u i a
Voir Voatavomanta.

vulg ar is

Serg. (Cucurbitacées). —

peu a v a n t

le

repas;

2° a s t h m e e t d o u l e u r s n é v r a l g i q u e s :

cou per 7 en tre-n œ u ds

de

g r o s , le s fe n d re en 3 ou i

F lagellar ia

indiu .a

Boj. (Flagcllariées ). —

la l i a n e ; s i l e s n œ u d s s o n t

la u r if o l ia

Bak. (Hamamélidées).

u n e b o u t e ille d e v ie u x rh u m : 30

720 g r a m m e s
fro id par

tasses de

D a l b e r g i a B a r o n i Bak. [Légumineuses). —
Bois d’ébénisterie. — Voir Hazovola.

VoampikaSL;

Voamboanamainty, Voamboanamavo, Voambyanamena SI.
— Voir Voamaintilany.

Voampirakitra

VoamitraSl. ; P l e c t r a n t h u s

d ’ e a u j u s q u ’à

pachyphyllum,

Voamboana Sa;

ternatus

Bak. [Labiées). — Tuber­

cules comestibles.

gram m es

m a tin

Bak.

ré d u c tio n

te m p s en te m p s .

à

B yrsocarpus B aroni B a k . ; R ourea

Voampo.

—

Voampoa

Bs. ; T

V o ir

IL —

F

erm inalia

DC.

atræa

[Combrélacées).

Angivy.

V o ir

Angivy.

Voamontomaso H. — Voir Motomaso.

Voampolera

IL ; M

Voampaka

Voanaka B l . ; P h y s a l i s p e r u v i a n a L. [Solanées).
V o i r Voantsipaotaka. Voânantsindrana.

N

auclea

Ilavil [liubiacées).

Sa . U a p a c a
P

—

clusioides

iptadenia

c u spid a t a

B ak.,

B reonia

Voir Molampangady.

Bak. [Euphorhiacées).

c h r y s o s t a c i ii s

Benth.

[Légum i­

neuses). — Voir Fano, Sikidy, Voafana.

Voanalakely,

P. p a c h yphyllum Baker [Pipéracées). — La première de ces
lianes croît spontanément dans la forêt et dans les endroits
pierreux ; de là son nom Betsiléo, qui signifie gingembre
des rochers. On trouve le fruit en vente dans les bazars.
11 a été souvent donné, comme le vrai Gubèbe, aux mêmes
doses, contre les mêmes maladies et aussi avec le même
succès. Il ne trouble pas les fonctions digestives, et peut
être administré contre les écoulements uréthraux. Proprié­
tés : tonique, excitant, stomachique, fébrifuge, antiscorbu-

les b o is

Voampobe H.

irabilis

«fru its

B o je r

permus

Voamperifery Hov., Tsimpeferiry, Mahalatsaka, Tsimahalatsaka, SakavirombatoBets. ; P i p e r p y r i f o l i u m Wahl., et

platysepala

[Connaracées).

Bs. ; G r a tæ v a

;

Piper

L ’au tre esp èce,

Voampoana

Bs.

prendre

ci-dessu s c ité e , jo u ira it des m ê m e s p r o p r ié té s .

IL ,

Voampana H .;

et soir ;

m o itié ;

Voampoabe

cu spid at a

très

m o r c e a u x et la isser m a c é r e r dans

1° h é m a t u r i e : p r e n d r e 15 f e u i l l e s e t l e s f a i r e d é c o c t e r d a n s

Voambarilava SI. ; D i c o r y p h e
— Voir Tsiloiza.

Voamolampangady

voamperi-

g r a m m e s d é la y é e dans

u n r é c i p i e n t l i q u i d e ( m i e l , e a u s u c r é e , e a u d e r i z , e t c . ) , un

contre la gravelle.

Voanibaipika Sa. ;
Voir Vahipika.

à

de

—

V o ir

excelsa

B oj.

Sevabe.
[Capparidées).

J \ L A P A .L .(ÏV y c ta g in é e s ) . — I n t r o d u i t .
—

In trod u it.

b o sq u ets » g. ; R hinacanthus

[Acanthacées).

—

osmos-

O n tr o u v e ce tte p la n te dans

e t les h a u ts p la t e a u x de l l m e r i n a e t du

B etsileo .

T o u t e s ses p a r tie s s o n t a r o m a t iq u e s . Il su ffit d ’en a v o i r une
p a r c e lle dan s un a p p a r te m e n t p ou r l ’e m b a u m e r. L e s feu illes
en s o n t

a m è r e s e t le s u c d e la p l a n t e e s t b é c h i q u e e t a d o u ­

c i s s a n t . D e p u i s l o n g t e m p s , le s u c d e s f e u i l l e s d u

muais

N e e s et

l écorce

d e la

racin e

sont

Rh. com­

e m p lo y é s

c o m b a t t r e l ’ a ffe c tio n de la p ea u c o n n u e sous le n o m

pès circinné.

pour

d'her­

L a ra c in e fraîch e écra sée est r e g a r d é e c o m m e

un r e m è d e s o u v e ra in de l im p e t ig o et

des au tres a ffectio n s

c u t a n é e s . B o u i l l i e d a n s d u la it e l l e p a s s e p o u r ê t r e a p h r o d i ­
siaqu e.

�264

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Voanarapalibe

L. (Urticées).
Jacquier. — Voir Ampalibe, Finesy. — Introduit.
g'. ;

Voanarapotsy II. ;

A

M

rtocarpus

in te g r ifo l ia

e la n opiiv lla a ln i fo lia

Bak. ( Cornacées).

Voanana H. ;
p s io id e s

E ljsocarpus r i i o d a n t h u s Bak. ; E.
Bak. ( Tiliacces). — Voir Vanana.

Voananamboà :

S c iii s m a t oc l jb a

psyghotrioides

265

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

les indigènes n utilisent pas encore ces propriétés. Il a été
introduit du cap de Bonne-Espérance par les missionnaires,
à Madagascar, sous le nom de Ricliria. Les fruits de cet

dalecham-

Bak. (.Rubin-

cées).

Voanantsindrana II. — Voir Voanaka.
Voanasivory Bs. ; G o u a n i a
Voandafara Sa. ; O n c o b a
Lafara.
Voandaingo,

M

glandulosa

c a p r e .e f o i .ia

ussænda a r c u a t a

Voandalandana Bs. :

Poir. (Rhamnées).

Bak. ( Bixinées). — Voir

Lam k. —

C an ay alia

V o ir

ortusifo lia

Tsikirity.
DC. ( Légumi­

neuses).

Voandaraora H. ;

L yc o p e r s i c u m e s c l l e n t i m Mill. (Solanées). —
Tomate. Introduite. — Voir Babonga. Tabia, Voagongo.

Voandamoty SI. ; Z izyphus
Makanasy.
Voandanary SI. ;
Saraary.

O chna

jujura

macrantha

Laur. (.Rhamnées). — Voir
Bak. ( Ochnacées). — Voir

Voandanory Bl. ; P h y l l a n t h u s sp. (Euphorbiacées). — Voir
Anakatsotsy. Lanory.
Voandelaka g. ;

L. (Méliacées). — Cet arbre
(lilas de l’Inde) est d’introduction récente à Madagascar,
mais il s’y est propagé avec une étonnante rapidité, surtout
par ses graines. Il est d'une belle venue, meme dans les
terrains stériles et dénudés. Il serait peut-être bon, en vue
du reboisement, d'en planter quelques pieds au sommet des
montagnes arides et, sans doute, 1 intérieur de Madagascar
serait rapidement reboisé. — Les propriétés des diverses
parties de ce végétal sont trop connues pour que nous y
insistions ici : ces connaissances sont classiques. Du reste,
M

ella a z e d a r a c h

Fig. 64. — Melia azederacli L.
(Parc du Gouverneur général à Tananarive'. — Voandelaka.

arbre servent aux Malgaches pour jouer au jeu de Katra
(Dandouau).

Voandramiary H. — Voir Ramiary.
Voandrano Bet., Honkalahy Sak. ;

R

hizophora

mucronata

Lamk. (Rhizophorées). — Ce manglier est très commun à
l’embouchure des rivières et au fond des anses de Madagas­
car. Ecorce astringente, amère et fébrifuge. Les feuilles sont
réputées fébrifuges et employées en cataplasme contre la
piqûre du loffe (poisson armé). Ecorce de racine tannante.

Voandriaria BL; C o l e a f l o r i b u n d a Boj. (Biynoniacées). —
Voir Rehareha, Reharehalahy, Riaria. Tsentsepimpy, Voalava.

Voanemba IL ; Cassia sp. (Légumineuses). — Voir Lojo.

�266

PLANTES UTILES PE MADAGASCAR

Voanembanalika IIov., Saringoazo prov., Beraaimbo Sak.,
Voantsiraokonangatra Bets.; C a s s i a o c c i d e n t a l i s L. [Légu­
mineuses). Casse puante. — Cette plante, ubiquiste dans les
répons tropicales, est employée et commune dans toute
l'ile de Madagascar. Sa racine est tonique et diurétique ; les
feuilles en sont laxatives, résolutives, les graines constituent
un bon fébrifuge et sont employées, après torréfaction, en
Europe comme succédané du café, de là leur nom de « café
nègre ». L infusion des feuilles associée au chloroforme a
donné de bons résultats contre la fièvre jaune et contre la
fièvre bilieuse hématurique, dans plusieurs colonies de la côte
occidentale d’Afrique, entre les mains de médecins expéri­
mentés. Cette plante a été l'objet, en 1887, avril et mai, dans
les Archives de médecine navale, d'un travail complet par
MM. Heckel et SchlagdenhautVen. Ces auteurs n’ont trouvé
dans la plante, et particulièrement dans la graine, aucun
principe particulier qui justifie les propriétés fébrifuges
cependant bien réelles de cette plante. — Doses : écorce de
la racine, i grammes pour 180 grammes d’eau en infusion par
jour; graines, 10 à 15 grammes dans 500 grammes d'eau en
infusion ou macération, à prendre en 2 ou 3 fois par jour ;
feuilles, 30 grammes pour 300 grammes d’eau en décoction.
Contre l’asthme ou la bronchite on donne une cuillerée à
café de graines de Casse puante torréfiées et pulvérisées en
infusion dans une tasse d’eau bouillante. Contre la lièvre
paludéenne on prend : graines, 30 grammes pour 250 d'eau
en décoction jusqu'à réduction de moitié. Absorber chaud au
moment des premiers frissons. Les feuilles donnent le même
résultat. Toute la plante est fébrifuge, excepté la racine qui
serait plus spécialement diurétique. La décoction de feuilles
ou de graines doit être prise chaude en une seule fois dès
le premier frisson de fièvre. Ce médicament passe pour le
meilleur remède contre la fièvre paludéenne après la qui­
nine et ne fatigue pas l’estomac comme cet alcaloïde des
quinquinas. On emploie aussi la Casse puante en topique
dans des onguents divers et complexes, contre les abcès du
sein, les dartres, l’herpès circiné, les eczémas et autres

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

267

maladies de la peau. Les formules de ces onguents complexes
abondent dans notre colonie de La Réunion.

Voanembanemboa H. — Voir Bemaimbo.
Voangasay Bs. — Voir Vangasay.
Voangivy I L ; S o l a n u .m e r y t h r a c a n t i i u m Boj. (Salariées). —
Voir Angivy; Bl.,Vampoa, Voapo, Voampoabe, Voampobe,
Voangibombazaha IL, Voangily Bl., Voangilo Bl., Roinjivy, Angivibe, Ankivy, Héry.
Voangy Bs. ; C itrus sp. (Unlacées). — Voir Tsoho, Voahangibe.
Voaniho Bs. ; Cocos

nucifera

L. (Palmiers). — Cocotier.

Voanjamoro Pr. — Voir Angily.
Voanjobory IL ; V o a n d z e i a s u b t e r r a n e a Thou. (Légumineuses).
— Voir Voanjovory. — Graines comestibles et huileuses.
Voanjokatra Bl. — Voir Voanjombazaha.
Voanjomanga IL ;

Griseb. (Gentianées).
— Herbe médicinale employée en décoction (usage interne)
contre les maladies que les Malgaches appellent nerveuses.
Ils effilent cette herbe et l appliquent en cataplasmes chauds
sur les pustules d impétigo qu'ils prétendent résulter de
l'usage de l'eau. Ils en emploient encore la décoction dans
certains cas d uréthrite. — Voir Aferombohitra.
T achiadenus

carinatus

Voanjombazaha Imer., Voanjokatra Bets. ; A

ra ch is h yp o gæ a L.
(Légumineuses). — Cette plante introduite (pistache de
terre) est une des principales cultures alimentaires de
Madagascar. Ces pistaches (graines) passent pour aphrodi­
siaques : elles sont légèrement narcotiques et emménagogues. On trouve à la saison dans tous les bazars de Mada­
gascar la pistache grillée dans sa robe embrunie. La culture
de ce végétal est simple, facile, et serait d'un bon rende­
ment, n’était un ennemi terrible, le corbeau (Corvus scapulatus). — Voir Pisitasy.

�268

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Voanjomitohy H. — Voir Voanjombazaha.

Voantamenaka H. — Voir Tamenaka.

Voanjovory RI. — Voir Voanjobory.

Voantanantolo Bs. ;

Voankandriana H .;

C arissa

ed u lis

Vahl. (Apocynées). —

Fruit comestible. — Voir Voakandrina.

Voankavandra H. :

L ongani

Voankazohambana H. — Noir Malambohavana.
Voankelana Sa. ;

I p o m .ka L

indlevi

Chois. (Convolvulacées).

Voanketsihetsy, Voankitsao H. ; CiTRuixussp. (Cucurbitacées).
Voankobohobo H .;

A n o n a r e t i c u l a t a Vell. (Anonacées). —
Fruit comestible (introduit). — Voir Hobohobo.

Voankoromanga Bs. ; A r t o c a r p u s i n c i s a L. ( Urticées), Voanmkotra Sak. — Voir Amborovy, Voavontaka.
Voanongo Sa. — Voir Kinapotsy.

B rexia

t o m e n t o s u s Jumelle et Perrier,
Dec. (A sciépi adé es). — Liane à rameaux
de o à (j mètres de longueur et à latex (comme celui de T.
Ankarensis Jum. et Perr.) blanc et visqueux, croissant dans
le Boina et l'Ambongo (silicicole). Les Sakalaves du N .-O.
emploient comme amadou l'épais duvet des fruits de cette
liane.

T oxocarpius

e r v ille a tomentosa

Voanzpoena Bets. — Voir Amborovy.

Voantangondolo g .;
Voantodinga Bs. ;
Voir Todinga.

e lo thr ia rutem -

B

M

enincasa

imusops

cerifera

costata

Savi (Cucurbitacées

Hart. (Sapotacées). —

Willd.
( Pipéracées). — Arbuste des forêts de Madagascar dont les
feuilles sont employées comme vulnéraires, détersives,
contre la cystite, le catarrhe de la vessie et les plaies de
mauvaise nature.

Voantrotroka H. —
Voantsakoa

i p er s u b p e l t a t u m

Tsikotrokotroka.

Voantsikiry H. ; C i t r d l l u s sp. (Cucurbitacées). — Voir Voan­
kitsao.

Voantsimatra I L ;
Voir Tsimatra.

Thou. (Saxifra­

V o ir

P

I L ; S p o n d i a s sp.

Voantakasina H. ; D raceanasp - (Liliacées). — Voir Hasindahy.

Voantango H. — Voir Voabe.

sativa

Cogn. (Cucurbitacées). — La décoction de cette
plante est employée chez les Antsianaka contre les maux
d'estomac. — Voir Karakanratoloho, Melotangomboalavo.

Voantsilana Sa. ;
Bantsilana.

madagascariensis

C ucumis

ber giana

Voantainakoho IL ; P s o r o s p e r m u m f a x e r a n a Bak. ( Hypéricinées). — Voir Fanerana. Hazomakoho, Taikakoho.

B rexia

Boj. (Saxifrayées).

Voantangomboalava IL , « melon des rats » ; M

Voantsila H. ;
Vantsilana.

g es).

iiet er oph ylla

L. (Cucurbitacées). —
Les Betsileo emploient le fruit de cette plante introduite
comme vermifuge.

Voantabiha H. — Voir Angily.

Voantalanina Bs. ;

sp. (Bypéricinées).

Voantongotra, « grand baume »Tan.;

Voampiso Sak. — Voir Morando.
P

sosrospermum

Voantongoka Tan. — Voir Voantongotro.

Voanonoka H. — Voir Nonoka.
Voansifitra Sak. :

Voantomga SI. ;

P

Voantangombazaha IL ;

sp. (.Sapindacées).

269

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

P

anax

ornifolia

P anax

pentamera

S a ia c ia

Voantsipaotaka Pr. ;

Bak. (Araliacées). — Voir
Bak. (Araliacées). — Voir

dentata

Bak. (Célastrinées). —

P h y s a l i s p e r u v i a n a L. (Solanées). —
Fruit employé comme condiment. Fruit agréable, comestible
condiment (Introduit). — Voir Voakana. Voanantsindrona.

�270

Voantsirohoroka Sak. — Nom donné par les Sakalaves aux
fruits de M usa P e r r i e r i Claverie. — Voir Tsirohoroka.

Anaraoarahina, Fopohana, Nonokavavy, Taroroka, Nonokorovana, Torovoka, Voaranala, Voarandarabo. Voarapeky.

Voantsoa SI. ; Citrus sp. (Butacées). — Voir Tsoho, Voangy,
Voakangibe.

Voaramonina IL ;

Voantsohola

Voaramontsinbavy IL ;

g.

;

C

alo pyx is

sphæ roides

Tul. (Combrétncées).

Voantsirohoroka gr. ; Musa P errieri Clav. — Bananier. —
Voir Tsirohoroka.
Voapaka Bs. ; H omalium

scleroxvlon

Baill. (Samy(lacées);

sp. (Composées).

P siadia

Voaramontsinà IL — Voir Tsitakajaza et Kiliboka.
V

accinium secundifo lium

Voaramontsy IL ;
Voir Kitata.

V accinium

Voaranala Voarandambo IL ;

todika. Voapomena.

Voarandrano IL ; A

les grandes forêts de Beforona, sur la montagne d'Angavo,
dans la baie d Antongil et sur les bords de lîl rivière de
Namandraliana. 11 fournit contre la dysenterie un excellent
remède spécifique qui guérit, dit-on, infailliblement cette
maladie d’une manière prompte et radicale.

sp.

(Ericacées-Vacciniées). —

F ic us sp.

(Urticées).

ponogeton fenestralis

Thou.;

A.

ulvaceum

Bak. (Naïadacées). — Voir Ovirandra, Tapetaka.

Voarante Bs. ; I m b r i c a r i a
Voir Nato, Varanto.

A. DC. (Sapotacées). —

coriacea

Voarantondriaka Bs. — Voir Varanto.
Voarapeky SI. ;

F ic us sp.

(Urticées).

Voaroimainty Bets. ;

Voapary. — Voir Vouri.
Voapavua g. ;

P a r o p s i a edi l is Tliou. ( Passifïorées). — Fruits
comestibles par les graines à pulpe. — Voir Dimepate, Voa

kiripy.
Voapaza Bs. — Voir Mapaza.
Voapo Bl. — Voir Angivy.
Voapamena Bs. — Voir Voapaka.
Voara g., Ara Bl. ; Ficus

Hook. (É ri-

cacées-Vacciniées). — Voir Tsitakajaza, Voamontsina.

U apaca T houarsii Baill. (Euphorbiacées). — Voir Maranga-

Voapandaka Bs. — Arbuste non identifié qu’on trouve dans

271

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Baker (Urticées). —
Les feuilles sont employées comme cataplasme maturatif
sur les abcès : elles sont aussi réputées calmantes.
apodocephala

Voarafitra Tan. — Les Tanalas emploient les feuilles de cette
plante indéterminée contre les coliques.

Voarafy IL — Voir Rafy.
Voaramena IL ; Ficus sp. [Urticées). — Voir Adaboala, Adabonola, Adagonomby, Amontamandina, Amontamboloina,

R u b u s a p e t a l u s Poir., R. m v r l a x t h u s et
R. p a u c i f l o r u s Baker (Rosacées). — Ces ronces sont assez
communes à l’intérieur de Madagascar. Elles viennent,
comme en Europe, dans les haies, les bois, les buissons,
Les feuilles, comme celles de nos ronces, ont des propriétés
astringentes, toniques et détersives, et sont employées
contre l’angine inflammatoire, la stomatite et la gingivite,
en décoction, L ’infusion est donnée contre la diarrhée chro­
nique. — Voir Roifotsy, Roina, Voaroisaka.

Voaroimbazaha IL — Voir Voaroimena.
Voaroimena g. ;

R ubus

ro sæ folius

Sm. — Voir Voaroimainty

Bl.

Voarointsaka H. — Voir Boifotsy.
Voaroisaka I L ;
Voaroimainty.

R

Voaroitanala

—

IL

ubus

V o ir

pauciflorus

Bak. (Rosacées). — Noir

Voaroimena.

�272

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Voaronthe g .: P i i y s e n a
— Voir Raisaonjo.

m a dagascak iensis

Tliou. (Passiflorées).

Voasaribe II. ; C i t r l s

d e c u m a n a W ill. (Butacées). — Pample­
mousse introduit. — Noir Voasarihangibe, Papelimosy,

Tréma. Tremo.
Voasarikelilana Tank., Romainty Antsih., Kasimba Imer.,
Roy Betsim., Fanidy Bl. ; T oddalia aculeata Pers. (Buta­
cées). — Toutes les parties de cette plante sont douées
d'une saveur aromatique, forte, acre, et particulièrement
les racines fraîches1. Les feuilles fraîches à Madagascar sont
employées contre les douleurs abdominales. Les fruits mûrs,
très poivrés et piquants, sont employés par les indigènes
comme condiments. L'écorce fraîche est prescrite par les
médecins Telingas pour combattre la fièvre paludéenne. La
plante est réputée tonique, amère, aromatique, pectorale,
vulnéraire, dépurative, tambavine : elle est surtout employée
contre la fièvre, la bronchite et le tambavv. Cet arbuste épi­
neux, asiatique, malais (non africain), est assez répandu
dans les forets de l’Imerina, du Betsileo, à environ 30 milles
de la cote Est, plus particulièrement dans les vastes
forêts de Beforona et près de Foulpointe. Presque toutes
les parties de cet arbre concourent à la composition de
divers remèdes dont on obtient des merveilles dans la
cure des maladies des voies urinaires. Coupées à une cer­
taine époque de l’année, les racines acquièrent de la dureté
et deviennent un des composants essentiels des bouillons
hygiéniques malgaches. Ses fruits sont globuleux, secs,
pyriformes et coriaces, de couleur jaune orangé et de la
grosseur d’un pois qui sont utilisés comme condiment ;
leur saveur amère, piquante et brûlante rappelle celle du
poivre sans l'égaler. — Voir Fanidy, Kasimba, Roy,

Romainty.
Voasarikelinandriamanitra IL ; C h r is sp. (Butacées). — Voir
Tsoho, Voangy.

Voasarimakirona, Voasarimamy. Voasarimandina IL ; C itrls
sp. (Butacées).

Voasarinadibo Sa., Voasarinalika. Voasarinamboa IL — Voir
Voasarinikalovola.
Voasarinikalavola Imer., Voasarinamboa, Voasarinalika
Voasarinadibo Antsih. ; C r o t a l a r i a s p i n o s a Ilochst. (.Légu­
mineuses). — Arbuste court et épineux dont quelques Mal­
gaches utilisent les feuilles en décoction pour bains de
vapeur et tisanes contre le hoquet. Les fruits et les feuilles
sont employés en fumigations contre la lièvre malarienne.

Voasary g. ;

C i t r l s l i m o n u m Risso, C. m e d i c a L. (ButacéesAurantiacées). — Cet arbuste introduit, à branches longues et
flexibles, abonde sur les côtes de Madagascar et aux environs
de Tananarive, où il a été introduit à une date inconnue.
Il est inutile de faire connaître ici les propriétés médicinales
classiques du limonier et de ses produits. Il en est de
même du citronnier appelé par les Betsileo Voasarimandina.

Voasefaka Sa. ;

C

Voaseva Bs. ;

l so d eia a n cc st if o l l a

A

nestis

p o ly p iiy ll a

Lam. (Connaracées).
Thou. ( Yiolariées), Sabi-

Pers. (Bubiacées).

cea d iv e r s if o l ia

Voasimatra Tan. — N oir Tsimatra.
Voasorindry IL ; ITo m a l i i m
Voasorindy g. ; N isa

ntd if lo r ü m

n u diflor a

Baill. (Samy(lacées).

DC. (Samydacées).

Voatabiha H. — Voir Angily.
Voatainakoho IL ; P s o r o s p e r m u m f a n e r a n a Bak.(Ilypéricinées).
Voir Fanerana, Hazomakoho, Taikakoho. Tainakoho. Tongobositra, Voantainakohy.
Voatakasina IL ;

D

racüna

sp. ( Liliacées) . — Voir Hasindahy.

Voatamenaka IL ; C o m b r e t u m p a c h y c l a d u m Bak. (Combréla­
cées). — Voir Tamenaka, Voantamenaka.
Voatanantolo IL ;

\. Elles renferment une huile essentielle et un principe amer.

273

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

P

sorospermum

sp. ( H ypéri ci nées).

Annales du Musée colonial. — 2* série, S* vol. 19)0.

1*

�27i

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Voatangomboalavo

g. ; Melotiiria R u t e m b e r g i a n a Conq.
{Cucurbitacées). — Voir Karakarantoloho, Melotangomboa-

lavo.
Voatangondolo II.; S pujerosicyos M eyeri Ilook fils et B enincasa ceiufera Savi {Cucurbitacées) . — ’S'oir Voantangondolo.
Voatavo H.; C ucurbita

maxima

Duc. (Cucurbitacées). Courge

introduite.

Voatavoarivolahy. Voatavobazaha H. — Voir Voatavofotsy.
Voatavofotsy H.;

C

L. (Cucurbitacées). —
Voir Andrivolahy, Terifanga.

uc u r b it a l a g e n à r i a

Gourde. Introduite.

Voatafotsifakamboa II.;

C

uc u r b it a

sp. (Cucurbitacées) . —

Voatavohova II. — Voir Voatavo.
Voatavohazo H.; M o d e c c a
Voir Kindredretsa.

densiflo ra

Bak. (Passiflorées) . —

Voatrotrokala

Voatavomanta H. — Voir Voambahy.
Voatelo, Voatelomena Bl.;

P i i a s e o l u s v u l g a r i s L. {Légumi­
neuses). — Introduit pour la culture. — Voir Tsaraniaso.

Voatelondolo Bl.;

C a s s i a T o r a L. (Légumineuses). — On dit
que les graines de ce végétal, grillées et pulvérisées, consti­
tuent un excellent succédané du café et qu elles améliorent
son arôme tout en augmentant ses propriétés digestives et
diminuant ses propriétés excitantes. Le mélange connu sur
les marchés de Londres sous le nom de Cassophy se compose
de trois parties de café contre cinq de Cassia Tora. — Voir
Tsiaridrafinamboa IL, Tsiaridrafy IL, Voamahatsara Bets.

Voatombazaha IL ;

C u c u r b i t a o v i f e r a L. {Cucurbitacées).'
— Introduit. — Voir Babaka, Tsirevika, Pavo.

Voatongotra Tan. — Voir Voantongotra.
ramontchi

L’Hérit. {Bixinées).

Antk. ; D

ichæ tanthera l a t if o lia

Cogn.

( M ê la s -

t om accès).

Voatsimatra. — Voir Tsimatra.
Voatsimoka Bs. ; E u g e n i a sp. {Myrtacées). — Noir Fahikindronono, Goga, Rotramosaizany.
Voavahiatatra H.

; D o l i c i io s L

ablab

var.

Cunicarpus

L.

(Légu­

mineuses). — Voir Voarahiatatra.

Voavahibe Sa; C a n a v a l i a
Voir Jangala.

ensifo rm is

DC. ( Légumineuses). —

Voavahihatatra IL — Voir Voavahiatatra.
Voavahy Hov. ;

D o l i c i io s a x i l l a r i s S. May. {Légumineuses).
— Plante considérée comme antisyphilitique. 1° syphilis
constitutionnelle : faire brûler ensemble : Takorobabona-

koho,

Voatavokarandoa, Voatavolahy, Voatavomenaka, Voatavomenakatodiakoho H. — Voir Voatavofotsy.

Voatronaka Bs.; F l a ç o u r t i a
VoirLamoty, Valamoty.

275

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

lamokonaviavo, vontsatinambiaty, vokampotsy,

et mélanger cette cendre à celle de Vohavahy pour le faire
prendre en boisson dans l’eau au patient ; 2° syphilis
secondaire ou commencement de lèpre ; prendre des bains
avec les sommités de Vohavahy et les feuilles pilées de
fotsimbarinakoho. — Voir Fanoroboka.

Voavanga g. ;

V

a n g u e r ia

m a dagascar iensis

J.-F.

Gmélin

{Bubiacées). — Astringent, alexitère.

Voavontaka Bs., Voan-Mkotra. « ténacité » SI. et Bs. ; Voanpena Bets.; Borovy Sk. ; B r e h m i a s p i n o s a Harv., S t r y c i i n o s
si ' i n o s a Lamk., S t . VüNTAcBoj., S t . m a d a g a s c a r i e n s i s Spreng.
{Loganiacées). — Arbuste très commun sur les côtes de
Madagascar et dont le fruit aigrelet, de la grosseur d une
belle orange, est comestible; sa pulpe fermentée donne un
bon alcool. Les feuilles sont employées contre la gale (affec­
tion cutanée locale) en bains avec infusion de feuilles.

Voavotaka H. — Voir Borovy.
Vodiandro Sak. — Plante indéterminée dont les feuilles en

—

décoction sont employées par les Antsihanaka contre la
céphalalgie.

�27G

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Vodiaombe Bl. : Mundulea sp. (I-égumineuses). — Voir Arangoaka.
Vofaho Bs. ;
Faho.

C

ycas

Volafotsikely SI. ;

T

R. Br. (Cycadacées). — Voir

iiouarsii

C roton E

l .e a g m

Baill. (Euphorbiacées).

Volampangady Bs. — Voir Voamolampangady.
Volily SI. ;

B uettneria

v o u l u .y

Baill. (Sterculiacées).

Volimpoli. — Voir Hintsika et surtout Volombodimpona.
Volimpoly SI. — Voir Hitsika, Hintsika.
Volo. Volotsangana g. — Noms donnés à tous les nombreux
bambous de Madagascar cjui sont fournis par les espèces
suivantes : N a s t u s b o r b o n i c u s J.-F. Gmélin, N. c a p i t a t u s
Kunth, B a m b u s a b a r b a t a Trin. et B. c a p i t a t a W illd. (Gra­
minées). — Voir Volozatsy, Volozevona.
Les indigènes en emploient les feuilles comme toniques,
authelmintiques, stomachiques et carminatives : GO feuilles
pour 1.000 grammes d’eau en infusion; cendres de feuilles,
20 grammes pour 30 grammes d’axonge ou de suif en pom­
made, contre les rhumatismes et la teigne, en friction. On
emploie l’infusion contre les vers, les catarrhes, le rhume.

Volodia IL ; C y p e i i u s
Vololondrano II. ;

lig u la r is

L ysim a ciiia

Volonibato IL, m.

L. (C i/péracées).
p a r v if lo r a

Bak. (Primulacées).

m. «chevelure de p ierre»; P a r m e l i a
p e r f o r a t a Ach. (Lichens). — C’est le nom générique des
mousses et lichens. On se sert de la mousse de roche contre
la syphilis, le chancre vénérien, le tambavy et les dartres.
à

Volombodimpoly SL — Voir Hitsika,
Volombodimpona Sak., g.;

Jum. (Ehénncées). — La décoction du bois rougeâtre de cet arbre est
employée la diarrhée et la dysenterie. Rose d’abord, ce
bois devient noir en vieillissant. Les Sakalaves l’appellent
Volombodimpoly, « queue de cardinal ». Cet arbre donne un
des bois d’ébène, celui du N .-O. de Madagascar.
D

277

PLANTES UTILES DK MADAGASCAR

Contre les maux d’entrailles, les Malgaches boivent dans
un peu d’eau la ràpure du bois des branches. Ils s’en
servent aussi en les mêlant au gingembre du pays pour
arrêter les vomissements provenant de la grossesse. —
Voir Hintsika, Hitsika, Volombodimpoly, Volimpoly,

Lopingo.
Volomborona Imer.,

Sambalahy Androna, Halomborona
Menabe; A l u i z /.ia f a s t i g i a t a Oliver, A. S a s s a Bruce (Légu­
mineuses). — La décoction des feuilles ou du bois blancdécoupé en morceaux est employée contre la diarrhée.
Arbrisseau ou arbre au bois noirâtre qu'on trouve dans
presque toute lile, du centre à la côte et à Xossi-Bé. Le
bois est aussi utilisé dans la teinture et dans l’ébénisterie.
Son tronc laisse exsuder une gomme dite de Sassa, qui,
par ses propriétés, se rapproche plus de la gomme adraganthe que de la gomme arabique.

Volomopona SI.;

D a l b e r g i a sp. (Légumineuses). — Son tronc
donne le bois de rose. — Voir Manarintoloho.

Volondrano IL ;

r e p e n s L. (Onagràriées) ; L a g a r o s i p i i o n
Casp. ( I I gdrocharidées). — Voir Sianaka.

J u s s i .e a

ma d a g a s c a r i e n s i s

Volonkotona IL ;

H

ydrotriche

i i o t t o n i .k f l o r a

Z ucc.

(Scro-

phulariées); P o t a m o g e t o n f l u i t a n s Roth. ( Naïadacées). —
Voir pour le dernier Lavatendro. Ompy. Valatendro.

Voloriotrabe Bs. ;

O

lyiia latifolia

VolotaraH.; P h r a g m i t e s
Voir Kasaoka.

commums

L. (Graminées).
Trin. (?) (Graminées). —

Volotsangana

g . ; C e p i i a l o s t a c h y u m c i i a p e l i e r i Munro (Grami­
nées). — Cette plante constitue une véritable panacée poul­
ies indigènes et sert à tout usage médicinal.

iospyros p e r r ie r i

Volotsara SI. ;
Tanaho.

P olnciana

regia

Boj. (Légumineuses . — Voir

Volozatsy, Volozevona Bs. ; N a s t u s c a p i t a t u s Kunth. (Grami­
nées). — Voir Volo, Volotsangana.
Vomanga IL ;

I pomœa

ratatas

Lam. ( Convolvulacées). — Voir

�278

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Ambizo. Batata, Anantaraona, Bege, Bele, Belena. Bokala,
M’Bizo. Ovihazo, Ovimango, Vihazo. — Patate douce.
Vomangafaladiangisa H. — Patate douce à feuilles en forme de
patte d'oie. — Variété culturale.

Vomangahozo H. — Voir Ambazaha.
Vomangakeliladina H. — Patate douce. — Variété culturale.
Vomangamasombika II. — Patate douce à feuilles dentelées.
— Variété.

Vomangambato II. — Patate.

Fig. 64. — P h ra g m ile s co m m u n is Tria (?)
dans le cours du Mangoro (partie vallée). — Volotara.

Vomangamena II. — Patate douce à peau rouge. — Variété
culturale.

Vomangomenaty II. — Patate douce à chair rouge. — Variété.
Vomanganalika Bs. ; Ipomœa p u r p u r e a Roth.(CoAico/uu/acées).—
Voir Bahia. Siarisiarimbomanga, Vahintsidity, Vahitsidity.
Vomangangoaika Bs. — Voir Bahia.
Vomangaoda H. — Patate douce. — Variété culturale.

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

. 279

Vomangaringitra II. — Patate douce. — Variété culturale.
Vomangasidina H. — Patate douce. — Variété culturale.
Vondro SI. — Voir Vondrona.
Vondrona prov.;

T y p i i a j a v a n i c a Schnitzl. ( Typhacées). —
Plante employée h des usages médicinaux divers par les
Sakalaves et qui, dans les parties centrales de l'ile (Antsirabé), sert à extraire de la potasse par ses cendres.

Vonenina IIov., Salotsa Bl. — Sous le premier de ces deux
noms, on connaît à Madagascar le V inca r o s e a L. et deux
autres espèces du même genre propres à cette île ( V. langea
et V . t r i c h o p h y l l a Baker); sous le second, on désigne V i n c a
m a j o r L., qui a été introduit. Toutes ces pervenches ont h
peu près les mêmes vertus et peuvent être employées indif­
féremment. Les feuilles sont la partie utilisée en médecine :
elles ont une saveur amère et astringente. Pilées et contusées, elles sont employées parles Malgaches comme vomi­
tives. Les racines sont réputées purgatives et vermifuges.
Les femmes prennent la décoction de la plante pour préve­
nir les maladies laiteuses. On se sert également des feuilles
cuites en topique pour ramener la sécrétion du lait quand
elle est tarie chez les nourrices et pour dissiper les engor­
gements laiteux. Ces plantes passent pour dépuratives,
astringentes, hémostatiques, vermifuges, antidartreuses,
odontalgiques. Doses : plante verte, 30 pour 500 d’eau en
infusion ou décoction ; plante sèche, 13 pour 500 ; plante
cuite en cataplasme, quantité suffisante.

Vongo SL ; D ionichya B ojeri Naud. (.Mélastomacées). — Noir
Bongo. Mongo. Bongovavy, Selambarika.
Vongolahy SI. ; G arcim a
Voir Vavongo.

paciiyph ylla

Bak. (Guttifères). —

Vongontane SI, ; U rophyllum L y a ll ii Bak. (Bubiacées). —
Voir Bilahy, Dontory, Fatray. Vongontane. Belahy.
Vonifotsy SL; M ascàrenhasia

macrocalix

Bak. (Apocynées).

Vonimpolera IL ; M irabilis Jalapà L. ( Xyctaginées). — Voir
Vanimpolera, Voampolera.

�280

.

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

Voninenina Sa.; E pallage

dentata

DC. (Composées); H.;

et TRICHOPIIYLLA Balv.
(Apocynées). — Voir Vonenina.

VlNCA

LANGEA

PLANTES UTILES

;

II.;

VlNCA

ROSEA

L.

Voninjazavy II. ; D iriciiletia t e n u folia Bak. (.Rubiacées).
Vonitra SI.; D i c t y o s p e r m a f i b r o s e m C. II. Vright et Bs. ;
Baill. (Palmiers). — Les libres des feuilles
donnent un piassaba.
D ypsis T

h o i arsii

Vonjary II. — Voir Voanembanalika.
Vonkara Ant. ; H i b i s c u s n o d u l o s u s Drake (Mnluacées). — Arbre
dont l’écorce donne des libres textiles.

Vontaka Sak.; P achypodium rcte.mbergtanim Watke (Apocy­
nées). — Voir Bontaka. — C’est aussi le nom sakalave du
Strychnos spinosa Lamk. — Voir Amborovy, Voavontaka.
Voretra llov., Taratana HL, Malemilahy Sa. ; Baroniatarataxa
Baker (Anacardiacées). — Arbre d’un bois très dur dont la
décoction des feuilles est employée contre la fièvre palu­
déenne. Arbre peu commun, de moyenne taille, à feuilles
petites, assez semblables à celles de IHazondrano.

de

MADAGASCAR

281

contre la gravelle et le tambavy. Elle est amère, un peu
sucrée, mucilagineuse et renferme de la Pélosine, qui est
identique, d’après Flückiger, avec la bébérine et la buxine.
Doses ; feuilles et tiges, 30 grammes; eau, 1.000 en infu­
sion; racine, 10 à 12 par 1.000 en décoction. Dans la cystite
catarrhale de la vessie, on prend racines de faux Pareira
coupées en tranches minces, 4’i pour 3G0 d eau en décoc­
tion; faire bouillir un quart d’heure et remplacer l'eau éva­
porée ; en prendre 30 à 00 grammes par jour.

Vorondro I pomœa BATATAS Lamk. (Convolvulacées). — Tuber­
cule féculent et sucré, comestible. — Voir Vomanga,
Ambizo. Batata, Anantaraona, Bege, Bele, Belena, Bokala,
M’Bizo, Ovihazo. Ovimango. Vihazo. — Patate douce.
Vory Bs. ; M yristica V oury Baill. (Myristicées). — Donne
une excellente muscade très parfumée. — Voir Vouri-Rara.
Votàka. — Voir Borovy.
Vouri-Rara Bets. M yristica V ouri Bâillon; B rociioneurA V ouri

Voretraberavina IL — Voir Taranta.
Vorihazo IL ;

M

orus indica

L. ( Urticées).

Voriravina Hov., Hamafana Sak., Vahifotsy Betsim., Voaravinaviavy Antsih., Vahemboatavo Bl. ; C i s s a m p e l o s B a r e l r a
L. ( Ménispermées). — C est le faux Pareira-brava des Phar­
macopées. Il se substitue dans le commerce de la droguerie
au vrai fourni par le Chondodendron lomenlosum Ruiz
et Pav. Il est donc bien connu. C’est une liane, dont la
lige est quelquefois employée à Madagascar pour assujettir
les cordes de 1instrument de musique propre au pays et
connu sous le nom indigène de Valiha. Elle se trouve dans
les parties boisées de l ’Imerina à Alamazoatra, sur les
côtes orientales et N.-O., à Sainte-Marie, Nossi-Bé et NossyComba. Les feuilles passent pour être toxiques quand elles
sont ingérées par les ruminants. La racine est regardée
comme diurétique, emménagogue, fébrifuge et employée

Fig. 65. — Fruit de B ro c h ro n e u ra
V o u ri, de profil, pour montrer la
ligne de suture des deux pièces du

péricarpe (G. N. ,

Fig. 66. — Fruit de B ro c h ro n e u rn \ 'oun
vu par sa face inférieure pour mon­
trer le pédoncule et son insertion au
péricarpe (G. N.).

�282

PLANTES UTILES PE MADAGASCAR

Warb. ( Mi/risticacées). — Graine très aromatique et k enve­
loppe (testa) plus aromatique encore que la muscade vraie
(M i,ri sfica fragrans Ilouitt.); employée par les indigènes
pour lisser leurs cheveux et contre les rhumatismes par l ’huile
qui s'extrait de cette graine. C’est une plante (grand arbre)
à multiplier à cause de la supériorité de son produit. (Voir
mon mémoire sur ce végétal et ses produits dans : « Sur
quelques graines nouvelles et peu connues des colonies
françaises et en particulier de Madagascar ». Annales du
Musée colonial de Marseille 1909). — Voir fig. 05-00.
Za, Zabé, Sak. ; A daxsoma Z a Baill. ( Malvaccès). — Voici
ce qu’écrivent sur cette espèce, MM. Jumelle et Perrier de
la Bathie :
« Cette espèce, qui est le za hé du nord-ouest, peut avoir
« 40 mètres de hauteur ; elle en a fréquemment de 20 k 30.
« Son tronc, qui a parfois A mètres de diamètre un peu au« dessus du sol, est à base tantôt ventrue et tantôt presque
« cylindrique, mais, en tout cas, diminue régulièrement de
« grosseur de cette base vers le sommet. 11 est à écorce
« grisâtre, inégalement mamelonnée, lisse entre ces mame« Ions, sans exfoliation.
« Les rameaux sont plus ou moins étalés.
« Les feuilles sont assez longuement pétiolées (6 à 8 cen« timètres); les folioles nettement pétiolulées (1 k 13 milli» mètres) sont ovales, acuminées au sommet, très aiguës
« k la base, et ont de 5 à 10 centimètres de longueur sur
« 2 centim. 1/2 k A centim. 1/2 de largeur. La nervure
« principale est bien visible sur les deux faces et saillante
« sur la face inférieure; les nervures secondaires, très nettes
« également, mais peu saillantes en dessous, sont un peu
« obliques, arquées, et ne forment pas par leurs extrémités
« une nervure marginale bien apparente.
« Les fleurs s’épanouissent deux mois après celles de
« PAdansonia madagascariensis (Reniala ou Reneala), d’oc« tobre k décembre, pendant que les feuilles apparaissent
« ou un peu avant.

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

283

« Les sépales, soudés k la base sur une longueur variable,
mais de 2 centimètres au plus, sont des languettes un
peu inégales, longues de 15 k 16 centimètres dans leur
partie libre, larges de 7 à 10 millimètres, épaisses, un
peu aiguës au sommet; la face externe est jaune verdâtre,
couverte de poils très courts, la face interne est brun
rougeâtre, tomenteuse. Le nombre de ces languettes
semble d'ailleurs un peu variable; le calice se fend souvent seulement en deux lanières inégales.
« Les pétales, complètement libres, sont aussi des lan« guettes étroites, de couleur loti jours jaune, sauf dans leur
« moitié inférieure interne, qui est rouge. Ils sont k sommet
« obtus, glabres ou glabrescents, et ont de 17 k 20 centi« mètres de longueur sur 12 k 14 millimètres de largeur.
« Le tube staminal et les parties libres des filets sont
« d'un jaune plus pâle que celui des pétales. Le tube sta« minai a une longueur (4 k 6 centimètres) qui n égale que
« la moitié a peu près de celle (10 centimètres) des parties
« libres des filets. Les anthères, brunes, sont contournées
» en croissant et s’insèrent sur les filets par la partie con« cave.
« Les fruits, revêtus d’un duvet grisâtre peu épais, sont
« de forme et de grosseur très variables, mais sont toujours
« beaucoup plus longs que larges, avec des sillons longi« tudinaux. Forme et grosseur sont, du reste, assez cons» tantes sur un seul et même pied, et c’est surtout entre
« arbres voisins qu'ont peut observer de grandes ditïé« rences.
« Voici quelques dimensions relevées k Kamakama, dans
« les causses d’Ankara :

«
«
«
«
«
«
«
«

« 1° 14 centimètres sur 6 centimètres et sommet obtus ;
« 2° 16 centimètres sur 2, et sommet moins obtus :
« 3° 31 centimètres sur 10, et sommet légèrement acu« miné ;
« 4° 30 centimètres sur 8 cm. I /2, avec sommet aigu
« et légèrement acuminé.

�284

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

« Los trois premiers fruits ont été cueillis sur un même
« arbre ; les deux derniers sur un autre.
« Un fruit d'un arbre de Besero a 25 centimètres sur 8.
« Les graines, incluses dans la pulpe, sont réniformes, les
i* deux extrémités se touchant presque. Une de ces extré« mités est, comme dans l’espèce précédente, un peu plus
« grosse et plus arrondie que l'autre. Les graines sont coû­
te vertes de poils courts, et de même couleur que celles de
« YAdansonia madaqascariensis (Reniala ou Reneala) ; elles
« ont, en moyenne, 14 millimètres de largeur, 11 nulli­
té mètres de hauteur et 8 millimètres d'épaisseur, mais
« peuvent être aussi plus grosses. Le poids moyen est de
« 0 gr. 870 ; le rapport du poids du tégument au poids total
« est de 58,60. Il va de soi, au reste, qu'il ne faut pas
« attribuer à tous ces nombres une valeur trop absolue ;
u nous ne les donnons que pour hxer un peu les idées et
« permettre une comparaison qui ne soit pas trop vague
« entre les graines des diverses espèces.
« La substance grasse que contient l'amande du Za est
« une huile.
« L'espèce est assez commune, dans l’Ambongo et le
« Boina, sur les sols calcaires ; mais, alors que YAdansonia
« madagascariensis habite de préférence l intérieur des bois,
« YAdansonia Za se plaît plutôt à la lisière ou dans les
« clairières des forêts. Dans l’Ambongo, on le trouve depuis
« le Kelifely jusqu'à la mer. Dans le Boina, nous pouvons
« le signaler sur les collines près de Gnamba, à l’ouest du
« mont Tsitondraina, et aussi sur les bords du iabohago et
« dans les bois de Kamakama; on le rencontre également
« à Besero, à Ankaladina, etc.
« Les arbres de Kamakama diffèrent toutefois par quelques
« caractères de ceux du Besero ; la base du tronc est moins
« ventrue, les rameaux sont plus étalés, les fruits auraient
« souvent des pédoncules plus courts et seraient eux-mêmes
« moins allongés et à extrémités plus obtuses. Mais ce sont
« là des variations individuelles, car on trouve dans les deux

PLANTES UTILES I)E MADAGASCAR

285

« localités tous les intermédiaires, au point de vue de la
« forme du tronc et de celle des fruits. Il est, par exemple,
« à Kamakama comme à Besero, des troncs ventrus.
« Il convient, à la suite du Za, avec lequel il a quelques
« affinités, de traiter de YAdansonia al ha Jum. et Perr.,
« dont le nom malgache n'a pu être retenu, peut-être parce
« que les Sakalaves confondent cette espèce avec le Za ou
« avec tout autre Adansonia, et que nous reproduisions
« la description des auteurs :
« IL Adansonia alba est de la région de lAndranomaloza,
« province d'Analalava, où il croit dans les bois. C’est un
« arbre de 10 à 15 mètres de hauteur, dont le tronc peu
« renflé décroît régulièrement de la base vers le sommet.
« Les rameaux en sont étalés, ascendants.
« Les fleurs sont odorantes, même lorsqu’elles sont
« sèches. Dès qu elles commencent à se flétrir, elles jau« nissent, mais plus jeunes et bien fraîches elles sont
« blanches. Cette couleur permet, sur place, de ne pas con« fondre avec le sa, dont il a le port, le baobab de l'Andra« nomalaza. Les fleurs de sa, nous l'avons dit, sont toujours
« jaunes.
« Lorsque celles de notre nouvelle espèce sont fraîches,
« leur réceptacle a un diamètre de 27 millimètres environ.
« Les sépales, tordus en boucle sur eux-mêmes, ont 24 cen« timètres de longueur sur 1 centimètre de largeur ; ils
« sont obtus au sommet, veloutés et brunâtres extérieure« ment, rougeâtres sur la face interne, qui est couverte de
« longs poils couchés, cassants et brillants. Les pétales, à
« sommet arrondi, ont 20 centimètres de longueur sur 17
« millimètres de largeur; ils ne sont ni tordus, ni bouclés.
« Ils sont couverts extérieurement de poils blancs, qui
« sont plus rares intérieurement. La colonne staminale a
« 35 à 40 millimètres de hauteur et l centimètre de dia« mètre ; les parties libres des filets ont 18 à 20 centimètres.
« Sur la fleur examinée à sec, les sépales ont 19 centi« mètres sur 9 millimètres ; les pétales, de même largeur à
« peu près sur toute leur longueur, ont 18 centimètres sur

�286

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

« 15 millimètres. La face interne de ces pétales est com« plètement glabre vers la base, mais velue en haut sur la
u ligne médiane ; la face externe est velue en bas sur cette
« même ligne médiane, mais entièrement couverte de poils
« vers le haut. Le tube staminal, un peu plus large à l ’ex« trémilé inférieure qu'à l’extrémité supérieure, a 35 milli« mètres environ de hauteur; les parties libres des filets ont
« de l i centimètres à 15 cent. 1/2, c’est-à-dire sont environ
« quatre fois plus longues que le tube.
« Les fruits sont elliptiques en section longitudinale,
« beaucoup plus longs que larges, de 20 centimètres, par
« exemple, de longueur sur 10 centimètres de largeur. Leur
k sommet est ordinairement
arrondi ; leur surface est
u revêtue d'un très court duvet qui, à sec, est grisâtre ou
« vert jaunâtre. Ils ressemblent un peu à certains fruits de
u sa, mais, sur la coupe, la zone externe ligneuse de leur
« péricarpe est blanche, alors qu elle est rougeâtre dans les
« fruits de sa, ainsi que dans ceux de YAdansonia madagas« cariensis et de YAdansonia rubrost t/pa (Zamena, Ringy).
« Nous ne savons, au reste, si ce caractère différentiel, que
« nous avons relevé dans tous les échantillons que nous
« avons examinés, est absolument constant et a une valeur
« spécifique réelle. Nous citerons avec la même réserve
« cette autre différence : on n’observe pas à la surface des
« fruits du baobab de l’Andranomalaza les sillons longitu« dinaux plus ou moins larges qui, sans être très marqués,
« sont cependant ordinairement visibles, tout au moins vers
« la base, sur les fruits de za.
« Les graines, réniformes, de 12 à 14 millimètres de lon« gueur sur II à 12 millimètres de hauteur et 8 millimètres
« d’épaisseur, présentent extérieurement la même couche à
« poils courts, avec membrane irrégulièrement épaissie, que
« nous avons décrite dans les autres Adansonia; mais cette
« couche est ici presque blanche, alors qu elle est rouille vif
« dans les graines d'Adansonia rubrostipa (Ringy. Zamena),
« et plus ou moins rougeâtre ou rouge brunâtre dans celles
« d'Adansonia madagascariensis et d'Adansonia Za. Dans

287

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR
«

les g r a in e s d

Adansonia digitata

l a m ê m e c o u c h e est b e a u -

u co u p p lu s m in c e e t d is p a r a ît plu s fa c ile m e n t .
«

Les

g ra in es

déAdansonia alita

U g r . G 10.

pèsen t,

«

chacune

«

p o i d s t o t a l d e la g r a i n e e s t d e 5 2 , 7 3 .

en

m oyenne,

L e r a p p o r t d u p o i d s d u t é g u m e n t au

« l'amande est une huile. »

— V o ir

La substance grasse de

M Bois, Bontona, Fony.

Zahamborozano I L ; E ugenia Jambosa L . ( M g rincées).
Jambarao, Varotra, Vasebambazaha. Zama.
Zaharna

IIo v .,

Zaharnia

M enabe ; P

D C . ( B ig n o n ia c é e s ). —

—

Voir

B o je r ian tm

iiyl l a r t h r o n

A r b r e d u d i m e n s i o n s m o y e n n e s , se

ren con tran t rarem en t

en fo r ê t, m ais a b o n d a n t en

Irn erin a,

o ù il a é t é p l a n t é p l u s p a r t i c u l i è r e m e n t a u x a b o r d s d e s l o c a ­
lités

qui

fu ren t

les

résid en ces

ro is ou p rin ces m a lg a c h e s .,

te m p o ra ire s

C ’est,

en e ffe t,

des
un

a n cien s

arbre

à la

f o i s d ’o r n e m e n t a t i o n , d é b é n i s t e r i e e t d e c u r i o s i t é à r a i s o n d e
la

sin g u liè re

d is p o s itio n

de

ses

fe u illes.

C elles-ci

sont

e m p l o y é e s en c a t a p la s m e s c o n t r e les m a la d ie s s y p h i l i t i q u e s
(p la ie s p lu s s p é c ia le m e n t ).

U n e p a r t ic u la r it é est à s ig n a le r

d a n s l e s f e u i l l e s d e f o r m e si s i n g u l i è r e , c ’ e s t c e l l e q u e l l e s
ont

de

conserver

la t r a c e q u ’ y

fa it la

p oin te

d ’ un

ca n if.

E lle a p p a ra ît en b la n c aussi n e tte m e n t q u e sur une a r d o is e ;
d e là le n o m d ’a r b r e à é c r ir e q u ’ o n lu i d o n n e ( T h i r y ) .
A b o n d a n t s u r t o u t d a n s la

forêt

de M o ra m a n g a . —

N o ir

Tohiravina.
Zalazaha

SI. ;

C roton

chrysodaphne B a i l l . (.Euphorbiacées).

Zama I L , Zamborào H.
Vazebambazaha.

—

Zambo H .; R hopalocarpus

V o ir

Zahamborozano, Varotra.

triplinervius

Baill. ( Tiliacées).

Zamboromantsina B l . ; L e c o n t e a B o j e r i a n a A. R i c h .
cées). — V o i r Laingo, Laingomaimbo, Tamboro.
Za mena

S a k .,

Ringy

S a k .;

A

(.R u h ia -

dansonia rübrostypà d e J u m e l l e

e t P e r r i e r d e la B a t h i e ( Maluacées) d o n t n o u s r e p r o d u i s o n s
ici la d e s c r ip t io n d es
de

l ’in té rê t

au teu rs à ra iso n

que p résen te cette espèce ;

d e la n o u v e a u t é e t

�288

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

« Par ses feuilles à folioles dentées et par ses fruits
« ellipsoïdes et à surface veloutée, il serait bien à rapprou cher de l’espèce provisoirement nommée Adansonia Font/
u par Bâillon; mais Bâillon dit du Fony de Saint-Augustin
« (jue » c’est un arbre très élevé et très élancé dont les
« Heurs sont rouges » et aucun de ces deux caractères ne
« convient à notre baobab. — Voir Fony.
« Il y aurait plus d’inconvénients à identifier h tort les
« deux arbres qu'à en faire actuellement deux espèces dis« tinctes.
« Souvent monstrueux et de forme très variable, notre
« Adansonia a en général le port du Za (voir ce mot dans
« le corps de l’ouvrage), mais son tronc, cylindrique ou
« conique, n’a, la plupart du temps, que 2 à 3 mètres de
a hauteur el n’en dépasse jamais 10. C'est donc un petit
u baobab.
« Son écorce, qui se détache par plaques comme celle du
« bouleau, est rouge brunâtre ; d’où le nom spécifique que
« nous donnons à cette nouvelle espèce 1.
« Les feuilles, qui apparaissent en janvier, sont plutôt
« petites. Elles ont un pétiole de 3 centimètres à peu près;
« les folioles sont sessiles, ovales, allongées, aiguës aux
« deux extrémités, de 3 à 0 centimètres de longueur sur 13
« k 18 millimètres de largeur, pourvues sur leurs bords de
« dents très légères et espacées.
« La floraison a lieu vers mai. Les boutons floraux sont
« vert noirâtre. Les sépales sont des languettes à sommet
« légèrement aigu, rougeâtres et tomenteuses en dedans,
« vert jaunâtre et couverte de poils courts en dehors ; ils
« sont enroulés sur eux-mêmes et ont de 14 à 13 centi« mètres de longueur sur 7 millimètres environ de largeur.
« Les pétales, étroits, jaune pâle, sont glabres en dedans,
« mais velus dans la région médiane de la face externe. De
« 12 à 13 centimètres de longueur, ils sont surtout larges
1. H.

Jumelle et II. Perrier de la Balliie, L e s b a ob a b s
(Les Matières grasses, 25 janvier 1909).

de M a d a g a sca r

du n o rd -o u e s l

289

« à la base, qui a 13 millimètres environ, alors que plus
« haut la largeur n’est plus que de K) à 11 millimètres.
« Les étamines les plus externes sont presque erdière« ment libres; les étamines plus internes ont leurs filets
« soudés à la base en un court tube de 18 millimètres envi« ron. Au-dessus de cette partie tubulaire, les parties libres
« des filets ont une longueur de 12 centimètres environ. La
« longueur du tube est donc six fois plus faible environ
« que celle des parties libres des filets. Ces filets sont presque
e blancs; les anthères, en forme de croissant, sont brunâtres
« ou jaunes. Le style est d’un beau rouge.
« Les fruits mûrissent en octobre. Ils sont un peu /jlus
« hauts que larges ; ils ont, par exemple, 8 centimètres 1/2
« de hauteur sur 8 centimètres de largeur, ou 10 centi« mètres de hauteur sur 9 centimètres de largeur. Leur
« forme varie très peu. Ils sont couverts de poils fauves
« formant un duvet épais.
&lt;( Les graines sont velues, de couleur rouille vif. réni« formes, et ont environ I centimètre de largeur, 8 milli« mètres de hauteur et 3 millimètres d'épaisseur. Elles sont
« un peu plus petites que celles de VAdansonia rnadagas« cariensis (Reniala ou Reneala) ; une graine pèse en
« moyenne 0 gr. 180 et le rapport du poids du tégument
« au poids total est de (57,30 °/0.
« La substance grasse de l'amande est une huile.
« Nous ne connaissons YAdansonia rubrostypa que dans
« l’Ambongo, où il croît dans les bois rocailleux et secs des
« terrains calcaires, notamment dans les rocs crétacés des
« bords de la baie de Baly (aux environs de ce village et en
« face de Soalala), et à Namoroka près d’Andranomavo). »
ZavokaBs. ; P e r s e a g r a t i s s i m a Gaertn. ( Laurinées). — Avoca­
tier introduit. — Voir Avoka.

Zavy Bs. ; Ficus t r i c i i o p o d a Bak. ( Irticées). — Voir Aviavy,
Fiamy. Manondro.
Zokintsilaky IL ; E u p h o r b i a
— Voir Malaliahy.

em irnensis

A nnales du Musée c o lo n ia l de M a rseille.

Bak. (Euphorbiacces).

— 2* série, 8° vol. lDlo.

19

�290

Zoro Sa.; C yperus emirnensis Baeckl (Cypéracées).
Bilo. Kafotsy.
Zorotaty Bl. ; G r e w ia calvata Bak. (7 ilidcees).
Hafotra. Hafokorana, Hofokorana.
Zorozoro Bets., Bilo Betsim., Zozoro prov. ; C yperus
prolifer

A oir

\ on
æqualis

Lam. [Cypé racées). — Plante employée

Fig. 6 1. — Marais d’.Andriantany.— StaLion abondante
du C y p eru s æ q u a lis Vahl. — Zorosoro (photographie du Dr Teissonnière).

eu pommade (mêlée à de la graisse) pour panser les plaies
contuses. La paille sert à fabriquer des chapeaux, des nattes,
des paillassons. On trouve cette plante dans le pays des
Betsimisaraka et aussi dans les tourbières du centre et de
l'Ambongo (fig. 67 et 68). — Voir Mitsa.

Zozoramposa H. ; C y p e r u s sp. (Cypéracées). — Voir Telorirana, Vondrandambo.

Fig. (58. — Dans un marais (C y p e ru s æ q u a lis Vahl. —

Zozoro .

Valil ; C.

P. 290-291.

PLANTES UTILES DE MADAGASCAR

�ADDENDA
disposé par ordre alphabétique de noms indigènes (sauf pour
les mots Café, Igname, Ramie sauvage, Riz et Strophanthus)
et n ayant pu prendre place dans le corps de l'ouvrage par
suite de connaissances nouvelles acquises sur la Flore utile
de Madagascar pendant le cours de l'impression.

Angona Antankara;

D io s c o r e a f i .m b r i à t a Jum. et Perr. (Dioscorcacées). — Igname de l’Analalave (Manongarivo, Ankazdia et Sambirava), ayant le port et le mode de végétation
du I)iosc. Maeiba. La partie tubérisée du D. fimbriata
ressemble aussi à celle du Maeiba. A la base de la tige sont
également deux tubercules, dont l’un seulement est frais.
Ce tubercule plus long encore que celui du Maeiba (il peut
atteindre 2 mètres) est souvent tordu sur lui-même. 11 a le
goût et la valeur alimentaire de celui du Maeiba (voir ce mot,
lig. i 1bis). Cru, il est déjà mangeable, mais reste très gluant :
après cuisson, il demeure un peu visqueux extérieurement.
Cuit à l ’eau, ce n’est pas moins un bon légume, très nour­
rissant, d'ailleurs, les Antakara l'utilisent surtout en le
découpant en rondelles qu ils font sécher pour le conserver.
C est ainsi l'objet d’un petit commerce dans le Manongarivo
et le Sambirano, où lAngona est chaque année, pendant
deux mois, la grande nourriture des indigènes de toutes les
vallées, le riz récolté dans les mauvaises rizières de mon­
tagne n’étant pas en quantité suifisante pour assurer une
alimentation continue d’une année à l'autre. Dans toute
cette région, la plante est très commune entre 300 et G00
mètres d’altitude sur les gneiss. Ce tubercule est mangé
cuit par les Antakara (Jumelle et Perrier, Fragme/its biol.
de la Fl. de Madagascar, Annales du Musée colonial, 1910).

�292

ADDENDA

addenda

Ambatry Ant. ; ( A janus indices Sprengel ( Légumineuses). —
Voir Ambarivatry, Amberivatry, Antsotry dans le corps de

graine, si on en juge par les quelques rares échantillons de
ces graines dont j ai pu disposer.
Bien étudiées déjà au point de vue botanique par
MM. Dubard, puis Jumelle et Perrier, ces espèces, au moins
celles &lt;pii peut-être donneront les meilleurs résultats cultu­
raux, sont les suivantes : C o f f e a P e r r i e r i Drake ( C . mada­
gascariensis Drake).
C o f f e a P e r r i e r i Drake ( Bubiacécs). — Sans nom indigène
connu, c’est un arbre de 10 mètres et plus de hauteur sur
20 à 30 centimètres de diamètre au tronc (voir la description
détaillée dans Notes biologiques sur la Flore (le Madagascar
par MM. Jumelle et Perrier (Annales du Musée col. de Mar­
seille, 1910). Ce végétal, à raison sans doute de son grand
développement, serait probablement résistant aux parasites
végétaux et notamment à YHcmileia. Il y aurait donc lieu
de voir exactement ce que valent ses graines au point de
vue gustatif et comme richesse en caféine, en un mot s’il y
aurait lieu d’en tenter la culture, à la condition que sa pro­
ductivité en fruits fût rémunératrice. Ceux-ci sont mûrs en
décembre et janvier, la floraison apparaissant d’octobre à
novembre. Ils sont bruns à l’état de maturité, à pulpe
blanche et sucrée : tantôt globuleux, ils revêtent plus sou­
vent la forme oblongue et légèrement pyriforme, leur partie
inférieure se rétrécissant un peu vers le pédoncule. Secs, ils
mesurent environ 8 mm. de largeur sur 13 à 1i de long. En
section transversale, l’albumen a un de ses bords qui est
seulement courbé, mais l autre bord se replie complètement
pour revenir jusqu’à ce bord opposé.

l'ouvrage.

Agavo Antandroy ; E upiiorria

platvacantiia

Drake ( Euphor-

biaccès).

Anamalako Sak. ; Spilanthes A cmei.la Rich., brèdes mafana. —
Les feuilles mêlées à celles de Saonjo (Colocasin antiquoruni
Schott et à des tsivakiny (petites crevettes marines séchées
au soleil : Palenion Madagascariensis, P. palvas et P. mayotensis) sont la base d'un bouillon qui provoquerait une
sécrétion lactée très abondante, même chez les femmes non
parturientes. Il est aussi compris obligatoirement dans
l'alimentation des jeunes mères (Dandouau). — Noir Ana-

maîena, Anamalaho, Anamalahokely, Anamalahombazaha,
Anamalahoye, Kimotodoha, dans le corps de l'ouvrage.
Beîotsy (qui signifie « grand blanc » et de là sa dénomination
scientifique d'Ei piioriua eeucodendron Drake, est le nom
Antandroy de ce végétal, qui, avec Eupliorhia Intisy , stenoclada, enteropliora, La/'O, Alluaudi , Decorsei, onclada et
plagiantha, presque toutes décrites par Drake, donnent à la
brousse du sud de Madagascar son aspect spécial. En dehors
de YEuph. Intisy , aucune n ’est signalée comme productrice
de caoutchouc exploitable et bon. Il y aurait là matière à
recherches.

Bemandry. — A ce mot, il faut ajouter que dans l ’Ambongo
et le Boina, les Sakalaves donnent ce même nom à une autre
igname qui est le Dioscorea trichopoda Jumelle et Perrier
de la Bathie. Ces indigènes attribuent donc la même déno­
mination de Bemandry à trois espèces : ltioscorea Bemandry , D. Soso et D. trichopoda, toutes trois des mêmes
auteurs. Voir à ces mots ce qu'en disent MM. Jumelle et
Perrier de la Bathie.

Cafés. — Il existe dans la Colonie un certain nombre de
C offra sauvages dont les noms indigènes n'ont pu être

relevés avec certitude et dont l'étude cependant serait inté­
ressante au point de vue de la valeur alimentaire de la

293

Ce caféier se plaît dans les ravins frais et abrités, sur les
bords des torrents. Il est très commun dans la région de
Suberbieville ; on le rencontre notamment à Suberbieville
et dans les vallées de l ’ Ikopa et du Betsiboka, avant le
confluent de ces deux cours d’eau. On le connaît aussi dans
le Boina, le Haut Bemarivo, vers 400 mètres d altitude ;
dans l’Ambongo il croit sur les bords rocailleux et calcaires
du Kapiloza.
MM. Jumelle et Perrier de la Bathie ont fait également

�204

ADDENDA

connaître une autre espèce malgache (loc. vit.) sous le nom
de C o f f e a t e t r a i î o n a et qui mériterait la même attention au
point de vue de sa culture possible. C’est un arbre qui ne
dépasse pas 5 mètres de haut et a le port du caféier d’Arabie.
Les fruits de cette espèce ont constamment une forme
vaguement rectangulaire à la section transversale, qui passe
dans le nom spécifique. Cette forme n'est du reste pas rare
dans les fruits de Coffea, mais d’ordinaire elle n’est pas
constante, ce qui est ici le cas. D ou la valeur du carac­
tère. Les fruits, de 13 à 15 mm. de long sur 8 à 10 de large
et t) à 8 d’épaisseur, sont brunâtres à maturité, à pulpe peu
abondante et très rarement à un seul noyau. Les graines
sont repliées longitudinalement comme celles du caféier
d’Arabie : sur une section transversale, les deux bords de
l’albumen se recouvrent. Ce caféier croit dans l'Andromalaza à une altitude de 400 mètres dans les bois rocailleux à
sol gneissique ou basaltique, et dans les bois rocailleux et
gréseux du Sambirano vers 600 mètres d’altitude. 11 fleuri t
en octobre.
Il faut ajouter à ces deux espèces étudiées avec le plus
grand soin au point de vue botanique par MM. Jumelle et
Perrier de la Bathie les espèces nouvelles qu’a fait récem­
ment connaître M. Dubard et que j ’énumère : C offea G a l liexii, B onnieri et M ogeneti, pour la montagne d'Ambre,
dont la graine, d’après les recherches de M. Gabriel Ber­
trand. ne renferme pas de caféine comme celles de C.
Humblotiana Bâillon. D’autres mériteraient une étude chi­
mique de la graine, comme C. Augagneuri Dubard de la
montagne d’Ambre aussi, et quelques-unes plus ancienne­
ment connues : C. brachyphylla Radlk. (de Madagascar et
le Nossibé), C. macrocarpa A. Rich. et C. Mauritiana
Lam. (des Mascaraignes) qu'on sait contenir très peu de ce
principe actif excitant, enfin C. Humblotiana et C. rachiformis Baill. (des Comores).
Ainsi qu’on vient de le voir par cet exposé, la grande île
malgache avec ses petites des satellites, est riche en cafés sau­
vages qui pourront peut-être présenter quelque intérêt cul-

295

ADDENDA

tural. Je passe sous silence les caféiers cultivés : café d'Ara­
bie, café de Liberia et café du pays (forme d Arabica) et je
renvoie pour ce sujet aux deux notes parues dans le Bulle­
tin du Jardin colonial, septembre et octobre 1902, sous le titre
de « Le Café à Madagascar ». De même, je renvoie au Jour­
nal d'Agriculture tropicale, 1908-09, pour tout ce qui a trait
à l ’introduction du Coffea Congensis var. Chalotii à Mada­
gascar et à sa résistance à YHcmileia vestafrix.

Elakelaka est le nom Antandroy (et non général comme il a
été dit à ce mot par erreur) de E i -p h o r b i a m e l a n a c a n t h a
Drake. (Voir le mot indigène dans le corps de l'ouvrage.)

Famata Antandroy;

E u p h o r b i a D e c o r s e i Drake (Euphorhiacées). — Arbre qui a été trouvé au Behara et sur les bords
du Menarandra par M. Guillaume Grandidier, ainsi que par
M. le Dr Decorse dans la région du sud d’Ampikazo où il
forme des forêts. Il ne faut pas le confondre avec le Famata
des Sakalaves (voir ce mot dans le corps de l'ouvrage) qui
est VE. stenoclada Bâillon, comme nous l'avons indiqué.

Fanganga ou Fangaga. — A ces mots, il faut rectifier lindication D i o s c o r e a species par les notions qu'ont récemment
mises à jour les travaux de MM. Jumelle et Perrier de la
Bathie sur cette espèce qui n'est autre que leur D i o s c o r e a
M a c a b i h a . (Voir ce mot Macabiha.) Nous reproduisons à
l’article Macabiha ces notions nouvelles. C est une igname
toxique.
Au sujet de ce terme de Fanganga, remarquons qu’il est
très vague, car les indigènes, dans l ’Ambongo, s'en servent
également pour désigner une Passiflorée du genre Ophiocau/on, dont le tronc est, de même, renflé à la base en une
sorte de tubercule qui n’est, au reste, pas comestible. C’est
cette similitude d'aspect qui a fait donner à deux espèces si
différentes la même dénomination vulgaire, sans que nous
puissions dire à laquelle de ces deux espèces le nom a été
d’abord plus spécialement appliqué.

Fantsi-holitra Antonosy;

A

lluaud ia

procera

Drake. C’est le

�296

ADDENDA

ADDENDA

seul végétal véritablement ligneux du groupe des Didiéracées ;
il fournit un bois léger résistant et incorruptible. Ces qualités
l'ont fait rechercher, dit-on, pour le boisage des mines dans
le Transvaal. Sans doute, pourrait-il servira d’autres usages
industriels. Ce végétal étant très abondant dans le sud de
Madagascar, on pourrait donc, malgré sa croissance très
lente, en tenter l’exploitation (Bords du lac Eoty, Tongoborv,
pays des Antanosy émigrés). (D'après Drake del Castillo.)

Halomborona Antonosv ;

A c a c i a s u a r e n s i s Baill. (Légum i­
neuses). — Bords du lac Eoty. — Ecorce tannante.

Hasina. — On connaît encore sous ce nom D r a c æ n a

a ng ustifo lia

et D r . x y p h o p i i y l l a Baker qui passent auprès des Malgaches
comme un galactogène précieux, agissant même sur la
femme non parturiente, par la décoction de ses racines et de
ses feuilles (Dandouau).

Hazotokana V ernonia species (Composées). (Voir ce mot
« dans le corps de l’ouvrage.) C'est un bel arbre au port droit,
« à feuillage touffu, d'un vert pâle; à feuilles marcescentes
(c et décidues. L'arbre se dépouille de ses feuilles à peine
« quelques jours et puis se couvre de ileurs d’un blanc ou
« jaune pâle et verdâtre. Les fleurs persistent de 15 jours
« à trois semaines et puis tombent, et sont remplacées par
u le nouveau feuillage. Cet arbre peut atteindre 15 h
« 20 mètres de haut et même plus, dont 8 à 10 mètres de
« tronc pouvant avoir 1 m. 50 de circonférence, et plus, à
&lt;&lt; mi-hauteur; suber rugueux, fendillé d’aspect graveleux et
« de couleur cendrée. La souche et vivace et résiste parfai« ternent aux incendies annuelles des savanes et des bois,
« et ne tarde pas à émettre de nombreux turions peu après
« le passage du feu. Le bois est dur, résistant et très lourd :
« on en trouve des troncs de 3 à 8 mètres de long dans les
« tourbières et dans les terrains d’alluvion à 3 ou i mètres
« au-dessous du sol. Ces troncs de couleur brune ou gri« sàtre sont particulièrement estimés par les Betsiléos pour
« faire des constructions solides telles que les montants
« des portes ou barrages de leurs parcs à bœufs.
R. D l rsap .

297

Ignames. — Outre les Dioscorea (Ignames) qui sont cités dans
le corps de l’ouvrage, il faut signaler ici, sans pouvoir leur
attribuer aucun nom indigène : dans le Betsiléo, les D io s c o ­
rea a c um in a ta
et D. c r y p t a .\TUA Baker; à Fort-Dauphin,
D. l u c i d a Baker, et dans le N.-O. les D i o s c o r e a s a t i v a L.
et 1). s p i n o s a Roxburg. Enfin à Analalava, le D. a n a i .a e a vensis
et le D. v e l u t i n a Jum. et Perr. ; dans le HautBemarivo, le D . b e m a r i v e n s i s Jum. et Perrier; à Majunga,
le D. m a m i l l a t a Jum. et Perrier. Dans le Boina, le
I). t r i c i i o p o d a Jum. et Perr., qui est appelé encore Beman&lt;lnj par les indigènes du Boina et de l’Ambongo, ne doit
pas être confondu avec le vrai Bemandri/ des Sakalaves qui
est le 1). B e m a n d r y de Jumelle et Perrier. Le tubercule du
D. TiuCHOPODA à l’état frais est comestible cru : il est aqueux
et sucré et pèse de 2 à 3 kilog. La plante habite surtout les
bois sablonneux tels que ceux de Manonganis dans l'Am bongo, et ceux d'Ankirihitra, près du mont Tsitondraina,
dans le Boina.
Le D. mamillata mérite une attention spéciale. Voici
ce qu’en disent les auteurs de cette espèce nouvelle peu
employée :
« Quelques exemplaires, tous mâles, de cette espèce ont
« été trouvés par l'un de nous dans un vestige de bois, près
« de Mahevarano, en calcaire crétacé, dans la région de
« Majunga.
« La tige est herbacée, verte, lisse et presque glabre, avec
« seulement quelques poils très caducs sur les parties très
« jeunes.
« Les feuilles sont alternes, pétiolées, vertes, un peu
« crassulescentes, légèrement pubescentes quand elles sont
« jeunes, parsemées seulement, plus tard, de quelques poils
« rares sur les nervures de la face inférieure.
« Le pétiole, à poils aussi très caducs, a de I à 4 centi« mètres de longueur, et est plan en dessus. Le limbe est
« triangulaire cordé, mais à sinus peu profond 1/2 centi« mètre), aux oreillettes arrondies; le sommet est très aigu
« et se prolonge en un long acumen linéaire de 6 à 12 milli« mètres. Les dimensions varient de 35 à 95 millimètres.

�298
«
«
«
«

«
«
«
«
u
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«

ADDENDA

de longueur et de 15 à 55 millimètres de largeur. Il y a 5
à 7 nervures principales, les extérieures ne semblant pas,
ordinairement, se ramifier dans les oreillettes, qui sont
très peu prononcées.
« L'espèce est dioïque.
« Les inflorescences mâles sont axillaires, isolées ou par
deux, pendantes. L'axe atteint 10 à 12 centimètres de
longueur et porte, presque depuis la base (à l centimètre
environ de son insertion), de petits bouquets très rapprochés de 1 à 3 fleurs pédicellées, situées aux aisselles de
bractées longuement (5 à 8 millimètres) linéaires. Axe et
pédicelles sont lâchement velus. Chaque petit groupe
floral est dû à ce que — comme dans le Dioscorea Bernandry — le pédicelle principal, qui peut rester simple, peut
aussi se ramifier en cyrne unifore hélicoïde. 11 y a, du
reste, beaucoup plus souvent 2 fleurs que 3. Les pédicelles
ont de l à 2 millimètres.
« Le périanthe a 3 millimètres environ de diamètre. Les
sépales et pétales sont brièvement soudés. Les lobes calicinaux, rougeâtres, sont ovales, à sommet un peu rétréci
mais obtus ; ils sont parsemés de poils sur toute la face
externe. Les lobes corollaires, verdâtres, sont un peu plus
courts, mais plus larges et il sommet plus arrondi ; ils
n'ont de poils extérieurement que vers la base.
« Les six étamines sont à filets très courts, insérés vers
la base du périanthe; les anthères, blanchâtres, sont à
peu près au niveau de la naissance des lobes.
« De la base un peu épaissie de la tige partent, à la fois,
des racines et des stolons. Ces derniers (fig. 69), au
nombre de 1 à 3, se terminent bientôt par de petits tubercules ovoïdes, un peu amincis à leur insertion, arrondis
au sommet, de 4 centimètres environ de longueur sur
28 millimètres de largeur. Ces tubercules sont à surface
irrégulière et mamelonnée ; d’où le nom, que nous avons
donné à l'espèce, de rnamillata. Ils sont tendres, féculents,
de saveur douceâtre, mais nous ne croyons pas qu'ils
soient utilisés. »

ADDENDA

299

Isatra g. ( Cyperus rnadag ascarions is Kunth). — Cette plante
des marais du massif granitique central de Madagascar est
commune dans le bassin de l lsandrano. — Les Malgaches
utilisent les tiges de cette Cypéracée pour confectionner
des nattes très solides. Ils n’emploient pour cette fabrication
(jue la région périphérique des tiges qu'ils découpent en
lanières fines et résistantes. La partie centrale qui offre peu
de résistance est rejetée.
Les Malgaches utilisent aussi, et de la même façon, pour
la confection des nattes les tiges de Cyperus altcrnifolius L.,
plante commune dans le Boina et le Ménabé. Ils en font
aussi divers objets de vannerie, mais nous ne savons pas
sous quel nom indigène ils désignent cette plante. Peut-être
la désignent-ils aussi sous le nom d Isatra (bien qu’elle soit
morphologiquement et anatomiquement différente de Cyperns madayascariensis), comme ils confondent du reste, à
raison du même emploi, divers Cyperus sous le nom
d Ahibano que nous avons attribué uniquement à Cyperus
nudicaulis Poil ., lequel est un des Ahibano des Malgaches,
et certainement le plus intéressant par la beauté de ses pro­
duits manufacturés.
Kalamo Anal. ; L andolphia trichostygma Jum. et Perr., ou une
espèce voisine, donnant un mauvais caoutchouc ou tout au
moins un caoutchouc variant de valeur avec l àge de la
plante, ce qui en rend la récolte très défectueuse et même
impossible.

Karabo Antank. ; E ntada

scandens Benth., var. dicosperma
Jumelle.— Les graines de cette plante servent, après plu­
sieurs heures de cuisson, comme un aliment pour les indi­
gènes. Ces graines sont féculentes.

Keri Kety ou Maivanaty g. — Sous ce nom on désigne les
pétioles de Rafla, de Cocotier ou de Ravenala fendus en
long et disposés verticalement en claire-voie pour la con­
struction des cases (Dandouau).

Kimbavary Betsil. — Baker dit que son S ymphonia

clusioides

�300

ADDENDA

ADDENDA

(Clusiacées) est désigné sous ce nom par les indigènes du
Betsileo. Nous pensons qu’il est plus connu sous les noms de
Dintinina et Kimbamena, à l'occasion desquels nous avons
traité de ce végétal, et nous renvoyons les lecteurs à ces
noms vernaculaires. MM. Jumelle et Perrier déclarent euxmêmes, et leur compétence en pareille matière ne saurait
être contestée, que dans le Manongarivo ce nom vulgaire
de Iümbavary ne leur est pas connu.

Lofika SaU. ;

D

ioscorea

tric .h a n t h a

et O.

iieteropoda

301

planches, peu estimées du reste. Il abonde dans la région
de Sakavalanana, Flanara, Mavantenina.

Baker.

Macabiha. — A ce mot se trouve joint (à la (in) celui de
Angona relatif à une igname comestible ( Dioscorea fimhriata
Juin, et Perrier), très intéressante. — Voir ce mot Angona à
Macabiha.
Mafotra. Rara Antand. — Sous ce nom a paru à l’Exposition
coloniale de Marseille 1906, une huile concrète de couleur
isabelle dont je viens de recevoir les graines productrices
( et les fruits qui les renferment) de Ranomafana, secteur du
cercle de Fort-Dauphin et récoltées par les soins du capi­
taine Frénée. Le tout était accompagné d’une note du L ‘
Decler sur la préparation malgache de l'huile de Mafotra et
sur son emploi indigène.
A l ’examen des graines et des fruits, il me semble bien
que le végétal producteur (comme l’indique le nom indigène
de Rara appliqué à cette plante qui est commune à tous les
Myristica) soit un B r o c h o n e u r a probablement nouveau, car
il n’est pas décrit dans la Monographie des Myristicacées
de Warburg. Je le nomme par anticipation (en attendant
l’envoi des fleurs et des feuilles qui est annoncé] B r o c h o NEURA FRENEE1.

Ce végétal (qui ne doit pas être confondu avec le Brocho­
neura rnadagascariensis •) est un grand arbre du tronc duquel
les indigènes de la région de Fort-Dauphin tirent des

1. Il se p o u r r a i t q u e

Mafotra

fût

Brochoneura acurninata,

ce qu e nous

v é r ifie r o n s sous peu , n ’a y a n t pas en c e m o m e n t le s é l é m e n t s d e c o m p a ­
raison .

Mafotra. — Brochoneura Freneeî Hcckel graines mûres sans arille .
Fig. 70. — A, graine pourvue de son spermoderme portant trace des dépres­
sions déterminées par les laeiniations de l’arille (vue de face . B et C, graine
pourvue de son spermoderne crustacé et vue par le haut et par le bas. D,
graine (dépouillée de son arille et de son spermoderme crustacé) montrant les
sillons et les granulations de la surlace de l’endosperme gras (graine non rumi­
née). Grandeur naturelle.

�302

303

ADDENDA

ADDENDA

Les indigènes extraient de la graine une huile concrète
par le procédé grossier et primitif que voici. Le fruit qui

des sacs et la graine, de la grosseur d’une noix et arrondie,
en est extraite à l’aide d'un couteau.
Ces graines sont lavées, nettoyées du peu de péricarpe
qui y reste adhérent, puis placées dans une marmite remplie
d’eau et soumises à une cuisson d'environ deux heures. Cette
opération terminée, les graines sont placées dans un panier
(.sobika) pendant 4 ou 5 jours pour y être desséchées.
Alors, on achève leur dessiccation au soleil et elles sont
ensuite pressées entre deux plateaux de bois. Le liquide qui
sort de cette pression est l’huile de Mafotra. Les indigènes
utilisent cette huile pour le traitement de la gale et des dif­
férentes plaies malgaches. Les femmes s’en servent pour
oindre leurs cheveux en les tressant. Elle a, dit-on, aussi la
propriété d’y détruire la vermine.
Le litre d’huile de Mafotra se vend de 0 fr. 80 à 1 fr. pris
chez l'indigène. Les 100 kilog. de graines valent de 8 à
10 francs. Un arbre moyen produit environ 30 kilog. de
graines, et, par le procédé grossier que nous venons d indi­
quer, les indigènes en extraient approximativement 2 litres
1/2 d ’huile concrète, soir 8 °/0 environ. Or, la graine, au
simple aspect, en renferme au minimum 35 à 10 °/0. On
voit ce qu'il y a de perdu.

Mahavonahavana Sak.,

P l e c t a n e i a m i c r o p h y l l a Jum. et Perr.
(Apocynécs). — Plante donnant un bon caoutchouc et qui
croît dans la région de Sambirano.

Maivanaty g. — Voir Keri Kety (aux Addenda).
Manindry Ant. ;

T

inea isalo en sis

Drake (Sapindacées).

Mongy Antandroy;
Mafotra, B ro c h o n e u ra Frea neei

lleckel. — Fruits mûrs.

Fig. "J. — A, fruit sphérique vu de face ; B et G, fruit vu sur sa face opposée
avec son pédoncule en B et de la base en C grandeur naturelle).

est à peu près sphérique et de la grosseur d une mandarine
n’est pas cueilli par l'indigène qui le laisse tomber de
l ’arbre, chute qui se produit à maturité. Il le conserve dans

K a l a n c h o e b e i i a r e n s i s Drake (Crassulacées).
— Plante grasse dont l'écorce sèche et même fraîche brûle
en répandant une odeur de benjoin et d’encens due à la
localisation dans cette partie de la plante de plusieurs résines
parfumées (lleckel). (Voir Mongy dans le corps de l’ouvrage
et Sofisofy, Isaka.) Ne pas confondre cette plante avec le
Mongy de Tuléar qui est le Kalanelioe Grandidieri Bâillon.

Pirahazo Sak. ; E lpiiokbia

P

irahazo

Jum. et Perrier (Euphor-

�304

ADDENDA

biacées). — Rectifier le nom spécifique de cette plante dans
le corps de l'ouvrage où elle est indiquée sous le nom de
E upuorbia elastica des mêmes auteurs. Cette dénomination
lui avait été primitivement imposée à raison de la valeur de
son latex, mais elle a dû être remplacée par celle de Pirahazo
(empruntée au langage sakalave) pour ne pas produire de
contusion avec d'autres espèces portant déjà ce nom spéci­
fique,

Ramianoka 11. — Outre l'emploi déjà cité p. 172, la moelle
de ce végétal (Æschynomene Indien L .) résiste parfaitement
à l'eau et sert à faire des flotteurs pour lignes, des paniers
à poissons, des radeaux et des ceintures de sauvetage. Dans
les régions de l'Inde où cette plante abonde et où sont
courantes les applications ci-dessus indiquées, on l'emploie
encore pour cuire les poteries, et le charbon qu’on en tire est
extrêmement recherché pour la fabrication de la poudre
(bois léger).

Ramie indigène,

L. (Maluacée). — Cette plante
très commune à Madagascar donne une libre qui se rapproche
un peu par ses caractères de celle du Jute, mais présentant
bien moins de résistance. Elle n'a pu recevoir, dansl mdustrie européenne, malgré les divers essais en grand dont elle
a été l’objet à mon instigation, un emploi utile. Les indi­
gènes s'en servent à divers usages domestiques. — Voir
Kirija, Kirijy dans le corps de l’ouvrage.
U

rexa lo b a t a

Ringy Sak. ; A d a n s o n i a r u b r o s t y p a Juin, et Renier. — Voir
Zamena dans le corps de l’ouvrage.
Riz. — Note sur le riz de Madagascar (en 1910) au point de
vue économique (Extrait de YExpansion coloniale, Bulletin
de 1 Institut col. Marseille, du 1er mai l (J10) :
« L ’on sait toute l’importance qu'ajoutent à juste titre les
« colons et le gouvernement de Madagascar au développe« ment pris par l'exploitation du riz dans cette île.
« La culture de cette céréale peut devenir un des principaux
« éléments de richesse de cette colonie pour ne pas dire
« peut-être le plus important.

addenda

305

« Un essor tout particulier a été donné l'année dernière à
« la culture du riz à Madagascar, à la suite des prix élevés
« auxquels ils ont trouvé preneur, en particulier sur la
« place de Marseille.
« Or, il arrive que cette année, il en est tout autrement
« et que c’esl avec la plus grande difficulté qu’ils sont
« écoulés à Marseille.
« Devant l’impossibilité absolue à laquelle se sont heurtés
« quelques-uns de nos commerçants de vendre des quantités
« assez importantes de paddy qu ils venaient de recevoir de
« Madagascar, il nous a paru utile d'ouvrir une enquête à ce
« sujet, et les renseignements que nous avons recueillis
« auprès des principales rizeries de notre place nous
« paraissent dénoter un état de chose assez grave pour
« qu’il mérite de retenir toute l'attention du gouvernement
« de Madagascar et de nos colons.
« Les moyens de décortication utilisables dans 1île étant
« encore insuffisants, c'est à l’état de paddy qu’arrive le riz
&lt;( dans notre port.
« L ’année dernière où ces importations ont commencé à
« être importantes, le cours des riz était très élevé, et la belle
« apparence des paddy de Madagascar a fait qu’ils ont été
« payés aux environs de 15 francs par 100 kilog. à Marseille.
« Nos industriels se plaignent d'en avoir éprouvé de gros
« déboires, les paddy de Madagascar ayant actuellement trois
« graves défauts reconnus : ils arrivent très charançonnés,
« sont très cassants et ont une très forte proportion de
« grains « jaunes ».
« Les deux premiers de ces défauts ont pour conséquence
« &lt;jue le pourcentage en riz décortiqué net ne dépasse pas
« 35 °/0, alors que le Saigon ordinaire rend du 70 °/0.
« Le troisième est cause que, malgré sa belle apparence,
« ce riz ne peut obtenir à la vente à l ’épicerie de meilleur
« prix que le riz de Saigon.
« La question du charançonnage est une de celles qui
« doivent retenir le plus l attention des personnes intéressées
« au développement de nos possessions africaines. Les
An n ale s (lu Musée co lo n ia l de M a rsei lle . — 2* série, 8* vol. 1910.

20

�306

ADDENDA

«
u
«
«
«
«

pertes que subissent de ce chef les exportations des maïs
du Dahomey et des pays du Bas-Niger sont considérables.
Le commerce des riz de la vallée du Niger dans les pays
soudanais en est fortement gêné et voici que les charançons sont un des gros obstacles qu’éprouve l’exportation des riz de Madagascar.
« Le traitement sur place des paddys diminue bien les
« dégâts de ces insectes, mais les usines de Madagascar sont
« actuellement insuffisantes pour satisfaire aux possibilités
« de l ’exportation. Il serait donc bon d’étudier la création
« de points de désinfection des paddy dans l'ile.
« Les deux autres défauts dont nous avons parlé, le carac« 1ère cassant du grain et la présence de grains jaunes pro« viennent de défauts de culture, en particulier du manque
« de soins au moment de la récolte, et des mauvaises condi« tions dans lesquelles s’effectuent les transports à bord des
« vapeurs. Les grains laissés sur place trop longtemps
« s’échauffent et deviennent cassants par suite de leur expo« sition au soleil. Une fois moissonné, s'il séjourne sur le sol
« humide, le grain s’altère et se colore en jaune, ce qui
« constitue une cause de dépréciation très sérieuse. Enfin, si
« les cales des bateaux qui transportent le riz ne sont pas
« soigneusement ventilées, il s’échauffe et la quantité de
« déchets à la décortication s’accentue b
« En fait, ces défauts sont en grande partie ceux que l’on
« reproche également aux riz de Saïgon, mais ils sont plus
« sensibles pour les acheteurs de notre place parce que ceux« ci ont à supporter la perte à la décortication lorsqu’ils
« traitent des riz de Madagascar qu’ils reçoivent en paddy
« alors qu’ils achètent à Saïgon du riz décortiqué.
« Et en l’état actuel des choses, nos industriels disent :
« tout se ramène à une question de prix. Les planteurs et
t. Il se pourrait également que les colorations fussent dues 5 des
variétés différentes, connues du reste, et dont le grain est jaune ou rouge,
comme le Varilavas ofina, le V ar ir o jo s o r o k a m b i (rouge) et le V a r i j o v o l o hona (jaune). Il y aurait certainement avantage, en tous cas, à pratiquer
une sélection sérieuse des graines.

ADDENDA

«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«
«

307

négociants de Madagascar demandent 13 francs de leur
paddy, on ne peut leur en donner que 11. En d autres
termes, il ne faut pas, pour (pie nous puissions le consommer, (pie le riz de Madagascar nous revienne plus cher
que celui de Saïgon.
« En somme, pour que le riz de Madagascar puisse toucher
les prix auxquels il doit prétendre, il importe de porter
remède par une culture soignée et un traitement approprié
aux défauts qu’on lui reproche. Plus immédiatement, il est
nécessaire, pour qu'il puisse trouver acheteur sur notre
place, que son prix de revient soit diminué, et pour cela
principalement que les prix de transport, soit à Madagascar, soit en mer, soient abaissés d’une manière assez
considérable. »

Sakoa Sak. — Ce nom, comme on l’a vu dans le corps de
l'ouvrage, s’applique à des arbres divers de la tribu des
Spondiées (famille des Anacardiacées), dont le Sj/ondias dulcis, qui y aurait été sûrement introduit (arbre de Cythère)
pour ses fruits, mais surtout en ce qui touche à la flore indi­
gène de Madagascar, à S c l e r o c a r y a C a f f r a Sonder., nommé
encore Saokoa, Sakoana.
Sur ce dernier végétal, M. Dubard (Bulletin du Muséum
d histoire naturelle, 1907, n° i, p. 279) nous a fait connaître
quelques détails de station, de structure et d'emplois. C'est
un grand arbre à bois dur, propre aux constructions mari­
times et donnant un fruit de la grosseur d'un œuf de poule,
contenant un noyau enveloppé d'une pulpe acidulée et
sucrée. On le trouve dans tout le nord de Madagascar jus­
qu'à la presqu île d Ambre, à Majunga. Dans le sud. d après
le Dr Decorse, sous le nom de Sakoamanga (Sakoa bleu), à
cause de la teinte générale de l'arbre, existerait peut-être une
variété du Sclerocarya Caffra (d'après Dubard), à forme
plus réduite, asymétrique, noueuse et tordue, à fruit plus
rond. Enfin dans tout Madagascar, il y aurait une troisième
forme nommée Sakoa, Ævi, Cytherea (d'après D1'Decorse),
qui donnerait des fruits à gros noyau unique, à pulpe très

�308

ADDENDA

mince, astringente et agréable au goût, dont la peau dégage
une odeur de térébenthine comme la Mangue.
D'après Dubard, l'écorce du Sclerocarya Caffra type
(Sakoa i aurait des propriétés tinctoriales. Ce produit sert
aux Malgaches pour teindre leurs vêtements auxquels il
donne une nuance cachou voisine du Kaki des uniformes
anglais, mais très sensible à l'action de la lumière et des
agents atmosphériques. Ces écorces sont d’un aspect
rugueux et rougeâtre intérieurement. Leur face interne,
d'abord grise, prend rapidement, au contact de l’air, une
teinte rouge foncé. Fûtes se divisent facilement dans le sens
longitudinal en feuillets blanchâtres qui se colorent sponta­
nément à l'air, ce qui indique qu elles contiennent un corps
facilement oxydable.

S e v a b é Solanum

auricc latum Ait. (So la nées). — Avec les
cendres de la plante et de la graisse de bœuf, on fait un
savon qui est généralement employé par les indigènes. Cette
plante pousse dans les décombres de tous les villages, à la
lisière des forêts et dans la brousse qui remplace les bois
incendiés.

309

ADDENDA

Ces deux Strophanthus, non utilisés ni nommés par les
indigènes, doivent être pourvus dans leurs graines des
mêmes propriétés thérapeutiques bien connues pour les
St. hispidus, kornbo et grains qui sont médicinaux. C'est
une étude à faire.
Le St. Boivini est un arbuste de 2 à 6 mètres, à rameaux
dressés, à latex blanc et poisseux. On trouve cette espèce
particulièrement sur le calcaire, dans l’Ambongo, dans les
sols rocailleux d’Andranomavo sur le Jurassique et dans le
Boina; dans les bois analogues de Besevo, près de Madervalo, sur les grès crétacés. On la connaît encore sur les
rocailles boisées de l ’Ankarafontsika, près de Maravoay.
(Voir la description des fruits et des graines ainsi que des
fleurs dans le mémoire susindiqué de MM. Jumelle et
Perrier.)

Tainakoho IL ; C assia

l .evigata W illd. ( Légumineuses). —
Cette plante est employée souvent (feuilles pour remplacer

Sikili Sak. ; E ntada A byssinica Steud. ( Légumineuses), dont
les graines sont sans doute confondues par les indigènes, en
tant que comestibilité, avec celles de Entada scandens Benth.
— Voir Vaheakarabo aux Addenda.

Strophanthus. — Il faut signaler deux espèces connues
de ce genre à Madagascar ( S t r o p h . B o i v i n i et S. G r e v e i
Bâillon) qui sont très voisines morphologiquement, ainsi que
MM. Jumelle et Perrier viennent de le démontrer [Notes
biologiques sur la Flore de Madagascar, Ann. du Musée
col., 1910) en établissant la nullité de l’un des caractères
distinctifs entre ces deux espèces, tiré de l’épanouissement
des fleurs au sommet des rameaux défeuillés de l’année
précédente et quand les feuilles nouvelles sont encore toutes
jeunes (Stroph. Grevei), alors que dans St. Boivini les
fleurs, au sommet des mêmes rameaux, seraient toujours
accompagnées de rameaux nouveaux feuillés avant l’anthèse
de ces fleurs.

Fig

Tainakoho

( Cassiu lævigata

Cliché du Dr Teissonnière.
Willd.), à gauche, en toulîe.

�310

ADDENDA

ADDENDA

le Cassin occidcnfalis L. (Voanembanalika. voir ce mot),
contre la fièvre bilieuse hématurique. — Voir aussi Voàfotsy).

Vaheakarabo. Vaehabe 1 (grande liane), Vaheamiolana (liane
qui tourne) Sak. ; E n t a d a s c a n d e n s Benth., variété discosperma Jumelle ( Légumineuses). — Cette liane, dont le fruit
est nommé par les Sakalaves Voankarabo (fruit de Karabo),
a un tronc qui peut atteindre 30 cm. de diamètre ; les
branches en s’enroulant en tire-bouchon, avec un côté sail­
lant, grimpent au sommet des plus grands végétaux envi­
ronnants. Les bases des pétioles foliaires poussent souvent
sous forme d'aiguillons plus ou moins obtus. Le fruit atteint
1 mètre de long sur 10 à 12 cm. de large. Les graines sont
consommées par les Sakalaves qui, après les avoir épluchées
et mises à tremper pendant deux jours dans l’eau courante,
les soumettent à une ébullition prolongée, en renouvelant
l'eau plusieurs fois.
Cette espèce que Bernier a trouvée à Sadifou, Boivin à
Djabal, Hildebrandt à Loucoubé, semble manquer dans le
Boina et l’Ambongo, mais elle croit dans l’Amkaizina, dans
le Sambirano, à Nossi-bé et, d’autre part, dans le Ménabé
et jusqu'au sud de l'île. Dans les forêts de l’Ankaizina, elle
se plaît sur les bords des torrents.
Varongifotsimalailay ; T r e c u l i a m a d a g a s c a r i c a N. E. Br. (U rticées). — Voici, d'après Francisco Joano Rosa, chimiste du
Laboratoire de l lnstitut central d hygiène de Lisbonne,
l’analyse de la graine du fruit d'un grand végétal ( Treculia
a[ricana Dec.) qui est désigné à San-Thomé sous le nom
d'Isa, Isa queute, Quicuancja et Vangui, à Angola (Golungo
alto) de Disan ha. en Sénégambie de Ocua :
Amidon, 77,43 °/0; huile fixe, 12,33; substances miné­
rales, 2,07; humidité, 7,53; résidus végétaux, 0,30. L'ami­
don est en petits grains dont les caractères morpholo­
giques rappellent ceux de la lentille. L'huile fixe est assez
fluide, légèrement amère, sapide et d’une odeur particulière
1. D’après Bâillon, le nom indigène serait

V o a lin e -c a re b e .

311

très agréable : les substances minérales renferment une assez
forte proportion d’acide phosphorique. Ces graines consti­
tuent un bon aliment et sont, d’après Ficalho (Plantes utiles
de VAfrique portugaise), couramment vendues sur les mar­
chés de San-Thomé et de Golungo Alto : l’huile qu’elles
renferment serait susceptible de nombreuses applications.
11 serait intéressant de voir si les graines du Varongifotsimabailay répondent bien aux mêmes indications d’em­
ploi que celles de son congénère du continent africain. —
Voir ce mot dans le corps de l’ouvrage.

�NOTE COMPLÉMENTAIRE

313

Herana (Cyperus latifolius Poir.). — Ce grand souchet sert
à couvrir les maisons en Imerina.

NOTE COMPLÉMENTAIRE
RELATIVE AUX PLANTES TEXTILES ET A LEUR EMPLOI LE PLUS RÉCENT

On s'esl beaucoup occupé, dans ces derniers temps, sous
l'influence du développement des produits d'exportation
agricole (riz, cacao, vanille, café), de la fabrication des
sacs et enveloppes destinés à les contenir solidement, et
partant de la meilleure utilisation des fibres textiles déjà
employées depuis longtemps par les indigènes. Il a été
organisé même à Tananarive, en 19U9, une exposition d’ar­
ticles d'emballage et d'objets de sparterie qui a produit,
dans ce sens, d'excellents résultats. A cette occasion, il a
pu être relevé quelques emplois de plantes à titre de tex­
tiles 1 qui n'ont pas trouvé place dans le corps de l'ouvrage
et que je crois devoir condenser dans une note spéciale, en
ajoutant même quelques renseignements plus précis sur les
plantes qui ont déjà été indiquées sommairement comme
textiles, sur leur emploi ou leurs stations :

Ahiba.no (Cyperus nudicaulis Poir.) est abondant dans l'A n ­
kara tra : tiges de 1 m. 50 de haut.

Harefo ( Eleocharis plantayinea B. Br.) est très commune sur
la côte Est.

Hazondrano. — On désigne encore sous ce nom en Imerina et
au Betsileo le Scirpus paludicola Kunth et le Sc. cori/rnbosa Iïeyne : la première de ces deux Cypéracées, très
répandue dans les deux provinces ci-dessus citées, se ren­
contre sur le bord des étangs, dans les marais, et sert à
confectionner des nattes et des sobika grossières. (Voir ce
mot Hazondrano dans le corps de l'ouvrage.)
1. Voirie B u l l e t i n é c o n o m i q u e d e M a d a g a s c a r , 2" semestre 1909, n° 2,
p. i30 et suivantes, arrivé en France le 15 juin 1910.

Penjy (Aepironia mucronata Rich.). — Cette Cypéracée se
trouve principalement sur la côte Est de 1île. Elle est
aujourd'hui très employée pour la fabrication des chapeaux,
nattes et sobika. A l’Exposition d'articles d’emballage et
de sparterie de Tananarive, 1909, on a beaucoup remarqué
des lots (Exposant M. Paget) : 1° de sacs tressés pour embal­
lages des produits exportés en balles (raphia, crin végétal);
2° des lots de sobika communes ou iines très solides, très
convenables pour l’expédition d’échantillons de café (3 kilos).
La paille de Penjy est considérée comme plus rigide que
celle des Cyperus. Elle est employée pour la confection des
grands chapeaux que portent les indigènes sur les hauts
plateaux. Cette paille est connue à Mananjary sous le nom
de Rambo

Vinda ( Cyperus alternifolius L.) est une plante textile assez
commune à l'intérieur de l'ile ; Sabotraka (Scirpus lacustris L.) sert aux mêmes emplois.
1. Il faut rappeler ici que cette plante est, à l'état spontané, commune
à l’Australie, à l’Inde, à l’archipel Malais et à la Chine; elle est même
cultivée dans plusieurs de ces contrées à titre de plante textile, sui­
des terres de mauvaise qualité, plus ou moins inondées (comme on le
fait pour le riz) et qu'on évite de fumer, parce que les engrais diminuent
la ténacité de la libre. Les tiges sont annuelles, mais elles se renou­
vellent sans cesse, par suite de la pérennité des rhizomes. Leur hauteur
habituelle est de 2 mètres. Lorsqu'elles sont coupées, on les aplatit par
le battage, ce qui les rend souples et propres à être tressées en nattes,
en sacs et surtout en voiles pour les jonques chinoises. Ces nattes sont
exportées en grande quantité aux États-Unis, où elles servent à couvrir
les parquets des appartements, et on les y préfère même aux tapis de
laine, pendant l'été, à cause de leur fraîcheur. Cette Cypéracée donne
donc lieu à une grande industrie et à un commerce considérable de
nattes qui, ordinairement, avant d’être expédiées sont teintes en jaune
(par S o p h o r a J a p o n ic a et alun) et en vert (par une Acanthacée nommée
l a m - y e p avec alun et sulfate de cuivre). Madagascar pourrait, en face du
continent africain qui constitue pour elle un grand débouché commer­
cial facilement accessible, entreprendre l’industrie du P e n j y avec
quelques apparences de succès.

�314

NOTE COMPLÉMENTAIRE

NOTE COMPLÉMENTA! R E

Tsindrodrotra (Sprobolus indiens R. Br.); Fantaka [Arundo
madagascariensis Ivunth.j ; Vero (Andropogon liirlus L. ;
Reteropogon hirtus Pers.); Haravola (Arundinella stipoides
Hack.) et Manakalahy (indéterminé), enfin la paille de riz
(rnololo), sont les graminées les plus employées pour la

Sous le nom de Hasina (voir ce mot au corps de l’ouvrage),
on désigne encore en Emirne le Dracæna angustifolia Roxb.,
de grande taille, dont les feuilles sont employées en lanières
pour la confection des chapeaux. Les Agaves sont très
recherchés par l ’indigène pour la confection des cordages,
beaucoup plus rarement pour le tissage.
Nous avons dit, dans le corps de l ’ouvrage, à l ’article
Hafotra, combien de végétaux différents (tous à fibres tex­
tiles) on désigne à Madagascar sous ce nom général. On a
préparé récemment (M. Paget) en fibres d Hafotra (Dombeya
viburnifolia Boj.), d’Hafopotsy (Dombeya oboualis Baill.)
et Hafomena [Dombeya spectabdis Boj.) des sacs d'embal­
lage très solides et des cordages de bonne qualité. On peut
dire que à peu près tous les Dombaya (et les espèces en
sont nombreuses à Madagascar ; voir à la table) fournissent
des textiles et répondent au nom indigène de Hafotra.

fabrication des chapeaux ordinaires. Voir ces mots dans le
corps de l'ouvrage.
Parmi les palmiers, il faut citer le Dara [Pliœnix réel inata
Jacq.) à tige et rameaux épineux, croissant à l'état sauvage
sur le littoral de la cote Est presque tout, entière, et prin­
cipalement au Nord et au Sud de Mananjarv et dans la région
de Farafangana. Divisées en lanières, les folioles de teinte vert
pâle et ne changeant pas de couleur au soleil servent à la
confection de chapeaux et divers objets.
Le Lafa (palmier indéterminé), le Satranabe ( Medeinia
nobilis Mil. et Wend.), le Satranamira (Hypliæne coriacea
Gærtn.), le Satrana ou latanier, les feuilles de Ravenala
madagascariensis J. F. Gmélin, et de Vakoa (Pandanus
divers), sont employées pour la fabrication des tresses, soit
soit pour la chapellerie, et même, en ce qui touche les derniers,
pour la fabrication de tous les objets d ’usage courant dans
la vie domestique. 11 a été déjà parlé, à propos des Hypliœne
et du Medemia, de la production des piassabas à laquelle
ces végétaux peuvent concourir.
Mais, d’une façon générale, les emballages qui sont
fabriqués avec des lanières de palmiers sont d'un prix de
revient plus élevé que ceux provenant des Cypéracées,
Joneées ou Graminées, et ils ne présentent pas des avantages
bien marqués sur ces derniers. D’autre part, les fibres des
palmiers peuvent trouver de nombreuses applications en
Europe (piassaba, lanières), c’est donc du côté de leur
exportation qu’il faut orienter l’exploitation indigène. 11 en
est de même pour les belles pailles à chapeau (dits Panama
de Madagascar), comme Ahibano et autres, qui sont déjà
très demandés par le commerce métropolitain. Il en arrivera
aussi pour les belles sobika et les nattes très souples et
très fines fabriquées avec de la paille d’Haravola.

315

�817

INDEX ALPHABÉTIQUE'

(Cucurhitarées) ; T akota ko g.
(Légumineuses) ; Baom bary II. ; Ramianoka
II. ; Ramiavona. ( V o i r aux Addenda à la lin du v o l u m e . )
Æ sciiyno m e nk s e n s it iv a S\v. (Légumineuses) ; Anjananjana Bl. ;
Ham atra SI. ; Hazonantambo SI.
A f z e lia biji ma A . G r a y . (Légumineuses) ; Hintsina ; Hintsy Bs. ;
A

denopus b r ev iflo r u s

Æ’ sc iiyno m b n e

INDEX ALPHABÉTIQUE
donnant les noms scientifiques des plantes utiles

B e n th .

L.

in d ic a

In d rarin an d ra SI.

de Madagascar

A

suivis de leurs noms indigènes en divers dialectes malgaches.

A

Baill. el A .

f z e l ia m a d a g a s c a r ie n s is

b iju g a

G ray

(Légumineuses)

;

In d rarin an d ra SI. ; Hintsina ; Hintsy Bs.
sp. ( Légumineuses\ ; Alandra nto

A

f z e lia

A

g a t o p i -i y llu m a r o m a t ic u m

A

g a u r ia l it t o r a l is

A

g a u r ia p o l y p h y l l a

Bm.

(Laurinées) ; Avozo II.
Ericacées) ; Kavodiandrano

DG.

Bak. et A .

s a l ic if o l ia

Bl.

lils ( Ericacées) ;

M ook

An g a v o d ia n a g . ; Kavodia Bl. ; Angavodianalahy. I I . ; Angav odiaA brus

Légumineuses) ; M as o n am b o ato ra I I .
Voam ain til an y H. ; V o a m a in to ro n a P r . ;

pr e cato r iu s

boamena 131. :
rona

H.

A butilon

1,.

; Vahem-

n a v a v y I I . ; An kavodiana

V o a m a to -

H . ; Gavodiana

; V oam boanam ainty ; V oam b oan am avo ; V o a m b o a n a m e r a S I .

an g u latu m M a s t .

A g a u r ia

( Malracées) ; Som an gan a S a . ; H a fo p o ts y

131.;

B s . ; Kim avo B l . ; Sofinapaha B I .

A c a c ia

Addenda

A calyph a

; A p o s y B l . ; T s i m b i l a o t r a 11. ; T s im -

bolotra H .
A c h y r an th e s

as p e r a

polom anitra

H.

[Amaranihacées) )

!..

Fan d ran gozaza S a . ; T s i-

; T sip orom an it ra I I . ; T s i p o te m e n a B l . ; V a to fo s a ;

Vato fosalahy II.

A chyrospermum

fruticosum B e n t h .

(Labiées)

; T i t s o m b a m b a r a 131. ;

Tsitombambara B l .
A

A . J u ss .

cridocarpus excelsus

ravina

A

i

Malpighiacées)

SI.

( Malvacées) ; Sefo S a k .

Baill. (Malvacées) ; RenialaSl.
m a d a g a s c a r ie n s is B a i l l . (Malvacées) ; R e n iala

S I . : Bontona H . ; Za S a k . ; M'Boio

A

d anso nia

Jum .

r ib r o s t ip a

B l. ;

Za

B a ill.

Perr.

Addenda à
(Malvacées) ;

Ringy S a k . ( V o i r a u x
A d ansonia

et

gelæ a e m etic a

gelæ a

A

l a f ia
r ie r i

Za ; Zabé S a k .

Ank avod ian a­

H.
g ig a n t e a

V e n t.

(A mary II idées)',

Zam ena

Baill.

Ivo ne ri HolTm.

T

iio u a r s ii

B o e m . et S c h u ll. ; A .

p a u c if l o r a

R a d l. ; A . P er­

(Apocynées) ; A l a f y g.
m ino r B a ill. (Ruhiacées) ; Banjona Bl.
f a s t ig ia t a O l i v . (Légumineuses) ; Sambalahy

Jum.

A

lberta

A

l b iz z ia

A

l b iz z ia

A

l b iz z ia

S a k . ; F on y

B l,

(Malvacées) ;

; Angav odiana g. ; Kavodia

I I . : V o lo m -

boro na Im e r .

A d anso nia G r an d id ie r i
A d ansonia

(Ericacées)

A n g a v o d i a n a l a h y ; G avodiana;

(Connaracées) ; Debaka ; V ahim in ty Bs.
(Connaracées) ; Bebaka Bs. ; V ahim inty Bs.
A gelæ a L a m a r k ii P la n c h . ( Connaracées) ; Soandro Bs.
A g ér atu m conyzoid es L. (Composées) ; Fots ivony Bets. ; Hanitrin im pantsaka G. ; T im im b o Bs.
A l a f ia P e r r ie r i J u m . (Apocynées) ; A la fy g.
A l a f ia p a u c if l o r a R a d l . (Apocynées) ; A la fy g.
A

A d anso nia B ozy J u m . e t P e r r . ( Malvacées) ; Bozy ; Bozo S a k .
d ig it a t a L .

I l o o k fils

I xt li K a r w . ; F o urcro ya

g ave

A

; K i r a j y S I . ; M avo-

A cridocarpus s p . ( Malpighiacées) ; V a h em avo B l .
A d an so n ia

; A n kavodianalahy ; A nkavodianavavy

Taretra H .

( Euphorhiacèes) ; T s i e t y B l .

Euphorhiacèes)

A calyph a s p .

; H a lo m b o ro n a , A n to n o s y .

à la li n d u v o l u m e , p . *296 .)

a c u m in a t a B a i l l .

s a l ic if o l ia

A n k a v o d ia n a ;

l a h y ; A n k a v o d ia n a v a v y

(Légumineuses)

s ia r e n s is B a i l l .

(V o ir aux

H.

H.

S a k .;

S assa

B ru c e

(Légumineuses)

( Légumineuses) ;

; Bonara I I . ; Benoara FI.
Sambalahy I I . ;

Vo lom bo-

ro na Im e r .
A

l b iz z ia

A

l e u r ite s

la lin d u v o l u m e . )

Bontona H . ; F o n y S I . ; M 'Boio

L ebbeck B e n th .

Savoya
A

lliu m

(Légumineuses) ; Samanta T a n .
t r il o b a F o r s t. ( Euphorhiacèes) ; Bakoly

sp.

H.

c e pa

zaha FI.

I I . ; M ofotr a P r . ;

; Sav okara II.
L . ( Liliacèes) ; T on golo II. ; T o n g o lo b e I I . ; T o n g o lo v a -

�INDEX ALPHABÉTIQUE

318

INDEX ALPHABÉTIQUE

A llium sativum L. ( Liliacées) ; T o n g o lo g a s y H . ; T o n g o lo n k o v a I I .
A lluaudia ascendbns D r a k e [Sapindacées) ; Songo A n t .
A lluaudia dumosa D r a k e [Sapindacées) ; Rohondro A n t .
A lluaudia procbra D r a k e (Sapindacées) ; F a n ts i-h o li tra A n t o n o s y

Addenda à la fin du v o l u m e , p. *295, bas d e la p a g e . )
(Aroïdées) ; Saombia Bs.
A lob capitata Bak. ( Liliacées) ; Sahondra I I .
A loe deltoideodonta B ak . ( Liliacées) ; Valiona g. ; V ah om b e B l. ;
g. ( V o i r aux

A locasia

indica S e e m .

A

macroclada Bak.

[Liliacées)

; Vahona g. ; V ahom be

Bl. ; V a ­

dra Bl.

Violariées) ; V o aseva Bs.
A lsodeia arborba T h o u . [Violariées) ; G rewia cunbifolia B a k . ( 7 7 liacées) ; A butilon angulatum M ast. [Malracées) ; D ombeya obov a lis B ai 11. [Slereul iacées) ; Hafopots y Bs.
A lsodeia G reveana B aill . [\ iolacées) ; H azo m p a s ia n te ly S I . ; Hazo-

A lsodeia

angijstifolia T h o u . (

pasia n tely SI.

mo .m im

D a n ie l l i I l o o k .

A

ndropogon iiir t u s

L.

[Graminées)

BL ;

V eron tsan jy

V e ro fo ts y

I I . ( V ' o i r la

sur les plantes textiles à l a f i n d u c o r p s d e l ' o u v r a g e . )
[Graminées) ; V erofehana II.
A ndropogon schuenanthus L . [Graminées) ; Fiahana e t Fiahina
n ote

IL

;

Fiehana I I . ; V erofeh an a I L ; V e rom an it ra H .

[Graminées)

A

ndropogon s p .

A

ndropogon th ic h o z yg u s B a k .

A ngræcum
A

c it r a t u m T h o u .

ngræcum superbum T h o u .

; Saingona S L ; K oto m ena I L

( Graminées) ; Ahikakonga
[Orchidées) ; Manta B s .
( Orchidées) ; Tsik ondrokondro

II.

B s . ; Tsia-

kondrokondro B s .
A

n iso c y c la

G r a n d id ie r i B a i l l . ( Ménispermées) ; V aheam ojery.

[Anonacées) ; K aoraosaly S L
( Anonacées)] Hobohobo S L ; Voankobohobo H .
sf.n e g a le n s is F e r s . [Anonacées) ; Korap eta k a S L ; Koropeta ka

nona m u r ic a t a L .

A

no na

A

no na sq u am o sa V e l l .

Bl. ; A n am b alaza I I .

A

n t iie r ic u m

A i.th.ea officinalis L . (.M alvacées ) ; F ian d ril aven om b azah a g.
A lyxia lucida B a k . ( Apocgnées) ; R am bafohy I I . ; A n d r i a m b a v i f o h y

A

n th b r o to m a

A

n t h o c l e is t a

A

n t h o c l e is t a r h izo ph o r o id e s B a k .

nakoho II.

r e t ic u l a t a L .

g-

A lterna.ntiiera

sessilis R .

B r. [A m a ra n lh a cé e s ) ; Anam alaza B e t -

sim. ; Fotsim barinak oh o Sak . ; K im a r o a to d y

g. ; K ily m a d iro ; Ram bafoh y Sak.
madagascariensis

B L;

A. DC. (Apocgnées);

A n d r ia m b a v ifo h y

g .;

K il y m a d ir o ; Ram bafoh y Sak .
A
K im o a e m -

bazaha Bl. ; T arit arib azah a I I . ; T arobazaha I I . ; K i m o a e v a v y B l .

A marantiius sp. [Amaranlhacées) ; K im oae Bl.
A marantiius spinosus L. [Amaranlhacées) ; An am p ats a ; A n a m p a ts y
II. ; Sab otraboay Sak. ; K im o a e la h y B l.
tristis

L. (Amaranlhacées)

; An a m b a rio SI. ; An an ta-

rik a H . ; K im o a e v a v y B l.
m m an n ia m u l t if lo r a

Roxb. [Lglhrariées)

; B o n g o n im b a r y

boronjazalahy B l. ; T am b o ro n ja za la h y Bl.

H .;

[Anonacées) ; K onkony S L
[Liliacées); A h it rak on d ro I L
N a u d in i I l o o k . f i l s (Mélastomacées) ; Am aniom hy H .
m a d a g a s c a r ie n s is B a k .
[Loganiacées) ; Dendemilahy

P arkeri B a k .

L a n d e m ila h y I L ; L an d e m y H . ; V aria B s . ; V a ria h y I L

demy I L ;

A lyxia sp. [Apocgnées) ; Rob ary SI.
A marantiius hypocqondriachus L. [Amaranlhacées) ;

A

Voafan-

ndropogon nardu s L .

no na

A marantiius

IL ;

; Kolafa I L ; V ero I L ;

B L ; V erom bato

A

A.

(Scilamtnées) ;

sp.

A

A lsodeia rubra T u l . [Violariées) ; Maim asela Bs.
A lsoçhila Barom Bak. [Fougères) ; Am pangandrano ; A m p a n g a fe -

D a n ie l l i H o o k .

drana T a n .

A

A loe soccotrina DG. [Liliacées) ; A l o e s y 11. ; Vah ona g.
A loe sp. Liliacées) ; Kisaondra Bl. ; S akoakenky H . ; V ahokis aon-

A.

[Seitaminées) ; Lo ngozo II.
[Seitaminées) ; T sinkara S a .
A m yg d alu s pe r sic a L. ( Bosacées) ; Peso ; Pesolah y I L
A n a n a s s a s a t iv a K e r . [Ilroméliacées) ; Mananassy
A

A momu.m

B L ; V erom anga

hongarana Bl. ; Vah on karan a Bl.

H a m b .,

L in g o s y II. ; Longosa ; Lin goza Bets.

Vahongarana Bl. ; Vahon karan a B l.

A loe

momu .m an g u s tif o lu im

310

( Loganiacées!; Dendeme B L ; L a n ­

L a m p iv a h itra ; L a n d e m iv a v y H .

nth ospbr -mum e m irne nse B a k .

( Bubiacées) ; A lam ie n ga B L ; Kisanga

Bs.

[Bubiacées); Fanempoka I L
[Aroïdées); Dandemo ; Dandemy I L
A n tid e s m a m a d a g a s c a r ie n s is L a m . ( Fuphorhiacées) ; Varona I L
A p iil o ia m a d a g a s c a iu e n s is Clos. [Bixinées) ; M araman an a; V oafots y
H.
A p iil o ia tiie æ f o r m is B a k . [Bixinées); Fandramanana 11. ; K irand ram A

n tiio spe r m u m p o l y a c a n t iiu m

A

n th u r iu m t e t r a g o n u m

A

p iil o ia

Ta-

Bak.

Ilo o k .

b e h i v a v y B s . ; Voafotsy.
sp.

[Bixinées) ; V oafots in drano

g.

�320

L. ( Onibellifères) ; Selery H.
A po d o c e piiala p a u c if lo r a B ak. [Composées) ; T s in d ra m y H .
A po n o g e to n fb n e str a lis T h o u . ( Naïadacées) ; O virandra H . ;

A pium

B ambusa

g raveolbns

A r a c h is

ulvacbum

T a p e ta k a

B a k . (.Naïadacées) ; Voarandrano H .
P is it a s y

II.;

V o a n jo k o tr a

r d is ia

k uscopilo sa

B ak .

(Myrsinées);

Hazo nto ho B ets . ; S a rih a n g y

r d is ia

sp. ( Myrsinées) ; H a zo n to h o v a v y 11.

(Palmiers) ; Lafaza Bs.
A r istb a a n g u s t if o l ia B o j . (1ridées) ; V a zah ak ely Y a k .
A r is t b a K it g h in g ii B a k . ( Iridées) ; Vahaza g.
A r is t id a ad scensio nis L. [Graminées) ; H o ro m b a v y H.; Pepaka II.
A r is t o l o c h ia a c u m in a t a L a m . ( Aristolochiées) ; T o v im p a tr a n a B l.
A r to c a r p u s in c is a L . ( Vrlicées) ; Rima Bs. ; Sonambo ; V oan k oro-

A reca

l it e s c e n s

Bory

manga Bs. ; V oank otr a Sak.
A

r to c ar p u s

in t e g r if o l ia

L.

(Urticèes)',

F in esy

S I.;

A m p a li b e

g .;

V oanam palibe g.
A rum

esculentum

L . ( Aroïdées) ; H orir ika H . ; Saonjo H . ; T ah o Bs.

(Graminées) ; Bozaka B l. ; H a ra v o la I I .
( V o i r à la fin de l’ o u v r a g e la note sur les plantes textiles.)
A rundo m a d a g a s c a r ie n s is K u n th . ( Graminées) ; Fantaka I I . ; K i t s a n g y
Pr. (\ o i r à la fin de l ’o u v r a g e la n o te sur les plantes textiles.)
A rundo sp. ( Graminées) ; Tsiamboaboa P r .
A r u n g a n a p a n ic u l a t a P e r s . ( Hypèricinées) ; H aronga B ets . ; H aron -

A r u n d in e lla

stipo id e s

Hack.

gana Im e r .
A s pa r a g u s sp.
A

s pa r a g u s

(Liliacées) ;

v a g in e l l a t u s

ste r o peia a m b l y o c a r p a

Fan drahinak an ga SI.

B o j . ( Liliacées) ; H aim boala vo I I . ; H e rim T u l . ( Samydacées) ; A n d iv o lo

Bs. ; A n d ria -

volo Bs.
A

s te r o p e ia sph æ r o c ar pa

Bak . ( Samydacées) : M arin in andro Bl.

(Acanthacées) \ A v o k o m b ily II.
A t h r ix ia d ebilis 1)C. (Composées) ; K iotsiotsin ala Bl.
A vena s a t iv a L . ( Graminées) ; V a rin ts o a v a h y I I .
A v ic b n n ia o f f ic in a l is L . (Verbénacèes) ; A f i a f y S ak . ; M ants inta y.
A

s y s t a s ia g a n g e t ic a

T. Anders.

B arberia prionitis P. (Acanthacées) ; Rointsokina II.
B aronia T aratana B a k . ( Anacardiacées) ; M a le m ila h y
B arringtonia

apiculata M i e r s .

Trin. ( Graminées) ;

za ts y ; V o lo ze v o n a Bs.

e t B . racemosa

Barringtonia divers (Myrincées) ; F oto tr a II.
B arringtonia racemosa B o x b . e t B . speciosa

Bs. ;

S a . ; V o re tra

Boxfi. (Murtacées) ;

W a ll.

(My rincées) :

F otab e B s . ; F oto be B s . ; Fosatra B s .

Barringtonia s p . ( Myrlacées) ; F aoto tr a B s ; Foto tr a II.
Barringtonia speciosa W a l l . (Myrtacées) ; Fotabe Bs . : Fotobe B s .
Batatas edulis L . (Convolvulacées) ; Hoda H.
B auiiinia sp. ( Légumineuses) ; Kim esam esa Bl.
Bembicia axii.laris O l i v . (Samydacées) ; Ampananina II.
Benincasa cerifera S a v i ( Cucurbilacées) : Voan tangondolo g.
Bidexs bipinnata L . (Composéesw Anants in ahilahy H . ; T r a k a j e a g . ;
T s i p o l o t r a II.

B idens i.eucantua

W illd .

Pr.;

h iv a v y I I . ; Traka

Bismahckia

(Composées \ Anantsinahy

H . ; Anantsina-

T r a k a v o la I I . ; T s ip olotra II.

nobilis H i l d . e t W .

Palmiers) :

Befelatanana SI. ; Dimaka

Sak.

B i x a o r e l i . a n a L . ( Bixacées) ;

Sahy I I . ; Vabinam alona A n t s .

Bocagea heterantiia B a i 11. (Annoncées) ; Railom bo S I .
Bojeria speciosa D G . Composées)', F anefitr a I I . ; Fanefitsa
Borassus

B l. :

B rassica

v a r . madagascariensis J u m . ; Bismarckia
(Palmiers) ; Dimaka S a k .
L . (Crucifères) ; Ananom by I I . ; Anantsonga II. •

flabei.lifer I . . ,

nobilis I l i l d .

et W .

campestris

A n a m b e B l . ; N a v e II.

B rassica
B reiimia

oleracba L .
spinosa

[Crucifères)

; Laisoa I I . ; Laisoamasombika I I .

Harv., Stryciinos

spinosa

Lam.

( Loganiacées) ;

M o r a m b o n g o ; V o a v o n ta k a B s . ; V oan-M kotr a S I ; Voanpena B e t s . ;
B o r o v y S I . ; A m b o r o v y S L ; Vakakoa S I . ; M aroam bon go S I . ; M okoty
SL;

M o k o tr a B s . ; V o a v o ta k a I L ; Vontaka S a k .

B reom a

c u s p id a t a

Ila v il.

B r e x ia h e t e r o p i i y l l a B o j .
b arrata

Vahimahitso

(Bubiacées) ;

V oam olam pangady

Bs. ;

V o la m p a n g a d y B s .

B
B am busa

(Acanthacées) ;

Bs.

P a r a k in a n d r o n g o II.

boalavo H . ; R oim boalavo Bl.
A

madagascariensis S t e u d .

Fosatr a B s .

II.
A

g.;

I I . ; T a ra ta n a B l .

Bl. ; Voanjombazaha I t n e r . ; V o a n jo m ito h y H .
A

B arberia

V ah im ah its y B s . ; V ahim aitso

L. (Légumineuses);

h y po g e a

( Graminées) ; Volo g . : Volotsangana

W illd

c a p it a t a

V o lo za ts y ; V o lozevon a B s .

Bs. ; Voarandrano H .
A ponogeton

321

INDEX ALPHABÉTIQUE

INDEX ALPHABÉTIQUE

V o l o ; V olo ts a n g a n a g . ; V o lo -

(Saxifrâgées)

; V oantanga S L

Annales du Musée colonial de Marseille. — 2*

s é r ie ,

S* vol. 1910.

21

�322

INDEX ALPHABÉTIQUE

Thou. ( S a .r i f r a y é e s ) ; Voanta lanina Bs.
Bak. ( Euphorhincées) ; A rin a Bs.
B r il l a n t a is ia .m a d a g a s c a r ib n s is And. (Acanthacées) ; V a la tr a tr a k a
Sa. ; Velatsa Bl.
B r o c h o n k ir a D a k d a in i l l e c k . (Myrislicées) : M o ltr a d r a g o I I .
B rochoneura F reneei Heck. (Myrislicées) ; M afo tra. Rara A n t a n d .
(Voir aux A d d e n d a à la fin du volume, p. 300.)
B rochoneura V o u r i Warb. Myrislicacées) ; V o r y Bs. ; V o u r i- R a r a
B r v o p h y l l i ' m c r e n atu m Bak, (Crassulacées); K ile n g a n a m b o a Bl. ;
B k e .m a

m a d a g a s c a k ie x s is

B r id e u a

coccolob k f o l ia

K o tro k o tro b a to I I .
pr o lifer u m

Bo

w

B r y o p iiy l l u m sp ., ICit c h in g ia

Tam bolo g. ; T a m b oro P r .
B uddleia

k is c a

B i ’ d d le ia

m a d a g a s c a r ib n s is

B ud dleia

sph æ r o c alix

II.
I m e r .; Vinta-

Engl.

( B u r s è r a c é e s )' ,

Ram y g. ; Mana I I . ; Tamba-

( G u llifè r e s )

;

H a ra m y I I .
C a n a r iu m

cées) ;

m a d a g a s c a r ie n s e ;

B o iv in i et

Engl..(Burséra-

m ultiklo ru m

Ram y g. ; Mana H . ; Tam bazotse.

C a n a r iu m

m ultiklo ru m

P itto spo r u m

p a c iiy l o b iu m

Thou.

sji .

Engl.

e l u p t ic a

T u l. { P i t f o s p o -

C anna

Bs.;

(Burséracées)]
DC.

e nsifo rm is

o b t u s if o l ia

dalandana

( B u r s é r a c é e s ) ; Ram y

g.;

Mana

II.;

R am ilahy ; Ram ib eravin a II.

( L é g u m in e u s e s ) ;

S a .;

Voava-

D C . ( L é g u m i n e u s e s ) ] Lalandana H . ;

Ravin-

Bs. ;

Voandalandana

L.

( S c ila m in é e s )

in d ic a

Jangala

Bs.
]

Gingiza

H . , Am b a ra d e d a : Dingiza

Bl. ;

K in giza H . ; Saonjovato ; Tsip ik op ik o

Varandeda ; Varan-

denda 11.
{ M é n is p e r m é e s ) ]

Borasaha

SI.;

SI.

C a n n a b is

L.

s a t iv a

( Urticées) ;

Jea P r . ; Ron gon ilah y I I . ; Ron gony

I I . ; Soro ma P r .

H .;

a n n u u .m

v a t r y I I . : A n ts o try . A m b a tr y A n t .
g r an d ik lo r a

J a m b ., M is a

in v o l u c r a t a

DC.

Hook.

(S am yda cées) ;

Pilipily

H .;

SI. ;

Sakaibe

(Solanées

; Sakai-

P ilo p ilo

f a s t io ia t u m

Blum.,

C.

m inim um

R oxb.

pilo I I .
C a p s ic u .m f u u t e s c e n s , C. a n n u u .m L .

(Solanées) :

Sakay H . ; Pilopilo

S a k . ; P il i p i l i S w a . ; Sakaifantsinakoho H .
G apsicu m

m inim um

G a r d io s p e r m u m

C a h ic a
paza

fils ( C o r n a c é e s ) ; M oranits ap asin a

Bl.
B e n th . ( Légumineuses) ; A m b ila zo g . ; A m b ila-

zona B l. ; Maimbolazo Bs.

(Solanées)]

Roxb. (Solanées) ; Sakaipilo I I .
L . ( Sapindacées) ;

ii a l ic a c a u u m

Masontsokina

g. ;

V ahints okina g.

Hazoambo Bs.
m a d a g a s c a h iè n s is

L.

Sakalfants inakoho I I .

G a p s ic u m

Fleming ( L é g u r n tu e u s e s ) ; V atolalak a g.
C æ sai.p in ia se plar ia Roxb. ( L é g u m in e u s e s ) ; T sia fa k o m b y H . ; Roinom bilahy Bl.; Roimbazaha Bl. ; R a im em y I I . ; R o i n a o m b e la h y
Bl, ; Sapan g.
C ajanu s indicus S p r e n g . (Légumineuses ; A m b e r i v a t r y g. ; A m b a riC.-e s a l p in ia B o nd ucella

alternans

V o a k o t r y , T a i-

II arami Boj. (Bu r s é r a c é e s ) ) S y m ph o n ia sp.

C a n a r iu m

G a p s ic u m

C a l l ia n d r a

Bl.;

( G u i ! i [ è r e s ) \ Foraha

T u l . ( C o m h r è la c é e s ) ; Voantsohola g.

spiiæ hoides

C a n a r iu m B o iv in i

C a n a v a i .ia

G

C a i .ip iio r a

Kofafa-

nona.
C a l o p y x is

Bail 1. ( S l e r c u l i a c é e s ) ; Ib o to s y SI.

Baill. ( S l e r c u l i a c é e s ) ; V o l i l y SI.
Decne ( M é n is p e r m é e s ), T a m b o u r is s a

m a d a g a s c a r ib n s is

C a l a n t ic a

Bl. ;

K ifafarindrina

Tam bazo ts e.

r é e s ) \ Am borasaha ; A m p a ly Bs.

Ambarakasa

pa r v if l o r u m

hibe Sa.

A . D C . ( M o n iin ia c é e s ) ,

B u r a s a ia

( M é lia c é e s ) ;

Drake ( G u l l i f è r e s ) ; N atolah y
Boj. ( G u l l i f è r e s ) : Vintanina

la x if lo r u m

B a k . ( L o g a n i a c é e s ) ‘} S e v a v a v y 11.

g r a c ii .is

L.

C a l o p iiy l l u m

C a n a r iu m

v o u u i .y

ino pm yllu m

C a i .o piiy l l u m

G a n a v a l ia

lo x g ic u spis

Desv.

m o r o ; T sin delo H .

L a m . ( L o g a n i a c é e s ) ; Seva g.

B u e tt n e r ia
B u r a s a ia

C a i .o piiy l l u m

B ak . ( L o g a n ia c é e s ) ; L o n g o lo n g o I I . ; S e v a la h y S a .

B ie t t n e r ia

t u b iii .o r i m

Bl.

rindrina

zotse.

. ( Crassulacées) ; Sodifafana Imer.
sp. (Crassulacées) ; S ofin o n d ry .
B y r s o c a r p i ’ s B a r o n i Bak. ( C o n n a racées); Voam p ik a SI.
B u ch nera c a p it a t a Benth. ( S c r o p h u l a r i é e s ) ; T am b o lo n d ra n o 11.
B u c iin e r a le p t o s t a c h y a Benth. [ S c r o p h u l a r i ê e s ) ; T a m b o r o k ijo a Bl. ;

B r y o p h y i .lum

C a i .o dryum

323

alphabétique

index

p a p a va

L . , Mapaza g. ( Bixacées) ; Papay

; Paza P r . ; Voa-

(Apocynées)] V oak an drina I I .
Thou. ( Apocynées) ; Fatsitokoh o Bl.
ou T a n g iiin t a sp. (Apocynées) ; K ap ok y Ant.
x y l o p ic r o n Thou. ( Apocynées) ; Fatsinokoho Bl.

C a r is s a

edulis

C a r is s a

m a d a g a s c a r ib n s is

C a r is s a
C a r is s a

Bs.

Bs.
V ah l.

�INDEX ALPHABÉTIQUE

321

Bak. (Liliacées) ; Tongora ndam bo IL
(Gulfifères) ; Tapia g. ; Tapea.
C h r y s o p ia sp. (Gultifères) ; Kimba RL
C h ryso po g o n G r ylu s L. (Gramiuées) ; Bosaka II.
C in e r a r ia A nam po za Rak. ; ISm il ia ascendens D.C. (Composées)
C h lo r o ph yt u m

C iir y s o p ia

o c c id e n t a lis

L. (Légumineuses))

Bem aimbo

s a n a S L ; Saringoazo P r . ; Voanem banalik a
ga tr a

Rets.;

Sa.;

K in ts a k in t-

I L ; V oan tsiraok on an -

M anakonts ovoka S L ; T s o ro k a n a n g a tr a

IL ;

V o n ja r y

IL
G a s s ia

G innam o m um

ar o m a tic u m

G in n am o sm a

fragrans

sp. Légumineuses); Lojo

IL ;

Voanemba

I L ; V oate lo ndolo
G a ssin o psis

Voam ahats ara

m a d a g a s g a r ie n s is

Hazontozo I L ;
C assvth a

BI.;

Baill.

( O la c in é e s ) ;

Hazo nto ho

IL ;

Tindinana I L

f il if o r m is

L. ( L a u r u i é e s ) ;

T s i h ita fo to tr a I L

Forst. (Casuann tes) ; Filao Rs. ; Fiofio SL
G edrelopsis G r ev ei Baill. (Méliacées) ; K a tr a fa y Sak. ; K ata fa Anl.
C e lastr u s f a s c ic u l a t u s Poir. (Célasfrinées) ; Fandramanana II.
C a s u a r in a

C elosia

e q u is e t if o l ia

po p u l if o l ia

M

ocj.

t r ig y .n a

kopanoko

RI.

; Masakopanoko

C e p iia l o s t a c iiy l ' m C iia p e l ie r i M u n r o ( G r a m i n é e s ) ; V o lotsan gan a
G i i .e t a i .me

BI.

m a d a g a s g a r ie n s is

: R oy

C henopodium

Bak.

( Urticées) ;

Hidina

Sa.;

C iienopod icm
G hicorium

g.

Fanid y

Rs.
am brosio id es

L. (Composées)

;

T a im b o r o n ts ilo z a

T e tro lo k o lo b a Bs.

L. (Clv’nopodlacées) ; A n am b od ih en a
L. (Composées) ; S aladin gita I I .

m u r ale

e x d iva

IL

Nées (Lan ri nées) ; Hazomanitra SL
Rail 1. (Canellacées) ; Mandravasarotra IL ;

L. (Ménisperruées) ; Hamafana Sak. ; Vahifotsy
Rets. ; Voriravina IL ; Voaravinaviavy Anls. ; Vahemboatavo RI. ;

Vahivory IL
C it r u l l u s

sp. (Cucurhitacées)

; V o an k e ts ih e ts y ; Voankitsao

IL ;

V o a n ts ik ir y I L
C it r u l l u s

G it r u s A
C

m i .g a h is

; Voanta ngo

itru s

u r a n tiu m

d ecum ana

Sch.

(Cucurhitacées)

; Voabe

IL SL

; Voamanga

IL
L. (Rulacées) ; L ao ra n g y I L

Willd. (Ru lacées)

T r e m o ; V oasarib e ; Voasarihangibe

;

Trém a;

P apelim osy

IL ;

IL

Risso ( Rutacées) ; V oasary g . ; Voasarimandina Rs.
L. (Rulacées) ; Voamandina Rs. ; V oasary g. ; Voasa­
rim andin a Rs.
C it r u s sp. Rutacées)) Tsoho Pr. ; Voahangib e IL ; V oangy Bs. ;
Vo ants oa SL ; V oa s a rik e lin a n d ria m a n itra IL ; Voasarim akirona :
G it r u s

limonum

C it r u s

m edica

V o a s a r im a m y ; V oasarim andin a H .

( A m a r a n l h a c é e s ) ; Masinto m bo I L

L. ( A m a r a n l h a c é e s ) ; A nanakondro Sa. ; Kim asaRI. ; M asokopanoko RI.
G e l t is c in n a m o m e a Lindl. (Ulmacées) ; M an ts in ta y Sak. ; Afiafy Sak.
G ki.t is disod oxylum Tlnv. : G. cin n am o m e a Lindl. (Ulmacées) ; M a n t­
sintay Sak. ; A fia fy Sak.
G ei.t is m a d a g a s g a r ie n s is Boj. (I Imacées) ; A n d ra re zin a g.
C ephaj .a n t h i ’ s s pa t u e llif e r u s Bak. (Rubiacées) ; S oaravin a RI. ;
Sohy ; Sohihy SI. ; Sodindranto SI.
C e lo s ia

;

Fanalamangidy RL

IL

Bels.

Camb.

C issam pelo s P a r e ir a

RL

G a s s ia T o r a L . ( L é g u m i n e u s e s ) ; T s iarid rafin am b o a I L ; T s i a r i d r a f y

decipiens

m acr o ph ylla

Anam poza ; Rav intsarah azo 11.

M anondro lanitra .
G a s s ia

325

INDEX ALPHABÉTIQUE

(Rubiaccès) ; K iro n d ra n a I I .
C a r t o p o d iu m p l a n t a g in e u m Ridl. (Orchidées); Tenondahy RI.
C arum a n g b l i c .eeoi .ium B a k . (Ombellifères) ) T s ile o n d r o a h o la h y 11.
C a s e a r i a l u c id a Tul. (Samydacées) ; H azom alefa ka I I . ; V o a la ta k a koholahy RI.
C a s e a r ia n ig r e s c e n s Tul. (Samydacées) ; H azoïn alam y Bs.
C a s s ia r r e v if o i .ia Lam. (Légumineuses)) M a n d r ia r ir iv o Rs.
G a ss ) a I..EVIGATA W i l l c l . (Légumineuses)) T aik ak oh o I I . ; S a m a try
Rols.; San atry RI. ; Tain akoho 11. ; T s ia rid ra fin a m b o a I L ; V oam ahatsara RI. (Voir aux A d d e n d a à Tain ak oh o, lig. 7'2.)
C a s s ia m im osioides K. (Légumineuses)) K e l i m a n ja k a la n itr a RL;
C a r p i i a l e a Iv ir o n d r o n Uaill.

g-. ;

Gitrus Y angasay Boj. ( R u t a c é e s ) ; Vangasay g. ; Voangasay Rs.
C laoxylon B akerianum Baill. ( E u p h o r h i a c é e s ) ; Sevalahy Sa.
C lematis Rojeri var. o l i g o p h y l l a Hook. ; Glematopsis suaveolens
Boj. ( R e n o n c u l a c é e s ) ; Fanoroboka RI. ; Fotsivolomanokana IL ;
Kiafoatany RI. ; Kiafatamy IL ; Masinankorona g.
C lematis mauritiana Lam. ( R e n o n c u l a c é e s ) ; Farimaty IL ; Vahimdambinana RI.
C lematis microcuspis Rak. ( R e n o n c u l a c é e s ) ; Faromaty Sak.
C lematis sa.vicola Ilils. et Roj. ( R e n o n c u l a c é e s ) ; Farimainty H.
RL ; Vahindambina RL
Glematopsis suaveolens Roj. (Renonculacées)) Fanoroboka RL;
Fotsivolomanokana IL ; Kiafoatany BI. ; Kiafatamy I L ; Masinan­
korona g.
C lbrodenoron vucubifolii m Ileinsl.
V e r b é n a c é e s ) ) Hazoambony
Sa. ; Varikitra IL

�326
C lerodendron

h e t k r o ph yllu m

II. ; Tsatsandroy Bl.
C lerodendron pu tr e Sch.
sandroy Bl.
C lbrodbndron

pv h ifo liu m

C lerodendron

sj&gt;.

R. Br. ( V e r b é n a c é e s ) ; Fantsinatoko

C o n v /.a
G o nyza

(V e rh é n a cé e s )

; Manorovibao Tan. ; Tsat­

u ir t e l l a

DC.

l in e a r il o b a

327

iComposées) ; Anampozalahy H.
( Composées) ; Keliravina Bets. : Kelivo-

DG.

loina Imer.
Ilook. f. Bu biaccès i; Ralingo Bs.
Lam. (Boraginées) ; Tsimiranja g.
G o tylbd o n pa n n o s a Bak. (Crassulacées) ; A butilon an g u latu m Masl.
(Maleacées) ; I I e lic h r ysu m cord ifo liu m DG. (Composées) ; Kimavo
G o p t o s p e h m a n ig r e s c e n s

Bak.

; Vatoana Bs.
; Fantsikahidambo II. ; Fantsinakolo

(V e rb é n a c é e s )

V e rb e nacêes)

H. ; Hazomporitra G.
l a s c iv a Boj.
L é g u m i n e u s e s ) ; Vahinkosy SI.
Gmtoria ternatea L. P a p i l l i o n a c é e s ) ; Famehifary Betsim. ; Vahintsikomba Fr.
Goffea divers ( R v b i a c é e s ) Yoir aux A d d e n d a au mot C a f é s .
C nestis p o l v p h v l l a Lara. ( C o n n a r a c é e s ) ; Voasefaka Sa.
Cocos n u c if e r a L. ( P a l m i e r s ) ; Voaniho Bs.
G o ffea a r a b ic a L. ( R u b i a e é e s ) ; Kafe H. ;
Coffea Perrieri Drake ( R u b i a e é e s ). (Voir aux A d d e n d a à la fin du
volume.)
C. tetragona Jura, et Perrier.l \ oir aux A d d e n d a à la fin du volume.)
G o lea f lo r ib u n d a Boj.
B i g n o i i i a c é e s ) ; Rehareha Bs. ; Reharehalahy ; Riaria H. ; Tsentsepimpy Bs. ; Voalava ; Voandriaria Bl.
Gole a sp. ( B i g n o n i a c é e s ) ; Voalavariana II.
G o lea T e l f a ir ii Boj. ( B i g n o n i a c é e s ) ] Kitsikitsika H. ; Hitsikitsika
Bels. ; Antsasakangatra Bs. ; Hazonkitsikitsika H . ; Hindramena II.
Golea tetragona l)G. ( B i g n o n i a c é e s ) ; Reharehavavy Bs.
G oleus B ojeri Bentli. ; P l e c t r a n t h u S cvm o sus Bak. ( L a b i é e s ) ;
Anampantsaka II. ; Ranofaritra H. ; Ramifaritra H.
Colocasia antiquorum Schott. ( A r o ï d è e s ) ; Anantsaonjo H. ; Sahongo
SL; Saona ; Saony Pr. ; Sohono ; Sonjo Pr. ; Saonjo g. ; Horirika H.
C ombretum cogcineu .m Lam. ( C o m b r é l a c é e s ) ; Halaitra g .; Manakobongo SI. ; Salay SI. ; Tsivokindahy SI.
C ombretum pa c h y c la d u m Bak. ( C o m b r é l a c é e s ) ; Tamenaka g. ;
Voantamenaka H.
C ombretum ph an b h o petalu m Bak. ( C o m b r é l a c é e s ) ; Tamenaka g . ;
Voantamenaka II.
C o m m elina m a d a g a s c a r ie n s is G.B. Clarke ( C o m m é l i n a c é e s ) ; Marozandry H. ; Nifinakanga H. ; Tsimatevonoena Bl.
Commelina sp. C o m m é l i n a c é e s ) ; Maintihariva II.
G o m m iph ora f r a x in if o l ia Bak. ( B u r s é r a c é e s ) ; Mahatambello Pr.
G o nv /.a b e llid if o lia Bak. ( C o m p o s é e s ) ; Anamalahovavy II. ; Anampozovavy H.
C l it o r ia

INDEX ALPHABETIQUE

INDEX ÀLPHAHÉTIQUE

C o r d ia

su b c o r d a ta

Bl. ; Sofinapaha Bl.
G r aspid o spe bm um

v e r t ic il la t u m

Boj. (Apocynées) ; • Vandrika IL;

Vavandrika H.
Boj. (Capparidées) ; Voampoana Bs.
Baill. Capparidées') ; Mangily Sak.; Salobe SL
G r e s c e n t ia C ujbte L. ( Bignoniacées); Tsitopa SL
C r .inum a s ia t ic u m Boxb. et G. defixum Ker-Gavvl. Amaryllidées)’,
Kingatsa Bels. ; Vahondrano IL ; Tsingasta IL ; Vahondrahona BL
C r inu m d efix um Ker-Gawl. (Amaryllidées)] Tsingatsa IL ; Vahon­
drano IL ; Kingatsa Bets. ; Vahondrahona BL
C r o t a l a r ia B e r n ie r i Baill. (Légumineuses)] Ranomanja H.
G r o t a l a r ia o iiso id e s Hikl. et Boj. ( Légumineuses); Hazongaga BL
C r o t a l a r ia f u l v a Boxb. (Légumineuses)] Ambarivatrindolo g . ;
Amberivatrindolo IL ; Ranomanga II.
C r o t a l a r ia in c a n a L. ( Légumineuses); Aikaberavina IL : Aikavavy
IL ; Kirintsa SL
C r o t a l a r ia l .k v ig a t a L. et G. r etusa Lamk. (Légumineuses) ; Kinesakinesa Bs.
C r o t a l a r ia spin o sa Hochst. (Légumineuses) ; Voasarinikalavola
Imer.; Voasarinamboa IL ; Voasarinalika IL ; Voasarinadibo Ants.
C r o t a l a r ia s t r ia t a D G . ( Légum ineuses Beravimpotsy IL ; Beravina I L ; Aekaombe BL ; Aikaomby BL ; Kasakasakampaha Bs. ;
Korintsampotsy H.
C r o t a l a r ia X a n t o c l a d a Boj. ( Légumineuses); Laingokalana IL ;
Tendroibo H.
G r o to n c h r y s o d a p h n e Baill. ( Euphorbiacées) j Zalazaha SL
C r o t o n e l a e a g n i Baill. ( Euphorbiacées); Volafotsikely SL
G roton e le a g n io id e s Ha 1f. {Euphorbiacées) ; Tifotifo SL
G roton G r e v e a nu s Baill. Euphorbiacées) ; D o m beya G r e v e a n a Baill.
(Sterculiacèes) ; Somoro; Samoro SL
C roton m ac r o b u x u s Baill. ( Euphorbiacées); Mongy Bets.; Mongilahy Bs.
C roton m v h ia s t e r Bak. Euphorbiacées) ] Mangipasina BL ; Mongipasina BL
G r a t .e v a

e xce lsa

G r a t .e v a

greveana

�INDEX ALPHABÉTIQUE

328

in d e x

a l p h a b é t iq u e

&lt;"roton Noronh.e Baill. el Helichrysum sp. ( C o m p o s é e s ); Fotsiavadika Bs.
G roton p l a t a n if o l iu s Bak. [ E u p h o r h t a c é e s ) ; Hafodaky Bs.
G roton pulchellus Baill. ( E u p h o r h i a o é ê s ) ; Fotsiravina H.
Groton sp. ( E u p h o r h i a c é e s ); Kaleva H. ; Sarabo 11. ; Silimainty; Sily
Bl. ; Somainty Bl.
G r v p o c a r y a d e a l b a t a Bak. ( L a u r i n é e s ) ; Moridrano Bl.
G r y p t o s t e g ia m a d a g a s c a r ie n s is Boj. A s c l é p i a d é e s ); Lombiry ; Lombiro Sak.
Cucumis sativis L. (Cucurhi'lacées ; Voantangombazaha 11.
G u cu rbita l a g e n a r ia L. ( C u c n r b i t a c é e s ); Andrivolahy II.; Arivolahy H.; Terifanga Sa.; Voatavofotsy II.: Voatavokarandoa ; Voatavolahy ; Voatavomenaka ; Voatavomenakatodiakoho II.; Voatavoarivolahy : Voatavobazaha H.
G ü c u rb ita m ax im a D u c . (C ucurhilacées) ; Voatavo 11. ; Voatavohoka

H.
Ci c l r b i t a o y if e r a L. (C ucurhilacées) ; Babaka SI.; Tavo H.; Tsirebika Pr. ; Voatombazaha H.
G u c u r b ita i ’ epo L, (Cucurhilacées); Babaka SI. ; Tavo II. ; Tsirebika
Pr. ; Voatombazaha II.
G u c u r b ita sp. ( Cucurhilacées) ; Voata fots if ak am b oa II.
ine r m is Bak. A m I I n c é e s ) ; Tsienimpoza II.; Tsianihimpoza II.; Tsitongampoza Bl.
G u rcum a long a L. (Amomacées) ; Tamotamo g.
CusgutA chinensis Lam. ( Convolvulacées); Bonaka Sa.
G u s s o m a B ojeri Seems. (Araliacées) ; Hazongoaika ; Tsingila II.
C usson ia m o n o pu y i .la Bak. Saxifragées); Hazombatoberavina Bl. ;
Vantsilana H.
Gussoma hacemosa Bak. Araliacées ; Vantsilanalahy ; Vantsilanavavy II.
G u sso m a sp. Araliacées); Tonkatoho H.
G u sso m a V a n t s il a n a Bak. (Araliacées) ; Tarokazo Bl.
C y a t h u u a g e n ic u l a t a L o u r. (Amaranlhacées); Kimoaembazaha Bl. ;
Kimoaevavy Bl. ; Taritaribazaha H.; Tarobazaha H.
C y a t iiu l a g lo b u lif br a M o q . (Amaranlhacées)', Tagonkana g . ;
Kimoaembazaha Bl. ; Kimoaevavy Bl. ; Taritaribazaha H. ; Taroba­
zaha II.
C yatiiula sp. Amaranlhacées)-, Vatofosamainty ; Vatofosamanga H.

C uph o c ar pu s

C yath u la
C yc as T

Bs.

Bak. Amaranlhacées); V a t o fo s a v a v y I I .
Br. (Cgcadacées); Faho Bs.; Voafah o II. ; Vofah o

spiiæ r o c e ph a la

iio u a r s ii

11.

32!)

Baill. (Ménisperniées) ; Vahimavany Imer.
Pers. (Rosacées); Koaintsy H.; Merika II.
c u c u llatu m
(Asclépiadées ; N. E. Br.; Kitsangana-

C y c l e a m a d a g a s c a r ie n s is
G y d o n ia v u l g a r is
C y n a n c ii u m

lika H.
d a c t y i .on Pers. (Graminées,; Fandrahana Menabe; Fandrotararana II.; Fandrotsana SI.; Arampandrotra Sa.; Kindrese
Bl. ; Kindresy Pr. ; Rapandrotra Sa.
G yno g lo ssu m MONoiMii.Kimm Bak. ( Boraginées); Lelosy II.
C y n o g lo ssi m R o c h e lia \. DG. ' Roraginées) ; Mandraitsirena Bl. ;
Parakinamboa Bl. ; Sarinatsipenala II.; Lelosy H.
G y n o g lo ssu m sp. (Roraginées); Godony II.
C y n o m e t r a C om mersoni an a Baill. Légumineuses) ; Laka SI.
G y n o r c h i B p u r p u r a s c e n s Thou. i Orchidées ; Katsakandrongo H. ;
Fitsotsoka Bl. ; Tsipelana ; Tsipelany II.
C y p e r u s e q u a u s N’ahl. (Cgpéracées) ; Mitsa SI.; Zorozoro Bets. ;
Zozoro Pr.
C y p e r u s a l b o v ir id is Clark. ( Cgpéracées); Fiandrilavenomamita H. ;
Mikahana Bels.
C ype r u s a l t e r n if o l iu s L. (Cgpéracées); Vinda Sak.
C y p e r u s a r t ic u l a t u s L. (Cgpéracées) ; Mita Bs.
C y p e r u s B a r o n i CB. Clarke ; G. d istans L. ; G. H bterocladus Bak.
(Cgpéracées); Kirindra Bl.
C y p e r u s d e b il is s i .m us Bak. ( Cgpéracées ; Forombato Bl.
C y p e r u s d iff o r m is L. (Cgpéracées); Beandoha H.
C y p e r u s d is t a n s L. ( Cgpéracées); Kirindra Bl.
C y p e r u s e le g a n s L. ( Cgpéracées); Beloha II.
C y p e r u s e m irn e n sis Bochl. ( Cgpéracées) ; Bilo Bs. ; Kafotsy H.; Zoro
Sak.
C y p e r u s e scu le ntu s L. (Cgpéracées) \ Karekika Pr. ; Karepoka H.
C ype r u s h e t e r o c la d u s Bak. (Cgpéracéesi ; Kirindra Bl.
C y p e r u s l æ v ig a t u s C. (Cgpéracées); Sirabozoka II.
C y p e r u s l a t if o l iu s Pers. ( Cgpéracées); Erana; Herana H.; Vendrana II.
C y pe r u s l ig u l a r is L. (Cgpéracées); Volodia H.
C y p e r u s m a d a g a s c a r ie n s is H. et S. ( Cgpéracées); Isatra Sak. (Voir
aux Addenda à la lin du volume.)
C y pe r u s n u d ic a u l is Poir. (Cgpéracées) ; Ahibano II.; Bano II.
C y pe r u s o b t u s if o i .iu s \\’ahl. ( Cgpéracéesi ; Fitohizambalala II. :
Fitoiakoholatsaka Bl.
C y p e r u s sp. Cgpéracées); Telorirana II. ; Vendrandambo II.; Zozoramposa II.

C ynodon

�INDEX ALPHABÉTIQUE
D ic h .e t a n t h e r a

o blo n g ifo lia

Bak. (Mélastomacées &lt; ;

331
Kotro kotroka

II.

sp. ( Mélastomacées) ; T s ik otrok otro II.
k'orst. (Convolvulacées) ; Fanarondrimbana Bl.
D ic h r o c e p h a l a l a t if o l ia DC. (Composées) ; 'Ahidrindrina Bl.
D ic h r o c b p h a l a l v r a t a D C . ( Composées) ; Trebotrebonam boa H .
D ic iir o s t a c h y s te n u if o Lia Bentli. ( Légumineusesi ; Falahidambo Bl. ;
Fam ah o I I . ; Famoalambo SI. ; Famahona.
D ic l ip t e r a m ic r a n th b s Nees (Acanthacées) ; Felikadabo Sa.
D ic o h y p h e a n g u s t if o l ia Tul. (Hamamélidées) ; Harondry Bs. ;
O ron d re g.
D ic o r y p h e l a u r ik o l ia Bak. (Hamamélidées, ; Tsilaiza ; Voambarila v a SI.
D ic o r y p h e N o r o n h ae 'l ui. (Hamamélidées) ; Tolongo ; Tolongoala

D ic h .e t a n t h e r a
D

Decne i Thymélèacèes) ; A v o h a H.
Bak. Légumineuses): H azovola ; V oam boan a Sa.
D a i .b e r g ia ikopbnsis J um .
Légumineuses); M a n a ry ; M a n g a r y SI.
1) a ijBEnGia m e lano xylo n G u i l l . et Perr. (Légumineuses) : H azom ain ty.
D a lb e r g ia P e r r ie r i Drake Légumineuses) ; Manipika Sak.
D a lb e r g ia p t b r o c a r p if o l ia Bak. (Légumineuses) ; Savoka I I .
D a l b e r g ia sp. Légumineuses) ; M an arin toloh o g. ; V o lo m o p o n a SI.
D a lb e r g ia t r ic h o c a r p a Bak., D . ik o p e n s is Jum. (.Légumineuses) ;
M an ary SI. ; M a n g a ry SI.
Da le c.h ampi a clem vTiFoi.i .\ Boj. i E uphorhiacées i ; T e l o r a v i n a II.
D a l e c h a m p ia t e r n a t a Muell. d’Arg. (E uphorhiacées) ; V ah e n d ron go ny Bl.
D an a ïs br eviflo r a Bak. ( R u b ia c é e s ).; L ain g o m b o ra k a Sa.; L a in g o nomby Sa.
D a n a is f r a g r a n s Gomni. R u b i a c é e s ) ; Tainboronaom be Bcls.
D.waïs G e iir a r d i Bak. Rubiacées.) ; H aizantoloho Sa.
D a n a is l ig u s t r if o l ia Bak. (Rubiacées) ; V ah atra Sa.
D a n ie l l a b n s if o lia Radl. ( Légumineuses) ; V azaham ak afo g.
D a t u r a a l b a Xees. et D. f a s t u o s a L. (Solanées); Kin anakoho Bl.;
R am iary H.; Maimbobe H.; V oand ram ia ry II.
D a t u r a f astu o sa L. Solanées) ; Kinan ak oh o Bl. ; R a m ia ry I I . ; M a im ­
I &gt; vis

g i .aucescens

D a lb e r g ia B ar o n i

bobe I I . ; V oand ram ia ry H .

........... ........

L. ( OmhelJifères); K a r a o t y H.
Sm. (Fougères); Ahaka Bm.
D esmodium bah batu m var. emirnense Bak. et D. m a u r it ia n u m DC.
Légumineuses) ; T s il a v o n d r iv o tr a Imcr.
D esmodium m a u r it ia n u m DC. (Légumineuses) ; T s il a v o n d r i v o t r a Imer.
D esmodium pa le ac eu m G . et P. ( Légumineuses) ; F a m o la k a n ts y SI. ;
Odiozaha H.
D esmodium r a d ia t u m Bak. Légumineuses) ; T r a n o n t a n t e l y II.
D ia l v p e t a i .um floribund um Benlh. (Campanulacées) ; K a p o a k a ty I I . ;
D aucus

cabota

D a v a l ia

pe d ata

P oakaty II.
D ic h .e ta n t h e r a
D ic h .e t a n t h e r a

li i A i n i ü n ni. n V in " M-

Antk,

ar b o r e a

Bak. (Mélastomacées) ; K o t r o k o t r o k a I I .
Cogn. Mélastomacées) ; Voatr otr okaJ a

l a t if o l ia

ic iio n d r a repi ns

H . ; T ulungo.

Bak. ( H a m a m é lid é e s ) ; Maintipototra H.
Bak. ( H a m a m é lid é e s ) ; Tsitsihina II.
D ic t y o s p e r .m a fibro sum C. H . W right. (Palmiers) ; Vonitra SI.
D il o b e ia T h o u a r s ii H. et S. ( P r o ( éa cée s ) ; Hovao II. ; Tavolohazo ;
V iv a o n a g. ; Tam belom anana H. ; Hazontavolo g.
D io n y c h ia B ojeri Naud. ( Mélastomacées) ; Bongo H . ; Bongovavy
Bl. ; M o n g o I I . ; Felam barika H. ; Vongo SI.
D io s c o r e a . — Pour ce genre (ignames), voir aux A d d e n d a (à la fin
de l’ouvrage) ce qui est dit de celles qui. n’ayant pas de noms
malgaches connus, ne sont pas traitées dans le corps du volume
à leurs noms indigènes.
D io sc o r e a A n t a l y Jum. et Perr. (Dioscoreacées) ; Anta ly Sak.
D io s c o r e a B e m a n d r y , D io sco rea Soso Jum. et Perr. i Dioscoréacées \;
B e m a n d ry ; Soso Sak.
D io sco r e a B e m an d r y Jum. et Perr. ( Dioscoréacées) ; Bemandry Sak.
(Voir aux Addenda à la fin du volume.)
D io sc o r e a f im b r ia t a Jum. et Perr. (L)ioscoréacées) ; Angona ; Antankara. (Voir aux Addenda à la fin du volume.)
D io s c o r e a h e t e r o po d a Bak. ( Dioscoréacées) ; Heofika Sa. ; Hofika ;
Ofaka I I . ; Ofika Bs. ; Lofika Sak. (X'oir aux Addenda à la fin du
volume.)
D io s c o r e a iie x a g o n a Bak. |Dioscoréacées) ; Kitaotao II ; K ita rata s y Bs.
D io s c o r e a H o ff a J. de Cordem. et D. h etero po da Bak. Dioscoréa­
cées) ; H ofika I I . ; Ofaka Pr. ; Ofika Bs.

D is c o r y p iie
D ic o r y p h e

retusa

v it ic o id e s

�333

INDEX ALPHABÉTIQUE

332

INDEX ALPHABÉTIQUE

D ioscorev M

(V o i r

aux

D ioscorev

Malita

P e r r . ( Dioscoréacées) ;

a c a h iu a J u n i . e t

Addenda

Macabiha

Sale.

à la l i n d u v o l u m e . )

M a c ib a J u m .

et

Perr.

(Dioscoréacées)

Maciba

;

Sak. ;

Sak.

Dioscoréacées) ; Angaroka

D ioscorev O v in a l a B a k .

S a k .;

Ovinala

Pets.

D ioscore

v s e r if lo r a J u m . e t P e r r i e r

(Dioscoréacées) ; Ovifotsy

Sak.

;

Ovibe H. ; Ovifantaka II. ; Ovifohy II.
Angetrika I I . ; Ataly I I . ; Babo g. ; Fanganga B1. ; Hofikara ; Ovimarika ; Ovitsangana H . ; Ovitantry H. ( P o u r
Fanganga o u Fangaga. v o i r a u x Addenda à la f i n d u v o l u m e . )
D ioscorev S o s o J u m . e t P e r r . (D i o s c o r é a c é e s ); Soso S I . ; Bemandry
D ioscore vsp. ( Dioscoréacées) :

Addenda

Sak. (V o ir aux

D io scorba

t r ic h a n t à B a k .

Addenda
D ioscore .v

à la f i n d u v o l u m e . )

( Dioscoréacées) ; Lofika

Sak.

(V o ir aux

à la f in d u v o l u m e . )
Jum .

t r ic iio p o d a

Sak. (V o ir aux

Addenda

D io spyro s

a x ii .l a r is S .

D io spy r o s

i i a p l o s t y l is

M ay

et

Perr.

à la fin d u

(Dioscoréacées) ; Bemandry

et

D.

e lo r ib u n d a
grbveana

D om beya

p v r v if l o r a

;

SI.

leucom ei .as P o i r .

; Pingo ; M'Pingo

D io spyro s

Ile rm .

(Ehéna­

Ehénacées)'. Hazompingona II. ; Lopingo
(Ehénacées) ; Hazomafana

D iospyros

; Fania-

(Ehénacées) ; Hazomainty g .
(Ehénacées) ; Hintsika H. ; Hitsika ;

m icroriio m bu s I l i e r n .

P e r r ie ri

Jum .

Volombodimpona ; Volimbodimpoly ; Volimpoly ; Lopingo S a k .
D ip c a d i H i i .d e b r an d tii D a m m . (Liliacées) ; Tongolondambo II.
D ir ic h l e t ia te n u if o l ia B a k . (Ruhiacées) ; Voninjazavy M.
D odonæa m a d a g a s c a r ie x s is R a d l . Sapindacées) ; Tsitoavina H .
D odonæa yisc o sa !.. (Sapindacées) ; Dingandahy ; Dingadingandahy
II. ; Lambinamorona B e l s . ; Lovinohazo S I .
Doi.ichos axillaris S . M a y . ( Légumineuses) ; Voavahy I I .
D olicho s L a b la b L . ( Légumineuses) ] Makape B l .
D o lic iio s L a b la b var. cunicarpus .(Légumineuses) ; Voavahiatatra
II. ; Voavahihatatra II.
D o m be ya c an n a bina B o j . ( S/erculiacées) ; Hafotrasomanga D . ; Hafotsomangana H.
D o m beya cohi v B a i l l . (Sterculiaeèes) ; Makolodo B s . ; Koria B s .
D o m beya

e l l ip t ic a

B o j.

( Tiliacées) ; Gy dont a

D racæna sp. (Liliacées &gt;; Hasindahy II. ; Voantsakasina I I . ; Voatsak asina ; Voata kasina I L

g.

na S a .

D io spyro s

i Sterculiaeèes) ; G
v u l g a r is

r efle x a

T a v i v o l a l a h y B L ; Tsihasinkasina

SI.

m e g a s e p a la U i e r n .

; Kalampona Bs.

var salicifolia Lam. Liliacées)', Ranjo I L ;
Sak. ; Tsimitrona Tank. ; Tavol a h y ; T a v o l o l a h y SI. ; Tsim itrona I I .

D racæ na

cées) ; Hazomainty g.
D io spy r o s

(Tiliacées)

p l a t a n ik o l ia

T s in k asin k asin tab oriravin a.

Voavahy II.

m ic r o r iio m bu s

Boiv.

Boj. (Sterculiaeèes) ; M ongivavy II.
D o m b e y a s p e c t a b il is Boj. (Sterculiaeèes)', Hafomena Sa.; Makaran ga Bs. (Voir la note sur les textiles, p. 315.)
D o m b e y a v ib u r n t e o lia Boj. ; Hafotra. (Voir à la fin de l’ouvrage
la note sur les textiles, p. 315.)
D r a c æ n a a n g u s t if o l ia Roxb. (Liliacées) ; Tsihasinkasina Sa. ; Tsikas inkas ina Sa. ; Hasina. (Voir aux Addenda et à la note com­
plémentaire sur les textiles, p. 315, à la fin du volume.)
D r a c æ n a e l l ip t ic a Thumb. (Lilia,cèes) ; Hasimbavy I L ; Hasimbolo
BL ; H as in g o la I L ; T a v i v o l a v a v y Bl. ; Tsikasinkasintaboriravina ;
D om beya

v o lu m e ).

(Ehénacées)

B o iv .

Bak. ( Sterculiaeèes) ; Valo Sa.
Baill. (Sterculiaeèes) ; Samoro SI.; Somoro SI.
(Voir à la fin de l'ouvrage la note sur les textiles, p. .'il.').
D o m b e y a m o llis Ilook. ( Sterculiaeèes) ; Halampona II.
D o m b e y a o b o v a l is Baill. ( Sterculiaeèes) ; Hafopotsy Bs. (Voir à la
fin de l'ouvrage la note sur les textiles, p. 315.)
D om beya

D om beya

r e w ia t r in e r v a t a

L. ( Rosacées) ; Merika II.

Bak.

D racæ na

x y p u o p iiy l l a

Bak. Liliacées) ; Hasina. Voir aux Addenda

à la fin du volume.)
D r im ia C o w a n t i Ridl. (Liliacées) ; Tongolovoalavo Bl.
D rosera
D rosera

m Ati.viia s c ARiENsis
ram entacea

M ahata nando

D G . i Drosèracèes) ; Mahatanando g.

Burch., D.

m ad ag asc vriensis

DG.

(Drosèracèes)',

g.

Willd. (Ce/ryophi/1lées) ; Anantsaritaka I L
D ypsis sp. ( Palmiers) ; Ferana Bs. ; Tsirika I L ; Tsontsoraka H. ;
T s o ts o r a k a Pr.
D y p s is T iio u a r s ii Baill. (Palmiers ; Vonitra SL

D

rymahi

v coRD.vT.v

E
E læ o c a r pu s

a l n if o l iu s

Bak. ( Tiliacées) ; Sanalahy I L
Bak. i Tiliacées1; Vanana

E l Koc.vRPus n vLEcnAMPioiDEs
nana I L
E l unea r p u s d iv e r s (

'Tiliacées)

; Vanana I L

11.

Bl. ;

Voa-

�334

Tiliacëes) ; Vanana Sa.
7'iliacées) ; Vanana 11. ; Voanana
sericeus Bak. ( Tiliacées) ; Sana I I . ; S an av av y I I .
sp. ( Tiliacées, ; N a n to n in g itra Bs. ; Sahana H . ;

E læ o car pu s

q u e r c if o l ia

Bak. (

E læ o car pus

r iio d a n th u s

Bak.

E læ o carpus
E l .ko carpu s

E læodendron
E læodendron

Bak.

E læodendron

(Célastrinées) ; T o lo n g o lo n g o Bs.
(Célastracées) ; H azondrano I I . ; L a m p iv a h itr a

pa u c iflo r u m

sp.

Tu l.

E le o c h ar is
E le o c h ar is

(Célastrinées) ; Fa naza va I I .
cæ spitosissjma Bak . ( Cypéracées) ; K i v o l o n o n d r y
p l a n t a g in e a B . B r. (Cypéracées) ; H arefo I I . ;
v a c c im o id e s

E le ph a n to pu s

scaber

concinna

L.

Bl.
H e re fo

Composées)

; Tam b ak om b ak o B l.

Bak . i My rainées) ; K is ira B e l s . ; K ala m a s im b o le n a

K ip on golo lo ; T an te ra k a la g. ; Tank osina I I . ; Dim binala I I .

E m ilia

Bak.

a m p le x ic a u lis

(Composées)

; A n a m p o z a ; R av in ts ira h a zo

H . ; Siasia Bs. ; Tsionts iona B l. ; Tsoina Bs.
E m il ia

ascendens

DC. Composées) ;

T sion tsion d ah y B l. ; Anam poza ;

c it r in a

DC. (Synanfhérées)

; Ants oints oina I I . ; A n ts o in ts o i-

ja p o n ic a L i n d l .

E riod end ron

a n f r a ctu o su m

procumbens

E r y t iir in a

v é r sic o lo r

E m il ia sp. ( Composées) : Ants oin tsoin ab oh it ra I I .
aux

; Sik ili Sak. ( V o i r ce m o t

Addenda.)

scandens B e n lh . var. discosperma J u m e l l e et P e r r . (Légu­
mineuses) ; Vaheakarabo ; V oahin e-carebe ; Vaheabe ; Vaheam io lana.
( V o i r aux Addenda le m o l V a h e ak arab o.)
Entada SüdanicaSchweinf. var. pubescens(Légumineuses)\ S ik ily SI.
E p a l l a g e d e n t a t a D C . (Composées) ; V onin enin a ; V on en in a I I . ;

Salotsa Bl.
E pilo biu m

s a l ig n l m

H au ssk . ( O n a g r a r i é e s j ; K iv a r a h in a B l.

E pilobiu m

f lav esce ns

E. M e y .

(Onagrariées)

; V e l a b a v y Bl.

( Légumineuses)

;

Kom anga ;

Ko-

Bak.

a m p u lla c e l m

m a in ty Im e r .

E r y t iir o x y l o n

n itid u l u m

E r y t iir o x y l o n

platyclad o s

E r y t iir o x y l o n

py r if o l iu m

conizoides

L.

Boj.

T s im a n d ra ; T a n ge n tsa h on a
g lobu lus L a b i l l .

c u n e if o l ia e l

(Linées

; M e n a l a i n g o Bl.

B o j. \ Linées) ; T a m p i a SI.

Bak. Linéesi : S a k a i a l a
(Composées) ; K e l i o m a n d r a

jam bo lana W i l l c l .

E ntad a

; K o f o l o n a Bl. ; K i m a o -

a m p lif o lil m B a i l l . (

E r y t iir o x y l o n

c y c l o p iiy l l a

(Légumineuses)

; Pem ba

Linéesi; M e n a n i v a v a : M e n a v i v a v y I I .
(Linées) ; M e n a h i h y ; M e n a h y I I .
E r y t iir o x y l o n la u r if o liu m B aill. ( Linéesi ; M e n a h i l a t r e SI.
E r y t iir o x y l o n m yrto id e s B o j . (Erythroxylées)\ I I o m a l iu m t e t r a m e r o i
B ak. (Homal’i nées) ; H a z o m b y I m e r . ; H a z o m b i b y T a n . ; H a z o -

E r y t iir o x y l o n

E u g e n ia

Steufl.

Légumineuses)

Baill.

E u g e n ia

a b y s s in ic a

F in g o -

B o j . ( Légumineuses ; H a z o b o z y I I .

Bets. ; An ts oin ts oin dahy H . ; Tanik andro II. ; K ib o ib o ita n y B e ls . ;

E ntad a

Rosacéesi ; B i b a s y I I .
(Malracées) ; M o r a i n g y SI.

B en lh .

Taninkandro H.

(Composées) ;

II. ;

g a g a B l.

E u g e n ia

DC.

Fangonoka

DC.

Faninkandro II. ; K i m b o ib o ita n y

g r am ine a

;

Sak . ; P a m b a SI. ; L a n d i h a z o b e I I .

E u calyptu s

nab av y I I . ; Tsiontsiona Bl.
E m il ia

; A h i p o d y Bl. ; T a i n d a m b o I I . ;

II.

(Graminées)

P . B.

poæ oides

Bl. ; T s i -

II.

E r io b o t h r v a

E t i iu l ia

Ravintsarahazo H .
E m il ia

(iraminées)

Bak .

; K ito h ito h y

I I . ; T sip ih ip ih in a .

m i n g a S ak . ; K o m e n j a SI.

Bak.

Bl. ; H orefo Pr.

Bl. ;

m a x im a

E r y t iir o p iil e u m C o u m in g a

T a n . ; M an g ib ory T a n .
E l .æodendron

m oka

E r io se m a

kasava P r.
E læodendron

II. ; T sin to h in to h in a

T e n in d a litra II. ; T a in d a lik a

E r a g r o s t is

E læodendron

E mbella

to h in to h in a

E r a g r o s t is
Va­

(Celastracées) ; Fan kasava P r .
gyxtnosporoides Bak. (Cé lastracées) ; Fanazava I I .
ly c io id b s B a k . (Célastrinées) ; Moina SI.
o lig a n t h u m B a k . ( Cèlaslracées) ; Fanazav a I I . ; Fan­
g riseum

(Eguisétacées)

E y u i S E T i ' M RAMOsissiMUM D e s f .

11.

nana H .
E læodendron

335

INDEX ALPHABÉTIQUE

INDEX ALPHABÉTIQUE

Bs.
II.;

H om andra ;

II.
( Myrlacées) ; B i l o g o m a

E. P a r k e r i B ak.

(Myrlacées)

II.

; R otra II.

(Myrlacées) ; R o t r a Bl.
( Myrlacéesi ; R o t r a v a z a h a I I .
E u g e n ia jam bo sa L . Myrlacées) ; J a m b a r a o I I . ; V a r o t r a Bs. ; V a s e b a m b a z a h a ; Z a h a m b o r o z a n o H. ; Z a m a I I . ; Z a m b o r a o I I .
E u g e n ia M ic h e l i L a m . (Myrlacées) ; R a s a y I I .
E u g e n ia P a r k e r » Bak . ( Myrlacées) ; M a r o t a m p o n a I I . ; R o t r a H . ;
Bak.

V a v a r o tr a B s . ; V o a m a rin ta m p o n a II.

E u g e n ia sp.
s a iza n y

(Myrtacées)

; F a h i k i n d r o n o n o Bl. ; G o g a Bl. ; R o t r a m a -

I I . ; V o a t s i m o k a Bs.

E u p a t o r iu m A

yapana

E u p h o r b ia

a l c ic o r n is

E u p u o r b ia

anagai

V en t.

i.oiüES Bak.

E u p iio r b ia B a r o n i B o j.
kandakana

11.

( Composées&lt; ; A y a p a n a

Bs.

B a k . ( Euphorbiacées) ; T s i a n k o d i t r a SI.

E uphorbiacées )

Euphorbiacéesi ;

; F a m p ia d ia n a n k e ta H .

T sin d a v a la k a n a ; T sin d a-

�33G

INDEX ALPHABÉTIQUE

Euphorhiacées);

E u p iio r b ia B ojeri H o o k .

1NDEX ALPHABÉTIQUE

S o m o ; Somona B l . ; Son-

F

gosongo H . ; Som osom an a; S on goson gofotsy ; Songosongono ; Songosongomena.
E u p iio rb ia

emirnknsis

(Eup horbiacées) ;

B ak .

M a la lia h y ; M a la lia la h y

Bl. ; Zokints ila ky I I .
E u p iio r b ia D écobsei D r a k e ( Euphorhiacées); Fam ata SI. ; F a m a ta b o tr ib otrik a A n l . ( V o i r au x
E u p iio r b ia

e ryth ro x v i .o i o es

F a n d e f a n a B l., H . ,

Bs.

Addenda

à la lin du v o l u m e . )

Bak . (,Euphorhiacées); B e t o n d a n d r a Sa. ;

; M atah otran tsy II.

E l' ph ü rb ia I x t is v D r a k e ( E u p h o r h i a c é e s ) ; H e r o k a z o g . ; I n t i s y A ut.
E l’ imiorbia L

D rake

aro

[Euphorhiacées)

; F a m atalaro ; F a m a ta le ta n -

dro A n l . ; Fam ato laro ; L aro Sak .
E u p iio r b ia
aux

leucodendron

Addenda

D r a k e ( Euphorhiacées) ; B e f o t s y g .

(V o ir

à la lin du v o l u m e . )

E u p iio r b ia 1-o piio g o n a Sam . ( Euphorhiacées) ; B e t a n a n a Bs.
E u p iio r b ia
au x

mei .a n a c a n t iia

Addenda

Drake

[Euphorhiacées] ;

B ak .

Euphorhiacées

E u p iio r b ia

ortuo clada

E u p iio r b ia

p il u l if e r a

Ei

P ir a h a z o J u m e lle et F e r r i e r

p iïo r b ia

E la k e la k a g . ( V o i r

à la fin du v o l u m e . )
; T ra n o n k a ry II.

L. i Euphor hiacées) ; A i d i n o n o B l.

(Euphorhiacées) ; P i r a h a z o
Addenda).
( Euphorhiacées) ; A g a v o A n t a n d r o y . ( V o i r

Sak. ( V o i r P i r a h a z o dan s le c o r p s d e l ’o u v r a g e e l a u x
E u p iio r b ia
aux

p i .a t y a c a n t h a

Addenda

E u p iio r b ia

à la fin du v o l u m e . )

p r im u l .e f o l ia

T a n g e m b o a la v o

E u p iio r b ia

sp.

[Euphorhiacées)',

Bak.

I I . ; T a n gen im b o a la vo

Euphorhiacées)',

S o a m a lon d o n a I I . ;

II.

Sam a ta

B l. ;

S o a m a lon d o n a

II.;

T s o p a t i k a Sa.

E u p iio r b ia

splendens

S o m o n a Bl

Sonsongom ena ;

E u p iio r b ia

B ojeri l l o o k .

[Euphorhiacées)',

Som o;

Songosongono.

s te n o c lad a

hiacées)',
E u p iio r b ia

Boj. ; E.

; S o n g o s o n g o H . ; S o m o s o m a n a B e ls . ; S o n g o s o n g o f o t s y ;

B a i l l . ; E u p iio r b ia

decorsei

D rake

[Euphor­

Famata S I . ; F a m a ta b o trib o trik a A n l .

t r ic h o p iiy i .ua

Bak.

[Euphorhiacées) ; T a n d r a n t a n y

II.; Tan-

d r o t a m y g.

E v o d ia

b e la iie

cées j ;

B aill .

[Rutacées)',

U r o p h y i .lum

L y a l i i Bak .

[Ruhia-

B e l a h y SI. ; B i l a h y Bs.

E vo d ia sp. (.Rulacées) ; A l a k a m i s y g.
E voi.vu lus
E xacum

alsin o id e s

L.

qulnquenervium

K its a n g a n a n d ry

[Convolvulacées) ; V a h i m p a s i k a g .
( I r i s . [Gentianées) ; K i n g a t s a n o n d r y

g. ; M a n i n o m b y H . ; T s i n g a t s a n o n d r y H .

Fr. ;

337

F ag o pyr u m esculentum L. (Polytjonées); Varimbazahamainty II.
Ficus a po d o ce piu u .a Bak. ( Urticées); Voara g.
Ficus Baroni Bak. [Urticées)', Amontana g.; Amontambavy H.;
Amontandahy H. ; Nonokaberavina H.
Ficus b otryo ides Bak. [I rticées) ; Kivozabe II.
Ficus brousso .n e t i .e fo u ia Bak. [Urticées) ; Ampana SI.
Ficus c a r ic a L. [Urticées) ; Aviavimbazaha II.
Ficus c la o x y lo id e s Bak. ( Urticées) ; Kivoze Bl. ; Kivozy H.
Ficus c o c u u f o l ia Bak. [Urticées); Adabo SI.; Adabobe H. ; Adabolahy; Adabovavy SI.
Ficus g u a t t e r i .e f o ij a Bak. et A r to c arpu s ln t e g r if o lia L. (Urticées) :
Ampalibe SI. el g. ; Tsitinda SI.
Ficus m e g apo d a Bak. (Urticées); Fandresy g.; Mandresy SI.
Ficus M e lle r i Bak. [Urticées) ; Nonoka H .; Nonoky SI.; Vanoka ;
Voanonoka Fl.
Ficus p o d o p iiy l l a Bak. [Urticées) ; Aviavimamiomby H.
Ficus p u l v in if e r a Bak. (Urticées) : Aranfaja Bl.
Ficus h u b ra N’ahj. ; F. t e r e b r a t a VN illd. (Urticées) ; Hafotra H. Bl.
Ficus s a k a l a v a r u m ; F. c o c u lif o lia Bak. Urticées); Adabo SI.;
Adabobe H. ; Adabolahy; Adabovavy SI.
Ficus soroceoidf .s Bak. Urticées) ; Ampaliala H. ; Ampaly g.
Ficus sp., (Urticées) ; Amontamandina II.; Adaboala SI.; Amontamboloina H. ; Adabovavy SI. ; Adabonola ; Adabonomby H. ; AnamoarahinaSa.; Fopohana Bl.; Nonokavavy ; Nonokorovana; Taroroka
Bl.; Torovoka Bl. ; Voaramena H.; Voaranala; Voarandambo H.;
Voarapeky SI.
Ficus terebrata Willd. (Urticées); Hafotra H. Bl.
Ficus tiliæfoua Bak. (Urticées) ; Ara Bl.
Ficus trichoclada Bak. (Urticées) ; Fompoha H.; Fopo SI.
Ficus TRiciiopiiLEBiA Bak. (Urticées ; Nonokaberavina H.
Ficus triciiopoda Bak. (Urticées) ; Aviavy ; Aviavindrano g.; Fiamy
H. ; Manondro SI. ; Zavy Bs.
Ficus triciiosphæha Bak. (Urticées); Amontana g. ; Amontambavy
H. ; Amontandahy H. ; Nonosay Bs.
Fimbristyus madagascariensis Bœckl (Cypéracées ; Kiforomboalavo Bl.
F im b r is t y u s sp. (Cypéracées); Antsoroboanjo U.
Flacourtia R amoxtchi L’ Hérit. ( Bixacées) ; Lamoty g.; Voatronaka
Bets. ; Valamoty Bs.
*

Annales du Musée colonial de Marseille. — 2* série, 8* vol. 1910.

22

�33S

INDEX ALPHABÉTIQUE

Boj. ( F l a g e l l a r i é e s ) ; Vahipika Bs. ; Voambaipika

Sa.
F loscopa glomerata llassk. [ C o m m e h nées) ; Ahibita H. ; Abitra.
F oetida obliqua Bluin. ( M y r la cées) ; S a l ix madagascariensis And.
(Sa/icinées ) ; Siho Bs.
F o u r c r o y a g ig a n t e a

F iirena

c a p it a t a

\'ent.

Willd.

i A m a ry llid é e s ) ;

(C ypéra cées)

Kunth.

F u ir e n a pu b esc ens

phaneropiilebia B a k .

sp.

( Cypérneées) ;

cernua B a k .

G arcinia

ortiioci.ada B a k .

B l.; Ro H . ;

G arcinia

L ah ib en d ran a

pa c iiy p iiy lla B a k .

; T sitiro n ta fik a A n ts .

Pr.

; V o a h a n d rin ts a h o n a Sa.

(Guttifères)',

R a b o n g o la h y

B o n g o la h y

II. ; Bongorano

B arbad e nsb L .

( Guttifères) ;

V a v o n g o S l.;

(Bubiaeées) ; A m o k o m b e S I .
(Araliacées) ; A m b o n a m b o B s .
B a k . (Iridées) ; T a k o r a b o l o n a k o h o I I . ;

succosa B a k .

emirnensis B a k .

G eissorhiza B ojeri
n an k ara tra

V o n g o la h y

T e lo v itra -

H.

G enipa R utembergiana
G eniosporum

(Bubiaeées) ; K a r i p e d a h y S a k .
(Labiées)] T s o n t s o n a l a

B a ill.

madagascariense B e n t h .

B l. ;

T s o t s o n a la B l.

(Bubiaeées) ; B o k a n k a z o S a .
(Géraniacées) ; A n a n t s o n g a n a l a H .
pharnacioides B a k . (Com/josées\; K i m e n a m e n a S I . '
madagascariensis B a i l l . ( Euphorbiacées) ; F a r a f o t s a ;

G eopiiyli. v G errardii
G éranium
G isekia
G ivotia

G r e w ia c a l v a t a

(Asclépiadées) ] K o m p i t s o B s .
(Matracées) ; H a s i n a Bets. ;

Bak.

Tiliaeées)

ignescens B o j .

T en im p o d y H . ;

G n a p h a iiim

(Iridées):

K iten in d a h y

dichoto .ma W i l l d .
luteo - a i .bum L .

trak oh ovavy

H o fo -

(Tiliaeées) : H a f o p o t s y Bs.
(Tiliaeées ; M a k o l o d y Bs.
G r e w ia m a c r o p h y l l a B ak . ( ’Tiliaeées) . M a k o l o d y Bs.
G r e w ia r e p a n d a B a k . (Tiliaeées : S e l y SI.
G r e w ia sp. ( Tiliaeées) : V o a m a h e r y I I .
G r e w ia t r in f .r v a t a B a k . (Tiliaeées) ; M e r i k a I I .
G u e t t a r d a spe c io sa L. ( Bubiaeées) ; T a m b a r i b a r i s a SI.
G ym nog ram m e a r g e n t e a , v a r . aurea D e s v . i Fougères) : A m p a n g a v o l a c u n e if o l ia

g la n d u lo sa

m ena

G

Bak.

V ah l.

II.

y m n o s p o r ia

(Célaslrinées) ; F a t s i m b a l a B l .
(Célaslrinées i ; R o i f a t a k a . R o i f a n t a k a

b b r b k r id a c e a B a k .

Fara-

G y m n o s p o r ia

g .;

G y m n o s p o r ia

c u n e if o l ia B a k .

G y m n o s p o r ia

b rach ystach ya B a k .

c r a t æ g in a B a k

F od ilah im en a

H .;

T en in d a h y

II.

(Fougères) ; A m p a n g a n t s i r i k a
( Composées) ; T r a n o m a n d i t r a

G ynura

{j.
H .;

ce r n u a

gosona

A h i-

Célaslrinées ; F a t s i m b a l a B l .
( Célaslracées) ; T o h o I I .
Benth. (Composées ; A n a n d r a m b o ; M a i m b o l e

B l.; B e tra n o m a y , T ra n o b e m a y II.

II.

H

S. B . (Composées) ; A h i p o t s y Bl.
Bak. (Ochnacées) ; I mpatiens L y a l l ii Bak. ( Géra­

G n aph ai .ium S teudeeii
dei.toidea

niacées) ;

Bl. ; H a f o t r a ,

II. ; F a ts im b a la B l.

G leichenia

G omphia

; H afok ora n a

Bl. ; Z o r o t a t y Bl.

G r e w ia

f o t s y SI.

G omphia

L an d ib a zo

H.

Bak. (

G r e w ia

sinense H o o k .

G ladiolus

Fanoro ; F anory

h erbaceum

II. ; V oam on tom osa

H.

korana

G astonia

(Asclépiadées)]

L. ( Malvacées) ; Tsiahilika SI.
(Bhamnées) ; B e v o r y SI.
( io u a n ia e r io c a r p a T u l . (Bhamnées) ; M o j u n g o g.
G o u a n ia g la n d u lo sa Hoir. ( Bhamnées) ; V o a n a s i v o r y Bs.
G o u a n ia p a n n ig e r a T u l . (Bhamnées) ; M a h a m a v a n y P r . ; M a h i m a v a n y H. ; V a h i f i s o r o n a Bl. ; V a h i m a v a n y }&gt;;. ; V a h e f i s o r o n a Bl.
G o u a n ia t il iæ f o l ia L a m . Bhamnées) ; T s i v o r y Bets.
G r a n g b a m a d e r a s p a t a n a P o i r . Composées) ; A n g e a B l. ; M o t o m a s o

SI.
G ardénia

Br.

B ets.

T sitiro n ta fik a A n ts.

(Loganiacées)

( Guttifères

G arcinia

R.

G o u a n ia a p iir o d e s T u l .

(.Loganiacées) ;

obovata B a k .

G aertnera

B . Br.

Bs. : P o a k a I I . ; T a n d e m y B l.; F a n d e m y Bels .

G ono crypta G revei B a i l l .
G o ssypiu m

Kiforona Bl.

k h u t ic o s u s

B els. et S a k . ; P o a k a H . ;

F a n o r a ; M a t s i v i n a Bs. ; T a n d e m y Bl.

G o m p h o c a r p u s f r u t ic o s u s

G o ssypiu m

G ærtnf.r a

D e c n e . ; G o m ph ocarpu s

cornutus

( Asclépiadées) ; F a n d e m y Bets . ; F a n o r y

Taretra H.

; Vahobonoka Sa.

(C y p é ra cé e s ) ;

G o m ph ocarpu s

I I . ; M a ts iv in a

G

G a iin ia

339

INDEX ALPHABÉTIQUE

F l a g e l l a r ia in d ic a

H

Ranga H .

perseæfolia

Bak. (Ochnacées)]

M a la m b o va vy

SI.

a l l e r ia l ig u s t r if o l ia B a k .

11ai .leria

tktragon\ B a k .

(Serophulariées)

; T s a ts o y B l.

i Scrophulariées) ; Dimbinala II.

; F ita n -

�310

INDEX ALPHABÉTIQUE

Spach.; A r un Turc/. ( H y p é r i c in é e s ) ; Haronga Bels. ; Harongana Imer. et Bel*.
H a r v e y a o b t u s if o l ia Benth. ( S c r o p h u l a r i é e s ) ; Parakinamboa Bl. ;
Sarinatsipenala H.
H e d y c iiiim flay e sc e n s Curey \S c i l a r n i n é e s ^ ; Fakamalao B l. ; Sakainolomainty ; Sakaintany Pr. ; Sakaviro ; Sakaraalao H.; Sakamalaobe ; Sakamalaontany H. ; Sakarivo 11.
H e d y c iiiim pereg rinum B. Brown. (S c it a r h in é e s ) ; Fakamalao Bl. ;
Sakamalao II. ; Sakaviro Bl. ; Sakaintany Pr. ; Sakarivo II. ; Sakamalaobe H .; Sakamalaontany H. ; Sakainolomainty Pr.
H e l ia u l v .e f o l ia Buch. (.H y d r o c h a n d é e s ) ; Tantangindrano II.
Heijchrysum a m p l e x ic a i ii Bak. tCoinp o s é e s ) ; Tranobemandrongo H.
H e u c h r y su m ar ane o su m Bak. Composées) ; Forimboay II.
H eijchrysum c ir riio su m Less. ( C o m p o s é e s ) ; Manjavona II. ; Ramanjavana H.
H elich r ysu m cord ifo liu m DC. ( Composées) ; Fotsivadiana g. ; Kimavo Bl. ; Sofinapaha Bl.
H e u c h r y sc m e .m irnf .nse DC. ( Composées) ; Hanitrandrianaivo II.;
Tsatsambaitra II.
H e u c h r y s c m flexuosum Bak. ( Composées) ; Itimandrahehatra 11.
H elich r ysu m lycopod io ides DC. Composées ; Omonomona II.
H eijch r ysu m p l a n t a g o ; II. em irnense DC. ( Composées) ; Tsatsam­
baitra II.
H elich r ysu m s e l a g in if o i .ium Boj. (Composées) ; Alaivana Bl. ; Boraka
H. ; Boreraka.
H eijchrysum sp. ( Composées); Pea SI.; Telovitrana II.; Fotsiavadika Bs.
H elichrysum t a n a c e t ifl o r u m Bak. Composées) ; Ahitrakoholahy Bl.
H enonia s c o p a r ia Moq. ( A m a r a n t h a c é e s ; Kifafalahy Bl. ; Tsobolo
Bels.
H eritiera littoralis Ait. (S ferai liacées) ; Sangoniakoholahy Bs. ;
Sangasanganandevolahy II.
H e r m in ie r a o la ph r o x y lo n G. et P. Légumineuses) ; Odifonga Sa.
H r b n a n d ia p e l t a t a Meissn. [Laurinées) ; Amongy II. ; Mongy Bets. ;
Mongilahy Bs.
I I eteropogon conturtus B. et S. (Graminées) ; Ahidambo Sa. ; Danga
II. ; Lefondambo.
H ib b e r t ia c o r ia c e a Bai 11. (Dilléniacées) ; Fiandrivalala II.
H ibiscus A bei .moschus L. (Malvacées) ; Mana Bs. ; Tsindraranjaza
Sak. ; Sondraranjaza Sa. ; Tambazotse.
H

ar o n g a m a d a g a s c a r ie n s is
g a n a p a n ic u l a t a

P ers.

Choisy ; II.

p a n ic u l a t a

; P sorosperm um L bonense

341

INDEX ALPHABÉTIQUE
H ib is c u s B o j e r ia n u s Baill.
H ib is c u s

d iv e r s if o l iu s

(Malvaceés) ; M angorondefona H .
(Malvacées)] Roibe «r. ; R o ib evavy

Ja cq.

;

Tsotsona Bl.

Malvacées) ; Halampo SI.
Drnke. (Malvacées) ; V onkara A n t .
H ib is c u s o b l a t u s B ak . (Malvacées) ; Hafobato Bl.
H ib is c u s P a r k e r i B a k . (Malvacées) ; T r iu m f e t t a r iio m b o id e a Jacq.
(Tiliacées) ; T sin dailay II.
H ib is c u s p h a n f .r a n d r u s Bak. Malvacées ; H afotran kora SI.
H ib is c u s S a b d a r i f f a L . ( Malvacées) ; Divay I I . ; Voamahombazaha Sa.
H ib is c u s sp. ( Malvacées) ; Roib elah y II.
H ib is c u s s u r a t t e n s is I.. (Malvacées) ; Sirangab alala Bs.
H ib is c u s t i l i a c e u s
B. (.^lalvacées \; Baro Bs. ; Masaizano SI.;

H ib is c u s m ac h o g o n i s B a ill.
H ib is c u s n o d u l o s u s

V aro I I .

T uI. (Gélaslrinées) ;

A m pom bolava SI.
(Apocijnées) ; Ditinonoka H .
a x i l l a r e B a ill.
Sanuj(lacées) ; Hazombato Bs.
n u d if l o r u m B a ill. (Samydacées) ; V oasorin d ry II.
s c l e r o x y l o n B a ill. ; N is a s c l e r o x y i .on D C . (Samydacées

H ip p o c r a t e a e v o n y m o id e s

H o l a r r ii e n a m a d a g a s c a r i e n s i s B ak .
H o m a l iu m
H o m a l iu m
H o m a l iu m

;

M aran gatod ik a Bs. ; Voap ak a Bs. ; Vaapoamena Bs.

(Samydacées) ; Hazomby Imer. ; HazomImer.
H o u n e a m a d a g a s c a r i e n s i s B a ill. Passiflorées) ; Honahona Bs.
11ubf .r t i a A m b a v i l l a B o r y (Composées) ; A h if a tra T n .
H u g o n ia c a s t a n e a B a i l l . (L inées t ; In d rap o ts y SI.
H y a c i n t i i u s c r y p t o p o d u s B a k . (Liliacées ; M an gid ib id ih elik a Pr.
H y d r o c o t y l e a s i a t i c a L. (Ombelhfères ; Loviants ahonanta nenty

H o m a l iu m t e t r a m e r u m B a k .

biby T a n . ; H a zo m a in ty

H . ; R a iv o le s o k a H . ; V ilian tsah on an tan en ty II.
H y d r o c o t y l e sp.

(Omhellifères) ; K iloviatsah on a Bl. ; Viliantsahona.
(Ombelhfères ; Tsita ta k a Sa. ; Kilo-

H y d r o c o t y l e s u p e r p o s i t a Bak.

v iants ahona B e ls . ; V iliants ahona H.
H yd r o c o ty le

t u s s il a g in if o l ia

Bak. (Ombelhfères

; Kiloviantsah on a

B ets . ; Viliants ahona H .
H yd r o c o ty le

um bellata

L. Ombelhfères)

; Loviants ahona

I I. ; V i ­

liants ahona B l.
H y d r o s t a c h y s im b r i c a t a A . Juss.
I I y d r o s t a c iiy s v e r r u c u l o s a

A.

Podoslémacées)

; Rondra Bl.

Juss. ( Podoslémacées) ; Tsilavonan-

driana et T sil avon d rian a II.
H y d r o tr ic h e
I I ype ricu m

h o t t o m æ f i .o r a
j a p o n ic i ’ m

Z u c c . ( Scrophulariées ; Volon k oton a H.

Thumb.

Hypéricinées)

;

Anangoaika

II.;

�index

:U2
Manitsorohina

Bets.

; Anan tatara N . ; T s ik o tr a k o tr a II. ; T s ik o tr o -

1I y p e r ic u m

Imer. ; V o a n tro tro k a
sp. i' H y p é r i c i n é e s ) ;

H y p iiæ n e

c o r ia c e a

kotroka

(îa e rln .

H y p iiæ n e sj).

II.
A n anta robazaha II.

P a lm ie rs ) ;

Satrana mira ; Satrana t r i c h y

SI.;

Banty

Lokoko

Sa.;

SI.

P a l m i e r s ) ; Satr an to loh o SI.

I I y p o k s t f s c a l a m in t iio id b s Bak. i A c a n t h a c é e s ) ; Sarin anam alaho I I . ;

Sarisarinanam alak o II.

Hak.

H y p o k s t e s m ic r o p h y l l a
H y p t is

Hoir.

p e c t in a t a

M y p t is

sp. Lahiéesi

I I y p t is

s p ic ig e r a

[ A c a n l h a c é e s ( ' , V ela ts a m a d in ik a B l.

A fo la v a

(L a b ié e s )',

v ola h y : Sansanganimarina

Sak.

Bl.

; Sangasanganande-

; Rombatsahona.

; S angasanganakoholahy 11.

Lam.

L a b ié e s );

M am p iv en a l'ank.

I

I.MBRICARIA CORIACEA A. DC. ; SlDEROXYLUM RUBROCOSTATUM Jum. et
Perr. ; L a b r .a m ia c o r ia c e a B. et Ilook. ; M im uso ps B ojeri A. DC. ;
M imusops C ommersonii Engl. ( S a p o t a c é e s ) ; N ato I I . ; N a n to Bets. ;
N a to v a v y H. : V aranto Bs. : V o aran ton d riak a Bs.
I m b r ic a r ia ma d a g a s c a r ie n s is Pierre (.S a p o l a e é e s ) : H odin ato g.
I m pa tie n s B a r o n i Bak. ( G é r a n i a c é e s ) ; K i v o l a v o l a Bets.
I m p a t ie n s

Bak .

f ir m u l a

G é ra n ia cé e s ) ;

R a n g ik e ly

II. ; K i v o l a v o l a

Bets.
I m patie ns L y a l l ii
I m patie ns
v ola

343

a lph abét iq ue

INDEX ALPHABÉTIQUE

Bets.
sp.

I m p a t ie n s

I mper a t a
Tenona

Bak.

[G é r a n ia c é e s

m a d a g a s c a r ie n s is

H.

R an g a

; K ivo la va ry

Bl.

( G é r a n ia c é e s ) ; K ivo la ­

G é r a n i a c é e s ) ; Benjanina I I .

a r in d in a c e a

H.

\;

Wright et Arn.

Cyr.

( G ra m in é e s ) ;

M a n evica S I . ;

T e n in a ;

; T sevok a II.

I ndig o fera B ojeri B ak . ( L é g u m i n e u s e s ) ; K ira m e n a I I.

Bs.
Bak. [ L é g u m i n e u s e s ) ; M a le m ir a n a Bl.
I n d ig o fe r a L y a l l ii Bak. ( L é g u m i n e u s e s ) ; A i k a f a t r a y Bl.
I nd ig o fe r a p e d u n c l l a t a 11iIci et Boj. ; ( L é g u m i n e u s e s ) ; A ik a m a n g a
II. ; Mangataho H.
I nd ig o fe r a

iiir s u t a

I nd ig o fe r a

le u c o clad a

L . ( L é g u m i n e u s e s ) ; E n g itratain ak oh o

I pomaea B atatas Lam. ( C o n v o lv u la c é e s ) ; Ambizo BL ; Batata Bs. ;
Anantaraona Sa. ; Bege ; Bele ; Belena Bs. ; Bokala ; M Bizo Bl. ;
Ovihazo BL ; Ovimango ; Tsimanga Sa. ; Tsomanga ; Vihazo ; Vomanga IL ; Vorondro.
I pom.-ea bilora Forst. ( C o n v o l v u l a c é e s ) ; Vàhindalandana Bs.
I pomæa leucantha Jacq. ( C o n v o l v u l a c é e s ) ; Ampelantsifotra Bs.
I pomæa L indleyi Chois. ( C o n v o lv u la c é e s ) ; Voankelana Sa.
I pom.-ea palmata Forst. (C o n v o lv u la c é e s ; Anambararata IL ; Ambolotara ; Anambolotora Sa. ; Vahimporinondrv ; Vahintsatsaka ;
Vahintsatsatra Sa.
I pomæa purpirea Roth. ( C o n v o lv u la c é e s ; Bahia Bs. ; Sarisarimbomanga g. ; Vahintsidity Bs. ; Vahitsidy ; Vomangaoika ; Vomanganalika Bs.
I pomæa pterygocaulis Chois. ( C o n v o l v u l a c é e s i; Lavadia Bl. ; Vahinkelaka IL
I pomæa sp. ( C o n v o l v u l a c é e s ) ; Kanjo IL ; Keliladina Pr. ; Kimataojazavolana BL ; Marovelo g. ; Ovodravina Pr. ; Tongoboka IL
I pomæa W ightii Chois. (C o n v o c u l a c é e s ) ; Ajy Bl. ; Tsingovihovy
BL ; Avy BL

J
L. (.Euphorbiacéesj ; Kizik a Bs. ; Kinan afots y ; TaSI. ; Voanongo Sak. ; K in am pots y ; Tanantanam bazaha I L ; Tan anta nankisoa I L ; K in opots y ; V a lavelo SI. ;
V a la v e n o la Sa. ; V oanongo Sa.
J ussiæ a e r e c ta L .
Onagrariées) ; Malalia BL ; Tab oron tahalak a
Bl. ; T a m b oron tah ala k a Bl.
J ussiæ a r e p e n s L . (()nagrariées) ; Sihanaka Bl. ; Volondrano H.
J u s t ic ia C o m m ersonii And. ( Acanthacées) ; Masanjerina Sa. ; Masonjir in a Sa.
J u s t ic ia g e n d a r u s s a Burm. (Acanthacées) ; Dingadingambazaha g.
J u s t ic ia iia p l o s t a c iiy a T. Anders. (Acanthacées) ; Fantso Sa. ; Somotsoy BL
J u s t ic ia spig e lio id e s Bak. ( Acanthacées) ; Veladahy Sa.

J a t r o p h a c u r c as

n anta nam pots y ; Savoa

K

I n d ig o fe r a sp. ( L é g u m i n e u s e s ) ; Sarinaika H .
I n d ig o fe r a

t iiym o id e s

I nd ig o fe r a

t in c t o r ia

Bak.

L.

; Tsimaitompangady I I .
; Aika IIov. ; Engitra Pr. ;

(L é g u m in e u s e s )

(L é g u m in e u s e s )

Engitra Bs. ; Tapitsakondry Bs.
I odes m a d a g a s c a r ie n s is liai 11. ( O l a c i n é e s ) ; Vahifisaka Bs,

Drake (Crassulacées) ;
aux Addenda à la fin du volume.)

K a l a n c h o e b e h a r e n s is

M ongy

Antand. \ oir

�344

inde x

INDEX ALPHABÉTIQUE

K ala n c h o e

G r a n d id ik r i

Crassulacées) ; Isaka

Raill.

;

Sofisofy

L a n d o l p iiia

;

Mougy Bs.
K alanchoe 1I ildebr andtii Raill. ( Crassulacées) ; Tambora Fil. ; Toaremy RI.
K alanch oe m in ia t a I lils el Boj. Crassulacées) ; Kodokodabato g.
K alanch o e o r g v a i .is Bak. Crassulacées) ; Hazombato RI.
K alanch oe p ib e s c e n s Rak. i Crassulacées) ; Sofimbatonalika II.
K a l ip h o r a mao ac, a scar i en sis llo o k . lils (Cornacées) ; Katsomata II. ;
Maranitsapasina RI.
K h a v a mvd ag asc ar ien sis Jum. el Perr. Méliacées) ; Hazomena Sak.
K ig e i .ia m a d a g a s c a r ie n s is Rak. (Mignoniacées) ; Somotsohy SI.;
Lomotsohy g.
K it c iiin g ia a m p l e x ic a u l is Rak. [Crassulacées) ; Sodifanfandrano H. ;
Kilenga RI. ; Kitenga Pr. ; Kotrokotroka II.
K it c iiin g ia p a r v if l o r a Bak. ( Crassulacées) ; Kilenga RI.
K it c iiin g ia p e l t a t a Rak. [Crassulacées) ; Kotrokotroka II.
K it c iiin g ia sp. Crassulacées); Ramiaribaka Rs. ; Sofimbato H .;
Sofinondry.
K it c iiin g ia s t r e p t a n t h a Bak. |Crassulacées) ; Sofingoaika II.
K n ip iio f ia p a l l id if l o r a Bak. [Liliacées) ; Gorigosy II.
K o m p it s ia ei.a s t ic a Cost. e l Sali. (Asclépiadées) ; Kompitso Bs.
K y l l in g a e l a t io r Kunth. (Cypéracées) ; Kirindrala RI.

L
L a b r a m ia

c o r ia c e a

A. RC. (Sapotacées) ; Nato II. ; Nanto

L.

I I. ; S o n c iiis
raka Sa. ; Beroberokamboa II.
in d ic a

L ac tu c a

s a t iv a

L

el

L. Composées)

a g a r q s ip iio n m ad a g asc a rlensis

;

o ler ac e u s

R e ls .

;

L. (Composées) ; Berobe-

Salady II.

Casp.

( I I ydrocar idées) ;

Volondrano

H.
L a g e n a r ia

v u l g a r is

Ser. (Cucurbi lacées)

;

Voambahy ; Voatavo-

manta H.

Sch. (Composéesi ; Argodro Menabe ; Ahitrandriana II.
Pierre ( A p o c y n é e s ) ; Fingibary et Fingobary
Rs. ; Fingitra ; Fingotra Bs. ; Rambatsikopika Pr. ; Vahinanto Rs. ;
Vahihena Bs.
L a n d o lp iiia f in g im e n a Pierre ( A p o c y n é e s ) ; Fingimena ; Fingomena Rs.
L a n d o l p iiia h is p id u l a Pierre ( A p o c y n é e s ) ; Fingimainty ; Fingomaintry Bs.

L

ag g e r a a l a t a

L

a n d o l p iiia

Du h a rdi

K.

Sch.

(Apocynées &gt;;

; Robenga ; Vahihena ; Vahivoahena

Fin gotr a

Pr.

Rs.

;

; Voahena-

lah y I I .
L

a n d o l p iiia

Cost. et Rois. ( Apocynées) ; Mamalava.
Cost. et Bois. ( Apocynées) ; Mamava.
M a n d r ia n a m b o Pierre (Apocynées) ; Mandrianambo Pr.
P e r r ie r i Jum. (Apocynées) ; Piralahy I L ; Vahealahy

M

am alava

L a n d o l p iiia M a .m a v a
L

a n d o l p iiia

L

a n d o l p iiia

L

a n d o l p iiia

Rs.

; Voah e ; V oah eh y SI.
P

e r r ie r i ,

var.

àmbafensis

Jum. i Apocynées) ; Dity-vahea

Lam k.
L a n d o l p iiia

R ic iia r d ia n a

Pierre ( Apocynées) ;

Talandoha g . ; I L ;

Voah ena I L
L a n d o l p ii ia

s p i i .e r o c a r p a

J u m e lle

(Apocynées);

A ria k o

Menabe;

Reiabo SI.; P ir a v a h y ; Raiabo H . ; Reakatsy SI. ; Rehe SI.
L

a n d o l p iiia

Pr.

sp.(Apocynées) ;

; Pira I L ;

Fin gitrak alam a

Rs. ;

M'Pira H . ; Vahimaintina S L ;

Man drian am bovavy

V ah in ia n g a k a ; Voa-

h e n te ts o ; V oah en avavy H.

Pierre (Apocynées) ; Fingip ots y Bs.
Jum. et Perr. i Apocynées); Kalam o Anal.
(Voir aux Addenda à la fin du volume.)
L e b e c k ia r eta moi des Rak. (Légumineuses) ; Kifafa m bohitra U .
L e co nte a B ojf.r ia n a A. Rich. (Ruhiacèes); Laingo S L ; Langomainbo
I L ; T a im b oro Pr. ; Tamborom an tsina R L ; Zamboromantsina R L
L eea g uinbensis G. Don. (Ampélidèes); Malambohavana S a k . ; V o a n -

L

a n d o l p iiia sudsessilis

L a n d o l p ii ia

t r ic h o s t v m a

kazohambana H.

Natovavy H.
L ac tu c a

m a d a g a s c a r ie n s is

Bs.

Robanga

345

a lph a bé t iq u e

L e e r sia
L emna

h exand ra

minor

S w . ( Graminées) ; T s i r i r y H . ; Ahikon gon a R L

L . ( Lemnacées) ; Manotona Bl. ; Ramilamina H .

R. Br. (Labiées); K ilanjanan ah ary Sak.
L e p ir o n ia m u cr o nata Rich. ( Cypéracées) ; Maham py g.; P e n jy ; Penza
Bs. ; Rambo g. (Voir la note complémentaire sur les textiles à la
lin du corps de l’ouvrage, au mot P enjy, p. 313).
L eptolæ na p a u c if l o r a Bak. (Chlænacées); Anjananjanafots y I L
L eptolæ na t u r b in a t a Bak. ; R hodoi.ae n a a l t iv o l a Thou. et R. R a k e r i
Baill. ( Sarcolænées) ; Fotana Rs.
L eptuhu s sp. ( Graminées) ; T s ilav on om b y H .
L eucas m a r t in ic e n s is R. Br. (Labiées); Kifil anjam b ola Bl. ; LanjaL eonotis

n e pe tæ f o u a

nan ahary H .
m a d a g a s c a r ie n s is A. DC. ( Campanulacées) ; G e isso r h iz a
Rak. Iridées) ; W a iil e m b e r g ia B ojeri A . DC. ( C a m p a nulacées) ; Tak orobabonakoho IL ; T e lo v itr a n a n k a r a tr a 11.

L ig h t f o o t ia
R ojeri

�346

INDEX ALPHABÉTIQUE

L im nantiiem u m

INDEX ALPHABÉTIQUE

G r i s e b . ( Gentianées) ; T a ta m o n to lo Sa. ; Voa-

indicum

lefokamboa ; V oale fok oitra ; V o a le fo k a litr a I I .
L im n o p iiil a

torenio ides

Bak.

( Scrophulariées) ;

F anondrehana 11. ;

R am ofaritra II. ; M aroton on a II.

L inim
L

Boj. ( Linées) ; L ain goak ala n a H.
L. ( Linées) ; R ongonim bazaha g.
n a t a l e n s is A. DC. [Campanulacées); A n an d ain go
serpens L a m k . ( Campanulacées):; A nam bosaka Bs.

L o b e iia

II.
; T s in a i-

non d rik ely H .

sp. ( Sapindacées) : Voan k avan d ra H.
Bak. [Loranlhacées) ; T o n g o a l a h y Bl. ; T o n g o a la h ivahy Bl.
L o ra n th u s sp. [Loranthacées) ; R am itam bin a H.
L o ranth u s tr a c h y c a r p u m Bak. [Loranthacées) ; S afitra SI.
L u d w ig ia J u ssi .e oid es Lam. ( Onagrariées) ; M andiadiana SI.
B i f f a à c u t a n g u la Roxb. [Cucurbitacées) ; P a p a n g a y Bs.
L u f f a æ g y p t ia c a Mill. [Comhrélacées); So s e ty H . ; S o s o e ty H . ;
L ong ani

L o ranth u s B ar o n i

Sotisoty H .
L umnitzera
L

r acem o sa

ycoperdum g ig antbu m

taboka

g.;

L ycopodivm

Mill. ( Solanées) ; B abonga Sa.
Sa.; Voand am ora II.
L. [Lycopodiacées) ; T o n g o ts o k in a

esculentum

H.;

Tabiha

gaga

Bai 11. ( Olacinées) \ Sarih anko SI.
Batscb [Champignons-Gastromycètes) ; H ola-

H.

L ycopersicum

; Boabon ga

Voabonga

c la v a tu m

I I . ; Tongo-

Bl.

sp. ( Lycopodiacées) ; Hazontsifaka I I . ; K it o n g o t r a n d r a k a
Bl.; H a z o ts ila k y ; Solaka g.; Somorona H.; T s i l a k y ; T s i l a n k y
Ants.
L y s im a c h ia p a r y if l o r a Bak. ( Primulacées) ; V o lo lo n d r a n o H.

L

ycopqdium

M
M

acaranga

e c h in o ca rpa

Mokaranana

Bak.

( Euphorhiacées) ;

M ak aran a

Si.

;

Ant.

Bak. [Euphorhiacées)] M o la n g a II.
o b o v a t a Baill. ; m ac r o po d a e t e c h in o c a r p a
Bak. ( Euphorhiacées) ; Mokaran a SI. ; M okaranana Ant.
M a c a r a n g a m acropoda Bak. [Euphorhiacées) ; M ok a ra n a SI. ; M o k a ­
ranana Ant.
M a c a r a n g a o b o v a ta Baill. [Euphorhiacées)] Mokarana SI.; M o k a ­
ranana Ant.

M acaranga

fe r r u g in e a

M

I I il d e b r a n t ii ;

acaranga

sp. ( E u p h o r h i a c é e s ); Mokaranamoravina ; Mokaranalavaravina ; Mokaranalahy II.
M æsa trichophlbbia Bak. [Myrsinées) ; Rafy g.; Voarafy Bets.
M a l v a c r is p a L. [Malvacées)] Miakana Bets; Fiandrilavelona ImeM

acaranga

rina.

emirnensb

i m .m u sit a tis s im u .m

L o be lia

347

Mangifera indica L. (Anacardiacées) ] Manga g.
M a n iiio t u t il is s im a Pohl. [Euphorhiacées ; Balahazo Bl. ; M’Bazaha
Bs.; Mohogo SI. ; Ambazaha Sak.; Mangahazo Bets. ; Kazaha P r.;
Balafanapaka Sak. ; Matreoka Pr. ; Rompotra Pr. ; Kajaba; Tsiveritelo ; Vihazo ; Vomangahazo II.
M a m h o t p a l m a t a Muell. d’Arg. ( Euphorhiacées); Ambazaha Sak. ;
Balahazo; Balafanapaka Sak.; Kazaha; Kajaha Pr. ; Mangahazo
Bets; Mahogo SI.; Matreoka ; M'Bazaha Bs. ; Rompotra; Tsiveritelo; Vihazo ; Vomangahazo H.
M a r a n t a a r l ' n d in a c e a L. ( Zingihréacées); Vilonala H.
M a r a t t ia f r a x in e a Sm. ( Maraltiacées); Hafina H.
M a r s d e n ia v e r r u c o s a Decne [Asclépiadées) ; Beraboky g . ; Bokabe
SI. ; Bokalahy Sak. ; Tsingovio Bs.
M a r s il e a sp. (Marsiléacées); Anantsiry Bs.
M a s c a r e n h a s j a an c e ps Boiv. ; M. l is ia n t h if l o r a DC. (Apocynées) ;
Gidroa SI. ; Guidroa SI. ; Kidroa SI.
M a s c a r e n h a s ia a n g u s t if o l ia A. DC. [Apocynées) ] Barabanja Bets.
M a s c a r e n h a s i a a r b o r e s ç e n s Jum. [Apocynées) ; Tokanfototra SI.
M a s c a r e n h a s ia G e a y i Cost. et Bois. [Apocynées)] Kokomba Sak.
M a s c a r e n h a s ia k a k o m b a Cost. et Bois. ( Apocynéesi ; Angalovo FortDauphin ; Kakomba g.
M a s c a r e n h a s ia K id ro a Cost. et Bois. [Apocynées) ; Kidroa Pr.
M ASCARENIIASIA LANCEOLATA ] M. ANGUSTIFOLIA A. DC. (Apocynées)]
Barabanja Betsinisar.
M a s c a r e n h a s ia l is ia n t h if l o r a DC. ; [Apocynées) ; GidroaSl. ; Guidroa ;
Kidroa SI.
M a s c a r e n h a s ia m ac r o c alix Bak. [Apocynées
Vonifotsy SI.
M a s c a r e n h a s ia sp. [Apocynées) ; Barabanjafotsy ; Barabanjâmena
Bs. ; Herandrano Pr. ; Herotra Bl.; Herondrano.
M a s c a r e n h a s ia specio sa var. dextra Duhard (Apocynées)] Heromafaitra Pr.
M a s c a r e n h a s ia u t il is Bak. ( A p o c y n é e s ); Ramiranja Pr.
M kdem ia n o b il is Hild. et 4\’end. (Palmiers) : Satranabe SI. Noir à
la note complémentaire sur les textiles à la lin de l’ouvrage,
p. 314).

�INDEX ALPHABÉTIQUE

INDEX ALPHABÉTIQUE

34 8

sp. (Mélastomacées) ; K ito nda Bl. ; K ita ta H .
M e d in ill a viscoides Triana (Mélastomacées) ; Kam asin a Bs.
M e la n o p h ylla vLNiFOLiA Bak. (Comacées) ; V oan am p ots y II.
M e la n t iib r a m a d a g a s c a r ie n s is Bak. (Composées); F a n i t s o S a . ; Menavon y Pr.
M blastom a sp. (Mélastomacées); Tak as ina II.
M e u a az e d a r a c h L . (Méliacées) ; V o ân d e lak a g.
M e lo t h r ia R u t b m b e r g ia n a Cogn. (Cucnrbilacées) ; K a r a k a r a n to lo h o
Sa.: Voanta ngom boalavo I I .
M e lo t h r ia sp. (Cucurbifaeées) ; V a h e tia o m b e Bl.
M emecylon oleæ foliüm Bak. (Mélastomacées) : F an d ir an d ah y II.
M enabea v e n e n a t a B a ill. (.Asclépiadées) ; K is on om p a ; K is o m p a ;
Kisopa II. : Tan gena Sak. ; T a n g e m b a v y SI.
M enth a sp. Labiées) ; Solila Y a k .
M e san th e m u m p l a t ip iiy l l u m Bak. (Eriocaulées) ; M e n t iia sp. (Labiées);
Solila Yak.
M icroglossa sp. Composées) ; Vah ekan da Bl.
M icrog lo ssa v o lu b il is DC. (Composées); Rangasoa Sa.
M ik a n ia scandens Willd. ( Composées) ; K its e a k a Bl.
M imosa a s p e r a t a !.. (Légumineuses) ; H e r y SI.; R io t r a Sa.; R o itra
Sa.
M imosa l a t is p in o s a Lamk. ( Légumineuses) ; R o m e m y I I .
M imosa m y r io c e ph a la Bak. (Légumineuses); Odifady H.
M im osa pu d ica L. (Légumineuses); A m b o a f o t s ik e ly I I . ; M a t ir o s a n a ;
Anankoay Betsim. ; An ak oay Bs. ; R o h itra Bs.
M imulopsis sp. (.Acanthacées) ; M arovan y H.
M imusops B ojeri M. Hartog (Sapotacées) ; N ato II.; N an to Bets. ;
M

e d in ill a

N a to v a v y H .
M

imusops

G ommersonii

Engl. (Sapotacées) ;

N a to H . ;

N an to B e t s . ;

N a to v a v y H.

Hartog (Sapotacées) ; T o d in g a Bs. ;
Voazabo Bs. ; Voanto dinga Bs.
M ir a b il is ja i .a p a L. (Nyclaginées) ; V a n im p o le ra I I . ;
M imusops

c o s t a ta

M odecca

d e nsiflo ra

Bak. (Passiflorées) ;

V o a m p o le r a

o r in g a

Desv. (Polgpocliacées) ; Manilahy g.; Manikely.
M ollugo n u d ic a u lis Lamk. (Ficoïcles); Aferontany g.
M o m ordica c h a r a n t ia L. (Cucurbifaeées) ; Mafaiba H. : Margose g.
M o n a c h o c h l a m y s f l a g e l l a r is Bak. ( Acanthacées) ; Vahevoafanirina
Bl.; Vahifitoaty H.

pte r y g o spe r m a

dihazobe I I . ; M o r o n g y g . ; M oringa

I I . ; V ah im pam am o II.
M

u n d lle a

Mu n d u le a
M

und ulea

sp. ( Légumineuses) ; Arangoaka Pr. ; Vodiaombe Bl.
s t r ia t a Dub. et Dop (Légumineuses); Fanomo Bl.
T e l f a ir ii Bak. ( Légumineuses) ; F a m a ty ; Fan omam o;

Fanamam o II.

L. iMusacées); Katak ata Fl. ; Akondro ; Otsy ; Ontsy SI.
(Musacees); Ants irohoroka Sak.; Tsirohoroka
Sak. ; Voants irohorok a g.
M usa sapien tu m L. ; M usa p a r a d is ia c a L. (Musacées); A k o n d r o ;
O t s y ; Ontsy SI. ; Katakata Fl.
M usa sp. (Musacées) ; A fo n ts y II.; Hontsy Pr.
M usa t b x t il is Nees (Musacées) ; Sarika H .
M ussæ nda a r c u a t a Poir. ( Hubiacées) ; T s ik ir ity H . ; Vahindaingo
Sak. ; Vahid ain go SI. ; Voan daingo.
M ussæ nda fusco - p i i .o sa Bak. (Rubiacées) ; Tsidoboka Bs.
M ussæ nda l a n d ia Poir. Rubiacées) ; Nofitsak oh o Antk.
M ussænda sp. (Rubiacées) ; Tongob ints y Sa.
M ussæ nda t r ic iio p iil e b ia Bak. ( Rubiacées) ; F a to r a v a v y Bl. ; Felam-

M

usa p a r a d is ia c a

M

usa

P e r r ie r i Claverie

barik a H .

Bak. ( Rubiacées) ; Fatora g. ; Fato ralahy Bl.
Lam. (Myristicées) ; Rara II.
C h a p e l ie r i Baill. (Myristicées); M alots iandrongo Bs.

M

ussæ nda v e s t it a

M

y r is t ic a a c u m in a t a

M y r is t ic a

;

B aram o lo tran d ro n g o M.

K in d r e d r e t s a ; V o a ta v o h a zo

H.
M ohria

(laertn. ( Moringées) ; Ananambo SI.; LanSI.
M orus a l b a L. (Urticées) j Hazondandy II.
Moins in d ic a L. (Urticées); Vorihazo H.
M o sciio sm a p o l y s t a c h ia Benth. {Labiées); K a r a n ja m b o a y ; Karanjanam b oay Bs.
M ucuna h o r r id a Baill. ( Légumineuses) ; A g y g.; A v y Bl.; T sin govih o v y I I . ; T s in g o v ih o n y a g y Bl. ; Tankilotr a SI.
M u cu na pr u r ie n s DC. (Légumineuses); Taink ilotr a ; Taingilo tr a
Sak. ; T a n g ilo tr a SI.
M u c u na utiles Wal. (Légumineuses! ; Kalam akants oavaly I I .
M undulea p a u c if i .o ra Bak. (Légumineuses); Fanamamo ; Famamo

M

V androzana;

I I . ; Vonim polera H .

349

Houtt. (Myristicées) ; Rara vaza ha II.
Lam. (Myristicées) ; R arahoraka Bs.

M

y r is t ic a f r a g r a n s

M

y r is t ic a m a d a g a s c a r ie n s is

M

y r is t ic a

c affro ru m

;

Rara ilo v a n g o .
Y

o ur i

Voapary ; V ory

Baill. {Myrislicacées) ;
Bs. ; V ou ri-R ara.

Rarabe

Bs.

: Raram ena

II.

;

�350
M

INDEX ALPHABETIQUE

A . D C . (Myrsinées)
H. et S. ( Laurinées) ; Hazontoho Hs.

y r s in e m a d a g a s c a r ie n s is

index

; P o t a m e ia T

h o u a r su

tam o

Sak.;

minok

L.

(Naïadacées)

barbarbæ fo lium

; Ompoadambo Sa.

Bak.

( Crucifères)

;

A k o n d ro n ja za

Kimalao B l. ; Anapisaka B l. ; A n a m b o lo b o to m b a h in y
saka

Sa.

g.

;

; A n a m p i-

Pr.

R. Br. ( Crucifères) ; A n an d ran o II.
J. F. Gmel. ( Graminées) ; V o lo ; V o lo ts a n g a n a
g. ; Volo zats y ; V o lo ze v o n a Bs.
N astus c a p it a t u s Kunth. ( Graminées) ; V o lo ; V o lo ts a n g a n a g. ;
Volo zats y ; V o lo zevon a Bs.
N astus sp. ( Graminées) ; Piaka Pr. ; V a h im b o lo ts a n g a n a .
N a u cle a c u s p id a t a Bak. (Rubiacées) ; M o la m p a n g a d y I I . ; V olam pangady Bs. ; V ali m p a n g a d y ; V a m o la m p a n g a d y ; V o a m o la m p a n • gady Bs.
N elsonia canescexs Spreng. ( Acanlhacées) ; M a n im b o a la v o Pr.
N e o b ar o nia ph y lla n t o id e s Bak. (Légumineuses) ; H arina I I . ; H arahara Menabe ; Man garahara g. ; T s ia v a n g o Sak.
N e piie liu m L it - c iii Camb. (,Sapindacées) ; L e t i s y Bs. ; L i t c h y Bs.
N a stu r tiu m

N astus

N bsæa

o f f ic in a l e

borbonicus

N ephrodium

cord ifo lium

t r if l o r a

; K a le b an d a

ph vsaloid es

Gaertn. (Solanées)

; Vo a-

b r e v if o lia

; Bored a g . ; Tsip olob azah a

Haw. (Cactées); Raik eta ; T s ilo g .
Mill. ; O p . ferox Ilaw. (Cactées);

O p u n t ia

ferox

O p u n t ia

y u l g a r is

Raiketa g . ; Tsilo

%■
L. (Solanées) ;

Behatoka I I . ; B e k ir a Bs. ; L o b ara
Bets. ; T obaka Tanosy ; T s ita ta Bara ;
Dolibika Pr. ; Tambako Pr. ; Tsisata Pr.
N is a in v o l u c r a t a DG. ( Samydaeées) ; Hazo am bo Bs.
N isa n i 'd iflo b a DC. (Samydaeées) ; V o a s o r in d r y g.
N is a sclero xvlo n DC. (Samydaeées) ; M a r a n g a to d ik a Bs.
N u x ia c a p it a t a Bak. ; N. v e r t ic il i a t a Lam. (Loganiacées) ; L am binana Ants. ; Valanirana g.
N u x ia v b r t ic il l a t a Lam. (Loganiacées) ; L am b in an a Ants. ; V a l a n i ­
rana g.
N ic o t ia n a

N

H.

O

H.
Bara

; Tsiazonafo

Bs.

N bsogordonia B e r n ie r i Bai 11. ( Ternstrcemiacées) ; H a fo ts a n k o ra Bs.
N ic an d r a

H.

f ic if o l ia

( Fougères) ; K o v a i n g o H .

Kuth. ( Lythrariées)

; Tanta m a

Lindl. (Orchidées) ; F onts ilahinjanahary Bs.
Caud. ( Urticées) ; Kiam iana H.
O b e tia l a c in ïa t a Bak. ( l ’rlicées) ; Am iana g.
O b b tia m o r if o lia Bak. (Urticées) ; Amiandah y g.
O b e t ia p in n a t if id a Bak. (Urticées) ; Am iam bavy II.
O c h n a MACRANTiiA Bak. ( Ochnacéesi ; L a m a ry S I. ; V oandanary SI.
Ochna Ma d a g a s c a r ie n s is DC. ( Ochnacées) \ Hazomena Bs. ; Ran gahy
H.
O c o te a t r ic h a n t a Bak. Laurinées) ; Hazonjaza Bl.
O cotea t r ic h o p iil e b ia Bak. ( Laurinées) ; V a r o n g y ; V aro n g im ain ty
I L ; V aro n g ifo ts y ; Vasefak a ; Vasebambazaha Bs.
Ocymum canum Si ms. (LaJ)iées) ; K ira n ja y g.
Ocymum g r a t is s im i m L. (Lahiées) ; Romba Bets.
O ldeni.a n d ia l a n c if o l ia D C . (Rubiacées-Cinchonacées) ; Ahibitsika
g. ; K iam alom ata Bl. ; Tab orim b ahiny I L ; T am b orom b ah in y I L
O ld e n l a n d ia t r in e r v a Retz I Rubiacées) ; Fozankao I L
O l y r a l a t if o l ia L. ( Graminées i ; V a lo rio tra b e ; V o lo r io tr a b e Bs.
O ncoba c a pr e æ f o lia Bak. (.Bixinées) ; L afa ra Bl. ; V oandafara Sa.
O ph io c au lo n
f ir in g a l a v e n s e
Drake ( Passiflorées) ; L o k oran ga ;
Olaboay Sak.

O b e tia

N
N a ia s

Imer.

hirana H .
O b e ro nia

N a stu r tiu m

V oalefoka

351

alphabétique

ta ba c u m

; Paraky g. ; Tabaka

L. (Nymphéacées) ; T a ta m o k ir a n a I I .
sp. (Nymphéacées) ; Hatrevo SI.
s t e l l a t a W i l l d . (Nymphéacées) ; B e tsim ih il an a

N ym ph æ a

Montaka

gindrano I L
O u v ir a n d r a B e r n e r ia n a

ym ph æ a L o t u s

N ymphæa

h o u a r s ii R. et S. (Apocynées) ; F o l i t r a S l . ; Kaboka I L ;
Tank. ; Voakanga Pr. ; K angarano IL; M o nta fa ra SI.
O r iz a s a t iy a L. (Graminées) ; V a r y g . — Pour les différents riz de
Madagascar avec leurs variétés ( V a r y ) , voir aux mots commençant
par V a r y et ce qui est indiqué aux Addenda sous le nom de Riz.
O sm unda r e g a l is L . (Fougères); A m pangafenakoho I L
O t io p h o r a s c a b r a Z u c c . ( Rubiacées;; P iiil ip p ia P a r k e r i Bak. (Ericacées); N g i t a k e l y I L
O t t e l ia ulvæ foi .ia Buch. [Hydrocharidées) ; Iv ira n d ra n a H. ; Tata n-

Q r ch iped a T

I L ; T a p etak a
I L ; Ta-

O u v ir a n d r a

f e n e s t r a l is

Ouvirandra

;

Decne ( Naïadacées)

; O u v ira n d ra ; Ovirandra

Bs.

Tap eta k a

Poir. ; Ouv. B e r n e r ia n a Decne (Naïadacées
Bs. ; O virandra H.

;

�352

Tarez (Géraniacées) ; Sinedrisinedry SI.
c a p r in a L. (Géraniacées) ; Kisiranondrilahy Bl.
cornici’i.ata L. Géraniacées) ; Kidiadiamborona II.; Kodia-

O x a l i s A p o d is c ia s
O x a l is
O xams

diamborona H.; Kodiadiavorona II.
Jacq. (Géraniacées) ; Kodiadiavoronankaratra H.
Oxvus s e n s it iy a L. (Géraniacées) ; Hazoandro SI.; Kelimanganalitra
Bels. ; Kihorohorona ; Modimodia II.: Manendilanitra SI.; Miorinkorona II. ; Tsihilavanandriananahary Bets.; Tsimpoafoha H.
O x a l is s i .m u l .vns Bak. (Géraniacées) ; Kisira Bl.
O x a l is v i i .l o s a Bak. (Géraniacées); Kabona II.
O x a l is l i v id a

P
Bak. (Apocynées); Kimondro II.
lv. Schum. (Apocynées); Bontaka Sak.; Von-

P a c h y p o d iu m b r e v ig a u l e
P a c h y p o d iu m c a c t ip e s

taka.
Bak. (Apocynées) ; Samona Bl.
Cost. et Bois. (Apocynées) ; Bontaka Sak.

P a c h y p o d iu m d e n s if l o r u m
P a c h y p o d iu m

D rakei

;

Vontaka.
P a c h y p o d iu m G e a y i

Cost. et Bois. (Apocynées) ; Bontaka Sak. ; Von­

taka.
P a c h y p o d iu m L a m e r e i

Drake (Apocynées); Bontaka Sak. ; Vontaka.
Bak. (Apocynées); Lomo Bl. ; Bontaka Sak.;

P a c h y p o d iu m r o s u l a t u m

Manasindahitra SI.
Yatke; P a c h . c a c t ip e s K. Schum.;
Drake; P a c h . D r a k e i et G e a y i Cost. et Bois.
{Apocynées i ; Bontaka Sak. ; Vontaka Sak.
P a n a x a m p l if o l iu m Bak. (Araliacées) ; Taranjana II.
P a n a x c o n f e r t if o l iu m Bak. (Araliacées); E m b e l ia c o n c in n a Bak.
(Myrsinées) ; H a l l e r i a t e t r a g o n a Bak. yScrophulariées) ; Dimbinala II.
P a n a x g o m p iio p h y l l a Bak. ( Araliacées) ; Tokantovo II.
P a n a x m u l t ib r a c t e a t u m
Bak. ( Araliacées) ; Ambamboana Sa. ;
Amboamboana Sa.
P a n a x p e n t a m e r a Bak. ( Araliacées) ; Bantsilana g. ; Voantsilana Sa.
P a n a x sp. ( Araliacées) ; Vatsilambato Bs.
P a n a x o r n if o l iu m Bak. ( Araliacées) ; Vantsilana ; Voantsila II.
P a n d a n u s c o n c r e t u s Bak. (Pandanées) ; Fandrana Bl. ; Vakoana Bs.
P a n d a n u s m ic r o c e p i ia l i 'S Bak. (Pandanées); Tsiriboalavo Sa.
P a n d a n u s s p a r g a n io id e s Bak. (Pandanées) ; Vakoamboalavo ; Vakoampetraka Bs.
P a c h y p o d iu m

R u t e n b e r g ia n u m

P a c h . L amerei

353

INDEX ALPHABÉTIQUE

INDEX ALPHABÉTIQUE

sp. f Pandanées); Fandrambarika Bs. ; Fasy Bs. ; Hofa Bs. ;
Kopakopa g. ; Vakoandambo ; Vakoandrano ; Vakoanondry Bs.
P a n d a n u s u t ile s Berg. (Pandanées ; Vakoa g.
P a n ic u m c r u s - g a l l i L. ( Graminées); Farimanga II. ; Ahibary ; Aibary
Bl. ; Karangy Sa. ; Tsimparifarifotsy H. ; Tsimparifarimango IL ;
Tsimparifarimena ; Tsimparifarifary 11.
P a n ic u m in t e r r u p t u m Willd. i GraminéesI; Adalavatana IL
P a n ic u m j u .m e n to r u m Pers. (Graminées ; Famao IL ; Tsimparefare
Tsiparefare Bl.
P a n ic u m r o se u m Nees. (Graminées ; Menakapaha Bl. ; Ahikongona
Bl.
P a n ic u m s e m ia l a t u m B. Br.; A n d r o p o g o n t r ic iio z y g u s Bak. Grami­
nées); Ahitrakonga II.
P a r in a r iu m e m ir n e n s is Bak. Posacées ; Vandevenona II.
P a r m e l ia p e r f o r â t v Ach. ( Lichens) ; Volombato IL
P a r o p s ia e d u l is Thou. (Passiflorées); Fangniam; Dimepate g. : Voakiripy ; Voapavua j&gt;.
P a s s if l o r a c o e r u le a L. Passiflorées) ; Girenadelino II.
P a s s if l o r a in c a r n a t a L. Passiflorées ; Girenadelino 11.
P a s s if l o r a s t ip u l a t a Aubl. ; P. in c a r n a t a ; P. c o e r u l e a L. i Passiflo­
rées) ; Girenadelino II.
P w o n i a Bojeri Bak. Malracées) ; Besofina Sa. ; Hafotsakanga Bl. ;
Tsontsona II.
P a v o n i a m a c r o t is Bak. (Malvacées ; Trongafotsy II.
P a y e r i a e x c e l s a Baill. Aféliacées ; Hazomalana Bs.
P é l a r g o n iu m m a d a g a s c a r ie n s is Bak. (Géraniacées ; Tonaka Bl.
P e n n is e t u m t r it ic o id e s Bak. Graminées ; Foiambazaha Bl. ; Horompotsy IL ; Toiambazaha Bl.
P entaptera R oxburgii Tul. Combrétacées) \ Arry-Coota g.
P bntopetia androsæmifolia Decne. tAsclépiadées) ; Tandrokosy g. ;
Tandrokamporana Sa.
P e n t o p e t ia e l a s t i c a Jum. et Perr. (Asclépiadées] ; Mavokely g.
P e r r ie r a m a d a g a s c a r i e n s i s Courchet (Simaroubées ; Kirondro.
P e r s e a g r a t i s s im a Gaertn. (Lam inées ; Avoka Bs. ; Zavoka Bs.
P e r vi lue a t o m e n t o s a Decne (Asclépiadées) ; Voansifitra Sak.
P e t r o s e l in u m s a t iv u m Mœnch. f Ombellifères ; Perisily H.
P andanus

P eucedanum

sp. (Ombelli[ères)

;

P iie l l o l o p h iu m

m a d a g a s c a r ie n s is

Bak. (Ombellifères ; Famonody IL ; Tangina Bets. ; Tsileondrohaho ; Tsileondrohahovavy ; Tsitongotramboabe II.
P h a s e o l u s l u n a t u s L. (Légumineuses ; Kalamaka ; Kalamakabe.
Annales &lt;lu Musée colonial de Marseille. — 2e série, 8” vol. 1910.

23

�354

INDEX ALPHABÉTIQUE

355

INDEX ALPHABÉTIQUE
P h a s e o i .us

L.

v u l g a r is

[ L é g u m i n e u s e s ] \ T s aram aso

I I . ; V o a te lo ;

V oate lom ena Bl.
Pu
P

a y i .opsis

i.( &gt;ng if o l ia .A u(l. i . I c a

h e i .i .olophium

II.;

ni h a c é e s )
B ak .

m a d a g a s c a r ie n s is

Tangina

B ets.;

: Vatofolam ainty H .

[ ( ) m he I I i f è re s i ;

P h il ip p in

T sii eon d roh ah o ; T s il e o n d r o h a h o v a v y ;

Sa.

T s i-

Sa.

h ' r ic a c é e s ) ; A n j a v i d i l a h y II. ; R ia d ia tr a ;

A n ja v id y I I .
h il ip p in f lo r ibu nd a

P

h iu p p ia

Ben th .

E n o n c é e s ) ; A n javidy II.

( io u d o t ia n a K lo tz s c h .

; Anjavidilahy I I . ; R ia ­

h 'r ic a c é e s

P a r k e r i B ak .

h i u p p ia

P hiuppia sp.

E r ic a c é e s ) ; N gita k ely II.

Pr. ;

; A n ja v id il a h im a d in ik a I I . ; A n j a v i l y

[E r ic a c é e s

Nor.

polystachv a

P a l m i e r s ) ; A n iv o n a ; A n iv o

II.;

J acq. ( P a l m i e r s ) ; Dara

communis

h v lla n t h u s

T rin .

SI.

Graminées) ;

B arorata

H.;

Kats aoka

B o j e r ia m

M u ell.

s

d'Arg.

castic u m

Sov-Will.

( E u p h o r h i a c é e s ) ; M a re fo -

Bl.

Hazo nta nty

; Hazotana

Bl.

; A n te n to n a

E u p h o r h ia c é e s

T ain to na ; Faintina II. ; Hazotana

Bl.

; H azo tan ty

Pr.

P isum

Bets. ; S akavirondam bo
; V o a m p e r ife r y

II.

e r v il l e i

Forst. [Légumineuses) ; B ud dleia fusca Bak.
B a k b r ia n u m Bai 11. ( Euphorhiacées) ;

s a t iv u m

P it to spo r u m P e r v il l e i
P

; T e n tin a ; T e n to n a H .

m a d a g a s c a r ie n s is
Muell. d’Arg, [ E u p h o r h i a c é e s ) ;
Bl. ; Hazo ta nty P r . ; Tainto na II.
P h v l l a n t h u s sp. E u p h o r h ia c é e s ; A n a k a ts o ts y Bl. ; L a n o r y Bl. ;
Saniry Pr. ; Somaradindona H. ; V o an d an ory Bl.
P h y l l a r t h r o n B o j e r ia m m DC. [ B i g n o n i a c é e s ) ; T o h i r a v i n a SI.;
Zahana II. ; Zahania Menabe.
e nsifo lium

m in e u s e s ) ; H arah ara
p e r u v ia n a

L.

Hail I. ;

N

Menabe

; Ts ia v a n g o

k o b a r o n ia

p iiv l l a n t h o id e s [ L é g u ­

Sak.

S o la n é e s ) ; V o an tsip aotak a

Pr.

; Voanak a

Bl.

;

Voanantsindrana II.

Thou. i P a s s i/ Io r é e s ) R aisaonjo SL;
g. ; Sara rsoa g. ; V o a ra n th e ; V o a r o n th e g.
P h y t o l a c c a a b v s s in ic a Hoffm. P h y t o l a c c é e s ) ; A n g e j a Bl. ; V a h iv o raka H. ; Mandemoka Bl.
P ip e r borbonense G. I)C. ( P i p é r a c é e s ) ; F e r i f e r y Bs, ; M ahala ts ak a
Sa. ; Sa karivom bato Bl. ; Ts im a h a la ts a k a II.; T s i m p e r i f e r y H.;
Sakavirondam bo Bl. ; S ak avir om b ato Bets. ; V o a m p e r i f e r y H .
m a d a g a s c a r ie n s is

Ramangaoka

Bs. ;

Sang

L. [Légumineuses i ; Petipoa H. ; Pitipoa H.
Tul. [Pitlosporées); Amborasaha; Ampaly

p a c iiv l o b iu m

Bs.

II. ;

; H azo nta na ;

Hazotana

P iiv se n a

H.

in t e g r if o l iu s Bak. ( E r t i c é e s ) ; Fotsivimadika Bl.
P istia sp. ( Aroïdées); Tsikafonkafona H.
P is t ia s t r a t io t e s L . [Aroïdées) ; Azafo ; Hazafog.; Tsinkafonkafona

it to spo r u m

Blum. (.Pittosporêes) ; Menavongen g.
Tul. ;Pillosporées) ; Membovitsika Bs. ;

po lyspe r m u m

Nantofotsy Bs.

P h vllanth u s

P h y s a l is

; Tsim perifery

H.

lena H .

h vllo xvum

H.

s u b pe ltatu m

P it to sp o r u m

P h y l i .a n tiiu s

P

F e r i f e r y Bs. ; Mahalatsaka

Sevalahy Sa.

Mana-

H . ; V o lo ta r a II.
P

;

P ip tu r u s

r eclin a t a

P u r agm ites

[Pipéracées)

W ahl

( Loganiacées) ; C la o x v lo n

rana Bs.
P hoenix

py r if o l iu m

P ip t a d e n ia P

Randriata I I . ; Rondrala hy II.
P h lo g a

; Mahalatsaka

Bets. ; Tsim ah alatsak a

W illd. [Pipéracées) ; Voantogotra ; Voantogoka ;
Voantongotra Tan, ; Voatongotra Tan.
, P ip t a d e n ia c h r y s o s t a c iiy s Benth. [Légumineuses ; Fano H. ; Volatsara Bets. ; Fany ; Sikidy H.; Voampana H. ; Voafano H.
P ip e r

diatr a ; A n ja v id y 11.

Bl. ; S akavirom bato

; S akarivom bato Bl. ; S a k avirom b ato

Bl. j T sim ahalats aka

P

P

; S akarivom bato

II. ; T s i m p e r i f e r y II. ; V o a m p e r ife r y I I . ; Sakarirondam bo Bl.
P ip e r

Benth.

a r is t a t a

emirnense

p a c h y p iiy l l u m

F am on od y

tongotram boab e H .

Bak. ( Pipéracées) ; Laingotohatra II.
Bak. ( Pipéracées) ; F e r i f e r y Bs.

P ip e r
P iper

S e n a c ia Putterl. ( Pillosporées) ; R hus v e n u lo sa Bak.
[Anacardiacées) ; Ambovitsika Sak.
P lecospermum sp. ( U r l i c é e s ) ; Varongimalailay H.
P lectaneia elastica Jum. et Perr. [ A p o c y n é e s ) ; Piravaovaho SI.
P lectaneia microphylla Jum. et Perr. [ A p o c y n é e s ) ; Mahavoahavana.
P lectranthus cymosus Bak. [ L a b i é e s ] ' , Ranofaritra ; Ramifaritra
Hov. ; Anampantsaka H.
P lectranthus térnatus Seems. L a b i é e s ) ) Voamitra SI.
P lectronia buxifolia Bak. ( l i u h i a c é e s ) ; Fantsikahitra H.
P lectronia umbellata Bak. ( R u b i a c é e s ); Tsifo I L ; Pitsikahidambo
Bs.
P lectronia sp. [ R u b i a c é e s ] ; Voahambana Pr. ; Pitsikahitra H.
P odocarpus madagascariensis Bak. [ C o n i f è r e s ) ; Hetatra H.
P oinciana regia Boj. [ L é g u m ineuses) ; Tanaho Bs. ; Volotsara SI.
P oivrea coccinea DG. [ C o m h r é l a c é e s ) ; Manokoambongo.
P olycardia centralis Bak. [C é la s I r i nées) ; Mamoandraravina Ant.
P

it to spo r u m

�356

INDEX ALPHABÉTIQUE

P o l y c a r d ia

[Célastrinées) ; H azoanjo va I I .
[C aryophy liées) ; M a la n d iv o n y S a . ;

G m el.

m a d a g a s c a r ie n s is

P oi.y carpæ a

Ram.

corym ro sa

INDEX ALPHABÉTIQUE

Tam b orok ijo alah y BI.

Polyg a l a

m acr o pte r a

Bak. (/Iypéricinées) ; Tambintsy

b r a c h y po d i m

P olygonum

m eissm erianum

P olygonum

minus

Bets.

(Polygalées) ; T s e n ts e fin a n ts o in a g.
(Polygonées) ; Tarabonoana H .
G. et S. ( Polygonées) ; T a m b olo an a I I .
(Polygonées) ; M a h a v a v io m b y I I . ; T sin ga-

DC.

P olygonum

Ilu d s .

M e issn .

se neg alense

(Polygonées) ;

Arivotaobelon a

B l. ;

Davy B l. ; Fib ary Bl. ; Fan d ih am b o; P ib a r y B l. ; F o ts im b a rin a k o holahy I I . ; V arin a k o b o la h y I I .
P olygonum

sp. Polygonées) ;

P olygonum

tomentqsum

P o l y s t a c h ia
P o r t u la c a

W i l l d . ( Polygonées) ; K i l e n g a b o a y g.

L.

o le r ac e a

A h it r o r a n a I I . ; M a h a v a v y II.

(Porlulacées)

; F a n d ria n o m b y S I . ; K a la b o t e -

traka Bl. ; T s ik obokobondanitra I I .
P o tam e ia T

R . et S. ( Lait ri nées) ; Hazo nto ho Bs.

h o u a r s ii

P otamogeton

R oth

f l u it a n s

(Xaïadacées) ;

L a v a te n d r o

II.;

Ompy

Sa. ; V a la te n d ro ; Volo n k oton a II.
P otamogemon

p a r y if o l ia

Bak. (Xaïadacées)

; V a la te n d r o I I . ; V o l o n ­

kotona II.
othos G h a p e l ie r i

S c h o tt. ( Aroïdées) ; Ram ita m pin a
L. (

Ts ir am ir am y Sak .
I I eckeli

(Anacardiacées) ;

Dub.

et

Dop ;

P rotoh us

P e r r ie r i

pa u c if lo r u m

Bak. [Hy périci nées);

Fanerana Bl. ; Hazonakoho II. ; Taikakoho II. ; Tongobositra ; Tainakoho II. ; Tongobositra ; Voatainakoho ; Voantainakoho II.
Psorospermum B e o n e n s e Turc/. ( Hypéricinées \; Haronga Bets. ; Harongana Inier.
P sorospermum pa u c if lo r u m [Hypéricinées) ; Rongompanahy Sa.
P sorosperm um sp. [Hypéricinées); Voantanantolo Bs.

Bak. [Rubiacées)

;

o b t u s if o l ia E. Mey. [Rubiacées) ; A p h l o ia theæ form is
Benn. ( Rixinées) ; Kirandrambehivavy Bs.
P s y c h o t r ia r e d u c ta Bak. [Rubiacées] ; Mahalonify II.
P s y c iio t r ia r e t ip h l e b ia Bak. ( Rubiacées); Mahatratranify H.
P s y c h o t r ia sp. [Rubiacées); Amalomanta P r .
P t e r is sp. [Fougères) ; Ampangamanga II. ; Farisoko SB ; Siranomby
Tank.
P te r o c au lo n B ojeiu Bak. (Méliacées); Ariandro IB; Eriandro Bl. ;
Parakijirika Bl.; Tombakonjirika Sa.; Parakinjirika Bl. ; Ahitran-

driana II.
L..( Myrtacées) ; Apongabeandanitra II.
Decne Asclépiadées); Kifofo et Kifoko Bl.;
Kifoka Bl. ; Kitsangana H.
P y c n o s t a c b y s coerulea Ilook. [ L a b i é e s ) ; Tsitondratondrano H.
P yrus m alu s B. [ R o s a c é e s ) ; Paoma IB; Poma II.
P u n ig a

Yerbénacées \; H and rarezona Bs.
B eandon M a rc h . ( liurséraeées) ; T s i r a m i r a m y Sak.
m a d a g a s g a r ie n .s e E n g l. ; P. B eandon M a r c h . ( liurséraeées) ;

P rotorhus

Spach. ; P.

P so ro sperm u m F a n e r a n a

Bs. ; V a h im i-

tampina.
s e r r a t if o l ia

discolor

Harongampanihy Sa. ; Rongompanahy Sa.

P s y c h o t h ia

R i n d l. ( Orchidées) ; S onjam boae B l.

cu ltrata

P sorospermum

B ak .

r i v a r y Bs.
P olygonum

P r o tium

Hassk. [Légumineuses); Antaka

lo ng eped unculatus

P sorospermum . and ro sæ m ifolium
B a il l. ( Polygalées) ; T s i v o k o d a m b o SI.

greyeana

P rotium

B. ( Myrtacées) ; Gavo Bs. ; Goavy ; Goavifotsy ;

Bs.

A n an d ra-

liona II.
P o lyg ala

P rem na

p o m if e r u m

Goavimena II.
P s o p iio c a r p u s

(Caryophyliées);

P o lyca rpu m L oeflingiæ B e n th . et I l o o k .

P

P s id iu m

357

granatum

P ycno neu ru m

ju ncifo rm e

Courch.

Manavidra do ; M an avid red o SI.

Q

P rotorhus P e r r ie r i C o u r c h . ( Anacardiacées) ; M a n a v id r a d o ; M a n a v i­

Quercus sp. [Cupnlifères) ; Oaka II.

dredo SI.
P runus

d om estica

L. [Rosacées);

Pesom baza ha

;

Voan tain akoh o;

Q u is q u a l is

P

runus

P s ia d ia

sp.

Boj. ; C omdretum p a c h y c la d u m et C.
Bak. ( C o m b r é l a c é e s ) ; Tamenaka g. ; Voantame-

m a d a g a s c a r ie n s is

P h a n e r o p e t a lu m

V oatainak oh o II.

(Rosacées);

dodone .e f o l ia

naka H.

Voan ta n an to lo ; V o a ta n a n to lo Bs.

S tœ tz.

[Composées) ;

D ingadin gana g . ; D indin-

R

gavabazaha.
P s i ad i a sp.
P sidium

[Composées) ;

c a t t l e ia n u m

S ab.

V oaram on in a I I .

[Myrtacées) ;

G oavitsin ahy I I .

R

ad am ea m ontana

R

a n d ia

T

Bth.

a l a n g u in ia

[ S c r o p h u l a r i è e s ) ; Tambaritsahona II.
DC. [Rubiacées) ; Amokombe g.

�358

INDEX ALPHABÉTIQUE

R vNTNcm s pinnatus Poir. [ R e n o u a i I a c é e s ) ; Odiandoha Antlc. ; Tongotramboabe Imer.
R aph an u s s a t iv u s I&gt;. [ C r u c i f è r e s ) ; Radisa II.
R aphia pf.ddncui.ata Beauv. ( P a l m i e r s ) ] Rofia II. ; Maivauaty; Fomby
Raofia; Voampiso : Voarafy; Rafia II.
R aphia ruffia Mari. ( P a l m i e r s V , Rofia I I . ; Maivanaty ; Fomby;
Raofia; Voampiso Sak. ; Voarafy ; Rafia II. Moranda Sak.
RAPiiiDiocystis brachypoda Rak. [ C u c u r b i la cé e s ) ; Vahinambaromoty

11.
R

Sonn. ( Mu sucées ) ; Akondrohazo ; Ravinala ; Antrandra Rs. ; Bakabia ; Bemavo Pr. ; Fitroka g. ; Fontsy
Bs. ; Fotsy Rets. ; Hasaka Pr. ; Mandravalana Pr. ; Ravimpotsy
Bm. ; Kasaka Pr.

a y e n a l a m a d a g a s c a r ie n s is

a v e n s a r a a r o m a t ic a Gmel. ( L a u r i n é e s ) ; Havozo g . ; Ravintsara g.
R avensara P errif .r i Dub. et Dop. ( L a u r i nées ) ; Kabitsalahy.
R a v e n s a r a T a p a k Bail!. ( L a u r i n é e s ) ; Tapaka H.
R em irea m a r it im a Aubl. ( C y p é r a c é e s ) ; Bararatandriaka Bs.
R h a m p h ic a r p a lo n g if lo r a Benth. ( S c r o p h u l a n é e s ) ; Angamay II.
R iia ph isper m u m g e r .xhpioides Benth. (,S c r o p h u l a n n é e s ) ; Tsiavaramonina Bl.
R iiin a c a n t h u s osmospermus Boj. ( A c a n l h a c é e s ) ; Voanalakely g.
R iiip s a l is cassytha Gaertn. (C a c t é e s ) ; Ramirondra II.

R

R

u ip s a l is

horrida

Bak.

(C a c t é e s ) ;

index

359

R ottuobllia c.espitosa Bak. (Graminées) ; Orondrano II.
R ourea oniENTALis II. Bn. var. madagascariensis Courchet ( Connaracées) ; Kitsongo Sak.
R ourea p l a t y s e p a l a Bak. ( C o n n a r a c é e s ) ; Vahijoîiy Bs. ; Voampika
SI.
R ébus a p e t a i .us Poir. f Rosacées) ; Roifotsy Bl. ; Roina Bl. ; Voaroimainty Buis. ; Voaroisaka ; Voarointsaka II.
Ruuus fru tico sus L. (Rosacées) ; Roimainty Sa.
R ubus m y r ia n t h u s Bak. (Rosacées ; Voaroimainty Bets.
R ubi s p a u c if lo r u s Bak.
Rosacées) ; Roifotsy Bl. ; Voaroimainty
Bets. ; Roina Bl. ; Voaroisaka II. ; Voarointsaka II.
R ubus r o s .k fo liu s Sm. ( Rosacéesi ; Voaroimena g. ; Voaroimbazaha
II.; Voaroitanala II.; Roifotsy Bl. ; Roina Bl. ; Voaroimainty
Rets. ; Voaroisaka II. ; Voarointsaka II.
R ubus sp. ( Rosacées) ; Divaina Pr.
R u e l l io i .a G revei Baill. ( A c a n t h a c é e s ) ; Mandavohitra SI.
R u .m e .x ybyssinicu s Jacq. (Polggonées) ; Hakasimpoaka II. ; Kakasimpoaka II.
R u .m e .x n e pa le n s is Spreng. Polygonées) ] Avovina Men. ; Famelomana II. ; Lavaravina Bel. ; Lelanangaka Ants. ; Molotrankaga
Sa. ; Tabebaka Sa.

Vahilotso Bs.

R hizophora mucronata Lam. ( R h i z o p h o r é e s ) ; Honkalahy SI. ; Voandrano Bs. ; Honko SI.
R hodocodon m a d a g a s c a r ie n s is Bak. ( L i l i a c é e s ) ; Famonototozy II. ;
Kilobaloba ; Tapabatana Ant.
R ùodoi.æna a c u t if o l ia Bak. ( C h h e n a c ê e s ) ; Menahilahy ; Menahihilahy Sa.
R hodoi./Bna ai.tivola Tbou. ( C h h e n a c ê e s ) ; Fotona Bs.
R hodolæna Bakf.riana Baill. ( C h h e n a c ê e s ) ; Fotona Bs.
R hus tarantana Bak. ( A n a c a r d i a c é e s ) ; Maroavolona ; Taranta
Tan. ; Voretraberavina H.
R iius yenulosa Bak. i A n a c a r d i a c é e s ) ; Ambovitsika Sak.
R h yn c h o sia tr jco ceph ala Bak. ( L é g u m i n e u s e s ) ; Vahehataka Bl. ;
Vahiataka II.
R icinus commuais L. ( E u p h o r h i acé es) ; Kinana Sak. ; Kinamena
Bets. ; Tanantanamanga Sak. ; Tanantanankisoa H.
R iiopalocarpus triplineryius Baill. ( T i l i a c é e s ) ; Zambo H.
Rosa sp. (R o s a c é e s ) ; Raozy H.

a lp h a bé t iq u e

S
Pers. (Ruhiacèes) ; V o a s e v a Bs.
L . (Graminées) ; F a r y I I. ; Fisika SI.
S a g it t a r ia ( îu y a n e n s is I I . B. K. Alismacées) ; Kison ja m b oay Bl.
S ag u s r u f f ia Jacq. ; R a p h ia p e d u n c u la t a Beauv. (Palmiers) ; Rofia
I I . ; M a i v a n a t y ; Fom b y ; Raofia Pr. ; Voampiso ; V o a r a fy U. Voir
K e r i k e t y ou M a iv a n a ty aux Addenda à la fin du volume.)
S a l a c ia d e n t a t a Bak. (Célaslrinées) ; T s im a tr a I I . ; V oants im atr a
I I . ; V o a ts im a tra ; V oas im atra Tan.
S a l a c ia m a d a g a s c a r ie n s is DC. (Célaslrinées) ; Vo am asoandro SI.
S a l ix b a b y l o n ic a L. i Salicinées) ; H azom alahelo I I .
S a l ix m a d a g a s c a r ie n s is And. ( S a l i c i n é e s ) ; Misiho Bl. ; Tsiho H. ;
Siho Bs.
S a i a i a li -ucodermis Bak. Labiées) ; Kanda Bl. ; Tsiparapandy I I .
S a m a d e r a m a d a g a s c a r ie n s is A. J u s s . Simarouhées i ; F atr ain a g.
S a n ic u l a europæ a L . (Omhellifères) ; T ra k a v o la n a la g.
S a n t a l in a m a d a g a s c a r ie n s is Baill. (Sanlalacées) ; Masinjana ; M aS a b ic k a

d iv e r s if o l ia

S accharum

o f f ic in a r u m

son jan y g. ; M asinjany g.

�360
S anta lü w

INDEX ALPHABÉTIQUE
album

S a p o x a r ia

L.

v a o c a r ia

( S a n la l a c é e s )

L.

; Mazozano Menabe.
Savonimbary II.

( C a r y o p h y lié e s ) ;

Thon. (C hüenacées) ; M im uso ps c o s t a t a
Hartog. ( Sapola'cées) ; Todinga Bs. ; Vandrozana Bs. ; Voazabo Bs.
S ar c o l .t:na MiL.Tiki.o iia Thou. (Chlænacées) ; Helana Bs.
S ar c o i . ena pilo s a Baill. ; X e r o g iila m v s p il o s a Bak. ( C h l æ n a c é e s ) ;
Antsikana : Hatsikana Imer.
S arcostem m a sp. ( A s c l é p i a d é e s ) ; Voalelolahy Bl.
S ar co stem m a v im in a l e B . Br. ( A s c l é p i a d é e s ) ; Tsimandravina II.;
Vahinkary II.
S cæ vola K oenigii Wahl. ( G o o d é n o v ié e s ) ; Bararaka Bs.
S c h ism a to c lea c o n c in n a t a Bak. ; P s v c h o t r ia r e d u c ta Bak. ( l l u h i a c è es : Mahalonify H.
S ch ism a to c lea psv c h o tr io id e s Bak. R n b i a c é e s ) ; Voananamboa.
S c h ism a to c lea vibu rno id e s Bak. H u b i a c é e s ) ; Harahaitra II.
Scirpus lacüstris L. i .1n i a r a n I h a c é e s ; Sabotraka ; Savotraka. (Voir
note complémentaire, p. 313.)
S cir pu s pa lu d ic o la Ivunth. var. d e c i p i e n s Nees ( C y p é r a c é e s ) ; Forona Bl.
S c le r o c a r y a c a f f r a Souder ( A n a c a r d i a c é e s ) ; Sakoa Si. ; Sakoana
SI. ; Saokoa Pr.
S clerolæ na R ic iia r d i Baill. ( C h é n o p o d i a c é e s ) ; Vahitambody ; Vahintambody Si.
S c o p a r ia dulcis L. ( S c r o p h u l a r i é e s ) ; Famafatsambo Ants. ; Jamalamprika g. : Tsinjiajia Bs.
S ecamone l ig u s t r if o l ia Decne ( A s c l é p i a d é e s ) ; Tambonono SI.
S ecamone oleæ folia Decne ( A s c l é p i a d é e s ) ; Famonodindo II. ; Vahimpapango H.
S ecamone sp. ( A s c l é p i a d é e s ) ; Beraboky ; Mahafaly ; Maninjo Bl. ;
Vahizohy Sak.
S ecamone t e n u if o l ia Decne ( A s c l é p i a d é e s ) ; Tandrokosilahy Bl.
S ecamonopsis m a d a g a s c a r ie n s is Jum. ( A s c l é p i a d é e s ) ; Angalora Bl. ;
Vahimaintsy SI.
S elago m u r a l is Benth. ( S é l a g i n é e s ) ; Haninjatovo II.
S emecarpus A n a c a r d iu m !.. ( A n a c a r d i a c é e s ) ; Abiba ; Mahabiba Sak. ;
Koroso Swa. ; Fanganga Sak. ; Habiba SI. ; Mabiba SI.
Senbcio acetosæ folius Bak. [ C o m p o s é e s ) ; Mangity Bl.
S enecio A m b a v il l a Pers. ; H l b e r t ia A m b a v il l a Bory ( C o m p o s é e s ) ;
Ahifatra Tn.
S enecio be tsile nsis Bak. ( C o m p o s é e s ) ; Mangatomandry Bl.
S a r c o l .k n a

g r a n d if l o r a

INDEX ALPHABÉTIQUE

361

1)C. ( C o m p o s é e s ) ; Vandantaho II.
Bak. ( Composées) ; Fotsimanahary II.; Hazofotsinanahary 11. ; Kitongotsorana Bl.
S enecio e r e c h tito id e s Bak. (Composées) ; Maitsoririnina g.
S enecio fa u ja s io id e s Bak. Composées) ; Fiandrivanala I L ; Hainindraisoa II. ; Kimboiboy Bl. ; Kiboiboy BL
S enecio I I il d e b r a n t ii Bak. ( C o m p o s é e s ) ; Rambonaomby BL ; Rambonaombe BL
S enecio lam psanæ fo liu s Bak. ( Composées) ; Legoviakoholahy I L ;
Lengoviakoholahy IL
S enecio lo n g isc apu s Boj. Composées) ; Kitongo BL ; Tsorana BL
S enecio m icrodontus Bak. ( Composées) ; Lelosy BL ; Lelaombe Bet-. ;
Mangalahikely ; Madioranoray IL
S enecio pu rpu r e o - v ir id is Bak. (Composées) ; Mangaravina Bl.
S enecio sp. ( C o m p o s é e s ) ; Mandronono BL
S e n nk b ie ra d id y m a Pers. ( C r u c i f è r e s ) ; Anantsingitantsoavaly H.
S esam um indicum DC. ( P é d a l i n ê e s ) ; Voahazo g.
S e s b a n ia punctata DC. (Légumineuses ; Fanaravoana H. ; Kintsamkintsana SL ; Manjato Sa. ; Velonasara g.
S e t a r ia g l a u c a Beauv. ; E r a g r o s t is m a x im a Bak. (Graminées) ; Ahipody BL ; Taindambo H. ; Tenindalitra H. ; Taindalika II.
S id a g r e v e a n a Baill. (Malracées) ; Lahiriky SL
S id a r iio m b if o l ia L. ( Malvacées) ; Kisindahorina BL ; Tsindahoro II.
S id e r o x y lu m r u b r o c o statu m Jum. et Perr. ( S a p o l a c é e s ) ; Nato II. ;
Nanto Bets. ; Natovavy II.
S m ii .a x G o u d o t ia n a A. DC. ( S m i t a c é e s ) ; Avaotra IL ; Avetro Bs. ;
Aviotra SL ; Fandrikibodisy SL : Havaotra IL ; Hasaotra IL
S m il a x K r a u s s ia n a Meissn. ( A s p a r a g i n é e s ) ; Avaotra H. ; Avetro
Bs. ; Aviotra SL ; Fandrikibodisy SL ; Havaotra H. ; Hasaotra H.
Smitiiia ciiam.ecuristia Benth. ( L é g u m i n e u s e s ) ; Ivanivana H. ; So-

S enecio B ojeri
S enecio

c o c iil e a r if o i .ius

rindrana BL
Smitiiia sensitiva Aill. ( L é g u m i n e u s e s ) ; Tsingilongilondrano Sa.
S mit iiia strigosa Benth. Légumineuses) ; Tombokanjeva BL ; Tsiboko IL ; Tsikobona g.
Soeanum aphananthum Bak. S o la n é e s ) ; Ranendo IL
Solanum auriculatum Ait. ( S o l a n é e s ) ; Tambakolahy ; Sevabe ; Voampoabe IL (Voir aux A d d e n d a à la fin du volume.)
Solanum erytiiracantiium Boj. S o la n é e s ) ; Fahavalonkazo BL ; Angivy IL : Voangivy H. ; Roinjivy BL ; Angivibe II. ; Ankivy Bs. ;
Voampo II. ; Voampoa H. ; Voapo BL ; Hery ; Voampoabe ; Voampobe IL

�362

INDEX ALPHABÉTIQUE

S o l a n u m in d ic u m ; S.

nées) [

m acr o car po n

I,. e l S .

INDEX ALPHABÉTIQUE

e r y t iir a c a n t iiu m

B oj.

(Soin-

A n g i v y ; A n g iv ib e ; H e r y ; V o a n g i v y I I o v . ; R o i n g i v y B l. ;

A n k iv y

Bs. ;

Voampo :

Voampoa ; V oam poabe ;

V oam p ob e

II.;

Voapo Bl.
S olanum

macrocarpon

L.

R o in ji v y Bl. ; A u g iv ib e

(Solanées) ; A n g i v y ; H e r y ;
H. ; A n k i v y Bs. ; V oam po ;

V oan givy I I . ;
Voam p oa I I . ;

Voapo Bl. ; Voampoabe II. ; Voam pobe II.

L. i Soin nées)

S olanum M elongena

; A n giv in b a za h a 11. ; B orarak a SI. ;

Baranjehy Bs. ; Bana Bs. ; T o r a r a k a ; T o r e r a k a H . ; Voabana Bs.
S olanum

nigrum

L . ( Solanées ; A m e lo H . ; A n a m a m y g ; A n a m a fa itr a

II. ; A nants atr ia Bs.
Soi.a m

m nigrum

Hanga g.

nodiflorum

var.

Jacq.

(Solanées)

; Anamamy

y. ;

An ants atr ia Bs.

S »Innées) ; V o a m a ity Bl.
{Solanées) ; Anants in drana Bs.
i Solanées) ; A n g i l y Sk. ; V o a n g ily ; V o a n g ilo

S o lanum

m tens

S o lanum

nodiflorum

S olanum sp.

Bak.

Jacq.

gih y Bl. ; V oangibom bazah a

II.;

V o a n jo k a tra ;

; M ail o Bs.
B l. ; Voan-

V oanta b iha

H. ;

Vohatabia ; V oanjam oro Pc.
S olanum

L.

tuberosum

(Solanéesi

; Ovimbazaha I I . ; O vim bazaliafody ;

Ovimbazahafotsy ; Ovimbazahamavo I I . ; O v i v o r y Bl.
S onchus

oleraceus

(Composées) ; Anam b orak a Bl. ; B erob erak a
H.
Bak . (Composées) ; K i fo k o n d a n itr a ; K ifo k o n d a -

L.

Sa. ; Bero bero kam boa
S onchus

pa u c iflo r u s

nitsa B l.

Sorguum

Bs.

SI.;

M orama SI. ; Varia m p em b y ; V arifem b a Bs.
S p a r m a n n ia

discolor

Bak.

Tiliacées)

; Hafots okina II. ; T s iv o lo

II.

(Iiubiacées) ; Am boto nana I I .
e ye r i Mook. fils (Cucurbitacées) ; V o a ta n g o n d o lo II.
S p il a n t iie s ac m e lla Rich. ; S p il a n t h e s o le r ac e a L. (Composées) ;
Anamafana SI. et Bels. ; K im otod oh a Bl. ; A nam alaho IIov. ; AnaS permacoce sp.

S phæ rosicvos M

m ala hokely JI. ; Anam alahom baza ho II. ; A n a m a la h o y e I I .
S pila n th e s

o le r ac e a

J acq.

( Composées) ;

M a n g e v its a B l. ; A n a m a ­

fana SI. et Bets. ; Anam alaho II.
S pila n th e s sp.
S pirospermum
S po ndias

sp. ( A n a c a r d i a c é e s ) ; Voantsakoa H.
indicus H. Br. (Graminées) ; Tsiana Bl. ; Tsindrodrotra
II. ; Toiana Bl. ; Tsidrodrotra ; Tsodrodrotra II. (Voir la note com­
plémentaire, p. 314.)
S t a c iiy s b r a c iiia t a Boj. ( Labiées) ; Ahitsitry II.
S t a c iiy s L y a l l ii Benth. ( L a b i é e s ) ; Mantsinantoerana H.
S t a c iiy t a r p h e t a in d ica Wahl. (Yerhénacées) ; Hobimboalavo Bs. ;
Hohimboalavo Bs.
Stæbe cryptopiiylla Bak. (Composées) ; Lesikondana Bl.
S te n o clin e e e r r u g ine a Bak. (Composées) ; Rambiazindrano H.
S te no cline in c a n a Bak. (Composées) ; Rambiazina g.
S te n o clin e inu lo id es DC. (Composées) ; Hazonandriana £. ; Tsitakombohitra Bl. ; Velonarivotaona II.
S te no cline sp. (Composées) ; Rambihazo II.
S te n o t a p h r u m sp. (Graminées) ; Ahipisaka Bs.
S t e r c u l ia e r y t h r o s ip iio n Bai 11. ( S t e r c u l i a c é e s ) ; Hazontsilaky SI.
S t e r c u l ia inulo id es DC. (Sterculiacées) ; Tsitakombohitra Bl. ; Velo­
S po n d ias

S porobolus

narivotaona II.
Stereospermum euphorioides DC. ( Bignoniacées) ; Mangarahara Sak.
S t ip a sp. (Graminées) ; Hara II.
S t r o b il a n t h e s m a d a g a s c a r ie n s is Bak. (Aeanthacées) ; Belohalika
S tr o ng ylo d o n m a d a g a s c a r ie n s is Bak. ( Légumineuses) ; Vahimaintsiamboditsimo Bs.

et S t r . G r e v e i Bâillon ( Apocynées). (\’oir
aux Addenda au mot Atrophanthus.)
S t r y c h n o s B ar o n i Bak. ( L o g a n i a c é e s ) ; Pandela Bs.
Strychnos m a d a g a s c a r ie n s is Spreng. Loganiacées ; Amborovy ; BoS t r o p h a n t iiu s B o iv in i

{L y l hrariées) ; Fara fa ka SI. ; V a h o m b a v y
iialepen se Pers. ( Graminées) ; F e m b am b olo k y Sa.
v u lg a r k Pcrs. ( Graminées) ;
A m p e m b y I I . ; Bakaka

S o n n e r a t ia AI.BA Sm .

S orghum

363

(Composées)

DC. (Ménisperniées) ; L a v a r a v i n a g.
(Anacardiacées) ; Sakoa S I . ; Sakoana S I . ;

pend uliflo ru m

oulcis

Saokoa P r ,

F o rs t.

; Kaloban da II.

rovy ; Maroambongo ; Mokotra ; Mokoty SI. ; Morambongo ; Vakakoa ; Voavontaka SI. ; Voanpena Bets. ; Voavotaka II. ; Van-Mkotra
SI. et Bs. ; Vontaka Sak.
S trychnos spinosa Lam. ( L o g a n i a c ê e s ) ; Amborovy SI. ; Borovy SI. ;
Maroambongo SI. ; Mokotra Bs. ; Mokoty SI. ; Morambongo ; Voa­
vontaka ; Vakakoa SI. ; Voan-Mkotra SI. et Bs. ; Voanpena Bets. ;
Voavotaka II. ; Vontaka Sak.
S t r y c h n o s V a c a c o u a Baill. (Loganiacêes) ; Bakanko Sak.; Vacacoua

Sak.
v u n t a c Boj. ( L o g a n i a c ê e s ) ; Amborovy SI. ; Borovy ; Ma­
roambongo ; Mokotra ; Mokoty SI. ; Morambongo ; Vakakoa SI. ;
Voanpena Bets. ; Voavontaka; Voan-Mkotra SI. et Bs. ; Voavotaka
H. ; Vontaka Sak.

S trychno s

�g.

H.

; Dintina

(GuUifères)

B ak .

S v m p h o m a c l u s io id e s

; Dontonona

II.

; Dantonana 11. ; Dintinina

Pr. ; K i j y H. ; K im b a fo ts y
Bets. (Voir aux Addenda à

; K ija

A n t k . : Kimbamena B l. ; K im b a v a r y

Hasina g.

( Monimiacéesj ; A m b oravato ; A m b oravavy

Bak.

I L ; A m b o r a g. ; Am b oram an gid y I L ; Am b oram an itra ; Am b o ra m e ­
n a la in g o ; A m b orala v arin a ; Am borats iavoka ; Am b o ra v a to I L

ra n to lo h o I L ; A m b oratsevok a I L ;

A m borats iavoka I L ; Am b o ra la ­

v a r in a I L

Horamy H.
11ils el B o j. ( G u U i f è r e s i ; Kijiberavina H. ;
Kijimboalavo ; Kijimadiniravina H.
Synchodendron ramiflorum Boj. ( C o m p o s é e s ) ; Hazontokana I L ;
Hazotokana H. ; Mananotsa Bl.
S vm ph o m a sp. ( G u U i f è r e s ) ;
S vm phom a

T ambourissa rota

T ambourissa sp. ( Monimiacées) ; Am bora ndra ininelona H . ; Ambo-

la fin du volume.)
S vmphoma fasciculata Thou.; C iirysopia fascicui.a t a TI io u . ( Clusin cées)

363

INDEX ALPHABÉTIQUE

INDEX ALPHABÉTIQUE

364

verrucosa

T ambourissa trigophylla Bak. ( Monimiacées) ; Am bora g .; A m b o ra­
la h y ; A m b o r a m a n g id y ; A m boram anitra ; Am boram enalain go ; A m b o ­
r a l a v a r in a ; A m b oratsia vok a ; A m b oravato ; Am b oravato ; A m b o r a ­
vavy I L

T anghinia

venenifera

P o ir.

(Apocynées))

Kisopa ; Tan gena

g .;

Kebona I L

T

T ephrosia ou M undulea sp. (.Légumineuses) ; Arangoak a P r.
T ephrosia L yallii Bak. ( Apocynées) ; K ifakakely H.

T

acca p in x a t if id a

Forst.

(

Taccacêes)

; Kabij a

SI. ; K o b its o Sak. ;

T av olo H .
T

T eramxus labialis S p r e n g . ( Légumineuses) ; F am ih ifory Sa. : T akot-

et Perr. ( Taccacêes) ; K o b its o dolo S ak.
c a r in a t u s Gris. ( Geniianèes) ; A f e r o m b o b i t r a B.
lo ng iflo ru s Griseb. ( Geniianèes) ; K ilo b a lo b a B l. ;

acca um brarum

T ach iad e nu s
T ach iad e nu s

J um .

s if o tra Sak.

T erminalia G atappa L . ( Comhrétacées) ; Hatafa ; Hatafana; Hatafo
Ta-

pabatana A n t .
T ag ete s

e r e c ta

L. ( Composées)

; A nants in ahim bazaha I I . ; T s i p o l o -

am ar in d u s in d ic a

T

am bo urissa

V oam atory Sak.

L. ( Légumineuses) ;
; Madilo SI.

B o iv in i ;

p a r v if o l ia

;

Kililo

pu rpurea

;

K ily

SI. ;

M ad iro

IL ;

g. ;

r e l ig io s a

;

rota

;

Am b o ra ts ia v o k a ; A m b o r a m a n g id y

A m b o r a m a n itr a : A m b oralah y Bl. ; A m b o r a v a to

g .;

Borona

IL :

T hespesia populnka Sol. (Malracées)) Valo ; Valomena Sa.

IL ;

T kumbergia cvanea Boj. (Acanlhacées) ; Forinon dry I L

Am boravavy

T iiumbergia platyphvlla Bak. (Acanlhacées) ; Faromaso : Foromaso
IL

B ak . ( Monimiacées) ; A m b ora g . ; A m b o r a ­

T iiylachium laburnoides Bak. ( Capparidées); Somanga H.
T imonius flavescens Bak. ( Bubiacées) ; Varona H .
T inea isaloensis Drake (Sapindacées)) Manindry Ant.

varin a I l . ; Am borats ia voka ;

Addenda à la lin du volume.)
T oddalia aculeata Pers. (Rutacées))
R o y Bets. ; V o a s a rik e lin a la Tank. ;

A m b o ra v a v y

A m b oram an gid y H . ; A m b o r a v a t o ;

H.

pu rpurea

B ak .

Monimiacées) ;

A m b o ra g .

:

Am bora­

m angidy I L : A m b o ra la h y Bl. ; A m b o r a m a n i t r a ; A m b o r a m e n a la in g o
H . ; A m b oralav arin a I L ; A m b o ra ts ia v o k a ; A m b o r a v a t o ; A m b o r a ­
vavy I L
am bo urissa

r e l ig io s a

Bak .

(Monimiacées)

; Am bora

g.

A m boratsiavoka; A m b o ra va to ;

Fanidy

\

oir aux

Bets.; Kasimba Imer. ;
Ants. ; V oasarik eli-

Romainty

lana T a n k . .

T oxocarpus tomentosus Jum. et Perr. i Asclépiadées) ) Voansifitr a

Sak.
; Am bora­

la hy Bl. ; A m b o ra m a n g id y ; A m b o r a m a n itr a ; A m b o r a m e n a la in g o ;
A m boralavarina;

Borena

T etraspidum laxiflorum Bak. i Scrophiilariées); Laingontsinsina H.

la hy Bl. ; Am b oram an it ra I L ; Am b o ra m e n a la in g o I L ; A m b o r a l a ­

T am bo ur issa

T

(Labiées))

IL ;

Bak. ( Monimiacées) ; Am borasaha.

am bo urissa p a r v if o l ia

Ben th .

t iu -

H.
e l u p t ic a

fruticulosa

M e n a b e ; B oron d ah y Bl.

T etradenia sp. (Labiées)) B orom bavy H .
;

Bak. ( Monimiacées) ; Am b ora g . ; A m b o r a l a v a r i n a

A m boram enalain go

T

T erminalia pumila T u l . ( Comhrétacées) ; Voafatzy g.
T etradenia

T

T am bo u r issa

Bs. ; A ta fa Bs.

T erminalia F atræà D C . (C ombré lacées)] V oam pirakitra Bs.

bazaha II.

c h o ph y lla

T ephrosia monanthà Bak. (Légumineuses) ; Fanamo; Fanomo II.

Am boravavy

IL

T raciivlobium verrucosum G a e r tn .

Bs.

; M a n d ro fo

Bs.

; Nand rorofo

Légumineuses';
Bs.

; Tan droroho

Andrakadraka

Bs.

�367

INDEX ALPHABÉTIQUE

366

INDEX ALPHABÉTIQUE

T r a g i a c o r d if o l ia B e n l h .

(Euphorbiacêes); A g i l a h y B l.
T r a g ia f u r i a u s Boj. ( Euphorlnacées); A g i l a h y I I .
T r e c u l ia m .v d a g a s c a r ig a N. S. Br. (L'rticées) ; V a r o n g i f o t s i m a l a i l a y
II. (V oir aux Addenda à la fin du volume.)
T r é m a C o m m e r s o n ii Blume ; C e l t is m a d a g a s c a r i e n s i s
Boj. ( Ulmacées): An drarezina g.
T r é m a g r is e a Bak. l'rticées ; A n gesok a H.; T s i l a i b a r a t r a Bl.
T r é m a o r ie n t a l is Bak. I rticées) ; A n d raraizin a Bl. ; A n d r a r e z o Bl. ;
An gesoka II.
T r ib u l u s t e r r e s t r is L .

Zyyophy liées)

Bak ak ely SI.

l o n g if o u a
o lig o lo b a

\\’ illd .
et

(Urlicées); Ampibelavarika

rad u la

B a k . ; O b e t ia

(Géraniacées) ; K apisinina I I .
T y p h a a n g u s t i f o u a L. ( Typhacées); Ovotra Pr.
T y p h a j a v .v n ic a Schnitzl. ( Typhacées) ; V ondro SI. ; V o n d r o n a Pr.
T y p h o n o d o r im L im j e e y a m m Scbott. (Aroïdées); V ih a Brn. ; M angib o
Bs.
Kngl. (Aroïdées);

SI. ; Mangoka SI. ; Mangaoka S L ; Via
T y p h o n o d o r im m a d a g a s c a h ie n s e

Vih a

SL ;

Vihana

BL
ü
Bak. Euphorhiacées) ; Voampaka Sa.
( E u p h o r h i a c é e s ) ; Voapaka Bs. ; Voapamena

U apaca

cllsioides

L' apaca

T houarsii BaiII.

Bs.
); Hazoambolahy Bs.
L. M il Iv a c é e s ) ; Kiriza ; Kirijy Sak. ; Kisilenja SL;
Paka Bs. : Pampaho ; Pampana ; Pampano Bs.; Sikilenjo SL; Tsikilenza SL
U rera acl’ minata Gaudich. (U rticées); Amiandambo BL ; Sampivato
L’ nona

L' r ena

sp.

[A n o n a c é e s

r.oBATA

H.
U rera

amberana

Bak. ( Erticées ) ; Amberana Bl.

Bs.
O.

p in n a t if id a

;

V

T r ix a d a s y c a r p a

T r o p .e o l i m m a j i s L .

m o r if o l ia ;

O. l a c in ia t a B ak . (Urlicées); Amiana g . ; Amiambavy I L; Amiandahy II. ; Amiandambo Bs.
U r e r a r a d u l a B a k . (Urlicées); Amiana g . ; Amiambavy ; Amiandahy
II. ; Amiandambo Bs.
U r o p h y llu m L y a l l ii Bak. (liuhiacées) ; Bilahy Bs. ; Belahy Bs. ;
Fatray II. ; Dontory H. ; Vongontane SL
Utricularia sp. ( L e n t i h u l a r i è e s ); Firambana Bs. ; Forambana H .
Usnea uarbata A c h a r . ( L i c h e n s ); Somotrazo Bs.

L. i Cucurbilacées) ;

P a t a o l y Bs.
Radl. ( Ternstrêmiacées) ; F e lab oron a H .
T r in a t r ij u g a Kadl. ( Fougères) ; A m p a n g a n ra v in a SI.
T r is t e m m a sp. (Mélastomacées); T s i k o t r o k o t r o v a v y H.
T r is t e m m a m r i s a m m Juss. Mélaslomacées) ; T s i k o t r o k a Bl. ; V oatro tro k a H.; T s i k o t r o k o tr o la h y H.; V a t r o t r o k a H. T s i t o t r o k a Pr.
T r is t i c h a i r u a r ia Tul. (Podoslérnacées) ; R o n d ra m a d in ik a Bl.
T r it ic u m v u l g a r e Wïll. ( Graminées) ; L a fa rin a I I . ; V a rim b a za h a H .
T rh m f e t t a r h o m b o id b a Jaeq. ( Tiliacèes) ; B e sofim b avy Sa. ; B e s o fin a ;
Kihasinkasina Bl. ; K is a le n jy SI.; T s i n d a i l a y ; T s i t i a m o t y I I . ; T sir ij y SI. ; Besofinantanana Sa.
T r ic h o s a n t h e s A n g u i n a

U rera
U rera

V

a c c in iu m

\rAcciNii m

Ilook. ( Ericacées) ; K i t i b o k a BL
sbcundi folium Ilook. (Vacciniées) ; T s i t a k a j a z a BL ;

emirnense

m o n ts im b a v y ; V o a r a m o n ts in a

Voa-

H.

sp. (Vacciniées); K i t a t a ; V o a r a m o n t s y I I .
Boj. (Apocynées); V a h e k a b o h o b o SL
\ a n g u e r ia edulis Vahl. (liuhiacées) ; V a n d r i k a Bs.
V a n g u e r ia e m irn e n sis Bak. ( liuhiacées) ; M a n g i d i m a n t a Bets.
V a n g u e r ia m a d a g a s c a r ie n s is J. F. Gmel. (Rubiacées); V o a v a n g a g.
V a u c h e r ia s e s silis DC. (Alyues-Confervacèes) ; L o m o t r a H .
V e l l o s ia d a s y l ir o id e s Bak. (Amaryllidées); F a n a n s a n d o v ia H.;
M a i m b o l e n a IL ; T o n g o t r a k o h o IL; M a i m b e l o n a IL
V ei .l o s ia p e d in a t a Bak. ( Amaryllidées) ; H o s a m b a v y BL
V e l l o s ia s e s s il if l o r a Bak. (Amaryllidées) ; H o s a n a ; H o s a n d a h y BL
V e r n o n ia a p p e n d ic u l a t a Less. (Composées) ; A m b i a t y H . ; 0 m b i a t y
Sa.
V e r n o n ia c e p h a lo p h o r a Oliv. (Composées); T s i m i f i d y Antk.
V e r n o n ia c o l o r a t a Willd. (Composées); A m b i a t i l a h y SL
V e r n o n ia e r y t iir o m a r u l a Klatt. ; V. scapifo rm is DC. (Composées) ;
K i l a h i m e n a BL
V e r n o n ia e x s e r t a Bak. (Composées) ; M a r a n i t r a BL
V e r n o n ia l e p id o p iiy l l a Dr. de Cast. (Composées); K i j i j a l a h y H.;
K o j e j a l a h y II.
V e r n o n ia L y a l l ii Bak. ; I I e lic iir ys u m cirru osum Lees ( Composées) ;
Ramanjavana IL
V e r n o n ia m a l a c o p h y t a Bak. ( Composées) ; M s m d r ia m b a v a h a d y Sa.
V e r n o n ia M e r a n a Bak. (Composées) ; M e r a n a BL
V e r n o n ia o ch r o le u ca Bak. (Composées) ; A t i n d r a m b o H.
V a c c in iu m

V

a iie a m a d a g a s c a r ie n s is

�368
Y

erno nia pe c to r alis

Bak. ( Composées) ; K ijit in a B ets . : S a k a ta v ilo tr a

g. ; Sakatavilona II.
Y
\

erno nia

Y

erno nia

Bl.
Y

Bak. (Composées): H o v o n jy Sa.
scapifo rm is U C . (Composées) ; Kilahimena Bl.
s c ar io sa Bak. (Composées) ; F an eran d ah y I I . ; K i la h im e n a

e rno nia p o ly t r ic ïio le p is

e in m a n n ia lucens

W

e in m a n n ia m a d a g a s c a r ie n s is

W

takava

e in m a n n ia

H.
W

; K ij e ja la h y ; K o je ja la h y H.

Y erno nia

Bak. (Saxifrayées) ; Lalon am boa II.; Lalona g.
I)C. (Saxifrayées) ; La lo Bs.
m in u t if o l ia Bak. (Saxifrayées) ; Fandirana I I . ; Letr azo

W

R

e in m a n n ia

u t e m b e r g ii

m an ga ; Hazom ena

Boj. (Composées) : M asip oisana Bl.
sp. ( Composées) ; Hazotokana g. ; M an an otsa Bets. ; Hazo Menabe ; Hazo to kava SI. ; Nananjo H . (Voir aux Addenda

ern o n ia se cind ik o l .iv

369

INDEX ALPHABÉTIQUE

INDEX ALPHABÉTIQUE

Bl.;

Engl. (Saxifrayées)',
Hazomanga II.

Hazomana

II.

; Lalo-

e in m a n n ia sp. (Saxifrayées) ; Hazom enalak itra H.; Sanga Bs.
W o o d fo r d ia f lo r ib u n d a Salisb. (Lythrariées) ; Iratrika SI.; LambohenjanaSl.; Pisopiso H.

W

Hazotokana. p. 296.)

Bak. ( Légumineuses) ; A v o k o I I . ; K im a o ts a Bl.
Y ig na llîteola Benth. (Légumineuses) ; V a h im b ib y la v a Sa.
V ig n a microd onta Bak. ( Légumineuses) ; V o a lo m b o n a Bs.
Y inca lan c b a Bak. ipocynées) ; V onenin a ; V o n i n e n i n a H . ; Salotsa Bl.
V in c a major L. (Apocynées) ; Salotsa Bl. ; Vonenina ; V o n in e n in a H.
Y in c a rosea L- (Apocynées) ; V o n e n i n a ; V o n in e n in a I I . ; S alots a Bl.
V in c a tr ic o p h v l l a Bak. ( Apocynées) ; V o n e n i n a ; V o n in e n in a I I .
Salotsa Bl.
V io la a b y s s in ic a Sleutl. ( \ iolariées) ; Han ifika I I .
V is c im sp. ( Loranlhacées) ; Somorona I I . ; L a f i t r a H .
V it is l e n t ic e l l a t a Bak. (Ampèlidèes) ; V a h in ta k ifitr a Sa. ; V a h in tankifitra H.; V a h in tan k if otra II.
Vins m icr o d ipter a Bak. . 1mpêlîdécs) ; F am akienta na ; F a m a k ie ta n a
Bl. ; Fan drib aratr a II. ; Mahasaro bahatra I I . ; M ason om b y II.;
V

Voamasonom by ; Voakisomam boa II. ; V oalo b ok am b oa ; V o a lo m b o n a

sp. Ampèlidèes) ; V oakitso ; V o a k its y Pr. ; V o a lo b o k a la H.
L. [Ampèlidèes) ; Voaloboka I I .
V o and ze ia su b t e r r a .n ea Thou. (Léyumineuses) ; V o a n jo b o r y I I . ;
V o an jo vory Bl.
W a h le m b e r g ia B ojebi A. D G . (Campanulacées) ; T a k o ro b a b o n a k o h o
\

itis

\

itis v in if e r a

H. ; T e lo v itr a n a n k a r a tr a H.
a l t h b r ia a m e r ic a n a

L.

(Slerculiacées) ;

S a n d o r y S l . ; S a n d o r im a v o ;

T sin dahorolahy ; Tsin d oharola hy H .

sp. (Iiubiaeées) ; Lain gibongo I I .
sp. (Composées)', Anam alahoala II.
\\ e ih e a s e s silif lo r a Bak. (Rhizophorées) ; H azom am y
W e in m a n n ia B o j e r ia n a ; W . e r io c a r p a Tul. ; W . lu cens Bak. ( Saxifrayées) ; Lalona g.
W e in m a n n ia e r io c a r p a Tul. (Saxifrayées) ; L a lo n a g.
Y Y ebera

\\*e d e llia

.\sso (Composées) ; M afik e ly II.
Bak. (Chlienacèes) ; Gararo I L ; Hatsikana

X

e r a n t iie m u m annuum

X

e r o c iil a m y s pilo s a

IL ;

A n ts ik a n a II.
X

e r o c iil a m y s

pubescens

Baill. ( Chlæ/tarées) ;

A n tsik an a; Hatsikana

H.
X

e r o p iiy t a

X

y r is

m a d a g a s c a r ie n s is

s e m if u s c a t a

G m e l . ( Amaryllidées) ; Rangimbato I I .

Boj. (Xyridées) ;

K iforom bato

Bl.

; Lohato ko

H.

Z
Z ea

L.

m a is

(Graminées):

Katsamanga I L ; Katsabotso H . ; K ats a-

k a n d e v o la h y ; Katsabazaha ; Katzaha I L ; Sako; Tsako I L ; T s ak otsako I L

Z ingiber zerumbet L . (Scitaminées); L ak itra I L ;

H.

W

X

ig n a an g ivb n sis

Sakarivondam bo

Menabe.
Z izyphus jujuba L a m . (Rhamnées): Mokanasy S L ; Mak onasy S L ;
V o a n d a m o ty
Z iz y p h u s

SI.

sph æ r o c ar pa

Tul. [Rhamnées)',

Moussinavosinavo g.

�ERRATA

Page 35, au mot Anivona, au lieu de : palistaciha, lire :
POLYSTACIIIA.

P. 13, à 1article Bokabe, au lieu de : M arsdenia yerrucosa
Bojer, lire : M ars, yerrucosa Decaisne.
P. 46, à l ’article Dimaka, à la variété Madagascariensis, ajou­
ter comme nom d’auteur de cette variété : Jumelle, qui a
été omis.

P . 61, au mot Hafina, au lieu de : Marattla fraciscea [ M a r a tt ia nées), lire : Marattia fraxineaSiïi . (M a ra ttia c é e s ).

P. 143, au mot Mandriambavahady, au lieu de : V ernonia malacophylla Bak., lire : V ernonia malacophyta.
P. 180, au lieu de : Tanatave, lire : Tamatave.

P. 186, au mot Saladingita, au lieu de : Cichorium endiya,
lire : C. endiyia.

P. 190, au mot de Satranamira, au lieu de : folianes, lire :
foliacés.
P. 192, à la lin de l’article Sefo, au lieu de : Savotraka (Scirpls
l a c u s t r i s I,.), lire : Sabotraka.
P. 193, au mot Sirangabalala, au lieu de : Hibiscus Surattens i s , lire : Suranensis.

P. 198, dernière ligne, au lieu de : athènres, lire : anthères.
P. 208, au mot Tamboloana, au lieu de : P olygonum M eisnerianüm, lire : P. M eissnerianum.
P. 220, au mot Tokanfototra SI., au lieu de : M ascarenhasia
arrorescf.ns Jumelle, lire : M asc. arborescens A. DC.
P. 223, au mot Tzanobemay, au lieu de : Cy.nura cernua Bak.,

lire : Gynura

cernua Benth.

�372

EHHATA

Page 236, au mot Tsobolo, au lieu de : novice, lire : nocive.
P. 241, au mot Vahintamboly, au lieu de : Chénopodiacées,
lire : CMenacées.
P. 263, ligne 4, au lieu de : récipient, lire : excipient.

FRAGMENTS BIOLOGIQUES

P. 268, au mot Voansifitra, au lieu de : T oxocarpiüs tomen• tosa Jumelle et Perrier, lire : T oxocarpus.
P. 269, au mot Voantsila. au lieu de P anax or.mfolia , lire :
P anax ormfolii'm Baker.
P. 276, au mot Volombodimposa, au lieu de : employée la
diarrhée, lire : employée contre la diarrhée.

DE

LA

FLORE

DE

MADAGASCAR

(DIOSCOREA, ADANSONIA, COFFEA, ETC.).
P ar

MM.

H enri J umelle

et

H.

P errier

de la

B a t h ie .

P. 277, 3e ligne, au lieu de : en les mêlant, lire : en le mêlant.
P. 282, dernière ligne, supprimer ou.
P. 287, ligne 16, lire : de, au lieu de : du.
P. 288, ligne 29, lire : couvertes, au lieu de : couverte.
P. 297, 34° ligne, au lieu de : et est plan, lire : est plan.
P. 302, à la première ligne de la légende placée en dessous
de la 6g. 71, au lieu de : Freaneei, lire : Freneei.
P, 314, ligne I, au lieu de : Sproholus, lire : Sporobolus.
P. 31 i, ligne 15, au lieu de : Medeinia, lire : Medemia.
P. 314, ligne 19, au lieu de : sont employées pour, lire : sont
employées, soit pour, et effacer soit à la fin de la ligne.
P. 313, ligne 14, au lieu de : Dombaya, lire : Dombeya.
P. 332, au lieu de : D ioscorka

trichanta,

lire :

trichantha .

Dans notre précédent Mémoire sur les Asclépiadées
nous
avons donné sur la partie de Madagascar où avaient été
récoltées toutes les espèces que nous avons signalées de nom­
breux renseignements ; nous avons décrit le climat, le sol et
le mode de végétation de toute la contrée que nous désignons
— un peu conventionnellement comme nous l’avons fait
remarquer — sous le nom de « nord-ouest de Madagascar &gt;&gt;.
Depuis lors, les explorations de celui d’entre nous qui se
livre sur place à cette étude se sont étendues vers le nord
jusqu’à Nossi-Bé. Déjà, du reste, nous avons résumé ailleurs '*
les observations générales faites au cours de cette nouvelle
campagne ; nous croyons cependant intéressant d'ajouter ici
encore quelques détails complémentaires, et notamment sur
deux régions que nous citerons souvent dorénavant, car l’un
de nous y a fait d’abondantes récoltes, l’Analamahitso et le
Manongarivo.
1. II. Jumelle et II. Perrier de la Bathie :

;

N o te s b io lo g iq u e s s u r ta

(Annales du
Musée colonial de Marseille, 1908).
2. H. Jumelle et li. Perrier de la Bathie : L e s L a n d o lp h ia et les M a s ca re n h a s ia à c a o u tc h o u c du n o r d de l'A n a la la va (L ’Agriculture pratique
des pays chauds, 1909).
v é g é ta tio n du n o rd -o u e s t de M a d a g a s c a r

Annales

du M u sée c o l o n i a l de M a r s e ille .

les A sclé p ia d é es

— 2* série, 8‘ vol. 1910.

24

�371

11. JIMELLE ET 11. PERRIER DE I.A HATH1E

I

L ’Analamahitso.
L'Analamahitso — que nous avons déjà indiqué l’année
dernière sur la carte que nous avons donnée dans ces Annales
— appartient, dans le Boina, à la région du Haut-Bemarivo,
et est situé entre l'Anjobony et le Bemarivo.
A la sortie de la plaine de Lanihay, le Bemarivo, se diri­
geant vers la haie de la Mahajamba, s’engage dans les gorges
de Masokoaniana, où il s’est creusé un étroit passage entre
les deux massifs d'Amberimahay et d'Analamahitso. Ces deux
massifs sont remarquablement identiques par leur constitu­
tion géologique : tous deux ont un soubassement de gneiss,
que surmonte une couche de sédiments arénacés à bois siliciliés, elle-même recouverte de coulées balsatiques, au-dessus
desquelles sont de nouveaux sédiments arénacés d’àge plus
récent et d’origine peut-être lacustre. Une caractéristique de
toutes ces cimes, dont les points culminants dominent de
800 mètres les vallées voisines, est l’uniformité d'altitude
qu elles présentent, comme d’ailleurs tous ces anciens plateaux
déchiquetés par l’érosion. Mais, alors que le massif de la rive
gauche, 1 Amberimahay — qui signifie « herbes foulées » —
est complètement dénudé ou ne possède plus que quelques
rares bosquets dans les replis de ses flancs escarpés, l'autre,
l'Analamahitso, — c’est-à-dire la « forêt verte » — est magni­
fiquement boisé.
Pourquoi une telle dissemblance de végétation sur des ter­
rains identiques, de commune origine, et à peine séparés lun
de 1autre par une vallée de 3 à i kilomètres de largeur?
L ’explication que nous croyons pouvoir donner confirme à
nouveau l'hypothèse de l’ancienne forêt malgache, telle que
nous l’avons antérieurement exposée.
Ce n’est pas, en effet, à l'absence actuelle de brouillards
qu’il faut attribuer la dénudation de rAmberimahay. 11 est
bien vrai que, aujourd’hui, le climat est beaucoup plus sec sur

FRAGMENfS BIOLOGIQUES DE I.A FLORE DE MADAGASCAR 3 7 5

ce plateau que sur l’Analamahitso. Vue de la plaine de
Lanihay, la « forêt verte » apparaît souvent coiffée d’un
énorme nuage, au milieu d'un ciel admirablement bleu,
comme si de tous les points de l horizon toute la vapeur d’eau
de la contrée était venue se condenser au-dessus de ses bois;
on n’observe jamais semblable phénomène sur l Amberimahay.
Mais ces brouillards de l’Analamahitso 1 ne sont-ils pas la
conséquence et non la cause de la présence de la forêt ?
Qu’on remarque d’abord que, dans les quelques bosquets
qui sur l Amberimahay ont persisté dans les gorges des tor­
rents, on reconnaît les mêmes espèces arborescentes que sur
l'Analamahitso ; et c’est à ces espèces encore qu’appartiennent
manifestement les nombreuses souches carbonisées qu on
retrouve partout. Puis il faut noter cet autre fait que, au sudest, d’où souillent les vents violents, aucun massif ne protège
le plateau contre ces vents, car c’est la plaine de Lanihay,
très anciennement peuplée. Enfin l Amberimahay possède des
placers aurifères exploités de longue date. Autant de causes
d'incendies. Les Sakalaves et les chercheurs d'or allument des
feux de brousse, que le vent ensuite active et propage. L ’Ana­
lamahitso, par contre, est abrité au sud-est par des montagnes;
aucun gisement aurifère n’y est connu jusqu’alors; ses abords
ne sont habités que depuis très peu de temps par des Antandrona émigrés.
En rappelant et comparant tous ces faits, on est fatalement
amené à conclure que ; 1° l Amberimahay a dû être couvert, à
l'origine, des mêmes forêts que l’Analamahitso, puisque son
sol est le même et que, en fait, les derniers vestiges actuels
de végétation arborescente démontrent la possibilité, pour les
mêmes arbres, de pousser sur les deux plateaux ; mais, 2°, si
l Amberimahay est aujourd’hui dénudé, c’est parce que des
causes diverses, telles que la violence des vents qu’aucun
obstacle ne vient briser, le voisinage ancien d'habitants et la

I. Ces brouillards de saison sèche n’ont, croyons-nous, jusqu’alors
été signalés, h Madagascar, que dans l’est de l lmerina.

�370

11. JUMELLE ET II.

PER HIER DE LA HATM1E

recherche de l'or ont provoqué et facilité les incendies qui
ont fait disparaître tous les arbres.
La forêt de l'Analamahitso n’a pas été, pour les motifs que
nous avons énumérés, soumise aux mêmes facteurs de des­
truction ; et, continuant à retenir la vapeur d'eau que les vents
amènent, elle la condense sous forme de brouillards, que fina­
lement le refroidissement nocturne résout en lines pluies
matinales.
Voilà donc comment nous nous représentons les faits ; et il
est bien probable — malheureusement — qu'un avenir rap­
proché établira mieux que tous les raisonnements l’exacti­
tude de cette théorie. Nous ne connaissons pas d écrit qui
atteste l'ancien boisement de l'Amberimahay, mais notre
étude même affirme aujourd hui le boisement actuel de
1 Analamahitso. Si, par suite, dans quelques années, l'Ana­
lamahitso oll're, à son tour, le même aspect que l'Amberimahay, on ne pourra contester que la dénudation ici soit
artificielle, et il n’y aura aucune raison pour ne pas convenir
que, sur l'Amberimahay, ce sont les mêmes causes qui, plus
anciennement, ont produit les mêmes effets.
En tout cas, tout laisse prévoir que, avant peu, et dans un
sens ou dans l'autre, la preuve sera fournie.
A l’heure présente, la forêt couvre bien encore complète­
ment tout le massif, et, en longeant les nombreux cours d’eau
qui y prennent leur source, descend jusque dans la plaine.
Si les parties gréseuses et plus sèches des sommets ne sont
revêtues que d’essences atteignant K) à 12 mètres au plus de
hauteur — avec seulement, de loin en loin, quelques plus
grands individus — partout ailleurs, sur les terrains primitifs
gneissiques, sur les basaltes ou sur les grès inférieurs, ce sont
des arbres de 25 mètres et davantage. Et tous offrent une par­
ticularité qui frappe immédiatement un observateur habitué aux
forêts de la côte occidentale. Alors que, dans ces forêts, la plu­
part des espèces perdent leurs feuilles pendant l'hiver austral, à
l'exception seulement de celles qui habitent les lieux humides
ou les bords des rivières, les espèces de l ’Analamahitso sont à
feuilles persistantes, même dans les endroits les plus secs. Leur

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

377

végétation ne subit un arrêt marqué que pendant les mois où
régnent les grands vents, c’est-à-dire d’avril à août, à l’époque
où fleurissent encore toutes les espèces des sous-bois. Et ce
sont de beaux arbres, susceptibles de fournir de bons bois de
charpente et de jolis bois d’ébénisterie. Comme plantes à
caoutchouc, le Plectaneia elastica Jum. et Perr. croît partout,
le Mascarenhasia arborescens DG. atteint jusqu’à 35 mètres
de hauteur, avec un diamètre de tronc de 00 centimètres ;
YEuphorhia Pirahazo Jum. se localise dans les rocailles des
contre-forts. Innombrables sont les épidendres et les Fou­
gères, souvent arborescentes, qui abondent dans tous les lieux
un peu humides. Orchidées et Fougères ont dix fois plus de
représentants dans la seule forêt (l’Analamahitso (de 20.000
hectares à peine de superficie) que dans l’ Ambongo et le Boina
réunis.
Mais ceci, nous le répétons, est le présent. Or voici que
depuis peu les environs se peuplent, et déjà des milliers
d’hectares ont disparu, détruits par les feux qu’allument les
chasseurs de sangliers, les chercheurs de miel et de caout­
chouc, les gardiens de bœufs, qui rayonnent autour de chaque
village. Encore quelques années, et il ne restera de l'Ana­
lamahitso qu’un nom devenu trompeur, appliqué à un plateau
aussi dénudé que son vis-à-vis de l’autre rive du Bemarivo.
Malgré l'humidité relative — et qui, au reste, diminuera
progressivement à mesure que les bois s'éclairciront — la forêt
d’ Analamahitso, avec ses nombreuses essences résineuses, ses
arbres couverts d’épiphytes, ses mousses, brûlera avec une
extrême facilité, plus facilement même, à cet égard, que les
forêts de la côte Ouest, dont les arbres sont à feuilles caduques
et parfois plus ou moins crassulescentes.
En fait, l'un de nous a déjà pu constater l’importance des
dégâts que cause dans le massif un seul incendie. C’est par
centaines d’hectares que, pour un seul feu, les bois sont
détruits.
A la place alors de la forêt, autour des troncs carbonisés,
poussent tout d'abord et exclusivement des Fougères, telles
que le Pteris ar/uilina, dont les tiges sèches et très serrées ne

�378

H. JUMELLE ET II.

TERRIER DE LA BATHIE

tardent pas à flamber de nouveau, détruisant les jeunes plants
qui étaient réapparus sous le couvert. Puis rapidement, sans
autre transition, se montrent les Graminées ordinaires des
collines dénudées. Un ou deux ans encore, et l'érosion aura
enlevé les dernières parcelles d'humus et de charbon, et rem­
placement d'une belle futaie d'autrefois ne pourra plus être
distingué de l'immensité des terrains dénudés qui représentent
le sol des trois quarts de 1î1e.
Cette destruction de la forêt d Analamahitso sera regret­
table non seulement à cause de la valeur intrinsèque de ses
bois, qui sont parfaitement exploitables, mais aussi en raison
de l'action bienfaisante que le boisement même exerce sur le
climat et sur le régime des eaux des rivières qui prennent
leurs sources en cet endroit.
On peut aussi déplorer de voir disparaître un des derniers et
rares spécimens de forêt prospérant dans le centre, sur des
terrains semblables à ceux de l lmerina, à une altitude peu
inférieure. Spécimens si rares que la possibilité même de
l’existence de ces forêts a été niée par de nombreux obser­
vateurs !
Il y aurait pourtant, croyons-nous, un moyen bien simple
de préserver l'Analamahitso de la destruction. Nous avons
dit que de nombreuses rivières prennent naissance dans ce
massif. Les bords de ces cours d'eau, les flancs des parties
basses de leurs vallées sont couverts de beaux pâturages où
paissent de magnifiques troupeaux. Les propriétaires de ces
bœufs, que précisément ces prairies ont attirés dans ces soli­
tudes, se sont groupés par rivière et par village et se sont
entendus pour se réserver à chacun la jouissance exclusive de
tel versant ou de tel vallon ; et ces conventions sont stricte­
ment respectées. Ne pourrait-on pas régulariser ces titres de
propriété en donnant les versants ou les vallons aux villages,
ou même à de simples particuliers, sous la seule condition que
les uns ou les autres seront responsables des dégâts commis
dans les forêts qui limitent leurs pâturages?
Au surplus, dans beaucoup d’endroits, où les bœufs sont
devenus assez nombreux pour maintenir l'herbe au ras du sol

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

379

— ce qui diminue énormément les chances d’incendie — les
propriétaires se sont déjà, d'eux-mêmes, interdit les feux de
brousse, qu'ils ont reconnus nuisibles à leurs prairies et à leurs
troupeaux. Et ils les ont même défendus aux passants! L ’ex­
tension de 1élevage, la surveillance des forêts par les pro­
priétaires de bétail encouragés dans cette voie seraient peutêtre donc bien, dans les conditions actuelles, la seule solution
pratique du grave problème qui se pose à Madagascar : com­
ment protéger les trop rares bois qui restent encore dans
1île ?
Ces explications données, il est une dernière remarque qui
est indispensable si nous ne voulons pas laisser croire à une
contradiction entre une phrase que l'on pourrait relever dans
les lignes que nous venons d écrire et un passage d un 1 de
nos mémoires antérieurs.
Nous avons fait observer tout à l'heure que les espèces
arborescentes de b Analamahitso sont à feuilles persistantes,
même dans les lieux secs.
Or, d ’autre part, dans le premier chapitre de notre note sur
les Landolphia et les Mascarenhasia à caoutchouc du nord de
l Analalava (/oc. e/7.), nous avons dit que, dans les vallées du
Sambirano et du Maivarano, les espèces à feuilles caduques ont
remplacé les espèces à feuilles persistantes dans les lieux secs
situés à l'abri des feux de brousse.
Les deux faits peuvent, à première vue, paraître incompa­
tibles. Ils ne le seraient, en réalité, que si nous voulions laisser
entendre que, dans les deux cas, c'est le changement de
régime climatique qui a créé exclusivement la flore actuelle.
Telle n’est pas notre pensée. Il faut évidemment tenir compte
encore de la végétation primitive.
Dans le Bas-Sambirano et le Bas-Maivarano, il y eut, à
l'origine, des arbres à feuilles caduques et d autres à feuilles
persistantes. Lorsque le climat est devenu plus sec. les arbres
I. H. Jumelle el II. Perrier fie la Bathie :

L e s L a n c lo lp h ia e t les M a s -

c a r e n h a s ia à c a o u t c h o u c &lt;ln n o r d d e l 'A n a la la v a

des pays chauds, 1900).

l L’ Agriculture pratique

�380

H. JUMELLE ET II.

PERR1ER DK LA RATHIE

k feuilles caduques, plus aptes à résister aux nouvelles condi­
tions, ont persisté en bien plus grand nombre que les espèces
à feuilles persistantes; ils sont donc aujourd’hui largement
prédominants sur celles-ci dans les petits bois qui n’ont pas
disparu.
Dans l'Analamahitso, vers l'intérieur de l ’île, il n’y a
jamais eu d’arbres se dépouillant annuellement de tout leur
feuillage. Les espèces qui subsistent sont donc forcément à
feuilles persistantes ; elles ne peuvent, comme vers la cote,
passer en quelque sorte inaperçues, perdues parmi un bien
plus grand nombre de types h feuilles caduques.
La différence tient, en définitive, h ce que, de tout temps,
l'humidité a été un peu plus grande dans la région centrale
— exactement dans toute la partie située à l ’est de la base (à
la cote de 500 mètres) des contreforts gneissiques du plateau
central — qu’au voisinage de la cote. Alors donc que Lite
était entièrement boisée, les deux régions du nord-ouest et du
centre étaient aussi bien délimitées qu elles le sont actuelle­
ment. Dans la région côtière, à l’ouest delà cote de 500 mètres,
des espèces à feuilles caduques poussaient k côté des espèces k
feuilles persistantes ; dans le centre, à climat plus humide,
toutes les espèces étaient k feuilles persistantes.
Et tout ceci indique clairement que primitivement la région
la plus boisée était la région centrale, c’est-k-dire celle qui,
au contraire, aujourd'hui est la plus dénudée. C’est la densité
plus grande de la population, la violence des vents du sudest. 1extrême rapidité avec laquelle brûlent les forêts des
hautes altitudes qui expliquent un résultat qui surprend de
prime abord.
Répétons que pour la flore du nord-ouest, que, depuis
quelques années, nous avons entrepris de décrire peu k peu, la
limite, vers l’intérieur, est nettement tracée par la base des
contreforts du plateau central k la cote de 500 mètres. De
part et d’autre de cette cote, il est très peu d’espèces com­
munes k cette région et k la région centrale. La contrée que
nous étudions est surtout constituée géologiquement par des
terrains secondaires et par des terrains métamorphiques de
basse altitude, et sans gneiss pur.

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

381

II

Le Manongarivo.
Entre la vallée du Sambirano et les vallées inférieures du
Maivarano, de l'Andranomalaza et du Manongarivo il est un
haut massif montagneux entièrement couvert de sombres
forêts.
Ce massif, très visible du pont des paquebots qui circulent
entre Majunga et Nossi-Bé, est voisin de la mer et est d’une
superficie de 100.000 hectares. Il est complètement isolé, et
de nombreuses rivières y prennent naissance. Le Montolena.
l'Ambakoana, le Marovato, l’Ambahatra, alïluents de gauche
du Sambirano, arrosent son versant oriental ; le Zangoa coule
sur son versant Nord ; le Manongarivo et l'Andranomalaza
sont les cours d’eau de son versant occidental; l ’Antsahabé
et le Sambalahy, alïluents de droite du Sandrakoto, et l'Antranovato, affluent de gauche du Sambirano, descendent sur
son versant méridional.
Quelques-uns seulement des points culminants de ces mon­
tagnes portent des noms indigènes, et notamment le mont
Bekolosy au Nord-Ouest, le mont Antsatrotro au Sud-Ouest,
le mont Ambohitsitondraina k l'Est ; beaucoup ne sont dési­
gnés cjue par les noms des rivières qui y naissent, mais qu’on
fait alors précéder du préfixe « Andohan », qui signifie « k la
tête de ». Tels sont l’Andohanbahatra, l’Andohanmarovato,
etc.
11 n’y a pas, en tout cas, de dénomination générale qui
désigne actuellement l’ensemble du massif, pourtant si distinct
des montagnes environnantes ; et si nous avons adopté le
terme de Manongarivo, ce n’est pas que les habitants l'em­
ploient aujourd'hui, mais parce que l'un de nous l’a retrouvé
sur une ancienne carte. Il nous a semblé qu'il y avait lieu
de le rétablir.
D’après toutes les cartes publiées jusqu'alors, les deux plus
hautes cimes de ce Manongarivo atteindraient 1.700 mètres

�382

H. JUMELLE ET H. PERR1ER DE LA HATHIE

d altitude ; de nouvelles observations indiqueraient peut-être
cependant une hauteur plus grande. Ces sommets les plus
élevés, situés entre le mont Bekolosy et le mont Ambohitsitondraina, et invisibles de la plaine, sont sans nom, ou du
moins nous n'en connaissons aucun ; l’un des pics est consti­
tué par des grès basiques et l'autre par des gneiss. Les monts
Antsatrotro et Bekolosy sont formés par des syénites, le
mont Ambohitsitondraina par des gneiss ; tous trois sont en
contre-bas et sont facilement aperçus des plaines environ­
nantes.
Dans l’ensemble, le massif est composé mi-partie de grès
et de schistes basiques (au Nord et h l’Ouest) et mi-partie de
gneiss (Sud-Est et Est). Mais les grès et les schistes sont entre­
mêlés de puissantes masses de syénite et coupés d’innom­
brables liions de roches éruptives diverses ; en outre, ils sont
souvent recouverts de basaltes, de cendres et d’autres déjec­
tions volcaniques qui semblent provenir des monts Antsa­
trotro et Bekolosy, restes manifestes d’anciens volcans.
Les alentours ont été transformés en rizières par la méthode
betsimisaraka, qui consiste à brûler la forêt après l’avoir
abattue et h semer le riz sur les cendres provenant de cet écobuage. Sur les versants Nord et Ouest, les arbres repoussent
admirablement, si bien que, vingt ans après la première
coupe, on peut établir une nouvelle culture de riz ; mais, sui­
tes versants Est et Sud, l’alisé, qui favorise l’extension des feux
de brousse, ne permet pas la réapparition de la forêt.
A dix kilomètres de la lisière, les bois, vierges de toute
atteinte, forment de magnifiques futaies partout où le sol est
profond ; mais sur les crêtes, et même sur les flancs des cimes
gréseuses, ce ne sont plus que de petits arbres tordus, qui ne
dépassent pas la hauteur de dix mètres et sont comme ense­
velis, à la base, dans une mer de Mousses et de Lichens for­
mant parfois une couche de soixante centimètres de hauteur.
Sous la haute futaie, Mousses et Lichens persistent sur les
arbres, mais sont remplacés à terre par des Graminées ; et
celles-ci, au-dessus de 1.000 mètres d’altitude, s’étendent en
vastes prairies, auxquelles ne semblent nullement nuire les
frondaisons épaisses qui les ombragent.

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DF. LA FLORE DE MADAGASCAR

383

Tous les arbres de la haute futaie sont à feuillage coriace
et persistant ; ce sont surtout des Wcinmannia et d’innom­
brables espèces de Clusiacées. L ’aspect serait monotone si des
Palmiers, des bambous, des Pandanus et surtout d’admirables
Fougères arborescentes ne venaient, de loin en loin, égayer le
sous-bois.
Sur les cimes sèches à Lichens, le port éricoïde est prédo­
minant, mais l ’abondance des Fougères, des Mousses et des
Orchidées épiphytes qui poussent pêle-mêle sur les branches,
parmi les longs pendentifs de lichens blanchâtres, donne
heureusement aux bois broussailleux de ces hauteurs un
aspect étrangement pittoresque.
Au-dessus de 1.500 mètres, le décor change peu. Pandanus,
Palmiers, Bambusées, Fougères arborescentes sont seulement
représentés par d’autres espèces. Ce n’est que dans les lieux
marécageux qu’on rencontre des plantes à faciès nettement
alpin, telles que Viola, Rubus, Galium, Epilobium et Carex.
Le thermomètre, à cette altitude, descend en mai et juin à
-j- 5° ; cependant la moyenne thermique de cette saison est
encore de 12°7o. Le climat est, en général, le même que celui
des plaines environnantes, mais pendant toute la saison sèche
les montagnes ne sont jamais complètement dépourvues de
brouillard, qui tombe sur la forêt vers le soir et ne se dissipe
que le matin. 11 en résulte d’abondantes rosées et une humi­
dité très grande, qui persiste même après six mois de séche­
resse absolue, retenue qu elle est par 1énorme masse spon­
gieuse que forment à la surface du sol les Lichens et les
Mousses. En juin, où le soleil éclaire obliquement la forêt et
le versant Sud. la rosée du matin qui couvre les feuilles ne
s’est pas encore évaporée au coucher du soleil, si le vent ne
souffle pas dans la journée. Par contre, en ces jours de grand
vent, Mousses, Lichens, Graminées et brindilles s’enflamment
avec une telle facilité qu’il a fallu vraiment que ce massif soit
isolé comme il l’est par des pentes abruptes et que ses forêts
soient privées de plantes à caoutchouc et de Dioscorca pour
qu’il soit resté intact jusqu’à aujourd’hui.
Le massif du Manongarivo olfre bien, en elîet, ceci de

�38i

II. JUMELLE ET H.

TERRIER DE LA BÀTH1K

remarquable que la zone à Lando/phia el à Dioscorca — cor­
respondant aux altitudes inférieures à 1.000 mètres, et dont les
forets sont bien moins inflammables pourtant que celles des
cimes, puis qui est abritée en outre contre les grands vents de
l’Est et du Sud-Est — ne présente pas un bois qui n’ait été
plus ou moins anciennement brûlé ou coupé. Le versant Est
est même complètement dénudé; les versants Nord et Ouest
se sont seuls reboisés depuis l'occupation, avant ‘laquelle ces
montagnes étaient beaucoup plus habitées que maintenant.
Au-dessus de 1.000 mètres, il y a de grands espaces plus
ou moins récemment brûlés, mais les traces que laissent
ces incendies passagers, allumés par quelque chasseurs de
miel qu'importune la moeu-foy, ont vite disparu, l'incendie
n'étant pas, comme dans la plaine, régulièrement renouvelé
chaque année.
A ces hauteurs supérieures à 1.000 mètres, il est curieux de
constater la rareté de la vie animale. L'immense forêt est
plongée toute dans un impressionnant silence. Nul oiseau, si
ce n'est le Terpsiphone mutata, qu’on retrouve ainsi parfois
aux grandes altitudes. Ni sangliers, ni lémurs, ni fosas, ces
habitants si bruyants des bois inférieurs. Les rivières sont
sans poisson ; le feuillage ne dissimule pas le moindre camé­
léon. Les sangsues mêmes se cantonnent dans les marais et
encore y sont peu nombreuses. Deux espèces de rats et quelques
batraciens sont, en définitive, les seuls habitants de ces bois.
Par son altitude, son isolement, la diversité de ses terrains,
l’abondance de ses eaux, la lenteur du cours supérieur de ses
rivières, qui tombent, au contraire, plus bas en cascades ver­
tigineuses dans les gorges qu’elles traversent, par les brouil­
lards de la saison sèche, par l’état vierge de ses forêts des
hautes altitudes, le massif du Manorigarivo est une entité qui
mériterait une monographie spéciale.
Comme l'Analamahitso, c’est un de ces derniers exemples
de ces forêts des hauteurs, si complètement détruites en Imerina. C’est même peut-être la seule forêt réellement vierge à
Madagascar. La flore y est prodigieusement riche ; on peut
évaluer à 2.000 au moins le nombre des espèces représentées là.

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

385

C’est, au nord des terrains secondaires du Boina, le pendant
du massif plus méridional de l Ambohibenga, massif au reste
bien moins élevé, beaucoup moins étendu et presque entière­
ment dénudé, mais qui représente, avec le Manongarivo, un
éperon de terrains primitifs s’avançant vers le canal du Mozam­
bique.

III
Une nouvelle Taccacée.
La présence à Madagascar du Tacca pinnatifida Forst., qui
est le kobitso des Sakalaves, est connue depuis longtemps.
Nous-mêmes avons déjà, à plusieurs reprises, donné des ren­
seignements sur cette plante, en ce qui concerne du moins le
nord-ouest de lile.
Le Tacca pinnatifida, dans l’Ambongo et le Boina, est très
commun sur les sables, plus rare sur le calcaire. La hampe
florale — avec laquelle, à Madagascar comme en Polynésie,
on prépare une paille — apparaît avant les feuilles; elle
atteint environ trois mètres de hauteur, est verte et marbrée
de taches violettes. Les fleurs, qui s'épanouissent en novembre,
sont pendantes, ainsi que les bractées filamenteuses. Les
fruits mûrissent en décembre.
Le tubercule, plus large que haut, dépasse rarement 12 cen­
timètres de largeur et fi centimètres de hauteur. Il est parsemé
d’yeux et émet des pousses latérales, qui s'épaississent en
nouveaux tubercules. Sur les pieds qui n’ont encore que leur
hampe florale, il n'y a, d’ailleurs, jamais que le tubercule
principal ; ce n’est que plus tard, sur les pieds feuilles, qu'il
y a plusieurs de ces tubercules.
La fécule de kobitso est une des principales nourritures
des Sakalaves, qui la préparent ainsi. Les tubercules sont
pelés, puis râpés sur une pierre; et la pulpe ainsi désagrégée
est jetée sur un tamis, dans lequel on fait couler de l'eau jus­
qu’à ce que le liquide passe clair. Par le repos, l’amidon de
ce liquide se dépose; on le sépare de l’eau par décantation et
on le fait sécher.

�386

H. JUMELLE ET II. PERRIER DE LA RATIHE

externe du cylindre central.
Si ce Tacca pinnatifida est bien connu, nous ne croyons
pas, par contre, qu'on ait jamais signalé à Madagascar une
autre espèce du genre 1que nous allons décrire à présent, et
qui est le kobitso dolo ou tavolo dolo des indigènes, utilisé
d'ailleurs exactement comme le kobitso ordinaire.
Tacca unibrarum Jum. et Perr.
Tubera bina elongata, basi altcnuata, apice rotundata.
Folium unicum, trisectum, seçjmentis lateralibus iterum bipartitis; quinque ultimispartifionibus pcnnilôbatis. Inflorescenfia
pedunculo J m. - 1 ni. 50 longo prædita ; involucrum 6-phyllum, foliis inæqualibus, l inteqris, ooatis, basi et apicc angustis, 2 lanceolalis, apice bifidis. Flores pedicellati (3-4 cm .);
bracteis inferioribus filiformibus, 15-20 cm. longis; perigonii
persistentis et 6-partiti lobis oblongis, obtusis, apice leviter
emarginatis; fructibus ovoideis, 6-angulatis.
Kobitso dolo signifie « kobitso des fantômes » ; d'où le
nom spécifique que nous donnons à cette nouvelle espèce.
La partie souterraine est composée de deux tubercules
allongés, accolés par leurs bases; celles-ci sont atténuées, le
sommet est arrondi.
Au-dessus du sol est (pl. I) une seule feuille de l mètre
environ de hauteur et de 10 à 50 centimètres de largeur. Le
limbe, au sommet du pétiole, est triséqué, et chacun des deux
segments latéraux se bifurque presque aussitôt k son tour.
1. Çette espèce ne peut, du reste, être confondue avec le T a c c a n r t o Seem., également connu — quoique rare — à Madagascar.

e a r p ifo lia

l'ucc/i ii i n l n a n u n Juin, et l'erp.

Cette fécule est consommée cuite, à 1eau ou au lait.
Quant à la paille que fournit la plante, on sait quelle est
essentiellement constituée par le péricycle de la hampe llorale, composé de cinq à sept assises de fibres lignifiées, et en
dedans duquel restent, en outre, adhérents par leurs forts arcs
fibreux extra-libériens les faisceaux libéro-ligneux de la rangée

��FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

387

Los cinq grands segments ainsi constitués (le médian et les
deux paires latérales) se découpent encore en segments ruba­
nés, pennés (pl. II), qui peuvent avoir, vers le milieu du
segment principal, 25 centimètres de longueur sur 35 millinu*tres de largeur. Les derniers segments sont surtout larges
dans leur tiers inférieur; ils s’atténuent plus haut pousse
terminer en pointe très aiguë; chacun a une forte nervure
médiane saillante sur la face inférieure, et de laquelle partent
des nervures secondaires très obliques. Far leurs bases, tous
ces segments pennes ne sont pas, d ailleurs, complètement
indépendants entre eux jusqu’à la nervure du segment princi­
pal auquel ils appartiennent, car ils restent unis par une
portion de limbe ayant 10 à 15 millimètres de largeur de
chaque côté de cette nervure.
La hampe tlorale est haute de 1 m. 50 environ. A son
sommet, l'ombelle de Heurs est entourée de six grandes
bractées, dont quatre sont entières, ovales, de 12 centim. 4/2
de longueur sur 5 centim. 1/2 de largeur, très atténuées en
pointe vers le bas, atténuées également et acuminées au som­
met, pendant que les deux autres, de 7 centimètres sur 2,
sont lancéolées, bifides au sommet.
Les Heurs sont entremêlées de quelques filaments de 15 à
20 centimètres de longueur; elles sont longuement pédicellées
(3 à i centimètres).
La partie du périanthe soudée avec l ’ovaire est marquée de
six côtes, dont les trois correspondant aux trois placentas
intérieurs sont un peu moins fortes que les trois autres.
Au-dessus de l’ovaire, le périanthe s’élargit, mais ses
pièces restent encore soudées entre elles sur 2 millimètres
environ de longueur; elles ne se séparent qu ensuite en six
lobes oblongs, obtus, très légèrement échancrés au sommet.
Trois de ces lobes ont 10 millimètres sur 3; les trois autres,
qui correspondent aux sépales, ont 8 millimètres sur 8.
Les six étamines sont opposées aüx lobes et situées tout a
fait à la base de ces lobes ; les trois oppositisépales ont toute­
fois leurs anthères placées un peu plus bas que les trois
oppositipétales. Il y a donc deux verticilles bien nets. Chaque

�388

II. JUMELLE ET H.

PER R1ER DE LA BATHIE

iilet staminal, qui se termine en capuchon, présente de chaque
côté, au-dessous de l'anthère, une légère expansion marginale
saillante qui va rejoindre, au-dessous du sinus interlobaire,
l'extrémité inférieure de l’expansion analogue opposée de
l'étamine voisine. Il va ainsi au-dessous de chaque sinus inter­
lobaire comme un épaississement anguleux.
Le style, court (2 millim. environ), est surmonté de V « om­
brelle » ordinaire des Tacca, formée par le rabattement de
trois lamelles orbiculaires, de 2 millimètres de longueur sur
1 millimètres de largeur, échancrées au milieu de leur bord
externe. Dans la loge unique, les trois placentas pariétaux
sont garnis de nombreux ovules.
Les fruits, très longuement pédonculés (H centimètres), sont
ovoïdes, de 3 cent. 1/2 à i centimètres de longueur sur
2 centimètres de largeur, couronnés par le périanthe qui a
persisté.
Les graines sont ovales ou presque discoïdes, de i milli­
mètres à peu près de diamètre.
IV

Les ignames du nord-ouest.
Neuf espèces de Dioscorea ont jusqu’alors, à notre connais­
sance, été signalées à Madagascar. Deux d'entre elles, d'ail­
leurs, le Dioscorea sativa Lin. (Helrnia biilhifera Kth.) et le
Dioscorea spinosa Roxb., mentionné par Moskel dans le centre
de l'ile, ont été introduites; les sept autres seulement sont
indigènes. Ce sont : le Dioscorea trichantha Bak., ou hofika,
le Dioscorea heteropoda Bak., qui porte le même nom indi­
gène, le Dioscorea Ovinala Bak., ou ovinala, le Dioscorea acuminata Bak., le Dioscorea cryplantha Bak., le Dioscorea
hexagona Bak., ou kitaotao, le Dioscorea lucida Bak.
Le Dioscorea Ovinala, le Dioscorea hexagona et le Dioscorea
heteropoda décrits par Baker sont du Betsileo; on retrouverait
cependant encore le Dioscorea heteropoda dans le nord-ouest.
Le Dioscorea lucida est de Fort-Dauphin. Le Dioscorea acuminata et le Dioscorea trichantha sont de l'Imerina.

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE .MADAGASCAR

389

Actuellement nous ne connaissons, pour notre part, dans le
nord-ouest ni le Dioscorea sativa ni le Dioscorea spinosa, non
plus que le Dioscorea heteropoda. L'un de nous a bien trouvé
dans les marais à Raphia et à Pandanus de l'Ambongo et du
Boina une igname que les Sakalaves nomment hofika, mais
cet hofika ne nous semble être ni le Dioscorea trichantha, ni
le Dioscorea heteropoda, ni le Dioscorea sativa, car il n’a
exactement les feuilles d’aucune de ces trois espèces. Il est
sans tubercules et ne fleurit jamais1 ; il ne se forme aux ais­
selles de ses feuilles supérieures que des « bulbilles » com­
primées, qui peuvent atteindre la grosseur d’une pomme de
terre et que les indigènes emploient en applications sur les
ulcères. Ce n'est pas davantage, selon nous, par ses feuilles, le
Dioscorea bulbifera Lin. Nous ne savons, pour le moment, à
quelle espèce déjà décrite rattacher cette igname sans fleurs
ni tubercules souterrains.
Des sept Dioscorea de Baker nous n’avons retrouvé, dans la
région qui nous intéresse, que le Dioscorea Ovinala du Betsileo,
qui serait, comme nous allons le dire plus loin, la plante que,
sur les contreforts du plateau central, les Sakalaves comment
angaroka. d outes les autres espèces que nous allons décrire
nous paraissent nouvelles.
Dioscorea Bernandrg.
Caulis circa basim aculeatus; foliisplerumque alternatis, non
sæpe oppositis, oblongis, basi acutis vel truncatis, vel leviter
cordatis, vel hastatis, apice angulatis vel rotundis, breviter
mucronatis. Infloreseentiæ masculæ solifariæ, vel gerninæ, vel
ternæ, racemi spicifor mes ; floribus solitariis vel geminis ;
i. L ’un de nous, pour provoquer cette floraison, a cultivé Y h o f ik a à
Madagascar dans diverses conditions, avec et sans fumure; il n'a jamais
pu obtenir la moindre fleur et n'a pas été plus heureux avec le D io s c o ­
rea Macahiha dont nous parlerons plus loin. De tous les D io s c o r e a que
nous connaissons à Madagascar,

Y lio fik a

est la seule espèce qui croisse

dans les lieux humides ou même marécageux. Elle est annuelle par sa
souche et se propage d’une année à l’autre par ses seules « bulbilles ».

Annales du Musée colonial de Marseille . — 2* série, 8‘ vol. 1010.

25

�390

H. JUMELLE ET II. PEURIEH DE LA RATII1E

Cette espèce est vulgairement appelée bemandry, plus
rarement soso. Très commune dans l’Ambongo et le Boina,
elle est toutefois localisée sur les terrains secondaires de la
côte et disparaît vers l'intérieur, sur les terrains cristallins
des abords du plateau central.
Au-dessus du sol, la tige, qui provient d'un pivot souter­
rain persistant, est d’abord velue; plus haut, elle est couverte
de nombreux aiguillons droits, caducs, ailés, irrégulièrement
confluents à la base: elle s’élargit ensuite légèrement (5 à
0 millimètres de diamètre au lieu de 3 à i mm. plus bas) et
insensiblement, et se ramifie. Les rameaux supérieurs sont
sans aiguillons, un peu pubescents.
Les feuilles sont presque toujours alternes, très rarement
opposées. Elles sont très polymorphes. Celles des branches
florifères sont glabres, pétiolées ; le limbe est oblong, aigu ou
tronqué ou très faiblement cordé à la base, peu rétréci au
sommet, qui est anguleux ou arrondi, mais, en tout cas, muni
d’un tout petit mucron aigu. Le pétiole, creusé en gouttière
en dessus, a G à 15 millimètres de longueur; le limbe a de 5
à 7 centimètres de longueur, sur 2 à 3 centimètres de largeur.
Il v a 3 à 5 nervures principales. La médiane est droite; les
deux suivantes sont curvilignes, plus rapprochées des bords
que de la nervure médiane; les deux plus externes, plus
fines que les trois autres, sont tout à fait marginales. Sur
d’autres rameaux, les feuilles peuvent être à pétiole plus long,
à limbe plus étroit et allongé (8 à 9 centimètres, par exemple,
sur 12 à 15 millimètres), avec une base tronquée ou môme
très nettement hastée.

Tubercules do Diascorcn Homniulry Juni. cl I V it .

sepal-is ohlonqis, obfusis;petalis paulo brevioribus, trianqulis,
obtusis; staminibus 6, quant perianthii tubus brevioribus. F lo­
res feminei in longas (20-25 cm.)spicas dispositi ; () staminodiis ;
qer mine t - l l l mm. alto, qlahro. Fruc/us /f talut us , 2-5 cm.
longue, / cm. 1/2-2 cm. la/us, perspicue apice rotundo quant
basi latior. Se mina 2 in loculo, obovata, versus apice m. ab uno
latere tenuiler (lig. 2) alata. Tubera 2, apice acuta, in terra
ilirarieata, fere horizontalia, unum marcens, alterum recens.

�FRAGWENT8 BIOLOGIQUES DE I.A FLORE DE MADAGASCAR

391

Les inflorescences mâles sont de longues grappes spiciformes, isolées ou par deux ou trois. L axe, glabre, cylin­
drique, grêle, non ailé, d’un quart de millimètres environ
d épaisseur, a 13 à 2(1 centimètres de longueur; il porte, à des
intervalles moyens de 3 millimètres, des pédicelles Moraux,
de 3 millimètres à peu près, qui restent simples ou, à 2 milli­
mètres environ de la base, se ramifient une fois.
Chaque pédicelle est ainsi uniflore ou biflore; à son insertion
sur l’axe principal est une petite bractée; au niveau où il se
ramifie est une bractéole.
Un.peu plus haut, une seconde bractéole, placée au-dessus
de celle-ci sur la ramification, indique qu’il pourrait, à l'oc­
casion, y avoir trois fleurs. Cette troisième lleur cependant
paraît toujours manquer ; la seconde bractéole, d ailleurs, peut
faire elle-même défaut.
Dans la lleur mâle, les trois sépales sont ovales-oblongs,
obtus au sommet, qui est à peu près arrondi ; ils sont soudés
avec les pétales sur un millimètre environ, et libres sur
I mm. 1/2. Les trois pétales, jaune blanchâtre, sont un peu
plus courts que les sépales; au-dessus de la partie soudée,
les lobes sont triangulaires, obtus, presque aussi larges
(1 mm. 1/4) à la base que hauts. La corolle ouverte a 4 mil­
limètres de diamètre. Les étamines sont moins longues que la
partie soudée du périanthe ; elles atteignent à peu près le
quart de la hauteur totale de ce périanthe. Les filets sont
courts et larges, bruns; les anthères, plus ou moins globu­
leuses, sont blanches.
Les inflorescences femelles sont de longs épis simples, de 20
à 23 centimètres, disposés aux aisselles des feuilles comme
les inflorescences mâles. Le long de l'axe, à des intervalles
de 1 centimètre, les fleurs, sessiles et réfléchies, sont solitaires.
L ’ovaire, de 7 à 10 millimètres environ de hauteur, est sensi­
blement de même largeur a la base et au sommet; il est
glabre et surmonté de lobes périanthiques semblables à ceux
de la fleur mâle. 11 y a six staminodes.
Les fruits (fig. 1) sont des capsules triailées, de 2 à 3 cen­
timètres de longueur sur I cm. I &gt;'l à 2 centimètres de laigeur;

�302

H. JUMELLE ET 11. FERMER DE LA BATHIE

ils sont nettement plus larges au sommet, qui est arrondi,
qu'à la base. Lorsque le sommet a 3 centimètres de largeur,
la base n'a que 2 cm. 1/2. Il y a deux graines par loge. Cha­
cune (5 mm. sur 3 mm. 1/2) est obovale, aiguë au point d’in­
sertion, arrondie au sommet. Un peu en deçà de ce sommet
est une toute petite aile légèrement latérale, de 2 millimètres
de largeur sur 1 millimètre à 1 mm. 1/2 de hauteur (lig. 2).

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

393

terminaison le tubercule frais s’enfonce encore dans le sol, en
s épaississant peu, sur une longueur de 10 centimètres à peu
près; ce n’est qu'ensuite qu’elle se renfle en devenant presque
horizontale et en constituant un gros tubercule simple, atténué
aux deux extrémités, de 40 à 80 centimètres de longueur sur
8 à 12 centimètres d'épaisseur.
Ce tubercule est blanc extérieurement et parsemé de petites
radicelles courtes. Son poids est de 3 à b kilogrammes. Il est
très aqueux, un peu sucré Les Sakalaves, qui en sont très
friands, le consomment cru.
Dioscorea Soso.
Caulis herbaceus, haud aculeatus. Folia præcedentibus fere
si milia. Inftorescentiæ axis parce alatus. Capsula ovata, apice
angulata; semina 2 iri loculo, longissirnà alâ ah uno latere
circa apicern prædita (fig. 2). Tu bera A apice rotunda, unum
marcens, alteruni recens, haud ohliquissima, vix in (erra
divaricata.

Fig. 1. — Capsules de

D io s c o r e a B e m a n d r y

D io s c o re a Soso

(A) et de

(B). Gr. = 2.

Immédiatement au-dessous du sol, la tige est une souche
pivotante, de 8 à 10 millimètres de diamètre. A une profondeur
de 10 centimètres environ, cette souche (pl. III) est divisée en
deux branches, dont l’une aboutit à un tubercule flétri, qui
est le tubercule de l’année précédente, et l’autre à un tubercule
frais, qui est le tubercule de l’année présente, ('.es deux tubercules divergent sous un angle très obtus st sont presque h o ri­
zontaux. Au-dessous du point où elle s’insère sur le stolon
qui se termine par le tubercule flétri, la branche qui a pour

Appelé encore vulgairement bemandry ou soso, cet autre
Dioscorea est, par beaucoup de caractères, très voisin du pré­
cédent; et on comprend que les indigènes donnent indifférem­
ment aux deux espèces les mêmes noms.
Les feuilles notamment sont à 'peu près semblables.
Celles du Dioscorea Soso sont, comme celles du Dioscorea
Bemandry, glabres et. le plus ordinairement, oblongues ou
ovales-allongées ; mais cette forme générale peut, tout comme
dans l’espèce précédente, varier suivant la position sur la
plante.
Chez les toutes jeunes plantules ou à la base des jeunes
pieds, le limbe est cordé-hasté inférieurement, avec des lobes
obtus, longuement acuminé supérieurement: il a 8 à 9 centi­
mètres de longueur sur 2 à 3 centimètres de largeur. A la
base des tiges très vigoureuses, il est tronqué ou arrondi à la
base, un peu rétréci dans les trois quarts supérieurs, acuminé
dans le quart correspondant au sommet; il a 12 à 13 centi-

�391

II. JUMELLE ET II. PERRIEIl DE LA RATH1E

mètres de longueur et 3 à i centimètres de largeur. Vers le
milieu des tiges, il est ovale, rétréci et arrondi à la base,
acuminé dans le tiers supérieur; il a 7 à 8 centimètres de
longueur et 3 centimètres à 3 cm. 1/2 de largeur. Sur les
rameaux florifères, il est parfois rétréci en coin vers la base à
partir du milieu, puis plus large dans la moitié supérieure, le
sommet étant arrondi ou brusquement tronqué et terminé par
un court acumen ; il a i à '» centimètres de longueur et 2 à 3
centimètres de largeur. D'autres fois, sur les mêmes branches
Morales, il est ovale-lancéolé, un peu arrondi et légèrement
en cœur à la base, très longuement acuminé en haut, avec
cinq nervures, dont les deux latérales, beaucoup moins sail­
lantes que les trois autres, ne dépassent pas quelquefois le
tiers inférieur. Il a alors 12 centimètres environ de longueur,
sur 5 centimètres de largeur dans ce tiers inférieur et 2 cm. 1/2
dans le tiers supérieur.
Sur de très jeunes pieds on peut trouver des feuilles ayant
IG centimètres de longueur sur b centimètres de largeur.
Toutes ces variations peuvent, d'ailleurs, être observées
sur une même plante, avec toutes les formes intermédiaires
possibles.
Mais, d une façon générale, le limbe est mince, vert sombre,
brillant sur la face supérieure. Le pétiole, de 5 à 13 milli­
mètres, jaune dans les parties basses de la plante, est toujours
glabre, aplati ou à bords relevés en dessus, souvent tordu et
servant de vrille, parfois renflé à la base et au sommet.
L ’espèce est dioïque. Les inflorescences sont en épis axil­
laires pendants. Nous n’avons malheureusement pu analyser
les fleurs; mais les fruits suffisent pour bien différencier ce
Dioscorea du précédent.
Ils mûrissent en janvier et février.
De 3 à 4 centimètres de longueur sur 12 à Ifi millimètres de
largeur, ils sont un peu plus allongés et étroits (fig. 1) que les
capsules du Dioscorea Bemandry ; et leur sommet est moins
élargi et est anguleux au lieu d’être arrondi.
L'axe qui les porte présente latéralement, de part et d’ autre,
une petite expansion excessivement étroite qui est comme un
rudiment d’aile.

FRAGMENTS RIOLOGRjUES DE LA

FLORE DE MADAGASCAR

393

Les graines, insérées vers le haut de chaque loge, comme
chez tous les Ifclm ia, n’ont d’aile que vers le sommet, comme
cljez le Dioscorea Bemandry, mais cette aile est ici très longue.
plus lonc/uc ordinairement que la (/raine (fig. 2).
Pour une graine obovale de (&gt; millimètres sur 4, l’aile,
insérée latéralement, immédiatement en deçà du sommet
arrondi, a, par exemple, 7 à 8 millimètres de longueur sur
4 millimètres de largeur L

A

B
Dioscorea Bemandry
Dioscorea Soso ( B ; . G r . = 3.

F i g . 2. — G r a i n e s d e

A

et de

Par ces seuls caractères aucune confusion n’est déjà possible
entre les deux Dioscorea.
Mais, en outre, tandis que les liges du Dioscorea Bemandry
sont subligneuse, épaisses, et ordinairement munies d'aiguil­
lons, celle du Dioscorea Soso sont herbacées et lisses. Ce
n'est que tout à fait exceptionnellement qu elles portent
quelques aiguillons mous, crochus, et à base dilatée.
Les tubercules (pl. IV) sont également distincts.
Le Dioscorea Soso en possède deux, l’un frais et l'autre
1. Ceci, du moins, est vrai pour l'une des deux graines de chaque
loge; l’aile de l'autre graine peut être plus courte, tout en restant plus
développée que chez le I ) . B e m a n d r y .

�396

H. JUMELLE ET II. PERIMER DE LA RATHIE

P.

fané, comme le Dioscorea Bemandry, mais ces deux tubercules,
qui se forment dans la latérite, au-dessous de la couche humifère, ne divergent ici que sous un angle très aigu (lig. 3) ..et
sont donc très obliques au lieu d’être presque horizontaux.
Cette différence de position tient-elle au terrain ? C'est,
possible, car, tandis que le Dioscorea Bemandry ne croît,
comme nous 1avons dit, que dans les terrains secondaires de
la côte, le Dioscorea Soso est, au contraire, spécial aux con­
treforts cristallins du plateau central. Il vit dans la latérite,

F i g . 3. — S c h é m a s i n d i q u a n t la p o s i t i o n , d a n s l e s o l , d e s t u b e r c u l e s
de

Dioscorea Bemandry

(A ) et de

Dioscorea Soso

(B ).

sur la lisière des bois, à Andriba, dans la Haute-Mahavavy, à
Mevatanana, dans le Baut-Bemarivo, à Mandritsara. Il appa­
raît en somme, vers l'intérieur, aux niveaux où disparaît l'es­
pèce précédente.
Le tubercule frais, de 40 à cSO centimètres de longueur,
augmente progressivement de grosseur de sa base vers le
sommet, où il atteint parfois 1o centimètres de diamètre. Le
sommet, dépourvu des radicelles qui parsèment plus bas toute
la surface de la tubérisation, est arrondi, et non aigu comme
dans le Dioscorea Bemandry.
Le tubercule pèse de 2 à 6 kilogrammes. Il est quelquefois
ondulé, mais, en tout cas, toujours simple ; il est blanc-jau­
nâtre extérieurement, blanc à l'intérieur. Il est consommé

p,„ IV. — Tubercules de Dioscorea Soso Jum. et Perr.

3R6-397

�FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

397

cru comme le tubercule du Dioscorea Bemandry, auquel il est
toutefois un peu supérieur, car il est plus aqueux et plus sucré.
Il vaut la meilleure pastèque. Comme la plupart des ignames,
il est surtout bon avant le développement de la tige aérienne.
En résumé, les principaux caractères qui permettent de
bien distinguer ces deux Dioscorea à feuilles presque semblables
sont les suivants :
Dioscorea Bemandry.
Tige subligneuse,épaisse, avec
aiguillons.
Axe de l'infrutescence sans
indication d’ailes.
Capsule à sommet élargi et
arrondi.
Graines avec une aile très
courte.
Tubercules presque horizon­
taux.
Tubercule frais à sommet
aminci.
Tubercule un peu sucré.
Espèces des terrains secon­
daires.

Dioscorea Soso.
Tige herbacée, lisse.
Axe de l'infrutescence avec
indication d’ailes.
Capsule allongée, à sommet
anguleux.
Graines avec une aile très
longue.
Tubercules obliques.
Tubercule frais à sommet
arrondi.
Tubercule très sucré.
Espèce des terrains gneissiques et granitiques.

Les deux espèces, avons-nous dit, sont appelées 1une et
l’autre bemandry et soso. Cependant, c est bien surtout à la
première que doit s’appliquer le nom de bemandry, qui signi­
fie « gros couché » (be, gros; mandry, couché), et est incon­
testablement une allusion à la position presque horizontale
des tubercules. En fait, la seconde espèce est bien plus sou­
vent nommée .so.$o : si les Sakalaves la désignent quelquefois
sous le terme de bemandry, c'est parce qu'ils la confondent,
par ses feuilles, avec le vrai bemandry. Cette confusion a sur­
tout lieu dans les régions où ce vrai bemandry est rare et peu
connu; dans les régions où, au contraire, le voisinage des diffé­
rents terrains permet de rencontrer fréquemment les deux

�398

II. JUMELLE F.T II. PERRIKR DE LA BATIIIE

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE .MADAGASCAR

plantes, la distinction est bien mieux faite par les indigènes euxmêmes. Les deux Dioscorea reçoivent ici respectivement le nom
qui leur convient et (pii est celui que nous avons adopté pour
chacun d eux comme terme spécifique.
Dans les termes latéritiques, ordinairement si pauvres, le
Dioscorea Soso offre, au point de vue économique, un réel inté­
rêt comme plante alimentaire et à fécule.
Le mode de croissance du soso dans cette latérite suscite,
d'ailleurs, une remarque qui, au point de vue général de la
végétation dans une grande partie de. Madagascar, offre quelque
intérêt.
Nous venons de dire (pie les tubercules de notre igname se
forment entièrement dans la latérite au-dessous de la couche
humifère; et nous constaterons plus loin qu'il en est de même
pour tous les Dioscorea croissant en sols analogues. Ce peut
être même un sujet d’étonnement de voir la facilité avec laquelle
ces masses tubérisées, tendres et souvent très grosses et très
longues, s’allongent dans des terres qui, lorsque aucune autre
couche ne les recouvre, ont la consistance et la dureté de la
brique. Et il est remarquable encore que des plantes à crois­
sance rapide et à tubercules énormes semblent ainsi négliger
l’humus pour se contenter de cette latérite prétendue sté­
rile.
Quelle conclusion tirer de là, sinon celle-ci, que, si cette
latérite privée de son revêtement humifère superficiel, lavée
par les pluies et brûlée par le soleil, n’est qu’un sol réellement
ingrat, c’est parce que rien alors ne la protège contre les
nfluences extérieures. Mais quand, au contraire, un peu d’hu­
mus l’abrite, elle devient meuble et perméable, retient admi­
rablement l’humidité, et est un substratum forestier de premier
ordre. Et de nombreux sondages faits en différentes saisons
ont toujours et partout donné, en fait, à l'un de nous, les
mêmes résultats, conformes à cette conclusion : même à l’ar­
rière-saison sèche, la latérite est meuble et humide s’il y a audessus d'elle une couche d’humus, même très mince ; et, au
contraire, chaque fois qu’elle est dénudée à la surface, elle est
compacte et imperméable,

C’est parce que le premier cas est fréquent que, comme
nous l’avons déjà fait remarquer ailleurs 1, il est, dans le
nord-ouest, de nombreux exemples de forêts ou de petits bois
croissant sur la latérite. Ces forêts sont même fréquemment
relativement plus belles que celles des terrains secondaires;
on y trouve beaucoup d’espèces arborescentes spéciales et
d’autres espèces qu'on rencontre également dans d’autres sols,
mais plus chétives et plus rabougries. On dit bien que, sur la
côte Est, les arbres des latérites sont à racines traçantes et ne
se nourrissent que de l’humus de la surface; quelle que soit la
raison de la différence, il n’en est pas de même, en tout cas,
dans le nord-ouest. Ici. toutes les espèces svlvicoles à racines
vivaces, après avoir développé dans l’humus, parfois épais de
40 à 60 centimètres, un abondant et tin chevelu, enfoncent
dans la latérite leur système radiculaire ; et les racines les
plus profondes, qui s’étendent souvent à plusieurs mètres
au-dessous de la surface, sont longues, peu ramifiées, mais fré­
quemment tubérisées, ou, tout au moins, anormalement épais­
sies à leurs extrémités.
On comprend aisément, dès lors, que les Dioscorea, qui ne
représentent ainsi guère plus que l'exagération d'un fait qui
tend à être fréquent dans la latérite, forment leurs tubercules
dans cette terre.
Dioscorea analalavensis.
Folia iterum præcedentibus fere sirnilia. Caulis herbaceus,
haucl aculcatus. Diflorescentiæ aris distincte alatiis (/-2 mm.).
Capsula *"2cm. //O cire, longa, 10-15 mm. lata, elliptica , non
ovata, basi et apice paruni attenuata, fere rotundala aut breviter angulata. Semina $ in loculo, apice longe alata, præterea([ue ah uno latere, kilo opposito, leviler marginata. Tubera
ignota. Analalavensis species.
1. H. Jumelle et II. Perrier de La Bathie : X o te s b io lo g iq u e s s u r la végé­
; les A sclép ia d ées Annales du Musée
colonial, 1908); chapitre II, p. 17.

ta tio n d u n o r d -o u e s t de M a d a g a s c a r

�400

-

H. JUMELLE ET H. PERRIER DE LA BATI HE

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

i01

Nous ne connaissons actuellement cette espèce ni dans l ’Am bongo ni dans le Boina. L'un de nous ne l’a trouvée jusqu’alors
que plus au Nord, dans l'Analalava, sur les collines gréseuses
des environs de la Loza.
Les feuilles rappellent encore celles des deux Dioscorea pré­
cédents et offrent les mêmes variations. Le plus souvent —
mais le plus souvent seulement, et non d’une façon constante
— lelimbeest ovale-lancéolé, tronqué, ou arrondi, ou très légè­
rement cordé à la base, plus large dans sa moitié inférieure
que dans sa moitié supérieure, qui est plus ou moins triangu­
laire, avec sommet très aigu et acuminé ; il a 8 à 12 centimètres
de longueur sur 2 cm. 1/2 à 3 cm. 1/2 de largeur. Il y a géné­
ralement cinq nervures principales, mais les deux extrêmes,
très rapprochées des bords, sont beaucoup moins saillantes
que les trois autres sur la face inférieure; elles ne deviennent
plus apparentes que sur les plus grandes feuilles, comme chez
le Dioscorea Soso. Le pétiole, glabre comme le limbe, a I centi­
mètre à 1 cm. 1/2 de longueur.
La tige est herbacée, sans aiguillons.
Nous ne connaissons pas, ici encore, les fleurs fraîches. Par
quelques inflorescences desséchées, il nous semble qu'il peut y
avoir, à l’aisselle de chaque feuille, plusieurs inflorescences
mâles, ou, en tout cas, au moins deux. Les fleurs sont visible­
ment pédicellées, comme chez le Dioscorea Bemandry. Les
axes présentent latéralement, de part et d'autre, deux étroites
expansions, qui sont de petites ailes.
Sur les axes qui portent les fruits, ces expansions s'élar­
gissent et deviennent alors des ailes bien nettes, de 1 à 2 milli­
mètres de largeur, beaucoup plus marquées que chez le
Dioscorea Soso, où elles commencent seulement à être indi­
quées.
Chaque axe, chez le Dioscorea analalavensis, porte beaucoup
moins de fruits que chez le Dioscorea Soso.
Ces fruits, chez le Dioscorea analalavensis, sont des capsules
(lîg. 4) triailées, de 2 cm. 1/2 environ de longueur sur 10 à
15 millimètres de largeur, à contour général elliptique (et non
ovale comme chez le Dioscorea Soso). Moins longuement atté-

nuées aux deux extrémités que chez le soso, elles ne com­
mencent à se rétrécir qu’au voisinage de ces deux extrémités,
où elles sont soit presque arrondies, soit un peu anguleuses.
Quelquefois elles sont plus étroites à la base qu’au sommet,
mais alors, en ce cas encore, elles sont plus arrondies que les
capsules du soso.

Fig. 4. — Capsule et graine de Dioscorea analalavensis

Les graines (fig. 4) sont obovales ; l'aile, au sommet, est
souvent très longue, comme chez le Dioscorea Soso} mais elle
est un peu plus exactement au sommet et moins rejetée latéra­
lement que chez ce soso, et elle se prolonge en un léger ourlet
sur le bord latéral opposé au hile.
Nous ne connaissons pas les tubercules, mais nous savons
que, dans l’Analalava, ils sont consommés par les indigènes.
Dioscorea trich opoda.
Folia præcedentibus fere similia , sed ramuli, petiolus , nervi
sublus, et inflorescentiæ axis pilosi. Caulis lignosus, circa
1. Dans toutes ces figures, représentant les capsules et les graines de
les capsules sont grossies deux fois environ et les graines
trois fois.

D io s c o re a ,

�402

H. JUMELLE ET il . PERIMER DE I.A IIATI 11K

basim aculeatus. Flores rnasculi in a.rillares, solitarias,4-15 cm.
long as spicas dispositif soli/arii vel bini , sessiles ; sepalis peialisque basi coalitis ; sepalis ovatis, obtusis, extra pilosis ; petalispaulo brevioribus, orbicularibus , extra versus basim pilosis;
staminum fila mentis brevissimis. Flores ferninei in spicas dis­
positif semper solifarii ; ovario subalbido, pubcrulo.
Cette quatrième espèce est, comme les deux premières, appe­
lée bemandry dans l’Ambongo et le Boina ; et la forme des
feuilles explique de nouveau ce rapprochement.
Ces feuilles, dont le pétiole a 8 à 13 millimètres de lon­
gueur, ont un limbe ovale ou oblong, ordinairement tronqué
ou arrondi à la base, et aigu au sommet, qui est terminé par
un petit acumen étroit ; elles ont de 4 cm. 1/2 à 7 centimètres
de longueur sur 3.centimètres à 3 cm. 1/2 de largeur.
Mais ici encore cette forme la plus courante est loin d'être
constante. Le limbe peut être cordé ou sagitté à la base, et
élargi ou arrondi au sommet, où toutefois l’acumen persiste
toujours ; il peut être long et étroit (6 centimètres sur 1 cm. I /2),
ou largement ovale (10 centimètres sur 5 centimètres; 1I cen­
timètres sur 7 centimètres). Il y a généralement cinq nervures;
les deux premières latérales sont incurvées et très éloignées de
la nervure médiane, et les deux autres sont tout à fait margi­
nales. Parfois, lorsque le limbe s'élargit, ces deux dernières
s’écartent des bords, et ce sont deux nervures nouvelles qui
les remplacent sur le pourtour.
Ce sont bien là tous les caractères déjà indiqués pour le
Dioscorea Soso. Nous avons dit toutefois que les feuilles de ce
Dioscorea Soso sont entièrement glabres ; au contraire, les
pétioles de l’espèce que nous appelons pour ce motif Dioscorea
trichopoda sont très velus, couverts de nombreux poils blan­
châtres, qu’on retrouve d’ailleurs plus ou moins épars sur les
grosses nervures, sur la face inférieure du limbe.
Les mêmes poils couvrent aussi les jeunes rameaux et les
axes des inflorescences. Les fleurs mâles sont en épis isolés,
axillaires, longs de 4 à 15 centimètres ; elles sont elles-mêmes
isolées ou par deux, tout à fait sessiles, à des espacements

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR 403

moyens de 4 millimètres. Les pièces du périanthe sont sou­
dées sur 1 millimètre de longueur à peu près. Les lobes calicinaux, de 2 millimètres environ, sont ovales, obtus, blancs et
velus extérieurement. Les lobes corollaires sont un peu plus
courts (1 mm. 1/2 environ), velus à l’extérieur vers la base et
suivant la ligne médiane seulement; ils sont un peu orbicuculaires, obtus, presque aussi larges que longs. Les étamines
sont courtes ; leur longueur égale à peu près le quart de celle
des sépales. Les (ilets sont presque nuis, très larges; les
anthères sont blanches.
Les inflorescences femelles sont des épis à peu près de même
longueur que les mâles. Les fleurs femelles y sont isolées,
espacées en moyenne de (i millimètres. L ’ovaire est pubescent,
blanchâtre, un peu en massue, plus large supérieurement
qu’inférieurement, à ailes peu marquées. Ces ailes se déve­
loppent en même temps que les poils s’éclaircissent, lorsque
le jeune fruit grossit. Les six lobes du périanthe sont velus
extérieurement, mais surtout ceux qui correspondent aux
sépales ; ceux qui correspondent aux pétales n’ont de poils que
suivant la ligne médiane. Tous ces lobes ont les deux
mêmes formes respectives que les lobes analogues des fleurs
mâles.
Les tiges de l’espèce sont ligneuses et épineuses comme
celles du Dioscorea Bemandry.
Le tubercule frais est comestible cru ; il est aqueux et sucré.
Son poids est de 2 à 3 kilogrammes.
La plante habite surtout les bois sablonneux, tels que ceux
de Manongarivo, dans l’Ambongo, et d’Ankirihitra, près du
mont Tsitondraina, dans le Boina.
Dioscorea Antaly.
Folia opposita ovata, basi cordata, apice acuminata ; petiolo
7-90 centim. longo, limbo 15-90 cm. longo et lato; nervis
subtus pubescentibus. Flores rnasculi in spicas dispositif ad axillas longarum bractearum solitarii vel L
2- f;c ire a perianthii
fauves staminum fila mentis iriser tis. Flores ferninei in spicas,

�404

H. JUMELLE ET 11. PERRIEll DE LA BATHIE

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

ad axillas brévium bractearum solitarii, distantes; gerrnine
glabro. Capsula trialata, elongata, 5 cm. longa, 1 cm. 5 lata ;
apice acuto leviter minus quani basis contracte). Semina apice
alà I mm. lata, 9 mm. alta) prædita, a latcre marginata.
Tuhcra numerosa.

ailes, et à peu près de même diamètre à la base et au sommet.
Les lobes corollaires sont ovales, un peu rétrécis à la base,
arrondis en haut. Les lobes calicinaux ont presque même forme,
mais sont un peu plus étroits.
Les fruits (fîg. 5) sont des capsules triailées (violacées à sec),
allongées, de 5 centimètres environ de longueur sur 1 cm. 1/2

Ce Dioscorca, que les Sakalaves nomment antaly, a des
feuilles largement ovales, cordées et acuminées, portées par
une tige très glabre, de 8 à 10 millimètres de diamètre, et un
peu renflée aux nœuds.
Le pétiole, un peu dilaté et souvent tordu à la base, est
long de 7 â 20 centimètres, canaliculé sur la face supérieure.
Le limbe est à oreillettes arrondies; il peut avoir 15 à 20 cen­
timètres de longueur sur une largeur à peu près égale. Les
nervures principales, que réunissent des nervures transver­
sales plus fines, sont au nombre de 9 à 11. Les deux extrêmes
se ramifient en dehors dans les oreillettes. Toutes sont pubescentes sur la face inférieure, où elles sont saillantes.
L ’espèce est dioïque.
Les inflorescences mâles, isolées aux aisselles des feuilles,
sont des épis atteignant 35 centimètres de longueur. Sur l’axe,
à des espacements de 2 à 12 millimètres, sont des fleurs sessiles, isolées ou par groupes de 2 à 4 aux aisselles de bractées
triangulaires, aiguës, plus longues qu'elles, même au moment
du plein épanouissement.
Les pièces périanthiques, soudées sur 1 millimètre environ,
ont 2 mm. 1/2 ù peu près de longueur. Les sépales sont ovales,
obtus au sommet. Les pétales sont plus larges et plutôt un
peu plus longs que les sépales, et aussi plus arrondis au som­
met, qui se réfléchit un peu vers l'intérieur de la fleur. Les six
filets staminaux, triangulaires à la base, sont insérés vers
la gorge du périanthe, et les anthères, qui sont jaunes,
affleurent à peu près au niveau du sommet de ce périanthe.
Les inflorescences femelles sont aussi longues ou même
plus longues que les inflorescences mâles, et à fleurs plus espa­
cées et toujours isolées, aux aisselles de bractées courtes,
larges et ovales inférieurement. L ’ovaire, glabre, est à trois

405

Fig. 5. — Capsule et graine de Dioscorea Antaly Jum. et Perr.

de largeur, aiguës au sommet, qui est cependant légèrement
moins rétréci que la base.
Dans chaque loge, les deux graines (fig. 5) sont insérées dans
la moitié supérieure. Elles sont obovales, de 8 millimètres sur 5,
aiguës à une extrémité, arrondies à l'autre. L'aile est visible
sur tout le bord libre, mais elle est réduite à une bande exces­
sivement mince ( 1/2 millitn.) latéralement, et elle ne s élargit
Annales du Musée colonial de Marseille. — 2* série, 8* vol. 19i0.

2ô

�406

II. JUMELLE ET H. PERR1ER UE LA BÀTHIE

qu'au sommet, arrondi, où, sur une largeur de 4 millimètres,
elle a 2 millimètres environ de hauteur. Tout en embrassant
tout ce sommet, elle est encore surtout développée d'un côté,
qui est celui tourné vers le placenta, comme chez le Dioscorea
Sosoet le Dioscorea Bemandry.
La floraison a lieu d’octobre à décembre, et la fructification

P.

de décembre à février.
Le Dioscorea Antaly, rare sur le calcaire et sur les sables,
croît surtout dans la latérite, sur le gneiss et le basalte, où le
développement de la partie souterraine est un peu celui que
nous avons décrit pour le Dioscorea Soso, en ce sens du moins
ijue la souche traverse sans se tubériser la couche humifère.
Ce n’est que dans la latérite, à 10 à 30 centimètres au-dessous
de la surface du sol, que la tubérisation se produit (pi. V).
La tige émet alors, au niveau de la latérite, en même temps
que des racines, un faisceau de stolons qui s’épaississent en
se ramifiant. Chacun de ces nombreux rhizomes devient ainsi
un tubercule simple ou branchu, ayant de 20 à 50 centimètres
de longueur sur 1 à 8 centimètres de diamètre, atténué à la
base et arrondi au sommet. Sa surface est grisâtre et porte de
courtes racines qui ne manquent qu'à l’extrémité en voie de
croissance. La chair, qui, fraîche, exhale une forte odeur
d'anis et de pomme de terre verte, est blanche, mais jaunit à
l'air.
Ces tubercules ne sont pas vénéneux, mais le goût en est
très amer. Pour les consommer, le Sakalave, après les avoir
pelés, les découpe en tranches, qu’il fait sécher au soleil, puis
qu'il met à macérer dans l’eau courante pendant une semaine
et soumet à une nouvelle dessiccation. C'est alors un bon
légume, dont le goût rappelle à la fois, après cuisson, celui de
la châtaigne et celui de la pomme de terre.
I n pied peut fournir jusqu’à 30 kilogrammes1de récolte.

I. C est, en effet, 30 kilogrammes et non 80 qu’il faut lire dans la note
préliminaire que nous avons publiée (.Su/1q u e lq u e s ig n a m e s n o u v e lle s de
M adagascar ' dans les Comptes Rendus de l’Académie des Sciences du
6 septembre 1909.

Pl. V. — Tubercules de

D ioscorea

4nte/.y Jum. et Perr.

�FRAGMENTS RIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR 407

Dioscorca Macabiha.
1 ubcra hypogæa et epigæa. Caulis lignosus, aculeaius.
bolia opposita, præceclenlibus fere similia, scil magis tenuiter
acuminata ; nervis subtus non pubescentihus. Flores et fructus
ignoti. Tuber supra fere planum , radicibus præditum, subtus
hemisphericum.
Macabiha et antaly sont deux espèces qui, par certains
caractères, doivent être rapprochées comme nous avons rappro­
ché plus haut le Dioscorea Bemandry et le Dioscorea Soso.
Les dtîux espèces précédemment étudiées étaient à feuilles
presque identiques, mais 1 une, à tiges subligneuses et piquantes,
était spéciale aux terrains secondaires de la côte, tandis que
l ’autre, à tiges herbacées et lisses était localisée sur les ter­
rains primitifs de l ’intérieur. Le même parallélisme peut être
établi entre le Dioscorea Antaly et le Discorea que nous allons
appeler maintenant, en lui conservant encore son nom indigène,
le Dioscorea Macabiha.
*
Ce Dioscorea Macabiha, nommé encore fanganga aux envi­
rons de Marovoay, croît plutôt, dans lAm bongo comme dans
le Boina, sur les terrains secondaires, alors que 1antaly
semble se plaire mieux en général — quoiqu’il y ait des excep­
tions — sur les terrains primitifs. En outre, tandis que les
tiges d antaly (comme celles de soso) sont herbacées et lisses,
les tiges de macabiha (comme celles de bemandry) sont épaisses
et munies d’aiguillons.
Les feuilles des deux espèces offrent une très grande ressem­
blance, et telle même que nous sommes persuadés aujourd hui
qu elles ont provoqué une erreur dans la récolte de nos échan­
tillons fleuris. Nous avons dit, en effet, dans une note préli­
minaire ( loc. cit.), que 1’analvse de ces spécimens d herbier ne
nous avait pas permis de reconnaître, non seulement entre les
feuilles, mais même entre les fleurs des deux plantes
a
tubercules pourtant si dissemblables — une différence quel­
conque. Le fait pouvait surprendre. En réalité, aprèsun nouvel

�408

H. JUMELLE ET H.

P ER RI Eli DE LA RATlilE
FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

et minutieux examen de la question, nous avons acquis la
conviction que les échantillons fleuris récoltés autrefois sur
les rochers calcaires boisés de Namoroka, dans l’Ambongo,
devaient appartenir, malgré le stat, au Dioscorea Antaly. Pour
cette dernière espèce, en elîet, l'un de nous est absolument sûr
d'avoir prélevé des inflorescences sur des pieds ayant les tuber­
cules caractéristiques de Yantaly ; la description donnée plus
haut pour la précédente espèce est donc incontestable. Pour le
macabiha, par contre, nous n'avons pas la même certitude,
car nous savons depuis longtemps que le macabiha ne fleurit
ordinairement pas — il ne fleurit même jamais à Marovoay —
et lorsque donc Pun de nous crut le rencontrer en fleurs à
Namoroka, il pensa avoir eu la chance d’observer une rareté.
Il se souvient, d'ailleurs, parfaitement aujourd’hui n’avoir pu
voir les tubercules; mais la plante, qui croissait dans un stat
de macabiha, lui fut désignée par les Sakalaves mêmes — trom­
pés sans doute eux aussi par les feuilles — sous le nom de
macabiha.
Dans ces conditions, il nous faut par conséquent, pour com­
parer sûrement les deux espèces, séparer les échantillons fleu­
ris de Namoroka des échantillons seulement feuillés — et de
provenance très certaine — de Marovoay. Or, cette séparation
faite, nous relevons bien maintenant quelques différences
entre Yantaly typique (auquel nous rapportons aujourd’hui la
plante de Namoroka) et ce macabiha ou fanganga également
typique, caractérisé par le tubercule que nous allons décrire
plus loin.
La forme générale du limbe est bien essentiellement la
même dans les deux cas; et dans les deux cas aussi les feuilles
sont opposées. Toutefois les feuilles de macabiha sont plus
minces, plus molles, plus sombres et plus finement acuminées
que celles d'antaly. En outre, les nervures de leur face infé­
rieure ne portent pas les poils que nous avons signalés chez
Vantaly. Ces feuilles de Dioscorea Macabiha sont très glabres.
Et nous admettrons donc que ce macabiha fleurit très rare­
ment, si même il fleurit. En tout cas, ses fleurs nous sont
pour l’ instant inconnues. Par contre, il produit aux aisselles

409

de ses feuilles des tubercules aériens, ou « bulbilles 1 », que
nous n’avons jamais vus chez Yantaly.
Ces « bulbilles » ont un poids moyen de 12 grammes. Elles
sont arrondies ou irrégulièrement ovoïdes et ont, sauf les
dimensions, l’aspect des formations analogues du Dioscorea
Fargesii.
Le Dioscorea Macabiha, qui ne forme que ces bulbilles,
est-il une espèce introduite? Sa non-floraison pourrait évi­
demment le laisser supposer; nous ne voyons pas cependant
à quelle igname déjà déterminée son tubercule si caractéris­
tique pourrait permettre de le rattacher. Si les feuilles res­
semblent quelque peu à celles du Dioscorea sativa Lin., qui a
aussi des tubercules aériens, la partie souterraine n'est pas
du tout celle de l'espèce linnéenne *2.
1. L’un de nousa déjà fait remarquer ailleurs (L e s p la n te s à tu b e rc u le s
O. Doin, éditeur, Paris, 1909), que ce terme de « bulbilles »
appliqué aux formations tubéreuses aériennes des D io s c o re a est tout à
fait impropre. Ce ne sont pas des bulbilles au sens où on l'entend chez cer­
tains A l l i u m , par exemple, car ce sont des tubercules qui sont absolument
de même nature morphologique que ceux du sol, mais qui sont aériens au
lieu d’être souterrains. Nous en avons acquis la preuve en couchant sur
le sol une tige de D io s co re a B a ta ta s, que nous avons couverte de terre
aux nœuds; au lieu de « bulbilles » ordinaires, nous avons obtenu de
petits tubercules allongés et en forme de massue, tout à fait identiques
(sauf par les dimensions) aux tubercules enterrés de la base.
2. D’après, du moins, toutes les descriptions que nous connaissons de
ces tubercules souterrains du D io s c o re a s a tiv a , qui sont toujours indi­
qués comme allongés. Le tubercule souterrain de m a c a b ih a ressemble
beaucoup, par contre, dimensions à part, aux tubercules souterrains de
D io s c o re a b u lb if e r a . M. Baudon a rapporté, l'année dernière, du Congo à
l’un de nous des « bulbilles » que nous croyons appartenir à ce D io s c o re a
b u lb if e r a et qui, à la On de mai, ont été mises en pleine terre à Marseille,
dans un endroit bien exposé et chaud. Nous avons obtenu deux plants qui
ont atteint, en s’enroulant, trois mètres de hauteur, et dont les feuilles
étaient encore bien vertes le 10 octobre, alors que les D io s c o re a B atatas
étaient entièrement fanés. Aux aisselles des feuilles étaient de nom­
breuses « bulbilles » semblables à celles que nous avions plantées, et
dont quelques-unes pesaient plus de 200 grammes. Au pied étaient
plusieurs tubercules souterrains, de forme générale discoïdale, mais
convexes sur la face inférieure et presque plans, avec toutefois une
a lim e n ta ire s ,

�UO

H. JUMELLE ET II.

PERRIER DE LA RATIIIE

Le tubercule unique1 du macabiha ou fanganga n’est pas
allongé, mais est une masse énorme, vaguement plan-convexe
et plus large que haute, la face plane ou peu bombée étant
la face supérieure. Cette face supérieure, garnie de racines,
affleure souvent au niveau du sol: elle présente une dépres­
sion d où part la tige aérienne. Celle-ci, vers la base, est de la
grosseur du doigt, violacée; les gros aiguillons que nous
avons déjà mentionnés sont tuberculeux, comprimés latéra­
lement, plus ou moins irrégulièrement lobés au sommet; ils
sont de plus en plus rares sur les parties plus jeunes.
Le tubercule ne pèse souvent que de 3 à (i kilos, mais peut
très bien aussi peser 12 à 13 kilogrammes et davantage. Celui
remis par l ’un de nous à M. Bourquelot atteignait le poids de
13 kilogrammes. M. Bourquelot en a donné l ’analyse sui­
vante, pour 100 de produit frais :
Eau..................................
Cendres............................
Sucre réducteur...............
Saccharose........................
Am idon..........................
A zote................................

81.621
1.141
0.043
0.111
6.803
0.428

M. Bourquelot n’a trouvé ni alcaloïde ni émulsine. Peutêtre, dit-il, la toxicité est-elle donc due à une de ces toxines
comme on en a signalé plusieurs en ces derniers temps.
Consommé sans aucune préparation, le tubercule est de
saveur douce et très agréable. Il n’en est que plus dangereux,
puisqu'on n'est pas ainsi mis en garde — bien au contraire
dépression centrale, sur la face supérieure. Les racines, non ramifiées
ou peu ramifiées, partaient exclusivement de la moitié supérieure,
comme dans le D io s c o re a M a c a b ih a . Toutefois les feuilles étaient bien
moins aeuminées que dans le D io s c o re a malgache.
i. La description de ce tubercule a déjà été donnée par M. Bourque­
lot dans sa note : A n a ly s e d 'u n t u b e r c u le de D io s c o r e a M a c a b ih a J u m . et
P e r r . p ro v e n a n t de M a d a g a s c a r (Journal de Pharmacie et de Chimie,
1er décembre 1908 . On trouvera dans la même note des photographies
du tubercule, que l’un de nous a aussi représenté dans son ouvrage sur
L e s P la n te s ù tu b e rc u le s (Doin, éditeur, Paris, 1909).

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

41 1

— contre sa très grande toxicité. Et Lun de nous a quelque
raison d’exprimer ce regret; il fut gravement malade après
s’être livré à cette dégustation.
Les Sakalaves mieux renseignés ne dédaignent pas le fan­
ganga, mais prennent des précautions. Tout d'abord, ils
n'ignorent pas que le tubercule est surtout vénéneux —
comme c'est le cas pour un grand nombre d autres ignames
— quand les nouveaux bourgeons commencent à pousser;
puis, même au moment du repos, ils enlèvent soigneusement
toute la partie de la masse qui avoisine le collet.
Ainsi évidé supérieurement, le tubercule est alors traité de
la façon suivante. Il est soumis à deux reprises à une macé­
ration dans l’eau froide, chaque macération étant suivie d’une
dessiccation au soleil. Après la seconde dessiccation, il est
plongé dans l’eau bouillante ; on le presse ensuite fortement
pour en faire sortir toute l'eau qu'il contient et qui entraîne
le principe toxique. On le fait enfin cuire de la façon qu’on
désire.
Lorsque toutes ces précautions n'ont pas été observées,
l ingestion du tubercule peut provoquer des empoisonnements
suivis de mort. On en connaît des cas chez les Sakalaves.
Le docteur Andriananosona, de Marovoay, a cité, par exemple,
à l'un de nous les deux suivants :
Une mère et ses deux enfants furent pris de convulsions
deux heures après l'absorption du mets toxique. Les malades
se plaignirent tout d’abord de lassitude, de douleurs de tète
et de douleurs articulaires; puis les convulsions et les spasmes
augmentèrent, suivis de paralysie; le ventre se ballonna. Trois
heures après le commencement de l'ingestion, la mort survint.
En deux heures, une autre fois, un homme mourut dans les
mêmes conditions, après avoir traversé les mêmes phases.
Celui de nous qui, plus heureux, en fut quitte avec une
très sérieuse indisposition, ressentit des symptômes analogues.
Ce furent d’abord des vapeurs, puis une lourdeur générale
des membres. De dix en dix minutes quelques vomissements
apportaient seulement un soulagement momentané. Il y eut
aussi quelques selles bilieuses ; puis, sept heures environ

�i 12

H. Jl MELLE ET II.

l'ERRIER DE LA BATHIE

après les premiers vomissements, des douleurs articulaires se
manifestèrent aux épaules, au cou et dans la nuque, et
persistèrent pendant environ six heures.
Les animaux ne sont pas réfractaires au poison; porcs,
chiens, canards auxquels Lun de nous, dans la suite, fit
absorber du fanganga moururent.
Au sujet de ce terme de fanganga, remarquons qu'il est
très vague, car les indigènes, dans l’Ambongo, s'en servent
également pour désigner une Passiflorée du genre Ophiocaulon, dont le tronc est, de même, renflé à la base en une sorte
de tubercule qui n'est, au reste, pas comestible. C’est cette
similitude d’aspect qui a fait donner à deux espèces si diffé­
rentes la même dénomination vulgaire, sans que nous puis­
sions dire à laquelle de ces deux espèces le nom a été d’abord
plus spécialement appliqué.
Dioscorca Ma ci ha.
Caulis glaber, raris aculeis conspersus. Folia petiolata ,
basi cordata, apice acuminata, 7-S cm. longa lataque, glabra.
Inflorescentiæ axillares, solitariæ, pendentes. Flores masculi
solitarii, bini vel terni; sepalis petalisc/ue allé (/ mm. 1/$)
connatis ; staminum /ilamentis perianthii tubo æqualibus.
Inflorescentiæ femineæ masculis longiores; floribus solitariis . distanlihus. Capsula trialata, fere Dioscoreæ Soso
capsulæ similis, sed basi minus attenuata et apice, fere truncato, rotundior. Semina 2 in loculo , versus apicem ab uno
latere alata, ab altero marginata (fig. 6). Tubera 2, unum
marcens, alterum recens.
La tige, ordinairement simple ou brièvement ramifiée, de
cette espèce que les Sakalaves nomment maciba ou malita ,
peut atteindre 10 à l'i mètres de longueur, mais sans jamais
dépasser 5 millimètres de diamètre. Elle est brunâtre, cylin­
drique, glabre, légèrement cannelée, munie parfois inférieu­
rement de quelques rares aiguillons épais.
Les feuilles sont alternes, mais de l’aisselle de chacune

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

il 3

partent — sur les exemplaires que nous avons vus — de
très courts rameaux portant une feuille ou plusieurs, très
rapprochées. Le pétiole a de I à 9 centimètres de longueur ;
d est plan en dessus, cannelé sur le dos, dilaté â son inser­
tion sur la tige en deux petites oreillettes épaisses et obtuses.
Le limbe est de forme et de dimensions assez variables, mais
le plus souvent cordé-arrondi à la base et acuminé au som­
met, de 7 â 8 centimètres de longueur sur une largeur à peu
près égale. Le sinus basilaire est très prononcé (2 centimètres
environ). Il y a généralement 7 nervures, les deux extérieures
se ramifiant vers le bas dans les oreillettes.
An niveau des inflorescences, les feuilles peuvent être très
petites (23 millim. sur 15), très brièvement pétiolées, à lobes
basilaires arrondis largement ouverts. D autres fois, elles sont
plus grandes (8 centim. sur 6 centim.), tout en conservant la
même forme. Quelquefois encore elles atteignent 11 centi­
mètres sur 9, et leur élargissement basilaire les rend vague­
ment trilobées, les deux lobes latéraux, qui correspondent
aux oreillettes, étant arrondis et le médian aigu.
Sur les jeunes plantes, le limbe peut s'arrondir; dans cer­
tains cas, il est tacheté de blanc sale en dessus.
Toutes ces feuilles sont glabres ou glabrescentes ; elles
portent au plus quelques courts poils sur sur les nervures de la
face inferieure.
L espèce est dioïque, avec inflorescences axillaires isolées
et pendantes. Les inflorescences mâles peuvent avoir 2(1 cen­
timètres et plus de longueur ; sur l'axe, qui est glabre, un peu
ailé — et parfois ramifié — les fleurs sont isolées ou par
deux ou trois, brièvement pédicellées, à des écartements de 3
à 4 millimètres.
Les fleurs mâles, comparées â celles des espèces précé­
dentes, sont caractérisées par la longueur de la soudure des
pièces périanthiques. Le tube est plus long (2 millimètres)
que les lobes (1 millim. 1/2). Les lobes calicinaux sont ovales,
plus ou moins obtus. Les lobes corollaires sont plus larges,
un peu orbiculaires, obtus, avec toutefois une petite pointe
terminale; ils seraient légèrement plus courts que les lobes

�4 1i

H; JUMELLE ET H.

TERRIER DE LA BATIIIE

P. 414-415.

calicinaux. Les six étamines ont des filets assez longs qui
font affleurer les anthères à la gorge de la corolle.
Ces fleurs mâles sont jaunâtres.
Les inflorescences femelles sont pendantes comme les
mâles, mais plus longues encore et à fleurs plus espacées.
L'ovaire (7 millim. environ) a même largeur aux deux extré­
mités et est à ailes peu marquées. Les lobes qui le sur­
montent ont respectivement la même forme que ceux des
fleurs mâles.
La floraison a lieu en octobre.
Les fruits, qui sont murs en décembre, sont (fig. 6) des
capsules triailées de 3 centimètres sur 12 à 15 millimètres,
déhiscentes supérieurement et assez semblables â celles du
Dioscorea Soso, mais tout en étant moins rétrécies à la base
et plus arrondies au sommet, qui est presque tronqué. Elles
sont ainsi à peu près de même largeur et de même forme
aux deux extrémités. Chaque loge contient dans sa moitié
supérieure 1 ou 2 graines (tig. fl) obovales, de 7 millimètres
environ sur 5. L ’aile est a peu près celle du Dioscorea
Antaly; elle est réduite latéralement à un léger rebord et
n’est plus fortement développée (2 millim. de hauteur sur
f millim. de largeur) que vers le sommet, du côté tourné
vers le placenta. Les ailes des deux graines d'une loge
peuvent être d'ailleurs très inégales.
Le Dioscorea Maciba, dans LAmbongo et dans le Boina, se
plait surtout à la lisière des bois, dans les sols siliceux. Ses
tubercules ne se forment qu’au-dessous de la couche humifère, dans les sables ou la latérite que cette couche recouvre.
La partie souterraine de l'axe traverse donc l’humus en ne
donnant que des radicelles. Ce n'est qu'au niveau de la laté­
rite ou du sable pur qu’elle porte (pi. V I) deux tubercules,
dont l un, petit et flétri lorsque la plante est développée, est
de 1année précédente, tandis que l’autre seul, frais, est de
1année. Ces deux tubercules ont toujours entre eux un cer­
tain écartement vers leur point d insertion; plus bas, ils
deviennent presque parallèles et sont donc plus ou moins
verticaux. Pendant toute la saison, le tubercule frais grossit ;

pL V I . _ Tubercules de Dioscorea Maciba Juin, et Perr.

�FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

ï I .')

souvent, quand il a acquis une certaine grosseur, il produit
quelques ramifications latérales. Son extrémité, qui peut se
1rouver à deux mètres au-dessous de la surface du sol, est
toujours obtuse ou arrondie. Il pèse de b à 12 kilogrammes
et a de 40 centimètres à 1 mètre de longueur sur 7 à 20 cen­
timètres de diamètre.
11 ii est bon que pendant le repos de la plante, c’est-à-dire

Fig. 6. — Capsule et graine de D ioscorea

Maciba.

de mars à septembre. Mais c’est alors une des meilleures
ignames du nord-ouest, que les indigènes mangent cuite,
préparée de diverses manières.
Dioscorea seripora.
Sera florescentià. Folia alterna vel opposita, glabra, hastata ; petiolo 7 cm. longo , limbo I f cm. longo et 2 cm. basi
lato , versus apicem triangulo , acuto. Inflorescentiæ masculæ
axillares 2, S vel /, ramosae; pores solitarii, pedicellati;
sepalis petalisque semiconnatis (tubo I m m .; lobis I mm. ) ;
staminum plamcntis perianthii tubum æquantibus. Inpores-

�H. JUMELLE ET H. PEU R1ER DE LA BATHIE

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

ccntiæ femineæ solitariæ vel binæ, ramosae. Capsula frialata,
quasi elliptica, ôasi cunca/a, aptce angulata. Se min a $ in
loculo, elliptica, apice ala ta, a lateris marginata. Tubera
Dioscoreæ Maeiba, serf albiora.

quatre; mais chaque axe principal — qui reste ordinairement
simple dans nos autres espèces — peut porter ici plusieurs
ramifications. Un axe de 7 centimètres portera, par exemple,
(i ramifications ayant respectivement, de la base vers le som­
met, 2 centimètres, 3 cent. I /2, 1 cent. 1/2, 1 centimètre ou
5 millimètres. Un autre, de 8 centimètres, portera une rami­
fication de 3 centimètres. Un axe de 13 centimètres aura
4 ramifications de 1 centim. 1/2 à 2 centimètres, situées
surtout vers sa base. D'autres axes plus courts auront des
rameaux plus longs. Certains, d'ailleurs, de même longueur,
peuvent rester simples. Axe et rameaux sont anguleux.
Les fleurs sont isolées, pédicellées (1 mm. 1/2 à 2 millim.),
aux aisselles de bractées étroites et aiguës, et sont glabres.
Les pièces périanthiques sont soudées sur environ la moitié
de leur longueur ; le tube a ainsi 1 millimètre environ et les
lobes I millimètre également. Les lobes calicinaux sont
ovales, obtus au sommet.; les lobes corollaires sont oblongs,
obtus, légèrement plus longs que les sépales. Les six éta­
mines sont glabres, à filets grêles assez longs ; les anthères,
presque globuleuses, font un peu saillie au-dessus de la gorge
du périanthe.
Les inflorescences femelles, longues de 30 à 33 centi­
mètres, sont isolées ou par deux aux aisselles des feuilles, et
peuvent, comme les inflorescences mâles, être ramifiées.
L'ovaire est triailé, ovoïde, surmonté de six pièces périan­
thiques semblables à celles de la fleur mâle.
Les fruits (fig. 7) sont sur des pédicelles courts et infléchis,
de 3 à 6 millimétrés. Ce sont des capsules à 3 larges ailes (8 à
10 millimètres), sensiblement elliptiques, de 30 à 37 milli­
mètres de longueur sur 20 millimètres de largeur, un peu en
coin à la base, anguleuses, à l'autre extrémité, au voisinage
seulement du sommet. Les deux graines (fig. 7)de chaque loge
sont insérées vers le haut ; elles sont elliptiques (7 à 8 milli­
mètres de longueur sur i millim. 1/2 à 5 millimètres de lar­
geur), arrondies au sommet, et pourvues, sur tout le bord
tourné vers le bas de la loge, d une aile de G millimètres de
largeur et A millimètres de hauteur. Sur le bord opposé, et

il 6

Uovifotsy, ou « igname blanche », croit, dans lAnalalava,
sur tous les grès basiques du Manongarivo 1, et surtout entre
600 et 1.200 mètres d'altitude.
L'espèce est bien distincte de toutes celles ([lie nous décri­
vons ici par ses feuilles et par l'époque de sa floraison.
De tous les Dioscorca que nous connaissons dans le nordouest, c’est celui qui fleurit le plus tard. Alors que la florai­
son des autres espèces a lieu avant janvier, le Dioscorea
seriflora — que nous nommons même ainsi pour cette raison
— épanouit ses fleurs en avril et mai, lorsque les tiges com­
mencent déjà à se faner.
Les feuilles sont alternes ou opposées, pétiolées, hastées,
glabres. Le pétiole peut avoir 7 centimètres de longueur,
pour un limbe de I A centimètres de longueur sur 9 centi­
mètres de largeur vers la base. Le sinus basilaire est plus ou
moins large suivant la grandeur du limbe; les oreillettes
sont obtuses. Lorsque le limbe est grand, les oreillettes, en
s’arrondissant latéralement, commencent à former deux lobes
latéraux. Au-dessus de ces lobes, le limbe devient triangu­
laire et se termine en pointe très aiguë. Il y a sept nervures
principales, chacune des deux externes donnant dans l’oreillette, et surtout vers le haut (c'est-à-dire sur son côté interne)
une ou plusieurs nervures secondaires.
Les inflorescences mâles sont axillaires, par deux, trois ou
1. Voir, pour cette région, la carte que nous avons donnée dans
notre mémoire sur Les L a n d o lp liia et les M a s ca re n h a s ia à c a o u tc h o u c
du n o r d de lA n a la la v a , dans 1’ « Agriculture pratique des pays chauds »
d’août 1900. Les grès liasiques dont il s'agit sont les grès indiqués sur
cette carte au nord du Maivarano, immédiatement en avant des terrains
primitifs gneissiques. Au-dessous du Maivarano nous avons dit qu’on
trouve en avant de ces mêmes gneiss des terrains primitifs (qui sont peutêtre plutôt d’ailleurs du précambrien) à schistes cristallins très métamor­
phosés, disparaissant au nord de la rivière.

41 7

�P. i 1s- 11

H. JUMELLE ET II. PERIMER DE LA BATIIIE

418

vers le hile, il y a bien une expansion analogue, mais très
réduite (3 millimètres de largeur et I millimètre de hau­
teur).
Les tubercules de Yovifotsy du Manongarivo ressemblent à
beaucoup d’égards h ceux du Dioscorea Maciba, mais ils sont
plus blancs. Ils ont parfois 1 m. 20 de longueur sur 10 cen­
timètres d’épaisseur. Les indigènes les mangent cuits, et
c'est peut-être la meilleure sorte d'igname de tout le nord-

;

Fig.

— Capsule el graine de

Dioscorea s e rif lo ra

Jum. et Pcrr.

ouest. Le goût en est au moins aussi lin que celui de nos
bonnes pommes de terre. Et pourtant ces tubercules se déve­
loppent dans des grès arides à peine décomposés.
Dioscorea Ovinala Bak.
Baker a nommé Dioscorea Ovinala une igname qui est
Yovinala ou l’un des ovinala du Betsileo. Nous ne voyons
aucun caractère qui sépare de cette espèce, telle qu’elle est

p ,„

Vil. — Tubercules de Dioscorea Ovinala Hak.

�FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

41 9

décrite par l'auteur anglais, l’igname que, dans le nord-ouest,
les Sakalaves nomment angaroka.
Nous considérons donc cet angaroka comme le Dioscorra
Ovinala.
Les tiges aériennes de Yangaroka sont herbacées, à pubes­
cence courte. Les feuilles ont un pétiole de 2 à 5 centimètres
de longueur, un peu renflé à la hase, velu. Le limbe est cordiforme, avec des oreillettes arrondies, divergentes; il se ter­
mine en pointe subaiguë. Il est velu, blanchâtre et comme
feutré en dessous; il est glabrescent et vert clair en dessus.
Il a comme dimensions extrêmes 3 centimètres sur 2, et
7 centimètres sur 7. Les nervures sont ordinairement au
nombre de cinq.
Les inflorescences sont des épis solitaires axillaires, grêles,
de o à 9 centimètres de longueur. L ’axe, très velu, ne porte
de fleurs qu’à partir de 1 cent. 1/2 environ de sa base. Ces
fleurs sont sessiles.
Dans les inflorescences mâles, elles sont par deux ou trois à
chaque niveau, placées dans une échancrure assez profonde
et entourées par des poils blancs qui cachent presque com­
plètement les bractées et le périanthe. Toutes les pièces de ce
périanthe sont glabres intérieurement, étroites; les lobes calicinaux sont un peu plus grands que les lobes corollaires. Il y
a six étamines à anthères jaunes, les trois internes étant un
peu plus courtes que les trois externes.
Les fleurs femelles sont en épis bien plus longs, de 15 à
25 centimètres, pendants; elles sont, sur Taxe, à des inter­
valles de 1 centimètre environ et sont alternes, sessiles sur
autant de mamelons cylindriques courts.
Le fruit est à trois ailes courtes; il est tronqué aux deux
extrémités, mais un peu plus large au sommet qu’à la base.
Cette base est un peu stipitée ; le sommet est terminé par un
court acumen. A l’état jeune, la surface est couverte d'un
épais tomentum blanchâtre, qui se détache facilement sous
les doigts. Dans chaque loge sont deux graines obovales, de
4 millimètres environ de longueur.
Dans le Boina, le Dioscorea Ovinala, assez rare d’ailleurs,

�420

421

H. JUMELLE ET H. FERM ER DE LA BATHIE

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

ne se trouve que sur la latérite des contreforts du plateau
central, où il croit à la lisière des bois. La partie souterraine
de sa tige, très cylindrique, s'enfonce d'abord obliquement
dans le sol, puis devient verticale, et elle atteint ainsi la couche
de latérite où elle va se tubériser. Pendant son parcours à
travers la couche humifère elle a, au total, 40 à 80 centi­
mètres de longueur; les racines qui en partent sont surtout
nombreuses dans la partie oblique, près de la surface du sol,
et deviennent plus rares dans la partie verticale. Dans toute
cette région, il peut y avoir çà et là, le long de l'axe, de tout
petits tubercules, sortes de « bulbilles » souterraines.
Dans la latérite, la tige se continue (pl. V II) par deux
tubercules fusiformes étroitement accolés. Mais, de ces deux
tubercules, l'un, ici encore, est flétri et l’autre seul est frais.
Le tubercule frais, jamais ramifié, peut avoir 1 mètre de
longueur sur un diamètre de 8 à 15 centimètres; son poids
varie de 5 à 10 kilogrammes. Il est consommé par les
Sakalaves à la façon de celui du Dioscorea Ma ci ha, auquel il
est jugé ordinairement supérieur. Les indigènes l’apprécient à
tel point qu'ils sont persuadés que si sa partie souterraine
s’enfonce d’abord obliquement dans le sol, c’est pour tenter
d échapper à la gourmandise des hommes et des sangliers.

9 nervures principales, peu saillantes inférieurement, et dont
les deux externes se ramifient vers le bas dans les oreillettes.
Ces feuilles ont, par exemple, 8 centimètres sur 6, mais
peuvent être plus grandes. La face inférieure est couverte
d'un duvet blanchâtre; la face supérieure est également duve­
tée, d'un brun foncé.
Aux aisselles des feuilles, les inflorescences mâles — les
seules que nous ayons vues — sont isolées. Elles ont de
7 à 12 millimètres de longueur. Elles sont nues sur 2 à
3 centimètres de longueur ; plus haut, les fleurs, à des espa­
cements d’un demi-centimètre environ, sont isolées ou par
deux dans les parties concaves d'un axe sinueux. Cet axe
est velu, roussâtre. Les fleurs, sessiles, sont enveloppées d’un
bouquet de poils. Les pièces du périanthe sont soudées à la
base seulement.
Les sépales, de l millim. 1/2 de longueur environ, sont
ovales, acuminés au sommet, glabres intérieurement, velus
extérieurement. Les pétales, un peu plus courts que les
sépales, sont plus largement ovales, obtus au sommet,
glabres aussi intérieurement, velus extérieurement à la base
et, plus haut, suivant la ligne médiane.
Les étamines sont insérées vers la base de la fleur, et leur
hauteur égale à peu près le quart de celle du périanthe.
Nous ne connaissons ni les fleurs femelles ni les fruits de
ce Dioscorea et nous n’en avons malheureusement pas vu
davantage les tubercules. Un seul caractère donc, jus­
qu'alors, sépare nettement de Yangaroka la plante de la
Mahevahinja : dans Yangaroka, la face supérieure du limbe
est glabrescente et verte; dans l'igname de la Mahevahinja,
cette même face offre un velouté roux à reflets brillants qui
lui donne un aspect bien différent. C’est cet aspect très
caractéristique — surtout dans ce genre où les caractères
distinctifs sont souvent très faibles — qui nous a fait dési­
gner la plante sous le nom spécifique de velutina.
Nous n’avons, du reste, aucun renseignement sur les
tubercules.

Dioscorea velutina.
Præcedenti speciei fere similis, sed caulihus, fol iis inflorescentiisque velutinis. Folia subtus incana, supra fusca.
Inflorescentiæ femineæ axillares, solitariæ; flores solitarii
vel hini, sessiles, pi lis involuti.
Ce Dioscorea, qui, dans 1 Analalava, pousse dans les bois,
sur les grès basiques des bords de la Mahevahinja, afiluent
du Maivarano, est excessivement voisin du Dioscorea Ovinala.
La tige est herbacée, volubile, couverte de poils roux.
Les feuilles sont alternes, longuement (4 à 5 centimètres)
pétiolées ; le limbe est triangulaire, cordé, à oreillettes arron­
dies, très rétréci vers le sommet, qui est aeuminé. Il y a

Annales du Musée c o lo n i a l de Mars ei lle .

—

2* série, 8' vol. 1910.

�422

H. JUMELLE ET H. PER H1ER DE LA BATIIlE

Dioscorea ma mil la ta.

m a m illa t a

VIII. — Tubercules de D io s c o r e a

jeunes.
Les feuilles sont alternes, pétiolées, vertes, un peu crassulescentes, légèrement pubescentes quand elles sont jeunes,
parsemées seulement, plus tard, de quelques poils rares sur
les nervures de la face inférieure.
Le pétiole, à poils aussi très caducs, a de 1 à 4 centimètres
de longueur, et est plan en dessus. Le limbe est triangulaire
cordé, mais à sinus peu profond (1/2 centimètre), aux oreil­
lettes arrondies ; le sommet est très aigu et se prolonge en
un long acumen linéaire de li à I2 millimètres. Les dimen­
sions varient de 35 â 95 millimètres de longueur et de 15 à
55 millimètres de largeur. Il y a 5 à 7 nervures principales,
les extérieures ne semblant pas, ordinairement, se ramifier
dans les oreillettes, qui sont très peu prononcées.
L'espèce est dioïque.
Les inflorescences mâles sont axillaires, isolées ou par
deux, pendantes. L'axe atteint 10 â 12 centimètres de lon­
gueur et porte, presque depuis la base (à 1 centimètre environ
de son insertion), de petits bouquets très rapprochés de 1 à
3 fleurs pédicellées, situées aux aisselles de bractées lon­
guement (5 à 8 millimètres) linéaires. Axe et pédicelles sont

Pl.

Quelques exemplaires, tous mâles, de cette espèce ont été
trouvés par l’un de nous dans un vestige de bois, près de
Mahevarano, en calcaire crétacé, dans la région de Majunga.
La tige est herbacée, verte, lisse et presque glabre, avec
seulement quelques poils très caducs sur les parties très

Jum. et Perr.

Cau lis herbaceus, primum leviter pubescens, sed moxpaulo
glaber. Folia alterna, juniora pubescentia ; petiolo 1-4 cm.
longo, litnbo triangulo, basi cordato, a/)ice /onr/e c/ auguste
acuminato. Inflorescentiæ masculæ axillares, solitariæ vel
binæ : flores cymosi 1-4, proxim ati ad axillas longe lineai'ium
bractearum ; sepalis petalisgue hreviter connatis, extra puhcscentibus ; staminum filamentis brevissimis. Tubera plura,
ovoidea, superficie mamillata.

�FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

423

lâchement velus. Chaque petit gToupe tloral est dû à ce que —
comme dans le Dioscorea Bemandry — le pédicelle principal,
qui peut rester simple, peut aussi se ramifier en cyme unipare
hélicoïde. 11 y a, du reste, beaucoup plus souvent 2 fleurs
que 3. Les pédicelles ont de 1 à 2 millimètres.
Le périanthe a 3 millimètres environ de diamètre. Les
sépales et pétales sont brièvement soudés. Les lobes calicinaux, rougeâtres, sont ovales, à sommet un peu rétréci mais
obtus ; ils sont parsemés de poils sur toute la face externe.
Les lobes corollaires, verdâtres, sont un peu plus courts, mais
plus larges et à sommet plus arrondi ; ils n’ont de poils
extérieurement que vers la hase.
Les six étamines sont à filets très courts, insérés vers la
base du périanthe ; les anthères, blanchâtres, sont à peu près
au niveau de la naissance des lobes.
De la base un peu épaissie de la tige partent, à la fois, des
racines et des stolons. Ces derniers (pl. V III), au nombre de
1 à 3, se terminent bientôt par de petits tubercules ovoïdes,
un peu amincis à leur insertion, arrondis au sommet, de
4 centimètres environ de longueur sur 28 millimètres de lar­
geur. Ces tubercules sont à surface irrégulière et mamelonnée ;
d'où le nom, que nous avons donné à l’espèce, de mamillata.
Ils sont tendres, féculents, de saveur douceâtre, mais nous
ne croyons pas qu'ils soient utilisés.
Dioscorea bemarivcnsis.
Folia alterna, longe (4-5 cm.) petiolata, 5-digitata, exterioribus foliolis multo quant altéra minoribus, omnibus ovatis,
acutis. Inflorescentiæ masculæ fasciculatæ (3-5) ad axillas
foliorum ; flores solitarii, velbini, vel terni ; axis pedicelliquc
pubescentes. Sepalis petalisque breviler connatis ; staminum
filamentis quater brevioribus quam perianthium. Tubera
ignota.
Ce Dioscorea — dont nous n’avons jamais vu qu'un pied
mâle, récolté en janvier 1907 dans le Haut-Bemarivo — est

�124

H. JUMELLE ET H. P ER RI EH DE LA HATH1E

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

distinct de toutes les autres espèces décrites dans ce mémoire
par ses feuilles, qui ne sont plus entières, niais séquées (ou
composées, si l'on considère les segments comme des folioles .
Ces feuilles sont alternes, longuement pétiolées (4 à 5 cen­
timètres), glabres ou glabrescentes. Il y a ordinairement
cinq segments (ou folioles), dont les plus externes sont géné­
ralement beaucoup plus petits que les trois autres. Ces seg­
ments sont ovales-aigus ; celui du milieu et les deux voisins
sont réduits chacun, à la base, à leur nervure médiane, qui
forme pétiolule. Lorsque le segment du milieu a 3 cm. 1/2
sur 13 millimètres, cette sorte de pétiolule a, par exemple,
14 millimètres. La longueur est moindre pour les deux seg­
ments voisins ; les deux petits segments tout à fait latéraux
se rattachent directement au pétiole principal. Quelquefois,
dans les feuilles plus grandes, ces deux segments latéraux,
plus développés, se subdivisent un peu au-dessus de leur base
en deux nouveaux segments.
Les inflorescences sont fasciculées, par 3 à 5, aux aisselles
des feuilles; elles peuvent avoir 13 à IS centimètres de lon­
gueur. Les axes, parsemés de petits poils papilleux excessi­
vement courts, ne sont nus que sur I cm. à I cm. 1/2 à la base.
Au delà, à des intervalles de 2 à 5 millimètres, les fleurs
sont isolées ou par deux ou trois, sur des pédicelles distincts,
de 2 à 3 millimètres. Ces pédicelles portent, disséminés, les
mêmes courts poils que l’axe, et on retrouve ces poils sur le
bord des pièces périanthiques. Sépales et pétales sont briève­
ment soudés. Les sépales sont lancéolés, glabres ; les pétales
sont légèrement plus courts, ovales, et restent plus larges au
sommet, qui s’arrondit.
Les étamines atteignent à peine le quart de la hauteur du
périanthe ; leurs filets sont à peu près aussi larges que longs.
Nous ne connaissons pas les tubercules.

lata (4-11 centim.) ; limbo 7-23 cm. longo, 3-23 cm. lato,
basi cordato, apire acuminato. Inflorescenlire masculæ solitariæ vel binæ. Flores sernper solilarii ; staminurn filamentis
(in alabaslro) 3/4 perianthii in longitudinem æguantibns.
Flores feminci in spicas 30-40 cm. longas disposi/i. Capsula
trialata, basi valde constricla, apice abrupte rotunda; alis
margine algue a latere secundurn ordines fimbriatis. Semina
2 in loculo, ab uno latere marginata, apice longe alala, ver­
sus basim brevius. Tubera bina, unum marcens, alterum
recens.

Dioscorea fimbriata.
Dloscoreæ Maciba habitus, secl florum rnasculorum sepali
petaligue breviter connati. Folia alterna, glabra, longe petio-

425

C’est Yangona des Antankara ; on le trouve dans le
Manongarivo, l’Ankaizina et le Sambirano.
Le port et le mode de végétation sont ceux du Dioscorea
Maciba, mais la tige, cylindrique, est plus grosse, et les fleurs
mâles n’ont pas le long tube périanthique du maciba.
Les feuilles sont alternes, glabres, d’un vert clair, longuement pétiolées. Dans les plus petites, le pétiole a, par exemple,
1 centimètres de longueur, pour un limbe long de 7 à 8 cen­
timètres et large de 8. Mais il en est de beaucoup plus
grandes, ayant, par exemple, un pétiole de 11 centimètres et
un limbe de 23 centimètres de longueur sur une larg-eur
égale.
Le limbe est cordiforme, avec deux oreillettes arrondies,
acuminé au sommet. Il y a 7 à 11 nervures principales, l ’exté­
rieure de chaque côté pouvant présenter, comme toujours,
une ramification vers la base de l ’oreillette.
Les inflorescences mâles sont des épis de 20 à 25 centi­
mètres de longueur, isolés ou par deux aux aisselles des
feuilles. Les fleurs, sur l'axe, sont isolées, à des espacements
de 2 h 4 millimètres, sessiles aux aisselles de bractées qui
sont ovales, arrondies à la base et atténuées en pointe au
sommet. Les sépales et les pétales sont très brièvement sou­
dés, oblongs, arrondis en haut. Les six étamines, à filets
cylindriques et assez grêles, sont insérées vers la base du
périanthe ; dans le bouton, leur hauteur atteint à peu près
les 3/4 de la hauteur de ce périanthe.

�426

II. JUMELLE ET 11.

TERRIER DE LA RA TIME

Le bouton floral — qui est ovoïde dans le Dioscorca Maciba
— est plutôt en massue dans notre Dioscorea fimbriata.
Les inflorescences femelles sont des épis de 30 à 40 centi­
mètres de longueur. Les fruits (fig. S), espacés de 1 centimètre
à 1 cm. 1/2, sont des capsules triailées, de 3 cm. 1/2 de lon­
gueur sur I cm. 1/2 de largeur maxima, nettement atténuées
vers la base, où elles n ont plus que I centimètre de largeur,
arrondies brusquement vers le sommet, le sommet même

Fig. 8. — Capsule et graine de Dioscorea

f im b ria ta

Jum. et Perr.

cependant étant rendu un peu aigu par les débris du périanthe.
Mais ce qui caractérise essentiellement notre Dioscorea, et
nous le fait nommer fimbriata, c’est que les bords des ailes de
ces fruits sont ondulés et frangés, d’autres lignes longitudinales
de franges pouvait encore se trouver, plus ou moins loin des
bords, dans les angles que font ces ailes.
Dans chaque loge, les deux graines (fîg. 8) sont vers le haut.
Ces graines sont aplaties, elliptiques, le hile étant latéral et vers

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

427

le milieu d’un des côtés ; il y a une aile à chaque extrémité,
mais celle qui correspond à l’extrémité tournée vers le haut
de la loge est beaucoup plus petite (5 millimètres de largeur
et 2 millimètres de hauteur) que celle qui correspond à l'extré­
mité tournée vers le bas (5 millimètres de largeur et 10 mil­
limètres de hauteur). Sur le côté opposé à celui où se trouve
le hile, il n’y a pas d’aile ; c’est au plus si un rebord membra­
neux excessivement étroit et à peine indiqué relie les ailes
des deux extrémités.
La partie tubérisée du Dioscorea fimbriata ressemble à
celle du maciba. A la base de la tige sont également deux
tubercules, dont l'un seulement est frais. Ce tubercule, plus
long encore que celui du maciba — car il peut atteindre
2 mètres — est souvent tordu sur lui-même. Il a le goût et
la valeur alimentaire du maciba. Cru, il est déjà mangeable,
mais est très gluant ; après cuisson, il reste un peu visqueux
extérieurement. Cuit à l’eau, ce n’en est pas moins un bon
légume, et très nourrissant. D’ailleurs, les Antankara l’utilisent
surtout en le découpant en rondelles, qu'ils font sécher pour
les conserver. C’est ainsi l ’objet d’un petit commerce dans le
Manongarivo et le Sambirano, où Yangona est, chaque année,
pendant deux mois, la grande nourriture des indigènes de
toutes les vallées, le riz récolté dans les mauvaises rizières
de montagne n’étant pas en quantité suffisante pour assurer
une alimentation féculente d’une année à l'autre.
Dans toute cette région, la plante est très commune entre
300 et 600 mètres d’altitude, et la recherche des tubercules
est, avec la récolte du miel et l’exploitation des plantes à
caoutchouc, une des causes de la multiplicité des feux de
brousse. Les légions de moeu-foy 1 qui harcèlent l'homme
1. I.e m o e u - f o y esl une petite mouche (indéterminée) dont la morsure
est encore plus cruelle que celle des moustiques. Elle disparaît pendant
la nuit, mais pendant toute la journée s'attaque à l’homme dans les
forêts d’une certaine altitude. Pour s'en débarrasser il n'est qu'un
moyen : le feu. Et c’est ainsi une des grandes causes indirectes de la
destruction des forêts par l'incendie. C’est cette mouche qui est dési­
gnée sous le nom de m o k a f o h y dans M a d a g a s c a r au d éb u t du X X * s iè c le ,
p. 204.

�H. .1 TMELLE ET II. PERRIEIl L)E LA RA TI ME

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DF. LA FLORE DE MADAGASCAR

occupé â creuser — souvent avec un simple bâton pointu —
un trou qui peut avoir 2 mètres de profondeur l’obligent à
entretenir, près de l’endroit où il travaille, un feu qu’il se
préoccupe peu d éteindre en partant. Il en allume bientôt un
second un peu plus loin, puis un troisième, et ainsi de suite.
Et c'est ainsi, dans ces forêts sèches, une multitude de petits
foyers qui ne s’éteindront sans s'étendre que si le temps est
calme. S'il y a du vent, les incendies s'élargissent. Aussi les
collines où poussent les angona sont-elles indiquées de très
loin parles îlots de Graminées qui parsèment la forêt.
Le Dioscorea fimbriata est surtout commun sur le gneiss.
Dans les bois â sol gréseux, et aux altitudes comprises entre
600 et 1.200 mètres, il est remplacé par Yovifotsy, que nous
avons décrit plus haut sous le nom de Dioscorea seriflora.

lié surné.

4-28

429

Nous pouvons indiquer dans le tableau suivant quelquesuns des grands caractères distinctifs des diverses espèces que
nous venons de décrire :
Feuilles palmiséquées
(ou composées).

ordinairement
opposées.

J|
\s

I). bem ariven sis.

Gros tubercule plan-convexe; ner­
vures de la face inférieure du limbe
glabres.
Nombreux tubercules allongés ; ner­
vures de la face inférieure du limbe
pubcscentes.

D. Macabiha

I). A n la ly .

1Graine à aile très courte.
[). Bem andry.
Capsule à contour
ovale ; aile ord°l plus
Limbe ord°‘ oblong 1 rz
| longue que la graine. D. Soso.
ou ovale, non cordé, -«- 4
1
-4
ou très peu, à la base. oc ~o Capsule à contour el­
liptique ; aile ordot
plus courte que la
\ graine.
analalavensis.
Très velu

Sur la face inférieure.

Ovinala.

Sur les deux faces.

velutina.

Pétiole velu.

E

Tube plus long
3' Pièces périanthiques 1 quc *es lobes. /).
« l longuement soudées. iTubc égal aux
c |
! lobes.
D.
uj
(Fl. mâles iso•j; /Pièces périanthiques!
SUI' 1axe. D.
7= 1£ j brièvement soudées.\Fl. mâles par 1
\
( à 3 sur l'axe. D.

iric ho po da .
M a ciba .

seriflo ra .

fim briata .

ma m i lia ta.

Le Dioscorea Soso, le Dioscorea Antaly, le Dioscorea
Maciba, le Dioscorea fimbriata, le Dioscorea Ovinala sont plus
spécialement des espèces de terrains primitifs ; leurs tuber­
cules se forment dans la latérite, au-dessous de la couche
humifère. Le Dioscorea Bemandry, le Dioscorea Macabiha, le
Dioscorea mamillata, le Dioscorea trichopoda, le Dioscorea

�431

H. JUM ELLE ET 11. PERRIER DE I.A RATHIE

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DS MADAGASCAR

seriflora, le Dioscorea anaUlavensis sont plutôt des espèces
des terrains secondaires ; les deux derniers se plaisent surtout
dans les grès, les quatre autres dans le calcaire.
Le Dioscorea Macabiha ne possède qu'un gros tubercule
plan-convexe. Le Dioscorea Soso, le Dioscorea Bemandry, le
Dioscorea trichopoda, le Dioscorea Maciba, le Dioscorea seri­
flora, le Dioscorea fimbriata ont deux longs tubercules
allongés, dont un est flétri et l'autre seul frais et comestible.
Le Dioscorea Antaly possède un faisceau de tubercules allon­
gés. Au pied du Dioscorea mamillata il y a de I à 3 petits
tubercules ovoïdes.
Les tubercules du Dioscorea Bemandry, du Dioscorea Soso,
du Dioscorea trichopoda, aqueux et sucrés, sont consommés
crus ; ceux du Dioscorea Maciba, du Dioscorea Ovinala et du
Dioscorea fimbriata sont mangés cuits ; celui du Dioscorea
Antaly est amer, mais les indigènes lui enlèvent cette amer­
tume en le débitant en tranches, qu ils font macérer dans
l'eau courante, puis sécher. Chez les Antankara, le tubercule
du Dioscorea fimbriata est très souvent découpé en rondelles,
qu’on fait dessécher pour les conserver. Enfin l’énorme tuber­
cule du Dioscorea Macabiha est très toxique. Les Sakalaves
néanmoins le consomment après lui avoir fait subir soigneu­
sement les préparations successives (macération, ébullition,
expression) que nous avons mentionnées plus haut.
Par leurs capsules, toutes les espèces dont nous connaissons
les fruits sont de la section Helmia.

Linnéenne de Paris trois Adansonia, qu’il nommait Adansonia
madayascariensis, Adansonia Z a et Adansonia Fony. Il recon­
naissait bien, d’ailleurs, lui-même que la troisième de ces
espèces était douteuse et ne pouvait être créée que provisoire­
ment ; au contraire, il semblait assez sur de la valeur
de la première pour en figurer un rameau, des fleurs et
un fruit dans son Atlas des Plantes de Madagascar (pl. 79 a
et 79 b). Il y avait pourtant sur ce dernier baobab même une
erreur qui était rectifiée plus tard soit par Bâillon, soit par le
continuateur de VAtlas, Drake del Castillo h Lorsqu on con­
sulte aujourd'hui le premier volume de cet Atlas, on y trouve,
en effet, intercalées isolément, après les planches 79 a et 79/&gt;,
des planches 79bbis, 79c, 79d, 79e qui manifestement ne
furent publiées que beaucoup plus tard. Or la planche 79 b bis
est rectificatrice de la planche 79 b, car c’est cette même
planche, mais sur laquelle les figures sont accompagnées de
légendes différentes. Le fruit notamment que Haillon attribuait
tout d abord à VAdansonia madayascariensis est désigné comme
le fruit d'un dansonia Grandidieri de Morondava. D’autre
part, sur la planche 79cest représentée la fleur de cet Adan­
sonia Grandidieri, à côté de laquelle sont deux fruits qui
seraient les fruits véritables (plus larges que hauts) de YAdan­
sonia madayascariensis.
Comme indication complémentaire sur les deux espèces,
nous n’avons que les quelques lignes qu’y consacrait en 1902
Drake del Castillo dans Madayascar au début du X X ° siècle.
C’est là seulement que nous trouvons mention, dans un texte,
de YAdansonia Grandidieri, auquel Drake donne le nom vul-

430

V

Les Baobabs.
Une certaine confusion règne encore actuellement dans
Lhistoire des baobabs malgaches et elle résulte des rectifica­
tions successives qui ont été apportées aux premières descrip­
tions des quelques espèces actuellement connues, ainsi que de
l’insuffisance de ces descriptions.
Bâillon, eA 1890, décrivait dans le Bulletin de la Société

1. C’esl là le point qu'il est aujourd'hui difficile d'éclaircir. Est-ce
Bâillon lui-même qui fit, après la publication de son A t l a s , tirer ces
nouvelles planches; ou bien la rectification fut-elle faite par Drake del
Castillo? Nous n'avons, pour être renseignés à ce sujet, aucun point de
repère précis. Ce qui est toutefois certain, c'est que Drake, s'il fut
l'auteur de la modification, voulut laisser à Bâillon la paternité des
espèces, car, dans le C o m p e n d i u m de Baron revu par lui, il met sous
le nom de Bâillon Y A d a n s o n ia G r a n d i d i e r i et Y A d a n s o n ia m a d a g a s c a r ie n s i s rectifié.

�132

II. JUMELLE ET II. PEItRIKIl DE T.A UATIIIE

gaire que Bâillon croyait appartenir à YAdatisonia madagasca­
riensis, celui de reniai a.
Quant à YAdansonia madagascariensis rectifié (c’est-à-dire
avec des fruits plus larges que hauts , Drake le considère comme
étant le font/, car il écrit : « L ’Adansonia digitata n’existe pas
à Madagascar à l’état spontané, mais cette ile possède trois
baobabs qui sont bien différents de l’espèce continentale :
Kl&lt;/. madagascariensis, ou font/, lMd. Za, ainsi nommé de
son appellation indigène, et YAd. Grandidieri, ou rcniala.
Tous trois ont le port beaucoup plus élancé que YAd. digitata ;
ils atteignent vingt mètres de hauteur; leur tronc porte des
branches peu nombreuses et plutôt ascendantes qu’étalées.
Chez YAdansonia Grandidieri cependant, qui est le plus gros
de tous, elles se rapprochent plus de l'horizontalité que chez
les autres espèces, mais elles sont très courtes. L ’Adansonia
madagascariensis se distingue de ses deux congénères de
Madagascar par des étamines unies en un tube allongé, tandis
que les deux autres espèces ont un tube staminal court ; de plus,
YAdansonia Za a des pétales verdâtres et non rouges comme le
reniai a et le font/. »
Nous ne voyons pas vraiment sur quels caractères Drake
del Castillo a pu se baser pour admettre ainsi que le fony est
YAdansonia madagascariensis. Bâillon dit que son Ad. Fony
a des folioles dentées-serrées et un fruit un peu plus haut que
large. Or les folioles de YAdansonia madagascariensis ne sont
pas dentées, et les fruits de cet Ad. madagascariensis rectifié
sont plus larges que hauts. Nous ne pouvons dire, d’ailleurs,
ce qu'est le fony, car ce terme ainsi que celui de rcniala sont
inconnus dans le nord-ouest de Madagascar dont nous nous
occupons exclusivement ici ; ce sont des noms du sud-ouest.
Une autre erreur de Drake dans le passage plus haut cité
est relative à la longueur du tube staminal A Adansonia Za,
qu’il indique très court ; ce qui est, du reste, en concordance 1
avec la figure qui représente cette fleur de za sur la planche
1. Cette concordance est une des raisons qui nous laisseraient penser
que les planches supplémentaires de V A t la s sont dues à Drake.

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

433

79 c de YAllas. Le tube staminal, sur cette figure, est presque
nul. Or il est bien vrai que, comme nous le verrons plus loin,
le tube staminal des fleurs de za est beaucoup plus court que
celui des fleurs de YAdansonia madagascariensis, mais il est
notablement plus long que celui des fleurs de YAdansonia
Grandidieri ou de notre Adansonia rubrostipa. Il a bien la
longueur d’un demi-décimètre qu’indiquait Haillon en décri­
vant l’espèce dans le Bulletin de la Société Linéenne du 7 mai
1890. La fleur A Adansonia Za de la planche 79 c n’est donc
certainement pas la fleur véritable de cet Adansonia.
Et il y a là une nouvelle erreur qui malheureusement— ce qui
accroît encore la confusion — a été reproduite par M. Hochreutiner, dans une note récente de cet auteur 1 sur un nouveau
baobab australien, YAdansonia Stanburyana. A propos de
cette nouvelle espèce, M. Hochreutiner s'est occupé incidem­
ment des espèces malgaches de Bâillon et de Drake, et écrit :
« Remarquons qu'il y a une contradiction entre la planche de
Bâillon 79c représentant YAd. Za et sa description dans le
Bulletin de la Société Linnéenne de Paris. La planche figure une
fleur à tube staminal court et la description parle d’un tube
de l ’androcée cylindrique et long de plus d’un demi-décimètre.
Ou bien l'auteur a commis une erreur dans la description ou
bien il a en vue une autre espèce que celle figurée dans
Y Atlas. Quoi qu'il en soit, la planche de YAtlas étant antérieure,
le nom de za doit continuer à désigner la plante représentée
par cette figure (Règles de la nomenclature, art. 37). La date
de publication des planches de Bâillon est fort incertaine,
comme on le sait, et s'échelonne de 1886 à 1897. De même il
est assez difficile de fixer la date exacte de publication des
divers fascicules du Bulletin, lesquels portent seulement les
dates des séances, tandis que le volume entier est daté de
1898. L'article sur les baobabs figure à la séance de mai 1890,
mais on peut être certain qu'il est postérieur aux planches 79
de YAtlas, puisque dans ce même article les planches 79 a et
1. Hochreutiner: i n nou vea u b a o b a b et ré vis io n du g e n r e A d a n s o n ia
(Annuaire du Conservatoire et du Jardin botaniques de Genève, 1908).

�434

I). JUMELLE ET H. PERRLER DE LA RATH1E

79 b sont mentionnées et que ÏAdansonia Za est figuré aux
planches 79 c et 79 d. »
Après les explications que nous avons données antérieure­
ment, on voit que M. Hochreutiner se trompe lorsqu'il admet
que les planches 79 c et 79 d sont antérieures à la note du
Bulletin de la Société Linnéenne pour cette raison que les
planches 79 a et 79 b le sont. Bien au contraire, ce qui prouve
nettement que ces planches 79 c et 79 d sont postérieures,
c'est qu elles ne sont pas citées par Bâillon, qui mentionne
seulement les planches 79 a et 79 b. Même si les planches
rectilicatric.es et supplémentaires ont été publiées par Haillon,
elles ne l'ont donc été que beaucoup plus tard. Et, en définitive,
soit qu’on se place au point de Arue de la priorité de la descrip­
tion. soit — ce qui est une raison autrement sérieuse — qu'on
considère les caractères réels de la fleur de za, il faut admettre
que le tube staminal de ÏAdansonia Za est plutôt long que
court. A cet égard, on doit rectifier la clef analytique donnée
dans son Mémoire par M. Hochreutiner.
Dans le meme travail, le botaniste de Genève dit que « tous
les Adansonia qui habitent l’Afrique paraissent posséder des
fleurs rouges ». Nous verrons plus loin que les Heurs de za
sont jaunes et que celles d Adansonia alba sont blanches,
comme celles de YAdansonia Gregorii et de YAdansonia Stanburyana d’Australie.
Au milieu de toutes ces contradictions et de toutes ces
incertitudes, on reconnaîtra qu'il y a bien lieu de reprendre
l'étude de ces Adansonia malgaches, dont nous allons signaler
plusieurs espèces nouvelles. Nous croyons pouvoir affirmer
qu'il n'y a eu aucun mélange entre les échantillons qui nous
ont servi à compléter les espèces anciennes et à décrire les
nouvelles.
Adansonia digitata Lin.
Nous avons un moment hésité avant de rapporter à YAdan­
sonia digitata du continent africain un baobab qui, à Mada­
gascar, est certainement une espèce introduite, car on ne le

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE IA FLORE DE MADAGASCAR

435

rencontre qu’autour des habitations ou sur les emplacements
des anciens villages.
Les feuilles et les fleurs de cet Adansonia sont bien celles
du baobab de l'Ouest-Africain, et les fruits ont bien aussi
l’aspect général et la couleur des fruits de ce baobab, mais
certains de ces fruits sont à sommet plus ou moins pointu. Or
les baies cortiquées de l’Adansonia digitata sont ordinairement,
d'après les descriptions courantes, à sommet déprimé.
Etions-nous donc en présence de plusieurs espèces, puisque
quelques-uns de nos fruits étaient également obtus? Cette
supposition était permise : d'autres espèces que YAdansonia
digitata sont aujourd hui connues en Afrique, notamment au
Congo, et il est très vraisemblable que la cote orientale possède
des baobabs spéciaux, dont certains auraientpu être introduits
à Madagascar, et plutôt même que YAdansonia digitata de
l’ ouest.
Après mûr examen, nous ne croyons cependant pas que ce
soit le cas. Les nombreuses observations que l’un de nous a
faites sur place lui ont permis de s’assurer que le même arbre
peut porter des fruits à sommet déprimé et d'autres à sommet
aigu. Nous ne pouvons donc pas, à Madagascar, tenir grand
compte de ce caractère et nous considérons décidément
comme étant Ï Adansonia digitata le baobab introduit que, dans
le nord-ouest de l'île, les Sakalaves nomment sefo.
Cet Adansonia, dans l’Ambongo et le Boina, acquiert le
même développement que sur le continent. Près du lac de
Ngamba, au voisinage d Ankirihitra, à 100 kilomètres de lacôte,
un pied a plus de 17 mètres de circonférence. Il se trouve là
au pied du mont Tsitondraina, à l’endroit où fut un village
ho va.
Dans l ’Ambongo, il est de ces mêmes baobabs autour du
village d'Anaboringa, sur la Mahavavy, à 40 kilomètres environ
de la mer.
Les feuilles simples des plantules d Adansonia digitata sont
atténuées vers le pétiole comme nous allons dire que le sont
celles d'Adansonia madagascariensis, et leur sommet est aussi
nettement et brusquement acuminé; mais le limbe, au-dessous

�437

H. JUMELLE ET 11. PEÏUUER DE LA BATTUE

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

Je cet acumen, est plus large et plus arrondi latéralement que
dans les germinations d'Adansonia madagascariensis.
Les boutons lloraux de l ’espèce introduite (y compris toutes
ses formes) sont plus ou moins globuleux. Au contraire, les
boutons floraux de toutes les espèces malgaches suivantes
vont être étroits et allongés, comme le sont, croyons-nous,
ceux des espèces australiennes.

ceux des causses d Ankara ou des bois rocailleux du Bemarivo,
mais l’un de nous l'a retrouvé plus récemment, vers le nord-est,
sur les grès basiques et sur les gneiss des bois de la Loky.
C'est un arbre de 23 à 30 mètres de hauteur, dont le troncdroit est presque cylindrique, à peine plus gros à la base qu’au
sommet. L'écorce est grisâtre, couverte de petits mamelons
arrondis, entre lesquels elle est lisse ; il n'y a pas d’exfoliation
du rhytidome.
Les rameaux sont étalés.
Les feuilles sont assez longuement pétiolées (6 à 7 centi­
mètres), avec ordinairement 3 ou 6 folioles. Celles-ci sont
sessiles et sont spatulées; leur plus grande largeur correspond
à peu près au tiers supérieur, qui est arrondi, avec un sommet
un peu anguleux ou émarginé. Dans les deux tiers inférieurs
il y a rétrécissement graduel vers la base. Les dimensions
des grandes folioles sont 9 à 10 centimètres sur 3 cent. 1/2 à
4 centimètres de largeur maxima.
La floraison a lieu d’aoùt à octobre.
Les fleurs que nous connaissons n’étaient pas absolument
fraîches et commençaient à se dessécher.
Les sépales, soudés seulement à la base, sont charnus; ce
sont des languettes légèrement aiguës au sommet, de 18 cen­
timètres environ de longueur sur 10 à 17 millimètres de largeur,
couvertes extérieurement de courts poils fauves et revêtues
intérieurement de poils beaucoup plus longs, plus pâles, et
soyeux.
Les pétales ont environ 13 centimètres de longueur sur
13 millimètres de largeur ; ils portent sur leur face externe,
dans la région médiane, les mêmes poils que la face interne
des sépales.
Le tube staminal est à peu près aussi long(o à 7 centimètres!
que les parties libres des filets (6 à 8 centimètres).
Les fruits sont de forme très constante, du moins sur le cal­
caire. Ils sont presque globuleux mais toujours cependant un
peu plus larges que hauts, aplatis au sommet. Ils ont, par
exemple, 7 centimètres de hauteur et 9 centimètres de largeur.
Leur surface est pubescente, fauve, comme l’extérieur des
sépales.

436

Adansonia madagascariensis Baill. (vel Drake).
Nous avons déjà dit que cette espèce n’est pas exactement
celle que décrivit tout d’abord Bâillon en lui attribuant le terme
sakalave de reniala. D’après la rectitication ultérieure de Bâil­
lon ou de Drake ', le reniala est YAdansonia Grandidieri, et
c est à cet Adansonia qu’appartenait le fruit que Bâillon crut
être celui de VAdansonia madagascariensis. L ’Adansonia madagascariensis définitif a pour fleur celle que Bâillon lui rapporta
immédiatement, mais son fruit est tout autre que celui figuré
sur la planche 79b de l’Atlas; c’est celui de la planche 79e.
Quant à la plante que nous étudions ici, nous croyons que
c'est bien cet Adansonia madagascariensis Baill., car elle en a
à la fois la fleur et précisément ce fruit si caractéristique. Les
feuilles ne sont pas celles qu'a représentées Bâillon sur sa
planche 79 a. mais il y a tant d’erreurs sur ces deux planches
79 a et 79 b (où YAdansonia madagascariensis est encore con­
fondu avec YAdansonia digitata) que nous ne pouvons guère
nous arrêter, en la circonstance, à cette seule différence. Il
est bien invraisemblable qu'il s’agisse d’une espèce qui aurait
mêmes fleurs et mêmes fruits — très caractéristiques, nous le
répétons — que YAd. madagascariensis, mais en différerait par
les feuilles.
Dans le nord-ouest, nous n’avons connu tout d'abord notre
Adansonia madagascariensis que sur les sols calcaires, tels que
1. S'il pouvait être établi que la rectification est de Drake, il serait
évidemment préférable d'accoler à l’espèce le nom de Drake plutôt que
celui de Bâillon (comme nous l’avons fait parfois ailleurs) ; ou éviterait
ainsi toute confusion relativement aux fruits.

Annales du Musée colonial de Marseille. —

série, 8' vol. 11&gt;10.

2s

�438

II. JUMELLE ET H. PERRIER DE IA BATIIIE

P. 438 439

Les graines dans la pulpe sont réni formes, roussàtres à sec,
couvertes de courts poils 1; elles ont environ 1 centimètre de
largeur, 9 millimètres de hauteur, 6 millimètres d’épaisseur.
La substance grasse quelles renferment est une huile.
Une graine pèse en moyenne 0 gr. 250. Le tégument repré­
sente 59,35 % environ du poids total.
Dans les plantules (pi- IX) de cette espèce, les six premières
feuilles au moins (les deux feuilles cotvlédonaires et les quatre
feuilles suivantes) restent simples. Les leuilles cotylédonaires
sont pétiolées (2 centimètres) ; leur limbe, de 4à 6 centimètres
sur 3 à 4, est un peu cordé à la base, aigu au sommet, et à
nervation palmée. Les feuilles simples situées au-dessus sont
ovales, très rétrécies à la base et acuminées au sommet, et
sont à nervation pennée. Sur des pieds d un an, et de 1 m. 50
de hauteur, on n'observe encore que quelques feuilles compo­
sées. Ces jeunes feuilles ont parfois quelques dents irrégu­
lières sur leurs bords.
Nous avons dit plus haut que cet Adansonia madaqascariensis, que nous avions signalé autrefois exclusivement sur les sols
calcaires, nous est connu aujourd'hui dans le nord-est de
nie, dans les bois secs de la Loky, sur les grès basiques et
sur les terrains primitifs gneissiques. Les Adansonia que l ’un
de nous vient d’observer dans cette région ont bien, en elFet,
le port et les fleurs de \'Adansonia madaqascariensis. Mais, fait
curieux, les fruits, qui, sur les sols calcaires, sont de forme si
constante, sont ici un peu variables. La plupart restent plus
larges que hauts et sont à sommet aplati et même un peu
déprimé, mais quelques-uns, sur certains pieds des grès ba­
siques, sont plus arrondis, plutôt plus hauts (1 l centimètres)
1. Les cellules que nous désignons sous ce nom de « poils », dans les
graines de lous ces A d a n s o n ia , sont des cellules allongées, étroites
(Omm 500 de longueur sur0mm017 de largeur), aiguës au sommet, toutes
perpendiculaires à la surface de la graine et bien séparées entre elles ;
leurs parois sont un peu lignifiées et ponctuées. Nous décrivons les
graines telles qu’elles se présentent lorsqu’on les a dégagées de la pulpe
après que cette pulpe a été plongée pendant 24 heures dans une solution
de potasse.

I

l.

IX .

très jeune planlule d A d a n son ia m a d a g a sc a rie n sis Baill.

Les cotylédons sont souvent plus cordés qu'ils ne le sont indiqués ici.

�FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

439

que larges ( 10 centimètres), et ù sommet non déprimé et un peu
ai'»u. Nous ne relevons pourtant entre les arbres qui donnent
ces fruits et les arbres a iruits déprimés aucune autre différence.
Non loin (2 kilomètres) de la localité précédente, sur les
gneiss, les arbres sont à tronc un peu plus ventru que d’or­
dinaire, mais portent, en général, des fruits normaux, bien
caractérisés; ou si quelques-uns de ces fruits sont un peu plus
hauts que larges, c’est manifestement, dans ce cas, à la suite
de piqûres d insectes, qui ont provoqué d'un côté un ralentisse­
ment de développement. D’autre part, tous ces fruits sont à
surface plus ou moins nettement côtelée.
Comme toujours, toutes ces variations ne sont observables
que d individu à individu, chaque pied ne portant qu’une forme
de Irait. Mais il y a tous les passages d’une forme à l’autre.
Au point de vue de la répartition géographique, il est inté­
ressant de remarquer que jusqu’alors nous n’avons pu consta­
ter la présence de YAdansonia madagascariensis ni d’aucune
autre espèce du genre dans les bassins de l lfasy et de la
Mahavavv (au nord d’Ambato). Ce n’est qu'en passant sur le
versant oriental que nous retrouvons ces Adansonia dans la
Loky.
Adansonia Za Baill.
Cette espèce, qui est le za hé du nord-ouest, peut avoir
40 mètres de hauteur; elle en a fréquemment de 20 à 30, Son
tronc, qui a parfois 4 mètres de diamètre un peu au-dessus du
sol, est à base tantôt ventrue et tantôt presque cylindrique,
mais, en tout ’ cas, diminue régulièrement de grosseur de
cette base vers le sommet. Il est à écorce grisâtre, inégalement
mamelonnée, lisse entre ces mamelons, sans exfoliation.
Les rameaux sont plus ou moins étalés.
Les feuilles sont assez longuement pétiolées (6 à 12 centi­
mètres); les folioles, nettement pétiolulées (7 à 30 millimètres),
sont ovales, acuminées au sommet, très aiguës à la base, et
ont de b à 10 centimètres de longueur sur 2 centim. 1/2 â
i centim. 1/2 de largeur. La nervure principale est bien

�440

H. JUMELLE ET 11. PERR1ER DE IA

HATH1E

visible sur les deux faces et saillante sur la face inférieure ;
les nervures secondaires, très nettes également, mais peu
saillantes en dessous, sont un peu obliques, arquées, et ne
forment pas par leurs extrémités une nervure marginale bien
apparente.
Les fleurs s’épanouissent deux mois après celles de \ Adansonia madagascariensis, d'octobre à décembre, pendant cpie les
feuilles apparaissent, ou un peu avant.
Les sépales, soudés à la base sur une longueur variable,
mais de 2 centimètres au plus, sont des languettes un peu
inégales, longues de lb à 10 centimètres dans leur partie libre,
larges de 7 à 10 millimètres, épaisses, un peu aiguës au som­
met ; la face externe est. jaune verdâtre, couverte de poils
très courts, la face interne est brun rougeâtre, tomenteuse.
Le nombre de ces languettes semble d’ailleurs un peu variable ;
le calice se fend souvent seulement en deux lanières inégales.
Les pétales, complètement libres, sont aussi des languettes
étroites, qui sont toujours jaunes, sauf dans leur moitié
inférieure interne, qui est rouge. Ils sont à sommet obtus, glabres
ou glabrescents, et ont de 17 à 20 centimètres de longueur sur
12 à 14 millimètres de largeur.
Le tube staminal et les parties libres des filets sont d’un
jaune plus pâle que celui des pétales. Le tube staminal a une
longueur (4 à 6 centimètres) qui n égale que la moitié a peu
près de celle (10 centimètres) des parties libres des filets. Les
anthères, brunes, sont contournées en croissant et s'insèrent sur
les filets par la partie concave.
Les fruits, revêtus d'un duvet grisâtre peu épais, sont de
forme et de grosseur très variables, mais sont toujours beaucoup
plus longs que larges, avec des sillons longitudinaux.
Forme et grosseur sont, du reste, assez constantes sur un seul
et même pied, et c’est surtout entre arbres voisins qu’on peut
observer de grandes différences.
Voici quelques dimensions relevées à Kamakama, dans les
causses d'Ankara :
1° 14 centimètres sur 6 centimètres, et sommet obtus;
2° 16 centimètres sur 2, et sommet moins obtus ;

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR 441

3° 21 centimètres sur 10, et sommet légèrement acuminé ;
4° 30 centimètres sur 8, et sommet aigu ;
5° 37 centimètres sur 8 cm. 1/2, avec sommet aigu et légère­
ment acuminé.
Les trois premiers fruits ont été cueillis sur un même arbre ;
les deux derniers sur un autre.
Un fruit d’un arbre de Besevo a 2o centimètres sur 8.
Les graines, incluses dans la pulpe, sont réniformes, les
deux extrémités se touchant presque. Une de ces extrémités
est, comme dans l’espèce précédente, un peu plus grosse et
plus arrondie que l’autre. Ces graines sont couvertes de poils
courts, et de même couleur que celles de YAdansonia madagascariensis ; elles ont, en moyenne, 14 millimètres de largeur,
I 1 millimètres de hauteur et 8 millimètres d'épaisseur, mais
peuvent être aussi plus grosses. Le poids moyen est de 0 gr. 870 ;
le rapport du poids du tégument au poids total est de o8,60.
II va de soi, au reste, qu'il ne faut pas attribuer à tous ces
nombres une valeur trop absolue; nous ne les donnons que
[jour fixer un peu les idées et permettre une comparaison qui
ne soit pas trop vague entre les graines des diverses espèces.
La substance grasse que contient l'amande du za est une

huile.
L ’espèce est assez commune, dans lAmbongo et le Boina,
sur les sols calcaires ; mais, alors que YAdansonia niadagascariensis habite de préférence l'intérieur des bois, YAdansonia Za se plaît plutôt à la lisière ou dans les clairières des
forêts.
Dans l'Ambongo, on le trouve depuis le Kelifely jusqu à la
mer.
Dans le Boina. nous pouvons le signaler sur les collines
près de Gnamba, à l'ouest du mont Tsitondraina. et aussi sur
les bords du Jabohazo et dans les bois de Kamakama ; on le
rencontre également à Besevo, à Ankaladina, etc.
Les arbres de Kamakama diffèrent toutefois par quelques
caractères de ceux de Besevo ; la base du tronc est moins
ventrue, les rameaux sont plus étalés, les fruits auraient sou­
vent des pédoncules plus courts et seraient eux-mêmes moins

�412

H. .11 MELLE ET H. PERR1ER DE LA RATIIIE

allongés et à extrémités plus obtuses. Mais ce sont là des varia­
tions individuelles, car on trouvé dans les deux localités tous
les intermédiaires, au point de vue de la forme du tronc et de
celle des fruits. Il est, par exemple, à Kamakama comme à
Besevo des troncs ventrus.
Ad an son ia rubrostipa.
Arhor '■J-JO m. alfa, cortice rubro; foliolis sessilibus, ovatoelongads, 5-0 cm. longis, i 5 - J8mm. la fis, m angine leviter et
la.re dentatis. Sepalis angusds, 14-15 cm. longis, 7 mm.
lads, extra velutinis, intus fomentosis ‘ petalis infus glahris,
extraque, præcipue meclio, villosis, JJ - JS cm. longis, basi
15 mm. lads, versus apicem J0-1J mm. Staminum filamentis
exterioribus fere liberis; interioribus basi in J)revem [18 mm.)
tubum connatis, deindeque [I J cm. circa) liberis. Fructus
suhspbericus, semper attamen paulo longior quant la fior;
parvis seminibus.
C est le za mena et encore le vingt/ du nord-ouest.
Par ses feuilles à folioles dentées, et par ses fruits ellipsoïdes
et à surface veloutée, il serait bien à rapprocher de l’espèce
provisoirement nommée Adansonia Font/ par Bâillon; mais
Haillon dit du font/ de Saint-Augustin que « c’est un arbre
très élevé et très élancé dont les fleurs sont rouges » et aucun
de ces deux caractères ne convient à notre baobab.
Il y aurait plus d’inconvénients, dans la suite, à identifier à
tort les deux arbres qu'à en faire actuellement deux espèces
distinctes.
Souvent monstrueux, et de forme très variable, notre Adan­
sonia a en général le port du za, mais son tronc, cylindrique
ou conique, n’a, la plupart du temps, que deux à cinq mètres
de hauteur et n'en dépasse jamais 10. C ’est donc un petit
baobab '.
1. H. Jumelle et II. Perrier de la Balhie : Les baobabs du nord-ouest
de Madagascar (Les Matières grasses, 25 janvier 1909).

FRAGMENTS RIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR 443

Son écorce, qui se détache par plaques comme celle du
bouleau, est rouge brunâtre; d'où le nom spécifique que nous
donnons à cette nouvelle espèce.
Les feuilles, qui apparaissent en janvier, sont plutôt petites.
Klles ont un pétiole de 3 centimètres à peu près; les folioles
sont sessiles, ovales, allongées, aiguës aux deux extrémités,
de 5 à (i centimètres de longueur sur 15 à 18 millimètres de
largeur, pourvues sur leurs bords de dents très légères et
espacées.
La floraison a lieu vers mai. Les boutons floraux sont vert
noirâtre.
Les sépales sont des languettes à sommet légèrement aigu,
rougeâtres et tomenteuses en dedans, vert jaunâtre et cou­
vertes de poils courts en dehors; ils sont enroulés sur euxmêmes et ont de 14 à 15 centimètres de longueur sur 7 milli­
mètres environ de largeur.
Les pétales, étroits, jaune pâle, sont glabres en dedans,
mais velus dans la région médiane de la face externe. De 12
à 13 centimètres de longueur, ils sont surtout larges à la
base, (jui a 15 millimètres environ, alors que, plus haut, la
largeur n'est plus que de 10 à 11 millimètres.
Les étamines les plus externes sont presque entièrement
libres; les étamines plus internes ont leurs filets soudés à la
base en un court*tube de 18 millimètres environ. Au-dessus
de cette partie tubulaire, les parties libres des filets ont une
longueur de 12 centimètres environ. La longueur du tube est
donc six fois plus faible environ que celle des parties libres des
filets. Ces filets sont presque blancs; les anthères, qui sont
en croissant, sont brunâtres ou jaunes.
Le style est d'un beau rouge.
Les fruits mûrissent en octobre. Ils sont un peu plus hauts
que larges; ils ont, par exemple, 8 cent. 1/2 de hauteur sur
8 centimètres de largeur, ou 10 centimètres de hauteur sur
fl centimètres de largeur. Leur forme varie très peu. Ils sont
couverts de poils fauves formant un duvet épais.
Les graines sont de couleur rouille vif, réniformes, à sur­
face veloutée comme les précédentes, et ont environ 1 eenti-

�44 i

Tl. JUMELLE ET H. FERMER DE LA BATH1E

mètre de largeur, 8 millimètres de hauteur et 5 millimètres
d'épaisseur.
Elles sont un peu plus petites que celles de YAdansonia
madagascariensis; une graine pèse en moyenne 0 gr. 180, et
le rapport du poids du tégument au poids total est de 07, 30 °/0.
La substance grasse de l amande est une huile.
Nous ne connaissons jusqu’alors Y Adansonia rubrostipa
que dans l’Ambongo, où il croît dans les bois rocailleux et
secs des terrains calcaires, notamment dans les rocs crétacés
des bords de la baie de Baly (aux environs de ce village et en
face de Soalala) et à Namoroka, près d'Andranomavo.
Adansonia alba.
Arbor 10-15 ni. alfa. Flores suaveolentes, démuni albi
deindeque luteoli; sepalis angustis, 19 cm. [siccis) longis,
9 mm. latis, extra velu finis, fuscis, intus tomentosis; petalis
obtusis, 1$ cm. longis, 15 mm. latis, intus præcipueque extra
tomentosis. Staminum filamentis basi in tuhum [35 mm. longum) connatis, supraque liberis. Fructus ellipsoideus, $0 cm.
long us, 10 cm. latus, cortice extra griseo-velutino, longitudinaliter baud sulcato, intus albido. Semina fere Adansoniæ
Za, sed albiora. Folia ignota.
•
Les trois espèces précédentes d Adansonia malgaches sont
les seules que nous connaissions actuellement dans l'Ambongo
et le Boina; les deux espèces que nous allons encore décrire
se trouvent plus au Nord.
L Adansonia alba est de la région de l ’Andranomalaza, où
il croit dans les bois.
C’est un arbre de 10 à 13 mètres de hauteur, dont le tronc
peu renflé décroît régulièrement de la base vers le sommet.
Les rameaux sont étalés, ascendants.
Les fleurs sont odorantes, même lorsqu’elles sont sèches. Dès
qu elles commencent à se flétrir, elles jaunissent ; mais plus
jeunes et bien fraîches elles sont blanches. Cette couleur per­
met, sur place, de ne pas confondre avec le za, dont il a le

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR 443

port, le baobab de l’Andranomalaza. Les fleurs de za, nous
l'avons dit, sont toujours jaunes.
Lorsque celles de notre nouvelle espèce sont fraîches, leur
réceptacle a un diamètre de 27 millimètres environ. Les
sépales, tordus en boucle sur eux-mêmes, ont 24 centimètres
de longueur sur I centimètre de largeur; ils sont obtus au
sommet, veloutés et brunâtres extérieurement, rougeâtres sur
la face interne, qui est couverte de longs poils couchés, cas­
sants et brillants. Les pétales, à sommet arrondi, ont 20 cen­
timètres de longueur sur 17 millimètres de largeur; ils ne sont
ni tordus, ni bouclés. Ils sont couverts extérieurement de
poils blancs, qui sont plus rares intérieurement. La colonne
staminale a 35 à 40 millimètres de hauteur et 1 centimètre
de diamètre; les parties libres des filets ont 18 à 20 centi­
mètres.
Sur la Heur examinée à sec, les sépales ont 19 centimètres
sur 9 millimètres; les pétales, de même largeur à peu près
sur toute leur longueur, ont 18 centimètres sur 13 millimètres.
La face interne de ces pétales est complètement glabre vers la
base, mais velue en haut sur la ligne médiane; la face externe
est velue en bas sur cette même ligne médiane, mais entière­
ment couverte de poils vers le haut. Le tube staminal, un peu
plus large à l’extrémité inférieure qu'à l’extrémité supérieure,
a 35 millimètres environ de hauteur; les parties libres des filets
ont de l i centimètres à 15 cent. 1/2, c'est-à-dire sont envi­
ron quatre fois plus longues que le tube.
Les fruits sont elliptiques en section longitudinale, beau­
coup plus longs que larges, de 20 centimètres, par exemple,
de longueur sur 10 centimètres de largeur. Leur sommet est
ordinairement arrondi; leur surface est revêtue d’un très court
duvet qui, à sec, est grisâtre ou vert jaunâtre. Ils ressemblent
un peu à certains fruits de za, mais, sur la coupe, la zone
externe ligneuse de leur péricarpe est blanche, alors qu'elle
est rougeâtre dans les fruits de za, ainsi que dans ceux de
Y Adansonia madagascariensis ef de YAdansonia rubrostipa.
Nous ne savons, au reste, si ce caractère ditFérenciel. que
nous avons relevé dans tous les échantillons que nous avons

�4 i6

If. JUMELLE ET II. PERRIER DE LA BATMIL

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

examinés, est absolument constant et a une valeur spécifique
réelle. Nous citerons avec la même réserve cette autre diffé­
rence : on n’observe pas à la surface des fruits du baobab de
l'Andranomalaza les sillons longitudinaux plus ou moins
larges qui. sans être très marqués, sont cependant ordinaire­
ment visibles, tout au moins vers la base, sur les fruits de za.
Les graines, réniformes. de 12 h 1i millimètres de longueur
sur 11 à 12 millimètres de hauteur et S millimètres d épais­
seur, présentent extérieurement la même couche à poils
courts, avec membrane ponctuée, que nous avons déjà
décrite dans les autres Adansonia ; mais cette couche appa­
raît ici presque blanche, alors qu elle est rouille vif dans
les graines d'Adansonia rubrostipa et plus ou moins rougeâtre
ou rouge brunâtre dans celles à' Adansonia rnadagasca rien sis
et d'Adansonia Za.
Dans les graines d'Adansonia diqitata la même couche est
beaucoup plus mince et disparaît plus facilement.
Les graines d'Adansonia alba pèsent, en moyenne, chacune
0 gr. 610. Le rapport du poids du tégument au poids total
est de 52, 73.
La substance grasse de l'amande est une huile.
On remarquera que nous n’avons pas décrit les feuilles; la
raison en est qu elles nous sont malheureusement complète­
ment inconnues. Ou, du moins, nous ne connaissons que celles
des plantules que l’un de nous a obtenues à Madagascar en
semant des graines.
Sur ces plantules, les feuilles cotvlédonaires sont pétiolées
et à limbe un peu cordiforme, ressemblant beaucoup à celui
des cotylédons dVl. madagascariensis. La feuille qui suit est
encore simple, mais ovale, acuminée, et à nervation pennée.
Mais, alors que, chez les plantules d'Adansonia madagascariensis, les trois feuilles, au moins, situées plus haut sont
également simples, la seconde feuille après les cotylédons
est déjà trifoliolée chez VAdansonia de l’Andranomaloza. Et
nous avons constaté régulièrement le fait sur plus d’une
soixantaine de jeunes plants. Plus haut, le nombre des
folioles augmente encore et devient normal.

Ces feuilles normales — mais jeunes — sont longuement
pétiolées; les folioles sont à peu près sessiles, quoiqu'il semble
que des pétiolules tendent à s'indiquer. Peut-être donc les
feuilles vraiment adultes ont-elles des folioles pétiolulées, et,
en ce cas, ce caractère rapprocherait notre Adansonia de
YAdansonia Za. Les folioles sont ovales, fortement rétrécies
vers leur point d’insertion sur le pétiole principal, plus larges
vers le sommet, qui toutefois s’atténue progressivement en
un long acumen. Mais les folioles de la plante plus âgée ontelles exactement la même forme ? Ce n'est nullement sur, car
les folioles des plantules de YAdansonia madaqascariensis, à
sommet aigu et même acuminé, sont assez différentes de celles
des arbres adultes, dont le sommet est arrondi.
C’est donc, pour le moment, par les fleurs et les fruits que
nous caractérisons YAdansonia alba.

Ü7

Adansonia Bozy.
Arbor 15 rn. circiter alla. Flores rnarcentes lutei; sepalis
17-18 cm. longis , extra fusco-velutinis, intus villosis; petalis
obtusis, 11-15 cm. longis, 18 mm. latis, intus et extra ,
præsertim apice, villosis. Tubus staminalis circiter liberorum
filamentorum dimidium æquans. Fructus sæpe 10 cm. longus.
7-8 cm. 1-c2 latus , nonnunquam duplo longior, vel contra fere
globosus ; péri carjtio intus albido. Semina Ad. albæ.
Si nous pouvons affirmer lindigénat de YAdansonia alba
dans l'Andranomalaza, nous sommes plus indécis pour cet autre
baobab qui, dans la vallée du Sambirano, est appelé bozy.
Ce bozy, en effet, dans les endroits où l'un de nous l’a observé,
est toujours au voisinage immédiat des villages et peut, dès
lors, sembler avoir été importé là soit du continent, soit,
plus vraisemblablementt, d'une autre partie de Madagascar.
Ce n’est cependant certainement pas YAdansonia digitata;
ce n est pas davantage l'un des trois Adansonia de l’Ambongo
ou du Boina.
L'arbre rappellerait un peu plus YAdansonia alba.

�H8

U. JUMELLE ET II. FERMER DE LA BÀTIIIE

Le baobab du Sambirano a, comme celui de l'AndranomaLaza, le port du za. Le tronc, peu ventru, à écorce grise, a
une quinzaine de mètres de hauteur, rarement plus; les
rameaux sont étalés.
Les Heurs passées sont jaunes; mais nous ne les connaissons
pas fraîches et nous ne savons si leur couleur est celle des
fleurs de za ou de l'espèce précédente. Sur le seul pied où
Lun de nous ait vu ces Heurs, elles n’étaient apparues que
lorsque l'arbre était déjà couvert de feuilles; ce qui est ordi­
nairement une particularité des Adansonia introduits.
Le périanthe serait, dans l'ensemble, un peu plus petit que
celui de l'espèce que nous venons de décrire. Les sépales, de
largeur variable, ont 17 à 18 centimètres de longueur; ils
sont veloutés et brunâtres en dehors, plus longuement velus
en dedans. Les pétales, à sommet obtus, de l i a 1o centi­
mètres de longueur sur 18 millimètres de largeur, seraient un
peu moins longs mais plus larges que ceux de YAdansonia
alita. Leur face interne est velue sur toute la longueur de la
ligne médiane, mais plus vers le haut que vers le bas; la face
externe est velue sur la ligne médiane vers la base et sur
toute la surface à l'extrémité supérieure. Le tube staminal a,
comme celui de za, une longueur qui est à peu près la moitié
de celle des parties libres des filets, car il a i cent. 1/2 environ
de longueur et les parties libres des filets 9 centimètres.
Ce serait surtout ce dernier caractère qui, s il est constant,
séparerait le hozy de YAdansonia alba.
Les fruits sont aussi, en général, plus courts que ceux du
baobab de /'Andranomalaza ; ils ont, par exemple, 10 centi­
mètres de longueur sur 7 centimètres à 8 cent. 1/2 de largeur.
Pourtant, si cette forme et ces dimensions sont les plus fré­
quentes, il est possible également de trouver des exemplaires
qui, pour une même largeur, sont deux fois plus longs.
D'autres fois, au contraire, la forme devient globuleuse. Sur
un pied, par exemple, nous avons récolté deux fruits ayant
l'un 10 centimètres de longueur sur 9 de largeur et l'autre
7 centimètres de longueur sur 8 de largeur; mais sur un
second arbre, ils étaient subpy ri formes, de 10 centimètres de

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR 449

longueur sur 5 cent. 1/2 de largeur, arrondis au sommet, mais
atténués à la base; sur un troisième pied, où ils avaient
encore, en moyenne, 10 centimètres sur 6, ils étaient très
larges, arrondis à la base et coniques au sommet; sur un qua­
trième, ils étaient beaucoup plus gros, elliptiques, larges à la
base et au sommet, de 20 centimètres sur 9. Ainsi toutefois
que nous l ’avons déjà dit pour certains Palmiers, comme les
Hyphæne, ou pour YAdansonia digitata, ces variations s ob­
servent surtout d'un pied à l'autre et sont beaucoup moindres
entre fruits d un même pied.
La surface du péricarpe de YAd. Bozy est, en général, de
même couleur que chez YAdansonia alba et aussi YAdansonia
ruhrostipa: mais la section et la paroi interne de la partie
extérieure ligneuse du péricarpe sont blanches comme dans la
première de ces deux espèces.
Les graines sont exactement aussi celles de YAdansonia
alba, avec un poids moyen de 0 gr. 610. Le rapport du poids
du tégument au poids total est de 54, 09.
La substance grasse de l'amande est une huile.
Nous connaissons cette fois les feuilles de l arbre adulte.
Celles qui sont molles — et. qui appartiennent aux nouvelles
pousses — ressemblent sensiblement aux feuilles composées
des plantules de l’espèce précédente. Elles sont longuement
pétiolées (lu à 20 centimètres); les folioles sont atténuées à
la base en petits pétiolules de 7 à 12 millimètres et sont
ovales, mais plus larges vers le sommet, qui est graduelle­
ment acuminé, que vers la base. Les folioles médianes ont
13 à 18 centimètres sur 4 centimètres à i cent. 1/2. Les ner­
vures secondaires, visibles sur les deux faces, sont nettement
arquées.
Ces feuilles molles sont glabres. Les feuilles plus coriaces
— qui sont celles des rameaux floraux — sont, au contraire,
pubescentes sur le pétiole, les pétiolules et les nervures prin­
cipales. Les pétioles ont de 10 à 13 centimètres; les folioles,
un peu pétiolulées (6 à 8 millimètres), comme celles des
feuilles molles, sont ovales et rétrécies à la base; mais leur
sommet s’arrondit plus que celui de ces feuilles molles, et il

�450

H. JUMELLE ET H.

FERMER DE LA RATHlE

n'y a pas* d’acumen, qui est remplacé par une très courte
pointe. La forme serait un peu, en somme, celle des folioles
de YAdansonia madag asca ri ensis, qui toutefois sont plus petites
et ne sont pas pétiolulées.
L’examen des feuilles adultes et coriaces de YAdansonia
alba pourrait seul permettre, en définitive, de bien séparer de
cette espèce YAdansonia Bozy. Actuellement nous ne pouvons
que tenir compte de la différence que présentent au point de
vue des dimensions relatives du tube staminal et des parties
libres des filets, le baobab de l'Andranomalaza et celui du
Sambirano, ainsi que d’une certaine dissemblance de la forme
générale de leurs fruits. Assurément ce sont là des caractères
d’une certaine importance, et certainement, suivant la remarque
que nous avons déjà faite ailleurs1, si nous considérions uni­
quement nos échantillons d'herbier, nous n hésiterions pas un
seul instant pour admettre deux espèces — on en a créé
beaucoup d'autres d’après des caractères distinctifs bien
moindres — mais nous connaissons trop d’exemples de varia­
tions comprises entre des limites au moins aussi larges pour
ne pas être enclins à une très grande prudence, tant que nous
n’aurons pas d'échantillons plus complets et plus nombreux.
Ce n'est donc qu'avec cette réserve — et quoique l’habitat du
bozy, qui n’est pas du tout celui de YAdansonia alba, soit
une nouvelle preuve que nous nous trouvons en présence
d'une espèce à part — que nous désignons le baobab du Sam­
birano sous le nom d'Adansonia Bozy.
Les jeunes plantules d'Adansonia Bozy sont absolument
identiques à celles de YAdansonia alba. Ici encore — et con­
trairement à ce qui a lieu pour YAdansonia digitata et Adansonia madagascariensis — la feuille qui vient immédiatement
au-dessus des deux cotylédons est seule simple, et la seconde
feuille après les cotylédons est déjà composée. C ’est du moins
le caractère que nous avons invariablement relevé sur les
exemplaires que nous avons vus; ou plutôt nous avons bien
1. H. Jumelle et II. Perrier de la Bathie :
les b a o b a b s de M a d a g a s c a r

N o u v e lle s

o b s e rv a tio n s s u r

(Les Matières grasses, 25 août 1909).

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

451

constaté une exception, mais présentée par une plantule dont
la première feuille au-dessus des cotylédons était déjà bifoliolée.
Adansonia sp.
Nous connaissons très imparfaitement cette dernière espèce
d'Adansonia, que nous ne voulons même pas nommer spéci­
fiquement, mais nous la signalons dès aujourd’hui pour bien
indiquer que nous ne croyons pas que les baobabs précédents
soient tous les représentants du genre qu'on puisse espérer
trouver dans le nord-ouest de Madagascar; il en est encore
d'autres à découvrir !
U Adansonia que nous nous contentons de mentionnera le
port ordinaire du za. Son tronc, à écorce grisâtre, a 15 à 20
mètres de hauteur. Parfois les jeunes pieds, à rameaux très
courts, rappellent un peu, par l’aspect, le peuplier d Italie.
Les feuilles sont petites, comme celle de YAdansonia rubro
slipa, mais ne sont pas dentées. Dans tous les spécimens que
nous avons vus, les folioles, qui sont sessiles sur un pétiole
qui a de G à 10 centimètres de longueur, ne dépassent pas
8 centimètres sur à peine 3, et ont plus souvent 6 à 7 centi­
mètres sur 2 centimètres à 2 cent. 1/2. Elles sont glabres, soit
régulièrement ovales soit obovales. Celles qui sont régulière­
ment ovales sont à peu près également atténuées aux deux
extrémités, anguleuses ou un peu acuminées au sommet;
celles qui sont obovales sont plus rétrécies à la base qu'au
sommet, qui est soit arrondi, soit anguleux, soit plus ou moins
longuement acuminé. La nervure médiane est visible sur les
deux faces, mais surtout saillante en dessous; les nervures
secondaires, obliques, sont plus visibles et plutôt plus sail­
lantes sur la face supérieure que sur la lace inférieure.
Ce baobab, que nous connaissons aux environs d Andronasamonta, croit dans les bois, au voisinage des rivières; il
n’est jamais dans les villages.
Tout dernièrement 1un de nous a encore entrevu dans la
région de Diego-Suarez un autre Adansonia qui semble être
également une nouvelle espèce, manifestement indigène.

�432

11. JUMELLE ET II. PLUMER DE LA RATMIE

VI

Deux clusiacées nectarifères.
Ces deux Clusiacées qui sont deux St/mp ho nia, offrent la
particularité biologique d’accumuler dans leurs fleurs, dont les
pétales en se recourbant intérieurement forment réservoir, une
grande quantité de nectar.
Sy mp hon ia necta rifera.
Arbor 1*2-15 m. alfa. Folia coriacea, obovata, 3 cm. 1/2i cm. long a, 2 cm.-2 cm. 5 làta, apice rofundata, basi
acuta, brève petiolata [3-4 mm.)/ nervo medio valido sublus
prominenti, lateralibus tenuibus, crebris, oblique parallelis
Flores ad apices ramulorum pseudo-umbellati, 6-10, magni,
globosi [circiter 25 mm. demetienti), pedicellis robustis ,
/ cm. 5-2 cm. longis. Sepala orbiculata, crassa, 7 mm. lonqa.
10 mm. lata. Pctala conforta , orbiculata, 18 mm. long a et
lata. Androceum circit. 15 mm. longuni, basi disco cupuliformi circit. 3 mm. alto, crenato, cinclum ; phalangibus pentandris. Ovarium quasi globosurn (3 m m .); stylus 3 mm.,
apice in 5 stellatim divergentes lacinias divisus.
Cet arbre, à écorce sombre, et dont la résine est d’abord
jaune mais brunit ensuite, atteint 12 à 15 mètres de hauteur.
On le rencontre dans les bois secs du Manongarivo jusqu’à
1.200 mètres d’altitude.
Les feuilles sont coriaces, persistantes, d ’un vert sombre.
Leur limbe, obovale, de 3 cent. 1/2 à \ centimètres de lon­
gueur, en moyenne, sur 2 centimètres à 2 cent. 1/2 de lar­
geur, se rétrécit progressivement vers le pétiole, qui est
très court (3 à 4 millimètres) et s'arrondit au sommet. La
nervure médiane est forte; les nervures secondaires sont
beaucoup plus fines, quoique bien visibles, nombreuses et très
rapprochées, obliques. Il n’y a aucune ressemblance avec
les feuilles du Syrnphonia verrucosa Mils, et Boj.

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR 433

Les inflorescences sont des fascicules terminaux d'une
dizaine de grandes et belles fleurs, d’un rouge carmin, insé­
rées, soit isolément, soit en petites cymes tri flores, au sommet
des branches. Les pédicelles floraux, rouges comme les fleurs,
sont assez longs (1 cent. I /2 à 2 centimètres) ; et, lorsque ce
sont des cymes triflores, les pédicelles des deux fleurs laté­
rales ne deviennent guère plus courts, car ils s’insèrent presque
à la base du pédicelle de la fleur médiane.
La fleur est quelquefois tétramère, mais bien plus ordinai­
rement pentamère. A l'anthèse, elle a 23 millimètres de dia­
mètre. Les cinq sépales sont orbiculaires, glabres, de 7 milli­
mètres environ de hauteur et 10 millimètres de largeur; deux
sont recouvrants, deux recouverts, et un mi-partie recouvrant,
mi-partie recouvert. Les deux recouvrants sont plus petits que
les autres. Les pétales, qui sont contournés, sont aussi orbi­
culaires, mais à peu près aussi larges que longs (18 millimètres),
concaves intérieurement.
Le tube staminal, de 6 à 8 millimètres, est entouré basilairement d'un disque cupulaire haut de 3 millimètres, à bord
tronqué, sur lequel se dessinent toutefois légèrement les som­
mets des cinq pièces soudées.
Les cinq phalanges staminales qui surmontent le tube sont
des languettes ovales, acuminées, de 7 millimètres environ de
longueur sur 3 à i millimètres de largeur, portant chacune
cinq (et parfois même six) anthères, enduites extérieurement
de résine. Les pointes de ces languettes (3-4ram) dépassent le
stigmate.
Celui-ci est à cinq branches rayonnantes de 3 millimètres.
Le style épais, et cylindrique, à 3 millimètres environ. L'ovaire
est presque globuleux (3 mm. de diamètre), à cinq loges pluriovulées.
Nous avons déjà fait allusion à l'abondante sécrétion de nec­
tar de ces fleurs. Lors de l'anthèse, les pétales, accentuant
leur concavité interne, viennent appliquer fortement leurs
bords supérieurs contre le tube staminal, au-dessus du disque.
De profil, la fleur semble alors une couronne de 9 à 8 milli­
mètres d’épaisseur; vue d'en haut, elle apparaît comme une
Annales du Musée colonial de Marseille . —

2* s é r i e , 8* v o l . 1910.

29

�45 i

H. JUMELLE ET II. PERRIER DE LA BATHIE

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR 455

large coupe dont le milieu est occupé par l’androcée. Tous ces
larges pétales ainsi recourbés contre le tube staminal forment,
en fait, une sorte de réservoir circulaire et fermé dans lequel
s'accumule, soustrait à l'évaporation, le nectar produit par le
disque.
11 y a, en moyenne, par fleur, 7 à 8 grosses gouttes de ce
nectar. Si I on songe, d'autre part, que le nombre des fleurs
sur chaque arbre est très grand, il n'est peut-être pas ridicule
démettre l'idée qu’on pourrait, à l'occasion, recueillir le
liquide pour la préparation d’alcool.
En tout cas, la particularité que nous signalons est connue
des lémurs, qui viennent mâcher les pétales coriaces pour
pouvoir ensuite sucer la liqueur sucrée.
Quant aux insectes, il nous semble que la disposition des
pétales n'a pas précisément pour but, en la circonstance, de les
attirer. La lleur mettrait plutôt son nectar à l’abri de leur
visite !
Symphonia clu.vioides Bak.
Ce second Symphonia offre, à plusieurs égards, avec le pré­
cédent une très grande ressemblance; il n'en différerait presque,
à première vue, que par les dimensions moindres de son
tronc, de ses feuilles et de ses (leurs; et, en remarquant qu’il
pousse, dans le Manongarivo, à une altitude plus élevée, entre
1.100 et 1.700 mètres, on pourrait donc être tenté de n’attri­
buer cette ditférence qu’aux conditions de végétation.
Ce serait pourtant une grosse erreur, car les caractères cle
l’androcée ne sont pas les mêmes dans les deux cas. Dans le
Symphonia nectarifera, notamment, les phalanges staminales
portent chacune, nous l’avons vu, cinq anthères; dans la
plante que nous rapportons au Symphonia clusioides de
Baker ’ , elles n’en portent que trois.
1. Baker,
B ola n y ,

C o n t r i b u t i o n to th e fto r a o f c e n t r a l M a d a g a s c a r (J o u r n a l

of

1882). Nous avons établi notre identification non seulement

d'après la description de l'auteur anglais, mais par comparaison avec les
échantillons de l'herbier du Muséum de Paris.

Ce Symphonia, dans les bois secs des cimes à lichens du
Manongarivo, à l’altitude que nous venons de dire, a o à
10 mètres de hauteur.
Les feuilles sont à limbe obovale, coriace, atténué vers un
court pétiole de 3 millimètres, arrondi ou anguleux au sommet,
de 2 cent. 1/2 à 3 cent. 1/2 de longueur, sur I cent. 1/2 à
2 cent. 1/2 de largeur. Lorsque le sommet est arrondi, la
courbe commence plus bas que dans le limbe de l’espèce
précédente; la largeur maxima est donc à un niveau un peu
inférieur à celui auquel elle correspond dans les feuilles
de cette autre espèce. Il en résulte aussi que le limbe, qui
tendrait plutôt à devenir spatule dans le Symphonia nectari­
fera., se rapproche davantage ici de la forme ovale; et il est
en effet certaines feuilles vraiment ovales, anguleuses aux
deux extrémités. Quelques-unes sont aussi plus ou moins
vaguement losangiques. La nervure médiane seule est forte,
saillante surtout à la base sur la face inférieure ; les nervures
secondaires, visibles en dessous, sont fines, nombreuses, très
rapprochées, obliques.
Les fleurs, d’un beau rouge pourpre, sont, par cinq ou six,
en fascicules qui sont terminaux ou aux aisselles des feuilles
supérieures.
Les cinq sépales, semi-orbiculaires, ont 3 millimètres envi­
ron de hauteur et \ millimètres de largeur. Les pétales, orbiculaires, sont beaucoup plus grands et ont I centimètre envi­
ron de longueur et de largeur.
Le disque cupulaire a 1 millim. 1/2 environ de hauteur.
Le tube staminal, haut de 3 millimètres, est surmonté de
cinq phalanges triangulaires, à trois anthères chacune. La
partie qui porte ces anthères a 2 millimètres à peu près de
hauteur et forme sur sa face interne une sorte de carène qui se
prolonge sur la même face delà languette terminale. Celle-ci a
1 millimètre de largeur à sa base et est longue de 1 millim. 1 2
environ. L'ovaire est à cinq loges ordinairement biovulées ; le
style, épais et court, est surmonté d’un stigmate qui forme une
belle étoile rouge à cinq branches.
Le fruit du Symphonia clusioides n'a pas été décrit par

�457

H. ,11'.MELLE ET II. PERRIER DE LA RATH1E

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

Baker, niais l’a été l'année dernière parM. Heckel, qui en dit :
« Sous l'apparence d’une prune de moyenne grandeur, ce fruit
est verdâtre, sphérique ou peu ovalaire, mesurant 3 centi­
mètres de long sur 2 cent. 1/2 de large ; il ne renferme qu’une
seule graine et se termine à son sommet par un court stig­
mate trilîde et à sections aiguës en lanières pointues et recour­
bées en dehors L »
Les fruits que nous possédons — et qui ne sont pas tout à
fait mûrs — sont couverts de nombreuses lenticelles conlluentes qui les rendent brunâtres; ils sont presque globuleux
(2 centimètres de diamètre sur nos échantillons), le stigmate
n'étant pas toutefois exactement au sommet et étant un peu
rejeté latéralement. Il n’y a intérieurement qu’une seule grosse
graine, à tégument glabre et rouge, veiné extérieurement par
les faisceaux libéro-ligneux qui rayonnent de la chalaze.
Baker dit que, dans le Betsileo, le Symplionia clusioicles est
appelé kimbavary par les indigènes ; nous ne connaissons pas
de nom vulgaire dans le Manongarivo.

L ’ Entada abyssinica 1 nous est encore inconnu pour l instant dans le Boina et l’Ambongo, mais nous connaissons dans
la région dont nous nous occupons les deux variétés suivantes
(YEntada scandons et d’Entada sudanica Schweinf.

456

VII

Les entada du nord-ouest.
Deux Entada ont été signalés par Bâillon dans le nordouest de Madagascar : l'un serait YEntada scandons Benth.,
qui aurait pour nom vernaculaire (d’après Bâillon) voahine
carebe et aurait été récolté par Bernier à Sasifou, par Boivin
à Djabal, par Hildebrandt à Loucoubé; l'autre serait YEntada
abyssinica Steud., qui serait, d’après Pervillé, le sikili de
l’Ambongo.
Bâillon cite bien encore un Entada su/fruticosa Vtke, mais
en se demandant si ce n'est pas un Mimosa, voisin du Mimosa
emirnensis Benth.
Ed. Iteckel : S u r q u e l q u e s p l a n t e s à q r a i n e s g r a s s e s ( A n n a l e s d u M u s é e
M a r s e i l l e , 1908). Le fruit d e S y m p l i o n i a c l u s i o i d e s est figuré
dans ce Mémoire, p. 282.
\.

co lo n ia l de

Entada scandons var. discosperma.
Cet Entada n’est pas seulement le vahea-karabo des Sakalaves; c’est encore le vahoa-be (ou «grande liane») et le
vahea-rniolana (ou « liane qui tourne »). Le fruit est appelé
voan-karabo (c’est-à-dire « fruit de karabo »).
Le tronc peut atteindre 30 centimètres de diamètre; les
branches, en s’enroulant en tire-bouchon, avec un côté sail­
lant, grimpent jusqu’au sommet des plus grands arbres. Les
bases des pétioles persistent souvent sous forme d’aiguillons
plus ou moins obtus.
Les caractères généraux des feuilles et des fleurs sont ceux
de YEntada scandons tels qu ils sont mentionnés dans la Flora
o f tropical Africa d'Oliver et tels que nous les avons retrouvés
dans des échantillons du Togoland que nous a aimablement
communiqués le Muséum de Berlin.
Les feuilles sont glabres et bipennées, avec deux paires de
pétioles secondaires et 3 à i paires de folioles sur chaque
pétiole. Le pétiole principal se termine en vrille simple ou
ramifiée. Les fleurs sont jaunes, à étamines exsertes, à ovaire
glabre. Les fruits sont énormes, avec de grosses graines
aplaties.
Mais les caractères qui, pour nous, séparent un peu notre
Entada du type de Bentham sont les suivants :
Les folioles ont bien sensiblement les mêmes dimensions
dans les deux cas, mais celles de notre plante sont un peu plus
régulièrement ovales, parce que leur sommet, tout en restant
légèrement émarginé, est moins arrondi que celles de YEntada
scandons ordinaire. Elles sont, en particulier, à sommet plus
1. Nous nous demandons, d'ailleurs, si
Bâillon est bien Y E n l a d a a b y s s i n i c a .

1E n t a d a

ainsi déterminé par

�m

H. .11 MELLE ET II.

FRAGMENTS RIOLOG1QUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

PKHR1EH DE LA BATHIE

anguleux que les folioles figurées par M. de Wildeman, dans
sa Flore du Congo (fasc. 3, pl. LX X V ), pour un En fada scan­
dons provenant de graines du Congo germées en serre.
Les boulons floraux sont plus globuleux et moins allongés
dans nos spécimens que dans ceux du Togoland; et, en con­
cordance avec ce caractère, les pétales de nos fleurs ouvertes
sont un plus ovales cpie ceux de la plante de l'herbier de
Berlin, où ils sont plus allongés et à bords latéraux plus
droits. Les filets staminaux, dans le type malgache, sont plus
épais et un peu plus nettement fusiformes au-dessous des
anthères que dans le type du continent africain. On retrouve,
d’ailleurs, toujours au sommet des connectifs la glande sphé­
rique papilleuse des Entada. Enfin les axes des inflorescences,
fortement pubescents dans le spécimen de Berlin, sont
glabres dans les nôtres.
Nous devons, d’ailleurs, ajouter que ces différences s’atté­
nuent beaucoup lorsque, au lieu de comparer notre plante
avec celle du Togoland, nous la comparons avec un échantillon
d’Umuamba que le Muséum de Berlin a bien voulu encore
nous confier. Folioles et fleurs, cette fois, sont à peu près
identiques; et les axes des inflorescences sont glabres, ou à
peu près.
Mais cela prouve peut-être seulement que cet Entada
d’Umuamba appartient à la même variété que le nôtre. En
tous cas, ce qui surtout nous engage à ne pas confondre
absolument notre Entada avec le type, c'est la forme de la
graine.
Toutes les graines à Entada scandens de l’Afrique occiden­
tale que nous avons eu l’occasion de voir sont assez irrégu­
lièrement elliptiques et, en outre, à bord aminci et arrondi ;
les graines malgaches sont, en général, très régulièrement
discoïdes et à bord nettement aplati.
Nous ne jugeons pas que ce caractère soit suffisant pour
faire admettre une nouvelle espèce, mais nous croyons devoir
le rappeler dans une dénomination de variété.
Nous ignorons si la plante d’Umuamba a des graines ana­
logues.

459

Le fruit de YEntada scandens var. discosperma est à bords
ondulés; il atteint 1 mètre de longueur et 10 à 12 centimètres
de largeur.
Les graines sont consommées par les Sakalaves, qui, après
les avoir épluchées et mises à tremper pendant deux jours
dans l’eau courante, les soumettent ù unè ébullition prolongée,
en renouvelant l’eau plusieurs fois.
L'espèce semble manquer dans le Boina et l’Ambongo,
mais elle croît dans l’Ankaizina, dans le Sambirano, à NossiBé, et aussi, d’autre part, dans le Ménabé et jusque dans le
sud de File. Dans les forêts de l'Ankaizina. elle se plaît sur
les bords des torrents.
Entada sudanica var. pubescens.
L ’Entada sudanica Schvveinf. — que le nombre plus réduit
des pétioles secondaires et des folioles distingue de YEntada
abyssinica Steud. — est, d’après la Flora of tropical Africa,
un petit arbrisseau. Cependant Kirk dit aussi que, dans le
Zambèze, en terrain sablonneux, il est une variété grimpante
à épis pubescents.
Nous trouvons à Madagascar ces deux formes de l’espèce,
car, à notre avis, c’est la même plante qui croit en liane dans
les bois de Mahevarano, près de Majunga, et en petit arbre de
3 à fi mètres, avec tronc court et branches retombantes, dans
les endroits découverts du mont Tsitondraina, dans le Boina.
Aucun caractère net ne sépare ces deux plantes. Folioles et
fleurs sont seulement plus petites dans la forme arbuste que
dans la forme liane. Les folioles ont dans la première 12 à
I i millimètres sur 5 et dans la seconde 20 à 22 millimètres
sur 6 à 8; mais, dans les deux cas, ces folioles sont très brièI.
ont a

D ' a p r è s la F l o r a o f t r o p i c a l A f r i c a , l e s f e u i l l e s d e l 'E n t a d a sud anica

à K p aires

d e p é t i o l e s s e c o n d a i r e s e t 14 à 20 p a i r e s d e f o l i o l e s , e t

l e s f e u i l l e s d e l 'E n t a d a aby ss inica o n t 14 à 18 p a i r e s d e p é t i o l e s s e c o n ­
d a i r e s e t 25 à 50 p a i r e s d e f o l i o l e s . R e m a r q u o n s q u e 1 E n t a d a f i g u r é s o u s
le n om

( Y E n t a d a abyss in ica p a r

H aillon d a n s son

A t la s des plante s de

M a d a g a s c a r a p l u t ô t l e s f e u i l l e s d e Y E n t a d a suda nica.

�460

461

H. JL'H KL LL LT Tl. PERRIEK DE LA BATHIE

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

vement pétiolulées, inéquilatérales à la base (où un côté est
très oblique, tandis que l'autre est presque perpendiculaire au
pétiole), pubescentes sur les pétiolules et sur les nervures
des deux faces; dans les deux cas aussi il y a les mêmes poils
blancs épars sur les pétioles secondaires.
On retrouve encore ces poils sur les axes des inllorescences.
Enfin ils parsèment la surface des ovaires, quoiqu’ils soient
plus rares et semblent plus rapidement caducs dans la forme
arbuste que dans la forme liane.
Tous ces poils manquent sur les types de Schweinfurth que
nous avons examinés et qui sont entièrement glabres, sauf
cependant sur les pétioles secondaires des jeunes feuilles.
Mais, d’autre part, la forme générale des folioles de nos
plantes est celle des folioles de YEntada sudan ica, et ces
folioles sont au nombre de II à 14 paires sur des pétioles
secondaires dont il y a o à 6 paires par feuille. Chaque
pétiole secondaire porte vers sa base, comme dans YEntada
sudanica, deux filaments subulés qui, placés trop haut pour
être, croyons-nous, des stipelles, sont plus probablement deux
premières folioles avortées.
Nous ne voyons pas enfin de dilférence appréciable, sauf la
pilosité de l’ovaire, entre les fleurs de l’espèce de Schweinfurth
et les nôtres, surtout si nous considérons celles de la forme
arbuste.
Nous admettons donc 1 identité spécifique de YEn fada mal­
gache du Boina et de YEntada sudanica. El les fruits ne
fournissent aucun caractère à l’encontre de ce rapprochement.
Les gousses deYEntada sudanica ont de 20 à 37 centimètres
de longueur; elles sont un peu contractées aux niveaux des
sutures transversales, où leur largeur est de 33 à 30 milli­
mètres de largeur. Il y a de 12 à 15 articles, deux fois h deux
fois et demie plus larges que longs; les graines sont ellip­
tiques, de 12 millimètres environ de diamètre.
Les fruits de la forme liane que nous avons vus ont 30 cen­
timètres environ de longueur et sont un peu contractés entre
les articles, où la largeur est de 6 k 7 centimètres. Il y a 12
ou 13 articles qui ont, par exemple, chacun 7 centimètres de

longueur sur 3 de largeur. Les graines sont elliptiques, de
1 cent. 1/2 de longueur-sur I centimètre de largeur, avec un
large bord un peu épaissi formant auréole.
En somme, YEntada de Madagascar serait de formes un
peu plus robustes que YEntada du Soudan, mais du moins
lorsqu'il est à l’état de liane, qui est vraisemblablement son
état normal. Ce serait seulement dans les endroits découverts,
lorsqu’il ne rencontre pas de support, qu’il deviendrait un
arbuste.
Y Entada sudanica var. pubescens est commun dans l’Ambongo et le Boina, c’est-à-dire là où manque YEntada scan­
dons var. discosperma.

VIII
Un strophanthus et deux caféiers.
L ’Apocynée et l’un des deux caféiers que nous étudions
dans ce dernier chapitre sont deux espèces déjà connues, mais
sur lesquelles nous pouvons donner quelques renseignements
inédits. Nous croyons que la seconde espèce de Coffea est
nouvelle.
Strophanthus Boivini Baill.
Deux espèces de Strophanthus ont été décrits à Madagas­
car, d'abord par Bâillon
puis par Franchet ~ : le Strophanl/ius Boivini Baill. et le Strophanthus Grevei Baill. Ces deux
espèces, qui constituent le sous-genre Boupellina, sont, du
reste, très voisines et se distingueraient surtout par les trois
caractères suivants.
L ’ovaire est à surface soyeuse dans le Strophanthus Boivini
et plus ou moins glabre dans le Strophanthus Grevei.

1.

H aillon ,

Types nouveaux d'Apocynées

(B u lletin d e

la S o c i é t é L i n -

n é e n n e d e P a r i s , 7 n o v . 1888).
2.

Paris

F ran ch et,

Etudes sur les Strophanthus de l'h e rb ie r du Muséum de

N o u v e l l e s A r c h i v e s d u M u s é u m d e P a r i s , 3r s é r i e , t. V ) .

�162

H. JUMELLE ET II.

PERR1ER DE

la

BATHIE

Les fleurs sont plus petites et la partie infundibuliforme de
la corolle notamment est plus courte dans la seconde de ces
deux espèces que dans la premièie.
Entin les fleurs s'épanouiraient au sommet des rameaux
défeuillés de l'année précédente, et quand les feuilles nouvelles
sont encore toutes jeunes, chez le Strophanthus Grevci, tandis
que chez le Strophanthus Boivini les fleurs, au sommet des
mêmes rameaux, seraient toujours accompagnées, de chaque
coté, d’un rameau nouveau dont les feuilles seraient complè­
tement développées avant 1anthèse.
Bâillon et Franchet attribuent à ce dernier caractère une
très grande importance comme caractère distinctif. Fran­
chet l'utilise même à peu près uniquement pour séparer les
deux espèces malgaches, dans son tableau général de clas­
sification du genre Strophanthus. En réalité, c’est un
caractère extrêmement variable et trompeur. L ’espèce que
nous étudions ici est bien le Strophanthus Boivini par les
dimensions de ses fleurs et de ses diverses pièces florales,
ainsi que par la forte pubescence de ses ovaires; cependant,
au sommet des vieux rameaux, défeuillés ou non, les cymes
florales sont accompagnées de deux rameaux à feuilles jeunes.
Et cela dépend uniquement des conditions de la floraison.
La plante, en effet, fleurit bien normalement au commen­
cement de la saison pluvieuse, aux extrémités des branches
delà saison précédente, mais, lorsque les premières pluies qui
doivent provoquer cette floraison ne durent pas — ce qui a
lieu quelquefois — et sont remplacées par une recrudescence
de sécheresse et de vents du sud-est, les boutons déjà formés
se dessèchent et tombent; elles nouveaux boutons qui naissent
et s'épanouissent en décembre sont alors sur des rameaux
récents à feuilles bien développées. Dans le premier cas, ce
sera le caractère attribué spécialement au Strophanthus Grevei ;
dans le second cas, ce sera le caractère considéré trop exclu­
sivement comme celui du Strophanthus Boivini.
11 n’y a donc là réellement qu’une question de saison et de
hasard de récolte.
iSotre Strophanthus Boivini est un arbuste de 2 à 6 mètres,
à rameaux dressés, à latex blanc et poisseux.

�FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

463

Les feuilles adultes sont glabres, brièvement pétiolées,
lancéolées, atténuées vers la base, anguleuses ou aiguës au
sommet. La nervure principale et les nervures secondaires
sont bien visibles sur les deux faces, mais saillantes seulement
sui la face inférieure. Les limbes peuvent avoir 20 centimètres
sur 9.
Les inflorescences, situées comme nous le savons, sont de
petits bouquets cymeux de 5 à 15 fleurs. Celles-ci sont d’un
rouge brique, longuement (2 centimètres) pédicellées. Les
sépales sont lancéolés, étroits, de 5 millimètres environ de
longueur, sensiblement égaux, pnbescents sur les deux faces.
Le tube corollaire a O millimètres dans sa partie cylindrique
et 15 millimètres dans sa partie évasée, que surmontent cinq
lobes de 25 centimètres, contournés en spirale et ondulés,
frangés sur les bords. Les appendices qui sont à l'orifice du
tube corollaire, en alternance avec les lobes, sont courts et
bifurques, jaunes. Les étamines, â filets velus, et velues éga­
lement sur le dos du connectif, ont leurs anthères saillantes
au-dessus de la partie cylindrique du tube, et situées, par
conséquent, vers la base de la région évasée de ce tube.
Les follicules (pi. X), glabres, noirâtres, striés longitudi­
nalement à sec, sont, dans chaque paire, tout à fait horizon­
taux, et réunis par leurs bases, vers lesquelles ils ne s’atté­
nuent que légèrement. Ils ont 15 centimètres environ de lon­
gueur sur 3 centimètres de largeur maxima. Cette largeur
maxima correspond à la moitié inférieure; la moitié supé­
rieure s'amincit graduellement en pointe aiguë. Les graines
sont ovales-allongées, de 12 millimètres environ sur 3, arron­
dies à la base, aiguës au sommet. L ’aigrette qui les surmonte
a une hampe qui est nue sur 5 millimètres de longueur, à peu
près, couverte de poils sur 10 millimètres, lous les poils
dressés forment une touffe qui a 25 millimètres de hauteur
au-dessus de la partie nue de la hampe. La hampe est jaunâtre,
les poils sont blancs.
Les fruits sont mûrs ordinairement en décembre.
L ’espèce se plaît particulièrement sur le calcaire. Nous
pouvons la signaler dans 1 Ambongo, dans les bois rocailleux

�FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

d’Andranomavo, sur le jurassique, et dans le Borna, dans les
bois analogues de Besevo, près de Madirovalo, sur les grès
crétacés. Nous la connaissons encore sur les rocailles boisées
de l'Ankarafantsika, près de Marovoay.

deux calicules portent des poils sur leurs bords; le calicule
supérieur, plus grand que l’inférieur, est nettement à quatre
lobes,* dont deux larges arrondis et deux étroits ovales. Audessus de ce calicule sont deux bractées également ciliées.
Toutes ces pièces sont enduites d'une résine jaune verdâtre.
Les pédicelles floraux, de 4 millimètres environ, dépassent
longuement le calicule supérieur.
Le calice, glabre, de 1 millimètre 1/2 à peu près, est entiè­
rement soudé avec l ’ovaire. La corolle est blanche et odorante,
glabre.
Le tube corollaire, qui s’élargit légèrement de bas (2 millim.)
en haut (3 millim.), a 4 à 5 millimètres de longueur; les lobes
sont oblongs, très obtus au sommet, de 8 millimètres sur 4.
Les parties libres des filets, qui se détachent des sinus inter­
lobaires, ont 2 mm. 1/2 de longueur à peu près; les anthères,
fixées dorsalement vers leur milieu et très exsertes, sont
allongées (7 millimètres) et très étroites, arrondies à la base
et aiguës au sommet.
Le style, glabre, d une longueur totale de 12 millimètres,
est bifide sur 4 millimètres environ.
La floraison a lieu d’octobre à décembre, et la fructification
en décembre et janvier. Les fruits mûrs sont bruns, à pulpe
blanche et sucrée ; ils sont quelquefois globuleux, mais plus
souvent oblongs et légèrement pvriformes, leur partie infé­
rieure se rétrécissant un peu vers le pédoncule. Secs, ils ont
environ 13 à 14 millimètres de longueur sur 8 millimètres de
largeur. En section transversale, l’albumen a un de ses bords
qui est seulement courbé ; mais l’autre bord se replie complè­
tement pour revenir jusqu'à ce bord opposé.
Ce caféier se plaît dans les ravins frais et abrités, sur les
bords des torrents. Il est très commun dans la région de
Suberbieville ; on le rencontre notamment à Suberbieville et
dans les vallées de l'Ikopaet de la Betsiboka, avant le confluent
de ces deux cours d’eau. Nous le connaissons encore, dans le
Boina, dans le Haut-Bemarivo, vers 400 mètres d’altitude ; dans
l ’ Ambongro, il croit sur les bords rocailleux et calcaires du
Kapiloza.

Coff'ca Perrieri Drake.
Nous conservons à cette espèce, qui est le vrai n° 465 de
l'herbier Perrier de la Bathie1, le nom que Drake delCastillo
lui avait donné dans des lettres adressées à 1un de nous.
C est un arbre qui peut atteindre 10 mètres de hauteur, et
plus, avec un tronc de 20 à 30 centimètres de diamètre.
Les feuilles, un peu variables de forme, sont, en général,
pétiolées (15 à 20 millimètres), glabres, un peu atténuées vers
le pétiole, plus larges vers le sommet, qui est anguleux ou
quelquefois un peu arrondi. Le limbe a de 9 à 16 centimètres
de longueur sur 3 à 6 centimètres de largeur. La nervure
médiane et les 10 à 12 paires de nervures secondaires sont
saillantes sur les deux faces, mais surtout sur la face infé­
rieure. Les nervures secondaires sont obliques et s'unissent
à leurs extrémités par des arcs qui sont à 2 millimètres des
bords ; d’autres nervures transversales, sinueuses et anasto­
mosées les relient, en outre, sur tout leur trajet. Aux aisselles
de ces nervures secondaires et de la nervure principale sont,
çà et là, quelques petites domaties, qui cependant, sur cer­
taines feuilles, manquent parfois complètement. Les stipules
sont coTmées, en formant un bourrelet court et épais.
Les inflorescences sont de petits cymes axillaires de 3 à 7
fleurs. Chacune est munie à sa base d’un double calicule. Ces
1. M . D u b a r d a r a p p o r t é

à c e n ° 463 u n e e s p è c e q u ' i l a d é c r i t e

sous

le n o m d e C o f f r a rn adarjascariensis D r a k e . U n e c o n f u s i o n d ’ é t i q u e t t e s a
dû se p r o d u i r e d a n s l ’ h e r b i e r d e D r a k e d e l C a s l i l l o , c a r c ’e s t au

Coffea

q u e n ou s é t u d io n s ici, et q u i e s t to u t d i f f é r e n t d e l ’e s p è c e d e M . D u b a r d ,
q u e d o i v e n t ê t r e c e r t a i n e m e n t a t t r i b u é e s , avec les i n d i c a t i o n s q u i y s o n t

m entio nnée s,
q u ’ont

été

tou tes

ces

é tiq u ette s

4 63 . C ’ e s t

d istrib u és les é ch a n tillon s

C of fe a P e r r i e r i .

4

465

H. JUMELLE ET H. PERRIER DE LA HATHIE

464

tou jou rs sous ce n u m é ro

d e la p l a n t e q u e n o u s n o m m o n s

�466

H.

JUMELLE ET H. FERMER DE LA HATHIE

Coffea tctragona.
Arbor 5 ni. alfa; Coffeæ arabicæ habitai, Folia persistentia ,
crassa, glabra; petiolo 7 mm. circiter lonç/o; limbo ovato, ùasi
acuto. apice acnminato, 9-18 cm. longo, 3-1) cm. lato; domaliis 0. Cymæ contractée, axillares , 1-5 florihus. Calyx vie
dentatus; corolla alba, glabra , suaveolens, 5 vel (i-m era , /u/jo
/ cm. longo. hasi angusto, ar/ fauces dilatafo , Zo/us ovalis ,
obtusis, mm. longis, mm. ZaZ/s. Stamina exserta ; filamentis glabris, $ mm.-î? mm. I
longis. Stylus valde exsertus.
Fructus a lateribus compressus, proptereaque tetragonus ,
fuscus, 13-15 mm. longue, 6-10 mm. lafus; basi et apice
quasi truncatis.
Cette nouvelle espèce n’est plus de l'Ambongo ou du Boina
comme la précédente ; elle a été trouvée pour la première fois
en fleurs par l'un de nous, en octobre 1908, plus au Nord,
sur les bords de l'Andranomodavo, affluent de gauche de l’Andranomalaza.
Elle ne dépasse pas cinq mètres de hauteur et a le port du
caféier d’Arabie ; l'écorce et le bois sont gris jaunâtre.
Les feuilles sont persistantes, d'un vert sombre, glabres et
coriaces. Le pétiole a 7 millimètres de longueur environ ; le
limbe est ovale, aigu à la base, acuminé au sommet, et a de
9 à 18 centimètres de longueur sur 3 à 6 centimètres de lar­
geur. La nervure principale est saillante sur les deux faces ;
les nervures secondaires, très obliques, unies par leurs extré­
mités marginales, sont visibles sur les deux faces, mais bien
plus saillantes en dessous qu'en dessus. Il y en a, de chaque
coté de la nervure médiane, 9 à 12 assez grosses, séparées par
un grand nombre d’autres plus fines. Nous n’avons jamais vu
aucune domatie. Les stipules forment en se soudant, de part
et d’autre des pétioles, de petites écailles triangulaires coriaces.
Les inflorescences sont de petits fascicules cymeux axil­
laires de quatre ou cinq fleurs brièvement pédicellées. Les
pédicelles ne dépassent que légèrement le calicule supérieur
ou sont même parfois plus courts.

FRAGMENTS BIOLOGIQUES DE LA FLORE DE MADAGASCAR

467

Le calice, à dents à peine indiquées, a 3 millimètres environ
de longueur. La corolle, blanche et glabre, est odorante ; la
partie tubuleuse, longue de 18 millimètres, est très étroite
(1 millimètre) inférieurement, mais s'évase brusquement en
haut et atteint 4 millimètres de diamètre à la gorge ; les lobes,
au nombre de 3 ou 6, sont étalés, ovales, obtus, de 8 milli­
mètres sur 3. Les parties libres des filets, qui se détachent des
sinus interlobaires, ont 2 millimètres à 2 millim. 1/2 de
longueur et sont glabres; les anthères, longues de 4 millim.
1/2, sont insérées un peu au-dessous de leur région médiane,
à 2 millimètres environ de leur base. Le style est fortement
exserte. Dans la fleur en bouton, son extrémité bifide dépasse
les anthères et se trouve à peu près au niveau des sommets
des lobes corollaires. Le style proprement dit a 12 à 13 milli­
mètres ; le stigmate bifide a 4 millimètres.
Les fruits sont comprimés latéralement, perpendiculaire­
ment au plan de contact des deux parches ; la section trans­
versale est donc vaguement rectangulaire, avec des angles très
obtus. Les deux extrémités de la drupe sont, en outre, comme
tronquées.
Cette forme n’est pas rare chez les fruits de Coffea, mais
elle est d'ordinaire plutôt accidentelle. Dans notre espèce, au
contraire, elle paraît constante ; d’où le nom spécifique de
tctragona que nous avons adopté.
A l’état frais, les fruits ont 13 à 15 millimètres de longueur,
8 à 10 millimètres de largeur et 6 à 8 millimètres d'épaisseur.
Ils sont brunâtres quand ils sont murs, et à pulpe peu abon­
dante. Ils ne sont que très rarement à un seul noyau ; il y a
donc peu de caracoli.
Les graines sont repliées longitudinalement comme celles
du caféier cTArabie : sur une section transversale les deux
bords de l'albumen se recouvrent. Dans l'espèce précédente
— comme dans les Coffea Gallienii, Bonnieri et Mongeneti de
M. Dubard — ces deux bords se rapprochaient seulement,
sans se recouvrir.
Dans la région de l’Andranomalaza où nous avons déjà
indiqué la présence du Coffea tetragona, le caféier croît à une

�408

H. JUMELLE ET H. TERRIER DE LA RATI1IE

altitude de 400 mètres, dans les bois rocailleux à sol gneissique ou basaltique. Depuis que l’un de nous l'a découvert là,
il l’a retrouvé à 40 kilomètres au sud, sur des grès basiques,
à 200 mètres d'altitude, sur les bords d’un torrent.
Il l'a observé encore vers 600 mètres, dans des bois rocail­
leux et gréseux du Sambirano.

MACON,

PRO TAT FRERES, IMPRIMEURS.

�Som m aires des volumes parus des

ANNALES

D E L 'I N S T I T U T C O LO N IA L
1893.

DE

P rem ier volume. — (Première année.)

l*r M é m o.i r e .

« ,* 1
h » «iu poiDi ne vue i
foriqüe et pharmacologique, j.ar le professour Eu. II kck'ki , l,i,nil|U0’ H'-V-iotoîrique, ibèrapeutique, l.romntologique
-* M ém oire. — Sur
le
l.eurre
et
le
pain
d'O’Dika
du Gabon-Cpngo
Gabon-C
— -- ------.„ pain d O’Dika du
et sur le» vé"élaux oui le orodui enl
S T ™ " HŸ6C
6 'le C a y ’ C a y ,le Co,îllin- llin« *l «•* végétaux qui le donnent, par J p r 'd ^ e u r

1891. — (Deuxième année.)

Dans la Haute-Gamble.

- Voyage d’exploration scientifique, par le docteur André R ançon. (Avec carte»
et ligures dan» le texte et hors texte.)
'
1895. — Deuxième volume. — (Troisième année.)

1. Contribution a I élude du R o b in ia N lcou Aublet, au point de vue botanique, chimique et physiologique
par L. G rofkroy, pharmacien îles colonies, licencié ès sciences naturelles.
2. Contribution a I étude botanique, llièrapeulitrao et chimique du genre A d a n so n ia (Baobab). parle «iorUur
C.liarles G fhiirr, professeur suppléant a l'Ecole «le médecine, préparateur «le botanique à la Ka» ullé des sciences
de Marseille.
3* Sur le Q u a S S ia a f r i c a n a Bâillon, «lu Gabon. (Etude botanique, chimique et thérapeutique, par le
docteur L. Claüdri., préparateur a la Faculté des sciences de Marseille, licencié ès sciences naturelles.)
4. Sur le B a k is {Tinospora linkis Miers) et le S a n g o l (Cocculus Leaeba G. F. et Bicb.) du Sénégal et .lu
Soudan, par Ed. H rckki. el Fr. Schi.ac.drnhauffkx .
5. Etude sur le P s id lu m (Goyavier), par M. Knouai, pharmacien de 1'* classe de l’ Ecole de Paris.
1806. — Troisième volume. — (Quatrième année.)

F lo r e p h a n é ro g a m iq u e d es A n tille s fr a n ç a is e s

(Guadeloupe ei Martinique), par le K. P. Du.»*,
professeur nu Collège île la Passe-Terre.( A vec annotations du professeur l)r H rckcl sur (emploi de ces plantes).
1897. — Quatrième volume. — .Cinquième année.)

1. R a p p o r t de m issio n scie n tifiq u e à la Martinique et à la Gnyane, par Emmanuel Groffrot.
2. Les P la n t e s m é d ic in a le s et to x iq u e s de la Guyane française, par M. Edouard H rckrl.
3. Ilechercliea sur les G r a in e s g r a s s e s nouvelles ou peu connues des Colonies françaises, par Ed. Hkckxi .
4. Sur un S tr o p h a n tu s du Congo français (S tro p h a n tu s d'Autran). Elude de chimie el de matière médi­
cale, par MM. les professeurs Sciii.a!%rniiaufren el Louis P lanchox.
5. L 'E r O U m a de la Nouvelle-Calédonie et son produit résineux, par M. Henri Jcukli.k.
6. Du B o is p iq u a n t de la Guyane française el de son écorce fébrifuge, fourni par le Zaxtuoxti.um
P rrhotktii DC.. par MM. Ed. H rckbl el F. Sr.ni.AooKxnAUFFKN.
7. Sur les M u r r a y a K œ n ig ii el e x o tic a de Cochinchine : èlutle lie pharmacognosie, par le Dr L ahokos.
1898. — Cinquième volume. — (Sixième année.)
1. Les P la n te s à C aou tch ou c et à. G u tta dans les Colonies françaises, par 11. Joaiki i.p., professeuradjoint à la Faculté des sciences de Marseille.
2. Les G r a in e s g r a s s e s n o u v e lle s OU peu con nues des Colonie- lrançai»es, élude botanique
chimique et industrielle, par M. Edouard H kokki..
3. S u r un n o u veau Ja b o r a n d i des A n tille s fr a n ç a is e s (Pilocarpus vacemosus Vahli, par
M. le l ) r Rociirr, professeur à l’ Ecole de médecine et de pharmacie de Clermont-Ferrand (Etude botanique et
pharmaceutique.)
1899. — Sixième volume. — (Septième année.)

1. E tu d e SUT le s c a c a o s , parM. le professeur Juuri.i.k.
2. E tu d e s u r le s gom m es, g o m m e s-ré sin e s e t r é s in e s

d«s Colonie» française»,

par

M le

L)r Jacob de Cohokmoy.
1900. — Septième volume. — (Huitième année.)
l«r fascicule. __É tu d e s u r le ta b a c , production, manufacture et culture, notamment dans les Colonies
françaises, par M L acrrnt, docteur èa sciences.
fascicule.— Elude morphologique et anatomique du B r a c h y t r u p e s a c h a tin u s Sloll, qui, au Toottin,
ravage Icscaléiers. par le Dr Boudas, docleur eu «ciences.
1901. — Huitième volume. — (Neuvième année.)

m fascicule. -

1“ L e s S o ie s d an s l’E x trê m e O rien t et d an s le s C olonies fr a n ç a is e s
professeur docieur Hubert J acob de ConnEMor. — ‘î° L ’Or dan s les C olonies fr a n ç a is e s

i&gt;ar le
(historique, giseme,Us. procédés d’extraction, commerce), par M. le professeur docleur L acbfxt

— 1* S u r l ’O usouniflng du Soudan (CMétis Coppnu H«ckoli. par M. E. He.sfl —
2* S u r le p r o c e s s u s g e r m in a t if dans O ngu ek oa et S tro m b o sia {OUeeete* - P » " ;
H rckbi — 3o S u r l'Ig n am e p la te du Ja p o n (Dioscorea J a p o n , , ,, rhotuh. . per M t . Hm km..
p i . caD ltain e L an d o lp h e et la première colonisation française .lu Bénin, par M. » G afiahkl .
Z 5. C u ltu re d e s * a rb re s à g u t ta en Indo-Chine et aux Indes néerlandaise», par M C. V« « . ti» N o te s d 'e xp lo ratio n économ ique a u Congo fr a n ç a is , par M. I •“&gt;» B^Tuiea.

fa s c ic u le .

1902 —

l
i;

Neuvième volume.

— (Dixième année.

v o v a e e scie n tifiq u e a u S é n é g a l, a u Soudan et en C asam an ce par M A. Ch«v*u « .
J ou rn al d e route du S é n é g a l a u Soudan et au F o u ta h -D ja llo n . Par le c.p.u.ne
UevàUX'

... ,
.
L / K iîîS / î Z

1903. — P re m ie r volume, 2* série. — (Onxième année).
T •ir»rD o «iltio n d 'H a n o ï, par le professeur P. G akfabel (avec de nombreuses illustration» .
1L G r a i n e s g r a s s e s n o u v e l l e s o u p e u c o n n u e s de» Colonie, françaises, étude
• ■ g r a in e s g »
M Edouard II k x u . - 2 . R e c h e r c h e s s u r l a c o m p o s i

V fascicule.
tïon de T alb u m en des grà/n es d'Astroearyvmvulgare Mari, et d fETnocorptix' Bava &gt;a N|art

�S om m aires des volu m es paru s des

A N N A L E S D E L 'I N S T I T U T C O L O N IA L I )E MA H SE1LLE
1901. — Deuxième volume. 2" Série.— (Douzième année).
1. R e c h e r c h e s a n a to m iq u e s s u r la fle u r du T a n g h in du M é n a b é (M a d a g a s c a r )
l&gt;ar Paul l)oi\ docteur ès sciences, chargé d'im cours de botanique, h U Facilité des sciences de Toulouse.
(Géographie physique; Richesses naturelles ; Culture? et Industries),
par l ‘ l)r 11. J acoii nr, Cordkuoy, chargé de. cours a l’Ecole de médecine et il l'Institut colonial de Marseille.
3. S u r un n o u veau C opal et s u r un n o ü v e a u K in o fournis, le premier par le fruit, et le second
par le tronc et le» rameaux du Dipten/x odorala W'illd. (Etude anatomique ilu genre Dijileryx et élude
ehimi&lt;|vie do scs produits), par MM. Edouard Hrckcl, II. J a c ob dk Conio.uoY et Pn. Schlagdenhaoffbh.
t. E tu d e e thn og ra ph iq u e s u r la r a c e M an du H a u t - T o n k i D , par le capitaine M ua», de l'in­
fanterie coloniale.
1905. — Troisième volume, 2r Série. — (Treizième année).

2. E tu d e s u r l ’ile de la R éu n ion

1°

M a d a g a s c a r en 1 7 5 6 , par M. B ernard , chirurgien au service de lu Compagnie des Indes
(préface par M. le professeur G affah bl ).
2° E tu d e c h im iq u e s u r le s h u ile s de bois
d'Indo-C hine, par M. E t . L efkuvrk .
3» E tu d e m o r p h o lo g iq u e e t a n a to m iq u e du
S a b lie r (Hum crepilans I..), par M. G illes .
4° L ’E p e r u a f a l c a t a Aublet (Wapa huileux

de la Guyane), au point de vue de la Morphologie externe et de l'Anatomie, par M. L . C ouhchkt,
professeur à l’École supérieure de pharmacie de Montpellier. — 3“ L e K ir o n d r o de M a d a g a s ­
Courcheti, nouvelle Simaroubée toxique par M. L. C ourciiet,
professeur ii l'Ecole supérieure de pharmacie de Montpellier.
6° É tu d e du V o an p iso ou
M o ran d a. péricarpe comestible du Raphia peüunçulnta Palisot de Beauvois, de Madagascar, au
point de vue botanique et chimique (nouvelle source de matière grasse), par MM. Decrock et Eh.
S chi.agdkniiauffbn . — 7° M o rp h o lo g ie g é n é r a le e t é tu d e a n a to m iq u e de la la r v e
d’Io Ire n e , chenille séricigène de la Guyane Française, par M. !.. B ordas , docteur ès sciences
naturelles, docteur en médecine, maître de conférences à la Faculté des sciences de Bennes.

c a r (Perriera Madagascarieusis

1900. —

1° É tu d e

su r

le

Quatrième volume,

d é ve lo p p e m e n t

2e

Série.

— (Quatorzième année).

de l 'a p p a r e i l s é c r é t e u r

de

I'Epemja

falcata

A u b le t, par M II. Jacob de Cordkmoy, chargé de cours à l'Ecole de médecine, chef des tra­
vaux pratiques de botanique à la Faculté des Sciences de Marseille. — 2° D e s s in p h o to g ra ­
phiqu e des fe u ille s , note de M le Professeur Louis P lanchon, de F Université de Mont­
pellier. — 3° R e c h e r c h e s m o rp h o lo g iq u e s e t a n a to m iq u e s s u r le Iv ata fa ou Katrafay de Madagascar (Cedrelopsis Grevei II. Bâillon), par M. le professeur L ucien Courciiet, de
t Université de Montpellier. — 4° C o n trib u tio n à l'é tu d e du g e n r e Cinxamosma H B â il­
lon, par M. le Professeur L ucien Courciiet. — 5° C o n tr ib u tio n à l'é tu d e de q u elq u es
p o in ts d'an atom ie in te rn e d es P h y llie s Phyllium rrurifolium Audinet Servi lie), par
M. L. Boudas, docteur ès sciences, docteur en médecine, maitre de conférences à la Faculté
des Sciences de Bennes. — G0 R e c h e r c h e s s u r l 'a p p a r e i l s é c r é t e u r du Vatairea
Guïankxsis A u b le t (Coum até) et du Mach.ehium i thuugineum Pers. L ia n e s a n g et sur
la composition chimique des kinos qu’ils fournissent, p ar M Decrock, professeur adjoint à la
Faculté des sciences de Marseille, et M. Bibaut, agrégé k la Faculté de médecine et de phar­
macie de Toulouse.
1907. —

1"

Cinquième volume,

2e

Série.

— (Quinzième année).

R e c h e rc h e s m o rp h o lo g iq u e s et a n a to m iq u e s s u r un e R u b ia c é e n o u ve lle de
M a d a g a s c a r : Dirichlelia Princei nova sp., par M. P a u i . I) o p , docteur ès sciences, chargé d'un
cours de botanique b la Faculté des sciences de Toulouse. — - ■ S u r q u e lq u e s p la n te s nou­
v e lle s de M a d a g a s c a r au point de vue morphologique et anatomique, p a r M . D ubahd , nvailre

de conférence de botanique coloniale à la Sorbonne, et 1*. 1)op, charge de cours à la Faculté des
sciences de Toulouse. — 3° S o r le P r o t o r h u s P e r r i e r i nov. sp. de Madagascar, par M. le
professeur L. C ouhciiet. — 4° L e K its o n g o v r a i de M a d a g a s c a r , Roureu ( Ryrsocarpus)
orientalis H. Bn., par M. le professeur L. Couhchbt. — 5° L e K in o d e s M y r is t ic a c é e s .
recherches sur l'appareil sécréteur de Kino chez ces plantes, par M. II. Jacob de C okdemoy , pro­
fesseur à l'école de médecine et à l’Institut colonial, chef de travaux à la Faculté des sciences dé
Marseille. — 6° E x a m e n ch im iq u e du K in o d e B o u r g o n i, p a r M . B ibaut, chargé de cours à
la Faculté de médecine etde pharmacie de Toulouse. — 7° R e c h e r c h e s s u r le s E r y t h r o phleum et en particulier sur VE. Couminga H. Bn., par le docteur Louis P lanchon, professeur
à l'Ecole supérieure de pharmacie de Montpellier. — 8° E t u d e c h im iq u e de l ’ E c o r c e d 'E r y th ro p h le u m C ou m in ga, par M . le docteur I.aroriie, professeur agrégé à la Faculté de méde­
cine et de pharmacie de Toulouse, pharmacien en chef des Hospices civils — 9° S u r q u elq u es
p la n te s u tile s ou in t é r e s s a n t e s du N o rd -O u e st d e M a d a g a s c a r , par M. Henri
Jumelle, professeur à la Faculté des Sciences de Marseille.
tti» N o te s s u r la F lo r e du NordOuest de M a d a g a s c a r , par MM. II. J umelle el H . P errier lie la Batiiie.

1908. — Sixième

volume, 2" Série. — (Seizième année).

1° Esquisse sur la pêche dans la province de T u l é a r , par M. Camille L e B arbier cl
revue par M. le prolesseur D arhoi \. — 2° L e gen re Ple ctaneia de M a d a g a s c a r , par
MM IIbnri Jumelle oL P f.riuer du la Batiiie. — (^ Contri buti on a l'etude des fécules
de l’Indochine, par M. E. D eckou.k .
4» Notes b io lo giq ue s s u r la végétatio n du
N O de M a d a g a s c a r ; L es Asclépiadées, [&gt;ar MM Henri Jumelle et P brhier de la
Bathik. — 3° Le caoutchouc des herbes au Congo fr a n ç a is , par M. A. Baudon. - G"

Sur quelques plantes à grain es g r a s s e s nouvelles ou peu connues des colonies
françaises et en partic u li er ce M a d a g a s c a r , p arM . Edouard II k k l i .
1909. —Septième volume, 2e Série. — (Dix-septième année).
1 * C ontrib ution

à l ’étude an a to m iq u e e t h is to lo g iq u e d e s p la n t e s t e x t ile s e x o tiq u e s
M usinées , P a lm ie rs , A ro id é e x , Cypéracées
par P a s c a l C l a y e k ie . — 2" N o tes
s u r des p la n te s la r g e m e n t c u lt iv é e s p a r le s In d ig è n e s en A f r iq u e t r o p ic a le , par

(Passiflorées,

M. E. de W ild b m a n , professeur an cours colonial de l'Ecole d’horticulture de Vilvorde (Bel­
gique). — 3° S u r l'a c tio n to x iq u e de la S a p o n in e d e s g r a i n e s du S af in d u s se nega lensis Juss., par le Dr J. C h evalier (avec une introduction du prof. I)1 Ileckel). — 4° S u r
q u e lq u e s fé c u le s des C olonies, en p a r t i c u l ie r de l’ Indo Chine, par M. E. O echock,
prof, adjoint k la laculté des Sciences de Marseille.
&gt;° N o te s s u r la flo r e et le s p la n te s
" '^ c o ïW ttifiw s . du B a s Congo f r a n ç a is , par M A. Ba u d o n , administrateur colonial au
,
Congo français. —Tf6° E tu d e s u r q u e lq u e s fé c u le s c o lo n ia le s , par MM. Louis
y,
P lascihin professeur^ et A. J u ille t , chef de travaux à l'Ecole supérieure cie Pharmacie de
Montpellier.

�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="1425" order="5">
        <src>https://odyssee.univ-amu.fr/files/original/2/270/Annales-Musee-colonial_1911-Vol-09.pdf</src>
        <authentication>3d1a299d32dbcab6f5f1357117e816d5</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="92">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="8675">
                    <text>A N N A L KS

MUSÉE COLONIAL
DE MARSEILLE
FONDÉES EN 1893 l'Ali

M.

le professeur

IV

É

douard

H E C K .E L

et publiées sous sa direction.

Dix-neuvième année. 2" série. 9e volume (1911)
1* Contribution à l’étude de la structure dn fruit et de la graine des Clusiacées

1911 - Vol 9

(Recherches particulières sur l’appareil pilitere de la graine des Symplionia et sur la
pulpe du fruit des G arciniées), par M. II. J.vcon i»k CORDEMOY, chargé de cours
à l'U niversité de Marseille.

2° Recherches morphologiques et anatomiques sur la graine des Ravenala, par
M. E. DECROCK, professeur adjoint à la Faculté des sciences de Marseille.

3° Sur un Pittosporum nouveau de Nouvelle-Calédonie, par M. Marcel DUBARD.
•i° Contribution à la flore de Bourail (Nouvelle-Calédonie , par M. A. GUILLAUMIN.
docteur ès sciences, p rép arateu r au Muséum de Paris.

3° Catalogue des plantes phanérogames de la Nouvelle-Calédonie et dépendances
(Iles des Pins et Loyalty), par M. A. GUILLAUMIN, docteur ès sciences, prépara­
teu r au Muséum de Paris.

6° Sur le Sarcocaulon Patersonii Eckl. et Zeyh., au point de vue anatom ique et sur la
nature résineuse de son écorce, par M. Louis PLANGHON, professeur à rU nivcrsité
de M ontpellier.

Sur 1 Erythrophleum deusiflorum Elm. Merr., par M. Louis PLANGHON, professeur
à l’U niversité de M ontpellier.

M ARSEILLE

MUSÉE

COLONIAL

5, R ue N oaim .es , 5

1911

�A N N A L KS

MUSÉE COLONIAL
DE MARSEILLE
FONDÉES EN 1893 l'Ali

M.

le professeur

IV

É

douard

H E C K .E L

et publiées sous sa direction.

Dix-neuvième année. 2" série. 9e volume (1911)
1* Contribution à l’étude de la structure dn fruit et de la graine des Clusiacées
(Recherches particulières sur l’appareil pilitere de la graine des Symplionia et sur la
pulpe du fruit des G arciniées), par M. II. J.vcon i»k CORDEMOY, chargé de cours
à l'U niversité de Marseille.
2° Recherches morphologiques et anatomiques sur la graine des Ravenala, par
M. E. DECROCK, professeur adjoint à la Faculté des sciences de Marseille.
3° Sur un Pittosporum nouveau de Nouvelle-Calédonie, par M. Marcel DUBARD.
•i° Contribution à la flore de Bourail (Nouvelle-Calédonie , par M. A. GUILLAUMIN.
docteur ès sciences, p rép arateu r au Muséum de Paris.

3° Catalogue des plantes phanérogames de la Nouvelle-Calédonie et dépendances
(Iles des Pins et Loyalty), par M. A. GUILLAUMIN, docteur ès sciences, prépara­
teu r au Muséum de Paris.
6° Sur le Sarcocaulon Patersonii Eckl. et Zeyh., au point de vue anatom ique et sur la
nature résineuse de son écorce, par M. Louis PLANGHON, professeur à rU nivcrsité
de M ontpellier.

Sur 1 Erythrophleum deusiflorum Elm. Merr., par M. Louis PLANGHON, professeur
à l’U niversité de M ontpellier.

M ARSEILLE

MUSÉE

COLONIAL

5, R ue N oaim .es , 5

1911

�CONTRIBUTION A L’ÉTUDE
DE LA

STRUCTURE DU FRUIT ET DE IA GRAINE
DES CLUSIACÉES
R

echerches

DES

pa r tic u l ièr es

sur

l ’a p p a r e i l

pil if è r e

de la

g rain e

S y MPHOXIA ET SI R LA PULPE DE F R l'I T DES G a RCINIÉES

M. II. JACOB DE CORDEMOY,
Charge de Cours ù l’Université de Marseille.
P ar

On ne possède encore que des notions très imparfaites sur
la structure du fruit et de la graine des Clusiacées. La nature
réelle des caractères et des particularités si rem arquables
q u ’offrent ces organes dans les divers genres de la famille est
restée ju sq u ’à présent assez obscure. C ’est ce qui résulte des
données vagues, incertaines, souvent contradictoires, que l’on
trouve à peu près constam m ent, sur ce sujet, dans les ouvrages
descriptifs.
Ces incertitudes proviennent surtout de ce que les observa­
teurs n ’ont pu généralem ent disposer, pour l’étude, que de
m atériaux d ’herbiers, trop desséchés ou incomplets, par suite
insuffisants, quand il s’agit de rechercher, depuis la fleur, l’ori­
gine, la véritable nature des parties constituantes du fruit et
de la graine, qui résultent de la fécondation et du développe­
m ent du pistil.
Des investigations de ce genre ne peuvent donner de résul­
tats positifs qu ’avec des m atériaux à l’état frais ou du moins
conservés dans l ’alcool ou une solution de formol, de manière
que l’intégrité des tissus des organes à examiner soit parfaite­
ment assurée.
Annales du Musée colonial de Marseille. — 2* s é ri e , 9* vol. 1911.

I

�II. JACOB DK CORDEMOY

Ce sont précisément de telles circonstances qui nous ont
permis d ’élucider certains points demeurés obscurs' dans l’his­
toire botanique du fruit et de la graine de quelques Clusiacées. Ces Clusiacées sont : une Moronobée, le Sym phonia
clusioides Baker, dont la graine présente les mêmes particu­
larités que celles du N. globulifcra L. f., particularités d ’ail­
leurs déjà relatées par les auteurs pour cette dernière espèce,
mais sans explications précises et satisfaisantes; et deux Garciniées, le Flheedia calcicola Jum. et Perr. et le Tsimatimiu
Pcrvillei Jum. et Perr. *. Les faits que nous avons observés
dans le fruit de ces Garciniées nous paraissent, du reste, de
nature à jeter quelque lumière sur l’origine encore douteuse de
la pulpe du fruit des Garcinia, dont nous n ’avons pu m alheu­
reusement nous procurer que des échantillons insuffisants.
Je m ’empresse d’ajouter que tous les fruits ou graines qui
font l’objet de cette étude appartiennent à des Clusiacées de
Madagascar et proviennent des collections particulières, soit
de M. le Professeur D1' Heckel, soit de MM. le Professeur
11. Jumelle et H. Perrier de la Bathie. Je les remercie vive­
ment de l'obligeance bienveillante qu’ils ont manifestée en me
perm ettant d’en disposer.

1. — Structure du fruit et de la graine
de Sym phonia c lu sio id e s Baker.
Nous allons tout d'abord exposer les résultats de nos propres
observations. Puis, à la lumière des données acquises au cours
de cette étude, nous discuterons les opinions diverses émises par
les auteurs sur les particularités de la graine des Sym p h o n ia .

1. Ces deux d e rn iè re s e sp è c e s o n t é té é tu d ié e s, au po in t de vue
d e sc rip tif e t bio lo g iq u e, p ar MM. H. Ju m e lle et II. P e rrie r de la B athie,
et, au point de vue a n ato m iq u e, p ar M. II. Ja co b de C ordem oy, d an s
deux M ém oires su r les C lu siacées du n o rd -o u e st de M adagascar et le u r
s tru c tu re , p aru s d an s les A nn a les ries Sciences nain relies, IXe série , t. XI,
1910, p. -250-266 et 311-315.

Fig. 1. — Coupc transver­
centre qui correspondrait au hile.
sale d ’une graine dessé­
Si l'on fait une section transversale
chée de Symphonia clu­
de cette graine, un peu vers sa partie
sioides. — t, tégum ent;
e, em bryon : h, bourre
supérieure (fig. 1) on trouve, entre le
interposée entre le té ­
tégum ent mince (t), assez friable, et le
gument et l’em bryon.
gros embryon (e) qui en occupe le centre,
une couche assez épaisse d ’une véritable bourre (//), de
coloration rougeâtre, (ine, mais dense, composée, ainsi qu'il
est facile de s ’en rendre compte par l’examen au microscope,
de longs poils enchevêtrés. Ces poils lixés, d'une part, à la
face interne du tégum ent, sont, d ’autre part, adhérents à la
face externe de l ’em bryon. On peut donc, a p rio ri, les consi­
dérer, soit comme im plantés sur le tégum ent, à sa face interne,
soit comme ayant pour origine l’épiderme de l'em bryon.
Mais ce fruit desséché, qui vient d'être décrit et qu ’avait
bien voulu très aim ablem ent nous comm uniquer M. le Profes­
seur Jum elle, ne pouvait nous perm ettre d'eUêctuer les recher­
ches convenables sur l'origine précise et l’insertion exacte de
ces poils. M. le Professeur Dr Heckel voulut bien alors, de son
côté, avec son obligeance coutum ière, nous conlier, pour de
telles recherches, des fleurs t*t un jeune fruit de S. clusioides,

�i

11. JACOB DF. CORDEMOY
STRUCTURE DU FRUIT ET DE LA GRAINE DES CLUSIACEES

conservés dans le formol et figurant dans ses collections personnelles.
Ce sont les résultats obtenus par l’étude de ces précieux
échantillons que nous allons maintenant exposer, en com­
mençant par l'examen de l’ovaire.
S tr u ct u re de l ’o v a ir e . — Pour nous rendre compte exac­
tement de la constitution du fruit et de la graine de l’espèce en
question, dont nous possédions des fleurs en excellent état, il
nous parut nécessaire de rem onter à la structure de l’ovaire.
Cet ovaire comprend cinq loges. Dans chacune des loges,
on trouve plusieurs ovules, insérés en deux rangées à l’angle
interne, sur deux bourrelets placentaires saillants. Ces ovules
anatropes possèdent chacun deux tégum ents très nets, le
tégument externe étant environ deux fois moins épais que
l ’interne.
La paroi ovarienne très épaisse est limitée, en dehors et en
dedans, au niveau des loges, par deux épidermes entre les­
quels s’étend un parenchyme à cellules polygonales ou arron­
dies. minces, parcouru par des canaux sécréteurs et des fai­
sceaux libéroligneux. Les canaux sécréteurs, d ’origine schizogène, extrêmement nombreux, sont de diam ètre variable, les
plus larges étant les plus profondément situés; ils sont ramifiés,
anastomosés et remplis d ’un contenu résineux brunâtre. Parmi
ces canaux sécréteurs s'observent de nombreux faisceaux
libéroligneux, anastomosés également ; et les plus gros de ces
faisceaux occupent, eux aussi, la zone profonde de la paroi.
Il y en a un en face de chacune des loges, tandis que les
autres, situés dans l'axe central de l’ovaire formé par la réu­
nion des cloisons séparant les loges, sont groupés deux à deux
au niveau des bourrelets placentaires; de ceux-ci se détachent
les faisceaux funiculaires, qui parcourent chacun le raphé de
l’ovule correspondant pour gagner la chalaze et de là se ram i­
fier dans le tégument.
Les canaux sécréteurs qui, nous l avons vu, occupent en
très grand nombre la paroi de l’ovaire, se développent égale­
ment dans les cloisons qui séparent les loges et jusque dans

.)

l’axe central même de l’ovaire, en dedans des faisceaux placen­
taires. Mais il faut ajouter que toujours les canaux et les
faisceaux les plus profonds sont séparés de l’épiderme tapis­
sant les loges par une couche de deux ou trois assises de cel­
lules minces allongées parallèlem ent à cet épiderme.
Recherchons m aintenant quelle est l’évolution ultérieure de
cet ovaire, ou, en d ’autres term es, quelles sont les modifica­
tions qui s ’y produisent lorsqu’il se transforme en fruit. C’est
ce que nous allons pouvoir indiquer en étudiant en détail la
structure d ’un jeune fruit de la même espèce.
D e sc r ipt io n

du

je u n e

f r u it .

— Ce fruit est une baie globu­
leuse, verte, d ’un peu plus de
deux centim ètres de diam ètre.
Sur la section transversale
(fig. 2), on le voit constitué par
une paroi charnue, mais résis­
tante, à tissu brun foncé, enve­
loppant l’embryon volumineux,
Fig. 2. — Coupe transversale
dont le diam ètre est d ’environ
d'un fruit jeune de Sym phonia clusioides. a, une
un centim ètre et demi.
portion de la surface de la
Cependant, si l’on examine
baie; m el n, le péricarpe
cette paroi avec soin, on voit
aux deux points où il offre
son maximum et son mini­
qu elle n ’a pas partout la même
mum d’épaisseur: d cl h
épaisseur. Cette épaisseur varie
loges ovariennes avortées
du simple au double, de quatre
et une graine atrophiée en
d ; e, écorce et c. stèle de
m illim ètres à deux m illimètres,
la tigelle tubérisée de l’em­
aux deux extrém ités (fig. 2,
bryon de la graine déve­
ni et n) d’un même diam ètre;
loppée.
de telle sorte que l’embryon (e)
est placé un peu excentriquem ent dans le fruit. De plus la
partie la plus épaisse (ni) de cette paroi est poreuse, creusée
notam m ent de deux petites cavités allongées tangentiellem ent
(d et h ), qui représentent des loges ovariennes non dévelop­
pées ; l'une d ’entre elles (d ) renferme un embryon atrophié,
aplati, dont le diam ètre transversal est d'environ un m illi­
m ètre.

�li

11. JACOlt DE COHDEMOY

Tout ceci nous montre donc avec évidence que des cinq loges
de l'ovaire, une seule s'est agrandie pour former la presque
totalité du fruit, et que, dans celle loge, un seul ovule s'est
développé en une graine. Mais de cette graine on ne voit que
l'embryon q u elle renferme. C'est l'embryon volumineux, dit
maeropode, qui caractérise, dans la famille des Clusiacées, les
deux tribus des M o ro n o b ée s et des G a r d niées.
Cet embryon est aujourd'hui bien connu ; sa structure a été
parfaitement décrite surtout par M. le Dr Ileckel 1 et, plus
récemment, par M. G. Brandza
Nous savons, d'après leurs
travaux, que l'embryon des plantes de ces tribus, et notam ­
ment celui des S t/r n p h o n ia , se compose essentiellem ent d'une
énorme tigelle tubérisée, d'une radicule extrêm em ent petite,
de cotylédons réduits à de minuscules écailles, et d'une gem ­
mule plus ou moins développée.
Sur la coupe de notre jeune fruit (tig. 2), nous apercevons
donc la large section de cette tigelle tubérisée, avec ses deux
parties constituantes : la stèle centrale (c) et l'écorce périphé­
rique (&lt;?); le diamètre d e là stèle est exactement égal à l'épais­
seur moyenne de la couche corticale,, soit cinq millimètres.
Quant aux tégum ents qui doivent envelopper cet embryon
et constituer avec lui la graine complète, ils n'ont point attiré
l'attention des auteurs précédents, préoccupés avant tout de
problèmes relatifs à l'embryon lui-même.
D'ailleurs, sur la coupe transversale du fruit, dans l'état jeune
où nous le considérons ici. ces tégum ents ne se distinguent
d'aucune manière. S'ils n ’ont pas disparu, par atrophie, pen­
dant le développeqient de l'ovule en graine, ils n’ont pu que
s'appliquer étroitement contre la face interne du péricarpe
(m n ) avec lequel ils se confondent à l'exam en à l'œil nu ou à
1. E. H e c k e l . Su r la form ation des canaux sécréteurs dans les graines
de quelques Guttifères (Comptes rendus de l'Acad. des Sc., t. CXX1X,
1889, p. o08-ol0); et Les Graines grasses nouvelles ou peu connues des
colonies françaises (Ann. de 1 Inst. col. de Marseille, 5“ année, vol. IV,
1897, p. 107).
2. G. Brandza. Recherches anatomiques sur la germination des liyp éricacées et des Guttifères (Ann. Sc. n a l. Bot., 9e série, I. VIII, 1908, p. 221 ).

couche de poils dont il
vient d ’être question.
Fig. 3. — Coupe transversale de la
Sur des coupes ainsi
paroi du fruit de Symphonia clufaites dans la région la
sioides. — A. E paisseur du péri­
carpe: e, épiderm e; p , paren­
plus épaisse de la paroi
chym e; s. canaux sécréteurs; d.
(ni, lig. 2), on distingue
couche de cellules allongées soustrois parties nettem ent
jacente à l’épiderm e interne. —
B. Tégum ent externe; c, paren­
superposées de dehors en
chym e; sh. canaux sécréteurs. —
dedans et étroitem ent ap­
C. Tégum ent interne; a, sa couche
pliquées l ’une
contre
interne; b, sa couche interne
transform ée en longues libres dis­
1 autre (lig. 3).
sociées simulant des poils.
La partie externe (A) a
3 m illim ètres d ’épaisseur ; elle est limitée en dehors par un
épiderme (e) k cuticule très épaisse (tig. i, e), et en dedans
par un autre épiderme k élém ents sectionnés très obliquement
et doublé d'une couche (cl) de cellules allongées dans le même

�s

ii.

j acou dl; cokdemov

sens que celles de Lépiderme lui-mème. Tout le parenchyme
intermédiaire /&gt;).est criblé de canaux sécréteurs schizogènes
(si, sectionnés transversalem ent, et, par conséquent, dirigés
longitudinalem ent dans le fruit ; les plus larges de ces canaux
sont situés profondément, contre la couche sous-épiderm ique,
et paraissent résulter pour la plupart de la réunion par anasto­
mose de deux ou trois canaux
Tous ces organes dont les cellules
de bordure offrent un contenu
granuleux abondant (lig. I, ,s-)sont
remplis de masses résineuses bru­
nâtres. Cette première partie est le
péricarpe.
La seconde partie (B), épaisse de
0mm 6, est le tégum ent externe de
la graine. Elle est limitée égale­
ment par deux épidermes entre
Fig. i. — Partie externe
lesquels se trouve un parenchyme
grossie du péricarpe du
(c) parcouru par des canaux sécré­
fruit de Sympbonia
clusioides. e. épiderme
teurs ($/i) anastomosés et section­
à cuticule épaisse : p,
nés, non plus transversalem ent,
parenchym e; s, canal
comme dans le péricarpe précé­
sécréteur.
dent, mais très obliquem ent; ils
sont remplis de la même résine brunâtre. Ces canaux sécréteurs
se forment dans le tégument externe de l'ovule, pendant son
développement, suivant le mode schizogène.
Enfin, la troisième partie (C) est le tégument interne de la
graine. Entièrem ent dépourvue de canaux sécréteurs, elle est
formée de deux couches bien distinctes : une couche externe
i a) limitée par un épiderme étroitem ent appliqué contre l’épi­
derme interne du tégum ent précédent, et composée de cellules
parenchymateuses entremêlées de paquets fibreux, ainsi que
le montre la section transversale suffisamment grossie de ce
tégum ent, interne, telle que la représente la fig. o. Ces paquets
fibreux (f ) deviennent de plus en plus nombreux et sont for­
més d'élém ents de plus en plus épais, à mesure qu’on s ’approche
de la zone profonde de cette première couche (p). Et l’on passe

ainsi progressivem ent à la seconde couche (b, lig. 3), celle qui
avoisine im m édiatem ent l’embryon et qui comprend, comme
nous l’avons déjà dit, de longs poils [b, fig. b).
Si l'on recherche avec soin l ’origine de ces poils, on voit
tout d’abord qu'il ne s'agit pas de poils proprem ent dits, c’està-dire, par définition, des prolongem ents de cellules .superfi­
cielles, généralem ent épidermiques. Ce sont de longues
libres dissociées provenant de la différenciation des cellules du

Fig. à. — Coupe transversale du tégum ent interne pilifère de la graine de
Sym plionia clusioides. — e, épiderm e externe du tégum ent; p, parenchym e
de la couche e x te r n e ;/’, groupes fibreux; b, couche profonde de longues
libres dissociées, à aspect de poils.

parenchym e constituant à peu près la moitié profonde du
tégum ent interne. Il s’est ainsi formé là toute une masse
fibreuse dont les élém ents sont dissociés, dirigés dans tous les
sens et enchevêtrés. On voit, en effet, ces sortes de poils, les
uns possédant à peu près toute leur longueur et ondulés ; les
autres coupés transversalem ent, ou plus ou moins obliquement,
et m ontrant ainsi une paroi extrêm em ent épaissie et un canal
central très réduit.
A joutons que ces productions qui ont si parfaitem ent l’as­
pect de poils, mais qui sont de nature fibreuse par leur
origine, different pourtant des fibres par leur membrane
dépourvue de ponctuations, mais parcourue par des stries

�10

II.

JACOB

DE COR DEMU Y

très fines et obliques. Ces derniers caractères les rapprochent
des poils véritables.
Quoi qu'il en soit, ces poils, qui hérissent toute la face pro­
fonde du tégument interne et forment par leur enchevêtre­
ment une bourre plus ou moins épaisse, s’appliquent étroite­
ment sur l'épiderme de la tigelle de l'embryon et y adhèrent
parfois à tel point qu ils y restent attachés quand on tente
de séparer le tégum ent de l'em bryon.
En résumé, la paroi de la baie, en apparence homogène,
est. en réalité, très complexe. Elle se compose de trois feuillets
distincts, ainsi qu'on vient de le voir (lig. 3) : le feuillet
externe, le plus épais, est le péricarpe proprem ent dit, riche
en canaux sécréteurs résineux, longitudinaux et anastom osés;
tandis que les deux feuillets internes sont les tégum ents de la
graine. Le tégument externe est aussi résinifère, mais ses
canaux sécréteurs sont transversaux ; le tégum ent interne,
étroitem ent uni au précédent, ne l'enferme aucun organe sécré­
teur. mais sa moitié interne s’est différenciée en longues libres
qui, après dissociation, ont pris l'aspect de longs poils ondulés,
dirigés dans tous les sens et enchevêtrés. Ces poils particuliers,
d’origine tégum entaire et de nature fibreuse, constituent une
sorte de bourre et adhèrent plus ou moins fortem ent d ordi­
naire à la face externe de l’embryon.
Discussion des opinions diverses des auteurs sur les p a rti­
cularités de la (/raine des Symphonie, et conclusion. — Dès
lors s'expliquent les divergences d ’interprétations des bota­
nistes descripteurs, concernant les particularités de la graine
des Sym phonia. J. Yesque, dans sa M onographie des G uttitères, nous en donne un aperçu, à propos du Sym phonia glo
hulifera L. fr., dont il n'a pu lui-même, dit-il, observer un
seul fruit.
Planchon et Triana, ainsi que le rappelle Vesque, ont
décrit la graine de cette espèce comme étant velue et ont fait
de ce caractère le signe distinctif entre le Sym phonia ç/lohulifera et les espèces madagascariennes du genre, qu ’ils ont
séparées sous le nom de Chrysopia, proposé par DupetitThouars.

STRUCTURE DU FRUIT ET DE LA

GRAINE DES CCUSIACÉES

11

P ar contre, Bentham et Mooker déclarent n avoir observé
aucun tom enlum à la surface de la graine de S. ylobulifera.
Après avoir constaté que les échantillons fructifères de cette
Clusiacée sont extrêm em ent rares dans les herbiers, ils
ajoutent qu'ils eurent pourtant l’occasion d ’examiner trois de
ces fruits : dans deux d’entre eux, la face interne du fruit de
même que les graines elles-m êm es étaient absolum ent glabres;
dans le troisième, ils ont trouvé &lt;« une substance laineuse à la
partie dorsale de la graine (non sur les faces latérales), dans
la cavité comprise entre la graine et 1 endocarpe ; mais elle
paraissait plutôt adhérer à celui-ci qu'à la graine elle-même »,
et, d’après eux, ce serait une pulpe desséchée.
Enfin, pour Linné fils, les graines sont glabres, l'enveloppe
coriace du fruit enferme les graines, avec une substance
muqueuse jaune interposée.
A la lum ière des faits que nous venons d ’exposer, il nous
semble que ces divergences et ces opinions contradictoires des
descripteurs trouvent aisém ent leur explication. De celle-ci
se dégagera précisém ent la conclusion pratique de notre étude.
On rem arquera tout d'abord que les observateurs désignent
pour la plupart sous le nom de « graine » le seul embryon
m acropodedes Sym phonia, qui pourtant n'est seulement qu’une
partie de la graine véritable. Ils négligent les tégum ents qui
sont cependant des élém ents constituants de celle-ci. Aussi,
sans se préoccuper de l’appareil tégum entaire de le graine,
considèrent-ils comme un simple péricarpe 1 enveloppe du
fruit, qui est. en réalité, nous l ’avons vu. un ensemble formé
par le péricarpe proprem ent dit et les tégum ents passés ina­
perçus. De là les erreurs commises.
En conséquence, Planchon et Triana ont décrit la graine
velue, pour le Sym phonia rjlobulifera, parce qu’ils ont examiné,
non pas une graine complète, mais une graine dont le tégu­
m ent avait disparu, sauf les poils particuliers différenciés dans
le tégum ent interne, lesquels étaient restés pour la plupart,
sans doute, adhérents à la surface de l’embryon macropode.
Q uant à la graine complète, constituée par les tégum ents
enveloppant l ’embryon à tigelle tubérisée, elle est bien glabre,

�12

II. JACOB DE CORDEMOY

ainsi que l’ont vu Bentham et llooker, et aussi Linné iils.
Pourtant Bentham et llooker ne font aucune mention de ces
téguments qu'ils n ’ont ni recherchés, ni distingués. Et c’est,
pourquoi ils ont faussement interprété les faits par eux-mêmes
constatés. Ils ont. disent-ils, trouvé, dans un cas, un revête­
ment laineux sur une partie de la surface de la graine ; or, il
ne s agissait pas de la graine, mais bien de 1 embryon. En
outre, ils ajoutent que cette substance laineuse était située
dans la cavité entre la graine et l’endocarpe ; or, il ne s'agissait
pas de l endocarpe, mais bien de l enveloppe tégum entaire de
la graine étroitement appliquée contre le péricarpe du fruit.
D 'autre part, ils ont quelque raison de dire que la masse lai­
neuse adhérait plutôt à cette paroi externe qu'à ce qu ’ils
appellent la graine, c'est-à-dire à l’embryon.
En résumé, lorsque la baie monosperme des Syrnphonia
[S. globulifera ; 6’. clusioides), parvenue à m aturité, se dessèche,
l ’ensemble formé par les deux tégum ents se détache généra­
lement du péricarpe, et constitue l’enveloppe du gros embryon
central. Si l'on ouvre alors avec précaution cette baie norm a­
lement indéhiscente, on trouve, libre à l'intérieur, une graine
volumineuse qui, lorsqu elle est complète, c’est-à-dire pourvue
de ses tégum ents intacts, est absolument glabre. Mais si l'on
déchire la lame tégum entaire extérieurem ent glabre, on trouve
au-dessous, entre elle et l’embryon, une couche de poils longs
et enchevêtrés, formant une sorte de bourre rougeâtre, plus
ou moins adhérente à l’embryon. Ces poils, de nature fibreuse,
ont leur origine dans le tégum ent interne.
Ainsi donc, ni la graine ni l ’em bryon ne sont velus. La
seule partie velue est la face profonde du tégum ent interne de
la graine.

II. — Structure du fruit et de la graine de quelques
Garciniées.
Parm i les Garciniées, nous avons pu étudier tout particu­
lièrement le fruit et la graine de deux espèces : Rheedia calcicola Jum . et Perr , et Tsimatimia Pervillei Jum . et Perr. Ces

STRUCTURE DU FRUIT ET DE LA GRAINE DES CLUS1ACÉES

13

spécim ens, qu ’a bien voulu nous rem ettre M. le Professeur
Jum elle, appartiennent à deux Clusiacées nouvelles pour la
flore de M adagascar et qu’il a décrites, ainsi que nous l’avons
déjà indiqué, en collaboration avec M. Perrier de la Bathie.
D e s c r ip t io n

du

f r u it

d e ssé c h é

de

Rheedia Calcicola. —

Ce fruit (fig. t), *) est encore une baie cortiquée ovoïde, ter­
minée à son extrém ité libre par une partie rétrécie et tron­
quée. Il mesure 2 cm. (&gt; de longueur et 2 centim ètres de
largeur m axima. La section transversale (fig. G, 2) montre que
sa paroi, épaisse de 2 m illim ètres, est dure, coriace (p). A

Fig. 6. — 1, fruil (baie corliquée) de Rheedia calcicola. — ‘2. coupe transversale
du fruit renferm ant trois graines. — 3, coupe d'un fruil à deux graines déve­
loppées et à section elliptique; p, péricarpe; c, restes des cloisons: l. tégu­
ment des graines; e, graine avortée.

l’intérieur on trouve trois graines coupées transversalem ent,
renferm ées dans autant de loges dont les cloisons (c) ont
subsisté en partie. Ces graines et les loges qui les contiennent
sont disposées aux somm ets d ’un triangle, à la périphérie,
tout contre la paroi du fruit.
Ces graines com prennent chacune un tégum ent relativem ent
épais, brunâtre, enveloppant l’embryon. Ce dernier s’énuclée
très facilement lorsqu'on pratique la section, et la graine n ’est
plus alors représentée que par une logette vide limitée par le
tégum ent (/).
Tout l'espace qui sépare ces graines entre elles ou même de
la paroi du fruit est évidé plus ou m oins; mais il était occupé
dans le fruit jeune et frais par une pulpe dont il existe encore
des débris.

�h . j Aro n

14

ni-: cordemoy

Dans un autre échantillon de fruit (lig. 6, 3), on ne trouvait
que deux graines bien développées, la troisième (e) était
rudim entaire, considérablement atrophiée. Tout le reste ne
différait en rien de ce que nous venons de décrire. Mais, par
suite de l'atrophie île l’une des trois graines, la baie est apla­
tie : sa section, comme le montre la figure, est elliptique, et
les deux seules graines développés occupent les deux foyers
de l'ellipse.
D esc riptio n

du

f r u it

je u n e

de

Tsimatimia Pervillei. —

Le fruit de Rheedia que nous venons de décrire étant des­
séché. son étude histologique ne pouvait donner de résultats
précis.
Nous disposions heureusem ent, pour de telles recherches,
d’un fruit jeune conservé dans l'alcool, de Tsimatimia Pervillei
.Jum. et P err., espèce appartenant à un genre très voisin des
Rheedia, ainsi que nous l ’avons établi par l’étude comparée de
leur structure anatomique (loc. cit.. p. 315j.
Ce genre Tsimatimia a été créé, en effet, par MM. Jum elle
et Perrier de la Bathie pour deux espèces récoltées par l'un
d'eux dans le nord-ouest de M adagascar. L'une de ces espèces
est précisément le 7s. Pervillei, qui n ’est autre d ’ailleurs que
le Rheedia Pervillei Planchon et Triana, dont J. Yesque dans
sa Monographie des G uttitères (p. 185) a voulu faire, mais avec
doute, un Gareinia.
Le fruit de Ts. Pervillei est une baie ovoïde, portant à la
base les pièces du calice persistant (lig. 7, ’). La baie à l ’état
jeune, telle que nous l’avons examinée, a I cm. 7 de diam ètre.
Sur la section transversale tig. 7, 2). on voitqu'elle est pourvue
d'une paroi de coloration brun foncé, d'un m illim ètre d ’épais­
seur. L intérieur est complètement rempli d'une substance
charnue, pulpeuse, dans laquelle sont plongées trois graines
occupant, comme dans l’espèce précédente, les trois sommets
d ’un triangle. Ges graines com prennent un tégum ent et un em­
bryon : le tégum ent unique (t) est arrondi sur la section, rou­
geâtre. épais de 0 mm. 9; il renferme un embryon qui, comme
dans le R h. calcicola, s’énuclée facilement, de telle sorte que

STRUCTURE DU FRUIT ET DE LA GRAINE DES CLU8IACÉES

15

souvent, sur la coupe du fruit, le tégum ent séminal limite
une logette vide.
Si l’on examine de près la pulpe qui enveloppe les graines,
on observe que, autour de chacune de celles-ci, elle forme deux
couches faciles à distinguer par leur coloration : une couche
externe, grisâtre (c), qui
adhère à la paroi du fruit
dont elle se différencie
pourtant aisém ent ; et une
couche claire, blanchâtre
(e) qui enveloppe direc­
tem ent la graine sur ses
faces externe et latérales,
et s’applique sur son té­ Fig. 7. — 1, partie inférieure du fruit baie
cortiquée) de Tsimatimia Pervillei. —
gum ent.
2, coupe transversale du fruit renferm ant
trois graines; p, péricarpe; t, tégum ent
La nature exacte de ces
séminal ; c, couche externe et e, couche
différentes parties peut
interne de la pulpe.
être établie par l’étude
attentive de la structure histologique.
S tructure

h is t o l o g iq u e

du

f r u it de

Ts . Pervillei. — Le

jeune fruit de cette espèce, dont nous venons de donner la
description, était conservé dans l’alcool ; la parfaite intégrité
des tissus perm ettait, par conséquent, une étude histologique
détaillée et complète.
Des coupes transversales faites dans la région centrale du
fruit m ontrent que les trois graines, possédant chacune un
seul tégum ent épais, sont insérées dans l'angle interne de
trois loges qu elles rem plissent complètem ent.
Tout le reste du fruit est constitué par les diverses parties
de l'ovaire accru, qui comprennent : le péricarpe proprem ent
dit, correspondant à la paroi ovarienne; les cloisons séparant
les loges, et enfin l'axe central de l’ovaire.
Si m aintenant, sur des coupes pratiquées dans la région
périphérique, on examine d ’une manière particulière la struc­
ture du péricarpe proprem ent dit, on y distingue (fig. 8) trois
couches très nettes :

�IG

H.

IACOB DE COHDF.MOV
structure

1° La couche A externe, brune, qui paraît former seule, à
l'examen superficiel, la paroi même du fruit, est essentiellem ent
résinifère. Limitée en
dehors par un épi­
derme (&lt;?) à cellules
rec t an gu 1a ire s fa ib lem ent cuticularisées,
elle est constituée par
un parenchyme {p)
composé de petites
cellules polygonales
ou arrondies, à con­
f
tenu abondant, gra­
nuleux, brunâtres, et
dans lequel se sont
i
-*---- m
différenciés, en nom­
bre considérable, des
canaux sécréteurs.
..n
Ces canaux sécré­
teurs (s), d ’origine
schizogène, sont de
diamètre
variable,
anastomosés dans tous
les sens, et forment
Fit;- 8. — Coupe transversale de la paroi
par conséquent un
du fruit de Tsimalimia Pervillei, au
véritable réseau com­
niveau d’une loge séminale. A. partie
plexe ; les plus larges
externe, résinifère; e, épiderm e; p.
d’entre eux occupent
parenchym e; s, canaux sécréteurs: [e,
faisceau libéroligneux: d, assises de
la zone interne, pro­
cellules allongées tangcntiellem ent,
fonde de cette pre­
interm édiaires entre la couche A et la
mière couche.
couche moyenne 11 : m. parenchym e
et f, faisceaux nombreux et anasto­
2° La seconde cou­
mosés dans celte couche ; t, réseau de
che
(B) commence par
faisceaux qui la limite intérieurem ent:
une série d'assises de
C. couche interne, à parenchym e pul­
peux n : ei, épiderme et plissem ents ;
cellules parenchym a­
c. surface gélifiée de l’épiderme.
teuses, allongées dans
le sens tangentiel et à contenu clair (d). A ce niveau, et pré­

du

f r u it

f.t

de

ta

g rain e

des

c lu siac é es

17

cisém ent dans ce parenchyme à élém ents allongés tangentiellem ent, se trouve un cercle assez régulier de gros faisceaux
libéroligneux (/■), qui s’anastom osent, par des faisceaux hori­
zontalement dirigés, entre eux et avec des faisceaux libéro­
ligneux (/e) situés plus en dehors, au milieu des canaux
sécréteurs.
La zone interne de cette
seconde couche, ou couche
moyenne, caractérisée surtout f
par l'absence complète de ca­
naux sécréteurs, est constituée
par un parenchym e (m) formé
de grandes cellules arrondies,
à contenu clair.
Mais toute cette couche est
parcourue, surtout dans sa
moitié interne, par de nombreux
faisceaux libéroligneux ( /') ,
ramifiés et anastom osés dans
tous les sens ; sa lim ite pro­
fonde est m arquée par un ré­
seau circulaire (/) de faisceaux
horizontalem ent dirigés et anas­
tomosés.
che pulpeuse interne de
3° La couche interne (C) qui
la coupe précédente du
péricarpe du fruit de
lui fait suite, et qui limite la
Tsimatim ia Pervillei ;
loge renferm ant la graine, est
e, épiderm e à surface
nettem ent caractérisée par l’ab­
gélifiée g: p, parenchy­
me pulpeux.
sence à la fois de canaux sécré­
teurs et de faisceaux libéro­
ligneux. Sa face interne, celle q i forme la paroi de la loge
renferm ant la graine, est limitée par un épiderm e(ei)kgrandes
cellules rectangulaires dont les parois libres sont épaissies,
gélifiées (c). De plus, cette face offre de profonds plissem ents,
au niveau desquels les lames épidermiques gélifiées sont
accolées.
Le parenchym e (fig. 8, n) qui constitue cette couche interne
Annales du Musée colonial de Marseille. — 2* s é r i e , 9* vol. 1911.

2

�IS

H. JACOB UK CORDEMOY

se compose de cellules allongées radialem ent, à m em brane
mince el à contenu finement granuleux et jaunâtre dont
l’aspect est représenté en p (fig. 9). C'est donc surtout cette
couche qui évidemment, à la m aturité du fruit, forme la
majeure partie de la pulpe qui enveloppe les graines, et qui,
par dessiccation, disparaît presque entièrem ent, en laissant
les graines en partie libres dans les loges, ainsi que nous
l’avons vu pour le fruit de Wieedia calcicola.
Quant à la structure du tégum ent épais delà graine, elle est
très simple ; entre deux épidermes à cellules rectangulaires,
s’étend un parenchyme à petites cellules arrondies, brunâtres,
et dont la moitié externe est occupée par un cercle de faisceaux
libéroligneux anastomosés.
S tructure dk l ’ovaire et développement du fruit. — L ’étude
de l ovaire des fleurs de TV Peroillei conservées dans l’alcool,
nous a révélé des faits fort intéressants relatifs au dévelop­
pement des diverses parties constituantes du fruit précédent.
Des coupes transversales faites dans cet ovaire m ontrent
qu’il est creusé de cinq loges. Dans chacune des loges (fig. 10, /)
on trouve un seul ovule inséré dans son angle interne : cet ovule
est pourvu lui-même d’un seul tégument épais (t). La paroi de
l’ovaire, examinée au niveau de l’une des loges, ne se compose
(|ue de deux couches : la couche externe (lig. 10, A) est formée
d'un parenchyme tout criblé de nombreux canaux sécréteurs
de dimensions variables ; les plus larges sont les plus internes.
Cette couche correspond à la partie résinifère externe du
péricarpe, qui en provient.
La seconde couche (B), parenchym ateuse égalem ent, est
privée de canaux sécréteurs; elle ollVe, dans sa région externe,
un cercle de gros faisceaux libéroligneux (/’) qui s ’anasto­
mosent, par des branches horizontales entre eux et avec des
faisceaux plus petits (/e) situés plus en dehors, parm i les
organes sécréteurs précédents. Elle correspond exactem ent à
la couche moyenne décrite dans le fruit.
Dans la partie profonde de cette seconde couche de la paroi
ovarienne, qui correspond à la couche m oyenne du péricarpe,

STRUCTURE DU FRUIT ET

DK LA C.RAINE DES C.LL'SIACÉES

s’observent d ’assez nombreux
faisceaux non différenciés (c),
encore à Létal de cordons de pro­
cambium.
La couche interne, pulpeuse,
du péricarpe, observée dans le
fruit, n ’est pas encore constituée
dans la paroi de l ’ovaire. Elle est
en voie de formation. Si, en elfet,
l'on examine le parenchyme à
élém ents minces situé im m édiate­
ment sous l’épiderme qui limite les
loges ovariennes (fig. Il), &lt;/), on y
observe un cloisonnement très
actif; les cellules s’y divisent à la
fois par de nom breuses cloisons
tangentielles et par des cloisons
radiales. Il y a là (fig. Il) toute
une zone génératrice (&lt;/), un méristèm e spécial, qui, par son acti­
vité, aura pour résultât la forma­
tion de la couche interne, pul­
peuse, du péricarpe. Les cloison­
nem ents de ce m éristèm e ont leur
maximum d ’intensité au niveau de
la face externe des loges ovarien­
nes; ils s’atténuent graduellem ent
sur les faces latérales de celles-ci
et de\ iennent à peu près nulles au
niveau de l’axe central et des
masses placentaires. Cette dispo­
sition générale de la zone généra­
trice est nettem ent indiquée en r/
de la fig. 10.
Ces observations expliquent,
d ’une manière précise, ce fait que
sur la coupe transversale du fruit
la couche pulpeuse blanche 11’en-

19

'à g ? e fi o o-o

a

.C

Fig. 10. — Coupe de l'ovaire
du Tsimnliinia Pervillei,
passant p arl'u n cd es loges.
— A, partie externe de la
paroi de l’ovaire; e, épi­
derme : p . parenchym e :
s. canal sécréteur; fe ,
faisceau libéroligneux. —
H. Couche m oyenne; /',
faisceau et branche anas­
tom otique o; c, cordon de
procam bium ; g. zone gé­
nératrice donnant naissan­
ce à la couche pulpeuse
interne; i, épiderm e limi­
tant la loge ovarienne /; /,
tégum ent et h, em bryon
de l'ovule; ni, funicule; r,
faisceau placentaire don­
nant un faisceau funicu­
laire.

�20

II. JACOH DE CO RDEMOY

toure pas eomplèlenient la graine, mais ne s'étend que sur
ses faces externe et latérales. De plus, ce mode de déve­
loppement indique avec une parfaite netteté que cette couche
pulpeuse est essentiellement de nature endocarpique ; elle
provient, en réalité, de l’hyperplasie tardive de la couche
interne de la paroi de l’ovaire et des couches latérales des
cloisons ovariennes. Et l’on s’explique encore, par cela même,
la présence de ces plissements constatés à la face interne de
la couche pulpeuse; celle-ci, résultant de l’hyperplasie tardive
des parois des loges de l’ovaire, a dû. pour se loger dans l’étroit

l'ig. 11. — Partie de la zone génératrice donnant la couche pulpeuse interne ; e,
épiderme limitant la loge de l’ovaire; g, cloisonnem ents de la zone généra­
trice: j&gt;, parenchyme; /*, cordon de procambium.

espace compris entre le reste du péricarpe et les graines, se
plisser, de manière à réduire, autant que possible, son volume.
Les cloisons que nous avons vu persister autour des graines
dans le fruit desséché de Rheedia calcicola (lig. G), ne sont
constituées que par les lames moyennes des parois latérales
des loges ovariennes et parles parties de l'axe central, toutes
parcourues par les faisceaux libéroligneux. Il est bien certain
toutefois que si la partie interne, bien différenciée (G, de la
tig. 8) forme la masse principale de la pulpe du fruit, celle-ci
provient aussi partiellem ent de la couche m oyenne B du péri­
carpe. De sorte que, dans le fruit m ûr, la substance pulpeuse
se trouve comprise entre la partie externe (A) du péricarpe
et les graines qu’elle enveloppe.
Remarques sur la pulpe du fr u it des Garcinia. — Nous
n’avons pu examiner aucun fruit de Garcinia en assez bon

s t iiig tu k e

ni

i- h u i t

et

de

la

gkalxk

u i :s

clesiagées

21

état pour perm ettre une étude aussi complète que pour les
espèces précédentes. Mais les observations que nous avons
pu faire récemm ent sur des fruits de Garcinia Manqostana
L., m alheureusem ent arrivés presqu’à m aturité, et sur deux
fruits assez bien conservés, 1 un de Garcinia A'anthochi/mus
Ilook. f. et l'autre de G. verrucosa .lum. et P err., nous con­
duisent ;i adm ettre que la pulpe blanche, comestible, si
appréciée, qui entoure les graines dans le fruit de certains
Garcinia, est de même nature et de même origine que la
pulpe du fruit des Garciniées des genres Rheedia et Tsimalirnia.
Il existe d'abord une première analogie entre ces diverses
productions. On sait, en effet, que la pulpe qui enveloppe les
graines, dans le fruit des Garcinia, est comestible chez un
certain nombre d ’espèces; que, dans le G.Manqostana L.
notam m ent, elle est d ’un goût très agréable, parfumée, et
généralem ent fort estimée. Or. MM. Jum elle et Perrier de la
Bathie nous apprennent que, à M adagascar, la pulpe blanche
qui entoure les graines de Tsim atim ia Rervillei est égalem ent
comestible.
La nature de la pulpe du fruit des Garcinia a été diverse­
ment interprétée. En somme, on trouve dans les ouvrages, à
cet égard, deux m anières de voir : 1° pour les uns, cette pulpe
serait un arille ; 2° pour les autres, elle appartiendrait au
péricarpe.
Si, comme cela est très probable, d ’après nos observations,
la pulpe des Garcinia a même origine que celle des Rheedia et
Tsim atim ia, elle n'est en aucune m anière un arille; car un
arille est une form ation ovulaire, résultant du développem ent
du funicule ou du tégum ent en un sac charnu entourant plus
ou moins la graine.
Dans les Garciniées que nous avons examinées, le tissu de
nouvelle formation, qui, en se développant, finit par constituer
la majeure partie de la pulpe entourant la graine, est, nous
l’avons vu, tout à fait indépendant de l'ovule. Il prend nais­
sance dans la partie profonde du péricarpe; la zone généra­
trice dont il provient a son maximum d activité à la lace

�22

H. JACOB DE COHDEMOY

externe de la loge ovarienne et celte activité s éteint, pour
a in si dire, au niveau du placenta et du funicule. Or, dans le

cas de production d'un arille, on observerait des phénomènes
inverses.
I/interprétation des auteurs, tels que 1. Anderson, qui ont
voulu faire de la pulpe des Garciniées un arille, paraît donc
devoir être rejetée complètement.
Un certain nombre de botanistes ont rattaché m orphologi­
quement au péricarpe la pulpe qui, dans le truit de beaucoup
de Garcinia, est adhérente à la graine. C ’est ainsi que Roxburgh
Flora indien. II. London, 1836) émet l’avis que cette pulpe
est formée par les parois et les cloisons des loges de l’ovaire
et que. à mesure que la m aturité se fait, elle abandonne le
péricarpe pour s'attacher à la graine.
De même, Triana et Planchon, dans leur célèbre Mémoire
sur la famille des Guttifères, s ’expliquent, au sujet de la pulpe
blanche du (larcinin Mangoslana, en disant qu elle « appar­
tient à la partie interne du fruit et se détache de la partie
corticale qui est imprégnée d'un suc astringent ».
Nos recherches nous conduisent, en elfet. à celte conclusion
que cette pulpe est bien, en réalité, principalement de nature
endocarpique, quelle résulte d'une hyperplasie de la couche
profonde de la paroi ovarienne, mais qu elle est constituée
aussi, en partie, par la partie moyenne succulente du péri­
carpe.
Conclusion. — La pulpe qui, dans le fruit des Garciniées,
enveloppe les graines et y adhère, est tout à fait indépendante
de la graine elle-même ; ce n ’est donc pas un arille. Elle prend
naissance dans la couche profonde du péricarpe, sous l'épiderme limitant des loges de 1 ovaire. Elle s’y forme, en
majeure partie, tardivement, par l’activité d’une zone généra­
trice, d un méristème, d où dérive un abondant parenchym e
secondaire a parois minces et à contenu granuleux. Elle doit,
en conséquence, être considérée comme une production
hyperplasique de 1 endocarpe, à laquelle est associée, pour
constituer la pulpe du truit arrivé à m aturité, la couche
moyenne, molle et succulente, du péricarpe.

RECH ERCH ES

MORPHOLOGIQUES ET ANATOMIQUES
SUR LA

g r a in e

des

ravenala

�.

'iÈ ëÊ É Ê Ê M Ê Ê ^Ê ^Ê Ê ^Ê È Ê Ê II^Ê Ê ^

AVANT-RHOPOS
Connu sous les noms indigènes de Ravinala (le plus géné­
ralem ent répandu); de Fotsy, Ravimpotzy en dialecte Betsim isirika ; de Bakabia en Sakalave, l’arbre du voyageur si
caractéristique de la Flore malgache (liavcnnla Madagascnriensis Sonn.) n ’est pas seulem ent un végétal qui s impose à
l'attention par la beauté de ses formes, par son port élégant
et m ajestueux, enfin par la légende qui le représente (d’où
son nom vulgaire) comme une source aussi pure q u ’abon­
dante où le voyageur altéré peut puiser à toute heure une eau
claire et rafraîchissante accumulée par la nature à la base de
ses feuilles. Il a fort heureusem ent d ’autres titres plus
solides à la reconnaissance de l ’homme que celui d’embellir
les paysages dénudés et découverts qui s'étagent depuis la
cote jusqu’à 500 m ètres d ’altitude dans Fîle de M adagascar.
Ses feuilles belles et larges (le nom malgache de Ravinala
signilie feuille de la fo rê t) servent aux indigènes à couvrir
leurs cases ; la tige leur donne par incision une liqueur
sucrée com estible; la graine enfin, partie du végétal la moins
étudiée à divers égards jusqu'ici, farineuse par sa nature et
très nutritive, est consommée par les Malgaches après avoir
été pulvérisée et cuite dans du lait. Ainsi préparé, c est un
alim ent très utile aux jeunes enfants. Enfin, l'arille superbe
qui entoure ces graines recèle un abondant corps gras solide
qui, ainsi que je l’ai fait connaître, pourrait servir en stéarinerie.
Dans ces conditions, j'ai pensé qu'il était intéressant de
faire entreprendre quelques recherches sur les graines peu
connues de ce végétal, tan t au point de vue anatom ique que
comme constitution chimique. M. le professeur Decrock a
bien voulu se charger de jeter quelque lumière sur la partie
anatom ique et le prem ier mémoire qui va suivre est le résul­
tat de ses investigations patientes. On verra qu il a apporté
à cette étude le même soin que dans ses travaux antérieurs
d’ordre colonial, notam m ent son mémoire sur les fecules

�exotig lies, déjà inséré tl;ms les volumes qui ont de près pré­
cédé celui de 191 I. Les faits qui se dégagent de cette étude
combleront une lacune regrettable existant jusqu'ici dans les
travaux relatifs à l'anatomie comparée des Musacées, et c'est
un point important. Mais là ne s'arrête pas l’œuvre de cet
auteur dans ce mémoire.
On sait, en etl'et, que le genre Ravenala représenté dans
l'ancien monde par l'unique R. Maday ascariensis, dont je
viens de parler, a. comme beaucoup d’autres genres bota­
niques. son pendant au nouveau monde, dans Ravenala
(ïuianensis Bentb. C'est là un fait de parallélisme d'évolution
néogée et gérontogée bien connu à cette heure tant dans le
règne végétal qu'anim al, et dont les études géologiques
peuvent donner le secret. Ce végétal, frère puîné de l’arbre
du voyageur, habite les Guy an es et le Para dans l’Am érique
tropicale occidentale. Il y est assez répandu, s'y fait rem ar­
quer par des formes moins majestueuses, moins am ples que
celles de l’arbre du voyageur, entin n ’y est l'objet d'aucun
emploi connu jusqu'ici, même dans ses graines pourvues
aussi de fécule et d'un arille (rouge et non bleu comme celui
de Madagascari rempli de graisse solide.
Mais il im portait que la graine de ce végétal, moins connue
encore que celle de son congénère africain, fût examinée à
fond et comparée à cette dernière au point de vue an ato ­
mique et morphologique. C'est ce qu'a fait M. Decrock avec
une conscience parfaite de l'utilité de cette double étude au
point de vue comparatif. Ce mémoire, si fécond qu'il puisse
être de lui-même, et le lecteur s’en convaincra rapidem ent, ne
pouvait rester sans un complément indispensable : l'étude
chimique de la graine et de l’arille. Ce complément suivra et
constituera un travail spécial de M. M artin, entrepris sous la
direction du professeur Giran de la Faculté des Sciences de
Toulouse. Les premiers résultats de ces recherches ont été
communiqués par M. le professeur Bræmer au Congrès de
Lille (A. F. A. S.) en août 1909.
Marseille ( Institut Colonial), le 91 décembre 1910.
Prof. Dr. E.

H

eckel.

R E C H E R C II ES MO R F H O LO GI QU ES
ET ANATOMIQUES
SUR

LA

G R A I N E D E S RAVENALA
P au IL DECROCK
Professeur adjoint à la Faculté des sciences de Marseille.

Les données morphologiques et anatom iques fournies pat
l’étude des différentes parties de la graine tiennent une place
im portante en systém atique. Dans telle famille c est 1 homo­
généité absolue qui se manifeste à travers tous les types et
les caractères de la graine doivent compter au premier rang
parmi ceux qui définissent la famille : c'est ce qui a lieu chez
les Prim ulacées, ainsi que nous avons eu l’occasion de le
m ontrer il y a déjà longtem ps. Dans telle autre famille, la
graine varie considérablem ent avec les genres et alors ses
caractères servent à confirmer leur distinction établie sur
l ’appareil floral ou à m ettre en relief des affinités dont l ’évi­
dence n ’est pas toujours frappante par ailleurs. C’est le mode
hétérogène qui se manifeste dans les Musacées, et, pour s’en
convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil sur l’aperçu de
la morphologie de la graine, en cette famille, m agistrale­
ment décrite par K. Schum ann dans le Pflanzenreich
d'Engler.
Les Ravenala sont des Musacées voisines des Strelitzia.
On n'en connaît que deux espèces : Ravenala madagascariensis Sonn. spéciale à M adagascar, et R. guianensis Benth.
localisée dans l'Am érique tropicale occidentale (Guyanes et
Para). Un lot de graines de chacune de ces espèces ayant été
mis à notre disposition par M. le prof. D1 Heckel, directeur-

�28

E.

DECROCK

fondateur du Musée colonial de Marseille, nous en avons fait
une étude d'ensemble que justifiait suffisamment l'état réduit
de nos connaissances sur ce point. K. Schum ann donne bien un
résumé de la constitution de la graine des Ravenala dans sa
monographie des Musacées, mais la partie anatom ique et his­
tologique a été laissée de côté, et le côté m orphologique nous
a permis encore de préciser quelques faits. Hum phrey, le der­
nier savant qui se soit occupé de la graine des Scitaminales, dit dans son mémoire qu'il n'a examiné aucune des
espèces du genre Ravenala.
Voici l^ordre que nous avons adopté pour l'exposé de nos
recherches.

GRAINE DES RAVENALA

29

raide de spécimens permet de distinguer deux formes
extrêmes entre lesquelles se rangent toute une série d'inter­
médiaires : la forme oblongue et la forme prism atique. La
prem ière doit être considérée comme la forme typique, elle
résulte du développem ent des ovules qui ont pu s’accroître
librem ent dans le fruit, la seconde est due à la compression
réciproque que les graines exercent les unes sur les autres
pendant leur croissance.
Prenons la forme oblongue pour en décrire les différents
aspects en considérant : 1° la graine vue par sa face externe ;
2° la graine vue par sa face interne, celle qui regarde le pla-

PR EM IÈR E PA R TIE
Etude de la graine de Ravenala madagascariensis.
Chapitre

I. — M o r p h o l o g ie e x t e r n e .

Chapitre IL —

1°
2°
3°
4°

A na tom ie

Spermoderme
Arille
Périsperme
Embryon.

DEUXIEME PA R TIE
Elude de la graine de Ravenala guianensis.
PR EM IÈR E
C h a p it r e p r e m ie r . —

PA RTIE

M o rp h o lo g ie e x te rn e .

Caractères extérieurs. — Les graines sont réunies en grand
nombre dans un fruit capsulaire trigone, à parois coriaces, qui
s'ouvre par déhiscence loculicide. Elles sont recouvertes
presque complètem ent par un arille charnu coloré en bleu
d’azur très foncé qui adhère fortement dans la graine sèche.
Le volume et surtout la forme de la graine varient dans
des limites assez écartées. L'examen d'un nombre considé-

Fig. 1. — Différents aspects de la graine : a vue du côté externe, a' id. sans
l’arille ; I) vue de la face interne, b' id. sans larille ; c vue de profil, c id.
sans l’arille dans la graine du type oblong.
&lt;/, J' : e, e': f. f les mêmes aspects dans le type troncopyram idal.

centa. et 3° la graine vue de profil. Dans son ensemble, la
graine vue par sa face externe (fig. 1, a, a ) présente la forme
ovalaire. Du côté de la petite extrém ité, l’arille présente
ordinairem ent une touffe limbriée la term inant en pointe obtuse.
Dégagée de l arille qui la recouvre presque com plètem ent, la
graine (fig. I a') reste ovalaire. Les dimensions en sont assez
variables; nous avons trouvé beaucoup de spécimens m esu­
rant environ 12 m illim ètres de longueur sur 5 à b milli­
m ètres de largeur ou d ’épaisseur. Quand Larille est com plète­
m ent appliqué sur le sperm oderm e on ne voit qu’une très
faible partie de la surface de ce dernier. Cette manière d’être
nous a paru être le cas normal et nous avons essayé de le
représenter dans la figure l a . — K. Schuman au contraire a

�30

F. DECROCK

ligure l'arille relevé, vraisemblablement pour mieux en faire
voir la forme générale et la découpure de ses bords.
La graine examinée par sa face interne ou placentaire pré­
sente vers le milieu une cicatrice hilaire m esurant 1,3 à
2 millimètres de longueur et I millimètre de largeur. Elle est
déprimée en cratère dans sa portion centrale et ses bords
forment un bourrelet saillant au-dessus de la surface d ’inser­
tion de l'arille. Au fond de la dépression un point foncé
représente la trace du faisceau libéro-ligneux irriguant le
tégument.
Lorsqu’on détache l'arille, le bourrelet du hile paraît encore
plus saillant: des deux extrémités de l’ellipse qu'il circons­
crit partent dos saillies du tégument qui se continuent ju s­
qu'aux extrémités de la graine. La face interne de l'arille se
moule étroitem ent sur ces saillies. L'arille étant conservé, on
ne voit aucune partie du spermoderme. On peut distinguer en
outre un petit nombre de sillons radiaires faiblement marqués.
Vue de profil lig. I c-.c'l, la graine se m ontre convexe sur sa
face externe avec une courbure, irrégulièrem ent concave du
côté interne. Sous cet aspect dans beaucoup de graines
l'arille cache encore le spermoderme.
A la suite des croquis figurant les divers aspects de la
graine oblongue. nous avons donné quelques dessins corres­
pondant aux mêmes aspects de la graine prism atique ; cela
nous dispense de donner une description détaillée de cette
forme due. avons-nous déjà dit. à la pression réciproque que
subissent ces graines pendant leur développement. À parler
exactement, la forme n'est jam ais tout à fait prism atique,
une base, celle qui regarde le placenta, étant toujours plus
petite que la base libre, c'est donc plutôt un tronc de pyra­
mide que représente cette graine, quelquefois même c’est
presque une pyramide.
Quelle que soit la graine observée, on pourra toujours la
rattacher à l'un de ces deux types extrêm es, et on aura tou­
jours un faisceau de caractères extérieurs suffisants pour dif­
férencier la graine du Ravenala madagascariensis de celle du
/». g uia tien sis. L'aspect extérieur étant décrit, nous allons

GRAINE DES RAVENALA

31

exam iner quelles sont les différentes parties qui entrent dans
la constitution de la graine.
C onstitution. — Une coupe radiale d ’ensemble passant par
le plan de sym étrie de la graine perm et de distinguer nette­
m ent : L u n sperm oderm e; 2" un arille; 3° un périsperme ;
L u n embryon.
CHAPITRE DEUXIÈME

A n a to m ie d e s d iffé re n te s p a r t i e s de la g ra in e .
§ I . — Spermoderme.
Pour interpréter avec certitude les différentes parties de la
graine et spécialem ent les différentes couches du sperm o­
derm e, il serait nécessaire de suivre pas à pas les transform a­
tions dont l'ovule est le siège depuis la fécondation jusq u ’à la
m aturité. Faute de m atériaux, nous n ’avons pu faire ce travail
et nous nous sommes appuyés sur les données fournies par
la morphologie Comparée pour établir les homologies.
Une section transversale faite dans une direction quel­
conque m ontre toujours dans le spermoderme la succession
des couches suivantes :
1° Un tégum ent externe très développé et bien différencié
dans son épiderm e externe et dans ses assises internes, c est
ce que nous appellerons le tégum ent séminal ;
2° Une lame mince de tissu écrasé dans laquelle les cavités
cellulaires se laissent reconnaître par de petites fentes orien­
tées dans le sens tangentiel. Cette lame présente deux couches
assez peu distinctes, l ’une appartenant au tégum ent interne,
l'autre au reste du nucelle.
T é g u m en t s é m in a l . — Le tégum ent séminal présente sur la
coupe une épaisseur de 0 mm. 8 environ. 11 comprend : 1° un
épiderme externe lignilié ; 2° un tissu fondam ental tannifère
avec faisceaux libéro-ligneux ; 3° une assise sclérosée très
caractéristique.

Epiderm e externe. — L’épiderme externe est formé de
cellules étroites et très allongées parallèlem ent à la surface

�GKA1NE DES RAVENALA

33

la glycérine des préparations. Les élém ents en contact avec
1 assise silicifère présentent par rapport aux cellules de cette
assise une disposition radiée un peu spéciale ((ue nous avons
représentée dans la figure 4.
L ’assise sclérosée est formée de cellules prism atiques à base
hexagonale très régulière dans leur forme, très homogène dans
leurs dimensions. Du côté interne la.surface est plane, et vues de
face les cellules y dessinent une sorte de carrelage très régulier ;

Fig. 2. — Portion de l'épiderm e extorne \ o de lace.
En «•». Simple contour des cellules.

Au lieu de former une lame
homogène recouvrant l’épider­
me d’une couche continue* elle
est constituée par des granula­
tions juxtaposées qui dessinent
une sorte de réseau dont elles
occupent les mailles. Un épaississement continu et non cana.

....

,

,

K„ /,. Indiction des irrenuieüons licule, lignifie, obture en grande
cuticulaires.
partie la cavité cellulaire (fig. 3 ).
hn r. ' uc de la cuticule et de 1épais- \ llx abords du bile, tout autour
sissement en coupe.
de la région d insertion de
l’arille, les cellules épidermiques subissent une légère modi­
fication : le type allongé disparaît, elles deviennent plus hautes
et plus larges, et dans l’enc.j
semble sont plus ou moins

Fig. 4. — Tégument séminal, cellules radiées
contiguës à l'assise scléreuse interne.

du côté externe la surface se prolonge en un bouton central
très court autour duquel se rangent les cellules du parenchyme
recouvrant. Les m embranes sont épaissies et lignifiées sur les
faces radiale et interne, ce qui donne l'épaississem ent en U sur
sur une coupe transversale (fig. o).
Le contenu cellulaire est d'une nature toute particulière.
Sur des graines sèches, il communique à la région interne du
sperm oderm e la dureté de la pierre et le rasoir s’ébrèche en
l'attaquant. Après un séjour de quelques heures dans l’eau,
l'assise sclérosée s’am ollit et on peut arriver à en faire
l’étude par les procédés ordinaires de la technique botanique.
La substance en question est finement granuleuse, elle est
colorée en brun foncé par la même matière tannoïde qui
imprègne le parenchym e tégum entaire.
Annules du Musée colonial de Marseille. — 2* s é ri e , 9* v o l. 1911.
3

�34

E.

DECROCK

11 s'agissait de pouvoir caractériser la substance qui imprègne
et durcit les cellules de cette assise. L'acide chlorhydrique,
l'acide azotique, l’acide sulfurique laissant intacte cette sub­
stance. nous avons été amené à penser que nous nous trouvions
en présence ch' silice et nous avons employé les différents pro­
cédés indiqués par les auteurs pour déceler ce corps. Tout

Fig-, 5. — Région interne du tégum ent séminal et région périphérique
du périsperme coupe transversale .

d’abord nous avons suivi les indications fournies par Strassburger dans son Botanisches Practicum.
1. Le chauffage d'une coupe tangentielle sur une lame de
mica et l’examen de cette coupe recouverte d'une goutte d ’eau
et d une lamelle ne donne pas de bons résultats.
2. Le résultat est m eilleur lorsqu'on dépose une goutte
d ’acide sulfurique pur sur la coupe avant de chauffer la lame
de mica. Au microscope, l’observation directe m ontre que tous
les tissus ont été détruits et qu’il reste intacts des petits amas
cubiques que reproduisent la forme des cellules.

GRAINE DES RAVENALA

3a

3.
Des coupes ayant séjourné pendant 3 heures dans 1 acide
sulfurique lavées ensuite avec une solution d'acide cliromique
à 20 °/0, puis avec une solution concentrée, et enfin lavées
par l'alcool, laissent encore un résidu formé d’amas cubiques
dissociés.
Jusqu'à plus ample informé nous considérons que cette sub­
stance sclérosante est de la silice.
Systèm e conducteur. — La nervation du tégument ne pré­
sente aucune particularité. Sur une section tangentielle faite
dans la région d'insertion, on voit la coupe transversale du
faisceau libéro-ligneux unique, (pii occupe l'extrém ité du hile
opposée à celle où se voit la trace du micropyle. Le liber
enveloppe presque com plètem ent le bois, donnant à première
vue l ’impression d'un faisceau concentrique. Très vite, ce sys­
tème s ’étale en un faisceau collatéral qui, dès son entrée
dans le tégum ent, ém et à droite et à gauche une ram i­
fication, celle-ci en fait de même et ainsi de suite un petit
nom bre de fois jusque dans le plan équatorial de la graine.
A ce niveau, tous les faisceaux ont à peu près la même consti­
tution : une lame externe de tissu criblé qui se recourbe laté­
ralem ent sur le m assif ligneux composé d’un petit nombre de
vaisseaux, trois ou quatre, de diam ètre assez large, ne présen­
tant pas en apparence de relation avec un vaisseau initial
constituant le pôle ligneux. A la face interne du massif ligneux,
il y a toujours un groupe d ’élém ents non différenciés : éléments
procam biaux non évolués, appelés fibres prim itives par les
uns, endoxyle, cellules cambiformes par les autres. Dans un
petit nom bre de cas, nous avons observé une gaine subérifîée
(endoderme) autour des faisceaux basilaires.
Dans la région du hile, toute la partie extérieure de l'enve­
loppe séminale, ainsi que le bourrelet qui borde la cicatrice,
est formée d’un parenchym e à cellules arrondies, à parois
cellulosiques très réfringentes et très épaisses (lig. G), avec
contenu protoplasm ique et gouttelettes huileuses. Cette région
se gonfle fortem ent dès que la graine est plongée dans l'eau.
C'est un tissu spongieux spécialement adapté à l’absorption

�GRAINE DES RAVENAEA

3&lt;ï

F.

:n

DECROCK

île l eau necessaire à la germination. Comme particularité histo­
logique nous avons noté lig. ti) : I" un double épaississement
cellulaire : la membrane prim itive s est d'abord épaissie aux
angles, puis un revêtem ent cellulosique
épais est venu se superposer sur toute
la face interne de la m em brane ; 2°
autour du faisceau et autour de la trace
micropylaire, les élém ents sont rangés
sur une assez grande épaisseur en tiles
radiales et concentriques. Dans la région
profonde, la structure du sperm oderm e
I lir. »&gt;. — Parenchyme du es^
m£me q U&gt; n dehors de la région
tégument séminal au voi1
°
sinage du hile.
lllldlie.
Tégument interne. — Le tégum ent
interne ne subsiste que sous forme d'une mince couche de
cellules écrasées qu'on 11e peut m ettre en évidence qu'en fai­
sant séjourner les coupes dans l'eau de Javel pendant plusieurs
jours.

§11. — Arille.
Caractères extérieurs. — Le caractère le plus frappant de
1 arille c’est sa coloration qui est d'un bleu d azur très foncé.
Cette teinte se m aintient dans toute sa pureté lorsque l'on con­
serve les graines à l’obscurité et à l’abri de l’hum idité. Nous
avons entre les mains des graines âgées de quatre ans au
moins, et dont le bleu est toujours aussi vif. A la lum ière, la
coloration pâlit un peu ; dans l’eau, l'arille se décolore en par­
tie, surtout vers ses bords.
Le toucher de l'arilie est onctueux ; appliqué sur le papier
il y laisse une tache persistante, translucide, ce qui dénote
la présence d'un corps gras abondant.
L’arille est attaché à la graine tout autour du hile, sur le
côté externe du bourrelet qui circonscrit la cicatrice. Sur des
graines sèches, il s’enlève diflicilemenl et par lam beaux. Au
contraire, sur des graines ayant quelque peu macéré dans
l ’eau, il se détache tout d'une pièce. Etalé dans un plan, 011
constate que sa forme est ovalaire ou elliptique dans les

graines oblongues, plus ou moins circulaire dans les graines
prism atiques.
A utour de la région d'insertion, son épaisseur est de un
demi-millim ètre environ, et de là elle va en dim inuant graduel­
lem ent vers les bords, sauf dans les graines ovoïdes, du côté
de la pointe, où il y a constitution d ’une sorte de houppe ou
pinceau, ce que j ’ai essayé de rendre dans la ligure I en a, /&gt;, e,
Les bords libres sont laciniés à la fois dans le sens radial et
dans le sens tangentiel.
Ainsi décrit, l'arille recouvre presque complètem ent la
graine, étroitem ent appliqué contre la surface du spermoderme.
Seule la partie centrale de la face externe de ce dernier est
visible sur une graine complète.
Structure. — La structure doit être étudiée : 1° dans la région
d ’insertion ; 2° dans la région m arginale. Nous avons vu que
le parenchym e de la région hilaire est formé de cellules
arrondies à parois très épaissies ; le bourrelet sur lequel
s’attache le hile a la même cons­
titution. Il y a un passage assez
brusque entre la forme plus ou
moins isodiam étrique de ces cel­
lules et la forme tout de suite plus
allongée des élém ents basilaires
de l’arille, dont l’épaisseur des
parois est tout de suite moindre
aussi. Dès l'origine, on peut
Fig. 7. — Région basilaire de l'arille
constater, sur des coupes racn coupe transversale.
diales ou transversales, que
l’arille, même dans ses parties les plus épaisses, n'a pas une
structure massive ; elle est formée de lames superposées, de
plus en plus découpées radialem ent à mesure qu’on s ’avance
vers la partie libre. Vers le hile, sa constitution peut être
comparée à celle d ’une pâte feuilletée. On peut donc penser
que l ’arille ne provient pas du développement progressif d ’un
bourrelet cellulaire compact, mais qu'elle résulte de la crois­
sance sim ultanée de toute une série de lames épidermiques.

�G HAINE DES RAVENALA

Chacune de ces lames comprend : une assise superficielle
de cellules larges dont la paroi est ornem entée d ’épaississe­
ments spiralés ou annelés; une couche d'un tissu prism atique
très allongé, avant quelque peu l'aspect collenchvm atoïde (lig.
7 . L épaississement des parois est localisé le long des arêtes
et il est fréquemment interrom pu, de telle sorte que ces arêtes
ont l'aspect moniliforme, ce que l'on ne peut constater que sur
des coupes longitudinales ;fig. 8).

Fig. s. _ Région basilaire île l’arillc en coupe longitudinale.

Dans la région marginale les m em branes sont uniform ém ent
minces ; les franges sont formées de lames ou de cordons cel­
lulaires tout à fait homogènes, à éléments plus étroits et plus
longs que vers la base. Dans toute 1 étendue de 1 arille, le
contenu cellulaire est abondant, uniquem ent constitué par de
la matière grasse uniformément colorée en bleu. La m atière
colorante est par conséquent dissoute dans le corps gras. Dans
un certain nombre de graines, ce dernier s ’est présenté sous la
forme cristalline, en petites aiguilles, pointues aux deux extré­
mités.
£ III. — Périsperme.
Comme toutes les Musacées, les Ravenala sont pourvus d’un
périsperme farineux abondant. Il est dur, friable et se clive
facilement dans le sens radial, ce (pii tient, ainsi que nous le
verrons plus loin, à la forme des cellules et à l'arrangem ent
des grains d amidon dans ces cellules.

39

Sur une coupe, on observe à la surface du périsperme une
lame de tissu écrasé dont l'assise extérieure est pourvue d'une
cuticule. E tant donnée la continuité de ce tissu avec le tissu de
réserve, nous croyons q u ’il s ’agit là d ’un reste du nucelle et
non du tégument interne, comme on serait tenté de le penser.
Le périsperm e a en apparence une structure homogène, cepen­
dant ses quelques assises périphériques (1 ou 2) sont nette­
ment distinctes des élém ents sous-jacents par leur forme et
leur contenu. Ces cellules sont aplaties, leur paroi externe est
un peu épaisse et leur contenu est uniquem ent formé de gout­
telettes huileuses.
Toutes les autres
cellules du péris­
perme sont volumi­
neuses , prism ati­
ques, très allongées
dans le sens radial,
les parois minces
et c e l l u l o s i q u e s
sont pourvues de
fines ponctuations
un peu étirées dans
le sens transversal.
Les coupes exami­
nées sans l’intervention de réactifs spéciaux, ou pour peu
qu'elles soient épaisses, ne laissent apercevoir tout d ’abord
que de l'am idon qui bourre littéralem ent toutes les cavités
cellulaires. Avec le réactif de Millon, avec l’acide nitrique,
avec de l’eau iodée et surtout des coupes minces, on recon­
naît, formant pavage à la face interne des cellules, des cor­
puscules protéiques, qui sont des grains d alelirone. Il y a
donc dans ce périsperme une localisation rem arquable des
substances de réserve : à la périphérie, une couche oléifère ;
dans chaque cellule du périsperm e farineux un revêtem ent
pariétal de grains d’aleurone et une masse compacte de grains
d ’amidon, dont nous allons m aintenant décrire la forme.
Les grains d'am idon se présentent sous la forme de bâton-

�GRAIN Ii DUS RAVliNAl.A

nets un peu renllés en leur milieu et t er mi né s en pointe à leurs
extrémités fig. fi . Tous ces grains sont orientés de manière à
diriger leur grand axe dans le sens du grand axe de la cel­
lule : ils présentent par conséquent dans leur ensemble une
disposition radiaire très marquée : c'est ce qui explique la
facilité avec laquelle toute la masse du périsperm e se clive
dans cette direction lorsqu'on cherche à couper des graines.
Par suite de la compression réciproque que ces grains exercent
les uns sur les autres, la surface des grains est taillée en
facettes. On s'en rend très bien compte sur des coupes orien­
tées tangentiellem ent.
Tout autour de l'em bryon, on trouve une mince couche de
tissu écrasé, dont le contenu a servi à édifier la jeune plante
telle qu'on la trouve dans la graine mûre.
S IV. — Embryon.
Dans son ensemble, l’embryon a la forme d ’une raquette à
manche très court dont la partie étalée peut être plus ou moins
coudée fig. 10). On serait tenté de considérer la portion
cylindrique comme étant 1 axe hvpocotvlé de l'em bryon et la
partie étalée comme étant le cotylédon ; l’anatom ie nous a
appris qu'il n ’en était pas tout à
fait ainsi; toute la partie supérieure
du manche de la raquette, située audessus de la gem m ule, doit être con­
sidérée comme le pétiole du cotylé­
don. L extrém ité radiculaire de l'em ­
bryon vient s'appliquer contre la
lame
du parenchym e hygrophile de
Fig. 10. — Deux aspects d’un
la région hilaire; elle s'enfonce per­
embryon coudé. G = -2-,
pendiculairem ent dans l'album en, et
l ’élargissement et la courbure se font ensuite dans le sens du
plan de symétrie de la graine.
Les deux fractions de l'em bryon m esurent approxim ative­
ment : la première, I . b à 2 m illim ètres de longueur et un dia­
mètre de I millimètre ; la seconde, 3 à 4 m illim ètres de lon­

gueur, 2 à 3 mill. dans sa plus grande largeur et environ 1 à
I """ b dans sa plus grande épaisseur. Liant donné que la graine
tout entière présente d'assez grandes variations de volume,
(jue l’embryon lui-même est loin de présenter toujours la même
forme et les mêmes dimensions dans des graines de même
volume, il s ’ensuit que ces chiffres ne doivent être considérés
que comme des approxim ations.
Parties constitutives de l'em bryon. — Pour se rendre un
compte exact de la constitution de l’embryon, il est nécessaire
de faire une coupe longitudinale, pratiquée suivant la direc­
tion de son plan de sym étrie principal qui se
confond avec le plan ou surface de symétrie
de la feuille cotylédonaire. Cette coupe
m ontre les régions suivantes (fig. 11) :
1° Le cotylédon (cot) qui comprend la par­
tie étalée de l'em bryon, plus les 2/3 de la
partie cylindrique, ce qui justifie les réserves
que nous avons formulées plus haut concer­
nant les appellations q u ’il convient de d onner
à ces deux parties que la morphologie exté­
rieure est impuissante à définir;
2" L'hypocotyle (hy) très court et légère­
m ent renflé ;
longitudinale.
3° La gemm ule enfermée dans une crypte
creusée dans la base du cotylédon ;
4° Le som m et végétatif de la radicule formant un dôme sur­
baissé, inséré à l'extrém ité de l’hypocotyle, avec son axe de
sym étrie dans le prolongement de la surface de sym étrie de
l ’em bryon.
Ces différentes parties étant nettem ent déterminées, nous
allons en décrire som m airem ent la structure, à commencer
par la radicule.
Radicule.
Sur une coupe longitudinale axile, on distingue nettement
la coiffe, l’écorce, la stèle.

�12

E. L) KGKO CK

Coiffe. — La coitFe occupe toute la largeur de la partie
axile; en revanche, elle est très surbaissée. Toute sa masse
correspond à la saillie conique que l'on aperçoit à l'extrém ité
de l'embryon en examinant ce dernier à la loupe. Au sommet
du cône il y a généralem ent un point foncé qui correspond à
l’attache du suspenseur. Les cellules de la coitFe se distinguent
nettement des éléments de l'écorce et de la stèle par leur dia­
mètre un peu plus considérable et leur section polygonale isodiamétrique.
Ecorce. — L épiderme général de l'em bryon recouvre toute
l ’extrémité radiculaire sans qu'il soit possible d établir une
délimitation quelconque entre les régions épiderm iques des
ditFérentes parties de l'em bryon. L écorce très épaisse atteint
les a ti du rayon total. On y distingue une zone externe et une
zone interne. La zone externe tient presque toute la largeur
de l'écorce. Sous l'épiderm e, les cellules sont légèrem ent
allongées dans le sens radial, puis elles présentent une section
transversale plus ou moins circulaire, laissant entre elles
des petits méats triangulaires. La zone interne de l’écorce ne
comprend que o à (S assises de cellules disposées en séries
radiales et concentriques.
Stèle. — On y distingue une assise péricyclique, un anneau
de méristème vasculaire et un massif m édullaire relativem ent
large. Les cellules péricycliques alternent régulièrem ent avec
celles de la zone interne de l'écorce, l’anneau de m éristèm e
vasculaire est formé de cellules très étroites sans qu'il soit
possible d ’y distinguer l'em placement des futures lames
ligneuses et libériennes; les cellules médullaires sont beaucoup
plus larges.
Hypocotyle.
Dès la base l’arrangem ent des faisceaux conducteurs révèle
une symétrie bilatérale, et dès lors l’expression d axe hvpocotylé doit être rejetée; lhypocotyle est ici la base du
phyton cotylédonaire.

r.RAlMi

DKS RAVK.NAI.A

43

Epiderm e. — Les cellules ont leur paroi externe plane et
leur paroi interne est légèrem ent bombée vers l’intérieur. Vues
de face elles sont isodiamétriques.
Ecorce. — Le parenchym e cortical très épais se présente
avec les caractères observés dans la zone externe de l'écorce
radiculaire. Nous avons pris comme limite anatom ique de la
radicule et de l hypocotyle la région où cesse la sériation
radiale de ses élém ents internes.
Systèm e conducteur. — A cette lim ite inférieure (tig. 12),
l’anneau de m éristème vasculaire s’élargit et se divise en

Fig. 12. — Schémas de 3 sections transversales
faites dans la radicule et l hypocotyle.

faisceaux distincts. L élargissem ent se fait d’un côté d'abord et
il se détache deux faisceaux, puis deux autres et enfin un cin­
quième demeure dans la surface de sym étrie. Ces cinq faisceaux
peuvent être considérés dans leur ensemble comme étant la
partie inférieure de la trace foliaire du cotylédon. A ce niveau
et sur toute la hauteur de l hypocotyle on ne peut distinguer
une séparation nette entre l’écorce et la stèle, les cellules cor­
ticales internes et les cellules des rayons parenchymateux
compris entre les faisceaux sont, absolum ent sem blables; la
distinction d ’une écorce et d’un cylindre central est donc tout
à fait impossible ici.
Gemmule.
La gemmule est située au tiers inférieur de la partie cylin­
drique de l'em bryon. Llle occupe une cavité creusée dans le
pétiole cotylédonaire et une fente gemm ulaire percée sur la

�iI

f

E. DECUOCK

lace convexe des embryons courbés la met en communient ion
avec l’extérieur. Elle comprend un sommet végétatif et une volu­
mi neuse émergence foliaire. Le méristème qui constitue le
sommet végétatif ne présente encore aucune différenciation ni
même l'indication d'initiales spéciales aux différentes régions
que l’on distingue habituellement dans la tig e; le derm atogène, qui le recouvre, seul est distinct.
L’émergence foliaire est constituée par un gros bourrelet
inséré sur le sommet de l’hypocotvle sur la face opposée à celle
qu'occupe le cotylédon. L'angle de divergence des deux
premiers appendices foliaires est donc de 180°. On sait d ailleurs
que dans la plante adulte les feuilles sont distiques.
Cotylédon.
Le cotylédon forme à lui seul presque tout 1 embryon. 11
comprend non seulement toute la partie élargie mais encore
les deux tiers de la partie cylindrique :
ce qui permet d'y reconnaître un pétiole
et un limbe.
Pétiole. — Le pétiole a environ un
dem i-m illim ètre de longueur. A sa base
la section est régulièrement circulaire,
mais les faisceaux, qui sont le prolonge­
ment de ceux que nous avons vus dans
l’hvpocotyle, m anifestent une disposi­
tion nettem ent bilatérale. Vers le mi­
lieu, ils sont au nombre de neuf qui se
répartissent en trois groupes : 1° un mé­
dian de trois faisceaux correspondant à
la région de la nervure médiane ; 2° un
groupe de quatre faisceaux correspon­
dant à la région marginale de la feuille;
3° un groupe de deux faisceaux dans la
*£• l3- — Schéma d'une position interm édiaire. Cette disposition
section transversale faite
dons Ic limite e.tijiéd o -

nuire.

. • .,

.

- ,,

csl •“ teressantc parce qu elle se conserve
sur tout le reste du cotylédon.

fi HAINE UES RAVENALA
Limbe. — Dans les graines oblongues, le limbe est rarement
dans le prolongem ent direct du pétiole et ces deux parties du
cotylédon font entre elles un angle plus ou moins obtus. Dans
les graines prism atiques au contraire l’embryon est presque
droit. Ce limbe a la forme d ’un ovoïde très aplati, l une des
faces étant toujours plus déprimée que l'autre. Un léger sillon
longitudinal fait que la section transversale a un peu la forme
d ’une semelle (tig. 13).
Epiderme. — L'épiderm e est formé de cellules tabulaires,
à contour polygonal et un peu allongées dans le sens de la
nervure médiane.
Parenchym e fondam ental. — Aucune différenciation ne se
m ontre dans toute l’étendue du
mésophvlle (lig. 14). Il fallait
s'y attendre, étant donné que
le cotylédon jouant le rôle de
suçoir reste enfermé à lin térieur de l'album en. Les cellules
de la région centrale sont un peu
plus volumineuses que celles de Fig. 14. — Région périphérique du
la région sous-épidermique.
limbe en section transversale.
Systèm e conducteur. — Les faisceaux conservent la même
disposition générale que dans le pétiole, par la ramification
leur nom bre augm ente un peu, c’est ainsi qu ’au milieu du
limbe on en rencontre douze, rangés en deux séries qui se font
face (fig. 13).
D ’après cette disposition du systèm e conducteur, on peut
conclure que le limbe cotylédonaire ne présente pas de face
interne, il n’y a pas d ’épiderme interne; c’est l’analogue de ce
qui se passe dans la partie inférieure du limbe foliaire des Iris.
Un mot sur la constitution des faisceaux. Il n'y a encore
aucune trace de différenciation libéro-ligneuse, néanmoins
leur constitution n ’est pas tout à fait homogène. Au lieu d’être
composés d’élém ents dont les cloisons sont orientées dans
toutes les directions, caractère que l’on s’attend à trouver dans
un faisceau procambial on trouve dans la région moyenne ou un
peu plus rapprochée du bord antérieur une lame tangentielle de

�46

E. DECROCK

cellules disposées dans l’ordre radial et concentrique (lige 15).
Nous accordons à cette disposition une certaine importance
au point de vue de la différenciation ultérieure de ces diverses
régions du faisceau procambial. Nous avons en effet observé
dans d’autres monocotvdédones (L iliu m , Gynérium ) et dans
une foule de dicotylédones, que pareille disposition se présente
dans le faisceau procam ­
bial. Le protoxylème se
développe aux dépens des
cellules les plus internes
de la zone à cloisonne­
ments tangentiels et les
cellules procambiales in­
térieures deviennent ces
élém ents d ’aspect libérien
que l'on trouve à la pointe
du faisceau et qui m éritent
bien le nom de « libres
prim itives » que leur a
donné C. Kg. Bertrand.
Tant que dure la différen­
Fig. 15. — Section transversale d'un faisceau
ciation ligneuse, ces cloi­
procambial du limbe cotylédonaire.
sonnem ents
tangentiels
continuent à se produire : chez les monocotvlédones ils cessent
de bonne heure, chez la plupart des dicotylédones ils se pour­
suivent pour ainsi dire indéfiniment fournissant du liber du
côté externe, du bois du coté interne. La distinction du bois
prim aire et du bois secondaire ne devrait pas être m aintenue
en ce qui concerne les faisceaux unipolaires de la tige et des
feuilles. Dans un travail ultérieur, nous aurons l'occasion de
revenir sur ces faits et sur leur interprétation, il nous a paru
intéressant de les signaler au passage.
( lette première graine étudiée il nous sera possible de décrire
très succinctem ent la graine du Ravenala guianensis. Il nous
suffira en effet de signaler les différences m orphologiques et
anatomiques qui distinguent ces deux graines.

47

GRAINE DES RAVENALA

DEUXIÈM E

PA R TIE

RAVENALA GUIANENSIS

Benth.

Il arrive rarem ent que deux espèces d'un même genre aient
des graines aussi faciles à distinguer que les graines du Rave­
nala madagascariensis et du H. guianensis. La différence de
coloration de l ’arille y est pour beaucoup, mais il y a en outre
toute une série de caractères morphologiques et anatom iques
qui viennent s’y ajouter pour renforcer la distinction.
Après l’étude détaillée de la prem ière graine il nous suffira
de signaler, dans cette seconde partie de notre travail, les
variations que présente la seconde graine par rapport au
type.
C hapitre P remier. — M o rp h o lo g ie e x te rn e .

Caractères extérieurs. — Ici toutes les graines ont une même
forme qui se rapproche de celle d ’un ovoïde un peu aplati d'un

côté, un peu renllé de l ’autre. Le funicule est un peu plus long
et quelquefois un peu inséré latéralem ent par rapport à la
petite extrém ité de l’ovoïde. On rencontre aussi des graines
ayant subi une compression pendant leur croissance et présen­
tant deux facettes latérales très peu accusées, mais l'ensem ble
de la surface reste courbe et la forme ne s’éloigne pas sensi­
blem ent de la normale. D ’une manière générale, la graine est
un peu plus volum ineuse, et cela tient non seulem ent à
l’étendue de l ’arille, mais encore et surtout à la largeur plus
considérable de l ’album en. Toutes ces différences ressortiront
de la comparaison des figures 1 et 16.

�GRAINE ORS RAVENALA

C

h a pit r e

II. — A natom ie.

si I. — Arille.
L'arille de Ravenala guianensis se distingue de l'arille de
//. madagascaricnsis par sa couleur, sa forme et sa consti­
tution. .
Sa coloration est voisine du rouge minium. Son toucher est
beaucoup moins onctueux. Au lieu d'être mince et mem ­
braneux, il forme une tou (Te chevelue, épaisse, dressée autour
du hile qu'il cache et ne recouvrant que la moitié de la
graine environ. Sur les graines comprimées, il ne s ’insinue
pas entre les faces en contact mais se prolonge en quatre
faisceaux inégaux le long des arêtes. A l’état sec, la cicatrice
ne se voit pas lorsqu'on examine la graine par sa face interne;
les filaments plus ou moins enchevêtrés de l'arille tendent à
en recouvrir toute la surface. Après un séjour de quelques
heures dans l'eau, ces filaments deviennent turgides et se
redressent de manière à circonscrire une sorte de canal dans
lequel la radicule sera protégée pendant la prem ière période
de sa croissance ; dans le tissu spongieux qui entoure ainsi
son extrémité, elle trouvera, en outre, une provision d'eau qui
activera sa croissance. La disposition de l'arille dans cette
graine paraît donc devoir favoriser la germ ination. Il im por­
tait de le noter.
La constitution de l'arille s’éloigne notablem ent du type. A
première vue on constate que toute la masse est filamenteuse
et non feuilletée et membraneuse. Sur des graines ayant
séjourné dans 1 eau on reconnaît que les filaments sont réunis
par groupes à leur base pour former des pinceaux ou des
m artinets à manches très courts. Au sujet de leur mode
de formation on peut avancer que chacun de ces pinceaux naît
aux dépens d'une plage arrondie de cellules épiderm iques qui
ont proliféré vers l’extérieur, tandis que dans l ’espèce de M ada­
gascar les feuillets de l'arille se sont développés par le cloi­
sonnement d'une série linéaire des cellules épiderm iques.

49

La constitution des filaments est plus simple, quant à l’état
des membranes : pas d'ornem ents spiralés ni annelés sur la paroi
des cellules périphériques, pas d ’épaississements moniliformes
sur les arêtes longitudinales. La substance grasse qui rem plit
toutes les cellules n ’est pas colorée; elle renferme en très
grande quantité des corpuscules cristallisés qui sont colorés
en rouge foncé.

§ IL — Spermoderme.
La coloration du sperm oderm e est beaucoup plus foncée, elle
est d ’un brun presque noir; sa surface est lisse et luisante,
parcourue par un petit nombre de sillons méridiens un peu
plus accusés que dans le type.
Le creux du hile est plus profond et cela tient au développe­
ment plus considérable du bourrelet qui le circonscrit.
Au point de vue anatom ique, deux caractères viennent
expliquer et renforcer les différences que présente l’aspect des
deux graines en ce qui concerne la surface du tégum ent:
1° La cuticule est continue, sim plem ent ondulée au-dessus
des cellules épiderm iques, il n'v a pas ce pavage de granula­
tions de cutine que nous avons signalé page 30; d'où l'état
beaucoup plus lisse de la surface ;
2° D'une manière générale, la substance tannoïde est beau­
coup plus abondante dans cette graine et même elle est accu­
mulée dans les cellules parenchym ateuses situées sous l'épi­
derme externe. Tout autour de 1 insertion du funicule, le
parenchyme sous-épiderm ique est épaissi et légèrement lignifié,
form ant un anneau scléreux tout autour de l’extrém ité micropylaire de la graine.
Sur une coupe tangentielle pratiquée dans le hile, vers
son milieu, on observe deux zones très différentes: la zone
externe, dont la périphérie supporte les touffes de l'arille, a
ses m em branes épaisses et lignifiées : l’anneau scléreux que
nous signalons plus haut en est le prolongement ; la zone
interne, à m em branes très minces. Cette zone est de forme
■1
Annules (lu Musée colonial de Marseille. — 2* série, 9° vol. 1911.

�oO

E.
K. DECROCK
DKCROCK

elliptique; à une extrémité on observe la section du faisceau
conducteur, à l'autre on trouve le canal m icropylaire dont les
cellules bordantes tranchent sur leurs voisines par leur volume
plus considérable et leur allongement radial très accusé.
ludin je signale, à l'extrém ité libre de la graine considérée
en place, une épaisseur plus grande de l'enveloppe séminale.

$ 111. — Embryon.
La forme de l'embryon est très différente. Ici elle est beau­
coup plus allongée et mesure jusqu à huit m illim ètres de
longueur. Autre différence, la forme en raquette n'existe plus,
c’est la forme en massue qui se présente, le lim be cotvlédonaire n’étant guère plus large que la région cylindrique ; de
plus, ces deux parties sont dans le prolongem ent l’une de
l'autre ; seule l’extrémité libre du cotylédon forme un coude
plus ou moins accusé.

SUH UN PITTOSPOIIUM NOUVEAU
DK NOUVEL!.K-CALÉDONIK
par M. Marcel DLBAHI).
Piltosporu ni IIcckcli.
Folia ohovato-oblonga, ç/labra. Infloresccntiæ terminales in
urnbellis compositis dispositæ, involucro involucellisque ornatæ.
Flores longe pedunculati ; sepala
libéra, acuta, glabra.
Petala ,5, diu in fubo adm ota, glabra, /obis oblongis acutis;
stam ina b, sepalis opposita, filanientis ad tubum corollæ
applicatis, antheris dorsifixis. Ovarium villosum hicarpellatum,
ad apicem tantum uniloculare, sh/lo r/labro.
In m ontibus circa Bourail {le(fit Penncl).
Cette espèce, trouvée dans un lot de plantes néocalédoniennes,
que le professeur Heckel a bien voulu m ’adresser récemment *,
est particulièrem ent curieuse par son inflorescence en ombelle
composée, tout à fait conforme à celle des Ombellifères, et par
l’adhérence longtem ps persistante des pétales entre eux et des
filets stam inaux avec le pseudotube de la corolle.
C’est donc une forme qui souligne bien les affinités profondes
qui relient entre elles les familles d’Ombellinées et marque
nettem ent l'étroite parenté de ce groupe avec les Gamopétales,
par l'interm édiaire soit des Loganiacées, soit des Rubiacées
et des Caprifoliacées.
Voici d ’ailleurs les caractères précis de la nouvelle espèce :
Ram eaux recouverts d ’un liège grisâtre. Feuilles groupées
à l'extrém ité des ram eaux en bouquets sim ulant de faux veri. Ce lot de plantes a été récolté par M. Pennel, d irecteu r du pén iten ­
cier de Bourail en 1894, aux environs de cette localité et juscpie dans le
m assif de l’arête centrale de l’île en y p énétrant par ses contreforts. (B. H.,

�32

MARCEL DURARD

ticilles, pétidées, dépourvues de stipules, à limbe obovale,
oblong, décurrent sur le pétiole, acumiué, glabre ; nervures
secondaires peu saillantes reliées par des aies "vasculaires,
nervures tertiaires formant un reseau tenu.
ou liguic I).
Dimensions m oyennes: pétioles 20 mm. ; limbe 10 cm. de
longueur, 3 cm. de largeur.
Inflorescences, terminales en ombelles composées.
L'axe principal de l'inflorescence prolonge un ram eau végé­
tatif, et sort en quelque sorte de la rosette de feuilles qui le
term ine; il mesure quelques m illimètres seulem ent et donne
naissance à une ombelle primaire lormée le plus souvent de
7 branches, munie à la base d'un involucre de bractées linéaires,
aiguës et complètement réfléchies, l'axe central 1 de l’ombelle
est plus gros que les autres et les dépasse légèrem ent. Cet
axe se termine par une ombellule d ’une dizaine de fleurs avec
un involucelle de bractées filiformes. Les ombellules latérales
portent un nombre moindre de fleurs et sont munies d ’un
involucelle à pièces plus courtes; les pédoncules floraux sont
aussi plus longs dans l'ombellule principale.
Les différentes parties de l’inflorescence portent des poils
capités plus abondants sur les ombellules que sur l'ombelle qui
les supporte et situés, pour les bractées involucrales, princi­
palement sur leurs bords.
Dimensions moyennes : axe central de l'ombelle 10 cm .;
branches latérales 8 cm. ; bractées de l ’involucre 20 mm. de
long, 1 mm. 1/2 de large; bractées de l'involucelle principal
5 m m .; bractées des involucelles secondaires 3 m m .;
pédoncules floraux de l'ombellule centrale, 3 cm. ; pédon­
cules floraux des ombellules latérales, 2 cm.
Calice à 5 sépales linéaires aigus, dressés et glabres (lon­
gueur b mm. i; corolle gamopétale (longueur totale 16 m m .;
tube 10 m m .; lobes 6 m m.) se fendillant tardivem ent de
1. Cet axe c e n tra l e st le seul qu i p o rte parfo is v e rs son m ilie u une
b ractée analogue à celles qui co m p o se n t l'in v o lu c re e t à l’a is se lle de
laquelle se d é tac h e so u v en t un ram eau te rm in é lu i-m ê m e p a r une
o m bellule.

UiS I’ITTOSI'ORLM

DIS LA MOLVISLLIS-CALKOOML

l' ig- *• — Rameau lleuri de Piltospoj'uni Heckeli Dubard.
(Nouvelle-Calédonie).

;i:i

�Si

MARCEL LH HAH [&gt;

manière à séparer les pétales plus ou moins com plètem ent,
glabres; tube légèrement évasé vers l'extrém ité; lobes oblongs
aigus (tube 2 mm. de diamètre, lobes I mm. de large);
à étamines épisépales glabres, adhérentes sur toute la lon­
gueur de leur filet avec le tube de la corolle et ne se décollant
qu imparfaitement et tardivem ent ; anthères situées vers la
gorge de la corolle, dorsitixes ; le filet étant inséré vers le
tiers inteiieur du connectif (filet 7 m m ., anthère 2 mm. 1/2).
Ovaire velu, libre, en forme de massue, haut de .‘1 m m ., ter­
miné par un style filiforme, glabre, comme tronqué h l'ex tré­
mité, long de i mm. 12. L'ovaire est formé de 2 carpelles
ouverts seulement à leur partie tout à fait supérieure où la
placentation devient pariétale ; les placentas portent de nom­
breux ovules anatropes horizontaux.

C O N T R IB U T IO N
A

LA FLO R E

D E R O IJ R A IL

(NOUVELLE-CALÉDONIE)
par- M. A. GUILLAUMIN

I. —

P

lantes des

e n v ir o n s
par

M.

P

de

B o u ra il

r e c u e il l ie s

ennel.

Située sur la rive droite de la Néra, au confluent du Téné
et de la Douencheur, à 10 kilom ètres de la mer, Bourail, la
seconde ville de Nouvelle-Calédonie par le nombre de ses
habitants, se trouve au milieu d ’une vaste plaine formée par
la réunion des vallées de la Douencheur, de la Pouéo, de la
Boglien et du Téné. Elle est presque complètem ent entourée
d'un cercle de m ontagnes élevées : à peine un étroit couloir
entre les monts Népourou et Ivopéa laisse-t-il passage au fleuve,
du reste impraticable à la navigation. La plaine de Bourail se
trouve donc entièrem ent à l’abri des vents de mer. De ce côté,
l’altitude n ’atteint pas 550 m ètres aux Trois Frères, mais les
pentes sont raides; du côté de l'intérieur, au contraire, le sol
s’élève progressivem ent jusqu'à la chaîne centrale qui traverse
l'ile dans toute sa longueur, et atteint son maximum au Mé
Arembo (1112 m ètres).
Par suite de ces conditions, la flore des environs de Bourail
présente un ensemble de plantes de basses altitudes aux envi­
rons imm édiats de la ville et des plantes de m ontagnes à une
plus grande distance.
C est dans toute cette région, c'est-à-dire dans un périm ètre
de LS à 20 kilom ètres autour de Bourail, s’étendant du ver­
sant Ouest de la chaîne centrale jusqu'à la mer, que M. le com­
m andant Pennel, alors directeur du pénitencier, a opéré, vers
1894, les récoltes qui font l’objet de ce travail. Cette collection,

�56

A.

F L O UE

GIILLAIMLN

don de M. l&gt;eimel à M. Heckel, esl actuellem ent déposée au
Musée colonial de Marseille. Elle comprend 131 num éros,
avec les noms indigènes dans la plupart des cas et des indica­
tions d'emploi des plantes; m alheureusem ent bon nom bre
d échantillons sont très incomplets et ne perm ettent souvent
pas même une détermination générique.
Peu de collecteurs avaient exploré en détail cette région :
Raoul, de Pompérv, Brousmiche, Lecard, Cribs et Franc
n'avaient fait qu’y passer; seul Balansa, durant son séjour de
trois ans en Nouvelle-Calédonie, avait poursuivi des recherches
méthodiques au Mé Arembo, au Nékou, aux environs de
Daaoui de Ero et à l'embouchure de la Néra.
De l’étude de ces différentes collections, il ressort à nouveau
que la flore néo-calédonienne présente une rem arquable uni­
formité, mais que l’immense m ajorité des espèces et bon nombre
de genres lui sont propres.
Toutefois la flore de Bourail présente certains caractères
particuliers dus aux conditions atm osphériques. La tem péra­
ture varie, en etîet, dans des lim ites plus éloignées qu'en tout
autre point de l ile : des nuits fraîches, où l'on a vu le therm o­
mètre descendre jusqu'à -)- 8°, succèdent à des journées très
chaudes où le maximum atteint 30°; en outre, aux alentours
immédiats de Bourail, les pluies sont plus rares que dans les
vallées des affluents de la Néra, mais par contre les brouillards
y sont plus fréquents et plus intenses
R e NONCü LACÉES.

1. Clematis Pickeringii Asa Gray nos 92, 141. Koui naou
— Les Canaques s’en servent comme ornem ent.
D il l é m a c é e s .

2. Tetracera Euryandra Yahl nos 327, 329, 344. Kandji.
3 Triserna coriace a llook. f., n° 356. Monoapourou.
Hibbertia ngoyensis Schltr. nos 28, 379. N Daraourou,
Pémoropéhoué.
1. L)1 X icom ède, Un coin cle la colonisation pénitentiaire [Bourail).

A

DE HOI IlAIL

57

nonacées.

Unona discolor V ahl? n° 392, Poi you.
C iucifères .

6. Carda mine sarmenlosa Forst. n° I 43. Djanunaou.
G ottiféracées.

/ . Montrouziera spheroidea PL et Tr. n05 23, 398. N Diven,

Oumaa.
8 . M. sp., n° 42. Behou. — Grand arbre donnant un bois
de construction pour les cases.
9. M. sp., n° 51. — Grand arbre servant à fabriquer les
pirogues.
à
T ernstrœmlacées.

10. Microsenima Balansæ 11. Bn. n°357.
M alvacées.

I 1 . Sida acuta Burin. n° 220. Péraouzia.
. S. rhom bifolia L. n° 165.
13. Urena lobata L. n° 222, pro parte.
14. Hibiscus Abelmoschus L. nos 113 et 222 pro parte.
15. H. sp. n° 328.
16. II. liliaceus L. nos 13, 15, 218, 219. Hé, Borao rouge,
Borao de marais, Eémi. — Arbuste d ’ornement que
les indigènes plantent à l'entour des plantations et
des cases. Les libres de l’écorce sont plus résistantes
que celles du Borao ordinaire. Feuilles émollientes.
17. Thespcsia populnea Cav. n° 50. Bois de rose.
Fleurs jaunes ou roses, chaque pétale porte à sa base
interne une tache rouge carmin.

12

S t e r c u l ia c é e s .

18. Sterculia bullata Panch. et Séb. pas de n°.
19. Heritiera littoralis Ait. nos 83, 217. Manaya. — Gros
arbre du littoral.
20. Melochia odorat a Forst. n° 167. Zoanguémara.

�58

A.

GUILLAUMIN

Tl Ll AGEES.
21 . Snlmsia calopbylla II. Bn. var. chrysophylla (II. Bn.)
Guillaum., n° 428. Monogueporo.

L égumineuses.

Clitoria ternata DC. n° 204.
Indigofera A nil L. n° 385. Indigotier.
Uraria lagopod ioides Desv. n° 281,

liLÆOCAKPACÊES.
22. Elæocarpus persicæfolius Brong. et Gris n0!' 82, 271.

Zhio, N Diu.

partim.

m boyo.

Arbre de 20 m. Les fruits bleuâtres, ressem blant à des
prunes, sont consommés par les Canaques.
23. E. sp. nov. ? n° 179. Baouaioué.
24. Dubouzetia elegans Brong. et Gris n° 288. Koraouéo.

Pucrarianes caledonica Ilarm s, var. Magnagna.
Racine féculente très recherchée des cochons sauvages ;
elle est en même temps fibreuse ; mâchée, la fécule se
dégage d'entre les libres qui constituent ensuite un
textile rem arquable par sa solidité.
Pongamia glabra V ent., n° 20. N Dori.
Cæsalpinia Schlechteri Ilarm s = ? Cœsalpinia fcrrom inula Panch. m ss. n° 128. Koumogué.
Storckiellia Pancheri H. Bn. —~ Doga inacrogemma
Panch. mss. in lie r b. Mus. Paris, n° 48. Kégué.
A rbre d ’environ 12 m ., poussant sur les pentes abruptes,
dans les terrains rocailleux, à une altitude élevée. Bois
tendre.
Cassia lævigala W illd., n° 282.
Lucœna ylauca Benth. n° 388.
Acacia laurifolia W illd.*n° 3. Nana.
A . fu lyen s Labill. n° 208.
-1. spirorbis Labill. n° 21. Mou, Gaïac.
Bois très dur, l’écorce sert de lien pour les paillotles, la
racine est abortive.
50 A lbizzia granulosa Forst. = Acacia yranulosa Labill.
n° 207. Jeugaou.
Pithecolobium Fournicri Benth. = Albizzia Fournieri
Yieill. n° 201. Poi ouénou.
52 Sériant lies m yriadenia Planch. ex Benth. n° 389. Zaaza.

Li NAGÉES.
2b. Durandea serrata PI. = Penicillanthem um neocaledonicum Yieill. n° 352.
M a l p ig h ia c é e s .

2(i. Ryssopterys timorensis Bl. pas de n°.
R u t a g ées .

27. Erodia triphylla DC. n° 5. Ion péan. — Les feuilles
bouillies donnent une teinture rouge très résistante.
28. E . drupacea Labill. n° 170. Péhoïmbéraoua.
29. Acronychia Baueri Scbott n° 353, M’ Boui.
30. Phelline lucida Yieill. in IL Bn., n° 319.
31. M icromelum pubescens Bl. nos 211, 256. Nara.
32. Ci/rns A urantium L. var., n° 275. — Oranger sauvage
indigène.
S a p in d a c é e s .

33. A llophyllus Cobbc BL = Ornitrophe panigera Labill.,
pas de n°. Ementélé.
34. Storthocalyx Pancheri Radlk. = Cupania caudicans.
Panch. et Séb., n°336.
35. Guioa collina Schltr. — G. villosa Radlk. — Cupania
coltina Panch. et Séb. n° 239. Zaé.
30. G. ylauca Radlk.
Dimereza ylauca Labill. n° 421.

R

o sa c é e s .

L _. _

53. Licania yeronlogœa Schltr. sans n°.
54. Rubus m oluccanusL ., var. neocaledonicus Schltr. n°284.

�FLORE DE UOURAIL

55. A rgophyllum eUipticum Labill. n° 355. Pésakoré ; le
n° 351 est identique au type de l'A. obovatum Brong.
et Gris mss. Balansa, n° 1811) trouvé à Ganala,
mais la dilTérence semble bien faible avec l’A. ellipticum Labill.
56. A. laxum Schltr. n°- 109, 249. Kigha.
57. Codiü floribunda Brong. et Gris ii°" 426, 427. Zaa.
58. C. montana F o rst., n05 54, 257. Zaa ou Sha.
A rbre de taille moyenne des forêts de la chaîne. Sert à
faire des tuteurs pour les ignames.
59. Pancheria Engleriana Schltr. n0* 423. Zaa.
60. P. Vieillardi Brong. et (iris n° 524. Zaguy.
61 . P. obovata Brong. et Gris n° 55. Sanendé.
Arbre de taille moyenne, à tige droite et élancée,
fournit des tuteurs pour les ignam es.
02. Geissois racemosa Labill. n° 415 partim . Kireu.
63. G. montana Yieill. in Brong. et Gris n0s 44, 422.

Masoo. Mayoo.
Bois de construction pour les cases, fleurs mangées par
les roussettes.
64. Vesselowskya serratifolia Guillaum . n. sp. n° 419. Ma.
Arbre à rameaux pourpres, hispides à l’état jeune, puis
glabres : entrenœ uds longs de 3 cm. 5 à 5 cm. Feuilles
composées palmées à 3-5 folioles, ovales allongées,
acuminées, atténuées en coin à la base ; pétiole
commun hispide fauve, au moins aussi long que les
folioles latérales, long de 5 cm. à 7 cm. 5 ; foliole
médiane longue de 3 cm. 5 à 1 1 cm., large de 1 cm. 5
à 5 cm ., portée par une pétiolule de 2 à 3 cm .,
folioles latérales 2 et 3 portées par un pétiolule de
1 cm. à I cm. 5, folioles latérales 4 et 5 (quand elles
existent sessiles ou subsessiles ; limbe foncé en
dessus, plus clair en dessous, veinules très serrées,

65.
00.

67.

68.

61

non saillantes mais visibles, stipules oblongues plus
ou moins triangulaires, longues de 1 cm. 5 à 3 cm.
sur 1 cm. de large, glabres à l’intérieur, laineuses
fauves, puis seulem ent parsemées de poils, en dehors.
Bien que je n’aie pas les fleurs, cette espèce se distingue
très bien de toutes les autres espèces : l’aspect
général rappelle surtout le Geissois rubriflora F. von
Muell. -= W einm annia rubriflora Benth. dont Pampanini a fait le genre Vesseloivskya, mais cette espèce
a des feuilles coriaces à veinules saillantes et les
pétioles communs sont courts et n’atteignent jamais
la longueur des folioles latérales.
Cette espèce avait déjà été recueillie par Cribs et par
Lecard, n° 7 l a, à Canala, sur les sommets des mon­
tagnes ferrugineuses et dénudées, à 700 m ètres d’alti­
tudes (Echantillons authentiques dans 1 herbier du
Muséum de Paris).
Cunonia bullata Brong. et Gris n° 420. Mammeo.
C. Balansæ Brong. et Gris n° 418.
C. montana Schltr. n° 417. M bouya.
diffère du type par les feuilles toutes à trois folioles au
lieu de cinq.
C. pulchella Brong. et Gris n0' 4, 416. M bouya.
L’écorce battue dans l’eau produit une teinture noire.
C o m BRÉTAGÉES.

69. Lum nitzera racemosa W illd. nos 72, 277. Mamoua.
Arbre de 4 à 5 m ètres croissant aux bords de la mer ;
feuilles comestibles.
MYRTACÉES.

70. Melaleuea viridiflora G œ rtn. n° 29. Niaouli.
Grand arbre poussant dans les terrains les plus arides,
l’écorce blanchâtre, épaisse, se soulève par grandes
plaques qui servent de couverture et d ’entourage aux
cases des indigènes, à défaut de paille ; avec les

�62

71

72.

73.
7 i.

7 'i.
76.
77.

FLORE DE HOURAlL

A. GUILLAUMIN

jeunes pousses cl les bourgeons, on obtient, par dis­
tillation, l ’essence de Niaouli employée dans la par­
fumerie, et en médecine comme stom achique et anti­
septique. Les rameaux et les bourgeons constituent
le thé de Niaouli.
Tris/ania callobuxus Sehltr. n" il). Couéaleu.
Arbre de moyenne taille poussant dans les terrains
arides et rocailleux de la chaîne, son bois très dur
est employé par les Canaques pour faire des cassetêtes.
Mooria canescens Beauvisage, mss. in H erb. M us. Paris
(nomen novum) = Cloezia canescens Brong. et (iris !
n° 408. Pénibarabao.
Metrosideros lauri folia Brong. et Gris n° 271. N diu.
M. operculata Labill. nos 45, 120, 160. Aoui.
Arbre de \ à 5 m ètres des terrains rocailleux, bois
très dur employé pour les instrum ents aratoires des
indigènes.
M. s p ., n° 225.
M yrtus rufo-punctatus Panch. n° 123. Aoui guru.
Eugenia pseudo-rnalaccensis Asa Gray nos MO, 161.

Kiou.
78. E . magnifica Brong. et Gris n08 115, 116 bis. Kamorotchoué.
70. S yzyg iu n i lateriflorum Brong. et Gris n° 157. N didoé.
80. Barringtonia sp., sans n°.
M élastomacéhs.

SI . Melastoma malabathricum L. — M. denticulatum Labill.
(d'après Naudin), n08 27, 185. Kundubouédou.
Croît dans les régions élevées. Employée en décoction
pour faire sécher les plaies.
L

y t r a r ia c é e s .

82. Sonncretia
rouz. n°
A rbre de
dans les

alba Sm ith — ? Chiratia lencanthd Mont80. Kouéo.
taille moyenne croissant au bord de la mer
terrains bas et m arécageux.
O

63

O léa cées.

83. Olca Thozetii Panch. et Séb. n° 108.
P a s s if l o r a c é e s .

84. Passiflora sp., n° 236. Pomme liane.
Cette espèce est nettem ent distincte des P. c/uadrangularis Labill. et Aurantia E orst., seules espèces néocalédoniennes ; elle se rapproche par les feuilles
d'espèces brésiliennes.
R u b ia c é e s .

85. Bikkia frilillarioides Sehltr. = B. neriifolia Sehltr.
n° 195.
86. Lindenia vitiensis Seem. = L . austro-caledonica Brong.
et Gris n° 198.
87. Gardénia lucens Panch. et Séb. n° 36. Ouourou.
A rbre de 6 à 7 m ètres croissant dans les montagnes.
Les feuilles et les bourgeons sont résinifères, les
Canaques les m âchent pour en extraire la résine dont
ils se servent pour coller la poterie.
88. G. speciosa L. nu 79. Poirou.
Arbre de dimensions moyennes.
89. G. sp., n° 359.
90. Guettarda sp. affinis. G. albicans Panch. et G. austrocaledonica IL Bu., n° 186.
91. M orinda Billardieri IL Bn. nos 10, 228. Pemmy.
Fournit une teinture noire pour les tresses en poil de
roussette fort employées par les indigènes.
92. Psychotria sagiltalis Guillaum. nomen novum = Uragoga sagittalis IL Bn. n° 361.
93. P. semperflorens Panch. mss. ex Beau vis. = Mapouria
semperflorens Beauvis. = Uragoga noumeensis H.
Bn. mss. ex Beauvis. = Psychotria noumeensis
Sehltr. n° 363. Réawa.
94. P. Pancheri S e h ltr. v a r . rubigniosa H . Bn. mss.
sans n°.
Diffère du type de l’espèce par des feuilles, des rameaux
et des bractées plus hispides, rouge fauve, et par des

�64

A. r.riLl.Al'MlN

FLORE DE HOI RAï L

pétioles ne dépassant pas I cm., c'est-à-dire moitié
plus courts.
93, Psychotria sp. aflinis P. Sclwm anniana Schltr. n° 291.

Keugeu.

S t YRACÉES.

I 13

Syrnplocoa Lenormandiana Brong. et Gris n°322. Mere-

digo.
114. S. montana Brong. et Gris n° 177.

C omposées.

A po c y n a c é e s .

96. Agerafum mexicanuni Sims. n° 272.

97. Blumea (accru DC. nos 132, 374. Maicosa.
98. Gnapaliurn irwolucratum Forst.

sans n° et

n° 134.

Pémoïkaré.
99. Ilclichrysum

63

neo-caledonicum

Schltr.

nos 68,

135.

Ouéou.
100. Glossogyne tcnuifolia C a s s .= Bidons fenuifolia Labill.
n° 133.
G oodémacées.

101. Scævola montana Labill. nos 126, 394. Darandaveo.
E pacridacées.

102. Leucopoyon albicans Brong. et Gris sans n°.
103. L. dam m arifolium Brong. et Gris n° 39. Pépéhouaré.
Arbre de taille moyenne. Les Canaques lui attribuent
la vertu de faire pousser la canne à sucre, aussi en
repiquent-ils des ram eaux dans leurs plantations.
104. A. sp. n° 117. Géni.
105. Dracophyllum verticillalum Labill. n° 338.
loti. /). amabile Brong. et Gris en mélange avec le précédent.
M yrsinacées.

107. Rapanea macrophylla Mez n° 173. Kéou.
108. B. stenophylla Mez n° 127. Mboiraé.
S apotacées.

109. Lucuma ? rubicunda Pierre in II. Bn. = Beccariclla
rubicunda Pierre n° 295. Koui.
110. Sideroxylon W akere II. Bn. n° 234. Mi.
I I l . Maba rum inât a Iliern nos 402_, I90. N déré ou N déné.
112. M. ru fa Labill. nos 29e. 281 parlirn.

115. ? Melodinus scande ns Forst. — M elndinus Puncbcri
Pierre, sans n°.
116. A lyxia disphærocarpa Van Meurck et Müll. Arg. =
A . microcarpa Seb. et Panch., mss. n° 331. M Bouévarui.
117. Gerbera M anghas L., nu 24. Rhon.
Le latex sert pour faire les tatouages des Canaques.
118. Ochrosia ellipfica Labill., n° 2 7 6 1.
119. Alstonia sp. aflinis A. lanceolata Van Meurck et Müll.
A rg. n° 430. Kora Zâa.
120. A . Schum anniana Schltr. n° 332. Judam é.
121 . A . plumosa Labill. n° 35. Z ium.
122. Parsonsia marsdenioides Schltr. n° 347.
A s c l é p ia d a c é e s .

123. Asclcpias curassavica L. n° 369. Herbe à g e n d a rm es.—
Introduit. — Los aigrettes soyeuses des graines
servent à faire des coussins et édredons.
L o g a m a cées.

124. Geniosloma vestitum IL Bn. n° 194. Kimoï n ’niéra.
125. Buddleia madagascariemis Lam. nos 58, 285. Ni gho.
G e n t ia n a c é e s .

126. E rylhræ a australis R. Br. n° 188. Pébukourouo.
127. L im nanthem um indicum L. n° N i.
S o lan acées.

128. Solanum torouni 1^. n° 289.
129. S. sp., n° 290. M boidavui.
130. *S. sp., sans nu.
A ca nth acées.

131. Acanthus ilicifolius L. n° 286.
Annales du Musée colonial de Marseille. — 2* sé rie, 9* vol. 1911.

û

�(; t ;

A. GUILLAUM E

132 Pseiideranthemum tubereulalum Radlk. n° 112. Schano.
V er bên a cêes.

133. Vite* Xegundo L, = V. Bicolor W illd = ? V. trifolia
L. n° 300.
13t. tirera bignonioides Schllr. sans n°.
135. O. sp. allinis O. pu le he lia n° 326.
136. Avicennia ofpcinalis L. nos 81, 270. Heûn.
L a b ié e s .

137. Teucrium in fiat uni S an-. n° 276 -.
A m ara n th a cêes .

FLORE IXE BOFRAIL

67

149. Stenocarpus urnbellatus Schltr. = E m bothrium umbellatum Forst. n° 154. Hêtre blanc.
150. St. Dielsianus Schltr. n° 244. Hêtre blanc.
L oranthacées.

151. Loranthus neo-caledonicu.s Schltr. n° 415 partira.
152.

Viseura opualioides L. n° 138. parasite sur les Mvrtacées.
S antalacées.

133. S antalum austro-caledonicum \ ieill.. var. n° 49. Tabakai.
154. Exocarpus neo-caledonicus Schltr. et Pilger n° 137.

138. Achyranthes argentea Lani. n° 183. MasÔO.
F upuorbiacées.
CïlÊXOPODlAGÉES.

139. Chenopodium ambrosioides L. n° 373.
POLYGONACÉES.

HO. Polygonum barbatum L. n° 283.
M o m m ia c é e s .

1il . Hedycaria cupulata H. Bn. var. vel sp. nov., il0 124 et
sans n°. P o u rritsa.
L a u ra cées.

H 2. Beilschmiedia oreophila Schltr. sans n°. N ara.
14-3. Hernandia cordigera Vieill. n° 13 p a rti ni.
PROTÉÂGÉES.

lit.
145.
146.
I 47.

Beauprea diversifolia Brong. et Gris sans n°.
B. Balansæ Brong. et Gris n° 2i0.
B. spathulæfolia Brong. et Gris n° 2 i0 . H être rouge.
Grevillea Deplanchei Brong. et Gris nos 76 partira, 153
et sans n°. Hooku. — Les écorces et les feuilles
hachées sont employées comme tonique par les vieil­
lards.
148. Grevillea macrostachya Brong. et Gris n° 243.

155. P h ylla n lh u s chrysanthus IL Bn. n° 122. M bouix boué.
156. P. kanalensis IL Bn. var. n° 411. Kivo mé.
157 . P. sp. n° 238.
158. P h ylla n lh u s ? n° 22 par tint et sans n°.
159. G.roton insu lare IL Bn. n° 145.
160. Codiœum variegafum Bl. n° 19. Arou (qui signifie
rouge). A rbrisseau de 3 à 4 m ètres, à feuilles d'un
rouge brun; en les frottant dans l'eau avec les mains,
elles constituent un poison pour les crevettes.
161. Steigeria m ontana Midi. Arg. n° 25. M bouisé. Dépu­
ratif.
162. Claoxylon iosulanum Müll. Arg. nP 130. KoÔ.
163. M allotus répandus Müll. Arg. n° 350. N doundara.
164. Cleidion tenuispica Schltr. n° 396. Djaouméri.
165. Cl. Vieillardi IL Bn. n0s 30, 173, 303. sans n°.
166 Cl. sp. aflinis Cl. tenuispica Schltr. n° 21 partira.
167. E.ccæcaria Agallocha L. sans n°.
168. Tréma Vieillardi Schltr. n° 404. M boireu.
U r t ic a c é e s .

169. Ficus prolixa Forst. n° 34.
170. F. edulis Bur. n° 32. M Baoué. — Fruit comestible.
171. F. austro-caledonica Bur. ? n° 230.

�08

A. GUILLAUMIN

FLORE DE BOURA1L

172 Ficus sp. alliais, F. edulis Bur. n° 87. M Biouin.
Arbre de 7 à 8 mètres poussant sur les mam elons arides,
fruits comestibles.
173. Sparattovycc dioica Bur. a" 220. Poi ngoo tirai.
17 i . Cudrania javanensis Trécul saas n°.
173. Cyjtholophus beterophyllus'W edd. n° 184. K aradgin.
170. Pipturus velutinus W edd. ? a0 82. Zhio.
Les graines blanches sont très recherchées des pigeons.
177. P. incanus W edd. nos 12, 272. N Diù. — Les écorces
des baliveaux servent à faire des Ocelles et des tilets
très recherchés.
178. Pipturus l n° II. Ahoua. — Fournit des libres pour les
étoiles canaques.
C a sia r i

69

Z INGIDÉRACÉES.

187. Curcuma sp., n° 186.
C annacéks.

188. Canna indica L. Balisier, introduit, cultivé.
P

a l m ie r s.

189. Microkentia Schlechteri Dammer n° 231. Méembi.
190 M. sp., n° 232. Méembi.
191 . Actinokentia ? n° 62. Mémebi.
D io s c o r é a c é e s .

192. Dioscorea bulbifera L. n° 380. Shoa.

nagées.

L il ia c é e s .

179. Casuarina Cunninghamiana Miq. nos 46, 47. H euria,
NDemoo.
Arbre d'une dizaine de m ètres fournissant le bois de fer.
179 bis. Fasciation de la branche term inale, n° 421.
O r c h id é e s .

180. Gonatoslylis Yieillardi Schltr. n° 261.
181. Dendrobium muricatum Fiaet a 0 57. Shano.
Grande orchidée à fleurs blanches poussant dans les forêts
des hautes régions. Cette fort belle plante, très orne­
mentale, n ’était connue que par deux échantillons
d herbier recueillis l’un à la Conception par Balansa,
l’autre sur le Ivoghi. à 700 m ètres, par Faucher. Il
en existe en outre un pied dans les serres du Muséum
transm is par M. Bonati qui l’avait reçu de NouvelleCalédonie.
182. D. sp., n° 267.
183. Eriaxis rigida Heichenh. f. nos 26, 269. A m oro.
Les Canaques en m angent les feuilles quand ils sont
atteints de coliques ou de maux de tête.
181. Farina Deplanchei Reichenb. f. n° 266.
183. Thelijm itra longifolia Forst. sans n°.
186. Microtis jtarviflora B. Br. n° 265.

193. Geitonoplesium cym osum A. Cunn. n° 330. Aondhio.
194. Lomandra sp. n° 60. Dighoten.
Les femmes canaques l’emploient pour faire leurs tapas
(vêtem ent).
195. Cordyline sp. n° 67. N Diro.
196. A rthropodïum sp. affinis A. paniculatum 1)C. nos 112,
156. Shano.
197. Dianella austrocaledonica Seem. n° 8. Mambi.
Graine tinctoriale (bleu indigo).
198. D. sp. n° 333.
F l a g ë l l a r ia c é e s .

1.99. Joinville a elegans Brong. et Gris nos 64, 384. W ara.
J o n ca cées.

200 . Juncus pauciflorus R. Br. n° 189. K eureukaim éga.

201 .
202 .

P anda na cées.

P and anus macrocarpa Vieill. n° 66. Meeu.
Freycinetia sp. n° 7. N d ig ri.
Petit arbrisseau cultivé par les Canaques, donne une
teinture bleue pour les étoffes, notam m ent pour les
coiffures.

�A. OIILLAIMIN

70

FLORE L)E ROERAIL

203. Ficus sj). n" 23t. Mi.
CVPKRAGÉES.
201.
205.
200.
207.
208.

209.
210.
211.
212
213.
214.

Cyperus cyperinus Yahl n" -&gt;12. Djiaguru.
C. rotundus L. ? n° I tO. Jilio.
C. sj). n° 377.
C. sp. n° 150. Oho.
Elæocharis esculenta Yieill. n° 10 et sans n°. N déri.
Cultivé. Fournit des rhizomes alim entaires et sert à
faire des manteaux de cérémonie pour les chefs.
Firnbristylis neo-ealedonicum Clarke n° 151. P etia n dé.
Scirpus mucronalus L. n" 378.
Schœnus arundinaçeus Forst. n° l i7 . N dara.
Carex cernua Bott, var. lobolepis Ivükent. n° I t8 pro
parte. Kuru.
C. spatiosa Bott n° 9. Moreu ou Mœureu.
Graine tinctoriale (bleu indigo).
C. sp. nov.? aflinis C. indien off., n° 1i l .

F i i .ig in é g s .

222. Trichomanes rigiduni sub. sp. denlalum Y. den Bosch

n° 298. Ououé.
223. Nephrolepis hirsutula Presl. n" 300. Koïa aré.
2 2 i. IÀndsea lincaris Sw artz n° 105.
225. Asplénium falcatum L am ., n° 96. Hourouraï.
Croît sur les rochers du bord de la mer.
220. A spidium nidus L. n° 98. M boui no.
Croît sur les m ontagnes de la chaîne.
227 . Adiantum fu lv u m Raoul n° 302.
228. Picridium a q uilinum , var. esculentum Ivuhn. n° 99.
M Baoué — Croît de préférence dans les terrains
micacés.
229. Lomaria gibha Labill. n° 30. Ouéri.
Croît dans les terrains humides, vermifuge.
230. L . procera Desv. n° 94. Kahouzhérèu.
Croît dans les terrains m iniers arides de la chaîne.

231.
G r a m in é e s .

215. Coix Lacryma Johi L. n° 69. E Houa. — Croît dans le
sable, fournit un excellent fourrage : les graines servent
à faire des colliers.
210. Andropogon Allionii DC. vel refractus H. Br. ? N Dâho.
Dans les endroits où domine cette gram inée, h élevage
du mouton est impossible : les piquants (les éjnllets)
s'attachent à la toison des anim aux et leur provoquent
des ulcères principalem ent dans les jam bes et aux
articulations. Les bêtes dépérissent rapidem ent.
217. A. schœnanthus Roxb. n° 65. N Dôwi.
Les indigènes font des flûtes avec la tige; feuilles très
agréablement arom atiques.
218. Greslania rivularis Bal. n° 63. Karé.
C o n ifè r e s .

219. Agathis ovata W arb. nü 37. M Boghe.
220. Podocarpus minor Parlât, sans n°.
221 . P. novæ-caledoniee Vieill. sans n°.

71

P o ly p o d iu m P h ym a lo d es

L. n° 95. Ourouraimi.

Croît sur les rochers élevés du littoral.
232. Cyclophorus scytopteris Fourn. = C. confluons Chris-

tensen n° 303. Moitgiri.
233. D ry naria diver si folia J. Smith. n° 97. Pécouéso.
Pousse sur les arbres des forêts de la chaîne centrale.

234. Sch izea dichotoma YVilld. n° 299. Mépoé.
235. L ygodium reticulatum Schk. n° 283.
230. H elm inthostachys zeylanica Ilook. n° 301.
L y c o po d ia c é e s .

237. Lycopodium cernuum L. n° 100. Kari moraoué, Sapindera.
238. L. densum Labill. nos 93, 304. Karé moraoué, Sosou.
Croit dans les terrains arides.
239. L. mirahile W illd. n° 22. Pésinghoua.
Pilé et macéré dans l’eau, il est employé comme régéné­
rateur des cheveux.
240. L. p h y lla n lh u m Arn. var., n° 305. Pétoumagué.
241 . Psilotum triq u etru m S\v. n° 341.

�72

A. GUILLÀIMIN
S é l a g in e l ia c é e s .

212. Se la y inc lia usta Yieill. ?, n°' 101, 391.
213. N. fia bel lata Sping. n" 30fi. Pesinghoua (Même nom
indigène que le Lycopodium mirabile).
M oi'SSE S.

2 ii. Pterobryella tcayapcnsis Müll. c fÇ . ü" I *'-•
Xese trouve que dans les forêts sombres des plus hautes
régions.
2 i Ti. Sciadoeladus splcndidus Pœseh) Jgr. sans n°.

ELOItE l&gt;E ROI RAIL

73

formé de bractées entières,lancéolées; 12 m m .X 2 mm. g
ombellules «à pédoncules de I cm. 5. Fleurs à pédice lie gl abre de 1 mm. 5; sépales étroits, pétales...;
ovaire biloculaire avec style long, bifide au sommet.
F ru it inconnu n° 317.
Cette espèce se sépare nettem ent des deux autres espèces
du g enre; de VA. cefulinum couvert de poils roussàtres et à feuilles coriaces présentant sur tout le
pourtour des dents mamelonnées, «le 1.1 ylabraturn
qui a des feuilles plus petites, à pétiole plus long et à
limbe profondément crénelé, plus épais.

L ic h e n s .
PLANTAGINACÉES.

2ifi. Cladonia rclipora Flk. n" 300.
217. Cladina sylvatica, var. pycnoclada (Pers. ) N vl, n" 308.
218. Sticla subpunclulata Hue n° 310. Pétiaparé.
A

r a l ià c é e s .

219. Xolhopanaj? sp. n" 310. Kiarou.
250. M yodocarpus! fraæinifolius ? Brong. et Gris n" 250.

Mooiô.
251 . Myodocarpus sirnplicifolius Brong. et Gris, vur. loba!us
11. Yiguier n°321. Commaré.
252. M eryta sp. sans n".
253. Schefflcra Xono 11. lin. n° 315. Nigaraakaren.
251. Apiopetalu/n Penneli H. \ iguier sp. nov. :
Feuilles sim ples; pétiole presque nul; limbe mince,
glabre, obovale-lancéolé, aigu, acum iné, sinueux ou
légèrement denté, longuem ent atténué à la base, long
d ’environ 10 cm., large de 0 à II cm. ; nervures
secondaires assez, espacées (I cm ., 5 environ) avec
1-2 nervures interm édiaires dans l’intervalle, réseau
tertiaire, peu serré, saillant sur les deux faces. Inllorescence glabre; bractées situées sur l’axe principal,
longues de 3 cm ., larges de 0 cm. 5, entières, glabres,
présentant une nervure principale et des nervures
secondaires nettes; rayons principaux de l’om belle
longs de 5 cm ., glabres, term inés par un involucelle

255. Plantayo m ajor L. n" 235.
M oi SSE.

25fi. Spiridcns Camusi Thériol sp. nov. : diagnose originale
in Hull. Acad, fnlcrn. de Géoy. bot., XX. p. 99 :
Tige sim ple, longue de 15-20 cm .; feuilles engainantes,
larges et courtes, très étalées, squarreuses sur le sec,
crispées, à acumen plus ou moins circiné par la dessic­
cation, à bords épais, dentés de la base au sommet,
longues de 12 m m ., larges de 3 mm. 5. à nervure
légèrement excurrente. Feuilles périchœtiales externes
courtes, très petites; feuilles intim es plus étroites,
plus longues, fortement appliquées sur la capsule
q u e lle s entourent; pédicelle court, long de I mm. 5;
capsule incluse, ovale-oblongue, légèrement arquée,
plus ou moins sillonnée, ferme, m arron, longue de
fi mm. (sans opercule). Opercule conique, longuement
rostre, long de 1 m m .; dents du péristom e jaunâtre
pâle, dressées sur le sec et recourbées au sommet,
longues de I mm. fi, larges de 0 mm. 25 à la base;
processus de l endostome de même longueur que la
m em brane basilaire, ouverts sur la carène et aussi
longs (jue les dents : pas de cils.
Fort belle espèce qui se distingue aisément à l’œil nu «le
toutes ses congénères, n° 307.

�GUILLAUMIN

/1
H

— P l a n t e s r e c u e il l ie s a l ' îl e des P ins
I‘AR J e ANNENEY.

I/île des Pins i« été explorée au point de vue botanique par
presque tous les collecteurs de Nouvelle-Calédonie : aussi la
flore en est-elle bien connue. .le donne toutefois ici les déter­
minations d'un petit paquet d une trentaine de plantes en assez
mauvais état recueillies dans cette île par Jeanneney, agent
de culture, et faisant partie des collections du Musée colonial
de Marseille.
1.
2.
3.
i.

5.
0.
7.
(S.
9.
10.
II.
12.

13.
14.
13.

Hibbertia pulchella Schltr. nos (&gt;, 19, 23.
Pittosporum Baudouini Brong. et G ris? n° 19.
Moutrouziera sphœroiden Brong. et Gris pas de n°.
Dubouzelia canipanulata Brong. et Gris = Ducosia f u lgens Vieil 1. mss. n° 4.
L’échantillon diffère du type par les sépales m oins lai­
neux et plus courts.
D ysoxylum m inutiflorum C.DC. ou gatopense C.DG. ?
pas de n°.
Pancheria Engleriana Schltr. = lJ. montana Brong. et
Gris, m ss., pas de n°.
P. alaternoides Brong. et (iris plusieurs échantillons
sans n°.
Cunonia purpurea Brong. et Gris n° 27, et 2 échantillons
sans n°.
Bceckea ericoides Brong. et Gris pas de n°.
Syzygiurn wagapense Brong. et Gris pas de n°.
Honialiumcanalense Guillaum. nomen no\ . = Black ivellia
canalense Vieill. pas de n°.
Ixora nov. sp. ?, n° 30.
L échantillon est identique aux n05 039 et 000 de Vieil­
lard, 2020 et 2423 de Balansa.
Psychotria collina Labill. n° 28.
P. Pancheri Schltr., var. rubiginosa H. Bn., mss.
Pterocaulon cylindrostachiurn Cl. = Monenthele» spicatus
Labill. n° 01.

FLORE DE HOU UAl L

10.
17.
18.
19.
20.
21 .
22.
23.
2i
23.
20.

Scfrnoln Bechii Zalbr. n" 22.
Leucopogon Vieillardi Brong. et G ris?
Tourne for lia argentea L. pas de n".
Beilschmiedia lanceolata Panch. et Seb. ? pas de n°.
Garniera spatliulæfolia Brong. et (iris n° 31.
P hyU anlhus trneus II. Bn. ? pas de n°.
P. sp., n° 74.
Dendrobium ateatoglossuni Heichenb. f. pas de n".
F im b ristylis sp., pas de n°.
Podoearpus m inor Parlai, pas de n°.
P . gnidioides Carr. pas de n°.

�GATALOGEE DUS PLANTES PHANÉROGAMES
DE LA

NO UV ELLE-CALÉDONIE ET DÉPEND AN CES
(ILES DES PINS ET LOYALTVj

�INTRODUCTION

Depuis quelques armées, les botanistes français ont tourné
leur activité vers les llores coloniales, voie où, depuis long­
tem ps déjà, les A nglais les avaient précédés avec les llores
du Niger, de l’Afrique tropicale, du Cap. de Cevlan, de l'Inde,
de la Péninsule Malaise, etc. La flore de M adagascar a été
commencée par Bâillon et Drake del Castillo mais a été inter­
rompue par la mort des deux auteurs ; toutefois Palackv a
publié un catalogue des plantes malgaches, et M. le prof.
Ileckel vient de publier dans les Annales &lt;lu Musée colonial,
11)10, un catalogue raisonné, pourvu des noms indigènes
en divers dialectes malgaches, des plantes utiles de Madagas­
car. Celle d Indo-Chine, entreprise par M. le professeur
Lecomte, avance rapidem ent : il existe des llores de La Réunion,
de Tahiti, des A ntilles françaises, et M. Auguste Chevalier
donne les principaux résultats de ses explorations dans
l'A frique occidentale française. Seules nos colonies de la
Guyane et de la Nouvelle-Calédonie sem blent avoir été délais­
sées ou tout au moins m anquent de travail d'ensem ble. Cepen­
dant il existe un catalogue des plantes utiles, médicinales et
toxiques de la Guyane par M. le prof. Ileckel (Ann. du
Musée Col. d e M arseille, 1897), et Sagot avait élaboré une flore
de cette région, travail que sa m ort seule a empêché de paraître.
Chargé par M. le professeur Lecomte du rangem ent des
collections néo-calédoniennes des herbiers du Muséum de
Paris, j ’ai senti plus vivem ent la lacune causée par le manque
d ’une flore de la Nouvelle-Calédonie, j'ai constaté l'em barras
où l’on se trouve pour rechercher les diagnoses éparses çà et
là 1, puisque les seuls travaux de longue haleine entrepris à ce
I. Pour la bibliographie voir : Nallée, tassai d'une bibliographie de la
Nouvelle-Calédonie, Zahlbrückner, Beitrag zur Flora von Neukaledonien
in A nnalen der k. k. nul. l lo f Muséum* III, et la rubrique spéciale dans
le Bolanische Iahresbericht de Just.

�80

A. r .r i L L M MIN

I'LANTKS l'IlANKHOf; \ M|-;s DF. LA \OL’VKLLE-CALKDOME

sujet consistent uniquement en la déterm ination des plantes
de Schlechter par le collecteur lui-mêm e et de celles de
Grunow par Zahlbrückner. J ’ai encore été fortifié dans cette
opinion par mes conversations avec ceux qui ont herborisé en
Nouvelle-Calédonie : il y a quelques mois à peine, le dévoué
correspondant qu'avait le Muséum en la personne de M. le
Hat, me disait de quel secours serait pour tous les botanistes
un travail d ensemble sur la flore canaque. C'est pour répondre
à ce desideratum que j ’ai entrepris le « Catalogue des Phané­
rogames de la Nouvelle-Calédonie et dépendances Mes des
Pins et Loyalty) » qui, dans ma pensée, n ’est q u ’un canevas
pour une série de m onographies de familles.
J ’ai relevé toutes les déterm inations contenues dans l’herbier
de Paris ainsi que toutes les espèces publiées en y ajoutant un
grand nombre de déterm inations personnelles. On s’étonnera
peut-être que je me sois permis de publier un certain nombre
de nonien nudum , mais si j ’ai cru devoir le faire, c’est uni­
quement parce qu ils sont signés de m onographes ou que —
comme c'est le cas pour Pancher et Vieillard — les plantes
ont été distribuées très libéralement à presque tous les grands
musées botaniques d Europe. Bon nombre de ces noms doivent
certainem ent tomber dans la synonymie, mais il sera toujours
facile de le vérifier puisque je cite toujours le numéro de
l'échantillon-type et son lieu de récolte. Mon catalogue con­
tiendra forcément des erreurs, car ce n est qu'une énum ération,
non une flore : les m onographes eux-m êmes peuvent s ’être
trompés, et, dans certains cas, des num éros publiés ont disparu
rendant ainsi tout contrôle impossible. Je m'efforce du reste
de solutionner ces questions dans une série de rem arques
sur la synonymie de quelques plantes néo-calédoniennes (in
11. Lecomte, Xolulæ systemalicæ).
J'ai cru nécessaire en commençant défaire un bref historique
des collections botaniques (phanérogames) recueillies en Nou­
velle-Calédonie et pour cela je me suis livré à une enquête

auprès de la direction des grands herbiers du m onde; il en
ressort que pour la richesse, I herbier du Muséum de Paris
vient en prem ier rang, puis les collections du Jardin botanique
de Kexv, du British Muséum, du jardin botanique de Dahlem,
de la faculté de Caen, du Musée de la Cour à Vienne, du Musée
colonial de Marseille et du Musée de Florence. Alin d ’éviter
des recherches fastidieuses, j ai réuni en outre, pour chaque
collecteur, les renseignem ents biographiques et bibliogra­
phiques ayant trait à la Nouvelle-Calédonie.
Un catalogue ue com prenant q u ’une liste d ’espèces avec
localités et num éros de collecteurs aurait été très utile mais
peu pratique pour les botanistes herborisants et les colons,
aussi, sur le conseil de M. le professeur Heckel, j'ai cru bon
de m entionner les espèces utiles même cultivées ; j'ai réuni
pour chaque famille les renseignem ents en note au bas des
pages afin de les rendre plus facilement consultables. Ou’on
ne s étonne pas si j ’ai omis les noms indigènes dans l'énum é­
ration : il y a tellem ent, de dialectes canaques que cela eût été
vraim ent trop incom plet, mais on les trouvera à la fin dans
une table spéciale.
Etre utile aux savants de laboratoire, aux curieux de la
nature en même temps qu à tous ceux qui cherchent à m ettre
en valeur notre domaine colonial, tel a donc été le but que je
me suis fixé et dont j espère m ’être approché le plus possible.
Herbiers du Muséum de Paris,
lrr décembre 1910.

Annales du Musée colonial &gt;le Marseille. — 2' sé rie,

vol. I S I I .

«SI

�H IS T O IR E
IJES

EXPLOHATK )NS BOTANIQUES
E N N O U Y E I , L E - C A L É D O N IE
ET A lTX ILES LO Y ALT Y *

L’exploration botanique do la Nouvelle-Calédonie ju sq u ’au
moment de la prise de possession de cette ile par la France
est étroitem ent unie aux grands voyages de circumnavigation
entrepris dans le Pacifique à la tin du xyiiP siècle et dans la
prem ière moitié du xtx®, ainsi qu ’à 1 établissem ent des mission­
naires m aristes en Océanie.
Cook, le prem ier, avec / Adventure et la Résolution. aborda
en Nouvelle-Calédonie en ITT'i ; du ï au 13 septem bre, Cook
lui-même ', mais surtout les botanistes lieinhold Forster -.
son fils (ieorg 1 et le jardinier Anderson 1 herborisèrent aux
environs de Balade puis le 23 descendirent à 1 île Amère
Botany island) d ’où ils découvrirent 1 île des Pins.
Il semble hors de doute que Lapérouse, suivant en cela
les instructions de Louis X \ 1, ait abordé en I 7S8 à 1 île des
Pins puis à la Nouvelle-Calédonie, mais toutes les collections
recueillies disparurent dans le naufrage de Yanikoro. Sur la
Boussole, commandée par Lapérouse en personne, se trouvaient
Prévost jeune, dessinateur de botanique, et Collignon, jardinier
au jardin du Hoi; sur VAstrolabe, commandée par de Langle,
se trouvait de la M artinière, docteur en médecine, désigné
comme botaniste par de Jussieu.
D Entrecasteaux, envoyé avec la Recherche et / Espérance
* Il n’est fait mention que des collections de phanérogames.

�Si

A.

(il II,LAI M1N

pour trouver des traces de Lapérouse, reconnut la NouvelleCalédonie le 16 février 1792 et continua sa route sans avoir pu
franchir la ligne de brisants; c’est au retour seulem ent que
l’expédition jeta l'ancre au nord de Balade, à l’endroit même
où s'était arrêté Cook. Du 18 avril au 9 mai 1794, le bota­
niste Labillardière •’ et le jardinier Lahaie (i, em barqués sur la
Recherche, firent de fructueuses récoltes aux environs du
mouillage.
En 1793 ou 1803, le Buffalo, capitaine Kent, découvrit le
port Saint-Vincent et y aborda, mais on ne recueillit aucune
plante; le la juin 1827, à bord de l'A strolabe, Dum ont d ’Urville, envoyé à la recherche de Lapérouse par l’am iral de
Rossel — l’ancien lieutenant de d ’Entrecasteaux, alors m inistre
de la Marine — reconnut les îles Loyalty à peine entrevues en
1800 par le Walpole et en 1803 par le B ritannia, com m an­
dant Raven, mais n'v aborda point : il avait à bord Lesson
comme botaniste.
Le 10 décembre 1843, le Bucéphale, com m andant Julien
de la Ferrière, débarqua à la Nouvelle-Calédonie quelques
maristes : Mgr Douarre, les P P . Viard et Rougevron et deux
frères ; trois ans après (27 septembre 1845), le R hin, com m an­
dant Bérard, vint ravitailler ces m issionnaires, leur laissa un
drapeau français et emmena le P. Viard en Nouvelle-Zélande.
C est pendant cette relâche que Yédel ', Lun des officiers du
bord, recueillit un herbier assez considérable sans doute aux
environs de Balade. Quelque mois après, en 1840, un certain
nombre de missionnaires chassés des îles Salomon, en parti­
culier le P. Montrouzier 8, se réfugièrent à Balade.
Le 3 juillet 1846, la Seine, com m andant Leconte, vient,
sur les réclamations de 1 Angleterre, pour enlever le pavillon
français laissé aux missionnaires, et se perd aux environs
de Pouébo : mais l’équipage gagne la terre et est transporté
à Sydney deux mois après. Le I 7 juillet 1847, le Speck ravitaille
les missionnaires, mais peu après le départ de ce navire les
Canaques pillent la mission et massacrent presque tous les pères ;
les survivants, entre autres le P. M ontrouzier, se réfugient à
Pouébo où le 10 août la Brillante, com m andant du Bouzet,
les recueille et les transporte à Sydney.

PLANTES l’IIANÉHOüAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

85

En 1848, l'Arche d A lliancc, commandant Marceau, débarque
à nouveau quelques missionnaires en Nouvelle-Calédonie et
à l ile des Pins, entre autres le P. Goujon rj.
E ntre tem ps 1850) le baron von Mueller de Melbourne
avait organisé toute une expédition pour recueillir des plantes
u tiles: la direction en était confiée à Charles Moore ,(l, assisté
de Hadgson, Bennet, Richards, Roberts et Dunçan.
En 1853, le P. M ontrouzier qui était revenu à Sydney après
avoir évangélisé 1 île W oodlark, vient retrouver le P. Goujon
à l’île des Pins mais n ’y reste que peu de temps et passe en
Nouvelle-Calédonie à Tiaré puis à Balade. Le 24 septem bre
le contre-amiral Febvrier Despointes, embarqué sur le Phoque,
prit possession de la Nouvelle-Calédonie à Balade. On sait
dans quelles conditions il arbora le pavillon français à l’île
îles Pins : le 29 septem bre, prévenu par le P. Montrouzier de
l’arrivée du Herald, capitaine Denham, chargé de prendre
possession au nom de l’Angleterre, 1 amiral se rend à l ile des
Pins où venait d ’aborder le Iferald et, de concert avec le chef
indigène, hisse le pavillon tricolore pendant que le commodore
anglais négocie avec celui-ci. A bord du Herald se trouvaient
les botanistes Mac Gillivray 11 et Milne 12 qui herborisèrent à
l ile des Pins du 24 septem bre au 22 octobre, puis du Ht au
20 décembre. Le 7 septem bre,- le Herald avait reconnu les
îles Loyalty mais sans aborder.
Vers la même époque (entre-1 832 et l 854), sir Home 1:1visita
la Nouvelle-Calédonie et Lile des Pins, et sir Grey |; les îles
Loyalty et ils y recueillirent quelques collections.
A partir de cette époque, la France entretenant a la Nou­
velle-Calédonie un stationnaire et un détachem ent d ’infanterie
et d’artillerie de m arine, c’est presque uniquem ent à des
officiers des troupes coloniales ou â des membres du service
de santé que sont dues les explorations botaniques de la
Nouvelle-Calédonie ju sq u ’au jour où la déportation ayant été
organisée. Les m em bres du service pénitentiaire songèrent à
employer à ce but un certain nombre d ’ouvriers de la transpor­
tation. Enfin tout récemm ent quelques instituteurs intelligents
et dévoués ont appliqué leur activité à l’étude de la tlore
canaque.

�86

A. (il ILLAl’MI.N

En 1856, le 1)' Pinard *' recueille en Nouvelle-Calédonie
quelques Cycas; en 1857, le P. M ontrouzier fait la flore de I ile
Art el constitue de volumineux herbiers; en 1858, Mac Gillivray herborise pour son compte personnel dans les îles de la
mer du sud et visite la Nouvelle-Calédonie.Dès 1859, Pancher hi
est envoyé comme botaniste du gouvernem ent à Nouméa et
continue pendant plus de 20 ans d'étudier les productions
botaniques de la Nouvelle-Calédonie el de ses dépendances.
Vieillard17 et Deplanche18, tous deux chirurgiens de la m arine,
poursuivent leurs recherches botaniques aux environs des
ditlérents ports durant un premier séjour de 1855 à 1860,
et un second de 1861 à 1867. C est pendant ce deuxième séjour
que Deplanche se trouve embarqué précisément avec le capi­
taine de vaisseau Jouan 19 qui recueillait des F ougères; à la
même époque Baudoin "'0, Thiébaut21, les l)rs H eckel22et Delacour 23, réunissaient d importantes collections.
Peu après, le Muséum d ’histoire naturelle de Paris chargea
B a l a n s a l 'u n de ses meilleurs voyageurs, d’entreprendre,
tant en Nouvelle-Calédonie qu ’à Lifou, une exploration com ­
plète; en trois ans, cet excellent collecteur parcourut la
colonie en tous sens et réunit un herbier énorme.
Après lui le capitaine Sebert25, tantôt seul, tantôt secondé
par le garde d’artillerie Fournier 20, s’occupa plus spéciale­
ment de la flore dendrologique.
A partir de cette époque les collections deviennent de plus
en plus nombreuses el il n'y a presque pas d ’année q u ’il il en
soit parvenu en Europe et surtout en France.
En 1875 Mlle Iviener 27, Germain 28, le B. P. Goujon 29, en
1879 et 1880 Lecard, en 1883 de Pompéry 10, en 18 8 i Brousmiche 31, C halande32. Grunow 33, en 1885 un a n o n y m e 34,
La yard 35, en 1889 R aoul3-, M azagot37, en 1892 Jeanneney 3S
envoient successivement leurs récoltes.
En 1894, lors de la disparition du Musée des colonies et de
la démolition du Palais de T Industrie à Paris, les collections
furent données au Muséum par le ministère des colonies :
outre de nouvelles collections de Pancher, Vieillard, Deplanche.
Lecard. Sebert et Fournier, les récoltes de Kay 30 et de Petit 40

PLANTES l’HAN KKOLAMKS DE LA NOl V EL LE-LAI. EDO NIK

87

vinrent augm enter l’herbier national. En 189’’), le colonel
Pelletier 41 recueillit quelques plantes et de nombreux bois;
en 1897. P ennel42 explora les environs de Bourail, et en 1899
le R. P. Agatope 43, puis quatre ans après le D1"Spire 44 recueil­
lirent quelques plantes. De 1898 à 1903, le libéré C rib s4’ recueil­
lit des plantes pour Bernier, conservateur du Musée de Nou­
méa ; en même temps Franc 40, Le H a t47 et le Dp S chlechter4S,
ce dernier venu exprès d'Allem agne, réunirent d’im portantes
collections. Enfin en 1909, Fetscherin 49 herborisa entre Thio
et llouaïlou.
Pour être complet, il faut encore signaler quelques plantes
recueillies à une époque indéterm inée par Aguillon, Savès,
Lequerré, Le Jo lis50, C harpentier51, Strange, Caldwell, Krüger, Bougier, Moutin, P e rre t52 à la Nouvelle-Calédonie et par
W ithm ee -3 à Lifou ; enfin Daniel Cooper envoya au jardin
de Kew quelques graines qui donnèrent des plantes dont
l’une fut reconnue comme nouvelle.
1. James Cook, né à Marton le 27 octobre 1728, servit dans la marine
britannique, fut envoyé à Tahiti sur l'Endeavour pour observer le pas­
sage de Vénus sur le soleil (1er voyage 1768-1771;, puis repartit avec
l'A d vent tire et la Résolution pour vérifier s’il existait un continent
austral 2r voyage 1772-1775). Dans son 3e voyage 1776-1780) avec /a
Résolution et la Découverte il chercha un passage pour arriver en Asie
par les mers du nord ; c'est au cours de cette expédition qu'il fut mas­
sacré aux des Sandwich le 1i février 1779. Quelques plantes au British
Muséum.
2. Johann Reinhold Forster, professeur d'histoire naturelle à l'Uni versilé de Malle, né à Dirschau le 22 octobre 1729, mort à Halle le 9 octobre
1798.
3. Johann, Georg, Adam Forster, fils du précédent el comme lui
botaniste du 2e voyage de Cook, né à Dantzig le 26 novembre 1754,
mort à Paris le 11 janvier 1794 * ; Florulæ insularuin australium prodronius 1786, De plantis esculentis insularum Oceani aus/ralis eomnienlatio holanica 1786.
Herbier des deux Foster acquis par le British Muséum à la vente
Lambert 1842 . Quelques doubles distribués. Aquarelles et dessins ori­
ginaux au British Muséum.
' Je n’ai indiqué que les publications relatives à la flore de la NouvelleCalédonie.

�PLANTES l’IlANEKOOAMI S l&gt;E LA MH VELI.E-CALÉDONIE

i. William Anderson, jardinier, compagnon de (look dans ses 2'et 3e voyage, mort en mer le 3 août 1778. Collection au Brilish Muséum.
5. Jacques Julien Mu ton de Labillardière, m embre de l ’Académie des
sciences, né à Aleiiçon le 28 octobre 1735, mort à Paris le 8 janvier 1834,
compagnon de d ’Eutrecasteaux dans le voyage à la recherche de
Lapérouse : Relation du voyage à la recherche de la Pérouse, 1799 ; Sertum austro caledonicum 1824-1823. Herbier acheté par W e b b et légué
par celui-ci à l'herbier de Florence, en 1853. Quelques doubles distribués,
surtout au Muséum d'histoire naturelle de Paris.
6. Lahaie, jardinier du Jardin du Roi, accompagna Labillardière dans
son voyage autour du monde. Herbier et journal inédit acquis par le
Muséum de Paris en 1879. 106 plantes de la Nouvelle-Calédonie.
7. Yédel, oflicier du Rhin, collection au Muséum de Paris.
8. Xavier Montrouzier, missionnaire mariste, né à Montpellier le
3 octobre 1820, mort à Saint-Louis, près Nouméa, le 10 mai 1897, herbo­
risa à Sydney en 1845 en allant aux des Salomon, se réfugia à Balade
en 1840, évangélisa l'ile Woodlark de 1847 à 1852, puis revint à Sydney.
En 1853 il repassa à l'ile des Pins puis en Nouvelle-Calédonie à Tiaré
et Balade. En 1853 il est à Nouméa, en 1857 à l'ile Art, en 1858 à Lifou,
puisa Canala et à Hienghène, en 1803 à Païla, de 1872 à 1896 à Nouméa
et de 1896 à 1897 à Saint-Louis. Quelques plantes de Sydney 1845' de
Pile des Pins i 1853 , flore de l'ile Art 1857 et collection des environs
de Nouméa : Flore de l'ile A r t, in Mémoires de l'académie des sciences,
belles-lettres et arts de Lyon, X. 1800 ; S u r le N iaulé , Journal de
pharmacie, IV, 1860. Herbier de Pile Art envoyé par Montrouzier à
B. P. Perroud en 1859 ? et légué par Louis Perroud, son (ils, à la faculté
de Lyon; un second herbier avec numérotation différente donné en
1806 à la faculté de Montpellier. Quelques plantes dans 1 herbier Pancher
et plus spécialement de Pile des Pins) données par Montrouzier au
Muséum; doubles de la collection de Lyon donnés au Muséum par le

Dr Beauvisage.
9. R. P. Goujon, missionnaire mariste, quelques plantes transmises
au Muséum parle capitaine Germain.
10. Charles Moore, jardinier chef du Musée philologique de Mel­
bourne, puis directeur du jardin botanique de Sydney.
Plantes utiles rapportés au jardin de Melbourne, quelques doubles
distribués par F. von Mueller.
11. John Mac Gillivray. mort à Sydney en 1807, botaniste du voyage du
Fly, puis de celui du Ratllesnac ke, et compagnon du capitaine Denham

dans le 2'' voyage du llerahl 1853-1850), visite Pile des Pins au cours
de ce voyage (1853 , démissionne, puis herborise pour son compte per­
sonnel, en Polynésie, en particulier en Nouvelle-Calédonie 1858 et à
Pile des Pins 1800 . Piaules de l’expédition du H erald au British
Muséum et à l'herbier du Jardin botanique de Kew, récoltes personnelles
acquises par le Muséum de Paris à Sa lié en 1868.

89

12. W illiam tirant Milne, du jardin botanique d'Edimbourg, assistant
de Mac Gillivray dans le 2e voyage du Herald en 1853, visite les iles
Fidji en 1856 J puis herborise sur la côte sud-ouest de l’Afrique depuis
1802; mort à Creektown le 3 mars 1800.
13. Sir James Everard, R. N. Home, né en 1798, mort eu 1853 ou
1854, médecin de la marine britannique, visite la Jamaïque, puis FAus­
tralie, la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Calédonie et île des Pins 1852
et la Polynésie; 1280 plantes d Australie et du Pacifique au British
Muséum. Une autre collection à Kew.
14. Sir George, R. C. B. Grey, né à Lisbonne en 1812, mort le 19 sep­
tembre 1898, explore l'ouest et le nord-ouest de l'Australie en 1837 et
1838, gouverneur du South Australia en 1841, de la Nouvelle-Zélande en
1846, du Cap en 1854, de nouveau gouverneur de la Nouvelle-Zélande
de 1877 à 1884. Deux gros paquets de plantes à lvew en 1854.
15. Pinard, médecin de marine, 3 Cycas,au Muséum de Paris.
10. Jean-Armand-Isidore Pancher, jardinier au Muséum de Paris,
envoyé comme botaniste du gouvernement à Tahiti, puis à Nouméa en
1859, y esl mort à 03 ans en 1877 : Description de l'Aralia tenuiflora
Adansonia X 1871-3; en collaboration avec Sebert, Notices sur les bois
de la Nouvelle-Calédonie. Nombreux envois de graines, de bois 108 n0'
et de plantes sèches environ 2.000 n0' au Muséum de 1801 à 1870. à
l'herbier des colonies, et à Kew 800 n0*) ; herbier particulier donné au
Muséum par Hennecart en 1879, nombreux doubles distribués.
17. Eugène Vieillard, chirurgien de la marine, mort à Caen, directeur
du Jardin botanique, en 1872 ou 1873, stationna en Nouvelle-Calédonie
de 1855 ii 1860 et de 1800 à 1807 : F tu des sur les genres Oxera et Deplanchea, Bulletin de la Société linnéenne de Normandie, VII, 1862, Plantes de
la Nouvelle-Calédonie, ibid., IX, 1805, Notes sur quelques plantes de la
Nouvelle-Calédonie, ibid., Note sur quelques plantes intéressantes de la
Nouvelle-Calédonie, ibid., X, 1866; E lude sur les Palmiers d elà NouvelleCalédonie^ ibid., 2* série, II, 1872, Les plantes utiles de la NouvelleCalédonie, Annales des sciences naturelles, 4e sér.. XVI, Is62 ; en colla­
boration avec Deplanehe. Essais sur la Nouvelle-Calédonie, Revue mari­
time et coloniale, VI et VII, 1862-1803. Herbier personnel donné par
Lenormand à la faculté de Caen, collection presque complète au
Muséum, nombreux doubles distribués.
18. Émile Deplanehe, chirurgien de marine, né en 1824, mort à
Argentan en 1874, séjourna en Nouvelle-Calédonie en même temps que
Vieillard. Herbier au Muséum de Paris, nombreux doubles distribués.
19. Henri Jouan, capitaine de vaisseau: Recherches sur l'origine et la
provenance de certains végétaux phanérogames observés dans les iles
du grand Océan, in Mémoires de la Société impériale des Sciences natu­
relles de Cherbourg, XI, 1865. Notes sur quelques anim aux et végétaux
rencontrés dans les mers australes, considérés au point de vue de la
classification et de leurs rapports avec l'Industrie, ibid., XVIII, 187 L Les

�90

A. (Ull.LAI MIN

plantes alimentaires Je l'Océanie, ibid., XIX, 1875; Les plantes indus­
trielles Je l'Océanie, ibid., XX, 187&lt;&gt;, collection de Fougères.
20. Baudouin, capitaine d'infanterie de marine herborisa en NouvelleCalédonie et en Indo-Chine; 3(»2 plantes de Nouvelle-Calédonie parve­
nues au Muséum de Paris en 1805.
21. Thiébaut, lieutenant de vaisseau, 220 plantes de la Nouvelle-Calé­
donie et de Lifou, au Muséum de Paris.
22. Edouard lleckel, pharmacien et m édecinde la marine,actuellement
directeur du Musée colonial de Marseille et professeur à la faculté des
Sciences et à l'École de Médecine de celte ville : S u r le Fontaines Paneheri originaire Je la Nouvelle-Calédonie, in Journal de pharmacie et
de chimie, 4° sér., XVI ; Eludes au point Je vue botanique et thérapeutique
sur le Fontainea Pancheri, thèse de doctoral, 1870; sur le Harrington in
intermedia Miers. in Bulletin d e l à Société botanique de France, XXXII,
1885 ; Coup d'œil sur la /tore générale du Prony (Haie du Sud, NouvelleCalédonie) et sur sa distribution en zones (avec une planche et des
figures dans le texte) in Annales de la Faculté des Sciences de Marseille,
juillet 1892 ; plantes recueillies en 1807-8 et 9, déposées au Musée colo­
nial de Marseille.
23. Edouard Delacour, médecin de la marine, attaché au service sani­
taire des ports, collection de fougères.
24. B. Balansa, voyageur du Muséum, mort au Tonkin en 1891, voyagea
en Orient 1800), au Maroc 1807 , en Nouvelle-Calédonie (1808-1870), au
Paraguay (1877-1878 et 1884-85) et au Tonkin (1880-1891) ; Ascension
du Ml l/urnboldl, in Bulletin de la Société botanique de France, XIX,
1872; Catalogue des graminées de la Nouvelle-Calédonie, ibid., Végé­
tation de la Nouvelle-Calédonie, in Revue des sciences naturelles de
Montpellier, III, 1872, Géographie botanique de l'Océanie et de la Nou­
velle-Calédonie; in Bulletin delà Société d’histoire naturelle de Toulouse,
VII, 1872-73; La Nouvelle-Calédonie et ses dépendances, in Bulletin de la
Société de Géographie 1873. 3.753 numéros de la Nouvelle-Calédonie,
de Lifou et de Pile Art, collection princeps du Muséum de Paris.
25. Seberl, capitaine d ’artillerie de marine, actuellement général et
membre de 1 Institut : Notice sur les bois de la Nouvelle-Calédonie,
Revue coloniale, 1871, complété par une partie descriptive de Pancher
et publié en volume, 1872. Collections personnelles dans l'herbier
Pancher, recueillies avec Fournier, dans l’herbier du Musée des colo­
nies, à la direction de l'Artillerie et au Musée de Nouméa, au Muséum
de Paris et à celui de Sydney2fi. Eugène Fournier, garde d ’artillerie à la Baie du Sud NouvelleCalédonie), y est mort en 1872.
27.
M,le Kiener, missionnaire protestante, herborise en Australie et à
la Nouvelle-Calédonie, puis en Afrique dans la région du Haut-Zambèze.
Collections transmises au Muséum de Paris par M. de Seynes.

PLANTKS PHANÉROGAMES DK LA NO» VKLLE-KALÉDONIK

91

28. Germain, capitaine d’infanterie de Marine, herborisa sur les bords
de la mer Rouge, en Indo-Chine, en Nouvelle-Calédonie 1875-1879 .
Toutes les collections données au Muséum, y compris quelques plantes
du R. P. Goujon; plusieurs doubles distribués.
29. Lecard, inspecteur des établissements agricoles pénitentiaires à la
Nouvelle-Calédonie. Herbier et collection de bois principalement de la
Chaîne australe donnés à l’herbier du Muséum et au Musée des colonies.
30. De Pompéry, 150 plantes données au Muséum.
31. Brousmiche, pharmacien de la marine d ’abord en Nouvelle-Calé­
donie puis en Indo-Chine, actuellement pharmacien civil à Tuven-quan
Indo-Chine). 1.300 plantes de Nouvelle-Calédonie offertes au Muséum de
Paris : Archives de médecine navale, XLI, 1884.
32. H. Chalande, Orchidées données au Muséum.
33. Albert Grunow, chimiste de la fabrique d'objets métalliques de
Berndorf (Autriche), herborisa aux environs des ports rlc la NouvelleCalédonie et à Thio. Collection au Musée de la Cour à Vienne.
34. Médecin major de Bouloupari.
35. T. L. bavard, consul anglais en Nouvelle-Calédonie, Orchidées
vivantes envoyées au jardin de Melbourne.
30. Raoul, chirurgien de la marine, 147 plantes sèches données au
Muséum, quelques plantes vivantes, surtout des Conifères, données au
jardin botanique de Sydney.
37. Mazagot, garde-mines à la Nouvelle-Calédonie, 190 plantes au
Muséum de Paris.
38. Jcannenev, agent de culture à la Nouvelle-Calédonie : La NouvelleCalédonie agricole, 1894. 507 espèces de la région sud et de l’ile des
Pins, au Musée colonial de Marseille, quelques-unes données par le IV
lleckel au Muséum de Paris.
39. Kay, collection entrée à l ’herbier du Muséum de Paris avec celles
du Musée des colonies.
40. Petit, instituteur, compromis dans les affaires de la Commune en
1871, déporté en Nouvelle-Calédonie, environ 200 n"' dans l’herbier des
Colonies donné au Muséum de Paris.
i l . Pelletier, colonel d ’infanterie de marine, quelques plantes sècbes,
échantillons de bois et de produits au Musée colonial de Marseille.
42. Pennel, commandant du pénitencier de Bourail, 431 nos au Musée
colonial de Marseille.
43. H. P. Agatope, missionnaire mariste, petite collection personnelle.
44. Spire, médecin de marine, recueillit quelques plantes en NouvelleCalédonie, explora le Laos actuellement en Afrique. Herbiers au Muséum
de Paris.
45. Cribs, ouvrier de la transportation, recueillit, de 1898 à 1903, de
nombreux herbiers pour le compte de Bernier, conservateur du Musée
de Nouméa :1e premier figura à la section néo-calédonienne de l'Exposi­
tion universelle de Paris en 1900 el se trouve à Nouméa environ 100 n®»

�92

A. GUlLLÀlMIiN

ont été donnés au Musée de Berlin ; le second, d ’environ 501) nu\ est au
Muséum de Paris.
46. Franc, instituteur à Nouméa, herborisa en Nouvelle-Calédonie de
1905 à 1909. Une collection de i 17 nos se trouve au Muséum de Berlin,
une autre est la propriété de M. Bonati, pharmacien de l re classe, à Lure,
&lt;pii a donné 223 doubles au Muséum de Paris.
47. Le Bat, instituteur à Nouméa, mort à Alençon le 23 octobre 1010
dans sa 39° année, recueillit de volumineux herbiers en compagnie de
Mme Le p Rt de i90-2i\ 1910. Un premier herbier recueilli dans la partie
sud a été transmis au Musée de Berlin par le Dr Schlechter, un second
lut donné au Jardin colonial de Nogent-sur-Marne et a en partie disparu,
les 200 nos conservés ont été transm is au Muséum de Paris, sur la
demande de Le Ral lui-mème en 1910, enfin le 3e, comprenant environ
1500 ir" a été envoyé directement au Muséum de Paris par M. et
Mmr Le Bat en 1909 et 1910.
48. Docteur Rudolf Schlechter, botaniste et voyageur du Musée de
Berlin, parcourut l'Afrique du Sud, la Nouvelle-Calédonie (1902-1903),
la Malaisie, la Nouvelle-Guinée, principalement à la rec h erch ed ’Orchidées
et d'arbres il caoutchouc et il gui ta : Reine naeli Hinterindien, Malaisien
und Neu Kaledonien, in Botanische Jarhbücher, XXX11. 1903; Neue
haulscliukbâurne ans Xeukaledoriien, Tropenpflanzer VII. 1903 ; P fl an zen
geographische Gliederung der Insel Neultaledonien, Botanische Jarhbücher. XXXVI, 1905; Beitràye zur Kennlnîss der Flora von Neu Calé­
donien, ibid ., XXXIX, 1906, et XL, 1908.
Collection princeps au Musée de Berlin |n0' 11712 à 15710 de Nou­
velle-Calédonie ; les autres, presque complètes, aux Musées de Paris et
de Kew.
49. Felscherin, capitaine au long cours, 115 plantes recueillies entre
Thio et Uouaïlou offertes au Muséum de Paris.
50. Ces quatre collections au Muséum de Paris, celle de Savès 59
plantes parvenues avec l’herbier Debeaux père offert par ses fils.
51. Quelques Saxifragacées dans l’herbier Delessert à Genève.
52. Quelques Pandanacées dans l'herbier de M. Martelli.
53. Plantes de Strange, Caldwell. Kriiger et W ithm ee au Musée de
Kew.

DICOTYLÉDONES
DIALYPÉTALES
R en on culacérs *.

C le ma lis glycinoides I)C. — Nouvelle-Calédonie et Ile Xou
[ Vieillard, 608, 6i2 .
C. Pickeringii Asa Gray — Nouvelle-Calédonie Mac Gillivray, Pancher 108], W agap, Balade Vieillard i S ]. Nouméa
Balansa 1675], Bourail [Pennel 02, l i l , ile Nou M acGillivray 14], ile W aï Mac Gillivray 15 , Lifou Deplanche,
Balansa. 1675 .
var. coriace a — Nouvelle-Calédonie : embouchure du
Dothio Balansa 3260|, près de Bourail Balansa 1342,.
D il l é m a c é e s

Tetracera euryandra Brong. et Gris = Euryandra scundens
F o r s t.— Nouvelle-Calédonie [Vieillard 54 , Balade Labillardière, F orster 228 j , Nouméa Balansa 957J, Bourail
j Balansa 057®, Pennel 327, 320, 344], Oubatche Schlechter
13549], ile A rt f Montrouzier], ile des Pins Pancher 646,
Deplanche 385j.
Trisema coriacea Ilook. f. var. Pancheri Brong. et Gris. =
T. wagapii, Vieill. mss. = T. Pancheri Panch. et Seb. —
Nouvelle-Calédonie [Pancher 120, 240, 53 i bis, 4557 -,
Lecard, 136-74, Petit 88, 133;, W agap et Canala [ Vieillard
35, 56, 57, 58, 59, 2197], Canala [Balansa 2343, Thiébautj,
Koé [Balansa 391, 392®], Mt. Pénari Balansa 3653 , Tarai
Pancher]. M1 Mi Balansa 951 j, Ngoyé Schlechter 13266,
15267], Bourail Pennel 356 j, ile des Pins [Germain .
1. Les Koui naou (Clematis) donnent des fruits employés comme
ornem ents pour les Canaques.
2. Le Mouaporou Trisema coriacea et VIIibbertia salieifolia fournisssent des bois rougeâtres, très durs, susceptibles d'un très beau poli
et employés en ébénisterie.

�94

95

A. GIILLA UMIN

PLANTES PHANÉROGAMES DE I.A NOUVELLE-CALÉDONIE

Trisema emarginatum Bur. mss. — M1 Hum boldt | Balansa
3658].
T. patulum Bur. mss. — Ferme modèle | Balansa 389a].
T. Vieillardi Brong. et Gris — Canala [Vieillard 60, 61 ].
Hibbertia altigena Scliltr. — Ngoyé jSchlechter 15159].
II Balansæm Bur. mss. — M1 Hum boldt [Balansa 2643].
II. Baudouini Brong. et Gris — Nouméa [Baudoin 395], M*
Mou | Pancher 4757 \ Balansa 2867, 3661, Franc 175].
H. Brongniartii Gilg — Oubatche [Schlechter 15524).
H. Deplancheana Bur. mss. — Nouvelle-Calédonie [Mueller
90], Taulé [Vieillard 6)2. 65 ter, Deplanche I], Voh 'V ieil­
lard 65 bis].
H. ebracteata Bur. mss. — Nouvelle-Calédonie | Pancher 243,
Baudoin], entre Saint-Louis et Ounia [Balansa 936]. près de
Koé [Balansa 956ft], M1 Coumboui [Balansa 28691.
H. helero/richa Bur. m s s .— embouchure du Dothio [Balansa
3656a].
II. lanceolata Bur. mss. — au-dessus d'Ouroué i Balansa
3660].
II. lueida Schllr. — bord du Caricouyé Franc],
/ /. nqoi/ensis Schltr. — Nffové Schlechter 15097], Bourail
Pennel 28, 279].
//. oubalchensis Schltr., — Oubatche ISchlechter 15332].
I l . podocarpifolia, Schltr. — Païta [Schlechter 14975].
II. pulchella Schltr. = Timorphandra pulchclla Brong. et
Gris — Nouvelle-Calédonie Pancher 241, Baudouin], Yaté
Vieillard 69, Deplanche 383 j. Caricouyé [Le Rat 336 |.
H. salicifolia durez. = II. lucens Brong. et G ris— NouvelleCalédonie; Petit I 1, Baudouin 290, Pancher 4751 1], Balade,
Canala, W agap j Pancher, Vieillard 62, 63, 64, 65, 66, P an­
cher et Vieillard 781, 534], Tiaré [Deplanche 2]. Ferm e
modèle Balansa 388], Koé Balansa 388a], entre Saint-Louis
et Ounia Balansa 952], M1 Mou [Balansa 2868], baie du
Sud Fournier et Sebert I I .
II. trachyphylla Schltr. — I I . scabra Brong. et Gris — M1Dore
Vieillard 67, Deplanche 386. Pancher], Ngoyé [Schlech­
ter 15143], M‘ Mou Le Rat 471], M* Koghi !Balansa 386],

Ferme modèle [Balansa 386a|, haie de Prony Balansa
387], entre Saint-Lonis et Ounia Balansa 933], Messioncoué ! Balansa 2344], M1 Pénari [Balansa 3657 .
Hibbertia. Vanieri, Beauvis. = Vaniera tomentosa Moutrouz.
= Trisema Vieillardi Brong. e tG ris — Canala [Vieillard 60,
61], île A rt [Montrouzier I in herb. de Lyon, 4 in herb. de
M ontpellier).
M

a g n o lia c ée s.

l)ryrnis Balansæ Baill. — M1 Hum boldt Balansa 1844].
D. crassifolia Baill. — Balade [Vieillard 16, 17, 45, 47], entre
Néoua et le M1Mi [Balansa 958], Pouébo [Deplanche 4, 261.
293], M* Hum boldt [Schlechter 15348
IJ. Lenorm andii Vieill. mss. — W agap [Vieillard 2281 .
I). P anche ri Baill. — Nouvelle-Calédonie Pancher, Vieillard
17. 45, 2278], au nord de la Conception Balansa 582,
3031 J, Païta !Schlechter 14970].
Z y g o y y m u m pom iferurn Baill. — Canala Balansa 2328 , M1
Mou [Balansa], Bourail Lecard j .
Z .? stipitatum B a ill.— Balade [Vieillard]. M1 Arago Balansa
2327].
Z. Vieillardi Baill. — W agap [Vieillard 187], M1 Mou Balansa
2763], M1 Koghi I Pancher 17,283 .
A

n O.\ AGEES.

Uvaria Balansæana Baill. — Table Unio Balansa 2400 .
I . ? m onilifera Baill. — Près Bourail (Balansa I 173;.
Polyalthia nilidissima Bthm. = Unona fulgens Labill. —
Nouvelle-Calédonie [Lecard 50-73 A Petit 1 I , Sebert et Four­
nier 11], Balade W agap, Canala i Vieillard 93], NouvelleCalédonie et île des Pins ; Pancher j.
Bichella obtusata B a ill.— Nouvelle-Calédonie | Vieillard 641 .
Uaraï j Lecard 51-73 B].
Xylopia pallescens Baill. — Port Bouquet Balansa 1776 .
A . Pancheri Baill. — Nouvelle-Calédonie Pancher . Koé
Balansa 1175].

�PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

Xylopia \ ici Hardi Baill. — Nouvelle-Calédonie Lecardj,
Balade Vieillard 95].
Melodorum piinctulafiim Baill. — Nouvelle-Calédonie Pancher],
FlM ARIA CÉF.S.

Fumari &lt;1 media Loisel.— F. Bastardi. Boreau — introduit dans
les cultures européennes de l ile du Bouquet [Pancher t»43].
C

r u cifèr es

(larda mi ne sarment osa Forst. — Nouvelle-Calédonie | Pancher],
bords de l'Uaraï Balansa23bI ], Ganala j Vieillard 102). Bourail Peunel I 13j, île des Pins [Pancher].
Var. corda ta . . — Hienghène [Balansa 3187],
Senebiera integrifolia DC. = S.digyna Vieill. — Coronopus
integrifolius, Baill. — Nouvelle-Calédonie [ Deplanche
388). W agap, Balade Vieillard 10 4j, Xakéty [G runow], ilôt
Manière Balansa 2352 , île des Pins ! Pancher '(033 1], ile
Art [Montrouzier 67], Filou
Deplanche 50, Balansa
2352®].
S. pinnati/ida DC. — introduit à Nouméa [Franc 505, Pancher,
Balansa 562j.
Lepidium piscidium Forst. — Balade [Vieillard 1.03 [, NouvelleCalédonie et ile des Pins [Pancher 645], île des Pins [Ger­
main . ile Nui [Deplanche 387 j, îlot Maître [Balansa 563 ),
ile Amère Forster j.
M e n is p e r m a c é e s .

Step/iania Forsteri DC. = C type a Fors te ri Miers ■
— Canala
Balansa 1709, 3547].
Hypserpa macropoda Diels — baie de Prony j Balansa 656].
i. Les Crucifères néo-calédoniennes remplacent le cresson comme
antiscorbulique: la moutarde Sinnpis a été acclimatée.

97

Hypserpa neocaledonica Diels — Nouvelle-Calédonie [Bau­
douin], Balade | Vieillard 100, W agap jVieillaid 2290],
Lifou | Deplanche].
II. Vieillardi Diels — île des Pins [Vieillard 1384].
Pachygone Vieillardi Diels — ile des Pins ; Vieil la i d 2209-.
P. tomentella Diels — Balade [Vieillard, 101 j.
C A PPA KI DATÉES.
Capparis artensis Montrouz. — ile A rt [Montrouzier 2 J.
C. Dielsiana Schltr. — Ngoyé [Schlechter 15253].
var. angustata Schltr. — Ngoyé [Schlechter 15129J.
var. neo caledonica Schltr. = C. neo caledoniia Vieill.
— Nouméa [Schlechter 15085] — Gatope [Vieillard 107],
Port Despointes [ Franc 569].
(iynandropsis pentaphylla DC. — Nouméa Grunow. i.
CÎSTINACÉES.

H elianthem um artense Montrouz. — île Art

Montrouzier .

V io l a c é e s .

Ionidium agatioides Schltr. — baie de Prony Franc 313 .
I. austro caledonicum Vieill. — W agap [Vieillard 2066j,
Balade [Vieillard 113].
/ . ilicifolium Vieill. — Bellevalia serrulata Montrouz. mss.
— Xlsodeia Bourdaisii Panch. mss. = Ionidium Bourdaisii
Brong. mss. — Nouvelle-Calédonie | Pancher , W agap,
Gatope, Balade [Vieillard 849], Nouméa \ ie il lard 114],
Pouébo [Pancher], Bourail de Pom péry], O u Ilinna[Schlech­
ter 15632 j, Ml Dzumac
Franc 728], Port Boisé
Deplanche 393], ile des Pins Pancher 650, Deplanche
391], ile A rt IM ontrouzier 16 in herb. de Lyon, 12 in herb.
de M ontpellier].
I. latifolium Vieill. mss. — Pouébo Baudouin, Deplanche
250 bis], Poume ! Deplanche 6], W agap i Vieillard 2303j .
I . lincarifoliuni Vieill. mss. non Gris — Gatope ! Vieillard
2302J.
Annules du Musée colonial de Marseille. — 2' sé rie , 9 vol. 1911.

�PLANTES PIIANÉROG AMES DE LA NOl VELLE-C.ALÉDOMF

Agation Deplanchei Brong. et G rism ss. ex Beauvis, mss. —
Nouvelle-Calédonie [Deplanche 392].
A. Panchcri Brong. = Bellevalia artensis Montrouz. mss.
= H. undiilala Montrouz. mss. — Nouvelle-Calédonie
[Pancher 651, 5041], Yahoué [Schlechter 15055], Ngoyé
Schlechter 15226], Oubatche [Schlechter 15510], Canala
[Vieillard 109], Houaïlou | Grunow], île A rt [Montrouzier 15
in herb. de Lyon, Il in herb. de M ontpellier].
A. Vieillard! Brong. = A. Lenorm andii Vieill. m s s .— Nou­
velle-Calédonie Vieillard 651 *|, Balade Vieillard I I I .
B ix in a cées .

Scolopia ausfro-caledonia Schltr. — Ou Hinna [Schlechter
15701].
PlTTOSPORACÉES 1.

Pittosporum Baydouini Brong. et Gris = ? P. Francii Schltr.
— Nouvelle-Calédonie [Pancher |. Dombéa | Baudouin, Franc
463 , embouchure du Dothio] Balunsa 3625], Ouroué] Balansa
3636], haute Tamoa [Balansa 2753].
P. capitatum Brong. et G ris— Nouvelle-Calédonie [sans indi­
cation de collecteur],
P. coccincurn Beauvis. = Quinsonia coccinea Montrouz. = ile
A rt [Balansa 3157, Montrouzier 5 in herb. de Lyon, 16 in
herb. de Montpellier],
P. Deplanchei Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie Petit
103, 172], Balade [Vieillard 82, Deplanche 460], au-dessus
de Téné j Balansa 1162b].
P. échinaium Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie !Pancher
678], Balade, Pouébo 1Vieillard 75, 76, 781.
P. fragrans Schltr. — Yahoué [Schlechter 14733 j.
P. Heckeli Dub. — Bourail l Pennel].
P. loniceroides Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie [Pancher1, Balade 1Vieillard 75], Saint-Vincent [Vieillard 73,
74], Koé [Balansa 284].
i. Les indigènes coupent transversalement les fruits du Pitlosporuin
Paneheri pour se tatouer la figure en violet avec le suc.

99

Pittosporum Aforieri Vieill. mss. — W agap [Vieillard 2315 i.
P. Oubatchensc Schltr. — Oubatche [Schlechter 15410],
P Paneheri Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie et île des
Pins [Pancher 70, 458, 679, Deplanche 458, 459], Païta
[Vieillard 88].
P. paniculalum Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie 1De­
planche], Balade [Vieillard 72], Saint-Vincent Vieillard
73], Oubatche [Schlechter 15420].
P. rhodolrichum Schltr. — Nouvelle-Calédonie, région sud
| Le R at 304A).
P. rhytidocarpum A. Gray — Nouvelle-Calédonie Lecard
11 3 a 120 (Vieillard 71, 72, 77, 78, 81, 86, 87, Deplanche
456], W itoë [Deplanche 456], Balade, Nouméa, ile des Pins
[Pancher 128, 435, 682, 683].
P. scyth o p h yllu m Schltr. — Ngoyé Schlechter 15232 .
P. Sirnsoni Montrouz. = P. turhinatuni Brong. et Gris —
Nouméa [Baudouin], ile A rt Montrouzier 3 j.
P. suherosuni Panch. = P. rhytidocarpum Brong. et (Gris
non A. G ra y — Païta [Schlechter 15011 .
P. triste Vieill. mss. — W agap [Vieillard 866 j.
P. undulatum V ent., var. rnacroearpum Panch. mss. : Nou­
velle-Calédonie ] Pancher 214],
P. verticillatum Montrouz. non Boj. — P. gracile Panch. mss.
ex Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie Pancher, Lecard ,
W agap [Vieillard 72], Canala [ Vieillard 92 i, ile des Pins
Pancher 680, Vieillard I 17-1 18, Deplanche 457, 457 bis,
Pancher 680], ile A rt [Montrouzier 4 .
P. Vieillarcli Brong. et G r is — Balade Vieillard 70, 71 j.
P. xa n th a n th u m Schltr. — M1 Humboldt ]Schlechter 15338 .
C a r y o p iiy l l a c é e s .

Mollugo digyna Montrouz. — ile A rt [Montrouzier .
P o rtulacacées.

Portulaca lutea Soland. ex F o rs t.— Nouvelle-Calédonie d'après
Vieillard],
P. quaclripda L . — Nouméa G runow l.

�PLANTES PII AN ÉIIOUAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE
H

y pé iu c a c ék s.

Hi/pericuin grarnineuni W iWd.
Nouvelle-Calédonie | F au­
cher, Vieillard 172. Deplanche 431], Nouméa [Balansa
4931, Vahoué [Sclileehter 11802 j, Balade [Forster 146j.
G u t t if é r a c é e s

Clusia Pua/ Montrouz. — île A rt Montrouzier].
Cl. pedicellata Forst. — Nouvelle-Calédonie [d’après Vieil­
lard!, Balade j Forster 200 J.
Montrouziera cauliflora Planch. et Triana — Bondé £Ariellard 180], Fouine [Vieillard 179, 180], au nord de la Con­
ception, [Balansa 1374], M1 Koghi [Balansa 2367],
M. Gabriellæ Bail 1. — Ngoyé [Balansa 2303, Schlechter
15252].
M. rhodoneura Schltr. — Ngoyé [Schlechter 15151 ).
M. robusta Vieill. in Panch. et Seb. — Nouvelle-Calédonie
[Petit 147, P an ch er2 1 j, M1 Mou (Vieillard 2369], Canala
!Faucher, 157:, M1 Koghi Pancher],
M. sphæreflora Panch. — Nouvelle-Calédonie | Petit 24,
Pancher 157, 510, 511, Deplanche], Mt. Dore, Poume
[Vieillard 179, 180], baie de Pronv [Jeanneney], baie
du Sud I Fournier et Sebert 24].
var. — Port Bouquet [Balansa 2305],
M. sphæroidea Panch. ex Planch. et Triana — Canala [Pan­
cher, Vieillard 181], Ngoyé [Schlechter 15128], M1 Dore
[Vieillard 180], Bourail j Pennel 23, 398].
1. Les Mou (Clusia pedicellata et Garcinia collina) donnent une gomme
résine jaune (Gomme gutte), les fruits sont comestibles, le bois de
médiocre qualité.
Le P it (Calophyllum Inophyllum) donne un bois rouge veiné, suscep­
tible d ’un beau poli pour l’ébénisterie et une gomme résine jaune ver­
dâtre (Tacahamaque), l'embryon fournit une huile résineuse verte.
Le Pio (Calophyllum monlanum) fournit un bois analogue mais qui se
fend rapidement.
Le Houp Montrouziera cauliflora) donne un bois jaune très dur.
Le Béhou Montrouziera sp. fournit aussi unbon bois de construction.

101

Montrouziera verticillata Planch. et Triana — Yaté Vieillard
180, 182], Ngoyé [Schlechter 15384],
Garcinia arnplexicaulis Vieill. ex Pierre — Clusianthemum
amplexicaule Vieill. — Nouvelle-Calédonie Pancher 159,
230, 702, Deplanche 528, Petit 175 , W agap, Morari | Vieil­
lard 2363], baie de Pronv Balansa 589 Jeanneney ), Ngové
[Schlechter 15383], M1 Huinboldt Balansa 3488], Ferme
modèle j Balansa 597],
G. auslralis Montrouz. — ile A rt Montrouzier .
G. Balansm Pierre — baie de Prony 1Balansa 596 .
G. collina Vieill. ex Panch. et Seb. — Nouvelle-Calédonie
[Vieillard 2083, Petit 16], Païta [Schlechter 15003,
Oubatche [Schlechter 15581 , Baie du Sud, Heckel, Sebert
et Fournier].
G. corymhosa W all. = Discostigma corymhosa Panch. et Seb.
— Nouvelle-Calédonie [Pancher 162, 229, Deplanche 429.
P etit 41], Baie du Sud [Sebert et Fournier 41 , Païta
[Schlechter 15003], M1Dho (Lecard 97-1 42], Ferme modèle
(Balansa 597], Balade [Vieillard 176], ile des Pins[P ancher
700, Germain].
G. densiflora Pierre = C lusianthem uni densifolium Vieill. —
W agap [Vieillard 2084].
G. Hennecartii Pierre — Ngové Schlechter 15122, Thio
[Lecard], Koé (Balansa 596 bj, Nouvelle-Calédonie et
ile des Pins Pancher 160].
G. laurina Vieill. mss. — W agap [Vieillard 2364 .
G. Lenorm andii Vieill. mss. — W agap Vieillard 177, 178 .
G. neglecta Vieill. = G . corallina, Vieil 1. — Nouvelle-Calé­
donie [Vieillard 177, 178, Petit 16, Sebert et Fournier 16],
Uaraï [Lecard 149], Koé [Balansa 1275 bis), Pronv Sebert .
Canala [Lecard], Balade, W agap Vieillard 185 . W agap
Vieillard 2083], Canala et île des Pins Vieillard 16, Pan­
cher 5446 1).
var. — Canala, M1 Koghi [Vieillard 1861.
G. Pancheri Pierre — M1 Dho Lecard .
G. pedicellata Seem. = Clusianthemuni pedicellatuin Vieill.
= Cl. coriaceum Vieill. = ? Garcinia Mungotia Deplanche

�102

\.

C.l ILI.AI MIN

ex. P ie rre — W agap [Vieillard 2085], Ngoyé [Sehlecliter
15383 j, Lifou [Pancher 2300 j.
Garcinia sessilis Seem. — Nouvelle-Calédonie [Anderson].
G. Vieillardi P ie rre — Nouvelle-Calédonie ( Vieillard 183 ou
308], Oubatche Sclilechler 15419].
G. vitiensis Seem. = Discostigma vifiense Asa Gray — Nou­
velle-Calédonie Petit 59, Pancher 59, Lecard M il], Canala,
Balade Vieillard 184], baie du Sud [Sebert et F ournier 59].
Calophyllurn ealedonicum Vieill. ex Planch. et Triana — Nou­
velle-Calédonie [Pancher, Deplanche i2 8 1, Balade, Gatope,
Canala [Vieillard 175 i.
C. Inophyllum L .— Nouvelle-Calédonie [Pancher, Petit, 33,
Balade Vieillard 173, Forster], baie du Sud [Sebert et F our­
nier 33 , baie de Pronv [JeanneneyJ.
C. montanum Vieill. ex Planch. et Triana — Nouvelle-Calédo­
nie Pancher ? 8, Petit 8], Uaraï j Lecard 94-46J, Ngoyé
Sehlecliter 15241], Balade, W agap. Vieillard 174], baie
de Pronv JeanneneyJ, baie du Sud Sebert et Fournier 8j.
C. neurophyllum Schltr. — Nouméa [.Sehlecliter 15091], Bourail Lecard].
C. Tacaniahaca VYilld. — lie A rt Montrouzier].
T e RXSTRÉMIACÉES ! .

Strasburgeria calliantha Bail 1. — M* Mou Balansa 2907, Pan­
cher 21, 510, Vieillard 4309], Ngoyé Sehlecliter 15202].
Microsemma Balansæ Ba i11. — M1 Arago [Balansa 2120 j, Bourail Pennel 357 .
M. cernua Baill. — M1 Mi [Balansa 1371 j.
M. oblonguni Schltr. — Ngoyé [Schlechter 15117].
M. salicifolia Labill.
Nouvelle-Calédonie [Pancher, Petit
154], Nouméa Balansa 395], Canala [Lecard], Balade LLabillardière, Vieillard 149, 150 , ile des Pins [Pancher 54115],
Lifou [Deplanche 42. Balansa 2125].
M. sphærocarpa Baill. mss. — Houaïlou [Balansa 2125 b|.
I. La culture du Thé ( Theu) a été entreprise mais esl presque totale­
ment abandonnée aujourd'hui.

PLANTES PHANÉROGAMES L)K LA NOUVELLE-LALÉDON' E
M

alvacées

1&lt;&gt;3

L

»
Anoda parviflora Cav.
Nouméa [Pancher 6, 088, Deplanche
407], Balade [Vieillard 131].
Sida acuta Burm. — Nouméa [P ancher|, Balade [Vieillard
141], Bourail [Pennel 220], îlot Freycinet [Grunow .
S. bipartida Schltr. — S. biloba Panch. mss. — NouvelleCalédonie [Deplanche 408], Païta Schlechter 14818], Ga­
tope, Nouméa [Vieillard 133, 135 j, M1 Dho [Lecard |, île aux
Lapins près Nouméa [Balansa 01L , Nouvelle-Calédonie et
ile des Pins [Pancher 170, 664],
S. rhom bifolia L . = S. Forsteri Montrouz. — Nouvelle-Calé­
donie [Pancher 607], Nouméa [Grunow, Vieillard 139. 140 ,
Bourail Pennel 165], île des Pins [Mac Gillivray], ile Art
[M ontrouzier].
Abu filon graveolens W ight et A m . — lie des Pins Pancher .
A. h irtu m G. Don
Nouvelle-Calédonie Pancher].
A . indicum Sweet — Nouvelle-Calédonie [Deplanche 414 ,
Balade, etc. [Vieillard 137, Forsteri, îlot Freycinet Gru­
now].
A. [S. intcgrifolia M ontrouz.) — Ile A rt Montrouzier .
.1. Menziesii Seem.
Balade [Labillardière].
F. heteromorpha Montrouz.
Ile A rt Montrouzier .
Urena lobata L. — Nouvelle-Calédonie Deplanche 202],
Bourail Pennel 222], ile Gasy [Balansa 1678], NouvelleCalédonie et ile des Pins [Pancher 675], Lifou Thiébautl.
Hibiscus Abelinoschus L. — Bourail Pennel 113, 222 j.
t. Les fleurs des Malvacées sont émollientes comme celles de la Gui­
mauve.
Le Bourao, Hé, Eémi (Hibiscus liliacéils et le Paaoui Hibiscus sp
donnent une écorce comestible et servant à faire des liens pour la culture;
le bois est tendre et sert à construire des embarcations.
Le Kabaoui Thespesia populnea) donne un bois noirâtre violacé (bois
de rose d'Océanie facileà travailler, susceptible d'un beau poli et répan­
dant une odeur poivrée spéciale; l’arbre tend à disparaître.
Les cotons (Gossypiurn) indigènes ne donnent que des capsules trop
petites pour être exploitées; on cultive depuis 1869 surtout les colons
durs : en 1909 l’exportation a été de 3.500 kilos représentant une somme
de 8.750 francs.

�101

A. Gl'II, LÀ LM IM

Hibiscus cannahinus L. — lie Art j MontrouzierJ.
II. diuçrsifolius Jacq. — lie des Pins [Milnej.
H. rosa sinensis L. — Canala [Vieillard, 1221, Bon rail
Balansa 1052,, Nouméa, Houaïlou (cultivé) [G runow |, Lifou
Deplanche .
II. liliaceus L. — Nouvelle-Calédonie | Petit 190, 197, Lecard
45-79 . Ou llinna [Schlechter 15706], Nouméa [Germ ain,
Balansa 608j, plaine de Nécoué Balansa 1789. Bourail
Pennel 13. 15, 218,219], Houaïlou (Grunow], île des Pins
Milne et Mac Gillivrav], Lifou Thiébaut, Balansa I788j.
Thespesia populnea Cav. — Nouvelle-Calédonie [Kay 7, 8,
Petit 66, Deplanche 411, Pancher], Nouméa [Balansa 609],
baie de Prony [Jeanneney], baie du Sud [Seberl et Fournier
66 , Bourail [Pennel 50], île des Pins [Pancher],
Gossypium barhadense L. == G. lait crise Pari. — NouvelleCalédonie Vieillard 130 .
G. herbaceum L. — G. vitifolium R o x b .= G. hirsulurn L. =
G. religiosum L,. — Nouvelle-Calédonie [M ontrouzier,
Pancher!. Houaïlou [Grunow], Thio G runow ], île des Pins
Deplanche i l 8, Pancher j.
G. pallidum Montrouz. — Ile A rt [Montrouzier],
S tek cu lià cées '.

Sterculia bullata Panch. et Seb. — Nouvelle-Calédonie Pan­
cher 108], Anse Vata Balansa 3033 j, baie de Prony [Jean­
neney Bourail Pennel], îles N ouet W itoë [Vieillard 143j .
S. fatsioides Schltr. = Acropogon fa/sioides Schltr, — Oubatche (Schlechter 15428j.
S. megaphylla Bur. et Poiss. mss. — la Conception [ Balansa
1006],

j,

I . Le Sterculia bullata donne un bois analogue au Tilleul et une écorce
lexlile.
Le Babaï (Maxwellia lepidota) fournit un bon bois jaune pâle pour
manches d ’outils.
Le Cornrnersonia echinata donne un bois mou léger et une écorce tex­
tile.
Le Cacaoyer (T lieobrurna tbicao) a été introduit et pousse bien.

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA Nf)l VLLLE-CALÉDONIE

105

Sterculia oligantha F. v. Muell.
Nouvelle-Calédonie Mueller?].
N. plafanoides Schltr. — Acropogon platanoides Schltr. —
Nouméa [ Le Bat 56],
S. sageniifolia Schltr. m: Acropogon sageniifolia Schltr. —
Oubatche [Schlechter 15429],
S. Schunianniana Schltr. — Acropogon Schumanniana Schltr.
— Oubatche ;Schlechter ].
Heritiera littoralis Ait. — Nouvelle-Calédonie Deplanche 425,
Petit 160, Pancher 109, Lecard 26-82 A , Canala, Balade
[Vieillard 142], Nouméa Balansa 457 , Dombéa Brousmiche 673], Ouroué Balansa 3618], Bourail Pennel 83,
217], vallée du Diahot Balansa 3179', Nouvelle-Calédonie
et île des Pins [Pancher].
Melochia odorata L . — N ouvelle-Calédonie
Pancher,
Deplanche 424, Vieillard 155, Petit 192, Montrouzier ,
Balade [Forster 139, Lahaie 1324 ,Canala M ac Gillivrav 34,
G runow ], Païta [Schlechter I 4978], Port Bouquet Balansa
1787], Nouméa [Germain , Pont des Français Balansa 393],
Thio [Grunow], Bourail (Pennel 167], Calédonie et île des
Pins Pancher 695, 104], île des Pins [Germain], Lifou De­
planche 19].
W allheria indien L. — Nouvelle-Calédonie, Home, Pan­
cher, M ontrouzier], Balade [AndersonJ, îlot Freycinet, baie
Laugier [Grunow].
Cornrnersonia echinata Ait. —Nouvelle-Calédonie Pancher 105,
689, Védel, Petit 109, Lecard 36-83, Baudouin 613 , Ngoyé
Schlechter 15208], Ou llinna [Schlechter 15675], P ort Boisé
Deplanche 425 , Balade. Canala Vieillard 3 1 1 , Pont des
Français Balansa 622], Koé Balansa 1338 , île des Pins
Pancher 5329, Germain].
M axwellia lepidota Baill. — Nouvelle-Calédonie Petit 37,
M ueller 38. Pancher, Baudouin, Deplanche 20], Yahoué
[Franc 65], Dombéa Balansa 374. Vieillard 210 , SaintVincent [Vieillard 225J, Port Bouquet [Balansa 1707 ,
Ouroué [Balansa 3552], Gatope, Néné, Souane Deplanche
257 bis], baie du Sud Sebert et Fournier 37 .
Bcrrga \ ascoana Baill. — Nouvelle-Calédonie Pancher .

�106

107

A. GUILLAUMIN

PLANTES PHANÉROGAMES DE I.A NOUVELLE-CALÉDONIE

TlLlACÉES '.

Elæocarpus gem iniflorus Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie
Lecard 17-79], M1 Diaoué [Vieillard 162 Canala Balansa
2144].
E . (riiillainii Vieill. —Uaraï Lecard 84 '- 1 6 3 1, W agap Vieil­
lard 2156], Canala [Brousmiche 609 j.
E. Le Balii Schltr. — Nouvelle-Calédonie, région sud Le Bat
3 a ] , baie de Prony j Franc 239 J .
E. m icranthus Vieill. — W agap Vieillard 21685
E . m y rtillu s Schltr. — Ngoyé Schleehter 15163 .
E. oreogena Schltr. — Ngoyé Schleehter 15196 .
E. ovigerus Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie Petit 64,
Vieillard 662, Lecard , Balade Vieillard 160, 165],
Pouébo (Deplanche II. Vieillard 1651, baie de Prony
[Jeanneney], baie du Sud [Sebert et Fournier 64 .
E . persicifolius Brong. et Gris = ? E. polychis/us Schltr. —
Nouvelle-Calédonie [Kay 51, Lecard 88-164, Vieillard
686, Baudouin 1762], Balade, Canala Vieillard 163 ,
Yahoué [Brousmiche, Le Hat, 140], baie de Pronv [Franc
215, série A], la Conception de Pom péryj, bords de
la rivière de, Pont des Français [Balansa 405, 1312 a , Bou­
rail [Balansa 1312, Pennel 82, 27L . Nouvelle-Calédonie et
ile des Pins Pancher 696, Vieillard , île des Pins [Germain ,
Lifou Thiébaut].
E. prunifolius Schltr. — Oubatche Schleehter 13402 .
E. pulchellus Brong. et G r is — Nouméa Baudouin , M1 Mou
[Balansa 2838].
E . refusus Brong. et Gris — Balade, Gatope, baie Tupiti Vieil­
lard 169].
E . rivularis Vieill. mss. — Nouvelle-Calédonie Pancher .
E. rotundifolius Brong. et Gris —Nouvelle-Calédonie Pancher
103, 165, Pancher 231, Lecard 87-1401, Ngoyé [Schleehter
15390], Balade , Vieillard 1172], ile des Pins [Pancher .
E . Seringii Monlrouz. = E. Lenormandii Vieill. mss. —
Nouvelle-Calédonie, région sud
Montrouzier , Canala,
W agap, Bogota Vieillard 20671, ile Art M ontrouzier .
E. spathulatus Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie [V ieillard
687, Pancher 103, Thiébaut , Balade, Canala Vieillard
170].

Corchorus neo caledonicus Schltr. — Koniambo j Le liai 457 .
Grewia Malococca L. — Nouvelle-Calédonie et ile des Pins
Pan cher].
Trium fettapetiolaris Lindl. — Nouvelle-Calédonie [Germain !,
Ou Hinna Schleehter 156 i l] , Balade [Vieillard 156],
Nouméa Pancher, Balansa 527j, 3605].
T. procumbeus F o rs t.— Nouvelle-Calédonie [Deplanche 426,
Pancher], Balade V ieillard 157], baie de Prony [Jeanneney] îlot Manière Balansa 1804 a ], île A rt [M ontrouzier],
Lifou Balansa 1804].
Solmsia calophylla Baill. — Nouvelle-Calédonie [Pancher,
Vieillard 117, Petit 144, Deplanche 384], baie de Prony
Balansa 263].
Yar. chrysophylla Guillaum. = *S. chrysophylla Baill.
Nouvelle-Calédonie Pancher, Vieillard 246 , la Ouaméni
[Brousmichej, Ml Dzumac [Franc], M‘ Mou [Franc 231],
Ngoyé [Schleehter 15348], M1 Dore ^Vieillard 145, Pancher],
au nord-est de Saint-Louis [Balansa 1191 , baie de iPronv
Balansa 262], Canala Vieillard 146, Balansa 1905], M‘
Mi Balansa M 91aj, embouchure du Thio [Balansa 3153 ,
Bourail Pennel 428 .
Antholonia B illardien Vieil 1. — W agap. | Vieillard 2157],
A. montana Labill. — Balade j Labillardière Vieillard 171 i .
Elæocarpus alaternoides Bro u g et Gris — Nouvelle Calédonie,
Baudoin 742, Pancher 232, 694], Canala [Vieillard 167,
168, 170?].
E . Baudouini Brong. et Gris = E . Lenorniandii Vieill. —
Nouvelle-Calédonie Petit 32, Pancher 233, 234, Vieillard
2360], valléede la Donibéa Baudouin], baie de Prony [Franc
218 . baie du Sud Sebert et Fournier 32], Port Bouquet
(Balansa 2148].
E . cyaneus Sims ? — Nouvelle-Calédonie | Lecard 86 A- 155 A].
1. Le Poué (Elæocarpus ovigerus), le Qhio ou N diu (Elæocarpus partie i/'oliusi et les autres Elæocarpus o u Cerisiers bleus fournissent des bois
blancs, à grain (in, de bonne conservation, faciles à travailler et utili­
sables en menuiserie et eu charpente.

i,

�108

A. GUILLAUMIN

EUeocarpus speciosus Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie
Vieillard G8i , Balade. W agap [Vieillard 161
Ngoyé
[Schlechter 15120j, M* Koghi [ Pancherj.
E. vaccinioides Muell. ex Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie
Mueller 55, 81 j, baie de Pronv [Franc 441 j.
E. Yieillardi Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie [Vieillard
685], Balade [Vieillard 164].
Dubouzetia campanulata Panch. ex Brong. et Gris — Ducosia
fulgens Vieill. mss. — Nouvelle-Calédonie, région sud
Raoul, Lecardj, Touro, Houaïlou [GrunowJ, entre Houaïlou
etCouaoua f Balansa 2151], Ngoyé [Schlechter 15145, 15222],
Canala îPancher, Vieillard 49, Balansa 1314, 1315], Koé
[Balansa 581, 1316], au nord-est de Saint-Louis [Balansa
I 476].
D. elegans Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie [Pancher],
W agap Vieillard54], W agap, Balade V ieillard2 2 i-J, Canala
IVieillard 50], Bourail [Pennel 288].
D. paroiflora Brong. et G ris — Balade [Vieillard 166].
L inacées '.

Hugonia lafifolia Schltr. = Penicillanthem uin la fi fo liu m
N'ieill. — Durandea lafifolia Stapf — W agap [Vieillard
2167 j, Canala [Deplanche I ].
H. Lenormandii Vieill. ex Stapf — W agap [Vieillard 2221].
U. oreogena Schltr. — M' Ilum boldt [Schlechter 15350],
Oubatche Schlechter 15500 .
H. Penicillanthem um Baill. — Nouvelle-Calédonie [Petit 1 15,
Pancher 192, Vieillard 2836], Ngoyé [Schlechter 15127,
15248J.
H. racemosa Schltr. — Penicillanthem um racemosum Vieill.,
Durandea racemosa Stapf — W agap [Vieillard 2163], baie
Laugier Grunow], île Nou [Deplanche 501].
H. serrata Baill. = Durandea serrata Planch. = Penicillan­
them um nco raledonicum Vieill. — Balade [Labillardière],
1. \'H ugonia Penicillanthemum fournit un bon bois jaune, assez dur.

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

109

W agap [Vieillard 934], Saint-Louis [Balansa 1232|, Bou­
rail Pennel 352].
Hugonia (D. Deplanchei Stapf) — Canala [Deplanche].
/ /. (/). viscosa Stapf) — Canala Vieillard 2339 .
E rythuox ylacées 1.

E r y th r o x y lu m novo caledonicum Sehultz — Nouvelle-Calé­
donie ICaldwellj, Néné, Gatope Vieillard 2572 , Poume,
Néné [Deplanche 275J.
M a l p ig h ia c é e s .

lh/ssopteris tim orensisBl. ex Ju ss. in D eless— Nouvelle-Calé­
donie | Mac Gillivray], Yahoué[Franc 583], Bourail Pennel],
Nouvelle-Calédonie et île des Pins [Pancher 705).
Tristellateia australasica A. Bich. — W agap 'Vieillard 2195].
Acridocarpus Alcxandrina Panch. ex Vieill. mss. — Gatope
[Vieillard 249],
A. austro caledonicus Baill. — Nouvelle-Calédonie j Mueller,
Vieillard, Pancher 151, Baudouin], Koé [Balansa 1039],
Ml Dore Balansa 1475, 16SS], entre Canala et Kouaoua
[Balansa 1688 a ], Ngoyé [Schlechter 15388].
Z y g o ph y lla c ées.

Tribulusm oluccanus Dcsne. — Nouvelle-Calédonie | Pancher],
îlot près de Taulé [Vieillard 271], Lifou [Deplanche 21 .
O xaudacées.

Oxalis corniculata L. — Nouvelle-Calédonie Montrouzier.
Mac Gillivray], îlot Freycinet [Grunow].
O. Thunbcrgiana Montrouz. — île Art [Montrouzier].
1. L’E ryth ro xy lu m novo caledonicum doit vraisemblablement pouvoir
être employé comme succédané du Coca.

�10

A.

GUI.LAI.MIN

■
■-A’-»--'

R L’TAGÉES '.

;:

Zicra arborescent Sims.
Nouvelle-Calédonie [Petit 168J.
Zieridiurn gracile Baill. — Nouvelle-Calédonie [Pancher 5996,
723, Deplanche 197 .
Boronella vert ici IIa (a Baill.
Nouvelle-Calédonie J Pancher].
11. Pancheri Baill. = B. Francii Schltr. mss.
NouvelleCalédonie, région sud Raoul], baie de Pronv [Franc 244,
247, Balansa 95j.
Myrfopsis niaerocai'pa Schltr.
Xgoyé | Schlechter 15198].
.1/. novæ-caledoniæ Engl. = Eriostemnn novæcaledoniæ Vieil 1.
Pouébo V ieillard 237],
Yar. ? — Pouébo, Taulé | Vieillard 272 ?, Deplanche 298].
Eriostemnn corymbosum — Nouvelle-Calédonie, région sud
Raoul j, Balade [ Labillardièrej.
E. pallidum Schltr.
Xgoyé [Schlchter 15148|.
E . punctatiim Paneh. mss. — Nouvelle-Calédonie [ Pancher |.
E . squameum Labill.
Nouvelle-Calédonie [Petit 140].
Melicope (Pclea calophyllum Baill.)
Nouvelle-Calédonie
[Mueller j.
M. (Pelea Deplanchei Baill.)
Nouvelle-Calédonie [Deplanche
489].
M. Pelea mijrtoidea Baill.) — Nouvelle-Calédonie P ancher j, Diaoué Vieillard 2721.
Evodia Balansæ Baill. — M1 Mi j Balansa 1331 j.
E. Baudouini Baill. — Nouvelle-Calédonie Baudouin 625],
Xgoyé [Schlechter 15167].
E . crotonifolia Baill.
Pouébo, Taulé Deplanche 298].
1. Le Z anthoxylum Blackburnia donne un bois brun jaunâtre à cœur
rouge.
Le Ion péan (Evodia triphylla ) fournit une teinture rouge très résis­
tante en faisant bouillir les feuilles.
L'écorce du Plielline comosa est purgative, mais le bois est blanc, mou
et très mauvais.
Le M’Boui (Acronychia Bnueri donne un bon bois jaune.
Les Geijera salicifolia et lateriflora donnent de bons bois à odeur
caractéristique.
Les Agrumes (Citrus) ont été introduits, mais le Dongane (C. h y s tr ix i
est indigène au dire de V ieillard .

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

111

Evodia drupacea Labill. — Nouvelle-Calédonie j P a n c h e r,
W agap Vieillard 303, 307j, Ngoyé | Schlechter 15186], Bourail Pennel 1761.
E. Lamarkiana Benth.
Oubatche j Schlechter 15401 j, Païta
[Schlechter 14888],
E. lasioneura Baill.
Ouroué [Balansa 2536 .
E. leptococca Baill.
île A rt [Balansa 3368].
E. macrophylla Bl. ? — Nouvelle-Calédonie Pancher .
E. obtusifolia DC. ? — Nouvelle-Calédonie Pancher .
E . pornaderridifolia Baill. — M1 Humboldt Balansa 2493 .
E. sarcococca Baill. — La Conception Balansa 2797 .
E . triphylla DC. — Nouvelle-Caledonie Pancher , W agap
[Vieillard 297 |, Bourail Pennel 5],
E. Vieillardi Baill. — Nouvelle-Calédonie [Lecard j , Balade
[Vieillard 241, 296J.
Z a nthoxylum Blackburnia Bthm. = Blackburnia pinnafa
Forst.
Nouvelle-Calédonie Pancher 736,49, Deplanche
465, Lecard 24-135. Petit 6, 86, Sebert et Fournier 6, 6 bis j,
Nouméa [Vieillard 310, Balansa 433], île A rt | M ontrouzier j .
Z. (Blackburnia pulchella Vieill.), Gomonen. Gatope Vieillard
2452].
Z. (Geijera) Balansæ Baill. — Lifou Balansa 1801].
Geijera latcrifoliora Baill. = Dendrosma Deplanchei Panch. et
Seb. — Nouvelle-Calédonie [Pancher 46, Deplanche], île
des Pins j Pancher].
G. salicifolia Schott = G. floribunda Panch. mss. — île des
Pins [Pancher 4, 47, 496, 727J.
Acronychia Baueri S ch o tt— Nouvelle-Calédonie [Pancher 48 ,
Canala[ Lecard 42-136], Kouenthio, Dombéa. vallée du Dothio
[Brousmiche 468], Bourail [Pennel 353].
.1. eriocarpa Panch. mss. — Nouvelle-Calédonie [Pancher.
Vieillard .
.1. lævis Forst. = Iluonia Z«eü/«Montrouz. — Nouvelle-Calédo­
nie [Deplanche 438, Lecard, Baudouin 763], Païta Schlech­
ter 15001], Oubatche [Schlechter 15501, 15555], Nouméa
[Vieillard 285], Saint-Vincent Brousm iche9 . B alade[Forster
85], Poume Deplanche 8;, Nouvelle-Calédonie et île des

i

�A.

l.l I I. I . A l MIN

Pins Pancher 3978 , île des Pins Pancher 72V], île Arl
| Montrouzier],
Acronychia lig us froides Punch, mss.
Nouvelle-Calédonie
[Pancher V8, 80, Deplanche 491 |, Nouméa ; Vieillard 200].
„■-1. ovalifolia Panch. mss.
Nouvelle-Calédonie Pancher|.
Bauerella australiana Borzi
Yahoué [Schlechter 15071 .
Halfordia KendackGuillaumin = Erioslemon Kendack M ontrouz. = E. Leichhardtii Muell. — Halfordia drupifera
Muell. = //. Leichhardfü Baill. — Balade [Vieillard 677].
W agap [Vieillard 2701, 2702], Canala | Deplanche 259],
embouchure du Tliio Balansa 30301, île A rt | Montrouzier
17, in herb. de Lyon].
Phclline Billardieri Panch. — Balade [Vieillard 289, 348,330,
331 , Païta Schlechter I 4928], île des Pins [Pancher 013],
P . hrachyphylla Baill.
entre Néoua et le M* Mi [Balansa
1271 j, Canala Balansa 1833 j.
P. cornosa Labill. — P. intermedia Yieill. — Nouvelle-Calédo­
nie, [Pancher , Tliio j Brousmiche 089], Pouébo [ Deplanche],
Pouébo, W agap Vieillard 347, 2240], B alade[Lahaie 1402,
Vieillard 346], la Conception [Balansa 1283, 1283® 2805],
M'Mou Balansa 2803 a , Ferme modèle [Balansa 383].
var. Vieillardi Loes.— Oubatche [Schlechter 13482, 13349].
var. robusta Loes. — Nouvelle-Calédonie J Pancher, Vieil­
lard 351], M1 Hum boldt Balansa 2222).
P. confertifolia Baill. — Ngoyé [Schlechter 13213], M1 Mi
Balansa 1284 , Balade Vieillard 39, 44], M' Ivoghi Pan­
cher 541 J , île Art [Balansa 3323].
P . erubescens Baill. — Balade Vieillard 347 j, Canala ; Balansa
1831, 1831 aj, Oubatche Schlechter 15409].
var. L e Ratii Loes. — Nouvelle-Calédonie, région sud
Le Bat 169A ].
P. floribunda Baill. — Sche/fiera indivisa Baill. — Tené prés
Bourail Balansa 970].
P. lucida Yieill. — Nouvelle-Calédonie [Pancher], M* Hum ­
boldt [Balansa 1832], Schlechter 13340, 15342], Ngoyé
Schlechterl 3233, 13365], Païta [Schlechter 1493 41, M1 Mou
[Balansa 2803J, Bourail Pennel 319], Ferme modèle
Balansa 444 .

PLANTES PHANÉROGAMES l)K LA NOUVELLE-CALÉDONIE

113

Phelline macrophylla Baill. — Nouvelle-Calédonie Petit 123 ,
baie de Prony [Balansa 383 a], M1 Koghi Balansa 2207],
Ferme modèle | Balansa 383 J.
P. m ierophylla Baill. — Table. Unio ; Balansa 2223].
P. ivagapcnsis Baill. — Ou Hinna Schlechter 150741. Cap
Tono [Balansa 3322].
var. gracilior Loes. — M1 Poume I Balansa 3321 j.
M icromelum coriaceum Seem.
Balade [Cook, A nder­
son).
M. pubcscens Bl. — M. m inutum \ \ . et Arn. — NouvelleCalédonie j Pancher, Deplanche 437 bis, Mac Gillivrav ,
Nouméa [Balansa 361, Schlechter 13089], Balade [Ander­
son], île des Pins Pancher], Lifou Thiébaut 343 .
M ur raya cxotica DC. = Limonia lucida Forst.
NouvelleCalédonie [Pancher, Deplanche Oj, Gatope Vieillard 2370 ,
île A rt [Montrouzier 22 in herb. de Lyon .
M urraya Kœnigii Spreng. — Nouvelle-Calédonie Pancher .
Pif rus liystrix DC. — Nouvelle-Calédonie d après Vieil­
lard].
C. macroplera Mon trou/.. — Nouvelle-Calédonie Lecard 7 .
de Art [Montrouzier).
C . medica L. — Nouvelle-Calédonie | Pancher], Lifou Thié­
baut].
P. oxanthera Beauvis. — Oxanthera fragrans Montrouz. =
Atalantia aurantia Vieill. mss. — Nouvelle-Calédonie
Pancher], Gomonen [Vieillard 2378 , Cap Tonnerre, Gatope
[Deplanche 288], île A rt Montrouzier 19].
Clausena [Pookia Sonneratii Montrouz.) — lie A rt Montrou­
zier].
Bonze fia marifinia Montrouz. — Ile A rt M ontrouzier .
SlMARUBACÉES.
Suriana marifinia L. — Nouvelle-Calédonie Baudouin 217,
219, Pancher, Deplanche 306, Milne], Balade Fors ter, An­
derson , îlot M aître [Balansa 394 , île des Pins Vieillard
428, Deplanche 500, Pancher ou Vieillard? 733].
Annules du Musée colonial de Marseille. — 2° série, 9° vol. 1911.
8

�PLANTES PIIADÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

Soûlâmes canlioptera Baill. — Nouvelle-C dédonie [PaneherJ.
•S. fra xi ni folia Brong. et Gris — Païta [Schlechter 14876],
Nouvelle-Calédonie et ile des Pins Pancher 195].
S. JMuelleri, Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie Mueller,
Lecard 148 , M' Poume [Balansa 3165], île de Taulé
[Deplanche 278].
•S. Panchcri Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie Pancher
85], Balade j Vieillard 243], Ngoyé Schlechter 15173).
5. tomentosa Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie | Pancher
196. Petit 7 4. Deplanche 207 , Nouméa Thiébaut].
N. trifoliolata Baill. — Nouvelle-Calédonie I Pancher 193
partini], M' Hum boldt Balansa 3553].
B u r sé r a c é e s 1.

Canarium Balansæ Engl. — Lifou [Deplanche 55, Balansa
2324].
C. trifoliolatiim Engl. — M1 Pénari Balansa 3350].
Canariellum oleiferum Engl. = Canarium oleiforum Baill. —
Nouvelle-Calédonie Petit 31, Raoul], Balade [Vieillard 692],
embouchure du Dothio [Balansa 3458 j, baie Ouié Balansa
3011], Baie de Prony [Pancher 19, Balansa 481 , baie du
Sud 1Seberl et Fournier 31].
M é l ia c é e s ~.

Melia Azedarach L. — llouaïlou (cultivé) [Grunow).
D ysoxylum albicans Vieill. ex CDC. — Nouvelle-Calédonie
1. Le Meingneul (Canarium Balansæ fournit un bois blanc léger,
facile à travailler, mais de mauvaise conservation ; le Canariellum oleifrrnni n'est guère meilleur.
2. Le D ysoxylum rufescens donne un bois rose pâle, recherché des
indigènes. Le D. Lessertianum, un très beau bois blanc jaunâtre à len­
tilles rouges connu sous le nom de bois moucheté ; l’écorce et les fruits
ont une odeur d'ail. L Açjlaia eleagnoidea fournit un bois rouge veine,
très beau, facile à polir. Le Manoué [Flindersia Fuurnieri) donne un
bois de charpente et de menuiserie jaune et de bonne conservation. Le
Palmé fournit un bois assez dense gris rosé, à grain fin.
Le bois'de Carapa hbovala est un très joli bois d ’ébénisterie.

115

[Deplanche 290 ?], Néné Deplanche 29(1 bis , W agap
[Vieillard 260, 261, 2426].
D ysoxylum Balansæanum C D C .= Epicharis Balansæana Baill.
— Nouvelle-Calédonie [Petit 120), Balade [Vieillard 221, 255,
258, 710, 711, 1706], la Conception Balansa 2813], entre
le Diahot et Balade [Balansa 3310], Nouméa Balansa 240,
270], entre Néoua et le M1 Mi Balansa 1 485].
var. pedunculata CDC. — Gatope [Vieillard 255, 256,
2423, 2438].
D. canalense CDC. = Chrizocbelon ? canalcnse Baill. —
Canala [Balansa 2475 , Ngové [Schlechter 15153 , baie de
Prony [Balansa 471], ML Mi ! Balansa 1436], entre Néoua
et le M1 Mi [Balansa 1435], Eifou Balansa 2476 .
D. chrysophyllinum Vieill. ex CDC. — W agap Vieillard
2427J, Thio [Grunow].
D. Francii CDC. — M1 Mou [Franc 462 .
1). gatopense CDC. — Nouvelle-Calédonie Sebert et Four­
nier 68-69 partim , Pancher , Gatope Vieillard 2439 .
D. glom eratum Vieill. ex CDC. — Nouvelle-Calédonie
[Deplanche 432, Pancher, Vieillard 2424, 2428 , Balade
Vieillard 260, 261 , ile des Pins Pancher 81 .
I). hum ile CDG. mss. — Koé j Balansa 1431].
D. Lenorm andianum CDC. — Gatope 'Vieillard 2432 .
D. Lessertianum Benth. = D. b iju y u m Seem. = Tricbilia
bijuga Labill. = T . quinquevalvis Montrouz. — NouvelleCalédonie Kay 25, Pancher83, Montrouzier, Sebert et Four­
nier 22, Petit 22, Baudoin 374, Vieillard 27, 263, 2435,
2436], Yahoué [Franc 207, série A , Uaraï Lecard 94, 103 .
Balade [Labillardière , W agap, Gatope, Nouméa Vieillard,
267], Nouméa [Balansa 432a, 4721, Bourail Balansa 1438 ,
Oubatche [Schlechter 13517], Nouvelle-Calédonie et ile des
Pins [P a n c h e r709 .
var. parvifolium CDC. — Nouvelle-Calédonie
De­
planche 433, 434 j, Nouméa Balansa 3515],
D. macranthuni CDC. — Nouvelle-Calédonie [Lecard 17 ,
entre Néoua et le M1 Mi [Balansa 1432].
D. m acrophyllum CDC. — Balade Vieillard 259].

�116

A.

G llLLA lM IN

Dyso.ryIum macrosfachyum CRC. — Pic des m orts, près
Canala Vieillard 2433].
D. m inutifïorum CDC. — Epicharis m inutiflora Baill.,
— Nouvelle-Calédonie [Pancher], baie de Prony [Balansa
473], cours supérieur du Boulari [Balansa 1834].
var. paroi folium CDC. — Cours supérieur du Boulari
[Balansa 3009].
D. nitidum CDC. — Nouvelle-Calédonie [Roberts].
var. angustifotium CDC. — Nouvelle-Calédonie [P an­
cher 708 . près Bourail [Balansa 1429], Koé (Balansa 1430).
vallée du Dothio Balansa 3316].
var. — Nouvelle-Calédonie Pancher , Canala [Thiébaut
227 ou 260], Ferme modèle [Balansa 469j, île des Pins
Charpentier , Lit’o u Balansa 2476).
var. lanceolatum CDC. — Nouvelle-Calédonie [Vieillard
2423],
var. oH ongifolium CDC. — Ml D/.umac Franc 436 .
var. obtusifolium CDC. — Néné | Deplanche 290, Vieil­
lard 2423 j.
1). oubatchense H a rm s — Oubatche [Schlechter 15530).
I). pachypodium CRC. — M‘ Nékou [Balansa 1437].
D. Pancheri ? CDC. = Epicharis P anche ri Baill. — Nou­
velle-Calédonie Pancher 228, Lecard], Balade [Vieillard
863), Ferme modèle Balansa 442].
var. subsessi/ifolium CDC. — Téné [Balansa 1433].
1). parvifolium CDC. — Poila [Vieillard 263 ).
D. / lobcrfsii CDC. — Nouvelle-Calédonie [Roberts 6].
D. roseum CRC. = Epicharis (D yso xylu m ) rosea Baill. —
Nouvelle-Calédonie 1Pancher].
var. glahra CDC. mss. — Bourail ! Balansa I 430], entre
Nakéty et Io Balansa 2478].
D. rufesccns Vieill. ex Panch. et Seb. — Nouvelle-Calédonie
Kay 30), Balade [Vieillard 239], île des Pins [Pancher 81,
226].
D. unijugum CDC. — Nouvelle-Calédonie [Pancher 133,
Deplanche 436].
I). Yicillardi CDC. — Balade [Vieillard 863].
Amoora Balansæana CDC. — Balade V ieillard 221. 238], la

l’U M ' I i S

PU AiNÉHOGAMKS l)li LA ISOUVELLE-CALÉÜONIK

Conception (Balansa 1440], entre le Diahot et Balade [Ba­
lansa 3309).
Amoora Vicillardi CDC. — W agap [Vieillard 2431 j.
Aglaia elæagnoidea Bthm. - Nouvelle-Calédonie Pancher
83, Sebert et Fournier 20, Petit 20, Mueller 73, Baudoin
273. Qermainj, Balade ; Labillardière, Lahaie I 422 et in herb.
Ventenat], Balade, Tono, W agap [Vieillard 3, 448], Ouroué
Balansa 3607 , Nouméa Balansa 1339, 2478, Schlechter
13080], Yahoué Franc 368], baie de Prony Jeannenevi,
île Nou Brousmiche . Nouvelle-Calédonie et île des Pins
[Pancher I I j , Lifou Thiébaut 291. Balansa 2479a .
Carapa dbovata Bl. = Xylocarpus obovatus A. Juss. — Nou­
velle-Calédonie Pancher, Deplanche 433, Kay 20, Petit
67, Sebert et Fournier 6 7 , Nouméa Thiébaut, Balansa
483, 1439], Poume Deplanche 294], Gatope Vieillard
2437j, Nouvelle-Calédonie et île des Pins Pancher 33 4 4
Elindersia Fournieri Panch. et Seb.
Nouvelle-Calédonie
P etit 22, 100 , Lecard , Kouaoua Balansa 1769 , Ouroué
(B alansa3624 , Bondé Vieillard 33], au nord de la baie de
Prony !Balansa 163 ), baie du Sud Sebert et Fournier 22, 63 .
Meliadelpha conforta Radlk. — Nouvelle-Calédonie Mueller
36].
M. océanien Radlk. — Nouvelle-Calédonie Mueller, Germain],
O LAC IX ÂGÉES *.

Xirncnia elliptica Forst. = X . americana L. — NouvelleCalédonie Védel, Petit 127, Vieillard 199. Pancher .
Balade ! Forster 84, A nderson, Labillardière . Nouméa
[Pinard, Heckel, Balansa 373, Schlechter 15082 , ile A rt
M ontrouzier j.
Olax hypoleuca Baill. — Nouvelle-Calédonie Baudouin, Pan­
cher].
I. Le Prunier canaque Ximenia elliptica) donné un fruit analogue à
une prune, à pulpe cyunique, et une amande huileuse purgative à odeur
d ’amande amère. L'Anisom allon clusiæfolium fournit un bois blanc mou,
ne se conservant pas.

�118

A. G11LLAUJIIN

Lasiant liera austro-caledonica Baill. — Nouvelle-Calédonie
Petit 105, 70, Sebert et Fournier 70], Ferme modèle | Balansa 600 , baie de Prony Faucher 221.
Anisoniallon clusiæfolium Baill. — Nouvelle-Calédonie [P etit
5, Sebert et Fournier 5, Fournier 28, F au ch er!, Oubatche
Schlechter 15475, baie de Prony Balansa 001], Fort
Bouquet Balansa 1846 , Canala Lecard, Balansa 1840],
Lifou Balansa 1773 .
Sarcanthidion Balansæ Van Tieg. — AF Ali I Balansa 1059j.
S. sarrnentosum Baill. — Table Unio [Balansa 2166aJ, Canala
[Balansa 21 lit) , près Bourail [Balansa 1059a], Fouine, Yaté,
Pouébo Deplanche 547 , Oubatche [Schlechter 15480].
lier mucronalutus Panch ex Heck. — Nouvelle-Calédonie
Pancher j, baie de Prony [Jeanneney].
I licinacées

I. neoealedonica Al xim. — Canala, Balade [Vieillard 862,
2491].
I. Seberti Panch. — Nouvelle-Calédonie [P etit 46, Deplanche
443, Vieillard 2494, Le Bat 294A , 467], baie du Sud [P an­
cher, Sebert et Fournier 46, 71 j, Oubatche Schlechter
15436], Ngoyé Schlechter 15357).
Oncotheca Balansæ Baill. — Kouaoua Balansa 1775aJ.
Sphenostemon Balansæ Baill. — AI' Nékou Bal nsa 1330].
S. pachycladum Baill. — AP Koghi Balansa 506], entre
Saint-Louis et Yaté Balansa 13601.
C éla str in ées .

Celastrus crenafus Forst. — Nouvelle-Calédonie !Vieillard
223, Alilne, Alac Gillivray],
C. paniculata W illd., var. Balansæ Loes. = C. Balansæ Baill.
— Nouvelle-Calédonie Pancher], ilôt à l'em bouchure de
la Dombéa 1B alansa3029].
I. L'Ilex Seberti donne un bois blanc jau n âtre,d u r, assez lourd, bon à
débiter en planches pour la menuiserie.

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

I 19

Plcurostiflia W iylitii \V. et A rn. — Nouvelle-Calédonie
[Vieillard 337, Petit 173].
var. neoealedonica Loes. — Nouméa Balansa 570, 960 ,
Bourail Balansa 960“j.
Gymnosporia Bnrcaviana Loes. — AF Ali Balansa 961 ,
embouchure du Ilouailou Balansa 2163b , entre le Diahot et
Pouébo Balansa 3319).
(}. Deplanchei Loes. — Poume [Deplanche 252 bis, 30 i .
G. Drahcana Loes. — Nouméa Balansa 349i a , vallée du
Dothio (Balansa 3494j.
G. Fournieri Loes. — Celastrus Fournieri Panch. et Seb. —
Nouvelle-Calédonie [Pancher, Baudouin, Deplanche], Nou­
méa [Balansa 571,2163, 3495], Canala [Balansa 2163 a .
G. Pancheriana Loes. — Port Bouquet Balansa 2162 .
G. Rothiana Laws in Hook. = Celastrus Rothiana W . et Arn.
— Nouvelle-Calédonie 1Lecard 1 14 A-55 [.
G. Sebertiana Loes. — Poume Balansa 3319a .
Pteripterygia marginata Loes. = Pterocelastrus marginaius
Baill. — Nouvelle-Calédonie [ Pancher 212. Deplanche 464 ,
Ngoyé [Schlechter 15266], bords de la Ouanéoué Franc 10 .
M enepetaluni? Balansæ Loes. — Nouvelle-Calédonie Pan­
cher], AF Mi Balansa 965 . La Conception Balansa 2775 .
M . cassinioides Loes. — Nouvelle-Calédonie Pancher 5676.
251], AF Hum boldt [Balansa 2164].
M. cathoides Loes. — AF Coumboui Balansa 2761 .
M. pachystirnoides Loes. — AF Koghi Balansa 1332 .
M . salicifolium Loes. — Ou llinna Schlechter 15702 .
-V/. ? Schlechter i Loes., var. genuinum Loes. — Ou llinna,
Oubatche [Schlechter 15630, 15432],
var. australe Loes. — Ngoyé Schlechter I7185J.
Elæodendron artense Montrouz. — lie A rt M ontrouzier .
E . clusiophyllum Baill. — Ouroué [Balansa 3613 .
E . C unningham i Montrouz. — lie Art Alontrouzier .
E. curlipendulum End. = E. arboreuni Panch. et Seb. —
Nouvelle-Calédonie Kay 49, Pancher 68, Petit 181 . Nou­
méa j Balansa 574 j , île Mouac Balansa 3320 , Lifou Balansa

�PLANTES I’11ANÉKOIîAMES l)E LA NOl VELLE-CALÉÜO.ME
I IlPPOCRATÉÂGÉES.

Salaria Bailloniana Loes., Oubatche Schlechter 15444 .
N. neo-caledonica Loes. — Ngoyé Schlechler 1a 197 j.
N. Pancheri Baill. — Nouvelle-Calédonie [Baudouin , M 1
Koghi Pancher 20 j, W agap Vieillard 189, 2298], Canala
Pancher 189 j, Yahoué j Schlechter 14-745, 15044|, Ngoyé
Schlechter loi 08'.
N. Poissoniana Loes. — Ou Ilinna j Schlechter 15044].
R hamnacées L

Gouania Le Ratii Schltr. = Yahoué | Le Rat 462], Bourail
[Le Rat 730].
Yentilago buxoides Baill. — Nouvelle-Calédonie [Vieillard
2272 . M' Poume Balansa 3171 a , île Taulé [Deplanche
272 , île Art Balansa 3171 j.
L. maderaspa/ana Gœ rtn. ? — Balade Vieillard 2421.
L. neo-caledonica Schltr. — Païta Schlechter 14905].
Berehemia crcnulata Panch. mss. — Nouvelle-Calédonie
Pancher 05].
B. Fournieri Panch. et Seb. — Nouvelle-Calédonie ; Petit 21,
101, Sebert et Fournier 21, 21 bis .
Co/ubrina asiatica Brong. = ? C. capsularis Forst. — Nou­
velle-Calédonie Pancher. Baudouin , Gatope (Vieillard
321, 342j. Balade Labillardière |, Ou Ilinna Schlechter
15640], îlot Freycinet Grunow].
Emrnenospermurn Pancherianurn Baill. — Nouvelle-Calédonie
Vieillard 2494, Pancher A.C. 732, 213 ).
Alphitonia erubescens Baill. — M1 Pénari [Balansa 3491 ,
Port Bouquet Balansa 221 4], Ngoyé Schlechter 15214].
.1. excelsa Reiss. — Nouvelle-Calédonie i Home j.
A. franguloides Asa Gray. — Nouvelle-Calédonie I Pancher
04, Baudouin 094 j, baie de Prony Vieillard 312).
var. obtusa — Nouvelle-Calédonie Deplanche I2j.
1. Le Berehemia Fournieri d on ne un bois rouge veiné, très du r. Celui
de YAlphitonia zyzyphoides est gris violacé, à o d e u r de peu p lier, bon
pour la m en u iserie et l'éb én iste rie et se co n se rv a n t bien.

121

Alphitonia lucida Vieill. mss. — Canala {Vieillard 2 9 j.
A. Vicillardi Lenorm. mss. — Gatope Vieillard 2488 j .
.1. xerocarpa Baill. — Nouvelle-Calédonie Pancher 008 ,
baie de Prony Balansa 2214 , Ngoyé Schlechter 15204],
Païta [Schlechter I 49 49 .
.1. zizyphoides Asa Gray. — Nouvelle-Calédonie Pancher,
Deplanche 493, Petit 3, Kay 27 , Canala Vieillard 313 .
Uaraï [Lecard 120-151], baie de Prony Jeanneney], baie du
Sud [Sebert et Fournier 3].
Pornaderris capsularis ? Montrouz. - - Ile A rt M ontrouzier .
P. neo-caledonica Schltr. — Dombéa Le Rat 322 .
A

m pé lid a c é e s

1.

Cai/ratia carnosa Gagnep. = Cissus carnosa Link. — Nou­
velle-Calédonie Thiébaut , Bourail Balansa 1292], ile des
Pins Pancher], Lifou [Deplanche 40].
C. japonica Gagnep. = Cissus japonica \ \ illd. — Lifou
Balansa 1758 .
Cissus &lt;jlaucoramea Planch. — Païta [Balansa 1293 , Bourail
[Balansa 1293 a .
S a pin d a c é e s

Cardiospermum Halicacabum L. — Nakétv, Houaïlou Gru­
now |, ile Nou [Brousm iche|, ile des Pins Mac Gillivray .
var. microcarpum Bl. — Nouvelle-Calédonie Pancher,
Deplanche 450 |, Nouméa Balansa 432 . île des Pins Ger­
main J.
Allophgllus Cobbe Bl. = Schrniedelia Cobbe DC. = Pometia
ternata DC. — Schrniedelia serrata DC. = Orni/rophe panigera Labill. — Nouvelle-Calédonie Pancher, Sebert et
1. La vigne ( l ’ilis vinifera) a été introduite et prospère.
2. L’Émentelé (A llophyllus Cobbe) donne un bois rouge violet foncé,
lourd et dur. Le Zaé Guioa collina) en fournit un rougeâtre pâle, dur
et à grain fin. Le Guioa ylauca et le Kiméri \Elattostachys apetala)
donnent aussi des bois utilisables.

�122

A. GUILLAUMIN

O O

Fournier 2, 2 bis . Balade Forster 206, Vieillard 301 ,
Pouébo Deplanche 2 8 5 1, Bourail [Pennel].
Pometia pinnata Forst. — Balade [Forster, Anderson .
Podonepheliumconcolor Hadlk. — W agap. [Vieillard 234, 780,
2395 .
I*. Homei Badlk. = P. Deplanchei Bail 1. — P. slipilatum
Baill. = Cupania stipitata Panch. et Seb. = C. erioglossoides Panch. mss. = Halonia Homei Seem. — NouvelleCalédonie Pancher 74, 135, 783, Petit 20, Sebert 20,
Home i, Port Boisé [Bernier 6 7 1], Balade, Gatope [Vieillard
219 ,, Lifou ! Deplanehe 58, 69, Balansa 2272],
Alectryon carinatus Badlk. — Saint-V incent [Baudouin 273],
Pouangbé [Deplanehe 284, 442), Gatope Vieillard 2381],
Lifou Deplanehe 13 .
Cupania juglandifolia Seem. — Balade [Forster],
C. Mac Gillivrayi Seem. — Ile des Pins [Mac G illivrayj.
Guioa coltina Schltr. = G. vilfosa Badlk. = Cupania coltina
Panch. et Seb. = C . villosa Panch. et Seb. — NouvelleCalédonie Montrouzier 38, Deplanehe 446, Petit 144, 149,
Yahoué [Schlechter 14732), M1 Mou [Franc 36], W agap
Vieillard 211 , la Conception Pancher 140, Brousm ichej,
Bourail Brousmiche, Pennel 239 :.
form asubsericea Badlk. — Balade, Gatope, Poila, W agap,
Canala Vieillard 211, 212, 214], Ml Ivoghi Balansa 159],
baie de Pronv Balansa 159 a, 159 bj, P ort Bouquet Balansa
2275, 2275 a j , Canala [Balansa 2275 bJ, vallée du Dothio
Balansa 3513 , Nouméa [Balansa 1452],
forma dasyclados Badlk. — Nouvelle-Calédonie Deplanche, Vieillard 211, Pancher 217, 787], Balade !Vieillard
214], Saint-Louis | Baudoin 356], Nouméa [Baudouin].
G. crenata Badlk. — Nouvelle-Calédonie 1Pancher 609],
Nouméa Balansa 1452], entre Bourail et Canala Balansa
1452a ], M* Mou [Balansa 2840].
. crenulata Badlk. — Oubatche jSchlechter 15413].
. fusca Badlk. — Nouvelle-Calédonie Pancher 23, 80,
Deplanehe, Petit 180, Lecard 1 lit, 156], Nouméa [Baudouin
219, B alansa 152), Titéma [Vieillard 226), la Conception
[Balansa 2273), Lifou [Balansa 2274].

PLANTES PHANÉROGAMES

DK LA NOUVELLE-CALÉDONIE

123

Guioa glauca Badlk. = Cupania ylauca Cambess. = Dimereza
glauca Labill. — Nouvelle-Calédonie [Pancher, Petit 93,
152, Vieillard 213], Ngoyé Schlechter 15199], Oubatche
[Schlechter 15503], Bourail Pennel 421], île Art M ontrou­
zier 37 in herb. de Lyon |.
forma genuina Badlk. — Nouvelle-Calédonie Pancher
784], Balade [Labillardière, Nriei 1lard 314, 776 , baie de
Prony [Balansa 155].
forma dendroides Badlk. — Nouméa Balansa 154 . PortBouquet [ Balansa 2266], M1 Mou Balansa 2843 .
forma psilocalyx Badlk. — Nouvelle-Calédonie [Pancher
281 ou 287], Poume, Pouébo Deplanehe 277 .
forma trachycalyx Badlk. — Nouvelle-Calédonie Bau­
douin, Pancher], Calio [Vieillard 776), Bourail Balansa
1444].
G. gracilis Badlk. = Cupania gracilis Panch. et Seb. = C.
uniglandulosa Panch. mss. = Nouvelle-Calédonie P an­
cher 133, 216, 224, Petit 182 . Titéma Vieillard 226 ,
Balade [Vieillard 235], Nouméa Balansa 146].
G. rnicrosepala Badlk. — Nouvelle-Calédonie Pancher 5614 ,
Canala [Balansa 2265], M1 Coumboui Balansa 2842 , M'
Mou (Balansa 2842a J, M1 Hum boldt Balansa 3505 .
G. ovalis Badlk. — Bourail Balansa 1448 .
G. pectinata Badlk. — Balade [Vieillard 213 . Gatope Vieil­
lard 2408, 2410], Poum e [Balansa 3306], Arama Thiébaut .
Cupaniopsis œdipoda Badlk. — Nouvelle-Calédonie Baudouin
354 partim ], Balade Vieillard 232], M1 Koghi Pancher ,
Nouméa [Balansa 153 , la Conception Balansa 1 441 ], Port
Bouquet [Balansa 2257],
C. apiocarpa Badlk. — Nouvelle-Calédonie Baudouin 761,
Pancher 135 A, 221, Vieillard 2394 , Canala [Vieillard 216 ,
Nouméa !Balansa 145).
C. azantha Badlk. — Balade Vieillard 218, 220, Labillar­
dière |.
C. ch yt rade nia Badlk. — Cupania glandulosa Panch. — Nou­
velle-Calédonie Deplanehe, Pancher 75 . Nouméa [Vieillard
217].

�PUVNTES PHANÉROGAMES DK I.A NOUVELLE-CALÉDONIE

Cupaniopsis crassioalvis Radlk. — la Conception Balansa
1455 ].
C. dictyophora Radlk. — M' Mi [Balansa I449J.
C. fruticosa Radlk. — Nouvelle-Calédonie Baudouin, Pancher
112, 162, Vieillard 2409 j.
C. ganophlœa Radlk. — Nouvelle-Calédonie [Vieillard 230,
231, 777 , Balade Labillardière, Vieillard 227 .
C. glomeriflora Radlk. = Cupania du Lia Panch. niss. —
Nouvelle-Calédonie Pancher, Baudouin 351, Vieillard 2 3 3 1,
Balade Labillardière], Nouméa [Vieillard 2 2 8 {, Ferm e
modèle Balansa 153 j, Bourail [Balansa 1447], île des Pins
(Pancher 782j, Lifou Deplanche 8 3 j.
C. inoplea Radlk. — Poume Balansa 3307 j.
C. macrocarpa Radlk. — Canala Balansa 2262 j.
C. myrmoctona Radlk, — Balade Labillardière j.
C. petiolulata Radlk. — Nouvelle-Calédonie [Pancher, Vieil­
lard 2293 , Balade [Vieillard 209J.
C. psilocarpa Radlk. — Bourail Balansa 1443 .
C. subcuneata Radlk. — Canala [Balansa 2267 j.
C. trigonocarpa Radlk. — Nouméa [Balansa 144].
Storthocalyx Pancheri Radlk. = Cupania Pancheri Baill. =
C. caudicans Panch. et Seb. — Nouvelle-Calédonie [Deplanche 78, 448, Petit 110 , Port Bouquet [Balansa 2270],
Canala Balansa 2270 a , Bourail [Pennel 336].
S. eliryseus Radlk. — Nouvelle-Calédonie Vieillard 770 ,
Canala Vieillard 2387, Balansa 2260], YVagap, Balade
Vieillard 244 .
■S. lasioneurus Radlk. — Nouvelle-Calédonie [Pancher 139 ,
W agap. [Vieillard 2385], Nouméa [Balansa 158 , M1 Koghi
Balansa 2261 .
S. sordidus Radlk. — Entre Saint-Louis et Ounia Balansa
1454].
Elattostacliys apetala Radlk. = Cupania apelala Labill. —
Nouvelle-Calédonie (Petit 170, Vieillard 729, 777, Thiébaul
280, Lecard 1 12-148'. M1 Koghi Brousmiche 012i, Balade
Labillardière, Vieillard 208], W agap [Vieillard 207], Nou­
méa Balansa 142 , Ferm e modèle Balansa I 42], Bourail
Balansa 1446, Pennel 254], Nouvelle-Calédonie et île des

125

Pins Pancher 137], île des Pins Pancher 780 , Lifou Deplanche, 281, 444, Balansa 2258].
forma robustior Radlk. — Table 1 nio [Balansa 2250 .
Elatfostachys incisa Radlk. = Cupania juliflora Panch. mss.
— Nouvelle-Calédonie [Baudoin 432, Vieillard 241 I. Lecard
1 12-1 18], Nouméa Balansa 143], Nouvelle-Calédonie et île
des Pins [Pancher 76, 219;.
A rylcra arcuata Radlk. = Cupania micrantha Panch. mss.
— Nouvelle-Calédonie [Baudouin 680, Pancher 77, 149,
734, Vieillard 206], Nouméa Balansa 150. I5L , Lifou
[Balansa 2264, 2264 aj.
A . chartacea Radlk. — Nouvelle-Calédonie Pancher 610 ou
160? Lecard 168], Nouméa [Balansa 147 . Bourail Balansa
147], Bourail [Balansa 1442 .
A . Icpidota Radlk. — Nouvelle-Calédonie [Baudouin, Pan­
cher 134 A, M ontrouzier 42? M1 Dore [Vieillard 205, 2384 ,
La Conception [Balansa 2841 , Bourail Balansa 1445 j.
R pachyphylla Radlk. — Cupania paniculata Panch. mss. —
Nouvelle-Calédonie Pancher 215, 778. Vieillard 2301. Petit
83, Sebert et Fournier 3 bis j, Nouméa Baudouin 690,
Vieillard 247, Balansa 148], Port Boisé Deplanche 280,
447], ile des Pins [Pancher 70 .
(iongrodiscus parvifolius Radlk. — Entre Ounia et le lacArnaud Balansa 3010 t.
G. su/ferrugineus Radlk. — Nouvelle-Calédonie ! Pancher ,
M1 Dore Vieillard 2300 , Nouméa Balansa 557 . la Concep­
tion Balansa 2123, 3008J.
1lelicopsidium trifoliolalum Baill. — M1 Poume Deplanche
301, Balansa 3172].
Loxodiscus coriaceus Hook. — M1 Koghi Balansa 160,
Brousmiche 495], Kouenthio [Brousmiche 681 , Païta
Schlechter 14073], île des Pins Pancher 788 .
Dodonæa Candollei Bl. — Balade Labillardière .
D. Forsteri M ontrouz. — Ile A rt. M ontrouzier .
I). viscosa Forst. — Nouvelle-Calédonie Pancher 27. Mac
Gillivray], Balade Cook , îlot Freycinet Grunow .
Harpu Ilia austro-caledonica Baill. — Pont des Français

�PLANTES PHANÉROGAMES D E L A

Balansa 149 , Xouméa Schlechter 15083 , Ml Koghi
(Vieillard 24 0 0 , Balade [Vieillard 229], cours supérieur du
Dothio [Balansa 3514], Table Unio Lecard , île des Pins
(Pancher 72, 131, 280, 449 .
Apiocarpus Moguinii île Art Montrouzier].
Picrocardia resinosa Rndlk. — Nouvelle-Calédonie [Pancher
196 , île Taule [Deplanche 278), île des Pins [Milne 143],
A

n ac a r d ia c é e s

127

L é g u m i n e u s e s 1.

Phaseolus semierectus L. — Païta [Schlechter 14891 ).
Crotalaria Sait,ma A ndr. = C. striata DC. — Nouméa Grun o w ].

Eotusaustralis A ndr.— Ile des Pins Montrouzier, Pancher 806 .
Indigofera An il L. — Nouméa [Pancher], Thio GrunowJ,
Païta [Schlechter 14901], Bourail [Pennel 385].

&gt;.

Semecarpus atra Y’ieill. = lilm s ? atra Forst. — NouvelleCalédonie [Deplanche 354, 355, Petit 29, Sebert et Four­
nier 29], Ferme modèle [Deplanche in Vieillard 394, 399,
414, 712, 1007 . Balade Forster 67 . Yahoué [Schlechter
15065 .
.8. Balansæ Engl. — Canala Balansa 2382], Ngoyé [Schlech­
ter 15124 .
N. neocaledonica Eng. — Koé Balansa 1008].
Euroshinus elegans Engl. — Canala Balansa 1793].
E. obtusifolius Engl. — Canala [Lecard .
var. robusta Engl. — Lifou Deplanche 41, 51],
E. verrucosus Engl. — Nouméa Balansa 490 ,, baie de Prony
Balansa 491 , Ngoyé [Schlechter 15125].
E. Vieillardi Engl. —- Balade Vieillard 358 .
M

NOUVELLE-CALÉDONIE

o r in g a c é e s .

Aloringa pterigosperma G œ rtn. — Nouvelle-Calédonie (intro­
duit de la Réunion Pancher .
CONNARACEÉS.

Jiourea lialansæana Baill. — entre Saint-Louis et Yaté Balansa
1360J.
I. Le Noté ou Goudronnier iSemecarpus atra) d o n n e un suc e m p lo y é
co m m e poison violent, et une gon un e fo u rn iss an t une belle te in tu r e
noire, enfin un bois très mou re c h e rc h é pour la fabrication des p iro gues.

I. La Cassie ( A c a c i a F a r n e s i a n a ) donne une gornme arabique et des
Meurs parfumées (plante très abondante).
Le Kohu ( I n t s i a M œ l i b œ i ) fournit un bois d ’ébénisterie.
Le Mou Acacia spirorbis) et le Nana (Acacia laurifolia fournissent le
bois connu sous le nom de faux gaïae qui est brun foncé, très durable cl
bon pour le to u r; la gousse est tannante.
Le Zaaza (Serianthe myriadena) donne un bois de charpente jaunâtre
à odeur infecte.
Le Jeugaou (Albizzia granulosa fournit un bois gris jaunâtre pour la
menuiserie.
Le Kégué (Storckiella Pancheri) ne donne qu'un mauvais bois trop
tendre.
Le Flamboyant Poincinia regia) a été introduit comme arbre ornemen­
tal, mais le bois n’a guère d ’utilité, étant trop cassant ; fleurs splendides.
L ' E n j t k r i n a g l a u c a donne un mauvais bois, mais a été employé pour
abriter les caféiers; on emploie plutôt Y A c a c i a L e b b e c l ; qui a été intro­
duit et donne le bois noir utilisé pour le charronnage.
Le Tamarinier ( Tarnarindus indica) a été acclimaté pour la production
de la pulpe de tamarin employée en médecine.
Le Castanospermum australe donne des graines analogues aux châ­
taignes et utilisées comme telles.
Les Haricots (Phaseolus) sont acclimatés et poussent très bien.
Le pois canaque (Dolichos sp.) est comestible.
La fausse réglisse (A b ru s precatorius) donne des racines ayant le goût
de réglisse ; les graines rouges et noires servent à faire des colliers, et
les tiges sont employées en vannerie.
Le Magniagna ou Baité (Pachgrrhizus montanus ? donne d’excellentes
fibres et de la fécule (racine).
Les Luzernes (Medicago) poussent très bien et donnent jusqu'à six
coupes par an, on cultive aussi comme fourrage la Sensitive Mimosa
pudica) et 1Embrevade ou pois d Angola (Cajanus indicus &gt;.
Les Indigotiers (Indigofera) sont cultivés avec succès : quelques Desmodium sauvages sont employés comme succédané par les indigènes.
Le I ephrosia purpurca est un enivrant pour les poissons et employé
pour la pêche.

�128

A. GUILLAUMIN

Indigofcra secondiflora Poir. — /. oligosperma DC. — Nouméa
Panchor .
Tephrosia purpurea Pers. = T. piscatoria Pers. — NouvelleCalédonie [Pancher], Nouméa [Vieillard 361], Gomonen,
Canala Vieillard 2532 .
Sesbania aculeata Poir. var. cannabina llook. — Canala Gru­
now ].
N. gracilis Schrader — Nouvelle-Calédonie !Pancher].
N. grandiflora Poir. = N. coccinea Poir. = OEschynomene
coccinea Forst. — Nouvelle-Calédonie (cultivé) Pancher
793], île Amère Forster 1 H |.
Ormocarpum sernioides D C . — Nouvelle-Calédonie Pancher .
Artlirocliantlius sanguineus Baill. — Bourail (de Pom péry),
Ngoyé Schlechter I5272j, Yahoué Franc 9 9 1.
Desmodium Andersonii Seem. — Balade [A nderson],
D. polycarpum DC. — Nouvelle-Calédonie Pancher 22 ,
Ou Huma Schlechter 15705 , Balade Vieillard 365, Labillardièrej.
D. textile Vieill. mss. — Gatope Vieillard 2539 j.
I). tincforum Vieill. mss. — Gatope f Vieillard 3 6 7 1.
D. umbellatum DC. = H edysarum um bellatum Forst. —
Nouvelle-Calédonie Pancher . Balade [Forster, Anderson j,
Nouméa Vieillard'368, Deplanche 5 1 8 1, Ngoyé [ Schlechter
15287 , Nouvelle-Calédonie et île des Pins Pancher et
Vieillard 818 .
I). varians Endl. — Hedysarum varians L abill. — NouvelleCalédonie Pancher . Balade Labillardière j .
ira ria lagopodiôides Desv. = H edysarum lagopodioides F orst.
— Nouvelle-Calédonie Pancher , Balade F orster, A nder­
son , Saint-Vincent Vieillard 364 , Bourail Pennel 281 .
Entada seandcns Benth. = E. adenanthera DC. — W agap
Vieillard 2082 , Oubatche [Schlechter 15398], île Art
Montrouzier j .
Glycine tabacina Bthm. = Leplocyanius tabacina Panch.
mss. — Kinnedia tabacina Labill. = C hrystalia ? violacea
Montrouz. mss. — Balade L abillardière|, Saint-V incent
Vieillard 378 . Nouvelle-Calédonie et île des P ins Pancher

PLANTES PHANÉROGAMES

129

DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

et Vieillard 813], île Art [Montrouzier 97 in lierb. de Mont­
pellier].
Abrus precatorius L. — Nouvelle-Calédonie ] Pancher j.
Clitoria ternata DC. — introduit dans les jardins Pancher,
G runow , Pennel 204].
E ry th rin a fasligiata Panch. mss. — Nouvelle-Calédonie
[Pancher].
E. indica Larn. — Nouvelle-Calédonie et île des Pins Pancher].
E. ovalifolia Roxb. — Thio Grunow].
Galactia tenuiflora W . et Arn. var. — Yahoué Schlechter
15066 J.
Eucrarianes neocaledonica Harms — Oubatche Schlechter
15484 j, Bourail Pennel .
Canavalia B ouquetli Montrouz. — Ile A rt Montrouzier .
G. obtusifolia I)C. — Nouméa [Grunow , de des Pins Mac
GillivrayJ.
Vigna lutea Asa Gray — Poro [(irunow ].
P achyrrhizus trilobus DC. — Nouvelle-Calédonie Moore .
Dolichos Lahlab L. — Nouvelle-Calédonie, cultivé) Grunow,
Vieillard j.
/). Savii? Montrouz. — Ile A rt Montrouzier .
Cajanus indiens Spreng. — Nouvelle-Calédonie (cultivé Pancher), Thio G runow .
Rhync/tosiaphaseoloidcs DC. — Nouvelle-Calédonie Pancher .
Dalbergia uliginosa Bthm . — Balade Forster .
Pongamia glabra Vent. — Nouvelle-Calédonie Pancher.
Schlechter], Bourail Pennel 20 .
Sophora Jabandao Montrouz. — Ile Art Montrouzier .
S. tomentosa L. — Nouvelle-Calédonie Petit 155, Deplanche
55 L, Balade ( Vieillard 390 ;, Nouméa Balansa 308a ], baie
de Pronv [Jeannenevi, de Amère Forster , Nouvelle-Calé­
donie et île des Pins Pancher .
Castanospernium australe A. Cunn. et Fras. = Vie ilia rdia
grandiflora Montrouz. — Pouébo Balansa 3339 , île A rt
Montrouzier].
Annules du Musée colonial de Marseille. — 2" sé rie, 9 v o l . 1911 .

9

�PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NO( VELLE-CALÉDOME

Cæsalpinia Bonducella Fleming. — Nouvelle-Calédonie?
Forster], baie de Pronv Jeannenev].
C. ferruminata Panch. mss. — Nouvelle-Calédonie [Pancher,
' de Pompérv .
C. Xuga Ait. — Ngoyé [Schlechter L3290 .
C. sepiaria Hoxb. — Thio, Nouméa Grunow].
C. Scfilechteri Uarms. — Oubatelie [Schlechter lbb72|, Bourail
Pennel 128!.
Parkinsonia aculeafa L. — Nouvelle-Calédonie (cultivé) [P an­
cher, Germain j.
Slorckiella Pancheri Baill. = Cassia Pancheri Yieill. mss. —
Do;/a tnacrogemma Panch. mss., Nouvelle-Calédonie M ufl­
ier 2, II. 28, Pancher 6 7 9 4 ', 679b, Petit 38, Sebert et
Fournier 38. Lecard, Deplanche, Thiébaut , Balade, Canala,
W agap Vieillard 402), M1Dore Pancher , Bourail Pennel
48].
Cassia ariensis Beauvis. = Mac Leat/ia multiflora M ontrouz.
= M. L. ariensis Montrouz. mss. — Cassia neo-caledonica
Yieill. mss. — Gatope |Deplanche 39, 342, Vieillard 2b28j,
ile Art Montrouzier bd, bl in herb. de Lyon, 101 in lierb.
de Montpellier .
C. lævigata W illd. — Oubatche Schlechter Ibb79 j, Thio
Grunow , Bourail [Pennel 282 i.
C. occidentalis L. — Introduit Pancher, Deplanche bb3 bis.
Le Rat 367 ou 1929, Grunow, de Pom pérv, Balansa 303 .
C. Sop/iera L. = C. purpurala Hoxb. — Nouvelle-Calédonie
Pancher, Mac Gillivrayj, Balade Vieillard 393], W agap
Vieillard 2081 , ile Nui Deplanche bb3 , ile des Pins[ Pan­
cher et Vieillard 81 4 j.
Afzelia (Intsia Mœlibei Yieill.) — Nouvelle-Calédonie [Ba­
lansa 3667 , Melibé, Pouébo, W agap, Poïpa Vieillard 381,
386 , la Conception, Canala Pancher 20 j , ile des Pins
Pancher .
Adenanthera pavonina L. — Lifou Balansa 2ib7 j.
Desmanlhus virgalus W illd. — Nouméa Le Rat VIF* ou 10931.
Tarnarindus indica L. — Nouméa G runow .
Mimosa pudica L. — Païta i Schlechter 14882], Canala (G ru­
now j.

131

var. ij labrata RC. — Tomo [Grunow .
Mimosa sim plex Forst. — Balade | Forster .
Leucæna Forsleri Bthm. — M. glandulosa Soland. = Acacia
insularum Guill. — Nouvelle-Calédonie [Vieillard j, Balade
[Anderson], embouchure de la Houaïlou Balansa 2455 .
Paio, Baboudo, Grande Paaba Deplanche 38, 346], Lifou
[ Balansa 2455® J.
L. glauca Bthm. — Nouvelle-Calédonie Pancher, Baudouin
372j, Nouméa [Balansa 313], Canala [Grunow , Yahoué
[Schlechter 14737], Bourail [Pennel 388].
Acacia callistemon Montrouz. — Ile A rt Montrouzier .
A. Farnesiana W illd. — Nouméa Balansa 31b, Grunow ,
Païta [Schlechter 14856].
A . spirorbis Labill. — Nouvelle-Calédonie Pancher, Brousmiche 667, Raoul, Sebert et Fournier b, Petit b8b, Kay
b, 8, Baudouin, Deplanche b62, de Pom pérv, Mac Gillivray .
Balade [ Labillardière, Lahaie 1450, Anderson , Dogny
Lecard 167], Nouméa Fournier et Sebert b his, Franc b7,
Germain, Mac Gillivray 7, Balansa 317, 1390 , Nouméa,
Canala, etc. Vieillard 412 , Bourail Pennel 21 . baie de
Pronv [Jeanneney], îlot Freycinet Grunow], île des Pins
Goujon, Mac Gillivray .
. I. fulgens Labill. = A . rirularis Fourn. — Nouvelle-Calé­
donie Pancher, Montrouzier 47, Lecard 172' , Balade,
W agap [Vieillard 421, V22. 423, 426 . Bourail P e n n e l 208 .
A. Guillainii Panch. mss. — Nouvelle-Calédonie Pancher
.1. laurifolia W illd. — Mimosa M angium Forst. — NouvelleCalédonie Pancher I, M ontrouzier b2, Deplanche, Petit
187, Yédelj, Balade Labillardière, Forster , Nouméa Ger­
main, Balansa 1389 , Anse Yata de Pompérv, Le Rat 107
ou 1997], embouchure du Dothio Balansa 36631, Taulé,
P ort boisé Vieillard 413 , Bourail Raoul, Pennel 3 , baie
de Pronv Jeannenev], îlot Freycinet [Grunow .
Alhizzia auriculata Fourn. — Nouvelle-Calédonie Charpen­
tier].
.1. Charpenticri Fourn. — Nouvelle - Calédonie (üharpeu lier].

�132

A. GUILLAUMIN

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

Albizzia Doplanchoi Fourn. mss. — N ouvelle-Calédonie
Deplanchej, Tiare [Vieillard 120 .
.1. y r anul osa Bthm. = Acacia granulosa Labill. — NouvelleCalédonie Petit 55, Pancher 2, 74, Kay 2-1 I . Baudouin 000 ,
Balade Forster, Labillardière, Lahaie , Galope Vieillard
ilO . baie du Sud [Sebert et Fournier 3 5 1, Nouméa Sebert
et Fournier 23 bis, Balansa 319 , Koé Balansa 321, 1388,
Brousiniehe , Pic Faha Brousmiche , entre Saint-Louis et
Ounia Balansa I388;l . bords du Kouétou-Kouéta Balansa
1388e |, ile des Pins Goujon .
.1. Lebbek Bthm. — Nouméa (cultivé) Grunow |.
A. lentiscifolia Bthm. — Nouvelle-Calédonie d’aprèsH em sley .
.1. obova/a Bthm. — Nouvelle-Calédonie [Montrouzier. Pan­
cher 802 .
.1. Paioaua Fourn. — Nouvelle-Calédonie M ontrouzier,
Mueller 10 , Tiaré, W agap Vieillard i20 , W agap Thiébaut
279i, Koé [Balansa 628], entre le M1 Arago et la plaine de
Nécoué Balansa 2 inI . M1 Boakim, T arai Lecard , Méré
Grunow .
A. rivularis Fourn. — Balade Vieillard 423, 424 .
1. Sc/ilechteri Harms — Bourail de Pom péry , Païta Schlechter I 4908 .
A .? strcptocarpa Fourn. — Balade Vieillard 418 .
Pithecolobiurn Fournieri Vieill. := P. cr isp uni Fourn. =
Albizzia crispa Fourn. = .1. lanceolata Fourn. — W agap.
Balade, Arama Vieillard 409, 427 , Bourail Pennel 201 .
Sériant lie grandiflora Bthm. — Nouvelle-Calédonie Pancher,
Petit 2, Sebert et Fournier 2 , Gatope [Vieillard 419).
S. myriadenia Planch. ex Bthm. — Bourail Pennel 389],
baie de Prony Jeannenev!.
R o s a c é e s '.

Ckrysobalanus (Hunga rhamnoides Panch. m ss.). — P o rt
boisé Pancher . baie Lebris ! Balansa 2335 |.
1. Los Kavita (Ruhus donnent &lt;h‘s fruils analogues aux framboises
et en ayant le goût.

Les pommiers, pêchers, cerisiers, pruniers,
introduits,.poussent également très bien.

poiriers

d'Europe,

I 33

Licnnia geronlogea Scldtr. — Nouvelle-Calédonie Mueller
83], Taulé, Poume, Néné Deplanche I '&gt;(&gt;, 320 , entre Voh
et Koué (7ribs 1248 , Koniambo Le Rat 460 , Bourail
Pennel].
Un luis clongalus Smith et W dld. — Au nord de la Conception
Balansa 3028 .
II. nioluccanus L. — Nouvelle-Calédonie Baudouin 499 .
var. neo-caledonica Schltr.
Oubatche[Schlechter 15537 ,
Bourail Pennel 284 .
Parinariurn myrsinoides Schltr. — Oubatche Schlechter
15687 .
S a x ie h a g a c é e s 1.

A rg o phyllu/n am œ num Vieil 1. mss. var. oral uni Vieil 1. mss.
— W agap (Vieillard 2639 .
.1. ellipticurn Labill. — Nouvelle-Calédonie Pancher. Lecard
107], Balade L abillardière|, Diaoué Vieillard 885 , W agap
Vieillard 887 , Oubatche Schlechter 15431 .B ourail Pen­
nel 353], baie de Prony Jeannenev j.
var. oblongifolia Brong. et G ris— M* Humboldt Balansa
1816].
var. ovafurn Pam pan. — A rg. ru fu m V ieill.— NouvelleC dédonie Lecard , Pouébo, W agap Vieillard 887 .
.1. Grunowii Zahlbr. — Thio [G runow .
1. Le Zaa Cad in rnonlnna ;i un bois rougeâtre à cœur noirâtre, dur,
à grain fin, bon pour le tour, et fournit des tuteurs pour ignames.
Le Ouèbo ou Sanendé [Pancheria obovatm donne un bon boi&gt;- rouge
violacé, celui de P. le m a ta est rouge violacé foncé, à veines noires, très
dur, presque incorruptible; employé comme acajou Chêne rouge .
Le W einmannia parriflora Chêne blanc est aussi employé en ébénislerie.
Le Crissais prit inas a donne un bois rouge veiné, très beau pour 1 ébénisterie.
Le Kireu (Gessoi? ra.ee/nasn; a une teinte rose.
Le M j s o o ou Mayoo. Foux tamanou Crissais maiilunu fournit un
bois de construction pour les cases des indigènes.
Le M’bouya Cunanin pulchrlln a une écorce qui battue dans l'eau
donne une teinture noire.

�l3 i

A.

(iU lL L A U M I.N

A ryophyllum latifolium Yieill. ex Zem. — W agap Vieillard
2199 . Canala Deplanche 61 ].
.1. faxum Schltr. = .l. splendens Yieill. mss. — NouvelleCalédonie Pancher 196, Baudouin 7 '»7 , baie de Pronv
Balansa 383 . Ivoé Balansa 383a . Canala [Balansa 1813 ,
W agap Vieillard 2637j, Nondoué Franc 6 i2 , Païta
Schlechter 1 4962 , Bourail Pennel 109, 249].
.1. montanum Schltr. — Pic Malaoui [Schlechter 13032;.
.1. nitidum Forst. — Nouvelle-Calédonie Pancher, M ontrou­
zier. Yédel , Balade Forster, Labillardière. Balansa 3163 ,
Balade, Pouébo, Arama Vieillard 886 j, Ferm e modèle
Balansa 2816 , Oubatche Schlechter 13306 ; [Forster?
in. lierb. Banks, certainem ent pas Banks lui-m êm e].
A. obovatum Brong. et Gris mss. = ? A. ellipticum L a b ill.—
Canala Balansa 181 i |, M1 Koghi Balansa 383] Bourail
j Pennel 334 j.
.1. Schlechlerianum Bonati et Petitm . — M* Koghi Franc
640j, M* Dzumac [Franc 566 .
Polyosma brachystachys Schltr. — Ou Hinna j Schlechter .
P. discolor Baill. — Nouvelle-Calédonie Pancher et Sebert .
P. Paneheriana Baill. — M1 Mou Pancher 17 i.
P. podophylla Schltr. — Oubatche Schlechter 15513 .
P. spicala Baill. — Nouvelle-Calédonie [Pancher et S e b e rt1.
Dedea major Baill. — M1Koghi Balansa 1781 |, Païta Schlech­
ter 1 4935 . Ngoyé Schlechter 15210 .
I). media Baill. — M1 Koghi j Brousmiche 479 j, M* Koghi,
baie du Sud Pancher 544 , M1 Mou [Balansa 2814], Port
Bouquet Balansa 1657 .
I). minor Baill. — M1Mi Balansa 1004-, entre Couaoua et
Canala Balansa 1658 .
D. oreophila Schltr. — Ngové [Schlechter 15378;.
D. paroiflora Schltr. — Oubatche Schlechter 13542 .
D. resinosa Schltr. — Païta : Schlechter 14893, 14894J, Ngoyé
Schlechter 15378 J.
Codia alhicans Yieill. ex Pam pan. = C. floribunda var. el/ip(ica Brong. et Gris mss. — W agap Vieillard 3 8 2 1.
var. cinerascens Pampan. — Montagne de Ouentende à
Galope Vieillard 2460 .

PLANTES l-IIAMaUM.

VMKS

l)K L.A NOUVELLE-CALÉDONIE

I 35

Codia arborea Brong. mss. — \ allée supérieure de la Tamoa
I Balansa 2851 .
C . ferruginca Brong. et Gris. — Nouvelle-Calédonie Baudouin
•"&gt;07 , Canala Vieillard 584 .
C. floribunda Brong. et Gris. — Nouvelle-Calédonie Baudouin
611, P a n c h e r, Canala Vieillard 584 j. Balade, Pauloitche
[Vieillard 592 . Païta Schlechter 14897 , Bourail Pennel
426, 427 j, baie de Pronv Jeanneney , baie du Sud Sebert
et Fournier.
C. incrassata Pam pan. = C. obeordata var. discolor Brong. et
Gris — Pouébo Deplanche 588].
C. lævis Brong. mss. — Nouvelle-Calédonie Pancher .
C. rnicrosepala Pam pan. — Nouvelle-Calédonie Deplanche
-, i:J]C. montana Forst. — Nouvelle-Calédonie Petit 4. Sebert et
Fournier 4. Pancher, Lecard 38. Montrouzier. Baudouin
811 j , Balade Forster 90, Labillardière . Balade, W agap
Vieillard 580 , plaine de Nécoué Balansa 2316 , Ou Hinna
Schlechter 15635 , Bourail Pennel 54, 257 . baie de Pronv
Jeanneney .
C. nitida Schltr. — Ngoyé Schlechter 15107, 13376 .
C. obeordata Brong. et G ris— Nouvelle-Calédonie Baudouin,
Pancher, Petit 102. Deplanche 44, 382 Canala Vieillard
387 ?;, Yaté Vieillard 588 , Koé
Brousmiche , Païta
Schlechter I 4897 .
C. spatulata Brong. et Gris = ? Callicoma intcy ri folia M ontrouz. mss. — Balade Vieillard 589 . île A rt Montrouzier
64].
Pancheria æmula Schltr. — Ou Hinna Schlechter 15642 .
P. alalernoides Brong. et Gris. — Nouvelle-Calédonie De­
planche 378, Pancher 184, 197, 285], Canala Vieillard
598], Païta [Schlechter 14886 , Koé Balansa I067a .
près Bourail Balansa 1067], M‘ Koghi Balansa 193 ,
baie de Pronv Balansa 195a j, ile des Pins Jeanneney .
var. lanceolata Pam pan. = P. lanceolata Yieill. mss. —
Poume. W agap Vieillard 581, 598, 2064 , baie Ouié
Balansa 195 , M1 Mi Balansa 1068 . embouchure du

�I 36

A.

U lIL L A U M IN

Houaïlou Balansa 2309a Canala Balansa 2309j, Ml Mon
Balansa 2838 , Poyo ICribs 1211 , M' Koghi [ Pancher].
Pancheria Bcauverdiana Pam pan. — W agap IVieillard 591 j.
P. Billardieri Pampan. = (lallicoma Billardieri l&gt;. Don. —
Balade Labillardière j.
P. Brunkesi Pampan. — Pouébo Deplanehe 370j.
P. elegans Brong. et Gris. — Nouvelle-Calédonie Charpentier,
Baudouin 009, Petit 121, Pancher 033], M1 Dore, baie
Tupiti. Canala Vieillard 600j. Canala Pancher, Balansa
2 3 l i a , entre Couaoua et Canala Balansa 231 4 b J , Yahoué
Schlechter 15030 j, N goyé!Schlechter 15130 , Kaféate [ Cribs
1302 , Bourail de Pom péryj, baie de Prony Balansa 192 ].
Port Bouquet Balansa 2314 , Koé Brousmiche, Balansa
1071 . Mé Arembo [Cribs I 112 , Thio, baie Laugier [G runow ].
P. elliptica Pampan. — Tiare Deplanehe 01, 591 ], Pouébo
Deplanehe 309 bis .
P. Engleriana Schltr. = P. niontana Brong. et Gris. mss. —
Nouvelle-Calédonie Pancher 187, 285j, M' Koghi Balansa
191 . M' Humboldt Balansa 2313 . Ngoyé [Schlechter 15187,
15188 . M' Mou Schlechter 14911], Mé Arembo [Cribs
1011 . Bourail Pennel 123 .
var. potamophila Schltr. — Ngové [Schlechter 15131,
15135 .
P. /'erruginea Brong. et Gris. — Nouvelle-Calédonie Lecard ,
M' Mou Pancher, Schlechter 11812], M1 Dore [Pancher
032 . Canala \ ieillard 585 . M' Coumboui Balansa 2 8 5 2 1,
Koé Balansa 1009j , Thio Grunow .
P. fusca Schltr. — Ngoyé f Schlechter 15363j.
P. gatopensis \ ieill. mss. — Poindalou, Gatope Vieillard
2655 .
P. hirsuta Vieill. ex Pampan. — M1 Mou ! Vieillard 2052].
P. humilia Brong. et Gris mss. var. frutescens Brong. et
Gris mss. — M1 Ivoghi [Balansa 191].
P. insignis Schltr. = P. robusla Brong. et Gris mss. = P.
pinnata \ ieill. mss. — Nouvelle-Calédonie [Pancher 197.
Baudouin 896], M1 Mou Balansa 2855, Brousmiche 630,
branc 172], baie de Prony Balansa 198 '.

l’LANTKS

1*11AN linon A MISS l)K LA NOUVËLLE-CALKDONIK

137

Pancheria lævis Vieill. mss. — Nouvelle-Calédonie [Pancher
180. Vieillard 2058J.
P. hicida Vieill. mss. — Nouvelle-Calédonie Pancher .
P. obovata Brong. et Gris. — Nouvelle-Calédonie Pancher
639, Petit 47, Sebert et Fournier 47 j. Balade Vieillard 591 ,
baie Onié Balansa 190 , Koé Balansa 1005 , Saint-Louis
Balansa 1079 . Bourail Pennel 55 .
var. crassi folia Pampan. — P. crassifolia Vieill. — VVagap
1Vieillard 2077 j.
P. phylliræ oides Brong. et Gris mss. — Près de Bourail
Balansa 1006].
P. pinnata Pam pan. — ? P. insignis Schltr. — Balade Labil­
lardière .
var. heterophylla Pam pan. — Balade Labillardière .
P. pirifolia Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie Pancher
187. 285, Baudouin 197v , Balade, Pouébo, W agap Vieil­
lard 594 . Pouébo Deplanehe 309 bis . cours supérieur de
la Tamoa Balansa 2853 J.
P. pulchella Pam pan. — Balade Labillardière , W agap Vieil­
lard 594 j.
P. rivularis Schltr. — Ou llinna Schlechter 15645 .
P. ternata Brong. et Gris. — Nouvelle-Calédonie. Petit 6,
Baudouin 912 , Touho, Gatope, Balade Vieillard 590 , baie
de Prony Franc 227 . baie du Sud Sebert et Fournier 0 .
M1 Koghi Pancher 383 . la Conception Balansa 2308 .
var. si rnpl ici folia Brong. et Gris — M‘ Nékou Balansa
1070].
P. Vieillardi Brong. et Gris. — Nouvelle-Calédonie ! Pancher ,
Canala Vieillard 593 j , Bourail Pennel 524 .
var.? — Saint-Louis Balansa 2300].
Vesselowskya serratifolia Guillaum. — Nouvelle-Calédonie
[Cribs], Canala Lecard 71 A , Bourail Pennel 419 .
(ieissois Balansæ Brong. et Gris mss. — Nouvelle-Calédonie
Pancher , Téné Balansa I076J.
G. hirsuta Brong. et Gris. — Nouvelle-Calédonie Pancher .
Canala Vieillard 601 j, Koé Balansa 1078], M‘ Koghi de
Pompéry , vallée de la Onva Brousmiche 084 .

�Geissois intermedia \ ieill. ex. Pam pan. — W agap Vieillard
1107, 2230 .
G. montana Vieill.ex Brong. et Gris. — W agap, Balade \ ieillard 608, (138 . Oubatche Sehleehter 15490 , Laraï Lecard
(10-71 , Bourail Pennel 42. 122 .
G. polyphylla Lecard mss. — Uaraï Lecard 60-71“ j .
G. pruinosa Brong. el Gris = G. ylauca Panch. mss. —
Nouvelle-Calédonie Pancher, Petit 36, Mueller, Baudouin
348, Lecard 44 , W agap, M1 Dore [Vieillard (107 j, Ngoyé
Sehleehter 15387 , baie de Prony Cribs 083 j, baie du Sud
Sebert et Fournier 30 . Port boisé Deplanche!, baie Ouié
Balansa 201 j, entre Saint-Louis et Ounia Balansa 1075J,
M' Koghi Franc 81 bis . Ganala [Mac Gillivray 24J.
var. macran/ha Brong, et Gris = G. cartilaginea Vieill.
mss. — Nouvelle-Calédonie Pancher, Deplanche 381],
Canala Vieillard 003, Balansa 2320], P ort Bouquet
Balansa 2320“ , M' Mou Deplanche 603 .
G. racemosa Labill. — Nouvelle-Calédonie Pancher 100, 433,
de Pompéry, Baudouin 330 . Balade, W agap Vieillard 606 j,
Yahoué Balansa 2848, Brousmiche , Pont des Français
Balansa 203 , Canala Lecard], Houaïlou Cribs 1100:.
Bourail Pennel 413j.
G. ? [Ca/licoma ternata Montrouz.) — Ile A rt M outrouzier .
Spiræan/hem um austro-caledonicum Brong.et Gris — NouvelleCalédonie Pancher 191 , Balade, Poume Vieillard 308 ,
S aint-Vincent Baudouin 379], entre Saint-Louis et Ounia
Balansa 1083 .
var. pauciflorum Brong. et Gris — M' Poila Vieillard
378 .
•S. densiflorurn Brong. et Gris. — Nouvelle-Calédonie P an­
cher, Deplanche 382 bis]. Balade [Vieil lard 360, 373 .
S. ellipticum Vieill. mss. — Ilienghiène [Vieillard 2643 .
S. pedunculahim Schltr. — Nouvelle-Calédonie, région sud
Le Rat 268A .
N. pubescens Pampan. — Pouébo [Deplanche 07, 376 .
S. undulatum Vieill. — Nouvelle-Calédonie [Baudouin 300 .
W agap Vieillard 2078], Ou Ilinna Sehleehter 13623 .

Spiræanthemurn vitiensc A saG ray. —Nouvelle-Calédonie Le­
card, Pancher 191], la Conception [Balansa 23031.
var. macrophylla Brong. et Gris. — Nouvelle-Calédonie
Lecard 22 , Pouébo, Balade [Vieillard 307 . Diaoué Vieil­
lard 341 j.
W einm annia Bonatiana Schltr — M1 Dzumac Franc 138 .
\ \ r. dichotorna Brong. et Gris. — Nouvelle-Calédonie Lecard,
Pancher], Balade Vieillard 309, 3 7 0 , M' Koghi [Balansa
2296j, Ou Ilinna [Sehleehter 13633 .
11 . paitensis Schltr. — Nouvelle-Calédonie Pancher 013 ,
M1 Mou [Sehleehter 14941 .
W . racemosa L. — Balade [Forster 91 .
W . serrata Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie Pancher
637, Lecard 68" - 70 ], Thiébautj, W agap, Balade Vieillard
372, 637 i, Ferme modèle Balansa 204 , la Conception
Balansa 2839 , Port Bouquet Balansa 2298 . Canala
[Balansa 3427 .
Cu.nonia atrorubens Schltr. — Ngoyé Sehleehter 13013“ .
C. Balansæ Brong. et Gris = G. simplicifolia V ieil 1. mss. —
Nouvelle-Calédonie Pancher 287, 613 , Yaté Vieillard 0021,
M1 Mi Balansa 1084], M' Koghi Balansa 2303 , Canala
Balansa 2303“ , Bourail Pennel 418 . île des Pins Agatope].
C. bullata Brong. et Gris — M' Koghi Balansa 312 , M
Hum boldt Balansa 2304, Sehleehter 13343 , Bourail Pen­
nel 420].
C. Deplanchci Brong. et Gris. — Nouvelle-Calédonie Pan­
cher, Deplanche 376, 379J.
C. laiifolia Schltr. — M' Humboldt Pancher, Sehleehter
13296].
C. Lenorm andii Vieill. mss. — Nouvelle Calédonie Bau­
douin 392, Pancher], M' Koghi Pancher 189, 200v .
Balansa 207], M1 Mou Vieillard 2643].
C. macrophylla Brong. et Gris. — Nouvelle-Calédonie Bau­
douin 338, Raoul , Yaté Vieillard 604, Deplanche 380 .
Pancher 611, 631 . baie de Prony Balansa 202 , la Con­
ception Balansa 1074 , M1 Mou Balansa 2830 , M' Hum-

�PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

boldt Balansa 3507 j. M' Dzumac ; Franc 21)1 j, Païta
Schlechter I 4890 , Ngové Schlechter i 53(571, Saint-Louis
Brousmiehe 083].
Cunonia montana Schltr. — Nouvelle-Calédonie Lecard], Ml
Mou Schlechter I 4944, Pancher, Vieillard 571, Cribs 127hJ,
pic de Pouébo [Deplanche 273j, M' Hum boldt [Schlechter
15319. Balansa 2299j. Bourail [Pennel i l 7 .
C. pterophylla Schltr. = ]]einm annia Poissonii Bonati et
Petitmen. — Nouvelle-Calédonie Pancher 972], Ngoyé
Schlechter 15209 , baie de Prony Balansa 513 j , M' Dzumac Franc 504 , Balade, M' Mou Vieillard 571].
C. pulchella Brong. et Gris = W cinm annia austro calédonien
Yieill. mss. — Nouvelle-Calédonie Pancher 39], Uaraï
Lecard 18 0 -0 8 A;, Oubatche {Schlechter 15401], W agap
\ ieillard 21 iO . Pouébo Deplanche 372 , Canala | Balansa
2297 , la Conception Balansa 1085], Bourail Pennel 4. 410 .
C. purpurea Brong. et Gris. — Nouvelle-Calédonie Petit 102,
Mueller II, Pancher, Baudouin 0 9 j, M1 Dore, Yaté Vieil­
lard 003 , M1Dore Pancher 034, Le Jolis , Ngoyéf Schlechter
15102, Balansa 2319), baie deTupiti Deplanche 373], bords
du Thio Brousmiehe 512, Balansa 2319], Table Unio
Brousmiehe 021 . bords d e là Ouanéoué Franc 100 , ile
Ouen Balansa 200 , ile des Pins iJeanneney 27 ,.
C Yieillardi Brong. et Gris. — Nouvelle-Calédonie Pancher
200 B, 030, Baudouin 029, 084, Lecard 5 V -100 , Yaté Yieillard 002 . Canala Vieillard 002: Balansa 2318“], Deplanche
002 , entre Canala et Couaoua Balansa 2 3 1 8 ‘’j, baie de
Prony Vieillard 002, Balansa 205, 2318 e , M1 Humboldt
Balansa 2318 .
D roséracées.

Drosera neocaledonica H a met = D. calédonien Yieill. m s s . =
D. rubiginosa Heck. — Nouvelle-Calédonie Pancher, G er­
main, Lecard, Deplanche 390 j, Canala [Vieillard 110, 119 ,
Port Boiupiet Balansa 1771 j, baie de Prony [Balansa 492,
Jeanneney , M1 Koghi Raoul , Boulari, M* Dore ( iribs
1293j, M1 Mou Le Bat 243 ou 2188 , Yahoué i Schlechter
14952], Ngové Schlechter 15193 .

141

H A LO R AGACÉES.
II aloragis litloralis Forst. mss. — Balade Forster 93 .
II. Lam bert i Montrouz. — lie A rt Montrouzier .
II. pros/rula Forst. — Nouvelle-Calédonie A ieil lard 2574,
Moulin |, Nouvelle-Calédonie et ile des Pins [Pancher , ile
Amère Forster 129].
R iii z o p h o r a c é e s 1.

lihizop/iora M angle L. — Nouvelle-Calédonie Vieillard ,
Balade [ Forster j.
/{. mucronata Lam. = ? II. Lam arckii, Montrouz. — NouvelleCalédonie [Pancher 42. Lecard 15-142j, Balade Anderson .
île A rt [Montrouzierj.
II. pachypoda Baill. — Canala Balansa 2341 , embouchure
du Diahot [Balansa 3357 .
Ceriops Candolleana A rn. = Iihizophora timorensis DC. —
Nouvelle-Calédonie Pancher 41 .
Brwjuiera gym norhiza Lam. = Rhizophora gym norhiza L.
— Nouvelle-Calédonie [Pancher, Vieillard 430 . Thio Grunow j, ile A rt [Montrouzier].
/&gt;. liheedi B1. = B. R um phii Bl. — Nouvelle-Calédonie
Petit 34, Lecard 20, Pancher 40 , Balade Lahaie 1358 .
Nouméa Sebert et Fournier 3 4 .
B. sexangula Steud. — Nouvelle-Calédonie d après Vieillard .
Crossostylis biflora Forst. = Tomostylis multiflora Montrouz.
= Crossostylis grandiflora Brong. et Gris — Nouvelle-Calé­
donie (Pancher, Baudouin 329, Petit 42, Lecard I I0 - II 3 8,
Pancher et Vieillard 572 bis, Vieillard 772 , Balade, Canala,
W agap [Vieillard 455, 450, 457 , Balade Deplanche , Koé
Balansa 509 , P o rt Bouijuet Balansa I 700 , Nakéty Balansa
I. t^e sonl les palétuviers : le Rhizophora mucronala el le Bruguirra
R h um phii qui donnent des bois rouges, veinés el maillés, bons pour
l'ébénislerie ; l’écorce est fortement tannifère et contient une matière
colorante rouge fort redoutée d e là tannerie.

�I 42

A. G U IL L A U M IN

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

3623 , Xgoyé Schlechter 1'&gt;389 j, Païta Schlechter I 4836 ,
ile A rt Montrouzier 283 in herb. «le Lyon, 123 in lier!),
de M ontpellier|.
( 'rossostylis multiflora Brong. et Gris, — Nouvelle-! ialédonie
Leeard, Petit I9(i, 42-142], Sebert et Fournier 12, X’ieillard 13. Balade Vieillard 1)33 , Oubatche Schlechter 13321 j,
la Conception Balansa 10 LOj. h'erme modèle [ Balansa 2474],
M* Nékou Balansa 10 L0aj baie de Prony Jeanneney ), baie
du Sud Pancher, Sebert et Fournier 42 .

Yalioué Schlechter 13721), baie de Prony Balansa 106 ,
Canala [Deplanche 34), île des Pins Jeanneney], ile Art
[ Montrouzier 74].
Bæckea Le Hatii Schltr. — Nouvelle-Calédonie, région sud
j Le Bat 336 Aj.
B. neglecta Vieill. mss. — Touho, W agap Vieillard 2214 .
B. nelitrioides Seem. — Nouvelle-Calédonie Home .
B. ohtusifolia Brong. et Gris. — Nouvelle-Calédonie Pancher j,
Balade [Vieillard 443 .
B. pinifolium I)C. = Leptosperm um pinifolium Labill. —
Nouvelle-Calédonie 1Védel , Balade Labillardièrej, W agap,
Balade Vieillard 442,443], Ou Ilinna Schlechter 13391),

COMRRÉTACÉES h
Terminalia Catappa L. — Ile des Pins Pancher .
7\ elliptica Panch, mss. — Nouvelle-Calédonie Pancher j.
T. littoralis Panch. mss. — Nouvelle-Calédonie Pancher .
Lumnitzera racemosa W illd. — Nouvelle-Calédonie Mueller
27, Pancher, Leeard], W agap, Canala [Vieillard 316],
Canala Deplanche 316j, Nouméa Thiébaut, Balansa 424,
1002 , Port boisé Thiébaut 2 1 4 . rivière de Boulari Balansa
1003 . Bourail ! Pennel 72. 277 . île Nou [Deplanche 307).
L. coccinea W . et Arn. — Nouvelle-Calédonie d’après Hem slev .
M

y r tac é f s

2.

Bæckea ericoidc.s Brong1. et Gris non Schlecht. — NouvelleCalédonie Baudouin 305, Deplanche 316, 333, Pancher
183 . Ml Dore Vieillard 440 , Païta Schlechter 14909],
1. Les Terminalia onl des bois très durs excellents pour les dents
dVngrenage et des fruits comestibles.
1.
e Mamoua Lum nitzera racemosa; a un bon bois brunâtre propre à
faire des pieux; les feuilles sont comestibles.
2. Le Niaouli Melaleuca Leucadendron) fournit un bois excellent pour
le charronnage, l'écorce se détache en grandes lames servant à couvrir
les cases et qui brûle très bien quand on la roule en torches, les jeunes
pousses s’emploient en guise de thé, on extrait, par distillation des
feuilles, l’essence du Niaouli, employée en parfumerie et en médecine
et &lt;|ui est stomachique et antiseptique; en 1908 il en a été exporté

143

2.205 kilos valant 10.515 francs et dans les six premiers mois de 1909,
1.188 kilos. Les Niaouli assainissent les régions comme les Eucalyptus.
Le Nouépou ( Tristania capilulata) a un bois rouge violacé bon pour le
tour; celui de T. G uillainii est rouge.
Le Chêne gomme (Spermolepis lannifera donne un excellent bois rou­
geâtre incorruptible, l’écorce est employée comme celle du Niaouli. et
le tronc laisse exsuder un lannoïde très riche en tannin s’épaississant à
l’air.
Le Monpou :Xanthostem on rubrum fournit pour le charronnage un bois
rougeâtre et le .V. Pancheri un bois rouge noirâtre pour le tour, le Pleuracalyplus D eplancheia un bois rouge veiné de noir très dur.
Le Syzyc/ium wagapense a un bon bois rouge violacé, celui du .S. m ulUpetatum est rouge pâle à cœur vert ; celui du S. Pancheri, par contre,
est mauvais, gris et très tendre.
I.c N'didoé (S. taleri/lorum ) fournit un bois jaune léger, bon pour la
menuiserie.
Le Couéaleu ( Tristania Gallobuxus) a un bois très dur «jue les indigènes
emploient à faire des casse-têtes.
Le Aoui (Melrosideros operculata.) est employé par les indigènes pour
construire les instruments aratoires.
Le Dumari [Eugenia Hecheli) donne un bois rougeâtre propre â faire
des manches d ’outils.
l.e Pommier canaque E. Blackenridgei a des fruits comestibles ainsi
que la Jamlongue (Eugenia sp.).
Le Barringtonia speciosa donne des graines qui, broyées, sont
réputées enivrer le poisson.
L Ouabonne (?) a des feuilles qui bouillies avec les racines du Morinda
cilrifolia donnent une teinture rouge employée par les indigènes.

�Ii4

A.

('tU IL L A IM IN

vallée supérieure de l Aouï | Brousmiehe , Canala | Balansa
2091 , baie de Prony Jeanneney .
Bæckea viryata Andr. - /&gt;’. parvula DC. = Leptospermurn
parvulnm Labill.
Melaleuca virgata Forst. — NouvelleCalédonie Deplanche, Pancher |, Balade [Lahaie 1348,
Labillardière, Forster 117, N’ieillard 444, 445, 445 bis, ter),
Oubatche Schlechter 15369j, Tliio, Houaïlou G m now j,
Calédonie et île des Pins [Pancher 747].
var. latifolia Brong. et Gris. — Yaté Nieillarcl 514,
Deplanche 5 19 .
Gail is te mon Pancheri Brou», et Gris. — Nouvelle-Calédonie
Vieillard 448, Deplanche 313, P etit I I I , 131, Raoul , M1
Dore [Pancher 65 , baie de Pronv Franc 459, Cribs 704,
Balansa 96, Jeanneney i, plaine des Lacs Le R at 16 ou
2290 , entre Ounia et le lac A rnaud Balansa 3020],
C. suberosiim Panch. ex Blong, et Gris. — Nouvelle-Calédonie
Deplanche 514, Baudouin 503, Mueller 36 j , bords du lac
d’Ounia Vieillard 449 , entre Ounia et le lac Arnaud Balansa
3021 . Port Bouquet Balansa 20S9 , M1 Koghi Raoul],
M*s Kouvélé, Faha, Koghi, etc. Brousmiehe 470 . baie de
Pronv Jeannenev .
Melaleuca acicularis Brong. et Gris mss. — Nouvelle-Calédonie Pancher, Deplanche 68 j.
M. Bonaliana Schltr. — Nouvelle-Calédonie, région sud Le
Rat 372a j , plaine des Lacs Franc 225 .
.1/. gnidioides Brong. et Gris. — Nouvelle-Calédonie ! De­
planche 446, 534 , Ounia, Poume. Néné \ ieillard 446 , M 1
Koghi Pancher , Ngoyé Schlechter 15160 , M1 H um boldt
Balansa 2096 . baie de Pronv Balansa 97 j .
M . Leucadcndron L. — .1/. viridiflora Soland. ex G ærtn. —
Nouvelle-Calédonie IVieillard 450, Pancher 38, 741, Deplanche512, Baudouin 709, Sebert et Fournier 27, P etit 27,
107, Kay 3, 17, Lecard 144-146, Brousmiehe, de Pom péry,
Védel |, Balade [Forster, Lahaie 13361, Houaïlou, Nouméa
Grunow . Nouméa Balansa 98, Sebert et Fournier 27 bis),
Koé Balansa I494j, Yalioué 1Schlechter 15016 , Ou Ilinna
Schlechter 15637J, Bourail Pennel 29 .

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

145

var. rubriflora Vieill. ex Brong. et Gris — Balade [Vieil­
lard 451].
var. nana Brong. et Gris — La Conception [Balansa 99].
Melaleuca pungens Brong. et Gris non *Schau. — NouvelleCalédonie [Pancher], baie du Sud, bords des lacs d'Ounia
[Vieillard 447], baie de Prony j[JeanneneyJ.
Acialgptus nitida Brong. et Gris — Balade IVieillard 534,
538, 540J.
Tristania Callobuxus Niedenzu = Tristaniopsis Callohuxus
Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie Pancher 52, 758,
Deplanche 327, Baudouin 343, de Pompéry], W agap, Ounia
[Vieillard 524], M1 Koghi [Franc 326], Ngoyé [Schlechter
15372], Païta [Schlechter 14977], baie de Prony Balansa
114], Saint-Louis [Brousmiehe, Balansa 1482], baie Laugier
Thio [G runow i, Bourail [Pennel 40], île Ouen Balansa
144»].
T. capitulata Panch. ex Brong. et Gris = Tristaniopsis captitulata Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie [Pancher, Franc
439, Baudouin 343, Sebert et Fournier 54, P etit 54], Ngoyé
[Schlechter 15101, 13125], Canala, baie du Sud Deplanche
2274].
var. — Baie de Prony [Balansa 106].
T. floribunda Schltr. — Nouvelle-Calédonie, région sud Le
Rat 217A].
T. glauca Panch. ex Brong et Gris = Tristaniopsis glauca
Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie | Deplanche 532,
Pancher 70, 743 bis), M1 Dore [Brousmiehe 499], M1 Dore,
Yaté [Vieillard 507], baie de Prony [Balansa 108].
T. Guillainii H e c k .= Tristaniopsis Guillainii Vieill. ex Brong.
et Gris — Nouvelle-Calédonie Pancher 71, Petit 48,
Sebert et Fournier 48], Taulé, Poume [Vieillard 2221],
Poume (Deplanche 355], baie de Prony [Jeannenev].
var. Balansæana Tison — Baie de Prony [Balansa 2086],
entre Canala et Couaoua I Balansa 2086» ].
T. insularis Vieill. ex Brong. et Gris. — W agap [Vieillard
2079].
Annales du Musée colonial de Marseille, — 2” série, 9* vol. 1911.

10

�146

A. GUILLAUMIN

Tris (unia undulata Punch, mss. — Gannla [Vieillard 26].
T. ( Tristaniopsis Vieillardi Brong. et Gris) — W agap [Vieil­
lard 2179].
A/oona artensis Montrouz. = M. oanescens Beauvis. m ss. =
Cloezia ligustrina Brong. et Gris = C. canescens Brong. et
Gris, var. glabrcscens Brong. et G ris— Nouvelle-Calédonie
Baudouin 917, Lecard VI-iO , Balade [Vieillard 500],
W agap [Vieillard 498, 501 i, Bourail [Pennel iOS], NouvelleCalédonie et île des Pins [Pancher], île A rt [M ontrouzier
78 in herb. de Lyon, I 47 in herb. de M ontpellier],
var. angustifolia Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie
Pancherj, Balade [Vieillard i97i.
var. lad folia Brong. et Gris — Balade [Vieillard 505].
M. buxifolia Guillaum. = Cloezia buxifolia Brong. et Gris
— Nouvelle-Calédonie [Vieillard 5 1 1, Pancher 58], M' Dore
[Pancherj, Yaté Deplanche 520], baie de Prony [Balansa
117, 117a ].
Al. canescens Beauvis. = Cloezia canescens Brong. et Gris —
Gatope, Pouébo, W agap, Taulé, Néné, Balade, Nouméa
Vieillard 498, 501 j, Nouméa [Pancher 60x , Deplanche 501,
Païta jSchleclüer 14840].
M. Deplanchei Guillaum. = Cloezia Deplanchei Brong. et Gris
— Nouvelle-Calédonie [Pancher 5 9 j, Balade [Deplanche
515, Vieillard 499], baie Ouié [Balansa 103].
M. floribunda Guillaum. = Cloezia floribunda Brong. et Gris
— Nouvelle-Calédonie | Pancher, P etit 131], Canala [Vieil­
lard 502].
A/. (Cloezia ligustrina Brong. m ss.) — baie de M orari [ Vieil­
lard 497, 505 j .
M. (Cloezia Morierii V ieill.)— W agap [Vieillard].
M. (Cloezia sessifolia Brong. et Gris) — Nouvelle-Calédonie
[Baudouin 227, Lecard 68-149a ], Balade [Vieillard 498).
Spermolepis lannifera Heckel = S. gum m ifera Brong. et Gris
S. rubra Vieill. mss. — Nouvelle-Calédonie [Pancher
67, Petit 20;, Canala, baie du Sud ! Vieillard 471, Sebert et
Fournier 20), baie de Prony [Balansa 107, Heckel, Jean­
neney], île Taulé [Deplanche 300 J.

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

1 77

Spermolepis ruhiginosa Brong. et Gris •= Schizocalyx rubiginosa Brong. et Gris = ? S. neocaledonica Brong. et Gris
mss. — Nouvelle-Calédonie [Pancher 003], Saint-Louis
[Balansa Jeanneney 1492], baie de Prony [Balansa 350,
Jeanneney], Gatope [Vieillard 2592], ile Taulé [Deplanche
360 j.
Mctrosideros demonstrans Tison — Vallée du Diahot Balansa
32711, Koé [Balansa 1498], M1 Hum boldt [Balansa 2116,
3407].
M. doliehandra Schltr. — M1 Mou Franc 159 bis).
M. elegans Beauvis. = Ballardia elegans Montrouz. = Metrosideros laurifolia Brong. et Gris, var. minor Brong. et Gris
— Nouvelle-Calédonie ( Montrouzier 28], W agap !Vieillard
2080 j , île A rt [ Montrouzier 79 in herb. de Lyon, 146 in herb.
de M ontpellier].
M. Engleriana Schltr. — Ngoyé [Schlechter 15261, 15381],
M1 Mou [Franc 159].
var. microphglla Schltr. = M. Ilalansæ Brong. et Gris
mss. — M1Humboldt [Schlechter 15313J, M* Koghi Balansa
115, Pancher, Brousmiche 481 J.
M . laurifolia Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie f Pancher,
Vieillard 763], Balade [Vieillard 763], Balade !Vieillard
463, 543, 515], Oubatche [Schlechter 15508], Bourail
[Pennel 271].
M. lucida Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie Deplanche
36].
M. nitida Brong. et Gris — Canala Deplanche 2274 , Balade,
Canala [Vieillard 503, 504], entre Canala et Couaoua
[Balansa 2093J.
M . operculala Labill. = M . Francii Schltr mss. — NouvelleCalédonie [Pancher, Petit 87, 142, M ueller 26, Deplanche
35, Baudouin 778, Montrouzier, Védelj, W agap Vieillard
454], Balade Labillardière, Lahaie 1368, Vieillard 453,
454], Oubatche [Schlechter 15407], Saint-Louis de Pom péry], baie de Prony [Franc 295, 440], Ngoyé [Schlechter
15356], plaine des Lacs [Franc 295], Panié [Balansa
3276], vallée du Dothio Balansa 3391, Brousmiche], M‘ Mi
Balansa 1483], Nouméa Balansa 453], Canala Lecard ,

�148

A.

GUILLAUMIN

rives de la Méa [Cribs, 1226], Bourail [ Pennel io, 120, 160J.
Metrosideros polym orpha Gaud. — Nouvelle-Calédonie [d'après
Hemsley].
M. porphyrca Scliltr. — M1 Mou [Schlechter I 4923], M1 Ilum boldt [Schlechter 15302].
Xanthostemon aurantiacum Ileck. = F rem ya aurantiaca
Brong. et Gris = Salisia aurantiaca Panch. mss. — NouvelleCalédonie P etit I 14], Yaté, Ounia, M1Dore ; Vieillard 464,
Pancher, Deplanche 521 ], Saint-Louis j Balansa 1496], baie
de Pronv Balansa III , Jeanneneyj.
X . (Fremya austro-caledonica \ ieill. m ss.). — W agap [Vieil­
lard 2169].
A”. (Fremya Balansæ Bur. mss.) — Poume Balansa 3277].
A*. (Fremya Baudouini Bur. mss.) — Nouvelle-Calédonie
Baudoin 325].
A’. Beauvisagei Pam pan. — W agap [Vieillard 466].
X . cilialum Niedenzu — Berardia ciliata M ontrouz. mss. =
Metrosideros ciliata Smith = Fremya ciliata Brong. et Gris
= Melaleuca ciliata Forst. — Nouvelle-Calédonie [Pancher,
Mueller 20 , Balade [Forster 114, Lahaie 1337 j, W agap,
Balade, Poume, Hienguébane [Vieillard 452], Balade [Montrouzier], Ou Hinna j Schlechter 15, 610], Bogota 1Brousmiche 514], Arama [Thiébaut 338], vallée du Diahot
Balansa 3271 , île Mouac [Balansa 3271 a J.
Ar. glaucum Pampan. = Fremya glauca Vieill. mss. — M1
Pauloitche, près Gatope [Vieillard 257, 258 j .
A”. (Fremya Grisei Vieill. mss.) — W agap [Vieillard 2170J.
X . (Fremya lateriflora Bur. mss.) — Ile A rt Balansa 3270).
X . (Fremya luceris Bur mss.). — Nouvelle-Calédonie [Raoul].
A", m acrophyllum Pam pan. — Canala [Vieillard 2581], baie
d ’Urville [Deplanche 354], Thio [Grunow].
A\ Montrouzieri Pampan. — Ile A rt !M ontrouzier 81 ? in herb.
de Lyon].
A”, m ultiflorum Beauvis. = Frem ya Deplanchei Brong. et
Gris.
var. fypicum Pam pan.
forma pubescens Pam pan. = Draparnaudia multiflora

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

149

Montrouz. — Fremya pubescens Brong. et Gris — NouvelleCalédonie [B audoin 53A ], Poum e, Pouébo, Gatope
[Deplanche 353, Vieillard 469, 770, 2580], Poume, Paaba
[Deplanche 453], Poume, Paaba, Cap Tonnerre 1Pancher
50], île A rt [Montrouzier 80 in herb. de Lyon, 156 in herb.
de M ontpellier].
forma elegans Pam pan. = Fremya elegans Brong. et
Gris = F. elegans var. macrophylla Brong. et Gris et
Vieill. ex Pam pan. — Nouvelle-Calédonie ! Baudouin 868],
W agap [Vieillard 470].
forma latifolium Pam pan. = Frem ya elegans var. lati~
folia Brong. et Gris [Vieillard 470].
forma flavum Pam pan. = S a lisia /lava Panch. ex Brong.
et Gris = Frem ya flava Brong. et Gris — Nouvelle-Calé­
donie [Kay 29-39], île des Pins, île Ouen Pancher 752],
île A rt [Montrouzier 80 bis in herb. de Lyon].
forma Vieil lard i Pam pan. = Fremya Vieillardi Brong. et
Gris — Nouvelle-Calédonie Deplanche, Vieillard 771],
W agap, Balade [Vieillard 466], Néné, Taulé, Paaba [Vieil­
lard 466 bis j.
var. speciosum Pam pan. = Frem ya speciosa Brong. et
Gris — Canala [Vieillard 42, 2575; Balansa 21loj.
Nouvelle-Calédonie P ncher, Vieillard 167, 168, Pan­
cher et Vieillard 752, Lecard 64-149A partim , Baudouin
325], bois de la Mission de Pom pery], baie de Pronv
[Balansa 110], M* Pénari Balansa 3105], embouchure du
Thio [Balansa 3406].
Xanthostem on [Fremya m yrtifolia Brong. et Gris) — NouvelleCalédonie] Deplanche 39, Baudouin 620], M1K oghi1Pancher,
Baudouin 638].
X . (Frem ya Pancheri Brong. et Gris) = F. Grisei Vieill. mss.
= ? Pleurocalyptus Deplanchei Brong. et G ris — NouvelleCalédonie [Pancher, P etit 12, 50, Sebert et Fournier 50,
Lecard 124-150, 64-149A partim ], W agap !Vieillard 2169,
21701, baie de Pronv Balansa 109],
Nouvelle-Calédonie 1Deplanche 352], baie d’Urville Vieil­
lard 2582], M1 Koghi [Pancher 57], M1 Mou Franc 3071.

�150

A. GUILLAUMIN

M' Mi [Balansa 1 i78], Saint-Louis fBalansa 1486], baie
du Sud [Sebert et Fournier 12j.
Xanthostemon (Fremya farinosa Bur. mss.) — Ganala
1Deplanche 352].
X . ru bruni Niedenzu = Frémi/ a rubra Brong. et Gris —
Nouvelle-Calédonie [Baudouin 638, P etit 63, Sebert et
Fournier 63], M' Dore (Pancher 35, 53, 63085, Balansa
1107], M1 Dore, M’bée [Vieillard 465, Deplanche 522], M'
Dzunàac [Franc 454], Païta [Schlechter 14990], Pouéta
[Cribs 684], Port Bouquet [Balansa 2119].
Psidium floribundum Vieill. mss. — Nouvelle-Calédonie [Pancher], W agap 1Vieillard 2171;.
P. pom iferuni L. — Houaïlou jGrunow].
Rhodom grtus tliijniifolius Panch. m ss. — Koé [Pancher],
Arama rDeplanche 368J.
R. andromedoides Brong. et G ris — Nouvelle-Calédonie [P etit
7 t, Sebert et Fournier 74], Saint-Louis [Balansa 1186],
Morari [Pancher 604], M' Ilum boldt 1Schlechter 15298].
M grtus æmulans Schltr. — Dombéa 1Le Rat 46].
M. alaternoides Brong. et Gris — Balade [Vieillard 195].
M. baladcnsis Brong. et G r is — Balade [Vieillard 491, 493,
761], W agap [Vieillard 2178] Morari [Pancher 181].
M. eniarginata Panch. ex Brong. et Gris — NouvelleCalédonie [Pancher 756, Baudouin 764, Deplanche 41],
Ngoyé 1Schlechter 15374], baie de Prony [Franc 701, Jeanneney], vallée supérieure du Boulari [Balansa 1510], SaintLouis Balansa 2082a ].
M. Englerianus Schltr. — Nouvelle-Calédonie, région sud
[Franc 212a ].
M. flavidus Schltr. — Magenta [Le R at 2003].
M . taxa Vieill. mss. — Montagne de Pauloitche, près Gatope
[Vieillard 2611].
.1/. ngoyensis Schltr. — Ngoyé Schlechter 15361].
M. oreogena Schltr. — Nouvelle-Calédonie [Le Rat 371).
M. paitensisSchltr. — Païta [Schlechter 14827J.
M. rufo-punctafa Panch. ex Brong. et Gris — NouvelleCalédonie J Pancher 47, 750, Baudouin 277, Raoul], W agap,
Canala Vieillard 510], Païta [Schlechter 14845], Ngoyé

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

151

[Schlechter 15356], embouchure du Thio [Balansa 3390a ],
M1 Pénari [Balansa 3390], Saint-Louis [Balansa 1484,
2111, de Pom péry], M1 Mi [Balansa 1484a J, baie de Prony
[Balansa 127, Jeannenev], M1 Koghi I Balansa 127a ], M1 Mou
[ Balansa 2872 ], baie du Sud, M1 Dore [Vieillard 510 , ile Nou
j Brousmiche], Bourail [Pennel 123).
M yrtu s stapelioides Schltr. — Dombéa !Le Rat 166].
M. turbinatus Schltr. — Nouvelle-Calédonie, région sud Le
R at 390 *].
M. vaccinioides Panch. ex Brong. et Gris = M. cinerea
Brong. et Gris mss. — Nouvelle-Calédonie [Pancher 756,
Baudouin 344, Lecard 110-155" , Deplanche 541, Balade
[Vieillard 487, 488, 489, 490, 492, 767, Labillardière],
W agap [ Vieillard 484, Pancher], Païta Balansa 1508a ],
Bourail [Brousmiche], entre la Conception et Saint-Louis
(Balansa 1508], île des Pins [Germain].
M . Vieillardi Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie ^Vieil­
lard 486], Canala [Vieillard 485], Oubatche !Schlechter
15509], Ou Hinna [Schlechter 15601 j.
var. depauperata Brong. et Gris — Canala [Vieillard
486].
Eugcnia aphtosa Vieill. ex Brong. et Gris — W agap Vieillard
2172] .
E . austro-caledonica Seem. — Nouvelle-Calédonie 1Home].
E . (C aryophyllus baladcnsis Brong. et G ris)— Balade Vieil­
lard 540].
E . Rlackenridgei Asa Gray = Jambusa Blackenridgei Brong.
et Gris — Nouvelle-Calédonie ; Pancher 29, Petit 20,
Sebert et Fournier 20], rivière d’Ounia [Viellard 536 , Uaraï
[Lecard 162], bords du Thio [Brousmiche], baie de Prony
!JeanneneyJ.
E. clusioides Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie [Deplanche
525, Petit 166].
E. costata Brong. et Gris non Berg, nec Bello — Balade
[Vieillard 481].
E . crassifolia Vieill. ex Brong. et Gris — W agap Vieillard

2173] .

�152

A.

GUILLAUMIN

Eugenia diversifolia Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie
j Pancher 50, Baudouin 739], Balade [Vieillard 476), la
Conception [Brousmiche], Nouméa [ Balansa 126 j.
E. (Caryophyllus elegans Brong-, et G ris)— Poila [Vieillard
509, 760], Pouébo [Deplanche 52).
E . {Caryophyllus ellipticus Labill.) — Balade [Labillardière j.
E. Gaeognei Montrouz. — Ile Art [Montrouzier],
E. Heckelii Panch. et Seb. — Nouvelle-Calédonie [Petit 52,
Fournier et Sebert 52], baie de Prony [Jeanneney],
E . Homci Seem. — Ile des Pins Home],
E. horizontalis Panch. ex Brong-. et Gris — Nouvelle-Calé­
donie Pancher 51, Deplanche 212], Balade [Pancher,
Vieillard 513], Canala, Nouméa [Vieillard 512], Nouméa
Balansa 123, Thiébaut , près Bourail Franc 754], Daaoui
de Mi Balansa 1512], île Nou Brousmiche).
E. (Jambosa lævis M ontrouz.)— Ile Art M ontrouzier).
E . littoralis Panch. ex Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie
Pancher 32, 803, Petit 146, Vieillard 2600:, Nouméa
Balansa 129 .
var. Dcplanchei Brong-. et Gris — Balade [Vieillard 478,
Deplanche 529, 529 Zus].
E. (Jambosa longifolia Brong. et Gris) — Balade [Vieillard
460, 768].
E . magnifiea Brong. et Gris == E . bullata Panch. m ss. —
Nouvelle-Calédonie Lecard 160-147, Petit 117], Canala
Pancher, Vieillard 480, Deplanche 538, 539], bords de la
Oya Brousmiche 516), Bourail [Pennel 115, 1 16 /)/.s], Nou­
velle-Calédonie et île des Pins ! Pancher 35].
E . myr/oides Brong. et Gris — Balade [Vieillard 492], Oubatche [Schlechter 15597], Ngoyé Schlechter 15152].
E . (Jambosa neriifolia Brong. et Gris) — Ml lia r é Vieillard
474].
E. ngoyensis Schltr. — Ngoyé (Schlechter 15095],
E. ovigera Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie [Petit 76,
Sebert et Fournier 74], Ounia [Vieillard 173, Deplanche
537], baie de Prony Jeanneney), Nouvelle-Calédonie et île
des Pins [Pancher],

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

153

Eugenia paludosa Panch. ex Brong. et Gris — Canala
[Pancher], Balade [Vieillard 479].
E . Pancheri Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie Pancher,
Deplanche 530, 531, Kay 46, P etit 46-146, Sebert et Four­
nier 52 partim ], Balade, Yaté [Vieillard 508, 526],
E . (Jambosa j&gt;seudo-malaccensis Vieill. ex Brong et Gris ) —
Balade, Poïpo, Canala [Vieillard 462], Uaraï Lecard 118162 A|, Méré [Grunow], Bourail [Pennel 119, 161), Lifou
[Deplanche 80].
E . stricfa Panch. ex Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie
[Pancher 748], baie de Prony [Balansa 122], Ml Dore, Canala
[Pancher], Ngoyé [Schlechter 15140).
E . verticillata Panch. mss. — Nouvelle-Calédonie f Pancher
28 “], Nouméa [Balansa 1513].
E . Vieillardi Brong. et Gris — Balade Vieillard 484],
S y z y g iu m auriculatum Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie
[Vieillard 761 j, Balade [Vieillard 528, 532, 533].
S. densiflorum Brong. et Gris non W a ll.— Nouvelle-Calédonie
[Vieillard 769j, Balade [Vieillard 535].
S. Deplanchei Vieill. mss. — Taulé Deplanche 2216 .
S. frutescens Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie [Vieillard ,
Balade [Pancher, Vieillard 520).
S. lateriflorum Brong. et Gris non R o y le — Nouvelle-Calé­
donie Baudouin 287, L ecard 89-154, Vieillard 765, Pancher
27, 178,754), Canala, W agap, Nouméa Pancher, Vieillard
523, 2174], Pont des Français Balansa 93], Oubatche
[Schlechter 15443], Yahoué Schlechter 15061].
S. m acranthum Brong. et Gris — Balade [Vieillard 461 .
S. micans Brong. et Gris — W agap Vieillard 535], M* Huinboldt [Schlechter 15321 .
S. m icranthum Montrouz. mss. non Bl. necThw . — NouvelleCalédonie !Montrouzier].
S. m ultipetalum Panch. ex Brong. et Gris — Nouvelle-Calé­
donie [Pancher, Baudouin 614, Petit 43, Deplanche 531 ,
Ml Dore, M'bée [Vieillard 537!, Port boisé Deplanche
365], Canala Brousmiche), Païta (Schlechter 14953], baie
du Sud [S ebertet Fournier 43].

�154

A.

GUILLAUMIN

Syzygiurn neglectum Brong. et Gris — Balade [Vieillard 5 2 7 j.
«S. nitidum Brong. et Gris non Benth. — Nouvelle-Calédonie
[Deplanche 533, Pancher 555, Petit 132], Gatope, Ounia
[Vieillard 539], Uaraï [Lecard 84-155b ].
N. obscurum Vieill. inss. = ? S. lateriflorum Brong. et Gris
— Canala Vieillard 2171).
S. Pancheri, Brong. et Gris = S . parviflorum Panch. mss. —
Nouvelle-Calédonie [Pancher 757, Deplanche 524, Petit 57],
Yaté Vieillard 515, 2624], Uaraï [Lecard 130, 155, 39],
baie du Sud Sebert et Fournier 57].
S. païens Panch. — Nouvelle-Calédonie [Pancher 42, 751,
Deplanche 526j, Ml Dore [Vieillard 517, 518], baie de Prony
!Balansa 119], Cola, Kouenthio [Brousmiche 545],
S. pseudo-caryophyllus Vieill. mss. — W agap [Vieillard
2230].
N. pterocalyx Brong. et Gris = C aryophyllus pterocarpus
Vieill. ex Panch. et Seb. — Nouvelle-Calédonie [Deplanche
51], Poume Taulé j Vieillard 2234].
•S. punctatum Vieill. mss. — W agap (Vieillard 221 o J.
S. rhodopalanthum Schltr. — Ngoyé [Schlechter 15137].
S. rivulare Vieill. mss. — Nouvelle-Calédonie [Pancher],
Pouébo [Deplanche 54].
S. tenuiflorum Brong. et G ris— Nouvelle-Calédonie [PancherJ,
Balade [Vieillard 522], Pouébo [Deplanche 53].
var. brevipes Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie
[Vieillard 521].
var. capillacea Brong. et Gris — W agap [Vieillard 2175],
S. wagapense Brong. et Gris = S. arboreum Panch. et Seb.
— Nouvelle-Calédonie (Deplanche 540, Kay 12, P etit 14,
Sebert et Fournier 14, Lecard], W agap [Vieillard 534, 538],
île des Pins [Pancher, Jeanneney].
Barringtonia Montrouzieri Vieill. = Stravadium integrifo­
lium Montrouz. — W agap, Balade, île A rt [Vieillard 472],
île A rt (Montrouzieri.
B. interniedia Vieill. — W agap [Vieillard].
B. longifolia Schltr. — Ou Hinna [Schlechter I5616J.
B. neocaledonica Vieill. — Nouvelle-Calédonie [Pancher
6325, Lecard 131-162 E j , W agap (Vieillard).

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

155

Barringtonia racémosa Roxb. — W agap [Vieillard], Balade
[F orster, Vieillard].
B. speciosa L. — Nouvelle-Calédonie [Home], Balade, Touho,
W agap [Vieillard], île A rt, au nord de Thio Balansa
3392].
Cupheanthus austro-caledonica Seem. = Gaslondia aniphoricarpa Vieill. — Balade W agap [Vieillard 459].
Piliocalyx Baudouini Brong. et G ris — Nouméa [Baudouin
288], M’bée [Vieillard 475].
P. huilât us Brong. et Gris — W agap [Vieillard 2177],
P. laurifolius Brong. et Gris — Canala [Vieillard 525J,
[Deplanche 523], Nouméa, Canala [Vieillard 523], M‘ Koghi
[Franc 5 5 0 j.
P. rnicrantbus Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie [Vieil­
lard 762], Balade [Vieillard 519].
P. rohustus Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie ( Pancher],
Balade [Vieillard 529, 530].
P. ivagape/isis Brong. et Gris — W agap (Vieillard 2176].
M yrtopsis macrocarpa Schltr. — Ngoyé 1Schlechter 15198],
Dombéa [Franc 78J.
M élastomacées L

Mclastoma m alabathricum L. = M . denticulata Labill. —
Nouvelle-Calédonie[Pancher, Védel, Montrouzier, Baudouin,
547], Balade [Forster, Labillardière], W agap, Balade
[Vieillard 439, 773], W agap [Thiébaut 297j, Cap Tono
[Balansa 3186], Yahoué [Schlechter 14735], Yahoué, Païta
[Le R at 421], Païta [Le Rat 156], vallée de la Caraca
[Brousmiche], la Conception [De Pom péry], Dombéa [Cribs
762], Ferme modèle [Balansa 447], baie de Prony j Jean­
neney], Bourail ! Pennel 27, 185].
M. neocaledonicurn Gilg et Schltr. — Ou Hinna [Schlechter
15677].
1. Le Kundubouédou (Melasloma malabathricum) fournit des fibres
textiles de bonne qualité.

�156

A.

GUILLAUMIN

LYTH RACÉES b

Pemphis acidula Forst. — Nouvelle-Calédonie | P etit 188],
Port Boisé [Deplanche 504], Nouméa [Pancher], Gatope,
île des Pins, etc. [Vieillard 430], Nouvelle-Calédonie et île
des Pins [Pancher 740], île A rt [Montrouzier].
Sonneratia alba Brong. et Gris = Chiral ta leucantha M ontrouz. — Nouvelle-Calédonie [Vieillard 432, Pancher 20,
27, Deplanche 505, Baudoin 345], embouchure de la Néra
Balansa 1330], Bourail [Pennel 80,, île A rt [Montrouzier].
Punica granatum L. — Nouméa (cultivé) Grunow ].
Pokornia E ttinyshauseni Montrouz. — Ile A rt [Montrouzier],
O nagrar lacées .

Jussiæa suffruticosa L. — Canala [Grunow], Païta [Schlechter
14900].
S

amydacées

2.

Casearia M elistaurum DC. = M elistaurum distichum F orst.
— Nouvelle-Calédonie [Pancher], Balade [Forster 213),
Nouméa [Vieillard 11701.
C. silvana Schltr. — Yahoué (Schlechter 15070], Ngoyé
[Schlechter 151 14, 15370].
var. oubatchensis Schltr. — Oubatche [Schlechter 15520].
Homalium austro-caledonicum Seem. = Blackwellia austrocaledonica Vieill. — Nouvelle-Calédonie I Pancher 501,
Vieillard 2201 ], Canala [Mac Gillivray 30 j.
//. decurrens Schltr. = Blackwellia decurrens Vieill. — Nou­
velle-Calédonie [Vieillard 060, Lecard 78-91], W agap.
Balade [Vieillard 24], Oubatche [Schlechter 15556 j.
1. Le Pemphis aeidula donne un bois dur, brunâtre, propre à la tablet­
terie.
Le Grenadier (Punica granatum) est introduit et prospère.
2. L'Ouéri (Homalium viliense) fournit un bois blanc jaunâtre pour la
menuiserie.

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

157

H om alium [Blackwellia Deplanchei Vieill.) — Taulé [Vieillard
2204], Taulé, Poume [Deplanche 37, 125].
II. [Blackwellia gracilis Vieill. mss.) — Nouvelle-Calédonie
[ Pancher], W agap [Vieillard 2205].
H. [Blackwellia Guillainii Vieill.) — W agap, Nouméa [Vieil­
lard 22].
/ /. [Blackwellia intermedia Vieill.) — W agap j Vieillard 2202 j .
II. [Blaekvellia kanalensis Vieill.) — Nouvelle-Calédonie
| Deplanche 400], Canala [Vieillard 21 J, bords du lac Arnaud
[Balansa 3039], île des Pins [Jeanneneyj.
H . [Blaekvellia Mathieuana V ieill.)— Koumac [Deplanche 1,
Vieillard 2206].
II. m ontanum Schltr. = Blackwellia montana Vieill. —
Nouvelle-Calédonie Pancher , Bogota près W agap Vieil­
lard 23], Ngoyé [Schlechter 15106], Canala Deplanche .
/ /. [Blackwellia neglectaYieill. mss.) — Nouméa | Pancher 183 .
H . [Blackwellia polystachi/a Vieill.) — W agap Vieillard 2203,
Pancher).
II. [Blackwellia rivularis Vieill.) — W agap, Ti ouaka, Poimbeil [Vieillard 2191],
H. rubiginosum W arb. = Blackwellia rubiginosa Vieill.. —
Nouvelle-Calédonie Pancher], W agap Vieillard 2076].
II. [Blackwellia vitiense Bthm .) — Nouvelle-Calédonie !Lecard,
Pancher 113, Vieillard 2505, Petit 56], baie du Sud Sebert
et Fournier 56].
P a s s if l o r a c é e s '.

Disemma aurantia Labill.
Passiflora aurantia Forster. —
Nouvelle-Calédonie [Vieillard 505, Deplanche 394 , Balade
[Forster 173, Labillardière], Nouvelle-Calédonie et île des
Pins [Pancher 655 , Lifou !Thiébaut, Vieillard 505 .
Passiflora quadrangularis L. — Nouméa [Franc 103 , Thio
[G runow ].
1. La Barbadine (Passiflora quadrangularis), la Pomme liane P. purpurata) et les P. filamentosa et glauca sont cultivés pour leurs fruits
ainsi que le Disemma aurantia.

�158

A.

GUILLAUMIN

CUCUIUHTACÉES
Luffa cylindrica L. — Nouvelle-Calédonie [Védel], Bourail
Balansa 1279], Balade [Vieillard 553], baie Ouié [Balansa
540], Gatope [Deplanche 309], île Paru [Balansa 3300], île
des Pins [Pancher 653].
Bryonia Pancheri Naudin — Nouvelle-Calédonie [Pancher].
Bryonopsis af/inis Cogn. = B. Pancheri Naudin. — Nou­
velle-Calédonie Pancher 654], Canala [Vieillard 561], Nou­
méa 1Mac Gillivray 2], île Nou [BrousmicheJ, Lifou [Thiébaut
251].
B. laciniosa Naudin — Yahoué [Schlechter 15058].
Cucumis Citrullus Ser. in D C .— Nouvelle-Calédonie (cultivé)
' d’après Vieillard |.
C. Melo L. = C. Pancherianus Naud. = C. aspera Soland.
ex Forst. — Nouvelle-Calédonie [Vieillard 559].
Benincasa cerifera Savi. — Vallée du Diahot [Balansa 3302].
Cucurbita Lagenaria L. = Lagenaria vulgaris Ser. — Nou­
velle-Calédonie [Vieillard 560], Païta [Brousmiche].
C. Pepo L. — Nouvelle-Calédonie (cultivé) [d’après Vieillard].
Melothria indica Lour. v a r .? — Koé [Balansa 1278).
M . Baueriana F. Muell. — Nouvelle-Calédonie [Pancher],
Canala j Vieillard 562, Balansa 1080], Bourail j Balansa 1277],
île Nui | Deplanche 395], Lifou [Balansa 1681].
M. pentaphylla Naudin — Nouvelle-Calédonie [ Pancher, De­
planche 213, 396, 397, 398j, Nouméa [Vieillard 558, Balansa
538].
F icoïdacées.

Mollugo nudicaulis Lam. — Thio 'G runow J.
Sesuviurn portulacastrum L. — Ile A rt [M ontrouzierj.
O-MBELLIFÈRES.

A pinm A m m i Urb. — Yahoué (Schlechter 1 4741 J.
1. Le Cucurbita Lagenaria donne des calebasses et des flotteurs, le

Kavé (C. Pepo), le Kavé poaka (Cucumis C itrullus) ainsi que les melons
et les cornichons sont cultivés.

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

159

A pium filiform e Hook. — Nouvelle-Calédonie | Deplanche
370], île des Pins [Pancher 621J, Lifou [Deplanche].
A . leptophyllum F. Muell. = Helosciadium leptophyllum
DC. — Nouméa [Brousmiche, Grunow], Nouvelle-Calédo­
nie et île des Pins [Pancher], île des Pins [Deplanche 369].
Torilis nodosa Gærtn. — Nouvelle-Calédonie [Pancher].
H ydrocotyle asiatica L. — Balade [Forster, Vieillard 609],
Nouvelle-Calédonie et île des Pins [Pancher 620].
/ /. artensis Montrouz. = ? / / . asiatica L .— Ile Art (Montrouzier |.
II. Cussonii Montrouz. — Ile A rt [Montrouzierj.
Trachym ene austro-calcdonica Btlim. — Didiscus austrocaledonicus Brong. et Gris — Balade [Vieillard 610], Poume
[Balansa 3324], îlot aux Canards [Thiébaut 48], îlot Mamère
[Balansa 2202J, île des Pins [Pancher 619, Germain, De­
planche].
T. Iloinei Seem. — Ile des Pins [ Home].
A r a l ia c é e s L

Myodocarpus Balansæ Dub. et R. Vig. — M1 Mou [ Balansa
2865].
M. Brongniartii Dub. et R. Vig. — Entre Saint-Louis et
Ounia [Balansa 981 J.
M . coronatus Dub. et R. Vig. — Ferme modèle Balansa
983].
M . crassifolius Dub. et R. Vig. — Nouvelle-Calédonie Pan­
cher 212, Vieillard 2262, Baudouin 631], Saint-Louis
Brousmische 625], M1 Mou [Le Rat 475].
A1. elegans Dub. et R. Vig. — M‘ Mou [Balansa 2864 aJ, bords
de la Caricouié [Le R at 212].
J. Le M anguette (Polyscias pinnata) et les Araliacées en général ont
un bois blanc assez mou, ne se conservant guère, mais excellent pour
être débité en planches pour les caisses d ’emballage; les indigènes en
creusent les troncs pour taire des pirogues. Le Dizygotheca Vieillardi
fournit en outre une sorte de gomme-gutte.

�PLANTES

var. gracilis Dub. et R. Yig. — Ml Hum boldt Balansa
3382®].
Myodocarpus floribundus Dub. et R. Yig. — Ml Mou | Balansa
2866].
M . fraxinifolius Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie ( Brousmiche, Sebert et Fournier 23, Pancher 212 A, 212 B, Vieil­
lard 2664, Petit 23, Lecard 60, Baudouin 347], Nouméa
[Baudouin],. baie de Prony [Jeanneney], W agap [Yieillard
611 bis, 614], entre Saint-Louis et Ounia Balansa 979],
M‘ Mou | Le Rat 10, 285].
var. Balansæ Dub. et R. Yig. — M1Mou [Balansa 2665].
var. lobatus Dub. et R . Vig. — Nouvelle-Calédonie | Cribs ,
Bourail Pennel 321 .
M. involucratus Dub. et R . Vig. — M' Koghi [Pancher], M1
Mou Le Rat 9].
var. I x Bâti Dub. et R. Vig. — Païta [Schlechter 11854],
Ngoyé Schlechter 15375], rivière du Pont Cassé [Le Rat
388].
M . pachyphyllus Harms — Ngoyé [Schlechter 15217 j.
M. pinnatus Brong. et Gris — W agap [Vieillard 61 I bis].
M. sirnplicifolius Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie [P an­
cher 286, 615, Petit 88], entre Uaraï et Canala [Pancher
4360], W agap [Vieillard 611 ], baie de Prony [Jeanneney].
M. V ieillardi Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie [Le Rat],
Balade [Vieillard 612 j , Uaraï ; Lecard 80], Oubatche
Schlechter 15407], Ou Hinna [Schlechter 15602].
var. longipes Dub. et R. Vig., embouchure du Dothio
[Balansa 3384].
Delarbrea collina Vieill. — W agap Yieillard 625], Oubatche
!Schlechter 15460].
D. paradoxa Vieill. — W agap [Vieillard 627 j.
Pseudosciadum Balansæ Baill. — Embouchure du Dothio [Ba­
lansa 3380]. ’
Apiopetalum glabratum Baill. — M1Mi [Balansa 975].
A. Penneli R. Vig. — Bourail Pennel 3 17J.
A. velutinuni Baill. — Nouvelle-Calédonie j Pancher 210, Deplanche], M* K oghi1Balansa 644], Ngoyé [Schlechter 15201].
-Vothopanax Scopoliæ Baill. — Balansa 1349j.

PIIANÉllOUAMES

UE LA NOLVELLE-CALÉUOME

161

M eryta Balansæ Baill. — La Conception Balansa 984 , Kouen
tliio [Brousmiche 395].
M. coriacea Baill. = C hondilophyllum crassifolium Punch,
mss. — Nouvelle-Calédonie IVieillard 2688, Pancher . M1
Humboldt [Schlechter 15327, 15328 , M' Koghi Yieillard
2693, Balansa 636 j, embouchure du Dothio Balansa 3388 .
baie de Prony Balansa 633 . Ferme modèle Balansa 635 ,
Koé [Balansa 985 :i i? M' Dzumac Franc 570 .
M. Denhami Seem. — lie des Pins Mac Gillivray .
M. microcarpa Baill. — Nouvelle-Calédonie Vieillard 2689,
Baudouin, Pancher 201 11 Balade Yieillard 632 , Ferme
modèle [Balansa 654, 834j, Oubatche Schlechter 15449 ,
Canala ; Balansa 2205].
M. oxylæna Baill. — Ferme modèle Balansa 637 .
M. pacliycarpa Baill. — Canala Balansa 2206 .
.1/. pal le ns Baill. — Balade Vieillard 37J.
M. Sehlechteri Ilarm s. — Oubatche [Schlechter 15475 .
M . sonchifolia Lindl. — Uaraï, Table Unio Lecard , Bou­
rail, Uaraï [Pancher].
Slrobilopanax macrocarpus R. Yig. == Meryta macrocarpa
Baill. — Nouvelle-Calédonie Deplanche, Yieillard 264, 291,
Pancher], Nouméa Balansa 765], Canala Balansa 2203 .
W agap Thiébaut J, Nouvelle-Calédonie et ile des Pins i Pan­
cher 4564,, Lifou [Deplanche 17 .
Strobilopanax macrocephalus R. Yig. = M eryta macrocephala Baill. — M' Nékou Balansa 987 i.
Schizonicryta schizolæna R. Yig. == M eryta schizolæna Baill.
— Balade | Yieillard 38,.
Eremopanax angustata Baill. — Canala Pancher 614].
E . Balansæ Baill. — Canala Balansa 2208, 3381 , Oubatche
[Schlechter 15563 J.
E . otopyrena Baill. — M1 Mi Balansa 974 .
E . Sehlechteri Harms — Oubatche Schlechter 15487 .
E . Vieillardi Baill. — Balade [Yieillard 633 .
Scheffiera affinis Baill. — La Conception Balansa 2217 .
S. Andræana Baill. — Nouvelle-Calédonie Lecard , Canala
[Balansa 2216], Ferm e modèle [Balansa 642 .
Annales du Musée colonial de Marseille. — 2' série, 9' vol. L9M.

Il

�162

A. GlILLAUMIN

X.

Or

Selieffiera Bnlansæana B aill.— M1 Pénari Balansa 3380 .
N. candelabrum Baill. — Nouvelle-Calédonie [Lecard J, Ferm e
modèle Balansa 973 a :.
S. cerifera Harms — Baie du Sud [Cribs 1200 .
S. crassipes Baill. — M' Hum boldt [Balansa 3383).
N. Cussoniæ Baill. — Nouvelle-Calédonie [P ancher|.
S. elongata Baill. — M' Pénari Balansa 3387],
•S. Emiliana Baill. — Nouvelle-Calédonie | Pancher 20b ,
Yaté [ Vieillard 622 j.
. Gabriellæ Baill. — Nouvelle-Calédonie Pancher 289 .
. Golip Baill. — Lifou [Deplanche 2N3j.
S. Marcellana Baill. — Entre Néoua et le M 1 Mi | Balansa
972].
■8. Xono Baill. — Nouvelle-Calédonie Pancher, Vieillard
2b9b, Brousmiche 1001 . Ferme modèle Balansa 3323 j ,
Bourail Pennel 313 ].
var. Henriettæ K. Vig. înss. = H eptaplcuruni TIenriettæ,
Baill. — Nouvelle-Calédonie [Pancher, Raoul].
N. pachyphylla H a rm s— Ngoyé | Schlechter 13382],
S. pseudocandelabruni R. \ ig. = S. candelabrum Baill.
pro parte — Uaraï Lecard], entre Néoua et le M' Mi
Balansa 973 ; Nouvelle-Calédonie Vieillard 2672, 2673 j ?
S. Schlechteri llarm s — Nouvelle-Calédonie Vieillard 022],
Ngoyé Schlechter 13191 .
S. Vieillardi Baill. — Balade Vieillard 023 j, la Conception
Balansa 029 .
Ticgheniopanax aust ro-calcdonicus R. Vig. = Panax auslrocaledonica Baill. = Polyscias austro-caledonica Harm s =
Panax crenala Panch. et Seb. — Nouvelle-Calédonie [P an ­
cher, Vieillard 2083, Deplanche 373, Lecard, P etit 03,
Fournier et Sebert 11], Nouméa [Balansa 0 3 0 aj Ferm e
modèle Balansa 030 . Yaouhé Schlchter 13063], baie de
Prony Jeanneney .
T. bracteatus lt. V ig .— La Conception Balansa 3376], vallée
du Thio Balansa 971 ].
T. decorans R. Vig. = Panax decorans Baill. — Koé Balansa
039 , Saint-Louis Balansa 978 .

PLANTES PHANÉKOGAMES DE TA NOUVELLE-CALÉDONIE

163

Ticgheniopanax dioicus R. Vig. — Cussonia dioica Yieill. =
Poli/scias clioica H arm s— Nouvelle-Calédonie] Vieillard 2680,
Pancher 293, Petit 13, baie du Sud [Sebert et Fournier 13 .
T. I/arm sii R. Vig. — Nouvelle-Calédonie, région sud
[Raoul], baie de Prony Balansa OR) , Port Bouquet
[Balansa 2212].
T. Lecard i R. Vig. — Uaraï | Lecard .
T. micro hoir y s R. Vig. = Panax microbotrys Baill. =
Polyscias m icrobotrys Harms — Canala Balansa 2 2 1 1 .
T. rnicrocarpus R. Vig. — Canala Balansa 3378 j .
T. m yriophyllus R. Vig. = Panax m yriophylla Baill. =
Polyscias pulchella Harms — Nouvelle-Calédonie Vieillard
030] ?, Ferme modèle Balansa 031 J.
T. nigrescens R . Vig. = Panax nigrescens Panch. — Canala .
[Pancher].
T. Pancheri R. Vig. = Panax Pancheri Baill. — Polyscias
Pancheri H arm s — Nouvelle-Calédonie Pancher , Balade
[Vieillard 014], baie de Prony ILe Rat .
T. pulchellus R. Vig. = Panax pulchella Baill. = Polyscias
pulchella Harms — M1 Humboldt Balansa 22 M) . Ferme
modèle Balansa 632j.
T. reflexus R. Vig. — M1H u m b o ld t Balansa 3379 , Canala
Balansa 23 J P' ].
T. scssiflorus R. Vig. = Panax sessili/Jora Panch. — Nou­
velle-Calédonie Pancher, P etit 63 .
var. interniedia R. Vig. — Nouvelle-Calédonie Pancher .
T. simabæfolius II. Vig. — Vallée du Dothio Balansa 3327,
3377], M‘ Ivoghi Vieillard 2680], M ’bée Vieillard 016 .
M1 Mou | Le Rat ], Païta Schlechter 14832 .
T. suhincisus R. Vig. = Panax subincisa Baill. rnss. —
Bourail [Balansa 970], vallée du Thio [Balansa 3370 ?
T. suborbicularis R. Vig. = Panax suborbicularis Baill. =
Polyscias suborbicularis Harms — Nouvelle-Calédonie
[Deplanche 46], M1 Mou | Balansa 680 , baie de Prony
Balansa 032 a], île A rt Balansa 3326).
T. 1Veinmanniæ R. Vig. = Panax TT einmanniæ. Baill. —Polyscias W einm anniæ Harms — M 'K oghi[Pancher 542],
Ngoyé [Schlechter 15338],

�161

\

GUILLAUMIN

Poli/seins hotryophora Ilarnis — Ngoyé [Schlechter 1«&gt;099,
15100].
P. moniicola Ilarm s — Ou Hinna [Schlechter 15605],
P. pinnata Forst. = Panax M anguette A"ieill. — NouvelleCalédonie (cultivé) (Vieillard, Pancher, Deplanche], Balade
Forster 91!, baie Lebris (cultivé) Balansa 2220], Ou Hinna
[Schlechter 15627].
P. Schlechteri H arm s— Ngoyé [Schlechter 15119, 15120].
Heptapleururn (Paratropia pol g clac (y lis M ontrouz.) — Ile A rt
1Montrouzier].
Dizygotheca apioidea R. Yig. = Schc/Jlera apioidca Baill. —
Bourail [Balansa 908].
D. Baillonii R. Yig. = Scheffiera Pancheri Baill. pro parte
— Nouvelle-Calédonie (Lecard], Balade [Vieillard 629],
Table Unio (Lecard j , Nouvelle-Calédonie et ile des Pins
Pancher 142].
D. cænosa H. Yig. = Aralia cænosa Panch. — NouvelleCalédonie et ile des Pins [Pancher, 142, 616].
D. Faguetii R. Yig. = Schefflera Farguetii Baill. — Canala
Balansa 2219], la Conception [Balansa 2219 aJ.
I). Harmsii R . Yig. — Nouvelle-Calédonie [Pancher].
Z). ? (Aralia inophylla Panch.) — Nouvelle-Calédonie [Pan­
cher 141, 617].
D. Lecardi R. Y ig . — Nouvelle-Calédonie Lecard j. .
D. parvifolia R. Yig. == Schefflera parvifolia Baill. = : Aralia
parvifolia Panch. et Seb. — Nouvelle-Calédonie [Pancher
140, 203, 246. Fournier et Sebert 18 j, La Foa [Brousmiche 623 .
D. Regina Hemsl. — Nouvelle-Calédonie [P ancher].
D. tenui folia R. Yig. = Aralia tenuifolia Panch. — Nou­
velle-Calédonie ! Pancher !.
D. Toto R. Yig. — Schefflera Toto Baill. — Bourail [Balansa
967], la Conception (Balansa 2218],
D. Yieillardi R. Vig. = Plerandra Vieillardi Baill. ~ Pentadiplandra Vieillardi Baill. = Dizygotheca Nilssonii N .E.
Br. — Nouvelle-Calédonie [Pancher, Vieillard 6241, Lifou
Pancher 204j.

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

165

Octotheca plcrandroides R. Yig. = Dizygotheca plerandroides
R. Yig. == Plerandra sciadophyllurn Ilarm s = NouvelleCalédonie [Vieillard 628), Oubatche 'Schlechter 15537 .
C orn â g é e s .

Marlea llussyana Baill. — Nouvelle-Calédonie Pancher].

�PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOfVELI.E-CAI.ÉDOME

GAMOPÉTALES
C aprifoliacées.

(
Pachydiscus gaul'( hcrioidesGilg et Schltr. -Oubatche jSchlechter 13420
Memecyclanthus neo-calednniciis Gilg et Scliltr. — Ou Hinna
jSchlechter I -i(&gt;77 i.
R ub ia cé e s 1.

Bonalia hexamera Scliltr. et Krause — Nouméa [Franc 227j.
Plectronia m yriantha Schltr. et Krause — Nouméa [Le Rat
34], Houaïlou Le Rat 743].
Atractocar/nis bracteafus Schltr. et Krause — Nouvelle-Calé­
donie Le R at 90 .
Rhopalobrachium congestum Schltr. et Krause — Yahoué
Schlechter 14738].
I. LOuourou Gardénia lucens) donne un bois blanc recherché par
les indigènes pour les pelils travaux.
L Oudiépé {Gardénia Oudiepe) et les G. A u b ry i et sulcala fournissent,
parleurs bourgeons, une résine verte et aromatique, propre au calfatage
et que les indigènes extraient en mâchant ces bourgeons; le G. baladica
a des fruits comestibles.
Le Morinda cit ri folia donne un bois et une écorce jaunes, tinctoriales;
le Pemray (Morinda B illardieri) fournit une teinture noire; les racines
d’un Morinda sp. bouillies avec les feuilles de l'Ouaboune (Myrtacêe
indéterminée donnent une teinture rouge, les fruits sont en outre
comestibles.
Le Café (Co/fea) est cultivé en Nouvelle-Calédonie. En 1908, les cul­
tures réparties en 80 plantations couvraient 659 hectares. En 1898,
l'exportation était de 3+2 tonnes, soit une production totale de 450 tonnes
environ; en 1907, il en a été exporté 320 tonnes; en 1908, 355 tonnes
valant 039.000 francs ; en 1909, 461 tonnes valant 775.000 francs. Dans
les dernières années la culture du café semble donc prospère et en voie
de développement.

11)7

Rhopalobrachinm fragrans Schltr. cl Krause — Ou Hinna
[Schlechter 13393].
Dolichantera neo-caledonica Schltr. et Krause — Nouméa
[Franc 83].
( fins t y la nigrescens Krause — Nouvelle-Calédonie [Le Rat 223a],
Rikkia artensis Guillaum. = Thiollierca arfensis Montrouz.
= Grisia relusifolia et G. carnea Brong. et Gris — Nou­
velle-Calédonie [Pancher], Canala j Vieillard 831, Balansa
1991], M1 Dzumac [Franc 221, 306], île A rt [Montrouzier
40 in herb. de Lyon, 178 in herb. de Montpellier .
R. campanulata Schltr. = Grisia campanulata Brong.
Nouvelle-Calédonie [Pancher, Deplunche 239, Petit 148,
Ounia, Poume [Vieillard 830], Ml Dzumac [Franc 203 bis .
var. laureola Brong. et Gris — Ml Hum boldt Balansa
1994].
R. (Grisia corymbosa Brong. m ss.)
M1 Mi Balansa 1143!.
R. (Grisia Deplanchei Brong. m ss.) — Néné [Deplanche 383 ,
Gatope [Vieillard 2707!.
R. fritillarioides Schltr. = Grisia fritillarioides Brong. —
Thio [Grunow], Ngoyé [Schlechter 13242, 13273 J, Nouméa
[ Baudouin j, Bourail Pennel 193 .
var. obovata Brong. mss.
M1 Humboldt Balansa 1993 ,
P ort Bouquet [Balansa 1993a ].
R. macrophi/lla Schum. — Grisia macrophylla Brong. —
Nouvelle-Calédonie [Pancher , Nouméa Baudouin , Canala
! Deplanche].
R. neriifolia Schltr. = Grisia neriifolia Brong. — NouvelleCalédonie Pancher 323, Mueller], Poume 4 ieillard 830,
Deplanche 830, Balansa 32221.
R. (Rikkiopsis Pancheri Brong.) = Ludovica Thicbaulii ^ ieill.
mss. — Ile des Pins Germain, Pancher 320 , Lifou 1hiébaut, Deplanche 20, Balansa 1996, Vieillard 2196 .
R. parvi/lora Schltr. — Bords du Caricouyé Le Rat 13 .
R. ( Taira portlandoides Seem.) — Canala \ ieillard 890 .
R. tubiflora Schltr. = Grisia tubifïora Brong. — NouvelleCalédonie [Pancher 326, 326, Deplanche 236], entre SaintLouis et Yaté Balansa I 473 , source de la rivière d 3 alloué
[Brousmiche ].

�168

A. GUILLAUMIN

Mûrier ina mon fana Vieill. = Sagotia gardenioides Vieill. in
litt. — W agap Vieillard 2159 , près de Bourail [Balansa
1142].
Af. propin g ua Brong. et G r is — Canala [Balansa 1992], P ort
Bouquet [Balansa 1992aj.
Lindenia vitiensis Seem. = L. austrocaledonica Brong. —
Nouvelle-Calédonie [P ancher327, 514, Mueller Si , Balade,
W agap Vieillard 651 , Païta Schlechter 14992], bords de
la Nondoué Franc 629], Téné [Gribs 991], Ivaféate |Cribs
1306 , Koé Balansa 1144), Dombéa Baudouin], Uaraï
Canala Pancher , Canala [Balansa 1997], Ml Mi Balansa
I 14 t a ], Thio G runowl, Bourail Pennel 198!. 1
Dentella repens Forst. — D. stolonifera M ontrouz. — Nou­
velle-Calédonie Pancher, Thiébaut , Balade Forster 42,
Vieillard , île A rt Montrouzier . Lifou Balansa 2000].
Iledyotis gracilis DC. — Nouvelle-Calédonie [Pancher 325,
508].
Oldenlandia paniculata L. — Balade [Labillardière].
O. tenuifolia Burin. — Balade Labillardière].
Cœlospermurn Balansæanum Baill. — Ferme modèle [Balansa
2773 .
C. corijmhosum Baill. = Olosty la corymbosa DC. = Stylocorine corymbosa Labill. — Nouvelle-Calédonie ( Pancher,
Vieillard 490 , Balade Labillardière, Vieillard 776J, Pouébo
[Deplanche 403 , Saint-Louis Balansa 1093], Port Bouquet
Balansa 2059 , baie de Prony [Balansa 361], M1 Pénari
[Balansa 3652], M' Hum boldt Schlechter 15345].
C. fragrans Baill. === Figuierea fragrans M ontrouz. — Ile A rt
Montrou/.ier .
C. monticola Baill. — Poume B alansa3220 j , île A rt [Balansa
3220a ].
Bandia Brandzeana Baill. — Près de Bourail Balansa I 145],
île Art Balansa 321 I j.
B. ? nigricans Schltr. — Oubatche [Schlechter 15546“ j.
/?. Vieillardi Baill. — Balade [Vieillard 679].
Gardénia arlensis Montrouz. — Ile A rt [Montrouzier .
G. A ubry i Vieill. — Yaté [Vieillard], baie de Prony Jeannenev , Port Boisé, Lifou Thiébaut 143].

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

169

Gardénia haladica Montrouz. mss. = G. cdulis Montrouz. =
G. cdulis Vieill. [teste Pancher) — Nouvelle-Calédonie
[Montrouzier 58, Vieillard 485], W agap, Balade, Pouébo,
Aram a, etc. !Vieillard 6 47, Deplanche 384], vallée du Diahot
[Vieillard 648].
G. Fitzalani F. Muell. — Baie de Prony Jeannenev j.
G. heterophylla Montrouz. — Ile A rt [Montrouzier].
G. lucens Panch. et Seb. — Nouvelle-Calédonie Petit 10, 90,
Sebert et Fournier 10, 10 bis], Ou Hinna Schlechter 15684],
Ngoyé [Schlechter 15111 , Bourail Pennel 36 .
G. mollis Schltr. — M1' Ignambi [Schlechter 15504].
G. ngoyensis Schltr. — Ngoyé [Schlechter 15268],
G. noumeensis Schltr. et Ivrause — Nouméa Franc 86 .
G. Oudiepe Vieill. — Balade [Vieillard], baie de Prony (,Jean­
ne ney ].
G. p latixylon Vieill. ex Panch. et Seb. — Nouvelle-Calédonie
[P etit 16, 96, Sebert et Fournier 16, 16 bis. Vieillard 650j,
baie de P rony [Jeanneneyj.
G. sulcata Gærtn. ? — Nouvelle-Calédonie [Vieillard , baie de
Prony [Jeanneneyj.
G. Urvillei M ontrouz. — Ile A rt M ontrouzier...
G. Vieillard i Panch. ? mss. — Ile des Pins Pancher 515 .
Genipa (Gardénia Balansæana Baill. mss.) — Ile Yandé i'Ba­
lansa 3212].
G. confcrta Baill. — Baie Ouié [Balansa 6241.
G. eonica Baill. — Balade [Vieillard 668],
G. Gardénia fusiform is Baill. mss.) — Cours supérieur de la
Tamoa [Balansa 2896].
G. longistipitata Baill. — Ferme modèle Balansa 348].
G. Pancheriana B aill. — Nouvelle-Calédonie
Pancher
328].
G. Serizat Baill. — Lifou Deplanche 49].
G. vaginafa Baill. — Iles Tupiti et Neun Deplanche 388 .
G. xylopioides Baill. — Ile Casy Balansa 2014].
Scyphiphora hydrophyllacea Gærtn. = Epithinia malayana
Jacq. — Nouvelle-Calédonie Pancher, Deplanche 255 ,
Balade [Vieillard 494, 637!.

�170

a.

Gu i l l a u m i n

Guet ta relu albicans Punch, mss. — Nouvelle-Calédonie Thiébaut j.
G. austrocaledonica Baill. mss. — Cours supérieur de la
Tamoa Balansa 2894 , embouchure du Thio [Balansa 3409J.
G. hypol&amp;sia Baill. — Baie de Prony [Pancher 2735, Balansa
347 , entre Saint-Louis et Ounia Balansa 1138 .
G. ioensis Baill. — Vallée d ’Io Balansa 2392].
G. noumeana Baill.— Nouvelle-Calédonie [ Pancher, Vieillard],
Nouméa Balansa 2993].
G. rhamnoides Baill. — Près de Bourail [Balansa 1128], Ml
Koghi Balansa 1976].
G. speciosa L. — Nouvelle-Calédonie [Pancher, Deplanclie
261, 343, 318, 394, Vieillard 691, Mueller 32, Petit 115],
Nouméa Balansa 345 j, îlot Freycinet [Grunow], Bourail
Pennel 79].
Timonius Balansæanus Schltr. = G. Balansæana Baill. —
M‘ Nékou [Balansa 1129, 1I37J.
T. (Xeli/ris Billardieri Seem.) — Balade [Labillardière |.
T. eximiiis Schltr. = : G. eximia Baill. — Port Bouquet Ba­
lansa 1973 aJ, baie de Prony [Balansa 346, 1973].
T. Forsteri DC. = Barneya Forsteri Cham. et Schlecht. =
Erythalis polygam a var. x Forst. = E. ci/mosa Spreng.
Lifou Deplanclie 5, Balansa 1978 .
T. glabre$cens Schltr. — Ngoyé [Schlechter 15236].
T. neocaledonicus Schltr. et Ivrause — Nouvelle-Calédonie
Le Rat 106].
T. ngoyensis Schltr. — Ngoyé [Schlechter 15230].
T. platycarpus Montrouz. = G uettarda fusca Panch. ex Baill. —
Canala Pancher 522, Balansa 1975], Balade Vieillard 770],
baie de Prony Balansa 343a . 1975b |, cap Bocage j Balansa
1975e], Poume, Taulé Deplanclie 444 , cours supérieur
de la Tamoa [Balansa 2892], Païta [Schlechter 1 4981],
Ngoyé Schlechter 15146], Yahoué Schlechter 15062], île
Ôuen Balansa 343 , île Art Montrouzier].
T. splendens Schltr. = G . splendens Baill. — Ouroué [Balansa
2994 .
Chione (Sacconia guettardioides Vieill. m ss.)— W agap [Vieil­
lard 2724 j.

PLANTES .PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

171

G anthium Deplanchei Ilook. f.
Nouvelle-Calédonie [Pancher], Galope [Deplanche 389].
G. Henrietlæ Baill. — Poila [Vieillard 663],
C. lam prophyllum F. Muell. — Nouvelle-Calédonie [Thiébaut,
Pancher, Petit 183-187].
G. lucidum DC. — Nouméa [Balansa 2987J.
C. Panchcri B aill.— Nouvelle-Calédonie Pancher 3163 1i.
G. sagittal uni Baill.
Cours supérieur de la Tamoa [Balansa
2895], la Conception [Balansa 3221 |.
G. subulaturn Baill. — Canala [Balansa 2005 .
G. Vicillardi Baill. — Balade [Vieillard 767 j.
Ixora bu t ina Baill. — Nouvelle-Calédonie Deplanche 271 ],
îlot près de l'ile Saint-Vincent [Pancher 317 .
/. ? cauliflora Montrouz. — Ile Art Montrouzier j .
/. coltina Beauvis. = Pancheria collina Montrouz. — Gharpenliera bracteata Vieill. mss. = C. bracteolata Lenorm.
mss. — Nouvelle-Calédonie [Pancher 31 1 , W agap, Balade
[Vieillard 663], W agap Vieillard 689-711], Gatope De­
planche 384], Nouméa [B alansa342], M1 Mi [Balansa 1124],
Ouroué [Balansa 3410], îlot Siandé [Balansa 1125 . Lifou
[Balansa 20021, île A rt Montrouzier 204 in herb. de Mont­
pellier].
I. Francii Schltr. et Ivrause — Nouméa Franc 240].
var. angustifolia Schltr. et Ivrause — Nouméa Franc
240a ].
/. graciflora Ivrause— Houaïlou Le Rat 739].
/. montana Schltr. — Yahoué Schlechter 15030 .
I. oligantha Schltr. et Ivrause — Slp Marie [Le Bat 59].
/. opulioides Baill. mss.
Vallée du Diahot Balansa 3206].
I. variegata Vieill. mss. — Gatope Vieillard 2778 .
I . yahouensis Schltr. ~ /. neocaledonica Hochr. mss. ? Nouvelle-Calédonie [Baudouin 548, Pancher 335-518, Thié­
b au t'. W agap [Vieillard 2798], la Conception Balansa 1 I 15.
2023], Ferme modèle [Balansa 335, 335a ], M1 Nékou Ba­
lansa 1115a ] Yahoué [Schlechter I 4789 .
Pavef/a opulina DC. = Coffea opulina Forst. = Chiococca
opulina Spreng. — Nouvelle-Calédonie Kay 12, 36 . Nou-

�172

A. GUILLAUMIN

méa Vieillard 82;, Canala, Gatope [Vieillard 750], Balade
[Forster i , île A rt Montrouzier].
Pavetta rhypalostigma Sehltr. — Ou Hinna fSchlechter 1561 I .
Morinda artensis Montrouz.
Ile A rt |M ontrouzier].
M. Billardieri Baill. = M. umbclla/a Labill. ex Baill Nouvelle-Calédonie Pancher. Lecard, Petit 129], Balade
; Labillardière, Vieillard 717], Nouméa ( Balansa 359],
Canala Balansa 1983 j. Ngoyé [Schlechter 15245], Oubatche
[Schlechter 15412], Bourail [Pennel 10,228].
M. Candollei Beauvis. = Pogonanlhus Candollei Montrouz.
— Balade Vieillard 493, 716], Ouroué Balansa 3420]?, île
A rt [Montrouzier 109 in herb. de Lyon, 194 in herb. de
Montpellier].
M. choriophylla Baill. — Balade Vieillard 715), Ferme modèle
Balansa 354 , près de Bourail Balansa 1134b ], Canala [Ba­
lansa 1989a , embouchure du Houaïlou Balansa 1989], Païta
[Schlechter 14871 .
M. citrifolia L. = M . bracteata Roxb. — Nouvelle-Calédonie
[Petit 82 , Canala d'après Jouan . Nouméa [Heckel], baie
de Prony [Jeanneney], ile Art [Montrouzier].
M . collina Sehltr. — Ngoyé [Schlechter 15154],
M. decipiens Sehltr. — Oubatche [Schlechter 15466],
M. elongata Sehltr. — Ngoyé [Schlechter 15234],
M. fallax Sehltr. — Yahoué [Schlechter 15034].
M. glaucescens Sehltr. — Ngoyé Schlechter I5354|.
M. kanalensis Baill. — Nouvelle-Calédonie IPancher 322],
Canala ! Balansa I987a ], M1 Ilum boldt [Balansa 1987].
M. phylliræoides Labill. — Nouvelle-Calédonie [ Pancher 346],
Balade Labillardière, Vieillard 718], Oubatche [Schlechter
15455].
M. pulchella Sehltr. — Oubatche [Schlechter 15491 J.
M. Schumanniana Sehltr. — Ngoyé Schlechter 15105,15359].
M. umbellata L. non Labill. ? — Nouvelle-Calédonie | Pan­
cher].
M. \ ieillardi Baill. — W agap, Balade [Vieillard 719],
M. villosa Vieill. mss. non Hook. — Païta [Vieillard 2741],
Cap Deverd Pancher 75], Koé [Balansa 1 131].

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

173

Im antina Deplanchei Ilook. — Pourne Deplanche 465 j.
Psychotria arbutifolia Sehltr. = Uragoga arbutifolia Baill.
. — Canala [Balansa 2034].
P . Baillonii Sehltr. — Oubatche [Schlechter 15457 j.
P. [Uragoga baladensis Baill.) — Poila [Vieillard 487, 055 .
P. [Uragoga brachylæna Baill.) — Canala [Pancher], Balade
[Vieillard 495, 678].
P. ( l ragoga calliantha Baill.) — Table Unio Balansa 2042 ,
M1 Dore [Vieillard 768],
P. (Uragoga calorhamnus Baill.) — Tanlé, Pouébo Deplanche
73, 398 j, Poume [Balansa 3193].
P. (Uragoga calothyrsus Baill.) — Canala [Balansa I998b .
P. [Uragoga canalensis Baill.) — Canala | Vieillard 742, Ba­
lansa 4995].
P. cardiochlamys Sehltr. == Uragoga cardioclamys Baill. —
Canala [Balansa 2055], vallée du Dothio [Balansa 3204],
Ngrové ISchlechter 15254], île Casy Balansa 2055a . Lifou
[Balansa 2055b ].
P. collina Labill. — Nouvelle-Calédonie Pancher!, Balade
[Labillardière], Oubatche Schlechter 15406, 15137, 15567 ,
Ou Hinna [Schlechter 15603 , ile des Pins Jeanneney],
ile Art [Montrouzier].
P. [Uragoga coplosperma Baill.) — Bourail Balansa 1091 .
P . Faguetii Sehltr. = Uragoga Faguetii Baill. — NouvelleCalédonie [Baudouin, Vieillard 524], Pouébo Deplanche
479], M1 Arago [Thiébaut, Balansa 2029a j, Canala Balansa
2029], Balade Vieillard 675, 676], Yahoué [Schlechter
14744].
P. ( Uragoga goniocarpa Baill.) — Nouvelle-Calédonie Pancherj, Balade [Deplanche 409 bis, Vieillard 767 . baie de
Prony [Balansa 337a J, la Conception [Balansa 1097, 2889],
M1 Arago [Balansa 2026, 2027].
P. fuscopilosa Sehltr. — M1 Ilum boldt Schlechter 15301].
P. [Uragoga Gabriellæ Baill.) — Embouchure du Dothio Ba­
lansa 3415].
P. [Uragoga gracilis Baill. mss.
Chasalia gracilis Punch,
mss.) — Canala ]Pancher].

�171

A.

Gl'ILLAlMIN

Paye ho tria lasiantha Schltr. et Krause - Nouvelle-Calédonie
[Le Rat 170' j.
P. Lenormandii Schltr. = Uragoga Le norm and ii Baill. —
Nouméa [Balansa 326], M1 Huihboldt [Schlechter 15337].
P. leucaritha Schltr. et Krause — Voh [Cribs],
P. (Uraqoga liqustrina Baill.) — Entre le Diahot et Pouébo
[Balansa 3194].
P. lyciiflora Schltr. = Uragoga lyciiflora Baill. — Téné
Balansa 1089], cours supérieur de Dothio [Balansa 3414].
P. ( Uragoga lycioides Baill.) — lie Nou Balansa 309 .
P. [Uragoga macroglossa B aill.)— M1 Nékou Balansa I 113),
près de Bourail Balansa I I I3a |, Téné [Balansa I 113b ].
P. [I ragoga macrodaphne Baill.) — Poume Balansa 3195]
M1 Humboldt [Balansa 2054 j.
P. (Uragoga microglossa Baill.) — Nouvelle-Calédonie [Pancher 330 , Port Boisé [ Deplanche 51], Ferme modèle [Ba­
lansa 339 , Pont des Frany iis Balansa 2056 , la Conception
Balansa 1110 . M1 Nékou Balansa 1110a ), Table Unio
Balansa 2050], M* Arago Balansa 2051 , M1 Mou Vieil­
lard 2810].
P. micronujrtus Schltr. = Uragoga m icrom yrtus Baill. —
Ouroué [Balansa 34261.
P. monanthos Schltr. = Uragoga rnonanthos Baill. — M1
Humboldt Balansa 2030).
P. (Uragoga Natlialiæ Baill.) — Entre Couaoua et Canala
Balansa 1998 .
P. [Uragoga nekouana B aill.)— M1 Nékou Balansa 1112.
P. (Uragoga nummularioides Baill. mss.) — Lifou [Thiébaut
241].
P. oleoides Schltr. = Uragoga oleoides Baill. — Entre Ounia
et la plaine des Lacs Balansa 2991 , S' Louis Balansa
1092], Ngové [Schlechter 15113j.
P. oubatche nsis Schltr. — Mts Ignambi Schlechter 15510).
P. Pancheri Schltr. — Uragoga Pancheri Baill. — NouvelleCalédonie [Vieillard 072, 2714, 2740, Thiébaut 383, 792 ,
route d’Ounia Pancher 333], Pouébo Deplanche 397], Ca­
nala Balansa 2025], Balade Balansa 3214], Oubatche
Schlechter 15450 .

PLANTES PHANÉROGAMES DIC I.A NOUVELLE-CALÉDONIE

175

var. rubiginosa Schltr. = I ragoga rubiginosa Baill. mss.
— Entre S1 Louis et Ounia [Balansa 1123], Bourail Pennel], île des Pins [Jeanneney],
Psychotria paramaracarpus Schltr. — Uragoga paramaracarpus Baill. — Nouvelle-Calédonie [Pancher, Thiébaut 389 .
P. phylla n th ifo lia Schltr. = Uragoga phyllanthifolia Baill.
— Cours supérieur de la Dombéa Balansa 370], Ngové
(Schlechter 15157J.
P. [Uragoga Poissoniana Baill.) — La Conception [Balansa
340, 1119], Port Bouquet [Balansa 2028 , Canala Balansa
2028a J.
P. rosmarinifolia Schltr. = Uragoga rosmarinifolia Baill. —
Balade [Vieillard 501, 095].
P. rufopilosa Schltr. — M1 Humboldt Schlechter 15304 .
P. rupieola Schltr. = Uragoga rupicola Baill. — NouvelleCalédonie [ Pancher, Baudouin, Deplanche 49, 203], Balade
[Vieillard 727 , baie de Prony Balansa 367], Koé [Balansa
367a , 1120', M1 Mi Balansa 1127], Port Bouquet Balansa
2009], Ngoyé Schlechter 15115 .
P. [Uragoga sagittalis Baill.) — M* Mi Balansa 1110 , Bou­
rail [Pennel 361 .
P. salicifolia Schltr. — Oubatche Schlechter 15551 .
var. ()u-Ilinnæ Schltr. — Ou Hinna Schlechter 15082 .
P. Schlechteriana Krause — Yalioué Le Rat 365 .
P. Schum anniana Schltr. — Mls Ignambi [Schlechter 15400 .
P. ( Uragoga Spachiana Baill.) — Cours supérieur du Dothio
1Balansa 3651 !.
P. ( Uragoga stricta Baill.) — Balade Vieillard 737 . entre
Balade et la vallée du Diahot Balansa 3201 .
P. subuliflora Schltr. = Uragoga subuniflora Baill. — M1
Mou Balansa 2887 ), Yahoué Schlechter I 4702 .
P. [Uragoga trichopodantha Baill.) — Balade Balansa 3203 .
P. [Uragoga trisulcata Baill.) — Pouébo Deplanche 421 .
P. [Uragoga YieUlardi Baill.) — M'bée Vieillard 067 .
P. villosa Panch. mss. — Nouvelle-Calédonie Pancher 3310 1 .
Mapouria artensis Beauvis. = Delpechia artensis M ontrouz.—
Balade Vieillard 754 , ile Art Montrouzier .

�176

A. (il ILLAUM1N

Mapouria Balansæ Beauvis. = Uragoga Balansæ Baill. —
M1Mi[Balansa 1120], M,sIIumbolclt et Arago 1B alansa34-24].
M. Deplanchei Beauvis. = Douarrea alba Montrouz. = M a­
pouria Douarrei Beauvis. = l'ragoga Deplanchei Baill. —
Ounia, Goro, baie de Tupiti, île Nénou Deplanche 410,
Ul].
M. floribunda Beauvis. = Delpechia floribunda M ontrouz. =
Lragoga ja sm in ifolia Baill. — Ile A rt M ontrouzier 106
in herb. de Lyon, 102 in lierb. de M ontpellier, Balansa
3107].
M. semper/Jorens Beauvis. = Psycliolria semperflorens Panch.
= l'ragoga noumeensis Baill. = Psychotria noumeensis
Schltr. — Nouvelle-Calédonie Pancher . Yaté [Thiébaut
206, 208 J, Nouméa Balansa 366 , Pont des Français (Ba­
lansa 2030j, baie de Prony [Balansa 366a ], M’bée [Vieil­
lard 683 , Yalioué Schlechter 14731, 147 46!, bords du
Caricouvé Franc 20], Bourail Pennel 363].
M. speciosa Beauvis. — Douarrea speciosa Montrouz. = Ura­
goga Straussiæ Baill. mss. = Psgchotria avertis Panch. mss.
= P. angustifolia Panch. mss. — Nouvelle-Calédonie
( Mueller, Pancher 373 , Canala Balansa 2058a I, Canala,
Balade, W agap [Vieillard 765, 766], Baie de Prony [Balan­
sa 365 , embouchure du Houaïlou [Balansa 2058 j, embou­
chure duD othio Balansa 3413 , ile Art [Montrouzier 108 in
herb. de Lyon, 193 in herb. de M ontpellier, Balansa 3198].
CofJ'ea arabica L. — Thio, Houaïlou (cultivé) [GrunowJ.
Normandia neocaledonica Ilook. f. = Tulasnea pirnelioides
Panch. m ss.— Nouvelle-Calédonie 1Pancher, 12, 337, Muel­
ler 85, Baudouin, Thiébaut], baie de Prony ; Balansa 329a ,
Cribs 702 . Table Unio Balansa 2008 , baie Ouié Balansa
320], Ounia Deplanche 417], M1 Mou [Deplanche 603],
Canala Deplanche 269, Vieillard 693, Pancher 497],
Houaïlou, Tomo [Grunowj, Païta [Schlechter 14846], Yahoué
I Franc 209].
Spermacoce verticillata L. = Borreria slricla F. W . Mev. —
Yahoué [Schlechter 14814], Dombéa [Cribs 766J.

PLANTES

PH ANÉRO G AM ES

DE

LA

iSol V E I. L E - C A I.KDO.N I :.

177

C o m posées '.

Vernonia cinerea Less. — Yahoué [Schlechter 14742],
Elephantopus scaber L. — Yahoué [Schlechter 15019, Cribs
602].
A gératum conyzoides L. — Nouvelle-Calédonie | Mac Gillivray ,
Yahoué | Schlechter 15017], ilôt Freycinet [Grunowj, Bou­
rail 1Pennel 272].
.1. mexicanurn Sims. — Yahoué Schlechter 15015!, Bourail
[Pennel 272).
Vittadinia australis A. Rich. — Ilot Freycinet [Grunowj.
Erigeron linifolius W illd. — Ilot Freycinet [Grunowj.
Pterocaulon cylindrostachyum Cl. = Monentheles spicatus
Labill. — Nouvelle-Calédonie (Védel, Pancher 462,
Deplanche 221 j, Balade [Labillardière, Lahaie 1320], Dom­
béa [Franc 25, Cribs 601 , Nouméa (Balansa 3 J, Gatope
Vieillard 811], île des Pins [Germain, Jeanneney 61 j, Lilou
[Deplanche 66].
P. (Gnaphalium rcdolens Forst.) — Balade [Forsterj.
P. (Monentheles serrulatus M ontrouz.) — lie A rt M ontrou­
zier!.
P. sphacclalum Benth. et Ilook. = M onentheles sphacelatus
Labill. — Nouvelle-Calédonie [Védel, Pancher 221, 461,
Vieillard 812, M ontrouzier!, Balade [Labillardière], Nouméa
f Balansa 1], Nouvelle-Calédonie et ile des Pins [ Deplanche ? .
Lagenophora Billardieri Cav. — Nouvelle-Calédonie Pan­
cher, Balansa 24, Deplanche 233], M’bée [Vieillard 816',
Yahoué [Schlechter 14804J.
Blumea incisa DC. — Oubatche :Schlechter 15432 a , Païta
[Schlechter 14827].
B. lacera DC. — Païta !Schlechter 14817], Bourail Pennel
132, 374], Nouvelle-Calédonie et île des Pins Pancher 458 .
Gnaphalium japonicum Thunb. = G. involucratum Forst. —
Nouvelle-Calédonie Deplanche 220, 230, Pancher 344, 477 J,
i. Les indigènes mangent les feuilles d ’une espèce de Laiteron.
Le Topinambour (Ilelianthus tuberosns) et les Salades ont été accli­
matés et poussent bien dans les jardins.
12
Annules du Musée colonial de Marseille. — 2' série, 9' vol. 1911.

�PLANTES PHANÉROGAMES UE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

Nouméa Balansa 22 , Canala Vieillard 8051, 810], lendea
Cribs 587], Païta (Schlechter I 4826], Bourail [Pennel 134],
île des Pins.[M ontrouzier, Germain].
Gnaphalium luleoalbuni L. — Nouvelle-Calédonie [M ontrouzier, Germain, Vieillard 808, Deplanche 223, 228], Balade
I Fors ter], Dombéa [Cribs .390], baie du Sud [Cribs 1312],
Bourail [Cribs 999], Nouméa Balansa 21], Thio |G runow ],
Y alloué [Schlechter 15021], Nouvelle-Calédonie et île des
Pins Pancher 478].
G. purpureurn L. — Yahoué [Schlechter 15023].
Helichrysum neocaledonicuin Schltr. = Cassinia leptophylla
Vieill. mss. non R. Br. — Nouvelle-Calédonie [Pancher,
Vieillard 481, M ontrouzierj, Mé Arembo [Cribs 990], Gatope,
Balade [Vieillard 805], Canala Vieillard 806, Pancher 479],
Méa, près Canala [Balansa 2353 , A ram a [Vieillard 807],
Uaraï, Farino ; Lecard], Ngoyé Schlechter 14839], forêt des
Grosses Gouttes [Franc 455], Bourail Pennel 68, 135].
Parllienium Hysierophorus L. — Tomo Grunow ], Païta
[Schlechter 14857].
Sigesbeçkia orientait* L. — Nouvelle-Calédonie [Mac Gillivray].
Eclipta marginata llochst. — Nouvelle-Calédonie [Vieillard
601].
Wedelia aristata L e s s .= Wollaslonia strigulosa DC. ex Dcsne.
— Nouvelle-Calédonie [Mac Gillivrav], îlot Freycinet j Gru­
now j.
\V. biflora DC. — Thio [Grunow], Voh [Cribs 1310],
Ngoyé [Schlechter 15285].
W . Forsteriana Endl. = W ollastonia Forsleriana DC. —
Nouvelle-Calédonie [Vieillard 800 .
IP. ( Wollastonia repens Panch. mss.) — Nouvelle-Calédonie
[Pancher], ilôt Amédée [Cribs 943].
\V. Schullziana Miq. = Wollastonia seabriuscula DC.
Nouvelle-Calédonie [Vieillard 800], Nouvelle-Calédonie et
ile des Pins [ Deplanche 227 !.
Spilantlies Acmella L. — Yahoué [Schlechter 14775 .
Bidens bipinnata L. — Ilot Freycinet Grunow],

179

Bidons pilosa L. — Nouvelle-Calédonie [Vieillard 797, De­
planche 224, 236, Védel], Balade [Vieillard 797], Nouméa
[Balansa 6], Poro [Grunow], ile des Pins [Pancher 465],
Lifou [Deplanche 797].
Coreopsis micrantha A. Gray. = Bidens pinnatifida Forst. ex
Dcsne — Balade [Forster 147].
Glossogyne tenuifolia Cass. = Bidens tenuifolia Labill. —
Nouvelle-Calédonie [Vieillard 798, Védel, Deplanche 237,
Baudouin], Balade [Forster Labillardièrej, Dombéa [Cribs
742], Nouméa [Grunow], Yahoué [Schlechter 14722],
Bourail Pennel 133], île des Pins Pancher 470j.
Cotula auslralis Hook. — Ilot Freycinet [Grunow].
Ccntipeda orbicularis Lour. = M yriogyne minuta Less. =
Cotula m inuta Forst. — Balade Forster 162, Anderson ,
Ilouaïlou [Grunow, Balansa 2356], Nouméa j Cribs 1199 ],
Canala [Vieillard 800], île Nou Balansa 20], île des Pins
[Pancher 466].
E rechthites quadridentata DC. — Nouvelle-Calédonie 1Pan­
ch erj.
Centaurea melitensis L. — Nouvelle-Calédonie Deplanche
226], Nouméa (Cribs 949], Yahoué [Schlechter 15024 .
G oodé.njacées.

Scæuola Beckii Zahbr. — Nouvelle-Calédonie Pancher 392,
482, Baudoin 537], Canala Vieillard 824 . Port Boisé
Deplanche 24 1,241 bis , Thio [Grunow], Y’ahoué Schlech­
ter 14764, Franc 47, de Pompérv], ile des Pins Jeannenev
, 22]\
S. indigofera Schltr. — Oubatche [Schlechter 15564 .
S. Kœnigii Vahl. = S. montana Labill. = S. collina Panch.
mss. — Nouvelle-Calédonie [Vieillard 821 bis j, Balade
Labillardièrej, Canala, Baie d'A mata, Balade [Vieillard
821, 822 , Thio, ilouaïlou [Grunow!, Y'ahoué Schlechter
14719], Bourail [Pennel 126, 394], baie de Prony Jeanneney], Nouvelle-Calédonie et ile des Pins Pancher 484],
ile A rt [M ontrouzier].
S. saligna Forst. — Balade Forster .

�180

A. GUILLAUMIN

C

ampanulacées.

Wahlenbergia gracilis A. DG. — Balade j Fors ter 37 , Païta
[Schlechter 14819], Yohoué [Schlechter 14739],
E

pa c r id a c é es

L

Leucopogon albicans Brong. et Gris = L. multiloculare
Panch. mss. — Nouvelle-Calédonie [Thiébaut 318, 309],
Canala N'ieillard 833. Pancher, Deplanche 361, Thiébaut
272], embouchure du Dothio [Balansa 3272], Païta !Schlech­
ter 14982], Bogota Brousmiche 107], Thio [Grunow], Bourail Pennel|, baie de Prony Jeanneney .
L. Billardieri Montrouz. — lie A rt [Montrouzier .
L. concavum Schltr. — Ngoyé [Schlechter 13184].
L. Cymbulæ Labill. = /-. Vieillardi Panch. ex Brong. et
Gris — Nouvelle-Calédonie Pancher, Deplanche 362, Lecard 33 A , Balade [Labillardière], Balade, Tanlé [Vieillard
846 , Gatope, Yaté IVieillard 841, 844], Ngoyé JSchlechter
13136 . baie de Prony !Jeanneney],
var. angustifolius Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie
Védel, Deplanche 848, Pancher], M ’bée [Vieillard 847],
Balade Vieillard 845j, Yaté [Vieillard 840J.
var. major Brong et Gris — Nouvelle-Calédonie I Pan­
cher 220], Yaté [Vieillard 843,.
var. latifolia Brong. et Gris — W agap [Vieillard 842,
843, 843, 846, 847, 848 .
L. dammarifolium Brong. et Gris — Gatope, Yaté Vieil­
lard 837, 838 , Ngoyé [Schlechter 15190], Saint-Louis
Brousmiche 586 , Bourail Pennel 59], baie de Prony
Jeanneney].
1. Le Pepouharou (Lcucopogon dam m arifoliuni) est considéré p a r le s
Canaques comme une sorte de talisman pour les cannes à sucre, aussi
en plantent-ils dans leurs cultures. Les Dracophyllum Cymbulæ et verticillalum donnent des bois brunâtres, â grain très fin, bons pour l’ébénisterie ; les scions fournissent d’excellents tuteurs à ignames.

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

181

Lcucopogon longistylis Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie
[Pancher, Déplanche 368), Yaté [Vieillard 836], baie de
Pronv [Jeanneney].
L. rnncrocarpus Schltr. — Ngoyé [Schlechter 15380 .
L. Pancheri Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie [Pancher
455], Yaté [Vieillard 840j, Ngoyé Schlechter 15371].
var. subinlerrupta Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie
Pancher 365].
L. salicifolius Brong. et Gris. — Nouvelle-Calédonie [Pan­
cher, Deplanche 60, 363], Canala [Vieillard 839], Yahoué
(Schlechter 14760], Ml Dzumac [Franc 152 , Baie de Prony
Jeanneney].
L. septentrional/':s Schltr. — Oubatche "Schlechter 15585 .
Cgatopsis floribunda Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie
[Pancher], Canala [Vieillard 834, 835], Méré [Grunow].
Epacris pauci/Jora A. Rich. — Nouvelle-Calédonie, région
sud [Baudouin 734].
D racophyllum amabile Brong. et Gris — Canala Pancher,
Vieillard 829, Deplanche 59], Méré, Houaïlou | Grunow ,
Bourail [Pennel], baie de Prony Jeanneney],
/). dracænoides Schltr. — Ou Hinna Schlechter 15399 .
D. gra elle R. B r . — Nouvelle-Calédonie Pancher, Deplanche
363], lac A rnaud [Vieillard 828], Ngoyé [Schlechter 15103 .
/). involucratum Brong. et Gris — Yaté Deplanche 367,
Vieillard 832].
/). ram osum Panch. ex Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie
Baudouin 525, Pancher], M'bée Vieillard 830 , Ngoyé
(Schlechter 13093, 15257], Thio [Brousmiche], baie de
Prony Jeanneney].
D. Thiebautii Brong. et Gris — Arama Thiébaut 206, 339 .
D. vèrticillatum Labill. — Balade Vieillard8 3 1, Pancher 451 ,
Ngoyé [Schlechter 15206], Yahoué [Schlechter 14767 , Thio
[Grunow), Thio, Ouaméni, Houaïlou, Ouégoa Brousmiche .
Bourail Pennel 338], baie de Prony (Jeanneney).
D. Vieillardi Lenorm. mss. — Dombéa Vieillard 829 bis,
2831].

�182

A. GUILLAUMIN
P

lu

MBAG 1NACÉ LS 1.

Statice australis Spreng. — Nouvelle-Calédonie Germain],
île des Pins Pancher, Deplanche, 3I3], Lifou [Balansa
1772].
Plumbago zeylaniea L. — Nouvelle-Calédonie (Germain j,
Balade [Labillardière, Vieillard 1039], Canala [Lecard],
Thio Grunow , Nouméa [Balansa 509], Nouméa, île Nou
[Mac Gillivrav 3 , île Nui Védel, Deplanche 31 4 .
P

r im u l a c é e s.

Lysimachia decurrens Forst. = L. javanica Bl. = L. m u ltiflora W all. — Dugezia glandulosa M ontrouz. mss. — Nou­
velle-Calédonie Deplanche 308, Pancher, Brousmiche],
Canala Vieillard 832], W agap N'ieillard 853], Nouméa
Balansa 565], Bourail, Yahoué de Pompéry], NouvelleCalédonie et île des Pins ! Pancher 552, Vieillard 853], île
Art Montrouzier 178 in herb. de Lyon], Lifou (Deplanche
853 in Vieillard, Vieillard 2832, Balansa 1693].
L. lobelioides W all. — Yahoué |Schlechter 14770 j, [Vieillard
892].
L. mauritiana Lam. — Lifou Vieillard 28321.
Samolus Littoralis R. Br. — lie des Pins [Pancher 554, Vieil­
lard 883], Lifou Thiébaut, Balansa 17521.
M

y r sin a c é e s

'.

Mæsa nemoralis DC. — Nouvelle-Calédonie [Home].
.1/. novocaledonica Mez — Près de Bourail [Balansa 993], Ml
Nékou [Balansa 1359], Païta Schlechter 14822], île des
Pins (Germain, Pancher, Charpentier], Lifou Thiébaut 319].
M yrsine capitellata A. Gray (d’après Pancher) — NouvelleCalédonie Fournier et Sebert 8],
1. Le Plumbago zeylaniea est employé comme vulnéraire.
2. Le Rapanea lanceolata et une espèce voisine ont un bois rougeâtre
pâle, maillé, analogue au hêtre, sauf la teinte, bon pour la menuiserie et
l’ébénisterie.

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

183

Rapanea asymc/ricu Me/. = M yrsine dolabriform is Lecard ?
mss. — Nouvelle-Calédonie [Charpentier, Pancher 550,
Sebert et Fournier 52], Galope, Poume, W agap 1Vieillard
882, 2842], Uaraï (Lecard 54], île Grand Tupili [Deplanche
420], Baie de Prony [Balansa 390, 990a j, bords de la Ouanéoué ! Franc 105 .
II. ci tri folia Mez
Nouvelle-Calédonie (Pancher).
R. dim inuta Mez — Canala [Vieillard 2830 , Ml Mou
[Balansa 2828), Païta Schlechter 14915].
II. lanceolata Mez — M yrsine lanceolata Panch. et Seb. —
Nouvelle-Calédonie [Vieillard 2809, Pancher 35, 237. 509,
555, Petit 35, Yahoué Schlechter 14759J, baie du Sud,
Sebert et Fournier 35 , baie de Prony [Jeanneney], Lifou
[Deplanche 24].
R. Lecardii Mez — Nouvelle-Calédonie Lecard 39A-53],
R: lifuensis Me z — Lifou W hitm ee 47 .
II. macrophylla Mez = M yrsine macrophylla Panch. et Seb.
— Nouvelle-Calédonie Pancher], Saint-Louis i Balansa 992 ,
baie de Prony Balansa 397 , M1 Hum boldt [Schlechter
15293], Ngoyé [Schlechter 15302 , Bourail Pennel 175 .
R. modesta Mez — La Conception Balansa 991, 2829 , Païta
[Schlechter 14926], Oubatche [Schlechter 15481 .
R. novo-caledoniea Mez — Nouvelle-Calédonie Deplanche
311, K rüger, Pancher 255 j, Nouméa Balansa 3302, 3533],
Gatope [Vieillard 2837, 2838, 2841 .
11. stenophylla Mez — Néoua Balansa 990 , Bourail Pennel
127].
II. Vieillardi Mez — Nouvelle-Calédonie Pancher, Thiébaut
3 18], W agap !Vieillard 2843 , près de Bourail Balansa 989 |,
Lifou Thiébaut 3 1 7 .
Tapeinosperma amplexicaule Mez — W agap Nieillard 2851 .
T. [Ardisia Balansæ Bail 1. mss.) — Cours supérieur du Dothio
j Balansa 3531 .
T. (Ardisia canalensis Bai 11. mss.) — Canala Balansa 2220 .
T. clethroides Mez — Uaraï Lecard .
T. (Ardisia costulata Bail 1. m s s .)— M1Nékou Balansa 999j.
T. deflexuni Mez — M1 Pénari ( Balansa 3532 ;, M1 Humboldt
[Schlechter 15297 .

�I SI

A. GUILLAUMIN

Tapeinosperma {Ardisia Deplanchei Baill. mss.) — Ile Grand
Tupiti [Deplanche 516 .
T. elliplica Mez — Oubatche [Schlechter I5Ü 8], Ou Hinna
Schlechter 15688],
T. gracile Mez — La Conception Balansa 1000 .
T. Irevc'Sloz — Oubatche [Schlechter 15418].
T. laurifolium Mez — Ou Hinna [Schlechter 15698].
T. Lccardii Mez — Uaraï, Table I nio [Lecard], Oubatche
Schlechter 15547],
T. Lenormandii Mez— Nouvelle-Calédonie [Vieillard], Ngoyé
Schlechter 15123].
T. m inutum Mez — Ou Hinna Schlechter 15639],
T. nectandroides Mez
La Conception Balansa 3000].
T nitidum Mez
Ou Hinna Schlechter 15661 ].
T. oblongifolium Mez
W agap [Pancher, Vieillard 2849'.
T. Pancheri Mez — Nouvelle-Calédonie [Pancher 258'.
T. pauciflorum Mez
W agap [Vieillard 2853].
T. plat g carpa Baill. mss. — Port Bouquet [Balansa 2238 .
T. Baladeuse Mez
Balade Vieillard 344],
T. pulchellum Mez
Ou Hinna Schlechter 15652],
T. robustum Mez — Nouvelle-Calédonie [Lecard], Canala
Balansa 996 ], Ml Mou Balansa 2225], Ou Hinna [Schlechter
15638], Ngoyé [Schlechter 18246],
T. rubidum Mez — Oubatche [Schlechter 15518].
T. salignum Mez — Oubatche [Schlechter 15439],
T. Schlechteri Mez — Oubatche Schlechter 18447, 15574].
T. scrobiculatum = Ardisia scrobiculata Seem. — NouvelleCalédonie Vieillard 397, Deplanche 29], Pouébo [Vieillard
353], Ou Hinna [Schlechter 15649],
T. sessilifolium Mez — M' Pauloitche près Gatope [Vieillard
2852].
T. squarrosum Mez — Oubatche [Schlechter 15497].
T. tenue Mez — Entre Néoua et le M1 Mi Balansa 9945,
Fable In io Balansa 2236], Oubatche Schlechter 154171.
T. vestitum Mez — M* Mou Pancher 620], M1 Hum boldt
[Balansa 2232, 28301.
T. Vieillardi Mez — Nouvelle-Calédonie [Vieillard 2856],

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

185

Canala Balansa 22271, Uaraï Lecard 38A], Oubatche
[Schlechter 15494], Ou Hinna Schlechter 15700].
Tapeinosperma wagapense Mez — Entre Bourail et Canala
Balansa 995], Balade, W agap Vieillard 352 j, Table Unio
[Lecard ].
S

apotacées

L

Leptostylis filipes Bthm. — Cap Tonnerre j Deplanche 451],
Gatope [Vieillard 2914].
L . longiflora Bthm — Gatope [Deplanche 441, Vieillard 2915 .
L. micrant/ia Beauvis. — Heteromela rotundiflora Montrouz.
mss. — Ile A rt M ontrouzier 25 in herb. de Lyon, 248 in
lierb. de Montpellier].
C hrysophyllum Balansæ Baill. = Ochrothallus ? Balansae
Pierre — Nouvelle-Calédonie Lecard 135], Balade, Wragap
Vieillard 18], Port Bouquet Balansa 1822], la Conception
Balansa 2801 j.
Ch. Deplanchei Baill. = Planchonella Deplanchei Pierre —
Nouvelle-Calédonie [Deplanche 436 .
Ch. {Sapota Endlicheri M ontrouz.)— Ile A rt Montrouzier .
Ch. interm edium Baill. = Trouettia intermedia Pierre —
Em bouchure du Dothio Balansa 3045].
Ch. leptocladum Baill. mss. = Ch. parvifolium Schltr. =
Trouettia leptoclada Pierre — T . parvifolia Pierre mss. —
Embouchure du Dothio Balansa 3 459], Ngoyé [Schlechter
15189],
Ch. lissophyllum Pierre — M1 Coumboui Balansa 2802 ,
M1 Poume [Balansa 3149].
Ch. longipes Baill. = Planchonella linguæformis Pierre —
Canala [Balansa 1824].
Ch. ? macrocarpum Baill. — Labatia macrocarpa Panch. et
1. Le Planchonella m icrophylla donne un bon bois brunâtre à odeur
poivrée; le Wakéré ou Mi Azou (à Lifou) C hrysophyllum W'akere) et le
Bugny (C hrysophyllum '?) donne un bois jaune analogue au buis; celui du
C hrysophyllum macrocarpum est analogue au pommier ; celui du Ch.
Seberfi est rougeâtre et bon pour la menuiserie; celui du Ch. sessifolium
est jaunâtre ; celui du Sebertia dubia est rougeâtre et bon pour les manches
d’outils.

�186

A. GUILLAUMIN

Seb. — Planchonella Petitiana Pierre — Nouvelle-Calédonie
Pancher 226, .'&gt;64, Petit I î)*|, Ml Dore [Vieillard 194], cours
supérieur du Dolhio Balansa 3466], baie du Sud j Fournier
et Sebert 19].
Chrysophyllum Seberti Panch. = Trouettia S cher (i Pierre —
Nouvelle-Calédonie Vieillard 2893 j , M1 Dore PancherJ.
Ch. sessilifolium Panch. — Ochro thaï lus sessilifolius Pierre
— Nouvelle-Calédonie !Sebert et Fournier 76], Ml Pénari
Balansa 3465 , baie de Prony [Jeanneney].
Lacuma Bail/onii Zahlbr. = Poissonnella Baillonii Pierre =
Iteilurna Baillonii Baill. — Nouvelle-Calédonie Brousmiche], baie de Pronv j Franc 202 ), Saint-V incent, Canala
Vieillard 196 , Dombéa f Pancher 250, Baudouin 300, 330,
331, Balansa 462, 1325], entre Thio et N akéty [Balansa
3469].
L. ? Balansæana Pierre = Pichonia Balansæana Pierre =
C hrysophyllum pyriform e Baill. — Lifou Balansa 2321].
L . ? crebrifolia Baill. = Planchonella crebrifolia Pierre —
Entre Canala et Couaoua Balansa 3154], Balade Vieillard
191 . Dombéa Pancher].
L ? discolor Baill. = Planchonella viridis Pierre — Vallée
du Diahot Balansa 3153], Lifou Balansa 1828J.
L. ? Jacquiniæfolia Baill. — Baie de Pronv B alansa452, 452a].
var. minor Baill. — Ml Mi Balansa 1328],
L. ? lætevirens Baill. = Planchonella lætevirens P ie rr e — Ml
Pénari Balansa 3464 ).
L. neocaledonica Eng’ler = L. Baudouini P ierre mss. = L.
Deplancliei Baill. = Poissonnella neocaledonica Pierre ==
Bhamnoluma novocaledonica Pierre — Cap Tonnerre,
Poume, Xéné Deplanche 442, Pancher 107, V ieillard2917].
L. pinifolia Baill. = Peuccluma pinifolia Baill. — Ml Poume
Balansa 3151].
L. ? rubicunda Pierre ex Baill. = Beccariella rubicunda Pierre
— Canala Balansa 1825], Houaïlou Lecard), Bourail [Pennel 295].
Sideroxylon Balansæanum Pierre = Planchonella Balansæana
Pierre — Cours supérieur du Dothio Balansa 3462 j , Près de
Bourail B.alansa 1327 . Ml Mi [Balansa 1327“ j.

PLANTES PJIANÉItOGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

187

Sideroxylon (Sapo/a Baucri Montrou/,.) = Planchonella
baladcnsis Pierre = Lucuma ? baladensis Baill. = Mesolunia baladensis Baill. — Balade | Vieillard 79 , île des Pins
| Vieillard 80], île A rt ) Montrouzier 1 33 j.
S. Brousmichei Baill. = Planchonella Brousmichei Pierre —
Ile des Pins M ontrouzier'. non Brousmiche].
S. cinerum Baill. — Planchonella Pancheri Pierre = Se rsa-*
lisia cinerea Panch. mss. ex Baill. — Nouvelle-Calédonie
| Pancher 252], Balade [Vieillard 879], embouchure de la
Néra [Balansa 1274], Nouméa j Balansa 599], île Nou Vieil­
lard 880], île Tamburoen [Deplanche 307].
S. i Planchonella conterrnina Pierre) — Gatope 1Deplanche
437 j.
S. coriaceum Baill. == Chorioluma coriacea Pierre — Ile Ouen
Balansa 461, 461®].
S. (Planchonella m icrophylla Pierre = Achras costata Endl.).
— Nouvelle-Calédonie [Petit 58, Sebert et Fournier 58],
Canala [Vieillard 2897], baie de Pronv Jeanneney], île A it
[Balansa 3I52, Montrouzier 314 in herb. de Lyon).
S. dactyoneum Baill. = Planchonella dactyonea Pierre —
M‘ Kog-hi [Balansa 460].
S. lasianthum Baill. = Beccariella lasiantha Pierre = B.
coriacea Pierre = Seberfia crassifolia Pierre — Ml Mi
[Balansa 1322], Thio [Brousmiche 523].
S I lauraceurn Baill. == Planchonella lauracea P ie rre — Bassin
du Dothio i Balansa 3467J.
S. lasiocladum Baill. = Lucum a ? Seberli Pierre = Becca­
riella Seberti Pierre — Nouvelle-Calédonie Petit 49, Sebert
et Fournier 49, Vieillard 2889], baie du Sud Pancher 253 j,
baie de Prony [Jeanneney],
S . Lecardii Baill. — Nouvelle-Calédonie [Lecard .
S. lifuanum Baill. = Ochroluma lifuana Baill. = Plancho­
nella lifuana Pierre — Lifou [Balansa 1826 .
S. Pancheri Baill. — Baie de Prony Jeanneney).
var. (jlabrescens Baill. — Entre Canala et Couaoua Ba­
lansa 3148], embouchure du Dothio [Balansa 3463J.
var. vestitum Baill. — Canala 'Vieillard 2888], Ml Ilum boldt [Balansa 1829].

�88

A. G IIL L A IM IN

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

Sideroxylon reticulatum Baill. = Planchonella reticulata
Pierre — Canala Balansa 1827].
S. ? sphærocarpuni Baill. — M1 Nékou Balansa 1326].
S. Vieillanli Baill. — Gatope [Vieillard 2883].
S. Wakere Baill. = S. petiolare Pierre mss. = C lirysophyllum Wakere Panch. et Seb. = Planchonella W akere
Pierre — Nouvelle-Calédonie Pancher, Balansa 3150, P etit
25 , baie de Prony Balansa i39, Jeanneney], baie du Sud
Fournier et Sebert 25', Ml Dore [Vieillard 55i], vallée de
la Kouvélé Brousmiche 526]. Ivoé. Yahoué, pic Nakado
[Brousmiche 525], Bourail Pennel 234 . île A rt M ontrouzier 128 in herb. de Lyon j.
Hormogync coton ifolia A. DC. = Sersalisia cotonifolia
F. Muell. — Nouvelle-Calédonie [Fournier et Sebert 12i.
Achradotypus artensis Baill. = Jollya artensis Pierre =
C hrysophyllum decandruni Montrouz. — Ile A rt M ontrouzier 129 in herb. de Lyon, Balansa 3117].
A . Vieillardi Baill. = ? Jollya longifolia Pierre Vieillard 192].
Sehertia acuminata Pierre == Sersalisia ? acuminata Baill. —
Ouroué [Balansa 3168].
&lt;S. dubia Pierre = C hrysophyllum dubium Panch. et Seb. =
Ch. calomeris Baill. = Ch. Balansæ Baill. — NouvelleCalédonie Petit 62, Fournier et Sebert 62], Port Bouquet
Balansa 1030 , bords du Ngoyé Balansa I830a], Canala
Balansa 1830h . embouchure du Dothio [Balansa 3013].
S ? Balansæana Pierre = Sarcolepus Balansæanus Pierre =
= Achradotypus Balansæanus Baill. = Sehertia ? Balan­
sæana Pierre = Achradotypus fastuosus Baill. — Yahoué
Brousm iche, Ml Mi Balansa 1323], M‘ Mou [Balansa
2800 .
Mimusops Pancheri Baill. — Nouvelle-Calédonie [Pancher
251, Vieillard 901], Lilou [Balansa 1821 ].
M. parvifolia R. Br. — Nouvelle-Calédonie [d’après Pancher .
M. Vieillardi Pierre — Nouvelle-Calédonie ] Pancher in Vieil­
lard 901 partimj.
Pycnandra Benthami Baill. — Houaïlou, Uaraï jLecardj.
Imhricaria Perroudi Montrouz. — Ile A rt : Montrouzier .

i

189

E bénacées b

Alaha buxifolia P ers. = Cargillia flavocarpa Vieil 1. mss. —
Nouvelle-Calédonie Pancher, Vieillard 2873, 2877 j, W agap
[Vieillard 2864].
M. elliptica Forst. — Nouvelle-Calédonie Pancher 550,
Vieillard 558, 896 parti m , Balade [Forster 194, Labillardière, Vieillard 893], baie de Pronv [Jeanneney j.
M. fasciculosa F. Muell. — Nouvelle-Calédonie [Pancher,
Deplanche 206], Canala, Balade [Vieillard 899], Balade
| Vieillard 902], Païta Schleehter 14907], Lifou [Deplanche
48, Thiébaut 276 j.
.17. flavocarpa Vieill. mss. — W agap Vieillard 2864 parti m .
.17. foliosa A. Rich. ex A. Gray — M1 Koghi Pancher 301 ,
Ferm e modèle (Balansa 464], W agap Vieillard 2872 partim .
M. g la u ca l Montrouz. — Ile Art Montrouzier .
M . parviflora Schltr. — Oubatche i Schleehter 15533 .
.17. rosea Montrouz. — Ile A rt [Montrouzier 141 in herb. de
Lyon J.
.17. ru fa Labill. — Nouvelle-Calédonie Petit 44, Fournier et
Sebert 44, Deplanche 312, Caldwell, Vieillard 891, 892,
895, 896, 2872?, 2876, 2880], Balade, W agap Vieillard
894, 2880 ’, Balade ]Labillardière , Ou Hinna !Schleehter
15604], Taulé [Deplanche 446 , Bourail Pennel 2 9 e, 281
partim j, baie de Prony [Jeanneney .
M. rum inata Hiern — Nouvelle-Calédonie Deplanche 311 ,
Yahoué [Schleehter 15057 , Bourail Pennel 190, 402 .
.17. Vieillardi Hiern — Nouvelle-Calédonie Deplanche 449,
Vieillard 887], Canala [Pancher], Canala, Cap Tonnerre
] Deplanche 448], Païta ]Schleehter 14968], Ngoyé Schlechter 15229 J.
.17. yahouensis Schltr. — Nouvelle-Calédonie [Pancher], Ca­
nala [Deplanche 312], Boulari [Vieillard 895], Nouméa
[Balansa 463, Brousmiche], Oubatche [Schleehter 15584].
1. Le Mazemme D i o s p y r o s sp. et le D . r n o n ta .n u donnent l'ébène
blanche parfois veinée de noir ; les Maba ou N’déré ( M a b a sp.) donnent
des bois blancs, mous, analogues au peuplier.

�190

GUILLAUMIN

Diospyros Ebenum Kœn. = D. hebecarpa A. Cunning. —
Nouvelle-Calédonie [Vieillard 2869J, Balade [Vieillard 898!.
D. rnacrocarpa Hiern = Cargillia macrocarpa Vieill. mss.
— Nouvelle-Calédonie Pancher 25 I , Balade, W agap [Vieil­
lard 890, 891 .
D. montana Panch. et Seb. non Roxb. — Baie du Sud [Petit
18, Fournier et Seberl 18 .
D. Olen H ie rn — Lifou [Deplanche 31, Thiébaut 344].
S tyracacées

Symplocos arborca Brong. et Gris = Chasseloupia arborea
Vieill. = Bobua arborea Miers — Nouvelle-Calédonie
Pancher], Balade Vieillard 343], W agap (Vieillard 346 (,
Cap Tono |Balansa 3233], Ml Koghi Balansa 2201 ].
S', baptiea Brong. et Gris = Chasseloupia tinctoria Vieill.
mss. — Nouvelle-Calédonie [Pancher 60 , Balade [ Vieillard
546, 547, 348], Gomen [Deplanche], la Conception [Balansa
1346].
S. Brandiana Schltr. — Oubatche [Schlechter 15507].
S. cærulescens Brong. et Gris = Bobua cærulescens Miers
= Chasseloupia cærulescens Vieill. — W agap [Thiébaut
311 ], W agap, Balade [Vieillard A-E (3), 542j.
S. dejoliata Brand. — Pouébo [Pancher 36j.
S. flavescens Brand. — Port Boisé Deplanche 493 J.
S. gracilis Brong. et Gris — Balade [Vieillard 282, 544, Ba­
lansa 3269], Pouébo [Deplanche 282], Ml Koghi j Pancher].
S. Lenormandiana Brong. et Gris = -S. m acrophyila Panch.
mss. — Bobua Lenormandiana Miers = Symplocos lancæfolia Brong. et Gris ex Miers = Chasseloupia neo-caledonica
Vieill. mss. — W agap [Vieillard 541], Oubatche j Schlech­
ter 15575], Table Unio j Lecard 28], Bourail Pennel 322],
S. montana Brong. et Gris
Chasseloupia montana Vieill.
1. Le Baboui Symplocos nilida) donne un bois blanc jaunâtre à grain
fin bon pour la menuiserie. — Le Symplocos baptiea donne (écorce) une
teinture appréciée.

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

191

— Ch. microphylla Vieill. — Nouvelle-Calédonie Pan­
cher], Diaoué, W agap, Balade [Vieillard 531, 531 bis, 532,
559], Pouébo [Deplanche 313], vallée du Diahot, [Balansa
3236], Bourail [Pennel 177].
Symplocos nilida Brong. et Gris = Bobua nitida Miers =
Chasseloupia lucida Vieill. mss. — Nouvelle-Calédonie
[Pancher, P etit 51, Sebert et Fournier 51, Lecard 11 |,
Diaoué, W agap [Vieillard 550, 559], Balade [Labillardière],
Pouébo [ Deplanche 451 bis ].
S. rotundifolia Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie Vieil­
lard 547], Diaoué [Vieillard 549], Balade [Vieillard 546],
Pouébo [Deplanche 491 bis , Canala Balansa 2199 ].
S. stravadioides Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie Vieil­
lard 608], Balade [Vieillard 541], Ou Hinna [Schlechter
15659].
»S. verlicillata Brand. — Pouébo (Deplanche 492 1.
S. Vieilllardi Brong. et Gris = Bobua Vieillardi Miers —
Poila [Vieillard 542j, Canala [Balansa 2195 .
O léacées *.

Jasm inum artense Montrouz. — lie A rt Montrouzier 143 in
herb. de Lyon].
J. didynium Forst. == J. divaricatum R. Br. — NouvelleCalédonie [ Pancher 313, 587, Deplanche 331 j. Balade Forster, Labillardière, Vieillard 913], Gatope Vieillard 9 1 3 ,
Yahoué j Schlechter 15064], ile A rt Montrouzier , Lifou
| Thiébaut .
./. Le Iiatii Schltr. — Magenta Le Rat 172 ;.
J. neocaledonicum Schltr. — Oubatche [Schlechter 15385 .
nourneense Schltr. — Magenta Le Rat 574, 588].
J. Sambac Soland. in Ait. — Nouméa Grunovv .
1. L'Olea Thozetii donne des fruits comestibles et un bois dur à grain
très serré ; le Notelea Badula a un bois analogue, bon pour la tablette­
rie.
Le Jasminum Sambac donne des feuilles qui servent à aromatiser celles
du thé.

�192

A. Gl ILLAUM1N

Jasm inum sunplicifolium Forst. = J . australe F ers. —
Nakéty Grunow], Ile A rt [Montrouzier].
Osnianthus Deplanchei Hochr. mss. — Gap Tonnerre [Deplanche 323 j.
Aotelæa austrocaledonica Vieill. — W agap [Aieillard 333].
.V. B ad u la Yieill. ex Panch. et Seb. — Nouvelle-Calédonie
Kay 20, Petit 136J, Poilu Vieillard 329], Yaté [Vieillard
328), la Conception Balansa 1220rt J, Koé [Balansa 531,
1220 . rives du Toon du Deplanche 328], Ngoyé [Schlechter 15106], baie de Prony [Jeanneney].
.V. brachystachys Schltr. — Ou llinna Schlechter 15600],
A. collina Schltr. — Païta [Schlechter 14834].
.V. encleoides Schltr. — Ngoyé [Schlechter 15164].
.Y. monticola Schltr. — Ml Huraboldt [Schlechter 15315 .
.Y. vaccinioides Schltr. — Païta Schlechter 14976].
Olea Thozelii Panch. et Seb. = A otelæa ylandulosa Panch.
m ss. = Olea glandulosa Panch. mss. — Nouvelle-Calédonie
Pancher 311], M'bée | Vieillard 9], Ferme modèle Balansa
530], Ml Huinboldt Balansa 1689], Uaraï [Lecard 134],
baie de Prony Jeanneney], ile des Pins [Germain], Lifou
[Deplanche 70, Balansa 1083].
A pocynacées h

Heurckia viridis Y. Heurck. et Müll. Arg. — Nouvelle-Calé­
donie Vieillard 2971 j .
1. Le Z ium (Alstonia plum os a) et le Moui (Alsl. sp.) donnent du bois
blanc jaunâtre, 1eTabernæmontana cerifera a un bois analogue au charme,
et celui du Cerberiopsis candelabra ressemble au noyer.
Le Boulé ou Rhon, Chawa (à l’île des Pins) (Cerbera Manghas) a un
bois blanc à grain lin ; cette espèce comme la plupart des Apocynacées,
donne un latex plus ou moins caustique qui se coagule. Les Canaques
les emploient pour leurs tatouages.
L -l lyxia suave du Ml Humboldt fournirait un excellent caoutchouc,
mais la plante ne croit que très lentement et a un feuillage clairsemé,
elle n'est donc pas utilisable pratiquement.
Les A lyxia (lisphærocarpa, slcllatu et suavis ont des feuilles donnant
l'odeur de coumarine après dessiccation à l’air.

PLANTES i’II ANÉHÛGA.MES DE LA NOUVELLE-L ALÉDONIE

193

M elodinus æneus Baill. — La Conception Balansa 301 4 .
M . Balansæ Baill. — Canala[Balansa 2425 , Ngoyé [Schlech­
ter 15224],
M . Jjuxifolius Baill. — Nouvelle-Calédonie (Pancher, Bau­
douin].
M. célastroides Baill. — Nouvelle-Calédonie Pancher, De­
planche 284], Nouméa Balansa 215, 1424, Vieillard 950 ,
Anse Vata[Brousmiche 650], Ganala [Vieillard 955], île Isié
] Deplanche],
M . inæguilatus Baill. — Saint-Louis ! Balansa 2425a .
M . phylliræoides Labilll. — Nouvelle-Calédonie Mueller 15],
Balade [Labillardière, Lahaie 1435], ilôt Freycinet G ru­
now].
M . polyadenus Baill. — Nouvelle-Calédonie Vieillard 570 bis ,
Balade [Vieillard 948], Oubatche Schlechter 15571, 15580 .
M . scandens Forst. = M. Pancheri Pierre — Nouvelle-Calé­
donie Deplanche 65 bis, 81, 279, Mueller 19 , Balade
[Forster 57, Anderson, Labillardière, Vieillard 945, 946 ,
Nouméa [Balansa 242, 1415], Bourail [Pennel , NouvelleCalédonie et île des Pins [Pancher 574j, île des Pins [Ger­
main].
Rainvolffia scmpcrflorens Schltr. = A lyxia semperflorens
Panch. = Ileurckia semperflorens Müll. Arg. — NouvelleCalédonie [Pancher 273, Deplanche 281 , Canala Balansa
2409, Deplanche 63], baie de Prony [Balansa 2409], Koé
[Balansa 1406],M1bée Vieillard 917], Saint-Vincent Vieillard
915], Païta [Schlechter 14285], ile Tupiti [Vieillard 915,
917], Nouvelle-Calédonie et ile des Pins ! Pancher .
A lyxia affinis V. Heurck et Müll. Arg. — Nouméa [Vieillard
958].
A . breviflora V. Heurck et Müll. Arg. — Nouvelle-Calédonie
[Vieillard 952].
A . brevipes Schltr. = Gynopogon brevipes Baill. — Oubatche
[Schlechter 15488], Lifou Balansa 2427].
A . [Gynopogon caletioides Baill.) — M1Poume Balansa 3287 .
A . (Gynopogon celastrineum Baill.) — M1 Poume Balansa
3287], cours supérieur d e là Tamoa Balansa 2825].
Annales du Musée colonial de Marseille. — 2* série, 9' vol. 1911,

13

�194

A. GUILLAUMIN

Ah, xia (Gynopogon clusiophyllurn Baill.) — Baie de Prony
I Balausa 216).
.1. disphærocarpa V. Ilourde et Müll. Arg, — 1 A . rnicrocarpa
Punch, et Seb. — Nouvelle-Calédonie [Pancher, Petit 13,
93, Sebert et Fournier 13, 13 bis, Vieillard 931, Deplanche
288 -, Païta Schlechter 14863], Houaïlou ; Crihs 1165],
Bourail [Pennel 331 , baie de Pronv Jeanneney], île des
Pins [Pancher].
A. ylaueophylla V. Ileurck et Müll. Arg. — Ounia [Vieillard
947].
A. intermedia Vieill. mss. — Nouvelle-Calédonie Vieillard
958].
A. (Gynopogon laurinum Baill.) — Téné [Balansa 1403].
A. leucogyne V. Ileurck et Müll. Arg. = A lyxia grandis
Panch. et Seb. — Nouvelle-Calédonie Petit 151, Pancher,
Deplanche 283 j, Balade Vieillard 944, Deplanche 944!,
Ml Dore et ile des Pins Pancher 580J.
A. Loeseneriana Schltr. — Ou Ilinna [Schlechter 15689].
A. (Gynopogon micro bu.vu s Baill.) — Nouvelle-Calédonie
Pancher 117, 308 , Nouméa Vieillard 956j.
A. myrtoides Schltr. — Ngoyé [Schlechter 15133].
A. obovala Schltr. — Ou Ilinna [Schlechter 15636 , île Amère?
(Anderson .
var. oubatchcnse Schltr. — Oubatche [Schlechter 13562].
A. oubatchense Schltr. — Oubatche Schlechter 15582].
*1. podocarpa V. Ileurck et Müll. Arg. — Nouvelle-Calédonie
[Vieillard 2959].
-1. (Gynopogon rosmarinifolium Baill.) — Canala [ Balansa
2428].
d . (Gynopogon rubricaule Baill.) — Ml Mou [Balansa 2826].
A. sapiifolia Schltr. = Gynopogon sa pii folium 11. Baill. —
Embouchure du Dothio [Balansa 3474], Ngoyé, Oubatche
[Schlechter 15286 .
A. stcllata Hoem. et Schult. = Gynopogon stellatum Forst.
— Balade Labillardière], île des Pins [Milne , de A rt[M ontrouzier j .
A. suavis Schltr. = Gynopogon suave Baill. — M1 Hum boldt
Balansa 2438 , Ngoyé Schlechter 15165 .

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

195

A lyxia Tisseranlii M ontrouz.— Ile A rt [Montrouzierj.
A . (Gynopogon torqueatum Baill.) — Balade [Labillardière],
Ml Mou [Balansa 2821 ], Bourail [Balansa 1398].
Gerbera lactaria Hamilt. ex DC. — Ile des Pins [Mac Gillivray].
C. Manghas L. = G. Linnei Montrouz. — Nouvelle-Calédonie
[P etit 71, Fournier et Sebert 71, Nouméa [Schlechter
15090], Bourail Pennel 24 '. île A rt [Montrouzier .
G. obtusifolia V. Ileurck et Müll. Arg. — Nouvelle-Calédonie
[Vieillard 2979].
Cerberiopsis candelabra Vieill. ex Panch. et Seb. — Nou­
velle-Calédonie Petit 9, 134], baie du Sud Fournier et
Sebert 9], baie de Prony [Jeanneney].
Pterochrosia Vieillardi Baill. — Canala [Vieillard 971 J.
Podochrosia Balansæ Baill. — Baie de Prony Balansa 2241,
Ml Mi [Balansa 1 416j.
Ochrosia elliptica Labill. — Nouvelle-Calédonie Pancher,
Petit 143, Deplanche 302 , Balade [Labillardière , Bourail
| Pennel 271 *, baie de Prony Jeanneney], île des Pins
Pancher j, île Art Montrouzier .
O. miana Baill. — Ml Mi Balansa 1 428 .
O. M ulsanti Montrouz. — Ile A rt M ontrouzier .
O. noumeensis Baill. — Nouméa [Balansa 234 .
O. Thiollierii Montrouz. — lie A rt Montrouzier .
Vinca rosea L. — Nouméa [Grunow].
Alstonia coriacea Panch. mss. — Nouvelle-Calédonie Vieil­
lard 2943, 2956], Boulari Pancher 271 .
A . Deplanchei V. Heurck et Müll. Arg. — Nouvelle-Calé­
donie [Pancher 511, Petit 73, Sebert et Fournier 73 , Port
Boisé Deplanche 462!, Poume Deplanche 462 bis].
A. D urkeim iana Schltr. — Païta [Schlechter 14867], Dombéa
l Franc 44].
A . edulis G. Benn. — Nouméa [Vieillard].
A. filipes Schltr. — Baie de Prony Franc 233].
A . lanceolata V. Heurck et Müll. Arg. — Nouvelle-Calédonie
[Vieillard 5 7 1 bis], Balade, W agap Vieillard 921 j, Oubatche
[Schlechter 15565].

�106

A. GUILLAUMIN

Alyxia Legouixiæ V. Heurck et Müll. Arg. — Balade [Vieillard
020 , Canala [Vieillard 2942], baie de Tupiti [Vieillard 920],
Thio Grunow], Ngoyé [Schlechter 15182].
-1. Lcnormandii V. Heurck et Müll. Arg. — M’bée [Vieillard
919], Canala [Pancher 272, 575], M' Koghi [Pancher].
A. plumosa Labill. — Nouvelle-Calédonie [Lecard 34, Sebert
et Fournier 14], Balade j Labillardière], Païta [Schlechter
14833], Oubatche [Schlechter 15440], Bourail [Pennel 35],
baie de Prony (Jeanneneyl.
-1. quaternata V. Heurck et Müll. Arg. — Balade [Vieillard
933], Diaoué Vieillard 932], Pouébo | Deplanche 125, 456 ,
Oubatche [Schlechter 15578].
.1. Roeperi V. Heurck et Müll. Arg. — Nouvelle-Calédonie
[Pancher], W agap, Balade Vieillard 022].
A. Schurnanniana Schltr. — Oubatche [Schlechter 15442 ,
baie de Prony Franc 224 , Bourail Pennel 332j.
A. Meillardii X. Heurck et Müll. Arg. — M1 Dore Pancher],
M1 Dore, Païta [Vieillard 024], rivière de Toon du Deplanche 024 , Thio [Grunowj.
Tabernæmontana cerifera Panch. et Seb. — Nouvelle-Calé­
donie Petit 39, Sebert et Fournier 30], baie de Prony
Jeanneney J.
Parsonsia affinis Baill. — La Conception [Balansa 241 2 ].
P. angustifolia Baill. — Canala [Deplanche 7 3 1, Balade [Vieil­
lard 982].
P. Balansæ Baill. — Koé Balansa 209], Port Bouquet 1Balan­
sa 2414]. Embouchure du Dothio [Balansa 3482], Canala
Balansa 2404].
var. — Nouvelle-Calédonie Vieillard 978, Deplanche],
Canala Pancher .
P. Baudouini Baill. — Nouvelle-Calédonie Baudouin],
P. Billardieri Baill. — Echiles scabra Labill. — Balade [Labil­
lardière], ile Nui ! Deplanche 294 i.
P. brachiata Baill. — Nouvelle-Calédonie [Pancher, De­
planche 72],
P. hrachycarpa Baill. — Poume Balansa 3283].
P. Bureavi Baill. — Nouvelle-Calédonie Deplanche 292].

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

197

Parsonsia calophylla Baill. — Cours supérieur du Dothio
| Balansa 3479].
P. canescens Baill. — Nouvelle-Calédonie Deplanche 295 i.
P. carnea Panch. —■ Nouvelle-Calédonie [Pancher, Deplanche
293, Thiébaut 298].
P . catalpæfolia Baill. — Ile Art Balansa 3286].
P . cclaslrinea Baill. — Cours supérieur de la Tamoa [Balansa
2825, 2827].
P. (Gynopogon clusiphyllurn Baill. mss.) — Baie de Prony
j Balansa 216].
P corym bifera Baill. — Vallée du Diahot [Balansa 3282],
P. crcbriflora Baill. — Nouméa Balansa 1422].
P . Deplanchei Baill. — Ile Isié [Deplanche 300], île Tamburoen Deplanche 296 |.
P. esculenla Panch. mss. — Canala Pancher .
P. flexibilis Baill. — Ile A rt Balansa 3284].
P. flexuosa Baill. — Près de Bourail [Balansa 1 413 .
P. Franchetii Baill. — Nouméa Balansa 233a ].
P. glaucescens Baill. — Ouroué Balansa 3477],
P. lanceolata Schltr. — Ngoyé Schlechter 15227].
P. lifuana Baill. — Lit'ou [Balansa 2402].
P. linearis Baill. — M1 Mi Balansa 1411 .
P. rnacrocarpa Baill. — Ferme modèle Balansa 241 .
P. marsdenoides S c h ltr.— Oubatche [Schlechter 15415 , Bou­
rail [Pennel 347],
P. micans Schltr. — Ngoyé [Schlechter 15225 .
P. m ultiflora Schltr. — Oubatche Schlechter 15435 .
P. nourneana Baill. — Nouméa Balansa 2403 .
P. populi folia Baill. — Ouroué Balansa 3478].
P . puberula Baill. — Embouchure du Dothio Balansa 3488 .
P. refiera Baill. — Em bouchure du Dothio Balansa 3481 [.
P. rigida Baill. — M1 Poume i Balansa 3285 .
P. tubiflora Baill. — Ferme modèle Balansa 1422 .
P. variahilis Baill. — Nouvelle-Calédonie Pancher, Vieillard
2987, 2990].
P. Vieillardi Baill. — Balade [Vieillard. 935 .

�A sc lépia d a c é es L

Cynanchum viminal-e Blanco. — Ile Amère [Forster].
Secùnione insularis Schltr. — M' Hum boldt jSchlechter 15213].
var. angustata Schltr. — Xgoyé [Schlechter 15096].
Asclepias curassavica L. — Introduit vers 1860 [Baudouin
308, Balansa 238 , Yahoué [Schlechter 14718), Ou Hinna
|Schlechter 15697 , Bourail [Pennel 369], îlot Freycinet
[Grunow ].
Tylophora anisotomoides Schltr. — Ngoyé j Schlechter 15067 ].
T. tapeinogyne Schltr. — Païta [Schlechter 14836].
var. glabrafa Schltr. — Nouvelle-Calédonie, région sud
[Schlechter 14836® .
Marsdenia Balansæ Baill. — Canala Balansa 2410], Ferme
modèle Balansa 2820 .
M. Billardieri Dcsne. — Nouvelle-Calédonie !Pancher], Balade
Labillardière . M1 Mi [Balansa 1410], Païta [Schlechter
14892], Xgové [Schlechter 15200], haie de Prony [Franc
875].
M. ericoides Schltr. — Xgové [Schlechter 15094 .
M. lyonsioides Schltr. — Oubatche 'Schlechter 15414).
M. microstoma Schltr. — Xgové [Schlechter 15171 j.
M. oubatchensis Schltr. — Oubatche [Schlechter 15391].
M. sarcolobioides Schltr. — Oubatche jSchlechter 15751 |.
M. speciosa Baill. — La Conception [Balansa 1423], Ou H inna
Schlechter .
M. tyloplxoroides Schltr. — Oubatche [Schlechter 15631 .
M . Vieillardi Baill. —■ Poila [Vieillard 973], Ferme modèle
[Balansa 2820].
Hoya neocalcdonica Schltr. — Oubatche Schlechter 15396).
L

ogamacées.

Milrasacme nudicaulis Reinw. — Nouvelle-Calédonie ! Pancher), Pont des Français [Balansa 1695], Nouméa [Balansa
1. L’Herbe à gendarmes ( A s c l e p i a s C u r a s s a v i c a ) donne des graines dont
les aigrettes soyeuses sont employées comme Kapok.

G. Deplanchei Vieill. mss. — Ile des Pins | Deplanche 278, 475
G. crythrosperma Baill. — La Conception Balansa 1254 ,
entre Bourail et Canala Balansa 1255), entre Xéoua et le
M1 Mi | Balansa 1254a ].
G. fœ lens Baill. — Nouméa [Schlechter 15084 , Yahoué
[Schlechter 14748], Païta [Schlechter 14828], Oubatche
Schlechter 15405], Lifou [Balansa 2169].
G. franguloides Brong. et Gris mss. — Nouvelle-Calédonie
Pancher), Ferme modèle [Balansa 174].
G. glaucescens Schltr. — Oubatche [Schlechter 1541 1 .
G. novæ-caledonue Vieill. — Nouvelle-Calédonie Lecard ,
W agap Vieillard 21401, Canala Balansa 2175], M1 Xékou
[Balansa 1253].
G. P anche ri Baill. — Canala [Pancher].
G. p k y liant lioides Baill. — Embouchure du Ilouaïlou Balansa
2174] Oubatche [Schlechter 15033], M' Koglii Franc
198].
G. rupestre Forst. — Nouvelle-Calédonie Mac Gillivrav ,
Balade Forster 47, Anderson), île des Pins Home .
var. — W agap W ieillard 703 bis .
G. thymeleacea Baill. = G. elegans Brong. et Gris mss. —
Ferme modèle [Balansa 175 , Xgové [Schlechter 15098 .
G. veslilum Baill. — Ferme modèle [Balansa 173), Canala
Balansa 2172), Oubatche |Schlechter 15458 , Bourail Pen­
nel 194].
G. Vieillardi Baill. — W agap [Vieillard 3011 .
Budleia madagascariensis Lam. — Xgové Schlechter 15281 .
Bourail [Pennel 58, 285 .
Fagræa Berleriana A. Gray ex Bthm. — Nouvelle-Calédonie
[Home], Balade [Forster).

�200

A. GUILLAUMIN

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

Fagræa grandis Panch. et Seb. = Carissa grandis Port. —
Nouvelle-Calédonie [Pancher, 159, 101;, Balade i Labillardière], Table Unio Lecard 4], Ferme modèle [Balansa
759 i, W agap Thiébaut , Saint-Louis [Baudouin 782J, Canala
Vieillard 903 , Ou Hinna Schlechter 15091], Yahoué
Schlechter I.'&gt;008 j, baie de Pronv [Jeanneney].
F. obovata W all. — Ile A rt Montrou/.ier j, Lifou : Deplanche

Balade [Vieillard 1019], île Casy [Balansa 1098 , NouvelleCalédonie et île des Pins Pancher 531, Jeanneney , ile Art
Montrou/.ier , Lifou [ Balansa 1099 .
Heliotropium argenleum L. — Ile des Pins Pancher 530,
Germain ).

^34].
Couthovia corynocarpa Asa Gray — Nouvelle-Calédonie
Vieillard 681 ], Bourail | Balansa I I i2], Ou Hinna [Schlech­
ter 15050].
G en tia na cées L

Limnanlliernuni indicum Thio. = L. Kleinianum Griseb. —
Nakéty, Houaïlou Grunow;, Balade [Forster], Bourail Pennel 114].
Erythræ a auslralis R. Br. — Nouvelle-Calédonie [Mac Gillivray], entre Balade et Nouméa! Montrou/.ier], Thio [Grunow ],
Bourail Pennel 188], île Art Montrou/.ier j , île des Pins
Milne], Lifou Vieillard 990 |.
E. spicala Pers. — Yahoué [Schlechter 117201.
B o r a g in acées

Cordia discolor Cham. — Baie de Pronv Jeanneney), Lifou
Fournier et Sebert 2 ter .
C. M yxa L. = C. dicholoma Forst. = C. Sebestena F orst. —
Nouvelle-Calédonie [Lecard 30', Pancher 133, 001, Petit
179], Balade [Forster], Yahoué [Schlechter 15025], Thio,
ilôt Freycinet Grunow].
Tournefortia argentea L; — Nouvelle-Calédonie [P etit 121 ],
1. Le Pébukourouo E n/lhræ a auslralis) remplace en pharmacie la
petite centaurée (E . Cenlaurium .
2. L Otchia,aoicha, écoach ià Lifou i Cordia sp. , donne des feuilles
âpres, rudes, qui servent à des usages domestiques et à décaper et frotter
les métaux, et un bois analogue au noyer et propre au charronnage : le
Cordia Myxa donne une teinture.

201

C onvolvulacées C

A rgyria alata Montrouz. — Ile A rt [Montrouzier].
Ipomoea Baalan Montrouz. — Ile Art Montrouzier j.
/. Buaralap Montrouz. — Ile Art Montrouzier .
I. Choisyi Montrouz. — Ile A rt [Montrouzier).
/. coccinea L. — Houaïlou, Saint-Vincent (cultivé) Grunow).
I. congesta R. Br. — Poro [Grunow],
/. palrnata Forsk. — Houaïlou. Thio [Grunow], Tahoué
[Schlechter 15070].
I. (Calonyction speciosnrn Choisy) — Ile A rt Montrouzier].
/. tuberosa L. — Nouméa Grunow).
I. Turpethum B. Br. — Poro [Grunow], Yahoué | Schlechter
14729].
Polyrneria pusilla R. Br. — Nouméa !Grunow j.
Evolvulus alsinoides L. = E. heterophyllus Labill. — B;dade
Labillardière, Vieillard 1018], Nouvelle-Calédonie et ile
des Pins [Pancher 533).
E. procumbens Montrouz. — Ile A rt [Montrouzier].
Convolvulus parviflorus Vahl = C. corynibosus Forst. —
Balade [Forster].
S o l a n a c é es A

i
Solanum austro-caledonicum Seem. — Nouvelle-Calédonie
[Home], îlot Freycinet [Grunow], île des Pins [Milne et
Mac Gillivray], îles Lovalty Grey).
1. L'Ipomea turpethum a des tubercules purgalifs et fournit un Jalap;
les Patates (/. Batatas) sont très productives et donnent jusqu'à 2à tonnes
à l’hectare. Les latex servent aux tatouages.
2. Les Physalis ont des baies comestibles, les Piments ïCapsicum)
sont acclimatés, la Pomme de terre (Solanum tuberosum n'est pas très
productive; certains Solanum indigènes ont des feuilles et des fruits

�202

A. GUILLAUMIN

Solarium artense Montrouz. — Ile Art [Montrouzier].
S. Le R a tiiSchltr. — Koniambo [Le Rat 249], Voh ; Cribs 1249].
S. nigruni L. — Nouvelle-Calédonie [Grunow].
*$. pseuderanthemoides Schltr. = N. horizontale Punch, rnss.
— Nouvelle-Calédonie [Pancher 263, 002, Baudouin 438,
Thiébaut , Ferme modèle | Balansa 487], Yahoué | Franc 201 ],
plaine des Lacs [Franc 201a j .
S. sodorneum L. — Nouméa j Grunow j.
S. styracifolium Schltr. — Tchambonou, près Voh [Cribs 1244].
S. torvum Sw. — Yahoué [Schlechter 15022], Bourail [Pennel
289].
S. Uporo Dun. in DC. = S. anthropophagorum Seem. —
Balade Forsterj.
S. vaccinioides Schltr. — Kaféate Cribs 1253], Koniambo
[Le Rat 456].
Physalis Dunali Montrouz. = 1 P. flaccida Forst. — Ile A rt
jMontrouzier].
P. m ini ma L. — Thio Grunow].
Capsicum frutescent L. — Houaïlou [Grunow].
Datura suaveolens Humb. et Bomp. ex W illd. — Thio (cultivé)
Grunow]
Xicotiana fruticosa Forst. — Balade [Forster .
N . fragrans Hook. = .Y. Mac Gillivrayi Seem. — lie des
Pins M ac Gillivrav et Milne].
.Y. Tabacum L. — Thio (cultivé) [Grunow].
Duboisia myoporoides R. Br. = Entrecastauxia elliptica M ont­
rouz. —: Nouvelle-Calédonie [Pancher 269, Deplanche 324,
Brousmiche, Lecard 10], Nouméa j G runow , Germain |, Ferm e
modèle Balansa 486], Dombéa [Baudouin 708], Balade
Vieillard 1031], Poume Deplanche 144, 485 ], Païta [Schle­
chter 14868], Ou Hinna [Schlechter 15690], Yahoué [Schle­
chter 14747], baie de Prony [Jeanneney], Ganala [Mac Gil-

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

livray 36, Balansa 1768), ile Nou [de Pompéry], NouvelleCalédonie et île des Pins [Pancher 603 ?, Vieillard 603?],
île Art [ Montrouzier j.
ScROl’HULAIUÂGÉES.
Rusellia juncea Zucc. — Nouméa (cultivé?) i Grunow].
Angelonia salicariæfolia Humb. et Bomp. — Nouméa (cultivé)
i Grunow].
G esn éra cées.

Coronanthera aspera Clarke — Nouvelle-Calédonie [Vieillard
2836, Pancher 305, Baudouin], Thio Brousmiche], Païta
[Schlechter 14860].
C. barbata Clarke — W agap Vieillard 2826).
C. Clarkeana Schltr. — Ou Hinna [Schlechter 15637].
C. deltoidifolia Vieill. ex Clarke — Balade [Vieillard 119],
Balade, W agap i Vieillard 115], Yahoué [Schlechter I 4801 ].
C. glabra Clarke — Nouvelle-Calédonie [Pancher 244, 607],
Canala [Vieillard 3239, Balansa 181 7J, Téné [Balansa 1246],
Farino, Uarai [Lecard], Oubatche [Schlechter 15576 .
C. Pancheri Clarke. — Ml Coumboui Balansa 2759 .
C. pinguior Clarke — W agap [Vieilliard 2828 j.
C. pedunculosa Clarke — Entre Saint-Louis et Yaté Balansa
1248 , Koé Balansa 566].
var. stellata Clarke — Koé Balansa 576].
C. pulcliella Clarke — Baie de Prony [Balansa 562 j.
C. serine a Clarke — Nouvelle-Calédonie Pancher 245, 246,
304, Vieillard 872, 2827, 3235], Ferme modèle Balansa
1247], Oubatche Schlechter 15403 .
Periomphale Balansæ Baill. — La Conception Balansa 2776 .
P. Pancheri Baill. — Pouébo Pancher 77], la Conception
[Balansa 1263].
B ign o n ia c ées

'

comestibles. Le Duboisia myoporoides constitue un médicament mvdriatique (duhoisine), bien connu en Europe el précieux pour les oculistes.
La culture du Tabac (Nieofiana Tabacum) a été entreprise, mais les
produits manufacturés sont très médiocres.

203

Diplanthera sessilifolia Vieill.
[Deplanche 132, 480J.

C

mss. —

Poume,

i . Lo Spathodea Rheedi donne un bon bois de travail.

Gomen

�204

A.

OriLF.AUaiIN

Diplant liera Deplanchei F. Muell. = D eplanchea speciosa Vieill.
— Nouvelle-Calédonie [Pancher, Petit 74], Balade, Yaté
Vieillard], Bondé Vieillard 1036 , W agap Thiébaut!, baie
du Sud Fournier et Sebert 62-1 , baied eP rô n v Jeanneney].
Spathodea Rheedi W all. — Balade Vieillard 1001].
Bignonia venusfa Ker-Gawl: — Nouméa (cultivé) [Grunow ].
Tecoma austro-caledonica B u r .— Balade [Vieillard 1002].
A

canthacées.

Hemigraphis reptans T. And. ex Hemsl. — Nouvelle-Calédo­
nie d'après Hemsley].
Thunbergia alata Sims. — Nouméa [Grunow], Dombéa [Cribs
(ill . Païta [Schlechter 14855], Yahoué Franc 803].
Acanthus Hicifolius L. = Dilivaria il icifolia Juss. — NouvelleCalédonie Pancher 517, Baudouin 443, Deplanche, H adgson, Roberts], Balade [Anderson, Forster], Pont des Fran­
çais Balansa 532 , Thio Grunow], Bourail Pennel 286],
île Art Montrouzier].
E ranthem um Balansæanum Baill. — Cours supérieur de la
Tarnoa Balansa 2806 ;, Canala [Balansa 2381a j.
E. Cooperi Hook. — Nouvelle-Calédonie !d ’après les graines
envoyées par Cooper .
E. longifolium Seem.
E. majus Baill. — Nouvelle-Calédonie Vieillard 2080J.
E. variabile R. Br. = Chrestenia elegans Montrouz. mss.
Nouvelle-Calédonie [P ancher1, presqu'île Ducos Deplanche
353 , Nouméa [Vieillard 1044, Balansa 537, 1303], île A rt
Montrouzier I 42 in herb. de Lyon],
Pseuderanthemum tubercul-atum Radlk. — Yahoué [Schlechter
14763, 14772 , Bourail [Pennel, 112], ile des Pins Milne ,
îles Loyalty Grey .
Graptophylluin hortense Nees. — Nouvelle-Calédonie (intro­
duit) Pancher, Thiébaut], Ml Nékou [Balansa 1302], Balade
[Vieillard 1039].
Dicliptera pubesccns Juss. = Dianthera cœrulea Forst. — Ile
Amère ! Forster 11, Anderson , île des Pins [Mac Gillivray].

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDON 1E

205

MVOPOLACÉES '.
M yoporurn aeum inatum R. Br. — Ilot Freycinet Grunow].
M. crassifoliu m Forst. = C ylharexylurn crassi folium Forst.
— Nouvelle-Calédonie Pancher 263, Deplanche 355 .
Balade Forster 13], ile Amère ; Forster .
M . cuspidatum Turcz. — Gatope Vieillard 1051 j.
M. Lequerrci Viaud Grand Marais mss. — Nouvelle-Calédo­
nie [Pancher et Lequerré], Nouméa [Vieillard 1052 .
M. ohscurum Endl. — Ilot Freycinet (Grunow .
M. lenuifolium Forst. = Cylharexylurn tenuifolium Forst. —
Nouvelle-Calédonie Védel. Pancher I 40, Lequerré, Kay 10,
I i, Petit 119], Balade [Forster 132), ile A rt, Montrouzier].
V erbénacées 2.

Vit ex collina Beauvis. = Rapinia collina Montrouz. — Nou­
velle-Calédonie [Montrouzier], M1 Mou Balansa 2711 , ile
A rt [Montrouzier 187 in herb. de Lyon, 279 in herb. de
Montpellier, Balansa 3297j .
V. negundo L. ? = V. bicolor W iild. — Nouvelle-Calédonie
[Deplanche 349, Baudouin 234, Lecard . Nouméa, Balade,
etc. Vieillard 10 4 8 , Nouméa Germain. Balansa 425,
W agap Vieillard 3065 , Canala [Deplanche 84 b is f entre
Canala et Kouenthio Brousmiche , Nouvelle-Calédonie et
ile des Pins 1Pancher 598], île Art M ontrouzier .
V. Rapini Beauvis. — Rapinia collina var. a et b Montrouz.
= R. triphylla Montrouz. mss. — Cap Deverd Deplanche
486], Gomen [Pancher 139], Gomonen Vieillard 306 4 ,
Port Bouquet Balansa 1834], Ferm e modèle Balansa 47 4 ,
Ngoyé [Schlechter 15249], île A rt Montrouzier 185, 186,
in herb. de Lyon, 280 in herb. de M ontpellier].
1. Le Myoporurn tenuifolium donne le faux bois de Santal à grain lin,
mais plus pâle cl à odeur plus âcre et plus poivrée que le Santal ; on le
vend frauduleusement comme Santal.
2. Le Premnu sambucina donne un assez joli bois grisâtre analogue
au charme.

�2(Hi

PLANTISS PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE
A.

207

GUILLAUMIN

Vitex trifolia L. — Nouvelle-Calédonie [Mac Gillivray], Balade
Anderson], Nouméa [Pancher, Balansa 420, BrousmicheJ,
Oubatche [Schlechter 15540J.
var. obovata Bthm. — Ilouaïlou [Grunow].
var. aeutifolia Bthm. — Nouméa, îlot Freycinet [Grunow j .
Lantana camara L. — Introduite et répandue dans les bois
d’une façon inquiétante. Jardins (Grunow], Nouméa [Ger­
main, Cribs 959], Yahoué [Schlechter 15014],
L . Sellou'iana Lk.et Otto — Nouméa [GrunowJ.
Lippia nodiflora A. JRich. in M ichx.— Balade, W agap, Gatope
Vieillard 1047], Ferme modèle Balansa 524], Nouméa,
Ilouaïlou Grunow], Nouvelle-Calédonie et île des Pins
Pancher 599], île des Pins [Germain .
Stachytarpheta dicliotoma Yahl — Nouméa [Grunow],
S. indica Vahl — Nouméa Germain , Païta [Schlechter 14881].
Priva echinata Juss. — Païta Schlechter 14899].
Verbena bonariensis L. — Nouvelle-Calédonie (G runow j.
F. vcnosa Gill. et Hook. — Nouméa [Grunow).
Premna sambucina L. — Nouvelle-Calédonie Pancher, P etit
9, Fournier et Sebert 9], Saint-V incent Vieillard 1021],
Nouméa Deplanche 80, 342].
Oxera arborea Schltr. — Coughoué Franc 203 .
O. baladica Yieill. — Nouvelle-Calédonie jLecard 35], Ml
Koghi Pancher 306 , Balade [Vieillard 999].
O. Balansæ Dub. — Lifou Balansa 2129].
O. bignonioidcs Schltr. — Païta [Schlechter 14843 , Bourail,
Pennel ].
O. cauliflora Brongniart mss. ! (non Deplanche mss. in Duhard)
— Nouvelle-Calédonie, région nord [M ontrouzier 21 herb. de
Paris), Cap Tonnerre [Deplanche 481], Poum e [Balansa
3142].
O. coriacea Dub. — Port Bouquet Balansa 2137 ;.
O. floribunda — Ile des Pins j Cribs 1154].
O. glandulosa Yieill. — Nouvelle-Calédonie Deplanche 334,
Pancher], W agap, Gunia, Yaté [Vieillard 1007), Ml Mou
Balansa 2903], baie de Prony Balansa 439], Port Bouquet
Balansa 2131 ], Ml Koghi i Balansa 437 .

Oxera macrocalyx Dub. — Ml Poume [Balansa 3143).
O. Morierii Vieil 1. — Balade, Canala [Vieillard 992], Canala
[Balansa 2138], Pouébo[Deplanche 136], Oubatche | Schlech­
ter 15408].
O. neriifolia Beauvis. = O. oblongif’olia Vieill. = Maoutia
nerii folia Montrouz. = P ory a Latreillei Montrouz. mss. =
Oxera orchidioides Panch. mss. = O. Moorei Vieill.
mss. = O. keteromera Brong. mss. = O. Muelleri Brong.
mss. — Nouvelle-Calédonie [Mueller 28, G0], Yaté [Vieillard
1004], Nouméa (cultivé) [Balansa 3517], île A rt M ontrou­
zier 285 in herb. de Lyon, 282 in herb. de Montpellier],
var. artenais Dub. — Ile A rt Balansa 3141 ;
var. sinuata Dub. — Ml Poume ! Balansa 3141a I;
var. ovata Dub. = O. ovata Vieill. — Ml bée Vieillard
1003J, Yaté [Vieillard 1006J.
subsp. cordifolia Dub. = O. cordifolia Yieill. — Nou­
velle-Calédonie [Pancher 135, Baudouin, Raoul], Près de
Bourail [Balansa 1296 , entre Bourail et Canala Balansa
I296a], Yaté [Vieillard 1006], Païta Schlechter 14847],
Nouméa Balansa 438], Ml Dore [ Balansa 2132 .
O. palmalinervia Dub. — Port Bouquet] Balansa 2136 , Ferme
modèle [Balansa 436], la Conception Balansa 1295 .
O. Pancheri Dub. — Nouvelle-Calédonie [Pancher],
O. pulchella Labill. — Nouvelle-Calédonie [Pancher 541,
Mueller 64, Baudouin 680 , Balade [Labillardière], Nouméa
[Vieillard 998, Germain], Gomeii Deplanche 998 , baie de
Prony [Jeanneneyj, île Toni Deplanche 346 .
var. grandi/lora Dub. — Nouméa [Balansa 2130, 2130a :
var. Deplancheana Dub. — Nouvelle-Calédonie De­
planche 77 j ;
var. microcalyx Dub. — Gomen Deplanche 134].
O. robusta V ieil 1. = O. longifolia Yieill. — Nouvelle-Calé­
donie [Pancher 540, Vieillard 542 bis, 997 , Balade, Yaté,
W agap [Vieillard 996], Ml Koghi Balansa 2 1 3 5 , Païta
[Schlechter 14844j.
O. sessifolia Dub. — Cap. Tonnerre Deplanche 481 bis].
O. subverticillata Yieill. — Balade Vieillard 1800 .

�BÉANTES PHANÉROGAMES f&gt;E IA

var. candclabrum Beauvis. in L)ul). — Gnnala ( Balansa
2131].
Oxerasulfurea Dub. — Nouvelle-Calédonie Le Hat , Dombéa
Balansa 3005], île des Pins [Germainj.
Clerodcndron inerme H. Br. — Nouvelle Calédonie [Pancher
LIT, A'ioillai'd 1019, Deplanche 3 i5 j, Balade [Cook, Forster],
Ngoyé [Schlechter 15289], Ilot Freycinet [Grunow].
.ivicennia officinalis L. — Nouvelle-Calédonie [Deplanche
313, Yédel, Baudouin 231, Pancher, P etit 178], baie du
Sud Raoul], Nouméa [Germain, Balansa 1837], Bourail
Pennel 81, 279 , W agap Vieillard 1050 , Farino ! Lecard
99 . Tomo, îlot Freycinet Grunow , ile des Pins [ Pancher],
île A rt [Montrouzier].

NOUVELLE-CALÉDONIE

209

Colons Blumei Bthm. — Nouvelle-Calédonie [d’après Jouan,
de Hochcis, etc. .
P

l a n t a g ik a c é e s .

Pluntayo major L. — Bourail [Pennel 23oj.

L abiées

Ocinium Basilicurn L. — Nouvelle-Calédonie [d’après Charabot).
Plectranlhus parviflorus W illd. — Noûvelle-Calédonie G ru­
now], Païta [Schlechter 11823, 15292], Oubatche Schlech­
ter 13358 .
Salvia coccinea Juss. — Nouméa (cultivé) [Grunow].
S. occidentalis Sw. — Nouméa (cultivé?) j Grunow i .
Stachys aruensis L. — Nouvelle-Calédonie Deplanche 300],
îlot Freycinet Grunow j .
Leonurus xibiricus L. — Nouvelle-Calédonie Grunow), Païta
[Schlechter 11898].
Ieucrium canadense L. — Thio [Grunow .
T. inflatum Sw. = T. villosum Forst. — Nouvelle-Calédonie
Home], Païta [Schlechter 13010], Bourail [Pennel 276’],
ile des Pins Mac Gillivray], ile A rt [Montrouzier].
1. Le Stachys arvensis donne une teinture noire ; les tiges de Guilouk
(Coleus Blumei\ bouillies avec des écorces de Nolé (Semecarpus alra) de
Jambosa et du üianella ensifolia donnent aussi une teinture noire
employée par les Canaques.
L'Ocinium Basilicurn donne une huile essentielle différente de l’essence
de Basilic de France.
Annules du Musée colonial de Marseille. — 2* série, S* vol. 1911.

14

�PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

211

( hlÉNOPODlACÉES.

APÉTALES
N

y c ta g in a c ées

Boerhaavia repens L. — Nouvelle-Calédonie | Faucher], Balade
Labillardière |.
Bougainvillaea spectabilis W illd. — Nouméa (cultivé) [Gruno'vv].
Timeroya artensis Montrouz. = Meillardia austru-caledonica
Brong. et Gris = Pisonia grandis \ ieill. mss. — Nouvelle-Gdédonie [Cribs603, Lecard, Deplanche 137, Fancher
300, i36, i38], bords du Kouétou-Kouéta Balansa 1208,
2370], bords de la Néra [Balansa 1208a], W agap, Balade
Nieillard 1001 , Uaraï [Lecard], île A rt j M ontrouzier 192
in herb. de Lyon, 289, 291 in herb. de M ontpellier].
T. [Yieillardia elongata Brong. et Gris). — Nouvelle-Calédonie Vieillard 499 .
A m aran tm acé ks .

Deeringia altissima F. M uell.— Nouvelle-Calédonie [Pancher
364, 443, Vieillard 3074], Nouméa [Balansa 511, 3014,
Schlechter 15086], Nouméa, Gatope [Deplanche 90], Uaraï
Pancher, Lecard], Nouvelle-Calédonie et île des Pins Pan­
cher 436].
Arnaranthus Blilum L. — Introduit en Nouvelle-Calédonie
et à Fîle des Pins [Vieillard 1003, Pancher .
.1. viridis L. = Euxolus caudatus Moq. in DC. — Balade
Labillardière].
Achyranthes aspera L. = .1. argentea Lam. — Nouméa
Balansa 505], Canala j Mac Gillivray 40], Bourail [Pennel
183], îlot Freycinet [Grunow], Nouvelle-Calédonie et île des
Pins Pancher 435. Germain, Mac Gillivray],
1. Le Timeroya arleriais donne un bois mou, à fibres grossières recherhé par les indigènes pour faire des pirogues.

Clicnopodium anibrosioides L. — Nouvelle-Calédonie Grunow j, Bourail [Pennel 373 . Introduit et cultivé.
Salsola Kali L. — Nouvelle-Calédonie [Vieillard 1007 , ilôt
Freycinet Grunow , Nouvelle-Calédonie et île des Pins
[Pancher 440], île Amère Forster .
P II YTOL ACCACÉES.

Monococcus cc/tiiwphorus F. Muell. — Nouvelle-Calédonie
[Vieillard 3075 , Tim la? N’ieillard 3079], Uaraï Pancher
305].
Phijtolacca octandra L. — Nouvelle-Calédonie Deplanche
»3].
PoLYüüN AGEES.

Polygoniun barbaium L. — Nouméa Schlechter 15088,
Bourail Pennel 283 .
Muelilenbcckia plalyclados Meiss. = Coccoloba platyclada.
F. Muell. — Nouvelle-Calédonie Muellerj, Houailou cultivé)
Grunow ], Nouméa Le Rat 348, 6090].
N ÉPENTIIACÈES.

ATppeut b es Bongso Korlh. — Ile des Pins Mac Gillivray,
Strangej.
A . Vieitlardi Ilook. f.
Nouvelle-Calédonie Pancher 423 ,
Nouméa Baudouin , haie N go jde Pompéry , baie de Pronv
| Balansa 003, Jeanneney , la Conception Balansa 3 0 7 9 .
Saint-Louis [ Balansa 1029], M‘ Ivoghi Franc 17 , Ml Mou
Balansa 27691, vallée du Dothio [Balansa 3028 , Thio Gru­
now], Ngoyé Schlechter 15171 , île des Pins Mac Gilli­
vray j.
var. Deplanchei Dub. — Nouvelle-Calédonie Deplanche

100 ].
var. M untrouzieri Dub. — Diaoué [Vieillard 1121, 2101 ,

�2

A. GUfLLAÜMIN

M‘ Koghi Brousmiche 731 , Nouvelle-Calédonie et île des
Pins [Pancher], île des Pins [Germain].
P lpéracées.

Piper austro-caledonicum C.DC. = P. Sibiroa Forst. —
Nouvelle-Calédonie [Pancher|, Balade ! Forster , Yahoué
[Schlechter 14786 . Lifou [Deplanche, Balansa 1762 !.
var. cinerascens C.DC. — Ferme modèle [Bal; nsa
421].
P. /raitensis Sehltr. — Paita [Schlechter 14964 , Yahoué
[Franc 3 j .
Peperomia Baueriana Miq. — Lifou Balansa 1 7(» 1 J.
P. blarnla H.B. et K. — lie des Pins [Pancher], Lifou
Balansa 1760].
P. caledonica C.DC. — Port boisé Deplanche 111], Ferm e
modèle [Balansa 420 , Yahoué [Schlechter 14783],
P. Endlicheri Miq. — La Conception Balansa 1338], Yahoué
Schlechter 14794].
P. leptostachya llook. et Arn. — Ilot Freycinet [Grunow],
P. vitiana C.DC. — Nouvelle-Calédonie [Pancher, Vieillard
3227], Nouméa Balansa 419:, Yahoué [Schlechter 14785],
C hloranthacées.

Ascurina alticola Sehltr. — M' Hum boldt Schlechter 15326 .
A . lanceolata Hook. f. — Nouvelle-Calédonie [Vieillard 1213.
.1. rubricaulis Solms — Nouvelle-Calédonie i Pancher, De­
planche 173, Vieillard 425], Balade, Pouébo, W agap ‘Vieil­
lard 1212], Païta [Schlechter 14865],
A. Solmsiana Sehltr. — Ou Ilinna [Schlechter 15679 .
M ommiacées.

Hedycaria Balansæi Perk. — La Conception Balansa 2764j.
II. Baudouini Baill. — Nouvelle-Calédonie [Deplanche 196,
Pancher 629, Vieillard 3145, Baudouin], île Ouen [Pancher ,
ile Art Alontrouzier 193 in herb. de Lvun .

PLANTES PHANÉROGAMES OE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

213

Hedycaria cupulata Baill. — Nouvelle-Calédonie Lecard 105],
Balade [Vieillard 713, 1210, 1211], W agap [Vieillard 3142,
Thiébaut 309 j, Uaraï [Lecard 12r&gt;], P ort Bouquet !Balansa
2167], Ngoyé [Schlechter 15156],
var. ? — Bourail [Pennel 124],
II. grandifJoraPerk. — M1 Mou Balansa 2765],
II. parviflora Perk. et Sehltr. — M1 Koghi [Pancher 363,
Balansa 450], Ngoyé Schlechter 15353].
II. speefabilis Perk. — Baie Duperré Balansa 2168], Canala
Balansa 3626], M' Mi [Balansa 1033], près de Bourail Ba­
lansa 1033“ |.
Am borella Irichopoda Baill. — Nouvelle-Calédonie Pancher,
Vieillard 2296 , Balade [Vieillard 32], W agap (Vieillard
3149 , Bourail [Lecard 2 3 1, M1 Arago Balansa 1800], Thio
; Grunow j.
Memearon Ilum boldtii Baill. — M1 Humboldt ! Balansa 1689 .
.V. Yieillardi Baill. — Nouvelle-Calédonie Lecard j, Canala
[Vieillard 1083, Balansa 3457], M1 Mi [Balansa 1321 i.
LAURACÉES 1.
Cryptocary a elliptica Sehltr. — Oubatche [Schlechter 15445],
C. gracilis Sehltr. — Oubatche [Schlechter 15397].
C. macrodesma Sehltr. — Oubatche [Schlechter 15399 .
C. oubatchensis Sehltr. — Oubatche [Schlechter 15464].
Beilschrniedia Baillonii Panch. et Seb. — Nouvelle-Calédonie
Petit 7], Oubatche |Schlechter 15477 j, baie de Prony Jeanneney], baie du Sud [Fournier et Sebert 7].
1. Le Noyré (Beilschrniedia Baillonii) donne un bois dur noirâtre res­
semblant au noyer, le bois du B. lanceolata est plus tendre et gris.
L’écorce de ces deux végétaux est très aromatique et rappelle l’odeur
d ’anis.
L’Hernandia cordigera a un bois mou facile à travailler, employé â
la confection des pirogues.
Les tiges du Cassytha servent aux •indigènes à faire des ceintures,
bracelets et autres ornements.

�211

A.

OriM.Ar.MlN

Beilschmiedia lanceolata Pancli. et Seb. — Nouvelle-Calédonie
Petit 53, et Sebert 53], Païta Schlechter 14999 , Ngoyé
Fournier [Schlechter 15170], baie du Sud I Fournier et
Sebert G2-3], baie de Pronv. île des Pins [Jeanneney |.
B . oreophila Schltr. — Ngové Schlechter 15I58|, Bourail
Penne 1 .
Eudiandra micrantha Schltr. — Païta [Schlechter 11951].
E . polyneura Schltr. — Ou Hinna [Schlechter 15093 . Oubatche
Schlechter 15159].
Cassytha /ili for mis Forst. — Nouvelle-Calédonie Pancher],
Ou Hinna [Schlechter 15043]. ile A rt M ontrouzier .
Hernandia cordigera Yieill. = Ilernandiopsis Vieillardi Meiss.
— Nouvelle-Calédonie [Pancher 020, Baudouin 700, Lecard
30 , Pouébo, Balade Vieillard 1089], Canala Balansa 1820],
entre Néoua et le M1 Mi Balansa 1269], Bourail Pennel
13 , Ouroué Balansa 3543 . Nouméa Balansa 3544 . Ferme
modèle [Balansa 572J, la Conception Pancher], baie de
Pronv [Jeanneney, Franc 88], Païta Brousmicbe], ile des
Pins [Pancher].
//. sonora L. — Nouvelle-Calédonie [Petit 158, Deplanche
191, Pancher, Yédel , Balade Vieillard 1088 , baie de Pronv
Jeanneney], île Casy [Balansa 1819].
P hotéacées '.

Beauprea asplenioides Schltr. — Nouvelle-Calédonie Raoul]?,
Païta Schlechter 14887].
1. Le Cenarrhenes spathulæfolia donne un bois rouge très cassant. Le

Hêtre gris [Grevillea Gillivrayi) fournit un bois maillé rouge violacé;
celui du Hêtre noir (Stenocarpus laurifolius est également maillé, très
dur, difficile à travailler, mais d'une magnifique teinte noire traversée
de fibres dorées, le Hêtre blanc (S. um belkitus et Dielsianus est moins
bon et moins beau; le Hêtre rouge (.Beauprea spalliulæfolia donne aussi
un bon bois dur.
En outre le Grevillea robusta donne une gomme-résine, et les écorces
et les feuilles hachées du Kooku (Grevillea Deplanchei constituent un
tonique.

PLANTES PII AN ÉHOU AMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

215

Beauprea Balansa: Brong. etG ris — Nouvelle-Calédonie [ Lecard
101], M1 Koghi [Pancher 632], Bourail [Pennel 243], entre
Canala et ( iouaoua [Balansa 2280], Ngoyé [Schlechter 15262].
var. montana Brong. et (iris — M1 Hum boldt Balansa .
B. diversifolia Brong. et Gris — B. elegans Brong. et Gris
mss. — Nouvelle-Calédonie [Lecard], Gatope [Vieillard
3098], M1 Mi [Balansa 1244], Bourail Pennel], baie Duperré
! Balansa 2278].
B. filipes Schltr. — Oubatche [Schlechter 15528].
B. gracilis Brong. et Gris — Canala Balansa 2277a j, Port
Bouquet Balansa 2277 j, Ngoyé Schlechter 15276 j.
B. Pancheri Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie Vieillard
3094].
B. spalliulæfolia Brong. et G ris — Nouvelle-Calédonie [Cribs
1308], M1 Koghi [Vieillard 3097, Pancher 355 , Canala
Pancher], Uaraï [Lecard 96], Bourail Pennel 240], M1
Humboldt [Schlechter 15347], Ngoyé [Schlechter 15147],
Païta [Schlechter 14972], île des Pins Jeanneney 31 j.
Cenarrhenes paniculata Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie
[Pancher 351, 410, Baudouin], M bée Vieillard 819 , M1
Koghi [Raoul, Balansa 430 , Yahoué Brousmicbe 491 .
M1 Penari [Balansa 3497 , Ngoyé [Schlechter 15218], Ou­
batche [Schlechter 15560].
C. spathulæ folia Brong. et Gris = Garnieria spathulæ folia
Brong. et Gris. — Nouvelle-Calédonie Deplanche 520,
P etit 80, Sebert et Fournier 80], baie du Sud ! Pancher 532j,
baie de Prony [Pancher, Balansa 177], Canala, M* Dore
[Vieillard 1120], M1 Humboldt [Balansa 2291].
Adenostephanus ausfro-caledonicus Brong. et Gris. — Nou­
velle-Calédonie [Lecard], M1 Poila Vieillard 1109 , la
Conception [Balansa 482, 2845, 3296], Port Bouquet Ba­
lansa 2323].
Kcrmadecia elliptica Brong. et Gris — Balade, W agap Vieil­
lard 1104], Diaoué [Vieillard 1100].
K. rotundifolia Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie Vieil­
lard et Pancher 410, Lecard 29-21A], W agap, Balade
[Vieillard 1105], Oubatche [Schlechter 15562].

�216

A. GUILLAUMIN

Kermadecia sinuata Brong. et G ris — Diaoué, W agap [V ieil­
lard 1103 ], entre Néoua et le M' Mi Balansa 1241 j, Ganala
Balansa 2293 , Uaraï Lecard , Bon rail Franc 779 I.
Roupala Rousselii Vieill. — W agap (Vieillard 2133 .
R. Vie Mardi Brong. et Gris — M' Poila Vieillard 1107;.
var. longifolia Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie
Pancher et Vieillard 121 j . Poila Vieillard MOS .
Grevillea Deplanchei Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie
Deplanche 212], Ganala Deplanche 99, Vieillard 1113,
Bourail Pennel 76, 153], Ngoyé [Schlechter 15101 j.
G. cxul Lindl. — Nouvelle-Calédonie j Moore ’, baie de Prony
Jeanneney j.
G. Gillivrayi Ilook. — Rivière de Boulari Pancher 119 , Méré,
Thio Grunow), baie de Prony Jeanneney j , baie du Sud
Fournier et S e b e rt6 l], île des Pins Mac Gillivrav 851,
Milne .
G. heterochrorna Brong. et G ris — Nouvelle-Calédonie Bau­
douin 636], Gatope, Canala Vieillard 1 1 1 7 , Ganala
Deplanche 98 i , Dombéa ! Pancher 151 j .
G. Hugelii Meiss. — G. rigidissima F. Muell. ex Meiss. Baie de Prony [Jeanneney:.
G. niacrostacliga Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie Kay
28, Petit 113, Pancher], Canala Vieillard 1116,, Port boisé
Deplanche 97 j , Méré [Grunow,, Bourail Pennel 215 .
G. Meissneri Montrouz. = G. Vieillardi Brong. et Gris. —
Nouvelle-Calédonie [Montrouzier, Pancher, Deplanche 495
bi$\, Nouméa [Franc 73" j , Canala Deplanche 96. Vieillard
11121, Païta [Schlechter 14850 , Ngoyé Schlechter 15219],
ile A rt Montrouzier 196 inherb. de Lyon .
var. emarginata Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie
[Vieillard 1111].
G. oleifolia Brong. et Gris mss. — Nouvelle-Calédonie [De­
planche 212 j.
G. rhododesma S c h ltr.— M1 Tahafe à Voh [Cribs 1251].
G. rubiginosa Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie [Kay 31,
Pancher 354, Deplanche 213], M* Dore I Vieillard 1114],
M' Hum boldt [Schlechter 15309],

PIA NTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

217

Grevillea sinuata Brong. et G r is —- Canala Vieillard 1115].
Slenocarpus æmulans Schltr. — Oubatche Schlechter 15536].
S. daredoides Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie Lecard
12, Mueller 43, Pancher), Canala Vieillard 1102], Néaria
[Cribs 1200].
S. Dielsianus Schltr. — Bourail Pennel 244 , M1 Humboldt
(Schlechter 15344].
N. elegans Brong. et Gris — M' Dore, Canala, Gatope Vieil­
lard MOI, Deplanche 215j.
S. Forsteri B. Br. — Nouvelle-Calédonie Pancher, Lecard,
Baudouin 700], Balade [Labillardière], Païta Schlechter
14980], Ngoyé [Schlechter 15216].
var. Forsteri Brong. et Gris — Poume, Tiare, M1 Dore
[Vieillard 1098], Canala [Deplanche 204].
var. B illardieri Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie
Deplanche 93, Mueller 58, Pancher 353, Pancher et Vieil­
lard 420], Balade Lahaie 1404], Balade, W agap Vieillard
1091,1092, 1094], Canala Deplanche 214], Thio Grunow .
var. latifolia Brong. et Gris mss. — W agap Vieillard
1097].
S. gracilis Brong. et Gris — Yaté [Vieillard I 100 .
S. Grunowii Zalhbr. — Thio Grunow .
S. heterophyllus Brong. et Gris — M1 Dore Vieillard 1099 .
Oubatche [Schlechter 15302], Sebert et Fournier 10 .
S. inter médius Brong. et Gris — Balade | Vieillard 1096 .
S. lalifolius Montrouz. — Ile A rt (Montrouzier .
S. Milnei Meisn. in DC. — Gatope [Viellard 3091], Gatope,
Canala Vieillard MOI], Koé Balansa 179 , ile des Pins
[Milne 118, Mac Gillivray 855, Pancher 418],
S. rubiginosus Brong. et G ris — Poila Vieillard 1095 .
S. tremuloides Brong. et Gris — M bée, Canala Vieillard
1091 , Canala j Balansa 2285 j.
S. trinervis Guillaum. = Lornatia trinervis Montrouz. = Stenocarpus laurinus Brong. et Gris = S. laurifolius Panch.
et Seb. — Nouvelle-Calédonie Lecard 11, Kay 4, Petit
10], Yahoué [Schlechter 15048], Ngoyé [Schlechter 15110,
15385], Oubatche [Schlechter 15514], baie de Prony iJean­
neney], baie du Sud [Fournier et Sebert 10].

�218

g eilu v u m in

var. y.. — Balade [Vieillard 1092j.
var. 3- = Lomatia trinervis Montrouz. — Balade I V ieil­
lard 1093J, île A rt Montrouzîer Lyon 195].
var. y. — Ile des Pins Pancher 417 .
Stenocarpus unibellatus Schltr. = E m bothrium urnbellatum
Forst. — Balade [Forster29], Bourail [Pennel 154], Yahoué
Schlechter 15027 , Païta [Schlechter 14980], Ngoyé
Schlechter 13216], bords de la Ouanéoué Freine 11 bis .
S. villosa Brong. et G ris — Balade [Vieillard 1110].
Knightia Deplanchei Vieill. ex Brong. et (iris. — NouvelleCalédonie Lecard, Mueller 71, Pancherj, Ivanala, Balade
Vieillard 719, 1119], Pouébo Deplanche 147], baie de
Pronv Balansa I77a , M' Koghi Balansa 177 , Koé Balansa I77lj . M1 Coumboui Balansa 2857 .
A. strobilina B. Br. = E nibothriu/n strobilinum Labill. —
Nouvelle-Calédonie Pancher et Vieillard 422, 3151, Lecard ,
Balade Labillardière , Balade, W agap Vieillard 1 118, A-33 .
la Conception Balansa 2856 , M1 Koghi [Pancher 147].
T

PLANTES

PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

219

S an ta la c ées 1.

Santaliirn aüstrocaledonicnm Vieill. — Nouvelle-Calédonie
[Seberl et Fournier 15 , Bourail Pennel 49 .
S. Ilom ei Seem. — Ile des Pins Home .
Erocarpus noocalcdonicus Schltr. et P ilg e r— Nouvelle-Calé­
donie i Deplanche 186, Pancher , Canala Vieillard 1257 ,
Bourail Pennel 137], M1 Mi Balansa 1469 , Ngové
[Schlechter 15239], M' Dzumac [Franc 93 .
E . phylianthoides hindi. — Nouvelle-Calédonie M ueller 8.
Pancher 359, Raoul, Deplanche 381 &gt;, M' Dore [Pancher
386], M1 Mou, Gatope j Vieillard 3157 , Ounia \ i m1lard
1205], Canala [Vieillard 317], entre Saint-Louis et Yalé
Balansa 1470], baie de Pronv Balansa 631, Jeannenev .
Port Bouquet Balansa 1849], île des Pins Cribs I 157 .
var. ar/ensis Pilger = X ynophylla artensis Monlrouz.
— Gatope [Deplanche 379 , M1 Mou Franc 2e . ile Art
1Montrouzîer],
E . spathulatus Schltr. et Pilger — Ngoyé Schlechter 15239 .

iiïm é l é a c é e s .

11Tik$trœmia viridiflora Meiss. — Balade [Anderson], W agap
Vieillard 1079 , Oubatche Schlechter 15512 , îlot Freyci­
net Grunow .
var. ampli folia Schltr. — Yahoué !Schlechter 14749].
var. insularis Schltr. — Yahoué Schlechter 14743],
L oranthacées.

Loranlhus artensis M ontrouz. — Ile A rt [M ontrouzîer].
L . Francii Schltr. — M1 Dzumac Franc 58].
L. lepidolus Bl. — W agap Vieillard 643 j.
L. neocaledonicus Schltr. — Ngoyé [Schlechter 15247], Bou­
rail [Pennel 415j.
L. oliganthus Schltr. — Oubatche [Schlechter 15513 .
Viscum opuntioides L. —- W agap [Vieillard 638 , Bourail
Pennel 138 , île A rt j Montrouzîer].
V. tænioides DC. — Ile x\rt M ontrouzîer],

B alan oph ora cées,

Balanophora fungosa Forst. — Nouvelle-Calédonie Pancher,
Pancher et Vieillard 398 , Balade Vieillard 1122 . Nouméa
| Balansa 519], baie Ouié Balansa 519“ . Yahoué Schlech­
ter 14779], Lifou [Balansa 1766].
Hachettea austro-caledonica B aill. — Nouvelle-Calédonie
[Pancher, Vieillard 1123, Raoul, Cribs , M' Mi Balansa
1329], M1 Humboldt [Balansa 3556 . Ngoyé Schlechter
15180, 15181 .
I. Le Santal (Sanlalum austro-calcdonicumi donne un bois incorrup­
tible, jaune ou jaune citron, parfumé, recherché par les Chinois pour la
fabrication des cercueils et bibelots de luxe. Les débris en sont brûlés
comme parfum. L'exploitation en ;i été si intense et si peu raisonnée que
l’arbre tend à disparaître : en 1908 l’exportation s’est élevée à 230.563
kilos représentant une valeur de 123.233 francs, et dans le 1er semestre
1910 à 1i i .37 V kilos.

�220

A.

GUILLAUMIN

E uphohbtacées 1.

Eaphorbia Aioto Forst. — Nouvelle-Calédonie [d’après Hemslev, Jouan .
E . Aubryana Baill. — Nouvelle-Calédonie et île des Pins
Pancher .
E . Cleopaira Baill. — Nouvelle-Calédonie Pancher *&gt;4, Petit
MO , baie du Sud Fournier et Sebert 30], Koé [Balansa
1203].
/:. Drummondii Boiss. — Ilot Freycinet Grunovv).
E . neocaledonica Boiss. = E . servents Baill. — NouvelleCalédonie [Deplanclie 475, 476], Nouméa ( Balansa 250],
Bourail Balansa 1199 J, Balade [Vieillard 1144, NouvelleCalédonie et île des Pins Pancher].
E. kanalensis Boiss. — Çanala [Vieillard 1139j.
E . obliqua Endl. — Nouvelle-Calédonie
Mac Gillivray],
Balade [Vieillard 1141 , ilôt Maître [Balansa 257 , NouvelleCalédonie et île des Pins Pancher], île des Pins jMilne].
var. phyllanthoides Boiss. — Nouvelle-Calédonie [Deplanche 157 |, W agap N ieillard 1 1 43 .
1. Les Aleurites ont des graines oléagineuses (huiles très siccatives)
exploitées, mais le Bancoulier \Aleurites triloba) ne fournit q u ’un m au­
vais Lois mou. L Enphorbia Cleopaira donne un bon bois verdâtre veiné
de noir. Le P hyllanthus llillarilieri en fournit un excellent, rougecelui du Crolon insulare est blanc et bon pour le tour. Le Fonlainea
Pancheri a un bon bois jaunâtre; il fournit par son latex une résine
orange, et par sa graine une huile très drastique. Le Bée ou
Erouma (Macaranga Yedeliana) donne une résine d ’un beau noir. La plu­
part des espèces donnent en outre des latex très corrosifs qui, employés
à petite dose sont purgatifs, emménagogues et abortifs, et en forte pro­
portion servent â empoisonner les crevettes ou à déterm iner des avor­
tements (feuilles de P hyllanthus).
Le Ricin (Ricinus com m uaisj est cultivé pour son huile et les indi­
gènes se servent des tronçons de tige comme de liège. La culture du
Manioc Manihot ulilissima) a été entreprise; on plante surtout le Dulée
qui peut donner 35 à 40 tonnes à l'hectare. Le tapioca est préparé dans
la région de Bourail ; depuis 1S97 on a aussi tenté la culture du Ceara
(Manihot Glaziovii) en vue de la production du caoutchouc. On cultive
encore le Tournesol Crozophora linctoria) pour ses graines oléagineuses.

PIjÀNTES PHANÉROGAMES t»É LA NOt VELLE-CALÉDOME

22 (

Euphorlna Pancheri Baill. — M agenta Cribs 955 , île des
Pins Pancher 364, 1206], Lifou T hiébaut, Balansa 1913 .
E. pilulifera L. — Nouvelle-Calédonie (introduit) [Pancher,
Baudouin 87 ;, Nouméa [Balansa 258 , Balade [Vieillard
I I 42j, îlot Freycinet [G runow j.
E. tanensis Spreng. — Ile des Pins Mac Gillivray .
E . Vieillardi Baill. — Nouvelle-Calédonie Deplanche 47(1.
Vieillard I 140 j, Nouvelle-Calédonie et île des Pins Pancher
366].
Briedelia buxifolia Baill. — Balade [Vieillard 1171 .
B. laurina B aill.” Cleistanthus stipitatus \ ar. laurinus Midi.
Arg. — Nouvelle-Calédonie Vieillard 563, 1163, Lecard
128, Petit 185 . Balade. Gatope Vieillard 1077 .
B. stipitata Baill. = Cleistanthus stipitatus var. yenuinus,
Müll. Arg. et var. hypoleucus Müll. Arg. — NouvelleCalédonie [Pancher 62, 380, 5860 *, Petit 189, Deplanche
484, Vieillard 1163, 1077], Balade [Vieillard 1157. 1165 ,
Taulé [Deplanche 518, Vieillard 2065], Ou Ilinna Schleehter 15664).
Glochidion diospyroides Schltr. — Païta Schlechter I 4956 .
G. kanalense Baill. = G. Vieillardi Müll. Arg. = P hyllanthus
canalophilus Müll. Arg. — Canala Vieillard 1164 .
G. sericeum Vieill. — W agap Vieillard 2142 .
P hyllanthus æneus Baill. = P. olivaceus Müll. Arg. —
Glochidion æneus Müll. Arg. — Nouvelle-Calédonie Pancher], Canala Vieillard 1182 , Ueu Deplanche 482 , ile
des Pins [Jeanneneyj ?
P. baladcnsis Baill. -= P. adenandrus Müll. Arg. = Glochi­
dion baladensis Müll. Arg. — Balade, W agap [Vieillard
1166], Oubatche [Schlechter 15 446 .
P. Billardieri Müll. Arg. = P. ylaucus Müll. Arg. ~ Glo­
chidion Billardieri Baill. = G. glaucum Mull. Arg. non Bl.
= Bradleia glauca Labill. — Nouvelle-Calédonie Pancher
33, Vieillard 387, Lecard 129-146, Petit 17 . Balade Labillardière, Vieillard 1 I G7J, Nouméa, Tiare, Gomen Deplanche
106), baie du Sud Sebert et Fournier 17 ,.
P. Bouryeoisii Baill. = P. neocaledonicus Müll. Arg. = Glochidium Bourgeoisii Müll. Arg. — Nouvelle-Calédonie

�22:2

A. GUILLAUMIN

Pancher 392 j, Balade, W agap Vieillard 1202, 1203j,
( )abatche Schlechter I 5485 ).
P hyllanthus bupleuroides Baill.
Glochidiiim bupleuroides
Midi. A r g .= ? P hylianthus brasiliensis Müll. Arg. — N ou­
velle-Calédonie Deplanche 10;, Balade, Tupiti [Vieillard
1184, 1187, 11891, Canala Vieillard 1188], Oubatchc
Schlechter 15553].
P. caledonicus Müll. Arg. - (Hochidion caledonicurn Mull.
Arg. — Bradleia zeylanica Labill. non Gæert. — Balade
Labillardière], W agap Vieillard 2075j.
P. calaractarum Müll. Arg. = (Hochidion cataractarum Müll.
Arg. — Canala Vieillard 1193 .
P. caudatus Müll. Arg. — Port boisé Deplanche 104j.
P. Chainæcerasus Baill. = Glochidion Cliarnæcerasus Müll.
\rg . = Phyllanthus Lenortnandii Müll. Arg. — Balade
Vieillard 1194 , Nouvelle-Calédonie et de des Pins [P an­
cher l&lt;»i .
P. chrysanfhus Baill. — Nouvelle-Calédonie j Védel |, W agap?,
Balade Vieillard 1201 , Bourail [Pennel 122 .
P. ciliaris Baill. — Balade Balansa 3107].
P. cornutus Baill. = Glochidion cornu!uni Müll. Arg.
Phyllanthus insulanus Midi. Arg. — N ouvelle-Calédonie
Pancher 481 , Balade [Vieillard 1192’.
P. Deplanchei Müll. Arg. = Kirganella Y ieillard i Baill.
Nouvelle-Calédonie Pancher 370, Baudouin 172 ', Balade
Vieillard I 198].
P. dracunculoides Baill. = P. ensifolius var. dracunculoides
Müll. Arg. — W agap. Balade Vieillard 1204].
P. Fayueti Baill. = Glochidion Fagueti Müll. A rg. =
Micranlliera nervosa Panch. mss. = Nouvelle-Calédonie
Pancher 347, 307 , Nouméa Balausa 1800 .
P. Jauberlii Yieill. m s s — W agap [Vieillard 2147 .
P. hanulensis Baill. = Glochidion Lenorm andii Müll. Arg. =
G. hanalense Baill. — Nouvelle-Calédonie Pancher 199,
\ ieillard 3171, Lecard, Kay 21, 24 . Canala Vieillard 1103,
1179. Balade Vieillard 1103, 1179 , Balade [Vieillard
1195j, Bourail ! Pennel 411 j.
P. Flotzschianus Müll. Arg. — Baie Laugier iG runow j.

PLANTES PHANÉROGAMES UK LA NOUVELLE-CALÉDONIE

223

P hyllanthus loranthoides Baill. = P. Y ieillard i Müll. Arg.
[Vieillard 1181, 1 ISA], Balade, W agap [Vieillard 1184],
— Balade W agap [Vieillard I 187 |, Canala | Balade I 180. I 188,
I 189J , Oubatche fSchlechter 15544], de des Pins Pancher .
P. macrochorion Baill. — Glochidion macrocherion Müll.
Arg. — Nouméa Vieillard 31 ), Balade [Vieillard 1183 .
P. rnacrophyllus Müll. Arg. = Glochidion macrop/u/llurh
Müll. Arg. — Bradleia macrophylla Labill. — Balade
Labillardière J .
P. rnicranthoides Baill. — Nouvelle-Calédonie Pancher 305,
Deplanche 503], Cap Devert Pancher 105 .
P. ngoyé nsis Schltr. — Ngoyé Schlechter 15240 .
P. nununulariæfolius Vieill. mss. — Nouvelle-Calédonie
[ Pancher j, Taulé Deplanche 504 j.
P. Pancherianus Baill. = G. Pancherianum Müll. A rg. ==
G. \ ieillard i Müll. Arg. — Canala [Pancher 371 , Balade
Vieillard 1190 , Ngoyé ISchlechter 15352].
P. persim ilis Müll. Arg. — Balade Vieillard 1201 .
P . p la tyca lyx Müll. Arg. — W agap, Balade Vieillard 2008 .
P. rufîdulus Müll. Arg. — Nouvelle-Calédonie Vieillard
30021, Nouméa [ Vieillard 1196, 2073 , W agap Vieil la rd ,
dot Freycinet Grunow].
P. saliçifolius Baill. = P. ensifolius var. genuinus Müll.
Arg. — Balade [Vieillard 1180 .
P. sim plex Retz. var. myriocladus Müll. Arg. — NouvelleCalédonie [Deplanche 477. Pancher 25, T hiébaut273 . Nou­
méa [Vieillard 1199 J , 5 alloué [Schlechter 14803, 15020 ,
Païta [Schlechter 14832!.
var. pratensis Müll. Arg. = P. pratensis Panch. mss. —
Saint-Vincent !V ieillard 1197J.
var. brevipes Müll. Arg. — W agap Vieillard .
P. torrentium Midi. Arg. — W agap, Balade Vieillard I 104 .
P. trichogynus Müll. Arg. — Nouvelle-Calédonie Pancher
I 0P» ;, Balade [Vieillard 1190 .
P. urceolalus Baill. non N o ro n h a— Nouméa Vieillard 330 j.
P. Vespcrtilio Baill. = Ph. deltoides Müll. Arg. == Glochi­
dion Vcspcrtilio Müll. A rg. — Canala Vieillard 1200],
II ouaïlou [G runow j .

�PLANTES PHANÉROGAMES DE I A NOUVELLE-CALÉDONIE

P hyllanthus Vie M ardi Baill. — Nouvelle-Calédonie [Pancher!, Canala N'ieillard 1193].
var. ? — Yahoué [Sehlechter 15069J.
P. icagapensis Midi. Arg. — Balade, YVagap [Vieillard 2071].
P. yahoucnsis Schltr. — Yahoué Sehlechter 15029].
Brcynia disticha Forst., var. neocaledonica Midi. A rg. =
Melanthesa neocaledonica Baill. — Nouvelle-Calédonie
Védel, Deplanche 474. 479 j. Balade [Forsterj, Balade,
W agap, Nouméa Vieillard 1195], Thio Grunow], Oubatche
Sehlechter 155 45 , Ngoyé Sehlechter 15284 . Nouvelle-Calédouie et île des Pins [Pancher, 369 j, Pitou Thiélm it 160].
IJemicyclia australasica Müll. Arg. — Nouvelle-Calédonie
Pancher, Petit 182, Kay 6, 13].
Ilernicyclia Deplanchei Baill. inss. = Elæocarpus'l Deplanchei
Baill. — Nouvelle-Calédonie Deplanche 463, Pancher ,
Nouméa Balansa 590, 1756, 3040 ,, embouchure du Dothio
Balansa 3454 .
Cyclostemon reticulatum Schltr. — Ou llinna [Sehlechter
15628..
Longetia buxoides Baill, — Nouvelle-Calédonie [Pancher 378,
5875 *, Deplanche 459], Saint-Vincent [Vieillard 330], Yaté
Vieillard 331 j, Canala !Vieillard 335, 2271, Deplanche 49 4],
entre Canala et Houaïlou [Balansa 1892e], M‘ Poume Vieil­
lard 3209, Balansa 3257, Deplanche 493], Tupiti TDeplanche
358], rivière de Toon du Deplanche 492],
Mi Balansa
1184 , Ml Dore Balansa 1892], embouchure de la rivière
d’Uaraï Balansa 1892a ), Port Boucjuet Balansa 1892uj. île
des Pins [Montrouzier ].
L depauperata Baill. — Embouchure de la rivière d ’IIouaïlou
Balansa 1892'1 .
Bureavia caruriculata Baill. = Baloghia ? carunculala
Baill. = Codiæum cariinculatum Midi. Arg. — NouvelleCalédonie! Pancher 204, 5875, M ueller78, P etit 16 4, Lecard
12 1A- 152 , Ml Humboldt (Balansa 1894e , 3452], bords du
Ngoyé rBalansa 3451 j,Taulé Deplanche 374 bis, 383, 430 ,
Balade [Vieillard 51, 52, 53], Canala Vieillard 324, 325,
Balansa 1894aj, Poume Balansa 3262], vallée du Diahot

225

[Balansa 3262a ], Port Bouquet [Balansa 18941, embouchure
de la rivière d’Uaraï !Balansa 1894b , Saint-Louis Balansa
1181], Koé [Balansa 1180;, baie de Pronv Balansa 245,
2 4 6 1, île des Pins Pancher], île A rt Balansa 3262b ].
Bureavia clusiacea Baill — Dombéa Vieillard 3221, Balansa
244], baie de Prony [Balansa 593'.
Bischoffia javanica Bl. var. genuina Müll. Arg. = /&gt;. trifoliatn Ilook. = P h ylla n th u s? gyrnnanthus Baill. — Nou­
velle-Calédonie [Lecard I67j, Canala Vieillard 1162!,
Balade Forsterj, Oubatche [Sehlechter 15568, Nouméa
[Vieillard 293 j , île des Pins [Pancher .
Alcurites angus/ifolia Vieill.m ss. — Pouébo, Balade Vieillard ,
A. triloba Forst. — A. integrifolia Vieill. mss. = A. mollucann W illd. — Nouvelle-Calédonie Vieillard 1145, I I 46 .
Oubatche [Sehlechter 15573], Canala (cultivé) Balansa
3442®J. — Canala, Nakétv [Vieillard], Nouméa Sebert et
Fournier 26 bis .
Proton insulare Baill. = C. collinum Panch. mss. — Nou­
velle-Calédonie Mac Gillivray, Lecard 127, Petit 19, 99.
Sebert et Fournier 19, 19 bis, Pancher 1611, Anse Vata
[ Brousmiche 646], Nouméa Balansa 26 4, Sehlechter 15078],
Poume [Balansa 3259], Taulé Deplanche 1138, Bourail
[ Pennel 245 j, Thio, îlot Freycinet Grunow], île Art [Balansa
3259a], Lifou Balansa. 1906, Deplanche 1136, 1138, Thié­
baut J.
var. genuinurn Müll. Arg. — Nouvelle-Calédonie Pancher], Balade 'Vieillard, 1136, 1137], Taulé Vieillard 1138 ,
Uaraï [Deplanche 483J.
var. parvifolius Müll. Arg. — Nouvelle-Calédonie Pan­
cher 360, 391 ], Nouméa, ile Nou Mac Gillivray 21 in herb.
( iumming .
Codiæum Inophyllurn Müll. Arg. rr: Croton Inophyllum Forst.
— Synaspism epeltatum Endl. = Çrozophora peltata Labill.
— Nouvelle-Calédonie Pancher 159, Deplanche 11. Kay
35, Baudouin 440], Balade [Forster, Labillardière, \ ’ieillard
1131, 1133], Balade, Gatope [Vieillard 1132 ;, Poume Pan­
cher 159], Bourail [Balansa 1193], Kouétou-Kouéta Balansa
Annules du Musée colonial de Marseille. — 2* série, »■ vol. 1011.

15

�226

A. (il'ILLAlMl.N

1190], bassin du Dolliio [Balansa 3436], Nouméa [Balansa
256j, ile Mouac [Balansa 3238 , Nouvelle-Calédonie et île
des Pins [Pancher 361], ile des Pins [Pancher 139], Lifou
j Balansa 1883, Deplanche 243, Thiébaut 243 ou 280].
var. verrucosurn Baill. mss. — Bourail [Balansa H95J.
var. floribundum Baill. mss. — Canala Balansa 1881].
Codiæum varicgalum Bl. — Nouvelle-Calédonie j Pancher I 19,
209, Vieillard 32291, W agap [Vieillard x], Bourail [Pennel
19;. Lifou (cultivé) [Balansa 1901].
Baloghia a Itérai folia Baill. = Codiæum alternifolium Midi.
Arg. — Nouvelle-Calédonie | Pancher, Deplanche 300, 303],
W agap, M‘ Dore [Vieillard 868, 1161], M1 Dore [Pancher
E], Canala [Balansa 1891, 1893]. cours supérieur de la
Tamoa [Balansa 2793], M1 Poume [Balansa 3233], Ml Pénari Balansa 3411 ], Ouroué [Balansa 3440 , Païta [Schlechter 14974].
B. Balansæ Pax = Codiæum Balansæ Baill. — Table Unio
Balansa 1837 J.
B. Brongniartii Pax = Codiæum Brongniartii Baill. — Canala
Balansa 1907].
B. Bureavi Schltr. =• Codiæum Bureavi Baill. — E ntre Bou­
rail et Canala Balansa 1202!, M1 Hum boldt [Schlechter
13323 , Ngové [Schlechter 13223!.
B. Deplanchei Pax = Codiæum Deplanchei Baill. — Pouébo
[Deplanche 264], Canala [Balansa 1909], M1 Ilum boldt
Balansa 1908].
B. drimifolia Schltr. = Codiæum drim ifolium Baill. — Ga­
lope, Taulé, Poume i Deplanche 299], Poume ! Balansa 3232].
B. lueida Endl. = Codiæum lucidum Midi. A rg. — NouvelleCalédonie] Vieillard I 118,Pancher3873',Thiébaut,D eplanche
188, Lecard 123 A-7o], Balade [Vieillard 6i, M1 Mou ( P an­
cher], M1 Nékou Balansa 1192], Nouvelle-Calédonie et ile
des Pins Pancher], Lifou [Vieillard 273, Deplanche 27,
Balansa 1890], baie du Sud IS ebertet Fournier 62-2].
B. (Steigeria monlana Midi. Arg.) = Codiæum m onlanum
Baill. mss. — Balade [Vieillard 33], Bourail fPennel 23].
B. pulchella Schltr. — M1 D/.umac, M1 Koghi Franc 137

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

227

Alphandia furfuracca Baill. — Ouroué [Balansa 3133 j.
.1. resinosa Baill. — Ile A rt [Balansa 3236].
Fontainea Pancheri Ileck. = Codiæum ? Pancheri Müll. Arg.
= Baloghia Pancheri Baill. — Nouvelle-Calédonie Pancher
60, 722, Sebert et Fournier 9, Petit 9, 89, Mueller 82],
Nouméa [Balansa 243, 3433, Sebert et Fournier 9 bis), Nou­
méa, Païta [Vieillard 201], Païta (Vieillard 2 0 3 , Balade
[Vieillard 7], île Nou [HeckelJ, Nouvelle-Calédonie et île
des Pins [Pancher], Lifou [Deplanche 17, 187 .
M anihot utilissima Pold. — Thio (cultivé) Grunow .
Claojcglon bracliybothrium Müll. Arg. ex Panch. et Seb. —
Nouvelle-Calédonie [Petit 169].
C. indicum Hassk. var. neocaledonicum Schltr. — Oubatche
[Schlechter 15534].
C. insulanum Müll. A rg. — C . graciliflorum Miq. — C. affine
Zoll. — Nouvelle-Calédonie Pancher, Petit 169], Balade
(Vieillard 1173], Bourail [Pennel 130], Nouvelle-Calédonie
et Lifou [Deplanche 102 J.
Acalgpha Calurus Bl. — Caturus spiciflorus L. — Balade
[Vieillard 1221],
.1. exaltata Baill. — Ile des Pins [Pancher 377 .
A . hispida W illd. — Canala [Vieillard 1219 .
.1. neoealcdonica Müll. Arg. — Nouvelle-Calédonie Deplanche
1221].
.1. Pancheriana Baill. — Nouvelle-Calédonie Pancher 210 ,
Ou Hinna [Schlechter 13624 , île des Pins j Pancher 381 .
Bocquillonia brachypoda Baill — Daaoui de Mi !Balansa
1183 non 3439]!
B. brevipes Müll. Arg. — Balade [Vieillard 1121 , W agap
[Vieillard 2].
B. grandidens Baill. — Ouroué [Balansa 3439 non I 183 !
B. sessiflora Baill. — Nouvelle-Calédonie Pancher 339 .
Gatope [Vieillard 1152], M1 Dore Vieillard 1153], île des
Pins [Pancher-578F].
B. spicata Baill. — M1 Dore [Vieillard I 130 , Balade Vieillard
1151].
M allotus répandus Müll. Arg. var. scabrifolius Müll. Arg.

�228

A. GUlLLAÜMlS

= Rot fiera scabrifolia Juss. = Mappa scandens Panch.
mss. — Nouvelle-Calédonie [Paneher 389 bis, \ Tiellanl 20 ,
Gatope, Balade [Vieillard 1207 , Canala [Balansa 1913],
Bourail [Balansa 1190. Pennel 330], Kouétou Kouéta Ba­
lansa 1190®], Nouvelle-Calédonie et île des Pins [Paneher],
île des Pins [Mac Gillivrav 843, Germain], Lifou [Deplanche
36, 1207].
Mallotus tiliæfolius Midi. Arg. — Ile des Pins j Mac Gillivray].
Cleidion claoxyloides Midi. Arg. — Balade [Vieillard 1, 1 136,
1166], Ngoyé [Schlechter 13208], Païta !Schlechter 15004].
C. lutescens Pax et Liegelsh. — Dombéa [Franc].
C. platystigm a Schltr. — Ou Hinna [Schlechter 13697).
C. spathulatum Baill. — Balade [Vieillard 4, 1123, 1130],
Oubatche [Schlechter 13433, 15434].
C. tenuispica Schltr. — Bourail [Pennel 396], baie de Prony
Franc série gle 254], Ngoyé [Schlechter 13139 j .
C. uertieillatum Baill. = Rot tient spathulata Panch. mss. —
Nouvelle-Calédonie [ Paneher C 3181, Deplanche 468, M ueller
49], Nouméa [Nieillard 20, Balansa 261], Lifou Baudouin
160 ou 243, Deplanche 29. 102, Balansa 1901, 1903].
C. \ ieillardi Baill. — Nouvelle-Calédonie [Vieillard 389, De­
planche 471, 472, Lecard 86-123A , Balade [Vieillard 1 125,
1128, 1129, 1130, 1156], Canala [Paneher], Bourail [Pennel
30, 173, 303j, Nouvelle-Calédonie et île des Pins Paneher
57871].
v ar. m acropbyllum Midi. Arg. = C. macrophyllurn
Baill. = C. B ail Ion ii \ ieill. mss. — Nouvelle-Calédonie
Paneher 3 8 2 , 5 7 8 7 ] , W agap [Vieillard 3 9 4 , 1 1 2 7 , 2 1 9 4 ,
Thiébaut], Canala Balansa I 9 1 9 j , Païta [Schlechter 1 3003j.
Macaranga alchorneoides Pax et Liegelsh. — Caricouyé
Franc j.
M. coriacea Müll. Arg. = Cleidion coriaceum Baill. = Mappa
elliptica Panch. mss. — Nouvelle-Calédonie Lecard 121 A154], Balade [Vieillard 390, 1173, M74], W agap, M ’bée
[Vieillard 1160, 1172], Dombéa [Franc], Païta [Schlechter
14958], Ngoyé Schlechter 15221 .
M. flavescens Schltr. — Oubatche [Schlechter 13438j.

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

229

Macaranga insularis Schltr. — Yahoué [Schlechter 15026 .
M. tomentosa W ight — Mappa Ioniendosa Bl. — Balade
| Vieillard 1220],
M. Vcdeliana Müll. Arg. = Acalypha Vedeliana Baill. —
Nouvelle-Calédonie Védel], Lifou et Maré !Grey ? .
M. Vieillardi Müll. Arg. — Balade Vieillard 1126 .
Cocconerion Balansre Baill. — Entre Ounia et Saint-Louis
[Balansa 2999].
C. minus Baill. — Ouroué [Balansa 2998].
Ramelia codonostylis Baill. — Panié Balansa 3254j.
Excœcaria Agallocha Müll. Arg. = Stillingia Agallocha L. —
Nouvelle-Calédonie M ac Gillivray, Paneher, Deplanche
485, 485 bis, 486, Petit 184, Germain], Nouméa Balansa
255], Balade [Vieillard 1155], Bourail Balansa 1197, P e n ­
nel], Nouvelle-Calédonie et île des Pins [Paneher 379 j, Lifou
[Balansa 1889].
E. rhomboidea Schltr. = E . unequidentata Baill. mss. —
Nouvelle-Calédonie [Paneher 118, Vieillard 3212 . la Con­
ception [Balansa 2789, 3251 , M1 Koghi [Balansa 1667 .
Yahoué [Schlechter 15041 .
Homalanthus nutans Pax = Crolon nutans Vahl. = Carumbium nutans Müll. Arg.
var. genuinum Müll. Arg. — Nouvelle-Calédonie 1Pancher 5779, Home], Balade [Vieillard 77, 1134 , Païta
[Schlechter 14884], Ou Hinna Schlechter 15597, 15614 .
Nouvelle-Calédonie et île des Pins Paneher 375], NouvelleCalédonie, Lifou Deplanche 1134].
var. rhom bifolium Müll. Arg. — M bée Vieillard 1135 T.
II. répandus Schltr. — Ou Hinna [Schlechter 15579 j.
T risyngyne Balansæ Baill. — Bourail Balansa 1377 .
T. codonandra Baill. — M1Mou [Balansa 2749 , M* Humboldt
| Balansa 3557J.
Ricinus commuais L. — (Introduit) Baudouin 2 5 1 .
B alano psacées.

Balanops pachyphylla Baill. ? mss. — Nouvelle-Calédonie
[Lecard 101].

�PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

Balanops Pu ne hcr i Baill. — M1 Mi [Balansa 1009).
var. simplex Baill. — M1 Poume [Balansa 3185],
B. Theophrusta Baill. — M* Hum boldt [Balansa 343i j, Port
Bouquet (Balansa 2127).
B. Yieillardi Baill. — La Conception [Balansa 677), entre
Saint-Louis et Nouméa [Balansa 1010].
Trilocularia sparsiflora Schltr. — Ngoyé [Schlechter 15251].

C e l t id a c é e s .

Celtis Balansaè Planch. — Bourail [Balansa 1041], bassin du
Tliio | Balansa 3512], entre Néoua et le M' Mi [Balansa
1041a ].
Ü. conforta Planch. var. cunea/a Planch. — Nouvelle-Calé­
donie Vieillard 3151, Pancher 657, Deplanche LSI), N ou­
méa Vieillard 315], Ferme modèle j Balansa 503a |, Port
Bouquet Balansa 2155), Houaïlou [Balansa 2156, 2157a ),
Canala {Balansa 2 157], cours supérieur de la Tamoa )Balansa
2767 , bords du Thio [Brousmiche], ile aux Lapins [Balansa
5001, Nouvelle-Calédonie et île des Pins [Pancher], Lifou
Balansa 2158],
var. elliplica. Planch. — Nouméa [Balansa 96 2 |.
C. eomjesta Planch. — Nouméa [Schlechter 15087].
C. hypoleuca Planch. — Canala Balansa 1665a ', Port Bou­
quet Balansa 1665 . Ngoyé [Schlechter 1523IJ.
C. panieulata Planch. — Nouvelle-Calédonie [Pancher H 9,
Deplanche 183], Balade [Vieillard 281. vallée du D iahot
Balansa 3316 , île A rt Balansa 3316® ), Lifou [Balansa
2160].
Parasponia Andersonii Planch. = Sponia Andersonii Planch.
— Nouvelle-Calédonie Mac Gillivray].
Tréma aspera BI. var. microphylla Schltr. — Nouméa [Schlech­
ter 1508I .
T. Yieillardi Schltr. — Sponia Yieillardi Planch. — NouvelleCalédonie [Pancher, Lecard 105, Petit 125, Védelj, Bourail
Balansa 1047, Pennel 404j, Ferme modèle [Balansa 6191,

231

Nouméa [Vieillard 1256, Deplanche 182], Ngoyé [Schlechter
15291], Oubatche [Schlechter 15570], Nouvelle-Calédonie
et île des Pins [Pancher 166).
MORÂGÉES.

Fatoua pilosa Bur., var. subcordata Bur. — Nouvelle-Calé­
donie [Vieillard 3224, Baudouin 999 1, île Casy Balansa
1661® j , île des Pins (Deplanche 523, Germain], Lifou Ba­
lansa 1661].
Malaisia tortuosa Blanco, var. viridescens Bur. = M. viridescens Planch. = Caturus pelagicus Seem. — NouvelleCalédonie [Pancher 413, Deplanche 174, Mac Gillivray ,
Balade, Gatope [Vieillard 1208], Bourail Balansa 1042],
Nouméa [Balansa 620 , îlot à l’embouchure d e là Dombéa
[Balansa 3047].
Pseudomorus Brunoniana Bur. (la sous-variété lobala Bur.
n’en est que la forme juvénile). — Nouvelle-Calédonie
[Vieillard 3259, 1247, Baudouin 245, 771], entre le Diahot
et Pouébo [Balansa 3232], Canala [Deplanche 103 , Gatope
[Vieillard 3257], Bourail [Balansa 1044 , Païta Balansa
!043a ], Uaraï Lecard 100], Nouméa [Balansa , ilôt Siandé
Balansa 1403], île des Pins [Pancher 412, Deplanche 180.
Germain j.
A

r

TOCARPACÉES '.

Ficus aj)hanoneura W arb. — lie Ouen [Balansa 3226].
F. asperula Bur. var. nuda B u r.— Nouvelle-Calédonie Pan1. L'Oua (Ficus austro-caledonica] et le Mbaoué Ficus edulis
donnent des figues comestibles mais de qualité très inférieure; les bois
en sont mous et de mauvaise conservation. Les écorces de l'Ouangui et
du N’dourou ou Urai, macérées dans l’eau et battues donnent une étoffe
roussàtre, feutrée et résistante ; leur latex ainsi que celui du Sà (Ficus
Schlechleri) donnent un bon caoutchouc que l’on coagule au soleil sans
l'enfumer. On a essayé, en outre, de cultiver pour la production du
caoutchouc, le Casfilloa elaslica, mais il pousse mal, par contre le Ficus
cl ast ica se développe rapidement et fournit des produits d'excellente
qualité. En 1004, l’exportation du caoutchouc s'est élevée à 17.099 kilos;
en 1905, à 22647 kilos; en 1906, h 36.811 kilos; en 1908 à 13.124 kilos;
dans le premier semestre 1910, elle a atteint 9.036 kilos. Le caoutchouc

�232

A. GUILLAUMIN

cher 371, Vieillard 1240, 3256j, Balade {Vieillard 4245],
Gatope Vieillard 3230 j, la Conception [Balansa 1016].
var. foliosa Bur. — M* Koghi [Balansa 140], cours supé­
rieur du Boulari Balansa 1522].
F. auslrocaledonica Bur. = F. granatum Forst. — NouvelleCalédonie Lecard, Petit la], baie de Prony [Jeanneney],
baie du Sud Sebert et Fournier 15], Bourail [Pennel 230].
var. angustifolia Bur. — Nouvelle-Calédonie ! Pancher
372], Balade, W agap Vieillard 1238], entre Néoua et le
M* Mi [Balansa !012b ].
var. latifolia Bur. — Nouvelle-Calédonie Pancher 372],
chaîne du Nékou Balansa 1012].
var. subattenuatu Bur. — Nouvelle-Calédonie [Pancher
370 , Koé Baudouin. Balansa 1012a ], baie de Pronv Ba­
lansa 1i l j.
F. auriculigera Bur. — Gatope [Vieillard 3231 ].
F. Balansæana Bur. — Baie de Prony [Balansa 138 j .
F. cataractarum Vieill. ex Bur. — W agap [Vieillard 21 14],
F. crescentioides Bur. — Canala [Balansa 2388 j.
F. edulis Bur. — Nouvelle-Calédonie Petit 34], Poro G runowl, Bourail [Pennel 32].
var. altenuata Bur. — Nouvelle-Calédonie [Pancher].
var. elliptica Bur. — Ferme modèle [Balansa 133 .
var. glahrescens Bur. — Nouvelle-Calédonie Pancher],
Balade [Vieillard 1233].
var. cordata Bur. — Nouvelle-Calédonie [Pancher], Ba­
lade, W agap, Gatope [Vieillard 1233 j , Ferme modèle
[Balansa 132], Canala Balansa 1806].
var. variegata Bur. — Filou [Balansa 1807].
var. ovata Bur. — (cultivé au Jardin de Hamma à A lger,
de graines envoyées de Nouvelle-Calédonie, sans doute par
Pancher).
calédonien subit donc à l'heure actuelle une crise particulièrement grave.
Le Ficus aspera fournit un latex vésicant; les fruits du F icusphilippinrnsis triturés avec les feuilles du Cordia M;/xa donnent une teinture
rouge.
L'arbre à pain (Arlocarpus incisa) et le Jacquier (Artocarpus inlegrifolia) ont été acclimatés; on a tenté en outre la culture du Mûrier pour
l'élevage du ver à soie.

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

233

var. dentata Bur. — Nouvelle-Calédonie Pancher), Ba­
lade [Vieillard 12331.
Ficus heteroselis Bur. — M ’bée, Balade Vieillard 1234 .
F. indica L.?. — Balade Forster .
F. inequihracteata W arb. — Yahoué [Schlechter 14730 .
F. leiocarpa W arb. — F. edulis Bur., var. leiocarpa Bur. —
Table Unio Balansa 2380 .
F. longipes W arb. — Ngoyé [Schlechter 13203 .
F. m angifcri folia W arb. — Oubatche Schlechter 13322 .
F. m ulahilis B ut . — Balade [Vieillard 1230, 1241, 1243, 1244],
G ato p e[V ieillard3249 , W a g ap 1Vieillard 3241, 3234 . Bou­
rail r Balansa 1013].
var. parvifolia Bur. — Nouvelle-Calédonie fVédelj.
var. coriacea B u r.— Nouvelle-Calédonie i Vieillard 1248 ,
Balade [Vieillard 1230 , Nouméa Vieillard 1242 .
var. rnembranacea Bur. — W agap Vieillard 3248 .
F. ni(idifolia Bur. — Nouvelle-Calédonie [Pancher 322. Vieil­
lard 400 , Canala [Vieillard 2270 ;.
/•’. pallidinervis W arb. — Oubatche [Schlechter 13320 .
F. Pancheriana Bur. — Nouvelle-Calédonie Pancher 410,
373].
F. prolixa Forst. — l rostigma prolixa Miq. — NouvelleCalédonie [Vieillard, Deplanche, Pancher, Petit 191, 102 .
Balade [Lahaie in herb. Ventenat, Vieillard 1249 , Gatope
Vieillard 2347], W agap Vieillard 3233 , T hio [Grunovv .
Nouméa [Balansa 3024 j , baie de Pronv Jeanneney , Bou­
rail {Pennel 34], ile Nui [Deplanche 176 , île des Pins Deplanche 175], Lifou [Balansa 1812 .
F. prolixoides W arb. — Entre Ounia el le Lac Arnaud Ba­
lansa 3021].
F. philippinensis Miq. var. sessilis Bur. = F. tinctoria Vieill.
— Nouvelle-Calédonie [Deplanche 179], Canala [Vieillard
3242], Balade Vieillard 1233], W'agap IVieillard 1233,
3243 j, Lifou | Deplanche 72].
F. Proteus Bur. — Nouvelle-Calédonie Pancher 367, 406,
P etit 209], Nouméa Vieillard 1247, Balansa 136, 136a ,
Ngoyé [Schlechter 13282 ou 13281 , Nouvelle-Calédonie et
île des Pins [Pancher 408j.

�23 i

\.

g i i l i a i min

var. lobata Bur. — Nouméa [Balansa 136b J.
var. dentata B u r.— Nouvelle-Calédonie f Deplanche 109],
Canala P ncher 307 j, W agap, Gatope [V ieillard 1217].
Ficus race mi géra Bur. — Nouvelle-Calédonie [Pancher 369,
Baudouin 361 i. Balade, W agap Vieillard 1251 , Canala
N'ieillard 1252], Ferme modèle [Balansa 134].
F. punctulosa W arb. — Païta [Schlechter 11940 .
F. retusa L. — Nouvelle-Calédonie Yédel|. Gatope [Vieillard
3252], Nouméa Balansa 135 .
F. rigidifolia Bur. — Balade Vieillard 1245!.
F. rubiginosa Vent. — Nouvelle-Calédonie [ Vieillard 1254].
F. Schlechteri W arb. — Nouméa [Schlechter I4 7 I3 |.
F. semecarpifolia W arb. — Ngoyé [Schlechter 15178).
F. Storckii Seem. — Lifou Balansa 1808® j.
var. pubescens Bur.. — Yaté Vieillard 1255 , Lifou [Vieil­
lard 3253, Balansa 1808 .
F. trachyleia B u r.— Baie Ouié Balansa 139 .
var. Chantiniana Bur. — (cultivé chez M. Chantin, de
graines venant de Nouvelle-Calédonie).
var. heterophglla Bur. — (cultivé dans les serres du
Muséum et de la ville de Paris, de graines envoyées par
Michaud, venant de Nouvelle-Calédonie?).
F. versicolor Bur. — Canala Balansa 1810], entre Néoua et
le Ml Mi [Balansa 1013],
F. Vieillardiana B u r .— Balade [Vieillard 1230, 1237, Balansa
3228]. cours supérieur du Boulari [Balansa 1251], Port
Bouquet [Balansa 1809].
F. Wehbiana Miq. — Nouvelle-Calédonie Yédel, Pancher
et Vieillard 405, Pancher 374, 458 , Balade [Labillardière,
Vieillard 1240 , Wag-ap [Vieillard 1240, 3238, 3239, 3240 ,
Port Bouquet [Balansa 1811], em bouchure du Houaïlou
Balansa 181 l a j, Yahoué [Schlechter 14791].
var. cordata Bur. — Nouvelle-Calédonie Pancher 374],
Ferme modèle [Balansa 137, 1014].
Sparattosycc dioica B u r.— Nouvelle-Calédonie [Lecard 127],
Canala [Vieillard 1245], Bourail [Balansa 1011®, 101 l b ,
Pennel 220 , baie de Pronv Balansa 131], près Koé ; Balansa

PLANTES PHANÉROGAMES

[&gt;E TA NOEVEI.LE-CALÉDONIE

235

13 1a j, entre Saint-Louis et Ounia [Balansa 1011 , Païta
[Schlechter 14997],
Cudrania javanensis Trécul — Nouméa Balansa 617 , Nou­
méa, Gatope [Vieillard 1214], Bourail [Balansa 1016, Pen­
nel], Yahoué [Schlechter 15056], île d'Isié Deplanche 177,
Vieillard 1214], Nouvelle-Calédonie et île des Pins Pancher
411].
Ar/ocarpus incisa L. — Nouvelle-Calédonie : Pancher, Petit
161], Nouméa [Balansa 3233], Houaïlou [Grunow],

U rticacées L

Procris pedunculata W edd. — Oubatche [Schlechter 15183].
Boehmeria platyphylla D. Don — Nouvelle-Calédonie Vieil­
lard].
Cypholophus heterophyllus W edd. — W agap Vieillard 1207,
1226], Pouébo [Vieillard 1221 ], Néaré [Lecard , Farino
jCribs 781], Bourail [Pennel 184], Oubatche [Schlechter
15511].
P ipturus albidus W edd. — Oubatche [Schlechter 15552].
P. incanus W edd. var. pellucidus W edd. = I rtica pellucida
Labill. — Nouvelle-Calédonie 1Pancher, Vieillard 1223],
Balade [Labillardière], Thio Grunow], Bourail [Pennel 12,
272].
P. répandus W edd. — Canala [Vieillard 1225].
P. velutinus W edd. — Nouvelle-Calédonie Yédel , Nouméa,
Balade [Vieillard 1223], Bourail Pennel 82]?, île des Pins
[Mac Gillivray],
Broussonetia papyrifera Vent. — Nouvelle-Calédonie [d'après
Jouan, etc. ].

1. Le N’diu [Pipturus incanus) fournit des fibres pour la fabrication
des cordes et des ficelles, celles de l'Ahoua (Pipterus sp.) constituent
une sorte de fausse ramie utilisée pour tisser des étoffes; l Ava Brous­
sonetia papyrifera) est cultivé par les indigènes qui obtiennent des étoffes
naturelles en battant les écorces après les avoir fait macérer.

�('LANTES PHANEROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE
236

A. GUILLAUMIN
M y r ic a c ées .
C a su a r in a c ées

(Jasuarina angulata Poiss. — Nouvelle-Calédonie [Védel ,
Canala [Balansa 1169 , bords de la rivière de Néhoué | Ba­
in nsa 2179].
C. Chamæcyparis Poiss. — Nouvelle-Calédonie [M ueller 1 ,
Poume Balansa 3215 , Poume, Canala, Néhoué [Pancher
167], Néhoué [Deplanche 527], Canala [Vieillard 1272],
embouchure du Dothio [Balansa 3501], M1 Hum boldt [Brousmiche].
C. collina Poiss. — Baie de Prony Jeanneney , Nouméa ' Sebert et Fournier 25 bis j.
C. Cunninghamiana Miq. — Nouvelle-Calédonie [Pancher
378, Baudouin 747, Mueller 35, Lecard 77], Ml Dore [Thiébaut 595], Nouméa [Balansa 164], Yahoué [Brousmiche,
Schlechter 14716, 14717], rives d e là Néra 1de Pom péry],
Bourail Pennel 16, 17, 431 j, W agap [Vieillard 1270],
baie de Prony, Ferme modèle [Balansa], Voh [Cribs 1318 .
C. Deplancheana Miq. — Nouvelle-Calédonie [ P etit 451, baie
de Prony [Franc 458], baie du Sud [Sebert et Fournier 45 j ,
Ngoyé :Schlech 1er 151 11].
var. genuina Poiss. = v a r . valida Poiss. mss. ex Heck. —
Nouvelle-Calédonie Pancher 103. Vieillard 3260. M ueller,
Deplanche 113, Thiébaut 591 j, baie de Prony [Balansa 166a ,
2182. Jeanneney j, M' Dore, Canala [Pancher], baie Ouié
Balansa 166], Koé (Balansa 1165], entre Saint-Louis et
Ounia| Balansa 1167], M' Hum boldt [ Balansa 2182a , 2182lj j,
Kouenthio Brousmiche .
var. intermedia Poiss. — M1 Mi Balansa 1166j.
var. crassidens Poiss. — Dombéa, Nouméa [Baudouin],
Koé [Balansa 167 i . Port Bouquet [Balansa 2181 , Poro
j Cribs 807 ].
1. Les bois des Casuarinacées constituent les bois de fer, très lourds
et très durs, excellents pour le tour et le charronnage, et que les indigènes
emploient pour la fabrication de leurs sagaies et de leurs casse-têtes.

237

Casuarina equisetifolia Forst. — Nouvelle-Calédonie [Thié­
baut 49, Pancher 168, Montrouzier, Petit 40, Kay 9], Balade
| Labillardière, Vieillard 1273], baie de Prony [ Balansa 165b ,
Jeanneney], Nouméa | Germain, Balansa 165 , baie du Sud
[Sebert et Fournier 40j, dot Maître [Balansa 165a |, îlot
Freycinet |G runow ], de Nou Brousmiche 380], de des Pins
jllom e, Pancher;.
(1. glauca Sieb. — Voh, M' du Pain de Sucre Cribs 1319 .
C. g/aucescens Schltr. — Pouéta Le Bat 738 .
C. leucodon Poiss. — Port Bouquet Balansa 2180 .
C. nodiflora Forst. — Nouvelle-Calédonie Deplanche 112.
Home], Balade [Forster, Anderson. Labillardière , Balade,
W agap [Vieillard 1268], Boulari Balansa 2177, Brousmiche,
Pancher, Cribs 808j, entre Saint-Louis et Ounia Balansa
I 168J, vallée du Diahot Balansa 3314].
C. Poissoniana Schltr. = C. Deplancheana Poiss. var. dehilis
Poiss. — Nouvelle-Calédonie [Pancher 167, Vieillard 1266,
1268, M ueller 93, Baudouin 615], Ngoyé Schlechter 151 44,,
bords de la Ouanéoué [Franc], M' Dore Pancher , Koé Ba­
lansa 1167a j , Canala (Vieillard 1269 .
C. potamophila Schltr. — Nouvelle-Calédonie Le Hat 51a j,
Kaféate [Cribs].
C. lenella Schltr. — Houaïlou Cribs 1176 .
C. teres Schltr. — Caféate [Cribs 807],

C é r a io p h y l l a c é e s .

�238

A.

G U IL L A U M IN

MONOCOTY LÉDONES
H YDROCIIARIDACÉES.
Thalassia Hem phrichii Aschers. — Nouméa ( Balansa 1324 ,
— Arama Balansa 3161 I.
Enhalus Kœnigii Rich. = E . acoroides. — Rich. ex C h a i.—
Arama j Balansa 3162}.
Ilalophila ouata Gaud. — Balade Vieillard 1368 ), Nouméa
Balansa 1525 L
O rc h id a c ées '.

Micros///lis ta urina Reichenb. f. — Nouvelle-Calédonie I Monlrouzier, Pancher 386, 387, Vieillard 3274, 3276, Deplanche
154, 447, Le R at ,, M‘ Koghi* [Pancher 384], Ml Nékou
Balansa 1320,1320 a , Balade [Vieillard 1321 j, PicM alaoui
Cribs 517 j, Païta [Schlechter 14879 ,, Oubatche [Schlechter
1 3499 , Ngoyé 1Schlechter 15577 j, Tony houé [Brousmiche],
presqu'île Ducos !Chalande j, Pouétou [Cribs 313}, bords
de la Caricouyé [Franc 110 , ile Ouen | Pancher 356j, île
des Pins Germain j.
Dheronia equilans M utel = O. glandulosa Lindl. — NouvelleCalédonie [Vieillard 3296 , Tendea Cribs 536 .
O. flcxuosa Schltr. — Ou Hinna [Schlechter 15496],
O. neocaledonica Schltr. — Yahoué [Schlechter I 4766 , Ml
Mou Balansa 2922}, M‘ Koghi [Le R atj.
O. Yieillardi Reichenb. f. — Nouvelle-Calédonie [ Pancher j,
Balade Vieillard 1294], Canala (Vieillard 1296], Ml Koghi
Balansa 17261.
I. Les feuilles d'Amoro Eriaxis riyida) soûl em ployées contre les
coliques et les maux de tête.
La Vanille Vanilla planifolia) a été introduite dès 18&lt;&gt;1 à la Dombéa
et pousse très bien : on se sert surtout du Bourao (Hibiscus litiaceus)
comme support de la plante.

IM ,A N T E S

PH ANÉROGAM ES

DK

LA

N O U V E L L E - C A L É D O N IE

239

Liparis Chalandei Finet — Nouvelle-Calédonie Deplanche],
île des Pins [Chalande .
L. concava Schltr. — M1 Dzumac j Le Rat .
L. disepala Reichenb. f. — Nouvelle-Calédonie [ P. ncher 355],
Balade [Vieillard 1320 , la Conception [Deplanche 150],
Ou Ilinna [Schlechter 15592 , Pic Malaoui Cribs 518].
L. disticha Lindl. — Canala Vieillard 1295, Balansa 1721 j,
Païta [Schlechter 14858}, M1* Ignambi [Schlechter 15489],
Kouenthio [Brousmiche], Tendéa [Cribs 921], M1 Koghi
[Le Ratj.
L. taxa Schltr. — Baie de Prony Balansa 733, Chalande ,
Ngoyé [Schlechter 15368 , Païta Schlechter 14991 .
L. Layardi F. Muell. — Nouvelle-Calédonie
Layard],
Nelembaye [Lecard], Oubatche [Schlechter 15468 .
L. Le Ratii Schltr. — M1 Dzumac Le R at 2951 .
Dendrobium auslro-caledonicuni Schltr. = D . invquale Finet
— Nouméa [Balansa 761], Païta Schlechter I 4987].
D. calcaratum Lindl. ? — W agap Vieillard 3303 .
D. caniaridioruni Reichenb. f. — Nouvelle-Calédonie \ ieillard, Deplanche 528 bis], Ngoyé Schlechter 15280 , Ou
Ilinna [Schlechter 13680 .
D. camptocentrum Schltr. — Ou Hinna Schlechter,.
D. cerinurn Schltr. — Ngoyé [Schlechter 15277], Ou Ilinna
[Schlechter 15654].
D. cleistoqamum Schltr. — Nouvelle-Calédonie [Cribs , Ngoyé
j Schlechter 15194).
D. closterium Reichenb. I. — Nouvelle-Calédonie Deplanche
154, Baudouin 678].
D. crassicaule Schltr. — M1 Humboldt Schlechter 15351
f). crassifolium Schltr. — Ou Hinna Schlechter 15603 .
D. crispatum S\v. — Yahoué [Schlechter 14728].
/). cym atolequum Schltr. — Ngoyé [Schlechter 15141 .
var. m ajor Schltr. — Ngoyé [Schlechter 15141 a],
D. Deplanchei Reichenb. f. — Nouvelle-Calédonie [Deplanche
162], M'bée [Vieillard 1327].
D. cleutlieroglossum Schltr. — Yahoué [Schlechter 15077],
Ou Hinna [Schlechter 15269, 15590, 15593].

�24 0

A. GUILLAUMIN

Dendrobium Finetianum Schltr. — Oubatche Schlechter
15505].
D. f ractiflexum Finet — Baie de Tupiti (Deplanche 529], baie de
Prony [Cribs 1278, Jeanneney], Ngoyé !Schlechter I '&gt;092 j.
D. g radeau le Heichenb. f. — Nouvelle-Calédonie [Pancher],
Balade [Vieillard 1343), Port Bouquet Balansa 1718].
D. incquale Finet — Ferme modèle [Balansa 7b 1 j.
D. jocosum Reichenb. f. — Nouvelle-Calédonie Vieillard 3281,
Pancher 395 , Ferme modèle [Balansa 31 lb . Canala Ba­
lansa 2385 , île des Pins [Chalande].
D. kanakorum K ra n z .— Nouvelle-Calédonie Roberts .
D. linguiform e S\v.
Balade [Vieillard 1340 .
/). megagastrium Reichenb. f. — W agap Vieillard 1338],
Ouenguivo j Cribs 1218 .
D. m uricatum Finet = Inobulbum m uricatum Kranz. —
Nouvelle-Calédonie | Vieillard 3306], la Conception Balansa
738], M‘ Koghi [Pancher], Oubatche [Schlechter 15589],
Bourail Pennel 57 .
var. mu ni fieu m Finet = Inobulbum m agnificum Kranz.
— La Conception [Balansa 781 j .
D. ngoyense Schltr. — Ngoyé [Schlechter 15269],
1). odontochilum Reichenb. f. — Nouvelle-Calédonie Vieillard,
Deplanche 165], M' Dore Pancher 394], M* Mou Balansa
774]. ile Ouen Pancher .
D. ou hinnæ Schltr. = Diplocaulobium ou hinnæ Krauz.
— Ou Hinna Schlechter 15626 .
D. pectinatum Finet — M* Hum boldt Balansa 1717 , Port
Bouquet Balansa 1717 a], Ngové [Schlechter 15237], Ou
Ilinna Schlechter 15660 .
D. Poissonianum Schltr. — Ou Hinna [Schlechter 15590].
D. polycladium Reichenb. f. — Nouvelle-Calédonie Vieillard
1291], île des Pins Deplanche 156, Pancher .
D. sarcochilus Finet — Nouvelle-Calédonie | Pancher, Vieil­
lard 3307], Table Unio Balansa 869, 2386], Ngoyé [Schlech­
ter 15132].
D. silvanum Reichenb. f. — Nouvelle-Calédonie [Vieillard],
Yahoué [Schlechter 14728].

PLAN TKS i'HANÉHOGAMKS DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

2 tl

Dendrobium speciosum R. Br. — Nouvelle-Calédonie Pan­
cher].
D. steatoylossurn Reichenb. f. — Nouvelle-Calédonie Pancher,
Deplanche 164], baie de Prony [Jeanneney, Cribs 1287 , ile
des Pins [Jeanneney].
D. striolatum Reichenb. L var. Chalandei Finet — NouvelleCalédonie [Chalande].
I). Tokai Reichenb. f., var. crassinerve Finet — NouvelleCalédonie [Thiébaut, Germain], embouchure de la rivière
Io [Balansa 2387].
D. vandæfolium Finet — Ile A rt Balansa 3117 .
var. brevipedicellata Finet — Nouvelle-Calédonie [Montrouzier].
D. verruciferum Reichenb. f. — Nouvelle-Calédonie De­
planche 157j, Ounia [Vieillard 1291 1, Saint-Louis Balansa
778].
B ulbophyllum apbanopelalum Schltr. — Ou Hinna Schlech­
ter 15598].
B. afrornbens Schltr. — M,s Ignambi [Schlechter 15495],
B. Finetianum Schltr. — Oubatche Schlechter 1511b , la
Conception [Balansa 775 j.
B. hcxarhopalos Schltr. — Pic Malaoui Schlechter 14746],
Ou Ilinna [Schlechter 15620 .
B. ngoyense Schltr. — Païta Schlechter 14989 , Ngové
Schlechter 15278 .
B. pachyanthum Schltr. — Ou Hinna Schlechter 15678 .
B. pa/lidiflorum Schltr. — Ou Ilinna Schlechter 15704 .
B. polypodioides Schltr. — M(&gt; Ignambi Schlechter 15422 .
Pelmu neocaledonica Finet = Bulbophyllum neo-caledonicum
Schltr. — Oubatche ISchlechter 15492 . M1 Dzumac Le
Rat].
Cirrhopetalum Layardii F. Muell. et Krî\nz. — NouvelleCalédonie Lavard , Oubatche Schlechter 15463 .
C. Le Batii Schltr. — M‘ Dzumac Le Rat .
C. Thouarsii Lindl.
Nouméa Brousmiche , Bourail Ba­
lansa 7731, Lifou i Deplanche].
C. uniflorum Schltr. — Ou Hinna [Schlechter 15615 . Port
Bouquet Balansa 2384 .
Annales du Musée colonial de Marseille. — 2* sé rie , 9e v o l.

lu i J .

je

�212

A. GUILLAUMIN

Chrysoglossum neo-caledonicum Schltr. — Yahoué [Schlechter 14786 , M,s Ignambi [Schlechter 15477].
Eria karicouyensis Schltr. — Nouvelle-Calédonie Pancher |,
bords de la Caricouvé : Schlechter 14963, Le Rat ,MlNékando
Schlechter 15238], Pouéta [Cribs 542 j.
E. paleata Reichenb. f. — Canala Vieillard 1331 .
E. rostriflora Reichenh. f. — Canala [Vieillard 1331.
E . Vieillardi Reichenb. f. — Canala [Vieillard 1335], Oubatche
Schlechter 15451], Ml Humboldt [Schlechter 15317].
Phreatia hypsorrhynchos Schltr. — Oubatche [Schlechter
15427].
P. maerophylla Schltr. — Oubatche Schlechter 15465].
P. neocaledonica Schltr. — Yahoué [Schlechter 14755],
Ngoyé Schlechter 15228 .
P. oberonioides Schltr — ML" Ignambi [Schlechter 15394 ,
\ l l Dzuniac Le Rat].
P. oubatchensis Schltr. — Mls Ignambi [Schlechter 15393 .
P. pachyphylla Schltr — Oubatche Schlechter 15471 ].
P. saccolabioides Schltr. — Ou Hinna [Schlechter 15618 |.
Pacliystorna gracile Schltr. — Ou Hinna Schlechter 15752 .
Spafhoglotlis breviscapa Schltr. — Oubatche [Schlechter
15486].
S. Deplanchei Reichenb. f. — Thio [Grunow], Oubatche
Schlechter 15421 , île des Pins [Replanchej.
S. ? unguiculala Reichenb. f. = Limodoruni unguiculatum
Labill. — Balade Labillardière . baie de Prony Jeanneney].
»S Vieillardi Reichenb. f. — Nouvelle-Calédonie j Vieillard |.
Phajus Bernaysii F. Muell. ex B e rn a y s— Païta Schlechter
14848].
P. grandifolius Lour. — Méré Grunow |, Prony Jeanneneyj.
P. Pobertsii F. Muell. — Nouvelle-Calédonie Roberts ,
Yahoué Schlechter I 4768 .
Earina Deplanchei Reichenb. f. — Nouvelle-Calédonie [Vieil­
lard 3294, Deplanchei, Païta Schlechter 14942], Bourail
Pennel .
E. valida Reichenb. f. — Nouvelle-Calédonie Vieillard 1298,

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

243

Deplanche], M' Mou [Schlechter 14943], Ml Humboldt
Schlechter 15320], Ou Hinna Schlechter 15686],
Cerafostylis m icrantha Schltr. — Oubatche Schlechter
15392].
Calant he angræcifolia Reichenb. f. — Nouvelle-Calédonie
[Deplanche].
C. Balansæ Finet — Nouvelle-Calédonie [Vieillard 3309 ,
M 'M ou [ Deplanche 116, Schlechter 14947], Ml Humboldt
[Schlechter 15314], la Conception [Balansa 3067 .
C. Langei F. Muell. — Nouvelle-Calédonie 'Lavard .
C. speciosa Vieill. non Lindl. — Balade, Yaté, Canala Vieil­
lard 1303].
C. ver atrifolia R. Br. — Nouvelle-Calédonie Pancher,.
Geodorum pictum Lindl. — Nouvelle-Calédonie [Deplanche
151, 153], Ou Hinna [Schlechter ! 5633 j.
Dipodium squainatum R. Br. = Epidendrum squarnatum
Forst. — Nouvelle-Calédonie Baudouin j, Balade Forster
173, Vieillard 1299], Nouméa 1Chalande 10 , Ferme modèle
| Balansa 729], Yahoué [Schlechter 14725|, Ou Hinna
[Schlechter 15656], Kouenlhio Brousmiche , NouvelleCalédonie et île des Pins Pancher, Deplanche I 49, 348 .
île des Pins [Germain].
Epidendrum tubcrosum Forst. — Balade Forster .
Luisia platyglossa Reichenb. f. = L. teretifolia Gaud. =
Epidendrum triste Forst. — Balade Forster, Vieillard
1346], Nouméa [P a n ch e r, Ferme modèle Balansa 7 41 j,
vallée du Thio [Balansa 3599 , île des Pins Pancher .
Sarchochilus koghiensis Schltr. — M1 Koghi Franc 549 .
S. rarum Schltr. — M1Nékando j Schlechter 15275 .
Microlatorchis fasciola Schltr. — M1 Mou Schlechter 14911 ,
M' H um boldt [Schlechter 15300 , Ou llinna Schlechter
15695].
.1/. oreophila Schltr. — M* Nékando [Schlechter 15233 .
Treniophyllum rninutissimum Schltr. — Païta Schlechter
15002].
T. trac h y pus Schltr. — M' Mou [Schlechter 14922 .
Podochilus Vieillardi Schltr. == Appendicula Vieillardi ltei-

�PLANTES PHANÉROGAMES DK I.A NOUVFXLE-CAI.ÛDONIE
client), f. — Nouvelle-Calédonie Baudouin 658, Pancher
396], Nouméa [Chalande 39 , Pic Malaoui Schlechter 11778,
Cribs 538], Ou Hinna [Schlechter 15655], Balade Vieillard
1290 . île des Pins [Germain .
Eriaxis rigida Reichenb. 1. — Nouvelle-Calédonie ( Deplanche,
Pancher 392, Pancher et Vieillard 337, M ontrouzier], Thio,
baie Laugier [Grunow], Païta j Schlechter 15074], Ngoyé
[Schlechter 15112], Ou Hinna Schlechter 15670], Balade
Vieillard 1348], Bourail Pennel 26, 269], Ferme modèle
Balansa 730], Canala Balansa 1720], île des Pins [Milne,
Germain, Pancher. Chalande 50].
Epistephium smilacifolium Reichenb. f. — Balade Vieillard
1347j. M‘ Humboldt Balansa 17 16 , la Conception [Balansa
780].
Spiranthes australis Lindl. — Balade | Vieillard 1308], entre
Bourail et Houaïlou Le Rat 2527].
S. neocaledonica Schltr. — Ou Hinna [Schlechter 15594].
Pachyplectron arifolium Schltr. — Oubatche [Schlechter
15525], haut bassin du Dothio Balansa 3600].
P. neo-caleclonicum Schltr. — Ml Mou [Schlechter 15299J.
Erythrodes oxyylossa Schltr. — Ou Hinna !Schlechter 15749 j.
Anoectochilus imitans Schltr. — Païta [Schlechter 14864],
A. montanus Schltr. — M‘ Mou Schlechter 11933].
Zeuxine Francii Schltr. — Tondéa Franc 767!.
Z. Yieillardi Schltr. = Monochilus Vieillardi Reichenb.
f. — Balade [Vieillard 1311 , 5 alloué [Schlechter 14769 .
Gonatostylis Yieillardi Schltr. — Rham phidia Yieillardi
Reichenb. f. — Nouvelle-Calédonie IVieillard], Canala Ba­
lansa 1727], Païta [Schlechter 15009 , Ngoyé Schlechter
15121 ], Ou Hinna !Schlechter 15667 ], Bourail [Pennel 264 .
Goodyera discoidea Schltr. = Rham phidia discoidea Reichenb.
f. — Nouvelle-Calédonie Pancher ,. Balade [Vieillard 131 1 ,
Païta [Schlechter 14967 , Ou Hinna [Schlechter 14967 .
G. grandiflora Schltr. — Oubatche [Schlechter 15750 .
G. scripta Schltr. = Rham phida scripla Reichenb. f. — Ca­
nala Vieillard 1309 , Oubatche [Schlechter 15 i-70 .
G. subregularis Schltr. = Georchis subregularis Reichenb. f.
— Canala Vieillard 1312J, Yahoué [Schlechter 14792J.

245

Thelym ilra longifolia Forst. — Balade Vieillard 1324], Ou­
batche [Schlechter 15587], Païta [Schlechter 15013 , Bou­
rail [Pennel], Yahoué [Schlechter 14727], île des Pins
.[P ancher 350, Deplanche 350, Chalande 43].
Orthoceras striclum R. Br. — Nouvelle-Calédonie Pancher .
Balade Vieillard 1323], Yahoué [Schlechter 15045 .
C ry p tosty lis s te nochil a S c h ltr.— Ou Hinna Schlechter 15596 .
Prasophyllum calopleruni Reichenb. 1. — Ile des Pins Milne i.
Microtis æmula Schltr. — Oubatche [Schlechter 15588], Ya­
houé [Schlechter 14724].
.)/. parviflora R. Br. — Bourail [Pennel 265], entre Bourail et
Houaïlou (Le Rat 2529].
Al. porrifolia R. Br. — Nouvelle-Calédonie Pancher, Vieil­
lard 3303, Deplanche 159, 160], Balade [Vieillard 1306,
1307], Nouvelle-Calédonie et île des Pins [Deplanche 159 .
île des Pins [Pancher 351, Chalande 46 j.
Coilochilus neocaledonicum Schltr. — Nouvelle-Calédonie
[Pancher 397], M1 Koghi [Brousmiche], Ounia Balansa
3068], Ngoyé [Schlechter 15279j.
Pterostylis Rureaviana Schltr. — Païta Schlechter 14970 ,
Ml Dzumac [Franc 444].
P. concinna R. Br. — Nouvelle-Calédonie IPinard .
P. neocaledonica S c h ltr .— Oubatche Schlechter 15472],
P. Ophioglossa R. Br. — Nouvelle-Calédonie Deplanche 161 ,
Balade [Vieillard 1313], M bée [Vieillard 1314 j, Ml Dore
[Vieillard 1315 j, presqu'île Ducos Chalande 371, M* Dzumac
[Franc 443], entre Bourail et Houaïlou Le Rat 2530 , île
des Pins [Pancher 353 j .
Corysanthes neocaledonica Schltr. — M’ Mou [Schlechter
14918].
Aciantlxus atepetalus Reichenb. f. — Ounia Vieillard 1319 ,
Païta [Schlechter 14948].
A . cym balariifolius F. Muell. et Kriinz. — M* Mou Schlech­
ter 14929].
A. elegans Reichenb. 1'. — M'bée Vieillard 1317 i.
A. grandiflorus Schltr. — Ngoyé [Schlechter 15243 .
A. macroglossus Schltr. — Nouvelle-Calédonie Pancher 378

�PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

M'bée \ ioillard 1317], Balade | Vieillard 1310], Païta
[Schlecliter 14862], Pouéta [Cribs 523].
Acianthus oxyglossus Schltr. — Xgoyé ISchlecliter 15202 .
.1. (enellus Schltr. — Pic Malaoui Schlecliter 14780 j.
A. tenuilabris Schltr. — Yahoué [Schlechter I 4799 .
Lipcranlhus gigas Rcichenb. f. — Nouvelle-Calédonie 1Montrouzierj, Balade \ ieillard 13011, Ou Hinila Schlechter
15681], Ngoyé Schlecliter 15100, Yahoué | Schlecliter
15049 , baie de Prony Jeanneney, Chalande 47], Ferme
modèle Balansa 720) , baie Ouië Balansa 720 a , M1 Mou
Cribs 1308], sources de la Kériaia Brousmiche 900], Nou­
velle-Calédonie et île des Pins [Milne, Mac G illivray, Pancher 340, 308, Deplanche 155].
L. glandulosus Schltr. — Nouvelle-Calédonie Pancher 301 |,
Farino Lecard], Xgoyé Schlecliter 15370 , Ou Hinna
Schlecliter 15609J, Païta Schlecliter 1407F.
L. latilabris Schltr. — Ngoyé Schlecliter 15101 j.
L. latissimus Schltr. — M* Hum boldt [Schlecliter 15340 .
A. niontanus Schltr. — M1 Hum boldt j Schlecliter 15318).
A. rarus Schltr. — Ngoyé [Schlecliter 15112a], Pont des
Français [Cribs].
Caladenia alba K. Br. — Yahoué [Schlecliter 14726 , Païta
Schlecliter I 4031 , Ou Hinna Schlecliter I5068j.
A’, carnea P». B r.— Thio Grunowi, entre Bourail et llouaïlou
Le Bat 2528 , Nouméa Chalande 41 .
Calochilus neocalcdonieiiin Schltr. — Ngové [Schlechter
15258 .
Pogonia biflora W iglit — Balade Vieillard 1316 , île des Pins
Pancher .
Xeruilia Aragoana Gaud. — Yahoué [Schlechter 15075 .
.Y. platychila Schltr. — Ou Hinna Schlechter 157 47 ,.
Didy moplexis neocaledonica Schltr. — Ou Hinna Schlechter
157 48 .
Habenaria insularis Schltr. — Ou Hinna [Schlechter 157461.
II. ngoyensis Schltr. — Ngoyé [Schlechter 15283].

247

ZlNGIBÉRACÉES L
Curcuma l o n g a l — Cultivé [d’après Vieillard .
Alpinia purpurata K. Schum. = Guillainia purpurafa Vieill.
— Nouvelle-Calédonie !Vieillard 1360 j, M1 Mou Deplanche
120].
C

a NN ÂGÉES.

Canna indica L. — Bourail [Pennel 155].
M u sa c é es 2.

Ilelicornia Bihai L. — H . aus/ro-caledonica Vieill — NouvelleCalédonie [Pancher, Vieillard .
Musa discolor Horan. — Nouvelle-Calédonie 'Vieillard].
M. Fehi Vieill. — Nouvelle-Calédonie [Pancher], Balade,
Pouébo, A ram a [Vieillard .
M. paradisiaca L. — Nouvelle-Calédonie ^d’après Vieillard],
var. oleracea Bak. = M. oleracea Vieill. — NouvelleCalédonie 1d'après Vieillard i.
I r id a c é e s .

Sisyrinchium niicrantlium Cav. — Yahoué
Schlechter 14715].

Brousmiche,

A m a ryllid acées 3.

Campynem anthe viridiflora Baill. — M1 Mou Deplanche 127,
1. Les rhizomes du Curcuma longa fournissent une teinture jaune.
2. Les différents Bananiers (Musa), surtout le Musa paradisiaca, sont
cultivés avec soin par les indigènes pour les fruits qu'ils consomment
crus ou cuits et les rhizomes féculents qu’ils mangent bouillis ou grillés,
comme les Ignames IJioscorea). Les feuilles fournissent des fibres ou
sont employées telles quelles comme vêtement pour les femmes; le suc
sert en outre à teindre en violet.
•L Le Sisal (Ayave rigida) est cultivé depuis 1903 et fournit de belles
fibres; le Curculigo orchioides donne une longue racine comestible
ayant le goût du salsifis.

�248

\.

GUI LLAUMI N

227, Balansa 2921, Schlecliter I 4917, Cribs 1916], Ml Koghi
Pancher], Uaraï [Lecard], Ml Hum boldt [Balansa 1750],
•Thio Brousraiche], la Conception i Brousmiche].
('ureulifjo orchioides Gærtn. = C. s ta ns Labill. — Balade
Labillardière, N'ieillard 1595,, Oubatche [Schlechter 15559],
baie de Pronv Jeanneneyj, île A rt [Montrouzier].
Crinuni asiatieum L. — Nouvelle-Calédonie [d’après Vieil­
lard].
C, pedunculatum B. Br. — Houaïlou [G runow j.
T accacées ’.

Tacca pinnatifida Forât. — Balade Vieillard 1361 .
D ioscoréacées

Dioscorea aculeata L. — Balade, Yaté [Vieillard].
D. alata L. — Foniambéré Balansa 2781], Balade, Diaoué,
Yaté Vieillard;.
D. bulbifera L. — Nouvelle-Calédonie
Deplanche 134,
134 bis, Pancher 338 . Balade Lahaie I 445, Vieillard 1377J,
Bourail Balansa 949, Pennel 380, Cribs 558], vallée du
1. Le Haôlan ( Tacca pinnatifida) n’est cultivé par les indigènes-que
dans le nord de la grande île ; ils n’en consomment que rarement les
tubercules à cause de leur âcreté. La quantité de fécule est considérable
(30 °/0); par lavage on enlève la pulpe qui a mauvais goût et il reste
l’Arrow root.
2. Les Ignames (Dioscorea i sont cultivées sur une grande échelle par
les Canaques et constituent, avec la canne à sucre, les taros et les noix
de coco, presque toute leur alimentation. Ils mangent les tubercules
bouillis ou grillés, ou font une espèce de bouillie avec des tranches
d’igname et du coco râpé.
Les tubercules du Dèsmouan ou Shoa (Dioscorea bulbifera) sont allon­
gés. tronqués et petits (de la grosseur du poing ; ceux du Pâa [Dioscorea
pentaphijlla) sont globuleux et de taille moyenne. Le Dioscorea alala est
le plus cultivé et les indigènes distinguent un très grand nombre de
variétés d’après la couleur de la tige et la forme du rhizome qui est tantôt
digité, tantôt fusiforme : dans les terres légères et profondes il peut
atteindre un mètre de longueur et peser ju sq u ’à 10 kilos.

PLANTES PHANÉROGAMES I)E LA NOUVELLE-CALÉDONIE

249

Diahot Balansa 3082j, Carovin [Cribs 1212}, baie de Pronv
Jeanneney j.
Dioscorea fasciculata Boxb. — Arama [Balansa 3598j, Balade
Vieillard 1374].
D. pentaphijlla L. — Balade Vieillard 1373 , vallée du Dialiot
[Balansa 3081 .
L il ia c é e s '.

? S m ilax litjusf ri folia A. DC. — Ounia [Vieillard 1380].
S. neocaledonica Schltr. — M* Humboldt [Schlechter 15308 .
S. orbiculata Labill. — Nouvelle-Calédonie Pancher. Deplanche 123. 124j, Balade [Labillardière], Feu, Port Boisé
[Deplanche 137 j, la Conception Vieillard 1382 , baie de
Pronv [Jeanneneyj.
var. Balansæ A.DC. — Ferme modèle [Balansa 652].
N. plurifurcala A.DC. — Nouvelle-Calédonie [Vieillard 3312 .
baie du Pronv Balansa 653j, vallée du Dothio Balansa
3591 ].
S. purpurata W illd .— Nouvelle-Calédonie [Deplanche 138,
Vieillard 1383, Baudouin], baie de Pronv Jeanneney .
Yahoué [Schlechter I 4738, Franc 91 bis , Nouvelle-Calédo­
nie et île des Pins [Pancher 20, 322 , de des Pins M ont­
rouzier, Home, Milne, Mac Gillivrav].
var. Forsteri A. DC. — Nouvelle-Calédonie Deplanche
122 , Balade Forster, Vieillard 1379 , Lifou [Deplanche
76].
var. concolor A. DC. — Nouvelle-Calédonie Deplanche
122], YVagap Vieillard 1379, 1383, 3311], îTe des Pins
[Vieillard 1381 j.
var. Billardieri A. DC. — Balade Labillardière .
var. retu sa A .D C .— Nouvelle-Calédonie Vieillard 1382J.
t. Les feuilles du D i a n e l l a n e m o r o s a entrent dans la composition d’une
teinture noire et servent à panser les ulcères.
Le Dighoten L o m a n d r a sp.) fournit des fibres textiles; les C o r d y l i n e
ont des feuilles qui constituent un bon fourrage et des rhizomes comes­
tibles.

�PLANTES PHANÉROGAMES DR LA NOUVELLE-CALÉDONIE

Sm ilax tetraptera Schltr. — Ngoyé [Schlechter 15207 ;.
Gcitonoplesiurn cymosum A. Cunn. — Bourail [Pennel 330],
Nakétv Grunow], Yahoué Schlechter 14736], Oubatche
l Schlechter 15395], île des Pins Milne].
Xerotes Banksii H. Br. — Nouvelle-Calédonie V ieillardj.
Lomandra insularis Schltr. — Ml Mou ; Le Hat 326 A].
Cordyline cannifolia Schltr. — Païta Schlechter 17909 ,
Ngoyé [Schlechter 15355].
C. ncocaledonica Linden = Cohnia neocaledonica Bak. —
Houaïlou [Grunow j.
Astelia ncocaledonica Schltr. — Nouvelle-Calédonie [Lecardj,
Balade Vieillard 1370 , Canala [Pancher], M1 Koghi Balansa 950a], Bourail Balansa 950], Ml Mou [Schlechter
11937], Ml Huraboldt [Schlechter 17937].
Xeronema Moorei Brong. et Cris — Nouvelle-Calédonie
Mueller 7, Moore, Deplanche 58, Pancher, Vieillard 336 ,
Diaoué Vieillard 1358], Païta [Schlechter 17975., M* Mou
Balansa 2920, Franc 108, Cribs 1295J, M' Koghi [Balansa
762], la Ouaméni Brousmiche .
Arthropodium neocaledonicum Bak. — Balade Vieillard
1395], Ou Hinna Schlechter 15070], Oubatche Schlechter
15724].
Dianella austrocaledonica Seem . — Bourail Pennel 8], Yahoué
Schlechter 17751].
D. nemorosa Lam. — Balade [Forster 73], Thio [Grunow].
D. intermedia Endl. — Balade Forster, Cook:, île des Pins
[Mac Gillivrav].
D. revoluta H. Br. — Yahoué [Schlechter 17723].
X

yridacées

2 5 1

Ancilcrna neocaledonicum Schltr. — Oubatche [Schlechter
15517].
F l a g e l l a r ia c é e s .

Flagellaria elegans Seem. — Canala Mac Gillivrayj, île des
Pins [Milne, Mac Gillivrayj.
F. indica L. — Baie du Prony Jeanneneyj, ile des Pins [Mac
Gillivray 770, Milne 172 .
F. neocaledonica Schltr. — Ngoyé Schlechter 15386 , Ou
H inna [Schlechter 15678].
F. plicata Ilook. f. — Ile des Pins Milne et Mac Gillivray].
Joinvillea elegans Brong. et Gris. — Nouvelle-Calédonie Deplanche 358, Pancher 358, Vieillard , Balade, W agap Vieillard I396j, la Conception 1Pancher), Uaraï, Canala [ Lecard ,
Païta [Schlechter 17870], Bourail [Pennel 67, 387 , île des
Pins [ Pancher j.
J. Gaudichaudiana Brong. et G ris — Thio Grunow .

J UNCACÉES.
Juncus pauciflorus H. Br. — Nouvelle-Calédonie Pancher
58, 709], Canala [Balansa 1778], Païta iSchlechter 17824].
lüchantillons interm édiaires entre le J. pauciflorus R. Br.
et le ./. pallidus R. Br. (formes déjà signalées en Australie
par Buchenau [Engl. Bot. Ja h rb ., XXI, p. 261). — Nou­
velle-Calédonie j Pancher 327], Balade Vieillard 1405],
M‘ Dore [Vieillard 1406], Ferme modèle Balansa 694 j, Anse
Vata Brousmiche], Yahoué [Cribs 819],

.

P a l m ier s L

X y ris neocaledonica Bendle — M1 Mou [Schlechter 17939].
COM.MÉLINACÉES.

Commelina cyanea R. Br. — Nakétv [Grunow].
C. nudiflora L. = C. virginie a Forst. — Nouvelle-Calédonie
[Mac Gillivrav , Balade Cook], île A rt M ontrouzier].

Kcntia neglecta Vieill. nom. et pl. VII, inéd. — NouvelleCalédonie [d’après Vieillard].
K. Sissaii Vieill. .nom. et pl. VIII, inéd. — Nouvelle-Calédonie
[d’après Vieillard].
1. Le Nou (Cocos n u c ife r a ) est cultivé surtout dans le nord mais y est

�J’ LANTKS l’IlA.NlïKOGAMES 1)K I.A NOUV ELI.K-CALÉDONIE

Microkentia Billardieri Benth. et Ilook. = Cyphokentia Billardieri Brong. — Balade j Balansa 3123].
M .Deplanchei Benth. et Ilook. = Kent in Deplanchei Brong-,
et Gris = Cyphokentia Deplanchei Brong. == Basseliria
Deplanchei Yieill. — Nouvelle-Calédonie i Pancher 341’»',
Canala Deplanche 166], Ml Hum boldt [Balansa 1967].
M. eriostachys Benth. et Ilook. = Cyphokentia eriostachys
Brong. — Nouvelle-Calédonie [Vieillard 1289], M1 Koghi
[Pancher764 . M1Mou [Pancher 762], la Conception [Balansa
2192], Ngoyé [Schlechter 15236J.
.1/. yracilis Benth. et Hook. = Kentia gracilis Brong. et
Gris = Cyphokentia gracilis Brong. = Basselina gracilis
Yieill. — Nouvelle-Calédonie [Lecard], Balade [Vieillard
1288, Pancher et Vieillard 345], M1 Mi [Balansa 769], M1
Arago [Balansa 1963, 1964].
M. Pancheri Benth. et Hook. rzr Kentia Pancheri Brong. et
Gris = Cyphokentia Pancheri Brong. = Basselina Pan­
cheri Yieill. — Balade, Pouébo [Vieillard 1282, 1287], M1
Dore Pancher], M‘ Humboldt [ Balansa 1963 j, baie de Prony
Balansa 648, 1965°], entre Bourail et Canala [Balansa 763 ,
Port Bouquet Balansa 1966].
M. Schlechteri Dammer — Ngoyé [Schlechter 15236], Bou­
rail [Pennel 231 I.
M . surculosa Benth. et Hook. = Cyphokentia surculosa Brong.
— M1 Mou Pancher 7631.
Kentiopsis macrocarpa Brong. — Nouvelle-Calédonie Pan­
cheri, Canala [Balansa 1959 1J, M‘ Arago [Balansa 1958 ,
M' Nékou [Balansa 771 a], Nouméa [Balansa 291 1], baie de
Prony [Jeannenev], ile Ouen I Balansa 647].
K. olivæformis Brong. = Kentia olivæformis Brong. et Gris —
Canala Vieillard 1281], Bourail Balansa 766 .
moins vigoureux qu'à Tahiti; l’exportation du Coprah pour la France et
l ’Australie est considérable :
En 1896 de 1.130.882 kilos
En 1908 de 1.398.750 kilos
1899 — 1.641.471 —
1909 — 1.966.997 — , soit 624.000 fr.
1900 — 1.998.314 —
Dans le 1er semestre 1910, 879.802 kilos
D'une façon générale la production tend k augmenter.

253

C yphophœ nix elegans Benth. et Hook. ~ Kentia elegans
Brong. et Gris — Pouébo [Vieillard 1283, 1286], Balade
[Balansa 3122].
C. fulcita Benth. et Hook. = Kentia fulcita Brong. — Baie
de Prony Balansa I960].
Cyphosperma Balansæ Benth. et Ilook. = Cyphokentia Balansæ Brong. — M1 Arago [Balansa 1961 .
C. Vieillardi Benth. et Hook. = Kentia Vieillard i Brong. et
Gris = Cyphokentia Vieillardi Brong. — Nouvelle-Calé­
donie [Pancher], Canala Vieillard 1285], la Conception
Balansa 1962].
Cyphokentia bractealis Brong. = Kentia Lenorrnandii Vieill.
— ? Basselina Lenorrnandii Yieill. — Canala [Vieillard
1282 bis, 1284], entre Bourail et Canala [Balansa 708], M*
Arago [Balansa 1968], M‘ Pénari Balansa 3591 ], Port Bou­
quet [Balansa 1908 aj.
C. H um boldliana Brong. — M' Humboldt Balansa 3593 .
C. rnacrostachya Brong. — M1 Arago [Balansa 1970 .
C. robusta Brong. — Table Unio ; Balansa 1971 .
C. vaginata Brong. — M1 Koghi [Pancher 640], Ounia Ba­
lansa 3056].
Actinokentia divaricata Ü a m m e r= Kentiopsis divaricata Brong.
= Kentia polystemon Panch. mss. — M1 Koghi Pancher
765], baie de Prony Balansa 1969, Jeannenev , Table Unio
Balansa 1969 a], Bourail et environs Balansa, 770, 770 3 .
A. Schlechteri Dammer - Ngoyé Schlechter 15373 .
Nephrocarpus Schlechteri Dammer — Ngoyé Schlechter
15235].
Licuala Jeanneneyi Bur. nom. exA ug. Bern. —Baie de Prony
Jeannenev .
I.atania neocaledonica Moore — Nouvelle-Calédonie Moore .
Cocos nucifera L. — Anima, Balade, ile Balabio, région Nord
d ’après Vieillard etc. !.
Charnbeyronia macrocarpa Yieill. nom. et pl. XI, inéd. —
Nouvelle-Calédonie d’après Vieillard .
Ch. Brebissonii Vieill. nom. et pl. XIII, inéd. — NouvelleCalédonie [d’après Vieillard .

�254

A. GUILLAUMIN

PlANTICS PHANÉROGAMES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

Cbambcyronia Morierei Yieill. nom et pl. XII, inéd. — Nou­
velle-Calédonie d’après 'Vieillard].
Basselina banal iensis \ ieill. nom. et pl. IV, inéd. — NouvelleCalédonie [d’après Vieillard j.
P andanacées L

P and anus altissimus Solms — Barrot ia altissimà Brong.
Nouvelle-Calédonie [Pancher], \ l l Mou Balansa 2909], M1
Pénari Balansa 3594], Port Bouquet Balansa 2252 .
P. aragoensis Solms = Barrotia aragoensis B ro n g .— M‘ Arago
Balansa |.
P. Balansæ Solms = r Barrotia Balansa? Brong. = Ml Arago
Balansa 2234 .
P. decumbens Solms — Barrotia decumbens Brong. - Vallée
du Dotliio [Balansa j, île des Pins j Pancher 342].
P. fragrans Gaud. — Nouvelle-Calédonie (Pancher], embou­
chure de la Néra Balansa 920], Canala Balansa 2235 aJ,
Nouméa Balansa 920 :1 .
P. rnacrocarpus Yieill. = Barrotia macrocarpa Brong. —
Nouvelle-Calédonie Pancher 701 j , Bourail Balansa 921,
2251, Pennel 66 . Canala (Balansa 2251 a|, Diaoué d'après
Vieillard , Lifou Balansa 2256].
B. ohlongus Bail', f. = Brgantia oblonga Yieill. = Pandanus
Minda Vieil 1. mss. — Nouvelle-Calédonie [P a n ch e r|, SaintLouis, environs de Bourail [Balansa 922 |, Bondé, Canala
d’après Vieillard j.
P. o d o r a tis s im u s lvar. = P. Linnæi Gaud. — N ouvelle-Calé­
donie Pancher], Nouméa Balansa 920aJ, embouchure de la
Néra Balansa 920 j, Lifou Balansa 2235].
P. Pancheri Balf. f. — Barrotia Pancheri Brong. — Morari
I. Le Pan Pandanus odorat issimus) donne des fruits comestibles très
parfumés; les feuilles de toutes les espèces donnent, après rouissage,
des libres pour les étoiles indigènes.
Le N’digri |Freycinetia sp.) est cultivé par les indigènes pour l’obten­
tion d’une teinture bleue, et pour ses bractées florales qui sont comes­
tibles.

255

[Pancher], Port Bouquet Balansa 2253], Ml Koghi Balansa
2253® ].
Pandanus pedunculatus R. Br. — Canala (Balansa 2253° ,
Balade [d’après Vieillard .
P. reticiilatus Vieill. — Balade, Arama [d’après Vieillard;.
P. Schlechteri W arb. — Yahoué .Schlechter 15053].
P. sphserocephalus Panch. ex Brong. = Barrotia sphærocep liai a Brong. — Baie de Pronv [Pancher].
P. Vieillardi M artelli— Lifou (Balansa 2256 .
P. viscidus Panch. ex Brong. = Brgantia viscida Brong. —
Nouvelle-Calédonie Pancher .
Freycinetia brevifolia M a rte lli— Balade Vieillard 135 I J.
F. coriacea W arb. — Oubalche Schlechter 15523 .
F. cylindracea S o lm s— W agap Vieillard 3268].
F. erythrosligm a Solms ex M artelli — Nouvelle-Calédonie
[Deplanche 1354].
F. (laudichaudii Br. et Benn.
Houaïlou Grunow .
F. gram inifolia Solms
Nouvelle-Calédonie Pancher 338,
M ontrouzierj, Païta Schlechter 14872 , W agap, Balade
[Vieillard 1355].
F. longispica Martelli — Nouvelle-Calédonie Vieillard], Ml
Mi [Perret].
F. lorifolia M a rte lli— Nouvelle-Calédonie Vieillard 2367 .
F. microdon ta Martelli — W agap Vieillard 3267 , NouvelleCalédonie et île des Pins Pancher 382].
b. novocaledonica W arb. — Nouvelle-Calédonie Bougier].
F. Scblecb(cri W arb. — Oubatche Schlechter 15531 |.
F. spectabilis Solms — Balade Vieillard 1390].
F. sulcata W arb. — Oubatche [Schlechter 15331].
F.verrucosa W arb. — Oubatche Schlechter 15476].
F. Vieillard! M artelli — Balade Vieillard 1354], île des Pins
j Pancher 340 j.
A RACÉES
Colocasia anliguorum Schott var. esculenta Engl. — Balade,
Yaté [Vieillard], Thio [G runow ].
1. Les Taros [Alocasia et surtout Colocasia) tiennent après les Ignames

�2o6

A. (JUlLLAÜMfN

Pla n tes ph a n éro g a m es de la n o i v e l l e - c a l é d o m r

Alocasia macrorrhiza Schott = Colocasia macrorrhiza Schott
— Nouvelle-Calédonie [d’après Vieillard, Jouan etc. j.

R e s t ia c é e s .

L emn âgées.

Lenuui nwior L. — Nakéty, Canala Grunow).
T iu u r id a c é e s .

Sciaphilii dolychoslyla Schltr. — Oubatche Schlecliler I 5 i7.'ï .
N. neocaledonica Schltr. —Ngoyé (Schlechter I '&gt;707].
N ajadacées.

Xajas g ramifie a Delile — Rivière d ’Uaraï [Balansa 1713j .
Potamogeton pectinatus L. — Nouméa [Pancher 343, Balansa
17111, Canala [Balansa 1711 a), Houailou [G runow], Galope
vallée du Diahot [Vieillard 1360 j, Bourail Balansa 934 j.
P. tricarinatus F. M u e ll.? - Ml d ’Io [Lecard].
Ruppia maritima L. subsp. rostellata Koch — Nouméa [Ba­
lansa 1714], Balade [Vieillard 13671.
Cymodocea isoetifolia Aschers. — Noum éa [Balansa 1526],
Anse Vata [Cribs 235],
C. serrulata Aschers. et Magn. — Nouméa Balansa 1527 j.
C. rotundata Aschers. — Balade [Balansa 3103].
Diplanthera uninervis Aschers. — Nouméa [Balansa 1328,
1529].
Ilalodule australis Miq. — Nouvelle-Calédonie d 'a p rè s Hemsley ].
F R I OCALLO NAGÉES.

Eriocaiilon neucaledonicum Schltr. — Nouvelle-Caledonie,
région sud Le Rat 131 aJ, plaine des Lacs Franc 206].
le premier rang dans les cultures indigènes qui distinguent des variétés
nombreuses d’après la couleur verte ou violette des feuilles et la forme
des tubercules. Ceux-ci sont plus ou moins âcres, mais ce goût disparait
par une cuisson plus ou moins prolongée.

257

C y pér a c ées F

Pycreus polystachys Clarke — Magenta Cribs 809], ( )uen
Toro [Cribs 870].
Mariscus cyperinus Vahl — Païta [Schlechter I 4985 , Bourail
Pennel 152],
Cyperus difformis L. — Ou Hinna Schlechter 15617 .
C. neocaledonicus Palla — Yahoué Franc série B .
C. rotundus L. — Bourail Pennel 146].
Kyllingia brevi folia Roottb. — Païta j Schlechter 14904 .
K. monocephala Roottb. — Nouméa Grunow .
Eleoc/iaris austrocaledonica Vieil 1. — Nouvelle-Calédonie
[Pancher 420], Balade [Vieillard 1453, 1455 .
E. esculenta Vieill. — Balade [Vieillard 1 450 . Bourail Pen­
nel 16].
Fim bristylis complanatu Link — Païta Schlechter I 4900,
14993].
F. cymosa R. Br. — Nouvelle-Calédonie d’après Hemslev .
F. dipliylla Vahl — Houailou [Grunow , Ou llinna Schlech­
ter 15619].
F. ferruginea Vahl — Nouvelle-Calédonie ?
F. rnarcfinata Labill. — Balade [Labillardière], Gatope Vieillard 3332],
F. neocaledonica Clarke — Païta Schlechter 1 4983 , Bourail
Pennel 151].
Scirpus lacustris L. — Nouvelle-Calédonie Grunow .
N. mucronatus L. — Ou Hinna [Schlechter 15613 . Bourail
Pennel 378 .
Alhigaardia monostachya Vahl — Balade Labillardière,
\ ieillard I 429 , Nouvelle-Calédonie et île des Pins Pancher
307].
1. Le Moren ou Mœren t/.’.•&lt;/•(&gt;x s/julios,! fournit une graine tinctoriale
donnant une couleur bleu indigo. Les Eleocharis ont des rhizomes fari­
neux et comestibles, les tiges servent à faire des manteaux de cérémonie
pour les chefs.
Annales du Musée colonial de Marseille. — 2* série, 9' vol. 1911.

17

�258

A. GUlLLAl MIN

Schcenus arundinaceus Forst. = Garpba arundinaccn Brong.
in Duperrey — Balade Forster , Canala Thiébaut 2 6 8 j,
baie de Prony Balansa 698], Yahoué Sehlechler 11765 .
Ngoyé [Schlechter 15169 j, P aï ta [Schlechter I4957|, Thio
Grunow , Bourail [Pennel 147 j.
•S. comosus Clarke = Cyclocampe arundinacea Benth. in
Benth. et Hook. — Nouvelle-Calédonie j Grunow ], Poume
Deplanche . île des Pins Mil ne].
N. jurensis Clarke — P aïta [Schlechter 14920].
var. robusta Clarke — Païta Schlechter 14934 j.
N. neocaledonicus Clarke — Nouvelle-Calédonie Deplanche
239 , Ngoyé Schlechter 15205 .
•S', tcndo Hook. f. var. tristigrnatosa Clarke
NouvelleCalédonie Deplanche 212, 1413 j, Païta [Schlechter 14851],
Gladium Deplanchei Clarke = Baumea Deplancbei B o e c k .—
Nouvelle-Calédonie Deplanche 108, 1426 , Païta Schlech­
ter 14849].
G. janiaicense Crantz — Païta Schlechter I 4995 .
C. junceuni R. Br. = Schcenus imhcrhi.s Rich. — Païta
Schlechter 14959 J.
Gahnia aspera Spreng\ — Païta Schlechter 11966 .
G .psittacorurn Labill. — Nouvelle-Calédonie [Vieillard I 419 j,
Canala [Pancher].
Sclcria depauperata Boeck. — Païta Schlechter 11984 .
N. hcbecarpa Nees in W ight — Oubatche Schlechter 15527
N. rnargaritifera W ill. — Ou Ilinna Schlechter 15622,
15658 , île &lt;,les Pins Mac Gillivrayj.
N. zeylanica Poir. in Lam. — Oubatche Schlechter 15513 .
Carex appressa R. Br. — Nouvelle-Calédonie Deplanche
105 . Bourail Balansa 869], Canala Balansa 1923 .
C. brunnea Thunb. — Nouvelle-Calédonie Pancher 303,
114 , Koé Brousmiche 808 , la Conception [Balansa 2930,,
bords du Dothio Balansa 3571 , près de Bourail Balansa
867 , Table Unio Balansa 1925 .
C.cernua Boott var. lobolepis K ükent. — Nouvelle-Calédonie
Germain . Canala Vieillard 1166], Bourail Balansa 868,
Pennel 148], Dombéa Brousmiche 809 ;, Pont des Français

PLANTES PHANÉROGAMES

DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE

259

Balansa 701 . Nouvelle-Calédonie et île des Pins [Pancher
304, Deplanche].
Gares declinata Boott — Canala Balansa 1923 , Bourail
j Balansa 869].
G. Dieirichiæ Boeck. — Ou Ilinna Schlechter 15647 .
C. indica L. var. fissilis Kükent. = G. fissili.s Boott —
Nouvelle-Calédonie [Lecard, Milne 7948, Schlechter 15649 .
Balade [ Vieillard 1464, 3366 , Cadala Balansa 1924 .
C. maculata Boott var. ncurochlamys Kükent. — Balade
Vieillard 498, 1465], Oubatche Schlechter 15541 , Nou­
velle-Calédonie et île des Pins Pancher .
G. spatiosa Boott — Bourail Pennel 9 .
G r a m in é e s 1.

Guis Lacrym a Jobi L,.
Nouvelle-Calédonie Lecard .
Balade [Vieillard 14671, Bourail Balansa 884, Pennel 69 ,
Nouméa Franc 398), Dombéa Crihs 854 , la Conception
Brousmiche], Nouvelle-Calédonie et île des Pins Pancher,
Deplanche 81 .
Impcrata arundinacea Cyrilli = /. Kœnigii Beauv. — NouI. L Ehoua (Cuir Lacrym a Jobi) donne un bon fourrage el ses graines
servent à faire des colliers.
La Canne à sucre Saccharum of/icinaruni) est cultivée partout et les
indigènes en distinguent d ’innombrables variétés suivant la couleur et
la pilosité des tiges : c’est la plante alimentaire par excellence pour les
Canacjues. Les Européens la cultivent aussi pour l’obtention du Rhum.
L"Andropogon A llionii est un excellent fourrage à l’état vert, mais
à maturité ses épillets garnis de soies barbelées s’attachent à la toison
des moutons et provoquent des ulcères aux articulations, en sorte que
la bète dépérit rapidement. L’élevage de ce bétail est donc impossible
dans les régions où pousse cet Andropogon.
Le N’dowi Andropogon Aillionii) fournit des tiges dont les indigènes
font des (lûtes el une essence de citronelle jaune rougeâtre; ] A n d m pogon m uricatum donne une essence de vétiver.
Le Rlé Trilicum sativum , le Riz (Oriza saliva) et surtout le Maïs [Zra
Ma y s ont été introduits el sont cultivés. Parmi les diverses variétés de
maïs, le Cuzco et la dent de Cheval semblent les plus appropriées et
donnent de 1.500 à 2.000 kilos à l’hectare.

�260

A. Gl'lLLAUAflN

velle-Galédonie ; Pancher. Baudouin. Thiébaut, Lecard],
Balade [Labillardière, Vieillard 1507. 1508), Ferme modèle
jBalansa 882], Nouméa et île des Pins [Deplanelie 72j,
Nouvelle-Calédonie et île des Pins Pancher 257 j, île des
Pins [Germain, Mac Gillivray].
Saccharum officinarum L. — Nouvelle-Calédonie Pancher
256, Thiébaut 600 j, lu Conception [Balansa 1920 , Canala
Balansa 1920a |, Balade [Vieillard 1510, Balansa 5090].
Eulalia glabrata Brong. in Duperrey — Cours supérieur du
Dothio Balansa j.
Miscanthus japonicus Anders. = S a cch a ru m floridulum Labill.
— Nouvelle-Calédonie Pancher 529, 529a , Balade [Labil­
lardière, Vieillard 1509 . Bourail [Balansa 883], Nécoué
Balansa 1921 .
Thouarea sarmentosa Pers. — Nouvelle-Calédonie [Pancher
288!, Canala Balansa 17L0], Canala, Yaté [Vieillard 1505 ,
îlot Manière Balansa 1739], îlots autour de la NouvelleCalédonie et de des Pins Deplanelie 5 9 j, île des Pins [Ger­
main [Pancher .
Rootboellia Cœlorachis Forst. — Balade [Forster, Labillar­
dière, Vieillard 1504 . Nouméa [Balansa 1734], baie Üuié
Balansa 712 j, Nouvelle-Calédonie et île des Pins [Pancher
289 j, île des Pins [Germain |, Lifou Deplanelie 62 j.
Ischæmum foliosum Hackel — baie de P rony [Balansa 707 .
/. intermedium Brong. in Duperrey — Ilouaïlou G runow .
/. m urinum Forst. — Nouvelle-Calédonie Pancher, Deplanche
60 , M’bée [Vieillard 1517 , baie de Prony [Balansa 707 ,
Nouvelle-Calédonie et île des Pins Germain , Lifou Ba­
lansa 1741 j .
I. m uticum L. — Nouvelle-Calédonie Pancher 285, 294, Bau­
douin, Védel], Balade Labillardière, Vieillard 1516,, Canala
Mac Gillivray 32, Balansa 1738 j, Ilouaïlou (irunow , SaintLouis Brousmiclie 851 , Nouvelle-Calédonie et île des Pins
[Deplanche 78, Germain .
Apluda mutica L. — Nouvelle-Calédonie [Pancher 262, 440,
Lecard, Germain, Baudouin], Balade [Vieillard 1518], Nou­
méa, ile des Pins | Deplanche 71], ile des Pins Pancherj.

PLANTES PHANÉROGAMES DE LA NOl’VELLE-CAEÉDONIE

261

Andropogon aciculatus Retz. — Nouvelle-Calédonie Germain.
Pancher 530), Balade [Vieillard 1487 , Nouméa Balansa
3077], Yahoué [Schlechter 14818 .
A. Allionii DC. = A. auslrocaledonicum Vieill. — NouvelleCalédonie Balansa, Pancher 43 4, Deplanche 58. 92 .
Balade [Labillardière, Vieillard 15151, Bourail Pennel 18 .
Nouméa [Germain], baie des Colons Thiébaut , ilôt Frey­
cinet [Grunow], ile des Pins Montrouzier, Pancher 276.
Germain],
A. annulatus Forsk. var. — Nouméa Balansa 717], Nou­
velle-Calédonie et ile des Pins Germain].
A. cinctus Steud. = A. m icranthus Kunth — Nouvelle-Calé­
donie [Baudouin[, Nouméa [Balansa 716, 888], baie des
Colons [Thiébaut 200], Balade [Vieillard 15131, ilôt Freyci­
net i G runow , île des Pins Pancher 258, 435, Germain,
Deplanche 64).
A. y ardus L. = A . schœnanthus Roxb. — Balade Vieillard
1511], Bourail Pennel 65 j.
.4. obliquiberhis Hackel = A . Petitianus Balansa — Balade
Vieillard 1506], Yahoué [Schlechter 14806], vallée Io [Ba­
lansa 2394], Nouvelle-Calédonie [Pancher 443, Germain,
Deplanche 77, Lecard], Balade Vieillard 1506], Nécoué
[Balansa 1744j, Yahoué [Schlechter 14806J, Nouvelle-Calé­
donie et île des Pins [Pancher 284], île des Pins [Germain,
M ontrouzier],
A. refractus R. Br. — Balade [Vieillard 1512, Bourail
[Balansa 889], Nouvelle-Calédonie et ile des Pins [Germain j,
île des Pins [Pancher 655].
A . sericeus R. Br. = A. ju b a tu s B alansa— Nouméa Balansa
708a], îlot aux Lapins [Balansa 708 , îlot Freycinet [Gru­
now].
A . S orghum Brot. subsp. halepensis Hackel var. ru fu s Pilg.
— Yahoué [Schlechter 14812 , ile des Pins [Germain],
A nthistiria giganlea Cav. — Ilot Freycinet [Grunow],
A. imberbis Retz. — Nouvelle-Calédonie [Pancher, Deplanche
61, 69, Thiébaut 614], Balade [Labillardière, Vieillard 1514 ,
Nouméa [Balansa 3074].

�MANTES

Paspalum brevifolium Fluegge — Nouvelle-Calédonie [ M ontrou/.ier, Pancher 279, 432, Deplanche 87], Balade [Vieillard
1482), Nouméa [Balansa 715, 175(1 J.
P. disfichum L. = P. littorale H. Br. — Nouvelle-Calédonie
M ontrouzier, Balade Labillardière, Lahaie 1152. 1815 ',
île des Pins Pancher 281, Deplanche 75).
P. scrobiculatum L. — Nouvelle-Calédonie [Baudouin 580,
Pancher 138, Deplanche 80), Balade [Vieillard 1468,
1169], Thio [Grunow , Nouméa Balansa 721, 1735), île
des Pins Germain .
Panicum æm ulum B. Br. — Nouvelle-Calédonie j Germain ),
Balade Vieillard 1495, 1199 ; , près de Bourail Balansa 892 j ,
Bourail Balansa 890, 891 , Ml Koghi j Balansa 1732],
Nouvelle-Calédonie et île des Pins [Pancher, Deplanche
07 .
P. arnbiguum Trin. — Nouvelle-Calédonie d'après Ilem slev .
P. barbifultum Ilochst. — Nouvelle-Calédonie Vieillard 2 7 i ,
vallée du Diahot Balansa 3080J, Bourail Balansa 891 .
Pont des Français Balansa 2910 .
P. austro caledonicum Balansa — Nouvelle-Calédonie [Thiéhaut , Balade IVieillard 1478 j, Gatope, Uaraï Vieillard 3 3 4 1 ,
Nouméa Balansa 711 . Nouvelle-Calédonie et île des Pins
Pancher 447, 623, Deplanche 9 3 ).
P. capillare F. — Balade [Vieillard 1374), embouchure du
Thio Balansa 3584], Uaraï Pancher 656, Deplanche 88
bis , île des Pins Pancher 260).
P. collinum Balansa — Nouvelle-Calédonie- [Pancher 654,
Deplanche 89, 244j, Doinbéa Balansa 3078 .
P. colonum L. = P . [rum en face uni Roxb. — Nouvelle-Calé­
donie Pancher 273), Balade [Vieillard 1471 , Nouméa G ru­
now], Yahoué [Schlechter 14811],Nouvelle-Calédonie et île
des Pins [Deplanche 82 .
P. crus galli L. = P. hispidum Forst. — Nouvelle-Calédonie
P an ch er, Balade Forsterj, Canala Mac Gillivray 33],
Houaïlou [Grunow], la Conception Deplanche .
P. decomposilum R. Br. = P. amabile Balansa
NouvelleCalédonie Pancher 439, Vieillard 1479, Thiébaut], bords

PH ANÉROGAM ES

DE

T.A N O U V E L L E - C A L É D O N IE

263

du Dothio Balansa 3585', Bourail [Balansa 894 , Nouméa
et île des Pins Pancher 261], île des Pins [Deplanche 88 .
P. effusurn R. Br. — Ilot Freycinet !Grunow j.
P. gracile R. Br. — Bourail Balansa 893), bords du Dothio
Balansa 893], Balade (Vieillard 1477], Nouméa Balansa
2915, Pancher 271, 451, 433, Deplanche 66 bis . ile Nui
| Deplanche 66 ],
P. H ookerianum Balança = Se/aria intermedia Hook. et
Thom. — Nouvelle-Calédonie Baudouin, Pancher .
P. infidum Steud. — Nouvelle-Calédonie Montrouzier. Thié­
baut, Vieillard 3251, Germain, Deplanche 63 , Nouméa et
ile des Pins 1Deplanche 63], Nouvelle-Calédonie et ile des
Pins ( P anc her 4 46 j.
P. M itchelli Bthm. — Païta Schlechter I 4895 .
P. numæense Balansa — Nouvelle-Calédonie Pancher 286 ,
Nouméa Pancher 443, Balansa 1736 , ile des Pins Ger­
main].
P. prostratum Lam. — Nouvelle-Calédonie I Pancher 531 j,
Nouméa ! Balansa 719,720, 3588], Balade [Vieillard 1476],
P. r ad ica ns Retz. = P. pulipes Nees et W . Arn. — NouvelleCalédonie Deplanche 65, Pancher, Montrouzier Balade
[Vieillard 1 474], vallée du Dothio [Balansa 3075, 3587 .
•Ferm e modèle Balansa 718).
P. sang u in ale L. = P. pruriens Trin. — Nouvelle-Calédonie
[Vieillard 3343, Pancher 448, Lecard, Germain], la Concep­
tion Balansa 1728 , vallée du Thio Balansa 3389 , Canala
[Vieillard 1481], Balade [Vieillard 1480), Thio Grunow],
ile des Pins [Mac Gillivray j.
P. sem ialatum R. Br. = Urochloa semialata Kunth — Vallée
du Diahot [Balansa 3089 .
P. sglvaticum Lam. — Balade (Vieillard 1 473 .
P. lelmatodes Balansa — Bourail [Balansa 895], vallée du
Diahot (Vieillard 1470 .
P. timorense Kunth — Digitaria propinqua Gaud. — Nou­
velle-Calédonie [Deplanche 85, Pancher 448, Vieillard
3343 , Mamarie Balansa 3590], île des Pins Pancher 278 ,
Lifou [Balansa 1729],

�201

A.

G l I L L A l MIN

Setaria glauca Beauv. --N ouvelle-C alédonie [Pancher, Vieil­
lard 3249, Deplanche 83, Galope, Bal iule Vieillard 1472],
Nouméa et île des Pins (Pancher 287 j, de des Pins [Montrouzier].
Cenchrus calyculatus Cav. = C. anomoplexis Labill.
Nouvelle-Calédonie Vieillard 1483, Thiébaut, Pancher,
Baudouin 063], Balade [Labillardière, Laliaie 1279], Thio
Grunow]. Néméara [Cribs 829], Nouméa [Balansa 724],
Anse Yata [Brousrniche 833], île Nou [Mac Gillivrav 4], ile
des Pins [Germain, Mac Gillivrav],
Stenotaphrum subulatum Trin. — Nouvelle-Calédonie [Montrouzier, Germain, Deplanche 73], Balade, Canala Vieillard
1503 , Houaïlou Grunow], ilôt Manière [Balansa 1731a j.
de Ouen Balansa 710], Nouvelle-Calédonie et île des Pins
Pancher, 03, 201 j, Lifou Balansa 710],
Spinifex hirsutus Labill. = S. sericeus R. Br. — NouvelleCalédonie Pancher 233, Deplanche 94, Germ ain], îlot
Maître [Balansa], de des Pins Pancher 443, 619, Vieillard
1488].
Leptaspis lancenlata Zoll. = L. umbrosa Balansa
Nou­
velle-Calédonie Pancher, 444. 622], Table Unio Balansa
1745].
Aristida pilosa Labill. — Nouvelle-Calédonie Pancher 442,
Germain;, Balade [Labillardière, Vieillard 1486], Poume
Balansa 3083], Bourail [Balansa 886], Nouméa [Balansa
1743 j, île Mouac Balansa 3084], île des Pins [Pancher 275,
Deplanche 74].
Sporobolus indicus R. Br. = S. elongatus R. Br. — NouvelleCalédonie [Pancher 453, Deplanche 90], Balade [Vieillard
1496], vallée du Dothio î Balansa 3379], Bourail ]Balansa
896], Nouméa [Germain , Thio [Grunow], Païta [Schlechter
I 4829j, île des Pins [Pancher 209, Germain].
A ir a sabulonum Labill. — Nouvelle-Calédonie [Germain],
Balade Labillardière], Balade, Gatope [Vieillard 1484],
de des Pins [Germain;.
var. uniflora Balansa = Agrostis virginica Labill. —
Nouvelle-Calédonie [Pancher], Nouméa [Vieillard 1485,

PLANTES PHANEROGAMES DF. LA NOUVELLE-CALÉDONIE

203

Balansa 885 , îlot Maître Balansa 713], dot Siandé
[Balansa 885a], de des Pins Pancher 270;.
Ci/nodon Dacfylon Pers. — Introduit vers 1854 en NouvelleCalédonie, à Idiot Freycinet et à Tîle des Pins (M ontrouzier,
Pancher 280, 430. Deplanche 84, Vieillard 1492, Germain,
G runow .
(ihloris cynodontoidcs Balansa — Nouvelle-Calédonie DeDeplanche 8 0 j , Nouméa Pancher, Balansa . île des Pins
[Pancher 2 7 7 j.
Dactyloctenium ægyptiacum W illd., var. radicans Balansa
— Nouvelle-Calédonie Pancher 64 , Nouméa Vieillard
1491, Balansa 714, 3581, 3381a .
Eleusine ægyptiaca Desf. = Dactyloctenium ægyptiacum
W illd. var. radicans Balansa — Nouvelle-Calédonie Pan­
cher 64 , Nouméa [Vieillard 1491, Balansa 714. 3581.
3381 aj.
E.
indica Gærtn. — Nouvelle-Calédonie
Germain.
Baudouin 380 j, Balade Vieillard 1490], Nouméa Pancher
437 1, Nouvelle-Calédonie et île des Pins Pancher 282.
Deplanche 68], île des Pins Mac Gillivrav .
Leptochloa capillacea Beauv. = L. cbinensis Nees — Nou­
velle-Calédonie Deplanche 7G bis. 89, M ontrouzier, Pan­
cher 267, 457 , Balade Vieillard 1498], Bourail Balansa
887], la Conception Deplanche 73. Pancher],
var. suffruticosa Balansa — Nouméa [Balansa 1737,
3076].
Eragrostis Brownii Nees in Steud. — Houaïlou [Grunow .
E. elongata Jacq. = E . zeylanica Nees et Mayen — NouvelleCalédonie [Pancher 203, 434], Balade j Vieillard 1494],
Gatope [Vieillard 3332 . Païta Schlechter 14903 . embou­
chure du Thio Balansa 3582], Bourail Balansa 898 ,
Nouméa Balansa 723, Germain , île des Pins Germain .
var. pallescens — Balade Vieillard 1 493 j. ile Mouac
Balansa 3085 , île des Pins Pancher 204, Germain .
E. indica W illd. var. perennis — Balade [Vieillard 1497],
Uaraï j Pancher 208, Deplanche 91 .
E. m inor llost. — Balade [Forsterj.
E . pilosa Beauv. — Ou Hinna [Schlechter 13609],

�lUA.M’KS PHANÉROGAMES

forma pcrenrums — Païta [Schlechter ! 4889], Yalioué
Schlechter 14813].
E. virescens Presl. — Nouvelle-Calédonie Deplanche 76,
Lecardj, Nouvelle-Calédonie et île des Pins M ontrouzier,
Germain .
var. nigrescens Vieill. — B ilade [Labillardière, Vieillard
1493 . Gatope (Vieillard 3332;, embouchure du Tliio Balansa 3383 , Bourail Balansa 897], Nouméa [Balansa 722],
Nouvelle-Calédonie et ile des Pins 1Pancher 263, 266, 433 .
Centotheca lappacea Desv. — Nouvelle-(Calédonie [Pancher
66, Baudouin 272 , Balade Vieillard 1300 , Hienghène
Balansa 3087 , Ferme modèle Balansa 709 j, Ouengivo
Cribs 833 ,.
Phragmites communia Trin. — Nouvelle-Calédonie Pancher
396 j. Ferme modèle Balansa 3088 .
Lep/urus repens R. Br. — Balade Vieillard 1302j, îlot
Manière Balansa 1733“ , île des Pins Pancher, Germain ,
Lifou Balansa 1733 .
Greslania circinata B alan sa— Nouvelle-Calédonie [Vieillard
3347], Balade Vieillard 1301 . Païta Schlechter 14923 ,
Ml Humboldt Balansa 3380 .
G. mont&amp;na Balansa — M‘ Coumboui Balansa 2917 , M u
Koghi et Humboldt [Balansa .
G. multiflora Pilg. — Ngoyé Schlechter 13177,.
G. rioularis Balansa — Rivière de F ouam boui!Balansa 17 42 ],
Ngoyé 'Schlechter 13118 , Bourail Pennel 63 .

DR LA NOl VIXLE-C ALÉDOM E

267

GYMNOSPERMES
C onifères 1.

Agathis [Dammara liypoleuca Moore ex Henk. et Hochst. —
Nouvelle-Calédonie [Moore, Pancher, Raoul .
A. (D. lanceolata Panch. et Seb.) — Nouvelle-Calédonie
P e tit60, Raoul, Lecardj, Ml Koghi [Pancher], haie du Sud
[Sebert et Fournier 60], baie de Prony [Jeanneney], Canala
[Vieillard].
A . (D. rnacrophylla Lindl.) — Nouvelle-Calédonie Mueller,
Raoul j, Table Unio Lecardj, Ml Mou Deplanche 233 .
A. (D . Moorei Lindl.) — Nouvelle-Calédonie Moore, Kay 34 ,
Balade, Pouébo [Vieillard 1280|.
A. ovula W arb. = D. ovata Moore — Nouvelle-Calédonie
! Moore, Bennet, Mueller 6 6 ,Pancher, Deplanche 172, Raoul,
Petit 169 ou 129, Sebert et Fournier 60, Baudouin 393 ,
Ounia, Yaté, Dombéa, Saint-Vincent [Vieillard 1263 ,
\. Le Dicou (Agathis Moorei du nord de 1 ile, Y A gathis lanceolata du
sud et du centre, el VAgathis ovata localisé dans le sud, connus sous le
nom de Kaoris, donnent un dam m ar de première qualité pour la fabrica­
tion des vernis à l'alcool. La résine est d ’abord blanche puis se colore
avec le temps el exsude spontaném ent du tronc : un arbre peut en don­
ner jusqu'à 10 kilos par an. Les forêts de Kaoris ont été littéralement
pillées el ces arbres disparaissent. L’exportation de cette résine a été en
1908 de 22.210 kilos, valant 3 8 7 1 2 fr., et pendant le premier semestre
de 1910 de 11.188 kilos. 11 existe, en outre, d’abondants gisements de
résine fossile encore plus recherchée que la résine actuelle.
Le bois des Kaoris est blanc, mou, léger et facile à travailler; les graines
sont comestibles.
Le Pin colonnaire Araucaria Cooki peut donner jusqu'à lG kilosd'une
gomme-résine analogue à celle du Bunya-Bunya (Araucaria Bidwilli)
d ’Australie, et donnant un excellent vernis et de la gomme arabique.
Le Poilocarpus m inor donne un bois mou ; par contre, celui du Podocarpus noræcaledoniæ est rouge et analogue à celui de l’If. Le Podocarpus us ta ou Cèdre rabougri est considéré comme sacré par les
Canaques.

�268

A.

GUILLAUMIN

Ngové Schlechter 15130, 15131], Ml Hum boldt [Balansa
2505 , baie de Prony !Jeanneney ], Bourail [Pennel 37],
.1. spinulosa W arb. = /&gt;. spinulosa Moore — NouvelleCalédonie Moore j.
Arauracia Balansæ Brong. et Gris — Table I Tnio ! Balansa
2511], Canala Balansa 2511*].
.1. Cooki R. Br. ex 1). Don = .1. su bu la ta Vieill. — NouvelleCalédonie Forster, Moore, Duncan, Richards 3, 5, 6, Aguillon. Raoul, Deplanche 168, Kay 3, 1. 5, P etit 2, Pancher
16 . baie du Sud Fournier et Sebert I j. Port Boisé Pancher j,
Canala Balansa 2509 !, M1 Nékou Balansa 2509e , embou­
chure de la Néra Balansa 2509b , Thio. Méré [G runow j,
Yaté Vieillard 127i . Farino [Cribs 799], Table Unio, Uaraï
Lecard . M* Mou de Pompéry baie de Prony Jeannenex ,
Bondé, Canala, Titéma Vieillard 1278j. Taulé, golfe Io,
île des Pins [Vieillard 1278, 1879), île des Pins [Pancher.
Germain], Lifou Balansa 2509a .
var. luæurians — Canala [Balansa 2510], embouchure
de l lo Balansa 2510® .
.1. e.reelsa R. B r.? = Cupressus cnlumnaris Forst. — Nou­
velle-Calédonie Forster .
-1. intermedia R. Br. ex Vieill. — Baie du Sud, ile des Pins
Vieillard .
.1. montana Brong. et Gris — M1 Mi [Balansa 2512® ], entre
Canala et Couaoua Balansa 2512® ].
A. Muelleri Brong. et Gris — Au N .-F. de la baie de Prony
[Balansa 188 , M' Koghi [Pancher), M1 Hum boldt [Balansa
2505].
A. Raouli Moore — Nouvelle-Calédonie Moore], baie de
Prony [Jeanneney].
A. Rulei F. Muell. ex Lindl. — Nouvelle-Calédonie !Duncan,
I, 2, Raoul, Petit 136, Vieillard 353 j, Canala [Pancher,
Heckel, \ ieillard 1276, Balansa 2513], M1 Koghi [Raoul ,
baie de Prony [Jeanneneyj.
var. patens Barsali — Nouvelle-Calédonie [Pancher].
var. pendula Barsali — Canala [Vieillard].
Calhtris Balansæ Schltr.
Fresnela Balansæ Brong. et Gris.

Pl a n t e s ph a n éh o g a m es i &gt;k la noi v k l l e - c a l é d o m e

269

— Nouvelle-Calédonie | Duncan 5, 6, Mueller 69], Dombéa
[Pancher , Koé [Balansa 182, 2506], Ngoyé Schlechter
15179], M1 Hum boldt [Balansa 2506“], Port Bouquet [Balansa 2506b j.
Liboçedrus austrocaledonicus Brong. et Gris — M1 Humboldt
Balansa 2503, 3186. Schlechter 15333 j.
Podocarpus nlpina R. Br. ex Mirb. var. arborescens — Nou­
velle-Calédonie [M ueller].
R. (jnidioides Carr. — P. alpina var. cæspitosa — NouvelleCalédonie [Mueller 70 , M1 Dore Pancher, 397j, M* H um ­
boldt Schlechter 15329, 15330 , M1 Mou de Pompéry ,
M1 Koghi Balansa 183), Bouraré Cribs 1183 j, île des Pins
!Jeanneney].
P. rninur Parlât. — Nouvelle-Calédonie Petit 138, Raoul,
Pancher, Deplanche 170 , baie du Sud, lac Arnaud ! Vieil­
lard 1275], baie de Prony [Balansa 186, Jeanneney , Bou­
rail Balansa 1381, Pennel], M1 Humboldt Schlechter
15331, 15332], Pic Nakado Brousmiche , Pic de Kouvélé
[Brousmiche 697 j.
P. novæcaledoniæ Vieill. ex Brong. et Gris — NouvelleCalédonie [Germain, Raoul, Mueller], Dombéa [Vieillard
1266, Pancher,, Koé Balansa 189j, Port Bouquet Balansa
250i , M1 Dore) Pancher 396 j, Table Unio Lecard 92 , Bou­
rail Pennel , Nouvelle-Calédonie et ile des Pins Pancher .
var. latifolia Brong. mss. — Balade Vieillard 1265.
Balansa 3237 , M1 Mou Pancher , ile des Pins Pancher ,
I. pectinata Panch. ex Brong. et Gris — /&gt;. Pancheri Brong.
et Gris — Nouvelle-Calédonie Pancher . M‘ Mou Balansa
2862, Cribs 1309 .
P. tenuifolia Parlât. — Nouvelle-Calédonie Pancher . Dom­
béa, Poila, Pauloitche Vieillard 1260 . Üunia Vieillard
1261 , Port Bouquet Balansa 2502 .
P. usta Brong. et Gris — Diaoué, Poila Vieillard 1267 .
Pouébo [Pancherj, M1 Pénari B a l a n s a 3485 , Koé Balansa
I8 i], M* Koghi [Brousmiche 456 . baie de Prony Jeanne­
ney].
P. Vieillard ii Parlât. — Nouvelle-Calédonie Duncan t,

�270

A.

GIIL LÀLMIN

Mueller 08 , Poila [Vieillard 1262], K oé[B alansa 181, 1382 ,
M' Ivoghi Brousmiche].
Ducrydium araucarioides Brong. et (iris = Podocarpus araucarioidcs Brong. et (iris ex Panch. et Seb. - NouvelleCalédonie [Petit 108, 177. Deplanche 171, Raoul, Gribsj,
Canala, baie du Sud Vieillard 1277 . baie de Prony [jeanneney, Balansa 187], M1 Dore Pan cher 380 j, N goy é
Schlechter 1317,3]. M* Dzutnac Franc 761 , Port Bouquet
Balansa 2307. 2308 , Pic Foa Brousmiche].
/). Balansæ Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie Vieillard
1278, Petit 108 , W agap Vieillard 3262], embouchure du
Dothio Balansa, 3184], Bourail [Balansa 1380], Koé
Balansa 1380“], Uaraï, M1 Dore, Dombéa Pancher .
I). lycopodioides Brong. et Gris -— Nouvelle-Calédonie Muel­
ler 9 i , M1 Mou [Vieillard 3263, de Pom péry, Pancher 547,
Balansa 2863 .
I). (axoides Brong. et Gris — Nouvelle-Calédonie [Mueller
i l. Deplanche 169 , Balade, W agap N iei 11ard 1239, Deplanche , M‘ Koghi Pancher 379, Balansa 185, Brous­
miche |,M 'Mou Pancher, Brousmiche /Fable Unio Lecard ,
Pouébo Pancher 379 .
GVCAD ÂGÉES 1.

Cycas circinnalis L. — Nouvelle-Calédonie Pinard j. Thio
Grunow , Balade Vieillard 1702 , embouchure d e là Néra
Balansa 772 j, Nouvelle-Calédonie et île des Pins Pancher
399 .
(.. révolu (a lhunb. — Baie de Prony Jeanneney .

INDEX DES NOMS INDIGENES

A
Adivijalakara — Agératum conyzioides.
Adlivigonagahako
Hibiscus Ahelmoschus.
Ahoua (Bourail) = Pipturus?
Ahoui = Pipturus velu lin us.
Aiai = Avicennia.
Aindieden = Bhizophora mucronuta.
Alaouan (Balade) — Dioscorea ata la.
Alamporo Balade)
Dioscorea alala.
Alendiété — Alocasia macrorrhiza.
Aligo (île Art = Apiocarpus Moguinii.
A moro (Bourail) = liriaxis rigola
Anabédi = Pongamia glabra.
Aotcha = Cordia discolor.
Aoui Bourail) = Melrosideros operculala.
Aoui guru Bourail = Myrlus rufo punclalus
Aponié = Scrophulariacée.
Ariva Balade — Saccharum officinarum.
Arolam Balade ) = Saccharum officinarum.
Arou Bourail — Codiæum variegalum.
Ava = Broussonelia papy rt fera.
Azou île Lifou ) = Sideroxylon ! \\ ahere .
B

GENRES DE PLACE INCERTAINE

Duyezia arlensis Monlrouz. — Ile A rt M ontrouzier .
Ser resia asarifolia Monlrouz. — Ile A rt M ontrouzier .
I. Le Mouène \Cycas circinnalis a une moelle féculente donnant le
Sagou et des graines &lt;ju on mange grillées ; il fournit en outre une gomme
insoluble dans l’eau même chaude.

Baalan (île Arl = Ipomea Baalan.
Babai = Maxwellia lepidota.
Babaoui — Symplocos mtula.
Baiba = Anacardiacée.
Baïte = Légu mineuse.
Bambaï = Garcinia viliensis.
Banate (Balade) — Dioscorea alala.

�2r2

A. Gl ILLAlMlN
In d e x

Bangh'iak = H ahlenbergia gracilis.
Bao = Légiim ineuse.
Baouaïoué (Bourail) = Elaeocarpus sp.
Baoueu = Alocasia macrorrhiza.
Barénik Balade) = Colocasia esculenla.
Bariendo = Musa paradisiaca.

Bée = Macaranga Vedeliana.
Béhou (Bourail ! = Montrouziera sp.
Bembet (ile A rt = Cookia Sonneratii.
Bengan mala di buan (île A rt) = Mapouria speciosa
Béooua Balade1= Dioscorea alala.
Bera = Agalhis lanceolala.
Bilup na diet (ile Art
Acacia callisternon.
Boiépe Balade) — Saccharum officinarum.
Boinlioua (Balade — Saccharum officinarum.
Bo ké nak = Lippia nodiflora.
Bonduc = Cæsalpinia Bonducella.
Bouaou (Balade = Dioscorea alala.
Bouine (Balade = Dioscorea alala.
Bouiou (ile Art) = Sesuvium Portulacaslrum.
Boulé = Cerbera Manghas.
Bourao ou Borao = Hibiscus tiliacmis.
Buaralap ile Art) — Ipornea Buaralap.
Buat île Art) - Fagræa obovala.
Bugny = Sapotacée.

C
Cabo = Musa paradisiaca.
Casàri = Brotéacée.
Cendon = Clusiacée.
Chau — Albizzia granulosa.
Chawa (ile des Pins = Cerbera Manghas.
Chenaou
Acacia.
Chova = Protéacée.
Coboué Balade) = Colocasia esculenla.
Comité ile Lifouj = Elæocarpus sp.
Colaboute = Musa discolor.
Commaré Bourail = Myodocarpus s im p lic ifo lm s
Cordeldelack
Plerocaulon cylindrostachyum.
Couéaleu Bourail = 7 nslania CaUobuxus.

des

,\ o m s

i n d k î è .n e s

'ii ;

D
Dâak = Musa Fehi.
Dadi (Balade) = Colocasia esculenla.
Daleni = Thespesiq populnea.
Dan h’nia —- Apium Arnm i.
Daude (île Art) = Vif ex bicolor.
Délénolé Balade — Saccharum officiniarurn.
Dequentokiti = Triehilia.
Desmouan = Dioscorea hulbifera.
Diali, Diamboilate (Balade = Colocasia esculenla.
Diamote = Alocasia macrorrhiza.
Dian (île Art) — llhizophora gymnorhiza.
Dier = Papilionacée.
Dicou = Agalhis Moorei.
Diez = Sapotacée.
Dighoten (Bourail — Lomandra sp.
Dign (ile Art) — Castanospermum australe.
Digri = Sophora tomentosa.
Deini — Montrouziera spheræflora.
Dilou (Balade) = Saccharum officinarum.
Djanunao Bourail) — Cardamine sarmentosa.
Djaouméri (Bourail = Cleidion tenuispica.
Djiaguru Bourail) — Cyperus cyperinus.
Do = Musa paradisiaca.
Dobau *ile Art) — Eiguiera fragrans.
Doboua (Balade) = Colocasia esculenla.
Doganguéni i Balade ; = Saccharum officinarum.
Dongan = Citrus macroptera = ? C. hyslrix.
Dongan na diet ile Art) = Citrus Oxantliera.
Duraari = Eugenia Heckeli.
Durandavéo (Bourail) = Scæoola Iiœ nigii.

E
Eavoua — Canarium Balansæ.
Ecoach (de Lifou) = Cordia discolor.
Eua = Gardénia plalyxylon.
Eérai Bourail — Hibiscus tiliaceus.
Eou — Elæocarpus persicifolius.
I nnales du Musée colonial de Marseille. — -'* série. 9* vdI, 1911.

1S

�27!

A. (il ILLÀL'MliN

E'houa Bourail) = C oix L a cry m a Jo b i.
Ementélé = A llo p h y llu s Cobhe.
Erouma = M acaranga ! ed eh a n a .
Etou — Clusiacée.
Eveni = Myrtacée.
Evoe = Jam bosa.

F
Fanda = Malvacée.
Fagipo = Myrtacée.

G
Gadenadeboui (Balade) = S a cch a ru m o ffic in a r u m .
Géni Bourail i = I^eucopogon sp.
Gobouéa Balade = D ioscorea alala.
Goréate Balade) = S a cch a ru m o ffic in a r u m .
Gountaga la da rak = E clip ta m a rg m a ta .
Gouine = M usa parad isia ca var. oleracea.
Guilouk = C olcus /{lu m e t.
Guvetri — L asianthera a u stro ca le d o n ica .

Il
Hâ — Casuarina eguisetifolia.
Hàolan = Tacca pinnali/ida.
Hê Bourail) = H ib iscu s liliaceus.
Hérélavalondon == Rhizophora mucronata.
Heûn (Bourail) = Avicennia officinalis.
Heuria Bourail = C asuarina C u n n in g b a m ia n a .
Hiek manguiène = Lauracée.
Hiramia (baie de Prony) = Pancheria lernala.
Ho = Pittosporum rhylidocarpum.
Houp = Montrouziera cauliflora.
Hunga — Chrysobalanacée.

I
Innca = Rhamnacée.
Indenni = Rruguicra Rheedi.
Ion péan (Bourail) = Evodia friphijlla.
Itahou (Pouérihouen) = Melaleuca Leucadendron.

I.ndkX

u i :s

noms

in d ig èn es

J
Jabandao (ile A rt) = Sophora Jabandao.
Jabouak (Balade) = Colocasia esculenta.
Jalape (Balade) = Colocasia esculenla.
Jamia (Balade) = Dioscorea alala.
Jaoute (Balade) = Dioscorea alala.
Ja ra = Dioscorea alala.
Ja te (Balade) = Saccharum officinarum.
Jek Manguette = Polgscias pinnata.
Je la t (île Art) = Morinda bracleala.
Jeugaou (Bourail) = Alhizzia granulosa.
Jilio (Bourail) --= Cyperus rolundus.
Judamé (Bourail) = Alslonia Schumanniana.

K
Kabaoui = Thespesia populnea.
Kabopolénouen = Saccharum officinarum.
Kacodi (Balade) = Dioscorea alala.
Kalléte (l)iaoué) = Paudanus macrocarpus.
Kamorotchoué Bourail = Eugenia magnifica.
Kandié (Balade) = Colocasia esculenla.
Kandiéren (Balade = Colocasia esculenla.
Kaudji (Bourail) = Tetracera Eurgandra.
Kandote (Balade) = Dioscorea alala.
Karadgin (Bourail) = Cypholophus heterophyllus.
Kara zàa (Bourail) = Alslonia sp.
Karé (Bourail i = Greslania rirularis.
Kavé (Balade) = Dioscorea alala.
Kavé (Balade) = Colocasia esculenla.
Kavé (Balade) = Cucurbita Pepo.
Kavé poaka = Cucurbita Citrulfus.
Kavita (Bourail) = Rubns moluccanus var. neocaledonicus.
Kégué (Bourail = Slorckiellia Pancheri.
Kendack file Art) = //alfordia Iiendack.
Kéou (Bourail) = Iiapanea macrophy lia.

Keugeu Bourail) = Psychotria sp.
Kééba (île Art - Gardénia artensis, baladica et heterophylla
Keureukaïraéga ( Bourail = Juncns paucifïorus.

�271)

A.

(il lI.I.Al MIN

Kiaboué Balade)
Saccharum officinarum.
Kiamoan Balade = Colocasia esculeiila.
Kiarou Bourail = Xothopana.r sp.
Kigha Bourail) = Argophyllum laxum.
Kiou Bourail = Fugeni a pseudo malaccèlisis.
Kipé = A reçu ?
Kiméri Bourail = Fiat tostachys apetala.
Kimol n’méra i Bourail = Geniosloma restituai.
Kinemaite Balade) = Saccharum officinarum.
Kireu (Bourail) = Geissois racernosa.
Kivo rné Bourail) = Phi/llanUnis canalenais.
Kivou = Beilschmiedia lanceolala.
Koku = In lsia sp.
Kondimoua Balade = Saccharuin officinarum.
Kôo Bourail = Claoxylum insuUinum.
Koôku Bourail = Grevillea Deplanchei.
Koraouéo Bourail = Dubouzetia elegans.
Kou Yatê = Dioscorea alata.
Koubala Balade — Saccharum officinarum.
Koubate Balade — Dioscorea alata.
Kouéo Bourail = S o n n era i ta allia.
Koui Bourail == Luc ama rubicunda.
Koui naou Bourail = Clematis Pickeringii.
Koumogué Bourail = Cæsalpinia Schlechlen.
Kouré = La u racée.
Kimdubouédou Bourail — Aielastoma nialabalhricum.
Kuiep île Art) = Gardénia ( rvillei.
Kuru Bourail = Carex cernua var. loholepis.

\1
Ma Bourail = Vesselowskya serratifolia.
Maba = Maha ru fa el elliptica.
Magnagna (Bourail = Pucrarianes calédonien.
Maïcosa Bourail) = Blumea lacera.
Maïéouéte = Musa paradisiaca.
Maiou (Balade) = Saccltaruin of/icinarum.
Mala di buan i le Art) = Mapouria Deplanchei.
Malio (BaladeJ = Dioscorea alata.
Malonga (Balade) = Dioscorea alata.

INDEX

DES NOMS INDIGÈNES

Marabi (Bourail) = Dianella austrocaledonica.
Mammeo (Bourail) = Cunonia bullala.
Manaya (Bourail) = Heritier a lilloralîs.
Manite = Malvacée.
Manoué = Flindersia Fournieri.
Mari — Weinmannia serrala et dichotoma.
Masôo ou Mayôo Bourail — Geissois montana.
Mayôo ou Mayôo (Bourail
Achyranfhes argentea.
Mazemme = Diospyros sp.
M'baoué (Bourail) — Ficus edulis.
M biouin Bourail) = Ficus austrocaledonica ?
M boghé (Bourail) = Agalhis orala.
M’boidavui ( Bourail = Solarium sp.
M boiraé (Bourail) = Iiapanea slenopht/lla.
M'boireu Bourail) = 7renia Yieillardi.
M bouévarui Bourail) — Alyxia disphærocarpa.
M boui Bourail — Bauerella australiana.
M'bouisé (Bourail -= Steigeria montana.
M’bouix’boué Bourail) = Phyllanthus chrgsanlhus.
M'bouya Bourail = Cunonia montana et pulchella.
Mea = Geissois racernosa.
Mébouangué (Balade ; — Saccharum officinarum.
Méeirabi Bourail) = Microkentia Schlechlen. et sp.
Méeimbi Bourail — Aclinokentia ?
Meeu Bourail
Pandanus macrocarpa.
Meingneul ile Lifou = Canari uni Balansiv.
Mengou Balade — Saccharum officinarum.
Menndé = Citrus histrix.
Meredigo Bourail )
Symjilocos Leiiormandii.
Meu île des Pins
Melaleuca Leucadendron.
Meu — Acacia spirorhis.
Mi (Bourail = Freycinetia sp.
Mi (Bourail = Sideroxylon Wakere.
Migao (Balade) = Saccharum officinarum.
Milnea (nom des ouvriers)
Carapa obovata.
Minda = Pandanus ohlongus.
Mindoë = Anacardiacée.
M Mé (ile Ouen) = Melaleuca Leucadendron.
Mogué = Sfenocarpus Irinerris.
Mogui - Grevillea Gil liera y i

2

�278

A. GUILLAUMIN

Mivoi = Mi/oporum teiuiifolium.
Moène (Balade) = Saccharum officine m m .
Moindiène (Balade) = Saccharum of/icinarum.
Mondate Balade = Dioscorea ulula.
Monpou
Xunthoslemon rubrum.
Mooiô Bon rail) = Myodocarpus fraxini/olius.
Mor ko ton = Cardiospermum Ilalicacahiim.
Mou (Bourail) = Acacia spirorbis.
Mou Bourail = Clusia pedicellalu.
Mou (Bourail) = ( ta r d m u col h u a .
Mouoaporou Bourail = Trisema coriacea.
Mouène = Cycas circinnalis.
Mouéouéte (Balade) = Saccharum of/icinarum.
Mouoguéporo i Bourail = Solmsia calophylla, var. chrysophylla
Moreu ou Mœreu (Bourail = Carex spaliosa.
Mournagueti ile des Pins) =- Dysoxylum Lessertianum.

N
Na — Dizygolheca par cifolia.
Nal la oupi
Blumea lacera.
Nana Bourail — Acacia laurifolia.
Namanigo = Xylopia sp.
Nanaoui = Casuarina equ i.sel ifolia.
Nara (Bourail = Beilschmiedia oreophila.
Nara Bourail) = M icrom elon p u b escen s.
N dàho Bourail) = Andropogon Allionii o u refraclus.
N'dara (Bourail = Schænus arundinaceus.
N daraourou (Bourail) = Jfibbertia ngoyensis.
N demoo Bourail) = Casuarina Cunninghamiana.
N déré ou N’déné (Bourail = Maba ruminala.
N déri Bourail = Eleocharis esculenta.
N didoé Bourail = Syzygium laieriflorum.
N’digri Bourail = Freycinelia sp.
N’diro Bourail) = C o rd i/h n e sp.
N’diu Bourail) = Elæocarpus persicifolius.

N diu (Bourail) = Metrosideros laurifolia.
N’diu (Bourail = Piplurus incanus.
N diven (Bourail) = .Monlrouziera sphieroidea.
N dori Bourail = Pong a m ia\ j la h ra.

INDEX DES NOMS INDIGÈNES

N’doundara Bourail) = Mallotus répandus.
N dourou (Canala) = Ficus prolixa.
N’dowi (Bourail) = Andropogon schœnanlhus.
Nême = Musa paradisiaca.
Nemuaron = Nemearon Ilumboldlii .
Néré (Yaté) = Colocasia esculenta.
Nevepoa = Urticacée.
Ngala (Balade) = Saccharum of/icinarum.
Niaouli = Melaleuca Leucadendron.
Niemba (Balade) = Saccharum of/icinarum.
N igaraakareu (Bourail) = Sche/flera Aono.
Nigho (Bourail — Buddleia madagascariensis.
Nolé = Semecarpus afra.
Nolé nau diet (île Art) = Timonius plalycarpus.
Nomoua Balade) = Dioscorea alala.
Nou boibate = Cocos nue ifera.
Nou bouangaé = Cocos nucifera.
Nou do — Cocos nucifera.
Nou goine = Cocos nucifera.
Nou jomalate = Cocos nucifera.
Nou kigoute = Cocos nucifera.
Nou mia = Cocos nucifera.
Nou pougne — Cocos nucifera.
Nou tam en = Cocos nucifera.
Nou tig u it = Cocos nucifera.
Nouépou = Trislama capital lata.
Nou polan (Diaoué) = Cocos nucifera .
Noyré = Beilschmiedia Baillonn.
Numéa ile A r t - Te tracera Euryamlra.

O
Oandhio (Bourail) = Geilonoplesium cymosum.
Oéo = Acacia.
Oho (Bourail) = Cyperus sp.
Otchia = Cordia discolor.
Ou (Balade) = Dioscorea alala.
Oua = Ficus neocaledonica.
Ouabélo (Balade) = Dioscorea alala.
Ouaboune (Balade) = Mvrlacée,

�2S0

A.

1.I II.LAI MIN

Ouagan = A locasia niacro rrh iza .
Ouagape Balade) = Colocasia escu len la .
Ouala (Balade) = Dioscorea ulula.
Oualaote Balade) = Dioscorea a/ala.
Oualé Balade) — Dioscorea aculeafa.
Ouali Balade) = Saccharuni officinarum.
Oualo = Mvrtacéc.
Oua rnéti hakon
Gynandropsis penlaphy lia.
Ouane iBalade) = Saccharuni of/icinaruni.
Ouangoura Baladei = Dioscorea alala.
Ouangui Balade) — Ficus prolixa.
Ouaoua Balade) = Colocasia esculenla.
Ouaré ^ alé) = Dioscorea aculeata
Oubamo (Balade) = Dioscorea alala.
Oubi Balade
- Dioscorea alala.
Oudiéma Balade = Dioscorea alala.
Oudiépé Balade) = Gardénia Oudiepe.
Oudiépe-ait Balade) = Saccharuni officinarum.
Ouenendoe = Mvrlacée.
Ouen ébail Balade = Saccharuni officinarum.
Ouen mangia Balade) = Saccharuni officinarum.
Ouen Balade) — Saccharuni officinarum
Ouen ou poudendate Balade) = Saccharuni officinarum
Ouéou Bon rail = Hehchrysum neocaledonicum.
Ouéri = Blackwell ta viliensis.

Oufi Diaoué = Dioscorea a/ala.
Oui = E uphorbiacée.

Oumaa Bourail) = Montrouziera sphæroidea.
Oumon Balade) = Colocasia esculenla.
Ounégate Balade) = Colocasia esculenla.
Ouourou (Bourail) = Gardénia lucens.
Ovi == Araucaria Cooki.
B
Pâa — Dioscorea p en fa p h i/lla .
Pabe' île Art) = Sonnera lia al ha.
Pahouin = Pipturus velutinsus.
Paiambou (Balade) = Saccharum ofReinarum
Paieme Ilalade =
Saccha

INDEX DES NOMS INDIGÈNES

281

P aïnou — Musa paradisiaca.
Palat (île Art) — Fhvodendron Cunninqhami.
P alat puala ia num île Art) = Slravadium intey ri folium.
Palmé = Carapa sp.
Pan = Pandanus odoralissimus.
Pao (Canala) —- Myoporum lenuifolium.
Paoui — Parilium ?
P arangheato (à P o n é rih o u e n ) Loranlhus sp. parasite sur Spermole-

pis lannifera.
P aricrao u te (Balade) = Colocasia esculenla.
Pâte = Musa paradisiaca.
Péa ou Hô = Pillosporum rhylidocarpum.
Pébolemboua = Musa paradisiaca.
Pébukourouo (Bourail) = Erythœa australis.
Péhoïmbévaoua (Bourail) = Evodia drupacea.
Pemmy (Bourail) = Morinda Billardieri.
Pémoïkaré Bourail — Gnaphalinm involucratum.
Pémoropéhoué Bourail) = I fib b e r lia n g o ye n sis.
Pénibarabao (Bourail — Mooria canescens.
Péo = Pillosporum rhylidocarpum.
Pépéhouaré Bourail = Leucopogon dammarifolium.
Péra = Alocasia macrorrhiza.
Péra m’boyo Bourail = I raria lagopodioides.
Péraouzia (Bourail) = Sida acula.
Pésakaré Bourail = Argophyllum ellipticum.
Pétia n’dé (Bourail) = Fimbrislylis neocaledonicum.
Pidiak (Balade) = Saccharuni officinarum.
Pio = Calophyllum montanum.
Pit = Calophyllum lnophyllum.
Pobo Balade) = Colocasia esculenla.
Pobone Balade) = Saccharuni officinarum.
Podedelack = Plerocaulon cylindrostachyum.
Poiéte = Musa paradisiaca var. oleracea.
Poigna = Musa paradisiaca.
Poiio — Musa paradisiaca.
Poilote (Balade) = Saccharuni officinarum.
Poinape ou Poindape = Musa paradisiaca.
Poindiate = Musa paradisiaca.
Poindo ou Poindi — Musa paradisiaca.
Poingaboite = Musa paradisiaca.

�282

A. GUILLAUMIN

Poï n'gôo tirai (Bourail) = Sparattocyce dioica.
Poingou = Musa paradisiaca.
Poinguième = Musa paradisiaca.
Poinguiouape = Musa paradisiaca.
Poï oué nou Bourail = Pithecolobium Fournien.
Poirou (Bourail == Gardénia speciosa.
Poi you Bourail) = f noria discolor.
Pondo île Art) = Pornaderris capsularis.
Pouaï = Iiernandia cor digéra.
Pouan Balade) = Dioscorea al ala.
Poué = Elæocarpus ovigerus.
Poulisiak ho — Oxalis corniculala.
Pounemate Balade i = Saccharurn officinarum.
Pounienhoro = Musa paradisiaca.
Pourritsa Bourail — Hedycaria cupulala.
Puala ile Art = Scævola Kœnigii.
Puaume ile Art) = Eugenia Gacognei.

B
Reawa Bouraili = Psycholria seniperflorens.
Rhon Bourail) = G e r b e r a M a m / l i a s .
S

Sâ = Ficus Schlechleri.
Schano Bourail = Pseuderanlheniuin luberculalu
Schimate Balade) = Saccharurn officinarum.
Semkre nak — Myriogyne minuta.
Sezitat = Gardénia Sezilat.
Shano Bourail = Dendrobium rnuricatum.
Shano Bourail = Arthropodium sp.
Shoa (Bourail) = Dioscorea bulbifera.
Stchiabéou = Musa paradisiaca.
Stchiadegon Balade = Dioscorea alala.
Stchiendape = Musa paradisiaca.
Sthiabangui Balade) = Saccharurn officinarum.
Stbiabo Balade) = Dioscorea alala.

INDEX DES NOMS INDIGÈNES

T
Tabakaï (Bourail) = Santalum austrocaledonicum.
Tacb al = Gnaphaliurn luteo album.
Tain = Acacia.
Talé = Mimosée.
Tangalite (Balade) == Saccharurn officinarum.
Taraanou = Calophyllum Inophyllum.
Tanmaoute (Balade) = Golocasia esculenta.
Tanli (Balade) = Dioscorea alala.
Tao (île Art) = Curculigo orchioides.
Taoua = Dizygotheca.
Taro = tous les Golocasia et Alocasia.
Tava = Cenarrhenes spathutala.
Tat (ile Art) = Enlada adenanthera.
Te alla oupi - —Marsdenia Billardieri.
Tendaoué = Euphorbiacée.
Tenguet (île Art) = Tirneroya artensis.
Thsiogan (Balade) = Saccharurn officinarum.
Tiabat (île Art) = Jambosa læcis.
Tianaboué Baladei = Golocasia esculenta.
Tiaoune (Balade) = Golocasia esculenta.
Tibéan = Santalum austrocaledonicum.
Tielimi = Sapotacée.
Tiguite = Musa paradisiaca.
Tilibi (Balade) = Saccharurn officinarum.
Tionga na (ile Art) — Ochrosia Thiollierei.
Tiongat (ile Art) = Cerhera Manghas.
Tirène (Balade) = Golocasia esculenta.
Tiu (île Art) = Urena heteromorpha.
Toghi = Premma sambucina.
Togoi = Cordia.
Topocai = Santalum austrocaledonicum.
Tove = Apocynacée.
Tshiambo (Balade) = Saccharurn officinarum.
C
Ué m méré à ile Ouen = Spermolepis lanmfera.
Uio (île Art — Ximenia elliptica.

283

�28 i

Ulia (ile Art =

A. GUILLAUMIN

M e lro s id e ro s e le g a n s .

Uote = D io sc o rea sp.
Uraï île Nui'.i = F ic u s

p r o li x a .

CORRECTIONS ET ADDITIONS
y
Vara — C a l o p h y l l u m I n o p h y l l u r n .
Vermoui
Gard nia corymbosa.
Ven = H i b i s c u s t i l i a c e u s .
Voihétako = \ ' i / e x .
Volari — I l y d r o c o l y l e a s i a l i c a .

Dans le présent catalogue ne se trouvent pas comprises les listes de Plantes
que j'ai publiées depuis le l*rjuin 1 9 1 1 voir U. Lecomte. Xotulæ Syslematicie,
11, et Bulletin du Muséum d'Histoire naturelle, 1911.

p.

86

pp.

89
90

p-

91

pp-

92
93

p.

94

W
Wakere = P l a n c h o n e l l a W a k e r e .
Wara Bon rail' = J o i n v i l l e a e l e g a n s .

X
Xandou Ile des Pins — Euphorbia sp.

Y
Yalé = Lègumineuse.
Yeon nadi ile Maré)
Melaleuca Le ucadendron.
Youé île Maré) = Casuarimi nodi/lora.

Z
Zàa ou Sha Bourail
Faucher ta Engleriana.
Zàa ou Sha Bourail) = C o d i a r n o n t a n a e t f l o r i b l i n d a .
Zaaza Bourail) = S e r i a n t h e s r n y r i a d e n i a .
Zaé (Bourail = Guioa collina.
Zaguy i Bourail = Pancheria Yieillardi.
Zhio Bourail) == Elæocarpus persicifolius.
Zhio [ Bourail) = Piplurus velutinus ?
Z ium Bourail i = Alstonia plumosa.
Zoanguémara Bourail = Melochia odorala.

p- 95
p- 97
p- 98
p- 103
p- 105

p.
p
p.

5e ligne : au lieu de : 1859, lire : 1858.
un ano n y m e, lire : le D r Gervais.
30e —
1859, lire 1858.
18" —
du M uséum, lire : au M uséum .
31e —
1871, lire : 1873-4.
34e —
—
1872, lire : 1874.
35e —
australe, lire : centrale.
7° —
—
17" — lire : D r Gervais.
9e — : au lieu de : 1902, lire : 1900.
16" — lire : Iiihbertia coriacea Gilg — Trisema coriace a
I lo o k . f. etc.
4" ligne : s u p p r im e r Trisema Yieillardi B rong. et Gris
(id en tiq u e à Hibberlia Vanien) et le rem placer par
Trisema wagapii Gilg — W a g a p [Vieillard).
25e ligne : au lieu de : Timorphandra , lire : Trimorphandra.
4" —
a j o u te r = H. Vicillardi Gilg.
—
au lieu de : G1st 1nacke s , lire : C istacées .
—
—
B ixinacées, l i r e : B ixacebs .
biparlida
, lire : biparti ta.
5e —
d e rn iè re ligne : au liieu de : Vascoana, lire : Yescoana et

reporter l’espèce aux Tiliacées.
106 7e ligne : au lieu de : p r o c u m b e u s , lire : p r o c u m b e n s .
107 lre —
—
E læ o c a r p u s , lire : E læ o c a r p u s .
108 15e —
—
Canala, lire : W'agap, Canala.
16° —après n° 50, ajouter n° 2355.
1 7 « — supprimer D u b o n z e tia p a r v iflo r a Brong. et Gris,
identique au précédent, à la suite ajouter :
I). a c u in in a la Sprague — Nouméa !Caldwell], Ml
Dzumae [l'ranc 439 .
1). c a u d ic u la la Sprague — Galope \ ieillard 2 1.) 1 , Ml
Pauloitche [Caldwellj.

�CORKECTIONS H t ADDITIONS

28(1

p . 108

p. 110

p. 111

p . 11-4
p. 117
p. 118

P- 119
P- 120
P- 122
P- 1*2-4

P- 125
P- 125
P- 126
P- 128

P- 133
P- 134
P- 138
P- 139
P- 146
P- 147
P- 148
P- 155

D . leionerna Sprague — M' Ouentende, près Galope
[Vieillard 2353].
24° ligne : après //. P e n ic illa n fh e m u v l Bail!., ajouter :
= D u ra n d e a a u g u s lifo lia Slapf.
25° ligne au lieu de : 2836, lire : 2336.
supprimer : mss.
5e —
ajouter : Dombéa [Franc 78i.
7e —
12e — après c o r y m b o s u r n , ajouter : Labill.
après Bai 11. ajouter : mss.
26** —
A c r o n y c h ia B â u e r i Schott. est identique à
28e —
B a u e r e lla a u s ir a lia n a Borzi (p. suivante).
5e ligne : supprimer: ile de Taule [Deplanche, 278] qui est
un P ic r o c a r d ia re sin o sa Radlk (p. 126).
5® ligne : au lieu de : O l a c i n a c k e s , lire : O l a c a c é b s .
13e ligne : au lieu de m u c r o n a lu lu s , lire : m u c r o n u l a tu s et
reporter l'espèce à la famille suivante.
15e ligne : au lieu de: I l i c i n a c é e s , lire : I l i c a c é e s .
16e —
ajouter : nos 870, 2493, 2495.
17e —
après Panch., ajouter : et Seb.
au lieu de : G é l a s t r i n é e s , lire : C é l a s t r a c é e s .
18** ligne au lieu de : Pleripterygia , lire : Periplerygia.
13®
supprimer : Yentilago maderaspatana.
17®
lire : Guioa eillosa Radlk = G. collina Schllr
= Cupania villosa Panch. et Seb.
-21' ligne : au lieu de : caudicans, lire : candicans.
-8e —
—
lasioneurus, lire : leioneurus.
18® — lire : A. collina Radlk. = A . pachyphylla Radlk
— Cupania collina Panch. et Seb.
3e ligne avant la fin — au lieu de : Forst., lire : L.
22e _
au lieu de : Gœrtn., lire : Gærtn.
14e _ ajouter : île des Pins j Mueller, Vieillard, Pancherj.
18® _ après Brong. et Gris, ajouter : mss.
18e ligne : au lieu de : 640, lire: 641.
32
—
mss., lire : ex Pampan.
lr° _ lire : S p ir æ a n th e m u m B r o n g n ia r l ia n u m Schllr.
= 5. v itie n s e Brong. et Gris, non Asa Gray.
3Ie li^ne : au lieu de : mss., lire : ex Pampan.
4e
ajouter un point de doute avant M . c a n e s c e n s .
18®
après Beauvis, ajouter : mss.
3®
supprimer : mss.
22
au lieu de 15, 610, lire : 15610.
19®
supprimer : M y r to p s is m a c r o c a r p a qui est une
Rutacée (voir p. 110).
®

CORRECTIONS ET ADDITIONS

287

p. 155 avant-dernière page, lire : Memecylon neocaledonicum.
p. 169 32® ligne : au lieu de Serizal, lire : Sezilaf.
j). 186 à 190 S a p o t a c é e s . Distinguer le genre Planchonella (com­
prenant les genres de Pierre: Planchonella, Poissonnella
et Beccariella réunis) avec les espèces suivantes :
Planchonella Baillonii Duhard
Lucurna Baillonii Labill.
P . B a la n s æ a n a Pierre = S id e r o x y lo n B a la n s æ a n u m Pierre et
ajouter [Lecard 47-44®].
P . B aueri. Dubard = L . ? b a la d e n s is Baill. et ajouter Deplanche
305].
P . B r o u s m ic h e i Pierre = S . B r o u s m ic h e i Baill.
P . c o n te r m in a Pierre = A c h r a s co sta la Panch. et Seb. = ? A . costa ta Endl.
P . co ria cea Dubard = S . la s ia n th u m Baill.
P . c r a s s in e r v ia Dubard = .S. P a n c h e r i Baill.
P . c r e b r ifo lia Pierre — L u c u rn a c r e h r if o lia Baill.
P . D e p la n c h e i Pierre = C h r y s o p h y l l u m D e p la n c h e i Baill.
P . d ic ty o n e a Pierre = S id e r o x y lo n d ie ly o n e u m Baill. et ajouter
Païta [Vieillard 553], M'bée Vieillard 556].
P . J a c q u in iæ fo lia Pierre — L u c u rn a ? J a c g u in iie fo lia Baill.
P . læ te v ir e n s Pierre = L . ? læ le v ir e n s Baill.
P . la u ra c e a Pierre = S i d e r o x y lo n ? fa n race u m Baill.
P . li f u a n a Pierre = S . lifu a n u r n Baill.
P . li n g u a -fo r m is Pierre = C h r y s o p h y llu m lo n g ip e s Baill.
P . m ic r o p h y ll a Pierre.
P. novocaledonica Dubard — Nouvelle-Calédonie Petit 130].
P . P a n c h e r i Pierre = S i d e r o x y l o n c in e r e u m Baill.
P . P e titia n a Pierre = C h r y s o p h y l l u m m a c r o c a r p u m Baill.
P . p i n i f o l i a Pierre = L u cu rn a p i n i fo lia Baill.
P . p o m ife r a Dubard = S i d e r o x y l o n ? sp h re ro c a r p u m Baill.
P . r e tic u la ta Pierre = S’, r e tic u la tu m Baill.
P . r u b ic u n d a Dubard = L u c u rn a ? r u b ic u n d a Pierre ex Baill et
après Lecard, ajouter : 33.
P . S e b e r l i Dubard = S i d e r o x y lo n la s io c la d u m Baill.
P . Y i e i l l a r d i Dubard = S id e r o x y lo n Y ie i l l a r d i Baill.
P . e i r id is Pierre = L u c u rn a ? d is c o lo r Baill.
P . W a h e r e Pierre = S id e r o x y lo n W a k e r e Baill. et après Pancher,
ajouter : 565.
p. 258 supprim e r : R estiacées.
p. 271 21® ligne : au lieu de : S i d e r o x y l o n , lire : P la n c h o n e lla .

�TABLE

DES

FAMILLES

,--------------------------------- --

Les familles marquées d'un * sont celles représentées en NouvelleCalédonie, mais dont aucun représentant n'a été signalé, bien que j ’en
aie trouvé d ’indéterminés dans les herbiers.

A canthacées........
Arnaranthacées . .
Amaryllidacées...
Ampélidacées. . . .
Anacardiacées . . .
Anonacées............
A pocvnacées........
Aracées..................
A ra lia cé es............
Artocarpacées. . .
Asclépiadacées...
Balanophoracées. .
Balanopsacées.
Bignoniacées........
Bixacéês.................
Boraginacées . .. .
Burséracées...........
Campanulacées . . .
Cannacées..............
Capparidacées.......
Caprifoliacées........
Caryophyllacées ..
Casuarinacées . . . .
C é la stra c é e s..........
Celtidacées.............
* Cératophvllacées
C hénopodiacées.. .
Ckloranthacées... .
Cistacées................
Combrétacées........
Commélinacées . .
Com posées.............
Conifères................

20l
210
247
121
126
95
192
255
159
231
198
219
229
203
98
200
114
180
247
97
166
99
236
118
230
237
211
212
97
142
250
177
267

Connaracées.............................
Convolvulacées.....................
Cornacées.................................
Crucifères.................................
C u c u rb itac ée s.........................
Cycadacées...............................
C ypéracées...............................
D illéniacées.............................
Dioscoréacées..........................
D ro sérac ées.............................
Ebénacées.................................
Epacridacées........................
Ériocaulonacées.....................
É rythroxylacées.....................
E uphorbiacées......................
Ficoïdacées..............................
Flagellariacées........................
Fumariacées ..........................
Gentianacées...........................
G esnéracées.............................
Goodéniacées..........................
Gram inées...............................
G uttiféracées.................
Ilaloragacées...........................
Ilippocratéacées....................
Ilydrocharidacées.................
Ilypéricacées..........................
Micacées.................................
Iridacées...................................
J u n c a c é e s ................................
Labiées......................................
L au rac ée s.................................
Légum ineuses.........................

Annules du Musée colonial de Marseille. — 2* série, 9* vol. 1911.

126
201
165
96
158
276
257
93
248
140
189
180
256
109
220
158
251
96
200
203
179
259
100
141
120
238
100
118
247
251
208
213
127

19

�290
L em u acées..........
L ilia c é e s .............
L in aeées...............
L oganiacées,. . . .
L o ra n th a c é e s. . .
L y tlira c é e s .........
M ag n o liacées....
M alp ig h ia c é e s. .
M alv acées..........
M élasto m aeées..
M é lia c é e s...........
M éuisperm acées
M oracées.............
M onim iacées.. . .
M oringacéés----M usacées.............
M yoporacées.
* M yricacées . . . .
M y rta c é e s...........
M y rsin acées.. ..
N ajad acées.........
N é p e n lh a c é e s...
N y c la g in a c é e s.
O lacacées .........
O lé a c é e s.............
O m b e llifè re s.. .
O n a g ra ria c é e s.
O rc h id a c é e s. ..
O x alid ac ées.. . .
P a lm ie r s ...........
P a n d a n a c é e s...
P assiflo ra c é e s..
P hytolaccacées.
P ip éracées........
P illo sp o ra c é e s.

t a b le des

256
249
108
198
218
156
93
109
103
155
114
96
231
212
126
247
205
236
142
182
256
211
210
117
191
158
156
238
109
251
254
157
211

212
98

F \ MIU.ES

Plantaginacées.......................
Plum baginacées....................
Polygonacées.........................
Portulacacées.........................
Primu la c é e s ...........................
Proléacées ..............................
Renonculacées. .. .................
Rhizophoracées... . . .

.........

S an ta lac ée s................ ............
Sapindacées............................
S a p o ta cé es ..............................
Saxifragacées.........................
Scrophulariacées...................
Simarubacées.........................
Solanacées....... .......................
Stcrculiacées ..........................
Styracacées.............................
Ternstrém iacées....................
Thyméléacées.........................
Tiliacées..................................
Triuridacées ...........................
U rticacées...............................
V erbénacées...........................
Violacées..................................
X y rid ac ées..............................
Zingibéracées..........................
Zygophyllacées......................
Genre de place incertaine
(D ugezia, S erre sia )..........

209
182
211
99
182
214
93
120
141
132
166
110
156
219
121
185
133
203
113
201
104
190
248
102
218
106
256
235
205
97
250
247
109
270

SUR LE

SARCOCAULON PA TERSONU

etZeyh.

AU POINT DE VUE ANATOMIQUE
ET SUH LA N A TURE RÉSIN EUSE DE SON ÉCORCE

Les Sarcocaulon sont des arbrisseaux xérophiles vivant
dans les cailloux secs de l ’Afrique A ustrale, dans cette région
géographique où les végétaux prennent volontiers des allures
étranges. Ce sont des Géraniacées, auxquelles leur appareil
végétatif spécial donne l'aspect de plantes grasses, à écorce
épaisse, se recouvrant souvent d'épines et présentant à la
surface de la tige des couches résineuses fort abondantes.
Cet exsudât naturel donne à l'écorce sèche la propriété, que
les indigènes utilisent, de brûler avec une odeur agréable.
Cette excrétion paraît, d ’après Heckel ', avoir de grands
rapports physiologiques avec celle des Kalanchoë de Mada­
gascar, Crassulacées intéressantes qu ’étudie en ce moment
mon collègue Jadin. Cette résine ou plutôt cet ensemble de
résines n'existe pas dans les genres voisins (M onsonia, Biebersteinia), ainsi que Heckel a pu s'en assurer.
Rudolph M arloth ' en appelant l ’attention sur ces plantes,
qu'on appelle M anteau de résine (H arzm antel), dit qu'il ne
s’agit pas d'une résine, mais d'une substance cireuse, donnant
1. C. R. Acad, sc., 20 avril 1909, p. 1073. Sur la nature résineuse
rapprocli. les écorces de Sarcocaulon du Cap et celles de quelques
Kalanchoë de Madagascar.
2. W issenschaft Iic lie Ergebnisse der deulschen Tiefsccexpedition au/
dem Darnpfer « Valdivia », 1898-1899, 2e vol., 3° partie avec 3 figures.
— Das Kapland in Sonderheit, Dus Reich der Kap/lora. Das W aldgebiet
urul die Kurra.

�292

L. PLANCIION

par l'alcool absolu ou la benzine un léger trouble, tandis
qu elle se dissout facilement dans le chloroforme.
« L enveloppe presque vitreuse qui entoure les tiges est
formée de couches corticales 1 si com plètem ent im prégnées
de cire que même sur l'arbuste vivant elle peut être enflam ­
mée 2, ce qui a valu la plante le nom de buisson-chandelle. »
Ailleurs le même auteur cite et ligure 3, parm i les
plantes épineuses le S. Burnianni, qui, dit-il, « développe ses
pétioles foliaires en épines acérées, et protège sa tige avec
une écorce imprégnée de cire et de résine. Au printem ps, en
effet, cette tige épineuse se couvre, pendant quelques jo u rs
ou quelques semaines, de grandes fleurs blanches, tandis que
les petites feuilles sont persistantes ».
En réalité, d’après Heckel, le contenu de cette écorce n ’est
pas une cire, mais un ensemble de résines solubles dans
l'alcool, le sulfure de carbone, le tétrachlorure de carbone,
l’éther sulfurique, etc. Il y a eu confusion entre la m atière
superficielle extérieure, protectrice de l’écorce, et le contenu
des cellules de cette écorce.
Le genre S arcocaulon Sw eet ( H o rt. B r it., éd. 1, 73, 1826.
— Benth. et Hook., t. 1, 272, renferme un fort petit nombre
d'espèces, que Ion peut énum érer comme il suit, d ’après Y I n ­
dex Kewènsis ou son supplém ent :
S. Burnianni Sw eet, loc. cit. — Afr. austr.
S. L H eritie ri Sw eet, loc. cit. — Afr. austr.
S. Patersonii Eckl. et Zeyh., Enum . 57. — Afr. austr.
S. M arlothii Engl., Bot. Jahrb., X (1888) 31. — Afr. aus­
tro-occident. extratropic.
S. rigidum Sehinz, in Verh. Bot. Ver. B rand., XXIX
(1899), 59. — Afr. austro-occident, extratropic.
1. Marlolh [loc. cit., p. 229) figure sommairement ces couches corti­
cales extérieures, à deux grossissements. C'est, d ’après sa figure, sim ­
plement du suber.
2. J ’ai pu constater ce phénomène non sur les Sarcocaulon dont je
n’ai vu aucun spécimen sec, mais sur les Kalanchoë, que Heckel en
rapproche au point de vue purement physiologique, et dont plusieurs
espèces figurent bien vivantes au Jardin botanique de Marseille.
3. Loc. c i l . , p. 324.

SA RCO CA I I . O N PATE R SO MI

293

A vant de devenir le type d ’un genre, les Sarcocaulon
étaient rangés dans les Monsonia. De Candolle 1 en fait la
l re section de ce genre, avec trois espèces (M. L 'H eritieri,
Patersonii, Burnianni). Il existe d ’ailleurs les plus grands
rapports entre les deux genres.
Presque toutes les espèces sont de l’Afrique australe et des
régions sèches.
Les échantillons étudiés consistaient seulem ent en tiges et
feuilles à l’exclusion de tout autre organe. Il im portait tout
d ’abord de chercher à quelle espèce il convenait de les rappor­
ter. En procédant par exclusion il fallait évidemment laisser
de côté le S. B urm anni dont les feuilles sont plus ou moins
crénelées ou découpées, et sans doute aussi le S. L'H eritieri
dont les feuilles sont m ucronées.
On pouvait surtout hésiter entre le S. rigidum Sehinz et le
S. Patersonii, plus anciennement connu, et qui me semblait
répondre assez bien à mon échantillon. Cependant la descrip­
tion de Sehinz 2 pour les parties végétatives du S. rigidum
paraissait aussi se rapprocher beaucoup des échantillons exami­
nés. Cette espèce, originaire d'A ngra-Pequena (Gross Namaland), est un arbrisseau de 30 à 50 cent., avec entre-nœ uds
cylindriques, épais de 1 à 2 cent, et plus ou moins étranglés
en forme de saucisses, aux ramifications. Les ram eaux sont
hérissés d ’épines de 3 cent, environ, et raidis par la sécrétion
d'une résine abondante. Les feuilles, pourvues d'un pétiole
de 1 à 2 m m ., sont en forme de cœur renversé, ô pointe
molle au sommet, de 8 à 10 mm. sur 6 à 10 m m ., glabres,
entières, charnues, coriaces......... (Suit la description de la
fleur) :
Cette espèce, dit l’auteur (loc. cit.), se distingue du
S. B urm anni par ses feuilles à bords entiers, en cœur ren­
versé, et du S’. Patersonii, fort voisin, par ses grands pétales

1. Prodrome I, 658.
2. Beitrage zur Kenntniss der Flora von Deutsch.-Südwest-Afrika und
der angrenzenden Gebiele (Abhand. des bol. Vereins Brand., XXIX,
1889, p. 59).

�291

L.

PLANCHON

Ami. du Musée colonial de Marseille, PI. I.

et ses sépales terminés par une pointe, qui, dans cette dernière
plante, peut être fort petite (Harvey et S o n d er1). Elle diffère
aussi du S. L'IIeritieri et de la variété décrite par Schinz
Uoc. cit., p. 58), par le port général, et les entre-nœ uds
raides, vernissés et étranglés aux nœuds, qui ne perm ettent
aucune confusion.
« La résine découle en grande quantité du S. rig id u m
au point de former des protubérances grosses comme le
poing, de couleur brun clair, noircissant avec le tem ps ;
en raison de son odeur agréable, elle est recueillie par les
Hottentots et façonnée en perles. La grande extension de la
plante à l'intérieur du pays de Ludéritz rend désirable q u ’on
l'étudie au point de vue de la valeur commerciale possible 2. »
En l’absence de tout organe essentiel de la plante, et bien
que les excellentes photographies du Jardin botanique de
Zurich, communiquées par M. Heckel, m ’eussent donné déjà
de bonnes indications (voir Planche I), je ne pouvais faire une
détermination définitive et j'ai eu recours à l’obligeance du pro­
fesseur Schinz, auquel j ’ai soumis une partie des échantillons:
M. Schinz voulut bien me répondre q u ’il n ’avait aucun doute
et que c’était bien là le S’. Pafersonii. C ’est donc décidém ent
à cette plante qu il faut rapporter les organes végétatifs dont
il me reste m aintenant à donner la description.
Ils étaient renfermés dans un bocal herm étiquem ent clos et
dont le tond était occupé par un paquet de ouate imbibée
d alcool. Dans ces conditions, ils se sont bien conservés,
grâce à la vapeur alcoolique.
Dans le flacon était renfermée. 1 étiquette suivante :
78 Pink flowered bash Sarcocaulonis ivith W elw itschia —
comrnon in broken ground 3 /3 /0 9 . — 2‘‘ étiquette : Sla 69
1 oung shoots o f tlic thin stem med Sarcocaulon. (É tiquette
très effacée par l’alcool.)

1. Flora Capensis. ï, p. 237, ex Schinz.
2. Schinz, loc. c it.,p. GO.

Sarcocaulon Patersonii Eckl. et Zeyh.
Photographie d’un spécimen provenant de l’herbier
du Jardin botanique de Zurich

Année 1011.

�A nn. du

Musée c o l o n i a l (le Marseille, PI. II.

Sareocaulon Palersonii.
(Tige. feuilles, épines.

Année 1911.

�SARCOCAULON PATERSONII

§

I.

—

D

e s c r ip tio n

295

générale.

L échantillon se compose uniquem ent de quelques fragments
de tiges, variant de diamètre, de longueur et d ’aspect, et por­
tant çà et là, surtout vers les extrém ités, de nombreuses
épines, évidemment de nature foliaire, et quelques petites
feuilles très caduques (Voir Planche II).
L aspect général est celui d une sorte de plante grasse
épineuse. Cet habitus n’a rien qui surprenne chez les plantes
de la région sud-africaine.
T i g e s . — La couleur, probablement verte sur le frais, est
jaune ou brun jaunâtre, un peu variable et tendant à foncer
dès qu’on sort l’échantillon pendant quelque tem ps de la
vapeur d’alcool. Çà et là nombreuses traces cicatricielles
foncées de feuilles ou d ’épines tombées. La forme, cylindrique
dans l'ensem ble, présente cependant de nombreux étrangle­
m ents irréguliers. La surface n ’a pas l’aspect résineux.
Le diam ètre atteint 2 à 2 1/2 cent, à la base, mais s’atténue
à l’extrém ité des rameaux jusq u ’à 2 ou 3 mm. La consistance
de la région corticale est molle : pour peu que l’on comprime
entre les doigts, la zone externe se laisse déprim er contre le
centre dur, et la région tout à fait extérieure se détache en
lam beaux papyracés.

Section transversale. — Elle frappe dès l ’abord par les
différences qu’offrent les régions centrale et extérieure au
point de vue de la consistance et de la couleur. La zone
extérieure est en effet jaune clair à la surface, presque
blanchâtre dans la profondeur, d'aspect souvent feuilleté, se
détachant et se déchirant assez aisément, très élastique et
très difficile à couper avec le rasoir à cause de cette élasticité.
La région centrale, au contraire, est dure, résistante et brune,
composée d'ailleurs elle-même de deux zones inégalem ent
colorées et inégalem ent consistantes.
Dans les plus gros fragm ents, le bois central est rayonné,
très dur, et entouré par une zone presque noire. Au centre,

�2%

L.

SARCOCAULON PATERSONII

PLANCIION

une tache noirâtre indique une petite moelle. Elle est plus
grande et le bois rayonnant plus réduit dans les fragm ents
moins âgés.
Sur la section loriffitudinale on retrouve ces zones et l ’on
peut constater que l'axe m édullaire noirâtre central tend à
disparaître sur les points rétrécis. Du reste, les différences de
teinte, partout très évidentes, ne sont pas toujours identiques
dans les divers fragments.
Les extrémités des tiges sont hérissées d épines nom breuses,
correspondant à des feuilles, et à l’aisselle desquelles naissent
des bourgeons. Ces épines foliaires portent même ordinaire­
ment deux petites épines secondaires latérales, qui ont la
valeur morphologique de stipules. La base de ces épines est
élargie, plus ou moins renflée, et légèrem ent décurrente. Sur
les tiges un peu âgées elles persistent encore quelque tem ps :
elles présentent dès lors une base très étalée et noire, tran­
chant sur la couleur de la tige. Ces épines âgées ressem blent
à des sortes de longs clous fixés par leur tête sur la tige ;
elles ont 1 cent. 1/2 de longueur moyenne (1 cent, sur les
vieilles tiges où elles sont plus ou moins cassées et où elles
ne tardent pas à disparaître; 2 cent. 1/2 sur les jeunes
rameaux).
F e u il l e s . — Les bourgeons naissant à l’aisselle des épines
sont formés de feuilles véritables, fort petites, tout à fait
disproportionnées avec la tige, m esurant environ 5 à
8 mm. sur 3 de large. La forme est légèrem ent spatulée ; elles
sont atténuées à la base en un très court pétiole, arron­
dies ou même émarginées au sommet et généralem ent repliés
suivant la nervure médiane. Ces feuilles sont épaisses, char­
nues, à bord entier, arrondi, assez épais. Les nervures sont
fort peu visibles, sauf peut-être la médiane : encore est-ce
surtout le pli longitudinal qui en indique la place.
Ni sur les feuilles, ni, ce qui semble plus étrange, sur les
tiges, quel qu ’en soit le diam ètre, je n ’ai constaté la m oindre
trace visible d ’exsudation résineuse. Il est possible que la
saison de récolte explique la chose ; possible aussi qu'un très
long séjour dans les vapeurs d ’alcool ait fait peu à peu dispa­

297

raître ce produit ; cependant, lorsqu’on touche avec un
réactif des résines la surface de la tige, elle prend une coloration
que les lavages n ’enlèvent plus. Nous verrons plus loin que
les parois cellulaires du suber externe sont, en effet, impré­
gnées de m atières résineuses.
Dans l’échantillon se trouvait un fragment de fleur tout à
fait incom plet. Ce q u ’on en voyait (calice à cinq divisions,
fragm ents de corolle) confirmait la détermination. Mais je
n ’ai pas étudié cet organe trop défectueux. Cette fleur avait
un pédoncule de 1/2 cent., très fin ; le calice avait cinq
pièces de 1/2 cent, aussi. Sépales lancéolés aigus.

§ IL

— A n a to m ie de la t ig e .

Une prem ière zone, externe, jaune clair, que l’on a vue être
de consistance molle et élastique, ne dépassant guère 1 mm.
1/2 d ’épaisseur, est de nature s u b é r e u s e . Elle est constituée
par de nom breuses assises cellulaires disposées par zones
altern ativ em en t comprimées ou dilatées, à parois minces et
sinueuses, qui prennent, p a rla teinture d ’orcanette, une colo­
ration rouge persistante, et qui donnent aussi des réactions
positives avec les divers réactifs des résines (Sudan III, etc.).
Ce suber plus ou moins mou et peu coloré simule, à vue
superficielle, une véritable écorce. Il forme en effet une zone
claire, blanc jau n âtre élastique, facile à détacher du cylindre
central.
— A u-dessous, la section transversale montre,
comme on l’a vu, une deuxième zone épaisse, entourant le
bois. Ce deuxièm e cercle, plus dur, mais plus facile à couper,
est parenchym ateux. Les cellules ont des parois assez minces
et renferm ent de l’oxalate de chaux, qui, dans les parties tout
à fait extérieures, est plus abondant et sous forme de prismes,
tandis que dans la région profonde ce sont des mâcles, avec
parfois des formes intermédiaires. Ces cellules renferment en
outre abondance d’un amidon assez spécial dont l’étude sera
faite un peu plus loin. Enfin la plupart des cellules non
E corce.

�298

L.

PLANCHON

traitées par les réactifs renferm ent de la résine assez abon­
dante en gouttelettes, surtout nom breuses dans les assises
extérieures.
L iiier. — La partie profonde de cette deuxième zone cir­
culaire est constituée par le liber, qui forme sur la section
nette de longs angles minces et ellilés, entre lesquels les
rayons médullaires, larges et de plus en plus dilatés, vont se
fondre dans le parenchyme cortical : les cellules de ces rayons
sont gorgées d ’amidon et renferm ent aussi de l ’oxalate en
mâcles et quelques gouttelettes résineuses : mais celles-ci sont
peu abondantes.
En dehors du liber, quelques groupes de libres représentent
le péricycle.
Bois. — En dedans est la zone ligneuse, non spéciale :
les faisceaux longs et eflilés correspondent aux faisceaux
libériens et les vaisseaux très nom breux ont toujours un très
petit diamètre. Les rayons m édullaires, en continuité avec
ceux du liber, sont larges et offrent quatre à six rangées de
cellules spécialement riches en amidon et en cristaux, avec des
gouttelettes de résine assez rares : celle-ci est plus abondante
dans les vaisseaux du bois lui-même.
Quant à la m o e l l e centrale, sa structure est tout à fait
analogue à celle du parenchyme cortical. Les cristaux en
mâcles et surtout en prismes y sont fort nom breux ; les gout­
telettes résineuses assez rares.
Amidon. — Il est assez particulier. Très abondant dans
toutes les cellules des rayons médullaires, il semble, dans ki
moelle ou le parenchyme cortical, se grouper en quantité dans
certaines cellules. Il est en grains presque toujours allongés,
un peu irréguliers, rarem ent composés, et qui diffèrent par la
forme et les dimensions. Ces grains sont tantôt assez gros et
courts, tantôt plus allongés en bâtonnets irréguliers, plus ou
moins courbés avec des term es de passage. Souvent dans une
cellule donnée tous les grains sem blent analogues; de là une
différence assez nette à l’œil dans l’examen d ’une préparation.

SARC.OCAULON PATERSONI1

299

Les bâtonnets allongés ont d'ordinaire une gibbosité très
visible sur le côté concave : du reste, les ovoïdes eux-mêmes
la présentent fréquemment. Les zones concentriques se voient
peu ou pas ; par contre, il existe souvent un hile dont la forme
peut d ’ailleurs varier. Les grains offrent une certaine trans­
parence.
La coloration de cet amidon par l'iode est lente et nécessite
un réactif assez énergique ; la simple eau iodée la produit
difficilement.
L action de la potasse est très faible. La solution n° 1 de
Bellier n'agit pas, ou très lentem ent.
Sur aucun point on n ’aperçoit la moindre trace d'un organe
sécréteur quelconque ; la résine se trouve dans des cellules
non spéciales, qui ne diffèrent en rien de leurs voisines. Le
parenchym e cortical, la moelle, les rayons médullaires
m ontrent beaucoup de ces cellules résinifères plus ou moins
sem blables aux éléments voisins. Les cellules tout à fait exté­
rieures du parenchyme renferm ent, malgré l’épaisseur du
suber, des granulations chrorophylliennes. Les parois cellu­
laires se colorent par immersion dans la teinture d'orcanette
acétique, mais se décolorent au lavage, à l'exception des
seules parois de la zone subéreuse dont il a été plus haut
question.
§ III. —

A

n a to m ie

de

la

f e u il l e .

Elle est assez caractéristique et peut être décrite facilement.
La structure est tout à fait sym étrique par rapport à un plan
parallèle aux faces et passant au milieu du mésophylle.
Les deux épidermes supérieur et inférieur, tout à fait
identiques, sont formés de cellules inégales assez irrégu­
lières, à paroi externe un peu épaissie et renferm ant de la
chlorophylle. Les cellules sont relativem ent assez grandes.
Vus de face, ces épidermes m ontrent des cellules polyédriques,
penta ou hexagonales, à parois droites, assez épaisses et
moniliformes L Les stomates sont nombreux et petits par
1. Il est assez curieux de constater que cet aspect moniliforme, tou­
jours très net au moment où l ’on fait la préparation, tend à disparaître
si l’on conserve un peu longtemps l’épiderme préparé.

�300

L.

PLANCHON

rapport aux autres cellules épidermiques. Leur forme est
ovale, arrondie. Aucune différence entre les deux épidermes.
Pas d' hypodermc net.

SARCOCAULON PATERSONII

301

Le parenchym e palissadir/ue est constitué par deux assises
dont la première a des cellules un peu plus longues que la
seconde, et ces deux assises se retrouvent, parfaitem ent
sym étriques, sur les deux faces de la feuille. Les parois
restent minces, et on ne trouve guère de cristaux dans cette
région.

Sarcocaulon Palersonii.
Épiderme.

Sarcocaulon Patersonii.
Coupe transversale de la feuille.

Sarcocaulon Patersonii.
Anatomie de la feuille.

Enfin le plan médian de cette feuille est formé de deux ou
trois rangées de cellules irrégulièrement polyédriques, renfer­
m ant de grosses mâcles d oxalate. De loin en loin un tout
petit faisceau libéro-ligneux se m ontre. On en trouve ainsi
quatre ou cinq de chaque côté du faisceau médian, qui d'ail­
leurs n ’est lui-même pas plus gros que les autres.
Le bord de la feuille ne diffère en rien des faces (épiderme,
palissade, etc.). Nulle part on ne trouve trace d'un organe
sécréteur quelconque.
On sait que la feuille est normalem ent repliée suivant son
axe : aussi les coupes ont-elles la forme générale d’un V,
qu'elles conservent dans toutes les préparations.

�302

L. PLANCHON

En résumé, les quelques parties étudiées de cette plante,
montrent que la résine, parfois si abondante au dire de ceux
qui l'ont vue surplace, est assez réduite, et produite non par
des organes spéciaux, mais par des cellules parenchym ateuses
qui ne diffèrent des autres que par leur contenu.
Louis

P

l a n c iio n ,

Professeur à ['Université de Montpellier.

SUR VERYTHROPHLEUM OENSIHORUM
(Elm.)

J 'ai naguère étudié dans ces mêmes Annales l'ensem ble des
E rythrophlcum . Les espèces en étaient seulem ent au nombre
de quatre, dont la plus connue était VE. Guineense G. Don.,
d'Afrique. Venaient ensuite VE. Couminga II. Bn., de Mada­
gascar, objet plus spécial de l'étude susindiquée ; puis les
E.ForcliiOliv., d ’Indo-Chine, et E .chlorostachys{F.von Muell.)
IL Bn., d'A ustralie.
J'ai eu l'occasion d'exam iner quelques fragm ents d une cin­
quième espèce, VE. densiflorum (Elm .) M err., que M. Merrill
avait envoyés des Philippines, sur sa demande, à mon collègue
le prof. Ileckel, de Marseille, Directeur de ces Annales, et que
celui-ci a bien voulu me prier d ’étudier, si incomplets qu'ils
fussent, en les com parant aux points de vue morphologique
et anatom ique, aux espèces déjà connues.
Dans sa lettre d ’envoi, M. Merrill s'excuse d'avoir très peu
de m atériaux, les doubles ayant été déjà distribués par lui.
L’étude qui va suivre, étant donnée cette pénurie de m até­
riaux, est donc incomplète ; néanmoins elle a porté non seu­
lement sur des feuilles ou des folioles, mais aussi sur un fruit
et sur quelques fleurs, il est vrai en assez mauvais état. Il sera
donc possible d ’établir une comparaison avec les quatre espèces
d'E rythrophlcum déjà étudiées par moi et de discuter si c’est
bien là un E rythrophleum et si on a légitim em ent écarté cette
plante des Cynom etra où on l’avait rangée tout d'abord.
L E. densiflorum a été décrit par M errill dans le P hilip­
pine jo u rn a l o f science, vol. IV, n° 3, août 1909, p. 2G7, dans
les term es suivants :

�304

L.

PLANCHON

ERYTHROPHLŒUM Afzel.
Erythrophlœ um densiflorum (Elm .) comb. nov.
Cynometra densifloraElm. Leall. Philip. Bot I (1907), 222.
Arbor glabra, inflorescentiis exceptis, usque ad 25 m. alta ;
foliis altérais abrupte bipinnatis, pinnis 1-vel 2-jugatis ; foliolis oppositis, abrupte pinnatis, 3-ad 5-jugatis, subcoriaceis,
nitidis, in sicco brunneis vel pallidis, usque ad 15 cm. longis,
valde acuminatis, basi rotundatis vel acutis, leviter inaequalibus ; floribus parvis, spicatis, spicis pubescentibus, in paniculis term inalibus vel subterrninalibus dispositis ; petalis 5,
imbricatis, circiter i mm. longis; ovarium stipitatum , 4-ovulatum ; leguminibus ligneis, oblongis vel anguste oblongoobovatis, obtusis, compressis, basi angustatis, longitudinaliter
laxe reticulato-striatis, rectis vel leviter falcatis, debiscentibus,
usque ad 18 cm. longis, 4-5 cm. latis ; seminibus 1 ad 4, com­
pressis, orbicularibus, circiter 3 cm. diam etro.
« Le type de cette espèce, ajoute M. M errill, a été récolté
par M. Elmer, n° 9013, près de Lucban, province de Tayabas,
Luzon, en lleurs, et décrit par lui comme C ynom etra densiflora.
Il est représenté ensuite dans les documents suivants :
L u zo n , province of Tayabas, Bulin, For. B u r., 10272 Curran avec des fruits presque m ûrs;
Guinayangan, For. Bur. 12507 Rosenhluth ;
Dugatan, For. Bur. 10215 Curran ;
Apad, For. Bur. 11513 W h itfo rd .
Un spécimen stérile de Mindanao, For. B ur. 9163 W h it­
ford et Ilutchinson, semble s'y rapporter.
Connu localement chez les Tagalogs comme Camatog ou
Calarnantao.
C'est une addition très intéressante à la Flore des P hilip­
pines, le genre jusqu'à présent consistant en environ six
espèces *, surtout en Afrique et à M adagascar, une en A ustralie,
une en Chine. »
1. En réalité, sept bonnes espèces en tout, y compris celle qui nous
occupe. Mais il faut y joindre actuellement deux espèces nouvelles
nommées et décrites récemment par M. Gagnepain (Notulæ systemalicæ
de Lecomte. Herbier du Muséum de Paris, t. II, fascicule 4, p. 111 et
suiv.), qui sont propres à l’Indochine : E rylh ro p h lœ u m cambodianuin
(Albizzia? Cambodiana Pierre) et E. succirubrum . Ces espèces nous
sont inconnues.

ER YT11 RO PI ILEL M DEN SI FLOR l M

305

M. Merrill cite encore cette plante dans son Enum ération
o f Philippine Leguminosæ 1 avec les indications suivantes,
très analogues aux précédentes :

ERYTHROPHLŒUM Afzel.
E rythrophlœ um densiflorum (Elm .) Merr. in Philip. Journ.
Soi., 4 (1909) Bot. 267.
Cynometra densiflora Elmer Leall. Philip. Bot. 1 (1907)

222.
province of Cagayan, For. B ur. 17198 Curran :
province of Tayabas, E lm er 9014 (type num ber), For. Bur.
10154, 10215, 10272 C urran, For B ur. 11513 W h itfo r d ,
For. B ur. 12507 Rosenhluth. M in d a n a o , district of Zamboanga, For. Bur. 9163 W h itfo rd et H utçhinson (probably,
spécimen stérile).
Noms indigènes: Camatog,Calarnantao, Tacloban (Tayabas);
Salsal (Cagayan).
Habitat. Distribué largem ent dans les Philippines dans les
altitudes basses et moyennes.
« La distribution du genre est spéciale, environ cinq espèces
se trouvent dans l'Afrique tropicale et M adagascar, une en
Australie, une aux Philippines et une dans le sud de la Chine.
Après que cette espèce eut été transférée aux E r y th r o ­
phlœ um , ajoute M. M errill, j ’ai reçu une note du directeur
du Jardin royal de Kew confirmant que ce transfert est
légitim e U »
L u zo n ,

Description morphologique.
J ’ai eu de cette plante trois petits échantillons de feuilles,
dont l'un accompagné de quelques fleurs et un fruit isolé,
ouvert avec deux graines séparées. Les trois échantillons
1. Philippine Journal o f science, nos 1 et 2, p. 35 du tirage à part.
2. Merrill, A n énumération o f Philippine Leguminosæ whit keys to the
généra and Species. Manda, 1910, p. 35.
Annales du Musée colonial de Marseille. — 2' série, 9° vol. 1911.
20

�3 00

L.

PLANCïION

\n n. &lt;lu Musée colonial de Marseille, IM. III

portaient tous trois sur l’étiquette ; Flora, of th c P h Ulip in e sI le r b a r iu m , b u rea u o f science. E r y th r o p lilœ u m d e n s iflo r u m

(jE lrn.) M e r r.
I. Le premier portait en outre : F o r e s tr y b u rea u N ° 4 0 2 7 $
et l’indication : tree 2 5 m . liig h , h illfo r e s ts , 1 0 0 m . a it.
T a ya b a s p r o v in c e , L u z o n IJni C u r r a n coll. M a rc h . 1908.
IL Le second : F o re stry b u rea u N ° 11513 sté rile sp écim en !
A p a d -T a y a b a s p r o v in c e , L u zo n H . M . 11 h i tfo r d J u n . 19 0 8 .
III.
Le troisième (fouilles et fleurs) : Cotype C in o m e tra (sic)
de nsi fl or a E lrn . L ea fl. 1 : $ $ $ , L u c b a n p ro v . T a ya b a s L u z o n
9 0 1 4 , A . D . E . E lm e r co ll. M a i 1907.

FEUILLES
Les feuilles de ces trois échantillons comparées entre elles
sont loin d’être identiques : II et III n ’ont que quelques
folioles séparées. Le n° I, que je prends comme type, est une
feuille avec ses divisions, dont quelques folioles sont déjà
tombées.
Sur cet échantillon on voit un rachis de 12 centim ètres de
longueur avec deux paires de ramifications latérales (rachis
des pinnules). Ce rachis a 2 mm. de diam ètre moyen et
environ i mm. à sa base. Les deux paires de ram ifications
partent, l'une à peu près à moitié, l’autre à l’extrém ité. Les
bases de l ’axe prim aire et des axes secondaires sont renflées
et plus ou moins noirâtres. Les axes eux-mêmes sont bruns, à
surface striée longitudinalem ent. Les folioles sont opposées
par paires, probablement 3 à 4 par axe secondaire 1 (aucun
des axes n est entier) et portées sur un petit pétiolule noirâtre,
court, d ’environ 1/2 centim ètre. Les folioles ne dépassent pas
8 centim ètres sur 4; elles sont opposées ou à peu près,
ovales, lancéolées, longuement acuminées, à base asym étrique
avec une nervure médiane bien m arquée, des nervures
secondaires assez écartées, à angle ouvert, et s ’anastom osant
lïrylhrophleum densiflorum feuille).

1. Merrill dit cependant 1-2 juyalis ; mais la feuille que j ’ai pu voir a
des folioles plus nombreuses.

A n n é e 1911.

�ERYTHROPIILEUM DENSIFLORÜM

307

plus ou moins en arc à une assez grande distance des bords.
Le réseau des nervures du 3e ordre est bien visible, surtout à
la loupe, sur les deux faces.
La couleur sur le sec est brun verdâtre à la face supérieure
qui est très fortem ent luisante et vernissée (GC 104 '). La
face inférieure est mate plus pâle, brune, plutôt café au lait
(CC 117). Les nervures bien plus pâles que le pétiole, même
la médiane. Ces folioles sont coriaces, non très cassantes,
assez épaisses. Aucune saveur spéciale. Inodores.
Les échantillons II et III diffèrent k prem ière vue, tout en
présentant avec le précédent des caractères communs : forme
générale, asym étrie de la base, longue atténuation du sommet,
nervation, consistance, épaisseur, etc. Mais les folioles sont
surtout distinctes :
1° P ar la dimension : les folioles du n° II atteignent
10 centim ètres sur 5
celles du n° III au contraire ne
dépassent pas 7 centim ètres sur 2 1/2 à 3;
2° Par la couleur, qui dans le n° II est assez analogue
pour la face supérieure au n° I, mais plus jaunâtre à la face
inférieure, et qui, pour le n° III, est franchem ent brune, presque
noirâtre en dessus (CG 65) et brun rougeâtre rouille inférieu­
rem ent (CC 128).
De plus, les nos II et III ont une surface qui, au lieu d ’être
lisse, est plus ou moins gaufrée. Cette différence se retrouve
entre les échantillons d'autres espèces, par exemple VE. guineense.
Ces différences qui frappent beaucoup la vue ne sont peutêtre pas très profondes. La couleur de la face supérieure en
1. Code des couleurs, de Klincksieck et V alette. L'usage de ce volume
d ev rait être devenu déjà tout à fait courant et international. C'est le plus
pratique moyen que nous ayons ju sq u ’à présent de nous entendre au
sujet des teintes. Pour le m om ent, il n’est pas assez répandu pour dispen­
ser de décrire ces teintes par des m ots; mais il est bon de donner le
num éro du CC à côté de la description.
2. M. M errill, dans sa lettre d’envoi à M. Heckel, dit que cet échan­
tillon stérile p résente, selon toute probabilité, la taille maximum des
folioles.

M H

�308

L.

P LA NCHON

usée

l&lt; ni i

M a SCI Ile

particulier peut être due à des différences dans les conditions
biologiques d ’éclairage, etc., mais la coloration de la face infé­
rieure paraît établir une distinction plus nette surtout entre les
et
Ce dernier doit être au moins une variété.
Sur un fragment de rachis secondaire du n° III, on voit qu il
y avait au moins trois paires de iolioles.

nosj ni.

FLEUR
Sur les trois échantillons, un seul (le n° III) possédait
quelques fleurs. Encore étaient-elles, sauf une, séparées de

E. dcnsiflorum
Fleur incomplète (Plusieurs étamines manquent)

l'axe et en assez mauvais état. J ’ai pu cependant les étudier
dans leur ensemble.
Un fragm ent de 1 axe d'inflorescence existait aussi sous
forme d'un petit bâtonnet de 2 mm. de diam ètre sur 5 ou
0 centim ètres de long, de couleur brun clair, très velu, mais
à poils courts et laissant voir, sous forme de légère saillie,

Krylhrophlenm densiflorum ( g o u ss e cl g rain e).

Il oc

�ERYTHROPHLEUM DENSIFLORUM

309

les traces des fleurs tombées. Une seule, restée sur cet axe ,
m ontre qu elles sont à peu près sessiles
Ces fleurs ont 3 à 5 mm. et sont formées de :
5 sépales soudés à la base, concaves, à pointe mousse et de
couleur brune assez foncée, sauf tout à fait sur le bord. Ils
portent des poils assez courts.
S pétales libres, au moins deux fois 1/2 plus longs que le
calice; très concaves, légèrem ent imbriqués, bruns, à bords
scarieux jaunâtres, et sans poils. La surface est un peu grenue,
moins cependant que celle du calice.
Les étam ines doivent être au nombre de 10 et certainem ent
inégales comme dans les autres E rijth ro p h leu m , mais aucune
fleur ne présentait son androcée complet. En outre, les anthères
m anquaient à peu près partout. Celles que j ai pu voir étaient
très analogues à celles des autres E rijthrophleum , c’est-à-dire
introrses, à sommet échancré, avec deux loges jaunâtres,
séparées par un connectif foncé, mince en avant,
beaucoup plus large en arrière.
Si l’on ouvre cette fleur, on en trouve le centre
occupé par un pistil formé d'un ovaire longue­
m ent stipité, aplati, vaguem ent triangulaire, à
som m et large et plus ou moins arrondi. Cet
ovaire est couvert d’une toison laineuse abon­
dante, formée de poils enchevêtrés, entre lesquels
sort un style long et courbe, latéral, brun, ter- E- densiflorum
^
°
.
Ovaire, style
miné par un renflement stigm atique peu marque.
t slj~mate
C ’e s t tout à fait, sauf ce s trie , la fleur d'un E rvthrophleum .

FRUIT
Le seul fruit envoyé se composait d'un carpelle ligneux
déhiscent par le dos et par la suture ventrale. Chacune des
moitiés courbe, d ’environ 18 centim ètres de long sur 3 1/2 à
1. Ces fleurs, d ’après la description de M errill, sont en épis pubescents
disposés en panicules term inales ou subterm inales.

�310

L.

l de largeur ', atténuée à la base, arrondie au sommet, les deux
bords marqués par une forte suture formant bourrelet.
La face externe, de couleur brun chocolat (GG 105), assez
uniforme, marquée de nervures sinueuses en réseau oblique
dans l'ensemble, anastomosées en mailles allongées et très
légèrem ent saillantes. La face interne, à nervation analogue de
couleur très claire, à fond plus ou moins nankin, et sensible­
ment plus brune (GG 103 D) à la place des graines. On voit
par ces régions foncées que ce fruit contenait quatre graines.
Consistance dure et ligneuse.
La graine (deux seulement) est discoïdale, assez lisse (de 3
à 3 centimètres 1/2 sur 2 1/2, très aplatie; au plus 2 m m . 1/2
d'épaisseur. Couleur chocolat, mais un peu plus rougeâtre
que la surface externe du fruit (CG 80). L’amande grise, m ate,
se montre par une cassure. Coupée en travers, elle présente
une fente de séparation des cotylédons.
M alheureusement les deux graines vues étaient détachées
du placenta et com plètem ent dépourvues de leur funicule; en
sorte qu’un caractère im portant des E . manque ici totalem ent.
De plus, ces graines n'étaient certainem ent pas mûres.

311

ERYTIIROPIILEUM DENSIFLORUM

PLANCHON

2. P arenchym e cortical. Il offre d’abord en dehors quelques
assises dem i-collenchym ateuses, puis des cellules assez épais­
sies contenant assez souvent des prismes d oxalate de chaux.
Çà et là quelques organes sécréteurs ayant tout à fait sur la
coupe l’aspect de canaux, avec une ou plusieurs rangées de
cellules sécrétrices; en réalité, si l’on fait des coupes en séries,
on s ’aperçoit que ces canaux disparaissent vite et sont par
conséquent plutôt des poches ou des nodules sécréteurs, ce
que confirment les coupes longitudinales. Ces poches sont de

A

ANATOMIE
Je vais donner m aintenant la description anatom ique des
éléments étudiés. La comparaison avec les autres E r y th r o phleum viendra ensuite.

C

FEUILLE
1°

R a c h is g é n é r a l .

La section transversale est arrondie dans l’ensem ble.
1. Epiderme à cellules quadrangulaires assez épaissies en
dehors avec quelques stomates.
1. Il doit être dans les plus grands, car Merrill dit : ust/ue ad 18 c.
4, 5 c., la lis (/oc. ci/., p. 267).

lo n g is ,

E. densiflorum
Nodule sécréteur à 3 états de développement.
A, Noyau prim itif. — B, form ation de la poche. — C, poche formée.

nature lysigène. On les voit d ’abord sous forme d'un groupe
de cellules assez petites qui se résorbent peu à peu.
Les dim ensions en sont assez variables suivant l’état de
développement.
La présence de ces organes sécréteurs est d'importance capi-

�312

L. PLANCHON

ERYTHROPHLEUM DENS1FLORUM

taie, car aucun E . connu n'en possède. Je reviendrai sur ce

u n troisièm e arc médian occupant en partie la région m édul­
laire.
a) Le liber est séparé dans son ensemble en faisceaux dis­
tincts et inégaux, 12 à 15 dans l’arc inférieur, 3 à 5 (dont un
m édian très grand) dans l’arc supérieur. Ce liber est mou, un
peu écrasé et renferme quelques cristaux.
b) Le bois, dont les faisceaux sont opposés à ceux du liber,
n ’a rien de spécial. Les vaisseaux en sont relativem ent assez
gros.
c) Les rayons médullaires larges, mais non toujours faciles
ii lim iter, sont formés de cellules ponctuées : ils vont
rejoindre, entre les faisceaux libériens, les prolongements
péricycliques.
6. La moelle centrale, dont la limite extérieure est, d'après
ce qui précède, très sinueuse, serait très volumineuse, si un
cjros faisceau libéro-ligneux arqué n en occupait le centre. Ce
gros faisceau, souvent subdivisé en deux ou trois, est allongé
transversalem ent, à concavité supérieure, et formé d’un péri­
cycle inférieur (dans lequel on voit parfois quelques vaisseaux
ligneux erratiques), d'un liber, et d ’un bois supérieur dont les
élém ents sont les mêmes que ceux du liber et du bois déjà
décrits.
La moelle se trouve, par la présence de ce faisceau anor­
m al, divisée en deux parties : au-dessus du faisceau central,
elle est réduite à une mince bande transversale de cellules ;
au-dessous, elle est aplatie sans doute, mais assez large.
Les cellules en sont relativem ent minces et sinueuses, avec
tous les caractères du parenchyme cortical, y compris les
cristaux et les nodules sécréteurs. Les cristaux sont plus
abondants dans le voisinage du bois.

point.
3. L'endoderme est reconnaissable à la présence plus fré­
quente de gros cristaux d ’oxalate dans beaucoup de ses cel­
lules.
4. Le péricycle forme une zone circulaire complète, sur
3 à 6 rangs, dont les extérieurs ont les parois plus épaissies

E. densiflorum
Coupe tranversale du rachis général —e, épiderme. — p.c, parenchyme cortical.
— p.s, poche sécrétrice. — p, péricycle. — /, liber. — h, bois. — m.i, moelle
inférieure. — m.s, moelle supérieure.

et le lumen très réduit . La limite interne en est fort irrégulière,
car ce péricycle pénètre plus ou moins entre les faisceaux
libériens pour se confondre avec les rayons m édullaires.
o. Quant au faisceau lui-même, il est fort com plexe; la
forme générale sur la coupe est plus ou moins arrondie, un
peu aplatie en dessus. Ce faisceau se compose en somme de
deux arcs libéro-ligneux opposés et à peu près continus, avec

313

L ’échantillon n° II n'offrait, comme on l’a vu, aucune trace
de rachis général; mais l’échantillon III en m ontrait un frag­
m ent dont le schéma répondait à peu près à la description
ci-dessus avec quelques légères différences :
Le péricycle, le liber et le bois sont circulaires et moins
subdivisés que dans l'échantillon I.

�314

L.

PLANCHON

Le faisceau anormal du centre peut être divisé en deux ou
trois : il est orienté comme ci-dessus ; mais la partie supé­
rieure de la moelle est réduite à presque rien.
Les nodules sécréteurs m édullaires sont relativem ent très
gros.
En somme, ce sont là des nuances. C’est bien le rachis de
la même espèce.

Rachis des pinnules.
La section transversale en est plus ou moins quadrangulaire, la largeur m aximum se trouvant vers le haut, les angles

E. densifloruin
Coupe transversale du Rachis des pinuules Mêmes lettres que pour le Rachis

général)

externes un peu saillants; les bords de la coupe sont légère­
ment sinueux On y trouve :
Epiderme : épaissi extérieurem ent; nettem ent en fer à che­
val.
Parenchym e : assez épais, d’abord un peu collenchym ateux ;
les cristaux, moins nom breux que dans le rachis général, sont
plus abondants dans le voisinage du péricycle. Il existe aussi
des poches sécrétrices (en général 4 ou 5 sur une coupe) avec
1, 2 ou 3 rangées de cellules de bordure.

ERYTIIROPHLEIJM DENSIFLORUM

313

L endoderme est peu distinct mais renferme des cristaux ; le
péricycle circulaire est disposé sur 4-6 rangs et pénètre entre
les faisceaux libériens.
Le faisceau très complexe et irrégulier est formé de :
1° Un arc inférieur avec :
Un péricycle épais;
Un liber en faisceaux séparés (une dizaine), irréguliers, iné­
gaux, à cellules plus ou moins écrasées, mais pourtant dis­
tinctes, à parois épaissies;
Un bois, non spécial ;
Des rayons médullaires plus ou moins ponctués.
2° Un arc supérieur analogue, à péricycle épais aussi, et
à faisceaux libériens égalem ent séparés (8 à 10)..
3° Au centre, une zone moyenne libéro-ligneuse, à peu près
horizontale, orientée en opposition avec l’arc inférieur et for­
mée seulem ent de 2 ou 3 gros faisceaux avec leur péricycle.
A u-dessus et au-dessous de ce faisceau moyen, se trouve la
moelle aplatie, assez réduite dans laquelle je n'ai pas vu de
poche sécrétrice, ce qui tient peut-être au hasard des coupes.
On voit que ce faisceau complexe ressemble beaucoup à
celui du rachis général, dont il diffère surtout par l'orientation
du faisceau m oyen, opposé à l'arc inférieur, au lieu d’être
opposé à l ’arc supérieur.
J'ai pu exam iner aussi le rachis des pinnules sur un frag­
m ent de l'échantillon n° III. Il offre quelques dillerences, dans
une analogie générale évidente.
La section est ovale, allongée verticalem ent; les nodules
sécréteurs sont nom breux dans le parenchyme cortical. On
trouve un péricycle continu assez épais, puis un liber et un
bois qui form ent :
1° Deux arcs opposés et subdivisés, mais l'inférieur beau­
coup plus grand que l ’autre ;
2° Un troisièm e faisceau central très arqué. Mais ce dernier
faisceau est orienté avec le bois supérieur, opposé, par consé­
quent à l'arc supérieur du faisceau général, à l’inverse de
l’échantillon n° I et de la même façon que dans le rachis géné­
ral de ce même n° I. On peut conclure de cette différence

�316

L.

PLANCHON

que l'orientation de ce faisceau central anorm al est d’im por­
tance tout à fait secondaire. D'ailleurs on rem arquera que
dans le faisceau anorm al, il peut exister quelques vaisseaux
ligneux du côté opposé au bois, ce qui tend à dim inuer encore
la valeur de cette opposition d'orientation.

ERYTHKOPHLEUM DENSIFLOIIUM

317

d ’oxalate abondants et volumineux, prism atiques, souvent
par groupes (les cellules qui les renferment paraissent ligni­
fiées) ; dans ce parenchyme se trouvent d’assez nombreuses
poches sécrétrices (de 2 à 5 sur la coupe), irrégulièrem ent
disposées et de dimensions variables, parfois très grandes.

E. densifloruni
Quelques cellules du péricycle avec zones d'accroissement non lignifiées.

La partie de la moelle qui surm onte l'arc inférieur renferm e
de très grandes poches.
Dans le péricycle on rencontre d’assez nom breuses cellules
qui, non seulement sont fortem ent épaissies comme leurs voi­
sines, mais encore présentent des zones intérieures d ’accroisse­
ment très épaisses et qui ne prennent pas les réactifs colorants.
Ces zones intérieures, non lignifiées, restent blanches, très
visibles entre le lumen très réduit, linéaire et punctiform e, et
la paroi normale colorée. Parfois elles semblent même se déta­
cher en partie de cette paroi normale. Le même phénomène
se retrouve par places dans le péricycle du pétiolule et de la
nervure médiane.
PÉTIOLULE

La section en est arrondie, sauf toutefois une petite dépres­
sion supérieure dont la forme varie d'ailleurs un peu.
L épiderme n'olfre rien de spécial; la paroi externe en est
fort épaisse, plus que dans le rachis. Le parenchym e, dont les
parois cellulosiques restent minces, renferme des cristaux

E. clensiflorum
Coupe transversale du pétiotule
e, épiderme. — pc, parench. cortical. — p.s, poche sécrétrice. — c.e, cristaux
de l’endoderme. — p, péricycle. — f, liber. — b, bois. —m. moelle.

Le faisceau est devenu à peu près régulier; il est entouré par
un endoderme contenant beaucoup d’oxalate, surtout dans la
moitié ou les 2/3 supérieurs du faisceau ; là presque toutes les
cellules renferm ent un cristal. Inférieurement les cristaux sont
plus rares.
Le péricycle est fibreux, d'aspect collenchymateux et non
encore lignifié.
Le liber entoure à peu près complètement le bois, sauf à la
partie supérieure. Il est très écrasé.

�318

L.

P LA-NCMON

Le bois forme d’ordinaire deux faisceaux plus ou moins sépa­
rés, sur la ligne médiane, et dont les extrém ités se rapprochent
vers le haut de la coupe.
C'est en somme un faisceau normal fortem ent arqué.
Dans les échantillons II et III les différences sont m inimes
et d ailleurs inconstantes, si bien qu elles perdent toute im por­
tance. Le nombre des poches sécrétrices paraît plus grand
(jusqu'à 7 sur la coupe). Elles sont en général bien formées et
volumineuses. Certaines renferm ent une m atière résineuse.
Le faisceau libéro-ligneux diffère peu ; il est tan tô t séparé en
deux, tantôt entier, tantôt aussi plus ou moins ondulé, m ais il
semble que la disposition varie pour ainsi dire avec chaque
coupe. En somme, les trois échantillons se répondent anatom i­
quement.

ERYTIIROPHLEUM DENSIFLORUM

319

varient avec la coupe ; il est toujours très écrasé, à cellules peu
ou pas distinctes.
Une sorte de moelle lignifiée dont les élém ents ont l ’aspect de
cellules péricycliques, forme une bande transversale qui sépare
le gros faisceau inférieur de deux autres faisceaux libéroligneux supérieurs et opposés.
3° Le bois n ’offre rien de spécial.

Folioles.
NERVURE MÉDIANE

Elle offre une section convexe inférieurem ent et plane ou
légèrement déprimée en dessus.
En ce point les épidermes ont des cellules à paroi externe
fortement épaissie, et à forme générale quadrangulaire ; un
peu plus allongées radialem ent pour l’épiderme supérieur que
pour l'inférieur.
Au-dessous, les cellules sont plus ou moins collenchym ateuses ; vers la face inférieure c’est un collenchyme vrai, vers
la face supérieure c’est une zone demi-collenchym ateuse.
Le faisceau est plan-convexe. Il est formé :
1° D'un péricycle entièrem ent fibreux, dont les cellules
externes sont plus épaisses et dont la rangée la plus extérieure
(endoderme ?) renferme dans beaucoup de ses cellules de gros
prismes d oxalate. Ce péricycle m ontre dans beaucoup de ses
cellules la particularité indiquée à propos du rachis des pinnules, c’est-à-dire des zones d’accroissement non lignifiées à
l’intérieur des zones normales.
2° Du liber divisé en îlots, dont le nombre et la disposition

E. dcnsiflorum
Coupe transversale de la nervure m édiane.— e, épiderm e; — p.p. parenchyme
palissadique ; — p .l, parenchyme lacuneux; — p.s, poche sécrétrice; —
p , péricycle ; — l , liber ; — h , bois ; — ni, moelle.

Je n ’ai pu voir dans cette nervure aucun organe sécré­
teur.
Dans l’échantillon n° II, le faisceau est plus sim ple; le
péricycle épais, fibreux en dehors, simule vers l'intérieur des
cellules ligneuses. L'arc libérien est subdivisé en 6 ou 8 fais­
ceaux peu distincts ; au-dessus on trouve encore 2 faisceaux
libériens isolés mais dépourvus de tout élément ligneux cor­
respondant, et noyés dans le péricycle fibreux.
L 'endoderme renferme des cristaux nombreux, surtout vers
la partie supérieure de la coupe, comme dans la feuille n° I.
Enfin les élém ents sécréteurs semblent m anquer complète­
m ent.

�320

L.

PLÀNCllON

On voil qu il y a là plusieurs points communs : les diffé­
rences portent surtout sur les dispositions du faisceau, qui
sont (on le sait déjà) essentiellem ent variables dans cette
espèce.
Dans l’échantillon III, la nervure offre un péricycle entière­
ment fibreux (différence avec le n° I) et un endoderme à cris­
taux rares. L'arc libérien plus ou moins morcelé, se recourbe
fortement en haut en se séparant sur la ligne médiane ; le péri­
cycle pénètre ainsi par cette brèche vers le centre du faisceau.
Il existe quelquefois, au centre même, une poche sécrétrice
bien marquée.
LIMBE

L 'épiderme supérieur est assez analogue à celui de la ner­
vure ; les cellules en sont seulem ent plus carrées, plus tabu­
laires.

E. densiflorum
Coupe de l'épiderme inférieur et du parenchyme lacuneux du limbe.

L épiderme inférieur, tout spécial, prolonge chacune de ses
cellules en une espèce de grosse tête arrondie, indépendante
de ses voisines, et qui, sur la coupe, a la forme d ’une sorte
de champignon. Vues à plat, les cellules de cet épiderme sont
polyédriques, et leur surface est occupée par une double
aréole irrégulière (ovale, ovoïde, etc.), formée par la projection
du pied et de la tête de la papille fungiforme. C'est entre ces
prolongem ents fungiques que se trouvent les stom ates, assez

ER VIIIROP II L El ;.M 1)EN SI FLOREM

321

nom breux, et de forme allongée. Ces stom ates m anquent
com plètem ent à la face supérieure.
Pas d hypoderm e ordinairem ent.
Parenchym e palissadigue. Il est formé d'un seul rang de
cellules allongées, renferm ant parfois de volumineux cristaux
prism atiques d'oxalate de chaux.
Au-dessous, un rang de cellules quadrangulaires simule
souvent une deuxième rangée de parenchym e en palis­
sade.
Parenchym e lacuneux. Il est tout à fait rem arquable par le
parallélism e de ses rangées cellulaires dont les élém ents rec­
tangulaires, allongés transversalem ent sur la coupe, se super­
posent sur 5 ou 0 rangs, presque comme les pierres d'un mur
régulier.
Les faisceaux entourés d'un fort péricycle fibreux sont
accompagnés de nombreuses cellules à oxalate. Çà et là quelques
grains d'am idon.
Je n’ai pu voir aucun appareil sécréteur, mais seulement
quelques apparences douteuses.
Le bord du limbe ne présente rien de particulier.
Les échantillons II et III n'offrent aucune différence sen­
sible avec le type examiné, qui est tout à fait celui d'un E r y throphleum .
En somme, malgré quelques différences extérieures, ces
trois feuilles appartiennent certainement à la même plante.
Les différences les plus nettes tiennent à la disposition du liber
et du bois dans le faisceau du rachis, mais on a vu que cette
disposition semble parfois varier avec la coupe.
Dans les trois feuilles on trouve :
Des cristaux dans l'endoderme et quelques-uns dans le paren­
chym e ;
Un péricycle fibreux complet, circulaire ;
Un arc libérien inférieur fragm enté en un nombre variable
de faisceaux et à divers degrés d ’écrasement ;
Un arc libérien supérieur opposé au premier et parfois for­
m ant avec lui un véritable cercle, parfois au contraire séparé
Annules du Musée colonial de Marseille. — 2' série, 9' vol. 1911.

21

�322

L.

l’LANCHON

en deux et ouvert en haut; cet arc supérieur paraît être la
partie la plus variable de l’anatomie ;
Un faisceau libéro-ligneux central opposé tan tô t à l'arc
supérieur, tantôt à l'arc inférieur, existant dans le rachis géné­
ral et le rachis des piunules, et disparaissant dans le pétiole et
les nervures ;
Des organes sécréteurs à divers degrés de développem ent et
représentés par des poches un peu allongées. Ces poches
existent dans le parenchyme et la moelle du rachis général,
du rachis des pinnules et du pétiolule ; elles sem blent dis­
paraître dans la foliole;
Un épiderme inférieur de la foliole dont les cellules se
prolongent en papilles fungiques ;
Un parenchym e palissadique à un seul ra n g ;
Un parenchym e lacuneux à plusieurs rahgées de cellules
régulières disposées parallèlem ent à la fade inférieure du
limbe.
En voilà plus qu'il n’en faut pour affirmer 1 identité des
trois plantes, bien que la morphologie extérieure ait m ontré
entre elles quelques légères dillerences.

Fruit.
La coupe transversale de la paroi ligneuse m ontre :
1° Un épiderme peu épaissi, à cellules quadrangulaires.
Pas d ' hypoderme n et; pas de collenchyme.
2Ü Un parenchym e cortical externe à cellules assez régu­
lières, avec de très nombreux nodules sécréteurs et quelques
cristaux d'oxalate. Vers l'intérieur, ce parenchym e présente
une zone lignifiée comprenant un épais péricycle interrom pu,
dont les groupes protègent les faisceaux d'un liber mou assez
réduit, ainsi que le bois.
Au-dessous, le parenchym e est de nouveau régulier, à parois
un peu plus épaisses et souvent un peu moniliformes. Pas de
nodules sécréteurs. Vers la profondeur apparaissent d ’abord
quelques selérites épars dans une zone de cellules plus petites,

ERYTHROPIIL EIM

DENSIFLORUM

323

puis une zone de fibres disposées sur 4 ou "&gt; rangées et cou­
pées perpendiculairem ent h leur axe. Elles sont par conséquent
parallèles à la fois à l’axe et à la surface du fruit.
Enfin 3 ou 4 assises de cellules molles h parois cellulosiques
qui sont peut-être, comme chez les autres E rythrophleum , les
restes de la pulpe du fruit.

Graine.
J ’aurais voulu pouvoir décrire avec soin l’anatomie de cette
graine, m alheureusem ent les deux que j'avais étaient en assez
m auvais état et sans doute loin de la m aturité. Cela est d’au­
tan t plus regrettable que ce que j'ai pu voir de sa structure
éloigne beaucoup cette graine de celle des E rythrophleum et
même de celle des Légumineuses. L assise des prismes est
peu nette, sans zone lum ineuse; les cellules en sablier
m anquent complètem ent. De plus, tous les E rythrophleum
ont un album en, aminci il est vrai sur le bord de la graine,
et aucun n ’a d ’organe sécréteur. Ici il existe des poches et on
ne trouve aucune trace d'album en. Les deux cotylédons sont
étroitem ent réunis par leur périphérie, mais distincts, ainsi que
le m ontrent les coupes. L ’état de ces graines ne permet pas de
baser sur elles des caractères sûrs. Elles sont très évidemment
mal développées et sans doute diirérentes de la graine nuire.
Comme le fruit était isolé des autres échantillons, il reste pos­
sible à la rigueur qu’il appartienne à une autre plante que les
feuilles ou les fleurs.
Cette réserve faite, voici ce que j'ai pu voirdans cette graine
qui s’éloigne par sa structure à la fois des E rythrophleum et
des Cynometra.
L’envelop.pe m ontre : un épiderme à cellules assez épaisses,
bien allongées dans le sens radial, et à lumen un peu rétréci,
rappelant vaguement une assise des prism es, mais mal for­
mée.
Au-dessous, un parenchym e polyédrique assez épaissi, dans
lequel courent quelques faisceaux non spéciaux et dont les cel­
lules sont assez irrégulières; Yépiderme inférieur est très peu

�324

!.. PI.ANCIION

distinct du parenchyme : les parois en sont minces et la forme
un peu allongée.
Cotylédons. — Tissu polyédrique, sim ple, cellulosique, avec
nombreux grains d'amidon très petits, à hile punctiform e sou­
vent visible. En outre, beaucoup de gouttelettes huileuses
eolorables par l'orcanette ainsi que l'ensem ble du tissu ; dans
tout le tissu abondent des cavités, q u ’à un faible grossissem ent
on prendrait pour des canaux sécréteurs, mais qui, vus avec
plus de soin se m ontrent comme des ouvertures souvent irré­
gulières, limitées par des cellules de bordure spéciales. La
paroi libre de ces cellules est épaisse et forme un cordon ja u ­
nâtre, colorable en rouge par l’orcanette, imprégné par con­
séquent d'une substance sans doute oléo-résineuse. Ce ne sont
pas des canaux, mais plutôt des poches très irrégulières et bien
moins nettem ent limitées que celles des organes ci-dessus étu­
diés. On les voit facilement à la loupe sur la section de la
graine un peu gonllée. Pas d'albumen.
Il reste maintenant à chercher à quel genre il convient de
rapporter cette plante classée d'abord dans les Cynom etra,
puis dans les Erythrophleurn.
La morphologie seule, en dehors de toute considération ana­
tomique, paraît devoir éloigner tout à fait cette plante des
Cynometra. Prenons, en effet, dans la description donnée par le
Prodrome deD eC andolle(t. II, p. 309), quelques caractères qui
ne perm ettent aucun rapprochement : « calyx.. .limbo 4 partito ' ,
lobis reflexis, apice penicillatis..., legumen sem isubrotund u m , carnosu/n, indehiscens,e\tus tuherculatum ... / sperm um .
Semen loculum implens, medio sutura' adfixum ... A rbores,
foliis bifoliolatis, floribus rubris, c trunco ortis, .legum inibus
edulibus rulis. »
La plante étudiée, avec ses 3ou ï paires de folioles, ses inflo­
rescences term inales, son calice à 5 parties et son fruit déhis­
cent, plat, ligneux, lisse, polysperme, n ’offre aucun rapport
avec cette description.
1. C’est moi qui souligne pour m ettre en relief les différences.

ER YTIIROPII LEEM D EN S IFLORl M

323

11 est vrai que le nombre des espèces n ’était que de 4 à
l’époque de De Candolle (dont 2 douteuses, à plusieurs paires
de folioles) et qu'il est aujourd’hui de 33 (Index Kcwensis).
Mais la définition du genre reste à peu près la même.
En effet, le Généra plantarum de Bentham et H ooker1indique
dans sa description des Cynometra : calycis tubus... segmenta
4-3 imbricata, per anlhesin refiera 2... antheræ parvæ... ovarium sessile vel breviter stipitatum ... bi-ovulalum ... ; Legu­
men arcuato ovoïdeum vel sub-reniforme, crassum , turgidum
vel sub com pressum , rugosum verrucosum , vel rarius lœve.
Semen cavitatem implens. Folia abrupte pinnata, foliolis
/ paucijugis, coriaceis, obliquis; stipuleae caducæ...
Dans 1 E . densiflorum la préfloraison du calice n ’a pu être
bien vue, car aucune fleur n'était à l'état de bouton. Ce calice
n ’est à aucun m om ent réfléchi; les anthères sont relativem ent
volumineuses ; l’ovaire est longuem ent stipité et contient
plusieurs ovules qui, devenus plus tard des graines déve­
loppées, sont loin de rem plir toute la cavité du carpelle.
Les feuilles, qui ne sem blent accompagnées d'aucune stipule,
sont bipinnées et portent (au moins celles que j ’ai) trois ou
quatre paires de folioles. Enfin, bien que la description du
fruit du Généra plantarum ne soit pas à cet égard bien nette, et
qu'il s’agisse d ’un fruit déhiscent (c'est la principale diffé­
rence avec la description de De Candolle), ce fruit, épais et
turgescent, rugueux et verruqueux, est évidemment très
différent de celui qui vient d'être étudié.
J ’ai cependant désiré examiner au point de vue anatom ique
quelques C ynom etra, afin de voir s'ils possèdent les nodules
sécréteurs que notre espèce présente à l’exclusion de tous les
autres Erythrophleurn. M. de W ildem ann a bien voulu m ’en
envo}7er quelques menus fragm ents (folioles, tiges jeunes) de
l'herbier de Bruxelles, et j ’ai pu en exam iner aussi provenant
de l'herbier de M ontpellier. Dans aucun des échantillons je
n’ai trouvé l ’indice d’un organe sécréteur quelconque. Ce n'est
1. I, p. 58ü.
2. C’est moi qui souligne.

�320

L.

l’LANCUON

ERYTHROPHLEUM DENSIFLORUM

327

donc point non plus parce caractère anatom ique que pourrait
se justifier l'adjonction de l ’espèce aux Cynometra.
La plante n ’est donc pas un Cynom etra. Est-elle un E r y throphleum ? La morphologie et l'anatom ie de la plupart des
organes examinés concordent pour l’affirmer, ainsi qu'il est
facile de s’en rendre compte en détail, si l ’on veut bien se
reporter à l'étude sur les E rythrophleum publiée dans ce recueil
(loc. eit.). Il suffit ici des considérations générales suivantes :

de la zone scléreuse; — l'endocarpe qui n ’est représenté que
par une zone fibreuse, allongée parallèlem ent à l’axe et à la
surface du fruit (coupée en travers dans les coupes transver­
sales), tandis que chez les autres E rythrophleum cette zone
est perpendiculaire à l’axe et parallèle à la surface (coupée
en long dans la section transversale).

Fleur.

Pour les raisons susindiquées (voy. p. 323), je ne cherche à
établir aucune comparaison entre la graine altérée que j ’ai pu
exam iner et celle des autres E rythrophleum . Elle en diffère
en tout cas très fortement par les poches sécrétrices et l'ab­
sence d ’album en.

La fleur de YE. densi/lorum ne présente avec celle des autres
espèces que des diiférences fort peu sensibles, dont la princi­
pale est la longueur relative et la courbure du style, qui, dans
les autres espèces, est court, droit et term iné par un tout petit
stigmate. Par l'inflorescence en grappe spiciforme, par la
brièveté des pédoncules et leur persistance après la chute du
périanthe, par la sym étrie quinaire de la fleur, la préfloraison
et la disposition du périanthe, par celle de l’androcée (autant
qu'il a été possible d'en juger), plus encore par l ’ovaire stipité et velu, cette fleur rentre évidem ment dans le genre .
Et si l'on devait comparer plus étroitem ent avec les autres
espèces du genre, c’est surtout de Y E rythrophleum chloroslaeh y s qu'il conviendrait de rapprocher cette fleur.

Fruit.
La morphologie en est fort analogue à celle des autres
espèces : sec, ligneux, allongé, plat, à double déhiscence, avec
une suture saillante sur le bord, ce fruit se rapproche plutôt
par la forme et un peu par la couleur, de celui de Y E . Fordii.
On sait d'ailleurs que sous des caractères généraux invariables,
les fruits à'E rythrophleum ont une assez grande variété d ’as­
pect. Ici encore, toutefois, l'anatom ie m ontre quelques diffé­
rences. Par exemple : l’absence de sclérites corticaux (mais ils
m anquent aussi dans le fruit de l is. Fordii) ; — l’interruption

Graine.

Feuilles.
Les feuilles sont évidem ment semblables dans les trois
échantillons par leur rachis bipinné à base renflée et colorée,
par leurs axes secondaires opposés, par leurs folioles plus ou
moins coriaces, asym étriques,leur nervation anastomosée et dis­
posée en arc parallèlem ent au bord.
Sans doute les échantillons diffèrent un peu entre eux, mais
on sait que chez les autres espèces, la dimension, l'aspect, et
quelquefois la forme, peuvent varier dans le même échantillon.
La différence principale entre YE. densiflorum et les autres
est qu ’ici les folioles sont opposées sur le rachis secondaire :
elles sont alternes chez toutes les autres espèces. Cette diffé­
rence est d ’importance secondaire et ne justifierait même pas
à elle seule une distinction spécifique.
L’anatom ie des diverses parties de la feuille est confir­
m ative des caractères morphologiques. L’épiderme à zone
extérieure épaisse, le parenchyme en palissade à un rang
(seul YE. chlorostachys en a deux), le parenchyme lacuneux
disposé en zones parallèles, le faisceau principal complexe
dans les rachis, le liber plus ou moins écrasé, le bois normal,
sont autant de caractères communs à toutes les espèces et à
YE. densi/lorum .

�328

I,.

PLANCHON

Mais l ’anatomie présente des différences d ’im portance iné­
gale qui m éritent d’être signalées : l'absence ordinaire de sclérites dans le parenchyme cortical des axes foliaires1; les rayons
médullaires plus largesque d ’ordinaire ~, etc., constituent des
différences sans importance. L ’absence des faisceaux supplém en­
taires que présentent toutes les autres espèces dans leur
rachis général, dans le rachis des pinnules et même dans le
pétiolule, est déjà plus im portante ; il faut y joindre la pré­
sence du faisceau anormal central à orientation variée que
nous avons vu dans le rachis ; il faut y joindre aussi l'exis­
tence des nodules sécréteurs dans l’écorce et dans la moelle.
En ce qui concerne le faisceau, les anomalies sont trop
variables pour qu ’il y ait lieu de s ’y attacher beaucoup et d ’en
faire un caractère im portant. Les E ry th ro p h le u m ont des
faisceaux anormaux, sous des formes un peu diverses, en
dehors ou à l’intérieur du faisceau principal dans les axes
foliaires; c'est le seul fait à retenir.
Pour les nodules sécréteurs, la question est plus intéressante
et plus im portante. On considère volontiers aujourd'hui que
les caractères anatomiques ont une importance capitale en Sys­
tém atique, et l'on est porté, à juste titre d'ailleurs, à voir dans
les organes sécréteurs (canaux, poches, etc.) des élém ents de
premier ordre parmi ces bases anatom iques de la classifi­
cation. A ce point de vue, l ’existence des poches lysigènes dans
notre plante devrait suffire pour en faire le type tout au moins
d u n g en re nouveau. 11 est permis cependant, sans m éconnaître
en rien l'importance des caractères anatom iques, de penser q u ’on
en a exagéré la valeur, et que celle-ci varie d'ailleurs suivant
les cas examinés. Il y a lieu d'appliquer ici le principe de la
méthode naturelle, et d’attribuer à cet ordre de caractère une
importance plus ou moins grande selon le cas. Sans doute
souvent un caractère donné, le liber interne des Solanées par
exemple, devient, en raison de sa constance dans un groupe

ERYTHROPHLEUM DENSIFLORUM

329

m orphologiquem ent naturel, un caractère de prem ier ordre; mais
d ’une façon générale les caractères anatom iques me paraissent
devoir être subordonnés à la morphologie, et utilisés surtout
pour les distinctions spécifiques.
En ce qui concerne les E rythrophleum par exemple, la plante
étudiée ici appartient trop m anifestement à ce genre 1 pour
qu’on puisse légitim em ent l ’en distraire ; et cela prouve tout
sim plem ent que des espèces voisines d’un même genre peuvent
avoir ou n’avoir pas d ’organes de sécrétion.
E t d ’ailleurs ce sont là discussions stériles : le Genre, comme
l’Espèce, n’existe que par nous et pour nous; chacun les con­
çoit à sa manière. Cette création n ’est faite que pour nous
guider et pour jalonner de loin en loin le dédale que nous offre
la nature. Dans ces conditions, les caractères essentiels seront
toujours ceux qui, avec la constance la plus grande, offriront
en même tem ps la plus grande facilité de constatation : ce
sont les caractères morphologiques des organes reproducteurs,
Cette opinion des anciens morphologistes reste la vraie.
Dr Louis P lanchon ,
Professeur à l’Université de Montpellier.
1. La graine mise à part pour les raisons susindiquées.

1. Encore est-il bon d’observer que si VE. Guineense en a beaucoup,
VE. chlorostachys en a fort peu.
2. Ils ont quelquefois plus d’un rang d ’épaisseur dans VE. Guineense.
MACON, r n O T A T FKKIIES, IM PR IM EU R S

��Sommaires des volumes paru s des

A N N A L E S D U M U S É E C O LO N IAL I)E M A R S E IL L E
1893. — Premier volume. — (Première armée.)
I " Mémoire.
Sur les K o l a s a f r i c a i n s au point de vuo botanique, chimique, physiologique, thérapeu­
tique, bromatologlque et pharmacologique, par le professeur Eu. H kckkl.
S« M é m o ir e . — Sur le beurre et le pain d 'O 'D i k a du Gabon-Congo et sur les végétaux qui le produisent.
Comparaison avec le beurre de C a y - C a y de Coe.hinchine et les végétaux qui le donnent, par le professeur
E d . H kckkl.

1894. — (Deuxième année.)
D a n s l a H a u t e - G a m b ie . — Voyage d exploration scientifique, par le docteur André R ançox. (Avec carte
et ligures dans le texte et hors texte.)
1S95. — Deuxième volume. — (Troisième an née.)
1. Contribution à 1éludé du R o b i n i a N iCO U Aubiet. au point de vue botanique, chimique et physiologique,
par E. G eoffroy, pharmacien des colonies, licencié ès sciences naturelles.
2. Contribution a l'élude botanique, thérapeutique et chimique du genre A d a n s o n i a (Baobab), par le docteur
Charles G kruer, professeur suppléant a I Ecole de médecine, préparateur de botanique A la Faculté îles sciences
de Marseille.
3. Sur le Q u a S S i a a f r i c a n a Bâillon, du Gabon. (Etude botanique, chimique et thérapeutique, par le
docteur L. Claudel, préparateur à la Faculté des sciences de Marseille, licencié ès sciences naturelles.)
4. Sur le B a k i s ( Tiuospora Bakis Miers) et le S a n g o l (Cocculus Leaeba G. P. et Ricli.) du Sénégal et du
Soudan, par Ed. H bckhl et Fr. Sciilagdkniia uffen,
5. Etude sur le P s i d i u m (Goyavier), par M. Knonm, pharmacien de 1'" classe de l’Ecole de Paris.

1896. — Troisième volume. — (Quatrième année.)
F l o r e p h a n é r o g a m i q u e d e s A n t i l l e s f r a n ç a i s e s (Guadeloupe et Martinique), parle R. P. Dus».
professeur au Collège de la Basse-Terre.(Avec annotations du professeur I)r Hkckkl sur l’emploi de ces plantes).
1897. — Quatrième volume. — (Cinquième année.)
1. R a p p o r t de m i s s i o n s c ie n t if iq u e A la Martinique et à la Guyane, par Emmanuel Geoffroy.
2. Les P l a n t e s m é d ic in a le s e t t o x i q u e s de la Guyane française, par M. Edouard Hkckkl.
3. R echerches su r les G r a i n e s g r a s s e s nouvelles ou peu connues des Colonies françaises, par Ed. Hkckkl.
4. Sur un S t r o p h a n t U S du Congo français ( S t l’O p h a n t u s d'Aulran). Elude de chimie et de matière médi­
cale, par MM. les professeurs S ciilagdrsiiaupfkn et Lamis P lahchox.
5. L 'E r o u m a de la Nouvelle-Calédonie et son produit résineux, par M. Henri J cukli e.
6. D u R o i s p i q u a n t de la Guyane française et do son écorce fébrifuge, fourni par le Zamtuoxyi.um
P rrrotrtii DG., par MM. Ed. Hkckkl et F. Sein agdrmiauvfkk.
7. Sur les M u r r a y a K œ n i g i i et e x o t ic a de Cochinchine ; élude de pharmacognosie, par le Ur L aiiohde.
1898. — Cinquième volume. — (Sixième année.)
1. L o P l a n t e s à. C a o u t c h o u c e t à G u t t a dans les Colonies française*, par H. J umelle, professeuradjoint à la Faculté des sciences de Marseille.
2. Les G r a i n e s g r a s s e s n o u v e l l e s OU p e u c o n n u e s des Colonies françaises, ètode botanique
chimique et industrielle, par M. Edouard H eckfi..
3. S u r u n n o u v e a u J a b o r a n d i d e s A n t i l l e s f r a n ç a i s e s (Piloearpus racemotu * Vahl), par
M. le Dr R ocher, professeur à l’Ecole de médecine et île pharmacie île Clermont-Ferrand (Elude botanique et
pharmaceutique.)
1899. — S i x i è m e v o l u m e . — (Septième année.)
1. E t u d e s u r le s c a c a o s , p a rM . le professeur J uukli.k.
2. E t u d e s u r le s g o m m e s , g o m m e s - r é s i n e s e t r é s i n e s dos Colonie* frao.aises,
Dr Jacob de Cororuoy.
1900. — S e p t i è m e v o l u m e . — (Huitième année.)

par M. le

1er fascicule. — É t u d e S u r le t a b a c , p ro d u ctio n , m anufacture et culture, notam m ent dans les Colonies
françaises, p ar M . I.AuncNT, d o cteu r ès sciences.
2* fascicule . — Elude morphologique et anatomique du B r a c h y t r u p e s a c h a t i U U S S lo ll, qui, au T onkin,
ravage les caféiers, par le Dr Bordas, docteur ès sciences.
1901. — H u i t i è m e v o l u m e . — (Neuvième année.)

l»r fu s e c n ic . — i« L e s S o i e s d a n s l ’E x t r ê m e O r i e n t e t d a n s le s C o lo n ie s f r a n ç a i s e s .
par le professeur docteur Hubert J acou üe Coroemoy. — 2° L ’O r d a n s le s C o lo n ie s f r a n ç a i s e s
(historique, gisements, procédés d'extraction, commerce), par M. le professeur docteur L aurf.x t .
2* fascicule. — 1° S u r l 'O u s o u n i f l n g d u S o u d a n (Colette Coppini Tieckel;, par M. E. Heckfl. —
2° S u r le p r o c e s s u s g e r m i n a t i f dans O n g u e k o a et S t r o m b o s i a fOUcaeèe*', par M. E.
H kckkl. — 3- S u r l ’I g n a m e p l a t e d u J a p o n ( üioscorea Japonica Thumb. , parM . E H eckm..
_4“ L e c a p i t a i n e L a n d o l p h e et la première colonisation française du Bénin, par M. P. G affarel.
— 5° C u l t u r e d e s a r b r e s à. g u t t a en Indo-Chine et aux Indes néerlandaises, par M. C. Vebxk. —
O» N o t e s d ’e x p l o r a t i o n é c o n o m iq u e a u C o n g o f r a n ç a i s , par M . Leon B khtuikh.
1902. — N e u v i è m e v o l u m e . — (Dixième annéei

1. V o y a g e s c ie n t if iq u e a u S é n é g a l, a u S o u d a n e t e n C a s a m a n c e . parM . A Chrv»lik*.
2. J o u r n a l de r o u t e d u S é n é g a l a u S o u d a n e t a u F o u t a h - D j a l l o n . par le capitaine
Devaux.
1903. — P r e m i e r v o lu m e , 2* s é r i e . — (Onzième année).

t ,r fa s c i c u l e . - - L ’E x p o s i t i o n d ’H a n o ï. par le professeur P . G*FFAaEL(avec de nombreuses illostralious).
Z ’ f a s c i c u l e . — 1 G r a i n e s g r a s s e s n o u v e l le s o u p e u c o n n u e s des C olonies française-, étude
botanique, chimique et industrielle, p a r M. Edouard H kckkl. — 2. R e c h e r c h e s s u r la c o m p o s i ­
t i o n de l ’a l b u m e n d e s g r a i n e s d \ts /f o e n v y i/m c u l ija r e Mail, et i V Œ n o c a r p u s P m
&lt; M.»rt.;
P alm iers de la G uyane française, par M. En yard . — 3. C a t a l o g u e a l p h a b é t i q u e r a i s o n n e
des plan tes m édicinales et toxiques Je M adagascar avec leu r emploi indigène, par M. Edouard II k -k. l .

1804. — D e u x i è m e v o l u m e . 2» S é r i e . — |Douzième année).
l. R e c h e r c h e s a n a t o m i q u e s s u r l a f le u r d u T a n g h i n d u M é n a b é . M a d a g a s c a r )
par Puni L)or, docteur ès sciences, chargé d'un cours de botanique, it U Faculté îles sciences de Toulouse.
î . E t u d e s u r l 'i l e de l a R é u n i o n id éographie physique ; R ichesses n atu relles ; Cultures et Industries),
p ar le Dr H. J acou uk Cordkuov, chargé de cours A l'Ecole de médecine et A I Institu t colonial de M arseille.
3 . S u r u n n o u v e a u C o p a l e t s u r u n n o u v e a u K i n o fournis, le p rem ier par le fruit, et l. second
p ar le tronc e t les ram eaux du D i p l e r y x

odQrald

W illd . (Etude anatom ique du genre D i p l e r y x et étude

chim ique de se&gt; produits), p ar MM. Edouard 11Et kfl. H. J a c o b uk Rohio uoV el Fit. SCHLA«!»RSii.\t&gt;rr«ix.
l. E t u d e e t h n o g r a p h i q u e s u r la r a c e M a n d u H a u t - T o n k i n . p«r le oapitaine Mais», le I in ­
fanterie coloniale.

�Sommaires des volumes p a ru s des

A N N A L E S DU M U S É E C O L O N IA L D E M A R S E I L L E
1905. — Troisième volum e, 2' Série. — (Treizième année).
1° M a d a g a s c a r
(préface par M.
d ’I n d o - C h i n e ,
S a b l i e r ( U ltr a

e n 1 7 5 6 . par M. B e r n a u d ,
le professeur Gaffarel). —
p a r M. E t . L e f b u v r k . — 3»
c r e p i t a n s L.), par M. G i l l e s .

chirurgien au service de la Compagnie (1rs Indes
2° E t u d e c h i m i q u e s u r le s h u i l e s de b o i s
E t u d e m o r p h o lo g iq u e et a n a t o m iq u e d u
— 4° L 'E p e r u a f a l c a t a Aublol ( W a p a h u i l e u x

de la ~
profe:
car

profi

.
M o r a n d a . péricarpe comestible du Raphia pedunculala Palisot de Bëauvois. dr Madagascar, au
point de vue botanique et chimique (nouvelle source de matière grasse), par MM. Decuock et F r.
S chlaqdrnhauffkn. — 7“&gt; M o r p h o l o g i e g é n é r a l e e t étudie a n a t o m i q u e de l a l a r v e
d 'I o Ir e n e . chenille séricigène de la Guyane Française, par M. !.. B ordas , docteur ès sciences
naturelles, docteur en médecine, maître de conférences à la Faculté des sciences de Bennes.
1900. — Quatrième volume, 2' Série. — (Quatorzième année).
l»

É t u d e s u r le d é v e lo p p e m e n t de l 'a p p a r e i l s é c r é t e u r d e I ’E pê h u a fa lca ta
A u b le t . par M . II. .Iacou dk C o rd k sio y , chargé de cours h l'Ecole de médecine, chef des tra­
vaux pratiques de botanique à la Faculté des Sciences de Marseille. — 2- D e s s i n p h o t o g r a ­
p h i q u e d e s f e u ille s , note de M. le Professeur Louis P l a n o iio n . de l'Université de Mont­
pellier. — 3° R e c h e r c h e s m o r p h o l o g i q u e s et a n a t o m i q u e s s u r le Kata. \ ou Katua
fa y

de Madagascar (Cedrelôpsis Grevei fl.

B â il l o n ),

par M. le professeur

L u cien C o u h c iib t .

de

l ' Université de Montpellier. — 4° C o n t r i b u t i o n à l ’e t u d e d u g e n r e C in n a .u o s .ma H B â i l ­
lo n , par M. le Professeur L u cien Go u r c iik t . — 3° C o n t r i b u t i o n à l ’é t u d e de q u e lq u e s
p o i n t s d ’a n a t o m i e i n t e r n e d e s P h y l l i e s (PlnjUium crurifolium Andiuel Serville). par

M. L. Bordas, docteur ès sciences, docteur en médecine, maître de conférences à la Faculté
des Sciences de Rennes. — ü° R e c h e r c h e s s u r l 'a p p a r e i l s é c r é t e u r d u Vat.urea
A u b l e t ( C o u m a t é ) et. du M a c ii .krium fk k ru g in ecm Pers. L i a n e s a n g et sur
la composition chimique (les kinos qu'ils fournissent, par M. Dbcrock, professeur adjoint à la
Faculté des sciences de Marseille, et M. R ib a u t , agrège à la Faculté de médecine et de phar­
macie de Toulouse.
G v ia n k n sis

Cinquièm e volume, 2" Série. — iQuinzième année).

1907

1° R e c h e r c h e s m o r p h o l o g i q u e s et a n a 'o m i q u e s s u r u n e R u b i a c é e n o u v e l l e d e
M a d a g a s c a r : D irichletia R r i n e e i nova sp., par M. P â l i . D o c , docteur ès sciences, chargé d'un
cours de botanique à la Faculté des sciences de Toulouse. — 2“ S u r q u e l q u e s p l a n t e s n o u ­
v e l l e s d e M a d a g a s c a r au point de vue. m orphologique et anatomique. par.M. D u h a r d , maître
de conférence de botanique coloniale à la Sorbonne, et P. I)o&lt;&gt;. charge de cours à la Faculté des
sciences de Toulouse. — 3° S u r le P r o t o r h u s ^ P e r r i e r i nov. sp^ de Madagascar, par M. le
professeur !.. C o u h c h e t . — 4° L e K i t s o n g o v r a i de M a d a g a s c a r , R ovreu (Byrsocarpus)
o r i e n t a l i s IL Bu., p a r M. le professeur L. C o u r c h b t . — 5“ L e K i n o d e s M y r i s t i c a c é e s .
recherches sur l’appareil sécréteur de Kino chez ces plantes, par M. II. J acou de C o rd k m o v , pro­
fesseur à l’école de médecine et à l’Institut colonial, chef de Ira vaux îi la Faculté des sciences de
Marseille. — 1&gt;° E x a m e n c h i m i q u e d u K i n o d e B o u r g o n i . par M. R i ba u t . chargé de cours a
la Faculté de médecine et de pharmacie de Toulouse. — 7" R e c h e r c h e s s u r l e s E r y t h r o p h l e u m et en particulier su r VE. Couminrjn IL Bu., par le docteur L o r is P l a n o iio n , professeur
à l’Ecole supérieure de pharmacie de Montpellier. — 8° E t u d e c h i m i q n i d e l ’E c o r c e d ’E r y t h r o p h l e u m C o u m i n g a . par M. le docteur L a b o u r e , professeur agrégé à la Faculté de méde­
cine et de pharmacie de Toulouse, pharmacien en chef des Hospices civils — 9° S u r q u e l q u e s
p l a n t e s u t i l e s o u i n t é r e s s a n t e s d u N o r d - O u e s t de M a d a g a s c a r , par M. IIknki
J u m elle , professeur à la Faculté dos Sciences de Marseille. — 10° N o t e s s u r l a F l o r e d u N o r d O u e s t de M a d a g a s c a r , par M M . I L J u m e l l e et I I . P e r k ie r de la B a t i i i e .
1908.

— S ixièm e volum e, 2 ' Série. — (Seizième année).

1* E s q u i s s e s u r l a p è c h e d a n s l a p r o v i n c e de T u l é a r , p a r M. C am ille L e B a h u ie u e t
r e v u e p a r M. le p r o f e s s e u r D a r u o u x . — 2° L e g e n r e P l e c t a n e i a d e M a d a g a s c a r , p a r
M M . H e n r i J um elle e t P e r r ir r d e l a B a t iiie . — 3° C o n t r i b u t i o n à l ’é t u d e d e s f é c u l e s
de l ’In d o c h i n e , p a r M. E. D e c r o c k . — 4° N o t e s b i o l o g i q u e s s u r l a v é g é t a t i o n d u
N - O . de M a d a g a s c a r : L e s A s c l è p i a d è e s , p a r M M . H e n r i J u m elle e t l'un h ie r de i .a
B a t iiie . — 5e L e c a o u t c h o u c d e s h e r b e s a u C o n g o t r a n ç a i s . p a r M. A. B a u d o n .
G"
S u r q u e l q u e s p l a n t e s à. g r a i n e s g r a s s e s n o u v e l l e s o u p e u c o n n u e s d e s c o l o n i e s
f r a n ç a i s e s e t e n p a r t i c u l i e r de M a d a g a s c a r , p a r M. E d o u a r d I I e c k k l .
1909.

— Septièm e volum e, 2* Série. — (Dix-septième année .

1* C o n t r i b u t i o n à l ’é t u d e a n a t o m i q u e e t h i s t o l o g i q u e d e s p l a n t e s t e x t i l e s e x o t i q u e s
( Passiflorées , Musucécs, R,'limiers, A roulées, Cypéracées), par P a s ca l C i .a v k r i e . — 2“ N o t e s
s u r d e s p l a n t e s l a r g e m e n t c u l t i v é e s p a r le s i n d i g è n e s e n A f r i q u e t r o p i c a l e . par
M. E. ur; YVi l d e m a n , professeur au cours colonial de l'E co le d'horticulture de Vilvorde (Bel­
gique). — 3° S u r l ’a c t i o n t o x i q u e de l a S a p o n i o e d e s g r a i n e s d u S a p i n d c s s f n k g a l e n s i s Juss., par le I)r J. C h e v a l i e r (avec une introduction du prof. P r lleekel). — f“ S u r
q u e l q u e s f é c u l e s d e s C o lo n ie s , e n p a r t i c u l i e r de l ’Io d o - C h in e , par M. E. D e c r o c k .
prof, adjoint à la (acuité des Sciences de Marseille. — 5'' N o t e s s u r l a f l o r e e t le s p l a n t e s
é c o n o m i q u e s d u B a s C o n g o f r a n ç a i s , par M. A. B a u d o n . adm inistrateur colonial au
C ongo français. — 0” E t u d e s u r q u e l q u e s f é c u l e s c o l o n i a l e s , par M M. L o u is
P l a no i i o n , professeur, et A. J u i l l e t , chef de travaux à 1 Ecole supérieure de Pharm acie de
Montpellier.

- ^

y

1910.

—

Huitième année, 2* Série. — (Dix-lmitième année).

�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="1567" order="6">
        <src>https://odyssee.univ-amu.fr/files/original/2/270/Annales-Musee-colonial_1912-Vol-10.pdf</src>
        <authentication>6d7f2d7225948134f9171bae34af2196</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="92">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="8933">
                    <text>A N N A L E S
du

DE MARSEILLE
FONDÉES EN 1 8 9 3 PAH

M.

le pr o fesseu r

l) r E d o u a r d H E C K E L

et publiées sous sa direction.

Vingtième année. 2° série. 10° volume (1912)
MACON, PROT.AT FR E R E S, IM PRIM EURS

l Les Sapotacées du groupe des Syderoxylinées, parM. Marcel DUBARD.
2° Sur quelques plantes alimentaires indigènes du Congo français, par M. BAUDON,
administrateur colonial au Congo français.
3° Étude de quelques échantillons de terres comestibles provenant des colonies fran­
çaises, par les Docteurs ALOY et BOURDIN.
*4° Recherches anatomiques sur trois espèces de Kalanchoe de Madagascar, par
MM. F. JADIN et A. JUILLET.
5° Nouvelle contribution à la flore de Bourail lâ'contribution à la flore de NouvelleCalédonie), par M. II. GUILLAUMIN, docteur ès sciences, préparateur au Muséum
de Paris.
6° Recherches anatomiques et morphologiques sur le PELEA MADAGASCARICA H. Bn,
par M. A. JUILLET.
7° Nouvelles observations sur les plantes de Nouvelle-Calédonie, par M. Edouard
HECKEL (avec planches en couleur et en noir).
Su Les Bananiers : culture, exploitation, commerce, systématique du genre Musa, par
M. E. d e WILDEMAN, professeur au cours colonial de l’Ecole d’horticulture de
Yilvorde (Belgique).

1912 - Vol 10

MARSEILLE
M U SÉ E C O LO N IA L

5, R ue

N o a illes ,
1912

5

�A N N A L E S
du

DE MARSEILLE
FONDÉES EN 1 8 9 3 PAH

M.

le pr o fesseu r

l) r E d o u a r d H E C K E L

et publiées sous sa direction.

Vingtième année. 2° série. 10° volume (1912)
MACON, PROT.AT FR E R E S, IM PRIM EURS

l Les Sapotacées du groupe des Syderoxylinées, parM. Marcel DUBARD.
2° Sur quelques plantes alimentaires indigènes du Congo français, par M. BAUDON,
administrateur colonial au Congo français.
3° Étude de quelques échantillons de terres comestibles provenant des colonies fran­
çaises, par les Docteurs ALOY et BOURDIN.
*4° Recherches anatomiques sur trois espèces de Kalanchoe de Madagascar, par
MM. F. JADIN et A. JUILLET.
5° Nouvelle contribution à la flore de Bourail lâ'contribution à la flore de NouvelleCalédonie), par M. II. GUILLAUMIN, docteur ès sciences, préparateur au Muséum
de Paris.
6° Recherches anatomiques et morphologiques sur le PELEA MADAGASCARICA H. Bn,
par M. A. JUILLET.
7° Nouvelles observations sur les plantes de Nouvelle-Calédonie, par M. Edouard
HECKEL (avec planches en couleur et en noir).
Su Les Bananiers : culture, exploitation, commerce, systématique du genre Musa, par
M. E. d e WILDEMAN, professeur au cours colonial de l’Ecole d’horticulture de
Yilvorde (Belgique).

MARSEILLE
M U SÉ E C O LO N IA L

5, R ue

N o a illes ,
1912

5

�LES

SAPOTACÉES

DU GROUPE DES SIDEROXYLINÉES
Par M. Marcel Dubard.

1) une manière générale, les SUleroxylinèes présentent un
androcée composé d un cycle de staminodes épisépales et d’un
cycle d étamines fertiles épipétales. Ce dernier verticille, le
plus souvent isomère de la corolle, peut cependant être formé
de groupes d étamines superposées aux pétales. Cette défini­
tion précise, quoique un peu étroite, du groupe nous permettra
d attribuer nettement telle ou telle forme aux Sideroxvlinées ;
mais, il ne faut pas cependant perdre de vue qu’il existe des
transitions assez nombreuses de ce groupe aux Illipinées d’une
part et surtout aux Chrysophyllinées d'autre part ; nous
devrons donc préciser plus tard les relations de ces diverses
subdivisions.
Il est facile de concevoir une première coupure très natu­
relle de la sous-tribu que nous étudions. Si n est le nombre
des pétales de la fleur, 1androcée pourra être du type ns -f- nE
ou bien du type ils -|- KnE, en désignant pare les staminodes,
par E les étamines fertiles et par K un nombre entier. Si le
cycle épipétale est isomère de la corolle, on a affaire aux
Sideroxylées, s’il en est polymère aux Ornphalocarpées.
SIDEROXYLEES.
Les Sideroxylées constituent un groupe très important par
le nombre des espèces, en même temps que très homogène ;
il est doncassez délicat de pratiquer des subdivisions. Engler 1
1. E n g l e r , Sapotuceæ« in PJlanzenfamilien, IV Th., Abt. I, 136-147 ;
Xachtrage, 273-278.
Annales dn Musée colonial de Marseille. — 2' série, 10e vol. 1912.
1

�2
MARCEL DUBARD
base celles-ci sur le nombre des carpelles, le nombre des pièces
du calice, la présence ou l'absence d'albumen.
Cependant, l'étude d'ensemble du groupe nous montrera
des variations presque continues dans le nombre des sépales et
des carpelles, lorsqu’on considère la série des genres et souvent
même des variations dans le nombre des pièces florales à l’in­
térieur d'un même genre, à tel point que ces caractères numé­
riques si précieux ou plutôt si commodes dans certaines
familles, sont loin d’être île premier ordre chez les Sapotacées
pour la délimitation des genres et, à plus forte raison, perdent
à peu près toute valeur en ce qui concerne des groupements
plus complexes.
Quant au plus ou moins grand développement de l'albumen,
à sa présence ou à son absence, ce sont là des caractères
qui présentent tellement de variations entre des formes peu
éloignées par leur morphologie générale, qu'il est impossible
de baser sur eux des groupements un tant soit peu naturels et
de quelque étendue; c’est donc, à notre sens, fausser la classi­
fication dans son principe même que de fonder îles distinctions
importantes sur l'abondance plus ou moins grande de 1 al­
bumen *.
La position des ovules dans les loges et les conséquences
qui en résultent pour la structure de la graine nous ont semblé
au contraire offrir une constance digne d'attention ; les rap­
prochements qu'amènent à faire ces caractères semblent d'ail­
leurs en parfait accord avec le groupement naturel des espèces.
Il y a lieu de distinguer deux cas, comme nous l’avons indi­
qué dans un précédent travail.
Si l'ovule est inséré à une certaine hauteur sur l’axe de
l’ovaire, l’ovule est très faiblement anatrope ; en se soudant
dans la suite du développement sur une grande longueur avec
le placenta, il fournit à la surface de la graine une longue cica­
trice latérale, dont le hile occupe l une des extrémités et le
micropyle l'extrémité opposée, située vers le bas de l’ovaire
(type Lucurné).
I. Marcel Dübard, Remarques sur la classification des Sideroxylées
(C. H. A .S., 13 fév. 1y 11 ).

3
Si au contraire l’ovule est inséré vers la base de la loge,
sou anatropie s’accentue; l’aire de soudure avec le placenta se
réduit à une petite région basilaire ; la graine ne porte alors
qu’une cicatrice très réduite, située à sa partie inférieure, le
hile et le micropyle devenant très rapprochés (type Jiusideroxylé).
Ces caractères sont des plus nets et présentent l’avantage
de permettre une coupure franche dans le groupe des Side­
roxylées.
Les genres se classeront alors en deux séries :
Les Lucumées dont la graine appartient au premier type;
Les Eusideroxylées dont la graine est du deuxième type.
L’importance de ces caractères tirés de l’ovule et delà graine
avait déjà été mise en lumière par Bâillon *. qui en avait saisi
la conséquence au point de vue systématique et en avait tiré
une classification assez voisine de la nôtre.
La série des Buméliées correspondait à 1ensemble de nos
Sidêroxylinées et Chrysophy l/in des, et se subdivisait en :
Euhumélièes. Staininodes alternipétales ; hile subbasilaire.
Lucumées. Staminodes alternipétales ; hile ventral.
Chrysophy liées. Pas de staminodes ; hile ventral.
Nous estimons qu’il y a lieu de séparer plus profondément
les Chrysophy liées de l’ensemble des deux autres groupes sans
méconnaître les transitions nombreuses entre les Lucumées et
les Chrysophy liées, et que, pour la clarté de la classification,
il est bon de mettre sur une même ligne les trois grandes subdivisions de la tribu des Palacf uiées.
D’autre part, dans l’ensemble des Sideroxylées, le genre
Bumelia constitue un type assez particulier, pour qu'il nous
paraisse préférable de ne pas choisir la racine de son nom
pour baptiser un groupe aussi considérable que celui que nous
avons en vue. Nous avons conservé au contraire la racine .
Sideroxyl, parce qu’elle est consacrée par un long usage et,
bien que nous aboutissions à une conception assez étroite du
genre Sideroxylon, une très grande partie des formes que nous
LES SAPOTACÉES DtJ GROUPÉ DES SiDEROXVEINÉES

1.

B â il l o n ,

Histoire des plantes, XI, p. 271.

�MARCEL. Dl'BARD
i
allons étudier ont été rangées autrefois dans ce genre, qui syn­
thétisait un peu la famille mal connue des Sapotacées.
Parmi les formes appartenant au type Lucumc, les auteurs
ont essayé comme moyen de classification de faire appel au
caractère île la présence ou de l'absence d'albumen dans la
graine. Haillon emploie constamment ce caractère, tout en
remarquant qu'il n’a pas grande valeur pour la distinction des
genres de Sapotacées Si on l'applique en effet d'une manière
absolue, on s’aperçoit vite qu'il contrevient dans bien des cas
aux affinités naturelles •; à notre avis, on doit simplement en
faire un guide utile, en ne l'employant pas à l’exclusion de
tous les autres caractères.
On peut d ailleurs le doubler en quelque sorte par un autre
caractère tiré de la structure del’embrvon. Tantôt, l'ensemble
de la tigelle et de la radicule [caudicule) forme un organe très
court, punctiforme, faisant à peine saillie en dehors de la com­
missure des cotylédons ; tantôt au contraire cette caudicule
est allongée, cylindrique et mesure plusieurs millimètres. Il
faut remarquer que les embryons du premier type correspondent
le plus souvent à des graines exabulminées et portent de gros
cotylédons charnus, tandis que les autres proviennent plutôt
de graines albuminées et possèdent des cotylédons minces.
Mais la correspondance des caractères n’est pas absolue et
l'examen d'un grand nombre de Sideroxylées nous a montré
que c'est le caractère embryonnaire qui doit primer, dans les
cas douteux, celui que donne le développement de l’albumen.
Nous pouvons alors subdiviser les deux types primitifs de
Sideroxylées en deux sous-types :

a. avec embryon à caudicule courte ; graine
sans albumen.
1. Type Lucumé b. généralement
avec embryon à caudicule longue ; graine
généralement avec albumen.
1. Bâillon , loc. cit ., XI, p. 25G.

5
a. avec embryon à caudicule courte ;
graine généralement sans albumen,
b. avecembryon à caudicule longue;
graine généralement avec albumen.
H application du caractère fourni par l’embryon, en donnant
une base sérieuse à la classification, n’empêche pas d’ailleurs
de reconnaître entre les groupes de genres des convergences
indéniables qui assurent une continuité remarquable dans la
famille des Sapotacées.
LES SAPOTACÉES DU GROUPE DES SIDEROXYL1NÉES

I

A. LUCUMÉES

l ue première série de genres comprendra donc ceux chez
lesquels les cotylédons sont épais et renferment d’abondantes
réserves ; celles-ci sont de natures amylacée et oléagineuse,
l'une ou l’autre catégorie pouvant dominer suivant les cas.
L'albumen est alors nul ou assez réduit ; la caudicule est tou­
jours courte.
Le genre fondamental de ce sous-groupe est le genre Lucuma
de Molina. Nous adoptons pleinement la manière de voir
d’Engler qui, dans le supplément aux Pflanzenfamilien,
fusionne avec ce genre les Vitellaria de Gærtner fils, en faisant
justement remarquer que la présence d’un reste d’albumen ne
suffit pas en général, chez les Sapotacées, pour séparer en des
genres différents des formes par ailleurs excessivement voi­
sines.
Nous rétablirons toutefois sous le nom de Calocarpum une
partie du genre Vitellaria (section Aneulucuma de Radlkofer).
Calocarpum Pierre.

Ce genre, institué par Pierre *, est certainement proche des
Lucuma ; cependant, il s’en distingue par des caractères assez
1. P ierre, Notes botaniques, p. H . Le texte porte Calospermurn, mais
Pierre a corrigé ce nom de sa main sur les exemplaires distribués.

�6

MARCEL DÜBARÛ

spéciaux, semble-t-il, pour être maintenu à part, dans un
groupe où il est si difficile de trouver des différences solides
pour créer des subdivisions, Le calice acquiert dans ce genre
une complexité qui en est la vraie caractéristique. Aulieu d’être
formé d'un verticille de cinq pièces à disposition quinconciaie,
il en comprend toujours un plus grand nombre, jusqu'à 12,
échelonnées le long d'une spirale. Pierre le décrit ainsi : « Les
sépales sont au nombre de b, mais précédés de i à 7 bractées
de plus en plus grandes de la base en montant, les plus éle­
vées indistinctes des sépales et comme eux un peu allongées
transversalement, émarginées, scarieuses, caduques, velues
en dehors, glabres en dedans. » En réalité la distinction entre
les bractées et les sépales semble bien subtile et l’ensemble
de toutes ces pièces doit, à notre avis, être considéré comme
formant un calice complexe. Jusqu’à présent une seule espèce
bien déünie a été décrite dans ce genre : c’est le C. mammosum Pierre.
Synon.: AchrasZapota L. (pro maximaparte) ;.L mammosa
L., Lucuma mammosa A. D C. ; Vitellaria mammosa Radl.
Noms vern. : Mamcy Colorado (Cuba) ; Mammee Sapota
(Jamaïque); Mamey sapote (Porto-Rico) ; grosse Sapote (Gua­
deloupe) ; Sapote à crème (Martinique).
Habit. : Amérique centrale.
Les variétés Bonplandii, Candollei, ovoideum, décrites par
Pierre, nous paraissent assez mal définies, d autant plus que les
caractères invoqués pour les distinguer ne nous ont pas paru
correspondre toujours aux échantillons nommés par cetauteur.
Exs. 1: Jamaïque, Saint-Andrew [Campbell (5464 H. P.)] ;
fruits de la var. Bonplandii2 [ex. herb. Kew (5609 H.P.)].
1. Xous indiquons dans les exsiceata tous les documents de l'herbier
du Muséum de Paris sur lesquels nous avons pu nous faire une opinion ;
lesleltres H. P. indiquent que l’échantillon est représenté avec un numé­
ro spécial, que nous reproduisons, dans l’herbier Pierre léguéau Muséum.
2. Les indications de variété sont faites d’après les documents de
Pierre, mais sans opinion personnelle.

7
Saint-Domingue, Puerto Plata [Eggers], fruit de var. Bon­
plandii; Cuba, près Habana jMariano], var. Candollei, PortoRico, près Utuado (Sintenis (5391 (56 10 H.P.)|, var. ovoideum;
près Bayamon jStahl 762 (56 H.P.)], var. Bonplandii.
Guadeloupe [Duss] ; Martinique [Duss] ; Trinidad [Herb.
Bot. Gard 4475] ; Mexique, Papantla [Schiede 220; ; Guate­
mala, Mazatenango [Beruouilli 1541].
L’espèce C. parvum Pierre, qui est le Zapofc nino du
Mexique, n’est connue que par son fruit, à sarcocarpe épais
contenant beaucoup d’amidon. La graine, d’après Pierre, pré­
sente des caractères particuliers : elle est oblongue, rostrée,
aiguë vers le bas, arrondie vers le haut ; le hile est très
proéminent et forme une sorte de crête ; la cicatrice est aiguë
en bas et arrondie en haut comme la graine.
Ex. : Mexico [Kerber, in herb. berol. 12 (5608. H.P.)].
EES SAP0TACÉES OU GROUPE DES SIDEROXYMNÉES

Le genre Urbanella 1 de Pierre, qui constitue la deuxième
section du genre Lucuma d’après Engler (Nachtriige), pré­
sente aussi par rapport aux vrais Lucuma certains caractères
assez spéciaux qui rappellent ce que nous venons de voir chez
les Calocarpum. Le nombre des pièces du calice, 6 à 8, est
supérieur à ce qu’on trouve généralement chez les Lucuma et
rappelle le type Calocarpum ; en second lieu, l'ovaire est
creusé de loges situées vers sa base ’ et présente extérieu­
rement un disque en coussin, assez court, couvert de longs
poils hispides.
Cette disposition, si nette comme nous le verrons dans tout
un groupe de Planchonella, existe déjà quoique moins accu­
sée chez le type Calocarpum. La nervation de la feuille est
transversale, avec costules saillantes et parallèles comme dans
le cas précédent. Quant à la forme des staminodes, que Pierre
décrit comme obovée et donne comme caractéristique, elle ne
t. P ierre, Notes botaniques, p. 25.
2. C’esl un caractère qui éloigne les Urbanella des Lucuma et les rap­
proche aussi des Calocarpum,

�MARCEL DUHARD
8
nous paraît pas aussi nettement définie dans le genre que cet
auteur l'affirme et ne peut fournir un caractère générique.
Malheureusement le fruit des l rbanellaest inconnu et c’est
pour cette raison qu il est difficile de fixer définitivement la
place de ces plantes dans la classification. S'il se rapproche,
comme il est probable, de celui des Calocarpum, il n'y aurait
aucune hésitation à fondre les deux genres. Malgré cette lacune?
c'est encore à coté des Calocarpum que les considérations pré­
cédentes nous poussent à ranger les Urbanella, sous forme
d'une section que nous caractériserons de la manière suivante :

Sect. Eucalocarpum. — Corolle à lobes
plus longs que le tube ; étamines à filets
plus longs que les anthères, à déhiscence
nettement extrorse ; ovaire sans disque
Calocarpum
hI isPide très netSect. I rbanella. — Corolle à lobes plus
courts que le tube ; étamines à filets à peu
près égaux aux anthères, à déhiscence laté­
rale ou sub-introrse ; ovaire à disque hispide très net.

I

Voici les espèces que nous faisons rentrer dans la section
Urbanella.
1° Calocarpum procerum.
Syn. : Lucuma procera Mart. ; Urbanella procera Pierre ;
Vitellaria procera (sect. Rivicoa) Radl.
Nom vern. : Massaranduba (Brésil).
Habit. : Amérique tropicale, Brésil.
Exs. : Amérique tropicale Luschnach 398 ; Ilerb. Mart. j
var. : cuspidatum.
Syn. : Lucuma procera var. : cuspidata Mart. et Eichl. ;
Urbanella cuspidata Pierre.
Nom vern. : Massaranduba hranca.
Habit. : Brésil.
Exs. ; Brésil, Canta Gallo fPeckolt 199 ; Herb. Mart.].

LES SAPOTACÉES DD GROUPE DES S1DEROXYL1NÉES

9

var. : ohlongifolium.
Syn. : Urbanella ohlongifolia Pierre.
Exs. : Cultivé au Jardin bot. de la Martinique (I)uss. 256].
2" Calocarpum buchananiæfolium. — Cette espèce nous
semble assez dilférenciée des formes précédentes par son
calice à 8 pièces, ses staminodes plus longs que les étamines
fertiles, ses anthères émarginées plus longues cjue les filets,
ses feuilles étroites, oblongues, terminées par une pointe très
effilée.
Syn. : Urbanella buchananiæfolia Pierre.
Exs. : Pérou oriental, Tarapoto [Spruce 4-5 14 (5602 H. P.)].
Lucuma Molina.

Ce genre a été divisé par Engler en 15 sections ’, qui sont
pour la plupart des groupes considérés comme autonomes par
tel ou tel des auteurs qui se sont occupés de la classification
des Sapotacées, particulièrement par Pierre et par Bâillon.
Cette simple juxtaposition aboutit à une subdivision du genre
qui manque d'homogénéité, par suite des points de vue diffé­
rents auxquels se sont placés les auteurs ; les coupures pra­
tiquées de cette façon sont loin à notre avis d'être équiva­
lentes. C’est pourquoi nous nous sommes livré à une révision
du genre qui nous a conduit à réduire de beaucoup le nombre
des coupures. La plupart des anciennes sections ne conservent
plus alors qu'un intérêt secondaire, car elles indiquent seule­
ment certaines affinités plus étroites, permettant d entrevoir
des groupements d'espèces à l'intérieur des subdivisions plus
largement comprises.
lrc Section : Antholucuma A. DC.
Nous rangeons dans ce groupe les Antholucuma A. DC.
qui sont les Radlkoferella de Pierre, les Rivicoa A. DC. qui
I. Notre genre Calocarpum comprend deux de ces sections : Aneulucuma et Urbanella.

�MARCEL Dl'RARO
10
son! les Richardella de Pierre, les Pholidiluma et Macroluma
de Bâillon.
Les caractères généraux de ce groupe sont :
Nervation de la feuille transversale ou transverso-descen­
dante ; calice le plus souvent tétramère, quelquefois penta­
mère ; corolle à tube généralement plus long que les lobes,
généralement hexamère, parfois pentamère ; staminodes et
étamines insérés au sommet du tube ; étamines à filets épais
et courts; ovaire typiquement à 5 carpelles, rarement à 4 loges
ou à 6 loges ou plus : style allongé ; fruit généralement k
péricarpe mince, sauf chez les espèces de l’ancien groupe
Rivicoa ; radicule punctiforme ; embryon renfermant plus
d’amidon que d’huile (caractère inverse de ce qui existe chez
les Calocarpum).

1° Lucuma grandiflora A. DC.
Syn. : Lucuma littoralis Mart. ; L. vcnosa Mart. et Miq. ;
L. curvifolia Mart. et Eichl. ; L. Warmingii Eichl. ; L. marginata Mart. et Eichl.; Radlkoferella littoralis Pierre;
R. venosa Pierre ; R. curvifolia Pierre ; R. Il armingii Pierre ;
R. marginata Pierre ; Vitellaria Eichleri Engl.
Nous réunissons ainsi six espèces que Pierre avaient consi­
dérées comme distinctes dans ses i\otes botaniques ; cet
ensemble ne constitue pour nous qu’une espèce linnéenne
largement comprise. On trouve évidemment des différences,
entre les échantillons de provenances diverses, dans la forme
des feuilles, leur épaisseur, les dimensions des fleurs, la
pilosité du style, le nombre des loges ovariennes, sans qu’il
soit possible de fixer des limites précises aux espèces ; il y a
peut-être lk des variétés, mais encore seraient-elles très
difficiles k différencier.
Par exemple, le style est velu jusque vers son milieu dans
L. grandiflora, L. littoralis, L. marginata, un peu moins
haut chez L. venosa, pas du tout chez L. curvifolia, L. War­
mingii.
Il y a 12 carpelles chez L. grandiflora, 8 k 9 chez L. mar­
ginata, 8 chez L. venosa et L. littoralis, Gchez L. Warmingii,
5 chez L. curvifolia.

11
Ces diverses formes montrent donc des variations assez
larges pour certains caractères, mais elles ne s’éloignent pas
pour cela d’un type moyen bien tangible. D’autre part, rien
ne prouve que l’examen d’un très grand nombre d échantillons
nous permettrait d’être aussi précis en ce qui concerne la
pilosité du style et le nombre des carpelles, par exemple.
Nous savons que les variations individuelles sont particu­
lièrement déconcertantes dans la famille des Sapotacées et
nous ne pouvons qu’être très circonspect, même pour caracté­
riser les variétés. Nous nous contenterons donc de rapprocher
plus spécialement les formes curvifolia et Warmingii k cause
de l aspect de leur ovaire et du nombre voisin de leurs car­
pelles et d’autre part les formes grandiflora, littoralis, venosa
et marginata, k cause de la pilosité du style, mais sans
donner de conclusions plus précises.
Exs. ; Brésil [Glaziou 8227 (5102 M. P.), Vitellaria Eichleri
Eng. ; 4074 (5625 H. P.), Radlkoferella Warmingii Pierre;
Rio de Janeiro 1292, R. marginata Pierre] [Sellow (5615 II. P.),
R. marginata Pierre; (5624 H. P.), R. curvifolia Pierre];
[Ackermann, ex herb. Mart. R. littoralis Pierre] ; fGlauseu,
Minas Geraes (5610 II. P.), R. venosa Pierre].
2° Lucuma multiflora A. DG.
Je fais rentrer dans cette espèce L. Stahliana, L. martinicensis, L. Dussiana, formes que Pierre avait détachées de l'es­
pèce de De Candolle et qu’il décrivit dans les Sgmbolæ Antillanæ '. La comparaison des échantillons ne m’a même pas
conduit k trouver des caractères assez solides pour considérer
ces formes comme des variétés bien définies.
Syn. : Vitellaria multiflora Radl. ; Radlkoferella multiflora
Pierre ; R. Stahliana Pierre ; R. Dussiana Pierre ; R. martiniccnsis Pierre ; R. guadelupensis Pierre ; Lucuma Stahliana
Pierre ; L. Dussiana Pierre ; L. martinicensis Pierre.
Noms vern. : Hacana, Jacana (Porto-Rico) ; pomme pain,
pain d'épices (Antilles françaises) ; Penny-piece (Trinidad).
LES SAPOTACÉES DU (iROUPE DES S1DEROXYLINÉES

1. Ukban, Symb. antil., v. V, fasc. I, p. 104 et suivantes.

�12

MARCEL DUBARD

Habit. : Antilles.
Exs. : Porto-Rico, près Manati, à Abra de los Muertos
[Sintenis 67601; près Penuelas [Sintenis 4340; ; près Adjuntas entre Guilanti et Yiva Cristo !Sintenis 4548 (5628 II. P.)] ;
forêts [Bertero 1310 (II. P.)]; forets près de Bayamon
Stahl 714] ; près Quebradillas [Gundlach 1452].
Martinique, Morne Rouge, camp Balata [Duss 6480 (II. P.)] ;
Saint-Esprit, Trois-Ilets, Rejab Duss 257, 258, 261];
[Hahn 1359 ; [Belanger 965 j.
Guadeloupe, Rivière rouge [Duss 2916] [Herb. Mus. des
Col. 5622 (II. P.)].
Saint-Thomas II. P .J; Saint-Vincent, forêts du Nord
Smith 172 ; Sainte-Lucie, forêts [Ramage] ; Trinidad J Hart];
Grenade |Trin. Bot. Gard. Ilerb. (5412 II. P.)].
var. : l rrbani. Cette forme quoique assez voisine de la
précédente s’en distingue cependant assez facilement par scs
très grandes feuilles, ses fleurs peu nombreuses, son calice h
5 sépales au lieu de 4 et son ovaire couvert de poils très
longs. Nous ne pouvons cependant la considérer comme une
espèce véritable.
Syn. : Lucuma Urbani Pierre ; Radlkoferclla Urbani
Pierre.
Exs. : Porto-Rico. près de Guanica [Sintenis 6964, 3878
(5627 H. P.)] ; près Adjuntas Sintenis 4257] ; près Utuado,
forêt de Saint-Andres [Sintenis 64801.
3° Lucuma quadrifida Pierre.
Cette espèce se rapproche beaucoup de la précédente par
l’aspect de la feuille et par la morphologie florale ; elle s’en
distingue cependant bien par les caractères du fruit et surtout
de la graine ; celle-ci est notablement plus petite que chez
L. multi/lora et sa cicatrice est très courte puisqu’elle n’atteint
pas la moitié de sa hauteur ; c’est la conséquence d’une
anatropie beaucoup plus accentuée de l’ovule.
Syn. : Lucuma multi/lora Griseb, non A. D.C. ; Radlkoferella multiflora Pierre ; R. latifolia Fawc.

LES SAPOTACÉES DU GROUPE DES SÏDEftOXYL în EES

13

Nom vern. : White Bully Tree (Jamaïque).
Exs. : Jamaïque [Alexander 722 (5626 II. P.)] [Wullschlægel 915] ; Withfield Hall Works [Harris 5523, 6103] ; Blue
Mountains à Ilagley Gap [Harris 5419] : Pleasant Ilill [Har­
ris 6089].
4° Lucuma Arguacoensium Karst.
Syn. : Radlkoferclla Arguacoensium Pierre.
Nom vern. : Manzana (Colombie).
Exs. : Colombie, Rio Hacha [Linden 1631 |.
Remarque. Dans les espèces précédentes, la nervation de
la feuille est nettement transversale entre les coslules ; il peut
arriver également que les veinules forment un réseau à la
fois transversal et descendant, sans qu’il y ait à proprement
parler de nervures intermédiaires parallèles aux costules.
Nous trouvons cette disposition dans l’espèce suivante que
nous rattachons aussi h la même section.
5° Lucuma serpentaria IL B. I\.
Syn. : Lucuma pauciflora A. DC. ; L. Valenzuelana
A. Rich. ; Vitellaria serpentaria Radl. ; V. pauciflora Radl. ;
V. nitidula Engl. ; Radlkoferella pauciflora Pierre ; R. ser­
pentaria Pierre ; R. nitidula Pierre.
Noms vern. : Sapote de Culebra, Siguapa (Cuba).
Exs. : Cuba, près Monteverde Wright 346, 346®, 1028,
2925] ; Loma del Jaguey [Eggers 5156 (5619 IL P.)] ; [Rugel
635] ; [Wright 2926] ; [Ramonde de la Sagra].
var. : domingensis. Cette forme, très voisine de la précé­
dente, se distingue par ses feuilles nettement obovées, ses
costules plus rapprochées avec nervures intermédiaires assez
nettes.
Syn. : Lucuma domingensis Gærtn. f. ; Achras mammosa
Descourt. ; A. vitellina Tussac ; Radlkoferella domingensis
Pierre.
Nom vern. : Jaune d'œuf (Haïti).
Exs. : Saint-Domingue [Poiteau]; [Picarda 174].

�Il

Ma r c e l uurârd

La section Rivicoa A. DC., sensiblement é(juivalente au
genre Richardella de Pierre, ne me parait différer des
Antholucuma par aucun caractère essentiel. Alors que dans
cette dernière section le calice est généralement tetra mère
^2S -j- 2 S'), rarement pentamère, chez les Rivicoa, il est au
contraire le plus souvent à 5 pièces, quelquefois à 0.
L’épaisseur du tégument de la graine et celle du péricarpe
du fruit sont données comme plus considérables chez les
Rivicoa, mais, outre cjue les fruits et les graines sont loin
d’être connus pour toutes les espèces, ces caractères paraissent
plus quantitatifs que qualitatifs.
Pierre, dans ses Xotes botanigues *, pour justifier son genre
Richardella, dit que les étamines y sont insérées au sommet
du tube de la corolle, mais sensiblement plus bas que les
staminodes ; c’est un caractère souvent bien difficile à appré­
cier et, s’il est manifeste chez L. Rivicoa, que Pierre a surtout
eu vue lorsqu’il cherche à caractériser son genre, dans d’autres
espèces, il est bien difficile de dire si ce sont les staminodes
ou les étamines qui sont insérés le plus bas.
Il dit en outre que l’ovaire chez les Richardella est porté
par un disque en coussin, à peine distinct au dehors et bien
plus élevé que l’ovaire. En réalité les loges ovariennes sont
situées très haut dans ce genre, mais ce fait était à peu près
aussi accentué chez les Antfiolucuma et, dans l'un et l’autre
cas, rien ne trahit la présence d'un disque à la surface de
l'ovaire ou à sa base. D’ailleurs, Pierre termine sa description
du genre Richardella en supposant qu'il pourrait bien ne
contenir que le L. Rivicoa, les autres espèces qu’il en rap­
proche pour des raisons anatomiques peu valables pouvant
être ramenées au genre Radlkoferella.
C’est pour ces considérations que nous ne voyons aucune
utilité à maintenir la section Rivicoa et que nous rattachons
les espèces suivantes aux Antholocuma. La nervation est
transversale chez les Rivicoa, comme chez la plupart des
espèces précédentes.
1. L oc. cit., p . 1 9,

LliS SAPOTACÉES DU GROUPE DES SÎDEROXYLINÉES

15

6° Lucuma Rivicoa Gærtn. f.
Syn. : Chrysophyllum macrophyllum Lam. ; Vitellaria
Rivicoa Radl. ; Richardella Rivicoa Pierre.
Nom vern. : Jaune d'œuf (Guyane).
Exs. : Brésil [Ilerb. Mart. 272] ; Cayenne [Ilerb. Willd.
(561 1 U. P.)] ; Jard. bot. de la Martinique [Duss 256],
var. : glaucophylla.
Syn. : Vitellaria glaucophylla Engl.
Nom vern. : Acara aha (Brésil).
Exs. : Brésil, Rio de Janeiro [Glaziou 14053] ; Manaos,
[Schwacke III, 012J.
7° Lucuma nervosa A. DC.
Syn. : Lucuma Rivicoa var. : angustifolia Miq. ; Vitell ria
nervosa Radl. ; V. tenuifolia Engl. ; Richardella nervosa
Pierre.
Noms vern. : Canisle ou Canistel.
Exs. : Cuba (delà Sagra] ; [Wright (5613 IL P.) j ; [Gundlach].
8° Lucuma salicifolia Kunth.
Svn. : Vitellaria salicifolia Engl. ; Richardella salicifolia
Pierre.
Noms vern. : Sapote boracho, Sapote amarillo (Mexique).
Exs. : Mexique [Schiede 1013 (5614 IL P.)].
9° Lucuma campechiana Kunth.
Syn. : Vitellaria campechiana Engl. ; Richardella campe­
chiana Pierre.
Exs. : Littoral mexicain, près CampêchefHerb. Mus. berol.
(5612 IL P.)].
10° Lucuma obovata IL B. K.
Syn. : Achras Lucuma Ruiz et Pav. ; L. bifera Molin.
Le L. bifera est rangé par Engler 1dans la section Gayella ;
Pierre, auteur de ce groupe qu’il considère comme générique,
1. Pflanzenfamilien. iVachirâge, p. 274.

�Ili

MAHCEl. DUBAKD

n v mentionne qu'une seule espèce le G. \ alparadisæa. ,îe ne
vois aucune raison de ne pas rattacher le A. bifera à la
section Anlholucuma. Enfler signale parmi les caractères
des Gayella que le tube de la corolle y est court et large,
mais la figure qu'il donne de la corolle représente un tube
plus long que les lobes, ce qui correspond d’ailleurs bien à la
réalité.
Nom vern. : Jaune d'œuf (Pérou).
Exs. : Pérou Ruiz ; près de Loxa [Bonpland 3i00] ; 1L)ombevj ; [consul Wiener . Chili [Gay|.
La section Macroluma de Bâillon, maintenue par Engler,
ne nous parait guère pourvue d’une base sérieuse. La seule
espèce qui la constitue, nommée par Pierre A. Goudotiana est
très proche du A. Rivicoa et par conséquent appartient au
groupe Richardella sans aucun doute. L'ovaire y est très
allongé et les loges sont situées très haut ; elles sont plus
nombreuses qu’à l’ordinaire dans la section que nous étudions
et leur nombre paraît varier de 8 à K) ; le tube de la corolle
est relativement court. Le nombre des sépales est norma­
lement de 5 ; mais, d'après Bâillon, on pourrait en trouver
jusqu'à 8, ce serait alors une transition vers les Calocarpum.
11° Lucuma Goudotiana.
Syn. : Richardella Goudotiana Pierre.
Nom vern. : Macao (Colombie).
Exs. : Colombie; bords du Rio Epia [Goudot].
Je ne crois pas devoir maintenir non plus la section Pholidiluma de Bâillon 1, qui ne contient qu'une seule espèce
A. pulverulcnta, d’ailleurs assez mal connue.
Les caractères distinctifs invoqués : fleurs partiellement
polygames, staminodes très courts au nombre de 5 ou de I0
(dix dans les fleurs femelles), feuilles obovoies, ne sont pas
de nature à nécessiter la création d un groupe particulier.
Je rattache donc cette forme à la section Anlholucuma, où
l'ensemble de ses caractères permettent de la ranger.
1.

B â il l o n ,

llist. des

XI, p. 281.

17

LES SAPOTACÊES DU UHOUPK DES S1DEKOXYL1 NÉES

12° A. pulverulcnta Mart. et Eicld.
Syn. : Chrysophyllum cayennense A. 1)C.
Exs. : Guyane française [Martin(5603 IL P.)].
Nous rattachons enfin à celte première section une forme
du Mexique, que Pierre a citée sans la décrire dans son genre
Radlkoferella. C’est le L. inseparabilis — R. inseparabilis
Pierre, dont la graine seule est connue, bille est longue de
39 mm. et large dans le sens latéral de 2i mm. ; la cicatrice
mesure 26 mm. de long ; elle est bombée, rugueuse et porte
la trace du hile à 5 mm. au-dessous de son sommet. Le tégu­
ment externe, très dur, jaune clair, est épais d’un millimètre
environ ; le deuxième tégument membraneux adhère au pré­
cédent.
Les cotylédons sont plan-convexes et complètement unis,
il est impossible de les séparer par dissection. La radicule est
incluse et très petite.
Nom vern. : Minquelito (Mexique).
Exs. : Mexico [Kerber].
2e Section : Gayella Pierre.
Nous rangerons dans ce groupe les Gayella de Pierre et les
Coptoluma de Bâillon.
Les caractères généraux des Gayella sont :
Nervation de la feuille partiellement descendante ; entre
deux costules consécutives, reliées par un arc vasculaire mar­
ginal, on trouve généralement une nervure parallèle un peu
plus line descendant vers la côte. Le calice est pentamère
d une façon assez constante ; la corolle a un tube large et
beaucoup plus court que les lobes ; elle est pentamère. Les
staminodes et les étamines sont insérés au même niveau.
L’ovaire est à b loges situées très bas. La graine présente une
cicatrice oblong-ue, obovée, arrondie aux deux extrémités, le
hile forme une petite dépression elliptique. Les cotylédons
sont riches en amidon et renferment peu d’huile ; la radicule
très courte est punctiforme.
Annales du Musée colonial de Marseille. — 2* série, 10e vol. 1912.

2

�18

MABCKl. DU»AUD

1° Lucuma valparadisæa Molin.
Syn. : Lucuma splcndens A. DC. ; Vitellaria valparadisæa
Radl. ; Gayella valparadisæa Pierre.
Nom vern. : Bellota (Chili).
Exs. : Valparaiso Bertero j [Cumming, ex. lierb. Mart.j.
Je range également dans celte section, au moins d’une
manière provisoire, le Lucuma refusa Spruce, qui constitue
la section Coptolurna de Bâillon ; les documents très incom­
plets que j'ai eus entre les mains ne me permettent pas d’être
tout h fait affirmatif. Toutefois, le nu de de nervation de la
feuille, la brièveté du tube de la corolle, le nombre des parties
de la fleur, l'aspect de l'ovaire, la situation des loges placées
très bas justifient cette opinion dans une large mesure ; je
n'ai pu malheureusement examiner ni le fruit, ni la graine.
2° Lucuma refusa Spruce.
Svn. : Vitellaria refusa Radl.
Exs.: Brésil, Rio Maupao Spruce 2785).
3e Section : Fonthrunea Pierre 1.
Ce groupe, considéré par Pierre comme un genre autonome,
provient du démembrement de l'ancien genre Sideroæylon ;
Bâillon l'a envisagé comme une section du genre Sersalisia,
Engler comme une section des Sideroxylon. Son organisation
l'éloigne un peu des Lucuma que nous venons d'examiner et
le rapproche de certaines Sideroxylées, groupées par Pierre
sous le nom générique de Planchonella. C’est surtout l’aspect
extérieur de la graine, portant une cicatrice longue et étroite
qui rappelle ces dernières plantes ; mais l'embryon possède
des cotylédons charnus, renfermant les matières de réserve et
u est entouré que d’une mince couche d’albumen comme dans
l'ancien genre Vitellaria. Ces Fonthrunea appartiennent aux
mêmes régions que les Planchonella et peuvent donc à juste
litre être considérés comme intermédiaires entre ces plantes
I. P ie r r e ,

Notes bot., p. 31.

I.KS SAPOTÀCÉES DU GROUPE DES StDEROXVLlNÉES

19

et les Lucuma purs, qui ont d’ailleurs de nombreux points
de contact.
Les caractères généraux des Fonthrunea sont :
Nervation transversale de la feuille ; calice composé de 5
ou 6 sépales, corolle pentamère à tube court ; étamines insé­
rées au sommet du tube, au même niveau que les staminodes ;
filets égalant è peu près les anthères. Ovaire à cinq loges
situées vers le bas, entouré d’un disque subhispide plus ou
moins net. Graine à cicatrice oblongue, étroite, renfermant
un reste d’albumen ; cotylédons assez épais ; radicule courte.
1° Lucuma malaccensis.
Svn. : Sideroxylon malaccense Clarke ; Fonthrunea malac­
censis Pierre.
Exs. : Malacca(Maingay 99i (6060 H. P.)].
2° Lucuma Maingayi.
Syn. : Sideroxylon Maingayi Clarke ; Fonthrunea Main­
gay i Pierre.
Exs. : Péninsule malaise [Maingay 995 (6065 H. P.)].
3° Lucuma grandifolia.
Syn. : Sideroxylon grandifolium Wall. ; Planchonella
grandifolia Pierre.
Exs. : Silhet jHerb. Mart. (606i H. P.)].
Cette espèce, rangée par Engler dans la section Muellerisideroxylon du genre Sideroxylon. s’éloigne des Planchonella
et semble bien se placer à côté des espèces précédentes ; je
n’en ai malheureusement pas vu la graine.
4e Section : Epiluma Bâillon.
Ce groupe a été considéré par Bâillon 1 comme un genre
autonome ; Pierre, dans ses Notes botaniques, en a fait son
genre Piclionia. La fleur de l’espèce type est assez mal
connue, car les auteurs précédents n'ont pu en examiner que
des boutons ; elle n offre d ailleurs aucun , caractère qui
1. But. Soc. Lin. Par., p. 890, et llist. des pl., loe. cil.

�20

MAlU.KL DÜBARD

LES SAPOTACÉES DU GROI PE UES StDEROXYLINÉES

l’éloigne vraiment des Lucuma. Le calice est pentamère, la
corolle porte de 5 à 7 lobes ; les anthères ont leur connectif
terminé par un bouquet de poils, les staminodes (dans le
bouton) sont très petits. L ovaire est à 5 loges.
Le fruit est une baie à péricarpe très mince. C’est la graine
qui offre les caractères les plus particuliers et qui a conduit
à la conception d’un genre spécial. « Elle occupe toute la
cavité du fruit et adhère, sauf une étroite bande dorsale et
basilaire, à l'endocarpe. Son tégument, dur, ligneux, épais de
3 mm., est pourtant à peine rugueux, mais sans brillant sur
la partie adhérente '. »
Les cotylédons sont plan-convexes et incurvés en une
pointe courte et obtuse autour de la radicule adnée; ils ne
contiennent guère que de l’amidon avec quelques traces
d’huile.
En somme, cette graine ne diffère pas essentiellement de
celles des autres Lucumées; sa soudure avec le péricarpe est
seulement beaucoup plus accentuée. Il n y a rien là, à notre
avis, qui justifie le maintien d'un genre spécial L'organisa­
tion tlorale s éloigne notablement de celle des Pont cria et des
Labatia, et nous ne pouvons partager l’opinion d'Engler, qui
rapproche le genre Epiluma des deux précédents 3. C'est
pourquoi nous rattachons simplement ce groupe aux Lucuma
sous forme de section.
1° Lucuma pyriformis.
Syn. : Chrysophyllum py riforme Bail. ; Lucuma Balansana
Pierre; Pichonia Balansana Pierre.
Exs. : Nouvelle-Calédonie [Balansa 2321 (5667 IL P.)].
Les feuilles de cette espèce sont coriaces et les costules
sont très peu saillantes; c’ést d’ailleurs le cas pour beaucoup
de formes néo-calédoniennes.

C’est aussi à la section précédente qu'il convient de ratta­
cher le genre Bhaninolurna de Bâillon *, créé également pour
une forme néo-calédonienne qu’Engler a rangée dans le genre
Sidcroxylon, comme section.
La fleur du Hh. novo-caledonica Bail, est connue à l’état
adulte et présente des caractères très proches de ceux observés
chez L. pyriformis. Bâillon n’en avait vu ni le fruit, ni la
graine. Engler ' a décrit de nouveau cette espèce sous le nom
de Lucuma novo-caledonica et caractérise ainsi la graine
« semine fructui confortai pallide brunneo fade hilari lafissima excepta nitidulo, embryone oblontjo-ovoideo caudiculo
brevissimo acuto ».
Ici la cicatrice couvrirait à peu près la moitié de la surface
du tégument, ce qui constituerait une transition entre la
forme précédente et les autres Lucuma.

1. Pierre, Notfbot., p. 22.
2. L’opinion de Bâillon, qui regardait les Epiluma comme un genre,

était basée sur une erreur; il considérait en effet la région dorsale de la
graine comme soudée avec le péricarpe; il y aurait eu vraiment là un
caractère générique s'il avait été réel.

21

2° Lucuma novo-caledonica Engl.
Svn. : Lucuma'l Deplanchei Bail.; Bhamnoluma novo-cale­
donica Bail.; Pichonia elliptica Pierre.
Exs. : Nouvelle-Calédonie !Balansa 3400 (5662 IL P.)];
[Deplanche 442).
C’est au voisinage de cette section, sinon dans ce groupe
lui-même, qu'il convient de ranger à notre avis le Sersalisia
sericea Br., qui présente de remarquables analogies avec les
formes précédentes. Je n'en ai vu ni le fruit, ni la graine;
mais d'après la description de Mueller (Phyt., MI, 112),
celle-ci serait totalement dépourvue d’albumen et l’embrvon
posséderait une radicule très courte, à peu près hémisphé­
rique; il n’y a donc aucune raison de séparer cette espèce des
Lucuma, étant données surtout ses affinités avec la section
Epiluma.
L. sericea Benth. et Hook.
1. Bul. Soc. Lin. Par., p. 89i, et llist. des pl., loc. cit.
2, Bol. Jahrb., 1890, p. 516.

�MANCEL DUBAUD

Svn. : Sersalisia sericea Br. (pro parte); Scrsalisia cotinifolia
F. Muel.
Exs. : Australie, Rockhampton [Thozel 32.')]; Rockingham
Tliozet ; Gladstone, Queensland jMueller); [Schultz 691].
Dans toutes les sections précédentes, l’ovaire était typique­
ment à o carpelles, le nombre de loges ne s’abaissant guère
au-dessous de i. Il existe toute une série de formes de Lucuma,
où l’ovaire est généralement bicarpellé et rentre ainsi dans le
type le plus commun chez les Gamopétales; le nombre des
carpelles y oscille de 1 à 3.
5e Section : Podoluma Bail.
Ce groupe, considéré par Bâillon 1comme un genre indépen­
dant. a été ramené par Engler au rang de section du genre
Lucuma. Ses principales caractéristiques sont les suivantes :
calice pentamère; corolle large en forme de cloche avec tube
court. Etamines à filets courts; staminodes courts et pointus;
ovaire à 2 ou 3 loges; ovules insérés très bas sur l'axe de
l'ovaire. Nervation de la feuille transversale.
1° Lucuma peduncularis Mart. et Eichl.
Exs. : Brésil : Bahia [Blanchet 3598].
2° Lucuma calocladantha Eichl.
Nom vern. : Iraponu-Icha (Paraguay).
Exs.: Brésil, Minas Geraes, Rio de Janeiro [Glaziou 16240]:
Paraguay, Cero Pelado, près Paraguari [Balansa 3189, 466].
Le genre Discoluma 2 de Bâillon, admis au rang de section
des Lucuma par Engler, reproduit les caractères essentiels
des Podoluma, mais les fleurs y sont dioïques ; ce n'est pas
là, pensons-nous, une raison suffisante pour constituer un
groupe à part. Aussi ferons-nous rentrer Tunique espèce
attribuée aux Discoluma dans la section précédente.
1. Ihst. des pl., XI, p. 290.
2. Bâillon, Ilist. des pl., p. 290.

LES SAPOTACÉES DU GROUPE DES SIDEROXYLINÉES

23

3° Lucuma Gardneriana A. DG.
Syn. : Chrysophyllum Gardneri Mart. et Eichl ; Discoluma
Gardneri Bail.
Exs. : Brésil, province de Piauhy [Gardner 2659].
6e Section : Franchetclla Pierre.
C’est le genre Franchetclla de Pierre 1; il se distingue par
des caractères assez spéciaux : le calice et la corolle sont
pentamères; la corolle présente un tube court avec des lobes
élargis et plus longs que le tube. Les étamines sont à court
filet et à anthères larges, subelliptiques, s’ouvrant latérale
ment. L’ovaire est généralement uniloculaire (rarement à
2 loges); il est enfoncé dans un disque cupuliforme très net.
L’ovule, presque orthotrope, est pendu à l’extrémité d'un
funicule qui part de la base de la cavité ovarienne.
La nervation de la feuille est transversale avec des veinules
formant un relief assez saillant qui est bien caractéristique.
1° Lucuma tarapotensis Eichl.
Syn. : Chrysophyllum reticulatum Engl.; Franchetclla
tarapotensis Pierre.
Exs. : Brésil, prov. de Rio de Janeiro [Glaziou 12070 et
11155]; | Spruce 4561] et probablement : Serra acurica
[Blanchet 2812 ].
7‘5 Section : Ercmoluma 2 Bail.
Cette section, admise par Engler, se range nettement entre
les deux précédentes, formant en quelque sorte la transition
entre celles-ci. Les fleurs des Eremoluma rappellent celles
des Franchetclla par leur organisation générale; mais les
étamines y sont insérées vers le milieu du tube de la corolle,
beaucoup plus bas que les staminodes.
L’ovaire est encore ici uniloculaire, mais dépourvu de
t. P ierre, Not. bot., p. 24.
2. Bâillon a considéré ce groupe comme ayant la valeur d un genre.
B ut. Soc. Lin. Par., p. 905, et Hisl. des pl., XI, p. 291,

��26

MARCEL DURARD

Bakeriella gen. nov.

A côté du genre Lucuma se rangent toute une série de
formes africaines, classées par Engler 1 en différents genres :
Sersalisia, Synsepalum , Bakerisideroxy Ion , Pachystela.
Toutes ces Sideroxvlées ont une graine exalbuminée ou pour­
vue d'un albumen très réduit et un embryon à cotylédons
charnus et à eaudicule courte; ce sont donc bien des Lucumées, très proches même du genre Lucuma.
Ces formes ne diffèrent entre elles que par des caractères
très secondaires, tels que la soudure plus ou moins accentuée
des sépales à la base, la longueur plus ou moins considérable
des filets staminaux, le plus ou moins de développement des
staminodes et, dans chacun des genres envisagés, il ne semble
même pas que les caractères soient parfaitement définis
La classification pourrait donc gagner en netteté, si I on
réunissait toutes ces plantes en un même genre; peut-être en
viendra-t-on à n'en faire qu'une simple section du grand genre
Lucuma, car on pourrait soutenir a juste titre qu'il y a moins
de différences entre ces Sideroxvlées africaines et les Antholucuma qu'entre cette section et les Lucuma unicarpcüés.
Nous proposons donc de les comprendre sous la dénomina­
tion générique de Bakeriella, ce genre étant ainsi défini :
Feuilles le plus souvent coriaces, parfois membraneuses, à
costules assez saillantes, nervures tertiaires transversales et
partiellement descendantes, sans relief accusé.
Fleurs axillaires, fasciculées ou solitaires, hermaphrodites
ou polygames, du type 5 dans toutes leurs parties : 5 sépales
libres ou plus ou moins connés; corolle à b lobes égaux au
tube ou plus longs que lui: 5 staminodes insérés à la gorge
même de la corolle, souvent petits, parfois nuis; 5 étamines à
filets plus ou moins longs par rapport aux anthères, se déta1. Engler, Monographieen africanischer Pflanzen (Sapofaceæ), p. 29
et suivantes.
2. Ces caractères varient même parfois dans une espèce donnée, ce
qui en démontre la fragilité.

27
chant du tube au même niveau que les staminodes ou audessous; ovaire à b loges; graine à tégument crustacé, peu
épais, cicatrice couvrant à peu près la moitié de la surface;
albumen faible ou nul; embryon à cotylédons plan-convexes;
eaudicule courte.
1° Bakeriella cerasifera.
Syn. : Sapota cerasifera VVelw. ; Chrysophyllum cerasiferurn W’elw. ; Sersalisia cerasifera YVehv. (Engler); Pachystela
cerasifera Pierre.
Exs. : Angola [Welwitseh4817].
2° Bakeriella Disaco.
Syn. : Chrjpsophyllurn Disaco Hiern; Pachystela Disaco
Pierre.
Nom vern. : Disaco (Angola).
Exs. : Iter angolense (Welwitseh 4812].
3° Bakeriella brevipes.
Syn. :Sideroxylon brevipes Baker; S. Sacleuxii Bail.; Ser­
salisia brevipes Bail.; Pachystela brevipes Bak. (Engler).
Nom vern. : T'Chamoya [Zanzibar].
Exs. : M’Landa (côteorientale d’Afrique) [Fr. Dullac. herb.
Sacleux] ; Zanzibar [Dr Kirk] [P. Sacleux 1001 j.
4° Bakeriella cinerea.
Syn. : Chrysophyllum cinereuni Engl.; Ch. Stuhlmannii
Engl.; Pachystela conferta Badl. ; P. lenticellosa Radl. ; P.
cinerea Engl.
Exs. : Angola [Welwitseh 4818, 4626]; Pungo Andongo
[Welwitseh 4824 (5382 II. P.)]; Cameroun, à Bipinde (forêts)
[Zenker] ; Dahomey, Djebe [Poisson 60].
Dans cette espèce, les staminodes sont très réduits et
peuvent même complètement manquer: les étamines ont des
filets beaucoup plus longs que les anthères.
5° Bakeriella longistyla.
Syn. : Sideroxylon longistylum Baker; Pachystela longis­
tyla Bak. (Engler); Vincentella longistyla Pierre.
LES SAPOTACÉES DU GROUPE DES SIDEROXYL1NÉES

�28
MARCEL DUDARD
Exs. : Soudan [Coppin]; Liberia [Garder]; Guinée, plateau
de Teleko, altitude 900m. [D1 Maclaud 255].
Même remarque que pour l’espèce précédente.
0° Bakeriella révolu ta.
Syn. : Sideroxy Ion revoluturn Baker; Vincentella révolu ta
Pierre.
Exs. : Cameroun à Bipinde [Zenker 2589], Fernando-Po
[Mann 635 (5649 H. P.)].
Le tube de la corolle est excessivement court dans celte
espèce; les staminodes et les étamines sont insérés très bas;
les premiers sont filiformes; quant aux étamines, elles sont
portées par des filets longs et grêles.
7° Bakeriella densiflora.
Syn. : Sideroxylon dcnsiflorum Baker; Vincentella densi­
flora Pierre.
Exs. : San Thomé [Mann 1083],
Le tube de la corolle est très court, les staminodes et les
filets staminaux sont très développés ; l’ovaire est entouré à la
base d’un disque en coussin assez net.
8° Bakeriella dulcifica.
Syn. : Bumelia dulcifica Schum. ; Sideroxylon dulcifcurn
A. DC. ; Synsepalum dulcifcurn Schum. et Thonn.
Exs. : Dahomey Poisson].
Cette espèce, qui a servi de type pour le genre Synsepalum,
est en effet remarquable par la soudure des sépales qui dépasse
les trois quarts de la hauteur du calice; mais ce caractère est
loin d'être aussi accentué chez d’autres formes très voisines;
aussi ne pouvons-nous lui accorder qu’une valeur spécifique.
9° Bakeriella Poheguiniana.
Syn. : Pachystela Poheguiniana Pierre mss.
Nom vern. : Ko-Acé (Guinée française).
Exs. : Guinée, Kouroussa [Pobéguin 193, 890] ; vallée de la
Santa [Chevalier 14].

nu g ro upe des sid ër o x y lîn ées
29
10° Bakeriella Carrieana.
Syn. : Synsepalum Carrieanurn Pierre mss.
Exs. : Congo [Mgr Carrie 103].
11° Bakeriella kemoensis.
Syn. : Synsepalum cinereurn Pierre mss.
Exs. : Ilaut-Oubanghi, rives de la Ivémoj Dybowski G76J.
A côté du genre Lu eu ma, on place les deux genres Pouteria
et Lahatia, caractérisés par une structure florale assez régu­
lière du type 4, qu’on peut représenter par la formule sui­
vante :
4 S - f (4 P + 4 £ -j- 4 E) + 4 C
D'après Engler *, le genre Pouteria, le plus important par
le nombre des formes qu il renferme, possède une graine à
cicatrice normale, localisée du côté de l'axe de l’ovaire; dans
le genre Lahatia, la soudure de la graine avec le péricarpe
s’étend sur une grande surface et ne laisse libre qu'une étroite
bande dorsale, où le tégument est brillant. C’est ce que nous
avons observé précédemment dans la section Epiluma, qui
forme à ce titre transition entre les Lucuma et les Lahatia. Il
semble donc, qu’au type floral près 2, les Epiluma pourraient
rentrer dans les Lahatia; mais l’organisation florale de ces
Epiluma se rapproche beaucoup plus, sans aucun doute, de
celle des Lucuma. Tandis que chez les Lahatia, les étamines
sont libres presque dès la base de la corolle, chez les Epiluma
elles ne se détachent que vers le sommet du tube, ce qui nous
paraît un trait assez caractéristique. Pierre, dans ses .Votes
botaniques •*, comprend tout autrement les genres Pouteria et
Lahatia. Sous le nom de Guapeba, il range la plupart des
espèces attribuées d’ordinaire au genre Pouteria. Ses genres
Pouteria et Lahatia réunis correspondent au contraire au genre
L es

sa pota cées

1. E ngm-k, loc. cil., Nachtrâge , p. 273.
2. Le type floral est 4 chez les Lahatia, tandis que les pièces sont
groupées typiquement par 5 chez les Epiluma.
3. P ierre, loc. cil., p. 41 et suivantes.

�30
M.vhCEL DLHA1U)
Labâtia, tel que le définit Enfler par l'aspect caractéristique
delà graine. Pierre distingue alors les trois genres précédents
entre eux soit par des caractères anatomiques tirés du pétiole,
soit par la nature du fruit. Celui-ci est mou et charnu chez
les Guapeba, k péricarpe très mince chez les Labatia, très
épais et subligneux chez les Pouteria.
Quoique l'identité du Pouteria guianensis Aubl. 1 et du
Labatia macro arpa ' Mari., esp'ces types de ces deux genres,
résulte de la comparaison des échantillons d’herbier, il n'en est
pas moins vrai que, si l’on s’en rapporte à la description
d’Aublet et k la planche correspondante, il règne quelque
obscurité sur la délinition du genre Pouteria par son auteur.
C’est pour cette raison que, contrairement à la règle d'anté­
riorité, nous préférons pour la clarté de la classification adop­
ter la nomenclature de Radlkofer et d’Engler, en usage k
l’heure actuelle et que nous avons exposée plus haut. Les
Guapeba perdent ainsi leur valeur générique et rentrent
comme section dans les Pouteria, tels que les a compris
Radlkofer C tandis que sont classées dans les Labatia les
formes où la graine est presque complètement soudée avec le
péricarpe.
Pouteria (selon Radlkofer et Engler).
Nous réduirons les caractères généraux de ce genre aux
suivants : fleurs du type 4, avec étamines libres au moins dès
le milieu du tube de la corolle ; graine adhérant avec le péri­
carpe suivant une surface normale. Nervation généralement
transversale.
Ire Section : Guapeba Gom 4.
Ce groupe a été considéré comme un genre autonome par son
auteur et, après lui. par Pierre et Bâillon ; A. deCandolle, dans
1. Aublet, PI. Gui., I (1775).
2. Mahtius, N ov. Gen. et Sp., II (1820).
3. R a d l k o f e r , Sitz. Akacl. Wiss. Münch. (1882).
4. Gomez, Obs. med. bot bras., in Mem. Ac. Lisb., III (1812).

LES SAPOTACÉES DU GROUPE DES SID e IIOXYLINÉES

3i

le Prodrome, en fait une section des Lu eu ma ; Radlkofer l’a fait
rentrer dans son genre Pouteria, qui ne correspond pas, comme
nous l’avons remarqué, au sens qu’Aublet semble lui avoir
attribué.
Ses caractères particuliers sont :
Tube de la corolle beaucoup plus long que les lobes ; staminodes insérés au-dessous des sinuosités, séparant les lobes de
la corolle; style long; cicatrice de la graine linéaire, oblongue,
rarement subelliptique. Cotylédons riches en amidon ; radi­
cule légèrement proéminente.
1° Pouteria salicifolia Radl.
Syn. : Labatia salicifolia Mart. ; Lucuma Sellowii A. DC. ;
Guapeba salicifolia Pierre; Roussea salicifolia Spreng.
Exs. : Brésil austral [Sellow, in herb. Mart.) [Glaziou 11195]
A cette espèce, nous rattacherons comme simple variété le
P. neriifolia Radl., qui n'en dillere guère que par ses sépales
ciliés, ses anthères de forme moins oblongue, moins aiguë, sa
corolle plus grande, la forme de son fruit k pointe terminale
moins saillante, etc. Le nom spécifique ne pouvant être main­
tenu pour caractériser la variété k côté du qualificatif salicifo­
lia, nous désignerons cette variété sous le nom d uruguayensis,
pour rappeler son origine.
Var. : uruguayensis.
Syn. : Pouteria neriifolia Radl. ; Lucuma neriifolia Idook.
et Arn. ; Guapeba neriifolia Pierre.
Exs. : Uruguay [Dr Lorentz (5546 H. P.)].
2° Pouteria Caïmito Radl.
Syn. : Lucuma Caïmito A. DC. ; L. lævigata A. DC. ;
Acliras Caïmito Ruiz et Pav. ; Labatia Caïmito Mart. ; Gua­
peba Caïmito Pierre; Pouteria lævigata Radl.
Exs. : Brésil, prov.de Para |Martius]; Rio de Janeiro [Gla­
ziou I It&gt;2 ; cultivé à Manaos [Schwacke, 111. 462].
Guyane française, sous le nom de Balata indien [de Montjolyj; Cayenne [Mélinon 445] [Voisin] Sagof .

�32

MARCEL DUBÀlll)

3° Pouteria Iau rifolia Radl.
Syn. : Lucurna laurifolia A. DG. ; Guapeba laurifolia Pierre.
Exs. : Brésil, Rio de Janeiro [Glaziou 8232 (31)47 H. P.)];
Minas Geraes [Schwacke 8880] ; [Sellow 209].
4° Pouteria stilosâ.
Svn. : Guapeba stilosa Pierre.
Exs. : Panama [Coll. Sutlon Hâves].
5° Pouteria fragrans.
Svn. : Guapeba fragrans.
Exs. : Paraguay, sur les collines rocheuses et incultes du
Carapegua [Balansa 2390, 4647 (5642 II. P.)].
6° Pouteria scmecarpifolia.
Syn. : Guapeba semecarpifolia Pierre.
Noms vern. : Bois Caraïbe, bois contrevent (Martinique).
Exs. : Martinique [Duss 255]; bois de Fontaine Absalon,
du camp de l’Alma, du fonds Saint-Denis [Duss]; piton du
grand Fonds [Hahn 1368, 1369].
Dominique, près de Castle Bruce [Ramage].
7° Pouteria lasiocarpa Radl.
Syn. : Lucuma lasiocarpa A. DG. ; Guapeba lasiocarpa Pierre.
Exs. : Brésil [Sellow 317].
8° Pouteria psammopliila Radl.
Syn. : Lucuma psammopliila A. DG.; Guapeba psammophila Pierre.
Nom vern. : Bapebassu (Brésil).
Exs. : Brésil, Rio de Janeiro [Glaziou 87, 9502 (5646 H.P).J
[Weddell 707].
9° Pouteria nitida Radl.
Syn.: Lucuma nitida A. DC. ; Guapeba nitida Pierre.
Exs. : Brésil, Rio de Janeiro [Glaziou 4961, 21702]; prov.
de Goyaz [A. de Saint-Hilaire 897],

LES SAPOTACÉES DU GROUPE DES SI DEROX YU ,\ UES

33

10° Pouteria Glazioveana.
Syn. : Lucuma psammopliila var. : macropbi/lla Raunk. ;
Guapeba Glazioveana Pierre.
Nom vern. : Maçaranduba (Brésil].
Exs. : Brésil, Gorcovado [Glaziou 21700, 8228 (56H II. P.) .
Getle espèce est très voisine de la précédente, mais s’en
distingue facilement par la nervation beaucoup plus serrée de
la feuille, par des fleurs deux fois plus grandes, par ses slaminodes aigus et non arrondis à l'extrémité.
11° Pouteria costata.
Syn. : Guapeba costata Pierre
Exs. : Brésil, environs de Rio de Janeiro.
[Glaziou 14057, 15198 |.
12° Pouteria tort a Radl.
Syn. : Lucuma torta A. DC. ; Guapeba lorta Pierre.
Exs. : Brésil, Riode Janeiro [Glaziou 12937,21703, 15197 ;
[Pohl, ex. herb. vindob. (5613II.P.)] ; Bolivie d’Orbigny 750].
13° Pouteria crassifolia Radl.
Syn. : Lucuma crassifolia Eichl. ; Guapeba crassifolia
Pierre.
Exs. : Brésil, tleuve Taruma [Spruce 3836 .
Les costules sont très fines chez cette espèce et les ner­
vures tertiaires très nettement descendantes.
14° Pouteria crassinervia Engd.
Exs. : Brésil, prov. de Rio de Janeiro [Schenck 3920].
15° Pouteria subcærulea.
Syn. : Guapeba subærulea Pierre.
Exs. : Brésil, prov. de Goyaz Glaziou 21708].
Le genre Krugella de Pierre (Not. /&gt;oL, p. 50), n est diffé­
rencié des Guapeba par son auteur qu'au moyen de considé­
rations anatomiques tirées de la structure du pétiole ; au
point de vue morphologique, nous pensons qu'il n y a aucune
difficulté à rapporter ce groupe à la section précédente.
3
Annales du Musée colonial de Marseille. — 2” série, 10* vol. 1912.

�31

MARCEL DUBARD

16° Pouteria Ilartii.
Syn. : Lucuma Hardi Hemsl. ; Krugella Hardi Pierre.
Nom vern. : Contrevent (Trinidad).
Exs. : Trinidad [Crueger, ex herb. bot. gard. 3027]; Hart,
ex herb. bot. gard. 4474] ; près de Maraval [Baptiste 5982].
Le genre Leioluma de Bâillon 1, rattaché comme section
aux Pouteria par Engler, ne nous semble guère délini que par
la polygamie de ses Heurs. C'est là un caractère qui paraît
insuffisant pour le séparer du groupe Guapeba, où le font ren­
trer ses affinités.
17° Pouteria lucens.
Syn. : Lucuma lucens Mart. et Miq. ; Guapeba lucens
Pierre; Leioluma lucens Bâillon.
Exs. : Brésil, Rio Maupes [Spruce 264J.
2e Section : Pseudocladia 2 Pierre.
Ce groupe a été considéré comme un genre autonome par
Pierre et rattaché comme section aux Lucuma par Engler. En
réalité, son organisation florale correspond beaucoup mieux
au type Pouteria. Nous y retrouvons en effet le type tloral 4,
d’une façon presque générale, ainsi que la soudure des filets
staminaux avec le tube de la corolle sur une faible longueur;
ce sont là les traits caractéristiques du genre Pouteria.
Comme caractères particuliers à la section, nous devons
noter en première ligne la constitution biloculaire de l'ovaire,
fait qui rapproche les Pseudocladia des Lucuma à ovaire
bicarpellé. En second lieu, il faut remarquer que la corolle est
ici élargie et campanulée ou suburcéolée et terminée par quatre
petits lobes dentelés. Les feuilles portent des costules espa­
cées et présentent souvent des nervures intermédiaires paral­
lèles à celles-ci :
1. Bâillon, Hist. des pl., XI, p. 285.
2. Pierre, Not. bot., p. 49.

LES SAPOTACÉÉS DU GROUPE DES SIDEROXVEINÉES

35

1° Pouteria ramiflora Radl.
. Syn. : Lucuma ramiflora A. DC. ; Labada ellipdca Pohl. ;
L. ramiflora Mart.
Exs. : Brésil, Corrego de S. Domingo [Pohl. ex herb. Mart.
6039]; prov. de Goyaz [Glaziou 21704, 21705j ; [A. de SaintHilaire 633] ; prov. de Minas Geraes [A. de Saint-Hilaire I 196],
[Regnell 861].
2° Pouteria Gardneriana Radl.
Syn. : Lucuma Gardneriana ADC. ; L. lanceolatn Raunk. ;
Guajteba lanceolata Pierre.
Exs. : Brésil, prov. de Piauliy [Gardner 2228]; Minas Geraes
[Glaziou 14057]; Rio de Janeiro [Glaziou 15195]; Uruguay,
Concepcion [Lorentz],
3° Pouteria ? ciliolata.
Syn. : Labada ciliolata Engl.
Exs. : Brésil, prov. Santa Catharina [Schenck 907].
4° Pouteria Schenckii Engl.
Exs. : Brésil, prov. Santa Catharina [Schenck].
5° Pouteria laterifolia Radl.
Syn. : Lucuma lateriflora Benth. ; Pseudocladia laterifolia
Pierre.
Exs. : Brésil, prov. de Para Spruce 728J.
C’est également à cette section que nous croyons devoir
rapporter le genre Microluma de Bâillon 1, dont les caractères
nous semblent identiques. Pierre signale bien quelques diffé­
rences dans la structure anatomique du pétiole, mais elles ne
nous paraissent pas de nature à pouvoir justifier un genre, ni
même une section.
6° Pouteria parviflora Radl.
Syn. : Lucuma parviflora Benth. ; Microluma parviflora
Bail.
1. Bâillon, Hist. des pl., XI, p. 290.

�MARCEL DUBARO
3t&gt;
Noms vern. : Bacomixa; Pitomba de leite (Brésil).
Exs. : Brésil, Rio de Janeiro [Glaziou] 11149, 11150] ; prov*
de Para, près Santarem jSpruce 729].

3e Section : Gomphiluma 1 Bail.
Cette section correspond à un ancien genre de Bâillon,
qu'Engler a rattaché au genre Pouteria. Elle ne renferme
qu’une espèce, originaire du Brésil, dont l'organisation florale
correspond en somme à celle des Guapeba. Bâillon, puis
Engler indiquent comme caractères différentiels que chez les
Guapeba les staminodes sont insérés au-dessous des sinus de
la corolle et chez les Gomphiluma aux sinus eux-mêmes. C’est
là un caractère bien fragile et nous n'aurions pas hésité à ran­
ger le Gomphiluma dans la section Guapeba, si ce n’était
l’aspect très particulier de sa feuille dont les nervures secon­
daires sont très tines, très nombreuses et très rapprochées ; il
en résulte une striation du limbe dont nous n’avons vu aucun
exemple dans les sections précédentes et qui rappelle beau­
coup la nervation des Micropholis. Ajoutons enfin que l’ovaire
du Gomphiluma parait fréquemment formé de cinq carpelles.
1° Pouteria Gomphiæfolia Radl.
Svn. : Lucuma Gomphiæfolia Mart. ; Guapeba ? Gomphiæ­
folia Pierre; Gomphiluma Martiana Bail.
Exs. : Brésil, Rio Negro [Spruce 3117].
4° Section : Paralabatia.
Ce groupe a été considéré par Pierre 2 comme formant un
genre distinct ; Engler l'a ramené au rang de section des Pou­
leria.
1° Pouteria diclyoneura Radl.
Svn. : Labatia diclyoneura Griseb. ; Bumelia niyra Rich.,
non Schwartz; Paralabatia dictyoneura Pierre.
1.
2.

B â il l o n , Hist. des
P ie r r e , Not. bot.,

pt., xi, p. 285.
p. 23.

LES SAPOTACÉES DU GROUPE DES SIDEROXYLINÉES

37

Nom vern. : Coeuyo de fruto Chico (Cuba).
Exs. : Cuba | Wright 2923, 2925, 1329(5635 II P.)]; [Ramon
de la Sagraj.
Obs. ; Cette forme présente des caractères très particuliers
qui en font véritablement un terme de transition. D’abord, le
tvpe floral n’est, pas constant; tantôt les fleurs sont tétramères,
tantôt pentamères. La corolle a un tube très court surmonté
de lobes volumineux ; les étamines sont insérées au sommet
du tube et ont leurs anthères introrses ; l’ovaire contient un
nombre variables de log-es, de 2 à 5, mais le nombre 2 paraît
être le plus normal ; les ovules sont insérés très bas. La
graine présente une cicatrice occupant toute sa face ventrale;
d'après Pierre, l’endocarpe serait aussi adhérent à la graine
dans la partie dorsale de celle-ci, mais la surface d’adhérence
de ce côté serait de dimension très variable et parfois presque
nulle. L’embryon possède deux cotylédons inégaux, à peu
près hémisphériques ; la radicule est peu saillante.
L’ensemble de ces caractères justifie au moins la création
d'une section spéciale pour cette plante.
Remarquons en outre que. par la pentamérie assez fréquente
de la fleur, par l’insertion élevée des étamines, le Paralabatia
forme transition vers les Lucuma, d’autre part, la tendance
que manifeste la graine à adhérer au péricarpe en dehors de
sa région ventrale rappelle les Labatia.
Labatia Sw.

Le genre Labatia est très proche du précédent et pourrait
peut-être lui être rattaché comme section. Ce qui le caractérise
le mieux c’est l’adhérence de la graine avec le péricarpe du
fruit sur une grande surface, adhérence ne laissant libre qu'une
région dorsale très étroite L
1. Au point ée vue de l’organisation florale, on signale parfois comme
caractère des Labatia la disposition des staminodes, qui, foliacés, alter­
neraient avec les lobes de la corolle au sommet même du tube, de
manière à former comme des lobes supplémentaires. Cette disposition,

�1° Labatia Chrysophyllifolia Griseb.
Syn. : Lucuma c/irysophylloides C. Wr.
Nom vern. : Sapote Culebra de Costa (Cuba).
Exs. : Cuba, près Toscano !Wright 2920],
2° Labatia macrocarpa Mari.
Syn. : Pouteria yuianensis Aublet.
Noms vern. : Balata indien, Balata singe rouge, Wapi
(Guyane).
Exs. : Guyane française, Akarouany [Sagot 476] ; Maroni
[Mélinon ; [Poiteau 1480].
Guyane anglaise, Roraima [Schomburgk 467],
3° Labatia sessiliflora Sw.
Syn. : Pouteria sessilifora Poir. (A. DC.).
Exs. : Haïti [Schwartz (5960 II.P.)].
4° Labatia Beaurepairii Engl.
Svn. : Lucuma Beaurepairii Glaz. et Raunk.
Exs. : Brésil, Rio de Janeiro [Glaziou 16241],
5° Labatia ? (ovarensis Engl.
Syn. : Lucuma tovarensis Kl. et Karst.
Nom vern. Nispero de monte (Colombie).
Exs. : Colombie, Tovar [Moritz 903].
6° Labatia Wcddeliana Mart.
Svn. : Pouteria Wcddeliana Pierre.
Nom vern. : Laranga azeda (Paraguay).
Exs. : Paraguay [Weddell 32641.
très nette chez le L. glomerala, d'après la figure donnée par Engler
(Pflanzcnfamilien), ne paraît cependant pas générale chez les autres
espèces, où les staminodes s’insèrent souvent au-dessous des sinus de
la corolle.

LES SAPOTACÉES DU OROUI'U DES SIDEROXYLINÉES

39

Sarcaulus 1 Radl.

Ce genre est très nettement caractérisé par sa corolle sub­
globuleuse, courte, à tube extrêmement charnu ; sa légitimité
ne peut être mise en doute. Son fruit et sa graine n’étant pas
connus, il est assez délicat de lui attribuer une place certaine
dans le groupe des Lucumées. Engler le range, il est vrai,
parmi les genres pourvus d’albumen, dans sa clef de déter­
mination des Sideroxylées mais, semble-t-il, sans raison
valable. Puisqu’on en est réduit aux hypothèses, l'aspect géné­
ral de la plante et particulièrement la nervation de la feuille
tendrait plutôt à faire placer les Sarcaulus dans la série des
Lucumées à graine sans albumen ou au moins k caudicule
courte, h côté des Lucuma et surtout des Pouteria. Pierre
émet d ailleurs cette opinion dans ses notes manuscrites et
remarque que chez Sarcaulus le calice est rempli de cellules
pierreuses comme chez les Pouteria.
1° Sarcaulus macrophyllus Radl.
Syn. : Chrysophyllum brasiliense A. DC. ; C. Macoucou
Aubl.
Exs. : Guyane française, Akarouany [Mélinon 221 (3686
H.P.)].

Butyrospermura Kotschy.

Le genre Butyrospermum par les caractères de la graine
appartient sans aucun doute à la série des Lucumées à cau­
dicule courte. Soi. organisation florale, du type 4, correspon­
dant à la formule :
4 S + 4 S' -f (8 P + 8 e + 8 E) + 8 C 3
1. RAnLKOPEn, Sitz. Akad. Wiss. Münch., p. 310.
2. E n g l e r , Natiirl. Pflanzenfam., IV Th. ; 1, p. 137.
3. Comme toujours, il faut signaler des variations clans le nombre des
pièces florales ; elles sont ici peu importantes et portent surtout sur la
corolle qui comprend 8 à 10 pétales, sur les staminodes et les étamines
dont le nombre correspond à celui des pétales et sur l’ovaire qui com­
prend de 5 à 10 carpelles.

�40

MA.RC.EL DURA RD

LES SAPOTACÉES DU GROUPE DES S1DEROXYLINÉES

il

ainsi que le grand développement des staminodes foliacés
suflisent d autre pari à caractériser nettement ce genre exclu­
sivement africain, qu'on trouve dans tout le Soudan, depuis le
Haut Sénégal et le Moyen Niger jusqu’au bassin du Chari et
même au Bahr-el-Gazal.
L’espèce la plus importante est le B. Parkii G. Don.,
bien connue sous le nom de Karité, et dont la graine renferme
un beurre d'une importance économique considérable.
1° Butyrospermam Parkii G. Don. (Ivotschy).
Svn. : Viiellaria paradoxa Gærtn.; Bassia Parkii G. Don. ;
Mimusops capitata Bak. ; M. pachyclada Bak.
Cette espèce est très polymorphe et l’on y distingue, outre
le tvpe, un certain nombre de variétés assez bien définies et
présentant entre elles des formes intermédiaires.
a) B. Parkii, var. mangifolium Pierre.
Exs. : Sénégal Dr Bellamy] ; [Gne Soyer]; Guinée, Koulouba
[Yuillet] ; Koulikoro [VuilletJ.
b) B. Parkii, var. Poissoni A. Chev.
Exs. Dahomey [E. Poisson 90].
c) B. Parkii, var. niloticum Ivotschy.
Exs. : Afrique centrale, Kuraggera [Schweinfurth 1287,
2785].
A la suite du groupe de genres que nous venons d’étudier,
il convient d’en placer quelques-uns dont la graine seule est
connue et dont, par conséquent, la situation exacte ne peut
être actuellement déterminée.

Ce genre a été également proposé par Pierre et n’est connu
que par sa graine; celle-ci est très grosse et présenteà peu près
l'organisation d’une graine de Labatia. La soudure du tégument
avec le péricarpe s'étend à la plus grande partie de sa surface
et ne ménage qu’une étroite bande dorsale libre, lisse et non
brillante. Ici, le hile occupe l’extrême sommet de la graine et
la tigelle est assez longue et encastrée entre les bords des
cotylédons, tandis que, chez les Labatia, le hile est situé plus
bas et la tigelle est punctiforme 2. Ce genre est représenté
par un échantillon de Schomburgk (E. macrocarpa Pierre),
provenant de la Guyane française.
Un deuxième groupe de genres, parmi les Lucumées, est
caractérisé par une graine abondamment albuminée, renfer­
mant un embryon à cotylédons minces et foliacés, à tigelle
assez développée (caudicule longue). Le genre le plus impor­
tant de cette série est le genre Planchonella h

Bureavella L

Planchonella Pierre.

Ce genre a été créé par Pierre pour une forme du Queens­
land, 1Illipe Macleyana de F. Mueller.
La graine indique bien une plante du groupe des Lucumées

Si du genre Sideroxylon, pris au sens large, nous extrayons

1.

P ie r r e ,

Not. bot., p. 16.

et non de celui des lllipéées. Le fruit est très gros et globuleux ;
la graine mesure i à 5 centimètres de longueur et environ 3 cen­
timètres de largeur ; la cicatrice longue d’environ 40 millimètres
et large de 18 millimètres est très bombée; au sommet, sur une
longueur de 20 millimètres et une largeur de 7 millimètres,
elles se relève en cote pour protéger le conduit raphéen.
L’albumen, très mince vers la région supérieure de l’em­
bryon, est assez épais autour de la tigelle. Celle-ci est recour­
bée, très grosse et courte. Les cotylédons sont épais de 6 mil­
limètres chacun et contiennent de l'huile et de l’amidon.
Englerella L

1. P ierre, ,\ o/. bot., p. 46.
2. L'existence d’une caudicule saillante rapproche celte forme des
Planchonella et Micropholis.
3. P ierre, Not. bot., p. 34.

�42
MARCEL DUBARD
d'une part toutes les formes du type eusideroxylé, c'est-àdire chez lesquelles la cicatrice de la graine est basilaire et
peu développée, d'autre part, toutes les formes du type
lucumé à caudicule courte, qu'on y a rangées à tort, il reste
un ensemble très considérable de formes qui constitue un
groupe naturel.
C'est la majeure partie de cet ensemble que Pierre avait
compris dans son genre Planchonella, qui se serait imposé de
prime abord si son auteur en eut plus fortement démontré
l’importance fondamentale et si, entraîné par une analyse
trop minutieuse, il n'en eut distrait quelques petits groupes
d'importance secondaire. Mais il n'en a pas moins pressenti
la nécessité de constituer, aux dépens des Sideroxylon, un
genre nouveau dont l’utilité avait été jusque là méconnue.
Engler a d'abord ramené au genre Sideroxylon tous les
Planchonella de Pierre ; Bâillon les rattacha ensuite à l’an­
cien genre Sersalisia de Brown, groupe très mal défini;
Engler, dans sa monographie des Sapotacées africaines,
reprend, à quelques détails près, la classification de Bâillon
et fait rentrer, sans commentaires, les Planchonella dans les
Sersalisia, bien qu'il indique explicitement, parmi les carac­
tères de ce dernier genre, l'absence d’albumen et que les Plan­
chonella en soient abondamment pourvus. Les Sersalisia
africains d’Engler ont d’ailleurs une caudicule courte et
s'éloignent donc autant qu’il est possible des Planchonella,
pour se rallier aux Lucurna.
C’est dire que Bâillon et Engler, tout en ayant constitué
sous le nom de Sersalisia un ensemble qui peut paraître équi­
valent au premier abord aux Planchonella, ont cependant
méconnu le caractère fondamental, qui donne à ce groupe
son véritable intérêt. C'est pourquoi nous croyons devoir
rénover ce genre, qui, avec les Lucuma et les vrais Sideroxy­
lon, est un des pivots de la sous-tribu des Sideroxylées.
Les Planchonella sont définis, en outre des caractères géné­
raux de la série à laquelle ils appartiennent, par les carac­
tères suivants :
Les feuilles portent le plus souvent des costules espacées,

43
assez saillantes, reliées entre elles par des nervures plus fines,
en parties transversales par rapport à elles, descendant en
partie vers la nervure médiane.
Les fleurs sont pentamères dans toutes leurs parties. Le
tube de la corolle est généralement plus court que les lobes
et porte à sa gorge des staminodes alternipétalcs, étroits,
oblongs, parfois filiformes, parfois écailleux et très réduits,
et des étamines épipétales, extrorses. Plus rarement, le tube
corollaire se développe davantage et, dans ce cas, le verticille
staminal s’insère notablement au-dessous des staminodes,
quelquefois vers le milieu du tube.
L'ovaire est à cinq loges, dans chacune desquelles l'ovule
s’insère vers le sommet de l’axe ; il est muni d'un disque en
coussin ou en cupule, portant généralement de longs poils
hispides, libre ou adné, plus ou moins facile à distinguer. Le
fruit est une baie à péricarpe mince.
lre Section : Burckiiplanchonella.
Ce groupe correspond à l’ancienne section Burckiisideroxylon qu’Engler rattachait au genre Sideroxylon 1, dans
lequel on a fait rentrer jusqu'à présent les types les plus dis­
parates et les Sideroxylées les plus éloignées les unes des
autres; les espèces qui le constituent font partie du genre
Planchonella, tel que Pierre l'avait compris, c’est-à-dire dans
un sens plus restreint que celui que nous lui donnons.
Ces plantes portent des feuilles plutôt coriaces, chez les­
quelles les costules sont assez accentuées, avec une nervation
intermédiaire transverso-descendante, d’un relief bien accusé.
Le tube de la corolle y est court et les différentes pièces de
l'androcée sont insérées à sa gorge ; le disque est cupuliforme,
bien apparent, très velu ; le style est court ; la graine possède
un albumen abondant.
Cette section est représentée en Nouvelle-Calédonie et sur
la côte orientale de l’Australie par des espèces variées ; vers
LES SAPOTACÉES DU GROUPE DES SIDEROXYI.INÉES

i.

Englbr,

In. naturl. Pflanzenf. Nachtr., p . 276.

�U

MARCEL DUHARD

le nord, elle s’étend sur la Nouvelle Guinée, les Moluques,
les Célèbes, Bornéo, les Indes néerlandaises et, par la pres­
qu'île de Malacca, s’avance jusqu’au Siam et en Indo-Chine,
mais avec une uniformité plus grande, car la plupart des
formes décrites pour ces régions peuvent se ramener à une
espèce lmnéenne très polymorphe que nous avons nommée
PI. polymorpha.
1° Planchonella Wakere Pierre.
Svn. : Chrysophyllum Wakere Panch. et Séb. ; Sideroxy­
lon Wakere Bâillon.
Nom vern : Azou noir (Nouvelle-Calédonie).
Exs. : Nouvelle-Calédonie [Sébert et Fournier 25, Ilerb.
Expos, colon, j; [Pancher 565, id.]; [Vieillard 554] ; [Balansa
459].
2° Planchonella Brousmichii.
Svn. : Sideroxylon Brousmichii Bail.
Exs. : Nouvelle-Calédonie, région nord [Montrouzierj.
Cette espèce est très voisine de la précédente et s’en dis­
tingue surtout par la forme spatulée des feuilles; dans les
deux espèces le disque floral est peu net.
3° Planchonella lauracea.
Syn. : Sideroxylon lauraceum Bail.
Exs. : Nouvelle-Calédonie [Balansa 3467].
4° Planchonella contermina Pierre mss.
Ex. : Nouvelle-Calédonie, près Gatope [Deplanche 437].
5° Planchonella crassinervia.
Syn. : Sideroxylon Panchcri var. vestituni Bail.
Exs. : Nouvelle-Calédonie [Balansa 1829, 3463].
Nous avons dû changer le nom spécifique donné par Bâil­
lon, car ce même nom avait été employé par Pierre, huit
années auparavant, pour une autre espèce que nous citons
plus loin. Le P. crassinervia est remarquable par le déve­
loppement considérable de la nervure marginale, qui forme
un bourrelet saillant autour du limbe foliacé.

LES SAPOTACÉES DU GROUPE DES SJDEROXYL1NÉES

45

6° Planchonella microphylla Pierre.
Syn. : Achras costala Pancher et Sébert.
Exs. : Nouvelle-Calédonie [Balansa 3152].
L identité de cette espèce avec VAchras costala de Pancher
et Sébert ne fait aucun doute ; mais cette forme est-elle iden­
tique à VAchras costala d’Endlicher provenant de 1 île
Norfolk? La comparaison des deux échantillons types ne nous
permet pas de nous prononcer, en l’absence de fleurs. Tout
en présentant de grandes analogies, ceux-ci portent en effet
des feuilles de tailles très différentes, avec des caractères de
forme et de nervation très voisins. On peut donc conclure
que la forme d’Endlicher est tout au moins très voisine de
celle de Pancher et Sébert et appartient à la même section
d’une manière certaine. La dénomination d’Endlicher étant la
plus ancienne, nous ne pouvions conserver la désignation
spécifique de costala, sans créer une équivoque ; nous avons
donc choisi le binôme de Pierre.
7° Planchonella dictyoneura Pierre.
Syn. : Sideroxylon dictyoneuron Pierre.
Exs. : Nouvelle-Calédonie [Balansa 460]; montagne de
Païta [Vieillard 553, Ilerb. Expos, colon.] ; montagne de M’Bée
[Vieillard 556, id.].
8° Planchonella reticulata Pierre.
Syn. : Sideroxylon reliculaluni Bail.
Exs. : Nouvelle-Calédonie [Balansa 1826].
9° Planchonella Lifuana Pierre.
Syn. : Sideroxylon Lifuanurn Bail. (Sect. Oehroluma de
Bâillon).
Ex. : Ile Lifu ] Balansa 1826 (6149 H. P.)]; North pacifie
exploring [Wright 234 (6150 IL P.)].
Cette espèce correspond à la section Oehroluma de Bâillon,
que cet auteur rattachait au genre Sersalisia (Hist. des pl., XL
p. 280), en attribuant à ce groupe un sens très large assez
voisin de celui que nous donnons aujourd hui au genre Plan­
chonella; malheureusement Bâillon y avait confondu des

�46
MÀRCEL DUBARD
types aussi éloignés cjue possible; il y rangeait en particulier
des Bakerisideroxylon ; Engler Ht rentrer les Sersalisia dans
son grand genre Sideroxylon, auquel il attribuait aussi les
Ochroluma ; puis, plus tard, dans sa monographie des Sapotacées africaines, il restaura le genre Sersalisia, dans un sens
absolument différent de celui que ce groupe avait à l'origine,
pour y mettre des formes africaines très voisines des Pachystela et des Bakerisideroxylon, commme nous l’avons vu à
propos de notre nouveau genre Bakericlla. Des interprétations
aussi opposées d’un même genre en condamnent l’existence;
à notre avis, comme nous le verrons plus loin, les Sersalisia
pris dans leur sens originel rentrent dans les Planchonella
et ce groupe ne doit pas être maintenu comme section, non
plus que les Ochroluma.
10° Planchonella linguæformis Pierre.
Syn. : Chrysophylluni longipes Bail.
Exs. : Nouvelle-Calédonie [Balansa 1824J.
11° Planchonella Pancheri Pierre.
Syn. ; Sersalisia cinerea Panch.
Ex. : Ile Tamburœu [Deplanche 307], Nouvelle-Calédonie
[Balansa 699] !Pancher 1882],
12° Planchonella viridis Pierre.
Syn. : Lucuma? discolor Bail.
Exs. : Nouvelle-Calédonie [Balansa 18281
13° Planchonella Balanseana Pierre.
Syn. : Sideroxylon Balanseanum Pierre.
Exs. : Nouvelle-Calédonie, Mont Mi Balansa 1327 a) ; par­
tie supérieure du bassin du Dotio Balansa 3462]; j Lécart 47,
47 A; Herb. Exp. des Col.].
Dans cette forme, la corolle a un tube large et un peu plus
long que les lobes ; les étamines s'insèrent notablement audessous des staminodes; l'anatropie de l’ovule paraît incom­
plète, de sorte qu'il est probable que les graines portent une
cicatrice latérale relativement courte; ces divers caractères en
font un terme de transition vers la section suivante.

LES SÀPOTÀCÉES DU GROUPE DES SIDEROX YLINÉES

47

14° Planchonella? læteuirens Pierre.
Syn. : Lucuma lælevirens Bail. [Section Daphniluma de
Bâillon].
Exs. : Nouvelle-Calédonie [Balansa 3464].
Cette forme est assez aberrante et son attribution au genre
Planchonella ne nous paraît pas certaine, la graine n'étant
pas connue. Les fleurs sont isolées ou géminées à l’aisselle
des feuilles ; elles sont de grosse taille et très comparables
comme structure à celles de certains Lucuma à grandes
fleurs. Engler considère que la section Daphniluma doit être
rattachée aux Poissonella ; les caractères foliaires sont pour­
tant bien différents.
15° Planchonella Pohlmanniana Pierre.
Syn. ; Achras Pohlmanniana F. Muel ; Sideroxylon Pohlmannianum F. Muel.
Exs. : Queensland, Rockhampton [Dietrich 1121J ; jThozet
64].
16° Planchonella sericea.
Syn. : Sersalisia sericea? R. Br. (pro parte?)
Exs. : Australie, Rockingham bay [Dallachyj.
Cette espèce paraît avoir été confondue avec le Sersalisia
sericea de Brown, qui serait plutôt, à notre avis, le L. sericea
B. et II. ; l'échantillon a été déterminé S. laurifolia Rich. à
Berlin, d’une manière certainement erronée. C’est une espèce
chez laquelle les staminodes sont très réduits et où les fleurs
paraissent diclines ; dans tous les cas c’est bien un Burckiiplanchonella.
17° Planchonella polymorpha.
Syn. : Sideroxylon ferrugineum Hook ; S. attenuatum
A. DC. ; ‘S. indicum Burck ; S. undulatum Burck; S. lanceolatum Burck; S. ohovatum Burck; S. hancanum Burck;
S. Chrysophyllum de Vriese ; S. nodosum Burck; 8. novoguineense K. Sch. ; 8. Brownii F. Muel; 8. apertum Korthals;
Planchonella ferruginea Pierre; PI. indica Pierre; PI. atfenuata Pierre; PI. obovata Pierre; PI. bancana Pierre;

�MAIW.EI. DUHARD
48
P. Chrysophylla Pierre; PI. nodosa Pierre; Sersalisia obooa/a H. Br.
Sous le nom de Planchonella polymorpha, nous compre­
nons un grand nombre de formes dont on a fait de multiples
espèces, comme l'indique la synonymie précédente. Etant
donné le grand nombre de dénominations spécifiques appli­
quées en somme à la même espèce linnéenne, dénominations
qui rappellent soit une origine géographique, soit un carac­
tère morphologique plus ou moins fragile, il nous a paru
nécessaire de créer un nom spécifique absolument nouveau.
La comparaison des nombreux échantillons de l'herbier du
Muséum nous a en effet montré qu'il n'est guère possible de
douter de l’existence d’une espèce à grande aire d'extension,
se retrouvant dans toute l’Indo-Malaisie et jusqu'en Australie,
et par cela même très polymorphe, ce qui a incité les des­
cripteurs à la démembrer en un grand nombre d’espèces
secondaires, car ils n'ont eu en vue la plupart du temps que
des échantillons d'une région limitée.
Cependant, entre des formes qui paraissent distinctes au
premier abord, les termes de transition sont nombreux et
nous considérons qu'il serait même assez difficile de caracté­
riser nettement des variétés.
La forme des feuilles, l’épaisseur et le degré de persistance
de leur indumentura, la forme plus ou moins trilobée des
staminodes, etc., tels sont les caractères dont on s’est surtout
servi pour distinguer les anciennes espèces ; en réalité, rien
n'est moins fixe que ces caractères et l'on ne saurait baser sur
eux des déterminations précises.
Dans la liste des exsiccata, nous tiendrons cependant
compte des anciens noms, afin de faciliter les comparaisons
qui pourraient être faites ultérieurement.
Exs. : a. Sideroxylon ferrugineum.
Cochinchine ; littoral de la région de Bentré [Pierre 43i),
n. vern. : Cay-choi (annamite), dom-romdenh (Kmer) ; Mls
Dinli, prov. de Baria j Pierre 434]; [Thorelj. Ile de Condor
Marmand 891 (434 IL P.) ; [de Perry], Ile de Phu-Quoc
Pierre 434j. Cuit in hort. Bogor. Ilerb. Beccarij. Celebes,

49
prov. de Menâdo, n. vern. Larnbiriny, Herb. Pierre . Nou­
velle Guinée, Seyam Bay [Naumann]. Bangka Ilerb. bog.
2941. Moulmein, prov. de Tenasserim [Falconer 749j. Jard.
bot. de Calcutta [434. IL P.
h. Sideroxy ion attenua/uni.
Cochinchine, Tourane [Gaudichaud, voyage de la Bonite
283 j. Java, n. vern. : Kagoe nanka [Teysmannj.
c. Sideroxylon indien ni.
Cuit, in Hort. bog. [Ilerb. Pierre],
d. Sideroxylon atfcnuatnm.
Archipel indien [Herb. Pierre].
c. Sideroxylon undnlatnm.
Cuit, in Mort. bog. [Herb. Pierre],
f. Sideroxylon oboxatnm.
Java [ex. Herb. Hort. bog.]
f . Sideroxylon obovalnm, var. : ceramense.
Ceram [Teysmann (6139 IL P.)]. Nouvelle Guinée, près
Soron [Beccari 181 (6140 IL P.)]; baie de Humboldt [Beccarij.
Ile Aru [ Beccari (614 1 H. P.)].
g. Sideroxylon bancanurn.
Cuit, in Hort. bog. [Ilerb. Pierre].
h. Sideroxylon chrysophyllnm.
Cuit. in. Hort. bog. Herb. Pierre .
i. Sideroxylon nodosum.
Cuit, in Hort. bog. [Herb. Pierre’.
j. Sideroxylon novo-guineense.
Nouvelle Guinée, Finsthafen Ilollrung I2i.
k. Sideroxylon Brownii.
Australie, Rockingham’s bay [in Herb. Brux.]
l. Sideroxylon apectum.
Bornéo [Korthals (6148 H. P.)]
m. Innomés.
Philippines [Vidal 10, 12 (6134,6135 H. P.)].
Bornéo [Beccari 17441.
18° Planchonella argentèa Pierre.
Svn. : Bassin argon/ea de Yriese ; Sideroxylon argenteum
Pierre.
LES SAPOTApÉEâ DU GROUPE DES SIDERoXVEINÉES

Annales du Musée colonial de Marseille. — X série, 10' vol. 191J.

4

�50

MARCEL DUBARD

Exs. : Java [ex herb. llort. bog. (6144 II P.)]
10e Planchonella javensis Pierre.
Syn. : *Sideroxylon javense Burck; S. timorense Blume.
Exs. : Java !Tevsmann (6138 H. P.)]; Treubj.
Timor [Blume ex herb. Lug. bat. (6137 H. P.)].
Moluques [Hombron].
20° Planchonella borneensis Pierre.
Syn. : Sideroxylon borneense Burck.
Exs. : Bornéo, Sarawah Beccari 3357 (6147 II. P.)] ; Saengi
Kempei [Tevsmann (6147 H. P.)].
21° Planchonella oxyedra.
Syn. : Sideroxylon oxycdrum Miq.
Exs. : Sumatra [Tevsmann (6146 H. P.)l; Palembang [ex
herb. bort. bog. 367 ? (6146 H. P.)].
22° Planchonella linggensis Pierre.
Syn. : Sideroxylon linggense Burck.
Exs. : Lingga | Tevsmann (6143 H. P.)].
23° Planchonella Merrillii.
Syn. : Sideroxylon coriaceum Merrill.
Exs. : Philippines, Luzon, Baguio (prov. Je Benguet)
[Elmer 6071 j.
J ai dû changer le nom spécifique de cette espèce, pour
éviter toute confusion avec le Sideroxylon coriaceum décrit
bien antérieurement par Bâillon pour la Nouvelle-Calédonie.
L'avortement fréquent des staminodes dans le Pli. Merrillii
forme une transition vers le type Chrysophyllum.
24° Planchonella philippensis.
Exs. : Philippines [Vidal 2 (6132 H. P.)].
25° Planchonella tahitensis Pierre.
Syn. : Sideroxylon lahitense Nadeaud; Hormogyne tahi­
tensis Nadeaud.

LÉS SAPOTACÊES DU GROUPE DES SIDKROXVI.INÉES

Nom vern. : Moorea (Tahiti).
Exs. : Tahiti, montagne.Raairi [Nadeaud].
26° Planchonella annamensis Pierre.
N. vern. : Tam-chac (Tonkin).
Exs. : Tonkin, Khang-Thuong, dans la forêt Ma-Co [abbé
Bon 2171].
2° Section : Egassia Pierre mss.
Cette section en somme très voisine de la précédente se
distingue par la semi-anatropie des ovules; ceux-ci sont
insérés vers le milieu des loges; la cicatrice de la graine est
par suite beaucoup plus courte que d’habitude et n'atteint
guère que la moitié de la hauteur de celle-ci. C’est une tran­
sition vers les Sideroxylon où la cicatrice est complètement
basilaire. Dans ce type, le tube de la corolle est notablement
plus développé que chez les Burekiiplanchonella et porte les
étamines vers son milieu ; cette disposition s'accuse beaucoup
dans une des sections suivantes, les Hormogyne.
1° Planchonella nco-calcdonica.
Exs. : Nouvelle-Calédonie [Petit 130].
3e Section : Hillebrandiplanchonella.
Cette section se distingue de la première surtout par la
nervation de la feuille; les costules y sont très rapprochées,
assez saillantes et les nervures intermédiaires sont descen­
dantes comme chez les Payena. Ce caractère rappelle le g^enre
américain Micropholis, qui est extrêmement voisin des Plan­
chonella et forme le trait d’union naturel entre ce dernier
genre et les autres Sideroxylées américaines. Ce groupe est
équivalent à la section Hillebrandisideroxylon Engl., consi­
dérée jusqu’à présent comme appartenant au genre Sideroxy­
lon pris au sens large.
1° Planchonella Petitiana Pierre.
Syn. : Sideroxylon Petilianuni Pierre ; Chrysophyllum ?

�52
MARCEL DUBARD
niacrocarpurn Bâillon; Labatia macrocarpa Séb. et Fourn.,
non Mart.
Exs. ; Nouvelle-Calédonie, Ml Dore [Vieillard 194j ; [Sébert
et Fournier 19, Ilerb. de l’Exp. col.]; Pancher 564, Herb. de
l’Exp. col. ; Petit 19, Ilerb. de l'Exp. col.J; [Balansa 3456].
2° Planchonella sandwicensis Pierre.
Syn. : Sideroiylon sandwicense Asa gray.
Exs. ; Iles Sandwich, Oahu, montagnes [Remy 178];
Halawa près Molokei, montagnes j Hillebrand (6056 II. P.)j ;
près Lanai var. ; aurata) j Hillebrand (6070 II. P.)j.
Dans cette espèce, les filets staminaux sont libres presque
dès la base du tube.
3° Planchonella spathulata Pierre.
Syn. ; Sideroxylon spathulatum llilleb.
Exs. : Iles Sandwich, près Lanai [Hillebrand (1069 II. P.)] ;
Oahu, près Kaala (var. densiflora) [Hillebrand].
4e Section; Myrsiniluma Bâillon.
Ce groupe considéré par Bâillon comme une section du
genre Lucuma *, puis du genre Sersalisia 2, a été rattaché par
Engler :î au genre Sideroxylon ; nous y faisons rentrer en outre
la section Mæsolurna de Bâillon que cet auteur avait lui-même
rapprochée des Myrsiniluma.
Les Myrsiniluma sont voisins des Burckiiplanchone.lla ; ils
sont surtout caractérisés par leurs feuilles rapprochées en bou­
quets vers l’extrémité des rameaux, coriaces, à nervation très
peu saillante, parleurs fleurs très petites, longuement pédicellées, isolées ou par petits groupes à l’aiselle des feuilles.
1° Planchonella Jacquiniæfolia Pierre.
Syn : Lucuma Jacquiniæfolia Bail.
Sersalisia Jacquiniæfolia Bail.
1. B â il l o n , Observations sur les Sapotacées delà Nouvelle-Calédonie
(Bul. Soc. Lin. Par., p. 897).
2. B âillon, Hist. des pl ., XI, p. 280.
3. E n g l e r , InX aturl. Pflanzenf. Nacht., p. 277.

53
Exs. ; Nouvelle-Calédonie, forêt delà baie deProny]Balansa
452].
2° Planchonella Baueri.
Syn. : Sapola Baueri Montr. ; Lucuma baladensis Bail ;
Sideroxylon Vieillardanum Pierre ; Sersalisia baladensis Bail.
Exs. : Nouvelle-Calédonie Deplanche 3051; Balade sur le
versant des montagnes [Vieillard 79. Herb. de l’Exp. col. J ;
île des Pins [Vieillard 80, Herb. de l'Exp. col.].
C’est également à cette section que nous rattacherons une
forme dont Bâillon avait fait la section Pleioluma, qu’il rangea
d'abord dans le genre Lucuma. puis dans le genre Sersalisia.
Cette espèce ne nous paraît guère différer des types précédents
que par ses fleurs polygames dioïques, ce qui est insuffisant
pour en faire un groupe particulier.
3° Planchonella crebrifolia Pierre.
Syn. ; Lucuma crebrifolia Bail. ; Sersalisia crebri/olia Bail.
Exs.: Nouvelle-Calédonie [Balansa 3154] ; Balade !Vieillard
191] ; bords de la Dombea [Vieillard 2906].
CEE SAPOTACÉES DU GROUPE DES SIDEROXYLÏNÉES

o1' Section : Ilookeriplanchonclla.
Ce groupe correspond à l’ancienne section Ilookerisideroxylon qu'Engler rattachait au genre Sideroxylon L C’est une
section d’importance à peu près égale aux Burckiiplanchonella,
mais dont le centre de développement est plus septentrional
et s'étend depuis les Indes Orientales jusqu’aux Philippines
h travers l'Indo-Chine. très représentants de ce groupe se
raréfient au contraire vers le sud, en acquérant des caractères
aberrants, qui les font converger vers les Hormogyne. Dans
ce groupe, la nervation de la feuille est moins accentuée que
dans la première section, mais sans différences essentielles ; le
tube de la corolle est à peu près de la longueur des lobes et
porte à sa gorge tous les éléments de l’androcée. Le style est
très long, exsert ; le disque non apparent.
1. E ing ler , loc. cit., p . 2 7 6 ,

�54

MARCEL OlIRARD

1° Planchonella assamica Pierre.
Syn. : Sideroxylon assamicum Clarke ; S. tomentosum Wall.
Cat.
Exs. : Assam [Jenkins] ; [Simons].
2° Planchonclla Ilookeri Pierre.
Syn.: Sideroxylon Hookeri Clarke.
Exs. : East Bengal [Griffith 3601]; Sikkim fllooker]. IndoChiné, Yien-Chang [Thorel, expéd. du Mékong].
3° Planchonclla tomentosa Pierre.
Syn. : Sideroxylon tomentosum Roxb. ;S. arnialuni Roth.
Sapola tomentosa A. DC. ; S.arrnata A. DC. ; S. elengoides
A. DC.
Exs. : Indes Orientales [Wight 1746] ; Malabar, Concan
[Stocks] ; Monts Nilghirris, à Otacamund [Pierre 4567).
40 Planchonella Cambodania Pierre.
Syn. : Sideroxylon cambodianuni Pierre.
Nom vern. : Sra Xgarn (Kmer).
Exs. : Ubon h Kemarath [Thorel, Expéd. du Mékong];
Cambodge, mont Sruoi [Pierre 921] ; prov. Peu Lover [Pierre
921].
5° Planchonella Boniana.
Nom vern. : Sao-trai.
Exs. : Tonkin, Forêts du Mont China-Hac, près Vo-xa[abbé
Bon 2818, 2899].
6° Planchonella laotiana.
Exs. : Laos IPavie].
7° Planchonella maritirna Pierre.
Svn. : Sideroxylon maritimum Pierre.
Nom vern. : Gang-gaiy (annamite).
Exs. : Cochinehine, littoral de la prov. de Baria [Pierre 3276],
8° Planchonella dongnaiensis Pierre.
Syn. : Sideroxylon dongnaiense Pierre.

LES SAPOTACÉES l»l GROUPE DES SIDEROXYL1NÉES

Nom vern.: Gay-gang (annamite) ; Phle-gang (moi).
Exs. : Cochinehine, prov. de Bien-IIoa, Gia-Lau-Me, TriHuyen, Bao-Chiang, Tin-Man [Pierre 1929, 3274, 3275].
9° Planchonella Pavieana Pierre.
Nom vern.: Haï (Muong).
Exs. : Laos, Luang-Prabang [Pavie].
10° Planchonella raccrnosa.
Exs.: Tonkin [abbé Bon 5220, 4226]; [Balansa 4337].
11° Planchonella cochinchinensis.
Syn. : Ilormogyne cochinchinensis Pierre.
Nom vern. : Donc (Annam).
Exs. : Cochinehine, Ml Dinli près Baria [Pierre 434],
120 Planchonella parvifolia Pierre.
Syn. : S apot a parvifolia A. DC.
Exs. : Philippine, prov. South IIocos | Cuming 1147],
43° Planchonella Howeana Pierre.
Syn. : Sideroxylon Howeanum F. Muel. ; Achras Howeana
F. Muel.
Exs. : Australie, Ilowe’s Island IMueller 8549].
14° Planchonella australis Pierre.
Syn.: Sideroxylon australe B. et H. ; Achras australis R.
Br. ; Sapota australis A. DC.
Exs. : Queensland [Herb. Gotting.] ; Nouvelles Galles du
Sud [Ilolmesj; Morton-Bav [Leichard].
Ces deux dernières espèces présentent des caractères parti­
culiers, qui peuvent les faire considérer à juste titre comme
formant une transition vers les Ilormogyne ; le tube de la
corolle y devient très long par rapport aux lobes ; les étamines
ont une tendance à s’insérer plus basque les staminodes, carac­
tère déjà fort accusé chez P. australis.

�56

MARCEL Dl'BARD

6e Section : Hormogyne1 A. DG.
Ce groupe a été considéré comme un genre par son auteur ;
maintenu d’abord à ce titre par Engler dans les Pflanzcnfamilien, il a été ramené au rang de section dans les Sup­
pléments à cet ouvrage; nous ne pouvons que confirmer celte
manière de voir, étant donné les transitions qui existent entre
les Hortnogyne les plus typiques et les autres Planehonella ;
seulement, il faut bien remarquer que les affinités des Hormo­
gyne ne sont pas du tout du côté des Eusideroxylées. Chez les
Hortnogyne, le développement du tube de la corolle et la briè­
veté des lobes s’exagèrent, les étamines s’insèrent notablement
plus bas que les staminodes, parfois même vers le milieu du
tube. Chez VH. eotinifolia, 1ovaire est entouré d’un disque
élevé, cupulaire, libre, d’aspect très particulier ; chez les autres
espèces, cet organe paraît adné.
1° Planchonella cotinifolia.
Syn. ; Hortnogyne cotinifolia A. DG. ; Sideroxylon cotinifolium Engl.
Exs. : Australie, Queensland, Rockhampton [F. Mueller].
2° Planchonella Ralphiana.
Syn.: Achras Ralphiana F. Muel. ; Sersalisia Ralphiana
Bail.
Exs. : Australie, Queensland, Rockingham bay [F. Mueller
(6152 H.P.)].
Cette deuxième espèce a été rapportée par Bâillon au genre
Sersalisia, sous forme d une section spéciale, qu’il nomma
Pierrelia ' ; elle diffère évidemment assez nettement de VH.
cotinifolia par l'absence de disque libre et peut être considérée
pour cette raison, comme formant transition vers la section
précédente: d’autre part, l’aspect de la feuille, les fleurs isolées
à l’aisselle des feuilles et longuement pédonculées rappellent
1. A. de C a n d o l l e , Prodrome, VIII, p. 176.
2. B â i l l o n , Iiist. des pl., XI, p. 280.

57
les formes de la section Myrsiniluma ; nous voyons ainsi une
fois de plus combien s'enchaînent étroitement les divers
groupes de Sapotacées et qu’il est plus facile d’établir la suc­
cession des divers chaînons que de pratiquer des coupures
échappant à toute critique.
LES SAPOTACÉES DU G R O U P E DES SIDEROXYLTNÉES

7r Section : Poissonnella Pierre.
Cette section, considérée par Pierre 1 comme un genre auto­
nome, et correspondant aux deux genres Iteilumaet Peuceluma
de Bâillon ~, se range à côté des Hortnogyne ; c'est un groupe
néo-calédonien à feuilles très étroites, coriaces, de nervation
peu distincte ; les fleurs, relativement de grosse taille, sont
isolées à l’aisselle des feuilles. La disposition du tube de la
corolle et des étamines rappelle la section précédente; le style
est très long.
1° Planchonella Bailloni.
Syn.: Lucuma Bailloni Zahl. ; L. neo-caledonica Pierre;
Sideroxylon Bailloni Engl.; Iteilurna Bailloni Bail. ; Poisso nnella Bailloni Pierre ; Poissonnella neo-caledonica Pierre.
Exs. : Nouvelle-Calédonie, Ivanala [Deplanche(5652 H.P.)];
rives ferrugineuses de la Dombea [Vieillard 196(5651 H.P.)] ;
[Balansa 3469].
2° Planchonella pinifolia.
Syn. : Lucuma ? pinifolia. Bail ; Peuceluma pinifolia Bail.
Exs.: Nouvelle-Calédonie [Balansa 3151].
8e Section : Pierriplanchonella.
C’est un groupe équivalent à la section Pierrisideroxylon
d'Engler avec cependant un sens un peu plus large ; nous y
faisons rentrer en effet les genres Beccariclla, Sideroearpus et
Croixia 1de Pierre.
t. P ierre, loc. cit., p. 30.
2. Bâillon, S oc. Lin. Par., p. 892.
3. EiNGler, loc.cit., Nachtr., p. 276.
4. P ierre, loc. cil., p. 30-32,

�SS
MARCEL DUBARD
('.liez ces formes, lescostules sont très saillantes, d'un paral­
lélisme frappant et reliées entre elles par des nervures exclu­
sivement transversales ; le tube de la corolle est plutôt court
et porte des staminodes très réduits ; le style est peu dévelop­
pé et le disque présente le même aspect que chez les Burckiiplanchonella. L’albumen est réduit à une mince couche et la
cicatrice de la graine, le plus souvent oblongue, peut devenir
très large à la façon des Lucurna.
Le centre de développement de ce groupe correspond à la
Nouvelle-Calédonie et envoie des ramifications parla NouvelleGuinée, les Moluques, Bornéo, jusqu’à Malacca et en IndoChiné.
1° Planchonella rubicunda.
Syn. : Beccariella rubicunda Pierre ; Chrysopliyllum
Seberti (partini) Pancher.
Exs. : Nouvelle-Calédonie Balansa 1825 (5636 IL P.)].
Lécart33, Herb. de l’Exp. col.j.
Les fleurs de cette espèces sont unisexuées ; les staminodes
sont très réduits.
2° Planchonella lasiantha.
Syn. : Beccariella coriacea Pierre ; Sideroxylon lasianthum
Bail.
Exs. : Nouvelle-Calédonie, Mont Mi Balansa 1322 (5655
H.P.) ; Ravines du plateau des mines de Thio [Brousmiche
523(5655 H.P.)].
Les fleurs sont encore ici unisexuées.
3° Planchonella Seberti.
Syn. : Beccariella Seberti Pierre ; Chrysophylluni Seberti
Pancher (partim) ; Sideroxylon lasiocladum Bail.
Exs.: Nouvelle-Calédonie [Sébert et Fournier 49 (5637
H. P.) , Herb. del'Exp. col.]; Petit 49, Ilerb. de l’Exp. col.].
Les fleurs sont polygames ou dioïques.
4° Plarichonnella Vieillardi.
Syn. : Sideroxylon Vieillardi Bail.

59
Exs. : Nouvelle-Calédonie, Gatope [Vieillard 2889 (6062
H.P.)].
5° Planchonella papuanica.
Syn.; Beccariella papuanica Pierre \Chrysophylluni papuanicum Pierre.
Exs. : Ilamoi | Beccari 350 (5658 IL P.)].
Cette espèce est fort aberrante ; les fleurs analysées par
Pierre ne possédaient ni étamines, ni staminodes; d’autre part,
suivant les renseignements communiqués par Beccari, l’albu­
men est très abondant dans la graine. L’état de l’échantillon
cité ne permet pas de se faire une opinion ferme sur le nom
générique qu’on doit lui attribuer ; étant donné la ressem­
blance de cette plante avec le Beccariella firma, nous nous
en tiendrons à la conclusion de Pierre qui en fait un Becca­
riella et, suivant notre nomenclature, nous rangeons cette
forme parmi les Pierriplanchonella.
6° Planchonella {irma.
Syn. : Beccariella /irma Pierre ; Sideroxylon (irmum Pierre ;
Chrysophylluni (irmum Miq.
Exs. : Bangka [Teysmann, Herb. Hort. bog.].
L’espèce est polygame.
7° Planchonella Teysmanniana.
Syn. : Sideroxylon Teysmannianum Burck.
Exs. : Ile Gebeh [Tevmann 4 (6054 H.P.) Herb. Hort. bog.].
8° Planchonella Vrieseana.
Syn. : Siderocarpus Vrieseanus Pierre; Sideroxylon 1Trieseanurn Pierre.
Exs. : Moluques, Batjan [Teysmann (5100 H. P.)).
9° Planchonella au rata Pierre.
Exs. : Tonkin, Ml Bavi, 1.400 mètres d’altitude Balansa
4338].
Le genre Croixia de Pierre n’est connu que par des feuilles
et des graines. Les feuilles ont la même nervation que celles
LF.S

8 APOTACÉES

D U G R O U P E DES S I D E R O X Y L 1NKES

�GO
MARCEL DURARD
des Beccariella et des Siderocarpus; les graines renferment
comme chez les formes précédentes un reste d albumen, mais
leur cicatrice est large comme chez les Lucuimi et envahit h
peu près la moitié de la surface tégumentaire, au lieu d’être
étroite et oblongue.
Malgré cette légère différence, nous n’avons pas hésité à
rattacher les Croixia à la section Pierriplanchonella, suivant
d'ailleurs en cela l’intuition de Pierre, qui a laissé sur tous
les échantillons de Croixia des indications manuscrites indi­
quant qu’il tendait à rattacher ces formes aux Siderocarpus.
10° Planehonella Erringtoni.
Nom vern. : Régnas api (malais).
Ex. : Lahat-Perak (Malacca) [Errington de la Croix 13],
11° Planehonella Beccarii.
Svn. : Croixia Beccarii Pierre; Siderocarpus BeccariiPierre.
Nom vern. : Gu/ta terboïc soufra.
Exs. : Péninsule malaise, Oulou Kinering (Mme Errington
de la Croix 75 et 7G (5661 H. P.)]. Bornéo, Saraw ah [Beccari
783].
12° Planehonella Pierreana.
Syn. : Croixia borneensis Pierre; Siderocarpus borneensis
Pierre.
Exs. : Bornéo oriental Teysmann (5661 H. P.)].
Les formes du type Croixia par leur graine à cicatrice
large, à albumen très réduit et par leur embryon à cotylédons
charnus forment le passage aux Lucuma ; le groupe intermé­
diaire du côté de ce genre est constitué par les Fonlbrunea
qui appartiennent h la même région et possèdent aussi un
albumen fort peu abondant. Il faut remarquer par contre que
les Fonlbrunea ont une cicatrice étroite, oblongue, comme la
plupart des Planehonella ; on pourra d’ailleurs toujours dis­
tinguer un Fonlbrunea d’un Croixia par la caudicule qui est
punctiforme dans le premier groupe, proéminente quoique
courte dans le second.

LES SAIMJTACÉES DU (JROUPE DES SIDKROXYLINÈES

61

9e Section : Boerlagclla 1 Pierre.
Ce groupe, considéré par son auteur comme un genre auto­
nome, est rangé par Engler parmi les genres de place incer­
taine; il est indéniable que ses atlinités sont du côté des
Pierriplanchonella ; la structure de la feuille est la même que
dans ce groupe.
La graine présente une cicatrice linéaire-oblongue ; l’albu­
men a ici complètement disparu et l'embryon occupe toute la
cavité séminale ; la radicule est assez grosse, légèrement angu­
leuse et enveloppée par les cotylédons qui sont enroulés.
1° Planehonella spectabilis.
Syn.: Boerlagclla spectabilis Pierre; Sapola? spectabilis
Miq. ; Sideroxylon speclabile Burck.
Exs. : Sumatra, forêts près de Tobing [Teysmann].
Cette forme est la seule rapportée explicitement par Pierre
à son genre Boerlagclla ; on n’en connaît malheureusement
pas les fleurs, qui auraient permis de préciser les caractères
du groupe et d’y rattacher avec certitude quelques autres
formes. Je crois cependant qu’à côté du PL spectabilis, nous
pouvons ranger un certain nombre de Sideroxylées des Indes
néerlandaises, que Burck 2 a groupées lui-même d’après la
disposition des intlorescences et qui constitueraient l’ancien
genre Ecclisanlhes mal défini de Blume ; chez ces Sideroxylées,
les fleurs sont fasciculées sur des rameaux axillaires aphylles
ou portant un petit nombre de feuilles, rameaux simples ou
ramifiés en grappes.
2° Planehonella celebica.
Syn. : Sideroxylon celebicum Pierre.
Nom vern. : Sasangkonyan (Célèbes).
Exs. : Célèbes [de Vriese et Teysmann (6127 H. P.)]: près
Minahassa (Menado) [Koorders 18868,3, 18879,3}.
1. P ierre, Not. bot., p. 33.
Sur les Sapotacées des Indes néerlandaises et les origines
botaniques, de lu gutta-percha [Ann. Jard. bot. Bni/t., vol; V).
2. B u r c k ,

�62

MARCEL DUÈAflD

D'après les analyses de Pierre, la graine de celte espèce
est complètement dépourvue d’albumen, ce qui est un des
caractères les plus saillants des Bocrlagella.
3° Planchonella nitida.
Syn. : Sideroxylon nitidum Blume.
Nom vern. : Kayoe-bessi (Java).
Exs. : Java [Cuit, au Jard. bot. de Buyt. ^6128 H. P.)].
i° Planchonella sundaïca.
Syn. : Sideroxylon sundaïcurn Burek; Chrysophylluni
sundaïcum Miq.
Exs. : Ile Poeloe Sangian [Tevsmann (6129 II. P.)].
Chez ces trois dernières espèces, où les fleurs sont connues,
l’ovaire est entouré d'un disque cupuliforme très élevé, libre
et couvert île poils hispides très longs; il serait particulière­
ment intéressant de savoir si dans le PI. spectabilis qui est le
type des Bocrlagella, cette particularité de la Heur se trouve
réalisée; dans ce cas cette section deviendrait très bien définie.
Enfin, c'est à côté de ces deux dernières sections qu'il
convient de placer le genre Beauvisayea 1de Pierre, qui, mieux
connu, rentrerait probablement dans l'une d'elles. Ce groupe
fut créé pour une espèce de la Nouvelle-Guinée, le Lucnma
pomifera de Zippel. Il fut maintenu par Bâillon avec sa valeur
générique et abaissé par Engler au rang de section des Side­
roxylon. Cette forme rappelle beaucoup les Fontbrunea, parmi
les Lucuma. La fleur, qui n’est connue qu'à l'état de bouton,
est pentamère avec des étamines à filets courts; la graine à
cicatrice assez allongée présente un reste d’albumen formant
tuyau autour de la radicule et de la tigelle, qui sont assez
saillantes. Nous nous trouvons donc en présence d’un terme
de transition très caractérisé entre les Planchonella et les
Lucnma, mais que nous devons cependant ranger à côté du
premier de ces genres, à cause de l’aspect de la caudicule.
Nous nous contenterons d indiquer la place et les affinités du
1. Pierre, loc. cil., p. 15.

63
Beauvisayea, sans en faire une section particulière, car les
documents qu’on possède à son sujet sont trop insuffisants.
Planchonella pomifera.
Syn. : Beauvisayea pomifera Pierre; Lucuma pomifera Zip­
pel mss.
Exs. : Nouvelle-Guinée, Andaï [Beccari 533 (5098 II. P.)].
Enfin c’est aussi au genre Planchonella que se rapporte
évidemment le type Pyriluma de Haillon ', considéré par cet
auteur comme une section du genre Sersalisia. La feuille e.t la
graine sont seules représentées dans l’herbier du Muséum. La
feuille, longaiement pétiolée, a des costules saillantes, courbes
et une nervation intermédiaire transversale; le limbe est dis­
symétrique à la base. La graine présente une cicatrice large
et n’atteignant pas toute sa hauteur ; elle est pourvue d'un
albumen abondant; l embryon a des cotylédons foliacés et
une caudicule saillante.
Les fleurs femelles sont isolées et nettement pédicellées.
Ges caractères ne nous permettent pas d’attribuer avec
sûreté cette forme à l’une des sections précédentes et d’autre
part sont insuffisants, à notre avis, pour justilier une section
spéciale.
Planchonella sphærocarpa.
Syn. : Sideroxylon sphærocarpurn Bail.; Sersalisia sphæro­
carpa Bail.
Exs. : Nouvelle-Calédonie [Balansa 1326],
Nous pouvons maintenant résumer dans le tableau suivant
les caractères du genre Planchonella et de ses sections :
LES SAPOTACÉES DU G R O U P E DES SI DEM O X Y LIMÉES

�c/i

C

^ ;o

3

.
h-i

y es “ ?

O

S?

ci ^ Oiio —

g « «2 S

'SI

JS£ -s O«

—Q
'* *?j _X

aj o u)
0) oj
rf) -ubO1

-3

“c; c ■=- 2.~

■r, r.
_
tfl
-*
5
S
Jx C 0) &lt;D rr* —
.—r. S—a C/5- c 1/5

■Ü Çj &amp;

Style très long, disque obscur.........

Cicatrice à peine égale b la
moitié de la longueur de
la graine...........................

T u b e de la corolle allongé. Étamines insé­

-

ho

Cicatrice atteignant à |&gt;eu
près la longueur de la
graine................................

II. Egassia.
Passage aux Eusideroxylécs.
III. Hooheriplanchonella.

I. Burckiiplnnchonellu.

3

&gt;3

od

~

.

ro c/î

l

—
5 __
- J”. 71 eu »
© * 3
2. “
2

©

3

o —
= S .
— n,

&amp; ’Z

gr -

n&gt;

O— Q— (fiT. ^__ Ci—
: y

e.

"3 Ot

^

—

Beauvisagea, passage aux Lucunia.
Pyriluma.

3

a&gt;

■—&gt;C Ti

0

0

^5

0

0

0

0

0

0
^3

0

0

0

2

0

0

35

0

—
3

7

22

2

73

0

3

0
3

71

~ —— e^T
r-; ï
^
’
“ . tr
5*
OC OS ^O 3O‘ ^CD
3
R: * c ; r_: O&gt;
3 S? ‘
ri
r
^
&gt;
/
*
O
r? =•
(WN ’ : d
c
—
T&gt; e *&gt;- rsT Q o2ù ^5X_
o
az3 ~2 —
*Tj c ii y: **'
^ »— c=3 C
&gt;
^—*
1-2* ^ ^"5 Q o
-• • Q r—
2' S* Z
05 °
fD
X “ 73 - 2
3 ët ’
O
X O E ~ J-x *—3r
3-- CwD ”c O cr — 3^ - r £-crT -•C— 73 tg' c
3 SL 5‘ 3 -r - efl =
~SÔ — "3
X r—
'-. ‘V ^ ,-N X X c— ■ X O
£ &gt; «
3 3 . 2 3“
* aq &lt; £L
X
P&lt;X—r-. O2-‘
SL o 3; 3 ^ c^X ^3 a 3.2O 3 5'
c*3 r-3
rT1
X Cx
X
»
oqrz&gt; ?T
&lt;0 Z.
c
—&gt;
or ^
—- X «-•
c- (tN zr. ^
QSi a- D2 ^ .— rt&gt;
CD —
O O__ 73
; ? 2
g.
3 o?
—
'
(
T
&gt;
‘JCiO CJq p
o’
O
©'
en 3 O“J »(Si S3 E2 o2

Types de place incertaine.

rées plus bas que les stam inodes.............
Fleurs isolées, longuement pédicellées...................
Feuilles coriaces, étroites, linéaires........................................
Nervation interm édiaire parallèle au.\ costules..............................

IV. Hormogyne.
V. Myr&amp;inilurna.
VI. Poissonella.
VII. Hillebrandiplanchonella, passage
aux Micropholis.
VIII.
P ierriplunchonella, passageaux
Nervation intermédiaire purement transversale............................
Lucunia par les formes du type Croiocia.
IX. Boerlagella, passage aux Lucunia_
Pas d’albumen.

t&gt;C

«tn
s,

o 1 ~a

C
ml

�MARCEL DURARD
6t)
de même que les sections Fontbrunea, Epiluma représentent
en Indo-Malaisie et en Océanie le grand genre Lucuma, dont
le plus grand nombre des formes sont américaines.
Le sectionnement du genre Micropholis, tel qu'il est proposé
par Pierre, dans les Symbolæ antillanæ en conservant les
groupes instaurés par Bâillon, ne nous paraît pas correspondre
à des caractères différentiels assez précis, pour jeter quelque
clarté dans le groupement des espèces. Il nous semble plus
rationnel de n’admettre que deux subdivisions de la manière
suivante :
lrc Section : Eu micropholis.
Elle comprend la section de même nom de Pierre, ainsi que
les groupes Meioluma, Myrliluma, Platyluma, S/ephanoluma i.
Fleurs pentamères ou beaucoup plus rarement tétramères,
tube de la corolle généralement plus long que les lobes. Péri­
carpe du fruit fibreux ou fibrilleux. Costules très fines et
nervation secondaire très serrée.
1° Micropholis rugosa Pierre.
Syn. : Chrysophyllum rugosum Sw. ; Ch. pomiforme Bertero; Sideroxylon rugosum Roem et Scb. ; S. pomiforme A.
D.C. ; Sapota rugosa Griseb.
Nom vern. : Bull-Apple-tree (Jamaïque).
Exs. : Jamaïque Bertero(5871 II. P.)j.
var. : Harrisii Pierre.
Exs. : Jamaïque, près de New Green, 700 mètres d’altitude
Harris 0334].
2° Micropholis egensis Pierre.
Syn. : Sideroxylon egense A.DC.; S. rugosum, var. egensc
Mart. et Eichl. : Bumelia egensis Pœpp.

1. Uhban, Sym b. antil., v. V, fasc. I.
2. Les Stephanoluma ont déjà été compris par Engler dans la section
Eichlerisideroxylon du genre Sideroxylon (/oc. cil., p. 276).

LÉS SALOT.VCÉES DU GROUPE DES SlDEROXYLl.NÉKS

07

Exs. ; Brésil à Ega sur le fleuve Amazone [Pœppig 2010).
Guyane française [Mélinon, Ilerb. do l’Exp. col.).
3° Micropholis Melinoniana Pierre.
Syn. '.Sideroxylon rugosum A.DC.; Stephanoluma rugosa
Bail.
Exs. : Guyane française [Mélinon].
Ces trois espèces semblent assez voisines et il esl probable
que l'examen d’échantillons complets, avec fleurs adultes et
fruits mûrs, permettrait de les ramener au rang de variétés.
Elles peuvent se distinguer par la forme de la feuille et par
celle du fruit. Chez le M. rugosa, la feuille est à peine acuminéd
et le fruit globuleux; chez, le M. egensis, la feuille est cuspide;
chez le M. Melinoniana, la feuille est faiblement acuminée, le
fruit est oblong et atténué aux extrémités.
4° Micropholis Martiana Pierre.
Syn. : Sideroxylon rugosum Mart. et Eichl.
Exs. : Brésil [Martius].
Cette espèce est aussi liés voisine du M. rugosa et du
M. egensis, particulièrement de celte deuxième dont la rap­
proche la forme cuspide de sa feuille; elle en diffère surtout
par ses sépales à peu près glabres à la face interne et sa
corolle non soyeuse extérieurement. Sont-ce bien là des carac­
tères spécifiques suffisants? L'examen d'échantillons plus
nombreux et mieux conservés permettrait seul de trancher la
question.
o° Microphilis guyanensis Pierre.
Syn. : Sideroxylon guyanense A. 1)C. ; Chrysophyllum
acuminatum Poir.
Exs. ; Guyane française [Mélinon (il .
0° Micropholis garciniæfolia Pierre.
Nom vern. : Caïnitillo (Porto-Rico).
Exs. : Porto-Rico, sierra de Luquillo [Sintenis 141)2 (3876
h . P.)].

�68

MARCEL DLH A1U)

var. : parvifolia.
Syn. : Micropholis Urbani Pierre.
Exs. : Porto-Rico, sierra de Luquillo Sintenis 1367 (5873
H. P.)j; sierra de Naguabo, près de Los Ranchones [Sintenis
5333 (5873 H. P.) .
7° Micropholis polita Pierre.
Syn. : Sapota polita Griseb; Sideroxylon polit uni Maza.
Nom vern. : Sapotillo arbol (Cuba).
Exs. : Cuba [Wright 1323 (5870 H. P.)].
8° Micropholis achradoformis Pierre.
Exs. : Saint-Vincent [H. II. et G. W. Smith .
Dans cette espèce, je crois qu'il convient de faire rentrer
M. Eggersiana Pierre, qui est mal connu et dont le rameau
examiné par cet auteur parait n être qu’une forme jeune de
l’espèce précédente.
Syn. : Micropholis Cruegeriana Pierre (pro parte).
Exs. : Saint-Vincent, monts Saint-Andrews [Eggers 67781’].
9° Micropholis Imrayana Pierre.
Syn. : Chrysophyllum microphyllurn Griseb.
Exs. : Dominique [Imray 338J.
Dans cette espèce nous ferons également rentrer le M. truncata Pierre et le M. discolor Pierre. Les seules différences
invoquées par l’auteur entre ces trois formes sont les sui­
vantes :
Le M. discolor diffère du M. Imrayana par ses fleurs et ses
stvles plus courts, par ses feuilles non oblongues-lancéolées,
du M. truncala par ses feuilles deux fois plus petites, ses
staminodes moins larges et son st yle plus court.
Ces caractères, d'une importance très relative, pourraient
tout au plus, à notre avis, caractériser des variétés et leur
constance ne nous paraît pas démontrée. Nous ajouterons donc
à la synonymie précédente :
Micropholis discolor Pierre; Chrysophyllum discolor Walp.
et Duchass.; Sideroxylon chrysophylloides Duss (non Mich.);
Micropholis truncata Pierre; M. chrysophylloides var. :

LES SAPOTACÉES DL GROUPE DES SIDEROX YL1NÉES

69

truncata Pierre.
Nom vern. : Caïinitier grand bois, Caï initier petite feuille
(Guadeloupe).
Exs. : Guadeloupef Duchassaing] ; [Duss3379].Saint-Vincent
[Smith 1753].
10° Micropholis chrysophylloides Pierre.
Sous ce nom nous rangerons, outre l'espèce type de Pierre,
les M. dominicensis, portoricensis (avec ses variétés), Balata.
Toutes ces espèces créées par Pierre correspondent à des
formes excessivement voisines qu’il est impossible de séparer,
en comprenant l'espèce largement, dans le sens linnéen; ce
sont en effet des formes locales, différant un peu par 1aspect
des feuilles, la pilosité des organes, la forme plus ou moins
allongée du fruit, etc., caractères d’ordre plutôt quantitatif.
Syn. : Micropholis dominicensis Pierre; M. portoricensis
Pierre et variétés : curvata, mesurefolia Pierre; M. Balata
Pierre; Sideroxylon chrysophylloides Duss.
Noms vern. : Leche pricto (Porto-Rico); Caïmitier bois
(Martinique); Balata (Sainte-Lucie).
Exs. : Martinique, forêts dans les montagnes de Case pilote,
fontaine Absalon, morne Larcher [Duss 268 j, (M. chryso­
phylloides). Dominique j Picarda 91], (M. dominicensis). —
Porto-Rico, près d’Adjuntas, dans les forêts du Mont Novillo
[Sintenis 4022] (M. portoricensis); près Penuelas, dans les
forêts du Mont Agua [Sintenis 4499]; près d’Adjuntas, forêt
du Mont Cienega [Sintenis 4128] ; à Lais Cruces, près Penuelas
jSintenis [4341 ! (M. portoricensis, var. : curvata) ; — Sierra
de Juncos, forêts du Mont Guvuy [Sintenis 2680] (M. porto­
ricensis, var. : mesurefolia). — Sainte-Lucie, Fonds SaintJacques [Ramage]. Porto-Rico, près Mayaguez Krug 2]
(M.
v BalataL/
11° Micropholis Scluvackei Pierre.
Syn. : Sideroxylon parvi folium Raunk. ; S. Schwackei Engl.
Exs. : Brésil, Minas Geraes [Glaziou 15196],
12° Micropholis rigida Pierre.
Exs. : Brésil, prov. de Goyaz [Glaziou 21699],

�70

MARCEL Dl'RARD

13° Micropholis compta Pierre.
Exs. : Brésil fGlaziou 17691 j.
1i° Micropholis Burchelliana Pierre.
Exs. : Brésil Burchell 822].
15° Micropholis Gardneriana Pierre.
Syn. : Sideroxylon Gardnerianuni A.DC.
Exs. : Brésil, prov. de Goyaz [Gardner 3310 (5943 H. P.)J.
16° Micropholis cuneata Pierre.
Syn. : Sideroxylon cuneatum Raunk.
Exs. : Brésil, Rio de Janeiro |Glaziou 77il, 9504, 14056,
17695 ; Minas Geraes [Sclnvacke 9371 j.
17° Micropholis Glazioveana Pierre.
Exs. : Brésil, Rio de Janeiro Glaziou 8224, 8466].
18° Micropholis Gnaphaloclados Pierre.
Syn. : Lucuma Gnaphaloclados Mart. ; Sideroxylon Gardnerianurn, var. : gnaphaloclados Mart. et Eichl.
Exs. : Brésil, prov. de Bahia, près Sincora [Pohl 19231.
19° Micropholis cylindrocarpa Pierre.
Syn. : Sideroxylon cylindrocarpum Pœpp. et Endl.
Exs. : Pérou, prov. Maynas j Pœppig 2371].
20° Micropholis Spruceana Pierre.
Syn. : Sideroxylon Spruceanurn Mart. et Miq.
Exs. : Brésil, prov. du Haut-Amazone, le long- duRio Negro
[Spruce 1917].
21° Micropholis linoneura Pierre.
Exs. : Brésil, près Manaos Sclnvacke III, 534].
22° Micropholis rufa Pierre.
Syn. : Sideroxylon rufum Mart. et Eichl.
Exs. : Guyane française [Martin],

LES SAPOTACÉES OU GROUPE DES SIDERÔXYLINÉES

71

23° Micropholis paraguayensis.
Exs. : Paraguay, Assomption [Balansa 2236 j.
2i° Micropholis crassipedicellata Pierre.
Syn. : Sideroxylon crassipedicellatiun Mart. et Eichl.
Exs. : Brésil, Ganta-Gallo [Peckolt 336].
Le genre Sprucella de Pierre 1ne diffère guère morphologi­
quement des Eumicropholis ; les caractères différentiels invo­
qués par son auteur sont surtout de nature anatomique et
reposent sur la constitution de la méristèle du pétiole et
l’absence de spiculés dans le limbe. Nous rattacherons donc
les Sprucella aux formes précédentes.
23° Micropholis cyrtobotrya Bail.
Syn. : Sideroxylon cyrtobotryum Mart.; Sprucella cyrtobo­
trya Pierre.
Exs. : Brésil, prov. du Haut-Amazone [Spruce 1530 (5633
H. P.)].
Les genres Platyluma, Meioluma, Myrtiluma de Bâillon
nous paraissent différer simplement par des caractères d’ordre
spécifique, tels que variation de grandeur absolue d'un même
organe ou du rapport de grandeur de deux organes. Aussi
nous semble-t-il bien inutile de les conserver même au rang
de section; de plus, nous retrouvons dans ces genres tous les
caractères essentiels des Eumicropholis; il n’y a donc aucune
nécessité à faire de l'ensemble une section spéciale.
26° Micropholis calophylloïdes Pierre.
Syn. : Micropholis venulosa Pierre; M. mucronata Pierre;
Meioluma guyanensis Bail. ; Sideroxylon venulosum Mart. et
Eichl.
Exs. : Guyane française !Mclinon 369, Herb. de l'Exp. col. ;
[Richard]; jde Nozeilles (5956 IL P.)]. Brésil, Manaos à
Ygarapi la Cachoeira grande [Sclnvacke (5958 H. P.)J. Rio
negro [Spruce 1476, 3506].
1. P ierre , loc. cil., p. 27.

�72

MARCEL DL'RARD

Dans cette espèce, qui représente la synthèse de trois
espèces affines de Pierre, les fleurs sont généralement tétramères.
27° Micropholis guyanensis Pierre.
Syn. : Sideroxylon guyanetise A. DC. ; S. calophylloides
Engl., Chrysophylluni acuminatum Poir. (non Lamk.) C.
Melinoni Engl. ; Platyluma calophylloides Bail.
Exs. : Guyane française [Sagot]. [Melinoni.
28° Micropholis eugeniæfolia Pierre.
Syn. : Sideroxylon eugeniifolium Engler; Myrtiluma euge­
niæfolia Bail.
Exs. : Guyane française [Mélinon].
2e Section : Crepinodendron Pierre.
Cette espèce correspond à un genre que Pierre créa pour
une forme du Yénézuéla Les fleurs y sont pentamères; le
tube de la corolle est très notablement plus long que les lobes
et porte les étamines à lilets très courts un peu au-dessous du
niveau d’insertion des staminodes. Les costules sont beaucoup
plus saillantes que dans la section précédente ; la nervation
est donc moins serrée et présente un aspect assez différent.
Le fruit est charnu et non fibreux. L’ensemble de ces carac­
tères. quoique aucun d eux ne soit absolument décisif, nous
paraît justifier le maintien d’un groupe spécial.
1° Micropholis crolonoides Pierre.
Syn. : Chrysophylluni crolonoides Kl. ; Crepinodendron crotonoides Pierre.
Exs. : Colombie [Karsten]. Vénézuéla près Tovar [Fendler
717].
Achras Lin. L
Le genre Achras, par l’organisation de sa graine, se range
certainement à côté des Planchonella et des Micropholis. On
1. Pierre, loc. cit.

Z. L inné, Syst. X ; Ed. II ; Sp. II ; Ed. I,

73
v trouve en effet un abondant albumen, un embryon à caudicule saillante et un tégument à cicatrice latérale linéaire, qui
n’occupe, il est vrai, que les deux tiers de la hauteur totale
de la graine.
La nervation y est constituée par de fines costules avec des
nervures intermédiaires parallèles, c’est-à-dire qu elle rappelle
d’assez près la nervation des Micropholis. Ce qui distingue
surtout ce genre, c’est la multiplication du nombre des car­
pelles qui s’élève généralement à douze, unis en un ovaire
côtelé. Les staminodes y sont aussi plus développés que
chez la plupart des formes de Lucumées à caudicule longue.
Achras S apota L.
Syn. : Achras mammosa Jà L. ; Sapota Achras Mill.
Noms vern. : Sapodilla (Bahamas); Sapote, Zapole, Nispero (Cuba); Nasehcry (Jamaïque) ; Nispero (Porto-Rico) ;
Mespel (Antilles danoises); Sapofillier (Antilles françaises).
Exs. : Porto-Rico (Sintenis 958]; près Rivicoa [Sintenis
5640],
B. EUSIDEROXYLÉES.
La classification de ce groupe est parallèle à celle des Lucu­
mées ; la première série de genres que nous aurons à exami­
ner est donc formée par les types dépourvus d’albumen, avec
embryon à caudicule punctiforme. A celte définition répond
le genre Bumelia et le genre très aberrant Sarcosperma.
LES SAPOTACÉES DU GROUPE DF.S SID ERU X VEINÉES

Bumelia Sw. L

Dans ce genre, la fleur est du type 5 ; la corolle forme un
tube court, surmonté de 5 lobes larges, constitués chacun, le
plus souvent, d’un segment médian oblong, flanqué de deux
appendices latéraux lancéolés et à terminaison aiguë ; les sta­
minodes prennent un assez grand développement et sont
presque foliacés; les étamines s’insèrent à peu près au même
niveau que les staminodes, à la gorge du tube.
1. Prod. Veg. Ind, occ., 49.

�71
MARCEL DUHARD
La graine présente une cicatrice réduite et basilaire; le hile
et le mieropyle sont rapprochés, ce qui indique 1anatropie
de 1ovule.
L'albumen manque; les matières de réserve sont contenues
dans les cotylédons qui sont charnus ; la caudicule est puncti­
forme.
Les feuilles, généralement petites, ont des costules très
fines, plus ou moins espacées, avec une nervation intermé­
diaire peu distincte, en partie transversale, en partie descen­
dante (la plus importante).
lre Section : Eubumelia Urb.
Les lobes de la corolle y possèdent des appendices laté­
raux.
1° Bumelia ohovata A. DG.
Syn. : Sideroxylon obovatum Lamk. ; S. cuneatum A. DC. ;
Bumelia cuneata S\v. ; B. refusa Wikstr. ; B. myrsinifolia
A. DC. ; Achras cuneifolia Poir. ; Lyciodes myrsinifolium 0.
Ktze; L. obovatum 0. Ktze.
Noms vern. : Box wood (Tortola) : bois de bonis,petit bouis,
bois de fer (Antilles françaises).
Exs. : Tortola, près de Coxhear j Eggers 3186]; [RichardJ.
Guadeloupe Duchassaingj. Martinique [Duss 571 .Saint-Do­
mingue [MayerholT] ; Llano Rafael, altitude de 300 mètres
[Eggers 1916]. Antigua Wullschlagel 326]. San Bartholome[?j.
Porto-Rieo, près de Guanica, aux salines de Montalba [Sintenis 3546 , près de Guanica [Sintenis 3485, 3780].
var. : porto-ricensis Pierre.
Exs. ; Porto-Pico, Cabo Rojo à Los Morillos | Sintenis 639b] ;
près Guanica, montagne El Maniel [Sintenis 3689] ; Punta de
la Mereta Sintenis 3400].
var. : thomensis Pierre.
Exs. : Saint-Thomas, Maginsbay, dans les forêts [Eggers409].

LES SAPOTACÉES DU GROUPE DES SIOEROXYLINÉES

75

2° Bumelia angustifolia Nutt.
Syn. : Bumelia reclinata Torr. ; B. parvifolia Chapm. ;
B. cuneata A. Gray.
Exs. : Floride [Curtiss 1765].
Cette espèce est voisine du B. obovala, mais en diffère par
la nervation des feuilles, par des calices plus grands et sur­
tout par ses fruits ovales-oblongs, longs de 1 centimètre à
1 cent. 1/2.
3° Bumelia buxifolia Willd.
Syn. : Lyciodes buxifolium O. Ktze.
Exs. : Trinidad [Crueger 2196]. Nicaragua i W right |.
4° Bumelia obtusifolia Rœm. et Sch.
Syn. : Bumelia excelsa A. DC.
Exs. : San-Francisco]Blanchet 2763], Brésil iFreireis 303,
306]; [Riedel 99]; Rio de Janeiro [Glaziou 4075, 12934].
5° Bumelia Grisebachii Pierre.
Exs. : Trinidad [Crueger 59].
6° Bumelia Cruegerii Griseb.
Exs. : Trinidad [Crueger 248].
7° Bumelia Krugii Pierre.
Exs. : Porto-Rico, près Guanica "Sintenis 3472, 3473,
4813b].
8° Bumelia horrida Griseb.
Syn. : Bumelia parvifolia A. Rich. ; Dipholis horrida
C. Wright.
Noms vern. : Jegui espinoso, Sapote espinoso (Cuba).
Exs. : Cuba [de la Sagra] ; [Wright 2922].
9° Bumelia mierophylla Griseb.
Svn. : Dipholis microplu/lla C. Wright; Bumelia tortuosa
C. Wright.
Exs. : Cuba, Mont Guayibon [Wright 2922 a] ; district de
Bahia-Honda, près la Mulata W right 3623].

�LES SAPOTACKKS Dl GROUPE DES SIDÉROXVLINÉES

10° Bumelia refusa Sw.
Svn. : Achras re fu s a Poir. ; Lyciodes retusum O. ktze.
Exs. : Jamaïque [Mardi 1201] Yucatan [Gaumer 131],
Mugeres Island, près Honduras rGaumer].
var. : loranthifolia Pierre.
Syn. : Bumelia refusa Ilitch.; B. cuhensis Norl.hr.
Exs. : Bahamas, New Providence Eggers 4228]. Ilog Island
[Eggers 4732 . Acklins Island [Eggers 3924].
I 1° Bumelia conferta Pierre.
Syn. : Bumelia refusa Griseb ; B. cunea/a Griseb ; B. rotundifolia Sw. (pro parte); Sideroxylon conferfum G. Wright.
Nom vern. : Cocuyo (Cuba).
Exs. Cuba | Wright 2920, 2928].
12° Bumelia rotundifolia Sw.
Syn. : Achras rotundifolia Poir. ; Lyciodes rotundifolium
0. Ktze.
Exs. ; Jamaïque, près Ferry [Campbell 6169].
13° Bumelia glomerata Griseb.
Exs. ; Cuba | Wright 347 j.
1i° Bumelia Eggersii Pierre.
Syn. : B. angustifolia Nutt. ; B. microphylla Northr.
Exs. : Bahamas, New Providence 1Eggers 44181.
13° Bumelia parvifolia A. DC.
Syn. : Lyciodes parvifolium 0. Ktze.
Exs. : Hispaniola [Bertero 675].
16° Bumelia Dunantii A. D. C.
Exs. : Amérique australe [Bertero 2070 ] ; [Goudot 15].
17° Bumelia Sarlorum Mart.
Exs. : Brésil [Gomez] ; [Glaziou] ; serra deJacobina [Blanchet

77

18° Bumelia mexicana Engl.
Exs. : Mexique [Hahn 152]; [Olfers 976].
19° Bumelia ly cioides Gærtn. f.
Syn. : Sideroxylon læve Walt. ; S. spinosum Duliam. ; S.
lycioides Willd. ; Bumelia pubescens d’en. ; B. ambigua
T en.
Exs. : Alabama, près Charleston [Torrey]; Louisiane, Ale­
xandrie.
20° Bumelia tenax Willd.
Syn. : Sideroxylon tenax L. ; S. sericeum Walt. ; S. chrysophylloides Midi. ; Chrysophyllum carolinense Jacq. ; C. glabrum Juss. ; Bumelia chrysophylloides Pursh.
Ex.: Caroline [Herb. Willd. 4604];[Kund ; Floride, Jacksonville [Curtissj; Saint-Louis [Engelmann].
2I° Bumelia lanuginosa Pers.
Syn. : Sideroxylon lanuginosum Mich.
Exs. : Floride [?]
Ces trois dernières espèces sont constituées par des formes
très voisines, différant surtout entre elles par la pilosité des
feuilles; les termes de passage paraissent nombreux. Je pense
qu'on pourrait facilement les réunir en une espèce linnéenne,
dont elles ne constitueraient que des variétés; les échantil­
lons que j ’ai pu examiner ne me permettent cependant pas
d’émettre une opinion absolument ferme, étant donné leur
état.
2e Section : Bumeliopsis Urb.
Cette deuxième section ne comprend qu'une seule forme
caractérisée par des pétales à lobes entiers, sans pièces laté­
rales; tous les autres caractères conviennent parfaitement au
genre.
l° Bumelia Picardæ Urb.
Exs. : Haïti [Picarda 1242].

�u.ib\

MA tu: El DUHARD

Sarcosperma Hook f.

Ce Retire est très aberrant et Pierre propose meme, dans
ses notes manuscrites, de l’exclure îles Sapotacées et d en faire
le type d une famille nouvelle, voisine des Mvrsinacées.
Ses caractères les plus particuliers consistent dans la dispo­
sition des inflorescences et dans la structure de la graine. Les
inflorescences sont axillaires, formées de rameaux simples ou
ramifiés, portant les fleurs réunies en glomérules compacts.
Celles-ci sont construites sur le type 5, à l’exception de l’ovaire
qui est biloculaire.
Le fruit est une baie à péricarpe mince et charnu contenant
généralement une seule graine. Celle-ci, entourée d un tégu­
ment jaune brun, peu brillant, présente une cicatrice basilaire
très réduite; le tégument est parcouru intérieurement par des
cordons vasculaires qui se trouvent imprimés sur l’embryon.
La plantide occupe toute la capacité du tégument et se pré­
sente sous la forme d’un corps ovoïde, un peu aplati du côté
du hile: la radicule est complètement adnée et les cotylédons
sont soudés.
La feuille présente des costules assez saillantes, courbes,
allant progressivement rejoindre le bord du limbe, sans qu on
puisse distinguer d’arcs vasculaires les réunissant à l’extré­
mité; les nervures sont nombreuses, d’un certain relief, trans­
versales et parallèles.
1° Sarcosperma arboreum Hook. f.
Exs. ; Mont Khasia Anderson]; Assam [Colonel Jenkins] ;
Sikkim Thompson ; Bengale oriental [Griffith].
2° Sarcosperma Gri/filhii Hook. f.
Exs. : Bengale oriental [Griffith 3002]; Mont Khasia[Hooker
et Thompson] Anderson].
La deuxième série des Eusidéroxylées comprend des types
1. Gener, II, 665.

79
à graines généralement albuminées, à embryon pourvu de
cotylédons minces avec caudicule saillante.
Dans celte catégorie rentrent les J)ip holis, les Sideroxylon
véritables, les Calvaria et les Argania.
LES SAPOTACÉES DU GROUPE l‘ÈS SIDEROX YLINÉES

Dipholis A. DC. L
Le genre Dipholis est extrêmement voisin du genre Bumelia
et n'en diffère véritablement que par la structure interne de
sa graine; c’est un terme de liaison particulièrement net
entre les deux séries des Eusidéroxylées, qui par l’ensemble
des Dipholis et des Bumelia se rattachent aux Lucumées.
1° Dipholis salicifolia A. DG.
Syn. : A chras salicifolia L. ; A. pèntagona Poir; Bumelia
salicifolia Sw.; B. pèntagona S\\\; B. nigra Wickstr. ; Side­
roxylon pauciflorum Lamk. ; S. nigrum Gærtn. f. ; S. salicifoliurn Gærtn. f. ; 6’. pentagonurn A. DC. ; Dipholis montana
Stahl.
Noms vern. : Wild canada ou bustic (Bahamas); Jocuma,
Jocuma blanca, Almendro silvestre, Cuya (Cuba) ; XVhite bully
tree ou Galimcla irood; Bed bully tree (Jamaïque); Acomat
bâtard (Haïti); Almendron, Tahloncillo (Porto-Rico); Mastick
tree (Sainte-Croix); Acomat ou Acomat bâtard (Guadeloupe).
Exs. : Guadeloupe, Port-Louis j Duss 3380], Morne à l'eau
[Duss 2913j [Duchassaing]. Saint-Domingue [Mayerhoffj Poiteauj. Haïti, Port-au-Prince [Picarda 1407]; plateaude Payan,
800 mètres d altitude [Picarda 161 . Cuba Ide la Sagra 368
[Wright 1325]. Porto-Rico, près de Cabo Rojo Sintenis
733b j; près de Guanica, dans la forêt de la montagne El
Maniel iSintenis 3640, 3706]; dans les forêts près de Bayamon
[Stahl 717 | ; dans les forêts du bord de là mer autour de PaloSeco [Sintenis 1198b ]. Jamaïque | Wilson]. Bahamas, Hog
Island [Eggers 4100], Sainte-Croix, king’shill j Eggers .
i. D e C andollh , Prod., VII, p. IBS.

�Su

m a iic i i .

ni i» \

kn

var. : jamaicensis Pierre.
Exs. ; Jamaïque, près Gordontown, 400 mètres &lt;1altitude
Eggers 3309],
2° Dipholis cnbensis Pierre.
Svn. : D. montana Griseb; Bumelia cubensis Griseb.
Exs. : Cuba oriental Wright 1320, 1637, 29211.
var. : oblongata Griseb.
Exs. : Cuba oriental Wright 1327J.
3° Dipholis dorningcnsis Pierre.
Nom vern. : Bois d'Inde Haïti.
Exs. : Haïti, près de Pavan [Picarda 139, 5631; à Cadets,
1200 mètres d altitude Picarda 1093 .Saint-Domingue [Ri­
chard].
4° Dipholis Sintenisiana Pierre.
Nom vern. : Espejuelo (Porto-Rico).
Exs.: Porto-Rico, près Utuado à Los Angelos [Sintenis
5924 ; près Guajataca, Sierra de Lares [Sintenis 6222] ; près
de Maricao, sur les pentes du mont Alegrillo [Sintenis 183].
5° Dipholis mon Uni a Griseb.
Svn. : Bumelia montana S\v.; Achras montana Poir.
Noms vern. : Mountain bully tree, \ \ hile bully tree (Ja­
maïque.
Exs. : Jamaïque Hart 642 [Wullschlagel 913] [Schwartz i;
Blue Mountains Harris 3355, 5370 ; Silver 11i11 Gap Harris
3704 ; Wood cutters Gap Road, 1300 mètres d'altitude Har­
ris 5559 j.
6° Dipholis pâlie ns Pierre et Urb.
Exs. : Jamaïque, Blue Mountains Harris 5340 j.
Cette espèce se rapproche du D. montana, qui en diffère
par la forme des feuilles, par la nervure médiane ne formant
pas dépression à la partie supérieure du limbe, par ses pédicelles beaucoup plus épais, par son calice deux fois plus long,
et l insertion au même niveau de ses étamines et de ses staminodes.

LES SAPOTACÉES DU GROUPE DES SI DEROX YEl XÉES

81

7° Dipholis nigra Griseb.
Svn. : Dipholis salicifolia Miq. ; Bumelia nigra Sw. ; Achras
nigra Poir.
Nom vern. : Bastard bull// tree (Jamaïque).
Exs. : Jamaïque [Wilson 633]; [Wullschlagel 912 j :
jAlexander]; Blue Mountains Harris5388].
var. : hrachyphylla Urb.
Exs : Jamaïque Hart 1057]; Plato Road, 1000 mètres d'al­
titude i Harris 5956].
Sideroxylon L. '.
Le genre Sideroxylon, tel que nous le comprenons ici, ne
représente plus qu’une fraction, en somme peu importante, de
l’ancien genre, où I on avait rangé à peu près toutes les Sideroxylées.
Il correspond aux sections Mastichodendron, Sinosideroxylon et Spini/uma admises par Engler dans les suppléments aux
B/lanzenfamilien.
En somme, l'organisation llorale des Sidero.rglon est sur­
tout comparable 5 celle des Dipholis, à cette différence près
que les lobes de la corolle n'y présentent pas d appendice
latéraux. La structure de la graine y est aussi la même que
dans ce genre et l’on peut dire que les Sideroxylon jouent par
rapport aux Dipholis le même rôle que les Bumeliopsis par
rapport aux Eubumelia ; cette formule nous paraît rendre très
clairement le caractère dominant dos Sideroxylon, en même
temps qu'elle fixe bien leurs affinités. La logique voudrait
peut-être le rattachement de ce genre au précédent sous forme
de section; mais, si nous tenons compte de l’importance prise
dans la classification jusqu'à présent par les Sideroxylon et
de leur répartition géographique moins homogène que celle
des Bumelia et des Dipholis, il paraîtra peut-être justifié de
conserver cette coupure générique. Gomme nous avons eu
déjà l’occasion de l'écrire, ce qui importe surtout c'est de fixer
l’enchaînement et les rapports des formes entre elles, les
coupures ayant toujours un caractère arbitraire et discutable.
1. Linné, Syst., éd. I.
Annales du Musée colonial de Marseille. — 2* série, 10* vol. 1912.

6

�I1* Section : Mastichodendron Jacq.
Celte section est exclusivement américaine et forme le
véritable lien avec les Dipholis. Les feuilles y sont membra­
neuses, longuement pétiolées, avec îles costules assez peu
saillantes, rejoignant progressivement la nervure marginale,
sans former d’arcs intermédiaires bien nets; les nervures sont
transversales, très légèrement descendantes et forment un
réseau assez serré et d'un relief assez net, au moins chez le
■ S. fœtidissimum. Le tube de la corolle est très court et les
lobes au contraire assez développés.
1° Sideroxylon fœtidissimum Jacq.
Svn. : S. paucifloruni Jacq. ; S. oppositifolium Mill. ; S.
lueidum Soland. ; N. Mastichodendron Jacq. ;S. nitidum Lam. ;
S. obovatum Gærtn. f. ; N. pallidum Spreng.; 8’. pallidum,
var. ; splverocarpum A. DC.; S. Acouma A. 1)C.; Bumelia
pallida S\v.; B. fætidissima Willd.; B. pauciflora H. et Sch.;
B. Auzuha Spreng.; B. Mastichodendron H. et Sch.; Achras
pallida P o i r Auzuha Plum.
Noms vern. ; Mastic-tree (Bahamas), Jocuma arnarillo
(Cuba); Mastic bully (Jamaïque); Caya (Saint-Domingue);
Tortuqo prieto ou Tortugo arnarillo, Auzubo, Tortuya (PortoRico); Mastic (Antilles danoises); Acomat bâtard, Acornat
franc (Antilles françaises).
Exs. ; Porto-Rico, près Guayanilla, à Los Indios [Sintenis
500! , près Guanica, à Barinas [Sintenis 3950] ; près Bayamon
Stahl 503j. Cuba W right 1324]; La Palma sola Wright
58]; San José [Wrightj; La Havane [de la Sagra 529]; Pozzo
Azul Eggers 530la ; près de Santiago, à Sattadero [Linden
1982 .Barbades Schomburgk 10]. Saint-Domingue, entre Palm ar et Santiago, 230 mètres d’altitude [Eg'gers 1985l), 1985e];
Loma Isabel delaTorre, 200 mètres d’altitude [Eggers 1985 ;
Poiteau . Jamaïque Mardi 1562] lErlang!; à Jerrv iCamp­
bell 6235]. Bahamas, Lake Killarnay [Eggers i350 j ; SaintThomas; Haïti, Marquissant .læger 332 [Ehrenberg]; Anti-

var. : quadriloculare.
Syn. : Sideroxylon (juadriloculare Pierre.
Exs. ; Trinidad [Crueger 519 .
2" SideroxyIon Porto ricense Urb.
Nom vern. ; Tabloncillo (Porto-Rico).
Exs. ; Porto-Rico, près Utuado [Sintenis 0305 j ; Sierra de
Lares 1Sintenis 02181.
3" ; Sideroxylon jamaïcense Urb.
Exs. ; Jamaïque, Old Englarid, 1.000 mètres d'altitude
[Harris 0005].
4° Sideroxylon domingensè Urb.
Nom vern. : Caya prieta (Saint-Domingue).
Exs. : Saint-Domingue, Puerto Plata, dans les forêts du Ml
Isabel de la Torre, 300 mètres d'altitude Eggers 1572 .
Ces trois dernières espèces, dont les (leurs ne sont d ailleurs
pas connues, nous paraissent extrêmement voisines et il est
probable que 1 examen de documents nouveaux et plus com­
plets conduirait à les réunir.
2n Section : Sinosideroxylon Engler.
Cette section, malgré sa localisation en Extrême-Orient,
est très voisine de la précédente. La nervation de la feuille y
est à peu près la même, mais les nervures sont les unes trans­
versales, les autres nettement descendantes. Dans la fleur, le
tube de la corolle est à peu près aussi long que les lobes.
1° Sideroxylon Wightianum Ilook et Arn.
Exs. : Hong-Kong [Faberj, Tonkin, baie de Hong-hav
[Balansa 1000].

�Si

MARCEL DURAÎID

2° Sideroxylon tonkinense Duhard.
Exs. : Tonkin, Mont Ao-Ca, Vo-xa [abbé Bon 2726, 4237J.
3e Section : Spiniluma Bâillon.
Ce groupe n'est représenté que par une seule espèce, qui se
distingue des autres Sideroxylon, par ses branches épineuses,
ses rameaux de dernier ordre réduits à quelques entre-nœuds
très courts, portant des feuilles réunies en bouquets. L'em­
bryon est légèrement oblique par rapport au plan médian de la
graine.
1° Sideroxylon oxyacanthum Bail.
Svn. : Sideroxylon sayaneitense Schweinf.
Exs. : Abyssinie Schimper 1336].
Calvaria Commers. L

Ce genre de Commerson s’applique à des formes mal con­
nues de Madagascar et dont la description ne peut permettre
une identification; on peut donc considérer le genre, tel que le
comprit son auteur, comme perdu. Nous conserverons cepen­
dant cette désignation générique en la précisant : chez, les
Calvaria, au sens que nous leur donnons, la cicatrice de la
graine est basilaire, l’embryon généralement disposé horizon­
talement et la baie monosperme. Le caractère très particulier
de la disposition de l’embryon permet alors de grouper, sous
le nom de Calvaria, un certain nombre de formes, parmi les­
quelles ligurent sans doute celles qu'avait examinées Commer­
son.
Ce genre Calvaria est évidemment très proche des Side­
roxylon, mais le caractère net fourni par la position de l’em­
bryon ne doit pas être négligé dans un groupe aussi homogène
que celui des Sideroxylées et peut servir de base à un genre
particulier. Malheureusement, on n’a pas toujours de graines
i. Ex. G.e r t n . f. Fr uct. Suppl.

83
à sa disposition, pour pouvoir procéder à une détermination
générique certaine. Nous pensons qu’on peut alors s'appuyer
sur les caractères de nervation qui sont assez particuliers chez
les Calvaria. Les costules sont fines, parallèles, rapprochées
et atteignent le bord du limbe en se recourbant : les nervures
tertiaires forment un réseau à mailles très linos, d’un aspect
régulier, réseau qui est presque aussi saillant que les costules
elles-mêmes. Ajoutons enfin que l’ovaire présente à la base
un disque annulaire peu élevé, mais généralement net.
Au point de vue du développement de l'albumen et de la
constitution florale, il n’y a aucune différence avec les Side­
roxylon ; les staminodes en particulier sont bien développés
et généralement foliacés.
LES SAPOTACÉES DU GROUPE DES SI DEROXYLINÉES

1° Calvaria imbricarioides Engler (comme section des Side­
roxylon).
Svn. : Sideroxylon imbricarioides A. DC. ; S. laurifolium
Commers. ; S. cinereum Lamk. (pro parte).
Noms vern. : Bois de fer, Tête de mort (Réunion).
Exs. : Maurice et Réunion lherb. Kunth] ; [Commerson];
[Pothierj; [Richard].
2° Calvaria borbonica.
Syn. : Sideroxylon borbonicurn A. DC. ; S. cinerum Lamk.
pro parte.
Nom vern. : Bois blanc (Réunion).
Exs. : Réunion [Bernier 1269]; ILémezière, ex herb. Brux
8542].
Cette espèce est très proche de la précédente au point de
vue de l’organisation florale; les fleurs se distinguent ici par
leurs sépales qui sont velus seulement à l’intérieur, tandis
qu’ils sont velus sur les deux faces chez le C. imbricarioides.
D’autre part, chez le C. borbonica, le fruit est beaucoup plus
petit, la graine présente une cicatrice proportionnellement
beaucoup moins grande et la feuille est portée par un pétiole
bien plus court et plus trapu.

�8ti

MARCEL LH li AHD

3" Calvaria Boutoniana.
Svn. : Sideroxylon Boutonianum A. DC.
Nom. vern. : Tatnbalacoque (Maurice).
Exs. : Maurice IGommerson 5],
('.liez celte espèce, le tube de la corolle, épais et charnu,
est à peu près égal aux lobes.
i° Calvaria Bojeriana.
Syn. : ? Calvaria globosa Gærtn.; Sideroxylon Bojeriaimm
A. DG. ; N. cinereum Wall. ; 8. puberulurn A. DG. ; S. longifoliunx Bojer.
Exs. : Ile Maurice Vescô] ; !Dupetit-Thouars] ; Montagnes
de Port-Louis Boivin : Herb. Lamarck. 51 Oj.
Le Sideroxylon puberulurn, que nous ramenons à l’espèce
précédente, n’est pas une espèce bien définie; d’après le Pro­
drome, elle ne se distingue du S. Bojerianum que par la
pubescence des rameaux, des jeunes feuilles et des inflores­
cences, par ses feuilles plus longuement pétiolées et dont le
limbe n'est jamais aigu à la base ; ces caractères nous paraissent
trop fragiles pour permettre de reconnaître l’espèce.
De même, le 6'. longifolium de Bojer n’est caractérisé que
d’une façon insuffisante par la forme allongée du limbe foliaire;
nous avons vu bien des exemples de variations plus amples
dans la forme des feuilles, chez une même espèce de Sapotacée.
5° Calvaria Boiviniana.
Syn. : Sideroxylon Boivinianuni Pierre mss.
Nom vern. : Bois blanc (Réunion).
Exs. : Réunion, Grand Besnard !Boivin] ; Brûlé de SainteRose [Richard],
6° Calvaria grandifïora Engler [comme section des Side­
roxylon j.
Syn. : Sideroxylon grandiflorurn A. DC. ; ? Calvar ia major
Gærtn. f.
Noms vern. ; Tambalacoque ; Tambanicoguc (Maurice).
7° Calvaria irierrnis.
Syn. : Sideroxylon inerrne L, ; S. cinereum Lamk. (pro

87
parte); N. aIrovirens Lamk. ; Ileeria inerrnis Meissn. ; Bœrneria inerrnis Tlumh. ; Myrsine guerimbensis Klotzsh.
Exs. ; Afrique australe, Zavartkopriver [Zeyher] ; [Holmes],
Cap de Bonne Espérance [Mac Owanj.
var. : Zanzibariensis Pierre.
Exs. ; Zanzibar [P. Sacleux 891!.
Cette forme dillere du type par des staminodes fimbriés,
elliptiques, à bords non tordus; d’autre part, les feuilles y
sont un peu plus grandes, plus nettement cunéiformes à la
base, avec limbe très décurrent.
8° Calvaria Gerardiana.
Syn. : Cryptogyne Gerardiana Hook. f.
Exs. ; Madagascar, Eoulpointe[Gérard j ;[ Dupetit-Thouars].
Cette plante ne peut pas être rangée parmi les Chrysophvllinées, car elle présente des staminodes très développés ; les
ovules y sont insérés très bas comme chez les Sideroxylon et
les Calvaria, et la feuille présente la nervation des Calvaria ;
c’est pourquoi, quoique son fruit et sa graine soient inconnus,
nous n hésitons pas ii la placer dans ce genre.
9° Calvaria Pervillei.
Syn. : Sideroxylon Pervillei Engl. ; Planc/ionella Pervillei
Pierre.
Exs. : Madagascar, Ambongo Pervillé 585].
On ne connaît ni. le fruit, ni la graine de cette espèce, de
sorte (jue son attribution générique demeure forcément dou­
teuse. La position des ovules, nettement anatropes, insérés à
la base même des loges, ne permet pas de supposer qu’il
s’agisse ici d’un Planclionella ; d'autre part, la nervation de la
feuille et la localisation géographique nous inclinent à
penser que cette forme doit être rattachée au genre Calvaria,
plutôt qu’au genre Sideroxylon proprement dit.
10° Calvaria firnbriata.
Syn. ; Sideroxylon frmbriatum Balf.
Exs. : Socotra j Balfour 339].
LES SAPOTAGÉES DU GROUPE DES SIDEROXYLINÉES

�88

MARCEL DUHARD

I 1° Ca/varia diospyroides.
Syn. : Sideroxylon diospyroidcs Bak. ; 6’. inerrnc Engl.
Exs. : Afrique tropicale, Mombaza [R. Wakefîeld].
.le place également dans ce genre les deux espèces suivantes,
mais avec doute, car je n’en ai vu ni les fruits, ni les graines;
cependant, la nervation de la feuille et la présence d’un disque
annulaire à la base de l'ovaire permettent de supposer que ce
sont très probablement des Calvaria.
12° Calvaria M crm ulana.
Syn. : Sideroxylon Mermulanum Lowe.
Exs. : Madère Maudon 5092 j.
13° Calvaria marginata.
Syn. ; Sapota marginata Dec.
Exs. : Cap Vert, Jago [Lowe]; |Hooker],
Cette espèce est voisine du C. Mermulana et ne peut cer­
tainement en être séparée, au point de vue de l'attribution
générique.
Argania Rom. et Schult. L
Ce genre est extrêmement proche des Sideroxylon et des
Calvaria. 11 est très nettement caractérisé par la soudure des
graines provenant d'un même fruit; les graines ont un tégu­
ment très épais comme chez certains Calvaria.
1° Argania Sideroxylon Rom. et Schult.
Syn. ; Sideroxylon spinosuni L. ; Jlhaninus Siculus L. ;
Elæodendron Argan Retz.
Exs. : Maroc, Mogador [Cosson] ; [Beaunier]; sud-ouest du
Maroc [Mardochée]; Schiodma et Ilaka [Rein].
t. Syst., IV, p. 46,

LES SAPOTACÉES DU GROUPE DES S1DEROXYL1NÉE8

89

II
OMPHALOCARPÉES

Ce groupe, que nous opposons à l'ensemble des Sideroxvlées,
ne renferme qu un seul genre exclusivement africain.
Omphalocarpum Pal. Bcauv. L

Ce genre est essentiellement caractérisé par le dédouble­
ment des étamines typiques; devant chaque pétale on trouve
un groupe composé d'au moins quatre étamines, et ces groupes
sont séparés par des staminodes bien développés, assez sou­
vent d’aspect foliacé. Nous signalerons en outre comme autres
caractères :
1° La présence au-dessous des sépales de bractéoles plus ou
moins nombreuses qui présentent parfois des transitions très
nettes vers les pièces du calice. Lorsque les sépales continuent
sans interruption la spirale des bractéoles, il y a un véritable
calice complexe analogue à ce que nous avons vu précédem­
ment dans le genre Calocarpum.
2° L'ovaire est formé de carpelles nombreux et n’est plus
isomère de la corolle.
3° La graine est abondamment albuminée et pourvue d'une
cicatrice latérale oblongue ; l’embryon présente une caudicule
saillante.
4° Les feuilles présentent une nervation transversale très
nette.
Les caractères précédents et particulièrement ceux de la
graine rapprochent donc les Omphalocarpum des Lucumées à
caudicule longue, c’est-à-dire du groupe des Planchonella,
Micropliolis, Achras; la multiplicité des loges carpellaires
indique une relation plus étroite avec ce dernier genre.
1. Fl. Owarc, I, p. 6.

�90

MARCEL DIBAItD

1° Ornphalocarpum Trillesianuni Pierre.
Nom vern. : Olong (Gabon).
Exs. : Gabon, région de Bata [Trilles 112, 113, 114, 197].
2° Ornphalocarpum procerum Pal. Beauv.
Exs. : Oware, cote de Bénin Palisot de Beauvois].
3° Ornphalocarpum congolaise Pierre.
Exs. : Congo [Lecomte]; [Thollon] ; |de Brazza] ; [SpireJ.
4° Ornphalocarpum Pierreanum Engl.
5° Ornphalocarpum Radlkoferi Pierre.
Syn. : Ornphalocarpum procerum Oliver.
Exs. : Afrique occidentale ; Gabon [Mann]; Old Calabar
[Mann ?]; Cameroun et Bagroo rivers [Mann 712, 813].
f&gt;° Ornphalocarpum Lecorn/eanum Pierre.
Exs. : Congo oocidental, Loango !Lecomte],
7° Ornphalocarpum anoccntrum Pierre.
Nom vern. : Tibri (Bouchemann).
Exs. : Cote d'ivoire, Lopou, route de Thiassalé à 20 lui. de
Dabou [Jolly 102].
8° Ornphalocarpum Pepo Pierre.
Exs. : Côte d'ivoire, près Dabou (Jolly 920 ?).
9° Ornphalocarpum Ogouense Pierre.
Exs. : Fleuve Ogoué [Ilerb. Jard. Col. 428].

SUH QUELQUES
PLANTES ALIM ENTAI HES IN L)IGEN ES
1)U CONGO FRANÇAIS
P ar A. BAUDON
A d m in is tra te u r c o lo n ia l au Con^o français.

Il est admis par toutes les personnes s'intéressant aux
questions coloniales, que l’étude des ressources végétales de nos
Colonies, et en particulier celle des plantes alimentaires, doit
retenir d'une façon toute spéciale 1attention des intéressés : Administrateurset Commerçants. C’est surtout vrai en Afrique, où
partout il y a lieu de tenir compte, avant d’entreprendre quoi
que ce soit, delà façon dont on pourra nourrir le personnel. Si
les grandes famines dont souffrirent fréquemment nos ancêtres
ont à peu près disparu de l'Europe, c'est grâce à de sages
mesures de prévoyance alimentaire et culturale, mais elles
subsistent encore dans différents pays de civilisation arriérée,
et si, en ce (pii concerne le continent noir, le mot famine est
peut-être un peu fort, il n'en est pas moins vrai que les indi­
gènes y souffrent souvent de la faim. Toutefois, alors que des
circonstances imprévues ou de mauvaises récoltes successives
étaient autrefois les causes prédominantes de la pénurie de
vivres, tel n’est pas le cas ici, et c’est souvent la paresse ou
simplement l’insouciance du lendemain qui font que les natu­
rels de nos Colonies manquent du nécessaire. Peu exigeants
sur la qualité et la quantité de la nourriture lorsqu'ils ne
peuvent faire autrement (car en principe ils sont très gloutons),
ils savent fort bien que la nature, particulièrement généreuse
dans les zones tropicales, laisse à leur disposition, dans les
forêts, certaines ressources dans lesquelles ils n'ont qu'à
puiser en attendant des jours meilleurs. Cet état de chose a
duré depuis toujours et n'aurait probablement pas changé, si
en occupant leur pays nous n’avions créé aux indigènes de

�A. HAT DON
92
nouveaux besoins, et aussi, si en les prenant a notre service,
c'est-à-dire en les éloignant de leurs villages, nous n’osons
dire de leurs occupations, car presque nulle part l’homme
ne travaille la terre, ce soin étant laissé aux femmes, nous
n'avions, de ce fait, accepté l’obligation de les nourrir. Mais
alors que le noir, ainsi que nous venons de le dire, se contente
de peu dans son village, son employeur, s’il veut le garder, doit
pouvoir lui donner une nourriture abondante, car il travaille non
en proportion de ce qu’il gagne mais bien de ce qu’il mange.
De là, pour le colon, le commerçant ou l’Administrateur, la
nécessité, sinon de s'en occuper directement, du moins de s’in­
téresser à tout ce qui touche aux cultures vivrières. Bien rares,
en elfet, sont les régions où régnent des plantations assez
étendues pour pouvoir y puiser sans que ceux auxquels elles
appartiennent n’en pâtissent, ce qui se produit surtout lorsqu on
utilise une main-d’œuvre importée et qu’il faut prendre sur
place ce dont on a besoin pour la nourrir.
Malgré l'intérêt incontestable et reconnu que présente cette
question, les renseignements acquis sur les plantes cultivées
par les indigènes se réduisent le plus souvent à peu de chose.
En général, on s’est borné dans les relations de voyages et
autres documents sur les colonies, à indiquer que, dans telle
ou telle contrée , on rencontrait du manioc ou des bananes
en différenciant quelquefois le manioc doux de l’amer), du
mil ou du riz, cela sans insister davantage. Pourtant, des
renseignements précis sur les variétés cultivées de ces plantes
et les procédés de culture seraient du plus haut intérêt, non
pas que l'on puisse escompter que de longtemps encore, les
indications que l'on en retirerait puissent servir aux indigènes
eux-mêmes, mais ces indications auraient au moins l’avantage
de guider les Européens lorsqu ils sont appelés à faire des
plantations.
Nous allons essayer de contribuer à combler cette lacune
dans nos connaissances sur certaines plantes alimentaires d’une
consommation courante, cela en ce qui concerne le Congo
Français et particulièrement la partie de cette Colonie rive­
raine du Congo et de 1Oubangui. Mais auparavant nous tenons

A n n n lc s du Musée c o lo n ia l de M a rs e ille
(2* série, t . 10. — 1912).

Manioc doux ; variété Monkoo [feuille li'ès divisée .

PI. I.

�P la ntes

a Li Men ta i Ués in d ig èn es du congo français

93

à remercier M. le Professeur Heckel, d’avoir bien voulu
accepter ce travail, en même temps que des conseils qu’il a
bien voulu nous donner pour sa rédaction.
Les plantes entrant dans l’alimentation des noirs, sous
formes de feuilles, fruits, graines ou tubercules sont extrê­
mement nombreuses et appartiennent aux familles les plus
diverses, mais celles qu’ils utilisent d'une façon régulière sont
en petit nombre. Dans toutes les régions qu’il nous a été
donné de visiter, nous avons constaté que les indigènes sont
surtout végétariens, et cette observation pourrait s’étendre,
croyons-nous, à la plupart des populations de l’Afrique. Ce
régime n’est pas exclusif et n’est pas volontaire, il est imposé
par les difficultés qu’ils rencontrent pour se procurer une ;dimentation carnée, qu’ils préféreraient certainement, mais qu’ils
ne peuvent avoir, par suite, souvent, de la difficulté de capture
ou de la rareté du gibier et du poisson.
Les cultures vivrières sont en général peu étendues et peu
variées, chaque race à les siennes propres et il est à remarquer
qu elles sont en rapport avec l’aspect du pays. Dans les régions
forestières, le manioc et les bananes dominent, dans celles
dénudées, ce sont au contraire les Graminées, sorgho, riz,
maïs, comme par exemple dans la Haute Sangha et 1OubanguiChari. Exception toutefois doit être faite pour le Bas-Congo,
région de savanes bien caractérisées où les indigènes se nour­
rissent surtout de manioc et de bananes. Cette exception a
son importance car elle contribue à démontrer avec bien
d autres faits que cette région n a pas toujours été aussi dénudée
qu’elle l’est maintenant et qu'autrefois la forêt a dû y exister.
De nombreux auteurs ont cité 1action néfaste des teux de
brousse, des déplacements fréquents des villages et des plan­
tations. pour les torèts, nous-meme avions eu 1occasion d en
parler dans ces Annales1, aussi, comme 1aspect actuel du
Bas-Congo paraît dû à ces causes, nous croyons bon d \ re\enir pour exposer quelques observations nouvelles, qui con­
firment ce que nous avons déjà dit, tout en se rapportant à
1. Annales du Musée colonial, M arseille, 1909.

�9i
\. BAÜDOS
une région différente, celle de la Louessé. En ellet, cetle
question de la déforestation de l'Afrique présente un haut
intérêt pour l’avenir et elle est en relation directe avec celle
de 1alimentation des noirs.
Malgré leur peu d'importance relative, les cultures indi­
gènes nécessitent néanmoins, surtout pour le manioc, d'assez
vastes surfaces, car l’épuisement des terres étant rapide, ils
sont obligés d en défricher toujours de nouvelles pour s assurer
une récolte convenable et ils ne se préoccupent jamais de
celles qu'ils abandonnent. La conséquence de cette façon de
procéder est la suivante : lorsque les terrains avoisinants un
village dans un assez grand rayon ne sont plus aptes à
donner une récolte suffisante, on l'abandonne et les habitants
s en vont plus loin en créer un autre, et ainsi, tous les sept,
huit ans (souvent moins, rarement plus), de nouvelles surfaces
sont défrichées, les anciennes étant abandonnées. Lorsque
1on parcourt des régions anciennement habitées, voir même
abandonnées depuis longtemps, l'on distingue facilement la
trace d un établissement, et, dans une contrée déterminée, il
est possible de connaître par quelles tribus il fut occupé. A
remplacement du village proprement dit, il n’y a plus d’arbres,
une végétation touffue de Zingiberacées, de Fougères, d’ar­
bustes buissonnants à croissance rapide a étouffé toutes autres
plantes d'un développement plus lent et l’on ne peut que
difficilement se frayer un passage dans ce fouillis. En traver­
sant les anciennes plantations où la forêta pu se reconstituer,
il est facile de constater que si l’on y rencontre des arbres de
belle venue, ce sont toujours des essences à bois tendre et à
croissance rapide (Malvacées et Euphorbiacées) avec en grand
no libre des Uusanga et Eriodendron. Sur des surfaces très
étendues, nous avons pu voir cette modification de la végéta­
tion. et trouver la forêt en reconstitution à toutes les périodes
de croissance, en partant du taillis indice d'un abandon récent
des terrains par 1homme, avec de loin en loin des parcelles
de celle qui primitivement occupait le pays là où elle n’avait
pas été détruite. Cette modification est un premier pas vers
la déforestation, car si pour une raison ou pour une autre,

96
l'homme est obligé de détruire cette forêt reconstituée natu­
rellement., elle ne repousse plus, le terrain étant trop pauvre
et les feux de brousse annuels ne permettant pas aux arbres
à croissance lente de se développer. Dans la région de la basse
Louessé, la population était peu dense au moment où nous la
parcourions, alors (pie nous y avons trouvé des vestiges de
nombreux et importants villages, indices qu’à une époque
ancienne elle avait été beaucoup plus habitée1. Malgré cela
l’on ne comprend que difficilement comment 1homme a pu
transformer ainsi le pays et y détruire toute la forêt sur des
espaces immenses et simplement à la suite de défriche­
ments pour la culture du manioc. Aussi, malgré l'absence
presque totale de parties boisées dans le Bas-Congo, croyonsnous que l'on doit admettre qu’à une époque plus ou moins
reculée la forêt y dominait, au moins, dans une grande partie
du pays.
Au Congo Français, les plantes les plus importantes au
point de vue alimentaire indigène sont incontestablement le
manioc, puis le bananier, le sorgho, le riz, le /nais, diverses
plantes à tubercules et autres variant suivant les régions.
Notre but n'est pas d’étudier toutes ces cultures les unes après
les autres, car pour certaines d'entre elles nous ne ferions que
répéter ce qui a été déjà dit, mais de rapporter les observa­
tions que nous avons pu faire sur quelques-unes. 11 est
connu et nous l'avons déjà dit, que les procédés indigènes de
culture sont primitifs et que le nombre des plantes qu'ils
emploient d'une façon courante pour leur nourriture est très
petit. Chaque race ou tribu emploie pour ses semis des graines
ou boutures d’espèces particulières, qui se conservent de père
en fils, de familles en familles. En procédant ainsi, ces
espèces auraient, semble-t-il, dû conserver une grande fixité de
caractères, mais, ainsi qu'on le sait, le noir est très nomade
PLANTES ALIMENTAIRES INDIGÈNES DU CONGO FRANÇAIS

I. Le dépeuplement de cette région riche en produits naturels et où
aucune épidémie n'a été signalée, ne peut s'expliquer que par son voi­
sinage relatif de la Côte de l'Océan et par suite de la facilité avec
laquelle l'on a pu y faire des rafles à l'époque où se pratiquait la traite
des noirs.
c

�A. HÀl'DON
96
tant par goût que par nécessité et comme lors de chacune
de ses migrations les femmes ont transporté avec elles, les
semences nécessaires pour faire les nouvelles plantations, il
est alors arrivé que, par suite des différences de terrain et de
milieu, les espèces primitives se sont modifiées en s'adaptant
aux nouvelles conditions dans lesquelles elles étaient placées.
A ces modifications très diverses suivant les circonstances,
il y a lieu d’ajouter celles qui ont pu se produire par suite du
voisinage des variétés des mêmes espèces rencontrées au
voisinage des nouveaux emplacements occupés. Cet ensemble
de circonstances pourrait, semble-t-il, expliquer dans une
certaine mesure les nombreuses variations que l'on rencontre
chez certaines plantes largement cultivées ou répandues ;
variations nombreuses pour certaines, rares pour d'autres.
Il y aurait un réel bénéfice à b heure actuelle à étudier par­
tout ces variétés pour connaître les avantages et les inconvé­
nients de chacune, afin de propager seulement celles à grand
rendement et à culture facile.

A nnales du M uscc co lo n ia l de M a rs e ille
(2* série, t. 10. — 1912).

Manioc.

La question de savoir si le manioc est ou n'est pas une
plante d'importation en Afrique, n'entre pas dans le cadre
de notre étude, mais ce que nous pouvons dire, c’est qu'à
1 heure actuelle, dans notre colonie du Congo Français (excep­
tion faite de l'Oubangui-Chari, où il commence néanmoins à
être cultivé), les deux tiers de la population se nourrit des
tubercules du manioc amer, l'autre tiers consommant surtout
des bananes, du sorgho et du riz.
Au Gabon, dans la région côtière, le manioc tend à prendre
une place de plus en plus importante dans les plantations
locales, et les indigènes qui, comme les Gabonais, ne se
nourrissaient autrefois que de bananes, commencent à en con­
sommer une quantité importante, soit qu’ils le cultivent
eux-mêmes, soit qu'ils l'achètent aux Pahouins vivant dans
leur voisinage. Dans le bassin du Moyen et Haut Ogooué
et la zone avoisinante, chez les populations de races Kolas

Manioc doux ; variété Ibokoseke feuilles entières).

PI. II.

�9“
et autres, la banane au contraire est à peu près la seule
nourriture, et un vieux Kota h qui nous en demandions
la raison, nous répondit : « La banane a toujours été la
nourriture de nos ancêtres, et nous n’avons aucune raison
d'en changer; du reste, ceux d’entre nous qui mangent
du manioc ne lardent pas à mourir emportés par une maladie
d’intestins. » Cette observation au sujet du manioc nous a été
faite d’autres fois, ce qui pourrait laisser supposer que sa
consommation exclusive par des gens non accoutumés pour­
rait être nocive, ou peut-être, et cela est plus probable, qu’il
est souvent mal préparé et par suite dangereux. Nous avons
pourtant pu constater pour ces derniers, que dans les villages
voisins de ceux des Tékés, où la race est moins pure par
suite des relations nombreuses et des croisements, l’on com­
mence à trouver de petites plantations de manioc, et il ne
nous paraît pas douteux, qu’avant longtemps, l 'on en rencon­
trera presque partout, et que s’il ne remplace pas le bananier
il le concurrencera. Au Moyen Congo, sauf dans la Haute
Sangha, c’est le manioc qui occupe le premier rang dans les
plantations, il en est de même tout le long du Bas et Moyen
Oubangui. Ces données sur l'aire de culture du manioc ont
un caractère forcément très général, car en certains endroits
il peut n’occuper qu'une place relativement secondaire dans
les plantations indigènes, alors que dans des groupements
voisins son importance est plus grande; par exemple, chez
certains groupes de Tékés les ignames occupent le premier
rang, alors que chez d’autres c'est le contraire qui se passe.
Des deux variétés de manioc, manioc doux et manioc amer,
c’est la deuxième qui partout est de beaucoup la plus culti­
vée, à cause de son rendement plus considérable. L'autre
existe aussi, mais en général plantée en petite quantité dans
les plantations de manioc amer. La culture de la variété
douce tend du reste de plus en plus à disparaître, et lorsque
Ton en trouve, il a été le plus souvent planté pour répondre
à des besoins immédiats et imprévus, l’amer nécessitant trois
ou quatre jours pour pouvoir être consommé, par suite de
l’obligation de le mettre à macérer dans l'eau pour le débarPLANTES ALIMENTAMES INDIGÈNES DU CONGO FRANÇAIS

Annales d u

M u sé e c o lo n ia l d e M a r s e ille .

— 2e série, 10* vol. 1912.

�A. RAL'DON
98
rasser de l’acide cyanhydrique qu’il contient. Les tubercules
de manioc doux pouvant etre mandes sans apprêt piealable,
même crus, cela est pour le noir un avantage appréciable qui
devrait, semble-t-il, le faire apprécier davantage, et comme
conséquence entraîner le développement de sa culture.
Au point de vue aspect extérieur, ces deux variétés bien
connues se rapprochent beaucoup et elles ne se différencient
entre elles nettement que par la couleur du pétiole (et des
nervations principales des ieuilles) qui est rouge dans le
manioc doux et vert dans le manioc amer. Ce caractère est
constant au Congo, mais il se produit parfois que cette cou­
leur est plus ou moins atténuée, le pétiole étant rouge du
côté de la tige et rouge verdâtre près du limbe, à tel point
qu’une certaine hésitation peut parfois se produire pour la
différenciation. Comme, d’autre part, l’on sait qu’au Brésil
c’est le contraire qui existerait, la couleur rouge du pétiole et
des nervures étant la caractéristique du manioc amer, l’on
voit que l'importance de ce caractère est tout à fait secon­
daire, puisqu'il n’est que local et que par suite l’on ne peut
guère s’y lier lorsqu il s'agit de consommer les tubercules.
A cela l'on peut ajouter qu’au point de vue amertume et
toxicité des tubercules, les indigènes admettent que certaines
variétés sont plus ou moins nocives, et peut-être existe-t-il
un rapport entre la coloration du feuillage et la teneur en
manihotoxine de la plante. Dans tous les cas, ce9 caractères
des variétés douces et amères du manioc ne semblent pouvoir
avoir qu'une valeur tout à fait locale, puisque le point de
départ de cette différenciation non seulement change, mais
diffère totalement d’un pays à un autre, ainsi que cela se
passe par exemple pour le Brésil et le Congo.
11 existe dans chaque groupe, manioc doux et manioc
amer, des variétés qui dilfèrent par des caractères extérieurs,
mais il convient de signaler que le nombre en est plus grand
pour le premier, bien qu’il soit moins répandu, que pour le
second. Les indigènes distinguent les variétés du manioc
amer par l’aspect du tubercule, mais les caractères sont si
peu nets qu ils se trompent fréquemment dans leurs espèces.

A nnales du Musée c o lo n ia l de M arse ille
(2* série, t . 10. — 1912).

M an io c d oux à fe u ille s entières.

PI. III.

�09
Ces différenciations sont en rapport avec la teneur plus ou
moins grande en principe toxique, la rapidité de croissance
ou les différences de rendement.
Les caractères du manioc amer en tant que groupe sont
plus constants que ceux du doux, et nous n’avons relevé
aucune modification dans la partie aérienne de la plante per­
mettant des distinctions. La tige, gris verdâtre, atteint un
développement plus ou moins grand suivant la nature du ter­
rain, les feuilles vertes sont régulièrement palmiséquées, les
fleurs et les fruits sont ceux de l’espèce, sans variations.
Deux fois seulement, nous avons observé pour cette plante
un aspect différent de celui ordinaire, mais c’était des varia­
tions causées par le milieu et ne présentant par suite qu'un
intérêt spécial, car il ne s’agissait pas en la circonstance de
variétés culturales. La première fois, c’était dans les savanes
sablonneuses et arides s'étendant entre l’Alima et l'Ogooué,
dans une région accidentée où l’eau est excessivement rare.
Là, par suite de la pauvreté du sol et de la sécheresse, les
plantations assez peu étendues du reste avaient un aspect
misérable que nous n avons rencontré nulle part ailleurs. Les
tiges atteignaient un mètre à peine, les feuilles peu nom­
breuses étaient extrêmement petites (10 cent, au plus de
longueur), les tubercules en petit nombre étaient de faible
taille. Dans ce cas particulier, il n’est pas douteux que ces
modifications de la plante étaient dues à la pauvreté du sol,
et nous devons ajouter que dans ces parages, le manioc ne se
développant que mal est remplacé presque partout par les
ignames moins exigeantes sur la nature du sol ; néanmoins,
nous avons cru devoir le signaler. La deuxième observation
se rapporte à une plantation visitée dans 1Oubangui, dans
laquelle nous avons trouvé une partie assez vaste d un champ
où les feuilles des plants de manioc étaient d’un blanc ver­
dâtre et presque décolorées. Les indigènes interrogés sur
cette anomalie nous ont déclaré qu’il s’agissait de manioc
amer, mais n'ont pu ou n'ont voulu nous fournir aucune pré­
cision sur la fixité de ce caractère qui pouvait être purement
accidentel, cette espèce d'albinisme ne nous paraissant pas
PLANTES ALIMENTAIRES INDIGÈNES DU CONGO FRANÇAIS

�100

A. HAl DO.N

normal. Ce sont les deux soûls cas où nous ayons relevé
des différences dans les caractères typiques du manioc amer,
et encore, nous le répétons, ils sont purement accidentels et
par suite ne peuvent servir à établir l'existence de variétés
typiques de cette plante.
Pour le manioc doux, il n'en est pas ainsi, comme l'on
pourra le voir, quatre formes ou variétés pouvant nettement
être caractérisées. La première que nous considérerons
comme la forme type, parce qu elle est la plus commune, est
assez identique au manioc amer quoiqu’elle en diffère par
certains détails. Tout d’abord, comme nous l’avons dit pré­
cédemment, par la couleur du pétiole, des nervations et de
l'extrémité des jeunes rameaux qui sont rouge violacé, cou­
leur qui est la caractéristique de la variété. Mais il peut se
faire, dans certains cas, que le pétiole ne soit qu’en partie
violacé et presque verdâtre près du limbe, ce qui peut prêter
à erreur, aussi ne doit-on admettre que les plantes dont la
coloration est bien nette comme appartenant à la variété
douce.
A côté de cette forme type, nous placerons celles que nous
avons rencontré en parcourant les plantations indigènes et
qui se différencient par la forme des feuilles. Peut-être
dira-t-on, étant donné le polymorphisme bien connu du feuil­
lage des Euphorbiacées, que c'est un caractère de bien
médiocre valeur, nous le reconnaissons nous-même, mais
comine nous avons pu en constater la fixité dans les cultures,
nous croyons qu il peut avoir une certaine importance au
moins pour la distinction des formes locales du manioc doux.
La première porte dans l’Oubangui le nom de Monkoo, elle
se rapproche beaucoup de la précédente, ainsi que l’on peut le
voir par la figure ci-contre. Elle s’en différencie par la feuille
sensiblement plus grande, ce qui la fait paraître plus grêle,
le pétiole beaucoup plus long, par le nombre des segments
plus nombreux que dans n importe quelle variété et par leur
forme. Dans les manioc doux et amer ordinaires, les segments
sont réguliers de forme, alors qu'iei ils parlent d’une base
étroite pour s’élargir et former deux petits lobes aigus, puis

101
ils se rétrécissent pour s’élargir graduellement à nouveau et
se terminer en pointe. La feuille est le principal caractère de
différenciation de cette forme, sa croissance est rapide, elle
atteint une taille élevée, 2 m. 50, et est d’un bon rendement.
La deuxième que nous ayons rencontrée et qui a nom
Ibokoseke diffère totalement des précédentes par son aspect.
Les feuilles sont toujours simples et palmiséquées, mais les
parties du limbe sont toutes indépendantes, chacune ayant un
pétiolule distinct. Dans cette forme la longueur du pétiole est
très variable, la disposition et la forme des segments irrégu­
lière. Le polymorphisme des feuilles y est beaucoup plus
accentué que dans les autres formes. La longueur du pétiole
y est variable allant de quelques centimètres à In et 20. La
disposition des segments eux-mêmes est variable ainsi que
leur mode d’insertion, mais elle est toujours caractéristique
en ce sens que, quoique simple et palmiséquée, la feuille a
l'aspect d'une feuille composée où chaque foliole serait sou­
dée par un pétiolule au pétiole commun plus grand et plus
fort, comme cela se passe pour le marronier d’Inde. Du reste
la photographie n° 2 montre nettement cette disposition. Le
développement de la lige est moindre que dans les autres
formes, 1 m. 50 en moyenne, elle se ramifie peu, son feuillage
est plus dense et les entre-nœuds plus rapprochés, son ren­
dement est considéré comme supérieur.
Il existe enfin une forme dans laquelle les feuilles sont
simples ou légèrement lobées, mais à un seul lobe se trouvant
presque à la base du limbe, soit à droite, soit â gauche
(fig. 3). Elle se différencie bien plus nettement que les précé­
dentes formes de manioc, car l’on se trouve en présence d'une
sorte d'anomalie foliaire. Le pétiole est court, égalant à peu
près le limbe, la nervation palmée est très oblique. Le limbe
est de couleur vert sombre. La tige qui atteint environ un
mètre est peu ou point ramifiée, ce qui avec ses feuilles
courtes et simples lui donne un aspect tout à fait particulier.
Cette espèce se rencontre aux mêmes endroits que les précé­
dentes, mais elle est moins fréquente. Son rendement se
rapproche de celui de Monkoo.
PLANTES ALIMENTAIRES INDIGÈNES DU CONGO l'KANCAIS

�102

A. RAUDON

Ces diverses formes de manioc doux, rencontrées un peu
par hasard, ne sont probablement pas les seules existantes, et
de nouvelles recherches permettront d’en signaler d'autres.
Hiles se différencient par des caractères extérieurs secondaires;
mais au point de vue de la culture et du rendement, elles ne
présentent pas, par contre, d’avantages bien marqués 1une
sur l’autre permettant de préconiser telle ou telle.
Les procédés de culture du manioc doux ou amer sont tout
à fait primitifs au Congo et une explication sommaire suffira
pour les faire connaître. Le choix du terrain pour les planta­
tions n'est pas laissé au hasard, c’est en général le féticheur,
le chef, ou dans certains cas une vieille femme, qui indiquent
les emplacements convenant à cette culture et ils le font d'une
façon très judicieuse se basant pour reconnaître la richesse du
sol sur l'examen de la végétation, une longue expérience leur
ayant permis de reconnaître que certaines plantes ne se déve­
loppent que dans les terres riches. Lorsqu’il est arrêté, les
hommes commencent l’abatage des arbres en les sectionnant
à environ un mètre du sol, les femmes et les enfants coupant
au préalable les lianes et le sous-bois; tout est ainsi abattu
sans distinction et laissé pêle-mêle sur le sol. On laisse alors
sécher pendant quelques mois cet enchevêtrement avant d’y
mettre le feu, opération qui a le double avantage de débar­
rasser sans effort le terrain en même temps que les cendres
produites augmentent sa richesse par l’apport de leur potasse,
laquelle fait en général défaut en Afrique. Il faut pour détruire
tous ces bois plusieurs incendies successifs, car il y a souvent
des arbres de grande taille dans les abattis et l’on doit alors
rapprocher les troncs pour qu'ils se consument lentement.
L’abatage et la destruction des bois en résultant sont combi­
nés de telle sorte que le terrain puisse être prêt pour la mise
en œuvre au début de la saison des pluies, mise en œuvre qui
incombe entièrement aux femmes.
Le terrain, débarrassé plus ou moins soigneusement des
débris de troncs pouvant subsister, est alors retourné légère­
ment à l’aide de houes primitives ou de larges coutelas spé­
ciaux, suivant les régions, et sans autre opération l’on met

PLANTES ALIMENTAIRES INDIGÈNES DU CONGO FRANÇAIS

103

en place les boutures de manioc; parfois, là où les plantations
se font avec plus de soins, le sol est relevé pour former des
petits monticules ou de longues plates-bandes d'un mètre de
large. Les boutures usagées sont toujours très longues,
dépassant 0ni 30, et il n’est pas possible de faire comprendre
aux indigènes qu’ils obtiendraient les mêmes résultats en les
employant plus courtes. Ils répondent invariablement, qu’ils
ont toujours fait ainsi el que par conséquent ils n ont aucune
raison de changer, invoquant en outre que cette façon de pro­
céder a l'avantage de protéger les jeunes plants de l’envahis­
sement des herbes qui se développent rapidement. Les boutures
sont enfoncées de dix centimètres environ dans le sol et
placées obliquement par rapport au sol.
Au début de la végétation, l’on procède à un ou deux sarclages pour se débarrasser des plantes qui pourraient gêner
le développement du manioc, puis l'on ne s’occupe plus guère
de la plantation jusqu'au moment où pourra se faire la récolte.
En même temps que cette culture, et mélangée avec elle,
l’on en fait d'autres, de plantes d’usage courant, mais d’une
importance secondaire, telles diverses cucurbitacées, quelques
taros, du maïs et aussi parfois du tabac.
Le temps nécessaire pour le développement complet des
tubercules varie de neuf à onze mois, mais les indigènes sou­
vent pressés par la faim commencent l’arrachage quelque peu
avant ; du reste, cette opération ne se fait pas en une seule
fois, et c’est au fur et à mesure des besoins que les femmes
vont puiser dans leurs champs.
Le manioc ne paraît pas souffrir des maladies cryptogamiques, et bien que les feuilles soient quelquefois atteintes,
la plante continue néanmoins à végéter. Parmi les animaux,
plusieurs sont friands soit des tubercules, soit des feuilles, et
les buffles, les antilopes, les phacochères, sans parler des
éléphants, font souvent des ravages importants dans les plan­
tations qu’ils visitent.
Ap rès l’arrachage des tubercules du manioc amer, l’on sait
qu’il faut les débarrasser du principe toxique qu'ils contiennent
pour pouvoir les consommer, l'on obtient d’ordinaire ce résul-

�A . BAI DON
104
tat en les faisant macérer dans une nuire ou un ruisseau à
courant peu rapide pendant trois à quatre jours, au bout
desquels ils sont retirés, mis à égoutter et préparés pour la
consommation. Dans les régions où l eau est rare, comme
cela se présente dans le Bas-Congo, sur les plateaux Tékés et
Achicouyas, l’on procède autrement, le manioc est. enfoui
dans des espèces de fosses et recouvert de feuillage, il y
séjourne une quinzaine de jours durant lesquels il se produit
une fermentation qui détruit au moins partiellement la manihotoxine. Les pains préparés avec les tubercules ainsi traités
sont d'un gris noirâtre, amer et désagréable à consommer,
déterminant chez les indigènes qui n’ont pas l'habitude d’en
manger de violentes coliques, ce qui semblerait indiquer
qu ils contiennent encore une certaine quantité de toxine ;
laquelle n'agit plus chez les personnes qui en consomment
ordinairement par suite d’une sorte d’accoutumance.
Les tubercules après la macération et encore humides sont
réduits en farine par broyage à l’aide d’une pierre, sur une
planche spécialement réservée à cet usage; on enlève alors
plus ou moins soigneusement, suivant les tribus, les fibres
qui s’y trouvent mélangées. Le produit ainsi obtenu, qui a la
consistance d’une pâte, est placé soit dans des morceaux de
feuilles de bananiers, soit dans des feuilles de Marantacées,
pour former des boules ou pains (d’un kilog. environ à Brazza­
ville, de la grosseur du poing aux Balois, ou des espèces de
saucisson de grosseur variable en d’autres endroits) qui sont
mis à cuire à l’étuvée dans de grandes marmites en terre. Il
est ensuite consommé soit tel quel, soit grillé près du feu ou
dans la cendre. Pour la vente ou les échanges, le manioc est
en général présenté cuit sous une des formes ci-dessus; on le
trouve aussi, mais plus rarement, cru, les tubercules étant
simplement empaquetés, tels qu’ils se présentent à leur sortie
de l'eau. Cette façon de procéder ne permet de les conserver
qu’un temps très court, car ils fermentent rapidement et
deviennent alors inutilisables. A Bangui, l’on trouve aussi des
tubercules desséchés, en provenance d’ordinaire de Fort-dePossel, avec lesquels l’on obtient par pilonnage de très belle

PLANTES ALIMENTAIRES INDIGÈNES DU CONGO FRANÇAIS

105

farine; mais, malgré les avantages de ce procédé de conserva­
tion, il est très peu répandu.
Ignames.

Après le manioc, une des plantes à tubercules que l’on
rencontre le plus fréquemment dans les plantations indigènes
sont les ignames, mais l’importance de leur culture varie lar­
gement suivant les régions. 11 est à remarquer par exemple
que l’on en trouve peu ou point chez les populations de la
forêt, exception faite toutefois pour les espèces à tubercules
aériens et que, par contre, elles sont beaucoup plus communes
dans les régions de savanes. Les ignames s’accommodant en
général d'un sol relativement médiocre, sont une ressource
précieuse pour les indigènes des parties les plus pauvres du
Congo, et comme de plus elles se conservent bien, elles sont
fort recherchées par eux. Ainsi, les Tékés, qui, ainsi que
nous l’avons dit, vivent sur les plateaux quasi-désertiques
s'étendant entre l'Alima et le Congo, jusqu’aux sources de
l’Ogooué, en font leur principale nourriture car elles poussent
là où le manioc ne peut se développer.
Les variétés cultivées sont nombreuses, mais la plupart
sont de qualité médiocre, la chair en est souvent dure, filan­
dreuse, jaunâtre, violacée au voisinage de la peau. Il existe à
côté des espèces cultivées, de nombreuses autres mal connues
poussant à l’état spontané et dont les unes sont comes­
tibles, d'autres vénéneuses, et il arrive fréquemment que les
indigènes eux-mêmes sont victimes d’accident à la suite de
leur absorption. Nous nous souvenons, qu'au cours d’une
tournée que nous fîmes il y a quelques années au voisinage
des sources du Niari, deux de nos gardes nationaux s’étaient,
malgré la défense qui en avait été faite, introduits, pour y
chercher à manger, dans les cases d'un village dont les habi­
tants s’étaient enfuis à notre approche. Ils trouvèrent, ainsi
que nous l’apprîmes dans la suite, des ignames cachées dans
un panier et les consommèrent sans autre préparation qu'une
cuisson sommaire dans la cendre. Ce larcin avait été commis

�A . BAUDON
106
durant la halte du déjeuner ; au moment du départ, nous
fûmes avisés qu'un de nos hommes était malade et qu’il avait
été pris de vomissements violents, il reçut aussitôt des
soins, mais il fallut le porter pour partir, car il était
hors d'état de marcher. Interrogé sur les causes de son
indisposition, il fut impossible de rien savoir. Une heure après
que nous étions en route, le deuxième garde fut à son tour
pris de violentes coliques,rde nausées, de tremblements, et il
se déclarait incapable de marcher. Prévenu, nous dûmes soi­
gner ce nouveau malade : frictions, cordial, puis finalement
vomitif lui furent administrés, mais pendant plusieurs heures
son sort ne fut pas sans nous donner du souci. Le premier
voleur, qui allait mieux à ce moment, très inquiet sur l'état
de son camarade, avoua alors le larcin commis, attribuant le
commencement d'empoisonnement dont ils avaient été vic­
times à l intervention d'un fétiche. Le lendemain il n’y
paraissait plus et tout malaise avait disparu. Ce fait prouve
bien que certaines espèces, qu’il est difficile de distinguer à
première vue, sont plus ou moins nocives, mais qu’il peut
être possible d’en tirer parti en leur faisant subir certaines
préparations, par exemple en les mettant au préalable à
macérer dans l'eau, ainsi que l’on procède pour le manioc
amer.
La grosseur des tubercules d'ignames, de même que la
couleur de leur chair et leur aspect extérieur sont très variables.
Certaines atteignent la grosseur d’une belle pomme de terre,
ce sont les meilleures et celles qui sont consommées par les
Européens, bien que leur chair ne soit pas très fine, d’autres
arrivent à peser dix et quinze kilog., mais elles sont alors de
qualité médiocre et avec des parties lignifiées qui sont inuti­
lisables. Leur couleur varie du blanc crème au jaune et même
au violacé, surtout vers les bords; en les coupant, elles
laissent exsuder un liquide gluant plus ou moins caustique.
L aspect extérieur des tubercules est lui aussi très variable,
les uns sont arrondis, d'autres allongés, d'autres enfin rami­
fiés à la base ont vaguement la forme d'une main.
Dans le Bas-Congo, région de savane, où la culture des

10”
ignames est assez répandue, les indigènes en reconnaissent
un certain nombre d'espèces, parmi lesquelles l’on peut citer
comme les plus répandues :
Bisounia. qui est le Dioscorea alala L., espèce très connue
et de large culture en certains pays, dont il existe des varié­
tés plus ou moins intéressantes ;
Ngayala, à tubercules se rapprochant assez du navet, allon­
gés et fusiformes;
Nkoloba, variété du bisounia, qui ressemble à la pomme
de terre et est assez estimé des Européens ;
Kouakintina, dans le même genre que ngayala, mais à
tubercules plus allongés ;
Kouakengouvou, qui produit des tubercules énormes en
partie ligneux.
Parmi ces espèces les unes paraissent dériver de Dioscorea
alata, d’autres par leurs tiges épineuses de Dioscorea aculeata
qui comme la précédente n'est pas africaine, mais a pu elle
aussi être importée.
Dans l'Oubangui, en particulier du côté de Mobaye, les
indigènes cultivent des ignames du nom de ngoundi ou de
ngoui, qui sont une importante source de recettes pour les
populations, car ils en expédient sur Bangui où les vivres
indigènes sont rares. La couleur du tubercule est violacée
sur les bords, jaunâtre au centre, la peau en est marron,
légèrement rugueuse. Ils atteignent un poids de deux à trois
kilog., voir même davantage. Mis en terre les fragments de
tubercules poussent vigoureusement et rapidement atteignant
en un temps très court un mètre de hauteur. La tige est légè­
rement ligneuse et porte à la base de nombreux aiguillons
recourbés, des stipules partent dès le début, des rameaux
qui eux aussi se développent très bien et la plante atteint de
grandes dimensions. En dehors des ignames à fubercules
souterrains, l'on en rencontre aussi au Congo Français qui
donnent une sorte de tubercule aérien, comestible dans cer­
taines espèces, toxique dans d'autres, la plus commune de
celles utilisables qui est le masoko du Bas-Cango, le songo
ou itoko des Bondjos donne un produit aqueux et sans grande
PLANTES A LIM EN TAI II ES INDIGÈNES DU CONGO FRANÇAIS

�A. BAUDON
108
saveur qui est de qualité médiocre ; c’est le Dioscorca anth.ropophoharum A. Chev. Sa croissance est rapide pour un ren­
dement assez satisfaisant, les tubercules en atteignent la
grosseur du poing; mais, étant donné leur peu de valeur,
l'on doit la considérer comme une plante de famine.
Ainsi que nous venons de le dire, le manioc et les ignames
sont les plantes à tubercules les plus communément cultivées ;
ce ne sont pas toutefois les seules, mais les autres ont une
importance tout à fait secondaire. Parmi elles, il convient de
citer : les patates qui se trouvent un peu partout, mais en
cultures peu étendues, sauf toutefois dans le Haut Oubangui ;
deux variétés sont surtout connues des indigènes, celle don­
nant des tubercules rouges et celle donnant des tubercules
blancs, cette dernière étant la plus répandue, mais il y
aurait lieu encore de subdiviser ces variétés car l'on peut
observer entre elles de grandes variations dans la teneur en
principe sucré. Bien que d'un bon rendement et fournissant
une nourriture saine, cette plante dont ils consomment aussi
les jeunes feuilles est peu appréciée des indigènes. Parmi les
plantes que l’on rencontre encore fréquemment, mais surtout
aux abords des villages, il convient de signaler, Colocasia
antiquorum cultivé simultanément à Xanthosoma saqittifo­
lium ; dans l'Oubangui-Chari l’on trouve aussi beaucoup de
Coleus, qui remplacent le manioc, rare dans ces parages.

Arachides.

Les arachides qui sont la plus importante culture du Séné­
gal, ne donnent lieu au Congo qu'à un trafic local minime, et
chose qui paraîtra incroyable elles valent aussi cher sur les
marchés indigènes que vendues au détail en Europe. Ce prix
élevé n’est pas dû à ce que la plante ne se développe pas,
mais à ce qu’elle est peu cultivée, bien que très estimée par
les indigènes. Pourtant, dans la région avoisinant Brazza­
ville, cette culture occupe le deuxième rang concurremment
avec celle des ignames, venant aussitôt après le manioc, base
essentielle de la nourriture des noirs de cette région. Peu

CüSGO FRANÇAIS 1()9
difficile sur la nature du sol, bien que préférant ceux de
nature sablonneuse et par trop compact, ces derniers gênant
la pénétration du gynophore après la fécondation et par suite
pouvant entraîner une diminution du rendement, l’arachide
trouve dans ces parages de vastes espaces lui convenant.
Les indigènes en reconnaissent deux variétés qu’ils dis­
tinguent d’après le port de la plante et aussi d’après les
graines, l’une qui a nom mpinda, bigoukou ou makongo sui­
vant les régions, de port dressé, donne un bon rendement de
graines grosses, est pourtant la moins cultivée, l'autre nom­
mée ngouva est rampante, elle donne des graines sensible­
ment plus petites que la précédente, elle est plus répandue
parce que réussissant partout, étant moins exigeante sur la
nature du sol. Cette première division en deux variétés que
nous pourrions qualifier de caractéristiques, parce qu elles se
différencient facilement, se dédoublent elles-mêmes pour les
indigènes en deux autres d’une importance secondaire. Au
moment de la récolte, l’on procède en effet à un triage des
gousses, celles qui ne contiennent qu’une graine sont mises à
part et forment la qualité ou variété nommée moussanda ou
kinkolo, les autres, c’est-à-dire celles ayant deux graines ou
davantage ayant nom moussanda ou mountaka. Cette sélec­
tion d’après le nombre des graines s’applique du reste indis­
tinctement aux deux variétés primitives. Peut-être, si la cul­
ture était faite d’une façon rationnelle par les indigènes pour­
rait-on obtenir par ce procédé de sélection une amélioration du
rendement, malheureusement ils consomment tout indistinc­
tement, ne gardant pour les semences que juste le strict
nécessaire.
Les deux variétés distinguées par les indigènes répondent
assez bien aux formes typiques généralement admises, A ra­
chis asiatica Lour étant le mpinda, Arachis africana Lour,
étant le ngouva.
La variété mpinda pousse vigoureusement et atteint faci­
lement 40 centimètres de haut : les rameaux dressés sont
glabres ou presque ; ceux rampants, fréquemment noirs à la
base, sont fortement velus. Les feuilles obovales, courtement
BLAMES ALIMENTAIRES INDIGÈNES DU

�A. BAU00N
110
apieulées, glabres à la face supérieure, avec quelques poils
sur les bords et à la base des nervures à la face inférieure,
sont de grandeur variable, atteignant 2-2,5 cent, sur 1-1,5
cent, à la base des tiges rampantes, alors qu’elles ont sur le
reste de 3 à 5 cent, de long sur 2,7 à 3,7 cent., elles sont
plus allongées sur les rameaux dressés, leurs dimensions
étant 3 à 5 cent, de long sur 1,5 à 2,5 cent, de large seu­
lement. A la base du pétiole, les stipules atteignent 22 à
25 millim. de long. Les pédoncules Moraux partant de la base
des feuilles sont pubescents. Les fleurs sont jaunes d or, à
carène plus claire. Le calice de S millim. de long sur 3 de
large porte quelques poils, il est partois bilabié. L'étendard a
13 millim. de large, la carène 8. Les étamines sont soudées en
tube, l’ovaire est sessile, le style arrive au niveau des
anthères. Les pédoncules floraux atteignent après la chute du
périanthe 13 à II cent, et parviennent quelquefois diflicilement au sol lorsqu ils partent de rameaux dressés, aussi un
certain nombre restent-ils improductifs à cause de cela. Les
gousses à maturité sont grosses et à coques épaisses.
La variété ngouva se développe bien elle aussi, les rameaux
de la plante s’étendent en rampant sur le sol couvrant une
plus grande surface que dans l’autre variété. Les feuilles
obovales, non apieulées au sommet, ont 4 à 5 cent, de long
sur 2 à 3 cent, de large, elles sont semblables sur toutes les
parties de la plante, glabres sur les deux faces avec seule­
ment quelques poils sur les bords et la nervure médiane. La
fleur est identique à celle de mpinda, mais l’étendard est
plus large atteignant 10 millim. Les pédoncules floraux plus
courts, s’enfoncent facilement dans le sol par suite de la
disposition rampante des rameaux. Les gousses assez petites
sont à coques minces.
La plantation des arachides se fait comme partout au début
de la saison des pluies, elles sont plantées par petits tas
isolés les uns des autres; la récolte a lieu à partir de mars.
Nous avons constaté lors d’un essai de culture que nous
avions fait dans cette région, qu’une maladie d’origine cryptogamique s’attaquait aux feuilles d'arachides, principalement

Pi. antes

a lim en ta ires indigènes du cûngo français

ill

à celles de la variété mpinda. La plantation avait été faite
dans un terrain débroussé tout exprès, qui était occupé aupa­
ravant par la brousse, les cultures avoisinantes étaient d’une
part du maïs, de l’autre des Luffa, voisinage qui par consé­
quent peut être considéré comme étranger à la contamina­
tion. Nous pensons que la cause déterminante devait en être
cherchée dans des conditions climatériques spéciales plutôt
que dans des conditions de milieu ; en eiïet, la petite saison
sèche qui a lieu d'ordinaire lin décembre commencement
janvier, avait été cette année-là particulièrement longue, et
les pluies quoique peu fréquentes avaient été très abon­
dantes ; aussi ce surcroît d’humidité avait-il pu causer la
maladie, laquelle débuta en février et continua en s’accen­
tuant jusqu’en mars, époque à laquelle la chute presque
totale des feuilles y mit lin.
Au début de l'infection, les feuilles du centre de la plante
en commençant par celles voisines du sol se tachèrent de
piqûres claires qui devinrent rapidement des points bruns
foncés, presque noirs, bordés de jaune clair, ces lâches attei­
gnant seulement un ou deux millimètres de diamètre. Peu
nombreuses au début, elles se multiplièrent rapidement, ame­
nant la chute des feuilles attaquées et ainsi tout le centre de
la plante se dégarnit en un temps très court, cela pendant que
l'extrémité des rameaux gardaient leur aspect ordinaire. A
partir du moment où la maladie se déclara la plantation per­
dit son aspect luxuriant et parut végéter bien que les pieds
restassent vigoureux. Après dessiccation, les feuilles malades
s'enroulaient sur la nervure médiane, elles étaient recroque­
villées, les taches noires ressortaient comme des verrues et
l’on distinguait très bien à l’œil les spores du champignon
auteur de la maladie. Ce champignon fut reconnu par la
Station de Pathologie végétale comme étant le Cercospora
personata (Berk etCurt.) E li.is , qui est probablement la même
espèce que Raciborski a appelée Sep/oglæum Arachidis, et
P. Hennings Cercospora arachidis.
Les plantes ainsi atteintes ne paraissent pas souffrir de la
maladie qui n'influe pas non plus sur son rendement en

�112

A. lui* DON

PLANTES ALIMENTAIRES INDIGÈNES DU CONGO FRANÇAIS

graines, aussi ne semble-t-il pas qu il y ait lieu de s’en
préoccuper outre mesure au moins au Congo, où les fanes
sont inutilisées. 11 n'en serait pas de même si elles devaient
servir de fourrages, car alors elles perdraient beaucoup de
leur valeur du fait qu elles sont dégarnies île feuilles qui en
forment la partie comestible, les tiges plus dures étant une
nourriture médiocre pour les animaux.
Les bananiers.

Nous avons dit que parmi les plantes entrant dans l'ali­
mentation des indigènes le manioc occupait le premier rang
et que son importance était encore appelée à s'accroître dans
l'avenir. 11 n'en a pas toujours été ainsi et dans les temps
passés cette place appartenait au bananier; du reste, chez les
populations des régions peu fréquentées, les bananes restent
encore la base essentielle de la nourriture. Plus que pour
toutes autres plantes, les variations culturales ont été nom­
breuses, bien qu'à chaque déplacement des villages, les indi­
gènes aient toujours emporté avec eux des plants pour mettre
en terre à l’endroit où ils avaient l’intention de s'installer.
Mieux que cela, il arrive bien souvent qu’avant de quitter
l’emplacement qu’elles occupent, certaines tribus préparent
leurs plantations à l'avance à l'endroit de leur future rési­
dence et qu elles n'abandonnent leur village que. lorsque les
vivres sont assurés là où elles doivent aller.
Nous possédons une assez longue liste de noms de variétés
de bananiers, liste qui nous a été fournie par les indigènes
des régions où nous sommes passé. Beaucoup de ces noms, de
dialectes dilférents se rapportent à la même espèce dont l'aire
de culture est vaste, d'autres à des variétés moins répandues.
Laie identification exacte en est difficile, car il faudrait pour
cela avoir une description très détaillée de toutes ces variétés,
ce que nous ne possédons pas encore. Néanmoins nous allons
essayer de faire connaître les plus répandues en prenant
comme base de classification le travail du R. P. Gillet sur les
Musa du Bas-Congo, en suppléant à son insuffisance au point

{

H3

do vue descriptif par la connaissance que nous avons de la
plupart des variétés décrites, que nous avons nous-même
rencontrées dans une région différente du Bas-Congo.
Dans ce travail le R. P. Gillet mentionne d’abord quatre
espèces nouvelles, Musa Arnoldiana Willd., M. Gilletii
Willd., M. hybrida Gillet, M. Laurentii Willd. sur les­
quelles nous n insisterons pas, nous réservant pour l étude
des variétés non décrites. Pour Musa paradisiaca L. qui
fournit les bananes à cuire, les plus communément consom­
mées par les noirs, il énumère vingt et une variétés et pour
M. sapicnlum, deux seulement, sans parler d'un certain
nombre d'autres espèces importées et cultivées dans les
jardins de Kisantu.
Cette liste est plus chargée que n’importe laquelle de celles
que nous possédions pour un endroit déterminé, mais il est
vrai que ces listes peuvent se compléter les unes les autres
et que le nombre des variétés, de même que leur nature,
varient beaucoup suivant les contrées. Il est à remarquer du
reste que c’est dans le Bas-Congo où les bananes jouent un
rôle secondaire dans l’alimentation que l’on trouve le plus
de variation dans les plantations, car les rejets y ont été im­
portés d’un peu partout. Le rendement de ces diverses varié­
tés diffère dans une large mesure, certaines ne donnant
qu'une dizaine de fruits, alors que d’autres en produisent
une centaine, néanmoins l'on trouve aussi fréquemment
les unes que les autres dans les plantations. Pourtant l’on
doit noter que ce sont celles qui ont le tronc le plus
grand qui sont les plus communes et qu elles composent
exclusivement les plantations, les autres se trouvant en
petit nombre aux abords des cases. Les plus répandues
sont dongila, kanga mossi, nsisi, ponge inene, du R. P.
Gillet, par contre il en est une qui est excessivement rare
bien que souvent mentionnée par les auteurs, c’est la
variété sanguinea Welw du Musa paradisiaca. Elle retient
l'attention par son feuillage très remarquable de couleur
rouge, qui en fait une plante curieuse, mais son fruit est
médiocre. Lorsqu’on la trouve c’est en petit nombre d’exemAnnales du Musée colonial de Marseille. — 2* série, 10* vol. 1912.

8

�114

A. UAÜbON

plaires, car elle rejetonne peu: dans tous les cas elle ne paraît
pas originaire du Bas-Congo, comme on l’a dit, car elle y est
très rare. Au cours de nos nombreuses tournées dans cette
région nous l’avons rencontrée quatre ou cinq fois au plus et
ce n'est que difficilement que nous avons pu nous la procurer
pour la cultiver. Dans l’Oubangui, nous en avons vu une seule
fois, au-dessus de l'embouchure delà rivière Ibenga,et encore
ne sommes-nous pas sur que le groupe de rejetons aperçu
doive se rapporter à la variété sanguinea. La couleur caracté­
ristique du feuillage de ce bananier qui est rouge vineux tend
à disparaître à mesure que la plante se développe et elle
devient fréquemment d’une teinte plus ou moins verdâtre.
Nous possédons par exemple, pour Imfondo, une liste assez
complète des variétés locales, liste qui ne correspond pas, non
seulement comme noms, mais comme plantes, avec celles que
l’on rencontre dans les villages de la Likouala aux Herbes qui
se trouve à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest. Cette
liste comprend quatorze noms, dont treize se rapportent à
des bananes à cuire, la quatorzième younouga étant une
banane sucrée, le matiba inene du R. P. Gillet, qui est une
variété du Musa sapicntum L. ; d’autres encore pourraient
être identifiées avec celles du Bas-Congo.
De nos notes sur certains de ces bananiers, il résulte qu’ils
se différencient nettement entre eux par de nombreux carac­
tères qu'il est possible de retrouver tant sur le tronc et les
feuilles que sur les Heurs et fruits. Parmi eux. l’on doit retenir
ceux relatifs à la hauteur du tronc qui varie de un mètre à
quatre à cinq, sa couleur verte, rouge ou noirâtre, la longueur
et la couleur de la face inférieure des feuilles, la couleur de
la nervure médiane qui est verte ou plus ou moins teintée de
rouge ou de rosé; ensemble de caractères qui, en les obser­
vant sur des sujets adultes, permettent déjà l’identification
de certaines variétés bien caractérisées.
Sur des plantes en période de floraison, l’observation de la
couleur et de la forme des bractées florales, ainsi que celle
des organes des lleurs qui varient énormément sont d'impor­
tance. Ces lleurs peuvent en effet avoir comme longueur de

115
3 cm. 5 à 5 cm. et 5 mm. à 1 cm. de largeur, caractères qui
peuvent se combiner avec ceux des étamines qui elles ont de
2 cm. à 5 cm. 5 de long, de telle sorte qu elles sont exsertes,
incluses ou égalent le tube, les mêmes variations se retrouvent
pour le style qui lui aussi est de longueur variable et pour le
stigmate en massue qui peut être lisse ou plus ou moins bos­
selé de diverses façons. A titre de document nous allons
donner un tableau de quelques-unes des variations de ces
caractères, ce qui permettra de se rendre compte de leur valeur
pour la différenciation des variétés :
en mm.
Longueur de la corolle. 43 34 47 35 43 37
Largeur de la corolle.. 11 0 . !) 0.7 0.7 0.5 8
Longueur des étamines 21 20 48 35 37 53
Longueur du style. . . 41 32 45 33 41 47
Par contre, le nombre de fleurs par rangées nous paraît un
caractère de valeur secondaire, car il varie sur le même pied
suivant qu’on les prend à l’extrémité supérieure ou inférieure,
ou au milieu de l'inflorescence.
Pour la même raison naturellement il en est de même du
nombre de fruits par mains, ainsi par exemple, dans un
régime de cinq mains, nous avons trouvé à la première G, à
~2
la 2fi a, à la 3e 1, à la 4e 3, à la 5P 3 fruits, le chiffre supéPUANTES ALIMENTAIRES INDIGÈNES DU CONGO FRANÇAIS

T

T

rieur indiquant le nombre de fruits du rang d'en dessus, celui
inférieur du rang de dessous. Ce nombre de fruits par main
qui par sa constance est un caractère taxonomique dans les
espèces de bananiers anciennement cultivées, ne l'est pas au
contraire dans les espèces africaines, ce qui serait peut-être
une indication qu’elles sont encore en voie de mutations et
que par conséquent les types n'en sont pas encore définitive­
ment fixés.
Certains autres caractères permettent pourtant une facile
différenciation; ce sont : le nombre de mains par régime,
nombre qui est très variable suivant les variétés et qui va de
une à deux à une vingtaine environ; la longueur des fruits,

�116
A. BAÜDON
leur disposition par rapport au pédoncule ; ils peuvent en effet
lui être perpendiculaires, ou inclinés vers le haut ou vers le
bas, être droits ou plus ou moins fortement recourbés. De
l’ensemble des différences que nous avons énumérées l’on voit
que les variétés sont faciles à reconnaître et qu’il y aurait
intérêt à le faire, car il est probable qu’il arrivera que certaines
disparaîtront, foutes ne présentent pas en effet le même
intérêt au point de vue cultural, en dehors du nombre et de
la grosseur des fruits qui ne sont pas sans importance; il y a
lieu de tenir compte aussi de la qualité qui varie grandement,
certaines bananes étant plus nutritives les unes que les autres
et d'un goût différent ; ainsi, parmi les bananes à cuire il y
en a qui sont agréablement sucrées et ne sont pas dédaignées
des Européens, bien qu elles soient un peu lourdes et difficiles
à digérer. En fixant les caractères de chacune des variétés que
I on rencontre à l’heure actuelle dans les plantations indigènes,
I on rendrait service à ceux qui seraient amenés à en faire la
culture, car ils sauraient immédiatement celles qu’ils devraient
prendre ou laisser.
La culture du bananier est des plus simples et ne nécessite
pas de soins particuliers, au moins telle qu elle est pratiquée
au Congo, après prélèvements des rejets au pied des plantes
en fructification qui en ont toujours plusieurs, ils sont mis en
place sans autres précautions dans des trous creusés exprès ;
toutefois, lorsqu’ils sont de faible taille, il est bon de les pro­
téger par une palissade, car tous les animaux, porcs, cabris,
poules et canards, que l’on rencontre chez les indigènes, en
sont très friands et peuvent les détruire. Contrairement à ce
qui se passe pour les plantations de manioc qui se trouvent
souvent loin des villages, dans des clairières masquées à la
vue et difficiles à trouver, les bananiers sont toujours plantés
aux abords des villages, et chez les Kotas, par exemple, ils
forment tout autour une épaisse ceinture atteignant quelque­
fois une assez grande largeur, et alors c’est par centaines que
I on peut les compter à tous les stades de la végétation.

PLANTES ALIMENTAIRES INDIGÈNES DU CONGO FRANÇAIS

117

ELÆIS et RAPHIA

La nourriture des noirs congolais est, ainsi que nous l’avons
dit, très simple dans ses éléments, le manioc ou les bananes,
suivant le cas, en étant la base essentielle. Bouillis ou grillés,
ces aliments sont peut-être nourrissants, mais ils sont toujours
fades et gagnent à être accompagnés d’autre chose, aussi si
en voyage les indigènes les mangent seuls et sans apprêts, il
n’en est pas de même dans leurs villages où il les accom­
pagnent des mets les plus divers. Végétariens par obligation,
ce sont la plupart du temps des feuilles pilées et assaisonnées
de piment, de jus de citron, de sel ou autres épices analogues
qui complètent le repas, ces feuilles étant celles du manioc,
de certaines ignames, de patates, de colocasia, de sésame, de
cucurbitacées diverses, etc., ou alors de graines pilées
auxquelles on ajoute autre chose, ces graines étant les
arachides, celles de bégonia, de cucurbitacées, de lotus, etc.
A ces mets, ils ajoutent toujours, lorsque cela est possible, de
la graisse ou de l’huile dont ils sont très friands et dont pour­
tant ils manquent fréquemment.
Malgré le nombre important des plantes susceptibles de
fournir des corps gras, les noirs n’en exploitent que très peu
d’une façon courante. La plus importante parmi celles
bien connues est ÏElæis guineensis qui donne l’huile de palme.
Mais ce palmier n’existe pas partout au Congo et en certains
endroits il est relativement rare : dans toute la région des
savanes par exemple, région qui, dans notre Colonie, englobe
le pays compris entre le Congo d’un côté, l’Alima de l'autre,
l’Ogooué des chutes de Poubara jusqu’à sa source, le Niari de
sa source à Loudima. De Loudima au Congo, l’on n’en ren­
contre que très peu, exception faite toutefois pour Kimpanzou
et ses environs. Dans cette partie, il a été planté par les indi­
gènes, et il en existe dans presque tous les villages;
lorsque dans la brousse l’on en rencontre, c’est un indice que
cet endroit a été occupé anciennement, ce qui se reconnaît
aisément à leur répartition en cercle dans un espace restreint.
Dans cette région du reste, lorsque les gens se déplacent, ils

�n'abandonnent pas leurs droits sur leurs palmiers, et l’exploi­
tation en est toujours continuée par ceux qui les ont plantés,
ou alors ils sont loués à d'autres villages moyennant une
redevance lixée avec soin; c'est du reste une source de fré­
quentes contestations qui maintenant sont soumises à l'arbi­
trage des administrateurs et chefs de poste. Mais dans cette
région les palmeraies ne sont pas faites en vue de se procurer
des fruits, et par suite de 1huile, mais bien pour avoir du vin
de palme, boisson fermentée assez alcoolique dont tous les
noirs sont très friands, et dont ils font une consommation
importante, de telle sorte que l'interdiction de l’importation
des alcools fabriqués en Europe limite l'alcoolisme mais ne le
supprime pas.
Plus au Nord, dans l’Oubangui, les Elæis sont au contraire
extrêmement nombreux, tant sur la terre ferme que dans les
des. Dans ces régions, il 11e paraît pas provenir de cultures, car
il est trop abondant, et l'hypothèse d'après laquelle il aurait
été cultivé d’abord, puis multiplié par l intermédiaire du
fleuve, au moment des crues, celui-ci ayant transporté un peu
partout les graines, ne nous paraît pas suffisante pour expli­
quer sa fréquence. Nous le croyons au contraire spontané
dans toute la région forestière, sa multiplication ayant été
assurée non seulement par l’homme mais aussi par les ani­
maux.
Nous n’avons pas observé de variétés chez PElæis, mais
comme cette plante est peu exploitée il est fort difficile de
se rendre compte de leur existence, à moins de faire des
recherches spéciales ; dans tous les cas, il ne semble pas que
les indigènes en distinguent. Le mode de préparation de l’huile
de palme est trop connu pour que nous insistions sur ce sujet;
par contre, il nous parait intéressantde parler d’une huile ana­
logue qui est peu connue, ayant, semble-t-il, passé inaperçue
des voyageurs, peut-être il est vrai à cause de sa rareté ; nous
voulons parler de l'huile de Raphia.
Certains Raphia donnent en effet une huile analogue à
celle du palmier à huile quoique de couleur plus foncée.
La présence d'une matière grasse dans les fruits de Raphia

119
a été signalée pour Madagascar par MM. Decroek et
Schlagdenhautîen dans un article de ces .1finales paru en
1909, par M. de Vildemann qui en décrivant le Raphia
Sesc mentionne que les indigènes retirent de ses fruits une
matière grasse, et plus récemment encore dans une note
de M. Hébert parue dans le Bulletin &lt;le la Société chi­
mique de France, 1911, relative au Raphia Ilookeri, dont
M. A. Chevalier avait rapporté des graines de l’Afrique Occi­
dentale française, mais aucun de ces auteurs n'insiste sur
l’importance de cette matière, qui, pour certaines régions du
Congo, égale au moins celle de 1 Elæis. En elfet, au Gabon,
dans le Como, et partout dans cette contrée, là où l’on ren­
contre dçs Pahouins la production de l'huile de Raphia est
importante. Dans l'Alima et les Likouala, surtout la Likouala
Mossaka, une partie de l’huile vendue sous le nom d’huile de
palme est fournie par des Raphia et un peu partout il en est
de même. Il est difficile de préciser à l’heure actuelle quelle
est l’importance de cette production, mais nous devons la
considérer comme digne d'attention, car elle est susceptible
d’un accroissement important le jour où l'on voudra s’en
occuper.
Tous les Raphia ne donnent peut-être pas de matière
grasse, dans tous les cas ceux qui en produisent diffèrent
comme rendement dans une large mesure et précisément ce
sera là le point faible de leur exploitation car celle de certaines
espèces ne serait pas rémunératrice.
Parmi les espèces susceptibles d’utilisation et par suite
intéressantes, figurent d’abord : le Raphia pedunculata Pal.
Beauv. de Madagascar, étudié par MM. Decroek et Schlagdenhaulfen, d'un faible rendement, le Raphia Sesc De Wild. du
Congo, plus important, les Raphia Ilookeri, et textilis de la
Côte d’Afrique qui donnent peu de chose et diverses autres
espèces du Gabon, dont nous ne connaissons que les noms indi­
gènes et dont une au moins, la première, est très intéressante,
une autre semblant être le Raphia Ilookeri, la troisième nous
étant inconnue ; ce sont ;
PLANTES ALIMENTAIRES

INDIGÈNES DU CONGO FRANÇAIS

�120

A. BAUDON

Anzim, des Pakouins, dont l'huile abondante est plus noire
que celle de \'Elæis\
Atour, à fruits plus gros que ceux de la précédente espèce
et qui est surtout recherchée pour son vin de palme;
Akorré, à fruits turbines, comestibles après cuisson, mais
servant en même temps à produire de l'huile.
Toutes ces espèces, tout en donnant de l'huile, fournissent
des libres textiles (Raphia ducommerce) servant à confectionner
les pagnes qui étaient en usage avant l’importation de nos
tissus. Elles se développent dans les terrains marécageux,
ce qui indique que Raphia textilis 11e ligure pas parmi les trois
dernières, car, contrairement aux autres, l’on ne le trouve
que dans les endroits secs.
L’exploitation des fruits de ces Raphia diffère forcément
de celle de VElæis, car ils ne sont pas de même nature.
En effet, I on sait qu'ils sont composés d’un noyau central
blanc, plus ou moins gros suivant les espèces, à la surface
duquel se trouve sous forme d'une couche d’épaisseur variable,
la matière grasse rouge de laquelle l'on tire l'huile, puis,
extérieurement, des écailles brillantes imbriquées recouvrant
le tout. La couche grasse est, ainsi que nous venons de le
dire, rouge à l’état frais, mais si pour une cause quelconque
des écailles viennent à tomber, ou lorsque le fruit a atteint sa
maturité complète, période à laquelle elles se détachent
facilement, elle ne tarde pas à devenir noire sous l’action de
champignons spéciaux. Le procédé employé par les indigènes
pour retirer l'huile est assez compliqué, il faut d'abord
recueillir les fruits avant leur complète maturité, et là, il y
a une question d'habitude, car autant que possible il faut le
faire à une période déterminée de leur développement, car
pris trop tôt ou trop tard ils ne donnent qu'un petit rende­
ment. La récolte terminée (et elle peut durer presque toute
Tannée car Ton trouve sur le même pied au moins dans
certaines espèces des fruits aux divers stades de développe­
ment) on les met en tas dans des trous ou alors simplement
à l’ombre et sous du feuillage pour les laisser fermenter, cela
pendant une semaine environ ; au bout de ce temps, Ton

PLANTES ALIMENTAIRES INDIGÈNES DU CONGO FRANÇAIS

121

sépare par malaxage les écailles des noyaux et Ton met le
tout à bouillir dans de grandes marmites en terre. Après un
moment Ton retire la masse et on la met dans des filets
spéciaux à mailles fines et c'est par torsion que Ton obtient
l’huile qui tombe sur une planche formant rigole pour arriver
dans les récipients dans lesquels on la conserve. Le rende­
ment est très variable, d'abord d’après les espèces, mais aussi
suivant le degré de maturité des fruits employés, la durée de
la fermentation et la façon dont la torsion a été faite, de telle
sorte qu'il est assez difficile de donner un pourcentage du
rendement. En ce qui nous concerne, nos résultats ont été
tellement différents que nous ne pouvons les mentionner sans
procéder à de nouveaux essais. Les analyses faites en France
sur des échantillons rapportés d’Afrique ne donnent pas non
plus les chiffres exacts de la teneur en corps gras, car durant
le voyage les fruits ont dépassé la maturité voulue et se sont
desséchés, aussi ce n’est, croyons-nous, que sur place que
Ton pourra arriver à connaître la valeur exacte des Raphia
comme producteurs d huile.
De ce qui précède il est facile de conclure que ces palmiers
sont susceptibles d'exploitation dans les régions où ils
abondent, comme au Congo par exemple, mais qu'étant
donnée la difficulté de l’exploitation, Ton ne pourra qu’acheter
la production indigène, sans songer, au moins pour le moment,
à employer des procédés perfectionnés d'extraction. Du reste,
en procédant ainsi, Ton ne fera que renouveler ce qui a été
fait pour le commerce de l'huile de palme.
ÇOLATIER

Bien que le colatier ne doive pas à proprement parler être
compté parmi les plantes alimentaires, nous croyons néan­
moins pouvoir le faire figurer dans ce travail, à cause du haut
intérêt reconnu par tout le monde de ses graines, qui ont
pris une place notoire dans la Pharmarcopée européenne.
Un récent et très intéressant ouvrage de MM. A. Chevalier et
E. Perrot a mis au point toutes les questions relatives aux

�122

A. BAL’DO N

colatiers et aux colas, lesquelles avaient été exposées il y a
de nombreuses années par M. le Prolesseur Heckel. Mais ce
travail est fait surtout pour l’Afrique Occidentale, pays que
le premier des deux auteurs a parcouru dans tous les sens ;
par contre il est moins bien documenté en ce qui concerne
l’Afrique Équatoriale, pour laquelle ils n'ont pu que se rap­
porter aux documents très divers parus sur la question,
documents qui sont souvent inexacts. Nous leur destinions
les notes ci-dessous qui sont arrivées trop tard pour être
utilisées, aussi croyons-nous bon de les publier espérant
qu elles pourront contribuer à compléter l’ouvrage dont nous
venons de parler.
-1 priori, l’on peut dire que les colatiers existent presque
partout au Congo ; en effet, ils ont été signalés au Gabon,
dans l’Ogoué, dans le Bas-Congo et l'Oubangui, et ils ne
disparaissent qu'a près Bangui, dans la zone Soudanienne qui
succède à la forêt. Cela n implique pas pourtant qu'on le
trouve en tous les points de notre vaste colonie, car, en effet,
il y a des zones souvent étendues où l’on n’en voit que très
peu, voir même peut-être pas du tout, mais elles sont dans
tous les cas peu nombreuses, et du reste rien ne prouve que
l’on ne pourrait pas en trouver.
A notre connaissance, trois espèces seulement se rencontrent
d’une façon courante, espèces qui, croyons-nous, pourraient
peut-être se subdiviser en sous-espèces ; ce sont :
Cola acuminata (Pal. Beauv.), Schott et Endl.
Cola verticillata, Stapf.
Cola Ballayi, Cornu.
La première, Cola acuminata, est fort connue, car elle a
une aire de répartition très vaste, puisqu'elle est signalée en
de nombreux points de la côte d Afrique. Elle se trouve au
Gabon dans la zone côtière, et assez communément sur le
bord des rivières. Sans oser dire qu elle n’est pas spontanée
dans le pays, nous avons de très fortes raisons de croire
qu’en beaucoup d'endroits elle a été plantée. Il résulte, en
eifet, de nos observations, observations corroborées du reste
par le dire d indigènes dignes de foi, que presque partout où

Annales du Musée colonial de Marseille
2* sé-rie, t. 10. — 1012).

Branche feuillue de Cola verticillata Schumann

�A nnales du Musée colonial de M arseille
(2' série, l. 10. — 1912).

F ru it de Coin v e r lic illa la Schum ann,

IM. V .

�PLANTES ALIMENTAIRES INDIGÈNES DU CONGO FRANÇAIS

123

l’on voit Cola acuminata, il y a eu autrefois un village, ce
qui explique qu’on le trouve par taches de loin en loin, ainsi
que cela se passe pour 1Elæis. Nous ajouterons même que
dans le Mayumbe où cette espèce est, parait-il, excessivement
commune, elle a été probablement introduite par les Portugais,
il y a déjà de nombreuses années. A ce sujet nous nous per­
mettons une remarque au sujet des renseignements parus sur
les eolatiers, comme du reste sur ceux relatifs à beaucoup
d’autres plantes, c’est que l’on rapporte souvent tel ou tel
nom d'espèce, alors que la détermination n'a jamais été
contrôlée et que ceux qui l’ont donné les premiers l’ont fait
un peu au petit bonheur, parce qu'ils ont entendu parler de
cette espèce et non des autres. Cette remarque s’applique en
particulier au Cola acuminata qui a été signalé partout au
Congo, alors que, ainsi que nous le montrerons tout à l’heure,
c’est, au moins dans certaines parties, une autre espèce qui
domine, laquelle, croyons-nous, n'y a jamais été mentionnée.
Sans vouloir reprendre les documents que nous n avons pu
vérifier, nous sommes en mesure d’afTirmer que dans le BasCongo, la Louessé et l'Oubangui, le Cola acuminata est rela­
tivement rare et que partout où nous l’avons trouvé c’était
dans des endroits habités ou l’ayant été, ce qui semblerait
indiquer qu’il n’y était pas spontané.
La deuxième espèce, Cola verticillata, est par contre com­
mune partout, sauf dans l’Oubangui où elle est remplacée par
Cola Ballayi. C’est elle que l’on rencontre en de nombreux
endroits au lieu de Cola acuminata qui avait été signalé.
M. A. Chevalier la cite de la Gold Coast et du Bas-Dahomey,
avec doute du Cameroun, en supposant qu’elle correspond au
Cola anomala de K. Schumann. Nous lui avons soumis nos
échantillons, et ils sont semblables à ceux qu'il possède du
Cola verticillata d'autres provenances, du reste, la photogra­
phie ci-jointe montre bien que les feuilles y sont verticillées.
Elle est spontanée dans le pays et très fréquente.
La dernière, Cola Ballayi, est spéciale au Congo. Nous
l’avons rencontrée dans l’Oubangui aussi bien sur la terre
ferme que dans les îles non inondées, c’est un arbre de forêt

«

�124
A. BAUDON
qui croit au Gabon et aussi en pays Batéké, d’après M. A.
Chevalier qui mentionne dans son ouvrage qu elle y a été ren­
contrée par Thollon. Le terme pays Batéké est très vague et
ne permet pas de fixer même approximativement l’endroit de
la récolte, car l'on trouve cette race de l’Alima au Niari et
jusque dans le bassin de l’Ogooué. Mais comme il est admis
que ces populations vivent surtout dans les régions de savanes,
et peu ou point dans la forêt, l’on est amené à émettre deux
suppositions au sujet de l'origine de cet échantillon, l'une
étant qu il a été trouvé dans la forêt, l'autre qu’il a été prélevé
sur un pied cultivé, ce qui n’aurait rien d'étonnant, car les
Batékès sont très amateurs de colas dont ils mastiquent les
noix tant comme médicaments que pour leurs cérémonies
fétichistes. En effet, cette espèce est nettement sylvicole et ne
paraît pas pouvoir prospérer d'une façon régulière dans les
régions dénudées à sol pauvre et où le soleil est très fort.
De ces trois espèces celle qui atteint le moindre développe­
ment est Cola aeuminata. Son tronc est court, son feuillage
dense et elle a un peu le port de nos arbres fruitiers d'Europe.
Elle est susceptible d'un fort rendement en follicules, lesquels
contiennent des graines relativement grosses et se rapprochant
assez de celles de Cola nitida, mais elles sont à 4-5 cotylédons
au lieu de 2. Les fruits sont en général disposés par 5 sur un
pédoncule de 5 centimètres de long, ils sont verts, glabres, acuminés, recourbés au sommet et contiennent 5-7 ou 9 graines,
enveloppées dans un tégument jaune clair, à fine odeur de
pomme, couleur qui est aussi celle de l'intérieur du follicule et
qui est particulière à cette espèce ; ce tégument lisse du côté
du follicule est rugueux sur les parties de contact avec celui
d'autres graines. Les graines qui sont de couleur rouge pâle
se divisent en cinq cotylédons, rarement en 4.
Lorsque les follicules de ce colatier sont arrivés à complète
maturité, ils se détachent du pédoncule commun et tombent
sur le sol. Les fourmis et autres insectes attaquent alors
fréquemment le péricarpe et le tégument des graines sans
toutefois jamais toucher à ces dernières ; mais le fruit con­
serve toujours sa forme primitive et aucune déhiscence ne se

125
produit, pas plus du reste que dans les autres espèces qui ont
été signalées au Congo.
L’espèce la plus répandue, Cola verticillata, vit dans les
forêts, de préférence dans celles où le sol est humide, son
tronc est plus grêle et plus élancé que dans Cola aeuminata,
car comme toutes les plantes vivant dans la pénombre humide
de la forêt équatoriale, elle cherche la lumière et l’air, et
tend à percer le rideau qui les lui soustrait. Il n'est pas rare
de les voir atteindre vingt mètres et davantage, la partie
dépourvue de branches ayant à elle seule les deux tiers de la
hauteur totale ; mais ce tronc est de faibles dimensions, fré­
quemment tortueux et la couronne peu développée se glisse
au milieu des autres essences pour essayer de percer la voûte
supérieure. Sa végétation est néanmoins vigoureuse quoique
le feuillage soit clairsemé et les branches espacées; fréquem­
ment, ce colatier ne fleurit pas et reste stérile durant plu­
sieurs années, ou, s’il fleurit, il ne donne pas de fruits, ce qui
se produit aussi pour le Cola Ballayi.
Les rameaux de l’année sont normalement verticillés par
trois et s’il n’en est pas toujours ainsi c’est par suite de
l’avortement d’un des bourgeons, ce dont il est facile de se
rendre compte par un simple examen. Il en est de même
pour les feuilles, mais pour ces dernières, l’on peut remar­
quer que les verticilles ne sont pas toujours d’une régularité
absolue, une des feuilles se trouvant quelquefois â un ou deux
millimètres plus haut que les autres. Il semblerait que primi­
tivement le verticille aurait bien existé, mais que le rameau
ne s’étant pas suffisamment développé en diamètre, une des
feuilles gênant les autres, aurait été légèrement repoussée
vers le haut, afin qu’elles puissent disposer de sa place. De
plus, il peut se produire dans les rameaux de l’année que
certaines feuilles soient isolées, ce qui enlève évidemment de
l’importance au caractère propre de l'espèce qui est de les
avoir verticillées. Néanmoins l’on ne peut pour cela la sépa­
rer du Cola verticillata, peut-être pourrait-on en faire une
variété, car ces modifications pourraient avoir été causées par
hybridation. Les fleurs femelles à cinq divisions sont plus
P l a n t e s a l im e n t a ir e s I n d ig è n e s du congo f r a n ç a is

�A. BAUDON
426
grandes que les mâles et toujours moins nombreuses, l’ovaire
esta 4-5 carpelles, alors que d’ordinaire 1-2, rarement 3,
parviennent à entier développement. Les follicules contiennent
i-5 errâmes se divisant en trois cotylédons.
11 convient de signaler ici que les indigènes du Bas-Congo,
où le Cola verticillata est particulièrement commun, admettent
l’existence de deux variétés de ce colatier dans leur région,
dont l’une serait le type et l'autre probablement un hybride
de Cola verticillata et de Cola acuminata ; malheureusement,
bien que nous possédions de nombreux échantillons de ces
deux variétés, les caractères en sont si peu nets et peu dis­
tincts que nous n'osons nous prononcer d'une façon définitive
sur leur valeur. L’une, nommée par eux moungoulou, a un
follicule assez fort, des graines grosses, rouges, au nombre de
4-5, se divisant en trois cotylédons. Lorsqu’on les mastique,
le résidu que I on crache n'est pas rouge, il prend aussitôt à
l’air une teinte foncée, ce qui suffît aux indigènes pour la
dilïérencier de l’autre ; c’est celle qui est la moins répandue.
L’autre, qui a nom mouké (ce qui veut dire dans la langue du
pays petit), a les follicules de taille moindre, ils contiennent
en général 6 à 10 graines très sensiblement plus petites que
dans moungoulou et se divisant en 4 ; le résidu de la mas­
tication en est rouge. Cette dernière variété est la plus com­
mune et en même temps la plus estimée.
De ce qui précède, I on peut voir que deux espèces caracté­
ristiques, Cola acuminata et Cola verticillata, se rencontrent
simultanément en certaines régions du Congo et qu’en outre
il en existe une troisième qui pourrait fort bien être considé­
rée comme un hybride des deux précédentes, et que cette
hybridation mal déterminée rend diiïicile la détermination
des arbres que I on rencontre.
Cola Ballayi, décrit d abord du Gabon, a été retrouvé par
M. A. Chevalier et par nous dans lOubangui jusqu’à Bangui. c est 1 espèce propre du Congo où elle paraît être abon­
dante dans les forêts. Il atteint facilement 20 mètres de hau­
teur. avec un tronc fort, dressé, et un feuillage épais, son
écorce est grisâtre et les jeunes rameaux sont verts avec des

�127
sillons marrons, les extrémités en sont recouvertes d’une
poussière noirâtre.
Les feuilles poussent sur les jeunes rameaux à hauteur des
nœuds où elles forment de faux verticilles, elles sont vert
foncé en dessus, plus clair en dessous. Les nervures médianes
et secondaires sont fortement saillantes en dessous, d’un
vert plus clair que le limbe ; la première paire de nervures
secondaires part du pétiole à la base du limbe, elles sont au
nombre de huit paires, anastomosées en arc sur les bords où
elles se rejoignent; il en existe de petites entre elles partant
elles aussi de la médiane. Les feuilles sont glabres sur les
deux faces, allongées en coin à la base avec à l’autre extré­
mité un petit acumen. Le pétiole, de 20 centimètres de long
environ, de couleur marron, est épaissi à la base et auprès du
limbe, lequel atteint jusqu’à 50 centimètres de long et 15 cen­
timètres de large.
Les fleurs très nombreuses se trouvent à l’aisselle des
feuilles, en général au bout des jeunes rameaux, elles sont rou­
geâtres en dehors, plus pâles en dedans et rayées de pourpre.
Elles sont disposées en groupes de cymes axillaires et termi­
nales ayant jusqu’à 9-10 centimètres de long, les pédicelles de
10-15 millimètres de long sont velus. Le calice a 5-0-7 lobes,
quelquefois 8, celui des fleurs femelles étant souvent de plus
grande taille et à plus de lobes que celui des mâles. Les
fleurs mâles ont les étamines réunies sur une colonne très
courte (4 mm.), les anthères étant disposées sur deux rangs,
avec au-dessus un rudiment de style surmonté de cinq stig­
mates petits, blancs. Les fleurs femelles ont un ovaire à
5-7 loges surmontant les étamines et recouvert lui-même par
autant de stigmates sessilès réfléchis qu’il a de loges. Les
fleurs ont toujours une odeur nauséeuse et désagréable.
Les fruits sont constitués par des follicules au nombre de
5-7 sur un pédoncule de 10-15 centimètres de long, ils sont
sessiles, légèrement acuminés, recourbés à l’extrémité, forte­
ment velus à 1état jeune, puis devenant verts et glabres,
coriaces, rugueux, atteignant à maturité 15 centimètres de long
et 7,5 de large et 6 d’épaisseur. Ils contiennent dix à onze
fcLANTEâ ALIMENTAIRES INDIGÈNES DD CONGO FRANÇAIS

�A. BAUDON
128
graines de grosseurs inégales et parmi lesquelles quelquesunes ne se développent pas, celles de taille moyenne ont
4 centimètres de hauteur sur 3 de large, elles se divisent en
5, rarement 4 cotylédons.
La période de lloraison dans l'Oubangui est avril, mais l'on
trouve presque toute l’année des colatiers en fleurs. Chaque
arbre en porte toujours un très grand nombre, bien que
quelques-uns n’en aient pas, certains n’ont que des Heurs mâles
et par conséquent pas de fruits dans la suite. Le rendement
en follicules est très variable et il est difficile de l’apprécier.
Cette espèce est particulièrement abondante dans 1Oubangui, surtout parla latitude d'Imfondo, elle correspond, d’après
M. A. Chevalier, au Cola subverticillata de Wildemann et a
été signalée en différents points du Congo Belge. Lorsque les
indigènes recueillent les follicules, ils font aussitôt deux inci­
sions longitudinales dans le péricarpe, puis les conservent
sans autres soins.
A côté de ce colatier, l'on en rencontre dans les mêmes
parages un autre ayant avec lui de grandes analogies, mais en
différant néanmoins par certains caractères qui tendraient,
croyons-nous, à en faire sinon une espèce nouvelle, du moins
une variété bien nette. Nous n’en possédons malheureuse­
ment pas d'échantillon en fleurs. Il atteint 15 mètres de hau­
teur et a l'écorce noirâtre s'écaillant, sa couronne et son feuil­
lage sont peu denses; les jeunes rameaux glabres en sont vert
foncé. Les feuilles elliptiques en coin à la base légèrement
acuminées au sommet atteignent seulement 20 centimètres de
long, 7 centimètres de large avec un pétiole de Gcentimètres;
elles sont vert foncé en dessus, entièrement glabres sur les
deux faces. Les nervures secondaires au nombre de 8-9 paires
sont peu saillantes en dessous. Les fruits se composent de six
follicules verts rayés de vert clair à l’état adulte, avec des traces
d'un tomentum noirâtre ; ils sont ovales, à extrémité recourbée,
leurs dimensions sont 10-11 centimètres de long, 4,5-5 cen­
timètres de large. 3-3,5 de haut ; à la surface supérieure il
existe un sillon plus ou moins marqué, ils sont portés par un
pédoncule de 7 centimètres de long, rougeâtre, à écorce s’ex-

129
foliant. La partie interne du péricarpe et le tégument enve­
loppant les graines sont blancs. Les follicules contiennent
chacun de 9 à 11 graines, rangées sur deux rangs, la première
du côté du point d’attache étant la plus grosse et empiétant
sur les deux rangs, les autres relativement petites et attei­
gnant seulement 2,5-3 centimètres de longueur et tle largeur
sont d un rouge vif et se divisent en 4-5 cotylédons.
A ces modifications des caractères extérieurs, correspondent
en outre une teneur différente des graines en caféine. Les
analyses citées par MM. A. Chevalier et E. Perrot dans leur
ouvrage sur les colatiers, analyses se rapportant à ces deux
variétés, le confirment ; l’une ayant donné 1,53 de caféine
pour cent de graines sèches, l’autre seulement 1,21. De ce
qui précède, il semblerait résulter que des variations chimiques
de la graine correspondent avec des différences botaniques, car,
dans le cas particulier ci-dessus, les graines analysées ayant été
recueillies sur des arbres différents botaniquement, mais
poussant dans des sols et des conditions climatériques iden­
tiques, l'on ne peut invoquer le milieu comme en étant la
cause initiale, et ce serait bien aux divergences d espèces
qu’il y aurait lieu de les rapporter. Ceci du reste permettrait
d expliquer dans une certaine mesure les différences très
grandes qu’ont données les nombreuses analyses de graines de
Cola qui ont été faites, analyses de graines de mêmes prove­
nances, mais peut-être d’espèces ou de variétés différentes,
car l'on est encore mal lixé sur elles de même que sur leur
aire de répartition.
Les espèces que nous avons mentionnées sont celles dont
nous possédons des échantillons à peu près complets et que
nous avons pu observer d’une façon sérieuse ; mais elles ne
sont pas les seules, car nous en avons aperçu d'autres que
les circonstances ne nous ont pas permis d'examiner, de telle
sorte &lt;jue la question des colatiers au Congo est loin d être
élucidée, tout au contraire, et qu’il reste beaucoup à faire
pour l'éclaircir, aussi serions-nous heureux si ces notes pou­
vaient y contribuer.
Sans jouer, au point de vue indigène, un rôle aussi imporPLANTfiS ALIMENTAIRES INDIGÈNES DU CONGO FRANÇAIS

.1 fin a le s

J u M u sé e c o lo n ia l J e M a r s e ille .

— 2* série, 10' v o l. 1912.

9

�A. BAUDON
130
tant qu’au Sénégal, au Soudan et en Guinée, les graines de
cola sont en Afrique Equatoriale dignes de retenir l’attention.
Toutes les tribus congolaises ne s’en servent pas, niais néan­
moins nombreuses sont celles qui les utilisent soit comme
excitant, aphrodisiaque ou simplement par pur fétichisme,
ou pour ces divers motifs réunis. Au point de vue exportation,
elles n'ont à l'heure actuelle qu'une importance nulle, après
avoir donné lieu, il y a déjà un certain nombre d onnées, à un
trafic d’une certaine importance. Depuis cette époque, les
colons s’en sont désintéressés, les produits de la Guinée et
du Sierra-Léone les ont remplacés, et cela d’autant plus faci­
lement qu elles ont été dépréciées sur les marchés, sous le
prétexte qu elles étaient de qualité inférieure. Sans vouloir
dire que les graines de Cola du Gabon valent celles du Cola
nitida à deux cotylédons qui sont les plus appréciées, nous
pouvons néanmoins faire remarquer que si l’on compare les
analyses se rapportant au Cola Ballayi à celles du Cola nitida,
au point de vue teneur en caféine, qui est une des caracté­
ristiques de ces graines, l’on voit que les premières en con­
tiennent une quantité très approchante de celle des secondes.
L'infériorité du produit congolais doit être surtout recherchée
dans l’indifférence des exportateurs, la difficulté de se procurer
des graines en quantité suffisante et régulièrement, et dans le
peu de soin lors de la préparation des envois.
Au Congo, les graines de cola ne donnent lieu aussi qu’à un
commerce local peu important, elles figurent bien sur de
nombreux marchés indigènes, mais d’une façon irrégulière et
en quantité minime. En effet, les colatiers se trouvent à l’état
spontané un peu partout, sauf le Cola acuminata, aussi les noirs
iecueillent-ils ce qui leur est nécessaire au fur et à mesure de
leurs besoins, sauf en fin de saison où il constituent un petit
approvisionnement. Aussi, précisément àcause de cette facilité
de s’en procurer, la vente en est-elle difficile pour les transac­
tions entre naturels et si l'on en trouve sur les marchés ce n’est
que pour les vendre à nos serviteurs, gardes régionaux ou
autres, qui n'ont pas le temps ou la facilité de s’en procurer euxmêmes. Par suite il n'existe pas de cours pour ce produit, le

131
vendeur cherche à en retirer le plus cher possible alors que
l'acheteur fait tout ce qu’il peut pour l'avoir à bon compte. Ce
n'est que sur les marchés des centres, Libreville, Brazzaville,
Bangui, ou des postes importants, plus rarement sur ceux qui
sont spéciaux aux indigènes, que l’on en trouve, mais toujours
ou presque l’offre est inférieure à la demande. En certains
points comme Imfondo et Bangui par exemple, l'on pourrait
créer un petit mouvement commercial pour les colas, d’Imfondo vers Brazzaville, de Bangui vers le Tchad. Comme
presque partout les colatiers n’ont pas de propriétaires, il
suffirait aux indigènes de recueillir les follicules pour les
vendre aux équipages des vapeurs naviguant sur l'Oubangui
d’une part, aux caravaniers ayant conduit des troupeaux à
Bangui et (pii reviennent à Fort-Lamy avec peu de choses.
En ces deux points, nous avons essayé d’amorcer ce trafic;
mais par suite de 1indifférence de ceux qui pourraient vendre,
il est à craindre qu’il ne se développe pas, bien que les débou­
chés existent et que les acheteurs ne manquent pas.
L’on ne peut songer, par suite du manque de moyens de
communications et de la cherté des transports, à tenter l’ex­
portation vers 1 Europe de nombreux produits intéressants,
tels les colas, mais il serait possible, croyons-nous, de tenter
des transactions entre les différentes régions de la colonie,
ce qui pourrait donner déjà de bons résultats.
Ainsi que nous 1avons dit le colatier est peu ou point cul­
tivé au Congo, mais comme on le trouve presque partout,
cela ne présente aucun inconvénient pour les intéressés,
d'autant que la production spontanée dépasse la consom­
mation, à tel point qu il n’est pas rare de trouver aux pieds
de colatiers de nombreux follicules dévorés par les insectes
ou en état de décomposition. Là où ils sont plus rares, certains
indigènes répugnent à en planter à cause de la lenteur de sa
croissance, car, disent-ils, celui qui met un colatier en terre
a de fortes chances d’être mort avant qu il ne produise.
Bien que ces arbres poussent dans les forêts sans soin
aucun, ils se développent vigoureusement et paraissent être
indemnes de maladies cryptogamiques ou autres. 11 y a lieu
èLAiN’t'ES ALIMENTAIRES INDIGÈNES DU CONGO FRANÇAIS

�pourtant de remarquer que, si par suite d’un débroussement
ou pour toutes autres causes, des colatiers sont brusquement
mis en pleine lumière, ils en soutirent et perdent de leur
vigueur. Le feuillage est fréquemment attaqué parles insectes,
et le tronc et les branches portent souvent des Fougères ou
des Orchidées, ou plus rarement des Loranthacées.
Les fruits sont indemnes de toutes attaques extérieures tant
qu’ils sont sur l'arbre, mais il n'en est pas de même pour les
graines qui sont souvent ravagées par un insecte de la famille
des curculionides, mais qui n’est pas le Balaninus kolæ,
dont il se différencie nettement. Il cause les mêmes dégâts
que lui et se trouve sur toutes les espèces en même temps
que dans toutes les régions. Les conséquences des ravages de
ce parasite sont d une importance secondaire, la consommation
des colas ayant lieu en général au fur et h mesure de la récolte,
il suftit de rejeter les graines avariées.
Ainsi que nous l’avons dit, les indigènes du Congo
recueillent les follicules lorsqu’ils en ont besoin, mais, quand
arrive la période où ils deviennent rares, ceux qui en veulent
faire une provision les conservent en mettant les graines
pourvues encore de leur tégument dans du sable fin et bien
sec, placé lui-même dans un vase en terre recouvert d’un cou­
vercle. Le tout est gardé dans un endroit frais, mais non
humide et on arrive ainsi à maintenir des graines en bon état
durant une période relativement longue.

Origine et description des terres. — L’échantillon n° 1
provient du Dahomey, il a été rapporté en 1901) par M. Borelli
et est constitué par du sable mis sous forme de tablettes;
cette préparation est très en faveur auprès des femmes
enceintes qui lui attribuent le pouvoir de faciliter l’accouche­
ment.
Le n° 2 a été envoyé du Congo par M. Noufflard, alors
secrétaire général : c’est un mélange de sable et d argile.
Les nos 3, 4, 5 et 6 proviennent de la Nouvelle-Calédonie
et sont dus au commandant Pennel. Les nos 3 et 4 mangés
par les Canaques dTIouaïlou semblent constitués par une
même terre blanche friable et très riche en silice.
Les nos 5 et G sont assez différents des précédents, ils sont
colorés en brun par une forte proportion d'oxyde de fer ; le
n° G renferme en outre des débris végétaux.
La préparation de ces échantillons est assez peu soignée;
les indigènes se sont contentés de trier grossièrement la

�134

DOCTEURS ALOY ET ROURDI N

terre, parfois de la calciner. Nous avons eu l'occasion d’exa­
miner des terres de Bolivie rapportées par la mission CréquiMontfort, les échantillons étaient parfaitement homogènes et
moulés sous la forme de petites statuettes.
Analyse. — La quantité de terre que nous possédions était
trop minime pour permettre une analyse quantitative absolu­
ment complète, nous avons pu néanmoins doser les princi­
paux constituants en opérant de la façon suivante :
Sur une prise d’essai de 2 gr. environ nous avons déter­
miné l’eau faiblement combinée et ensuite l'eau énergique­
ment retenue en chauffant d’abord à 110°, puis au rouge.
Une autre portion de la terre a été épuisée par l'eau et par
les acides pour éliminer les parties solubles : dans le résidu
nous avons dosé les silicates par les méthodes habituelles.
Les analyses suivantes se rapportent à 100 gr. de terre.
I. — Echantillon n° 1 rapporté par M. Borelli du Dahomey :
Perte à 110°...................................... nulle
Perte au rouge (eau et matières
organiques)....................................
4,2
Silice................................................. 92,4
Oxyde de fer et alumine................... 2,8
Chaux................................................
0.4
Magnésie et sels alcalins................. traces
Partie insoluble dans les acides.. . 84
11. — Echantillon provenant du Congo, envoyé par
N. Noufflard, secrétaire général du gouvernement du Congo
français :
Perte à 110°.................................... 0,42
Perte au rouge............................... 5,5
Silice............................................... 86,2
Oxyde de fer...................................... 5,4
Alumine............................................. 2,5
Chaux et magnésie........................... traces
Résidu insolubledans les acides.. 78

135
III et IV. — Terre mangée par les canaques d’IIouailou
(Nouvelle-Calédonie) envoyée par le commandant Pennel :
III
IV
Perte à 110°.................................... nulle nulle
Perte au rouge...............................
3,91 3,61
Silice.................................................... 78,80 77,4
Alumine........................................... 8,07 9,21
Oxyde de fer...................................
4,25 3,50
Chaux..............................................
3,20 3,45
Magnésie.........................................
1,25 2,01
Potasse et soude............................. 0,45 0,62
Résidu insoluble dans les acides.. . 75,5 74,6
Ces deux terres sont de composition très voisine.
V. — Terre mangée par les Canaques de Bourail, due à
M. le commandant Pennel :
Perte à 1 10°............................ 9,55
Perte au rouge.......................... 15,30
Silice.......................................... 50,45
Oxyde de fer.............................. 25,40
Alumine.................................. 7,03
Chaux...................................... 1,02
Magnésie................................. 0,8
Sels alcalins.............................. trace
VI. — Terre comestible mangée par les Canaques de la
tribu de Né (Bourail) envoyée par le commandant Pennel :
Perte à 110°........................... 8,62
Perte au rouge.......................... 19.37
Silice........................................... 45,31
Alumine..................................... 10,75
Oxyde de fer.............................. 22,12
Chaux..................................... 2,8
Magnésie................................. 0,6
Sels alcalins.............................. traces
Ces analyses et celles qui ont été publiées par d’autres
auteurs et nous-même montrent que les terres dites cornesÉCHANTILLONS DE TERRES COMESTIBLES

�DOCTEURS ALOY ET BOURDIN
13*')
tibles ne renferment aucun principe organique utile à 1écono­
mie. Faut-il en déduire qu elles ne jouent aucun rôle physio­
logique? Cette conclusion généralement admise nous parait
trop absolue; en traitant (à 37°) les terres alimentaires que
nous avons pu examiner par un suc gastrique artificiel renfer­
mant 2 à 3 pour mille d’acide chlorhydrique, nous avons
constaté que dans tous les cas une partie du fer et du cal­
cium entrait en solution; en outre l’acidité du suc gastrique
était partiellement neutralisée.
Il nous semble donc, sans méconnaître Faction néfaste de
la géophagie, qu'on ne peut nier la triple action exercée par
les terres comestibles :
1° Par leur état physique, en se délitant elles agissent
comme absorbantes ;
2° Par le fer et le calcium solubles dans le suc gastrique,
elles cèdent à l'organisme une partie de ces deux corps;
3° Elles neutralisent partiellement le suc gastrique.

RECHERCHES ANATOMIQUES
SUR TROIS ESPÈCES DE K A L A N C H O E
DE MADAGASCAR
DONNANT DES RÉSINES PARFUMÉES
DANS LEURS ECORCES

Le genre Kalanchoe Adans. (Calanchoe Pers., Vereia Andr.)
appartenant à la famille des Crassulacées a été étudié récem­
ment par M. Raymond Hamet, qui en a publié une excellente
monographie 1.
Ce genre comprend plus de cinquante espèces; presque
toutes croissant en Afrique et à Madagascar. L Afrique conti­
nentale possède 20 espèces. « Les limites de leur aire de répar­
tition, écrit M. R. Hamet (p. 876), coïncident presque exacte­
ment au nord avec celles des régions chaudes à température
peu variable; mais elles les dépassent au sud. On trouve en
effet quelques Kalanchoe au Transvaal, au Natal et au Cap. »
Mais c’est Madagascar qui paraît être la véritable patrie de
ces plantes; la grande île en compte 23 espèces décrites dans
le mémoire de M. Hamet. L’Asie, l'Océanie et l’Amérique
sont, au contraire, pauvres en Kalanchoe.
Au point de vue anatomique et histologique, ces plantes
étaient à peu près inconnues jusqu’à ces derniers temps; mais
deux intéressants mémoires ont été récemment publiés sur ce
sujet; ils sont dus à MM. André Dauphiné et Raymond
Hamet
1. Raymond Hamet, Monographie du genre Kalanchoe (Bull, de l’IIerb.
Boissier, 2e série, t. VII (1907), p. 869-900, et t. VIII (1908), p. 17-48).
2. a) André Dauphiné et Raymond Hamet, Contribution à l’étude
anatomique du genre Kalanchoe (Ann. des Sc. nat. Botanique, 1911,
9e série, t. XIV, p. 195-219).
b) André Dauphiné, De l’évolution de l’appareil conducteur dans le
genre Kalanchoe (Ann. des Sc. nat. Botanique, 1912, 9e série, t. XV,
p. 153-163).

�F. JADIN ET A. JUILLET
138
Ces auteurs ont étudié 16 espèces de ce genre, qui sont :
A', crenata R. Hamet, K. teretifolia Deflers, A. Iincarifolia
Drake. K. Beauverdi H. Hamet, K. abnipta B. Balfour, K.
Costantini R. Hamet, K. thijrsiftora Harvey, K. rotundifolia
Haworth, K. laciniata DC., K. Luciæ R. Hamet, K. proliféra
R. Hamet, Ii. pin mita Persoon, 1\. mannorala Baker, K. beha­
rensis Drake, A. velutina Welwitsch, A. uniflora R. Hamet.
M. le Professeur Heckel a eu l’amabilité de mettre à notre
disposition des échantillons de trois espèces de Kalanchoe
croissant au sud de Madagascar et cultivées dans les serres
du Jardin botanique de Marseille. Ces espèces sont :
A. Grandidieri Bâillon ; K. Delescurei R. Hamet ; A. beha­
rensis Drake.
Des trois espèces mises à notre disposition, une seule,
K. beharensis Drake, a été étudiée sommairement par
MM. A. Dauphiné et R. Hamet; ces auteurs paraissent n’avoir
pu étudier que le pétiole de cette plante; voici ce qu’ils
écrivent au sujet de cette espèce .
«Tige... — ... — Pétiole à épiderme souvent prolongé en
« poils composés d’un pédicule bref, pluricellulaire, suppor« tant trois longues branches aiguës constituées par les rami« fîcations d’une cellule unique (lîg. 19). Parenchyme riche
« en oursins d’oxalate de calcium. »
Ayant eu à notre disposition des feuilles et des tiges des
trois espèces précitées, nous avons donc pensé qu’il serait
utile de publier les observations que nous avons pu faire.
De plus M. Heckel a signalé dès 1908 1 que les écorces de
certaines espèces de Kalanchoe croissant sur la côte sud-ouest
de Madagascar, aux environs de Tuléar, étaient résineuses et
pouvaient brûler en répandant une odeur de benjoin. Il cite
les A. Grandidieri et beharensis comme possédant ces écorces

1. E. Heckel, Sur une nouvelle espèce de Sareocaulon Sweet, de
Madagascar sud (S. Curra.ll nov. species) et sur l’écorce résineuse des
Sareocaulon (C. R. Acad. Sc., 1908, t. 147, p. 906-908). Sur la nature
résineuse rapprochée des écorces de Sareocaulon du Cap et de quelques
Kalanchoe de Madagascar (C. R. Acad. Sc., 1909, t. 148, p. 1073-1075).

Annales du Musée colonial do Marseille
(2" série, t. 1». — 1012).

Kalanchoe Grandidieri Haillon

Jard in botanique de la ville de M arseille ,.

PI. Vil.

�Annales du Musée colonial de Marseille
(2' série, 1. 10. — 1912.

Kalnnchoe Grandidieri Bâillon
(Jardin bolaniquc’de la ville de Marseille).

PI. VIII.

�139
riches en résine. Il a fait remarquer dès cette époque, que les
indigènes de Tuléar désignent sous le nom de Mongy aussi
bien l'une et l’autre de ces espèces, tout en rappelant que
Drake indique sous le nom de Mongy le 1(. beharensis, tandis
que le K. (iranciidieri est rapporté par cet auteur comme
étant désigné sous les noms de Sofysofy et haka dans sa
patrie d'origine.
M. Heckel a pu mettre à notre disposition une certaine
quantité de ces écorces résineuses, ce qui nous a permis de
les étudier au point de vue anatomique.
Voici les principales observations que nous avons pu faire
sur les matériaux d’étude mis à notre disposition.

RECHERCHES

ANATOMIQUES SI R TROIS ESPÈCES DE KALANCHOE

K. Grandidieri Bâillon.

Plante érigée, glabre portant des feuilles sessiles, opposées,
allongées (PI. I et II) ; longues de 9 à 13 centimètres,
larges de 4 à 6 centimètres. Les feuilles sont légèrement
mucronées et présentent des bords latéraux faiblement relevés.
T ige . — La section transversale de la tige est sensiblement
quadrangulaire (fig. l)j l’écorce, notablement plus développée

Fig. ] . _ Coupe transversale de la lige jeune du K. Grandidieri.
Schéma. — Gr. = 1 x 3 .

que le cylindre central, a une épaisseur environ deux fois plus
grande que celle de ce dernier.
Le suber de cette plante riche en résine a particulièrement
attiré notre attention. Nous avons représenté dans les ligures
2 et 3, la formation de ce liège.

�li n

F. J VI*IN ET A. J I'IL L E T

La figure 2 est la reproduction d'une coupe longitudinale
faite à cinq millimètres du sommet végétatif de la lige. On y
voit un épiderme nettement différencié, constitué par des cel­
lules légèrement allongées dans le sens radial, pourvues

RECHERCHES ANATOMIQUES SUR TROIS ESPÈCES DE RALANCHOE

1i 1

cellules ne tardent pas à s'écraser comme le montre la figured,
prise k un centimètre plus bas sur la même coupe.
Quand l’assise subéreuse ne compte que dix à vingt assises
de cellules, chaque cellule possède encore son noyau; ces
noyaux ne disparaissent que peu k peu, au fur et à mesure
que la subérification des parois se fait. Ce sont donc les assises
les plus externes qui perdent d’abord leur noyau. Pendant la

K. Grandidieri

F ig. 3. — S u b e r du
; coupe lo n g itu d in a le
1 cm. de la coupe précédente. — G r. = 1

à

Fig. 2. — Premières fo rm a tio n s subéreuses dans la tig e du
coupe lo n g itu d in a le â 5 m m. du som m et. — G r. — 1

K. Grandidieri ;
x

300.

d'une cuticule épaisse. Cette cuticule pénètre assez profondé­
ment entre les cellules, et ne disparaît qu’au voisinage de la
membrane interne, à laquelle elle se relie par une courte
membrane cellulosique. Cette paroi externe cutinisée est légè­
rement ondulée; les sommets de ces ondulations correspondent
aux parois radiales.
Le suber naît aux dépens de l’assise sous épidermique ; sa
formation est très rapide. Constitué au début par des cellules
irrégulières plus ou moins allongées dans le sens radial, ces

x 300.

disparition du noyau, on voit la cellule s’emplir de résine.
Cette résine apparaît sous forme de fines gouttelettes appli­
quées vers les parois externes de la cellule. Peu k peu la
quantité de résine augmente; elle finit par remplir presque
complètement la cellule, apparaissant alors sous la forme d une
couche continue externe, d'une coloration jaune citron(fig. 4).
Plus tard l'activité de l'assise génératrice du suber se ralen­
tit. A ce moment la subérification des parois cellulaires des
assises du liège s’effectue très vite, les cellules perdent rapi­
dement leur noyau et il ne nous a plus été possible de suivre
la formation de la résine qui doit se former très vite et rem­
plir la cellule.

�F. JADIN ET A. JL'lLLEt
142
La résine manque quelquefois dans certaines cellules du
liège, mais elle est alors remplacée par un gros cristal pris­
matique d’oxalate de calcium (fig. 4).
La tige est protégée par cette gaine subéreuse contre une

P--

(3:-

Fig. 4. — Assise génératrice du suber dans la tige âgée du K . G r a n d id ie r i.
Le p o in tillé indique la région occupée par la résine ; dans les ce llu le s subéreuses
les plus internes la résine apparaît sous fo rm e de g o u tte le tte s. — G r. = 1 300-

x

évaporation trop active; ce liège contribue donc à donner à
la plante une physionomie xérophile.
Après la mort de la plante, la dessiccation des tissus de la
tige amène la diminution de son volume; le suber résineux
forme alors une enveloppe rigide qui peut être enlevée facile­
ment sous forme de tuyaux dont le diamètre atteint 2 h
3 centimètres.
C’est ce liège résineux qui avait attiré l’attention de
M. Heckel et que cet auteur a décrit dans les notes que nous
avons signalées plus haut.

�RECHERCHES anatomiques sur trois espèces de kalanchoe 143

Ces tubes résineux (pl. VIII bis) sont cassants; la cassure lamelleuse a un ou deux millimètres d’épaisseur; ils portent sur
leur face externe les traces des feuilles sous forme de cica­
trices ovales dont le grand axe est perpendiculaire à celui de
la tige; ces cicatrices sont visibles sur la face interne ellemême; elles forment des dépressions très nettes et souvent
perforées. La surface externe des tubes porte des lichens en
plages plus ou moins étendues ; nous avons pu quelquefois

Fig. . — Cristaux d’oxalale de calcium dans les cellules
du parenchyme cortical de la tige du K. Grandidieri. — Gr. = 1 X 300.
5

observer les apothécies de ces lichens, facilement distinctes
à la loupe. La surface interne est plus foncée que la surface
externe, elle laisse voir des débris du tissu cortical encore
adhérent à la partie subérifiée et résineuse.
L écorce épaisse est constituée par un parenchyme lacuneux,
entièrement cellulosique; elle est riche en cristaux prisma­
tiques d’oxalate de calcium. Ces cristaux sont, tantôt isolés
dans de petites cellules (fig. 5), diposées en files longitudinales
plus ou moins allongées, tantôt réunies au nombre de 2 à 6
dans une grande cellule du parenchyme.
Les cellules des assises externes de ce parenchyme con-

�F. JADIN E t A. IllLLET
144
tiennent de la chlorophylle; celles des assises internes con­
tiennent des petits grains d'amidon. Les assises les plus
voisines du cylindre central sont les plus riches en amidon.
Le liber, bien étudié déjà par MM. Dauphiné et Ilamet,
est assez caractéristique. Les tubes criblés proviennent du
recloisonnement d une cellule procambiale externe ; ils forment
de petits paquets à faible diamètre (fig. G).

Fig. 6 . — Ilot de liber de la tige du K . G ra n d id ie ri. G r. = . 1 x 300.

Le bois peu abondant dans la formation primaire, augmente
et présente, dans la formation secondaire, des vaisseaux accolés
en liles radiales, formant un anneau continude faible épaisseur.
La moelle moins développée que l’écorce est cependant
assez abondante. Elle est formée d'un parenchyme cellulosique
à cellules pourvues de parois très légèrement épaissies. Elle
contient des cristaux prismatiques d'oxalate de calcium et de
l'amidon en petits grains arrondis.
F e u il l e . — L’épiderme de la face supérieure est identique
à celui de la face inférieure. 11 n’y a pas de poils. Les cellules
épidermiques se rapprochent beaucoup, au point de vue histo­
logique, de celles de la tige. On y observe une légère ondula-

145
tion dont les sommets correspondent aux parois radiales
(lig. 7), une cuticule épaisse, pénétrant assez profondément
entre les cellules et ne disparaissant qu’au voisinage de la
membrane interne. Chaque cellule épidermique contient un
noyau assez volumineux accolé à la paroi externe.
Vues de face ces cellules sont irrégulièrement polygonales

ue Cherc Mes a n a t o m i q u e s s u r trois e s p è c e s de

Ralanchoe

Fig. ". — Épiderme de la feuille du K . G ra n d id ie ri ;
la partie cutinisée est indiquée par un pointillé. — G r. = 1 X 300.

(lig. 12), à parois à peine ondulées; les stomates qu'on ren­
contre sur les deux faces, sont accompagnés de trois cellules
annexes comme dans le K. crenata étudié par MM. Dauphiné
et Hamet.
Le stomate, en coupe transversale (lig. S), présente une
légère saillie cuticulaire; l'ostiole se trouve au fond d’un puits
qui donne issue dans une chambre sous-stomatique de faible
dimension.
La forme de ces stomates, ainsi que la disposition particu­
lière de la couche cutinisée des parois externes des cellules
épidermiques de la feuille et de la tige correspondent nette­
ment aux caractères rencontrées dans les plantes xérophiles.
A n n a le s d u M usée c o lo n ia l de M a rseille.

— ° série, ' vol. 1912.
2

10

10

�F. JADIN ET A. JUILLET
i 46
Le parenchyme foliaire est homogène, sans différenciation

A nnales du Musée colonial de M arseille
(2” série, l. 10. — 1012 .

Fig. s. — Cellules stomatiques de la feuille du K. Grandidieri
en coupe transversale. — Gr. = 1 X 300.

en tissu palissadique. La chlorophylle est uniformément

FiS- 9- — Péricycle per. de la nervure médiane de la feuille
du K. Grandidieri en coupe transversale. — Gr. = 1 x 300.

Kalanclioe Delescurei Hamet
(Jardin botanique de la ville de Marseille).

PI. IX.

�147
répandue dans les cellules parenchymateuses. Ces dernières
sont pourvues de parois minces, cellulosiques; elles sont
séparées par de nombreux méats.
Les cristaux prismatiques d’oxalate de calcium sont abon­
dants dans la feuille.
Les faisceaux libéro-ligneux sont très réduits. Le faisceau
central est lui-même très petit; il est protégé par un péricycle
cellulosique, constitué par des cellules ti parois épaisses et
finement canaliculées (fig. 9). Le liber et le bois sont très
réduits; ces faisceaux libéro-ligneux sont noyés dans le paren­
chyme foliaire.
ÎŒCHEKCIÎES A N A T O M I Q U E S S Lit TtlOIS ESPÈCES DE K A L A N C H O E

K. Delescurei R. Hamet.

Cette espèce qui se rapproche beaucoup du K. Grandidieri
par ses caractères anatomiques, se différencie cependant de
cette espèce par la forme de ses feuilles.

Fig. 10. — Coupe transversale de la tige jeune du K . D elescurei.

Gr. = 1 X 300.

La plante est érigée, glabre, portant des feuilles sessiles
(PL IX) opposées, charnues et spatulées ; la partie la plus
large varie de 4 à 5 centimètres et demi ; la longueur des
feuilles est de 7 à 8 centimètres; elles se terminent h la partie
supérieure par une petite pointe légèrement relevée et acérée.
T ig e . — La section transversale de la tige est sensiblement
elliptique (fig. 10). Comme dans l'espèce précédente, l'écorce
notablement plus développée que le cylindre central a une
épaisseur environ deux fois plus grande que celle de ce dernier.

�F. JADlN ET A. JUILLET
us
La formation subéreuse est identique à celle décrite dans le
K. Grandidieri, à cela près quelle a une évolution moins
rapide.
Tous les caractères histologiques de cet organe sont iden­
tiques à ceux de l'espèce précédente. Cependant 1écorce qui
contient aussi des cristaux prismatiques d oxalate de calcium,
les présente ordinairement isolés dans de petites cellules à
parois assez épaisses (fig. I 1) et rangées en tiles longitudinales
plus ou moins développées.

Annales du Musée colonial de Marseille
( * série, l. . — ).
2

10

1012

Fig. . — Cristaux d’oxalate de calcium dans les cellules
du parenchyme cortical de la tige du K. Delescurei. Gr. = 1 X 300.
1 1

F euille . — La feuille est anatomiquement à peu près iden­
tique à celle du K. Grandidieri. Les surfaces supérieures et
inférieures sont glabres, pourvues de stomates, affectant le
même aspect que dans l’espèce précédente (fig. 12).
Le tissu de la feuille est homogène ; les cellules sont pour­
vues de chlorophylle et de petits cristaux d’oxalate de calcium ;
les faisceaux libéro-ligneux, très réduits, sont noyés dans le
parenchyme foliaire, et le faisceau central est entouré d'un
tissu cellulosique, à parois épaisses et canaliculées comme
l’indique la ligure 9.

Kal&amp;nchoe beharensis Drake
Jardin botanique de la ville de Marseille).

�RECHERCHES ANATOMIQUES SUR TROIS ESPÈCES DE KALANCHOE

149

Fig. 12. — Épiderm e et stom ates de la feuille du K . D elescur-ei.
G r. = 1 x 300. Cs, cellules stom aliques ; Ca, cellules annexes.

* K. beharensis Drake.

C'est une plante érigée, simple (PI. X), portant dans les
parties jeunes des poils à trois branches longues et effilées.
Les feuilles sont opposées, longuement pétiolées, peltinerviées,
charnues et triangulaires; le bord inférieur présente de petites
dentelures, les deux autres bords sont dentelés et profondé­
ment découpés de telle sorte que la feuille est légèrement
trilobée. Les bords du limbe sont relevés et la feuille pré­
sente une dépression au point d'insertion du pétiole. Le pétiole
et le limbe portent des poils identiques à ceux de la tige.
Les feuilles que nous avons eu à notre disposition mesu­
raient 20 centimètres de long de la base du pétiole à la pointe
du limbe. Le limbe avait 12 à 13 centimètres de long; la
largeur comprise entre les deux pointes basilaires opposées

�F. JADl.N ET A. JUILLET
!50
mesurait 20 centimètres ; 1insertion du pétiole sur le limbe se
faisait 5 deux centimètres du bord inférieur de ce limbe.

RECHERCHES ANATOMIQUES SLR TROIS ESPÈCES DE KALANCHOE

151

L’épiderme possède une cuticule nettement différenciée.
Les cellules épidermiques sont allongées dans le sens tangentiel.
La couche de cellules placées immédiatement au-dessous de
l'épiderme est riche en tanin ; les parois de ces cellules sont
légèrement épaissies (fig. 14).

Fig. 13. — Coupe transversale de la lige jeune du K. beharensis. — Gr. = 1x3.

Tige. — La section transversale de la tige est ovale (fig. 13) ;
elle présente des échancrures diamétralement opposées, cor­
respondant à l'insertion des feuilles.

Fig. lb. — Suber et son assise génératrice dans la tige âgée du K. beharensis ;
les parois des cellules subéreuses sont masquées par la résine qui les imprègne.
Gr. = 1 X 300.
Fig. î. — Premières formations subéreuses dans la lige du K. beharensis ;
coupe longitudinale à mm. du sommet. Les cellules à tanin sont pointillées.
Gr. = t X 300.
1

8

Contrairement aux deux espèces précédentes, la moelle est
ici notablement plus développée que l’écorce et a une épais­
seur environ deux fois plus grande que celle de cette dernière.

La couche génératrice du suber naît, comme l'indique la
coupe longitudinale (fig. 1i) faite à un centimètre du sommet,
aux dépens des cellules épidermiques ; il est probable que les
cellules sous-épidermiques, contenant du tanin, ne peuvent
plus donner naissance à un cambium ; l’assise génératrice du
liège se forme alors aux dépens des cellules épidermiques.
Comme dans les deux espèces précédentes, le liège se déve-

�F. JADI N F.T A. JUILLET
152
loppe rapidement et ne tarde pas à former une lame continue
et épaisse, présentant ici des cellules très régulièrement super­
posées ^fig. 15 et lig. 16) remplies de matière résineuse qui
masque la structure cellulaire de cette couche (fig. 15). Mais
si on traite les coupes d'abord par un mélange de xylol et
alcool fort, puis par de l'hypochlorite, on dissout tout le con­
tenu cellulaire et il est alors facile d'observer que les mem­
branes tangentielles de ces cellules sont plus épaisses que les
membranes radiales (tig. 16).

153
La moelle est cellulosique, les cellules contiennent de bami­
don ou du tanin. Les màcles d’oxalate de calcium y sont nom­
breuses.
F e u il l e . — La coupe transversale du pétiole présente un
faisceau libéro-ligneux principal, ouvert, aplati, dont le bois
regarde la face supérieure du pétiole. Tout autour de ce
faisceau principal on observe des faisceaux libéro-ligneux, peu
REÇU KHCil ES ANATOMIQUES SUR TROIS ESPÈCES DE KALANCIiOE

Fig. 16.— Suber de la tige âgée du K. beharensis, la résine ayant été éliminée.
Gr. = x 300.
1

Le parenchyme cortical est formé de cellules arrondies, à
•parois cellulosiques, assez épaisses, laissant entre elles des
méats nombreux. La chlorophylle y est abondante dans les
assises externes et l'amidon dans les assises internes. Cet
amidon se présente constitué comme dans les espèces précé­
dentes, par de petits grains arrondis, mais l’oxalate de
calcium est ici en grosses màcles en oursin (fig. 15).
Les faisceaux libéro-ligneux d’abord isolés les uns des
autres ne tardent pas à se rejoindre et à former un anneau
continu de faible épaisseur. Le liber est protégé par un tissu
eollenchymateux. Le bois est peu abondant, pauvre en gros
vaisseaux.

Fig. 17. — Epiderme supérieur et parenchyme chlorophyllien de la feuille du
K. beharensis en coupe transversale. — Gr. = 1 X300. c. cellules à tanin,
c. h., tissu chlorophyllien.

développés, les plus réduits, au nombre de deux, étant ceux
qui sont placés en arrière du faisceau principal et dont le bois
fait face au liber de celui-ci.
Les cellules épidermiques ne présentent qu'une faible
cuticule ; elles restent allongées dans le sens tangentiel, et

�loi

F. JAD1&gt; ET A. JUILLET

l'assise sous-épidermique est composée d une rangée decellules
à tanin comme dans la tige. Le tissu parenchymateux est homo­
gène; les cellules les plusexternescontenant delà chlorophylle.
Le pétiole présente des poils identiquesàceux delà jeune tige.
La coupe transversale du limbe montre un épiderme supé­
rieur faiblement cutinisé, à cellules allongées dans le sens

155
Le parenchyme foliaire est hétérogène ; car à la face infé­
rieure, l’assise sous-épidermique lanifère disparaît, et le
parenchyme est constitué par des cellules arrondies laissant
entre elles de nombreux méats (fig. LS). Les faisceaux sont
peu nombreux et réduits, ils ne sont pas protégés par un percycle à parois épaissies et canaliculées comme nous l’avons
indiqué dans les deux espèces précédentes. Les mâcles
d’oxalate de calcium sont abondantes dans le parenchyme du
limbe et dans celui du pétiole.

RECHERCHES ANATOMIQUES SUR TROIS ESPÈCES DE KALANCHOE

Fig. 19. — Épiderme inférieur et stomates du K. beharensis vus de face.
Gr. = lX 300.

Fig. 18. — Épiderme inférieur et bases des poils de la fouille du K. beharensis
en coupe transversale. — Gr. = 1 X 300. Les poils n’ont pas été dessinés en
entier : seules les extrémités de leur ramification sont indiquées sur l’un
d’eux.

tangentiel ; les cellules de l’assise sous-épiderme contiennent
toutes du tanin (fig. 17 c.t.). La zone chlorophyllienne est
composée de plusieurs assises de cellules (fig. 17 c. h.) qui
sont allongées dans le sens tangentiel ; la chlorophylle y est
du reste peu abondante.

Les stomates présentent trois cellules annexes, et l'épiderme,
vudeface (fig. 19), montre des cellules polyédriques, petites, à
parois minces, à peine ondulées.
Les poils sont constitués par une cellule à triple ramifica­
tion ; ils naissent de l’épiderme par deux ou trois cellules
surmontées ordinairement de deux rangées de cellules super­
posées (fig. 18). Ce pédicule est court et supporte les trois
longues branches du poil.
En résumé, les caractères anatomiques observés dans ces
trois espèces de Kalanchoe permettraient à eux seuls d'affir­
mer que ces plantes sont xérophiles.
11 faut en outre retenir la localisation superficielle de la
résine. M. L. Planchon a publié dans ce recueil une étude sur

�NOUVELLE CONTRIBUTION
A LA F L O R E

(15e CONTRIBUTION

DE

B OU R A I L

A LA FLORE DE NOUVELLE-CALÉDONIE)

par M. A. GUILLAUMIN

J’ai donné précédemment (Annales du Musée colonial de
Marseille, XIX, p. 55-73) l’énumération de 271 Phanéro­
games recueillis dans la région de Bourail par M. le Com­
mandant Pennel, dont deux nouvelles pour la science (Apiopetalum Penneli, Vesselowskya serratifolia). Depuis, M. le
professeur Dr Heckel m’a communiqué une collection égale­
ment conservée au Musée colonial de Marseille provenant
de la même région. Elle a été réunie par l'Administration
pénitentiaire vers 1900 et comprend 186 phanérogames presque
tous en état d’être déterminés, accompagnés d’indications sur
les conditions de slation et sur la qualité des bois.
Dans la présente énumération sont comprises en outre
quelques plantes recueillies par M. Pennel et qui, détermi­
nées postérieurement à ma contribution à la tlore de Bourail,
n'ont pu y figurer; en tout 84 plantes nouvelles pour la
région de Bourail, 3 plantes introduites, non encore signalées
en Nouvelle-Calédonie [Sisymbrium erysinioides, Euphorbia
splendens, îpomea biloba) et une cinquantaine d'autres
déjà signalées dans la région, mais sur lesquelles l’herbier
de l'Administration pénitentiaire apporte de nouveaux docu­
ments.
R enonce la cées .

Clematis gh/cinoides DC. — n° 148.

�158

A. GUILLAUMIN

n o u v el le

Contribution

a la flo r e de bourail

159

D illén ia c ées .

M alvacées .

Trisema coriaces Ilook f. — n° 98, buisson de 4-5 m., bois
jaunâtre un peu foncé, utilisable pour le tour et la tablet­
terie; lisière des massifs forestiers, 800-1)00 m., sols ferru­
gineux.

Hibiscus liliaceus L. — n° 179, feuilles émollientes, écorce
textile, bois vieux superbe quand il est verni.
Thespesia populnea Gav. — n° 178, bois de rose d’Océanie;
densité : 0,671.

4

P a pa v ér a c ées .

Argemone mexicana L. — (introduit) n° 149, n° 370 (Pennel).
C rucifères .

Sisymbriurn eryéimoides Desf. — n° 152 (introduit), cultures
abandonnées, 700 m.
C a ppa rid a cées .

Gynanclropsis pentaphylla DC. — n° 151, commun le long des
chemins et dans les cultures abandonnées.
V io la c ées .

Agation Pancheri Brong. — n° 325 (Pennel), Koomboiré.
PlTTOSPORACÉES.

Pittosporum rhylidocarpum A. Gray — n° 170 (Pennel),
Jadoung.

G u ttifér a c ées .

Calophyllum montanumXieill. ex Planch. et Triana — n°183,
arbre de haute futaie, beau bois, résine jaunâtre.
T er n str ém ia cées .

Microsemma Balansæ Baill. — n°214, arbre moyen, peu com­
mun, hautes futaies.

S terculiacées .

Héritiers liltoralis Ait. — n° 173, arbuste de 7-8 m., généra­
lement rabougri, bois rougeâtre, â grain serré, assez lin; sur
les plages. Les naturels consomment l’amande du fruit en
cas de disette.
T il ia c é e s .

Solmsia calophylla Baill. var. clxrysophylla Guillaum. —
n° 119, buisson épais, haut de 2-8 m., bois dur, rougeâtre;
fréquent dans les sols ferrugineux, 1000 m.
E læ ocarpacées .

Elæocarpus persicifolius Brong. et Gris — n° 182, arbre moyen,
fruit rond, bleuâtre, bois léger, jaunâtre, employé pour
faire des pirogues.
E. rotundifolius Brong. et Gris — n° 120, bel arbre de 12 m.,
bois dense, rouge; répandu dans les massifs forestiers,
1.050 m., sols ferrugineux; n° 414 (Pennel), Bourjnou.
E. speciosus Brong. et Gris? — n° 181, bel arbre à tronc droit,
bois blanc jaunâtre; fréquent sur les coteaux forestiers,
800 m., terrain schisto-ferrugineux.
M a lpig h ia c ée s .

Acridocarpus austro-caledonicus Baill. — n° 99, arbuste assez
fréquent dans les hautes futaies, bois un peu foncé; n° 358
(Pennel).
Les échantillons consistent en jets vigoureux présentant des
feuilles dont la face inférieure a une pilosité très abondante
et éclatante.

�161
Alectryon carinatus Radlk; — n° 116, arbre de 8-10 m., bon
bois pour clôtures; embouchure des rivières; n° 129 (Pen­
nel), N’di.
Guioa villosa Radlk. — n° 155, arbrisseau touffu de 4-5 m.,
bois blanc à grain fin; commun sur le rivage.
Dodonæa viscosa L. — n° 162, arbrisseau très commun dans
les sols schisto-ferrugineux.
NOUVELLE CONTRIBUTION A LA FLORE DE BOURAIL

A nacardiacées .

Dysoxylum Lessertianum CDC. — n° 157, feuilles aroma­
tiques ; n° 253 (Pennel), Kiouna.
D. Pancheri CDG. — n° 165, arbre de 6-7 ni., bois rougeâtre;
fréquent près du littoral, terrains schisteux.
D. sp. affinis D. rufescens CDC. et D. rnacrophyllurn CDC.
— n° 138, petit arbre de 8-9 ni., bois blanc, léger; massifs
forestiers, 800 m., assez commun.
C éla stra cées.

Pterocelastrus marginatus Bail 1. — n° 56 (Pennel), arbre de
taille moyenne; repiqué autour des plantations de Taro,
Pésémi.

R ham n a cées.

Ventilago neocaledonica Schltr. — n° 343 (Pennel), Kakaoua.
Alphilonia excelsa Reiss. — n° 41 (Pennel), grand arbre de la
chaîne, cœur rouge très dur, sert de bois d'œuvre aux indi­
gènes : manches de tamioc et instruments aratoires, Kigha.
A. .cerocarpa Baill. — n° I 14, arbre de 10 m., tronc de 30 cm.
de diamètre, beau bois très dur, à grain fin, bon pour la
menuiserie line; fréquent sur les coteaux boisés, sol argiloschisteux.
S a p in d a c é e s .

Poclonephelium sp. affinis P. Homei Radlk. — n° 168, arbre de
8-10 m., bois blanc léger, hautes futaies.

Semecarpus atra Vieill. — n° 38 (Pennel), feuilles vert foncé à
nervures jaunes.
Euroshinus obtusifolius Engl. — n° 255 (Pennel), Gouara.
L é g u m in e u s e s .

Indigo fera Anil L. — n° 63, arbuste très commun à l’état
sauvage.
Caslanospernium australe A. Cunnin. et Fras. — n° 80, arbre
moyen, très ramifié, bois utilisable, Châtaignier de NouvelleCalédonie.

Acacia fulgens Labill. — n° 94 pro parte, arbre, bon bois dur,
rougeâtre, dense.
Albizzia granulosa Bthm. —n°68, grand et bel arbre, commun,
bois utilisable pour le charronnage, la charpente et la
menuiserie fine ; densité maxima : 0,497, minima : 0,473,
Acacia de rivière.

R osacées.

Pubus moluccanus L. var. neo-calcdonicus Schltr. — n° 81,
peu commun, terrains schisteux élevés.
S axjfragacées .

Argophyllum ellipticum Labill. — nos 97, 100, arbuste de 45 m., bois rougeâtre; assez répandu dans les sols ferrugi­
neux, 1.000 m., à la lisière des forets.
Annales du Musée colonial. — 2” série, 10* vol. 1912.

11

�A. C.UILLAUMIN
HI2
Codia florihunda Brong. et Gris — n° 138, buisson, bois dur ;
terrains miniers, 500 m.
Panchcria alaternoides Brong. etGrisvar. lanceolata Pampan
— ii° 128, arbre de 10-12 m., bois dur, rougeâtre, à grain
tin, fréquent dans les sols ferrugineux, 1000-1100 m.
P. elcgans Brong. et Gris — n° 121, arbuste de 7-8 m., beau
bois rougeâtre; fréquent dans les sols ferrugineux, 1.000 m.
P. Engleriana Schltr. — n° 123, buisson épais, terrain ferru­
gineux, 1030 m.
Vesselowskya serratifolia Guillaum.—n° 123, arbuste de 10 m.,
bois rouge, agréablement veiné, très beau et très bon;
densité : 0,837 ; fréquent dans les sols ferrugineux, 700 m.
Geissois liirsuta Brong. et Gris — n° 129, arbre de 10-13 m.,
bois très estimé par les indigènes ; fréquent dans la chaîne
centrale, faux Tamanou.
Cunonia Balansæ Brong. et Gris— n° 133,arbre de 12m., beau
bois rougeâtre; futaies épaisses et humides, terrain schistoferrugineux, 1.000-1.100 m.
C. montana Schltr. — n° 134, petit arbre, Ileurs blanches, bois
rougeâtre, dense; terrains rocheux, ferrugineux, humides,
1100 m.

M yrtacées .

Mooria artensis Montrouz. forma — n° 131, arbuste de 7-8 m.,
bois rougeâtre, dur, de longue conservation, employé pour
les manches d’outils; sols schisteux, bords des rivières,
130-200 m., Chêne-laurier ; n° 412 (Pennel) Pénibarabao.
Metrosideros Engleriana Schltr. — n° 144, bois veiné de noir,
à fond rouge brun, dense, à grain serré, très dur, très estimé
des Canaques pour confectionner leurs armes; peu fréquent,
sols rocailleux, 1.100 m.
M. operculala Labill. — n° 83, arbuste de quelques mètres,
feuilles aromatiques ; assez répandu dans les sols ferrugi­
neux, 1.000 m.
Myrfus vaccinioides Panch. ex Brong. et Gris — n° 138 (Pennelî, bois dur, Aoui’ou.
Eugenia bullata Panch. (différent de E. magnifica Brong. et
Gris) — n° 88, arbuste, fruit comestible; hautes futaies.

NOUVELLE CONTRIBUTION A LA FLORE DE BOLRAIL

163

Eugenia sp. — nos 24, 139 (Pennel), Poupéi.
Barringtonia Montrouzieri Yieill. —n° 82, bel arbre du littoral,
bois blanc, assez fin, amande du fruit broyée employée
pour enivrer le poisson. Les indigènes font bouillir avec de
la cendre l’écorce de la racine du Morinda citrifolia et les
feuilles de ce Barringtonia pour obtenir une teinture rouge
pour les cordonnets en poil de roussette.
M éla sto m a cées .

Melastoma malahalhricuni L. — n° 200, sous-arbrisseau assez
répandu dans les sols frais et ferrugineux, 600-700 m.
A raliacées .

Apiope/aluni Penneli R. Vig. — n° 103, arbre de 8-10 m., tronc
un peu déjeté, rameaux nombreux horizontaux, feuilles en
bouquets, inflorescence centrale, bois jaunâtre, fibreux;
coteaux forestiers, 700 m.
Forme de jeunesse du même — n° 106, arbuste de 4 -5 m. ;
massifs forestiers, 1.000 m.
Tieghemopanax austro-caledonicus R. Vig. — n° 160, 7-8 m.,
bois blanchâtre, léger, bon pour les emballages; fréquent
dans les sols schisteux.
Forme de jeunesse du même— n° 156.
T. dioicus R. Vig. — n° 101, arbuste de 2 m.; sols schisteux.
T. myriophyllus R. Vig. — n° 163, bois d une blancheur de lait,
à grain assez fin; assez fréquent sur les versants forestiërs,
700 m., sol ferrugineux; nos 29, 212 (Pennel), N’dhio.
Polyscias pinnata Forst. — n° 31 (Pennel), arbuste de 3 m.,
feuille d'un vert olive, I heu. Les Canaques se frottent le
corps avec les feuilles à la suite des grandes fatigues.
R u bia cées .

Lindcnia vitiensis Seem. — n° 207, arbuste magnifique, bois
léger, blanchâtre; bords des cours d’eau, 200 m., peu
répandu.

�104

A. GUILLAUMIN

Gardénia Aubryi Yieill. — n0ÿ248, 218 bis, 249, arbuste, bour­
geons résineux, gros fruit comestible, bois blanc jaunâtre,
à grain tin ; hautes futaies de la chaîne centrale, assez fré­
quent.
Mauvais échantillons sans Heurs ni fruits, à feuilles
grandes, mais « rudes au toucher ».
G. ngoyensis Schltr, — n° 197 (Pennel).
G. $p. — n° 253, bourgeons résineux aromatiques.
Atractocarpus? == Gcnipa vaginata Baill. — n°254, bel arbre,
écorce légèrement amère, jaunâtre intérieurement; hautes
futaies.
Guettarda speciosa L. — nos71, 107 (Pennel), arbre de 1520 m. : bords de la mer, Poirou.
Plectronia odorala F. Muell. — n° 203, tleurs à odeur caracté­
ristique, bois grisâtre, jaune pâle quand il est verni, assez
tin, assez analogue au charme, à odeur désagréable, préféré
par les Canaques pour allumer le feu par frottement, Sureau
de Nouvelle-Calédonie.

Ixora collina Beauv. — n° 84, petit arbre de 10 m., écorce
rugueuse, brunâtre, bois dense, rougeâtre, servant aux
indigènes à faire des instruments aratoires.
Jets vigoureux présentant des feuilles deux fois plus
grandes que les échantillons-types.
Pavetta opulina DC. — n° 6 (Pennel), arbuste du littoral, baies
fournissant une teinture noire, Paho.
Morinda Billardieri Baill. n° IG3 (Pennel), Pemmy.
M. citrifolia L. — nos 111, 104, fruits consommés par les Ca­
naques, sentant le fromage à maturité, Pemmy.
M. villosa Yieill. in herb. Paris. — n° 348 (Pennel).
Psychotria Faguetii Schltr. — n° 292 (Pennel).
Uragoga Poissoniana Baill. — n° 250, arbuste grêle, élancé;
terrains ferrugineux élevés; n° 304 (Pennel), Keugeu.
Mapouria Deplanc/iei Beauvis. — n° 280 (Pennel).
M. semperflorens Beauvis. — n°251, arbre des hautes futaies,
écorce amère; n° 302 (Pennel), fleurs pourpres.

NOUVELLE CONTRIBUTION A LA FLORE I)E BOURAIL

105

C omposées .

Blumea lacera DC. — n° 201, fréquent dans les plaines à
Niaoulis, 000 m., parfum délicat.
Gnaphalium japonicum Thunb. — n° 200, commun dans les
terrains schisto-ferrugineux, 000 m.
Helichrysum neo-caledonicum Schltr. — n°87, hauts plateaux.
Wedelia biflora DC. in Wight = W. Forsteriana Endl. — n°
258, herbe fourragère, herbe à cochon, faux topinambour.
Siegesbeckia oricntalis L. — n° 275.
P lum baginacées.

Plumhago zeylanica L. — n° 305 (Pennel).
M y r s in a c é e s .

Mcesa novocaledonica Mez — nos 164 et 342 (Pennel), Aàruméoui.

Tapeinosperma robustum Mez — n° 180 (Pennel).
T. salignum Mez — n° 247 (Pennel).
S apota cées.

Chrysophyllum Balansæ Baill. — n° 220, arbre élevé, bon bois
jaunâtre, serré, lourd, Azou.
Planchonella Balansæana Pierre — n° 223, grand arbre, bois
rougeâtre, dense, à grain lin; assez répandu dans les sols
schisto-ferrugineux, 300-000 m., hautes futaies de la chaîne
centrale, Azou.
P. lifuana Pierre? — n° 190, bel arbre de 15-18 m., bon bois
prenant une teinte rosée en vieillissant; sols pierreux,
150 m.
Sarcolepus Balansæanus Pierre — n° 225, arbre de 15 m.,
beau bois jaunâtre; massifs ferrugineux, 1.000 m., Azou.

�NOUVELLE CONTRIBUTION A LA FLORE OF, BOURAIL

167

C onvolvulacées .

lpornæa biloba Forsk. = I. pcs capræ Roth. — n° 34-9.
S olanacées.

Solarium austro-caledonicum Seem. — n° 236, baie très âcre.
S. toruum Sw. — n° 237, arbuste de 4-5 m.
Physalis peruviana L. — n° 235 (introduit).
Datura stiaveolens Humb. et Bomp. — n° 238 (introduit).
Duboisia myoporoides R. Br. — n° 234, donne une substance
analogue à l’atropine..
A cantiiacées .

Ei'anthemum Balansæ Bai 11. — nos 20, 203 ou 303 (Pennel).
B ig n o n ia c é e s .

Iloya neocaledonica Schltr. — n° 44, très répandu aux diverses
attitudes, dans les hautes futaies.
L oganiacées .

Geniostoma phyllanthoidesBaïll. — n°297 (Pennel).
Budleia madayascaricnsis Lam. — n° 202.
Coutliovia corynocarpa Asa Gray — n° 20!) i Pennel), Mépoé.
B o RAGINACÉES.

Cordia Myxa L.—n° 107. arbuste, fleurs blanches en novembre,
baies rouges ponctuées de noir contenant une substance
gommeuse astringente; très fréquent dans les sols schis­
teux.

Diplanthera DeplanclieiF. Muell. —n° 230, arbre de 15-20 m.,
tronc de 40-50 cm. de diamètre, bois jaune foncé, à grain
serré; hautes futaies, sols ferrugineux.
M yO I&gt;0 RACÉES.

Myoporum tcnuifolium Forst. — n° 241, arbuste, bois léger,
odorant, bon pour la tabletterie; lieux élevés et découverts.
V erbénacées .

Yilex trifolia L. — n° 204-, petit buisson assez répandu aux
diverses altitudes, fleurs effeuilles à odeur rappelant celle
de la Tanaisie.
Oxera Morierii Vieill. — n° 234, arbuste de 4-5 m., coteaux
forestiers, peu communs.

�168

A . GUILLAUMIN

P l a n t à g in a c é e s .

Plantago lanceolata L. — n° 210.
P. major L. — n0209, très répandu.
A m aranthacées.

Achyranthes aspera L. — n° 201, répandu le long des chemins
et dans les cultures abandonnées.
N épen tiia c ées .

Nepenlhes Vieillardi Hook. — n° 113.
PlPERACÉES.

Piper austro-caledonicum CDG. — n° 138, assez commun
dans les sols schisteux et humides, 100-130 m.
C hloranthacées .

Ascarina rubricaulis Solms — n° 373 (Pennel).
M ominiacées.

Amborella tricliopoda Baill. — n°53, arbuste de 6-8 m., futaies
à 400 m., sols schisteux.
L a u RACÉES.

Beilschmiedia oreophila Schltr. — n° 123 (Pennel).
Hernandia cordigera Vieill. — (forme de jeunesse) n° 110,
employé contre les maladies de peau.
P rotéacées .

Bauprea Balansæ Brong. et Gris — n° 191, arbuste de 8-10 m.,
beau et bon bois maillé, rougeâtre ; assez fréquent dans les
sols ferrugineux, 1.000 m.

169
B. diversifolia Brong. et Gris — n°192, bel arbuste de 8-10 m.,
beau bois maillé, rouge sombre; abondant dans les sols
ferrugineux et pierreux, 1.100 m.
Grevillea heterochroma Brong. et Gris — n" 193, arbuste, fleurs
blanches; sols schisteux et ferrugineux.
G. Meissneri Montrouz. — n° 191, beau bois maillé, rougeâtre,
bon pour l ébénisterie et le tour; sols miniers très élevés.
Stenocarpus Milnei Meiss = ? S. elcgans Brong. et Gris
forma vel St. darcoides Brong. et Gris mss. — n° 35, arbre
de 8-10 m., bois dur à grain fin; sols miniers élevés.
»S. trinervisGuillaum. — n° 190, beau bois rouge foncé, maillé,
bon pour la menuiserie de luxe; propre à la chaîne centrale.
NOUVELLE CONTRIBUTION A LA FLORE DE BOURAIL

L o ra nth acées .

Loranthus FranciiSchltr? — n09122,132, parasite sur Cleidion
sp.

S a ntalacées .

Exocarpus phyllanthoides Endl. — n° 198, très commun dans
les terrains ferrugineux, 1.000-1.100 m.
E uphorbiacées

Euphorbia splendens Boj. — n° 221 (introduit).
Phyllanthus baladensis Baill. — n° 57, bon bois, densité :
0,528; à 400-500 m.
P. Bourgeoisii Baill. — nos 56, 59, arbuste, près des cours d’eau.
Bischoffia javanica Bl. var. genuina Müll. Arg. — n° 115,
arbre de 10 m., tronc de 30-40 cm. de diamètre, bois très
dur, bon pour le tour.
Codiæum variegatum Bl.? — n° 217, latex corrosif, dange­
reux pour les yeux, employé par les indigènes ponr empoi­
sonner le poisson, Arou blanc.
Acalypha Caturus Bl. — n° 142, arbuste de 5-6 m. L’écorce des
jeunes pieds serait textile.
Baloghia lucida Endl. — n° 184, bois un peu rougeâtre; den­
sité : 0,993.

�170

A. GUILLAUMIN

Bocquillonia brachypoda Baill.—n°215, arbrisseau de 5-6 m.,
bois rougeâtre, finement maillé; sols schisteux et pierreux,
300 ni.
Cleidion macrophyllum Baill. — n° 124, arbuste, bois rouge
pâle; commun dans les sols ferrugineux, hautes futaies,
200 m.; n° 323 (Pennel), M bâa.
Excœcaria Agallocha L. — n° 274 (Pennel).
C eltidagêes .

Celtia confer ta Planch. — n° 188, bois blanc, parfois infiltré
de noir, aubier nul; densité: 0,785.
M or AGEES.

Broussonetia papy rifera Vent. — n° 141, cultivé par les indi­
gènes à cause de son écorce qui, battue, donne une sorte
de feutre souple dont ils font des linceuils et des bande­
roles.
Morus alha L. — nos 139. 140 (introduit par le C1Pennel),
mûrier.

A rtocarpacées .

Ficus Proteus Bur. — forme de jeunesse) n° 143, arbre de
10 m., écorce textile, bois blanc léger, fruit petit, un peu
chagriné, rouge pourpre; bords des cours d'eau.
F. Webbiana Miq. — n° 145, écorce textile; assez fréquent
dans les sols schisteux, futaies, 500 m.
C asuarinacées .

Casuarina Cunninghamiana Miq. — n° 60, écorce tannante,
bois dur, très dense, rayonné; densité : 1,013; fréquent à
Bourail.
D io s c o r é a c é e s .

Dioscorea bulbifera L. — n° 37.

NOUVELLE r.ONTRIRUTION A LA FLORE DF. ROURAIL

171

L ii AACÉES.

Geitonoplesiurn cymosuni A. Cunn. — nos 35, 36, jeunes
pousses comestibles, commun.
Astelia neo-caledonica Schltr. — n° 199, lieux élevés.
F l a g e l l a r ia c é e s .

Joinvillea elegans Gaud. — n° 22, 6-7 m., sols ferro-schisteux.
JUNCACÉES.

Juncus pauciflorus R. Br. — n° 20, sols schisto-ferrugineux,
800 m.
P ALM AGÉ ES.

Caryota sp. — n° 30 (introduit à cause de ses fruits qu’on dis­
tille) .
N ajadacées .

Po/amogeton pectinatus L. — n° 36, dans les rivières, même
quand l’eau est saumâtre.
C ypéracées .

Mariscus cyperinus Vahl — n° 17, sols schisteux, 700 m.,
racines fraîches odorantes.
Schœnus arundinaceus Soland. ex Forst. — n° 11.
G raminées .

Andropogon Sorghum Brot. — nos 4, 9, sols frais, Sorgho.
Centotlieca lappacea Desv. — n° 5, herbe fourragère.
Gres/ania rivularis Bal. — n° 10.
C onifères .

Araucaria Coohi R. Br. ex D. Don. — n° 47, arbre de 20 ni.,
bon bois, résine abondante, rosée, très cassante, légèrement
parfumée, très commun.

�172

A. GUILLAUMIN

Forme de jeunesse du même nos 48?, 4!), lieux élevés, 700800 m., Mine Cambodge à Pouéo.
A. Rulei F. Muell. ex Lind. — (jeune) n° 262, 15 m., tronc de
fort diamètre; fréquent dans les sols ferrugineux, 1.000 m.,
Téné.
Podocarpus Vieillardii Parlât, (forme jeune = P. tenuifolia.
Parlât.) — n° 58, arbre de 15 m., grandes forêts, 500 m.
Dacrydium taxoides Brong. et Gris — n° 86, arbuste de 4-5 m.,
bois dur; assez répandu dans les terrains ferrugineux,
1.000 m.

RECHERCHES ANATOMIQUES
ET MORPHOLOGIQUES
SUR LE

PELEA

MADAGASCARICA (IL

Bn)'

Le Pelca madagasr.arica H. Bn. appartient à la famille des
Rutacées Xanthoxylées (Rutacae-Xanthoxylae-Evodiinae d’Engler 2. Cette plante n'est connue jusqu’à aujourd'hui que par
la description qu’en a donnée Bâillon d'après les échantillons
des collections de Richard et de celles de Boivin. Cette des­
cription est la suivante 3 :
PELEA (?) MADAGASCARICA

Arbuscula g laberrima; ramis redis subtereti-angulafis ;
cor lice griseo striato; ramulis junioribus valde angulalis (ferrugineis). Folia alterna v. varius subopposita petiolata, obovata
v. oblongo-obovata (ad 8-15 cent, longa, 3-5 cent, lata), basi
plus minus longe-augustata, nunc subspathulata, apice rotundata v. emarginata, integerrima; margine reflexo ; coriacea
crassa,penninervia venosa,supra dense viridia, subtuspallidiora
(in sicco nunc glaucescentia v. pallidè ferruginea) ; costa subtus
prominula. Petiolus subtus angulatus, supra canaliculatus, ad
apicem incrassatus (ad 1 cent, longus). Flores polygamodiæci paroi (ad 1/4 cent, longi), 4-meri. Calyx brevis gamophyllus, crasse i-dcntatus. Petala 4, longiora, valvata. Stamina 8, 2-seriata, in flore fœmineo effœta ; antheris introrsis.
Discus circa gynaeceum (in flore masculo rudimentarium 21. Travail du laboratoire de Matière médicale de l'École supérieure de
Pharmacie de Montpellier.
2. In Engler-Prantl, Die natürlischen Pflanzenfumilien, t. III, 4.
3. II. B â i l l o n , Observations sur les Ilutacces. Adansoriia (1871-73),
t. X, p. 324.

�A. JUILLET
171
lobum) annu taris. Germen /loris fœminei 4-locularc; stylo...?
Ovula in loculis singulis A descendentia ; micropyls extrorsum
supera.— Crescit ad Vohémar Malacassiac (Richard, exs.,
n. S7) et inter st/lvas insulac cornoriensis Mayottae, ubi legit
« au-dessous de la vigie de Pamanzi », junio /lorifer. b. Boivin
(exs. n. 3398, nunc in hb. Mus. par.). — An Zanthoxyli
spee. ?
Le doute que manifeste ainsi Bâillon sur la valeur générique
du P. madagascarica est accompagné d’une observation de
l'auteur immédiatement avant cette description et d’après
laquelle il ne ferait de cette plante, en égard à l’alternance
de ses feuilles, qu'une section du genre Pelea sous le nom de
Peleastru/n. Depuis, le genre Pelea créé par A. Gray 1 a été
fusionné comme on le sait avec le genre Evodia Gartn. ~ ou
avec le genre Melicope Forst3. Par contre le genre Pelea
conserve toute sa valeur générique avec Engler qui sous le
nom de Peleastruni fait de notre P. madagascarica la IIIe
Section du genre Pelea 4.
La répartition botanique du P. madagascarica est mal
connue.
Les échantillons que M. le Professeur fleckel m’a adressés,
et qu'il avait au préalable déterminés lui-même avec son
habileté coutumière, provenaient de la côte Est de Madagascar
(forêt de Kalalao de Sainte-Marie). Mais il n’a connu cette
espèce que tout récemment, car il ne la signale pas dans son
catalogue des « plantes utiles de Madagascar 0 ». Les indigènes

1.
2.
3.
4.

A. G ra y , Unit. St. explor. Exp., Bol., I, 339, t. 35-38.
II. Bâillon*, Histoire des plantes, t. IV, p. 408.
B entham et H o o k e r , Généra planlaruin.
Engler, E ngler -P rantl , Die natürlischen P/lanzenfamilien, t. III,

4, p. 123.

5. E. II eckel, Les plantes utiles de Madagascar (Annales du Musée
colonial de Marseille, 8e vol., 1910, p. 1-372). Il y signale cependant
(p. 220) sous les noms de « Tolongo &gt;&gt;Ilova et de « Tolongoala » Hova une
Hamamélidée, Dicoryphe Xoronhae Tul. Il y a sans aucun doute, comme
cela se produit si souvent avec les noms indigènes, confusion de plantes
différentes sous la même appellation.

175
à qui la plante paraît être assez familière lui reconnaîtraient
deux variétés: une à feuilles étroitement lancéolées (PI. XIII)
qu'ils appellent « Tolongoala », l'autre à feuilles plus larges
(PL XI) qu’ils désignent sousle nom de « Tolongoala ManitraAnisette ».
Ces renseignements m'ont été donnés par une lettre que
M. le Gouverneur de Madagascar avait envoyée à M. IIeckel
et par les étiquettes jointes aux échantillons de la plante.
Ces échantillons comprenaient quelques organes de chacune
des deux variétés :
1° de la variété Tolongoala (feuilles étroites), un rameau
desséché avec ses feuilles, et un rameau conservé dans le
formol.
2° de la variété Tolongoala Manitra-Anisette (feuilles
larges), un rameau desséché avec ses feuilles et des Heurs
mâles non épanouies, un rameau conservé dans le formol, et
un échantillon de fruits secs.
M. le Professeur Planchon, d’autre part, a bien voulu mettre
à ma disposition un échantillon de fruits de P. Madagascarica
provenant d'un envoi que M. IIeckel avait fait dans le cou­
rant de 1911 au laboratoire de Matière médicale de l Ecole
Sup. de Pharmacie de Montpellier. Cet échantillon ne portait
aucune indication précisant la variété qui l avait fournie. Les
fruits de ces deux échantillons étaient d’ailleurs identiques.
Ces matériaux étaient insuffisants pour une étude complète
de la plante et l'absence de fleurs femelles m’a particulière­
ment contrarié. J’espère cependant combler d'ici peu les
nombreuses lacunes de mon travail avec les matériaux que
M. IIeckel a bien voulu demander dans ce but à Madagascar.
J’ai dû me contenter pour l'instant d'une étude morpholo­
gique et anatomique; la forme à feuilles larges (Tolongoala
Manitra-Anisette) qui m’offraient les matériaux d'étude les
moins incomplets lui a servi de base.
L’essence que cette plante renferme en si grande abondance
fera l'objet d'une étude chimique et pharmacologique que je
publierai dans le prochain numéro de ces Annales. M. IIeckel
RECHERCHES ANATOMIQUES ET MORPHOLOGIQUES

�A. JUILLET
176
a d’ailleurs donné les résultats des recherches qu'il avait entre­
prises sur cette essence 1.
T ige .

Je n'ai eu en ma possession que des tiges avant au plus
5 mm. de diamètre. Sur l’échantillon desséché ces tiges sont
grises ou brunes, striées de gris, légèrement anguleuses avec
de nombreuses tissures transversales et longitudinales. Les
tiges conservées dans le formol étaient rougeâtres et pourvues
de nombreuses lenticelles dans les parties les plus jeunes.
Saveur légèrement amère et aromatique.
Anatomie. — Les formations primaires n'existent que sur
un très court espace. Il est à remarquer en effet qu’à une
très petite distance du bourgeon terminal, 4-5 mm., les feuilles

177
entièrement recouvert par des poils pluricellulaires pédicellés,
très voisins par leur forme des poils que j’ai rencontrés sur
les feuilles; mais ici le pédicelle est plus long et les poils
sont complètement exserts. La première assise sous-épider­
mique présente par place des différenciations très nettes en
assise génératrice du suber (fig. 2). Le parenchyme cortical
est entièrement cellulosique et dépourvu d’organes sécréteurs,
ces derniers n'apparaissant qu'avec les formations secondaires.
Ce parenchvme est très riche en cristaux octaédriques irré­
guliers d’oxalate de calcium. Pas de péricvcle. Le tissu vas­
culaire est représenté par trois ou quatre faisceaux libéroRECHERCHES ANATOMIQUES ET MORPHOLOGIQUES

Fig. 2. — Form ation du sub er dans la tige jeune. — Gr. = 1 X 320.

Fig. 1. — Coupe transversale de la tige jeune (coupe faite à 1 mm. du sommet .
Schéma. — B. bois, C. cambium. L. liber, p. poils, Sub. suber. Gr, = 1 x 50.

sont déjà adultes et qu'au voisinage immédiat du point d'in­
sertion delà première feuille, la tige est abondamment pourvue
de formations secondaires. Pratiquée à 1 mm. du sommet, la
coupe transversale de la tige présente un contour vaguement
triangulaire (lig. I). L épiderme très peu développé est presque
1. E. II e c k e l , Sur une plante nouvelle à essence anisée (de Mada­
gascar) (C. B. Acad. Sc., 1911, t. 152. p. 565).

ligneux placés en des points très distants du cylindre central,
comme l'indique la figure 1, et reliés entre eux par un jeune
cambium. La moelle très développée est riche en cristaux
d’oxalate de calcium.
La structure d'une tige de 5 mm. de diamètre est assez
différente. Le contour de la coupe transversale est légèrement
anguleux. Le suber est très abondant (fig. 3) : il est con­
stitué pardes cellules régulières, qui, peu après leur origine, se
remplissent d’une substance particulière (résine probable­
ment) se colorant par le Sudan III et la teinture d’Orcanette,
insoluble dans les dissolvants ordinaires des matières grasses :
ce contenu cellulaire masque presque complètement les mem­
branes, surtout dans les assises les plus externes (fig. 4).
Le parenchyme cortical peu développé est constitué par huit
Annales du Musée colonial de Marseille. — 2* série, 10' vol. 1912.

12

�A. JUILLET
178
à dix rangs de cellules à parois cellulosiques légèrement épais­
sies et pourvues de nombreux méats; les assises externes de ce
parenchyme sont certainement d’origine secondaire. On observe
en outre au voisinage du suber de nombreuses glandes schizolvsigènes qui seront décrites plus loin h propos de la feuille.
Le péricycle est discontinu, il est constitué par des libres
petites, irrégulières et par de nombreux sclérites, très variables

170
ture nettement distincte. Dans les unes (B. v., lig. 5) les
vaisseaux larges prédominent et les fibres sont très rares;
dans les autres (B. f., lig. 5) et sans transition, les libres
forment la presque totalité du bois et les vaisseaux sont
l’exception. Cette structure rappelle assez bien la structure
KECIIERCHES ANATOMIQUES ET MORPHOLOGIQUES

c’Sab-

Fig. 3. — Coupe transversale d'une tige de 5 mm. de diam ètre. Schém a. —
B. b o i'. C., c' assises génératrices in tern e et externe, g. glande sécrétrice,
L ., L. e. liber et liber écrasé, M. moelle, P. péricycle. G r. = 1 X 50.

dans leur forme, pourvus d’une large cavité et dont les parois
sont percées de canalicules peu nombreux mais assez larges
(lig. 5).
Le liber est divisé jusqu’au voisinage du péricycle, en
faisceaux réguliers par des rayons médullaires à un rang de
cellules; près du péricycle le liber présente de nombreuses
plages de tissu écrasé (L. e., lig. 5), ailleurs ses éléments
anatomiques sont bien distincts. Le cambium est banal.
Le bois est constitué par des lames très épaisses, de struc-

Fig. ». — S uber d ’une tige î\gée (v. lig. 3) : en pointillé le contenu des cellules
subéreuses S u h . — Gr. = 1 X »00.

secondaire des tiges de nos arbres indigènes et leurs zones
de bois d automne et de printemps, mais ici toute transition
entre les régions fibreuses compactes et les régions abondam­
ment vascularisées sous-jacentes a totalement disparu. Ces
zones ligneuses correspondent peut-être à des périodes d’acti­
vité différentes pendant les époques sèches et humides des
régions tropicales. Les rayons médullaires très distincts ont
régulièrement comme dans le liber un rang de cellules.
La moelle peu développée est formée de cellules lignifiées,
à parois un peu épaissies et abondamment canaliculées.

�A. JU ILLE T
180
Absence totale de glandes dans le cylindre central.
Les caractères morphologiques et anatomiques de la variété
« Tolongoala » sont identiques.

Fig. 5. — Péricycle, liber, bois d’une lige ûgée (v. iig. 3). — B. f . el B. v. bois,
f. s. / j . fibres et sclérites péricycliques, L., L. e. liber e t liber écrasé, r. m .
rayons m édullaires. Gr. = 1 X 320.

RE C H E R C H E S A N A T O M I Q U E S CT MO RP H O L O O I Q L E S

LSI

F euille .

Les feuilles sont simples, alternes, entières, toujours
émarginées au sommet, ovales lancéolées, la partie la plus
large étant dans le premier tiers supérieur; leur base est plus
ou moins atténuée et subspatulée (PL XI). Les feuilles dont
je disposais avaient au maximum II) cm. de long (pétiole
compris) sur 3 cm. de large. Bâillon leur assigne de 8 à la cm.
de long sur 3 à à de large, mais je n’ai pas rencontré ces
dimensions maxima. Le limbe des feuilles sèches est. sur
les bords, légèrement incurvé vers la face inférieure ; il en
est ainsi pour les feuilles conservées dans le formol, mais chez
ces dernières le limbe est relevé en gouttière de chaque
côté de la nervure médiane. Les feuilles ainsi conservées
sont luisantes et d’un vert foncé sur la face supérieure,
ternes et d'un vert plus pâle sur la face inférieure; les feuilles
sèches ont une teinte brune. Consistance dure, coriace mais
cassante sur le sec seulement. Examiné par transparence, le
limbe se montre criblé de ponctuations glandulaires, qui, sur la
face supérieure des feuilles sèches sont encore visibles à l'œil
nu sous la forme de fines mouchetures superficielles. Nervure
médiane légèrement saillante sur la face supérieure, très sail­
lante en dessous; nervures secondaires penninerviées, réguliè­
rement anastomosées sur les bords de la feuille; fin réseau de
nervures de troisième ordre. Ces nervures secondaires et
tertiaires sont surtout visibles sur les feuilles sèches. Pétiole
de 1 cm. de long, légèrement anguleux, en gouttière peu
profonde sur la face supérieure. Il présente à son insertion
sur le limbe un léger renflement latéral accompagné d’un
mince sillon circulaire correspondant à une articulation.
Saveur amère et aromatique, odeur d’anis sur le sec peu
prononcée : elle doit l’être davantage sur le frais, les échan­
tillons conservés dans le formol la laissant nettement perce­
voir encore.
Les feuilles delà variété» Tolonyoala »(P1. XIII) ne diffèrent

�182
A. JUILLET
des autres que par leurs dimensions; elles ont en moyenne
2o mm. dans leur plus grande largeur sur 10 cm. de long. La
couleur, la consistance, la nervation, les glandes sont iden­
tiques à celles de la variété précédente.
Le Department of Botany du Gornell Université de New\ ork avait envoyé à M. Heckel un échantillon de Pc Ica anisa ta
H. Mann (PI. XIV) . Je n'ai eu entre les mains quela photographie

Fig. 6. — Coupe transversale du pétiole. Schém a. — B. bois, c. cam bium , cr.
cristaux d ’oxalalc de calciu m ,/’./), libres péricy cliq ues. g . glande sécrétrice.
L. liber. B ar. parenchym e cortical. Su b. subor. («r. = I X 50.

de cet échantillon, mais on constate aisément sur les feuilles
quelques caractères morphologiques distinctifs des deux
espèces. Dans P. anisala les feuilles sont opposées, d’ailleurs
comme dans les autres Pelea, t voles lancéolées, parfois émarginées au sommet, le plus souvent acuminées : leur base n’est
pas atténuée ou ne l est que rarement. Mais la nervation reste
la même dans les deux espèces et leur richesse en organes
secréteurs est identique.
A n a t o m ie , a) Pétiole. — La section transversale est vague­
ment triangulaire (lig. h), la face supérieure est représentée
par une ligne sinueuse terminée à ses extrémités par deux

183
renflements parfois assez saillants, le bord inférieur est très
arrondi.
L’épiderme n'existe plus sur le pétiole des feuilles adultes,
il y est remplacé par une couche de suber assez développée,
avec tendance à l'exfoliation; les cellules sont petites, leur
paroi tangentielle est parfois légèrement épaissie (lig. 7).
L’assise génératrice qui apparaît au dépens de l’assise sousépidermique renferme de nombreux petits cristaux d oxalate
de calcium où la forme octaédrique allongée prédomine. Ces
RECHERCHES ANATOMIQUES ET MORPHOLOGIQUES

Fig. 7. — S uber du pétiole. — G r. = I X T20.

cristaux sont disposés à ce niveau en une ligne continue sui­
vant très exactement le contour de la coupe.
Le parenchyme cortical d origine nettement subéro-phellodermique dans les assises externes est formé de cellules
arrondies laissant entre elles de nombreux méats. Ces cellules
renferment parfois des cristaux octaédriques d'oxalate de
calcium; quelques-unes contiennent du tanin. Les glandes à
essence sont nombreuses et assez régulièrement disposées au
voisinage de l'assise subéreuse.
Le faisceau libéro-ligneux est triangulaire; il est constitué à
la partie inférieure par un cordon libéro-ligneux arqué dont les
extrémités sont réunies par un autre cordon libéro-ligneux liori-

�185
milieu du parenchyme cortical et un peu plus profonde
sur la face supérieure. Le suber si abondant sur le pétiole
existe encore à ce niveau mais disparaît peu après l’articula­
tion : il pénètre dans le sillon articulaire et en suit exactement
le contour sans aller toutefois jusqu’au fond encore occupé par
l’épiderme. Le parenchyme cortical esté ce niveau entièrement
cellulosique, ses cellules sont plus petites et dans leur orien­
tation elles suivent très exactement les sinuosités du sillon
articulaire. Leurs parois sont légèrement épaissies; sous la
face supérieure elles prennent même par place une structure
collenchyrtiateuse. Quant au faisceau libéro-ligneux il ne parait
subir aucune modification.
RECHERCHES ANATOMIQUES ET MORPHOLOGIQUES

ment disposés sur deux ou trois rangées séparées par des
rayons médullaires à une assise de cellules.
La moelle est réduite; ses cellules sont arrondies, à parois
lignifiées, un peu épaissies et canaliculées ; elles renferment
souvent des macles d oxalate de calcium en oursin et parfois
du tanin ou de l'amidon en petits grains arrondis.
Les glandes manquent dans le cordon vasculaire et la
moelle.
L'articulation du limbe avec le pétiole est indiquée sur les
coupes longitudinales par une fente pénétrant jusqu’au

Fig. 9. — Coupe transversale dans le lim be de ia feuille. — X erv . ï. nervure
secondaire en coupe transversale, P. poil, T. pal. tissu palissadique. Gr. =

1 X 320.

b) Limbe. — Le limbe proprement dit (fig. tL présente un
épiderme supérieur formé de cellules régulièrement plus hautes
que larges et recouvertes d'une cuticule assez épaisse (fig. 9);
de face ces cellules sont polyédriques avec des parois minces
et très légèrement ondulées (lig. 10). L épiderme inférieur
(fig. Il) présente des caractères très voisins; mais, vues de
face, ses cellules sont un peu plus allongées et assez sinueuses
(fig. 12); des stomates très nombreux y sont inclus; ces der-

�187
des parois radiales légèrement épaissies et ils sont un peu
plus petits que les poils de l’épiderme inférieur. Ils sont tous
faiblement cutinisés et ne présentent jamais de fonctions
sécrétrices.
Le tissu palissadique est représenté par une seule assise d&lt;*
cellules petites, étroites, placées immédiatement sous l'épiRECHERCHES ANATOMIQUES ET MORPHOLOGIQUES

Fig. 10. — Kpiderm e supérieur de la feuille vu de face. — /'. poil.
Gr. = 1 x 320 .

de poils lecteurs particuliers; ces poils sont enfoncés dans
des cavités épidermiques, leur base formée par deux ou trois
Fig. 12. — E piderm e inférieur de la feuille vu de face. — P. poil, Si. stom ate
G r. = I X 320.

I'ig. 11. — Épiderm e inférieur de la feuille en coupe tran sv ersale. — P. poil.
G r. = 1 X 3*20.

assises de cellules petites à parois faiblement épaissies et
cutinisées supporte une couronne de huit à dix cellules relevées
en rosette et rayonnant régulièrement autour du sommet du
pédicelle (fig*. 9 et 11). Les poils de l'épiderme supérieur ont

derme supérieur. Elles renferment de nombreux cristaux
octaédriques irréguliers d’oxalate de calcium et sont alors
presque toujours cloisonnées; en général ces cellules à cristaux
alternent avec les cellules à chlorophylle. Sous les dépressions
épidermiques des poils l'assise palissadique diminue un peu
de hauteur, s'enfonce mais ne disparaît pas (iig. 9).
Le reste du mésophylle est constitué jusqu à 1épiderme
inférieur par un parenchyme cellulosique lacuneux, à grandes
cellules arrondies contenant souvent de l’oxalate de calcium
en octaèdres, ou en oursins, ou pulvérulent. Les nervures
secondaires sont toujours placées au voisinage immédiat de
l’assise palissadique, et sont fréquemment accompagnées dans
cette région par des octaèdres d'oxalate de calcium disposés
en tiles longitudinales.

�ISS
A. JUILLET
Les glandes oléorésineuses lig. 13) sont très abondantes
dans les feuilles et on les observe le plus souvent dans le
voisinage immédiat de l'assise palissadique sur laquelle elles
empiètent parfois. Ces glandes sont d'origine schizo-lysigènes,
elles sont énormes pour la plupart et atteignent souvent
0,'i mm. de diamètre. Leurs cellules sécrétrices sont petites
allongées et disposées en couches circulaires autour de la

189
compact riche en cristaux d oxalate de calcium et légèrement
écrasé au voisinage du périeycle ; cambium très nettement
ditlerencié ; bois divisé en deux zones: l une externe formée
RECHERCHES

\ NATO Ml OU ES ET MORIMlOLOdiyUES

Fig. 13. — G lande sécrétrice. — G r. = 1 X 200.

cavité centrale, leurs parois sont minces et celles des cellules
les plus internes sont déchiquetées. Ces glandes sont iden­
tiques à celles que l'on observe dans les divers organes de la
plante.
La nervure médiane très fortement convexe sur la face infé­
rieure de la feuille est très peu accentuée sur la face supérieure.
Ses épidermes supérieurs et inférieurs olfrent les mêmes par­
ticularités que celles décrites pour les épidermes du limbe. Le
faisceau libéro-ligneux est enveloppé par un tissu semi-collenchymateux, contenant des octaèdres et des oursins doxalate
de calcium et abondamment pourvu de glandes : ces dernières
sont ici encore au voisinage de l'épiderme. Le faisceau libéroligneux présente une structure identique à celle des faisceaux
libéro-ligneux du pétiole : périeycle fibreux en ilôts, liber

Fig. 1 1. — Bois, liber et périeycle de la nervure m édiane de la feuille.
Gr. = 1 X 400.

de trachéides, l'autre profonde constituée par des vaisseaux
larges. Les rayons médullaires ne sont distincts que dans le
bois. Moelle peu abondante, lignitiée parfois (tig. li).

�A. JUILLET
190
Pas de glandes dans le cordon vasculaire.
L’anatomie des feuilles de la variété Tolongoala est iden­
tique à celle que je viens de décrire.

191
les étamines au nombre de huit sont disposées sur deux ranRECHERCHES ANATOMIQUES ET MORPHOLOGIQUES

I in f l o r e s c e n c e ( m a l e ) .

L inflorescence mâle est une cynie axillaire, autant que j'ai
pu en juger par les exemplaires qui m’ont été remis, toutes les

Fig. 16. — B oulon de fleur mâle en coupe longitudinale. — Gr. = 1 x 1 2 .

gées, leur filet est légèrement épaissi à la base, les anthères

Fis. là.

Fleurs mâles en bouton : un bouton a été ouvert pour m o ntrer la
disposition des étam ines. — Gr. = 1 x 1 2 .

inflorescences dont je disposais ne présentant que des boutons
(PI. XII).
Les fleurs mâles sont petites (lig. 15) : les boutons les plus
volumineux que j'ai observés n’avaient pas plus de 2 mm. de
long et de large. Ces fleurs sont régulières, tétramères. Le
calice est petit et n'est figuré que par quatre petites dents
venant pointer entre les pétales qui sont assez développés,
valvaires et forment au sommet du bouton une courte pointe;

Fig. 17. — Coupe transversale de l'axe principal de l'inflorescence. Schém a. —
II. bois, c. cam bium . Ep. épiderm e, f. p. libres péricycliques, g. glandes, /..
liber, S u b , suber. G r. = 1 X 50.

�RECHERCHES ANATOMIQUES ET MORPHOLOGIQUES

193

de calcium et en glandes sécrétrices ici encore placées au
voisinage de l'épiderme. Un péricycle fibreux discontinu
enveloppe les faisceaux libéro-ligneux déjà pourvus de forma­
tions secondaires très caractérisées. Moelle abondante riche
en cristaux d’oxalate de calcium.
Le pédoncule floral présente une section transversale ovale
(lig. LS). L’épiderme y est caractérisé par la présence de poils
en rosette et de poils unicellulaires, courts, légèrement arqués
à parois fortement épaissies (fig. 19). Parenchyme cortical
abondant avec quelques glandes dans la région externe ; deux
petits faisceaux libéro-ligneux sont placés sur le grand axe
diamétral de la coupe et sont parfois accompagnés de rares
libres péricycliques.
Fig. 18. — Coupe transversale du pédoncule floral. Schéma. — D. bois, Ep
épiderme, f. p. libres péricycliques, g, glande, L. liber, p. poils. Gr. 1 X 50

mousse correspondant au style; sa structure est entièrement
parenchymateuse et toute trace de loge carpellaire est tota­
lement absente.

F r u it e t g r a in e .

Le fruit est une capsule globuleuse indéhiscente de 1 cm.
de diamètre, à coques drupacées et glanduleuses, surmonté

Fig. 19. — Épiderme cl poils falciformes du pédoncule floral. — Gr. = 1 X 3-0.

L'axe principal de la grappe et le pédoncule floral ont une
structure anatomique très simple.
La coupe transversale de Taxe principal est irrégulièrement
ovale (fig. 17). On y remarque : un épiderme pourvu de nom­
breux poils en rosette et accompagné de quelques formations
subéreuses; un parenchyme cortical riche en cristaux d’oxalate

-

Fig. 20. — Fruit. L’épicarpe cl une partie du mésocarpe ont été enlevés sur
le sommet du fruit : les loges carpellaires y sont encore recouvertes par
l'endocarpe et par la zone fibreuse et vasculaire du mésocarpe. — Gr. =
1 X 2,5.

d'une pointe mousse et massive (reste du style). Il présente
normalement quatre côtes longitudinales séparées par des
Annules du Musée coloniul de Marseille. — 2" série, 10* vol. 1912.

13

�A. JUILLET
191
sillons peu profonds; ces cotes correspondent aux quatre loges
carpellaires. La couleur est brun foncé, et les glandes
superficielles très abondantes dans le péricarpe donnent à la
surface du fruit un aspect chagriné (PL XII et 11g. 20). La
consistance est dure ; l'odeur des plus agréables rappelle
celle de la Badiane, de l éeorce d'orange et celle des Zanthoxylurn en général; saveur douce, aromatique puis légèrement
amère.

RECHERCIIES ANATOMIQUES ET MORPHOLOGIQUES

19d

gueur, chacune renfermant une seule graine qui en remplit
toute la cavité (lig. 21). Ces quatre loges laissent au centre
du fruit un espace quadrangulaire assez régulier à demi comblé
par des tissus desséchés (parenchyme et bois).
Le péricarpe dur et corné sur les fruits très secs est difficile
à détacher; l’opération est plus aisée après immersion des
fruits dans l’eau tiède. On constate alors que ce péricarpe ne
se détache pas totalement, la partie la plus externe charnue

Gr.
Fig. *21. — Coupe transversale du fruit. Gr. graines — Gr. = 1 X *2,5.

Le pédoncule est à la maturité fortement adhérent; le
calice n'est plus reconnaissable.

Fig. 23. — Coupc transversale du péricarpe. Schéma. — Cr. cristaux. End. f.
endocarpe fibreux, Ep. épiearpe, f. fibres, g. glandes, L. B. faisceaux libéroligncux, Par. parenchyme. Gr. = 1X 10.

Fig. 22. — Coupe longitudinale du fruit. Gr. graine — Gr. = 1 X i.

Coupé transversalement, le fruit se montre constitué par
quatre loges carpellaires unies entre elles sur toute leur lon-

et glandulaire est seule aisément arrachée; il reste accolée aux
loges carpellaires une lame fibreuse grise assez adhérente
constituée par des faisceaux libéro-ligneux (lig. 20), et plus
profondément, appliquée sur la graine elle-même, une pelli­
cule blanchâtre, l'endocarpe.
Une coupe transversale pratiquée dans ce péricarpe (lig. 23)
montre, sous un épiearpe banal, un parenchyme cellulosique
très épais accompagné de nombreuses glandes à la périphérie.
Ces glandes sont schizo-1 ysigènes, sans paroi propre, bordées
seulement par deux ou (rois rangées de cellules plates et
sécrétrices; beaucoup plus volumineuses que celles des feuilles

�197
représentant la cicatrice du funicule (fig. 24). Une coupe lon­
gitudinale du fruit passant exactement par le milieu de deux
loges carpellaires montre ces graines encore fixées à leur funi­
cule et disposées comme autant d’ovules apotropes suspendus
(fig. 22). Le funicule est appliqué contre la graine, il est
assez court et étroitement uni au placenta.
RECHERCHES ANATOMIQUES ET MORPHOLOGIQUES

et de la tiî^e, ees glandes paraissent s'agrandir par résorption
de la partie centrale pour former ces gros réservoirs ovoïdes.
Très superficielles les glandes sont, sur le sec, visible à l'œil
nu sous forme de petites dépressions précitées, criblant la
surface du fruit et lui communiquant son aspect chagriné.
Les faisceaux libéro-ligneux sont abondamment pourvus de
libres longitudinales et sont dispersés dans la partie la plus
profonde du mésocarpe. La dernière assise du mésocarpe est
extrêmement riche en cristaux d oxalate de calcium (pii forment
en ce point une lame cristalline continue. Ce sont les faisceaux
libéro-ligneux accompagnés de cette assise, qui, se détachant

Fig. 25. — Coupe longitudinale de l’embryon. — Gr. = 1 X 4,6.

Fig. 24. — Graine vne par sa croie venlrale. — Gr. = 1 X 6 .

du reste du mésocarpe pendant la décortication du fruit
constituent avec l'endocarpe l'enveloppe fibreuse des loges
carpellaires, comme je l'ai signalé plus haut.
L'endocarpe est fibreux, formé par deux ou trois assises de
fibres étroitement accolées et disposées perpendiculairement à
la direction des faisceaux libéro-ligneux du mésocarpe.
Les graines sont noires, granuleuses, très dures, triangu­
laires, fortement convexe sur le dos avec une arête longitudi­
nale ventrale très accentuée ; leur sommet est effilé, leur base
convexe. L'arête ventrale montre vers le sommet de la graine
une cicatrice blanchâtre, scarieuse, irrégulièrement ovale

Le tégument externe est dur, trè» cassant; il est entière­
ment constitué par de petites cellules scléreuses colorées en
brun foncé. Le tegmen est réduit à l'état de pellicule blan­
châtre très mince enveloppant tout l'embryon. Pas d'albumen.
L'embryon est arqué, formé de deux cotylédons volumineux,
charnus et légèrement inégaux (fig. 25). Leurs cellules sont
gorgées d’huile avec un peu d’aleurone. La radicule est très
petite et supère. Les tentatives faites pour obtenir des germi­
nations de ces graines n'ont pas donné de résultat.
C onclusions .

Il est très probable qne les deux formes « Tolnngoala » et
« Tolonyoala Manitra-Anisette » ne sont que deux variétés de
la même espèce Pelea madagascarica IL Bn. ; la morphologie
de la feuille et de la tige, l'identité absolue dans l'anatomie
de ces organes chez les deux formés, appuient très sérieuse­
ment cette opinion; mais pour être plus affirmatif, des maté
riaux d’études moins incomplets seraient nécessaires. Le

�A. JUILLET
198
problème qui se posait au début de cette étude sur la valeur
de la subdivision Peleastrum faite par Haillon dans le genre
Pelea pour le P. madagascarica ne saurait être résolu par cet
exposé trop succinct. Il m'aurait fallu pour cela une étude très
détaillée des différentes espèces de ce genre et je n’avais pas
à ma disposition les matériaux nécessaires pour de semblables
recherches. A plus forte raison, je ne saurais ne permettre
une appréciation personnelle sur la fusion du genre Pelea
A. Gray avec le genre Evodia Gartn. ou le genre Melicope
Forst., telle que l'avaient comprise Bâillon et Bentham et
Hooker (bien que la distinction maintenue par Engler me
paraisse plus heureuse). Mais l'idée qui se dégage de cet
ensemble c’est la nécessité évidente de recherches nouvelles
sur les Zanthoxylées, recherches qui en utilisant nos connais­
sances actuelles et celles que seraient susceptibles de fournir
1anatomie et 1 histologie approfondies de ces plantes fixeraient
définitivement nos connaissances sur ce groupe si complexe
de Rutacées.
A. J u illet .

Annales du Musée colonial de Marseille
(2* série, t. 10. — 1912).

P lanche

XI. — Pelea Madagascarica Haillon, xav.Tolungoala Muni Ira-A ruse lie
feuilles cl fleurs. — Gr. = 1 X 0 , "5.

�Annules du Musée colonial de Marseille
(2" série, t. 10. — 1912).

P i .an ciie XI1.— lJelen Aladayascaricn Bâillon, var. l'ulonyoaLu Munih a-Aniselle:

fleurs et fruits. — Gr. nat.

�Annales du Musée colonial de Marseille
(2* série, 1. 10. — 1012).

P lanche X III. —

Pelea Maday ascarica H aillon, var.
G r. = 1 X 0 , 75.

T o lo n y o a la \ feuilles

���INTRODUCTION

En abordanl ce nouvel exposé descriptif des plantes
recueillies dans la région de Prony et à l’île des Pins par
Jeanneney, puis dessinées par lui sur place, je ne crois pou­
voir mieux faire, pour l'intelligence du sujet, et pourmetlre
le lecteur au courant de la région dans laquelle se sont
faites ces récoltes, que de reproduire ici les indications con­
signées dans la correspondance de Jeanneney au sujet
des espaces parcourus. Le lecteur trouvera dans la carte
de la région avec distribution de ses zones botaniques
que j'ai publiée à l'occasion de ma première étude sur la
llore du Prony (A n n u le s de h F a cu lté des Sciences de
M a rse ille , t. II, fasc. 6) l’indication détaillée des zones
traversées durant l’itinéraire qui va être esquissé ici.
Mais il se rendra aussi compte de l'aspect d'une partie de
cette région par l’examen de la première planche hors
série que je place ici en frontispice pour donner au lec­
teur l'impression imposante des sites et notamment celui
du lac de la Pouéné, qui est un des plus majestueux de
cette zone privilégiée. Celle-ci constitue un des centres
les plus boisés de l’île, celui qui, dès le début de la
colonisation, a été choisi, à raison de la multiplicité, de
la valeur et de la variété de ses essences forestières,
comme devant, à raison de sa proximité de la capitale
(Nouméa), être le grand pourvoyeur des besoins domes­
tiques ou industriels de cette colonie naissante. Depuis,
la prospérité étant venue, il est indiscutable que ce

�202

INTRODUCTION

centre, par ses productions végétales de toul ordre, y a
concouru dans une large mesure. La vue du grand lac de
la Pouéné est due au crayon habile de Jeanneney,
comme il le dira dans l'exposé de son voyage qui dura jan­
vier, février, mars, avril e( mai 1893 dans cette région.
Voici dans quels termes il s’exprime :
« Après herborisations et gemmage des pins colonnaires à l'ile des Pins [A ra u ca ria C ooki) et de S p e rm o lepis fan ni fera à Prony, en janvier, février el mars,
j’ai employé la première quinzaine d'avril entière­
ment à l'achèvement de la récolte des gemmes natu­
relles du S p e rm o fe p is ta n n ife ra dans les environs du
Camp Sebert, avec le concours de cinq hommes. Le
temps fut meilleur qu’en mars, aussi la récolte a-t-elle
été très satisfaisante, comme on pourra le voir dans la
partie de ce rapport qui a trait à cette question.
« Cette zone étant épuisée, je me suis rendu avec
mes hommes dans la région dite « du Carénage » oii
nous avons coupé beaucoup de jeunes arbres el beaucoup
d'arbres morts du côté du plateau. Nous montâmes alors
au grand Kaori pour pousser une reconnaissance au
plateau des lacs dont j ’ai remonté la rivière à travers les
marais jusqu’à son continent avec la rivière de Yalé.
J’ai mis onze heures pour atteindre ce confluent oii j’ai
campé. Le lendemain j'ai traversé la Yaté, très rapide
en cet endroit, pour remonter la rive gauche ; la rive
droite est tellement marécageuse qu’il est absolument
impossible de la suivre. Mon but était de gagner la
Pouéné, affluent de droite de la Yaté qui sort d’un lac,
m’avaient dit les Canaques, au moins aussi grand que le
grand lac du Sud. En cinq heures j’étais sur les bords
de la Pouéné. La lenteur de cette marche s’explique par

203
l’absence complète de sentier el par l'abondance de très
liantes fougères dont les tiges s’entrecroisent dans tous
les sens et cachent aux yeux les blocs de roches ferru­
gineuses sur lesquels on se heurte à chaque pas. Le
soir, à travers une belle forêt, j'arrivais au lac. Il est
encaissé dans les hautes montagnes d’argile ferrugineuse
très compacte avec d’énormes affleurements serpentineux. Tous les environs en sont boisés, non plus de
brousse, comme dans le Sud, mais de véritables forêts
qui s’étendent à perte de vue en remontant la rive
gauche de la Yalé et vers le Nord, où j'ai aperçu ce que
je crois être les plus belles forêts de la Nouvelle-Calédo­
nie Sud. Je me suis reposé là un jour prenant la vue
du lac et recueillant quelques notes et des plantes. Le
lendemain, je reprenais le chemin du Camp oii j’arrivais,
grâce au sentier que j avais frayé, d’une seule traite dans
la nuit. La vue du lac de la Pouéné m'a paru assez
pittoresque pour la fixer par le dessin avec sa végétation
caractéristique el j’en ai pris un croquis soigné que j'ai
achevé depuis et que je joins au présent rapport. l)e là.
j'ai gagné la forêt Nord où j'ai campé de nouveau et où
j'ai herborisé. Je retournai enfin avec le plus grand
plaisir au lac de la Pouéné et aux forêts réellement
vierges qui l’avoisinent. Il y avait là beaucoup de nou­
veau à rassembler, et c'est ce que j ai fait. »
INTRODUCTION

�NOUVELLES OBSERVATIONS
SUR LES

PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE
Par M. Edouard IIECKEL.

En I 892 et 93, désireux de faire étudier de près, dans notre
colonie océanienne, un certain nombre de végétaux qui lui
sont propres et qui, dès mon séjour dans cette ile, en 1868 et
1869, m’avaient paru présenter quelque intérêt économique, je
sollicitai et obtins du Sous-Secrétariat d Etat des Colonies de
confier à M. Jeanneney, agent de cultures en Nouvelle-Calé­
donie, une mission spéciale pour cet objet en empruntant les
ressources matérielles que pouvait mettre à la disposition de
ce fonctionnaire 1Administration pénitentiaire à laquelle
il appartenait. Jeanneney m'était connu et recommandé
comme un fonctionnaire consciencieux, très adonné à 1étude
des plantes et doué de qualités très sérieuses soit comme
observateur, soit comme dessinateur. Dès lors, je crus
pouvoir étendre la sphère d action de la mission dont . il
lut officiellement chargé. Dans les instructions détaillées que
I eus à lui adresser à Nouméa, relatives à ses iecheiches en
forêts (lui devaient porter surtout sur le gemmage des pins
colonaires (Araucaria Cooki H. Br.), végétaux producteurs
d’une gommo-résine que j’avais caractérisée a base d arabine,
et sur le forage des troncs de Spermolepis tannifera Heck.
(Spermolepis gummifera Brongn. et Gris), en vue Jeu
extraire la tannorésine, je lui demandai de ramasser et des­
siner, analyser même sur le frais un certain nombre de
plantes spéciales au pays et connues Seulement en herbier,
c'est-à-dire toujours un peu déformées, et partant d une etui e

�K. HECKEI.
206
plus diflicile el plus incomplète pour le descripteur. Jeanneney
s'acquitta de sa tâche dans toute la mesure des moyens res­
treints qui étaient mis à sa disposition.
Durant sa mission, qu'il eut à remplir surtout à 1îlot des Fins
[station privilégiée de /’A
CoGKi),etau sud de grande
ile, dans tout le territoire qui avoisine la baie de Prony où
se complaît le Spermolepis tannifera (vulgô Chêne-gomme),
jusqu'à la Cote orientale Sud, il put ramasser, dessiner, ana­
lyser un certain nombre de filantes, el m’envoyer avec des
observations restreintes et quelquefois dépourvues de précision
ou d’exactitude, à raison même des conditions difficiles qui
avaient entouré les observations, plus de cinquante planches
de dessin de ces plantes, exécutées avec une grande conscience
et un art tout à fait remarquable. Il était convenu que la
publication de ces planches, accompagnées d’un texte dont
j’assumerais la rédaction, se ferait ultérieurement dans les
Annales du Musée colonial de Marseille. Malheureusement,
Jeanneney ayant quitté la Nouvelle-Calédonie après cette
mission, ne devait plus y retourner : son emploi avait été sup­
primé administrativement. Il fut envoyé en Guyane (autre
colonie pénitentiaire où des fonctions similaires des siennes
subsistaient et pouvaient lui être confiées) et là, il fut mal­
heureusement assassiné par un de ses administrés. Depuis,
des circonstances diverses m'ont éloigné de ces études, mais
j’ai jugé qu’à l'occasion de la publication par M. Guillaumin
d'un Catalogue des plantes phanérogames de la Xouvelle-Calédonie} dans les Annales du Musée colonial de Marseille, 191 I,
le moment était venu de faire revivre ces belles planches et
d'y ajouter un texte sinon complet, comme j ’aurais pu le
rédiger avec le concours plus effectif de Jeanneney, du moins
aussi clair et aussi précis (pie possible en m’aidant des notes
très succinctes que le dessinateur avait jointes au courant du
crayon sur les plantes économiques et sur celles sans emploi
ou à peu près.
Pour celles qui faisaient l’objet de son attention princi­
pale, c'est-à-dire le pin colonnaire et le chêne-gomme, dont
il avait à suivre jour par jour la mise en exploitation, les
r a u c a r ia

207
notes de Jeanneney sont plus explicites et je pourrai
indiquer les résultats obtenus, presque jour par jour, au moins
pendant une certaine durée de ses études : je ne possède mal­
heureusement que le détail des travaux de sa mission durant
l’année 1892, tout le reste de ses essais ne fut pas rédigé et
la mort survint avant que ce travail de rédaction fût achevé.
J’aurai le regret très vif de le passer sous silence en renvoyant
à mon mémoire, sur la flore de la baie de Prony, le lecteur
que ces détails sommaires établis, d’après mes notes et mes
souvenirs personnels, pourraient intéresser surtout concernant
la mise en exploitation de YAraucaria Cooki à File des pins.
C’est principalement tout ce &lt;jui concerne le gemmage du
chêne-gomme que je pourrai mettre ici en lumière avec les
notes de Jeanneney recueillies dans la région de la baie du
Prony, et c’est dans cette région qu'il a recueilli les docu­
ments les plus intéressants concernant des plantes néocalé­
doniennes, dont quelques-unes sont sans doute bien connues
déjà, mais, je le répète, par les herbiers seulement et jamais
dessinées sur place à l'état frais. J'en ai déjà parlé, mais rapi­
dement, dans mon mémoire sur la Flore de la haie de Prong
(Annales de la Faculté des Sciences de .\farseille, t. II, 1892)
et j'y renvoie aussi le lecteur en ne jugeant pas nécessaire de
répéter ici ce que j’ai dit déjà concernant le chêne-gomme et
la constitution de son tronc avec ses zones tannifères, enfin
l'analyse de la tanno-résine qu'il laisse exsuder naturelle­
ment. Je ne m occuperai que de l'exploitation forestière de
cette essence par gemmage, d’après les notes de Jeanneney, et
c’est par là que je commencerai.
PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

§ I. — SPERMOLEPIS TANNIFERA, Heck.

J'ai relaté dans mon mémoire précité sur la Flore du Prong
(1892) un certain nombre de faits relatifs à la dispersion du
Spermolepis gummifera Brgnt. et Gris1 (chêne-gomme) et à sa
1. J'ai cru devoir modifier la dénomination spécifique île Brongniart
et Gris, qui répond à une notion chimiquement inexacte, en tannifera,
étant donné que l’analyse a révélé une grande abondance de lanuin soit

�208
E. IIIXKEL
manière d'être dans cette région, sur la formation des zones tannifères circulaires, concentriques, dispersées régulièrement dans
l’aubier et dans le bois, augmentant ainsi la sécrétion tannorésineuse de l'écorce; enlin j’ai indiqué sur ce végétal quelques
plantes parasites ouépiphvtes Lornnfhus et Orchidées) au sujet
desquelles j'aurai à revenir avec quelques détails. 11 convient
maintenant de compléter l'étude morphologique de ce végétal
et vie faire connaître quelques modes de gemmage employés en
grand par Jeanneney pour obtenir la tannorésine qui s'écoule du
bois. Celle-ci s'infiltre dans l’écorce en formant des boules quel­
quefois très développées qui font hernie sur le tronc de l'arbre.
L'écorce du tronc et des rameaux varie sensiblement avec
l'âge du sujet. Chez les jeunes, elle est gris pâle, striée de
fentes longitudinales, régulières, parallèles, brusquement
arrêtées, d’espace en espace à des intervalles assez égaux, par
une crevasse circulaire horizontale qui relève les bords de
celte écorce. De là, un aspect particulier que l'arbre conserve
jusqu'à son complet développement; à ce moment, les stries
horizontales disparaissent laissant la place aux crevasses
linéaires et verticales. L’écorce prend alors un aspect rugueux
extérieurement et devient rougeâtre; elle s’enlève en larges
plaques filamenteuses et subéreuses. A l'intérieur, au con­
traire, tout en gardant sa texture libreuse entrelacée, elle est,
dans la partie qui touche à l’aubier, lisse et satinée. Entre la
partie interne qui a un centimètre d épaisseur et la partie
externe subérifiée destinée à tomber, s'infiltre la tannorésine
liquide sécrétée par le bois et l’aubier (zones tannil'ères con­
centriques; qui soulève la zone subérifiée en bosselures au
point de la faire crevasser et même tomber tout à fait. C’est
ainsi que se forment les calottes hémisphériques de tannoré­
sine.
Celle-ci, s'amassant à l’état lluide entre le suber et le tissu
fibreux de l’écorce, dilate ce dernier tissu, qui, par la disposidans la tannorésine sécrétée, soit dans l’écorce, dans les feuilles cl
enlin dans les fruits eux-mêmes. La tannorésine, je le rappelle, renferme
80 0 o d’acide gallo-tannique et 20 °,0 de résine.

209
tion même de ses fibres entrecroisées, se prête à la poussée de
la masse tannorésineuse à la manière d’un tricot de laine se
moulant autour du corps qu’on y introduit. Cette dilatation des
fibres corticales est favorisée par l’état humide de la tannoré­
sine au moment de l’écoulement, une partie de l’eau contenue
dans la matière sécrétée passant dans les fibres corticales
qu’elle assouplit. Lorsque les tissus subéreux et fibreux cèdent
sous la pression interne de la tannorésine, celle-ci s'étale en
nappe sur le tronc; quand, au contraire, ces tissus résistent,
il se forme par dessèchement de la tannorésine des boules de
dimensions variables avec l'importance de la sécrétion. Sur
ces données nous allons voir comment Jeanneney pratiqua le
gemmage des troncs de Sperniolepis en vue de hâter l'écoule­
ment de la tannorésine. Poursuivons la description de l arbre.
Les dimensions du végétal sont énormes : 20 à 2o mètres
de haut et le tronc peut atteindre jusqu'à 0 mètres de tour
dans certaines ravines. La cime en est arrondie, remarquable
à l'extrémité des rameaux par le vert clair des feuilles jeunes
qui tranche sur le vert sombre des feuilles anciennes et per­
met de reconnaître de loin les massifs de chênc-rjomme b Les
feuilles adultes sont d'un beau vert sombre, luisantes vernis­
sées au-dessus, cassantes, chartacées, plus ternes en dessous,
ondulées sur les bords, à nervures principales saillantes, avec
des nervures secondaires très saillantes à la face inférieure,
et, sur le limbe, de petits points vert sombre visibles à la loupe
(jui se dessinent en creux à la face supérieure (PL I . Observées
à travers la lumière, ces feuilles montrent une grande quantité
de points translucides (poches sécrétrices) qui les fait paraître
ponctuées. On voit, sur cette même surface foliaire, d autres
ponctuations rouge brique. Elles résultent de 1accumulation
(dans les cellules bordantes des stomates déformés, et dans le
PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

1. Ce nom est donné à l’arbre parles ouvriers de la transportation
qui sont appelés à l’exploiter pour les divers services publics de la colo­
nie. Ceux-ci en emploient le bois à de multiples usages : traverses de
chemin de fer, combustible, poteaux télégraphiques, etc. L'écorce
même et les boules de tannorésine ont reçu un emploi dans l’industrie
locale de la tannerie, mais sans grand succès jusqu ici, semble-t-il.
1i
Annales ilu Musée colonial. — 2* série, 10* vol. 1912.

�210

E. MECKEL

stomate lui-même), d'une certaine quantité de cette tannorésine
qui abonde dans toute la plante et se forme plus particulière­
ment, comme je l'ai décrit dans mon mémoire sur la Flore de
la baie du Prony (1892), dans le bois et l’aubier. Ce cas,
pour la feuille du Spermolcpis, peut être rapproché de celui
qui est bien connu dans les feuilles des arbres résineux ((Coni­
fères), où, on constate la même transformation éventuelle des
stomates en organes de sécrétion résinifère, à un certain Age
de la plante. La feuille de Schizocalyx rubiginosa, Sperrnolepis rubiginosa Brongniart et (iris, plus épaisse, ne paraît
pas ponctuée quand on l’examine à travers la lumière, mais
elle est aussi pourvue de points rouges aux deux faces épider­
miques (voir lig. 1, p. 225).
Les fleure ont été bien décrites par Brongniart et Gris (liulletin de la Soc. bol. de France, 11 décembre 1863, p. 575), je
n'y reviendrai pas. Mais il convient d’insister sur le fruit et
sur la graine afin de mettre au point certains faits morpholo­
giques qui ont échappé aux premiers descripteurs et n’ont pas
été rectiliés depuis, sans doute faute de matériaux d’études
appropriés.
Les fruits portés par des pédoncules longs et aplatis ou quadrangulaires nés à l'aisselle des feuilles terminales, sont soli­
taires ou groupés par 2 ou 3, sessiles, et avant leur maturité
d'un beau vert qui tranche sur le reste du feuillage. Ils passent
peu à peu à la couleur brun cacao, puis gris noirâtre, et sont
cupuliformes. A parois très épaisses, charnus d’abord, ces
fruits bientôt ligneux et indurés, présentent un rebord renflé
qui forme bourrelet autour d’un torus arrondi au milieu duquel
se dresse encore le reste du style. Ce bourrelet est entouré 1uimènie par le rebord d’un calyce peu marqué dont \ sépales à
lobes obtus, coriaces, interrompent à chaque angle la conti­
nuité (PL 1). Vu de face et d’en haut, le fruit présente une forme
obtusément carrée ; vu de profil, une forme arrondie. De bonne
heure, les carpelles se détachent en haut des parois de la
cupule, et, à la maturité, s’entr ouvrent au sommet en déhis­
cence loculicide, après avoir perdu l'opercule qui les couvrait
et qui se détache des bords du bourrelet de nature cupulaire.

211
Les deux loges ovariennes parvenues à maturité et ouvertes
laissent voir un grand nombre d écailles ou de graines avortées
affixéesà un placenta en écusson et une seule graine du volume
d’un pois vert desséché, rarement deux semences fécondes,
entourées et enveloppées ü leur base par 5 à 6 de ces écailles,
qui, comme je l'ai dit, lui forment comme un involucre de
couleur marron clair, tandis que la graine fertile unique a un
spermoderme de couleur plus foncée. Le botaniste Pancher en
expédiant cette plante avec fruits à Brongniart avait pris ce
pseudo-involucre pour un arille et avait désigné le Chêne-gomme
sous le nom d'Arillastrum gummiferum. Reconnu inexact
parce qu'il consacrait par sa dénomination générique la présence
inexistante d’un arille, il fut rejeté par les descripteurs du genre
et de l'espèce qui lui substituèrent celui de Spermolepis gummifera. Gomme nous allons le voir, ce nom recèle en lui, dans
celui de genre comme dans celui d'espèce, autant d’inexacti­
tudes, ou tout au moins autant d imprécisions que le premier.
Dans la séance du 11 décembre 1863 de la Société bota­
nique de France, à l’occasion d’une communication sur deux
nouveaux genres de Myrtacées de la Nouvelle-Calédonie,
Ad. Brongniart et Gris firent connaître leur genre Spermolepis
(Bulletin de la Société botanique de France, 1863, p. 575).
Ils en décrivirent les graines si singulières dans Sp. gummifera
(seule des deux espèces de ce genre où ils purent alors les
examiner) et s’expriment sur ce point dans des termes qu'il
convient de rappeler pour la clarté du sujet : « Les graines
« fertiles (un grand nombre d'ovules avortent) sont le plus
« souvent solitaires dans chaque loge et présentent une sorte
« d’involucre formé de six écailles. » A la discussion de cette
communication, dans la même séance (loc. cil., p. 578 ,
Duchartre frappé de 1insuffisance de la description relative
aux écailles de cette graine, que Brongniart et Gris (loc. cit.,
p. 875) indiquaient comme étant, non pas un arille (ainsi que
le voulait Pancher qui avait appelé le genre Arillastrum mais
des appendices du testa, demandait que des études anatomiques
de ces singulières écailles vinssent éclairer leur véritable
origine, et, sans doute, désirait-il aussi être renseigné sur leur
PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

�212

15. HECKEL

valeur morphologique. Dans cette même description, les
auteurs, Brongniart et Gris, indiquent les cotylédons et les
feuilles comme ponctués (cotyledonibus crassis, punctatis).
Plus tard, en 1870-71, les descripteurs dans un nouveau
mémoire [Ann. des Se. mit., série Y-VIII, p. 580) sur des
plantes de Nouvelle-Calédonie, revinrent sur ce sujet et lirent
connaître la véritable signification morphologique de ces
écailles (ovules avortés; ovula sterilia seu ovulodia).
Ayant eu à m’occuper de cette plante au point de vue de
ses applications économiques (écorce tannante et sécrétion
tannique), j’ai cru devoir reprendre l'examen des fruits et des
graines, dont j'avais reçu une ample provision (fleurs et fruits)
dans l'alcool. Ils m’ont permis de contrôler, en outre, à la
lumière de faits anatomiques nouveaux, les constatations de
Brongniart et Gris et de les examiner mieux sur des matériaux
en bon état de conservation dans l alcool, ce qui a manqué
certainement aux premiers descripteurs.
Graines et écailles. — Le point le plus important était de
suivre la formation des écailles attribuées d’abord au spermoderme à titre d’appendices du testa. Les apparences dans le
fruit mûr sont évidemment pour cette interprétation. Mais, si
l'on ouvre une fleur en bouton ou récemment épanouie, on
voit que, dans chacunes des deux loges ovariennes, de nom­
breux ovules sont appliqués sur la paroi qui les sépare et
réunis en une masse semisphérique sur une surface placentaire
en écusson. Plus tard, on voit qu'un seul, rarement deux, de
ces ovules prennent un certain développement et passent à
l'état de graine dont le spermoderme se colore en brun noirâtre.
Cet ovule prédestiné et privilégié occupe presque toujours sur le
placenta la même situation, il est placé au sommet (le plus sou­
vent) rarement au milieu de la surface placentaire quand il y a
deux graines fertiles. La graine qui en résultera est le plus sou­
vent sphérique [solitarium sphæricum, comme dit Brongniart),
mais toujours avec aplatissement aux deux pôles : le supérieur
olIYant une légère pointe au centre, tandis que l’inférieur est
entouré d’une auréole autour d une dépression centrale très

213
marquée (hile). C’est autour de ce hile que rayonnent 5 à
6 squammes très concaves entourant la graine et qui, par leur
partie interne et basilaire, ont paru d'abord aux descripteurs
constituer des dépendances du testa séminal et y être encore
en connexion avec ce testa par l'épiderme interne de l'écaille
au moyen d’un tissu élastique b En réalité, ces écailles adhé­
rentes au testa par leur base ne sont, comme l'ont bien constaté
Brongniart et Gris, que les ovules stériles, atrophiés et aplatis
qui entourent l’ovule privilégié évoluant en graine, laquelle
par concrescence avec la base de ces écailles s'attache à elles
au pourtour du hile, grâce â l adhérence d’une matière glutineuse, élastique, sécrétée par la base interne de ces écailles.
Ce dernier fait avait échappé aux premiers descripteurs.
Il est facile de suivre cette formation dans les fleurs d'âge
dilférent, mais la preuve s'en dégage de l'observation suivante :
1° Dans un fruit parvenu à maturité, on trouve dans chaque
loge, à côté et autour, en dessus et en dessous de chaque
graine, toutes les formes de transition entre une graine parfaite
et les squammes sus-indiquées. Il y a des graines stériles
petites et déformées qui revêtent l'aspect d'un clou avec une
tête très marquée; d’autres, plus aplaties et ayant l’aspect
d'une écaille plus épaisse et plus petite que celles qui entourent
la graine. Voilà les preuves morphologiques du passage de
l'état d'ovule stérile à l'état d'écailles.
2° Si on examine au microscope une des écailles de la
graine en coupe transversale, on voit deux épidermes à cel­
lules, dont les parois, très épaisses extérieurement en fer à
cheval), renferment une matière colorante rougeâtre (tannorésine), et, sur un point voisin de leur insertion placentaire,
une surface papilleuse qui sécrète la matière agglutinante et
filamenteuse, que Brongniart appelle tissu élastique, en con­
nexion avec le lesta de la graine pour y retenir les écailles
ovulaires.
PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

1. Ces faits ont été très bien illustrés par la planche 0, fig. Il du
mémoire de Brongniart et Gris, intitulé « Plantes remarquables de la
Nouvelle-Calédonie », in Xouvelles Archives du Muséum d'histoire natu­
relle, 1868.

�21 i

E. HECKEL

Là, les deux épidermes supérieur et inférieur se touchent
et on ne voit entre eux que quelques débris parenchymateux
interposés. Si on pratique la même coupe transversale sur les
petites graines avortées et en forme de clou, on voit le même
épiderme caractéristique à contenu rouge et la même surface
papilleuse incolore (papilles épidermiques), le contenu ovulaire
est à l’état de traces plus marquées, mais avec une cavité très
apparente, triangulaire à la coupe transversale, résultant de
l’avortement du contenu ovulaire. Sous des formes différentes,
c’est évidemment le même organe, c’est-à-dire l’ovule, qui,
dans un cas (l'écaille), a subi, par suite du développement de
la graine fertile, une plus forte compression que dans l’autre
(les petites squammes et les graines avortées claviformes).
Une dernière preuve se tire de l’examen de la coupe du spermoderme de la graine fertile : celte enveloppe est constituée
anatomiquement de la même façon que celles des graines
claviformes et des squammes entourant la graine. La seule
différence qui existe entre la manière d’être des graines dans
les Leplospermées-Métrosidérées et les Spermolepis, qui ont
les uns et les autres des ovules avortés et déformés en abon­
dance, c’est que, dans les premières, les semences infertiles
sont mêlées sans ordre et sans adhérence aux fertiles, tandis
que, dans le Spermolepis, certaines graines avortées, trans­
formées en squammes, se groupent autour de l’unique graine
féconde et y forment un involucre par adhérence avec le
pourtour hilaire de cette graine. Des déformations ovulaires
semblables se produisent par compression dans d'autres
genres de Myrtacées (.Metrosideros, Eucalyptus, etc.).
Si l’on pousse l’investigation plus loin et qu’on examine le
contenu de la graine fertile de Spermolepis, on constate bien
l'absence d endosperme, mais on voit, en outre, que les coty­
lédons, indiqués par Brongniart et Gris comme repliés sur
eux-mêmes, sont en réalité formés par deux feuilles cotvlédonaires non ponctuées qui se subdivisent en cinq lobes profonds,
squammeux, rappelant tout à fait les écailles qui entourent
la base de la graine, mais plus épaisses, et s’enveloppant
étroitement les unes les autres, la dernière entourant en des

215
replis doubles et étroits un tout petit organe central (tigelle),
de forme à peu près cylindrique 1, presque aussi long que les
squammes qui 1enserrent et terminé par une expansion dis­
coïde Bas de traces de gemmule. La tigelle, par sa forme,
rappelle celle des Eucalyptus.
Tige. — La coupe transversale de la tige adulte ou d’un
rameau de Spermolepis yummifera nous présente un épiderme
à cuticule très épaisse, pas de périderme. Une écorce, géné­
ralement parenchymateuse avec grosses cellules scléreuses
isolées ou par petits groupes, est pourvue de poches sécré­
trices occupant la région externe. La stèle débute par un
péricycle formé de paquets tibreux dissociés. La couche libéroligneuse est normale. La zone périmédullaire renferme des
faisceaux criblés comme chez toutes les Myrtacées et de
nombreux canaux sécréteurs schizogènes disposés en deux
cercles concentriques dont le plus externe est formé d'organes
alternant avec les massifs libériens et quelquefois engainés
par eux (en calotte externe sur la coupe transversale). Ces
canaux sécréteurs s'anastomosent entre eux et contiennent de
la tannorésine 3. Au centre de la moelle, on trouve de grosses
cellules scléreuses, identiques à celles de l’écorce. On relève
PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

1. La figure 13 de la PI. 9 du Mémoire de Brongniart et Gris sur
&gt;&lt;Quelques plantes remarquables de la Nouvelle-Calédonie Xourelles
Archives (tu Muséum, t. IV, 1868) représentant l’ensemble des cotylédons
enserrant la tigelle, ne donne pas les détails de cette forme spéciale
des feuilles cotylédonaires. Elles auraient dû être développées et étalées
pour en reproduire l’état réel.
2. Les écailles cotylédonaires ont une structure foliaire bifaciale bien
marquée, mais non interrompue par des poches sécrétrices. Tout le
parenchyme est formé de cellules remplies d’amidon dont les grains
sont très petits, mêlés à quelques sphérules d’huile : il en est de même
dans les cellules de la tigelle.
3. Aucun des mémoires originaux qui traitent des canaux sécréteurs
dans l’ensemble des végétaux n’eu a signalé dans les Myrtacées, où on
ne relève que des poches sécrétrices dans divers tissus et jamais dans
la moelle. Ils n’y ont pas été constatés jusqu’ici. Le fait de l’existence
des canaux sécréteurs anastomosés entre eux dans la moelle des Myrta­
cées parait donc particulier aux Spermolepis dans cette famille.

�216
E. HECKEL
également des éléments tannifères développés, d’une part,
au détriment des cellules du parenchyme libérien normal
externe, et, d’autre part, au détriment des cellules parenchy­
mateuses de la zone périmédullaire. Ces éléments tannifères
allongés sont dirigés suivant l’axe tic la tige et placés bout à
bout, comme des sortes de laticifères.
L’ensemble de ces faits m'a paru devoir être signalé. Ils
suffisent, ce qui n’avait pu se faire jusqu’ici, à expliquer, par
le jeu des divers appareils sécréteurs disposés dans les diffe­
rents tissus et qui tous contiennent et sécrètent uniformément
de la tannorésine (à acide gallotannique 80 et résine 20 °/0),
comment cet arbre est le plus abondant et le plus riche pro­
ducteur de tannin connu jusqu'ici. Il est fâcheux que ce
végétal en voie de disparition dans sa patrie ne soit pas l’objet
d’une attention plus marquée, â un moment où l’industrie de la
tannerie est si préoccupée, en vue de la préparation future des
extraits tannants, de s'assurer les matières premières néces­
saires à cette fabrication. Les forêts de chêne et de châtaignier
disparaissant de jour en jour sous la hache des bûcherons à la
solde des tanneurs, 1eSpermolepis tannifera qui viendrait certai­
nement bien dans nos colonies d'Afrique, serait une ressource
précieuse en cas de disette prévue. J’ajoute que les feuilles
adultes sont bien ponctuées, comme l indiquent Brongniart et
Gris,mais il y a deux sortes de ponctuations : les plus nombreuses
sont petites, pellucides, constituant des poches sécrétrices, et
lesautres plus grandes, rouges, et beaucoup plus rares dont j’ai
pu constater l’origine et la formation (voir lig. 1, p. 22'i). Elles
résultent de l’accumulation, dans les cellules bordantes des sto­
mates déformées, et dans le stomate lui-même, d’une certaine
quantité de la tannorésine qui abonde dans toute la plante et se
forme plus particulièrement dans la tige de l'arbre et par zones
concentriques (quand il est jeune), se continuant à l’état adulte
et s'accentuant quand l’arbre vieillit, ainsi (pie je l’ai fait
connaître dans mon étude sur les plantes de la baie du Prony
(.Annales de la Faculté de Sciences de Marseille, 18!t2), en
donnant la composition chimique de cette tannorésine. Ce
cas. pour la feuille, peut être rapproché de celui qui est bien

217
connu dans les feuilles des Conifères à résine, où on constate
la même accumulation, dans les stomates, de matières rési­
neuses, â un certain âge de la plante. Les mêmes ponctuations
rouges [lannorésincuses) se forment sur l’épiderme de la tige et
des rameaux de Spermolepis rubiginosa dont il sera question.
Il résulte de ces observations que, ni le nom de Spermolepis
ni celui de gummifera ne devraient être conservés au genre
néocalédonien et à l’espèce dont il s’agit ici, ces deux déno­
minations, à raison de leurs origines grecque fgenre) ou latine
(espèce), consacrant des caractères qui ne répondent pas à la
réalité des faits. Les écailles contenues dans le fruit n ont
aucune corrélation d’origine avec le spermoderme de la graine
féconde, et la matière sécrétée est une tannorésine et non une
gomme, comme l’indique à tort le nom spécifique de gummifera,
qui gagnerait dès lors comme précision à être changé en tan­
nifera, ainsi que je l’ai proposé. Le nom générique pourrait
cependant subsister à la condition d’attacher au mot de Spermolepis la seule signification du groupement adhérant des
écailles ovulaires autour de l’unique graine féconde renfermée
le plus souvent dans chaque loge ovarienne, sans acception
de dépendance originelle entre ces écailles et le spermoderme.
Et encore faut-il faire cette réserve que, dans Sp. rubiginosa
Brongniart et Gris (2e espèce particulière à la Nouvelle-Calé­
donie), on ne retrouve dans la graine absolument rien de ce qui
constitue cette caractéristique^. Il n’y a dans le fruit de cette der­
nière espèce, qu’une seule graine très grosse qui remplit l’unique
PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

1. Ces faits n'avaient pas échappé à Brongniart et Gris (Annales des

Ne. naturelles, 1870-7 t et c'est en raison de leur existence et de quelques

autres caractères qu'ils se décidèrent à rattacher le Spermolepis rubi(jinosa au genre Schizocalga• de Berg qui s'augmenta ainsi de deux
espèces calédoniennes nouvelles : Scli. rubiginosa et Sch. neocaledonica.
C’est donc par suite d’une erreur que l'Index Kewensis a conservé les
deux premières appellations de Brongniart. Quant au Sch. neocaledonica
Brong. et Gris, il n'existe pas de grandes différences entre cette espèce
de l’ile Taule [Sch. rubiginosa et celle de Canala, Boulari et Prony Sch.
neocaledonica); on peut y voir une forme insulaire de Sch. rubiginosa.
Du reste, Niedenzu [Nat. Pflanz., 111, 7 p. 88 , qui admet le binôme
Schizolepis rubiginosa, ne cite pas le Sch. neocaledonica.

�E. HECREL
218
cavité fertile de ce fruit et pas la moindre trace d’ovules
avortés ni d’écailles stériles. Les cotylédons de l’embryon très
épais et très charnus sont sans poches sécrétrices. On voit donc
h quoi se réduit ici la valeur du nom de Spermolepis appliqué à
deux espèces d’un genre dans lequel les écailles entourant
le spermoderme, ou bien n’existent pas du tout, ou bien sont
tout autre chose que des dépendances de ce spermoderme
[Ann. de.s Sc. nat., 1868, p. o78). Brongniart et Gris avaient
donc été bien inspirés en détachant cette espèce du genre
Spermolepis pour le rattacher au genre Schizocalyx '. Prendre,
pour servir de base nominale à une création générique, un
seul caractère superliciellement étudié, est tout aussi périlleux
que d'affirmer la constance absolue, morphologique ou anato­
mique, d’un organe déterminé pour asseoir une classification
végétale. La constance absolue et la recherche de cette constance des caractères a été le but taxinomique des naturalistes
des xvmc et xix° siècles. 11 a fait place h la notion plus réelle
de la variation, régie par l'influence essentiellement instable
du plexus des forces ambiantes sur les formes végétales, et
l’étendue de cette variation jointe à la recherche de ses causes
semble devoir dominer toute l’étude de la morphologie et
partant celle de l’anatomie des plantes à l'heure actuelle.
Dans YIndex Kewensis on trouve Schizocalyx ruhiginosa et
neo-caledonica parmi les Myrtacées et en outre Spermolepis

1. Et cette appréciation basée sur des considérations d’ordre morpho­
logique se trouve étayée par ce fait anatomique que le Schizocalyx rubiginosa, qui ne fait qu’une espèce avec Sch. neocaledonica, ne présente
pas de canaux sécréteurs anastomosés, ni dans la moelle, ni dans la
zone périmédullaire de cette moelle, ainsi que je l’ai constaté. A la coupe
transversale de la tige, on trouve un épiderme à cuticule très épaisse,
un périderme formé de 2 à 3 couches de cellules cylindriques scléreuses;
une écorce parenchymateuse avec grosses cellules isolées ou en petits
groupes. La stèle est formée d’abord par un péricycle fibreux en paquets
cellulaires dissociés. La couche libéro-ligneuse est normale, mais, audessous des faisceaux criblés de la zone périmédullaire, on voit une
moelle qui, à la périphérie, est pourvue d’une zone continue de cellules
scléreuses. On voit dès lors combien anatomiquement différent ces
deux espèces de Spermolepis.

219
ruhiginosa qui se trouve k la fois dans les Myrtacées et dans
les Hubiacées avec Schizocalyx bracteosà Weddel ( 18*11).
Il n’y a pas de doute cependant, le Schizocalyx ruhiginosa
Bgt. et Gris, qui ne forme qu’une seule et même espèce avec
Schiz. neocaledonica Bgt. et Gris, doit être placé dans les
Myrtacées. On y trouve en elfet, joints aux caractères mor­
phologiques de la famille, des poches sécrétrices (écorce) et
des éléments libériens périmédullaires, comme je l ai constaté.
Mais la synonymie est plus chargée encore pour ce qui
touche h Schizocalyx. Le Schiz. Pohlianus Berg ( 1854) est
rattaché à un autre genre de Myrtacées sous le nom de Calycorectes Pollianus Berg, et cela d'après les lois de la priorité.
L Index cite encore deux autres genres Schizocalyx, le
premier de Hochst. (1844) y est identifié à Dobera de Jussieu
(Dobera coriaceus Ilochst. = Dobera Roxhurghii), famille
des Salvadoraeées ; le second de Scheele 1813) identifié à
Origan uni de Tournefort. 11 est évident que ces diverses syno­
nymies doivent disparaître. En tout cas, ce qui est certain
c’est que Schizocalyx ruhiginosa Bgt. et Gris = Spermolepis
ruhiginosa Bgt. et Gris = Schizocalyx neocaledonica. Les
considérations anatomiques que j’ai fait valoir justifient
cette appréciation. Cette réduction est déjà établie sur l'exa­
men des caractères morphologiques, et c est en elfet à cette
interprétation que s’est arrêté M. Guillaumin dans son Cata­
logue des plantes phanérogames de la Nouvelle-Calédonie
(Annales du Musée colonial de Marseille, 1911).
On sait quel rôle important ont fait jouer certains anato­
mistes aux canaux sécréteurs considérés au point de vue
histotaxique. Leur prétendue constance dans certaines familles
a servi de base à des classifications qu’on pouvait croire bien
établies. Or, M. Jacob de Cordemov a montré récemment
[Ann. Sc. Nat., vol. 1910, p. 287) que dans certaines Guttifères de Madagascar vivant sur des sols différents siliceux
ou calcaires), ces organes pouvaient exister, s amoindrir ou
même disparaître, dans la même espèce, sous l'intluence de
l’état chimique de ces sols; je viens de montrer moi-même
une espèce indiscutablement propre aux Myrtacées, famille où
PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

�220

E. HECKEL

l’on ne connaissait jusqu’ici aucune trace de canal sécréteur,
et qui en présente de médullaires et de périmédullaires ;
MM. Cotte et Reynier [Bull, de la Soc. bot. de France,
t. LYII, U) 10, p. 02) ont démontré que dans un Jihuscoriaria L. à feuilles anormales recueilli aux environs de
Marseille, il existe des canaux sécréteurs petits à la péri­
phérie de la moelle, alors qu’il ne s’en trouve jamais dans
le type normal. Enfin M. Planchon, dans une étude anato­
mique sur VErythrophlæum densiflorum Mérill (espèce des
Philippines) [Annales du Musée colonial de Marseille, 1011),
a démontré l'existence de poches sécrétrices dans l’écorce
de cette espèce, alors que dans aucune des autres espèces
vivantes de ce genre, dont il a publié l’étude complète au
point de vue anatomique et morphologique (loc. cit., 1007),
il n’a signalé aucune trace d'organes de cet ordre.
§ II. — Mise en exploitation de la tannorésine
de SPERMOLEPIS TANNIFERA Heckel. à la baie de Prony,

dirigée par Jeanneney.
IExtrait du rapport Jeanneney.)

Tous les arbres ne donnent pas de tannorésine visible
extérieurement. Les jeunes sujets, jusqu’au diamètre du
tronc de 0 m. 30 à 0 m. 40, ne produisent absolument rien
spontanément. A partir de cette dimension, on trouve quel­
quefois des gouttelettes sur lécorce, mais en quantité insi­
gnifiante, inexploitable. Les plus forts rendements se cons­
tatent sur les sujets adultes, et surtout âgés, ayant acquis tout
leur développement, mais ils atteignent leur maximum sur
les arbres malades ou très vieux portant des branches mortes.
La coulée de tannorésine liquide sous l écorce est indiquée
tantôt par un léger bossellement de cette écorce, tantôt par
une vraie bosse : quelquefois l écorce extérieure étant tom­
bée, la bosse montre sa masse noire. Dans le premier cas
(léger bossellement), la coulée de la tannorésine s'effectue

[•LAMES DE XOLVELLE-CALÉDOME

221

sur une certaine étendue, sous l écorce, et presque toujours
en une ligne spirale qu'il est facile de suivre autour de 1arbre,
et à l’extrémité de laquelle une saignée en segment pro­
voque immédiatement un écoulement continu, goutte à
goutte, capable de remplir rapidement un récipient d’une
certaine capacité. Une seconde saignée en segment, pratiquée
un peu plus haut, peut être faite avec succès. Dans le cas
d’étranglement de l abcès formé par l'accumulation de tanno­
résine lluide, et lorsque la calotte hémisphérique est nette­
ment visible (second cas : forme bosse), on l’enlève avec une
hachette et, si elle est placée trop haut sur le tronc, à l’aide
d’un instrument plat en fer à tranchant concave, en croissant
(pelle-grattoir), muni d'une douille dans laquelle l’ouvrier fait
entrer un bâton. On détache ainsi la bosse tout entière.
Enfin, dans d’autres cas, la résine n est plus liquide ni fluide;
elle ne coule plus, elle est sèche, prise en couches solides, de
0 m. O.'i d’épaisseur, entre la jeune écorce et la vieille. L’ou­
vrier l’enlève alors facilement à l’aide d'une hachette qui
tranche l écorce moi te et il peut ainsi avoir des morceaux de
tannorésine sèche pesant de 150 à 500 gr.
De là, trois modes d'opérations pour le gemmage souscortical : A — quand la coulée est fraîche et la tannorésine
liquide ou semi-fluide : I" emploi de la saignée avec réci­
pients en godets sous la saignée ; 2° récolte des boules à la
hachette ; R — quand la tannorésine est sèche : emploi de la
hachette. En utilisant ces trois modes, suivant le cas, les
ouvriers peuvent récolter en moyenne par jour et par homme
10 kilos de tannorésine sans trop de fatigue, et même pro­
duire davantage, si les distances à parcourir dans la forêt
pour assurer les opérations ne sont pas trop considérables,
ce qui est rarement le cas. Il faut aussi que les pluies ne
soient pas trop fréquentes. Sous la forme massive qu’on
appelle « grains », celles-ci sont redoutables pour cette
récolte forestière : elles font tomber la plus grande partie des
bosses solides mises à nu qui, se délitant par l'humidité,
rompent leurs points d attache avec l écorce. Une fois à
terre, la boule se pulvérise et le produit est introuvable.

�222

E. HECKEL

On a aussi pratiqué dos saignées avec une tarière en fer à
travers le bois de 1arbre pour atteindre les zones de sécrétion
de la matière tannorésineuse, mais il a fallu y renoncer, du
moins pour ce qui concerne les arbres bien portants et
adultes qui en souffrent jusqu'à en périr rapidement. La per­
cée faite horizontalement (parallèle au sol) se remplit un
peu quand le trou de tarière arrive à la zone tannorésineuse,
mais sous forme de coulée lente qui déborde en nappe sur le
tronc. La percée oblique faite à la tarière, de haut en bas, se
remplit d'eau pluviale qui pourrit le tronc ; la percée oblique
de bas en haut se vide continuellement. 11 faut donc appo­
ser des godets métalliques récepteurs à chaque trou. De plus,
certains trous, après avoir cessé de couler pendant un temps
plus ou moins long, se remettent tout à coup, et sans qu'on
puisse le prévoir, à couler de nouveau. Il faut une surveil­
lance continue ou laisser les godets en place très longtemps,
ce qui les immobilise et empêche la continuité de l’exploita­
tion dans des forêts où les arbres ne sont pas ramassés en
masse, mais très espacés les uns des autres. Toutefois, cette
saignée peut se pratiquer sur les sujets malades ou mourant
de vieillesse, sur ceux en un mot dont le tronc est atteint de
roulures que la tarière rencontrera. Alors la saignée est con­
tinue et très productrice. En résumé, le dixième à peine des
arbres, en forêts non exploitées, donne des résultats à la
récolte de la tannorésine. En se bornant au gemmage des
produits localisés dans l'écorce, un homme, une fois entraîné,
peut traiter 25 à 30 arbres par jour. Pour récolter, un
homme bien dressé sullit à 100 arbres par jour au minimum
et peut fournir un total de 15 kilos par jour de tannorésine.
La récolte faite est mise en hangars à l'abri de la pluie, il
faut l’étaler sur des séchoirs où les blocs frais, étendus sui­
des claires-voies, achèvent leur dessiccation : le produit doit,
quand il est sec, être tamisé, puis être pulvérisé et le tami­
sage a pour objet d’enlever l’écorce qui y est adhérente. Dans
cet état, il peut être expédié pour tout emploi, particulière­
ment pour la préparation de l’acide tannique et le tannage des
peaux d animaux.

223
Rendements du Spermolepis tannifera (expériences d’avril
et mai 1893).
1° Tannorésine naturellement exsudée :
.

PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

Arbres jeunes et semis.........................................
Arbres âgés (30 cent, diam .)...............................
et m alades........
— (40 cent, diam .).............................
et malades........

0
2 k. ^00 en moyenne.
4 k. 800
—
6 k. 200
—
6 à 12 kilos.

Un arbre occupe souvent un ouvrier pendant toute une
séance. La tannorésine une fois récoltée, l'écoulement recom­
mence environ 3 jours après ; on peut retourner à l’arbre au
bout de 3 mois (Arbres traités en mars, bons à retraiter en
mai).
2° Gemmage en segments :
Arbres jeunes et semis..........................................
Arbres âgés (30 cent, diam.), chaque saignée.
et m alades....
— (40 cent, diam .)...............................
—
—
et m alades. . . .

0
0 k. 02o en moyenne.
0 k. 040
—
0 k. 048
0 k. 062
—

Recolle, et préparation de la tannorésine.
Pour la résine naturellement exsudée, les hommes étaient
imposés d'une tâche journalière de 20 kilos. La résine est
enlevée k l’aide d'un couteau dont l'on introduit la lame entre
la boule et l'écorce, et sur le dos duquel on frappe légère­
ment avec un maillet. Le morceau tombe dans un sac placé
dessous. Quand la résine est parfaitement sèche, elle ne
résiste pas au choc du couteau et saute en éclats de tous les
côtés. Il va ainsi une perte énorme. Les gros arbres sont du
reste très ditliciles à escalader et l’homme monté ne se meut
qu'avec beaucoup de peine. On a cherché à faire enlever k la
pelle-grattoir dont j’ai donné le croquis dans le rapport
de mars : les ouvriers en étaient d’abord très contents,
mais ils ont dù y renoncer pour les boules sèches qui.
même avec cet outil, tombent en éclats. De plus, il faut traî­
ner le longO manche de l’outil avec soi dans les bois ou en

�R. HECREL
224
couper un chaque fois qu’on en a besoin. Des deux façons, le
système est mauvais et entraîne des lenteurs. Le meilleur
serait l’emploi de crampons d’élagueur, permettant à l’homme
de grimper, mais comme les hommes le disent eux-mêmes,
l'écorce du chêne gomme est traître, c’est-à-dire qu’elle s’ar­
rache tout à coup en gros feuillets sous les pieds armés de
crampons. Pour travailler il faudrait à l’homme une ceinture
de corde qui le maintiendrait en laissant ses bras libres. La
série de tous ces tâtonnements inévitables est plus longue
qu'on ne croit, chaque jour laisse découvrir une difficulté
nouvelle. Les sacs de résine brute sont envoyés au camp
Sebert où on dispose d'un petit coin de magasin ; la résine*est
étendue sur des claies en bois où elle achève de se sécher
complètement. Un homme choisit les belles gemmes exemptes
d’écorce et les met à part. Il choisit ensuite les plus gros
fragments encore garnis d’un peu d'écorce et en fait égale­
ment un triage. Quand l'ensemble de la récolte est jugé assez
sec, on bat le tas avec un battoir en bois afin de détacher
autant que possible l'écorce qui adhère à la résine. Puis on
jette le produit à la pelle sur un premier tamis (de 3 mille de
côte de trous) qui laisse passer une partie de la résine isolée
et, malheureusement aussi, des feuillets de liber. L'homme
qui vient de cribler ainsi la résine passe à un voisin ce qui
reste sur son tamis. Celui-ci le crible sur un tamis plus gros
et le passe enfin à un troisième qui tamise le reste avec un
crible de 7 mille. Ce qui reste sur ce dernier tamis est mis à
part pour être broyé plus tard. Ce sont des feuillets d’écorce
inprégnés de résine qu’on ne pourra avoir que par désagréga­
tion du tout, c’est-à-dire un tamisage nouveau et un vannage
qui fera envoler les fibres corticales plus légères que la
résine. On a ainsi cinq qualités de résine récoltées :
1° Les belles gemmes avec encore un peu d'écorce;
2° Les gemmes moins belles mais lourdes encore avec un
peu plus d’écorce ;
3° La résine tamisée fin avec des poussières d’écorce ;
4° La résine tamisée plus gros avec des filaments d’écorce;
5° La résine plus grosse tamisée avec des fragments
d’écorce.

223
Il reste enfin de petits éclats cubiques assez lourds, mélan­
gés aussi d'écorce et présentant la résine pure dans une assez
forte proportion pour être utilisée.
Tous les triages sont actuellement faits à la main en néces­
sitant beaucoup de temps et de main-d'œuvre, tout en entraî­
nant une perte relativement considérable. Ce travail soule­
vant d épaisses poussières gêne beaucoup les ouvriers. Cette
PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

Fig. 1. — Spermolepis lannifera. — Coupc épidermique dans un limbe foliaire
(face inférieure : /, lâche rouge; si, stomate).

poudre astringente irrite les narines et les paupières à la
longue.
Pour remédier à ces inconvénients, il faut un vieux tarare
et un vieux concasseur à maïs, car je ne puis songer à faire
vanner la résine à la main, les ouvriers adroits manquent. Il
y aurait trop de perte de matière et de temps. Après les deux
premiers triages, la matière sera bocardée dans des pilons en
bois, puis passée au concasseur à maïs et enfin jetée dans le
récipient du tarare, qui. mù à une allure modérée, fera envoler
A n n a le s

du

M u sé e c o lo n ia l

de M a r s e ille . — *2* série, lu* vol. 1912.

15

�226
F. HECKEL
les fragments d’écorce. Un sac placé en face de 1envolée
recevra ces fragments et la poussière de résine, qu il suffira
alors de passer au tamis très fin pour l'avoir nette. Les bons
fragments purs tomberont dans un autre sac placé à l’ouver­
ture de sortie de la trémie. Deux hommes suffiront alors pour
tout ce travail et il sera possible d’obtenir une matière plus
nette.
Tels sont les points à réaliser : 1° éviter la perte dans la
foret, or, elle est presque égale à la quantité récoltée ; 2° éviter
la perte en magasin, où elle est égale à peu près d'un tiers
delà matière traitée ; 3° éviter le mélange de l’écorce qui entre
pour près d'un cinquième en poids dans la matière récoltée ;
4° éviter la perte de temps en remplaçant la main-d'œuvre par
des machines rudimentaires et peu coûteuses.
Dans 1industrie en grand, il sera bon d’avoir un séchoir
formé de claies mobiles superposées, un atelier pavé sur le
sol duquel, à défaut d’un brocard, on passera le produit au
rouleau, et enfin un concasseur et un van. L'essai industriel
tenté par la tannerie de \1M. llecq et Joussard à Nouméa, a
été satisfaisant au point de vue du tannage : le cuir était
d'une souplesse qu’aucun produit ne donne ici, malheureuse­
ment il y avait des taches noires qui diminuent considérable­
ment la valeur marchande du produit. Peut-être suffirait-elle
pour les cuirs grossiers auxquels on ne demande pas une
belle couleur.
Pour le produit des saignées, la dessiccation seule suffira.
Les gemmes sont très nettes, mais le travail de la saignée et
de la récolte sera plus long que pour l'arrachement des
gemmes solides. Les deux travaux peuvent aller de pair.
BALANOPHORA FUNGOSA Forster,
plante parasite du Ficus prolixa. Forster (voir PI. Il et ni).
Parmi les végétaux dits Hystérophytes (parasites), nous
devons faire connaître ici le lialanopliora funyosa Forst. qui
vit sûrement sur les racines de lOuangui, Ndourou ou Urai
des Canaques (Ficus prolixa Forst.) et peut-être aussi sur les

227
racines d’autres Ficus (Ficus aus troca ledonica Bur., Oua des
Canaques ; F. SchlechteriWarb., Sa des Canaques), qui, comme
le Ficus prolixa, donnent, par la saignée, le caoutchouc apprécié
provenant de la Nouvelle-Calédonie. Ce végétal n'exerce pas
sur ces végétaux les ravages meurtriers que Ton connaît
pour le Loranthus parasite sur Spermolepis tannifera, mais il
pourrait, à raison de son parasitisme, avoir une certaine
influence sur la production et la valeur du latex industriel
produit par ces arbres (question qui n’a pas été étudiée encore)
et, dès lors, il est important de mieux le connaître. Deux
planches sont consacrées à ce végétal parasite.
Le banian néocalédonien (Ficus prolixa Forst.) est assez
rare à Prony et ne se rencontre guère que dans les étroites
bandes alluvionnaires situées au pied des montagnes un peu
voisines du littoral. Ce végétal, caractéristique des régions
basses des coraux soulevés (Ile des Pins, Loyaltv) et des sols
riches descendus des montagnes (Côte Ouest , n’a été encore
vu à Prony que très jeune au camp Sébert, et adulte au fond
de la petite baie de Bonne-Anse, où les eaux sont calcaires,
quoique coulant dans un sol ferrugineux (Jeannenev) b
A Bonne-Anse, comme à l ile des Pins, ce Ficus porte sou­
vent, parasite sur ses racines, le Balanophora funyosa, dont
les canaques mangent les plantes fleuries cuites sous la cendre.
Mais c’est plutôt là un aliment de disette qu une plante alimen­
taire usuelle. Ces plantes parasites sont, du reste, très astrin­
gentes et noircissent au moindre contact le fer qui les coupe.
On les dit aussi purgatives (?)
PLANTES DE NOI VELLE-CALÉDONIE

Balanophora fungosa.— Plante parasite, sans chlorophylle, sortant de
tubercules raammelonnés, charnus, fungiformes; lige de longueur très
variable, entres centimètres et 20 à 25 millimètres, muniesur toute sa lon­
gueur de bractées jaunes, luisantes, un peu charnues, convexes en dehors,
concaves en dedans; les deux tiers et même les trois quarts de la tige
1. Du reste, il est commun en Nouvelle-Calédonie et est notamment
signalé à Balade (Lahaic, Vieillard , Galope et Wagap (Vieillard , Thio
(Grunow , Nouméa Ralansa . baie de Prony Jeannenev , Bourail (Penel .
île Nui (Deplanche), ile des Pins Jeannenev et Deplanclu* , Loyalty
Jeannenev .

�228

E. HF.CKEL

restent enfouis dans l'humus, d’où n’émerge généralement que le capitule
des fleurs femelles, ce qui les fait prendre souvent pour de jeunes champi­
gnons.— Fleur mâle, pétiolée naissant près de l’extrémité de la tige, en
dessous du capitule femelle ; pédoncule sortant d’une écaille bractéiforme
fendue, épaisse, anguleuse; deux petites bractées persistantes, membra­
neuses en dessous du périanlhe. Calice à cinq divisions écailleuses, régu­
lières, membraneuses, convexes, redressées h leur extrémité, étalées à la
base. Étamines soudées au nombre de 5, anthères déhiscentes en sillon
longitudinal; pollen elliptique, tronqué aux extrémités du grand axe,
présentant en dessous une concavité pleine d’air qui, avant l’ébullition de
la préparation dans la glycérine, lui donne l'aspect spécial d’un noyau. Ces
fleurs mâles sont groupées autour de la lige sur des lignes à peu près spi­
rales, formées par les écailles épaisses bractéiformes. — Fleur femelle
couvrant entièrement l'épanouissement du pédoncule capité, apérianthées, dedimensions variables, formées, à l’examen de la loupe, d’un sac
ovarien celluleux membraneux, transparent, contenant un ovule libre dans
la cavité ovarienne, pendant, réduit à son nucelle, surmonté d’un style
sétacé, fragile. Les fleurs femelles sont généralement groupées comme
suit : un grosovaire très développé, environné d’une multitude d’autres
ovaires disposés circulairement autour de la base, ceux-ci munis
généralement d'un style, tandis que, au centre, se voit un organe
(ovaire stérile ou glande?) plus développé qui ne porte aucune trace
de style. Absence de stomates dans les feuilles. Le fruit sec est une
drupe monosperme.
Ces plantes sont communes dans les lieux où les racines de Ficus
rampent près de la surface du sol.

Explication des planches 11 et 111.
Pi.. II. — 1. Groupe de B a lo n o p /io ra fu n g o s a sur une racine de
Banian hypertrophiée. — 2. Fleur mâle avec son pédoncule sortant
d une écaille bractéiforme charnue. — 3. Groupes d'étamines symphysandres, laissant apparaître sur les fentes longitudinales ouvertes
la poussière blanche du pollen. — i. Grains du pollen grossis : la
préparation n'a pas été portée à l’ébullition dans la glycérine. On
aperçoit, par suite, une bulle d’air au milieu de chaque grain. — ü.
Groupe de (leurs femelles. Les gros corps — glandes en massue ou
ovaires avortés (?) — émergent au milieu des ovaires à style sétacé.
— 6. Un gros corps glanduleux isolé entouré des ovaires plus petits,
munis de styles. — 7. Coupe longitudinale de l'épiderme de la face
inférieures des écailles foliaires.
P l . III. — 1. Groupe de Balonophora fungosa sur une racine de
Ficus coupée où s'insèrent les parasites. — 2. Fleur mâle. — 3.

PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

229

Bractée foliaire (face interne). — 1. Faisceau stam inal. — 5. Masse
glandulaire (ovaire avorté?) entouré de fleurs femelles. — 6. Fleur
femelle (ovaire et style). — 7. Groupe de corps glandulaires non
entrem êlésde fleurs femelles.

GARDENIA AUBRYI Vieillard. — Pl. IV et V.

On trouve en Nouvelle-Calédonie un certain nombre de
Gartlcnia assez répandus dans cette île et qui, tous carac­
térisés par la sécrétion plus ou moins riche de résine sur les
bourgeons, peuvent se classer au point de vue de l'abondance
de leur diffusion dans l’ordre suivant : Gardénia Aubry i,
G. Oudiepe, G. platixylon Vieillard, G. sulcata Gaertn. et
enlin G. Fuzalani F. Muell., d’après Jeannenev qui les y a
observés et récoltés.
Un des plus intéressants est le Gardénia Aubryi à titre
d’abondant producteur d’une résine qui a déjà été étudiée dans
mon travail sur la b'iore du Prony et sa répartition en zones
(E. Ileckel, Annales de la Fac. des Sciences de Marseille, t. II,
fasc. ti), mais il est bon de donner ici quelques détails des­
criptifs sur cette plante avec une figure d'un rameau.
« Arbustes groupés en touffes atteignant rarement plus de
3 mètres du haut. Troncs principaux, dressés, présentant
rarement plus de d centimètres de diamètre. Ecorce blanche à
épiderme lisse. Branches dressées le long du tronc, opposées,
et généralement rapprochées par quatre. Rameaux grisâtres,
opposés, laissant une légère cicatrice sur les branches ; les
rameaux sont couverts à leur extrémité d'une poussière grise
qui n'est que de la résine dont la couche s'est étirée et amincie
à mesure du développement de l'organe. Séchant et se crevas­
sant assez régulièrement, cette couche a donné cette apparence
qui ajoute un cachet à ce végétal déjà très élégant et très orne­
mental par lui-même. Le bois du tronc, de trop petite dimen­
sion pour être utilisé, est dur, fibreux, élastique, à grain tin
marqué de zones concentriques un peu [dus foncées. Ras de
résine sur l'écorce du tronc. Les feuilles assez longuement

�E. HECKEL
230
pétiolées sont longues (maximum 18 centimètres), ovales,
elliptiques et assez larges (7 centimètres maximum), aiguës à
leur sommet, dressées et rapprochées à l’extrémité des

Fig. 2. — Feuilles terminales d’un rameau de Gardénia Aubryi portant A
la hase de ces feuilles une accumulation de résine en boule et un bourgeon
empâté de résine.

rameaux. Là, elles entourent des bourgeons qui sont noyés dans
une masse résineuse fortement odorante (voir fig. 2 ci-dessus),

231
jaune tirant sur le vert. Ges feuilles sont brillantes à la face
supérieure par la couche de vernis (résineux) qui les recouvre *
et donne à leur tissu une texture raide, cassante. Les nervures
sont pennées, opposées, régulières à la face supérieure qu’elles
divisent en cloques, et saillantes à la face inférieure. Le
pétiole est chargé aussi d'une résine friable pulvérulente
(fig. 2, p. 224).
Les (leurs sont blanches, grandes, légèrement odorantes et
solitaires : pédoncules assez courts, tétragones. La corolle à
prétloraison tordue est formée d'un long tube cylindrique,
épigyne qui se dilate et s’étale en six pétales d’un beau blanc
d ivoire, obtusément triangulaires, larges, assez épais. Le
calice est tubuleux à côtes saillantes, se continuant en lobes
falciformes, analogues à une samare, au nombre de 4, plus
rarement 5 è. 0. recouverts d’une même couche de résine
(PI. V, fig. 1). Ovaire infère surmonté par un long styledont le
stygmate vient émerger à la naissance des pétales, et revêt la
forme d’un cylindre assez long(Pl. IV, fig. 3). Etamineso,oppo­
sées aux divisions de la corolle et attachées par le milieu de
leur face dorsale à la gorge de cette corolle un peu audessous de ses divisions (PI. IV, lig. 3).
Fruit bacciforme (PI. V, fig. 1) arrondi, de la grosseur d une
belle noix, portant les côtes saillantes du calice et couronné par
les sépales. D’un jaune franc à la maturité, il s'ouvre irrégu­
lièrement sur la plante même et tombe sur le sol en entraî­
nant les graines avec lui. Les deux loges ovariennes qui le
forment sont remplies d’une pulpe jaune orangelPl. NI, fig. i ,
de nature placentaire, dans laquelle s'enfoncent de nombreuses
graines, petites, placées horizontalement ou obliquement en
rangées les unes au-dessus des autres, à spermoderme couleur
marron très foncé, aplaties, obtusément triangulaires, pourvues
sur leur face plate d’un renflement correspondant à la racine
PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

l. On verra plus loin la formation de ce vernis dans les feuilles qui
composent le bourgeon.

�E. 1IECKEL
232
de I embryon inclus. Ce spermoderme est dur, crustacé,
coriace, finement chagriné (PI. V, fig. 6) *.

Explication des planches IV et V.
P l. IV. — I. Branche avec feuilles et fleurs. — 2. Fleur épanouie.
— 3. Coupe longitudinale de la fleur; tube corollin montrant
l'insertion des étamines.
P l. Y. ■— 1. Rameau fructifère avec un fruit entier (à droite) et
un autre en voie de déhiscence (à gauche). — 2. Ovaire entouré du
calice vu de face. — 3. Ovaire disjoint du calice. — f. Masse pla­
centaire jaune orange recouverte des graines. — 5. Graines gros­
sies. — 6. Graine très grossie pour montrer l’état chagriné du
spermoderme. — 7. Graines grandes naturelles.

C'est dans les bourgeons que se fait, chez les Gardénia, la
sécrétion de la résine ; il a paru intéressant de voir et de
figurer les organes de sécrétion de cette résine Noir fig. 3 et
i ci-jointes, p. 233) dans Gardénia Auhryi.
Ils diffèrent un peu de forme d’une espèce à l'autre. Si on
fait une coupe transversale dans un bourgeon, on voit que les
feuilles qui composent ce bourgeon portent sur leur face
interne (tournée vers le centre du bourgeon) des glandes en
grappes très nombreuses placées entre deux poils unicellulaires,
très aigus à leur sommet, plus longs que la glande elle-même.
Celle-ci est pédiculée (fig. 4,gl) \ c'est donc un poil glanduleux
à glande très développée et revêtue d une abondante sécrétion
de résine qui englue bientôt, par son abondance, tout le bour­
geon. Son pédicule est formé d'une assise de cellules et la glande
elle-même est formée d’une grappe de cellules orientées de
bas en haut dans leur longueur, cylindriques, allongées, angu­
leuses et d’autant plus étroites qu elles siègent plus près du
sommet (Voir la figure i) et au centre de la glande. Cet appa­
reil de sécrétion entre dans la classe de poils glandulitères qui
1. La pulpe délayée dans l'eau la colore en jaune vif très beau, qu’avive
l'action de l’ammoniaque liquide. Les oiseaux sont très friands de celle
pulpe un peu douceâtre et doivent contribuer ainsi à répandre les graines
crustaeées.

233
a reçu de Hanstein le nom de poils colletéres (Leimzotte)1 : il
rappelle celui que cet auteur a décrit et dessiné dans Coffea
arabica.
PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

Fig. 3 . —Gardénia Auhryi. Coupe d’une feuillegemmaire portant des poils unicellulaireset des poils glanduleux résinigènes à sa face supérieure et des poils
simples à la face inférieure Gr. 200 . p, poil unicellulaires ; gl, glande résinigène.

Ces bourgeons recouverts d oléorésine verdâtre sont recueil­
lis, et un homme peut en récolter aisément G à 8 kilos dans
une journée au moment favorable où les bourgeons sont le

Fig. 4. — Gardénia Auhryi Un poil glanduleux résinigène entouré de deux
poils unicellulaires aigus qui l’accom pagnent (Gr. 450/1 .

plus chargés eu résine, c’est-à-dire après la maturité des truits
(avril, mai et juin). C’est ainsi qu il a pu en être recueilli
1. Ueber d i e O r g a n e der I l a r z u n d Schleimabsonderuny in d e n
knospen, Botaniscbe Zeitung. 1868.

Laub-

�E. HECKEL
234
suffisamment à Houaïlou, et dans tout le 5° arrondissement ou
la plante est très commune, une quantité telle qu’on en a
obtenu, après compression, un bloc parallélipipédique, en table,
de 47 cm. de longueur sur 23 de largeur et 10 d’épaisseur,
qui figure au Musée Colonial de Marseille dans les vitrines
réservées à la Nouvelle-Calédonie. Ce végétal, du reste, n’est
pas rare dans cette île et si le produit pouvait recevoir
quelques applications, la récolte de la résine serait facile,
car on trouve le Gardénia Auhryi et ses congénères G. fnsifor mis Bâillon, G. Oudiepe Vieil., G. lucens Pancb. et Seb.,
tous producteurs de résine, dans un grand nombre de points
de la Colonie. Le G. Auhryi est fréquent depuis la baie du
Prony (au sud) jusqu’au nord de l'ile, non seulement sur la
côte, mais jusqu'à 300 mètres d’altitude.
Jusqu'ici cette résine verte et aromatique n’a été employée
que par les indigènes comme matière propre au calfatage des
pirogues, mais Jeanneney a fait des expériences qui permettent
de donner à ce produit un emploi médicinal. Voici dans quels
termes il expose ses recherches.
« J’ai obtenu à Prony deux cas de guérison très intéressants
« par l'application d'une solution alcoolique (concentrée à'
« l'état d’onguent) de cette résine sur des ulcères persistants.
« Le relégué D ..., atteint de larges ulcères suppurants sur
« les bras depuis près de 3 mois, était arrivé à ne plus pouvoir
« travailler dans la forêt à la récolte de la tannorésine de
« Spermolepis fannifera. Sur mon conseil, le surveillant
« militaire Parcheval étendit l'onguent en question sur des
« bandes de toile et les appliqua sur les plaies. Le malade se
« plaignit d’abord d'une sensation de brûlure. Le pansement
« était renouvelé tous les jours. Quand je revins à Prony
« (novembre 1892) cet homme était guéri. Au bout de dix
« jours, la suppuration avait cessé, une peau rose et saine
« indiquait seule la place des anciens ulcères. 11 avait repris
« son travail. »
« Le relégué K. . ., dont les jambes, la poitrine et les bras
« étaient couverts d'ulcères très anciens qui s’agrandissaient
« sous l’influence du climat humide de Prony, déclarait ne

235
« plus pouvoir travailler. Il fut guéri en quinze jours sous
« l'inlluence du même traitement, et si bien guéri, que,
« redoutant d’avoir à renoncer aux loisirs que lui créait son
« état maladif, il s’évada. »
Tout ce qui vient d'être dit à propos de la résine de Gardé­
nia Auhryi peut s’appliquer au Gardénia fusiformis Bâillon
dont nous donnons plus loin deux planches hors texte.
PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

GARCINIA AMPLEXICAULIS Vieillard (Clusianthemum
amplexicaulc Vieil.). — PI. VI, VII et VIII.
Le Garcinia collina Vieil, a été étudié comme plante, et la
gomme-résine qu’il donne après incision du tronc et des
rameaux a été analysée. Ce produit jaunâtre s’est révélé
comme ayant quelque ressemblance avec la gomme gutte
(lleckel, La flore du Prony et sa distribution en zone, Annales
de la Fac. des Sciences de Marseille, t. II, fasc. G). Mais il
existe dans la même région un végétal congénère moins connu,
qui mérite quelque attention, et sur lequel nous pouvons
donner quelques nouveaux détails descriptifs et trois planches.
Cette espèce est asez répandue en Nouvelle-Calédonie d’une
façon générale et en particulier à Wagap, Moriri (Vieillard),
à la baie du Prony (Balansa et Jeanneney), à Ngogé (Schlechter), au mont Humboldt (Balansa) et à la Ferme modèle, non
loin de Nouméa (Balansa). A la baie de Prony, on la rencontre
depuis les bords de la mer, dont pourtant elle se rapproche
peu, jusqu’à une altitude de 100 mètres dans les zones ferru­
gineuses, pierreuses et à l’abri des grands vents.
C’est une plante dioïque, se présentant, tantôt à l'état de
buissons arrondis, surbaissés, tantôt en petits arbres d'une
taille de 4 à 5 mètres.
P ied m a l e . PI. VI et VIII. — Troue droit de 4 à 5 mètres, branches tom­
bantes se relevant ensuite à leur extrémité d’une façon gracieuse. Cime
grêle, d’aspect spécial et bizarre. Feuilles grandes, presque sessiles (de
20 cm. sur 10 dans les sujets en buissons, et de 15 cm. sur 8 dans les plantes
développées en arbre), coriaces, épaisses, cassantes, d'un veit pâle audessus, d’un vert jaunâtre en dessous, opposées, décussées, érigées;

�236

E. HECKEL
nervure médiane saillante sur les doux faces. Nervures secondaires se
détachant presque h angle droit de la côte, parallèles, tines, régulières.
Bords du limbe garnis d'un mince bourrelet anguleux. Les feuilles sont
franchement elliptiques. Inflorescences en cymes corymbifères grêles,
naissant à l’aisselle des feuilles qui, dans les sujets arborescents, sont
rapprochées à l’extrémité des branches. Fleurs globuleuses, précédées de
bractées écailleuses, épaisses, opposées par paires. Calice â sépales écail­
leux, épais, érigés, opposés, au nombre de quatre. Corolle à quatre divi­
sions épaisses, charnues, d’un beau rose, imitant la cire, petites(3à 5 mm.).
Étamines nombreuses, sessiles, groupées au centre de la fleur et s’ou­
vrant par de larges pores latéraux. Pollen sphérique, chagriné, granuleux.
Chaque cyme florale est munie â la hase de deux bractées aiguës,
persistantes, vertes. Les pédoncules floraux sont aplatis à leurs points
de divisions; au-dessous de chaque pédoncule secondaire est une bractée
concave.
P ied f e m e l l e . PI. VII et VIII. — Les feuilles y sont plus petites et la
plante entière présente plus souvent l'aspect d’un arbrisseau buissonnant
que celui d’un jeune arbre élancé. Feuilles opposées, de 16 cm. sur 8 de
large, mêmes nervures que dans le mâle. Inflorescences femelles plus
maigres, portées sur un pédoncule commun que terminent deux bractées
mères opposées, parfaitement elliptiques. Entre ces deux bractées croît
le pédoncule très court où s’insèrent les fleurs femelles qui sont presque
sessiles comme les mâles. Calice et corolle comme dans la fleur mâle.
Ovaire ovoïde (i loges), comprimé latéralement; stigm ate sessile, dis­
coïde. présentant quatre divisions cruciformes peu accusées. Fruit du
volume d'une amande verte, ovoïde, comprimé, entouré à la base par le
calice persistant, présentant deux loges stériles et deux ayant chacun
une graine à embryon macropode droit.
Nous croyons devoir insister sur une particularité que présente, dans
le pied mâle comme dans le pied femelle, l’insertion pétiolaire des
feuilles placées à l’extrémité des rameaux et dont la pl. VII, fig. 3, 4, 5,
illustre la disposition que voici. Les deux feuilles terminales opposées,
placées â l’extrémité des rameaux, quand elles sont parvenues à complet
développement, sont dressées face à face et em brassent par leur base
(dont le pétiole n’est pas discernable) le bourgeon terminal. L’extrémité
très courte de ce pétiole s’est renflée inférieurement et s’insère sur le
rameau, de façon à en recouvrir les deux tiers. Près de celte insertion, on
remarque, sur le rameau même, deux petites éminences arrondies,
creuses, entourées d’un bourrelet. Le limbe foliaire descend de chaque
côté du pétiole jusqu’au renflement ci-dessus décrit. Mais, sur la face
interne, la nervure médiane présente un bourrelet renflé qui recouvre, en
s’unissantau bourrelet de la feuille opposée, le jeune bourgeon naissant.
Celui-ci se trouve ainsi protégé par une adaptation spéciale qui rappelle,
sans le reproduire, celle du pétiole des platanes, des Ficus et d cs/lr/o carpus.

PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

237

Explication des planches VI, VII et VIII.
P l . VI. — Extrémité supérienre d’un rameau mâle montrant les
feuilles sur leurs deux faces, ainsi que les cymes florales ; ces cymes
semblent articulées, elles sont en réalité formées de pédoncules se
divisant dichotomiquementdès la base de chaque inflorescence, dont
l’unedes branches avortegénéralement ou lombe(cyme unilatérale).
P l . VII. — 1. Rameau florifère, d’un sujet femelle, montrant les
feuilles terminales et les bractées elliptiques des inflorescences paucillores. — 2. Fleur femelle à l'extrémité d’un pédoncule floral : les
deux bractées florales ont été coupées au ras du limbe ; les quatre
pièces calicinales en croix sont visibles ; la corolle, imbriquée en croix,
montre deux divisions opposées, recouvrant les deux autres (invi­
sibles) par imbrication. — 3. Extrémité d’un rameau. On aperçoit de
chaque côté la naissance de chaque feuille avec une partie du limbe
et, à la base du pétiole renflé, lu petite éminence creuse du rameau.
Entre les deux feuilles, on voit le bourrelet formé par le renflement
de chaque pétiole dont la base se juxtapose. — 4. Vue de plan, les
feuilles étant écartées de l'extrémité d'un rameau garni de deux
feuilles opposées. Les feuilles sont coupées ; entre le bourrelet de la
nervure de chaque feuille, on aperçoit la naissance du bourgeon
terminal. — 5. Rase d'une des feuilles terminales. L’extrémité
inférieure de la nervure médiane présente une cavité triangulaire
obtuse bordée de deux bourrelets : l’un renflé, plissé, épider­
mique; l’autre linéaire, plus interne, parenchymateux. En dessous, le
petit bourgeon terminal du rameau.
P l . VIII. — 1. Inflorescence mâle, montrant trois cymes dichotomes florifères avec les deux bractées communes aux trois pédoncules
ramifiés. Deux des inflorescences (les latérales) présentent un élar­
gissement du pédoncule avant la première division dichotomique;
la médiane présente deux écailles bractéiformes. — 2. Fleur mâle
non encore épanouie avec ses bractées écailleuses et les deux fleurs
latérales presque avortées. — 3. La même, vue d'en haut, et mon­
trant, outre les quatre divisions de la corolle, la masse des anthères
sessiles. — i. La même épanouie, la corolle est écartée pour mieux
laisser voir le centre. — 5. Pollen sphérique granulé. — 6. Deux
anthères sessiles, séparées de la masse, montrant la déhiscence
(grossies). — 7. laie fleur femelle; écailles bractéiformes à la base.
On aperçoit l'ovaire et le stigmate discoïde. — 8. Un ovaire jeune.

�238

E. IIISCKEL

— y. Un fruit mûr, calice persistant à la base. Stigmate persistant,
sessile, montrant ses quatre divisions en croix de Saint-André. — 10.
Coupe du même. Deux graines. — II. Coupe longitudinale du
même. — 12. Coupe de l’ovaire. — 13. Coupe épidermique d’une
feuille, montrant les stomates s i et des cellules garnies demaclesm.

Les feuilles, les jeunes rameaux et l'écorce de ce végétal
sont gorgés d'un suc visqueux jaune pâle, très employé par
les canaques pour faire de la glu à prendre des oiseaux. Ils
incisent pour cela, à l aide d’un fragment de bouteille cassée
(le fond surtout), toutes les parties susceptibles de rendre un
exsudât du reste toujours peu abondant, à cause de sa visco­
sité; ils le recueillent en grattant, outre les parties incisées, la
paroi interne du verre. Puis, laissant évaporer l'eau au soleil
pendant un jour ou deux, ils étendent cette glu avec le doigt
sur de petites baguettes, dans des lieux fréquentés par les
oiseaux.
Voici les remarques que Jeanneney a pu faire sur ce latex :
« Il est semi-liquide, assez abondant, mais très visqueux.
« Blanc mat à la sortie du végétal, il brunit à l’air, mais si
« irrégulièrement qu’on croirait, en voyant les taches arron« dies formées à la surface du liquide, qu'il y a là deux
« produits différents, l'un changeant à Pair, au point de vue
« de la coloration, l’autre n'éprouvant aucune moditication.
« Quelques canaques obtiennent un exsudât beaucoup plus
« abondant en coupant des rameaux verts et en les exposant
« au feu, de sorte que, par chaque extrémité, la glu s’écoule
« goutte à goutte. Cette glu existe du reste dans tout le
« végétal et s'écoule même du centre des rameaux, autour de
« la moelle : elle s’épaissit à l’air, surtout si on l’agite de
« façon à favoriser l’évaporation de l eau : l’odeur en est nulle,
« la saveur en est fade, du moins autant que j ’ai pu m’en
« apercevoir, car je suis devenu prudent depuis que j’ai goûté
« l huile de Chawa (Cerbera Manghas). Dans la bouche, le
« liquide se coagule rapidement en une masse visqueuse.
« Par l’action de Yammoniaque liquide, ce latex se coagule
« presque instantanément, en abandonnant un liquide d'une

230
« couleur jaune rougeâtre, limpide. Le reste est condensé en
« une masse uniforme qui prend, peu à peu, à l’air, une couleur
« jaune brun, rappelant celle des excréments humains.
« Par l’action de 1acide chlnrhj/drique, ce latex se prend
« en une glu jaunâtre rapidement coagulée tandis que se
« dégage un liquide d’un jaune rougeâtre.
« Par l'action de Yacide sulfurique à f&gt;0°, il se forme
« d’abord une masse visqueuse, puis dure et cassante, dont
« toutes les parties abandonnent un liquide limpide qui semble
« être de l’eau. Chauffé, ce même exsudât se boursoufle, puis
« charbonne en dégageant une odeur de pomme grillée. »
PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

LYGODIUM RETICULATUM Schrank (PL IX).
On n'a signalé jusqu ici en Nouvelle-Calédonie que deux
espèces de Lygodium : le L. hians Fourn. à Mé Arembo, pla­
teau de Dogny, et le L. reticulatum qui, en dehors de Prony
et de l’île des Pins (Jeanneney), a été indiqué au Mont Mou
et à Bouloupari (Le Rat). C’est une fougère grimpante,
volubile, très élégante, propre aux zones argileuses, humides
ou humifères où croit le Niaouli Melaleuca viridiflora Sol.), à
Prony et à l ile des Pins.
«Tige noire, dure et souple, solide, d'un diamètre maximum
de 8 millimètres, obtusément triangulaire ou un peu dépri­
mée, ou même complètement cylindrique suivant les points
où on l’examine, atteignant jusqu’à 8 mètres de long, s’en­
roulant sur elle-même et sur les herbes en masses confuses.
Si elle rencontre un appui, elle grimpe jusque au sommet des
arbres quelle finit par couvrir d’une toulfe épaisse, et par
enserrer dans les inextricables lacis de ses ramifications.
— Frondes stériles, brièvement pédonculées, composées de
folioles alternes, pétiolulées, allongées, à bords ondulés, obtuses
au sommet, dilatées à la base; nervure du limbe se divisant et
s’épanouissant en éventail du pétiolule au sommet. Limbe
d'un beau vert, très riche en chlorophylle, même dans l’épi­
derme. — Frondes sporifères à folioles profondément et assez

�régulièrement découpées ; sores alternes, insérés en deux
rangs sur les bords laciniés du limbe; sporanges sessiles,
sphériques, s’ouvrant par stries rayonnantes et finalement par
une déchirure verticale qui le partage en deux moitiés. Spores
en écusson ou réniformes, arrondies, présentant, h la loupe,
des dépressions qui en montrent la surface chagrinée ».
Explication de la planche IX.
Pi.. IX. — Branche avec une fronde sporangifère. — 2. Un des
lobes foliolaires de la fronde sporangifère (grossi). — 3. Une des
divisions des bords du limbe sporifère, montrant les deux rangs de
sporanges alternes (très grossie). — t. Un sporange ouvert, montrant
les spores à l'intérieur du sporange ouvert par déchirure verticale. —
3. Spores en écusson chagrinées, grossies. — 6. Epiderme supérieur
de la fronde stérile, avec grains de chlorophylle abondants et sto­
mates.

Liane fine, souple et élastique, à écorce d’un beau noir
luisant devenant magnifique sous une couche de vernis ; pas
assez connue encore des vanniers du pays, surtout à cause de
son abondance et de la facilité de sa récolte. Employée par
des indigènes, soit pour faire des couronnes (touaourous)
dont ils s’ornent la tète avec plaisir et qui font un fort joli
effet, soit pour attacher les ignames ou les paquets de pois­
sons (Ile des Pins), soit tressées à quatre ou cinq brins
pour faire des cordages de traction très résistants (Ile Ouen).
Cette plante à vannerie est une liane d'une grande utilité
qui mérite sérieusement l’attention des industriels. Jeanneney
avait envoyé à l'Exposition de Chicago des paniers faits avec
cette liane qui intéressèrent fortement les visiteurs.
SCÆVOLA KŒNIGII Vahl. (PI. X).
Arbuste buissonnant à plusieurs tiges partant d’un même
point du sol. Apparence touffue, à branches rampantes d’abord,
puis redressées; à bouquets de feuilles aux extrémités des
rameaux.

PLANTISS DE NOUVELLE-CALÉDONIE

241

Tronc noirâtre, strié longitudinalement de blanc. Hauteur maximum
trois mètres. Touffe très élargie. Écorce à épiderme très mince,gris, strié
de noir, lisse; en dessous une couche d’un beau vert, assez mince; puis
une couclie molle, blanche laiteuse, assez épaisse. Bois blanc, mou, inuti­
lisable. Diamètre du tronc maximum, 0 centimètres. A l'intérieur, une
moelle qui, quaud l’arbuste est coup *, se racornit et devient noirâtre.
Feuilles elliptiques, alternes, rapprochées à l’extrémité des rameaux, rou­
lées sur leur face inférieure dans la vernation, atténuées en un pétiole
peu long, charnues, molles, cassantes; nervures delà face inférieure à
peine visibles, plus marquées à la face supérieure, s'anastomosant â leur
extrémité près des bords; limbe légèrement lobé à l'extrémité, portant
à l’angle des lobes, sur le bord, une très petite tache jaune. Ces feuilles
sont glabres 1, luisantes dessus, plus ternes en dessous, et laissant sur
les rameaux des cicatrices semi-circulaires. — Fleurs par3 ou 4 sur un
pédoncule ramifié en cymc naissant à l’aisselle des feuilles, blanches,
peu grandes; le pédicelle de chaque lleur porte, en dessous du calice à
15 millimètres environ, deux petites bractées latérales, incurvées, aiguës,
dressées le long de ce pédicelle. Calice gamosépale, utriculeux, renflé,
présentant cinq sépales arrondis, terminés par cinq pointes aiguës,
dressées. Corolle blanche, tubuleuse à sa naissance, mais se déchirant
immédiatement pour se déjeter vers l’extérieur en un tube demi-cylin­
drique ouvert, qui s’étale bientôt en un limbe quinquépartit, formé de
lames régulières bordées d’expansions chiffonnées : la gorge et le tube
sont hérissés de poils blancs, larges à la base. Comme dans tous les
Scaevola, la fleur parait fendue par le milieu et unilabiée (deux pétales
postérieurs étant rejetés avant). Style épais, cylindrique, recourbé en
crosse vers l'épanouissement du limbe corollin, aplati ensuite en un
stigmate velu, bilobé, entouré à sa base par une expansion cupuliforme
1. L’état des feuilles glabres semble indiquer qu’il y aurait lieu de
désigner cette espèce sous le nom de Scævola montana Labill., comme
l’admet Schlechter (Bot. Iahrbücher, XXXIX, p. 271), le nom de Sc. Kœni(jii Vahl. restant réservé à la forme à feuilles nettement laineuses
sur leur face inférieure. Mais, â mon avis (qui est celui de Bentham),
cette forme n'est qu’une simple variété, et je conserve à l’espèce ici
décrite le binôme de Vahl, d'autant plus que le nom spécifique de rnontana conviendrait peu à une plante qui, comme l’ont constaté Schlechter
et Jeanneney, se trouve sur les rivages maritimes sableux et rocailleux.
M. Guillaumin (Bulletin du Muséum d'Iiist. nat. de Paris. 1911, n° 7,
p. 563) s’est rallié à la manière de voir de Schlechter après avoir adopté
celle de Bentham dans son catalogue, publié l’an dernier dans ces
Annales, tout en admettant pour la plante cueillie à l'anse Yata près
Nouméa), sur le bord de la mer aussi, le nom de Scaevola Kœnigii.
A n n a le s d u M usée co lo n ia l de M a rseille.

— 2* série, 10* vol. 1912

Lû

�242

E. HECKKL
bordée d'une rangée de soies blanches. Étamines petites se desséchant
rapidement; long filet recourbé vers l'extérieur. Ovaire à deux loges
uniovulées, ovules anatropes. Fruit : drupe blanche, à pulpe spongieuse
et humide, surmontée par les dents du calice. Noyau osseux, rugueux,
marqué d'une crête latérale partant de la base, et l’entourant dans sa
plus grande dimension. Deux graines blanches.

Très commune dans les îlots madréporiques soulevés et sur
les bords de la mer, cette plante est plus rare à Pronv, où on
la rencontre en touffes, sur les rivages maritimes sableux et
rocailleux, le pied baignant presque dans la mer. Aucun usage
bien connu, toutefois Jeanneney, après avoir constaté que
l’écorce était laiteuse, que le lait était d'un blanc légèrement
verdâtre, coulant peu abondamment après quelques incisions
au couteau dans le tronc mou, a pu en recueillir environ dix
centilitres qu'il a étudiés comme suit ;
« Goût de lait, légèrement amer par la suite. L'amertume
« s'accentue un instant après dans la bouche, puis disparaît
« tout à coup ; se coagule à l’air en une masse brunâtre, très
« visqueuse, et qui constituerait une glu excellente. Coagulé à
« l'alcool, ce latex se prend en une masse molle, qui colle très
« fortement aux doigts, et s’étire peu. L'alcool prend en même
« temps une couleur vert d'eau.
« La glu sèche assez vite à l’air. L’acide sulfurique com« mimique à ce lait instantanément une belle couleur pourpre
« violacée, foncée ; si on l’étend alors d'eau, belle coloration
« verte, avec formation de grumeaux grisâtres. C’est presque
« la réaction du lait de Gerbera manghas. L'acide chlorhv« drique lui donne instantanément une couleur vert pomme,
« tendre. Ce lait jaunit au seul contact des vapeurs d’ammo« iliaque. Coagule en blanc par l'acide acétique. »
Ce végétal a été indiqué en dehors de la baie de Prony (où
Jeanneney l’a recueilli pour le dessiner ici) ; à Balade (Labillardière, Vieillard); à Kanala, baie d'Amata, à Thio, Ilouaïlou
Grunow) ; à Yahoué, de 50 à 100 mètres d’altitude (Schlechter) ;
à Bourail (Penel) ; en Nouvelle-Calédonie et île des Pins
(Pancher); à Pile Art (Monlrouzier) et même aux alentours
de Nouméa (Heckel). Si le latex de cette plante pouvait trouver

243
quelque application, l’exploitation en serait possible à cause
de la diffusion de ce végétal.
PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

Explication de la planche X.
P l. X. — 1. Hameau florifère. — 2. Fleurvue de face montrant le
calice, la corolle déjelée d’un seul côté en avant en une demi-col­
lerette, et le stigmate qui surplombe la face velue de la corolle. —
3. La même vue de profil, montrant le style sortant par la déchi­
rure de la corolle et se recourbant pour présenter le stigmate en
avant. — -4. Une corolle détachée, vue du côté où elle est naturel­
lement ouverte. — 5. Calice : la corolle a été enlevée. On aperçoit
les étamines sèches sur leurs filets chiffonnés et le style surmonté
du stigmate élargi. — 6. Coupe transversale de l'ovaire. — 7.
Ovaire plus âgé. — 8. Fruit mûr. — 9. Coupe longitudinale du fruit.
— 10. Coupe transversale du même. — 11. Noyau entier vu de
face. — 12. Le même, vu de côté, montrant la crête qui l'entoure.
— 13. Le même, en coupe longitunale montrant les deux graines.

CARAPA 0B0VATA Bl. (Xylocarpus obova/us A. de Jussieu).
Milnca des ouvriers de la iransportation (Pl. XI et XII).
Arbre tordu, tourmenté, Irès rarement droit, incliné généralement du
côté delà mer, et atteignant au plus cinq à six mètres de hauteur, sou­
vent creux au cœur. Tronc court, présentant de nombreuses et volumi­
neuses nodosités ou bosselures irrégulières; 25 à 30 centimètres de
diamètre. Racines tortueuses, s’étendant au loin, émergeant souvent hors
du sol. Écorce gris jaune, formée d'un épiderme fin, gris, lenticellé,
d’une couche très mince, verte, puis d’une zone rouge beaucoup plus
épaisse, enfin d'une zone blanche, plus épaisse. Cette écorce se détache
en plaques sèches, de 3 millimètres d’épaisseur, un peu elliptiques,
grandes au plus comme la main, convexes, adhérant seulement par un
point central, de plus en plus rétréci, et se relevant sur les bords.
Rranches très nombreuses, entrecroisées, dirigées dans tous les sens,
tortueuses. Cime diffuse, touffue, d'un beau vert dense et gai. —
Feuilles, soit simples sur le même sujet, par avortement des folioles,
cequi arrive surtout à la partie inférieure des branches, soit, et toujours à
l'extrémité des branches, composées de deux paires de folioles opposées,
pétiolulées. Ces folioles sont alternes, luisantes dessus, un peu plus
ternes en dessous, ovales. Pétioles des feuilles et des folioles renflés en

�E. IIECKEL
uno grosse masse grise. — Fleurs d'un blanc jaunâtre, en eyme lâche, â
l’aisselle des feuilles, 5 millimètres de diamètre, apparaissant de
décembre â mars. Galice ve.'l, cupuliforme, â quatre lobes; quatre à cinq
pétales blanc verdâtre, caducs. Huit â dix anthères sessiles, attachées,
un peu en dessous du milieu de leur face dorsale, â la partie interne
d'un tube staminal campaniforrae rétréci à l'extrémité. Ce tube staminal,
pétaloïde, présente huit lobes aux pointes obtuses (crénelures), au-des­
sous de l'angle desquelles sont attachées les anthères, qui se trouvent
ainsi alternes avec les lobes. Pistil court, formé d’un style cylindrique
très petit, et d'un stigmate dilaté, affectant la forme d'un petit chapeau.
Ovaire entouré d'un bourrelet jaune rougeâtre, rugueux, formé par la
dilatation du disque, au-dessus du point d’insertion du tube staminal.
Le fruit sphérique, en forme de boulet de canon (8 h 10 centimètres de
diamètre), est constitué par un péricarpe coriace, épais, qui se sépare
en quatre valves à peu près régulières; six à dix graines grosses, con­
vexes en dehors, anguleuses en dedans, rapprochées par leurs faces
planes (les cloisons ayant avorté), assez irrégulières, de forme tétraé­
drique, avec un spermoderme coriace, terne, épais, spongieux, brunâtre.
La graine elle-même est formée d’un tissu spongieux (embryon).
Bois gris rosé, à grain fin, serré, assez dense, veiné de zones fines,
rose pourpre, d’un bel effet sous le vernis, des nodosités nombreuses
variant la disposition de ces veines d’une façon assez capricieuse. Ce
bois, propre à tous les ouvrages d’ébénisterie de luxe, est un des plus
beaux de la baie du Prony et de la Nouvelle-Calédonie en général (Voir
Sebert, Notice sur les bois de la Nouvelle-Calédonie, p. 228). Les stations
privilégiées de ce végétal sont les bords de la mer et les rivages
sablonneux à sous-sol vaseux, en arrière des palétuviers. Ses racines
sont souvent baignées par les hautes marées.
2ii

Ce végétal est assez commun en Nouvelle-Calédonie (Pancher, Deplanche, Kay, Petit, Sébert et Fournier), Nouméa
(Thiébaud, Balansa); Poume (Deplanche), Gatope (Vieillard),
Ile des Pins (Pancher), Prony (Jeanneney). La graine de cette
plante contrairement à ce qui se produit dans celles de
Campa, guyanensis et C. procera, ne renferme pas d'huile
ni concrète, ni liquide.
On le trouve sur les bords de la mer et sur les coteaux voi­
sins. Très commun à 1’Ile des Pins. Ecorce très mince (2 mm.),
grisâtre et lisse à l’extérieur, rougeâtre à l’intérieur, s’écaillant.
Aubier rougeâtre assez épais. Bois rouge à veines fines agréa­
blement nuancées. Facile à travailler, très bon, très beau

245
étant verni. L un des plus jolis bois de la Nouvelle-Calédonie
quand on peut rencontrer un arbre noueux et sain. Ajoutons
qu’il se fend bien et donne des beaux manches d outils.
PLANTES DE NO UV EL LE -C AL ÉD ON IE

Explication des planches XI et XII.
Pc. XI. — 1. Branche avec feuilleset Heurs. — 2. Fleur épanouie.
— 3. Fleur montrant l'ovaire dépouillé des pétales et du lube
staminal. — 4. Fleur sans périanlhe montrant le tube staminal. —
5. Tube staminal étalé montrant l'insertion des anthères à l intérieur.
P l. XII. — 1. Branche portant un fruitpresque mûr. — 2. Fruit
dépouillé de son écorce et montrant les graines juxtaposées ainsi
que les restes des cloisons atrophiées qui font hernie en certains
points. — 3. Coupe transversale médiane d'un fruit montrant six
graines coupées munies de leur tégument spongieux, trois d'entre
elles présentent la saillie de l'embryon, au milieu le tégument de
deux autres graines. — 1. Une graine isolée attachée encore à un
fragment de cloison par son funicule axillaire. — 5. Une graine
dépouillée de son tégument montrant la saillie de l'embryon, entou­
rée d'un bourrelet.—ü. Coupe transversale du même par la radicule
de l'embryon. — 7. Même point très grossi.

GEISSOIS RACEMOSA Labillardière (Pl. XIII et XIV).
Cette Saxilragée est une des plantes qui remplacent à Prony
le chêne gomme, Spermolepis lannifera, dans les terrains où
il disparaît par une exploitation exagérée. Les Codia, les Dracophyllum, le Dcplanchea speciosa se rencontrent en même
abondance dans les mêmes régions. Elle a été indiquée aussi
en Nouvelle-Calédonie en général (Pancher, de Pompéry,
Baudouin); à Balade, Wagap (Vieillard) : â Yahoué (Balansa,
Brousmiche); à Pont-des-Français (Balansa); àCanala(Lecard),
à Ilouaïlou (Cribs), à Bourail (Penel), Condé, Houaïlou (Cribs).
— Grand et bel arbre des zones ferrugineuses à argiles com­
pactes, atteignant tout son développement dans les régions
humides. Diamètre du tronc de 40 à 55 centimètres. Cime
étalée, plane, d'un beau vert, sur lequel tranche vivement la
couleur orangée des inllorescences. Espèce très ornementale
à cultiver.

�2

i( &gt;

E. n Ef.lv EL

Rameaux aplatis dans les entrenteuds et dans le sens des stipules, de
couleur cendrée. Feuilles discolores, magnifiques dans les jeunes plants,
et cet état se maintient jusqu'à ce que le sujet ait atteint deux mètres de
hauteur. Stipules axillaires interpétiolaires, opposées, oblongues, rosées,
légèrement soyeuses, embrassantes, caduques.— Feuilles composées,
digitées, à cinq folioles inégales; pétiole commun, long de 7 à 10 centi­
mètres ; pétiolules inégaux, partant du même point supérieur du
pétiole un peu dilaté en disque; cinq folioles de dimensions variables,
ovales, légèrement ondulées sur les bords, luisantes, denses, plus pales
dessous, coriaces, penninerviées, de 3 à 5 centimètres de largeur sur 10
à la. Le limbe des deux premières folioles est inéquilatéral, le bord
externe descendant plus bas que l’autre le long du pétiolule.— Fleurs en
grappes simples isolées ou groupées au nombre de deux, trois, ou plus
rarement quatre sur de petites protubérances corticales, à l’emplace­
ment des bourgeons à bois, sur les rameaux des années précédentes, et
quelquefois même sur les grosses branches. Les grappes, longues de 10
à 13 centimètres, portent un certain nombre de fleurs d’une belle couleur
rouge orangée, due surtout aux étamines. Calice à préfioraison valvaire,
à quatre sépales courts, aigus, épais, vermillonnés extérieurement, vert
pâle soyeux à l’intérieur, hvpogynes. Corolle nulle. Étamines de 10 à 15
insérées sous l'ovaire, à filet allongé, d'un beau rouge, élargi à la base;
anthères versatiles, à deux loges, à déhiscence longitudinale. Pollen
elliptique, aigu aux extrémités du grand axe. Ovaire ovoïde aigu, style
double, atténué en pointe à l’extrémité que termine un stigmate aigu,
non distinct. Cet ovaire un peu soyeux présente deux loges cloisonnées
par leur milieu.
Fruit sec, noir, coriace, long de deux centimètres, formé de deux
follicules demi-cvlindriques accuminés à l’extrémité supérieure, repo­
sant par la base sur le disque desséché, opposés par leur surface plane
qui s’ouvre par déhiscence ventrale et longitudinale. Graines nombreuses
insérées au bord placentaire de la suture ventrale des follicules, très
petites, ailées sur le côté, donnant dans l’eau un mucilage gommeux
abondant analogue à celui que produisent les graines du plantain Psyl­
lium macérées dans l'eau. Assez bon bois. (Voir Sébert et Pancher, Les
Lois de Nouvelle-Calédonie, p. 208.)
Explication des planches XIII et XIV.
P l. X III. — 1. Un ram eau. — 2. Une grappe de fruits. — 3. Un
fruit (capsule) très grossi. — 4. Coupe transversale de la même
capsule grossie. — 5. G raines dont deux grossies m ontrant des
aspects différents de l'aile.
P l. XIV. — I. G roupe de trois grappes simples sur une protubé-

O phiogi.ossum pedünculosi' m D esv.

P l. XIV Lis. — 1. Rhizome portant deux frondes sporifères. En
avant, à droite, on aperçoit, recourbé en haut, le petit bourgeon qui
continuera la marche de la lige souterraine. — 2. Fraction de tronde
sporifère vue par la face antérieure ; les sporanges non encore
ouverts (très grossie). — 3. Le même vu par la lace postérieure :
déhiscence des sporanges. — i. Spores fraîches. — 5. Spores sèches.
— 6. Fragment épiderm ique de la fronde stérile m ontrant les sto­
mates.

�248

249

K. HECKEL

PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

rance corticale. Les deux grappes latérales sont peu épanouies et
monlrent la préiloraison. L'épi a élé choisi pauciflore pour mieux
donner les détails. — 2. Une lleur isolée très grossie. — 3. La même
dépouillée des étamines. — L Une anthère vue de dos, grossie. — 5.
La même vue de face, grossie. — 6. Pollen. — 7. Coupe de l'ovaire.

points de File des Pins; à l'embouchure boueuse des rivières, jusqu’où
remontent les marées hautes; commun en Nouvelle-Calédonie où on le
signale en général (Pancher, Lecard) et en particulier à Balade (Ander­
son), à File Art (Montrou/.ier), à File clés Pins (Jeanneney).
Arbre glabre, à cime grêle, émettant du bas du tronc et des branches
de longues racines aériennes, souples, qui vont s’enfoncer dans la vase
et le soutiennent de tous les côtés. A partir du collet, il émet des racines
recourbées en arcs, saillantes, formant un pied très large, s’entrecroi­
sant, ém ettant elles-mêmes de nouveaux prolongements radiculaires et
formant d’inextricables lacis dans les vases du littoral et de l’embou­
chure des rivières.
Tronc court, écorce gris blanchâtre à l’extérieur, rouge brique à l’in­
térieur, assez épaisse, très riche en tannin, ainsi que toutes les autres
parties du végétal F Branches dressées, d’où partent des racines aériennes.
Feuilles rassemblées à l’extrémité des rameaux, opposées, pétiolées,
oblongues, coriaces, terminées, surtout dans leur jeunesse, par une très
fine pointe, luisantes en dessus, plus ternes et piquetées de nombreux
points noirs en dessous, 0 m. 10 à 0 m. 27 de longueur. Stipules interpétiolaires, grandes, caduques, lancéolées, convolutées dans la vernation
et enveloppant alors le bourgeon foliaire, tombant au moment où la
feuille se déroule et laissant une cicatrice circulaire noirâtre sur le
rameau blanc.
Inflorescences dichotomes, pédonculées, en cimes axillaires à l’extré­
mité des rameaux; pédoncule robuste, se divisant en deux; calice
accompagné à la base d’une bractéolc cuculliforme obscurément lobée,
verte ; le calice lui-même est à tube court, enfermé dans la bractéole, à
la sortie de laquelle il se divise en quatre dents, lancéolées, coriaces,
marquées au milieu du limbe d’une arête (celle-ci plus saillante en angle
à l’extrémité de ce limbe); persistantes, réfléchies. Corolle à quatre
pétales, d’un blanc mat, caducs, entiers, oblongs, recourbés vers l’exté­
rieur, recouverts d’une villosité toulfue à l’intérieur, insérés sur le
pourtour d’un disque presque carré qui tapisse et dépasse le tube du
calice, en recouvrant légèrement (à la façon d’un bourrelet) l'ovaire
adhérant en partie. Étamines 8 à filets libres, courts, attachées sur le
même disque, une à chaque angle du carré et une au milieu de chaque
côté; anthères biloculaires. introrses, s’ouvrant en fentes, sur un filet
dilaté à la base en un petit pied arrondi. Ovaire semi-infère, deux loges
uniovulées; surmonté d’un style conique, s'atténuant en un stigmate
bidenté. Fruit coriace, grisâtre, de la grosseur et de la forme d’une

OPHIOGLOSSUM PEDUNCULOSUM Desv. (PL XIV bis,
page 2 47).
Cette plante est indiquée à Pronv pour la première fois (très
abondante) par Jeanneney, dans les argiles du grand Kaori et
des environs des lacs, sur les points non marécageux mais
simplement frais de cette région. Par endroits, elle forme
gazon, surtout au pied de la montagne du grand Kaori. (Voir
la planche en tète montrant la région des lacs.)
Racines blanchâtres, charnues, cylindriques ; tige souterraine tra­
çante, émettant de loin en loin un ou deux rameaux aériens formés d’une
seule fronde stérile et d’un épi de sporanges porté par la deuxième
fronde fertile. Hauteur totale de la plante au maximum : 18 centimètres.
Fronde stérile solitaire, enroulée en spirale dans la vernation, obtusément triangulaire, à limbe polynervié, engainante à la base. — Fronde
fertile droite, longuement pétiolée, terminée par un épi de sporanges
superposés en une rangée de chaque côté de la fronde (nervure médiane)
et à sa face inférieure (postérieure). Déhiscence transversale des spo­
ranges en deux valves, l’une supérieure, l’autre inférieure. Spores arron­
dies, irrégulières. Cette Oplnoglossée n’est indiquée que dans une station
par Schlechler : sur les montagnes d’Oubatehe, à 700 m ètres d’altitude ;
spores mûres en décembre (Bol. Jahrbücher d’Engler, t. XXXIX, p. 13).

Les Canaques la mâchent contre les inflammations des
muqueuses de la bouche.
RHIZOPHORA MUCRONATA Lamarck. (Rhizophora Lamarckii
Montrouz.). (PL XV et XVI.)
Bongo en langue Mare. — Petit palétuvier blanc, Palétuvier
à béquilles, des ouvriers.
Arbre peu élevé, 5 à 6 mètres au maximum, propre aux rivages, soit
vaseux, soit madréporiques, où le corail meurt comme dans certains

1. D’après des recherches faites en 1803 au laboratoire de Chimie de
Nouméa, Jeanneney a trouvé : feuilles 10° 0 ; écorce des racines adventives 9 °/0 ; écorce du tronc 31 0 0- Le dosage était fait d'après la méthode
Villon (formation d’un tannate de /.inc et précipitation par l’acide oxa­
lique).

�250

K. M1SCK151-

petite poire renversée, couronné à la base par les dents épaissies et
coriaces du calice persistant, uniséminé. A la maturité du fruit, le tégu­
ment de la graine (PI. XVI bl&gt;, fig. 3)esl poussé en dehors par la radicule
qui s’allonge et il se forme un cylindre vert, lisse ((/aine) dont les bords
s'appuient sur le collet de la racine (rf), tandis que, dans son intérieur
creux, se loge la gemmule. La racine s’allonge, grossit, devient charnue,
prend une teinte brun sombre, et se présente à l'état d’un long lurion
lisse, marqué çà et là de proéminences mamelonnées qui sont les points
de départ des radicelles. Quand cette racine a atteint de 20 à 2ë cen­
timètres. et qu'elle présente la forme d’un long fuseau terminé par une
pointe conique, elle tombe sollicitée par son poids et s’enfonce perpen­
diculairement dans la vase où elle se fixe bientôt. D’autres fois, elle Hotte
verticalement en raison même de sa forme et est entraînée par les cou­
rants jusqu’à quelque promontoire vaseux où elle s’arrête L

Explication des planches XY et XVI.
P l . XV. — 1. Rameau florifère montrant un bourgeon terminal
enroulé dans des stipules. — 2. Fleur liés grossie. — 3. Fleur
vue de plan. — 4. Galice après étalement des divisions de son
limbe; au fond l’ovaire à 2 loges; autour le bourrelet portant la
cicatrice d’insertion des étamines. — 5. Étamine, avec un blet
dilaté au pied. — 6. Coupe de la fleur sans étamines ni corolle
montrant l’ovaire semi-adhérent, le bourrelet staminifère, le style et
le stigmate, enfin les loges de l’ovaire. — 7. Deux bourgeons floraux.
P l. XVI. — 1. Fruit portant graine germée sur l’arbre. — 2. Coupe
transversale du fruit par son milieu. — 3. Coupe longitudinale du
fruit germé : a, péricarpe; ô, gaine en capuchon protectrice de la
gemmule; c, gemmule; d , base de la ligelle. — 4. Sommet de la
tigelle portant la gemmule au moment de la chute de celle racine.
— 1 b is . Coupe transversale de la racine. — 5. Fruit et gaine pro­
tectrice après la chute de la racine.

Un peu avant sa chute, les Canaques détachent cette racine
jeune, la couchent horizontalement dans des trous saumâtres
de la vase et Fy laissent macérer. Elle prend, ainsi traitée, une
consistance molle et contracte une odeur caractéristique de
vieux fromage. Les indigènes s’en régalent en cet état. Ils
1. Noir une vue de la Mangrove, d’après W arburg, dans P fla n ze n fa m ilien d’Engler T he il A b th e ilu n g , 7 et 8, p. 43 , constituée par des
nombreux pieds de fih izo p h o ra m u cro n a ta et, plus loin (p. 51), il y est
ajouté les détails floraux de cette espèce.

231
l’emploient aussi par mastication quand elle est mi-mûre, pour
panser les phlyctènes qui se forment sur les muqueuses buc­
cales par l’abus de la pipe ou sous l influenced une inflammation
quelconque. Dans llnde où une autre espèce existe également,
le fruit mûr est mangé cuit. L’écorce sert à teindre les étoiles
en noir et s’emploie au traitement des hémorrhagies et des
angines. Mêlé avec la chaux et la feuille du Piper Betel, le
fruit remplace même la noix d Arec comme masticatoire. Les
Canaques font macérer les filets dans la décoction de cette
écorce pour les rendre plus durables. C’est en un mot un
tannant et un astringent puissant. On exploite en NouvelleCalédonie l'écorce pour la tannerie, mais sans résultats bien
satisfaisants. On sait cependant l’emploi courant que l’on fait
en Europe de cette écorce, et de celle des autres palétuviers,
pour la préparation des extraits destinés à tanner les cuirs.
Le bois a un aubier blanc, le cœur est rouge, assez foncé,
veiné, strié de zones plus sombres, très bon pour l’ébénisterie,
surtout quand il est âgé. Le grain en est assez tin.
Ajoutons pour terminer que c'est à l’embouchure des
rivières que, sur les racines submergées de ce palétuvier,
s'installent naturellement de vastes colonies d huîtres. Le
palétuvier retient les vases, les fixe entre ses racines et pré­
pare ainsi la venue de nouvelles plantes pour l’avenir.
PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

MELALEUCA PUNGENS Brongt et Gris (PL XVII).
Cette jolie espece est propre aux torrents comme certains
Metrosideros néocalédoniens.
Arbrisseaux atteignant deux mètres de haut au plus, en touffes épaisses,
à cime très dense et ébouriffée. Tronc lisse, d’où partent des branches
très près du sol, s’élargissant bientôt en innombrables rameaux. Écorce
peu épaisse, vaguement feuilletée. Le tronc acquiert avec le temps un
diamètre assez fort, tandis que la cime, écourtée par les rafales, cesse
de s’accroître. — Feuilles rapprochées en bouquets aux extrémités des
rameaux, petites, étroites, lancéolées, aiguës à l’extrémité, sessiles,
Bourgeons foliaires imbriqués en écailles. Fleurs terminales en groupes
capités, bractées et écailles lisses. Corolle blanche chiffonnée, cinq

�252

E. I1ECKEL

pétales légèrement onguiculés. Étamines polyadelphes par groupes de
4 à 5 soudées par la base des lilets sur une certaine longueur. Filets
souples, blancs, onduleux, comme rubanés. Anthères, petites, s'ouvrant
par déhiscence linéaire latérale. Style charnu, long, aplati à l’extrémité.
Calice velu, cupuliforme à cinq dents aiguës. Fruit : capsule à quatre
loges .4 déhiscence loeulicide. Graines cunéiformes prismatiques.

Bois dur rougeâtre, très bon pour la tabletterie line. Les
condamnés faisaient autrefois de très belles pipes avec les
racines de ce végétal. — Il a été indiqué, en outre du Prony
(Jeanneney), sur les bords du lac d'Ounia (Vieillard) et en
Nouvelle-Calédonie en général (Pancher).
Explication de la planche XVII.
P l . XVII. — 1. Branche lleurie. — 2. Feuille grossie. — 3. Brac­
tée llorale. — 4. La même grossie. — 5. Bractée florale plus inté­
rieure très grossie. — 6. La même. — 7. Epiderme du limbe foliaire
inférieur ;avec stomates). — 8. Inflorescence terminale. — 9. Fleur
isolée, munie de deux bradées velues et d’une couronne bractéale
villeuse. — 10. La même réduite aux pétales, étamines et style. —
11. Pétale isolé avec un groupe d'étamines. — 12. Lue anthère
isolée eu déhiscence. — 13. Fruit avec le calice elle style desséché.
— 14. Fruit mûr. — 15. Le même vu de face. — 16. Coupe lon­
gitudinale du fruit. — 17. Graines isolées (grossies).

DENDROBIUM FRACTIFLEXUM Finet (PL XVIII et XIX).
Orchidée ligneuse de la haie du Prou g et surtout des bords
des lacs du Prony.
Bambou de montagne, petit bambou des lacs des ouvriers.
Cette Orchidée ligneuse est propre aux zones élevées, mais
surtout aux plateaux ferrugineux de la baie de Prony. Elle
n'atteint ses plus grandes dimensions qu’au bord des lacs, et
surtout dans les rocailles du littoral du grand lac, où elle est
très commune. Elle mesure dans ces zones deux mètres de
haut, et même trois mètres dans certains lieux ombragés et
à l’abri des vents (Voir la planche du lac de la Pouéné en tête
du mémoire).

PLANTES DE NOUVELLE-CALEDONIE

253

Tige droite, rigide, ligneuse, cassante, à écorce d’un beau brun lui­
sant, présentant les cicatrices annulaires de l’insertion des feuilles. Cette
tige, fragile quand elle est sèche, mais gardant cependant une certaine
souplesse, est utilisée en Nouvelle-Calédonie comme badine élégante.
Knlre-nœuds régulièrement espacés, plus foncésen couleur, présentant,
outre une cicatrice circulaire complète, un point cicatriciel, elliptique
concave, alterne autour de la tige. Aspect général d’une tige de Bambou
ou de rotin (Pl. XIX, fig. 1) b

Gaines stipulâmes, caduques, filamenteuses, amplexicaules, grises,
marquées de cannelures longitudinales régulières, qui donnent à la tige
sur pied encore plus d’analogie avec une Bambusée. Tige simple, droite,
ou, dans les sols arides et secs, se subdivisant en plusieurs ramiücalions
alternes de chaque côté de la tige principale. Feuillesalternes, distiques,
longues de 6 à 8 cm., larges de 20 à 25 mm., engainantes à la base,
jusqu’à la feuille immédiatement précédente de la gaine de laquelle
elles semblent sortir. Ces feuilles sont lancéolées, aiguës à l’extrémité
qui est bifide, à pointes inégales, luisantes et d'un beau vert à la face
supérieure, présentant de très fines nervures parallèles. Files sont, en
outre, plus pales à leur face inférieure, plissées longitudinalement sui­
vant les nervures, parcheminées, coriaces, très dures à déchirer, quoique
souples, filamenteuses dans le sens des nervures.
Fleurs blanches en une longue grappe simple, naissant, non à l'aisselle
des feuilles, mais entre deux feuilles, et par conséquent, perçant de leur
pédoncule filiforme, articulé, la gaine de la feuille supérieure. Articles
du pédoncule en zigzags, à chaque angle se présente une fleur portée
par un pédicelle élégamment recourbé, de façon à la montrer dressée.
Celle-ci, non épanouie, ressemble un peu à la » forme» d'un cordonnier.
Périanthe externe (calice) à pièce supérieure éperonnée obtusément,
en talon, présentant, du point d’attache du pédoncule à l’extrémité de
l'éperon une carène aplatie, verte. Pièces latérales relevées élégamment
en courbe, présentant à leur naissance, extérieurement, deux courtes
nervures roses. Face interne marquée de fines ponctuations jaune pâle.
1. Celte belle Orchidée, qui appartient à la section Macrocladium du
genre Dendrobium , partage avec D. sarcochilus Finet, D. steatoglossurn
Reichb. f., à raison de leurs tiges hautes et ligneuses, la dénomination
vulgaire de « Orchidées à cannes » , à cause de l'emploi courant que l'on
fait de leurs tiges rigides. Mais c’est celle dont nous nous occupons ici
qui parait la plus répandue : on l’a trouvée non seulement à Prony, mais
à la baie de Tupiti (Deplanche) et à Ngoyé Schlechter). L’espèce
/). sarcochilus est signalée en Nouvelle-Caledonie sans désignation de
localités par Pancher et Vieillard, à Table-Unio Balansa), enfin à Ngoyé
(Schlechter).

�254

K. MECKEL

Pièce supérieure dressée, aiguë, marquée intérieurement de ponctua­
tions jaunâtres.
Périanthe interne (corolle) formé : 1° du labelle, plus charnu que les
autres pièces du périanthe, attaché à la base de l’éperon, et comme
mobile sur celte base auquel il semble être attaché par une charnière;
face externe du limbe jaunâtre terne, vert â la base, terminé en pointe
et marqué d’une nervure médiane; l'ace interne repliée en dedans, sur­
tout vers l'extrémité où les bords se touchent. Sur cette face externe
trois crêtes vertes, saillantes, visqueuses, ^longitudinales suivent le
limbe et vont, s'atténuant et se rapprochant, vers la pointe. Gynoslème
vert, marqué intérieurement d’une tache pourpre ; deux masses pot 1iniques bilobées, logées dans les cavités d'un clinandre en capuchon,
suspendu au sommet de la colonne stigmatique par un mince filet.
Stigmate concave, bordé de lèvres visqueuses, à concavité également
visqueuse, présentant au fond une glande lisse (glande rétinaculaire)
séparée des anthères par un ruban mince, dont deux expansions en
coruicules maintiennent l'adhérence du capuchon anthérifere.
Jolie plante ornementale, qui fleurit en novembre-décembre. —- Nom­
breuses houppes de cristaux et de raphides dans les racines et dans le
bulbe assez riche d’ailleurs en amidon.

Explication des planches XYII1 et XIX.
P l. XVIII. — 1. Branche lleurie de la plante. — 2. Fleur grossie.
— 3. Clinandre en capuchon avec son filet vu de profil. — 4. Vue
intérieure du clinandre vide, renversé. — 5. Le même séparé et
garni des masses polliniques. — 6. Deux masses polliniques. —
7. Gynoslème complet. — 8. Grains de pollen.
P l. XIX. — 1. Fragment de la tige ligneuse montrant les anneaux
cicatriciels stipulâmes. — 2. Racines et naissance des liges. —
3. Naissance d’une lige débarrassée des racines. — 1. Coupe d'une
racine à son extrémité. — 5. Contenu d’une cellule parenchyma­
teuse du pseudobulbe. — 6. Epiderme foliaire avec stomates.

PHAJUS GRANDIFOLIUS Lour. (Pl. XX et XXI).

Orchidée propre au Morne ver! et à Casy (Prony).

Le morne vert présente une constitution géologique spéciale
où dominent des argiles grasses, stéatiteuses ou magnésiennes,
blanches ou plus ou moins colorées par les sels de fer, avec

255
des liions 1res nombreux de manganèse. Casy, îlot situé en
face, présente une composition analogue dans l'une de ses
moitiés. L’autre moitié, en effet, est une plaine de sables
madréporiques soulevés qui présente avec File des Pins, au
point de vue de la Flore, une ressemblance extraordinaire.
On y rencontre, en effet, comme à l ile des Pins : Araucaria
Cookii, Oclirosia elliptica, Myoporum crassifolium, CerJ)era
manqhas, Pre/nna sambucina, Casuarina equisetifolia, var.
incana, Crinum asiaticum, Scævola Kœnigii, Ficus prolira,
Terminalia littoralis à beaux fruits rouges, Clerodendron
inerme, Pandanus, Colubrina asiatica, Ficus austrocaledonica,
Urtica pcllucida, Pipturus incanus var. pellucidus Wedd.
l’herbe à crochets ou Cenchrus anomoplexis, Cassitha fibfor­
ints, et enfin, au centre, bien acclimatés et, dit-on, indigènes,
trois Artocarpus incisa très vieux. On y trouve, pour dilférencier
cette végétation caractéristique du littoral de Kunié, le Calophyllum inophyllum qui est rare «à File des Pins, le Cycas
austrocaledonica qui n’y existe point. Sur les versants de
l'autre moitié, quelques Niaoulis (Melaleuca viridiflora), la
fougère de l île des Pins et l’orchidée caractéristique du pla­
teau de cette dernière localité, le Limodorurn anquiculatum
Labill. Puis la végétation devient spéciale, analogue à celle du
Morne vert : Codia, Lcucopoqon, Selaqinella, Lycopodium,
Bseckea, etc. Dans cette région se rencontre la superbe Orchidée
Phajus grandifolius Lour., dont la description suit ;
PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

Plante ornementale de toute beauté, fleurissant en juillet et août.
Feuilles lancéolées, radicales, amplexicaules, parlant d'un pseudobulbe
ovoïde de la grosseur d’un œuf de poule, longues de 30 à 40 cm., plissées suivant les nervures longitudinales et parallèles : hampes llorales
droites, cylindriques, terminées par un épi élégant de fleurs alternes,
présentant, à distance, l'aspect gracieux d’une inflorescence de lys.
Calice à pièces caduques, blanches extérieurement, verdâtres intérieure­
ment, lancéolées, aiguës; fleurs à pédoncule assez long et blanchâtre,
formées de trois pièces externes ovales, lancéolées, aiguës, blanches
à l’extérieur, à face interne rouge carmin et rouge brique, passant
au brun avant la chute; deux des trois pièces patéloïdes (corolle) sont
dressées et de la forme et de la couleur des précédentes. Labelle enroulé
en cylindre par ses bords sur leur partie la plus renflée, éperonné, blanc

�256

257

K. HIX.K KL

PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

extérieurement en dessous et à l’éperon, coloré en rouge en dessus,
s'étalant ensuite en limbe chiffonné, plissé, coloré intérieurem ent (jus­
qu’au fond de la gorge ainsi formée) de stries en hélice, carminées ou
roses. Gynostème charnu, blanc crème, formé d’un tube pistiliaire
épanoui à son extrémité en une gorge au fond de laquelle apparaissent
deux glandes cireuses; logette des étamines à quatre cavités; étamines
en masses testiculées cireuses ; pollen ovoïde à lobes saillants en masses
sectiles, cérébriformes, arrondies. Ovaire il 6 faces profondément canaliculées distinctes : trois placentas pariétaux. Ovules nombreux. Beau­
coup de raphides.
Belle plante d'ornement très remarquable à cultiver à ce titre.
On trouve deux autres espèces du même genre en Nouvelle-Calédonie:
Phajus Bernaysii Reichbach fils, à Païta (Schlechter), au pied des mon­
tagnes, qui fleurit en septembre, et Ph. Bobertsii F. Von Mueller, h
Yahoué(Sehlechter), dans l’humus des bois sur les montagnes, qui fleu­
rit aussi en septembre. Ces espèces sont moins- ornementales. Le Ph.
grandifolius a été signalé aussi à Méré par Grunow.

pétiolées, insérées sur un léger renflement des ramules, longueur de
10 à 18 cm., largeur de 3 à 5 cm., elliptiques, allongées, acuminées, lui­
santes dessus, assez dures, cassantes ; partie supérieure du limbe gon­
dolé légèrement aux nervures qui sont moins visibles en dessous. Pétiole
court, canaliculé. Inflorescences insérées à l’extrémité d’un axe assez
allongé, aplati, obtusément anguleux, et portant des bractées en forme
de feuilles rondes, petites, d’un vert pâle, opposées en croix.
Fleurs à préfloraison contournée. Pédoncule assez long. Calice obeonique à la base, cylindrique, à 5 dents aiguës, vertes.
Corolle infundibuliforme, à limbe étoilé, divisé en 5-6 dents aiguës;
grande, d’un beau blanc mat. Cette corolle tranche agréablement en
étoile immaculée sur le vert dense des feuilles. Étamines 5, alternes avec
les divisions de la corolle, et insérées à la gorge de celle-ci, linéaires,
terminées par une petite pointe molle. Deux loges aux anthères,
déhiscence en fente longitudinale. Pollen obtusément triangulaire,
chagriné, présentant un épaississement blanc à chaque angle. Pistil à
style cylindrique assez long, renflé ensuite pour se diviser en un stigmate
bilobé, qui émerge à l’épanouissement du limbe corollin étalé. Un disque
charnu, vert, couronne l’ovaire à la base des dents du calice, un peu audessus de l’insertion du tube corollin. Fruit cylindrique, allongé, atténué
en pointe obtuse h son sommet, long à maturité de 15 à 20 cm.; deux
bractées persistantes, triangulaires, à l’insertion du pédoncule. Ce fruit
est couronné par le calice jauni un peu avant la maturité. Quand le fruit
commence à jaunir, le calice tombe : le fruit mûr ressemble un peu,
pour la couleur et la forme, à une banane. Coupé transversalement, il
laisse apercevoir les deux loges de l’ovaire avec pulpe placentaire molle,
blanc grisâtre, dans laquelle sont noyées en grand nombre des graines
un peu aplaties, obtusément triangulaires ou à contours arrondis. Testa
coriace, parsemé de taches brunâtres. Dans un albumen corné, un
embryon placé obliquement, formé d’une radicule infère et de deux coty­
lédons cordés, la pointe en haut.
Bois dur, nerveux, de petites dimensions malheureusement.

Explication des planches XX et XXI.
P l . XX. — 1. Croquis en couleur d’un épi floral.
P l. XXI. — 1. Fleur étalée vue de plan. — 2. La même, un peu
avant l’épanouissement complet, pour montrer l’éperon. — 3. La
même, débarrassée de cinq pièces du périanthe, montrant le labelle
et le gynostème. — i. Gynostème vu de face (grossi). — 5. Capu­
chon slaminal (grossi). — 6. Masse pollinique. — 7. Bractée florale
caduque, étalée, vue par sa face interne.— 8. Coupe de l’ovaire.—
9. Une cellule à raphides d’un pseudobulbe. — 10. Masses cireuses
polliniques. — 11. Grains de pollen isolés. — 12. Epiderme d’une
pièce du périanthe (face interne).

GARDENIA FUSIFORMIS Bâillon.

Cette espèce est signalée dans la seule vallée de la Tamoa
(cours supérieur) par Balansa ; il était donc intéressant de la
faire connaître dans la région du Prony.
Petit arbre de (4 à 5 m.) droit, rarement étalé (sauf dans les lieux
battus les vents), presque toujours élancé, à branches dressées contre
le tronc du diamètre maximum de la cm.
Feuilles longues, d’un beau vert sombre et brillantes, opposées,

Croit sur les rivages sablonneux d'origine madréporique,
tous bien argileux, de Prony. Pour la résine, voir G. Aubry i,
p. 223 et suiv.
Explication des planches XXII et XXIIL
Pi.. XXII. — 1. Branche avec fleur. — 2. Coupe longitudinale de
la fleur. — 3. Pistil avec calice. — 4. Pollen. — 5. Anthère.
6. Pistil grossi. — 7. Inflorescence non épanouie.
Pi.. XXXIII.— 1. Fruit murdu Gardénia fusiformis. —2. Coupe
transversale du même. — 3. Graine. — 4. La même grossie. —
Annales du Musée colonial de Marseille. — 2* série, 10* vol. 1912.

17

�258
E. IIECKEL
5. Coupe transversale d’une graine. — 6. Coupe oblique de la
m em e.

SPATHOGLOTTIS UNGUICULATA Reichb. fils
(Limodorurn unguiculatiini Labill.) (PI. XXIII bis, page 258).
Nous nous appliquons d’autant plus à reproduire ici la
planche de Jeannenev dessinée sur cette espèce à l’état frais,

F ig. 5. — Spathoglottis unguiculata Reiclib. fils.
1 fruit mûr ; 2 coupe transversale de ce fruit; 3 graine.

que, déjà, ce dernier observateur avait remarqué combien peu
la planche de Labillardière (Serlum auslrocaledonicum, planche

259
25) concorde avec la véritable nature de la fleur et de l’inflo­
rescence de cette plante. D’autre part, Schlechter (Flora, von
Ncu-Kaledonia, Bot. Jahbücher, 1907, vol. 39, p. 04) émet,
en se basant sur les ligures de Labillardière, des doutes
relatifs à sa juste attribution au genre Spathoglottis, faite par
Reichenbach fils. Ces doutes sont basés sur la présence d'un
éperon dans la fleur telle que la figure Labillardière, et, sur
l’absence dans cette même figure, des deux pièces calleuses
(calli) à la base du lobe médian du labelle qui caractérisent le
genre Spathoglottis.
On verra par la planche XXIII bis de Jeannenev que l'éperon
n’existe pas et que les deux pièces calleuses sont bien indi­
quées à la base du labelle. La plante semble donc bien nom­
mée et les dessins de la planche de Jeannenev complétés par
les figures ci-jointes (p. 258) auront contribué à la faire mieux
connaître et à la mettre à sa place sans doute définitive.
On connaît trois Spathoglottis en Nouvelle-Calédonie :
S. unguiculata, S. breviscapa Schlecht. et Spath. Deplanchei
Reichb. fils. On ne signale la première qu'à Ballade où Labil­
lardière la recueillit et à la baie du Prony. Mais pour cette
dernière station qu’il a fait connaître, Jeannenev s'exprime
ainsi dans ses notes ; « Elle est commune sur les plateaux à
« gravier ferrugineux, et sur le plateau de l ile des Pins en
« particulier, où elle croît au milieu des fougères basses, parmi
« lesquelles elle étale sa jolie fleur violette. Cette orchidée
« se retrouve en assez grande abondance sur le plateau sud
v extrême de la grande terre. Elle diminue à mesure qu'on
« marche vers le nord et semble manquer totalement au delà
« du Camp Sebert où elle est déjà très clairsemée. »
PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

MYOPORUM CRASSIFOLIUM Forst. (PL XXIV).
[Cytharexylum crassifolium Forst.) Poâ des indigènes
de Canala).
Le Mijoporum tcruiifolium n existe nulle part à Prony. Il
est, au contraire, en assez grande abondance sur les collines

�200

E. HECK.EL

calcaires (non d'origine madréporique) de 1île Nou et de la
presqu'île de Nouméa. Mais il n’en est pas de même de Myoporurn crassifolium dont voici la description :
Arbrisseau en toulTes de 3 à i mètres, composé généralement d’une
ou deux tiges très fortes proportionnellement aux autres, et présentent
alors 10 à 15 cm. de diamètre; rarement droites, très souvent inclinées
le long de la mer, ces tiges se redressent en cime claire peu touffue,
d’un vert peu accentué. Écorce assez épaisse, blanchâtre, rugueuse,
sillonnée longitudinalement de façon h dessiner des losanges assez régu­
liers à la manière du santal. Rameaux redressés portant des branches
tourmentées. Écorce des rameaux brun foncé rougeâtre, présentant des
cicatrices très nombreuses, elliptiques, presque entières, laissées parla
chute des pétioles au-dessus desquelles, entamant un peu l’ellipse â
son extrémité, on aperçoit le point cicatriciel d’insertion des pédoncules
floraux.
Feuilles alternes, caduques sur la longueur des ramules, rapprochées
en bouquets aux extrémités dressées. Entières, lisses, elliptiques ovales,
légèrement aeuminécs h l’extrémité, atténuées en un pétiole de 5 h
6 mm. de longueur. Longues de 7 cm. sur 3 cm., ces feuilles sont épaisses,
cassantes (un millimètre d’épaisseur), marquées par transparence de
points translucides très fins et très nombreux (poches sécrétrices); face
supérieure luisante, face inférieure de même couleur, marquée de nom­
breuses fovéoles ; nervure médiane en dessous, saillante d’abord, puis
canaliculée, seule visible. En dessus, nervure médiane canaliculée :
trois nervures latérales visibles de chaque côté, en creux, se réunissant
en arcade à une certaine distance des bords.
Fleurs par 2 ou 3 à l’aisselle des feuilles terminales, pédoncules fasciculés, calice semblant formé par le prolongement élargi du pédoncule
légèrement cuculiforme, puis étranglé un peu, enfin divisé en cinq dents
petites, aiguës, triangulaires. Corolle hypogyne, hypocratériforme, à
tube court, renflé; limbe à cinq lobes étalés, obtus; gorge velue, portant
de jolies taches violacées ; fleurs beaucoup plus grandes que dans le
tenuifoliurn ; quatre étamines insérées au tube de la corolle, attachées
par leur filet sur une très faible longueur, portant l'anthère dorsifixe,
saillante, introrse. Pas de rudiment d’une cinquième anthère. Le style
recourbé se présente à la commissure de la corolle non occupée par
l’anthère absente. Style vert, cylindrique, recourbé en dedans, présen­
tant un très petit stigmate capité. Style velu comme la gorge et même
une partie des lobes de la corolle semés de poils épars. Fleurs jaunissant
avant de tomber. Drupe anguleuse présentant vaguement trois arêtes,
petite, ovoïde, aigiïe, terminée par une pointe, reste du style; pulpe rose
pourpre transparente, peu épaisse. Noyau osseux à deux loges monos-

PLANTES DE NOUVELLE-CALEDONIE

21)1

pennes. Bourgeons foliaires visqueux enduits d'une matière sucrée, ce
qui explique la visite des fourmis à l’extrémité des branches.
Bois à aubier blanc, peu épais, cœur dense, h grain très fin, plus
foncé que le santal, brun à reflets verts, strié de très fines veinules
brunes, très odorant, sentant un peu les confitures bien cuites avec
quelque chose de plus agréable, lourd; se travaille bien. Très joli au
tour et sous le vernis.

Explication de la planche XXIV.
Pr.. XXIV. — 1. Rameau florifère. — 2. Fleur grossie, vue de
profil, montrant les 4 étamines et le style. — 3. Corolle ouverte et
étalée montrant les taches mauves de la gorge, et l'insertion des
4 étamines. — 4. Une étamine avant sa déhiscence. — 5. Une éta­
mine déhiscente. — (i. Grains de pollen vus au microscope. — 7.
Ovaire et calice. — 8. Coupe longitudinale du même. — 9. Un
fruit, un peu avant la maturité. — 10. Un fruit mùr. — 11. Coupe
transversale de l’ovaire. — 12. Coupe longitudinale du fruit mûr.
— 13. Coupe transversale du même. — 14. Coupe d'une graine. —
15. Epiderme foliaire i face inférieure).

Le M. tenuifoliurn est appelé par les ouvriers citronnelle.
Il a en effet l’odeur que dégagent les feuilles froissées de
l’Andropogon Schœnanthus. Le M. crassifolium, au contraire,
est d’une odeur un peu moins âcre : les ouvriers l’appellent
grande citronnelle; il sent exactement l'infusion A'Andropogon
Schœnanthus.
Le M. crassifolium est excessivement répandu soit sur les
plages de sables madréporiques de Prony, soit à File des
Pins, au bord de la mer et sur les collines voisines. Jeannenev
en a fait distiller le bois qui lui a donné, h raison de i °/0,
une huile essentielle ambrée d’une odeur assez agréable. Le
bois lui-même est employé sec et débité en baguettes par les
Canaques en guise de torches ou de bougies, dans les céré­
monies religieuses qui se pratiquent hors de 1église (baptêmes,
fêtes d’épousailles, etc. . Il brûle très facilement avec une
belle flamme blanche très éclairante et en répandant une odeur
agréable, un peu alourdissante comme celle de l’encens.
Le M. tenuifoliurn est propre aux calcaires compacts ou

�E. IIECKEL
262
cristallins et aux argiles calcaires. Le M. crassifolium appar­
tient aux plages madréporiques ; on ne le trouve à Prony que
dans les terres où manque le fer, au pied des schistes serpentineux et dans les sables lins de corail. 11 y en a une immense
quantité à 1 île des Pins, aux Loyalty (à 1île Maré surtout).
Si l'essence pouvait être utilisée comme parfum, il y aurait
grande facilité à s'en procurer en abondance.

CALOPHYLLUM INOPHYLLUM L. (PI. XXV).

Tamanou du bord de mer.
Cette plante est propre à la Nouvelle-Calédonie et aux
Nouvelles-Hébrides, à Tahiti, à La Réunion, à la Cochinchine,
un peu plus rare au Sénégal. C'est encore un des types de la
flore indienne si nombreux en Nouvelle-Calédonie. Les
Canaques du Sud l'appellent Pitt, les Taïtiens, Tamanù, d’où
son nom vulgaire en Nouvelle-Calédonie; les Tonkinois le
nomment Cay-mù-hù. Il est signalé en Nouvelle-Calédonie
en général (Paneher, Deplanche), et en particulier à Balade
(Vieillard, Forster); baie de Prony (Sébert, Fournier, Jeanneney).
Arbre glabre très grand et très beau, propre aux bords de la mer,
atteignant 10 à 12 m. de hauteur, et le tronc 30 à 3.3 cm. de diamètre;
rarement droit, presque toujours tourmenté, et surtout incliné vers la
mer. Tronc peu élevé, généralement divisé un peu au-dessus du sol en
branches énormes, presque aussi grosses que le tronc lui-même. Cime
dense, touffue, d’un beau vert brillant. Écorce épaisse, très noire à
l’extérieur, avec des taches jaunâtres ou blanchâtres caractéristiques,
crevassée en fragments cubiques assez réguliers, rouge sombre â l’inté­
rieur, puis blanche. Liber fibreux, presque filamenteux. Nombreux
canaux sécréteurs exsudant peu abondamment une résine blonde d’abord,
qui passe bientôt au jeune vert, puis au vert sombre, visqueuse, séchant
très lentement, exhalant une odeur spéciale de résine tacamaque qui
n'a rien de désagréable.
Feuilles opposées, pétiolées, rapprochées aux extrémités des rameaux
grandes, belles, elliptiques, entières, coriaces, lisses, luisantes dessus,
un peu plus ternes dessous, 13 cm. sur 3 cm., remarquables par leur
belle nervation, à nombreuses nervures secondaires, pennées, déliées,
parallèles, très rapprochées (1 /2 millim.), s’étendant presque perpen­
diculairement de la nervure médiane jusqu’aux bords du limbe.

PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

263

Inflorescence en grappes paniculées, naissant de l’aisselle des feuilles
terminales. Calice ébractéolé, à quatre divisions en croix : deux vertes,
ovales acuminées, concaves; deux verdâtres pâles, élargies, concaves
également. Corolle blanche, d’odeur exquise qui s’éloigne considérable­
ment de celle du tilleul qu’on lui attribue souvent. Ce parfum est un
peu alanguisant et porte â la tête. Etamines nombreuses, libres, à filets
grêles peu allongés; anthères jaunes, introrses; pollen elliptique (en
fuseau). Ovaire libre, uniloculaire, uniovulé; style terminal ilexueux, à
stigmate large, légèrement et irrégulièrement sublobé. Fruit: drupe
globuleuse de la grosseur d’une noix, suspendue par un assez long pédon­
cule; pulpe du sarcocarpe peu épaisse, verte, puis jaunâtre, s'amincis­
sant et se plissant à la maturité sur un noyau ligneux, assez dur quoique
mince : une loge, une graine dressée, cotylédons gras très développés,
gorgés d’huile et de résine poches sécrétrices résineuses) L
Aubier peu épais, un peu pâle dans les jeunes arbres, bois rosé, bru­
nissant dans le tronc, tout à fait brun dans les racines énormes et
tortueuses, dur, fibreux, veiné. Densité : 0,604.
La densité donnée par Pancher-Sebert a dù être prise (Sebert recon­
naissant lui-même qu’il n’a eu qu’un an pour faire ses expériences) sur
des sujets incomplètement secs, il trouve en effet : densité maximum :
0,988; densité minimum : 0,924, densité moyenne : 0,903.
La densité 0,604 a été prise à Bourbon sur des bois ayant au minimum
huit ans de magasin. Force : 30 kilos. Fibres pleines, en gros faisceaux
ondulés, décrivant des spires très allongées, s’élevant en sens contraire
et par couches concentriques. Par suite, difficiles â travailler et s’écail­
lant sous l'outil. Magnifique bois d’ébénisterie. Bon pour moyeux, jantes,
brancards, charronnage et menuiserie. Verni, il est soyeux, â fond jau­
nâtre, à larges veines rouges dans le bois jeune, brunâtres dans le bois
plus âgé.

Explication de la planche XXV.
P l. XXV. — 1. Branche florifère. — 2. Fleur épanouie vue de
face. — 3. Fleur vue en dessous, montrant les sépales et les pétales
de dos. — 4. Ovaire style et stigmate. — 5. Grains de pollen. —
6. Jeune fruit. — 7. Coupe transversale du même, montrant les
canaux résinifères du péricarpe. —8. Coupe longitudinale du même.
— 9. Coupe du fruit mûr (grandeur naturelle). — 10. Forme géné­
rale de la graine réduite. — 11. Coupe transversale des cotylé­
dons. — 12. Graine mûre, débarrassée de ses enveloppes montrant
surtout les deux cotylédons (1 2 grandeur naturelle).
1. Voir Ileckel, Sur le Calopliyllum inophyllum, son huile et sa résine
(Journal de thérapeutique de Gubler, 1876).

�E. RECREL
264
Cet arbre est très commun dans la colonie sur les bords de
la mer, saut' dans le corail soulevé en blocs; on le trouve à
l'embouchure salée des rivières un peu vaseuses. Les Canaques
en font griller l’amande qui donne un charbon gras très noir,
dont ils se barbouillent pour les jours de fête et les simulacres
de combats. C'est le noir le plus dense que l’on connaisse.
D'après Pancher *, les mêmes graines serviraient à engourdir
le poisson. Les Canaques du Nord questionnés à ce sujet
semblent ignorer complètement cet usage. Pancher signale
également l’amande comme donnant une huile excellente pour
l’alimentation. Jeanneney dit y avoir goûté sur la foi de Pan­
cher. Malgré la petite quantité qu’il en absorba, il ressentit
de très fortes nausées et se trouva violemment purgé. Pancher
signale également les qualités de cette huile pour la trempe
des armes. Des forgerons qui l’ont essayée lui ont trouvé de
très bonnes qualités, à condition de la débarrasser avant tout
de sa résine (ce que l'on peut obtenir en la faisant barboter
avec de l'alcool et en décantant).
En Cochinchine, où l’on appelle cet arbre Cay-mù-hù, les
indigènes pansent les blessures et même les ulcères avec cette
résine qu’ils emploient à l’intérieur comme purgative et vomi­
tive. L’écorce est vantée chez eux comme diurétique. Enfin,
ils prisent beaucoup le parfum délicieux des Heurs qu’ils
mettent à macérer dans de l’huile et qu'ils emploient comme
pommade. Le liber leur donne une bonne pâte à papier et les
graines, de l'huile a brûler. A Tahiti, l’écorce du Tamanù est
employée comme diurétique, et la résine comme purgatif et
vomitif, surtout à l’état frais. Deux cent grammes de graines
ont donné à Jeanneney 95 grammes d'huile.
D’après Cloez, la graine de Calophyllum inopliyllum don­
nerait :
Perte en eau à 100°. . ................................ 4,68
Cendres °/o................................................. 1,50
Matière grasse °/0 (produit normal)........ 69,17
Matière grasse °/0 (produit desséché). . . 72,583
Densité de la matière grasse à 15°........ 0,963

d. Les bois de Nouvelle-Calédonie, par Sebert et Pancher, p. 22t.

265
Jeanneney n’a trouvé que 47,5 % de matière grasse du
produit normal avec des moyens très imparfaits d'extraction.
Un arbre adulte fournissant en moyenne 55 kilog. (expériences
faites) de graines mûres et saines, peut donner, après perte
d’eau par dessiccation (2,574 à raison de 4,68 °/0), 39 kil. 920
de matière grasse, ou, pour compenser les pertes de fabrica­
tion, en chiffres ronds, 30 kilog. d’huile. Ce point est intéressant
à cause des quantités d’arbres qui existent sur le rivage
néocalédonien et des fruits innombrables qui les couvrent.
C’est un mode d éclairage capable de remplacer celui des plan­
tations qui est assuré par l'huile de coco employée couram­
ment dans la colonie.
La résine de Tamanou est jaune, à reflets verdâtres à l'écou­
lement ; elle ne devient franchement vert pomme que plus tard
par l’action d'une oxydase. Dans les graines, elle est plus
jaune et moins limpide; dans le tronc, elle est transparente
et plus verte. Cette résine est soluble dans l’alcool, assez
lentement, rapidement par contre dans l’éther. Cette solution,
au contact du fer, verdit rapidement et devient d'un vert très
dense. Le perchlorure de fer lui donne une teinte vert foncée,
puis bleue, puis noirâtre, avec formation de grumeaux lamelleux franchement noirs. L’odeur qui se dégage rappelle alors
assez bien celle des bonbons de réglisse anisé. La solution
alcoolique (quelques gouttes) placée dans un godet de porce­
laine, mise en contact avec l’acide sulfurique, donne une
couleur brunâtre, avec dégagement d’odeur éthérée. Puis,
plus tard, reproduit l'odeur du produit d'exsudation naturelle.
Avec Vacide chlorhydrique, la couleur verdâtre devient
sombre, le vert s’accentue et passe au noir.
Quant à l’huile des graines, c’est la résine dissoute, qui lui
donne sacouleur verte. Cette résine, dissoute à saturation, finit
par former une couche verte au fond du flacon d’huile. C’est
évidemment cette résine qui donne ses propriétés purgatives à
l’huile. Le matin et le soir (I8Uen février) la couche verte
du fond s’épaissit Vers midi (24° cent.) la couche est très
réduite. La résine serait donc plus soluble à chaud qu'à froid
dans l'huile, ce serait un moyen de séparer en grande partie
cette résine.
PLANTES DF. NOUVELLE-CALÉDONIE

�E. HECKEL
266
L'huile, à la sortie de la presse, est très épaisse, filante,
presque visqueuse. En la filtrant, il reste sur le papier un
magma gris verdâtre de résine qui, placé sous la lamelle du
porte objet montre, au microscope, de beaux cristaux larges
et plats, prismatiques â base oblique, incolores, très abondants
et de très petits cristaux en aiguilles ou plutôt en prismes
droits. Traité par Téther et filtré, ce magma ne présente plus
les cristaux dont il vient d’ètrc question, mais seulement des
gouttes huileuses vertes. Le résidu du filtre, moins abondant,
ne présente plus de cristaux ; ces cristaux disparaissent éga­
lement dans l'alcool.
Ce résidu, resté sur le filtre, par filtration de l'huile seule,
colore l'ammoniaque en gris jaunâtre trouble; traité par l’acide
sulfurique, il donne une belle couleur jaune orangée vive qui
passe au brun rouge clair. Plus tard, on voit une gouttelette
jaune sale dans un liquide incolore.
Action de l'acide chlorhydrique. — La masse devient pâteuse,
perd sa couleur verte pour devenir brun verdâtre et se prendre
en un magma épais, gris sale tirant sur le vert pâle.

Action du perchlorure de fer. — Le vert passe au noirâtre
très épais ; magma consistant, formant un ensemble visqueux.
Les cristaux ne se retrouvent pas dans l'huile filtrée ; ils
restent sur le filtre.
L'huile filtrée est peu soluble ou même insoluble dans l’al­
cool qui lui enlève sa résine et l'abandonne avec une couleur
jaunâtre. Cet alcool, séparé par décantation, puis additionné
d'eau, précipite la résine en un trouble verdâtre, puis en un
liquide sirupeux, visqueux, vert noirâtre qui tombe au fond
et qui, décanté, se prend en une masse glutineuse analogue
au vernis mi-sec.
L’huile seule, additionnée d’acide sulfurique (après filtra­
tion) prend une belle couleur caramel claire. Avec addition
d'eau, le tout se prend en une pâte jaunâtre épaisse.
Avec Yacide chlorhydrique, l’huile filtrée se prend en une
pâte d’un vert clair qui pâlit de plus en plus à mesure que
son mélange avec l’acide devient plus intime.

267
Avec le perchlorure de fer, il se forme une couleur d’un
beau vert végétal très foncé.
PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

PLEUROCALYPTUS DEPLANCHEI Bgt. et Gris (PI. XXVI).

[Fremya Pancheri Bgt. et Gris ; Fr. Grisei Vieill.).
Iramia des ouvriers.

Cette plante, qui constitue l’espèce monotypique du genre en
Nouvelle-Calédonie (Schlechter), est représentée par un petit
arbre ou des arbustes un peu plus élevés propres à la région
supérieure des zones serpentineuses du Sud de l’ile. Elle est
signalée en Nouvelle-Calédonie en général sans désignation de
localités par Pancher, Sebert et Fournier, Lecard. Deplanche,
et, en particulier, à Wagap (Vieillard); baie du Prony (Balansa
et Jeanneney qui l’a dessiné dans cette localité); au Mont Ivoghi
(Pancher); à la baie d’Urville (Vieillard); au Mont Mou
(Franc) ; au MontMi et à Saint-Louis (Balansa); enfin Schlechter
le signale sur les crêtes de la montagne de Ngoyé, à environ
1.000 mètres d’altitude, fleurissant en novembre.
Bel arbre des régions ferrugineuses argileuses compactes, depuis le
bord de la mer jusqu’à environ 200 mètres au-dessus de Prony. Ecorce
grisâtre. Cime dense, arrondie.
Jeunes ramules et dessous des feuilles d’un velouté fauve, à reflets
bronzés : les feuilles alternes, à pétiole assez long, presque cylindrique
et bordé sur une certaine longueur par les deux côtés du limbe atténué
et décurrent, sont amplement ovales, 7 cm. sur 15 cm., arrondies mais
munies d’une petite pointe au sommet ; sur la face supérieure se pré­
sentent des nervures pennées, profondément enfoncées, entre lesquelles
le limbe, se soulevant en une forte saillie, se subdivise suivant les rami­
fications des nervures tertiaires s’anastomosant entre elles, en une
foule de bourrelets, bulles ou cloques, d’un vert sombre et luisant,
jusqu’à 4 millimètres environ des bords du limbe. Là, les nervures se
réunissent en une ligne marginale, où s’arrêtent brusquement les
cloques ; le restedu limbe s’étale en un rebord, régulièrement parcouru,
transversalement, par de petites nervures parallèles, perpendiculaires
à l’axede la feuille. Ces nervures sont très saillantes en dessous et pré­
sentent en sens concave les mêmes dispositions qu’à la face supérieure.
Le limbe inférieur est couvert d’un tomentum ras, fauve et piqueté de
nombreux points noirs.

�268

E. MECKEL

Pédoncules axillaires vers le sommet des rameaux ou des ramilles,
terminés par deux à trois fleurs, globuleuses, jaunes présentant chacune
à leur base deux bractées aiguës, petites, opposées, veloutées, caduques.
Calice globuleux, velouté, fauve, à reflets bronzés, sans divisions appa­
rentes à la préfloraison, s'ouvrant à l'épanouissement par une déchirure
irrégulière, le sommet se détachant en une calotte hémisphérique,
mammiforme, qui se renverse de côté et reste rattachée comme un
opercule au limbe du calice par un de ses fragments : cette calotte per­
siste assez longtemps et même jusqu’à la maturité du fruit. Corolle à
cinq pétales jaunes, périgynes, imbriqués dans la préfloraison, insérés sur
les bords du disque épigyne ; pétales légèrement onguiculés, d’un jaune
assez vif, tacheté de points brun clair, concaves, mammiformes, assez
épais en leur milieu, amincis et chilTonnés sur les bords. Au microscope,
le tissu des pétales présente de nombreux oxalo-cristaux et des poches
sécrétrices gorgées d’une huile jaune foncée qui disparait au lavage de
la pièce à l’éther.
Étamines indéfinies, réfléchies et étalées au sommet de l'ovaire pen­
dant la préfloraison, se dressant ensuite rigides dans l'épanouissem ent;
libres, insérées, comme la corolle, sur le rebord de la paroi discoïdale
qui revêt intérieurement la partie libre du calice ; formées d’un filet
droit, robuste, d’un beau jaune d’or. Anthères introrses, à deux loges
s'ouvrant chacune en une fente longitudinale que borde une bande colo­
rée de chaque côté. Pollen obtusémenl trièdre.
Style droit, s’atténuant en un stigmate non distinct. Ovaire presque
libre à 4-5 loges multiovulées ; ovules plans, superposés, demi-circu­
laires, attachés par le milieu de leur côté rectiligne à un placenta axile
et formant ainsi, dans chaque loge, un groupe assez serré.
Fruit : capsule sèche à 4-5 loges, s’ouvrant par déhiscence loculicide;
graines nombreuses, planes, minces, superposées. Embryon droit à
cotylédons contournés plissés.

Les perruches sont très friandes des fleurs de cet arbre
dont elles mangent les pétales, les étamines et même les jeunes
ovaires.
Bois à fond rouge, veiné de noir, très dur, dense, se tran­
chant bien, prenant avec l’àge, la consistance de la corne. Bon
pour les ouvrages de tour. Beau, étant verni, surtout au cœur.
Densité maximum : 1,102; minimum : 1,128; moyen : 1,165
(Sebertet Pancher).
Explication de la planche XXVI.
P l. XXVI. — 1. Branche en fleurs portant un jeune fruit. — 2.
Fleur isolée au moment de l’épanouissement. — 3. I.a même vue

PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

269

de plan, pour montrer la disposition des étamines avant l'épanouis­
sement complet. — 4. Une étamine isolée. — Anthère vue de face.
— 6. Grains de pollen. — 7. Coupe longitudinale de la fleur, pour
montrer la disposition des étamines. — 8. Coupe transversale de
l’ovaire. — 9. Un fruit jeune avant la déhiscence. — 10. Un groupe
d'ovules attachés autour du lobe placentaire central. — 11. Coupe
longitudinale de l'ovaire. — 12. Un ovule grossi.

S0PH0RA T0MENT0SA L. (Pl. XXVII et XXVIII).

Cette plante que les Canaques emploient comme purgatif
(feuilles) n’est pas inofTensive. C est un éméto-cathartique
violent et dont il convient de se méfier. C’est à ce titre qu il
prend place ici, bien que ce soit une plante très connue et
répandue très largement dans les régions chaudes et tropicales
du monde entier. Outre la baie du Prony où ce végétal a été
trouvé et dessiné sur place par Jeanneney, il a été recueilli en
Nouvelle-Calédonie en général, sans désignation de localités,
par Petit, Deplanehe et Pancher; k Balade (Vieillard) ; à Nouméa
(Balansa); à 111e Amère (Forster); à Elle des Pins (Pancher).
C’est un bel arbrisseau, droit, de un à deux mètres. Les jeunes
branches, les pétioles, les feuilles dessous), les pédoncules, les gousses
et le calice sont recouverts d’un duvet farineux, cotonneux, fin et court.
Feuilles alternes, imparipennées, composées, 7 à 19 folioles vert pâle,
entières, elliptiques, inégales à la base, à bords roulés en dedans,
obtuses au sommet. Fleurs jaunes, en grappes simples ou composées au
sommet de la tige, terminales, droites, pyramidales. Calice campanule,
obliquement subtronqué, égalant un tiers de la corolle en longueur, à
bords libres couronnés par cinq petites dents calicinales dont lantérieure
plus proéminente : étendard ovoïde, oblong, fortement rétréci à l’onglet ;
pétales de la carène distints au sommet, ailes et carène de même lon­
gueur que l’étendard ; étamines 10, incluses, libres jusqu’à la base où
elles sont concrescentes en un anneau peu prononcé. Anthères dursifixes,
à déhiscence linéaire et contenant un pollen elliptique ; gousses longues
de 8 à 13-cm. courtement stipilées, nettement moniliformes indéhis­
centes, coriaces, ligneuses, contenant de 2 à 11 graines brun pâle, ovoïdes
quelquefois bilobées, avec un hile blanc très apparent linéaire et entouré
d’un bourrelet saillant.

�PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

Cette plante présente seulement la valeur d'une simple
variation la distinguent de celles, par exemple, du Nouveau
Monde. Les descriptions des auteurs de flores néogéiques ne
laissent aucun doute à cet égard : couleur de la Ileur (corolle),
état des gousses au point de vue du tomenlum, état plus ou
moins stipité de ces gousses (elle est longuement stipitée aux
Antilles d'après Düss), nombre et couleur des graines, enfin
nombre des folioles sur les feuilles, tout varie fortement, bien
que cette plante ne soit pas soumise aux influences de la culture.
Explication des planches W V II et XXVIII.
P l. XXVII. — Un rameau en feuilles et en fleurs.
P l. XXVIII. — 1. Fleur entière.— 2. Etendard. — 3. Ailes. —
4. Carène dilacérée et séparée en deux parties disjointes, montrant
au sommet la disjonction naturelle. — 5. Fleur sans corolle mon­
trant les étamines en place et le pistil (stigmate). — 6. Etamines
unies par la base. — 7. Pollen elliptique. — 8. Graine sphérique
avec son hile au fond du bourrelet bordant. — 9. Graine bilobée.
— 10. Gousses moniliformes.

PHYLLANTHUS BUPLEUROIDES Baill. (Glochidium
bupleuroides Mull. Arg.) (Pl. XXIX).
Cette Euphorbiacée, dont les Canaques se servent en méde­
cine et pour enivrer le poisson, est très abondante au Camp
Sebert (Prony), à la lisière des forêts exploitées. Il existe là
deux espèces de Phyllanthus très distinctes, l'une à fleurs
blanches et l'autre à fleurs rouges. La première, Ph. bupleu­
roides, vit côte à côte avec la seconde, Ph. Charnæcerasus
Bâillon (?), si bien qu’elles confondent parfois leurs branches.
— Cette plante unisexuée est monoïque. Elle s’éloigne sensi­
blement, comme on va le voir par la description qui suit, du
Phyllanthus brasiliensis Midi. Arg. dont on a voulu la rappro­
cher et qui est employée aussi pour enivrer le poisson (feuilles
pilées et jetées ensuite dans l’eau des fleuves ou rivières).

271

Petit buisson ligneux de 30 à 70 cm. de haut, élégant et méritant l'at­
tention (leu horticulteurs comme plante verte.
Feuilles alternes, brièvement péliolées ou sessiles, cordées à la base,

alternes ou opposées, aiguës au sommet, lisses, épaisses, mais souples,
à nervures invisibles sur les deux faces, sauf la dépression longitudinale
de la nervure médiane. Ces feuilles, dans leur jeune âge, sontd’un rouge
sombre presque noir. Hameaux et ramules glabres, érigés, obtusémerit
triangulaires, canaliculés.

I.es fleurs mâles, petites, pédonculées, à pédoncule filiforme assez
court, naissent à l’aisselle de la feuille sur un petit axe florifère qui se
rejette de côté et en arrière, de sorte qu’à première vue les inflores­
cences en cymes axilliaires semblent placées derrière les feuilles et non
à leur aisselle '. Ces fleurs, au nombre de 2 ou 3, sont pourvues d’un
périanthe de cinq pièces d’un blanc verdâtre, luisantes, comme cireuses,
très petites, ovales convexes, présentant une crénelure au sommet chez
les deux supérieures, les deux autres latérales régulières, la cinquième
inférieure, un peu plus développée et élargie.
Etamines petites, à filet court, trapu, dressé, incurvé, à anthères
introrses, présentant deux loges à déhiscence longitudinale.
Heurs femelles, petites, globuleuses et verdâtres, formées d’un ovaire
arrondi, à trois loges visibles, reposant sur un calice de trois pièces et
surmonté de trois stigmates en lanières fines, veloutés, filiformes d’un
beau rouge sombre. Ovaire à trois loges biovulées.
Capsule testacée, dure, à 3 loges : graines réniformes à testa noirâtre ;
embryon courbé, dans l’axe d’un albumen.

Ce végétal a été signalé outre la baie de Prony où il a été
dessiné par Jeanneney, à Balade, à Tupité (Vieillard] ; à Canala
(Vieillard) et enfin dans les bois de la montagne d'Üubatche, à
700 mètres d'altitude; fleurit et fructifie en novembre-décembre.
Il est probable que ce Phyllanthus est usité au même titre
(jue le Ph. persimilis Mull. Arg. par les femmes canaques qui
veulent se débarrasser du fardeau de la conception, comme
elles le pratiquent trop souvent. C’est ce qui explique les
réticences des Canaques quand on leur demande les emplois
médicinaux qu'ils font de ce végétal. Par ailleurs, plante très
ornementale.
1. Celle particularilé se retrouve dans Phyllanthus brasiliensis Mull.
Arg. IP liyll. Conami Sxveet, Conami brasiliensis Aublet). Voir la figure
dans la llore de la Guyane d’Aublel.

�272

E. HECKEL

Explication de la planche XXIX.
Pi.. XXIX.— I. Plante en demi-grandeur naturelle; adroite et à
gauche, branches de jeunes feuilles plus teintées, en réalité atropurpurines et d’un ciïet superbe en contraste avec les autres feuilles qui
sont d'un vert gai.—2. Fleur mâle. —3. Anthère.—4. Graine mon­
trant le hile. — ü. Coupe longitudinale de la même, mais renversée,
montrant l'embryon dans l’axe de l'albumen et la radicule qui dans
le dessin est en haut, mais dans la réalité doit être en bas. — 6. Fleur
femelle. — 7. La même vue de plan. — 8. Coupe transversale de
l'ovaire. — 9. Feuille montrant l’extrémité de l'axe, le rameau tloral
se déjetant à l’aisselle de la feuille de côté et en arrière. — 10. Vue
de la même disposition, mais de prolil, ce qui rend plus sensible la
position apparente des fleurs. — 11. Vue d’une feuille de l'espèce
à fleurs rouges (Ph. Chamæcerasus ?), montrant la position de la
fleur à l'aisselle, le rameau floral n'éprouvant aucune déviation,
comme on le voit par la figure 12 (de profil).
PASSIFLORA AURANTIA Forst.
(Disemma aurantia Labill.) 1 (PI. XXX).
Les Passiflora sont cultivés en Nouvelle-Calédonie pour
l'excellence des fruits qu’ils donnent, notamment P. quadrangularis L. ou Barbadine, P. laurifolia L. ou pomme liane des
Antilles, Passif, filamentosa Cav. et P. glauca Dry.
Mais il en existe une espèce indigène, connue depuis Labillardière, et dont le fruit est assez appréciable, c’est la Passi­
flora aurantia Forster, qui est indiquée en Nouvelle-Calédonie
en général (Vieillard, Pancher et Deplanche), à Balade (Fors­
ter, Labillardière), à File des Pins (Pancher), à Lifou (Vieil­
lard, Thiébault), à Thiéta près Voh (Cribs) et enfin à la baie
du Pronv où Jeanneney Fa dessinée sur le frais 2.
1. Labillardière avait créé ce genre Disemma en se basant sur l’exis­
tence de deux caractères dominants : l°la présence de la couronne fila­
menteuse des Passiflora et l'existence d’un tube entourant la couronne
slaminale comme dans les Murucuja.
2. La planche XXX de Jeanneney donne quelques details morpholo­
giques que l’on ne trouve pas dans celle de Labillardière (Sertum auslrocaledonicum, pl. 79), notamment (fig. 3) le tube étalé entourant la colonne
staminale, l’anthère (fig. o), le pollen (fig. 6) et les ovules (fig. 7).

PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

273

C’est une plante grimpante à l’aide de vrilles, à tige verte et à écorce
sillonnée. Feuilles larges à base tronquée brusquement, h trois lobes
obtus dont le médian plus développé, pétioles alternes, assez longs
(7 à S cm.), pourvus de deux glandes au-dessus de leur milieu, stipules
caducs. Il existe aussi des glandes disséminées sur la face inférieure de
la feuille et sur le trajet des nervures, elles sont différentes de forme :
celles du pétiole sont en bourrelets saillants et celles de la feuille
enfoncées dans l’épiderme.
Vrilles axillaires simples, d’un jaune intense, entières ou fendues lon­
gitudinalement. Fleurs axillaires, solitaires; pédoncule de 2 à 3 cm.,
pourvu sur son milieu environ, de trois bractées sétiformes portant une
glande à leur sommet. Calice à cinq pièces portant vers leur extrémité et
en dessous un mucro bien marqué, rouges sur les bords et vertes sur leur
partie dorsale; incurvées à la base en bosses au-dessous de leur inser­
tion. Corolle à cinq pétales plus courts que les sépales, et de couleur
pourpre. Couronne extérieure formée de nombreuses laciniations fila­
menteuses de la longueur de la corolle, couronne interne concrescente
en un tube plus large à la base qu’au sommet, entourant la colonne
staminale et terminée supérieurement par dix dents aiguës, le tout
égalant la longueur de la corolle. Etamines 5, dont les filets sont soudés
au-dessous de l'ovaire porté au sommet d’un podogyne accrescent entre­
nœud axile). Le pistil et les étamines sont ceux bien connus des
Passiflora.

Explication de la planche XXX.
P l . XXX. — 1. Plante entière. — 2. Fleur vue de face. — 3. Cou­
ronne florale intérieure et extérieure étalée; colonne staminifère et
ovaire terminal. — 4. Coupe transversale de l'ovaire. — 5. Anthère
oscillante très grossie. — 6. Grains de pollen. — 7. Ovules anatropes.

XANTHOSTEMON AURANTIACUM Schlechter (Pl. XXXI).
Cette plante, comme la suivante, est caractéristique des ravins
à torrents de la Baie de Prony. Elle est très abondamment
répandue dans to.utes les vallées où coule une rivière ou un
ruisseau, et s'étend jusqu'à 300 mètres sur chaque rive. Elle
croît entre les blocs de rocher qui encombrent ces ravins ou
dans les argiles environnantes. Voici ses principaux caractères ;
Arbrisseau glabre de un mètre à 1 m. 30 de haut, à tiges dressées, à
feuillage pâle. Écorce noire, rameaux érigés. Feuilles alternes très
Annules ilu Musée colonial de Marseille. — 2* série, 10* vol. 1912.
l.s

�271

E. I1ECKEL

coriaces, cassantes, d’un verl p;Me dessus, blanches en dessous; limbe
bordé d’un léger renflement en dessous, nervure médiane seule visible
en dessus; en dessous, nervures secondaires se détachant un peu obli­
quement de la médiane, s’anastomosant entre elles : celte l’ace inférieure
est marquée de nombreux points d’un vert plus sombre. Feuilles ellip­
tiques allongées, arrondies au sommet, atténuées à la base en un très
court pétiole bordé par des ailes étroites qui sont le prolongement du
limbe; pétiole renflé à la base laissant une cicatrice triangulaire sur les
rameaux. — Inflorescences en cvmes terminales pauciflores ou axillaires
à fleurs solitaires, à calice cupuliforme dont le limbe s’étale ensuite eii
quatre dents triangulaires. Corolle jaune orange, caduque de bonne
heure. Étamines nombreuses il filets d'un beau jaune pourpre, formant
toute la beauté de la fleur. Deux bractées florales siègent à la base du
calice sur le pédoncule. Ovaire i&gt; quatre loges formées par quatre cloi­
sons en croix et portant les ovules en écusson. Style long atténué en
pointe; graines irrégulières, coriaces brunes, très nombreuses. Fruit
ligneux s’ouvrant en quatre valves concaves opposées aux cloisons.

Cette plante a été indiquée en outre de la baie du Prony,
en Nouvelle-Calédonie en général, sans indications de loca­
lités par Petit ; à Yaté, Ounia : Mont Dore (Vieillard, Pancher, Deplanche) ; Saint-Louis (Balansa) ; Baie du Prony
(Balansa et Jeannenev). — Fleurit en décembre.
Plante très ornementale qui devrait figurer en horticulture.
Explication de la planche XXXI.
P l. XXXI. — 1. Branche fructifère. — 2. Fleur moins la corolle
et les étamines. — 3. Feuille, face supérieure. — t. Feuille, face
inférieure. — 5. Coupe de la fleur moins la corolle et les étamines
montrant l'ovaire à peu près libre dans le calice. — 6. Coupe trans­
versale de l’ovaire. — 7. Une portion de cloison portant le placenta
couvert par les ovules, vue de profil. — 8. La même vue de face.
— 9. Un ovule (très grossi). — 10. Fruit sec, vu de profil. — 11.
Le même, vu de face. — 12. Déhiscence loculicide du fruit. — 13.
Graines grossies.

XANTHOSTEMON CILIATUM Niedenzu (Pl. XXXII).
Cette jolie Myrtacée, digne de paraître dans nos serres, est
un arbrisseau qui ne dépasse pas 70 centimètres de haut et
(jui croit surtout au milieu des rochers éboulés des torrents,

27.0
dans l'argile humide où il enfonce profondément ses puissantes
racines. Très touffu dès le collet, il présente une masse d'un
beau vert dense sur laquelle tranche lumineusement le jaune
d'or des étamines.
PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

Les feuilles sont petites, elliptiques, allongées, très semblables, avec
des proportions plus restreintes, à celles de l’espèce précédente, mais
à surface d’un vert très lujsant et sombre, enfin ciliées sur leurs bords à
l’état jeune. La face supérieure est déprimée de chaque côté de la ner­
vure médiane en sillon. Même bordure que dans l’espèce précédente à la
marge inférieure du limbe. Nervures secondaires presque perpendulaires
s’arrêtant à une nervure marginale qui fait tout le tour du limbe. Pour­
vues de ponctuations noires sur le vert très pâle de la face inférieure du
limbe et de ponctuations pellucides (poches sécrétrices nombreuses, ces
feuilles sont moins arrondies au sommet que les précédentes; elles sont
également atténuées en un très court pétiole bordé par le limbe prolongé
en ailes étroites, mais cette partie de la feuille est pubescente, rousse.
Les feuilles sont très rapprochées aux extrémités des rameaux noirs et
très serrées. — Fleurs se présentant comme dans l'espèce précédente à
l’extrémité des rameaux ; calice cupuliforme renflé à la base, s'étalant
ensuite en quatre dents aiguës, triangulaires. Corolle à quatre pétales
jaunes, tirant un peu sur le vert, insérées à la gorge du calice au point
où le limbe s’étale, et alternant avec les dents. Etamines par groupes
(opposés aux pétales) de 3 ou 4 adhérant entre elles légèrement par la
base des filets et prenant leur insertion au même point. Filet droit, raide,
d’un beau jaune d’or, plus foncé que la corolle, dorsifixe. Anthères
formées d’un connectif d’un beau vert, charnu, terminé à la base par un
capuchon cuculliforme qui cache l’insertion du filet en apparence dorsi­
fixe et sur les côtés duquel s'appuient les loges introrses d’un roux
sombre ; déhiscence longitudinale. Grains de pollen assez variés de
forme. Fruit : capsule brune à peu près ligneuse, à quatre loges. Ovules
attachés sur les cloisons comme dans l’espèce précédente.

En résumé, très jolie plante d ornement sans autre utili­
sation connue que celle de fournir, d’après certains voyageurs,
aux Canaques le bois qui leur sert à fabriquer leurs casse-têtes.
Très commune à Prony dans les rivières (Petit Kaori, baie
nord, etc.) et sur les bords du lac, notamment là où les cours
d eau, roulant sur les rochers, ont une allure torrentueuse.
Cet arbrisseau, en dehors de Prony, a été signalé en Nou­
velle-Calédonie en général, sans indications de localités, par
Pancher et Mueller; Balade (Forster, Lahaie); Wagap, Balade,

�276
E. IIECKEL
Poume, Hienguébane (Vieillard) ; Balade (Montrouzier) ; Ou
Hinna (Schlechter) ; Bogota (Broussmiche) ; Ara ma (Thiébaut) ;
vallée du Diahot et île Mouac (Balansa).
Schlechter l indique sur les montagnes environnant Oullinna, à 900 mètres environ d’altitude.
Explication de la planche XXXII.
P l . XXXII. — 1. Branche en fleurs. — 2. Fleur un peu grossie.
— 3. Coupe longitudinale de la môme montrant l'ovaire libre. —
4. Coupe transversale de l'ovaire. — 5. Etamines insérées sur le
bourrelet qui tapisse la gorge du tube calicinal. —(i. Anthère (face
ventrale). — 7. Anthère (face dorsale). — 8. (trains de pollen. —
9. Feuille (face inférieure). — 10. Feuille (face supérieure). — 11.
Fruit vu de face. — 12. Coupe du même. — 13. Une portion de
cloison portant le placenta sur lequel sont insérés les ovules (vue
de prolil). — 14. La même, vue de face. — 15. Coupe longitudi­
nale de la portion placentaire portant les ovules.

DEPLANCHEA SPECIOSA Vieill.
(Diplanthera Dcplanchei F. Muller) (Pl. XXXIII et XXXIV).
Bel et grand arbre de 15 à 20 m. de haut et de 40 à 50 cm. de dia­
mètre au tronc. Cime étalée plane. Ecorce du tronc et des gros rameaux
fauve, rugueuse, crevassée longitudinalement et transversalement*
Rameaux dressés, feuilles à leur sommet et portant les cicatrices des
feuilles tombées. Feuilles 1 opposées ou subverticillées par trois le plus
souvent, portant un pétiole rugueux pourvu d'un bourrelet gibbeux,
épais à la base ; à limbe assez épais, oblongovale, entier, lisse, cartliacé, fauve au-dessus, plus pâle en dessous et pourvu de nervures
pennées, réunies en arc à leur sommet près des bords : feuille 7 à
10 cm. de large sur 15 à 20 cm. de long. A la base du limbe et près
du pétiole, on voit sur les feuilles une glande saillante et concave,
cupuliforme, souvent accompagnée de deux autres symétriquement
placées et ovales.
Inflorescences terminales en cymes corymbiformes pourvues de brac­
tées nombreuses, larges et violettes. — Fleurs grandes, pédonculécs,
1. L’épiderme de ces feuilles (fig. 6, pl. XXXIV) présente des sto­
mates transformés en taches jaunes analogues 5 celles décrites et dessi­
nées (p. 249) pour le Spermolepis iannifera.

PLANTES DR NOUVELLE-CALÉDONIE

277

dressées et à corolle jaune orangé. Calice coloré, un peu plus long que
le pédoncule, obscurément tétragone, tubuleux, enflé, atténué à la base,
terminé par cinq petites dents dressées, aiguës, en crochet au sommet,
inégales et à préfloraison valvaire. Corolle campanulée, tubuleuse,
ventrue, recourbée, inégalement quinquelobée au sommet ; division
supérieure, concave, dressée, les autres étant déjetées en dehors (pré­
floraison convolutive).
Les étamines didynames (quatre) sont insérées à la base de la corolle,
saillantes, à filets rigides, droits, élargis à la base. L’anthère est à deux
loges séparées, insérées presque horizontalement sur le sommet du
connectif à la manière du fer d'une serfouette sur son manche. Chaque
loge présente une cavité arrondie (fig. 7, pl. XXXIII) qui s’étrangle près
de la base : elle s’ouvre longitudinalement. Pollen (fig. 2, pl. XXXIV}
elliptique, allongé. Ovaire conique, oblong, assis sur un disque épigyne
charnu, à deux loges multiovulées ; placenta axile, épais, charnu, sur
lequel les ovules sont insérés horizontalement. Style filiforme, exsert,
courbé et terminé par deux lames stygmatiques. Fruit capsulaire
bordé de bas en haut d’une membrane diaphane, long de 10 à 15 cm., en
fuseau allongé, formé par deux valves épaisses, coriaces, au milieu des­
quelles un placenta cylindrique est recouvert de nombreuses graines
assez petites.
Ce grand arbre, très ornemental par ses fleurs et ses feuilles très
développées, a été signalé en Nouvelle-Calédonie, en général, sans dési­
gnation de localités, par Pancher et Petit ; à Balade, Yaté, Bondé
(Vieillard) ; à la baie du Prony par (Fournier, Sebert, Jeanneney).
Pancher le dit assez commun dans les montagnes ferrugineuses dont il
fait le plus bel ornement. Il se reproduit abondamment de graines.

Explication des planches XXXIII et XXXIV.
P l. XXXIII. — 1. Rameau floral et foliaire montrant à la base
des feuilles une ou deux glandes concaves. — 2. Fleur complète.
— 3. Calice, style et stigmate. — 4. Terminaison du style et
stigmate. — 5. Coupe du calice montrant l'ovaire entouré du
disque. — 6. Une étamine avec ses deux loges en forme de fourche.
— 7. Une loge staminalc vue de face. — 8. Corolle étalée avec les
quatre étamines didynames et concrescenles à la base avec la corolle.
P l . XXXIV. — 1. Fleur entière vue de prolil montrant les quatre
étamines didymanes. — 2. Grains de pollen (très grossis). — 3. Une
anthère grossie, vue de plan. — 4. Coupe transversale de l'ovaire
montrant la masse placentaire axile prismatique. — 5. Coupe lon­
gitudinale du même. — 6. Détail épidermique d’une feuille : sto­
mates st et taches jaunes I j .

�278

E. HECKEL

CASUARINA EQUISETIFOLIA Forst. var incana Bthm.

Casuarina incana A. Cunn. (PI. XXXV).
Bois de fer. — Filao. — Manoui des Canaques.
La planche XXXV de Jeanneney reproduit la variété incana
de Casuarina equisetifolia dont M. Poisson a déjà donné de
très bonnes ligures dans ses « Recherches sur les Casuarina et
en particulier sur ceux de la Nouvelle Calédonie » insérées
aux Nouvelles Archives du Muséum d'histoire naturelle de
Paris, t. X. 1874, p. 101, pi. IV. M. Guillaumin, dans son
Catalogue des plantes phanérogrames de Nouvelle-Calédonie
ne distingue pas cette variété el la comprend, dans le type
spécifique, peut-être avec raison, attendu quelle ne s’en
sépare que par l’état tomenteux ou villeux de toutes ses parties.
Nous n’aurions pas cru devoir revenir sur cette plante, si com­
munément répandue ailleurs qu’en Nouvelle-Calédonie, sans
l'importance que peuvent prendre les Casuarina à une époque
où la crise des écorces tannantes est devenue si menaçante en
Europe. La proportion de tannin que renferment le rameau
et surtout l’écorce des Casuarina est considérable, ce qui a
motivé l’emploi de ces végétaux à divers usages. Mais c’est
surtout le Casuarina equisetifolia qui est exploité dans son
écorce et ses rameaux comme source de tannin. Lépine [Rev.
maritime et col.), 2° série, vol. XX, p. G90) a constaté que
l’écorce contient 20 °/0 de son poids en tannin. Les ramules de
Casuarina participent à ces propriétés tannifères de l'écorce,
mais dans déplus faibles proportions. D’autre part, cette espèce
qui est un arbre de 6 à7 m. de haut, est réputée pour l’excellence,
l'incorruptibilité, la résistance et la densité de son bois, de
là son nom vulgaire de « bois de fer ». Ce bois, en effet, contrai­
rement à ce qu’on trouve dans la plupart des autres espèces
de Casuarina, n’a que des rayons médullaires d’une petite
largeur, condition qui donne plus d homogénéité à ce bois et
permet de l’employer pour fabriquer des objets de tour, de
1. Annales du Musée colonial de Marseille, J9U, p. 237.

279
charronnage et des rais de roue. A raison de sa lourdeur et
de sa dureté, les Canaques l'emploient à la fabrication de
leurs casse-têtes et de leurs sagaies. Il se travaille et se fend
PLANTES DE NOUVELLE-CALEDONIE

Casuarina equisetifolia Forst., var. incana Benth.
Fig. 6. — 1. Inflorescence mâle non épanouie. — 2. La même épanouie.—
3. Étamine couronnée de poils à sa base, vue de profil. — La même vue
de face. — 5. Grains de pollen à un faible grossissement (50 1 .

assez bien, il présente un grain fin et serré ; densité moyenne
1.013, d’après Sebert. Toutefois la durée de ce bois en terre,
quand il est employé comme pieu, ne dépasse pas quatre ans.
Ecorce rougeâtre, brune, fine.
Cette espèce mérite d’être propagée à cause de sa résistance
aux grands vents et de la faculté qn'elle possède de croître
dans les sables mouvants fréquemment submergés par les Ilots
sur les bords de la mer où elle pousse volontiers. Elle est très
répandue en Nouvelle-Calédonie où elle a été relevée sur
de nombreux point du littoral. A Prony, elle est commune sur
les bords de la mer (zones ferrugineuses vaseuses).

�E. IIECKEL
280
Outre le dessin de la pl. XXXV, Jeanneney a donné un
complément d’iconographie que nous ajoutons dans ce texte
et qui porte sur les inflorescences mâles non épanouies (lig. 1,
p. 273) ; sur les mêmes inflorescences épanouies (fig. 2) ; sur
les étamines pourvues de poils à la base des filets (fig. 3 et 4)
et sur les grains de pollen (fig. 5).

Explication de la planche XXXV
P l. XXXV. — I. Rameau fructifère femelle. — 2. Strobile vu
en dessous — 3. Strobile vu de face — 4. Strobile en coupe longi­
tudinale pour montrer la situation des fruits. —5. Fruits non mûrs
entourés de leur enveloppe bractées latérales) — 6. Graine
dépourvue de ses enveloppes. — 7. Ramule pourvue de plusieurs
gaines foliaires — 8. Gaine foliaire avec ses bandes velues caracté­
ristiques et ses dents aiguës.
DUBOUZETIA CAMPANULATA Pancher

(Pl. XXXVI et XXXVII).

Deux genres de Tiliacées-Elaeocarpées sont spéciaux à la
Nouvelle-Calédonie : Dubouzeiia et Antholoma, représentés
par trois espèces pour le premier et par deux espèces pour
le second.
Nous allons dans le premier de ces genres nous occuper de
la plus remarquable espèce : Dubouzeiia carnpanulata, à
propos de laquelle Schlechter, dans la Flore de NouvelleCalédonie [Bol. Jahrbücher, 1907, p. 183), fait remarquer
qu elle est localisée dans le Sud de File tandis que les deux
autres sont de la région Nord.
K. Schumann, en traitant les Elaeocarpées dans les Planzenfamilien d'Engler (Theil III, Abtheil 6, p. 6), donne d’excel­
lentes figures de cette espèce, mais les dessins de Jeanneney
faits sur la plante fraîche sont bien plus complets, comme on
le verra par les détails contenus dans les Planches XXXVI et
XXXVII, où la graine, le fruit et même le pollen sont repré­
sentés ainsi que les rameaux floraux un peu différents de
ceux qu’on attribue à cette espèce. D’autre part Jeanneney a,

281
dans ses notes, mis au point certains détails imprécis ou omis
ailleurs. Aussi jugeons-nous utile de refaire une description
complète de ce végétal à l’appui des deux planches de
Jeanneney.
PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

Petit arbre de 4 à 5 mètres ou arbuste de t ni. à I m. 50, à rameaux
étalés couverts â l’état jeune d’un tomentum fauve. Tronc à écorce
lisse blanc grisâtre. — Feuilles alternes pourvues d’un court pétiole,
elliptiques (oblongues lancéolées), 5 à 8 cm. de long, entières, luisantes
et glabres en dessus, tomenleuses en dessous et revolutées sur les
bords ; nervures saillantes en dessous. Fleurs naissant à l’aisselle des
feuilles le plus souvent deux par deux, sur un court pédoncule commun,
mais quelquefois (voir pl. XXXVI) sur un rameau floral né à l’aisselle
d’une feuille et portant deux par deux, à l'aisselle de feuilles réduites
(à l’état de bractées) des fleurs, qui dans les deux cas sont portées,
après leur séparation du pédoncule commun, sur des pédicelles propres
beaucoup plus longs.
Les sépales (Pl. XXXVII, fig. 1) sont fauves, tomenleux, coriaces,
aigus au sommet, dilatés à la base et pourvus d’une nervation longitu­
dinale saillante à préfloraison imbriquée, caducs de bonne heure. Les
pétales (fig. 1, 2, 3, 4) d’un beau jaune orangé*, oblongs spatulés, à
limbe contracté à la base et dilaté au sommet, sans divisions, à bords
incurvés souvent, sont ramassés en corolle campaniforme d’où le nom
de l’espèce), inégaux et à bords involulés et présentant au milieu de la
face interne une ligne saillante en forme de selle très accusée. Ces
pétales embrassent chacun 6 étamines.
Celles-ci sont au nombre de 25 à 35 disposées en 2-3 rangées, à filets
libres dressés, deux fois plus courts que les pétales (fig. 5 et 6), et se
continuant avec l’anthère dont le filet n’est séparé que par un étran­
glement peu marqué (fig. 6). Cette anthère linéaire, basifixeest télragone
et terminée supérieurement par un pore unique subbilobé. Grains de
pollen ovoïdes (fig. 7). Ovaire sphérique inséré sur un disque pentagone,
multilobé (fig. 8), quinqueloculaire, très velu extérieurement, terminé
supérieurement par un style filiforme. Ovules anatropes au nombre de
10-12 dans chaque loge ovarienne et disposés en deux séries à l'angle
interne.
1. K. Schuman (/oc. cit., p. 6) les indique couleur orange et Schlechter
(Beilriige zur Kenln. der Fl. von Xew-Caledonia in Bot. Jahrbücher,
vol. 39, 1907, p. 183) dit que « les fleurs grandes d'un beau rouge sont
complètement couvertes d’un tomentum feutré brun ». Brongniart et
Gris (Bull. Suc. bot. de France, t. VIII, 1861, p. 200), dans leur descrip­
tion, disent que cette corolle de couleur rouge orange (d’après Pancher)
rappelle celle des Frilillaria.

�282

E. HECKEL

Le stylo, velu â sa base, terminé en pointe, està cinq ou quatre sillon s
ifig 8), il semble formé par l’accolement de quatre tubes velus (fig. 9).
Stigmate petit, punctiforme â peine papilleux Fruit capsulaire à déhis­
cence septicide renfermant dans chaque loge une à deux graines d’un
beau brun luisant à spermoderme crustacé et portant, à l’extrémité
opposé au hile lig. 13 et 14), une expansion strophiolaire blanche, cylin­
drique, deux fois recourbée sur elle-même et bossue. Cet organe est
très caractéristique par sa forme (fig. 14).

Cette belle espèce n’est intéressante que comme plante
d’ornement. Elle parerait admirablement nos serres. Le
Dubouzetia campanula/a a été signalé la première fois par
Pancher qui le recueillit près de Ivanala dans les sols argileux
et signala qu’il fleurit en novembre.
Il a été relevé et récolté dans la région Sud (Raoul,
Lecard) ; à Touro et Houailou (Grunow) ; entre Houailou et
Couaoua (Balansa) ; à Kanala (Vieillard, Balansa) ; à Kohé
(Balansa) ; au Nord-Ouest de Saint-Louis (Balansa); Plateau
du Mont Arago (Cribs); enfin dans les collines des montagnes
de Ngoyé (100 à 300 mètres d’altitude) par Schlechter. Les
figures de Jeanneney ont été faites à la baie du Prony où il a
récolté cette plante.
Explication des planches XXXVI et XXXVII.
Pc. XXXVI. — Rameau floral.

P l. XXXVII. — 1. Fleur en bouton. — 2. La même épanouie.
— 3. Une pièce extérieure de la corolle. — 4. Une pièce inté­
rieure de la corolle. — 5. Etamines et pistil. — 6. Étamine isolée
grossie. — 7. Grain de pollen ovoïde. — 8. Ovaire et disque multilobé. — 9. Coupe transversale du style. — 10. Coupe transver­
sale de l’ovaire et ovules. — 11. Coupe longitudinale de l’ovaire
et ovules. — 12. Ovaire grossi plus mur. — 13. Coupe longitu­
dinale du fruit et graines en place. — 1i. Graine isolée du fruit,
strophiolée. — 15. Coupe de la graine montrant l’embryon. — 16.
La même coupée dans le sens de son insertion.
1. Brongniart et Gris n’ont pas parlé du fruit dans leur description ni
de la graine ; ils se bornent à indiquer dans les considérations générales
sur le genre Dubouzelia la déhiscence septicide de ce fruit. Iv. Schuman
dit à propos des graines qu’elles sont pourvues d'une strophiole blanche
contournée, sans plus.

PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

283

ALPHITONIA NE0CALED0NICA Guillaumin. (PL XXXVIII).

Ce végétal appartient sans conteste au genre Alphitonia,
et par la situation des étamines encapuchonnées dans les
pétales, et, comme on le verra plus loin, dans la description
détaillée, par la forme de son arille qui est bien celle qu’on
reconnaît clans la graine des Alphitonia. C est donc à bon
droit que M. Guillaumin a reporté cette espèce, nommée
Pommaderis neocaledonica par Schlechter, à Alphitonia neocaledonica nom. nov. C’est sous ce binôme que nous le décri­
vons à nouveau en faisant remarquer que cet Alphitonia est,
entre tous ceux que l’on signale en Nouvelle-Calédonie, l’espèce la moins répandue et la moins connue.
Ce végétal peu examiné mérite une description complète
faite d’après les dessins et notes de Jeanneney :
Arbre moyen de 10 à 12 mètres de haut ; cime toulTue et dense, d'un
blanc rougeâtre dû à la coloration de la partie inférieure des feuilles.
Tronc d’un diamètre de 0 m. 40 à 0 m. !&gt;0, à écorce lisse d’un blanc
rosé. Ramules anguleux, fauves, veloutés comme les bourgeons axil­
laires. — Feuilles alternes, entières, assez longuement pétiolées, ellip­
tiques, à sommet obtus, d’un vert brillant en dessus, blanc jaunâtre ou
rougeâtre en dessous. Pétiole canaliculé en dessus semblant se pro­
longer nettement par la nervure médiane saillante au-dessous de la
feuille, de sorte que le limbe parait découpé et posé sur cette nervure.
Bords du limbe foliaire légèrement réfléchi, nervures de la face infé­
rieure des feuilles toutes saillantes, rougeâtres et veloutées(Pl. XXXYI1I
lig. 1). — Inflorescences en cymes corymbiformes, terminales portéessur
des pédoncules canaliculés.— Fleurs petites, étoilées, élégantes, d’un
blanc verdâtre, portées par un pédicelle velouté. Calice cupuliforme à
5 lobes lig. 3), dentés aigus au sommet, à tomentum ras; corolle à cinq
pétales onguiculés, petits, concaves, à lame infléchie sur les bords et
chiffonnée, à onglet étroit canaliculé embrassant le filet staminal opposé
(fig. 4) et se réfléchissant en dehors entre les dents du calice, de sorte
(pie la fleur est plutôt dessinée par le calice que par la corolle fig. 2 . Ces
pétales sont d’un blanc verdâtre.
Etamines opposées aux pétales, naissant â l'insertion delces derniers
et en face d’eux sur les bords d'un torus élargi en disque. Filet petit
suivant exactement l'inflexion des pétales (fig. i, 5, 6 qui l’entourent
par leur onglet. Anthères introrses, dorsifixes (fig. 5 appliquées au
fond des lames pétaliques qui les couvrent par leurs bords, k deux loges

�E. KECKEL
28i
s’ouvrant par une fente longitudinale, élargie en pore h sa hase (fig. 0).
Ovaire hémisphérique (fig. 7) biloeulaire, aplati supérieurement. Style
au ceulre d’un disque fauve et velouté qui recouvre toute la face supé­
rieure de l’ovaire (fig. 3) et est marqué de dépressions concaves oppo­
sées deux à deux aux pièces calicinales. Ce style est court et terminé
par ileux stygmales divergents et aigus. Les loges ovariennes con­
tiennent chacune un ovule anatrope ascendant (fig. 8). Fruit m ùrdrupacé (fig. 9), sphérique, déprimé, à pulpe sèche brun rougeâtre se réduisant
en poussière sous la pressiondes doigts avecdes fragments durs, irrégu­
liers. Il renferme deux graines opposées fig. Il) par leur face ventrale,
et recouvertes par une enveloppe de nature efidocarpique, dure, testacée,
représentant assez bien la parclie du café (fig. 10 et 11). Celte enveloppe,
lisse sur la face dorsale (fig. 13) qui est arrondie, présente sur la face
ventrale (fig. 12 et 11), en haut, un bec recourbé avec une toute petite
ouverture qui permet de pénétrer jusqu’à la graine. En dessous
de ce perluis règne une crête médiane (fig. 12), fendue (de bas en
en haut), par les bords de laquelle elle adhère assez solidement aux
lèvres correspondantes de l’enveloppe endocarpique opposée. Graines
brunes, luisantes, recouvertes d’un arille membraneux à trois lobes qui
s’écartent un peu vers la base (fig. 17). Débarrassée de cet arille
(fig. 18), la graine présente un spermoderme brun foncé, brillant, pourvu
au fond d'une dépression longitudinale d’un bourrelet saillant ém er­
geant, à la face supérieure, entre deux bosses bien caractérisées, qui
servent de point d'attache aux lobes de l’arille fig. 17). Albumen charnu,
au centre duquel est un embryon à radicule supèro pourvu de deux
grands cotylédons (fig. 16).

Bois rougeâtre, excellent pour les constructions navales,
les charpentes et les pilotis.
Ce végétal est encore intéressant par l’emploi qu en font les
Canaques au point de vue médicinal. Au moment de la floraison
de l’arbre, ils en arrachent l’écorce fraîche qu’ils pilent et
appliquent en topique sur les boutons d’eczéma, auxquels ils
sont très sujets. Cette écorce, à l’état frais, est amère et
astringente : elle renferme sans doute un principe volatil qui
disparaît par la dessiccation de l’écorce, car d'après Jeanneney
les Canaques affirment qu elle n'est plus efficace quand elle
a séché.
Signalé à la Dumbéa (Le Bat); sur la côte Est, entre Thio
et Houailou (Fetchérin); enfin dans la baie de Pronv (Jean­
neney).

285
Jeanneney dit qu'on le trouve dans cette dernière région
plus spécialement sur les coteaux pierreux assez élevés. 11
atteint tout son développement quand il croît à l’abri des
vents.
Explication de la planche XXXVIII.
PLANTES DE NOUVELLE-CALÉDONIE

1 . Hameau feuille, en Heurs et en fruits. — *2. Fleur, vue de
profil. — 3. Fleur, vue de face (grossie). — 4. Pétale enveloppant
une étamine. — 5. Etamine (face dorsale) à filet dorsilixe. —
6. Etamine (face antérieure) montrant les ouvertures des anthères.
— 7. Pistil(lleur dépouillée du calice, de la corolle et des étamines).
— 8. Coupe transversale de l'ovaire grossi. — 9. Fruit grossi. —
10. Coupe transversale du fruit grossi. — 11. Graines entourées de
l'endocarpe osseux. — 12. Graines montrant par la face interne
l'endocarpe osseux. — 13. Graine montrant par la partie externe
l’endocarpe osseux. — 14. Coupe transversale de la graine entou­
rée de l'endocarpe osseux. — 15. La même, en coupe longitudinale.
— 16. Embryon grossi. — 17. Graine pourvue de son arille. —
18. Graine sans arille. — 19. Poils unicellulaires de la face infé­
rieure de la feuille.

(A suivre.)

�287
grand nombre de cultivateurs ne veulent pas admettre lintcrêt
que présente l'étude scientifique des plantes qu’ils exploitent.
Il y a quelques années M. le Prof. O. Warburg, de Berlin,
a dit avec raison qu’aucune plante ne peut, sous divers points
de vue, être comparée au bananier à fruits comestibles, car
aucune n’est capable sur un même espace, pendant le même
temps et avec les mêmes soins, de donner autant de produits
utilisables.
C’est sur cette appréciation que M. le D1 Rung termine une
très intéressante étude publiée en 1911 dans les Mitteilungen
de J. Petermann de Gotha L
Une appréciation similaire a été formulée plus récemment
encore, par MM. Foaden et Fletcher dans leur Textbook of
Egyptian Agriculture, déclarant que le bananier est le plus
extraordinaire parmi les végétaux : son pouvoir producteur est
prodigieux, c’est une des principales sources de nourriture
dans les pays tropicaux, y remplaçant les céréales de nos
régions tempérées 2. Examinant ses usages ils reconnaissent
que toutes les parties de la plante trouvent des emplois.
Depuis quelques années on a attiré de jour en jour plus
vivement l'attention sur ces plantes de la plus haute imporLES RANAMERS

LES BANANIERS
CULTURE, EXPLOITATION, COMMERCE,
SYSTÉMATIQUE DU GENRE MUSA.
Dans leur intéressante étude sur les plantes de Porto-Rico
MM. Cook et Collins disaient à propos des données scienti­
fiques acquises sur les bananiers : « It might naturally be
« expected tliat tlie botany of so important a plant as the
« banana would be in an advanced state of completeness ; but
« quite the contrarv is true, owing to the fact tliat économie
« plants are general ly neglected by botanical students and
« collectors, especially when, as in the presenl instance, spe« cimens are very difficult to preserve. No part of the banana
« plant is adapted to ordinarv herbarium treatment, neilher
« the enormous leaves nor the succulent flowers and fruits. »
Ce qui était vrai en 1903 l'est encore de nos jours, et,
comme le disaient les mêmes auteurs : « It is accordingly
impossible to tell from books whether the superior African
variety is known in the other parts of the world. »
Et cependant des monographies, telles que celles du Prof.
K. Schumann et de Baker ont été publiées, mais, hélas, elles
ne donnent pas, bien loin de là, des indications sur toutes les
espèces qui ont été créées.
Nombreuses sont les causes de cet état d'insuffisante con­
naissance scientifique, et même économique, des représentants
du genre Musa.
Le bananier étant une plante de culture, beaucoup d'obser­
vateurs la considèrent comme totalement connue ; ensuite un
1. Economie plants o f Porlo-Bico, in Contrit», from the United States
National Herbarium, vol. VIII. p. 2. W ashington, 1903.

1. Dr R. Rung, Die Bananenkultur. Geographisch, Wirtschaftlich und
Kulturistorisch betrachtet. Gotba, J. Petermann, 1911.
2. Foaden et Fletcher, Texl-book of Egyptian Agriculture, vol. II,
1910, p.
Conf. aussi pour la démonstration de la valeur alimentaire de la
banane, son importance, par exemple, dans le régime alimentaire des
Péruviens : Ule, Bananen als Volksnahrung in Ost Peru ( Tropenpflanzer,
1905, p. 709, résumé dans Revue des Questions scientifiques. Louvain,
XIV, 1908, p. 323).
Voyez aussi É. De Wildeman, Plantes cultivées en Afrique tropicale,
dans ces Annales, 2e sér., vol. VII (1909), p. 239 et suiv.
Et : P. Sellin, Die gelrocknele oder Dauer-Banane Ihre W'ert undihre
Verwendung, Langenfeld, Alloua, 1911, et P. Sellin, Die Banane, ein neues
Volksnahrungsmittel. Fine botanisch-Volkwirtschaftlich-Ernâhrungsphysiologische Studio. Langenfeld, Alloua, 1911. Consultez aussi sur la
préparation des bananes dans l’alimentation : Ü. W . Barrett iu Philip­
p in e agric. Beview, V, u. Il, 1912, p. 606.

�É. DE WILDEMAN
288
tance, mais il semble malheureusement que, dans beaucoup
de milieux coloniaux, on ne leur accorde pas encore assez
d'intérêt.
L’année dernière a également vu paraître un autre travail
sur le bananier, dû à la plume du Dr M. Zagorodskv 1; il
n'entre pas dans nos vues d analyser ici, ni le premier ni le
second de ces travaux, Gela pourrait cependant avoir un très
grand intérêt pour le planteur qui fort souvent ignore dans
quelles conditions il doit se placer pour retirer des bénéfices
de la culture des bananiers.
L'étude de M. le Dr R. Rung a une importance notable, car
elle envisage la question dans un sens large, dans un sens
géographique et économique; elle a amené l’auteur à dresser
une carte intéressante de la culture des bananiers à fruits
comestibles dans le monde.
Certes la question « bananiers » est complexe ; il y a bana­
niers et bananiers ! Plantes à fruits comestibles sans graines,
plantes à fruits de dessert et à fruits légumes, plantes à fruits
utilisables pour la préparation d une farine, plantes simple­
ment à libres
M. le Dr Zagorodsky a, dans l’étude à laquelle nous faisions
allusion, cité les emplois suivant de banane fruitière :
1. Exportation du fruit frais. — 2. Bananes séchées. — 3.
Bananes conlites. — i. Conserves de bananes. — 5. Farine et
amidon de bananes. — 6. Sagou. — 7. Succédané du café. —
8. Production de caoutchouc. — 9. Production de liquides :
alcools variés, bière, vin, vinaigre, etc. — 10. Alimentation
du bétail.
Nous pouvons ajouter que tous les bananiers peuvent don­
ner des libres, que celles-ci pourraient être extraites de la
gaine comme du limbe foliaire.

1. Dr M. Zagorodsky, Die Banane und ihre Venverluny als Futtermillel.
Beihefte zum Tropenpflanzer, XII, 4, 1911.
2. Voyez, sur culture et usages des bananiers, préparation des bananes,
outre les travaux déjà cités et ceux qui seront partiellement passés en
revue plus loin : Th. Koschny, Bananen und Pisang-Kullur, in Tro­
penpflanzer, VII, 1903, p. 112.

289
Malheureusement, il faut le reconnaître, malgré des essais
tentés on n'est guère arrivé à des résultats satisfaisants,
parce que l’étude des fibres de cette origine n’a pas été faite
systématiquement.
Il y a cependant là pour les planteurs une source indiscu­
table de bénéfices, trop négligée.
Claverie a eu l'occasion d’étudier 1anatomie d’une espèce
de bananier de Madagascar, et dans ces mêmes « Annales » ',
il nous a donné un résumé des connaissances acquises sur la
structure de ces plantes, notions de la plus grande importance
au point de vue économique, car elles peuvent nous indiquer
la valeur comme fibres textiles des faisceaux vasculaires des
gaines des feuilles de Musa.
Il y a quelque temps VIndische Mercuur d’Amsterdam
reproduisant un article du IITest de Java, insistait sur la conclu­
sion d’un article de ce dernier journal touchant le commerce
de la banane en disant : « Ne serait-ce pas dans les fonctions
de nos stations agricoles expérimentales de réunir des données
sur le prix et l’exportation possible de la farine de bananes ? »
La lecture de cet article nous a fait ajouter dans La Quinzaine
coloniale du 10 janvier (p. 19) : « Nous voudrions encore aller
plus loin et revenir sur ce que, à diverses reprises, nous avons
déjà formulé : La très grande nécessité de se documenter dans
tous les pays sur la banane : variétés cultivées, valeur de ces
variétés, leur culture, les conditions d exportation. » Et nous
émettions la conclusion : « Il est grand temps que I on se
mette à l’œuvre pour tirer quelque parti de ce fruit si facile
à produire dans les régions tropicales, et consommé avec tant
de plaisir en Europe, où il y a place pour de nombreux arri­
vages. »
Certes, dans certains pays, la banane est encore peu connue,
c’est souvent un fruit trop cher pour entrer dans l’alimentation
courante du peuple ; les Allemands ont senti depuis plusieurs
années cet état d’infériorité dans lequel ils se trouvent à ce
point de vue vis-à-vis de l'Angleterre, et c’est pour essayer
I.ES RAN \ N1EUS

1. Vol. VII, 2e série, 1909, p. 73 et suivantes.

A n n u le s du Musée colo n ia l de M arseille. —

2' série, 10' vol. 1912.

19

�i
«
So
c*;

ti

o
Ci
00

n

o .n
co

vce

X
CS

U
£
"3N!

o
ce
oc
x
«*4

r»
Ci

~

X

g3
s
X

i

XCi

3

E
N
"3
X
U
CS

£
N
"3

o
ce

&lt;ce—

ce

;•T\ ;•Tl i i i i i
n i..........................

1

i

l
l

i

o o

3 i i i

Xo
vf

ce

i

1

1

!

1

1

1

1

1

1

5 = 1 1 1 1 1

1 |
1

1
l

1

&lt;© o

1

1

1

1

1

2

«o* n
n

m

ce
5 :• 11 m i
o
f.c- 1 1 1 1 1 1

1

! 1111M
on &lt;
o©
;-ê " 1 1 1 1 1
CC

1

Oo
s ° 1 1 1 II
is I ! 11l

mer...............

N

».Xe

Total par chemin
de fer................

1905

OCi

U
a

'1-oT
«J

'oc© or-

*Ô©
1.640

|

S00ceoC
o
Çce“1
VTlCiT*

«œ

40.510
2.880

716.9 10
7.930
14.410

1907
1906

s
ric c

Tl

Z

00

^£•Ci

Ci
JO

Total par voie de

Mais pour permettre l'arrivée en Europe, dans de bonnes
conditions, des bananes de dessert, il faut avoir à sa disposi­
tion des moyens de transport spéciaux. Dans la plupart de nos
pays européens continentaux nous ne possédons rien de ce
genre. Certaines sociétés allemandes ont cependant fait dans
cette voie d immenses progrès. M. Scipio. directeur de la
« Bremer Fruchthandel Gesellschaft » a fait construire les pre­
miers wagons permettant le transport des fruits'(ventilation,
etc.) de Brême vers l’intérieur des terres.

c----

o o

0061

20.843 douzaines
1906.................
1907................ .......... 33.698
1908................. .......... 73.706 —
1909................ .......... 149.005
1910................
255.522 —

•S
X
3£
"O!*î
-C«tmCS
£

Tl

mer...............

(Mars à décembre).

"3N
X

O Or-Tl
©
'•c
ce

1

Canaries...............
Madère................
Jamaïque .............
Cameroun ...........
Guyane................
Angleterre ...........
Hollande .............
Divers par voie de

IMPORTATION DK BANANES EN ALLEMAGNE

XOCi

1895

d'amener vers leur pays un atllux île ce fruit qu ils tentent de
créer dans leurs colonies un commerce d'exportation de
bananes et même d installer d es cultures, comme celles entieprises dans le Golfe de Uraba (Colombie) par la « Hambunr-Kolumbien-Bananen Aktiengesellschaft ».
Au point de vue de la consommation des traits il y a en
Allemagne, comme chez nous, beaucoup a taire, suitout si
nous nous comparons aux Anglais, qui absorbent des traits en
très grande quantité. Ils consomment par an et pai téti &lt;?nviron 15 livres de fruits du Midi; en Allemagne, cette propor­
tion tombe à 3 livres.
Cette faible consommation est particulièrement curieuse,
quand on songe que des Allemands, les premiers, importèrent
les bananes de l'Amérique centrale, dans l’Amérique du Nord,
et ont été les promoteurs, somme toute, de la puissante l nited
Fruit Company de Boston, dont les bateaux spéciaux font la
navette entre l'Amérique du Sud et l’Amérique du Nord.
Les quelques chiffres des tableaux suivants montrent cepen­
dant l’accroissement notable des introductions de bananes en
Allemagne :

marks

OCi

É. DK WILDEMAN

Importation de bananes fraîches à Hambourg
de 189o à 1909.

2JH)

» 2S S
£” 1 g1 " 1 -STl 1
«
« «O
rtCi TlOO Tl—
M 1«
—’ 1
1~ ! cei o® ns? nê
S g
VT | gX Sira c, oo* I'■«
» y
o
2- 33
S 5 m® a° n «® o
w*
^
■ x —&lt; ce
.q — CcejqT CI — Xî7 -*■'
®
—
&lt;©© ço
Ci &lt;
© |ce- —
n on &lt;
tn
rfo
ce

�2{\'2

K. DE Wll.DEMAN

M. You, directeur au Ministère des Colonies (Paris), délégué
par son Ministre au Congrès international du froid à Vienne,
a fait ressortir combien nous étions, nous Européens, en arrière
dans cette question, et il a cité particulièrement dans son
rapport, la banane.
« Le transport îles fruits en chambre lroide s opère, dit-il,
aujourd'hui par grandes masses aux Etats-l nis, ainsi qu'au
départ des Antilles anglaises, des Bermudes, des divers
États du centre Amérique et des Canaries. Pour 1 envoi des
fraises, raisins, cerises, bananes et légumes de la Californie et
de la Floride vers les cités populeuses des Etats du Nord-Est
de l'Cnion, les Américains sont arrivés à un étonnant degré de
perfection : ils exposent les fruits avant leur chargement —
d’où le nom de préréfrigération — à une température très basse,
puis les placent dans des wagons frigorifiques où la tempé­
rature est maintenue, durant les 8, 10 ou 12 jours du trajet,
aux environs de fi° (h A leur arrivée, les denrées conservent
leurs qualités naturelles de couleur, saveur, etc. De même,
la plupart des bananes qu'on mange à Londres, sont impor­
tées, par vaisseaux munis de frigorifiques, de la Jamaïque,
des Bermudes ou de la Barbade, et sont excellentes. De là
vient que le même fruit, vendu en général de 10 à 15 centimes
chez nous, où il arrive par les paquebots ordinaires de l'Algérie
ou de la Côte occidentale d'Afrique, coûte à Londres trois ou
quatre fois moins cher et trouve des consommateurs trois ou
quatre fois plus nombreux. La banane demeure en France une
sorte de fruit de luxe, parce qu elle est importée en quantité
insuffisante et dans des conditions imparfaites ; en GrandeBretagne c'est un fruit extrêmement commun, parce qu'il y
est introduit en abondance et dans d’excellentes conditions.
Par voie de conséquence la Jamaïque, la Barbade, la Domi­
nique, Costa-Rica ont d immenses et prospères plantations de
bananes à l’exploitation desquelles une véritable flotte de
bateaux spéciaux est réservée, tandis que la Guadeloupe, la
Martinique et La Réunion attendent encore tout le parti qu elles
peuvent tirer de l’exubérance de leur végétation. »
Examinant la question de l’importation de la banane

2Î&gt;3
M. A. Hollier 1 nous dit : « Il y a sept ou huit ans, je don­
nais les chiffres suivants pour la consommation de bananes en
France et en Angleterre : 50 à 60.000 régimes de bananes
pour Paris et 2 millions de régimes pour l’Angleterre; mais
ces chiffres sont largement dépassés maintenant, soit 150 à
200.000 régimes pour Paris et fi.000.000 pour l’Angleterre. »
Et il conclut : « Il est très regrettable que rien n'ait été fait
dans certaines de nos colonies à cet égard, mais jusqu’à pré­
sent tous les essais n’ont donné que des déboires, soit qu'ils
aient été dirigés par des personnes peu compétentes, soit que
pour trouver les capitaux nécessaires, il ait fallu s’adresser à
des banques qui ne voyaient plus là-dedans une opération
commerciale, mais seulement une affaire de titres à placer. »
Dans cette question il y a donc lieu de combattre l’igno­
rance des chefs d’exploitation, et ce que l’on signalait naguère
à propos de la saine exploitation des cultures caoutchoutifères est vrai pour celle de la banane, et, d'ailleurs, disonsle franchement, pour toutes Les cultures, qu elles soient en
régions chaudes ou en régions tempérées. Sans une formation
normale des agents, avant leur départ, nous n’obtiendrons
des résultats que dans fort peu de cas.
La France n’est pas seule à se trouver dans cette situation
et la création de moyens de transports appropriés, entre
l’Afrique et l’Europe, entre le (iongo et Anvers, pourrait
favoriser d’une part le commerce de notre métropole et l'éclo­
sion de cultures spéciales dans notre colonie.
Il n'est peut-être pas sans intérêt d’ajouter ici ce que, dans
ce domaine, les Américains ont produit dans ces dernières
années. Quand ils ont reçu dans leurs entrepôts des bananes
non mures en parfait état de conservation, pour hâter leur
maturation afin de les présenter à tel ou tel moment sur le
marché, ils ont appliqué un chauffage électrique au sujet
duquel le « The Times Engineering. Supplément. p. 19,
London, lfi aug. 1911 », nous fournit les renseignements
LES RANAN liais

I. Bulletin de la Société nationale d'acclimatation de France, u° 19,

septembre 1911, p. 542 et suiv.

�205
É. DE WILDERIAN
suivants. Cette installation électrique fonctionne particuliè­
rement bien dans une maison de Louisville, 1vy. Autrefois,
on hâtait la maturation de la banane par le gaz, mais à la
suite d'une explosion désastreuse on a remplacé les appa­
reils de chauffage à gaz par des radiateurs électriques.
Les chambres de maturation se composent de deux compar­
timents de 2 m. 10 sur 3 mètres et I ni. 00 environ de hauteur.
Dans cette chambre, on suspend les régimes et on maintient
la température entre il et 44° C. pendant 58 heures, temps
suffisant pour obtenir la maturation.
Il faut noter, en effet, que si les bananes peuvent avoir
plus bel aspect avec leur maturité complète, pour qu elles
possèdent toutes leurs qualités elles doivent être arrivées à
pleine maturité. Les études de M. Yoshimura ont en effet
démontré qu’avant maturation les bananes manquent de sucre 1.
Eau....................................... 65-72 °/0
Matières azotées............... 0,9-1,25
Amidon............................... 15-25
Matières m inérales.......... 0,70-1-10
Sucre................................... 0

La proportion de tanin reste constante pendant la matura­
tion, mais l'amidon se transforme rapidement en sucre : au
bout de 8 jours, la proportion de sucre atteint 20 °/o de la
matière sèche, 42 % au bout de la jours et jusqu’à 50 % ou
bout de trois semaines.
Nous ne pouvons, nous l’avons dit, examiner ici tous les
usages de la banane, mais il en est un sur lequel il pourra être
utile d’attirer l’attention.
Il est prouvé, en effet, par des recherches récentes effec­
tuées à Berlin sur des bananes séchées provenant du Came­
roun, que cette matière première peut remplacer avantageu­
sement la pomme de terre pour la fabrication de l’alcool.
100 kilog. de bananes sèches peuvent donner de 52 à 45 litres
1. Cf. Bulletin des Sciences pharmacologiques, nov. 1911, p. 688.

295
d'alcool; or ces bananes ont pu être vendues à Berlin à 23 marks
les 100 kilog.
Ce débouché sera, pensons-nous, utile à faire connaître aux
planteurs de bananes.
LES R À N A M E H S

Sans entrer dans l’examen complet de tous les pays pro­
ducteurs de bananes fruitières, rappelons ici quelques chiffres
qui montreront bien l'importance du commerce de la banane
et par suite celle de sa culture.
Les Etats-Unis auraient absorbé en 1910, 40 millions de
régimes de bananes, et la valeur de cette importation se chif­
frerait par 12.500.000 dollars.
On cite comme valeur des exportations en Europe (origine
américaine) :
Angleterre.....................
Allemagne....................
France...........................

8 .OUI).000 dollars
1.000.000 —
500.000 —

La Jamaïque exporterait à elle seule pour environ 4.000.000
de dollars. C’est d ailleurs un des pays où la culture des
bananiers à fruits comestibles s'est le plus fortement étendue.
En 1909-1910 la surface plantée en bananiers était de 27.945
hectares. Pendant un temps on avait cru que cette culture
n’était possible que dans des terrains vierges et riches, mais
on a remarqué que par une irrigation bien conduite des ter­
rains lourds étaient capables de donner d'excellents rende­
ments.
D’après le Tropical agriculturisl, juillet 1911, déjà en
1909 les exportations totales de la Jamaïque s’élevaient à
IG.712.210 régimes, qui valaient à cette jépoque 35.446.702
francs, les prix de 100 régimes ayant varié de 138 francs en
décembre à 315 francs environ en mai.
Dans le district de Sainte-Catherine, où l'on emploie actuel­
lement dans cette culture l’irrigation d’une manière régulière,
la préparation du sol et les premiers frais de culture s élève-

�296
É. DE WrLDEM.W
raient par hectare à 9i6 fr. 87. auxquels il faudrait ajouter des
frais annuels de 631 fr. 23. On estime le rendement à 562 à
575 régimes par hectare, ces régimes valant en moyenne 2 fr. 20
donneraient une recette moyenne et brute de 1.262 fr. 50
à l'hectare.
Dans d'autres provinces les frais sont moins élevés, mais le
rendement en fruit est plus faible.
Dans une plantation d’un peu plus de 80 hectares, sous
irrigation, on a dépensé et obtenu les rendements :
Dépenses....................................
Régimes récoltés.......................
dont régimes m archands..
Bénélice b ru t.............................
Bénéfice n et...............................

51.000 francs
57.012 francs
43.827 francs
92.000 francs
41.000 francs

soit à l hectare plus de 500 francs.
La culture de ce bananier occupe un rang important à Cuba,
cependant elle y est rendue difficile par la rigueur des hivers.
Trois districts produisent pour l’exportation dirigée vers les
Etats-Unis : Sactos (baie de Nipe), Sagera de Tanamo (baie
de Tanamo), et Baracoa1.
Les plantations des deux premiers districts sont localisées
dans les terres lavées, le long des fleuves Jumuru et Tanamo;
le sol est profond, formé d'alluvions; dans le troisième district
les plantations occupent les vallées et les versants des mon­
tagnes dans un sol argileux profond. Mais cette culture n’a
pas progressé comme on l'avait espéré, car beaucoup de
planteurs ont préféré remplacer la banane par la canne à sucre
qui se montre là-bas plus rémunératrice.
Costa-Rica est devenu, grâce à l’intervention de la « United
fruit C° » de Boston, un grand centre de production de bananes.
Nous avons relaté ailleurs les débuts de cette industrie, actuel­
lement presque entièrement entre les mains de la puissante
I. Banana Industrg o f Santiago de Cuba, in Jour», of tlie Royal
Society of Arts, n° 3077, p. 1144.

297
association de Boston, qui est devenue propriétaire d une
grande partie des plantations *.
Les bananes produites sur les vastes plantations de la
Compagnie américaine sont actuellement chargées directe­
ment à l'aide de trucks sur des vapeurs spéciaux cpii trans­
portent de 18.000 à 35.000 régimes de bananes &gt;.
A Costa-Rica, U).000 hectares sont dévolus à la culture de
bananiers et sur cette étendue environ un tiers appartient à
la C,c bostonnaise, et cette étendue va encore être augmentée.
A titre de renseignements, il peut être utile de donner une
idée de la répartition des frais de culture et d’exploitation
dans la région.
LES BANANIERS

C ulture................................................... 730 fr. par hectare
Récolte et préparation des fruits... 340
—

Une nouvelle Compagnie, « l’Atlantia Fruit C°», entre en
compétition avec l'ancienne Compagnie de Boston, et on
estime qu elle pourra produire, en pleine maturité, sur les
terrains qu’elle a achetés, 3.000.000 de régimes par an.
Sans entrer dans des considérations de technique culturale,
il n’est peut-être pas mauvais de dire qu'un des obstacles
contre lesquels les planteurs ont ici, comme dans beaucoup
d’autres cultures tropicales, à lutter, est fourni par les mau­
vaises herbes.
Cette difficulté exige pour être vaincue une main-d œuvre
considérable ; on a même essayé des labourages profonds à la
charrue à vapeur, qui ont donné dans certains cas des résul­
tats satisfaisants.
Pour donner une idée de l'importance prise par la banane à
Costa-Rica, nous alignerons ici les statistiques de l'exporta­
tion depuis 1882 :
1. Cf. É.- De Wildemau, Votes sur quelques plantes utiles ou intéres­
santes de la Flore du Congo, I, p. 106. — É. De Wildeman, Plantes tro­
picales de grande culture, I, 1908, p. 328 et suiv.
2. Cf. La industria Bananera en Costa-Rica, Revisla Economiea, II, 0,
p. 596-599 et 028-620. San-José ^Costa-Rica , janvier 1912.

�298
1882..............
1883..............
1884..............
1883..............
1886..............
1887...............
1888..............
1889..............
1890..............
1891..............
1892..............
1893..............
1894..............
1893...............
1896..............

É.

3.300
110.801
420.000
401.183
395.970
889.517
854.588
990.898
1. 034.765
1. 133.117
1. 178.812
1. 8 / 8 .6-t i
1..374.986
1. 585.817
1. 692.102

DE WILDEMAN

régimes
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—
—

1897.. ........ 1.965.613 régimes
1898
2.331.306 —
1899...
2.962.741 —
3.420.156 —
1900...
3.870.156 —
1901..
4.174.199 —
1902 .
5.139.063 —
1903....
6.065.600 —
1904 ...
7.283.000 —
1905..
8.872.729 —
1906....
1907....
10.165.759 —
10.060.009 —
1908...
1909....
1910....
9.097.285 —

Pour les années 1903, 1904 et 1905, on donne les destinations suivantes à l'exportation :
1903
régimes
2.260.000
Nouvelle-Orléans.
1 290.000
New-York.............
Mobile..................... ........ 330.000
380.000
Boston....................
220.000
Charleston............
650.000
A ngleterre..........

1904
régimes
A.440.000
1.160.000
510.000
650.000

1905
régimes
2.300.000
1.100.000
1.100.000
500.000

1.300.000
2.200.000
En 1919, les exportations de bananes du même pays se
dirigèrent comme suit :
États-Unis..................... 8.000.249 régimes
Angleterre..................... t . 097.036

Au moment où nous corrigeons les épreuves de ces « notes »
la « Philippine Agricultural Review » de Manille publie une
note de M.-P-J. Wester, d’après laquelle, il y a actuelle­
ment au Costa-Rica 40.000 hectares de Bananeraies capables
de fournir mensuellement de 700.000 à 1.200.000 régimes de
bananes 1.
t.

T he Philippine agric. lieciew.,

V, n. 11, 1912.

299
C'est encore grâce à l influence de 1United Fruit Cy de
Boston que le commerce de la banane s est développé à Suri­
name; malgré la recrudescence qui s’est maintenue dans les
maladies, les exportations ont été assez importantes et on
considère la culture des bananiers comme de grand avenir en
Guyane hollandaise. On cite de 1908 à 1911 les chiffres d’ex­
portation comme suit 1 :
LES HAN AMEUS

1908
1909
1910
1911

.......................
.......................
......................
......................

219.000 régimes
648.000 —
634.000 —
384.000 —

***
Dans la culture des bananiers, surtout dans celle des Musa
à fruits, il faut considérer avec grande attention le problème
de la restitution au sol, des éléments qui lui sont enlevés par
la récolte.
Bien que nous ne nous soyons pas proposé de décrire la
culture du bananier nous avons pensé devoir insister sur ce
point, car trop souvent on considère, sous les tropiques, la
fumure comme de faible importance, et un s'imagine encore
à lort que l'on peut obtenir, dans les climats chauds, de
bons résultats avec une même plante sans amener dans le
sol des éléments nouveaux. Trop fréquemment, dans les colo­
nies, les planteurs cherchent à éviter les dépenses et les
ennuis qu occasionne l’emploi des engrais ou des amende­
ments et préfèrent acquérir de nouveaux terrains à défricher
pour transporter les cultures quand ils s'aperçoivent de
l’épuisement du sol de leurs premières plantations.
I. Bacoven in Suriname, l itgave vau de Gommissie voor de Kol.
Landbouw-tentoonstelling le Deventer, 1912.
Certains communiqués de périodiques agricoles coloniaux annoncent
que la United fruit Cy de Boston, aurait résilié ses contrats avec Suri­
name, ce qui jetterait sur le marché d’autres régions des bananes en
certaine quantité.

�■gewj

Malheureusement la grosse question des engrais est com­
plexe.
Comment et quand faut-il fumer la terre sous les tropiques?
Question que l’on 11e peut encore résoudre d’une façon
complète, mais certaines expériences récentes dont nous
croyons utile de résumer les résulats ont, pensons-nous, une
portée pratique pour tous les producteurs de bananes.
('.'est ainsi que dans une étude sur ce sujet, M. Hattrick a
émis l’avis très judicieux que si des résultats utiles ont été
obtenus dans un pays, il est à espérer que des résultats aussi
bons pourront être obtenus ailleurs, et qu’il y a donc intérêt
à faire des essais *.
Des expériences faites par M. J.-C. Briinnich du Département
de l'agriculture du Queensland, qui seront continuées, dans
le but de déterminer le genre d’engrais chimique le mieux
approprié à cette culture, on peut tirer quelques conclusions.
LTn des résultats les plus frappants des analyses publiées
par J. C. Briinnich, est l’épuisement en éléments nutritifs des
terres sous bananiers
Analyse d'un limon rouge, friable, d'origine volcanique
É ta l vierge

Épuisé p a r 20 ans
de c u ltu re

soluble dans so lu b le dans so lu b le dans so lu b le dans
l ’acide ch 1er- 1 ° / 0 d ’acide l'acide ch lo r- 1 % d ’acide
c itriq u e
h yd riq u e
c itriq u e
h y d riq u e

Potasse...............

%

Chaux.................

0.0100
O.OJ42

A z o te ....................

0.560

—

A cid e p h o s p h o riq u e ..

0/o

%

0.109
0.255
0.450

—

0.067
0.338
0.180
0.292

0.0035
0.0034
—
—

1. Cl‘. Banann-Grotving al Buderim Mountain. The value o f Ferti­
lisation, in The Queensland Agric. Journal, XXVII, 4, pi. 269-271, p. 5154. Bris ha ne, 1912.
J.-M. Hattrick, Manuring o f Bannnas, hic. cil., XXVII, ■”&gt;, p. 91-2-348.
2. J.-(h Briinnich, Banana Manuring. Fxperiments in Buderim Moun­
tain. l’iflh Progress Report Queensland Agric. Journal, XXVII, p. 349355, pl. 76-76.

301
Quand on compare ces chiffres entre eux on conçoit faci­
lement qu’une terre épuisée n’ait plus donné de bonnes récoltes
de bananes.
Pour bien se rendre compte de la signification de ces chiffres
il faut les comparer avec ceux de la composition chimique
des bananes, que le même chimiste a déterminée 1.
LES RAN AMERS

Composition chimique de la plante et de ses fruits (moyenne
pour 3 variétés : Lady’s Finger, Cavendish, Jugar).
Dans les bananiers Dans les régimes
kit. par ha.
kil. par ha.
Potasse........................... 232.3
Acide phosphorique. . 16.8
Chaux...................
118.8
Azote............................... 66.9

Total
kil. par ha
325.8
59.6
122.6
101.4

93.5
10.2
3.8
34.5

Pour mémoire, donnons ici une analyse des cendres du
fruit, publiée par Corenwinder ’ :
Sulfate de potassium............................ 3.61
Chlorure de potassium........................ 14.34
Phosphate de magnésie....................... 8.24
de potasse.......................... 7.12
Carbonate de potasse........................... VI.66
de magnésie....................... 1.54
—
de chaux............................. 2.96
Oxyde de fer........................................... 1.17
Silice........................................................ 0.36
100.00

1. Consultez aussi :
J.-C. W illis, Agriculture in the tropics, Cambridge, 1909, p. 25-26.
W .-H . Doherty, The Chemical News, vol. 66, p. 187.
Konig, Chemische Zusammensetzung der Menschl. Nahrungs- mul
Genüssmittel, IV, p. 851-852.
Semler, 7 ropische A grikultur, Bd. IV, p. 173-204.
2. Cf. De W ildem an, Notes sur (/uelques plantes utiles ou intéressantes
de la Flore du Congo, 1, p. 112, et Plantes tropicales de grande culture,
I, p. 313.

�303
L’engrais vert fut employé également, et des champs furent
traités par du sel et de la chaux, certains d’entre eux ayant
été salés et chaulés en même temps.
Les avantages du superphosphate ou des scories Thomas
n’ont pu être clairement définis ; mais la supériorité du sang
desséché et du nitrate de chaux sur le sulfate d’ammoniaque,
pour la restitution de bazote est des plus nette L
Les expériences prouvent également, comme cela a été
déjà signalé, que seuls conviennent bien, dans la culture des
bananiers, les sols renfermant une certaine quantité d’humus.
Le dernier peut être naturellement apporté par des cultures
intercalaires, pour lesquelles on choisira de préférence les
légumineuses enrichissantes en azote. Par une application
assez forte d'engrais artificiels, on pourra donc conserver aux
terres sous culture leur valeur.
Quant au coùl de cette application, il serait, d'après les
calculs faits au Queensland, d'environ 1 fr. 50 par plante et
par an. En faisant la moyenne des chiffres publiés et relatifs
aux expériences de fumure, on arrive au résultat que pour
une dépense de potasse de 126 fr. le planteur obtient 76b fr. -.
Des données du tableau ci-contre qui résume les résultats
laits au Queensland et aux îles Fidji, et des observations des
divers planteurs qui ont trouvé les applications insuffisantes,
on a été amené à préconiser la formule suivante pour la fumure
du bananier.
Fumure type pour bananiers
(chiffres par hectare)
LES HAÎSANIEHS

Il va dune dans cos plantes une énorme quantité de sels de
potasse enlevés au sol.
Si on considère uniquement le fruit, ordinairement la seule
partie de la plante totalement perdue pour le sol, car les
feuilles et le stipe lui retournent en général, on voit quelle
notable quantité de potasse est absorbée par le végétal en
quelques mois.
Le bananier exige donc de nombreux éléments nutritifs
qu’il doit trouver dans la terre sous une forme immédiatement
assimilable, d'où l’épuisement rapide qu il provoque de terres,
même riches et fertiles, sur lesquelles il est fixé.
De ce que les terres de bananeraies sont rapidement épui­
sées, faut-il conclure qu'il faille les abandonner; ne peut-on
leur rendre leur richesse et maintenir la rentabilité d’une
plantation installée?
Les expériences faites à Queensland ont démontré qu’il
pouvait en être ainsi, et d’ailleurs des essais antérieurs faits à
la Jamaïque et à Conakrv par M. Teissonnier ont prouvé
que l’apport d'engrais chimique avait une inlluence très favo­
rable sur le développement des bananiers.
Au Queensland, les meilleurs résultats furent obtenus en
combinant une culture profonde du sol et une application
d’engrais chimiques. Les doses de ces derniers furent :
Potasse ;
192 kil. sous forme de 384 kil. de sulfate de potasse par lia.

Azote :
48
48
48

348 kil. de sang desséché par Ha.
348 kil. de nitrate de chaux par Ha.
240 kil. de sulfate d’ammoniaque par lia.

Acide phosphorique ;
96
96

—
—

504 kil. de superphosphate par lia.
564 kil. scories Thomas par Ha.

On lit également des applications en doses doubles et en
demi-doses, les engrais étant appliqués deux fois par an.

3,13 — 3,75 quintaux de sulfate de potasse à 96 °/0
3,75 — 5,00
—
superphosphate 17° od'acidesoluble
dans l’eau)
1,88 — 2,50
—
sulfate d’ammouiaque (20° od’azote1.
1. M. Teissonnier avait fixé comme suit la teneur d’une fumure de
bananeraie : Azote : 5.47 0 0; Potasse : 11.02 0 0 ; Acide phosphorique :
10.20 °;0; Chaux : 8.17 0 0.
2. Cf. Ch.-H. Knowles, Nasina Station. Bananas. Report on Agric. of
the Year 1911.
Legislative Council. Fiji Council. Paper, n° 34, 16 mai 1912.

�305
Dans la culture des bananiers il faut en tous cas songrer à
1humus, et le chaulage donne des résultats excellents.
Ces divers genres d amendements agissent non seulement
sur le rendement, mais encore dans le volume des régimes, ce
qui est de grande importance au point de vue commercial,
car le prix de la marchandise varie suivant son aspect.
A ce propos, les résultats des expériences faites par le
Département de l'Agriculture des îles Fidji sont intéressants ;
ils démontrent que si, sur une parcelle non fumée, 23 % de
régimes étaient grands (plus de S mains), il y avait 71 °/0 de
grands régimes sur un champ ayant reçu : acide phosphorique
et azote; 06 °/0 sur une parcelle amendée par potasse, acide
phosphorique et azote. Bien que cette dernière proportion fût
plus faible que celle obtenue sur le champ où la culture avait
été faite sans potasse, le rendement absolu fut supérieur,
compensant la dépense supplémentaire causée par l'apport
d'engrais complet.
Il résulte, on ne pourrait assez le faire remarquer, de tout
ceci, qu’il est difficile de fixer des règles pour les fumures des
bananeraies. C'est aux planteurs de faire des essais, mais il
n'est pas douteux que la fumure par des sels minéraux et par
de l’humus accroîtra le rendement en maintenant la valeur
du sol.
Ce qui nous confirme encore dans l’opinion que l'engrais
ne doit être employé qu'après essais consciencieux, c est que
certains voyageurs ont émis des appréciations discordantes à
ce sujet. Dans un voyage d’études réalisé à Ténérife, il a été
fait la remarque que si l'on a depuis quelques années insisté
sur la nécessité d une épaisse couche humifère pour la bonne
culture du bananier, on fait observer que les bananiers
poussent à Ténérife, surtout avec vigueur, dans les terrains
totalement privés d'humus *. Pour ce voyageur, M. Lindinger.
la culture des bananiers qui s'est largement étendue dans
cette île ne pourra continuer à progresser comme elle 1a
LES BANANIEUS

2 cr
cr 3

“3 K

- EU
S £

o ‘w

o C3
c-* x0) -oœ
-r^—&gt; !x

^ &gt;
3SS»]0d B| ç np

«i[ Jüd aogaapg

dssejod K[ jp p u t')

cn
.ir = £
s c
Hle Z
- - 3 ~£
fc
tij cO 5—
c
£3

S3UBUB(J

1 1 1

XO
^

w. uO
« ro
«

x ri
x Ci
Ci
•cri

&gt;n in

onbeiu
-ouitue p
31Bj|nç;

| ri n

op3i|dsoi)d
-aadng

O
§ 1
i X« z
X X

ossejod ap
3l BJinS

1 1

QO
*

!

1 ri
S

1 l i
ri

X X

Ci

o
2 5

l

l I
in

oc CO
CO r-

1 1
i : o
O o
in .o
o
i i ■«.
ri

oo x
| X X

X X
| OO X

1 § 8

1 0 P 1
0
CO CO
CO CO

in in

i

o
i *
ri

M CO *-i CS ce

o
1 1 ^n

C/3
O
P
• i !
-a)

o■j)

E
I
I r i -o ' i l
— CO -d

C X CM &lt;C -r
&lt;o co co CO 'T X
," o co
co X cO c&gt; -r
GO —
Ci O
C. 'T
n
r i co o -r- r i .o ÎC CO co 'O i— co
r- n
oc x
I X X

I I~

X X
| x x

in
1 1 *'
CO

cs ce *h es ce I

vn
is

1 1 1

, «
1 «

1 1 1

Régimes
988
988
1383

B| ans

3230

aaumi
uou

Douz.

ossejod
B[ v’ np

II

1)ouz.
3705
417 i
7410

S u rp lu s de réco lte
p ar hectare

H endem enls p nr hectare

osseiod bj ç np
sn jd jn s np .mege ^

■X X
| X x

_ m
-f- SJ -?
y O* i '
c . r»
o ' sV

o&gt;
in
«
—i
*-*

oo
n
«
n
co

.n
ri

in
c*

, O O
1 i: ^
CO CO

o o
j o o
1.0 1.0

1 1 1

1 1 *7
CO

va

i. L. Lindinger, Reisestudien au/' Tenerife, Abhaudlungen der lhunburgischen Kolonialinslituts. Bd. VI, Hamburg. Friederichsen, 1911.
20
Annales du Musée colonial de Marseille. — 2* série, 10* vo l. 1912.

�k . p e w il d e m a n
30(&gt;
fait dans ces dernières années, car les terrains utilisables
pour cette culture n'existent plus en quantité et, en outre, le
bananier est particulièrement exigeant pour l’eau, qui se vend,
et l'irrigation coûte de 11 à l'i pesetas pour deux heures de
durée.
Cette pauvreté des terrains de culture serait cependant,
d'après l'auteur, une des raisons pour lesquelles les bananiers
ne seraient pas attaqués par des maladies cryptogamiques,
alors que ceux de la Grande Cunarie sont actuellement telle­
ment endommagés par des parasites que le commerce va en
souffrir.
Les bananiers des Canaries sont fumés à l’aide d’engrais
chimiques et ce serait à ces engrais que l’on pourrait peutêtre attribuer le développement extraordinaire du champignon
Glæosporium musaruni que MM. Cooke et Massee ont observé
sur les fruits. Il forme des taches noires sur les enveloppes
et ces taches pénètrent dans le fruit, noircissant la partie
intérieure et empêchant ainsi la consommation et par suite la
vente de la banane.
Cette observation de M. Lindinger, qu'il sera utile de sou­
mettre à une expérimentation sérieuse, donne à son travail
une portée relativement considérable, car elle fait réfléchir à
ce fait qu il ne suffit pas, comme on le croit trop souvent,
d'amener dans le sol des principes nutritifs capables d’être
assimilés par une plante pour obtenir de celle-ci un rendement
considérable, il faut compter aussi sur les conditions favo­
rables que l'on crée pour le développement des maladies.
D’ailleurs d'autres chercheurs ont démontré, dans un autre
ordre d’idées, 1 action bienfaisante des engrais minéraux sur
le développement de microbes parasites, le mot microbe pris
dans son sens le plus large.
Dans la culture des bananiers, le facteur maladie, d’appari­
tion relativement récente, doit donc entrer largement en ligne
de compte.
Il y a quelques années, en effet, le bananier paraissait être
une plante presque totalement indemne de maladies ou de
parasites; actuellement, dans tous les pays où la culture des

307
Musa à fruits a lait des progrès, on signale l apparilion de
maladies dues à des causes inconnues, peut-être à des cham­
pignons ou à des bactéries, d’autres dues au développement
d’insectes.
On a beaucoup discuté dans ces derniers temps sur les
maladies des bananiers de l’Amérique centrale, sur celles qui
ont arrêté l’extension de la culture dans les Guyanes, et,
récemment, on a parlé de maladies paraissant acquérir un
certain caractère de gravité aux Canaries.
!1 n est peut-être pas sans intérêt de rappeler ici sommai­
rement quelques recherches faites pour étudier ces maladies
et les moyens de les combattre.
Déjà depuis 1890 en Amérique centrale (Costa-Kica et
Panama), on a signalé des maladies qui semblent être plus
répandues qu'on ne l’avait cru au début. D’après les recherches
de M. Mac Kenny (Science, XXXI, p. Toi), la même maladie
s'étendrait au Nicaragua et à Honduras. Elle provoque le dépé­
rissement successif des feuilles, puis des rejets de la base qui
se flétrissent rapidement.
Les tissus des feuilles se colorent et dégagent une odeur
nauséabonde. La fructification des plants atteints est rare, et
quand elle se produit les fruits tachetés et ratatinés sont secs,
sans saveur.
On trouve dans les tissus un champignon et une bactérie,
mais lequel des deux agents occasionne la mort? On ne peut
le dire, mais il paraît certain que c’est par le système radicu­
laire que la maladie s'introduit.
A Cuba une maladie assez semblable a été signalée. Dans ces
derniers cas, un champignon du genre Fusarium fut généra­
lement isolé, il fut reconnu capable de végéter en parasite sur
les bananiers, mais jusqu'à présent on n'a pu certifier qu'il
occasionne indiscutablement la maladie et la mort de ces
végétaux.
A Trinidad, deux maladies de la tige et une maladie des
racines ont été signalées. L'une des deux premières fut rap­
portée à la présence de bactéries, l'autre à celle de Fusarium.
La littérature sur ce sujet est déjà notable, mais malgré les
LES BANANIERS

�lt. DK WILDEMAN
308
recherches entamées dans beaucoup de colonies, et d ailleurs
d une très grande délicatesse, on n est pas arrivé à définir
nettement les causes de ces deux maladies. Celle des racines
serait due au Marasmius semiras/iis. champignon bien connu.
La maladie quia si fortement atteint les bananiers de Suri­
name serait occasionnée par un champignon nouveau que
M. Essed a proposé de dénommer lstilapinoidclln musæperda,
du groupe des Hvpocreales 1.
Ce ne sont pas là les seules maladies observées, mais cette
énumération sullit pour montrer que dans l'Amérique où la
culture paraissait pouvoir s'étendre, elle a été arrêtée vigou­
reusement.
En dehors de l’Amérique, diverses maladies du bananier
ont également fait leur apparition et le Département de l’Agri­
culture du Bengale a également eu à étudier, en 1911, une
maladie qui, dans ces régions, semble prendre une extension
alarmante *.
Elle parait attaquer particulièrement les plantations àg-ées
ou peu soignées ; certaines variétés paraissent relativement
résistantes, les variétés Kadthali et Martamon sont spéciale­
ment atteintes, la culture de cette dernière a même dû être
abandonnée, alors qu elle était de beaucoup la plus rémuné­
ratrice. Par contre, les variétés Chanxpa et Kancha sont,
semble-t-il, résistantes.
11 n’est peut-être pas mauvais de décrire en peu de mots les
symptômes de la maladie ; les feuilles adultes jaunissent, au
sommet (le la tige apparaissent une ou deux feuilles réduites;
les feuilles de formation récente se fanent et enfin toute la
plante se flétrit. En 10 ou 1b jours la plante est morte.
La maladie passe de la plante mère aux rejets. On croit
pouvoir rapporter les dégâts à un champignon qui pourrait se
propager dans le sol.

1. Voyez aussi : A. W . Drost, De Surinaamsche Panamaziekle in de
Gros Michel bâcoven. Bull. n° 26 Departement van don Landbouw in
Suriname. Paramaribo, 1012, et Indische Mercuur, 27 août 1012.
2. Basu , Report on Ihe Banane disease o f Chinsurale iu Deparlm.
of Agricult. Quart Journ., vol. IV, 1011, p. 196-198.

309
Nous avons déjà signalé l'importance de l’étude des mala­
dies des plantes de grande culture, et, petit à petit, on voit
le planteur attacher à la pathologie, et cela avec grande raison,
plus d’attention. Mais si nous avons tenu à insister ici sur le
paragraphe maladie, c’est parce que nous tenons à souligner
la manière différente dont se conduisent les variétés vis-à-vis
des causes de la maladie, parce que cela nous permettait d'in­
sister sur une réclamation déjà ancienne d'une enquête sur
les bananiers. Gela nous prouve qu’une sélection rigoureuse
s'impose, mais pour faire cette sélection il est nécessaire de
préciser les caractères des plantes en question ; il convient
donc d établir des listes de variétés de bananiers et de cher­
cher à définir leurs caractères par une étude soutenue.
Il y a déjà quelques années que nous réunissons des maté­
riaux pour cette documentation, mais malheureusement il est
bien difficile de se procurer des éléments précis. Nous pensons
que seuls les gouvernements ayant à leur disposition des sta­
tions expérimentales, des jardins d'essais pourront mener à
bien ces graves questions de sélectionnement qui se trouvent
à la base du succès cultural.
Le développement des maladies parmi les plantes de culture
a provoqué dans les divers pays 1établissement dérèglements
protecteurs des cultures atteintes par ces maladies ; et nous
voyons certains pays tels que la Jamaïque, par exemple, pro­
hiber 1 importation des plants de provenance centre-améri­
caine, et même celle des instruments ayant servi dans les
régions contaminées.
Un insecte, lp Spheniphorus, perforant les stipes des bana­
niers a été signalé aux lies Fidji et dans d’autres régions à
bananes ; 1Australie a réglementé déjà l’introduction des bana­
niers sur son territoire ; elle ne peut se faire sans une attesta­
tion établissant que sur le lieu de provenance de ces plantes,
cet insecte n’existe pas '.
Certes ces pays auront intérêt à essayer de confiner la mala­
die dans son foyer, mais il faudra surtout lutter sur place en
LES I5A&gt;AMERS

1. Agric. Gazelle o f N. S. Wales, sept. 2, 1912, p. 752.

�É. DK WILDEMAN
310
soignant consciencieusement les cultures, et en détruisant
avec un soin méticuleux tousles plants qui montrent le moindre
signe de maladie.
***

Nous rappelons de plus que parmi les formes sous lesquelles
la banane peut être présentée au marché, les conserves de
bananes, c’est-à-dire des bananes plus ou moins séchées, ou
plus ou moins confites, ont des chances de succès.
L industrie de la banane séchée ou de la banane conservée
mérite de tixer un instant notre attention, car, dans divers
pays, on se préoccupe de cette branche de l’exploitation des
bananeraies. En Allemagne et en Hollande, on s'intéresse de
divers côtés à ce mode de préparation L
Le TheAgriculturalJournalofIndia (Pusa, vol. YI,part III.
juillet) a publié à ce sujet un intéressant article de M. L. B.
Kulkarni, « The drying of plantains at Agus hi ». Agashi est
un petit village de la Présidence de Bombay où l'on sèche,
dans des conditions particulières des bananes de diverses
variétés.
Parmi les i variétés : Basrai, Motheli, Welchi, Hajoli.
spécialement cultivées dans la région, la dernière est surtout
utilisée pour séchage. Celui-ci s’opère.d'octobre à décembre,
à une température variant de 07° à 90°.
La variété Bajeli atteint environ \ mètres de haut, la var.
Welchi atteint \ m. 50 de haut. M. Gammie. dans « Field,
Orchard and Garden Crops of the Bombay Presidency »,
accorde à cette variété les caractères principaux suivants :
robuste, tige d’un vert jaunâtre, feuilles étroites et longues,
et de 2, 5-3, 7 cm. de large, jaunes, plus ou moins plan-con­
vexes, rétrécies vers la base, en bec au sommet.
La multiplication de cette variété se fait dans les mêmes
t. Cf. P. Sellin, Die Banane, ein neues Volknahrungsmiltel. Lan&lt;renfelde Altona.lOU, p. 4o, qui public toute une série de recettes pour
préparer les conserves de bananes ou bananes-Ggues.

311
conditions que celle des autres Musa ; les rejets sont placés
à I m. 8ü ou 2 mètres de distance, ils sont arrosés environ tous
les 3 jours, et on amende le sol par des tourteaux de ricin, à
partir du moment où le rejet est enraciné ; au bout de l’année
on obtient des fruits.
La cueillette se fait quand les fruits sont encore verts. Avant
le séchage des fruits, on provoque leur maturation artilicielle
dans une sorte de chambre à parois en bambous dans laquelle
les régimes sont placés couche par couche, le dernier étant
recouvert par des feuilles de bananier. On peut, dans ces
chambres, placer de 12.000 à 13.000 fruits, qui y séjournent
pendant 3 jours ; au bout de ce laps de temps le fruit de vert
qu il était est devenu jaune, et prêt à être séché.
Les régimes à cet état sont apportés sur le terrain où va
se pratiquer la dessiccation. Sur ce dernier on a préparé une
aire de sol durci par batage et après avoir étendu à sa sur­
face une couche de bouse de vache mouillée. Sur cette surface
on étend un paillasson sur lequel s'opère le séchage. Parfois
aussi ce dernier se fait simplement sur une sorte d établi
s'élevant à 3 mètres environ au-dessus du sol.
Au bout de la première journée de séchage les bananes
sont mises en tas et recouvertes de feuilles de bananiers et de
paillassons ou de nattes. Le même manège se reproduit durant
3 jours et 3 nuits et le quatrième jour les bananes sont prêtes
à être vendues. Durant ces phases il se produit des change­
ments de consistance et de couleur dans le fruit. Avant le
séchage ce fruit est dur au toucher, il s'aplatit et devient élas­
tique, en perdant de son poids. Le dernier jour les fruits sont
enveloppés par douzaine dans des feuilles de bananiers et c'est
sous cette forme qu'ils sont présentés pour la vente.
Ce procédé primitif qui rappelle celui de la préparation de
la vanille mexicaine n est pas difficile à appliquer dans beau­
coup de colonies et nul doute que, bien présentées, des bananes
ainsi transformées ne soient reçues par nos confiseurs euro­
péens avec plaisir.
A Suriname on a recherché les moyens d'exporter des
bananes séchées, qui, il faut l'avouer, ne se présentent pas
r.KS HAN AMERS

�312
É. DK WILDKMAN
toujours fort bien, mais possèdent, comme le montre l'analvse
ci-dessous, une assez grande valeur alimentaire 1.
Analyse de M. le Dv J. E. Quint us Bosz :
Eau............................................................... 20 37 °/o
Albuminoïdes....................................................
438
Sucre réducteur................................................
3500
Sucre saccharose).......................................
7 il »
Amidon........................................................
7 66 »
Cellulose.......................................................
I 18 »
Cendres..............................................................
336
Matières grasses et résines...............................
036
Mais si nous considérons la banane comme de grande
valeur au point de vue cultural, spécialement comme pro_
ductrice de fruits, à quelle variété faut-il accorder la préfé»
rence et comment sera-t-il possible de la reconnaître ?
Ce sont là deux questions auxquelles il est loin d’être aisé
de répondre !
Certes, les travaux dans lesquels on signale des variétés de
bananiers mises en culture sont nombreux, mais la descrip­
tion de ces bananiers est en général bien incomplète, il n'est
pas possible d’en tirer des éléments de comparaison suffi­
sants pour classer d’une manière plus ou moins rationnelle
ces variétés et surtout pour pouvoir les reconnaître.
Il ne faut en outre pas oublier qu'à coté des bananiers à
fruits comestibles, il y a des bananiers dont les fruits sont
sans valeur, mais qui acquièrent alors une grande importance,
soit comme source de fibres utilisables, soit au point de vue
horticole.
Le seul moyen de porter un peu de lumière dans ce chaos
est d inciter les résidents à faire quelques enquêtes sur les
t. Bacoven in Suriname. Uitgave v. d. Commissie voor de Kol. Landbouw-tenloonstelling, Deventer, 1912, p. 16.

313
variétés de culture ou indigènes dans les régions qu'ils
habitent. Que de lois n’avons-nous pas déjà insisté sur la
valeur de ces enquêtes, mais notre appel n'a guère été
entendu.
Ce qui augmente encore la difficulté de l'étude des bana­
niers, c'est le désaccord qui règne entre les auteurs qui se
sont occupés de l étude de ce genre de plantes, et le fait que
les ouvrages généraux tel 1 « Index Kewensis » sont très
incomplets au point de vue de leurs citations.
Pour démontrer une fois de plus la nécessité de recherches
systématiques sur les bananiers, leur culture et leur exploi­
tation, nous avons été amené à réunir ici les données systé­
matiques relatives à la connaissance des espèces, sous espèces
et variétés renfermées dans le genre Musa.
L’ensemble des documents que nous avons rassemblés ici ne
peut être considéré comme un travail complet, loin de là:
c'est un début. Nous nous sommes décidé à publier ces
notes, très disparates, parce que nous n’aurons probablement
plus 1occasion, entraîné que nous sommes par d’autres tra­
vaux, de continuer d ici longtemps ces recherches que nous
aurions voulu pousser jusqu’à 1obtention d'une monographie
générale botanique et économique.
C’est la raison pour laquelle nous n'avons pas cité fréquem­
ment les travaux généraux que I on devra toujours consulter,
ef que nous aurions dû rappeler à tous les paragraphes, par
exemple le livre de M. P. Hubert, dans lequel certaines ques­
tions économiques relatives à la banane fruitière et aux bana­
niers à fibres sont exposées avec assez de détails.
Dans une enquête, telle que nous la voudrions voir entre­
prise dans toutes les colonies tropicales, en vue de serrer de
près la solution si importante de la culture et de l exploitation de ce groupe si intéressant de plantes, on devrait cher­
cher à obtenir, de gens préparés à ce genre de recherches,
des réponses à un questionnaire du genre de celui que nous
transcrivons ici :
IÆS BANANIERS

»
»
»
»

�314

É. DE W1LDEMAN

ENQUÊTE SUR LES BANANIERS

Localité : Conditions climatériques, géographiques et ori­
gine géologique de la plante.
Aspect de la plante : Présence et absence d une sorte de
bulbe.
Hauteur, épaisseur et couleur du stipe.
Couleur du suc cellulaire des gaines formant le stipe.
Longueur, largeur et terminaison des feuilles.
Couleur des feuilles, aux faces supérieure et inférieure.
Couleur de la nervure médiane.
Couleur du suc cellulaire des feuilles.
Résistance aux vents, persistance des feuilles ou disparition
totale à l’hivernage.
Forme de l’inflorescence :
Bractées de l'inflorescence : leur grandeur, leur couleur.
Nombre de mains par inflorescence.
Nombre de fleurs ou de fruits par mains.
(Ce nombre est-il constant dans toute l'inflorescence?)
Il serait très utile de joindre aux données de cette enquête
des échantillons de fleurs et de fruits, les premières à
l'état sec ou conservées dans l'alcool ou le formol ; les
fruits conservés en formol. En cas de fruits à graines, des
échantillons de ces graines seraient intéressants pour
l'étude.
11 est également avantageux d’ajouter à ces matériaux des
dessins ou des photographies, se rapportant à toutes les
questions de l'enquête.
Pour ceux qui pourraient pousser plus loin cette enquête,
nous conseillerions de noter les caractères botaniques,
c’est-à-dire outre ceux signalés plus haut :
Fleurs : couleur et longueur.
Périgone : nombre des lobes et leur forme.
Etamines : nombre; anthères : couleur, longueur.
Style : longueur, couleur.
Forme, couleur et dimension du fruit mûr.

Sous-genre PHYSOCAULIS.
M. ventricosa Wehv.
M. Schweinfurthii K. Schum.
M. C/leva lieri Gagnep.
M. elephanlorum K. Schum.
M. Perrieri Claverie.
M. Ensete Gimel.
— var. variegato-lutea Guingand.
— var. variegato-alba Truffant.

�É. DE WILD KMAN
316
Musa fecunda Stapf.
M. GUIefiiDçWild.
M. Arnoldania De Wild.
M. hybrida Gillet.
M. Laurentii De Wild.
M. Bagshaivei Rendle et Grèves.
-1/. proboscidea Oliv.
M. Livingstoniana Kirk.
M. Buchanani Baker.
-1/. superba Hoxb.
M. Il ilsoni Rutcher.
M. nepalensis Wall.
M. gigantea O. Kuntze.
M. Holstii K. Schum.
M. ulugurensis Warb. et Mor.
M. religiosa Dyb.
M. imperialis Hort. Vilmor.
Sous-genre EUMUSA.
M. lasiocarpa Franchet.
M. Cavendishii Lamb.
M. nana Lour.
M. g lauca Boxb.
M. discolor Horan.
M. Basjoo Sieb. et Zucc.
M. lanceolata Warb.
M. textilis Née.
— var. amboinensis (Rumph.) Miquel.
M. Tikap Warb.
M. sylvest ris Lemarié.
M. aracanensis Kidlev.
M. Ma rtini R. de Noter.
M. paradisiaca L.
subsp. normalis 0. K.
— subsp. sapienturn (L.) O. K.
— var. Massoni (Sagot).
var. Mensaria (Rumph.) Baker.

Ï.ES RAN ANIER S

M. paradisiaca var. odorata (Lour.) Baker.
— var. regia (Rumph.) Baker.
— var. charnpa Ilort.
— var. marlabanica Ilort.
— var. Dacca (Iloran.) Baker.
— var. rubra (Firm.) Baker.
— var. rubra Chalot.
— var. oleracea (Vieil 1.) Baker.
— var. violacea Baker,
var. sanguinea Weber.
— var. uittata (Ackerm.) Hook. f.
— subsp. seminifera (Lour.) Baker.
— var. pruinosa King.
— var. dubia King.
— var. Hookeri King.
— var. Thomsoni King.
— var. formosana Warb.
— subsp. troglodytarum (L.) Baker.
M. Nagensium Prain.
M. acuminala Colle.
— var. cuit a Kurz.
— var. violacea Kurz.
— var. purpurascens Zoll.
— var. viridis Zoll.
M. alphurica Rumph.
M. corniculata (Rumph.) Lour.
— var. lubangi Baker.
M. Iiarang Kurz.
M. Hillii F. Mueller.
M. Fitzalani F. Mueller.
M. Charlioi H. Hill.
M. Banksii F. Mueller.
M. t onient osa Warb.
M. pava Ridl.
M . celebica Warb.
M. malaccensis Ridl.
M. Fehi (Bertero) Yieill.

�É. MF W ll.DFM AN
318
Musa Pierrei Hub.
M. H armant!ii Hub.
Sous-genre RHODOCHLAMYS.
M. macula ta Jacq.
M. Brownii F. v. Muell.
M. microcarpa Beccari.
M. sumatrana Beccari.
M. violasccns Ridl.
M. campeslris Beccari.
M. rosacea Jacq.
M. salaccensis Zolling.
M. cocciriea Andr.
M. rosea Baker.
M. rubra Wall.
M. angeviensis Gagnep.
M. sanguinca Hook. f.
M. assamica Bull.
M. Ma nnii Wendl.
M. keivensis Wats.
M. velutina Wendl. et Drude.
M. hirta Beccari.
M. aurantiaca Mann.
M. borneensis Beccari.

ÉNUMÉRATION ALPHABÉTIQUE DES ESPÈCES
ET VARIÉTÉS
Musa acuminata. Colla Mort. Ripul.,A/em. gcn. Musa, p.66;
Miquel, Fl. Ind. Bat,, V, p. 569; Kurz, in Journ. Agric.
Hort. Soc. Ind., XIV, p. 297 ; K. Schuin., Musaceæ, p. 21 ;
Pucci, in Bollet. Soc. losc. Ort., 1906, p. 268 ; Baker, in
Armais of Bot., \ II, p.215.
Musa corniculata Kurz, in Journ. Agric. Hort. Soc. India,
2e sér. V (1868), p. 166.
Musa Burnphiana Kurz, in Journ. Agric. Hort. Soc. Ind.
(1878), p. 164, V, 2e sér. V, p. 164.

319
Musa sirniarum IUunph., Herb. Amb., Y (1717). p. 138.
lab.6l, fig. I et A ; Miquel, Fl. Ind. Bat., III, p. 889 ;
Kurz. in Journ. Agric. Hort .Soc. Ind., XIV ( 1867), p. 297 ;
Sagot, in Bull. Soc. nat. Ilorl. do France, sér. 3, IX ( I867),
LES HA.NA MER S

p. 294.

Distribution : Java, Amboine, Archipel malais jusqu'en
Nouvelle-Guinée.
Nom indigène : Pisang Jacki.
Observations : D’après Kurz, une grande partie des Musa à
fruits comestibles cultivés dans bArchipel malais provien­
draient de cette espèce dont les meilleures variétés seraient
supérieures à toutes celles dérivées du M. sapientum, comme
arôme et qualité.
D’après les indications de Miquel, les fruits de cette espèce
et de ses variétés ne seraient guère estimés de l'homme, mais
par contre très recherchés par les singes, c’est ce qui a fait
donner à cette espèce le nom de M. sirniarum (Bananier des
singes).
— var. culta Kurz, loc. cit. ; Baker, Syn. Musaceæ, in
Ann. of Bot., VII, 1893, p. 216.
Noms indigènes : Pisang moolook bebbek ; Duck Plantain.
Observation : Cette dernière variété pourrait rencontrer envi­
ron 50 formes dont celle portant le nom indigène de Pisang
moolook bebbeck ou Duck plantain serait la plus curieuse par
son fruit surmonté d’un bec aussi long que le corps.
— var. violacea Kurz, loc. cit.; Baker, syn. Museae, in Ann.
o/'Bot., VII, 1893, p. 216.
Noms indigènes : Pisang teembaya. Pisang hoorang; Copper
plantain, Crab plantain.

— var. purpurascens Zoll. ; Miquel, Fl. Ind. Bat., IV,
p. 389.
Distribution : Amboine, Bali, Java.
Nom indigène : Tjaoe kale berem.
— var. viridis Zoll.; Miquel, Fl. Ind. Bat., III, p. 589.
Distribution : Amboine, Bali, Java.

�320
É. Ml WII.DEMAN
Noms indigènes : Soudanais : Tjaoe kale adjoe ; Malais:
Pisang djak ; Amboine : Koele bei; Bali : Boea loeton.
Musa alphurica Rumph., tab. (H, lig. 3; Miquel, Fl. Ind.
Bot., III, p. 589; Pucci, in Bail. Soc. Ort. Tosc. 1900,
p. 296 ; Sagot, in Bull. Soc. nat. Mort, de France, sér. 3,
IX (1887), p. 291.
Musa Berteroi Colla.
Musa Berteri Colla, H ort. Bipul.
Distribution : Ceram.
Nom indigène : Pisang alfoeroe (Malais).
Observations : Sagot écrit : alphurica Rumph., comme
beaucoup d'autres auteurs, et Berleroniana Colla.
Cette plante ne constitue peut-être pas un type spécifique,
elle a des rapports indiscutables avec le M. sapientum.
Abusa angeviensis Gagnep., in Bull. Soc. bot. de France,
t. LIV (1907), p. 412.
Distribution : Cambodge, Angkor.
Abusa aracancnsis Ridley, in Proc. Agric. Hort. Soc. bnd.,
X, p. oi ; Baker, in Aimais of Bot.. VII, p. 215, in obs. ; cf.
Iv. Schum., Abusaceæ, p. 19, in obs. Ab. textilis.
Observation : Cette espèce produirait un excellent fruit et
une libre de qualité secondaire ; cependant certains auteurs
ont cru pouvoir les rapporter, avec doute il est vrai, au Abusa
textilis.
Abusa Arnoldiana De Wild., in Bull. Soc. Etud. col.,
Bruxelles (1901), p. 339, Notices pi. utiles Fl. du Congo,
I, p. 79, pl. i, iv, vu, lig. 3 ; Boll. Soc. Ort. Tosc., 1902,
p. 119 e, lig.; Pucci, in Bollet. Soc. Tosc. Ort., 1906,
p. 299; De Wild., Pl. trop, de grande cuit., 1 (1908),
p. 378, lig.; Revue d'Hort. pratique, XI11 (1911), p. 127;
bbortus Vilmorinianus (1900), p. 257 c, lig.; IAAgronomie
tropicale, 1909, p. 28 c, lig.
Distribution ; Afrique, Bas-Congo.

321
Observation : Cette espèce que I on cultive depuis assez
longtemps au Jardin botanique de l’État, à Bruxelles, a été
lancée dans le grand public par la maison Vilmorin-Andrieux
(jui en a reçu les graines du Frère J. Gillet, S. J. (Kisantu .
Il résulte d’expériences faites en France que cette plante
est plus résistante au vent que le .1/. ensete, et qu’elle con­
vient donc mieux que ce dernier pour la décoration en plein
air.
Abusa assainira Bull. Cf. Baker, Abusaceæ, in Ann. of Bot.,
VII (1693), p. 222, et Pucci, in Boll. Soc. Tosc. Ort., 1910,
p. 297, in obs. AI. sanguinea ; K. Schum., Abusaceæ,
p. 23, in obs.
Observation : Certains auteurs ont cru pouvoir rapporter
cette plante au M. sanguinea, d’après M. Baker et d’après
K. Schumann. Cette plante est insuffisamment connue, il est
donc dangereux de considérer ce nom comme synonyme.
Abusa aurantiaca Mann, ex Baker in Ann. of Bot., VII
(1893), p. 222, et in Gard. Chron. (1894), I, p. 102;
K. Schum., Abusaceæ, p. 25; Pucci, in Bollet. Soc. Tosc.
Ort., 1900, p. 297.
Distribution : Assam.
Abusa Bacoba Rottb., in Act. Lit. Uniu. Hafn., I (1778),
p. 302.
Distribution : Guyane.
Observation : Mal connu. Nous n’avons pu classer cette
espèce dans l'un des trois sous-genres, n'ayant pu consulter
sa description princeps.
Abusa Bagshaicei Rendle et Grèves, in Journ. of Bot., XLVIII
(1910), p. 169, tab. 570.
Distribution : Foweira, Unyoro.
Abusa Bafteri Ilooker f., in Bot. Abag. (1898), tab. 7027;
K. Schum., Abusaceæ, p. 19.
Distribution : Cochinchine.
21
A n n u le s du Musée c o lo n ia l de M arseille. — 2" s*?ri&lt;\ 10* vol. 1912.
LES BANANIERS

�É. DK W1LDEMAN
322
Musa Banksii F. von Muell., Fragm., I\ (IS(&gt;i), p. 132;
Benth., Fl. A u s tr a l\ 1, p. 261 ; Baker, in Aimais of Bot.,
'VII, p. 217 ; K. Schum., Musaceæ, p. 22 ; Pucci, in Bollet.
Soc. tosc. Or/., 1906, p. 26.') ; Sagot, in Bull. Soc. nat.
Ifort. de France, série 3, 1\ (1807), p. 296 ; F. N. Bailey,
QueensL Flora, V (1902), p. 1598.
Musa Banksiana Kurz, in Journ. Agric. Soc. Ind., N. S. Y.
( 1878), p. 164.
Distribution : Queensland (Mont Rlliot).
Nom indigène : Morgogabo.
Observation : Les gaines produisent une libre considérée
comme de peu de valeur.
Musa Basjoo Sieb. et Zuce., in Verhandl. Batav. Genoots.,
Xll (1830), p. 18; Baker, in Bot. Mag., t. 7182, et in
Aimais of Bot., VII, p. 210 ; K. Schum., Musaceæ, p. 22;
Pucci, in Bollet. Soc. Tosc. Ort,, 1906, p. 270.
Musa japonica Mort. Veitch, ex Rev. Ilort., LX (1880),
p. 49.
Musa Martinii, in Rev. Hort. Belge (1892), p. 107, fig. 12;
K. Schum., Musaceæ, p. 22, in obs.
Distribution : Liu-Kiu, et cultivé dans le Sud du Japon.
Observation : La culture de cette espèce très ornementale
a donné de beaux résultats en Italie où elle est rustique ; ses
feuilles résistent mieux au vent que celles du M. Ensete.
(Lest en France que cette plante fut introduite pour la
première fois par Thibaut et Keteleer, qui lui appliquèrent le
nom de M. jajtonica, qu’il a fallu abandonner de par les lois
de priorité.
Dans le Sud du Japon cette plante paraît être fréquemment
cultivée pour l'extraction de fibres.
C'est avec doute qu'il faut rapporter le M. Martinii au
M. Basjoo. Ce Musa a été introduit suivant les uns des Iles
Fortunées, suivant la Revue horticole il proviendrait de Ténériffe. Il a été mis dans le temps en vente par le firme PynaertVan Geert de Gand. On vantait ses qualités décoratives :
feuilles glauques et vertes, épaisses, résistantes, fleurs d’un
rose vif, et rusticité. La plante semble avoir disparu.

323
11 paraît, à première vue, que le M. Martinii B. de Noter
doive être considéré comme différent.
Musa borneensis Beccari, Nelle Foreste di Bornéo (1902),
p. 612 et 622, tig. 76.
Distribution : Bornéo.
Noms indigènes : Pisang Unkaok. Pisang Unkadan.
Musa Brownii F. v. Muell. ; André, in Illustration horti­
cole ; Pucci, in Bollet. Soc. Tosc. Ort., 1906, p. 296.
Distribution : Queensland.
Musa Buchanani Baker, Musaceæ, in Annals of Bot., VII
(1893), p. 207; in Kew Bull., 1894, p. 24, et in This.-Dver,
Fl. trop. Afr., VII, p. 325; Pucci, in Bollet. Soc. Tosc.
Ortie., 1906, p. 238; K. Schum., Musaceæ, p. 16.
Distribution : Afrique centrale anglaise : Nyasaland, Shire
Ilighlands.
Musa calosperma F. v. Muell.
Distribution : Nouvelle-Guinée.
Observation : Nous n'avons pu trouver d’indications sur
cette espèce.
Musa campestris Beccari, Nelle Foreste di Bornéo ;I902|,
p. 612 et 622, fig. 79.
Distribution : Bornéo.
Nom indigène ; Pisang Tindjio.
Musa Cavendishii Lambert, ex Paxton Mag. Bot., III (1837),
p. 51, 52 ; Baker, in Annals of Bot., VII, p. 209; Garden,
1891, II, p. 263 ; Pucci, in Bollet. Soc. Tosc. Ort., 1906,
p. 239; K. Schum., Musaêeæ, p. 17; Aug. Chevalier, Enum.
plantes cultivées par les indigènes en Afrique tropicale, in
Soc. nat. d'acclimatation de France, 1912 (tiré à part),
p. 38, 39.
Musa chinensis Sweet, Ilort. Brit., ed. II (1830), p. 596
et suiv. ; Cooke, Fl. of Bombay, II, p. 472.
LES HANANI ERS

■■

�É. DR WILDE.MAN
324
Musa sinensis Sag., in Bull. Soc. nul. /for/, de Franco,
série 3, IX (1887), |&gt;. 293; Baker, in Ann. of Iiot., 1903,
p. 209.
Musa huniilis Péri*., in Mém.Soc. L i n n Paris, 111 (1823),
p. 131.
Musa Massonii Sag., Soc. Linn.. Paris, III (1825), p. 131.
Distribution : Chine et Japon.
Nom indigène : Gugi (sec. Cooke, loc. ci/.).
Observation : Cette plante est plus connue sous le nom de
Musa sinensis, qui doit lui être donné de par les lois de la
nomenclature. — C'est l'espèce qui convient le mieux pour
la culture fruitière; même dans le Sud de l’Europe, elle peut
donner des résultats quand elle est cultivée en serre.
On la rencontre actuellement en culture dans toutes les
régions tropicales.
D'après Baker elle aurait été introduite dans les cultures
par Telfair en 1829, les plantes provenant de Maurice.

Musa celebica Warb., ex K. Sébum., in Engler Pflanzenrcich
(Musac.) (1900), p. 22.
Distribution : Célèbes ; Bojong.
Musa Charlioi Walter Ilill, in Dep. Brisbane Garden (4874),
p. 7; cf. F. v. Muell., Fraym. phyf., IX, p. 189.
Distribution ; Cultivé au Jardin botanique de Brisbane.
Observation : Serait, d’après Baker (Ann. of Bot., VII,
p. 217), peut-être une forme du M. Fitzalani F. v. Muell.
Musa Ghevalieri Gagnep., in Aug. Chevalier Novitates Floræ
Africanæ ex Bull. Soc. bot. &lt;le France, l. 55 (1908),
Me ni., octobre, p. 87.
Distribution ; Haut-Oubanghi ; Mbuggos, Iveno, entre
Krebedje et Yambere.
Haut-Chari ; Ndelle, Kouti, Bandero, Ungounas.
Observation : M. Aug. Chevalier dans son « Énumération
des plantes cultivées par les indigènes en Afrique tropicale
(Soc. d’acclimatation de France, 1912. Tiré à part, p. 37) »,

323
rapporte cette espèce comme identique au M. Schiceinfurlhii
Warb.
Musa coccinea Andr., Bot. Bep., tab. 17 1799 ; Bot. May.,
tab. 1559 ; Bot. cab., tab. 475 ; Miquel. Fl. Ind. Bat., III,
p. 590 ; Peters in Martius, Fl. Bras., III, 3, tab. I ; Pucci,
in Bollet. Soc. Pose. Ort., 1906, p. 297 ; Van Xooten, Fleurs
Serras, tab. 39 ; Baker, in Ann. of Bot., VII, p. 220 ;
Redouté, LU., tab. 307-308 ; Petersen, in Fl. Bras., III, 3,
(ab. I ; K. Schum., Musaceæ, p. 23 ; Sagot, in Bull. Soc.
nat. /fort, de France, série 3, IX (1887), p. 296; Cooke,
Fl. of Bombai/, II. p. 711.
Musa l'ranoscopus Lour., Fl. Cochinch. (1793), p. 645.
excl. syn. Rumph.
Distribution : Chine méridionale et Cochinchine; Sumatra,
Java ?
Observation : Cette espèce actuellement assez répandue
dans les Jardins botaniques et dans les pays tropicaux a été
introduite en Europe en 1792. Elle se fait remarquer par la
beauté du coloris des bractées florales d un rouge brillant et
par son port compact, peu élevé. Elle produit une fibre qui est
réputée de faible qualité.
LES RA.N AMERS

Musa corniculata Lour., Fl. Cochinch. (1792), p. 791 ;
Rumph., Amloine, V, p. 130; Baker, in Annals of Bot.,
VII, p. 216 ; Pucci, in Bollet. Soc. Tosc. Ort., 1906, p. 268;
Kurz, in Journ. Ayric. Hort. Soc. Ind., V, p. 161, 166,
t. 2-4 ; K. Schum., Musaceæ, p. 21.
Distribution ; Iles de la Malaisie et Cochinchine.
— var. luhanyi Baker. Syn. Museæ, in Ann. of Bot., VU,
p. 217.
Observation : Le régime de cette variété ne produirait qu'un
seul fruit capable de donner une pulpe farineuse suffisante
pour nourrir trois hommes.
Musa discolor Horan., Brodr. Scitam. (1862), p. il ; Baker,
in Annals of Bot., VII, p. 210; Vieillard, in Ann. Sc. nat.,

�É. DE WII.DEMAN
326
1861, p. 46 ; Pucci, in Bollet. Soc. (ose. Ort., 1306,
p. 265 • K. Schum., ;Xfusaceœ, p. 22; Sagot, in Bull. Soc.
nat. d'Horl. de France, sér. 3, IX (1887), p. 294; Jeaurena, La Nouvelle-Caledonie agricole.
Distribution : Nouvelle-Calédonie.
Nom indigène ; Colaboute.
Observation : En Nouvelle-Calédonie, ce bananier est,
paraît-il, très répandu, on le cultive très fréquemment pour
l’obtention d'une fibre textile utilisée, par exemple, pour faire
des filets de pèche.
Ce Musa a été importé dans diverses régions tropicales, en
particulier au Brésil où sa croissance a été régulière. La plante
a été introduite, dans le temps, h Kew où elle a fleuri.
Sagot a émis l’appréciation qu’il existerait peut-être plusieurs
races de cette espèce et que l 'on devrait rechercher son origine
possible en Asie.
Le Musa discolor, propre aux régions montagneuses, en
Nouvelle-Calédonie, a, d’après M. Jeanenev, les feuilles
d un vert glauque, violacées en dessous, au moment où elles
se déroulent. Cette couleur persiste sur la nervure médiane
de la feuille quand elle a pris tout son développement. Les
spathes florales sont roses, caduques; les fruits allongés, un
peu recourbés, presque prismatiques, d’un jaune violacé. La
pulpe, d’un violet pâle, est un peu sèche et aromatique. Les
fibres en sont textiles et servent aux Canaques à fabriquer
leurs frondes.

Musa elepbantorum K. Schum. et Warb., ex K. Schum., in
Engler, Pflanzenreich, Musac. (1900), p. 14.
Distribution : Cameroun : Yaunda.
Nom indigène : Bequanusoc.
Musa Ensete Gmel., Syst. nat., II (1791), p. 367; Baker, in
This.-Dyer, Fl. trop, afr., VII, p. 329; Ilooker, in Bot.
rnag., tab. 5223-4; Pucci, in Bollet. Soc. Tosc. Ort., 1906,
p. 237; Bevue Hort., 1881, p. 144; Flore des Serres,
tab. 1418; Gardeners Chronicle, 1881, XV, p. 434, fig. 84;

327
Baker, in Annals of Bot., VII, p. 205; Kew Bull.,
1794, p. 240 et 257 c, fig.; Grant in Trans. Linn. Soc.,
sér. XXIX, p. 153; Duchartre, in Journ. Soc. nat. hist.
France, 1887, p. 242; Warb., in Engl., Pflanzenw., OstAfr. B, t. 99; Bruce, Navels to discover the Source of the
Nile, App. 36, wilh plates; Kew Bull. Addit.ser. 6 (1906),
j). 9;.Ioret, in Bcv. Hort., 1888, p. 32, fig. 6; K. Schum.,Musaccæ,\). 15, fig. 1; Sagot in Journ. Soc. nat. Hort.
France, série 3, IX (1887), p. 241; Cooke, Fl. of
Bombay, II, p. 741 ; Ensete edule Iloran., Prodr. (1862),
p. 40.
Distribution ; Abyssinie, Montagnes du Sud du Victoria
Nyan/.a et pays des Niams-Niams.
Noms indigènes ; Ansett, Ensete.
Observation : Le Musa Ensete est l'espèce de Musa la plus
répandue dans les cultures ornementales de 1Europe. Elle
fut découverte par Bruce durant son voyage en Abyssinie,
1768-1773. Peut-être cette plante a-t-elle été connue des
Egyptiens et serait-elle celle qui a servi de modèle pour cer­
taines figures anciennes.
La partie médullaire des jeunes tiges est mangée par les
indigènes de certaines régions africaines, de même que les
jeunes bourgeons.
Il est indiscutable que l'on pourrait obtenir des gaines
foliaires une libre utilisable.
Nous n’avons pas à insister sur cette plante ou sujet de
laquelle divers mémoires ont été publiés. Nons nous sommes
contenté de donner plus haut une bibliographie étendue rela­
tive à cette espèce.
Rappelons que dans les notes accompagnant le travail de
Sagot sur « Les différentes espèces du genre Musa », sont
discutées les indications publiées de divers cotés sur cette
espèce, en se basant sur les renseignements obtenus de l’ex­
plorateur Ant. d Abbadie et sur les données publiées par
Bianchi dans « Alla terra dei Galla Spedizione Bianchi in
Africa, 1879-1880 » (Edit. Brunialte, Milan, 1886. in-4, xi
et 616 pages avec fig., pl. et carte). Nous ne pouvons repro­
duire ici ces données.
DES BANANIERS

�328

K. 1)1^ WIIJJEMAN

— Yar. variegato-alba TrufTaut.

Observa!ion : C’est en 1883 que M. TrufTaut, de Versailles,
signala cette variété, dont les feuilles sont panachées de blanc.
— Yar. variegato-lutea Guingand.
Observation : C'est en 1884 que M. Guingand signala une
variété panachée de jaune. Cette variété, comme la précé­
dente, était issue de graines provenant directement d’Abvssinie; il n’a plus été question, depuis cette époque, semblet-il, de variétés analogues de cette espèce.
Musa fccunda Stapf in Journ. Linn. Soc., XXXVII (1906),
p. 528.
Distribution : Toro, Isunga (Davve) : Afrique orientale
anglaise.
Musa Fehi (Bertero) Vieill., in A/m. sc. nat., sér. IV, XVI
(1861), p. 45; Baker, Syn. Museæ, in Ann. of Bot., VII,
p. 218; K. Schum., Musaceæ, p. 19; Pucci, in Bollct. Soc.
Tosc. Ort., 1906, p. 269; Sagot, in Bull. Soc. nat. Ifort. de
France, série 3, IX (1867), p. 292 ; Jeanneney, La NouvelleCalédonie agricole. Paris, 1894, p. 70.
Musa Fei Bert., ex Nadeaud, Fl. Tahiti (1873), p. 39.
Musa uranoscopus Seem., Fl. Vit. (1865-73), p. 290, non
Rumph.
Musa Seemannii F. von Mueller, Fragm. IX (1875), p. 190;
Gardn. chron., 1890, II, p. 162, fig. 28.
Musa troglodytarum Kurz in Journ. agric. /tort. Soc.,
n. s. V. (1878), p. 163.
Musa airoi Deplanche et Vieillard, ex Hubert, Le Bananier,
1907, p. 12.
Distribution : Nouvelle-Calédonie, Tahiti, Samoa ?
Noms indigènes : Tahiti : Fei; Nouvelle-Calédonie : Daak;
Samoa : Lanfoo.
Observation : Cette plante répandue dans les forêts de
Tahiti est très employée dans l’alimentation des indigènes;
les fruits sont privés de graines dans les régions basses, mais,

329
à des altitudes dépassant 1.100 mètres, les graines se forment
régulièrement dans les fruits. Le suc violacé du tronc est
employé dans la teinture. De la gaine foliaire et du tissu des
feuilles, on extrait des libres employées à divers usages.
Le bananier désigné sous le nom de « Lanfoo » parles indi­
gènes de Samoa, paraît appartenir à la même espèce.
M. Jeanneney [loc. cil.) donne au sujet de M. Fehi en Nou­
velle-Calédonie, où il est indigène, les renseignements peu
connus suivants 1 :
« Le Musa Fehi est une magnifique plante ornementale,
propre aux fraîches vallées boisées de l'intérieur. Le tronc
droit, lisse et poli, atteint 2 mètres de haut, et revêt une
splendide couleur acajou foncé. Il est surmonté d'un large
bouquet de belles feuilles d un vert sombre. L’inflorescence,
au lieu d'être infléchie, comme chez les autres bananiers, est
dressée, comme dans les ITeliconia. Les fleurs n'ont pas de
bractées; les fruits, fades et astringents à l'état cru, ne
peuvent être mangés que cuits. Cette plante donne un textile
remarquable par sa solidité. Le suc, extrait par simple inci­
sion du tronc, est un liquide neutre, inodore, d une belle cou­
leur violette d'encre d’aniline quand il est frais. Il fermente
assez rapidement, sans se décolorer toutefois, même après
une ébullition prolongée. Additionné d'un peu d alcool, le suc
ne fermente plus. Déposé sur le papier, il donne une belle
teinte d'encre très franche, qui devient d'un noir verdâtre
foncé en séchant, avec des reflets d un violet bronzé. Les
bases lui communiquent une superbe couleur verte, qui. avec
le temps et au contact de lair, passe au vert jaunâtre, puis
au jaune sale. L ammoniaque seule, en assez grande quan­
tité, donne un vert durable. Chaulle en présence d’un sel de
fer, ce suc passe au noir franc, et constitue une encre excel­
lente. Les acides lui donnent une couleur rouge carmin, qui
disparaît peu à peu et passe au rouge brun. Soumis à l'ébulLES BANANIERS

1. Nous devons la communication de ce lexte à M. le Prof. Ileckel,
auquel nous adressons avec plaisir lou&gt; nos remerciements pour son
amabilité d’avoir bien voulu compléter notre documentation.

�É. DE WILDEMÀN
330
lition avec une base, il donne une couleur cachou assez line,
durable, sur laquelle les acides restent sans elTet. Par une
ébullition très prolongée, le liquide s'épaissit. Une gomme
surnage, puis la masse se prend en un caillot d'un noir
intense. Ni les bases, ni les acides n’attaquent l'écriture tra­
cée avec celte sève, tandis que l’encre ordinaire jaunit aux
bases, et rougit, puis disparait au contact des acides. On en
pourrait faire un liquide réactif intéressant, une encre indélé­
bile et une belle teinture. Ajoutons que le fruit colore en
jaune les urines ».
Musa Fitzalani F. von Muell., Fragm. IX (1875), p. 188;
Baker, in Armais of Bot., V, p. 217 ; I\. Schum., Musaceæ,
p. 22; Pucci, in Bollet. Soc. Tosc. Or/., 1906, p. 269;
F. M. Bailey, Quecnsl. Flora, (1902), p. 1598.
Distribution : Queensland : Bords de la Daintrie.
Musa pava Ridl., in Trans. Linn. Soc., ser. II, III (1893),
p. 385; Baker, in Kew Bull. (1894), p. 219; K. Schum.,
Musaceæ, p. 22.
Distribution : Malacca : Pahang (Pulau Tijan).
Musa gigantea O. Kuntze, Bev. Gen. (1891), p. 091;
K. Schum., Musaceæ, p. 16.
Distribution : Dans un Jardin à Parakan, aux pieds du
Salak (Java).
Musa Gillelii De Wild., in Bev. cuit. col. (Paris), n. 71 (1901),
p. 102; Notices PL utiles, Fl. Congo, I, p. 73, pl. v-vii,
tig. 1-2, et Plantes trop, de grande culture, I, p. 374 et fig.
Distribution : Afrique ; Bas-Congo.
Musa glauca lloxb., Horl. Beng. (1814), p. 19, et Fl. Ind.,
I, p. 669; Miquel, PI. Ind. Bot., III, p. 588; lloxb.,
Corom.pl., tab. 300; Baker, in Annals of Bot., VII, p. 209;
K. Schum., Musaceæ, p. 21 ; Pucci, in Boll. Soc. Tosc. Ort.,
1906, p. 239; Sagot, in Bull. Soc. nat. Horl. France,
sér. 3, IX (1887), p. 248.

LES BANANIERS

331

Distribution': Pégu, Burma.
Observation*: A été introduit au Jardin botanique de Cal­
cutta en 1810 par Carey. Considéré par certains auteurs
comme très voisin de M. super ha.
Musa Harmandii Hubert, Le Bananier 1907), p. 14.
Distribution (?).
Musa Hillii F. v.* Muell., Fragm., vol. IX (1875), p. 169;
Baker, Syn. Museæ, in Ann. of Bot., VII, Bolan. Mag.,
tab. 7401, p. 217, et in Gardn. chron., 1893, p. 743, et in
Kew, Bull., 1854, p. 239, 246; Pucci, in Bollet. Soc. Tosc.
Ort., 1906, p. 269; K. Schum., Musaceæ, p. 19 ; F. M. Bai­
ley, Quecnsl. Flora, Y, p. 1598.
Musa Jackeyi Kurz, in Journ. Agr. Mort. Soc. Ind.,
N. S. V. (1878), p. 64.
.\Disa Seemannii F. Muell., Fragm. IX (1875), p. 190; Keie
Bull. Addit. ser. 6, p. 19, tig. p. p.
Distribution : Queensland : Daintrie River.
Observation : La plante existe dans les cultures du Jardin
botanique de Kew oii elle a été introduite de graines en 1889;
elle a fleuri, dans la serre aux palmiers de Kew, en décembre
1893.
Musa hirta Iieccari, Xelle Foreste di Bornéo (1902), p. 612 et
624, tig. 78.
Distribution : Bornéo.
Noms indigènes ; Pisang gentu. Pisang raku, Pisang roko
(r= cigare en Malais).
Musa Ilolstii K. Schum., in Engl., Bot. Jahrb. XXXIV (4904 ,
p. 122 c. tig. 1, 2, et Xotizbl. Bot. Garten, Berlin, t. 3,
l'asc. 33, p. 124-125, tig. ; Pucci, in Bollet. Soc. Tosc. Ort..
1906, p. 299.
Distribution : Afrique ; Usambara.
Observation ; Cette espèce affine du M. Ensete et, semblet-il, du mM. religiosa, a été introduite en Allemagne, où elle fut
présentée en 190 4 dans une Exposition horticole.

�332
£. DE WILDEMAN
Musa Hornblei Bequaert nov. sp. I fer ha tuherculifera, 0.801.10 m. alfa ; fol iis media nis basi longe vagiriatis, vagina
cire. 20 cm. longa, lamina cire. 12 cm. longa ; foliis superioribus reduefis ; inflorescenfia terminalis nulans vel horizontalia, breviter pedunculata, de/isa,compacta, cire. 13cm.
longa et 9-10 cm. lata ; bracteis nurnerosis, persistentibus
inflorescentia longioribus; floribus basilaribus hermaphroditis, superioribus masculis, 3-7 cm. c/uaque bractca uni vel
biseriatis (5-6 et 1-2 ; perigonio bilabiato, parte exleriore
canaliculato, trilobato ; parte interiore breviori, tridentato,
mueronato ; slaminibus 5 ; fructu usque i cm. lon&lt;p&gt; et
21 mm. Lifo, plus-minus angulato, nigreseente, pulpa lu/eola,
inodora ; seminibus nigrescentibus, lucentibus, laevis et 3-0
mm. longis et 6-8 mm. /a//.s.
Habitat : Katanga : environs d’Elisabethville sur les termi­
tières (savane boisée), 1912.
Observation : Cette diagnose est faite d’après les notes sui­
vantes que M. Bequaert, chargé de mission au Katanga par
le Ministère des Colonies de Belgique, a bien voulu nous four­
nir. La plante, comme on le verra, peut se classer dans le
groupe des M. religiosa Dy b. et Gilletii De Wild.; son port est
déjà très suffisant pour la différencier de ses deux congénères.
Peut-être cependant les conditions particulières d’habitat
influent-elles sur les caractères morphologiques.
Nous reproduisons ci-après les notes prises sur le vif par
notre correspondant M. le l)r J. Bequaert :
« Plante à tige solitaire, atteignant de 0 m. 80 à I m. 10
de hauteur, non stolonifère, plus au moins renflée à la base,
naissant d'un tubercule souterrain analogue à celui que l’on
rencontre chez Musa Gilletii De Wild. et M. religiosa Dyb.
Ce tubercule est en forme de sphéroïde très aplati, à sur­
face externe irrégulièrement bosselée, d’un brun noirâtre ;
au-dessus du tubercule se trouvent de nombreuses racines qui
prennent naissance tout autour de la base de Litige et s’étendent
plus ou moins horizontalement dans le sol. Chez les plantes
que nous avons pu examiner, la tige unique était desséchée
en grande partie ; le tubercule qui lui avait donné naissance

333
était plissé et le contenu de ses tissus était presque entiè­
rement résorbé, de sorte que nous n’avons pu déterminer les
dimensions maximales que peut atteindre cet organe. Mais,
tout autour de la base de la souche-mère desséchée, nous
avons trouvé un petit nombre de jeunes tubercules (de 1 à 4)
pourvus d’un bourgeon terminal et ayant jusqu'à 4 cm. dediamètre (largeur) et 23 mm. d’épaisseur (hauteur).
*&gt; Les feuilles inférieures ou basales ne me sont connues que
par des débris qui semblent montrer qu'elles ditfèrent beaucoup
de celles placées plus haut sur la tige. Les feuilles moyennes
ont une structure particulière qui ne rappelle aucunement ce
que j'ai vu chez d’autres bananiers ; à sa base la feuille pos­
sède une gaine très longue et très large, dont les 2/3 inférieurs
seuls sont appliqués contre la tige qu ils entourent sur sa
demi-largeur au point d insertion ; le 1/3 supérieur de la gaine
est écarté horizontalement de la tige ; et suit immédiatement,
sans que 1on trouve la moindre trace de pétiole, un limbe rela­
tivement réduit, beaucoup plus court que la gaine, oblonglancéolé, se terminant en pointe allongée, à bords latéraux
ondulés. La nervure médiane du limbe est très peu développée
et à peu près invisible dans la moitié terminale ; à la base
du limbe cette nervure s’élargit brusquement pour se con­
fondre avec la gaine foliaire. A l’encontre de ce que j'ai vu
chez les bananiers cultivés au Congo, où les deux moitiés du
limbe pendent en forme de toit à droite à gauche delà nervure
médiane, le limbe foliaire de M. Hornblei est relevé vers le
haut en gouttière très large. L'axe du limbe est placé hori­
zontalement ou légèrement recourbé vers le bas. Longueur de
la feuille au milieu de la tige : gaine, environ 20 cm. ; limbe,
environ 12 cm.
« A mesure que l'on se rapproche du sommet de la tige, le
limbe foliaire devient moins important, la gaine tout en étant
de dimensions plus réduites, est relativement plus développée
et embrasse de moins en moins la tige, de sorte que les feuilles
supérieures passent peu à peu aux bractées qui entourent les
Heurs dans l'épi ; ces bractées sont presque réduites à une
large gaine, s'atténuant insensiblement en un limbe pointu.
LES BANANIERS

�É. DE WILDE»!AN
334
« La tige est dressée et se termine au sommet en un épi
floral légèrement recourbé vers le bas ou presque horizontal.
Les feuilles sont très largement espacées le long de la lige et
comme ces organes' sont de dimensions restreintes particu­
lièrement vers le sommet, il en résulte que le régime fructi­
fère est isolé et librement exposé au sommet de la tige, alors

Fig. 1. — Feuille de milieu du stipe (1/2 grandeur naturelle).
Fig. 2. — Feuille du sommet du stipe 1/5 grandeur naturelle).
Fig. 3. — Fruit (grandeur naturelle .

que chez les bananiers ordinaires les feuilles supérieures
dépassent de beaucoup et cachent partiellement le régime.
Tout ceci, joint à la forme spéciale des feuilles, donne h l'en­
semble de la plante un port caractéristique, s’écartant nota­
blement de ce que j’ai pu voir chez d’autres bananiers.
« L épi fructifère ou régime est très peu pédoncule, dense,

333
trapu, atteignant 13 cm. de longueuretO à 10 cm. d’épaisseur ;
il est formé de nombreuses bractées persistantes, dont celles
de la base et du milieu de l’épi seules entourent des Heurs fer­
tiles hermaphrodites ; les fleurs situées â l aisselle des bractées
du sommet de l’épi sont exclusivement mâles. Bractées de
grandes dimensions, enveloppant et même dépassant les fruits
â la maturité.
a Fleurs ordinairement disposées sur un rang, au nombre de
3h7 (le plus souvent de 5 ou 6) ; vers le milieu de l’épi on
trouve parfois deux rangs de fleurs à l’aisselle d'une bractée,
soit 5 ou 0 fleurs sur le rang interne et 1 ou 2 sur le rang
externe.
« Pour autant que j’ai pu en juger par l'examen de quelques
fleurs desséchées trouvées sur un régime fructifié, le périgone
possède deux lèvres dont la plus grande embrasse la plus
petite à sa base ; la lèvre la plus petite est profondément tridentée au sommet, la dent médiane étant longuement mucronée ; la lèvre la plus longue est canaliculée, divisée au som­
met en trois lobes très longs. Etamines au nombre de o.
Stigmate ?
« Fruit petit, subpyriforme, rétréci vers la base, maisà pédicelle très indistinct, largement arrondi au sommet où il se
termine au milieu par une courte pointe. Par pression réci­
proque dans l’épi, les fruits sont ordinairement plus ou moins
anguleux sur les côtés. Surface extérieure glabre, pruineuse,
d’abord verte, noircissant plus tard sans passer par une teinte
jaune. Le fruit atteint au maximum 4 cm. de longueur et
24 mm. de largeur. La chair est intérieurement peu dévelop­
pée, d’un jaune pâle, inodore, amère et peu juteuse. La plus
grande partie du fruit est occupée par les nombreuses graines,
ovoïdes, anguleuses par pression réciproque, d'un beau noir
luisant, lisses et mesurant environ 5 à 6 mm. de hauteur sur
b à 8 mm. de largeur.
« Ce petit bananier croit à l'état spontané dans la savane
boisée des environs d’Elisabethville (Katanga), où il habite
exclusivement la base des grandes termitières en forme de
colline de Acanthofermes spiniger Sjôst. Il fut découvert dans
I.F.S BANANIERS

�336
É. PF WILDEMAN
cette station au commencement de 1912 par M. Claessens,
en ce temps-là Directeur du Service de
riculture au
lvatanga ; au mois de mai 1912, M. Ilomblé en trouva quelques
individus dans les memes conditions. Ces Messieurs eurent
l'obligeance d'attirer mon attention sur cette plante, de sorte
(jue j'ai pu en rencontrer moi-même au mois de juin deux
exemplaires en fruits, qui ont servi à rédiger la présente des­
cription. Je n’ai pas vu la plante en fleurs, mais je crois que
son port particulier et la forme de ses feuilles la feront recon­
naître aisément.
« Je n’ai pu recueillir aucun renseignement tendant à faire
admettre que ce bananier sauvage soit considéré comme fétiche
par les indigènes du pays, comme cela a été signalé pour les
Musa spontanés du Bas-Congo.
« Élisabeth ville, 2 juillet 1912. »
Musa hybrida Gillet, in L Agronomie tropicale, février 1909,
p. 29 (M. Arnoldania Gilleli).
Distribution : Congo belge.
Observation : Nous n'avons pasd'indication sur les conditions
dans lesquelles cet hybride a été obtenu.
Musa imperia lis Mort. Vilmorin ; Pucci, in Bollet. Soc. Tosc.
Ort., 1906, p. 299.
Observation : Cette espèce a été mise dans le commerce par
la Maison Vilmorin-Andrieux, de Paris.
Musa Karang Kurz, in Journ. Agric. Mort. Soc. fnd., V,
j). 164 ; Baker, in .1///?. of Bot., YII, p. 216, in Obs.
Distribution (?).
Musa x kewensis Watson LM. Mannii Q X M. rosacea ç?) ;
Pucci, in Bollet. Soc. Tosc. Ort., 1906, p. 300.
Observation : Hybride obtenu à Kew.
Musa lanceolafa Warb.,ex K. Schum., in Engler, Pflanzcnreich
(Musac.) (1900), p. 108
Distribution : Célèbes : Minahassa (Bojong).

337
Musa lasiocarpa Pranchet, in Morot, Journ. de Bot., III (1889),
p. 329 c. ic.\ Baker, in Ann. of Bot., VII (1883), p. 208 ;
K. Schum., Musacese, p. 17; Pucci, in Bollet. Soc. Tosc. Ort.,
1908, j). 239 ; Kew Bull. Addit. ser. 1706, p. I5,fig.
Distribution : Chine : Yunnan.
Observation: Découverte en 1803 par l’abbé Delavay, cette
plante a servi de base à la création de la section Musella
Franche t.
Musa Laurentii De Wild., Mission Km. Laurent ( 1907), p. 372.
pl. 130, et Plantes trop, de grande culture, I, p. 379.
Distribution : Afrique (Congo belge).
Musa Livingstonania Kirk, in Journ. Linn. Soc., IX (1867),
p. 128 ; Baker, in Annals of Bot., VII, p. 207, et in This.
Dyer, Fl. trop. Afr., VII, p. 330; Kew Bull., 1894,p. 341 ;
K. Schum., Musaceæ, p. 16; Pucci, in Bollet. Soc. Tosc.
Ort., 1906, p. 238 ; Sagot, in Bull. Soc. nat. Horl.de France,
sér. 3, IX (1887), p. 227,
Distribution : Afrique orientale, tropicale, portugaise et Nyasaland (Gorongozo, Maravis).
Observation : Il semble que la plante fut introduite pour la
première fois dans le commerce par Thierrand, d’Alexandrie
(Egypte) ; des graines ont été reçues de Londres (Kew), à
diverses reprises de la région de N vassa. La plante existe peutêtre également au Sierra-Leone, car on a exposé à Kew un
collier fait de graines probablement identiques à celles de
cette espèce.
Le suc obtenu par expression des feuilles est d’un beau
rouge. Elle a été introduite au Jardin des plantes de Paris en
octobre 1887.
les bananiers

.]Disa Maclayi F. von Muell.
Distribution ; Nouvelle-Guinée.
Musa macula!a Jacq., Hort. Schœnbr., IV (1804), p. 23,
tab. 446; Reiher, Hort., t. 667 ; Naker, in Annals of Bot.,
Annales ilu Musée colonial de Marseille. — 2* série, lu* vol. 1912.

�m

É.

MK WILDEMAN

VII. j). 21 9 ; K. Schum., Musacae, p. 2i : Pucci, in Bollet.
Soc. Tosc. Ort., 1906, p. 296.
Distribution : Bourbon, Maurice.
Nom indigène : Figues mignonnes.
Observation : Cetle plante dont la patrie n est pas connue
avec certitude a été observée à l'élat cultivé à Bourbon et
Maurice. Klie porte des fruits comestibles tandis que la plu­
part des plantes du même sous-genre Bhodochlnmys, pos­
sèdent des fruits sans valeur au point de vue alimentaire.
Musa nialaccensis Ridlev, in Trans. Linn. Soc., sér. 2, III
( 1893 , p. 385 ; K. Schum., Musaceæ, p. 22; Pucci. in
Bol let. Soc. Tosc. Ort., 190b, p. 271.
Musa zebrina Van Houtte, ex Planthon, in Flore des
Serres, X (ISot-1855), p. 223, tab. 1061 ; cf. Cooke, Fl.
of Bombay. II, p. Ttl .
Distribution : Malacca, Selangor, Perak, et dans le Pabrang
(Tanpong Gajali Mati).
Nom indigène : Pisang Karok (Malais).
Observation : Le M. zebrina est rapporté par certains
auteurs au M. sapicntuin.
Des essais d’utilisation des libres ont été faits mais ils
n'ont pas donné de très bons résultats; cependant M. Ridlev
pense que, vu la manière dont la plante végète et se déve­
loppe en touffes comme une graminée dans les jungles
anciennes et détruites pour la culture, en y formant des
associations compactes, il y aurait quelque intérêt à en extraire
industriellement la libre, cette plante étant très répandue dans
le centre de la Péninsule.
M usa Mannii Wendl., ex Baker, in Ilook. f.. Fl. Bril. Iml.,
VI (1893), p. 263, in Obs. ; Bol. May. (1893), tab. 7311,
et in Ann. of Bol., VII (1893), p. 222 ; K. Schum., Musa­
ceæ, p. 23 ; Pucci, in Bollet. Soc. Tosc. Ort., 1906, p. 207.
Distribution : Assam.
Observation : Cette plante fut importée en 1885 à Herrenhausen où Wendland la décrivit. Elle a lleuri en 1893 à

339
Kew et cet échantillon servit à la description de M. Baker.
Musa Martini R. De Noter, ex Carrière, Bev. Hort., LXII
(1890), p. 83, et LXVI1 (1895), p. 290; Pucci, in Boll.
Soc. Tosc. Orticult., 1906, p. 270.
Distribution : Taij-Xinh (Gochinehine française).
Observation : Cette plante que Ilooker aurait considérée,
en 1886, comme une forme du M. sapienturn est envisagée
par beaucoup d'auteurs comme une espèce spéciale. Trouvée
en Cochinchine, elle a été dédiée à Martin, directeur du
Jardin botanique d’Hanoi. Son tronc atteint 3 m. 50 de hau­
teur et est couvert d’une pruinosité brunâtre ; les feuilles
glaucescentes en dessous, vertes au-dessus sont résistantes ;
aux fleurs très ornementales, d'un beau rose, succèdent des
fruits insipides à graines de la grosseur d'un petit pois.
Cette plante rappelle donc le M. Marlinii signalé en 1852
dans la Belgique horticole et que I on a rapporté avec doute
au M. Basjoo.
I.ES BANANIERS

Musa microcarpa Beccari, Nelle Foreste di Bornéo (1902),
p. 612 et 623, lig. 77 et 81.
Distribution : Bornéo.
Nom indigène
: Pisang Lenki.
%

Musa Naqensium Prain, inJourn. Asiat. Soc. Benq., LXX1II,
2 (1904), p. 12.
Distribution : Assam : Jaboca Naga.
Observation : Cette espèce a été cultivée au Jardin bota­
nique de Shibpur (Calcutta) où elle a été introduite par un
collecteur indigène. C est sur les échantillons cultivés ayant
lleuri en 1903, que M. le directeur Prain a décrit l espèce.
Musa nana Lour., Fl. Cochinchine, éd. Willd. ( 1793), p. 791 ;
Baker, in Aimais of Bot., VU, p. 209 ; Pucci, in Boll.
Soc. Tosc. Ort., 1906, p. 239 ; K. Schum., Musaceæ, p. 19 ;
Sagot, in Bull. Soc. nat. Hort. de France, série 3, IX
(1887), p. 294.

�É. L&gt;E WILDIiMAN
m
Musa rhinozerôtis Kurz, in Journ. A;/rie. Ilort. Soc. Ind.y
N. S. V. (ISTS), (il.
Distribution : Coehinehine.
Nom indigène : Chuoi-Dim
Observation : Parait avoir de l'analogie avec le M. Cavendishii ; ses fruits sonl également comestibles ; mais des ren­
seignements récents n'existent guère sur cette plante que
L. Pierre déclarait ne pas avoir rencontrée.

Musa nepalensis Wall., in Uoxb., Fl. /w/.,ex Wall, and Carey,
Il (1832), p. i92 ; Baker, in Armais of Bot., VII, p. 208 ;
K. Schum., Musaceæ, p. 16; Pucci, in Bollct. Soc. Tosc.
Ort., 1006, p. 239; Sagot, in Bull. Soc. nul. Ilort. de
France, sér. 3, IX (1887), p. 248.
Distribution : Indes Anglaises : Collines du Népaul.
Observation : Pucci (loc. cil.) rapporte l'avis de Horaninow
qui croit pouvoir considérer cette plante comme une variété
locale du M. superba, et celui de Goeze qui admet la simi­
litude de cette plante avec M. ylauca.
Musa nigra Perr., in Mém. Soc. Linn., Paris, III (1825),
p. 131.
Distribution : Philippines.
Musa parad'isiàca L., Sp. pl., ed. I 1753), p. 1043; Trew,
PL Ehret., t. 18-20; Redouté, Liliac., t. 443-444; Miquel,
FL Ind. Bat., III, p. 388; Tussac, Fl. Antill., t. 1-2;
E.-C. Rich., in Arova Acta Acad. nat. cur., XV, Suppl., t. I ;
K. Schum., Musaceæ, p. 19, fol. 4-5.
Musa Cliffortiana L., Ilort. Cliff., I (1747), tab. 1.
Noms indigènes : Malais : Pisang; Javanais ; Gedong ; Sou­
danais : Tjaoe.
Observation : C est surtout dans le groupe du M. paradisiaca que l’étude systématique s’impose. Combien de variétés
n'ont pas été signalées et dénommées ? Pour combien possé­
dons-nous des indications capables de faire rapporter ces
formes de culture à l’une ou l’autre des variétés plus ou moins

341
bien définies, décrites par les principaux auteurs qui se sont
occupés du genre Musa et que nous avons rappelées ci-des­
sous.
A Kisantu (Bas-Congo), la Mission fondée par les R. P.
Jésuites a eu en culture, grâce aux soins du frère J. Gillet,
outre certaines variétés connues, les variétés suivantes, sur
l’origine desquelles nous n'avons pas de renseignements :
LES HANANIF.RS

M. paradisiaca var.
—
—
—
—•

argentea
Dongila
Dornbe
indica
Kangemosi

—
—
—

— Kikuli
— . kiela-M oko
— kim orunga

—

— M yela-fuku
— Tisisi

— Lembo-Tulia
— Makela

— Mazinga {
— N'Zao

— Kalala

—

—
—
—
—
—
—

Pisang Ambon
Pisang Rajah
Pisang Siam
Pongo-Inene
Pongo-Tia
Sakala

— Tivele-tafuta

1. Ce Musa, à inflorescence en tire-bouchon, serait celui dont nous
avons donné une description sommaire dans nos Notices sur des plantes
utiles ou intéressantes de la flore du Congo, vol. 1, p. 114. A signaler ici
également le Pisang Sariboe, signalé par M. le D1 F. \Y. T. Huuger Teysmarinia, 1903, p. 35), dont l’infrutescence peut atteindre plusde 2 mètres
de long (Cf. De W ildeman, loc. cil., p. 112. M. Hubert i Le Bananier,
p. 12) signale cette plante sous le vocable latin « Musa Sariboe ■»;
M. Hunger n’a pas fait cette association.

�352

É. DK WILDEMAN

.)/.

p a r a d is ia c a

.1/.

—

s a p ie n fu m

—

var. Vokolo
— Zingano.
var. Matiba siduela
— Matiba inene.

Beaucoup de ces dénominations sont des transcriptions de
noms indigènes, et h cette longue liste de variétés réunies
dans un Jardin d'essai du Bas-Congo, nous pouvons ajouter
celle dressée par NT. A.-F. Moller dans la Revue dos cultures
coloniales. IV (1899), p. 275 :
Bananeira pao (serait originaire du Gabon)
— plata (originaire du Brésil)
— anâ
— riscada (originaire du Gabon)
— Mulherou Muela (originaire ? du Gabon)
— da 11ha (originaire de File du Prince)
— parda (originaire du Gabon)
— aga

—
—

—
—
—
—

rosea
vermelha

quichiba
dois cachos
maca (originaire du Brésil)
homene

Signalons aussi les enquêtes instituées par le Comité colo­
nial économique allemand, qui malheureusement n'ont pas
été poursuivies pendant assez longtemps, ni d’une manière
suffisamment scientifique.
Elles ont fait reconnaître parmi les plantes de culture, se
rapportant probablement au M. paradisiaca et à ses sousespèces.

LES HANANIEUS

343

West-Usambara :
Boko.................... Régimes de 8 mains de 12 bananes
Huli............................
— 10 — 12
—
Sukari..............
—
8
— 17-20 —
Mzu/.u........................
— 8
— 12
—
Région de Kwai :
kilangula.............. Régime de 6- 8 mains de 12-14 bananes
Mkouo Ja Tembo.
—
0-15
— 20
—
Msuso.......................
— 6-14
— 10-12 —
Bawalla.....................
— 20-30
— 10-12 —
Kipokussa............
—
8-10
— 12-15 —
Kishukari..................
— 5-20
— 10-12 —
Kideroma............
—
8-15
— 8-12 —
Hala-Mala............... (Origine arabe).
Région de Kilwa :
Kuime.................. Régimes de
Mhoge.......................
—
Kisukari....................
—
Malindi......................
—
Bungara....................
—
Kizungu....................
—
M boko......................
—
Libwi........................
—
Mhampa....................
—
kilombo....................
—
Kipianzi....................
—

2- 3 mains à 12 bananes
6 -7
— 12
—
8 -9
— 12-13 —
10-11 — 11-12 —
7 -8
— 11-12 —
5 -6
— 12-13 —
11-12 — 18-19 —
—
—
8-10
— 12-13 —
—
—
8 -9
— 11-12 — 1

On le voit, pour arriver k faire de ces données un tout
consistant il faudra chercher à définir les caractères de ces
variétés culturales, voir s ils sont constants et sous quelles
conditions ils peuvent se modifier.
Le Musa paradisiaca pris dans le sens large est divisé pour
certains auteurs en trois sous-espèces dont la différenciation
est loin d’être facile, car elle se base sur des caractères peu
I. Cf. l)e W ildeman, Notes sur des plantps utiles ou intéressantes de la
flore du Contjo, vol. 1, p. 109 et suiv.

�É. DE WILDEMAN
344
scientifiques el qui dépendent souvent de 1appréciation des
observateurs.
Il est certain, par exemple, que les bananes dites « à cuire »
peuvent être mangées crues quand elles sont arrivées à pleine
maturité, et il est certain également que des graines peuvent
se trouver dans des bananes dont les plants producteurs
n'appartiennent pas au groupe « seminifera ».
Seule une étude approfondie des caractères des formes en
culture et de leur constance peut mettre un peu de lumière dans
ce fouillis de plantes rassemblées, pêle-mêle, sous une déno­
mination générale.
Il faut pour l’étude des variétés de culture, du moins pour
un aperçu sommaire des bananiers cultivés aux Indes, à Ceylan, dans l’Archipel Indien, à Madagascar et Maurice, en
Guyane anglaise, au Vénézuéla et dans les Indes occidentales,
renvoyer au « Species and principal varieties of Musa »
publié dans le « Selected papers from lhe Kew Bulletin » en
1906, où une bibliographie des travaux antérieurs les plus
importants est signalée.
Musa paradisiaca subsp. normalis O. Ivuntze, Rev. gen., II
(1891), p. 692; K. Schum., Musaceæ, p. 20; Sagot, in
Bull. Soc. nat. Mort, de France, sér. 3, IX (.1887), p. 283.
Musa Cliffortiana L., Sp. pl., ed. I (1753), p. 1043.
Musa sapientum var. paradisiaca Baker, in Ann. of Bot.,
Vil (1893), p. 213, et in Hook., Fl. Brit. 'Ind., Vif,
p. 262; Prain, Beng. Fl., p. 1050; Cooke, Fl. of Bom­
bay, II, p. 742.
Observation : Cette sous-espèce renferme les bananes à
cuire si nombreuses parmi les cultures des indigènes de diverses
régions tropicales, et sur lesquelles, malheureusement, nous
possédons encore si peu de renseignements.
Ce sont cependant des plantes dont la culture devrait être
étudiée, car elles fournissent aux indigènes de bien des
régions tropicales, et en particulier de plusieurs districts
africains, la base de leur alimentation.
Les bananes à cuire ou « plantains » sont très variées,

345
elles mesurent de quelques centimètres à plus de 70 centi­
mètres de long et acquièrent dans certaines variétés 1épaisseur
du bras.
Quelle est la valeur alimentaire de ces variétés? Quelle est
leur origine ? Quels sont les procédés de culture? Quelles sont
les méthodes de préparation du fruit dans l'alimentation du
noir ?
Ce sont là autant de questions pour lesquelles nous ne pou­
vons donner de solution ; chacune mériterait de faire l’objet
de quelque^ recherches de la part des voyageurs africains.
Musa paradisiaca subsp. sapientum ^L.) O.Kuntze, Rev. gen.,
II (1851), p. 692; K. Schum., Musaceæ, p. 20; Cooke,
Fl. of Bombay, II, p. 742.
Musa sapientum L., Sp. pl., ed. 2 1763), p. 1177; Willd.,
Sp.pl., IV, p. 894; Koxb., Fl. Ind., I, p. 663; Miquel,
Fl. Ind. Bot., III. p. 588; Trew, PL select., t. 21-23: Pucci
in Bollct. Soc. Tosc. Ort., 1906, p. 271 ; Baker, in Annals,
of Bot., VII, p. 21 l, et in This.-Dver. Fl. Trop. Afr., \ II,
p. 331 ; Kew Bull., 1894, p. 250; Sagot, in Bull. Soc. nat.
U ort. de France, sér. 3, IX ( 1887 ), p. 285; Baker, in Hooker, Fl. Brit. Ind.. VI, p. 262; Prain, Beng. 1*1.. p. 1050;
Watt. Dict. Econ., Prod. V, p. 290.
Musa saliva Rumph., Amboine, V, p. 130, t. 60.
Musa domestica Rumph., Amboine, V. p. 130, t. 60.
Musa Berteroniana Steud., Nom. ed., II, 2, p. 167.
Musa Chapara Perr., in Mem. Soc. Linn. Paris, III 1825 ,
p. 131.
Noms indigènes : Hébreu : Dudain ; Grec : Phyximilon ;
Portugais : Pacoeira: Anglais : Platane tree ; Japonais : Baso :
Chinois : Pacquo; Congo : Quihuaaquitiba : Bengale : Quelli :
Java : Pisang, Pisang madja; Malabar : Bala: Cevlan : Kehelhaba: Guinée : Dananas ; Éthiopie : Muinga ; Égypte : Manz :
Bombay : Kela.
Musa sapientum. — On considère généralement ce bananier
comme originaire de l'Asie méridionale, d’où il a passé en
Amérique. Mais Humboldt a donné quelques arguments qui
LES HAISA NI ERS

�/
É. DE WILDE.MAN
346
font douter de l'origine purement asiatique de celte espèce.
D'après les anciens auteurs, en effet, le bananier était cultivé
en Amérique avant l'arrivée de Christophe Colomb ; par
contre, suivant Ovieda, le Père Thomas de Berlangos aurait
transporté en 1526 les premiers bananiers des Iles Canaries à
Saint-Domingue. Gargilano de la Yega qui a étudié avec grand
soin les introductions de produits agricoles en Amérique, dit
que, du temps des Incas, le maïs, le quinoa, la patate, le
bananier formaient la base de l’alimentation des indigènes. Il
décrit des Musa des Andes, distinguant même uqe variété à
petits fruits sucrés, aromatiques, qu'il appelle « dominico »,
la banane commune portant le nom de « Arton ». Ilumboldt
a d'ailleurs eu l'occasion de rencontrer sur les bords de l’Orénoque, du Cassiquari et du Béni, dans l'Esrneralda et sur les
rives du Caroni, dans les forêts vierges, des plantations de
manioc et de bananiers, faites par des populations qui n’avaient
aucun rapport avec les Européens.
Il est donc probable, comme le faisait ressortir Ilumboldt,
que parmi les Musa il y a des formes indigènes à fruits comes­
tibles tant en Afrique qu'en Asie et en Amérique, et que des
Musa dérivés de types spécifiques différents ont été considérés
comme appartenant à une seule et même espèce.
Actuellement cependant, il est devenu impossible de déter­
miner exactement l'origine du M. sapientum, car il a été à
diverses reprises réintroduit dans toutes les régions tropicales '.
Certains auteurs ont cru pouvoir rapprocher le Musa alphurica ou aphurica, qui tire son nom du vocable malais alfourou
(sauvage), du M. paradisiaca subspecies sapientum, mais la
plante semble plutôt devoir, si elle appartient au groupe du
M. paradisiaca. se rapporter au groupe des variétés consti­
tuant la sous-espèce serninifera par suite de la présence de
ses graines noires et dures.

1. Cf. Aug. Chevalier, Enumération des plantes cultivées par les indi­
gènes en Afrique tropicale (Soc. nat. d'acclimatation de France, 11)12,
tiré à part, p. 38).

347
Musa paradisiaca subsp. sapientum var. Massonii Sagot.
Musa sapientum var. Massonii (Sagot) Baker, in ThisiDyer, Fl. trop. A fr., VIII, p. 330.
Musa Massonii Sagot, in Journ. Soc. Nat. lîort. France
(1887), p. 293; Baker, Armais of Botany, MI (1893),
p. 209.
Distribution : Gabon.
Observation : Cette plante esl considérée parfois comme
très voisine du M. Cavendishii, dont elle différerait légèrement
par les fruits.
— — — var. mensaria (Rumph.) Baker, in Armais of
Bol., V11 (1893), p. 212 ; K. Schum., Musaceæ, p. 20.
Musa Mensaria Rumph., Amboine, V, p. 131 (1787);
Moench, Melh. (1794), p. 647.
Distribution : Amboine.
Nom indigène : Pisang Medji.
— — — var. odorata (Lour.) Baker, in Armais of Bot.,
VII (1893), p. 212; Iv. Schum., Musaceæ, p. 20.
Musa odorata Lour., Fl. Cochinch. (1793), p. 79.
Distribution : Culture eu Cochinchine.
— — — var. régia (Rumph.) Baker, in Armais of Bot.,
VII, p. 212; K. Schum., Musaceæ, p. 20.
Musa regalis Hort.
Musa regia Rumph. Herh. Amboine &gt;17 47 , Y. p. 131.
Distribution : Amboine.
Nom indigène : Pisang Radji.
— — — var. Champa Mort., ex Baker, in Annals ofBot..
VII (1893), p. 213; K. Schum., Musaceæ, p. 20; Cooke,
Fl. of Bombay. II, p. 743.
Musa Champa Hort.
Nom indigène : Sou-kel (Bombay .
Observation : Cette variété est considérée comme la meil­
leure de celles se cultivant dans la Présidence de Bombay.
— — — var. martabanica Hort, ex Baker, in Annals of
Bol., VII (1873), p. 212 ; K. Schum., Musaceæ, p. 20.
LES riANANIERS

�K. DE WILDEMAN
318
M. paradisiaca subsp. sapientum var. Dacca (Horan.) Baker,
in Armais of Bot., VII (1893), p. 213 ; K. Schum., Musaceæ,
p. 20.
Musa Dacca Mort. Berol, ex Horan., Prodr. Scitam. (1802),

p.

il.

Distribution : Serait répandu dans les Indes anglaises.
— — — var. rubra (Firm.) Baker, in Armais ofBot.,
VU (1893), p. 213: Iv. Schum., Musaceæ, p.20.
Musa rubra Firm. non Wall., ex Baker[loc. cif.).
Distribution : Indes anglaises.
Noms indigènes: Ram-Kela; Raj-kel ; Lale-kela (Prési­
dence de Bombay).
Observation : M. Cooke [Fl. of Bombai/, 11, p. I 13) signale
les noms indigènes qui se rapporteraient à cette espèce lar­
gement cultivée à Basseire, à 30 milles au nord de Bombay.
— — — var. rubra Chalot, in Rev. hort., 1905,p.68, pl.
Distribution : Congo français : Brazzaville.
Observation : Cette plante si elle ne peut être considérée
comme synonyme de M. sanguinea (Welw.), ce qui, nous
l'avons dit ailleurs (Plantes trop, de grande culture, p. 383),
est peut-être douteux, devrait être modifiée dans sa dénomi­
nation spécifique, le vocable rubra ayant été donné par Baker
à une variété asiatique du même groupe.
— — — var. olcracca (Vieil 1.) Baker, in Annalsof Bolany,
VII, p. 893, p. 212; K. Schum., Musaceæ, p. 20.
Musa oleracea Vieil 1., in Ann. Soc. liât., sér. IV, XVI
(1861), p. 16 ; Jeanneney, La Nouvelle-Calédonie agricole.
Paris, 1891, p. 70.
Distribution : Nouvelle-Calédonie.
Nom indigène : Poiété.
Observation : En Nouvelle-Calédonie b* Musa oleracea qui
v est indigène d’après beaucoup d’observateurs, a une hauteur
de I m. 30 à 3 inèfres. Il ne donne pas de régime, mais fournif un rhizome comestible très féculent, allongé, conique.
— — — var. violacea Hort., ex Baker, in Annals of Bot.,
MI (1893), p. 212; K. Schum., Musaceæ, p. 21.

319
M. paradisiaca subsp. sapientum var. sanguinea Welw., ex
Itidley, in Journ. of Bot., 1887, p. 138; Baker, in This.-Dyer,
Fl. trop. Afr., VII, p. 331 ; De Wild., Mission Laurent,
p. 371; et Liantes tropicales de grande culture, p. 382;
Baker, in Annals ofBot., VII, p. 212; K. Schum., Musaceæ,
p. 21.
Distribution : Angola.
Nom indigène : Bananeira roxa.
— — — var. vittata (Ackerm.) Hook., in Bot. Mag.,
tab. 402(1863) ; Baker, in Annals of Bot., VII, p.213, et in
This.-Dyer, Fl. trop. Afr., VII, p. 331 ; Kew Bull., 1891.
p. 250 c, fig. ; Kew Bull. Add., sér. 6, p. 23(1906), lig. ;
K. Schum., Musaceæ, p. 21 ; Cooke, Fl. of Bombai/, II,
p. 743.
Musa vittata W. Ackerm., ex Bodigas in Flore des Serres,
XV (1862-1865), p. 25, tab. 1510-1513 ; Lyon Horticole.
XXXIII (1911), p. 85, fig.
Distribution : Saint-Thomas.
Observation : Introduit dans les cultures par Ackermann
et Mann.
— — — var. compressa (Blanco .
Musa paradisica compressa Blanco ; Sagot in Bull. Soc.
nat. Hort. de France, sér. 3, IX (1887), p. 287.
Distribution : Philippines.
— — — var. Kantally, ex Sagot, in Bull. Soc. nat. Hort.
de France, sér. 3, IX (1887), p. 291.
Musa Kantally Auct.
— — — var. Barukala, ex Sagot, in Bull. Soc. nat. Hort.
de France, sér. 3, IX (1887), p. 291.
Musa Barukala Auct.
Observation : Ces deux dernières plantes ne nous sont pas
connues.
M. Cooke (Fl. of Bombay, II, p. 713) signale ces bananiers
à Gossari, Bolatti et Lokandi parmi les plantes cultivées dans
la Présidence de Bombay ; pour lui elles se rapportent à des
formes, ou variétés, du M. sapientum L.
LES ItANANIERS

�É. DK W II.DEM A N
350
Distribution : Forniose.
Musa paradisiaca suhsp. seminifera (Lour.) Baker, in Armais
of Bot., MI (1893), p. 213; et'. Miquel, Fl. Ind. Bot., III,
p. 388 in Qbs.\ K. Schum.. Musaceæ, p. 21.
Musa seminifera Lour., Fl. Cochinch., p. 644.
Musa troglodytarum Gærtn., F r u e t t. II; Sagot, in
Bull. Soc. nat. Ilort. de France, sér. 3, IX (1887), p.
288; Pucci, in Bollet. Soc. (ose. 0/7., 1906, p. 298.
Musa Balbisiana Colla, Nom. yen. Musa (1820), p. 56;
Rumph., Amboine, t. 60, fig. 3.
Musa sapientum Roxb., Corom. pi., tab. 275.
Distribution : Existe depuis le Behar et les régions
orientales de l'Himalaya jusque dans la Malaisie et aux Phi­
lippines.
Nom indigène : Malaisie : Pisang Bidji.
— — — var. pruinosa King, in Journ. Agric. Soc.
India, 2e sér., V (1878), p. 164; Baker, in Ann. of Bol.,
VII, p. 214; K. Schum., Musaceæ, p. 21.
Distribution : Burma (entre 500 mètres et 1.200 mètres
d'altitude).
Nom indigène : Reling (Lepchas).
— — — var. dubia King, in Journ. Agric. Hort. Soc.
India, 2 ser., Y (1878), p. 164; Baker, in Annals of Bot.,
YII, p. 214; K. Schum., Musaceæ, p. 21.
Distribution : Burma (entre 1.200 et 1.800 mètres d'alti­
tude).
Nom indigène ; Luxon (Lepchas).
— — — var. Hookeri King, in Journ. Agric. Hort.
Soc. India, 2e sér., V (1878), p. 164; Baker, in Annals of
Bot., VIL p. 214; K. Schum., Musaceæ, p. 21.
Musa sikkimensis Kurz in Journ. Agric. Ilort. Soc. Ind.,
N.
S. V. (1878), p. 164, et Hook. f., in PL exsicc, n° 5.
Distribution : Burma (entre 1.400 et 1.800 mètres d’alti­
tude).

le s

hanamkrs

351

Nom indigène : Tiang-moo-foorgoon (Lepchas).
Observation : Constituerait, d’après King, une espèce plutôt
qu’une variété.
M. paradisiaca suhsp. seminifera var. Thomsonii King, in
Journ. Agric. Hort. Soc. India, 2r&gt;sér., V (1873), p. 164;
Baker, in Annals of Bot., VII, p. 21 4; K. Schum, Musaceæ,
P 21.
Distribution : Burma (en dessous de 450 mètres d’altitude .
Nom indigène ; Kergel (Lepchas).
Observation : Constituerait probablement, d’après King,
une espèce.
— — — var. formosana Warb., in K. Schum., Musaceæ
(1909), p. 21.
Musa paradisiaca, suhsp. troglodytarum (L.) Baker, in Annals
of Bot., VII (1893), p. 214; K. Schum., Musaceæ, p. 21.
Musa troglodytarum L., Sp. pi., ed. Il (1763), p. 1478.
Musa uranoscopus Rumph., Amboine, V ( 1747), p. 137, tab.
61, lig. 2; Miquel, Fl. Ind. Bat., III, p. 589; Pucci, in
Bollet. Soc. Tosc. Orl., 1906, p. 297; Sagot, in Bull.
Soc. nat. d Ilort. de France, sér. 3, IX, 1887. p. 296.
Distribution : Indes, Ceylan, Malaisie : Amboine, Moluques,
Céram.
Noms indigènes : Malais : Pisang, Toendjok langit; Termite :
Toeka doefa.

Observations ; Cette espèce constituerait la principale
alimentation des éléphants dans les Indes.
Sous le nom de M. troglodytarum Gaertn., M. Pucci signale
une espèce cultivée dans le Jardin du Marquis Corsi-Salviati
de Sesto (Florence), et provenant de graines originaires de
Sumatra.
Ce bananier donne des fruits nourrissants et de goût exquis,
mais, à l'état sauvage, ils sont très séminifères, à graines
immergées dans une pulpe peu abondante, mais cependant
sucrée et agréable.
S’agit-il du type de Linné?

�É. DE WILDEMÀN
352
Musa Perrieri Claverie, in Comptes rendus Acad. Se. Paris,
CXL (1905), p. 1612; Bevue Horticole, 16 juillet 1903,
p. 334; Pueei, in Bollet. Soc. Pose. Or/., 1906, p. 299;
Ann. du Musée colonial de Marseille, vol. Nil, 1909, p. 73
et suiv., lig. 8, avec planche.
Distribution : Madagascar : région de la Betsiboka (Ankaladina) et de Tampoketsa (environs de Mahavany).
Noms indigènes : plante : Tsirohoroke : fruits : Voantsi-

rohoroka.

Musa Pierrei, ex Hubert, Le Bananier, 1907, p. 14.
Distribution ?
Musa proboscidea Oliver, in llooker, Icônes pl., tab. 1777
; 1888) ; Baker, in This.-Dyer, Fl. trop. Afr., VII, p. 330,
et in Annals of Bot., VII (1893), p. 207; Pueei, in Bollet.
Soc. Tosc. Ort., 1906, p. 238; Kew Bull., 1894, p. 211;
K. Schum., Musaceæ, p. 16.
Distribution : Afrique orientale allemande (région d’Ukami).
Musa Baoulii Hubert, Le Bananier (1907), p. 20.
Musa religiosa Dybowski, in Bevue horticole, 1900; Legros,
in Bevue horticole. 1901 ; Pucci, in Bollet. Soc. Tosc. Ort.,
1906, p. 298.
Musa Dyboivskii De Wild. (err cal.), in Annales Musée
col. Marseille, 2‘‘ sér., vol. N'11 (1909), p. 245.
Distribution : Congo Français.
Observation : Nous avons eu l'occasion d’insister à diverses
reprises sur cette espèce, voisine du Musa Gilletii du Congo
belge.
C’est par suite d’une erreur de plume que dans le tome VII
(1909) de ces Annales nous avons signalé la plante sous le
nom de Musa Dyboivskii, il aurait fallu écrire Musa religiosa
Dybowski; le nom spécilique est tombé à l’impression.
Musa rosacea Jaeq., Fragm. (1809), t. 132, lig. 4, et Hort.
Schcenbr., I\, tab. 445; Bot. Begister, t. 706; Lodd., Bot.
Cab., tab. 615; Baker, in Ann. of Bot., VII, p. 219; Pucci,
Bollet. Soc. Tosc. Ort., 1906, p. 296; K. Schum., Musaceæ,

333
p. 24; Benth., Fl. B rit. Ind., VI, p. 263; Cooke, Fl. of
Bombay, II, p. 740.
Musa ornata Roxb., Ilort. Beng. (1814), p. 19, et Fl. Ind.,
I, p. 666; Miquel, Fl. Ind. Bot., III, p. 589 p. p. ;
Sagot, in Bull. Soc. riat. Hort. de France, sér. 3, IX
Prain, Beng. Pl., p. 1050; Watt, Dict. Econ. (1887),
p. 297; Prod. V, p. 290.
Musa speciosa Tenore, Ind. semin. Hort. Neap. (1829),
p. 16; Sagot, in Bull. Soc. nai. Hort. de France, sér. 3,
IX (1887), p. 298.
Musa Carolinæ Sterler, Hort. Nymph. (1821), p. 109.
Distribution : Indes anglaises orientales (Himalaya), Chota
Nagpur, Chittagong (W. Peninsula); Java.
Musa rubra Wall.; Ivurz, in Journ. Agric. Hort. Soc. Ind.,
XIV, p. 301; Baker, in Ann. of Bot., VII, p. 221;
K. Schum., Musaceæ, p. 23; Pucci, in Bollet. Soc. Tosc.
Ort., 1906, p. 297.
Distribution : Burma : Rangun, Yoma, Pegu.
Musa rosea, Herb. Hort. Bot. Calcutta, ex Baker, in Ann. of
Bot., VII (1893), p. 207; K. Schum., Musaceæ, p. 23;
Pucci, in Bollet. Soc. Tosc. Ort., 1906, p. 297.
Distribution : Indes. Cultivé à Calcutta depuis 1882.
Observations : Cette espèce est décrite d’après des documents
contenus dans l’Herbier de Calcutta.
Elle est une des plus anciennement connues dans les Jardins
de l’Europe.
Elle a été introduite en Europe vers 1805, en provenance
de nie Maurice.
Musa salaccensis Zoll., Syst. verz. Ind. Archip., p. 74; Kurz,
in Journ. Agric. Hort. Soc. Ind., XIV (1867), p. 301; Ba­
ker, in Ann. of Bot., VII, p. 220; Pucci, in Boll. Soc. Tosc.
Ort., 1906, p. 297; K. Schum., Musaceæ, p. 23.
Musa ornata Roxb., Hort. Beng. (1814), p. 19, et Fl.
Ind., I, p. 666, p. p., et ex Miquel, Fl. Ind. Bat., III,
p. 589 p. p.
LES BANAN1EHS

Annales du Musée colonial de Marseille. — 2* série, 10* vol. 1912.

23

�35 i

K. DE W I L D E M A N

Distribution : Java et Sumatra.
Nom indigène : Soudanais : Taoe sole.
Observation : Le M. ornata serait pour certains auteurs
synonyme de M. rosacca. Le M. salaccensis a été décrit sui­
des échantillons provenant des cultures du Jardin botanique
de Buitenzorg.
Musa sanguinea llook. f., in Bot. May. (1872 , tab. 5795;
Kew Bull. Addil. ser. G (1906), p. 31, lig. ; Baker, in
Ann. of Bot., VII, p. 221 ; Pucci, in Bullet. Soc. T'ose. Ort.,
1906, p. 297; K. Sclium., Musaceæ, p. 23; Sagot, in Bull.
Soc. nat. Mort, de France, sér. 3, IX (1887), p. 298.
Distribution : Indes, région himalayenne : Assam, Mahuni.
Observation : Cette plante fut introduite en Europe en 1872
par Mann.
Musa Schweinfurthii K. Schum. et Warb., ex K. Schum., in
Engler, Pflanzenreich, Musac. (1900), p. 14:
Distribution : Afrique centrale : Région des Niams-Niams
(Baginse).
Musa simiarum Ivurz, in Journ. Ayric. florl. Soc. Ind., XIV
(1867), p. 297.
Distribution : Malaisie.
M usa suaveolens G. Mann, ex Baker, in Ann. of Bot., VII
(1893), p. 222.

Distribution : Assam.
Musa sumatrana Beccari, in Illustr. Hort., XXVII (1880),
p. 37, tab. 375; Baker, in Ann. of Bot., VII, p. 219; Pucci,
in Boll. Soc. Tosc. Ort., 1906, p. 29G; Revue d'Hort. pra­
tique, XIII (1911), p. 130 c. lig. ; K. Schum., Musaceæ,
p. 24; Cooke, Fl. of Bombay, II, p. 741.
Distribution : Sumatra (Padang).
Observations : Ce Musa découvert par M. Beccari pendant
son voyage d’exploration à Sumatra a été introduit en 1879
dans le Jardin du Marquis Corsi Salviati, à Sesto, près de

LES BANANIERS

335

Florence. Il paraît assez largement cultivé dans les Indes
pour la production de libres.
Musa superba Roxb., Hort. Beny.{ 1814), p. 19; Fl. Ind., I.
667; Wright, Icônes pl. (201); Graham, in Bot. May., 38493850; Pucci, in Bollet. Soc. Tosc. Ort., 1906, 238; Kew,
Bull. Addil. ser. 6 (1906), p. 14; Canin, chron., 1904, I,
p. 83, lig. 37 et 38; Kern., Hort., tab. 674; Joret, in Rev.
Ilort., 1888, p. 73, lig. 7; K. Schum., Musaceæ, p. 16;
Sagot, in Bull. Soc. Xat. Hort. de France, sér. 3, IX ( 1887),
p. 247 ; Benth., Fl. Brit. hui., VI, p. 261; Roxb., Corom.
Pl., t. 223; Cooke, Fl. of Bombay, II, p. 740.
Musa texlilis J. Grah., Cal. Pt. Bo. (1839), p. 231, non
Fée. Distribution : Indes Anglaises : Western Ghauts
de la Présidence de Bombay.
Nom indigène : Chowani.
Observation : Cette plante peu connue encore en Europe a
été introduite au Jardin botanique de Calcutta en 1900 par
le D1’ J. Anderson. La valeur de ses libres a été essavée,
mais a été déclarée faible. Il faudrait naturellement connaitre,
pour porter un jugement délinitif sur ce point, dans quelles
conditions l'expérience a été faite, car la qualité des libres
dépend, chez les Musa, en grande partie de l’âge des gaines
foliaires qui les contiennent.
Le Musa sujicrba serait, au dire de beaucoup d'horticul­
teurs, supérieur au Musa Ensete pour la culture en plein air,
il perd ses feuilles en hiver et la base du tronc peut être con­
servée pendant la période froide, comme les tubercules de
Caladium ou autres plantes tubéreuses.
Ce Musa fut introduit en 1823 pour la première fois en
Europe et disparut peu de temps après son apparition. Il
reparut en 1872 et depuis se conserve dans les cultures où il
est cependant beaucoup plus rare que le Musa Ensete.
Le tronc de ce Musa laisse écouler, dans les stations natu­
relles, une sorte de manne douceâtre et transparente.
Musa sylvestris Lemarié, ex Bull, économique de l Indo-

�k . df : w il d k m à n
856
Chiite (1901); cf. /invue des cuit tires coloniales, \ III (1901),
p. 267.
Distribution : Haut-Tonkin, Amiam.
Noms indigènes : Kok-Khone pâa en Laotien, Kok-Khone
Kerae en Thaï.
Observation. — Le travail de M. 11. Brenier publié dans le
Bull, économique tic l fndo-Chine et reproduit dans la Berne
des cultures coloniales (loc. ci/.), insiste sur la valeur de cette
plante au point de vue des libres que l'on peut extraire des
"aines de ses feuilles.
Musa textilis Née, in Ann. se. nat., IV (1801), p. 123 ;
Baker, in Annals of Bot., MI, p. 211 ; K. Schum., Musaceæ, p. 19; Yerlag Algem. Procfsi. Salatiga, 1907, pl. 10;
Pucei, in Bollet. Soc. Tosc. Ort., 1906, p. 269; Kew, Bull.
Addif. ser. 6 (1906), p. 62, c. lig. ; The Philippine Agrie.
Bcvietc, Manda, I (1908), p. 26, pl. IV et V; The Philip.
Agric. Review, vol. 2, 1909, t. 3, pl. I et II.
Musa Abaca Perr., in Ment. Soc. Linn. Pans, III (1825),

p. 130.

Musa sylvestris Colla, Ment. Gcn. Musa (1820), p. 58.
Musa rnindanensis Rumph., Iterb. Anib., X ( 1747), p. 139 ;
Miquel, Fl. Ind. Bat., III, p. 588; Sagot, in Bull. Soc.
nat. Hort. de France, sér. 3, IX (1887), p. 293; Cooke,
Fl. of Bombai/, II, p. 741.
Musa troglodytarum L. var. textona Blanco, Fl. Filip.
(1837), p. 217.
Musa troglodytarum Willd., Sp. pl., I, p. 894.
Distribution : Philippines; Mindano, Sang-u, Gilobo,
Célèbes, etc.
Noms indigènes : Malais; Pisang veta (1 tan); Amboine ;
Koela abal Kulat ablat) ; Ternate : Fana; Minahasa (P hiüppines) ; Koffo ; Philippines ; Abaca; Mindanao ; Koffo.
Observation ; Le Alusa textilis a été introduit dans les
Indes anglaises par le Dr Fleming en 1811 ; en culture, à
Peradenva, il semble présenter quelques caractères différents
tels &lt;jue : feuilles plus minces, plus arrondies à la base.

LES BANANIERS

357

Musa textilis var. amboinensis (Rumph.) Miquel, Fl. Ind.
Bot., III (1853), p. 388; Baker, in Annals of Bot., VII,
}&gt;. 211 ; K. Schum., Musaceæ, p. 19.
Musa amboinensis Bumph., Ilerb. Arnboin., X (1747),
p. 139; Sagot, in Bull. Soc. nat. dHort. de France, sér.
3, IX (1887), p. 295.

Distribution : Amboine, Moluques.
Observation : Outre cette variété définie, on en signale un
grand nombre d'autres dont nous ne possédons tpi une des­
cription incomplète et une dénomination indigène; citons;
More negro, more blanco, more Colorado, mosqueado. Tumatagacan
Colorado, Tumatagacan blanco. Bagacagan. Samina 1.

La littérature relative à Yabaca, sa culture et son exploita­
tion est déjà considérable et nous ne pouvons la donner
ici avec quelque détail. Nous rappellerons, outre les tra­
vaux généraux auxquels nous avons fait déjà allusion,
qu'il y a lieu de consulter sur ce sujet : Journal d'agriculture
tropicale, Bulletin &lt;lu Jardin colonial de Nogent-sur-Marne
Tropenpflanzer, Bevue des cultures coloniales et divers pério­
diques du département de l'agriculture de Java. Parmi ceux-ci
nous signalons la note de M. Pitt : Manilla Ilemp. parue
dans la Teysmannia.
Il faut aussi tenir un large compte des publications faites
sur ce sujet en Amérique, et en particulier dans The FJhilippine Agriculturist and Forester, I, juin 1911, n° i, dont
certaines données ont été traduites par M. Dekker dans
YIndische Mcrcuur, 13 août 11)12, t. 23, p. 731, en vue
des délibérations du Congrès textile de Soerabaia.
Musa Tikap Warb., in Tropenpflanzer (1903), p. 340, lig. ;
De Wild., Notices sur plantes utiles Fl. Congo, I, p. 92.
Distribution : lies Carolines.
Musa tomentosa Warb., ex. K. Schum., in Engler, Pflanzenreich, Musacea (1900), p. 22.
Distributions : Minahassa, Célèbes.
J. Cf. Hubert, loc. c il., p. 14, où d’autres citations sont dounées, et la
Flore des Philippines de Blanco.

�*

358
É. DE WILDEMAN
Musa ulugurensis Warb. et Moritz, in Tropenpflanzer, VIII
( 1904), p. 146 &lt;\ lig. ; cf. Tropenpflanzer, 1903, p. 550, et
1900, p. 139; A. Zimmermann, in Der Pflanzer, Amani,
A janvier 1908.
Distribution : I luguru.
Observation : Kspèce qui serait capable de produire, comme
le Musa Holstii K. Schum., des fibres textiles.
Musa velu/ina Wendl. et Drude, in Gartenflora (1875),
p. 05, I. 823 ; Baker, in Ann. of Bot., Vil, p. 222; Pucci,
in Bollet. Soc. Tosc. Ort., 1906, p. 277; K. Schum., Musaceæ, p. 24.
Musa dasycarpa Kurz, in Journ. Agric. ïlort. Soc. Ind.,
XIV (1807), p. 381 nomen.
Distribution : Assam.
Observation : Très remarquable par la villosité qui recouvre
le pédoncule de l infrutescence et les bractées d'un rouge
pourpre, cette espèce répandue dans les forêts de l'Assam a
été importée par Mann en 1875.

359
plante qui out germé, et la plante issue de ces graines a fleuri
en 1909.
Musa violascens Ilidley, in Trans. /Ann., ser. 2, III (1893),
p. 284 ; K. Schum., Musaccæ, p. 24 ; Pucci, in Bollet. Soc.
Tosc. Ort., 1906, p. 296.
Distribution : Malacca : Pahang (Riv. Tahan); Selangor
(Kuala Lumpur); Sungei-Ujong (près Linsum).
Musa Wdlsoni Teetcher, in Oardn. Chronicle, 1902, 2,
p. 450; Revue horticole, 1903, p. 34, lig. 10.
Distribution : Chine : Yun-Nan (1900).
Observation : Cultivé par les indigènes sous le nom de
Bananier à tête d’éléphant.

Musa venfricosa Welw., Apont, Phyto-geograph. (1858),
p. 545, 578; RidL, in Journ. of Bot., 1887, p. 134 ; Pucci,
in Bollet. Soc. Tosc. Ortie., 1906, p. 238; Burtt-Davy, in
Ketv. Bull., in-4, 1908, p. 147; Baker, in Armais of Bot.,
VII. p. 200, et in This.-Dver, Fl. trop. Afr., VII, p. 330;
Kew. Bull., 1894, p. 211 ; A. X. Pereira Goutinho, in Bull.
Soc. Portugaise des Sc. nat., t. III (1909), p. 139 c, fig. ;
K. Schum., Musaccæ, p. 14.
Musa africana Bull., Cal., 1870, p. 0.
Distribution : Angola, Transvaal.
Ce bananier, découvert à l’état indigène dans le Pungo
Andongo et au Transvaal, se prêterait, semble-t-il, très bien
à être cultivé comme plante ornementale là où le Musa Ensele
peut être cultivé. Par ses feuilles d’un beau vert à côte rouge,
il est destiné à faire très bel effet dans les jardins.
M. J.-J. d'Almeida, professeur à l’Institut agronomique de
Lisbonne, a envoyé d’Angola à Lisbonne des graines de cette

Il est probable que ce M. Orientum doit être considéré
comme M. sapientum?

LES HANANIEKS

Noms douteux :
Musa Orientum. — Sous ce nom. le P. Paque signale dans
YAgriculture tropicale, Bruxelles, 1909, p. 18, trois bana­
niers ;
Lady finger, Bananier-figue, Bananier-pomme.

�LES BANANIERS

LISTE ALPHABÉTIQUE
DES NOMS DES MUSA RELEVÉS DANS CE TRAVAIL
M u sa a b a ca Perr.
350
— a c u rn in a ta Colla. 318
— a fr ic a n a Bull.
358
— a ir o i Auct.
328
— a lp h u r ic a Miq.
320
— a m b o in e n s is Rumph. 357
— a n g e v ie n s is Gagnep. 320
— a r a c a n e n s is Riplev. 320
A r n o ld ia n a De Wild. 320

assamica Bull.
321
— a u r a n tia c a Mann. 321
— Bacoha Rottb.
321
— B a g s h a io e i Rendle
el Grèves.
321
— Bakeri Ilook. f. 321
— Balbisiana Colla. 350
— Banksiana S. Kurz. 322
Banksii F. v. Muell. 322
— Basjoo Sieb. et Zucc. 322
— Berteroi Colla.
320
— B e r te r o n ia n a Steud. 345
— borneensis Becc. 323
— B u e h a n a n ii Bak. 323
— ca lo sp errn a F. v.
Muell.
303
— c a m p e s tr is Becc. 323

— Carolinae Sterler. 353
Cavendishii Lamb. 323
— celebica Warb.
324
—

Hort.
347
Perr.
345
— Charlioi YV. Hill. 324
— C h e v a lie r i Gagnep. 324
C h a rn p a
ch apara

Musa chinensis Swecl. 323
— Clifforliana L. 340 344
— coccinca Andr.
325
— corniculata Lour. 325
— corniculata S. Kurz. 318
— Dacca Iloran.
348
— dasyàarpa S. Kurz. 358
discolor Iloran.
326
— dômes tira Rumph. 345
— Dybowskii De Wild. 352
— elephanlorum K. Sch1u m.
et Warb.
326
— Kusete Gmel.
326
— fecunda Stapf.
328
— Fehi Yieill.
328
— Fei Nadeaud.
328
— Filzalanii F. v.
Muell.
330
— flava Ridl.
330
— gigantea 0. Ktze. 330
— Gilletii De YY'ild. 330
— g lança Roxb.
330
— Harmandii Hub.
331
— Hillii F. v. Muell. 331
— hirta Becc.
331
— Ilolstii K. Schum. 331
— Nom blei Beq.
332
— humilior Sloane.
— humilis Perr.
324
— hybrida Gillet.
336
— imperialis Hort.
—

Vilm.

Jackeyi

S. Kurz.

336
331

M u sa j a p u n ir a Hort.
332
— K a n t a il y Au cl.
319
— K a r a n g Kurz.
336
— ke x o e n sis Wats.
333
la n c e o la la Warb,
337
/a s io ca r p a Fr an c h. 337
— L a u r e n tii De Wild. 337
— L iv in g s to n ia n a Kirk. 337
M a d a y i F. v. Muell. 337
— m a c u la ta Jaccj.
338
— m a la c c e n s is Ridl. 338
— M a n n ii Wendl.
338
— M a r ti n i i Auct. 339, 322
— M a s s o n ii Sagol. 324, 347
— — var. M a s s o n ii Sagol. 347
— rn e n sa ria (Rumph.)

—
—
—
—

—

—
—
—
—

—

Moench.

347

microcarpa Becc. 339
mindanensis Rumph. 356
Nagensium Pr.
339
nana Pour.
339
nepalensis Wall. 340
nigra Perr.
340
odorata Lour.
347
oleracea Yieill.
348
orient uni Auct.
359
ornata Roxb.
353
paradisiaca L.
340

—
— — sbsp. normalisO. Ktze.344
— — sbsp. sapientium (L.)
O. Ktze.
345
— sbsp . seminifera
(Lour.) Bak.
350
— — sbsp. troglodylarum
(L.) Bak.
351
— — var. Charnpa Bak. 347
— — var. compressa Bl. 349
— — var. Dacca (Iloran.)
Bak.
348
— — var. duhia King.
350

Musa — var. formosana

361

Warb.
351
— var. Hookeri King. 350
— — var. Kantally Auct. 349
var. marlabaniea Bak. 347
var. Massonii Sagoh 347
var.
rnensaria
(Rumph. Bak. 347
var. odorata ( Lour.)
Bak.
347
—- var.oleracea Yieill.)
Bak.
318
var. pruinosa King. 350
— — var. Rarukala. 349
var. regia Rumph. 1
Bak.
347
— — var. rubra Firminger) Bak.
348
— — var. rubra Chai.
348
— — var. sanguinea Welw. 349
var. Thomsonii King. 351
var. violacea Bak. 348
- — var. vi lia ta Ilook. f. 349
— F e r r ie r i Clav.
325
— Fierrei Auct.
352
— proboscidea Üliv.
352
— Baoulii Ilub.
352
— Rarukala Auct.
349
— regalis Mort.
347
regia Rumph.
347
religiosa Dybowski. 352
— rhinozerotis S. Kurz. 340
— rosacea Jacq.
352
— rosea Bak.
353
— rubra Firminger.
348
— rubra Wall.
353
Bumpbiana S. Kurz. 318
— salaccensis Zoll.
353
sanguinea Ilook. f.
554
— sapientum L.
345

�É.

DE WILDEMAN

350
Musa sapienlum Roxb.
345
- salira Huni pli.
— Sch weinfurl/i ii K.Sch um .
354
el Warb.
— Seemaimii K. Muell. 328 , 331
— seminifera Lour.
350
— sikkimensis Ilook. f. 350
— silreslris Leni.
355
— silreslris Colla.
356
sini iaruni S. kurz.
354
— simiarum Rumph.
319
— sinensis Sa^ol.
323
— speciosa Ten.
353
— suaveolens Mann.
354
— sumalrana Becc.
354
— superba Roxb.
355
— textilis Nee.
356
— — var. amboinensis
(Rumph.) Miq. 357

Musa Tikap Warb.
357
— Ionienlosa Warb.
357
— troglodytarum Gaertn. 350
— troglodytarum L.
351
— troglodylarum S. kurz. 328
— troglodytarum L. var.
textoriu Blanco.
356
— u1ugurensis Warb. et
Mor.
358
— uranoscopus Lour.
325
— uranoscopus Rumph.
351
— uranoscopus Seem.
328
— velutina Wemll. el
Drude.
358
— rentricosa Welw.
358
— violascens Ridl.
359
— villafa Ackermann.
349
— Wilsoni Teetch.
359
— zebrina V. Houtte.
338

ACON, PROTAT F R È R E S , IMPRIMEURS

��\iiiiii I(’s du 1/usée Colonial de Marseille T. X. 'X Série

Spermolepis tannifera lleck.
(Rameau fructifère)

Planche I.

���Annules &lt;tn Musée Colonial de Marseille T. A. 'A Série

-

Gardénia Aubryi \ieillard
(Rameau fleuri el JleurJ

Planche I \ .

�1nnales du Musée Colonial de Marseille T. \. 2e Série

Gardénia Aubryi \ ieill.
(Rameau fructifère, fru it et yrainej

Clanc/te Y.

�[nnales &lt;/n 1fusée Colonial de Marseille T. \. 2* Série

Garcinia amplexicaulis Nieill.
(pied nuile)

Planche PI.

�\liliales du Musée Colonial de Marseille T. X. T Série

Garcinia amplexicaulis \iell.
(pied femelle)

Planche VU.

�I filiales &lt;ln Musée ( '.olonml de Marseille' T. \. '/ Série

Garcinia amplexicaulis Yioill.
(fleur mâle el /leur fem elle)

�Annales du Musée Colonial de Marseille T. Y. 2* Série

Lygodium reticulatum Schrk.

Planche I X.

�Annales &lt;ln \lnsée Colonial île Marseille T. A. 2* Série

Scævola Kcenigii Yahl.

Planche .V.

�Annales &lt;lu Musée Colonial de Marseille T. \. ‘2* Série

Carapa obovata Blainvillc - i \\locarpus obo\alus
( Rameau Jlenri et Jleurj

IMariche XI.

Jussieu^

��Annales du Musée Colonial de Marseille T. \. C Séné

Geissois racemosa l.abill.
(Rameau feuille , J'ruil el graine)

Planche \ / / l

�Geissois racemosa l.abill.
('inflorescence et fleur j

T sm sræ B sæ c

^ - ----------

�Annales du Musée Colonial &lt;le Marseille T. \. T Série

Rhizophora mucronata l.amk.
('Rameau Jleari et Jleurj

/Manche XC.

��Annules du Musée Colonial de Marseille T. Y. 2* Série

Melaleuca pungens Brongi. et ('.ris

Planche X V II.

�Annales du Musée Colonial de Marseille T. A. '? Série

Dendrobium fractiflexum Kincl
( Rameau Jlonil et structure floraleJ

rianclie XVIII.

�Dendrobium fractiflexum I inot
(bulbe, racine, tige)

��Phajus grandifolius Lour.
(fleur, araire, détails anatomiquesf

�Annales (lu Musée Colonial de Marseille T. \. Ÿ Série

Planche \ \ / l

\
\

Gardénia fusiformis Haillon ( Rameau florifère et Jlenr,

�liliales du Musée Colonial de Marseille T. \. 'J' Série

Gardénia fusiformis Haillon
(fruit el graines)

Planche V \I I I .

�Annales du Musée colonial de Marseille,
(2* série, t. 10. — 1912).

PI. XXIII bis. — Spathoglotlis ungicalata Heichb. lils.
(Lim odoruni unguiculatum Labill.).

Page 258.

�Myoporum crassifolium l'orsl.
( Cylliare.cyhim rrnssifuliiim Korst.y

�«

Annales du Musée Colonial île Marseille T. \. 2* Série

Planche XXV.

* J

Calophyllum inophyllum I..
*

�\nnales du Musée Colonial de Marseille T. X. 2* Série

Pleurocalyptus Deplanchei Brgt ot (iris
( l'remya Pancheri Bgt cl (iris; /•'. Grisei \ioillj

CIanche XXV!

�A niialrs &lt;lu Muser Colonial de Marseille T. \. 2' Série

Sophora tomentosa I..
(Rameau foliaire el Jlornlj

Planche \ \ V //

�I anales du Vfusée Colonial &lt;lc Marseille T. X. '2* Série

Sophora tomentosa I..
(fruit et détails floraux)

Planche X X VIII.

�\finales &lt;ln Musée Colonial de Marseille T. X. '2* Série

Phyllanthus bupleuroides Bâillon
( CilucUiilium Inipleuroides \lüll Vrgov;

Planehe XXIX.

�\anales du Musée Colonial de Marseille T. Y. + Série

l ’Iunclie X \ \.

Passiflora aurantia l'orsl. ^Pisommu uuianlia I..i IhII

�Annules du Musée Colonial de Marseille T. X. 2» Série

Xanthostemon aurantiacum Schlecht. (en fruit)

Planche X X X I

�Annales du Musée Colonial de Marseille T. Y. 2* .SVnV

Xanthostemon ciliatum Niedciuu

I*lanclie A A M I

�I liliales ilu \lunée Colonial de Marseille T. \. r Série

Deplanckea speciosa Nioilhml
Diplaiilhcra Doplanclioi I . Mucll.
(rameau Jloral cl détails Jlorausj

Planche \ \ \ l l l

���1liliales du Musée Halon ia ! &lt;!.• Marseille T. Y. 2* Série

Dubouzetia campanulata l’ambei
( Rameau Jlorifere)

Planche X X Y VI

��Annales au Mtisee u n o n iu l de Marseille 7. V. *2' Série

A l p h i t o n i a n e o c a le d o n ic a Cuillaumin
(Ponuulerris neocaledonica Schlecht.'

r tarir lie

l III.

��S o m m a i r e s d e s v o lu m e s p a r u s d e s

A N N A L E S 1)U MU S É E COLONIAL DE MARSEI LLE
1901. — H uitièm e volume. — IN euvième année.)

l*r fasriculr. — 1&lt; L e s S o l e s d a n s l' E x t r ê m e O r ie n t e t d a n s l e s C o lo n ie s f r a n ç a i s e s
l&gt;nr le proTuesour iln e io u r lliilic r i J acod i »k C&lt;mnF.iiov. — 2» L'O r d a n s l e s C o lo n ie s f r a n ç a i s e s

(liix lo riq u c , Jiixenienlx. procédée d 'e xtra c tio n , com m erce), |&gt;»r M. le |ir&lt;«fo*»eur ducleiir L auréat
2 ' "srirult. — 1» S u r l ’O u s o u n if ln g du S o u d a n (C«leu* Coppini llcokel' par M. t . n f . kh _
:ï » S u r le p r o c e s s u s g e r m i n a t i f «lam* O n g u e k o a - 1 S t r o m b o s ia (Olucacée^i. p»r M. E.
I l i r.KEi.. — 3® S u r l ’I g n a m e p l a t e d u J a p o n ( Dioscorea Japonic.a Thomb. i, par M E n rCkKL

— 1° L e c a p i t a i n e L a n d o lp h e
la première colon'ARtion françaiie .lu Beum. par M. P.
— 5° C u l t u r e d e s a r b r e s à g u t t a en Inde-C hine e t HU* Inde* néerlandais.», par M . c . V.rx. . —
t;® N o t e s d ' e x p l o r a t i o n é c o n o m i q u e a u C o n g o f r a n ç a i s , par M. Leon B ra m » » .
1902. — X eueièm e volume. — ( Dixième année

l. V o y a g e s c i e n t i f i q u e a u S é n é g a l , a u S o u d a n e t en C a s a m a n c e . par.M.A. Cuevaum.
2 J o u r n a l d e r o u t e d u S é n é g a l a u S o u d a n e t a u F o u t a h -D ja llo n . par le capitaine
D evaux.
1903. — P rem ier volume, 2 ' -U1rie. — (Onzième année).

I" ïe oriente.
L ' E x p o s i t io n d 'H a n o i, pur le p ro ie—eu r P. C o n n u , ..vec 3e nombreuse, illustration.
2' n eiarle. — I G r a i n e s g r a s s e s n o u v e l l e s o u p e u c o n n u e s des Colonie» français, eto.le
bo tan iq u e, chim ique et in d u strie lle , p a r M. Edouard II kokkl. — 2. R e c h e r c h e s s u r la c o m p o s i­
t i o n d e l ' a lb u m e n d e s g r a i n e s .1W strorunjum rulgare M art. et li'Œnccarpu* B&lt;u»bo M ari.,
P alm iers de In G uyane française, p ar M. I.ihahu. — 3. C a t a lo g u e a lp h a b é t iq u e r a is o n n é
.les plantes iiiédicin-’iles

pI

toxiques île M ad ag ascar ave.- leu r emploi iadiçene, pm M. Edouard llsr.Krc,

1904. — D euxièm e vo lu m e. 2r S é r ie . — (D ouzièm e année).

i . R e c h e r c h e s a n a t o m i q u e s s u r la fle u r d u T a n g h in du M é n a b é

M a d a g a sca r)

p ir Paul D op, d o c te u r es science», ch arg é d 'u n cours de botanique, n la facilité des sciences de Toulouse.
i E t u d e s u r l' i l e d e la R é u n io n IG éographie physique ; Riebi-*sr&lt; n atu relles ; C ulture, et Industries.
M r le l)r 11. J&amp;con de C ordruoy . ch a rg é de cours à l'E cole de médecine e t A l'In stitu t colonial de M arseille.
3 S u r u n n o u v e a u C o p a l e t s u r u n n o u v e a u K iq o fournis, le p rem ier par le fruit, et le second
p ar le tronc et les rameaux du D ipleryx odorala W illil. (Étude anatom ique du genre Dipleryx et étude
chimique de ses produits), par MM. Edouard Hkckkl. II. Jacob de C.omifmoy cl Eu. SCHLAfinsVHAurrr.s.

4. E t u d e e t h n o g r a p h i q u e s u r la r a c e M a n d u H a u t-T o n k in ,p a r le capitaine Mua», .le I“idi.interie coloniale.

1903. — Troisième volume. 2e Série. — (Treizième année).
1° M a d a g a s c a r en 1 7 5 6 . par M. B e h n a iid , chirurgien mi service de la Compagnie des Indes
préface par M le professeur Ga f f a r b l ■. — 2e E tu d e ch im iq u e s u r les h u ile s de bois
d 'In d o -C h in e , par M. F.t . L e f e u v r e . — 3® E tu d e m o rp h o lo g iq u e e t a n a to m iq u e du
S a b li e r (llura crépitons L. . par M. G il l e s . — 4® L ’E p e ru a f a lc a ta Aublet ( Wapa huileux
de la Guyane), au point de vue de la Morphologie externe et de 1Anatomie, par M. L. C o u r c h et .
professeur à l'École supérieure de pharmacie de Montpellier. — 3* L e K iro n d ro de M a d a g a s­
c a r (Perriera Madagaacariensis Courchell, nouvelle Simaroubée toxique par M. L. C o u rch et .
professeur à l’Ecole supérieure de pharmacie de Montpellier. — 6* E tu d e du V oanpiso ou
M o ra n d a , péricarpe comestible du Raphia pedunculato Palisot de Beauvois, de Madagascar, au
point de vue botanique et chimique (nouvelle source de matière grasse), par MM. D ecrock et F r .
SoiiLAüüBMiAUFKKN. — T® M o rp h o lo g ie g é n é ra le e t é tu d e an ato m iq u e de la la rv e
d’Io Ir e n e . chenille séricigène de la Guyane Française, par M. L. B o h uas . docteur es sciences
naturelles, docteur en médecine, maitre de conférences à la Faculté des sciences de Rennes.
190C.

—

Q uatrièm e volum e,

2'

Série.

— (Quatorzième année).

É t u d e s u r l e d é v e l o p p e m e n t d e l ' a p p a r e i l s é c r é t e u r d e ï ’Epehva ^ cata
A u b l e t , pat M. Il J aco d de Cordemoy, chargé de cours a 1 F.cole de médecine, chcl des travaux pratiques de botanique à la Faculté des Sciences de Marseille. - 2® D e s s i n p h o t o g r a ­
p h i q u e d e s f e u i l l e s , note de M le Professeur Louis P lanchon. de 1 Université d e, font
pe Hier — 3* R e c h e r c h e s m o r p h o l o g i q u e s e t a n a t o m iq u e s s u r le
^
k av de Madagascar (Cedrelopsis Orevei 11. B â il l o n , par M. le professeur Lucmn Coürchet. de
U niversité de Montpellier. - ^ C o n t r i b u t i o n ^ è t u d e du g e n r e
K BallIon , par M. le Professeur L u cien C o u r c h e t . — 5® C o n t r ib u t io n à 1 é t u d e
T
T
p o i n t s d 'a n a t o m ie i n t e r n e d e s P h y l l i e s Phy Ilium c r u r a l m m
M. L. Bordas, docteur ès sciences, docteur en médecine,
v IÏÏS Îl
d es Sciences de Rennes. - ü« R e c h e r c h e s s u r 1 a p p a r e i l s é c r e tte u r du _«^ n
G uianens.s A u b l e t (C o u m a té l et du Mach.çrium ebhrcg.necm Per* t L i ^ e s a n ç ^ e t ^
l.i com position chimique des kinos qu ils fournissent, par . .
' •1 .
cl j e tpharFaculté des sciences de Marseille, et M. Ribaoi. agrégé a la Faculté de médecine et ne f
inacie de Toulouse.

�Sommaires des volumes parus des

AN N A L E S DU MUS ÉE COLONIAL DE MA R S E I L L E
1907. — Cinquième volume, 2° Série. — (Quinzième année),
l*' R e c h e rc h e s m o rp h o lo g iq u e s e t a n a to m iq u e s s u r u n e R u b ia c é e n o u v e lle de
M a d a g a s c a r : Dirichlelia Princci nova s p ., p a r M. P aul D o p , docteur ès sciences, chargé d'un
cours de botanique ici» Faculté des sciences de Toulouse. — 2® S u r q u e lq u e s p la n te s n o u ­
v e lle s de M a d a g a s c a r a u point de vue morphologique et anatomique, par M . D u h a r d , maître

de conférence de botanique coloniale à la Sorbonne, et P. D o p , charge de cours à la Faculté1des
sciences de Toulouse. — 3° S u r le P r o to r h u s P e r r i e r i nov. sp. de Madagascar, par M. le
professeur L. C o u r c h e t . — 4° L e K itso n g o v r a i de M a d a g a s c a r, Roure,i (Byrsocarjws)
orientalis H. Bn., par M. le professeur L. C o c u c iie t . — 5° L e K lno d e s M y r is tic a c é e s

recherches s u r l'appareil sécréteur de Kino chez ces plantes, par M. II. J.vcon n e C o r d b m o y , pro­
fesseur à l'école de médecine et à l'Institut colonial, chef de travaux à la Faculté des sciences de
Marseille. —6° E x a m e n c h im iq u e du K ino d e B o u rg o n i. par M Rm.vur, chargé de cours
la Faculté de médecine et de pharmacie de Toulouse. — 7® R e c h e rc h e s s u r le s E r y th r o p h leu m et en particulier sur
Couminga II. Bu., par le docteur Louis P l a n c iio n , professeur
à l’Ecole supérieure de pharmacie de Montpellier. — 8° E tu d e c h im iq u e de l’E c o rc e d ’E r y th ro p h le u m C oum inga. par M. le docteur L a b o r d b , professeur agrégé à la Faculté de méde­
cine et de pharmacie de Toulouse, pharmacien en chef des Hospices civils — 9° S u r q u e lq u e s
a n te s u tile s ou in té r e s s a n te s du N o rd -O u e st de M a d a g a s c a r , par M. H e n r i
Îdumkllb
, professeur à la Faculté des Sciences de Marseille. 10° N o te s s u r la F lo re d u N ordO uest de M a d a g a s c a r, par MM. II. J um elle et H. P erribr ne la B atiiie.

190*. — Sixième volume, 2* Série. — (Seizième-année).
■ E s q u is s e s u r la p ê ch e d a n s la p ro v in c e de T u lé a r . p a r M. C a m ille L e B a r b ie r e t
r e v u e p a r M. le p r o f e s s e u r D a r b o c x . — 2° Le g e n re P le c ta n e ia de M a d a g a s c a r , p a r
MM. H en r i J um elle e t P e r r ib r de la B a t iiib . — 3° C o n trib u tio n à l ’é tu d e d e s fé c u le s
de l'In d o c h in e , p a r M. F. D e c r o c k . — 4° N o te s b io lo g iq u e s s u r la v é g é ta tio n du
N.-O. de M a d a g a s c a r : L e s A sc lé p ia d è e s, p a r MM. H e n r i J u m e l l e et P e r r ib r de la
B a t iiie . — 5” Le c a o u tc h o u c des h e rb e s a u Congo f r a n ç a is , p a r M. A. B a u d o n . — •&gt;“
S u r q u e lq u e s p la n te s à g r a in e s g r a s s e s n o u v e lle s ou p e u c o n n u e s d es c o lo n ie s
f r a n ç a is e s e t en p a r t i c u l i e r de M a d a g a s c a r, p a r M. E d o u a r d I I e c k e l .

1909. — Septième volume, 2'

Série.

— i Dix-septième année,.

i* C o n trib u tio n à l’é tu d e a n a to m iq u e e t h is to lo g iq u e d es p la n t e s te x t il e s e x o tiq u e s
(Passiflorées, Musacées, Palmiers, Aroidèes, Cypéracées), par P a s c a l C l a v e r ie . — 2° N o te s
s u r des p la n te s la r g e m e n t c u ltiv é e s p a r le s in d ig è n e s en A friq u e tr o p ic a le , par

M. E. de W il d b m a n , professeur au cours colonial de l'Ecole d'horticulture de Vilvorde (Bel­
gique). — 3» S u r l'a c tio n to x iq u e de la S a p o n in e d e s g r a i n e s du S a p ix d u s s e n e g a l e n s is Juss., par le Dr J. C h e v a l ie r (avec une introduction du prof. Dr lleekel). — 4° S u r
q u e lq u e s fé c u le s d es C olonies, en p a r t ic u l ie r de l'In d o -C h in e, par M. E. D e c r o c k .
prof, adjoint à la laculté des Sciences de Marseille. — 5® N o te s s u r la flo re e t le s p la n te s
écono m iq u es du B a s Congo f r a n ç a is , par M. A. B a u d o n . administrateur colonial au
Congo français. — 6° E tu d e s u r q u e lq u e s fé c u le s c o lo n ia le s , par MM. Louis
P l a n c iio n , professeur, et A. J u il l e t , chef de travaux à l'Ecole supérieure de Pharmacie de
Montpellier.
1910. — Huitième année, 2' Série. — (Dix-huitième année).

1®L es p la n te s u tile s de M a d a g a s c a r, p a r M. E d o u a r d IIECKEL. — 2° F r a g m e n ts b io lo ­
g iq u e s de la flo re de M a d a g a s c a r [Dioscorea, Àdansonia, Coffea, etc.), p a r MM. H e n r i
JUMELLE et H. PERRIER de LA BATIIIE.

1911.— Neuvième volume, 2°

série. — (Dix-neuvième année).
l’é tu d e de la s t r u c t u r e du f r u i t e t de la g r a i n e d e s C lu sia c é e s
(Recherches particulières sur l’appareil pilifère de la graine des Symphonia et sur la pulpe du

P C o n trib u tio n à

fruit des Garciniées), par M. H. Jacob de C o r d e m o y , chargé de cours à l’Université de Marseille.
— 2° R e c h e rc h e s m o rp h o lo g iq u e s e t a n a to m iq u e s s u r la g r a i n e d e s R a v e n a la .
par M. E. D ec r o c k , professeur adjoint à la Faculté des sciences de Marseille. —3®S u r un P itto s p o ru m n o u v e a u de la N o u v elle-C aléd o n ie, par M. Marcel D u h a r d . — 4® C o n trib u tio n
à. la flore de B o u ra il (N ouvelle-C aléd o n ie), par M. A. G u il l a u m in , docteur ès sciences,
préparateur au Muséum de Paris. — 3° C a ta lo g u e d es p la n te s p h a n é r o g a m e s de la N o u ­
velle-C aléd o n ie e t d é p e n d a n c e s (lie des Pins et Lovalty), par M. A. G u il l a u m in , docteur ès
sciences, préparateur au Muséum de Paris. — C° S u r le à a c o r c a u lo n P a te r s o n ii E c k l. e t
Z eyh., au point de vue anatomique et sur la nature résineuse de son écorce, par M. Louis
P l a n c iio n . professeurà l’Université de Montpellier. — 7° S u r l’E r y th r o p h le u m d e n siflo ru m
(Elm ) M e r r ., par M. Louis P l a n c iio n , professeur à l’Université de Montpellier.
MACON, PROTAT FR IiR ES, IMPRIMEURS

2 eu

-fl

i

�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="1427" order="7">
        <src>https://odyssee.univ-amu.fr/files/original/2/270/Annales-Musee-colonial_1913-Vol-01.pdf</src>
        <authentication>39ed1ca4db36dae84996656cd739d8e9</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="92">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="8677">
                    <text>ANNAL ES
DI

DE M A R SEILLE
FONDÉES EN

iM.

L 12 P R O F E S S E UR

1893

PAK

I ) 1' E d o u a r d

H E C K .E L

ci ])iil&gt;liéc&lt;i sous sa direction.

Vingt-et-uniéme année. 3e série. 1er volume (1913)
1° Palm iers de Madagascar, par MM. H. JUMELLE cl H. PERRIER de la BATHIE.

1913 - Vol 1
HÈ RE S,

IMPRIMEURS

2'’ Étude botanique du CA ) -SE.V Dasillipe Pasquieri Dub.), Sapotacée à graine oléagi­
neuse de l'Annam, pur M. Marcel DUBARD.

3° Contribution à l’étude anatomique des Dypsidées (P alm iers; de Madagascar, par
M. J. ACHILLI.
■i° Orchidacées de Madagascar. OrchUiacae Perrierianae Madagascarienses, par M. R.
SCHLECHTER.
5° Les cultures indigènes de la région du Gribingui Afrique centrale , par M. A.
BAUDON, adm in istrateu r des Colonies.

6° Osbeckiées malgaches (Méluslomacées , par MM. II. JU MELLE el H. PERRIER
de la BATIIIE.
7° Analyse d’un Tabachir de l’Indo-Chine, par M. le Dr E. LABORDE,professeur agrégé
à la Faculté de Médecine el de Pharmacie de Toulouse.

M A R SEILLE

MUSÉE COLONIAL
5, R ue N c a i l l e s , 5

1913

�ANNAL ES
DI

DE M A R SEILLE
FONDÉES EN

iM.

L 12 P R O F E S S E UR

1893

PAK

I ) 1' E d o u a r d

H E C K .E L

ci ])iil&gt;liéc&lt;i sous sa direction.

Vingt-et-uniéme année. 3e série. 1er volume (1913)
1° Palm iers de Madagascar, par MM. H. JUMELLE cl H. PERRIER de la BATHIE.
HÈ RE S,

IMPRIMEURS

2'’ Étude botanique du CA ) -SE.V Dasillipe Pasquieri Dub.), Sapotacée à graine oléagi­
neuse de l'Annam, pur M. Marcel DUBARD.
3° Contribution à l’étude anatomique des Dypsidées (P alm iers; de Madagascar, par
M. J. ACHILLI.
■i° Orchidacées de Madagascar. OrchUiacae Perrierianae Madagascarienses, par M. R.
SCHLECHTER.
5° Les cultures indigènes de la région du Gribingui Afrique centrale , par M. A.
BAUDON, adm in istrateu r des Colonies.
6° Osbeckiées malgaches (Méluslomacées , par MM. II. JU MELLE el H. PERRIER
de la BATIIIE.
7° Analyse d’un Tabachir de l’Indo-Chine, par M. le Dr E. LABORDE,professeur agrégé
à la Faculté de Médecine el de Pharmacie de Toulouse.

M A R SEILLE

MUSÉE COLONIAL
5, R ue N c a i l l e s , 5

1913

�PALMIERS DE MADAGASCAR
P ar MM. II. J umelle cl II. P ehiuek oi: la Bâthie .

Dans sa belle m onographie illustrée des Palm iers m algaches1,
actuellem ent en cours de publication, M. Beccari rattache à
13 genres toutes les espèces de cette famille qu'on connaît
aujourd hui dans notre colonie.
Six de ces genres appartiennent aux Arécinées-D vpsidées ;
ce sont : les P hloya, les Yonitra et les Xeodypsis, dont l'al­
bumen est rum iné, et les D ypsis, les Neophloga et les C hrysalidocarpus, dont l'album en est égal.
Est une A récinée-U avénée le genre Ilavenea.
Parm i les Phoenicées, le genre Phoenix est représenté par
une variété madayascariensis du Phoenix reclinala.
De la tribu des Borassinées sont les genres Borassus,
H yjdiaenc et M edemia.
Enlin on trouve une Cocoïnée, \ Elaeis yuineensis, et une
Lépidocaryinée, le Iiaphia Iluf/ia.
C est par une note publiée par nous-mêmes en janvier 1911 2
que l'indigénat de Y Elaeis yuineensis a été pour la première
fois signalé à M adagascar. Plus récem m ent, d'autre part, et
alors qu'était déjà paru le premier, fascicule de l'ouvrage du
botaniste italien, nous avons été amenés à créer dans la tribu
découvert par
des A récinées, à propos du palm ier
l'un de nous dans la forêt d ’A nalam azaotra, un nouveau genre
Louve lia 3.

lakamarefo,

1. ü d . Beccari : P a lm e del M adagascar. F lo ren ce, 1912.
2. II. J u m e ll e et II. P c r r ic r de la Bâthie : Le p a lm ie r à huile à Mada­
gascar. Les M atières g ra s se s, 15 j a n v i e r 1911).
3. II. J u m e ll e e t II. P e r r ie r d e l à B âth ie : Un nouveau genre de P a l­
miers de Madagascar. (C om ptes R end us de l'A cadém ie d e s Sciences,
août 1912).
I
Annales &lt;/u Musée colonial de Marseille. — 3 série, l ,r vol. 1913.

�2

II. .1l'MKl.I.IC RT II. l'RRIUKIl l&gt;l&lt;: LA UATHIE

\nnales du Musée colonial de Marseille
3" série, t"r volume 1013.

Dans l’étude d’ensemble que nous allons l'aire ici, non pas
de tous les Palm iers de l'ile, mais de tous ceux que l ’un de nous,
depuis une quinzaine d années, a pu récolter pendant ses explo­
rations à travers presque toutes les régions de notre vaste
colonie, nous aurons donc quatorze genres à considérer.
Xor.

LePhloga polystachya Xor. a été m aintes fois confondu
avec le Dypsis gracilis Borv que nous décrirons plus loin.
Cette confusion s’explique aisém ent, car les deux espèces ont
des segm ents foliaires à peu près de même form e, et leurs
inflorescences, avec leurs nom breux ram eaux grêles, ont aussi
sensiblem ent le même aspect. Les échantillons d ’herbiers
étant souvent incom plets, il n'y a rien de surprenant à
ce que l ’on ait entrem êlé les descriptions de ces deux Palm iers
en attribuant à l'un les feuilles de l ’autre, ou inversem ent. Ce
sont pourtant deux espèces bien distinctes, puisque le Phloga
polystachya est à six étam ines et à album en rum iné, et le
Dypsis gracilis à trois étam ines et à album en égal.
D’après nos spécim ens, nous relevons deux autres dilférences qui nous sem blent assez constantes. Vers le m ilieu tout
au moins de la feuille les groupes de segm ents foliaires sont,
en général, nettem ent alternes dans le D ypsis gracilis et plus
fréquemm ent opposés dans le Phloga polystachya ; en second
lieu, dans les inflorescences, les petites bractées situées aux
bases des prem ières ram ifications sont acum inées chez le
Phloga polystachya et arrondies ou seulem ent aiguës chez le
Dypsis gracilis.
Le Phloga polystachya typique est nom m é
à A nalamazaotra, où l’un de nous l ’a récolté vers 800 m ètres d ’a lti­
tude.
C'est, dans cette région, un petit Palm ier, dont le tronc a
2 à 3 mètres de hauteur et i centim ètres au plus de diam ètre.
Les feuilles (PI. I) peuvent avoir 1 m ètre de longueur. La
gaine, longue de 20 à 25 centim ètres, est glabre, ou couverte
vers le haut de poils rougeâtres, q u ’on retrouve sur le rachis;

tsiriky

i^ment de limbe et inflorescence du Phloga polyslaolni a Nor.

Phloga polystachya

�PALMIEjiS DK MAUAGASf.AU

3

elle n’est fendue que vers le sommet. Sur le rachis, dont la
base est bien distincte du somm et de la gaine, comme chez les
N eophloga, le prem ier segm ent n ’est inséré qu’à 20 centim ètres

Fig. 1. — Sommet «lu limbe et inflorescence du l'Iiloya polystachya d Andasibé.

de cette base. Au delà, ces segm ents sont d'abord isolés et
alternes ; m ais ils se groupent ensuite par 2 ou 4, et ces
groupes très espacés sont généralem ent opposés, plus rare-

�I

11. JUMELLE ET II.

PEU KI ER llli LA PA IIIIK

ment alternes. V ers'le som m et, ils sont de nouveau isolés et
altern an ts. Chaque segm ent est ovale, très acum iné, de 23 cen­
tim ètres environ de longueur sur 3 centim ètres de largeur
vers la région m édiane.
Les inflorescences, qui sont rougeâtres, sont plus courtes
que les feuilles. Elles sont deux ou trois fois ramifiées ; et les
dernières ram ifications, qui sont très grêles, sont garnies de
glom érules triflores. L inflorèscence totale a 40 centim ètres à
peu près île long u eu r; la prem ière gaine, fendue seulem ent au
som m et, a 17 c e n tim è tre s; la seconde, par laquelle sort la
grappe, dépasse cette prem ière gaine d une longueur égale.
Les Betsim isaraka em ploient le tronc du tsirik y comme Lige
de sarbacane.
Sous le nom de stenophylla'Sl. B eccaria décrit une variété
de Phloga polystachya à segm ents étroits. C 'est une variété
analogue qui, dans le bassin de l'O nive, alïïuent du M angoro,
croit dans la foret d'A ndasibé, sur les gneiss, à 1.400 m ètres
d ’altitude. Le stipe en est encore grêle, de 2 à 3 m ètres de
hauteur et 4 centim ètres de diam ètre; et les feuilles (fig. I)
ont aussi un m ètre de longueur; m ais les segm ents, longs et
étroits, n'ont, pour 30 centim ètres de longueur, qu'un centi­
m ètre de largeur. Vers le milieu de la feuille, ils sont par
groupes de 4 à 0, opposés ou à peine alternes ; et les paires
de groupes opposés sont très espacées le long du rachis. Les
inllorescenees encore jeunes sont enveloppées de deux gaines,
mais, dans la suite, 1 inférieure seule de ces gaines persiste.
La longueur de l'inflorescence est de 40 centim ètres environ.
Les petites bractées axillantes des prem ières ram ifications
sont toujours très nettem ent acum inées.

Vonitra Thouarsiana Beccr.
C'est l'ancien D ypsis Thouarsiana de B âillon, qui, en le
signalant en 1894 1 dans 1 île de Sainte-M arie, avait d'ailleurs
1. Bâillon : Les P a lm iers m alg a ch es à p e tite s p e u r s . (B ulletin m e n s u e l
île la Société L in n é e n n e île P a ris, 7 nov. 1894).

PALMIERS DE MADAGASCAR

O

m entionné son nom indigène de vonitra. Plus tard, en 1906,
M. Beccari fit de ce Dypsis Thouarsiana le Vonitra Thouar­
siana. Mais un point restait à élucider, et l ’un de nous le faisait
rem arquer en 1907 h M. W rig h t, en effet, en octobre 18942,
dans le Bulletin de Kew, avait, de son côté, nommé Dictyosperma fihrosum un palmier qui, dans l’E st de l'ile, porte le même
nom indigène de vonitra et est bien connu comme producteur
depiassava. La description de l ’auteur anglais étant toutefois
très incom plète, on pouvait se dem ander si le Dictyosperma
fihrosum et le Vonitra Thouarsiana n'étaient pas, en réalité,
une seule et même espèce.
M. Beccari, en 1911, comm ençait à éclaircir la question,
car, après un nouvel examen des échantillons de l'herbier de
IveAv, il nom m ait Vonitra phrosa le Dictyosperma de W right ;
c’était donc un prem ier rapprochem ent avec l'espèce de
Bâillon. Le botaniste italien ajoutait, au reste, qu'il n'était
pas bien sûr que les deux espèces ne dussent, plus exactem ent,
être réunies en une seule ; et il exprim e la même incertitude
en 1912 dans son grand ouvrage sur les Palme del Madagas­
car. 11 n'ose cependant, dit-il, se prononcer, car il ne connaît
ni les fruits du Vonitra Thouarsiana, ni ceux du Vonitra
phrosa ; et il relève entre les deux plantes quelques diffé­
rences dans la nervation des segm ents. Ces segm ents seraient
parcourus par 4 à 6 nervures, dont 3 plus grandes, chez le
Vonitra Thouarsianna, et par 3 fortes seulem ent chez le
Vonitra phrosa, les autres étant, du moins, beaucoup plus
petites; puis plusieurs nervures secondaires donnent, en outre,
à ces derniers segm ents un aspect strié.
Ce sont là, nous sem ble-t-il, des différences qui ne sortent
pas des lim ites de celles que nous pouvons relever lorsque
sur nos échantillons, qui proviennent du vonitra du m ont
V atovavy, nous com parons les divers segm ents d'une même

1. II. J u m e ll e : Les R essources agricoles et fo restières des colonies
fra n ça ises. M arseille, 1907.
2. W r i g h t : M adagacar P iassava. (B u lletin of the M isçellaneous Infor­
m a t io n s ; Kew, 1894).

�fi

il. jl Mil u

ii

ii. im h h i i n

ni: i a n \ i mil:

feuille ; e( nous pensons devoir nous y arrêter d'autant m oins
que la ronifra du versant oriental de M adagascar a un lacies

PA LMIKKs hl

MAIiAUASCAK

sur le flanc des collines, il se ramifie davantage, mais n’a
plus que o à G m ètres, et un diam ètre maximum de 10 centi­
m è t r e s ; v e r s le somm et de ces collines, et surtout aux envi­
rons de :»00 m ètres, altitude qui est sa limite extrêm e, ce
n'est plus qu ’un palm ier nain, très ramifié, de 2 à d m ètres
seulem ent de hauteur, avec un diam ètre de d à b centim ètres.
Feuilles et inflorescences varient parallèlem ent de grandeur.
E t cependant tous les autres caractères ne perm ettent pas de
douter que ce soit toujours la même espèce.
Nous sommes donc persuadés que le
de l'E st est
invariablem ent le Yonilrn Thouarsiana ; le Vomira fibrosa
(Dictj/ospernia /ibrosuni) n ’en serait, au plus, qu'une des
formes.
l u e description de nos spécimens du Yatovavv serait inutile;
elle ne serait que la reproduction de la description déjà donnée
p arM . Beccari pour le Vomira /ibrosa. Notons seulem ent,
puisque M. Beccari n ’a pas connu les fruits de son Vonilra
Thouarsiana, que ceux de notre vonitra ressem blent bien à ceux
du Vonilra /ibrosa, tels que les a figurés M. Beccari lui-mêm e,
dans sa petite note sur Le lbilme cireproducono fibre di piassara
nel Madagascar (A gricoltura Coloniale, 19 1 I ). Ils sont un peu
plus gros que ne l’indique M. W hright, mais cette différence
est due sim plem ent à ce qu'ils sont plus com plets (ceux de
l’herbier de Kew étan t privés de la partie externe du péri­
carpe), puisa ce cjue nous les avons conservés dans le formol.
Ces fruits com plets ont 24 m illim ètres environ sur 20 et sont
donc un peu ovoïdes; lorsqu'on a enlevé la partie externe du
péricarpe, la graine encore enveloppée de la partie fibreuse a
20 mm. sur lo, et est à som m et largem ent arrondi et un peu
déprim é, comme dans la figure que donne M. Beccari pour
le Vonilra /ibrosa. Et cette ressem blance entre les fruits d'un
palm ier dont les feuilles sont celles du Vonitra Thouarsiana
et les fruits de ce Vonitra /ibrosa sont une nouvelle preuve
que les deux espèces doivent être réunies.
C'est ainsi, en définitive, le \ onitra Thouarsiana lig. 2 et
fig. Mi qui, dans l'E st de M adagascar, est le producteur du
piassava qu'exporte notre colonie. Les filaments fibreux, dont

vonitra

Fi,'. 2. — So m m et du limbe cl buse du rachis du Vonilra I houarsiana liée.

très variable suivant les conditions ou il pousse. Dans le fond
des vallées, c’est un palm ier peu ramifié, dont le tronc atteint
12 à lo m ètres de hauteur et un diam ètre délit) cen tim ètres;

/

�S

II. JUMELLE ET 11. PEU RI ER DE LA HAT1I1E

1 origine exacte a été plusieurs fois discutée, sont recueillis
sur le tronc, où ils représentent ce qui reste après la décom ­
position des vieilles gaines. C ontrairem ent à ce (pii a été

l'ig. 3. — Milieu du limbe cl extrémité de linflorescence
du 1 onilru Thouarsiana Bec.

raconté, il n'est guère possible de les ram asser sur le sol, car
ils ne tom bent que lorsqu'ils sont pourris.

PALMIEUS DE MADAGASCAR

Vonitra crinita
vonitra,

0

nov. sp.

Cet autre
qui est encore un Palm ier à piassava,
croît dans le Nord-O uest de Pile, dans le m assif du Manongarivo, vers 1.200 m ètres d'altitude.
Quoiqu'il offre encore d ’assez grandes ressem blances avec le
vonitra de l’Est, il semble cependant bien que quelques carac­
tères autorisent à le considérer comme espèce distincte.
1° Les troncs sont ramifiés comme ils le sont souvent
dans le Vonitra Thouarsiana ; m ais, tandis que dans ce Vonitra
Thouarsiana ces troncs sont isolés, ici ils sont ordinairem ent
par bouquets de trois ou quatre.
2° La carène de la face supérieure du rachis est plus aigue
que dans l'espèce précédente.
3° Les segm ents foliaires sont pourvus de plusieurs nervures
(5 à 7) très fortem ent saillantes, e tq u i donnent à ces segments
un aspect plissé que ne présentent pas au même degré les
segm ents du Vonitra Thouarsiana.
i° Les fruits sont un peu ovoïdes (20 cm. sur 18 à peine),
m ais le som m et de la graine qui est encore enveloppée de
la partie fibreuse du péricarpe est moins largem ent arrondi et
moins déprim é que dans l’autre espèce; sa base rétrécie et un
peu arquée forme, en outre, un petit bec, moins prononcé dans
cette espèce de l ’Est.
5° L 'album en est moins finement ruminé.
Le tronc du Vonitra crinita, qui atteint au plus 10 mètres
de hauteur, est, avons-nous dit, rarem ent simple ; il est plus
souvent deux ou trois fois ramifié à p artir du troisième m ètre
au-dessus du sol, et il est même parfois de nouveau subdivisé
plus haut. Les bases des ram ifications sont fréquem m ent
enfouies dans de gros bouquets de piassava, qui proviennent
des gaines ou des spathes ; et ces filam ents recouvrent, dans
certains cas, le tronc dès la hauteur du prem ier m ètre. Ils
sont d'au tan t plus abondants que l'arbre est plus jeune et de
croissance plus rapide, et que, par conséquent, ses gaines sont
plus longues. Sur les pieds âgés ils]sont très réduits.

�10

11. JUMELLE ET 11. PERIMER ME LA RATUIE

PALMIERS DE MADAGASCAR

Au-dessous de la partie recouverte par le piassava, le tronc
est annelé, grisâtre et ne dépasse pas 35 centim ètres de dia­
mètre ; vers le niveau du sol il est toutefois légèrem ent renflé.
Chaque ramification porte 12 à 15 grandes feuilles dressées.
Les gaines de ces feuilles peuvent avoir un m ètre de lon­
gueur ; ce sont leurs bords qui se dissocient peu à peu en
filaments. Le pétiole, plan ou peu convexe en dessus et
quelque peu caréné en dessous, a un m ètre égalem ent environ ;
il se continue par un rachis de 2 m. 50 à 3 m ètres, qui est
faiblement convexe sur la face inférieure et porte une forte
carène médiane sur la face supérieure. Les nom breux segm ents
itig. i) insérés assez régulièrem ent de p art et d 'au tre de ce
rachis sont nettem ent alternes vers les parties inférieure et
médiane de la feuille, mais deviennent plus ou m oins opposés
vers l’extrém ité. Ils sont sigm oïdes à la base, aigus au som m et;
ceux de la région médiane ont 60 centim ètres environ de
longueur sur 2 cent. 1/2 à peine de largeur. Les segm ents
extrêmes ne sont pas confluents; au contraire, au-dessus d'eux
le rachis se prolonge en un (in filament d ’une quinzaine de
centimètres.
Les inflorescences, dont les bases sont plongées dans des
amas de piassava situés au-dessous des feuilles, sont nom ­
breuses, roides et dressées. Lorsqu'elles sont jeu n es, chacune
est enveloppée de deux spathes, dont l'ex térieu re forme un
long étui ouvert au som m et, tandis que l’intérieure, un peu
plus longue, constitue une enveloppe com plète qui se fendra
ultérieurem ent.
Après l’épanouissem ent, le spadice, à axe long et fort, et
deux ou trois fois ramifié, est composé de très nom breux épis
de 50 centim ètres environ de longueur, sur 2 à 3 m illim ètres
d épaisseur. Tous ces épis flexueux portent, à des intervalles
de 3 à i m illim ètres, des groupes de 2 à 3 fleurs disposés en
spirale. Lorsqu’il y a trois fleurs, les deux latérales, comme
dans les Phlocja, les C hrysalidocarpus, etc., sont m âles, et la
médiane est femelle ; c'est vers les extrém ités qu ’il n ’y a plus
que deux fleurs, qui alors sont m âles.
Ces fleurs mâles, de 2 m illim ètres environ de hauteur quand

elles ne sont pas ouvertes, ressem blent beaucoup à celles du

Fig. î. — Milieu du limbe et extrémité d'inflorescence du \ onilru crinita.

Vnnitra Thouarsiana. Les sépales, striés longitudinalem ent,
sont suborbiculaires, mais repliés en deux intérieurem ent

�\2

Annales du Musée colonial de Marseille
3" série, I r volume 1913.
H. Jl'MEEl.E ET 11. PERlilEH DE I.V R\T111E

Page 13.

suivant leur longueur ; et la ligne médiane dorsale forme
ainsi une carène très nette qui se prolonge vers le bas en un
assez fort éperon. Les pétales, un peu plus longs que ces
sépales, sont ovales, arrondis au som m et, striés. Les six
étamines sont bisériées, les trois externes étant beaucoup plus
courtes que les trois internes, comme chez le 1 onitra 1 Louarsiana. A l'intérieur est un ovaire rudim entaire, long et
étroit, terminé par trois lobes stigm atiques qui affleurent au
niveau du som m et des plus longues étam ines.
La forme des sépales rend la fleur mâle vaguem ent trigone.
La fleur femelle est plus gobuleuse parce que ses sépales sont
plus arrondis dorsalem ent ; son ovaire, plus haut que large,
est ovoïde, obliquem ent aigu au sommet. A sa base sont
six stam inodes denliform es.
Nous avons donné plus haut les caractères des fruits et des
graines. Celles-ci sont presque globuleuses (16 m illim ètres
de diam ètre environ).
Ce Palm ier à piassava du M anongarivo pourrait être exploité
comme le Vonitra Thouarsiana de l ’E st, lorsque du moins on
se serait assuré qu’il est assez commun et lorsque aussi des
essais industriels auraient bien établi la valeur exacte de ses
filaments. D’après nos évaluations, un pied de 1 onitra crinila
pourrait fournir au minimum 3 kilogram m es de piassava.

Neodypsis Lastelleana

Baill.

Les Xeodypsis sont des Palm iers dont le port rappelle celui
des Chrysalidocarpus (pie nous décrirons plus loin ; m ais leur
album en est. rum iné, tandis qu'il est hom ogène chez ces
Ch rysa l id oca rp us.
Le Xeodypsis Lastelleana — que nous avions d'abord appelé
un moment Chrysalidocarpus fe rru y in e u s, lorsque nous n'en
connaissions que des fruits très jeunes et en m auvais état —
est la seule espèce du genre qui ait ju sq u ’alors été décrite.
Bâillon aurait, d ailleurs, d ’après M. Beccari, confondu sous
ce même nom deux Palm iers bien distincts, le vrai X eodypsis
Lastelleana Baill. et le Chrysalidocarpus p d u life ra Becc.

PI. II. — lîase de l'inflorescence (à gauche) e l gaine à d ro ite
du Xeodypsis Lastelleana.

�PALM 1ICUS DE MADAGASCAR

13

Le A eodypsis Lastclleana, qui a toujours été cité sans
indication précise de localité, se trouve sur les deux versants
de l'ile.
Sur le versant occidental il croît, comme le Chrysalidocarpu s oleraceus que nous citerons dans la suite, et dont il a le
port et les dimensions, dans tout l'A m bongo et le Boina ; il
est toutefois moins commun que ce Ckrysalidocarpus. Par
contre, tandis que dans l ’A nalam ahitso et le M anongarivo le
C krysalidocarpus oleraceus tend à disparaître et, en tout cas,
au-dessus d'une certaine altitude, est remplacé par le Chrysalidocàrpus m anonyarivcnsis, le Neodypsis Lastclleana persiste
en ces régions ju sq u 'à au m oins 1.31)0 m ètres. Il pousse par
colonies, et su rto u t dans les lieux frais.
Sur le versant oriental c'est, aux b assesaltitu d esju sq u ’à 400
m ètres, le
(ou « cou rouge ») des indigènes, qui le
nom m ent ainsi en raison de la couleur de ses gaines. Il pousse
souvent avec le Neodypsis basilongus.
Le Neodypsis Laslelleana est, à prem ière vue, nettem ent
caractérisé par l’abondant revêtem ent laineux, de couleur
ferrugineuse, que présente la face inférieure de ses gaines
foliaires (PL II).
Son tronc, dont la base est souvent renflée en un tubercule
hém isphérique, a 10 à I 3 m étrés de hauteur et un diam ètre de
30 à i-0 centim ètres ; il est très droit, annelé, gris blanchâtre.
Les feuilles, au nom bre de 12 à 15 par pied, ont 2 m. 30 à
3 m ètres de longueur. La gaine, très grande et en gouttière,
mais relativem ent mince, est longue de 45 centim ètres environ,
et large, lorsqu’elle est ouverte, de plus de 30 centim ètres ;
elle est rouge et glabre intérieurem ent, ainsi que dans sa
partie basilaire externe ; et c ’est surtout dans sa partie supé­
rieure externe qu elle est revêtue de l ’épais tom entum rouge
cannelle que nous avons signalé. Elle s’atténue vers le rachis,
en présentant toutefois à son som m et deux petites saillies
anguleuses. Le rachis, nu sur 23 centim ètres environ, est
glabrescent, légèrem ent convexe en dessous, un peu en gout­
tière sur la face supérieure, qui cependant s aplanit rapide­
m ent, ('ii même tem ps qu ’apparaît une forte carène, à sommet

menavozona

�H

II. J P MELLE HT II. PERRIKR l)K I.A I1ATIIIK

aplati ou un peu excavé. Dans le tiers supérieur, cette carène
subsiste seule et constitue linalem ent un rachis triangulaire.
Les segm ents (PI. 111) sont étroits, lancéolés, roides et toujours
isolés, à peine plus rapprochés vers le haut que dans le bas ;
ils ont vers la base du rachis 40 centim ètres de longueur et
I centim ètre de largeur, vers le milieu 3.3 centim ètres sur 11,
et vers le sommet 32 centim ètres sur 2. Sur la nervure
médiane sont de toutes petites squainules brunâtres.
Les inflorescences sont au nom bre de trois ou quatre par
pied, et aux aisselles des feuilles. Chacune est pourvue d'une
longue spathe bicarénée (PI. II), insérée près de la base du
pédoncule, de 30 à 80 centim ètres de longueur et 10 à
12 centim ètres de largeur lorsqu'elle est fermée, ouverte au
somm et, rouge intérieurem ent, couverte extérieurem ent d'un
tom entum rougeâtre (qui toutefois disparait facilem ent sur les
échantillons conservés). A une certaine distance (33 à 40 cen­
tim ètres) de son insertion sur le pédoncule est une seconde
spathe beaucoup plus courte ; plus haut encore, au delà de la
partie du pédoncule q u e lle enveloppe, sont deux écailles
stériles.
Le spadice est deux fois ramilié, à épis dressés. La partie
nue de l'axe a I m ètre de longueur ; la partie ramifiée a une
longueur à peu près égale, la largeur de lintlorescenee à la
base étant de 80 centim ètres environ. Les ram eaux de prem ier
ordre sont a p la tis; ceux de second ordre sont plus ou m oins
cylindriques. Dans la lleur mâle, qui est jau n âtre, les sépales
sont à peu près aussi larges (I mm. 300) que hauts, très
arrondis au som m et, un peu repliés longitudinalem ent, ce
qui déterm ine une carène dorsale, term inée en bas par un
éperon. Les pétales sont triangulaires, convexes extérieure­
m ent, obtus au som m et, de 2 mm. 3 à 3 m illim ètres de lon­
gueur sur 1 mm. 700 à 2 m illim ètres de longueur basilaire.
Les lilets stam inaux, épais, sont, dans la fleur non ouverte,
longs de I m illim ètre environ ; les anthères, plus longues
que ces filets, sont à loges légèrem ent divergentes du som m et,
qui est obtus, vers la base. L ’ovaire est une étroite colonne
de 2 m illim ètres à peu près de h au teu r, légèrem ent trilobée
au som m et.

Annales «lu Musée colonial de Marseille
.‘5” série, l*r volume 1013.
Page I 1.

s - S »

1&gt;I 111. — Hase «lu rachis, milieu du limbe, segments el ramification

de l'inflorescence du Aeodypsis Lnslellenna.

�PALM IEUS DK MAÜAC.ASCA H

l);ms la fleur femelle,
qui est verte, les sépales
ont sensiblem ent la même
forme générale et les
mêmes dim ensions que
dans la lleur mâle, mais
ils ne sont que légère­
m ent carénés vers le haut
et ne sont pas éperonnés.
Les pétales sont largem ent
ovales, plutôt plus larges
(3 m illim .) que hauts
(2 m illim .), faiblem ent
striés, à som m et com­
plètem ent arrondi ou un
peu aigu. Les stam inodes
sont réduits à de très
petites dents ovales. Le
stigm ate de l ’ovaire est
rejeté latéralem ent.
Les fruits tout jeunes
sont presque globuleux :
m ûrs, ils deviennent obovoïdes (lig. b) et ont 20
m illim ètres sur 12. Le
stigm ate est tout à fait
basilaire. L album en est
profondém ent ruminé.
Nous avons dit plus
haut que dans le Manongarivo le palm ier s ’élève
ju sq u 'à 1.200 m ètres ;
son revêtem ent ferrugi­
neux semble devenir de
moins en moins épais avec
l ’altitude.
Le bourgeon term inal
n ’est jam ais comestible ;
dans le N ord-O uest les
indigènes le croient même
vénéneux.

Fig. 3. — Fragment d’inflorescence
avec fruits du .\eodypsis l.aslellehnu.

I

�Annales du Musée colonial de Marseille
H» série, 1er volume 1913.

I(i

II. Ji/MKI.I.K ET M PERIME» DE IA RATI1IE

Neodypsis basilongus nov.

sp.

Notre Xeodypsis basilongus rappelle à quelques égards le
Cbrysalidocarjnis decipiens Bec., qui alors deviendrait le
Xeodypsis decijuens, puisque l'album en est rum iné ; cependant
quelques caractères distinctifs nous em pêchent d'adm ettre
définitivem ent cette identification. Le tronc du Chrysalidocarpus decipiens est, dit M. Beccari, fortem ent m arqué par les
cicatrices annulaires des feuilles tom bées ; celui de notre
Xeodypsis basilongus est, au contraire, si lisse que les indi­
gènes, dans l'E st, donnent à ce Palm ier le nom de
qu'ils appliquent dans le N ord-O uest au C hrysalidocarpus oleraceus, et qui signifie « qui a le dos propre ». Dans
l'espèce de M. Beccari, le rachis est couvert de squam es
cendrées qui m anquent dans la notre ; les segm ents sont aussi
plus roides. Enfin l'aspect des inflorescences n'est pas abso­
lument le même dans les deux cas, si nous com parons nos
échantillons avec les photographies que nous a obligeam m ent
communiquées M. Beccari ; les glom érules floraux sont plus
espacés dans notre Xcodypsis que dans le Chrysalidocarpus
decipiens. Nous croyons donc qu'il serait im prudent d 'aban­
donner le term e spécifique que nous avons donné tout
d'abord à notre plante.
Le tronc du Xeodypsis basilongus est grêle, haut de 4 à
G mètres, avec un diam ètre de 12 centim ètres au plus. L'espèce
est, en outre, très reconnaissable à ce que les segm ents infé­
rieurs de ses feuilles sont plus longs que ceux qui sont im m é­
diatem ent au-dessus (caractère que n indique pas pour son
C hrysalidocarpus M. Beccari) ; et, les segm ents, d 'autre part,
étant pendants, le port du Palm ier est assez spécial.
Les gaines foliaires sont glabres, roses intérieurem ent, et
recouvertes " extérieurem ent d ’un enduit céracé b la n c h â tre ;
elles ont fl centim ètres seulem ent de largeur.
Gaine et partie basilaire du rachis sont convexes en dessous
et en gouttière en dessus ; au delà, le rachis présente sur sa
lace supérieure une carène, d'abord aplatie au som m et, puis

vozina

madio-

5'

«,v
1*1. I V . — Base, milieu du limbe et inflorescence du Neodypsis bnsilongas.

�PALMlEllS DK MADAGASCAR

17

aiguë. Les segm ents inférieurs (PI. IV) ont Im. 10 de longueur
sur 3 centim ètres de largeur ; ceux qui viennent ensuite n'ont
plus &lt;[ue 8:i centim ètres sur 2, puis, plus haut, 60 centim ètres
sur 2. Les deux segm ents inférieurs, insérés sensiblem ent au
même niveau, sont à 22 centim ètres des suivants ; ceux-ci
sont h 8 centim ètres des troisièmes ; un peu plus haut, ces
segm ents sont isolés ou par deux et irrégulièrem ent espacés;
vers le milieu de la feuille, ils sont par groupes de 2 ou 3,
ces groupes étant presque opposés et d istants de 5 à 7 cen­
tim ètres, et chaque segm ent ayant alors 40 à b0 centim ètres
sur 2.
Les spadices sont aux aisselles des feuilles. A U) centi­
m ètres environ de la base du pédoncule est insérée une spathe,
qui a elle-m êm e 40 centim ètres de longueur, sur II) centi­
m ètres de largeur quand elle est ouverte.
L ’inflorescence (PI. IV) est deux fois ramifiée et e s t ‘longue
aussi de 40 centim ètres à p a rtir de la prem ière ramification,
qui est à 20 centim ètres au-dessus de l'insertion de la spathe.
Les dernières ramifications sont épaisses.
Les fleurs sont par glom érules de trois. Les fleurs m âles,
latérales et à six étam ines, ont, en boulon, 4 mm. de hauteur.
Les sépales des fleurs femelles, de I mm. b environ, sont ovales,
â peu près aussi larges que hauts, carénés ; les pétales sont
triangulaires, presque aigus, de 3 mm. sur 2 m m. b ; l’ovaire
est cylindrique.
Les fruits sont allongés et ont ib mm. sur 9 quand ils sont
desséchés ; ils sont arrondis au som m et, convexes sur une
face, aplatis ou légèrem ent concaves sur 1 autre. Le stigm ate
est rejeté tout à fait à la base de cette face aplatie. L’album en
est rum iné.
Le Neodijpsis hasilongus croît dans les bois du versant
oriental de Pile. Les spécim ens que nous avons décrits pro­
viennent du m ont Yatovavv et ont été recueillis a 1 altitude
de 300 m ètres, sur les gneiss.
Le bourgeon de cette espèce est un excellent chou-palm iste.

Annales du Musée colonial. — 3* série, 1er vol. 1913.

2

�18

H. JUMELLE ET H. PERRIER DE LA RATHIE

Neodypsis tanalensis nov.

Annales du Musée colonial de Marseille
3e série, lrr volume 1913.
Page l s .

sp.

Dans le bassin du M atitanana, où il croît dans les bois
humides, à de faibles altitudes, les Tanala appellent souvent
ee Xeodypsis tanalensis ; et le term e, qui signifie
u main morte »
m ain;
morte) provient proba­
blem ent de ce que les inilorescences ram euses, sortes de
mains pour les indigènes, se dessèchent et tom bent aussitôt
après la m aturité des fruits. C est d'ailleurs aussi un des
des indigènes, comme le Chrysalidocarpus rnananjarensis
que nous décrirons plus loin.
Le tronc a 15 à 20 m ètres de hauteur et 20 à 50 centim ètres
de diamètre. 11 est à surface grisâtre, avec des cicatrices
saillantes.
Les feuilles ont, y compris les gaines, de i à 0 m ètres de
longueur et sont à segments roides, étalés dans le plan du
rachis. La gaine est lisse et verte, à peine couverte, vers le
haut, d ’une légère pubérulence blanchâtre ; elle est longue de
I m. à 1 mètre 50 et large de 40 à 50 centim ètres. Elle est
arrondie en dessous et en gouttière sur la face supérieure. Le
rachis, de 3 à 5 mètres, est aussi convexe inférieurem ent,
mais présente en dessus une forte carène aplatie au som m et.
Les segments (PL V) sont équidistants et ont vers le m ilieu
du limbe 130 centim ètres de longueur sur 3 centim ètres de
largeur.
Chaque tronc porte 3 ou i inflorescences, qui sont aux
aisselles des feuilles les plus anciennes. Tantôt les feuilles ne
tardent pas à tomber, et les grappes sont alors au-dessous du
bouquet foliaire terminal ; tantôt elles persistent plus long­
temps, et les grappes restent en ce cas nettem ent axillaires.
En tout cas, ces inflorescences sont pendantes ; elles sont trois
et même parfois quatre fois ramifiées, et ont 1 m. 50 à 2 m ètres
de longueur, sur une largeur de 1 m. 20 à I m. G0.
Les spathes sont glabres ; elles sont, comme la gaine, vertes
et dures, et elles brunissent en se desséchant.
Dans une inflorescence non encore épanouie, la spathe

matitana

^tanana,

maty,

lafa

�PA LM I KHS Ij K MADAfiASCAfc

19

externe, ouverte seulem ent au som m et, a 50 centim ètres de
longueur sur 15 centim ètres de largeur ; et la spathe interne,
saillante hors de la gaine tubuleuse ainsi formée par la pre­
mière spathe, a, lorsqu’elle est encore fermée, 80 centim ètres
sur 13.
Les dernières ram ifications de chaque inflorescence portent,
disposés en spirale et un peu espacés, des glornérules de 2 à
3 fleurs. S'il y a deux fleurs, l’une est m âle et l'autre est
femelle ; s il y en a trois, la médiane est comme toujours
femelle et les deux latérales sonf mâles. Parfois sur chaque
pied c'est l'une ou l'autre seulem ent de ces fleurs différem­
ment sexuées qui se développe ; le palm ier semble alors
dioïque par avortem ent.
Dans la fleur male, les sépales, petits, sont à peu près aussi
larges que hauts (2 m m.), nettem ent carénés sur le dos,
presque tronqués au som m et ; les pétales sont ovales, faible­
ment obtus, de i m m . sur 2 ; les filets stam inaux ont 3 mm.
environ ; et l'ovaire, cylindrique, avorté, a à peu près même
longueur.
Les fruits, entourés à la base par le calice persistant, sont
allongés, droits d un cote, convexes de 1 autre, à sommet
obtus. Le stigm ate est rejeté tout à fait à la base de la face
plane. Secs, ces fruits ont 10 à 12 mm. de longueur sur
5 mm. de largeur. L album en est ruminé.
Quoique un peu am er, le bourgeon term inal du Neodypsis
tanalensis est com estible.
Sur ce Palm ier croît fréquem m ent en épiphyte YOeonia
polystachya B enth., Orchidée à fleurs blanches sans odeur.

Neodypsis nauseosus

nov. sp.

Bien ([ue nous n en connaissions pas les fruits et que nous
n ayons donc pu constater si l ’album en est réellem ent rum iné,
le Palm ier qui sur le V atovavy est appelé
nous semble
un Neodypsis plutôt qu un Chrysalidocarpus ; et il est même
très voisin par ses feuilles et ses inflorescences du Neodypsis
tanalensis. Les segm ents foliaires, étalés et roides, sont équi-

rahonia

�20

Il

.'UM FILLE M II. PKHR1FR

DK LA

H AI

1111 .

distants, et. sur les dernières ramifications des inflorescences,
les ^lomérules sont spirales el espacés.
Mais, tandis (pie le malitana est un Palm ier des terres
marécageuses, le rahoina est. au contraire, un Palm ier des
bois secs. C'est dans ces bois qu'on le trouve, vers 200 m ètres
d'altitude, sur les grès du mont Yatovavy.
Gaine et rachis sont arrondis en dessous et en gouttière
en dessus ; dans la région médiane, le rachis présente une
carène supérieure, très aplatie d ’abord au som m et, mais
s'am incissant plus haut. La gaine est glabre et verte, mais
recouverte d'un enduit cireux. Les segm ents (PI.VI) sont, pour
une longueur à peu près égale, plus larges que ceux du
Xeodypsis lanaltnsis ; vers le milieu de la feuille ils ont
i cm. 5 de largeur pour une longueur de 140 centim ètres.
La feuille entière est longue de 2 m. 50 à 4 m ètres.
Les inflorescences sont encore au-dessous du bouquet foliaire
terminal. Elles sont deux ou trois fois ram ifiées; elles ont de
50 centimètres à I mètre de longueur et 50 à 80 centim ètres
de largeur, et sont, par conséquent, plus petites que celles
de l'espèce précédente. Dans l'inflorescence non épanouie, la
première spathe, ouverte seulem ent au som m et, a 40 centi­
mètres de longueur et 10 centim ètres de larg e u r; la seconde
PL Yl , longuement saillante, a 70 centim ètres sur 14.
L axe principal est court, courbé au-dessous de la prem ière
ramlication. Ces ramifications, très noires à sec. sont forte­
ment comprimées, parfois presque aplaties vers la base, plus
arrondies plus haut ; et il en est de même des ram ifications
d ordre suivant. Aux bases des ram eaux floraux sont de
toutes petites bractées triangulaires, très aiguës, qui sont
plus réduites encore dans le m a l i t a n a , où les ram ifications sont
aussi à base bien moins comprimée.
Les fleurs males sont à sépales aussi larges que hauts,
comme tronqués au sommet, carénés sur le dos. Non ouvertes,
ces fleurs ont 2 mm. 5 de hauteur el sont ovoïdes. Les fleurs
femelles, bien développées mais non ouvertes, ont 3 mm.
environ.
Le bourgeon term inal du rahoma n’est pas seulem ent am er

Annales du Musée colonial de Marseille
3* série, !•' volume 1!&gt;13.
Page 20.

— 1*ragnicnl du limbe, inflorescence encore dans la spathe.
el ramification de l'inflorescence du X eodypsis nnuseosus.

�Annules du Musée colonial de Marseille
3e série, l ,r volume 1913,
Page 21 .

PI. ^ II. — Feuille, pied el inflorescence de Dypsis l^ouvelii.

�PALMIERS DE MADAGASCAR

21

comme celui du \e o d y p sis (analensis ; il n est pas consom­
mable, car il donne des nausées.

Dypsis Louvelii nov.

sp.

Comme plusieurs autres espèces de ce genre Dypsis, c’est

Fig. 0. — Pied entier de Dypsis Louvelii.

un tout petit Palm ier, qui atteint au plus 1 m ètre de hauteur
et donc le tronc, annelé, a environ 1 centim ètre de diam ètre.
Les feuilles (fîg. 6) sont longues de 40 centim ètres, y

�Annales &lt;lu Musée colonial de Marseille
;v série. I,r volume 1913.
Page 23.

00

H. JUMELLE ET H.

PER RI EH DE LA BATH1E

compris la gaine. Celle-ci a à peu près S centim ètres; elle est
presque immédiatement surm ontée d ’une seule lam e obtriano-ulaire, qui est fendue jusqu'à la moitié environ de sa longueur.
Ce limbe bifide a 30 à 33 centim ètres de longueur totale, sur
3 à o centimètres dans sa plus grande largeur, c’est-à-dire
vers la base de 1 échancrure.
Les inflorescences, longues de 30 à 35 centim ètres, sont de
simples grappes d ’épis; et ces épis de glom érules sont
presque perpendiculaires à l'axe principal. Celui-ci est nu sur
2a centimètres environ, et il est entouré à sa base p ar deux
étroites spathes, au-dessus de la seconde, qui est fendue
seulement au sommet, est une petite écaille. L’axe même
se termine par un épi ; les épis latéraux ont 3 centim ètres
environ de longueur.
L’écaille axillante de chacun des glom érules présente une
dent médiane et deux petites dents latérales. Les boutons flo­
raux sont ovoïdes. Les fleurs sont d'abord blanches, mais
jaunissent ensuite; elles sont petites (I m m .). Les pétales
sont ovales, peu aigus, trois fois plus longs environ que les
sépales. Il y a trois étam ines dans la fleur m ale. Dans la
fleur femelle, l ’ovaire est à stigm ate subulé apical, mais il
est gibbeux d'un côté vers la base; le stigm ate devient donc
ultérieurement latéral.
Les fruits sont allongés, aigus ; ceux que nous avons vus,
mais qui n étaient peut-être pas m urs, avaient 5 mm. sur 2.
Ce Di/psis croit dans les bois humides d ’A nalam azoatra,
vers 800 mètres. Ses racines sont souvent redressées et ren­
flées en petits tubercules oblongs, qui sont sans doute dus à
des piqûres d'insectes.

Dypsis Hildebrandtii

Baill.

C est encore un très petit Palm ier, dont la hauteur ne
dépasse pas 1 mètre et dont le tronc est très grêle.
Les feuilles (PL VIII), chez les divers individus que nous
avons examinés, ont de 20 à 30 centim ètres de longueur.
Tantôt (var. sim plicifrons) chacune est formée d ’une seule
PI. VIII. — Limbe cl pied enlier (sauf la base «lu tronc
«lu Difpsis Ilil&amp;ebrandlii.

�23

PALMIERS DE MADAGASCAR

lam e plus ou moins profondém ent bifurquée, et tantôt elle
est composée de deux lam es analogues superposées, que
sépare un intervalle nu du rachis, de 6 centim ètres environ
de longueur. Dans ce second cas. au-dessus de chaque bifur­
cation les deux moitiés des deux lames peuvent être sensi­
blem ent de même largeur, celles de la lam e inférieure étant
toutefois plus allongées que celles de la lame supérieure, dont
elles atteignent presque le som m et; mais parfois aussi la lame
inférieure est notablem ent plus large que la supérieure, et
les deux m oitiés de sa bifurcation se term inent en longs
acumens effilés qui se rapprochent plus enéore de l’extrém ité
de cette lame term inale. Enfin, d ’autres fois, dans la variété
sim plicifrons (pl. Y III), la feuille est constituée par une seule
lam e irrégulièrem ent découpée; et cela sur des pieds qui
portent en même tem ps des feuilles norm ales. Le Dypsis
H ildebrandtii est donc un Palm ier h polymorphisme foliaire
trè s m arqué.
Les inflorescences sont deux fois ramifiées, sauf vers le
som m et. Axe principal et ram ules sont couverts de poils
ram eux brun foncé; d ’où le sous-genre Trichodypsis. Les
bractées des glom érules sont à bords laciniés barbus; les
sépales sont ciliolés.
Les fruits sont allongés, de 1 I m illim ètres sur 5, un peu
incurvés lorsqu’ils sont secs, à stigm ate tout à fait basilaire.
Dans les bois des collines d ’A nalam azaotra, le Trichodyp­
sis H ildebrandtii croît jusqu'il (SOI) m ètres au moins d’alti­
tude.

Dypsis gracilis

Bory.

hova.

Le Dypsis (Adelodypsis) gracilis Bory est le
et aussi
le
des Tanala.
C’est, en général, un P alm ier plus vigoureux que le Phloga
p o lysta ch ya , avec lequel nous avons dit qu'on l’a souvent
confondu.
Son tronc, haut de 3 à 5 m ètres, et d'un diam ètre de 8 à
12 centim ètres, est lisse, mais avec cicatrices foliaires bien
visibles.

tsobolo

�AnnnK's du Musée colonial de Marseille
3* série, l"r volume 1913.

Paire 21.
21

H. JUMELLE ET II. PERRIEK DE LA BA1H1E

Les feuilles, qui peuvent avoir I m. 30 de longueur, ont
une «raine recouverte d'un court duvet rougeâtre. C ette gaine
Pl. I \ ) est membraneuse et présente au som m et, de chaque
coté de la base du rachis, deux longues dents triangulaires.
Sur toute sa longueur, le rachis est à section ovale, avec bords
tranchants comme chez les Neophloga. Les segm ents foliaires,
espacés vers le bas, sont réunis plus haut (P l. X) par
groupes de deux, trois ou quatre, nettem ent altern an ts vers
le milieu; vers le sommet, ils redeviennent isolés. Ces seg­
ments, dans les spécimens que nous avons vus, ont, vers le
milieu de la feuille, 2a à 30 centim ètres sur 3 ou 4; ils sont
longuement ovales, aigus à la base, finement et longuem ent
acuminés au sommet.
Les inflorescences, au nombre de 3 ou 4 par pied, sont pen­
dantes et sont des grappes lâches, trois ou quatre fois ram euses,
à dernières ramifications très grêles, avec glom crules tritlores.
Ces inflorescences ont plus de I m ètre de longuèur. L ’axe est
nu sur 50 centimètres environ ; sa prem ière gaine a 30 cen­
timètres à peu près et est tubuleuse, et la seconde la dépasse
de 20 centimètres.
Les fruits sont oblongs, arrondis au som m et, à stigm ate
tout à fait latéral. Frais, ils sont droits d ’un côté et convexes
de 1 autre, et ils ont 7 millimètres sur 5; secs, ils deviennent
un peu concaves sur la face qui était droite, et ils ont
7 millimètres sur 4.
Le cœur de cette espèce est amer et non com estible.
Sur les gneiss du Bas-Biennana, dans le bassin du M atitana, 1 Adelodypsis gracilis croît dans les bois, vers 175 m ètres
d altitude. Dans le bassin du Faraony on le retrouve vers
400 mètres.
L espèce est encore quelque peu polym orphe, car nous ne
considérons que comme une variété plus robuste le P alm ier
qui, dans le Nord, abonde dans les forêts du bassin du Sam birano, entre 300 et 600 m ètres, et est nommé là
parles indigènes.

tra

tsingovatrova-

Le tronc, qui est lisse, et sur lequel les cicatrices foliaires
sont peu visibles, atteint 8 m ètres de hauteur et 15 cçntiPl. IX. — Base el somme! du limbe du Dypsis ynicilis Bory.

�Annales du Musée colonial de Marseille
3” série, l “r volume 1913.

Page 21.

IM. X. — Milieu du limbe el portion d'inflorescence du D ypsis gracilis Hory.

�Annales &lt;ln Musée colonial de Marseille
3" série, 1" volume 1913.
Pat

IM. XI. — Segments foliaires et ramification d'inflorescence
du Dypsis gracilis du Sambirano.

�PALMIERS DE MADAGASCAR

25

a

m ètres de diam ètre. A u som m et, les feuilles, dont la gaine
encore un court duvet roussâtre, sont espacées su r une lon­
gueur de près d ’un m ètre ; et chacune a une gaine de 25 à
35 centim ètres et un rachis de 1 m. 50 à 2 m ètres. Les seg­
m ents (PI. XI ), toujours ovales, aigus à la base et longuem ent
acum inés, ont, vers le m ilieu de la feuille, ju sq u ’à 7 centi-

Ei{ï.

— Fragment de tronc du Dypsis yracilis du Sambiruno.

m ètres de largeur et une longueur de 30 et iO centim ètres. Les
segm ents de la base sont plus é tro its; ceux du som m et sont
les plus petits. Les inflorescences ont l m. i-0 environ de lon­
gueur sur 80 centim ètres dans leur plus grande largeur. Les
fruits, v ert bru n âtre à frais, ont 8 à il m illim ètres sur i à
G ; leur pulpe fraîche est assez épaisse, sans saveur.
Ces deux Palm iers que nous venons de décrire é ta n t à alb u ­
men hom ogène, il n ’y a aucun doute que nous n'ayons pu faire
confusion avec le Phloga polysfaehya.

�26

H. JUMELLET ET H.

Annales du Musée colonial de Marseille
3° série. I ' volume 1913.

P ER Tl 1ER DE LA BATHIE

l'age *Ji&gt;.

Neophloga mananjarensis

nov. sp.

Les Neophloga sont très voisins à divers égards des C h rysalidocarpus. Ce sont cependant, en général, des Palm iers
plus grêles; les fruits, dans toutes les espèces du moins où
nous les connaissons, sont rouges, alors que nous ne rem ar­
quons pas aussi régulièrement cette teinte chez les C hrysali­
docarpus; enfin, tandis que. dans ces C hri/salidocarpus, le
rachis, très épais, ne semble ordinairem ent à sa base que la
continuation de la gaine foliaire, qui même parfois se rétrécit
progressivement vers lui, sans ligne de dém arcation bien
nette, il y a, au contraire, une différence bien tranchée, chez
tous les Neophloga, entre ces deux parties de la feuille, car le
rachis, grêle et ovale, est brusquem ent étro it au-dessus du
sommet de la gaine, qui est anguleux, ou plus ou moins
arrondi, ou même comme tronqué, La gaine des Neophloga
est toujours membraneuse et n'est jam ais aussi épaisse que
peut l être celle des Chri/salidocarpus.
Le Neophloga que nous nom mons m ananjarensis est
des indigènes. Il est à 6 étam ines et à album en égal ; ce
ne peut donc être ni un Phloga ni un Di/psis.
Son stipe est grêle et a de I à 3 m ètres de hauteur.
Les feuilles1PL XII) ont 80 centim ètres environ de longueur.
La gaine, membraneuse, tubuleuse dans son tiers inférieur, est
fendue au-dessus; elle a de 18 à 20 centim ètres de longueur
et est couverte extérieurem ent de poils rouges. Elle s'a rro n ­
dit rapidement au sommet et se continue par un rachis très
grêle (3 mm. de largeur), à section ovale et à bords tra n ­
chants. Les segments sont isolés ou par groupes de deux ou
trois, non opposés, très espacés. Les deux supérieurs, placés
au même niveau, à l’extrém ité même du rachis, sim u len t,
dans leur ensemble, une étroite lame obtriangulaire, trè s pro­
fondément divisée. 1ous ces segm ents sont assez régulièrem ent
o\ales, longuement et finement acum inés; ils ont, vers le
milieu du limbe, 15 centim ètres de longueur (v com pris
1 acumen et 3 centimètres de largeur.

bolo

l am-

FI. XII. — Feuille de .Xeophlogn inmuinjurcnsis

�PALMIERS DE MADAGASCAR

27

Les inflorescences sont plus courtes que leurs feuilles
axillantes. Elles ont 30 centim ètres de longueur totale, la
prem ière ramification étant insérée à 20 centim ètres de la
base. La partie Jiue de l’axe principal est entourée par deux
spathes, dont 1 intérieure a 13 centim ètres à peu près, la
supérieure la dépassant de 20 centim ètres. Il y a de 7 à
0 ram eaux sim ples, sur lesquels les fleurs sont par glomérules de trois. Les mâles non ouvertes sont légèrement
ovoïdes (2 mm. 3), arrondies au som m et; les pétales, de
2 m illim ètres environ, et deux fois plus longs que les sépales,
sont ovales, aigus au som m et; il y a 6 étam ines, qui
dépassent un ovaire conique atrophié.
Les fruits frais sont rouges ; ils sont assez régulièrem ent
ovoïdes, de 7 m illim ètres sur i, avec un stigm ate rejeté laté­
ralem ent à une distance du somm et égale à peu près au tiers
de la hauteur.
Sur les gneiss du mont Vatovavy on trouve ce Palm ier à
230 m ètres environ d altitude. Il est assez commun dans le
bassin du M ananjarv.

Neophloga procumbens nov. sp.
Le stipe de cette espèce peut atteindre i m ètres de lon­
gueur, mais n a jam ais plus de 2 centim ètres de diam ètre. Il
est rarem ent droit; plus souvent il se couche en s ’appuyant
sur les buissons voisins. Il est vert, sans cicatrices nettes.
Les feuilles (fig. S) ont 60 à 70 centim ètres de longueur. La
gaine a 13 centim ètres environ; elle est m embraneuse et n'est
fendue que vers le som m et, qui est comme tronqué. Sur le
rachis, étroit et à section ovale, les segm ents commencent
dès la base. Ces segm ents sont disposés par groupes, qui sont
ordinairem ent de q u atre; et ces groupes, presque opposés,
sont très espacés, d une paire à l’autre. La paire term inale
est composée de deux groupes opposés, de 3 à 6 segm ents
chacun. Les segm ents sont étroits, aigus, et ont environ,
vers le m ilieu du limbe, 23 centim ètres sur 10 â 13 m illi­
m ètres.

�PALMIERS DE MADAGASCAR

28

29

H. JUMELLE ET H. PERRIER DE LA BATH1E

Les inflorescences sont plus courtes que les feuilles. Cha­
cune a un long pédoncule, nu sur 20 centim ètres environ; elle
est entourée par une spathe unique, d ’environ U) centim ètres.

de bractées triangulaires aiguës. Les boutons floraux mâles
(2 mm.) sont ovoïdes obtus. Les sépales sont orbiculaires;
et les G étam ines entourent un ovaire allongé étroit.
L ’espèce se place au voisinage des Neophloga linearis Bec.
et Neophloga concinna Bec.
Elle croît dans les bois, vers 1.000 mètres d'altitude, sur
le versant E st du m assif d’A ndringitra, sur la rivière Ihovika,
dans le bassin du M atitana.

Neophloga indivisa

Fig. 8. — Pied et feuille de Seophloga procumbens.

Elle est simplement rameuse, et il n ’y a, d ’ailleurs, sur un
axe principal, aplati et contourné, que 7 à 8 ram eaux de
10 à 12 centimètres, distants les uns des autres de 1 centi­
mètre à 1 cm. o. Les glomérules triflores sont aux aisselles

nov. sp.

Dans la même région que la précédente espèce, entre 1.000
et 1.200 m ètres, on trouve un autre Neophloga qui ne
dépasse pas 1 m. 30 de hauteur et est à tronc droit, grêle et
verdâtre, de 1 centim ètre de diam ètre environ.
P ar sa double spathe et son spadice indivis, ce Neophloga
serait voisin des Neophloga Poivreana et Neophloga Bernieriana de M. Beccari ; il a aussi, comme ces deux espèces, des
feuilles qui sont de sim ples lames bifides. Mais il se distingue
de l ’une et de l’autre par la très faible profondeur de l échancrure de cette lam e.
Les feuilles (lig. 9) peuvent être longues, au total, de 30
centim ètres. La gaine, m em braneuse, a 6 centimètres à peu
près de longueur; elle est triangulaire au sommet, où elle se
rétrécit progressivem ent vers la base du rachis. Le limbe est
obtriangulaire ; m ais, pour une longueur totale de 23 centi­
mètres, son sinus n ’a (pie 9 centim ètres de profondeur, alors
que, dans les deux espèces que nous venons de citer, les
deux segm ents ont une bien plus grande longueur dans la
partie libre que dans la partie soudée. Comme largeur, ces
limbes ont 35 à 40 m illim ètres vers le milieu et 53 à G0 mil­
lim ètres vers la base du sinus.
L ’épi sim ple, sur lequel, dans nos échantillons, les fleurs
étaient en trop m auvais état pour qu'une analyse en fût pos­
sible, a 18 à 20 centim ètres de longueur ; la première gaine a
G centim ètres, et la seconde la dépasse d'une longueur égale.

�;}()

|i. jUMRLtK ET H. PRRRtER 0E

LA BATHIfi

Annales du Musée colonial de Marseille
3“ série, 1*'volume 1913.

Les o-lomérules floraux comm encent au-dessus du som m et de
cette seconde gaine.
Les fruits, rouge vif îi m aturité, sont ovoïdes, à stigm ate

Pnec 30.

tout a fait basilaire, pointus au somm et, et ont I 2 m illim ètres
sur 9.

Neophloga tenuisecta

nov. sp.

La hauteui de cette autre espèce (PL XI11y n ’est pas de plus
d un mètre.

l’I. XIII. — Pied de .Xeophloga tenuiseclu.

�Pa l m i e r s de Madagascar

Ht

Le tronc, très grêle (un dem i-centim ètre à peine), porte
quatre ou cinq feuilles beaucoup plus longues que les inflores­
cences.
Ces feuilles ont, y compris la gaine, 30 centim ètres environ
de longueur. La gaine, parsem ée de poils rougeâtres, a 7 cen­
tim ètres à peu près et est anguleuse ou très arrondie
au som m et. Les segm ents comm encent à 3 centim ètres de
la base du rachis; ils sont au nombre d’une quinzaine
de chaque côté et sont lancéolés, étroits, aigus ou acuminés, de 4 ou 5 centim ètres de longueur sur 3 à 6 mil­
lim ètres de largeur. Les deux derniers, généralem ent un peu
plus larges que les autres (car ils ont ju sq u ’à 1 centimètre),
sont unis par leurs bases sur la longueur correspondant à la
longueur de leur insertion sur le rachis et form ent donc une
lame triangulaire profondém ent bifide. Les segm ents latéraux
tendent à se réunir, de p a rt et d’autre du rachis, par groupes
de 2 à 6, sans que cependant ces groupem ents soient toujours
bien nets. L orsqu’ils le sont, ils sont plus ou moins opposés
par paires. La partie term inale est ordinairem ent celle qui
com prend le plus grand nom bre de segments dans chaque
groupe. Comme intervalles, il peut y avoir 2 centim ètres d ’un
groupe à l’autre, et 5 m illim ètres entre les segm ents d'un
m êm e groupe.
Les inflorescences sont glabres. A 7 centim ètres environ de
la base, le rachis, qui est entouré dans sa partie nue par deux
spathes engainantes, dont la seconde dépasse la prem ière de
1 cent. 5 à 2 cent, o, se term ine par 2, ou, plus rarem ent,
3 ram ules, dont 1 un est la continuation de cet axe, et l’autre
ou les deux autres (insérés dans ce dernier cas à des niveaux
un peu dilférents) sont des ramifications.
Ces ram ules ont de o à 8 centim ètres. Les fleurs mâles,
à G étam ines, ont 2 m illim ètres environ de hauteur. Les
sépales sont très courts, orbiculaires ; les pétales, forte­
m ent striés extérieurem ent, sont ovales, obtus au somm et.
Les boutons floraux mâles sont ovoïdes; les boutons femelles
sont plus coniques. L ’ovaire, dans la fleur femelle, est ovoïde,
long de 1 m illim ètre, gibbeux, mais à stigm ate d ’abord ter-

�32

H.

j i m e i .L i : i :t

II.

perrikk

de

LA HATI11K

minai. Les fruits sont rouges; ils sont oblongs, de 7 m illi­
mètres sur i, à stigm ate rejeté vers la base.
Ce Palmier p msse sur les collines des bois d'A nalam azaotra, vers SOU m ètres d ’altitude.

Neophloga triangularis

Annales du Musée colonial de Marseille
31' série. l*r volume 1013.
32.

nov. sp.

Le Neophloga triangularis est de la même contrée que le
Neophloga tenuiseeta, et les deux espèces se rapprochent
l'une de l'autre non seulem ent par la couleur rouge de leurs
fruits, qui serait, avons-nous dit, la couleur ordinaire des
fruits des Neophloga, mais aussi par les inflorescences, dont
l ’axe-, enveloppé de deux gaines, est encore term iné chez le
Neophloga triangularis par trois ram ules, comme l’est parfois
celui du Neophloga tenuiseeta.
Mais, par ailleurs, les feuilles (Pl.
des deux Palm iers
sont trop différentes pour que nous puissions adm ettre deux
formes d’un même tvpe. Le limbe n ’est plus ici composé d'un
grand nombre de segm ents é tro its; c'est, au-dessus d'une
gaine de l centim ètres, une longue lame obtriangulaire de 18
à 20 centim ètres de longueur sur 3 centim ètres de largeur,
fendue vers le sommet seulem ent, sur i centim ètres à peu
près.
L inflorescence n'est que légèrem ent plus courte que les
feuilles; elle est un peu plus robuste que celle de l’autre
espèce. La partie nue de l'axe a 10 centim ètres environ; et
c est au niveau de la prem ière ram ification que se trouve le
sommet de la seconde gaine, qui dépasse la prem ière de
+ centim ètres. Cette inflorescence est glabre. L ’ovaire est plus
lobuleux que celui du Neophloga tenuiseeta ; il est encore
ibbeux latéralem ent, avec stigm ate rejeté sur le côté. Les
sépales sont ciliolés.

ciq oq

XIV)

Neophloga sahanofensis

nov. sp.

On trouve cette dernière espèce dans les bois du Ilau tSahanofo, entre Ambohimanga du Sud et A m bositra, vers
1.400 mètres d'altitude.

Pl. XIV . — Pied de .Xeopllloyn Iria n g u ln ris.

�Annales du Musée colonial de Marseille
3° série. I " volume 1013.
Pape 33.

PI. XV. — llase du limbe e t inllorescence du Xeophlugn sulmnofeiisis

�Annales du Musée colonial de Marseille
3' série, 1" volume 1913.
Page 33.

PI. XVI. — Sommet du limbe du Neophloga suhunofensis.

�Pa l m i e r s dé Madag ascar

33

Le tronc en est droit, de 8 m ètres environ de hauteur sur
8 centim ètres de diam ètre. Les feuilles ont, y compris la
gaine, I mètre de longueur. La gaine est m em braneuse,
longue de 20 centim ètres, large de 10 lorsqu’elle est com­
plètem ent ouverte et étalée; elle est à sommet triangulaire.
Le rachis, étroit (1 cm. à sa base), est à section ovale et à
bords tranchants dans ses parties basilaire et m édiane; plus
haut, il est triangulaire ; il est nu sur 20 centim ètres envi­
ron. Les segm ents, peu roides et gracieusem ent infléchis,
sont tout d'abord (PL XV) par groupes de deux, puis de quatre
ou cinq, et ces groupes sont presque opposés par paires, à
des intervalles de 3 centim ètres Vers h* somm et du limbe (PL
XVI ils deviennent isolés, presque opposés ou alternants. Ces
segm ents sont étroits, très aigus au somm et ; les plus longs
ont 30 centim ètres sur I cm. o.
Il y a deux inflorescences (PL XV) parpied. E llesont 80 cen­
tim ètres de longueur, et sont fortes, deux fois ramifiées, à
ram eaux couverts d ’une pubescence roussâtre. La première
spathe est insérée à 10 centim ètres environ de la base et a
18 à 20 centim ètres de longueur ; elle n ’est fendue que vers le
som m et, où elle est très peu dépassée par une seconde spathe
très courte. Les glom érules sont aux aisselles de bractées
ovales un peu aiguës. Les boutons floraux sont longs d'à peu
près 5 m illim ètres. Les sépales sont ovales (2 m m .), carénés;
les pétales sont ovales-oblongs, un peu obtus ( i mm. o) ; les
six étam ines de la fleur m âle entourent un rudim ent d ’ovaire
globuleux. Dans la fleur femelle, l'ovaire est un peu ovoïde,
légèrem ent gibbeux vers la base, avec stigm ate term inal.

Chrysalidocarpus mananjarensis nov. sp.
indigènes appellent ce Palm ier lafa, tout comme

Les
le
Neodypsis tanalensis ; et son port est, en effet, celui de ce
Neodypsis. Il s’en distingue bien cependant d'autre part :
1°, par ses segm ents foliaires plus mous et plus pendants;
2°, parce que ces segm ents ne sont plus équidistants, mais en
groupes alternes très rapprochés 3°, par ses inflorescences,
sur lesquelles les glom érules floraux sont plus compacts.
Annules du Musée colonial de Marseille. — 3* série, l or vol. 1913.

3

�Annales du Musée colonial clc Marseille
3* série, l*r volume 1013.
11. JIMI.'I.I.K Kl

Pape 31.

II. l’KIUUKH DK LA HAIIIIK

Les fruits, très serrés sur les ram eaux qui les portent, sont
aussi beaucoup plus petits ; et les graines, a l in lé rie u i, puisque
c est un Chrysaluhcarpus, ne sont plus à album en rum iné.
La feuille PI. XVII est celle des C hrysalidocarpus, bien
différente, nous l'avons dit, de toutes les feuilles que nous avons
décrites chez les Xeophloga précédents. Gaine et rachis sont lortement convexes sur le dos" sur la face supérieure, tous
deux sont en forme de forte gouttière; plus haut, le rachis
présente sur cette même face une épaisse carène, d'abord
aplatie, puis sim plem ent obtuse. La limite de la gaine et du
rachis n est indiquée que par les deux petites oreillettes que
présente le sommet de la gaine. A la surface de cet le gaine
et du rachis, et étroitem ent appliquées contre leur surface sont
de nombreuses squames blanchâtres allongées, irrégulièrem ent
et profondément découpées, penniséquées.
Les segments sont par groupes de quatre à huit ; vers le
milieu de la feuille ils ont I m. 20 de lorumeur
sur 3 centiO
mètres de largeur.
Les inflorescences ^Pl. XVII), situées aux aisselles des feuilles
les plus âgées, sont à axe principal très court, courbé au-des­
sous de la première ramification. Chacune est entourée de deux
spathes. La spathe inférieure, insérée presqu a la base, a GO cen­
tim ètres de longueur sur 10 de largeur lorsqu elle est repliée ;
elle est plane sur la lace opposée à la déchirure, et bicarénée. La
spathe supérieure, conique, a 80 centim ètres. L ’inflorescence est
trois fois ramifiée. Nous avons dit que les fleurs form ent sur
les dernières ramifications des épis très serrés ; en réalité
cependant d y a bien sur chaque encoche de l axe des groupes
de trois fleurs, dont la médiane est leinelle et les deux latérales
mâles. Sur les échantillons que nous avons exam inés la fleur
femelle est très petite et les Heurs mâles ne sont pas encore
ouvertes. Les trois pétales de ces fleurs encore ferm ées form ent
un cône un peu saillant au-dessus des trois sépales ; en dedans
des six étamines est un rudim ent d ovaire, un peu plus large
vers le sommet que vers la base.
11 semble que sur certains pieds les fleurs fem elles ne se
développent jam ais com plètem ent ; ces pieds seraient alors
mâles par avortement.

PI. XVII. — Fragment de limbe cl d inflorescence
du Chrysalidocavpus mananjarensis.

�H;J

PALMIERS DE MADAGASCAR

Ljes Iruits, serrés sur 1 axe, sont un peu oblongs et ont 5
mm. sur -J mm. 5 ; ils sont convexes d ’un côté et plans de
1 autre, et le stigm ate est rejeté tout à fait à la base.
Ce Chrysalidocarpus, dans le bassin du M ananjary, croît
sur les gneiss des bois du Yatovavv, vers 200 m ètres d'altitude.
Plus près de la mer on le retrouve aux environs de Loholaka.
Le bourgeon term inal, quoique un peu amer, est comestible.

Chrysalidocarpus Baronii

Bec. var.

littoralis nob.

Nous considérons comme une variété littoralis du C hrysalidocarpus Baronii Bec. le Palm ier que les Tanala nomment
et les Betsim isaraka
Cette espèce pousse par touffes de 10 à 20 tro n cs; et ces
troncs, de 3 à i m ètres de hauteur et de 8 à 10 centim ètres
au plus de diam ètre, sont surm ontés chacun de G ou 7 grandes
feuilles de I m. 50 à 2 m ètres, y compris la gaine, qui peut
avoir 30 à 60 centim ètres de longueur.
La gaine et la base du rachis (fig. 10) sont convexes en
dessous et en gouttière en dessus. Le som m et de la gaine
forme, par rapport à la base du rachis, deux saillies latérales
anguleuses. Le rachis est nu sur 20 centim ètres environ, et sa
largeur à ce niveau est de 15 m illim ètres. Plus haut, il présente
sur sa face supérieure une assez forte carène. Les segments
(lig. 10) sont équidistants, longs et étroits, et leurs bords
sont épaissis par des nervures tout à fait m arginales; ils ont,
vers le m ilieu du limbe, 60 centim ètres sur 2. Sur leur ner­
vure médiane, vers la base, sont de petites squamules laciniées
brunâtres.
Les inflorescences (fig. 10), d ’une longueur de 80 centi­
m ètres, sont de très bonne heure infléchies ; elles sont ovoïdes,
glabres, deux, ou même quelquefois trois fois ramifiées et à
ramifications lâches, arquées, ascendantes. L'axe principal,
aplati, noirâtre, est nu sur 45 centim ètres de longueur. La
spathe inférieure est bicarénée, ouverte seulem ent au som m et,
et insérée à 14 centim ètres à peu près de la base ; elle est longue
de 25 centim ètres, et large, lorsqu’elle est repliée, de 30 mil-

rehazo

lafohazo.

�\ anales du Musée colonial de Marseille
3* série. l®r volume 19(13.
Page 37
n . JUMELLE EL H. l’ERRLÊR DJE LA BATIllE

lim ètres ; la spalhe supérieure, caduque, est fendue latéralem ent,
tivs aiguë au sommet, et est long’ue de 3o centim èties, laige,

-O'.

Fig. 10. — Base et sommet du limbe et extrémité d'inflorescence
du Clirysnlidocarpus Baronii var. littoralis.

lorsqu elle est repliée, de G centim ètres. Les ram eaux sont
aux aisselles de petites bractées triangulaires aiguës ; les bracX \ III. — Feuille et mllorescence du Clirysnlidocarpus onilahen sis

___

�PALMIEHS DE MADAGASCAR

37

téoles des glom érules floraux sont aussi aiguës, un peu recour­
bées vers le haut. Les boutons floraux (2 m m .) sont un peu
globuleux. Les sépales sont aussi larges que hauts, à sommet
presque droit, avec une légère petite pointe médiane corres­
pondant au som m et de la carène. Les pétales sont ovales,
faiblem ent aigus ; les six étam ines de la fleur mâle entourent
un ovaire allongé et é tro it.
fous ces caractères correspondent très sensiblem ent à ceux
que donne M. Beccari pour le Chrysa.lidoca.rpu8 Baronii.
Notre Palm ier n’est donc, pour nous, qu'une variété peut-être
plus robuste de cette espèce; et sa plus grande robustesse
serait sans doute due au stat. M. Beccari dit que ses échantil­
lons ont été récoltés dans la région centrale — où le Palm ier
serait appelé
alors que les nôtres proviennent des
bois des dunes littorales de l’Est, vers l’embouchure du Tapolo.
Le Palm ier est d'ailleurs très commun sur toute la côte entre
Fénérive et M aroantsetra.
Le bourgeon term inal est amer.

farihazo

Chrysalidocarpus onilahensis nov. sp.
Ce petit Palm ier a la gaine foliaire m em braneuse des .Ycop h lo g a , mais son rachis, épais et en gouttière à la base (de
sorte qu'il sem ble bien la continuation de la gaine), puis muni
plus haut, sur sa face supérieure, d’une carène d'abord aplatie,
puis aiguë, place bien l’espèce parm i les Chrysalidocarpus.
Le tronc, lisse et annelé, a 2 à 3 m ètres au plus de hau­
teur, et 5 à 10 centim ètres de diam ètre. Au sommet de ce
tronc sont 5 à 7 feuilles (Pl. XVIII) gracieusement incurvées,
longues de 1 mètre.
La gaine, que nous savons m em braneuse, est longue de 20
à 22 centim ètres et large de 8. Le rachis, qui, tout en restant
en gouttière, se rétrécit plus brusquem ent que dans les espèces
précédentes, n'est nu que sur i centim ètres. Les segm ents,
très nom breux, très rapprochés (1 à 2 centim ètres), sensible­
ment équidistants, sont étroits (I cent.), longs de 30 centi­
m ètres au m axim um , puis rétrécis à la base, très aigus au
so m m e t.

�\nnalps du Musée colonial de Marsoill
3° série, l or volume 1913.
ra^e 39.

Chaque pied porte une ou deux inflorescences (PI. XV III),
recourbées vers le bas, et à fleurs jaunâtres.
Ces inflorescences, longues de 60 à 70 centim ètres, sont
deux fois ramifiées. La spathe inférieure, insérée à 1 cm. 5 à
'2 centimètres de la base de l'axe, a 10 centim ètres de longueur
et est fendue seulement en h a u t; la supérieure, qui naît un
peu au-dessous de son sommet, a 20 centim ètres et est presque
entièrement fendue quand la grappe est épanouie. A 8 ou 10
centimètres au-dessus de son insertion est une petite écaille
de l centimètre à peu près.
L'axe est comprimé (1 cm. de largeur) ; la prem ière ram ifi­
cation ne commence qu’à 25 centim ètres de sa base. A la nais­
sance de chaque rameau est une petite écaille aiguë. A u -d e s­
sus de la première ramification l'axe est moins com prim é,
mais reste anguleux.
Sur les rameaux de second ordre, qui po rten t les fleurs,
celles-ci sont en glomérules de trois, disposés en spirale et
placés aux aisselles de petites écailles sem i-orbiculaires. Les
sépales des fleurs mâles sont obtus, carénés, longs de I m illi­
mètre environ ; les pétales, de 3 m illim ètres, sont ovales, peu
aigus,striés longitudinalem ent; les filets stam inaux ont envi­
ron la moitié de la hauteur de ces pétales, et les anthères,
rabattues, arrondies aux deux extrém ités, ont 1 mm. 1/4;
1 ovaire est trigone, à peine plus court que les filets. Dans les
fleurs femelles, l'ovaire est ovoïde, mais plus convexe sur un
côté que sur l'autre.
Le Palm ier pousse par touffes de quatre ou cinq troncs.
Dans le bassin de 1 Onilahy, il croît sur les grés basiques
du mont "Notaka, près de Benenika.
Notons que nous connaissons ainsi des Chrysalidocarpus
sur les deux versants de l'ile, tandis que tous les Neophloya
'u ^ jusqu alors par 1 un de nous appartiennent exclusivem ent
au versant oriental.

Chrysalidocarpus canescens nov.

sp.

Par quelques caractères, et notam m ent par l’étroitesse et la
disposition des segm ents foliaires, ce Palm ier du Sam birano
PI. XIX.

Milieu cl sonuncl du limbe du ChrusnUdocnrpus cunescens

�PALMIERS DE MADAGASCAR

39

rappellerait un peu le Chrysalidocarpus lutesccns W endl.
(Areca madagascariensis M art. ; Hyophorbe indien Mort.),
très commun aujourd’hui dans les serres d ’Europe, et dont
les fleurs restent inconnues. Tout de suite néanmoins notre
Palm ier se distingue de ce Chrysalidocarpus lulescens par
l’absence de pétiole, car les segm ents commencent immédia­
tem ent à la base du rachis, alors que M. Beccari indique
pour le Chrysalidocarpus lutescens un pétiole défit) centim ètres
de longueur.
Le tronc de notre Chrysalidocarpus canescens est grêle,
vert, annelé, droit. Haut de 4 à 8 m ètres, il ne dépasse pas
10 centim ètres de diam ètre ; sa base est légèrement renflée
en cône.
Au sommet sont 8 à 12 feuilles ascendantes, à gaine glabre,
m em braneuse, dont le sommet s’atténue vers le rachis sans
présenter les saillies anguleuses du Chrysalidocarpus Baronii
var. littoralis\ la gouttière du rachis est aussi moins profonde.
Ce rachis peut avoir 2 m ètres de longueur. Les segments
(PL XIX), disposés comme ceux du rehazo, sont presque
opposés, et à des intervalles de 3 cm. 5 à 4 centimètres.
Ils peuvent avoir 60 à 80 centim ètres de longueur sur 15 mil­
lim ètres au plus de largeur (tandis que, comme nous l’avons
vu, ceux du Chrysalidocarpus Baronii var. littoralis peuvent
avoir 20 m illim ètres). La nervure médiane porte çà et là
quelques squam ules brunâtres.
Quand la feuille est jeune, ces segm ents sont blanchâtres et
farineux en dessous. Vers le milieu du rachis ils sont recour­
bés et pendants.
Le seul pied vu par l'un de nous, et sur lequel ont été pris
les échantillons que nous décrivons, ne portait q u ’une inflores­
cence, qui était deux fois ramifiée et était uniquem ent compo­
sée de fleurs m âles, isolées ou géminées, disposées en spirale
le long des ram ules.
L ’axe principal est entouré de deux spathes. L'inférieure,
insérée à 13 centim ètres delabase et longue de 10 centim ètres,
comprimée et bicarénée, n ’est fendue qu’au som m et ; la supé­
rieure, insérée 17 centim ètres plus haut, et caduque, longue
de 45 centim ètres, est conique et très aiguë, et fendue presque

�40

H. JUMELLE ET 11. PERIMER DE LA ÜATIIIE

Annales du Musée colonial de Marseille
3* série, I" volume 1913.

jusqu’à son extrémité. L’axe est nu sur 60 centim ètres ; les
rameaux de premier ordre sont très aplatis.
Les sépales, carénés et légèrement éperonnés, sont ovales,
obtus, à peu près aussi larges que liants, convexes en dehors,
^labres, de 2 mm. 2 de hauteur. Les pétales sont ovales, con­
vexes, aigus, de 3 millim. sur 2 mm. 2. Les tilets des six éta­
mines, de I mm. 1/3 environ, sont un peu plus larges à la
base qu'au sommet.
Le rudiment d'ovaire (I mm. 800 est presque cylindrique,
trilobé au sommet, à peu près aussi long que les étam ines.
Nous ne connaissons ni les fleurs femelles ni les fruits.
Dans les bois du Sam birano,à Ainbaliha, l ’espèce croît sur
les grès, vers iO mètres d altitude.

Chrysalidocarpus rivularis nov.

sp.

Le Chrysalidocarpus rivularis, que nous nom m ons ainsi
parce qu’il se localise généralem ent sur les bords des cours
d'eau, a un tronc de 5 à 10 m ètres de hauteur, m ais qui n ’a
jamais guère plus de 13 centim ètres de diam ètre. Ce tronc,
lisse, vert grisâtre, annelé par des cicatrices foliaires qui sont
distantes de 8 k 10 centim ètres, esta base très légèrem ent renllée et est couronné par 12 k 15 feuilles étalées, dont les 4 k
7 plus basses portent chacune k son aisselle une inflorescence.
La gaine, qui est fortement m em braneuse, est grisâtre k
l'état frais, mais rougeâtre en se desséchant ; elle est parfois
glabre, mais souvent aussi recouverte d’un court duvet brun
violacé qui s ’enlève sous les doigts. Elle a de 40 k 50 centi­
mètres de longueur et, au som m et.se rétrécit progressivem ent
vers le rachis. Celui-ci, garni de segm ents ju sq u ’à la base, où
il est large de i à 6 centim ètres, est d ’abord légèrem ent con\ exe en dessous et presque plan en dessus, avec des bords
très peu relevés ; mais plus haut il devient triangulaire, avec,
sur la face supérieure, une carène obtuse qui com m ençait k
se dessiner dès la région basilaire. Il p o rte su r ses deux faces,
et surtout vers la base, un revêtem ent pubérulent roussàtre.
Les segments, sur la moitié ou les deux tiers inférieurs de
la feuille, sont par groupes alternes de 3 à 0, l ’espacem ent

PI. XX. — Segments foliaires et ramification de l'inflorescence
du Chrysalidocarpus rivularis.

�PALMIERS DE MADAGASCAR

il

étant, dans chaque groupe, d e 2 à 3 centim ètres. Dans le tiers
supérieur, tous ces segm ents, cessant d’être groupés, se rap ­
prochent en restant alternes ou en devenant plus ou moins
opposés. Tous (PI. XX) sont mous, étalés, pendants, allongés,
ovales, très aigus au som m et ; ils présentent 5 à 7 nervures n et­
tem ent saillantes sur la face inférieure. Les plus grands o n t6 0 à
70 centim ètres de longueur sur h à 7 centim ètres de largeur.
Une feuille entière peut avoir 2 m. 50 sur 1 m. 20.
Gomme chez le Chrysalidocarpus rnananjarensis, certaines
inflorescences, et même certains pieds ne donnent jamais de
fruits. O rdinairem ent les fleurs mâles, de couleur jaunâtre,
s'épanouissent les prem ières et tom bent tôt, ce qui fait par­
fois paraître les inflorescences exclusivem ent femelles, les
glom érules triflores étant alors réduits à la fleur médiane.
Le spadice est trois fois ramifié ; les ram ules tertiaires sont,
comme toujours, surtout vers la base des ram ules secondaires:
et ils sont aussi longs que ceux-ci, ou même plus longs. Les
prem ières ram ifications (PI. XX) sont com prim ées, anguleuses;
les dernières sont filiformes. La première spathe, insérée vers
la base de l uxe, à 4 centim ètres, est comprimée et irréguliè­
rem ent crêtée-crénelée sur ses deux bords ; elle a 50 centi­
m ètres de longueur et 4 centim ètres de largeur quand elle est
fermée. La seconde spathe est conique, caduque.
Dans la fleur m âle, les sépales sont sem i-orbiculaires, arron­
dis au som m et, un peu plus larges ( I mm. 50) que hauts
( I mm. 150), très légèrem ent carénés et éperonnés. Les pétales
sont ovales, arrondis latéralem ent, à som m et obtus, à peu
près aussi larges que hauts (2 mm. environ). Les filets des
six étam ines sont courts et larges ; le connectif est à som m et
aigu, proém inant un peu au-dessus des loges polliniques.
Celles-ci sont divergentes à la base. L’ovaire est rudim entaire,
large et bas, en pyram ide triangulaire.
Dans la fleur femelle, dont les boulons sont plus aigus que
ceux de la fleur mâle, qui sont presque gobuleux, les sépales
sem i-orbiculaires, à som m et arrondi, convexes extérieurem ent,
sont très faiblem ent carénés et éperonnés, à peu près aussi
larges ou un peu plus larges (1 mm. 350) que hauts. Les pétales

�Annalcs du Musée colonial de Marseille
3“ série, l-r volume 1013.

42

II. JUMELLE ET H. PERRIER DE LA BATHIE

Pape \ ‘l.

sont ovales, de 2 mm. 500 de longueur sur I m m . 250 de
largeur basilaire, bombés en dehors, progressivem ent rétrécis
vers le sommet, q u i est anguleux. Les stam inodes sont réduits
à de très petites dents. L'ovaire est court, presque globuleux,
ou un peu plus large que haut (I mm. 10, par exem ple, sur
1 mm.) ; ses trois branches stigm atiques, triangulaires et
aiguës, bien visibles, sont rejetées un peu latéralem ent.
Les fruits sont des baies ovoïdes, jaunâtres, lisses, de 12 à
13 millimètres de longueur sur 6 à 7 m illim ètres de largeur,
un peu plus larges à la base, où la périanthe persiste, q u ’au
sommet, qui s'atténue assez brusquem ent (à 2 m illim ètres
environ de l'extrém ité) en un petit mamelon obtus. Ces fruits
sont souvent courbes, ou, tout au moins, plus convexes sur
un côté que sur l ’autre, qui est presque droit. C 'est sur ce
côté droit, et presque à la base, que sont les restes du stig ­
mate, cachés par le périanthe qui persiste. L ’album en est
égal.
Ce Chrysalidocarpus manque à peu près com plètem ent dans
l'Ambongo et le Boina, où on ne le trouve que dans le m assif
de l'Ankarafantsika ; mais il abonde sur les grès dans les
montagnes des deux rives du Sam birano, dans le m assif du
Manongarivo. ainsi que, plus au Nord, dans la chaîne d 'A n davankoera, dans le bassin de la Loky et sur le m ont A ndrafiamena. Il ne parait pas dépasser 500 m ètres d 'altitude et est
toujours, nous 1 avons dit, sur les bords des cours d ’eau.

Chrysalidocarpus oleraceus nov.

sp.

Très communedans 1 Ouest, cette espèce, que ses fruits obovoîdes séparent tout d esu itetrès nettem ent du C hrysalidocarpus madagascarie nsis Becc., dont les fruits ont une (orme ovoïde
beaucoup plus régulière, est le
desB etsileo (nom
que nous avons déjà vu appliquer dans l'E st au Neodypsis
hasilongus) le
des Sakalaves, et est encore nommé
dans l ’Ambongo
Dans le bassin de la Tsiribibina
c'est le
des Sakalaves.
Le tronc de ce Chrysalidocarpus oleraceus (PI. XXI) ao rd i-

madiovozina

herihery
kizohazo.
farihazo

l’I. XXL — C hrysalidocam ps oleraceus.

�Annales du Musée colonial de Marseille
3' série, 1" volume 1013.
Page 43.

PI. XXII. — Sommet du limbe, serm ent foliaire et ramifications
de l'inflorescence du C hrysalidocarpus olcrnceus.

�PALMIERS DE MADAGASCAR

43

m ûrem ent de 3 à 7 m ètres, mais peut en avoir ju sq u ’à 12, avec
un diam ètre de 25 centim ètres. Sa hase est souvent renflée en
une sorte de calotte dure et ligneuse, d'où p artent des racines.
Dans ses deux tiers supérieurs il est vert, avec des cicatrices
annulaires bien visibles ; mais plus bas ces cicatrices s'efs’ell'acent et il devient très lisse, en prenant une teinte gri­
sâtre. Nous répétons ici que c’est ce dernier caractère qui
explique le term e de « madiovozina », qui signifie « qui a le
dos propre ».
Le tronc contient une fécule un peu amère.
Les feuilles sont longues de 3 m. 50 à 4 m. 50; et leurs
segm ents sont mous et pendants, non étalés dans un même
plan. La gaine, très dilatée, est forte ; elle a de 40 à 70 centi­
m ètres de longueur sur 20 à 30 centim ètres de largeur ; elle
se rétrécit graduellem ent de la base au som m et, où elle s’ar­
rondit. L orsqu'elle est adulte, elle est glabre, et couverte seu­
lem ent d ’une pruinosité cireuse blanchâtre, qu ’on retrouve
d'ailleurs sur les autres parties de la plante ; lorsqu’elle est
jeune, elle porte un duvet brunâtre prom ptem ent caduc.
Elle se rétrécit progressivem ent vers le rachis. Celui-ci, très
convexe et presque caréné en dessous, est d'abord creusé en
gouttière sur la face supérieure, qui peu à peu s'aplatit, en
même temps que la carène ordinaire apparaît ; et. au sommet
ce n ’est plus qu'une arête triangulaire, plane en dessous, aigruë
en-dessus. Ce rachis est nu sur 25 à 30 centim ètres de lon­
gueur. Les segm ents (Pl. XXII), d'un vert glauque, sont par
groupes de deux ou trois, plus ou m oins opposés, ces paires
étant distantes de 3 à 6 centim ètres ; vers le som m et, ils sont
isolés, opposés et équidistants. Tous sont peu roides, souvent
recourbés vers le m ilieu; ils sont très longuem ent atténués en
pointe bifide. Ils peuvent avoir 50 à 80 centim ètres de longueur
sur 18 à 28 m illim ètres de largeur ; vers le som m et, ils n ’ont
plus que 25 centim ètres sur 1. Sur leur nervure m édiane sont
souvent dissém inées des squam ules brunâtres.
Les inflorescences, situées parmi les feuilles, sont longues
de 1 m ètre, et d ’une largeur à peu près égale, avec des ram eaux
recourbés en dehors. Elles sont trois fois ramifiées, toutes ces

�Annales du Musée colonial de Marseille
3” série, I r volume 1913,

ii

H. JUMELLE ET H.

PERRIER DE LA RATHIE

ramifications étant toutefois très espacées; en outre, il n ’y a
guère que les rameaux secondaires voisins de la base des
rameaux primaires qui sedivisent de nouveau, et ils ne donnent
ordinairement (PI. XXII) qu'une ram ification (ce qui les fait
donc bifurques), rarem ent deux. Tous ces derniers ram illes qui
portent les glomérules floraux ont 20 à 25 centim ètres de lon­
gueur et sont grêles, plus ou moins cylindriques. L ’axe p rin ­
cipal et les rameaux prim aires sont plus ou m oins com prim és
vers la base ; ils sont d ’abord recouverts d ’une pubérulence
brunâtre, qui tombe plus tard. On retrouve cette même pubé­
rulence sur les deux spathes.
Les glomérules floraux sont très rapprochés et disposés en
spirale, par série de cinq. Les fleurs m âles sont ovoïdes ; les
fleurs femelles sont plus arrondies.
Dans la fleur mâle, qui a 2 mm. 5 environ de hauteur, les
trois sépales sont vaguem ent triangulaires, brièvem ent ciliolés. fortement carénés sur le dos, avec un éperon basilaire;
ils ont I mm. 20 environ de hauteur sur I mm. 50 de largeur
basilaire. Les six étamines ont des filets de 1 m illim ètre envi­
ron, et les anthères sont à loges parallèles, obtuses aux deux
extrémités. A ucentre est un rudim entd'ovaire allongé (1 m m .),
vaguement trigone, a sommet conique et légèrem ent trilobé.
Dans la fleur femelle, les sépales sont sem i-orbiculaires,
ronds ou très faiblement triangulaires au som m et, un peu
plus larges à la base (1 mm. 700) que hauts (l m m . 500).
Les tiois pétales sont ovales, un peu plus longs(2m m . 200)
que les sépales, triangulaires au sommet , striés extérieurem ent.
L o\aiie est entouré de six stam inodes dentiform es ; dès qu'il
commence à grossir et à faire saillie hors du périanthe, il est
oblong. arrondi au sommet, et son stigm ate est rejeté tout à
fait vers la base.
Les fruits ont I.) m illimètres sur 6 à 7. Leur base est
très atténuée, et la moitié supérieure est nettem ent plus large
que la moitié inférieure. Ils sont convexes d ’un côté et plans
de 1 autre.
fiés largement répandu, comme nous l’avons dit, dans

PI. XXIII.
S erm ents et terminaison du limbe
du C hrysulidocnrpus p ilu life n i.

�45

l'ALMlERS DE MADAGASCAR

l'O uest, sauf vers le Sud, ce Palm ier se trouve sur tous les
terrains, de préférence cependant dans les bois secs.
Son bourgeon term inal est excellent comme chou-palm iste.

Chrysalidocarpus pilulifera

Bec.

On ne connaît et on n'a décrit ju sq u ’alors de cette espèce
qu'un fragm ent d ’inflorescence, que M. Beecari a séparé avec
raison d ’échantillons classés par Bâillon sous le nom de N eodypsis
Lastelleana.
Ce Chrysalidocarpus p ilu life r a , q u ’on trouve su rtout à
partir de 500 m ètres dans le M anongarivo et l’A nalam ahitso,
est très voisin du C hrysalidocarpus oleraceus, dont il peut
cependant être parfaitem ent distingué par quelques carac­
tères. Il est, dans l’ensem ble, beaucoup plus vigoureux que
ce Chrysalidocarpus : ses feuilles sont aussi m oins infléchies
et ses inflorescences plus contractées ; ses fruits sont
plus petits et globuleux.
Le tronc, renflé à la base en forme de calotte, a de 15 à
20 m ètres de hauteur et 30 à 40 centim ètres de diam ètre. Il est
droit, lisse, grisâtre, à cicatrices peu visibles, et est couronné
par cinq à sept feuilles de 5 à 7 m ètres de longueur totale et
de lin .40 à lm .60 de largeur. La gaine, en gouttière, a I m ètre
à l m. 50 et est verte et glabre ; son som m et forme deux
petites oreillettes latérales à la base du rachis. Celui-ci est
peu convexe en dessous et plan ou peu concave en dessus ; il
présente plus haut une forte carène supérieure, aplatie au
som m et. Il est couvert, m ais seulem ent lo rsq u ’il est jeu n e,
d ’une légère pubérulence grisâtre, qui s ’enlève sous le doigt.
Il porte des segm ents presque ju s q u ’à la base. Tous ces seg­
m ents (PI. X X III), peu roides et légèrem ent infléchis, sont, à
l ’état sec, bruns en dessus et gris argenté en dessous ; les plus
grands sont longs d é p lu s d ’un m ètre, sur 2 centim ètres seule­
m ent de largeur. Ils sont parcourus par plusieurs fortes n e r­
vures, dont les deux m arginales épaissisent les bords ; sur la
nervure m édiane, qui est la plus saillante, sont quelques
squam ules brunâtres.

�Annales du Musée colonial de Marseille
3» série, l*r volume 1913.
Pape '»&lt;&gt;.

46

H. JUMELLE ET H.

PER RI EK DE LA RATIllË

Les inflorescences, munies à la base de deux spa thés, dont la
plus grande (PI. XXIV) est longue de 70 à 80 centim ètres, sont
au-dessous du bouquet foliaire et sont pendantes ; elles sont
plus larges (! ni. 20) que hautes ( I m ètre), à pédoncule principal
court, et portent de très nombreux ram eaux (PI. XXIV) ; elles
ne semblent cependant généralem ent que deux fois ramifiées.
Les premiers rameaux sont aplatis; ceux que g arnissent les glomérules floraux sont plus ou moins cylindriques, épais (3 m m .).
Lorsque, dans la fleur femelle, l’ovaire commence à faire saillie
hors du périanthe, il est globuleux et le stigm ate est encore
au voisinage du sommet, tandis que, chez le Chrysa.lidoca.rpus
oleraceus, l'ovaire, au même degré de développem ent, est
allongé et à stigm ate déjà presque basilaire.
Les fruits, beaucoup plus petits que ceux de l’espèce précé­
dente, sont presque globuleux ; ils ont, en m oyenne, 6 m illi­
mètres sur 4; l'une des faces, à la base de laquelle est le stig­
mate. n'est que légèrement moins convexe que la face opposée.
Ce Palmier donne un chou-palm iste am er et peu consom ­
mable .
Vers le Nord on le trouve partout, même sur la m ontagne
d Ambre, où il n’y a, comme autre représentant de la même
famille, que le P hœ nix réclinât a.

Ravenea madagascariensis Becc.
Le genre Ravenea est nettem ent distinct de toutes les A récinées précédentes.
1° Ses inflorescences sont dioïques.
2° Les fleurs sont isolées, et non plus par glom érules de
trois.
d° Les axes qui portent ces fleurs sont généralem ent sinueux.
Chaque inflorescence est ordinairem ent m unie de cinq
spathes bien développées, et dont les deux dernières on t à
peu près la longueur de l'inflorescence totale.
0
Les inflorescences males sont deux fois ram ifiées ;
les inflorescences femelles le sont une fois seulem ent.
6° Les spathes, ainsi que la gaine foliaire, sont souvent
cou\ ertes extérieurem ent d un duvet blanc argenté.

PI. XXIV .— Spathe et ramifications du spadice du C h rysa lid o ca rp u sp ilu lifera .

�Annales du Musée colonial tic Marseille
3* série, I" volume 1013.
l’aftP 47.

IM. XX Y. — Extrémité de feuille du Iiavenea madagascariensis.

�Annales du Musée colonial de Marseille
3* série, I" volume 1913.

PI. XXVI. — Fascicule d'inflorescences mâles du liavenea nui dati asc a riens i s .

�t’ALMIÊRS DE MADAGASCAR

47

7 Les sépales sont soudés en un calice tripartite ou
h klente , les pétales, qui dépassent nettem ent ce calice, sont
ovales, acuminés, rnarcescents.
81' Beaucoup de ces Bavenea sont à bois très dur,
m oucheté, sur une coupe transversale, par d innombrables
petits faisceaux libéro-ligneux noirâtres.
Les indigènes reconnaissent bien les diverses espèces de ce
genre, auxquelles ils donnent fréquemm ent le nom général

d'anivo.

Deux Bavenea ont ju sq u ’alors été décrits : le Bavenea
madayascariensis Bec., dans le centre de l’ile ; et le Bavenea
H ildebrandtii Boucli., aux Comores.
Nous ne connaissons pasle Bavenea H ildebrandtii, mais l'un
de nous a retrouvé à A nalam azaotra le Bavenea madaqascariensis. Le tronc de ce Bavenea, de 5 ü 8 mètres de hauteur et
de 25 centim ètres de diam ètre, est grisâtre et peu annelé ; il
est couronné de huit ou dix grandes feuilles à gaines larges,
avec un rachis de 2 m ètres à 2 m. 50.
La gaine, peu convexe mais carénée en dessous, presque
plane en dessus, a 50 centim ètres environ de longueur sur 12
centim ètres de largeur vers la base, et elle est continuée insen­
siblem ent par le rachis. Celui-ci, presque plan en dessous, avec
seulem ent, vers la base, la fin de la carène de la gaine, un
peu convexe d ’abord, puis caréné sur la face supérieure, porte
de très nom breux segm ents (PI. XXV) équidistants, espacés
de 3 centim ètres vers la base, puis de 2 centimètres plus haut,
ensiform es et longuem ent aigus, assez roides, étalés, m esurant
vers le milieu du limbe 00 centim ètres sur 3. Il y a très peu
de squam ules, qui sont petites et roussàtres.
Les inflorescences sont fasciculées (PI. XXVI) par 5 à 8,
aux aisselles des feuilles inférieures. Chaque groupe est
inclus dans une seule spathe; et chaque inflorescence est ellemême, à son tour, munie de plusieurs spathes propres,
quatre au moins, dont la prem ière est courte et large (20 cm.
environ), la seconde plus longue (40 cm.), la troisième étroite
et allongée (1 m. 25), et la quatrièm e un peu plus courte que
cette dernière (1 m. 15).

�48

II.

Jt’M F L L K

Kl

H.

l'K R H il'R

L)K L A

R A l 'H l E

La seconde, la troisième et la quatrièm e sont revêtues
extérieurem ent d un duvet blanc brillant.
Nous avons, dans l’énumération des caractères généraux
du genre Ravcnea, indiqué cinq spathes ; il est probable que
dans le Ravenea madagascariensis les quatre spathes que nous
venons de décrire correspondent aux quatre dernières, la
première étant la spathe qui enveloppe tout le fascicule.
L’axe de l ’inflorescence, épais de I centim ètre, et couvert çà
et là d e là même vestiture blanche ou brunâtre que les spathes,
ne commence à se ramitier qu'à 60 centim ètres. Sur les
inflorescences mâles, qui sont deux fois ramifiées, la prem ière
ramification est à Faisselle d ’une longue bractée triangulaire
étroite, très aiguë ( 10 centim ètres, de longueur et 7 m illim ètres
de largeur vers la base'. Sur les inflorescences fem elles, une
seule fois ramifiées, la bractée analogue est stérile et la
première ramification sim ple est située un peu plus haut.
Dans les inflorescences m âles les ram ules prim aires ont 20
centim ètres à peu près ; dans les inflorescences femelles, ces
ramules prim aires, qui sont donc les ram ules portant direc­
tement les fleurs, ont 26 à 30 centim ètres.
Dans les fleurs mâles, portées snr des pédicelles de 2 m illi­
mètres environ, les trois pétales sont soudés sur 1 m illim ètre de
hauteur, en formant un calice gam ophylle à trois dents trian ­
gulaires très aiguës, longues de 2 mm. o. Les pétales,
m arcescents, sont ovales, à somm et triangulaire acum iné, et
ont t m illim ètres sur 2 mm. 5. Les six étam ines sont à
filets courts et à anthères longues (3 m m .). Lorsque la fleur
est ouverte, ces anthères bien rabattues, ainsi que les pétales,
forment une sorte d ’étoile, au centre de laquelle est un tout
petit ovaire globuleux, dont les trois branches stigm otiques,
bien nettes, sont aussi longues que sa hauteur.
Dans les fleurs femelles, portées sur des pédicelles de 3
m illimètres, les trois sépales sont plus hautem ent soudés (2
mm.) que ceux des fleurs mâles, et les parties libres forment
trois dents triangulaires étroites, de 1 m illim ètre. Les pétales
ressem blent à ceux des fleurs m âles ; ils ont encore un court
acumen triangulaire. Il v a six stam inodes, dont la hauteur

Annales du Musée colonial de Marseille
3* série, 1« volume 101.1.
Page 10.

PI. XXVII. — Fragment de limbe et jeune inflorescence mâle
du Itavenea robuslior.

�49

t’Al.MIKRS bii MADAGASCAR

égale la moitié de celle de l’ovaire. Celui-ci est très vaguement
trigone, ovoïde ; lorsqu’il esl encore jeune, ses trois fortes
branches stigm atiques sont exactement term inales et appa­
raissent au-dessus des pétales.
Nous ne connaissons pas les fruits.
Dans les bois d ’A nalam azaotra, on trouve ce Ravenea vers
800 m ètres d altitude. Son bourgeon term inal n’est pas
comestible.

Ravenea robustior

nov. sp.

loharanga

Ce second Ravenea d’Analama/.aotra, nommé
dans
la région, est plus robuste que le précédent, dont il se dis­
tingue encore par ses inflorescences isolées, jam ais fasciculées.
Le tronc, droit, bien cylindrique, grêle, grisâtre et peu
annelé, est haut de lu à 20 m ètres, avec un diam ètre de 35 à
45 centim ètres ; il est surm onté d ’une douzaine de feuilles.
Les gaines de ces feuilles (PI. XXVII), plus longuescjue dans
l’autre espèce, sont aussi plus convexes sur la face inférieure,
qui toutefois ne présente pas d'autre part (du moins dans nos
échantillons d ’herbier) la même forte carène. Elles sont en
ffouttière en dessus et se rétrécissent vers le rachis. Celui-ci,
long de 3 à 4 m ètres, esl convexe en dessous ; sa face supé­
rieure est d ’abord plane, ou presque, mais présente ensuite
une forte carène à somm et très aplati et très large (1 cm. 5),
comme dans les feuilles de Chrysalidocarpus, aigu seulement
vers l’extrém ité du limbe. Les segm ents commencent presque
dès la base du rachis ; ils sont équidistants, ensitorm es,
espacés de 2 à 3 centim ètres, comme ceux du Ravenôa
madagascariensis, mais ils sont plus longs, car ils attei­
gnent 90 centim ètres à plus de 1 m ètre de longueur, sur
4 centim ètres de largeur. Les squamules sont peu nom breuses.
Il y a 5 à 7 nervures, plus saillantes que dans le Ravenea
madagascariensis.
Les inflorescences sont isolées, axillaires, au nombre de
deux ou trois par pied ; elles ont la forme et la grandeur de
celles du Neodypsis tanalensis. Nous n ’en avons m alheureuAnnales du Musée colonial de Marseille. — 3° série, l** vol. 1913.

-4

�oO

H. JUMELLE El

H.

l'ERRIER DE LA HATHlE

sement vu aucune épanouie, et nous 11 e possédons pour le
moment qu’un spadice mâle (PI. \ \ \
à fleurs encore très
jeunes. Mais ces fleurs, d'ailleurs, sont bien celles des Ravenea :
le calice est tripartite, soudé sur I m illim ètre environ, et ses
dents sont triangulaires et aiguës, de 3/4 de m illim ètre ; les
pétales, ovales, à acumen triangulaire, ont 2 mm. S. Les
extrém ités des six anthères sont au niveau des pointes des
pétales.
Xos inflorescences mâles jeunes sont longues d environ 80
centim ètres. Elles sont deux t'ois ramifiées ; les ram ules
secondaires, qui portent les Heurs, ont, vers la base de la
panicule, 23 centim ètres à peu près. Toute l'intlorescence
est enveloppée par cinq spathes. La plus externe est large,
mais peu haute (20 cm.) ; la seconde, plus large encore (20
cm. lorsqu'elle est ouverte), a 50 centim ètres ; la troisièm e,
revêtue comme les suivantes d ’un court tom entum laineux,
très blanc d'abord, brunâtre ensuite, est beaucoup plus
étroite et a 65 centim ètres ; la quatrièm e, encore étroite et à
sommet conique, a 00 centim ètres ; la cinquièm e, fendue au
sommet, redevient plus courte (80 cm.).
A Analamazaotra, le Palm ier croît, comme le précédent,
vers 800 mètres, dans les bois hum ides. Son bourgeon term inal
est comestible.

II),

Pa l m i e r s

de

Ma d a g a s c a r

Chacune a une gaine assez courte (30 cm.) ; ce qui
semble, du reste un caractère assez fréquent des Ravenea.
Cette gaine se rétrécit insensiblem ent, comme dans le Ravenea

Ravenea sambiranensis nov. sp.
anivo

Cet
appartient au nord de M adagascar. On le trouve
dans les bois secs du M anongarivo, au dessus de 600 m ètres
d'altitude ; du M anongarivo il rem onte jusqu'à Diégo.
Son tronc, qui est épais à la base et a de 6 à 15 m ètres de
hauteur et un diam ètre de 6 à 20 centim ètres, est lisse, b ru ­
nâtre, marqué de cicatrices assez visibles. L ecœ ur(fig. 11 et 12)
est dur et noir. La base tubérisée reste, cependant très tendre,
surtout vers l ’extérieur.
Les feuilles sont groupées au som m et, au nom bre de 20 à
25, et sont dressées.

maclaf/aseariensis, en un rachis bordé de filaments durs et
roides qui constituent une sorte qe piassava. Ce rachis est
large dans le bas (6 à 7 cm.), d abord plan, puis, un peu plus

�Annale* du Musée colonial de Marseille
3' série, lrr volume 1913.

52

H. JUMELLE ET H. PËRRIER DE LA HATI U Ë

I ’apc 52.

haut, arrondi on dessous ut caréné un dessus ; il est couvert,
comme la saline, de poils bruns et. courts, dissém inés. Sa lon­
gueur est de 2 m. 50 à 6 m ètres. Les segm ents (PI. XXVIII),

Hio 12.

Secliou longitudinale d un tronc de Raven en sam biranensis.

équidistants, sont roides, obliques, lancéolés, étroits, term inés
en pointe aiguë ; iis peuvent avoir 80 centim ètres seulem ent
de longueur sur 2 centim ètres de largeur. Sur les nervures sont
d assez nom breuses squam ules brunâtres. Les segm ents te r­
minaux ressem blent aux autres.
Fl. XXYI1I. — Sepment foliaire, terminaison du limbe el ramilles femelles
du Ravenen snmbirnnensis.

�PALMIERS DE MADAGASCAR

53

Les inflorescences femelles, qui sont les seules que nous
ayons vues, sonl nombreuses. (Chaque pied en porte 6 à 8,
qui sont isolées, dressées. Elles ne sont qu’une fois ramifiées,
et les 40 à 50 ramifications (PI. XXVIII) sont des épis un peu
comprimés, à axe sinueux. Chaque spadice a cinq spathes :
la première est très courte (8 à 10 cm), arrondie au sommet
et fendue ; la seconde, de 25 centim ètres, est fendue de même,
mais plus large et plus aiguë ; la troisième a 25 centim ètres;
la quatrièm e, de 05 centim ètres, et enveloppant presque toute
1 inflorescence, est étroite (4 cm .), un peu aiguë au sommet,
et fendue sur les 4/5 de sa longueur; la cinquième a même
forme que la quatrièm e et enveloppe toute la grappe, mais est
un peu plus longue et a de 80 centim ètres à I mètre.
Ces spathes, glabres et rougeâtres intérieurem ent, sont,
ici encore, recouvertes d ’une vestiture blanc argenté, qui
parfois brunit ultérieurem ent. Elles sont insérées à la base de
l’axe. Celui-ci, qui porte le même revêtem ent blanchâtre, reste
nu sur 00 centim ètres de longueur environ ; il est muni
seulem ent, comme précédem m ent, d’une bractée stérile située
au-dessous du prem ier épi. Sur les axes des épis les fleurs
femelles, isolées et en spirale, sont nettem ent pédicellées (2 à
5 m m .). Les sépales, de 2 mm. 5 environ de longueur totale,
sont hautem ent soudés, comme dans le Ravenea madagascariensis, et les parties libres ne form ent sur le tube calicinal
que trois dents étroites et aiguës; les pétales, plus longs (4 mm.)
sonl ovales, à sommet triangulaire acuminé. Il y a six stam inodes. L'ovaire est à stigm ate term inal, mais esf un peu plus
longuem ent rétréci vers le som m et que celui du Ravenea
madagascariensis ; il est donc, dans l ’ensemble, moins régu­
lièrem ent ovoïde et plus allongé que celui-ci. Les fruits, sur
lesquels le stigm ate est rejeté latéralem ent, mais non à la base
même, sont un peu plus longs (J l à 12 m m .) que larges (10
m m .); ils sont arrondis au sommet et d'un rouge corail.
Les spécimens étudiés oui été récoltés vers 800 m ètres dans
le massif du Manongarivo.

�54

H. JUMELLE ET U. FER K1ER DE LA HAIT UE

Annales du Musée colonial de Marseille
3° série, 1•r volume 1013.
Putfc 54.

Ravenea rivularis

nov. sp.

Les deux prem iers Ravenea que nous avons décrits étaient
de l’Analamazaotra, dans l'E st, et le troisièm e était du Manongarivo, sur le versant occidental. Notre quatrièm e espèce est
à la fois de l'Est et de l'O uest, car, après l'avoir tout d ’abord
observée sur les bords de l’Imaloto, au pied de lls a lo , dans le
bassin de l'Onilahy, l ’un de nous l ’a revue plus tard dans l’Est,
dans le bassin du M atitana, ju sq u ’au voisinage de la m er.
Dans l'Ouest, dans les bassins de l ’Onilah v et du M angokv,
c’est le
des Sakalaves ; dans l'E st, c'est l ak o rak a des
Tanala.
Partout ce Palmier, très reconnaissable à son tronc blan­
châtre et à ses inflorescences dressées, se plaît surtout en
terres humides, près des cours d ’eau ou des m arais.
Son tronc, dont nous venons de dire la teinte blanchâtre,
est haut de 10 à20 m ètres; il est lisse, à peine annelé, presque
cylindrique ou un peu renflé, et son diam ètre ne dépasse pas,
à la base, 10 centim ètres. Au somm et sont 2 0 à 25 feuilles de
1 m. 20 à I m. 50 de longueur, à segm ents régulièrem ent
espacés, distants de 2 centim ètres environ.
La gaine est glabre et courte (30 centim ètres de longueur
sur 8 centim ètres de largeur) et se rétrécit assez rapidem ent
vers un rachis qui est convexe en dessous, plan en dessus, nu
sur 10 centim ètres à peu près. La carène de la face supérieure
est très basse, et presque aussi large à son som m et que la face
inférieure ; de telle sorte que les segm ents (PL XXIX)
paraissent insérés dans deux gouttières latérales. La carène
ne devient plus nette et un peu triangulaire que vers l extrémité du limbe. Les segm ents ont 50 centim ètres de longueur
maxima, sur 16 a 20 m illim ètres de plus grande larg e u r; ils
sont faiblement rétrécis à la base, longuem ent atténués et
aigus au sommet.
Il v a par pied quatre ou cinq inflorescences dressées, roides,
longues de 90 centim ètres à 1 m. 30. L'inflorescence m âle (PL
XXX i que nous possédons en collection est plus petite que l in-

gora

PI. XXIX.

Milieu el extrémité du limbe du liuvenex nvulnris.

�Annules du Musée colonial de Marseille
3* série. 1" volume 1013.
Pape 54.

PI. XXX. — Inflorescence femelle (la plus grande et inflorescence mâle
du Iiavenea rivularis.

��PALMIERS DE MADAGASCAR

florescence femelle (même PI ), mais nous ne savons si cette
différence est constante.
L ’axe de l ’inflorescence femelle, qui est aplati et a 130cen­
tim ètres de longueur totale, est muni des cinq spathes ordi­
naires, insérées à la base : la prem ière a 25 centim ètres de
longueur sur 5 centim ètres de largeur ; la seconde a 35 centi­
m ètres sur 7 ; la troisièm e a 65 centim ètres sur 6 ; la quatrièm e
a 130 centim ètres sur 5 ; et lacinquièm e a 150 centim ètres sur
4 cm. 5. Le duvet blanchâtre de la face externe est moins
abondant et plus court que dans les espèces précédentes.
L'axe de b inflorescence m âle, égalem ent aplati, et long de
90 centim ètres à peu près, a cinq spathes analogues à celles
du spadice femelle, mais, en outre, porte à 30 centim ètres de
la base une longue bractée stérile, étroite et longuem ent aiguë,
de 35 cent im ètres sur 2. A 15 centim ètres au-dessus de l'in ser­
tion de cette bractée est la prem ière ram ification, à la base de
laquelle se trouve une seconde bractée filiforme, de 6 centi­
m ètres sur 2 m illim ètres.
De même, sur l'inflorescence femelle, à 60 centim ètres de
la base, est une première bractée, mais plus étroite encore
(20 cm. sur 7 mm.) ; et, à 3 centim ètres plus haut, la pre­
mière ram ification est insérée à l'aisselle d'une autre bractée
plus petite (15 cm. sur 3 m m .).
Les inflorescences m âles sont deux fois ramifiées ; les inflo­
rescences fem elles (PI. XXXI) ne le sont qu'une fois.
Dans les fleurs m âles, qui sont brièvem ent pédicellées
(1 mm. 5), les sépales, de 2 mm. de longueur totale, sont sou­
dés sur à peu près la moitié de leur hauteur, et les dents sont
triangulaires aiguës ; les pétales, de 4 mm. 5, sont ovales,
avec un acumen triangulaire ; les six étam ines sont à peu près
de même hauteur que ces pétales et entourent un ovaire qui
est su rto u t représenté par son extrém ité stigm atique brunâtre.
Dans les fleurs femelles, un peu plus longuem ent pédicellées
(2 à 3 m m .), les sépales, de 3 m illim ètres de longueur, sont
soudés sur 1 m illim ètre, et les dents sont triangulaires aiguës ;
les pétales, de 4 mm. 5, sont larges vers la base (2 mm. 5),
mais se rétrécissent rapidem ent en une lam e triangulaire acu-

�PALMIERS ÜF. MADAGASCAR

57

Les (leurs sont portées par des pédicelles longs (2 à 3 mm.)
el assez épais. Les trois sépales, de 2 m illimètres à peu près,

Le tronc de ce Ravenea, qui est le dernier que nous ayons
à citer, est très droit et à surface lisse; il a de 2 à 8 m ètres de
hauteur et se termine par un bouquet de 12 à 15 feuilles gra­
cieusement infléchies, de 2 à 3 m ètres de longueur.
La gaine et la base du rachis sont recouvertes extérieurem ent
d'un épais tomentum blanchâtre, qui se détache facilement
sous les doigts.
La gaine est courte (38 cm.), large de 15 centim ètres vers
la base, très peu concave ; elle se continue insensiblem ent
par un rachis qui est un peu convexe en dessous, plan d’abord
en dessus, puis, un peu plus haut, très légèrem ent caréné. Les
segments fîg. 13 sont équidistants, espacés de 2 centim ètres
environ, et commencent presque dès la base du rachis ; ils ont
vers le milieu du limbe 60 centim ètres de longueur sur 20 à
25 millimètres de largeur. A l’état frais, ils sont recouverts
d ’un enduit cireux blanchâtre qui leur donne une teinte glauque.
Il y a par pied trois ou quatre inflorescences roides et dres­
sées. Nous ne connaissons du reste que les spadices femelles.
La prem ière bractée, laineuse extérieurem ent, est longue de
15 centim ètres à peu p rès; la seconde, bicarénée, en a 25 ; la
troisième (incom plètedans nos échant illons) en a 5 au minimum ;
la quatrièm e en a 90 et la cinquième, insérée à 30 centim ètres
de la base, en a 60. Toutes ces spathes portent les traces d ’un
revêtem ent laineux blanchâtre q u ’on retrouve sur l ’axe. Celuici est comprimé, nu sur il) à 50 centim ètres de longueur ; au
delà sont de nombreux ram eaux (fîg. 13) sim ples, longs de
25 à 30 centim ètres, flexueux.

Fig. 13. — Bractées, spadice femelle cl sommet du limbe du liavenea yüiuca.

sont plus brièvem ent soudés (1 2 mm.) que dans les espèces
précédentes et sont triangulaires aigus ; les pétales (5mm . sur
1 mm. 5), m arcescents, sont aussi bien reconnaissables a ce

�38

H. JUMELLE F.T II. PERR1ER DE LA BATHIE

q u ’ils sont oblongs aigus ; l'ovaire, large et arrondi à la base,
devient rapidement conique et est à stigm ate term inal. Il est
entouré de six staminodes.
Dans le massif d’A ndringitra, sur le versant O uest, ce P al­
mier forme de vastes forêts, à l'exclusion de toute autre plante,
entre 1.200 et 1.800 mètres. 11 résiste assez longtem ps aux feux
de brousse.

Louvelia madagascariensis

nov. gen.

Nous avons déjà dit, au commencement de ce mémoire, que
nous avons dû créer pour le
d Analam azaotra un
nouveau genre, que nous avonsdédiéà M. Louvel, le distingué
directeur actuel du Service forestier de M adagascar, en rési­
dence à Analamazaotra.
Le lakamarefo se rapproche à quelques égards des Ravenea.
Il en a le port; son bois est dur comme celui de la plupart des
anivo et il est dioïque. D 'autres caractères, et notam m ent ceux
des fruits, le placent néanmoins bien à part.
Le tronc du lakamarefo ne dépasse pas 2 à 3 m ètres de
hauteur, mais a souvent jusqu'à 50 centim ètres de diam ètre;
il est toujours couvert par les restes des gaines et des bases
des rachis.
Les feuilles, longues de 2 m. 50 à 3 m ètres, sont régu­
lièrement penniséquées (PL XXXII). La gaine, très longue
(60 centimètres au moins), mais étroite (3 centim ètres à peine),
est légèrement convexe et carénée en dessous, en gouttière en
dessus. Le rachis a tout d'abord la même forme que la gaine,
q u ’il continue, mais peu à peu il devient moins convexe sur la
face inférieure et surtout plus plan sur la face supérieure, sur
laquelle se dessine ensuite une carène à sommet obtus, puis
aigu. Gaine et rachis sont brun chocolat sur la face inférieure ;
la face supérieure est parsemée de nom breuses squam ules
brunâtres. Les segments sont espacés de 2 centim ètres envi­
ron, alternes ou presque opposés suivant les niveaux ; ils sont
étalés et verts, distincts ju sq u ’au som m et, longs et étro its.
Ils ont vers le milieu du limbe 50 centim ètres sur 2 cm. 5. La

lakamarefo

PALMIERS DE MADAGASCAR

59

nervure médiane est seule bien saillante sur la face supérieure,
où elle est parsem ée de squamules.
Ce Palm ier est dioïque, et il v a ordinairement deux inflores­
cences par pied. Ces inflorescences sont dressées m aisdépassent
peu les spathes. L inflorescence mâle seule est exserte dans la
partie qui porte les (leurs ; l’inflorescence femelle reste plus
ou moins cachée par la dernière gaine.
Les inflorescences mâles, longues de 50 centim ètres, sont
entourées de deux bractées, couvertes des mêmes squamules
brunes que la face supérieure du rachis. L'extérieure a 18 cen­
tim ètres de longueur environ et est ouverte dans sa moitié
supérieure ; la seconde la dépasse de 30 centim ètres. L’axe
nu du spadice a 30 centimètres- environ. À la base du premier
ram eau est — comme chez les Ravenea — une bractée trian­
gulaire très aiguë, longue de 3 centimètres et large de 6 mil­
lim ètres à la base. Les ramifications sont sim ples; les rameaux
floraux sont grêles. Les fleurs sont isolées aux aisselles de
petites bractées étroites, aiguës, de I à 2 millimètres. Le calice
est beaucoup plus réduit que chez les Ravenea ; les sépales
sont trois petites écailles triangulaires. Les pétales sont ovales
( i m illim ètres sur 2 mm. 5), aigus. Les lilets stam inaux sont
courts et larges, et les étam ines sont bien dépassées par les
pétales, alors qu'elles ont à peu près la même hauteur, en
général, que ces pétales dans les Ravenea. L’ovaire est indiqué
au centre par un mamelon très bas, que surm ontent trois
branches stigm atiques coniques.
Les inflorescences femelles sont munies d'au moins trois
gaines de plus en plus longues; la première, fendue jusq u ’à la
moitié à peu près, a 10 centim ètres; la seconde a 16 centi­
m ètres ; la troisième en a 21. Enfin à la base de la première
ram ification est une bractée plus étroite, dont le sommet
attein t à peu près le sommet de cette troisième spathe. La
longueur totale de l'inflorescence est de 40 centimètres. L'axe
du spadice est nu sur 12 centim ètres ; au delà il est une fois
ramifié. Les ram eaux sont un peu sinueux comme chez les
Ravenea. Les fleurs femelles, portées sur des pédicelles courts
et épais, sont isolées, à des distances de 5 millimètres. L’ovaire,

�Vnualos du M usée colonial de Marseille
3 - série, i*r volum e’ 19 1 3 .

60

H. JUMELLE ET II. PEU RI ER DE LA RAT1IIE

r u é e liO

vaguement trigone, plutôt un peu plus large que haut, et à
stigm ate term inal, est à trois loges uniovulées.
Sur le régime ^Pl. XXXII), dont la partie fertile a 20 cen­
tim ètres de longueur sur 15 centim ètres de largeur m axim a,
les fruits, qui sont jaunâtres à m aturité, ont la grosseur
de toutes petites prunes ;20 m illim ètres de diam ètre). Ils
sont norm alem ent arrondis; mais, très nom breux sur chaque
ramification, ils se trouvent plus ou moins déprim és par
compression réciproque. Leur stigm ate reste apical. Dessé­
chés, ils sont à surface ferme et brillante, piquetée de
petites lentieelles, d'ailleurs peu saillantes et faiblem ent
apparentes. Ce sont des drupes, à l'intérieur desquelles
sont ordinairem ent trois noyaux distincts (I ou 2 seulement
par avortem ent), à surface noire. Chaque noyau contient une
graine à albumen non rum iné.
Le Louvelia madagascariensis croît dans les bois d ’A nalamazaotra vers 800 m ètres d’altitude. Son bois, très dur, est
d'un brun noirâtre uniforme.

Phœnix reclinata

Jacq.

dattier

Le
de M adagascar, que M. Beccari considère comme
une variété madagascariensis du Phœ nix reclinata Jacq ., est
sur le versant oriental le
des Tanala et des Antaim oro,
et sur le versant occidental le
et le
des
Sakalaves.
Sur ce versant occidental sa distribution est assez singulière.
Il est commun, en etlet, dans les bassins sédim entaires de
1 Ouest et du Nord, mais il m anque dans le même bassin sédim entaire du Nord-Ouest, c'est-à-dire entre le cap Saint-A ndré
et la presqu ile d Am bavatobé. En général il avoisine le bord
de la mer. Sur la Tsiribihina il disparaît à 50 kilom ètres de la
côte. Aux environs de Benenitra cependant on le trouve encore
à 15 0 kilom ètres, à une altitude de 600 m ètres, sur lestnieiss.
\ ers le Sud, les derniers pieds ont été vus par l ’un de nous
sur le M anankalahv, alïluent de la Linta, où s a rrêten t éga-

daro

taratra

taratsy

6«l ’ I. X X X I I . — Som m et du lim b e et régim e du L o u v e lia m a d a y a s c a n e n s i s .

�PA1.M1KKS DI5 MAhAUASCAK

61

lem ent Y H yphaene H ildebrandtii et le Medemia nobilis. Dans
le Nord, l’espèce est fréquente sur le littoral, de Nossi-Bé à
Diégo. Dans le Sambirano il croît sur des sols pauvres enchaux.
Sur le versant oriental, son habitat correspond encore aux
dunes de la côte.
De tronc, dur, rarem ent droit, a parfois jusqu à six mètres
de hauteur, mais plus souvent n’en a que deux ou trois. Il est
garni par les bases des anciennes gaines. Les feuilles, dont
les segm ents sont par deux ou trois le long du rachis, ont 2
h 3 m ètres de lougueur; les segments inférieurs ont 11) à 12
centim ètres et sont spinescents.
Les régimes, qui sont souvent au nombre de plus d’une
dizaine par pied, form ent des grappes courtes et larges. Les
fruits, finement micronulés et aecom pagnésd’un courtpérianthe,
ont 18 m illim ètres environ sur 9 ; ils sont jaune rougeâtre à
m aturité et ont la saveur de la datte ordinaire. Ils sont peu
pulpeux, mais assez agréables au goût, et, dans le Sud, ils
sont mangés par les Mahafalv.
Le bourgeon term inal est également com estible; mais sa
récolte est difficile, car les segm ents foliaires inférieurs,
durem ent épineux, défendent adm irablem ent l'approche de ce
Palm ier, qui pousse d’ailleurs généralem ent en grosses touffes
formant des buissons épais et im pénétrables.

Borassus madagascariensis Boj.
Si l'on continue d'adm ettre, avec un certain nombre d au­
teurs, que le Borassus Æ thiopurn M art., d'Afrique, n’est qu'une
variété du Borassus fJabellifer d ’Asie, le rônier malgache n'est
bien égalem ent, pour les raisons que nous avons développées
dans un mémoire antérieur ', qu'une autre variété de ce même
Borassus. Mais M. Beccari, qui a repris sur un grand nombre
d'échantillons, une étude m inutieuse du genre, semble avoir
réussi à dém ontrer que réellement le Borassus africain et le
1. H. J u m e ll e et H. P e r r ie r de la Bàthie : N otes su r la flore du N o rd Ouest de M adagascar (A nnales du Musée colonial de Marseille, 1907).

�'lu ia K -s du Musée colonial de Mnrseill
■V série, I "r volum e 1 9 1 3 .

62

H. JUMELLE ET H. PERIMER Î&gt;E LA BATHIE

Paire 62

Borassus asiatique sont spécifiquement distin cts; et les photo­
graphies qu'il a bien voulu nous com m uniquer en traîn en t notre
conviction. La question se pose toutefois dès lors de savoir si le
Borassus de Madagascar devient une variété du Borassus
Æ lhiopum ou est une véritable espèce. A près l ’exam en de
oes photographies que nous tenons de l'obligeance de M. Beccari nous adopterons la seconde de ces deux hypothèses, car,
par la forme turbinée île ses fruits ainsi que par la disposition
de ses segments foliaires au somm et du pétiole, notre Palm ier
s’éloigne sensiblement du Borassus Æ th io p u m , au poin t de
rappeler plutôt un autre type africain que M. Beccari sépare de
l’espèce de Martius sous le nom de Borassus Deleb Becc. Nous
n osons pourtant pas, non plus, identifier ce Borassus Deleb et
le Borassus maüayascariensis, et nous reprendrons par suite
l'espèce de Bojer, conformément à ce qui semble être l'opinion
de M. Beccari.
Ce Borassus madagascaricnsis Boj., qui est le dim aka des
Sakalaves. a (PI. XXX111) de 6 à 20 m ètres de h auteur; son bou­
quet term inal est composé de 12 à IG feuilles. Le tronc est g ri­
sâtre, lisse, à cicatrices foliaires très peu m arquées, avec un
renflement vers le milieu de sa hauteur, ou au-dessus de ce
milieu, plus rarem ent au-dessous. D'abord conique à la base, il
s'amincit ensuite, puis se renfle en fuseau, pour se rétrécir de
nouveau au voisinage des feuilles, tout en restan t plus épais
qu’au-dessus de la partie conique basilaire. Sur un pied abattu
par 1 un de nous, et dont le tronc avait 16 m ètres de hauteur,
le diam ètre était de 60 centim ètres im m édiatem ent au niveau du
sol, de 46 centim ètres à 2 m ètres plus haut, de 75 centim ètres
à 6 m ètres au-dessus, et de 50 à 55 centim ètres au voisinage
des feuilles, à 16 m ètres de terre. Au centre du tronc est une
moelle un peu amère.
Les feuilles jeunes sont plongées dans un épais duvet grisâtre.
Lorsqu elles sont épanouies, leur limbe couvre une surface de
1 m. 70 à 2 m. 20 de longueur sur 2 m. 50 à 3 m ètres de lar­
geur. Le pétiole PL XXXIV) est long de 2 m ètres; il est forte­
ment creusé en gouttière sur sa face supérieure et convexe sur
sa lace inférieure ; ses bords sont garnis de courts aiguillons irré-

PI. XXXIII. — Borassus madagascariensis (pied femelle).

��t’Al.MIKKS UK MADAGASCAR

63

guliers. De forts filaments fibreux entourent la base de la gaine.
Sur les segm ents foliaires sont de nombreux petits points rou­
geâtres, analogues à ceux que nous signalerons chez VH yphaene H ildebrandtii. Avec 1 âge, ces points blanchissent

F ig . I i. — Inflo rescen ces m âles de B o r a s s u s m u d u g a s c a r ie n s is .

ou deviennent grisâtres ; ils restent cependant longtemps
visibles sur les parties des feuilles qui échappent à tout con­
tact. Ils disparaissent rapidem ent aux endroits où, par exemple
sous le souille du vent, les segm ents sont sans cesse frottés les
uns contre les autres. Ceci se comprend puisque ces points
correspondent â des touffes de poils bruns caducs.
Sur les pieds mâles, les inflorescences (fig. 14) sont soit des

�ci

U. JUMELLE ET il.

PEU HIER DE LA UATHlE

spadices dont l'axe principal ne porte que des épis isolés ou des
groupes d'épis réunis au sommet d un pédoncule commun, soit
des spadices dans lesquels eet axe principal porte, en outre, à
différents niveaux de sa partie inférieure, des axes secondaires
qui ne sont pas directement des pédoncules d épis, mais ont
même organisation et mêmes spathes basilaires que 1 axe prin­
cipal. Ces axes secondaires, dans ce second type d inflores­
cence, portent à leur tour, comme ramifications de second
ordre, les épis ou les bouquets d'épis.
Quand l'inflorescence est dépourvue de ces axessecondaires,
elle a ordinairement a spathes stériles. La sixième spathe a à
son aisselle le prem ier épi ou le prem ier pédoncule d ’épis.
Viennent ensuite des spathes longuem ent tubuleuses, presque
deux fois plus longues que celles de la base, et dont le nom bre
est égal à celui des pédoncules suivants.
Quand l intlorescence porte vers sa basedes axes secondaires,
le premier épi est encore à Vaisselle de la sixième spathe, et
il y a également au-dessus un nombre variable d'épis, avec
chacun une spathe tubuleuse comme précédemm ent. Mais c'est
aux aisselles de quelques-unes des prem ières spathes qui, dans
l'autre inflorescence, étaient stériles que se trouvent les axes
secondaires sur lesquels sont, comme sur Taxe principal, des
épis.
Sur ces axes secondaires, les spathes sont plus petites que
sur l'axe principal, et les épis peuvent apparaître à l'aisselle
de la cinquième ou même de la quatrièm e de ces spathes. Il
n v a donc alors que trois ou quatre bractées stériles, au lieu
de cinq b
Les épis sont presque cylindriques ou plus ou moins com­
prim és; mais invariablem ent, en tout cas, ils se term inent par
un rétrécissem ent brusque, en forme de petit cône dont le
diam ètre basilaire est m oindre que la largeur de la partie de
l ’épi située im m édiatem ent au-dessous. A Vaisselle de chacune
1. P o u r une d escrip tio n plus détaillée de ces in flo rescences, ainsi
q u e d es sp ad ices fem elles, nous r e n v o y o n s à n o tr e p r é c é d e n t M ém oire,
déjà cité.

Annotes du M usée colonial de M arseille

3" série, l°r volum e 1013.

Pafte &lt;&gt;.’&gt;

1&gt;|. X X X V . — F r u it de B a v a as u s m a ila g n s c a r ie n s is .

�l’AI.MIKKS

DE MADAGASCAR

65

de leurs bractées écailleuses est une petite cvme coryrabiforme
de Heurs mâles. Dans ces fleurs, les sépales sont libres, un
peu élargis au som m et, obtus, et ont 5 mm. 5 sur 2 ; les pétales,
soudés sur une longueur de 5 m illim ètres, ont 3 m illimètres
sur 1 dans leur partie libre, qui est à sommet arrondi; les éta­
mines, dont les anthères sont fixées sur de courts filets,
égalent à peu près les lobes corollaires.
Sur les pieds femelles, les inflorescences (lig. 15) sont des
épis sim ples; leur axe principal porte directem ent des fleurs.
A la m aturité, c'est donc sur cet axe unique que se trouvent
les fruits, dont le nombre varie ordinairem ent de 7 à 15 et
atteint rarem ent 20. Le nombre de spathes est â peu près tou­
jours de 10, bien plus rarem ent de 9; les huit premières sont
aiguës, et les deux dernières sont obtuses.
Chaque fruit (PI. XXXYt est entouré à sa base par les six
pièces du périanthe accrues et persistantes. La bractée-mère
s'élargit peu et est sim plem ent déjetée. Ces fruits sont turbinés ;
ils ont 15 centim ètres environ de longueur et leur diam ètre
est à peu près égal à cette longueur dans la moitié supérieure.
La moitié inférieure, notablem ent plus étroite, s'am incit pro­
gressivem ent vers le point d'insertion.
Cette forme ne doit toutefois être considérée que comme
fréquente, et non comme absolum ent constante, car elle n a
d’autre cause que la compression réciproque de tous ces fruits.
Sur les régimes qui ne portent que quelques drupes, et où,
par conséquent, la compression est moindre, ces drupes sont
beaucoup plus sphériques.
Les noyaux (PL XXXIV) ont une paroi de 5 m illimètres
d’épaisseur; ils sont généralem ent plus larges que h a u ts,e t sont
alors à contour elliptique. Le contour est circulaire lorsqu ils
sont aussi hauts que larges.
Le Borassus madagascariensis est surtout commun dans le
N ord-O uest de l'ile, où il s'étend très loin des côtés, se plai­
sant surtout dans les plaines alluvionnaires et fertiles des
bords des rivières. Dans l'Ouest, il est fréquent sur la Tsiribihina et dans la vallée de la Sakeny. On le retrouve égale­
ment sur le Malio, affluent du Mangoky,
A n n a le s du Musée colonial de Marseille. — 3* série, 1 " vol.

â

�06

n.

j i ' mellk

i :t

ii.

pkrrim r

dm

la

uat iiim

Les Sakalaves l'utilisent de plusieurs m anières. De la partie
ventrue du tronc ils font des coffres et des barriques. La pulpe

l’AL.MlKRS DM MADAGASCAR

quoique un peu amer. Enfin le bourgeon term inal est un bon
chou-palmiste.

Borassus sambiranensis

lig . 15.

Régimes do Borassus madagascariensis.

libreuse des fruits est de couleur orangée, sucrée et parfum ée,
et elle sert pour la fabrication d ’un alcool. La grosse racine
des jeunes plants est un légume tendre et blanc, assez bon,

l')7

nov. sp.

Dans le Sambirano et dans l’Ifasy, c’est-à-dire dans celte
région que nous avons maintes fois bien séparée du reste du
Nord et du Nord-Ouest du versant occidental, le rônier se pré­
sente avec des caractères assez particuliers pour que nous
croyons devoir le m ettre à part sous le nom de Borassus surnbiranensis.
1° Les gaines foliaires, parcourues par des faisceaux plus
gros que dans la variété du Boina, sont d ’une teinte jaune
doré, et non, comme dans cette variété, vert jaunâtre ; puis
le rachis, à bords noirâtres, est irrégulièrem ent découpé par
des aiguillons recourbés, très gros et très proém inents.
2° Les épis mâles sont plus minces que ceux du Boina, tout
en présentant toujours un amincissem ent conique à l'ex tré­
mité.
d° Les inflorescences femelles sont très fréquem m ent
doubles, par suite de la form ation d'un épi supplém entaire à
l’aisselle de la dernière bractée ou de la bractée précédente.
4° Il y a ordinairem ent 1 1 de ces bractées, toutes atténuées
en pointe dure et aiguë, y compris la dernière, alors que,
comme nous l ’avons indiqué plus haut, le nombre de ces
bractées, dans l’autre variété malgache, est de 10, les deux
dernières étant obtuses.
5° 11 y a généralem ent 7 à lb fruits par régime, plus rare­
m ent jusqu'à 20, dans le rônier du Boina; il y en a 10 au
m inimum et il peut y en avoir plus de 20 dans celui du Sam ­
birano.
0° Les fruits du Sambirano sont toujours nettem ent, et
presque deux fois plus hauts que larges, tandis que ceux du
Boina ont une largeur égale à leur hauteur ou plus grande.
Les prem iers sont aussi deux fois plus petits que les seconds.
7° Les noyaux sont naturellem ent, comme les fruits, plus

�69

Hyphaene Hildebrandtii

Il g plia eue Ilihlehrnndtii.

Nous avons donc, nous-mêmes, en citant fréquem m ent le
Palm ier dans beaucoup de nos précédentes études, adopté ces

—

hauts que larges dans le Borassus du Sam birano, et aussi
larges ou plus larges que hauts dans celui du reste de 1 Ouest.
En outre, ces novaux du Sambirano sont à contour nettem ent
rectangulaire, *et. lorsqu'on les regarde de lace, leurs bords
sont presque droits, tandis que les noyaux du Boina sont à
contour plus ou moins elliptique ou circulaire.
Sans doute, tous ces caractères peuvent être le résultat des
conditions propres à une région où beaucoup d autres végé­
taux présentent précisément des variations plus ou m oins
analogues; il faut cependant rem arquer que, ainsi que nous
allons le voir plus loin, d'autres Palm iers. Y H yphaene Hildebrandtii et le Medemia nobilis, ne présentent pas de varia­
tions aussi grandes ni aussi nettes. Voilà pourquoi nous
croyons possible d'adm ettre cette espèce sambiranensis, qui
d'ailleurs se rapprocherait surtout, à certains égards, du
Borassus Æ thiopum .
Et, en définitive, nous connaissons donc actuellem ent à
Madagascar deux Borassus : le Borassus madagascariensis,
largement répandu dans 1 O uest, et le Borassus sam biranensis,
plus localisé puisque nous ne le connaissons que dans le Sam ­
birano et dans l'Ifasy.
En quelques points de l'E st on retrouve le Borassus m ada­
gascariensis, mais il y est vraisem blablem ent planté.

m

*&lt;##*.*

PALMIERS DE MADAGASCAR

Bec.

W endland, en 1SS 1 1, a identifié à Y H yphaene coriacea
Y Hyphaene de M adagascar; et cette identification a été celle
admise aussi plus tard par Claverie *. Drude, entre tem ps 3,
pensait qu'on trouve dans l ile non seulem ent cet H yphaene
coriacea, mais aussi Y Hyphaene crinita.
1. W e n d la n d : B eitrà g e zu don B orassineen (Bot. Z eitung, févr. 1881),
2. Claverie : C o n trib u tio n à l ’étu d e a n a to m iq u e et h isto lo g iq u e des
p la n tes textiles exo tiq u es A nnales du Musée colonial de Marseille, 1909).
3. Drude : Die P a lm enflora des tro p isch en A fr ik a (E n g le r’s Bot. J a h r b û cb er, 1895).

déterm inations antérieures et désigné sous le nom d Hyphaene
coriacea le
de M adagascar. M. Beccari,
est

sanatra viehy

il

�70

H. JUMELLE ET H.

PERIMER OE I.A BATHIE

A n n a le s du Musée co lo nial de M a rse ille
3* sé rie, 1" volum e 11M3.

I’age " I .

vraj, avait bien, il y a quelques années, créé deux espèces
nouvelles, YHyphaene H ildebrandtii et Y H yphaene Baronii,
mais nous n’avons pas cru pouvoir tout de suite nous rallier à
cette autre déterm ination, basée exclusivem ent sur les fruits,
car nous avons maintes fois pu constater combien est variable
la forme de ces fruits (fig. 17) des H yphaene m algaches. Si
aujourd'hui nos idéesse sont quelque peu modifiées et si nous
adm ettons une espèce à 'IJyphaene, et une seule d ’ailleurs,
spéciale à notre colonie, c'est surtout parce que nous avons pu
comparer, d ’autre part, les spécimens com plets du P alm ier
de Madagascar avec une diagnose détaillée qu'a donnée 1
M. Beccari du véritable H yphaene coriacea d Egypte, si long­
temps mal connu et très incom plètem ent décrit.
Après cette étude comparée il ne peut nous rester aucun
doute que 1identification de \ \ endland est erronée et que
1 Hyphaene malgache est une espèce indigène bien distincte,
que nous ram ènerons alors à 1 une des deux espèces de
M. Beccari : Y Hyphaene H ildebrandtii.
Mais le botaniste italien n ayant décrit que le fruit de cet
H yphaene, nous avons à com pléter sa description.
Dans 1 Ouest de notre colonie, le Palm ier est
ou
ou encore
11 pousse lig. 10 par touffes de quatre ou cinq troncs, qui
ont 2 à 3 m ètres de hauteur et sont parfois, mais non toujours,
ramifiés.
Les feuilles, qui ont au m aximum , y compris le pétiole,
1 m. 70 a 1 m. 80 de longueur, sont palm iséquées ; cependant
tous les segments n'aboutissent pas au même niveau du
pétiole et s étagent quelque peu les uns au-dessous des autres,
sm une longueur de 25 a 3o centim ètres. Ces segm ents,
allongés et aigus, coriaces, ont, lorsqu’ils sont ouverts, 55 à
00 centim ètres de longueur sur 3/ m illim ètres. Ils sont repliés
suivant la nervure m édiane ; les autres nervures sont très
lines et peu visibles, toutes égales. La surface est parsem ée

viehy

satrana mira,

banty.

appelé satrana

1. B e c c a r i. L e p a lm e « durn » od « Hyphaene ». (A gricoltura coloniale,
F lorence, 1008),

p i X X X V I. — Inflorescence m âle (à gauche) e t inflorescence fem elle

d'Hyphaene Ilildebrandlii.

�PALMIERS DE MADAGASCAR

71

des mêmes points rougeâtres que les feuilles de Rorassus ; et
ces points correspondent, comme l’a dém ontré Claverie, à
autant de bouquets de poils de cette teinte, logés au fond de
petites dépressions. Le pétiole, convexe en dessous, presque
plan en dessus, porte sur ses bords de forts aiguillons noirs,
triangulaires et très aigus, recourbés vers le haut.
Les troncs qui portent ces feuilles sont rarem ent droits,
plus souvent inclinés.
L ’espèce est dioïque.
L’inflorescence mâle (PL XXXVI) est deux fois ramifiée. Sur
l'axe principal, qui est épais (2 cm.) et comprimé, sont tout
d ’abord, à la base, 3 spathes stériles, aiguës; la prem ière, bicarénée, est longue de 20 centim ètres, et large, lorsqu'elle est
fermée, de 5 centim ètres ; la seconde, repliée suivant sa nervure
médiane, la dépasse de 10 centim ètres; la troisième, alter­
nante avec cette seconde et de forme semblable, la dépasse à
son tour de la même longueur à peu près. La quatrièm e
spatlie ressemble encore aux deux précédentes, mais elle est
fertile comme toutes celles qui suivent, et qui ont à peu près
le même espacement de 10 centim ètres.
A l’aisselle de chacune de ces spathes fertiles est un rameau
qui, un peu au-dessous de l’extrém ité de cette grande spathe
axillante, porte à son somm et 3 à 5 nouvelles ramifications,
qui sont, par conséquent, en disposition palmée. Ces ram eaux
de second ordre, sur lesquels sont les fleurs, sont épais
(8 mm. environ), longs de 28 centim ètres. Les fleurs, dont les
boutons sont ovoïdes, étroits et dressés, sont disposées isolé­
ment aux aiselles de bractées très rapprochées, serrées contre
l'axe, larges, à sommet tronqué, couvertes d’une pubescence
roussàtre. Les sépales sont courts et à sommet très arrondi;
les pétales, beaucoup plus longs (2 m m .), striés longitudina­
lem ent, sont ovales, o b tu s; les six étam ines, un peu plus
courtes que ces pétales, sont à filets indépendants.
Les inflorescences femelles (Fl. XXXVI) sont plus grêles que
les inflorescences mâles ; elles ne sont qu’une fois ramifiées. Les
cinq premières spathes, longues et aiguës, analogues aux quatre
prem ières bractées des inflorescences m âles, sont stériles ;

�111) de
72

du

de Mil!

H. JUMELLE ET H. PEHBIER DE LA HATHIE

mais aux aisselles des spathes suivantes sont, des épis sim ples.
Chacun de ces épis femelles ne porte de fleurs qu ’à p a rtir du
niveau correspondant à peu près au som m et de sa spathe.
Cette partie fertile a une douzaine de centim ètres de longueur.
Les fleurs sont moins hautes et plus larges que les fleurs
mâles, et encore isolées aux aisselles de bractées analogues.
Mais elles sont insérées (Fl. XXXVII) sur de petits pédicelles
courtset larges, velus, et les sépales ont sensiblem ent la même
longueur et la même forme que les pétales ; ils sont seulem ent
un peu plus arrondis au sommet. L ’ovaire est large et trigone,
surm onté d'un stigm ate presque globuleux, avec un élargis­
sement basilaire discoïdal ; il est à l à 3 loges uniovulées.
Dans la suite du développem ent, le pédoncule s'allonge en
restant large et l'ovaire prend peu à peu la forme définitive
des fruits.
Nous répétons que celte forme des fruits (fig. 17), chez
1' Hyphaenc H ildebrandtii, est quelque peu variable, car c ’est à
propos de cet Hyphaene que nous écrivions autrefois 1: « Chez
les Hyphaene, parmi les Palm iers, tous les fruits d'un même
arbre auront sensiblem ent la même lorme, mais les fruits de
deux arbres voisins seront différents. On pourra dire que ce
sont deux espèces. Soit ; mais alors il faudra créer au tan t
d espèces que d individus. C’est ce que fera peut-être le bota­
niste qui n'a à sa disposition que deux ou trois échantillons
d herbier, mais ce que ne fera certainem ent pas, quelles que
puissent être ses tendances jordaniennes, celui qui a sous les
yeux 150 ou 200 arbres. »
Les fruits de YHyphaene Hilclebranditi ont toujours une
forme générale turbinée ; et, très souvent, un peu au-dessous
du sommet, large et bombé, est un brusque étranglem ent, à par­
tir duquel le fruit se rétrécit vers le pédoncule. Cependant cet
étranglem ent peut aussi ne pas se produire, et le fruit est plus
régulièrem ent turbiné; puis le som m et, au lieu d ’être bombé,
peut être plan et même déprimé. Et c'est entre arbres voisins
qu on peut constater toutes ces dilférences.
1. H. J u m e lle et H. P e r r ie r de la Battue : N ouvelles o b serva tio n s su r
les Baobabs de M adagascar. Les M atières G r a s s e s ; ao ût 1902).

])| X X X V II. -

Inflorescence fem elle e t épis &lt;\ deux é ta ts de développem ent
de V I lu p h a e n e l l i l d e b r a n d l i i .

�PALMIERS DE MADAGASCAR

73

D 'autre part, les fruits, sur un même pédoncule, sont isolés
ou par deux ou trois ; d ’autres fois encore, il n’y a qu’un fruit

Fig. 17.

Divers fruits d'Hyphaene HiLdebrandtii.

bien développé, mais les deux autres, restés petits et sans
graine, form ent comme deux oreillettes globuleuses à sa base,
de chaque côté du pédoncule (fig. 17, en haut et à droite).

�Annales du M usée co lo n ial &lt;lc M arseille
3" sé rie , l ’ r volum e 1013.
l ’apc 75.

74

H. JUMELLE ET H.

PERRIER DE LA BÀTHIE

Medemia nobilis Drude.
H ildebrandt et \ \ endland,en 1886, ont créé pour ce Palm ier,
qui est le
des Sakalaves, le genre B ism arckia,
qu ils distinguent du genre Medemia par le mode de rum ina­
tion de l albumen.

satrana be

I
’111A X X X Id

Les fruits bien développés peuvent avoir 5 cm. 5 de longueur
sur 6 cm 3 de largeur au sommet, ou 5 cm. 5 sur 5 cm. 5, ou
5 cm. o sur i cm. a. Le pédoncule est long de 1 centim ètre,
et d'épaisseur variable.
La surface du péricarpe est brune et brillante ; la partie
externe est ferme et cassante, mince ; la m édiane est spongieuse;
l’intérieure (2 mm. d'épaisseur) est ligneuse.
La graine (fig. 17. en bas et à droite) a la même forme que
le fruit ; elle est turbinée, avec élargissem ent du som m et, qui
est bombé ou plan. Elle a, par exemple, 30 m illim ètres de
longueur sur 23 m illim ètres de largeur m axim a, ou 23 m illi­
mètres. sur 23 millimètres. Elle rem plit la cavité du fruit, et
son albumen a une cavité de dim ensions v a ria b le s(i à 6 m m .).
Sur le versant occidental, on trouve YH i/phaene H ildebrandtii, comme le Borassus, dans tout le bassin sédim entaire
de l'Ouest, et il ne disparaît que vers l'E xtrêm e-Sud. L'un de
nous a pu observer encore quelques pieds, m ais très rabougris,
vers l'em bouchure du M enarandra. Gomme le M edemia nobilis,
il forme partout et sur tous les terrains des peuplem ents
étendus. Dans le N ord-Ouest, dans le Boina, il est égalem ent
commun. 11 l'est aussi vers le Nord, où il ne m anque que sur
la m ontagne d ’Am bre. En toute cette région septentrionale,
il n offre que les variations d individu à individu qu’on constate
dans le Nord-Ouest; nous n ’avons donc pas à distinguer pour
le Sambirano une variété particulière, comme cela nous a paru
nécessaire à propos du Borassus.
Dans le N ord-O uest, les Sakalaves confectionnent avec les
segments toliaires de 1 Hijjthaene des objets de vannerie, tels
que paniers à riz, nattes, etc. Ils se servent aussi des faisceaux
isolés pour la fabrication de cordages.

�PALMIERS DE MADAGASCAR

75

Chez les M edem ia, dont on connaît deux espèces, le Mede­
mia A rgun P. G. von W urtem berg, de Nubie, et le Medemia
abiadensis W endl., du Nil Blanc, l'album en a une rumination
profonde et en forme d’aiguilles, due à la pénétration du tégu­
m ent sém inal; chez le Bismarckia, la rum ination est consti­
tuée par des replis longitudinaux, déterm inés par des saillies
internes de 1 endocarpe.
Cependant, avec M. Drude (E n g le rs Pflanzenfam ilien)
nous ne considérerons le Bismarckia que comme un sous-genre
de Medemia.
Ce' Medemia nohilis Drude (Bismarckia nobilis Ilild. et
W endl.) atteint (PI. XXXVIII) une plus haute taille que 1 H yphaene Ilildebrandtii. Ses feuilles, portées sur un tronc simple,
sont grandes, nettem ent tlabellées. Le rachis est convexe en
dessous, presque plan en dessus, de 25 m illim ètres de largeur
moyenne ; il est parsemé sur les deux faces de squam ules bru­
nâtres, qu ’on retrouve sur les segm ents, surtout vers la base;
ses bords sonttrès brièvem ent barbelés par de tout petits aiguil­
lons (1 mm. au maximum) assez rapprochés. Lessegm ents,
coriaces comme ceux d Hijphacne et de Borassus, sont longs
d ’environ 70 centim ètres et larges d e 35 m illim ètres. La nervure
médiane seule est bien apparente; il n'y a pas sur le limbe de
petits points rouges, comme dans les deux Palm iers précé­
dents.
L’espèce est dioïque, et les inflorescences (PI. XXXIX) rap­
pellent un peu celles de YH yphaene H ildcbrandtii. Toutefois,
alors que dans cet Ilijphaenc les inflorescences femelles ne
sont q u ’une fois ramifiées, elles le sont deux fois, tout comme
les inflorescences m âles, chez le Medemia nobilis. Le nombre
des ram ules floraux est seulem ent moindre au sommet des
ram eaux prim aires dans les spadicesfem elles (où il est de trois)
que dans les spadioes mâles (où il peut être de sept).
Ici encore, d ’ailleurs, les ramifications prim aires sont aux
aisselles de grandes spathes aiguës; et, au sommet de leur
axe comprimé, convexe extérieurem ent et concave intérieu­
rem ent, les ram ules floraux sont en disposition digitée.
Les fleurs mâles sont aux aisselles de bractées épaisses,

�A n n ale s du M usée co lonial de M a rsc ilh
sé rie , I er vo lum e 1013.

76

U. JUMELLE UT H.

PF.RRIER DU IA BATHIE

courtes et larges, à sommet droit. Les sépales sont ovales
aigus 3 mm. 3); les pétales, soudés inférieurem ent sur une
longueur à peu près égale à la hauteur de ces sépales, ne
sont libres que supérieurement, sous la forme de trois lobes
obtus, de 2 mm. 5. Les six étam ines sont à longs filets grêles,
dont les anthères atteignent à peu près le som m et des pétales.
Le stigmate de l'ovaire avorté se trouve au niveau de l'ou­
verture du tube corollaire.
Les fleurs femelles, aux aisselles de bractées analogues à
celles des inflorescences mâles, sont portées sur de forts
pédicelles velus, (pii s'allongent rapidem ent. Comme chez
YHyphaene Hildebrandfii, les trois sépales sont assez sem ­
blables aux trois pétales; ils sont à peu près de même hauteur,
et seulement plus aigus au sommet. L'ovaire est oblong, et
le stigm ate est bientôt rejeté vers le bas, comme dans cet
Hyphaene. mais le sommet apparent est arrondi, au lieu
d'être élargi et plus ou moins déprimé.
Le fruit d u Medemia nobilis a été bien décrit par W endland,
et il l'a été encore, plus tard, par Claverie. Il est (lig. 18) irré­
gulièrement ovoïde (iO mm. sur 3 i ), arrondi aux deux ex tré­
mités. jam ais déprimé au som m et; la partie externe est mince,
ferme et cassante, à surface brillante, brun m arbré de noir;
la partie médiane est spongieuse; la partie interne est dure et
ligneuse, mais avec, en outre, des lam elles saillantes dans
la cavité. L albumen est ruminé longitudinalem ent et présente
une petite cavité centrale.
Comme 1 H yphaene, le Medemia nobilis forme sur tous les
terrains du versant occidental de M adagascar des peuplem ents
étendus. Presque jam ais, au reste, les deux espèces ne
croissent côte à côte. Dans 1 Ouest, le Medemia parait m an­
quer, vers le Sud, dans le bassin du M enarandra. On le trouve
cependant encore danc le haut-bassin de la L inta; ses feuilles
y sont très glauques, mais cette teinte est due au sta t, car on
1 observe tout aussi bien dans les endroits très secs du Boina.
C est alors le
ou «satra blanc ». Dans 1 Am bongo,
il couvre de vastes espaces au voisinage de la m er et près des
couis d eau. "\ ers le Nord, où il offre les mêmes caractères

satrafotsy,

PI. X X X IX . — 11: Ile iresoences de Medemia nohilis. Do gauche à d ro ite : P a rtie
in férieu re d ’une inllorescence m ûle, avec la prem ière ram ification à fa isse lle
d ’une spallic; ram ification d'u n e inllorescence n ulle; ram ification d u n e
inllorescence fem elle.

�PALMIERS DE MADAGASCAR

Ii

que clans le Boina, il devient plus rare que l’Hyphaene à partir
de M arom andia; on en trouve pourtant deux peuplem ents,
l’un dans la presqu'île d'Am pasim ena, et l’autre sur la Mananjeba. Nous pouvons le signaler aussi dans la vallée de la Loky

Fig. 18. — Fruit de M e d e m ia n o b ilis .

et à la base du m ont Andralîam ena. Il est rare dans la plaine
de la Maliavavy, où YH yphaene est commun.
Sur le versant oriental, il semble exister tout au moins dans
la partie septentrionale, au nord de la baie d Antongil. Plus
bas, l’un de nous en a vu encore quelques pieds aux environs
d'un village indigène, au-dessous de M ananjary, mais ils
étaient là vraisem blablem ent plantés. Les lanala et les Antaimoro les appelaient dim aka, nom que les Sakalaves, dans
l’Ouest, appliquent plutôt nous l’avons vu. au Borassus flabellifer.

�7S

A n n ale s du Musée co lo nial de M arseille
.V s é rie , l Jr volum e l!&gt;n.

II. J i:\IKLLl-: ET H. PER RIEH DE LA BATHlE

l’a^c 78.

Dans l’Ambongo, le tronc du Medemia nohilis porte fré­
quemment comme épiphvte YEulophia Medemiae Schl. Les
très nombreuses racines de cette Orchidée form ent alors à la
surface du tronc contre lequel elles sont étroitem ent appliquées
un feutrage serré, épais et persistant, sur lequel pointent 5 à
10 pseudobulbes ovoïdes el comprimés. Ces pseudobulbes
sont couverts de gaines blanches qui se term inent en pointes
fines et très piquantes; ils sont plus ou moins gros et lisses
suivant leur âge. Chaque année le dernier pseudobulbe donne,
à sa base, avant qu'apparaisse le nouveau bouquet de feuilles,
une tige florifère ramifiée.

Elaeis guineensis Jacq.
Sur le continent africain, le palm ier à huile, dit M. Cheva­
lier, « existe dans une assez large bande de la zone tropicale,
limitée au Nord par le 1 i° degré de latitude Nord, et au Sud
par le 9° degré de latitude Sud. Le long de la côte N ord-O uest
il remonte ju sq u ’au 16° degré; en Afrique centrale, au con­
traire, sa lim ite Nord extrêm e ne dépasse pas 8° i5 de latitude
Nord; en Afrique orientale, il ne dépasse pas le 3e degré de
latitude Nord (lac Albert-Nyanza). Enfin, sur la côte orientale,
on ne le trouve qu’aux îles Pemba et Zanzibar, au sud de
l’équateur, où il a été probablem ent plan té» .
Depuis que, dans une prem ière note, nous avons signalé
1 indigénat du palmiste sur la côte Ouest de M adagascar, cette
aire de distribution de 1 Elaeis guineensis doit être sensible­
ment élargie vers le Sud, puisque c’est entre 17 et 21 degrés
de latitude Sud que, dans notre colonie, 1 un de nous a pu
constater la présence de l’espèce.
Elaeis guineensis de M adagascar, que les indigènes
nomment
a
et
un tronc droit, de
t à 12 mètres de hauteur. Ce tronc, sur lequel les gaines et
les bases des pétioles des feuilles mortes persistent pendant
liés longtemps, est cylindrique, sauf im m édiatem ent au-dessus
du sol, où il est légèrem ent renflé en cône. Il a tte in t 30 à

L

tsingilo,

(PI. XL

XLI)

j&gt;! XL.

— EUvis (jnineensis

var nuidnynscxriensts cl linplun Huffhi.

avec Pnndiitüis.

�p i. \ U . _ i n groupe i\'E l tris yu ine ensis var. m adagascurienais

�A nnales du Musée colonial de M arseille
3* série, l rr volum e 1013.

Pape "0.

PI. X I.II. — Régim e (à gauche) e t spadice m âle (à d ro ite d 'E lw is guineensis
v a v. m adngascarien s is .

�l’ALMlElUS UE MAUAUAs G a H

79

50 centim ètres de diam ètre. L intérieur est très dur; dans
la région intérieure seulem ent est un tissu central mou, d une
épaisseur de 4 à d centim ètres. Le bouquet foliaire terminal
est. composé de 90 à 40 feuilles ascendantes.
Ces feuilles, y compris le pétiole, sont longues de 4 à
5 m ètres. La partie qui porte les segments a 9 à 4 mètres de
longueur sur 00 à S0 centim ètres de largeur totale. Le rachis,
large de 2 centim ètres vers le milieu de la feuille, est fort, à
peu près plan en dessous, où il est un peu duveteux, plan ou un
peu caréné en dessus, concave latéralem ent. Et de ces deux
concavités latérales partent, à des intervalles de 2 à 4 cen­
tim ètres, des segments isolés, étalés, d ’un beau vert, pouvant
avoir, par exemple, 80 centim ètres de longueur sur 3 cm. 5
de largeur.
Au-dessous du limbe, le rachis se continue en un pétiole à
bords pectines, qui s’élargit progressivement en gaine vers
l’insertion sur le tronc. Toute cette partie sans segments,
convexe en dessous, concave en dessus, est longue de 80 cen­
tim ètres à 1 m. 20. La gaine est d ’autant plus courte et plus
large que le pied est plus âgé. Elle est couverte, en dessous,
d ’un duvet court et épais, doux au toucher; ses bords se
dissocient en longs filaments fibreux bruns. C’est vers le
niveau où elle se rétrécit, pour devenir plus nettem ent le
pétiole, qu'apparaissent, en outre, les courtes épines triangu­
laires qui, à des intervalles de fia 18 m illimètres, garnissent
les bords de ce pétiole. Chaque épine a de 8 à 12 millimètres
de longueur et se continue par un long filament analogue à
ceux qui se trouvent entre ces dents. Toutes ces petites épines
sont vraisem blablem ent des segments avortés, le pétiole
n ’étant donc alors, en réalité, que la partie basilaire nue du
rachis.
Chaque pied peut porter de 5 h 29 inflorescences (PL XLI1),
les unes mâles et les autres femelles. Très exceptionnel­
lem ent, quelques spadices, sur certains individus, sont mixtes ;
il v a alors des fleurs mâles dans le haut et des fleurs femelles
dans le bas.
Le spadice mâle, dont le long pédoncule (40 â 50 cm.) est

�80

11. J r MK 1,1,K K l

II.

l'K K R IK U

IM

LA

RA TIO K

enveloppé par deux grandes spathes, est composé de très
nombreux épis triquètres. ou plus ou moins aplatis par suite
de la compression réciproque, de b à Ib centim ètres de lon­
gueur, terminés chacun par une épine triangulaire de I à 2 cen­
timètres. Ce sont les épis externes les plus inférieurs qui sont
les plus courts et portent les épines les plus longues. Les
tleurs mâles, nombreuses et rapprochées sur les axes de ces
épis, sont logées dans de petites cryptes, que ferm ent, en
dehors, de petites bractées deltoïdes, à sommet spinescent.
Dans chaque crypte il n ’y a le plus souvent qu'une fleur; sur
les épis extérieurs on en trouve cependant parfois deux. A
1 anlhèse, les anthères s'étalent en étoile à la surface de l ’épi.
Sépales, pétales et étam ines ne nous ont paru présenter
aucune particularité com parativem ent aux parties correspon­
dantes des fleurs mâles d Elaeis c/uineensis. Les trois sépales
ressemblent aux trois pétales; ces six pièces sont libres,
ovales-oblongues i mm. b sur I mm. b à 2 mm. , obtuses,
searieuses. Les filets stam inaux sont soudés en une urne de
1 m illim ètres de hauteur environ.
Le spadice mâle, lorsqu'il est desséché, est long- de 2b cen­
tim ètres, large de Ib et épais de 8.
Le spadice femelle est à peu près entièrem ent enveloppé
par les deux grandes spathes, car son pédoncule est notable­
ment plus court que celui de l'inflorescence mâle. Sa partie
fertile est ovoïde et un peu comprimée. Lorsqu'elle est longue
de 2b centim ètres, large de 10 et épaisse de b, le pédoncule
a, par exemple, 15 centim ètres de longueur sur 7 centim ètres
de largeur. Les épis, dont l’ensem ble constitue la masse
ovoïde, sont sessiles, courts, longs de 6 à 10 centim ètres, y
compris l’arête term inale, ondulée et aiguë, qui a de 2 à
3 centim ètres. Ils portent une dizaine de fleurs femelles, plus
grosses que les fleurs m âles. Ces fleurs sont chacune à l’ais­
selle d'une bractée lancéolée, longue d'un peu moins de
2 centim ètres, term inée par une épine de 7 à 8 m illim ètres,
qui dépasse la fleur. En dedans de cette grande bractée, et
im m édiatem ent autour de la fleur, sont trois bractées plus
petites qui ont — la plus grande étant la seconde — 7 à

P A L .M ii'h s

l&gt;ë

Ma d a g a sc a r

84

8 m illim ètres de longueur sur b m illimètres de largeur. Ces
bractées sont larges à la base, mais assez brusquem ent
rétrécies vers le sommet, qui est très aigu; leur aspect, à sec,
est celui des six pièces du périanthe. Les trois sépales ont à
peu près la même forme et ont G m illim ètres sur 3, mais le
sommet est moins finement aigu; les trois pétales sont trian­
gulaires et ont b à G m illim ètres sur 2. L ’ovaire est ovoïde,
très allongé, de G m illim ètres sur 2. Intérieurem ent il v a
trois loges.
Le régime pèse de b à 10 kilos, suivant le plus ou moins
grand nom bre de fruits parvenus à m aturité. La partie qui
émerge des spathes et qui porte ces fruits est ovoïde-arrondie,
conique au somm et, et a 35 centim ètres environ de longueur
sur 30 centim ètres de largeur. Elle est fortement hérissée par
les épines qui term inent les épis et les écailles. Elle n est
entourée que des débris des spathes, tandis que la portion
inférieure du régime est com plètem ent enveloppée par ces
spathes. Cette dernière portion, composée essentiellem ent
par le pédoncule, et de 25 centim ètres à peu près de longueur,
est fusiforme, resserrée à la base (12 à 15 centim ètres de lar­
geur) et au-dessous de la partie exserte (18 centim ètres), plus
large vers le milieu (20 à 22 centim ètres).
Les fruits tout jeunes sont rougeâtres; m urs, ils sont d'un
rouge vif. Ils sont ovoïdes, larges dès la base, ventrus audessous ou au niveau de la région m édiane, très brièvement
atténués au som m et; ils sont aussi larges que longs (17 mil­
lim ètres), ou plus lo n g s-(22 m illimètres) que larges (15 mil­
lim ètres), ou, au contraire, un peu plus larges (20 m illim ètres)
que hauts (18 m illim ètres). La compression leur donne parfois
des formes très irrégulières.
Le poids moyen d'une drupe sèche est de 2 gr. 20. La pulpe
a 2 m illim ètres au plus d ’épaisseur et représente environ
2b °/0 du poids to ta l; les amandes représentent 21 % ; les
noyaux 54 °/0. L’épaisseur du noyau est d'un peu moins de
3 m illim ètres.
La graine est subglobuleuse ou légèrem ent ovoïde, de I cen­
tim ètre à peu près de diam ètre.
A n n u le s du Musée colonial de M arseille. — 3” sé rie , l ,r v o l. 1913.

6

�82

H. JUMELLE ET 11. PLRKIEK DE LA HAIIIlE

Ainsi (|«e nous l'avons déjà fait rem arquer dans une note
précédente il n'est aucun de ces caractères qui sépare réelle­
ment notre Palm ier de M adagascar de l'espèce du continent
africain. Une seule particularité, à M adagascar, avait frappé
l'un de nous : YElaeis malgache ne donne jam ais d'inflorescence avant d'avoir atteint son port adulte et tan t que son
tronc n'a pas, au moins, 1 m ètres de hauteur, alors que, au
contraire, les palm istes introduits dans l ’île sont très souvent
acaules lorsqu'ils fleurissent. Mais M. Chevalier, à qui nous
avons communiqué cette observation, nous dit que, en A frique,
dans les régions où le palm ier à huile n'est pas exploité, par
exemple au Soudan, dans la région de Bam mako, et dans le
Haut-Chari, ainsi que dans le Haut-D ahom ey, la floraison n'a
lieu de même que sur des troncs de 3 à ï m ètres. Ce ne sont
que les palm istes entretenus, et spécialem ent dans les parties
forestières, qui sont ordinairem ent acaules à la prem ière flo­
raison. Nous ne pouvons dès lors, au point de vue spécifique,
attacher la m oindre im portance à ce caractère, qui dépend
uniquem ent des conditions extérieures; et c'est pourquoi nous
avons considéré le palm ier m algache comme une variété
madagascariensis de Y Elaeis guineensis. E t il constituerait
alors, à côté des deux sous-espèces de M. Chevalier (la sousespèce nigrescens, dont les fruits sont noirs avant m aturité,
et la sous-espèce virescens, dont les fruits non m ûrs sont ver­
dâtres;, une troisième sous-espèce rubescens, dont les fruits
non mûrs sont rougeâtres.
Ce caractère particulier, puis le fait que Y Elaeis de Mada­
gascar se présente sous une forme analogue aux formes sau­
vages de Y Elaeis du continent africain rendent déjà bien
vraisemblable que la variété est réellem ent spontanée dans
l'ile et n'y a pas été introduite. Mais une autre preuve peutêtre plus frappante encore est sa distribution si nette, et qui
ne donne pas l'im pression q u ’il s’agit d’une acclim atation en
un point quelconque, simple résultat d'un hasard. Sur la côte
Ouest de l'ile, le Palm ier ne se rencontre pas, en elfet, par­
tout, mais appartient à une zone bien délim itée. Lorsque,
partant du sud de 1 Ambongo, on descend le long de cette

l'A I.MI l.ttS DI

MADAGASCAR

83

côte occidentale, il apparaît au niveau où va disparaître le
Iiaphia, sur le Ranobé et le Manambaho, où les deux Palmiers
coexistent. Puis, plus bas, il remplace com plètem ent ce
Raphia dans les bas bassins du Manambolo et de la Tsiribihina; et, plus bas encore, il disparaît à son tour, car on ne
le retrouve ni dans le Mangokv ni plus au Sud. Sa localisation
est donc d une netteté et se présente dans des conditions qui
lui enlèvent toute allure d ’une plante introduite.
L orsqu’il coexiste avec le Raphia, comme sur le M anam ­
baho, c’est sur la lisière de ces bois de Raphia qu’on le trouve
ordinairem ent. Dans les régions où le Raphia a disparu, il
est de stat à peine moins aquatique (pie ne l’était plus haut
celui-ci. Il se plaît au bord des ruisseaux, et le pied presque
dans l’eau. Cependant il semble qu’on ne le voie jam ais dans
des marais réellem ent perm anents.
Comme les variétés de l'O uest africain, le palmiste de
M adagascar résiste mal aux feux de brousse, qui le détruisent
[dus rapidem ent que le Raphia.
Malgré ses nombreuses inflorescences, cet Elaeis de Mada­
gascar paraît peu productif. Les Sakalaves de la Tsiribihina
extraient parfois, mais rarem ent, l ’huile des fruits. Plus sou­
vent ils consomm ent son bourgeon term inal, ou préparent un
vin de palme, qui est excellent.
Com m ercialem ent, il n’y a pas lieu, du reste, de songer à
exploiter le Palm ier; sa productivité est trop faible, ses fruits
trop petits, sa pulpe trop mince. Mais sa présence en cette
partie de M adagascar est intéressante parce qu ’elle permet
de supposer qu ’on pourrait y introduire avec succès des varié­
tés améliorées.

Raphia Ruffia

Mari.

Nous ne croyons décidément pas q u ’il y ait à M adagascar
plusieurs espèces de Raphia. Sur le versant oriental comme
sur le versant occidental, l’espèce unique est le Raphia R u/fia
M art. (R. pedunculata Pal. Beauv.), que certaines circon­
stances font seulement légèrement varier. Lorsque le Palm ier

�Annalcs du Musée colonial de Marseille
3* série, l"r volume 1013.
Page Kà.
#4

H. JUMELLE ET H. PKRRIER DE LA BATHlE

pousse, par exemple, dans des endroits très fertiles, les feuilles
deviennent plus grandes, et les lanières, par là même, sont
plus larges et plus longues; c'est alors le
des
indigènes. Dans les lieux relativem ent secs et à sol pauvre
les lanières sont plus étroites et plus iougeàties.
Quant à la forme allongée que présentent parfois les fruits,
elle est vraisemblablement due à des causes anorm ales, telles
qu'un arrêt de croissance causé par les feux de brousse, ou
encore à une exposition à un trop iort soleil, et il est a iem aiquer qu'un avortem ent de la graine coïncide bien souvent
avec cette forme.
Normalement le Raphia Ru [fia atteint, y com pris ses
feuilles, une hauteur de 15 à 20 m ètres. Son tronc a de 7 à
10 mètres. Il est toujours caché par les gaines et les bases des
pétioles, qui persistent ; et aux aisselles de ces gaines, dans
leurs débris, se développent de gros paquets de racines fasci
culées. Ces racines axillaires, appliquées contre le tronc,
s ’accroissent de bas en haut, car elles ont un géotropism e
négatif. Les racines de la base de la souche, d ’autre part,
sont longuem ent traçantes, et elles ém ettent dans les endroits
boueux et inondés des rejets verticaux dont les extrém ités se
dressent de même à 1 air libre.
Au moment de la fructification il y a au sommet du tronc
12 à 20 feuilles ascendantes.
Ces feuilles, qui sont pennées, ont de 0 à 12 m ètres; elles
sont largem ent engainantes à la base. Leur rachis, qui peut
avoir 15 à 20 centim ètres de largeur, est creusé en gouttière
en dessus, avec deux plans latéraux sur lesquels sont insérés
les segm ents. Ces plans sont bordés d ’une ligne d'aiguillons
acérés, à pointes réfléchies vers le haut; et ces deux lignes se
rejoignent au milieu vers le somm et de la feuille. Le dos du
rachis est arrondi, couvert d ’un duvet blanchâtre ou brunâtre,
qui tombe facilement.
Les segments, qui comm encent presque à la base du rachis,
sont repliés, vert sombre en dessus, glauques en dessous. Ils
ont 1 m. 00 h 2 mètres de longueur, sur 4 à 6 centim ètres de
largeur. Leurs bords sont m unis de très petits aiguillons ter-

raphia vavy

PI. XI.III.
Grappe llabelliforme d'une inllorescencc de Raphia Ruf/ia Pal.
Peaux. (Chaque épi porte dans sa partie supérieure des fleurs mâles saillantes
et dans sa partie inférieure des fleurs femelles à pétales non proéminents;.

�PALMIERS DE MADAGASCAR

85

minés en pointe aiguë; la nervure médiane porte des aiguil­
lons semblables, légèrement plus gros, entourés d'un peu de
duvet quand la feuille est jeune. Dans les feuilles âgées,
aiguillons et pubérulence peuvent disparaître. Sur les feuilles
jeunes, la face inférieure, lisse, est revêtue d'un enduit cireux
qu'on a songé à utiliser h
L'inflorescence est une grappe term inale dressée, formée de
10 à 12 spadices cylindriques, incurvés, solitaires aux aisselles
de bractées. Chaque spadice est lui-même composé de grappes
flnbelliformes d ’épis.
Les bractées aux aisselles desquelles sont les spadices sont
plus en plus courtes de bas en haut et se réduisent finalement
à des gaines. Le spadice traverse la gaine de sa feuille axillante pour se recourber au dehors. La première spathe est
longue de I m ètre, déjetée d'un seul côté et prolongée en pointe
obtuse ; la seconde spathe est un peu plus courte et plus lon­
guem ent engainante. Viennent ensuite 6 à 10 spathes plus
petites, mais de forme semblable, toutes glabres et rougeâtres,
puis 40 à 80 autres spathes. ou même plus, mais qui, cellesci, sont fertiles et présentent chacune une grappe fiabelliforme
à son aisselle. Bractées et grappes dim inuent progressivem ent
de grandeur.
La grappe flabelliforme (PL X LIII), qui porte un grand
nombre d'épis disposés en paires distiques, est rarem ent
ram euse. Elle peut avoir depuis 15 centim ètres sur / jusqu à
30 centim ètres sur 14. La partie basilaire nue de l’axe est
longue de 4 à 8 centim ètres; elle est comprimée, et entourée
d’une spathe brunâtre égalem ent aplatie, qui a de / k 14 centi­
m ètres de longueur sur l à 8 centim ètres de largeur et est divisée
vers le haut en deux moitiés latérales aiguës. Au-dessus de
cette première grande spathe en sont 4 à 7 autres très petites,
tubuleuses et emboîtées. A l’aissellede la sixième oude la neu­
vième e s tle prem ierépi ; e t, k partirde ce niveau, on trouve, de
1. H. J u m e lle : Une cire végétale de M adagascar. (C. H. de l'A cadémie
des Sciences, déc. 1005.) — M. D escudé : Une nouvelle cire végétale. Le
C aoutchouc et la C utta, m ars 190 0.

�86

87

II. JUMELLE ET H. PERRIEh DE LA BATHIE

PALMIERS DE MADAGASCAR

chaque côté de l'axe, deux rangées d épis, chacun de ces épis
étant encore à l aisselle d une bractée cupulairelarge et courte.
Chaque épi, rarement ruineux, est long de 13 à 18 centi­
mètres et large de 7 à 9 m illim ètres; il porte à sa base i à 7
petites bractées stériles engainantes, auxquelles succèdent les
bractées fertiles. Aux aisselles de ces dernières sont des fleurs
mâles ou des fleurs fem elles; les fleurs femelles (PI. X LIII)
garnissent la moitié ouïes deux tiers inférieurs de l'épi, et les
fleurs mâles garnissent la moitié ou le tiers correspondant au
sommet. 11 y a ainsi, par épi, 30 à 10 fleurs femelles et 18 à 20
fleurs mâles. Les ramifications, s'il y en a, ne portent que des
fleurs mâles.
Les fleurs sont sessiles aux aisselles de bractées bicarénées,
aussi longues ou un peu plus longues que le calice. Mâles et
femelles sont bien distinctes, car les prem ières seules ont
leurs pétales bien saillants, ces pétales étant d'un brun brillant,
longs de 8 millimètres, étroits. Les pétales des fleurs fem elles,
ovales et peu aigus, sont invisibles, car ils restent cachés à
l'intérieur du calice, qui est tubuleux, urcéolé, à som m et tro n ­
qué. Il y a 6 à Oétamines dans les fleurs mâles ; dans les Heurs
femelles, l'ovaire se term ine par un épaississem ent conique,
que surm ontent les trois branches stigm atiques conniventes.
Les fruits sont un peu variables de forme, ovoïdes (7 cm.
sur i cm .5) ou ellipsoïdes (0 cm. sur 3), mais ils sont, en tout
cas, toujours obtus aux deux extrém ités, avec un petit apicule
à l'extrém ité supérieure. Les som m ets des écailles sont noi­
râtres. La partie pulpeuse a o â 6 mm. d épaisseur.
Deux ans sont nécessaires pour la m aturation.
On sait que le Raphia R uffia se plaît dans les endroits
humides, même m arécageux. Il pousse très bien, non seule­
ment auprès des sources, mais encore auprès des eaux ter­
reuses et troubles; et nous avons signalé plus haut les racines
à géotropisme négatif q u ’ém et alors son systèm e radiculaire.
Dans l’Ouest nous connaissons déjà la limite m éridionale
de l’espèce, puisque nous l ’avons vue diparaîlre vers le Ranobé
et le Manambaho, au-dessous desquels elle est rem placée par
VElaeis ijuineensis, après avoir coexisté un m om ent dans cette

région avec ce palm iste. Mais tandis donc que, à partir de ce
niveau, Y Elaeis guineensis, qu ’on ne trouve ni dans lA m bongo
ni dans le Boina, descend vers le Sud, le Raphia R u ffia , au
contraire, rem onte vers le Nord, pour devenir très commun
dans le Nord-Ouest. 11 est plus rare dans la partie septentrio­
nale de bile, au delà de la Sofia. Dans lE s t il cesse d'être spon­
tané au-dessous de M ananjary, où est seulem ent planté par
les Tanala et les Antaimoro.

RÉSUMÉ
En résum é, les 35 espèces île Palmiers que nous venons de
décrire se répartissent ainsi.
Le genre Phloga reste toujours uniquement représenté par
l’ancienne espèce Phloga polystachya Nor., dont certaines
variétés sont toutefois à segments foliaires plus étroits que
ceux du type. Ce Phloga polystachya est le tsiriky des Betsim isaraka.
Ile s t2 espèces de Vonitra : l une est le Vonitra Thouarsiana
Bec., du versant oriental, et dont nous avons indiqué lassez
grand polymorphisme ; l’autre est le Vonitra crinita du
M anongarivo. Cès deux Vonitra sont des palmiers à piassava.
Nos Xeodypsis sont au nombre de i : le Neodypsis LaslelIcana Bail., ou
caractérisé par l'épais duvet fer­
rugineux de ses gaines ; de Xeodypsis basilongus, qui est le
de rE s t, très reconnaissable à la grande lon­
gueur des segm ents inférieurs de ses feuilles ; le Neodypsis
tanalensis, qui est le
et aussi un
des Tanala,
et dont les segm ents foliaires sont équidistants, tandis qu’ils
sont groupés, au moins vers le milieu du limbe, dans l’espèce
précédente ; le Xeodypsis nauseosus, ou
à segments
égalem ent équidistants, mais plus larges que ceux du Xeo­
dypsis tanalensis. Le Xeodypsis tanalensis est, en outre, un
palm ier des terres marécageuses, tandis que le Xeodypsis
nauseosus vit de préférence dans les bois secs. Les trois der­
niers Xeodypsis appartiennent au versant oriental; le X eodyp­
sis Last llcana est commun aux deux versants.

menavozona,

madiovozina

matitana.

lafa

rahoma,

�88

H. Jl'MELLE ET II

Comme Dypsis. nous connaissons aussi 3 espèces : le Dypsis
Loiivoliiy de I mètre à peine de h au teu r; le Dypsis ( Trichodypsis) H ildehrandfii Bail., à feuilles polym orphes, haut
encore d'environ l mètre : le Dypsis (A delodypsis) gracilis
Bory, qui est le
et le
des Tanala, et qui est plus
vigoureux que les deux autres espèces, car son tronc peut
avoir 3 à 3 m ètres. Les deux prem iers Dypsis sont exclusive­
ment de l'Est ; le dernier croît aussi dans l'E st, mais on en
retrouve une variété plus robuste dans le Sam birano, où c est
le
des indigènes.
Nous avons cité 6 espèces de Xeophloga. Le Xeophloga
mananjarensis est l am bolodes indigènes ; il est à tronc grêle,
haut de I à 3 mètres, et ses feuilles, longues de 80 centi­
mètres, ont des segm ents isolés, ou par groupes de deux ou
trois, les deux derniers sim ulant une lame obtriangulaire te r­
minale, très profondément divisée. Le Xeophloga procum bens
est à tronc de t m ètres environ de longueur, rarem ent droit,
plus souvent appliqué sur les buissons voisins; les segm ents
foliaires sont par groupes de quatre, opposés, et très espacés
d'une paire à l'autre. Le Xeophoga indivisa ne dépasse guère
une hauteur de 1 m. 30 ; ses feuilles sont de sim ples lam es
bitides. peu profondém ent divisées; l'épi est sim ple. Le Xeo­
phloga tenuisecta a I m ètre environ ; ses feuilles sont com po­
sées de nombreux segm ents lancéolés, étroits, de i à 3 centi­
mètres de longueur sur 3 à 0 m illim ètres de largeur ; les inflorescences sont formées de 2 ou 3 épis réunis sur un pédon­
cule commun. Le Xeophloga triangularis a des inflorescences
analogues, mais le limbe, au lieu d'être composé de nom breux
segments, est une seule lame obtriangulaire, fendue au som ­
met comme chez le Xeophloga indivisa quoique un peu moins
profondément. De taille beaucoup plus grande que celle de
toutes ces précédentes espèces est le Xeophloga sahanofensis,
dont le tronc peut avoir 8 m ètres de hauteur et 8 centim ètres
de diam ètre; les segm ents foliaires, vers le milieu du limbe, sont
par groupes presque opposés de quatre ou cinq. Les inflores­
cences sont fortes et deux fois ramifiées. Nos six espèces de

hova

tsingovatrovatra

PALMIERS DE MADAGASCAR

PERRIER DE LA RATHIE

tsobolo

89

Xeophloga appartiennent exclusivem ent au versant oriental.
C 'est, par contre, sur les deux versants qu'on peut de nou­
veau trouver des représentants du genre Chrysalidoearpus. Le
Chrysalidocarpus m ananjarensis, qui est un
des Tanala,
tout comme le Xeodypsis tanalensis, est à segments foliaires
pendants, groupés par quatre à huit le long du rachis. Le
Chrysalidoearpus Baronii Bec. var. lilloralis, ou
ou
pousse par touffes de 10 à 20 troncs et est à segments
équidistants, longs et étroits, de 60 centim ètres sur 2. Chez
le Chrysalidoearpus onilahensis, qui a un peu la gaine foliaire
des Xeophloga, mais dont le rachis est en gouttière fi la base,
comme chez les autres Chrysalidoearpus, ces segments sont
égalem ent équidistants, mais plus étroits encore 1 centimètre
de largeur pour une longueur de 50 centim ètres). Chez le
Chrysalidoearpus canescens, dont le tronc est haut de \ à 8
m ètres, ils ont 60 à 80 centim ètres sur 15 m illim ètres et sont
disposés comme ceux du Chrysalidoearpus littoralis ; ils sont
presque opposés, et ces paires sont à des intervalles de
3 cm. 1/2 à 4 centim ètres. Dans le Chrysalidoearpus rivularis
ils sont beaucoup plus larges, car celte largeur est de 6 à 7
centim ètres pour une même longueur de 60 à 70 centim ètres;
en outre, ils sont par groupes alternes de 3 à 6. Ils sont par
groupes de 2 ou 3, mais plus ou moins opposés, et ils sont
infléchis chez le Chrysalidoearpus oleraceus.où ils ont 30 à 80
centim ètres de longueur sur 18 à 28 millimètres de largeur.
Les feuilles sont moins infléchies que dans cette dernière
espèce et les inflorescences sont aussi moins contractées chez
le Chrysalidoearpus pilulifera Bec., qui est en même temps un
Palm ier plus vigoureux.
Les trois prem iers de tous ces Chrysalidoearpus sont du
versant oriental; les autres sont du versant occidental. Le
Chrysalidoearpus onilahensis est de l’Ouest. Le Chrysalido­
earpus canescens est du Sam birano, ainsi que le C hrysalido­
carpus piluli fera. Le Chrysalidoearpus rivularis se trouve
dans la même région, mais remonte de là vers le Nord de 1 île.
Le Chrysalidoearpus oleraceus est commun dans l'Ouest, où
les Sakalaves de la Tsiribihina le nomment
et dans

lafa

laîohazo,

rehazo,

farihazo,

�90

H. JUMELLE ET H. PERRIER DE LA BÀTHIE

kizohazo
madiovozina

herihery

le Nord-Ouest, où il est le
de l'Am bongo, le
des Sakalaves, le
des Betsileo, mais il devient
rare vers le Manongarivo, où, jusqu'à 1.200 m ètres d ’altitude,
il est remplacé par le Chrysalidocarpus pilulifera.
Le genre R ave nea, dont nous connaissons 5 espèces, est
également commun aux deux versants. Dans l ’Est, le Ravenea
madagascariensis Bec., d'Analamazaotra, est caractérisé par ses
intlorescenees fasciculées, groupées au nombre de 5 à 8, avec
une spathe basilaire commune. Le Ravenea robustior, qui est
le
de la même région, est un Palm ier plus robuste,
dont les inflorescences sont toujours isolées. Dans le Sambirano. le Ravenea sambiranensis, qui est un
des indigènes,
comme beaucoup d ’autres Ravenea, est à segm ents foliaires
roides, de 80 centim ètres de longueur sur 2 centim ètres de
largeur, tandis queles segm ents du Ravenea madagascariensis,
qui. en outre, portent moins de sqam ules, ont, en moyenne,
00 centimètres sur 3. Le Ravenea rivularis est, dans 1 Ouest,
le
des indigènes, et, dans l'E st,
Son tronc
blanchâtre a de 10 à 20 m ètres de hauteur, et les segm euts
foliaires, qui sont roides et disposés dans deux gouttières laté­
rales du rachis, ont 50 centim ètres sur 16 à 20 m illim ètres.
C est un Palmier des bords des cours d eau et des m arais. Le
Ravenea glauea croit dans le m assif d'A ndringitra, sur le ver­
sant Ouest, entre 1.200 et 1.800 m ètres ; son tronc a de 2 à
8 m ètres, et ses segments ont 60 centim ètres de longueur
sur 20 à 25 m illimètres de largeur.
Tous les autres genres que nous avons encore étudiés ne
sont rerésentés chacun que par une espèce.
Le Louvelia madagascariensis, qui est le
d A na­
lamazaotra. avoisine à quelques égards les Ravenea, mais il
en est absolum ent distinct par ses régimes, dont les fruits
sont des drupes à trois noyaux.
Le Phoenix reclinata Jacq. var. madagascariensis est sur le
versant Est le
des Tanala et des A ntaim oro, et sur le
versant Ouest le
et le
des Sakalaves. Sur ces
deux versants il avoisine, en général, le bord de la mer.
Le genre Borassus est représenté par deux espèces : le Borassus madagascariensis Boj., ou
largem ent répandu

loharanga

anivo

gora

l'akoraka.

lakamarefo

daro
taratra

taratsy

dimaka,

91

PALMIERS DE MADAGASCAR

dans le Nord-Ouest et 1 Ouest ; et le Borassus sam biranensis,
qui semble localisé dans le Sam birano et dans llfa sy .
Gomme H yphaene, il n’est, à notre avis, dans tout l’Ouest,
malgré les variations des fruits, qu’une espèce, I Hyphaene
H ildehrandtii Bec., ou
ou
ou

satrana viehy,

banty.

satrana mira,

Il n'est aussi, sur le même versant, qu’un M edemia, le Medemia nohilis Drude, qui est le
qu'on retrouve dans
l’Est.
Dans l'O uest, au-dessous du Banobé, croît à l’état sauvage
une variété madagascariensis de Y Elaeis gilineensis Jacq., qui
est le
des Sakalaves.
C'est lorsque disparaît, au-dessus du Ranobé, cet Elaeis
guineensis qu’apparaît, dans le N ord-O uest, le Raphia R uffia
M a rt., qui ensuite, plus au Nord, redevient rare. Dans l'E st,
il est moins commun que dans le N ord-O uest; et au sud de
M ananjary il n'est plus spontané, car les pieds qu'on trouve
là ont été plantés par les Tanala et les Antaim oro.
Nous avons, au cours de cette étude, rappelé les diverses
utilisations d'un certain nombre de ces Palm iers; nous avons
vu notam m ent que peuvent être consommés comme choux-pal­
mistes les bourgeons terminaux du Xeodypsis hasilongus,
nommé madiovozina dans l’E st, du Chrysalidocarpus oleraceus,
qui porte le même nom dans l'O uest, du Ravenea robustior,
du P hœ nix reclinata, du Borassus madagascariensis et de
YElaeis guineensis. Sont aussi consommables à la rigueur,
quoique am ers, les bourgeons du Neodypsis tanalensis, du
Chrysalidocarpus mananjarensis et du Chrysalidocarpus Baronii var. littoralis. Au contraire, leur forte am ertum e ne per­
met guère d ’employer les cœurs du Dypsis gracilis, du C h ry­
salidocarpus pilulifera et du Ravenea madagascariensis. Celui
du Neodypsis nauscosus donne des nausées et celui du X eodyp­
sis Lastelleana est considéré par les indigènes comme vénéneux.

satrana bé,

tsingilo

�ÉTUDE BOTANIQUE DU
D A SILLIP E

CAY-SEN

UD
SQ
A
P
ub.)

SAPOTACÉE A GRAINE OLÉAGINEUSE
DE L’ANN AM (Pl. XLIV).
par Marcel Dubard.

Cay-Sen

Le
est une Sapotacée du groupe des Illipées, dont
la graine, riche en matière grasse, fait depuis quelque tem ps
l'objet d'un commerce assez im portant sur le m arché de M ar­
seille.
Grâce à l'obligeance de M. le Dr Ed. Heekel nous avons revu
par l'entrem ise du Muséum d’histoire naturelle de Paris un
échantillon de cette plante, recueilli aux environs de Thanhna Annam) et comprenant un ram eau feuillé, portant des
fleurs à dillerents états de développement et des graines.
L examen de ces documents nous a conduit à constituer un
genre nouveau, intermédiaire entre les Dasgaulus et les Illipe,
que nous baptiserons pour cette raison Dasillipe, en dédiant
l'espèce à son collecteur M. Pierre Pasquier, adm inistrateur
en chef de la province de Than-Hoa, qui en adressa les prem iers
échantillons à M. Ed. Heekel. Après avoir donné la description
des échantillons étudiés, nous discuterons la place du Cay-Sen
dans la classification.
I. Diagnose.

Dasillipe Pasquieri Dub.
Foliis ad apicem ramorum congesrtis, petiolo graeili, 1215 m m . longo, obovatis vol uhlongo-ellipticis, hasi attenuatis,
1.
\ oir d ans le Journal : Les m atières grasses, du 25 ju ille t 1912 (n° 51)
page 2/93. un travail de M. Heekel s u r la grain e g ra s s e du Cay-Sen e t
1 huile q u ’elle donne, son emploi d ans la savo nnerie.

�ÉTUDE BOTANIQUE DD CAY-SEN

93

laminis 55-90 m m . longis, $5-40 m m . lads, costulis 10-14
utrinque, sublus par uni elevatis, nervation ut in Dasyaulo.
Floribus in racemis ferm inalibus, pedicellis 1$ m m . longis,
fulvo pubescentibus ; sepalis f, rarius 5, decussads, exterioribus extus intusque pubescentibus, interioribus intus fere
g la b ris, omnibus ovatis, concavis, lato basi extensis : externo
m axim u, 0 m m . longo, (i m m . lato ; corolla cito caduca, omnino
glabra, in alabaslro 3 m m . alla, lubo brevi, 3 lohis interquos,
} externis, / internis, li m m . a id s, / mm. Za/Z.s. Omnibus
stam inibus ad medium tuhi inserds, 19-24, S cpipetalis, ! 1-16
alternipetalis, sessilibus, latéralitér dehiscentibus, (//abris
1 m m . 3 /4 aids.
Ovario conico tomentoso, loculis 6 -7 , alte excavads, uniovulatis, ovulis ad parlem superiorem inserds ; stylo subulato
infra m edium piloso, 6 m m . longo.
Sem inibus, exalbum inosis, circa !^/ mm. aiiis, / / mm. Za/is,
9 m m . crassis, area derasa ovata, seinini subœquilonga ; embryonibus uf in lllipe disposids.
II.
Description. — Les ram eaux, cylindriques dans toutes
leurs parties, portent à l’état jeune des poils assez nombreux
form ant à leur surface une pubescence grisâtre ; plus âgés, ils
se recouvrent d'un liège assez épais à surface rugueuse et de
teinte noirâtre.
Les feuilles sont groupées â l ’extrém ité des rameaux : elles
se composent d'un pétiole assez grêle, m esurant de 12 k la
m illim ètres de long, légèrem ent pubescent à la base, creusé
en gouttière à la partie supérieure et d ’un limbe semi-coriace
et glabre sur ses deux faces. La forme de celui-ci varie quelque
peu : il est obovale ou oblong-elliptique, arrondi, émarginé ou
légèrem ent lancéolé à l'extrém ité, notablem ent atténué à la
base. Sa longueur est comprise entre 55 et 90 m illimètres,
sa largeur entre 25 et 40 millimètres.
De la côte, saillante sur la face inférieure de la feuille, se
détachent de part et d ’autre 10 à 14 paires de nervures secon­
daires ou costules, peu saillantes, reliées entre elles par des
arcs vasculaires bien nets ; la nervation intermédiaire est en

�ÉTUDE HOTANIo EE DL CAV-SEN

partie transversale, en partie descendante comme chez les
Dasyaulus.
Los tleurs sont disposées en grappes sim ples, term inales,
dont les éléments inférieurs se détachent à l'aisselle de véri­
tables feuilles. Sur l'échantillon examiné, les inflorescences
mesuraient au maximum 30 m illimètres de long, mais elles
étaient incomplètement développées.
Les pédoncules floraux, m esurant en m oyenne 12 m illi­
mètres de long, sont recouverts d ’une abondante pubescence
fauve, qui se continue sur toute la surface externe des sépales.
La lleur proprement dite, de la base des sépales à l'ex tré ­
mité du style, mesure environ 8 m illim ètres. Elle est consti­
tuée de la manière suivante :
Le calice est formé le plus souvent de quatre sépales très
coriaces, disposés en deux paires décussées, dans chacune
desquelles 1 un des sépales recouvre les deux bords de l'autre,
mais il s'y ajoute parfois une cinquièm e pièce. Les sépales
sont d'autant plus petits et d'autant plus concaves qu'ils sont
plus internes; le sépale extérieur a une forme ovoïde à base
très élargie et mesure environ 6 m illim ètres dans ses deux
plus grandes dim ensions; il esl velu intérieurem ent, sauf dans
sa région basilaire qui olï're un aspect strié caractéristique ; les
sépales suivants ont une forme analogue mais sont moins velus
sur leur face interne, qui est même presque com plètem ent
glabre chez le quatrièm e et le cinquième lorsqu'il existe.
La corolle tombe de très bonne heure et le calice se referme
ensuite en entourant étroitem ent l’ovaire. Nous avons examiné
deux corolles prises à l'intérieur de boulons sur le point de
s'épanouir.
Celles-ci m esuraient 3 m illim ètres de haut, présentaient un
tube court égal au quart de leur longueur et portaient 8 lobes
dont 4 complètem ent recouvrants et i- com plètem ent recou­
verts; ces lobes d'un m illim ètre de large et de 0 m illim ètres
de haut sont élargis dans leur partie médiane et se rétrécissent
assez régulièrement vers leur base et vers leur som m et, all’e ctant ainsi une forme à peu près rhombique. La corolle est
d ’ailleurs glabre sur ses deux faces.

93

Les étam ines s’insèrent vers le milieu du tube, c’est-à-dire
très près de la base de la corolle, toutes sensiblem ent au
même niveau. Nous en avons compté 19 sur l’une des corolles,
21 sur l’a u tre ; nous pensons donc que leur nombre normal
doit être de 24, c’est-à-dire égal à 3 fois le nombre des pièces
de la corolle, comme chez les Illipc. Il y aurait alors trois
cycles stam inaux comme dans ce genre, un cycle externe
alternipétale, un cycle moyen épipétale et un cycle interne
superposé au prem ier; mais ici ces trois cycles, s’insérant
extrêm em ent près les uns des autres, sont moins nets que
chez les Illipc ; il en résulte aussi que les étam ines sont gênées
dans leur développement et qu’un nombre variable d'entre
elles avorte, particulièrem ent dans le cycle alternipétale
interne 1; c'est pourquoi l'on trouverait sans doute rarement
24 étam ines développées. D 'ailleurs, en disséquant les corolles,
on voit fort bien que les étamines épipétales se sont mieux
développées et que les alternipétales d ’un même intervalle,
au contraire, sont fortement comprimées l une contre l’autre.
Toutes ces étam ines sont sessiles, avec anthères étroites,
aigues, acuminées, aplaties et s’ouvrant par des fentes laté­
rales ; elles sont com plètem ent glabres et m esurent environ
1 mm. 3/4 de haut.
L'ovaire, de forme conique, est couvert de poils abondants,
rigides et dressés, il se termine d'une façon progressive par
un style subuléqui est lui-mêm e velu sur sa moitié inférieure ;
la hauteur de la région ovarienne est de 2 mm. 1/2, la lon­
gueur du style de 6 m illim ètres.
Les loges se creusent assez haut et sont au nombre de 6 ou
7 ; elles renferm ent chacune un ovule inséré vers leur partie
supérieure, pendant, mais avec uneanatropie à peine ébauchée.
La graine (hauteur 21 m illim ètres, largeur 14 m illim ètres,
épaisseur 9 m illimètres) est entourée d ’un tégum ent crustacé
assez mince sur lequel on aperçoit une large cicatrice ovale,
s’étendant à peu près d ’un pôle à l’autre (hauteur 20 m illi1. Ce fait se pro duit aussi chez les Illipe, quoique les é tam in es y
soient beau co u p m oins ra p p ro c h é e s.

�ÉTUDE BOTANIQUE DU CAY-SEN

mètres, largeur 8 millimètres). Le hile proprem ent dit est à
un demi-millimètre au-dessous du boni supérieur de la cica­
trice et se continue par un raphé, étroit, linéaire, qui n'excède
pas i millimètres de long et témoigne de la faible anatropie
de l'ovule.
La forme même de la graine sera mieux com prise sur les
ligures 9 et 10 de la planche que d ’après une longue descrip­
tion.
L'albumen fait com plètem ent défaut ; quant à l'em bryon il
possède de gros cotylédons, à peu près égaux, sensiblem ent
plan-convexes, quoiqu'un peu déprim és sur leur face interne,
appliqués l'un contre l’autre; la radicule, arrondie, punctiform e,
ne fait guère saillie en dehors de la commissure des cotylé­
dons et la gemmule est très faiblement développée. D im en­
sions des cotylédons sur le sec (hauteur 17 m illim ètres, lar­
geur 9 m illim ètres, épaisseur i m illim ètres).
III.
Discussion des caractères et place dans la classification.
— Si 1 on s'en réfère à la description précédente, on voit que
le
Dasillipe Pasquieri) présente un singulier mélange
des caractères les moins discutables des lllipe d u n e .part, des
Dasyaulus de l'autre.
1° La nervation de la feuille est bien celle observée chez
les Dasyaulus, car chez les lllipe les coslules sont plus sail­
lantes et les nervures interm édiaires sont uniquem ent tra n s­
versales.
2° La forme arrondie du bouton floral est d'un lllip e , car
chez les Dasyaulus les boutons sont plutôt cylindriques.
3° La corolle, à tube court, rappelle plutôt l’aspect de cet
organe chez les D asyaulus, quoique le plus ou moins grand
développement du tube ne puisse fournir de distinction bien
nette entre les deux genres précédents.
D’ailleurs, la caducité très précoce de la corolle, son faible
développement par rapport au calice au moment de sa chute
sont des caractères bien particuliers à la forme que nous venons
d'étudier.
4° L insertion de toutes les étam ines au même niveau, dis­

Cay-Sen

97

position qui est en rapport avec la brièveté du tube de la
corolle, rapprocherait plutôt le Cay-Sen des Dasyaulus,
quoique chez I. Burckeana et 1. crassipes, formes aberrantes
du genre lllip e , il y ait une tendance à la confusion des
cycles.
D’autre part, le nombre des étam ines et leur disposition par
rapport aux lobes corollaires, correspond exactem ent à ce
q u ’on trouve chez les Illij&gt;c, à cette différence près que l’in­
sertion de toutes les pièces au même niveau rend cette dispo­
sition moins nette.
:i° Le fait que les anthères sont sessiles convient bien au
genre lllipe, quoique le même caractère s observe chez certains
Dasyaulus comme le D. elliplicus.
fi° La forme conique de l’ovaire, le passage insensible au
style rappellent ce qn’on observe chez quelques Dasyaulus
[D. m alabaricus, D. firm us)\ mais la hauteur à laquelle se
développent les loges peut bien être considérée comme un
caractère spécial.
7° La structure de la graine, dépourvue d albumen, renfer­
m ant un embryon h radicule courte, punctiforme, cotylédons
épais et oléagineux convient complètem ent au genre Illipe\
mais, chez le C ay-Sen, la largeur de la cicatrice est tout à
fait caractéristique.
C’est pour les raisons que nous venons d ’exposer que nous
avons cru ne devoir rattacher le
à aucun des genres
lllipe et Dasyaulus ; cette plante nous offre en effet un mélange
curieux des caractères de ces deux genres, avec en outre
certaines particularités spéciales.
Il est indéniable que cette forme est véritablem ent inter­
médiaire entre les représentants les mieux caractérisés de ces
deux groupes; nous en constituons donc un genre nouveau
sous le nom de Dasillipe, qui rappelle ses affinités.

Cay-Sen

Enfin, il est intéressant de rem arquer que le genre lllipe,
le plus septentrional des trois, tend à évoluer, lorsqu'on se
rapproche de l’équateur, vers le type Dasyaulus, cette trans­
formation s ’observant d'une part, par l’intermédiaire du
Annales du Musée colonial de Marseille. — 3* série. Il* vol. 1913.

7

�ys

MARCEL DUHARD

D. malabaricus lorsqu'on passe du continent indien à 1 île de
Cevlan, où se rencontrent D. fu lv u s , D. m icro p h yllu s,
D. \foonii, d'autre part par 1 interm édiaire du C ay-Sen, lo rs ­
qu'on se dirige vers la Cochinchine où abondent I). flnribundus,
Z). T/iorelii, /). cochinchinensis, /). ellip/icus, D. /irm u s.
Le Dasillipe constitue donc un prem ier jalon dans cotte
seconde direction et, il y a tout lieu de croire qu'une connais­
sance plus approfondie des S apo lacées de notre tlore indochinoise viendra confirmer cette m anière de voir, en m ettant
sans doute en évidence d'autres term es de transition.
Quant aux I. Burckeana et I . crassipes de Bornéo et des
Célèbes, ce sont, comme nous l'avons dit. des types aberrants,
qui. s'ils étaient plus complètem ent connus, m ériteraient
peut être une désignation générique spéciale.
Explication de la planche.
1. Ram eau feuille te rm in é p a r u n e in flo re s c e n c e ; 4/3 de g ra n d e u r
n a tu re lle .
2. F le u r un peu a p rè s l’e x p u lsio n d e la c o ro lle ; 5 g r.
3. Sépale e x té rie u r, vu p a r sa face in te rn e ; 5 g r.
4. C orolle é ta lé e m o n tra n t les é ta m in e s ; 8 g r.
3, &lt;3. A n th è re s vues p ar le u r face e x te rn e e t p ar le u r face in te r n e ;
10 gr.
7. O vaire e t s ty le ; 5 g r.
8. C oupe de l'o v aire m o n tra n t la p o sitio n d es lo g es e t d e s o v u le s ;
5 g r.
9. 10. G rain e vue du cô té de la c ic a tric e et de profil ; 4/3 de g ra n d e u r
n a tu re lle .
11. E m bryon m o n tra n t deux c o ty lé d o n s c h a rn u s e t u n e ra d ic u le
p u n ctifo rm e ; 4/5 de g ra n d e u r n a tu re lle .
"12. D iagram m e.

CONTRIBUTION A L’ÉTUDE
ANATOMIQUE DES DYPSIDÉES
DE MADAGASCAR
F a r J . A C H IL L I.

Les Palm iers dont nous avons ici entrepris létu d e anato­
mique sont des Arécinées-Dypsidées dé M adagascar et appar­
tiennent aux trois genres Neophloga, Phloga et Dypsis. Dans
le genre Phloga l'album en est ruminé ; il est homogène dans
les genres Dypsis et Neophloga. D'autre part Phloga et Neophloga sont à six étam ines, alors que les Dypsis ont trois éta­
mines seulem ent.
Tous ces Palm iers sont d'ailleurs voisins à divers égards.
Ils sont en général de petite taille et c e la e stv rai, en tout cas,
des espèces de Neoploga dont nous nous sommes occupé.
Certains autres représentants du genre peuvent atteindre
des dimensions plus considérables, mais il n ’en sera pas ques­
tion ici.
De toutes nos espèces, la plus grande est le Dypsis gracilis
dont le tronc peut mesurer 3 à 5 m ètres de hauteur, 8 à 12
centim ètres de diam ètre. Le Phloga polystachya atteint au
plus 2 à 3 m ètres, le diam ètre du tronc ne dépasse pas i cen­
tim ètres. Le Neophloga procurnhens possède une tige plus
ou moins ram pante, ayant parfois i m ètres de longueur. Cette
tige toutefois reste mince et ne mesure guère que 2 centim ètres
d'épaisseur. Les autres espèces sont plus petites encore. La
hauteur du Dypsis Louvelii est d’environ 1 m ètre ; le diamètre
du tronc est de 1 centim ètre à peine. Et ce sont là encore, à
peu de chose près, les dimensions du Dypsis H ildebrandtii,
Neophloga indivisa et Ar. tenuisecta.
Une étude anatom ique de ces Palmiers était intéressante à
faire, à plusieurs points de vue.

�100

J.

ACHILLI

Au point de vue général d ’abord, la gracilité des tiges p er­
met de faire, de leur section transversale, une étude d en­
semble qui devient plus difficile avec les troncs épais de la
plupart des autres palm iers. Ensuite, à un point de vue plus
spécial, il y avait lieu de relever les ditlerences anatom iques
que peuvent présenter des espèces qui otlrent, par leur port
et souvent par leurs feuilles, une certaine sim ilitude d aspect.
Enfin cette étude pouvait aussi, a p rio ri, être utile en am enant
à reconnaître si l'anatom ie confirme les rapprochem ents qui
oïit été faits entre certaines formes, et notam m ent entre le
Phloga polystachya typique et un palm ier d ’Andasibé qui, par
l’étroitesse de ses segm ents, en paraît tout d ’abord assez dis­
tinct et qui, cependant, y a été rattaché par M. Jum elle à
titre de variété. Nous verrons de même q u ’on peut rattacher
au Dypsis Louve lit, dont les feuilles et les tleurs sont seules
connues, un palmier d’Analam azaotra dont, en plus des feuilles,
on ne connaît au contraire que les fruits.
Nous ferons tout d ’abord une étude complète du Neophloga
tenuisecta et nous comparerons ensuite à ce Neophloya les
parties correspondantes des autres espèces.

ÉTUDE ANATOMIQUE DES DYPSIDÉES

101

k l’axe, composée d ’éléments à section étroite, à épaisses
parois légèrement lignifiées vers la périphérie. L ’écorce externe

Neophloga tenuisecta.
Cette espèce atteint au plus 1 m ètre de hauteur, le tronc
ayant à peine 1/2 centim ètre de diam ètre. Elle croît vers 800
m ètres d'altitude, dans les bois d ’Analam azaotra.
R acine . — La racine étudiée mesure 3 mm. 1 de diam ètre
dont 1 mm. environ pour la stèle. Quoique sensiblem ent
cylindrique, elle présente sur tout son pourtour des dépres­
sions et des saillies très peu marquées, mais nom breuses, qui
donnent à la section transversale un contour très irrégulier.
La structure de cette racine est, en somme, la structure
typique de la racine des M onocotylédones. Elle est lim itée par
une assise formée de cellules à parois latérales et surtout
externes très fortement épaissies et lignifiées. A cette assise
succède une couche de cellules assez allongées parallèlem ent

lrig. 1. — Racine de Neophloga teniiisecla.
fc : libres cellulosiques de l'écorce ; — end : endoderme ; — p e r : p é r i cycle ; — lib : liber ; — h : bois ; — sel : sclérenchyme.

est constituée, au-dessous, par un parenchyme cellulosique
formé de cellules arrondies laissant entre elles des m éats, et

�102

J.

ACHILLI

de taille croissante de dehors en dedans. L écorce interne s’en
distingue par la disposition concentrique et radiale des assises
cellulaires, dont l'épaisseur va dim inuant jusqu à la stèle.
L’endoderme, nettem ent différencié, présente des épaississe­
ments lignifiés en fer à cheval, très développés, de sorte que
la cavité cellulaire s'y trouve très réduite. Cette écorce est
abondamment pourvue de fibres cellulosiques, parfois isolées,
mais le plus souvent groupées par quatre ou cinq. Ces libres,
de section arrondie, peuvent atteindre un diam ètre de 35 pu,
l'épaisseur des parois étant de 10 y. environ. Assez courtes
leur longueur ne dépasse guère 1 mm. i), ces libres sont
term inées en pointes aiguës et leur cavité, assez régulière,
est divisée par de lines cloisons transversales. Enfin l’écorce
est très amylifère et renferme de l'oxalate de calcium à l’état
de très petits cristaux, incrustant les m em branes cellulaires.
La stèle, rem arquable par le nombre considérable de ses fais­
ceaux ligneux et libériens (on en peut com pter en to u t une
centaine) débute par un péricycle lignifié composé de deux
assises cellulaires dont la plus interne, inégalem ent sclérifiée,
se confond par endroit avec le stéréom e qui environne les
faisceaux. Ceux-ci, libériens ou ligneux, présentent une dispo­
sition assez uniforme, constituant les uns et les autres des
lames radiales amincies du côté du péricycle, élargies vers le
centre. Les faisceaux libériens sont composés de tubes criblés
dont le calibre, étroit en dehors, est plus large en dedans, le
diam ètre des plus grands de ces tubes ne dépassant pas toute­
fois 12 y.. Les faisceaux ligneux, plus allongés encore que ceux
du liber et très minces, ne renferm ent que peu de vaisseaux.
Ceux-ci sont en général assez étroits sauf le vaisseau le plus
interne qui est au contraire très large, souvent séparé d ’ailleurs
des précédents par du sclérenchym e et rejeté vers le centre.
Les rayons m édullaires, de même que la périphérie de la
moelle, sont en effet constitués par des fibres assez étroites
fortement épaissies et lignifiées. L’axe même de la racine est
formé par un parenchyme scléreux renferm ant de nom breuses
fibres lignifiées. Comme celui de l'écorce ce parenchym e est
très amvlifère

ÉTUDlï ANATOMIQUE DES DYPSIDÉES

103

T i g e . — La tige cylindrique de cette espèce mesure, pour
l’échantillon étudié, 6 mm. 5 de diam ètre, dont 0 mm. 37
d’épaisseur pour 1 écorce et 5 mm. 75 pour le cylindre central.

Fig. 2. — Tige de Neophloga tenuisecta.
ep : épiderme ; — c / : cordons fibreux ; — f : faisceau de l'écorce ; — sel :
sclérenchym e : — lib : liber ; — h : bois ; — p : parenchym e lignifié.

L ’épiderme formé de petites cellules un peu allongées dans
le sens tangentiel, fortem ent épaissies et cutinisées sur leurs

�loi

J. ACIILLLI

parois externes, les faces latérales et internes étan t ellesmêmes assez épaisses et subéritiées, présente de nom breux
poils très développés, Ces poils, pluricellulaires et ramifiés,
atteignent souvent 2 mm. 5 à 3 mm. de longueur. Le pied de
chacun d'eux est constitué par un massif de petites cellules isodiam étriques scléritiées, ne formant q u ’une très faible partie
de la hauteur totale du poil. La section transversale de cette
base est irrégulièrement elliptique, le grand diam ètre de I el­
lipse étant parallèle à Taxe de la tige. De cette base partent
de nombreuses cellules étroites, très allongées, groupées
d'abord en un faisceau compact, puis se ramifiant diversem ent
pour donner deux, parfois trois branches qui, un m om ent acco­
lées. divergent ensuite progressivem ent, se ram ifient et se
term inent finalement en pointe assez aiguë. Il semble bien
que ces filaments ainsi ramifiés ne sont pas cloisonnés.
De sorte que le poil proprem ent dit ne serait q u ’un ensemble
de poils élém entaires, unicellulaires ramifiés, étroitem ent acco­
lés et enchevêtrés. Outre ces formations l’épiderme présente
quelques rares stom ates sem blables à ceux que nous décrirons
à propos du limbe. L'écorce externe est constituée par trois
ou quatre assises de petites cellules polygonales à fines parois
cellulosiques. Plus profondément le parenchym e cortical est
formé de cellules plus larges, étirées tangentiellem ent et sclérifiées.
Cette écorce interne présente, assez régulièrem ent répartis
dans toute son étendue, de très nombreux cordons de sclérenchyme composés d'élém ents peu lignifiés, de section polygo­
nale dont le nombre, une dizaine pour les cordons les plus
externes, va augm entant un peu vers l'intérieur. A côté de
ces faisceaux exclusivement fibreux, moins abondants to u te­
fois, se rencontrent des faisceaux conducteurs toujours très
petits dont le liber et le bois, extrêm em ent réduits, sont entou­
rés d ’une gaine scléreuse relativem ent bien développée. Il n ’v
a pas d'endoderme différencié.
La stèle est constituée par un nombre considérable de fais­
ceaux libéro-ligneux disposés en cercles irrégulièrem ent con­
centriques et plongés dans un parenchym e très amylifère. Les

ÉTUDE ANATOMIQUE DES DYPSIDÉES

105

faisceaux, particulièrem ent serrés è la périphérie de la stèle,
sont plus espacés dans la région centrale ; ils y sont néan­
moins encore très nom breux. Tous ces faisceaux sont accom­
pagnés d'arcs fibreux périlibériens extrêm em ent épais. Ces
arcs scléreux ne sont pas d'ailleurs également développés
dans tous les faisceaux. Enormes dans ceux de la périphérie,
ils ne forment dans ceux du centre qu’une calotte fibreuse
extralibérienne relativem ent réduite mais uniformém ent ligni­
fiée. Inversem ent, ces faisceaux sont plus riches en éléments
conducteurs que les faisceaux m arginaux. Ces quelques diffé­
rences n ’ont d'ailleurs rien d'anorm al. On sait en effet que ces
deux catégories de faisceaux sont, à un point de vue tout
autre, très différents, et qu'ils ne suivent point, dans la tige,
des trajets parallèles. Les éléments conducteurs sont, disonsnous, particulièrem ent réduits dans les faisceaux périphériques.
Cette réduction porte principalement sur le bois qui ne com­
prend guère que 1 ou 2 vaisseaux assez larges et dont le
calibre va croissant dans les faisceaux plus internes. Quant
au liber, observons qu'il form e toujours une seule masse.
Tout au plus peut-on rem arquer dans les faisceaux du centre,
quelquefois, une tendance à la division du liber en deux par­
ties. Le fait doit être noté, car, dans tous les autres organes,
nous trouverons le liber fractionné en plusieurs masses et fo r­
m ant parfois ju s q u à dix îlots séparés par des lames fibreuses.
Cet état de choses n'est pas particulier au Neophloga tenuisecta. Nous le retrouvons dans toutes les espèces dont nous
avons pu étudief la tige.
Exam inons m aintenant avec plus d'attention les arcs sclé­
reux périfasciculaires dont nous avons précédemment parlé.
Si l’on fait une section transversale dans une tige de faible
diam ètre (2 mm. environ), on observe que les faisceaux sont
rangés beaucoup plus régulièrem ent en cercles concentriques,
et séparés par de larges intervalles. Il n'y a pas encore d'arcs
fibreux extra-libériens. Ce n ’est que progressivem ent, à mesure
que le diam ètre de la tige augm ente, qu ’apparaissent ces for­
m ations scléreuses, qui ne tardent pas à acquérir, en dehors
du liber, un développement considérable. Mais les fibres qui

�J. ACHILLI

106

les constituent restent assez, longtemps à minces parois cellu­
losiques. Elles sont encore à ce stade de développement dans
une tige de i mm. Si le diam ètre de la tige croit encore ce
n ’est plus tant la largeur des gaines tibreuses qui augm ente,
mais l'épaisseuret la lignification des parois de leurs élém ents.
Et c’est toujours au contact du liber que ces modifications des
membranes apparaissent en prem ier lieu pour se propager
ensuite vers la périphérie des arcs fibreux. De sorte que dans
la tige de 6 mm. o que nous avons surtout étudiée, on peut
distinguer, dans chacune de ces enveloppes sclérenchym ateuses,
trois zones : une zone périphérique composée de fibres cellulo­
siques à minces parois ; une autre plus interne m oyennem ent
épaissie et lignifiée; une troisième, touchant au liber, très
épaissie et très lignifiée.
Quant au parenchyme de la stèle, il est homogène dans
les tiges de faible diamètre. Dans les tiges assez épaisses on
y peut distinguer : 1° des cellules arrondies, assez petites,
entourant les faisceaux ; 2° de grandes cellules rectangulaires
étirées tangentiellem ent, disposées en files régulières et cons­
tituant la plus grande partie de la moelle et des rayons m édul­
laires.
— L'épaisseur de cette gaine est de 0 mm. 5
environ à la partie inférieure et croît progressivem ent à mesure
qu’on se rapproche du pétiole. Elle est limitée supérieurem ent
par un épiderme très régulier à petites cellules rectangulaires,
non cutinisées sur leurs parois externes. A cet épiderme
succède une couche collenchymateuse constituée par quatre
ou cinq assises de cellules â parois d ’ailleurs peu épaissies et
qui, allongées parallèlem ent à l’épiderme, perpendiculairem ent
à la direction des faisceaux, atteignent 160 (a de longueur
pour un diam ètre de 12 g à peine. Cette couche collenchy­
mateuse existe, plus ou moins développée, dans toutes les
gaines que nous avons étudiées. Mais elle n ’est en général
bien nette que vers la base de l ’organe. A m esure que l’on se
rapproche du pétiole, en ellet, les cellules qui la constituent
deviennent plus courtes, s'élargissent et ne forment plus une
G

a in e f o l ia ir e

.

ÉTUDE ANATOMIQUE DES DYPSIDÉES

107

région nettem ent distincte de parenchyme sous-jacent, dont
les élém ents se sont modifiés dans le même sens. Vers la
base, ce parenchyme est composé de très grandes cellules
(0 mm. 2 sur 0 mm. 06) allongées parallèlem ent h celles du
collenchym e, mais s’en distinguant par leur grande taille.
L’épiderme inférieur, plus irrégulier que l’autre et cutinisé,
présente de nombreux poils rougeâtres, constitués à peu près
comme ceux de la tige, moins épais cependant, et dont les
ram ifications, très longues, sont extrêmement grêles.
La gaine renferme de nombreux faisceaux libéro-ligneux
assez sym étriquem ent disposés par rapport au grand faisceau
médian. Vers la base de l’organe ces faisceaux ne forment
q u ’une rangée ; ils en forment deux et même trois vers la
partie supérieure, la structure de la gaine se rapprochant
naturellem ent alors, de plus en plus, de celle du pétiole pro­
prement dit. Ces faisceaux ne sont pas tous semblables.
Certains d ’entre eux, très rapprochés de l’épiderme inférieur,
sont de petite taille et paraissent correspondre aux petits
faisceaux corticaux de la fige. Les autres sont plus développés,
moins voisins en général de l épiderme inférieur, riches en
élém ents conducteurs. Le liber y est presque toujours divisé
en deux parties par suite du développement de fibres libé­
riennes qui se réunissent à l’arc fibreux extra-libérien, tou­
jours très développé, et auquel correspond, en dedans du bois,
un arc scléreux plus réduit. Ces deux masses fibreuses ne se
rejoiçjnent pas latéralem ent, mais sont séparées par une ou
deux assises de parenchyme un peu sclérifié. Grâce à cette
disposition, les élém ents conducteurs ne sont pas isolés du
parenchym e voisin par un manchon fibreux ininterrom pu.
La lignification des élém ents du sclérenchyme croît de la
base de la gaine vers le pétiole. Elle est d’abord très faible,
localisée au voisinage immédiat du liber et à la périphérie
des arcs scléreux. 11 est à rem arquer que dans les petits fais­
ceaux dont nous avons parlé en premier lieu, le sclérenchyme
forme uniquem ent un arc extra-libérien, d’ailleurs relative­
m ent énorme. Ajoutons encore qu’un endoderme très net
entoure tous ces faisceaux. La gaine est parcourue enfin par

�108

J. ACHILLI

de nombreux cordons exclusivem ent scléreux, très lignifiés,
surtout nombreux au cuisinage de l'épiderme inférieur où
ils forment une rangée assez régulière, plus rares vers l ’épi­
derme supérieur, où on l e s rencontre toujours im m édiatem ent
au-dessous cle la couche collenchvmateuse.
Le mauvais état de la partie supérieure de la gaine, dans
notre échantillon, ne nous a pas perm is de bien étudier le
pétiole. Mais celui-ci paraît avoir une structure extrêm em ent
voisine de celle du pétiole de Xeophloga triangularis. Nous
verrons d'ailleurs que la gaine et le raohis de ces deux espèces
se ressemblent également beaucoup.

ÉTUDE ANATOMIQUE DES DY PSI DUES

109

scléreux y sont réduits ; les éléments conducteurs y sont par
contre bien développés. Dans ces faisceaux principaux le liber
forme presque toujours deux masses distinctes. Dans le grand
faisceau inférieur il est divisé en quatre parties. 11 forme en
général un amas compact dans les faisceaux corticaux. Les

R a c h is . — Dans sa partie inférieure, le rachis présente
une section irrégulièrem ent quadrangulaire, les dimensions
étant 1 mm. 7 pour la hauteur et 2 mm. environ pour la
largeur. Les angles latéraux, très aigus, correspondent donc
à des arêtes assez tranchantes. L ’angle inférieur est au
contraire très arrondi. Quant à l'extrém ité supérieure elle est
marquée par un sillon assez prononcé. L ’épiderme, ici encore,
présente des poils ; mais ceux-ci n ’atteignent guère que
0 mm. 34 de longueur. Les faisceaux libéro-ligneux sont très
sym étriquem ent disposés par rapport ù un plan médian. Un
faisceau plus grand que les autres occupe l ’angle inférieur.
Il est remarquable par le développement considérable de l’arc
fibreux extra-libérien, étiré tangentiellem ent et englobant
dans sa masse deux petits faisceaux voisins. Ce développe­
ment est d ’ailleurs très progressif depuis la gaine ju sq u ’au
rachis. Remarquons que cette calotte fibreuse libérienne ne
rejoint pas l are fibreux intra-ligneux dont elle est toujours
séparée, latéralem ent, par du parenchyme plus ou m oins
sclérifîé. Les autres faisceaux peuvent encore se ranger en deux
groupes. Les uns très petits, voisins de l'épiderm e, et que nous
appellerons corticaux, bien que la structure du pétiole soit ici
astelique, sont pourvus d'arcs scléreux très épais mais assez
peu lignifiés. Les autres sont groupés vers le centre form ant
de part et d'autre du plan de sym étrie deux arcs parallèles
qui tournent vers l'angle supérieur leur convexité ; les arcs

■ - - ‘j

Fig. 3. — Rachis de Neophloga lenuisecla.
b : bois : — / : lib e r ; — p s : pa renc hym e sclérifié ; — sel : selércnchym e ;
— p : parenchym e ; — c f : cordons fibreux.

cordons scléreux sont peu nombreux dans le rachis. On
observe par contre une bande fibreuse parallèlem ent aux
deux faces de l’angle supérieur. Cette bande, surtout épaisse
au niveau de cet angle, est séparée de l’épiderme par quelques
assises cellulaires et englobe dans sa masse plusieurs petits
faisceaux. Elle résulte de la fusion des gaines fibreuses de
ceux-ci considérablem ent accrues. D'abord discontinue, formée
de faisceaux groupés par deux ou trois et d'ilots scléreux
séparés par du parenchyme, elle s'étend progressivem ent et

�ÉTUDE ANATOMIQUE DES DYPSIDÉES

forme, dès la partie supérieure du pétiole, une couche inin­
terrompue. Tout le reste du rachis est constitué par un paren­
chyme mou. très amylifère et renferm ant de nom breuses
cellules à oxalate de chaux.
Si, plus près de l’extrém ité des feuilles, on fait une coupe
dans le rachis, on observe que la forme générale de la section
transversale s'est modifiée, est devenue triangulaire, l'angle
supérieur étant encore m arqué par un sillon, la base présen­
tant une légère saillie arrondie au niveau du grand faisceau
inférieur. Les dimensions sont naturellem ent beaucoup plus
réduites et il n v a plus guère, vers le centre, que deux ou
trois faisceaux.
S egments foliaires . — Ils sont étroits et minces, leur
épaisseur moyenne étant de 0 mm. 3 environ. Vers le bord
des segments le limbe s’amincit progressivem ent, se term i­
nant en arêtes tranchantes. Chaque segment présente une
nervure médiane, saillant de U mm. 17 environ au-dessus de
la face supérieure du limbe. A cette saillie correspond, sur la
face inférieure, une légère dépression. Le limbe est lim ité
supérieurement par un épiderme formé de cellules rectangu­
laires, légèrement cutinisées sur leurs faces externes, ne
présentant pas de stom ates et doublé d'une assise hypoder­
mique. Le mésophylle, hétérogène, est constitué par un tissu
palissadique, d'abord compact, lacuneux ensuite. L'épiderm e
inférieur, non cutinisé, est pourvu de nombreux stom ates.
Chaque stomate est constitué par deux cellules réniformes
qui laissent entre elles un étroit ostiole et sont plus ou
moins profondément enchâssées dans les cellules épidermiques
adjacentes. Les parois de ces cellules stom atiques sont très
épaissies. Les lèvres externes de l’ouverture stom atique font
saillie fortement en manière d'arêtes arquées qui lim itent une
fente étroite. Il en est de même pour les bords internes
de l’ostiole, la saillie de ces arêtes intérieures étant toutefois
moins accusée. Ajoutons enfin que la chambre sous-stom atique
est en général assez profonde.
Dans l’épaisseur du limbe on observe de nom breuses

111

m éristèles, indépendam m ent de celle (pii constitue la nervure
principale des segments. Ces m éristèles sont toutes très petites,
elles ne m esurent guère que 0 mm. 07 de diam ètre. De section
arrondie, elles sont entourées d ’un endoderme à larges cellules.
Les élém ents conducteurs y sont rares. En dehors du liber et
en dedans du bois se rem arquent encore deux petits arcs
scléreux. Dans la région médiane du limbe on observe en

ep : épiderme ; — end : ‘endoderm e ; — sel : sclérenchym e ; — h : bois : —
l : lib e r; — p : parenchym e de la m éristèle ; — ef : cordons fibreux; —
p m : petites m éristèles ; — c o : cellule oxalifère.

outre d’assez nom breux cordons fibreux, peu lignifiés, com­
posés de quelques fibres — six à huit — très petites, à étroite
lumière. On rencontre également de grandes cellules à oxalate
de chaux. Dans chaque segm ent, la nervure principale est
constituée par une m éristèle très dillerente de celles que nous
venons de décrire, et dont elle se distingue tout d’abord par
des dimensions plus considérables ; son diam ètre atteint en
elîet 0 mm. 23 environ. De section irrégulièrem ent ovalaire,
cette méristèle principale, globuleuse à la base, allonge en
pointe son extrém ité supérieure jusqu'au contact de l'épiderm e,
alors qu elle est séparée de l'autre épiderme par plusieurs

�112

J.

ACHILLl

assises cellulaires. Un endoderme entoure cette m éristèle &lt;jui
renferme deux faisceaux libéro-ligneux : un grand faisceau
inférieur dont le liber est divisé en trois ou quatre ilôts et un
autre très petit superposé au précédent. Ces faisceaux sont
séparés de l'endoderme par un péridesme fibreux. Cette gaine
scléreuse est surtout épaisse aux deux extrém ités de la m éris­
tèle et particulièrement lignifiée en dehors du liber. Un
parenchyme, parfois légèrem ent lignifié, occupe la partie
centrale de cette méristèle. On y rencontre souvent de
l’amidon.

ÉTUDE ANATOMIQUE DES DYPSIDÉES

général, ce que nous avons vu dans la tige. Presque toujours,
en effet, le liber form e dans les faisceaux une seule masse.
Dans ceux du centre, cependant, il est assez souvent divisé
en deux parties.
Les spathes présentent une structure très semblable à celle
de la gaine foliaire. On y observe beaucoup moins de cordons
scléreux. Les faisceaux libéro-ligneux y sont d'assez grande
taille, relativem ent, bien que l’épaisseur moyenne de la
spathe soit de 0 mm. 1 seulem ent.

Neophloga triangularis.

I nflorescence. — L'axe de l'inflorescence m esure 2 mm.
sur 1 mm. 2 environ. La structure rappelle celle de la tige.

L'axe débute par un épiderme qui ne présente aucun poil, et
auquel succède une assise régulière d'assez grandes cellules
allongées radialement. La région corticale, d ’une épaisseur
moyenne de 0 mm. 17 environ, est formée par un parenchym e
mou, à grandes cellules arrondies et renferme de nom breuses
cellules à raphides. Il est à rem arquer que de toutes les parties
de la p lante, l'axe de l inflorescence est, de beaucoup, la partie
la plus riche en cellules oxalifères, et il en est de même pour
les autres espèces étudiées, la plupart de celles-ci renferm ant
d'ailleurs encore plus d'oxalate de calcium que le Neophloga
lenuisecta. Un épais mucilage rem plit la cavité des cellules à
raphides. Ce mucilage se colore par les réactifs de la cellulose
après coagulation par l'acétate de plomb. On observe dans
l’écorce quelques rares faisceaux très petits, mais on n ’y
trouve pas de cordons fibreux.
La région centrale est occupée par de nombreux faisceaux
libéro-ligneux rangés en cercles irrégulièrem ent concen­
triques. La moelle, parenchym ateuse, est réduite et contient
encore, de même que les rayons m édullaires, de grandes
cellules oxalifères. Les faisceaux sont, comme toujours, pour­
vus d arcs scléreux bien développés et assez lignifiés, souvent
fusionnés de manière à englober dans une même masse
fibreuse, deux et quelquefois trois faisceaux. Signalons enfin
que la disposition du liber rappelle, et c’est encore un fait

113

Cette espèce est de la même contrée que le Neophloga
lenuisecta et s'en rapproche beaucoup par divers caractères
morphologiques et anatom iques. Nous n’avons pu étudier que
la feuille.
G a in e . — Elle est un peu plus mince que celle du Neophloga
lenuisecta, mais présente une structure presque absolum ent
sem blable. Tout au plus peut-on rem arquer que les cordons
scléreux y sont un peu moins nom breux, quoique pareillem ent
disposés, et que la couche collenchym ateuse sous-épidermique
paraît être un peu moins épaisse que précédemment.
P é t i o l e . — Le pétiole présente une partie inférieure arron­
die, une face supérieure déprimée en gouttière. L’épiderme
porte des poils analogues à ceux que nous avons décrits dans
le rachis de N . lenuisecta. Les faisceaux libéro-ligneux alîectent
sensiblem ent la même disposition. Vers la face supérieure,
parallèlem ent à l'épiderm e, on observe de nombreux ilôts
fibreux qui tendent à se fusionner de manière à constituer
une bande continue.
Le rachis ne présente rien de particulier à mentionner. Ici
encore, de même que le pétiole, il renferme de l'am idon et
de l'oxalate de chaux.

L

im ije.

— L'épaisseur moyenne du limbe est de 0 mm. 27

Annales du Musée colonial de Marseille. — 3* série, l ,r vol. 1913.

8

�ÉTUDE ANATOMIQUE DES DYPSIDÉES
environ, les nervures principales saillant d'environ 0 m i y . 2
au-dessus de la face supérieure du limbe. Ici encore le mésophylle est hétérogène, constitué d abord par un tissu palissadique compact, par un parenchyme lacuneux ensuite, ce
dernier ne se distinguant du parenchym e correspondant du
limbe de X . tenuisecta que par la forme plus arrondie de ses
cellules. Les méristèles des nervures principales sont plus
grandes que dans l’exemple précédent. Elles atteignent

llo

1ir.E. — La tige étudiée a un diamètre de l mm. environ.
L’écorce atteignant à peu près 0 mm. 31 d épaisseur est donc
ici relativem ent plus développée qu elle ne l est dans la lige

ep : épiderme : — end : endoderm e de la m érislèle ; — p : parenchym e ; —
p f : petit faisceau : — b : bois du grand faisceau ; — l : lib e r; — sel :
sclérenchyme : — p ni : petite m éristèle ; — c o- : cellule oxalifère.

0 mm. 30, et leur base est plus rapprochée de l’épiderme
iuférieur. Leur forme et leur structure sont très voisines
de celles des m éristèles correspondantes du X . (enuisec/a.
Morphologiquement cependant, les feuilles de ces deux
espèces sont très dissemblables. On voit par ce qui précède,
qu’à ces dillerences morphologiques ne répondent pas des dif­
férences histologiques d ’égale im portance.

Neophloga indivisa.
La hauteur de cette espèce ne dépasse pas 1 m. 30 et son
tronc, droit et grêle, mesure seulem ent 1 centim ètre environ
de diamètre. Ce.Xeophloga croît entre 1.000 et 1.200 m ètres
d ’altitude dans les bois, sur le versant Est du m assif d ’A ndringitra, dans le bassin du M atitana.

ep :

F ig . (5. — T ig e d e Neophlogn indivisa.
é p i d e r m e ; — p : p a r e n c h y m e li g n i f i é ; — / : l i b e r ;

sel

—b

b o is

: sc lé re n c h y m e .

du Xeophloga tenuisecta. A part cette légère différence, les
deux tiges présentent une grande analogie de structure.

�! 16

ÉTL’DE ANATOMIQUE DLS DYPSIDÉES

l. ACHILL1

du .Y. indivis# débute par un épiderme d ’une régula­
rité remarquable, formé de hautes cellules à parois externes
très épaisses fortement cutinisées, à faces latérales un peu
épaissies. L écorce interne est constituée par un parenchym e
scléreux et renferme de nombreux cordons fibreux ainsi que
des faisceaux corticaux. Remarquons que les élém ents sclé­
reux de ces faisceaux ne paraissent pas être plus lignifiés que
dans le .Y. tenuisecta. Mais nous avons vu que chez celui-ci,
dans une tige de 4 mm. de diam ètre, les arcs fibreux des fais­
ceaux de la stèle sont constitués par des élém ents peu ligni­
fiés, à large lumière. Il n'en est pas de même dans la tige du
N . indivisa. Les masses sclérenchvm ateuses de la stèle y sont
formées de fibres à parois très épaisses et très lignifiées. Tous
les faisceaux sont plongés dans un parenchym e fortem ent scléritié, composé de cellules à section arrondie, allongées paral­
lèlement à l’axe de la lige et riches en grains d ’amidon. L’in­
tense sclérification de la stèle donne à la tige de cette espèce
une dureté et une résistance extrêm es.
C e lle

117

derm e, quelques îlots scléreux et, parallèlement à la face
supérieure, une bande fibreuse presque continue.
— Une section transversale, pratiquée à une cer­
taine distance de la base, a un aspect assez différent de celle
du pétiole. Alors que celui-ci était à peu près semi-cylindrique,
R a c h is .

— Cette gaine se distingue de celle du A7eophloga tenuisecta par la sclérification un peu plus intense des
arcs fibreux et surtout par la répartition des îlots scléreux,
qui sont disposés, en nombre sensiblement égal, et sous la
couche collenchymateuse supérieure et sous l'épiderme in fé­
rieur.
G

a in e

f o l ia ir e

.

P é t io l e . — Il se rapproche beaucoup de celui des précé­
dentes espèces. Sa plus grande largeur, réalisée au niveau de
la face supérieure, atteint 2 mm. 4, son épaisseur 2 mm. envi­
ron. La face supérieure n ’est que très légèrem ent concave et
présente, dans sa région médiane, une arête à peine accusée
mais qui s ’accentue progressivem ent. Les faisceaux, plus petits
et plus nombreux que dans le Xeophloga triangularis, ont une
structure semblable.
Notons cependant que les faisceaux principaux sont ici dis­
posés en trois arcs de part et d'autre du plan de sym étrie.
Nous trouvons enfin, mais au voisinage seulem ent de l ’épi-

Fig. 7. — Rachis de .Xeophloga indivisa

le rachis est plutôt irrégulièrement quadrangulaire et rappelle
par sa forme le rachis du Xeophloga tenuisecta. Mais nous
avons vu que dans celui-ci l’angle supérieur était marqué par
un sillon. Ici, au contraire, la partie supérieure se prolonge
en une carène très développée atteignant 0 mm. 6 de hauteur.
Large de 0 m. 34 à sa base, cette carène s’amincit progressi­
vem ent et constitue une arête assez tranchante. L ’axe en est

�I!S

J . ACHILLI

ÉTUDE ANATOMIQUE DES DYPSIDÉES

formé par une masse fibreuse qui se prolonge dans le rachis,
de part et d autre de celte crête, parallèlem ent à 1 épiderme,
et qui englobe plusieurs petits faisceaux. A m esure que cette
carène se constituait la bande scléreuse observée dans le pétiole
s incurvait progressivem ent, de même que 1 épiderm e, finisnant ainsi par occuper la partie centrale de 1 émergence formée.
Signalons enfin que les faisceaux conducteurs, un peu moins
nombreux que dans le pétiole, sont moins sym étriquem ent
disposés.

stèles ovalaires, globuleuses vers le bas, effilées dans leur
partie supérieure, ('.es m éristèles, limitées par un endoderme
très net, latéralem ent surtout, ne renferm ent qu'un faisceau
conducteur, d’ailleurs bien développé, à liber divisé comme
toujours en plusieurs parties, ce faisceau étant séparé de l'en­
doderme par un péridesme fibreux. Les deux extrémités de
cette gaine fibreuse sont inégalem ent lignifiées et c est en
dehors du liber que la lignification est la plus intense

— Le limbe a une épaisseur moyenne
de 0 mm.09(j, très inférieure par conséquent à celle du limbe
de Xeophloga tenuisecta. Les segm ents ont d'ailleurs une
structure très différente. Nous trouvons en effet dans le Xeophloga indivisa un mésophylle presque homogène, formé de
cellules arrondies ou polyédriques, faiblement lacuneux dans
sa partie inférieure. On observe dans l’épaisseur du limbe
quelques petits faisceaux, de section arrondie, m esurant en
moyenne 0 mm. 05 de diam ètre. De grandes cellules oxalifères s'y rencontrent égalem ent, en assez grand nombre. On
n'y trouve par contre que de très rares cordons scléreux. Enfin
les nombreux stom ates que porte l'épiderm e inférieur ne dif­
fèrent que très légèrem ent de ceux que nous avons décrits
dans les précédentes espèces, par la hauteur un peu moindre
des cellules stom atiques et par l’épaississement un peu moins
prononcé peut-être des parois de celles-ci.
Les nervures principales ont égalem ent une structure p arti­
culière. Nous avons vu que dans le Xeophloga lenuisècta et
le X . triangularis, ces nervures faisaient saillie uniquem ent
sur la face supérieure du limbe et qu'à cette saillie correspon­
dait plutôt, sur la face inférieure, une légère dépression. Il
n'en est pas de même ici, où ces nervures sont également sail­
lantes de pa rt et d'autre du lim be, l ’arête inférieure étant un
peu plus arrondie que l’autre. Au niveau de ces nervures, qui
mesurent au total 0 mm. 37 d ’épaisseur, et contrairem ent à ce
qu'on observe dans la plupart des autres espèces, l’épiderme
estform éde cellules plus petites, recouvrant de grandes mériS egments

119

foliaires.

En somme ces m éristèles sont, quant à leur structure, assez
sem blables aux m éristèles correspondantes du Xeophloga
tenuisecta dont elles diffèrent surtout par un développement
plus considérable.
Nous n ’avons pas eu l'inflorescence du Xeophloga indivisa.
En résum é on voit que cette espèce se rapproche des pré­
cédentes par de nom breux caractères et qu elle en diffère sur­
tout :
10 par la disposition des îlots scléreux dans la gaine ;
2° par la présence d'une carène dans le rachis ;
3° pa r l'absence de tissu palissadigue bien di/férencié dans
le limbe ’ par la disposition et la structure des nervures p rin ­
cipales des segments.

Neophloga procumbens.
Cette espèce dont le stipe peut atteindre 4 mètres de lon­
gueur, sans jamais avoir cependant plus de 2 centim ètres de
diam ètre, croit dans la même région que le Neophloga indivisa.
Nous avons étudié la feuille et l'inflorescence.

�120

J.

ACHLLLl

G a i n e . — Elle est beaucoup plus épaisse que dans les
espèces précédentes et comprend plusieurs rangées de fais­
ceaux conducteurs, sym étriquem ent disposés par rapport à
un plan médian. Cette gaine est surtout rem arquable par le
développement de la couche collenchym ateuse sous-épider­
mique qui comprend 7 ou S assises. Les cordons tibreux,
larges mais peu nombreux sous ce collencliytnc, sont au con­
traire petits et serrés sous l'épiderme inférieur.

P é t io l e . — Le bord inférieur en est convexe. La face supé­
rieure, très concave, atteint une largeur maxima de 8 m m .
environ, et l'épaisseur moyenne est à peu près de 3 mm. 2.
Le pétiole renferme unnom bre considérable de faisceaux libéroligneux. On en compte près d une centaine, serrés, d ’assez
grande taille, disposés en cinq arcs de p art et d ’autre du plan de
symétrie. Tous ces faisceaux sont pourvus d ’arcs scléreux très
développés. Le grand faisceau inférieur médian est particuliè­
rement remarquable à cet égard. L’arc fibreux extra-libérien,
énorme, englobe dans sa masse une dizaine de petits faisceaux
voisins, rangés en demi-cercle au-dessous du faisceau princi­
pal. Dans tous les faisceaux, le liber est plus divisé que dans
les précédentes espèces et forme presque toujours trois ou
quatre îlots séparés par des travées fibreuses. Le conjonctif est
constitué par un parenchyme à petits élém ents parfois ligni­
fiés. Signalons enfin la présence de nombreux cordons de sclérenchyme à la périphérie du pétiole et la tendance à la form a­
tion d'une bande fibreuse continue, parallèlem ent à la face
supérieure. On ne trouve pas d ilôt fibreux dans lcparenchym e
central.

— Assez loin du pétiole, la section du rachis tend
à devenir triangulaire, à bord inférieur arrondi, à angle supé­
rieur assez aigu. L’épiderme, très régulier et cutinisé, présente
de nombreux stom ates au voisinage desquels l’épiderm e s ’in­
curve légèrement. On observe égalem ent quelques poils m as­
sifs à base très lignifiée. Le grand faisceau inférieur est pourvu
d'un arc scléreux extra-libérien plusdéveloppéencore que dans
le pétiole, et assez irrégulièrem ent lignilié.

ÉTUDE ANATOMIQUE DES DYPSIDÉES

121

Le liber y offre une disposition assez curieuse. Il est divisé
en plusieurs masses dont la principale forme une couronne
presque continue autour d'un îlot scléreux central. Notons

Fig. 9. — G rand faisceau inférieur du rachis de i\eophloga procumhens.
I : lib e r: — h : b o is; — /»/’ : petits faisceaux : — sel : sclérenchyme inéga­
lement lignifié ; — /i : parenchyme.

enfin, q u ’ici encore, la bande fibreuse que nous avons vu
apparaître dans le pétiole s'étend, continue, sous les deux
faces de l ’angle supérieur.
L im b e . — Son épaisseur moyenne est de 0 mm. 120. Le
m ésopbylle, plus parfaitem ent homogène que dans le Xeo-

R a c h is .

Fig. 10. — Limbe de \eophloga procumbens.

phloga indivisa, est formé de cellules polyédriques ne laissant
entre elles que d ’assez rares méats. On observe dans le limbe
de nom breuses cellules oxalifères et quelques très rares cor­
dons scléreux. Les petits faisceaux conducteurs que l’on y

�ÉTUDE ANATOMIQUE DES DYPS1DÉES

rencontre sont, comme toujours, séparés de l'endoderm e par
un péridesme fibreux, peu lignifié en général ; ces m éristèles
de section ovalaire, mesurant 0 mm. 00 environ de diam ètre.
Les nervures principales font uniquem ent saillie sur la face
supérieure du lim be, l’épiderme inférieur étant au contraire
déprimé à ce niveau. Ces nervures, d ’une épaisseur m axima
de 0 mm. 3 environ, rappellent celles du Xeophloga triangularis. Cependant la base des grandes m éristèles qui consti­
tuent principalement ces nervures est, dans le Xeophloga
procumbens, un peu plus voisine de l’épiderme inférieur. No­
tons enfin que le liber y est le plus souvent divisé sim plem ent
en deux masses, alors que, meme dans le pétiole, il forme ordi­
nairement 3 ou i îlots dans chaque faisceau. Le fait est h
signaler, car dans la plupart des espèces étudiées c'est dans la
partie supérieure du rachis et dans les nervures principales
des segments que le liber se trouve le plus divisé.

123

angles latéraux et supérieur sont occupés par des massifs
scléreux, l'angle inférieur se trouvant, comme d ordinaire,
renferm er le grand faisceau du rachis. Celui-ci est pourvu d'une
gaine fibreuse très lignifiée renferm ant plusieurs petits fais­
ceaux corticaux. Il est à rem arquer que souvent celui de ces
faisceaux qui se trouve situé im m édiatem ent au-dessous du
grand, est orienté en sens inverse de celui-ci, et tourne son
liber vers le haut. Cette disposition du faisceau se rencontre,

Phloga polystachya.
Fig. 11. — Stom ate de Phloga polystachya, (rachis).

Le Phloga polystachya typique croît à A nalam azaotra vers
800 mètres d'altitude. Le tronc atteint 2 à 3 m ètres de hau­
teur et seulement i centim ètres de diam ètre.
R a c h is . — La section en est quadrangulaire, mais l’angle
inférieur est très obtus, de sorte que la forme tend à devenir
triangulaire. La largeur maxima est de i mm. 5 pour une épais­
seur de 3 mm. 5 environ. L’épiderme, très régulier et cutinisé,
est pourvu de nom breux stom ates, les cellules stom atiques
m esurant environ 0 mm. 120 de hauteur. On rencontre égale­
ment des poils dont le pied pluricellulaire et lignifié se trouve,
par suite du refoulement de l épiderme, logé dans une dépres­
sion dont la tête du poil, élargie en m anière de chapeau de
champignon, dépasse à peine les bords.
Les faisceaux libéro-ligneux, nom breux, d ’assez grande
taille, sont moins sym étriquem ent disposés que dans les pré­
cédentes espèces. On n ’observe pas sous les deux faces de
l ’angle supérieur de bande fibreuse continue. Par contre les

plus ou moins marquée, dans d ’autres espèces, dans 1eDypsis
gracilis notam m ent, dont le rachis a d’ailleurs une structure
très voisine de celle-ci. Enfin, dans le rachis de Phloga polysfachia, le parenchym e, composé d'élém ents à minces parois,
au voisinage immédiat de l'épiderm e et dans la région cen­
trale, est partout ailleurs et vers la base surtout, assez for­
tem ent lignifié.
L i m b e . — D'une épaisseur moyenne de 0 mm. 1 8, légère­
m ent étranglé au niveau de certaines méristèles, le limbe est
h mésophy lie presque homogène, formé de cellules polyédriques
un peu allongées perpendiculairem ent à l’épiderme dans la
partie supérieure, plus arrondies vers le bas, mais ne consti­
tuant pas cependant deux zones très distinctes. Il n'y a pas
de tissu palissadique ou tout au moins ce tissu est-il très
affaibli. Les petites m éristèles qu’on rencontre dans le limbe

�124

J. ACH1LLI

ÉTUDE ANATOMIQUE DES DVPS1DÉES

sont de diamètre assez variable, pourvues d'arcs scléreux
extra-libériens et extra-ligneux souvent très peu lignifiés.
En général la lignitication croît avec la dimension des faisceaux
et se montre toujours plus accusée en dehors du liber.
Outre ces méristèles on observe d'assez nom breux cordons
fibreux, plus épais que dans les précédentes espèces et des
cellules à oxalate de chaux, relativem ent petites et assez rares.
Les nervures principales font saillie sur les deux faces du
limbe. La saillie supérieure assez brusque et aiguë m esure
0 mm. 3. L ’inférieure plus progressive et arrondie n 'a tte in t

sur la saillie supérieure elle-même, des stom ates, alors que
partout ailleurs, sur la face supérieure de ce limbe, nous n’en
avons pas observé. L’épiderme inférieur, au contraire, est très
riche en stom ates. De lou/es les espèces étudiées le Phloga
polystachya est celle (pii parait en présenter le plus grand
nombre. Dans une coupe transversale de limbe on en peut
com pter 20 à 24 sur une longueur de 1 mm.
— L’axe de l ’inflorescence étudiée, de section
elliptique, mesure i mm. sur 2 mm. b environ. Sa structure
diffère peu de celle de l inflorescencedu Xeophloga tenuisecta.
On remarque sim plem ent un nombre de faisceaux libéro-ligneux
beaucoup plus considérable, accompagnés d ’arcs scléreux plus
lignifiés, faisceaux qui d’ailleurs ne sont pas sensiblem ent
plus gros que dans la précédente espèce. On trouve cependant
dans le Phloga polystachya beaucoup plus de cellules àraphides,
particulièrem ent nombreuses dans la zone interne de la région
corticale.
I n florescence.

Phloga polystachya
Fig. 12. — Limbe de Phloga polystachya.
end : endoderm e ; — p : parenchym e de la m éristèle ; — cf: cordons fibreux ;
— h : bois : — l : liber : — pm : pelile m éristèle.

que Omm. 17. La forme des m éristèles qui constituent ces ner­
vures est traduite extérieurem ent par la forme même de cellesci. Comme dans les méristèles correspondantes des précédentes
espèces, la base en est globuleuse, l ’extrém ité supérieure
allongée en pointe. Mais ici naturellem ent, de même que chez
le Xeophloga indivisa, la méristèle touche aux deux épiderm es.
Elle est constituée par un grand faisceau inférieur à liber
divisé en quatre ilôts d’importance inégale, surm onté par un
autre faisceau très petit noyé dans un parenchym e lignifié. Un
péridesme fibreux très lignifié aux deux extrém ités entoure ces
faisceaux. Signalons encore qu'au niveau des nervures princi­
pales l’épiderme est formé de cellules plus grandes et présente,

12b

var.

andasibeensis.

G a in e . — Nous n ’avons pu étudier que la partie supérieure
de cette gaine. A ce niveau, comme nous l'avons vu déjà, la
couche collenchymuteuse sous-épidermique n'est plus bien
caractérisée. On observe sim plem ent, au-dessus de l’épiderme
supérieur, très régulier, à petites cellules non cutinisées,
quelques assises de cellules un peu allongées tangentiellem ent,
auxquelles succède un tissu très lacuneux, particulièrem ent
dans la région voisine du plan médian. Ces lacunes, assez
régulières, sont séparées les unes des autres par une ou deux
assises rectangulaires à minces parois. Déjà, dans le Xeophloga
tenuisecta, le X . triangularis, le X . indivisa nous avions pu
rem arquer la présence de ce tissu lacuneux vers la partie
supérieure de la gaine, non loin du pétiole proprem ent dit ;
mais les lacunes y étaient beaucoup moins nettes, plus ditliciles à observer. Les faisceaux libéro-ligneux, étant donné le
niveau où a été pratiquée la section sont très nom breux et

�I 20

J.

ACH1LLI

disposés en plusieurs rangs. sym étriquem ent par rapport à un
gros faisceau inférieur médian pourvu d ’arcs scléreux déjà
énormes. Ces faisceaux sont noyés dans un parenchyme à cel­
lules arrondies très riches en amidon, dont les grains sont
ordinairement simples, ovoïdes, m esurant 10 mm. environ de

ÉTUDE ANATOMIQUE DES DYPS1DÉES

127

de quatre ou cinq assises parenchymateuses, séparée de la
région centrale par deux bandes fibreuses, très lignifiées,
qui partent de l’angle supérieur et s’étendent parallèlem ent
aux faces latérales, englobant de nombreux petits faisceaux.
D ’une façon générale, la lignification des éléments du sclérenchym e est plus intense dans cette espèce que dans la pré­
cédente. Le gros faisceau inférieur, avec sa gaine fibreuse
moins développée dans le sens tangentiel, est de forme plus
globuleuse. Les autres grands faisceaux, peu nombreux, sont
groupés vers le centre en arc irrégulier qui tourne vers l’angle
supérieur sa convexité. Notons enfin que vers le bord inférieur
du rachis le parenchyme est lignifié.
L i .m ïie . — D’une épaisseur moyenne de 0mm. 17, légèrem ent
renflé au niveau de certaines méristèles où il atteint 0 mm. 2.

Fig. 13. — Rachis de Phloga polyslachya.
Va r . a n (/us i heen si s.

diamètre. On rencontre également des grains composés,
doubles, et parfois même triples. Les cordons scléreux sont
nombreux dans cette gaine. On en rencontre dans le paren­
chyme central et surtout au voisinage des épiderm es. Ils sonl
également abondants sous les deux faces de la gaine, mais
différemment disposés. Plus larges et form ant sous l ’épiderme
supérieur plusieurs rangées irrégulières, ils sont au contraire
petits et très serrés près de l'épiderm e inférieur.
— Il ditfère sensiblem ent de celui du Phloga polystachya typique. De section triangulaire arrondie il mesure
seulement t mm. 7 de largeur et environ 1 mm. 9 de hauteur.
Au-dessous d'un épiderme présentant les mêmes caractères
que dans le rachis précédent, nous trouvons encore une zone
R a c h is .

Fig. i l. — Limbe de Phloga polyslachya andasibeensis.

plus mince au contraire près des nervures principales, ce limbe,
par sa structure, se rapproche de celui du précédent Phloga.
Les épidermes, le mésophylle y présentent les caractères déjà
décrits dans ce dernier ; pas plus que dans celui-ci nous
n 'avons de tissu palissadique bien différencié. Les petites méris­
tèles q u ’on observe dans le limbe sont ici de section arrondie,
plus voisine de l ’épiderme inférieur, et les cellules oxalifères,
plus grandes, sont aussi plus nombreuses. Mais c’est princi­
palem ent par la forme des grandes nervures que ce limbe se

�128

J. a c h illi

distingue du précédent. Ici encore ces nervures font saillie sur
les deux faces. L'arête supérieure mesure Omm.31 et se term ine
par un plateau qiii atteint Omm. 2 d elarg eu r. La saillie infé­
rieure, beaucoup moins prononcée, n a guère que 0 mm. 1 et
paraît relativement aiguë. Il résulte de ceci que la forme des
méristèles qui constituent ces nervures diffère très sensible­
ment de celles des m éristèles correspondantes du précédent
Phloçja. Dans l ’ensemble, la structure est à peu près la même.
On observe cependant que la gaine fibreuse péridesm ique est
ici moins épaisse, le parenchyme central moins développé.
Enfin la méristèle comprend trois faisceaux superposés. En
résumé ce limbe ressemble surtout au précédent par l ’aspect
général du mésophylle et le développem ent des nervures
principales.

étu de

an a to m iq u e d e s

d v psid é e s

123

rien de bien particulier. Quant à la stèle, elle est surtout
rem arquable par h* nombre considérable de ses faisceaux

— L'axe de l'inflorescence diffère peu de
celui du précédent P/tloya. Les faisceaux libéro-ligneux
paraissent y être un peu plus nombreux et plus gros. Par
contre il y a beaucoup moins de cellules oxalifères.
I n f l o r e sc e n c e .

Dypsis Hildebrandtii.
Ce très petit palmier, de la section Triehodypsis, atteint h
peine 1 mètre de hauteur ; il croit dans les bois des collines
d ’Analamazaotra jusqu'à 800 m ètres au moins d ’altitude.
T i g e . — La tige étudiée, cylindrique, mesure 4m m . environ
de diam ètre dont 0 mm. 25 pour l’écorce et 3 mm. 5 pour la stèle.
L'épiderme, formé de cellules un peu allongées dans-le sens
radial et relativem ent peu cutinisé, présente des poils qui
ressemblent beaucoup à ceux qu'on observe dans le rachis du
Phloga polyslaùhya. Au-dessous, l’écorce est d ’abord consti­
tuée par un parenchyme à cellules polyédriques, à minces
parois cellulosiques. Plus profondément ces cellules s ’élar­
gissent, se lignifient et constituent un parenchym e irréguliè­
rem ent sclérifîé. Les cordons fibreux et les faisceaux conduc­
teurs corticaux sont ici encore très nom breux mais n offrent

.............~ ~ * 1
jo f

-------------- u
b v H /lü k w

J' È &amp;

P /r i- -' .............. £

......f

Fig. 15. — Tige de Dypsis Hildebrandtii.
ep : épiderm e ; -— c f : cordons fibreux ; — sel : sclérenchym e ; — lih : liber ;
— b : bois ; — p : parenchym e.
Annales du Musée colonial de Marseille. — 3" série, 1er vol. 1913.

9

�130

J. ACHlLL

ÉTUDE AMATOMIQUE DES DYPS1DÉES

libéro-ligneux. On en compte plusieurs centaines, accompa­
gnés d’arcs scléreux toujours très développés, mais dont les
éléments à parois assez minces sont peu ligniliés. Ces faisceaux
sont noyés dans un parenchyme amylifère dont les cellules
arrondies, à parois cellulosiques non épaissies, vont s’élargis­
sant un peu vers l’intérieur.
On voit que cette tige, bien que son diam ètre soit sensi­
blement égal h celui de la tige de Xeophloga indioisa étudiée,
diffère surtout de celle-ci par une sclérification beaucoup moins
intense, et par cela même, se rapproche davantage d’une lige
de Xeophloga tenuisecta de même diam ètre.

131

légèrem ent concave, le pétiole mesure environ 3 mm. de largeur.
Les faisceaux libéro-ligneux sont assez nombreux et rangés
en deux arcs sym étriquem ent par rapport au plan médian.
Les îlots fibreux abondent sous l’épiderme tout autour du
pétiole et particulièrem ent sous la face supérieure. On en
trouve même dans le parenchyme central. Ils y forment,

G a in e . — D une é p a is s e u r d e 1/2 m m . v e r s la b a s e , c e t t e

Fijr. 17. — Pétiole de Dypsis Hildebrandlii.
ep : épiderm e ; — c f : cordons fibreux : — ]&gt; : parenchym e; — p s : paren­
chyme sclérifié ; — l: liber: — b : bois; — sel : sclérenchyme.

notam m ent, une rangée assez régulière qui va du grand fais­
ceau inférieur au milieu de la face supérieure. Outre ces ilôts,
et parallèlement à cette face, une bande fibreuse est en voie
de formation et sera continue dès la base du rachis.
■sU
Fig. 16. — Gaine de Dypsis Hildebrandlii.
ep : épiderm e: — col : couche collenchym aleuse : — cf : cordons fibreux ;
— b : bois ; — sel : sclérenchym e ; — l : liber.

gaine présente les mêmes caractères que celles que nous avions
déjà étudiées. La lignification des élém ents scléreux y est en
général assez faible, et augm ente vers le pétiole, notam m ent
dans les cordons fibreux. Ceux-ci sonl surtout nom breux près
de l'épiderme inférieur. Ils le sont beaucoup moins sous la
couche collenchymateuse supérieure.
P étiole. — De forme semi-cylindrique, à face supérieure,

R a c h is . — Si on coupe le rachis à une assez grande distance
du pétiole, entre deux segments, il présente une section trian­
gulaire arrondie, la partie supérieure étant marquée par un
sillon étroit et profond. Au-dessous d'un épiderme peu cutinisé
auquel succèdent trois ou quatre assises parenchymateuses
renferm ant de nombreux îlots fibreux, on observe une bande
scléreuse qui enveloppe complètem ent la région centrale
demeurée parenchymateuse. Cette masse fibreuse est surtout
lignifiée au voisinage de la zone corticale où elle est composée
d ’élém ents plus petits. Nous avons vu cette bande de scléren­
chyme se former dans le pétiole. Elle s'est étendue progres­
sivem ent, en même tem ps que l ’arc scléreux extra-libérien du

�132

J. a c h il l i

ÉTUDE ANATOMIQUE DES DYPS1DÉES

grand faisceau inférieur médian. Ces deux masses fibreuses se
sont bientôt fusionnées et ont constitué cette couche continue
autour de la région médullaire.
Les faisceaux libéro-ligneux principaux, groupés vers le
centre, sont naturellement moins nom breux que dans le pétiole
et moins régulièrement disposés. Le liber y est ordinairem ent

Le limbe débute par un épiderme formé de cellules allon­
gées dans le sens longitudinal, à parois externes cufinisées ne
présentant pas de stomate et doublé ici encore d ’une assise
hypodermique. Le mésophylle, hétérogène, est constitué par
un parenchym e palissadique bien différencié, comprenant une
double rangée de cellules allongées perpendiculairement à

133

Fig. 18. — Hachis de Di/psis Hildebrandlii.

divisé en deux parties par suite du développem ent de fibres
libériennes qui se réunissent à l'arc fibreux extra-libérien.
Dans celui-ci on distingue nettem ent deux zones : une zone
périphérique formée d'élém ents assez larges, à parois relati­
vement minces et peu lignifiées, et, au voisinage imm édiat du
liber, une région composée de fibres étroites, à parois épaisses
et très lignifiées.
L im b e s . — Les segments foliaires présentent en une coupe
transversale un certain nombre de nervures saillant fortem ent à
la partie supérieure du limbe et, entre celles-ci, au niveau de
certaines méristèles, des étranglem ents assez prononcés, de
sorte que l ’épaisseur du limbe qui est en moyenne deO mm. 28,
s'y trouve réduite à 0 mm. 2U.

Fig. 19. — Limbe de Dypsis llildebrandtii.
ep : épiderme; — end : endoderm e; — p : parenchyme de la m éristèle; —
sel ; sclérenchym e ; — b : bois ; — / : lib er; — cf : cordons fibreux.

l’épiderme et par un parenchyme lacuneuxà cellules arrondies.
L épiderme qui limite inférieurem ent le limbe, est formé de
petites cellules non cutinisées. On y observe de nombreux
stom ates très semblables d’ailleurs à ceux déjà décrits dans
de précédentes espèces. Le limbe renferme de très nombreux
cordons fibreux, formés de fi à 8 éléments très petits, peu
lignifiés, à étroite lumière. C ’est de toutes les espèces étudiées
celle qui contient le plus de ces îlots scléreux. Les méristèles
qu'on rencontre dans le mésophylle sont de section arrondie.
Leur diam ètre est variable. Certaines, situées au niveau des

�étranglem ents dont nous avons parlé plus haut, atteignent
0 mm. 12; le diamètre des autres est en moyenne 0 mm. OS
environ. Toutes ces m éristèles ne com prennent q u ’un faisceau
libéro-ligneux séparé de l'endoderm e par un péridesme fibreux,
souvent très peu lignifié.
Les grandes nervures font surtout saillie à la partie supé­
rieure du limbe, où elles atteignent Omm. 120. Sur la face inférieure. au niveau de ces nervures, on n'observe au contraire
qu'un léger renflement. Les m éristèles de ces nervures ren­
ferment deux faisceaux libéro-ligneux ; un grand faisceau
inférieur dont le liber se trouve divisé en quatre ilôts et un
faisceau plus petit superposé au prem ier, noyé dans du paren­
chyme lignifié. Une gaine fibreuse, peu épaisse latéralem ent
et surtout lignifiée vers la base, sépare ces faisceaux de l’en­
doderme. Celui-ci, particulièrem ent net sur les cotés de ces
méristèles, contient souvent de très petits cristaux en oursin
d oxalate de calcium. On en rencontre aussi, fréquem m ent,
contre les îlots fibreux que nous avons décrits. On trouve enfin
également de nom breuses cellules oxalifères d'assez grande
taille, surtout localisées dans la partie centrale du limbe.
— De section elliptique, l'axe de l ’inflores­
cence mesure 2 mm. i sur l mm. 5 environ.
Sa structure est assez semblable à celle que nous avons
observée dans le Neophloga tenuisecta. Il y a cependant deux
différences à relever. Dans celui-ci Taxe de 1 inflorescence était
glabre. Ici, au contraire, cet axe porte des poils nom breux et
très développés, atteignant parfois 2m m . o* et rappelant ceux
que nous avons décrits dans la tige du Neophloga tenuisecta ;
ils sont toutefois moins épais. Il faut ensuite noter la plus
grande abondance de cellules à raphides, qui sont ici particu­
lièrement nombreuses. La spathe mesure Omm. i d'épaisseur.
Le parenchyme est formé de grandes cellules arrondies un peu
collenchymateuses près de l'épiderm e supérieur. Dans les fais­
ceaux libéro-ligneux, seuls les arcs scléreux périlibériens sont
bien développés. Rem arquons enfin que contrairem ent à ce
qu'on observe dans la gaine foliaire, il n ’y a ici d ilôts fibreux
bu’au voisinage de l’épiderme infériana.

-

MiA

I nflorescence.

�136

137

J. AC1IILLI

ÉTUDE ANATOMIQUE DES DYPSIDÉES

Dypsis Louvelii.

— Il ressemble beaucoup à celui du Dypsis Hilde­
brandtii. La bande fibreuse parallèle à la face supérieure existe
R a c h is .

Ce petit palmier, qui est un Dudypsis, m esure I m ètre envi­
ron de hauteur. Le tronc annelé, atteint à peine 1 centim ètre
de diamètre. Cette espèce croit dans les bois hum ides d ’A nalamazaotra vers 800 m ètres.
T ige. — L'échantillon étudié m esure 6 mm. 8 de diam ètre.
Les dimensions respectives de l'écorce et de la stèle sont
sensiblement les mêmes que dans la précédente espèce.
L épiderme est ici composé de cellules très régulières, un
peu allongées dans le sens tangentiel et dont les parois externes
sont fortement épaissies et cutinisées. Les autres caractères
sont de la tige du Dypsis H ildebrandtii. La seule différence
réside dans le plus grand développem ent et la lignification un
peu plus accusée des calottes fibreuses des faisceaux. Cette,
lignification n est d'ailleurs, malgré le diam ètre de la tige,
jam ais aussi intense que dans une tige de fi mm. d e Neophloga
lenuisecta.
G a in e . — Epaisse de 8 mm. 850 vers la base, elle ressemble
beaucoup par sa structure à celle du Dy/tsis H ildebrandtii. Les
faisceaux libéro-ligneux sont ici un peu plus allongés et pour­
vus d'arcs scléreux plus lignifiés. Une différence, plus sensible,
permet de distinguer aisément les deux gaines. Nous avons vu
que dans celle du Dypsis H ildebrandtii les cordons scléreux
étaient surtout nombreux sous l ’épiderme inférieur. Ici c’est
l'inverse, ces ilôts fibreux sont plus abondants dans la partie
supérieure de la yaine. Ils sont en outre plus larges et davan­
tage sclérifiés.
P é t io l e . — Il mesure, dans sa plus grande largeur, 5 mm.
environ. Sa forme est très voisine de celle du pétiole du Dypsis
Hildebrandtii. Malgré ses dimensions plus grandes il renferme
moins de faisceaux libéro-ligneux et ceux-ci sont en outre un
peu plus petits. Ici encore nous observons de nom breux cor­
dons de sclérenchvme au voisinage de l’épiderme. On en trouve
également quelques-uns dans le parenchym e central.

Fig. 21. — Hachis de Dypsis l.oiit'elii.

comme dans celui-ci, mais elle paraît se constituer plus tardi­
vement.
L imbe . — Les segments foliaires se distinguent nettem ent
de ceux des précédentes espèces, car ils sont très plissés. Le

Fig. 22. — Limbe de Dypsis Louvelii-

limbe ne mesure guère, en moyenne, que 0 mm. lo d épaisseur
et se rapproche par sa structure de celui de Dypsis Hildebrand-

�138

139

J. ACHILLl

ÉTUDE ANATOMIQUE DES DYPSIDÉES

tii. Le mésophylle, hétérogène, comprend un tissu palissa­
dique et un tissu lacuneux à cellules arrondies. Mais ici le
parenchyme palissadique n'est pas comme dans la précédente
espèce constitué par de grandes cellules allongées perpendicu­
lairement à l'épiderme, mais au contraire par de très petites
cellules rectangulaires, assez étroites. 11 y a donc un certain
affaiblissement du tissu palissadique, et, à ce point de vue,
l’espèce se range entre le Dypsis H ildebrandlii et le Phloga
polystachya. Dans ce mésophylle on observe de nom breuses
méristèles, petites, de section arrondie, qui n offrent rien de
particulier. Les ilôts fibreux sont ici encore très abondants de
même que les cellules à oxalate de calcium.
Les grandes nervures atteignent au total une épaisseur de
0 mm. 55 et correspondent uniquem ent aux crêtes des plis­
sements (pi on observe dans les segm ents. Elles sont term i­
nées en pointes assez aiguës et com prennent deux, parfois trois
faisceaux conducteurs. La gaine fibreuse péridesm ique qui
entoure ceux-ci est assez lignifiée aux deux extrém ités. Le
parenchyme central, formé de cellules relativem ent assez
grandes, allongées parallèlem ent à la direction des nervures,
renferme de l’amidon. 11 paraît en être de même chez les autres
espèces, encore qu'il soit plus difficile de s'en assurer.

La spathe se distingue de celle du Dypsis H ildcbrandtii par
la répartition des îlots scléreux. Comme dans la gaine foliaire,
avec moins de netteté cependant, on observe que ces cordons
fibreux sont plus nombreux sous l’épiderme supérieur.
Ainsi que nous l'avons dit au début de ce mémoire, l’ana­
tomie nous amène à rapprocher du Dypis Louvelii un palmier
d ’Analamazaotra dont la fleur est inconnue. Par ses fruits
rouges il pourrait sembler un Neophloya, mais outre qu'il est
possible que le fruit des Dypsis soit parfois également rouge,
cette espèce paraît se rattacher si étroitement au Dypsis Lou­
velii que nous jugeons tout à fait justifié le rapprochement
que nous faisons ici. On peut d’ailleurs s'en assurer par la
rapide description que nous allons faire de cette forme.

I n f l o r e s c e n c e . — L'axe de l'inflorescence n’offre rien de
bien particulier et ressemble beaucoup à celui du Dypsis H ildebrandtii. Les dimensions sont à peu près les mêmes. Notons
cependant que la région corticale est ici un peu plus étroite
et qu'il y a davantage de faisceaux libéro-ligneux. P ar contre,
les cellules oxalifères sont beaucoup moins nom breuses et
d'assez petite taille. Gomme dans l’espèce précédente, cette
inflorescence portedes poils. Mais ceux-ci sont loin d ’atteindre
le développement des poils correspondants du Dypsis blildebrandtii. Leur longueur est de 0 mm. 25 à peine, les trois quarts
de celle-ci étant formés par un ensemble de petites cellules
lignifiées. Le poil se termine par quelques filaments courts et
assez aigus. Un voit que ces formations ont une structure un
peu différente de ce que nous avons observé ju sq u ’ici.

G a i n e . — Elle présente dès la base plusieurs rangées de
faisceaux conducteurs plongés dans un parenchyme à petits
élém ents arrondis. Les arcs scléreux y sont plus lignifiés que
chez le Dypsis Louvelii. Les cordons fibreux, très nombreux,
sont ici encore, surtout abondants au voisinage de l'épiderme
supérieur.

— Les dimensions sont celles du pétiole de Dypsis
Louvelii. La forme est sensiblem ent la même. La face supé­
rieure est, cependant, plus déprimée, plus concave. 11 y a
davantage de faisceaux libéro-ligneux. Ceux-ci form entde part
et d ’autre du plan médian trois arcs parallèles. Le paren­
chyme est lacuneux dans sa partie supérieure. Il en est de
même chez le Dypsis Louvelii. Mais ici ces lacunes sont plus
régulières et ressem blent beaucoup à celles que nous avons
observées dans le Phloga polystachya.
P

é t io l e .

L im b e . — Les segments foliaires sont plissés, moins pro­
fondément pourtant que chez le Dypsis Louvelii, et les plisse­
m ents sem blent moins anguleux. A part cette légère différence,
les caractères des deux limbes sont à peu près identiques. Le
tissu palissadique est ici encore composé de très petites cellules

�J. ACIIILLl

ÉTUDE ANATOMIQUE DES DYPSIDÉES

rectangulaires, et le parenchym e lacuneux de cellules arron­
dies. Le limbe est abondam m ent pourvu d îlots fibreux.
Ceux-ci paraissent toutefois être un peu moins nom breux que
chez le Dypsis Louvelii. Les nervures principales ne sont pas
tout à fait aussi développées que dans la précédente espèce. La
gaine scléreuse péridesmique y est plus réduite et moins ligni­
fiée.

nage de la couche collenchymateuse. A mesure qu’on se rap­
proche du pétiole, les faisceaux s’élargissent, le nombre de

140

— Constituée comme celle du Dypsis Louvelii, elle porte des poils analogues à ceux que nous avons
observés chez celui-ci. On peut rem arquer que la structure de
Taxe d’inflorescence se modifie un peu à mesure que son dia­
mètre croît. Les faisceaux libéro-ligneux deviennent plus
petits en même temps que leur nombre augm ente. Les arcs
scléreux qui accompagnent ces faisceaux se réduisent pro­
gressivement et leur lignification diminue.
La spatlie, d'une épaisseur m axim a de 0 mm. 4. présente
des cordons scléreux assez nombreux vers l'épiderme supérieur.
La lignification des élém ents du sclérenchym e y est un peu
plus accusée que chez le Dypsis Louvelii.

14 1

I n fl o r e sc e n c e .

D y p sis g ra c ilis.
Ce palmier, de la section Adelodypsis, est de plus grande
taille que les précédents. Son tronc atteint 3 à o m ètres de
hauteur, 8 à 12 centimètres de diam ètre. On le trouve dans le
bassin du Matitana et dans celui du Faraony où il croît entre
175 et 400 mètres d’altitude.
G a in e . — Très épaisse, elle se distingue surtout des précé­
dentes par le développement de la couche collenchym ateuse
sous-épidermique qui comprend ici 12 à 15 assises, de cellules
relativement courtes et peu épaissies. Les faisceaux libéroligneux. assez rapprochés, sont allongés perpendiculairem ent à
l'épiderme et pourvus d'arcs scléreux très épais. Les cordons
fibreux, nombreux et très sclérifiés, sont surtout localisés
dans la partie inférieure de la gaine ; ils sont rares au voisi-

Fi^. 23. — Gaine de Dypsis gracilis.
ep : épiderme ; — col : couche collenchymateuse : — c f : cordons fibreux ;
— sel : sclérenchyme ; — b : bois ; — l : liber.

cordons fibreux augmente en même temps que leur diamètre
s ’accroît et que la lignification devient plus intense.
H a c h is . — De section irrégulièrem ent losangkjue à angles
arrondis, il mesure 3 mm. 8 de largeur sur 3 mm. 4 d'épaisseur.
Sa structure est analogue a celle du rachis du Phloga polystachya typique. L'épiderm e, formé de hautes cellules forte­
ment cutinisées, est pourvu de poils identiques à ceux que
nous avons observés dans cette dernière espèce. Les faisceaux
conducteurs sont nom breux, disposés vers le centre en arcs
parallèles tournant leur concavité vers l’angle supérieur. Le
grand faisceau inférieur médian est rem arquable par le déve­
loppement considérable de son arc fibreux périlibérien qui
atteint une largeur de 1 mm. Les libres y sont extrêmem ent
lignifiées, comme d'ailleurs dans tous les autres faisceaux.
Quant au liber, il est divisé par des travées scléreuses en une
dizaine d ’îlots. Ici encore, cette calotte fibreuse périlibérienne

�143

J. ACH1LL1

ÉTUDE ANATOMIQUE DES DYPSIDÉES

englobe dans sa niasse plusieurs petits faisceaux. Notons que
celui deces faisceaux qui se trouve im m édiatem ent au-dessous
du faisceau principal est oriente en sens inverse de celui-ci.
Nous avons déjà observé le même fait dans le Phloga polystachya. Signalons enfin que le parenchym e est assez largem ent
lignifié sous la région corticale et notam m ent vers la base.

I n f l o r e s c e n c e . — Celle que nous avons étudiée est très
développée. De section elliptique, l’axem esure en effet 12 mm.
sur 6 mm.
Sa constitution interne ne diffère pas essentiellem ent de la
structure des inflorescences des précédentes espèces, bille s'en
distingue cependant par quelques caractères. Mais ces diffé­
rences paraissent devoir être rapportées surtout au plus grand
diamètre de l’axe étudié. Nous avons vu en effet, dans une
autre espèce, que la structure de cet axe se modifiait à mesure
que le diamètre augm entait. La région corticale, relativem ent
réduite, atteint 0 mm. 34 d’épaisseur. Elle est ici formée de
très petites cellules à fines parois cellulosiques. La partie cen­
trale est constituée par un très grand nombre de faisceaux
libéro-ligneux, noyés dans un parenchyme mou à cellules
arrondies.- Ces faisceaux sont beaucoup plus petits que dans
les précédentes espèces. Le bois y comprend à peine deux ou
trois vaisseaux. Le liber paraît y être bien développé. On ne
peut toutefois l ’observer car dans notre échantillon il est
presque toujours détruit et remplacé par une lacune. Quant
au sclérenchyme, il ne forme autour du liber qu'un arc très
réduit de fibres à parois minces, peu ou point lignifiées. On
voit que dans cette inflorescence, et contrairem ent à ce que
l’on pourrait penser a priori, le tissu de soutien est très peu
développé ; beaucoup moins certainem ent que dans les inflo­
rescences, pourtant plus grêles, que nous avons étudiées avant
celle-ci.
Cette inflorescence est encore rem arquable par sa richesse
en tannin. Toutes les cellules du parenchyme en sont rem ­
plies. On y trouve également de l'amidon. Quant aux cellules
à raphides elles sont relativem ent petites et peu nom breuses.
Les spathes sont inégalem ent épaisses. La spathe externe
mesure près de 1 mm. d’épaisseur moyenne avec un m axi­
mum de 2 mm. 8. L’interne atteint à peine 0 mm. 0 environ.
Toutes deux renferment plusieurs rangées de faisceaux libéroligneux. On y observe de nombreux cordons scléreux. La sclérification paraît être un peu plus intense dans la spathe
interne.

142

L im b e . — Les segments foliaires du Dypsis gracilis et ceux
du Phloga polystachya sont à peu près de même forme. Aussi
les a-t-on souvent confondus. Il y a cependant entre ces
deux espèces d ’assez grandes différences de structure, et
anatomiquement, il n'est pas possible de les confondre.

Fig. 24. — Limbe de Dypsis yraeilis.

Le limbe du Dypsis gracilis mesure 0 mm. 120 d'épaisseur
moyenne. Il se distingue nettem ent de ceux que nous avons
étudiés jusqu'ici, car il n'y a pas de nervure véritablement
saillante. On observe sim plem ent, à la hauteur des m éristèles
principales, un épaississement très progressif du limbe, un
peu plus marqué sur la face supérieure, et qui porte à 0 mm. 2
l'épaisseur de celui-ci. Le mésophylle est sensiblement homo­
gène. Il n'y a pas de tissu palissadique bien différencié. Tout
au plus peut-on noter dans la partie supérieure un léger
allongement des cellules perpendiculairement à l’épiderme.
Le limbe est, ici encore, abondam m ent pourvu de cordons
fibreux ; il y a par contre relativem ent peu de cellules oxalifères. Les petites méristèles sont de section tantôt arrondie,
tantôt ovalaire ; le sclérenchyme y est formé de petits élém ents
peu lignifiés. Les m éristèles principales, assez régulièrem ent
cylindriques, mesurent 0 mm. 150 de diam ètre. Elles ne com­
prennent qu'un seul faisceau, séparé de 1 endoderme par un
péridesme très lignifié en dehors du liber.

�I ii

J.

ACHILLI

On voit par ce qui précède que YAdelodypsis gracilîs, de
beaucoup plus grande taille que les autres Dypsis ici étudiés,
s’en éloigne considérablement au point de vue anatom ique.
Par certains caractères il se rapproche du Plüoga polystachya
typique; mais ces deux espèces se séparent nettem ent par
l'anatomie du limbe. Nous avons vu en effet que les segments,
malgré une grande sim ilitude d'aspect, ont une structure très
différente.

C o n c lu sio n .

l’é p id erm e su p é rie u r.

La constitution interne des espèces que nous venons d 'étu ­
dier présente, en somme, une assez grande uniform ité. On
n’observe guère dans les tiges que des variations de détail
portant sur la sclérilication ou le plus ou moins grand
nombre de faisceaux. Les différences de structure sont déjà
plus sensibles dans la gaine et dans le pétiole. Elles perm ettent
de distinguer les diverses espèces en ten an t compte de la
répartition des cordons fibreux et, accessoirem ent, de l'im ­
portance de la couche collench vm ateuse sous-épiderm ique dont
nous n'avons pas toujours pu m esurer l'épaisseur.
Nous pouvons en effet établir le tableau suivant :

�Mais les différences de structure sont plus nettes et plus
profondes quand on considère le limbe de ces epèces, et nous
pouvons résum er ces différences dans le tableau suivant que
com plètent les schémas.

ÉTUDE ANATOMIQUE DES DYPSIDÉES

147

Rem arquons m aintenant que les analogies et les différences
que nous avons pu relever entre ces diverses espèces ne
répondent pas toujours à la classification. Il y a certes plus
de ressemblances entre le Ncophloga tenuisecta et le Dypsis
llildehrandtii qu entre celui-ci et le Dypsis gracilis. D ’autre
part, 1 anatomie des organes correspondants de deux espèces,
rapproche souvent celles-ci, alors que la morphologie de ces
mêmes organes les sépare nettem ent. C'est ainsi que les feuilles
du Ncophloga tcnuisecta qui, par leur aspect extérieur dif­
fèrent absolument des feuilles du .V. triangularis, ressemblent
beaucoup à celles-ci par leur structure. Inversem ent nous
avons vu que les segments du Dypsis gracilis et ceux du
Phloga polystachia ont une structure très différente malgré
une grande similitude d'aspect.
En résumé, les Dypsidées que nous venons d'étudier sont
très voisines dans l'ensem ble. Elles présentent néanmoins des
différences anatomiques assez nettes qui perm ettent de les
distinguer aisément.
Qu'il nous soit perm is, en term inant, d ’adresser l'expres­
sion de notre vive gratitude à notre cher m aître M. Jumelle,
qui nous a procuré les plantes étudiées dans ce mémoire et
de qui nous avons suivi les précieux conseils. Nous adressons
nos remerciements respectueux à M. le professeur Heckel qui
a bien voulu assurer la publication de ce travail, et à M. le
professeur Decrock. Nous tenons à remercier également
M. Raybaud, docteur ès sciences, préparateur à la Faculté,
qui nous a souvent obligeamment aidé.

�ORCHIDACÉES DE MADAGASCAR

ORGHIDAGÉES DE MADAGASCAR
ORCHIDA CAE PER RIE RIA NA E
ALt DA GA SCA RIE NS ES
P au

R. SCIILEC11TER, de B erlin.

Il va quelques mois que, grâce àM . le Professeur H. Jum elle,
de Marseille, j'ai reçu, en vue d'une déterm ination, une collec­
tion très intéressante d ’Orchidacées de M adagascar, recueillie
par M. II. Perrier de la Bàthie, l ’explorateur infatigable de la
flore de cette île. Nous connaissons déjà plusieurs mémoires
sur les diverses découvertes de M. P errier de la Bàthie, mais
il semble que la plus grande partie de cette immense collection
soit encore en cours d’étude. C 'est dire que nous pouvons
espérer prochainement de nom breuses autres publications sur
les nouvelles espèces trouvées par ce collecteur.
La collection d’Orchidacées qui m ’a été confiée pour la
détermination contient à peu près une cinquantaine d'espèces
encore inconnues; et c’est la preuve que nous avons encore à
attendre de très im portantes contributions à l’étude de la flore
de l'ile.
Entre les espèces les plus intéressantes, il nous faut m en­
tionner spécialement des types rem arquables du genre Cynosorchis Thou., notam ment le C. aphylln n. sp., le C. boinana
n. sp., le C. tryphioides n. sp., le Disperis Perrieri n. sp., la
forme normale de Plalylepis occulta Rchb. f., la première
espèce de Zcuxine, des types très intéressants du genre
Eulophia R. Br., le C ym bidium flabellatum (Thou) Ldi.,
non retrouvé depuis Thouars, le C. calcaratum, nouvelle
espece un peu anormale. Le petit genre E ulophidium est
représenté par deux espèces nouvelles ; le genre Aérant lies,

149

dont nous connaissons actuellem ent troisespèces, estaugm enté
de trois autres. Quant au genre Anyraecum Thou., je me vois
forcé de le traiter encore comme Thouars lui-même l’a fait.
Malgré les efforts de Reichenbach fils, de Rolfe et, derniè­
rem ent, de Finet, il ne nous est pas encore, en effet, possible
de trouver une division naturelle du groupe, parce que, par
les classifications données, des espèces évidemment voisines se
trouvent séparées en genres différents. Dans plusieurs publica­
tions, j'ai déjà essayé de donner la preuve de cette opinion, avec
divers exemples à l’appui; et récemment A. B. Rendle, dans
le « Catalogue of the Plants collected by Mr. et Mrs. J. A.
Talbot in South Nigeria », m ’a secondé. Une division naturelle
de ce groupe est spécialement difficile, parce qu ’un grand
nombre des espèces est très mal représentées dans les her­
biers; et il n ’est possible de l’établir que par une étude spéciale
et minutieuse de presque toutes les espèces.
Il me reste à exprim er mes remerciements à M. le Profes­
seur Jum elle et à M. IL Perrier de la Bàthie pour cette collec­
tion si intéressante et précieuse, et aussi à M. le Professeur
Dr E. IlecUel, qui m ’a permis d ’illustrer toutes les espèces
nouvelles, et quelques-unes des autres parmi les plus inté­
ressantes. Pour les vingt-quatre planches ci-jointes, le texte
explicatif accompagne la description de chaque espèce.

B I C O R N E L L A Lndl.
B . p a r v i f l o r a Ridl. (Journ. Lin. Soc. Bot., t. V).
M arais;gneiss.H aut-Isandrano, affluent de gauche del'Ikopa.
— N° 1495, novembre 1902.
Racines assez nombreuses au collet, puis 2-4 tubercules,
term inés par une racine arrondie.
Eperon court, obtus. Fleur violette, avec une bande plus
foncée de chaque côté du palais du labelle, et s’unissant à
l’autre en avant au milieu.

�150

R. SCHLECHTER

CYNOSORCHIS Thon.
C.

aphylla Schltr.

n. sp.

Saxicola, erecta, 15-22 cm. alta ; radicibus crassis, oblongoideis, villosis ; foliis basalibus sub anthesi deficientibus ;
scapo erecto. stricto, vaginis paucis acum inatis, parvulis,
distautibus obsesso, glabre, unifloro ; bractea parvula, ovali,
acuminata, ovario m ulto breviore; tlore in genere magno ;
sepalis late ovalibus, obtusis, glabris, interm edio 1,1 cm.
longo, concavo, lateralibus obliquis, margine anteriorc ampliatis, intermedio aequilongis ; petalis subfalcatis, lineari-lanceolatis, obtusis, I .O.'i cm. longis ; labello e basi perlate cuneata
4-lobato, lobis anterioribus inclusis, 2,4 cm. longo, medio
fere 3 cm. lato, lobis posterioribus divergentibus subdolabriformi-quadratis, m argine anteriore serrulatis, obtusissim is,
lobis anterioribus oblique oblongis, truncato-obtusissim is,
margine anteriore subserrulatis, leviter divergentibus, calcare
liliformi, curvato, c. 5 cm. longo ; antherae canalibus porrectis, bene longis, rostello triangulo-cucullato, brachiis stigm atiferis paulo longiore ; brachiis stigm atiferis clavatis, quam
canales antherae bene brevioribus ; ovario subsessili, cylindrico, glabro, c. 3,4 cm. longo.
Rocailles ombragées du Mont Kalabenono. — N° 7(), sep­
tembre 1908.
Espèce bien distincte par l ’absence des feuilles pendant la
floraison. Elle doit être voisine du C. grandiflora Ridl.
Planche II. — H, plante ; 7, Heur ; 8, sépale intermédiaire, 9, sépale
latéral; 10, pétale; ll,lab elle; 12, gynostège.

G. boinanâ

Schltr, n. sp.

Terres tris vel saxicola, erecta, c. 40-45 cm. a lta ; radicibus
villosis, cum tubere oblongoideo; folio basali singulo ligulato, acuto vel breviter acuminato, glabro, basi scapum

ORCIUDACÉES DE MADAGASCAR

151

am plectente, c. 15 cm. longo, medio fere c. 2 cm. longo ;
scapo erecto, stricto, medio vagina lanceolata donato ; racemo
laxe 3-10-tloro. erecto; bracteis ovato-lanceolatis, acumina­
tis, ovariosubsessili multo brevioribus; tloribus in genere mediocribus ; sepalis ovalibus, obtusis, glabris, 7 mm. longis, late­
ralibus obliquis ; petalis oblique oblongis, subtruncato-obtusissimis, basi cuneatis, glabris, sepalis aequilongis ; labello
e basi late cuneata trilobo, lobis lateralibus divergenti­
bus, oblique oblongis, obtusis, intermedio bene longiore,
late cuneato, antice subretuso cum apiculo minuto, toto
1,3 cm. longo, inter apices loborum lateralium 1,3 cm. lato,
lobo medio antice c. 9 mm. lato, calcare brevi, curvato, e basi
infundibulari apice oblique ellipsoideo-inflato, obtuso,c. 5 mm.
longo ; antherae canalibus bene elongatis, tenuibus, 3 mm 25
longis ; rostello humili, stigm atis brachiis subaequilongo,
apiculato; brachiis stigm atiferis quam canales antherae subaequilongis ; ovario cylindraceo, subsessili, ut videtur glandulis
sessilibus donato, c. 1 cm. 7 longo.
Talus et rocailles, Boina. — N° 72.
L’espèce est évidem m ent à rapprocher du C. Boryana
A. Rich, mais elle s'en distingue par la feuille radicale et la
forme du labelle.
Planche III. — A, plante; 1, fleur; 2 sépale médian; 3, sépale
latéral; 4, pétale; 5, labelle; 6, gynostège.
G.

flexuosa Ldi.

(Gen. Spec. Orch., 1835; p. 331).

Collines sèches, rocJies des environs de Mevatanana (Boina).
— N° 450, novembre 1900.
M arais sablonneux, environs de Soalala (Ambongo). —
N° 1682.
Les deux échantillons dilfèrent de la forme typique par la
feuille plus large et courte.

gibbosa

C.
Ridl. (Journ. Linn. Soc. Bot., v. XX, 1883,
p. 331).
Rocailles, 1.400 m. a it., Am bositra. — N° 7.

�153

R. SCHLEC11TER

ORCIIIDACÉES DE MADAGASCAR

Nombreux tubercules allongés, périanthe rouge carmin
clair.
Cette espèce bien caractérisée est tout à fait distincte du
C. calant hoiries Kranzl., qui n ’est q u ’une forme luxuriante du
C. purpurescens Thou. Le sépale dorsal, auquel Kriinzlin
n'attache aucune importance, est réellem ent très curieux par
la gibbosité de la base.

latis; rostello triangulo-cucullato, canalibus paulo breviore ;
brachiis stigm atiferis quam canales antherae brevioribus,
stam inodiis m agnis latere exteriore adnatis ; ovario subsessili, cylindrico, l ,2 cm. longo, glabrato.
Bois rocailleux, environs de M evatanana. — N° 416,
novembre 1900.
Cette espèce se rapproche du C. flexnosa Ldi., mais en est
bien séparée par la feuille plus large et ses fleurs plus petites.

132

Planche II. — A, plante; 1, fleur; 2, sépale dorsal; 3, sépale
latéral; 4, pétale; 5, label le ; 6, gynostège.

C. imerinensis Ridl. (ex Krânzl., Gcn. Spec.Orch., I,

1900 ;

p. 490).
Bords des torrents, parm i les mousses, vers 1.200 m. a it.
basalte, Ankaizina. — N° 26, août 1908.
Trois sépales lilas pâle ; les trois pétales sont piquetés de
taches plus foncées.
Rocailles humides du Haut-Bemarivo, vers 1.000 m. ait.

— N° 66.

C. orchioides Schltr.

n. sp.

Terrestris vel saxicola, c. 35 cm. alta; folio basilari singulo,
erecto, anguste lanceolato, acutissimo, basi scapum amplectente, c. 20 cm. longo. medio ferec. 4, 1 cm. lato; scapoerecto,
substricto, tereti, glabro, evaginato ; racemo subdense 2025-floro; bracteis lanceolatis, acuminatis, quam ovarium bene
brevioribus ; floribus in genere mediocribus, sepalo intermedio
elliptico, obtuso, subglabro vel sparsim glanduloso, 4mm. 5 lon­
go, lateralibus aequilongis, subfalcato-oblongis, obtusis, spar­
sim glandulosis vel subglabris ; petalis oblique elliptico-ligulatis, obtusis, dimidio superiore leviter angustatis, sepala longitudine subaequantibus ; labello e basi cuneata 4-lobato, lobis anterioribus inclusis, 1 cm. longo, inter apices loborum posteriorum
1 cm. 1 lato, lobis posterioribus quadrato-oblongis, truncatoobtusissimis, divergentibus, anterioribus similibus sed paulo minoribus tamen longius productis, calcare decurvo, subclavatocylindrico, obtuso, 4 cm. 5 longo; anthera liumili, canalibus

Planche III. — C, plante; 13, fleur; 14, sépale médian; 15,
sépale latéral; 16, pétale; 17, labclle ; 18-19, gynostège.

purpurascens

praecox

C.
Thou. var.
n. var.
Differt a forma tvpica foliis sub anthesi nondum evolutis,
floribusque densius dispositis, minoribus, calcare breviore ;
forsan species distincta.
Rocailles calcaires dénudées et très sèches du Bemarivo,
500 m. — N° 33, septembre 1900.
Tubercule unique, velu, oblong, aigu, souvent comprimé
entre les roches dans lesquelles il croît. Tige violet foncé ;
hauteur 1 pied. Fleurs violet foncé, labelle pâle avec des
pattes rouge sombre ; bractées et fleur à l’extérieur munies
d'aspérités glanduleuses.
Bois et rochers humides ; aussi sur les collines siliceuses des
environs. — N° 425. Novembre-décembre.
Deux tubercules oblongs, allongés, cylindriques. Eperon
linéaire de 3 cm. 5, avec le sommet verdâtre. Deux sépales
latéraux étalés, ou même renversés en arrière, violacés, plus
foncés à l’extérieur ; sépale médian de même couleur, rabattu
sur le gynostège; pétales latéraux appliqués contre le sépale
médian, plus pâles et plus étroits ; labelle large, k quatre
lobes étroits, jaune clair, avec le palais piqueté de nom­
breuses taches rouges.
Pour le moment, je me vois forcé de considérer la plante
comme une variété de C. purpurascens Thou; mais il me
paraît bien possible qu elle soit une espèce distincte. En ce
cas, le nom C. praecox est très expressif, en raison du carac­
tère de cette plante.

�lo i

H. SCIILECHTER

C. sororia Schltr.

n. sp.
Terrestris vel saxicola, 12-30 cm. alta; tuberibus oblongis ;
folio basilari singulo, erecto-patente, clliptico, acum inato,
basi longius cuneato, glabro, 4,5-8 cm. longo, medio fere
1,3-2,2 cm. lato; scapo gracili, erecto, vaginis paucis amplectentibus, obsesso, glabro ; racemo oblongoideo, densius 4-20lloro ; bracteis ovatis, acuminatis, patentibus ; lloribus in
genere mediocribus, inversis : sepalis late ovalibus, extus
sparsim et brevissime glanduloso-pubescentibus, intermedio
obtusissimo, 3 mm. 73 longo, lateralibus obliquis, 4 mm. 73
longis ; petalis falcalo-oblongis, obtusis,glabris, sepalo interm e­
dio aequilongis ; labello e basi cuneata trilobo, 0 mm. longo,
inter apices loborum lateralium b mm. 73 lato, lobis lateralibus
parvulis, oblique triangulis, obtusis, intermedio antico peram plo, suborbiculari, margine subcrenulato, c. 7 mm. diametiente', calcare cylindrico, apice distincte ciavato-inflato, 7 mm. 5
longo; anthera humili, canalibus gracilibus, rostello liumillimo obtuso, quam canales paulo breviore ; brachiis stigm atiferis crassis rostello subaequilongis ; ovario cylindrico, glandulis subsessilibus sparsis donato ; c. 1 cm. longo.
Grès basiques ombragés du M anongarivo. — N° 13.
Port d'Orchis, deux tubercules oblongs. F'ieurs plus grandes
récoltées à une altitude supérieure.
Une jolie espèce, différente du C. Marina R idl., à laquelle
elle ressemble beaucoup, par l'éperon dilaté à l'extrém ité.
Les fleurs paraissent être roses.
Planche IV. — B, plante; 7, (leur; 8, sépale dorsal ; 9, sépale
latéral; 10, pétale; 11, labelle; 12, gynostège.

C. stenoglossa

Jahrh.,

Ivrânzl. [Engl.
XVII, 1893; p. 63).
Bois humides, 1.300 m ., M anongarivo. — N° 16.
Port d'Orchis, 2-4 tubercules très allongés.
Une plante rare qui n ’est ju sq u ’alors* connue que dans la
collection faite par Hildebrandt en Sud-Ankafina. Les sépales
latéraux sont beaucoup plus grands que le sépale médian.

OKC1I1DACÉES DE MADAGASCAR

G. tryphioides Schltr.

133

n. sp.

T errestris, erecta, pusilla, habitu Tryphiarum , c. 3 cm.
alta ; tuberibus oblongoideis ; foliis basilaribus 2, patentibus,
ovalibus, subacutis, glabris, 3 cm. 2-3 cm. longis, medio fere
2-2 cm. 3 latis ; scapo gracili, erecto, medio fere vaginula
lanceolata ornato, glabro; racemo laxius 13-17-floro ; bracteis
lanceolatis, acutis, ovarium fere aequantibus; lloribus in genere
parvulis ; sepalo intermedio ovato, obtuso, concavo, glabro,
vix 3 mm. longo, lateralibus oblique oblongis, obtusis, glabris,
interm edio fere aequilongis ; petalis oblique oblongo-ligulatis,
obtusis, glabris, 2 mm. 3 longis, subfalcato-adscendentibus ;
labello e basi cuneata trilobato, 3 mm. longo, inter apices
loborum lateralium 3 mm. longo, lobis lateralibus oblique
oblongis, obtusis, intermedio subduplo longiore cuneato-quadrato antice retuso cum apiculo minuto interjecto, calcare
cylindrico subacuto, 3 mm. longo ; anthera humili, cana­
libus gracilibus, rostello humillimo, triangulo, cucullato, quam
canales paulo breviore ; brachiis stigmatiferis canales
aequantibus, angustis ; ovario cylindraceo, glabrato, 4 mm. 5
longo.
Collines découvertes du Sambirano. — N° 78, février 1909.
T errestre ; fleurs lilas.
A prem ière vue on dirait que la petite plante appartient
à la section Tryphia du genre H olothrix Ldi., mais la
structure du gynostège est tout à fait celle des Cyriosorchis
Thou. L ’espèce est une des plus petites du genre.
Planche III. — B, plante ; 7, fleur ; 8, sépale médian ; 9, sépale
latéral ; 10, pétale ; 11, labelle ; 12, gynostège.

G. violacea Schltr.

n. sp.

T errestris, erecta, c. 30 cm. alta ; foliis basilaribus circa 4,
subrosulatis, erecto-patentibus, lineari-lanceolatis, acutis,
9 cm. 13 longis, medio fere 8-15 mm. 5 latis, scapo erecto,
stricto, tereti, glabro, vaginulis paucis distantibus obsesso ;
racemo subdense pluri-vel multi-floro, usque ad 10 cm. longo ;

�156

R. SCHLECHTlîR

bracteis ellipticis, acuminutis. glabris, ovario brevioribus ;
floribus in généré mediocribus, violaceis ; sepalo interm edio
ovato, obtuso, 6 mm. longo, lateralibns oblique oblongis,
obtusis, intermedio aequilongis ; petalis subfalcato-oblongis,
obtusis, glabris, sepalo intermedio fere aequilongis ; labello
e basi cuneata supra medium trilobo, lobo antico incluso,
1 cm. 3 longo, inter apiees loborum lateralium 1 cm. lato,
lobis lateralibus oblique oblongis, obtusis, margine subserrulatis, intermedio paulo longiore obovato usque ad medium
fere bilido, calcare liliformi, apicem versus vix am pliato,
2 cm. 6 longo ; antherae canalibus gracilibus, satis longis,
rostello amplo cucullalo adscendente, canales aequante ;
brachiis stigmatiferis quam canales bene brevioribus, carnosis ; ovario glanduloso, cylindrico, 5 cm. 5 longo.
Lias;grès humides. Le long de la Rivière Zangora(M anongarivo). — N° 36, mars 1907.
Le port de cette espèce peut être comparé à celui de
quelques espèces du genre Orchis L.
Planche IV. — A, plante ; 1, (leur ; 2, sépale médian ; 3, sépale
latéral ; 4, pétale ; 5, labelle ; 6, gynostège.
G. spec. Nimis imperfecta.
Collines sèches et graveleuses, à l’ombre des buissons.
Presqu’île d'Am bato. — N° 90, janv. 1909.
Terrestre, deux tubercules oblongs.
Malheureusement les fleurs de cette espèce, qui, par l’aspect,
se rapprochent de celles du C. tripliylla Ar. Rich. sont trop
jeunes pour une déterm ination.
HABENARIA W .
Le genre Peristylus Bl., qui a été récemm ent rétabli par
quelques auteurs, est sans doute à réunir au genre Habenaria
W ., car il s’y relie par de nombreux interm édiaires.

ORCI1IDACÉES DE MADAGASCAR

H. chlorantha

Sprgl. (Sysl. vegel.,

157

III, p. 691).

S a ty riu m lalifolium Tliou. (Orch. A f r ., t. 10).
Parm i les mousses, cimes boisées ; Manongarivo, vers 1200
m. ait. P etites fleurs verdâtres. — N° 19.
Deux tubercules allongés (5 cm. X - cm.), caducs ; divi­
sions du périanthe subégales, semblables, arrondies au sommet.
Je pense que la plante correspond bien à la planche de
Thouars et c’est pour cette raison que j ’ai pris le nom, que
Sprengel a donné à la plante de Thouars.

H. cirrhata

Rchb. f. (Ot. Bol. Iia m b ., p. 58).

Collines sablonneuses et découvertes des environs de
M ahevarano, près M ajunga. — N° 73, février 1908.
Prairies sèches des terrains siliceux des rives de llkopa au
M ailuku, rive gauche ; gneiss. — N° 1044, 11. mars.
Krânzlin, dans sa monographie des Habenaria W . (in
E ngl. J a h rb ., XVI, p. 69) a malheureusement confondu cette
espèce malgache avec plusieurs espèces distinctes de l’Afrique
tropicale propre. Par exemple 17/. S chw einfurthu Rchb.f. est
une espèce différente ; de même la plante du Togo n’a rien
de commun ni avec VH. Schw einfurthii Reichbch. f, ni avec
17/. cirrhata Ldi. Pour les espèces des deux sections Ceratopetalae et Beplicatae une révision critique deviendrait beau­
coup plus nécessaire aujourd'hui qu elle l'était avant les
deux m onographies inutiles de cet auteur, qui a déjà si
abondam m ent augmenté la synonymie des Orchidées.

H. minutiflora

Krânzl.

Rocailles humides du Tampoketsa, vers 1000 m. ait.
— N° 65.
La plante correspond à un échantillon qui était déterminé
par Ridley et Krânzlin comme II. minutiflora Krânzl. L ’es­
pèce est voisine de l'H abenariachloranthaSprgl. mais distincte
par les fleurs plus petites, la forme du labelle et le gynostège.

H. nigricans Schltr.

n. sp.

Terrestris, erecta, c. 50 cm. alta, sicca nigricans ; tubere

�o r c iiid a c é es

de

Madagascar

159

oblongoideo, radicibus ilexuosis, villosis; caule stricto tereti,
glabro, c. i mm. diam etiente, bene foliato ; foliis erectopatentibus, lanceolato-ellipticis, acutis, glabris, medianis
9-11 cm. longis, medio fere 2-2 cm. i latis, superioribus
sensim in bracteas decrescentibus ; racemo taxe multifloro,
elongato, c. 20 cm. longo ; bracteis lanceolatis, acum inatis,
minute papilloso-puberulis, ovarium subaequantibus ; Horibus
in genere mediocribus ; sepalis ellipticis, subacutis, extus
minute papilloso-puberulis. 0 mm. longis, lateralibus obliquis,
deflexis ; petalis erectis, oblique linearibus, ol)tusis, m argine
minute ciliolatis, basi margine anteriore in lobulum erectuin
linearem brevem productis, 6 mm. longis ; labello lineariligulato, acuto, supra basin margine utrinque angulato, 7 mm.
longo, calcare filiformi, subacuto, glabro, 1 cm. 7 longo ;
anthera apice retusa, canalibus brevibus, rostello hum ili ;
brachiis stigm atiferis subclavatis, canales antherae distincte
excedentibus ; ovario cum pedicello brevi subclavato, m inute
papilloso-puberulo, c. 1 cm. 2 longo.
Lisière des bois, Manongarivo (Ambongo). — N° 939,
avril 1903.
Comme le II. malaccophylla R. f., la plante devient noire
en se desséchant. Elle appartient au groupe Seticaudac ;
cependant même là elle est un peu anorm ale, à cause de la
forme des pétales.

longis ; petalis linearibus, obtusis, falcatis, antice basi in
lobulum linearem porrectum productis, 4 mm. 5 longis ;
labello lineari-ligulalo, obtusiusculo, supra basin margine
utrinque in lobulum brevem dentiformem producto, 7 mm. 5
longo, calcare filiformi, obtusiusculo, c. 1cm. 2 longo ;
anthera apice retusa, canalibus brevissimis, rostello triangulo
obtuso ; brachiis stigm atiferis linearibus, falcato-decurvis,
quam canales antherae pluries longioribus ; ovario cum pedi­
cello brevi glabro, c. 1 cm. longo.
Rocailles et bois. Terrestre ; Sam birano, 800 m. ait.
— N" 29.
Deux tubercules napiformes, courts, obtus au sommet,

Planche I. — A, plante; 1, fleur; 2, sépale m é d ia n ; 3, sépale
latéral ; 4, pétale ; 5, labelle ; 6-7, gynoslège.

Habenaria Pervillei K rzl., in Engl. Jahb., XVI, p. 202.
M arais, environs de M evatanana. — N° 176, janvier 1900.
C’est le type du genre, qui a été rétabli en 1896 par Rolfe
dans le « Flora of Tropical Africa ». Kranzlin avait placé la
plante dans le genre Habenaria.

H. P errierii Schltr. n. sp.
Terrestris, erecta, c. 30-60 cm. alta ; caule tereti, glabro,
foliato, 3-7 mm. diam etro ; foliis ereeto-patentibus, ellipticis,
acutis, glabris, 9-15 cm. longis, medio fere 2 cm. 5-3 cm. 5
latis, superioribus subito in bracteas abeuntibus ; racemo
dense multifloro, elongato, c. 20 cm. longo ; bracteis lanceo­
latis, acuminatis, glabris, ovario brevioribus ; floribus in généré
vix inter médiocres, glabris ; sepalis ovalibus, obtusis, intermedio i mm. 5 longo, lateralibus deflexis, obliquis, 6 mm.

3 X 2 cm .
L’échantillon représente seulement la partie supérieure de
la plante, mais est en excellent état. L ’espèce appartient
évidem m ent au groupe Dolichostachyae etdoit être voisine de
Y H . trinervia W ig h t., de Ceylan.
Flanche I. — 8, fleur ; 9. sépale médian ; 10, sépale latéral ; 11,
pétale ; 12, labelle ; 13-14, gynostège.

PLATYC0RYNE
P. Pervillei

Rchb. f.

Rchb. f. (B onpl., III (1955), p. 212).

SATYRIUM Sw.
S.

trinerve

Ldi. (Gen. Spec. Orch., p. 344).

Dans l ’hum us; bois de l’Analamahitso, sur le basalte, à
900 m. d’altitude. — N° 63, août 1907.
L ’échantillon de l’herbier Perrier de la Bâthie n'est pas
encore développé.

�160

H. SCIILECHTER

DISPERIS Sw.
D. Perrieri Schltr.

n. sp.

Terrestris, erecta, simplex, 20-32 cm. alla; tuberibus parvulis, ovoïdeis; caule teinii, tereti, glabro, laxe 2-4-foliato;
foliis patentibus vel erecto-patcntibus, lanceolatis vel ovatolanceolatis, acutis, basiam plexicaulibus, I cm. 7-4 cm. 5 longis,
infra medium 0 cm. i-l cm. 31atis; floribus apicalibus singulis
vel 2-nis, erecto-patentibus ; bractea lanceolata, foliacea,
ovariobreviore; tlore in genere inter m ajores, e recto ; sepalo
intermedio ligulato, obtusiusculo, glabro, 1 cm. longo, cum
petalis galeam late apertam form ante, lateralibus oblique
ellipticis, basi angustatis, obtusiusculis, medio superne sacculo conico brevi ornatis, I cm. longis; petalis e ungue brevi
falcato-curvatis, inlam inam unilateralem lateovalem obtusissimam dilatatis, l cm. 2 longis; labello e ungue lineari
oblongo, erecto, apice paulo dilatato appendice carnoso verruculosa Y-formi antice spectante donato, 4 mm. longo,
glabro, ju x ta apicem unguis m argineutrinque lobulo rotundato
parvulo aucto; anthera recum bente, canalibus satis longis,
rostello obtuso, amplo, rotundato; ovario sessili, glabro.
Humicole ; Manongarivo, 1000-2000 m. d'altitude. — N° 39.
3
à 4 tubercules oblongs, ovoïdes, ou linéaires étroits. Tige
rougeâtre, feuille sombre.
La seule espèce à laquelle la plante ressemble un peu est le
/). Fanniniae Harv. de l’Afrique du Sud; et c'est près d'elle
qu’il faut placer notre plante.
Planche V. — A, plante; 1, fleur; *2, pétale; 3-4, sépales laté­
raux; 5, sépale médian; 6 , labelle; 7, gynostège.

D. tripetaloidea

Ldi. (Gen. Spec. Orch., p. 371).

Bois sombres et humides de Firingalava, rive droite de
l'Ikopa. — N° 490, février 1898.
11 me paraît que cette petite espèce, qui était figurée par
Thouars sous le nom de Dryspeia tripetaloides, est la même

161

ORC1IIDÉES DE MADAGASCAR

plante que la Dryopeia discolor Thou. appelée m aintenant Dispcris cordata Sw. En ce cas le ternie de D. (ripelaloidcs
aurait le droit de priorité.

D. oppositifolia Sw .,

in Rees, C ycl.,

XI (1809). —

N° 6.

Humicole. Bois du Sambirano. — N° 83.
L'espèce est facilement reconnaissable à scs feuilles subop­
posées. Elle paraît commune à Madagascar et aux Comores.

PLATYLEPIS A.
P. occulta Rchb.

Rich.

f. (IÀnnaea, 1877, p. 62).

Bois humides de Manongarivo. — N° 27.
M arais dans les bois, Ambongo. — N° 1655.
Quoique mes analyses de la plante diffèrent beaucoup des
ligures publiées par Thouars et par Achille Richard, je ne
doute pas que nous ayons ici la forme normale de cette
espèce, tandis que les figures de Thouars et d ’Achille Richard
représentent une forme pélorique.

P. Perrieri Schltr. n.

sp.

Terrestris, erecta, c. 30 cm. alta ; radicibus carnosulis,
villosis ; foliis c. 5, versus basin caulis aggregatis, erectopatentibus, petiolatis, glabris ; lamina oblique oblonga,
apiculata, 4 cm. 5 longa, medio fere 1 cm. 3-2 cm. lata, petiolo
basi dilatata vaginante c. I cm. 5 longo; pedunculo erecto,
apicem versus glanduloso-puberulo, vaginis 4-5 am plectentibus, distantibus obsesso, cum spica c. 20 cm. longo; spica
laxe 8-12-flora, erecta; bracteis erecto-patentibus, lanceolatis,
acum inatis, glabris, ovarium superantibus; lloribus in généré
inter minores, erecto-patentibus, extus dense et breviter
glanduloso-puberulis; sepalis oblongis obtusis, 3 mm. 75
longis, lateralibus obliquis; petalis oblique ligulatis, obtusis,
supra medium paululo ampliatis, sepalo intermedio aequilongis; labello late ovali, antice contracto, obtuso, superne medio
lamellis 2 parallelis ornato, margines versus utrinque supra
A n n u l e s d u M u s é e c o l o n i a l . — 3" sé rie, l*r v o l. 1913.

IL

�162

R. SCHLECIITER

ORCIIIDACÉE9 DE MADAGASCAR

basin crista brevi obliqua dentata aucto, 3 mm. 75 longo,
medio fere 2cm . o lato; columna subtereti, glabra, 2 cm. 5
longa, apice excavata; anthera ovato-lanceolata, acuta; ovario
clavato dense glanduloso-puberulo, 5 mm. longo.
Humicole; sur le mont Vatovavy, 300-500 m. d'altitude.
— N° i a.
Le seul échantillon que je possède était m élangé avec le
Cheirostylis gy m noch iloides Kclib. f. Il représente vraisem ­
blablement une forme cleistogame, dans laquelle le labelle et
le gynostège ont été modifiés. Nous espérons que nous aurons
bientôt l'occasion de voir la forme normale.
blanche VI. — B, plante; 8 , lleur; 9, sépale médian;
latéral; II, pétale; 12, labelle; 13-14, gynostège.

10

, sépale

CHEIROSTYLIS Bl.
C.

gymnochiloides Rchb. f.

(Flora (1885),

p.

537).

Humicole, sur le mont Vatovavy, 300 à 500 m. d'altitude
— N° i .
.le ne peux que confirmer l ’opinion de Reichenbach fils,
que cette plante, qui a été décrite par Ridley sous le nom de
Monochilus gyrnnochiloides Ridl., est une véritable espèce de
Cheirostylis. Les deux bras latéraux du gynostègeet les deux
stigm ates séparés sont bien évidents.
Planche VI. — 15, lleur; 16, sépale médian; 17, sépale latéral;
18, pélale; 19, labelle; '2 0 , gynostège; 21, anthère.
ZEUXINE Ldi.
Z.

madagascariensis Schltr.

n. sp.

Terrestris, erecta, c. 40-00 cm. alta; caule dimidio inferiore
7-10-foliato, tereti, glabro, supra vaginis paucis obsesso,
inflorescentiam versus glanduloso-puberulo; foliis erectopat-entibus, lanceolato-ellipticis, acum inatis, basi cuneatis,

163

obliquis, petiolo basi dilatata vaginante 1,5-2 cm. longo ;
lamina 7-9 cm. longa, medio fere 1,7-2,2 cm. lata; racemo
sublaxo, multifloro, cylindraceo; bracteis lanceolatis, acumi­
natis, ovario brevioribus; floribus in genere inter m ajores;
sepalis ellipticis, obtusis, apicem versus paulo angustatis,
extus dimidio inferiore sparsim pilosulis, 6 mm. longis, lateralibus obliquis; petalis oblique ligulatis, obtusis, glabris,
sepalo intermedio aequilongo intus margine agglutinatis;
labello e basi concava in unguem minute papillosum contracto,
antice in laminam perlate reniformem bilobatam, papillosam
expanso, 7 mm. longo ; lamina infra medium 7 mm. 25 lata,
squamis 2 in basi labelli recurvis ; columna brevi, glabra;
anthera ovato-cucullata, subrostrato-um bonata; ovario glanduloso-piloso, c. I cm. longo.
Humicole. — N° 17.
C’est la première espèce du genre signalée à Madagascar.
Elle se rapproche du Z. regia Bth.,m ais, d ’après les indications
de M. Perrier de la Bàthie, elle atteint une hauteur de 60 cm.,
c’est-à-dire qu elle doit être une des plus hautes espèces du
genre.
Planche VI. — A, partie supérieure de la plante; 1, lleur: 2
sépale médian ; 3, sépale latéral; 4, pétale; 5, labelle ; 6 , gynos­
tège; 7, anthère.
0BER0NIA Ldi.

0. brevifolia Ldi.

(Gen. et Spec. Orc/t., p. 16; 1830).

E piphyte; M anongarivo, 1.200 m. — N° 10.
Petites Heurs blanc verdâtre.
Epiphyte, bois 800 m. Analamazaotra. — N° 8 i.
11 semble que ce soit la seule espèce du genre à Madagas­
car. Une plante qui pourrait bien être la même espèce se
trouve en Afrique orientale dans les montagnes de 1 Usambara.
Il est à rem arquer que les espèces les plus voisines viennent
des îles du Pacifique.

�lt&gt;4

R. SCHLECHTER

ORC.IIIDAC.ÉF.S DE MADAGASCAR

MICROSTYLIS Rich.

2 c m .a ltis; foliis erectopatentibus, plicatis, ellipticis, acutis,
basi in petiolum vaginantem sensim angustatis, 10-25 cm.
longis, lamina medio 4-7 cm. lata ; scapo erecto, stricto,
glabro ; racemo sublaxe 15-25-floro, folia vix vel paulo superante ; bracteis patentibus vel patulis, lanceolatis, ovario pedicellato bene brevioribus; floribusin generemediocribus, erecto­
patentibus, g lab ris; sepalis reflexis, 3 mm. longis, intermedio
oblongo-ligulato, obtuso, lateralibus oblique ovalibus obtusis;
petalis falcato-linearibus, obtusis, sepalorum longitudine ;
labello e basi quadrata dimidio anteriore conspicue flabellato-dilatato, antice subretuso, margine subcrenulato-irregulari,
toto 3 mm. longo, infra apicem 3 mm. lato basi superne callo
parvulo bilobato ornato ; columna curvata, glabra, 2 m m .5,
longa ; ovario cum pedicello glabro, G mm. longo.
Rochers humides, gneissiques de Firingalava. — N° 479
(type), février 1898.
Rocailles boisées du Haut-B em arivo.— N°45, décembrel 90G.
Au premier aspect la plante ressemble au L. elafa Rich. de
l’Amérique, mais la forme du labelle est bien différente.
Parmi les espèces malgaches elle serait surtout voisine du
L. ochracea Ridl., plante mal connue.
Les sépales sont verts, les pétales blanchâtres, le labelle
rouge.

M. physuroides Schltr.

n. sp.

Saxicola, erecla, c. 20 cm. alta ; radicibus flexuosis, villosulis ; caule cvlindrico, apice 3-4-foliato, vaginis obtecto, G-7
cm. alto, 4-5 mm. diametro ; foliis erecto-patentibus, obliquis,
ellipticis, acuminatis, petiolo vaginante apice tantum libero,
lamina 5 cm. 5-7 cm.51onga, medio fere 3-4 cm. lata ; racemo
dense multitloro, pedunculo angulato foliis vix aequilongo ;
bracteis erectis, lanceolatis, acutis, ovario fere aequilongis ;
tloribus in généré inter m inores, illis M. stelicloslachi/ac
Rchb f. similibus, haud inversis, glabris ; sepalis patentibus
ovalibus, obtusis, 2 mm. longis, lateralibus obliquis; petalis
oblique ligulatis, obtusis, quam sepala paulo brevioribus ;
labello suborbiculari, obtuso, basi in auriculas2 falcatas columnam amplectentes producto, e basi ad apicem 1 mm. 75 longo,
medio aequilato, auriculis basalibus I mm. 75 longis, callo
subreniformi superne infra medium labelli ; columna glabra ;
anthera reniformi-cucullata ; ovario c. 2,25 mm. longo.
Rocailles boisées et humides du M anongarivo, vers 400 m.
— N° 87, avril 1909.
C'est la première espèce du sous-genre Kalochilus à Mada­
gascar. Parmi les ÛTchidées de Hum blot, Reichenbach iils a
décrit une autre espèce du genre M icrostylis des îles Comores,
mais celte plante, par la description, diffère beaucoup de la
nôtre, qui a des relations avec le M. katochilus Schltr. de
l’Afrique orientale.
Planche Vil. — R, plante ; 7. fleur, 8 ; sépale médian ; 1 0 ,
sépale latéral ; pétale; 11, labelle ; 12, gynostège ; 13, anthère.

Planche VII. — A, plante ; I, lleur; 2, sépale médian ; 3,
sépale latéral ; -4, pétale ; 5, labelle ; 6 , gynostège.
L. sp. nov. ?
Endroits humides, rocailles ; gneiss, Manongarivo, vers
800 m. ait. — N° 98, avril 1909.
La fleur en capsule me paraît d ’une autre espèce que la
plante défleurie qui l’accompagne.

LIPARIS Rich.
L.

P e r r i e r i Schltr. n. sp.

.

Saxicola, erecta, 20-30 cm. a lta ; radicibus filiformibus,
tlexuosis ; caulibus abbreviatis, crassiusculis, c. 3-foliatis, 1-

165

POLYSTACHYA Juss.

P. aurantiaca

Schltr. n. sp.

Epiphytica vel saxicola, c. 30 cm. alta ; caulibus cylindraceis, carnosis, apice c. 3-foliatis, c. 6 cm. al lis, 7 mm. dia-

�166

R. SCHLECI1TER

métro ; foliis erecto-patentibus, lineari-ligulatis, obtusiusculis,
12-17 cm. longis, medio fere 12-15 mm. latis ; pedunculo
basi vaginis 2-3 alte am plectentibus arcte vestito, c. 12 cm.
longo ; panicula pauciramosa, m ultillora, erecta, apice
ramisque floribus densius obsessa ; bracteis deltoideis, acutis,
minutis ; floribus in généré inter minores, aurantiacis, inversis ;
sepalis glabris, 3,5 mm. longis, intermedio oblongo, obtuso,
lateralibus apiculatis vel breviter acum inatis, m argine anteriore paulo am pliata cum pede columnae m entum obtusissiraum perbreve form antibus; petalisoblique lineari-spathulatis,
obtusis, 3 m m .5, longis ; labello e basi sem iorbiculari, infra
medium trilobo, 3,3 mm. longo, inter apices loborum lateralium 2.73 m m ., lato, lobis latei'alibus brevibus parvulis,
oblique triangulis, obtusiusculis, interm edio m ulto majore
quadrato, antice leviter exciso, obtusissim o, m argine leviter
undulato, callo subgloboso cum carinula anteposita in basi
labelli m aculafarinosacircum datis; columna brevi, pede brevi ;
polliniis oblique ellipsoideis, stipite subquadrato, glandula
brevi, quadrata ; ovario glabro, c. 5 mm. longo.
Epiphyte ou sur les rochers, dans les bois rocailleux.
Grand-Belambo, près de M evatavana. — N° 1038, mai 1908.
Espèce de l'aspect du P. luteola , mais ayant de beaucoup
plus petites fleurs orangées, et bien distincte par le m entum
très court.
Planche VIII. — B, plante ; 7, fleur; 8 , sépale médian ; 9,
sépale latéral ; 10, pétale ; 11, labelle ; 12, gynoslège ; 13, pollinaire.

P. cultriformis

Ldi., (Sprgl. ; S y st., II, 712).

Dendrobium cullriform c Thouars. (Orch. Iles A f r ., t. 87).
Polystachya cuit rata Ldi. Bot. Beg. subt. 851.
Terrestre ; bois secs d ’Analam ahitso, 800-900 m ètres.—
N° 75, août 1907 (en fruits).
A cause des lois de priorité le nom P. cultriform is. Ldi.
est correct, plus que celui de P. cultrata Ldi. sous lequel pour­
tant la plante est ordinairem ent désignée.

ORGIUDACÉES DE MADAGASCAR

167

P. Heckeliana Schltr.
Terrestres, erecta, valida, c. 40 cm. alta; caule foliato, basi
vaginato, c. 20 cm, alto, 8 mm. diametro ; foliis 3-4, ligulatis,
obtusiusculis, erecto-patentibus, usque ad 25 cm. longis,
medio 1 cm. 8-2 cm. 4 latis ; pedunculo tereti, glabro, vaginis
2 peralte am plectentibus basi vestito ; racemo dense 8-15lloro, erecto ; bracteis lanceolato-deltoideis, ovario brevioribus, patentibus ; floribus in genere mediocribus, inversis ;
sepalis oblongis, apiculatis, glabris, 7 mm. 5 longis, latera­
libus obliquis, basi margine anteriore ampliata cum pede
columnae mentum triangulum obtusum , 3 mm. longum,
form antibus; petalis oblique lineari-ligulatis, apiculatis; sepa­
lis subaequilongis ; labello e basi cuneata infra medium trilobato,7 mm. 5 longo, infra medium 5 mm. 5 lato, lobis latera­
libus oblique triangulis obtusiusculis, parvulis, intermedio
multo majore, apiculato, apice excepto sparsim farinoso,
pulvino elliptico dense farinoso e basi labelli usque infra medium;
columna brevi, glabra ; pede satis longo; ovario pedicellato,
glabro, c. 1 cm. 2 longo.
Bois secs, 1200 m. ; Manongarivo. — N" 21.
Tubercules aériens rapprochés sur une grosse souche, avec
nombreux et gros rhizomes blancs. Fleurs mauves.
La plante est voisine du P. anceps Ridl., mais elle est
plus forte et bien distincte par ses fleurs.
Planche VIII. — A, plante; 1 , fleur; 2, sépale médian ; 3, sépale
latéral ; 4, pétale; 5, labelle; 6 , gynoslège.
P. m auritiana Sprgl. (S g s t., III, 742).
D endrobium polyslachyum Thouavs [Orch. Iles A fr ., t. 85j.
Vallée du Sambirano. — N° 18, mars 1909.
Bulbe aplati, oblong, longuement atténué vers le h a u t;
axe épaissi, velu, parfois rameux à la base ; hampe très
comprimée.
Epidendre, à grappe rameuse. — N° 80.
Hampe term inale de 40-45 cm. de longueur, terminée par line
grappe rameuse.

�168

R. SCIILECHTER

Cette es|&gt;èce appartient à un groupe difficile du genre, dans
lequel rentrent aussi le P. luteola H k., le P. tessalala Ldi.,
le P. zeylanica Ldi. et plusieurs autres.
P. n. sp? (en fruit).
Sur les troncs d’arbres, dans les forêts som bres de Firingalava. — N° 693, juillet 1898.
Evidemment nous avons ici une espèce non encore décrite,
qui appartient ù un petit groupe dont les représentants gra­
vitent autour du P. Adansoniae Rch. f.
P. n. sp ? (en fruit).
Bois secs de l’Analam ahitso, vers 900 m. s. m. — N° 62, août
1908.
Une espèce qui est peut-être afline au P. anceps R dl., mais
en parait cependant distincte.
GALANTHE R. Br.

C . s i l v a t i c a Ldi. (Gen. Spec. Orch., 1833, p. 250).
Bois, à 800 m .. dans l'hum us ; A nalam ahitso. —
Le seul échantillon est en fruits, mais il y a peu
que ce soit l’espèce malgache si bien connue. Nous
sons une autre espèce voisine, le C. } \Tarpurii Rolfe,
est plus petite et courte.

1G9

ORCIIIDACÉES DE MADAGASCAR

N° G7.
de doute
connais­
mais elle

E. a m b o n g e n s i s Schltr. n. sp.
T errestris, erecta, c. 60 cm. alta ; rhizomate abbreviato ;
radicibus filiformibus, glabris ; pseudobulbis anguste ovoideis, acute 4-angulatis, unifoliatis, 4 -3 cm. altis, infra
medium 1-1,3 cm. diametro ; folio erecto lineari, usque ad
50 cm. longo, medio fere 5-7 mm. lato; scapo gracili, paniculato, laxe multifloro, vaginis distantibus amplectentibus
obsesso, tereti, glabro ; bracteis minutis, deltoideis, acutis,
ovario multo brevioribus ; floribus in généré mediocribus,
glabris; sepalis oblongis obtusis, supra medium paulo dilatatis, 5 mm. longis, lateralibus obliquis ; petalis oblique oblon­
gis, obtusis, basi paululo decurrentibus, sepalis fere aequimagnis ; labello e basi late cuneata 4-lobato, lobis anterioribus
inclusis, 5 mm. longo, medio 6 mm. lato, basi callo duplici
oblongo obtuso ornato, lobis lateralibus semioblongis, obtusis,
brevibus, lobis anticis oblique oblongis, obtusis, latérales plus
duplosuperantibus, calcareclavato-cylindraceo, obtuso, glabro,
c. 3 mm. longo ; columna brevi, pede subnullo ; ovario
pedicellato, clavato, c. 6 mm. longo, glabro.
Bois sablonneux de Manongarivo (Arnbongo). - N° 1654,
décembre 1903.
Les caractères principaux de cette espèce se trouvent dans
les pseudobulbes quadrangulaires aigus, qui portent une
seule feuille linéaire. Comme la plupart des espèces malgaches,
elle a des inllorescences en panicule.

EULOPHIA R. Br.
Le genre Eulophia R. Br. est un de ces genres d’Orchidacées
où les espèces forment un ensemble moins homogène que dans
la plupart des autres. Les limites entre les Eulophia R. Br. et
les Lissochilus R. Br., très nettes pour les formes extrêm es,
sont si vagues pour les formes interm édiaires qu ’on est fort
embarrassé pour les séparer. Aussi ai-je du traiter les espèces
de Lissochilus R. Br. comme des Eulophia R. Br.
C'est tout particulièrem ent à M adagascar que nous trouvons
des formes rem arquables par le développem ent des parties
végétatives. Le plus grand nombre des espèces se trouve en
Afrique, où on en connaît à peu près 220.

Planche XIII. — 7. fleur ; 8 , sépale médian ; 9, pétale ;
latéral ; 1 1 , labelle ;P 2 , gynostège.

10

sépale

E. b e r a v e n s i s Rchb. f.
Bois rocailleux calcaires du plateau de M iandraraha (Bassin
du M anombo). — N° 23.
Bois rocailleux des bords du Besafotra. — N° 884, iuin
1899.
Bois sablonneux secs, M anongarivo (Arnbongo). — N° 884,
juin 1904.

�170

171

H. SCHLECHTER

ORCHIDACÉES DE MADAGASCAR

Une espèce rem arquable, et bien distincte par son port et
la forme du labelle. Elle est voisine de YE. pulchra Ldi.,
qui a une labelle semblable mais un port tout il lait dilïérent.

Bois et rocailles, Berafatra, affluent de la Mena va va. —
N° 1059, mars 1901.
Une espèce très distincte et n'avoisinant aucune de celles
connues. Par la forme de ses Heurs et son port elle peut être
facilement distinguée.

E u l o p h i a camporum Schltr. nom. nov.
L issochilus m adagascaricnsis Krzl., in Abh. Brem. N aturw .
Ges.
Prairies sèches et découvertes, collines gneissiques du Ilautlsandrano. — N° 1 197, octobre 1902.
On pourrait comparer cette espèce avec Y Eulophia clitellifcra Bol. (Lissochilus clitellifer Rcbh. f.) de l’Afrique du
Sud ; c’est dire qu elle appartient au sous-genre Lissochilus.
Planche XVI. — 15, fleur ; 1 0 , sépale médian; 17, sépale laté­
ral; 18, pétale; 19, labelle ; *20, gynostège.

E . g r a c i l l i m a Schltr., n. sp.
Terrestris, erecta, usque ad 50 cm. alta , rhizom ate valde
abbreviato ; pseudobulbis ovoideis, bifoliatis, c. 2,3 cm. lon­
gis, medio fere 7 mm. diametro ; foliis divergentibus, ellipticis, 5-6 cm. longis, medio 1.7-2 cm. latis, obtusiusculis,
margine leviter undulatis, glabris ; scapo gracillimo, paniculato, laxe multifloro, ramis leviter tlexuosis, gracillim is, erecto-patentibus ; bracteis erecto-patentibus, lanceolatis, acuminatis, ovario multo brevioribus ; floribus in généré inter m ino­
res, g labris; sepalis oblongo-ligulatis, obtusis, 4 mm. longis,
lateralibus obliquis ; petalis oblique oblongis, obtusis, 3 mm.
longis ; labello e basi perlate cuneata infra medium trilobato,
3 mm. longo, inter apices loborum lateralium 3 m m ., lato,
lobis lateralibus oblique oblongis, obtusis, intermedio paulo
longiore quadrato, antice retuso, cal lis 2 oblongis, disciformib u s in b a s i labelli, calcare conico subacuto, c. 3,5 cm. longo,
eolumna brevi concava, pede subnullo ; anthera reniform icucullata, glabra ; polliniis oblique rhomboideis ; stipite
lineari. brevi; glandula quadrata ampla ; ovario cum pedicello
gracili glabro, c. 7 mm. longo.

Planche XIV. — A, plante ; 1 , Heur ; 2, sépale médian ; 3,
sépale latéral ; 4 , pétale; 5, labelle; 6 , gynostège ; 7, anthère ; 8 ,
pollinaire.

E . h o l o g l o s s a Schltr. n. sp.
Terrestris, erecta, humicola, 13-iOcm . alta ; rhizomate carnoso, squam ato ; radicibus crassis, tlexuosis ; caule tereti,
glabro, satis gracili, vaginis paucis distantibus obsesso, supra
basin 3-4 mm. diametro ; inflorescentia racemosa vel ramis
nonnullis additis paniculata, laxe G-18-flora, erecta ; bracteis
lanceolatis, acuminatis, ovario pedicellato multo brevioribus ;
floribus in genere inter minores, glabris; sepalisligulatis, obtu­
sis, 8 mm. longis, lateralibus obliquis ; petalis quam sepala
lateralia paulo brevioribus et latioribus ; labello oblongo,
antice truncato-obtusissim o, supra medium leviter constricto,
antice margine undulato, carinis 3 parallelis supra medium
cristato-dentatis, e basi usque infra apicem decurrentibus, toto
8 mm. longo, infra medium 4 mm. lato, calcare conico-subulato, obtusiusculo, 3,75 mm. longo; eolumna gracili, semitereti, pede brevi, 3,5 mm. longo ; anthera reniformi-cucullata, breviter bicornuta ; ovario cum pedicello clavato, glabro,
c. 1 cm. longo.
Bois, dunes littorales, Bas-M atitana. — N° G.
Plante décolorée ; le labelle seul est rose.
La prem ière espèce saprophyte du genre à Madagascar.
D’Afrique nous connaissons déjà plusieurs espèces de ce
groupe, dans lequel Y Eulophia gastrodioides Schltr. me paraît
être la plus voisine de notre nouveauté malgache.
Planche IX. — A, plante ; 1 , Heur; 2, sépale médian ; 3, sépale
latéral ; 4, pétale ; 5, labelle ; 6 , gynostège; 7, anthère.

�172

R. SCIILECHTER

E u l o p h i a J u m e l l e a n a Schltr. n. sp.
Terrestris, erecta, verosim iliter plus 1 m. alta ; tubere
et scapo mihi nondum notis, sedcerte illis E . cristatae Steud.
similibus; foliis fasciculatis, c. 3 -i, linearibus, acutis, plicatis,
usque ad 50 cm. longis, medio fere usque ad 1 cm. latis ;
floribus illis E. Livingston in nae (R. f.). S ch ltr. (Lissoc/iilus
Livings/onianus R. f.) similibus et fere aequim agnis ; sepalis
rellexis, ligulatis, acutis, glabris, c. 2 cm. longis, lateralibus
obliquis; petalis recurvis ovalibus, apiculatis, obliquis, glabris,
sepalis aequilongis ; labello circuitu hastato, infra medium
trilobato. petalis aequilongo, supra basin explanato, 1 cm .
lato, lobis lateralibus erectis, rotundatis, valde obtusatis, intermedio antico ovali, apiculato, m argine uudulato, lineis 5 caruncularum usque infra apicem ornato ; calcare conico reflexo,
acuto,6m m . longo ; columna sem itereti, glabra, 8m m . longa;
anthera reniformi-cueullata, antice refusa, glabra, bigibba ;
ovario cum pedicello glabro, 25 cm. longo.
Prairies de Mahevarano. — N° 8 i, janvier 1908.
Ju sq u ’alors deux espèces seulem ent du groupe Lissoc/iilus
(généralement regardé comme genre spécial) étaient connues
à Madagascar : VE. camporum Schltr. (Lissochilus maclagascariensis Ivranzl.) et VE.rohusta Schltr. (Lissochilus Hutenhergianus Krânzl.) ; nous en connaissons donc m aintenant une
troisième, qui serait alïine de VE. eristala Steud. (Lissochilus
purpuratus Ldi.). M alheureusement l'échantillon est très
incomplet, car il consiste seulem ent en quelques feuilles et
quelques fleurs.

11

Planche XVI. — 8 , fleur ; 9, sépale médian ; 1 0 , sépale latéral;
, pétale; 1 2 , labelle; 13, gynostège ; 14,anthère.

E . l e u c o r h i z a Schltr. n. sp.
Terrestris, erecta, c. 80 cm. alta ; rhizom ate valde abbreviato ; radicibus crassiusculis, albis, (lexuosis; tubere in specimine singulo sub anthesi aphyllo, oblongoideo, vaginisobtecto ,c. 3 cm. longo, vix 1,5 cm. diametro ; foliis nondum notis;

ORCHIDACÉES DE MADAGASCAR

173

scapo laxe ramoso, vaginis distantibus obsesso, laxe multifloro ;
floribus erecto-patentibus, illis E . ramosae Ridl. similibus,
glabris ; sepalis ligulatis, subspathulatis, obtusis, 8 mm. longis, lateralibus obtusis ; petalis oblique oblongo-ligulatis, obtu­
sis,G,5 mm. longis; labello circuitu oblongo, tertia parte anteriore
trilobato, 6,5 mm. longo, supra medium 4,5 mm. lato, carinis5,
antice verrucosis e basiusqtie infra apicem ornato, lobis latera­
libus oblongis obtusis, intermedio subduplo longiore suborbiculari, m argine crenato-undulato; columna semitereti, glabra,
vix 5 mm. longa ; anthera quadrata cucullata bigibba ; polliniis
oblique rhom beis, stipite quadrato brevi, glandula transversa
sublunata ; ovario pedicellato, glabro, 8-9 mm. longo.
Grès et sable, Bemaraha, entre la Mahajiba et le Manambolo. — N° 30, avril 1940.
Labelle jaune verdâtre, avec les cotes rougeâtres.
Espèce voisine de VE. ramosa Ridl., mais facilement
reconnaissable à sa panicule plus large et plus lâche.
Planche IX. — 8 , fleur ; 9, sépale médian ; 10 sépale laté­
ral ; 11, pétale ; 1 2 , labelle; 13, gynostège, 14, anthère hg. 15
poil inaire.
E. Medemiae Schltr. n. sp.
Epiphytica, erecta, c. 25 cm. alta ; rhizomate valde abbreviato ; radicibus flexuosis, glabris ; pseudobulbo oblongoideo,
compresso, c. 6 cm. alto, c. 2 cm. lato, vaginis foliiferis obtecto, sub anthesi aphyllo ; scapo basilari, gracili, vaginis
paucis obsesso, 2-3-ramoso, laxe multifloro; bracteis minutis,
deltoideis. acutis; floribus erecto-patentibus, in genere inter
m inores, glabris; sepalis ligulatis obtusiusculis, basin ver­
sus sensim paulo angustatis, 9 mm. longis, lateralibus falcatoobliquis ; petalis sepalis lateralibus similibus et subaequimagnis ; labello e basi cuneata medio fere trilobato, 7 mm. lon­
go, medio fere 3,5 mm. lato, lobis lateralibus oblique oblon­
gis, obtusis, intermedio multo majore elliptico obtuso, mar­
gine crenulato-undulato, carinis 3 e basi labelli usque ad api­
cem decurrentibus carinulis paucis leviter divergentibus, latç-

�17 i

R. S C H L E C IIT E R

ralibus in lobo intermedio utrinque additis; colum na sem itereti, 3,5 mm. longa, apoda ; ovario pedicellato, clavato,
glabro, la cm. longo.
En grosses touffes, sur lesquelles on ne voit guère que 5-10
bulbes, au milieu du feutrage épais des anciennes racines, étroi­
tement appliquées contre le tronc du Medemia nobilis. — N°
1582.
La seule espèce à laquelle je voudrais com parer cette plante
intéressante est 1 Eulophia lurida Ldi. de l’A frique occiden­
tale, où elle croît sur les troncs d'arbres, spécialem ent les
Borassus et autres palmiers.
Planche XII. — B. plante; 7. Heur; 8 , sépale médian ; 9, sépale
latéral; 10, pétale; 11, labelle ; 12, labelle ét gvnostège ; 13,
pollinaire.

Eulophia Perrieri

Schltr. n. sp.

Saxicola, erecta, 50-60 cm. alta ; rhizom ate valde abbreviato ; radicibus flexuosis, glabris; pseudobulbis cylindraceofusiformibus, vaginis pluribus obtectis, apicem versus circa 4foliatis. c. 15 cm. altis, medio c. 2 cm. diametro ; foliis linearibus, acutis, carnosulis, c. 20-35 cm. longis, medio 5-8 mm.
latis ; scapis gracilibus vaginulis paucis obsessis, pluriram osis, laxe multifloris ; bracteis m inutis, deltoideis, acutis ; tloribus illis E . ramosae Ridl. sim ilibus, glabris , sepalis ligulatis, apiculatis, 7,5 mm. longis, lateralibus obliquis ; petalis
oblique oblongo-ligulatis, apiculatis, glabris, sepalis paulo
brevioribus ; labello oblongo, quarta parte anteriore trilobato,
8 mm. longo, supra medium 4 mm. lato; carinis 3, subparallelis e basi usque infra apicem, lateralibus verruculosis, e
medio duplicatis, lobis lateralibus abbreviatis, rotundatis,
intermedio transverse oblongo, 3 mm. lato ; columna semitereti, glabra, pede brevi ; ovario pedicellato, glabro, c.
1,2 cm. longo.
Rochers calcaires, boisés et secs, de Namoroka (Ambongo).
— N° 1548, juillet 1903.
Il me semble bien que nous nous trouvons en présence

O R C IIID A C É E S

DE M A D AG A SC AR

175

d ’une espèce très distincte de VE. taxa Ridl. Ses feuilles
épaisses et coriaces sont bien rem arquables pour le groupe.
Planche XI. — A, plante ; 1, fleur; 2, sépale médian; 3, sépale
latéral ; 1, pétale ; 5, labelle ; G, gvnostège.
E.

petiolata.

Schltr. n. sp.

Terrestris, erecta, 50-60 cm. alta; rhizomate valde abbreviato ; radicibus tlexuosis, glabris ; pseudobulbis ovoideis, quadrangularibus, in collem petioliformem attenuatis, colle incluso 10-13 cm. altis, supra basin 1,5-1,8 cm. diametro, unifoliatis ; folio erecto petiolato, lamina anguste elliptica, subacu­
ta, 12-17 cm. longa, 2-2,5 cm. lata, petiolo sulcato 6-11 cm.
longo ; scapo gracili, vaginis paucis distantibus obsesso, pluriramoso, laxius multifloro ; bracteis m inutis, deltoideis; floribus parvulis, glabris ; sepalis oblongo-spathulatis, obtusis,
6 mm. longis, lateralibus obliquis; petalis oblique latiovalibus, obtusissimis, 4,5 mm. longis ; labello quadrilobo, lobis
anticis inclusis, 7 mm. longo, inter apices loborum lateralium
7 mm. lato, basi ad ostium calcaris bicalloso, lobis laterali­
bus basalibus semiorbicularibus, lobis anticis falcato-divergentibus oblique oblongis, obtusis, calcare conico. obtuso,
2,5 mm. longo ; columna brevi, bialata, 3,5 mm. alta, apoda ;
anthera cucullata, bigibba; ovario pedicellato, glabro, 6,5
mm. longo.
Bois sablonneux de Manongarivo (Ambongo). — N° 478,
janvier 1904. — N° 478, août 1904.
Une nouveauté affine de VE. alismatophylla Rchb. f., faci­
lem ent reconnaissable à son port et à ses petites fleurs.
Planche XIII. — A, plante ;1, fleur ; 2 , sépale médian; 3, sépale
latéral ; 1, pétale ; 5, labelle ; 6 , anthère.
E.

pseudoramosa Schltr.

n sp.

Terrestris, erecta, perlaxa, c. 60 cm. alta ; rhizomate abbreviato; tubere subterraneo, c. 6-foliato ; foliis anguste linea-

�176

R. SCHLECHTER

ribus, acutis, erecto-patentibus, c. 30 cm. longis ; scapo gracillimo, vaginulis paucis obsesso, glabro, 4-5-ram oso, perlaxe 15-20-floro ; bracteis m inutis, deltoideis, ovario pedicellato m ultoties brevioribus ; floribus il lis E . ramosae Ridl.
similibus et fere aequim agnis, glabris ; sepalis ligulatis, apicem versus paulo dilatatis, obtusis, c. 1,1 cm. longis, lateralibus obliquis ; petalis falcato-ligulatis, obtusis, subspathulatis, c. 8 mm. longis ; labello circuitu oblongo, tertia parte
anteriore trilobato, carinis 5 parallelis dimidio anteriore verrucosis e basi usque ad medium lobi interm edii ornato, 8,5
mm. longo, inter apices loborum latéralium 6 mm. lato, lobis
lateralibus brevibus sem ioblongis, obtusis, interm edio duplo
longiore, quadrato, retuso, m argine crenulato-undulato, calcare cvlindrico, subacuto, leviter incurvo, c. 4 mm. longro ;
columna sem itereti, glabra, pede brevi; anthera quadrilobatocucullata, glabra ; ovario cum pedicello gracillim o 1.5-1,7 cm.
longo.
Sables très secs d Afialitatra (Boinv) près du mont Tsitondraina. — N° 1107, octobre 1910.
Feuilles linéaires, desséchées au moment de la floraison, et
persistant desséchées à la base de la plante. Corolle jaunâtre.
J'avais tout d'abord regardé celte plante comme une variété
à fleurs lâches de 1 E . rarnosa R idl., mais la comparaison
des parties de la Heur m a convaincu que nous avons en réalité
une espèce distincte.
Planche X. — A, plante; 1, tleur ; *2 , sépale médian; 3, sépale
latéral; 4, pétale ; 5, labelle; 6 , anthère; 7, pollinaire.

Eulophia pulchra

Ldi. Gen. Spec. O rch., p. 182.

Rocailles boisées et hum ides du Sam birano. 1.000 m . ait.
— N° 71, avril 1909.
En ces dernières années, cette belle espèce a été introduite
dans quelques serres d'Europe, im portée par les collecteurs
d'Orchidées de M adagascar.

E. quadriloba Schltr. n.

sp.

Terrestris, erecta, pusilla, circa 35 cm. alta ; rhizom ate

177

O R C H ID A C É E S D E M A D A G A SC A R

abbreviato ; radicibus flexuosis, glabris ; pseudobulbis cylindraceo-conicis, 1 ,5 -2 cm. altis, supra basin, 4-5 mm. diametro ;
foliis erecto-patentibus, linearibus, apiculatis, basin versus
sensim angustatis, 8-11 cm. longis, supra medium 3-4 mm.
latis ; scapo gracili, stricto, vaginulis paucis obsesso, laxe 812-(loro ; bracteis parvulis, lanceolafis, ovario multo brevio­
ribus ; floribus in genere inter minores, glabris ; sepalis oblongis, obtusis, 4 mm. longis, lateralibus obliquis, reflexis; petalis
oblongis, obtusis, sepalissubaequilongis; labello quadrilobato,
lobis anticis inclusis, 6,25 mm. longo, inter apices loborum
lateralium et anlicarum 5 mm. lato, ante ostium calcaris
Jamellis 2 oblique triangulis brevibus ornato, lobis laterali­
bus oblique quadratis divergentibus, lobis anticis oblique ovalibus, leviter divergentibus, calcare cylindrico, apice paululo incrassato, obtuso, 5,5 mm. longo; columna semitereti,
glabra, pede brevi; ovario gracillime pedicellato, glabro, c. 1,1
cm. longo.
Rois sablonneux, Manongarivo (Ambongo). — N° 1696,
janvier 1904.
Je ne connais aucune autre avec laquelle on pourrait com­
parer cette espèce très rem arquable, qui appartient au groupe
où le labelle est quadrilobé.
Planche XII. — A, plante ; 1, Heur; 2, sépale médian ; 3, sépale
latéral ;4, labelle; 6 , gynoslège.

E. Rutenbergiana

Krânzl, in Ver h. Brem. Mat. Ver,

VII,

p. 255.
Marais d ’Am bositra, 1.400 m. ait. — N° 8.
Tubercules en chapelet horizontal, lobés ; périanthe jaune
soufre, le labelle jaune d ’or,les deux lobes latéraux rouge
brun.
Une jolie espèce, qui est la seule représentante à Madagas­
car d ’un groupe plus répandu en Afrique et qui contient entre
autres Y Eulophia ensata Ldi. et VE. Zeyheri Ilook. f.
E. spec. nov.
Rois sablonneux, secs, Manongarivo, Ambongo. — N° 1685.
En fruits, décembre 1904.
12
Annules &lt;lu Musée colonial de Marseille. — 3' série, J,r vol. 1913.

�178

H. SCHLECHTER

ORCIIIDACÉES DE MADAGASCAR

L'échantillon en fruits représente une espèce évidem m ent
très distincte, avec ses sépales allongés et caudales.

minutis triangulis, pede bene longo ; ovario sessili, conico,
glabro, 0,73 mm. longo.
Grès basiques du M anongarivo. — N° 20.
Plante strictem ent appliquée sur les troncs ; tubercules
aériens en série linéaire, aplatis, épais de 7 mm. X 3 mm. ;
2 feuilles plates épaisses.
Une petite espèce du groupe à pseudo-bulbes bifoliés, et
à grappe lâche et gracile. Pour ce groupe je propose le nom
Habrostachi/s. Notre plante est voisine du B. Pervillei Rolfe.

CIRRHOPETALUM.
C. Thouarsii

Ldi.

Ldi., B o t.R e g . sub., t. 832.

Analamazaotra, 800 m. s. m. — N° 83.
Tubercules ovales, coniques, à 5 ou G angles ; périanthe
rouge.
Souvent cette espèce est confondue avec le C. Mac-Gregorii
(Ames) Sehltr. (.B ulbophyllum Mac-Gregorii Ames) des îles
Philippines et avec une espèce de Tahiti, mais elle est bien
distincte des deux.

BULBOPHYLLUM Thou.
B. Forsythianum Krànzl., in E ngl. Bot. Jabrb., XXVIII,
p. 1G3.
Grès basiques de M anongarivo ; rocailles près des cascades.
— N °7.
Cette petite espèce n ’était connue jusq u ’alors que dans la
collection de Forsyth-M ajor.

B. Jumellanum Sehltr.

n. sp.

Epiphyticum , cortici arborum appressum , pusillum ; rhizomate radicante, elongato; radicibus liliformibus, glabris; pseudo-bulbis 8-12 mm. distantibus, depressis, globosis, 4-6 mm.
diametro, bifoliatis ; foliis patentibus, oblongis, obtusis, coriaceis.5-1 I mm. longis, medio fere 3-0,3 mm. latis ; pedunculis
gracillimis, paucivaginulatis, laxius 5-8-floris, usque ad 7 cm.
altis; bracteis m inutis, deltoideis, ovario brevioribus; floribus minutis, glabris ; sepalis oblongis, obtusis, 2,3 mm. lon­
gis, lateralibus obliquis ; petalis oblique oblongis, obtusissimis, 1,3 mm. longis; labello genutlexo, pandurato, apice
obtuso breviter exciso, m arginibus medio recurvis, basi sulcata bicostato, c. 2 mm. longo ; columna brevissim a, b rad a is

170

PlancheXV. — 1 0 , fleur ; 17, sépale médian ; 18, sépale latéral ;
19, pétale ; 20-21, label le ; 22, gynostège et labelle ; 23, anthère.
B.

muscicola

Sehltr. n. sp.

Epiphyticum , perpusillum , vix 1 cm. altitudine excedens ;
rhizomate radicante, ramoso ; radicibus tlexuosis, glabris ;
pseudobulbis oblique ovoideis vel subglobosis, unifoliatis,
approxim atis, 2,3-3 mm. diametro, vulgo paulo depressis;
folio erecto-patente, elbptico vel ovali, apiculato, 3-3 mm.
longo, medio 1,3-3 mm. lato ; pedunculis erectis, paucivagi­
nulatis, tenuibus, 3-10 mm. altis, unifloris; bractea cucullata,
ovario sessili aequilonga ; flore parvulo, glabro ; sepalis ellipticis, breviter acum inatis, 2 mm. longis, apiculatis, margine
dimidio superiore breviter paucidentatis, 0,73 mm. longis ;
labellooblongo-linguiform i obtuso, curvato, carnosulo, 1,3mm.
longo, dimidio inferiore paulo angustato ; columna perbrevi,
brachiis parvulis subulatis, pede bene producto; ovario sessili,
cylindraceo, glabro, vix I mm. longo.
Forêts sèches du mont Bekolony (Manongarivo). — N° 11.
Tige ramifiée dans la mousse.
Une petite espèce, même la plus petite connue de Madagas­
car dans le genre. Elle appartient à la section Micromonanthe
et paraît déjà bien distincte par son port minuscule et par
ses caractères végétatifs.
PlancheX V .— B, plante ; 9, fleur; 10, sépale médian; 1 1 ,
sépale latéral; 1 2 , pétale; 13-14, labelle ; 15, gynostège et labelle.

�180

R.

Bulbophyllum P errieri.

SCHLECIITER

Schltr. n. sp.

Epiphyticum, crassiusculum , c. 25 cm, altum ; rhizomate crasse, abbreviato ; radicibus flexuosis, glabris ; pseudobulbis anguste conicis, bifoliatis, valde ap p ro x im atis,
2-2,5 cm. allis, infra medium 6-8 mm. diam etro ; foliis suberectis, lineari-ligulatis, subacutis, basin versus sensim angustatis, coriaceis, 15-18 cm. longis, supra medium 1-1,2 cm. latis ;
pedunculo vaginis paucis distantibus obsesso, tereli, glabro,
folia superante, spica nutante subdense m ultiflora, 7-10 cm.
longa, 1-1.3 cm. diam etiente; bracteis ovatis, acum inatis,
ovarium superantibus; tloribus inversis, glabris, carnosulis;
sepalis ovatis, obtusis, intermedio 3,5 mm. longo, lateralibus
margine anteriore basin versus am pliatis, cum pede columnae
mentum rolundatum form antibus, 4,5 mm. longis; petalis
oblique subquadratis, truncatis, 2,75 mm. longis et latis ;
labello carnoso, curvato, e basi quadrata dimidio anteriore
obtuso, medio sulcato bicostato, 3,5 mm. longo; colum na
angustata, perbrevi, brachiis brevibus, triangulis, acutis, pede
longo incurvo ; ovario sessili, obconico, glabro, c. 2,5 mm.
longo.
Manongarivo, 1.600 m. d'altitude. — N° 13.
Tubercules aeriens, serrés, entourés de gaines desséchées
et cotonneuses, bifoliés.
Une espèce assez rem arquable, qui est voisine du B. variegatum Thou. et forme avec lui et quelques autres espèces une
section spéciale que j ’appelle Variephyllis. En Am érique nous
trouvons dans la section Malachadenia un groupe de types
similaires.
Planche XV. — A, plante ; 1, tleur ; 2, sépale médian ; 3, sépale
latéral ; 4, pétale ; 5-6, labelle ; 7, gynostège avec pétales et
labelle ; 8 , gynostège.
CYMBIDIUM Sw.

ORCIIIDACÉES DE MADAGASCAR

181

Sables humides à Sphagnum. Lagunes de l'E st. N° 5.
Labelle jaune rouge dans la moitié antérieure, piquetée dans
la moitié postérieure.
Une des Orchidées des plus rares de M adagascar. Il semble
que la plante n ’ait pas été revue depuis Du Petit Thouars. Je
n ’ai pas vu le type de Thouars, mais l’échantillon qui m’a été
envoyé par M. le Prof. Jum elle convient si bien avec la
planche de l’espèce de Thouars que je ne doute pas que les
deux soient identiques.

C. calcaratum Schltr.

n. sp.

Terrestre, erectum, c. 1 m. altuin ; radicibus flexuosis,
dense verrucoso-lepidotis. carnosis, foliis in specimine singulo cum caule et pseudobulbo defîcientibus ; scapo valido,
pro parte tantum mihi viso, vaginis amplectentibus, distanti­
bus, violaceo-pictis ornato, tereti glabro; racemo sublaxe
20-30-floro,
; bracteis lanceolatis, acutis, ovario
pedicellato multo brevioribus; floribus in généré inter minores
erecto-patentibus, glabris ; sepalis ligulatis obtusis, basin ver­
sus paulo angustatis, patentibus, 1,4 cm. longis, lateralibus
obliquis; petalis oblique oblongis, obtusis, 8 mm. longis ;
labello circuitu oblongo, e medio trilobato, 9 mm. longo,
lam ellis 2 parallelis dimidio inferiore sinuosis, dimidio anteriore
humilibus e basi usque in apicem decurrentibus, lobis latera­
libus oblongis, obtusis, abbreviatis, intermedio e isthmo brevi
reniformi, antice em arginato, 4,5 mm. longo, medio fere
7 mm. lato, calcare perbrevi, conico, acuto, 2 mm. longo ;
columna sem itereti, subalata, pede brevi ; polliniis oblique
rhom beis, glandula lunata ; ovario cum pedicello gracili, gla­
bro, c. 1,8 cm. longo.
Bois sablonneux secs, Manongarivo (Ambongoi. — N° 1681,
janvier 1904.
M alheureusement l’échantillon n'est pas tout à fait com­
plet. La structure du labelle, qui est par ailleurs très sem­
blable à celui du C. flabellatum Sprgl. mais porte un éperon
court, est très rem arquable dans cette nouvelle espèce.

quaquaverso

C. flabellatum Sprengl., S y s t., Veget. III. 724.
Limodorum flabellatum Thou. Orch. Iles afr. 39-40.

Planche XVI. — A, plante; I, fleur ; 2, sépale médian; 3, sé­
pale latéral; 4, pétale ; 5, labelle, 6, gynostège ; 7, pollinaire.

�182

R.

SCHLECI1TER

EULOPHIDIUM Pfitz.
E.

ambongense Schltr.

n. sp.

Terrestre, erectum , c. 20-25 cm. altum ; rbizom ate valde
abbreviato; radicibus crassis, verrucosis ; pseudobulbis oblongoideis, paulo compressis, unifoliatis, 1,5-2 cm. altis, 3-5
mm. latis; folio erecto-patente, elliptico, subacuto, basi sensim
paulo angustato, glabro, 10-13 cm. longo, medio fere 3-3,5
cm. lato, glabro, coriaceo; scapo erecto, stricto, tereti, glabro,
vaginis paucis distantibus acum inatis obsesso, sublaxe 8-12lloro ; bracteis lanceolatis, ovarium superantibus vol subaequantibus; floribusin généré m ediocribus, erecto-patentibus,
glabris ; sepalis ligulato-lanceolatis, acutis, 9 mm. longis,
lateralibus obliquis ; petalis oblique ligulatis, acum inatis,
sepalis paulo brevioribus ; labello e basi perlate cuneata supra
medium trilobato, 8 mm. longo, inter apices loborum lateralium 7 mm. lato, ante ostium calcaris squam is 2 ornato, ner­
vis 3 medianis carinato-incrassatis, lobis lateralibus triangulis obtusis; intermedio bene longiore obreniformi, 5 mm. lato,
calcare subgloboso, 2,5 mm. longo; columna sem itereti, glabra ; ovario cum pedicello cvlindrico, glabro, c. 1 cm. longo.
Bois sablonneux ; Ambongo.

E. boinense Schltr.

n. sp.

Terrestre, erectum, usque ad 40 cm. altum ; rhizom ate valde
abbreviato ; radicibus percrassis, rugoso-verrucosis ; pseudo­
bulbis ovoideis, paulo compressis, unifoliatis, 2,5-3 cm.
altis, infra medium 1-1,7 cm. latis; folio ovali, apiculato,
basi petiolato-angustato, coriaceo, c. 10-12 cm. longo, medio
c. 5 cm. lato ; scapo erecto, tereti, glabro, vaginis paucis
distantibus obsesso, sublaxe 6-10-floro ; bracteis lanceolatis,
ovarium fere aequantibus ; lloribus in genere mediocribus,
glabris; sepalis ovalibus, obtusis, 8 mm. longis, lateralibus
obliquis; petalis sepalis sim ilibus et subaequim agnis, obliquis.;
labello circuitu suborbiculari, tertia parte anteriore trilobato,
8 mm. longo, medio fere 7,5 mm. lato, ante ostium calcaris
lamellis 2 semilunatis donato, lobis lateralibus semi-oblongis,

ORCIIIDACÉES DE .MADAGASCAR

183

obtusis, intermedio obreniformi, antice emarginato cum apiculo
m inulo, 2,75 mm. longo, 5 mm. lato, calcare oblongoideo,
obtuso, ostium versus paulo angustato ; columna brevi, semi­
tereti ; anthera rotundato-cucullata, glabra ; polliniis obovoideis, glandula semi-orbiculari ; ovario cum pedicello glabro,
c. 8 mm. longo.
Bois hum ides; gneiss, Andranofasy (Boina). — N° 1384,
jauvier 1907.
Bois des bords de la Ma havav y (Ambongo). — N° 00, en
fruit, juin 1906.
Le petit genre Eulophidium Pfitz. comprend m aintenant
7 espèces. En outre des deux décrites ici, nous connaissons
encore VE. maculaturn Pfitz.de l ’Amérique du Sud, et qui est
le typedu genre, VE. Ledienii (Stein) Schltr. d ’Afrique occiden­
tale, VE. W arneckeanum Kraenzl. de Togo, VE. m onophyllum
(A. Rich) Schltr. de l île de France et Bourbon, et VE. Mackenii (Rolfe) Schltr. (Eulophia Mackenii Rolfe) de Natal.
Planche XVII. — A, plante : 1, Heur ; 2, sépale médian; 3,
sépale latéral; 4, pétale; 5, labelle ; 6, gynostège ; 7, anthère;
8, pollinaire.

AGAMPE Ldi.
A. Renschiana Rchb.

f., Ot. bot. Ilam b., p. 77.

Sur les grands arbres des bois humides, Ambongo et Boina.
— N° 137, novembre 1890.
Fleurs très odorantes.
La seule espèce qui soit connue de ce genre à M adagascar.
Elle est voisine de VAcarnpe pachyglossa R. f. et de VAcampe
mornbassensis Rendle, de l'Afrique orientale. Toutes les autres
espèces sont asiatiques.

OEONIA Ldi.
0. macrostachya

Ldi., Gen et Spec. Orch., p. 245

�181

185

R. SCIILECHTER

ORCI1IDACÉES DE MADAGASCAR

Sur les vieux troncs, vers 2.000 m. ait., M anongarivo. —
N° 96.
Plante sans tubercule, à souche traînant sur les troncs,
ém ettant de nombreuses grosses racines vert-blanchàtres et
7-12 feuilles distiques; 1 ou 2 inflorescences portant des
aisselles des feuilles inférieures.
Cette espèce est bien connue. Dernièrement M. Finet l’a
transportée dans son nouveau genre R aphidorrhynchus, que
je ne peux pas accepter sous la forme que lui a donnée l'au ­
teur, parce qu'il contient un mélange d'espèces très différentes.

am plis ; rostello in apiculum brevem producto ; polliniis
globosis, stipite minutissimo glandulis 2 separatis oblongoideis affîxis ; ovario cum pedicello glabro, c. 3 cm. longo.
Bois sablonneux, au pied des arbustes, les racines souvent
décurrentes sur les ram eaux, Manongarivo (Ambongo). —
N° 1653.
Epidendre sur les troncs, ou quelquefois terrestre. Par son
port cette espèce se rapproche bien de l’Oeoma macrostachya
Ldi., mais elle est bien distincte par ses fleurs.

Oeonia polystachys Bth.

Gen. PI.

III,

p. 584.

Bois du M atitana, 100 m. ait. — N° 2.
Epidendre sur les palm iers ; fleurs blanches.
Cette espèce a été transportée par M. Finet dans son genre
M onixus, au sujet duquel je ne peux qu'exprim er la même
opinion que pour le genre R aphidorrhynchus du même
botaniste.
0.

robusta Schltr.

n. sp.

Epiphvtica vel rarius terrestris, robusta, circa 40 cm. alla ;
radicibus flexuosis, glabris, caule abbreviato, dense foliato,
c. l,o cm. diam etro; foliis circa b, erecto-patentibus, loratis,
apice valde inaequaliter et obtuse bilobulatis, 30-35 cm. lon­
gis, medio 1,7-2 cm. latis; pedunculis erectis, rigidulis, vaginulis paucis obsessis, laxe 10-15-floris ; bracteis ovalibus
obtusis. ovario pedicellato bene brevioribus ; floribus magnis,
erecto-patentibus, glabris; sepalis lanceolato-ellipticis, acutis,
c. 2,5 cm. longis, lateralibus falcato-obliquis ; petalis falcatooblongis, acum inatis, c. 2,2 cm. longis ; labello e basi
oblonga anlice trilobato, 2,4 cm. longo, inter apices loborum
lateralium 1,2 cm. lato, lobis lateralibus oblique triangulis,
subacutis, leviter divergentibus, intermedio paulo longiore,
ligulato, antice cuspidato, 6,5 mm. longo, calcare e basi
infundibulari sensim subtiliformi, obtusiusculo, adscendente,
c. 2,8 cm. longo ; columna perbrevi, auriculis quadratis,

Planche XVIII. — A, plante : 1, fleur; 2, sépale médian ; 3,
sépale latéral ; 4, pétale ; 5, labelle ; 6 , 8 , gynostège ; 7, pollinaire.
0. rosea Ridl., in Journ. Linn. Soc. Bot. XXI, p. 496.
Rivière Jatrony, 650 m. ait. — N° 3.
Tige longue, grêle, pendante ; labelle blanc-jaunàtre, à
gorge rouge vif.
Evidem m ent une espèce assez rare, et sans doute une des
plus jolies du genre. Elle est bien voisine de 1 0 . Elliolii Bolfe
et d e l’O. volucris (Thou.) Dur. et Scliinz (Epidendrum volucre
Thou.), le type du genre.
AERANTHES Ldi.
A. filipes Schltr. n. sp.
Epiphvtica, gracilis, usque ad 20 cm. alta ; radicibus filiform ibus, flexuosis, glabris; caule abbreviato, c. G-7-foliato,
4-5 mm. diametro ; foliis linearibus, obtuse et inaequaliter
bilobulatis, glabris, 20-25 cm. longis, medio fere 1,3 cm .-1,5cm.
latis ; scapis filiformibus, tenuissimis, vaginis 2-3 amplectentibus, distantibus, acuminatis obsessis, ut videlur vulgo
bifloris ; bracteis acuminatis parvulis, pedicello articulato
distincte brevioribus ; floribus in genere satis magnis, glabris;
sepalis ovalibus, acuminatis, intermedio 2 cm. longo, latera­
libus obliquis, 2,3 cm. longis, margine anteriore medio ampliatis ; petalis oblique ellipticis, valde acuminatis, 1,7 cm. longis ;

�187

OHCIIIDACÉES DE MADAGASCAR

labello lato ovali, acuminato, basi cordato, 1,8 cm. longo,
medio fore 1,2 cm. lato ; columna perbrevi, auriculis margine
inferiore in dentem linearem productis, pede perlongo, dilatato,
infra apicem in calcar cylindricum tenue, obtusum , 1 cm.
longum producto ; ovario cum pedicello gracillim o glabro,
2,2 cm. longo.
Bords des torrents, bois frais, jusque vers 1.400 m. ait.,
Manongarivo. — N° 05, m ars 1907.
Une espèce bien distincte de IM. grandiftorus Ldi. On la
peut facilement reconnaître à ses pédoncules filiformes avec
2-3 gaines, et qui paraissent avoir généralem ent 2 fleurs.
Planche XIX. — 16, Heur; 17, sépale médian; 18, sépale
latéral ; 19, pétale: 2 0 , Libelle ; 2 1 , gynostège et partie inférieure du
labelle.

A. parvula Schltr. n .

sp.

Epiphvtica, pro genere parvula, c. 14 cm. alta ; radicibus
filiformibus, flexuosis, g la b ris; caule valde abbreviato, 6-7foliato, 3 -i mm. diametro ; foliis erecto-patentibus, linearibus, valde inaequaliter bilobulatis, glabris, 10-12 cm. long'is,
medio fere 5-6,5 mm. latis; pedunculis filiformibus vel subsetiformibus, glabris, usque ad 8 cm. longis, I-3-floris, vaginulis c. 2-3 distantibus obsessis ; bracteis ovatis, articulo infe­
riore pedicelli aequilongis ; floribus in genere parvulis, glabris ;
sepalis ovato-lanceolatis, acuminatis, L cm. longis, lateralibus
obliquis, margine anteriore infra medium am pliatis ; petalis
oblique ovalibus elongato-acuminatis, 8 mm. longis; labello
circuitu quadrato, antice acuminato, 8 m m . longo, medio
fere 5 mm. lato ; columna perbrevi, auriculis lineari-falcatis,
pede permagno infra apicem in calcar clavatum obtusum 5 mm.
longum leviter incurvum producto ; poil iniis globosis, stipitibus oblanceolatis, antice attenuatis, glandulis 2 separatis,
oblongis, satis magnis ; ovario cum pedicello gracili, glabro,
8 mm. longo.
Sur les tam ariniers; Sambirano. — N° 94, m ars 1909.
Fleur blanc-verdàtre ; racines vertes. Une seule fleur
n’avortant pas à l'inflorescence.

La plus petite des espèces jusq u ’ici connue. Elle diffère des
autres aussi bien par la colonne que par l’éperon.
Planche XIX. — A,plante ; 1 , Heur ; 2, sépale médian ; 3, sépale
latéral ; 4, pétale ; 5, gynostège et labelle ; 6 , labelle ;7, pollinaire.

A. Perrieri Schltr. n.

sp.

Epiphytica, humilis; radicibus filiformibus, elongatis, flexu­
osis, glabris ; caule valde abbreviato, dense 4-6 foliato ; foliis
erecto-patentibus, oblongo-spathulatis, inaequaliter et obtuse
bilobulatis, 3,5-5 cm. longis, medio vel supra medium 1-1,5
cm. latis ; pedunculis rnilii nondum notis ; floribus in genere
inter majores, singularibus, glabris ; sepalis recurvis, e basi
lineari lanceolato-spatkulatis, acutis, 2,2 cm. longis, laterali­
bus obliquis ; petalis sepalis similibus et fere aequimagnis,
refiexis ; labello trilobo. c. 2 cm. longo, inter apices loborum
lateralium 2 cm. lato, lobis lateralibus oblique ovatis, obtuse
acuminatis, diverg*entibus, intermedio ovato, acuminato, quam
latérales duplo majore, labello basi subcordato-retuso ; colum­
na perbrevi, auriculis quadratis, antice truncatis, amplis, pede
elongato in calcar filiforme introrsum curvatum et deinde
deflexum, c. 10 cm. longum, ostio dilatatum producto; ovario
cum pedicello gracili, glabro, c. 2,5 cm. longo.
Forêts sombres des bords du Besafotra. — N° 180, janvier
1897.
Les m atériaux que j ’ai entre les mains ne consistent qu’en
une petite plante sans tige et en deux fleurs. Il faudra donc
ultérieurem ent compléter la description de l'espèce. Néanmoins
je crois que la plante est correctement placée dans le genre
Aeranthes, parce que l ’éperon est formé par le pied de la
colonne, et que le labelle est articulé comme chez les autres
espèces. La structure de la colonne est en général la même
que chez les autres. Espérons que prochainement nous aurons
d’autres renseignem ents sur cette espèce particulièrement
rem arquable et intéressante.
Planche XIX. — 8 , fleur ; 9 ,sépale médian ;

10

, sépale latéral;

�I 88

189

R. SCHLECHTER

ORCMIDACÉES DE MADAGASCAR

11, pétale ; 1*2. labelle : 13, gynostège avec la partie basale de l’épe­

tello in ligulam linearem producto ; anthera reniformi-cucullata, glabra ; polliniis pyriformibus, substipitatis, glandulis
2 separatis oblique oblongis ; ovario cum pedicello curvato,
glabro, c. 5 mm. longo.
Sur les arbustes. Bois sablonneux, secs, Manongarivo (Ambongo). — N° 967a, novembre 1903.
A première vue, l’espèce ressemble bien à l'/l. calceolus
Thou., mais la forme de son labelle est tout à fait différente
de celle de cette autre espèce.

ron et du labelle ; 1 1 , gynostège, partie supérieure ; 15, gynostège,
partie supérieure, vue en dessus.
ANGRÆCUM Bory.
Il est évident que le genre Angræcum Bory renferm e actuel­
lement une foule d ’espèces nullem ent voisines. Plusieurs fois
déjà on a tenté de subdiviser ce groupem ent hétérogène,
mais on ne semble pas avoir encore réellem ent réussi. Je
crains qu’on n'ait généralem ent attribué une trop grande valeur
générique à la structure des pollinaires, car souvent on a
placé des espèces très voisines dans des genres différents, à
cause de ce caractère. Ce qui nous m anque, c’est une nouvelle
classification des genres Angræcum et voisins. Il y a six ans,
M. Finet a publié une étude dans cet ordre d'idées, mais, à
notre avis, sans grand succès. Il a été amené fréquem m ent à
séparer des espèces voisines. En somme, nous pouvons dire
que pour le moment il n ’v a pas de classification naturelle des
Angræcum ; et c'est pourquoi j'ai traité toutes les espèces
suivantes comme A ngræ cum , en dépit de la conviction où je
suis qu'elles doivent appartenir à plusieurs genres.
A.

ambongense Schltr. n.

sp.

Epiphyticum, gracile ; radicibus filiformibus, glabris ; caule
valde abbreviato, 4-6-foliato ; foliis ligulatis, apice valde inaequaliter bilobulatis, 8-11 cm. longis, medio fere 1,2-1,5 cm.
latis ; pedunculis filiformibus, arcuatis, perlaxe 4-7-fïoris,
usque ad 17 cm. longis ; bracteis parvulis cucullatis, ovario
pedicellatom ulto brevioribus ; floribus in genere inter m inores,
glabris ; sepalis patentibus, oblongis, obtusis, 5 ,5m m . longis,
lateralibus obliquis ; petalis sepalis sim ilibus, obtusis, basin
versus paulo angustatis, quam sepala paulo augustioribus ;
labello quadrato, antice retuso cum apiculo m inuto, 5 mm.
longo ; antice 4 mm. lato, basi m argine utrinque lobo parvo
suborbiculari aucto, calcare cylindrico, obtuso, adscendente,
c. 8 mm. longo ; columna perbrevi, auriculis quadratis, ros-

Planche XXI. — 9, fleur; 1*2, sépale médian; 11, sépale latéral;
* , pétale ; 13, labelle ; 14, gynostège, vue de dessus ; 15, anthère;
16, pollinaires.
12

A.

calceolus Thou.,

Orch. Ilesafr. A. 78.

Bois de l’Andranomalaza. — N° 34.
Cette espèce est répandue aussi aux Comores et à la Réunion.
Dernièrem ent j ’ai reçu plusieurs fois la plante de Madagascar,
quoique Ridley ne la mentionne pas dans sa liste des Orchidacées malgaches.
A.

chloranthum Schltr.

n. sp.

Epiphyticum , verosimiliter subacaule; foliis lineari-ligulatis,
apice inaequaliter bilobulatis, c. 30 cm. longis, medio fere 22,3 cm. latis; pedunculis brevibus laxe 2-3-floris, c. 4-5 cm,
longis; bracteis ovalibus, ovario gracillime pedicellatomultoties
brevioribus ; floribus in genere mediocribus, glabris ; sepalis
lanceolatis, subacutis, 1,2 cm. longis, lateralibus obliquis;
petalis oblique lanceolato-ligulatis, subacutis, sepalis subaequilongis ; labello perlate ovato, acuminato, concavo, 1,2 cm.
longo, infra medium 8 mm. lato ; calcare subfiliformi, arcuatoadscendente, c. 2 cm. longo ; columna valde abbreviata, auricu­
lis quadratis, antice quadrato-obtusissimis ; polliniis globosis,
stipitibus oblanceolatis, glandulis verosimiliter separatis, ova­
rio cum pedicello filiformi, glabro, c. 8 cm. longo.
A nalam azoatra, 800 m. ait. — N° 79.

�190

R. SCIILECHTEK

Fleurs verdâtres, feuilles distiques.
La plante a très probablem ent le port de l ’A ngræ cum
huntleyoiiles Schltr., dont elle se rapproche beaucoup p a rla
structure florale, mais dont elle est aussi bien séparée par des
tiges à 2 ou 3 fleurs.
Planche XXIII. — 16, fleur; 17, sépale médian; 18, sépale laté­
ral ; 19, pétale ; '2 0 , la belle ; 2 1 , gynostège; 2 2 , pollinaires.

Angræcum citratum

Thou., Orch. Iles A fr., t. 61,

Bois, 100 m. altitude ; bassin du M atitana. — N° 1, octobre
1911.
Fleurs blanches. Epidendre sur la base des arbres et des
arbustes.
Cette jolie plante est introduite depuis quelque tem ps dans
les serres de l’Europe et on peut lav o ir déjà en Heurs, chaque
année, dans plusieurs collections. Elle peut être facilem ent
reconnue à la couleur blanc-jaunâtre de ses fleurs.

A. confusum Schltr.

n. sp.

Saxicolum vel epiphyticum ; caille elongato, 12-30 cm .
longo, dense foliato, 6-7 mm. diam etro, vaginis foliorum
omnino obtecto; foliis plus minus patentibus, linearibus,
inaequaliter et obtuse bilobulatis, 10-16 cm. longis, medio
fere 1-1,5 cm. latis ; pedunculis basi vaginatis, unifloris,
4-5 cm. longis, glabris; bractea am plectente, apiculata, ovario circa 4-5-plo-breviore ; flore in généré mediocri, glabro ;
sepalis ligulatis, obtusiusculis, c. 2,1 cm. longis, intermedio
erecto, lateralibus obliquis, deflexis: petalis auguste ligula­
tis, subacutis, obliquis, decurvis, sepalis subaequilongis ;
labello e ungue lineari rhom bo-lanceolato, acuto, ante
ostium calcaris carina brevi ornato, 2 cm. longo, medio fere
6 mm. lato, calcare filiformi, curvato, acuto, c. 1 1 cm. longo;
columna crassiuscula, brevi, auriculis quadratis, obtusissim is ;
ovario cum pedicello gracili, glabro, c. 7 cm. longo.
Sur les rocailles, vers 600 m. ait., M anongarivo. N° 77.

ORCHIDACÉES DE MADAGASCAR

191

Sur les rocailles, et parfois aussi sur les troncs, de 6001000 m. a it., où il est rem placé par les espèces voisines.
M assif du M anongarivo. — N° 32, m ars 1909.
L ’A. recurvum Thou. et VA. rectum Thou. ont, je le crains
bien, été, en ces derniers tem ps, m élangés par divers auteurs,
qui les ont regardés comme des formes ou des variétés d’une
espèce polym orphe. Les m atériaux que j'ai étudiés dans plu­
sieurs collections m 'ont convaincu que nous avons une série
d ’espèces dilférentes et bien distinctes. E t cette opinion est
corroborée par les rem arques de M. Terrier de la Bâthie, qui,
en bon observateur, dit lui-même que les espèces différentes
sont endém iques à des altitudes différentes.

12

Planches XIV. — 9, fleurs ; 10, sépale médian; 1 1 , sépale latéral ;
, pétale ; 13, labelle et partie inférieure de l’éperon; 14, gynostège.

A. defoliatum Schltr.

n. sp.

Epiphyticum , aphyllum , scandens ; radicibus patentibus
filiformibus, flexuosis, glabris; caule rigido, elongato, vaginis
am plectentibus, breviter cuspidatis, sublente verruculosis,
c. 5 mm. distantibus obsesso, 2-2,5 mm. diam etro; racemis
patentibus, 1-2 cm. longis, subdense 8-15 floris ; bracteis
m inutis, ovario pedicellato m ultoties brevioribus ; lloribus in
genere inter minores, patentibus, glabris, illis A. apliylli
Thou. m inoribus ; sepalis oblongis, 2,5 mm. longis, interm e­
dio obtuso, lateralibus obliquis, apiculatis ; petalis oblique
oblongis obtusis, qunm sepala paulo brevioribus ; labello
circuitu lanceolato, acuto, basi m argine utrinque lobo sem iorbiculari aucto, 2 mm. longo, calcare e basi infundibulari
cylindrico, apice am pliato obtuso ham ato, c. 5 mm. longo,
colum na sem itereti, glabra, rostello triangulo exciso ; anthera
ovato-cucullata ; ovario cum pedicello gracili, c, 3,5 mm.
longo.
Bois secs de M anongarivo. — N° 22.
11 est surprenant que cette espèce, qui évidem ment n ’est
pas rare à M adagascar, ait toujours été confondue avec

�A n n a l e s d u M u s é e C o l o n i a l de M a r s e i l l e , 3 • S é r i e , v o l. I i g i 3

11)2

P l a n c h e 1.

R. SCI1LECHTER

.1. ap h i/l lu ni Thou. dont elle ditFère par la forme du labelle
et de l'éperon.
Planche XX. — A, planche : I, Heur ; 2, sépale médian; 3,
sépale latéral ; 1, pétale ; 5, labelle ; 6 , gynostège ; 7, anthère.

Angræcum divitiflorum Sckltr.

n. sp.

Epiphvticum, pusillum; radicibus filiformibus llexuosis, glabris ; caule valde abbreviato, subnullo; foliis 2-4, erectopatentibus, oblongo-ligulatis, inaequaliter et obtuse bilobulatis, basin versus sensim paulo angustatis, 3-5, 5 cm. longis
medio fere 6-11 mm. latis ; racemis erectis vel erecto-patentibus, dense multilloris, usque supra basin floriferis, folia longitudine paulo excedentibus ; bracteis parvulis, obtusis,
ovario multoties brevioribus ; floribus in généré m inutis,
glabris; sepalis ellipticis, obtusis, 1,75 mm. longis, lateralibus obliquis ; petalis oblique ellipticis, obtusiusculis, quam
sepala subaequilongis ; labello suborbiculari, brevissim e
subacuminato, 1,75 mm. longo, medio 2 mm. lato, calcare
cylindrico, obtuso, apicem versus paulo dilatato, 2 mm.
longo; ovario cum pedicello glabro, c. 2,5 mm. longo.
Bois rocailleux, calcaires. Tampoketsa (Am bongo). —
N° 1774, septembre 1004.
Une espèce bien distincte par ses inflorescences denses et à
petites fleurs, Elle est évidemment voisine de VA. p u sillu m
Ldi. de l ’Afrique du Sud.
Planche XXII. — A, plante : 1, lleur; 2, sépale médian ; 3,
sépale latéral ; 4. pétale ; 5, labelle.

A. dolichorhizum Schltr. n.

sp.

Epiphvticum, aphyllum ; radicibus filiformibus elongatis,
flexuosis, glabris, c. I mm. diametro, caule subnullo ; pedunculis abbreviatis, densius 4-8-floris, c. 5-8 mm. longis ;
bracteis o\alibus, acutis, ovario pedicellato m ultoties brevioribus; floribus in genere inter minores, illis A. micro-

Photolypie SADAG, Bellegarde (Aio)

�A n n a l e s d u M u s é e C o l o n i a l de M a r s e i l l e , 3 • S é r i e , vol. I i g i 3

P lanche II.

Phototypie SADAG, Belleg&amp;rde (Ain)

�A n n a l e s d u M u s é e C o l o n i a l de M a r s e i l l e , 3* S é r i e , v o l . I i g i 3

P la n ch e I I I .

A. 1 - 6 C y n o s o r c h is b o in a n a Schltr. — B. 7 - 1 2 b G y n o so rc h is tr y p h io id e s Schltr.
C. i 3 - 2 o C y n o s o r c h is o r c h io id e s Schltr.
Phototypie SADAG, Bellefinie (Ain)

�A n n a l e s d u M u s é e C o l o n i a l de M a r s e i l l e , 3 ' S é r i e , vol. I i g

j3

P lanche IV .

Phototypie SADAG. Bellegtrde (Aid)

�A n n a l e s d u M u s é e C o l o n i a l de M a r s e i l l e , 3 e S é r i e , vol. I i g i 3

P l a n c h e V.

7. D is p e r is P e r r i e r i Schltr.

Phototypie SADAG, B«tlesirde (Ain)

�A n n a le s du M u s ée C olo nia l de M a r seille. 3 e S é r i e , T . 1.

A.

1-7

P lanch e VJ.

Z e u x in e m a d a g a s c a r i e n s i s S ch l t r . — B. 8 - 1 4 P la ty le p is P e r r ie r ii S c h h r
i 5 - 2 i C h e ir o s ty lis g y m n o c h ilo id e s Rchb.

�A n n a l e s d u M u s é e C o l o n i a l d e M a r s e i l l e , 3 e S é r i e , vol. I i g i 3

P la n ch e V II.

A. 1 - 6 L i p a r i s P e r r i e r i Schltr. — B. y - i 3 M ic r o s ty lis p h y s u r o i d e s Schltr.

Phototypie SADAG, Bellesaide (Ain)

�A n n a le s du M u s é e C o lo n ia l de M a r s e ille , 3 e S é r i e T . I.

P la n ch e VIII .

A. i h P o l y s t a c h y a H e c k e l i a n a Schltr. — B. 7 - 1 3 P o l y s t a c h y a a u r a n t i a c a Schltr.

�A n n a l e s d u M u s é e C o l o n i a l de M a r s e i l l e , 3 e S é r i e , vol.

/ igi3

P lanche I X .

Phototrpie S A D A G» Bellegarde (Ain)

�A n n a le s du M u sée C o lo n ia l de M a r se ille . 3 e S é r i é , T . I.

E u l o p h i a p s e u d o - r a m o s a Schltr.

P la n ch e X

�A n n a l e s d u M u s é e C o l o n i a l d e M a r s e i l l e , 3 e S é r i é , T . I.

E u l o p h i a P e r r i e r i i S ch l t r .

P la n ch e X I .

�A. 1 - 6 E u l o p h i a q u a d r i l o b a Schltr. — B.

7-13

E u l o p h i a M e d e m ia e Schltr.

���A n n a l e s d u M u s é e C o l o n i a l d e M a r s e i l l e , 3 ' S é r i e , vol. I i g i 3

P la n ch e X V .

A. 1-8 B u l b o p h y l l u m P e r r i e r i Schltr. — B. 9 - 1 5 B u l b o p h y l l u m m u s c ic o la Schltr.
16-23 B u l b o p h y l l u m J u m e l l e a n u m Schltr.

Phototypie SADAG, Belltgudt (Ain)

�A n n a l e s d u M u s é e C o l o n i a l d e M a r s e i l l e . 3 e S e n e . T . J.

A.

1-7

P lanche X V I

C y m b id iu m c a l c a r a t u m Schltr — 8 - 1 4 E u l o p h i a J u m e l l e a n a Schhr
i 5 - 2 Q E u l o p h i a c a m p o r u m Schltr.

�A n n a le s du M u s ée C o lo n ia l de M a r se ille . 3 e S é r ié . T . I.

P la n c h e X V II.

A. 1 - 8 E u l o p h i d i u m b o in e n s e S c h lt r . — 9 - 1 4 E u l o p h i d i u m a m b o n g e n s e S c h l t r

�A n n a le s du M usée C olonial de M a r s e ille . 3 e S é r ie . T . 1.

Œ o n i a r o b u s t a Schltr.

P la n c h e X V I I I .

���A n n a le s du M u s ee C olonial de M a r se ille . ?« S é r ie . T . I .

A

1-8

P la n c h e X X I .

A n g r a e c u m m y r i a n t h u m S c h lt r . — 9 - 1 6 A n g r a e c u m a m b o n g e n s e S c h l t r .
1 7 - 2 3 A n g r a e c u m P e r r i e r i i S c h lt r .

�A n n a le s du M usée C olonial de M a r s e ille . 3 e S é r ie . T . 1.

P la n c h e X X I I .

A. i-3 A n g r a e c u m d iv itiflo ru m S c h lt r . — B. 6 - 1 2 A n g r a e c u m o b lig a n th u m S c h lt r .
1 3 - 1S A n g r a e c u m m a c r o c e n t r o n S c h lt r .

�A n n a le s d u M u s é e C o lo n ia l d e M a r s e il le . 3 « S é r i e T .

A. 1 - 7 A n g r e a c u m p o t a m o p h i l u m S c h l t r
16 - 2 2

/.

P la n c h e X X I I I .

— 8 - 1 5 A n g r a e c u m p u lc h e llu m S c h lt r .
A n g r a e c u m c h l o r a n t h u m S c h lt r .

�A n n a le s du M u s é e C olo n ia l de M a r s e ille . 3 e S é r i é , T . I.

P la n c h e X X I V .

A. i- 8 . A n g r a e c u m J u m e l l e a n u m S c h l t r . — 9 - 1 5 . A n g r a e c u m m a ja le S c h l t r
16- 22 A n g r a e c u m lig n o s u m S c h lt r .

�ORCHIDACÉES DE MADAGASCAR

193

petali Schltr. sim ilibus, glabris ; sepalis ovalibus, obtusiusculis, 3,5 mm. longis, lateralibus obliquis, basi m argine
anteriore valde am pliatis ; petalis oblique oblongis, obtusis,
apice attenuatis, 2 mm. longis ; labello ovato-lanceolato,
acuto, c. 2 mm. longo, basi callis 2 ante ostium calcaris
ornato, calcare cylindrico, obtuso, lateraliter paulo compresso,
c. 7 mm. longo; colum na perbrevi, clinandrio satis alto, rostello forcipato ; polliniis globosis, stipitibus linearibus basi
connatis, glandula oblongoidea, mediocri ; ovario cum pedicello c. 8 mm. longo, glabro.
Sur les arbustes, 1.000 m. ait. ; M anongarivo. — N° 12.
Sans bulbes ni feuilles ; axe de l'inflorescence, pédoncule
et ovaire rose carm in.
Sans doute cette espèce est bien voisine de VA. micropetalum Schltr. de l’Afrique occidentale. Elle est un des exem ples
qui dém ontrent qu'on ne doit pas attribuer autant de valeur
q u ’on en a l’habitude aux pollinaires, parce que ici nous
avons le stipe bifide des Listrostachys tandis que l’autre a le
stipe des vrais A ngræ cum .
Planche XX. — B, plante : 8, lleur ; 9, sépale médian ; 10,
sépale latéral; 11, pétale; 1:2-13, la belle ; 14, gynostège ; 15,
anthère.
A. eburneum Bory, Voyages
Brongniartianum Schltr. comb.

I (1804), p. 359, t. 19, var.
nov.

A . B rongniartianum Rchb. f., in Linden, Pescatorea, t. 16.
Sam birano et les environs du m assif de M anongarivo, sur
les rocailles, souvent sur les arbres, 400 m. ait. — N° 31,
m ars 1909.
Souche souvent repliée sur elle-m êm e; 10-12 feuilles
dressées, raides, à port de Yucca; ham pe dressée, atteignant
1 m. de longueur; inflorescences 1-3 par p la n te ; fleurs
blanches, l’éperon verdâtre.
Cette plante ne peut pas être distinguée spécifiquement de
Y Angræcum superbum Thouars, ni de l'A. comorense
K raenzl., qui, à mon avis ne sont que des formes d'une
espèce com m une.
A n n a le s du M usée c o lo n ia l

de

M a r s e i l l e . — 3' sé rie , l* r vo l. 1913.

13

�101

ORCIIIDACfiES DE MADAGASCAR

R. SCHLECHTER

Angræcum mauritianum (Lam.)

Schltr. comb. nov.

Orchis mauritiana Lam. Encycl. IV, p. 502.
Angraecum gladifolium Tliou. Orch. Iles A fr., t. 53.
Bois, 800 m. ait., A nalam azaotra. — N °81.
Fleurs blanc verdâtre.
Cette espèce, plus connue sous le nom d '/l. gladiifolium
Thou., a été récemment transportée par l'in e t dans le genre
Macroplectron Pfitz., qui me paraît un mélange sem blable
aux Listrostachi/s Bchb. f. et aux M ystacidium des auteurs
modernes.

A. Jumelleanum Schltr.

n. sp.

Epiphyticnm , pumilum, 7-11 cm. altum ; radicibus (iliformibus, flexuosis, glabris; caule simplici, stricto vel substricto
perdense foliato, c. 3 mm. diam etro; foliis patentibus, oblongoligulatis, obtuse et inaequaliter bilobatis. crassius coriaceis,
1-1,6 cm. longis, medio fere 5-0 mm. latis ; pedunculis
abbreviatis, vaginis paucis obtectis, unifions ; bractea vaginis
simili, ovario multo breviore ; flore in généré mediocri, glabro, illo .1. recurvi Thou. sim ili; sepalis ligulatis, subacutis,
1,3 cm. longis, lateralibus obliquis, decurvis; petalis sepalis
similibus et subaequilongis, tèxtura tenuioribus ; labello
obovato-elliptico, obtusiusculo, ante ostium calcaris carinula
vel callo brevi decurrente ornato, 1,3 cm. longo, supra
medium 7 mm. lato, calcare filiformi, llexuoso, glabro,
c. 11 cm. longo; columna brevi, glabra, carnosula, auriculis
quadratis tru n catis; polliniis oblique obovoideis, stipitibus
subnullis, glandulis 2 separatis semirhom beis, satis m agnis;
ovario cum pedicello glabro, c. 2 cm. longo.
Analamazaotra, c. 800 m. ait. — N° 14.
Fleurs blanches.
Cette plante est la plus petite des espèces qui s’approchent
de VA. recurvum Thou. On la peut facilement reconnaître
à ses feuilles petites et épaisses, et à la forme du labelle.
Flanche XXIV. — A, plante : I, fleurs; 2, sépale médian ; 3,
sépale latéral; 4, pétale; 5, labelle ; 0-7, gvnostège ; 8, pollinaires.

195

A . l i g n o s u m Schltr. n. sp.
Saxicolum, erectum , Fide collectons usque ad 150 cm.
altum , ram osum ; caule lignoso, dense foliato, 7-8 mm. dia­
m etro, vaginis foliorum omnino obtecto ; foliis patentibus vel
erecto-patentibus, oblongo-ligulatis, obtuse et inaequaliter
bilobulatis, dorso nervo medio carinatis, 4,5-6 cm. longis,
medio fere 1,5-1,8 cm. la tis ; pedunculis abbreviatis, vagi­
nis am plectentibus obtecto, unifloro, c. 2 cm. longo; brac­
tea cucullata, ovario pedicellato multo breviore ; flore in gé­
néré inter m ajores, glabro ; sepalis ligulatis, obtusiusculis,
3,6 cm. longis, lateralibus obliquis ; petalis sepalis sim ilibus
et fere aequim agnis, obliquis ; labello lanceolato-elliptico,
acuto vel acum inato, basi cuneato-angustato. dimidio inferiore nervo medio superne carinato-incrassato, 3.5 cm.
longo, medio fere 1 cm. lato, calcare filiformi, curvato, gla­
bro, c. 10 cm. longo; colum na crassa, brevi, glabra. auriculis
oblique quadratis, antice tru n catis; polliniis globosis, slipite
subnullo, glandulis 2 separatis, oblique ellipticis. acutis; ova­
rio pedicellato cylindrico, glabro, c. 5 cm. longo.
Sur les rocailles m ousseuses; 1.400 m. ait. A m bositra.
— N° 92.
Evidem m ent cette espèce a été quelquefois regardée comme
une variété de l'A . recurvum Thou. dont elle se rapproche par
ses caractères ; mais elle est bien distincte par son port et
par ses fleurs.
Planche X X IV .— 16, fleur; 17, sépale médian ; 18, sépale latéral ;
pétale; 20, labelle ; 2, gynostège ; 22, pollinoires.

17,

A. m a c r o c e n t r u m Schltr. n. sp.
Epiphvticum , subacaule ; foliis paucis falcato-ligulatis, circa
20 cm. longis, medio 3-3, 5 cm. latis ; racemis pendulis, laxe
15-25-floris, circa 30 cm. longis ; bracteis cucullatis, valde
abbreviatis, obtusissim is ; floribus in généré vix inter médio­
cres, glabris ; sepalis oblongo-ligulatis, obtusis, 8 mm. lon­
gis, lateralibus obliquis, recurvis ; petalis recurvis, sepalis

�196

R. «SCHLECHTER

lateralibus bene similibus et subaequim agnis ; labello oblongo, apiculato, dimidio anteriore paulo angustato, petalis
aequilongo, calcare dépendante cylindrico apicem versus
subampliato, obtuso, 5,5-6 cm. longo ; colum na abbreviata,
clinandrio dorso bene alto, carnoso, rostello subulato, ut videtur indiviso ; ovario pedicellato glabro, c. S mm. longo.
Montagnes duSam birano, 1.000 m. ait. — N° 93.
Plante isolée, sans tubercules, à feuilles coriaces ; hampe
insérée à la base des feuilles, pendante ; fleurs blanches, l'ex­
trémité de l'éperon rosée.
Cette espèce n’est m alheureusem ent représentée que par
une feuille, une hampe jeune non développée et une fleur.
L'espèce est très distincte et paraît voisine de P A . stylo su m
Rchb. f. ; mais elle a des fleurs beaucoup plus petites.
Planche XXV. — 13, Heur ; 11, sépale médian ; 15,sépale latéral;
16, pétale; 17, labelle; 18, gynostège.

Angraecum majale Schltr. n. sp.
Epiphyticum, c. 15 cm. longum, sim plex; radicibus liliformibus, glabris, flexuosis; caule sim plici, dense foliato, vaginis
foliorum omnino obtecto, 2-3 mm. diam etro ; foliis p atentibus ligulatis, inaequaliter et obtuse bilobulatis, 2,5-4 cm. longis, medio fere 5-7 mm. latis, pedunculis abbreviatis, vaginis
paucis amplectentibus absconditis, c. 1 cm. longis, unifloris ;
bractea lanceolata, ovario pedicellato m ulto breviore ; flore
in généré inter médiocres, glabro ; sepalis ligulatis, obtusiusculis, c. 1, 6 cm. longis, lateralibus obliquis decurvis; p e ta ­
lis sepalis lateralibus similibus et subaequim agnis, decurvis,
obliquis; labello pandurato-ligulato, medio distincte angustato,
acuto, dimidio inferiore nervo medio carinato-incrassato,
1,6 cm. longo, infra et supra medium 5 mm. lato, calcare fîliformi, apice incurvulo, c. 12 cm. longo, g lab ro ; colum na
brevi, auriculis rhombeis, antice truncatis ; polliniis globosis,
stipite subnullo, glandulis 2 separatis oblique ellipticis, subacutis, ovario pedicellato glabro, c. 3 cm. longo.
Sur les troncs, vers 1.500 m . ait. ; M anongarivo. — N° 88,
mai 1909.

O R C H ID A C É E S D E M A D A G A SC A R

197

C’est la quatrièm e espèce de la collection qui se rapproche
de l’A. recurvum Thou. Elle est facilem ent reconnaissable à
la forme du labelle.
Planche XXIV. — 9, fleurs ; 10, sépale médian ; 11, sépale laté­
ral ; 12, pétale; 13, labelle; 11, gynostège; 15, pollinaires.

A.

m yrianthum Schltr. n. sp.

E piphyticum , gracile, circa 25 cm ., altum ; caule abbreviato, dense foliato; radicibus filiformibus, flexuosis, glabris;
foliis erecto-patentibus, linearibus, obtuse et valde inaequa­
liter bilobulatis, glabris, 12-1 8 cm. longis, medio fere 7-9 mm.
latis; racemis num erosis, erectis vel suberectis, usque supra
basin floriferis densius m ultilloris, folia excedentibus ; bracteis hyalinis, ovarium fere æ quantibus; floribus m inutis, gla­
bris, illos A. p u silli Ldi. in mentem revocantibus ; sepalis
ovato-lanceolatis, acutis, 2 m m. longis, lateralibus obliquis;
petalis oblique lanceolatis, acutis, 5 mm. longis ; labello ovatolanceolato, acum inato, sepalis aequilongo; calcare conico subacuto, basi leviter contracto, 0,75 mm. longo; columna brevi,
glabra, rostello profunde em arginato ; anthera quadrato-cucullata, glabra, polliniis oblique obovoideis, stipite lineari, singulo, glandula parvula sem ilunata; ovario cum pedicello clavato incurvulo, 2 m m . longo.
Bois secs du M enarandra. — i\° 22.
L ’une des rares Orchidées du sud de M adagascar. Une
espèce très distincte, qui doit être placée à côté de l'A. pusillum Ldi. et de l'A . Burchellii. Ldi. de l'A frique du Sud.
Elle est facilement reconnaissable à ses tiges longues et m ultiflores.
Planche XXL — A, plantes; 1, Heur; 2, sépale médian; 3,
sépale latéral ; 4, pétale; 5, labelle; 6, gynostège ; 7, anthère; 8,
pollinaire.

A. oliganthum

Schltr. n. sp.

E piphyticum , pusillum , subacaule, 5-6 cm. altum ; radici-

�198

II. SCIILECHTER

bus filiforniibus, flexuosis, glabris; caule subnullo; fol iis 4-7,
erecto-patentibus, ligulatis, inaequaliter et obtuse bilobulatis,
glabris, 7-6 cm. longis, medio fere 8-10 m m . latis ; racemo
ut videtur patulo, taxe 8-1.7 lloro, usque ad 10 cm. longo;
bracteis ovalibus, ovario paulo brevioribus ; floribus m inutis,
glabris; sepalis oblougis, obtusis, 2,7 mm. longis, lateralibus
obliquis ; petalis oblongo-ellipticis, obtusiusculis, obliquis,
sepalis subaequilongis ; labello elliptico, acuto, 2,5 mm. longo,
medio fere 1,7 mm. lato, calcare subclavato, obtuso, 1,25 mm.
longo ; columna brevi, glabra, rostello subulato ; polliniis
subglobosis, stipite lineari antice a tten u ato , glandula parvula rotundata ; ovario pedicellato, cylindraceo, glabro, c.
1,5 mm. longo.
Sur les arbustes ; forêts sèches de M anongarivo. — N° 82,
juin 1909.
Comme la précédente, cette espèce paraît voisine des
.4. p usillam Ldi. et A . B urchellü Ldi. de l ’A frique du Sud.
Elle est caractérisée par ses tiges lâches, qui, contrairem ent
à celle à'A. m y ria n th u m S chltr., ne portent que 8-15 Heurs.
Planche XXII. — B, plante : 6, lleur; 7, sépale médian ; 8,
sépale latéral ; 9, pétale ; 10, label le ; 1 1, gynostège ; 1*2, pollinaire.

Angraecum parviflorum

Thou., Orch. Iles A u str. A fr.,
t. 60, M anongarivo, 1.000 m. ait. — N° 25.
Fleurs blanc-vert pâle.
La plante correspond très bien à l’espèce de Thouars.
M alheureusement la pauvreté des m atériaux ne m ’a pas p er­
mis de voir les pollinaires, que F inet n'a pas vues davantage.

A. Perrieri

(Finet) Schltr.

Baphidorrhynchus Perrieri Finet.
Sur les ram eaux des arbustes ; bois taillis secs, M evatanana. — N° 58, octobre 1894.
La plante est le type de l'espèce décrite par F inet ; mais
je ne peux accepter la définition du genre Baphiclorrhync/ius
de ce botaniste.

O llC lIID A C É E S

A. physophorum

Rchb.

f.,

199

D E M A D A G A SC A R

OA. Bot. Ham b.

(1881),

p.

77.

Sur les troncs ; bois rocailleux secs. Tam poketsa (Ambongo).
— N° H 71, septem bre 1904.
La plante est voisine de FA . micropetalum Schltr. et de
VA. Perrieri (Finet) S chltr., su rto u t de la prem ière.
Planche XX. — C, plante : 17, fleur ; 18, sépale médian ; 19,
sépale latéral ; 20, pétale ; 21, labelle.

A. potamophilum

Schltr. n. sp.

Epiphyticum , erectum , breve, 12-18 cm. altum ; radicibus
flexuosis, glabris ; caule abbreviato, 4-6-foliato, 6-8 mm.
diam etro ; foliis erecto-patentibus, carnosulis, strictis, apice
inaequaliter obtusis, 12-17 cm. longis, medio fere 5-8 mm. latis ;
pedunculo brevi, carnosulo, glabro, usque ad 5 cm. longo,
3-5-floro ; bracteis deltoideis, ovario pedicellato m ulto brevioribus ; floribus suberectis, in généré m ediocribus, glabris ;
sepalis lanceolatis, acutis, 1,7 cm. longis, lateralibus obliquis
basi decurrente breviter connatis ; petalis oblique lanceolatis,
acutis, quam sepala subaequilongis ; labello ovato-elliptico,
acum inato, sepalis subaequilongo, medio fere, 9 m m . lato ;
calcare fîliformi, acuto, c. 8 cm. longo ; colum na brevi, g la ­
bra, rostello triangulo ; polliniis glabris, stipitibus linearibus
brevibus separatis, glandulae ellipticae aflixis ; ovario cum
pedicello glabro, c. 1 cm. longo.
Sur les Eugenia, bords des cours d ’eau. M orataitra, rive
droite de la Betsiboka. — N° 834, novem bre 1899.
P ar son port, la plante se rapproche de 1\1. rhipsalisocium
R. f. d ’A frique, mais elle a des fleurs plus grandes et un
éperon beaucoup plus long. Les pollinaires sont aussi bien
différentes.
Planche XXIII. — A, plante : 1, lleur; 2, sépale médian; 3,
sépale latéral ; 4, pétale ; 5, labelle ; 6, gynostège ; 7, pollinaires.

A. praestans Schltr.

n. sp.

Epiphyticum , validum ; foliis lorato-ligulatis, inaequaliter

�200

ORCHID ÂGÉES DE MADAGASCAR

R. SCIILECHTER

et obtuse bilobulatis, oarnosulis, 25-30 cm. longis, medio vel
supra 2,2-3 cm. latis; racemis distichis laxe 8-10-floris, c. 1520 cm. longis; bracteis cucullato-deltoideis, apiculatis, ovario
pedicellato multo brevioribus ; floribus in généré m agnis, illis
*1. Leonis Rchb. f. sim ilibus et fere aequim agnis, glabris ;
sepalis lanceolatis, acum inatis c. 4 cm. longis lateralibus
obliquis, basi decurrenti-auriculatis; petalis sepalis sim ilibus
et fere aequim agnis, obliquis ; labello rhom beo-elliptico,
acuminato, c. 4 cm. longo, supra medium 2,2 cm. lato; calcare
e basi infundibulari filiformi, incurvo, c. 0 cm. longo ;
columna brevi glabra, rostello dentiform i ; polliniis oblique
quadratis, stipitibus perbrevibus separatis, glandulis 2 separatis ellipticis ; ovario cum pedicello cylindrico, glabro, c.
3 cm. 5 longo.
Sur les tam ariniers, bords du lac Ivinkonv. — N° 1450, mai
1909.
Evidem m ent cette espèce est voisine de P A Leonis Rchb.
f., qui en diffère cependant par ses feuilles.
Planche XXI. — 17, sépale médian; 18, pétale; 19, sépale laté­
ral; 20, labelle; 21-22, gynostège; 22, pollinaires.

Angraecum pulchellum

Schltr. n. sp.

Epiphvticum . subacaule; radicibus flexuosis g lab ris; caule
valde abbreviato, subnullo; foliis patentibus vel erecto-patentibus, oblique oblongis, basin versus sensim paulo angustatis,
apice valde inaequaliter et obtuse bilobatis, 6-15 cm. longis,
medio vel supra 2,5-5 cm. latis ; racerno patulo, usque supra
basin laxe 15-20-floro, 20-25 cm. longo, subsecundo ; bracteis
deltoideis, obtusis, ovario m ultoties brevioribus ; floribus in
genere vix inter médiocres, glabris; sepalis oblongis, obtusis,
c. 1 cm. longis, lateralibus obliquis, basin versus sensim
paulo angustatis; petalis oblique oblongis, obtusiusculis, sepa­
lis subaequilongis ; labello oblongo-elliptico, subacuto, sepalis
aequilongo, medio 5 cm. 5 longo, calcare e basi subinfundibulari filiformi, obtuso, dependente cum apice incurvulo,
c. 6 cm. 5 longo; columna brevi, basi atten u ata, rostello
subulato ; anthera globoso-cucullata ; pollininiis globosis,

201

stipite obsubulato, bene longo, simplici, glandula parvula,
ovata ; ovario cum pedicello curvato, glabro, c. 1,1 cm. longo.
Bois rocailleux, sur les arbustes ; plateau d’Antanim ena
(Boina). — N° 59 (type), juin 1906.
Sur les arbustes, bords des torrents, près de Bezofo (Analalava). - N° 38.
Epidendre, sans tubercule; tiges courtes droites ne dépas­
sant pas 10-15 cm.
C ette plante est évidem m ent affine de 151. modestum Hook
f. et des espèces voisines.
Planche XXIII. — F. 8, fleur; 9, sépale médian; 10, sépale
latéral; 11, pétale; 12, labelle; 13, gynostège; 11, anthère; 15,
pollinaire.
Dans la collection se trouvent encore les numéros suivants,
qui doivent appartenir au genre A ngræ cum , mais qui, par
l’absence de fleurs, ou, en raison d'un état trop avancé, ne
peuvent pas être déterm inées spécifiquement.

A. spec.
Sur les troncs d ’arbres; A nalam ahitso, vers 800 m. ait.
— N° 61, Août 1907.
P araît une espèce nouvelle affine d54. peefinalum Tliou.
A. spec.
Bois rocailleux du plateau d ’A ntanim ena. — N° 64, juin
1904; en fruit.
Paraît être voisin de 151. carpophorum Thou.
A. spec.
Sur les troncs d ’arbres; Analam ahitso. — N° 68, août 1907,
en fruit.
L’espèce est probablem ent voisine de 154. modestum Hk. f.,
mais elle est bien plus petite dans toutes ses parties. Les épe­
rons sont filiformes.
A. spec.
A nalam ahitso, 800 m. ait. — N° 69, août 1907, en fruit.
P araît aussi avoir des relations avec 151. carpop/wrum
T hou., mais l'éperon est filiforme et plus long.

�202

R. s c h l e c h t e r

A. speo.
Rocailles ombragées de l’A nalam ahitso, 300 m. ait. — N°
70.
L’échantillon se compose d ’une seule feuille et d ’une petite
partie de l'inflorescence, avec un fruit presque m ûr.
A. spec.
Sur les troncs; A nalam ahitso, 800 m. ait. — N° 71, août
1907; en fruit.
Plante subacaule, avec deux fruits presque m ûrs. La confi­
guration des fleurs n ’est pas reconnaissable. Ce peut même
être une espèce nouvelle d ’A érant fies.
A. spec.
Sur les brindilles sèches des arbustes, vallée du Sam birano.
— N° 80, mars 1907; en fruit.
Très probablement une espèce nouvelle et très distincte, qui
paraît voisine de LA. tenerrim um (Krzl) Schltr.
A. spec.
Bois, au pied des troncs, 1.000 m. ait. M anongarivo. —
N° 87.
La plante a le port des A eranthes, mais sans fleurs ni
fruits; ses feuilles sont longuem ent linéaires.
A. spec.
Rochers boisés des contreforts du Tam poketsa, entre le
Bemarivo et l ’Anjobona. — N° 1827, août 1905, en fruit.
Cette plante représente sans doute une espèce voisine de
LA. recurvum Thou., en fruits presque m ûrs; les diverses
parties de la fleur sont déjà détachées.

LES CULTURES INDIGÈNES
DE LA

RÉGION DU

GRIBINOUI

(AFRIQUE CENTRALE)
Par A. BAUDON
Administrateur des Colonies.

L ’étude systém atique des cultures indigènes africaines offre
un in térêt de prem ier ordre pour l’avenir des Colonies euro­
péennes qui existent dans cette partie du monde et elle s ’im­
pose d ’a u ta n t plus que partout, aussi bien en Europe q u ’en
A m érique, se poursuivent des expériences en vuede l’amélio­
ration des espèces considérées comme les mieux connues.
C’est en elîet ainsi que grâce à des sélectionnem ents m étho­
diques l'on arrive à am éliorer la qualité et augm enter le ren­
dem ent des espèces étudiées, et, si l'on adm et cette nécessité
pour des pays où les cultures sont faites d'une façon ration­
nelle, il en est de même, à plus forte raison, pour celles que
font les noirs par des procédés tout à fait prim itifs. Mais alors
que pour servir de base aux expériences ainsi poursuivies, on
possède ailleurs des renseignem ents nom breux qui facilitent
dans une large mesure les recherches, il n ’e n e stp a s de même
lorsque l'on veut étudier les cultures africaines pour lesquelles
tout est encore à faire. La nécessité d'une pareille étude s'im ­
pose si l’on veut changer la situation m atérielle des noirs qui
p artout est des plus précaire. Aussi, depuis quelques années
déjà, se préoccupe-t-on de cette question dans les différentes
colonies de la Côte d ’Afrique. Des program m es d’études ration­
nelles perm ettant de coordonner les docum ents divers ont
été établis, entre autres par MM. A. Chevalier et deW ildem an,
savants dont la compétence dans les questions d ’agronomie
tropicale est admise partout.

�204

A.

HA li DON

Appelé par mes fonctions h vivre très près des indigènes et
en relations constantes avec eux, je me suis toujours etTorcé,
étant donné l’intérêt de la question, d ’étudier leurs procédés
de culture, les espèces cultivées par eux, leurs variétés, etc.,
et, l’an dernier, dans ces mêmes A nnales, j ’avais publié des
notes recueillies sur ce sujet au cours d ’un précédent séjour au
Moyen Congo. Mais dès en abordant la rédaction de ce
mémoire, je m 'étais rapidem ent aperçu des lacunes exis­
tantes dans les docum ents en ma possession et je n ’avais
pu dès lors produire qu'un travail très incom plet. Devant
repartir peu de tem ps après, j ’avais conçu l’espoir de pouvoir
le compléter et le m ettre au point. Il n ’a pu en être ainsi, car
je fus envoyé dans une région tout à fait distincte de celle où
je résidais précédem m ent, et dans laquelle les cultures indi­
gènes étaient très différentes : Toutefois, il n en dem eurait pas
moins que des élém ents d ’étude analogues me restaient, e tj ai
pu ainsi recueillir une nouvelle série de renseignem ents que je
vais pouvoir produire ici, puisque M. le Professeur Heckel,
avec sa bienveillance habituelle, a accepté encore une fois notre
modeste collaboration, ce dont je lui suis particulièrem ent
reconnaissant.
Les renseignem ents qui vont suivre se rap p o rten t à une
région relativem ent peu étendue comprise entre 6 et 8° de lati­
tude Nord et 16 et 18° de longitude E st, c’est-à-dire le long de
la rivière G ribingui, qui, après sa réunion avec le Bam ingui,
forme le Chari, principal affluent du grand lac centre africain
que forme le Tchad. Bien que souvent décrite par les voya­
geurs et en particulier par M. A. Chevalier dans son bel
ouvrage l'A friq u e centrale française, nous donnerons néan­
moins quelques renseignem ents sur le pays, car ils aideront à
préciser les conditions biologiques dans lesquelles se trouvent
les plantes que nous étudierons.
Située dans la zone tropicale, la région du Gribingui est
soumise aux conditions clim atériques qui caractérisent cette
zone, c’est-à-dire qu ’il y existe deux saisons bien distinctes :
l'une pluvieuse, l’autre sèche. La prem ière peut être considé­
rée comme débutant en m ars par quelques tornades qui

CULTURES INDIGÈNES DE LA RÉGION DU GRIBINGUI

205

sévissent pendant ce mois. Ensuite la sécheresse recommence,
coupée il est vrai de tem ps en tem ps par quelques pluies,
mais ce n ’est en réalité qu'en juin, souvent même en juillet,
qu'elle se fait réellem ent s e n tir.A p a rtird e .e e m oment, lespréeipitations d ’eau consécutives aux tornades, lesquelles débutent
par des coups de vent parfois d ’une violence extrêm e, sont à
peu près journalières et en quelques heures il tombe plusieurs
centim ètres d ’eau. Cette saison pluvieuse dure jusqu'à fin
octobre, et, pendant cette période, l ’on estime qu’il tombe
environ 1 m. 50 d ’eau. En novembre commence alors la saison
sèche qui continue ju sq u ’en m ars sans une goutte d'eau.
D urant cette période la sécheresse est extrêm e et la tem pé­
rature, souvent élevée, est pénible, cela d 'autant plus, que la
brise qui souftle alors est très chaude et dessèche tout. A
chacune de ces périodes correspond uneternpérature différente,
c'est pendant la saison sèche que l ’on a les minirna et les
maxima absolus, les nuits étant très fraîches, froides même,
puisque la tem pérature descend au-dessous de 8° C. alors que
dans la journée elle m onte au-dessus de 40°, principalem ent
en décem bre et janvier. A partir de m ars, lorsque quelques
pluies sont tombées, la tem pérature se régularise, et alors le
therm om ètre n ’oscille plus q u ’entre 18 et 20° le matin et 30 à
38° à m idi; toutefois, en pleine saison des pluies, lorsque les
chutes d ’eau durent longtem ps, la tem pérature diurne n 'a t­
tein t que 18 et 20°, ce qui est peu pour ces régions. Alors que
l ’état hygrom étrique de l’air est très faible en période sèche, il
est au contraireélevé en saison des pluies, ce q u ia une grande
influence sur la végétation. Ce régime de sécheresse extrême
auquel succèdent des pluies abondantes règle naturellem ent la
période des cultures et les récoltes se ressentent fortem ent de
la régularité des saisons, car le manque de pluies ou leur
arrêt prém aturé influe beaucoup sur le rendem ent.
Peu accidenté dans l’ensem ble, le pays ne présente que des
vallonnem ents sans importance et l'altitude moyenne oscille
autour de 445 m ètres au-dessus du niveau de la mer, altitude
qui est celle de F ort Crampel. Un peu partout, surtout dans
l ’est du G ribingui, entre cette rivière et le Bamingui, existent

�20G

A. BÀUDON

des Kaga s s’élevant de 30 à 80 m ètres au-dessus de la région
environnante, le term e
servant à désigner des affleurem ents rocheux, arrondis en dôme (comme le Kaga Bandeiro
à Fort Crampel) ou fortem ent bouleversés et composés de blocs
disloqués et superposés les uns aux autres, comme le Kaga
M Brès, le Kaga M Bra, etc. C esK agas sont à peu près dénu­
dés et com m e végétation possèdent surtout des Sanseviera,
Aloe, Euphorbia et quelques arbustes accrochés dans les anfrac­
tuosités où a pu s'accum uler un peu de terre; leur superficie
est très variable et peut atteindre plusieurs kilom ètres carrés,
mais dans ce cas lesparties dénudées alternent avec les parties
boisées. P artout le sol est argileux avec une teneur en sable
variable, toutefois l'on n'en rencontre pas de nettem ent sablon­
neux ; de vastes espaces sont occupés par des affleurem ents
latéritiques sur lesquels toute végétation disparaît à l’exception
d une petite plante, le Cleorne Chevalier f qui égaie de ses fleurs
claires les taches brun sombre formées par la roche. L’on ne peut
pas dire que le sol soit riche dans l'ensem ble, sauf dans la région
comprise entre le Kaga M Bra et le Kaga Koussem bri, et,
pourtant, les cultures indigènes sont assez prospères au moins
jusqu'au 7°, car plus au Nord, entre le Bam ingui et le Bar Sara,
le sol nettem ent argileux est très pauvre. Sec et aride en saison
sèche, il est couvert par l ’eau sur de vastes espaces pendant
la saison pluvieuse, et la population, du reste assez dissém inée
et peu dense, n'arrive que difficilement à trouver des em pla­
cements pour les semis de sorgho et autres plantes qui servent
à sa nourriture.
Ces conditions clim atériques particulières im prim ent à la
végétation une forme spéciale ; elle consiste dans ce que l ’on
nomme la brousse soudanienne, laquelle est du reste d ’aspect
variable, allant de la plaine herbacée à la petite forêt aux arbres
de faible taille, form ant ainsi une transition entre la grande
forêt équatoriale et la zone quasi-désertique existant plus au
Nord. En avril-m ai, c'est-à-dire lorsque les prem ières pluies
sont tombées, ce qui perm et à la végétation de recom m encer,
l’on voit partout les gram inées qui dom inent se développer et
croître rapidem ent, car ce sont en m ajeure partie des plantes

Kaga

CULTURES INDIGÈNES DE LA RÉGION DU GRIBINGUl

207

vivaces. Des touffes calcinées repartent des pousses vigou­
reuses, soit qu ’il s ’agisse de Ylm perata cylindrica ou de
Eotlhoelia exaltata et de Andropogon fam iliaris. La première
est une plante analogue au chiendent dont les rhizomes traçants
se trouvent ju sq u ’à un m ètre de profondeur et qu’il est bien
difficile de détruire. En octobre, toute cette végétation étant
arrivée à m aturité, les tiges ne tardent pas alors à se dessécher
et c’est en décem bre-janvier que, pour s ’en débarrasser, les
indigènes y m ettent le feu, brûlant tout sur des espaces
imm enses. D om inant la haute brousse formée par les herbes,
des C o m b r e t a c é e s arbustives, quelques L é g u m i n e u s e s , R l b ia c é e s et autres form ent le fond de la végétation ligneuse, laquelle
est surpassée par Daniclla thurifera J. J. Bennett, bel arbre
laissant exsuder un baume odorant ’, et Khaya grandi foliota
C. DG., principaux grands arbres que l’on rencontre dans ces
régions.

La base essentielle d elà nourriture des populations du Chari
et de ces contrées est le sorgho, im proprem ent appelé mil par
les Européens, auquel viennent s ’ajouter chez certaines tribus le
m anioc, chez d ’autres les patates, les ignames et chez tous des
Cucurbitacées, les arachides, les voandzous, etc., ces dernières
principalem ent au début de la saison des pluies. Les cultures
sont variées, et, pour chaque espèce, on rencontre des variétés
assez nom breuses ; il est probable qu’autrefois, elles ne con­
naissaient guère cjue le sorgho, mais que peu à peu, à la suite
des m ouvem ents de populations et des nom breuses incursions
des A rabisants qui venaient rafler des esclaves dans le pays,
des espèces nouvelles ont été introduites, qui se sont super­
posées à celles déjà existantes. Pour certaines espèces, les
indigènes précisent la provenance, et on nous a présenté des

1. Voir E. Heckel : Sur les D a n ie lla de l’Afrique occidentale et sur
leurs produits résineux; leur rapport avec le Ifa m m o u l ou encens du
Soudan français (C. R . .1. S ., 7 avril 1902).

�graines sous le nom de Voandzou de N’. Délé, de Véké de
Senoussi (le terme Véké servant à désigner les fruits d 'H ib is­
cus esculentiis, alors que le Véké de Senoussi n ’est au tre que
celui de Luffa acutangula), de Sorgho des N . Gamas, etc. Dans
la contrée que nous étudions, habitent cote à côte et m élangées
des populations de races différentes et dépendant de deux
groupes ethniques principaux, les Bandas et les M andjias. Ces
groupes sont subdivisés eux-mêmes en un assez grand nom bre
de branches, et chez chacune d’elles, à côté du sorgho, il y a
des cultures variées qui leur sont propres. Chez les N ’Gamas
par exemple, les voandzous et les arachides sont largem ent
cultivés, alors que chez les M andjias proprem ent dits, il n ’y a
guère que du sorgho et dos haricots, chez les M ’Brès, beaucoup
de manioc, de patates, chez les M oroubas, des voandzous et
du manioc, aussi, arrive-t-on en parcourant le pays à constater
une variété de cultures que l’on ne voit pas chez les populations
de la forêt.
A vant d ’étudier en détail chacune de ces cultures, il nous
paraît utile de donner quelques indications générales sur la
façon dont elles sont faites et sur leur im portance. P arto u t il
y a deux sortes de plantations, celles faites aux abords des
cases, toujours de peu d étendue, qui com portent les plantes
les plus diverses, mais en petite quantité, car elles sont des­
tinées à servir aux besoins journaliers d u ran t la période de
pénurie qui coïncide avec la fin de la saison sèche et le
début de celle des pluies. Peu prévoyants par nature, les
indigènes consom m ent aussitôt après la récolte de grandes
quantités de vivres, gaspillent en outre leur sorgho pour faire
de la bière, de telle sorte que, dans la suite, ils en sont réduits
à se contenter de la farine obtenue des graines de Y Icacina
senegalensis, ou des tubercules de Dioscorea spontanés qui
constituent une nourriture médiocre. Les autres plantations,
beaucoup plus étendues et destinées à former les approvision­
nem ents de l ’année, sont constituées presque exclusivem ent de
sorgho et se trouvent en dehors des villages, souvent très
loin, et dans des endroits n ’offrant pas le plus souvent d ’avan­
tages spéciaux, parce que le sol y est analogue à celui qui
avoisine les villages.

CULTURES INDIGÈNES

DE LA RÉGION DU GRIBINGU1

209

Les débroussem ents sont commencés avec la saison des
pluies, c’est-à-dire vers mai, et se prolongent pour certains
retardataires ju sq u ’en septem bre, époque tardive lorsqu'il s’agit
de planter du sorgho, mais qui convient parfaitem ent pour le
sésame dont la période de végétation est courte. Ils consistent
dans l ’arrachage des herbes, leur mise en tas, l’abatage des
arbustes et d’une partie des arbres les plus jeunes lorsqu'ils
sont trop nom breux, la destruction des autres s’obtenant par
l enlèvem ent de l écorce sur une certaine hauteur ou en les
brûlant à la base, ce qui am ène sûrem ent leur m ort, et ta r­
divem ent leur chute. Ce prem ier débroussem ent, qui dure
assez longtem ps, est suivi d ’un deuxièm e pour détruire les
herbes qui ont repoussé. On brûle ensuite tout ce qui avait été
arraché précédem m ent, et, c’est alors que se font les semis, les­
quels, pour les vivres de saison des pluies (maïs, cucurbitacées,
arachides, sorgho hâtif), se font en avril-m ai, les autres étant
renvoyés i\ ju in -juillet. Toutes les graines sont semées en
poquets plus ou moins nourris suivant les espèces (o à 10
graines en général pour le sorgho), espacés de 0 m. 75 environ
dans tous les sens, mais placés irrégulièrem ent. Afin de préser­
ver les sem ences de la rapacité des oiseaux granivores, qui sont
très nom breux au m om ent des sem ailles, alors q u ’en saison
sèche l’on n’en voit que très peu, les M andjias procèdent ainsi :
ils pilent finem ent du charbon de bois q u ’ils arrosent légè­
rem ent au préalable avec de l’eau, puis ils y roulent les graines
qui prennent ainsi une teinte noirâtre voisine de celle du sol,
ce qui, lorsqu’elles sont mal recouvertes, ne perm et pas aux
oiseaux de les distinguer. La mise en terre se fait à l’aide d ’une
petite houe étroite fabriquée dans le pays, laquelle s’emmanche
différemment suivant l’usage auquel elle doit être employée.
Pour débrousser, elle est placée à une dçs extrém ités d ’un
bois coudé très court, qui perm et de s’en servir comme d une
bêche ou d ’une pelle, suivant le côté où elle est emm anchée ;
pour les sem is, l’on se sert au contraire d ’un manche droit et
long qui perm et de faire les poquets sans se courber.
Au m om ent des semailles et ju sq u ’après la germ ination, des
femmes et des enfants restent dans les plantations en faisant
Annales du Musée colonial de Marseille. — 3' série, 1" vol. 1913.

14

�210

A. UAtiDON

du bruit et en allum ant des feux pour effrayer les oiseaux.
Plus tard, lorsque les plantes atteignent un m ètre de hauteur,
et jusqu'à la m aturité, ce sont des hom m es qui veillent
pour écarter les anim aux sauvages et en p articulier les élé­
phants qui, en quelques heures, détruisent une plantation de
vaste étendue, ce qui entraîne la famine pour les m alheureuses
victimes de ces visites. Installés durant la saison des pluies
dans de misérables cases en paille, faisant du feu nuit et jour,
des hommes veillent ainsi pendant trois mois au moins, pour,
à la moindre alerte, effrayer ou au moins ten ter d ’effrayer les
déprédateurs qui pourraient se présenter, et leur vie duran t
cette période est vraim ent pénible. A près que le sorgho est
sorti de terre et qu il atteint une certaine taille, l'on procède à
un sarclage, après lequel l’on sème à la volée des graines de
Cucumeropsis M annii qui rem plissent les espaces vides et l’on
met en place des graines de Phaseolus M ungo de variétés ram ­
pantes. Ces Légum ineuses déjà utiles par leurs produits
entravent en outre le développem ent des m auvaises herbes.
A partir de ce m om ent, l ’on ne s'occupe plus guère des plan­
tations, si ce n'est au m oment où elles arrivent à m aturité,
pour les préserver des oiseaux qui y com m ettent des dépréda­
tions im portantes. Au voisinage des cases, l ’on enroule bien
autour des épis les feuilles supérieures des plantes pour les
préserver, mais cela n'est plus possible pour les cham ps d'une
grande étendue où l'on est obligé de laisser des veilleurs pour
effrayer la gent ailée.
Pour la récolte, l ’indigène courbe les tiges du sorgho tout
autour de lui, coupant les épis et laissant la plante sur pied
sans plus s’en occuper. Il compte sur la nature et sur les
insectes pour les détruire, et il continue ainsi de proche en
proche jusqu'à ce que tout soit recueilli. A près la récolte, on
forme des meules avec les épis pour leur perm ettre de se
dessécher, ensuite ils sont emm agasinés dans des greniers
spéciaux surélevés d’un m ètre ou deux au-dessus du sol.
S'il est facile de dire que c'est le sorgho qui occupe de beau­
coup le prem ier rang dans les plantations propres aux popu­
lations du Gribingui, il n'en est pas de même pour indiquer

CULTÜHES INDIGÈNES DE LA RÉGION DU GRIBINGUI

211

l’ordre d ’im portance des autres cultures, et cela, pour les
causes déjà m entionnées. Pour certaines, en effet, c’est le
manioc, alors que pour d ’autres ce sont les voandzous ou les
haricots qui dom inent, aussi n’insisterons-nous pas sur ce
point qui n'a du reste qu'un intérêt relatif.
L'étude des cultures indigènes est rendue d 'au tan t plus
dillicile que l'on ne doit com pter que sur soi-même pour la
faire, car, si ceux qui les fout reconnaissent pour chaque
plante des variétés plus ou moins nom breuses, ils les p lan te n t
en m élange, et, si on leur demande des échantillons de cha­
cune, ils n ’en rem ettent en général qu'un petit nombre,
aussi n'est-ce que peu à peu, par des visites dans de nom ­
breuses plantations, que l ’on peut arriver à les avoir à peu
près toutes. Mais en procédant ainsi, et il ne paraît pas pos­
sible de faire autrem ent, on arrive à ne posséder que des
docum ents incom plets, qui ne perm ettent pas de faire une
étude systém atique d'une espèce, faute de posséder des échan­
tillons entiers de chacune des variétés. G est ce qui nous est
arrivé pour les haricots et voandzous, par exem ple, espèces
que nous avons mises en culture à M arseille 1 car nous espé­
rons que grâce au beau soleil de Provence, nous obtiendrons
une végétation satisfaisante et une fructification de ces plantes
venues desrégions les plus chaudes de l ’A frique, ce qui nous per­
m ettrait d achever en France cette étude, que, en cas de non
réussite, il nous sera toujours facile de reprendre en Afrique
même.
SORGHO
Au prem ier rang des cultures indigènes de la région du
Ghari, se trouve, ainsi que nous l'avons déjà dit, celle du
sorgho qui y a pris une im portance prim ordiale, car, partout,
c'est cette gram inée qui sert à constituer les approvisionne­
m ents de réserve, même là où le manioc est largem ent cultivé.
1. Les mêmes essais sont entrepris parallèlement dans la partie colo­
niale du Jardin botanique de Marseille sous la direction de M. le Dr
Iieckel.

�Elle s'y trouve du reste presque à sa lim ite Sud, car elle ne
dépasse guère le oc degré de latitude Nord, sa disparition
étant complète dans la zone de la forêt équatoriale. Le nom bre
des variétés cultivées de sorgho est relativem ent im portant,
quoiqu il soit moins élevé que celui que l’on peut trouver plus
au N ord; elles appartiennent toutes au groupe des sorghos
dressés, la variété
des auteurs n ’étant représentée
nulle part.
11 est assez difficile d’établir une classification de ces plantes
qui ont pour lu plupart de grandes analogies entre elles, et
qui ne peuvent être groupées qu ’en se servant de caractères
souvent peu visibles, lorsque l ’on ne possède pas de séries
d ’échantillons de diverses variétés. Nous allons toutefois
essayer d ’en créer une, com prenant toutes les variétés que
nous avons observées.
Tout d ’abord il convient de distinguer deux groupes de
sorghos, ceux hâtifs et ceux tardifs, lesquels se différencient
facilement même au cours de la végétation par l’exam en ana­
tomique de la nervure des feuilles. Dans les prem iers, la
méristèle est petite, ovale, et n ’occupe que le milieu de la
nervure, alors que dans les autres au contraire, elle a l ’aspect
d'un croissant et en rem plit toute la partie centrale. Le carac­
tère qu'il convient de retenir ensuite paraît être celui de la
couleur des graines, ce qui perm et d'obtenir trois nouvelles
catégories : graines blanches, graines jau n es, graines rouges.
Ces catégories se com binant à leur tour avec la forme de l’épi
qui peut être court et dense, allongé et dense ou allongé et
lâche, servent à constituer des caractères qui, complétés par
l’examen des glumes, peuvent perm ettre de dresser le tableau
suivant :

cernuum

I. Plantes dont les feuilles sont à méristèle
petite, ovale, au centre de la nervure. ..
a — Graines blanches, épi allongé,
dense.....................................................

Sorghos hâtifs

Baria féma
b — Graines rouges ...........................
Baria fé

IL Plantes dont les feuilles sont à grande
méristèle occupant toute la nervure. . ..

Sorghos tardifs

a — Graines rouges.
Epi court, dense............................
Epi allongé, dense :
Glumes noir brillant, graines
tachetées de n o ir...............
Epi allongé, lâche :
Glumes bordées de blanc ou
claires..................................
Glumes noires, graines de
couleur t e r n e ....................
Glumes brun roux, graines
rouge pâle..........................
b — Graines jaunes.
Epi court, dense, graines jaune
safran............................................
Epi allongé, lâche :
G lum es jaune clair, graines
blanc c rè m e ......................
Glum es brun clair, graines
jaune p â le ...........................
Glum es noir b rilla n t.............
Graines blanches.
Epi court, dense :
Glumes noir brillant, graines
tachées de brun ro u g e. . .
Glumes noires, graines blan­
ches tachées de noir. . . .
Épi allongé, dense :
Glumes brun rouge clair,
graines blanc crèm e.
Glumes noir brillant,graines
blanc p u r.....................
Glum es brunes, bordées de
clair à l'e x tré m ité .

Bizoro.
Ouakaga I
Dokouma
Dakambou
Dokara
Erigaza
Bolo
Oukaga II
M Bouya
M Béré
Dom

Mbodou.
Kodo

Embizou

�214

A. BAUDON

Glumes brun roux, graines
blanc te r n e .......................
Glumes rouges......................
Glumes blanc ro sé ...............
Glumes jaunes, graines blanc
s a l e ............... ......................
Glumes jaune et r o u x ,
graines blanc ja u n â tre .. .

CULTURES INDIGÈNES DE LA RÉGION DU GRIBINGUI

Yélé

Boudei
Bafo
Ngakouma
Balingui

A ces variétés que nous avons pu étudier de près, viennent
s'en ajouter d ’autres qui se différencient mal ou que nous
n ’avons pu voir suffisamment et que pour ces raisons nous
laisserons de côté.
Les sorghos hâtifs sont beaucoup moins répandus que les
autres parce que bien moins estim és, leur valeur nutritive
étant reconnue comme minime par les indigènes et leur con­
servation difficile. Mais ils sont cultivés surtout par les
Moroubas et les Sarahs pour assurer leur nourriture au début
de la saison des pluies, car, par suite de leur im prévoyance,
ils consomment d'im portantes quantités de sorgho lors de la
récolte, soit pour leur alim entation, soit pour faire de la bière,
de telle sorte qu’ensuite, pendant plusieurs mois, ils sont
réduits à user de vivres de famine. Ces sorghos ont pour eux
un double avantage, celui de croître rapidem ent et en outre
de pouvoir se cultiver de bonne heure. Semés vers m i-m ai,
c'est-à-dire au début de la saison des pluies, ils peuvent être
récoltés dès le mois d’août, soit 90 jours après. Les tiges, qui
dépassent rarem ent deux m ètres de hauteur, sont vertes, sou­
vent partiellem ent rouges et contiennent une assez forte quan­
tité de sucre, ce qui contribue à faire estim er ces plantes, car
la canne à sucre n ’est pas cultivée. Les graines sont creuses à
l ’intérieur.

Yamindi

Gozo

Babira

des Sangos. —
des Ngam as. —
des
Bandas. —
des M andjias. — Plante atteignant
I m. 50 à 2 m ètres de hauteur, à tige verte, fréquem m ent
tachée de parties rougeâtres. Epi allongé de 20 cm. de long,

Baria fè.

215

à ram eaux secondaires de 0 à 8 cm. de long, fortem ent ram i­
fiés, densém ent pubescents, à poils blanc sale, longs, couchés.
Glum es noires,ovales, parsem ées et bordées de poils blancs.
Graines de couleur variant du rouge foncé au rouge brique
clair, ovales, régulières, très blanches et farineuses à l’inté­
rieur, s’écrasant facilement. La variété cultivée chez les Sarahs
a les glum es brun rouge et la graine porte de chaque côté une
dépression bien m arquée se dirigeant vers la base.
des M andjias. —
des Bandas. — P lante
se rapprochant beaucoup de la précédente, à glum es brun
roux, m ais à graines blanc pur au lieu de rouge.
Im m édiatem ent après les sorghos hâtifs, les indigènes
plantent ceux qui doivent constituer leurs approvisionnem ents
de l'année. Ces derniers couvrent souvent des espaces très
étendus et sont semés loin des villages. Les semis se com­
m encent en mai, continuant jusqu'en août et même commence­
m ent septem bre, la récolte ayant lieu à partir de décembre et
durant jusqu'en fin février, aux M ’Brés par exem ple, où l'on
plante tard. Mais les plantations tardives ne sont pas à recom­
m ander, car, si les pluies cessent de bonne heure, les plantes
se dessèchent sur pied et ne donnent qu'un rendem ent minime.
Les semis se font de la m anière que nous avons indiquée pré­
cédem m ent, sans se préoccuper des variétés que l'on emploie,
car l'on se sert le plus souvent d'un mélange de graines ; tou­
tefois chez les M andjias il existe de vastes plantations d'une
même variété, car leur nourriture se com posant exclusivement
de sorgho, ils le cultivent avec soin, ne conservant que celui
qu'ils préfèrent. A près la récolte, les épis, mis en tas sur des
claies en bois, sont, après dessiccation, enfermés dans des gre­
niers constitués par des nattes d ’où on les sort pour les battre
au fur et à m esure des besoins.
La classification basée sur la couleur des graines, que nous
avons adoptée, si elle perm et de reconnaître facilement cer­
taines variétés à coloration bien nette, ne laisse pas parfois de
laisser planer quehpies incertitudes lorsqu’il s'agit de celles à
couleurs pâles et peu tranchées ; toutefois un examen attentif
perm et de ne pas se trom per.

Baria féma

M bir

�217

CULTURES INDIGÈNES DF, LA RÉGION DU GRIBÏNGUI

GRAINES

Bizoro dos

ROUGES

Fiéfo

Bandas. —
des M andjias. — Épi court à
panicule dense se ramifiant dès la base, à ram ifications de 20
à 25 cm., s'épanouissant au sommet où il atteint 12 cm. de
diam ètre pour 7 à la base. Graines rouge brique. Glum es noir
brillant, ciliées de poils blancs. La teinte rouge varie dans
une assez large m esure et peut être relativem ent claire. Le
poids des épis va de 35 à 95 gram m es.
Cette variété se nomme aussi
chez les BandasMoroubas et paraît être le
des Bornouans, le
des Arabes. Elle est assez largem ent répandue.

Gatouroumbè
Ngavili

Doura

Ouakaga I des Ngam as. — Ouorodjourou des Bandas. —
Mfo des Mandjias. — Djourou des Yakom as. — Épi allongé,
de 22 cm. de long, dense, ù ram ifications secondaires verticillées, de 9 cm. de long, ne portant des graines que dans la
partie supérieure. Graines rouge foncé à coloration irrégulière,
tachetées de noir, brillantes. Glumes noir brillant, finement
ciliées sur les bords. Les graines sont dures, cornées à la
partie supérieure et la gemmule occupe une large place. —
Cette variété est surtout cultivée chez les Sarahs.

Dokouma

Ngrè

des M andjias. —
des Bandas. — Épi
allongé, très lâche, de 25 cm. de long, à ram ifications secon­
daires de 13 cm., divisées à leur tour sur toute leur longueur.
Graines rouge clair, quelquefois de couleur terne. Glumes
brun roux bordées de blanc avec une couche de poils couchés.
Les épis ont fréquem m ent de nom breuses graines avortées ou
non complètem ent développées, dont les glum es restent
blanches. Graines dures, cornées. — Variété cultivée surtout
chez les M andjias.

Dakambou

des Bandas. — Épi relativem ent allongé, à
ramifications secondaires de 9 cm ., portant des graines dans
la moitié supérieure seulem ent. Tige rayée de rouge. Graines
rouge terne. Glumes de couleurs variées : brun roux, brun

largem ent bordé de blanc, jaunâtres, pubescentes, bordées de
poils blanc sale. Les graines relativem ent tendres ont leur
partie cornée bleutée et sont de mauvaise
les
insectes y causant beaucoup de dégâts, aussi cette variété
est-elle assez peu répandue, bien que d'un assez bon rende­
m ent, le poids des épis variant de 70 à 1 15 gram m es.

conservation,

Dokara

Odoro

Kéré

des M andjias. —
des Bandas. —
des
N gam as. — Epi allongé, de 25 cm. de long, étroit, peu dense,
à ram ifications secondaires de 7 cm. Graines petites, ovales
ovées, de couleur rouge jaunâtre, brillantes, légèrem ent pubes­
centes. Glum es roux foncé à roux clair, plus claires vers la
pointe, finem ent ciliées. Graines dures, très farineuses, à par­
tie cornée du même jaune que la couleur externe; elles sont
très peu attaquées par les insectes.
Nous avons hésité quelque peu à classer cette variété parmi
celles à graines rouges, car la couleur rouge des graines tend
fréquem m ent vers le jaune, mais en y regardant de près, il
ne peut y avoir d'erreur, car la teinte est bien rouge, la pointe
seulem ent des graines étant rouge jaunâtre.
GRAINES JAUNES

Erigaza

1

12

des M andjias. — Épi de 5 cm de long et
de dia­
m ètre, dense, â ram ifications secondaires portant de nombreuses
graines groupées à la partie supérieure. Graines jaune safran
tachées de brun, arrondies au som m et. Glumes brun brillant,
plus claires sur les bords qui sont ciliés. Tige de la même
couleur que les graines. — Variété très attaquée par les insectes
et par suite peu répandue à cause de sa mauvaise conserva­
tion .

Bolo

des Bandas et des M andjias. — Épi allongé, très lâche,
de 20 cm. de long et 5 de diam ètre, à ramifications secondaires
grêles. G raines blanc crème, ovales ovées, quelquefois tachées
de brun. Glum es de la même couleur que les graines, aiguës,
rayées de vert clair sur les bords, pubescentes. Graines cor­
nées, dures, de très bonne conservation.

�CULTURES INDIGÈNES DE LA RÉGION DU GRIBINGUI

Cette variété se rapproche beaucoup du blanc, car la teinte
en est d'un jaune très pâle, mais placée à côté d ’une à graines
blanches, il n ’v a pas d'erreur possible.

Ouakaga

Ka Mandjia

Fo

des Ngamas. —
des B andas. —
des M andjias. —
des Y akom as. — Epi de 30 cm .
de long, très lâche, étroit, à ramifications secondaires allon­
gées, très sinueuses. Graines jaunâtres, piquetées de brun
foncé, largem ent arrondies. Glumes jaune sale tachées de
brun, fortement ciliées. Graines m odérém ent dures, creuses à
l’intérieur au-dessus de la gem m ule, d'assez bonne conser­
vation .

Djourou

M Bouya des Bandas.

M Basé

—
des M andjias. — Épi de
25 à 30 cm. de long, 3 à 0 de large, à ram ifications espacées
de 5 cm. Tige vert clair. Graines jaunes. Glumes noir brillant,
ciliées. — Variété de bonne conservation, assez largem ent
cultivée, à épis variant de 14-5 à 160 gram m es.
GRAINES BLANCHES

M Béré, Mara
Nguelé

Finfo, Mvourka

des Bandas. —
des M and­
jias. —
des Moroubas. — Epi court, dense, atteignant
18 à 20 cm. de long et un diam ètre de 12 à 14, se ram ifiant
dès la base. Tige vert clair. Graines blanches tachetées de
brun rouge, assez grosses, dures. Glumes noir brillant, ovales,
légèrem ent acuminées, ciliées de poils blancs. — Cette variété
est largement répandue car elle est d ’un bon rendem ent et se
conserve bien. Le poids des épis varie de 90 à 150 gram m es.

Dom ou Domo des Ngam as. — Féfo des M andjias.
Mbir des Bandas. — Dzourou des Y akom as. — Épi de 15 cm.
de long, à ramifications secondaires longues, ce qui lui donne
une forme épanouie. Tige jaunâtre rayée de rouge. G raines
blanches finement tachées de noir, ovales ovées. Glumes brun
roux bordées d une teinte beaucoup plus claire. — Variété
d ’un bon rendem ent se conservant bien.

M Bodou des

219

Mfo

Bandas. —
des Mandjias. — Epi allongé,
étroit, de 25 à 30 cm. de long et 4 à 5 de large, dense ; les
verticilles des ram ifications secondaires (espacées seulem ent de
2,5 cm.) portent des graines très serrées. Tige jaune vert.
G raines blanc jaune, à rudim ent de style allongé. Glumes
brun rouge clair avec quelques poils blancs.

Kodo

M Baria

des Bandas. —
des Mandjias. — Epi allongé,
de 25 cm. de long, 5 à 6 de large, à nœuds espacés mais m oins
serrés que dans M'Bodou. Tige jaune. Graines blanc pur.
G lum es noires, couvertes de poils blanc.

Boudei I des M andjias. — Embizou des Bandas. — Ouakendaa des Ngam as. — Epi peu allongé, de 15 cm. de long, assez
dense mais lâche, plus large au somm et. Graines blanches,
assez petites. Glum es brun roux, rayées et bordées de blanc.
A l ’extrém ité des épillets il y a de nom breuses graines avor­
tées dont les glum es restent blanches. — Bonne variété mais
à faible rendem ent.

Yélé

Dzourou

Youa

des M andjias. —
des Bandas. —
des
N gam as. — Epi allongé, assez sem blable à celui de la précé­
dente variété, de 20 cm. de long, mais moins serré, ram ifica­
tions secondaires allongées. G raines blanc jaunâtre. — Variété
se rapprochant beaucoup de
comme aspect, mais s’en
différenciant nettem ent par la couleur des graines. Assez a tta­
quée par les insectes.

Boudei

Boudei II

Malagoudi

des M andjias. —
des Bandas. — Épi
allongé, de 25 à 30 cm. de long, effilé à l’extrém ité, peu dense.
Graines blanches, petites, presque incluses dans les glumes.
G lum es rouges, brillantes, ovales, aiguës au sommet.

Bafo

Batara

des M andjias. —
des Bandas. — Épi allongé,
de 25 à 30 cm. de long, assez lâche. Graines blanches, aplaties,
très irrégulières comme grosseur. Glumes blanches ou blanc
rosé, aplaties.
Les variétés Boudei 1, Yélé, Boudei II, Bafo présentent de

�grandes analogies entre elles et la description ne perm et pas
de bien en faire ressortir les différences, mais, à l'exam en elles
se dégagent nettem ent tant par la couleur des graines et des
glumes que par leur forme.

Ngakouma des Bandas.

— Epi de 20 à 25 cm. de longueur,
assez dense, ramilications secondaires serrées. Tige jaune vert.
Graines blanc sale, ternes, très grosses, pas très dures.
Glumes jaunes, fortement ciliées de poils blancs. — Variété
remarquable par la grosseur de ses graines, mais se conser­
vant mal parce que très attàquée par les insectes.

Balingui

des M andjias. — Epi de 30 cm. de long sur 6 de
diamètre moyen, peu dense, ram ifications secondaires allon­
gées : graines blanc jaune tachées de brun rouge, grosses.
Glumes de couleur irrégulière, brunes, bordées et rayées de
blanc jaune, couvertes de poils blancs.
Se rapproche beaucoup de Ngakouma par la grosseur des
graines, mais en diffère par leur couleur et par celle des
glumes.
Nous avons scrupuleusem ent rapporté pour ces diverses
plantes les noms indigènes qui nous ont été donnés, et l’on
peut voir que certaines parm i elles en ont plusieurs, alors que
d ’autres au contraire sont réunies sous la même dénom ina­
tion ; ceci est une preuve que l'on ne peut guère ajouter d ’im ­
portance à tous ces noms vernaculaires.
Au cours de la végétation, les sorghos ne paraissent pas
souffrir de maladies cryptogam iques, si ce n ’est toutefois au
moment de la fructification, où l'on voit apparaître fréquem ­
ment des épis tachés de rouille, dans lesquels on retrouve
Sphacelotheca Sorrjlii Lk. Les dégâts ainsi causés sont tou­
jours peu im portants et ne m éritent pas de retenir l’attention.
Il n’en est pas de même après la récolte, lorsque les épis sont
emmagasinés dans les greniers. Les graines sont alors dévo­
rées par les larves d ’un microlépidoptère (pii y font des ravages
sérieux, c’est, du reste, leur seul ennemi. En effet, on n ’y
trouve guère d’autres insectes, et les charançons qui sont

En même tem ps que le sorgho, mais moins répandu et cul­
tivé sur une moins grande échelle, quoique sa farine soit très
estim ée, on trouve le mil (Pennisetum typhoideum Rich.,
Pennicillaria spicata lio x b ., IIolcus spicaius L.). Sa culture se
fait de la même façon et dans les mêmes endroits que celle du
sorgho, mais principalem ent chez les populations Sarahs qui
vivent entre le G ribingui et le Barh Sarah. Semé en mai, il se
développe assez rapidem ent et peut se récolter dès le mois
d ’octobre ; sa taille ne dépasse guère deux m ètres. Il en
existe une seule variété qui est à graines gris bleuté, petites,
portées sur un épi de 23 en», de long et 3 cm. de diam ètre,
sur lequel elles sont très serrées. Cette gram inée est, elle
aussi, attaquée par les insectes qui y font de sérieux dégâts.
C ’est le
ou
des Bandas, le
des Ngam as et des Sarahs, le
des M andjias, le
des A rabes de l’A frique C entrale.

habia

haria,

baena

tin, tei, tegny, teing
dokon

MAIS
Le maïs (Zea Maïs L.) joue un rôle im portant dans l'ali­
m entation indigène, à cause de la rapidité de sa croissance et
de la précocité de sa m aturité. En effet, ainsi que nous l’avons
déjà dit, lorsque arrive la saison des pluies, les réserves de
l’année ayant été gaspillées depuis longtem ps, partout les
naturels sont réduits aux vivres de famine. Ils sont obligés, à
cause de cette im prévoyance, à avoir recours aux cultures à
végétation rapide pour pouvoir vivre, en attendant les récoltes
abondantes qui ne viennent que plus tard. A ce point de vue,
le,maïs est incontestablem ent très avantageux, puisqu'il arrive
à m aturité en 75 jours environ, et de plus, ce qui est appré­
ciable, ses épis peuvent être consommés alors qu ils sont
encore verts.

�CULTURES INDIGÈNES DE f.A RÉGION DI

Les variétés de maïs cultivées dans la région du Gribingui
appartiennent au groupe des maïs tendres et sont tous hâtifs :
elles n ’atteignent pas une grande taille, el ne dépassent pas
deux m ètres de haut. Les indigènes ne les différencient pas
ainsi qu'ils le l’ont pour les sorghos, el pourtant, ils en cul­
tivent diverses sortes qui sont à grains, soit blancs, soit
jaunes, soit rouges. Les unes sont à liges et glum es vertes,
d autres rouge vineux, la forme des glum es variant elle aussi.
Le nombre des rangs de graines, la longueur des épis et le
poids des graines diffère assez peu pour toutes.
Le tableau suivant, qui résume de nom breuses observations,
donnera une idée des variations. Ces chiffres sont ceux de dix
pesées pour chaque série.
N o m b re de ran g s de g ra in e s ,
L o n g u e u r d es é p i s ....................
P o id s des g ra in e s s e u l e s .........

1G
20
50

14
15
48

14
20
65

16

21
100

18
17
85

16
17
80

14
15 c m .
80 S r -

ce qui donne comme chiffres moyens : nom bre de ran gs IG,
longueur 18 cm ., poids 72 gram m es. Les épis à grains rouges
sont en général plus gros que les autres. Les graines de ces
diverses sortes sont petites, de forme régulière, très farineuses.
A peine arrivées à m aturité, les indigènes com m encent h les
consommer soit crues, soit bouillies, soit rôties et ils ne
gardent de la récolte que les épis nécessaires pour les nou­
velles semailles. Ils sont mis à l’intérieur de bottes de paille
et suspendus aux branches des arbres ou au-dessus des cases,
pour attendre le m oment de leur utilisation. Les insectes, en
particulier les charançons, y font des dégâts im portants.
RIZ
Le riz (Oriza sa/iva L.) qui est une des gram inées les plus
largem ent répandues, en certaines parties de l’Afrique, où il
joue un rôle im portant dans l alim entation indigène, est très
rare au Chari. Depuis 1900, c ’est-à-dire depuis le début de
l’occupation de ces régions, l'A dm inistration locale a fait de
nombreux et incessants efforts pour répandre cette intéres-

GRIBINGlï

santé culture, mais elle n'a pu encore la faire adopter.
Quelques groupem ents en font bien des plantations, m ais le
plus souvent, ils ne réservent pas de semences au moment de
la récolte, et il faut chaque année leur en distribuer à nouveau.
Celui qui est cultivé est un mélange de variétés m utiques et
aristées, les unes provenant de la région du Lac Tchad, les
autres importées du Congo belge. 11 appartient au groupe des
riz dits de m ontagne. Semé à la volée vers fin m ars en bor­
dure des rivières, et dans leur zone d’inondation de préférence,
il est récolté en octobre. Au début de la végétation, on pro­
cède à un sarclage pour élim iner les mauvaises herbes, puis on
ne s’occupe plus de la plantation.
Le rendem ent est satisfaisant, puisque avec 40 kilogramm es
de semences j'a i pu obtenir une récolte de 2. 130 kilogram m es.
Les épis allongés et denses donnent des graines très grosses,
blanches, se pilant facilem ent; les variétés aristées, avec une
arête de 13 mm. environ, sont en général à graines plus
petites. Si la saison des pluies se prolonge après la récolte, la
végétation des souches se continue, elles ém ettent de nouvelles
plantes et des épis se form ent, qui ne peuvent toutefois arriver
à m aturité, les chutes d ’eau cessant trop tôt.
Le plus grand intérêt s’attache, pour notre Colonie de
l'A frique Equatoriale, à développer la culture du riz, car par­
tout les indigènes, le plus souvent par leur im prévoyance il
est vrai, souffrent de la faim. 11 y a lieu, de plus, de tenir
com pte, que, pour nourrir les troupes noires qui y sont en ser­
vice, l ’on a im porté et I on im porte encore, d im portantes
quantités de riz qui revient très cher, à cause des frais de
transport dont il se trouve grevé, cela, alors que l'on pourrait
parfaitem ent le cultiver sur place. Le regretté colonel Moll
avait, peu de temps avant sa m ort, exposé dans un long rap ­
port cette question du développem ent de la culture du riz dans
l ’Afrique Centrale, pour la nourriture de notre corps d'occupa­
tion ; m alheureusem ent, il n'a pu poursuivre l'exécution des
m esures qu'il com ptait prendre. B ientôt, il faudra, outre la
nourriture des troupes, se préoccuper de celle des très nom ­
breux travailleurs que nécessitera 1 exécution des grands tra-

�224

A. BAL'DON

CULTURES INDIGÈNES DE LA RÉGION DU GRIBINGUI

vaux qui font l ’objet de la demande d ’em prunt en suspens.
P ar sa facilité de culture, sa bonne conservation, ses qualités
nutritives de prem ier ordre, le riz se classe parm i les meil­
leures plantes alim entaires.
LÉGUM INEUSES
Quoique jouant un rôle moins im portant que les céréales
dans l'alim entation de l’homme, la famille des Légum ineuses
est néanmoins une de celles qui lui sont le plus utiles. La
plus répandue des plantes de celle famille est incontestable­
ment l’arachide, qui est cultivée dans presque toute l’Afrique,
plus ou moins suivant les régions. Ensuite, semble venir le
voandzou, à graines alim entaires p lutôt qu'oléagineuses, et
enfin, diverses sortes de haricots, lesquelles n'ont qu'une
importance secondaire, car elles n'existent pour ainsi dire pas,
sauf peut-être le Phaseolus lunatus L ., chez les populations
de la forêt équatoriale.

ARACHIDES.

Karakoua

— Arachis liypogaea Linn. —
des
M andjias. — Cette légumineuse herbacée, à tige plus ou moins
dressée et dont les fruits m ûrissent en terre, est assez peu cul­
tivée dans la région qui nous occupe, exception faite toutefois
pour les Saralis qui se servent de la graine pour en extraire de
l’huile. Semée dès le début de la saison des pluies, c'est-à-dire
au mois de mai, elle se récolte au mois d'août, et elle fait par­
tie des plantes à végétation rapide qui servent à l’alim entation
pendant la saison des pluies. Les arachides sont alors m an­
gées crues, bouillies ou grillées, elles servent encore à faire
des sauces à cause de leur forte teneur en huile. Bien que peu
répandues, ces graines sont très appréciées, et les Sarahs,
Bornouans et autres colporteurs en vendent couram m ent sur
les marchés, à raison de U fr. 50 le quart, ce qui est un prix
supérieur à celui pratiqué en France. Les cultures se font à
proximité des villages, mais elles n occupent en général q u ’une
petite étendue.

VOANDZOUS.

Kokoroban-

— Voandzcia subterranea Th. —
das des indigènes. — Assez régulièrem ent cultivés en Afrique,
les voandzous étaient autrefois la nourriture presque exclusive
des gens de Ndélé. Depuis la m ort de Senoussi, chef de cette
région, les gens qui, presque tous, étaient des esclaves se sont
dispersés et par suite cette culture est tombée. Dans les mêmes
parages, chez lesS arahs, c’est avec le sorgho la base essentielle
de la nourriture, car ils ne cultivent que très peu de plantes à
tubercules. La culture des voandzous est facile, mais plus que
toutes les autres, elle nécessite de bonnes terres, car avec des
terrains médiocres le rendem ent et la grosseur des graines
restent faibles. La durée de la végétation est de cinq mois, ce
qui, à ce point de vue, la place entre le m aïs, les arachides,
les sorghos hâtifs et les sorghos tardifs. Les racines de cette
plante portent de petites tubérisations analogues à celles que
l’on observe chez beaucoup d’autres légumineuses.
Il en existe diverses races qui se dilférencient surtout par la
grosseur et la couleur des graines, celle nommée par les indi­
gènes
étant rem arquable, en outre, par
le développem ent qu ’elle atteint au cours de la végétation, en
même tem ps (pie par son rendem ent. Les voandzous se sèment
en ligne dans des poquets contenant 2 à 3 graines, l espacem ent entre eux devant être de 50 cm ., sauf toutefois pour la
race dite de Ndélé, pour laquelle il doit être porté à un
m ètre. Les jeunes plants apparaissent une dizaine de jours
après le semis : ils se développent ensuite en ram pant, élimi­
nant eux-mêmes les m auvaises herbes qu’ils étoulfent. La
floraison a lieu au bout de trois mois, les fruits arrivant à
m aturité à la fin du cinquième.
Les M andjias et Moroubas qui en cultivent peu, sauf au
Ivaga M ’ Bra, lui donnent le nom de
et ne
différencient que la race dite de Ndélé. Les N gam as, au con­
traire, chez lesquels les voandzous sont beaucoup plus répan­
dus, donnent à chacune des races cultivées un appellatif spécial
et l’on trouve ainsi :

Voandzous de Ndélé

Kokorobandas

Annales du Musée colonial de Marseille. — 3e série, 1er vol. 1913.

«

223

1b

�226

Oulouiélé....................
Babawa ou Bababa..
Moui..........................
Bodouillboro.............
Kablayéli..................
Dangabakili.............

A.

HAl! DO N

race à graines blanches;
—
—
roux clair;
—
—
noires ;
—
—
roux foncé ;
—
—
blanches tachées noir ;
—
—
roux tacheté.

Toutes ces races se ressem blent beaucoup pendant la végé­
tation, et il ne ine paraît pas possible de les différencier d'une
façon certaine à ce m om ent, car ce ne serait qu'en tenant
compte des modifications peu m arquées dans le feuillage qu’il
serait possible de le faire. Exception toutefois doit être faite
pour les voandzous de Xdélé ; en effet, cette race a toujours,
au début de la végétation, des feuilles portant quatre et cinq
folioles au lieu de trois, ce caractère étant moins visible dans
la suite, mais alors le plus grand développem ent de la plante
perm et encore de la distinguer. Les graines, elles, par contre,
sont bien distinctes et conservent toujours la coloration qui
leur est propre. Je vais essayer de fixer les caractères de cha­
cune de ces races.
I. Graines blanches. — G rosseur m oyenne, couleur blanc
jaune, raie brune plus ou moins m arquée im m édiatem ent
autour du hile, suivie d ’une teinte violacée très pâle de 2 mm.
de large.
II. Graines piquetées de brun foncé. — Même grosseur et
même forme que les graines blanches. Coloration générale
semblable, ainsi que celle avoisinant le hile, à laquelle vient
s'ajouter, à chaque extrém ité du hile, un piquetage ou une
tache à laquelle succède un piquetage formé de tra its brun
violacé. 11 existe, de plus, un lin pointillé violacé très pâle.
Cotylédons très farineux, relativem ent tendres.
III. Graines blanches tachetées de brun autour du hile. —
Plus petites que les graines blanches et plus jaunes, tache à
bords déchiquetés autour du hile, de i mm. environ de large,
variant du brun clair au brun foncé tiran t sur le noir. Il existe
parfois des raies étroites marron clair.

CULTURES INDIGÈNES DE LA RÉGION DU GRIBINGUI

227

IV. Graines havane clair. — Régulières, de taille moyenne,
de coloration bien nette.
V. Graines noisette. — Sem blables aux précédentes, dont
elles diffèrent seulem ent par la couleur.
NT. Graines rouge vineux. — Identiques aux graines noi­
sette à coloration bien plus foncée.
VU. Graines noires. — Grosseur irrégulière, couleur
variable, allant du noir au violet très foncé sur lequel le hile
tranche en blanc.
V III. G raines pointillées de violacé. — L'identification de ces
races est des plus délicates, car l'exam en fait ressortir que ce
sont les formes colorées précédentes recouvertes d'un pointillé
plus ou moins variable. En effet, on retrouve les formes, tel
le n° II, fortem ent piquetées, et ayant, de ce fait, un tout
autre aspect. Les nos III, IV se rencontrent aussi, chacune
modifiée par un coloris excessivem ent variable. Il sem blerait,
mais il est difficile de le prouver actuellem ent, que ces races
sont le résultat d ’hybridations entre les précédentes ; c'est à
ce groupe qu'appartiennent les voandzous de N délé.
Cette dernière race pourrait peut-être former une variété et
m érite une m ention spéciale. La plante émet des ramifications
qui peuvent atteindre un m ètre de longueur, alors que dans
les autres elles ne dépassent guère 25 cm. De plus, ainsi que
je l'ai déjà dit, alors que dans le Voandzeia typique, les
feuilles sont régulièrem ent trifoliolées, celle-ci en possède
qui ont quatre ou cinq folioles, plus étroites et plus allon­
gées que dans le type. Les fleurs ne paraissent pas pré­
senter de différences. Les graines de cette race sont plus
grosses et plus nom breuses que dans les autres, aussi sa cul­
ture est-elle à recom m ander de préférence. Il serait intéressant
de pouvoir cultiver toutes ces graines pointillées, afin d 'arri­
ver à les sélectionner. Elles m 'avaient été remises trop tard
pour que je puisse les séparer dans mes plantations, et de plus,
ce n est que lors de la récolte que je me suis aperçu des diffé­
rences existant entre elles.

�228

a

.

h a l' d o N

CULTURES INDIGÈNES DE LA RÉGION DU GRIBINGUI

Il est difficile dans une description de préciser la grosseur
îles graines de chaque race, les chiffres parleront m ieux. Aussi
voici, pour quelques-unes, le nom bre de graines que j ’ai trou­
vées dans des séries de pesées de 10 gram m es :
Race de N délé................................................
— à graines roux clair.............................
—
brun ta c h e té ......................
—
n o ires...................................
—
blanches tachées au hile.

9 à 10
12
10
13
13

Il est évident que ces chiffres peuvent varier, m ais ils n ’en
donnent pas moins un term e de comparaison. Dans les pesées,
on trouve que 100 gram m es de fruits contiennent en m oyenne
60 gram m es de graines, le reste représentant les coques.
Chaque fruit contient une graine, parfois deux, rarem ent trois,
le nombre influant sur leur grosseur. Contre leur conservation,
le principal ennemi est une bruche dont on trouve parfois plu­
sieurs individus dans une même graine.
Les voandzous sont des graines d une grande valeur alim en­
taire, aussi leur culture devrait-elle être propagée p artout où
cela est possible. Non seulem ent ils sont intéressants au point
de vue indigène, mais ils pourraient s’exporter avantageuse­
ment en Europe pour faire des farines qui seraient certaine­
m ent très appréciées.
Je n’ai rencontré nulle part des Kerstingiella qui ont été
signalés en différents points de la côte d Afrique.
HARICOTS. — Les indigènes de la région du G ribingui cul­
tivent assez largem ent des haricots de différentes espèces, qui
sont : Phaseolus lunattis L inn., plante grim pante qui se ren­
contre aux abords des cases ; Vigna sp., grim pante, dans les
plantations le long des arbres ; Phaseolus M ungo L inn., ram ­
pante, aux abords des cases et dans les plantations parm i le
sorgho.
Phaseolus lunatus Linn., Ngualfili des M andjias. — Ce
Phaseolus est bien connu puisqu’il se rencontre dans le monde

229

entier, aussi n ’est-il pas nécessaire d ’insister sur sa culture
qui ne présente rien de particulier. Il convient toutefois de
signaler ici qu ’il en existe trois races dans la région, l une à
graines blanches, l’autre à graines violettes, la troisième à
graines blanches tachées de noir.
La race à graines blanches est la plus répandue, c’est celle
généralem ent connue sous le nom de haricot de Lima, mais
elle présente toutefois avec cette dernière des différences, si
je m ’en rapporte à un échantillon de cette provenance fourni
p ar la maison Vilmorin. Les graines africaines sont blanc jaune,
cette couleur étant surtout accentuée sur le côté externe ; en
outre, celui où se trouve le hile est absolum ent droit; leurs
dim ensions m oyennes sont : 20 à 23 mm., largeur 10 à 13 mm.
Le haricot de Lim a est lui beaucoup plus blanc et de cou­
leur régulière, de plus il présente un contour très nettem ent
réniform e qui lui est propre; la concavité se trouvant au niveau
du hile, ses dim ensions restent sensiblem ent les mêmes que
dans l’autre. Cette race qui pousse très rapidem ent est d ’un
bon rendem ent; elle est très estimée des indigènes et des
Européens, bien que les graines soient toujours un peu dures.
Dans la race violette, les graines sont légèrem ent plus petites
que celles de la blanche, elles sont en outre plus aplaties.
Leur couleur est bien nette quoique parfois irrégulière de
tein te ; lorsqu’elles sont mises au contact de l’eau durant un
certain tem ps, elles prennent en se gonflant une teinte rouge
brique par suite de la dissolution du colorant. Leur germ ina­
tion est plus lente que celle des autres. Celle à graines blanches
tachées de noir est caractérisée à première vue par ses dimen­
sions (q u ine sont plus que : longueur 13 mm. : largeur 10 m m.),
par l'irrégularité d e là forme et par le coloris. Le fond est blanc,
mais le tour du hile et l’extrém ité du côté où se trouve la gem ­
mule sont noirs. Cette dernière couleur consiste en une tache
prolongée par un pointillé qui ne dépasse guère la moitié de la
longueur de la graine. La couleur blanche externe est superfi­
cielle, en dessous il existe une teinte légèrem ent violacée. Cette
coloration noire à l ’état sec n’est qu ’apparente, car. au contact
de l’eau, elle passe ù un violet sensiblem ent plus foncé que celui

�CULTURES INDIGÈNES DE LA RÉGION DU GRIB1NGUI

des graines de la race précédente. Il sem blerait que ces graines
sont le résultat d ’une hybridation entre les races à graines
de couleur uniforme. Tous ces haricots sont assez largem ent
cultivés et sont couram m ent consom m és sans inconvénient
bien que j'aie pu y constater la présence de phaséolunaline.

Phaseolus Mungo

L. — Les Phaseolus M ungo sont de
beaucoup plus cultivés que les lu natus, à cause de leur faci­
lité de culture. Ils se sèment en effet au milieu des autres
plantes comme cultures intercalaires. 11 existe plusieurs races
distinguées par les indigènes et qui toutes sont ram pantes.

MBalé

Haria

M Boyo

ou
des M andjias. —
des Bandas. —
Cette variété quoique ram pante est beaucoup plus dressée que
les autres, elle atteint 40 cm. de hauteur. Les tiges sont ferm es,
vertes ou rougeâtres, glabres. Stipules de 10-12 mm. de long,
dressées, aiguës, persistantes. Pétiole de 5-6 mm. de long,
trois folioles, le m édian ové, hasté, de 11 cm. de long, de
large, les latéraux à côtés irréguliers de 10 cm. de long, 6,5
de large, entièrem ent glabres. Fleurs quatre à six sur des
pédoncules variant de 10 à 20 cm. de long, noueux à l'ex tré­
mité. Calice de 5 mm. de long à dents aiguës de 2 mm. Corolle
de 17 à 20 m m ., à étendard jaune extérieurem ent, le reste de
la fleur étant blanc ou bleuté, ailes égalant l ’étendard. Gousse
légèrement arquée de 10 à 12 cm. de long, 10 mm. de large,
glabre, très mince, contenant 15 graines de 9 mm. de long,
6 de large, blanches, k hile bordé de noir, très chagrinées, ce
qui est caractéristique et ne se retrouve pas dans les autres
graines de cette espèce.
Cette variété, qui est une des plus tardives, est très appré­
ciée, elle est rem arquable par sa grosseur et se rapproche
beaucoup de Phaseolus adenanthus E. Mey.

7

Golo

des M andjias. — P lante ram pante ne dépassant pas
20 cm. de haut. Tige verte, rayée, glabre. Stipules de 8 à
10 mm. de long, ovales, aiguës à l ’extrém ité. Pétiole de 5 à
6 cm, de long, trois folioles, le médian de 6 cm. de long, 5 de

5

231

2,5

large, les latéraux k côtés irréguliers, de
cm. de long,
de large, glabres. Fleurs 6 à 8 sur un pédoncule dressé de
cm. Calice et corolle semblables à ceux de
mais cette dernière est violette au lieu de blanche. Gousse de
12-13 cm. de long, 7-8 mm. de large, glabre, un peu coriace,
brun violacé, contenant 1\ à 16 graines noires ou brun foncé.

15 k 20

M Balé,

Bakalangoua

des M andjias. — Plante ram pante à tige verte,
ravée. Stipules pointues, aux deux extrém ités, attachées par
le m ilieu. Pétiole de 5 cm. de long, trois folioles minces, le
m édian de 8 cm. de long sur 4 de large, les latéraux de 7 sur
4,5. Fleurs portées sur des pédoncules de 20 cm. de long,
dressés. Gousses droites de 13 cm. de long, 10 mm. de large,
jau n âtres, très minces, contenant 13 graines roux foncé,
aplaties, plus grandes que dans les autres variétés.

Békoué

des M andjias. — Plante ram pante très analogue à
la précédente. Gousse de 16 à 18 cm. de long, 8 mm. de large
seulem ent, blanc jaunâtre, très mince, contenant 18 graines,
petites, roux clair.
Les autres variétés distinguées par les indigènes ne diffèrent
guère des précédentes, (pii ne peuvent elles-m êm es se recon­
naître aisém ent que par comparaison des échantillons, la
description ne suffisant pas pour cela. Ce sont :
à
graines noires;
à gousse blanc rosé taché de rouge, à
graines roux clair;
à gousses blanches et
graines rousses de forme irrégulière.
M algré leur petitesse ces haricots sont d ’un bon rapport pour
la nourriture des populations du Chari, et les Européens euxmêmes ne les dédaignent pas. On n'en trouve qu'au moment
de la récolte, car ils se consomm ent im m édiatem ent après.

Babara
Gouakangadila

Dakoné

Vigna sp .,M ’Barité des M andjias. — Espèce peu répandue,
grim pante, existant seulem ent dans quelques plantations. La
gousse de 25 cm. de long est blanche et renferm e 20 et 25
graines sensiblem ent plus grosses que celles des Phaseolus
M ungo. Ces graines sont régulièrem ent réniformes, jaunes
tachées de m arron et sont très caractéristiques.

�CULTURES INDIGÈNES DE LA RÉGION DU GRIBINGUI

PLANTES A TUBERCULES
Ngali

a n i o c . M anihot utilissima Polh.
des Bandas.
Bien que la principale nourriture des indigènes de cette
région soit le sorgho, le manioc commence à y prendre une
certaine importance et sa culture y gagne du terrain. Chez les
vrais Mandjias il n'y en a encore que peu ou point, m ais, chez
les Moroubas et les M’Brés résidant à l'est de Fort Cram pel,
on rencontre partout des plantations et elles deviennent du
reste de plus en plus nom breuses à mesure que l’on avance
dans cette direction. A lors que les populations de la forêt
consomment les tubercules frais, c'est-à-dire im m édiatem ent
après leur récolte et après m acération pour en faire des pains
de grosseur variable, il n'en est pas de même ici. Le manioc
après sa récolte est mis à trem per pour le débarrasser de la
toxine qu'il renferm e, puis est mis à sécher et les tronçons
de tubercules sont transform és en farine, qui est la seule forme
de vente de ce produit, chacun le p réparant au fur et à m esure
de ses besoins. Toutefois il convient de signaler ici que lorsque
les indigènes sont pressés par la faim et qu'ils n ’ont rien de
prêt, ils consom m ent les tubercules crus et sans aucune macé­
ration, ce qui indique qu ’ils sont peu nocifs; cette façon de
procéder est du reste l'exception.
La variété la plus couram m ent et l’on pourrait presque dire
la seule cultivée, est celle amère, les plants de la douce m élan­
gés aux autres étant l'exception, sauf à Kabo. Cette variété
est caractérisée par une tige à ram eaux gris, à entre nœuds
plus ou moins espacés, et aussi, surtout par la couleur des
pétioles et nervures des feuilles qui est toujours verte, alors
que dans les variétés douces elle est au contraire rouge. Nous
insistons à nouveau sur ces caractères, que nous avions déjà
signalés dans un mémoire paru dans le précédent volume de
ces Annales, parce que nous avons lu le contraire dans un
ouvrage récent sur les produits coloniaux. Il paraît acquis en
effet qu’au Brésil, la coloration rouge des pétioles et nervures
est une des caractéristiques du manioc am er, mais, dans toute

M

233

l'A friq u e et à M adagascar c'est le contraire gui se produit ;
aussi, en tra ita n t de cette question très complexe, ne doit-on
pas om ettre de préciser le pays d'origine des plantes que 1 on
envisage. En effet, si l’on adm et, ce qui est probable, l’origine
am éricaine des maniocs africains, il peut paraître étonnant,

Fig. I. — Manihot nlilissima var. hvptiaphylla Prain.

et il est difficile d ’expliquer comment ces modifications de
coloration se sont produites. Il y a là, sem ble-t-il, un phéno­
mène biologique d'un très gros intérêt que l'on ne peut guère
expliquer faute d expérim entations sérieuses et suivies. J ’ai
signalé qu il existe des variations assez m arquées dans la
coloration du feuillage du manioc, et que l’on trouve très
souvent des plantes chez lesquelles le pétiole est partie rouge

�234

A.

BAUDON

et partie vert, cela dans des proportions variables. Il est pos­
sible, ce que je n ’ai pu encore m ettre en évidence, que ces
colorations correspondent à une teneur en m anihotoxine
variable, et qu ’elles traduisent par suite des modifications qui
se produiraient soit sous l'action du sol, soit sous celle des
conditions de milieu, une variété prim itivem ent douce pouvant
devenir amère ou vice et versa, ce qui sem ble avoir été déjà
observé.
Le manioc pousse très vigoureusem ent dans les parties de
la région du Chari où il est cultivé, et j'a i fréquem m ent trouvé
dans les plantations du poste des M 'Brés des tubercules de
plus de 15 cm. de diam ètre et 75 de long, d ’un poids de
G kilogram m es, le rendem ent après deux ans étant de 19.000
kilos à l ’hectare, ce (pii peut être considéré comme satisfaisant
pour des plantations indigènes. La chair des tubercules est
très blanche à enveloppe brun clair s’enlevant facilem ent, le
latex blanc laiteux qui s ’en écoule n'agit pas sur le papier de
tournesol. Enfoncés peu profondém ent dans le sol où ils sont
placés horizontalem ent ou obliquem ent, certains tubercules
sont attaqués par des larves qui y causent d ’assez sérieux
dégâts, déterm inant la pourriture des parties où elles se
trouvent. Lorsque, ayant atteint l’état parfait, les parasites
partent, les tissus se régénèrent et la [liante continue à végé­
ter, le tubercule amoindri portant une cicatrice à l'endroit
attaqué. Il ne m 'a pas été possible de me procurer l’insecte
parfait.
A Kabo, chez les Saralis, le manioc était inconnu il n ’y a
pas longtemps encore, c'est sur l'initiative de l’A dm inistration
qu’il a été introduit dans les plantations des indigènes pour
améliorer leur vie m atérielle. On trouve en ce point, outre le
manioc amer, diverses formes de manioc doux, et en particu­
lier celle que j ’ai nommée
laquelle M. A. C hevalier
nous dit être très répandue en Afrique occidentale française.
Mais il existe en ce point une variété que je n’ai trouvée nulle
part ailleurs et dont je n ’ai pu connaître la région d ’origine.
La plante atteint 1 m. 50 environ de haut, elle est très
toullue, à tige verdâtre. Feuilles à pétiole de 10 à 15 cm. de

Monkoo,

CULTURES INDIGÈNES DE LA RÉGION DU GRIBINGUI

235

long, rouge violacé, plus larges que longues, à 3-5-7 folioles,
obovés, arrondis au somm et et dim inuant vers la base, le
médian é ta n t beaucoup plus petit que les autres, de forme
parfois irrégulière, surtout les latéraux, de 9 cm. de long et
3 de large, pubescents sur les deux faces. Fleurs en racèmes
axillaires, pauciflores. Calice violacé, pruineux, de 5 mm.
de long. Capsule rugueuse, ailée, éclatant de bonne heure.
Tubercules ne présentant rien de particulier. Cette plante
pourrait être la variété hyptiaphijlla de Prain, décrite récem­
ment dans le Flora o f Tropical Africa et qui a été signalée
du Dahom ey et de la Southern N igeria1. La photographie cicontre (page 233) montre bien l’aspect caractéristique des
feuilles de ce manioc.

Bangao

— Ipomea h ata tas Lam .,
des Bandas. —
d es Mandjias. — Les patates sont très répandues aux
abords des villages et elles sont très appréciées des indigènes
et des Européens, car la pomme de terre est totalem ent incon­
nue dans ces régions où elle ne peut prospérer. Elles sont
relativem ent peu sucrées, ce qui est appréciable pour la con­
som m ation. I)e culture facile grâce à la commodité de la
m ultiplication par boutures, I on peut arriver à en avoir des
cham ps de vaste étendue et c'est un alim ent précieux durant
la saison pluvieuse, qui est celle où la vie est le plus facile au
m oins vers sa lin, car au début c'est le contraire. Il en existe
deux races que l ’on trouve parfois réunies, mais le plus souvent
isolées, chaque village ayant ses préférences; l ’une est à tuber­
cules blancs, l’autre les a rouges. La race à tubercules blancs
se caractérise pendant la végétation par ses feuilles cordées
et profondém ent quinquelobées, elle est d ’un plus fort rende­
m ent que l’autre. Celle à tubercules rouges a les feuilles ovales
cordiform es, régulières, non lobées. Quelquefois on trouve des
tubercules desséchés comme ceux du manioc, mais cette façon
P

atates.

M Bodo

1. M. P r a i n à &lt;(ui j'ai so u m is ce tte p lan te a bien voulu m e faire eon
n a ître q u e c ’é ta it bien la v ariété h y p lia p h y lla d é c rite p ar lui.

�236

A.

BAUDON

de les conserver est peu répandue, car ils résistent m al, les
insectes les détruisant rapidem ent.
I g n a r e s . — Les ignames sont moins comm unes que les
patates bien que l'on en trouve à peu près p artout ; elles appar­
tiennent à différentes espèces.

Dioscorea saliva L. var. ant/iropophayarum A. Chev. — Dans
cette plante, qui est assez largem ent répandue, ce sont les
tubercules aériens poussant à l’aisselle des feuilles qui sont
consommés; elle est aussi cultivée par les populations de la
forêt. Ces tubercules aériens, qui dépassent la grosseur du
poing, sont gris jaunâtre extérieurem ent, ridés mais pas verruqueux, constam m ent triquètres, aigus aux extrém ités, à
chair blanc verdâtre. Quoique très estim és par les indigènes
qui les m angent bouillis, ils sont de qualité très m édiocre, soit
frits, soit autrem ent. En même tem ps que cette forme qui est
comestible, il en existe d ’autres qui ne le sont pas et dont
certaines sont même nocives; la différenciation en est facile,
soit qu'il s’agisse de la plante au cours de la végétation, soit
des tubercules. Plante en végétation : les feuilles ont la même
forme et les mêmes dimensions dans les deux plantes, mais,
dans les plantes non alim entaires, le limbe est boursouflé entre
les nervures secondaires, alors qu ’il est absolum ent plat dans
les autres. Tubercules : ils sont triquètres, aigus aux extrém i­
tés, lisses pour les alim entaires; au contraire, arrondis, de
forme irrégulière, verruqueux dans celles qui ne le sont pas.
D’autres encore ont la forme du tubercule alim entaire mais
ils sont alors violacés; il n’est pas possible avec un peu d ’a t­
tention de se trom per et de prendre les uns pour les autres.
C'est le
des Bandas, le
des M andjias. P lanté
en juillet, la germ ination est très lente, puis la plante croît
rapidement et en octobre on peut commencer la récolte.
Parmi les Dioscorées à tubercules souterrains, il y en a de
deux sortes, les unes sont cultivées par les indigènes, les
autres poussent â l’état spontané et ne sont consommées que
lorsque les autres vivres m anquent.

Kouéré

Kékéri

CULTURES INDIGÈNES DE LA RÉGION DU GRIBINGU1

237

Dioscorea alala L. — Cultivée aux abords des cases, au
pied des arbres ou sur des palissades construites tout exprès;
c’est le
ou
des indigènes.

Zara

Goué

Dioscorea cayennensis Lam. — Plante très polymorphe
existant sous de nom breuses formes, les unes inerm es, les
autres épineuses, c’est le
des Bandas.

Baba Tambaggo

Dioscorea Zara nov. spec. — Plante grim pante, à tige

Fi£. 2. — Dioscorea Zara n o v . s p e c .

arrondie ou aplatie, glabre, non épineuse, grêle. Feuilles
opposées, vert foncé, pétiolées, à pétiole glabre, de 3-4 cm. de
long, tordu et épaissi à la base, non stipulé, limbe allongé,
hasté à la base, à ailes plus ou moins écartées, cordiformes,

�238

230

A. Il AUDON

CULTURES INDIGÈNES DE LA RÉGION DK GRIBINGÜI

aiguës au sommet, de I I cm. de long, 3 cm. 3 de large,
glabres, il sept nervures, se dirigeant vers le haut, sauf les
latérales qui suivent le contour du bord inférieur de la feuille
et qui sont beaucoup plus courtes que les autres. F leurs m âles
en épis axillaires, au nom bre de quatre il l’aisselle de chaque
feuille, quelquefois l'un d ’entre eux form ant pédoncule et se
ramifiant ensuite brusquem ent en plusieurs épis. Epi atteig n an t
7 cm. de long, à fleurs isolées, sessiles, à bractées petites,
aiguës,ciliées, périanthe à lobes ovales, glabres, brun, coriaces,
de I mm. 5. Fleurs femelles en épi axillaire unique, de 8 cm.
de long, à Heurs espacées, bractées aiguës, ovaire ailé, glabre.
Fruit à pédoncule de d m m., arrondi, surm onté du style, à
trois ailes, glabres, brillantes. Graine ailée, la graine se trou­
vant placée sur le bord interne de l ’aile et au m ilieu. T uber­
cule comestible. Plante cultivée.
N" 1012. 18 septem bre 1012. Les M Brés, village Nia ma.
Cette espèce qui se trouve à 1 état cultivé dans de nom breux
villages doit dériver d ’une espèce spontanée qui se rencontre
couramment dans les mêmes parages. Il en existe diverses
formes, peu distinctes dans l'ensem ble et qui peuvent néan­
moins se caractériser ainsi que I on va le voir.

3 cm. de large. Fleurs en épis axillaires, à l'aisselle des feuilles
où ils sont isolés ou par 2, de 6 à 8 cm. de long, bractée
petite, brusquem ent acuminée, périanthe glabre, coriace.

Dioscorea Zara forme racemosa. — P lante grim pante à tige
lisse. Feuilles alternes et opposées, allongées, hastées a la base,
de 1 1 cm. de long sur 2 cm. d de large, limbe coriace, vert
brillant en dessus. Fleurs en racème unique p a rta n t de l'ais­
selle des feuilles opposées. Racème de 20 cm. de long, p o rtan t
des feuilles alternes à la partie inférieure, d'où partent des
épis de 3 cm. 5 de long, à fleurs alternes, isolées, à bractées
petites, aiguës. Périanthe brun coriace.
N° 1737. 0 juillet 1012. Les M B rés, village Z arabingui.
Dioscorea Zara forme Baba. — Plante grim pante à tige
lisse, rougeâtre. Feuilles alternes, opposées sur les ram ifica­
tions secondaires, allongées, hastées ou arrondies à la base, à
cinq nervures, les deux latérales plus courtes et suivant le
bord inférieur de la feuille, souples, de ld cm. de long et

Fig. 3. — Dioscorea Zara forme racemosa.

Il existe fréquem m ent des galles à la base des épis.
N° 18d0. Il août 1012. Kaga Yagoua. — NTo 1919. 18 sep­
tem bre 1012. Les M Brés, village Baba.
Dioscorea Zara forme Yagoua. — Plante grim pante, à tige
lisse, quelque peu anguleuse, vert violacé. Feuilles opposées,

�240

A. BAUDON

glabres, vert brillant en dessus, légèrem ent coriaces, à sept
nervures, aiguës au som m et, cordiformes à la base, de I I cm.

CULTURES INDIGÈNES DE LA RÉGION DU GKIBINGUI

241

Dioscorea Z ara forme m ultiflora. — Plante grim pante à tige
lisse, feuilles opposées, à sept nervures, brillantes en dessus,
m ates en dessous, cordiformes à la base, les lobes se ferm ant

Fig. 5. — Dioscorea violacea nov. spec.

presque, de 12 cm. de long, 3 cm. 3 de large. Fleurs en épis
axillaires, très nom breux, de 7 cm. de long, à fleurs isolées,
petites, arrondies.
Nos 1851-1852. Il août 1912. Ivaga Yagoua.
*• — D ioscorea G ribinguiensis nov. spec.

de long. 3 cm. o de large. Fleurs en épis axillaires par 2 à 4
k chaque aisselle de b c m . de long.
N° 1837 • 10 a°û t 1912. Ivaga Yagoua. — N 6 1819. 10 août
1912. Kaga Yagoua.

Dioscorea Gribinguiensis nov. spec. Plante grim pante à tige
lisse, arrondie. Feuilles opposées, quelques-unes alternes,
glabres, m inces, allongées acum inées, arrondies ou très légè­
rem ent cordiformes 5 la base, vert foncé en dessus, plus claires
en dessous, de 9-10 cm. de long, 3 de large. Pétiole brusqueAnnnles du Musée colonial de Marseille. — 3- série, l*r vol. 1913.

16

�212

A.

«AUDON

m ent coudé aux deux extrém ités, de 3 cm. •’&gt; de long. M eurs
en épis axillaires en nom bre variable à 1 aisselle des feuilles,
de ■'! cm. île long. Fleurs mâles isolées, légèrem ent espacées,
sessiles, à bractées petites, grisâtres. Périanthe coriace à lobes
arrondis. Fleurs femelles et fruits inconnus.
Nos 1022. 18 septem bre 1012. Les M’B rés, village Baba.

CULTURES INDIGÈNES DE LA RÉGION DU GRtBINGUI

243

N° 1853. 13 août 1912. Kaga M’Bra.
Cette espèce se caractérise nettem ent par ses feuilles plus

Dioscorea violacea nov. spec. — Plante grim pante, très ram i­
fiée, touffue, à tige arrondie, lisse, violacée. Feuilles alternes,
ovales, acuminées, cordées à la base, minces, violacé loncé,
glabres, à 7-0 nervures, de I 1 cm. de long, 7 cm. de larg e.
Pétiole de 7 cm. de long, arrondi, aplati. Fleurs en épis axil­
laires, peu nom breux, ne portant des fleurs que dans le tiers
supérieur, atteignant 10 cm. de long. Fleurs mâles espacées
sur les épis, à bractées égalant le périanthe, lequel est allongé,
étroit. Les femelles a ovaire égalant la bractée, à périanthe à
lobes étroits, aigus. F ru its. . .
A l’aisselle des feuilles il existe îles tubercules atteignant
10 cm. de long, 3 cm. de large, allongés, fusiformes, arrondis,
divisés en deux par un étranglem ent au milieu au point d ’a t­
tache du pédoncule, à enveloppe et chair de la même couleur
que les feuilles. Ces tubercules ne sont pas comestibles. C 'est
le Kouré des Bandas.
N° 1723. 4 juillet 1912. Les M’Brés, gite Tomo.
Cette plante se caractérise surtout très nettem ent par sa
couleur et par la forme de ses tubercules.
Dioscorea longipetiolata nov. spec. — Plante grim pante, à
tige lisse, verte. Feuilles alternes, arrondies, courtem ent
acuminées, largem ent cordiformes, glabres, quelque peu
coriaces, à neuf nervures, de 10 cm. de large et 8 de long.
Pétiole élargi et coudé à la base, canaliculé, de 12 cm. de
long. Fleurs en racèmes axillaires, dépassant 40 cm. de long,
portant des ramifications de 7 cm. Fleurs isolées, courtem ent
pédicellées, à bractées égalant le périanthe, lequel est à lobes
aigus, carénés, coriaces, blancs puis violet pourpre. T uber­
cules axillaires à l’aisselle des feuilles et sur les racèm es, de
formes irrégulières, gris, verruqueux, non com estibles.

Fig. 6. — Dioscorea longipetiolata nov. spec.

larges que longues, par la longueur du pétiole et par le déve­
loppement considérable des racèmes floraux qui atteint un
mètre.
Dioscorea dum elorum Pax. — Cette plante existe à l’état

�CULTURES INDIGÈNES DE LA RÉGION DU GRIB1NGUI

cultivé et â 1 état spontané. La variété cultivé se caractérise
par ses feuilles beaucoup plus petites, plus m inces et les
pétioles ne portant plus que quelques piquants très courts.
Les tubercules allongés, étroits, ont la couleur de la pom me
de terre à l'état frais et blanchissent en séchant.
Dioscorea clurnetorum Pax. forme robus/a. — P lante larg e­
ment grim pante, robuste, ligneuse, pubescente, à épines
nombreuses. Feuilles trifoliolées, à folioles de 16 cm. de long,
les latéraux à côtés inégaux, glabres en dessus, finem ent
pubescents en dessous, à pédicelles de 8-10 m m . de long.
Pétiole ligneux, fortement épineux, pubescent, coudé à la base
qui est élargie, de 18 cm. de long. Fleurs en panicules de
18 cm. de long, à rachis pubescent, à bractées longues,
soyeuses, les Heurs serrées dans les épis.
Dioscorea phaseoloides Pax. — Plante grim pante entière­
ment glabre. Fleurs mâles en épis courts, denses, ou sur de
longs pédoncules sur lesquels ils sont par paires espacées de
3 à i cm.
Outre ces espèces, on rencontre encore : Dioscorea niacroura
Harms, Dioscorea Preussii Pax. En principe presque tous les
tubercules de Dioscorées sauvages peuvent être considérés
comme comestibles après un séjour dans 1 eau qui élim ine la
toxine qu ’ils renferm ent. En procédant comme on le fait pour
le manioc, les indigènes, lorsqu'ils sont à court de vivres,
recueillent de nombreuses sortes de tubercules et les con­
somment.
Coleus Dazo A. Chev. — Cette plante décrite par M. A. C he­
valier à la suite de sa mission au Chari-Tchad en 1902, est assez
répandue dans toute la région. Ses tubercules allongés, blancs
ont un peu l’aspect du salsilis, ils sont très appréciés des
Européens. Ce sont les
des Bandas,
des M andjias.

Samba

Dazo

Coleus rotundifolius Chev. et Per. var. niçjra. — Ce Coleus
est moins répandu que le précédent et ne se trouve guère

243

que chez les Sarahs. Ses tubercules très petits sont eux aussi
d ’excellente qualité. Le Coleus lancjouassicnsis A. Chev. ne
paraît pas exister dans la région, du reste il a été signalé
comme ne se rencontrant que dans une zone restreinte.
CU CU RBITA CÉES
Au Congo, les Cucurbitacées sont bien plus cultivées dans
la région dont je m'occupe ici que dans toutes les autres. Dans
le Bas-Congo, par exem ple, où il en existe un certain nombre
d ’espèces, ce sont surtout les feuilles et les graines qui sont
consomm ées, dans la forêt au contraire, ce sont les fruits. Mais
parto u t ces plantes sont peu répandues, contrairem ent à ce
qui se passe au Chari où elles jouent un rôle im portant dans
l ’alim entation des populations. Elles peuvent être divisées en
deux catégories, celles qui sont cultivées pour leurs fruits,
celles qui le sont pour leurs graines, chacune d'elles renfer­
m ant plusieurs espèces.
Plantes cultivées pour leurs fruits.

Tchouchou

Cucurbita m axim a Duchesne,
des Bandas. —
P lante largem ent ram pante, à tige creuse, arrondie, quelque
peu sillonnée. Feuilles réniform es, arrondies, très légèrem ent
lobées, finem ent dentées, poilues, à long pétiole creux. Fleurs
mâles sur de très longs pédoncules, arrondis, creux, presque
glabres. Corolle à lobes aigus, jaune pâle. Fleurs femelles
plus petites, à pédoncules courts. F ruit arrondi, aplati aux
deux pôles, vert foncé, pruineux, à côtes peu m arquées, légè­
rem ent rugueux, à pédoncule arrondi, rayé, ligneux, chair
blanche. Graines nom breuses, à l’intérieur d ’un testa jaune,
de 21 m m . de long sur 12 de large.
Form e Saim béré des Bandas. — A utre forme de la même
espèce à tige et pétiole forts, ces derniers rugueux. P artie
inférieure des feuilles plus pubescente. Fleurs plus petites, à
lobes de la corolle moins aigus au som m et. Fruit plus petit
que dans la forme précédente, jaune extérieurem ent et â chair
de la même couleur.

�246

A.

HÀUDON

D. Tchouchou

CU LT UKES INDIGÈNES DE LA RÉGION DU GRIB1NGUI

Tchoumba

Cucurbita Pepo
C.
des Bandas. —
des Mandjias. — Plante à tige grim pante. Feuilles à cinq lobes,
le médian beaucoup plus grand que les autres, plus larges
que longues, à pétioles longs, anguleux. Fleurs sur de longs
pédoncules grêles, à calice densém ent pubescent ainsi que la
corolle extérieurem ent, k lobes arrondis. Fruit à côtes bien
marquées, à surface rugueuse, vert foncé taché de blanc,
recouvert d’une couche pruineuse blanche, pédoncule arrondi,
sillonné, ligneux. Chair jaune très pâle, presque blanche, avec
testa fibreux jaune d'ocre, renferm ant des graines aplaties,
aiguës au sommet, de 12 mm. de long sur 7 de large, très
aqueux.

Saekara

Tchouchou Kanga

Forme
des Mandjias. —
des Ban­
das. — Plante grim pante, beaucoup plus réduite dans toutes
ses parties que la précédente, à tige et nervures fortem ent
sillonnées. Feuilles plus nettem ent et plus irrégulièrem ent
dentées, surtout du côté des sinus, moins pubescentes. F ru it
à peu près sphérique ou atténué du côté du pédoncule, blanc
ou vert avec des lignes ponctuées de blanc, ou blanc totale­
ment rayé de vert, à côtes indistinctes ou très peu m arquées,
lisse ou parfois légèrement rugueux. Pédoncule ligneux,
arrondi et sillonné. Chair blanche, se prolongeant entre les
placentas qui sont au nombre de quatre se reliant entre eux
par un testa charnu et fibreux. Graines aplaties de 15 mm.
de long sur 10 de large.

Saezembé

Forme
des Mandjias. — Se rapproche de Tchou­
chou, mais la tige est ram pante et plus forte. Le feuilles sont
plus larges et plus arrondies. F ruit blanc, légèrem ent conique,
un peu rugueux, à côtes peu distinctes. Pédoncule ligneux,
côtelé, pubescent. Chair jaune, à testa plus clair, graines nom ­
breuses, ovales ovées.

Tchouchou pourou ngato

Cucurbita maxima Duchesne,
des
M andjias. —
des Bandas. — Plante ram pante à feuillage
taché de blanc dans les angles des nervures, couvert de poils
blancs, courts, couchés, Pédoncule de même longueur que les

Çévi

247

feuilles. Vrilles peu développées. Fleurs relativem ent petites.
F ru it vert taché de blanc, de taille m oyenne, atténué du côté
du pédoncule, à côtes bien m arquées ; à surface rugueuse, à
pédoncule ligneux. C hair jaune très pâle, à testa jaune d’ocre,
très aqueuse. Graines nom breuses, très près de la chair, apla­
ties, ovales ovées de 12 m rn.de long sur 7 de large.
Il existe une forme de cette espèce qui est rem arquable par
son extrêm e pubescence, surtoutà la face inférieure des feuilles
et par ses fleurs beaucoup plus grandes.
Lagenaria vulgaris Seringe. — Les calebasses sont culti­
vées partout pour l'enveloppe du fruit qui sert à faire des
ustensiles de ménage, réservoirs pour l’eau, plats, etc., mais
il est à rem arquer que dans cette région elles n ’atteignent pas
un très grand développem ent. Deux variétés de cette plante
servent comme plantes alim entaires, les jeunes fruits étant
consom m és bouillis au même titre que les Cucurbita, quoi­
q u ’ils soient de qualité médiocre.

Ndopoté

V ariété
des M a n d jia s.— Plante grim pante â tige
grêle, arrondie, à feuilles petites, légèrem ent lobées, à lobes
term inés par un acumen aigu, court, finement dentées sur les
bords â pétiole glandulaire. Fleurs blanches, à calice plus
large à la base (pie dans
type. F ru it cylindrique,
allongé, vert, à peau très coriace, lisse. Chair blanche, très
adhérente à l'épicarpe. Graines sem blables à celles de Lagena­
ria type, m ais plus petites et moins sillonnées.

Lagenaria

Ndopou

V ariété
des M andjias. — Plante courtem ent ram ­
pante, a tige forte, arrondie, pubescente. Feuilles petites,
ovales ovées, aiguës au sommet et non cordiform es, à pétiole
court, glandulaire. Fleur unique à l'aisselle des feuilles, à long
pédoncule, k corolle blanche, grande. F ruit identique à celui
de N dopoté, mais beaucoup plus petit. Graines beaucoup plus
petites, légèrem ent sillonnées sur les bords.

Mvéké Senoussi

Luffa acutangula R oxb.,
de
des Bandas. —
Plante peu répandue et importée, paraît-il, de N Délé. Le fruit

�CILTURES INDIGÈNES DE LA RÉGION DU GRIIUNGUI

à l'état jeune est consomm é bouilli. Il convient de signaler
que le term e Mvéké est employé p a rle s indigènes pour dési­
gner les fruits de Hibiscus esculentus, et que c'est donc
improprement qu'il est appliqué à celui du Lutta.

Sindou

Cucurneropsis M annîi N aud.,
des Bandas et des
Mandjias. — Cette plante est largem ent cultivée par tous les
indigènes de l’Oubangui et duC hari, pour ses graines oléagi­
neuses qui entrent dans la confection de nom breux p lats. E lles
se sèment à la volée comme culture intercalaire au m ilieu des
cultures de sorgho et autres et on laisse la plante végéter
sans aucun soin ju sq u ’après la récolte de la gram inée. Les
fruits qui sont alors à m aturité sont recueillis et mis à m acé­
rer dans une mare, puis écrasés et le résidu lavé pour recueil­
lir les graines.
existe deux variétés de
indigène, l'une à fruit
comestible, comme le concombre, l’autre chez laquelle il est
excessivement amer et par suite sans utilité. A prem ière vue,
les deux plantes paraissent identiques, mais en réalité il est
possible de les différencier assez facilem ent ; elles sont cu lti­
vées en mélange et sans distinction puisque c’est pour recueil­
lir les graines seules et que par suite la valeur com estible du
fruit est sans importance. Mais ici la question se pose de savoir
s ’il s’agit de deux espèces prim itivem ent distinctes et qui dans
la suite auraient été mélangées dans les cultures, ou alors
d’une seule qui, douce à l'origine, se serait transform ée par
suite de causes inconnues ; il pourrait en être ainsi par suite
de l'influence du milieu si l’on adm ettait q u ’elle fût originaire
d ’une contrée différente et plus humide, ou alors par suite de
l'insuffisance de soins culturaux, ou la m auvaise qualité du sol.
Je ne crois pas toutefois à ces dernières hypothèses et j ’ad­
m ettrais plutôt celle de deux espèces cultivées sim ultaném ent
et mon opinion est basée sur les différences, légères il est
vrai, existant entre les deux plantes et qui n ’existeraient pas
s’il s'agissait d'une seule plante. En effet deux plantes trè s
semblables ont été décrites, ce sont : Cucurneropsis M annii
par Naudin, laquelle fut cultivée au Jardin Botanique de Paris

11

Sindou

249

et est indiquée dans le Flora o f Tropical A frica comme ori­
ginaire du Gabon et de Old Galabar ; Cladosycios edulis IIooker de Aboli et de l’A ngola. Ces plantes ont été réunies depuis
en une seule, à to rt il me semble. Je crois que chacune des
espèces ainsi décrites doit être m aintenue car elle répond à
une plante différente ainsi q u ’il ressort des descriptions sui­
vantes.
Cucurneropsis M annii. — Plante ram pante, à tige forte, à
croissance rapide, lige arrondie, scabreavec des poils blancs
rigides surtout dans les parties jeunes. Feuilles alternes,
pétiole fort, arrondi, avec poils blancs, cannelé en dessus et
quelquefois légèrem ent sillonné, courbé de diverses façons.
Limbe cordiforme à la base, à sinus arrondi, à 3-5-7 lobes
arrondis, peu profonds, quelquefois peu distincts, bords
sinueux, à dents courtes, vert m at en dessus, plus pâle en des­
sous et scabre, à 5 nervures saillantes en dessous de 1 l à 12
cm. de long et autant de large, mince et souple. Vrilles très
longues, très enroulées à la partie extrêm e. Fleurs mâles axil­
laires, peu nom breuses. Pédoncule de 8 m m. de long, pubescent. Calice tub u laire, a rro n d i, densém ent p u b e sce n t, à
poils longs, roux, de 4 mm. de long, à 5 lobes étroits,
aigus, de même longueur, jaune verdâtre. Corolle à 3 lobes,
libres jusqu'à la base, jaunes, arrondis au sommet. Etam ines,
trois, incluses, fixées presque à la base du calice, à anthères
à loges repliées, à filets prolongés au-dessus de l'anthère, à
rudim ent d ovaire. Fleurs femelles isolées, à pédoncule de 3
m m . de long, calice à lobesde 5-fi mm. de long, aigus. Corolle
plus grande que dans les fleurs m âles. Ovaire allongé, sur­
m onté de la corolle desséchée, pubescent, à poils très courts,
4 lobes, ovules sur 4 placentas. Fruit ovoïde, petit, jaunâtre
ou verdâtre, à épicarpe mince mais coriace, lisse. Graines
petites, lisses, blanches. Chair blanche excessivem ent amère.
Cladosycios edulis Ilooker. — Plante ram pante, à tig e g rê le,
anguleuse, glabre dans les parties âgées, pubescente dans les
parties jeunes. Feuilles alternes, à pétiole arrondi, cannelé en

�230

231

A. BAUDON

CULTURES INDIGÈNES DE LA RÉGION DU GRIBINGUI

dessus, finement pubescent. Limbe irrégulièrem ent cordiform e
coriace, ovale, quelquefois légèrem ent lobé, mais &lt;i lobes peu
distincts, à dents irrégulières, scabre, j)lus petites que celles
de Cucumeropsis. Vrilles longues, peu ou point enroulées.
Fleurs mâles, ombellées, sur un pédoncule de 2-3 cm. Pédicelles courts, pubescents. Calice de 1 mm. de long, à lobes
de 2-3 mm. aigus, pubescents. Corolle à 3 lobes arrondis,
pubescent extérieurem ent, petite. Kta mines trois, incluses.
Fleurs femelles isolées, pédonculées. Ovaire allongé, pubes­
cent, à i loges, ovules sur 4 placentas ou 3 par avortem ent.
Fruit allongé, atténué vers le pédoncule, ja u n â tre rayé de
vert, à épicarpe mince, peu coriace, quelquefois pubescent.
Graines blanches, lisses, plus grosses que celles du C ucum e­
ropsis. Chair blanche, comestible, analogue à celle du con­
combre.
Ainsi que 1 on peut le voir les différences ex istan t entre
les deux plantes sont peu m arquées, la description ne perm et­
tant pas de bien faire ressortir, mais l'exam en des échantillons
ne laisse pas de doutes et il en est de même au cours de la
végétation.

M andjias. — Cette plante se trouve dans toute TAfrique où
l’on consomme ses fruits frais bouillis, alors que desséchés ils
servent à préparer des sauces; les feuilles elles aussi sont usa­
gées. Il en existe des formes culturales diverses, dont les
extrêm es à caractères bien tranchés, mais l’étude en est diffi­
cile par suite des nom breuses interm édiaires que l'on rencontre.
Les caractères principaux qui doivent être retenus sont
d'abord la couleur des tiges et nervures des feuilles, ensuite
la forme des feuilles et leurs dimensions. Il existe un groupe
de formes à tige rouge, en général de petite taille, à feuilles
larges ; un groupe vert, plus grand et à feuilles plus divisées,
à lobes plus étroits, ce qui donnerait pour chacun le groupe­
m ent suivant :

Bakily

Cucumis Mclo L.,
des M andjias.— Cette plante est
aussi largem ent cultivée que les Cucumeropsis M annii et Cladosycios edulis, pour ses graines qui, elles aussi, sont alim en­
taires. La culture se fait dans les mêmes conditions que pour
les espèces ci-dessus citées. On trouve des fruits de grosseur
très variable, bien qu'ils ne dépassent pas 15 cm. de dia­
mètre, mais je n ’ai pas observé qu'il puisse en exister diverses
variétés. La chair des fruits densém ent amère n ’est pas com es­
tible.
Les plantes dont il me reste à parler sont bien moins im por­
tantes (jue les précédentes, sauf toutefois le sésam e, car elles
ne sont plus essentielles pour la nourriture des indigènes. C er­
taines, ainsi qu'on le verra, sont assez particulières et peu
répandues en dehors de la région du Chari.
Hibiscus esculcntus

L., M Véké

des Bandas ;

M Beyi

des

Tige et nervation rouge.
P lan te naine de I m. de haut.
Plante de taille plus élevée (au-dessus de 1 m. 50).
Feuilles palm atifides à lobes très larges.
—
—
étroits.
F ru its longs.
F ruits courts.
La même classification pouvant être adoptée pour les plantes
vertes, à titre docum entaire, je vais donner une description
sommaire de quelques formes, en faisant ressortir leurs carac­
tères différentiels.
I. Tige rouge, glabre, arrondie, pétiole et nervations
rouges. Feuilles à 5 lobes, vert foncé, à bords irrégulièrem ent
dentés. Fleurs jaune clair à onglet rouge visible en dehors,
bracté vert violacé. F ruit 5 angulé, rouge, pubescent, allongé,
porté par un pédoncule fort, rouge. P lan te de 1 m. de haut.
des M andjias.

Gona

IL Tige vert clair, arrondie, glabre, pétiole et nervation vert
clair. Feuilles à 5 lobes, vert clair, à bords irrégulièrem ent
dentés. Fleurs jaune pâle à onglet rouge, visible en dehors,
bractées vert clair. F ruit 8-10 angulé, vert clair, pubescent.

�CULTURES INDIGÈNES DE LA RÉGION Dû GRIBINGUI

allongé, porté par un pédoncule vert, glabre, court. P lante de
ni.
de haut
des M andjias.

1

7a

Yoga.

III. Tige rouge verdâtre, quelque peu pubescente. Pétiole
rouge avec poils raides, blancs. Feuilles 5 lobées, à poils
raides, blancs, nervation rouge. Corolle jaune à onglet pourpre
se dégradant légèrem ent sur les bords, plus grande que dans
les autres formes, l ’onglet et la teinte dégradée visibles en
dehors, bractée verdâtre, pubescente. Fruit à pédoncule v ert,
rouge à la base, à poils raides, densém ent pubescent, 7 angulé,
de couleur rosée.
IV. Tige verte, glabre. Pétiole rouge en dessus, vert en des­
sous. pubescent, à poils blancs, couchés. Feuilles à 5 lobes,
peu profonds, dentés, â limbe ondulé, nervation verte, rou­
geâtre à l’intersection des nervures secondaires. Corolle jau n e
clair, grande, à onglet pourpre clair, très petit et très net,
bractée vert clair. Fruit à pédoncule vert avec quelques poils,
pubescent, 6-7 angulé.

Oseille de Guinée.

Hibiscus Sabdariffa L .,
— Beaucoup
moins cultivé que le précédent. Les calices desséchés sont
vendus pour assaisonner les sauces.

L., Ngagou

Solarium aethiopicum
des Bandas et M andjias.
— Plante très répandue, cultivée aux abords des cases. Les
fruits rouges, petits, sont consommés crus ou cuits, de même
que les feuilles. Il existe deux races de ce Solanum, Tune qui
a la tige verte et l’autre noire, mais elles ne présentent pas
d'autres différences.
Lycopersicum esculcntum MilL, var. cerasiform e (Dunod)
A. Chev. — La petite tom ate sauvage, un peu plus grosse
qu'une cerise, qui se rencontre dans toute l’A frique, existe
aussi dans la région du Chari où les indigènes s’en servent
pour faire des sauces. Les Européens en usent aussi fréquem ­
ment et nombreux son! ceux qui les consom m ent crues avec
du sel ou en salade; cette façon de procéder n ’est pas sans

253

danger et j ’ai été tém oin de nombreuses indispositions en résul­
tan t. lie malaise débute par un mal de tête auquel succède de
la diarrhée et souvent aussi des vom issem ents qui durent par­
fois plusieurs jours, et cela après chaque ingestion de tomates
cru es; aussi doit-on s ’abstenir de les m anger de cette façon;
cuites elles sont inoffensives ou à peu près.
Juslicia M elam pyrum S. Moore. — Cette petite Acanthacée
qui ne dépasse pas 30 cm. de haut est très commune près des
cases, et les jeunes pousses ju sq u ’au moment de la floraison
sont em ployées comme brèdes.
Corchorus olitorius L. et Corchorus lobât us de W ild. —
Ces plantes sont cultivées par les indigènes qui s’en servent
comme brèdes.
H ygrophila spinosa T. A nd. — Cette Acanthacée est culti­
vée auprès des habitations, mais on la trouve aussi à l’état
spontané à l’em placem ent des anciens villages. Sa végétation
est vigoureuse et elle fleurit abondam m ent, elle sert à la fabri­
cation du sel usagé pour la cuisine. En effet, dans ces régions
éloignées, le sel est excessivem ent ra re e tc e lu i im porté d Eu­
rope vaut cinq francs le kilo, encore n en trouve-t-on pas tou­
jours, bien qu ’à l'heure actuelle il arrive plus facilem ent.
A utrefois les indigènes se servaient, et se servent encore mais
m oins, des cendres obtenues par 1 incinération de diverses
plantes (Pistia slratiotes L., gram inées et autres), qu ’ils lessi­
vaient ensuite pour obtenir du sel, ou, ils achetaient lorsqu'ils
en trouvaient du natron, aux colporteurs Bornouans, mais ils
avaient toujours sous la main Y H ygrophila pour répondre aux
besoins journaliers lorsque l ’autre sel m anquait.
Sesam un indicum L. — Le sésame, largem ent cultivé dans
l’Afrique Occidentale pour ses graines oléagineuses, l'est aussi
ici pour les mêmes besoins. La variété que I on y trouve est à
graines blanches, lisses. Les semis se font en septem bre seu­
lem ent, car si on plante au début de la saison des pluies, la
floraison est abondante mais il n ’y a pas de fructification, il

�faut, pour que les graines arrivent à m aturité, que les pluies
aient cessé. C’est, avec les graines de Cucurbitacées, la seule
plante fournissant une m atière grasse dans cette région : en
effet, 1 Elaeis n'existe plus dans ces parages, le B utyrosperm um
ikarité) n v est pas très abondant, sauf dans le N. E .. et bien
que Lophira alata Banks soit comm un, les naturels ne savent
pas en tirer parti. A côté de ces plantes à m atières grasses
alim entaires, s’en trouvent d’autres qui servent pour la toilette
tel : Bicinus comm uais L. cultivé sous les formes pruinosa,
rubra et viridis, Coelocaryon Klainii Pierre, dont les graines
sont soigneusement recueillies pour être triturées avec les
cendres de feuilles de papayer dans la fabrication du savon
indigène.
J ’ai énuméré ici à peu près toutes les plantes cultivées dans
la région du Gribingui. une des plus im portantes de notre
colonie de l'A frique C entrale, car elle est dans la partie où
les communications sont les plus fréquentes tout en étant les
plus difliciles. C'est en effet là que se trouve la ligne de par­
tage des eaux entre le bassin de 1 Oubangui et celui du ChariTchad et où, par suite, tous les transports doivent se faire par
terre. C’était et c’est encore la voie par laquelle passe le ravi­
taillem ent du territoire m ilitaire qui se trouve plus au Nord.
On a pu voir cjue le pays ne m anquait pas de ressources, et
que si les indigènes y soutiraient de la faim, c’était en partie
p a rle u r faute. Mais, connaissant d u n e part leur insouciance
et de l’autre ce que l'on peut faire, il semble qu'il serait pos­
sible assez facilement d ’arriver à am éliorer leur situation
matérielle, en les guidant dans le choix de leurs cultures.
M arseille, A oût 1913.

OSBECKIÉES MALGACHES
P a r MM. II. J u m e l l r e t H . P é r im e r

de la

B ath ie.

Les M élastomacées malgaches qui appartiennent à cette
tribu des Osbeckiées rentrent dans les sept genres A ntherotom a, Rhodosepala, Dionycha, Am phorocalyæ, Osbeckia, Tristem m a et Dichætanthcra.
Le genre A nllierotom a, qui n'est parfois considéré que
comme une section du genre Osbeckia, n ’est guère représenté
ju sq u ’alors que par une seule espèce, Y Anllierotom a Xaudini
Hook. f., car Y Osbeckia A fzelii que Cogniaux en rapproche est
une espèce de Sierra-Leone encore assez incom plètement
décrite. En tout cas, YAntherotom a X audini seul appartient
à la fois au continent africain et à M adagascar. Dans notre
colonie, nous avons déjà dit 1 que cette petite plante herbacée
annuelle croit dans le Haut-Bem arivo, sur les rocailles et dans
les sables. Goudot l avait trouvée à Tananarive, et Boivin et
Chapelier aux Comores. Nous pouvons aujourd'hui la signa­
ler, en outre, au pied du m assif d A ndringitra sur le versant
Ouest, vers 900 m ètres d'altitude, et aussi, dans 1 Est, entre
le M atitana et le M angoro, entre 000 et 1.000 m ètres. C'est
donc, en somme, à M adagascar, une espèce assez comm une.
Trois autres genres que, par contre, nous n'aurons pas à
m entionner, parm i nos échantillons du versant oriental, ce
sont les genres D ionycha, Am phorocalyx et Tristem m a.
La seule espèce de Tristem m a connue à M adagascar est le
7 ristem m a virusanum ; nous l avons signalée dans les endroits
hum ides du Boina et de l'Am bongo, et nous ne la connais­
sons depuis lors nulle part ailleurs. M. llochreutiner l a eepen1. II. J u m e ll e e l II. P e r r ie r de la B athie, Quelques Mélastomacées du
Nord-O uest de Madagascar (A nnales d e s S cience s n a tu r e lle s , 1911 .

�256

H. JUMELLE El

II.

PERIMER DE I.A HATIUE

dant trouvée parm i les spécim ens récoltés par Guillot dans le
district de Vatomandry.
Dans le genre D ionycha, exclusivem ent m algache, les deux
espèces depuis longtem ps décrites sont le Dionycha B ojeri
Naud. et le Dionycha gracilis Cogn. L ’un de nous a pu recueil­
lir sur le mont Tsitondraina le Dionycha gracilis C ogn., a u tre ­
fois découvert par Goudot dans la région de T ananarive, et
nous avons donné la diagnose de deux espèces nouvelles, le
Dionycha alba et le Dionycha triangularis. Ce sont toujours
les seules espèces qui nous restent connues.
Enfin dans le genre A m phorocalyx, particulier aussi à la
grande ile, et créé par Baker en 1887 pour YA m phorocalyx
m ultiflorus, nous avons placé une seconde espèce qui provient
des ravins du Haut-M ampikony et que nous avons nom mée
A m phorocalyx albus ; nous n ’en avons aucun autre aujour­
d'hui à ajouter.
Par contre nous avons l’occasion de citer dans le Centre un
genre dont les représentants nous étaient restés ju sq u ’alors
ignorés, le genre Bhodosepala.
Ce genre fut encore créé par Baker en 1887, et il le fut
pour l’espèce Bhodosepalapauciflora ; ultérieurem ent Cogniaux
décrivit les deux espèces Bhodosepala procum bens, récolté
par Goudot près de Tananarive, et Bhodosepala erecla, trouvé
par Hildebrandt à M ahanisana. Or dans les prairies et rocailles
des environs d ’A m bositra, entre 1.400 et 1.900 m ètres d ’alti­
tude, sur la lisière des forêts, l’un de nous a rencontré, en ja n ­
vier et mai 1913, le Bhodosepala procum bens. C ’est, là, une
plante herbacée à souche vivace, dont les ram eaux, vaguem ent
tétragones, sont couchés à la base et radicants, les branches
florales toutefois étant redressées. Les fleurs sont blanc rosé.
C’est, au reste, la seule espèce qu ’il nous ait été donné d ’exa­
m iner; nous n ’avons donc pas à nous arrêter davantage sur le
genre, et nous avons à considérer surtout ici les genres Osbec­
hia et Dichælanthera.

OSltECKIÉES MALUACIIËS

257

O SB EC K IA
Le genre Osbechia est très vaste puisqu’on le trouve aussi
bien en Afrique (section Pseudodissolis en particulier) qu en
Asie m éridionale, en Malaisie et même en A ustralie. Cepen­
dant trois espèces seulem ent sont actuellem ent connues à
M adagascar: Y Osbechia madagascariensis Cogn.. des sables du
Sud-E st, Y Osbechia dionychoides Cogn. de Vangaindrano, et
Y Osbechia' E lliotii Cogn., de V angaindrano et de Fort-D auphin.
Ces trois espèces sont de la tribu des A rrhinées. Il nous
semble bien qu'une espèce de notre collection que nous nom ­
m erons Y Osbechia m inim i folia puisse être ajoutée aux précé­
dentes.
C 'est un arbuste très ram eux, de 50 centim ètres à 1 m ètre
de hauteur, qui croît sur les rocailles quartzitiques du mont
lbity, vers 2.000 m ètres d ’altitude. Il n ’appartiendrait donc
pas à la même région littorale et austro-orientale que les trois
autres Osbechia. Les feuilles sont persistantes, opposées sui­
de nom breux petits ram eaux courts et grêles, couverts d’ai­
guillons blanchâtres. Le pétiole est court, et revêtu de ces
mêmes aiguillons, qu'on retrouve sur les deux faces du lim be,
et surtout sur les trois nervures de la face inférieure. Ce
lim be est coriace, ovale, de 5 à ti m illim ètres sur 3, à bords
sinueux, un peu arrondi à la base, subaigu au som m et. La seule
fleur que nous avons pu exam iner, et qui était term inale, était
tétram ère. Le calice, haut de 4 m illim ètres, couvert d ai­
guillons, est à quatre dents m em braneuses, triangulaires,
aiguës, ciliolées. Les quatre pétales sont orbiculaires (9 m il­
lion. sur 10), très arrondis. Les huit étam ines sont égales et
sans appendice ; le filet a 3 m illim ètres et l'anthère a même
longueur. L'ovaire, à quatre loges, est plus ou moins libre,
ovoïde, avec des poils dans sa partie supérieure ; le style a 7
m illim ètres de longueur.

�OSBECKIÉES MALGACHES

DICHÆTANTHERA
Les Die hæ tant liera son t. lous Je M adagascar, et les vingt
espèces actuellem ent connues se repartissent en trois sections,
établies par Cogniaux :
les Eudichælarit'liera, dont les Heurs et les feuilles se déve­
loppent en même tem ps, et chez lesquels l ’ovaire est couvert
Je nombreuses soies au somm et, et les étam ines inégales ;
les Pseudodionycha, qui ont les Jeux prem iers caractères J u
groupe précédent, mais dont les étam ines sont toutes à peu
près égales, avec un prolongem ent très court de la base du
connectif ;
les H ysteranthia, qui ont les étam ines des E u d ich æ ta n th cra ,
mais dont l'ovaire 11 e porte au som m et que quelques poils, et
chez lesquels les fleurs se développent avant les feuilles, le
calice, en outre, sem blant toujours glabre.
Les E udichætant liera, qui sont les plus nom breux, peuvent
être Je nouveau subdivisés d’après la plus ou m oins grande
longueur Je la bifurcation du prolongem ent connectival en
avant de son insertion sur le lilet. Tantôt ce prolongem ent ne
devient bifide que plus ou moins loin au delà de cette insertion,
tantôt il l'est depuis le niveau même de 1 insertion.
Parmi les espèces que nous avons étudiées dans notre
précédent Mémoire, le Dichælanlliera brevicauda, le Dichætliera manongarivensis où la bifurcation cependant com m ence
très près de l’insertion^ appartiennent à la prem ière de ces
deux subdivisions, et le Dichælanthera Iiatenbergiana, le
Üichætanthera bifida et le Dichætant/iera trichopoda re n tre n t
dans la seconde. Le Dichælanthera crassinodis, à calice glabre,
est un H ysteranthia.
Nous ne connaissons encore aujourd'hui aucune espèce de
Pseudodionycha, car sur les cinq nouvelles espèces dont nous
avons à donner la diagnose, deux sont des H ysteranthia et
trois sont des Eudichæ tanthera, dont deux font partie de la
seconde subdivision et une de la première.

259

D ichælanl liera ciliaia. — Ce Dichælanthera, chez lequel le
prolongem ent antérieur du connectif ne commence à se diviser
qu à quelque distance an delà de 1 insertion sur le filet, est un
arbuste de 5 à b m ètres, à feuilles persistantes, des bois de
M asoala, à 500 m ètres d’altitude. Les parties jeunes des
ram eaux sont longuem ent velues ; les pétioles, de 1 à 2 cen­
tim ètres de longueur, ont le même revêtem ent. Le limbe, de
G à 13 centim ètres de longueur sur ,3 à i centim ètres de lar­
geur, est ovale ou ovale-lancéolé, anguleux ou un peu arrondi
à la base, aigu ou meme un peu acum iné au som m et. Les
aiguillons dont sont parsem ées les deux faces le rendent rude
au toucher. Sur les trois fortes nervures de la face inférieure
sont les mêmes poils que sur le pétiole, et ces poils, nom breux
sur le bord même du lim be, rendent ce limbe nettem ent cilié.
D où le nom de ciliaia que nous donnons à l'espèce. Les inflo­
rescences de ce Dichælanthera ciliaia sont des panicules axil­
laires et term inales m ultiflores, assez lâches, de 7 centim ètres
environ de longueur sur une largeur à peu près égale. Les fleurs
sont m auves. Le calice, de 5 m illim ètres de hauteur, est campanulé, longuem ent velu, à quatre dents triangulaires. Les quatre
pétales, de 12 m illim ètres sur 9, sont obovales, très arrondis
au som m et. Les quatre grandes étam ines ont un filet d'abord
blanc, puis rose, de G m illim ètres ; le prolongem ent connecti­
val, au-dessus de 1 insertion, a 7 m illim ètres ; les deux appen­
dices antérieurs, soudés sur environ le quart de leur longueur,
ont à peu près G m illim ètres. Les iilets et les appendices des
petites étam ines ont sensiblem ent les mêmes dimensions,
mais il n ’y a pas, au-dessus de l’insertion, de prolongem ent
connectival. Le style a
m illim ètres.

IÜ

Dichælanthera subrubra. — Cette seconde espèce, que nous
nom m ons Dichætant/iera subrubra parce que, sur pied, elle
est tout de suite assez bien caractérisée par la teinte rougeâtre
de sa tige et de l'axe des inflorescences, est encore un a rb ris­
seau à feuilles persistantes, de 3 à i m ètres. Dans les bois du
bassin du M anam patra, aux environs dTvohibé, il croit sur les
gneiss, à 1.000 m ètres d ’altitude. Les ram eaux, assez nette-

�21)0

H. JUMELLE Kl II. PEU IUER 1&gt;E LA KATIIIE

ment tétragoucs, sont hérissés d aiguillons à hase épaisse.
Les feuilles desséchées ont la consistance et la teinte vert
jaunâtre de celles de notre Dichætanthera m anongarivensis,
et aussi un peu de celles de notre Dichætantliera trichopodu ;
elles sont cependant bien distinctes des unes et des autres par
leurs dimensions m oindres (bd m illim ètres sur 28), par leur
forme plus elliptique, par leur som m et plus arrondi et par la
nature de leurs aiguillons (qui sont rares dans le Dichætanlliera manongarivensis, pendant que dans le D ichætanthera
triehopoda ce sont, sur la face supérieure, de gros poils espacés,
et, sur la face inférieure une sorte de revêtem ent hispide,
abondant surtout sur les nervures). Dans le D ichætanthera
subrubra, des aiguillons à base épaisse parsèm ent toutes les
nervures sur la face inférieure et sont éparpillés sur la face
supérieure entre les trois sillons qui correspondent aux trois
nervures principales et qui en sont dépourvus. Le pétiole, qui
porte les mêmes aiguillons que le lim be, et, en particulier, que
ceux des nervures principales, est long de 10 à 15 m illim ètres.
Les inflorescences sont des panicules un peu lâches, term inales,
de 0 centimètres environ de hauteur, à nom breuses fleurs rose
foncé. Le calice, revêtu d'aiguillons espacés, est urcéolé cam panulé, avec quatre dents triangulaires, obtuses, ciliolées. Les
pétales, de 8 m illim ètres sur 5, sont un peu obovales, très
arrondis vers le sommet, égalem ent ciliolés. Les quatre grandes
étamines ont un filet de 8 m illim ètres, des appendices a n té ­
rieurs distincts jusq u ’à l’insertion, de 7 m illim ètres, et, en deçà
de l insertion, un prolongem ent connectival de 8 m illim ètres.
Les petites étamines ont un filet de 7 m illim ètres, des appen­
dices de 7 millimètres, et un prolongem ent connectival de I m il­
limètre. Les anthères ont 5 m illim ètres. L ovaire est tétragone,
assez fortement hispide au sommet, surm onté d'un style c y lin ­
drique de 7 m illim ètres.
Dichætanthera matitanensis. — Dans l'espèce que nous
nommons matitanensis, les feuilles sont plutôt ovales qu'ellip­
tiques et se rapprochent davantage de la forme de celles du
Dichætanthera ciliata, car, comme celles-ci, elles sont à base

OSUECKIÉES MALGACHES

261

anguleuse ou un peu arrondie, elles portent dissém inés sur les
deux faces de fins aiguillons assez longs, et elles sont un peu
ciliolées sur les bords, en même tem ps que les trois nervures
principales sont couvertes, sur la face inférieure, de poils assez
longs. Puis, dans les deux espèces aussi, les jeunes ram eaux,
non tétragones, sont couverts de poils. Mais, chez le Dichæ­
tanthera m atitanensis, ces poils sont plus courts et forment un
revêtem ent un peu moins épais; d’autre part, les feuilles de
cette espèce sont un peu plus épaisses, moins nettem ent acuminées au som m et, et, par suite, paraissent un peu moins allon­
gées (10 cm. sur 4) ; le pétiole, velu, est aussi plus court
(t cm. au plus).
Les inflorescences du Dichætanthera matitanensis sont,
comme les ram eaux, moins longuem ent velues que celles du
Dichætant liera ciliata. Ce sont des panicules term inales lâches,
à Heurs roses. Le calice porte de nombreux aiguillons, moins
longs et moins denses cependant que dans le D. ciliata', il est
à quatre lobes triangulaires, bas et larges. Les pétales, plus
petils que dans le D. ciliata, sont obovales, de 9 m illim ètres
sur 7, très arrondis au som m et. Les quatre grandes étam ines
ont un blet de 7 m illim ètres, des appendices (distincts ju sq u ’à
la base) de 5 m illim ètres, et, en deçà de l'insertion, un pro­
longem ent connectival de 7 m illim ètres. Les petites ont un
filet de 6 m illim ètres, et im m édiatem ent à la base de l'anthère,
deux filets de 4 m illim ètres. L ’ovaire est très velu au som m et;
le style a 1 t m illim ètres.
L'espèce est un arbuste de 3 à 4 m ètres qui croit sur les
gneiss, dans les bois du versant oriental du massif d A ndringitra, vers 2.000 m ètres d ’altitude.
Nous avons dit que nos deux dernières espèces appartiennent
à la section des H gsteranlhia. En réalité, elles ne rentrent
vraim ent dans cette section que si nous négligeons l un des
caractères distinctifs admis par Cogniaux, celui de l'époque
de la floraison par rapport au développem ent foliaire.
Nous avons, en effet, rappelé (pie, d'après Cogniaux, les
Ibjsteranthia se sépareraient à la fois des Eudichæ tanthera

�262

II. JUMELLE ET II. PERRIER DE LA BATHIE

et des Pseudodioni/cha par le petit nombre des aiguillons au
sommet de l ovaire, par la glabrescence du calice et par le lait
que les feuilles ne se développent qiraprès la floraison.
Ce dernier caractère est parfaitem ent exact pour le Dichætanthera crassinodis, ainsi que nous l ’avons fait rem arquer
dans notre Mémoire antérieur, et il le serait aussi, d'après
Cogniaux, pour le Dichætanthera lanceolata ; m ais il ne l’est
pas pour nos deux nouvelles espèces, qui sont à feuilles per­
sistantes, et qui cependant, p a rle petit nom bre des aiguillons
au sommet de l'ovaire, puis par leur calice glabre, nous
semblent bien devoir être placées parmi ces H ystcra n th ia .
Sans doute Cogniaux a bien considéré comme Eudicliæ tanthera le Dichælanthera aculeolala qui serait aussi à calice
sans aiguillons, mais l’ovaire de cette espèce porte de nom ­
breuses soies dans sa partie supérieure. Ce n ’est pas le cas
pour nos deux espèces, qui, par conséquent, par ce caractère
s’ajoutant à celui de la glabrescence du calice, se rapprochent
bien plutôt des H ysteranthia. Quant à l’époque de la floraison,
comparée à celle de l’apparition des feuilles, c’est un caractère
biologique qui, pour beaucoiqj de plantes, dépend trop du
milieu et des conditions clim atiques pour qu'il soit possible
d’v attribuer une grande im portance.
Dichælanthera scahra. — L’un de nos deux D ichæ lanthera,
que nous nommons Dichætanthera scahra, est un arb u ste de
1 à 2 m ètres, qui, dans les bois du Ilaut-Sakaleony, pousse
sur les gneiss et sur la latérite. Tout de suite il est reconnais­
sable au toucher rugueux de ses jeunes ram eaux et de ses
feuilles, et h la couleur de ses fleurs, dont le calice est bleu
foncé ou bleu pâle, et la corolle rouge ou rose.
Les jeunes rameaux sont vaguem ent tétragones, couverts
d'aiguillons noirs. Les feuilles ont un pétiole de 1 cm. 5 à
2 centimètres, revêtu de ces mêmes aiguillons. Le limbe est
ovale, en coin ou parfois un peu arrondi à la base, aigu et
même un peu acuminé au som m et; il a de 9 à 12 centim ètres
de longueur et 4 à 8 centim ètres de largeur et porte, sur ses
deux faces, de courts aiguillons qui le rendent rugueux et

OSBECRIÉES MALGACHES

263

sont surtout longs et nom breux sur les cinq nervures princi­
pales de la face inférieure. Ces cinq nervures principales sont
reliées par des nervures transversales bien visibles, qui ne
sont que légèrem ent obliques.
L ’inflorescence est une panicule term inale lâche, de 10 cen­
tim ètres de longueur, avec de nom breuses fleurs. Le calice,
glabre, est urcéolé, bas; son bord, un peu rabattu extérieu­
rem ent, est à quatre lobes bas et larges, arrondis, ciliolés.
Les quatre lobes corollaires sont largem ent ovales, presque
orbiculaires (5 m m .). Les grandes étam ines ont un filet de
5 m illim ètres; les appendices ont 4 mm. ■’&gt; et sont effilés,
aigus, soudés à la base sur le tiers ou le quart de leur lon­
gueur; le prolongem ent connectival, en deçà de l'insertion, a
3 m illim ètres. Les petites étam ines ont. un filet de 3 à \ m il­
lim ètres; les appendices ont 4 m illim ètres, et le prolongem ent
connectival a environ 3/4 de m illim ètre. L'ovaire n'est muni,
nous l'avons dit, au sommet que de quelques aiguillons; le
style est filiforme.
Dichælanthera tsaratanensis. — Le Dichætanthera (saratanensis est de taille plus élevée que le précédent. C’est un
arbre de o à 10 m ètres de hauteur, à feuilles persistantes, qu'on
trouve dans les bois du T saratanana (par conséquent sur le
versant occidental de 1 île), à 1.000 m ètres d'altitude. Les
ram eaux jeunes sont comprimés et les ram eaux plus âgés sont
vaguem ent tétragones ; les uns et les autres sont glabres.
Les pétioles, longs et grêles 3 ou \ centim ètres), portent
quelques rares aiguillons, ainsi que les nervures principales
sur la face inférieure ; le reste de la feuille est glabre. Le
lim be est très régulièrem ent ovale ou elliptique, arrondi, ou.
plus rarem ent, aigu à la base, arrondi aussi vers le haut, qui,
toutefois, au somm et m êm e, est triangulaire, aigu, de 10 à
13 centim ètres de longueur sur 7 centim ètres de largeur. Les
nervures principales sont reliées par des nervures transversales
Unes et bien visibles (noires à sec), mais peu saillantes, comme
dans l’espèce précédente.
Les inflorescences sont de longues panicules glabres, lâches,

�261

1t. JUMELLE ET II.

PERIMER DE LA IIATHIE

terminales et axillaires, les term inales ayant 12 centim ètres
de longueur. Le calice est cam panule, à quatre lobes arrondis,
ciliolés. Les quatre lobes corollaires, roses, sont un peu obovales, très arrondis (ln mm. sur II), ciliolés. Les étam ines
sont jaunes, puis rouges. Les quatre grandes ont un filet de
12 m illim ètres; les appendices, libres ju sq u ’à la base, ont
8 m illim ètres; le prolongem ent conneetival a de 17 à 18 m il­
limètres. Les petites ont un filet de 1 I m illim ètres, des appen­
dices de 7 m illim ètres et un prolongem ent conneetival de
2 millimètres. L'ovaire ne présente au som m et que quelques
poils; le style a 26 m illim ètres. Le fruit est une capsule
quadrilobée.

ANALYSE D’UN TABACHIR
DE L’INDOCHINE
P a r le D&gt;' E. LABO RD E,
Professeur agrégé à la Faculté tic Médecine et de Pharm acie
.
de Toulouse.

Les concrétions siliceuses qu'on rencontre dans la cavité
des entre-nœ uds des bambous portent un nom dérivé de l’arabe
q u ’on orthographie Tabachir, Tabaschir ou Tabaxir L
Les échantillons que nous avons analysés proviennent des
collections du Musée colonial de M arseille (Indochine).
Afin de pouvoir déterm iner la nature et les proportions des
principes im m édiats du tabaschir, j’ai soumis cette substance
à l’action successive de dissolvants neutres : éther de pétrole,
oxyde d 'é th y le , alcool, eau distillée, dans l'ordre indiqué.
Les solutions obtenues évaporées ont laissé un résidu dont
j ’ai déterm iné la quantité et les propriétés.
L ’exposé qui suit indique les détails des diverses opérations
effectuées dans ces recherches.
1° Matières solubles dans l'éther de pétrole.
10 gram m es de m atière desséchée à 100° et finement pulvé­
risée ont été mis à m acérer dans un vase à large ouverture et
bouché à l ’émeri avec 300 ce. d ’éther de pétrole pur, bouil­
lant à 45°.
A près huit jours de m acération, pendant lesquels j'ai eu
soin d ’agiter le mélange plusieurs fois par jour, j ’ai obtenu
une solution incolore; une partie de cette solution abandonnée
1. Les A n n a les du Musée colonial de }farseille p u b li e ro n t p r o c h a i n e ­
m e n t u n e é tu d e de M. le P r o f e s s e u r L. Bhaemih , de T ou lo u se, c o n sacrée
à l ’h is to ire , à la s t r u c t u r e et à la c o m p o s itio n d e s ta b a c h irs .

�2° Matières solubles dans l'oxyde d'éthyle.
Le résidu du traitem ent p ar l'éther de pétrole a été dessé­
ché à la tem pérature am biante, a été mis à m acérer avec 300 cc.
d’éther pur à 60°.
Après huit jours de m acération la solution obtenue est
complètem ent transparente, incolore. Evaporée d ’abord à l'air
libre et à la tem pérature am biante, puis sous une cloche à
acide sulfurique, cette solution éthérée n'a laissé que des
traces de m atières grasses en quantité plus faible encore que
dans l'opération précédente.
3° Matières solubles dans l'alcool.
Le résidu du traitem ent par l'oxyde d ’éthyle, lavé sur filtre,
desséché à la tem pérature am biante et mis à m acérer h u it
jours avec 300 cc. d ’alcool à 80°, a donné une solution d éco lo ­
ration brun clair, qui, évaporée à siccité dans le vide, a fourni
une matière brun foncé pesant 0, 413, correspondant à
4 gr. 15 p. ° /0 de la matière employée.
Ce résidu repris par l’eau s ’est dissous presque com plète­
ment en donnant une solution jaune brun que plusieurs tra i­
tem ents au noir animal n ’ont pu rendre com plètem ent incolore.
Concentrée en consistance sirupeuse, cette solution possède
une saveur sucrée ; elle est neutre au tournesol, elle est inalté­
rable à froid, par la potasse en solution concentrée, m ais
devient brun foncé à chaud en présence de cet h y d rate;
traitée par une solution d azotate d'argent am m oniacal, elle
ne donne aucune réaction;

elle ne réduit que très faiblem ent et à chaud la liqueur de
F eh lin g ;
elle ne donne aucun précipité avec la phényhydrazine en
m ilieu acétique;
additionnée de quelques gouttes d ’azotate de cobalt à 5 ° / 0,
puis d ’un léger excès de lessive de soude, elle a pris une
teinte am éthyste qui a persisté une dem i-heure environ
(Réaction de Papasogli).
Toutes ces réactions indiquent la présence du saccharose
dans la solution exam inée et les réactions suivantes en sont
une nouvelle preuve.
En effet, la solution traitée à l’ébullition pendant 10 m inutes
par quelques gouttes d'acide chlorhydrique pur et alcalinisée
par une addition convenable de soude, réduit l ’azotate d ’argent
am m oniacal, réduit aisém ent la liqueur de F ehling; cette
même solution alcaline acidifiée p ar de l’acide acétique préci­
pité par la phényhydrazine.
Ces réactions dém ontrent que la m atière sucrée de la solu­
tion a été transform ée en sucre interverti.
Cette m atière sucrée est donc du saccharose.
On pourrait penser que le saccharose est m élangé d une
petite q uantité de sucre interverti ou d ’un hexose, la liqueur
de F ehling étan t faiblem ent réduite avant inversion de la
substance sucrée par l’acide chlorydrique. Mais il est vrai­
semblable que celte faible propriété réductrice doit être
attribuée, à la transform ation, sous l'influence de la chaleur,
d ’une très petite portion de saccharose en sucre interverti.
Cette conclusion est d ’autant plus légitim e, que la solution
sucrée prim itive, c’est-à-dire avant inversion, n ’a aucune
action ni sur le phényhydrazine, ni sur l'azotate d argent
am m oniacal.
4° Matières solubles dans l'eau.
Le résidu du traitem ent par l'alcool a été desséché à 1 étuve
à 40° pour élim iner l’alcool, puis a été épuisé par 1 eau distillée
dans un appareil à déplacem ent.

�268

K.

LABOHDE

Une portion de la solution aqueuse ainsi obtenue, évaporée
à siccité, a laissé un résidu qui, après séjour à l'étuve à 100°
jusqu'à poids.constant, avait un poids équivalent à 2,75 p. °/0
de la matière traitée.
Ce résidu se dissout dans l’eau en donnant une solution
visqueuse.
Cette solution traitée par de l’acétate de plom b soit en
milieu neutre, soit en milieu amm oniacal donne un précipité
gélatineux *; elle est sans action, même en solution concentrée
sur l'azotate d ’argent amm oniacal et sur la liqueur de F e h lin g ;
elle ne précipite pas en milieu acétique par la phénvhvdrazine.
Cette solution additionnée de quelques gouttes d ’acide
chlorhydrique et chauffée à l’ébullition pendant quelques
minutes a donné un précipité floconneux resta n t en suspen­
sion dans le liquide; la solution séparée par filtration acquiert
la propriété :
1° de réduire abondam m ent la liqueur de Fehling;
2° de réduire une solution d ’azotate d ’argent am m oniacal;
3° de précipiter par la phényhvdrazine après acidification
par l'acide acétique.
Toutes ces réactions sont celles du galactose, qui résulte de
l ’hydrolyse de la matière gélatineuse et p ar conséquent cette
dernière est une matière peclique.
Quant au précipité formé par l ’acide chlorhydrique, il est
constitué par de la silice, qui a été identifiée au m oyen de la
perle de sel de phosphore. Mais la quantité de silice obtenue
dans ces conditions étant très faible, je me suis assuré de sa
présence dans l’extrait aqueux par le moyen suivant :
Une partie de l ’ex trait aqueux a été calciné ju s q u ’à obten­
tion de cendres blanches; une partie de ces cendres chauffée
dans une perle de sel de phosphore a rendu celle-ci en partie
opaque, par suite de la formation d ’un squelette de silice; une
autre partie de cendres chauffée dans une capsule de platine
I Évaporée en consistance de sirop épais et traitée par de l’alcool h
9a° elle donne des cristaux très petits de forme hexagonale.

AN ALYSE

l)’UN T A B A C H IH

DE

L IN D O C H IN E

269

avec un égal volume de fluorure d'am m onium pur et avec un
égal volume d acide sulfurique a dégagé des vapeurs, qui
donnent avec de L'eau portée sur une boucle de fil de platine
de la silice gélatineuse, par suite de la décomposition, par 1 eau,
du fluorure de silicium formé par l’action de 1 acide sulfurique
sur le mélange de lluorure d'am m onium et de silice.
La silice ainsi identifiée est accom pagnée de potasse; en
effet, la portion de cendres soumise à l’essai précédent, chauffée
ju sq u ’à cessation de vapeurs de fluorure de silicium, a laissé
un résidu contenant de la potasse à l’état de sulfate de potas­
sium et qui a été caractérisée par la coloration violette de la
flamme d un bec Bunsen, coloration observée au moyen d'un
verre de cobalt, après im prégnation de la m atière avec de
l’acide chlorhydrique.
La très faible quantité de potasse séparée par ce procédé
ne m ’a pas perm is d essayer d’autres réactions des sels de
potassium .
L’extrait aqueux est donc constitué pour la presque totalité
par des matières peetiques et pour le reste par des traces de
silice unie à du potassium .
5° M atières insolubles.
Le résidu du traitem ent par l’eau a été desséché à l’étuve à
100° ju s q u ’à poids constant. Son poids est de 8 gr. 953 équi­
valant à 89 gr. 530 p. ° /0 de la m atière traitée.
Ce résidu insoluble renferm e de la silice qui a été caracté­
risée par les deux réactions déjà indiquées ci-dessus : action
sur la perle de phosphore, form ation de vapeurs de lluorure
de silicium par traitem ent au moyen de fluorure d ’am m onium
et d ’acide sulfurique.
Mais cette silice est accom pagnée d’autres substances m iné­
rales et j ’ai pu les isoler en soum ettant le résidu insoluble
dans l’eau à 1 action du lluorure d ’am m onium et de l’acide
sulfurique en suivant le mode opératoire indiqué plus haut
pour la recherche de la silice et de la potasse. Après l’élim i­
nation complète de la silice, sous forme de fluorure de silicium

�270

L. L.MIOllÜt:

et après refroidissement, il est resté dans la capsule de platine
où cet essai a été pratiqué, un corps solide peu abondant
constitué par un mélange de sulfate de calcium et do sulfate
de magnésium, qui ont été caractérisés par leurs réactions
habituelles. Je n ’ai pas constaté la présence d ’autres substances
minérales.
Le résidu provenant du traitem ent par l’eau est donc formé
de silice unie à de la chaux et à de la m agnésie.
Pour déterm iner les proportions de ces trois corps, je me
suis servi du procédé utilisé pour la décom position des silicates
insolubles, qui consiste à fondre ces sels avec un m élange de
carbonates de potassium et de sodium . D ans ces conditions,
la silice est transform ée en silicates alcalins, les oxydes alcalino-terreux ne subissent aucune modification. Le produit de
la fusion traité par de l'acide chlorhydrique donne de la silice
insoluble et une solution renferm ant le potassium , le sodium ,
le magnésium et le calcium à 1 état de chlorures. Le précipité
de silice est séparé par filtration, desséché, calciné et pesé;
la différence entre le poids obtenu et le poids total des m atières
insolubles dans l'eau correspond à la quantité globale de
chaux et de magnésie.
Voici le détail des opérations elfectuées : 3 gr. (&gt;0 du résidu
provenant du traitem ent par l eau, pesé après dessiccation à
100° jusqu’à poids constant, ont été pulvérisés avec soin, puis
mélangés avec quatre fois leur poids d ’un m élange de carbonate
de potassium et de sodium, et chaulFés au m oyen d ’un bec
Bunsen dans un creuset en platine couvert, d'abord à une
tem pérature modérée puis à une tem pérature progressivem ent
croissante et enfin au rouge, jusqu'à cessation de dégagem ent
de bulles gazeuses (anhydride carbonique). La m asse obtenue
a été traitée, après refroidissem ent, par 10 lois environ son
poids d'eau distillée, dans une capsule en verre, puis chauffée
une demi-heure; le creuset a été lavé avec de l'acide c h lo r­
hydrique étendu et le liquide de lavage a été réuni à la solu­
tion.aqueuse ; de l’acide chlorhydrique a été ajouté par petites
portions successives jusqu à cessation de dégagem ent de gaz
carbonique. Le contenu de la capsule a été chauffé à basse

ANALYSE D’UN TABACI11R DK I. INDOCHINE

271

tem pérature ju sq u 'à dissolution com plète et on a continué de
chaulfer jusqu'à cessation de dégagem ent de gaz.
La solution ainsi obtenue est limpide et tient en suspension
des flocons de silice.
La solution et la silice en suspension ont été introduites
dans une capsule en platine; après addition d'acide chlorhy­
drique concentré elle a été évaporée au bain-m arie avec
agitations fréquentes jusqu'à obtention d ’une masse bien
divisée et desséchée ju sq u 'à cessation de dégagem ent de
vapeurs acides.
A près refroidissem ent, la m asse a été additionnée d ’acide
chlorhydrique pur en quantité suffisante pour avoir une consis­
tance pâteuse; elle a été ensuite chauffée au bain-m arie, une
dem i-heure, puis additionnée d’eau et portée à l'ébullition.
P ar refroidissem ent et repos, la silice s’est déposée; le liquide
a été décanté sur un filtre sans p lis; le dépôt de silice a été
traité à nouveau par l’acide chlorhydrique, chauffé, puis addi­
tionné d'eau bouillante, abandonné au repos, et le liquide clair
a été décanté sur le meme filtre; l’opération a été répétée une
3e fois. A près ce dernier traitem ent, le précipité a été versé sur
le filtre; le contenu du filtre a été lavé avec de l'acide chlor­
hydrique étendu puis avec de l eau bouillante, et le tout a été
desséché. La silice a été retirée du filtre et calcinée; les
cendres du filtre ont été réunies à la silice résiduelle; le tout
a été chauffé au rouge ju s q u ’à poids constant.
Le poids obtenu correspond à la silice; il a été pour la prise
d ’essai (3 gr. GO) de 3 gr. 3927, ce qui correspond à 89, 33 p. ° / 0
de la m atière traitée.
La différence entre le poids de silice pure et le poids total
des corps insolubles :
3,60 — 3,5927 =

0,0073

indique la teneur en chaux et m agnésie, poids équivalent à
0,18 p. % de m atière traitée.
La chaux et la m agnésie existent vraisem blablem ent dans
le tabaschir sous forme de com binaisons avec la silice.

�K. I.AItOUIiK

2~,'2

'

En résumé, d'après les résultats des diverses opérations
elîectuées, l'échantillon de tabachir examiné a la com position
suivante :

| Saccharose...................................
| Matières poétiques....................

2,73

^ S ilice.............................................
m inérales j Q iaux et M agnésie...................

89,35
0,18

Corps gras et potasse (par ditlerence)...................
T o ta l___

0,02
î 00,00

M at.

Mat.

organiques

MACON, PROTAT FRERES, IMPRIMEURS

4,13

�S o m m a i r e s d e s v o lu m e s p a r u s d e s

A N N A L E S DU

M U S É E C O L O N IA L D E M A R S E IL L E

1902. — Neuvième volume. — (Dixième année;.
1. V o y a g e s c i e n t i f i q u e a u S é n é g a l , a u S o u d a n e t e n C a s a m a n c e , par M. A. Chevalier.
2. J o u r n a l de r o u t e a u S é n é g a l a u S o u d a n e t a u F o u t a h - D J a l l o n , par le capitaine
D evaux.

1903. — Premier volume, 2' Série. — (Onzième année).
1*' fascicule. -- L ’E x p o s i t i o n d 'H a n o ï , par le profe--eur P. Gafeabel (avec de nombreuses illu-tralion2' fascicule. — 1. G r a i n e s g r a s s e s n o u v e l l e s ou p e u c o n n u e s de- Colonies françaises, étude
botanique, cbimiqne et industrielle, îiar M. Edouard II et.t kl. — 2. R e c h e r c h e s s u r l a c o m p o s i ­
t i o n de l ’a l b u m e n d e s g r a i n e s à'Astrocaryumvulgare Mart. et é'Œnocarpus Parafa Mart.,
Palmiers de la Guyane françni-e. par M. Libnabd. — 3. C a t a l o g u e a l p h a b é t i q u e r a i s o n n é
dos plantes inédieinales et toxiques de Madagascar avec leur emploi indigène, par M. Edouard Hsckel.
1901. — Deuxième volume. 2e Série. — (Douzième année).
i. R e c h e r c h e s a n a t o m i q u e s s u r l a f l e u r d u T a n g h i n d u M é n a b é

M adagascar

par Paul Dop, docteur 6s sciences, chargé d’un cours de botanique. à la Faculté îles sciences de Toulouse.

. E t u d e S u r l ’ile de l a R é u n i o n (Géographie physique; Richesse- naturelles ; Cultures et Industries,
par le I)' H. J acob de Cordkii.iy. chargé de cours à l’Ecole de médecine et A l'Institut colonial de Marseille.
S u r u n n o u v e a u C o p a l e t s u r u n n o u v e a u K i p o fournis, le premier par le fruit, et le second
par le tronc et les rameaux du Dipteryx odorala W illd. (Elude anatomique du eenre Diptenjx «i élude
chimique de ses produits), par MM. Edouard Hbckkl. H. J acob dk Cordemoy et Fn. Schlagdfshauffe.n.
4. E t u d e e t h n o g r a p h i q u e s u r l a r a c e M a n d u H a u t - T o n k i n , par le capitaine Mai»*, de l'in­
fanterie coloniale.
3

1903. — Troisième volume, 2* Série. — (Treizième année).
1° M a d a g a s c a r e n 1 7 5 6 . par M. Bernaud, chirurgien au service de la Compagnie des Indes
(préface par M. le professeur Gaffarel). — 2° E t u d e c h i m i q u e s u r l e s h u i l e s de b o i s
d ’I n d o - C h i n e , par M. E t . L efkuvre. — 3' E t u d e m o r p h o l o g i q u e e t a n a t o m i q u e du
S a b l i e r (Dura crépitons L.i, par M. Gilles. — 4° L ’E p e r u a f a l c a t a Aublet {Wapn huileux
de la Guyane), au point de vue de la -Morphologie externe et de l'Anatomie, par M. L. C o u r c iie t ,
professeur ii l'Ecole supérieure de pharmacie de Montpellier. — 54 L e K i r o n d r o de M a d a g a s ­
c a r (Perriera Madagascariensis Courchet), nouvelle Simaroubée toxique par M. L. C o u r c h e t .
professeur à l’Ecole supérieure de pharmacie de Montpellier. — b É t u d e d u V o a n p i s o ou
M o r a n d a , péricarpe comestible du Raphia pedunculata Palisot de Beauvois. de Madagascar, au
point de vue botanique et chimique (nouvelle source de matière grasse), par MM. Decrock et F r .
S c iil a g d b n u a u f f b n . — 7° M o r p h o l o g i e g é n é r a l e e t é t u d e a n a t o m i q u e de l a l a r v e
d ’Io I r e n e . chenille séricigène de la Guyane Française, par M. L. B o r d a s , docteur ês sciences
naturelles, docteur en médecine, maître de conférences à la Faculté des sciences de Rennes.
1906. — Quatrième volume, 2* Série. — (Quatorzième année).
1° É t u d e s u r le d é v e l o p p e m e n t de l ’a p p a r e i l s é c r é t e u r de I ’E pb r u a fa lca ta
A u b l e t , par M. II. J acob de C o r d e m o y , chargé de cours à l'Ecole de médecine, chef des tra­
vaux pratiques de botanique à la Faculté des Sciences de Marseille. — 2' D e s s i n p h o t o g r a ­
p h i q u e d e s f e u i l l e s , note de M. le Professeur Louis P l a n c u o n , de l'Université de Mont­
pellier. — 3° R e c h e r c h e s m o r p h o l o g i q u e s e t a n a t o m i q u e s s u r le K atafa ou K a tr a fay de Madagascar (Cedrelopsis Grevei 11. B â il l o n ), par M. le professeur L ucien C o u r c h e t . de
l’Université de Montpellier. — 4° C o n t r i b u t i o n à l 'e t u d e d u g e n r e C innamosmv H B â i l ­
lon, par M. le Professeur L ucien C o u r c h e t . — 5° C o n t r i b u t i o n à. l ' é t u d e de q u e l q u e s
p o i n t s d ' a n a t o m i e i n t e r n e d e s P h y l l i e s Phyllium. crurifolium Audinet Serville), par
M. L. B o r d a s , docteur ès sciences, docteur en médecine, maitre de conférences à la Faculté
des Sciences d e Rennes. — 6° R e c h e r c h e s s u r l ' a p p a r e i l s é c r é t e u r d u V ata irea
G u ia n e n s is A u b l e t (C o u m a té ) et du Ma c iiæ r iu m fe r r u g in e u x Pers. L i a n e s a n g et sur
la composition chimique des kinos qu'ils fournissent, par M. D fx.r o c k , professeur adjoint à la
Faculté des sciences de Marseille, et M. R ib a u t , agrégé à la Faculté de médecine et de phar­
macie de Toulouse.
1907. — Cinquième volume, 2e Série. — (Quinzième année).
Ie R e c h e r c h e s m o r p h o l o g i q u e s e t a n a t o m i q u e s s u r u n e R u b i a c é e n o u v e l l e de
M a d a g a s c a r : Dirichletia Princei nova sp., par M. P a u l D o p , docteur ès sciences, chargé d'un
cours de botanique à la Faculté des sciences de Toulouse. — 20 S u r q u e l q u e s p l a n t e s n o u ­
v e l l e s de M a d a g a s c a r au point de vue morphologique et anatomique, par M. D u b a r d , maitre
de conférence de botanique coloniale à la Sorbonne, et P. D o p , charge de cours à la Faculté des
sciences de Toulouse. — 3« S u r le P r o t o r h u s P e r r i e r i nov. sp. de Madagascar, par M. le
professeur L. C o u r c h e t . — 4° L e K i t s o n g o v r a i de M a d a g a s c a r , Rourea KByr.*ocarpus)
orientalis H. Bu., par M. le professeur L. C o u r c h e t . — S" L e K i n o d e s M y r i s t i c a c é e s
recherches sur l’appareil sécréteur de Kino chez ces plantes, par M. II. J acob de C o r d e m o y , pro­
fesseur à l’école ae médecine et à l’Institut colonial, chef de travaux à la Faculté des sciences de
Marseille. — 6® E x a m e n c h i m i q u e d u K i n o de B o u r g o n i , par M R ib a u t , chargé de cours
la Faculté de médecine eide pharmacie de Toulouse. — 7" R e c h e r c h e s s u r l e s E r y t h r o p h l e u m et en particulier sur i'K. Couminga U. B u ., par le docteur Louis P l a n c h o n , professeur
à l’Ecole supérieure de pharmacie de Montpellier. — 8“ É t u d e c h i m i q u e de 1 E c o r c e d E r y t h r o p h l e u m C o u m i n g a . par M. le docteur L a b o r d e , professeur agrégé à la Faculté de méde­
cine et de pharmacie de Toulouse, pharmacien en chef des Hospices civils — 9® S u r q u e l q u e s
p l a n t e s u t i l e s ou i n t é r e s s a n t e s d u N o r d - O u e s t de M a d a g a s c a r , par M. H e n r i
J u m el l e , professeur à la Faculté des Sciences de Marseille. — 1 0' N o t e s s u r l a F l o r e d u N o r d O u e s t d e M a d a g a s c a r , par MM. H . J um elle et H . P b r r ie r de la B a t iiie .

�S o m m a ire s des v o lu m e s p a r u s des

A N N A L E S D U M U S É E C O L O N IA L I)E M A R S E I L L E
190$. — Sixième volume, 2” Série. — (Seizième année).
1

* E s q u i s s e s u r l a p ê c h e d a n s l a p r o v i n c e de T u l é a r , p a r M. C ami ll e L e Barwer et
r e v u e p a r M. le p r o f e s s e u r D a r b o u x . — 2° L e g e n r e P l e c t a n e i a de M a d a g a s c a r , p a r
MM H e ni u J u m el le e l P e i u u e k de la B a t i i i e . — 3“ C o n t r i b u t i o n à. l ’é t u d e d e s f é c u l e s
de l 'I n d o c h i n e , p a r M. E . D b c r o c k . — 4® N o t e s b i o l o g i q u e s s u r l a v é g é t a t i o n d u
N.-O. de M a d a g a s c a r : L e s A s c l è p i a d é e s , p a r MM. H e n r i J u m e l l e el V e r r i e r de la
B a t i i i e . — 3” L e c a o u t c h o u c d e s h e r b e s a u C o n g o l r a n ç a i s , p a r M. A. B a u d o n . — 6°
S u r q u e l q u e s p l a n t e s à g r a i n e s g r a s s e s n o u v e l l e s ou "peu c o n n u e s d e s c o l o n i e s
f r a n ç a i s e s e t en p a r t i c u l i e r de M a d a g a s c a r , p a r M. E d o u a r d H b c k b l .
1909. — Septième volume, 2* Série. — (Dix-septième année).

i* C o n t r i b u t i o n à. l ’é t u d e a n a t o m i q u e e t h i s t o l o g i q u e d e s p l a n t e s t e x t i l e s e x o t i q u e s
( P . i s s i f l o r é o s , M aSue.èes, Palmiers, Aroïdées, Cypéraeées), par P a s c a l C l a v e r i e . — 2“ N o t e s
s u r d e s p l a n t e s l a r g e m e n t c u l t i v é e s p a r l e s i n d i g è n e s en A f r i q u e t r o p i c a l e , par
M. E. de W i l d e m a n . professeur au cours colonial de l'Ecole d'liorlicullure de Vilvorde (Bel­
gique). — 3° S u r l ’a c t i o n t o x i q u e de l a S a p o n i n e d e s g r a i n e s du S a p i n d u s s e n b g a l e n s i s Juss., par le I)r J. C h e v a l i e r (avec une introduction du prof. Dr Ileckel). — 4° S u r
q u e l q u e s f é c u l e s d e s C o lo n ie s, en p a r t i c u l i e r de l ’I n d o - C h i n e , par M. E. D e c r o c k ,
prof, adjoint à la (acuité des Sciences de Marseille. — 3® N o t e s s u r l a f l o r e e t l e s p l a n t e s
é c o n o m i q u e s d u B a s C o n g o f r a n ç a i s , par M. A. B a u d o n . adm inistrateur colonial au
Congo français. — 6° E t u d e s u r q u e l q u e s f é c u l e s c o l o n i a l e s , par MM. Louis
P l a n c i i o n , professeur, el A. J u i l l e t , chef de travaux à l'Ecole supérieure de Pharmacie de
Montpellier.
1910. — Huitième volume, 2e Série. — (Dix-huitième année).
1® L e s

p l a n t e s u t i l e s de M a d a g a s c a r , p a r M. É d o u a r d IIE C K E L . — 2* F r a g m e n t s b i o l o ­
g i q u e s de l a f l o r e de M a d a g a s c a r ( üioscorea , Adansonia, Coffen, etc.), p a r MM. H e n r i

JU M E L L E et H. P E R R IE R

de

LA B A T IIIE .

1911.— Neuvième volume, 2e Série. — (Dix-neuvième année).
l* C o n t r i b u t i o n à, l’é t u d e de l a s t r u c t u r e d u f r u i t e t de l a g r a i n e d e s C l u s i a c é e s
(Recherches particulières sur l'appareil pilifère de la graine des Symphoni.i et sur la pulpe du
fruit des Garcinîées), par M. II. Jacob de C o r d e m o y , chargé de cours à l'Université de .Marseille.
— 2' R e c h e r c h e s m o r p h o l o g i q u e s e t a n a t o m i q u e s s u r l a g r a i n e d e s R a v e n a l a .
par M. E. D e c r o c k , professeur adjoint à la Faculté des sciences de Marseille. —3®Sur u n P i t t o s
p o r u m n o u v e a u de l a N o u v e l le - C a l é d o n ie , par M. Marcel D u h a r d . — 4® C o n t r i b u t i o n
à. l a flo re de B o u r a i l N o u v e l l e - C a l é d o n i e , par M. A. G u i l l a u m i n , docteur ès sciences,
préparateur au Muséum de Paris. — 5® C a t a l o g u e d e s p l a n t e s p h a n é r o g a m e s de l a N o n
v e l l e - C a l é d o n i e e t d é p e n d a n c e s i Ile des Pins et Loyally), par M. A. G u i l l a u m i n , docteur ès
sciences, préparateur au Muséum de Paris. — 6° S u r le â a c o r c a u l o n P a t e r s o n i i E c k l . e t
Z e y h ., au point de vue anatomique et sur la nature lésineuse de son écorce, par M Louis
P l a n c i i o n . professeur à l'Université de Montpellier — 7» S u r l ’E r y t h r o p h l e u m d e n s l f l o r u m
i E lm .) M e r r . , par M. Louis P l a n c i i o n , professeur à l'Université de Montpellier.
1912. — Dixième volume, 2° Série. — (Vingtième année).
1® L e s S a p o t a c é e s d u g r o u p e d e s S y d e r o x y l i n é e s . par M. Marcel D u b a r d . — 2® S u r
q u e l q u e s p l a n t e s a l i m e n t a i r e s i n d i g è n e s d u C o n g o f r a n ç a i s , par M. B a u d o n ,
administrateur colonial au Congo français. — 3° É t u d e de q u e l q u e s é c h a n t i l l o n s d e t e r r e s
c o m e s t i b l e s p r o v e n a n t d é s c o l o n i e s f r a n ç a i s e s , par les Docteurs A l o y et B o u r d i n . —
4® R e c h e r c h e s a n a t o m i q u e s s u r t r o i s e s p è c e s d e K a l a n c h o e d e M a d a g a s c a r ,
par MM. F. J ad in et A. J u i l l e t . — 5® N o u v e l l e c o n t r i b u t i o n à l a flo r e de B o u r a i l
(13' contribution à la (lorc de Nouvelle-Calédonie), par M. II. G u i l l a u m i n , docteur ès sciences,
préparateur au Muséum dr Paris. — G® R e c h e r c h e s a n a t o m i q u e s e t m o r p h o l o g i q u e s
s u r le P E L E A M A D A G A S C A R I C A H. Bn.. par M. A. J u i l l e t . — 7® N o u v e l l e s o b s e r ­
v a t i o n s s u r l e s p l a n t e s d e N o u v e l l e - C a l é d o n i e , par M Edouard I I b c k e l (avec planches
en couleur et en noir). — 8° L e s B a n a n i e r s • culture, exploitation, commerce, systématique du
genre Musa, par M. E. de W i l d e m a n , professeur au cours colonial de l’Ecole d'horticulture do
Vilvorde (Belgique).

MACON, PROTAT FHIîRES, ÎMI'IUMBUUS

A R »

IVr*
bu

n

k -Jh ® » *

;

�</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
      <file fileId="1429" order="8">
        <src>https://odyssee.univ-amu.fr/files/original/2/270/Annales-Musee-colonial_1914-Vol-02.pdf</src>
        <authentication>1cfaf7369f5bc62bfa289139f5d96d75</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="92">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="8679">
                    <text>A

N

N

A

L

E

S

DU

DE MARSEILLE
FONDÉES EN

M.

u£ professe u k

1893

PAU

l)r É d o u a r d

H K C K E L

et publiées sous sa d irection.

1914 - Vol 2

Vingt-deuxième année. 3e série. 2’ volume (1911)

1° Les Badamiers ( Terminalia), parM . P. MAGENC.

2° Nouvelle contribution à l’étude des Crassulacées malgaches, par M. RAYM ONDHAM ET et PERRIER de la RATH IE.

3* Études biologiques sur les Asclépiadacées de Madagascar, par M. Pierre CHOUX.

MARSEILLE
MUSÉE
5, R

ue

C O L O N IA L
N oaillbs, 5

1914

�A

N

N

A

L

E

S

DU

DE MARSEILLE
FONDÉES EN

M.

u£ professe u k

1893

PAU

l)r É d o u a r d

H K C K E L

et publiées sous sa d irection.

Vingt-deuxième année. 3e série. 2’ volume (1911)

1° Les Badamiers ( Terminalia), parM . P. MAGENC.
2° Nouvelle contribution à l’étude des Crassulacées malgaches, par M. RAYM ONDHAM ET et PERRIER de la RATH IE.
3* Études biologiques sur les Asclépiadacées de Madagascar, par M. Pierre CHOUX.

MARSEILLE
MUSÉE
5, R

ue

C O L O N IA L
N oaillbs, 5

1914

�LES BADAMIERS
ÉT UDE PH A RM ACOGR A P HI Qü E

DU G E N R E

T E R M IN A L IA

L.

�AVANT-PROPOS

Les matériaux, mis en œuvre dans le présent travail,
proviennent, en grande partie, du Musée colonial de
Marseille; ils ontété mis à la disposition de M. le Profes­
seur

B

raem er

par le savant et obligeant directeur fonda­

teur de ce musée, M. le Professeur

É

douard

I I egkel .

Qu ils reçoivent tous deux l’hommage de ma profonde
gratitude.
Des échantillons vivants de T e rm in a lia nous ont été
fournis par les serres du Muséum d Histoire naturelle de
Paris. Nous les devons à la bienveillance de M. le Pro­
fesseur

C

o s t a n t in

,

par l’obligeant intermédiaire de l'assis-

tant de la chaire de culture, M. D. Bois. Je les prie
également de recevoir mes remerciements les plus recon­
naissants.
Ce travail a été fait dans le laboratoire de Matière
médicale de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de
Toulouse, où j ’ai trouvé l'accueil le plus bienveillant du
Maître qui le dirige et qui m'a constamment aidé de ses
précieux conseils.
Je tiens, tout particulièrement, à exprimer ici ma pro­
fonde reconnaissance à M. le Professeur H eckel d'avoir
bien voulu donner à ces pages l'hospitalité dans le
recueil dont il dirige, depuis vingt ans, la publication
avec tant de savante activité.

�.

INTRODUCTION

Déjà, P line signale des graines exotiques auxquelles il
donne le nom de M y ro b a la n u m , mais les fruits, auxquels
les auteurs médiévaux et modernes ont donné le nom de
M y ro b a la n s , n’ont été connus en Europe qu'après les

Croisades. Leur origine botanique n’a été établie qu’à la
tin du

x v iiic

siècle et pendant longtemps ils ont été l’ob­

jet de confusions et de méprises qui ne sont pas encore
dissipées.

Ils ont été rapportés

au genre

T e rm in a lia ,

établi par L inné en 17(&gt;7, pour une plante originaire de
l’ Inde, le C a Zappa.
Ces fruits, qui ont joui d’une grande vogue dans la
médecine des siècles passés, ont disparu peu à peu des
dilférenles pharmacopées ; mais ils sont encore usités
dans leurs pays d’origine et en Occident comme matières
premières des industries de la tannerie et de la teinture.
Peu de temps après L inné, L àmauck francisa le nom
de B adam , sous lequel les graines du Catappa sont con­
nues dans certaines régions de 1 Inde, et créa pour lui le
mot de B ad a m ie r qu'on peut étendre au genre T e r m i­
n a lia tout entier.

Des espèces du même genre ont été rencontrées dans le
nouveau monde,

et différents organes de ces plantes

trouvent encore aujourd’hui des utilisations variées qui
pourraient être plus étendues.
Leur étude offre un véritable intérêt et je 1ai envisagée
de la façon suivante :

�Ml

Dans la première partie de ce travail

je me suis

occupé de l'origine botanique d'une dizaine d espèces de
Ba'diuniers. J’ai relaie la place du genre dans la famille

des C om brétacées établie par H.

Brow n

LE S

et dont j ai cru

B A D A M IE R S

devoir rappeler les caractères.
Dans un autre chapitre je me suis attaché à décrire lu
te x tu re

et la s tru c tu re des differents organes dont je

PARTIE I

disposais. J'ai cherché à localiser dans leurs tissus les

S Y S T É M A T IQ U E

principes immédiats auxquels ces plantes doivent leurs
usages.
La n atu re de ces p rin c ip e s fait l’objet du chapitre sui­
C

vant, et enfin dans une dernière partie j ’ai rapporté les

h a p it r e

I.

—

HISTORIQUE

usages de ces plantes dans leurs pays d’origine et dans le

reste du monde.

Le genre Term inalia a été établi en 1707, par L in n é *' (67 .
pour une plante de l'Inde qu'il dénomma Terminalia Catappa,
le nom spécifique étant emprunté au nom vulgaire de cette
espèce. 11 le classa dans sa Decandria Monogynia. L inné f il s ( 70)
introduisit, dans ce genre, le Terminalia Benzoin identifié au
Croton Benzoe de L i n n é (67)et au T. angustifolia de J a cq u in 55).
L a m a r c k (62), en 1783, fit rentrer, sous réserve, dans ce
genre, une espèce originaire des Moluques, à laquelle il donna
le nom de T . rnoluccana et qui fut ultérieurement (54) identi­
fiée au T. Catappa L. J ussieu (59), en 1789, admit ce genre
et le rangea dans son ordre des Elæagnées, les Chalets qui,
sont des apétales périgynes, à côté des genres Bucida L.
Chuncoa P a v ., Parnea A ubl., Tanibouca A ubl.

a. Le chiffre entre parenthèse indique le n° d'ordre de l'Index b iblio­
graphique placé à la fin de ce mém oire.
(67)
(70i
(67)
(55)

L in né , I, p. 21.
L inné , III, p. f. 434.
L i n n é , 297.
Ja c q u i n , III, p. 51 ; t. 100.

(62) L amarck, ! , p. 348.
(54) Index Keiuensis, II, p. 1040.
(59) J ussieu , p. 74-75-76.
Annales du Musée colon ia l de Marseille. — 3* série, 2* vol. 1913.

1

�LES BADA MI ERS

Dans l'édition du Systema Veyetabilium (68) de
ce
genre comprend cinq espèces : T. Catappa ; T. lalifolia
S wartz , X o v .p l. yen. et sp., p. 68; T. Chebula R etz., Obs.
bot., 5, p. 31 ; T. arbuscula S w a r t z , N o v . pi. yen, et sp.,
p. 68; T. anyustifolia J a c q . If. Vind. 3, t. 100. Cette der­
nière espèce déjà mentionnée dans la treizième édition est,
comme dans L amarcr (62), identifiée au Crolon Benzoe L.
Dans la seizième édition du Systema Vcyetabilium (69) les
Terminait a sont classés dans la « Decandria Monogynia » à
feuilles entières renferment les espèces : T. Benzoin L. f.
Suppl. (T . anyusti folia Jacq. Croton Benzoe L . ); T. procera
R oxb . ; T. Bellerica R oxb . (T . Chebula R etz ); T. Chebula
R oxb .; T. moluccana L am . ( T . ylabrata F orst) ; T . Catappa
L. ; T. mauritiana L am . (.Pamea yuianensis A u b l .).
Enfin de C a n d o l l e (18) fit rentrer les Terminalia dans la
famille des C ombrétacées établie, en 1810, par R. B rown (16).
Cette attribution ayant été maintenue parles auteurs suivants,
je suis amené pour « situer » mon sujet à rappeler les carac­
tères généraux des Combrétacées.

68
(62;
ix69)
.18.
(16)

L inné , I, p. 660.
L amarck, toc. cit.
L inné , II, p. 358-359.
D e C andolle , 111, p. 9 et ss.
H. B r own , I, p. 35.

3

C H A P IT R E II

CARACTÈRES DE LA FAMILLE DES COMBRÉTACÉES
Les C ombrétacées (16), (18), (10), (3 4 1, (8), (15) sont des
arbres ou des arbrisseaux souvent grimpants, très rarement
épineux.
Les rameaux sont légèrement arrondis, les lenticelles nulles
ou très rares.
Les feuilles sont ou opposées ou alternes ou rarement
verticillées, coriaces ou membraneuses, simples ou possédant
quelquefois trois folioles comme dans Illiy e ra , pétiolées et
entières. Filles sont dépourvues de stipules.
L inflorescence est rarement paniculée ou capilée, plus
souvent en épis ou en grappes, jamais en cymes, sauf dans
Gyrocarpus.
Les /leurs possèdent toujours des bractées à leur base; dans
quelques cas, ces bractées sont soudées au tube du calice. Les
fleurs sont hermaphrodites, plus rarement polygames ou unisexuées, dioïques ou monoïques.
Le tube du calice soudé à l'ovaire est ovoïde, rond ou
anguleux, rétréci ou non au-dessus de l ’ovaire, quelquefois
allongé et tubuleux. Le limbe du calice est 1-6-7 (rarement 6-8
fide ou partite, assez souvent campanulé, persistant ou caduc,
très rarement accrescent, à prétloraison généralement valvaire,
presque jamais indupliquée ou imbriquée.
Les pétales manquent le plus souvent. Quelquefois ils sont
au nombre de 4 ou de 5, très rarement davantage. Ils sont
généralement petits, à préfloraison imbriquée ou valvaire.
Les étamines, au nombre de 4-5, de 8 ou de 10, sont très
(16) II. Br o w n , toc. cit.
(18) D e C andoli .e , toc. cit.
(10 B entham et 11OOLEU, I, Pars II;; p. 083 el ss.
(34) E ichleii , vo 1 X IV , Pars II ; p. 78 et ss.
(8) B âillon , VI , p. 273
(15) B randis, III , A bl. 7--8, p. 106.

�P. MAGENC

i

LES BADAMIERS

rarement en nombre indéfini. 1^1les sont soudées à la base ou
sur le limbe du calice ; si elles sont en nombre double des pièces
du périanthe, elles sont disposées en deux verticilles. Les
filets sont subulés ou filiformes, droits ou un peu ascendants,
infléchis dans le bouton floral. Leur base est nue dans les
Gy/'ocarpus, glanduleuse dans les autres genres, alternant
avec des staminodes. Les anthères, versatiles dans les Com bretum , sont didvnames, petites, sagittées ou oblongues, à déhis­
cence

longitudinale.

Dans Gyrocarpus

elles sont soudées

entre elles et s'ouvrent par deux valves.
Le disque est épigyne, lobé ou nul.
ovaire est infère, entièrement adhérent au tube du calice

C hapitre III. — GENRE TERMINALIA

§ A. — Sa place dans la famille des Combrétacées.
Pédala ahortiva. C alyx p lq . ad medium partitus, deciduus.
Antherae versatiles. Fructus spicali. Folia solemnitcr alterna
[ex. E ichl.] .
Se basant sur la forme de l’embryon et des cotylédons, sur
la présence ou l’absence des pétales et sur le nombre des
étamines, D e C andolle (18) divise les Combrétacées en
deux tribus :

et ne possède qu'une loge.
Le style est simple, filiforme, court ou allongé, droit ou
rarement recourbé. Le stigmate est simple, aigu ou obtus,

Terminalieae.
Embryon
soïde.

Les ovules dans les Combrelum au nombre de 2 à 6, à funicules grêles, sont (sauf dans les Laguncularia) suspendus au
sommet de l'ovaire ; dans les Gyrocarpus il n’y a qu'un ovule

La graine pendante, remplissant la cavité du fruit, est
ronde, plus souvent allongée, anguleuse ou sillonnée comme
le fruit. Elle est pourvue d’un testa crustacé ou membraneux.
L 'albumen est nul. L 'embryon est rond et sillonné. Les coty­
lédons sont enroulés. La radicule est petite et supère.
11 existe environ 540 espèces généralement tropicales, rares
dans les régions tempérées de l'Inde et 1 Afrique australe,
absolument inconnues dans les régions froides.

Bucida
Agathisanthes
Terrninalia

T ribu I

rarement tronqué, et plus rarement encore lobé.

inséré près du sommet. Ils sont toujours anatropes.
Le fr u it est coriace, papyracé ou drupacé, il noyau osseux
ou crustacé, le plus souvent ovoïde ou oblong, anguleux et
sillonné, muni généralement de 4-5 ailes, nu au sommet ou
couronné par le limbe du calice, uniloculaire et monosperme.
La cavité est assez souvent sillonnée, anguleuse ou côtelée.
Le fruit est indéhiscent ou très rarement (dans quelques Com bretum ) déhiscent au sommet ou sur toute la longueur.

5

Ordo

cylindrique,

ellip ­

Pentaptera
Getonia

Cotylédons enroulés en spi­
rale.
Fleurs à calice 5-fide.
Pétales souvent nuis.

Chuncoa
Bamatuella
Conocarpus

Étamines 10.

Guiera
Poivrea

Combretaceae

Laguncularia

T ribu II
Combreteae.
Embryon cylindrique,
soïde ou anguleux.

Com brelum
ellip ­

Cotylédons plissés irrégulière­
ment ou longitudinalement.
Calice 4-5 fide.
Pétales 4-5.
Étamines 8-10.

Cacou cia
Lum nitzera
Quisqualis
Ceratoslacbys
Bruguiera t généra non
Bobua

I satis nota.

Les Terminalieae qui forment la première tribu corres­
pondent aux Myrobalaneae Juss. (60), aux Terminaliaceae
Jaunie, aux Eleagni Juss. (59).
(18) D e C andolle , loc. cit.
(60) Jussieu , V, p. 122.
(59) Jussieu , p. 75.

�6

r. MAGENC

7

EES RAPAMIERS

Le genre Terminalia est compris dans cette tribu et est
identifié aux genres Catappa, Myrobalanus et Baclamia
Gaertn. ; Terminalia, Pamea, Tanibouca et Fatræa .luss.
B entham et I I o o k e r (10! divisent l'ordre des Combrétacées
en deux sous-ordres : les Combrétées et les Gyrocarpées.
Les Cornbrétéès qui renferment les Terminalia offrent les

b) Pétales très caducs :
Feuilles sulr-opposées........................

V I. Laijuncularia Gaertn.

T ribu I I . — C ombrétées. Feuilles opposées. Pétales le
plus souvent développés. Cotylédons irrégulièrement plissés ou
plan-convexes, très rarement convolutés.

caractères suivants : calice à préfloraison valvaire ; pas de
glandes à la base des étamines qui sont insérées sur le limbe
du calice, filets à préfloraison infléchie, anthères pendantes, à
déhiscence

longitudinale, pollen elliptique.

Dans l'ovaire

2-12 ovules suspendus au bout de funicules allongés (sauf
dans Laguncularia). Fleurs en grappes ou en épis.

1. Pétales avortés. Étamines 4 .............
V II. Thiloa Eichl.
2. Pétales développés. Etamines 8 ou 10,
rarement plus. Noix ou drupe sèche V III. Com brelum L.
3. Pétales développés. Etamines 10-14.
Baie charnue ..........................................

IX. Cacoucia Aubl.

Pétales 0. Calice à limbe caduc (sauf dans Calycopleris).

Les Term inalia rentrent dans la première tribu.

Eichler (34), en se basant sur la disposition des feuilles,

B âillon (8) divise les Combrétacées en trois séries :

l'absence ou la présence des pétales et sur la forme des coty­
lédons, divise les Combrétacées en deux tribus :
Tribu I. — T erminaliées. Feuilles ordinairement alternes.
Pétales le plus souvent avortés ou très caducs. Cotylédons
enroulés en spirale.
a) Pétales avortés :
1. Calice le plus souvent divisé jusqu'au
milieu, caduc. Anthères versatiles.
Inflorescence en é p is .....................

I. Terminalia L.

2. Calice légèrem ent denté, persistant.
II. B acid a L.

3. Calice légèrem ent denté, caduc. An­
thères soudées, im m obiles...........
4. Calice divisé jusqu'au milieu, caduc.

III. Buchenavia Eichl.

Anthères versatiles. Inflorescence en
capitules. Fruits à 4-5 ailes, à dispo­
sition étoilée....................................
5. Calice divisé jusqu'au milieu, caduc.

1 genre.
E ngler et D iels (35) divisent les Combrétacées en :

A.

en cônes. Fruitsà deux faces, rétré­

10 Bentham et II ooker, toc. cil.
(34) E iciii.er, Inc. cil,

III. Alangiées. — Fleurs hermaphrodites ou rarement
polygames, à 4-10 pétales. Ovaire à I ou 2 loges uniovulées.
Ovule descendant, inséré en haut de l'angle interne, à court
funicule, à micropyle finalement latéral. Graines albuminées.

IV. Bamalueila H. B. K.

Inflorescence en capitules groupés
cis à la base, im briqués.................

IL Nyssées. — Fleurs polygames dioïques, à corolle polypétale, rarement absente. Ovaire à une ou plusieurs loges,
généralement complètes, uniovulées. Ovule descendant, atta­
ché par un court funicule, à micropyle extérieur. Graines
albuminées. 3 genres.

Anthères versatiles. Inflorescence
en é p is .............................................

I. Combrétées. — Fleurs hermaphrodites ou polygames,
avec ou sans corolle, ovaire uniloculaire, pauci-ovulé. Ovules
en nombre égal ou double de celui des placentas pariétaux
très imparfaits et insérés vers leur sommet, ordinairement
attachés par un long funicule, à micropyle extérieur. Graines
sans albumen. 8 genres dont les Terminalia.

Strephonematoidées.

—

Réceptacle

V . Conocarpus Gaertn.
(8) Bâillon , loc. cil.
35 1 Engler und D iels . III. Combretaceae.

ouvert,

ovaire

�8

P. MAGENC

LES BADAMIERS

presque entièrement libre. Fleur 5 mère diplostémonée, pétalée. Fruit aplati de haut en bas, à tégument épais. Une graine
avec deux cotylédons épais presque hémisphériques.
a) Stréphonémées

H o o k f.

B. Combretoidées. — Réceptacle toujours divisé en deux,
la partie inférieure entourant presque complètement l ’ovaire,
l'autre supérieure portant les sépales. Fleur 5-6 mère, diplos­
témonée ou haplostémonée. Fruit : drupe ou akène. Graine à
cotylédons épais, plan-convexes, plissés ou plats et enroulés.
I. — Fleurs sans préfeuilles.
a) Cotylédons plan-convexes ou plissés, rarement plats et
enroulés. Les pétales existent le plus souvent, manquent
rarement : Combrétées.

b) Cotylédons plats et enroulés. Les sépales font toujours
défaut, Terminaliées :
Bucida L. Terrninalia, L. Buchenavia Eichl.

Ramatuella

H. B. K. Anogeissus W all. Conocarpus Gaertn.
Calycoptéridées : Calycoptcris Lam.

IL — Fleurs avec préfeuilles qui sont portées par le récep­
tacle infère : Lagunculariées.

§ B. — Caractères généraux du genre Terrninalia.
D'après K osteletzky (61), B entham et II ooker (10), E ichler
(34) et D. B randis (15), ce genre présente les caractères sui­
vants :

(61) Kosteletzky, IV , p. 1404.
(10) Bentham et II ooker, lo c. c il.

9

Grands arbres ou arbrisseaux dressés, h bois séparable en
aubier et en cœur ( T . Tomentosa). Dans le T. C/rcbula et le
L . Bellerica, l’un et l’autre ne se séparent pas.
Feuilles alternes, ou plus rarement opposées ou sub-opposées,
les premières feuilles étant toujours opposées. Elles sont le
plus souvent ramassées au sommet des rameaux en groupes
terminaux (d ’où le nom de Terrninalia donné au genre), généra­
lement pétiolées et entières, quelquefois ponctuées, fréquem­
ment munies de glandes nectarifères sur le pétiole ou à la base
du limbe. In sistan tes dans les régions humides. Plusieurs
Badamiers ne perdent leurs feuilles qu’au moment où
paraissent les nouvelles pousses. Pour le T. Catappa qui appar­
tient à un climat sec, les feuilles, avant leur chute, prennent
une belle couleur rouge.
Fleurs sessiles, petites, vertes, ou plus rarement blanches,
disposées le plus souvent en épis simples, légèrement allongés,
très rarement ramassées en capitules. Hermaphrodites ou mâles
par avortement, ou polygames. Dans ce dernier cas les fleurs
sont hermaphrodites à la base et mâles au sommet. Penta­
mères, rarement 4 ou 6 mères. Quelquefois zygomorphes. A xe
floral ne dépassant point l'ovaire en longueur.
Le tube du calice est ovoïde ou cylindrique, rétréci audessus de l ’ovaire, à limbe urcéolé ou campanulé, muni dans
le fond d'un disque velu 5-denté ou 5-fide. Le plus souvent
caduc après la floraison.
Les pétales manquent.
Etamines 10, en 2 verticilles, les 5 inférieures opposées
aux dents du calice, les 5 supérieures alternant avec elles,
petites, didynames. Anthères obtuses (à loges parallèles dans
le T. Chebu/a). Filets subulés ou filiformes, exserts.
Ovaire uniloculaire. Style exsert dans le bouton floral. Stig­
mate filiforme.
Ovules 2, plus rarement 3, portés par des funicules inégaux
pendant au sommet de la loge, anatropes.

(34; E ichleb , loc. c il.
(15) B randis , loc. c il.

.

�P. MAGENG

10

F ru it ovoïde, anguleux, comprimé ou muni de 2 à 5 ailes,
quelquefois samaroïde. Parfois pédonculé, monosperme, à
sarcocarpe le plus souvent petit ou nul, rarement charnu,
no vau coriace ou osseux. Chez beaucoup d'espèces, réservoirs
à gomme dans le noyau.
Graine allongée, ovoïde ou ronde, testa membraneux ou
crustacé, cotylédons enroulés entourant la radicule. Embryon
cylindrique ou sphérique.
Plantes tropicales ou subtropicales comprenant 10b espèces,
d ’après B randis, dont 27 en Asie, 16 à Madagascar, 18 en
Afrique, 24 en Amérique, 19 en Australie et enfin 2 à aire
plus étendue.

§ C. — Division du genre Terminalia.
D’après la forme du fruit, De Candolle divise les Term ina­
lia en deux sections :
S ection 1. — Catappa Gaertn. (40). ( Term inalia Lam .).
Drupe comprimée, il bords ailés ou légèrement atténués.
Cette section comprend les espèces :
T. angustifolia Jacq. ( Croton Benzoe L., C. Benzoin L .,
Catappa Benzoin Gaertn., T. Benzoe Pers.).
T. mauritiana Lam. [Catappa mauritiana Gaertn., T. mauritiana W ild .).
T. Catappa L. (Adamaram Rlieed., T. Catappa Blume).
T. glabrata Forst.
S ection II. — Myrobalanus (M y roba la nus et Ba da m ia
Gaertn., Myrobalanus Lam.).

Drupe ovale ou légèrement comprimée, sèche ou charnue,
noyau rond ou anguleux, sillonné.
Cette section renferme les espèces :
T. Bellerica Roxb. (Myrobalanus Bellerica Breyne, Tant
Rlieed.).
40) Gaertner , II, p. 200, l. 127, et III, p. 207, t. 217.

LES BADAMIERS

11

T. Chcbula Retz. ( Myrobalarnus Chebula Gaertn.).
T. citrina Roxb. (Myrobalanus citrina Gaertn.).
T. procera Roxb.
K osteletzky (61), d’après la forme du fruit, subdivise
comme D e C andolle le genre Terminalia en deux sections.
L indley (66) énumère seulement dans ce genre les espèces :

T.
T.
T.
T.
T.

Chebula Retz.
citrina Roxb.
moluccana Lam.
Benzoin L. F.
Bellerica Roxb.
E ic iil e r comprend dans les Terminalia sept sous-genres,
comme le montre le tableau suivant :
Genre T erminalia .
Tigelle, le plus souvent, très courte.
S ous- genre I. — Myrobalanus (Myrobalanus et Badamia
Gaertn. ; Fatræa Juss.).
Drupe avec noyau rond ou muni de 4-5 angles égaux.
Intlorescences en épis simples. Feuilles alternes.
Espèces de l ’ancien continent.
S ous- genre IL — Catappa DC.
Drupe étroite latéralement, marginée complètement ou sur
deux côtés seulement.
Inflorescence en épis simples. Feuilles alternes.
1. Drupe avec bordure étroite. Feuilles longues de 6-12
pouces.
T. Catappa.
2. Drupe ovoïde, avec bordure étroite. Feuilles lancéolées
de 1-2 pouces de long.
T. auslralis.
S ous- genre III. — Diptera (Catappa DC.).
Drupe à deux ailes, samaroïde. Epis simples. Feuilles
alternes.

61) K OSTELETZKY, loc. CÎt.
66) L in dley , p. 67.

�LES HADAMI ERS

13

Hudsonia R obins. in L unan, lî o r l. Janiaic., Il, 310 (1814) ;
Pentaptera R oxb ., H ort. Beny., 34 (1814) ;
Vicentia A llem ., Diss. (1844) ;
Chicharronia A . Rien., Ess. F l. Cub., 529, t. 43 (1845) ;
Buchenavia E ichl ., in Flora, X II, 164 (1866),
et énumère ensuite 125 bonnes espèces.

C hapitre IV. — ESPÈCES ÉTUDIÉES
1° Term inalia Catappa L. (69)

L Index de Kew (54) comprend dans le genre Terminalia
les genres :
Buceras P. B r ., Hist. Janiaic., t. 23 (1756) nomen prius ;
Bucida L in ., Syst., éd. X, 1025 (1759) ;
Tanibouca A übl., PL Gui., 448, t. 178 (1775);
Pamea A ubl., PL Gui., 946, t. 359 (1775) ;

Knipholia Scop., Introd., 327 (1777) ;
Aristotelia C omm. ex L am ., Ericycl. , I, 349 (1784);
Besinaria C omm. ex L am., Encycl. , I, 349 (1784) ;
Chuncoa P a v . ex Juss., Gen., 76 (1789);
Badamia G aertn ., F ru ct ., 11, 90, t. 97 (1791);
Myrobalanus Gaernt., Fruct., II, 90, t. 97 (1791) ;
Calappa Gaertn ., Fruct., II, 206, t, 127 (1791) ;
Gimbernalia Ruiz et P avon , Prod ., 138, t. 36 (1794) ;
Fatræa Juss. in Ann. Mus. Par., V , 223 (1804) ;
(54) Index Kewensis, toc. cil.

Adamaram Rheede (96). Amyçfdalus Indica Nieuh.
T . Catappa Jacq. (56). T. moluccana Lam. (62). T. subcordata W ild . T. myrobalana Roth. T. intermedia Spreng.
T. latifolia Blanco. T. paraïensis Mart. T. ovatifolia
Noronha. T. Badamia Tul. T. mauritiana Blanco. Juglans
Catappa Lour. Badamier de Malabar (arbre à amandes) Lam.
« T. foliis obovalo-oblongis acutiusculis, obsolète denticulalis, basi rotundalis cglandulosis subtus villosiusculis, racemis
axillaribus simplicibus » (ex. Lin. (69).
Grand et bel arbre de 25-30 mètres de hauteur, de forme
pyramidale comparable à celle du sapin, sa cime étant com­
posée de branches disposées en verticilles et étendues presque
horizontalement. Son bois est blanc, très dur et recouvert
d une écorce rouge en dedans, lisse et grisâtre en dehors.
Feuilles disposées en rosettes de 6 à 7 à chaque nœud,
courtement pétiolées, de 20-30 cm. de long, 8 à 12 de large,
obovales ou elliptiques, élargies vers leur sommet qui se
termine par une courte pointe, rétrécies vers la base ; créne­
lées très légèrement sur leurs bords, vertes et glabres au
dessus, velues et rougeâtres en dessous, les poils étant sur(69) L inné , vol. II, cl.
(96) R iieede, IV, p. 5,

X, p. 358-359.
lab. 3 et 4.
(56) Jacquin , 1781, t. I, pl. 97.
(62) L amarck, lo c. c it .
Cf. (31) Descourtilz, IV, pl. 279.
Cf. (418) W vtt (G.), p. 1072 el ss.

�li

P.

MÀGENC.

LES BADAMIERS

13

tout groupés sur les nervures; munies â leur hase de deux
petites glandes sessiles.
Inflorescences en grappes.
Fleurs presque sessiles naissant à I aisselle d’une bractée
petite, ovale, pointue et caduque ; petites, sans odeur, ver­
dâtres en dehors, blanchâtres en dedans, sans pétales, 10 éta­
mines en 2 verticilles.
F ru it drupacé, ovale, comprimé, de la grosseur d’une prune,
lisse et rougeâtre. Noyau dur, oblong, muni d’expansions en
forme d'éperons sur deux côtés opposés, à une seule loge.
Graine de 2-3 cm. de longueur, 1/2 cm. d'épaisseur, fusi­
forme, à téguments membraneux jaune-rougeâtres. Consis­
tance et goût voisins de ceux de l’amande, blanche et hui­
leuse comme elle.
Originaire de l'Inde. Croît de préférence dans les terrains
sablonneux.
Cultivé dans l'Inde et en Birmanie, surtout près de la côte.
Pousse dans toutes les îles de l'Archipel Indien et principa­
lement aux Moluques.
Transplanté en Floride, à la Guadeloupe et aux Antilles.
Croît au Brésil dans les environs de Rio de Janeiro et dans la
province de Para.
Fait partie des plantes de la « Mangrove ».
Le fruit, lisse, à tlotteurs très développés, peut surnager
126 jours sur l'eau de mer (27), aussi peut-il parcourir de
grandes distances et germer sur des rivages très éloignés. C’est
ainsi qu’après l ’éruption du Krakatoa en 1883, où la végéta­
tion de l’île fut complètement détruite, T reub visitant cette
terre, en 1886, ramassa sur la côte des graines de T. Calappa
qui avaient été évidemment apportées par les flots.

27) C ostantin (J.), p. 250.
Cf. : (114 U nger (F .), p. 195.
Cf. : ;83) M uelleh (F. von), p. 39t.
Cf. : 102 Soiiim per , p. 18.

2° Tcrrninalia procera Roxb. (98) (18).
T. kydiana W a ll.
« T .fo liis spathulato-lanceolatis, acutiusculis » glabris subftis, basi glandulosis, racemis a rilla rib u s, fructibus ohlongis
5-gonis » fex. Lin. i (69).
A rbre aussi grand que le précédent.
Rameaux horizontaux verticillés.
Feuilles alternes, aussi grandes que celles du T. Catappa,
courtement pétiolées, spatulées, terminées au sommet par
une petite pointe, rétrécies vers la base qui est munie de deux
petites glandes sessiles. Poils sur les nervures latérales.
Inflorescences en grappes axillaires, solitaires, plus courtes
que les feuilles.
Fleurs blanchâtres, à limbe du calice rotacé.
Drupe oblongue, légèrement pentagone, jaune à l'extérieur
et renfermant une pulpe rougeâtre, à goût acklulé agréable.
Noyaux à 3 côtes.
Habitat. Côte de Coromandel et Iles Andaman.
3° Term inalia glahrata Forst.
« T. foliis obovatis, utriusque glabris » ex Forst. 381*).
Feuilles de 13 cm. de long sur 10 cm. de large; obovales,
à base cunéiforme, glabres des deux côtés, entières, pétiole
assez long, pubescent (18).
Inflorescences en grappes.
Fleurs courtement pétiolées.
F ru it jaune rougeâtre, glabre, ovale ou rond, 13 mm. de
diamètre, légèrement sillonné, nullement marginé, comprimé

(98) R oxburgii , 1819, III, t. 224.
(18) D e C a m &gt;olle , lo c . c it.
^691 L inné , lo c. c it.
|381’) F orster (G.), p. 52.
(48) De Candom .e , lo c . c it .

�16

l\

M AGENT.

LES HAÜAMIERS

au sommet en une courte pointe membraneuse, muni d'un
pédoncule assez long.
Tégument séminal noir, épais de 1 à 2 millimètres, mou
dans sa partie externe, dur vers l ’intérieur.
Amande ronde, jaune rougeâtre à cotylédons épais, convolutés d'un demi-tour.
Habitat. Iles du Pacifique (32) et en particulier les Iles des
Amis et les Iles de la Société.

4° Terminalia Benzoin L. f. (70).
T. angustifolia Jacq. (55). T. Benzoc Pers. T. mauritiana
Lam. (62b Croton Benzoe. L. Catappa Benzoin Gaertn. (40).
Catappa mauritiana Gaertn. Pâme a guianensis Aubl. Badamier au Benjoin.
« T. foliis lineari-lanceolalis subrepandis, subfus pubescentibus, rubro-venosis; racemis abbreviatis ; fru ctibus hinc g ib bis » [ex. Lin. j (69).
A rb re de 10 à 12 mètres de hauteur. Tige droite. Ecorce
glabre, un peu crevassée, de couleur brun grisâtre.
Rameaux verticillés, à nœuds écartés. Bois dur employé
pour la fabrication des pirogues.
Feuilles alternes, disposées en rosettes au sommet des
rameaux, étroites, lancéolées, 9-10 cm. de long sur 3-4 cm.
de large, atténuées aux deux extrémités, vert-jaunâtres, avec
nervures rouges en dessous, entières ou munies
sinuosités anguleuses qui se terminent par autant
pointes sétacées, velues en dessous sur les bords
nervures. Munies d ’un pétiole court et pubescent
son sommet 2 glandes sessiles.

(32) D hagendori - f , p. 479.
(70) L inné f., p. 434.
(55) Jacquîn , toc. cil.
(62) L amarck, toc. cil.
(40) G aertner, /oc. c il.
(69) L in né , Inc. cil.

de petites
de petites
et sur les
portant à

Inflorescences en grappes simples, courtes, horizontales,
naissant au-dessous des rosettes de feuilles.
Fleurs petites, odoriférantes; calice à 5 dents, campanulé,
velu à l'intérieur; sans pétales; 10 étamines en 2 verticilles.
D rupe, de i cm. de haut sur 2 cm. de large, amincie aux
deux bouts, comprimée, convexe d’ un côté, concave ou cymbiforme de l'autre; portant 2 petites expansions en forme
d’ailes. Noyau osseux, très dur, rugueux et uniloculaire.
draine alibile (32).
Habitat. Iles Maurice et de Bourbon.
5° Terminalia australis Camb.
Spicae simplices. Drupa ovoïdea, angusta, rnaryinata. Folia
alterna, lanceolata, 1-2 poil. Ig. lex. Eichl.] (34).
Arbres ou arbrisseaux de à 10 pieds de haut.
Rameaux et feuilles munis d’abord d'un duvet rougeâtre
qui tombe bientôt mais persiste quelque temps sur le pétiole
et les nervures.
Feuilles (petites dans certaines variétés) 1-2 pouces de
long, 3-7 lignes de large, lancéolées, aiguës au sommet,
obtuses ou rondes à la base, brillantes au-dessus, plus ternes
en dessous. Pétiole très court — 1/2 à 1 1/2 lignes — atténué,
dépourvu de glandes.
Inflorescences en capitules globuleux, de 3 à 0 fleurs, lon­
guement .pédonculées à fleurs mâles et hermaphrodites mélan­
gées.
Fleurs de 2 1/2 lignes de diamètre. Calice hémisphérique,
campanulé, jaune. Pétales 0. Etamines et style coudés au
sommet.
Disque soudé au calice jusqu’au 1/3 de sa hauteur, formant
une bordure en anneau charnu, muni de 10 lobes un peu
velus et renflés, le reste du disque étant glabre. Ovaire
ovoïde.
Drupe de S lignes de long sur 4 lignes de large, ovale, lan(32; Dragendorkk, p. 479.
(34) E ichler, toc. c il.
Annales du Musée colonial de M arseille. — 3* série, 2* vol. 191-4.

2

�i\ MAGENC

18

LES BADAMIERS

eéolée, effilée, comprimée, ayant une face convexe munie
d'une côte longitudinale, la face opposée étant glabre, plane et
pourvue d'un sillon irrégulier plissé transversalement (17).
Habitat. Brésil sud oriental.

6° Tcrminalia avicennioides Guill. et Perrot. (45).
« T. tôt a viliosa ; ramis iindique folia t in ; foliis eglandulosis, ovali-oblongis lanceolatis, apice reflexis, subtus dense
uclutinis ; fructu amaroideo, dense velu lino, alè foliaeeà magna
cincta, cristà media longitudinal! utrinque instructa » [ex
Guill. et Perrot.].
Arbres petits, buissonneux, hauts de 12 à 15 pieds, à tige
droite ; rameaux tomenteux, naissant dès la base.
Feuilles munies d'un pétiole rond et tomenteux long d’un
pouce environ; feuilles vertes, alternes, tombantes, à limbe
lancéolé, échancrées au sommet quand elles sont âgées, glabres
et luisantes sur la face supérieure, sauf à l'état jeune où elles
sont légèrement pubescentes, couvertes à la face inférieure de
poils de couleur blanche roussàtre ; nervure médiane très mar­
quée, nervures latérales alternes et parallèles. Limbe long de
4-5 pouces, large de 1 pouce 1/2 à 2 pouces.
Inflorescences en épis cylindriques, pédonculés.
Fleurs petites, de couleur fauve, mâles au sommet de l'in ­
florescence, hermaphrodites à la base. Chaque fleur est accolée
à une bractée linéaire lancéolée.
Calice à base tubuleuse adhérente à l ’ovaire, à limbe à 5
dents, en forme de coupe.
Corolle nulle.
Etamines 10, exsertes, en 2 verticilles, les cinq premières
alternant avec les dents du calice, les 5 autres opposées et
insérées presque à la base des dents. Filets épais et flexueux.
Anthères cordées et pointues.

Cf. (17) C ambessedes (J.), II, f. 173, t. 128.
45 G uillemin , P errotet et R ichard, V II; p. 277 V III, tab. G4.

19

Ova ire uniloculaire, biovulé, surmonté d’un style simple et
conique, ovules pendants, pyriformes.
F ru it pédonculé, comprimé, ovale oblong, de 15 mm. de
long sur 8 mm. de large, entouré d’une grande aile foliacée.
Noyau peu épais, dur. Graine petite, fusiforme, à colvlédons
enroulés, colorés en rouge clair (61).
Habitat. Cette espèce qui croît jusqu’à 1altitude de 3.i00
pieds anglais se trouve dans toute l ’Inde, dans les Chats à
Belgaum et Kanara, à Malacca, en Birmanie, Ceylan.
7" Tcrm inalia Chebula Retz (95).
T. acuta W alp. T. Aruta Ilam. T. reticulata Roth.
T. lomentellaKuT'A. T. zeylanica Heurck. T .gangeticaW oxb 98 .
T. parviflora Thw. Mgrobalanus Chebula Gaertn. (40 . F m bryogonia arborea Teyss et Binn.
Nom indigène : Tanimoruni (Leschenault .
T. foliis ovalis integerri/nis. Flores incom pleti, mere mascu li in term ixti. Cal. o-partitus. Drupa inféra, cym biform is
[ex Linn. |( 6 8 1.
A rbre d’aspect variable. La Flora o f B ritish India en énu­
mère, d'après W att (118), six variétés. Dans les parties éle­
vées, rocheuses et sèchesde l Himalava, du Deccan et du sud
de l ’Inde, c'est un arbre petit, mais dans les vallées il atteint
une taille considérable. Le bois, noir et dur, est susceptible
d’un beau poli. Le tronc est épais, relativement bas, rarement
droit, recouvert d'une écorce de couleur gris-cendré. Les
rameaux, dirigés dans tous les sens, sont tomenteux dans le
jeune âge et glabres ultérieurement.
Les feuilles, courtement pétiolées, longues de 18 à 20 cm,,
larges de 8 à 9, sont entières, ovales ou oblongues, s’attéi61)
(95)
(98)
(40

K osteletzky , toc. c il.
Retzuis , V, p. 21.
Roxburgh , 1718, II, p. 72, pl. 197.
G aertner , II, p. 90, (. 97.
68 L inné , p. 701.
118) W att (G.), toc. c it.

�20

21

F. MAGfeNC

LES RADAMIERS

nuent au sommet. Celui-ci est très polymorphe, même dans
les feuilles de la même branche : il est ou acuminé ou arrondi
ou éehancré. Le limbe foliaire porte de chaque côté de la
nervure médiane 6 à 12 nervures latérales, alternes, parallèles,
légèrement arquées. Les feuilles tomenteuses dans le jeune
àg'e, glabres plus tard, sont munies à leur base de petites
glandes sessiles; le pétiole en porte, au sommet, deux plus

tomenteuses dans le jeuneâgeseulement, courtement pétiolées.
2 grosses glandes au sommet du pétiole, dalles sur les feuilles
comme dans l'espèce précédente (32).
Inflorescence en grappes d’épis, terminales et axillaires,
dressées, légèrement tomenteuses.
Fleurs jaune sale, presque toutes hermaphrodites, pédonculées à la base de l ’inflorescence, subsessilesau milieu etenfin
sessiles au sommet.

grosses.
Les inflorescences sont en épis, isolés à l’aisselle desfeuilles,
réunis en grappes à l'extrémité des rameaux.
Les fleurs nombreuses, presque toutes hermaphrodites, ses­
siles, d'un blanc sale, d'odeur désagréable, accompagnées de
bractées qui tombent après l ’éclosion des fleurs. Le calice est
à 5 dents, cupuliforme et velu en dedans.
Le fru it est connu sous le nom de myrobalan chebule quand
il est mûr et de myrobalan noir ou indien quand il ne l’est
pas. C est une drupe jaune ou verte, oblongue, atténuée vers
le bas, grosse comme un œuf de pigeon, lisse et marquée de
o à 10 côtes longitudinales ; dans ce dernier cas, 5 d’entre

Drupe glabre, ovale, oblongue, atténuée vers le bas, jaune
verdâtre, à o ou 10 côtes disposées comme dans le myrobalan
chebule. Noyau dur, à 5 côtes. Graine fusiforme de 2 cm. de
longueur, à tégument membraneux, jaune rougeâtre, à amande
blanche et huileuse.
Habitat. Bengale oriental, Népaul, Sumatra.
Le T. citrina. Roxb. ne présente pas de caractères spéci­
fiques différents de ceux du T. Chehula Retz. Il constitue
sans doute une variété de cette dernière espèce.
9° Terminalia Bellerica Roxb (98).

elles plus grandes alternent avec 5 plus petites.
Le noyau, épais, très dur, pentagonal renferme une graine
ovoïde, marquée de 5 sillons irréguliers, à tégument jaune
rougeâtre, membraneux, à amande blanche et huileuse.
Je reviendrai d’ailleurs sur ce fruit, avec plus de détails, au
chapitre des usages.

8° Terminalia citrina Roxb.
Myrobalan us citrina Gaertn. Pentaptera alata Banks.
Bel arbre à rameaux étalés et espacés. Ecorce grise avec
taches plus claires sur les jeunes rameaux. Bois semblable à
l ’acajou, mais d'un grain plus fin (61).
Feuilles (1 8 1 alternes ou presque opposées, ovales, acuminées aux deux extrémités et surtout vers le sommet, entières,
,61) K o s te le tsz ky , toc . c it .
18) De C a n d o l l e , lo c . c it .

T. angustifolia Blanco., T. attenuata Edgew., T. Belirica
W a ll., T. Bilicaria Roxb., T. Chebula W ill., T. edulisBlanco.,
T. eglandulosa Roxb., T. rnoluccana Roxb., T. gella Dalz.,
T.punctata Roth., Myrobalanus bellerica Gaertn., Tani Rheed.
« T. foliis obovato-oblongis obtusis utrincjue glabris, pctiolis supra 2 glandulosis. Bacemis axillaribus. Flores im perfecti
Fructus in fe ri » [ex Linn. (69).
Très grand arbre à couronne étalée (18) que les Indous
appellent « W ibhita » ou « W ibhitaka », c’est-à-dire le
« Vilain » et qu’ils croient habité par un démon (63 ).
L'écorce incisée donne une gomme soluble, insipide, ana­
logue à la gomme arabique.
(32)
(98)
(69)
(18)
63)

Dragendohff , loc. cit.
R oxburgii, 1798, II, p. ai, l. 198.
L in n é , loc. cit.
De Candolle , loc. cit.
L efèvre, p. 56,

�22

P. MAGENC

Feuilles légèrement coriaces, alternes à l ’extrémité des
rameaux, longuement pétiolées, elliptiques, pointues aux deux
extrémités surtout au sommet, glabres et entières, nervure
médiane forte. Pétiole muni de deux glandes sessiles, opposées
ou alternes, situées le plus souvent k la base, quelquefois au
sommet.
Fleurs en grappes spiciformes, simples, dressées, d'un blanc
sale, d'odeur fétide, stercoraire, sessiles et unisexuées. Les
Heurs mâles, à court pédicelle, sont pourvues d'un calice velu
à l ’intérieur et muni d’un disque glandulaire.
F ru it ovale, faiblement pentagonal, de la grosseur d ’une
noix muscade, grisâtre et recouvert, d’un duvet soyeux à
poils mous. Ce fruit, dans le commerce, porte le nom de
M y robalan Belleric.
Graine de la grosseur d'une noisette, k tégument jaunâtre
membraneux, k amandes blanches, huileuses et comestibles.
Habitat. Inde septentrionale, Mysore, Ceylan, Malacca et
Java.

P A R T IE II
A N A T O M IE

C h a p it r e V .

—

GÉNÉRALITÉS

Term inalia a été étudiée par H ohnel
1882(51), P etersen 1882 (90), B okorny 1882 (12), S olereder
1885-1899 (106-107-108'i, M ôller 1892 (82), H oltermann
1896 (52), H eiden 1893-94 (47), B randis 1898 (15) et L efèvre
1905 (63).
L ’anatomie

des

En résumant les travaux de ces auteurs, j’indiquerai les
particularités que j’ai remarquées.
R a c in e

Il n’a été fait, k ma connaissance, aucun travail sur cet
organe, pour le genre Terminalia.
Je n’ai pu étudier, pour ma part, que la racine de T. australis que je décris plus loin en détail.
Dans la structure primaire la racine possède quatre ou cinq

(51) H ohnel , p. 181.
90) P etersen, III, p. 370.
(12) B o ko r n y , p. 411, t. 65.
(106) S o le r e d e r , p. 161 etss.
(107) S o l e r e d e r , p. 12t.
(108) S o l e r e d e r , p. 388 et ss.
(82) M o e l l e r , p. 335.
(52) H oltermann , p. 6 et ss.
(47) H eid en , L V , p. 353-360 et p. 335-391; L V I, p. 1-12,65-129, 163193, 225.
(15) Brandis , lo c . c it .
(63) L efèvre, loc. c it.

�P. MAGENC

24

LES BAHAMIERS

pôles fasciculaires. Ainsi ([ue J. T u r q u e t (113 bis) l’a cons­
taté pour les Combretums, le nombre des pôles est variable
dans une même espèce.
La structure secondaire présente un suber et un parenchyme

Pas de liber interne.
La moelle est lignifiée.

hula, T . citrin a , T. oblonga, T. procera, T. paniculata ; tantôt
plus profondément comme dans : T . argentea, T . bialata,
T. B ellenca , T. convertiflora, T. dichotoma, T. Januarensis,
T. lucida. Dans les T. Benzoin et australis,] ai constatéque le
suber se formait aux dépens de l’assise la plus externe du
péricycle. Cette observation est en accord avec celle faite par
J. T urquet (113 bis) dans le genre Com bref uni. Dans les
T. Catappa et procera, j ’ai également noté, en plus du liège
sous-épidermique, la formation de plages de suber d’origine
péricyclique. Sous la zone la plus interne du suber on trouve
souvent une couche de phellogène.
L ’écorce renferme de gros cristaux en oursins d’oxalate de
chaux. H ohnel a signalé -des sphéro-cristaux dont l’existence
a été contestée par H eiden et que je n’ai pas retrouvés dans
les espèces que j ’ai étudiées. L ’écorce contient aussi, au
voisinage du liber, un anneau scléreux, d’abord continu, puis

La tige jeune porte des poils unicellulaires qui, d'après

disjoint par l’accroissement de la tige : T . australis, T. Ben­
zoin, T. Catappa, T. procera.
Chez quelques espèces, on trouve dans l ’écorce secondaire
de vieux arbres, de grands amas d’éléments scléreux consti­

cortical d’orig'ine périevclique.
Le parenchyme cortical contient quelques

gros oursins

d’oxalate de chaux.
Le liber externe, parcouru par des rayons médullaires unisériés, contient des paquets de libres et des chambres à cris­
taux disposés en couches concentriques.
Le bois, muni de vaisseaux nombreux disposés en files
radiales, offre l'alternance de plages de libres et de plages
de

25

cellules ligneuses nettement séparées, alternance

déjà

mentionnée dans les tiges de Term inalia, par H o l t e r m a n (52).

T ig e .

H eiden, seraient; parce que formés de deux chambres, caracté­
ristiques. Dans les espèces que j ’ai examinées, les poils sont
unicellulaires plus ou moins allongés, droits ou flexueux. Ils
ne possèdent qu'une seule chambre renflée à la base et s’amin­
cissant ensuite jusqu'au sommet où elle devient filiforme. La
partie renflée est munie de parois lignifiées, tandis qu’audessus les parois sont cellulosiques. Aussi arrive-t-il souvent,
au courant des manipulations, que la partie cellulosique se
détache et il semble alors que l’on a affaire à un poil glandu­
leux.
L épiderme est à éléments petits, rectangulaires ou carrés,
à parois externes souvent cutinisées.
Le liège prend naissance tantôt immédiatement au-dessous
de l'épiderme. Exemple : T. brasiliensis, T. Catappa, T. Che-

tués par des faisceaux de fibres et traversés par des rayons
médullaires lignifiés.
L endoderme, dans les espèces que j ’ai étudiées, est peu
différencié.
Le péricycle est hétéromorphe plus ou moins scléreux et
dans les T. australis, Benzoin, Catappa et procera,c’est à lui
qu'appartient l’anneau scléreux signalé par les auteurs comme
d’origine corticale. L ’assise péricyclique située immédiatement
au-dessous de cet anneau fibreux fonctionne dans ces espèces
comme assise subéreuse.
Le liber externe parcouru par des rayons médullaires unisériés contient des paquets fibreux et des chambres à cristaux
disposés en couches concentriques. Les tubes criblés sont
dépourvus de cellules compagnes.
Le bois contient des vaisseaux isolés ou en liles radiales, à

113 bis) J. T urquet , p. 64.
(52) H olterman N, toc. c il.

(113 bis) T urquet , p. 162.

�26

P.

MAGENC

lumen variable, à parois munies de ponctuations simples ou
plus souvent aréolées. E xem ple: T. australis, T. Benzoin, T .
Catappa et T. procera. Le parenchyme ligneux est formé de
cellules et de fibres à ponctuations simples. Ces éléments sont
disposés en plages alternantes, nettement distinctes. Dans les
T. bialata et Januarensis il existe des cristaux dans les
fibres ligneuses. Les cellules ligneuses se trouvent surtout au
voisinage des vaisseaux; elles sont très abondantes dans le
T. macroptera.
Le bois renferme parfois des chambres à cristaux ; il en est
ainsi dans les T. argentea, bialata, Bellerica et macroptera.
Dans les tiges épaisses de T. Bellerica et T. macroptera, on
trouve dans le bois des lacunes sécrétrices à contenu gom ­
meux et jaune paraissant dues à une désorganisation du tissu
ligneux.
Le liber interne, d’abord vu par P etersen dans le T. acuminata, a été observé presqu’en même temps, par II ôhnel
dans les T. catappa, bellerica et paniculata. S olereder et
I I eide.n ont fait ensuite la même constatation dans un grand
nombre d'espèces. Ce tissu est tantôt sous forme d'anneau,
tantôt en faisceaux isolés comme dans le T . australis. Les
tubes criblés sont dépourvus de cellules compagnes.
Dans les T. a rju na , bellerica, Catappa, crenulata, glabra,
Januarensis, paniculata, procera, tomentosa, le liber intraxylaire contient des conduits sécréteurs d'origine schizogène
d'après Hôhnel ; ils se trouvent dans le parenchyme protoxy*
lématique. Quand une poche sécrétrice va se former, la
lamelle moyenne du groupe cellulaire devient plus épaisse et
se gélifie.
La moelle est tantôt résorbée en partie, par exemple : T.
Catappa, T. procera, tantôt entière et cellulosique : T. Benzoin,
tantôt lignifiée : T. australis, tantôt enfin remplie de nom­
breux sclérites qui en occupent la plus grande partie comme
dans le T. fagifolia.

LES BADAMIERS

F

27

e l t ille .

La feuille est, en général, bifaciale ; cependant elle présente
une tendance à la symétrie dans T. actinophylla, T. hrasiliensis, T. glabrescens, T. hemignosta. Dans T. argentea et
T. fa gifolia , elle possède une structure symétrique.
Dans T. Catappa et T. procera les feuilles présentent à la
face inférieure, au voisinage des nervures, des cryptes piriformes à l’intérieur desquelles se trouvent des poils.
L ’épiderme est recouvert d'une cuticule dans T . australis,
T. Catappa, T. procera, T. paniculata', il en est dépourvu
dans T . Benzoin. Dans T. paniculata, la cuticule est striée.
Les parois internes sont parfois gélifiées, plus souvent collenchymateuses : T. angustifolia,

T.

australis, T. Catappa,

T. procera.
Vues de face, les cellules épidermiques ont un contour
ondulé : T. angustifolia, T. Catappa, T. Chcbula, T. citrina,
T. procera, ou presque rectiligne : T. australis ou rectiligne :
T. glabra. Généralement, les parois sont plus flexueuses sur
l’épiderme inférieur; dans T. Catappa, c'est linverse. 11 en est
de même pour T. Bellerica, où les cellules de l épiderme
inférieur sont munies de parois rectilignes.
Les poils sont identiques à ceux de la tige. H eiden , qui
d'ailleurs ne cite pas d’exemple, a vu des poils glandulaires à
pédicelle plus ou moins long, à tête soit sphérique, soit ellip­
soïdale, soit aplatie. Dans T. Catappa, les poils sont localisés
à la face inférieure; ils se trouvent, au contraire, sur les deux
épidermes dans les T. Benzoin, procera et australis.
Les stomates dépourvus de cellules annexes se trouvent
quelquefois sur les deux faces : T. procera, T. crenulata; plus
souvent, ils ne sont situées que sur l'épiderme inférieur : T.
angustifolia, T. australis, T. Bellerica, T. Catappa, T.
Chehula, T. citrin a , T. glabra.
Le tissu palissadique ne comprend, en général, qu'une ran­
gée de cellules : T. australis, T. Benzoin, T. Catappa, T. p ro­
cera', il en comporte deux dans T. arjuna, T. bialata, T. cre-

�28

P. MAGENC

LES HADAMIERS

nulata, T. latifolia. Il empiète sur la nervure dans T. australis,
T. Catappa, T. procera. Dans le T. mauritiana, au contraire,
il n'existe que dans le limbe. Il est formé d’éléments assez
courts dans T. cilrina. Ce tissu assimilateur contient parfois
de grandes poches cristallifères : T. australis, T. Benzoin,
T. Catappa, T. procera. Ces poches sont piriformes, munies
d'une paroi propre ; par leur portion rétrécie, elles sont
contiguës à l'épiderme, tandis que leur portion renflée pénètre
jusque dans le parenchyme lacuneux. Les cristaux, qu elles
contiennent, sont des macles d'oxalate de chaux.
Le tissu lacuneux est peu serré dans T. angustifo lia ,
T. Catappa, T. Chebula, T. procera] dense dans T. Belle rie a]
formé de cellules rameuses dans T. australis et
T. Bellerica.

T. lucida ;

2° Un péricycle mou contenant parfois quelques cristaux
d ’oxalate de chaux.
3° Un liber externe assez abondant, groupé en amas séparés
par des rayons médullaires unisériés.
4° Un bois à vaisseaux isolés ou en files radiales accompagné
d’un parenchyme non dépourvu de fibres.
3° Un liber interne avec poches sécrétrices à épithélium
distinct dans T. A rju n a , T. Catappa, T. crenulata, T. glabrata, T. procera, T. tornentosa. D’après H eiden, on en
retrouve dans le mésophylle du T. tornentosa.
fi° Une moelle parfois un peu lignifiée : T. australis, ou
cellulosique : T. Benzoin, ou résorbée partiellement dans les
grosses nervures de T. Catappa et de T. procera.

Il existe dans ce tissu des cellules cristallifères qui, par
transparence, apparaissent comme des points blancs. Les
cristaux contenus dans ces cellules sont des macles d’oxalate
de chaux. B okorny (12), puis H eiden (47) les ont signalés
dans T. Bellerica. T. bialata, T. B roum i, T. Chebula,
T. citrin a , T. oblonçja, T. pellucida; je les ai trouvés dans
T. australis, T. Benzoin, T. Catappa et T. procera. Dans
T. Bellerica on trouve également des cristaux isolés non
maclés. Enfin, on a mentionné, dans le tissu lacuneux, des
fibres sclérenchymateuses. Ce caractère, qui n’est pas général,
ne se retrouve pas dans les feuilles que j’ai étudiées.
L 'endoderme est peu distinct dans T. australis, T. Ben­
zoin, T. Catappa et T. procera.
La nervure médiane comprend :
1° Un anneau ou un arc fibreux, d’origine péricyclique, con­
tinu ou discontinu suivant l ’àge : T. australis, T. Benzoin,
T. Catappa, T. citrina, T. glabra, T. procera. Ces libres
sont isolées dans quelques espèces et ne se retrouvent pas
dans d’autres. Les grosses nervures sont dépourvues de sclérenchvme dans T. Bellerica.

23

F

r uits.

A ma connaissance, seul le Myrobalanus Chebula a été
étudié, avant moi, par W iesner (121) qui en décrit et figure
la coupe transversale.
Ayant trouvé les mêmes caractères que cet auteur, je ren­
voie, tant pour le Chebule que pour les autres fruits, aux
descriptions de mes coupes.

C hapitre VI. — RACINES

Il ne m’a été possible d’examiner que la racine de Term inalia australis provenant d'un arbre vivant au Jardin bota­
nique de Toulouse.
Term inalia australis Camb.
Texture prim aire. — Les radicelles, très près de leur extré­
mité inférieure, montrent une assise pilifère, une écorce et
un cylindre central concentriques formés de parenchyme
assez homogène. Dans l ’écorce se trouvent de très nombreux
cristaux en oursins d'oxalate de chaux.
(121) W iesner, p. 857.

�30

p.

m a i ; i ;n &lt;

Plus haut, les éléments libériens commencent à se dilféreneier. Ils constituent des amas, au nombre de o ou de 0, sui­
vant les radicelles.
(In peu plus haut, les vaisseaux apparaissent formant o ou
b faisceaux alternant avec les amas de liber.

LES HADAMIERS

Ml

2° Un suber (suh.) constitué par une ou deux rangées
alternes de cellules polygonales se colorant en rouge v if par le
Sudan.
La première assise comprend des éléments petits, sensi­
blement polygonaux, à parois un peu épaissies. Les cellules de
la deuxième rangée sont plus régulièrement polygonales, à
p a r o i s externes et latérales subérifiées, à parois internes cellu­
losiques.

Fig. A. — Terininalia anslralis Garni). Structure primaire primitive
de la racine. Coupe transversale.

Le nombre des faisceaux, variable dans les différentes radi­
celles, change également dans chacune d'elles selon la hauteur.
J'ai pu constater, par exemple, que dans des radicelles possé­
dant primitivement o faisceaux, ce nombre s'élève progressi­
vement jusqu'à 9 et 10avant que n'interviennent les formations
secondaires.
Structure prim itive. — Si l'on prend une racine à 5 faisceaux
(Fig. A ), on remarque de l’extérieur vers l’intérieur :
l°U n e assise p ilifère {a.p.) formée de cellules rectangulaires
à parois minces et cellulosiques dont quelques-unes se pro­
longent en poils absorbants.

Fig. B. — Terminalia anslralis Camb. Structure primaire de la racine.
Coupe transversale.

3° Un ph ■llogcne ( p h .) formé d'éléments polygonaux ou
légèrement arrondis, à parois minces et cellulosiques. J’ai pu
retrouver cette assise en voie de division à différents stades.
Ses éléments se cloisonnent transversalement et donnent
naissance aux cellules subéreuses que je viens de décrire.
L'alternance des éléments formés provient de la croissance
rapide de la racine.
4° Un parenchyme cortical ( p . c.) à cellules arrondies, de
grandeur variable, à parois minces et cellulosiques, conte­
nant de nombreux cristaux en oursins d'oxalate de chaux.

�32

V. 31AGENC

5° Un endoderme (end.) à cellules petites, rectangulaires,
à parois radiales portant en leur milieu de légers épaississements
lignifiés.

bES BADAMIERS

3° Un liber (l.) parcouru par des rayons médullaires (r.m .)
unisériés. Il renferme des paquets de fibres (f ) et des chambres

G0Un cylindre central arrondi comprenant un péricycle (p e r.)
à une seule rangée de cellules petites, rectangulaires ou pol y­
gonales, à parois minces et cellulosiques; o faisceaux de. bois
(v.), à formation centripète alternant avec 3 amas de liber
/.); une moelle (m .) à éléments polygonaux munis de parois
minces et cellulosiques.
A un stade plus avancé (F ig. H), alors que les formations
secondaires ne sont pas encore intervenues, on constate que
1 assise p ilifère (a. p .) et le suber (sub.) ont conservé leurs
caractères primitifs; les éléments du parenchyme cortical (p .c .)
se sont multipliés, agrandis et les cristaux paraissent moins
nombreux. L'endoderme [end.) montre quelques cloisons
transversales, alors que dans le péricycle (p e r.) les cloisonne­
ments sont dirigés dans tous les sens, si bien qu'au stade indiqué
dans la Fig. B, le péricycle comprend 2 à 3 assises de cellules
dont beaucoup en voie de division. Dans le cylindre central, le
nombre des faisceaux a augmenté, les vaisseaux (v .) sont plus
nombreux, plus différenciés et à direction nettement centripète
Les éléments libériens (l) sont aussi plus abondants, la moelle
(ni) est en voie de division.
Structure secondaire.— Dans une racine possédant la struc­
ture secondaire, on observe de l'extérieur vers l’intérieur
(Fig. C) :
1° Unsu/jer (sub.) formé de cellules petites, rectangulaires,
disposées en libres radiales, à parois minces et flexueuses.
Ce suber, ainsi que je le montrerai plus loin, est d’origine
péricyclique et a déterminé l'exfoliation des tissus externes.
2° Un parenchyme cortical (p .c .) d’origine péricyclique éga­
lement, peu abondant. Dans sa partie externe, il est constitué
par des éléments collenchymateux arrondis ou légèrement
polygonaux ; dans sa partie interne, les cellules ont des parois
minces et cellulosiques, et contiennent quelques cristaux en
oursins d’oxalate de chaux.

■/. c , : v Â V n&gt; n

¥

C:c &lt;Yf 'r( &lt;r r

4

Fig:. (;. — Term inal ia auslralis Camb. Structure secondaire de la racine.
Coupc transversale.

à cristaux (ch. c/\), disposés en couches superposées et en
cercles concentriques. Les libres sont petites, à parois ligni­
fiées dans leur partie externe, cellulosiques dans leurs parties
Annales du Musée colonial de Marseille. — 3* série, 2* vol. 1914.

3

�34

p. MÀGËNC
LES HADAMIEltS

moyenne et interne. Les éléments libériens sont un peu plus
grands, polygonaux et à parois cellulosiques.
i° Une assise génératrice (a. g .) très visible possédant les
caractères classiques.
5° Un bois à vaisseaux (v.) assez nombreux et assez gros
disposés souvent en files radiales. Le parenchyme ligneux,
sillonné par des ragons médullaires (r. rn.) unisériés, est com­
posé de fibres ( f ) et de cellules ligneuses (c . Ig.) groupées en
plages très nettement séparées. Les libres ne sont lignifiées
que dans leur partie externe, elles sont cellulosiques à l'inté­
rieur ; par suite, en double coloration, le bois apparaît formé
de zones vertes (vaisseaux et cellules ligneuses) alternant avec
des zones roses (fibres).
fi° Une moelle (m .) dont les éléments complètement lign i­
fiés ne se distinguent pas en coupe transversale du parenchyme
ligneux.
En faisant des coupes en série, depuis la structure primaire
jusqu’à la structure secondaire, j'ai constaté que le péricycle
11e comporte d’abord, ainsi que je l'ai déjà montré (F ig. A ),
qu’une seule rangée de cellules : puis ses éléments se cloi­
sonnent dans tous les sens (Fig. B) et constituent plusieurs
assises. Finalement la couche la plus externe ne se cloisonne
plus que tangentiellement. Elle fonctionne alors comme
phellogène et donne naissance à un suber qui exfolie toute
l ’écorce primaire, y compris l’endoderme. Dans les rangées
internes les cellules s'accroissent, s’arrondissent et constituent
l ’écorce secondaire.
Il est à remarquer que Yendoderme qui dans certaines racines
(Coffea, C icer) (19) fonctionne comme p/iellgène, 11e produit
dans le T. australis que des cloisonnements radiaux. 11 n’in­
tervient donc nullement dans la formation
daire.
19 C h o d a t , p. 2G9.

du suber secon­

C

hapitre

35

V IL — TIGES

Terminalia australis Camb. Tige jeune de Tannée.
Cette tige est un peu aplatie et affecte en coupe une forme
sensiblement ovale (Fig. D).

Fig. D. — Terminalin australis Camb. Texture schématique de la tige jeune.
Section transversale.

L'épiderme ( ep) (Fig. E) est formé d'une assise de cel­
lules rectangulaires, un peu allongées dans le sens radial, à
parois latérales et interne minces et cellulosiques, revêtues
extérieurement d ’une cuticule peu épaisse et légèrement striée.
De loin en loin, un élément épidermique se prolonge en poil
(p ) long, unicellulaire, non ramifié, à parois cellulosiques
dans sa portion pleine et légèrement lignifiées autour de la
cavité renflée ; la base s’insère un peu au-dessous du niveau
inférieur des cellules voisines. Des cristaux maclés en oursins,
d'oxalate de chaux se rencontrent dans quelques cellules, mais
se retrouvent plus abondamment dans les éléments du paren­
chyme cortical, du péricycle et de la moelle.
La périphérie de Yécorce (e. c.) est marquée par une zone
continue de collcnchi/me (col.) comprenant 3-4 assises de cellul es dont les parois sont moyennement épaissies aux angles.
Le parenchyme cortical (p . c .) proprement dit est cons­
titué par des éléments arrondis de dimensions très variables,
à parois minces et cellulosiques, ils laissent entre eux de
nombreux petits méats.

�36

LES HADA.Ml ERS

r. magenc
Les cellules de { endoderme (end.) ont des contours sensi-

37

I&gt;le ment rectangulaires ; elles contiennent de nombreux grains
d amidon et sont munies de parois un peu plus épaisses.
Le péricycle (per) très abondant est limité à l ’extérieur
par une zone d éléments fibreux groupés en amas séparés les
uns des autres par des rayons médullaires unisériés. Les
fibres (f ) disposées sur 3 à 3 assises ne laissent pas de méats
entre elles, elles ont des parois épaisses, d’abord cellulosiques,
à lumen étroit et irrégulier dans son contour.
Le péricycle comprend ensuite 3 à 6 rangées de cellules
petites, arrondies ou polygonales, à parois, cellulosiques légè­
rement épaissies et sans méats.
Les éléments du liber externe (l. ext.) sont encore peu abon­
dants, petits et à parois minces.
On distingue des traces de Yassise génératrice (a. g .) audessous de laquelle se trouvent des cellules assez grandes, à
parois minces et cellulosiques représentant des éléments du
bois non encore lignifiés.
Le bois différencié constitue un anneau continu, peu épais,
à nombreux vaisseaux (v .) disposés radialement, assez gros
et munis de ponctuations aréolées (Fig. F). Les rayons médul­
laires (r. m.) sont peu distincts, unisériés, lignifiés. Les
fibres et les cellules du parenchyme, à section rectangulaire

__ y

1

....bùU
)
...

Fig. E. — Terminalia ansiralis Cnmb. Structure secondaire de la tige.
Coupe transversale.

ou polygonale, ne se distinguent pas encore les unes des
autres.
Le liber interne (/. in l.) n’est pas en contact immédiat
avec le bois dont il est séparé par 3 ou i rangées d’éléments
arrondis ou légèrement polygonaux, ne laissant pas de méats
entre eux, à parois minces et cellulosiques. Les éléments
libériens sont très petits et à contours polygonaux. Ils font
défaut dans les quatre angles du polygone irrégulier qu’alTecte
la forme de la moelle (Fig. D)
Les cellules de la moelle (n i.) sont grandes, arrondies,
à parois cellulosiques épaissies et ponctuées. Elles ne laissent
entre elles que de petits méats.
A un stade plus avancé, la cuticule devient plus épaisse et
les libres péricycliques commencent à se lignifier. Immédiatement au-dessous de ces libres et en contact avec elles prend

�38

P.

M A G E N T.

naissance un phellogène qui ne fonctionne

que comme assise

génératrice de suber. Celui-ci repousse puis exfolie l'écorce
primaire et les fibres péricycliques. Le phellogène est séparé
du liber par 4-5 rangées d'éléments arrondis à parois un peu
épaissies et cellulosiques.

et composées de 10 à 12 cellules séparées les unes des autres
par des cloisons minces et ondulées, et contenant presque
toujours chacune une macle d’oxalate.
Le bois de. la tige jeune affecte (Fig. D) un contour ovale,
mais le bois secondaire qui se forme se développe surtout
au niveau des faces surbaissées du bois primaire, de façon
h présenter finalement une forme arrondie, d'où l’aspect cir­
culaire de la tige (F ig. G). Les différents éléments du bois
ont achevé leur différenciation et les fibres n’offrent plus
qu’un lumen punctiforme.

Fig. G. — Terminalia auslralis Canib. Texture schématique de la tige âgée.
Section transversale.

Deux îlots de liber interne [l. in t.) ont fusionné. Les élé­
ments libériens sont groupés en trois bandes limitant la moelle
dont le contour devient triangulaire.
Les éléments médullaires ont épaissi et lignifié leurs parois.

Fig. F. — Terminalia auslralis Camb. Structure secondaire de la tige.
Coupe longitudinale.

Dans le liber ext. existent de nombreuses chambres à cris­
taux [ch. c r .) (Fig. F) disposées en cercles concentriques

Cette lignification atteignant toutes les cellules de la moelle,
meme celles qui se trouvent entre les bandes de liber, le nombre
de celles-ci reste définitivement fixé à trois.
Quand, ultérieurement, l'écorce primaire est complètement
exfoliée, le liber externe montre des fibres lignifiées disposées
en amas groupés en cercles concentriques et séparés par les
rayons médullaires. Ces fibres, sans méats entre elles, pré­
sentent un lumen étroit, sinueux ou même punctiforme.
Dans le bois, les éléments nettement différenciés affectent
la forme de bandes alternantes de parenchyme et de fibres
comme dans la racine.

�10

P. MAGENC

Terminal in Benzoin L. f.
J’ai examiné une tige de Termina,lia mauritiana provenant
du Muséum de Paris et une tige de Term in a le Benzoin fourni

LES BADAM1ERS

41

offre un contour circulaire. Les tissus sont disposés en couches
concentriques à peu près régulières.
Du dehors au dedans, on distingue :
Un épiderme (e. p .) formé de cellules petites, allongées

Fig. 1. — Terminalia Benzoin L. f. Structure secondaire de la tige.
Coupe longitudinale.

Fig. II. — Terminalia Benzoin L. f. Structure secondaire de la tige.
Coupe transversale.

par le Jardin botanique de Marseille. Macroscopiquement et
histologiquement elles sont identiques.
Tige jeune (F ig. II et Fig. I). — La section de cette tige

dans le sens vertical ; il est revêtu d'une cuticule peu épaisse,
à surface striée ; il porte des poils (/&gt;.) tecteurs, longs, unicellulaires, non ramifiés, lignifiés à la base, cellulosiques audessus, identiques à ceux du T. australis et pénétrant comme
ceux-ci un peu au-dessous du niveau inférieur des cellules
épidermiques voisines.
Un collenchyme (co l.) présentant i-o rangées de cellules

�12

P.

LES BADAMIERS

MAGBNC

à parois épaissies. Les deux ou trois premières assises sont
à section curviligne, allongées parallèlement à l’axe de la lige
i Fig. I). Au-dessous se trouve une couche de cellules aplaties,
tordues, à lumen étroit et irrégulier.
Un endoderme (end.) à cellules plus rectangulaires, con­
tenant de nombreux grains d’amidon et munies de parois
peu épaissies.
Un péricycle (per) très abondant comprenant : une 7.011e
fibreuse formée d'amas très rapprochés constitués par 2-3 ran­
gées de libres très serrées les unes contre les autres, un peu
aplaties radialement, à lamelle moyenne encore cellulosique, à
lumen étroit. En coupe longitudinale, ces fibres se montrent
assez allongées.
Un suber (sub.) formé de 4-5 rangées de

cellules rec­

tangulaires. isodiamétriques en coupe transversale, plus allon­
gées en coupe longitudinale, à parois minces et flexueuses.
Un parenchyme cortical (p. c.) à éléments arrondis, de taille
variable, légèrement collenchymateux au voisinage du suber,
munies ensuite de parois minces. Ce tissu contient des macles
d oxalate de chaux situées dans des cellules plus grosses que
les voisines.
Un liber externe (l. e c t.) à éléments polygonaux, allon­
gés en coupe longitudinale au milieu desquels se trouvent des
chambres à cristaux disposées en couches concentriques et de
petits amas de fibres (f. lib .) éloignés les uns des autres.
Ces libres sont un peu aplaties radialement, très allongées en
coupe longitudinale, non lignifiées et à lumen très étroit.
Un bois à vaisseaux (v.) nombreux, de diamètre décroissant
de l’extérieur vers l ’intérieur, disposés en files radiales et
munis de ponctuations aréolées. Les rayons médullaires sont
unisériés, à parois lignifiées et peu apparents.
Les cellules du parenchyme ligneux sont à coupe rectan­
gulaire ou carrée. Les fibres ligneuses, moyennement épaissies,
ne sont pas très allongées.
Un liber péri médullaire ( l . in t.) ne contenant ni fibres, ni
cristaux et formant un anneau discontinu.
Une moelle (m ) à éléments isodiamétriques, arrondis, dont les

43

parois minces et cellulosiques laissent entre elles de petits
méats.
A un état plus avancé que celui qui vient d etre décrit, les
formations corticales primaires sont exfoliées ainsi que l’en­
doderme et les fibres péricvcliques ; le suber constitue alors
la couche la plus externe. Dans le liber externe, les fibres se
lignifient, deviennent plus nombreuses et forment des amas
séparés par les rayons médullaires unisériés. Ces amas sont
disposés en cercles concentriques alternant avec les chambres
à cristaux.
On retrouve dans le bois l alternance des bandes de fibres
et des bandes de parenchyme ligneux. La moelle possède un
contour circulaire, elle se résorbe partiellement au centre et
les éléments subsistants restent cellulosiques et ne présentent
jamais de ponctuations.
En somme cette tige ressemble beaucoup à celle du T.
australis. Elle en diffère par le liber interne plus épars et
surtout par la moelle à contour circulaire, résorbée en partie,
à éléments cellulosiques et non ponctués.

Term inalia Catappa L.
La tige présente un contour circulaire (Fig. J), et les diffé­
rents tissus sont disposés très régulièrement en couches con­
centriques et circulaires.
En coupe transversale (F ig. K ), on remarque :
1° Un épiderme (ep.) formé de cellules petites, rectan­
gulaires ou carrées, revêtues extérieurement d ’une légère
cuticule non striée et munies de parois radiales minces, sou­
vent ondulées et cellulosiques. Cet épiderme porte des poils
assez nombreux, semblables à ceux des espèces précédentes
mais plus courts.
2° Un suber (sub.) abondant, à cellules rectangulaires
dont les parois sont minces et flexueuses.
3° Un parenchynie cortical ( p. c.) à éléments arrondis,
à minces parois cellulosiques. On y trouve d assez nombreux
cristaux en oursins d’oxalate de chaux situés dans des cellules
plus grandes que les autres.

�P, WAGBNC

il

i° Un endoderme [end.) peu différencié constitue p«u des
cellules plus petites que celles du parenchyme cortical, con­
tenant de nombreux grains d amidon.
5° Un péricycle comprenant ; a i des fihi es [ f . p e r.) c ispo
sées en amas séparés les uns des autres par les rayons médul­
laires unisériés. Ces libres' sont disposées sur 2-3 assises,
elles sont polygonales, cellulosiques, à lumen étroit et irré­
gulier ;
truL

'l-rn.

7

Fi-, J. — Term inalia Calappa L. Texture schématique de la tige.
Section transversale.

h) un parenchyme péricyclique (jrcr.) composé de 3-4
rangées d’éléments arrondis ou rectangulaires, ne laissant
pas de méats entre eux, à parois cellulosiques, légèrement
épaissies.
6° Un liber externe [l. exl.) parcouru par les rayons médul­
laires unisériés et contenant des paquets de libres et des
chambres à cristaux disposés en cercles concentriques et
alternants.
7° Une assise génératrice [a. g .) très nette.
8° Un bois [b .) volumineux contenant de nombreux et gros
vaisseaux [v.) disposés en files radiales, des plages de fibres
if. Ig.) et des plages de cellules ligneuses (c. Ig.) très net­
tement séparées. L intérieur des libres étant cellulosique,
l'opposition des deux sortes de tissus est très visible en
double coloration.

J .o it.
- n

___
Fig. K. — Term inalia Calappa I.. Structure secondaire de la lige
Coupe transversale.

�t\ MAGENC

LES 13ADAMIEKS

9° l n liber interne (/. inf.) séparé du bois par 4-5 assises
d’ éléments parenchymateux arrondis. Ce liber, groupé en
petits amas nombreux, disposés sur une seule rangée, est
constitué par des éléments munis de parois ondulées prenant
fortement le carmin.

alternantes se distinguent des éléments parenchymateux voi­
sins par leur forme plus allongée et par leur coloration plus
intense par le carmin.

46

Le contenu de ces poches se colore en rouge par le rouge
de ruthénium et le rouge de Cassella, en brun par le perchlorure de 1er et le bichromate de potasse. Il ne se colore
pas avec Tommette acétique ou éthéro-acétique. Il doit donc
être considéré comme constitué par une tanno-gomme.
10° Une moelle (m .) résorbée en grande partie et dont
les éléments subsistants, grands, arrondis, laissant entre eux
de nombreux petits méats, sont munis de parois minces, cel­
lulosiques et non ponctuées.
En coupe longitudinale (Fig.
derme (ép.) du suber (sub.) et du
se montrent plus allongées qu'en
fois, les cellules cristallifères de
mètre dans tous les sens.

L ), les cellules de Yépi­
parenchyme cortical ( p. c.)
coupe transversale. Toute­
l'écorce ont le même dia­

Le péricycle présente des fibres (f. per. ) très allongées et
un parenchyme analogue au parenchyme cortical.
Dans le liber on constate que les fibres (f. lib .) et les
chambres à cristaux (ch. c r .) sont très longues. Les tubes
criblés sont très apparents, dépourvus de cellules compagnes
et beaucoup plus allongés que les cellules parenchymateuses
(c. p .).

Fig. L. — Terminait;i Câlappa L. Structure secondaire de la tige.
Coupe longitudinale.

Entre deux amas de liber et séparées d'eux par quelques
éléments parenchymateux, on trouve des poches sécrétrices
(p. g .) d'origine schizogène (51) volumineuses, visibles à
l'oeil nu, dont les cellules de bordure disposées sur 3-4 rangées
(51) H ôhnel , ap : I I e i d e n , loc. cil.

Dans le bois, les gros uaisseaux (v .) et les cellules ligneuses
(c. Ig.) sont munis de petites ponctuations aréolées très nom­
breuses ; les petits vaisseaux primaires sont spiralés (v. sp.)
ou spiralo-rayés (v. sp. r.).
Enfin les éléments de la moelle (m) sont sensiblement
rectangulaires.
Au stade que je viens de décrire, le seul d’ailleurs qu'il
m’ait été possible d’examiner, j ’ai observé l'existence d'un
suber d’origine plus profonde que celui dont je viens de
parler. Ce dernier prend naissance dans l'assise sous-épider­
mique puisqu’il n’existe que l ’épiderme en dehors de lui.
Or, on aperçoit de loin en loin (Fig. .1) des arcs subéreux
se raccordant au suber primitif et passant immédiatement
sous les fibres p ério diques. Je n ai pu, faute de matériaux

�4y

LES RA DAM 1ERS

plus jeunes, assister à la formation de ce suber, mais comme
il est contigu aux libres il est évident qu'il provient de
l ’assise la plus externe du parenchyme péricyclique. En se
raccordant au suber primitif il constitue un rhytidome écail­
leux et une tige plus âgée doit prendre par exfoliation du
parenchyme cortical et des libres péricycliques une texture
analogue à celle des tiges précédemment décrites.

Vu à plat (Fig. M |), il apparaît formé de cellules de gran­
deur assez uniforme, polygonales, à parois peu flexueuses
légèrement épaissies.
L épiderme inférieur (ep. s.) présente les mêmes carac-

Terminalia proccra Hoxb.
Cette tige ressemble beaucoup à la précédente à tel point
que j'ai cru superflu d’en dessiner la coupe. Cependant les

dipol-

poils et les poches sécrétrices sont un peu plus nombreux et
la moelle n’est pas résorbée.
Comme j'ai eu affaire à une tige plus jeune que celle du
T. Catappa je n'ai constaté que la présence du suber sous-

text

épidermique ; je n’ai pu trouver de rhytidome. Toutefois,
dans le parenchyme péricyclique, les cellules de l ’assise la

.tint.

plus externe sont nettement différentes des autres cellules de
ce parenchyme : elles sont rectangulaires et non arrondies,
elles se colorent plus intensément par le carmin.
Ces faits, ajoutés à l ’extrême ressemblance des deux tiges,

tntL

me font croire qu’à un stade plus avancé un suber péricyclique
prend naissance.

C hapitre V III. — FEUILLES

Terminalia australis Camb.
En coupe transversale (Fig. M ), les cellules de Yépiderme
supérieur (ép. s.) sont rectangulaires et assez grandes audessus du limbe, plus petites et bombées au niveau de la ner­
vure médiane. Ces éléments, à parois latérales et inférieures
cellulosiques sont revêtues extérieurement d’une cuticule con­
tinue, assez épaisse et non striée. Cet épiderme est dépourvu
de stomates et porte de très rares poils (/&gt;.) tecteurs iden­
tiques à ceux de la tige et insérés comme eux.

l‘ ig. M. — Terminalia australis Camb. Coupe transversale de la feuille.

tères ; de plus il est muni de poils et de stomates. Vu de face
(Fig. M 2) il olfre des cellules polygonales à contours aussi
peu sinueux que dans l'épiderme supérieur. On y distingue
un assez grand nombre de poils (/?.) tecteurs et de stomates
(.st.) dépourvus de cellules annexes.
Annales du Musée colonial de Marseille. — 3* série, 2* vol. 1914.

î

�30

p.

m a g e Nc

LES HADAMIERS

Le mésophyllc, bifacial, comprend :
1° Un parenchyme palissadique empiétant légèrement sur
la nervure médiane et formé d'une seule assise de cellules
parmi lesquelles s'intercalent de grandes poches à cristaux
(cr.). Ces poches ont une paroi propre et affectent un aspect
piriforme. Par leur partie effilée, elles sont contiguës à la
paroi inférieure des cellules épidermiques ; par leur base, elles

Fi£. M, et Fiji. Ma. — Terminalia anslrâlis Camb. Épiderme supérieur (M i ).
Ép. inférieur (Ma) de la feuille.

dépassent la limite inférieure du tissu palissadique et s'en­
foncent dans le parenchyme lacuneux. Les cristaux contenus
dans ces poches offrent des formes maclées, ils sont insolublesdans l ’acide acétique, solubles dans l'acide chlorhydrique
et sont, par suite, constitués par de l’oxalate de chaux. Ces
cristaux sont visibles à l’œil nu et apparaissent alors comme
des points blancs transparents.

‘il

(p a r.) h cellules arrondies ou polygonales, de grandeurs
variables ; on y rencontre d’assez nombreux oursins d’oxalate de chaux situés dans des éléments plus grands que les
voisins. La dernière assise de ce parenchyme est composée de
cellules de grandeur plus régulière, à parois cellulosiques très
légèrement épaissies, sans méats entre elles et constituant
Yendoderme (end.)
Le système fasciculaire forme un arc très surbaissé dont les
extrémités sont cornées, de sorte que l'ensemble offre la figure
de la lettre G renversée. Il comprend :
l u Le péricycle composé :
a) d ’une zone fibreuse (f. p er.) continue, sauf à l ’endroit où
le système fasciculaire est lui-même interrompu. Les fibres
disposées sur une à quatre rangées sont cellulosiques, à con­
tours polygonaux ou arrondis, à lumen large dans les feuilles
jeunes, aplati ou punctiforme dans les feuilles âgées ;
b) d ’un parenchyme (p a r.) formé de une à deux rangées
de cellules.
2° Le liber externe (/. e.rt.). assez abondant parcouru par
des rayons médullaires unisériés.
3° Le bois (b .) renfermant des vaisseaux disposés en files
radiales. Le parenchyme ligneux ne contient pas de fibres. Les
rayons médullaires sont lignifiés au niveau du bois.
4° Le liber interne (l. in t.), peu abondant qui nait par petits
îlots espacés ne se fusionnant jamais. Dans la feuille jeune ce
tissu n’est pas encore différencié.
5° La moelle (m .) formée de quelques cellules parmi lesquelles
on en distingue quelques-unes plus grosses que les autres, à
parois lignifiées et ponctuées rappelant — en plus petit — les
cellules ponctuées du parenchyme médullaire de la tige.

2° Un parenchyme lacuneux (p. lac.) dont les cellules h
parois

minces, cellulosiques et flexueuses présentent

des

lacunes petites, arrondies et nombreuses.
La nervure médiane est biconvexe avec courbure plus accen­
tuée à la face inférieure. Sous les deux épidermes se trouve
un collenchyme [col.) également développé sur les deux faces.
Entre ce tissu et le système fasciculaire existe un parenchyme

T. Benzoin L. f.
J’ai examiné des feuilles de T. Benzoin L. f. venant du
Jardin botanique de Marseille et des feuilles de T. Mauri/iana
L a m . fournies par le Muséum de Paris. Macroscopiquement
et histologiquement, ces deux espèces sont identiques.

�52

P. MÀGENC

Le mésophylle bifacial comprend :
une assise de parenchyme palissadic/ue [p . pa l.) analogue
à celui de la feuille précédente mais n’empiétant pas sur
la nervure ; 2° un parenchyme lacuneux (p. lac.) à éléments
petits, arrondis, à parois minces et cellulosiques, présentant
de nombreux et grands méats intercellulaires.

mmmmmmmMÊmÊÊÊBtm

En coupe transversale (Fig. N ), Vépiderme supérieur [ép. s.)
est formé de cellules petites et arrondies au niveau de la
nervure, plus grandes et rectangulaires au niveau du limbe.
Leurs parois sont assez épaisses et cellulosiques. Elles sont

Fig. Ni et Fig. N*. — Terminalia Benzoin L. f. Épiderme supérieur (N4)
Ép. inférieur (Na) de la feuille.
Fig. N. — Terminalia Benzoin L. f. Coupe transversale de la feuille.

revêtues extérieurement d'une mince cuticule non striée. On y
trouve des poils [ p .) assez nombreux, identiques à ceux de
la tige et insérés comme eux.
L épiderme inférieur [ ép. i.) a une structure analogue.
Vus à plat, les deux épidermes (F ig. N ( et Fig. N 2) pré­
sentent des cellules assez grandes, à contours très ondulés
surtout dans l ’épiderme inférieur qui présente, en outre, de
nombreux stomates dépourvus de cellules annexes.

La nervure médiane est biconvexe avec courbure beaucoup
plus grande à la face inférieure. Sous les deux épidermes se
trouve un collenchyme (col.) un peu plus développé sous
l ’épiderme inférieur, formé de cellules de grandeur variable,
arrondies, à parois très épaissies, sans méats. Le parenchyme
[p a r.) et Yendoderme [end.) sont identiques à ceux de la
feuille de T. australis.
Le système fasciculaire, moins surbaissé que dans cette
espèce, est aussi plus ouvert. Il comprend : un péricycle com-

�Oi

P. MAGENC

LES BADAMIERS

posé : a) d'une zone fibreuse (/'. /&gt;er.) discontinue, formée
d’amas situés sur une seule rangée et séparés les uns des
autres par quelques cellules parenchymateuses. Dans une
feuille âgée, cette zone fibreuse est continue, sauf à l'endroit
où le système fasciculaire est lui-même interrompu. Les fibres
disposées sur une à quatre rangées sont cellulosiques, à con­
tours polygonaux ou arrondis, à lumen large dans les feuilles

Vu à plat, l épiderme supérieur (F ig. 0|) présente des
cellules assez, grandes, à parois ondulées et légèrement épais­
sies. Sur cette figure, on remarquera quelques éléments (c.)
plus rectangulaires et à contours moins flexueux. Ce sont des

55

jeunes, aplati ou punctiforme dans les feuilles âgées;
b d’ un parenchyme (p e r.) comprenant une à deux rangées
de cellules polygonales à parois minces et cellulosiques.
Le liber externe (l. ext.) peu abondant, groupé en petits
amas séparés par les rayons médullaires unisériés et par des
cellules de parenchyme. Les éléments libériens sont très
petits, polygonaux, à parois minces très fortement colorées
par le carmin.
Le bois (b .) à gros vaisseaux disposés en files radiales. Le
parenchyme ligneux ne contient pas de fibres.
Le liber interne (/. in t.) plus différencié que dans le T. australis, à éléments identiques à ceux du liber normal.
La moelle (n i.) dont leséléments sont grands et présentent

tin t.

de nombreux petits méats. On y trouve quelques cristaux
d’oxalate.
En somme cette espèce se différencie surtout de la précé­
dente par son assise palissadique qui n'empiète pas sur la
nervure, son parenchyme lacuneux à lacunes intercellulaires,
son système fasciculaire plus ouvert et la moelle non lignifiée.

fia

H$,r.

ü.

— Termina.Ha, Catappa L. Coupe transversale de la feuille.

Terminalia Catappa L.
Dans cette feuille iFig. O), les deux épidermes (ep. s.,
et ep. i .) sont formés de cellules présentant les mêmes parti­
cularités que dans l espèce précédente et revêtues extérieu­

cellules placées au-dessus d’ une nervure et subissant, par
suite, un phénomène d’ « entraînement ».

rement d'une cuticule assez, épaisse et non striée. Toutefois,
les poils et les stomates sont localisés sur la face inférieure.

L épiderme inférieur (Fig. (X ) est formé de cellules plus
petites, à parois moins flexueuses et légèrement épaissies.
On y trouve des poils (/&gt;.) identiques à ceux de la tige et de
nombreux stomates (st.) dépourvus de cellules annexes.
Le mésophylle a la même structure que celui du T. mauri-

Sur cette face, on trouve également des cryptes (c ry p .) assez
profondes, d ’aspect piriforme, à l'intérieur desquelles existent
des poils.

�o6

P. NAGENC

tinmiy mais Yassise palissadique [p. p a l.) empiète légèrement
sur la nervure. Celle-ci est bi-convexe et présente une cour­
bure inférieure très accentuée.
Sous les deux épidermes existe un collenchyme (c o l.) ana­
logue à celui des feuilles précédentes, mais s'étendant à la
face inférieure jusqu'au niveau du limbe.

LES BADAMIERS

57

jeunes, lignifiées et à lumen étroit ou punctiforme dans les
feuilles âgées, b) d'un parenchyme péricyclique à deux ou trois
rangées de cellules polygonales munies de parois minces et
ponctuées.
Le liber externe (l. ext.) assez abondant, groupé en amas
séparés par des rayons médullaires, unisériés. Les éléments
libériens sont très petits.
Le bois (b .) composé de gros vaisseaux disposés en files
radiales et dépourvu de fibres.
Le liber interne (l. in t.) réuni en petits amas très net­
tement différencié et constitué par des éléments identiques
à ceux du liber normal. Dans ce tissu, mais séparées des
amas libériens par quelques cellules parenchymateuses, se
trouvent despoches à tannoyornmc (p .g .) identiques à celles de
la tig e .
La moelle (m .) très réduite, à éléments cellulosiques,
arrondis et présentant entre eux de petits méats.
En somme, cette feuille se distingue surtout des précé­
dentes :
1° par les poils et les stomates situés uniquement à la face
supérieure ;
2° par l’existence de cryptes placées sur l'épiderme inférieur;
3° par le système fasciculaire fermé ;
i° par l'existence de poches à tanno-gomme.

Fig. Oj et Fig. 0 2. — Terminalia Calappa L. Épiderme supérieur ^O,).
Ép. inférieur (CL) de la feuille.

Le parenchyme (par. et Yendoderme (end. ) offrent les mêmes
particularités que dans les espèces décrites.
Le système fasciculaire a la forme d’un LT fermé. Il comprend :
un p éri cycle formé : a) d’une zone fibreuse (f. ]&gt;er.) continue
dans les feuilles âgées, discontinue dans les feuilles jeunes.
Dans ce dernier cas, les paquets fibreux sont séparés par des
cellules parenchymateuses non encore transformées. Les
fibres sont cellulosiques et à lumen large dans les feuilles

Terminalia procera Roxb.
L épiderme supérieur (ép. s.) (Fig. P ) est formé de cel­
lules petites et bombées au niveau de la nervure, plus grandes
et rectangulaires au niveau du limbe. 11 est revêtu extérieure­
ment d'une cuticule assez épaisse, lignifiée et non striée. On y
trouve de très rares poils tecteurs (p .) offrant les mêmes par­
ticularités que dans la tige et quelques stomates (st.) avec petite
chambre sous-stomatique.
L 'épiderme inférieur (ep. i.) présente les mêmes carac­
tères, mais les poils et les stomates sont beaucoup plus nom­
breux. Comme dans la feuille de T. Catappa, il existe de

�58

P.

MAGENC

LES BADAMIERS

grandes cryptes (cry p . ) d ’aspect piriforme contenant des
poils tecteurs. Ces cryptes ne se trouvent que sur la face infé­
rieure du limbe.
Vu à plat (Fig. P,), l'épiderme supérieur offre des élé-

------ ---------------------,
j

59

et le parenchyme lacuneux (p. lac.) présente des méats plus
grands.
La nervure médiane est biconvexe, avec courbure inférieure
beaucoup plus prononcée et plus allongée. Les collenchymes
sous-épidermicjues (col.), le parenchyme (p a r.) et l'endo­
derme (end.) sont semblables à ceux de l’espèce précédente.
Le système fasciculaire est un peu plus aplati. Il comprend :
1° le péricycle form é: a) d’une zone fibreuse (f. p er.) dis-

Êp. inférieur (P a) de la feuille.

Fig. P. — Terminalia procera Roxb. Coupe transversale de la feuille.

ments polygonaux ou rectangulaires à parois légèrement
épaissies et assez ondulées. L ’épidermeinférieur (F ig. P ,) com­
prend des cellules un peu plus grandes et à contours moins
flexueux.
Le mésophylle est analogue à celui du T. Catappa ; toutefois
Yassise palissadique ( d . p a l.) empiète beaucoup sur la nervure

continue dans les jeunes feuilles, continue dans les feuilles
âgées. Les fibres disposées sur une à quatre rangées sont
polygonales ou arrondies, cellulosiques et à lumen assez
ouvert à l ’état jeune, lignitiées et à lumen punctiforme à un
stade plus avancé, b) d ’un parenchyme péricyclique (p. p er.)
constitué par une à trois assises de cellules polygonales, à
parois minces et cellulosiques.
2° Le liber externe (l. exf.) groupé en petits amas séparés par
les rayons médullaires unisériés. Les éléments libériens sont
petits, polygonaux.
3° Le bois (b .) qui ne forme pas un anneau continu, mais
présente une très petite interruption vers la face supérieure,
dans le plan de symétrie de la nervure. Il est peu abondant et

�60

61

P. MAGENC

LES BADAMlERS

contient des cellules ligneuses à parois peu épaisses et des vais­
seaux disposés en liles radiales.
1° le liber interne (l. in t.) assez abondant, réuni en petits
amas identiques à ceux du liber normal. Gomme dans la tige,
on y rencontre de grandes poches h tannogomme.
5° La moelle (m .) à grands éléments arrondis munis de
parois minces et cellulosiques.

vers l ’intérieur :
1° L'épicarpe (épie.) composé d’une assise de cellules rec­
tangulaires ou carrées, à parois externes très épaissies, à
parois radiales minces et souvent ondulées, à parois internes
minces etcellulosiques, ainsi que les autres. On trouve quelques

C

h a p it r e

IX.

—

En coupe transversale (F ig. (J,), on distingue de l’extérieur

FRUITS ET GRAINES

Les différents fruits de Term inalia que j ’ai examinés étaient
trop durs pour être coupés immédiatement, pour les ramollir
par macération, j’emploie soit le mélange :
Glycérine
Alcool à 90°
Eau distillée
soit, avec plus de succès, la liqueur de Labarraque diluée au
cinquième. Deux à quatre jours suffisent pour le Myrobolan
indien et le fruit du Terminalia glabrata. Pour les autres,
même au bout d'un mois, on ne peut utiliser que l’épicarpe et
le mésocarpe. Quant à l’endocarpe, il faut le faire bouillir 3 à
4 heures dans la lessive de soude diluée au tiers. Encore ne
peut-on faire alors que des coupes fragmentaires, le tissu
étant devenu très friable.
P éricarpes

A . Myrobalan indien.
Le péricarpe de ce fruit présente en section transversale
(Fig. Q), une forme pentagonale. On y distingue :
L épicarpe (épie.) noir, mince et résistant.
Le mésocarpe (mésoc.) abondant, brun, mou, d aspect gru­
meleux ;
L endocarpe (endoc.), assez réduit, plus foncé et plus dur que
le mésocarpe, à contour pentagonal. Les angles que décrit l’en­
docarpe alternent avec ceux de l’épicarpe.

Fig. Q el Fig. H. — Myrobalan indien (Fig. Q et M. Cliéhule Fig. H
Texture schématique. Section transversale.

stomates avec petite chambre sous-stomatique et
poils identiques à ceux que j ’ai déjà décrits.

quelques

2° Le mésocarpe comprenant : a) Un collenchyme formé de
4-5 rangées de cellules rectangulaires ou carrées, très légè­
rement arrondies aux angles et très régulièrement dispo­
sées en files tangentielles; h) Une zone fibreuse ( f . ) consti­
tuée par 2-3 assises d’éléments allongés disposés parallèle­
ment à la coupe et munis de parois un peu épaissies et cellulosiques;c) Un parenchyme (p a r.) abondant, à cellules grandes,
arrondies ou polygonales, laissant entre elles de petits méats,
à parois minces et cellulosiques. Ce parenchyme est parcouru
dans tous les sens par des travées fibreuses [tr . f . ) non lign i­
fiées, à parois peu épaisses. Ces travées se raccordent à des
faisceaux libéro-ligneuxle plus souvent à disposition étoilée. Le
bois (b .) se trouve à l’intérieur et le liber [ l.)'a l'extérieur de
ces faiscea.ix. Les vaisseaux sont peu nombreux, petits et à
direction centrifuge, et disposés en files. Les éléments libé­
riens sont petits et polygonaux. Le cambium est le plus
souvent très visible.
3° L endocarpe qui comprend deux parties bien délimitées.
La première ou endocarpe externe (endoc. ext.), plus éten­
due, est composée de cellules petites, rectangulaires ou poly-

�LES BADÀMJERS

gonales, à parois llexueuses ou cellulosiques. Ces éléments
sont orientés dans tous les sens. On y trouve de nombreuses
poches à tannog'omme dont les cellules de bordure paraissent

63

La deuxième partie ou endocarpe interne [endoc. in t.)
comprend des cellules degrandeur plus régulière, hexagonales,
disposées en files radiales et pourvues de parois minces et cel­
lulosiques. Dans tout l’endocarpe on aperçoit d’assez nom­
breux cristaux en oursins d ’oxalate dechaux.
B. Myrobalan Chébule.
Le péricarpe de ce fruit offre en section transversale (Fig. R)
un contour pentagonal régulier. Il comprend:
Un épicarpe [épie.) papy racé, noir, brun ou jaune verdâtre.
Un mésocarpe [mésoc.) assez abondant brun, ou verdâtre,
percé d'un gros pore à chaque angle.

'.'juu

...... H

....... Çfidoc.ijit-

L
Fig. Q.. — Myrobalan indien. Structure du péricarpe.
Coupe transversale.

un peu plus petites que les voisines. Les lignes de suture des
carpelles, très visibles, ont un contour sinueux et sont formées
de trois rangées de cellules, à disposition étagée, petites,
hexagonales, légèrement aplaties dans le sens radial, à parois
minces et cellulosiques.

Un endocarpe (endoc.) très volumineux, jaunâtre, dur, à
5 angles alternant avec ceux du contour général du fruit. Ce
tissu est percé de nombreux petits trous visibles à l'œil nu et
constituant des poches [p . g .) à tannogomme. La partie la
plus interne se détache facilement sous forme de pellicule par­
cheminée.
Au microscope, la coupe (Fig. R ,) présente les caractères
suivants :
1° L cpicarpe [épie.) est formé de cellules rectangulaires
ou carrées, revêtues extérieurement d une cuticule très épaisse
et lignifiée ; les parois radiales ondulées sont en outre minces
et cellulosiques ainsi que les parois internes.
2° Le mésocarpe [mésoc.) comprend : a) un collenchyme
[co l.) à 4-5 assises de cellules grandes, arrondies ou polygo­
nales, à parois épaissies; L) une zone fibreuse [f .) dont les
éléments groupés sur 2 ou 3 rangées sont â direction tangentielle; c) un parenchyme [p a r.) composé de grandes cellules
arrondies ou polygonales, ne laissant entre elles que de petits
méats et munies de parois minces et cellulosiques. Ce tissu
est parcouru par des travées fibreuses [tr. f . ) dirigées dans
tous les sens et se raccordant d’un côté à la zone fibreuse
précédente, de l'autre à des faisceaux libéro-ligneux. Les libres
disposées sur une seule rangée sont assez allongées, moyen­
nement épaissies et lignifiées.

�I*.

Los

faisceaux

m àgenc

s
xont généralement groupés en
u
e
n
g
-U
ro
d
lib

systèmes étoilés ; le liber (/.) placé à l'extérieur des faisceaux
est à petits éléments polygonaux; le cambium est très visible ;
le
bois (b.)peu abondant, à direction centrifuge, comprend

ras

63

HADAMIERS

rable est formé d ’un stroma de fibres peu allongées, très
épaissies et lignifiées. Gomme dans le Myrobalan indien
on y trouvede nombreuses poches à tannogomine dont les cel­
lules de bordures sont également très épaissies, sclérifiées et
ne se différencient pas des autres éléments de ce tissu.
L endocarpe interne [endoc. in l.) est composé de cellules
un peu allongées, orientées perpendiculairement à la coupe,
arrondies ou polygonales, à parois moyennement épaissies et
lignifiées.
En résumé, ce fruit apparaît, h la taille et à la lignification
près, comme ayant la même structure que le Myrobalan
indien. Je peux donc conclure, par l’examen histologique, que
le Myrobalan Chebule est le Myrobalan indien accru et mûri.

G. Myrobalan Gitrin.
Les fruits qui m’ont été remis, sous ce nom, par M . H e c k e l ,
ont une structure identique à celle du Chébule. L'endocarpe
est cependant un peu moins volumineux et la lignification
un peu moins avancée. Le C itrin parait donc être, histologi­
quement, le même fruit recueilli à un état intermédiaire entre
les deux précédents.

D. Myrobalan Belleric.
I^e Belleric présente en coupe transversale (F ig. S) les carac­
tères suivants :

Fip. H,. — Myrobalan Chébule. — Structure du péricarpe.
Coupe transversale.

des vaisseaux disposés eu files et entourés de quelques celIules lignifiées. Les faisceaux libéro-ligneux s'arrêtent à la
périphérie de l’endocarpe.
3° L endocarpe [ endoc.) offre deux parties différentes :
L endocarpe externe [endoc. e x l.) beaucoup plus considé­

1° L épicarpe [épie.) est formé d'une assise de cellules
petites, rectangulaires, allongées dans le sens radial, à parois
externes revêtues d’une cuticule lignifiée, moyennement épais­
sie, à parois latérales et interne minces et cellulosiques. On
y trouve de très nombreux poils [p .) identiques à ceux que
j ’ai décrits.
2° Le rnésocarpe très abondant comprend : a) un collenchyme [col.) à 2-3 rangées de cellules à parois assez épaisses;
b) une zone fibreuse (/’.) continue, à une seule rangée de
fibres. Celles-ci, de tailles variables, sont peu allongées etposAnnales du Musée colonial de Marseille. — 3* série, 2* vol. 1914.

5

�Les ItÀDAMiERS

r.7

sèdent des parois épaissies et lignifiées; c) un parenchyme
(pa r.) très considérable. Ses éléments, de taille moyenne vers
la périphérie, sont très grands au milieu du tissu et plus
petits vers 1endocarpe. Ils sont polygonaux, souvent rectan­
gulaires, à parois ondulées, minces et cellulosiques. Le paren­
chyme est parcouru dans sa partie externe par de courtes
travée» fibreuses ( t r . /'.) qui se raccordent d'un côté à la zone
précédente, et de l ’autre, mais rarement, k des faisceaux
libéro-ligneux. Le plus souvent elles s’arrêtent dans le paren­
chyme moyen. Les fibres petites, assez allongées et très épais­
sies dans la région périphérique, sont plus grandes, isodiamétriques et à parois assez minces vers l’intérieur du paren­
chyme.
On trouve de petits faisceaux libéro-ligneux généralement
isolés et dirigés dans tous les sens. Le bois (b .) peu abondant
ne contient que quelques petits vaisseaux disposés sur une ou
deux rangées. Le cambium est très visible. Les éléments
libériens sont très petits et polygonaux, à parois très minces.
Au-dessus du liber se trouvent fréquemment quelques petites
fibres. Dans les cellules parenchymateuses entourant les
faisceaux existent souvent les cristaux en oursins d’oxalate de
chaux.
De grandes poches à tannogomme (p. g .) se rencontrent
dans ce parenchyme. Les cellules de bordure sont un peu
plus petites que les voisines, elles sont également plus rec­
tangulaires.
3° L endocarpe d’épaisseur moins grande que le mésocarpe
est hétérogène.
L endocarpe externe (endoc. ext.) plus considérable est
formé d'un stroma de fibres assez longues, très épaissies et
lignifiées. On n’y trouve pas de poches sécrétrices.
L'endocarpe interne (endoc. in t.) plus réduit est paren­
chymateux, à cellules assez grandes, arrondies ou polvgonales,
àparois souvent ondulées, minces et cellulosiques. Les éléments
de l ’assise la plus interne sont rectangulaires, très régulière­
ment disposés et sans méats entre eux.

�68

P.

69

UACrENC

LES BADAM1ERS

Le Sellerie, en somme, sc différencie des fruits précédents

ou deux épaisseurs de cellules. Celles-ci sont grandes et polygo­
nales. Leurs parois sont épaissies et ponctuées. Elles se
colorent en vert, par le vert d iode, en rouge par la phloroglucine et l’acide chlorhydrique, le Sudan est sans action.
Elles sont donc lignifiées. Les cellules contiennent des cor­
puscules jaunes, ronds ou ovoïdes, amorphes. L ’acide sulfu­
rique pur les noircit, ce &lt;jui indique leur teneur en principes
organiques. Le perchlorure de fer et le bichromate de potasse
les brunissent. Ils contiennent donc des principes tanniques.
L 'endocarpe très irrégulier dans son contour est hétérogène
comme dans les fruits précédents.

surtout par :
1° l’épicarpe très velu;
2° par les poches à tannogomme situées dans le rnésocarpe
et non dans l ’endocarpe.
K. Terminalia Catappa L.
Les fruits que j'ai reçus étaient tous décortiqués; aussi ne
puis-je rien dire sur l'épicarpe. Tels que je les ai vus, ils pré­
sentent les caractères suivants (Fig. T) :

h'endocarpe externe (endoc. e x t.) est formé d'un stroma
de fibres, longues, très épaissies, lignifiées. On y trouve des
poches à tannogomme dont les cellules de bordure sont
fibreuses et ne se différencient pas des voisines.
L endocarpe interne (endoc. in t.) comprend 3 à i ran­
gées d'éléments aplatis, munis de parois minces et cellulo­
siques.
F. Terminalia glabrata Forst.

l’ ifv T-

Terminalia Calappa L. Texture et structure du péricarpe.

Le rnésocarpe (niésoc.) abondant est très lacuneux et consti­
tue un tissu flotteur (27). Entre les lacunes, il n'existe qu’une
(27) C ostaxtin (J.), p. 2S0.

Le péricarpe possède une épaisseur d'environ un millimètre.
L'épicarpe (épie.) (Fig. U) est formé d'une assise de cel­
lules petites, bombées, revêtues extérieurement d’une légère
cuticule lignifiée et non striée, à parois latérales et internes,
minces et cellulosiques. Il porte des poils (p .) assez nombreux,
analogues à ceux déjà décrits, mais un peu plus petits et à
partie cellulosique très flexueuse. Le mésocarpe et 1 endocarpe
n’ont pas de limites précises. Au-dessous de l’épicarpe existent :
a) Un collenchyme (col.) à 2-3 assises de cellules arrondies
ou polygonales, assez épaissies aux angles.
b) Un parenchyme (p a r.) à grandes cellules munies de
parois minces et cellulosiques. Dans ce tissu se trouvent des
fibres (f .) isolées ou réunies en petits amas, courtes, très
épaisses et lignifiées. On rencontre également des faisceaux
libéro-ligneux, petits, peu nombreux, entourés partiellement
de fibres, surtout au niveau du liber.

�70

P.

MAGENC

Vers l'intérieur, les libres sont plus nombreuses, groupées
en amas assez importants, séparés les uns des autres par du
parenchyme.

LES BADAMIERS

71

Dans la partie ailée on constate l’existence de poches à
tannogomme dans le liber interne des faisceaux. Ces poches
ne se trouvent que dans la partie située au-dessus du fruit
proprement dit.
G r a in e s

A . Myrobalan indien.
D'après les auteurs, ce fruit serait dépourvu de graine.
Cependant, j ’en ai trouvé dans plusieurs des fruits que j'ai
examinés. A vrai dire, elle est très mince, beaucoup plus
courte que la cavité qui la renferme et toujours altérée.
En coupe (Fig. V ), elle offre un contour arrondi. On distingue

Fig. F. — Terminalia glahrala Forst. Structure du péricarpe.
Coupe transversale.

L assise la plus interne du péricarpe est formée de cellules
carrées ou rectangulaires, sans méats entre elles, à parois
minces et cellulosiques.

G. Terminalia avicennioides Guill. et Perrot.
L épicarpe est extrêmement velu. Les poils ont les mêmes
caractères que ceux déjà décrits.
Au-dessous se trouve un collenchyme à 3-4 rangées de cel­
lules auquel fait suite une zone fibreuse à éléments orientés
radialement.
Le mésocarpe et l'endocarpe présentent, en plus réduit, la
même structure que le T. Cafappa.

Fig. V. — Myrobalan indien. Texture schématique de la graine.
Section transversale.

un tégument externe ( tég. ext.) et un tégument interne
[tég. irit.) le premier étant plus épais. Les téguments pré­
sentent un léger renflement au raplié (raph.) Les cotylédons
(co ty l.) sont enroulés sur eux-mêmes.
L ’altération de la graine ne m’a pas permis d’étudier la
structure des tissus. Cependant, j ’ai pu remarquer que. d'une
façon générale, ils étaient parenchymateux et que seul le
raphé présentait quelques petits trachéides au centre.

B. Myrobalan Chébule.
Téguments. — Le raphé fait le long de l'amande une saillie
étroite et peu marquée.

�72

P. MAGENC

LES BÀDAMIERS

En coupe transversale (Fig'- W ), les téguments séminaux
comprennent :

6° Une assise analogue (&lt;/.).
7° 3-4 rangées de cellules petites (/ a.), aplaties, à parois
minces et cellulosiques. On y trouve quelques petits cristaux

1° Une assise de cellules (a.), grandes, rectangulaires, allon­
gées dans le sens de la coupe, à parois légèrement ondulées,
minces et cellulosiques.

73

en oursins d’oxalate de chaux.
8° Une assise de cellules rectangulaires (&lt;’.), à parois minces
et cellulosiques.
.J’ai mentionné que dans le M yrobalan indien, le tégument
externe est plus épais que l ’autre. Il doit en être de meme
dans le Chébule. De plus, il v a souvent séparation, dans les
coupes, entre les assises e et g dont les cellules ont la forme
d’éléments épidermiques. Il est donc probable que le tégument
externe comprend les assises a, b, c, d, e; et le tégument
interne, les assises g , /a, i.
Le raphé présente, inclus entre les assises h et c, un
massif de trachéides ( t r .) lignifiés, disposés en files à orien­
tation radiale. Ce massif est entouré de petits amas libé­
riens [l.) séparés les uns des autres par des éléments paren­
chymateux unisériés. Au-dessus du liber se trouvent des
fibres (/'.), lignifiées, groupées en petits amas.

Fig. \V. — Mvrobalan Chébule. Structure du tégument séminal.
Coupe transversale.

2° Une assise de cellules (Zl ), parenchymateuses, rectangu­
laires ou polygonales, à orientation tangentielle.
3° Trois assises d'éléments ovales (c.), assezgrands, à orien­
tation tangentielle, à parois lignifiées, ponctuées ou spiralées.
4° Une assise de cellules polygonales (cl.), à parois épaissies
et lignifiées.
o° Une assise de cellules (c.), carrées ou rectangulaires, à
parois minces et cellulosiques.

Cotylédons. — Les cotylédons sont enroulés sur euxmêmes. Ils présentent deux épidermes à cellules petites,
rectangulaires, à parois minces et cellulosiques, un paren­
chyme à grandes cellules arrondies ou hexagonales bourrées
de gouttelettes huileuses. Dans ce parenchyme on distingue
quelques cristaux en oursins d’oxalate de chaux et des fais­
ceaux dans lesquels les éléments libériens commencent à se
différencier.
C. Myrobalan Belieric.
Le tégument séminal ressemble beaucoup à celui du Ché­
bule. Il possède la même structure, mais entre les assises g
et h il existe 2 à 4 rangées de cellules à parois minces, ligni­
fiées, contenant une substance jaune. C ’est à ce tissu qu'est
due la coloration du tégument.
Le raphé est moins épais que celui du Chébule, plus large et
lacuneux au centre.

�74

P.

MAGEiNC

LES

Les cotylédons offrent les mêmes particularités que ceux du
Chebule.
D. Catappa.
Le tégument séminal présente I Fig. X ) les tissus suivants :
1® Une assise de cellules (a.), grandes, rectangulaires ou

BADAMIERS

75

différentes teintes de l’amande. Suivant qu’il y en a 1, 2 ou
3 rangées au niveau examiné, la graine prend une teinte de
plus en plus foncée.
6° line zone de cellules aplaties (&lt;/.), à parois minces et cel­
lulosiques.
7° Une assise de cellules petites, rectangulaires, à parois
minces et cellulosiques.
Le raphé est très large. En coupe il présente un contour
sinueux. 11 comprend un massif de trachéides ( t r .) entouré
de petits amas libériens (L ).
Les cotylédons sont analogues comme structure aux coty­
lédons des fruits précédents.

E. Term inalia glabrata Forst.
Le tégument, épais de près d’un millimètre, est noir.
Il présente (F ig. Y ) :
1° Un épiderme supérieur (a), à cellules carrées, munies de
parois minces et cellulosiques.

V '-

-smi

'

Fig. X. — Terminalia Catappa L. Structure du tégument séminal.
Coupe transversale.

carrées, à parois légèrement ondulées, un peu épaissies et
cellulosiques.
2° Une assise de cellules (h .), un peu plus petites, de même
nature.
3° Une zone de 3-4 rangées d’éléments (c.), à parois ligni­
fiées, ponctuées ou spiralées.
4° Deux assises de cellules rectangulaires (&lt;/.), allongées
tangentiellement, à parois minces et cellulosiques.
5° Une zone de I à 3 rangées de cellules (e.), petites,
polygonales, à parois minces et lignifiées. Ces éléments con­
tiennent une substance jaune. C ’est à eux que sont dues les

2° Un parenchyme (p a r.) peu abondant, à éléments polygo­
naux assez grands. Dans la partie interne de ce tissu les cellules
sont plus arrondies, à parois légèrement épaissies. On y ren­
contre de petits faisceaux libéro-ligneux. Les vaisseaux (u.)
sont étroits, disposés en files longitudinales. Le cambium est
souvent très net. Le liber (L ) peu abondant est groupé en
petits amas séparés par des éléments parenchymenteux unisériés rappelant les rayons médullaires.
4° Une zone fibreuse (f .) formée d’éléments très épaissis
et lignifiés.
5° 5 ou 6 rangées de cellules un peu aplaties (h .) paren­
chymateuses.
6° Un épiderme inférieur (/.)à cellules rectangulaires.
Les cotylédons très épais ne font qu’un demi-tour sur euxmêmes. Ils présentent en coupe la même structure que les
précédents, mais leurs cellules parenchymateuses contiennent,

�IMttlM

Fig. Y. — Terminalia glabrata Forst. Structure du tégument scmin
Coupe transversale.

jaunes, de nature tannique, identiques à ceux qui se trouvent
dans le mésocarpe de la Catappe.
F,. Z.

F. Terminalia avicennioides Guill. et Perrot.
Cette graine est analogue à celle du T. Catappa.
Le tégument n’offre qu'une légère différence : les cellules de
l ’épiderme supérieur sont plus rectangulaires et dirigées paral­
lèlement à la coupe. L ’assise h du T. Catappa n’existe pas
dans la graine du T. avicennioides.

Fig. Z. — Terminalia Chebula Retz. Structure delà galle.
Coupe transversale.

2° Un suhcr (sub.) continu, peu abondant, formé de 2-3 ran­
gées d éléments à parois épaissies et ondulées.

�78

P. MAG F NC

3° Un collenchyme [col.) à 2-3 assises de cellules peu épais­
sies.
4° Un parenchyme (par.) très abondant, à éléments grands
arrondis ou polygonaux ne laissant entre eux que de petits
méats. Ce tissu contient beaucoup de tannin. On y rencontre
des faisceaux libéro-ligneux orientés dans tous les sens, isolés
ou en petits groupes, petits et entourés de cellules parenchy­
mateuses plus petites que les voisines. On y trouve également
des systèmes étoilés rappelant ceux de la rhubarbe. Ils sont
constitués par un certain nombre de faisceaux libéro-ligneux
entourant une sorte de moelle centrale très réduite et séparés
les uns des autres par des rayons médullaires unisériés. Le
liber et le bois ont une orientation inverse, le liber est à l'in­
térieur autour de la moelle et le bois à l’extérieur. L'ensemble
est entouré de quelques cellules d'aspect légèrement collenchymateux.
5° Un épiderme inférieur (ép. in f.) à éléments rectangu­
laires ou carrés pourvus de parois minces et cellulosiques.

P A R T IE
C

h a p it r e

XI.

111

— COMPOSITION CHIMIQUE

Ainsi que je l’ai indiqué, en décrivant l’anatomie des
espèces, les écorces et les fruits sont riches en matières
tanniques. Les graines contiennent de l’huile et celle du
T. glabrala renferme, en outre, du tannin. Les T. Catappa,
T. Chcbula, T. citrina et T. procera possèdent dans tous
leurs organes des poches sécrétrices à contenu tanno-gommeux.
La faible quantité de matériaux, dont j'ai pu disposer, ne
m’a point permis de faire une étude chimique. Je ne puis
donc que rappeler les travaux déjà parus. Ceux-ci, d'ailleurs,
que je sache, ne concernent que les T. Chcbula, T. Catappa
et T. Mauritiana.
A . Terminalia Chebula.
D ’après G unther (46), K arl M i ller 84) et M ierzenski (81),
le fruit contient 45 °/0 de tannin ; N ierenstein (87) indique 20
à 50 °/0, et le Bulletin économique de iIndochine 1004 (16 b)
donne les chiffres de 27 à 38 °/0. W ehmer (120) dit que la
richesse est très variable, et V on S chrôter (103) cite les chiffres
suivants comme moyenne °/0 :
Eau....................................
T an n in ...............................
Substances insolubles . . . .
Non-tannin.......................
Cendres.............................
(46) G unther X, p. 359.
(84) M ullbr (K arl), p. 192.
81) M ierzenski, p. 353.
87) N ie r e n s t e in , p. 353.
(16 b) Bulletin de VIndochine, V II, n° 3, p. 1351.
(120) W ehmer , p. 522.
(103) S chrôter (V on ), p. 213.

13
32
41,5
11
2,27

�80

P. MÀGENC

LES IU DAMIERS

D a v v (30), S te n h o u s e (110) et R o c h led e r (97) indiquent
simplement que le Chébule contient, outre du tannin, de l ’acide
gallique. du mucilage et un pigment jaune brun.
La nature des substances ta uniques de ces fruits a été
l'objet de nombreuses recherches.
S te n h o u s e ditîérencie le tannin du Chébule de celui de la
noix de galle en se basant sur l'absence d'acide gallique dans
les produits de sa décomposition.
Pour H e n n ig (48), au contraire, les deux tannins sont
identiques.
G u n t h e r , puis L o e w e (73) pensent que le tannin des Myrobalans a la même composition que celui du dividivi et le

La solution aqueuse faite h chaud précipite la gélatine et ne se
colore pas en rouge par C yK : réactions différentes de celles
de l'acide gallique. Avec le CO3 Na2 elle donne une solution
jaune devenant incolore par addition d’ un acide minéral. Dans
ces mêmes conditions l'acide gallique donne une solution vert

considèrent comme de l'acide ellagotannique.
F r id o l in (39), en opérant par précipitation fractionnée,
signale dans le Chébule plusieurs substances tannoïdes de
formule C " H '8O3, qui par dédoublement lui ont donné 7,90 %
d’acide ellagique et 27,51 °/0 d'acide gallique.
A coté des tannins et de leurs produits de dédoublement,
cet auteur a isolé une substance cristalline : acide chébulinir/ue qui se rapproche de l ’acide gallique tant par sa compo­
sition élémentaire que par certaines réactions. C'est une
substance inodore, à saveur douce, cristallisant en prismes

M ie r z e n s k i dit simplement que le tannin des Myrobalans
est un tannin ellagique différent de l’acide gallotanique.

rhombiques, soluble dans l'alcool et dans l ’eau chaude, peu
soluble dans l ’éther (1 p. 88) et encore moins dans l’eau
froide l p. 1026). La solution aqueuse, saturée à chaud,
cristallise par refroidissement.
L'acide chébulinique réduit, comme l ’acide gallique, la
liqueur de Fehling à l'ébullition. La solution aqueuse donne
un précipité noir bleu avec le perchlorure de fer; ce précipité
se dissout en solution incolore dans l’acide sulfurique étendu.
En ajoutant un excès de Fe- Cl0 on obtient un précipité vert.
(30) Davv , p. 233.
( 110) Stenhouse, p. 417.
(97) Rochleder, p. 73.
(48) H ennig , p. 370.
(73) L oewe (J.), p. 71.
(39) F ridolin , loc. cit.

84

émeraude.
L ’acide chébulinique, C28H240 19, se transforme à 125° en
anhydride C28H~2O l8 et par décomposition pyrogénée fournit
du pvrogallol.
F ridolin considère cet acide chébulinique comme un tannogène dont les produits de dédoublement sont un tannin —
acide chébulitannique — et l’acide gallique.

A dolphi (5) nie le caractère glucosidique de l’acide chébulique.

Pour N ierenstein le tannin du Chébule se dédouble en acide
ellagique et en acide lutéoïque.
Le T. Chebula contient une gomme 118) que l'on récolte
dans le Béhar et sur la composition de laquelle on ne possède
aucun renseignement. Mais comme elle est vendue mélangée
à celles de VAcacia arabica et de YAnogeissus latifolia, elle
doit avoir une composition analogue.

B. T. Catappa.
L ’écorce contient 12 °/0 de tannin, d'après K a r l M u l l e r 84).
Pour le fruit, W ehmer (120) indique 20 °/0 tandis que V an
Itallie (117) trouve 00 °/0. La teneur de 20 °/0 paraît se
rapporter au péricarpe seul.

La graine contient 51,2 °/0 d’ huile, d’après

W

ehmer,

(5) A dolphi , loc. cit.
(118) W a t t (G.), p. 1072.
(84) M u l l e r (Karl), p. 188.
120) W e h m e r , loc. cit.
(117) V a n I t a l l ie , p. 194.
Annales du Musée colonial de Marseille. — 3* série, 2* vol. 1914.

G

et

�82

p. BlAGENC

50 °/o, d après W att (118), tandis que S chaedleu (101 ) indique
28 °/0, chiffre qui semble erroné.
Cette huile, dite huile de Badamier, renferme (89) 54 °/„
d'oléine et i(i °/0 de palmitine et stéarine.
D'après W att et C o o k e (26), le T. Catappa contient une
gomme sur laquelle je ne possède aucun renseignement.

C. T. mauritiana.
Les écorces contiennent 34 °/0 de tannin (84).
Les graines sont alibiles (32).
D'après C o o ke (26), « on se sert aux Indes d ’une gomme
qui découle de blessures faites à l’arbre. Cette gomme se
présente en longs morceaux blancs et brun clair qui s’écrasent
entre les doigts. Elle renferme de l’acide benzoïque et de ce
fait est employé comme encens dans les églises de l’Ile
Maurice ».
Or, dans les matériaux que j ’ai examinés je n’ai pas trouvé
trace d'organes sécréteurs. De plus, les auteurs qui parlent
de cette gomme le font tous d'après C ooke , et n'ajoutent pas
d’autres renseignements. Je pense donc qu’il y a là une
erreur et que C ooke attribue au T . m a u r i t i a n a un produit
qui ne vient pas de cet arbre.
Toutefois ce n’est là qu’une supposition que je ne fais que
sous réserve en considération de la théorie de T s c iiir c h (113)
sur l'origine traumatique de certaines sécrétions.
(118

W

att,

toc . c il .

(iO i; S chaedleu, p . 585.
(89

O udemans , p. 409.

PARTIE

IV

USAGES
Les différentes espèces de Terminalia que je viens de
décrire fournissent plusieurs produits utilisés soit en matière
médicale, soit dons l ’industrie.
Parmi ces produits, les Myrobalans méritent une place
particulière. Sous ce nom. on désigne huit sortes de fruits :
Myrobalan
M yrobalan
Mxjroba la n
M y robalan
Myrobalan

chcbule
citrin .
in(lien.
belleric.
emblic.

M y roba la n d 'E g y p te.
Myrobalan mombin.
M y ro b alan d'Am érig ne.
Les quatre dernières n'appartiennent pas au genre Term i­
n a lia ; l’emblic (43) provient d’une Euphorbiacée, le P h y lla n tus Em blica L., le Myrobalan d’Egypte est attribué au Bala­
nites aegyptiaca Del, (Simaroubacées) ; le mombin au Spondias lutea Link. ( Anacardiacées) et celui dit d'Amérique au
Chrysobalanos Isaco L . , (Rosacées-Chrysobalanées). Ces quatre
dernières espèces ne rentrent pas dans le cadre de ce travail ;
mais l’histoire de l ’Emblic est tellement liée à celle des myrobalans des Terminalia que je ne crois pas devoir l’en séparer.

(26) C ooke, p. 78.
(84| K a r l M u l l e r , loc . c il .

(32 D ragendorfe, lo c . c il .
(26) C o oke , loc . c il .
(113) T sc h ir c h .

Chapitre XII. — HISTORIQUE
Le nom de Myrobalan vient de ;j.'jpcv, parfum, et de
gland ou fruit, soit que les Myrobalans, de même que les
(43) G u ib o u r t , t. III, p. 265. — Cf. (28b) C o u r c h e t , t. II, p. 1021.

�85

P. MAGENC

LES RADAMIERS

baies de myrte, les noix de Cyprès et d’autres astringents
aient été autrefois usités pour la composition d'huiles cosmé­
tiques; soit, plutôt, que ce nom leur ait été donné à cause
de la confusion qui a pu exister entre eux et la noix de ben
ou même la noix muscade.
Les Myrobalans étaient inconnus des anciens Grecs. Ce
que G alien (41) appelle
[/.upsijaxfj, Glans unguentaria, a
été rapporté, d'ailleurs avec doute, par F lückiger (38), à la
noix muscade. Egalement, le XpucrcêaXavoç du même auteur
(41) parait être la noix muscade (76).
Le nom de Myrobalan est employé pour la première fois
par P line (92), mais celui-ci rapporte ce nom aux noix de
ben, M oringa oleifera L a .m. (71), dont D ioscoride (11), (100) ne

Vers la même époque, A v ic e n n e (7), un peu plus explicite,
nous apprend que ces fruits s’appellent génériquement delegi.
Il mentionne l’ emblic ou sinii, les chébules, les indiens et les
citrins. Ceux-ci, qui sont recueillis avant leur maturité, sont
pour lui les meilleurs.

84

mentionne que l huile -sp&gt;. (âzXavivcu eXaiov.
Les fruits, que nous désignons aujourd hui sous le nom de
Myrobalans, sont, d’après H eyd, rapportés pour la première
fois par un auteur hindou — C haraka (50), que l'on croit
avoir vécu au Ier siècle de notre ère. Ce médecin employait
les emblics.
Dans le manuscrit de Bovver, le plus vieux manuscrit
connu, et qui date du Ve siècle, il est question d’un ouvrage,
l'Ajurveda, du médecin indien S usruta (111), dans lequel
on trouve signalés les Myrobalans.
On retrouve ces fruits mentionnés chez A bou M ansour
M owafik (2), écrivain persan du x® siècle qui les appelle
Ihliladsch.

M ésué (78), médecin arabe du xi® siècle, dans son ouvrage
intitulé « Grabaddin », pense que ces fruits sont fournis par
des arbres différents, mais il n’en cite que trois sortes ; les
citrins, les chébules et les indiens.

Vers la même époque, le grand géographe arabe, E drisi (33)
mentionne les chébules qu’il dit provenir de la ville de
Caboul, d'où leur nom . Selon M eyer (80), S tepiianos
M agnetes parle des citrins appelés Chrysobalani flavi.
S é r a p io n ou I bn S e r a f j u n (104), qui vivait à la fin du
XIe siècle, cite quatre espèces : citrins, noirs, chébules ou
K abouly, et bellerics ou bellileg ou h ily lij. Par erreur ou
corruption, le nom de delegi qu A v ic e n n e donnait à tous ces
fruits est transformé en h a lilij.
P latearils (91), auteur salernitain, du xnc siècle, indique,
dans son ouvrage, dit le « Circa instans », les cinq espèces
de fruits et il énumère leurs vertus thérapeutiques.
G uillaume

de

S alicet (99), chirurgien italien du xm® siècle,

emploie le myrobalan indien associé à d'autres substances,
dans les traitements du polype chancreux

du nez et

des

ulcères de la jambe.
N icolaos. surnommé M yrepsos (86), auteur byzantin de la
fin du xme siècle, donne dans son Antidolaire deux formules,

(41)
138)
(41)
(76)
(92)
(71)

Galien , lib. VI, p. 527.
F l ü c k ig e r , p.

1039.

G alien , lib. V IIM X .
Cf. M atthiole, lib. IV, cap. CLI1I, p. 601.
P line , vol. II, lib. X II, f° 21.
Cf. L ittré , liv. XII, p. 491.
( I I ) B erendes (J.), 40, p. 61.
(100; Cf. S arracenus (J.-A.), lib. I, cap. C X L V III, f° 21.
(50) H eyd , p. 627.
(I I I ) S usruta. Index.
(50) H e yd , loc . c it .
(2) A bou M ansour Mow afik , s . 22, f. 45.

où rentrent les myrobalans indiens, pour combattre la mélan­
colie, la pituite et la bile jaune.
(7) A vicenna , lib. II. cap. CCCCLXI, f. 106.
(78) Mésué, lib. II, c. II, p. 27.

(33)

E d r is i ,

t.

I, p.

182.

(80) M e y e r , t. III, p. 375.
(104) S érapion , cap. C V II, f° C X X X V II.
(44) Cf. G uigues , p. 24.
(91) P latearius , p. 131.
(99) S alicet (Guillaume de), c. X V II, p. 54, et c. L III, p. 155.
(86) N icolaus M yrepsus , vol. II, f° 453.

�86

P. Kl AGENC

LES BADA.M1ERS

Le célèbre pharmacologiste arabe, I rn Baïthàr (53), dans la
première moitié du x iuc siècle, conseille l'usage du belleric et
de l ’emblic ou emleg.
Parmi les médecins grecs de la fin du xni° siècle, A ctuarius
(4),qui a passé longtemps, mais à tort, pour être le premier à
parler des myrobalans, cite les citrins, MopoéàXava £àvôa ; les
chébules, MupoêaXava y.scjXa; les indiens, MupoSaXava tvSixà r,
raiAajov.a. et les bellerics, MupofiàXava ^eXspixa.
Un médecin de Mantoue, M atthaeüs S vlvaticus (75), men­
tionne, au début du xive siècle, les emblics ou arnleg, les
bellerics ou bellig, corruption de helileg, et affirme qu'ils sont

L humaniste M an a r d u s (7 4 ) ne prône pas ces fruits parce
qu’ils étaient inconnus des anciens Grecs.
C o s t e u s (28) blâme cet auteur et ses partisans et leur
reproche leur manque de logique puisque l ’on se sert de la
cannelle qui n'était pas non plus connue des Anciens (ce en
quoi il se trompait).
S y l v i u s (112) pense que les chébules, les indiens, les citrins
et les bellerics sont des fruits du même arbre, récoltés à diffé­
rents degrés de maturité.

produits par le même arbre.
D'après H eyd (50) A b u l f e d a , géographe arabe, parle, à la
même époque, des chébules et dit qu'ils ne passent à Caboul
qu’en transit. Cette opinion est erronée, d'après d'autres
géographes arabes cités par H eyd (50) dans son Histoire du
commerce au Levant. Ceux-ci affirment tous en effet, avec
E d r isi (33), que les arbres qui produisent les myrobalans
croissent à Caboul en Afghanistan.
Jusqu'alors, les myrobalans étaient peu connus, mais les
renseignements, souvent contradictoires d'ailleurs, devinrent
plus nombreux quand les Portugais introduisirent en Europe
les produits de l'Inde. G arcia O rta (88) mentionne et figure
les sortes de myrobalans flava, indica, hellerica, chepula et
emblica. 11 indique leurs usages et dit que les chébules sont
les plus estimés. Enfin il ajoute que le nom arabe géné­
rique est delegi, cité déjà par A vicenne ; tandis que les jaunes
s'appellent azfar, les indiens ou noirs asuat, les chébules
quebulgi, les bellerics beleregi et les emblics embelgi.

(53) I bn Baïthar , p. 42, n° 338, et p. 18, n° 145.
(4) A ctuarius (J.), t. III, 390.
(42) Cf. G eoffroy, t. III, p. 120 et ss.
(75)
50)
(33)
88)

M atthaeüs S vlvaticus , c . X L I, f. 20.
H eyd , II, p. 627 et ss.
E drisi, loc. c it.
O rta (Garcia ab , lib. I, f. 194-195.

87

Au contraire, C i i r i s t o b a l A c o s t a ( 3 ) , médecin voyageur
d ’origine portugaise, dit que ces fruits viennent de o arbres
divers et ajoute : « Les citrins que les médecins appellent
a ritq u i et le peuple arare viennent d'un arbre de grandeur
moyenne, très rameux, ayant les feuilles comme celles du
sorbier ; les emblics, dits anualc, sont produits par un arbre
dont les feuilles sont semblables à celles de la fougère mais
un peu plus épaisses ; les indiens que les indigènes nomment
razanuale ont des feuilles analogues à celles du saule ; les
bellerics ou gotim ont des feuilles ressemblant à celles du
laurier mais plus petites et plus ténues; enfin les chébules sont
appelés aretca. Cet auteur n'a pas vu l'arbre qui porte ces
derniers, mais on lui a dit qu’il a la grandeur du prunier et
qu'il possède des feuilles comme celles du pêcher. Ses descrip­
tions sont accompagnées de figures dessinées d après nature.
D’après V a l e n t i n i (115), C o r d u s affirme que les cinq sortes
de fruits proviennent de trois arbres différents, et que c'est le
même qui porte le noir ( indicus), le jaune (citrinus) et le
brun (chebulus).
A u x vic siècle (76), les myrobalans secs ou confits (72), ou

(74) M anardus , lib. II, cap. II, f. 27.
(28) C osteus , lib. II, cap. II, f. 27.
(112) S y lviu s , lib. II, cap. II, f. 27.
(3) A costa (Ciiristobal), lib. IX, f. 270.
115) V alentin i , lib. II, sect. V, cap. X X II, f. 232 et ss.
(76) M atthiole , lo c. c it.
(72) M atthias L o belius , f° 600-601.

�88

P. MAGENC

mélangés à d’autres substances, étaient très usités contre les
humeurs. A Essling ils se vendaient i deniers la livre (37).
P rosper A lpin (6) croit que les cinq sortes de fruits viennent
de cinq arbres différents. Durant son séjour au Caire on lui
montre l'arbre produisant le chébule, arbre appelé dileg el
chabuL Le rameau qu il figure dans son ouvrage porte des
épines et ressemble plutôt à un Cifrus.
Les auteurs du xvue siècle qui écrivent sur les myrobalans

LES BADAMIERS

89

Sous le nom de Cadoucaïpou ou fleur dcCadoucai, « quoique

(9), (94), 57), (49), (119), (93), (64), (1), (20) s'occupent sur­
tout des propriétés thérapeutiques et, sauf B o n t iu s (13) qui
est allé à Java où il a vu l'arbre qui produit l’emblic, ils ne
font que répéter leurs devanciers et n'ajoutent aucun rensei­
gnement précis sur l'origine de ces fruits.
Dans la 5e édition de sa traduction de G arcia ab Orta qu’il
a insérée dans ses E xotica , C lusius (21) (Fig. a) figure de
façon assez précise les cinq sortes de myrobalans. Au
xvm e siècle, D ale (29), dans son chapitre « De Myrobalanis »,
parle d’« escroissance » que l’on trouve parmi les citrins.
Ces excroissances sont, à ce qu'il croit, mentionnées, pour la
première fois, par M arloe qui les appelle faha bengalensis,
fève du Bengale. Elles sont usitées de la même façon que les
myrobalans, et D ale pense qu’elles proviennent des myroba­
lans citrins qui ont été piqués par un insecte. Cette drogue
est ombiliquée, creuse, brune au dehors, noire en dedans, à
goût styptique et astringent, à odeur nulle.
(37) F lückiger , n° 12, p. 20, u° 17, p. 26.
(6) A lpin (Prosper), f° 205.
(9) Cf. Bauhi.n (Gaspard), p. 445.
(94) Renou (J.), lib. I, cap. IV, f° 275.
(57) Johnston (J.), lib. I, t. II, cap. I, art. V, f° 82.
(49) H ermann (P .). Pars. I, cap. V, f° 171.
(119) W edel (G.), lib. II, sect. II, cap. IV , f° 240.
(93) P omet (P .), part. I, 1. V II, cap. X X X II, p. 221.
(64) L emery (N .), p. 517-518.
(1) A bd er Rezzaq , p. 23, n° 27 ; p. 58, n° 136 ; p. 109, n° 253.
(20) Chomel (J.-B.), t. I, part. I, ch. I, p. 54.

Fig. a. — Myrobalans, d ’après C lusius.

(13) B o ntiu s (I.), lib. V I, cap. X X IV , f° 109.
(21) C l u s iu s , loc . c il ., p. 195.

ce ne soit rien moins que la fleur », le P. C œurdoux (25) cite

(29) S amuel Da le , p. 333-334.

le même produit, qui, dit-il, est probablement occasionné par

�90

P. MAGENC

la piqûre d ’insectes sur les feuilles du Cadou, c'est-à-dire de
l ’arbre qui donne les myrobalans citrins. Des marchands indi­
gènes, dignes de foi, ont déclaré à ce missionnaire que les
citrins ne diffèrent des indiens que par leur degré de maturité.
Comme on le voit, le Cadoucaïpou du P. C œurdoux corres­
pond au faba bengalensis et n’est autre que la drogue appelée
aujourd'hui galle du citrin.
L origine botanique des myrobalans ne s’éclaircit pas avec
les auteurs du xviii0 siècle (409), (85), (65), et G aertner (40),
lui-même, fait trois espèces, du chébule, du citrin et de l’indien,
mais c'est sans doute pour obéir à la croyance générale, car
les figures qu i 1 donne et qui sont très exactes, quoique un peu
grossies, montrent leur identité (77). Il n'a d’ailleurs vu ni
les végétaux qui produisent ces fruits, ni leurs tleurs. Déplus,
il avoue que les citrins sont peut-être identiques aux chébules.
Enfin le Dr F le m in g (36) dit s’être assuré de visu que le
myrobalan noir — zengi-h ar— est le chébule non mûr.

C hapitre X III. —

LES MYROBALANS

1) Myrobalan citrin.
Ce fruit, d'après G u ib o u r t (43), se présente dans le commerce
sous plusieurs formes, parmi lesquelles cet auteur en distingue
trois principales :

125; P. C œurdoux , p. 413 et ss.
(109) Cf. S pielmann (J. K .), p. 420.
(85) Mima a y (J. A.), V I, p. 235.
(65) L ewis ( W . ) , p. 392.
40; G aertner , loc . c it .

(43)
(77)
(36)
(43)

Cf. G uibourt , t. III, p. 259 et ss.
Mérat et de L ens , p. 538.
F leming (J.), p. 181.
G uibourt , loc . c il .

LES BADAMIERS

91

a) Jaune et ovoïde, •anguleux. Drupe desséchée, de forme
ovoïde également amincie en pointe mousse aux deux extrémi­
tés; ordinairement marquée de 5 arêtes saillantes longitudinales
entre lesquelles paraissent 5 côtes arrondies plus ou moins
marquées. Longueurs à 4 cm., largeur 1 à 2 cm. Luisante à
sa surface, sa couleur variant du jaune pâle et verdâtre au
jaune-brunâtre. A l’intérieur, chair desséchée souvent caver­
neuse, couleur verdâtre et saveur très astringente. Au centre,
se trouve un noyau ovoïde, plus ou moins pentagone et telle­
ment épais que la loge où se trouve l’ amande a tout au plus
3 mm. de diamètre. L ’amande est presque linéaire, recou­
verte d’une pellicule rouge, blanche à l’ intérieur et formée
de 2 cotylédons roulés autour de la radicule.
Elle a une saveur huileuse, un peu âpre, finissant par être
amère.
b) Verdâtre et p iriform e . Drupe allongée en poire par
l'extrémité pédonculaire. Couleur plutôt verte que jaune. Chair
plus dure et beaucoup moins caverneuse que dans la première
variété. Enfin les 5 côtes intermédiaires sont souvent aussi
anguleuses et aussi proéminentes que les autres. Le noyau
et l ’amande sont semblables.
c) Brunâtre et ovoïde arrondi.
Drupe plus ou moins atténuée en pointe aux deux extré­
mités, sans angles bien marqués. Jaune peut-être à l'état
frais, mais presque noire une fois sèche. Chair brune, presque
noire ; quelquefois dure, compacte et luisante, plus souvent
très caverneuse. Noyau et amandes semblables aux variétés
précédentes.
Nota. — Ainsi que je l’ai dit, ces fruits possèdent la même
structure que le chébule et ne présentent avec lui aucune diffé­
rence spécifique.

Synonymie (58). — Myrobalan citrin , Myrobalanus citrina
v. flava (L a t.), Gelhe Mijrohalanen [ A il.), Myrohalonos citrinos
(Esp.).

^58 Jourdan , II, p. 144.

�92

T.

MAGENC

LES BADAM1ERS

2) Myrobalan chébule.
Drupe longue de 30 à 40 mm. Epaisse de 18 à 20 ; presque
toujours allongée en poire d'une manière très marquée par
1extrémité pédonculaire ; manifestement pentagone, possédant
parfois 10 angles aigus presque réguliers ; souvent rugueuse,
de couleur noire ou brune, ou même verte ou jaune. Très
pesante, plus lourde que l ’eau ; chair dure et compacte, de
couleur variable comme celle de lepicarpe, à cassure luisante,
comme résineuse. Saveur astringente.
Noyau et amande comme dans le citrin.

Synonymie (5 8 ).— Myrobalanus Chebula (Gaertn.) ; Grosse
schivarzbraune Myrobalanen (A il.) ; Mirobolanos qucbulo
(Esp.) ; H a lily Kabuli (A r.) ; Aralu (C in g); huldah (Dekkanais) ; helileh kelan (Persan) ; Abhaya, P a thya , Haritaka
(Sanscrit); Kadukaï (Tamoul); carakaia (Tellingou) ; Chaliladsch kebuli (Turc) ; H a r, h ara, Iiirada, hantaki, alalekay,
hana, silim kung, hilikha, haredha, habre, rola , malioka,
hirada, alalc, panga, etc. (Hind.) ; H o -li-lé , ho-tsi (Chinois).
3) Myrobalan indien.
Drupe de 1 cm. 1/2 de long sur 0 cm. 5 de large, noire,
ridée, très dure, brillante, compacte dans sa cassure.
On y voit l ’ébauche du noyau et l’amande est souvent
absente ou altérée.
C’est certainement le même fruit que le chébule mais cueilli
à l ’état jeune.

Synonymie 158). — Myrobalans indiques ou noirs ; M yrobalani indicae s. nigrae ; Indianische

Myrobalanen

(A il.) ;

Cette drupe se termine toujours d'un côté en une pointe
très courte que l’on peut confondre, avec le pédoncule. A l’ex­
térieur, surface mate et comme cendrée ; à l'intérieur, chair
brune, légère, poreuse et friable.
Noyau bien moins épais que dans les chébules et les
citrins. Amande arrondie ou pentagonale à goût de noisette.

S ynonym ie (58): Myrobalanus bellirica, vel Belirica ; Bellirische Myrobalanen (A il.); Mirobalanos belliricos (E sp .);
belileg, b ililij,b e le y lij (A r .) ; Bulla (Cingalais); Bulla (Dekhanais) ; Beleyleli (Persan) ; Beheyra (Hind.) ; Bahira (Sanscrit) ;
Tanikaï (Tam oul).
GALLE DES MYROBALANS

on distingue ce fruit des précédents en ce que ses angles
sont arrondis et sa surface rugueuse.

(21), (98), (29), (42), (43), (25 i.

Elle est produite par la piqûre d'un insecte sur les feuilles
du T. citrina et du T. Chebula qui constituent soit la même
espèce botanique, soit deux variétés de la même espèce.
Cette galle, faba bengalensis des anciens auteurs (29 res­
semble à celles de l'orme et du térébinthe. Elle est simple
ou didyme, longue de 25 à 35 millimètres ; généralement
ovoïde, aplatie et ridée longitudinalement par dessiccation ;
jaune verdâtre ou grise à l’extérieur, tuberculeuse et brunâtre
à l ’intérieur, toujours vide et privée d insectes ou en conte­
nant seulement quelques œufs.
EMPLOI DES MYROBALANS

Jusqu’au xvm e siècle, les myrobalans ont été très employés
en thérapeutique. Sans vouloir énumérer toutes les vertus

Mirobolanos indicos (Esp.).
4) Myrobalan belleric.
Drupe de la grosseur d’une muscade, ovale ou presque
ronde, légèrement pentagonale. Même dans ce dernier cas,

93

(58) Jourdan , lo c. c it .
(21) C lush s, lo c . c it.
(98) R oxburgh , loc. c it.
(29) D ale , lo c . c it.
(42) G eoffroy , loc. c it.
(43) G uibourt , lo c . c it.
(25) P. Coeurdoux, loc. c it.

�94

P. MAfjrENC.

qu'on leur attribuait, je rappellerai qu’on les conseillait
comme laxatifs, comme toniques et comme astringents.
Ils étaient utilisés soit à l étal cru ( Myrobalani cru d i), soit
candis dans du sucre ou dans du miel (M yrobalani con d iti,
confetti, in conserva di zucchero).
En nature et crus ils passaient pour laxatifs; en nature et
rôtis, pour astringents.
Ils rentraient dans de nombreuses formules dont la plus
célèbre est la Confection Hamech. Cette préparation déjà
décrite par M ésüé (78) se retrouve, modifiée d'ailleurs, dans
différentes pharmacopées officielles.
Le Codex toulousain de 1648 cite comme produits pharma­
ceutiques les 5 espèces de Myrobalans (22) et indique la for­
mule suivante :
Confectio Ilam ek.
Recipe :
CorticisMyrobalanorumcitrinorum, drachmas duas...
Myrobalanorum Chebulorum,
—
Indorum,

95

LES BADAMIERS

Uvarum passarum, ana libram semis,
Sacchari,
Mellis despumati, ana libram unam.
Coquantur ad consistentiam mellis, inspergendo sub finem :
Agarici &amp; Sennae pulveratorum, ana uncias duas
Rhabarbari triti, unciam unam &amp; semis,
Epithymi, unciam unam
Diacridij, drachmas sex
Cinnamomi, unciam semis
Zingiberis, drachmas duas
Seminis fumariae,
Anisi,
Spicae nardi, ana drachmam unam.
F ia t Elcctarium .
La Pharmacopée parisienne de 1758(23) énumère les cinq
sortes de fruits et donnent deux formules où ils sont usités.
Syrupus rnagistralis astringens.

Violarum,
Colocyntidos,
Polypodij querni, ana unciam unam et semis.
Absinthij,
Thvmi, ana unciam semis,
Seminis anisi,
Fœniculi,
Rosarum rubrarum, anadrachmas très.
l'usa omnia, macerentur per diem in libris duabus seri lactis : deinde coquantur ad libram unam : fricentur manibus,
et exprimantur. Colaturæ adde :
Succi fumariae,
Pulpae prunorum,

R . Rhei electi tenuiter concisi. . .
unciam unam &amp; semis
Santali citrini......................... .. j
.
ana drachmam unam
Cinnamomi............................... )
Myrobalanorum citrinorum .. . .
unciam unam
Macerentur in vase clauso per duodecim horas, leni calore in
Recocti Plantaginis..................
libris tribus.
Cola. Tum.
R. Rosorum rubrarum exsiccatorum,.. .
Ralaustiorum.....................................

uncias duas
unciam unam

Succi Berberis................................... ]
.....
ana uncias quatuor
lubesiorum . ........................... y
Macerentur eodem modo per duodecim horas, in
Aquae Rosarum.........................

unciis octo.

(78) M êsué, loc. cil.
(22) Pharrnacopœa Tolosaria, cap. I, f. 6; cap. IX, f. 35.

(23) Pharrnacopœa Parisiensis ed. quinla, f° 54 et f° 96.

�96

9. MAGENC

LÈS IIA t) AMI EUS

Fiat colatura cum expressione Am bai colaturae simul mixtae
&amp; defecatae, cum
Sacchari albissim i.....................
librà unâ &amp; semis,
coquantur, secundum artem, in Syrupum.
Confectio Hamech.
IV. Polvpodii querni siccati &amp; contusi.......................................... uncias
Prunorum dulcium, siccato- /
rum 6: enucleatorum...........
ana
Passularum, rejectis acinis.. . . \
Myrobalanorum citrinarum .... \
Chebularum . .
ana
Indarum, . . . . )
Foliorum siccatorum Absinthii vulgaris,
Seminum Violarum contusorum............

quatuor &amp; semis.
libram unam.

uncias quatuor.

unciam unam
uncias très &amp;
drachmes sex .
Summitatum siccatorum T h v m i...........
uncias duas
Epithym i................................................
uncias quatuor
Macerentur per vigenti-quatuor horas blando calore in vase
lictili vernigine linito, identitenn agitando, cum
Seri lactis vaccini...........................
libris octodecim,
Deinde fervescant per horam unam ; liât colatura cum forti
expressione. Magmati, residuo, manibus fricato. affundatur
aquae communis quantitas sufticiens. Bulliant per horam
unam. Fiat colatura fortiter exprimenda, &amp; cum priori miscenda. Intérim.
IV. Rhabarbari optimi minutim concisi . . . uncias quinque.
Foliorum Sennae mundatorum............
uncias duas.
Pulpae Colocynthidis minutim incisae, ]
-,1
.
/ ana uncias quatuor
6; à semimbus r'epurgatae................. }
0
1 u
i
semis.
Agarici albi minutim s e c ti................... ]
Seminum A n is i..............
)
_
..
/ ana unciam unam
—
b œ m cu li................................ &gt;
0
r,
Kosarum rubrarum siccatarum..............

\

&amp; semis.

97

Macerentur per viginti quatuor horas leni calore, identidem
agitando, in
Succi Fumariae................................
libris tribus.
Seri Lactis vaccini defæcati...........
libris octodecim,
Deinde bulliant per horas duas &amp; colentur, magma prœlo
subigendo. Quod quidem magma manibus fricatum fervescat
denuo in aquae communis quantitate suffîciente. Decoctum
fortiter expressum cum priori rnisceatur ; 6: utrumque cum
primo decocto suprà descripto confundâtur. Totum Decoctum
per residentiam defœcatum, 6: posteà per inclinationem elfusum, blando calore vaperet ad tertiae partis consumptionem :
tum adde
Sacchari alb i..................................
libras très.
Coquantur igné moderato ad Extracti mollioris spissiludinem sensim permisceantur
Manna............................................
unciae quatuor
Pulparum recentiam Cassiae fistulae, semi libra
Tamarindorum,. . . unciae decem.
Semi-re frigeratis, adjiciatur &amp; permisceatur secundum
artem Pulvis sequens subtilissimè tritus,
IV. D iacrydii,...................................
uncias très
Myrobalanorum Citrinarum . . . . i
Chebularum.. . \ana unciamunam
Indarum ..........
Bellicarum.......
Emblicarum . . .
ana drachmas sex
Rhubarbari optimi....................
Seminis Fumariae.......................
Seminis A n isi.............................. .
„ .
..
f ana drachmas quatuor
Spicae JNardi................................ )
n
Fiat Pulvis, lege attis in Electuario miscendus : Et perfectum erit Electuarium.
Le Codex de 1818 (24) cite simplement les Myrobalans qui
sont supprimés dans l’édition de 1837.
(24) Codex Medicanienlarius,

p.

cx n x .

Annales du Musée colonial de Marseille. — 3* série, 2* vol. 1914.

�98

P.

MAC, EN G

Mais si ces fruits ne sont plus utilisées chez nous, comme
remèdes, ils sont depuis 1840 (14) employés en Angleterre
comme matières tannantes. Dans ce pays (118), on distingue
5 variétés principales de Myrobalans suivant les régions dont
ils proviennent. 11 y a : 1° les Rhimlies venant du Bimlipatan dans la Province de Madras; 2° les Rappores ; 3° les
Jubbelpores de Jabbalpur dans les Provinces centrales; 4° les
Vingorlas des forêts de la Province de Bombay ; 5° les Côtes
de Madras.
Le prix de ces fruits varie beaucoup, car on n'est pas d’ac­
cord sur leur valeur tannante. On tend maintenant à se baser
uniquement sur leur richesse en tannin.
L'Inde anglaise en exporte des quantités croissantes indi­
quées dans le tableau suivant :
Années.

1900-1901
1901-1902
1902-1903
1903-1904
1904-1905
1905-1906
1906-1907

945.648 quintaux valant 3.168.173 roupies
—
—
3 .5 63 . 652
1.085.174
—
—
—
3.772.255
1.157.650
—
1.229.609
—
—
4.210.288
—
4.259.063
1.187.585
—
—
1.206.398
—
—
4.460.676
—
1.162.219
—
—
4.397.591

Dans cette dernière année, le Royaume-Uni en a reçu
381.481 quintaux, la Belgique 200.729, l'Allemagne 191.669,
l'Autriche 67.476 et la France 46.304.
Dans l ’ Inde, on se sert des myrobalans en teinturerie, soit
pour mordancer les étoffes, soit comme colorant. A vec l’alun,
ils donnent une couleur jaune durable, mais ils servent plu­
tôt combinés avec des sels de fer à produire différents noirs.

(14) Boulger , p. 160.
118) W att, loc. c il.

LES

C

h a p it r e

BADAMIERS

99

X IV . — AUTRES PRODUITS UTILES

DES BADAMIERS
Le T. Catappa L. fournit l'amande de l'Inde, janglihadâm ,
hindi-badàm, nal-vadom, vedani, ta ri, katappa, etc. Cette
graine cjui a un goût de noisette, contient une huile très
estimée, semblable à l'huile d amandes douces comme odeur,
saveur et densité.
Selon W att (118) la production par arbre est de 10 livres
anglaises (I livre = 452 gr. 544) d’amandes sèches donnant
.30 °/0 d'huile par expression à chaud.
Les amandes sont très employées comme dessert et leurs
tourteaux constituent une bonne nourriture pour le bétail.
Quoique le fruit soit assez riche en tannin il n'a pas encore,
à mon su, été utilisé comme substance tannante.
L'écorce est recommandée par les Hindous, à l'intérieur,
contre le catarrhe et la dysenterie, et, à l exlérieur, dans cer­
taines affections cutanées.
Les feuilles jouissent, paraît-il (32), de propriétés purga­
tives et servent à nourrir le ver à soie qui fournit le tussor.
En outre des produits déjà cités, I on peut signaler lusage
des écorces de 7’. mauritiana en tannerie et des graines dans
l’alimentation.
Enfin, si comme je l’ai dit la production de gomme dans le
T. mauritiana reste au moins douteuse, il n'en est pas de
même dans le T. Chebula et le T. Be/lerica. Cette gomme
est, selon W a t t , récoltée dans le Behar et mélangée avec
d'autres gommes [Acacia arabica. Anogeissus latifolia, Bassin
longifolia, etc.); elle est vendue soit pour usages médicinaux,
soit pour la teinture.

(118) W att . loc. c it .
(32) D ragendorff, loc. cit.

�100

P. MAGENC

R ÉSUM É

ET CONCLUSIONS

Le genre Tenninalia, créé par L in n é et appelé Badamier
par L a m a r c k , appartient à la famille des Combrétacées établie
par R. B r o w n (Dialvpétales inférovariées, ordre des Mvrtales).
11 comprend environ cent vingt-cinq espèces, réparties en
dix-huit sections et habitant les pays tropicaux ou subtropi­
caux de l ’ancien et du nouveau continent.
Dix de ces espèces,dont huit originaires de l'Asie tropicale,
une de 1 Afrique et l'autre du Brésil, ont été étudiées dans ce
travail. Celui-ci a été fait au quadruple point de vue de leurs
caractères morphologiques, anatomiques et chimiques, et de
leurs usages médicaux et industriels.
Au point de vue morphologique ce sont des arbres à feuilles
groupées à l'extrémité des rameaux, d’où le nom linnéen, il
tleurs petites, apétales, diplostémones, à fruit infère, charnu,
h graine entourée d’un noyau osseux.
Au point de vue anatomique, les axes sont caractérisés par
un liber interne ; les feuilles bi-faciales offrent des stomates
soit sur la face inférieure seule, soit sur les deux faces.
Dans les fruits, le péricarpe possède une structure fibreuse,
les graines sansalbumen ont des cotylédons enroulés, à struc­
ture bifaciale.
Des poils tecteurs d une seule sorte recouvrent les tiges,
les feuilles et parfois les fruits.
Des idioblastes cristallifères caractérisent le tissu palissadique des feuilles.
Des poches gommeuses allongées se rencontrent dans le
liber interne des axes, dans les feuilles et dans le péricarpe.
Certaines espèces ( T. Chehula var. citrina) portent des
galles coloniales, riches en tannin, et dont la structure est
celle d'une feuille modifiée.
Chimiquement, toutes les parties de ces plantes renferment
des quantités considérables de tannoïdes, en particulier les
fruits, les écorces et souvent les feuilles.
Les fruits dont plusieurs portent le nom ancien de myrobalans, et quelques écorces sont utilisés pour leur richesse
en tannoïdes en médecine et dans les arts.

INDEX BIBLIOGRAPHIQUE

(1) A rd
(2) A

er R ezzaq l A lgérien . Traité de matière médi­
cale arabe, trad. Dr L eclerc. Paris, 1874.

bou

M ansoer M owafik

mann .

ben

A li

el hervi .

ap : R. S elig-

Liber fundam enloriim pharmacoloc/iae. Vin-

dobonae, 1830-33.

(3) A costa ( C hristobal). Aromatum et mcdicamentorurn in
Orientali India nascenlium historiée, auct. C iiiustophohoa C osta in : C lusiùs . Exoticorum libri decem.
ex ofïîcina Plantiniana. Antwerpiae,

1605.

(4) A ctuarius. De methodo medendi. libri V I. in Medicae artis
principes. II, p. 139 M .D .L X V II. Excudebat Ilenricus Stephanus.
(5) A dolpiii . Beitr. z. Kenntniss. d. Chebulinsaure. Dorpat,
1892.
(6) A lpin ( P bosper). De Plantis Æ gypti lib er, ed. Joanms
W eslingi . Lugduni Batavorum, 1735.
(7) A vicenna , L ib e r canonis totius medecinae a G erardo C remonensi in latinum reductus cum S y.mphoriam C ampegii annotationibus. Lugduni, 1522.
(8) B âillon (IL ). Histoire des plantes. Paris, 1877.
(9) B auhin ( G aspar). P in a x theatri hotanici. Basileae, 1623.
(10) G. B entham et J. D. II ooker. Généra Plantarum . Londini, 1875.
(11) B erendes (J.). Des Pedianos Dioskurides aus Anazarbos
A rzneim ittellchrc. Stuttgard, 1902.
(12) B okorny . Ueberdie durchsichtigen Punkte in der Blattern.
Flora. Regensburg, 1882.
(13) B ontils (L ). Hisloriac Xaturalis et Medicae Indiae Orientalis lib ri sex, in G. Piso. Indiae utriusque re natiirali et medicà. Amstelaedami, Elzev. 1658.

�102

P.

MÀGENC

LES BADAMIËRS

(14) B o u l g e r . The use o f plants. London, 1899.
(15) B randis. Combretaceae in E ngler und P rantl . Die N a tü rlichen Pflanzenfamilien. Leipzig-. 1898.
(16) B rown (IL ). Prodromus porno Novae Hollandiae et
insulae Van Dienicn. Londini, 1810.
(16 bis) Bulletin de l'Indochine, 1904.
(17) C ambessedes (J.) ap : S1- H ilaire . Flora Brasiliae m eridionalis. Paris, Belin, 1825-1833, in-f°.
(18) C andolle (A . P. de . Prodromus Systematis naturalis
Bcgni vegetabilis. Paris, 1828.
(19' C hodat. Principes de Botanique. Genève, 1907.
(2 0 1 C h o m e l (J.-B.). Abrégé de ih is toire des plantes usuelles,
5e édit. Amsterdam, 1736.
(21) C lüsics (C ar .). Exoticorum Libri decem. ex olBcina
Plantiniana. Antwerpiae, 1605.
(22 Codex Medieamentarius seu Pharmacopoea Tolosana.
Tolosae, 1648.

(23) Codex Medieamentarius seu Pharmacopoea Parisiensis.
Editio Quinta. Parisiis, 1758.
(24) Codex

Medieamentarius

sive

Pharmacopoea

Gallica.

Parisiis, 1818.
(25) C oelrdolx (P .). Lettres édifiantes et curieuses. X X V IIe
recueil. Paris, 1749.
(26) CooRE(Dr M .-C.). Report on thegums, resins, oleo-resins
and resinous products in the India Muséum or p ro duced in India. London. 1874.
(27 C ostantin. La Nature tropicale. Paris, 1899.
(28) C osteus (J.) in Joaxms M eseae D amasgeni Opéra, trad.
CosTAEUSapud Juntas. Venetiis, 1623.
(28 bis) C ou rc h et (L .). Traité de Botanique. Paris, 1898.
29) D ale (S amuel ). Pharmacologia. Quinla editio, ex scriptis
H ermanm B oekhaye . Amstelod., 1751.
( 30) Davv (H .). An account... on the constituent parts o f ce rf.
astringent vegetahles. Philosophie. Transact of the
R. Soc. of London. 1803.
31) D escolrtilz (M .-E .). Flore médicale des Antilles, V I vol.
Paris, 1821-1829.

103

(32) D r a g e n d o r f f (G .). DieHeilpPanzen. Stuttgart, 1898.
(32 bis) E bert (F .). B eilr. z. Kenntn. des chinesischen A rzneischatzes. Inaug. Dissert. Zurich, 1907.
(33) E d r is i . Géographie. Trad. A . Jaubert, 2 vol. 1836-1840.
(34) E iciiler . Combretaceae in M artius. Flora brasiliensis.
Vol. X IV . Pars IL Monachii. 1867-1872. Lipsiae.
(35) E n g l e r (A .) und D jels (L .). Monographien afrikanischer
Ppanzenfamilien und Gatlungen. Leipzig, 1899.
(36) F l e m in g (J.). A catalogue of Indian médicinal plants and
drugs, in Asiatic Rcsearches. X L
(37) F l ü c k ig e r . Documente zur Geschichte der Pharmacie.
Halle, 1876.
(38) F l ü c k ig e r . Pharmakognosie des Ppanzenreiches. 3e Aufl.
Berlin, 1891.

(38 bis) F orster (G .). De plantis esculentis insularum Oceani
australis. Commentatio botanica. Berolini, 1786.
(39) F iudolin . Yergleichende Untersuchung der Gerbstoffe.
Inaug. Dissertation, Dorpat, 1884.
(40) G aertner (J.). De fructibus etseminibusplantarum. 1788.
(41) G a l i e n . Epitom e Galcni operurn, au ct. A . L a c u n a . L u g duni, 1643.
(42^ G eoffroy. Traité de matière médicale, trad. en français
par M.***, docteur en médecine. Paris, 1743.
(42 bis) C kace- C ai .vert . Dyes and Dye-Stuffs (P h a rm . Journ.
[ I I I ] , I I , p. 5 3 7, et I I I , p. 573. London, 1871-72.
(43) G uibourt . Histoire naturelle des drogues simples, 4e édi­
tion, Paris, 1850.
(44) , G uigues . Les noms arabes dans S érapion : Lib er de simp lici Medicinâ, Paris, 1905.
(45) G uillemin , P errotet et R ichard. Florae Senegambiae
Tentamen. Paris, 1831-1833.
(46) G unther , Dissertation. 'Dorpat et Zeitschr. f. anah/t.
C hernie, 1871.
(47) H eiden . Anatom.Charakteristik der Combretaceen Botanisches Centralblatt), 1893.
(48) H ennig. Pharmac. Centralhalle, 1869.

�104
(49)

P. MAGENC

LES

(P .). [Ci/nosura Mnfcrine Medicae. Argentorati, 1710.
i50) H eyd (W .). Geschichte des Levantehandels irn M itte la lter,
Stuttgart, 1879.
H e r rm an n

(51) H ô h n e l . Beitrâge /.ur Pflanzenanatomie und Physiologie.
Bot. Zeitung, 1882.
(52) H o l t e r m a n n . Beitrage zur Anatomie der Combretaceen.
Christian», 1893.
(53) I bn B a ït h a r in E. S ic k e n b e r g e r . Die einf&amp;chen Arzneistoffe der Araber. W ien , 1893.
(54) Index Kewensis. London, 1895.
(55) J a c q u in . H or lus Botanicus Vindobonensis. Vindobonae,
1770-1776. 111 vol. in-f°.
(56) J a c q u in . Icônes rariarum plantarum. Vindobonae, 17811793. III vol. in-f°.
(57) J ohn ston (J.). Dendrographia sive naturalis historia de
arboribus et fructibus. Francofurti ad Moenum, 1762.
(58) J ou rd an (A .-J.-L .). Pharmacopée universelle ou Conspectus des Pharmacopées. Paris, Baillière, 1828.
(59) J u ssieu (A .-L . de ). Généra Plantarum . Paris, 1789.
(60) J u ssieu (A .-L . de ). Annales du Muséum, 1804.
(61) K o s t e l e t z k y . Allgemeine medizinisch-pharmazeutisch
Flora. V I vol. Mannheim, 1831-36.
(62) L a m a r c k . Encyclopédie m éthodique.— Botanique. Paris,
1783-1817. V III vol. in-4°.
(631 L e f è v r e . Contribution à l'étude anatomique et pharm a­
cologique des Combrétacées. Lons-le-Saunier, 1903.
(64) L e m e r y (Nicolas). Traité universel des drogues simples.
Paris, 1698.
(65) L e w is (W .). Materia Medica, trad.
1771.

Z ie g l e r .

Zurich,

in d l e y (John). Flora medica. London, 1838, in-8°.
(67) L in n é . Mantissa, Holmiae, 1767.
6 8 ) L in n é . Systema vegetabilium cu ra J. F. G m e l i n . L u g duni, 1796.
(69) L inné . Systema vegetabilium curante G. S prengel . Got-

(70) L inné

105

Supplementum plantarum. Brunsvicae, 1781.

(71) L ittré. Histoire naturelle de Pline. Paris, 1851.

(72) L obelius (Matthias), Plantarum seu stirpium historia’
cui adnexum est Adversarium volumen. Antvverpiae,
Plantinus, 1576, in-f°.
(73) L œwe (J.). Zeitschrift fu r analyt. Chemie , X IV , p. 35.
(74) M anardus (J.), in I. M esuae Opéra, trad. I. C ostaeus
apud. Juntas. Venetiis, 1623.
(75) M a t t h a e u s S y l v a t i c u s . Opus pandectarum rnedicine (s ic ).
Matthei Silvatici... cum S im o n e Januensi additis...
et... tabula... Baptistaz Sardum. Papie. A loysii de
Castello, 1508.
(76) M atthiole ( P . -A .). Commentarii in libros sex P edacii
D ioscobidis, trad. A . du P inet . Lyon, 1680.
(77) M érat et de L ens . Dictionnaire universel de matière
médicale. Paris, 1832.
(78) M es u é (I.). De Purgantium rnedicamentorum simp/icium
castigatione spécialim ap. I. M esuae Damasceni
medici clarissimi Opéra trad. I. C ostaeus apud Jun­
tas. Venetiis, 1623.
(80; M e y e r . Geschichte der Botanik. Kônigsberg. 1856.
(81) M ie r z e n s k i . Die Gerb- und Farbstoffe. W ien, 1887.
(82) M oeller . Anatomie der Baumrinden. Berlin, 1892.
(83) M ueller (F. von). Ausswahl von Aussertropischen Pflanzcn. Kassel und Berlin, 1883.
(84) M u l l e r (K arl.). Praktische Pflanzenkunde. Stuttgart,
1884.
(85) M u r r a y (J.-A .). Apparatus medicaminum. Gottingae,
1776-1792. V I vol.
(86) N

(6 6 ) L

tingae. 1825.

fils .

BADAMIERS

M yrepsi A lexandrini . De compositione medicamentorum opus a L eoniiarto F üchsio è graece in
latinum conversum. Medicae artis principes post
Hippocratem et Galenum. Henr. Stephan, 1617.
Vol. IL

icoi.ài

(87) N ierenstelv

Berichte d. d. Chem. Gesellschaft, t. 42,

1909.
(88

O rta (Garcia ab). Arom atum et simplicium medicamen-

�106

P.

MAGENC

forum historiae ap. C lusies , E xoticoru m Libri
decem. Antwerpiae, 1605.
(89 1 O u d e m a n s . Journ. f. prakt. Chernie, 1867, t. 100.
v90) P e t e r s e n . E n g le r s , Botanische Jahrbiicher, 1882.
(94) P l a t e a r i i s . Liber de simp/ici medicina dictais Circa
instans. Traduction française tirée d'un manuscrit
du xin* siècle, par D r P. D o r v e a u x . Paris, 1913.
(92)
93)
(94)
(95)
^96)

l in e . Naluralis Historiae, ed. M a y h o f f . Lipsiae, 1874.
P 6 ai et (P .). Histoire générale des drogues. Paris, 1694.
R e n o i (J.). Dispensatorium rnedieurn. Parisiis, 1623.
R e t z iu s . Ohservationes botanicae. Lipsiae, 1779-1791.
R heede ( A n d r . van). H ortus Malabaricus. Amstelodami,
1678-1703.
(97) R ochleder. Phytochemie. Leipzig1, 1854.
(98) R o x b u r g h (W .L Plants o f the Coast o f Coromandel.
London, 1795-1849. 111 vol.
;99) S alicet (Guillaume de). C h iru rgie. Trad. P. P ifteau .
Toulouse, 1898.
(100) S a r r a c e n ü s (J .-A .). Scholia in D io sc o r id is De Materia
Mcdica. Lugduni Batavorum, 1598.
(101) S chaedler. Fette Oele. 2e Aùfl., 1892.
(102) S c h im pe r (A .-F.-W -.). Pflanzengeographie. léna, 1898.
1103) S chroter (Von). D in g le rs Polytcch. Journal, t. 75,
1894.

P

(103 bis). S c h w e in f ü r t h . Ini Herzen von A frik a , 2e Aufl.
Leipzig, 1878.
(104) S é r a p io n junior. Practica. Lugduni, 1525.
(105) S ickenberger. Die cinfachen ArzneistofJ'e der Arahcr.
W ien , 1893.
(106) S olereder. Zur Anatomie und Systematik der Combretaceen. Botanisches Centralblatt, 1885.
107) S o l e r e d e r . Ueber den systemutischen l Vert der H olzstructur bei den Dicotyledonen. Munich, 1885.
(108) S olereder. Syslemalische Anatomie der Dicotyledonen.
Stuttgard, 1899.
109) S pie lm a n i N (Jac. Reinb.). Institutiones Materiae Medieae.
Argentorati, 1774 i

LES

BADA.MIERS

107

(110) S t e n h o u s e . On some astringent substances. Philosoph.
Magazine [3] X X II, 1843.
(111) S u s r u t a . in Ayurveda ed. FI e s s l e r . Erlangen, 1844.
(112) S y l v iu s (J.), in M e s i a e , Opéra, trad. I. C o s t a e l s apud
Juntas. Venetiis, 1623.
(113) T s c i i i r c h . Die Harze und die Harzbehaelter. Leipzig,
1900.
(113 bis). J. T u r q u e t . Recherches anatomiques sur les Combretum africains. Paris, 1910.
(114) U nger (F.). Botanische Streifzüge a uf dem Gebiete der
Culturgeschichtc. I. Die Nahrungspflanzen des
Menschen. Sitzungsber. der Akad. der Wissensch.
W ien, 1857.
(115) V a l e n t i n i . Historia simplicium reformata. Francofurti
ad Mœnum, 1716.
(116) V a l m o n t de B o m a r e . Dictionnaire raisonné universel
d Histoire naturelle. Paris, 1764.
(117) V a n I t a l l i e . Nedcrland. Tijdschr. Pharrn., 1888.
(118) W a t t (G .). The commercial products o f India. London,
1908.
(119) W e d e l (Georg. W o lfg .). Amoenitates Materiae Medieae.
Ienae, 1704.
(120) W e h m e r . Die Pflanzenstoffe. Iéna, 1911.
(121) W ie s n e r (J.). Die Rohstoffc des P flanzenreiches. 2e Aufl.
Leipzig, 1903.

�TABLE DES FIGURES
Grossissement 250 diam. Réduction de 1 4 .
l'ig. A.
Fig- R. —
Fig. C. —
Fig. D. —
Fig. E. —
Fig. F. —
Fig. G. —

7 ermina.Ua auslralis Camb. Structure primaire pri­
m itive de la racine. Coupe transversale.............
7 errninalia auslralis Camb. Structure primaire de la
racine. Coupe transversale...................................
7errninalia auslralis Camb. Structure secondaire
de la racine. Coupe transversale......................
Term inalia auslralis Camb. Texture schématique de
la tige jeune. Section transversale....................
Term inalia auslralis Camb. Structure secondaire de
la tige. Coupe transversale................................
Term inalia auslralis Camb. Structure secondaire de
la tige. Coupe longitudinale................................
Term inalia auslralis Camb, Texture schématique

.‘t0
31
33
35

36
38

de la tige âgée. Section transversale...............
Fig. H. — Term inalia Benzoin L. f. Structure secondaire de
la tige. Coupe transversale..................................
Fig. I. — Term inalia Benzoin L. f. Structure secondaire de
la tige. Coupe longitudinale................................
Fig. J. — Terminalia Calappa L. Texture schématique de la

39

tige. Section transversale.....................................
Fig. K. — Term inali;i Calappa L. Structure secondaire de la tige.
Coupe transversale...............................................
Fig. L. — Terminalia Calappa L. Structure secondaire de la tige.
Coupe longitudinale..............................................
Fig. M. — Term inalia auslralis Camb. Coupe transversale
de la fe u ille .............................................................
Fig. M, et Fig. Mo. — Term inalia australis Camb. Epidermes

44

40
4i

45
46
49

supérieur (M i) et inférieur (Mo) delafe u ille ... .
Term inalia Benzoin L. f. Coupe transversale de la

50

feu ille.......................................................................
Fig. Ni et Fig. No. — Terminalia Benzoin E. f. Epidermes supé­

52

rieur (N t) et inférieur (N 2) de la fe u ille .............
Fig. O. — Term inalia Calappa L. Coupe transversale de la
fe u ille .......................................................................
Fig. O t et F ig. Oo. — Terminalia Calappa L. Epidermes supé­

53

rieur (O ,) et inférieur (Oo) de la feu ille..............
Fig. P. — Terminalia procera Roxb. Coupe transversale de la
fe u ille ............................................................ •........

56

Fig. N. —

55

58

�E X P L IC A T IO N DES A B R É V IA T IO N S EM PLOYÉES
POUR LES LÉGENDES DES FIGURES.

a. g ., assise génératrice. — a. p ., assise pilifère. — Z)., bois. — b
bois
prim aire. — b i. , bois secondaire. — ch. c r ., chambre à cristaux. —
c. Ig ., cellule ligneuse. — col., collenchyme. — cotyl., cotylédon. —
cr., cristal. — c n jp ., crypté. — endoc., endocarpe. — cndoc. ext.,
endocarpe externe. — cndoc. in l., endocarpe interne. — end., endo­
derme. — ép., épiderm e. — ép. i., épiderme inférieur. — ép. s., épi­
derme supérieur. — épie., épicarpe. — f., fibre. — f. Ig., fibre
ligneuse. — f . p ér., fibre péric\clique. — g r . , graine. — /., liber. —
l. ext., liber externe. — l . i n t . , liber interne. — ni., moelle. — mésoc.,
mésocarpe. — p . , poil. — p . c., parenchyme. — p . c r ., poche à cris­
tal. — p ^ r., périeycle. — p . g . , ou p. s., poche sécrétrice. — p h .,
phelloderm e. — p . lac., parenchyme lacuneux. — p . pal., paren­
chym e palissadique. — p. per., parenchyme péricyclique. — r . m .,
rayon médullaire. — s. ou sub., suber. — st., stomate. — tég. ext.,
tégument externe. — tég. int., tégument interne. — t r . f . , travée
fibreuse. — v ., aisseau.

�NOU V E L L E CO N T HI BUT IO X
A L ’ÉTU D E

DES CRASSULACÉES MALGACHES
Par MM. R A Y M O N D -II AM ET &amp; PER R 1ER

de

r.A B A T H IE

Kalanchoe integrifolia Baker. — Ravmond-Hamet, Monogr.
du g. Ivalanclioe, in Bull. IIh . Bousier, sér. 2, t. V II, p. 893
(1907).
Le Kalanchoe integrifolia est une plante vivace. Sa tige
brève, glabre, ascendante et ligneuse, se divise, presque dès
la base, en de nombreux rameaux subérigés ; ceux-ci se ramifient
plusieurs fois et forment une toutfe épaisse et arrondie dont
la hauteur ne dépasse pas 30 centimètres. Le diamètre de la
tige est d ’environ 18 millimètres à la base; celui des rameaux
varie de b à 8 millimètres.
Dans leur partie supérieure, les rameaux portent six à huit
feuilles opposées, décussées et très peu distantes les unes des
autres. La longueur du premier entrenœud supérieur varie de
3 à 7 millimètres, celle du second de 3 à 8 millimètres, celle
du troisième de i à 7 millimètres, enfin celle du quatrième
de 3 à 8 millimètres. Glabres, sessiles, planes mais très épaisses,
hautes de 23 à 30 millimètres, larges de 13.30 à 22 milli­
mètres, obovées, non dilatées à la base, ces feuilles ont des
bords entiers et sont très obtuses au sommet où elles portent
souvent une légère cuspide. Les cicatrices foliaires larges,
transversalement oblongues, ne se rejoignent point par leurs
extrémités latérales.
A leur sommet, les rameaux portent une ou deux hampes.
Dans le premier cas, la hampe se trouve dans le prolongement
du rameau ; dans le second, on observe une hampe principale
Annales du Musée colonial de Marseille. — 3“ série, 2* vol. 1914.

8

�114

R.

HAM ET ET II. TERRIER DE LA BATlllË

qui continue le rameau et une hampe secondaire latérale qui
naît à l'aisselle d une des deux feuilles delà dernière paire. A
sa base, la hampe principale a un diamètre variant de 4.5 à 7
millimètres, presque identique, par conséquent, à celui du som­
met des rameaux, mais, un peu au-dessus île sa base, elle se
rétrécit brusquement et conserve ensuite, jusqu'à son sommet,
un diamètre à peu près constant, oscillant entre 1.80 et 2.00
millimètres. Par contre, les hampes latérales, ne se rétrécissant
pas dans leur partie inférieure, ont un diamètre presque iden­
tique surtoute leur longueur.Hautes de 8.5 à 19.o centimètres,
simples ou quelquefois divisées en deux ou trois rameaux
alternes, les hampes sont généralement nues mais présentent
quelquefois un peu au-dëssus ou un peu au-dessous du milieu,
deux petites cicatrices opposées qui attestent la présence de
feuilles réduites malheureusement disparues dans les échantil­
lons examinés.
Au sommet, la hampe, ou ses rameaux, porte un corvmbe
assez dense, haut de 10 à 28 millimètres, large de 14 à 40
millimètres, composé de deux pédoncules primaires opposés
qui donnent naissance un peu au-dessus de leur base à une cvme
bipare régulière et plusieurs fois ramifiée. Primitivement nutant, ce corvmbe se redresse bientôt et est complètement érigé
au moment de l anthèse.
Brefs, assez charnus, très légèrement dilatés au sommet,
longs de 2.50 à 3.50 millimètres, les pédicelles sont couverts
de nombreux petits poils glanduleux brièvement pédiculés.
A la base de chaque ramification de la cvme, on observe
deux bractées opposées, subdeltoîdes-linéaires, à bords entiers,
non élargies à la base, atténuées dans leur partie supérieure
jusqu’au sommet très légèrement cuspidé.
Couvert extérieurement de nombreux petits poils glandu­
leux brièvement pédiculés, le calice se compose d'un tube
beaucoup plus bref que les segments, haut de 0.25 à 0.30 m il­
limètres et de quatre segments appliqués contre le tube de la
corolle. Lorsque la tleurest jeune, ces segments sont deltoïdes,
aigus au sommet, à peine plus larges que hauts, longs de 1.50
millimètre et larges de 1.60 millimètre. Dans la fleur plus

CONTRIBUTION A l / É ll DK DES CBAS8UI.ACÊES MALGACHES

115

âgée, ils sont plus largement deltoïdes, légèrement cuspidés
au sommet, plus larges que hauts, longs de 1.20 millimètre et
larges de 2.20 millimètres. Enfin, dans le fruit, ils sont très
largement deltoïdes-subsemiorbiculaires, nettement cuspidés
au sommet, deux fois plus larges que hauts, longs de 1.40
millimètre et larges de 2.80 millimètres.
Plus longue que le calice, glabre et colorée en blanc jau­
nâtre, la corolle a son plus grand diamètre au-dessus du
milieu ; au-dessous de ce niveau, elle se rétrécit brusquement
jusqu’à la base ; au-dessus, elle s’atténue peu à peu jusqu’à la
base des segments étalés. Son tube, un peu plus bref que les
segments, est haut de 3.30 à 3.60 millimètres. Un peu plus
hauts que larges, rarement aussi hauts que larges, longs de
3.60 à 3.80 millimètres, larges de 3.40 à 3.60 millimètres,
subobovés, émarginés au sommet, ses segments sont atténués
jusqu'à la base non rétrécie, ni dilatée. L'émargination du pétale
ne se trouve pas au milieu de son sommet, mais un peu laté­
ralement, ce ijui donne à cet organe une légère asymétrie.
Quoiqu'elle soit à peu près rectiligne, la nervure principale
qui, à la base du pétale, se trouve exactement au milieu de
celui-ci, divise cet organe en deux moitiés dissemblables.
Dans une moitié, le pétale s’élargit assez rapidement jusqu'audessus du milieu et là se rétrécit brusquement jusqu’à son
sommet. Dans l’autre moitié, le pétale s’élargit peu à peu jus­
qu'à un niveau voisin du sommet ; là, il se rétrécit d’abord
lentement puis très brusquement ; enfin il s’ incurve assez pro­
fondément puis se redresse pour rejoindre le sommet de l'autre
moitié pétalaire. L ’émargination se trouve donc tout entière
dans une des deux moitiés pétalaires.
L ’androcée se compose de huit étamines libres entre elles ; _
les étamines alternipétales se développent toujours normale­
ment, mais on constate quelquefois un avortement presque
complet des étamines oppositipétales. Le sommet des filets
alternipétales insérés au-dessus du milieu du tube corollaire,
n'atteint pas le milieu des segments de la corolle ; ces filets,
dont la partie soudée fait nettement saillie à l’intérieur du tube
corollin et jusqu'à la base de celui-ci, sont légèrement arqués :

�11G

H.

HAMEL' ET H.

FEU R1ER DÉ LA HATHfE

à partir du niveau où ils se séparent de la corolle, ils s’in
curvent peu à peu vers l’intérieur, puis, au sommet, se rap­
prochent brusquement de l ’extérieur; assez charnus, longue­
ment linéaires-subdeltoïdes, les filets alternipétales ne sont
pas dilatés à la base; leur partie soudée est haute de 2.4 à
2.'i millimètres ; leur partie libre est longue de 2.4 à 2.b m il­
limètres, large de 0.45 millimètre au milieu et de 0.50 mil­
limètre à la base. Le sommet des filets oppositipétales, insérés
un peu plus haut que les filets alternipétales mais au-dessous
de la base des segments de la corolle, dépasse un peu le milieu
de ces segments ; appliqués contre les segments de la corolle,
assez charnus, longuement linéaires, subdeltoïdes, ces filets ne
sont pas dilatés à la base ; leur partie soudée est haute de 2.8
à 3 millimètres; leur partie libre est longue de 2.0 à 2.8 m illi­
mètres et large de 0.40 millimètre à la base et de 0.30 m il­
limètre au milieu. Subréniformes, légèrement émarginées à
la base et au sommet, un peu plus larges que hautes, les
anthères sont longues de 0.70 à 0.80 millimètre et larges de
l .10 à 1.20 millimètres.
Soudés entre eux sur un quart environ de leur longueur
totale, les carpelles sont appliqués les uns contre les autres ;
ovés-lancéolés, rétrécis à la base, ils sont atténués, dans leur
partie supérieure, en styles plus brefs qu’eux, assez charnus,
légèrement incurvés vers l'extérieur et terminés par des stig­
mates à peine dilatés; la partie soudée des carpelles est haute
de 0.8 à 1.25 millimètre; leur partie libre est longue de 2.0
à 3.0 millimètres et large de 1.8 à 2.0 millimètres ; les styles
sont hauts de 1.2 à 1.0 millimètre. Dans chaque carpelle, les
placentes, qui portent des ovules sur toute leur longueur, sont
constitués par deux grêles cordons verticaux, presque paral­
lèles, quoiqu’un peu incurvés en dedans, à chacun des deux
bords internes des carpelles.
Plus hautes que larges, sublinéaires-subdeltoïdes, nettement
dilatées dans leur partie inférieure, émarginées au sommet, les
écailles sont longues de 1.70 à 1.80 millimètre et larges de 0.80
à 0.85 millimètre.
Deux fois plus hautes que larges, obovées, atténuées dans

CONTRIBUTION A L ÉTUDE DES CRASSULACÉES MALGACHES

117

leur partie inférieure, obtusesau sommet, les graines, au nombre
de quatorze par follicule, sont longues de 1.50 millimètre et
larges de 0.75 millimètre. Leur test, couvert de rides longitu­
dinales nombreuses et peu saillantes, s’applique exactement
sur l'amande.
Cette espèce qui n’était connue que par quelques échantil­
lons recueillis par le Révérend Baron et distribués sous le il®
4377, a été récoltée parM . Perrier de la Bàthie, en septembre
1911, h une altitude d’environ 1.350 mètres, sur les quartzites dénudées du Mont Belambanana, entre les bassins du
Mananara et du Mangokv.

Kalanchoe Heckeli Raymond-Hamet et Perrier de la Bâthie.
Le Kalanclioc Ilcck eli est une plante vivace dont la tige glabre,
érigée, peu rameuse, haute de 20 h 40 millimètres, a un dia­
mètre d’environ 19 millimètres. Les rameaux, érigés eux aussi,
ont un diamètre voisin de 12 millimètres.
Dans leur partie supérieure, les rameaux portent un petit
nombre de feuilles opposées, décussées, peu distantes les unes
des autres, les entrenœuds étant généralement longs de
3 millimètres et ne dépassant pas une longueur de 5 m illi­
mètres. Plus hautes que larges, glabres, sessiles. planes et
charnues, obovées, non dilatées à la base, très obtuses au
sommet, légèrement cuspidées, les feuilles, qui ont des bords
entiers, sont longues de 47 à 04 millimètres et larges de 15.50
à 27.50 millimètres, Les cicatrices foliaires transversalement
oblongues ne se rejoignent point par leurs extrémités laté­
rales.
A leur sommet les rameaux portent une hampe florifère qui
les continue directement. Nue, simple, haute de 14 à 20
centimètres, cette hampe, dont le diamètre basilaire est de
7 millimètres, se rétrécit brusquement un peu au-dessus de
sa base et conserve jusqu au sommet un diamètre presque
identique variant de 3.50 à 4.50 millimètres.
L inflorescence corvmbiforme et assez dense qui termine la
hampe, se compose de deux pédoncules primaires opposés, ter­
minés par une cyme bipare régulière et plusieurs fois rami-

�118

R. HAMET ET H. PERRIER PE LA BATH1E
CONTRIRUTION A L’ ÉTUDE DES CRASSULACÉES MALGACHES

fiée ; ce eorymbe, dont la hauteur varie de 2 à 2.5 centi­
mètres et dont la largeur oscille entre 3 et i centimètres,
est d'abord nutant. mais se redresse bientôt et est complète­
ment érigé, au moment de l’anthèse.
Brefs. assez charnus, nettement renflés au sommet, cou­
verts de rares poils glanduleux très longuement pédicules, les
pédicelles sont hauts de 5 à 6 millimètres.
A la base de chaque division de l'inflorescence, on observe
deux bractées opposées, obovées, à bords entiers, atténuées et
cuspidées au sommet, plus hautes que larges, longues de 2 à
3.80 millimètres et larges de 0.70 à 1.50 millimètre.
Couvert extérieurement de très rares poils glanduleux lon­
guement pédiculés. le calice se compose d’un tube plus bref
que les segments, haut de 0.80 millimètre, et de quatre seg­
ments appliqués contre le tube de la corolle, sauf dans leur
partie supérieure où ils s’incurvent légèrement en dehors. Un
peu plus hauts que larges, subdelloïdes-subsemiorbiculaires, ni
rétrécis ni dilatés à la base, légèrement cuspidés au sommet,
ces segments, qui ont des bords entiers, sont longs de 3 m illi­
mètres et larges de 2.75 millimètres.
Plus longue que le calice, la corolle glabre et rose a son
plus grand diamètre au-dessous du milieu ; au-dessous de ce
niveau, elle se rétrécit assez brusquement jusqu’à la base ; audessus, elle s'atténue peu à peu jusqu’à la base des segments
corollaires étalés. Un peu plus long que les segments, son tube
est haut de 3.60 millimètres. Un peu plus larges que hauts,
transversalement oblongs-subheptagonaux, longs de 3.40 m il­
limètres et larges de 3.60 millimètres, très obtus au sommet
au milieu duquel ils portent une petite cuspide aiguë, ses seg­
ments. dont les bords sont entiers, ont leur plus grande lon­
gueur au-dessous du milieu ; au-dessous de ce niveau, ils se
rétrécissent brusquement jusqu’à la base; au-dessus, ils s’at­
ténuent insensiblement jusqu’auprès du sommet, puis se rétré­
cissent brusquement.
L androcée se compose de huit étamines libres entre elles.
Le sommet des blets alternipétales insérés au-dessus du milieu
du tube corollaire n'atteint pas le milieu des segments de la co-

119

rolle ; longuement linéaires-subdeltoïdes, assez charnus, non
dilatés à la base, ces liletssont légèrement arqués; à partir du
niveau où ils se séparent de la corolle, ils s’incurvent peu à
peu vers l'intérieur puis, au sommet, se rapprochent assez brus­
quement de l’extérieur ; leur partie soudée, qui fait nettement
saillie à l'intérieur du tube de la corolle et jusqu’à la base de
celui-ci. est haute de 2 millimètres ; leur partie libre est longue
de 2.20 millimètres et large de 0.52 millimètre à la base et
de 0.42 millimètre au milieu. Le sommet des filets oppositipétales insérés un peu plus haut que les filets alternipétales mais
au-dessous de la base des segments de la corolle, dépasse légè­
rement le milieu de ces segments; longuement linéaires-subdeltoïdes, assez charnus, non dilatés à la base, ces filets ne
sont pas arqués mais appliqués contre les segments corol­
laires; leur partie soudée est haute de 2.80 millimètres ; leur
partie libre est longue de 2.80 millimètres et large de 0.40
millimètre à la base et de 0.30 millimètre au milieu. Aussi
hautes que larges, suborbiculaires, très obtuses au sommet et
légèrement émarginées à la base, les anthères sont longues de
1 millimètre et larges de 1 millimètre.
Soudés entre eux sur moins d'un quart de leur longueur
totale, les carpelles sont appliqués les uns contre les autres ;
ovés-oblongs, lancéolés, rétrécis à la base, ils s’atténuent,
dans leur partie supérieure, en styles légèrement incurvés vers
l'extérieur, assez charnus, plus brefs que les carpelles et ter­
minés au sommet par des stigmates non dilatés. La partie
soudée des carpelles est longue de 0.80 millimètre ; leur par­
tie libre est haute de 2.80 millimètres et large de 1.20 m illi­
m ètre; les styles sont longs de 1.20 à 1.30 millimètre. Dans
chaque carpelle, les placentes, qui portent des ovules sur toute
leur longueur, sont constitués par deux grêles cordons verti­
caux presque parallèles, quoiqu'un peu incurvés en dedans, à
chacun des deux bords internes des carpelles.
Plus hautes que larges, longuement subtrapéziformes-sublinéaires, non dilatées dans leur partie inférieure, obtuses et fine­
ment crénelées au sommet, les écailles sont longues de 1.30
millimètre et larges de 0.80 millimètre.

�120

121

R. HAM ET ET II. PERR1ER DE EA BATHIE

CONTRIBUTION A L ’ ÉTUDE DES CRA8SULACÉES MALGACHES

Les graines, non mures, sont au nombre de seize à dix-huit
par follicule. Leur test, orné de rides longitudinales nombreuses
et peu saillantes, s'applique exactement sur l'amande.
Cette espèce, qui est dédiée àM . le Pr. E. Heckel, le savant
directeur de 1 Institut colonial de Marseille, a été récoltée par
M. Perrier de la Bàthie, en juin 1912, à une altitude d'envi­
ron 1.700 mètres, sur des quartzites situées entre Am balomaintv et lhemo, dans la province d'Ambositra. Elle appar­
tient au groupe 2 proposé par M. Raymond Hamet et se rap­
proche du K. infeg ri folia Baker, dont elle se distingue aisé­
ment : 1° par ses tiges peu ramifiées, et non très rameuses ;
2° par ses fleurs roses, non point colorées en blanc jaunâtre ;
3° par ses sépales couverts de rares poils longuement pédiculés, et non de nombreux poils brièvement pédiculés ; 4° par
sa corolle à tube un peu plus long, non point un peu plus bref
que les segments ; 5° par ses pétales un peu plus larges que
hauts, symétriques, transversalement oblongs-subheptagonaux,
brusquement rétrécis dans leur partie supérieure, très obtus
et cuspidés au sommet, et non un peu plus hauts que larges

sont transversalement oblongues et ne se rejoignent point par
leurs extrémités latérales.

ou aussi hauts que larges, asymétriques, atténués jusqu'à la
base non rétrécie, émarginés au sommet ; 6° par ses écailles
finement crénelées au sommet, non point émarginées.

Kalanchoe Bitteri Raymond-Hamet et Perrier delà Bàthie.
Le Kalanchoe B itteri est une plante vivace, dont la tige ra­
meuse, très charnue, est haute de 15 à 35 centimètres. Le dia­
mètre des rameaux florifères varie de 10 à 15 millimètres.
Dans leur partie supérieure, les rameaux portent un petit
nombre de feuilles opposées, décussées, peu distantes les unes
des autres, la longueur des entrenœuds ne dépassant pas
5 millimètres. Glabres, sessiles, cylindriques mais légèrement
canaliculées sur leur face supérieure, longues de 9.6 à I 1 centi­
mètres, larges de 11 à 13 millimètres, insensiblement atté­
nuées dans leur partie inférieure, assez brusquement rétrécies
dans leur partie supérieure jusqu’au sommet subaigu, ces
feuilles sont pourvues, à la base, d'un petit renflement dont la
surface externe s’applique contre la tige. Les cicatrices foliaires

A leur sommet, les rameaux portent une hampe florale qui
les continue directement. Simple, haute de 27 à 28 centi­
mètres, portant au-dessus du milieu deux cicatrices opposées
qui attestent la présence de deux feuilles réduites malheu­
reusement disparues sur l’échantillon examiné, cette hampe,
dont le diamètre basilaire varie de 7 à 10 millimètres, se rétré­
cit brusquement et conserve jusqu’au sommet un diamètre
presque identique oscillant entre 4 et 6 millimètres.
L inflorescence dense et corymbiforme, qui termine la hampe
florale, se compose de deux pédoncules primaires opposés,
portant, à peu de distance de leur base, une cyme bipare régu­
lière et plusieurs fois ramifiée; ce corymbe, dont la hauteur
varie de 3 à 4.5 centimètres et dont la largeur oscille entre 5 et
6 centimètres, est primitivement nutant, mais il se redresse
bientôt et est complètement érigé au moment de l’anthèse.
Brefs et assez charnus, un peu renflés au sommet, couverts
de nombreux poils glanduleux très longuement pédiculés, les
pédicelles sont longs de 3.5 à 6 millimètres.
Les bractées, qu’on observe à la base de chacune des divi­
sions de l inflorescence, sont opposées, ovées, rétrécies dans
leur partie inférieure, aiguës et cuspidées au sommet, plus
hautes que larges, longues de 1.6 à 3.2 millimètres, larges de
0.5 à 1.4 centimètres, couvertes sur leurs deux faces de nom­
breux poils glanduleux très longuement pédiculés.
Couvert intérieurement et extérieurement de nombreux
poils glanduleux très longuement pédiculés, le calice se com­
pose d'un tube plus bref que les segments, haut de 0.8 à
1.4 millimètres et de quatre segments appliqués contre le
tube de la corolle. Largement ovés et par conséquent rétrécis
dans leur partie inférieure ou subdeltoïdes-subsemiorbiculaires et conséquemment non rétrécis dans leur partie infé­
rieure, un peu plus hauts que larges ou aussi hauts que larges,
les segments, qui ont des bords entiers, sont longs de 2.8 à
3.8 millimètres et larges de 2.6 à 3.2 millimètres.
Plus longue que le calice, la corolle blanche a son plus

�122

n. 1IAMI.T ET II. TERRIER PE LA RATHIE

grand diamètre au-dessous du milieu ; au-dessous de ce
niveau, elle se rétrécit assez brusquement jusqu'à la base ;
au-dessus, elle s’atténue peu à peu jusqu'à la base des seg­
ments corollaires étalés. Un peu plus bref que les segments,
glabre intérieurement mais couvert extérieurement de poils
glanduleux très longuement pédiculés. son tube est haut de
1.2 à 4.8 millimètres. Subobovés, plus hauts que larges, longs
de 0.6 à 6 millimètres, larges de 3.6 à 4 millimètres, légère­
ment asymétriques, atténués depuis un niveau supérieur au
milieu jusqu’à la base non rétrécie ni dilatée, brusquement
rétrécis dans leur partie supérieure, couverts extérieurement
de poils glanduleux très longuement pédiculés, intérieurement
de nombreuses papilles hyalines subcylindriques-subconiques,
ses segments sont très obtus au sommet où ils portent une
assez large cuspide émarginée ou cuspidée, à son tour.
L androcée se compose de huit étamines libres entre elles.
Le sommet des filets alternipétales insérés un peu au-dessous
du milieu du tube de la corolle n'atteint pas le milieu des
segments corollaires; longuement linéaires-subdeltoïdes, assez
charnus, non dilatés à la base, ces Ülets sont légèrement
arqués; à partir du niveau où ils se séparent de la corolle, ils
s’incurvent peu à peu vers l’intérieur puis, au sommet, se
rapprochent assez brusquement de l’extérieur; leur partie
soudée, qui fait nettement saillie à l'intérieur du tube de la
corolle, est longue de 2.8 à 3 millimètres; leur partie libre est
haute de 2.6 à 3.3 millimètres et large de 0.5 à 6.6 m illi­
mètre à la base et de 0.4 à 0.45 millimètres au milieu. Le
sommet des filets oppositipélales, insérés un peu plus haut
que les filets alternipétales mais au-dessous de la base des
segments de la corolle, n’atteint pas le milieu de ces seg­
ments; longuement linéaires-subdeltoïdes, assez charnus,
non dilatés ni rétrécis à la base, ces filets ne sont pas arqués
mais appliqués contre les segments corollaires ; leur partie
soudée est haute de 3.4 à 3.70 millimètres; leur partie libre
est longue de 3 à 3.80 millimètres et large de 0.40 à 0.42
millimètre à la base et de 0.30 à 0.35 millimètre au milieu.
Un peu plus longues que hautes, très largement ovçes-suborbi-

CONTRIBUTION A LÉTUDE DES CRASSULACÉES MALGACHES

123

eulaires, obtuses au sommet, émarginées à la base, les
anthères sont longues de 0.60 à 0.80 millimètres, et larges
de 1.15 à 1.20 millimètres.
Soudés entre eux sur un cinquième environ de leur lon­
gueur totale, les carpelles sont appliqués les uns contre les
. autres ; ovés-lancéolés, rétrécis à la base, ils s'atténuent,
dans leur partie supérieure, en styles assez charnus, plus
brefs que les carpelles, nettement incurvés vers l'extérieur et
terminés au sommet par des stigmates légèrement dilatés; la
partie soudée des carpelles est hautede 0.60 à 1.20 millimètre;
leur partie libre est longue de 3.60 à 4.40 millimètres et large
de 2.30 millimètres; les styles sont hauts de 1.30 à 1.65 mil­
limètre. Dans chaque carpelle, les placentes qui portent des
ovules sur toute leur longueur, sont constitués par deux grêles
cordons verticaux presques parallèles, quoiqu un peu incur­
vés en dedans, à chacun des deux bords internes des car­
pelles.
Plus hautes que larges, .sublinéaires, nettement dilatées
dans leur partie inférieure et émarginées au sommet, les
écailles sont longues de 2.20 à 2.40 millimètres et larges de
1.20 millimètre à la base et de 0.80 à 0.90 millimètre au
milieu.
Plus hautes que larges, subobovées, très obtuses au som­
met, oblongues, atténuées dans leur partie inférieure, les
graines, au nombre de vingt-quatre à vingt-six dans chaque
follicule, sont longues de 1.15 millimètre et larges de 0.40
millimètre. Leur test, couvert de rides longitudinales nom­
breuses et peu saillantes, s’applique exactement sur l ’amande.
Cette espèce, qui est dédiée à M. le Dr Bilter, le savant
directeur du Jardin Botanique de Bremen, a été récoltée, en
juin 1912, à une altitude d ’environ 1.700 mètres, sur les
quartzites situées entre Ambalomainty et lhemo, dans la pro­
vince d’Ambositra. Elle appartient au groupe 2 proposé par
M. Baymond-Hamet et se rapproche des Kalanchoe integrifolia Baker et A. Heckeli Raymond-Hamet et Perrier de la
Bâthie, mais s’en distingue facilement.
Du K. in teg rifolia , elle diffère : 1° par ses poils très Ion-

�124

R. HAMET ET U. TERRIER DE IA BATI1IE

guement, et non brièvement pédicules; 2° par ses sépales un
peu plus hauts ou aussi hauts que larges, non point plus larges
que hauts ; 3° par ses pétales beaucoup moins asymétriques,
pourvus au sommet d'une longue cuspide, et non émarginés ;
4° par ses graines plus nombreuses.
Elle s’éloigne du K. Heckeli ; 1° par sa corolle blanche et
non rose ; 2U par son tube corollaire un peu plus bref, non
point un peu plus long que les segments; 3° par ses pétales

CONTRIBUTION A

l ’ ÉTUDE

DES CRASSÜLACÉES MALGACHES

l2 o

Kalanchoe tubiflora Raymond-Hamet.
Le Kalanchoe tubiflora est une plante glabre et vivace. Rou­
geâtre, assez robuste, haute de 50 à 70 centimètres, érigée
mais un peu couchée dans sa partie inférieure, sa tige ne se
ramifie point mais émet, à la base, de nombreux rejets stériles
qui se développeront et fleuriront ultérieurement.

plus hauts que larges, subobovés, atténués jusqu’il la base
non rétrécie, légèrement asymétriques, pourvus au sommet
d'une large cuspide émarginée ou cuspidée, et non un peu
plus larges que hauts, symétriques, transversalement oblongssubheptagonaux. brusquement rétrécis dans leur partie infé­
rieure, pourvus au sommet d’une cuspide aiguë; 4° par ses
écailles émarginées au sommet et non finement crénelées.
Enfin elle se distingue de ces deux espèces par ses feuilles
cylindriques non point planes et obovées.
Nous résumons, dans le tableau suivant, les caractères dis­
tinctifs des Kalanchoe in tegrifolia , K. Heckeli et K. B itteri
qui constituent aujourd'hui le groupe 2 de M. RaymondHamet.
A. Feuilles planes, obovées.
1. Corolle colorée en blanc jaunâtre.
Sépales couverts de nombreux poils
brièvement pédiculés. Pétales un peu
plus hauts que larges, rarement aussi
hauts que larges, subobovés, asymé­
triques, atténués jusqu'à la base non
rétrécie, émarginés au sommet.......

K . integrifolia.

2. Corolle rose. Sépales couverts de
poils très longuement pédiculés.
Pétales un peu plus larges que
hauts, symétriques, transversalement
oblongs - subheptagonaux , brusque ment rétrécis dans leur partie infé­
rieure, très obtus et cuspidés au som­
met.................................................... K. Heckeli.
B. Feuilles cylindriques............................... K . B itte ri.

Dans leur extrême jeunesse, les tiges portent des feuilles
sur toute leur longueur, mais leur région inférieure se
dénude bientôt. Les feuilles, presque toujours subternées.
très rarement opposées, sont quelquefois alternes dans la
partie supérieure de la tige. Les feuilles de la saison sèche
diffèrent seulement par leur longueur de celles de la saison
des pluies. Colorées en vert rougeâtre pâle et tachetées de
vert sombre, les unes et les autres sont cylindriques, légère­
ment canaliculéessur leur face supérieure, atténuées dans leur
partie inférieure jusqu'à la base non dilatée. Lorsque ces feuilles

�126

R,

HA MET Kl

H.

BERRIGR DE LA ItAllUE

sont jeunes, elles portent, à leur sommet, cinq à sept petites
dents aiguës opposées deux par deux et séparées par des
sinus arrondis. Dans ces sinus se développent bientôt de
petits lobes obovés-oblongs, obtus au sommet, à bords entiers
rarement lobés, hauts de 2.80 à 3 millimètres et longs de 1.20
à 1.4-0 millimètre. A 1 approche de la saison des pluies, ces
lobes assez épais, s'épaississent encore et se transforment en
pseudo-bulbilles qui multiplient la plante. La longueur des
feuilles varie de 1.15 à 13 centimètres, mais leur largeur
n'oscille qu'entre i et 3.50 millimètres. Les cicatrices foliaires
petites et transversalement oblongues, ne se rejoignent point
par leur extrémités latérales.
La tige se termine au sommet par une inllorescence assez
dense, haute de 5 à 15 centimètres et large de 7 à 20 centi­
mètres. Cette inflorescence se compose de deux à cinq pédon­
cules primaires terminés par des cymes bipares ramifiées et
multiflores.
Les pédicelles grêles, hauts de 0 à 20 millimètres, sup­
portent des fleurs pendantes.
Le calice campanulé et coloré en vert rougeâtre, se com­
pose d’un tube plus bref que les segments, haut de 2.00 à
5 millimètres et de quatre segments non appliqués contre le
tube de la corolle ; subdeltoïdes, plus hauts que larges, non
dilatés ou rétrécis à la base, atténués jusqu’au sommet aigu et
un peu acuminé, ses segments sont longs de 5.80 à 7.70 mil­
limètres et larges de 3.70 à 5.70 millimètres.
Plus longue que le calice, la corolle rouge est nettement
étranglée au-dessous du milieu; au-dessous de cet étrangle­
ment, elle se dilate peu à peu puis se rétrécit jusqu'à la base;
au-dessus, elle se dilate assez brusquement puis s’élargit
insensiblement jusqu'au-dessus du milieu; à partir de ce
niveau, elle se rétrécit peu à peu jusqu’à la base des divisions
dressées-étaiées. Plus long que les segments, son tube est
haut de 22.30 à 21 millimètres. Très longuement obovés, un
peu plus hauts que larges, longs de 7.20 à 10.20 millimètres,
longs de 7 à 9.80 millimètres, atténués jusqu’à la base non
élargie ni dilatée, ses segments, qui ont des bords érodés dans

CONTRIBUTION A L ÉTUDE DES CRASSULACÉES MALGACHES

127

leur partie supérieure, sont très obtus au sommet et portent
au milieu de celui-ci une large cuspide obtuse.
L ’androcée se compose de huit étamines libres entre elles. Le
sommet des filetsalternipétales insérés au-dessous du milieu du
tube corollaire n’atteint pas le milieu du.segment de la corolle;
grêles, très longuement linéaires et colorés en rose, ces filets,
dont la partie soudée ne fait pas saillie à lintérieur du tube
de la corolle, sont insensiblement dilatés dans leur partie
inférieure jusqu’à la base non élargie ni rétrécie ; leur partie
soudée est haute de 6.70 millimètres; leur partie libre est
longue de 17.50 à 18 millimètres et large de 0.60 millimètre
au milieu et de 0.65 millimètre à la base. Le sommet des
filets oppositipétales, insérés un peu plus haut que les filets
alternipétales, dépasse un peu le sommet de ces filets mais
n’atteint pas le milieu des segments de la corolle ; grêles, très
longuement linéaires et colorés en rose, ces filets, dont la
partie soudée ne fait pas saillie à l'intérieur du tube de la
corolle, s’élargissent assez nettement dans leur partie infé­
rieure jusqu à la base non dilatée ni rétrécie; leur partie sou­
dée est haute de 5 à 5.70 millimètres; leur partie libre est
longue de 19.65 à 20.50 millimètres et large de 0.60 milli
mètre au milieu et de 1 millimètre à la base. Roses, légère­
ment ovées, un peu plus larges que hautes ou un peu plus
hautes que larges, obtuses ou cuspidées au sommet, les
anthères sont longues de 1 à 2 millimètres et larges de 1.10
à 1.70 millimètre.
Soudés entre eux sur un peu plus d'un quart de leur lon­
gueur totale, les carpelles sont appliqués les uns contre les
autres; ovés-oblongs, rétrécis dans leur partie inférieure, ils
sont atténués en styles grêles, plus longs qu’eux et terminés
par des stigmates légèrement dilatés; leur partie soudée est
haute de 1.65 m illim ètre; leur partie libre est longue de
i.50 millimètres; les styles sont hauts de 19.50 millimètres.
Dans chaque carpelle, les placentes, qui portent des ovules sur
toute leur longueur, sont constitués par deux cordons grêles,
verticaux et presque parallèles, quoiqu'un peu incurvés en
dedans, à chacun des deux bords internes des carpelles.

�128

R. HAMET ET H. PERMIS R DK LA BAlTllE

Un peu plus hautes que larges ou un peu plus larges que
hautes,subtrapéziforines-subsemiorbiculaires, obtuses au som­
met, élargies jusqu'à la base non dilatée ni rétrécie, les
écailles sont longues de 0.70 à 1.60 millimètre et larges de
0.85 à 1.40 millimètre.
Deux fois plus hautes que larges, obovées, légèrement
arquées, obtuses au sommet et à la base, les graines, très
nombreuses dans chaque follicule, sont longues de 0.64 mil­
limètre et larges de 0.32 millimètre. Leur test, couvert de
rides longitudinales nombreuses et peu saillantes, s applique
exactement sur l'amande.
Cette plante a été récoltée par M. Perrier de la Bàthie sur
les grès de l'Imaloto, sur Les schistes permiens des environs
d'Ampanihv et dans les sables de la Linta.

Kalanchoe Daigremontiana Raymond-Hamel et Perrier de
la Bâthie.
Le Kalanchoe Daigremontiana est une plante glabre, pro­
bablement bisannuelle ou trisannuelle. Colorée en vert bru­
nâtre, haute de 40 à 60 centimètres, simple, érigée mais un
peu couchée dans sa partie inférieure, sa tige émet rarement
des rejets basilaires.
La tige porte des feuilles planes, opposées, décussées, assez
espacées. La longueur du premier entre-nœud supérieur est
de 4,5 centimètres, celle du second de 5 centimètres, celle du
troisième de 3,3 centimètres, celle du quatrième de 4,2 cen­
timètres, celle du cinquième de 5 centimètres, celle du
sixième de 2,4 centimètres, celle du septième de 4 centi­
mètres. Les feuilles inférieures, généralement détruites au
moment de la floraison, sont pétiolées et peltées ; légèrement
canaliculé sur sa face supérieure, le pétiole, dont la hauteur
atteint 3,3 centimètres, s’insère sur le limbe à 7 millimètres
environ de sa base et s'élargit peu à peu jusqu’à la hase
amplexicaule ; coloré en rose terne, ové, nettement cariné,
formant une sorte de cupule pourvue d une tache sombre au
point d’insertion du pétiole et souvent remplie par la rosée ou
l ’eau de pluie, le limbe, dont la hauteur atteint 16 centimètres

CONTRIBUTION A l/ÉTUDE DES CRASSULACÉGS MALGACHES

129

et la largeur 2 centimètres, a des bords garnis de petites dents
aiguës régulières et séparées par des sinus anguleux où l’on
voit apparaître quelquefois de petits pseudo-bulbilles subobtus
qui multiplient la plante. Les feuilles médianes, souvent
détruites au moment de la floraison, sont pétiolées mais non
peltées; haut de 17 millimètres, large de 1.75 millimètre au
milieu, le pétiole qui s’insère à la base même du limbe
s’élargit insensiblement jusqu’à la base amplexicaule et large
de 3 millimètres ; longuement ové, haut de 6 centimètres et
large de 0.9 centimètre, le limbe, qui porte à la base deux
larges oreillettes obtuses et entières, est garni, sur les bords,
de petites dents aiguës régulières et séparées par des sinus
anguleux. Les feuilles médianes supérieures et les feuilles
supérieures, qui subsistent toujours au moment de la floraison,
sont elles aussi pétiolées; peu distinct du limbe, haut de 10
à 20 millimètres, large de 1.25 à 1.75 millimètre au milieu,
le pétiole s’élargit peu à peu jusqu'à la base amplexicaule et
large de 1.75 à 2.25 millimètres; aigu au sommet, plié en
gouttière, très longuement ové, sublinéaire, haut de 4.2 à
13 centimètres, large de 2,50 à i millimètres, bordé de petites
dents aiguës et régulières séparées par des sinus anguleux, le
limbe est coloré sur sa face supérieure en vert sombre, sur sa
face inférieure en blanc rougeâtre mais est maculé en dessus
et en dessous de taches d'un vert sombre. Les cicatrices
foliaires, en forme d’étroit croissant, se rejoignent presque par
leurs extrémités latérales.
L inflorescence lâche et paniculiforme qui termine la tige est
composée d'un axe terminal et de deux à trois paires de
pédoncules primaires latéraux, opposés, terminés au sommet
par des cymes bipares pauciflores simples ou très peu ramifiées.
Grêles, longs de 5 à II millimètres, les pédicelles supportent
des fleurs pendantes avant et pendant l anthèse, mais érigées
après celle-ci.
Longuement ovées-sublinéaires, rétrécies à la base et atté­
nuées insensiblement jusqu'au sommet aigu, les bractées, qui
ont des bords entiers, sont longues de 2.80 millimètres et
larges de 0.50 millimètre.
Annales (lu Musée colonial de Marseille. — 3* série, 2* vol. 191-i.

9

�130

R.

Il AMET ET U.

PERRIER DE LA RATIllE

Le calice campanule se compose d'un tube haut de 4 à
4.20 millimètres et de quatre segments un peu plus brefs ou
un peu plus longs que le tube. Deltoïdes, un peu plus hauts
que larges, atténués depuis la base non dilatée ni rétrécie
jusqu'au sommet aigu, ces segments, qui ont des bords entiers,
sont longs de 3;70 à 5.30 millimètres et larges de 2.25 à
3.60 millimètres.
Plus longue que le calice, colorée en rose terne foncé, la
corolle est nettement étranglée au-dessous du milieu ; audessous de cet étranglement, elle se dilate peu à peu, puis se
rétrécit assez brusquement jusqu'à la base ; au-dessus, elle se
dilate assez brusquement, puis s’élargit insensiblement jusqu'à
la base des divisions érigées-étalées. Plus bref que les seg­
ments, haut de 10 à 17.50 millimètres, son tube porte exté­
rieurement quatre côtes verticales peu saillantes situées dans sa
partie inférieure en face des iilets oppositipétales. Subobovés,
plus hauts que larges, longs de 7 à 7.70 millimètres et larges
de 3.50 à 4.25 millimètres, ses segments, dont les bords sont
entiers, ont leur plus grande largeur au-dessus du milieu ;
au-dessus de ce niveau, ils se rétrécissent brusquement jus­
qu'au sommet aigu et quelquefois très légèrement cuspidé ;
au-dessous, ils se rétrécissent insensiblement jusqu'à la base
ni élargie ni dilatée.
L androcée se compose de huit étamines libres entre elles.
Le sommet des Iilets alternipétales insérés au-dessous du
milieu du tube de la corolle dépasse un peu la base des seg­
ments corollaires mais n’atteint pas leur milieu ; très longue­
ment linéaires, ces Iilets, dont la partie soudée fait très légè­
rement saillie à l'intérieur du tube de la corolle, s'élargissent
insensiblement depuis le sommet jusqu à la base non dilatée
ni rétrécie ; leur partie soudée est haute de 6.60 à 8 milli­
mètres ; leur partie libre est longue de 10.20 à 11.70 m illi­
mètres et large de 0.45 à 0.50 millimètre. Le sommet des
Iilets oppositipétales, insérés un peu plus bas que les Iilets alter­
nipétales, dépasse un peu le sommet de ces Iilets mais
n'atteint pas le milieu des segments de la corolle ; très lon­
guement linéaires, ces filets, dont la partie soudée ne fait pas

CONTRIBUTION A

l ' éHTDE

DES CRASSCLACÉES MALGACHES

131

saillie à l’intérieur du tube de la corolle, s’élargissent insen­
siblement depuis le sommet jusqu’à la base non rétrécie ni
dilatée ; leur partie soudée est haute de 5.7 à 6.2 millimètres ;
leur partie libre est longue de 13 à 14,60 millimètres et large
de 0.45 à 0.55 millimètre. Colorées en rouge sombre, subréniformes, un peu plus hautes que larges ou un peu plus larges
que hautes, émarginées à la base et au sommet, les anthères
sont longues de 1.65 à 2 millimètres et larges de 1.10 à
1.80 millimètre.
Soudés entre eux sur un cinquième environ de leur lon­
gueur totale, les carpelles sont appliqués les uns contre les
autres ; ovés, rétrécis dans leur partie inférieure, ils sont
atténués dans leur partie supérieure en styles grêles plus
longs qu’eux et terminés par des stigmates légèrement dilatés ;
leur partie soudée est haute de 1.10 à 1.20 millimètre ; leur
partie libre est longue de 4.80 à 5.25 millimètres et large de
2.50 millimètres; les styles sont hauts de I 1 .30 à I 4.80 m il­
limètres. Dans chaque carpelle, les placentes, qui portent
des ovules sur toute leur longueur, sont réduits à deux grêles
cordons verticaux parallèles à chacun des deux bords internes
des carpelles.
Plus larges que hautes, largement subquadrangulaires,
subtrapéziformes ou subsemiorbiculaires,obtuses ou émarginées
au sommet, toujours insensiblement élargies depuis le sommet
jusqu’à la base non dilatée ni rétrécie, les écailles sont longues
de 0.50 à 0.65 millimètre et larges de 1.05 à 1.15 millimètre.
Les graines sont nombreuses dans chaque follicule. Leur
test, couvert de rides longitudinales peu saillantes, s'applique
exactement sur l'amande.
Cette plante, qui est dédiée à Madame et Monsieur Daigremont, a été récoltée en juillet 1910, par M. Perrier de la
Bâthie, sur les grès boisés ou dénudés du Mont Androhibolava
(Onilahy), sur les gneiss du Marosavoha (Onilahv et sur les
grès de J Isalo et du Makay.
Elle appartient au groupe 9 proposé par M. RaymondIlamet et est très voisine du K. lubiflora Raymond-Hamet,
dont elle se distingue pourtant facilement : 1° par ses feuilles

�132

IL HÀMET

et

II.

PEKIUER DE LA BATHIË

planes et pétiolées, non point cylindriques et sessiles ; 2° par
ses pétales aigus, et non très obtus.

Kalanchoe Rosei Ravmond-Hamet et Perrier de la Bâthie.
Le Kalanchoe Rosei est une plante glabre et vivace. Sa tige,
qui atteint une hauteur de un mètre, est colorée en brun
verdâtre et maculée de taches plus claires ; érigée, mais un
peu couchée dans sa partie inférieure, elle ne se ramilie point
mais émet à la base de nombreux rejets stériles qui se déve­
lopperont et fleuriront ultérieurement.
La tige porte des feuilles opposées, décussées, pétiolées,
assez espacées. Les feuilles inférieures sont généralement
détruites au moment de la floraison ; grêle, à peine élargi à la
base, subcylindrique, légèrement canaliculé sur sa face supé­
rieure, haut de 53 à 70 millimètres, large de 1 à 1.25 m illi­
mètre au milieu et de 1.50 à 2 millimètres à la base, le pétiole
s'insère sous le limbe à 4 ou 5 millimètres de la base de
celui-ci ; plan mais épais, maculé de noir, coloré sur sa face
supérieure en vert, sur sa face inférieure en vert glauque ou
en rose, haut de 9.2 à 15.7 centimètres, large de 6.8 à
14.6 centimètres, bordé de crénelures obtuses irrégulières
assez peu profondes et séparées par des sinus larges et arron­
dis, le limbe tripartit se compose d'un segment terminal dont
l'axe longitudinal se confond avec celui de la feuille et de
deux segments latéraux opposés dont Taxe longitudinal est
perpendiculaire à celui de la feuille ou forme avec lui un
angle un peu inférieur ou un peu supérieur à 45° ; le segment
terminal trilobé se compose d'un lobe médian longuement
subdeltoïde, obtus au sommet, et de deux lobes latéraux
opposés, plus brefs que le lobe médian, deltoïdes, subobtus au
sommet ; les segments latéraux, tous deux bilobés, possèdent
un lobe supérieur longuement subdeltoïde obtus au sommet,
beaucoup plus grand que le lobe inférieur deltoïde subaigu et
quelquefois extrêmement réduit. Les feuilles médianes et supé­
rieures subsistent toujours au moment de la floraison ; grêle,
à peine élargi à la base, subcylindrique, légèrement canaliculé
sur sa face supérieure, haut de 3.3 à 5.7 centimètres et large

CONTRIBUTION A L’ ÉTUDE DES CHASSULACÉES MALGACHES

133

de 0.75 à 1.50 millimètre au milieu et de 1.50 à 2.50 m illi­
mètres à la base, le pétiolè s'insère sous le limbe à 4.5 ou
10 millimètres de la base de celui-ci ; haut de 5.7 à 17 centi­
mètres, large de 5.5 à 15 centimètres, bordé de crénelures
irrégulières larges assez peu nombreuses et séparées par des
sinus larges et arrondis, maculé de noir, coloré sur sa face
supérieure en vert, sur sa face inférieure en vert glauque ou
en rose, le limbe tripartit possède un segment terminal sub­
deltoïde, simple, obtus, plus long que les segments latéraux
subdeltoïdes simples et subobtus ; l'axe longitudinal du seg­
ment terminal se confond avec celui de la feuille tandis que
Taxe longitudinal des segments latéraux forme avec celui-là
un angle égal, supérieur ou inférieur à 45°. Les cicatrices
foliaires, en forme de croissant, ne se rejoignent point par
leurs extrémités latérales obtuses.
Subpaniculiforme, haute de 38 à 55 centimètres, large de
18 à 20 centimètres, l'inflorescence qui termine la tige se
compose de six à dix pédoncules primaires latéraux, opposés
deux par deux et terminés par des cvmes bipares une fois
ramifiées.
Grêles, non renflés au sommet, hauts de 17 à 21 m illi­
mètres, les pédicelles grêles supportent des fleurs pendantes.
Subcampanulé, coloré en rose, le calice se compose d'un
tube, plus long que les segments, haut de 10.60 à 11.30 milli­
mètres, et de quatre segments deltoïdes, à bords entiers,
aussi hauts que larges ou un peu plus hauts que larges, longs
de 4.8 à 5.9 millimètres et larges de i.8 à 5.6 millimètres,
insensiblement rétrécis depuis la base jusqu'au sommet aigu.
Plus longue que le calice, colorée en rose foncé, la corolle
est nettement étranglée au-dessous du milieu ; au-dessus de
cet étranglement, elle se dilate assez brusquement, puis
s’élargit insensiblement jusqu’au-dessus du milieu, enfin se
rétrécit peu à peu à partir de ce niveau jusqu’à la base des
divisions dressées-étalées ; au-dessous de cet étranglement,
elle se dilate presque insensiblement puis se rétrécit assez
brusquement jusqu à la base où elle se prolonge en un bref
petit tube dont la présence donne à la corolle une apparence

�131

R.

UAM ET ET

H.

TERRIER DE LA

BAT1IIÉ

stipitée. Plus long que les segments, haut de 21 à 29 m illi­
mètres, son tube est pourvu extérieurement de quatre côtes
verticales peu saillantes disposées en face des filets oppositipétales. I Tn peu plus hauts que larges, longs de 4.80 à b.90 m il­
limètres, larges de 4.70 à S.60 millimètres, ses segments,
qui ont des bords entiers, sont tantôt largement subobovés,
tantôt subsemilancéolés : dans le premier cas, leur plus grand
diamètre étant situé au-dessus du milieu, d'une part, audessus île ce niveau ils se rétrécissent brusquement jusqu’au
sommet anguleux et, légèrement cuspidé, d ’autre part, audessous de ce niveau, ils s'atténuent insensiblement jusqu’à la
base où ils s’élargissent légèrement. ; dans le second cas, leur
plus grand diamètre se trouvant à la base, ils s'atténuent
d'abord presque insensiblement jusqu'un peu au-dessus du
milieu puis, au-dessus de ce niveau, se rétrécissent assez
brusquement jusqu au sommet anguleux et légèrement cuspidé.
L'androcée se compose de huit étamines libres entre elles.
Le sommet des filets alternipétales, insérés au-dessous du
milieu du tube corollaire, n'atteint pas le milieu des segments
de la corolle ; longuement linéaires, insensiblement élargis
dans leur partie inférieure, ces filets sont colorés en rose chair
dans leur partie inférieure et en blanc dans leur partie supé­
rieure ; leur partie soudée, qui fait légèrement saillie à l’inté­
rieur du tube de la corolle, est haute de 6.50 à 8.40 m illi­
mètres ; leur partie libre est longue de 21.50 à 25.50 m illi­
mètres et large de 0.55 à 0.60 millimètre. Jaunes, ovées, un
peu plus hautes que larges, obtuses au sommet et émarginées
à la base, les anthères sont longues de 2 millimètres et
larges de 1.40 millimètre.
Soudés entre eux sur un tiers environ de leur longueur
totale, les carpelles sont appliqués les uns contre les autres ;
ovés. rétrécis dans leur partie inférieure, ils s'atténuent, dans
leur partie supérieure, en styles grêles plus longs qu’eux et
terminés par des stigmates légèrement dilatés ; leur partie
soudée est haute de 1.70 m illim ètre; leur partie libre est
longue de 4.20 à 4.10 millimètres et large de 2.65 à 2.75 m il­
limètres : les styles sont hauts de 19 à 22.40 millimètres.

CONTRIBUTION A [/ÉTUDE DES CRASSULÀCÉES MALGACHES

135

Dans chaque carpelle, les placentes, qui portent des ovules sur
toute leur longueur, sont constitués par deux grêles cordons
verticaux parallèles à chacun des deux bords internes des
carpelles.
Subsemioblongues, un peu plus hautes que larges, longues
de 1.60 millimètre et larges de 1.05 millimètre, les écailles
sont émarginées au sommet où elles forment deux lobes obtus
séparés par un sinus arrondi.
Obovées, très obtuses au sommet et arrondies à la base, les
graines, très nombreuses dans chaque follicule, sont hautes
de 0.60 millimètre et larges de 0.32 millimètre. Leur test,
couvert de rides longitudinales assez nombreuses et peu sail­
lantes, s’applique exactement sur l'amande.
Cette espèce qui est dédiée à M. le Pr. Dr Rose, l'éminent
crassulologue américain, a été récoltée par M. Perrier de la
Ràthie, en juillet 1910, sur les rocailles humides et boisées,
dans les schistes et sur les grès permiens des gorges des
torrents, près des sources de l'Imaloto et aux environs de
Ranahia.
Elle appartient au groupe 9 proposé par M. RaymondHamel ef se rapproche des Kalanchoe tuliflora RaymondHamet et K. Dair/rcmonliana Raymond-Hamet et Perrier de
la Ràthie, mais s'en distingue facilemenf.
Du Ii. fu liflora , elle diffère, en effet, par ses feuilles pétiolées-peltées à limbe plan tri parti t, non point sessiles et cylin­
driques.
Du K. I)air/remontiana, elle s’éloigne : 1° par ses feuilles à
limbe tripartit, et non simple et ové : 2° par ses écailles un
peu plus hautes que larges, non point plus larges que hautes.
Enfin, elle s’écarte de ces deux espèces par sa corolle non
point largement rétrécie à la base mais prolongée en un petit
tube bref qui lui donne une apparence stipitée.

Kalanchoe Jueli Raymond-Hamet et Perrier de la Ràthie.
Le Kalanchoe Jueli est une plante glabre et vivace,
colorée tout entière en un vert terne caractéristique. Yolubile,
sous-ligneuse dans sa partie inférieure, sa tige, dont le dia-

�136

R. HAM ET ET II. P ER R1ER DE LA RATIIIE

mètre ne dépasse pas 3 millimètres, s’appuie dans sa partie
supérieure sur les buissons environnants ; cet tige émet des
rameaux latéraux qui naissent h l'aisselle des feuilles infé­
rieures ou des feuilles supérieures et qui fleurissent soit en
même temps que la tige principale, soit ultérieurement.
La lige porte des feuilles opposées décussées assez espacées.
La longueur du premier entrenœud supérieur est de 2.80 cen­
timètres, celle du second de 2.30 centimètres, celle du troi­
sième de 2.20 centimètres, celle du quatrième de 2.50 centi­
mètres, celle du cinquième de 2.80 centimètres, celle du
sixième de 2.30 centimètres, celle du septième de 2.30 cen­
timètres. Les feuilles sont planes et pétiolées ; haut de 8.50 à
37 millimètres, assez grêle dans sa partie supérieure où sa
largeur varie de 1.50 à 2.25 millimètres, le pétiole s’élargit
assez brusquement dans sa partie inférieure où sa largeur
oscille entre 2.50 et 4 millimètres, puis se rétrécit brusque­
ment jusqu’à la base amplexicaule ; long de 10 à 33 m illi­
mètres, large de 5 à 23 millimètres, le limbe est trilobéhasté ; les deux lobes latéraux opposés, triangulaires, aigus au
sommet, à bords entiers, quelquefois réduits à deux petites
dents triangulaires et aiguës ont leur axe longitudinal tantôt
perpendiculaire à l'axe longitudinal du lobe médian, tantôt
forment avec celui-ci un angle supérieur ou inférieur à 45" ;
longuement deltoïde, le lobe médian, dont l'axe longitudinal
se confond avec celui de la feuille, a des bords entiers dans
sa partie inférieure et médiane mais porte, dans sa partie
supérieure, cinq à sept petites dents aiguës régulières et
séparées par des sinus anguleux. Les feuilles que I on observe,
soit à la base des pédoncules primaires, soit à la base des
petits rameaux latéraux qui fleurissent en même temps que la
tige principale, sont presque indistinctement pétiolées ; le
pétiole sublinéaire, haut de 4 millimètres, s'élargit peu à peu
depuis son extrémité supérieure large de 1.35 millimètre jusqu’à
la base amplexicaule large de 2 millimètres où il se rétrécit
brusquement ; longuement oblong linéaire, s élargissant insen­
siblement depuis la base large de 1.35 millimètre jusqu’à sa
région médiane large de 2.20 millimètres, puis se rétrécissant

CONTRIBUTION A L’ ÉTUDE DES CRASSE LACÉES MALGACHES

137

peu à peu jusqu'au sommet aigu, le limbe porte, dans sa
moitié supérieure, cinq petites dents aiguës régulières et
séparées par des sinus anguleux. Longues de 4.2 à 8.5 milli­
mètres et larges de 18 à 36.50 millimètres, les feuilles qu'on
observe au sommet des pédoncules primaires et des petits
rameaux latéraux qui fleurissent en même temps que la tige
principale, sont ovées, sessiles et ont leur plus grande largeur
au-dessous du milieu ; au-dessous de ce niveau, elles se
rétrécissent peu à peu jusqu'à la base non élargie ni rétrécie ;
au-dessus, elles se rétrécissent insensiblement jusqu’au som­
met aigu ; leurs bords sont entiers dans leurs parties infé­
rieure et médiane mais portent au sommet cinq petites dents
aiguës régulières et séparées par des sinus anguleux. Au
nœud la tige est nettement renflée ; lorsque les feuilles
tombent, un bourrelet très net subsiste au-dessus et au-dessous
de la cicatrice annulaire qu elles laissent sur la tige.
L inflorescence qui termine la tige est une cyme bipare
feuillée, une fois ramifiée, pauciflore et extrêmement lâche,
dont la hauteur varie de 3.5 à 4 centimètres et dont la largeur
oscille entre 7 et 8 centimètres. Lorsque des rameaux latéraux
fleurissent en même temps que la tige principale, ils ne
portent qu une seule fleur terminale.
Grêles, hauts de 12 à 18 millimètres, les pédicelles portent
des fleurs pendantes.
Campanulé, coloré en vert, le calice se compose d un tube
haut de 1.80 à G millimètres et de quatre segments un peu
plus longs que le tube; subdeltoïdes, un peu plus hauts que
larges, longs de 8.60 à 8.80 millimètres, larges de 6.90 à
7.60 millimètres, ces segments, qui ont des bords entiers,
s'élargissent peu à peu depuis la base jusqu’au sommet aigu.
Plus longue que le calice, colorée en vert terne, la corolle
est très finement linéolée d’innombrables macules brunâtres
et allongées. Campanulé, subquadrangulaire, un peu plus
bref que les segments, haut de 11.10 à 12.30 millimètres, son
tube porte extérieurement quatre côtes verticales peu saillantes
disposées en face des filets oppositipétales. Obovés-suborbiculaires, un peu plus larges que hauts ou un plus hauts que

�138

K.

HAM ET ET II.

PERHIER DE LA BATHIE

larges, long-s de 15.25 à 18 millimètres et larges de 14.75 à
16.50 millimètres, ses segments dont les bords sont légère­
ment sinués, ont leur plus grande largeur vers le milieu ;
au-dessus de ce niveau, ils se rétrécissent jusqu’au sommet
aigu; au-dessous, ils s’atténuent jusqu à la base.
L'androcée se compose de huit étamines libres entre elles.
Le sommet des filets alternipétales insérés au-dessous du
milieu du tube de la corolle n’atteint pas le milieu des seg­
ments corollaires: longuement linéaires, ces filets, dont la
partie soudée fait légèrement saillie à l’intérieur du tube de la
corolle, s’élargissent nettement, mais insensiblement, dans
leur partie inférieure jusqu’à leur base non dilatée ni rétrécie;
leur partie soudée est haute de 2.60 à 2.80 millimètres ; leur
partie libre est longue de 15.50 à 16.80 millimètres et large de
0.60 à 0.70 millimètre au milieu et de 1.40 à 1.45 millimètre à
la base. Le sommet des filets oppositipétales insérés un peu plus
haut que les filets alternipétales mais, cependant, au-dessous
du milieu du tube corollaire, dépasse le sommet de ces filets
mais n atteint pas le milieu des segments de la corolle ; lon­
guement linéaires, ces filets, dont la partie soudée ne fait pas
saillie à l’intérieur du tube corollaire, s’élargissent peu à peu
dans leur partie inférieure jusqu’à la base non dilatée ni rétré­
cie ; leur partie soudée est haute de 0.60 à 4 millimètres ; leur
partie libre est longue de 16.50 à 17.60 millimètres et large
de 0.60 à 0.70 millimètres au milieu et de 1 millimètre à la
base. Plus hautes que larges, brunâtres, ovées, émarginées à
la base, obtuses au sommet, les anthères sont longues de 2.40
millimètres et larges de 1.60 à 1.70 millimètre.
Soudés entre eux sur un quart environ de leur longueur totale,
les carpelles sont appliqués les uns contre les autres ; large­
ment ovés, rétrécis dans leur partie inférieure, ils sont atté­
nués en stries grêles plus longs qu’eux et terminés par des
stigmates à peine dilatés; leur partie soudée est haute de
1.60 m illim ètre; leur partie libre est longue de 5.40 à 5.60
millimètres et large de 3.50 millimètres; les styles sont hauts
de 14.80 à 15.40 millimètres. Dans chaque carpelle, les placentes. qui portent des ovules sur toute leur longueur, sont

CONTRIBUTION A L ÉTUDE DES ORASSULACÉÉS MALGACHES

139

réduits à deux grêles cordons parallèles à chacun des deux
bords internes des carpelles.
Largement subquadrangulaires, ni élargies ni rétrécies à la
base, plus larges que hautes, très obtuses au sommet, les
écailles sont longues de 1.30 à 1.40 millimètre et larges de
2.10 à 2.25 millimètres.
Les graines sont très nombreuses dans chaque follicule.
Leur test s’applique exactement sur l’amande.
Cette espèce, qui est dédiée à M. IL O. Juel, professeur à
l’ Université d ’Upsala, a été récoltée, en juin 1910, dans les
dunes de la côte Mahafaly, aux environs d’ Androaka et dans
les sables du Bas Menerandra. Elle appartient au groupe
9 proposé par M. Raymond-Hamet et se rapproche beau­
coup des Kalanclioe Costantini Raymond-Hamet et K. Beauverdi Raymond-Hamet, dont elle se distingue pourtant fort
aisément.
Du K. Costanlini, elle diffère ; 1° par les feuilles pétiolées.
trilobées-hastées et non sessiles ovées, légèrement cordées à la
base; 2° par son calice à segments plus longs, non point
plus brefs que le tube.
Elle s’éloigne du K. Beauverdi : 1° par ses feuilles à limbe
trilobé-hasté, aigu, bordé au sommet de petites dents aiguës,
et non oblong ou ové, obtus, bordé de crénelures obtuses ;
2° par ses pétales aigus au sommet, non point très obtus.

Kalanchoe streptantha Baker. — Raymond-Hamet, Monogr.
du g. Kalanchoe, in B u ll. H h. Boissicr, sér. 2, t. M I,
p. 888 et 889 (1907).
Le Kalanchoe streptantha est une plante glabre et vivace,
dont la hauteur varie de 0.40 à 1.20 mètre. D ’un diamètre
variant de 2 à 3 centimètres, la tige, un peu couchée et rami­
fiée dans sa partie inférieure est ensuite érigée et simple ainsi
que les rameaux. Mais à la fin de la période végétative, deux
bourgeons latéraux apparaissent souvent à la base des inflo­
rescences desséchées et se développent ultérieurement.
La tige et ses rameaux portent dans leur partie supérieure,
quatre à cinq paires de'feuilles brièvement pétiolées. opposées.

�140

B.

HAMET ET H.

l'ERRIER DE LA RATHIE

décussées, colorées en vert clair mais rougeâtres sur les bords,
assez espacés. Le premier entrenœud supérieur est haut de
8.0 à 12 centimètres, le second de 7.5 à 46 centimètres, le
troisième de 0.7 à 5 centimètres, le quatrième de 0.4 à 4.5
centimètres, le cinquième de 0.8 à I centimètre, le sixième
de 0.8 ;i 1.2 centimètre, le septième de 0.8 à I centimètre.
Haut de ï à 18 centimètres, large de I à 7.50 centimètres,
obové-lancéolé, le limbe, dont les bords sont entiers ou très
très légèrement sinués, a toujours sa plus grande largeur
au-dessus du milieu; au-dessus de ce niveau, il se rétrécit
assez brusquement jusqu’au sommet obtus ou anguleux-aigu ;
au-dessous, il se rétrécit peu à peu jusqu’à la base. Haut de
5 à 10 millimètres, larges de 4 à 12 millimètres au sommet et
de 5 à 14 millimètres à la base, le pétiole, peu distinct du
limbe, s'élargit insensiblement jusqu à sa base amplexicaule.
Les cicatrices foliaires transversalement et étroitement suboblongues-linéaires, se rejoignent presque par leurs extrémités
latérales.
Haute de 5 à 10 centimètres, large de G à 15 centimètres,
l'inflorescence qui termine la tige se compose de trois à quatre
pédoncules primaires, ternés ou opposés deux à deux, ter­
minés au sommet par des cvmes bipares pauciflores et non
ramifiées.
Grêles, très légèrement renflés au sommet, hauts de 12 à
25 millimètres, les pédicelles portent des fleurs pendantes.
Subtubuleux, tétramère ou pentamère, le calice ne s’ap­
plique point contre la corolle; tantôt jaunâtre, tantôt coloré
en vert, mais rougeâtre aux bords des segments, il est couvert
extérieurement et intérieurement de petits poils glanduleux
très brièvement pédiculés. Plus longs que les segments, son
tube est haut de 10.50 à 15.50 millimètres. Un peu plus hauts
que larges ou un peu plus larges que hauts, longs de 4 à 9.20
millimètres, larges de 0 à 8 millimètres, deltoïdes-subovés,
ses segments dont les bords sont entiers, ont leur plus grande
largeur à peu de distance de la base; au-dessous de ce niveau,
ils .se rétrécissent assez brusquement jusqu'à la base; audessus, ils s’atténuent peu à peu jusqu’au sommet subaigu et
cuspidé.

CONTRIBUTION A I, ÉTUDE DES CRASSUtACÉES MALGACHES

141

La corolle, très rarement pentamère est presque toujours
tétramère, même lorsque le calice est pentamère ; colorée
tantôt en jaune pâle, tantôt en jaune d’or, toujours plus
longue que le calice, elle est nettement étranglée au-dessous
du milieu; au-dessous de cet étranglement, elle se dilate peu
à peu puis se rétrécit assez brusquement jusqu'à la base ; audessus, elle se dilate assez brusquement puis s’élargit insen­
siblement jusqu au-dessus du milieu, enfin, à partir de ce
niveau, elle se rétrécit peu à peu jusqu’à la base des segments
étalés ou réfléchis. Plus long que les segments, son tube est
haut de 29 à 35 millimètres. Plus haut que larges, longs de
9.40 à 12 millimètres, larges de 5 à 5.50 millimètres, ses
segments, qui ont des bords entiers, sont tantôt semioblongs,
tantôt ovés ; dans le premier cas, ils ont leur plus grande
largeur à la base et se rétrécissent insensiblement depuis ce
niveau jusqu'au sommet très obtus et subaristé ; dans le
second, ils ont leur plus grande largeur au-dessous du milieu
et se rétrécissent insensiblement, d une part, au-dessous de ce
niveau jusqu’à la base ; d autre part, au-dessus dudit niveau,
jusqu au sommet très obtus et subaristé.
L'androcée se compose de huit étamines libres entre elles.
Le sommet des filets alternipétales, insérés au-dessous du
milieu du tube corollaire, n'atteint pas le milieu des segments
de la corolle ; longuement et étroitement linéaires, colorés en
jaune, ces filets, dont la partie soudée fait saillie à l’intérieur
du tube de la corolle jusqu'à la base de celui-ci, s'élargissent à
peine depuis le sommet jusqu'à la base; leur partie soudée est
haute de 7.50 à 10.60 millimètres; leur partie libre est longue
de 24.70 à 27 millimètres et large de 0.55 à 0.60 millimètre
au milieu et de 0.60 à 0.65 millimètre à la base. Le sommet
des filets oppositipétales insérés un peu plus hauts que les filets
alternipétales mais toujours au-dessous du milieu du tube
corollaire, dépasse le sommet de ces derniers mais n atteint
pas le milieu des segments de la corolle ; longuement et
étroitement linéaires, colorés en jaune, ces filets, dont la
partie soudée ne fait pas saillie à l intérieur du tube de la
corolle, s’élargissent nettement et brusquement à la base;

�112

R.

IÎAMET ET II.

PERlUER DE I.A HATHIE

leur partie soudée est haute de 8 à 11 m illim ètres; leur partie
libre est longue de 25.GO à 28.(10 millimètres et large de 0.55
à 0.70 millimètre au milieu et de 1.25 à 1.75 millimètre à la
base. Un peu plus hautes que larges, ovées, obtuses au sommet
et émarginées à la base, les anthères sont longues de 1.50 à
2.50 millimètres et larges de I h 1.05 millimètre.
Soudés entre eux sur un quart environ de leur longueur
totale, les carpelles sont appliqués les uns contre les autres ;
ovés-oblongs, rétrécis à la base, ils sont atténués, dans leur
partie supérieure, en styles grêles, jaunes, plus longs qu'eux,
terminés au sommet par des stigmates très légèrement dilatés;
leur partie soudée est haute de 1.80 à 3.30 millimètres ; leur
partie libre est longue de 0.G0 à 9.00 millimètres et large de
3.20 à 3.80 millimètres ; les styles sont hauts de 25 à 28 mil­
limètres. Dans chaque carpelle les placentes, qui portent des
ovules sur toute leur longueur, sont constitués par deux grêles
cordons verticaux parallèles à chacun des deux bords internes

CONTRIBUTION A L ÉTUDE DES CR ASSOLA CÉES MALGACHES

143

Kiangarn (Vonizongo) et en juillet, à une altitude d’environ
600 mètres, sur les rocailles dénudées des contreforts de la
région centrale, entre la Solia et la Mahavavy de l’Ouest.

Kalanchoe Tieghemi Raymond-Hamet.

des carpelles.
Un peu plus hautes que larges, quelquefois aussi hautes
que larges, longues de 1.2."» à 2 millimètres et larges de 1.05
à 1.70 millimètre, les écailles sont tantôt subquadrangulaires
et un peu élargies à la base, tantôt subtrapéziformes s'élar­
gissant insensiblement depuis le sommet jusqu’à la base non
dilatée ; leur sommet, quelquefois très obtus, est souvent émarginé et pourvu au sommet de deux lobes larges et obtus
séparés par un sinus large et arrondi.
Très nombreuses dans chaque follicule, plus hautes que
larges, longues de 0.75 millimètre et larges de 0.G2 m illi­
mètre, obovées, légèrement arquées, les graines sont obtuses au
sommet et arrondies à la base. Leur test, couvert de rides
longitudinales peu nombreuses et peu saillantes, s'applique
exactement sur l ’amande.

Le Kalanchoe Tieghemi est une plante glabre et vivace. Le
plus souvent, la tige se dessèche entièrement à l'exception de
sa partie basilaire qui émet des rejets destinés à perpétuer la
plante. Mais quelquefois la partie supérieure de la tige se
dessèche seule; dans ce cas, on voit apparaître, à différents
niveaux, des bourgeons qui se développeront et fleuriront
ultérieurement; la plante âgée formera ainsi une ample toulfe
composée de tiges anciennes étalées ou un peu abondantes et
de tiges florifères toujours dressées.
La tige porte des fruits opposés, déçusses, pétioles et assez
espacés. Le premier entrenœud supérieur est haut de 4.5
centimètres, le second de 6.50 centimètres, le troisième de
6.30 centimètres, le quatrième de 6 centimètres, le cinquième
de 3.50 centimètres, le sixième de 3 centimètres, le septième
de 2.50 centimètres, le huitième de 2 centimètres. Le pétiole
subcylindrique, plan et subcanaliculé sur sa face supérieure,
s'élargit insensiblement depuis le sommet jusqu’à la base ; sa
longueur est de 26 millimètres, sa largeur de 3 millimètres.
1 n peu plus long que le pétiole, plan, ové, obtus au sommet,
haut de 43 millimètres, large de 26.50 millimètres, bordé
de larges crénelures arrondies, régulières et séparées par des
sinus anguleux, le limbe est pourvu à la base de deux oreil­
lettes obtuses qui se replient sur le limbe et sont bordées,
elles aussi, de larges crénelures arrondies régulières et sépa­
rées par des sinus anguleux. Les cicatrices foliaires subsemiorbiculaires ne se rejoignent point par leurs extrémités laté­
rales.

Cette plante n’était connue jusqu'ici que par l’échantillon
authentique récolté dans la région centrale de Madagascar par
le Révérend Baron et conservé dans l herbier de K ew sous le
n° 5-874. Elle a été récoltée par M. Perrier de la Battue, en
septembre 1902, sur les gneiss découverts aux environs de

L inflorescence corymbiforme et assez dense qui termine la
tige se compose d’ un petit nombre de pédoncules primaires
opposés, terminés par des cymes bipares très peu ramifiées;
sa hauteur est de 3.5 centimètres ; sa largeur de 5 centimètres.
Les pédicelles grêles, hauts de 8 à 16 millimètres, portent
des fleurs pendantes.

�144

R. HAMET ET II. PER U1ER DE I.V RATH1E

Le calice suburcéolé, coloré tantôt en rousse vineux, tantôt
en vert jaunâtre, a son plus grand diamètre à peu de distance
de la base; au-dessus de ce niveau, il se rétrécit insensible­
ment jusqu’au sommet ; au-dessous, il s’atténue peu à peu puis
se rétrécit brusquement jusqu’à la base. Son tube, un peu
plus long; que les segments, est haut de b.50 à 11.20 m illi­
mètres. Les segments, un peu plus hauts que larges ou lin
plus larges que hauts, longs de .‘1 à 7 20 millimètres, larges
de 2.80 à 4.10 millimètres, subdelloïdes ou subsemiorbiculaires-deltoïdes, aigus ou aigus-cuspidés au sommet, s’élar­
gissent peu à peu depuis le sommet jusqu'à la base.
L'androcée se compose de huit étamines libres entre elles.
Le sommet des tilets alternipétales, insérés un peu au-dessous
du milieu du tube de la corolle, n atteint pas le milieu des
segments corollaires; longuement linéaires, ces filets, dont la
partie soudée fait légèrement saillie à l’intérieur du tube delà
corolle, s’élargissent à peine depuis le sommet jusqu’à la base;
leur partie soudée et haute de 8.40 millimètres ; leur partie
libre est longue de 12 millimètres et large de 0.40 millimètre
au milieu et de 0.00 millimètre à la base. Le sommet des tilets
oppositipétales insérés un peu plus bas què les filets alter