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                    <text>LE “ CERCLE MÉDICAL” DE MARSEILLE
V.

;

( 1819-1 8 2 2 )
par le Docteur ALEZAIS
Le « Cercle médical de Marseille » a été fondé en 1819 et
non pas en 1800, comme l’indique une inscription d’aliure
officielle, puisqu’elle figure sur une plaque de marbre, dans
le vestibule d'honneur de la Faculté de Médecine.
A en croire cette inscription, le « Cercle médical » aurait
été un établissement officiel d’enseignement qui mériterait de
prendre place entre le Collège de Chirurgie (1775) et l’Ecole
secondaire de Médecine (1818).
Dans 1Encyclopédie des Bouches-du-Rhône (1), Fleury dit
que des médecins de la ville, parmi lesquels plusieurs avaient
appartenu à l ’ancien Collège de Médecine, se seraient réunis,
le 18 messidor an YIII (7 juillet 1800), pour former « une
sorte de cercle », mais il ne donne pas la source de ce rensei­
gnement du reste assez vague. 11 est certain que pendant cette
période confuse qui sépare l’ancien du nouveau Régime, avant
d ’en arriver à la réorganisation de l’enseignement officiel de
la Médecine, on vit se renouveler dans notre ville des essais de
cours privés. De son côté, F Administration de F Hôtel-Dieu
n ’avait pas cessé, même pendant la Révolution, de s’occuper
de l ’instruction professionnelle de ses élèves, qu’elle confiait
au Chirurgien-interne ou major et à son adjoint. Dès 1808,
elle avait de plus sollicité « une de ces nouvelles institutions
que le Gouvernement créait dans les principales cités pour
l’instruction de praticiens d ’un second ordre qu’il avait
créés pour satisfaire aux nécessités du peuple et des campa­
gnes », et, par un décret du 7 mai 1808 (2), il fut décidé qu’il
serait établi dans l’Hospice de 1 Hôtel-Dieu de Marseille, des
(1) Encyclopédie départementale des Bouches-du-Rhône, T. VI,
p. 96. C’est le seul ouvrage, en dehors des documents précis dont
nous allons parler, où ce titre de « Cercle », à l’époque qui nous
occupe, soit employé.
(2) Moniteur universel, 1808, p. 5i2.
M arseille -médical, 69*

Année, n° 19, 5 juillet 1932.

�6

A/. H. ALEZAIS

Cours théoriques et pratiques de médecine, de chirurgie et de
pharmacie, spécialement destinés à l’instruction des Offi­
ciers de Santé. Ce décret réglait en même temps le service
hospitalier dont les élèves devaient être pris parmi les jeunes
gens (pii suivaient les cours.
L’exécution de ce Décret traîna en longueur. Une école
d'accouchement devait être installée à la Charité pour les
Sages-femmes en exécution de la loi du 19 ventôse an \1
et les crédits manquaient.
Ce n’est (pie le 7 juillet 1812 (pie l'organisation des cours
fut définitivement arrêtée, mais les évènements qui suivirent
suspendirent l'effet de cette organisation qui ne fut reprise
qu’en 1818, avec la création de l'Ecole secondaire. Cepen­
dant, dans l’intervalle qui s’était écoulé depuis le Décret de
1808 jusqu’à Couverture de l’Ecole, l’Hôtel-Dieu n ’avait pas
cessé, ainsi que cela s était toujours pratiqué, de fournir aux
jeunes gens qui se vouaient à l’art de guérir tous les moyens
possibles de s’instruire.
Dans une étude plus détaillée, il sera intéressant de re­
prendre l’histoire de ces premiers essais d’enseignement mé­
dical dans notre ville, après la tourmente révolutionnaire.
Malgré leur existence éphémère, leur manque de cohésion,
ce sont les premières étapes, encore bien incertaines, dé cette
longue odyssée qui a fini par nous donner, mais au prix de
quels efforts, poursuivis pendant un siècle, la Faculté de Mé­
decine.
Nous ne retiendrons pour le moment qu'une constata­
tion, c'est que l’appellation de « Cercle médical », sauf la va­
gue allusion de Fleury, ne s’est rencontrée dans aucune des
pièces, qu elles proviennent de l’Hôtel-Dieu ou de I I niversilé, que nous avons eues entre les mains.
L existence du » Cercle médical de Marseille », fondé en
1819, est, au contraire, établie par des documents inédits que
mon excellent confrère et ami, le Docteur Rochu, a bien voulu
me communiquer.
Ce sont deux Régistres manuscrits qui contiennent, l ’un,
les procès-verbaux des séances, l’autre, le texte des mémoires
qui étaient présentés à la Société.
Le « Cercle médical », d’après ces documents, était une
réunion amicale et sans caractère officiel, d étudiants désireux
de se perfectionner dans la connaissance de la Médecine,
comme il en existait dans d’autres villes. Ces jeunes gens se
réunissaient pour discuter entre eux des faits et des notions
qu’ils rapportaient de l'Hôpital ou des cours et ils avaient

LE CERCLE MEDICAL DE MARSEILLE

7

donné à leur groupement, peut-être sous l’influence de l’es­
prit militaire qui avait animé le début du siècle, une organi­
sation méthodique, disciplinée, qui ne reculait pas devant les
sanctions, même l’exclusion, en cas d ’irrégularité aux séan­
ces ou d ’infraction aux Règlements.
Ces étudiants étaient des Officiers de santé ou des élèves
de l’Hôpital.
Les Officiers de santé avaient été créés par la Loi du if&gt;
frimaire an III (/| décembre 179/1) en même temps que les
Ecoles de Santé de Paris, Montpellier et Strasbourg. Leur for­
mation rapide devait pourvoir au grand besoin de personnel
médical qu’éprouvaient les Hôpitaux, surtout militaires et de
la marine. Peu à peu, les Officiers de Santé avaient perdu leur
caractère exclusivement militaire et formaient, comme nous
les avons encore connus, un corps de praticiens de second or­
dre destinés à un exercice restreint de la médecine. Au point
de vue universitaire, ils relevaient de l’Ecole secondaire qui
venait d ’être inaugurée l’année précédente à l’Hôtel-Dieu.
C’est parmi ces officiers de santé que le Décret de 1808 avait
prévu le recrutement au concours des élèves de l’Hôpital et
ce recrutement, à la différence des cours, avait commencé
sans retard.
Les Externes, en nombre indéterminé, faisaient du ser­
vice pendant un an. Après concours, six d ’entre eux deve­
naient élèves couchants, mais non nourris, pendant un an.
Vprès un autre concours, six devenaient, pour deux ans, In­
ternes avec logement et nourriture.
Au-dessus d ’eux, étaient le premier Chirurgien interne ou
major et son second, tous les deux nommés au concours.
Ces détails sur le personnel qui fréquentait l’Hôtel-Dieu
sont utiles à rappeler, puisque le Cercle médical se recrutait
parmi lui (1).
L’existence du Cercle fut éphémère et son action assez
restreinte.
Fondé en 1819, il paraît avoir cessé d’exister vers le dé­
but de 18‘v&gt; et groupa tout au plus une douzaine d'adhérents.
(1) Voir : Mémoire de la Commission administrative des Hôpi­
taux et hospices de Marseille relativement aux Cours d'instruc­
tion médicale établis à l’Hôtel-Dieu de cette ville. Registre des Dé­
libérations, du 30 nov. 1829 au 11 oct. 1830, pp. 22 à 26 (séance du
28 déc. 1829).

�M. II. ALEZAlS

8

Cette courte durée et ce petit nombre de sociétaires ne
diminuent pas l’intérêt qui s’attache au beau mouvement de
ces jeunes étudiants, désireux de s’instruire.
Les fondateurs étaient au nombre de cinq : Gillet, qui
était Président et peut-être le promoteur du groupement ; Anbave, Vice-président ; Pardigon aîné, Secrétaire général; Massol. Secrétaire adjoint ; Charles Natte, Trésorier.
Parmi les membres, il est possible que quelques-uns fus­
sent encore en pleine scolarité, tandis que d ’autres venaient
de la terminer, car les uns signent ; Etudiants en médecine,
tandis que d’autres s’intitulent : Officiers de Santé.
Les réunions étaient fréquentes. En 1819, après le 21 oc­
tobre, jour de la Séance inaugurale, il y en eut encore dixsept ; en 1820, cinquante-et-une ; en 1821, cinquante-quatre.
On ne trouve aucune mention du local où se tenaient ces
réunions, à moins (pie ce soit chez le Président, car une des
communications porte celte adresse : à M. Gillet, rue SaintFéréol, f\f\.
Les Fondateurs inscrivent en tête de leur Régistre le but
qu'ils se proposent et le définissent ainsi ;
Cercle médical de iVIarseille

Plusieurs officiers de santé et étudiants à l’Ecole secondaire
de Médecine de Marseille, voulant à l’imitation des cercles médi­
caux de Paris et de Montpellier et autres villes de France, exciter
une noble émulation parmi eux, établir un centre de réunion qui
leur permette d’ouvrir des discussions fréquentes sur divers ob­
jets de Médecine et de Chirurgie, faire des répétitions régulières
de toutes les leçons qui sont données dans l’école, s’éclairer réci­
proquement dans des conférences où il sera spécialement traité de
tout ce qui pourra se présenter d’intéressant dans les consulta­
tions gratuites établies dans la ville, contribuer ainsi par leurs
moyens au perfectionnement de leur éducation médicale et con­
tracter des liaisons d’amitié et d'estime plus intimes, ont résolu
de se constituer en Cercle médical.

Suit le Règlement.
— Composition de la Société.
Article 1er. — La Société se compose des membres titulaires et
des correspondants. Les membres titulaires ont seuls voix déli­
bérative pour tout ce qui concerne l’administration intérieure du
Cercle médical.
T itre premier .

LÉ CFIICTÆ MEDICAL DE MARSEILLE

9

Article 2°. — Le nombre des membres correspondants est illi­
mité, la Classe des membres titulaires ne pourra excéder le nom­
bre de 20.
T itre 2e. — Du bureau de la Société; de la nomination de ses
membres, leurs fonctions et leurs devoirs.

Article lor. — Le Bureau de la Société est composé d’un prési­
dent, d’un vice-président, d’un secrétaire et d’un trésorier.
Article 2°. — Tous sont élus au scrutin secret et à la majorité
des suffrages.
Article 3°. — La durée des fonctions des membres du Bureau
est fixée à un an.
Article 4°. — Tous les membres du Bureau sont perpétuelle­
ment rééligibles.
Article 5°. — Les élections ont lieu dans une assemblée géné­
rale convoquée ad hoc, et qui sera à la première réunion du mois
de janvier.
Article (5°. — Le Président est le chef de la Société et en a seul
la police ; il est à la tète de toutes les députations et porte la pa­
role ; il reçoit les étrangers introduits dans la salle et leur adresse
un discours au nom de la Société. Il convoque toutes les assem­
blées, ouvre les séances et en fait la clôture lorsqu’il le juge à pro­
pos. Il nomme les députations avec le vice-président et le secré­
taire, les Commissions et les rapporteurs qu’il charge d’un travail
particulier. Il résume toutes les discussions avant d’émettre (sic)
aux voix. Il en proclame les résultats après avoir recueilli les suf­
frages qui, pour la validité de toute délibération, doivent toujours
être en majorité. Le vice-président le supplée en cas d’absence ou
de maladie.
Article 7°. — Le Secrétaire rédige et porte sur un registre tou­
tes les délibérations. Il recueille les faits et les observations qui
sont communiquées verbalement à la Société et fait, à la séance qui
précède celle des élections, un rapport sur les travaux de l’année.
J 1 est chargé d’y faire entrer l’éloge historique dos membres dé­
cédés.
Article 8e. — Le secrétaire est commis à la garde des Archives
et de tous les objets scientifiques qui appartiennent à la Société.
Article 9°. — Le trésorier perçoit les contributions, paye, sur le
mandat du président et du secrétaire, toutes les dépenses qui ont
été délibérées par la Société et rend chaque année compte de sa
gestion ; ce compte est examiné et clôturé par trois auditeurs
nommés par le Président.

�U. H. ALEZAIS

iô
T itre 3e.

— De l'élection des membres de la Sociélé. Sceaux et

diplômes.

Article 1er. — Les membres résidents doivent être résidents à
Marseille et avoir au moins un an d’étude.
Article 2e. — Tout membre titulaire qui, quittant MarseiLe, irait
s'établir dans une autre ville du royaume, prendra son titre de
correspondant.
Article 3°. — Tout étudiant qui désirera, devenir membre ti­
tulaire de la Société, en fera la demande par écrit ou se fera pro­
poser par un membre titulaire. Il subira un examen fait par les
fondateurs de la Société, présentera un mémoire ou une observa­
tion qui seront discutés. Le Président désignera une Commission
de trois membres pour faire un rapport dans la huitaine sur la
demande du candidat, s’il y a lieu il convoquera une assemblée
ad hoc, il sera procédé à son élection au scrutin secret et à la ma­
jorité des suffrages. La présence des deux tiers des membres est de
rigueur pour légitimer l’élection.
Article 4P. — Les membres correspondants seront également
élus dans une séance tenue ad hoc, sans rapport préalable d’une
Commission, mais sur la demande expresse de trois membres
titulaires qui seront obligés de faire connaître l’autorisation dont
ils sont nantis pour proposer l’afiliation du candidat. Le nombre
des votants et des suffrages doit être le même que dans l’article
précédent.
Article 5*. — Le Cercle médical aura pour sceller tous les ac­
tes qui émaneront de lui, un sceau avec une empreinte analogue
à son institution et à ses travaux. 11 adressera à tous ses membres
un diplôme signé par tous les officiers du bureau et dans la forme
qui sera très prochainement déterminée par le Cercle médical.
T itre

4e. — Des travaux du Cercle médical.

Article 1er. — Le Cercle médical établira dans son sein des
conférences instructives sur les diverses branches de l’art de gué­
rir. Il s’occupera spécialement de la répétition des leçons qui se
feront dans les divers cours de l’Ecole.
T itre

5e. — Des séances particulières du Cercle médical.

Article lpr. — Le Cercle médical s’assemblera tous les jeudis.
11 pourra avoir des assemblées extraordinaires lorsque le président

le jugera convenable pour l’intérêt du Cercle médical.
— De la contribution académique et pécuniaire de
chaque membre.
T itre 6e.

LE CERCLE MEDICAL DE MARSEILLE

il

Article 1er. — Tout membre titulaire du Cercle médical est in­
vité à remettre tous les trois mois sur le bureau un mémoire ou
une observation clinique recueillie à l’Hôtel-Dieu ou dans la pra­
tique de la ville. Cette observation, de même que celles qui seront
données dans le courant de l’année, après avoir été lues ou discu­
tées à l’assemblée générale, seront déposées aux Archives.
Article 2P. — Pour l’honneur de la Société, l’importance et
l’utilité de ses travaux, chaque membre titulaire doit, regarder
cette dette comme sacrée et éviter au président la peine et le regret
de lui rappeler son obligation à cet égard.
Article 3°. — Chaque année, le Cercle médical, après avoir en­
tendu et approuvé le compte de son trésorier, fixe la cotisation
pécuniaire de ses membres à 50 centimes par mois, payée d’avance
sauf les dépenses extraordinaires.
T itre 7°. — De la conservation, abrogation et modification des
Staluts du Cercle médical.

Article lor. — Toutes les fois que le temps, l’expérience des
circonstances particulières pourront exiger l’abrogation ou la mo­
dification d’un ou plusieurs articles organiques, les membres qui
formeront cette demande seront tenus de l’adresser au président
qui en donnera connaissance à la plus prochaine réunion.
Article 2e. — Si dans une assemblée convoquée ad hoc, les
deux tiers des membres votants délibèrent qu’il y a lieu à accueil­
lir la demande présentée, il en sera fait une mention expresse dans
le procès-verbal de la séance et la discussion est ajournée à hui­
taine.
Article 3°. — Ce terme expiré, le président convoque de nou­
veau une assemblée générale. Si la proposition est de nouveau
adoptée à la majorité des deux tiers, les articles en litige sont
abrogés ou modifiés.
Article 4°. — Quand (sic) à la conservation des présents sta­
tuts organiques, la Société les recommande au zèle et à la sagesse
de ses premiers fondateurs, ainsi qu’au sentiment d’estime et
d’amitié qui doivent unir à perpétuité tous ses membres.
Article 5°. — Les présents règlements ont été adoptés et signés
par les fondateurs de la Société.
G ili.kt, p ré sid e n t,
A ubaye, vice-président,
P ardigon aiu é, se c ré ta ire g é n é ra l,
M assol, se c ré ta ire a d jo in t,
N atte, tré so rie r.

Au-dessous des signatures, le sceau de la Société, seul
exemplaire que l ’on trouve dans les deux régistres.

�12

M. H. ALEZAIS

11 esl circulaire et mesure trente-trois millimètres de
diamètre. In cercle concentrique laisse un anneau de trois
millimètres dans lequel est inscrit : en liant, Cercle médical,
en lias, de Marseille.
Le centre est occupé par un serpent se mordant la queue,
faisant un cercle de deux centimètres de diamètre, au milieu
duquel est une tige allégorique assez mal venue, supportant
une tête humaine, encore plus confuse.
1. — FONCTIOiNNERlENT DE LA SOCIÉTÉ.

La séance d’ouverture eut lieu le 21 octobre 1819. Etaient
présents les cinq fondateurs. On ne dit pas où se tint celte
séance, non plus que les suivantes. On ne dit pas non plus si
elle se passait dans l'intimité du petit cercle de ces fondateurs
ou bien si on avait admis, au moins pour celte séance inaugu­
rale, un public étranger au Cercle. L'ordre du jour compor­
tait un programme d’envergure. Après la lecture et l’adop­
tion des Statuts organiques du Cercle médical, le Président lut
un discours sur « les Progrès qu’ont fait la Médecine, l'Ana­
tomie et la Physiologie en diverses époques » et le Vice-Pré­
sident lut un second discours sur « le But des Sociétés médi­
cales ».
Rien n’étant à délibérer, la séance fut levée.
Dès le lendemain, nouvelle séance pour la présentation
par le Président d’un candidat, M. Magail. Il subit son exa­
men d une manière avantageuse et soutint le même jour son
mémoire intitulé : « De la fracture des deux os de la jambe ».
11 fut admis.
Le lendemain, nouveau candidat présenté encore par le
Président, M. Monges. Après que le Secrétaire lui eut donné
lecture des staluts du Cercle, il subit son examen et y répond
de la façon la plus avantageuse. 11 est admis à soutenir son
Mémoire « sur la luxation de la mâchoire inférieure » huit
jours après et il est reçu à Lunanimité après celte épreuve.
Il n ’en est pas de même de M. Rafin, présenté par le Se­
crétaire général. Ses réponses à l 'examen avaient été médio­
cres. On l’avait cependant admis à soutenir son mémoire
« sur le Rhumatisme ». Une commission composée de MM.
Gillet, Aubaye et Natte avait été nommée pour examiner et
discuter ce mémoire. M. Rafin avait demandé une première
fois le renvoi de sa soutenance. Le cinq novembre, il se pré­
senta, mais ses réponses aux objections faites sur son Mémoire
ne furent pas satisfaisantes et il ne fut pas admis à faire partie
du Cercle.

LE CERCLE MEDICAL DE MARSEILLE

13

Le 9 décembre 1819, le Président Gillet présenta la can­
didature de M. Villeneuve, qui était élève en chirurgie de
l’Hôtel-Dieu depuis trois ans. Villeneuve avait 19 ans, était
externe depuis 1816 et venait d ’être nommé externe logé ou
couchant. Il répondit d une façon très avantageuse aux ques­
tions qui lui furent faites et d ’une voix unanime, on l’admit
à soutenir son Mémoire sur « la péripneumonie », une semaine
après. Nilleneuve fut admis.
L existence de ce jeune homme, qui était appelé à devenir
une des sommités du corps médical de notre Ville, avait été
jusqu alors particulièrement dure.
Né à Marseille, rue d ’Aubagne, le 12 floréal an VIII,
d ’un père qui était chirurgien, mais qui pour gagner sa vie
avait dû se retirer h Saint-Gannat, le jeune Etienne \ illeneuve avait fait ses études à Lambesc, puis au petit séminaire
d ’Aix et avait commencé avec son père les premiers éléments
de la médecine. Il avait été admis comme élève en chirurgie
à i l Intel-Dieu le t\ novembre 1816. Ce laborieux, que l ’on
n ’est pas surpris de trouver dans la peitte phalange du Cercle
médical, n ’avait-il pas failli être, en 1818, exclu de l’Hôpital
par Moulaud, pour avoir manqué deux fois l’appel. La disci­
pline était sévère à l ’époque !
Le 6 janvier 1820, un étudiant de la Faculté de Montpel­
lier, M. Costes, demanda à être reçu membre correspondant et
envoya un mémoire intitulé : « Description anatomique et
pathologique du pli de Faîne ». La lecture en fut faite et la
candidature admise à l’unanimité.
Pas de nouveaux membres jusqu’au 26 octobre. Est-ce
l'approche de la rentrée scolaire, deux candidats se présentent,
MM. Nel et Icard. Ils sont admis après des réponses très sa­
tisfaisantes aux examens et la discussion de leurs mémoires,
le premier sur « l’Histoire de la fièvre », le second « sur les
corps étrangers formés dans 1 articulation du genou », qui
ont été argumentés par deux membres désignés par le Pré­
sident.
Le 7 mai 1821, M. Asphar sollicite le titre de membre
correspondant qui lui fut accordé après soutenance d ’un mé­
moire sur u les plaies artérielles », argumenté par une com­
mission de trois membres.
Ce fut la dernière admission d ’un membre médical. Il y
eut encore une candidature pharmaceutique, en vertu d ’une
décision prise le 3 i juillet 1821. Le Cercle, désirant établir
dans son sein des conférences sur la Chimie et lu Pharmacie,
ajouta au Règlement l’admission des Pharmaciens jusqu’au
nombre de trois.

�ü

M. H. A LEZ Al S

En vertu de cette résolution, M. Nel présenta quelques
jours après, M. Ravaud, pharmacien, qui eut à répondre sur
des questions de chimie et de pharmacie. L’épreuve ayant été
satisfaisante, il fut admis à présenter son mémoire le a3 août.
Ce mémoire ne figure à aucune séance. Le nom de Ragaud ne
se retrouve plus dans les registres de la Société. 11 renonça
probablement à sa candidature. On le retrouve, mais quelques
années plus tard, établi comme pharmacien, Quai du Canal, i,
près du pont de pierre, où il eut un dépôt de secours pour
les noyés, de i 83/j à i 8/jo.
Les admissions compensaient à peine les vides que fai­
saient dans les rangs des sociétaires le départ des étudiants
qui avaient terminé leurs éludes. Le 7 septembre 1820. M.
Natte part pour Toulon ; le 21 du même mois, M. Monges va
se fixer au Rove ; le avril 1821, M. Magail s’établit â Mons
dans le Var.
Les auditeurs u étaient jamais bien nombreux, cinq,
six, sept au maximum. La séance avait lieu pourvu qu’il y
eut deux argumenlateurs en présence, mais le 10 mai 1821,
le président \ubayc se trouva seul et ne put que lever la
séance.
Le Bureau avait été renouvelé le 17 février précédent et
comprenait M. Aubave, Président ; Nel, Vice-Président ; Pardigon, Secrétaire général ; Magail, Secrétaire adjoint ; Massol, Trésorier.
Deux jours avant, avait été tenue la séance annuelle,
dans laquelle le Président Oillel avait eu la satisfaction d ’an­
noncer à ses confrères que « M. le Comte de Villeneuve avait
accueilli avec distinction la députation du Cercle » qui lui
avait été envoyée pour solliciter son autorisation et il lui
avait accordé une autorisation provisoire. La séance avait été
remplie par un u Aperçu sur la mort qui arrive par les pro­
grès de l’âge » par le Président et par « LExposé des Travaux
du Cercle » par le Secrétaire général.
Les séances ordinaires étaient occupées soit par les forma­
lités des réceptions, soit par la lecture des « Tributs acadé­
miques ». On appelait ainsi le mémoire ou l’observation cli­
nique que d’après l’article ior du Titre 6°, chaque membre
était tenu de déposer tous les trois mois sur le bureau de
l’assemblée, pour être ensuite lu et discuté.
Parfois un membre zélé n'attendait pas l'échéance obli­
gatoire pour présenter une observation intéressante. Tel le
Président Cille! qui parle « d ’un abcès situé à la partie laté­
ral»* et supérieure du thorax terminé par absorption, et son

LE CERCLE A1ED1CÀL l)E MARSEILLE

15

observation est suivie « de quelques discussions relativement
au danger qui pourroit résulter du transport du pus dans le
torrent de la circulation ». D’autres séances étaient remplies
par une conférence «à litre général, médecine clinique, accou­
chements, ou portant sur un sujet déterminé, par exemple :
les contractilités, la vie organiquue en général, les effets des
diverses inflammations du tube digestif, la rétention d ’urine
et la constipation, la liè\ re bilieuse, la sueur, le mécanisme
du crâne dans les fractures par contre-coup faites à sa base.
Dans d ’autres séances, on annonce une discussion sur les
thèmes les plus variés : les fièvres ataxiques et adynamiques ;
l ’opération du trépan ; la gangrène, le croup, la plisie pulmo­
naire, la perception de l’ouïe, de la vue. O11 abordait même
parfois des questions médico-philosophiques ou doctrinales,
comme cette dissertation « sur diverses opinions émises par
les auteurs des deux systèmes de médecine qui se disputent
le sceptre médical ».
Enfin, il y avait des séances de pure administration où le
Trésorier rendait scs comptes.
C’était l’époque où le Docteur Roux venait de créer à Mar­
seille son journal : &lt;( l’Observateur provençal ». Le Président
Gillet, dans la séance du 17 janvier 1821, proposa au Cercle
de lui céder son abonnement. La Société reçut ainsi réguliè­
rement le Journal tant qu elle fonctionna.
Le Cercle médical n'avait pas un an d ’existence et l’obli­
gation de mesures capables d ’entretenir le zèle des adhérents
parut nécessaire. Le 27 juillet 1820, il fut décidé : i° (pie lors­
qu un membre ne donnerait pas, dans le courant du trimes­
tre, son Tribut académique, il serait imposé à une amende de
deux francs ; &gt;° que, s il laissait passer deux trimestres sans
donner son mémoire, il serait exclu du cercle ; 3° que, s’il
laissait passer trois jeudis sans se présenter aux séances, il
payerait une amende de un franc ; enfin, le 28 décembre
1820, on décida que ceux (pii, le fi jam ier suivant, n ’auraient
pas rendu au secrétaire les mémoires lus pendant l’année
écoulée, paieraient 3 francs d ’amende.
Ces mesures ne restèrent pas platoniques. Le premier
délinquant lut Villeneuve qui ne s’était pas conformé à la dé­
libération du 28 décembre. Le 19 janvier, ses mémoires
n ’étaient pas encore déposés et, de plus, il a\ail manqué trois
séances (h* suite.

�lu

M. IL ALEZAIS
LE CE II CLE MEDI CAL DE M A R S E I L L E

Il fui condamné à /j francs d’amende qu’il devait acquit­
ter avant le 9 février et. à la majorité des voix, le scrutin le
déclara suspendu jusqu'à cette date et ensuite, exclu, s'il
n'acquittait pas son amende.
Le 8 février, Villeneuve pavait son amende, mais en don­
nant sa démission et en renvoyant son diplôme. Il revint ce­
pendant quelques mois plus tard sur cette décision, quelque
peu entachée de mauvaise humeur et, le .‘1 août, il demandait
à rentrer dans la Société. Sa demande fut acceptée, mais en
retardant sa titularisation jusqu'au 27 septembre suivant.
Le cas de \ illeneuve eut. semble-t-il, mérité les circons­
tances atténuantes. Il venait d’être reçu interne à l ’HôtelDieu le 19 mars et la préparation du concours aurait dû lui
éviter une sévérité (pii explique son dépit.
E11 novembre, le Bureau est plus juste. Il reconnaît que
la place d'interne — c’est peut-être le moment où il entrait
en fonction — l’empêche d’assister aux séances toutes les
fois qu'il le désirerait et fait pour lui une exception aux rè­
glements.
Ceux-ci eurent d'autres applications et sans égard pour
les délinquants. Le 11 octobre, M. Massol, secrétaire adjoint
et trésorier, est condamné à l'amende prévue pour n ’avoir
pas remis son mémoire au jour lixé. Le &gt;0 novembre, c’est M.
Ne! qui a 3 francs d’amende pour le meme délit.
Nous resterons sous une meilleure impression en nous re­
portant à la séance du &gt;6 juillet 1821, tout entière consacrée
à (( décider qu’un repas en commun aurait lieu mardi 21 du
courant à (Jlarenq) aux dépens de la caisse, les frais de trans­
port compris ».
La dernière séance qui figure sur le Régistre est du 6 dé­
cembre 1821. Cinq membres étaient présents, MM. Aubaye,
Gillet, Icard, Massol et Pardigon. Elle fut occupée par une
conférence sur la fièvre ataxique.
Quelques pages plus loin, on trouve le litre seul de la
séance du 7 février 1822. Présents : MM. Aubaye, Gillet, Mas­
sol, Icard... C’est la dernière trace du Cercle médical, dont le
régistre qui n’en est encore qu'au tiers do ses feuillets, se
transforme en un Livre de Comptes se l'apportant à l’achat
de maisons.
Les premiers comptes sont de i 83 i et i 83 &gt; : Achat de ma
maison ; réparations faites à ma maison. Il est question à
plusieurs reprises d'argent envoyé « à ma mère ». On parle

17

aussi d ’un notaire, M. Bayle, qui ne figure pas sur la liste des
notaires de notre ville. Il se pourrait donc (pie la maison en
question ne fut pas située à Marseille.
Plus loin, au contraire, dans d ’autres comptes de i 84o, il
est question d ’une autre maison, mais celle-ci est rue Sainte\ ictoire, /| 1. Le compte est intitulé : \ehat et sommes payées
pour la maison de la rue Slc-\ ictoire.
Le seul intérêt de cette digression, c’est que le change­
ment si radical de la tenue du Régistre officiel du Cercle
pourrait signifier qu’il n ’existait plus.
En parcourant la liste des fournisseurs ou des destinatai­
res de l’argent, on trouve un nommé Benoit Pardigon et la
manière dont ce nom est écrit se rapproche singulièrement de
la signature du Pardigon qui était membre du Cercle.
Si on se rappelle qu il était de plus Secrétaire général,
rien (pie de naturel à ce (pie le Régistre soit entre ses mains
et s’il s’en est servi pour un usage personnel, n ’est-il pas lé­
gitime de conclure que la Société n ’existait plus.
Tout hypothétiques que soient ces déductions, nous ad­
mettrons jusqu’à plus ample découverte que le Cercle médi­
cal a pris fin au début de 1822.
II. — T rwaux . dk i,a Société.
Le rapide aperçu que nous avons donné des séances du
Cercle médical doit être complété par un coup d ’œil sur ses
travaux.
On ne saurait reproduire, sans s'exposer à des longueurs
inutiles et à des pages d ’un médiocre intérêt, la plupart de ces
mémoires qui, malgré leur litre de « Tributs académiques ».
ne sont que des devoirs d élèves auxquels nous ne pouvons
demander plus (pie ne leur donnaient les notions médicales
alors courantes.
On peut cependant de ci de là, glaner quelques faits cu­
rieux, ou l’exposé de tel procédé opératoire, de tel mode de
traitement alors en usage et (pie des chirurgiens tels que Mou­
lant! ou Cauvière avaient adoptés.
Outre ces détails, l’ensemble des travaux du Cercle me­
dical, qui reflètent l'enseignement de l llotel-Dieu, laisse une
impression qui est à retenir. On retrouve, en les parcourant,
l'influence heureuse qu'avait exercée sur la restauration de
renseignement médical en France, après la Révolution, un
homme tel que ('.haussier. On sait que c’est à lui qu est dû,

�18

M. H. ALE Z AI S

en majeure partie, le rapport que la Convention avait de­
mandé à Fourcroy et qui servit de base à la Loi du 14 Fri­
maire, An III (4 décembre 179/1).
L’Enseignement médical, grâce à Chaussier, devint pra­
tique et clinique et demanda à l’Anatomie et à la Physiologie
l'appui de leurs notions.
Cette heureuse tendance est manifeste dans les travaux
du Cercle. Le Régistre des Mémoires qui nous est parvenu ne
comprend que l'année 1820, mais le titre des communica­
tions de 1821, qui nous est connu par les procès-verbaux des
séances, suffit pour nous indiquer leur objet.
On trouve bien une dissertation sur: « la Médecine est-elle
l’art de guérir ? » ou bien : « La lecture des ouvrages de mé­
decine est-elle dangereuse pour celui qui en fait usage », ou
encore des sujets confinant à une psychologie sentimentale un
peu nébuleuse, tels que : « Notice sur le libertinage appliqué
à la médecine morale » ; — « Mémoire sur l’amour considéré
comme cause de mélancolie. »
La plupart des communications se rapportent à l’Anato­
mie, à la Physiologie ou à la Clinique.
Voici quelques litres de communications ayant trait à
FAnatomie ou à la Physiologie :
« Mémoire renfermant un aperçu succint sur les tissus
érectiles ; une description anatomique de la verge ; une notice
physiologique sur le phénomène de l’érection ;
» Quelques recherches sur l'Histoire de I Anatomie ;
« Description anatomique et pathologique du pli de
l’aine ; — de l’estomac.
« Quelques propositions physiologiques sur le vomisse­
ment considéré dans l étal maladif. »
Médecine : « Mémoire sur l'apoplexie, — sur le tétanos,
— sur une varicelle ; sur l érésipèle simple et l’érésipèle
phlegmoneux; — sur des cas de péripneumonie; — sur une
pleurésie, sur la fièvre muqueuse, sur le choléra morbus, sur
la variole ; — sur un asthme guéri par la fumée de daliira
stramonium ; — sur les fièvres intermittentes, sur un lom­
bago ».
Chirurgie : « Mémoire sur la gangrène produite par l’in­
flammation et par la congélation ; — sur les abcès du foie ;
sur une plaie par instrument piquant avec lésion présumée
d’un nerf ; — sur les ruptures et divisions du tendon d'Achil­
le; — sur les polypes des fosses nasales; — sur les plaies de

LE CE n e LE MEDICAL DE MARSEILLE

10

poitrine en général ; — sur l’amaurose ; — le bec-de-lièvre ;
la luxation de la mâchoire inférieure ; — observation d ’une
douleur vésicale vénérienne simulant la présence d ’un cal­
cul ; — mémoire sur les corps étrangers formés dans l’arti­
culation du genou ; — sur l’anthrax malin ; — sur les plaies
artérielles ; — rapport sur la hernie crurale ; — observation
d ’un anévrisme de l’aorte. »
&lt;( Mémoire sur la teigne amiantacée d ’Alibert ; — sur les
chancres vénériens primitifs ; — sur la suppression de la
suppuration ; — sur l’anthrax malin. »
On trouve encore : « Description du somnambulisme sui­
vie de quelques observations. Mémoire sur le cauchemar, sur
l’onanisme ; Essai sur les moyens d ’introduire des substances
liquides dans l’estomac par les fosses nasales ; Quelques mots
sur les propriétés physiques et hygiéniques des eaux. »
Nous nous étendrons un peu plus longuement, à titre do­
cumentaire, sur quelques communications.

de GILLET.
Description exacte d’un cas de rage survenu chez un enfant de
12 ans, quarante jours après la morsure. Mort après deux jours
de crises convulsives violentes, avec spasme œsophagien et ptya­
lisme.
*%
Observation sur ia rage,

par le même.
On voit cpie les auteurs possédaient leur myologie, naturelle­
ment avec la nomenclature de Chaussier. La mâchoire inférieure
est maintenue appliquée contre la supérieure par le temporo-maxillaire, le zygomato-maxillaire, les ptérygo-maxillaires. Elle s'abaisse
par l'action des mastoïdo-géniens, mylo, génio, sterne, scapulohyoïdiens, sterno-thyroïdien, thyro-hyoïdien, les libres inférieures
du génio-glosse.
La question qui divisait alors les physiologistes était de sa­
voir si, dans ce mouvement d'ouverture de la bouche, la mâchoire
inférieure était seule en mouvement, ou bien si, tandis qu’elle
s’abaisse, la mâchoire supérieure ne se relève pas un peu. Boerhaave, Monro, Ferrein, Gavard, Bichat, étaient d’avis que la
mâchoire supérieure se relevait un peu, tandis que d’autres avec
Wiuslow, Ribes, pensaient qu’elle était immobile. M. le professeur
c h a u s s i e r , comme le nomme notre jeune auteur dont on sent toute
lu déférence, se rallia â l’opinion de Boerhaave, pour une raison
anatomique vraiment trop subtile. L’élévation de la mâchoire suMémoire sur la préhension des aliments,

�20

AJ. II. M.EZA1S

périeure, quand la bouche s’ouvre, dit M. Chaussier, est un effet
nécessaire de la disposition de l’articulation temporo-maxillaire.
Les deux os, en effet, s’y touchent, non comme on le dit générale­
ment par un condyle reçu dans une cavité, mais par deux condyles, de sorte que le condyle inférieur ne peut se mouvoir en au­
cun sens sans tendre à imprimer un mouvement de rotation en
sens inverse au condyle supérieur, ce qui produit l’élévation de
la mâchoire supérieure dans le temps de rabaissement de l'infé­
rieure. Toutes ces discussions, comme le fait remarquer Longet (1),
peuvent paraître hors de propos, « quand il est si facile de cons­
tater que, dans la mastication normale, la tête n’exécute pas le
moindre mouvement ».

Mémoire sur l’angine tonsillaire.

L’auteur décrit sous ce nom toutes les formes d’amygdalite,
aiguë, suppurée, jusqu’à l’hypertrophie. Les moyens employés
dans ce dernier cas sont la rescission et la ligature. La rescission
se pratique soit avec le bistouri, soit avec le Kîotome de Desault.
Le procédé de ligature, choisi comme étant le plus facile, est celui
de Desault. L’amygdale est prise dans l’anse de fil d’un serrenœud. qu’on laisse en place 4 ou 5 jours, en augmentant tous les
jours la striction. L’amygdale tombe généralement au bout de ce
temps-là. Si la gangrène se propageait à la paroi du pharynx, on
avait comme ressource les gargarisme antiseptiques et toniques au
quinquina et au serpentaire de Virginie, l’acétate d’ammoniaque
et le camphre, intus et extra.

Mémoire sur l’administration du poivre cubèbe dans la blen­
norrhagie, par M. PARDIGON ainé.

Le poivre cubèbe venait d’être présenté par John Cravvford,
chirurgien de la Compagnie anglaise au Rengale, comme un spé­
cifique assuré de la blennorrhagie. L’action irritante du cubèbe
sur le col de la vessie, sur l’intestin, avait provoqué des réserves
sur l’emploi de ce médicament et notre auteur se range à cet avis,
en attendant le résultat des expériences entreprises par MM. Del­
pech et Lallemand.
*★ *
(1) L onget. Traité de Physiologie, 1873, T. 1., p. 109,

LÉ CERCLE MEDICAL DE MARSEILLE

21

Mémoire sur ( anthropophagie.

Rappel des récits de voyageurs chez les Iroquois, les Caraï­
bes et des faits de dépravation criminelle parmi lesquels un des
plus remarquables est celui que rapportait le professeur Gruner,
d'Iéna, d’un certain Goldsmith, gardien de vaches des environs
de Weimar, qui, jusqu’à 55 ans. ne s'était fait remarquer que par
un caractère assez violent, une certaine rudesse de mœurs, une
extrême grossièreté. A la suite d’une altercation avec un voya­
geur, à l'entrée d’un bois, il le tue et pour le faire disparaître, il
le coupe en morceaux et les porte dans un sac, chaque fois qu’il
revient chez lui. C’est dans un de ces voyages que l’idée lui vient
de manger de la chair humaine. 11 fait rôtir et bouillir des mor­
ceaux du cadavre dont il se régale, ainsi que sa femme à laquelle
il a fait croire que c’est de la viande de mouton. L'année sui­
vante, il tue un enfant qu’il mange en partie. Ce crime est décou­
vert et ces détails ne sont connus que par ses aveux. Hector Boetius cite, dans son Histoire d’Ecosse, un brigand écossais qui fut
condamné à mort, ainsi que sa femme et ses enfants, pour avoir
tué plusieurs personnes dont ils s’étaient nourris. L’extrême jeu­
nesse de la dernière fille l’avait préservée du supplice. Mais dès
qu’elle eut atteint sa douzième année, elle se rendit coupable du
même crime et fut exécutée.
•*«
Mémoire sur la fracture des deux os de la jambre,

par M. MA-

GAIL.
Nous ne retiendrons que la description du traitement alors
en usage dans ce cas. L’appareil à pansement est ainsi préparé.
Un oreiller couvert d’une serviette pliée en deux ou trois doubles,
quatre liens d’un ruban assez fort, un drap fanon qui s’étende du
genou à la plante du pied, un bandage à bandelettes, des com­
presses carrées de longueur et de largeur inégale, trois remplis­
sages faits avec des linges usés ou des sacs remplis de paille
d’avoine, larges de quatre travers de doigt et aussi longs que la
jambe, deux attelles larges de deux ou trois pouces et d'une lon­
gueur égale à celle du drap fanon.
Le malade étant couché, le chirurgien placé au côté externe
du membre pour ajuster les extrémités des fragments lorsque les
tractions exercées en sens contraire les ont ramenées au même ni­
veau, on soulève doucement le membre sous lequel on fait glisser
l’oreiller avec l’appareil sur le milieu duquel la jambe doit repo­
ser el qu'on arrose d’eau végéto-minérale. Ensuite, le chirurgien
fait faire l’extension sur le pied qui est soutenu ou abaissé, porté

�LE CEl(CLE MEDICAL DE MABSEILLE

en dehors ou en dedans, jusqu’à ce que sa direction ne laisse rien
à désirer pour la conformaiton, le gros orteil devant être sur la
même ligne que le condvle interne du fémur. Tout étant dans cette
régularité, on applique sur la partie antérieure deux compresses
longues, étendues du genou sur le cou-de-pied et qui entourent
les deux tiers antérieurs de la circonférence de la jambe, puis on
place latéralement les remplissages repliés vers les malléoles pour
éviter la compression qu'elles auraient pu souffrir. On enveloppe
les attelles de chaque côté avec un drap fanon dans lequel on les
roule jusqu’aux remplissages contre lesquels ils doivent s’appli­
quer exactement et après avoir placé le troisième remplissage à la
partie antérieure de la jambe, le tout est maintenu par quatre liens
noués sur l’attelle externe et suffisamment serrés pour assurer
l’immobilité des fragments. On enveloppe le pied d’une compresse
imbibée d’eau végéto-minérale avec laquelle on a humecté toutes
les pièces de l’appareil. 11 est maintenu par une bande dont le
plein porte sous la plante et les chefs, après s’être croisés sur le
dos, sont lixés latéralement sur chaque attelle.
La jambe doit être solidement fixée par cet appareil, placée au
moyen d'un coussin dans une légère flexion et garantie par un
cerceau de la pression des couvertures. On prescrit des boissons
délayantes et acidulées, des saignées plus ou moins répétées sui­
vant le tempérament de l’individu.
Dans le cas de fracture du péroné seul, on prépare deux com­
presses graduées, quelques gâteaux de charpie, une longue bande
roulée à un seul globe et trois attelles. Un premier aide soutient la
jambe à sa partie supérieure, un second la soulève en tenant le
pied dans l’adduction. Des compresses graduées et imbibées d'eau
végéto-minérale sont placées, l’une depuis la partie antérieure de
la malléole externe jusqu’à la petite tête du péroné, entre cet os et
le tibia, l’autre, plus courte, est mise entre le tendon d’Achille et
le péroné. On remplit ensuite de charpie ou d’autres compresses
les vides qui se trouvent entre le tendon d’Achille et le tibia. Un
aide maintient tout en position. Le chirurgien prend sa longue
bande et fait quelques circulaires au-dessus des malléoles, enve­
loppe exactement le talon, le col et le dos du pied jusqu’à la base
des orteils, revient aux malléoles, remonte par doloires et renver­
sés jusqu’au jarret, ayant soin a chaque tour de bande de presser
avec les doigts sur les compresses graduées afin de refouler les
muscles dans l’espace interosseux et d'écarter du tibia les bouts des
fragments du péroné. Arrivé en haut de la jambe, le chirurgien
donne sa bande à tenir à un aide, met sur chaque compresse gra­
duée une attelle de même longueur, reprend ensuite la bande, des­
cend par doloires et continue jusqu’à total emploi. Les appareils
ne doivent pas être appliqués lorsque l’inflammation existe.

23

Telle était vraisemblablement la pratique de Moulaud ou de
Cauvière qui nous est conservée par son élève.

Mémoire sur les plaies de la langue.

A noter la bourse de toile fine dans laquelle on avait proposé
d’enfermer la langue, dans le cas de plaie à lambeau. Boyer
préfère un ou deux points de suture entrecoupée, si la situation de
la plaie le permet.
*♦*
Mémoire sur l’opération de l’empyème.

Dans l’énumération des signes physiques, on relève ceux-ci :
la percussion qu’on ne peut produire avec succès sans que le ma­
lade soit sur son séans, ne présente que des sons très obscurs ;
lorsqu’on cylindre le malade avec le cylindre de M. Laennec, on
sent que le malade ne respire pas dans le point où le liquide est
accumulé et que le mouvement d’ondulation se propage jusqu’à
l’oreille ; du côté de l’épanchement, les espaces intercostaux se
trouvent écartés, tandis qu’ils paraissent rentrés du côté opposé ;
la courbure et l’élèvement des côtes se trouvent augmentés ; en
appliquant la main entre les espaces intercostaux, on sent une es­
pèce d’ondulation résultant de la présence du fluide ; quelquefois,
quand l’épanchement est à gauche, le coeur ne fait plus sentir les
battements que du côté droit.
L’incision doit être faite entre la 8e et (Je côte à gauche, la 7e
et 8’’ à droite, à la partie moyenne de l’espace intercostal, en ra­
sant le bord supérieur de la côte inférieure, afin d’éviter l'artère
intercostale.
Après la section de la peau et des muscles extérieurs, on in­
troduit dans la plaie le doigt indicateur de la main restée libre,
et quand on sent qu’on est arrivé sur les muscles intercostaux, on
plonge prudemment la pointe du bistouri. .On place de suite l’indi­
cateur derrière cette pointe pour éviter de léser le poumon et on
coupe de dedans en dehors.
A
Observation d’une fissure avec constriction
sphincter de l’anus.

spasmodique du

L’opération, seul remède efficace, consistait alors en une sec­
avec un bistouri boutonné, soit du côté droit, soit du gauche,
et dos deux côtés, en cas de constriction extrême, des membranes
t ion

�Ai. II. A L E Z A IS

2i

LE CERCLE MEDICAL DE MARSEILLE

intestinales,
la fesse. La
la guérison
sans retour.

du sphincter, du tissu cellulaire et des téguments de
cicatrisation demandait de vingt jours à trois mois et
des douleurs et de la eonstriction était radicale et
On ne parle {tas du sphincter.

Mémoire sur le Scherlievo,

La maladie connue sous ce nom était à cette époque une nou­
veauté. Elle avait fait en 1800 son apparition en Üalmatie, dans le
village de ce nom, et fut considérée comme une variété de la sy­
philis. M. Massol n’apporte naturellement aucun fait nouveau,
mais se borne à rapporter textuellement les conclusions des Com­
missaires envoyés par la Société de Médecine pour étudier le Scher­
lievo qui, en quelques mois, avait fait des ravages énormes.
C’est une variété de la syphilis qui n’est pas épidémique, mais
endémique et contagieuse par toutes sortes de contact. Elle a de
grandes analogies avec la maladie vénérienne des premiers temps,
c’est-à-dire du xv° siècle. Elle est justiciable d’une sage et pru­
dente combinaison de préparations mercurielles et notamment du
muriate suroxygéné de mercure avec les sudorifiques et les amers.
Les bains de mer sont indiqués comme traitement et prophylaxie.
Tous les moyens prophylactiques seront de nul effet si on n’établit»
pas des lazarets et si on n’obtient pas des habitants plus de pro­
preté.

Observation sur une lésion de lartère poplitée, par M. VILLENEUVE.
Je n’hésite pas, malgré sa longueur, à transcrire cette obser­
vation qui est prise avec la netteté que Ton retrouve dans les nom­
breuses observations qu’avait recueillies le Professeur Villeneuve,
dans son service de la Maternité. C’est en même temps un spéci­
men, que je crois unique, de la chirurgie au temps de Moulaud.

« Le nommé Pierre Escande, âgé de 23 ans, fusiller dans la lé­
gion du Tarn, d’un tempérament lymphatique, m’a assuré n’avoir
jamais été atteint d’aucun virus ni d’aucune éruption cutanée. 11
est entré le 1er décembre 1819, ayant une tumeur à la partie supé­
rieure, antérieure et interne de la cuisse gauche, qui a disparu
deux mois environ après son entrée, par l’usage des cataplasmes
émolliens et des emplâtres de diabotanum.
&lt;( A cette époque, il se manifesta une douleur à la partie infé­
rieure et postérieure de la cuisse qui fut bientôt accompagnée de
gonflement, tension et rougeur phlegmoneuse de la partie, acci­

25

dents auxquels on obvia par l’usage des cataplasmes, des fomen­
tations émollientes et par une diète appropriée. L’intensité des
symptômes inflammatoires fut suivie d’une collection purulente à
laquelle on donna issue le 20 février 1*20, au moyen d’une ouver­
ture que l’on pratiqua aux trois quarts inférieurs et internes à peu
près de la cuisse entre le demi-membraneux (ischio-poplité-tibial),
le 3° adducteur (ischio-fémoral) et que Ton prolongea jusque der­
rière le vaste interne. Un pus assez louable coula de la plaie qui
fut d’abord remplie de charpie, laquelle ne tomba que deux jours
après.
Des topiques émolliens et de la charpie furent pendant quel­
que temps le pansement de la partie affectée ; on ajouta ensuite
un plumasseau de cérat pour empêcher l’adhésion des brins de
charpie aux bords de la plaie. Le pus était toujours abondant et
grisâtre.
Un nouvel amas de matière purulente favorisée par la position
du membre donna au tact du chirurgien en chef un sentiment de
fluctuation à la partie externe et inférieure de la cuisse entre la
portion péronière du biceps crural (ischio-fémoro-péronier) et la
portion externe du biceps crural (trifémoro-rôtulien); ce qui le dé­
cida à faire pratiquer en cet endroit une contre-ouverture, un
mois après la première incision. 11 en sortit un pus épais et grisâ­
tre; on la remplit de charpie dont une nouvelle quantité de pus
détermina l’expulsion, le jour d’après. Dès la première ouverture,
le malade fut mis à la soupe matin et soir. On lui a fait observer
ce régime jusqu’au 26 février, jour auquel on lui permit le quart
le matin. Le pus coulait toujours abondamment ; des stries de
sang étaient mêlées avec lui, le malade s'affaiblissait, perdait l'ap­
pétit. 11 fut mis à l’usage des bouillons amers le 28 mars. Une pe­
tite tumeur se forma au-dessus la première plaie et derrière elle.
On l’ouvrit ; un pus épais en découla.
Cependant l’aspect livide et même noirâtre de la plaie primi­
tive, la présence île quelques petits caillots de sang mêlés au pus ou
parsemés çà et là sur la surface de la plaie, engagent le Chirur­
gien en chef à examiner cette plaie. Il porte le doigt dans le fond
de celle-ci, sent les pulsations de l’artère poplitée, en reconnaît
l’isolement, invite le Chirurgien-chef interne en second de faire
l’exploration de la partie ; celui-ci se convainc du même désordre.
On procède au pansement ; la plaie est nettoyée avec de la
charpie. Un morceau double d’agaric embrassé dans une anse de
lil noué est appliqué immédiatement à la partie antérieure de
l’artère. Des bourdonnets de charpie, lâchement noués, sont mol­
lement placés entre l’agaric et la partie postérieure et inférieure
du fémur. Un tampon de charpie arrosé d’eau alumineuse et un

�26

M. II. ALE7AIS

bandage approprié, terminent le pansement et ce pansement est
fait tous les jours par M. Moulaud, Chirurgien en Chef, qui or­
donne une légère compression de la crurale, quatre doigts envi­
ron au-dessus de la plaie. Le 4 avril, on lui prescrit l’usage des
crèmes de riz de l heures en 4 heures et la continuation des
bouillons amers auxquels on ajoute le 5 un gros et demi de quin­
quina.
Le 12, qui fut U* jour de l'exploration de la plaie, prescription
d’une tisane acidulée avec l’eau de Rahel, des crèmes «h1 riz de
3 en 3 heures, avec 0 gouttes d’acide sulfurique et des bouillons
amers avec un gros et demi de quinquina. Le pansement est con­
tinué dans les mêmes formes par M. Moulaud et exécuté avec
cette dextérité et cette délicatesse particulières à ce praticien. Le
6° jour, à peu près, il a déjà lieu de se féliciter de son mode de
traitement ; il sent moins de laxité sur la tunique artérielle et
l’effet astringent de l’eau alumineuse lui a procuré cette satis­
faction. Mais l’état physique du malade l’inquiète et c’est avec
raison. Escande est faible, sa voix altérée ; il n’a aucune vigueur.
Une fièvre lente le ruine, il y a sécheresse il.* la langue, rougeur
de la pommette gauche.
Le 10 au soir, il est dans un état à faire désespérer do lui ; il
parait oppressé et fait craindre au chirurgien en chef une métas­
tase dans la poitrine. Prescription d’une potion antispasmodique.
La plaie suppure toujours beaucoup. Le pansement est un peu
modifié ; on ne met plus qu’un morceau simple d’agaric sur l’ar­
tère.
Après avoir lavé l’extérieur de la plaie, on en nettoie l’inté­
rieur avec la décoction vulnéraire au moyen d’une seringue au
svphon de laquelle est ingénieusement lié un morceau de linge
fin, qui, placé devant le jeu du liquide, a pour but de le faire ver­
ser en nappe sur la surface de la plaie et de garantir les bourgeons
charnus de la meurtrissure que leur eut occasionné sans contre­
dit le jet de la seringue à nu.
Depuis le 22, on a éloigné l’agaric du pansement Après avoir
fait la lotion ci-dessus mentionnée dans le fond de la plaie, on y
introduit de la charpie qui s’en imbibe et qui est ensuite reje­
tée. On achève le pansement par l’introduction de quelques bourdonnets de charpie mollette et par l’irrigation d’un peu d’eau alu­
mineuse par dessus. La compression a été enlevée le 2t. La plaie
offre un bel aspect jusqu’au 27 ; sa surface est rouge. Elle semble
présenter la naissance de plusieurs bourgeons charnus, mais, le
28, son aspect est livide. Il en sort du pus brunâtre. Le jour sui­
vant, la lividité augmente, le pus est plus abondant, il est mêlé de

LE CETiCLE MEDICAL DE MARSEILLE

27

quelques stries de sang noirâtre ; même pansement, mêmes re­
mèdes. Le lendemain, même état de la plaie ; le malade n’a aucune
vigueur, il est pâle, comme bouffi. Violentes coliques le lpr mai.
Mort le lundi 8 mai à 4 heures du soir.
Autopsie cadavérique, le 0 à 8 heures du matin.
La cavité pectorale ne présente rien de particulier, si ce n’est
une légère transudation puriforme, effet presque constant du ma­
rasme. Les poumons sont d’ailleurs très sains, le gauche seule­
ment parait être comme œdématié, mais c’est à la partie posté­
rieure principalement. Rien de particulier dans la cavité abdomi­
nale. M. Ducros ouvre en long toute l’aorte descendante, suit le
trajet de l’iliaque primitive, externe gauche, de la crurale, poplitée
et au-delà sans qu’il puisse y apercevoir aucun phénomène patho­
logique. La portion d’artère qui était en contact avec l’agaric et
les tampons imprégnés d’eau alumineuse, était seulement plus
résistante. Voilà l’observation ; je me permettrai à présent de faire
quelques réflexions. »
A
Je laisserai de coté cette discussion qui a moins d’intérêt et se
borne à établir une relation entre la lésion de la poplitée et le pus
qui la baignait, mais nous remarquerons à propos d’une autre ob­
servation présentée par Villeneuve, que c’est encore Ducros qui
allait faire avec lui l’autopsie, si la famille n’avait pas réclamé
le corps.
On peut se demander si, à cette époque, ce n’était pas le mé­
decin de l’Hôtel-Dieu qui était chargé des autopsies. Il s’agissait
fi’un sujet de 65 ans, qui, à la suite de deux applications de la
poudre du frère Côme sur une plaie carcinomateuse de la verge,
avait été pris de malaise, douleur à la nuque, paralysie des mem­
bres supérieurs, fourmillements aux aines, aux lombes et était
mort au bout de quatre jours. La poudre du frère Côme contient
un huitième de son poids d’acide arsénieux et Villeneuve conclut
à un empoisonnement et non pas à une métastase comme la sup­
pression de la sanie purulente portait à le faire croire.

*♦+
Du petit groupe d'étudiants qui composaient le Cercle
médical, Etienne Nilleneuve est le seul dont la carrière mé­
dicale ait laissé une trace brillante et longue, puisqu’elle ne
s’acheva qu’en 1882.

�M. IL A LE ZAIS

28

Nous devons savoir gré au Cercle médical de nous avoir
conservé quelques souvenirs de la jeunesse de ce Maître émi­
nent et je terminerai la courte notice consacrée au Cercle en
évoquant la belle figure de celui qui en a été la gloire.
i

_

★*★

Villeneuve était depuis le 19 mars 1821, interne à 1’Il&lt;'&gt;tel-Dieu. Travailleur infatigable, il se présente au Chef-inter­
nat d’Aix, puis de Marseille, mais n ’obtient à ees deux con­
cours que la seconde place. (I a une typhoïde grave et à peine
remis, il concourt pour le poste de Chef interne de la Charité
(18s»3). Il est nommé et c’est dans cet hôpital, où s’était en­
fin ouverte l ’Ecole d ’Accouchement s, qu’il trouve sa voie.
Pendant trois ans, il s’adonne à l’obstétrique et acquiert une
telle maîtrise qu’une fois nommé Chef interne de F Hôtel Dieu (1828), il obtient l’autorisai ion d’y faire un cours d ’ac­
couchements et, en 183 r, à la retraite de Cauvière, on lui
donne la place de Chirurgien en Chef de la Maternité. Il ve­
nait de passer sa thèse de doctorat en médecine le 9 juillet
i 83o, à Montpellier.
Villeneuve épousa Mademoiselle Joly, seconde maîtresse
Sage-femme, fille et sœur de médecins distingués de ChâteauThierry. Il resta à la tète de la Maternité jusqu ’en 187/1, la sui­
vant dans ses déplacements, de l’ancienne Faculté des Scien­
ces, où elle se trouva quelque temps, à la Conception.
Il appartint successivement à l’Ecole secondaire, à l'Ecole
préparatoire, puis à l’Ecole de plein exercice, où, après avoir
quitté la Clinique, il enseigna, comme professeur de gyné­
cologie, jusqu’à sa mort, en 1882.
C’était, dit M. Seux, dans l’Eloge (1) qu’il prononça sur
sa tombe, un excellent praticien, un Maître aux idées justes
qu’il défendait avec autorité. La polémique qu'il eut avec
Depaul en faveur de l’opération césarienne qu’il opposait à la
céphalothripsie, eut un grand retentissement.
Villeneuve fut toujours un laborieux. Tel nous l'avons vu
à l’Hôtel-Dieu, tel il est resté pendant sa longue carrière pro­
fessorale. Tous les faits qu’il observait étaient recueillis, tou­
tes les observations prises dans son service étaient revues par
lui et souvent annotées de sa main. C’était une véritable
bibliothèque que ces innombrables cartons où ('Iles étaient
(1) Ma rsei lie-médical, 1883, p. tio: Eloge du professeur Villeneuve père, prononcé à Aix, le 6 décembre 188:?, par M. Seux, Di­
recteur de l’Ecole de plein exercice de Médecine et de Pharmacie.

LE CERCLE MEDICAL DE MARSEILLE

20

méthodiquement classées. Son fils, le professeur Louis Villeneuve, en fit don à l’Ecole et de nombreuses thèses mirent à
profit cette mine de précieux documents. Les premières observations remontaient à 1827. En me limitant à la période
de 1833 à 187b, j ’avais relevé fi.080 accouchements (1), qui
formaient une base imposante pour des statistiques obstétri­
cales.
Bien rares sont encore parmi nous ceux qui ont connu le
Professeur Etienne Nilleneuve. Ils se plaisent à retrouver ses
traits si caractéristiques et son expression si vivante dans la
belle toile de Stanislas Torrents que possède la Salle du Con­
seil de la Faculté de Médecine.
On ne peut pas mieux compléter ce portrait et l’animer
qu’en relisant l’Eloge de M. le Directeur Seux :
(( Les nombreuses préoccupations de sa jeunesse, temps
&lt;Iui fut pour lui une époque d ’épreuves et de rudes labeurs,
avaient laissé sur son front ces traces ineffaçables que l’âge
seul imprime au visage ; ses cheveux avaient blanchi avant le
temps. Sa riche chevelure d’argent imprimait toutefois à sa
physionomie un caractère tout particulier de douce sévérité
tempérée par un sourire toujours bienveillant et souvent plein
de vivacité. M. Villeneuve, d ’une taille élancée, portait en
effet dans sa démarche habituellement rapide et dans toute
sa personne les caractères d ’un homme laborieux ; vers la
fin de ses jours seulement, l’âge avait très légèrement courbé
son dos. Ces formes extérieures donnaient une très exacte idée
de l’homme intérieur ; excellente santé, amour constant du
travail, foi religieuse des plus vives, tel fut, en effet, durant
sa longue vie, tel était notre vénérable Collègue quelques jours
avant sa mort. »
\ illeneuve fut emporté après (revis jours de maladie, le
19 avril 1882. Quelques mois après, le fi novembre, M. le Di­
recteur Seux succombait à son tour.

(I) Au:/vis. De ta rupture prématurée spontanée des membra­
nes de l'œuf. Thèse, Montpellier, 1882.

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                <text>Cet historique précis de la première réunion d'officiers voulant se perfectionner en abordant les questions importantes de médecine et de chirurgie, insiste sur l'aspect informel de ces rencontres, infirmant certains écrits de Georges Fleury, bibliothécaire et spécialiste de l'histoire des facultés d'Aix et de Marseille&#13;
&#13;
A découvrir conjointement à un autre document diffusé également sur Odyssée :  "Cercle médical de Marseille : statuts et comptes rendus des assemblées de la Société"&#13;
&#13;
L'article d'Henri Alezais, directeur de École de plein exercice de médecine et de pharmacie de Marseille de 1916 à1926, a été publié dans la revue "Marseille médical", 1932, Tome 2, N° 19, 5 juillet 1932, pp. 5-29</text>
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                <text>Bibliothèque droit Schuman (Aix-en-Provence)</text>
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                <text>La faiblesse de l'enseignement technique et professionnel n'est pas nouvelle en France : dans les années 1930, la Chambre de Commerce de Marseille proposait déjà ses propres outils documentaires pour tenter d'améliorer l'orientation professionnelle </text>
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                <text>Au début du 20e siècle, l'enseignement technique et la formation professionnelle ont du mal à intégrer l'évolution technique des métiers, ceux de l'industrie, de la construction et du commerce notamment. L'inverse est vraie également : les jeunes méconnaisancent nombre de métiers et de formations qui y conduisent. Cette inadaptation est d'autant problématique qu'à Marseille, avec son ambition de rester une ville portuaire active et concurrentielle, commerce et industrie sont intimement liés et exigent des outils de commercialisation, de production, de manutention, de transport et de stockage modernes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Chambre de Commerce de Marseille est bien consciente de cette faiblesse structurelle : ne subventionne-t-elle pas elle-même depuis 1900 des cours d'enseignement colonial, cours donnés dans une salle du Palais de la Bourse (commerce maritime, logistique, réglementation, tarification douanière, assurances du fret, etc.) ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le contexte s'y prête aussi : en 1924, sont créées les Chambres d'agriculture et l'année suivante les Chambres des Métiers (aujourd'hui, Chambre des Métiers et de l'artisanat) dont les 2 premières ouvriront en 1929, traduisant bien le besoin que ressentent les secteurs professionnels de se structurer et d'organiser une offre de formation, de conseil, d'aide et d'accompagnement aux membres de la profession. C'est à elle que la Chambre de commerce à confié la documentalion se rapportant aux professions manuelles.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;div&gt;&lt;img src="https://odyssee.univ-amu.fr/files/thumbnails/CMA-PACA.jpg" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" /&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;em&gt;Les Chambre des Métiers: former et informer&amp;nbsp; (création de 1925)&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;br /&gt;Le rapport que commande la Chambre de Commerce ne se contente pas d'établir un rapide état des lieux de l'offre et de la demande en matière de formation professionnelle : il présente des propositions de solution avec comme première piste, la création d'un service de renseignements sur les institutions d'enseignement professionnel destiné aux jeunes gens qui se préparent aux carrières commerciales ou industrielles et qui ignorent jusqu'à l'existence même de ces métiers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De nos jours, la CCIAMP est toujours engagée dans l'enseignement professionnel et gère plusieurs établissements dont les programmes sont définis en fonction des besoins des entreprises :&#13;
&lt;ul&gt;&#13;
&lt;li&gt;le CFA Interconsulaire Méditerranée (CFAIM)&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;le Groupe école pratique (GEP)&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;l'Institut supérieur du Bâtiment et des Travaux publics (ISBA-TP)&lt;/li&gt;&#13;
&lt;/ul&gt;</text>
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        <name>Enseignement technique -- Marseille (Bouches-du-Rhône) -- 20 siècle</name>
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          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                  <text>Ouvrages imprimés édités au cours des 16e-20e siècles et conservés dans les bibliothèques de l'université et d'autres partenaires du projet (bibliothèques municipales, archives et chambre de commerce)</text>
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                <text>Cet historique des institutions s'attache d'abord aux hommes de lois qui ont marqué, par leur fonction ou leur stature, l'histoire judiciaire de Marseille. Les listes exhaustives des &lt;em&gt;auxiliaires des juridictions marseillaises&lt;/em&gt; (avocats, procureurs, notaires, etc.), assorties de rares portraits de célébrités, susciteront peut-être l'intérêt d'un historien du droit attentif ou curieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis il fait une large place à l'histoire des édifices, les magistrats et le pouvoir politique accordant toujours une importance symbolique capitale (!) aux lieux où la justice est rendue, d'abord au nom du Roi, ensuite au nom du peuple. A défaut d'être une histoire de l'institution judiciaire, l'histoire des tribunaux fait partie de l'histoire urbaine : après la période féodale, on pourra mesurer à quel point la construction d'un nouveau palais de justice au 18e siècle (1743-1747) a été douloureusse pour le budget communal et que la revente de matériaux de destruction de l'ancien édifice ne suffisant pas, la commune dut se résoudre, pour amortir une partie de ses dépenses, à louer "&lt;em&gt;quelques boutiques qui avaient été aménagées au rez-de-chaussée du Palais&lt;/em&gt;". Difficilement concevable aujourd'hui !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&#13;
&lt;div&gt;&lt;img src="https://odyssee.univ-amu.fr/files/fullsize/Palais-justice-Mrs_18e.jpg" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" /&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;em&gt;Palais de justice (Marseille, 18e siècle)&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;br /&gt;L'évolution démographique de Marseille eut pourtant rapidement raison de ce qui fut appelé l'&lt;em&gt;Hôtel Daviel&lt;/em&gt; : en passant de moins de 200 000 habitants à plus de 800 000, la bâtiment érigé sous l'Ancien Régime devint insuffisant : en 1856, la ville céda des terrains pour la construction d'un nouveau Palais de justice inauguré en 1862.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&#13;
&lt;div&gt;&lt;img src="https://odyssee.univ-amu.fr/files/fullsize/Palais-justice-Mrs_19e.jpg" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" /&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;em&gt;Le nouveau Palais de justice au style officiel très reconnaissable (Marseille, 19 siècle)&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;br /&gt;Mais on arrête pas la marche de la justice (et de la boulimie administrative) en si bon chemin : au début des années 1930, les services du Palais ont besoin de plus d'espace : une extension est érigée à l'angle des rues Fortin et Grignan, une énorme construction au style "moderne" réalisée en un temps record (pour l'époque) : démarrée en 1931, elle est achevée l'année suivante et inaugurée en 1932.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&#13;
&lt;div&gt;&lt;img src="https://odyssee.univ-amu.fr/files/fullsize/Annexe-Palais-justice-Mrs_20e.jpg" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" /&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;em&gt;Annexe du Palais de justice, art-déco et colonnes greques (Marseille, 20 siècle)&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;br /&gt;&lt;span class="ILfuVd" lang="fr"&gt;&lt;span class="hgKElc"&gt;Elle abritait alors le Tribunal Civil (devenu aujourd'hui le tribunal de Grande Instance) et le Tribunal de Commerce (première audience tenue en avril 1933).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;</text>
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            <description>A statement of any changes in ownership and custody of the resource since its creation that are significant for its authenticity, integrity, and interpretation. The statement may include a description of any changes successive custodians made to the resource.</description>
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                <text>Entre 1862 et 1932, la population de Marseille a plus que quadruplé : le Palais de justice est saturé et justifie la construction d'une imposante annexe :  l'occasion de dresser un bref historique des tribunaux de la ville.</text>
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                <text>Marseille. 18..</text>
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                  <text>Ouvrages imprimés édités au cours des 16e-20e siècles et conservés dans les bibliothèques de l'université et d'autres partenaires du projet (bibliothèques municipales, archives et chambre de commerce)</text>
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[I], Partie générale comprend : Les quatre âges du droit des gens (morale, politique, droit, paix) et La conférence de la paix de Paris (1919) : plébiscite, responsabilité, réparation des dommages. - [II], Partie spéciale : influence de la S.D.N. sur la politique, le commerce, le droit et la paix (arbitrage, sécurité, désarmement)</text>
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                <text>Mention en première de couverture : "&lt;em&gt;Un cours n'est pas un livre&lt;/em&gt;".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce cours adressé aux étudiants de doctorat et donné de novembre 1931 à mai 1932 comprend 33 leçons : les 12 premières sont consacrées à des considérations générales et à l'histoire du droit international jusqu'à la Conférence de Paix de Paris en 1919 qui aboutira à la création de la Société des Nations en 1920. Les 22 leçons suivantes analysent l'influence que cette nouvelle organisation internationale va avoir les 10 années suivantes sur les questions de justice internationale et de ses institutions, des dispositions et des mécanismes supposés garantir la paix et la sécurité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&#13;
&lt;div&gt;&lt;img src="https://odyssee.univ-amu.fr/files/fullsize/Pacte-SDN_fevrier-1920.jpg" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" /&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;em&gt;Le Pacte fondateur de la SDN :&amp;nbsp; préceptes originels (fév. 1920)&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;br /&gt;La SDN est établie en 1919 par le Traité de Versailles et ses missions définies dans le contexte de son avènement : sortant de la Première Guerre Mondiale, le premier conflit le plus meurtrier qu'ait jamais connu l'humanité, son objet est de garantir la paix, donc d'assurer la sécurité de tous les États (au moins à ses membres, ceux qui ont effectivement ratifié le Pacte). Pour y parvenir, il n'y a que deux voies parallèles :&lt;br /&gt;&#13;
&lt;ul&gt;&#13;
&lt;li&gt;retirer tout prétexte et toute justification territoriale à la guerre en assurant à chaque État son intégrité géographique, autrement dit en garantissant sa sécurité&lt;/li&gt;&#13;
&lt;li&gt;"&lt;em&gt;désarmer la guerre&lt;/em&gt;", c'est à dire retirer aux belligérants les moyens de mener des opérations militaires d'envergure en diminuant ses effectifs et ses munitions, dit autrement, parvenir à un certain niveau de désarmement&lt;/li&gt;&#13;
&lt;/ul&gt;&#13;
Dans ses premières années de fonctionnement, la SDN inscrit à son crédit des succès indéniables avec soit le règlement de certains conflits soit l'apaisement des tensions entre certains États, succès qui dépassent largement le cadre des Balkans et de l'Europe centrale : &lt;span class="mw-headline" id="Îles_Åland"&gt;Îles Åland&lt;/span&gt; (1921), Albanie (1921), &lt;span class="mw-headline" id="Autriche_et_Hongrie"&gt;Autriche et Hongrie&lt;/span&gt; (1922), &lt;span class="mw-headline" id="Haute-Silésie"&gt;Haute-Silésie&lt;/span&gt; (1922), &lt;span class="mw-headline"&gt;Memel (Lituanie, 1922), Grèce - Bulgarie (1925), &lt;/span&gt;&lt;span class="mw-headline" id="Mossoul"&gt;Mossoul&lt;/span&gt; (1925), L&lt;span class="mw-headline" id="Liberia"&gt;iberia&lt;/span&gt; (1930). C'est donc avec cette décennie d'avancées à l'esprit qu'A. de La Pradelle prépare son cours de l'année suivante. Une décennie d'autant plus importante que la SDN est une organisation multiple qui recouvre une dizaine de missions internationales par le biais d'autant de commissions permanentes (justice, réfugiés, travail, santé, esclavage, trafic, désarmement, coopération,...).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&#13;
&lt;div&gt;&lt;img src="https://odyssee.univ-amu.fr/files/fullsize/Archive-session_SDN.jpg" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" /&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;div&gt;&#13;
&lt;p style="text-align: center;"&gt;&lt;em&gt;Une session de la SDN à Genève (fin des années 1920, archive allemande)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&#13;
&lt;p&gt;Mais les points faibles de l'organisation étaient déjà connus : pas de forces armées propres (les grandes puissances n'en voulaient à aucun prix), problème de représentativité (nations absentes ou partantes rapidement), neutralité pas toujours claire, intérêts nationaux prédominants, désarmement peu soutenu par la Grande-Bretagne et la France, et, coup de grâce, à partir de 1933, incapacité à empêcher certaines guerres de conquêtes territoriales, donc d'assurer la sécurité collective, pourtant sa première raison d'être, avec une liste d'échecs aussi longue que celle de ses succès : &lt;span class="mw-headline"&gt;Cieszyn (1919), &lt;/span&gt;&lt;span class="mw-headline" id="Vilnius_(1920)"&gt;Vilnius (1920), &lt;/span&gt;&lt;span class="mw-headline" id="Invasion_de_la_Ruhr_(1923)"&gt;Ruhr (1923), &lt;/span&gt;&lt;span class="mw-headline" id="Corfou_(1923)"&gt;Corfou (1923), &lt;/span&gt;&lt;span class="mw-headline" id="Invasion_de_la_Mandchourie_(1931-1933)"&gt;Mandchourie (1931-1933), &lt;/span&gt;&lt;span class="mw-headline" id="Guerre_du_Chaco_(1932)"&gt;Chaco (1932). L'année universitaire de 1931-1932 sera accompagnée par un véritable cortège de guerres d'invasion avec son point d'orgue en 1939.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Seconde Guerre Mondiale signait l'échec de la SDN et son remplacement par une nouvelle organisation internationale était acté au cours de la Conférence de Yalta qui s'est tenue en 1945. Le 24 octobre de la même année, la Charte des Nations créant l'ONU était signée par ses 50 futurs États membres. Dans la vision très hégélienne de l'histoire comme celle de La Pradelle, le dépassement dialectique du droit, troisième âge du droit des gens, vers la paix, quatrième âge, était confié aux générations futures.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&#13;
Dans son historique, sur la page consacrée &lt;span class="photo-credit"&gt;à la Conférence des Nations Unies sur l'organisation internationale du 25 avril 1945 (Conférence dite de &lt;em&gt;San Francisco&lt;/em&gt;) l'ONU rappelle toutes les difficultés et les controverses qui sont apparues avant de parvenir à un accord : &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;"&lt;em&gt;Mais, c'est surtout la faculté pour chacun des « Cinq Grands » d'exercer le droit de « veto » à l'égard d'une décision du puissant Conseil de sécurité qui a été longuement et âprement débattue. Il semblait à un moment que le désaccord sur cette question allait faire échouer la conférence. Les autres puissances craignaient que, si l'un des « Cinq Grands » menaçait la paix&lt;/em&gt;.&lt;em&gt; le Conseil de sécurité ne fût incapable d'agir&lt;/em&gt;"&lt;em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Une inquiétude prémonitoire qui se révèlera à maintes reprises parfaitement fondée : depuis 1945, les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité (République populaire de Chine, États-Unis d'Amérique, France, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et Irlande du Nord, Fédération de Russie) se sont engagés dans des opérations militaires sans mandat et sans rapport avec des actions de maintien de la paix. &lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;div&gt;&lt;img src="https://odyssee.univ-amu.fr/files/fullsize/Dictionnaire_universel_Furetiere_Antoine.jpg" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" /&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;Antoine Furetière, Dictionnaire universel - article "Bergeries", 1701 (3)&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;br /&gt;Ne pas enfermer le loup dans la bergerie, nous dit-on. Mais apparaît un cas de figure que n'avait pas prévu ce vieux proverbe médical plein de sagesse et cité par A. Furetière à la fin du 17e siècle dans son dictionnaire : que se passe-t-il quand il n'y a plus que des loups dans la bergerie ? G. de La Pradelle, qui a le sens aigu de la formule autant que de la synthèse, nous aurait sûrement répondu comme il le fait dans son préambule : "&lt;em&gt;Le Droit est une règle de Vie. Le Droit international est la règle de la Vie internationale&lt;/em&gt;". Bon courage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Épilogue : à l'issue de la Guerre de 14-18, la SDN devait ouvrir une nouvelle ère de l'histoire de l'humanité avec à l'esprit cet impératif catégorique : &lt;em&gt;plus jamais ça !&lt;/em&gt; Deux décennies plus tard, la Seconde Guerre Mondiale devenait, haut la main, le conflit de tous les superlatifs et nous permet, au 21e siècle, de continuer à partager avec son auteur le passionnant et interminable avant-dernier âge du droit des gens : la &lt;em&gt;paix perpétuelle&lt;/em&gt; chère à E. Kant et la&lt;em&gt; fin de l'Histoire&lt;/em&gt; conceptualisée par F. Hegel, ce n'est pas pour tout de suite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;____________&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. The United Nations. Office of Geneva. The Covenant of the League of Nations. site &lt;em&gt;&lt;a href="https://www.ungeneva.org/en/library-archives/league-of-nations/covenant" target="_blank" rel="noopener"&gt;Ungeneva.org&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;2. L'histoire des Nations Unies. La Conférence de San Francisco, 25 avril 1945. Site &lt;em&gt;&lt;a href="https://www.un.org/fr/about-us/history-of-the-un/san-francisco-conference" target="_blank" rel="noopener"&gt;Nations Unies&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;3. Furetière, Antoine (1619-1688). - Dictionnaire universel, contenant généralement tous les mots françois tant vieux que modernes &amp;amp; les termes des sciences et des arts,... Tome 1 / . Recueilli &amp;amp; compilé par feu messire Antoine Furetière,... Seconde édition revüe, corrigée &amp;amp; augmentée par Monsieur Basnage de Bauval. 1701.. - &lt;em&gt;&lt;a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5841680f" target="_blank" rel="noopener"&gt;Gallica&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;</text>
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                <text>Si le droit des gens comprend quatre âges, la morale, la politique, le droit et la paix, on se doute que le passage du 3ème au 4ème va être une rude affaire. En plein milieu du gué, la brève vie de la SDN en est la parfaite illustration.</text>
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                  <text>Ouvrages imprimés édités au cours des 16e-20e siècles et conservés dans les bibliothèques de l'université et d'autres partenaires du projet (bibliothèques municipales, archives et chambre de commerce)</text>
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                <text>Au début des années 1930, les droits de douane ne suffisent plus à contenir les importations de marchandises en France : il faut les contingenter. Mais cette dénonciation des accords commerciaux est-elle pertinente sur le plan économique ?</text>
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                <text>Chambre de commerce et d'industrie Marseille-Provence. Éditeur scientifique</text>
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            <description>A statement of any changes in ownership and custody of the resource since its creation that are significant for its authenticity, integrity, and interpretation. The statement may include a description of any changes successive custodians made to the resource.</description>
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                <text>Bibliothèque droit Schuman (Aix-en-Provence)</text>
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            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
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                <text>Avant toute prétention culturelle, les Etats politiques se définissent d'abord par une revendication territoriale symbolisée par des frontières terrestres, maritimes et aériennes.&lt;br /&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;img src="https://odyssee.univ-amu.fr/files/thumbnails/douane-logo.2.jpg" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" /&gt;&lt;em&gt;La douane : la ligne imaginaire d'un intérieur et d'un extérieur&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;br /&gt;Les États fédérés et les organisations internationales ou supranationales, au désespoir des pensées&amp;nbsp; radicalement universalistes, ne sont jamais parvenus à rendre caduque l'attachement à un espace physique irréductible. Mais au cours du temps, les États, plus ou moins fondés sur l'idée de nation, sont devenus essentiellement des zones administratives où telles et telles règles s'appliquent ou ne s'appliquent pas et qui se résument à 4 actes élémentaires : on autorise ou pas l'entrée des personnes, des services et des biens, on les contrôle ou pas, on les limite ou pas et on les taxe ou pas. Ces mécanismes ont pris une si grande importance au cours des siècles qu'elles sont devenues des questions majeures qui ont agité, souvent dramatiquement, tout le 20e siècle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais pour quelle raison la France des années 1930 se sent-elle menacée par les importations de produits étrangers alors qu'elle administre, à son avantage, un empire colonial 20 fois plus grand que le territoire métropolitain ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&#13;
&lt;div&gt;&lt;img src="https://odyssee.univ-amu.fr/files/fullsize/Mouchin-AUBETTE_Douane.jpg" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" /&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;em&gt;La frontière franco-belge traverse les champs, les villes, les rues et parfois même les maisons !&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;p&gt;Pour l'auteur de ce rapport rédigé 3 ans après la grande crise financière de 1929, c'est la structure même de l'emploi en France qui est responsable de cette situation : avec 40% de sa population active dans le seul secteur agricole, la crise des produits frappe plus durement la France que ses voisins européens qui affichent un profil plus industriel.&lt;/p&gt;&#13;
&lt;div&gt;&lt;img src="https://odyssee.univ-amu.fr/files/fullsize/Musee-national-douane-Sud-Est.jpg" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" /&gt;&lt;/div&gt;&#13;
&lt;div style="text-align: center;"&gt;Contrôler toutes les marchandises qui entrent et sortent du premier port français&lt;br /&gt;(douanier à Marseille, années 1930/1950)&lt;/div&gt;&#13;
&lt;br /&gt;Mais plus grave encore, un protectionnisme renforcé pénaliserait particulièrement Marseille qui se place en tête de l'import/export français. Pour la Chambre de Commerce, la position des tenants ou de droits de douanes dissuasifs ou de quotas limitatifs est intenable et aboutira à une escalade qui conduira le pays à la ruine : la France a besoin d'importer des matières premières vitales et a aussi besoin d'exporter certains de ses produits, notamment ceux issus de l'industrie du luxe, la balance commerciale excédentaire en témoigne. Elle adopte donc, à l'unanimité le rapport qui défend&amp;nbsp;un vrai libre-échange, garant de la survie économique du pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En denière instance, l'oppostion aux politiques de quotas des marchandises n'est pas vraiment d'ordre juridique (violation des accords internationaux) mais d'ordre économique : un siècle plus tard, le protectionisme est toujours une arme de rétorsion largement employée par tous les grands&amp;nbsp;États et les alliances régionales.</text>
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        <name>Contingents d'importation -- 20e siècle</name>
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        <name>Tarif douanier -- France -- 20e siècle</name>
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