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en 1911 et 1912
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IMPRIMERIE

MARSEILLAISE

Rue S a in te, 39

1913

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1946

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C O L O N IA L D E M A R S E IL L E

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P o s s e s s io n s F r a n ç a is e s
en 1911 et 1912

MA R S E I L L E
I MPRI MERI E
MARSEI LLAI SE
Rue Sainte, 39

1913

��PREFACE

��La Production des Possessions Françaises en 1911 et 1912

La Publication des Documents Officiels sur la Situation
Economique des Colonies
Le Conseil d’Administration de l’Institut Colonial de Marseille a décidé, en 1910, de
publier tous les ans une notice résumant la situation économique des possessions françaises
pendant l’année précédente. Il lui avait paru à cette époque que ce travail serait nécessaire tant
qu’une publication officielle ne s’en acquiterait pas dans des délais normaux et les plus courts
possible.
Nous avons publié en 1911 une première notice relative à 1910. En 191a, il nous a été
complètement impossible de réunir de même les chiffres et renseignements relatifs à l’année 1911.
Nous avons pris alors le parti de nous limiter à la production des colonies et nous nous
sommes adressés directement aux Gouverneurs qui nous ont obligeamment communiqué les
chiffres que nous leur demandions. C’est ainsi que nous pouvons faire paraître aujourd’hui une
notice se rapportant à la fois aux deux années 1911 et 1912 dont les i-ésultats totaux sont encore
1nédits.
Il est nécessaire, pour expliquer sur quelles bases cette notice a été rédigée et les raisons
qui nous ont guidés dans le ehoix des renseignements que nous donnons, que nous indiquions de
quels documents disposent les personnes qui désirent suivre la vie économique de nos possessions.
Le document le plus important, fondamental pourrait-on dire, est le recueil des «Statistiques
du Commerce des Colonies Françaises » qui a été publié jusqu’à ces dernières années par le
Ministère des Colonies et actuellement par l’Office Colonial. Ces statistiques sont données de plus
en plus complètes d’année en année et sont très suffisantes en ce qui concerne le détail des
importations et des exportations. La critique principale que l’on peut faire à ces chiffres, c’est que
les quantités ne sont pas données en prenant pour base des unités identiques dans toutes les
Colonies et que les valeurs sont trop souvent fictives. Leur principale qualité est d’être très détaillés.
Malheureusement ces statistiques sont publiées actuellement avec au moins deux années de retard,
c’est-à-dire à une époque où elles commencént à ne plus avoir qu’un intérêt historique.
Depuis quelques années, elles son*- précédées d’un volume contenant par colonie des
renseignements sur la nature de leur commerce et de leur production. Ces renseignements
proviennent de rapports adressés annuellement par les Colonies et qui sont en général publiés au
préalable dans le Bulletin de l’Office Colonial
Le retard apporté à la publication des statistiques remonte à de longues années et s’il
persiste, cela provient, paraît-il, de ce que l’Office Colonial ne dispose pas d’un crédit permettant
l’impression des volumes d’une seule année. Si les dispositions budgétaires actuelles sont
mainténues, il faut donc renoncer à l’espoir de voir regagner ce retard. On conviendra cependant
qu’il serait facile de remédier à cette situation.

�VI

En revanche, on ne voit pas très bien pour quelle raison l’Office Colonial ne publie pas,
dès qu’ils lui parviennent, les rapports qui lui sont adressés parles Colonies. A l'heure qu’il est (i)
la moitié à peine des rapports de ig 11 ont été publiés et quelques-uns seulement pour 1912. La
seule raison probable de cet état de choses doit se trouver dans le désir d ’alimenter régulièrement le
« Bulletin de l’Office Colonial ». Mais si l ’Office Colonial ne dispose pas d’autres ressources pour
publier ces rapports que celles qui sont destinées à son Bulletin, ne serait-il pas plus logique et
plus utile de les publier à mesure qu’ils parviennent à Paris, quitte à ce que le Bulletin perde son
caractère de périodicité ? Cela aurait d’autant moins d’inconvénient que depuis quelque temps
l ’Office Colonial publie une feuille de renseignements dans laquelle il peut insérer les avis qui ont
un caractère d’urgence et qui paraissaient dans le Bulletin.
Heureusement, il est d’autres sources où l ’on peut trouver des renseignements sur la
situation économiques des Colonies.
Tout d’abord la plupart des Colonies font figurer dans leurs journaux officiels des résumés
de leur mouvement commercial. Malheureusement, la périodicité de ces publications est très
variable. Les unes donnent ces chiffres mensuellement ; les autres seulement tous les trimestres.
Enfin, et c’est le plus grave, les éléments considérés diffèrent profondément. Quelquefois
ils sont absolument sans intérêt. Tel est le cas lorsqu’ils consistent simplement en un résumé des
exportations et des importations d’après le tableau récapitulatif de la « nomenclature de la douane »
donnant les totaux des divers « chapitres ». Je connais peu de choses plus inutiles que ces tableaux
qui sont cependant les seuls auxquels la Douane semble attacher de l’importance, puisqu’ils sont
les seuls qu’elle publie régulièrement à peu près dans toutes les Colonies. Cette nomenclature
détermine l’ordre dans le quel doivent être publiés les chiffres partiels, mais ses totaux n’ont aucune
utilité,
A quoi cela peut-il servir, par exemple de connaître les chiffres totaux des importations
des « ouvrages en métaux » si l’on songe que dans ce total figurent les locomotives et les montres
et quel avantage peut-il y avoir à distinguer les exportations sous des rubriques différentes, si dans
l’une'on additionne le tabac et le sucre, et si dans un autre on confond le riz, le tapioca, etc...
La nécessité de ce résumé ne se fait nullement sentir, car dans chaque colonie il n’y a guère
plus de cinq ou six produits principaux à l’exportation, dont il soit nécessaire de connaître les
totaux pour apprécier les résultats de l’activité de la Colonie. En en distinguant une vingtaine sous
leur nom et en groupant tout le reste sous la rubrique « divers » on aux-a, sans avoir plus de chiffres
que le tableau récapitulatif de la douane, donné des indications très suffisantes pour attendre la
publication des statistiques détaillées. De même aux importations, le principal est de connaître les
marchandises par leur nom et non pas leur désignation générique ; il est utile de savoir quel est le
chiffre des importations de vin, de bière, d’alcool de traite, et beaucoup moins de n’avoir que celui
des boissons alcooliques.
Ces distinctions sont d ’autant plus nécessaires que seules, elles permettent de donner les
quantités qui sont seules comparables.
La Douane donne comme excuse à ses totaux qu’ils permettent la récapitulation générale
entre les Colonies et avec le commerce métropolitain, mais je m ’obstine à penser que ces totaux par
chapitre, tels qu’ils sont établis, ne signifient rien et manquent tout à fait d ’intérêt pratique.
J

Leur principal inconvénient est qu en général, ils dispensent de publier les chiffres qui se
rapportent aux principaux articles désignés par leur nom.
Un certain nombre de Colonies donnent les chiffres que nous réclamons, il est regrettable
que toutes ne le fassent pas.
Certaines établissent elles mêmes très régulièrement des rapports très étendus sur leur
situation économique (rapports distincts de ceux qui sont adressés à l ’Office Colonial) et qui
constituent une documentation aussi complète qu’il est possible de la souhaiter.
( 1 ) Juillet 1913 .

�VII
Malheureusement, non seulement toutes les Colonies n’agissent pas ainsi, mais encore la
publication de ces rapports n’est pas assurée partout de la même manière.
L’Indo-Chine seule publie, dans son remarquable Bulletin Économique, toute une série
de rapports qui seraient des plus complets si les éléments statistiques eux-mêmes ne manquaient
quelquefois dans les documents émanant du Service des Douanes pour établir une distinction soit
entre les différents États de l’Union, soit même entre les différents produits,
La collection du Bulletin Économique constitue, du reste, une documentation des plus
précieuses et qui tient au courant très régulièrement tous ceux qui s’intéressent à l ’Indo-Chine des
principaux événements de sa situation économique.
Il en est de même pour le Bulletin Économique de Madagascar, mais cette Colonie n’y
a pas fait figurer jusqu’ici tfe rapport^ sur sa situation économique.
Depuis quelques années ce Rulfctin est établi avec le plus grand soin. Malheureusement,
sa publication est laissée au Journal Officiel de la République Française et, comme pour d’autres
Colonies, les conséquences en sont très fâcheuses.
La publication des rapports annuels des colonies au Journal Officiel de la République
Française a été rendue obligatoire pour les Colonies qui ont fait appel à la garantie de la Métropole
pour leurs emprunts. Le Ministre des Colonies publie également dans le Journal Officiel
quelques-uns des rapports qui lui sont adressés par les autres Colonies,
Cette publication offre le grave inconvénient qu’elle n’a lieu que longtemps après la
rédaction de ces rapports.
C’est ainsi que le rapport de Madagascar sur l’année 1911, daté de juillet 1912, n’a été
publié qu’en mars-avril 1913, presqu’un an après.
En outre, la collection de ces rapports est très difficile à réaliser, du fait de cette absence
de régularité.
.
Uneautre s&amp;pviee de documentation se trouve dans les Annuaires des Colonies.
Four l’Indo-Chiue, l’Afrique Occidentale, l’Afrique Équatoriale et Madagascar, ces
Annuaires sont des œuvres très importantes auxquelles il ne manque en général que les
statistiques commerciales pour être complètes.
La Martinique a publié en 1911 une édition très intéressante. Il est à souhaiter que la
tradition se maintienne. Pour les autres Colonies, il s’agit plutôt d'un Annuaire administratif, en
général absolument insuffisant à d’autres points de vue.
A notre avis, il est indispensable de donner à toutes ces publications le caractère d’unité
qui leur manque et d’en assurer la publication régulière et rapide.
Pour cela, le plus simple nous paraît de laisser le soin de cette publication aux Colonies
en chargeant un organe métropolitain de les centraliser delà manière suivante :
Tout d ’abord, il faut que toutes les Colonies adoptent les mêmes unités quantitatives et
qne l’on arrête, d’une manière précise, le procédé suivant lequel on établira les valeurs.
Les journaux officiels locaux publieraient tous les mois, comme la plupart le font déjà,
les chiffres principaux des importations et des exportations, non point en donnant simplement les
totaux des chapitres d’après la nomenclature de la douane, mais en s’attachant aux produits
eux-mêmes ainsi que nous l’avons indiqué. En même temps, les totaux des mois précédents
seraient rappelés. Deux ou trois mois après la fin de l’année, on aurait ainsi les chiffres essentiels.
Les Colonies devraient alors établir leur rapport annuel aussi détaillé que possible, celui
de Madagascar pour 1911 pouvant servir de modèle.
Ils assureraient également la publication des statistiques détaillées, imprimées actuellement
par les’soins de l’Office Colonial.
On'fixerait le format, les caractères et le|papier dej'cette impression. Les Colonies
l’exécuteraient dans leurs imprimeries à leurs frais, ce qui représenterait une dépense très limitée

�VIII

pour chacune d’elle. Elles distribueraient les exemplaires qu’il leur paraîtrait utile et elles feraient
un certain nombre de tirages supplémentaires qu’elles enverraient à l’Office Colonial qui n’aurait
plus qu’à les faire brocher ensemble pour constituer très rapidement et avec une dépense
insignifiante les volumes annuels qu’il édite si péniblement et qui absorbent la plus grande partie
de son budget,
Nous ne voyons pas très bien quelle objection on pourrait faire à cette manière de
procéder. Elle aurait le grand avantage de laisser aux publications des Colonies leur personnalité,
ce qui est nécessaire pour que celles-ci s’intéressent entièrement à leur rédaction et cela permettrait
de réunir dans ces documents annuels toutes les indications commerciales et financières ayant trait
à la vie économique des Colonies.
Dans tous les cas, il faut que l’établissement d’un rapport annuel soit rendu obligatoire
pour toutes les possessions françaises et, en attendant une décision plus complète, qu’elles aient
la charge d’en assurer la publication.
Pour notre part, pour établir cette étude, nous avons tout d’abord éliminé ce qui
avait trait aux importations pour la principale raison que leurs chiffres et les indications relatives
aux causes de leur augmentation ou de leur diminution n’ont pas encore été publiés pour toutes les
Colonies, même pour 1911.
Ensuite, nous avons considéré que l’essentiel était de connaître le développement pris par
la mise en valeur des Colonies.
Ce qui intéresse au premier chef le commerce métropolitain, c’est de connaître les
variations de leur puissance d’achat.
L’importance seule de leurs importations augmente ou diminue en conséquence, mais
leur nature ne varie guère. On peut donc, en ce qui les concerne, se contenter dans une certaine
mesure de la publication qui en est faite avec deux ans de retard par l’Office Colonial.
Pour connaître leur production, nous avons adressé à chaque Colonie des tableaux dans
lesquels nous avons indiqué, d’une manière spéciale pour chacune d’elles, leurs principaux
produits. Leurs Gouvernements ont bien voulu nous les retourner remplis. Ces indications
forment la base de ce travail.
Nous les avons complétées à l’aide de rapports officiels publiés actuellement, soit par
les soins de l’Office Colonial, soit par le Journal Officiel de la République Française, soit par les
Colonies elles-mêmes, et nous avons puisé également dans notre propre documentation.
Pour les possessions du littoral méditerranéen, nous nous sommes bornés à quelques
chiffres, la nature de leurs transactions étant beaucoup mieux connue,
Le tableau récapitulatif du commerce des possessions françaises en 1911- 1912. dont nous
faisons précéder ce travail, montre que ce commerce est passé de deux milliards à trois milliards
en quatre ans.
On voit quelle importance présente l’étude de son développement et de ses fluctuations.
Espérons que les moyens de la suivre plus parfaitement seront bientôt donnés à ceux qui
s’intéressent à la mise en valeur de nos Colonies.
Émile Baillaud,

Secrétaire Général de l’Institut Colonial de Marseille.

�COMMERCE GÉNÉRAL DES COLONIES

FRANÇAISES

1911

/ Sénégal.................................
( Haut-Sènégal-Niger.............
' Guinée Française.................
&lt; J / Côte-d’Ivoire........................
\ Dahomey...............................
IGabon....................................
| Moyen Congo-Oubangui......
Somalis.................................
Madagascar..........................
Mayotte.................................
Réunion ...............................
® ( Cochinehine..........................
g | Tonkin...................................
.g j Annarn..................................
- \ Cambodge............................
Etablissements de l’Inde. ..
Nouvelle-Calédonie..............
Etablissements de l’Océanie
Nouvelles-Hébrides..............
Guadeloupe...........................
Martinique............................
Guyane..................................
Saint-Pierre-et-Miquelon. ..
Total des Colonies

1912
TOTAUX

IMPORTATION

EXPORTATION

74 743.558
17.496.305
18.337.307
20.566.940
19.673.539
6.249.318
11.674.766
32.620.638
44.763.892
1.293.386
25.294.032
139.871.703
93.64g.746
6.003.793
4.620.441
8.618.302
15.155.590
7.206.650
1.064.930
19.383.258
19.854.859
11.263.329
5.284.601

53.382.434
5.308.369
19.610.862
18.242.832
21.958.301
7.832.000
21.283.389
45.387.427
47.535.361
4.842.359
22.928.580
129.358.774
108.610.625
9.385.715
2.791.387
37.988.286
13.099.274
7.519.119
3.365.827
20.245.486
22.582.729
11.903.627
8.495.292

128.125.992
22.804.674
37.948.169
38.809.772
41.631.840
14.081.318
32.958.155
78.008.065
92.299.253
6.135.745
48.222.612
269.230.477
202.257.371
15.389.508
7.411.828
46.606.588
28.254.864
14.725.769
1.430.757
39.628.744
42.437.588
23.166.956
13.779.893

604.687.883

640.658.055

1.245.345.938

EXPORTATION

67.859.907
9.803.799
19.274.130
17.534.048
20.310.098
7.714.017
12.273.438
32.341.017
50.034.848
1.956.557
20.683.615
134.761.666
127.210.325
6.973.037
4.248.879
9.031.780
15.316.755
7.747.181
997.628
19.524.116
21.520.301
10.856.307
5.179.422

58.050.143
3.422.410
20.057.925
17.d15.775
21.451.317
9.134.620
19.800.598
45.022.169
59.844.294
5.108.510
16.111.723
120.941.345
130.104.495
8.229.820
1.459.907
37.218.209
13.984.715
9.481.366
506.039
26.084.302
30 523.452
12.117.488
6.002.982

125.910.050
13.226.209
39.332.055
35.149.823
41.761.415
16.848.637
32.074.036
77.363.186
109.789.142
7.056.067
36.795.338
255.703.011
257.314.820
15.202.857
5.708.786
46.249 989
29.301.470
16.228.547
1.503.667
45.608.418
52.043.753
22.973.795
11 182 404

623.150.871

671.273.514

1.294.424.385

1912

1 9 1 1

Algérie
Tunisie
Maroc..

k

611.619.000
121.683.425
94.275.809

548.510.000
143.660 714
83.603.152

TOTAUX

IMPORTATION

1.160.129.000
265.344.139
177.878.961

722.363.000
156.293.999
152.487.264

591.009.000
154.655.189
75.047.356

1.313.372.000
310.949.188
227.534.620

�*■^09

Importations

Exportations

TOTAL

francs

.rancs

francs

Algérie.........................................
Tunisie................................................

482.997.000
114.446.768

357.650.000
109.165.935

840.647.000
223.612.703

T ota l .....................

597 443.768

466.815.935

1.064.259.703

Colonies ...........................................

514.795.887

575.589.781

1.090.385.768

T otal Gé n é r a l ...................

1.112.239.655

1.042.405.716

2.154 645.471

1910
Algérie................................................
Tunisie................................................

543 197.000
105.497.298

544.919.000
120.401.084

1.088.116.000
225 898.382

T o ta l .....................

648.694.298

665.320.084

1.314.014 382

Colonies..............................................

559.859.023

664.567.164

1.224.426,187

T otal G é n é r a l ...................

1.208.553.321

1 329,887.248

2.538.440.5G9

1911
Algérie................................................
Tunisie................................................
Maroc.......................................
T otal ...................

611.619.000
121.683.425
94,275.809
827.578.234

548.510.000
143.660.714
83.603.152
775.773.866

1.160.129.000
265.344.139
177.878.961
1.603.352.100

Colonies ............................................
T otal G éné ra i ....................

604.687.883
1.432.266.117

640.658.055
1.416.431.921

1.245.345.938
2.848.698.038

722.363.000
156.293.999
152.487.264
1.031.144.263

591.009.000
154.655.189
75 047 356
820.711.545

1.313.372.000
310.949.188
227.534 620
1.851.855.808

1912
Algérie................................................
Tunisie................................................
Maroc..................................................
T otal ...................
Colonies..............................................

623.150.871

671.273 514

1.204.424.385

T otal Gé n é r a l ..................

1.654.295.134

1 491.985.059

3.146.280.193

�AFRIQUE DU NORD
ALGÉRIE
EXPORTATIONS. — COMMERCE SPECIAL
QUANTITÉS EXPORTÉES
PEN D A N T

DÉ S I G N A T I O N
des
MARCHANDISES

LES

1912

UNITÉS
en
France

a l'Etranger
ei ani
Colonies
Françaises

Total

VALEURS

ANNÉES

1911

1910

Total

Total

2.829
Chevaux e n t ie r s ....................................... Tète
1.414
*3.081
•1.S67
2.501
—
24.882
Bœufs
4.032
18.732
9.660
14.586
1.246.502
Béliers, brebis, m o u to n s......................
7.066 771.735 959.834
*764.660
17.827
Peaux brutes ( g r a n d e s ...................... Quintal
9.512
8 256
14.139
17.768
—
13.619
fraîches
&lt; de moutons . . . .
6.584
4.980
11.564
13.128
—
13.657
ou sèches ( de chèvres
. . .
12.373
11.987
3.314
3.050
—
98.685
Laines en m a s s e .......................................
43.471
4.506
38.965
68.206
—
9.070
frais .......................................
5.405
915
6.320
6 170
—
34.429
10.029
19.781
29.810
35.380
r|Vp°rnm*0i se cs&gt;saléS O U fum és . * .
ae mer # conservés,sardinesetautres
—
906
8.163
5.763
12 344
11.438
—
( froment
. .
1.023.910 •100.606 1.124 516 1.740.336 1.867.149
—
( grains
} avoine .
. .
36.773 435.024 737.095 643-123
39S.521
—
Céréales i
( orge . . . .
529.807 434.186 963.993 I .708.205 1.156.566
—
( farines de froment .
. .
90.291
104.310 194.601 177.370 162.474
—
Gruaux et sam ouies en gruau . . .
49.214 [78.546 101.192
75 783
29.332
—
Légumes secs et leurs farines, fèves •
14.492
256
14.748
58 697
44 424
—
Pommes de t e r r e .................................
25.484 302.025 242.716 225 467
276.541
—
1 citrons et oranges . .
180
30.437
52.286
39.257
54.286
—
L mandarines . . . .
23
88.366
93.249
88.343
98.212
—
69.223
11.925
39.787
47.629
traie, c a r o u b e s ......................
57.298
—
Ira s ) raisins de table . . .
344 117.276
116.932
91.577
98.450
—
! marcs et m oûts . . .
53.876 139.217
Fruits
85.341
49.635 110.668
—
1
\ d a t t e s ............................
2.292
49.734
44.674
47.442
52.354
secs : figues de table . . .
96.553 163.631 122.675
20.905
75.648
—
4.945
conlits, cornichons, etc. . .
4.497
448
6 524
7.753
—
pour la distillerie : figues . .
25.749
25.239
16.976
510
2.359
—
en
feuilles
ou
en
côtes
.
.
65.521
18.316
60.9.2
61.289
47.206
Ta­
Cent
133.776
6.558
127.218
61
476
92
661
bacs*** ! fabriqués I *{g£S?te s ; ; ; Quintal
10.652
1.099
9.553
7.550
6.984
—
73.405
Hui'e fixe pure d’o liv e ............................
61.902
11.503
26.437
94.288
—
229
249
Essence de g é r a n iu m ............................
20
285
338
—
proprement di t . . .
.
2.754
2 G79
5.433
3.984
9.139
Liège j brut
—
en planches régulières . . .
12.061
17.620
4 659
17.017
14.780
—
2 919
Bois d’ébénisterie (rac. de bruyère, etc.)
2.453
466
2.600
3 086
—
751
Coton en laine (coton égrené) . . .
134
617
710
269
—
9.122 1.157.199 1.166.321 1.007.878 924.959
Alfa .
—
555.750
Crin v é g é t a l ............................................
100 317 455.433
461.814 553.476
—
Ecorces à ta n ............................................
26.621
76.148 102.769 100 021 110.979
—
Légumes frais (chiffre total) . . .
5.374 230.611 233.809 239.016
225.237
—
3.435 *146.515 193.635 154.201
Son .
*143.080
133.913 7.521.446 7.350.072 7.048.397
Vinci ordinaires on f û t s ...................... Hectol. 7.387.533
—
7.468
445
j de liqueur en f û t s ......................
7.042
3.423
9.654
—
2.403
51.909
M istelles (Itfils de raisin» frats muté* à l'alcool)
49.506
49.610
80 901
—
14.556
2.713
Eaux-de-vie et spiritueux (alcool pur .
11.843
11.573
11 823
—
18.743
19 911
Esprits de toutes sortes (alcool pur)
1.163
18.283
16.609
12.217
Marbres b r u t s ....................................... Quintal
11.722
495
7.374
8.163
Phosphates n a t u r e l s ............................ Tonne
35.908 337.973 373.881 335.059 317.334
—
37.556 1.188 069 1.225.625 1.102.143 1.065.028
( f e r ..................................
—
24.648
4.223
M ineraisde! p lo m b .................................
20.323
18.108
13.485
—
73.863
84.495
f z i n c ..................................
10.632
69.895
67.400
53.936
21.008
Lie de vin .................................................. Quintal
32.928
45.007
36.823
16.966
8.087
8.879
Tartres b r u t s ......................
. . .
18.313
12.242
—

ANNÉES

1912

1911

1910

m ill ers de frimes
736
777
*924
5.168
3.392
4.356
36.946
*27.859
34.325
3.030
3.021
2.404
1.907
1.677
1.903
4.098
3.712
3.596
11.842
5.217
8.184
1.177
686
653
2 042
2.693
3.170
1.482
980
681
46.678
45.249
29.238
10.135
11.794
6.960
17.175
27.331
15.422
5.524
6.811
6.297
2.653
2.828
3.643
977
325
1.291
3.382
6.068
7.551
1.046
789
1.086
2.947
2.797
2.651
571
477
831
3.663
3.518
2.953
2.766
2.783
993
3 031
3.560
3.382
3.434
2.896
4.909
504
371
490
38
438
289
5.203
5.897
5.481
584
870
400
6.871
4.505
4.870
15.230
11.010
3.966
1.048
874
997
2.924
1.782
1 306
7.390
9.039
8.730
1.572
1.470
1.324
43
135
128
6.576
8.164
7.055
5.618
6.253
5.3(&lt;8
2.920
1.799
1.7.50
8.606
7.469
7.4*'3
2.517
2.004
1.905
220.397 191.101 197.355
550
171
374
3.669
. 1.921
1.835
1 901
2.037
1.620
1.485
1.593
1.463
140
207
125
11.590
10.387
10.393
12.461
14 710
13.225
1.804
3.191
2.354
9.571
10.484
12. 67
1.105
1.350
1.618
1.481
1.762
2.014

* Antérieurs rectifiés»
** D é ta il : Tom ates. . 49.562 q x.
Haricots verts. 60 564 qx
Petits pois. 23.775 qx
Artichauts. . 88.688 qx
Fèves fraîches. 1 235 qx.
Autres . . .
6 787 qx
*** Les résu lta ts ci-contre ne com prennent pas les produits exportés provenant des entrepôts réels spéciaux des tabacs.
Les expéditions effectuées par ces établissem ents, sont notées ci-après : Cigares*, 33.021 cen tain es; Cigarettes, 4.772 qx.
Tabacs autres, 10.463 qx, représentant une valeur globale de 5.594.437 fr. contre 3.736.469 fr. pour l ’année 1911.

�La prospérité de l’Algérie a suivi en 1911 et
en 19-6 le mouvement ascendant de ces der­
nières années. C’est à la plus-value de sa ré­
colte vinicole qu’elle doit surtout cet accrois­
sement de richesses. Non-seulement la pro­
duction des vins augmentait de près de
500.000 hectolitres par rapport à 1910, mais en­
core les prix réalisés étaient les plus élevés
connus jusqu’ici et bénéficiaient à la fois des
mauvaises récoltes françaises et de la hausse
des cours qui en étaient la conséquence. Une
augmentation analogue se faisait sentir sur les
lièges, les huiles d’olive, les tabacs, les mine­
rais, les peaux. En revanche, la grande séche­
resse qui a caractérisé ces deux dernières an­
nées entraînait surtout en 1912 une diminution

importante de la production des céréales et de
l’exportation des moutons.
Ces diminutions étaient cependant insuffi­
santes pour annihiler les plus-values, et la
puissance de l’Algérie devenant de plus en plus
considérable, sa consommation en denrées Im­
portées s’en accroissait d’autant.
Commerce spècial :
1911
1912
655.051.000
I m p o r t a ti o n s .. ..
571.481.000
519.826.000
Exportations . . . .
509.603.000
T o t a l .......... 1.081.084.000 1.174.877.000
Commerce général :
To ta l ........ 1.145.000.000 1.255.000.000
(chiffres provisoires)

TUNISIE
EXPORTATIONS
! Bœufs............................................
/ Vaches ........................................
1 Taureaux.......................................
\Bouvillons....................................

1911
Unités
T&gt;

))
))
t»
))
))
»
I Béliers, brebis, moulons......... ...
[Agneaux......................................
»
))
Chèvres..........................................
))
\Porcs..............................................
Volailles ..............................................
Kilos
))
Œufs de volailles................. ..........................
)&gt;
Peaux J grandes.........................................
))
brutes ( petites...........................................
»
))
))
1 Poulpes.........................................
»
1 Thons et boulaigres....................
Poissons &lt; —
frais..............................
))
^ autres secs salés fumés..............
))
\ — marinés ou à l’huile . ..
»
))
EDonees ( lavèes............................................
))
f Froment........................................ Quint.
))
Céréales l Seigle...........................................
_ .
&lt; Maïs...............................................
))
Graines j Orge
))
Avoine........................................
))
Céréales ( Froment.......................................
»
farines ! au tres...........................................
))
Pommes de terre............................................... Kilos
Gruaux, semoules, farine................................
))
Semoules en pâtes et pâtes d’Italie........... .
))
Fèves ................................................................
/ Citrons et Cédrats......................
))
( Oranges.......................................
))
Fruits frais. Mandarines..................................
))
/ Caroubes......................................
))
1 Raisins................................... ...
»
»
f Amandes......................................
Fruits secs) Dattes Degla ... •........................
»
( — autres...............................
))

Quantités

Valeur

1912
Valeur

Quantités

3.053
702.730
1.217
178.200
351
38.530
3.447
258.082
667
40.880
99
6 630
58.811 1.245.572
3.514
48.527
9.165
73.626
1.528
83.040
141 150
268 184
207'277
258!261
627.248
941.678
760.694 1.808.335
587.127
650 483
48.488
97.104
132 587
114.561
1.121.302 2.185.137
76.732
114.859
852 833
603.570
17.512
28.045
144.605 2.897.067
221.329
11.206
654.267 15.251.216

11.383
3.583
2.591
8.756
596
84
78.651
9.386
4.289
5.494
341 783
665.670
660.607
915.129
269.002
29.208
125.074
608.398
87.257
429.038
81.401
175.542
11.270
161.569

113.597
6.300
1.455.979 23.364.434
634.546 10.149.430
338.448
16.030
123
2
8.392
45.248
16.721
46.902
20.234
38.181
9 flnfi S“&gt;q 1 811 412
119 916
19.179
3.657
22.854
124
623
39.154
392.569
182
715
851.971
1.002.789
955.282
683.074
728.876
229.286

3.150
271.026
315.275
6.758
9
57.774
68.828
45.807

20

4 937 434
96.305
65.571
8.105
32.876
38.584
509.921
742.433
3.430.530

2 595.187
655.070
283 920
659.785
36.330
4 630
1.682!584
142.433
38.058
302.420
f&gt;4&lt;2 749
792.662
971.902
2.050.891
291.697
56.441
231.701
1.186.732
123.809
335 993
128.137
2.877.129
118.215
3.898.998
340
53.848
4 434.676
5.330.551
216.263
280
11.914
24.195
26.336
547 783
15.446
12.028
1.635
12.149
4.745
595.510
524.645
972.060

�EXPORTATIONS (suite)
t t -,

( d’olive....................... ...
Hunes ^ de g rjgnons d’olive ........
Lièges..................................................
Alfa et Diss........................... ...........
Ecorces à T a n ....................................
Feuilles de moulues........................
Lentisques non moulues.................
Légumes verts.....................................
Son..................................................
Fourrages............................................
Grignons d’olive..................................
t7.
i ordinaire en futailles....
Phosphates naturels..........................
Fer minerai.........................................
Plomb minerai..................................
Zinc minerai........................................
Sel.........................................................
Savons...................................... .......
Ouvrages de sparterie ......................

1911
Unités Quantités Valeurs
))
2.148.865 2.852.585
0
687.498
373.411
))
4.288.633
958.084
Quint
513.709 3.997.120
Kilos 4.235.355
948.009
))
913 948
82.255
))
198.680
7.947
»
12.932
42.580
))
1.786.409
214.369
»
541.084
32.466
))
147.943
9.397
Hectol.
160.066 4.575.417
»
7.909
395.450
Quint. 15 558.349 39.820.565
))
3.627.8j§0 4.534.787
D
326.496 4.752.023
»
372.595 5.412 881
))
639.272
444.981
Kilos
753.396
451.526
))
3.245.226
983.857

La Tunisie a bénéficié d’une fortune ana­
logue à celle de l’Algérie, mais pour des causes
différentes, la production de son vignoble étant
en effet très limitée. En 1911, grâce à des cir­
constances atmosphériques meilleures que l’Al­
gérie et aussi peut-être à une plus grande per­
fection des procédés de culture, son expor­
tation de céréales a quadruplé en 1911 par
rapport à celle de 1910.
En 1911 au contraire, ce chiffre était ramené
à peu près au niveau de celui de 1910, mais
d’autres articles, en particulier les huiles d’oli­

1912
Quantités Valeurs
12.376.139 15.966.922
2.520.250 1.595.600
6.491.123 2.180.027
521.691 3.856.274
569.505
3.477.222
706.562
63.591
2.093.000
83.640
86.314
29.540
310.284
2.585.767
1.561.114
93.684
940.149
44.200
201 766 4.436.590
298.900
7.505
19.230.076 50.506.453
4.897.572 6.146.963
541.837 9.772 104
328.430 4.513.962
624.268
6 528.825
592.844
986.395
719.093
2.298.953

ve, les phosphates, les animaux vivants, les
minerais, les vins voyaient leur production
augmenter de plus en plus et compensaient
très largement cette perte. Comme l’Algérie, la
Tunisie est parvenue en 1912 à un degré incon­
nu jusqu’ici de prospérité.
Commerce général
1911
1912
Importations__ Fr. 121.683.425
156.293.999
Exportations__
143.660.714 154.655.189
Total. . . . Fr. 265.344.139

310.949.188

MAROC
Le commerce du Maroc a bénéficié surtout
du mouvement d’importation dû à la fois aux
corps d’occupation et à l’afflux réellement ex­
traordinaire des nouveaux colons. Cette plusvalue des importations dénote un manque ab­
solu d’équilibre qui pourrait devenir dange­
reux s’il devait être de longue durée mais qui
est tout-à-fait normal dans une période d’occu­
pation. La mise en valeur paraît du reste
s’organiser sur des bases sérieuses et l’on ne

saurait en trouver une meilleure. preuve que
dans l’augmentation considérable malgré les
troubles de la conquête, de la production et de
l’exportation des céréales.
Les augmentations des importations se font
sentir du reste sur tous les articles, ce qui
semble bien prouver que cet accroissement a
pour but de satisfaire aux besoins généraux
de la consommation et non pas seulement au
corps d’occupation ou aux nouveaux arrivants.

IMPORTATIONS DE LA ZONE FRANÇAISE (')
1909

1910

francs
5 679.800
14.570.512
6.226.114
6.984.S76
7.185.279

T o t a u x ...................

francs
5.705.739
11.375.367
8.530.970
8.692.531
12.275.878
47.579.485

Importations par terre (Algérie)

9.810.000

10.199.000

T o t a u x ...................

57.389.489

50.945.590

Rabat.......
Casablanca.
Mazagan ...
Safi............
Mogador ..

40.646.590

1 91 1

1912

francs
6.555.068
22.169.973
7.628.383
8.435.264
8.116.511
52.899.199

francs
13.096.453
40.181.785
13.255.167
13.859.416
12.086 513

16.362.000
69.261.199

18.178.000

92.479.334
110.657.334

(1)-Tableaux extraits du Rapport de M. le Député Long, sur l’emprunt du Maroc. (Annexe au procèsverbal de la Chambre des Députés du 18 juin 1913).

�-

6

—

EXPORTATIONS DE LA ZONE FRANÇAISE (*)
1909

1910

1911

1912

francs

francs

francs

fraccs

Mogador..................................

1.393.156
11.384.735
8.416.247
8.006.718
7 544.285

1.237.325
9.740.748
7.052.737
4.678.822
6.935.036

1.292.205
19.752.075
11.356.172
13.760.776
8.871 553

441.117
23.084.338
12.020.841
14.727.394
7.813.693

T otaux ...................

36.745 240

29.644.668

65.032.781

58.087.383

Exportations parterre (Algérie)

7.374.000

T otaux ...................

44.119.240

14.148.000
42.792.668

15.405.000
70.437.781

67.080.383

Rabat........................................
Casablanca...............................
Mazagan.......... ........................
S a fi....................................................

8 993.000

TABLEAU DES PRINCIPAUX ARTICLES EXPORTÉS PAR LES CINQ PORTS
DE LA ZONE FRANÇAISE DE 1909 A 1912
ARTICLES
Bœufs........................ ..............
Laine en suint.......... ..............
Peaux de bœ ufs__ ..............
Peaux de chèvres__ ..............
Peaux de moutons ... ..............
Œufs.......................... ..............
Blés........................... ...............
Maïs.......... ..............................
Orge..........................................
Fèves........................................
Amandes................. ..............
Graine de lin ............ ...............
Huile d’olive............................
Coriandre................... ..............
Fenugrec .................................
Babouches ................. ..............

1909
francs
6.030
1.868 471
571.486
3.973.995
942.379
4.387.330
1.691.607
492.180
12.149.642
1.620.472
3.337.986
951.532
401.919
236.522
1.033.861
122.882

1910
francs
45.352
3.062.521
801.504
3.892.632
1.264.636
4.516.173
401.293
334.035
3.665.587
1.011.757
4 158.470
1.658.839
55.696
172.551
811.184
190.545

1911
francs
694.360
3.946.815
694.807
4.122.211
1.343.534
3.982 035
5.130.573
1.200.641
11.623.780
3.055.026
5.656.565
4.517.516
212.944
562.653
1.976.777
287.925

1912
francs
33.670
1.329.287
728.790
2.468.629
761.067
4.708.147
6.568.826
1.377.000
19.289.323
3.309.408
4.125.686
4.984.920
89.906
448.906
871.149
184.433

TABLEAU DES PRINCIPAUX ARTICLES IMPORTÉS PAR LES CINQ PORTS
DE LA ZONE FRANÇAISE DE 1910 A 1912

ARTICLES
Soies grèges.............. ..............
Farines et Semoules. ,..............
Sucres........................ ..............
Thè............................. ..............
Bols sciés................... ..............
Vins............................. .............
Alcool p u r ..............;. .............
Briques....................... ............
Tuiles.......................... --------Ciment.......... ............. ............
Chaux..................... .. ............
Fers b ru ts............ ..
Bougies...................... ............
Tissus de coton__ . ............
Tissus de laine.......... ............
Tissus de so ie.......... ............

1909

1910

1911

191 2

francs

francs

francs

francs

336.182
293.642
14.878 675
3.526.536
438.621
397.997
32.730
27.911
2.585
84.648
35.278
147.320
1 198.880
17.295.913
516.284
597.675

290.404
383.587
14.934.291
3.117.172
649.307
513.452
103.490
39.066
12.142
86.361
31 250
190.769
1.120.762
11.507.477
489.254
449.062

403.619
351.410
17.496.433
3.649.636
818.643
1.206.478
204.529
90.436
12.059
192.814
48.588
209.917
1.445.950
13.874.735
681.521
624.215

536.776
680.760
23.954.750
5.393.164
1.505.222
2.570.542
289-350
153.663
7.284
475 578
257.508
402.199
2.072.427
25.928.921
1.941,979
1.398.050

(1) Tableaux extraits du Rapport de M. le député Long, sur l’emprunt du Maroc. (Annexe au procèsverbal de la Chambre des Députés du 18 juin 1913).

�AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE
Les statistiques de l’Afrique Occidentale ne
se sont pas maintenues aux chiffres élevés
qu’elles avaient atteint en 1910. La manière
dont ont été établies ces statistiques en est pro­
bablement une des causes. En particulier,
tandis que l’on ne faisait figuier jusqu'en 1911
au compte du Haut-Sénégal Niger que les m ar­
chandises dédouanées à Kayes, en 1911, on a
compté celles qui étaient dédouanées à SaintLouis avec destination du Haut-Sénégal Niger.
C’est ainsi que tandis qu’en 1910, les importa­
tions du Haut-Sénégal Niger n’était compté
dans le commerce général de l’Afrique Occi­
dentale que pour 7.036.901 francs en 1911, les
chiffres qui nous sont communiqués par le gou­
verneur du Haut-Sénégal Niger et qui figu­
rent également au rapport publié par l'Office
Colonial sont de 17.490.305 fr. En 1912,1e tableau
qui nous a été envoyé par le Gouverneur du
Haut-Sénégal Niger ne porte plus que sur
9.803.799 fr. Il se peut qu’il y ait une nouvelle
modification dans le mode d’établissement des
statistiques. Du reste, ces chiffres du HaubSénégal Niger sont incomplets puisqu’ils ne com­
prennent pas les échanges avec les colonies
voisines que le rapport de 1911 évalue à près
d’une dizaine de millions.
La véritable cause des diminutions provient
de la diminution de la production des arachi­
des et de la baisse des cours du caoutchouc.
Cette diminution des arachides est particuliè­
rement grave parce qu’elle est occasionnée en
partie par un embatardissement des semences
et les dégâts d’un insecte encore inconnu. Les
mesures prises jusqu’à ce jour pour remédier à
cette situation sont absolument insuffisantes et
ce n’est que par l’établissement d’un service
spécial doté d’un crédit très important qu’il
sera possible à la fois de combattre les mala­
dies et de sélectionner les semences. Le dis­
tingué spécialiste M. Roubaud faisant partie
du corps de l’Institut Pasteur a bien été délé­
gué pour rechercher quel est l’insecte qui at­
taque actuellement les arachides au Sénégal
mais il semble qu’il ne s’agit que d’une mis­
sion temporaire et qui n’est doté d’aucun
moyen d’action.
Le recrutement des troupes noires pratiqué
dans ces derniers temps a également occasion­

né une exode importante de population du
Sénégal vere la Gambie Anglaise, c’est là aussi
une cause de diminution des cultures.
La pénétration vers l’intérieur va cependant
amener certainement une très forte augmenta­
tion de la production des arachides et il faut
bien espérer que la diminution constatée ne
sera que momentanée si les mesures nécessai­
res sont énergiquement prises.
La baisse des prix du caoutchouc paraît plus
irrémédiable par suite du rôle joué par le
caoutchouc de plantation.
Tous les autres produits sont, au contraire,
en très notable augmentation, en particulier
les amandes de palme qui d’une moyenne de
30.000 tonnes ju 6qu’en 1907 sont passées par
une progression continue à 51.000 tonnes en
1911 et 1912, mais ce résultat est dû en très
grande partie à la construction des réseaux
des voies ferrées du Dahomey. L’amélioration
des procédés d’exploitation du palmier à huile
auquel diverses entreprises se consacrent avec
énergie permet d’espérer un accroissement en­
core bien plus considérable.
Du reste, comme nous venons de le dire au
sujet du Haut-Sénégal Niger, les statistiques
ne donnent qu’une idée incomplète de l’acti­
vité économique de l’Afrique Occidentale. Elle
ne tient pas compte du mouvement commercial
qui a lieu par les frontières de terre entre les
différentes colonies qui compose ce vaste en­
semble, et l’Afrique Occidentale peut devenir de
plus en plus prospère malgré les fluctuations
de son commerce extérieur.
Commerce général
ANNÉES IMPORTATIONS EXPORTATIONS
franc*

1895
1900
1905
1907
1908
1909
1910
1911
1912

46.882.773
69.061.635
96.867.453
97.010.200
108.590.468
118.583.192
153.095.448
150.817.649
134.781.982

francs

31.994.583
60.802.704
56.207.918
80.430 116
84.500.946
109.832.020
124.619.271
118.502.798
120.597.570

SÉNÉGAL O
Commerce général
Importations....................
Exportations.............
T o t a l ................. .........

Fr.

1911
74.743.558
53.372.434

1912
67.859.907
58.050.143

Fr.

128.125.995

125.910.050

(1) Communiqué à l’Institut Colonial par M le Lieutenant-Gouverneur du Sénégal.

TOTAUX
francs

78.777.356
129.864.344
153 075.371
177.440.316
193.091.415
228.415.212
277.714.719
269.320.447
255.378.552

�8

-

-

E x p o rta tio n s
1911
QUANTITÉS
kil.

Arachides..........................
Amandes de palme............
Huiles de palme................
Caoutchouc........................
Gomme...............................
Bois......................................
Peaux...............................
M aïs..................................... . . .
Cire.................... ..............
Animaux..........................

1912
VALEURS

QUANTITÉS

francs

164.907.702
1 326.900
260
211.867
1.398.697
44.100
244.991
»
27.948

40.943.950
398.072
208
1.273.781
976.657
7.512
296.292
»
83.140
321.887

VALEURS

kil.

francs

184.761.796
1.763.787
846
207.237
2.566.196
3.270
454.950
))
50.296
»

41 .162.966
705.514
678
1.077.011
2.315.494
380
565.732
»
150.888
475.275

HAUT-SENEGAL ET NIGER (')
1911
14 753.649
5.308.369
T o t a l ........ Fr. 20.062.018

Commerce spècial
Importations....... Fr.
Exportations__

Commerce général
Importations.... Fr. 17.496.305
Exportations__
5.308.369
T otal ... Fr. 22.804.674

1912
10.727.286
3.422.410
14.149.696

E x p o rta tio n s
1911

1 91 2

QUANTITÉS

VALEURS

ldi.

francs

912.620
85.184
1.745.401
254 060
56.597
6 074
627.339
3.714.871

5.111.000
243.385
258.624
317.576
44.211
7.591
228
149.903

Arachides.......
Amandes (Karité)
Caoutchouc..........
Gomme...............
Peaux...................
Cire.......................
O r ........................
Animaux..............

9.803.799
3.422.410
13.226.209

QUANTITÉS

VALUERS

kil.

francs

5.830.510
896.703
161.983
724.889
96.920
5.081
12

140.301

1.049.442
268.796
866.087
555.813
108.690
4.065
38.760
3.387.163

GUINÉE FRANÇAISE (2)
Commerça spècial
Importations__ Fr.
Exportations__
Total . . . . Fr.

1911
19.514.468
19.558.449
39.072.917

1912
19.749.724
20.057.013
39.806.737

T otal . . . . Fr.

18.337.307
19.610.862
37.948.169

QUANTITÉS

VALEURS

kil.

francs

1.056.118
4.226.499
7.944
1.917.008
108.002
666 st.
602.515
186
43.199

19.274.130
20.057.925
39.332.055

1912

1911

EXPORTATIONS

Arachides.................................
Amandes de palme.................
Huiles de palme.......................
Caoutchouc...............................
Gomme,.....................................
B o is............................... (stère)
Peaux.......................................
Maïs..........................................
Cire...........................................

Commerce général
Importations__ Fr.
Exportations__

132.014
965.298
4.766
15.311.685
270.005
33.300
1.054.402
28
97.641

QUANTITÉS

VALEURS

kil.

francs

2.019.892
5.134.838
141.537
2.040.590
93.196
809 st.
632.598
199
43.728

252.486
1.026 969
84.922
15.095.689
232.990
40.747
1.107.046
30
104.798

(1) Communiqué à l’Institut Colonial par M. le Lieutenant-Gouverneur du Haut-Sénégal et Niger.
(2) Communiqué à l’Institut Colonial par M. le Lieutenant-Gouverneur de la Guinée Française.

�- 9-

COTE

D’IVOIRE (')

Commerce général
Importations................ . . .
Exportations..............

Fr.

T otai .......... . . . .

Fr.

EXPORTATIONS

Arachides ............................................
Amandes...................... ............
Huiles de palme.....................
Caoutchouc...............................
Gomme copal...........................
Bois.......... ..............................
Peaux........................................

1911
20.566.940
18.242.832
38.809.772

1912
17.534 048
17.615.77b
35.149.823

1911

1912

QUANTITÉS

VALEURS

QUANTITÉS

VALEURS

tonnes

francs

tonnes

francs

32
1.589.357
4.063.341
9.887 945
1.006
2.262.366
14.382

»
5.251
G 625
1.263

1

31.752 nie.

8

9
6.799
6.766
1.376

2

40.053
13

me.

16
1.767.753
3.727.065
8.256.498
2 365
2.896.529
23 601

D A H O M E Y (2)
Commerce général
Importations..........
Exportations ...............

............

Fr.

T otal . ..........

Fr.

EXPORTATIONS

Arachides .....................................
Amandes..................................................
Huiles de palme ................................
Caoutchouc............................................
Coton en laine .....................................
Peaux brutes de bœuf....................
Maïs ...........................................................
Coprah ......................................................
Poissons secs, salés et fumés..
Crevettes fumées................................
Autres produits du crû .................
Totaux généraux (1rs produits du cru.. .

1911
19 673.539
21.958.301
41.631.840

1912
20.310.098
21.451.317
41.761.415

1911

1912

QUANTITÉS

VALEURS

QUANTITÉS

VALEURS

kil.

francs

kil.

francs

22.111
39.346.108
15 251.962
5.608
132.343
6.956
72.038
350.273
802.612
87 587
»

2.268
12.577.199
8.088.401
19.068
165.430
6.976
5.764
105.081
441.438
93.735
385.831

396
37.295.629
11.916.915
6.540
123.386
8.983
4.062.947
300.752
553.947
320 904
»

40
13.397.416
6 361.320
25.082
154.232
8.983
325.036
105.263
804.670
'299.292
336.171

)&gt;

21.891.171

))

21.319.505

SÉNÉGAL
(3i Le mouvement commercial de la colonie s'est
élevé pendant l’année 1911 à .. 128.125.992 Fr.
il avait été en 1910 de ......... 146.287.446 »
en moins ..................................
18.161.454 Fr.
Les causes de cette régression ne peuvent
être recherchées ailleurs que dans les transac­
tions de l’arachide. Elles seront tout naturelle­
ment mises en évidence par l’exposé des cir­
constances dans lesquelles se sont effectués
les échanges au cours des campagnes 1910-1911
et 1911-1912 desquelles ont dépendu ce fléchis­
sement de l’importation et, en majeure partie,
celui de l’exportation pendant l’année 1911.

La traite 1909-1910 avait été très active par
suite de l’abondance de la récolte et de l’élé­
vation des cours. Aussi, de toutes parts se fon­
daient pour la campagne suivante des espé­
rances qui paraissent d’autant plus justifiées
que la voie ferrée Thiès-Kayes avait été prolon­
gée d’une centaine de kilomètres et qu’elle avait
attiré sur les terrains neufs de la région tra ­
versée de nombreux agriculteurs encouragés
par les prix rémunérateurs dont ils venaient
de profiter.
Des stocks importants de marchandises fu­
rent constitués tant dans les centres princi­
paux que dans les comptoirs installés parmi

(1) Communiqué à l’Institut Colonial par M. le Lieutenant-Gouverneur de la Côte d’ivoire.
(2) Communiqué à l’Institut Colonial par M. le Lieutenant-Gouverneur du Dahomey.
(3) Extrait du Rapport sur l’année 1911, publié dans Bulletin de l’Office Colonial (Décembre 1912)
( 2)

�10

les agglomérations constituées sur le nouveau
rail. Les cours en Europe progressaient sans
cesse ; Us étaient de 34 francs au moment de
la récolte. Aussi, les premiers achats furent
reçus à Rufisque en Novembre 1910 à 27 fr. 50
et 30 francs. La concurrence devint acharnée,
mais les premières déceptions ne tardèrent pas
à naître. Il fut bientôt reconnu que la produc­
tion, compromise par le manque de pluies, était
inférieure aux prévisions. Puis à une époque
où d’importants achats étaient réalisés à des
taux élevés, le marché des graines subissait un
véritable effondrement en Europe ; les cotes
descendaient rapidement jusqu’à 28 fr. 25 et
28 francs pour y rester jusqu’à la fin des opé­
rations. Les pertes des commerçants furent
générales ; quant à l’indigène qui avait cédé
sa récolte dans des conditions assez satisfai­
santes, il possédait des ressources suffisantes
pour répondre à ses principaux besoins. Néan­
moins, les approvisionnements effectués étaient
hors de proportion avec les facultés d'achat des
agriculteurs ; l’écoulement en fut difficile et
incomplet et les boutiques comme les entrepôts
étaient encore loin, après l’achèvement com­
plet des transactions d’être dégarnis.
C’est dans ces conditions que se présenta la
traite de 1911-1912 ; rendus circonspects par les
déboires de l’année précédente, les négociants
n’établirent leurs commandes qu’avec une pru­
dence extrême. Au surplus, les cours des ara­
chides en Europe ne s’étaient pas relevés. Ils
oscillaient toujours autour de 28 francs et les
pronostics sur la quantité de la récolte n’é­
taient pas favorables.
Tout semblait indiquer que la production ne
serait pas supérieure à la précédente. Les
achats commencèrent à 17 fr. 50 et n’excédè­
rent pas 20 et 22 fr. 50. De timides essais d’un
consortium furent tentés en certains points de
la colonie, mais le défaut d’entente fit heureu­
sement écrouler ces velléités. Les expéditions
d’arachides furent conduites lentement dans
la perspective d’un relèvement des côtes de
l’industrie huilière, relèvement qui commença
seulement à se produire à la fin de 1912.
En résumé, récolte déficitaire d’arachides
en 1910, écoulement incomplet en 1911 de stocks
importants de marchandises d’importation
constitués durant le quatrième trimestre 1910,
renouvellement en fin 1911 au fur et à mesure
des besoins, des articles d’échanges, manque
de célérité, par suite de la faiblesse des cours
des embarquements à destination d’Europe,
telles furent les causes déterminantes princi­
pales de la situation économique inférieure de
la colonie en 1911 par rapport à l’année pré­
cédente.
Quoique jouant au Sénégal un rôle bien in­
férieur à celui de l’arachide, le caoutchouc
n’est pas étranger à la régression du mouve­
ment commercial exportateur ; il entre même
pour plus du tiers dans le fléchissement accu­
sé à la sortie.
11 est vrai que le caoutchouc du Haut-Séné­
gal et Niger qui grossissait jadis les statisti­
ques du Sénégal est presque maintenant tout
entier dédouané à Kayes. Le mouvement com­
mercial de la colonie ne concerne plus guère,
dès lors, que le produit de la Casamance qui
acheté encore 10 francs à l’autochtone en sep­
tembre 1910, a subi le sort du similaire sou­
danais, c’est-à-dire les effets de la mévente qui
marqua les crises de 1908 et de 1910. L’indi­

-

gène de cette province néglige d’ailleurs l’ex­
ploitation des lianes quand il ne juge pas son
travail suffisamment rémunéré pour repor­
ter son activité sur les cultures vivrières. C’est
ainsi que la limite de ses concessions de vente
ne descend guère au-dessous de 5 francs le
kilo pour les bonnes qualités.
D’autre part, les mesures quarantenaires
prises à l’égard de la Gambie anglaise et de
la Guinée portugaise n’ont pas permis aux in­
digènes de ces colonies de venir participer à
la récolte du caoutchouc sur notre territoire.
Telles sont succinctement rappelées les diver­
ses circonstances dans lesquelles s’est déroulée
la vie économique de la colonie pendant l’an­
née 1911. Il reste pour compléter cet aperçu
à fournir quelques indications sur les princi­
pales fluctuations enregistrées à l’importation
et à l’exportation.
Exportation,Augmentations. — Parmi les aug­
mentations relatives aux produits de cru une
seule est à retenir, celle de 1.130 bœufs corres­
pondant à un rélèvement de valeur de 141.210
francs. Les envois de bestiaux accusent une
recrudescence jusqu’à concurrence de 10.000.
Les éleveurs sénégalais trouveront là une
source d’encouragement qui ne pourra qu’être
profitable à la prospérité de la colonie.
Les marchandises réexportées accusent un
relèvement de 2.810.227 francs (9.469.347 pour
6-659.126 fr. en 1910) dans lequel la houille
seule entre pour 1.895.826.
Le développement du port de Dakar est,ainsi
qu’à l’importation pour le même article, la
cause de cette fluctuation de même que celle
de moindre importance concernant toutes les
marchandises embarquées comme provisions
de bord. Les paquebots italiens ont largement
contribué à ce résultat.
A noter la réexportation de plus de 300.000
francs de fils et tissus de coton réexpédiés
en Gambie anglaise à la suite de leur dépôt
provisoire à Dakar pendant le mauvais état
sanitaire de cette colonie.
Diminutions. — La principale diminution se
rapporte à l’arachide dont les embarquements
ont fléchi de 62.391 tonnes représentant une
valeur de 8.826.791 francs. Les chiffres respec­
tifs de deux années sont les suivants :
Quantité

Valeur

1910 . . . . tonnes 227.299.048 Fr. 49.770.741
1911 .. . .
»
164.907.702
40.943.950
Le manque de pluies a été l’unique cause de
cette réduction de la récolte.
Les gommes accusent elles aussi une moinsvalue de 354.944 fr. Les envois sont tombés de
2.379.032 kilos à 1.398.697 kilos. A l’inverse des
arachides ; la récolte de suc a été compromise
par la faible durée des vents chauds qui n’ont
pas déterminé une gerçure suffisante des aca­
cias et, par suite, une abondante exsudation
de la sève. Les prix offerts aux indigènes
étaient relativement élevés puisque les achats
à Podor se faisaient sur la base d’environ
0 fr. 90 le kilo.
Les caoutchoucs sont en fléchissement de
3.786.265 francs et de 480.605 kilos. (211.867 ki­
los en 1911 et 692.472 kilos en 1910).
Les indications statistiques ne correspondent
pas tout entières à une déduction effective
de la production, car les expéditions du Haut-

�,-- —,---r---

— 11 —
Sénégal et Niger qui grossissaient autrefois
les relevés du Sénégal, n’y sont plus reprises
aujourd’hui pour figurer à ceux de la douane
de Kayes. Cependant la Casamance n’a expé­
dié en Europe que 204.275 kilos de caoutchouc
contre 325.407 en 1910. La diminution des va­
leurs est de ce chef de 892.301 francs (1.222.847
fr. contre 2.115.148 fr. en 1910.

A signaler, pour terminer, un décroissement
de 161.049 francs sur l’or brut. Il est impossi­
ble de tirer une déduction de ce chiffre qui a
pu être compensé par des inscriptions aux re­
levés de la colonie du Haut-Sénégal et Niger
à laquelle appartiennent la plupart des ex­
ploitations aurifères ou provenir d’envois effec­
tués à l’insu de la douane.

HAUT-SÉNÉGAL NIGER
(1) Malgré le fléchissement sensible qui s’est
manifesté à l’exportation, fléchissement dû en
partie, à des causes étrangères à la produc­
tion locale, les résultats de l’activité écono­
mique de la colonie traduisent pour l’année
1911, un progrès réellement intéressant à enre­
gistrer et accusent dans leur ensemble une aug­
mentation de plus de 11 millions de francs sur
l’année précédente.
Cette augmentation est d’autant plus rem ar­
quable que le mouvement commercial s’est res­
senti de certaines circonstances défavorables,
telles que la médiocrité des récoltes des céréa­
les et surtout la mauvaise tenue des cours au
caoutchouc, sur les marchés d’Europe. La va­
leur de ce dernier produit, qui constitue un
des principaux éléments d’échange de la colo­
nie, tomba presque d’un coup de 3 à 4 frs par
kilo. Cette baisse, qui s’accentua encore au
cours de l’année exerça une influence réelle­
ment déprimante sur le mouvement transac­
tionnel intérieur et extérieur du Haut-Sénégal,
Niger, pendant l’année précédente.
Le prodigieux développement du commerce
des produits agricoles et de l’élevage, avec les
colonies voisines, contribue de plus en plus au
mouvement général des échanges du HautSénégal-Niger. C’est d’ailleurs grâce aux res­
sources tirées de ce mouvement que nos indi­
gènes soudanais ont pu conserver, et même
augmenter leurs facultés d’achat, malgré la
diminution considérable des recettes tirées de
la vente du caoutchouc au commerce Euro­
péen.
Il convient d’ailleurs de remarquer qu’en
raison de la situation géographique du HautSénégal-Niger, de son éloignement du littoral
de l’Atlantique, l’exportation sur les pays
d’outre-mer est limitée aux seuls produits dont
la valeur est suffisamment élevée pour suppor­
ter les frais du transport à la côte. D’autre
part, les communications entre Saint-Louis et
Kayes ne sont assurées, dans des conditions
relativement satisfaisantes d’économie et de ra­
pidité, que pendant une partie de l’année, lors­
que la crue permet aux navires de haute-mer,
durant deux mois au maximum d’apporter à
Kayes la plupart des approvisionnements né­
cessaires au commerce pour la campagne sui­
vante et d’en exporter les produits qui ont été
emmagasinés depuis le début de l’année.
Il est donc naturel que le producteur souda­
nais ait cherché, en dehors du commerce euro­
péen des débouchés pour l’écoulement du sur­
croît de sa production. Ces débouchés, il les
trouve heureusement tout autour de lui. Ce
(1) Extrait du Rapport pour l’année 1911. du Bulle­

tin de l’Office Colonial, octobre 1912.

sont les Colonies du Sud, la Côte d’ivoire et la
Côte d’Or Anglaise qui lui offrent les plus im­
portants ; le bétail, notamment, y est exporté
en grande quantité chaque année. La Guinée
et le Sénégal lui achètent aussi des bœufs, des
moutons et des chevaux, ainsi que des grains
en quantités appréciables.
La service de la navigation du Niger dont
l’outillage est sans cesse perfectionné, a con­
tribué puissamment au développement des
transactions. Malgré la mauvaise qualité des
récoltes dans la vallée du Niger et les cours
élevés qui tendaient à paralyser le commerce
des grains, plus de 7.000 tonnes ont été appor­
tées à Koulikoro tant par le service de navi­
gation que par la flotille du commerce et les
embarcations indigènes. Sur ce chiffre, près de
3.000 tonnes ont été dirigées sur la Guinée. Ce
mouvement ne peut que s’accroître et le com­
merce se préoccupe activement d’améliorer les
moyens encore bien primitifs de transport sur
le bief du Niger compris entre Bamako et Kouroussa. Déjà, depuis l’achèvement du chemin
de fer de Guinée, les riz du Niger peuvent con­
currencer les riz d’importation jusqu’à Mamou
(mi-distance entre Kouroussa et Konakry) et de
très fortes demandes sont faites, auxquelles le
commerce de Bamako ne peut pas toujours
donner satisfaction.
L’ouverture prochaine du Thiès-Kayes per­
met, d’autre part, d’envisager l’accès de ces
grains sur les marchés des grands centres du
Sénégal, Thiès, Rufisque, Dakar et un déve­
loppement illimité de la production agricole de
la vallée du Niger. Ce chemin de fer, dont
l’importance économique pour la colonie n’est
pas à démontrer, permettra l’écoulement beau­
coup plus rapide des produits d’exportation et
leur réalisation immédiate. Les productions
de l’agriculture et de l’élevage deviendront l’ob­
jet de transactions de plus en plus actives et
nombreuses qui enrichiront producteurs et
commerçants et constitueront, dans un avenir
peu éloigné, l’un des éléments les plus puis­
sants et les plus sûrs de la prospérité économi­
que du Haut-Sénégal-Niger.
De sérieux efforts sont d’ailleurs faits par
l’Administration pour encourager les cultures
vivrières les plus rémunératrices, telles que cel­
les du riz et de l’arachide et accroître la pro­
ductivité des ressources agricoles et pastorales
du Soudan. L’exploitation et l’utilisation des
produits naturels tel que le caoutchouc, le ka­
rité, l’or sont également de sa part l’objet de
continuelles préoccupations.
Caoutchouc. — Les statistiques font ressortir
que l'exportation du caoutchouc n’a atteint en
1911 que 265.677 kilos valant 1.785.404 fr. contre
680.402 kilos valant 5.443.220 fr. en 1910. C’est

�-

en 1909 que furent enregistrés les chiffres les
plus élevés (920.293 kilos valant 7.362.352 fr).
Aussi pénible que soit cette constatation, il
n’y a pas lieu cependant de s’en alarmer outre
mesure. Par suite de la diminution des prix
offerts par le commerce, beaucoup d’indigènes
habitués à recevoir 8 fr. 10 et même 12 fr. pour
1 kilo de caoutchouc apporté sur un marché ou
dans une factorerie, cessèrent brusquement de
s’adonner à la récolte du latex, le jour où il
ne leur fut plus offert que 4 ou 5 fr. pour la
même quantité de ce produit.
Il y a lieu de signaler, d’autre part, que les
bénéfices considérables réalisés en 1909 et 1910
avaient provoqué entre les acheteurs une con­
currence effrenée,une véritable fièvre du caout­
chouc qui se traduisit comme en 1906 et 1907
par l’exploitation abusive et irraisonnée des
lianes, la fraude du produit et une déprécia­
tion sensible des sortes soudanaises sur les
marchés d’Europe.
La diminution considérable accusée plus
haut pour l’exportation du caoutchouc est d’ail­
leurs, en grande partie, fictive. Il y a lieu de
considérer, en effet, qu’avant l’achèvement du
chemin de fer de Guinée, les caoutchoucs de la
Haute Côte d’ivoire et de la Haute Guinée, réu­
nis dans les centres commerciaux de Kong, Koroko, Tombougou, Odjenné, Kankan, Beyla, Si
guiri, voir même Kouroussa étaient exclusivemet exportés par la voie du Sénégal, et figu­
raient dans les statistiques du Haut-SénégalNiger, comme caoutchouc soudanais. L’arrivée
du rail à Kouroussa (2e semestre 1910) détourna
immédiatement, au profit de la voie guinéenne
le courant d’exportation de ces cercles qui sont,
de beaucoup les plus importants au point de
vue production. En outre, une bonne partie des
caoutchoucs centralisés à Bamako est exportée
par la même voie et échappe à notre con­
trôle.
Gommes. — L’année 1911 a enregistré égale­
ment une diminution sensible de l’exportation
des gommes. De plus en plus concurrencées sur
les marchés d’Europe par les gommes d’Abys­
sinie et d’Egypte et certains succédanés tels
que la résine d’arancavia,les gommes exportées
de la colonie ne donnent plus lieu, depuis une
dizaine d’années, aux importantes transactions
qui firent jadis la fortune de certains traitants.
Ce produit, qui, en 1894 était payé 2 francs le
kilo sur le marché de Médine, 1 franc en 1899
et 0 fr. 60 en 1900-1901, est tombé en 1903-1)904
à 0 fr. 30, et, depuis cette époque, les cours ne
se sont guère relevés. La quantité apportée sur
les marchés a subi une décroissance parallèle.
De 2. 000.000 de kilos en 1898-1899, elle est tom­
bée à 216.000 en 1905. Les cours,un peu plus fer­
mes les années suivantes, firent remonter ce
chiffre à 512 tonnes en 1909, puis à 571 en 1910,
mais en 1911 il retomba à 318 tonnes.
Ainsi, la quantité exportée est intimement
liée aux cours de ce produit sur les marchés
européens, qui ont leur répercussion dans la
colonie, et il est certain que le chiffre de 2.000
tonnes atteint en 1899 se serait maintenu de­
puis et aurait même progressé si les Maures et
pasteurs, qui se livrent à la récolte de la gom­
me dans les régions sahéliennes, et à son trans­
port sur les marchés de Nioro, de Kayes, Mé­
dine et Tombouctou, avaient continué à re­
cevoir une rémunération suffisante de leur tra ­
vail.

12

-

Arachides. — Nous avons dit que le peu d’a­
bondance des pluies, à la fin de l’hivernage de
1910, avait été préjudiciable à la qualité des
récoltes de céréales, qui pourtant s’finnonçaient
très belles.
Les mauvaises conditions dans lesquelles se
fit la maturité provoquèrent une diminution
considérable du rendement. Les champs d’ara­
chides souffrirent encore davantage. Dans
nombre de lougans la sécheresse surprit les
graines au moment où celles-ci n’étaient encore
qu’en formation. P ar suite, les graines furent
petites et de mauvaise qualité.
Les cultivateurs bénéficient, toutefois, de la
hausse qui s’étendait en fin 1910 et 1911 sur
tous les oléagineux. Les arachides furent payés
aussitôt après la récolte, jusqu’à 0 fr. 15 et
0 fr. 17 le kilo au producteur par les maisons
de commerce de Kayes qui, les années précé­
dentes, offraient au maximum 0 fr. 11 ou 0 fr. 12.
Des achats importants furent également effec­
tués dans les cercles de Kita, Bamako, Ségou,
Djenné et Mopti.
Ainsi, la récolte, malgré sa mauvaise qua­
lité, fut aussi rémunératrice pour l’indigène
que les années précédentes. D’autre part les
surfaces ensemencées ayant été sensiblement
augmentées, la quantité de graines réunies à
Kayes fut presque aussi importante qu’en 1910.
L’extension de la culture de l’arachide dans
toute la partie de la colonie traversée par le
chemin de fer, ainsi que dans les cercles de
Ségou, Djenné et Mopti préoccupe beaucoup
l’Administration locale. Cette culture proéure
d’importantes ressources aux indigènes et as­
sure en outre aux navires et fluviaux qui mon­
tent à Kayes, à l’époque de la crue, un fret de
retour avantageux et de plus en plus abondant.
Des renseignements obtenus, il ressort que
la dernière récolte a été d’une façon générale,
bonne dans les différents cercles. La quantité
exportée en 1912 sera, en conséquence, beau­
coup plus importante que pendant l’année
1911.
Karité. — C’est la première fois que nous
enregistrons une sortie importante de produits
du karité. Différents essais d’exportation
avaient été tentés ces dernières années, mais,
par défaut de préparation convenable, ces es­
sais n’avaient pas réussi.
On sait que l’amande de karité renferme une
très forte proportion (46 à 54 p. 100) de matière
grasse qui peut être utilisée pour la fabrica­
tion du beurre végétal.
Les indigènes traitent d’ailleurs, pour leur
propre consommation et aussi pour la vente,
une certaine quantité d’amandes chaque an­
née. Le beurre obtenu, qui contient beaucoup
d’impuretés et est assez agréable au goût, est
vendu, suivant les marchés et l’époque de l’an­
née, à un prix variant de 0 fr. 30 à 1 franc le
kilo.
Outre que ce prix est déjà très élevé, on ne
pourrait songer à réunir un certain tonnage
de beurre sans faire monter immédiatement les
cours. Aussi les commerçants de la colonie
que cette question intéressait, recherchèrent
dans quelles conditions pourraient être expor­
tées les amandes brutes.Un premier essai,tenté
en 1(910 par M. Dabrigeon, réussit parfaite­
ment, et, en 1911, ce commerçant procéda à des
achats beaucoup plus importants. Plusieurs
maisons de la colonie vont, sans doute, suivre
ce mouvement. Les amandes achetées vertes

�— 13 —
aux indigènes qui les ont préalablement débar­
rassées de leur pulpe, séchées au soleil
ou mécaniquement, puis décortiquées, fourni­
rent 243 tonnes à l’exportation. La valeur est
de 400 à 500 francs sur le marché de Liverpool.
L’arbre qui produit la noix de karité est très
abondant dans les cercles de Kita, Bamako, Sé
gou, Bougouni, et San, région facilement ex­
ploitable et qui, d’après M. le Directeur du
service de l’agriculture, pourrait fournir an­
nuellement plusieurs milliers de tonnes d'a­
mandes. Les peuplements sont particulière­
ment denses dans la partie du cercle de Ségou,
comprise entre le Niger et le Bani, et c’est
dans le but d’exploiter plus intensivement ces
ressources naturelles du pays que MM. Carrié
et Dabrigeon ont demandé et obtenu l’auto­
risation do placer un chemin de fer Decauville de 0 m. 60 sur la route qui partant de
Tamani sur le Niger, passe à Barouéli et
atteint le Bani près du village de Tiendo. L’ex­
portation à laquelle peuvent donner lieu les
produits du karité est extrêmement intéres­
sante pour la colonie et mérite de recevoir des
encouragements. En dehors des ressources
qu’ils procurent aux indigènes, les revenus ti­
rés de l’exploitation de cet arbre sont en effet
une prime au reboisement.
Laines. — Le commerce d’exportation auquel
donnent lieu les laines du Marina est relati­
vement récent et ne date que de 1907. La
première campagne fut d’ailleurs peu encoura­
geante pour le commerce. Se basant sur des
renseignements obtenus à la suite d’une expé­
rience de quelques tonnes de laine de choix fai­
te en 1906, et qui leur laissait miroiter des bé­
néfices considérables, les commerçants de
Djenné et de Mopti avaient acheté, en effet, à
un prix fort élevé et sans aucune étude préa­
lable de la question toute la marchandise qui
leur était présentée, quelles qu’en fussent la
qualité et la longueur. L’effet ne se fit pas at­
tendre ; sur les 500 ou 600 tonnes expédiées en
France en 1907, les deux tiers, à peine, purent
être vendus. Mélangées de laines trop courtes,
de poils et de crams-crams, les prix offerts
couvraient à peine les frais d’achat. L’année
suivante, aucun achat n’eut lieu et, depuis,
les commerçants que l’expérience a instruits,
n’acquièrent que des lots soigneusement triés
et préparés pour la vente.
Ces laines, utilisées surtout en matelasserie, sont cotées de 1.000 à 1.200 francs sur le
marché de Bordeaux. Payés de 0 fr. 30 à 0 fr.40
le kilo à Mopti ou Djenné, la marge du béné­
fice laissé à l’exportateur est assez considé­
rable. Signalons, en passant que la colonie
a installé à Niafunké une bergerie modèle,
dont le but est de fournir aux pasteurs de la
vallée du Niger des béliers reproducteurs pour
l’amélioration du mouton à laine. Une cin­
quantaine de béliers ont été importés d’Algé­
rie et croisés avec des brebis du pays.
L’établissement compte déjà près d’un mil­
lier de métis de divers degrés de pureté, et,
sous peu, des prélèvements pourront réguliè­
rement être effectués.
Le service zootechnique de la colonie s’effor­
ce. d’autre part, d’améliorer les troupeaux
indigènes par la sélection rigoureuse des ani­
maux reproducteurs et l’élimination méthodioue des moutons à poils ou à laine jarreuse.
Il se préoccupe également de répandre, par

des conseils et des encouragements donnés aux
éleveurs, la connaissance et la pratique des
meilleurs procédés d’élevage, de tonte et de
préparation de la laine et des peaux.
Or. — L’extraction de l’or dans la colonie
exerce une influence économique assez impor­
tante pour qu’il paraisse utile d’en faire men­
tion ici, 20 à 25.000 indigènes travaillent cha­
que année, de janvier à mai, sur les placers,
tant dans le Bambouck que dans le Mandin­
gue, le Ouassalou et le Lobi. La production est
assez difficile à évaluer, mais peut être fixée
sans exagération à 800.000 francs par an. Le
cercle de Satadougou a produit, à lui seul,
pendant l’année 1911, d’après les renseigne­
ment donnés par le commandant de cercle, 190
kilos de précieux métal, d’une valeur de plus
de 500.000 francs. Les maisons de commerce en
exportent une quantité appréciable sur la mé­
tropole, à l’insu des bureaux de douane. D’au­
tre part, les dioulas qui vont l’acheter sur res
placers même vont souvent l’écouler dans les
colonies voisines, notamment en Gambie an­
glaise, et le soustraient au contrôle de l’admi­
nistration de la colonie. Une certaine quantité
est, en outre, conservée dans le pays et trans­
formée en bijoux.
Il convient de signaler qu’en 1911, une com­
pagnie minière (mines de Sénégambie) a ex­
trait, par dragages de la Falémé, près de 50
kilos d’or en poudre ou en pépites. La drague
qui fonctionne actuellement jour et nuit pour­
ra certainement doubler ce chiffre en 1912.
Cette nouvelle industrie, qui n’entrave en rien
les exploitations indigènes ne peut qu’être fa­
vorable au développement économique du
pays.
Signalons encore les produits du crû expor­
tés de la colonie, les peaux de bœufs ainsi que
les peaux de moutons et de chèvres, les plumes
d’autruches, l’ivoire, le coton, etc. Le mouve­
ment commercial dont sont l’objet ces produits
est assez minime ; les exportations d’ivoire,
notamment ont beaucoup diminué depuis quel­
ques années et sont presque milles actuelle­
ment.
Le commerce cle la colonie s’intéresse beau­
coup à d’autres produits tels que le dâ (chan­
vre de Guinée),le kapok, le sisal et le sésame
Ces produits n’ont donné lieu, jusqu’à présent,
à aucune exportation sérieuse, mais parais­
sent avoir beaucoup d’avenir.
Le dâ peut être cultivé sur une étendue con­
sidérable, notamment dans la vallée du Niger.
Les fibres de ce textile sont très appréciées
par certains industriels de la métropole, et
leur valeur correspondrait approximativement
à celle du jute.
Quant au kapok, les expériences faites en
'111, par un commerçant de la colonie, M.
R affin, ont démontré que son exportation était
possible et pouvait être rémunératrice aussi
bien pour l’indigène qui procède à la récolte
que pour l’exportateur.* La bourre du kapok est
fournie par un bombax (bombax buonopozense
ou kapokier à fleurs rouges) qui existe en peu­
plements assez importants dans la partie de la
colonie traversée par le chemin de fer de
Rayes au Niger, ainsi que dans les cercles de
Sé&lt;rou, Koutiala et le Mossi.
Des échantillons envoyés en Francec par M.

�Raffin attirèrent fortement l’attention des in­
dustriels. Le kapok soudanais peut être com­
paré aux meilleures sortes de Ja.va. De l’avis
de la maison Larruder Lacroux et C° de Rou­
baix, il serait plus soyeux que les kapoks d’au­
tres provenances et plus utilisable pour la fila­
ture. Il serait coté entre 2.000 et 2.200 francs la
tonne.
Il ne faut pas toutefois s’attendre à l’expor'tation immédiate d’un gros tonnage. Néan­
moins, M. Raffin aurait réuni à la dernière ré­
colte qui vient d’avoir lieu en février-mars, une
vingtaine de tonnes qui seront exportées à l’hi­
vernage prochain. D’autres commerçants s’in­
téressent à cette question et il est très possible
que dès 1910, la colonie exporte une cinquan­
taine de tonnes de ce produit.
Les plantations de sisal de Kayes, apparte­
nant à MM. Renoux et Martin, vont entrer
cette année en exploitation. Nous ne connais­
sons pas encore quels seront les résultats de
ces entreprises sur lesquelles il est fondé beau­
coup d’espérances.
La colonie entretient avec les colonies côtiè­
res, et principalement avec la Côte d’ivoire,
la Guinée et la Gold Coast, un commerce extrê­
mement actif et dont l’importance ne cesse
de croître avec le progrès économique du pays.
La totalité des échanges avec la Côte d’i ­
voire et la Gold Coast s’effectuait uniquement
il y a quelques années encore par l’intermé­
diaire des dioulas et marchands haoussas, la
plupart étrangers au pays, et qui avaient- à
peu près complètement monopolisé le trafic
du bétail ainsi que celui des noix de kola, des
étoffes et articles manufacturés importés par
le Sud.
Indifférentes à cet accaparement, nos popu­
lations semblaient méconnaître la puissance
de leurs richesses agricoles et pastorales et se
contentaient de bénéfices minimes que leur
abandonnaient les dioulas. Cette situation
s’est heureusement modifiée à leur avantage.
Stimulés par la nécessité d’acquitter l’impôt
en numéraire et encouragés, à cet effet, par les
commandants de cercle, à réaliser eux-mêmes
leurs produits sur les marchés de l’extérieur,
les indigènes de la Boucle et notamment ceux
du Mossi, du Yatenga et du Macina commen­
cèrent en 1906-1907 à exporter sur les marchés
du sud, pour leur propre compte et sans l’in­
termédiaire des dioulas, les produits de leur
élevage. Cette transformation des habitudes
commerciales s’est généralisée depuis dans
toute la colonie et a eu comme conséquence un
essor économique considérable.
En dehors du mouvement commercial local
existant entre nos cercles frontières et les cer­
cles limitrophes des colonies voisines, un seul
article d’importation mérite d’être signalé :
c’est la noix de kola. Cette noix qui nous vient
des cercles de Beyle et Kissidougou en Guinée,
de Mankono, Kong et Bondoukou en Côte d’i ­
voire, et aussi de la partie centrale de la co­
lonie anglaise de la Gold Coast fait l’objet dans
toute la colonie, d’un commerce considéra­
ble. On la trouve sur tous les marchés et dans
les moindres villages, de Kayes à Tombouctou
et au lac Tchad, augmentant de prix au fur
et à mesure qu’on s’avance vers le nord.
Sur un total d’importation de 3.092.285 francs
en 1911, les noix de kola sont représentées

par 2.508.720 francs. Le chiffre correspon­
dant de 1910 était de 2.308.908 francs.
La charge de kola (2.000 noix environ) vaut
de 80 à 90 francs dans les centres de produc­
tion. Arrivé sur nos territoires, elle en vaut
déjà 125 ou 150. A Bamako, Ségou, Djenné,
Koutiala, la charge est vendue 200 francs. Ce
prix est encore plus élevé dans le nord de la
Boucle, et à Tombouctou ou Gao, les noix sont
vendues, au détail, à 0 fr. 20 en moyenne,
c’est-à-dire 400 francs la charge de 2.000 kolas.
Les noirs apprécient énormément ces noix et
consomment une partie de leurs ressources à
s’en procurer. Aussi la rapidité avec laquelle
s’est développé le commerce auquel elles don­
nent lieu, est un indice certain de la prospé­
rité de la colonie et de l’accroissement de l’ai­
sance chez nos populations.
Les exportations du Haut-Sénégal-Niger, vers
les colonies de 1a. côte se sont élevées pendant
l’année 1911 à 7.432.951 francs, dont 5.362.871
francs avec les colonies françaises de la Côte
d’ivoire, de la Guinée et du Sénégal, et 2 mil­
lions 070.080 francs avec la colonie anglaise de
1a. Gold Coast.
Le principal élément de ce commerce est
sans contredit le bétail qui compte dans l’en­
semble pour plus de 6.000.000 francs. Nous
donnons plus loin un tableau des exportations
par pays destinataires ainsi que quelques ren­
seignements succints sur l’élevage et son ave­
nir dans la colonie.
En outre du bétail, le Soudan exporte au Sé­
négal et surtout en Guinée des produits agri­
coles, riz, mil, beurre de karité, etc., en quan­
tités assez considérables et qui vont en augmen­
tant chaque année. Les étoffes indigènes, cou­
vertures de coton ; les nattes du Niger, alimen­
tent également un trafic assez important.
Le courant d’exportation des céréales de la
vallée du Niger, sur la Guinée se serait accru
encore beaucoup plus rapidement si les moyens
de communication entre Bamako et Kouroussa
avaient été améliorés parallèlement à ceux du
bief aval de Koulikokro. Dans le bief sud, la
navigation qui est dangereuse en toutes sai­
sons, est encore limitée en effet aux chalands
et pirogues indigènes.
Néanmoins, et malgré les cours élevés des
céréales, près de 3.000 tonnes de mil et 1.000
tonnes de riz furent dirigés de Bamako sur
Kouroussa pendant l’année écoulée.
Les riz notamment pourraient être exportés
en quantités beaucoup plus considérables vu
les hauts prix atteints par ces céréales sur les
marchés de la Guinée. L’industrie minière qui
tend à prospérer dans la région de Siguiri ne
pourra qu’augmenter dans la suite l’impor­
tance du débouché offert à ces grains. Certains
commerçants de Bamako et de Mopti ne per­
dent. d’ailleurs, pas de vue cette question et
songent à compléter leur flottille de&gt; transport,
dans le bief sud, par des remorqueurs à fai­
ble tirant d’eau.
Par ailleurs : l’administration locale s’ef­
force d’implanter dans le Macina. la culture de
variétés'de riz à pellicules blanches plus beau
et surtout plus commercial une les sortes du
Niger, petites et à pellicules rougeâtres ou noi­
râtres. Un essai tenté dans ce sens en 1911,
autour de Mopti a parfaitement réussi. Ajou­
tons enfin, que MM. Simon, de Mopti, ont p e r ­
fectionné leur usine de décortiquage, et peu-

�15 -

vent fournir au commerce un tonnage appré­
ciable de riz d’aussi belle apparence que les
riz importés de l’étranger.
Exportation de bétail en 1911
BÉTAIL

Sénégal

fr.

Bœufs ..
Moutons
Chevaux
Anes ....

Guinee

COte-d’ Ivoire

Gold Coast

fr.

fr.

fr.

702.000 636.500
197.700 60.600
61.810 182.400
13.800 26.000

1.986.390 1.587-160
203.670 208.452
122.800
56.000
27.300 116.500

Totaux. 975.300 906.000 2.340.160 1.968.112
Ainsi qu’il ressort du tableau ci-dessus, les
exportations de bétail se sont élevées, pendant
l’année 1911, à 6.191.572 francs.
Le nombre des têtes de bétail dirigées sur
la Côte d’ivoire et la Gold-Coast a été légè­
rement inférieur à celui enregistré pendant
l’année précédente. Ce ralentissement est dû,
d’une part à la baisse du caoutchouc qui pro­
voqua dans les colonies sud une diminution
très sensible des ressources indigènes et par
suite une importation moins considérable de
produits ou animaux de boucherie venant de
l’extérieur, et, d’autre part, aux épizooties de
péripneumonie qui ont sévi tant dans les cer­
cles de Bandiagara et Dori qu’en Côte d’ivoire
même et qui ont paralysé complètement, à cer­
taines époques, le mouvement d’exportation.
En décembre, notamment, d’importants trou­

peaux venant du Macina et dirigés sur la
Côte d’ivoire rebroussèrent chemin en arri­
vant à la frontière, les conducteurs ayant ap­
pris qu’une épizootie exerçait des ravages con­
sidérables dans le cercle de Mankono.
Tant que ne sera pas achevé le Thiès-Kayes,
ces colonies constitueront les principaux dé­
bouchés de la vallée du Nieer, de même que la
Gold Coast continuera à être le principal mar­
ché pour le bétail du Mossi, du Gourma et du
Yatonga, tant que le chemin de fer de la Côte
d’ivoire n’aboutira pas à Bobo-Dioulasso.
Ces débouchés sont, pour l’instant, d’une im­
portance capitale pour l’élevage du Haut-Séné­
gal-Niger. L’exportation peut avoir lieu pen­
dant toute l’année (sauf cependant pendant les
mois d’août et de septembre où les routes sont
coupées par les marigots et les mares d’hiver­
nage), les pâturages augmentant de qualité au
fur et à mesure qu’on descend vers le sud. La
présence de tsé-tsé dans certaines régions est
souvent néfaste aux troupeaux de passage ;
néanmoins les pertes ne sont généralement pas
supérieures à 10 ou 15 p. 100 des animaux,et les
bénéfices réalisés sur l’ensemble d’un troupeau
sont fort encourageants. Les bœufs sont vendus
à une moyenne de 120 francs, les plus beaux
atteignent 150 francs. La durée du voyage aller
et retour est de trois mois environ.
En outre du bétail bovin, le Haut-SénégalNiger a expédié en 1911 sur ces mêmes mar­
chés d’autres produits de son élevage, mou­
tons, chevaux et ânes, pour une valeur de
plus de 1.200.000 francs.

GUINÉE FRANÇAISE
(1) Le commerce de la Guinée française a été
en 1911 de ................................ 37.948.169 Fr.
En 1910 il s’était élevé à ........ 47.869.177
Il semble résulter de ces chiffres qu’en 1911
la prospérité de la colonie a été tout au moins
compromise.
On ne saurait nier en effet la répercussion
que la crise du caoutchouc a eue sur le mouve­
ment des affaires en Guinée, mais, au lieu de
se laisser frapper par cette grosse diminution de
9.921.008 fr., il. convient de dégager les causes
qui ont dû amener une diminution aussi con­
sidérable dans les transactions.
Tout d’abord, le tableau comparatif du mou­
vement commercial pendant les six dernières
années nous apprend que, si 1911 est en infé­
riorité vis-à-vis de 1910 et 1909 respectivement
de 9.921.008 et 4.340.995, elle est en avance m ar­
quée sur 1906, 1907, 1908, et reste supérieure de
près d’un million à la moyenne quinquen­
nale 1906-1910, malgré l’apport considérable de
ses deux devancières immédiates.
Dans les premiers mois de 1910, sous l’in­
fluence de spéculations, le caoutchouc attei­
gnit sur les marchés la côte de 21 fr. 75. En
Guinée, il fut payé jusqu’à 20 francs le kilo,

à l’indigène. Celui-ci dépensa alors sans comp­
ter et, rapidement épuisa les réserves de m ar­
chandises entassées dans les dépôts et comp­
toirs en vue de la campagne de traite de 1910.
Les commerçants européens, ne voulant pas
voir un danger dans cette hausse, firent de
grasses commandes dont l’exécution s’effectua
au cours de l’année 1910 et aussi pendant le
premier trimestre de 1911, mais pour des quan­
tités d’une importance bien moindre.
Survint la baisse. Il en résulta un temps
d’arrêt dans les transactions, qui se traduisit
par une diminution dans les importations.En
1911, on a en partie vécu sur les stocks accu­
mulés en 1910.
Il y a lieu de signaler aussi la part que prend
le riz dans le décroissement signalé à l’impor­
tation. En 1910, nous avons été tributaires de
l’Extrême-Orient pour une somme de 2.389.402
francs ; en 1911, pour 1.014.920 francs seule­
ment ; soit pour ce seul produit, une différen­
ce en moins de 1.474.482 francs. Ce résultat est
obtenu grâce à l’extension de nos rizières et
par suite d’une récolte favorable.D’autre part, si nous envisageons la situa­
tion au point de vue de l’exportation, nous
nous trouvons en présence d’un accroisse­
ment de 1.304.457 fr. en faveur de 1911, ac­
(i) Rapport sur le commerce de la Guinée Française
croissement qui s’élève à 2.351.344 francs si
en 1911. (Bulletin de l’Office Colonial, septembre 1912) nous faisons la comparaison avec la moyenne

�— 16 quinquennale 1906-1910 ; encore, ce résultat ee
trouve-t-il faussé au détriment de 1910 par le
fait que le caoutchouc était côté de 8 fr. 50 à
9 fr. pour les évaluations statistiques pendant
cette période quinquennale, et qu’il ne l’était
plus qu'à 8 fr. en 1911.
De plus, nous enregistrons une augmenta­
tion sensible dans l’exportation, non seule­
ment de caoutchouc, mais encore des princi­
paux de nos produits « dits secondaires » :
animaux vivants ; peaux, cire, amandes de
palme, sésames, arachides.
En passant, notons ce résultat qu’en dehors
de la gomme, le pays offrait d’autres ressour­
ces qu’on ne devait pas dédaigner, et, qu’à
juste titre, on doit considérer comme des fac­
teurs de la fortune de la colonie.
Les exportations sont en avance de 1.304.457
francs sur les chiffres de l’année précédente.
Le caoutchouc y contribue pour 802-614 fr. ; les
autres produits, dits secondaires pour le
reste soit 501.843 fr.
Il y a lieu de remarquer que ces chiffres ne
correspondent nullement à la réalité. Pour
les caoutchoucs, il est de toute évidence que
la valeur des 210.058 kilo-s exportés en plus en
1911 est bien supérieure à celle signalée plus
haut. C’est qu’en effet, le caoutchouc était coté
en 1910 à 8 fr. 50 le kilo pour les évaluations
statistiques, tandis qu’il n’était plus qu’à 8 fr.
en 1911. Il conviendrait donc de diminuer de
0 fr. 50 par kilo, soit de 835.475 fr., le chiffre
des exportations de 1910, ce qui augmenterait
d’autant l’excédent en faveur de 1911.
D’un autre côté, les échanges avec les colo­
nies du groupe de l’Afrique Occidentale fran­
çaise ne sont pas repris dans les relevés com­
merciaux. Il s’en suit que nous mentionnons
pour 1911, au tableau des principales m ar­
chandises exportées, des quantités bien infé­
rieures à celles qui sont réellement sorties de
la Guinée, alors que les chiffres de 1910 repré­
sentent 1© commerce extérieur augmenté de ce­
lui fait avec les autres colonies du groupe. En
1911, il a été exporté à destination de ces der­
nières 345 bœufs valant 43.125 fr, 36.209 kilos
de kola valant 72.428 fr., 171.217 kilos d’huile
de palme valant 102.730 fr.
Quand au caoutchouc, les exportations d©
1911 atteignent 1.900 tonnes, chiffre inconnu
jusqu'à ce jour.
La cote excessive que le caoutchouc atteignit
en avril 1910 eût comme conséquence fâcheuse
la dépréciation de nos qualités sur les marchés
européens- L’indigène, pour augmenter son
gain, sans se rendre compte du préjudice
considérable que ces falsifications allaient en­
traîner, n’a pas hésité à employer tous les
moyens en son pouvoir pour accroître le poids
de 6es récoltes ; des matières étrangères, de la
terre, des cailloux furent mis dans les boules ;
on mélangea des latex de qualités différentes
et l’on recouvrit le tout d’un© mince enveloppe
de caoutchouc de première qualité, etc.
Cette question de qualité préoccupa la Cham­
bre de Commerce de Bordeaux qui demanda
l’application des mesures préconisées par
l’Union Coloniale. Ces mesures comportaient
pour l’indigène l’obligation de présenter le
caoutchouc sous forme de plaques, galettes,
crêpes ou lanières très minces.
L’administration et le commerce étaient dé­
jà entrés dans cette voie. A Kankan, s’était

fondée la « Ligue contre la fraude du caout­
chouc », grâce à leur action énergique et com­
binée, 1© caoutchouc en plaquettes fit son ap­
parition.
Le marché fut, dès le début, favorablement
impressionné, et l’on signala également de
Bordeaux une amélioration très sensible dans
la qualité des boules qui ne présentaient plus,
fin 1911 qu’un faible pourcentage de boules
chargées de terre ou d’autres corps étrangers.
Toutefois, dans les plaques, s’il s’en trouve
d© minces, de 1 à 2 cent., il y a, paraît-il en­
core beaucoup trop de lots composés de pla­
quettes de 3 à 4 cent., lesquelles seraient fraî­
ches, humides, poreuses et contiendraient un
peu de terre.
Mais l’amélioration de la qualité de notre
principal produit d’exportation n’est pas le
seul but que l’on doit viser. La présentation en
plaquettes n’est qu’un moyen de prévenir la
fraude ; on s’en aperçoit aux côtes élevées
qu’atteignent également les boules de Nunez,
lesquelles bien préparées et exemptes d’adulté­
ration et sont appréciées à l’égal des plaquet­
tes. Un autre point noir, c’est l’arrivée sur le
marché, en quantités de plus en plus considé­
rables, du caoutchouc d© plantation.
Animaux vivants. — Les animaux vivants
présentent des augmentations sensibles ; les
bœufs gagnent 1.111 têtes pour 138.875 fr. ; les
moutons 1.811 têtes pour 27.165 fr., et encore,
dans ces quantités, n’-est-il pas tenu compte de
345 bœufs valant 43.125 fr., exportés à destina­
tion des colonies du groupe.
Peaux brutes de bœufs. — Cet article prend
une avance de 190.332 kilos pour une valeur de
333.081 frs. C’est un accroissement de près de
50 %.
Aux 602.515 kilos de peaux brutes d© bœufs
exportés correspond, à raison de 5 kil. par
peau, un nombre de 120.503 animaux abat­
tus. En ajoutant à ce chiffre, les 9,342 bœufs
sortis de la colonie, on a un total de 129.845
animaux prélevés en une année sur les trou­
peaux de la colonie et encore ce chiffre est-il
au-dessous de la réalité, car toutes les peaux
ne parviennent pas à la côte. On peut évaluer
à 12.000 environ le nombre de celles qui sont
conservées dans le pays pour l’usage person­
nel des indigènes. Il résulte de ce rapide ex­
posé que le troupeau guinéen représente une
richesse considérable, et que l’élevage tient
une des premières places parmi les nombreu­
ses ressources de la colonie.
Amandes de palme. — En augmentation de
246.552 kilos, sur 1910, l’exportation atteint
le chiffre de 4.826.499 kilos. Cependant, cette
quantité qui paraît importante ne repré­
sente qu’une faible partie de celle qui pourrait
être exportée, si l’indigène voulait se donner
la peine de recueillir les fruits que la BasseGuinée produit en grandes quantités.
Les arachides gagnent 495.962 kilos en 1911.
Malgré cela, les sorties restent inférieures de
600 tonnes aux exportations de 1909 et de 1908.
Ces graines ne trouvent pas en Guinée un ter­
rain aussi favorable à leur développement
qu’au Sénégal. Néanmoins, elles peuvent être
utilement cultivées dans les régions du RioNunez, du Rio-Pongô et de la Mellacorée, et
levenir l’objet d’un trafic important.

�— 17 Sésames. — Le.sésame est en augmentation
sensible ; 169 t. L’extension de la culture de
cette graine, offre un sérieux intérêt par suite
de sa valeur sur les marchés d’Europe, parti­
culièrement de Marseille, qui en reçoit de gros­
ses quantités. Cette plante vient très bien en
Guinée, non-seulement sur les côtes, mais en­
core dans les régions montagneuses. La péné­
tration de ces régions par le chemin de fer
amènera un accroissement certain dans la
production de ces graines qui sont d’une con­
servation facile et donnent une huile recher­
chée. L’excédent signalé en est une première
preuve.
Huiles de palme. — Les expéditions de ce
produit semblent subir une chute sensible ;
elles tomberaient de 157 tonnes à 7.944 k. ; il
n’y a là qu’une apparence. Ainsi qu’il a été
dit plus haut, le premier chiffre se rapporte
aux exportations faites sur la France, sur l’é­
tranger, aussi bien qu’à destination des au­
tres colonies du groupe, et, pour que la com­
paraison puisse se faire, il conviendrait
d’ajouter aux 7.944 kilos signalés pour 1911 les
171 tonnes expédiées sur le Sénégal au cours
de l’année ; nous nous trouverions alors en
présence d’un excédent de 22 tonnes.
Gomme copal. — Chaque année amène un
recul .sensible des sorties de cette gomme. Elles
sont tombées de 175 tonnes en 1908 à 108 en
1911. Cela tient à la destruction d’une partie
des peuplements de gommiers copal par les
feux de brousse et à l’indifférence de nos pro­
tégés en présence des cours peu rémunéra­
teurs.
Noix de kola. — Ces fruits perdent 76.593
kilos, chiffre qui serait ramené à 40.384 kilos
si on en défalquait les 36.209 kilos qui ont été
dirigés sur le Sénégal. Ce déficit doit être attri­
bué aux hasards des récoltes.
L’exportation des bananes et ananas reste
stationnaire. L’an dernier, on signalait un
accroissement de 120 tonnes dans les expor­
tations de la Société « La Camayenne ». Nous
espérions cette année enregistrer un sembla­
ble résultat, étant donnée l’importance que devait prendre cette entreprise. Malheureuse­
ment, la production gênée sans doute par

quelques à-coups, n’a pas suivi cette progres­
sion.
Les poteaux et écorces de palétuviers se pré­
sentent avec une avance de 616 stères pour les
premiers et de 31 tonnes pour les seconds. L’ex­
ploitation méthodique de ces produits par la
Société Lyonnaise, installée à Dubréka, amè­
nera des résultats appréciables.
De tous côtés, des essais intéressants sont
entrepris dans le but de tirer parti des pro­
duits du sol guinéen qui, jusqu’ici n’avaient
pas retenu l’attention, ou, tout au moins,
n’avaient pas été exploités. Une usine fondée
par M. Magnan s’est installée à Boulbinet, pour
le traitement du lamy, du méné, du touloucouna, qui donnent des huiles destinées à être
employées surtout en stéarinerie et savonnerie.
Le méné donnerait aussi une huile comestible
très fine. Le grand obstacle est ‘l’apathie die l’in­
digène qui ne veut pas se donner la peine de
cueillir ou même d/e ramasser ce® graines. Il
y a toutefois lieu d’espérer que l’on pourra réu­
nir les quantités nécessaires au fonctionnement
de l’usine et qui peuvent être évaluées à 100
tonnes, par an pour les débuts.
L’usine traiterait également, pendant la sai­
son pluvieuse, des arachides pour en extraire
une huile comestible. On s’occuperait aussi
du décortiquage du riz.
Allons-nous sous peu voir la mise en valeur
de notre sous-sol ? Il semble bien qu’il y ait
déjà un comencement d’exécution.
Les gisements de Kaloun et de Soubouya,
connus déjà depuis de longues années, n’of­
fraient que peu d’intérêt malgré leur haute
teneur en fer, par suite de la difficulté que pré­
sentait le transport du minerai au point d’em­
barquement. Aujourd’hui, le C. F. K. N. tra ­
verse ces gisements dans toute leur longueur
et, de ee fait en modifie complètement les con­
ditions d’exploitation. Les diverses missions
qui eurent à étudier ces gîtes s’accordent à y
reconnaître une des grosses réserves de fer
actuellement connues, et la consommation tou­
jours croissante de ce métal dans le monde
vient leur donner une importance de tout pre­
mier ordre. Un premier chargement de 3.000
tonnes, doit sous peu être expédié en Europe,
et si l’essai est concluant, l’exploitation nor­
male commencera aussitôt.

C O T E -D ’IVOIRE
(1) Le mouvement général du commerce de la
colonie s’est élevé en 1912 à 35.149-823 frs con­
tre 38.809.772 fr. en 1911 ; soit une diminution
de 3.659.949 fr. pour l’année écoulée.
Le chiffre global se décompose ainsi : Im­
portations : 17.534.048 fr. ; exportations :
17.615.775 fr.
La décroissance survenue dans nos transac­
tions de la campagne 1912 porte principale­
ment sur les importations qui présentent une
(1) Extrait d’un rapport sur le mouvement économi que et commercial de la Colonie, en 1912, adressé par
M. le Gouverneur de la Côte-d’Ivoire à l’Institut Colo­
nial de Marseille.

moins-value de 3.032.892 fr., sur celles de l’an­
née précédente, alors que les exportations ne
sont inférieures que de 627.057 fr. à celles de la
même époque.
Ce fléchissement important des affaires est
dû, en première ligne aux approvisionnements
considérables qui avaient été faits en 1911
par suite de l’installation de nouvelles mai­
sons et de l’extension que certaines compa­
gnies commerciales avaient donné à leurs opé­
rations grâce à l’apport d’importants capi­
taux.
Dès 1910 d’ailleurs, l'épuisement exception­
nel des stocks de marchandises, occasionné
par une réalisation des plus favorables des

�— 18 produits du crû, avait fait prévoir pour 1911
l’accroissement considérable des importations
qui s’est effectivement produit. Les mesures
prises par le commerce, fin 1911, en prévision
d’une élévation des droits sur les alcools et les
tabacs, accentuèrent encore ce mouvement. La
campagne 1912, a donc été commencée avec les
grands assortiments faits pendant l’année pré­
cédente et son chiffre d’affaires dans cette
branche de notre commerce, a été influencé en
conséquence.
L’abaissement du rendement en argent des
principaux produits de la colonie, consécutif
aux diminutions des cours d’achat survenues
dans le courant de l’année, a d’autre part,
amené les négociants à surseoir à leurs réap­
provisionnements pour 1913.
Quant à la moins-value de 627.057 fr. cons­
tatée dans les exportations de 1912, compara­
tivement à l’année précédente, elle a été uni­
quement occasionnée par les diminutions suc­
cessives des valorations des produits du crû.

Les quantités exportées sont, au contraire, en
augmentation, comme on le verra plus loin.
La moins value générale des exportations
627.057 fr, concerne tout particulièrement les
sorties de caoutchouc et d’huiles de palme :
Caoutchouc, 1.631.447 fr. en moins pour 1912.
huile de palme, 336.276 fr. en moins pour 1912.
La majorité des autres produits et principa­
lement l’acajou et les palmistes, accusent une
forte augmentation :
Bois d’ébénisterie, 634.163 fr. en plus pour
1912- Amandes de palme, 178.396 fr. en plus
pour 1912.
Les exportations d’animaux vivants en GoldCoast, par Bondoukou se sont élevés à
441.170 fr. Ce mouvement commercial est pour
la première fois, relevé par le service des
douanes.
Quantités comparées des principaux produits
exportés en 1911-1912 :

1911

Caoutchouc..........................
Huile de palme....... ........
Amandes de palm e.........
Acajou.............................

1912

en plus pour 1911

113 tonnes
151 »
1.548 »
8.901 me.

1.376 tonnes
6.776 »
6.799 »
40.653 me.

1.263tonnes
6.625 »
5.251 »
31.752me.

Les exportations ont eu les destinations suivantes :
1911

1912

F ran ce.......................... 7.389.838 Fr.
Angleterre..................... 9.680.488 »
Allemagne.....................
835.968 »

6 852.615 Fr.
8.354.048 »
1.483.808 »

En moins : 537.223
»
1.326.440
En plus:
647.840

Contrairement à l’année précédente, l’Alle­ a expédié .L’augmentation de ses achats porte
magne a plus reçu de la colonie qu’elle ne lui principalement sur les :
Caoutchouc........ ....................
176.130 Fr. en 1 9 1 2 contre
1.039 Fr. en 1 91 1
Huile de palme........................
70.043 »
»
20.193 »
»
P a lm is te s ............................... 1.067.246 »
»
785.449 »
»
produit,
soit
:
996
tonnes
sur
1-376
tonnes.
L’Angleterre conserve toujours la supréma­
tie dans le commerce de nos bois : 1.955.600 fr.
Nos envois à l’extérieur se décomposent prin­
en 1912 contre 1.820.211 fr. en 1911.
cipalement pour la métropole, qui en a reçu
Elle a reçu en outre les 7/10° du caoutchouc les 39 % en :
Huile de palme......... . .. 3.350.78S Fr. les 9/10'* des quantités exportées.
1/3
»
Amandes de palme............
649.847 »
1/6
»
Acajou.................................
474 128 »
1/4
»
Caoutchouc.......................... 2.106.720 »
Café......................................
42.509 » la totalité.
»
Or.........................................
67.890 »
Les principaux ports, reçoivent à l’importa­
tion, la plupart des articles de toute prove­
nance.
Bassam

Huile de palm e....... Kil. 4.302.325
Amandes.................
3.609.680
Acajou....................
21.926.667
Défenses d’èléphauts
8.196
Café.........................
7.823

Les exportations, au contraire, présentent
certaines localisations suivant les productions
dominantes des diverses régions :

Assinie

13.504
88.460
4.197.167
322
19.919

Le mouvement général du commerce dans la
zone maritime comprise entre la frontière de
Gold-Coast et Grand-Lahou est de plus en plue
avantageux pour Grand Bassam. La sécurité
et la facilité avec lesquelles se font, dans ce
dernier port, les opérations de transborde­
ment ; la proximité du railway qui en plue du

Laliou

Sassandra

1.326.137
1.406.579
3.399.433
674
30

84.796
268.684
956.356
475
»

Jacqueville

804.088
924.836
»
»
12

Autres ports

245.799
517.607
10.150
157
754

trafic de l’intérieur, a déjà détourné à son pro­
fit la majeure partie des produits autrefois
exportés par Lahou et même par Assinie, enfin
le service régulier de la batellerie lagunaire,
et l’intensif commerce de bois de la région font
de Grand-Bassam le premier port de la colo­
nie.

�-

Jacqueville lui abandonne la plus grande
partie des huiles de palme récoltées dans la
lagune Ebrié.
Grand-Lahou, depuis que Dimbokro et Bouaké ont remplacé, pour le caoutchouc des ré­
gions environnantes, les importants marchés
de Tiassalé et de Toumodi, en est réduit à vi­
vre de son hinterland.
Quant à Assinie, l’avantage d’un tarif ré­
duit lui assure seul, malgré l’attirance du
rail, une assez forte partie du caoutchouc de
l’Indénié et du Bondoukou. Ges deux derniers
ports maintiennent, d’ailleurs par les produits
du palmier et de l’acajou la progression de
leur mouvement maritime.
Le trafic de Sassandra et de Tabou dont le
développement conserve le caractère ascen­
sionnel signalé dans le courant des deux an­
nées précédentes, a présenté en 1912 une aug­
mentation assez importante. Cette prospérité
est due à la pacification en cours des régions
intérieures qui desservent ces ports.
Le grand essor commercial de la Côte d’ivoi­
re, qui, depuis 1905, n’a presque pas interrom­
pu son mouvement ascensionnel s’est encore

19 -

affirmé dans le courant de l’année 1912, dont
les résultats sont d’une excellente moyenne,
malgré les désavantages extérieurs subis pen­
dant cette campagne.
Les fluctuations des marchés de vente, qui
ont amené par la baisse des cours du caout­
chouc et des dérivés du palmier une décrois­
sance très sensible du rendement en argent de
nos produits, n’a pas atteint la vie économique
de la colonie, qui n’a point cessé d’être très
active et très intense. Les quantités de pro­
duits exportés ont fortement augmenté.
La variété et l’importance de ses richesses
naturelles, le développement de leur exploita­
tion qui, par le rail suivant la pacification
s’étend à presque toutes les régions du pays,
permettent à la Côte d’ivoire de supporter avec
une certaine aisance les inévitables à coups
auxquels sont tour à tour exposés les trois
grands produits mondiaux qu’elle exporte.
L’extension prise par son commerce de bois
pendant ces dernières années, la progression
marquée de ses exportations de matières oléa­
gineuses et de caoutchoucs ont, en effet, con­
tre-balancé heureusement le déficit causé dans
les réalisations de ces deux derniers produits,
par la mauvaise tenue des cours.

DAHOMEY
(1) L’essor économique de la colonie s’est af­
firmé en 1911 par un nouveau progrès de 16 %
sur le mouvement commercial de 1910.
Les conditions climatériques et notamment
les pluies torrentielles tombées presque sans
interruption en mai et en juin ont été les cau­
ses premières de la prospérité générale. L’ex­
cès d’humidité, contraire aux maïs et aux pro­
duits de cultures vivrières, a grandement favo­
risé la fructification des palmiers et les deux
récoltes d’amandes, en particulier celle de sep­
tembre-octobre.
Vers cette époque une forte hausse des corps
gras, provoquant l’activité des exportations du
second semestre, donna lieu, au profit des cul­
tivateurs, à de grosses réalisations avec leur
répercussion normale sur les entrées qui furent
elles-mêmes encore influencées par le rende­
ment des petites industries indigènes, entre au­
tres celle des pêcheries.
Pendant toute l’année la circulation monétai­
re a été normale, la Banque et les maisons de
commerce encore sous le souvenir de difficul­
tés toutes récentes, s’étaient munies de réser­
ves suffisantes en monnaie divisionnaire d’ar­
gent pour faire face aux importants besoins
de la campagne ; ainsi fut évitée une crise du
genre de celle qui paralysa pendant un temps
les affaires en 1910.
Enfin l’exploitation des voies ferrées a contri­
bué pour beaucoup au développement de la co­
lonie ; par des facilités apportées par les trans­
ports rapides des produits des régions éloi­
gnées de la côte, la voie ferrée a grandement
aidé à l’extension de l’aire des cultures.
(1) Extrait du Rapport pour 1911, publié dans le

Bulletin de l’Office Colonial, déc. 1912.

Amandes de palme. — La récolte des pal­
mistes de 1911 est remarquable par son abon­
dance ; elle dépasse d’environ 13 et 15 % les
rendements de 1909 et de 1910 considérés déjà
comme exceptionnels. La production a plus que
doublé en l’espace de 5 ans.
Huile de palme. — De même le commerce des
huiles également très actif profite à la sortie,
quoique dans des proportions moins fortes que
les' amandes, d’une plus-value sur 1910 et mê­
me sur 1909 dont le tonnage n’avait cependant
uns été dépassé jusqu’ici.
En résumé les amandes et les- huiles, pro­
duits sur lesquels repose à peu près toute la
vitalité économique de la colonie, sont en plei­
ne prospérité ; l’aire d’exploitation des peuple­
ments s’est grandement développée dans les
régions desservies par la voie ferrée, on peut
citer notamment comme exemple de l’essor que
peut provoquer le passage du rail, la transfor­
mation rapide d’Abomey-Bohicon dont les expé­
ditions de produits sur la côte ont passé de
1.311 tonnes en 1909 à 2.696 tonnes en 1910 et
à 4.056 tonnes en 1911. Les plantations sont
mieux entretenues que par le passé et les mesu­
res récentes prises pour la sauvegarde des pal­
miers ont produit un heureux résultat.
Coprah. — Le coprah rétrograde de 467 à
350 tonnes. Dans ces chiffres sont comprises les
quantités provenant de la Nigeria et expédiées
sur Marseille, après avoir acquitté les droits
d’importation à l’entrée dans notre territoire,
le régime du transit n’étant pas encore institué
au Dahomey. Or, il est à remarquer que la
diminution de 117 tonnes relevée pour 1911
porte entièrement sur la production du Daho-

�-

mey, les produits de même nature Importés
de la colonie anglaise voisine s’étant élevés à
97 tonnes, exactement le même tonnage qu’en
1910.
Ce recul doit être attribué aux pluies qui
sont tombées au début de l’année et qui ont
mis obstacle à la dessication des cocos.
Coton. — Il a été exporté 132 tonnes de coton
en laine contre 120 tonnes en 1910. L’augmen­
tation eut été d’ailleurs plus sensible si certai­
nes circonstances n’étaient venu suspendre
momentanément le fonctionnement des usines.
On relève, en effet, pour la première fois et
pour cette raison une sortie anormale de 70
tonnes de coton brut contre néant les années
précédentes. Le rendement en fibres étant de
28 % environ, c’est en conséquence par 152 ton­
nes que l’exportation totale du coton aurait dû
se chiffrer en 1911.
A la suite du décès de M. Poisson qui fut
l’âme de l’Association Cotonnière au Dahomey,
et lorsqu’à cette association succéda la Com­
pagnie française du coton colonial, les usines
traitant le coton brut n’ont pas fonctionné fau­
te de personnel au début de l’année, et le com­
merce de la place a dû s’adresser aux usines
de la colonie allemande voisine pour l’égfenaere, l’emballage et l’expédition en Europe.
Cette situation regrettable a pris fin.
La récolte a été bien supérieure à celle des
années précédentes ; on Dévalue approximativevement à 500 tonnes ; sur ce chiffre 300 tonnes
ont été achetées par les maisons allemandes
de la place et 200 tonnes par la Compagnie
française du coton colonial à raison de 0 fr. 25
à 0 fr. 30 le kilo.
Le coton égrené, qui se vendait au Havre à
raison de 15 à 1.600 fr. la tonne, subit depuis
quelques mois une forte baisse de cours et ne
vaut plus que 1.100 fr. au maximum.
Le Compagnie française du coton colonial a
distribué 105 tonnes de graines dans les cercles
de Sa.valou, Savé, Abomev, Zagnanado, Para­
kou, Djougou et Kandv. Elle se dispose à dis­
tribuer également 5.000 fr. de primes sur les
crédits de 1911.
Beurre de Karité. — Le beurre de Karité est
également en diminution : 16 tonnes contre 37
en 1910.
Ces quantités sont encore trop peu importan­
tes pour qu’on puisse tirer aucune conclusion
pessimiste de ce recul, tant que l’exploitation
des produits en question n’a pas donné lieu
jusqu’ici à un essai sérieux.
Toutefois on peut expliquer cette diminution
par les raisons suivantes : les exportations de
1910 ont' surtout servi à l’expérimentation au
point de vue alimentation et saponification ;
on cherchait à en tirer un succédané de la
margarine ; les essais n’ont pas été satisfai­
sants à cause de la composition très complexe
du produit qui varie selon l’état et l’ancienneté
des noix au moment de leur traitement et de
leur préparation sur place par les indigènes.
Il faut également tenir compte des fraudes, le
plus souvent par adjonction d'iguame pilée,
qu’il serait nécessaire de réprimer.
On doit envisager que la colonie est appe­
lée à tirer ~rand profit de cette richesse natu­
relle dont le champ de production s’étend sur
tout le moyen Dahomey, de Parakou jusqu’à

20

-

Kandy, et plus au Nord dans toute la boucle
du Niger. Les peuplements existants suffiraient
à une production minimum de plusieurs dizai­
nes de milliers de tonnes. Solide à la tempéra­
ture de 36°, le beurre de Karité présente, au
point de vue commercial, l’avantage de pou­
voir être placé sous simple feuille de papier
parcheminé, d’où grande économie possible
dans le prix de revient comparativement aux
produits alimentaires similaires, végétaline et
cocose qui, liquides à 20°, sont logés dans des
boîtes soudées.
La valeur commerciale du beurre de Karité
est à peu près la même que celle de l’huile de
palme avec une tendance à dépréciation du fait
du coefficient élevé d’impuretés trouvées dans
ce produit en Europe, lors de son utilisation
industrielle.
Cacaos. — La plus grande partie des cacaos
exportés de la colonie provient de la mission
catholique de Zagnanado.
Il est sorti en 1911 : 10 tonnes contré 2 tonnes
en 1910.
Toutefois cette forte plus-value de l’exporta­
tion en faveur de l’année écoulée n’est pas due
ainsi qu’on pourrait le penser à une augmenta­
tion de la production. La récolte qui a été en
effet de 5 t. 500 n’a pas varié en comparaison
avec les autres années, puisqu’on avait obtenu
5 t. 100 en 1908, 5 t. 200 en 1909 et 5 t. 500 en
1910.
La plus-value constatée à la sortie provient
uniquement de ce fait que l’année 1911 a béné­
ficié d’une grande partie des expéditions de la
récolte de 1910 qui avait été tardive et de l’ex­
portation toute entière de la récolte de 1911 qui
a été par contre très précoce.
Il est même advenu par suite de cette cir­
constance que le maximum de 10 tonnes qui
bénéficie de la détaxe de la moitié des droits à
l’entrée à la métropole a été presque atteint. Il
serait donc peut-être utile, en prévision de phé­
nomènes analogues futurs, de provoquer l’aug­
mentation du tonnage de faveur et cette me­
sure est d’autant plus à envisager que les
efforts de l’administration locale pour l’exten­
sion des plantations indigènes, dans les cer­
cles du Mono et de Zagnanado, contrariés en
1910 par les inondations, sont appelés à porter
quelque jour leur fruit, le sol du Dahomey
étant très favorable à la culture du cacaoyer.
Maïs. — P ar suite de conditions climatéri­
ques défavorables les exportations de maïs ont
subi un recul considérable ; on peut dire qu’el­
les ont été presque nulles. Les récoltes de 1911
n’ont même pas pu suffire à la consommation
intérieure, d’où une forte disette dans certai­
nes régions, notamment celles du cercle du
Mono et un renchérissement de la vie tel que
certaines tolérances douanières ont du être ac­
cordées à l’égard des denrées du cru du Togo,
constituant la base de la nourriture indigène
et importées comme approvisionnements. La
rive droite du Mono, qui appartient à la colo­
nie allemande, est moins basse et moins maré­
cageuse que la rive française et par conséquent
moins exposée aux inondations. C’est pourquoi
la culture du maïs et des autres denrées
vivrières réussissent plus facilement ; par con­
tre, la rive française est éminemment favora­
ble au palmier qui aime l’humidité.

�-

21

Animaux vivants. - - I l a été exporté pour
180.000 frs de bœufs, porcs, moutons, chèvres et
volailles, etc..., contre 198.000 frs. en 1910.
Les animaux vivants sont une source de
revenus pour le petit commerce indigène de la
région de Porto-Novo qui trouve un débouché
des plus rémunérateurs sur les marchés de la
Nigéria.
Des exportations de moindre importance ont
également lieu par voie de mer sur les colonies
du Congo et de la Côte d’ivoire ; elles sem­
blent toutefois prendre de l’extension ; c’est
ainsi qu’il est sorti en 1911 pour ces destina­
tions 196 têtes de bétail contre 157 têtes et 7
tonnes de volailles contre 5 tonnes en 1910.

Pêches. — Nous avons signalé dans le rap­
port de 1910 le développement extraordinaire

-

des pêcheries qui donnaient lieu, pour les quan­
tités exportées à une augmentation de près de
100 %. Il était dû à l’ouverture de la lagune de
Porto-Novo causée par la crue des fleuves.
Or le chiffre des sorties de poissons fumés,
crevettes, remarquable en 1910 est dépassé en
1911.
On remarquera que malgré cet exécédent en
faveur de 1911, les statistiques accusent une
différence en moins pour les valeurs ; celà
résulte de la baisse du prix des crevettes fu­
mées pendant la période envisagée.
C’est encore la région de Porto-Novo qui
prend la plus grande part de ce commerce d’ex­
portation ; sur les 890 tonnes représentant la
totalité des sorties, 771 tonnes ont été dirigées
sur les marchés de la Nigeria et 119 tonnes seu­
lement sur le Togo.

PRODUCTION DU PALMIER A HUILE

Les produits du palmier à huile provenant
uniquement de l’Afrique Occidentale, nous
avons cru intéressant de dresser les statisti­
ques d’exportation des amandes et huiles de
palme provenant des colonies françaises et an­
glaises de cette région depuis 1896. Nous
n’avons pû nous procurer les statistiques du
Togo et du Cameroun, mais ces chiffres peu
élevés ne modifient pas beaucoup les totaux.
Les exportations d’amandes de palme étant
données dans les statistiques anglaises en ton­
nes de 1.015 kilogs, nous les avons réduites en
tonnes de 1.000 kilogs.

Pour l’huile, les quantités sont indiquées
dans ces mêmes colonies en gallons impériaux.
Nous les avons également transformés en ton­
nes sur la base de 4 kilogs par gallon.
Les deux tableaux qui suivent donnent
les variations des valeurs des huiles et
amandes de Palme dans ces dernières années
d’après le volume de Billow and Béchwith :
« Palm oüs and Kernels » publié chez Birchall
(Londres 1913).

�AMANDES DE PALME
TONNES

PA Y S

1896

Gold-Coast......................................
Sierra-Léone...................................
Nigéria...........................................
Gambie...........................................
Guinée...........................................
Cote-d’Ivoire...................................
Dahomey........................................
Sénégal...........................................
Gabon .............................................
T otaux . . .

1897

1898

1899

1900

1901

13.242 10.998 9.878 12.754 13.002 13.037
21.400 17.936 14.866 20.358 21.839 20.782
85.553 80.531 83.527 91.379 86.908 115.757
152
155
150
147
147
161
2.659 2.700 2.900 2.756 3.179 2.804
1.247 2.011 2.343 1.972 3.107 2.982
25.151 12.875 18.090 21.850 21.986 24.211
411
342
598
732
430
373
821
806
915
688 611
778
ISO.553 125.316 133.264 152.053 151.500.181.071

1902

1903

1904

1905

17.232 13.392 11.130
22.962 23.101 25.477
134.544 133.876 141.885
139
111 182
2.893 2.819 2.855
3.416 2.840 3.365
29.777 21.684 25.997
772
491
902
728
621
691
212.102 199.216 212.481

1906

1907

1908

1909

1910

1911

1912

?
9.928 9.495 9.899 9.090 11.772 14.395 13.453
?
28.577 30.828 35.466 34.226 43.540 43.676 43.536
110.440 115.047 135.634 138.600 101.231 175. 593 179.030 187. 394
?
347
395
474
450
260
396
231
2.810 2.930 3.694 3.351 3.763 4.580 4 826 5.135
3.168 3.217 3.350 4 288 5.191 5.422 5.251 6.799
17.479 18.834 18.810 23.000 33.224 34.783 39.346 37.296
903 1.045 1.430 1.517 1.191 1.439 1.327 1.769
354
376
583
442
455
501
389
667
171.212 182.038 208.S85 214.803 260.634 2S0.945 347. 726 ?

HUILE DE PALME
TONNES

1897

1898

1899

1900

1901

1902

1903

Gold-Coast. ................................... 9.568 8 079 8.572 13.283 16.939 12.573 16.894 10.349
882
514
835
927
726
220 313
Sierra-Léone................................... 1.305
Nigéria........................................... 49.995 44.845 41.469 45.554146.191 57.018 65.139 55.071
200 250
61
200 182
97
210 100
Guinée...........................................
Cote-d’Ivoire................................... 4.812 4.070 4.331 4 550 4 340 5.113 6.173 4.863
Dahomey........................................ 5.524 4.077 6.059 9.059 8.920 11.290 12.675 6.963
140
145
144
170
165
112 116
98
Gabon .............................................
T otaux . . . 71.569 62.187 61.006 73.003j77.077
745 102.115 78.368

1904

1905

1906

1907

1908

1909

1910

9.021 8.022 8.260
1.959 3.408 2.582
66.442 83.392 78.002
422
157
150
5.557 6.368 5.954
9.521 15.016 14.627
129
79
95
67.870 79.626 90.063 92.745 116.407 109.711

8.938 0.387 8.572 7.472
965 1.064 1.502 2.464
58.816 51.320 58.1If 66.455
23
86 107
68
5.839 3.280 4.856 5.661
8.368 5 637 6.400 7 800
159
104
152
91
ht»

1896

OO
CO

PA Y S

1911

1912

?
6.441
?
2.903
80.528 78.149
8 141
6.625 6.766
15.250 11.917
116
50
?
111.861

�- -23 -

Valeur moyenne des Amandes de Palme (*)
1907

1906
Lst.

s.

10

0

Lst.

1993

1908

s.

Lst.

13 15

S.

13 10

Lst.

1911

1910

s. d.

Lst.

s.

L st.

19 13

16 2 6

1912
L st.

S.

19 15

1913
s.

Lst.

19 15

s.

22 10

Valeur de l’Huile de Palme par tonne Anglaise (’)
QUALITES

1906
Lst.

Lagos........................................
Soft
Bonny (Oldj Calabar et Opobo.
»
Cameroon.................................
»
Niger, New Calabar et Brass..
Hard
Accra......................................
))
Grand Bassam et Half Jack..
))
Sierra Leone et Sherbro........
»
Saltpond, Appam, etc.............. Verypooret brd
Congo .......................................
Hard

30
29
28
28
28
28
26
27
27

S.

0
0
17
17
5
0
15
0
10

d.
0
0
6
6
G
0
0
0
0

1910
Lagos........................................
Soif
Bonny (Old) Calabar et Opobo.
))
Cameroon.................................
»
Niger, New Calabar et Brass..
Hard
Accra.......................................
»
))
Grand Bassam et Half Jack...
Sierra Leone et Sherbro.........
))
Saltpond, Appam, e t c .......... Verypoor et hard
Congo......................................
Hard

36
35
35
32
32
32
35
30
31

10
10
5
15
15
15
0
15
0

1908

1907
Lst.

31
28
28
27
28
28
27
27
27

d.
10
15
5
15
10
5
10
5
10

d.
0
0
0
0
0
0
0
0
0

1911

0
0
0
0
0
0
0
0
0

33 2 6
31 5 0
30 15 0
29 10 0
29 5 0
29 0 0
30 10 0
28 5 0
28 5 0

1909

d.
0
0
0
6
0
0
22 10 0
22 12 6
23 0 0

Lst.

S.

26 7
24 10
24 5
23 7
24 0
23 10

1912
32
29
28
27
26
26
27
25
26

(1) D’après Biliow and Bechwith, Palm ails and Kernels, Birchall S. Londres 1913.

27
27
27
25
25
25
24

S.
d.
17 6
15 0

10
10
15
10
10
22 15
24 15

0
0
0
0
0
0
0

1913

17 6

0
15
0
15
15
10
15
10

Lst.

0
0
0
0
0
0
0
0

31
30
30
27
28
28
29
25
26

12
10
0
17
17
7
5
10
5

0
0
9
6
0
6
0
0
0

�AFRIQUE EQUATORIALE FRANÇAISE
L’événement économique le plus notable qui
s’est produit pendant ces deux dernières années
pour l’Afrique Equatoriale a été la condamna­
tion du système des grandes concessions qui
pendant si longtemps a arrêté l’essor de ce
pays.
Nous ne saurions trouver une meilleure
preuve des défectuosités de ce système qu’en
reproduisant le tableau fourni par le Gouverne­
ment général donnant la comparaison des opé­
rations des sociétés concessionnaires et du
commerce libre. On y verra que ces sociétés
concessionnaires malgré tous leurs privilèges et
leurs monopoles,sur la totalité de l’intérieur
n’avaient su arriver à un trafic supérieur à ce­
lui du commerce libre établi seulement en quel­
ques points de la côte.
Les modifications qui ont été apportées à ce

système sont très nettement exposées dans l’ex­
trait ci-dessous que nous faisons d’une confé­
rence de M. F. Rouget, délégué du gouverne­
ment général de l’Afrique équatoriale française
à l’Office Colonial. (Bulletin de l'Office Colo­
nial, février 1913).
L’essor de la partie la plus accessible de
l’À. E. F. le Gabon a été également arrêté par
son régime douanier. Nous en trouverons très
nettement indiquées les conséquences dans une
notice remarquable que vient de publier le
Service des Affaires Economiques du Gouverne­
ment Général de l’A. E. F. sur « l’évolution éco­
nomique des possessions françaises de l’Afrique
Equatoriale » (Félix Alcan, Paris, 1913).
Nous nous référerons également à ce travail
pour résumer la situation actuelle.

GABON O
Commerce spècial
1911
Importations....... Fr. 6.141.757
Exportations.......
7.722 741
T o t a l .......

Fr. 13.864.498

1912
7.671.199
9.134.620

Commerce général
1911
Importations....... Fr. 6.249.318
Exportations.......
7.832.000
T o t a l .......

16.805.819

Fr. 14. 081.318

1912
7.714.017
9.134.620
16.848

Principales Exportations en 4911 et 1912
1912

1911
PRODUITS
Huile et fanons de baleine.......
Ivoire..........................
Caoutchouc.................
Cacao..........................
Café.............................
Vanille........................
Amandes de palme ...
Huile de palme..........
Bois............................. Tonnes

QUANTITÉS

VALEURS

kil.

francs

»
3 970
280.001
108.106
21.294
505
495.053
92.989
102 240

)&gt;
136.166
1.826.507
119.298
19.156
25.050
160.318
51.374
5.285.545

QUANTITÉS

VALEURS

Tonn. 1.606
K. 5.531
306.179
73.373
16.675
913
359 314
49.674
Ton. 95-747

1.300 908
128.593
1.990.164
80.710
14.964
45.650
116.785
27.322
5.538.027

francs

MOYEN-CONGO (2)
Commerce spècial
1911
Importations. Fr. 8.625.166
Exportations..
18.269.213

1912
9.669.507
17.218.423

Commerce général
Importations.. Fr.
Exportations..

1911
1912
11.674.766 12.273.438
21.283.389 19.800.598

Fr. 26.911.378

26.634.000

T otal . . . Fr.

32.958.155 31.670.000

T otal . . .

(1) Communiqué à l’Institut Colonial par M. le Lieutenant-Gouverneur du Gabon.
(2) Communiqué à l’Institut Colonial par M. le Lieutenant-Gouverneur du Moyen-Congo.

�- 25 -

E x p o rta tio n s
1912

1911
QUANTITÉS

Caoutchouc
Ivoire.........

VALEURS

QUANTITÉS

VALEURS

kil.

francs

kil.

francs

1.416.164
140.083

14.339.899
3.123.447

1.412.877
132.483

13.261.032
3.073.996

On sait dans quelles conditions fut instauré
au Congo le régime concessionnaire. En 1893,
tout le bassin du Haut-Ogooué fut attribué à
une société d’exploitation, la société du HautOgooué.
En 1894, la vallée du Kouilou-Niari fut de
même attribuée à la société du Kouilou-Niari.
En 1899, la majeure partie des territoires du
Gabon du Moyen-Congo, de la Sangha et de
i’Oubangui, fut concédée à 42 sociétés.
La métropole s’aperçut bientôt qu’elle ne pou­
vait déléguer à des sociétés privées le soin de
pénétrer le pays et d’y instaurer son influence.
Elle comprit qu’elle devait assumer elle-même
et dans sa plénitude les obligations que lui
imposait sa souveraineté, que c’était à elle seu­
le qu’incombait la charge d’asseoir son autorité
.sur toute l’étendue du territoire. En un mot, le
gouvernement se persuada que les compagnies
ne pouvaient s’acquitter de leurs obligations
qu’à condition de disposer de la force. Or, la
force doit rester un des attributs de la souve­
raineté, .si on ne veut s’exposer aux pires abus.
C’est l’erreur qui fut commise en 1899... C’est
l’erreur que l’on chercha à réparer en 1908, en
confiant à l’autorité administrative le soin de
pénétrer, d’occuper, d’organiser la colonie et
en rendant les compagnies concessionnaires à
leur rôle de sociétés d’exploitation.
Dès lors le régime des grandes concessions,
dont il y aurait ingratitude à ne pas reconnaî­
tre les bienfaits, avait vécu.
Il convenait donc d’envisager les modifica­
tions qu’il y aurait lieu d’y apporter, en tenant
compte des situations acquises et en n’oubliant
pas qu’il s’agissait d’un contrat synallagmati­
que ne pouvant être modifié que 'du commun
accord des parties contractantes.
Une occasion se présenta en 1910.
A ce moment en effet, un groupe important
de sociétés de la Sangha voulant entrer en
pourparlers avec l’administration pour recou­
rir à une formule nouvelle d’exploitation, et,
pour ce faire, avait besoin de l’autorisation de
l’administration.
Les pourparlers aboutirent au contrat signé
le 13 juin 1910 avec onze sociétés concession­
naires. P a r ce contrat est substitué au régime
de la concession territoriale trentenaire le
régime d’une sorte de bail à ferme pour une
période de dix ans.
L’ancienne concession portait sur tous les
produits non seulement du sol, mais de la
chasse et de la pêche. La nouvelle est limitée à
un contrat d’exploitation des seules essences
à caoutchouc.

Les anciens contrats ne prenaient fin qu’en
1930, les nouveaux expirent en 1920, les sociétés
ne conservant alors que l’affermage du caout­
chouc pour une nouvelle période de dix ans
sur une superficie dix fois égale aux surfaces
aménagées en plantations ou en exploitations
régulières.
Toutes les clauses financières subsistent.
Les droits des indigènes sont maintenus, pré­
cisés et étendus.
Ces onze sociétés fusionnant en une seule
société d’exploitation dispenseront plus d’ef­
forts.
De ce fait, on peut, donc escompter que plus
de 15.000.000 d’hectares feront dans dix' ans
retour au domaine.
En même temps, d’ailleurs, se poursuivaient
des pourparlers avec plusieurs sociétés du Ga­
bon, mais ce ne fut pas la même formule qui
fut employée. M. le Gouverneur général estima,
en effet, qu’en pareille matière, dans les pays
neufs il faut éviter toute conception systéma­
tique et uniforme, qu’il convient d’adapter les
organisations aux faits et aux circonstances et
qu’il serait téméraire de vouloir plier ceux-ci
à des théories préconçues.
Les quatre sociétés du Gabon consentent à
l’abandon immédiat de 5.910.000 . hectares
moyennant l’octroi en toute propriété de douze
parcelles de 10. 000 hectares et pour deux d’en­
tre elles, l’affermage pour dix ans d’une exploi­
tation forestière sur les lagunes du FernanVaz et de l’Iguela.
Depuis lors, des conventions nouvelles ont
libéré progressivement le sol des servitudes
imposées par le régime de 1899 et procédant les
unes du type de la Sangha, les autres du type
adopté par le Gabon.
Sur 2.200.000 kilomètres carrés que mesure
l’Afrique équatoriale française.
Sur L 230.500 kilomètres carrés que mesurent
les trois colonies réunies du Gabon, du MoyenCongo, de l’Oubangui Chari et du Tchad.
817.140 kilomètres carrés ont été octroyés en
concession à de grandes compagnies de 1893 à
1899.
Actuellement, sur 34 sociétés concessionnai­
res, 21 sociétés sont transformées ou en voie
de transformation.
Sur 81 millions d’hectares immobilisés, 31
millions sont virtuellement rendus au domai­
ne et au commerce libre, dont 9 millions sont
effectivement remis, et les 22 millions le seront
dans un délai inférieur à dix ans.

�- 26 —

Principaux Produits du pays exportés de l ’Afrique Equatoriale Française depuis 1911
Quantités

PRODUITS

1896

Caoutchouc........................
Ivoire.................................
Noix palmistes....... .........
Huile de palme................
Copal.................................
Cacao.................................
Café..................................
Piassava.............................
Bois.......................... .. . .
Minerai de cuivre.............

546
95
778
165

1
5
5
1
2.886

1902
Caouichouc......................
Ivoire...............................
Noix palmistes.................
Huile de palme..............
Copal...............................
Cacao...............................
Café.................................
Piassava..........................
Bois.................................
Minerai de cuivre............

689
170
728
170
34
58
30
289
8.722

1908
Caoutchouc .....................
Ivoire.............................
Noix palmistes................. . .
Huile de palme...............
Copal...............................
Cacao...............................
Café................................. . .
Piassava ..........................
Bois.................................
Minerai de cuivre.......... . .

1.532
162
389
95
7
98
19
253
69.069
»

1897
518

86
806
440
))
8
30
23
2.002
))

(Tonnes)
1899
1900

exportées

1898

670

578
102
945
145.
1
46
57
26
2.216
))

655
124
611
116
19
47
42
49
3.258
))

655
152

100
821
144
2
23
49
210
5.753
»

688
112
10
14
43
118
5.867
»

1903

1904

190S

843
190
621
98
29
50
36
137
13.799
»

1.249
187
691
152
36
91
17
81
14.371
))

1.686
201
667
159
24
51
34
21
16.936
))

11
90
26
134
34.186
))

1909

1910

1911

1912

1.736
166
376
79
5
103
35
35
41.561
))

1.659
140
563
129
5
92
49
59
58.844

8

1901

1907

1906

1.842
156
495
104
3
75
30
126
59.001
))

1 955
179
442
91

1.697
146
501
116

1.718
137
))
Ù
»
73
))
))
95.767
1.968

10

108

21
82
102.240
1.899

Comparaison des opérations des Sociétés conc essionnaires et du Commerce libre
( Valeurs en milliers de francs )
S ociétés
ANNÉES

1903
1904
1905
1906
1907
1908
1909
1910
1911

IMPORTATION

2.592
3.480
4 893
6.361
7.292
3.958
3.431
3.678
3.287

Commerce

concessionnaires

libre

EXPORTATION

TOTAL

IMPORTATION

EXPORTATION

TOTAL

7.124
8.801
10.116
10.893
12.186
12.206
12.850
17.077
16.594

9.716
12.281
15.009
17.254
19.478
16.164
16.282
20.755
19.881

4.680
5.738
5.286
6.432
7.469
5.670
7.156
8.839
11.508

3 127
2 799
3.416
4.967
6.608
4.696
3 457
6.428
9.398

7.808
3.537
8.702
11.399
14.077
9.466
10.613
15.267
20.905

�- 27 Comparaison des opérations des Sociétés concessionnaires et du Commerce libre (suite)
PART PROPORTIONNELLE
DES SOCIÉTÉS CONCESSIONNAIRES
DANS L’ASSEMBLÉE DU COMMERCE

ENSEMBLE DES TRANSACTIONS
du
COMMERCE SPÉCIAL

(Commerce spécial)

ANNÉES

IMPORTATION

EXPORTATION

TOTAL

1903
1904
1905
1906
1907
1908
1909
1910
1911

7.272
9.218
10.179
12.793
14.761
9.628
10.587
12.517
14.793

10.251
11.600
13.532
"'5.860
18.794
16.002
16.308
23.505
25.902

17.523
20.818
23.711
28.653
33.555
25 630
26.896
36.023
40.786

Influence du tarif douanier sur l’origine des
importations. (1) — En créant des colonies dans

les régions intertropicales peu favorables à
l’installation des populations de race blanche,
les nations européennes ont eu avant tout pour
objet de créer des débouchés nouveaux à leurs
industries nationales. Plusieurs d’entre elles
ont pensé que les marchés coloniaux devraient
tirer sinon la totalité, du moins la majeure
partie de leurs importations de la Métropole
qui avait consenti de lourds sacrifices po.ur
ouvrir le pays à la civilisation, et afin d’élimi­
ner la concurrence étrangère ont frappé les
marchandises non . nationales de droits de
douane spéciaux.
Tel fut le cas pour les colonies françaises
dans lesquelles la loi du 11 janvier 1892 ordon­
na l’application du tarif douanier métropoli­
tain. Parm i celles-ci figure l’ancien Gabon,
c’est-à-dire la partie maritime de la colonie
comprenant les bassins du Gabon et de l’Ogooué.
Pour le reste de l’Afrique Equatoriale Fran­
çaise, l’Acte de Berlin (1886), l’acte de Bruxel­
les (1890) et la convention franco-anglaise du
Nil (1898) ne permettent que la perception de
taxes fiscales d’un taux uniforme pour les
marchandises de toute origine et n’excédant
pas 10 % ad valorem.
L’ancien Gabon était doté depuis 1888 d’un
tarif protecteur dont le taux seulement fut éle­
vé à partir du l Gr janvier 1893, par la loi du 11
janvier 1892.
De 1892 à 1911, les importations françaises
dans l’ancien Gabon ont passé de 914.000
francs à 2.895.000 francs, soit un progrès de
316 pour 100 et,dans la partie française du Bas­
sin Conventionnel, de 211.000 francs à 4.775.000
francs, soit près de 23 fois plus. Mais pendant
la même période, l’ensemble des importations
a passé au Gabon de 2.242.000 frs à 5.012.000 ;
dans le bassin Conventionnel de 919.000 francs
à 9.782.000 francs, soit un progrès d’une part
de 224 %, de l’autre de 1.064 %.
Si cependant, sans tenir compte uniquement
du chiffre des valeurs importées, on note le
pourcentage des marchandises d’origine fran-

IMPORTATION

36
38
49
49
49
41
33
28
26

0/0
»
))
))
))
»
))
»
»

EXPORTATION

69 0/0
80 »
75 »
68 »
65 ))
76 »
78 ))
72 »
64 ))

TOTAL

55
59
60
60
58
03
60
57
46

0/0
»
»
»
»
»
»
»
»

çaise dans les deux régions considérées, il ap­
paraît qu’en vingt années :
1° Le Régime protectionniste au Gabon a
fait bénéficier les importations françaises d’un
progrès de 40 à 60 % soit 20 % du totaL
2° Le régime uniforme du Bassin Convention­
nel n’a pas empêché la quote-part de l'impor­
tation française de s’élever de 23 à 46 % soit
un progrès de 26 % que les résultats de 1912
ne tarderont pas à porter à 30 %.
On peut, dès maintenant affirmer que dans
un avenir peu éloigné les importations d’ori­
gine française représenteront dans le Bassin
Conventionnel, un pourcentage de l’importa­
tion totale inférieure d’à peine un dixième à ce­
lui qui rssort des statistiques du Gabon. Ce ré­
sultat aura été obteu par le seul effet de l’occu­
pation et de l’administration du pays par la
France.
Commerce. — Jusqu’en 1863, l’importance du
trafic alimenté par la population indigène n’a
fait l’objet d’aucune constatation officielle. A
cette dernière époque, l’importation et l’expor­
tation atteignaient chacune environ 1 million
de francs, et ces chiffres n’ont pas varié sensi­
blement jusque vers 1870.
De 1870 à 1892 l’importation passe de 1 à 3
millions, l’exportation de 1 million à 2 millions
et demi.
A partir de 1892, les douanes, ont établi une
statistique moins précise que dans la métropole
mais cependant sensiblement exacte du mouve­
ment commercial de la Colonie.
En matière de statistiques économiques, on
distingue le commerce général et le commerce
spécial.
Le commerce général comprend l’ensemble
des entrées et des sorties de marchandises
constatées aux frontières quelle que soit la pro­
venance ou la destination ou pour origine le
trafic propre du pays.

Commerce général. — Les chiffres du com­
merce général comprenaient jusqu’à ces der­
niers temps, les opérations du Sud-Cameroun
qui passent par la Sanga. De même le Congo
Belge fait figurer dans ses relevés tous les
(1)
« L’Evolution Economique des Possessions Fran­ échanges du Congo supérieur français et alle­
çaises en Afrique Equatoriale ». — Gouvernement mands qui transitent par la voie ferrée de Matadi.
Général d el’A. E.-F. — Paris, Alcan, 1913.

�-

28

En Afrique Equatoriale Française, les impor­
tations ont passé, de 1892 à 1912, de 3.161.000
francs à 20.337.000 francs et les exportations se
sont élevées pendant la même période de 2 mil­
lions 500.000 francs à 28.500.000 francs ; l’en­
semble du trafic de 5.659.000 francs à 48.945.000
francs. Le progrès réalisé ressort donc à 650 %
aux entrées, 1.140 % aux sorties, 860 % en
moyenne.
Dans les chiffres cités plus haut, ne sont pas
compris environ 2 millions d’affaires qui se
font avec le Haut-Nil, la Tripolitaine et la Ni­
geria, dans des régions où ne fonctionne au­
cun service de contrôle.
Commerce Spécial. — L’Afrique Equatoriale
Française consommait en 1892 pour 3 millions
de marchandises européennes, tandis que la
consommation a atteint 14.793.000 frs en 1901
et qu’elle a été d’environ 17 millions en 1912.
Sur ces quantités la France fournissait 33 % en
1892 tandis que sa part dépasse 50 % désor­
mais. A l’exportation on enregistrait en 1892
pour 2.450.000 francs de produits du pays : on
a vendu pour 26 millions en 1912. La France
qui recevait 15 % des sorties en reçoit main­
tenant 55 %.
En vingt années le progrès réalisé s’élève
donc à 566 % pour l’importation, 1.061 % à
l’exportation, et dans l’ensemble des affaires à
une moyenne de 766 %.
L’augmentation des transactions s’est mani­
festée régulièrement, mais a été surtout sensi­
ble aux époques qui ont marqué les grandes
étapes de l’existence de la colonie : une pre­
mière fois en 1894-1895 lors de l’ouverture de la
route de Loango au Stanley-Pool ; puis en
1899-1900, lors de l’achèvement de la voie fer­
rée belge de Matadi au Congo supérieur qui
permettait la pénétration du commerce dans
les bassins du Congo, de la Sanga et de l’Oubangui ; en 1907, par suite du développement
de l’industrie forestière au Gabon, et de mise
en exploitation des peuplements caoutchoutifères de la Sanga et de l’Oubangui ; enfin en
1910-1911-1912, quand les résultats de la nou­
velle organisation de l’Afrique Equatoriale
française, et de l’emploi d’une partie du fonds
d’emprunt de 21 millions consenti à la colonie
en 1908 commencèrent à se faire sentir.
En 1912, cependant on constate un ralentis­
sement de la marche ascendante que font res­
sortir les chiffres des deux exercices précé­
dents. Cette situation est due en partie à la
baisse du prix de caoutchouc, sur les marchés
européens, mais surtout à ce que les sociétés
concessionnaires, établies dans le nord-ouest
de la colonie et dont le territoire passait en
partie et en totalité à l’Allemagne, ne sachant
d’une façon certaine sous quel régime elles
seraient placées, ont considérablement réduit
leurs opérations.
Dans l’avenir on peut prévoir que deux exer­
cices suffiront pour que les progrès du com­
merce dans la partie de l’Afrique Equatoriale
française restée française compensent la perte
qui résultera de la cession territoriale consen­
tie à l’Allemagne le 4 septembre 1911.
En 1911, le commerce propre à l’Afrique
équatoriale française dépasse l’importance du
trafic de la Guinée, de la Côte d’ivoire ou du
Dahomey, mais reste inférieur à celui du Sé­
négal.

-

Il représente la moitié de celui du Congo
belge dont la superficie est trois fois plus
grande.
Commerce comparé du Gabon
et des Colonies du Bassin du Congo.

Economiquement, le territoire de l’Afrique
Equatoriale française comprend deux régions
entièrement distinctes, d’une part, les provin­
ces du versant de l’Atlantique qui forment au
point de vue administratif la colonie du Ga­
bon desservie par les ports de Libreville, Cap
Lopez, Sette Cama et Loango ; d’autre part les
territoires arrosés par les affluents du Congo
supérieur qui constituent les colonies du
Moyen Congo et de l’Oubangui, Chari Tchad,
et dont tout le commerce extérieur passe par
Brazzaville et le chemin de fer du Congo
belge.
Ce chemin de fer n’ayant été ouvert au tra­
fic qu’en 1899 on ne peut comparer l’évolution
des deux régions ainsi déterminées qu’à par­
tir de 1900.
Au Gabon, de 1900 à 1912, les importations
ont passé de 6. 336.000 à 7.671.000 les exporta­
tions de 4.810.000 à 9.134.000, soit pour l’en­
semble de 11.146.000 à 16.806.000 francs.
Au cours de 1a. même période à Brazzaville,
les entrées passaient de 4.160.000 à 9.500.000 ;
les sorties de 2.720.000 à 19.100.000 et le com­
merce total de 6.900.000 à 26.600.000.
Le progrès réalisé au Gabon est donc de
145 % ; celui constaté à Brazzaville de 385 %.
Il y a lieu de remarquer qu’au Gabon où le
commerce a pour objet principal l’exportation
de produits lourds, la valeur des importations
représente les 86 centièmes de la valeur des
sorties. A Brazzaville, au contraire, la propor­
tion entre ces deux éléments n’est que de 55 %.
Transit du Cameroun Allemand

La pai’tie orientale de la colonie allemande
du Cameroun ne peut, à défaut de voie ferrée
aboutissant à la côte allemande, opérer ses
importations et ses exportations que par la
Sanga, le Congo, et la voie ferrée belge de Ma­
tadi.
Des bateaux allemands appartenant à la Sud
Camerun Gesellschaft assurent la plus grande
partie de ce trafic qui, entre Brazzaville et
Ouesso, est considéré par la douane française
comme transit international. Il se chiffrait en
1900, à 257.000 francs à la montée vers le Ca­
meroun, 167.000 francs à la descente, soit au
total 424.000 francs.
En 1911, on a enregistré 725.000 francs à la
montée, 2.270.000 à la descente, soit un total
de 2.996.000.
Principales exportations de l’A. E. F.

L’Afrique Equatoriale française est très ri­
che en produits naturels demandés par l’indus­
trie européenne. Dès maintenant, elle exporte
du caoutchouc, de l’ivoire, des amandes de
palme, de l’huile de palme, du copal, du ca­
cao, du café, du piassava, des bois d’ébénisterie et des minerais de cuivre, ainsi que quel­
ques produits secondaires en quantités peu im­
portantes.

�— 29 —
I. Le Caoutchouc est extrait soit des rhizo­
mes de Landolphia Tholloni (caoutchouc d’her­
bes), soit de lianes, soit de l’Ire (Fontumia
elastica). Le caoutchouc d’ire bien préparé
obtient des prix voisins de ceux des gommes
de Para ; le caoutchouc d’herbes ne dépasse
pas 60 % des cours de celui d’ire. C’est le Ga­
bon qui produit les gommes les moins esti­
mées. Elles entrent pour un cinquième envi­
ron dans l’exploitation totale. Les sorties de
caoutchouc étaient de 54-6 tonnes en 1896, 1.250
en 1904, et depuis 1909 elles restent voisines
de 1.700 tonnes (1.718 en 1912). Elles sont opé­
rées surtout par les sociétés concessionnaires
qui envoient leurs produits pour les trois
quarts au Havre et un quart sur Anvers. Les
autres exportaitons à destination de l’Angle­
terre, de l’Allemagne, de Bordeaux ou de Lis­
bonne sont peu importantes.
II. Ivoire. — L’ivoire est rcherché depuis
la plus haute antiquité et atteint des prix fort
élevés (de 16 à 35 francs le kilogramme, sui­
vant la grosseur des défenses).
Dans les premières années qui suivirent l’a r­
rivée des Européens dans l’Afrique centrale,
l’exportation de cette matière qui seule avait
assez de valeur pour supporter les frais de
transport par caravanes, et dont il existait de
grands stocks dans les villages de l’intérieur
du pays, subit une augmentation brusque. En
Afrique équatoriale on constata, en 1*905, une
sortie de 210 tonnes.' Mais les stocks anciens
étant épuisés, l’exportation n’est plus alimen­
tée que par le produit de la chasse à l’éléphant;
depuis plusieurs années, elle reste stationnaire
entre 130 et 150 tonnes, et il semble que ce soit
là un chiffre normal moyen qui se maintien­
dra dans l’avenir en décroissant très lente­
ment.
Les 8 dixièmes de l’ivoire exporté sont ven­
dus sur le marché d’Anvers.
III. Amandes de palme. — L’exploitation des
amandes de palme a été abandonnée pour celle
du caoutchouc et des bois d’ébénisterie par
les indigènes. La production annuelle qui était
de 800 à 900 tonnes il y a quinze ans n’est plus
que de 500 tonnes. Il y a lieu d’espérer que
l’exploitation industrielle sur les lieux de ré­
colte que préparent diverses sociétés, récem­
ment fondées, donnera toute l’importance
qu’elle mérite à cette branche de commerce.
La richesse en palmiers à huile du Gabon et
du Moyen Congo égale en effet celle des ré­
gions les plus prospères de l'Afrique occi­
dentale.
IV. Huile de Palme. — Il en est de cette m a­
tière comme des amandes de palme, et on ne
peut que désirer vivement la reprise des ex­
portations,

V. Piassava. — Le piassava employé dans la
brosserie commune est la fibre d’un palmier
nain. Sans doute, en raison d’une préparation
défectueuse, le piassava du Gabon est payé sen­
siblement moins cher qu celui du Libéria. L’ex­
portation, qui a atteint 253 tonnes en 1908,
n’est plus que de 82 tonnes en 1911.
VI. Ebène. — L’ébène du Gabon est connu
et exploité depuis fort longtemps. Les forêts
où on le l'encontre étant éloignées de la Côte,
les noirs le débitent en petites bûches de 1 m .10
de long pesant 40 kilogrammes environ, pour
en rendre facile le transport à tête d’hommes.
Il en résulte que ce bois est moins apprécié
que celui de Madagascar ou du Brésil et at­
teint difficilement le prix de 200 francs la ton­
ne. Les sorties, qui dépassaient 2.000 tonnes
en 1902, ne sont plus que de 496 tonnes en 1911.
VII. Bois d’Okoume. — On désigne sous ce
nom un arbre de la famille des térébinthacées,
connu depuis une quinzaine d’année en Eu­
rope où on l’emploie à l’ébénisterie, la tablet­
terie, la menuiserie fine. Il est acheté par les
ébénistes français sous le nom d’acajou fe­
melle. Sa densité à l’état sec est de 0,450 envi­
ron, et il est coté de 105 à 110 francs la tonne
en billes équarries sur le quai du Havre. Les
sorties insignifiantes en 1912 ont atteint 91.500
tonnes en 1911, sur lesquelles 68.000 ont été
achetées par l’Allemagne, 11.000 par l’Angle­
terre et 10.000 seulement par la France.
VIII. Bois dur d’ébénisterie. — Ces bois dont
la variété est considérable et qui sont peu con­
nus de l’industrie européenne ne sont expor­
tés que depuis peu d’années. Ils figurent pour
10.000 tonnes aux statistiques des douanes pour
1910, et ce chiffre croîtra rapidement.
IX. Copal. — La gomme copal alimente au
Congo belge une exportation annuelle de
1.500 tonnes. Elle a été négligée jusqu’ici en
Afrique Equatoriale française.
X. Cacao. — Les plantations du Gabon, qui
permettent les plus grandes espérances, n’ont
cependant pas donné jusqu’ici la production
qu’on attendait.
En 1912 notamment, la sécheresse persistante
a été la cause d’une récolte déficitaire qui n’a
atteint que 73 tonnes alors qu’on escomptait
plus de 200 tonnes.
XI. Minerais de cuivre. — Les silicates et
les carbonates de cuivre des riches gisements
situés entre Brazzaville et Loango ne sont ex­
portés que depuis deux ans. Les difficultés de
transport limitent pour le moment la quantité
exportable.

�COTE FRANÇAISE DES SOMALIS
La prospérité de ces Etablissements est en­
tièrement liée à celle de l’Abyssinie et à la part
qu’ils prennent dans le transit du commerce de
ce pays. Ce mouvement est de plus en plus
considérable et peut être mis à l’actif propre­
ment dit de la colonisation française puisqu’il
a lieu par chemin de fer et par ports français.

Il nous reste à savoir profiter dans la plus
large mesure de cette situation.
Il nous suffit pour ces Etablissements de re­
produire des extraits « sur le mouvement du
commerce de la Colonie » pendant les années
1911 et 1912 publiés dans le Bulletin de l'Office
Colonial, août 1912 et mai 1913.

Commerce spécial (1)
Importations... Fr.
Exportations du
cru et d’Abyssinie.. Fr.
T o t a l . . . . Fr.

Commerce général (1)
Importations... Fr.
Exportations...

1911

1912

32.620.638
45.387.427

32.341.017
45.022.169

Fr.

78 0080.65

77.363.186

1911
6.208.138

1913
6.494.635

18.974.926
25.183.063

19.175.787
25.670.422

To ta l. . . .

PRINCIPALES EXPORTATIONS
DÉSIGNATION
DES MARCHANDISES
Chevaux et jum ents............
Mules et mulets...................
Bœufs, tauraux....................
Montons et ch rêves............
Peaux brutes........................
Cire brute..............................
Beure indigène.....................
Civette..................................
Dents d’élèphants.................
Café en fève..........................
Caoutchouc b ru t...................
Or en lingots........................

1912

1911

1910

francs
32.200
50.000
133.920
16.850
7.663.227
1.247.653
109.460
218.880
2.15.1960
6.933.944
388.700
12.250

francs
41.600
172.900
87.200
19.955
7.121.771
1.159.216
67.914
243.840
2.490.639
6.429.002
915.956
4.000

francs
8.460
12.060
70.650
8.138
5.909.622
1.349 864
92.579
284.040
1.360.875
4.591.651
1.990.035
839.610

Le mouvement sans cesse croissant des im­
portations a déterminé une augmentation cor­
respondante, quoique moins accentuée, dans
les exportations des denrées du crû de la co­
lonie et d’Abyssinie. Si l’on compare les cinq
dernières années entre elles, on remarque que
les opérations d’exportation ont doublé durant
cette période.
Elles comprennent les exportations du crû
de la colonie et celles d’Abyssinie.
Les premières sont insignifiantes et ne fi­
gurent dans le chiffre total en 1912 que pour
une somme de 12.050 francs, représentant les
produits de pêches, les légumes frais destinés
au ravitaillement des navires,les bois communs
et les pierres madréporiques. Le sel y figure
pour une somme de 3.000 francs et mérite une
mention particulière. Une société s’est fondée
en effet pour l’exploitation du sel marin à Dji­

bouti .(2). Cette entreprise, qui n’est encore
qu’à sa période d’essais, a envoyé en Abyssinie
200 tonnes de sel au cours du 4e trimestre ;
mais, étant donnée l’importance des installa­
tions en cours, on peut présumer qu’elle conrurrencera aisément les produits de l’espèce
qui nous viennent actuellement d’Aden, non
seulement en Abyssinie, mais aussi dans leur
propre pays et aux Indes anglaises.
D’autre part ,un négociant de la place (3) a
obtenu le monopole de la pêche de la nacre,
des perles, du corail, de l’ambre et des épon­
ges dans les eaux territoriales. Ces produits,
qui jusqu’alors n’avaient donné lieu à aucune
opération commerciale suivie, peuvent égale­
ment, par une exploitation méthodique, deve­
nir une nouvelle source de richesse pour la
colonie.
Les exportations des denrées d’Abyssinie sont

(1) Communiqué à l’Institut Colonial par M le Gouverneur
(2) Société des Salines de Djibouti, cap. 1.000.000, 19, rue Le
(3) M. Marill, négociant français à Djibouti, concessionnaire
nacre, etc., sur toute l’étendue du littoral de la Côte des Somalis

de la côte Française des Somalis.
Peletier, Paris.
du monopole de le pèche drs huitres perlières,
et lies qui en dépendent.

�— 31
généralement en progrès. On constate néan­
moins en 1912 par rapport à 1911, certaines
diminutions importantes sur les mules et mu­
lets, l’ivoire et le caoutchouc. La pi’emière
n’est qu’accidentelle et trouve son explication
dans les achats exceptionnels de ces animaux,
faits par les Turcs en 1911, pour servir de bêtes
de somme au ravitaillement de leurs troupes
dans le Yemen. Les exportations ordinaires à
destination d’Aden et de Madagascar sont sen­
siblement les mêmes qu’en 1911.
La hausse des cours en Egypte a provoqué
des exportations suivies de bœufs, une opé­
ration analogue a même été tentée à destina­
tion de la France, mais elle n’a malheureuse­
ment pas été renouvelée. D’autre part, grâce
au mouvement croissant de la navigation le
nombre de bêtes destinées au ravitaillement
des navires s’est accru. De là l’augmentation
constatée sur les bêtes à cornes et les moutons.
En 1912, le courant déterminé par la hausse
des cours sur les bêtes à cornes en Egypte s’est
encore accentué et se traduit par une augmen­
tation de 46. 720 francs sur les bœufs.
Les diminutions constatées sur le beurre in­
digène et la civette ne sont pas très impor­
tantes, elles trouvent leur explication, en ce
qui concerne le beurre indigène, dans le ralen­
tissement des importations d’Abyssinie.
La cire est en diminution. On peut attribuer
dans une certaine mesure cette moins value
aux conditions climatériques défavorables
dont ont souffert les pays de production en
1911, mais aussi à l’état de trouble dans le­
quel s’est trouvé un moment donné l’empire du
Négus.
Quant à la moins-value sur le caoutchouc qui
atteint 1.074.079 francs, elle est due à des cau­
ses multiples. Plusieurs caravanes qui trans­
portaient cette denrée se seraient perdues par
suit d’une épidémie sur les bêtes de somme.
D’autre part, le concessionnaire du monopole
du caoutchouc en Abyssinie, se serait vu inten­
ter un procès par une Compagnie anglaise
avec laquelle il est lié,par suite de la non exé­
cution de son contrat, ce qui expliquerait
aussi le ralentissement de cette exportation.
Cette diminution s’est aggravée en 1912. On
s’accorde généralement à penser qu’il se pro­
duit à la fois un détournement de trafic vers
le Nil et Khartoum, et un ralentissement dans
la production, dû à l’imprévoyance des Abys­
sins qui ont exploité sans méthode et ruiné
les terrains les plus favorables.
P ar contre, la cire semble vouloir regagner
une partie du terrain perdu au cours de ces
dernières années. Les exportations se sont éle­
vées à 1.247.653 francs, en augmentation de
87.737 francs sur celles de 1911.
Il faut espérer que la mise en exploitation
du second tronçon de la voie ferrée, ramènera
à notre profit, vers la mer Rouge, le trafic en­
core hésitant
Du reste, l’augmentation considérable du com­
merce des peaux brutes et du café en est la
meilleure preuve. Grâce à l’exploitation appro­
priée et au bon fonctionnement du service des
trains entre Djibouti et Diré-Daoua, ces m ar­

chandises peuvent arriver très rapidement et
dans d’excellentes conditions au port d’embar­
quement. La plus-value sur les peaux brutes est
de 1.211. 849 francs portant ainsi le chiffre total
des exportations pour 1911 à 7.121.711 francs, et
il est à prévoir que ce mouvement ne fera que
progresser au fur et à mesure que la voie fer­
rée pénétrera plus avant dans le pays, le com­
merce des peaux étant des plus rémunéra­
teurs aux cours actuels des différents marchés.
Le café harari tend lui aussi à conquérir la
place qui lui est due dans la consommation
européenne. Malheureusement, ici encore, com­
me pour les peaux, le commerce de Djibouti
est tributaire de celui d’Aden. Les plus grosses
expéditions, en effet, se font à destination de
cette dernière ville où le café est mélangé au
moka, pour être réexpédié comme tel. Quand,
grâce à l’initiative persévérante de certaines
maisons d’exportation, sera enfin dissipée la
légende de la supériorité du café moka, le café
harari concurrencera aisément son rival et
trouvera sur les différents marchés des débou­
chés faciles et avantageux.
L’ivoire dont le commerce s’était ralenti en
1910, a regagné largement le terrain perdu.
L’exportation pour l’exercice écoulé se chiffre
par 2.490.639 francs, en augmentation de 1 mil­
lion 129.764 francs sur celui de l’année précé­
dente. Cet accroissement serait dû à la décou­
verte de grandes quantités d’éléphants dans
des régions encore mal connues.
Quant à la moins value sur l’or en lingots,
elle n’intéresse pas le mouvement général des
exportations. L’opération effectuée en 1910,
tout à fait exceptionnelle, représentait une
avance consentie par le Négus à la mai­
son qui s’était chargée de négocier l’achat
d’armes et munitions aux Japonais pour le
compte du gouvernement abyssin.
D’un examen d’ensemble, il ressort que la si­
tuation économique de la colonie est plus que
satisfaisante. Elle est en pleine période de dé­
veloppement et d’activité commerciale et l’ave­
nir apparaît brillant de promesses dont la réa­
lisation ne saurait tarder. La construction du
chemin de fer avance à grands pas ; déjà le
rail atteint le kilomètre 65 au-delà de DiréDaoua, à 377 kilomètres de Djibouti. La mise
en exploitation imminente de ce second tron­
çon sera le signal d’un nouvel essor commer­
cial tant à l’importation qu’à l’exportation et
d’une nouvelle ère de prospérité pour la colo­
nie.
D’autre part, le développement de Djibouti
basé sur des faits constants, et non sur des
facteurs accidentels, s’accentue de jour en jour.
P ar sa position, notre grand port est appelé à
devenir non seulement le principal débouché
de l’Abyssinie, le point de transit et d’entre­
pôt de tous les produits d’un pays immense et
immensément riche, mais encore le port le
plus sûr et le plus important de la mer Rouge,
centre de ravitaillement et escale obligée de
tous les navires, et cela naturellement au dé­
triment d’Aden qui bien que plus ancien, est
loin à tous les points de vue de présenter les
mêmes avantages.

�MADAGASCAR
La situation de Madasgascar est en tous
points excellente. L’étude du mouvement si­
multané des exportations et des importations
est des plus caractéristiques à cet égard. Tan­
dis que le début de l’occupation avait été m ar­
qué par une exagération des importations
provoquée soit par les dépenses du premier
établissement et de contrats, soit par la cons­
titution de stocks de marchandises des négo­
ciants trop nombreux, cet écart a disparu peu
à peu et ce sont les exportations qui l’empor­
tent actuellement de beaucoup sur les importa­
tions. On peut en conclure que la production a
augmenté d’une manière inattendue qui a sur­
pris les négociants, mais nous nous deman­
dons si cela ne tient pas à ce que cette pro­
duction est due surtout à l’initiative des co­
lons européens beaucoup plus qu’à celle des
indigènes. Il faut s’en féliciter dans un sens
parce que celà nous indique que la France a
trouvé à Madagascar un pays de colonisation
et non pas simplement de pure exploitation
commerciale comme celà est le cas dans ses
possessions de l’Afrique Tropicale et Equa­
toriale ; mais on peut y trouver aussi une nou­
velle preuve de ce fait que les indigènes, par
suite des tarifs douaniers trop élevés, ne sont
point incités à produire d’eux-mêmes, de se
procurer des marchandises dont le prix leur
parait hors de proportion avec l’effort qu’il leur
faudrait faire pour les acquérir. Les importa­
tions de tissus ont bien passé de 4.527.000 ki­
los en 1911 à 5.499.000 kilos en 1912 pour une
valeur de 17.894.000 frs en 1911 et 22.768.000
frs en 1912, mais il faut remarquer que les
quantités des tissus importés de 1901 à 1911
étaient restées entièrement stationnaires :
4. 002.000 kilos en 1901
))
» 1904
2.468.000
))
» 1905
4.637.000
»
» 1907
2.616.000
))
» 1909
4.420.000
))
» 1910
3.428.000

L’augmentation de 1912 n’est donc peut-être
dûe qu’à une constitution de stocks et en tous
cas, il y a lieu de considérer que tandis que
les exportations passaient par une progression
continue de 8.967.000 frs en 1901 à 59.844.000 fr.
en 1912, ce qui représente une augmentation de
50 millions, les importations de tissus n’aug­
mentaient pendant ce temps que de 5 millions
et celà uniquement dans cette dernière année.
Ces tarifs arrêtent du reste la consomma­
tion indigène pour tous les autres articles et
cette augmentation du chiffre des importations
des tissus de coton est la seule qui se soit fait
sentir dans les articles de consommation, tan­
dis que les exportations, progressaient de 10
millions en 1912.
Les tissus sont les produits de l’industrie
européenne que les peuples primitifs désirent le
plus acquérir. Grâce aux sommes d’argent que
l’activité européenne leur a procurées, les ha­
bitants de Madagascar ont commencé par
acheter en plus grandes quantités ces tissus
qu’ils s’étaient abstenus d’acquérir le plus pos­
sible jusqu’ici, mais ont continué à se désin­
téresser des autres produits de notre indus­
trie.
L’augmentation relative des importations de
Madagascar ne saurait donc être invoquée en
faveur du régime douanier actuel et au con­
traire nous pouvons tirer de la nature des im­
portations et de celle des exportations, cette
preuve que la production et la consommation
indigène de Madagascar n’augmenteront lar­
gement que le jour où l’on accordera la dimi­
nution de tarifs qu’elle demande.
1911

1912

Importations... Fr.

44.763.892

Exportations...

47 535.361

50.034.848
59.844.294

92.299.253

109.879.142

Commerce général

T ot al . . . .

Fr.

�RANG

d ’i m p o r t a n c e

- 33 —

1
o
3
4
5
6
7
8
9
10
H
12
13

U
là
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31
32
33
34
35

ANNÉES
PRINCIPALES MARCHANDISES

1911

1912

1910

EXPORTÉES DE LA COLONIE

Peaux brutes....................
Poudre d’o r ....... ............
Caoutchouc......................
Vanille..............................
Rafia..................................
Viandes salées ou conservèes................................
Manioc brut ou desséché .
Légumes secs....................
Ecorces à tan....................
Cire anim ale....................
Riz (en paille e t aulres) .
Saindoux...........................
Chapeaux de paille .......
Bovidés..............................
Graphite.......................
Engrais g u an o .................
Bois d’éhénislerie.............
Girofle..............................
Café en lèves....................
Huiles volatiles ou essences..................................
Dentelles à la main........
Poissons secs, salés ou fum és................................
Farine de manioc.............
Suif...................................
Bois communs..................
Ecaille de tortues ............
Crin végétal......................
Fécules de manioc............
Rabanes............................
Maïs en grains..................
Cacao en fèves ................
Fruits et graines oléagineux..............................
Gomme copal...................
Autres marchandises . ..
Tortues, Volailles..........
T o t a u x .....................

QUANTITÉS

VALEUR

QUANTITÉS

VALEUR

QUANTITÉS

kii.

fr.

kil.

fr.

kil.

VALEUR

fr.

7 .3 4 6 .6 1 6
1 .9 9 6
8 4 7 .6 7 0
1 1 3 .6 6 2
6 .9 9 1 .4 2 0

1 0 .7 5 2 .5 7 8
5 .9 8 9 .1 7 5
5 .1 8 1 .4 3 1
3 .9 4 1 .5 2 1
3 .7 8 7 .9 3 6

6 .3 3 8 .2 1 0
2 .9 0 2
80 1 .3 1 5
5 2 .4 3 0
6 .3 0 7 .6 9 6

8 .6 6 8 .1 9 1
8 .7 0 5 .5 5 8
4 .5 6 6 .3 0 3
2 .0 2 4 .6 5 6
3 .4 3 8 .5 8 7

6 .5 8 4 .1 7 3
3 .0 0 6
1 .1 2 5 .4 4 1
4 2 .804
5 .6 1 8 .6 1 8

9 .5 0 6 .5 3 0
9 .0 1 8 .1 9 6
9 .3 6 6 .9 2 2
1 .2 7 1 .1 7 2
2 .8 5 9 .8 4 9

2 .0 7 8 .3 1 0
2 2 .3 7 7 .6 5 2
6 .0 7 3 .1 5 0
3 5 .8 2 8 .2 4 5
6 0 0 .8 7 6
7 .4 2 0 .2 2 0
1 .1 1 2 .5 8 6
4 0 .7 5 8
16.151
2 .6 3 7 .5 6 5
9 .5 0 0 .0 0 0
2 .9 2 9 .7 4 2
2 0 7 .1 5 5
1 6 2 .8 8 7

3 .3 2 3 .0 3 5
2 .9 2 3 .1 9 2
2 .8 0 7 .5 7 5
2 .3 6 7 .8 3 2
1 .6 9 6 .7 6 0
1 .6 7 5 .7 7 3
1 .3 5 1 .1 7 6
1 237.891
1 .0 0 8 .6 8 5
9 4 8 .6 8 0
726 000
4 2 5 .6 6 1
394.451
3 4 8 .9 8 4

92 8 .8 5 5
1 3 .3 0 4 .3 8 8
7 .4 3 5 .7 7 3
5 3 .3 5 7 .9 2 6
476.164
6 .1 7 5 .4 2 3
1 .1 0 7 .9 3 0
4 1 .9 3 0
1 G .2.3
1.281 333
2 .5 2 0 .0 0 0
1 .1 1 6 .7 7 3
130 779
2 2 7 .8 5 7

1 .5 8 9 .0 4 0
1 578 304
3 .1 6 6 .6 9 8
3 645 653
1 .3 2 9 .6 9 0
1 .0 4 6 634
1 .2 3 2 .5 9 4
1 .4 1 2 .6 0 7
1 .1 3 0 .5 5 1
4 4 6 .5 7 2
12 6 .0 0 0
187 859
2 5 6 .2 8 0
4 4 7 .9 0 2

4 9 1 .2 2 2
4 .6 5 5 .4 9 5
3 .5 1 3 .2 5 8
3 6 .1 8 0 .5 7 8
531 517
8 .2 5 1 .5 1 1
96 6 .0 3 0
2 3 .1 4 6
12 648
5 5 3 .5 7 6
))
1 .9 6 6 .4 4 1
4 7 .8 6 3
1 10.698

8 9 4 .7 8 8
7 0 6 .7 5 8
1 .1 6 0 .7 2 2
2 .7 3 4 .8 8 8
1 .4 9 2 .0 7 0
1 .1 5 1 .9 9 7
1 .1 6 1 .1 1 6
9 3 9 .2 0 2
7 4 2 .5 5 0
288 669
ï
2 1 4 .8 3 3
9 3 .8 2 3
175 978

2 .5 6 7
1 .0 9 7

2 2 7 .7 4 3
1 64.485

1 .6 5 0
541

140.235
7 4 .4 6 9

318
233

4 6 .7 5 5
3 5 .8 1 0

1 6 3 .4 6 6
6 8 1 .7 7 5
233 637
2 .6 9 9 .7 5 7
3 .0 2 2
129 758
321 077
1 8 .5 3 5
3 5 0 .4 2 3
2 5 .4 7 4

1 64.339
1 60.450
159.103
151.361
1 11.915
9 3 .5 7 2
93.111
6 6 .9 4 8
58.871
49.581

13 2 .7 3 6
&gt;
186.744
2 .7 5 0 .0 3 7
3 .4 9 0
69 824
1 .2 0 9 017
2 4 .5 1 4
2 7 9 .2 6 9
2 0 .8 1 7

1 1 0 .2 0 9
»
108.827
161.874
1 1 9 .9 3 5
4 8 .0 1 0
2 5 1 .7 9 0
71,441
3 8 .6 9 0
4 1 .9 2 5

1 18.882
))

5 1 .2 5 7
»
»
116.677
131.842
25 757
))
2 7 4 .1 6 2

2 4 3 .4 4 8
1 5 .6 4 2
))

4 0 .1 2 7
2 9 .114
7 .3 8 5 .2 4 2
»

2 1 9 .1 5 9
21.151
»
»

4 9 .7 2 5
3 5 .3 6 9
1 .2 8 3 .1 8 1
))

»

5 9 .8 4 4 .2 9 4

»

(1) L’exposé des résultats obtenus en 1911
marque pour la colonie une étape économique
jusqu’ici sans précédent.
La création de nouvelles industries, l’ex­
ploitation méthodique des richesses naturelles
du pays, le développement des cultures et l'ex­
tension des voies d© communication (chemins
de fer, routes, canaux) démontrent l’avanta­
geuse transformation de la colonie.
Les colons européens et la population indi­
gène ont accompli un remarquable effort qui
fait prévoir que les résultats de 1912 surpasse­
ront ceux de 1911 à moins que des évènements
fortuits ne viennent limiter la production es­
comptée.
Dans l’augmentation de 1911, par rapport à
1910, la France entre pour plus de 1.500.000 frs;
les colonies françaises pour 300.000 francs
(saindoux, bovidés, riz et légumes secs) ; l’An(D Extraits du Rapport annuel sur la situation géné­
rale de la Colonie en 1911, Journal Officiel de la R. F.
(20, 22,27 mars et 8avril 1913).

»

4 7 .5 3 5 .3 6 1

»
1 .9 7 2 .4 0 6
4 .2 9 4
4 2 .3 8 9

»
7 9 .9 4 6
»
2 7 .9 6 3
1 67.080
2 1 .3 5 8
»
5 .2 2 0

»

»
5 6 .9 8 9
3 7 .2 9 5
4 0 .1 4 8
8 3 8 .2 6 5
3 .2 6 0
4 5 .4 3 8 .2 8 0

gleterre pour 919.000 fr. par l’accaparement
des graphites et des pois du Cap.
Les autres pays ont bénéficié de 1.000.000 de
francs la Turquie, la Bulgarie et la Grèce
400.000 fr. de peaux brutes, l’Afriques Orien­
tale 400.000 fr. de farineux alimentaires et de
bovidés, l’Egypte 50.000 fr. de produits divers,
la Belgique et la Hollande 150.000 fr. de cire
et de caoutchouc.
P ar contre les colonies anglaises se sont
trouvées en déficit de 215.000 fr. ; l’Allemagne
a vu diminuer de 1.400.000 fr. son chiffre d’af­
faires par suite de l’affaiblissement général
du commerce sur certains produits de valeur
(caoutchouc, cire, peaux brutes, etc). Peut
être aussi les événements politiques de l’année
dernière n’ont-ils pas été sans influence sur
les relations commerciales de Madagascar avec
l’Allemagne.
La marine française, bien que gardant dans
le commerce d’exportation une suprématie
incontestable, a néanmoins subi un recul nota­
ble.
Les compagnies de navigation françaises

�34 —
n’offrent pas à leurs chargeurs des conditions
de transport aussi avantageuse que les compa­
gnies étrangères.
Pour le transport en droiture des produits
que chargent leurs vapeurs à destination des
pays d’Europe, ces dernières évitent, en effet,
à leurs commettants, des frais de transborde­
ment et de manutention souvent fort onéreux ;
elles finissent ainsi par se créer une clientèle
de plus en plus nombreuse.
Je me propose d’appeler l’attention des di­
recteurs des compagnies de navigation fran­
çaises sur la régression constatée du pavillon
français. J’attends pour la leur signaler les
résultats du premier semestre de 1912.
L’essor commercial à l’exportation s’affirme
chaque année. Si quelques uns des produits
du pays semblent demeurer dans une période
de stagnation ou même de décroissance,
d’autres au contraire suivent un mouvement
ascensionnel qui compense largement les dimi­
nutions constatées par ailleurs.
Parm i ces derniers nous devons signaler
spécialement le manioc dont le trafic a triplé
d’importance ; les cafés, les huiles volatiles ou
essences, les viandes salées ou conservées, les
saindoux, les graisses de poissons, les den­
telles à la main et enfin le guano.
Caoutchouc. — Les exportations de ce pro­
duit ont diminué de moitié. Il faut en chercher
la cause initiale dans la baisse inattendue sur­
venue sur les principaux marchés d’Europe,
vers la fin de 1910, et qui s’est maintenue
pendant l’année suivante.
Une autre remarque s’impose également ; un
grand nombre de commerçants, qui ont éprou­
vé des mécomptes, sont devenus plus circons­
pects et, limitant leurs achats, se montrent
plus dificiles sur la qualité.
L’indigène qui de son côté ne s’explique pas
la baisse d’un produit qu’il avait l’habitude de
vendre à un bon prix, a préféré s’employer à
la culture du manioc et du maïs qui lui ont
donné d’abondantes et faciles récoltes.
Peaux brutes. — Les cours tantôt élevés,
tantôt au-dessous de la moyenne ont provo­
qué parmi les exportateurs une certaine hési­
tation qui s’est traduite par une diminution
assez sensible des exportations.
Cette situation s’est d’ailleurs améliorée dans
les premiers mois de l’année 1912 pendant les­
quels le mouvement des exportations portant
sur les peaux est redevenu normal.
Raphia. — Ces fibres végétales, surtout celles
provenant de la Côte Est, sont très en faveur
sur les marchés européens.
L’administration de la colonie s’est préoccu­
pée d’améliorer la préparation du raphia. Des
circulaires ont été adressées à plusieurs repri­
ses aux chefs de province pour appeler leur
attention sur l’opportunité de recommander
aux préparateurs indigènes d’apporter un soin
plus grand à leur fabrication. Les acheteurs
se montrent généralement satisfaits des pro­
duits actuellement mis en vente.
Cire animale. — L’apiculture malgache a
toujours eu jusqu’ici pour but la récolte du
miel destiné à l’alimentation, de telle sorte que
l’indigène,plus préoccupé de ce résultat immé­
diat que de la préparation et de la vente de

la cire, a détruit un nombre considérable d’es­
saims.
Par ailleurs, des conditions climatériques
exceptionnelles semblent ne pas avoir été cette
année favorables à la production.
Ces faits expliquent la diminution constatée
qui s’élève à. 162.000 fr.
Vanille. — Malgré une sécheresse persistante
qui a nui à la production dans certaines ré­
gions, la vanille a été abondante et son com­
merce, facilité par la stabilité des marchés ex­
térieurs, s’est considérablement accru.
La récolte de cette année présente une plusvalue de 753.000 fr.
Ce riche produit deviendra pour la colonie
un précieux élément de prospérité, si des
droits de douanes élevés le protègent à l’entrée
en France, contre l’active industrie allemande
du produit chimique dit « vanilline » obtenue
par l’oxydation des essences de girofles.
Légumes secs. — Composés de haricots rou­
ges et blancs, ces produits trouvent un débou­
ché naturel à la Réunion et à File Maurice
qui en font une grande consommation.
Pois du Cap. — L’exportation des pois du Cap
accuse en faveur de 1911 une augmentation de
2.000.006 de francs.
Commerçants et établissements de crédit se
sont disputés les produits d’une magnifique
récolte servie par des prix inespérés et favori­
sée d’autre part, par une circonstance fortui­
te : la sécheresse qui a sévi en Europe et qui
a compromis un peu partout la production des
légumes secs.
Les marchés de Londres ont fait des offres
très élevées si bien que les prix de vente des
pois qui variaient habituellement entre 18 et
20 fr. les 100 kilogr. ont atteint 35 et même
40 fr.
Presque toute la production a été dirigée
sur l’Angleterre où ces pois sont convertis en
farine et servent à la fabrication de produits
d’alimentation.
Pays de destination
France, 82.000. — Angleterre. 2.686.000. —
Allemagne, 45.000. — Réunion, 256.000 francs.
Bois d'ébénisterie. — Ces bois trouvent dans
l’ébénisterie et le placage des meubles un pla­
cement facile, malheureusement la difficulté
des moyens de communication sur certains
points et le prix du frêt ne permettent pas en­
core de tirer tout le parti possible de l’exploi­
tation des forêts de la colonie.
Girofle. — Ylang-Ylang. — La récolte a été
plus abondante que celle de l’année 1910 ; ces
essences ont donné à l’exportation les plus va­
lues suivantes :
Girofle ................................ 162.000 fr.
Ylang-Ylang ......................
93.000 fr.
Cafés. — De nombreuses plantations com­
mencent à entrer en rapport. Un progrès très
significatif, principalement sur la côte Est dans
les régions de Mananjary et Tamatave s’affir­
me de plus en plus. Augmentations : 271.000
francs.

�- 35 Manioc. — Le commerce du manioc a triplé
d’importance. La facilité avec laquelle se dé­
veloppe cette culture et les nombreux débou­
chés que la Métropole offre à ce produit ont
provoqué une extension considérable des af­
faires commerciales effectuées à ce titre.
Plus-value constatée : 871.000 francs.
Ecorce à tan. — Ces écorces ont donné lieu à
un trafic intensif qui reste en quelque sorte
monopolisé par l’Allemagne.
On relève une augmentation de 910.000 fr.
L’exploitation méthodique des peuplements de
palétuviers semble devoir assurer à la colonie
un élément de prospérité durable.
Riz. — Moins-value de 105.000 francs. La pro­
duction a été contrariée notamment par les
invasions de sauterelles et la sécheresse.
Chapeaux de paille. — Dentelles à la main. —

La demande de ces produits continue de favo­
riser leur exportation dont l’augmentation est
constante.
Saindoux. — Le saindoux que l’on fabrique
sur les hauts plateaux est généralement ex­
porté en France et à la Réunion.
La plus-value signalée est assez importante.

E lev a g e
L’exportation du bétail se fait :
I P ar animaux vivants ;
2° P a r viandes et produits congelés ou de
conserve.
Les statistiques douanières montrent que
l’exportation du bétail n’a subi qu’un très fai­
ble accroissement pendant l’année 1911.
Le nombre des bovidés vivants s’est élevé à
16,253 ayant une valeur de 1,130,551 francs,
contre 12.648 valant 742.550 francs en 1910.
II est donc sorti de Madagascar, en 1911,
3.605 bœufs de plus qu’en 1910, ce qui représen­
te une valeur de 388.000 francs.
La valeur moyenne des animaux exportés
s’est accrue en 1911 ; elle a été de 69 fr. 50,tan­
dis que l’année précédente, elle n’était que de
58 fr. 70.
Le commerce des viandes salées ou conser­
vées a subi une progression assez marquée.
En 1911, il a été exporté 928.855 kilogr. de
ces viandes, valant 1.589.040 francs ; en 1910,
l’exportation n’avait été que de 491,222 kilogr.,
valant 894.788 francs.
L’augmentation est de 437.633 kilogr. et de
694. 252 francs.
Les expéditions de bœufs vivants nécessitent
une organisation que ne possède aucune de nos
compagnies de navigation.
La fabrication des conserves de viandes ne
peut être faite que par des industriels spécia­
listes, avec des installations qui nécessitent
une mise de fonds importante.
Aussi, lorsqu’on recherche quelle est la part
des différentes provinces au commerce d’expor­
tation du bétail et des viandes, on constate
qu’il varie dans des proportions considérables.
Dans les provinces de Tuléar, Vatomandry,
Mananjary, Farafangana, Fort-Duphin, Andovoranto, Nossi-Bé, Maroantsétra, Ambositra,
Betroka, Itasy, SainteMarie, cercle de Moron-

dava et district autonome d’Ankazobe, il n’exis­
te aucune entreprise en cours d’exécution, au­
cun projet pour l’exportation en France du
bétail sur pied et des viandes et produits con­
gelés ou de conserve.
Les seules provinces où des tentatives de ce
genre aient été faites sont celles de Tamatave,
Vohémar, Diégo-Suarez, Analalava, Majunga,
Tananarive, Vakinankaratra, Fianarantsoa.
Province de Tamatave. — La province de
Tamatave qui comprend les districts de Tamatave, de Fénérive et Sihanaka est riche en
bœufs ; on estime qu’elle atteindra dans peu
de temps 250.000 têtes.
Peu de bœufs malheureusement sont sus­
ceptibles de pouvoir être exportés. Ils descen­
dent en effet d’Ambatondrazaka en quinze à
dix-huit jours, par une mauvaise route, sans
pâturage ; ils perdent, d’après certaines obser­
vations, 5 p. 100 de leur poids pour arriver
jusqu’à Tamatave.
Ils pèsent environ 360 kilogr. en arrivant à
l’abattoir de cette ville et avec un rendement de
50 p. 100, donnent 180 kilogr. de viande nette;
Sur les bateaux, ces bœufs sauvages, non ha­
bitués à vivre à l’attache, recevant une nour­
riture sèche, perdraient encore 10 p. 100 de
leur poids, ce qui les réduirait à un poids vif
de 325 kilogr. et à 162 kilogr. de viande nette.
Pour pouvoir les exporter, il faudrait, quel­
ques mois avant le départ les habituer à vivre
à l’attache dans un parc et on substituerait
peu à peu de la nourriture sèche, du maïs, du
paddy à l’herbe qu’ils broutent à l’état sau­
vage. Il faudrait aussi les accoutumer à la
présence d’un gardien ; on a signalé en effet
que bien des gardiens ont peur des animaux
sur les bateaux et n’osent leur porter de la
nourriture.
Aucune compagnie étrangère n’a été sollici­
tée pour l’exportation du bétail.
I.es compagnies des messageries maritimes
et havraise péninsulaire formeraient le projet
d’affréter des bateaux comportant des installa­
tions frigorifiques et des stalles pour le trans­
port des bestiaux sur pied.
Elles seraient, de plus, disposées à faire da­
vantage s’il y avait des demandes et des garan­
ties. Malheureusement, leurs tarifs sont beau­
coup trop élevés. Ces compagnies exigent 110
francs par bœuf ; l’eau, la nourriture, les frais
du canal de Suez sont à la charge de l’expé­
diteur.
Un passage à demi-place aller et retour en
Ire classe est accordé à l’Européen qui accom­
pagne les bœufs et les bouviers sont nourris
par le bateau pour 2 fr. 50 par homme et par
jour. A l’arrivée à Marseille, la désinfection
est à la charge de l’expéditeur. A ces frais, il
faut encore ajouter les assurances qui sont
do 3 1/2 p. 100 environ de la somme assurée.
(Comptoir d’Escompte).
Les frais seraient donc :
5 fr. frais d’Ambatondrazaka à Tamatave.
10 — droits de sortie et frais d’embarquement
80 — prix du bœuf.
10 — assurance.
110 — traversée.
50 — nourriture, frais de canal, de bouviers,
2 — désinfection à Marseille.
267 fr.

�- 36 —
Un bœuf d’environ 300 kilogr. reviendrait
donc vendu à Marseille à près de 300 francs.
La Compagnie lyonnaise a fait un essai de
10 bœufs engraissés en fosse, les bœufs sont
arrivés en excellent état à Marseille.
Quelques commerçants demandent à faire de
l’exportation de bœufs. M. Baillet a reçu des de­
mandes de : 1° l’établissement Gratry de Tananarive qui demande à faire un essai ; 2°
quelques commerçants d’Ananalava ; 3° trois
colons de Majunga.
Il importe d’abord d’apprivoiser les animaux,
de leur ménager une route plus rapide pour
descendre au port d’embarquement avec, si
possible, quelques gîtes d’étapes.
Sur le bateau, il ne convient pas de les atta­
cher séparément par stalles. Le procédé qui a
donné le meilleur résultat est de les parquer
par 10 ou 12 sans les attacher.
Enfin il serait bon, à leur arrivée à Mar­
seille, de ne pas les livrer immédiatement à la
consommation, mais de les mettre au pâturage
pendant un ou deux mois. Toutefois, l’expérien­
ce a montré que si les bœufs sont amaigris au
point d’avoir perdu complètement leur bosse,
au pâturage, ils mettent un temps très long
pour se rétablir.
Si le port de Tamatave semble peu favorable
à l’exportation des bœufs sur la France, il est
au contraire un point de ravitaillement impor­
tant pour la Réunion, qui y achète une partie
de ses animaux de travail ou de boucherie, le
reste étant fourni par Vohémar.
L’exportation sur la Réunion a atteint le
chiffre de 898 têtes en 1911, la moyenne habi­
tuelle des années précédentes était plus élevée.
Province de Vohémar. — A Vohémar, il ne
s’est fait, en 1911, aucune exportation de bétail
sur la France.
Ce port reste le fournisseur principal de
Maurice et de la Réunion.
Un seul vapeur, le Secunder, appartenant à
M. Ferrât de Port-Louis a emporté 11.000 ;
3.280 étaient destinés à la Réunion le reste à
Maurice.
Le nombre des animaux exportés en 1910
avait été légèrement inférieur : 10.395.
Tous les chargements ont été bons, les prix
moyens ont peu varié depuis l'année précé­
dente, ils ont été de 47 à 48 francs pour les
bœufs de pâturage, non préparés, 54 pour les
bons bœufs ordinaires, 80 à 90 pour les gros
coupés' que les indigènes appellent des doktors.
Province de Biéqo-Suarez. — L’exportation
des bœufs sur pied a été très limitée, à part
quelques bœufs embarqués sur les différents
vapeurs comme provision de bord, seuls MM.
Simonetti et Pierron, colons à Diégo, ont ex­
porté sur France, 1.000 bœufs environ dans
l’année, par chargement mensuel de 150, d’a­
vril en octobre.
Les pertes d’unités en cours de route ont été
insignifiantes, les animaux, du reste, étaient
assurés pour 300 fr. à 6 p. 100.
Tous ces bœufs ont été embarqués sur va­
peurs de la compagnie havraise péninsulaire,
touchant Diégo une fois par mois, au retour,
suivant contrat passé.
Les quatre premiers chargements ont été
faits dans de bonnes conditions au départ,
bœufs de cinq à huit ans, en bon état d’em­

bonpoint, et de 375 kilogr. ; les trois derniers,
au contraire, comptaient un nombre de bœufs
âgés de 10 ans et au-dessus, de 450 kilogr. et
en assez bon état. Le fret par animal étant très
élevé (100 francs par tête sans nourriture ni
installation à bord), M. Simonetti et Pierron
ont cherché, dans les derniers chargements à
faire du poids, au détriment de la qualité m ar­
chande.
Tout en étant très bien soignés à bord, avec
une nourriture composée de maïs et de foin du
pays, les bœufs, pour une traversée de 22 jours
par un temps souvent très dur, perdent en
moyenne 8 p. 100 de leur poids au départ.
Ces animaux ont été payés environ 15 centi­
mes le kilogramme sur pied et vendus à Mar­
seille 80 centimes dans les deux derniers con­
vois et 70 centimes en moyenne dans les der­
niers.
Un boucher de la place aurait — paraît-il —
l’intention de faire l’exportation des bœufs en
janvier, février et mars, toujours sur la com­
pagnie havraise et par chargement de 150
bœufs.
D’autre part, il est question d’une compagnie
de Béziers qui prendrait contrat avec la com­
pagnie havraise péninsulaire pour des charge­
ments mensuels de 150 bœufs environ, à partir
d’avril 1912.
Comme on voit, les chargements sont tou­
jours limités aux disponibilités de la compa­
gnie havraise, la seule compagnie qui puisse
actuellement faire ce genre d’opération.
La question des viandes de conserve ou con­
gelées, très à l’ordre du jour dans la province,
semble mériter beaucoup plus d’intérêt.
Cette année, la compagnie générale des pro­
duits alimentaires a battu 10.000 bœufs du
commencement d’avril jusqu’au 3 octobre, tant
pour l’adjudication des marchés de la guerre
(les trois quarts des bœufs) que pour les m ar­
chés du service colonial et pour le commerce.
Les conserves de bœuf bouilli ont été vendues
sur place 185 francs les 100 kilos.
Les conserves de tripes, de langues, de cer­
velles sont très appréciées.
Le sang, les os, les cornes sont cédés à des
tiers sur place ; les suifs et les boyaux sont
expédiés sur la Fi’ance.
Les peaux, achetées par la maison Chafouloff et traitées sur place, ont été payées 16 fr.
environ.
L’année prochaine, ces usines espèrent en­
core agrandir leur exploitation et faire des con­
serves de porc.
Une autre société constituée sur les initia­
tives de MM. Simonetti et Pierron et avec la
collaboration de la maison Saupiquet, aurait
l’intention de monter l’année prochaine une
nouvelle industrie de conserves de toute nature
avec utilisation sur place de tous produits
pour s’occuper des viandes congelées.
Ces usines, pour lesquelles le conseil d’hy­
giène s’est prononcé favorablement, après en­
quête de commodo et incommoda, se trouve­
raient sur le plateau d’Antsirane à 4 kilomè­
tres et demi de la ville.
Elles seraient élevées sur un petit affluent de
la rivière des caïmans débitant beaucoup, dit
rivière Hippolyte.
L’intention de MM. Simonetti et Pierron se­
rait d’abattre 200 bœufs par jour pendant tou­
te l’année.

�- 37 —
Une grande concession dans l’intérieur, à
plusieurs jours, servirait à assurer la réserve,
avec parcs intermédiaires jusqu’aux usines.
Province d'Analalava. — La province d’Analalava est une des plus riches en bœufs, son
cheptel s’élève à 424.270 têtes.
Pourtant les tentatives d’exportation sur
France ont été insignifiantes.
M. Pierron seul a expédié à Marseille 150
coupés qui sont arrivés dans d’excellentes con­
ditions. Ii s’agissait de bêtes de choix.
Un autre colon d’Analalava, M. Dusseau,
projetterait de faire en grand cette exportation.
D’autre part, M. Chenereau a fait la de­
mande d’une concession de 100 hectares sur les
bords de la Loza, afin d’y établir une usine
de conserves analogue à celles qu’il dirige à
Antongobato, près de Diégo-Suarez.
La province a, de plus, fourni environ 12.000
animaux qui ont été expédiés par M. Scopelitis
sur les usines de Boanamary, dirigées par M,
Towe
L’exportation sur la côte d’Afrique (Lourenço-Marquès) a été reprise par M. Paraskeva :
413 bœufs, 411 vaches et 49 taureaux, d’une vaelur de 38.300 francs ont été exportés.
Province de Majunga. — Aucune exportation
de bétail vivant n’a été dirigée de Majunga
sur la France.
Par contre, il a été expédié de ce port sur
Lourenço-Marquès, en plusieurs chargements,
1.860 bovidés par M. Psaltis.
Une usine ayant pour objet la fabrication
des conserves et la congélation des viandes,
s’est installée à la pointe Boanamary, à quel­
ques heures de Majunga.
Elle est la propriété de la société pastorale
industrielle et coloniale, dirigée par M. Towe.
Les bâtiments de cette usine ont été rapide­
ment édifiés : leur inauguration a eu lieu le
1er août. Depuis cette époque, la fabrication a
été assez irrégulière.
Les prix de diverses conserves fabriquées à
Boanamary sont les suivants :
Langue de bœufs, 1 kilogr. net : 5 fr.
Corned beef, 2 kilogr. 7215 : 3 fr. 80.
Bœuf bouilli , 2 kilogr. 7215 : 3 fr. 60.
Bœuf salé en baril, le kilogr. : 1 fr. (baril
perdu).
,
Province de Fianarantsoa. — Le centre com­
mercial le plus important de la circonscrip­
tion est Ambalavao, où de nombreuses transac­
tions s’opèrent entre les indigènes du Sud et
ceux du Betsileo.
Son importance semblerait avoir diminué
depuis l’application de l’arrêté du 16 novembre
1907, si on s’en rapportait au nombre de bœufs
présentés à la visite sanitaire à Fianarantsoa.
En 1910, 3.367 bovidés ont subi cette visite —
2.170 bœufs, 1. 078 vaches et 119 taureaux.
Pendant les dix premiers mois de l’année
1911, 2.081 bovidés ont été présentés à la visite
sanitaire, parmi lesquels 2. 005 bœufs de bou­
cherie, 62 vaches et 14 taureaux.
Ces bœufs sont dirigés en grande partie sur
Ambositra et l’Imerina.
Le marché de Fianarantsoa fournit des
bœufs pour la consommation locale, quelquesuns sont dirigés sur Ambositra et l’Imerina.
Les Antaimoro ramènent constamment du
Nord des petits troupeaux où le nombre des

vaches est généralement plus grand que celui
des coupés.
Ces bœufs achetés dans la vallée de la Sakeny sont vendus sur le marché d’Ambositra
et d’Antsirabe.
Les éleveurs de la région d’Ambatofinandrahana achètent des bœufs aux indigènes de Midongy.
Province de Vakinankaratra. — Les tran­
sactions commerciales en ce qui concerne les
bœufs sont très importantes dans la province
et tendent encore à prendre de l’extension. Il y
a lieu de constater cependant que la presque
totalité des échanges qui s’effectuent exclusi­
vement entre les indigènes se trouve concen­
trée sur le marché d’Antsirabe où il a été
vendu en 1910 un total de 38.246 animaux re­
présentant une valeur de 661.989 fr., chiffre qui
sera certainement encore dépassé en 1911, si
l'on en juge par les résultats des trois premiers
trimestres.
Les plus beaux animaux vendus sur cette
place sont généralement dirigés sur les abat­
toirs de Tananarive et d’Ambositra, cependant
une notable partie est achetée et amenée dans
la province de Farafangana par les Antaimoro
à leur passage.
Aucune usine de conserve de viande de bœuf
n’existe encore.
Province de Tananarive. — Le commerce du
bétail dans la province se limite aux transac­
tions entre les indigènes sur le marché pour les
besoins de la consommation locale.
L’exportation du bétail sur pied est insigni­
fiante.
Elevage du porc. — L’exportation du porc se
fait, comme pour le bétail, sous deux formes :
1° Par animaux vivants ;
2° Par viandes conservées.
Le mouvement commercial extérieur peut
être apprécié en prenant pour base les quanti­
tés de saindoux exporté.
Cette industrie est en voie de développement;
les exportations de 1911 dépassent celles de
1910.
Il a été exporté en 1911, 1.107.930 kilogr. de
saindoux (valeur 1.232.594 fr.) ; en 1910, 966.030
kilogr. (valeur 1.161.116 fr.)
La différence en faveur de 1911 est donc de
141900 kilogr. valant 71.478 francs.
Ces chiffres montrent que l’exportation du
porc de Madagascar a tendance à s’accroître.
Cet accroissement ne peut être rapide et con­
sidérable parce que la colonie n’a pas encore
un outillage approprié à ce commerce.
Province de Fianarantsoa. — Jusqu’à ces
derniers temps, la fabrication de saindoux fai­
sait seule l’objet d’un commerce assez impor­
tant.
M. Laborde, d’Ambohimahasoa, et quelques
Chinois de M ananjary s’occupent activement
de ce genre de trafic. Depuis quelques mois,
M. Dubois, a fait, dans les environs de Fiana­
rantsoa quelques essais, de fabrication de ril­
lettes, de saucisses, de tripes, de saucissons, de
lard et de saindoux.
Il a expédié en France et à la Réunion
des échantillons de cette première fabrication.
Si, comme il l’espère,ses produits sont appré­
ciés, il donnera une importance assez grande
à son industrie.

�— 38 —
Province de Vakinankaratra. — La fabrica­
tion du saindoux, des jambons et autres pro­
duits de charcuterie, à Antsirabé, mérite d’être
signalée comme entreprise intéressante.
Comme je l’ai déjà noté, une société vient d’y
créer une usine se composant d’un abattoir,
d’une fonderie, d’un bâtiment servant à la
confection des salaisons et des saucissons, d’un
séchoir et d’un atelier de tonnellerie.
Province de Tananarive. — Il a été exporté
en 1911, 72 porcs hors de la province.
La fabrication des viandes et des produits de
conserves a pris pendant cette dernière année
une extension considérable.
L’exportation de la graisse a eu en 1911 un
tonnage supérieur à celui de toute la colonie
en 1910 : 1.352 tonnes.
MM. Navarre et Kodesch ont expédié en 1911
en France environ 120 tonnes de saindoux.
M. Papin a quitté la colonie depuis un an et
s’est rendu , à Marseille où M. Duros lui a ex­
pédié pour 10.000 francs de saindoux ou jam­
bons du pays en 1911. M. Duros avait installé
son usine à Imerintsiatosika, où il tuait men­
suellement une centaine de porcs.
La Compagnie Marseillaise doit prendre pour
son compte la fabrique de M. Duros en portant
la quantité des porcs tués à 200 par mois mais
cette société n’a pas encore commencé l’ex­
portation.
Enfin, il y aurait lieu de signaler en outre
quelques petits commerçants indigènes paten­
tés préparant du saindoux et de la graisse
qu’ils viennent vendre au marché à Tanana­
rive.
Elevage de l’autruche. — L’élevage de l’au­
truche a été particulièrement, cette année, l’ob­
jet de nos préoccupations les plus vives.
Ces dernières années, nous avions éliminé
comme reproducteurs tous les oiseaux mâles
qui provenaient d’une lignée considérée com­
me mauvaise en vue de la production de la
plume.
En 1911, nous nous sommes efforcés de mieux
connaître tous nos oiseaux reproducteurs, en
étudiant toutes leur caractéristiques, de façon
à pouvoir intervenir efficacement dans la pro­
duction de l’année prochaine.
D’ores et déjà quelques-uns de nos vieux cou­
ples ont disparu, des changements ont été faits
dans la constitution des familles de telle sorte
que nous n’avons plus, au 31 décembre 1911,
que des 38 oiseaux reproducteurs répartis en
16 familles ; dix avec une femelle et six avec
deux femelles.
A 1a. prochaine saison de ponte quelques-uns
de ces oiseaux seront encore éliminés. Peutêtre pourra-t-on les remplacer par les 15 jeunes
oiseaux conservés à cet effet en avril dernier
en progrès notable sur leurs aînés indiqués
déjà par l’examen de leurs plumes juvéniles.
I n d u s t r i e s N o u v e lle s

Pêches. — Au mois d’août dernier, un navire
français outillé en usine flottante, pour la pré­
paration de l’huile de baleine, a opéré dans la
région de Fort-Dauphin.

A l’issue d’une campagne de trois mois, l’é­
quipage de ce navire avait capturé 206 balei­
nes et extrait 207.000 kilogr. représentant une
valeur de 103.000 francs.
Plumes d’autruche. — L’exportation des plu­
mes et parures a atteint 13.210 francs. L’éle­
vage de l’autruche est une des plus sérieuses
des colons de Tuléar. Les encouragements in­
cessants que prodigue l’administration locale
font espérer des résultats très intéressants
dans un temps relativement rapproché.

Mines
Or. — L’année 1911 a été marquée par une
assez forte diminution du chiffre des exporta­
tions : 2.862 kilogr. au lieu de 3.005 kilogr. en
1910.
Cette diminution de 143 kilogr. qui porte
principalement sur les provinces de Diégo-Suarez ou de Maevatanana est généralement due
au fait que l’extraction de surface touche à sa
fin et que l’on procède depuis le mois d’avril
1911 à de grands travaux préparatoires en pro­
fondeur.
Le nombre de permis de recherches délivrés
en 1911 s’est éleve à 834 contre 777 en 1910.
Le nombre de permis d’exploitation délivrés
en 1911 s’est élevé à 250 contre 215 en 1910.
Il a été formulé 1.515 demandes de permis de
recherches pendant le cours de l’an passé.
Le nombre des demandes de permis de re­
cherches reçues en 1910 était de 1.940 ; en 1911,
ce nombre n’est plus què de 1.515, soit une di­
minution de 425.
La diminution constatée tient à ce que les
prospecteurs ont maintenant fixé leur choix
sur les terrains aurifères et qu’ils s’en tiennent
de plus en plus à ceux qu’ils détiennent sous
forme de permis de recherches ou de permis
d’exploitation.
Cette tactique qui s’ébauchait déjà en 1909
et qui s’est continuée en 1910 et 1911 leur a
assez bien réussi car, sauf dans le Nord et à
Maevatanana, la production se maintient pres­
que partout supérieure à ce qu’elle était les
années précédentes.
L’or, produit en recherche, représente le sep­
tième de l’or total.
Cette situation s’explique par le fait qu’en
ce moment tout permis de recherche qui pro­
duisait assez d’or pour payer la taxe mini­
mum du permis d’exploitation, a été trans­
formé sous ce dernier régime.
Les périmètres conservés en permis de re­
cherches sont surtout des piquets de garde en­
tre exploitants voisins.
P ar voie de conséquence, l’or produit en per­
mis de recherche doit donc, vraisemblablement
diminuer encore en quantité ou en tout cas se
maintenir à peine dans le voisinage de 400 kil.
à 500 kilogr. par an. Pierres précieuses. — La production des pier­
res précieuses de joaillerie qui, en 1910, n’était
que de 82 kilogr. est passée à un chiffre six fois
supérieur en 1911 et a atteint 470 kilogr. Par
contre la production des pierres précieuses de
2e catégorie (industrie) a été dix fois inférieure
et passe de 4.000 à 452 kilogr.

�- 39 Les pierres précieuses les plus répandues à
Madagascar sont les tourmalines, les géryls,
les corindons, rubis et saphirs, et les grenats.
On a signalé aussi l’existence des topazes, spinelles et zircons, mais ces pierres n’ont été
trouvées qu’à titre exceptionnel dans les alluvions aurifères.
Les principaux gisements de pierres précieu­
ses sont ceux du mont Ibity et de la rivière Manandona près d’Antsirabé. Un filon de tourma­
lines rouges principalement (rubellistes) a été
reconnu à Antandrokaomby ; il a une direc­
tion moyenne Est-Ouest avec un plongement de
78° environ et une puissance de 80 centimètres
à 1 mètre.
Le mont Botrara, près de Teinjoarivo, ren­
ferme aussi des gisements assez importants de
pierres précieuses ; les alluvions de la rivière
Ambahatra, affluent de l’Onive ont été traitées
à la bâtée et ont donné quelques rubis. L’Ankaratra donne également des rubis dans les
alluvions de ses rivières. On y trouve de plus
quelques saphirs. Des béryls se rencontrent
sur la rivière Sahatorendrika affluent de la
Mania, aux environs d’Ambositra qui sont ac­
compagnés de cristaux de tourmalines noires
et paraissent se rattacher au filon d’Antandro­
kaomby, à 20 kilomètres à l’Est.
Enfin un beau gisement de béryls a été dé­
couvert à Ampagable près de Miandrarivo.
Platine. — Le platine n’a pas donné lieu en
1911 à de nouvelles découvertes ; sur les points
où il y avait été trouvé antérieurement aucune
exploitation ne s’est encore créée.
Les quelques grains de platine rencontrés se
trouvaient au fond des battées mélangés à la
poudre d’or dont il se sépare difficilement.
148 grammes de ce métal ont été exportés en
1911.
Argent. •— Aucune découverte nouvelle de
minerai d’argent, n’a eu lieu en 1911. C’est tou­
jours le filon de barytine argentière du massif
de l’Antangaina, dans le Nord, qui a produit
la faible extraction de 5 kilogr. d’argent massif
que le service des mines a eu à enregistrer au
cours de l’année qui vient de s’écouler.
Mines communes. — Les métaux usuels tels
que le fer, le plomb, le cuivre, le zinc, le nic­
kel,etc., n’ont pas été exploités en 1911 en de­
hors du fer nécessaire à la confection des outils
malgaches, pelles, pioches, bêches etc.

Fer. — Les principaux minerais de fer exis­
tant à Madagascar sont la magnétite, l’oligiste
et l’hématite.
Des gisement très importants existent sur la
rive gauche de la Mahajamba, au Boeni. On en
trouve également dans les districts d’Ankazobe, d’Ambohimanga du Sud, de Majakandriana et de Moramanga ou Jean Laborde
avait installé une usine métallurgique (à Mantasoa).
Des gisements sont à peine effleurés et pour­
raient faire l’objet d’une exploitation fruc­
tueuse si leurs minerais étaient fondus sur pla­
ce au moyen de four électrique ou au moyen de
charbon si l’on arrive à exploiter et à amener
sur place ceux que renferme la colonie.
Le nickel, le tungstène, le titane, le manga­
nèse qui existent dans la Grande Ile permet­
traient l’exploitation de ces gisements par la

fabrication de ferro-alliages. La force motrice
hydraulique se trouve sur place en très grande
abondance.
Pétrole et bitume. — En 1908 le service des
mines a procédé à l’étude de la région d’Ankavandra et de Miandrivazo, réputée depuis plu­
sieurs années déjà comme bitumeuse et pé­
trolière.
Cette région fut reconnue suivant une bande
de terrain dirigée sur le Nord au Sud elle est
limitée au Nord, aux environs de la rivière Mitsiotaka et au village Morafenobe ; au Sud, aux
villages de Bemoko et l’Itondy ; à l’Est, par
la chaîne de Bongolava ; à l’Ouest par la ligne
du Bemaraha. Des suintements furent consta­
tés aux environs du village de Maroboaly et au
Nord du village de Folakara.
Depuis un an des sondages à grande pro­
fondeur ont été entrepris par une compagnie
minière dans la région de Folakara, mais au­
cun renseignement officiel affirmant une dé­
couverte importante n’est encore parvenu au
service des mines.
Cependant de bons indices ont été rencon­
trés qui permettent d’espérer que des nappes
de pétrole peuvent exister en profondeur.
D’un autre côté, dans la région d’Ankaramy,
en face de l’île de Nosi-Bé, M. Levât, ingénieur
civil des mines a borné en 1911 un terrain en
forme d’anticlinal mesurant près de 40 kilo­
mètres de longueur M. Levât fonde de gran­
des espérances sur cette région sur laquelle
M. Vuillaume a effectué jadis un sondage en
vue de la recherche du charbon.
Ce sondage arrêté par suite du manque d’ou­
tillage nécessaire et par la maladie de M. Villiaume ne fut ensuite jamais repris.
Au fond de ce sondage le bitume pâteux,
gluant, gênait beaucoup la marche du trépan
qui s’engluait en quelque sorte.
Dans la région, de nombreux suintements
bitumeux sourdent à la surface.
Les indices sont donc très encourageants et
l’administration suit avec beaucoup d’intérêt
les efforts qui sont faits en vue de la décou­
verte de nappes pétrolifères liquides.

Colonisation Européenne

Les centres de Culture de la Côte Est.
Les centres de culture sur la côte Est où le
développement agricole s’est accusé de la façon
la plus nette pendant les deux ou trois derniè­
res années, sont Mananjary, Vatomandry, Tamatave et Antalaha (Vohémar).
MANANJARY. — Cette province fut une des
premières de la côte Est qui attira l’attention
des colons. Dès 1900, elle comptait, en effet, un
groupe très important d’agriculteurs. Dans les
premières années, les tâtonnements inévitables
entraînèrent dans la culture du caoutchouc de
Ceara des échecs qui découragèrent les pre­
miers planteurs. Il en résulta vers 1902 un
arrêt marqué dans le développement des cul­
tures et l’abandon d’un certain nombre de
concessions.
Certains colons, une dizaine au plus, montrè­
rent pourtant une réelle persévérance et, mal­
gré des moments très difficiles n’en conti­

�nuèrent pas moins à poursuivre la mise en va­
leur de leurs concessions.
Après ia période d’essai qui avait porté sur
un grand nombre de cultures, les planteurs di­
rigèrent tous leurs efforts sur la culture du ca­
féier de Libéria. Jusqu’à ces dernières années,
le résultat paraissait incertain, les méthodes à
suivre pour constituer les plantations étaient
inconnues et le prix du café restait si bas que
les réalisations laissaient peu de bénéfices.
Assez rapidement, les choses ont changé ; les
premières plantations de caféiers, après des
débuts difficiles, entrèrent en production, et
des efforts poursuivis, il se dégagea des métiiodes de culture qui permettent maintenant
de constituer des plantations nouvelles sans
aléa. Enfin brusquement, il y a deux ans, les
conditions du commerce du café changèrent.
Sous des influences diverses, le prix de cette
denrée s’éleva considérablement sur la côte
Est. Les colons de Mananjary, dont les planta­
tions arrivaient, à ce moment, en pleine pério­
de de production virent leurs efforts largement
récompensés, redoublèrent d’activité et agran­
dirent leurs plantations.
A l’heure actuelle toutes les plantations se
trouvent situées dans la basse vallée du fleuve
Mananjary, entre son embouchure et les pre­
miers rapides. La plantation Bigouret traver­
sée par la route de Mananjary à Fianarantsoa
et située près du village de Kianjarato, se
trouve seule en dehors du bassin de Mananja­
ry-

L'importance des plantations est très varia­
ble. Les plus étendues sont celles de la compa­
gnie Nantaise et de la compagnie Lyonnaise
qui comptent environ 175.000 caféiers chacune.
Moins vastes sont les cultures des particu­
liers qui comptent de 15 à 35.000 plants. Les
plantations furent au début, établies sur les
terres d’alluvion, mais le petit nombre de ces
terrains dans les vallées de la côte Est mit ra­
pidement les colons dans l’obligation de plan­
ter des caféiers sur les collines. C’est ainsi que
les compagnies Lyonnaise et Nantaise possè­
dent sur les hauteurs de beaux lots de Libéria
et que tous les colons plantent, à l’heure ac­
tuelle, en dehors de la zone des alluvions. Sur
les collines, les caféiers poussent moins vite
que dans les plaines, mais par contre le prix
peu élevé de la main-d’œuvre permet d’entre­
prendre des travaux, dont les résultats sont à
échéance lointaine.
La nécessité des fumures a été démontrée
pour les cultures faites en colline ; malheureu­
sement, les planteurs qui ont essayé de grou­
per un certain nombre d’animaux dans le but
de leur faire produire du fumier, ont éprou­
vé de grosses difficultés et ils ont abandonné
leur tentative.
M. Venot, seul, continue à produire l’engrais
nécessaire à ses plantations. Il donne à ses
fumiers des soins constants et, comme il paraît
avoir résolu cette question on peut espérer que
d’autres planteurs suivront son exemple.
Les ennuis éprouvés pour la production du
fumier ont tout naturellement porté les plan­
teurs vers les engrais chimiques. A ce sujet, le
comice agricole de Mananjary a sollicité le
concours du service de colonisation.
Le laboratoire de Nanisana procède à Fana?
lyse des échantillons de terre prélevés dans
trois plantations ; dès que les résultats cle ces

analyses seront connus, un programme d’expé­
rience sera établi dans le but de déterminer les
engrais à employer et les conditions dans les­
quelles il convient de les appliquer pour en ob­
tenir le maximum d’effet.
A l’heure actuelle, presque tous les planteurs
paraissent s’accorder à reconnaître que l’om­
bre est nécessaire au Libéria et plantent des
arbres d’ombrage dans presque toutes leurs
concessions. Il convient de remarquer que,
sur ce point, l’opinion du service de colonisa­
tion est faite depuis longtemps grâce aux résul­
tats fournis par les expériences poursuivies à
la station de l’Ivoloïna. Les observations por­
tant sur les rendements et la venue des diffé­
rents carrés avec et sans ombrage ont, en ef­
fet, démontré que l’ombre était nécessaire au
Libéria.
Le caféier de Libéria ne donne pas entière
satisfaction aux planteurs. On lui reproche de
croître lentement, de faire attendre longtemps
ses premières récoltes et de donner des baies
difficiles à traiter. On a cherché un caféier
plus précoce, donnant un produit facile à pré­
parer tout en opposant à l’hemileia vastatrix
une résistance suffisante. Les colons de Ma­
nanjary se sont adressés au coffea canephora
var. Kouilouensis. Il existe des spécimens de
ce caféier dans plusieurs plantations qui pro­
duisent déjà plusieurs tonnes de café chaque
année.
Entre autres avantages cette espèce possède
celui de pousser très vite ; dès la troisième an­
née, elle donne une récolte sérieuse et son
grain, petit, est de préparation facile.
Malheureusemnt elle paraît délicate sous le
rapport du terrain et ne se développe vigou­
reusement que dans les terres réellement fer­
tiles.
L’exportation de café a été pour Mananjary
en 1910 de 92 tonnes ; c’est une quantité relati­
vement faible, mais qui s’explique de ce fait
qu’une faible partie des plantations est actuel­
lement en rapport. En 1911 ce chiffre a atteint
200 tonnes.
VATOMANDRY. — Bien avant l’arrivée des
Européens, la région de Vatomandry comptait
un certain nombre d’indigènes, hommes d’affai­
res et fonctionnaires hovas, qui possédaient
des terres et les faisaient mettre en valeur par
leurs esclaves. Le riz et le café étaient cultivés.
On trouvait ainsi des plantations de coton,
ordonnées par les autorités hova sur la recom­
mandation des Américains dont les produits
textiles faisaient prime sur le marché local.
Ce coton a continué d’ailleurs à pousser et
s’est transformé en un cotonnier vivace .qui
possède encore une valeur marchande.
La libération des esclaves qui eut pour effet
d’obliger cette classe de producteurs à payer
le travail dont elle avait profité jusque-là,
éloigna les colons .hovas de la colonisation dans
cette région.
A cette époque, des colons européens créèrent
des plantations importantes de café « moka »
et café de Ceylan. L’hemileia vastatrix vint
ruiner en quelques mois ce magnifique effort.
La canne à sucre fut aussi exploitée ; les ves­
tiges d’anciennes usines en sont la preuve.
Actuellement, la province de Vatomandry
présente deux centres de colonisation, celui de
Mahanoro et celui de Vatomandry.

�— 41 —
Mahanoro. — La colonisation dans le dis­
trict de Mahanoro a porté ses efforts sur les
rives du Mangoro. Son histoire ressemble
beaucoup à celle de Mananjary. Au début, un
véritable engouement au cours duquel plusieurs
colons créèrent de très grandes exploitations.
Puis les difficultés du début amenèrent l’aban­
don de plusieurs concessions. La persévérance
qui conduisit les colons de Mananj ary au suc­
cès ne se manifesta pas à Mahanoro, et ce
centre qui apparaissait au début comme de­
vant être le plus important de la côte Est est
maintenant un peu abandonné.
Le district de Mahanoro possède néanmoins
une dizaine de petites plantations dans les­
quelles on cultive le café de Libéria, le cacao­
yer et la vanille.
Vatomandry. — Au lendemain de la cam­
pagne de 1895, cette partie de l’île vit naître un
certain nombre d exploitations, aujourd’hui
presque entièrement disparues. Il n’est resté
de ces premières tentatives qu’une seule ex­
ploitation, celle de M. Brée, située à Ambodisarina, qui offre aujourd’hui un exemple heu­
reux de ce qu’on peut obtenir à Madagascar
avec de la persévérance et de la méthode.
Les frères Brée ne s’étaient pas cantonnés
dans la culture d’une seule plante. La mono­
culture leur était apparue dès le début avec
tous ses dangers.
Les plantations de caféier de Libéria qui for­
ment la base de leurs exploitations étaient dou­
blées de plantations de cacaoyer et de kolatier.
Des essais d’acclimatation de diverses plan­
tes notamment celle de coffea robusta ont été
poursuivies sur cette concession. La coffea ro­
busta présente de réels avantages sur le Libé­
ria : d’une grande précocité, elle donne à trois
ans une récolte sérieuse ; d’une grande vi­
gueur, elle résiste facilement aux attaques de
l’hémiléia ; de plus, elle produit une baie facile
à préparer et enfin elle paraît s’accommoder
très bien des terres de colline.
*A l’heure actuelle, la culture des coffea ro­
busta se répand très rapidement dans la pro­
vince de Vatomandry et à même des tendances
à gagner les régions de iManajary et de Tamatave.
M. Brée a constitué dès les premiers mois de
1911 des plantations très importantes de cof­
fea robusta sur les bords de la rivière Sakanita où il a installé des pépinières parfaitement
entretenues et qui comprennent 80.000 plants.
Il convient également de signaler l'extension
donnée par le même planteur à la culture du
cacaoyer et à celle de l’hevea. A l’heure actuel­
le, M. Brée doit avoir en place près de 100.000
cacoyers et environ 50.000 heveas.
Rompant avec la vieille habitude des plan­
teurs de la côte Est de Madagascar qui ne
voient la possibilité de cultiver le cacacoyer
que dans les terres d’alluvions. M. Brée s’est
mis à entreprendre des cultures sur les colli­
nes. La première plantation de cacaoyers a
été faite dans une forêt convenablement amé­
nagée. Elle comptait en novembre 1910 35.000
cacaoyers d’un an, dont la plupart avaient pris
un grand développement. A la même époque,
les plants en pépinière étaient au nombre de
70 à 80.000. Les terrains pour recevoir ces
plants étaient préparés, les ombrages étaient
constitués et, depuis, la transplantation a été
faite.

Pour l’hevea, M. Brée a choisi une situation
spéciale. Possédant les terrains sur les deux
rives du Sakanita sur une longueur de plu­
sieurs kilomètres, il a réservé à cette variété
une bande de terre de 50 à 60 mètres de lar­
geur sur chaque côté de la rivière.
Par son importance, sa bonne tenue et le
nombre des espèces qu’elle exploite, la planta­
tion Brée est certainement à l’heure actuelle la
plus intéressante de la colonie.
Il convient aussi de signaler plusieurs autres
concessions intéressantes dans le district de
Vatomandry : celle de M. Agron sur la rivière
Vatana, qui comporte une belle vanillerie, des
plantations de caféier et de cacaoyer en pleine
prospérité.
La concession de M. Robin possède une jolie
cacaoyère en rapport et des plantations d’hevea qui autorisent les plus belles espérances.
M. Raud ne cultive que le Libéria, ses cul­
tures sont encore jeunes et n’arriveront à la
période de production que dans quelques an­
nées.
M, Lemaître possède une vanillerie, des plan­
tations de cacaoyers et de caféiers en rapport,
et il exporte du manioc séché en cossettes.
Le district de Vatomandry possède plusieurs
vanilleries qui donnent des résultats très enga­
geants. La vanille parait d’ailleurs se plaire
parfaitement dans cette région et, quoique les
planteurs lui reprochent d’être délicate, elle
y donne de très belles récoltes. La plus impor­
tante vanillerie est celle de M. Louzier (Alfred),
située sur la rive droite du Sakanita, sur un
beau plateau de terre d’alluvion. Cette planta­
tion remonte à une douzaine d’années et pro­
duit actuellement plus d’une tonne de vanille.
Les vanilleries de Mme veuve Louzier, de M.
Douvergne, de M. Le Bihan, de M. Carion,
etc,... sont également très intéressantes.
ANDOVORANTO. — La province d’Andovoranto possède encore peu d’exploitations. Ce­
pendant le mouvement agricole semble se dé­
velopper également dans cette province. Dans
la vallée du Rianila, M. Colas a repris la
vieille concession de « Moka » et poursuit très
activement la création de vanilleries, de plan­
tations de caféiers et de cacaoyers.
Dans la même vallée du Rianila, entre Anivorano et Brickaville, il se crée chaque jour de
nouvelles plantations de caféiers et de manioc.
L’immense concession « La Bourdonnais »
n’attend qu’une société assez puissante pour la
mettre en valeur.
Tout près d’Andovoranto, au confluent de la
Vohitra et de l’Iaroka, la vanillerie de M. Ma­
thieu exporte, chaque année, une tonne de
vanille.
TAMATAVE. — La colonisation dans la pro­
vince de Tamatave a surtout pris de l’impor­
tance dans les vallées de l'Ivondrona et de l’Ivoloina. Elle y date d’ailleurs de longtemps et
les concessions « Helville », dans la vallée de
l’Ivondrona, et de T « Avenir » dans celle de
l’Ivoloina, cultivaient la canne à sucre long­
temps avant la conquête de Madagascar par
la France.
La culture de la canne à sucre a d’ailleurs
perdu toute son importance ; les usines à sucre
ne fonctionnent plus depuis longtemps et les
quelques champs de canne qui restent encore

M

�- 42 —
ne servent plus qu’à la fabrication de la betsabetsa.
Pendant plusieurs années, de 1900 à 1910, la
culture du cacaoyer fut la seule qui retint l’at­
tention des planteurs de Tamatave, celle du,
caféier de Libéria était presque, complètement
abandonnée. Les cacaoyères les plus impor­
tantes sont celles de MM. Chantepie et Borgeaud, dans la vallée de l’Ivondrona, celles de
MM. Dumont, Dupuis et Lendresse dans la
vallée de l’Ivoloina.
Depuis deux ans, le cacaoyer perd beaucoup
de ses partisans ; il est apparu sur cet arbris­
seau une maladie qui a fait de grands ravages
dans certaines plantations. A l’heure actuelle
le caféier de Libéria occupe l’attention de la
plupart des colons et de nouvelles plantations
se créent tous les jours. Tous les commerçants
et hommes d’affaires de Tamatave se sont faits
agriculteurs et il n’en est plus un qui ne pos­
sède sa concession.
Ce mouvement agricole a pris une impor­
tance toute spéciale dans le courant de l’annéq
dernière. Deux ordres de choses en ont accen­
tué le développement : les débouchés crois­
sants trouvés en Europe à des prix très rému­
nérateurs pour le manioc séché et les fécu­
les, et la divulgation par le rapport du service
de colonisation des excellents résultats obtenus
par les cultivateurs de café de Mananjary.
Les plantations de manioc dans les vallées
de l’Ivondrona et de lTvoloina, s’étendent cha­
que jour. A l’heure actuelle, elles ont atteint
assez d’importance pour que, dès l’année pro­
chaine, les deux féculeries créées, l’une dans
la vallée de lTvoloina par M. Nativelle, l’autre
dans la vallée de l’Ivondrona, par MM. Pey­
ronnet et Grenard aient leur fonctionnement
assuré.
Ces cultures de manioc ont le grand avan­
tage de ne faire attendre leur produit que dixhuit mois et elles permettent d’établir les plan­
tations de caféiers avec un minimum de dépen­
ses. Ceci suffit à expliquer la faveur dont elles
sont actuellement l’objet.
VOHEMAR. — Les deux centres de culture
de cette province sont Sahambava et Antalaha.
Depuis 1902, le centre agricole de Saham­
bava ne paraît pas s’être sensiblement dévelop­
pé. Le climat de ce point de l’île tient de celui
du Nord-Ouest et la sécheresse qui le carac­
térise s’est souvent montrée comme un obsta­
cle au développement des cultures de vanille
qui s’y étaient créées peu après l’occupation.
Antalaha. — Antalaha est situé à 75 kilo­
mètres au sud de Sahambava. Malgré cette
faible distance, qui peut remarquer des diffé­
rences appréciables entre les climats de ces
deux localités. La région d’Antalaha est beau­
coup plus pluvieuse que celle de Sahambava,
sans cependant l’être autant que celle de la
province de Maroantsetra.
La vanille paraît avoir trouvé à Antalaha
des conditions très favorables pour son déve­
loppement. En quelques années, les vanilleries
s’y sont développées d’une façon extraordi­
naire et ce petit pays, à peine connu il y a dix
ans, fournit actuellement à l’exportation une
valeur de près de 1.200.000 frs. C’est au point
de vue du rendement en argent, le centre agri­
cole le plus important de la côte Est. Depuis
quelques années,l’ylang-ylang vient ajouter ses

produits à ceux du vaniller.Cet arbrisseau trou­
ve, en effet, à Antalaha un milieu qui lui con­
vient admirablement.Le caféier,par contre,essa­
yé à plusieurs reprises n’a pas jusqu’à présent
donné des résultats bien encourageants et sa
culture ne se développe guère dans cette ré­
gion.
Les Cultures de la Côte Ouest
DIEGO-SUAREZ. — A la région du nordouest de Madagascar, il y a lieu de rattacher
celle de la montagne d’Ambre. Ce sont, en
effet, les mêmes planteurs qui continuent la
mise en valeur du plateau du Sakaramy.
A la culture du manioc, ils ont ajouté les
cultures des pois et des haricots qui leur per­
mettent un assolement utile à l’amélioration
du sol, les terrains volcaniques n ’étant rendus
fertiles qu’après avoir été travaillés pendant
quelque temps. Néanmoins, les usines de ma­
nioc ont pu être alimentées régulièrement et
exporter cette année une quantité appréciable
de fécule.
Le nombre des concessions accordées dans la
province de Diègo-Suarez s’élève à 621 pour une
superficie de 32.859 hectares.
Un certain nombre d’entre elles ont été annu­
lées (95 pour une superficie de 12.863 hecta­
res) ; il reste actuellement 526 concessions
pour 19.996 hectares.
204 concessions définitives pour 12.290 hecta­
res.
322 concessions provisoires pour 7.706 hecta­
res.
Environ 25.000 hectares sont entre les mains
de grandes sociétés ou de particuliers se li­
vrant à la grande culture.
Société foncière et minière, 12.000 hectares.
Société d'Antongobato (usines de conserves),
6.000 hectares.
Société Desloys (cocoterie), 3.000 hectares.
Janson et C° (manioc et féculerie), 600 hec­
tares.
Simonetti et Pierron (élevage et fabrique de
conserves en formation), 600 hectares.
Société angevine, 1.500 hectares.
Grignon, 500 hectares.
Société des mines d'or, 1.200 hectares.
Le restant est partagé en lots d’environ 12
hectares employés pour la culture des plantes
vivrières principalement dans la plaine d’Anamakia.
Les concessions de la Mahavavy ont été plan­
tées en cocotiers.
Enfin, une grande concession de 10.000 hec­
tares a été accordée à la société Mortages.
C’est plus au Sud, à l’embouchure du Sambirano que s’est manifesté le plus grand effort de
colonisation. Cette région peut être considérée
comme le type des spéculations qui peuvent
être tentées sur la côte ouest.
NOSSI-BE. — La colonisation dans la ré­
gion de Sambirano, comme d’ailleurs de toute
la région du nord-ouest de Madagascar, est de
date récente. Avant 1896, l’insécurité qui y ré­
gnait et l’impossibilité de se procurer des ter­
res en toute propriété avaient empêché le déve­
loppement économique de cette région. Après
la conquête, quelques créoles de la Réunion

�— 43
Enfin, M. Filleul possède quelques planta­
et de 'Maurice, venant de Nossi-Bé, s’installè­
rent au Sambirano, dans le but de cultiver tions d’ylang-ylang, caféiers, etc,...
L’étendue actuelle des cultures, sur les 5.500
la canne à sucre en vue de la fabrication de
hectares concédés aux Européens est donc de :
la betsa-betsa et du rhum.
Vers 1904-1905, quelques concessions impor­ 1.650 hectares de manioc, 1.000 hectares de
tantes furent accordées. C’est à cette époque cocotiers, et 100 hectares de cultures diverses.
L’industrie dans cette région et parallèlement
que commence la mise en valeur des terres du
1a. culture, ne s’en tiendront pas aux usines
Sambirano.
Toutes les cultures entreprises ne réussirent actuelles. Indépendamment des usines de sé­
pas ; il y eut des échecs, au début ; ces insuc­ chage de coprah et des huileries, compléments
cès étaient dus en grande partie à la connais­ obligatoires des cocoteries, un projet portant
sance imparfaite que les premiers occupants sur l’établissement d’une usine est à l’étude
avaient de la nature du sol et des conditions en ce moment.
Les indigènes du Bas-Sambirano, peu nom­
atmosphériques. Les premières plantations de
cocotiers ne donnèrent pas les résultats atten­ breux, semblent rester absolument indifférents
au développement de la région. Uniquement
dus.
En 1906, après des études sérieuses, M. Millot pasteurs, cultivant à peine quelques parcelles
n’hésita pas à poursuivre les expériences ten­ de rizières, ils ne cherchent nullement à se
tées, et la preuve semble faite aujourd’hui procurer quelque argent en fournissant dans
que le cocotier peut être planté avec succès les limites de leurs moyens, des produits aux
dans la plaine du Bas-Sambirano, à la condi­ industries voisines qui ne doivent compter que
tion de donner à cette culture les soins qu’elle sur la production des planteurs européens
Les Sakalaves du Bas-Sambirano sont réfrac- .
réclame.
Parallèlement, il se fit quelques essais de taires au travail dans les plantations, sauf au
culture de coton, qui ne réussirent pas comme moment du payement des impôts, où quelques
on l’espérait ; il convient de remarquer que individus de la région se présentent à l’em­
l'expérience faisait complètement défaut aux bauchage ; la main-d’œuvre est constituée, en
majeure partie, par des Antaimoro et par quel­
planteurs.
Le véritable développement de la colonisation ques Sakalaves de la presqu’île d’Ampasimena
au Sambirano fut provoqué par la culture du et du Haut-Sambirano (Tsimihety).
Dans ces conditions, l’exode des indigènes du
manioc, dont les premiers essais importants
furent entrepris vers 1905 par M. de Lamotte Bas-Sambirano vers d’autres régions où les
pâturages sont les plus abondants, ne peut
Saint-Pierre ; depuis, d’au t rtes planteurs
avoir aucune répercussion pour le travail des
s’adonnèrent successivement à cette culture.
Enfin, en 1909-1910 une première usine pour plantations ni au point de vue économique en
la dessication au soleil fut créée, suivie en 1911 général.
J’ai chargé une commission composée du chef
d’une seconde usine utilisant des étuves.
Actuellement, la colonisation tant européen­ de service de colonisation, du chef de la pro­
ne qu’indigène occupe environ 6.500 hectares vince et du président du syndicat agricole du
sur les 20.000 hectares que comporte la plaine Sambirano, de se rendre compte, par un exa­
men sur place, des conditions de la culture.
du Bas-Sambirano.
L’installation rapide des deux sécheries de
Sans tenir compte des capitaux importants
qui avaient été dépensés sans résultats pen­ manioc qui doivent traiter des quantités impor­
dant la première période de la colonisation au tantes de matières premières, la nécessité de
Sambirano, les différents planteurs et usiniers soumettre les terres à l’assolement, la conserva­
actuels ont engagé, dans cette région, plus de tion obligatoire pour la nourriture du bétail
1.500.000 fr. représentés par les deux usines d’une certaine superficie de pâturage, ont été
de dessication de manioc et par près de 3.000 autant de causes pour lesquelles les proprié­
hectares de plantations de manioc, cocotiers et taires se sont trouvés rapidement à l’étroit sur
leurs propriétés.
cultures diverses.
D’autre part, il était naturel que les pre­
Les principales entreprises sont celles de VL
de Lamotte Saint-Pierre qui comportent 2.256 miers venus s’arrêtent aux terres les plus faci­
hectares principalement plantés en manioc les à cultiver, délaissant celles qui, dans le
(500 hectares) et en diverses plantations secon­ Sambirano, sont soumises aux inondations
daires telles que café, vanille, caoutchouc, can­ périodiques.
Il a été constaté que l’on pouvait remédier
ne à sucre.
La Société agricole du Sambirano possède aux mauvaises conditions de ces terres par
des travaux relativement faciles et qui auront
1.308 hectares dont :
résultat d’améliorer et de rendre plus pro­
500 hectares en manioc, 500 hectares en coco­ pour
ductives, d’une part des terres déjà cultivées
tiers et 30.000 lianes de vanille.
et, d’autre part, de rendre à la culture des ter­
La Société L. Millot et C° entretient :
res jusque là improductifs.
400 hectares en manioc, 500 hectares en co­
La question du Sambirano se présentait donc
cotiers et 78 hectares de cultures diverses.
sous différentes façons sous la forme de ques­
M. Adolphe Lavaivre a une concession de tion domaniale, de problème économique et
433 hectares dont 150 hectares sont plantés en sous l’aspect d’améliorations agricoles.La solu­
tion à intervenir devait donner satisfaction aux
manioc et le reste en ylang-ylang, etc,...
La Société H. Mortages et J. Juge a planté besoins actuels de la colonisation tant euro­
péenne qu’indigène tout en ménageant les inté­
100 hectares en manioc.
rêts de la colonisation future. A cet effet, la
La Société Nosy-Bcnné d’industries agrico­ commission proposa en principe :
les s’occupe pour le moment du séchage ^.du
1°) De satisfaire dans la mesure du possible
manioc' qu’elle achète aux propriétaires voi­
aux demandes déposées par les propriétaires
sins.

�— 44 —
actuels du Sambirano dans le but d’obtenir
sur les routes, les rivières et les rades avoi­
sinant leurs propriétés.
2°) De déterminer des réserves indigènes au
profit des villages ou collectivités.
3°) De constituer des lots de petite colonisa­
tion (100 à 200 hectares) à proximité des in­
dustries agricoles (sècheries à manioc, coprah,
usine à sucre).
4°) Enfin, d’utiliser par les améliorations
foncières et notamment par des travaux de
drainage et d’irrigation des superficies non
cultivées, en d’autres termes d’agrandir le do­
maine cultivable.
Les rapides progrès obtenus dans la plaine
du Sambirano sont dus à l’entente et à l’esprit
de solidarité du petit groupe de colons qui ont
su unir leurs efforts quand il s’est agi de
trouver les capitaux suffisants pour installer
les usines nécessaires à la transformation intrielle de leurs produits.
La région de Nossi-Bé, déjà ancienne, a été
décrite souvent ; la plantation de M. Giraud
à Saouland produit environ 350 litres d’essen­
ces d’Ylang-Ylang. La culture de la vanille
attire toujours les planteurs.
MAJUNGA. — U y a peu à dire de la vallée
de la Betsiboka, dont les principaux terrains
ont été occupés par la Compagnie Occidentale.
L’usine à conserve de viande de Boanamary
qui exigera une quantité de bestiaux assez con­
sidérable, développera principalement l’éleva­
ge des bœufs.
MORONDAVA. — Dans la région de Morondava, l’agriculture ne s’est encore que fort peu
développée. Il y a lieu de rappeler cependant
l’exploitation forestière et caoutchoutière de la
Madagascar Rubber C°.
TULEAR. — La vallée du Fiherenana pour­
ra, avec l’exécution des grands travaux d’hy­
draulique agricole, devenir un centre impor­
tant de colonisation. De nouvelles terres ont
été concédées dans les environs de Tuléar qui,
toutes, ont en vue l’élevage de l’autruche et
la production de pois du Cap. Ces exploita­
tions sont trop récentes pour qu’on puisse pré­
juger de leur avenir.
Les Cultures du Centre
La colonisation dans le centre, c’est-à-dire
sur les hauts plateaux s’est développée dans
des conditions toutes différentes de celles des
régions côtières. Dans cette partie de l’île, la
colonisation européenne ne peut se séparer de
la colonisation indigène ; la première s’occupe,
en effet, principalement de traiter industrielle­
ment ou de grouper les produits agricoles que
fournit la seconde.
Les agriculteurs européens qui voudraient
s’adonner à la production ne peuvent le faire
que difficilement par suite de la concurrence
des producteurs indigènes ; ceux-ci ont en effet
plus de facilité pour se procurer la main-d’œu­
vre ; d’autre part, peu de cultures sont possi­
bles hors les cultures pauvres (riz, manioc,
etc...,) qui sont des entreprises peu rémunéra­
trices.
Les hauts plateaux comprennent trois centres
principaux caractérisés par des conditions géo­

graphiques différentes : l’Emyrne, le Vakinankaratra et le Betsileo.
L’EMYRNE. — Peu à dire sur cette région,
déjà souvent décrite dans laquelle les Malga­
ches ont maintenu un centre de culture, grâce
à des travaux d’aménagement très importants.
A peu près tous les bas fonds des vallées sont
cultivés en rizières. Les collines des environs de
Tananarive approvisionnent, en « bozaka » à
brûler, la ville où le charbon et le bois sont
trop cher. Pour le reste, ce sont des montagnes
rocheuses par endroit, recouvertes d’une épais­
se couche d’argile rouge ; cette argile provient
de la ' décomposition sur place des roches pri­
mitives ; c’est une terre pauvre naturellement
et complètement usée par les feux de brousse
qui ont fait disparaître la végétation sur de
grandes surfaces ; l’herbe y est rare, elle peut
à peine faire vivre un bétail très rare et ché­
tif.
La colonisation européenne a renoncé à en­
treprendre la mise en culture des latérites. La
gelée en juin 1911 de la caféerie de M. Couzon
(Vohilena) a détruit la dernière plantation sur
les hauts plateaux.
En se rapprochant de la forêt vers Manjakandriana par exemple se trouve une région
sur laquelle la forêt a disparu depuis moins
longtemps les collines qui sont encore revêtues
d’une légère couche de terres noires sont cul­
tivées en manioc, haricot, maïs ; les champs
se sont multipliés et couvrent des superficies
importantes tout autour des villages. La pro­
duction ne sera toutefois sérieusement augmen­
tée qu’autant que les producteurs indigènes
changeront leurs méthodes culturales.
Seules, des plantations entreprises par des
Européens pourraient servir de guide aux Indi­
gènes ; des entreprises de ce genre se sont for­
mées non loin de là dans la plaine de Mangoro,
qui se trouve heureusement dans des conditions
géographiques différentes de celles de l’Emyrne.
Cette grande dépression, ancien lac des épo­
ques géologiques, est recouverte d’une terre
relativement meuble, ne présentant que de fai­
bles ondulations et qui se prête à la culture
mécanique du sol. Plusieurs colons de Tana­
narive, la compagnie coloniale, la société coo­
pérative des planteurs de l’Emyrne, MM. Modrin, Cavle, Pochard et C° ont entrepris des
cultures de manioc et quelques-uns d’agave,
de céara, de café.
An point de vue indigène, une des spécula­
tions qui tend à devenir très importante est
celle de l’élevage des vers à soie.
La production actuelle de l’Emyrne peut être
évaluée à 25 ou à 30 tonnes de cocons ; cette
production étant en rapport direct avec les me­
sures prises par l’administration pour dévelop­
per l’action séricicole du service de colonisa­
tion.
VARINANKARATRA. — La région de Varinankaratra, formée par un quadrilatère ayant
pour sommets le lac Itasy, Ambatolampu,
Antsirabe, Betafo, est caractérisée par la pré­
sence d’une terre d’origine volcanique. Cette
origine est suffisante pour permettre la cul­
ture même sur les montagnes à toutes les hau­
teurs. Sur les sommets les plus élevés on re­
marque en effet des cultures de maïs ou de
pommes de terre.

�- 45 Mais ce sont les régions qui avoisinent Ambatolempy. Anstsirabe et Betafo qui ont pris
cette année une extension des plus intéressan­
tes. Les nombreuses cultures installées sur des
terres nouvellement défrichées sont l’indice
du développement pris par cette contrée.
Les environs d’Antsirabe à Betafo avaient
fourni, en janvier 1911,200 tonnes de blé alors
que cette culture n’existait pour ainsi dire pas
en 1910; enfin,l’usine créée pour l’utilisation des
produits du porc a pu fonctionner normale­
ment et abattre 100 têtes de porc par jour.
Ce progrès dans la culture est dû sans nul
doute à l’ouverture de la route qui a permis
l’exportation des produits et à la création de
trois industries agricoles. C’est là le fait im­
portant de l’année pour cette région.
Meunerie. —■On sait que la culture du blé fut
tentée, dès les débuts de l’occupation, dans les
districts d’Antsirabe et de Betafo. Faite sur
une petite échelle, elle donna en général, sur­
tout dans les terres volcaniques de Betafo, des
résultats fort appréciables. La production de
chaque année était écoulée sur place.
En août 1908, une société se constitua pour
l’installation d’une minoterie, en prévision de
l’achèvement de la route de Tananarive à Ant­
sirabe, qui allait ouvrir le marché de la capi­
tale aux produits du Vakinankaratra.
Le montage des divers appareils a été fait
par iM. Richard assisté d’un mécanicien mon­
teur envoyé par la maison « Rose », de Poissy,
qui avait la fourniture.
La farine obtenue semble être de bonne qua­
lité, elle est très blanche et tout laisse espérer
qu’elle donnera entière satisfaction au consom­
mateur.
Le blé payé à l’indigène à raison de 20 frs les
100 kgs revient en réalité à 26 frs en ajoutant
au prix d’achat les frais occasionnés à la ré­
ception ainsi que ceux relatifs à la distribution
des semences et en tenant compte des pertes
occasionnées pas la dessication qui est toujours
incomplète lorsque le cultivateur apporte sa ré­
colte. Ce prix paraît élevé, mais vouloir le bais­
ser actuellement serait courir à un échec pres­
que certain ; l’élan donné s’arrêterait en effet
rapidement aussi cette mesure ne pourra-t-elle
être prise que lorsque la culture aura acquis
des proportions suffisantes.
D’autre part, les issues, sons et recoupettes,
qui en France sont d’une vente très rémunéra­
trice, ne trouvent ici aucun emploi ; une petite
partie du son pourra toutefois être utilisée par
M. Georger pour l’engraissement de ses porcs.
Le prix de la farine produite n’a pu encore
être établi, mais les considérations ci-dessiis
font qu’il restera toujours élevé.
Le plus grand obstacle que rencontrera cette
industrie, tout au moins dans ses débuts, se
trouve dans la difficulté des transports. Ame­
née actuellement sur la place de Tananarive, la
farine atteindrait des prix de revient qui se­
raient probablement plus élevés que ceux des
farines provenant de France. Si la culture suit
toujours la même progrèssion, MM. Richard et
Georger seront obligés, dès l’année prochaine,
d’installer un service de transport sur la capi­
tale.
Mais de toute façon on peut prévoir dès
maintenant que cette industrie n’entrera dans
une ère vraiment florissante que le jour où le
rail de Tananarive-Antsirabe fonctionnera en­

tre ces deux localités ; à ce moment-là l’indi­
gène familiarisé avec la culture du blé lui aura
donné toute l’importance qu’elle est susceptible
de comporter et la farine pouvant être obtenue
et transportée à des prix plus avantageux que
ceux du début pourra se répandre dans la ma­
jeure partie des grondes villes de Madagas­
car.
Graisse — Salaisons — Charcuterie. — Les ré­
gions d’Antsirabe, de Betafo et principalement
celle de l’Ankaratra sont des pays producteurs
de porcs. La pomme de terre, qui croît sans
aucun soin dans ces contrées facilite énormé­
ment l’élevage et permettent de lui donner un
développement bien supérieur à celui atteint
jusqu’à ce jour.
La viande du porc malgache a la réputation
d’être de très bonne qualité. D’autre part, le
nombre d’animaux dont on pouvait disposer
incita plusieurs Européens à tenter des essais
de fabrication de graisse et de viande de con­
serve.
Les premiers essais furent faits par M. Mazille en 1909. Dès les débuts de l’année il s’ins­
talla à Betafo où il construisit un fondoir. Il
n’avait fondu que quelques tonnes de graisse
lorsqu’il tomba malade et mourut à l’hôpital
de Tananarive.
M. Georger, qui s’était intéressé à cet essai
acheta le matériel de M. Mazille. Il fit subir
quelques modifications aux bâtiments, et ins­
talla deux fondoirs. Un local fut aménagé pour
la charcuterie et les salaisons ; un autre reçut
le filtre à graisse ainsi que deux presses pour
les résidus. Un atelier de tonnellerie, conduit
par un ouvrier français, fut adjoint. Deux
chambres à fumage pour les jambons furent
édifiées.
L’usine commença à fonctionner dès les dé­
buts de 1910. La graisse fut trouvée de très
bonne qualité dans tous les milieux où on en
fit usage. Après avoir bouilli pendant quatre
heures environ à une température voisine de
120° centigrades elle était filtrée et mise en
barriques de 175 kgs. On en expédia ainsi près
de 150 tonnes en 1910 en France et à la Réu­
nion.
Quant à la charcuterie et aux salaisons les
résultats furent loin d’être aussi satisfaisants.
Préparés par des indigènes qui n’avaient au­
cune notion de ce genre de travail, les sau­
cissons, les jambons et autres viandes salées
furent, après quelques semaines seulement,
jugés impropres à la consommation.
La fabrication de la graisse put seule être
continuée ; quant aux viandes qui n’étaient
plus employées, elles étaient vendues au m ar­
ché à des prix dérisoires, la quantité offerte dé­
passant de beaucoup les besoins de la consom­
mation locale.
La vente de la graisse suffisait à peine à as­
surer la marche de l’établissement. Aussi de­
venait-il de toute évidence que cette industrie
ne pouvait prospérer qu’à la condition essen­
tielle d’employer tout ce qui peut être utilisé
dans le porc.
Ayant entière confiance dans son entreprise,
M. Georger résolut de poursuivre ses essais
pendant l’année 1911 en faisait venir de France
trois ouvriers spécialistes.
On s’occupa surtout des points qui s’étaient
montrés faibles, de la charcuterie et des salai­
sons. La graisse des animaux tués (1.000 en

�- 46
viron) fut préparée et une vingtaine de tonnes
furent expédiées dans le courant de l’année.
Les nouvelles expériences ont été absolument
concluantes, toutes les denrées préparées se
sont parfaitement conservées. Une société dont
M. Georger fait partie ainsi que la compagnie
lyonnaise, vient de se former dans le but de
développer l’industrie du porc.
La charcuterie et les salaisons ne pouvant
être faites dans de bonnes conditions qu’.à tem­
pérature basse, la société a commandé en
France un frigorifique qui permettra de traiter
1.200 à 1.500 porcs par mois. Les dispositions
pour son installation sont prises et il pourra^
très probablement fonctionner dès les premiers
jours de juillet. L’appareil sera actionné par
une machine à vapeur qui fournirait en même
temps l’eau chaude ou par une machine hy­
draulique qui emprunterait à la rivière Sahatsio la force nécessaire : environ 30 chevaux.
La société a d’autre part importé des truies
et des verrats des races Craonnaise et Yorksire
pour des croisements avec la race indigène.
On construit également des grandes porche­
ries qui sont destinées les unes à loger les porcs
à engraisser, les autres à recevoir les animaux
provenant des races importées, sélectionnées
pour la reproduction.
Au mois de mai, le personnel européen com­
prendra un directeur, deux chefs de section et
cinq ouvriers spécialistes.
Industrie séricicole. — L’impulsion donnée,
depuis quelque temps par l’administration de
la colonie, à la sériciculture, a déjà amené chez
l’indigène un changement complet dans les
méthodes d’élever le ver à soie.
Dans les provinces de Tananarive eU d’Ant­
sirabe où la propagande fut la plus active, les
cocons malgaches petits et faibles ont fait place
à des cocons de belle apparence, fermes au
toucher, se rapprochant beaucoup des produits
obtenus en France.
Depuis deux ans les progrès n’ont fait que
s’accentuer tant en qualité qu’en quantité, si
bien qu’en 1910 on pouvait déjà redouter les
effets d’une surproduction. La station de Nanisana, dont le rôle est surtout de produire des
graines, avait supprimé sa filature en raison
des craintes de contamination dont son grai­
nage se trouvait menacé.
M. Lanier, qui créait son établissement sérici­
cole, commanda une filature en 1909. Il s’ins­
talla dès les débuts de 1911 dans une magnane­
rie désaffectée. Elle comporte 6 bassines fileuses ayant chacune six bouts, 3 Bassines bat­
teuses mécaniques et 6 à main. L’eau chaude
est fournie par une chaudière tubulaire qui,
en même temps,produit la vapeur nécessaire à
la mise en marche d’un moteur d’une force de
21 chevaux qui actionne la filature.
Cet établissement peut filer 15 tonnes de co­
cons par an, ce qui donnerait entre 1.100 et
1. 200 kgs de soie.
Malgré les indications qui leur sont données,
les indigènes ne savent qu’imparfaitement
étouffer les chrysalides.
Pour cette opération, ils font ordinairement
sécher les cocons au soleil ; par ce procédé, le
grès durcit d’une telle façon que le fil de soie
est absolument indévidable.
M. Lanier ayant acheté près de 80 kgs de ces
cocons, fut obligé de les faire carder à la main.
Il a installé un étouffoir qui lui permettra d’é­

touffer et de sécher en même temps les quan­
tités de cocons dont il aura besoin.
Des échantillons de soie filés à Antsirabé ont
été envoyés au laboratoire de conditionnement
des soies de Lyon. Les bulletins sont très satis­
faisants et permettent d’espérer qu’en tenant
compte des observations faites, on arrivera ra ­
pidement à produire une soie qui pourra ri­
valiser avec celle des Cévennes. Pour l’instant,
le cours des soies n’est pas encore très élevé,
celles envoyées n ’ont été vendues qu’à raison
de 33 fr. le kilogramme, prix couvrant à peine
les frais d’achat de cocons et de fabrication:
Il en a été produit environ 80 kgs.
En marche, la filature emploie 25 femmes in­
digènes et une surveillante européenne.
D’après les remarques émanant du labora­
toire de Lyon, la femme malgache est apte à
devenir une parfaite fileuse à la condition que
son travail soit surveillé d’une façon soutenue.
BETSILEO. — La contrée qui se trouve com­
prise entre Ambohimahasoa et Fianarantsoa
est moins aride que l’Emyme. Cette situation
tient à la proximité de la forêt qui ne se trouve
guère à plus de 15 ou 20 kilomètres à l’est de
la route reliant ces deux centres. La constitu­
tion du sol est partout la même : c’est aussi
de la latérite, mais, là-bas, elle est encore re­
couverte par une mince couche d’humus tandis
qu’ici les dernières traces de terre végétale ont
disparu.
« Le pays est aussi tourmenté, aussi mono­
tone et aussi triste dans le Betsileo que dans le
Nord de la province de Tananarive : les ma­
melons y succèdent aux mamelons, les marais
aux m arais et les arbres sont extrêmement ra ­
res. La monotonie du paysage n’est rompue que
par l’apparition de grandes montagnes, parfois
de véritables chaînes, qui surgissent brusque­
ment des mamelons aux cîmes arrondies. Ces
soulèvement affectent une forme assez spéciale
dans le Betsileo. Leur substratum est constitué
par du granit sur le versant de l’Est qui est
abrupt ; l’ossature de la montagne est à nu
et forme une grande paroi verticale, au pied de
laquelle s’entassent d’énormes blocs ».
Le versant Ouest, en pente plus douce, porte
des cultures et des villages qui sont venus y
chercher un abri naturel contre les vents des­
séchants et froids qui soufflent de l’Est.
Sa réputation de pays essentiellement agri­
cole vient surtout de ce qu’il est pauvre et de
ce que le prix du riz dans les provinces de Fia­
narantsoa et d’Ambositra est extrêmement bas.
Mais cette faiblesse des cours n’est pas due à
l’importance de la production ; elle a pour
cause la difficulté d’exportation de cette m ar­
chandise pauvre et aussi la rareté de l’argent.
La réputation du Betsileo d’être un pays rizicole par excellence prend aussi sa source dans
l’existence des rizières étagées qui se rencon­
trent surtout dans la province d’Ambositra.
Ces rizières, conquises par un travail énorme,
sur la latérite peuvent, en effet faire croire à une
culture extrêmement intensive qui a déjà uti­
lisé toutes les terres situées dans de meilleures
conditions d’exploitation.
Les m arais couvrent encore, dans le Betsileo,
des espaces immenses et on s’explique diffici­
lement pourquoi les habitants de cette région
s’astreignent à de semblables travaux, alors
qu’en se déplaçant de quelques kilomètres, ils

�— 47 —
pourraient établir des rizières dans des condi­
tions beaucoup moins pénibles.
Dans le Vakinankaratra, il existe aussi des
rizières étagées ; la belle rizière qui couvre tou­
te la grande montagne située à l’ouest de Be­
tafo en est un des plus beaux exemples. Mais
dans ce dernier cas, le mobile qui a fait agir
les riziculteurs est différent : les cultivateurs
du Vakinankaratra ont conquis la rizière en
gradins sur la terre volcanique, plus fertile et
plus facile à travailler que la boue des ma­
rais.
La vie de l’Européen dans le Betsileo est par­
ticulièrement agréable : le climat y est bon ;
la vie matérielle facile ; les serviteurs travail­
lent pour des salaires peu élevés ; les légumes

les fruits et les volailles abondent et sont ven­
dus à bon marché.
Les produits de cette région sont les mêmes
que ceux des environs de Tananarive : riz, m a­
nioc, haricot ; tous produits pauvres, qui ne
peuvent supporter des frais de transport éle­
vés.
La province de Fianarantsoa est relativement
peuplée ; elle compte environ 278.500 habitants
localisés surtout dans le Betsileo proprement
dit (Ambohimahasoa Fianarantsoa, Ambalavao). Cette population tire à l’heure actuelle
foute sa maigre subsistance de la terre. C’est
en un mot une population essentiellement agri­
cole qui ne demande qu’à donner de l’extension
à ses cultures, à la condition de pouvoir en
écouler les produits.

�MAYOTTE ET DÉPENDANCES
Nous ne possédons pas, pour ces possessions,
de renseignements relatifs à 1912.
Les indications ci-dessous sont tirées du rap­
ports sur la situation économique de la colonie
en 1911, publié dans le Bulletin de l'Office Co­
lonial, de novembre 1912 .Commerce général
1911
Importations ......................... 1.293.386
Exportations ......................... 4.842.359
Total .........................

6.135.745

Commerce
La situation générale de l’archipel des Co­
mores a été, au point de vue commercial, pen­
dant Tannée 1911, des plus satisfaisantes. Le
développement toujours croissant donné par les
colons aux cultures riches et, plus spécialement
à celle du vanillier, a eu pour résultat de pro­
voquer un mouvement d’exportation très accen­
tué de certains produits tels que la vanille, le
sucre, les essences à parfums dont l’écoulement
sur les marchés d’Europe s’est effectué à des
prix suffisamment rémunérateurs pour justi­
fier l’empressement des planteurs à accroître le
chiffre de leur production.
Un examen de l’état comparatif des principa­
les marchandises exportées au cours de l’année
1911, par rapport à l’année 1910, permet en
effet, de se rendre compte du mouvement au­
quel ont donné lieu les produits agricoles récol­
tés dans l’archipel et qui, par ordre d’impor­
tance, comprennent la vanille, le sucre, l'ylangylang et les graines oléagineuses.
En ce qui concerne la vanille la production
qui, en 1910 n’atteignait que 48.225 kilos, repré­
sentant une valeur de 1.332.716 francs, s’est éle­
vée en 1911, à 79.970 kilos qui représentent une
somme de 3.242.698 francs soit, au profit de
1911, une différence en plus de 31.745 kilos et
de 1.909.982 francs. Pour le sucre, la quantité
exportée en 1911 s’est élevée à 1.667.886 kilos
contre 987.185 kilos en 1910, ce qui représente
pour l’année 1911, une augmentation de 680.701
kilos, et, au point de vue de la valeur, une dif­
férence de plus de 321.122 francs.
L’essence d'ylang-ylang qui sert à la pré­
paration des parfums, a donné en 1911, près
de 1.500 kilos dont la valeur s’élève à 268.689
francs, a’ors qu’en 1910 le chiffre de la produc­
tion locale n’avait atteint que 1.099 kilos repré­
sentant une valeur de 201.121 francs, soit au
profit de Tannée 1911, une différence en plus de
371 kilos et de 67.568 francs.
Enfin, les graines oléagineuses qui ont pro­
duit, au cours de la dernière année, 869.891
kilos d’une valeur de 184.441 francs n’avaient
donné en 1910 une 473. 485 kilos dont la valeur
s’élevait à 89.723 francs ; la différence en plus
pour 1911 est donc représentée par 396.406 ki­
los et 94.719 francs.

A noter également le coprah qui, de 16.467
kilos en 1910 à passé à 37.404 kilos en 1911, soit
une différence en plus de 20.937 kilos. Ce pro­
duit représentait en 1910 une valeur de 8.325
francs contre 21.450 francs en 1911, d’ou diffé:
rence en plus de 13.125 francs en faveur de la
dernière année.
Si les divers produits énumérés ci dessus ont
atteint en 1911, tant en quantité qu’en valeur,
des chiffres plus élevés que pendant Tannée
1910, il en est d’autres qui, au contraire, on^
diminué dans une proportion notable tels : les
bois de construction, le rhum, les fibres d'aloès, les arachides, le café etc...
Mais malgré cette diminution sensible, le
montant global des produits locaux exportés
au cours de Tannée 1911 est beaucoup plus
élevé qu’en 1910. La valeur totale de ces pro­
duits s’est en effet, élevée à la fin de Tannée
dernière à 4.842.359 francs contre 2.444.518 frs
en 1910, soit une différence en plus de 2 millions
397.841 francs au profit de 1911.
La vanille et le sucre dont le rendement et la
valeur ont atteint des chiffres relativement éle­
vés, sont la cause essentielle de cette augmen­
tation qui a influé d’une façon heureuse sur le
développement économique de l’archipel.

Agriculture
L’agriculture a pris en 1911 un très grand
développement par suite de la mise en valeur
de terrains destinés aux plantations de vanille
et qui, jusque là, étaient demeurés improduc­
tifs. Des superficies relativement considérables,
comprises dans des concessions appartenant à
des Européens ont été exclusivement affectées
à la culture du vanillier dont les produits per­
mettront aux planteurs, si les cours élevés se
maintiennent de réaliser de sérieux profits.
Les usines sucrières ont également recouvert
de cannes des emplacements d’une très grande
étendue de manière à abtenir une production
intensive en vue du commerce d’exportation.
Certains planteurs s’adonnent aussi à la cul­
ture de l'ylang-ylang et de la verveine employés
pour la préparation des essences à parfums ;
d’autres cultivent la citronelle, le caféier et le
cocotier. Mais ces diverses cultures sont consi­
dérées comme accessoires, la vanille intéres­
sant plus particulièrement les colons de l’ar­
chipel en raison des bénéfices qu’elle leur a
déjà procurés et leur procurera dans l’avenir si
aucun événement fâcheux ne vient contrarier
leurs efforts.
Le cacaoyer était autrefois cultivé non sans
succès, surtout à Anjouan qui possède les ter­
rains riches et fertiles nécessaires au dévelop­
pement de cet arbuste ; mais les colons de l’île
ont dû bientôt renoncer à poursuivre leurs
expériences, en raison du nombre toujours
croissant des rats qui ont dévasté les planta-

�— 49 tions et constituent, pour le cacaoyer, un vé­
ritable fléau.
Les superficies plantées en cocotiers tendent
à prendre un développement de plps en plus
considérable ; sous ce dernier rapport, l’île
d’Anjouan est la mieux dotée de l’archipel mais
les terrains des autres îles, ceux de Mayotte
notamment, conviennent aussi à cette culture
dont les produits sont sous différentes formes,
avantageusement utilisés dans le commerce et
dans l’industrie.
Parmi les autres cultures auxquelles se li­
vrent les Européens, mais surtout les indigènes
il convient de citer celles du riz, maïs, manioc,
arachides, ambrevades et bananiers, qui se
pratiquent sur les différents points du pays.
La production totale des rizières de monta­
gnes, les seules qui existent dans l’archipel,est
insuffisante pour faire face aux besoins de la
consommation locale ; mais grâce aux envois
provenant des Indes et qui sont dirigés sur cha­
cune des îles des Comores, la population de
Mayotte et des protectorats n’a pas à souffrir
de l ’insuffisance des récoltes à laquelle, d’ail­
leurs, les indigènes remédient, dans une large
mesure par l’usage du maïs, du manioc et des
bananes qui, pour beaucoup d’entre eux, cons­
titue le fond de- l’alimentation.
La superficie totale des terrains mis en cul­
ture par les Européens s’élevait au 31 décem­
bre 1910 pour les quatre îles de l’archipel, à

5.641 hectares. A cette même date, les indigènes
avaient mis en valeur 16.550 hectares de ter­
res.
Au 31 décembre 1911, ces superficies s’étaient
respectivement accrues de 1.429 hectares et de
1Ô0 hectares soit pour l’année dernière, une
augmentation globale de 1.529 hectares.
La situation du bétail était au 31 décembre
1910, la suivante :
Bœufs ................................................ 34.367
Moutons .............................................
158
Chèvres ................................................ 25.330
Chevaux .............................................
32
Mulets ................................................
15
Anes ..................................................
79
A la fin de l’année dernière le nombre des
animaux énumérés ci-dessus était ainsi déter­
miné :
Bœufs ................................................ 33.500
Moutons ................
170
Chèvres ............................................... 26.850
Chevaux ............................................
43
Mulets ................................................
21
Anes .......................................................
98
Soit, pour 1911, une différence en moins de
862 pour les bœufs et une différence en plus de
12 pour les moutons, 1.320 pour les chèvres et
cabris, 11 pour les chevaux, 6 pour les mulets
et 19 pour les ânes.

�INDO-CHINE

!:

Les années 1911 et 1912 auront été marquées
par les circonstances atmosphériques déplora­
bles qui ont amené une très forte diminution
de ia production du riz qui est la principale
ressource de l’Indochine. C’est ainsi que les
chiffres des exportations des riz est tombé en
1911 et 1912 au niveau de celui des années 1905
et 1906 ne dépassant pas 817.0000 tonnes, alors
qu’en 1907, il avait été de 1.428.000 tonnes.
Cette diminution ne s’est fait sentir heureuse­
ment qu’en Cochinchine et tandis que dans
cette colonie l’exportation des riz ne dépassait
pas en 1912, 551.413 tonnes, elle passait au Tonkin de 162.542 tonnes en 1910 à 254.338, en 1912,
la récolte actuelle de 1913 ayant été excellente,
on a bien la preuve qu’il n’y a eu en 1911 et
1912 qu’une diminution passagère et qui n’af­
fecte en rien la puissance de production de
l’Indochine car le chiffre total du commerce
général des pays du Nord a été en 1912 le plus
élevé de ceux atteints jusqu’ici. Cette augmen­
tation est due il est vrai, uniquement à l’ac­
croissement du chiffre des importations, mais
comme cette importation était bien destinée à la
consommation, aucun « travaux publics » im­
portant n’ayant été spécialement entrepris
dans ces deux dernières années, il y a là un
indice que la prospérité de l’Indo-Chine n’a pas
été atteinte par les mauvaises récoltes du riz.
Ces deux mauvaises récoltes successives ont
cependant eu une répercussion des plus graves
sur le commerce européen par suite du mode
suivant lequel l’achat du paddy aux indigènes,
sa décortication et l’exportation du riz sont
entrepris.
Ces opérations avaient été jusqu’ici entière­
Commerce spècial
1911
1912
Importations... Fr. 194.640.954 201.894.366
Exportations...
207.584.878 200 169.838
T otal . . . . Fr. 402.225.832
402.064.191

ment entre les mains des Chinois et ce qui
est plus grave, basées sur un système de crédit
qui met tout le commerce de la colonie entière­
ment à leur disposition. Les faillites de mai­
sons chinoises et les difficultés qui en sont
résultées pour les maisons européennes ont
montré la nécessité d’établir des achats d’usi­
nages et les exportations de riz sur de nouvel­
les bases. Il faut espérer qu’il n’y aura pas là
simplement une tentative de peu de durée et
l’on pourra se féliciter de la crise de 1911-1912
si elle a eu pour résultat de rendre au com­
merce européen la situation prépondérante qui
lui convient.
Ce sont la Cochinchine et le Cambodge qui
ont été les plus affectés par cette disette de
riz ; en revanche la production du maïs est
allée en augmentant dans ces deux pays.
Au Tonkin, au contraire la récolte de riz
a été très bonne, tandis que le maïs subissait
une diminution importante.
Comme dans la plupart de nos colonies, ces
années 1911 et 1912 auront été marquées en
Indo-Chine par un développement très impor­
tant des entreprises européennes ; plantations
et industries ; en Cochinchine, les planta­
tions de caoutchouc, en Annam et au Tonkin,
les cultures diverses et notamment les cafés,
et l’exploitation des minerais. Enfin, l’indus­
trie indigène et en particulier celle de la soie
s’organisent très sérieusement grâce aux ef­
forts combinés des particuliers et du Gouver­
nement.
Il suffira d’une bonne récolte de riz pour
rendre à l’Indo-Chine toute sa prospérité.
Commerce général
1911
Importations... Fr. 244.142.680
Exportations... Fr. 250.146.499
T otal . . . . Fr. 494.289.179

E x p o rta tio n s
1911
QUANTITÉS

Riz..........................................
Maïs.......................................
Peaux brutes.........................
Peaux corroyées...................
Soies grèges.........................
Poissons...............................
Cafés......................................
Poivres....................................
Thés.......................................
Caoutchouc...........................
Houille et charbon.................
Minerais d’antimoine..........
De Zinc.................................
D’E tain.................................
Coprahs.................................
Manioc..................................

kil.
858.452.558
80.865.326
2.350.212
332.097
101.529
29.989.698
178.956
4.217.203
559.230
245.142
278.847.664
54.195
28-757.301
242.490
7.559.435
2.167.859

VALEURS

1912
273.193.924
260.735.524
533.929.466

1912
QUANTITÉS

francs

117.469.703
9.703.839
5.663.248
2.324.679
2.030.580
12.500.073
357.912
3.795.483
978.652
1.103.139
5.908.357
10.839
3.738.449
242.490
2.267.830
173.419

kil.
817.173.622
48.969 596
2.763.985
618.202
* 98.481
80.148.663
99.542
3.616.876
435.653
231.694
248.898.178
1.670.450
21.470.522
142.175
7.981.950
1.467.983

VALEURS
francs

112.991.309
5.876.352
6.654.592
4.327.712
1.969.620
12.616.962
199.084
3.255.188
761.393
1.042.623
5.436.825
334.090
2.791.168
142.175
2.394.585
117.439

Tableaux communiqués par M. le Gouverneur Général de l’Indo-Ghine.

L

�51 -

ANNAM
Commerce spècial
Importations... Fr.
Exportations ...

1911
5.413.939
9.383.138

1912
6.572 479
8.226.026

Commerce général
Importations... Fr.
Exportations.,.

1911
6.003.793
9.385.715

1912
6.973.027
8.229.810

Fr.

14.797.077

14.698.505

To*,al ... Fr.

15.389 508

15.202.857

T otal . . . .

E x p o rta tio n s
1911

1912

QUANTITÉS

VALEURS

kil.

francs

Riz............................................
5.128.363
M aïs...........................
7.152.156
Peaux brutes............................
265.286
Peaux corroyées...............................
M
Soies grèges.............................
57.585
Poissons....................................
205 281
Cafés.........................................
g] 099
Poivres.....................................
2
Thés..........................................
487.002
Caoutchouc...............................
15.677
Houille et charbon...................
6.398!oiO
Minerais de zinc aurifère.........
201
Zinc...........................................
587.279
Etain...................................
29
Coprahs............................................
»
Manioc......................................
444.682

Qu a n t i t é s

VALEURS
francs

kil.

626.806
858.269
663.495
))

11.420 180
2.861.021
171.823

1.390.401
343.322
429-221
»
864.700
30.005

»

1 151.700
82.132
16.198
2

852.254
70.547
133.125
262.970
76.346
29
ï&gt;

35.574

43.235
75.011
4.055
479
368 807
20.585
12.235.500
1.229
»
»
))
1.023.751

8.110
431
645.413
92.633
247.510
131.134
»
))
))
81.900

TONKIN
Commerce spècial
Importations... Fr.
Exportations ...
Total. . . .

1911
52.736.176
69.449.601

1912
64.769.744
72.083.221

Fr. 122.185.777

136.852.965

Commerce général
1911
Importations.. . Fr. 93.646.746
108.610.625
Exportations .

1911
127.210.
130.104.

.. Fr. 202.257.371

257.313.

T o t a l ..

E x p o rta tio n s
1912

1911

Riz.............................................
Maïs............ ............................
Peaux Brutes...........................
Peaux corroyées......................
Soies grèges.............................
Poissons....................................
Cafés.........................................
Poivres......................................
Thés..........................................
Caoutchouc .............................
Houille et charbon.......• ..........
Minerais d’antimoine..............
De Zinc .. ...............................
D’E tain....................................
Coprahs....................................
Manioc....................................

QUANTITÉS

VALEURS

kil.
189.728.683
59.007.159
399.859
12.302
33.481
1.569.819
170.857
2.902
68.849
146.093
272.449.054
54.195
28.170.022
242.461

27.784.193
7.080.739
994.027
86.114
669.620
1.130.146
341.714
2.612
120.467
657.418
5.775.232
10.839
3.662.103
241.461

))

1.723 177

francs

))

137.855

QUANTITÉS

VALEURS

kil.
254.338.393
23.198.929
491.842
107.631
43.661
1.845.051
95.487
23 703
66.840
115.494
436.662.678
1.670.450
21.470.522
142.175

36.929.514
1.783.872
1.226.328
753.417
871.220
1.293.453
190.974
21.333
116.970
516.723
5.189 324
334.090
2.791.168
142.175

franes

))

444.232

35.539

�- 52 -

COCHINCHINE
Commerce spècial
1911
Importations... Fr. 131.875.437
Exportations...
125.972.965

1912
126.406.242
118.406.877

Commerce general
1911
Importations. .. Fr. 139.871.703
129.338.774
Exportations.

1912
134.761.666
120.941.341

Total. . . . Fr. 258.848.403

244.813.119

Total ..,,. Fr. 269.230.407

255.703.011

E x p o rta tio n
1911
QUANTITÉS
VALEURS
Riz........................ .................
Maïs.........................................
Peaux brutes............................
Peaux corroyées......................
Soies grèges........ ....................
Poissons...................................
Cafés................ ........................
Poivres......................................
Thés..........................................
Caoutchouc.. ■
............... ...........
Houille et charbon.................
Minerais...................................
Zinc...........................................
Etain.........................................
Coprahs....................................
Manioc......................................

francs
89.049.775
1.764.842
4.004.846
2.238 565
202.620
11.224.440
»
3.792 869
5.913
367.074
))
))
))
O
2.267 831
B

kil.
663.521.786
14.707.014
1.693.674
319.795
10.131
8.056.164
B
4.214.292
3.379
81.572
»
»
»
))
7.559.831
))

1912
QUANTITÉS
VALEURS
francs
73.672.391
2.749.158
4.997.392
3.573.997
231.700
11.156.874
»
3.233.424

kil.
551.415 049
22.909.846
2.099.659
510.571
11.585
29.892.029
))
3'592.693

6

11

95.615
))
»
))
»
7.981.950
»

430.268
))
))
))
2.394.585
))

CAMBODGE
Commerce spècial
Importations... Fr.
Exportations...

1911
4.615.412
2.779.166

1912
4.245.779
1.463.721

Total. . . . Fr.

7.394.598

5.699.501

général
Importations. .. Fr.
Exportations.

1911
4.620.441
2.791.387

1912
1.248.879
1.459.907

.. Fr.

7.411.828

5.708.786

C o m m e rc e

T otal . .

E x p o rta tio n s
1911
QUANTITÉS

Riz...........................
Mais........................
Peaux......................
Peaux corroyées---Soies grèges............
Poissons.................
Cafés......................
Poivres...................
Thés........................
Caoutchouc.............
Houille et charbons
Minerais.................
Zinc..........................
Etain.......................
Caprahs...................
Manioc....................

kil.
75.725

1912
VALEURS

QUANTITÉS

VALEURS

Irancs

kil.

francs

7.928
»

))

))
»

))

911

393
»

))

))

1.653

611
))

))

B

6 450
63.373
»

))

»

»

))

))

))

))

))

»

J)

»

332
158.433
))

))

336.572

))

134.628

))

8.100
»

))

b

»

))

»

»
n

1.800
))

»

))

))

))

0

))

»

))

»
»

»

»

))

b

�- 53
RIZ
Exportation des riz depuis 1897
France
Années
et Colonies
Etranger
Totaux
tonnes

1897... ..
1898... ..
1899... ..
1900... ..
1901... ..
1902.. . ..
1903... ..
1904... .
1905......
1906... .
1907. . ..
1908... ..
1909......
1910... ..
1911...,..
1912...,,.

102.804
174.261
119.467
162.609
205.729
218.709
90.000
239.754
153.933
171.019
191.422
198.270
268.755
284.794
204.963
175.271

tonnes

725.944
630.318
775.487
753.028
706.705
896.892
586.019
725.853
468.104
569.465
1.236.699
1.035.733
827.100
984.722
653.490
641.902

Ces exportations se sont réparties dans les
trois dernières années de la manière suivante :

tonnes

828.748
804.579
894.954
915.637
912.434
1.115.601
670.019
965.607
622.037
740 484
1.428.121
1.234.003
1.095.855
1.269.516
858.453
817.173

1910

1911

1912

tonnes

tonnes

tonnes

Cochinchin e etCambodge 1.106.461 663.628 551.415
162.542 189.727 254.338
Tonkin............... .......
5.128 11.420
2.843
Annam.............. . . . .
1.269.716 858.443 817.173

Le tableau suivant donne les exportations
pour 1912 dans les différents pays :

Paddy

R iz cargo

tonnes

tonnes

R iz B l a n c

Farines et Brisures

tonnes

tonnes

France......................................
Autres pays d’Europe..............
Hongkong... . '.......................
Singapore.................................
Chine........................................
Japon........................................
Indes N éerl.............................
Philippines...............................
Autres pays d’Estrême-Orient .
Amérique.................................

1.056
»
9.047
256
29
»
»
»
»
»

37.652
»
23.933
279
209
914
»
1.149
»

113.643
5
271.795
60.421
771
41.445
5.881
140.509
1.071

22.918
36.196
6.574
39.420
»
»
»
673
»
1.319

...........................

10.393

64.138

635.545

107.096

T

o t a l

Commerce
Le principal client de l’Indo-Chine pour ses
riz est la Chine qui, jusqu’aux environs de 1895
absorbait de la moitié aux deux tiers de l’ex­
portation, tandis que depuis elle n’en a plus
consommé que d’un quart à un tiers.
Au début, les Chinois exportaient des quan­
tités énormes de paddy qu’ils transformaient
chez eux en riz blanc. Pour l’éviter, une surtaxe
à l’exportation de 0 piastre, 003 cents les 100
kilos fut établie en 1882 sur les paddys cargo
contenant plus de 33 % de paddy ; en 1896,
cette surtaxe reconnue insuffisante fut portée
à 0 piastre 12 cents 1/2 les 100 kilos et la con­
séquence fut que le riz usinier en Indo-Chine
prit la place du paddy. Les importations ep.
France de riz de l’Indo-Chine sont favorisées
par un droit sur les riz étrangers de 3 fr. sur
les paddys, 6 fr. sur les brisures et 8 fr. sur
les riz entiers ou farines qui a été établi en
compensation des charges imposées à l’IndoChine par le tarif douanier de 1890.
L’exportation sur les Indes Néerlandaises, a
subi certaines variations. Jusqu’en 1885, la
Cochinchine fit avec la colonie hollandaise un
chiffre d’affaires assez élevé, qui diminua
brusquement en 1886. Depuis cette année jus­
qu’en 1892 nos exportations cessèrent brutale­
ment pour reprendre ensuite d’une façon nor­
male.
Cette interruption d’affaires fut causée par

une brusque augmentation du produit de la
récolte du riz des Indes Néerlandaises, aug­
mentation due au retour à la culture primitive
des terres autrefois cultivées en rizières et
qui avaient été transformées en champs de
cannes à sucre sur tout le littoral de Java.
A la suite de la concurrence faite aux sucres
des colonies par les sucres de betteraves, l’in­
dustrie sucrière fut momentanément délais­
sée et les champs reprirent leur destination
première.
Cette crise n’eut d’ailleurs qu’une durée li­
mitée et, dès 1892, l’accroissement rapide de
la population aidant, les riz cochinchinois re­
prirent le chemin des Indes Néerlandaises
qu’ils n’ont pas quitté.
L’exportation sur les Iles Philippines est
exclusivement composée de riz blancs. Celle
à destination des Indes Néerlandaises et de
Singapour est également en majeure partie
composée de riz blancs auxquels s’ajoutent de
temps en temps quelques milliers de tonnes de
riz cargo ou quelques centaines de tonnes de
paddy.
Production
La récolte de 1911 a été très peu abondante
en Cochinchine ; la sécheresse qui a sévi à
l’époque des semis recommencés à plusieurs
reprise est la cause initiale de cet état
de choses ; lorsque les pluies régulières furent
établies et que survint l’époque impérative

�-

du repiquage, force fut d’employer à la fois
des plants n’ayant pas atteint leur développe­
ment normal et d’autres qui se trouvaient clans
un état de croissance trop avancé. Les ron­
geurs et les insectes accomplissaient en outre
leur œuvre néfaste.
En 1912, des circonstances analogues se sont
reproduites et la récolte a été aussi mauvaise.
Au Tonkin, les circonstances ont été plus
favorables à la production. M. Goubier s’ex­
prime à ce sujet de la manière suivante (1) :
« En 1911, la récolte fortement déficitaire
en Cbine, au Japon et surtout aux Philippines
provoqua de fortes demandes en Indo-Lhine,
vers le milieu de l’année. La Cochinchine
s’efforça de répondre à tous ces appels, dont
quelques-uns étaient faits sous la menace de la
famine, mais ses disponibilités étaient de moi­
tié moindres que d’ordinaire et malgré l’offre
de prix tentants et jusqu’alors inconnus, les
arrivages de l’intérieur se faisaient de plus en
plus rares à Cholon. Le Tonkin avec des pos­
sibilités moindres, enregistrait des sorties de
riz blanc très supérieures à la moyenne. Ainsi
au 30 septembre 1911, l’exportation de riz sur
l’Etranger s’élevait à 128.365 tonnes contre
71.822 tonnes à la même époque, l’année pré­
cédente. P ar suite de toutes ces sorties, les
stocks devenaient si faibles en Indo-Chine
que beaucoup se demandaient si, pour éviter
la famine chez les voisins, nous ne favorisions
pas l’entrée de ce fléau chez nous. Les prix
s’élevaient en raison de la demande et l’indi­
gène des villes du delta tonkinois en vint à
payer cette denrée de première nécessité, sur
la base de 11 $ les 100 kilos. Des arrêtés
étaient pris au moment opportun (13 septem­
bre 1911 en Cochinchine, 15 septembre au Cam­
bodge et 25 septembre au Tonkin), interdisant
l’exportation des riz, paddy et dérivés. Vers
le milieu de novembre tout danger paraissait
écarté par la belle venue des riz hâtifs du
10e mois et l’interdiction était levée au Ton­
kin, le 15 de ce même mois. Le mouvement
d’affaires reprenait très activement, surtout
en décembre 1911 et le cours des riz et paddy,
ne tardait pas à redevenir normal.
« On s’explique que les exportateurs n’aient
pu diriger de grosses qualités de riz et dérivés
sur la France où les prix n’avaient pas subi
cette hausse formidable.
« En 1912, les récoltes de riz du 5e et du
10e mois ont eu à souffrir cependant au Ton­
kin de la sécheresse et présentaient dans leur
ensemble un rendement légèrement inférieur
à celui d’une bonne année normale, mais il ne
faut pas oublier que la récolte du 10° mois de
1911 fut excellente et que, l’arrêté du 25 sep­
tembre 1911 interdisant l’exportation des riz
et paddys ne fut rapporté qu’à la date du 15
novembre suivant, c’est pourquoi malgré l’ac­
tivité des sorties accusées en fin d’année, l’ex­
portation 1912 a pu profiter de quelques dis­
ponibilités de la précédente campagne ».
Il y a lieu particulièrement de s’arrêter sur
les conséquences économiques qu’a eues la di­
minution de la production du riz en 1911-12
sur la situation générale de ITndo-Chine.
La banque de l’Indo-Chine s’exprime à ce
(1) Port de Haïphong. Statistiques Commerciales,
1911 et 1912.

54 -

sujet de la manière suivante dans son rapport
du 14 mai 1913.
« L’année 1912 débutait en Cochinchine sous
des auspices peu favorables ; une récolte mé­
diocre ües riz en 1911 et la perspective d’une
récolte inférieure encore pour l’année en cours
laissaient le commerce de la colonie assez dé­
semparé. Il eût fallu les rendements élevés des
années antérieures pour lui permettre de répa­
rer les pertes causées par une spéculation
malheureuse que les banques, malgré leurs
efforts, n’avaient pu qu’atténuer.
« Au lieu de cetà, les quantités disponibles
pour l’exportation des riz ont atteint seulement
le total de 551.302 tonnes en diminution de
180.000 tonnes environ sur l’année précédente,
qui elle-même, avait été très réduite.
« Aussi, dès le milieu du premier semestre
se produisaient les suspensions de paiement
d’une des plus anciennes maisons de commer­
ce chinoises et d’une des plus importantes
rizeries de Saigon.
« Bien que prévu depuis un certain temps
déjà, cet événement n’en a pas moins exercé
un contre-coup funeste sur les affaires de riz,
qui constituent, comme vous le savez, la bran­
che principale du commerce et de ^industrie
en Cochinchine. Les négociants chinois et les
maisons européennes d’exportation auxquels,
dans cette circonstance difficile, nous n’avons
pas hésité à prêter toute l’assistance dont ils
avaient besoin, ont éprouvé des pertes d'une
certaine importance. En ce qui concerne plus
spécialement notre succursale, sa situation de
créancière privilégiée, en vertu des gages cons­
titués, la met à l’abri de tout mécompte sé­
rieux.
(( La crise assez intense provoquée par cet
état de choses a démontré la nécessité absolue
pour les maisons européennes de renoncer à
des méthodes de travail dangereuses et suran­
nées, de restreindre les facilités de crédit accor­
dées aux usiniers chinois et qui étaient dispro­
portionnées avec leur situation commerciale
et même avec leurs besoins réels. Elles n’ont
pas tardé à s’en rendre compte.
« Pour les engager à modifier les procédés
en usage les banques, de leur côté, ont refusé
de consentir des avances sur traites à livrer à
longue échéance, dans le but d’empêcher les
usiniers de détourner de leur destination véri­
table les fonds qu’ils auraient pu se procurer
de la sorte. Au surplus, en raison même de la
médiocrité des récoltes, certaines usines ont
dû chômer pendant une partie de l’année ;
d’autres n’ont travaillé que d’une façon rédui­
te, ce qui tend à prouver que le nombre des
usines établies en Cochinchine est trop élevé
et l’importance de certaines d’entre elles trop
grande, lorsqu’on se trouve en présence d’une
production seulement normale. Quoiqu’il en
soit, une transformation des méthodes commer­
ciales s’impose actuellement.
« D’accord avec les banques anglaises et les
maisons européennes, nous étudions un mode
de procéder qui, par la création de magasins
dans les centres importants et d’entreprises
de transports fluviaux, permettra un moyen
d’avances sur marchandises, de suivre le riz
depuis sa récolte chez le producteur annamite
jusqu’à sa sortie de l’usine pour rembarque­
ment. La tâche présente assurément de réelles
difficultés, mais nous considérons que nous

�— 55 -

devons à notre situation de Banque privi­
légiée de prendre l’initiative d’asseoir le com­
merce de l’Indo-Chine sur des bases saines et
solides. En agissant ainsi, nous lui éviterons
désormais les crises périodiques auxquelles
l’exposait l’exagération des facilités accordées
aux négociants chinois, dont la tendance spé­
culative constituait un véritable danger. Nous
accepterons avec empressement tous les con­
cours pour réaliser cette œuvre d’assainisse­
ment et de sécurité. »
MAIS
Exportation des maïs de l’Indochine
ANNÉES

1904.........
1905......... ..
1906......... ..
1907......... ..
1908......... ..
1909......... .
1910......... ..
1911......... ..
1912......... ..

FRANCE

ÉTRANGER

TOTAUX

kil.

kfl.
16.236
68.807
157.249
128.101
482
175
3.062
9.685
19.596

113.684
16.505.697
17.011.729
40.521.117
80.451.766
92.725.391
84 279.958
80.865.326
48.969.596

97.447
16.536.590
16.854.480
40.393.066
80.451.284
92.725.216
84.276.906
80.855.641
48.850.000

kil.

Pendant les trois dernières années ces expor­
tations se sont réparties de la manière sui­
vante :
1910

1911

1912

tonnes

tonnes

tonnes

Cochinchine et Cambodge. 14.903 14.707 22.910
Tonkin............................. 64.335 59.006 23.199
Annam.............................. 5.032 7 152 2.861
T o ta l ......... 84.280

80.865 48.970

Alors que l’on constate une augmentation très
sensible dans les exportations du maïs, des au­
tres colonies de l’Union, les exportations du
Tonkin ont diminué considérablement en 1912.
Ces exportations avaient suivi la progression
suivante :
1904
107 tonnes
)&gt;
1905
16.510
))
1906
4.262
))*
1907
31.662
))
1908
53.971
))
1909
59. 404
))
1910
65.141
))
1911
59.937
))
1912
23.199
M. Goubier émet l’opinion suivante au sujet
de cette diminution des récoltes 1911 et 1912 (1).
« Certains pensent que la progression des sor­
ties de maïs du Tonkin ne saurait se pour­
suivre indéfiniment, sauf augmentation de l’ai­
re cultivée, en raison de l’épuisement rapide
du sol que l’Annamite ne songe pas encore à
retarder par des assolements judicieux. On fait
cependant connaître de différents côtés, et en
particulier de la province de Langson, l’exten­
sion continue des champs de maïs, surtout dans
les hautes vallées. Le paysan indigène n’a pas
(1) Port -de Haïphong, Statistiques Commerciales,
1911 et 1912.

été long à reconnaître les avantages de la
culture de ce grain qui convient aux terrains
secs, où le riz ne réussit guère, et qui laisse
un bénéfice satisfaisant eu égard au peu de
soins et de travail qu’elle exige.
Pour 1912, malgré que la récolte ait été assez
satisfaisante, les exportations de maïs ont subi­
tement fléchi de plus de moitié ; en effet,' les
sorties sur la Métropole se totalisent par 23.238
tonnes au lieu de 59.937 enregistrées pour 1911.
La hausse du fret, le taux élevé auquel s'est
maintenue la piastre au cours de la dernière
campagne, ont fait que les maïs du Tonkin
n’ont pu être acheminés sur les marchés métro­
politains où l’abondance des envois de l’Argen­
tine et de la Plata avaient provoqué une baisse
sensible.
« D’autre part, les indigènes ont constamment
maintenu les prix maxima de vente obtenus
précédemment, sans vouloir tenir compte du
relèvement survenu dans le taux de la piastre,
la consommation du maïs sur place a été d'au­
tant plus considérable que les approvisionne­
ments en riz ont pu trouver à s’écouler dans
d’excellentes conditions pour les détenteurs.
« Des renseignements que nous possédons sur
l’extension de cette culture notamment dans les
hautes vallées nous inclinons à penser que la
campagne en cours donnera de meilleurs résul­
tats que celle de 1912, durant laquelle tant de
facteurs ont contribué au ralentissement que
nous venons de relater ».
L’Indo-Chine avec un total de 85.000 à 90.000
tonnes de maïs tient la première place parmi
les pays fournisseurs de maïs de la Métropole
dont les besoins moyens sont de 330.000 tonnes.
La République Argentine et la Roumanie ap­
portent une contribution de 60.000 tonnes cha­
cune, la Russie et les Etats-Unis forment l’ap­
point avec un total variant de 40 à 50.000 ton­
nes.
L’Indo-Chine peut donc s’adonner à la cul­
ture du maïs à la faveur du droit de 3 fr. par
100 kilos qui frappe les maïs étrangers.
Nous nous permettrons de dire quelques mots
de ce droit dont l’histoire montre combien le
système étroitement protecteur n’arrive pas le
plus souvent au but qu’il s’efforce d’atteindre
et à des effets du contraire.
La production du maïs en France est insi­
gnifiante et est entièrement absorbée par la
consommation locale de la volaille et du bé­
tail des régions productrices. Un vague député,
dont il est bien fâcheux que l’histoire n’ait pas
conservé le nom s’imagina cependant que la
protection du maïs national était indispensable
à l’agriculture française et il obtint l’établisse­
ment d’un droit de 3 fr. par 100 kilos sur les
maïs étrangers. L’unique résultat fut que les
industriels, fabricants d’alcool et d’amidon pa­
yèrent d’autant plus cher le maïs dont ils
avaient besoin et que ne leur fournit pas plus
que par le passé l’agriculture française et celleci de son côté subit une élévation équivalente
du prix des maïs dont elle avait besoin pour
son élevage en dehors de quelques rares régions
privilégiées où le maïs est produit. Cet élevage
devint d’autant plus coûteux et l’agriculture
se vit privée d’une source importante de béné­
fices. Les fabricants d’amidon de leur côté, dé­
clarèrent que du moment que, contrairement
au principe d’après lequel les matières premiè­
res à l’industrie ne sont pas taxées à leur entrée

�56 en France on mettait un droit sur les maïs
qui leur étaient nécessaires, il fallait les proté­
ger d’une manière correspondante contre les
amidons étrangers et une conséquence inatten­
due de cet esprit protecteur qui avait fait ins­
tituer le droit sur les maïs fut que les fabri­
cants de tissus de coton pour l'exportation qui
produisent des articles très lourdement char­
gés en amidon virent leur prix de revient aug­
menter, ce qui les mit en infériorité vis à vis
de leurs concurrents. C’est ainsi que pour avoir
établi un droit que personne ne demandait,
qui n’avait aucune utilité, on est arrivé unique­
ment à priver l’agriculture d’une source impor­
tante de revenus en augmentant le prix de re­
vient de son élevage et l’on a rendu plus diffi­
cile à nos fabricants de tissus la vente de leurs
produits à l’Etranger.
Il arriva cette conséquence inattendue que
ce droit de 3 fr. à l’aide duquel on voulait pro­
téger les maïs français pour ainsi dire inexis­
tants, profita à nos colonies, mais il faut bien
entendre que ce n’était nullement ce que cher­
chaient nos protectionnistes ; ils sont hostiles
à toutes les productions coloniales qui pour­
raient avoir quelque similitude avec celles de la
Métropole.
Nous ajouterons que comme punition, lorsque
émus par le prix élevé atteint dernièrement
par les matières féculentes, nos bons protection­
nistes voulurent demander la suppression de ce
droit sur les maïs, le Ministre des (Finances
pour qui, il était une excellente source' de re­
venus s’y refusa, de sorte qu’en réalité, l’agri­
culture française s’est vue doter simplement
dans cette histoire d’un impôt de plus.

SOIE
Au moment où l’exploitation de la soie prend
un développement important en Indo-Chine il
est intéressant de résumer l’histoire des tenta­
tives faites pour améliorer les procédés indi­
gènes en Indo-Chine et augmenter la produc­
tion séricicole de ce pays (1).
Vers 1870, une filature française s’installa à
Cholon, sous la direction de MiM. Francfort et
Samuel qui obtinrent une médaille d’or à l’Ex­
position de Lyon pour leur soie grège.
En 1883, un administrateur des affaires indi­
gènes, M. Ponchon fut chargé de faire le dé­
nombrement des plantations de mûriers et des
filatures, et proposer les mesures les plus pro­
pres à les améliorer. Une magnanerie fut même

installée à Saïgon, et l’on décida d’emporter
des races françaises pour les acclimater et les
croiser avec des races indigènes. Ces essais ne
furent pas plus heureux que les précédents.
Au début de l’occupation française au Tonkin, un français, Tamet, commandité sans dou­
te par des maisons de Lyon, s’installa à NamDinh pour faire du redévidage des soies natives
et l’étouffage des cocons ; cette entreprise qui
semblait devoir réussir fut abandonnée à la
mort de son promoteur.
Huit ans plus tard, M. Dadre, chargé de
mission séricicole en Indo-Chine, installa une
petite filature modèle à Nam-Dinh. Au com­
mencement de la campagne de 1900, la soie
produite par cette installation fût cotée 35 fr.
à Lyon. Enfin, une filature à vapeur de 50 â 60
bassines fut définitivement installée à NamDinh, avec une subvention du Gouvernement
général.
En 1905, le Gouverneur général de l’IndoChine, M. Beau, chargea un spécialiste en soie­
ries, d’une mission d’études qui se termina par
la formation d’une société française avec siège
à Lyon, Varenne et Cie, laquelle passa avec la
colonie d’Indo-Chine un contrat, en 1905, pour
la sélection et la distribution gratuite des grai­
nes de vers à soie, à la population indigène,
moyennant un abonnement de 1 piastre par
cent pontes de races indigènes ou autres sélec­
tionnées et ce, jusqu’à concurrence de 3 mil­
lions de pontes par an. Cette nouvelle société
reprit l’ancienne filature de Nam-Dinh en l’am­
plifiant et la réorganisant. A cette filature, on
adjoignit un atelier de redévidage. Une instal­
lation de grainage fut faite à Phû-Lang-Thuong et son directeur, M. Vieil procéda à la
sélection microscopique des graines de races
indigènes tout en les étudiant, au point de vue
de la richesse soyeuse, des améliorations pos­
sibles et des croisements. Ces diverses mesures
firent faire un pas décisif au problème sëricicole de l’Indo-Chine.
Les gouvernements locaux de l’Indo-Chine,
la Cochinchine, l’Annam, le Cambodge suivi­
rent l’exemple du Tonkin en installant des sta­
tions de grainage pour mettre des graines
exemptes de pébrine à la disposition des ma~
gnaniers indigènes auxquels les agents du Gou­
vernement enseignaient en même temps des
notions élémentaires sur l’hygiène du ver, et
par suite les soins à lui donner.
En même temps que la distribution gratuite
des graines sélectionnées aux éleveurs indigè­
nes, la Direction des Services Agricoles du
Tonkin, d’accord avec la direction de la fila­
ture française de Nam-Dinh, préconisa une bas­
sine basée sur les principes de la filature eu­
ropéenne, mais simplifiée à la portée des indi­
gènes. Cette bassine dont le coût ne dépasse
pas 15 fr., fut distribuée gratuitement à des filateurs annamites, et un Lyonnais bien au
courant de l’industrie de la soie, fonctionnaire
du service de l'Agriculture, fut chargé spéciale­
ment de montrer aux Annamites l’emploi du
nouvel appareil.
(1) A la fin de 1910, la direction des services
agricoles du Tonkin a pu installer, sous la sur­
veillance d’un de ses collaborateurs les plus
dévoués, M. Crevost, conservateur du Musée,

(1) D’après une étude publiée dans le Bullelin Eco­
nomique de l'Indo-Vhine, par M. Bui-Quang-Chieu.

de l'Office Colonial, juin 1912).

POIVRE
De 1900 à 1910, la production moyenne des
poivres de l’Indo-Chine a été de 5.114 tonnes et
la consommation moyenne en Francec de 3. 385
tonnes. Le marché métropolitain est réservé à
peu près exclusivement à l’Indo-Chine grâce à
la détaxe de 104 fr. par 100 kilos sur les droits
d’entrée dont bénéficient les poivres Indo-Chi­
nois livrés à la consommation en France.
La Chambre de Commerce et d’Agriculture
du Camborge a demandé à l’unanimité la
franchise pour les poivres cambodgiens à leur
entrée en France.
(Cette franchise n’a point été prévue dans le
projet de loi voté dernièrement par la Cham­
bre des Députés).

(1) La soie en Indo-Chine. par M. Lemarié (Bulletin

�- 57 —
sous la direction technique de M. Gachon, des
ateliers d’apprentissage, où les indigènes vien­
nent s’initier au dévidage amélioré de la soie
et où se forment des moniteurs pour les diffé­
rentes provinces.
A côté des bassines nouvelles, sont installés
des métiers où s’apprend le tissage des soies en
grande largeur. Iis diffèrent peu des métiers
indigènes. Les lisses ont été améliorées par le
technicien de la direction, et des peignes en
cuivre ont été substitués aux anciens peignes
en bambou, pour obtenir des tissus plus fins,
plus réguliers et plus serrés.
M. Gachon, en outre, a eu l’idée d’étirer en
fils réguliers les frisons, les palettes, les mau­
vais cotons, qui étaient autrefois livrés à la
carde. On en fait ainsi des tissus très solides,
résistant au lavage, à la confection desquels
sont aussi habitués les tisserands de nos ate­
liers d’apprentissage.
Malgré la date encore récente où ces nou­
veaux procédés ont commencé à se répandre,
la Chambre de Commerce de Hanoï a cru pou­
voir ouvrir, en décembre dernier, une exposi­
tion des soies qui a duré deux semaines et qui
a eu un vif succès.
On y retrouvait les anneaux traditionnels à
côté des flottes nouvelles de grèges bassines à
feu, et les indigènes ne manquaient pas de faire
la comparaison.
Ils avaient envoyé aussi toute la collection
de leurs tissus habituels. Mais le plus grand
succès fut pour les grèges de différentes fines­
ses filées à l’européenne, pour les étirés fabri­
qués avec les sous-produits et pour les nou­
velles étoffes ; pongée de soie pure, dévidée,
tussor tonkinois en fil de cocons étiré, shantungs. en étirée de palette, surah, soie brochée,
toile de soie.
Des broderies artistiques sur satin de Lyon
et sur toile de soie, dans une catégorie spéciale,
marquaient un progrès si accusé que la Cham­
bre de Commerce a décidé d’organiser à une
date peu éloignée, une exposition spécialement
réservée à ces produits.
Une collection de ces échantillons a été envo­
yée à l’Institut Colonial de Marseille qui l’a
installée dans son Musée Commercial et l’a sou­
mise aux principaux spécialistes de la région.
Ceux-ci ont été très intéressés par ces articles
et se sont mis directement en rapport avec la
Chambre de Commerce de Hanoï et les produc­
teurs Tonkinois.
(1) Des installations mécaniques pour la fila­
ture et le- tissage de la soie fonctionnent égale­
ment en Indo-Chine depuis plusieurs années.
Une filature mécanique avait été installée à
Hanoï par un des plus anciens colons du Tonkin, M. Bourgoin-Meffre ; elle fut abandonnée.
En Annam, MM. Delignon et C. Paris avaient
inauguré en 1903, à Phu-Phong (province de
Binh-Dinh) une filature, un moulinage et un
tissage mécanique de soie (4-8 bassines fileuses
à 4 bouts et 16 bassines batteuses : 1.500 bro­
ches ; 25 métiers mécaniques.
De 1904 à 1911, M. Delignon demeura seul
propriétaire de l’établissement de Phu-Phong.
En janvier 1911, il constitua la Société Anony­
me des Etablissements L. Delignon ; l’usine
comprend aujourd’hui 100 bassines fileuses (48
(1) Comité du Commerce et de l’Industrie d’IndoChine (octobre 1911).

à 4 bouts et 52 à 6 bouts), 42 bassines laiteuses,
3.000 broches ; 55 métiers mécaniques.
Au Tonkin, MM. Dadre et Depincé obtinrent
en 1904 de l’Administration, sous certaines con­
ditions à remplir, une subvention fixe de 1.000
piastres pendant huit ans, ainsi que la pro­
priété des immeubles et du matériel de la fila­
ture d’essai de Nam-Dinh. En 1905, ces Mes­
sieurs cédèrent leurs droits à la Société Fran­
çaise des Filatures de soie du Tonkin qui cons­
truisit à Nam-Dinh une filature à vapeur de
64 bassines fileuses à 4 bouts et 28 bassines bat­
teuses.
Il existe actuellement en Indo-Chine trois
filatures mécaniques ; deux appartiennent à
des Français ; celle de Phu-Phong (Annam) et
celle de Nam-Dinh (Tonkin). La troisième à
Thai-Binh (Tonkin) est la propriété d’une asso­
ciation indigène nommée Dong-Ich, formée
par la fusion des Sociétés Dong-Loi et provin­
ciale de Thaï-Binh. Cette filature comptera in­
cessamment 40 bassines fileuses.
Cette activité s’est traduite par un dévelop­
pement important des exportations de soie.
Celles-ci qui avaient été de 68.656 kilos en 1909
et de 87.323 en 1910 sont passées à 101.529 k.
en 1911. Il y a eu une légère diminution en 1912
(98.481 kilos) qui est expliquée de la manière
suivante par le service de l’agriculture (1).
La chaleur exceptionnelle du début de l’été,
durant les mois de mai et de juin, puis les
pluies abondantes survenues ensuite, ont causé
de sérieuses pertubations dans les élevages de
vers à soie et provoqué de nombreux échecs
amenant la raréfaction des cocons, et, par sui­
te, l’élévation des cours de vente.
Mais la cause principale de la petite crise
commerciale qui a surgi entre les acheteurs et
les magnaniers, semble d’après les renseigne­
ments recueillis à Thai-Binh auprès de diver­
ses notabilités et de sériciculteurs importants,
résider dans l’élévation du taux du change, en
sapèques anciennes, de la piastre de commerce
indo-chinoise.
En effet, à Thai-Binh en 1911, le taux moyen
d’une piastre de commerce était de 4 ligatures,
2 à 4 ligatures, 3 tandis que durant le cours de
cette année le change a oscillé entre 3 ligatu­
res 2 et 3 ligatures 3. Cette différence qui repré­
sente une augmentation de 25 % se traduit par
une perte équivalente au détriment de l’agri­
culteur producteur pour qui l’usage de la sapèque est indispensable dans les relations écono­
miques de son milieu.
D’autre part, l’élévation constante du taux
de la piastre en francs, depuis le commence­
ment de 1912 jusqu’à ces derniers jours n’était
pas sans apporter une gêne énorme au cdinmerce d’exportation et ne pouvait guère per­
mettre aux industriels de compenser par une
hausse des prix d’achat la perte du change
subie par les sériciculteurs.
Le prix moyen d’achat des cocons à la fila­
ture de Thai-Binh à été 0 piastre 70 à 0 pias­
tre 75 le kilog.
La production de soie grège, 1er choix de cette
usine atteindra 700 kilos cette année-ci contre
800 kilos en 1911.
Le redévidage et le reflottage mécaniques
pour les soies grèges, filées à l’européenne à
l’aide des bassines à feu perfectionnées, bien
(1) Bulletin Economique de Vlndo-’.hine, IT, 1913.

(5)

�— 58 —
qu’étant en parfait état de fonctionnement, n’a leur est nécessaire pour travailler pendant l’hi­
pas pu être utilisé par suite de l’absence de ma­ ver, en attendant les mois d’avril et de mai,
époque des premières tombées de cocons. Elles
tières premières.
Les filateurs annamites ont évidemment eu seront donc obligées de suspendre leur fonc­
un certain intérêt à filer de la soie en anneaux tionnement pendant trois ou quatre mois, à
qu’ils vendaient, pour l’usage indigène, de 33 moins qu’elles ne filent, comme elles le projet­
à 40 p. (on a même cité le prix de 42 p. pour tent, des cocons secs provenant de l’Annam.
La réussite de cette solution est à souhaiter,
les anneaux extra) les 100 taels, soit 4 kilos, ce
qui représente un prix de 8 p. 25 à 10 p. le kilo, afin d’éviter la dispersion et le désentraîalors que les soies bassines à feu filées pour nement de la main d’œuvre ouvrière qui a ac­
l’exportation nécessitant un travail beau­ quis un degré d’habileté très satisfaisant.
La filature à vapeur de la Société Dong-Ich
coup plus soigné, ne pouvaient être payées que
de 10 p. à 10 p. 50 maximum pour les soies fi­ de Thai-Binh a répondu aussi bien qu’il était
permis de l’espérer, aux prévisions que fon­
nes, le kilog.
Les frisons étirés se sont vendus jusqu’à daient sur elle les fonctionnaires qui se sont
4 p. le kilog, lors que ce produit ne peut être occupés de la mise au point de cette entreprise
indigène.
payé que de 7 à 7 fr. 50 en France.
Les sériciculteurs de la région y trouvent, à
Depuis près de quinze ans, les produits so­ des
prix qu’il ne serait guère possible de
yeux indigènes n’ont atteint des taux aussi éle­ dépasser,
un écoulement assuré pour leurs co­
vés.
cons et leurs soies, ainsi que le paiement au
Il faut cependant espérer que ce ne sera comptant,
avantage qu’ils n’ont pas toujours
qu’un à-coup purement passager et que les di­ avec les filateurs
ou les acheteurs pour la con­
verses causes de la hausse des cours locaux,
mentionnés plus haut, ne paraîtront pas ou sommation locale.
s’aplaniront pour le plus grand bien du déve­
MINERAIS
loppement de l’industrie séricicole et des rela­
L’exploitation des minerais est limité pres­
tions commerciales de la colonie avec la Métro­
que entièrement au Tonkin.
pole.
Les exportations des minerais métalliques du
Les filatures de Nam-Dinh et de Thai-Binh
n’ont pu constituer l’approvisionnement qui Tonkin se sont élevés aux chiffres suivants : (1)
NATURE DES OUVRAGES

Zinc..........................................
Antimoine...« ..........................
Etain et Wolfram...................
Cuivre......................................
Plom b......................................
A utres......................................

1°

T otaux

s

t

, ■ -u&gt;.
V*' y r P
W s o /' y
, rvvA

a n n u e l s ..........

1910

1911

1912

kil.
14.022.619
»
214.270
30.150
))
))

kil.
18.834.556
48.000
203.612
32.460
»
»

kil.
27.809.584
719.397
215.368
28.759
43.026
3.485

kil.
25.481.367
535.805
281.829
54.967
116.172
6.363

14.276.039

19.118.628

28.819.619

26.476.503

1909

On note un léger fléchissement sur les
sorties effectuées en 1912 par suite de difficultés
éprouvées avec la main-d’œuvre. La plus
grande partie de l’exportation est dirigée sur
Dunkerque et sur Anvers ; ainsi en 1912 sur
26.476 tonnes 15.787 ont été dirigées sur Dunker&lt;IU6 et 9-705 sur Anvers.

^ M)/' Minerais de zinc. — Le minerai de zinc re/p ré se n te environ 96 % de la totalité des mine\ , \ùr r .Njs métalliques exportés, il y participe, en
fTffet à raison de 25.480 tonnes sur 26.476.
Dans ces chiffres la Société Minière du Ton­
kin (2, rue F. Garnier, Haïphong), intervient
, à raison de 10.230 tonnes de calamine et 2.190
tonnes de blende, dont la teneur moyenne est
d’environ 50 % provenant de la région de
Lang-Hit (province de Thai-Nguyên).
La Société des Mines de Trang-Da (province
de Tyên-Quang) a fourni de son côté 10.955
tonnes de calamine dont la teneur moyenne
varie de 40 à 60 %
La Société Civile de Than-moi (province de
Lang-Son) a également exporté 520 tonnes de
calamine et 1.1,90 tonnes de blende (teneur
moyenne 58 %.

La Société Minière de Yen-Linh (province de
Tuyen-Quang et la Société d’Etudes minières du
Tonkin (province de Thai-Nguyên) ont fourni
ensemble 380 tonnes de calamine formant le
complément des 25.480 tonnes accusées en sor­
ties pour 1912.
Minerais d’étain-Tungstène et Wolfram.— Ces
minerais représentent pour le Tonkin, une
sortie de 237 tonnes provenant des gisements
groupés aux alentours du massif granitique du
Pia-Ouac, situé à une soixantaine de kilomè­
tres à l’Ouest de Cao-Bang.
Les principales exploitations sont les sui­
vantes :
La Société des Mines d’étain du Haut-Tonkin
(au capital de 375.000 francs divisé en 750 ac­
tions de 500 frs entièrement libérées) qui ex­
ploite les usines Beausite, Juellis et Saint-Galmier et figure aux sorties de 1912,pour 103 ton­
nes dont la composition se présente comme
suit : Etain 53 %, acide tungstique 21 %.
La Société des Etains et Wolfram du Ton(1) M. Goubier, Port de Haïphong. Statistiques

Commerciales, 1911 et 1912.

�- 59 —
kin (ancienne société des Mines d’Etain de CaoBang a été fondée en 1911 au capital de 3 mil­
lions de francs et exploite les gisements de
Sainte-Adèle et Saint-Alexandre. Elle a exporté
en 1912, 73 tonnes dont la teneur se rapporte
au Wolfram à 70 % d’acide tungstique.
La Société des Mines du Pia Ouac au capi­
tal de 650.000 fr. exploite les concessions Ariane
et Phèdre et figure à l’exportation pour 30 ton­
nes de minerai mixte : Cassitérite et Wolfram.
Enfin le groupement de Tinh-Tuc a fourni de
son côté, 31 tonnes également composées de
cassitérite et de Wolfram.

La légère baisse observée en 1912 est due à
de nombreux éboulements causés par les pluies
qui ont arrêté la production en août et sep­
tembre.
Jusqu’à présent on exploitait principalement
des charbons maigres ou anthraciteux. Les mi­
nes de Phan-Mé (province de Thai-Nguyen) ne
tarderont pas entrer en pleine activité. Ces mi­
nes présentent un grand intérêt car elles con­
sistent principalement et charbon gras pou­
vant être substitué au charbon japonais actuel­
lement utilisé clans la fabrication des briquet­
tes.

HOUILLE
La production du Tonkin s’est élevée en 1911
à 450.700 tonnes et en 1912 à 431.120 tonnes,
non compris les briquettes. La Société Fran­
çaise des Charbonnages du Tonkin à Hongay
fournit 70 % de la production.

Le tableau suivant établit un parallèle en­
tre les années 1908 et 1912. Il comprend en bloc
les industries européennes, chinoises et anna­
mites.

Capitaux
Nombre
d’établissements
Fr.
1908...
1912...

85
85

41.750.000
50.000.000

L’essor de l’industrie européenne ne se ra ­
lentit pas. Il y a lieu seulement de noter
quelques échecs dans les entreprises de travaux
publics. La période des grands travaux dura
de 1898 à 1902 et les entrepreneurs ne surent
peut être pas borner leurs frais d’installation
à la courte durée que devaient avoir les tra ­
vaux. Les entreprises des travaux publics sont
actuellement réduites à huit établissements,
avec un capital d’environ deux millions de
francs et un personnel indigène de 1.400 ou
vriers sous la direction d’une trentaine d’Eu­
ropéens.
Les distilleries d’alcool (Société des distille1
ries du Tonkin à Hai-Duong, Société des Distil­
leries d’Indochine à Hanoï et Nam-Dinh, F.
Maron, à Hanoï), fonctionnent normalement
Leur capital est d’environ 8 millions de francs
et elles occupent 450 ouvriers indigènes et 15
Européens.
Il y a eu une certaine baisse dans la produc­
tion des essences, due surtout à la baisse des
prix. Il y a lieu d’escompter à la faveur de la
hausse qui s’affirme, une reprise normale des
opérations des distilleries, de Tuyen-Quang,
Hung-Hoa et Son-Tay.
Les trois filatures de coton : Meiffre, Cou­
sins et Cie, à Hanoï, Société Cotnnière du Ton­
kin à Haïphong et Nam-Dinh comptant res­
pectivement 11.000, 24.000 et 25.000 broches con­
tinuent à obtenir des résultats satisfaisants.
Leur capital est de près de 7 millions de francs
la force motrice de 2.500 chevaux et le nom­
bre d’ouvriers de 1.950.
11 y a lieu de citer la scierie de Hanoï (So­
ciété Forestière du Tonkin, la Scierie de m ar­
bre et de pierre calcaire de Keso (Maison Guil­
laume et Allemand) l’imprimerie Taupin et Cla,
la Société d’imprimerie d’Extrême-Orient.
La filature de soie créée à Nam-Dinh par la
Société Française de Sériciculture et de Fila­
ture de Soie de l’Indochine est en plein fonc­
tionnement.

INDUSTRIE AU TONKIN (')

Force
Chevaux

Employés
européens

Ouvriers
d’art

Ouvriers
indigènes

10.318
12.000

230
220

092
750

15.300
17.058

MM. Verneuil et Graveraud et Chevance et
Cie ont créé à Hanoï deux ateliers pour la fabri­
cation des pousse-pousse à roues caoutchou­
tées.
MM. Larue Frères possèdent au Tonkin deux
usines à glace à Hanoï et à Haïphong au capi­
tal de 6U0.000 frs. Ils emploient 80 ouvriers
et une force motrice de 200 chevaux.
Il y a au Tonkin 5 usines de céramique :
celles de la Société Anonyme des Tuileries
d'Indochine à Hanoï et à Dap-Cau fabriquent
tous les articles pour la construction depuis
la brique ordinaire jusqu’au carrelagge émaillé
et aux articles en ciment comprimé ; les au­
tres usines sont celle de M. Clément, à YenVien, celle de M. Krug à Vat-Cach-Thuong et
celle de M. Caralp à Nam-Dinh, ces usines
représentent un capital de 1.200.000 francs, em­
ploient une force motrice de 640 chevaux et un
personnel de 800 ouvriers au minimum.
La « Société d’électricité de l’Indochine » a
une station à Hanoï et une station à Haïphong
pour l’installation desquelles le capital sous­
crit a été de 2.500.000 francs. Les dynamos sont
actionnés par 1.780 chevaux vapeur et servies
par 220 ouvriers environs. La situation de cette
entreprise est des plus brillantes grâce aux con­
trats intervenus avec les municipalités et avec
le Protectorat.
M. de la Pommeraye et Cle ont monté à Ha­
noï un atelier pour l’éclairage par l’acétylène.
La Brasserie de Hanoï (Brasserie Hommel)
prend de plus en plus d’extension. Son capital
actuel est de 800.000 frs. Le matériel des plus
perfectionnés, est actionné par un moteur de
200 chevaux. Le personnel est de 80 hommes
ou femmes indigènes. L’écoulement de cette
bière est assuré au Tonkin même et la pro­
duction atteint 6.000 hectolitres.
Une deuxième brasserie (Grande Brasserie
Indochinoise de Hanoï) est en formation.
(1) Bulletin Economique cle VIndo-CIdne, 2-19 3.

�— 60 MM. Saint Frères ont renoncé à continuer
les essais tentés dans leur usine de Gia-Lâm
pour la préparation du jute.
La cimenterie de Haïphong, fondée au capi­
tal de 7 millions de francs occupe près de 1.500
ouvriers sous la surveillance et la direction de
8 Européens et une force motrice de 850 che­
vaux.
La création de l’huilerie savonnerie de Haï­
phong faisait présager, après les intéressants
essais de M. Faussemagne, un succès assuré
pour son successeur, M. Flambeau, qui avait
réussi à grouper autour de lui d’importants
concours tonkinois dont l'apport s’élevait à
1.200.000 francs. Frappé par l’intérêt que pré­
sente cette exploitation industrielle, un groupe
de commerçants a décidé de la remonter sur
des bases nouvelles. Les savons de Haïphong
ont déjà pu concurrencer avec avantage les
produits anglais, japonais et allemands sur les
marchés de Shanghaï, Hongkong, Saïgon et du
Yunnan.
D’ici quelques mois, l’usine de Camly près
de Luc-nam, pourra recommencer à fonction­
ner pour la préparation des huiles de ricin.
L’arrêt dans la marche de cette usine, a été
motivé par la maladie et le décès de son pro­
priétaire, M. Levaché. Gette usine possède
des machines hydrauliques et des presses de
différents systèmes.
P ar contre, la féculerie de Luc-nam dont les
tapiocas avaient déjà conquis une place im­
portante sur le marché, a interrompu sa fabri­
cation.
Il y a lieu de signaler également l’intéres­
sante création à Haïphong, par MM. Baud
et Sauvage, d’une fabrique de peinture à base
d’huile d’abrasin produite dans le pays et dont
la consommation devient chaque jour plus im­
portante.
Après les essais tentés par M. Berthoin à
Dap-Cau, une société (Société des pulpes et
papeteries du Tonkin) vient de se constituer
au capital de 1.500.000 francs à Viètri. L’u­
sine installée dans le centre même et sur le
bord de la rivière Claire, en est à ses débuts.
Elle produit actuellement près de 3 tonnes de
pâte par jour. Le matériel est des types les
plus récents.
Les rizeries sont au nombre de deux au Ton­
kin établies à Haïphong.
La Société des rizeries du Tonkin, société
anonyme au capital de 100.000 francs, a été
fondée en décembre 1909. Elle traite journelle­
ment 130 tonnes de paddy environ. Son chiffre
d’affaires est de 1.500.000 francs par an.
La Société des rizeries Indochinoises, à Haly,
près de Haïphong, fondée en août 1910' au
capital de 300.000 francs, a installé également
une usine qui a commencé à travailler en mai
1911. Le chiffre d’affaires annuel serait d’en­
viron 2.500.000 fr.
Une tannerie s’est fondée en janvier 1912 sous
la raison sociale : Société anonyme des Tanne­
ries d’Indochine. Elle est établie à Thuy-khué
près de Hanoï. Complètement montée en sep­
tembre 1912, elle commençait à produire à
cette date, elle entrera en pleine activité avant
la fin de l’année. D’ores et déjà, l’on peut juger
tant d’après l’accueil fait aux produits de cette
entreprise industrielle par l’autorité militaire
et pa.r les particuliers que d’après les essais

de résistance auxquels ils ont été soumis, que
le succès répondra aux efforts des fondateurs.
Il est à noter que le capital (375.000 francs), a
été entièrement souscrit par des commerçants
ou industriels tonkinois. Le matériel d’origine
française, sort des ateliers spécialistes Krempp
et est muni des derniers perfectionnements. Il
est actionné par une force de 140 chevaux va­
peur et servi par une cinquantaine d’ouvriers
dressés par un ingénieur chimiste spécialiste,
sortant des premières usines similaires de
France.
Les cuirs pour semelles et de bourrellerie
sont destinés à la consommation locale ; les
vachettes et chevreaux vernis et glacés (im­
portés bruts du Yunnan) seront exportés sur
l’Europe.
L’usine des eaux de Hanoï appartient à une
Société fondée au capital de 600.000 francs. La
machinerie développe 330 chevaux de force et
occupe 50 ouvriers environ.
La situation de cette usine est des plus pros­
pères, elle est titulaire de plusieurs contrats
passés avec l’administration.
La fabrique de conserves de M. Rousselet,
à Thi-Cau, après une longue période d’efforts
soutenus, a réussi à imposer ses produits qui
sont très appréciés dans la colonie et font l’ob­
jet déjà d’une exportation assez sérieuse.
La blanchisserie de M. Pierre, à Hanoï, a été
montée au début de cette année. Cette entre­
prise dispose d’un matériel perfectionné pour
les différentes opérations de lavage et de lessi­
vage, de séchage et de repassage. Elle emploie
un moteur électrique de 12 HP : 40 femmes et
10 coolies.
M. Lachal a fondé en 1909 une savonnerie
dont la production est destinée principalement
à la consommation indigène.
L’usine est située à Hanoï, rue Pavie, les
magasins de vente sont Rue Paul-Bert.
Le matériel qui comprend une chaudière à
feu vu, deux cuves de 1.500 kilos pour l’empâ­
tage et des mises pour la solidification, des
coupeuses et frappeuses produit annuellement
10.000 caisses soit environ 200 tonnes.
Les débouchés actuels sont le Tonkin et le
Nord-Annam.
Le personnel comprend un directeur fran­
çais, deux contremaîtres savonniers et une
vingtaine d’ouvriers indigènes, dont 4 femmes
et 2 enfants.
Sous peu, une huilerie serait installée à côté
de la savonnerie, en vue d’améliorer encore
les conditions et l’importance de la fabrication.
Sous la raison sociale —• Société anonyme
française pour la fabrication et la vente d’ex­
plosifs en Extrême-Orient —, une société s’est
constituée en 1900. Les produits sont les explo­
sifs cheddites fabriqués d’après les procédés
concédés à la Société par MM. Berges et Corbin de Chamonix. Le capital initial de 150.000
francs a été porté à 300.000 francs.
L’usine a été édifiée à Phu-xa, près Hanoï,
sur un terrain de 40.000m2 environ. Elle com­
prend 15 bâtiments en maçonnerie (logement
du directeur, ateliers et poudrières protégées),
une dizaine de constructions en torchis ou
paillottes à usages divers.

�— 61 Les principaux débouchés sont le Yunnan, le
Tonkin et l’Annam.
Le personnel se compose de :
1 Directeur et un surveillant français ;
37 contremaîtres ouvriers (hommes et
femmes) indigènes .
La production journalière peut atteindre
une tonne et demie.
COLONISATION EUROPEENNE EN 1912
Gochinchine

La superficie des terrains domaniaux aliénés
pendant les neufs premiers mois de l’année est
de 71.009 hectares.
La moitié environ a été demandée en vue
de la création de plantations : il faut y voir
l’effet de la vogue dont jouit l’hévéa (33.006 H.).
Un grand intérêt s’attache à la réussite de
ces plantations dont la mise en valeur a com­
plètement modifié la physionomie des provin­
ces de l’Est et sur lesquelles, vu le moment
prochain de la production des plus anciennes,
on peut compter pour pallier les effets regret­
tables de la monoculture.
Trente huit mille hectares ont été demandés
en vue de la création de rizières, et sur ce
chiffre, plus de trente mille hectares par
des indigènes. Lè chiffre est à noter. Il est le té­
moignage de la vitalité agricole de la colonie
et de la race. On a signalé souvent combien la
Cochinchine, pays où'il existe peu de capitaux
et surtout où les rares capitaux ne présentent
point de liquidité, avait été éprouvée par deux
récoltes mauvaises et combien par suite avait
été intense le resserrement économique qui
en était la conséquence inéluctable. L’on peut
donc, à bon droit, se féliciter de voir les indi­
gènes sur qui surtout a pesé le poids des mé­
comptes agricole'- des dernières années, trou­
ver néanmoins l’énergie et les ressources néces­
saires à une extension aussi considérable de
leur propriété foncière. Ce sont là des symp­
tômes rassurants
Au surplus, l’examen des chiffres ci-dessus
permet de se rendre compte de l’heureuse har­
monie du développement parallèle de la coloni­
sation française et de l’agriculture indigène.
Nul antagonisme n’existe entre elles ; elles se
complètent l’une l’autre et il n’est point chi­
mérique d’espérer que très prochainement elles
se fortifieront réciproquement.
Tonkin

La colonisation européenne suit une marche
lentement ascendante. Le nombre des deman­
des de concessions provisoires s’est élevé à
16 pendant les onze premiers mois de l’année,
mais 10 de ces demandes portent sur des lots
de terrain à bâtir au Tam-Dao...
Des commissions visitent depuis plusieurs
mois les concessions dont la mise en culture
doit être achevée. Leurs opérations vont assu­
rément entraîner le retour au domaine de ter­
rains d’étendue considérable. Jusqu’à mainte­
nant, 3 concessions ont été accordées défini­
tivement et deux déchéances ont été pronon­
cées.
La situation des colons français est en gé­
néral assez satisfaisante. Les récoltes de riz

ayant été bonnes, les redevances ont presque
toujours pu être payées sans difficultés aux
planteurs qui pratiquent le métayage.
Les plantations de café, dont la récolte avait
été extrêmement faible en 1911, sont dans
une position bien meilleure à la fin de cette
année. Les attaques du borer ont été combat­
tues efficacement, par l’arrachage des pieds
malades, sur les concessions qui avaient eu
à souffrir de cette maladie. La floraison s’est
faite dans de bonnes conditions : la récolte
s’annonce comme devant être d’une bonne
moyenne et parfois même supérieure.
De nouvelles variétés de caféier sont mises à
l’essai sur les principales plantations des ré­
gions de Chiné, Phu-Nho-Quan et de TuyenQuang. Les colons recherchent surtout des
plantes assez vigoureuses pour résister faci­
lement aux insectes à larves perforantes ; leurs
essais portent sur les cafés de Liberia, Stenophylla et du Chari.
Les plantations de caoutchouc sont dans un
état stationnaire. Les colons qui ont entrepris la
culture du ficus elastica attendent d’avoir
obtenu des résultats satisfaisants pour étendre
leurs exploitations. Un colon de Thai-Nguyên
a créé des pépinières d’Hevea, malgré les
échecs subis jusqu’ici par les essais officiels
d’introduction de l’Hevea sous le climat du
Tonkin, qui ne semble pas convenir à cette
plante équatoriale.
On trouve, sur un certain nombre de con:
cessions, des champs importants de lemongrass (citronnelle, verveine du Tonkin). La
hausse de l’essence de lemon-grass a rendu à
cette plante l’intérêt qu’elle avait perdu pen­
dant l’année 1910 ; aussi la culture s’en estelle très notablement étendue.
Les planteurs de thé s’attachent à améliorer
la préparation de la feuille et se sont lancés
dans le commerce de la fleur qui, sans donner
de gros bénéfices, est pourtant digne d’inté­
rêt. La récolte de 1912 a été abondante. Malheu­
reusement le commerce exclusivement indochinois de la fleur de thé se trouve gravement
entravé par l’assimilation récente faite par la
Métropole, de ce produit spécial, très pauvre
en alcaloïde, aux thés véritables.
La culture des textiles, chez les colons fran­
çais,est dans un état stationnaire. Les surfaces
en agave ne se sont pas accrues.Quant aux es­
sais de culture de coton,caravonica et de ramie
tentés par un colon de Yên-Bay, ils ont abouti
à un échec facile à prévoir, d’après les nom­
breuses observations antérieures enregistrées
par les services techniques. Le coton arrive
difficilement à m ûrir ses gousses sous le cli­
mat humide de la Haute Région ; quant à la
ramie, la main-d’œuvre nécessaire au défibrage
est trop considérable pour que son exploita­
tion soit rémunératrice.
La culture du jute s'étend lentement chez
certains colons des régions de Phu-Doan et
de Phu-Yên-Binh. Le grand obstacle à cette
culture, les expériences passées du service
agricole l’ont démontré, c’est la place qu’elle
doit occuper dans les assolements ; elle arrive
à des époques qui "Ane les récoltes antérieures
ou postérieures, en déplaçant les dates aux­
quelles les opérations qui les concernent doi­
vent se faire et elle réclame la main-d’œuvre
au moment où celle-ci est sollicitée par d’autres
travaux plus importants.

�— 62"Les plantes à huile sont peu cultivées par les
colons. On rencontre seulement chez les plan­
teurs de café, des bancouliers et des abrasins
utilisés comme arbres d’ombrage. Le produit
de ces arbres est peu important ; il se trouve
encore diminué par les vols qu’il est à peu près
impossible d’empêcher. La récolte de 1912 a
été moyenne. Les demandes de la Métropole
portant sur cet oléagineux deviennent de plus
en plus importantes.
Plusieurs colons recherchent les plantes de
bon rapport qui pourraient être cultivées avec
profit concurremment avec le café. Il y a lieu
de signaler à ce sujet les essais de M. Blanc à
Son-Cot et de M. Bernard, à Yên-Lay qui por­
tent sur le tabac , la canne à sucre, la vanille,
la camomille, le vétiver, le piment, etc. Il se­
rait intéressant pour ces colons de profiter des
bonnes dispositions de la Régie française et
de faire naître rapidement avec la Métropole
un courant commercial qui pourrait prendre
d’assez, vastes proportions et créer pour le Tonkin une nouvelle source de richesse. Mais leurs
plantations ne se trouvent pas situées dans les
régions dont le produit a été reconnu supérieur
par la commission interministérielle des ta­
bacs. D’autre part, les indigènes sont encore
incapables de comprendre l’avantage qu’ils au­
raient à y développer cette culture et les
qualités qu’ils demandent au tabac sont très
différentes de celles qu’exigent les manufactures
d’Europe.
Les sollicitations du Département demeurent
donc tout à fait vaines en ce qui concerne
cette culture.
Annam

La colonisation européenne a fait peu de
progrès en Annam durant la période des douze
derniers mois. Elle se développe avec une len­
teur extrême en raison des difficultés que les
colons déclarent rencontrer pour le recrute­
ment de leur main-d’œuvre.
Dix concessions provisoires ont été accordées
en Annam depuis le 1er juillet 1911. Ce sont :
Dans la province de Thanh-Hoa : Une con­
cession de 92 ares, 50 centiares accordée par
arrrêté du 22 juillet 1911 à M. Prompt à BinSon. Ce planteur se propose d’y entreprendre
la culture du café et d’y édifier des bâtiments
d’exploitation agricole.
Line concession de 560 hectares 56 ares 98
centiares accordée par arrêté du 3 octobre 1911
à M. Guy (Léon), à Bim-Son. Ces terrains qui
faisaient partie de l’ancienne concession Didon
dont M. Guy a obtenu à titre définitif 190 hec­
tares sont déjà pour une part, mis en valeur
par ce colon.
Dans le Thanh-Hoa : Une concession de 498
Ha. 87 a. 75 ca. accordée par arrêté du 20 sep­
tembre 1912 à M. Gautier jean, à Yen-Nam.
Dans le Nghé-An une concession de 120
hectares accordée par arrêté du 25 juillet IP11
à M. G. Ferez. Le concessionnaire se propose
d’y cultiver le jute et d’v faire des pâturages.
Une concession de 8 ares. 68 accordée "par
arrêtée du 2 mai 1912 à M. Eyckermann, colon
à Xiên-Khouang, à Cua-Rao. Cette concession
n’a pas un caractère agricole, elle a pour but
l’installation d’un entrepôt pour le commerce
des produits laotiens, caoutchouc et autres,
provenant du Trân-Ninh.
Dans le HàTinh : Une concession provisoire

de 64 ares accordée par arrêté du 19 juillet
1912 à MM. Guichard frères.
Line concession définitive de 1 Ha 4 a. 66 ca.
accordée à M. Siess par arrêté du 30 août 1912.
Dans le QuangNgai : Une concession de
50 hectares accordée par arrêté du 25 jan­
vier 1912 à M. Tissier, domicilie à Trung-Son ;
le concessionnaire a l’intention de mettre ces
terrains en valeur par la culture du thé, du
poivre et du café.
Dans le Binh-Dinh : Une concession de 500
hectares accordée par arrêté du 21 juillet 1911
à M. Delignon à Phu-Phong. Ces terrains se
composent en majeure partie de rizières aban­
données que le concessionnaire veut remettre
en culture ; il se propose, en outré, de plan­
ter les points élevés en caoutchouc du Para.
Dans la province de Khanh-Hoa : Une conces­
sion de 35 hectares, accordée par arrêté du
27 juin 1912 à M. Salomez, entre Thuy-Triêu
et Cam-Linh sur la baie de Cam-Ranh. Le bé­
néficiaire a l’intention de cultiver ces terrains
en rizières, en thé et en café.
Deux concessions provisoires ont été trans
formées en concessions définitives. Ce sont :
Dans la province de Nghê-An : La conces­
sion Lejeune, à Anh-Son, de 110 hectares,
accordée définitivement par arrêté du 24 août
1911. Cette concession est cultivée pour la plus
grande partie en maïs ; deux petits mamelons
qui s’y trouvent sont plantés en caféiers. Il
existe sur ces terrains une métairie en bois
couverte en chaume avec communs et étalons.
Dans la province de Hà-Tinh : La concession
Mann, à Binh-Lang, de 70 hectares, accordée
définitivement par arrêté du 24 mai 1911. Ces
terrains ont été transformés en entier par le
concessionnaire en pâturages d’attente pour les
bestiaux dont il fait le commerce. Deux éta­
bles couvertes en tuiles ont été élevées.
La mise en valeur des concessions existantes
s’est poursuivie d’une façon normale ; elle a
eu à subir, elle aussi, les conséquences des
mauvaises conditions climatériques qui ont nui
aux cultures indigènes.
Dans le Nord, les importantes concessions
de MM. Chazet, Bordet et Ferez forment un
ensemble de près de 1.500 hectares presque en­
tièrement défrichés et mis en culture. Les
plantations de café (arabica) leur ont déjà
donné les résultats les plus encourageants.
Leurs troupeaux comptent ensemble de 1.400 à
1.500 têtes de bétail, parmi lesquels certains
sujets ne seraient pas déplacés dans nos con­
cours agricoles de France. MM. Chazet et
Ferez ont entrepris en outre sur une assez
.grande échelle la culture du jute indien. La
sécheresse exceptionnelle de l’été dernier a
sensiblement diminué, pour cette année, le
rendement de cette culture ; néanmoins, le pro­
duit est largement rémunérateur, étant donné
sa très belle qualité qui lui a valu jusqu’ici de
faire prime sur les marchés du Havre et de
Dunkerque.
Dans la province de Vinh, la situation est
stationnaire. Les frères Chazet, qui ne faisaient
jusqu’ici que du jute et de l’élevage, ont planté
cependant de vastes espaces en caféiers, plan­
tations qui leur donnent actuellement les plus
belles espérances.
M. Guy, planteur dans la province de QuangTri a fait l’acquisition de 1.140 marcottes, 1.100
plants de ficus elastica et 2.800 lianes de caout-

�— 63 —
chouc de Madagascar à la station de Huê. La
cession des plants de cette dernière espèce est
faite gratuitement, cette liane a été récemment
importée en Annam où elle est de belle venue.
Les sujets que possèdent les services agri­
coles et commerciaux sont encore trop jeu­
nes pour servir aux expériences qui permet­
tront de recueillir les enseignements pratiques
sur la valeur industrielle de cette essence eii
Annam.
Les colons, relativement nombreux, installés
dans la province de Quang-Nam mettent tous
leurs efforts au développement de leurs cul­
tures. Les principales de celles-ci sont le thé,
le café, le mûrier, le cannelier, le poivrier. El­
les semblent donner des résultats satisfaisants,
mais la plupart des plantations sont encore
trop jeunes pour qu’il soit possible de se pro­
noncer d’une manière certaine sur l’avenir de
ces cultures. En outre, depuis deux ans, un
essai intéressant a. été tenté en ce qui con­
cerne l’hévéa, à Phuc-Tuong, sur la conces­
sion de M. Bertrand.
Au Binh-Dinh, les concessions agricoles sui­
vent un développement normal. Les principales
cultures qui y sont entreprises sont le riz, le
thé, le café, ï’hévéa et le cocotier.
Les plantations de la province de Khanh-Hoa
sont prospères. Sur la concession de l’Insti­
tut Pasteur è Suôi-Giao, la récolte de caoutchouc est abondante. Une faible partie des
hévéas seulement est en exploitation et cha­
que année la surface exploitable augmente. La
surface plantée, qui s’accroît elle-même d’une
quinzaine d’hectares par an, est de 120 hec­
tares. D’importants défrichements viennent d’ê­
tre opérés sur cette concession. Sur une autre
concession, la culture de l’hévéa va être en
grande partie substituée à celle du riz. 4.000
pieds ont déjà été plantés. Sur l’ancienne con­
cession de Piolsnt. rachetée par M. Vernet, la
culture du riz est abandonnée et remplacée pe­
tit à petit par celle de l’hévéa. 25 hectares sont
déjà plantés. Le nouveau concessionnaire se
propose de ne faire que le riz nécessaire à la
nourriture de ses ouvriers et destine tout le
reste du terrain à l’hévéa.
Dans la province de Phan-Rang, la situation
des concessions agricoles semble assez pré­
caire par suite des mauvaises récoltes de l’an
dernier. Les colons ont beaucoup de difficulté
à conserver sur leurs terres la main-d’œuvre
qui leur est nécessaire. Le niveau de l’eau a

baissé de 0 m. 80 dans le canal Pérignon et
les rizières hautes, à l’irrigation desquelles il
servait, se trouvent actuellement privées d’eau.
Les pins de Lang-Bian ont fait l’objet de plu­
sieurs demandes d’exploitation en périmètre
réservé, qui n’ont pas encore reçu de solution,
en raison des difficultés qu’elles soulèvent et
dont l’examen n’est pas terminé.
L’expérience montre chaque année que les
Européens qui veulent faire de la colonisation
ont besoin de très forts capitaux, et que ceux
qui ont encouragé des particuliers disposant
d’une somme de 25 ou 30.000 francs dans cette
voie ont non seulement commis une grave er­
reur, mais, en outre, une faute. Il est indis­
pensable de revenir sur cette fausse conception
car le colon doit pouvoir supporter plusieurs
mauvaises années consécutives, et, pour cela,
il faut qu’il possède une sérieuse réserve en
numéraire.
Cambodge

La colonisation européenne a suivi, pendant
l’année 1912, les modifications suivantes :
Un arrêté, en date du 16 janvier 1912, déter­
mine sur des bases nouvelles les conditions
dans lesquelles les colons qui créent, élèvent
ou entretiennent des reproducteurs de choix de
l’espèce chevaline ont droit à des primes pro­
portionnelles au nombre d’animaux qu’ils pos­
sèdent et à la durée de l’élevage qu'ils prati­
quent.
L’arrêté du 26 septembre 1905, qui institue
des primes à l’agriculture et à l’élevage, a été
complété par celui du 16 janvier 1912, afin
de favoriser l’introduction d’animaux étrangers
et d’éliminer de la participation aux primes
les colons dont le troupeau ne présente pas les
conditions requises pour être considéré comme
troupeau d’élevage. Les plantations de MM.
Durieux et L. Weinschenk et Cie, toutes deux
plantées en kapok, ont subi, du fait .d’incendies
de brousse, dus à la longue saison sèche de
1911-1912, des dommages très graves.
Pour ce qui est des autres concessions, elles
se développent normalement et il y a lieu de
citer, comme essais intéressants, les Dlantations de kapok et d’hévéas dans l’île cTe Kaslognhieu, et l’introduction de la culture "de l’hévéa au cap Kep, chez M. Dupuv et à Véal-Rinh
chez M. Bouillod.

�ÉTABLISSEMENTS FRANÇAIS
DE L’INDE
Comme les Etablissements de la Côte des Somalis, les Etablissements français de l’Inde
sont surtout des ports de transit. La. part la
plus importante de leur commerce provient de
l’exportation des arachides qui s’embarquent à
Pondichéry. En 1911 et en 1912 les quantités de
cette graine exportée n’ont fait que s’accroî­
tre.
Les seuls produits d’importance propres à nos
Etablissements sont les filés de coton et les
guinées. Malheureusement, ces articles sont en
butte aux attaques des fabricants de la Métro­
pole qui par one séiie de mesures s’efforcent
de faire limiter leur importation dans les co­

lonies françaises qui constituaient leur prin­
cipal débouché.
Nous n’avons sur le commerce de cette pos­
session que les chiffres ci-dessous que nous
communique le gouverneur.
1912
Commerce général
1911
Importations... Fr.
8.618.302
9.031.780
Exportations...
37.988.286
37.218.209
To t a l . . . .

Fr.

46.606.588

46.249.989

E x p o rta tio n s
1912

1911

Huiles de sésames....... .......
Huiles d’arachides................
Poissons secs .....................
Arachides en coques..........
Arachides dèccutiquées.......
Guinées.................................
Filés........................................

QUANTITÉS

VALEURS

QUANTITÉS

VALEURS

k il.

francs

k il.

francs

252.000
67.000
52.000
■9.825.000
76.373.000
1.633.000
1.208.000

66.888
33.120
12.283
1.877.678
20.551.924
4.868.151
2.827.231

87.020
72.760
129.750
5.281.400
85.728
1.200.320
1.1016

60.029
43.782
34.533
1.112.563
22.264.008
3.752.490
2.323.575

(1) Communiqué à l’Institut Colonial par M. le Gouverneur des Etablissements Français de l'Inde. — On
n’a pas publié d’autres renseignements officiels sur cette Colonie.

�COLONIES DU PACIFIQUE
Les années 1911 et 1912 ont été marquées
pour nos diverses possessions du Pacifique et
de l’Océanie par des progrès très appréciables
de la colonisation européenne.
En Nouvelle-Calédonie l’exploitation des mi­
nes est devenue de. plus en plus active grâce
à l’introduction d’un important matériel et
à l’emploi d’un nombreux personnel. En'
vue du traitement du nickel, quatre grandes
usines sont en voie de construction, ainsi qu’u­
ne usine pour le traitement du chrome. La
prospérité commerciale de l’île paraît donc
assurée pour de longues années. Les vaillants
colons qui se sont adonnés à la culture du sol
ont cru voir un instant leurs efforts récom­
pensés par les hauts prix atteints par leur
récolte de café. Malheureusement, l’Hémileia,
la maladie qui a dévasté les plantations de
Ceylan et de Java, a fait de graves 'dégâts en
19iZ. Les planteurs ne se sont pas découragés
et en même temps qu’ils entreprenaient la lutte

au moyen des traitements anti-cryptogamiques,
ils ont commencé la plantation des variétés ré­
sistantes comme le « Robusta ».
A la Nouvelle-Calédonie, il en a été de même
et il faut espérer que, de la même manière, nos
planteurs de ces îles sauront triompher de la
mauvaise fortune passagère.
Les Etablissements de l’Océanie sont égale­
ment en progrès constants. Les exportations de
ces îles sont passées de 3.145.000 frs en 1908 à
8.481.000 frs en 1912.
11 est vrai qu’une partie de la plus value
provient de la hausse des vanilles alors que
les quantités ont diminué. Une grave maladie
sévit actuellement dans certains districts et
là aussi le besoin d’une direction scientifique
se fait impérieusement sentir.
Les diverses îles sont mises peu à peu en
valeur et leur prospérité doit suivre une pro­
gression normale.

NOUVELLE CALEDONIE ET DÉPENDANCES O
Commerce spècial
Importations... Fr.
Exportations...
T otal . .

. Fr.

1911
13.696.557
11.640.241

1912
14.019.098
12.637.058

Commerce général
Importations... Fr.
Exportations .. Fr.

1911
15.155.590
13.099.274

1911
15.316.755
13.974.715

25.336.798

26.656 156

T otal .

... Fr.

28.254.868

29.301.470

E x p o rta tio n s
1912

1911
DESIGNATION

QUANTITÉS

4

Minerais de nickel...................
»
de chrome.................
Café..........................................
Coprah......................................
Conserves de viandes..............
Peaux........................................
Caoutchouc...............................
Nacre........................................
Coton........................................
Mattcs de nickel.....................
» de cuivre.....................

kil.

120.05^817
32.80S.098
649.049
2.984.986
397.345
318 494
11.142
572.189
45.419
2.993.424
1.528.655

Le gouverneur de la Nouvelle-Calédonie a
bien voulu nous adresser un rapport sur la si­
tuation économique de la Nouvelle-Calédonie
pour 1912, que nous combinons avec les ren­
seignements très complets publiés par le « Bul­
letin du Commerce de la Nouvelle-Calédonie et
des Nouvelles-Hébrides » (février-mars 1913).

VALEURS

francs
3.601.797
1.144.042
1.279.740
1.451.683
390.815
291.765
101.400
263.062
90.838
2.137.622
505.914

QUANTITES

t

kil- .
74.3034212
•SITM6.847
410.336
2.856.513
414.707
345.824
7.376
759.799
200.603
5.097.834
»

VALEURS

francs
2.526.444
1.767.068
902.366
1.698.302
427.686
257.106
62.336
528.878
401.206
3.600.033
»

La situation économique de la Nouvelle-Calé­
donie a présenté jusqu’à ces dernières années,
une instabilité assez déconcertante. Les pério­
des de crises se succédaient par intermittence,
causées principalement par un arrêt ou par
un ralentissement des exploitations minières.
Leurs conséquences étaient d’autant plus sen-

(1) Tableau communiqué à l’Institut Colonial par M. le Gouverneur ;de la Nouvelle-Calédonie.

�-

sibles que la population est peu nombreuse et
que le produit des mines constitue la partie la
plus importante des richesses de la colonie.
De 1890 à 1895, le pays fut très éprouvé par
une de ces crises qui l’oblige à licencier une
partie de ses fonctionnaires. Après une reprise
des affaires dont le point culminant a été
atteint en 1902 une nouvelle dépression s’est
produite et s’est prolongée jusqu’ à 1910. A par­
tir de cette date, on constate un relèvement
marqué dans toutes les branches de l’activité
calédonienne et principalement dans l’indus­
trie minière. En effet, le chiffre du commerce
extérieur qui avait atteint 25.500.000 frs en 1902
puis était progressivement descendu à 17 mil­
lions en 1909, a repris en 1910, une courbe ra­
pidement ascendante pour arriver en 1912 au
chiffre de 29.250.000 francs, le plus élevé qui
ait encore été réalisé en Nouvelle-Calédonie.
Certains indices permettent de présumer que
la situation prospère actuelle est assise sur des
bases plus durables que précédemment. Il est,
en effet, d’un excellent augure pour l’avenir
que l’industrie minière soit enfin rentrée dans
la voie de la fusion sur place des minerais.
La création des hauts fourneaux de Nouméa
et de Thio, les installations hydro-électriques
de Yaté et de Tao, les énormes capitaux qui
y sont engagés nous sont une garantie qu’il
ne s’agit pas d’une reprise éphémère, mais d’u­
ne orientation décisive vers une exploitation
régulière et permanente des richesses du soussol calédonien.
Le Commerce général de 1912 eut largement
dépassé le chiffre de 30 millions si les expédi­
tions et les arrivages n’avaient subi un arrêt
pour deux causes ;
1° La peste qui a duré du 23 septembre 1911
au 8 janvier 1912.
2° La non arrivée successive au port de Nou­
méa de deux vieux paquebots des MM. dans la
même période, arrêtés à Sydney pour répa­
rations.
MINERAIS

Voici les exportations des minerais de nic­
kel et de chrome depuis l’année 1900 :
Nickel
—
1900
1901
1902
1903
1904
1905
1906
1907
1908
1909
1910
1911
1912

Chrome
—

Nickel mattes
l r" fusion
—

tonnes

tonnes

tonnes

100.314
133.676
129.653
77.360
90.655
125.289
130.610
101.707
120.028
82.028
115.342
120.059
74.312

40.474
17.451
10.381
21.137
43.197
51.375
57.367
31.552
46.309
32.136
28.244
32. 806
51.516

»
» »
» »
» »
» »
»»
» »
» »
» »
» »
0.768
2.993
5.908
&gt;î

66

-

La valeur totale des minerais exportés, com­
parée avec les trois années précédentes, se
présente ainsi :
Minerais

1909

1910

1911

1912

Fr.
Fr.
Fr.
Fr.
Nickel..................
2.406.7*0 3.087.465 3. COI.79:) 2.526.444
C hrom e................... 1.006.500
696.100 1.144.0&gt;2 1.768.068
—
Cobalt......................
69.235
Néant
Nèani
—
—
Cuivre..............................
546 100.000
—
—
Plom b......................
Néant
2.200
—
—
Fer....................................
139 Néant
—
3.600.033
Nickel en m attes..
Néant 705.197
—
—
Cuivre en m a ttes..
Néant
Néant

La valeur attribuée par la Douane —
d’après les mercuriales fournies par la Cham­
bre de Commerce et les déclarations des expé­
diteurs — est la suivante :
Années Nickel
la tonne

Chrome
la tonne

Nick. en m attes
Malte ferro
la tonne
nickel de Tao.

Néant
58 fr.
1905 45 fr.
42 »
1906 30 »
45 »
1907 35 »
45 »
Î908 35 »
32 »
1909 20 .»
1910 27 »
25 » 50 700 fr.
1911 30 »
35 &gt;»
700 »
700 » 1.000 fr.
1912 34 »
35 »
P ar suite, la valeur totale des minerais exportés a figuré dans les statistiques annuelles
depuis 1901, pour les sommes suivantes :
1901 — 8.913.336
1907 — 5. 557.651
1908 — 6.944.879
1902 — 9.974.460
1909 — 3.921.031
1903 — 6.394.948
1904 — 8.348.472
1910 — 4.590. 962
1911 — 7.701.308
1905 — 8.881.516
1912 — 7.894.545
1906 — 6.639.453
En 1912 les minerais ont été dirigés sur les
contrées suivantes :
—

—

—
—

NICKEL

France __
Angleterre .
Allemagne .
Belgique ..
Etats-Unis .
Hollande ..
Australie ----

CHROME

kil.
kil.
3.251.200
7.015.827
44.638.197
6.429.480
13.423.000
6.374.500
12.995.815
1.599.120
—
13.431.520
—
12.446.000
—
3.200.000

Minerai de chrome. — Le minerai de chrome
est produit par une seule maison : Chrome Cy
Ltd cependant la maison Ballande a expédié
la quantité de 1.524 tonnes de minerai dè
chrome provenant d’un stock ancien extrait
à la mine Bellacoscia à Paagoumène.
Le minerai de chrome expédié en Australie
a été transbordé sur des cargos lainiers.
Minerai de Nickel. — Les minerais exportés
l’ont été par les expéditeurs suivants (quanti­
tés en tonnes) :
1912 1911 1919 1909
1908
Société le N ick el... 45.081
Maison Ballande .. 16.065
Maison de Béchad.e 10.269

83.642
31.800
—

70.000 55.000
45.000 28.000
—
—

105.000
15.000
—

�-

67 -

Le minerai de nickel exporté en France a
été expédié par la Société le Nickel à son usine
d’affinage du Havre ainsi que le minerai ex­
porté en Angleterre pour l’usine d’affinage de
la Société à Glascow.
Celui exporté en Belgique (Anvers) provient
de la Société des Hauts-Foumaux de Nouméa
qui l’ont expédié à leur usine d’affinage.
Le minerai à destination d’Allemagne (Hann
bourg) a été expédié par la maison de Bêcha de
à la maison Rrupp.
La maison de Béchade au cours des années
1910 et 1911 a exporté à peu près les m êm es
quiatités qu’en 1912, mais ces expéditions
étaient comprises dans celîés "de la Société Le
Nickel.
Mattes de nickel. — Les mattes de nickel ont
été exportées sur les contrées suivantes :
France ........................... 1.73066 Kil.
Belgique ....................... 2.99*7.330
Australie ......................
367.738
Les mattes de nickel exportées l’ont été par
les expéditeurs suivants (quantités en kilog.) :
1912
Sté des H. Fourn. N ou m éa.. 3.367'.058
Société Le N ic k e l................. 7.625 .«600
Société de

Tao.................

—

—

2.899.000

737.000

940.000

40.000

105.166

-

A noter que la Société le Nickel n’a opéré
qu'une seule expédition, en fin d’année, et que
l’usine hydro-électrique de Tao n’est qu’une
usine d’essais.
Les mattes produites par la Société des
Hauts-Fourneaux de Nouméa et Le Nickel
contiennent 'de 43 à 45 p. cent de nickel et cel­
les de la Société de Tao, dites ferro-nickel plus
de 50 %. En conséquence, les mattes exportées
par ces trois usines représentent une quantité
minimum de nickel métal suivante :
L’exportation de nickel de 1912 peut donc se
chiffrer comme suit :
Minerai brut, teneur de 6 à 7 %. 72.315,212 k.
Mattes à la teneur de 43 à 50 %. 36. 600.000 k.
Total . . . .

108.915.212 k.

représentant la véritable quantité de minerai
exporté, c’est-à-dire qu’il a été exporté moins
de terre, mais une matière métallurgique de
valeur ayant nécessité pour sa transformation
un important matériel, un nombreux personnel
et une grosse quantité de combustible et de
fondants. Ce sont là des facteurs nouveaux qui
ont apporté un gros appoint en faveur du com­
merce général de la colonie.
Les trois usines qui ont exporté des mattes
à une teneur secrète mais que nous pouvons
évaluer à quelques unités près, ont donc,
au minimum, produit les quantités de nickelmétal pur suivantes :

Société des Hauts-Fourneaux de
Nouméa, 3.367.058 kilos de
mattes à la teneur de 45 %,
soit .............................................. 1.515.176 k.
Société le Nickel, 1.625.600 kilos
de mattes à la teneur de 45 %,
soit ...........................................
731. 520 k.
Société de Tao, 105.166 kilos
de mattes à la teneur de 50 %,
soit ...............................................
52.583 k.
Total du nickel-métal pur

2.299.279 k.

Le nickel en mattes des deux premières so­
ciétés doit subir encore trois opérations en Eu­
rope avant d’être définitivement affiné, le fer­
ro-nickel produit par l’usine de Tao ne subit
qu’une seule opération avant d’être employé
par les usiniers d’Europe.

On peut prévoir, pour l’année 1914, l’achève­
ment des gigantesques travaux de l’usine hy­
dro-électrique de Yaté, construite par la So­
ciété Le Chrome et 1915 celle définitive de Tao
dont la marche est assurée par la captation de
trois chutes d’eau situées à Tao même et de
deux autres, d’un débit plus considérable pla­
cées dans une région voisine mais dont l’éner­
gie électrique pourra facilement être concen­
trée à Tao.
A ce moment, la colonie possédera quatre
grandes usines de transformation des mine­
rais entre les mains de puissantes sociétés, et
pourvues des plus récents procédés industriels
et scientifiques. Toutes les quatre auront pour
base le traitement du minerai de nickel.
Toutefois, l’avenir minier de la colonie ne
devrait pas exclusivement être entrevu par
l’exploitation indéfinie et intensive de nos mi­
nes de nickel. L’exploitation de nouvelles mi­
nes exige des travaux préalables considéra­
bles et coûteux : ceux du bassin de la Ouenghi (Société le Nickel), du mont Dô (Société
du mont Dô) et les mines de Téné (Société des
Hauts-Fourneaux de Nouméa) vont entraîner
des dépenses de 500.000 francs à un million.
Les massifs miniers pouvant supporter de telles
dépenses peuvent se compter. Quoiqu’en assu­
rent certaines personnes connaissant peu la co­
lonie, nos gisements miniers ne sont pas iné­
puisables et le but constant de notre adminis­
tration doit être d’empêcher la dilapidation de.
nos richesses minières et de sauvegarder l’ave­
nir.
Depuis quelques années la production vérita­
ble du nickel-métal n’a pas sensiblement aug­
mentée, le nickel-métal est un produit relati­
vement trop cher pour que l’emploi se soit
généralisé dans toutes les constructions et nous
ne pouvons espérer concurrencer victorieu­
sement la production minière canadienne
Si nos réserves de minerai de chrome sont,
largement suffisantes pour assurer pendant
une longue période d’années une exploitation
aussi intensive que celle de 1912, il faudrait
cependant orienter nos mineurs vers l’exploi­
tation de la houille, du cinabre, de l’or, du
cuivre, etc., toutes industries possibles, en en­
visageant même la. situation toute particuliè­
re de la Nouvelle-Calédonie. En faisant con-

�-

naître toutes les ressources minières et en en­
courageant les initiatives, l’administration
remplirait le rôle de gérante des intérêts com­
merciaux de la colonie, qui devrait être le
sien. Il nous est agréable de constater que le
Service des Mines, en voie de réorganisation
entre définitivement, avec un Chef actif et
éclairé dans cette voie commerciale qui aurait
dû être depuis longtemps son seul objectif.
PRODUITS AGRICOLES DIVERS

L’exportation des produits autres que les
minerais est la suivante :
Produits divers ........
6.040.170 fr.
Minerais et m a tte s __
7.894.545 fr.
Total d’exportation en
1912 ............................... 13.934.715fr.
L’exportation et la valeur des produits au­
tres que les minerais s’accroît sans cesse
depuis quelques années avec les conditions cli­
matériques favorables, l’augmentation peu
sensible mais continue de la population agri­
cole ainsi que de l’augmentation des cours de
certains produits :
1907 . 2.946.510 fr.
1901 .. 2.139.156 fr.
1902 .. 2.306.763 »
1908 . 3.186.968 »
1909 . 3.783.927 &gt;&lt;
1903 .. 2.568.917 »
1910 . 5.142.085 »
1904 .. 2.603.120 »
1911 . 5. 397.965 »
1905 .. 2.558.759 »
1912 . 6.040.170 »
1906 .. 2.570.184 »
La valeur des principaux produits attribuée
par la douane à leur sortie, est la suivante :
Café, 2 fr. 20 le kilo.
Coprah, 250 fr. la tonne.
Caoutchouc, 8 fr. et 9 fr. le kilo.
Coquillages de nacre, 600 et 725 fr. la tonne.
Biche de mer, 150 et 250 fr. les 100 kilos.
Coton fibres, 1 fr. 60 et 2 fr. le kilo.
Bois de santal, 500 fr. les 1.000 kilos.
Café. — Depuis 1900, les exportations ont
donné les chiffres suivants, quantité et valeur :
fr.
kil.
1900....
354.305
275.929
442 702
1901. ..
879.455
945.946
1902....
548.305
1903....
626.478 1.036.741
1904....
554.163
346.253
295.412
1905....
500.258
1906....
283.790
482.458
1907.. .
458.462
323.731
505.460
1908....
354.285
1909....
775.972
461.320
1910....
518.927
850.236
1911....
649.114 1.279.748
1912....
827.318
376.054
Pour 1912, la statistique de la Douane a compris dans nos exportations de café, celui pro­
venant des Nouvelles-Hébrides et qui a été
traité à l’usine Liétard, soit 34.312 kilos que
nous avons retranchés ici de la liste générale
des exportations figurant en première page.
Cependant, pour être fixé sur le déficit réel
de notre production, il convient de tenir com­
pte de la quantité de 126.284 kilos, expédiée
par le premier paquebot de janvier, provenant
de la récolte de 1912 et qui aurait dû être char­
gée en décembre si le paquebot des MM. avait
effectué son voyage habituel. Le chiffre d’ex­
portation devrait donc être ainsi fixé pour
1912 : 502.338 kilos pour 1.105.103 francs.

68

—

La production de café a diminué de près de
147 tonnes d’une année à l’autre alors qu’a­
vant les ravages de l’hemileia on pouvait
compter sur une récolte supérieure à celle de
1911.
Le fléau continue sa marche lente, mais inin­
terrompue, les caféeries bien abritées et dont
le sol est constitué par un profond humus res­
tent indemnes jusqu’à ce jour. Le Robusta
est planté partout, mais ce nouveau plant ne
commencera à produire qu’en 1917.
Coprah. — Les exportations depuis 1903 sont
les suivantes :
485.480 fr.
1903 1.745.115 kilos
678.576 —
1904 2.214.000
545.000 —
1905 1.710.414
1906 1.264.210
341.908 —
308.720 —
1907
919.517
403.416 —
1908 1.486.970
1909 1. 966.997
684.938 —
1910 1.917.850
835.620 —
1911 2.984.986
1.138.043 —
1912 2.856.113
1.621.238 —
L’exportation a fléchi par rapport à 1911 de
128.873 kilos, alors que la valeur a augmenté
pour cette même période, de 483.195 francs.
Cette anomalie s’explique par la quotation ar­
bitraire donnée par la Chambre de Commerce:
520 fr. la tonne en 1912 alors qu’en 1911 il
n’avait été coté à la sortie que 420 fr. la tonne
quoique les cours se soient maintenus toute
l’année entre 460 et 530 fr. la tonne. Voici les
inconvénients résultant d’évaluations fantaisis­
tes.
Pour mieux fixer la production calédonienne
de 1912, il conviendrait de retrancher de ce
chiffre 180 tonnes, provenant des Nlles-Hébri­
des et d’ajouter 600 tonnes expédiées par le
paquebots Sydney des M. M. qui aurait dû,
faire partie des exportations de décembre 1912
(si ce navire était venu à sa date), soit 2.856
tonnes moins 180 = 2.676 + 600 tonnes = 3.276
tonnes pour l’année 1912 et une valeur de
1.703.000 fr.
Notre Administration, que nous voyons s’é­
garer en voulant renforcer l’autorité des chefs
sauvages et vicieux et en rêvant l’institution
des tribunaux indigènes à plusieurs degrés (en
exécution d’ordres formels du Ministère) serait
mieux inspirée en les encourageant à soigner
et à étendre leurs cocoteraies.
C’est la politique indigène anglaise et alle­
mande aux Fidji et aux Samoa.
—

—

—

—
—

—

—

—

—

Coquillages de nacre. — Exportation depuis
1905 :
1905 — 344.246 kilos.
69.455 francs.
))
113.394
1906 — 891.593 ))
))
1907 — 932.575 »
184.398
))
1908 — 821.151 ))
162.036
))
1909 — 588.653 ))
112.684
))
1910 — 990.049 ))
276.229
1911 — 572.189 ))
))
239.214
1912 — 759.791 ))
))
511.385
La production s’est relevée et il n ’y a peut
être pas lieu de s’en féliciter, cet accroissement
étant surtout dû aux nombreux pêcheurs japo­
nais qui se sont évadés des mines de la Société
le Nickel et des Hauts Fourneaux de Nouméa,
préférant leur indépendance et les risques du
métier de pêcheur aux contraintes du métier

�—769
de mineur pour lequel ils avaient signé un
contrat.
Les bancs du précieux coquillage sont dévas­
tés faute de surveillance.
Caoutchouc. — Exportation depuis 1905 :
195.556 francs
1905 — 22.647 kil.
))
1906 — 36.111 ))
368.110
»
1907 — 31.418 ))
311.023
))
90.111
1908 — 9.749 ))
&gt;:
1909 — 27.737 »
210.508
1910 — 21.184 ))
251.172
»
101.400
1911 — 11.142 ))
»
62.336
1912 — 7.376 »
Le caoutchouc est en constante diminution
quoique les prix soient encore rémunérateurs:
les voleurs de latex ont détruit bien des ba
nians de Sâ avec les incisions trop fréquentes :
la surveillance est fort difficile à exercer pour
empêcher la destruction de ces arbres. Une ré­
pression sévère aurait peutêtre pu arrêter les
vols de latex.

Conserves de viande. — C’est l’usine de
Ouaco seule qui exporte des conserves pour le
commerce. Sa situation est régulière et son
abatage moyen de 15 têtes par jour.
L’usine de conserves de l’Orphelinat doit
opérer sa réouverture en mai prochain, et d’a­
près les dispositions prises la campagne serait
sérieuse.
Bétail vivant. •— Il a été embarqué 62 têtes
pour Tahiti par les cargos de la Société navale
de l’Océanie. Si l’opération réussit, le port de
Papeete appelée à une grande importance dès
l’ouverture du canal de Panama peur devenir
un bon client pour notre élevage.

M. Magnier, président du Syndicat des Négo­
ciants en café de Marseille, s'exprime ainsi
dans son rapport sur les cafés de la 5e expo­
sition de l’Institut Colonial :
Une maison de Marseille a exposé des échan­
tillons de café provenant de livraisons faites
par ces colonies. Le café gragé et nature est
d’un aspect remarquable qui témoigne du souci
Biche de mer. — Exportation depuis 1906 :
qu’ont eu les planteurs d’améliorer sans cesse
1909 — 32.647 k.
1906 — 45.233 k.
leurs produits. Il n’est pas douteux que,
1910 — 32.760 »
1907 — &lt;97.759 »
surtout depuis quelques années, la Nouvelle1908 — 55.984 »
1911 — 25.783 »
Calédonie ait offert à la consommation des
1912 — 29.387 »
cafés remarquables et toujours en progrès. Le
Il y a une légère augmentation de 3.000 ki­ grageage en particulier est parfaitement réus­
los : de même que pour les trocas, elle est due si. « Il est à déplorer que ces deux colonies se
au nombre croissant de pêcheurs japonais en
envahies par l’« Hémileia Vastatrix »,
rupture de contrat et qui dévastent les fonds voient
est une maladie d’origine cryptogamique
peuplés d’holoturies et de coquillages de nacre. qui
due aux champignons microscopiques appar­
tenant au groupe des urédinies, comme ceux
Cotons. — Exportation des cotons depuis
qui produisent la rouille de nos céréales. Le
1908 :
développement de l’Hémileia Vastatrix se pro­
1908 —
1.100 fr.
duit surtout pendant les mois chauds de la
575 k.
saison des pluies. L’Hémiléia s’attaque aux
1909 —
3.534 »
6.879 »
21.456 »
12.192 »
1910 —
caféiers à tous les âges et se propage avec une
90.838 »
45.209 »
1911 —
rapidité foudroyante.
401.206 »
200.603 »
1912 —
« Divers procédés ont été employés pour ra ­
A noter qu’il a été exporté 377.261 kilos de lentir le fléau, on espère même avoir sauvé
graines de coton pour une valeur de 44.376 frs, une partie des plantations par l’application
y compris les graines des cotons néohébridais des remèdes destinés à tuer le champignon au
moment le plus propice. Le meilleur remède
traités en Nouvelle-Calédonie.
La culture du coton fait des progrès sérieux, semble être le sulfate de cuivre.
&lt;i II est certain que les planteurs les plus
favorisés surtout par le désastre des caféeries.
La même observation faite précédemment éprouvés ont songé à remplacer les arbres
pour les exportations de café et de coprah doit détruits par des nouvelles espèces de caféiers,
être mentionnée : 60 t. 277 kil. et 108.686 fr. résistants naturellement aux atteintes de l’hftde coton en fibres de la production 1912 au­ miléia. vastatrix.
Le « coffea robusta » semble le plus désigné
raient dû figurer dans les exportations de
l’année si le paquebot des M. M. ne s’était abs­ pour jouer ce rôle de remplaçant. Il est prou­
tenu de toucher à Nouméa le dernier mois vé, comme son nom l’indique, que cette sorte
est très résistante aux atteintes des divers
de l’année.
En somme, l’exportation de coton en 1912 de­ fléaux. De plus, la production est rapide et
vrait se chiffrer ainsi 260.280 kilos pour dans le temps le plus réduit, le caféier dit
« Robusta » donne des résultats très considé­
509.892 francs.
rables. Mais il s’agit de savoir si la quantité
A
rapidement produite compensera l'excellence
Il y a donc lieu de préciser que si les fortes de la précédente sorte et nous nous demandons
quantités de café, coprah et coton que nous ve- s’il ne serait pas aussi sage d’essayer de main­
nous de relever avaient pu être expédiées en tenir en Nouvelle-Calédonie une espèce de
décembre, l’exportation totale atteindrait la caféier qui a donné les résultats si tangibles.
somme de 14.503.421 fr. et le Commerce général Il ne semble pas que le planteur soit de notre
avis et il est probable que le Robusta sera
celle de 29.820.179 francs.
Conséquemment, l’exportation des produits planté en grand dans la Colonie. Souhaitons
auti'es que les minerais qui comprend 6.040.170 que les planteurs s’attachent, par des soins
francs ' devrait être relevée au chiffre de expérimentés et incessants, à améliorer cette
6.606.888 fr., en augmentation de 1.210.923 fr. sorte et à lui donner un peu de cette nervosité
qui fui fait défaut. »
sur l’année 1911.

�- 70 -

NOUVELLES HEBRIDES
Aucun rapport n’a été publié sur la situation
des Nouvelles-Hébrides en 1911 et 1912 mais M.
le Commissaire Général a bien voulu nous en­
voyer les intéressantes précisions suivantes :

Décomposition des exportations de la Nou­
velle-Calédonie aux Nouvelles-Hébrides :

Port Vila, le 26 mai 1913.
« J’ai l’honneur de vous accuser réception de
votre lettre, en date du 18 mars dernier, par
laquelle vous avez bien voulu me demander
des renseignements sur le commerce général
des Nouvelles-Hébrides pendant les années 1911
et 1912 et leurs principales productions.
J’aurais voulu, en présence de l’œuvre si
intéressante que vous avez entreprise, vous
fournir des indications aussi complètes que
possible.
Malheureusement, l’organisation très rudi­
mentaire de l’Administration française dans
l'Archipel et aussi le manque absolu de tout
moyen de contrôle m’obligent à restreindre les
renseignements ci-après aux transactions com­
merciales effectuées durant les deux années
précitées entre la Nouvelle-Calédonie et les
Nouvelles-Hébrides.
1912
1911

Marchandises du cru__ 97.518.00 56.039.00
Marchandises françaises. 544.389.00 603.463.00
Marchandises étrangères. 423.023.00 338.126 00
1.064.930.00 997.628.00

Importations
Exportations

1.064.930
365.827

997.628
506.039

1911

1 91 2

francs

francs

Les quantités de café et de cacao provenant
des plantations françaises de l’Archipel et ex­
portées pendant les campagnes de 1911 et 1912
(soit du 30 juin 1910 au 30 juin 1911 et du 30
juin 1911 au 30 juin 1912), se répartissent com­
me suit :
Campagne de
Campagne de
1911

1 91 2

en fèves......
539.741 k. 750
281.937 k. 850
en parche ...
4.181 k. 000
90.935 k. 000
25.678 k. 000
en cerises...
44.189 k. 000
24.141 k. 700
cacao....... .
27.223 k. 000
Le maïs récolté sur les exploitations françai­
ses est dirigé sur l’Australie et la NouvelleCalédonie.
Les quantités de ce produit exportées à Nou­
méa pour y être manutentionnées ou emmaga­
sinées se décomposent comme suit :
1911
QUANTITÉS

1.503.667
1.430.757
Total
soit une augmentation de près de 100.000 frs
due principalement au coton égrené exporté à
Nouméa pour y être traité et reexpédié ensuite
en France.

kil.

1812
VALEUR

QUANTITÉS

francs

•kil.

VALEUR

francs

517.655
59.155
745.991
99.675
Indépendamment de ces trois principaux
produits, il convient de. mentionner ceux Indi­
qués ci-après qui ont été exportés en NouvelleCalédonie au cours des mêmes années, savoir :
1911

191 2

QUANTITÉS

VALEUR

QUANTITÉS

kil.

fiancs
115
285
171.000
11.711
109.000
»

kil.
»
34.812
180 030
66.577
316.325
1.381

Caoutchouc...............................
19
Santal.......................................
500
Coprah.....................................
124.058
Coquillages..............................
40.044
Coton........................................
177.000
Biches de Mer.................................
»
Le coton suit une progression constante.
Le maïs est, pour la plus grande partie,
vendu à Nouméa ; cependant, chaque année,
une certaine quantité est traitée en cette ville
puis réexportée.
Le coprah est généralement dirigé sur les
marchés australiens.
Enfin, le café et le cacao sont expédiés en
France.
Dans le chiffre de 603.000 frs de marchandi­
ses françaises exportées par les négociants nou-

VALEUR

francs
))
21.588
95.468
32.052
162.726
1. 430

méens, il y a lieu de tenir compte d’envois
directs de France que l’on peut évaluer à
près de 400.000 frs.
Ces chiffres indiquent l’existence entre notre
archipel et la Métropole d’un mouvement im­
portant d’affaires qui a une tendance à s’ac­
croître dans des proportions sensibles.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’as­
surance de ma considération la plus distin­
guée.
J. R e p iq u e t .

�- 71 -

ETABLISSEMENTS FRANÇAIS DE L’OCÉANIE 0
1911

Importations...................
Exportations.....................

Fr.

T o t a l ..........

1912

7.202.650
7 519.119

7.747.181
8.481.366

14.725.769

16.228.547

Le tableau ci-après permet de comparer le mouvement du Commerce général de la Colonie pendant les
dix dernières années.
Années

Importations
francs

francs

francs

1903...
1904...
1905...
1906...
1907...
1908...
1909...
1910.. .
1911...
1912...

3.938.153
3.221.555
3.028.161
2.746.283
3.331.810
3.867.863
4.612.930
5.659.367
7.206.650
7.747.181

4.722.273
3.563.218
3.062.569
3.716.801
3.639.954
3 149.326
5.051.442
6.031.289
7.519.119
8.481.366

8 660.426
6.784.773
6.090.730
6.463.084
6.961.764
7.013.189
9.664.372
11.690 656
14.725.769
16.228.547

Exportations

Totaux

E x p o rta tio n s
Les Exportations de 1912 s’élèvent à Fr. 8.481.366
Celles de 1911...............................
7.519.119
s o it u n e d iffé r e n c e

1911

Nacres.................
Coprah.................
Vanille.................
Biches de mer__
Fungus.................
Oranges.......... N.
Cire d’Abeilles ...
Coton en laine__
Cocos en coques N.
Phosphates naturels........

QUANTITÉS

VALEURS

kil.

francs

611.150
8.014.857
256.719
3.140
21.626
4.243.459
2.224
78.296
871.747
39.038

925.029
3.204.210
1.409.948
2.762
21.626
57.331
5.218
97.599
66.854
11.080

9 6 2 .2 4 7

1 91 2

QUANTITÉS

VALEURS

kil.

francs

602.619
8.683.466
212.084
1.351
8.346
4.876.450
3.502
27.534
962.377
11.911.682

Le progrès constaté dans le mouvement géné­
ral du commerce pendant l’année 1912, porte
à la lois sur les importations et sur les expor­
tations. Cet heureux résultat est dû en grande
partie à ce que les cours des principaux pro­
duits se sont maintenus dans de bonnes condi­
tions et ont même subi une hausse ; celui de la
vanille notamment. Ce produit a, en effet, été
payé en moyenne sur place 18 fr. le kgr., tan­
dis qu’en 1911, il ne se payait que 10 fr. 50.
Bien que la quantité de vanille exportée en
1912 ait été en diminution sur celle de 1911 de
24.932 kgr. , cette différence a été largement
compensée par une augmentation considérable
de la valeur qui est passée de 2.318.744 frs à
3.376.749 frs, soit une plus-value en faveur
de 1912 de 1.058.005 frs.
Si l’on tient compte, en outre, que le prin­
cipal consommateur est l’indigène et qu’il ne
sait pas thésauriser, dépensant toujours sans
compter, l’on s’expliquera sans peine le mou­
vement toujours croissant de nos transactions
commerciales.
L’exploitation des phosphates de Makatea
qui n’est pas encore dans sa période intensive,

F.

Les principaux produits du cru exportés sont
détaillés ci-après avec les variations en quan­
tités et en valeurs pour 1911 et 1912.

1910

Désignation des Produits

en faveur de 1912 de.

774.822
3.713.817
2.318.744
1 351
8.346
73.247
8.426
42.047
80.793
238.253

QUANTITÉS

VALEURS

kil.

francs

622.686
5.976.177
187.152
626
14.925
6.126.800
2.584
31.977
1.083.110
38.488.535

841.892
2.814.223
3.376.749
601
14.351
101.294
6.575
55.586
117.380
769.768

n’est pas étrangère non plus à ce mouvement ;
ii a été exporté en 1912, 38.488.535 kilos pour
une valeur de 769.768 francs contre 11.911.682 k.
pour 238.253 francs en 1911.
La plus-value constatée en faveur de 1912
aurait été plus grande sans l’accident survenu
en Nouvelle-Calédonie au vapeur « SaintAndré » de la Cie Navale de l’Océanie attendu
à Papeete en novembre 1912, accident qui l’a
empêché de continuer son voyage. Son charge­
ment d’une valeur de plus de 200.000 frs a dû
être transbordé sur un autre vapeur de la
Cie et n’est parvenu à Tahiti qu’en 1913.
La diminution du coprah n’est pas aussi
grande qu’elle paraît, car il existait sur place
au 31 décembre 1912, un stock de 1.700 tonnes
dont la plus grande partie devait être expédiée
en novembre par le Vapeur Saint-André, resté
à Nouméa ; la différence en moins n’est donc
en réalité que de 1.000 tonnes, différence due
à ce que la récolte aux Marquises et aux Ilessous-le-Vent a été moins bonne qu’en 1911.
(1) Journ d Officiel de l’Océanie Française, 14 avril
1912 et 3 avril 1913.

�— 72 —
Le déficit constaté sur la quantité de vanille
est largement compensé par l’augmentation
des cours ; cette augmentation a pour résultat
une plus-value de 1.058.005 frs, qui, à elle-seule,
contrebalance la moins-value constatée sur
les autres produits.
En outre, l’exportation n’est autorisée qu’après examen d’experts, qui exigent pour ce
produit, un plus grand degré de dessication,
d’où une perte de poids qui peut être évaluée
à environ 20 %. Mais la qualité s’étant ressen­
tie des exigences des experts, la perte sur le
poids a été largement compensée par le relève­
ment des prix ; c’est ainsi que, bien que la
colonie ait expédié moins de vanille, la valeur
a été supérieure de 908.796 francs à celle de
l’année 1910.
La production ne manquera pas d’augmen­
ter, de nombreuses plantations de cette orchi­
dée ayant été faites sur différents points de nos
établissements.
Il paraît toutefois utile d’attirer l’attention
sur la cause de la diminution de 1a. récolte de
la vanille. Cette diminution est due à une mala­
die parasitaire qui sévit sur les vanillères,
dans certains districts de Tahiti et à Moorea
particulièrement et menace de se propager si
des mesures ne sont prises au plus tôt pour
l’enrayer.

fruits intertropicaux de toutes sortes et
principalement les oranges, la canne à sucre,
le coton en laine et brut, la soie végétale ; de­
puis quelques années,des plantations de vanille
importantes ont été créées. Il est même à re­
douter que la production de cette précieusfe
denrée qui va incessamment accroître le ren­
dement de nos établissement de plus de cent
mille kilos ne provoque un fléchissement de son
prix sur les marchés métropolitains et étran­
gers. Beaucoup d’indigènes s’occupent aussi
d’élevage depuis plusieurs années. Les pâtu­
rages sur certains plateaux sont excellents et
les animaux assez nombreux, livrés à la bou­
cherie, donnent une viande de bonne qualité.
L’exportation des produits du crû pendant
l’année 1912 a dépassé 900.000 francs.

LES ILES MARQUISES

Les (Marquises qui comprennent 11 îles dont
6 habitées divisées en deux groupes : groupe
N. O. et groupe S. E. ont une superficie totale
de 127.400 hectares. Ces îles, dont le sol est
d’une fertilité extrême et se prête admirablemetn à de nombreuses cultures, souffrent non
seulement de la rareté des communications,
mais aussi et surtout de la dépopulation. Quoiqu’avant une superficie beaucoup plus grande
que les Iles-sous-le-Vent qui ne comportent que
48.500 hectares elles sont moins productives et
ARCHIPELS
cela résulte évidemment de ce qu’elles ne pos­
sèdent plus que 3.117 habitants.
Les établissements secondaires sont à la
veille de sortir de l’isolement dans lequel tous
Deux ou trois fois par année, ces îles sont
se trouvent aujourd’hui, à l’exception des visitées par des voiliers venant de San Fran­
Iles-sous-le-Vent, isolement qui, en paralysant cisco et elles n’ont de relation avec Papeete que
les efforts des populations de certaines dépen­ par quatre goelettes qui effectuent respective­
dances, entravait jusqu’ici leur développement ment un voyage par trimestre.Deux de ces petits
économique.
navires appartiennent à la Société Commer­
Les habitants des îles du- Sud trouvaient à ciale de l’Océanie, Compagnie allemande qui
peine une fois par année, ,1’occasion de placer a accaparé presque tout le Commerce de cette
leurs produits et les prix qui leur étaient dépendance ; un autre dépend de la Maison
offerts étaient tellement dérisoires qu'ils préfé­ Maxwell et Cie, dont le siège social est en Nou­
raient s’en tenir exclusivement à l’exploitation velle-Zélande, et le quatrième est la propriété
de culture vivrières ; patates douces, taros,
d’un Français, M. Lévy, qui commence à tra­
manioc, etc, à la pratique de la pêche ou bien fiquer avec les Marquises.
encore à l’élevage de porcs et de volailles et
En ce qui concerne la dépopule don, si on ne
renonçaient aux plantations de produits expor­ découvre pas un moyen prompt e i efficace pour
tables tels que le café, le coprah et le coton, rémédier à cette situation, avant trente années
dont ils tiraient des profits tout à fait aléatoi­ les Marquises constitueront une vaste nécro­
res.
pole et la race autochtone aura définitivement
On peut donc penser qu’une transforma­
vécu.
tion rapide aura lieu aussitôt que le Service
Une population qui comptait en 1887, 5.246
projeté va s’ouvrir. La preuve nous en est habitants s’est trouvée réduite en vingt-cinq
déjà fournie par la prospérité dont jouissent ans, de 1887 à 1911 inclus de 2.129 individus. Le
les Iles-sous-le-Vent, grâce aux relations régu­ bilan de l’année 1912 se traduit par 175 décès
lières qu’elles, entretiennent avec la Nouvelle- contre 92 naissances.
Zélande à l’aide des navires de « l’Union Steam
La production du sol est représentée exclusi­
Ship Company » et avec le chef-lieu au moyen
vement par le cocotier. Les quantités de co­
des goélettes à gazoline.
prah exportées pourraient être beaucoup plus
considérables s’il existait une main-d’œuvre
suffisante seulemeut pour opérer la récolte, car
ILES-SOUS-LE-VENT
les indigènes la plupart du temps, se bornent
à tirer profit des noix qui tombent d’elles-mê­
La population des Iles-sous-le-Vent s’élevait,
lors du dernier recensement qui a eu lieu le mes sur le sol. Plutôt que de travailler à ac­
31 décembre 1911 à 6.689 habitants. Les indi­ croître leurs plantations, ils incisent les coco­
gènes sont doux et soumis, déférents vis-à-vis tiers pour en obtenir le jus qu’ils laissent fer­
des représentants de l’Administration. Ils sont menter, ce qui produit une liqueur alcoolique
presque tous protestants et leurs pasteurs exer­ avec laquelle ils s’enivrent malgré les règle­
ments coercitifs en vigueur. La production du
cent sur eux une influence très grande.
Cet archipel est essentillement agricole. sol a donc de même que la population, une
Le sol y est très fertile. La production tendance à décroître,et pour s’en rendre compte
s’y trouve représentée par le coprah, les il suffit de consulter les statistiques locales qui

�— 73 -

indiquent qu’en 1911 le coprah provenant des
Marquises atteignait le chiffre de 1.567.354 ki­
los, alors qu’en 1912, ce chiffre est tombé à
1.040.785 kilos.

LES ILES TUAMOTU
Les îles Tuamotu au nombre de 80, ont une
superficie de 86.000 hectares. La population
suivant le dernier recensement qui a eu lieu le
31 décembre 1911, s’élevait à 3.715 habitants.
Sur les 80 îles que comprend cet archipel, 42
sont habitées. Les parties cultivables peuvent

être fixées à 70 ou 75.000 hectares. Le sol de
ces îles, constitué par le récif corallien, qui,
avec le temps s’est recouvert d’une faible cou­
che de terre végétable, se prête à la culture du
cocotier dont l’amande, séchée au soleil, forme
le coprah. La principale richesse de ces îles est
représentée par l’huître nacrière, la perle fine
et le coprah. Le relevé ci-après des produits
qu’il a livrés à l’exportation pendant les dix
dernières années permet d’apprécier ce qu’il
est capable de produire avec une population
vraiment restreinte, mais courageuse et rela­
tivement active :

Coprah

N acres
ANNÉES

POIDS

1903
1904
1905
1906
1907
1908
1909
1910
1911
1912

452.672
538.274
138.318
294.757
548.346
475.510
587.271
487.789
705.487
497.730

kilos

VALEURS
francs

905.344
1.077.548
207.477
442.135
877.353
475.510
781.070 ■
722.683 !
910.078
672.947

Au chiffre global dé 14.093.136 francs, valeur
de la nacre et du coprah, vient s’ajouter le prix
des perles fines que l’on peut estimer, au mi­
nimum de 300.000 à 400.000 francs par année,
représentant pour la période décennale qui
nous intéresse, une moyenne annuelle de
3.500.000 francs environ.
La température de ces îles, assez élevée pen­
dant le jour, s’abaisse sensiblement la nuit.
Leur climat est le plus sain de toute la colo­
nie.
Une goélette à propulsion mécanique, appar­
tenant au Service local, la Mouette, rayonne
constamment dans l’archipel pour préserver les
lagons du pillage, quand la plonge est fer­
mée et permettre à l’Administrateur de pren­
dre constament contact avec les habitants des
différenets îles, rendre la justice, veiller à ce
que les introductions d’alcool ne puissent avoir
lieu et à l’Agent spécial de procéder à la
perception de l’impôt.
Les Tuamotu sont fréquentés par de nom­
breux caboteurs appartenant aux maisons de
commerce françaises et étrangères de la place,
surtout aux époques de la fabrication du co­
prah et de l’ouverture de la pêche des nacres.
Elles sont appelées à profiter dans une large
mesure de la création du service interinsulaire.
Aux termes du contrat passé entre le Service
local et la Compagnie Navale de l’Océanie, le
navire mis sur la ligne devra faire neuf voya­
ges par année.

GAMBIER
L’archipel des Gambier forme un groupe de
dix îlôts assez rapprochés dont les principaux,
les seuls qui soient habités sont : Mangareva,
Taravai et Akamaru. La superficie de ces îles
est de 3.000 hectares. Le dernier recensement
de la population qui a eu lieu le 31 décembre
1911, fait ressortir un chiffre de 529 habitants

POIDS

kilos
1.510.314
1.585.421
2.217.128
1.403.057
687.413
1.231.441
1.897.827
2.724.410
2.912.582
3.549.372

VALEURS

francs
450.942
475.626
620.795
491 069
274.965
307.860
607.304
871.811
1.252.410
1.668.204

30
84
95
20

25
64
20

26
74

VAL, TOTALES

francs
1.366.286
1.553.174
828.272
933.204
1.152.318
783.370
1.388.375
1.594.494
2.162.488
2.341.151

30
84
95
20

25
07
70
26
74

Si l’on se reporte aux recensements antérieurs,
on constate une certaine décroissance ; ainsi en
quinze années, de 1897 à 1911 inclus, les nais­
sances ont été de 245 contre 286 décès. Comme on
le voit, la différence n’est pas très sensible. Les
affections prédominantes, de même que dans
les autres dépendances, sont la tuberculose et
la syphilis. Cinq cas de lèpre caractérisée exis­
tent, 7 autres sont encore douteux. Avant la
mise en vigueur de l’arrêté du 7 février 1896,
l’alcoolisme était très répandu dans ces îles.
A l’heure présente, tout est rentré dans l'ordre.
La suppression de l’alcool est le plus grand
service que l’on ait rendu à cette population.
En général, le sol des Gambier est moins ri­
che que dans les autres Dépendances ; néan­
moins, le café, d’un arôme parfait, croît à pro­
fusion et même à l’état sauvage ; le cocotier y
pousse, mais moins bien cependant qu’aux
Tuamotu. Quant aux orangers, aux bananiers
et à l’arbre à pain, ils existent en abondance.
Les pêchers donnent des fruits superbes et la
vigne y croît parfaitement bien ce qui indique
que Ton pourrait y implanter nombre de fruits
d’Europe.On peut encore y pratiquer l’élevage,
enfin, tous les légumes peuvent y être avanta­
geusement cultivés.
Il existe en outre, un vaste lagon dans lequel
se trouvent 7 bancs nacriers qui apportent leur
contingent de richesse à cet archipel.
Les Conseils de district fonctionnent d’une
manière satisfaisante. L’impôt rentre, mais
avec une certaine difficulté, toutefois, il ne
laisse en fin d’année, que très peu de « restes
à recouvrer ». Tous les districts sont pourvus
d’écoles ; à Rikitea, chef-lieu de l’archipel, l’é­
cole est desservie par un instituteur et une
institutrice pourvu du brevet élémentaire ;
les autres maîtres sont indigènes mais ils s’ac­
quittent de leurs fonctions à la satisfaction en­
tière de l’agent spécial. Le service des Travaux
publics dispose chaque année de plus de mille
( 6)

�- 74 —
journées de prestations qui toutes sont em­
ployées à l’entretien des routes et des sentiers
muletiers.
Cet archipel n’attend qu’une chose pour ac­
quérir un certain développement ; la visite,
plusieurs fois par année, du steamer chargé
d’assurer le service interinsulaire.

sujets aux maladies endémiques dans la colo­
nie, ce qui doit résulter du climat plus tem­
péré.
Tous ces petits'pays seront certainement des
pays d’avenir quand ils seront reliés plus fré­
quemment à Tahiti par des communications
régulières.

ILE RAPA

TUBUAI, RAIVAVAE, RURUTU
ET RIMATARA
Les îles australes : Tubuai, Raivavae, Rurutu et Rim atara ont respectivement les su­
perficies suivantes : la première 4.500 hectares
avec 543 habitants ; la seconde 2.700 hectares
avec 432 habitants ; la troisième 5.000 hectares
avec 900 habitants ; enfin la quatrième n’a que
que 1.000 hectares avec 415 habitants ; mais
l’absence de montagnes élevées dans cette der­
nière — la plus haute n ’a que 96 mètres — la
rend exploitable da is toute son étendue. Un
militaire de la gendarmerie remplit à Tubuai
et à Raivavae les fonctions d’agent spécial ;
un ancien gendarme retraité accomplit les
mêmes fonctions pour Rurutu et Rimatara.
Toutes ces îles possèdent des instituteurs ; cer­
tains d’entre eux sont pourvus du brevet élé­
mentaire délivré dans la Colonie.
Dans toutes ces îles, le sol est riche en humus
et des tentatives faites pour cultiver certains
fruits d’Europe auraient, paraît-il pleinement
réussi. Les légumes, les tubercules de toutes
sortes, entre autres la pomme de terre, v vien­
nent d’une façon parfaite. Le cocotier y pousse,
mais lentement et ne donne qu’une récolte par
année, ce qui est déjà appréciable. La canne
à sucre peut également être exploitée et on
commence à y planter de la vanille. Les pâtu­
rages sont excellents, ce qui permet d’y faire
de l’élevage.Les indigènes de Rurutu et de Ri­
matara, à l’aide de procédés absolument rudi­
mentaires, capturent chaque année plusieurs
baleines ; enfin, les chevaux très vigoureux de
Rurutu sont renommés à Tahiti.
L’impôt dans ces îles, rentre sans difficulté.
Les populations sont douces et soumises. Tou­
tes à peu près sont protestantes.
Les indigènes sont vigoureux. Us sont moins

*

L’île de Rapa, située à la pointe extrême de
nos possessions polynésiennes, a une superficie
de 4.200 hectares. La population est de 183 ha­
bitants : 78 hommes et 105 femmes. Un gen­
darme retraité y remplit les fonctions d’agent
spécial. Il est également instituteur.
Le sol de cette île est riche, la nier, plus riche
encore. Et cependant les habitants sont pau­
vres : ils vivent en dehors de toute civilisation,
cette île n’étant visitée qu’une ou deux fois
par année.
Tous les fruits d’Europe, ainsi que les légu­
mes, peuvent y être cultivés. Le café est très
apprécié. Planté à une époque déjà lointaine,
sur les conseils de M. le Gouverneur Gallet,
il pousse en abondance, voire même à l’état
sauvage ; mais les prix d’achà' offerts par les
caboteurs sont tellement dérisoires que les
indigènes ne veulent pas se donner la peine de
le récolter.
Les baies de Rapa sont extrêmement pois­
sonneuses. Les pêcheurs ont constaté la pré­
sence, en quantité assez grande, d’un poisson
qui se rapproche beaucoup de la morue. Les
langoustes pullulent dans certaines baies ; et
lorsque les indigènes en font la pêche, il leur
arrive parfois, en très peu de temps, d’en cap­
turer de pleines embarcation 3
A une époque déjà lointaine, des gisements
de lignite ont été découverts dans cette île,
mais ils sont situés à flanc de montagne à des
hauteurs variant entre 200 et 500 mètres d’al­
titude, ce qui rend l'exploitât! m difficile. Ce
combustible, suivant l’avis d’ingénieurs de la
marine, est de bonne qualité et peut être em­
ployé à tous les usages industriels.
En résumé, trois choses manquent dans les
îles Australes de même qu’à Rapa : les com­
munications, les bras, les capitaux.

�ANCIENNES COLONIES
Nos anciennes colonies ont connu des for­
tunes diverses et bien différentes en 1911 et en
1912 par suite de la hausse et de la baisse
successive des prix du sucre qui constitue tou­
jours leur principale production ; en effet le
prix du sucre a été en moyenne de 38 frs les
100 kilos en 1911 alors qu’il est retombé à une
trentaine de francs pendant tout 1912. Ce prix
de 30 francs paraît d’ailleurs le plus normal et
satisfaisant.
Malheureusement, les cyclones à la Réu­
nion et une grande sécheresse aux Antilles ont
amené pendant ces deux années une diminu­
tion importante de la production.
Les prix élevés atteints en 1911 ont cepen­
dant redonné courage aux industriels qui ont
continué à améliorer leur matériel. Tout reste
cependant à faire au point de vue cultural et
nous ne saurions mieux définir la situation
déporable actuelle qu’en disant que ce n’est
que grâce au, concours bienveillant des Services
de l’Agriculture des Antilles Anglaises ou de

Maurice que des cannes sélectionnées ont pu
être introduites à la Réunion et aux Antilles.
Il serait cependant temps de comprendre que
la lutte contre la betterave n’est possible et
même avantageuse pour la canne à sucre qu’à
la condition que l’on applique à sa culture et à
son traitement industriel les méthodes scienti­
fiques qui font la fortune de tous les pays su­
criers autres que les colonies françaises où
elles sont encore inconnues.
Il y a tout lieu, en revanche, de se féliciter
des progrès faits dans nos anciennes colonies
par les cultures autres que celle de la canne
à sucre. La Réunion et nos Antilles paraissent
décidées à reprendre le nouveau rôle qu’elles
ont su si bien jouer autrefois en alimentant la
Métropole des denrées « dites coloniales » ;
le café, le cacao et la vanille, les épices, les
essences, qui sont le propre des pays tropi­
caux et pour lesquels le vieux monde en a en­
trepris la conquête.

RÉUNION (')
Commerce spècial
Importations... Fr.
Exportations...

1911
21.825.550
24.051.711

1912
20.254.801
15.623.328

Total . . . . Fr.

45.877.261

35.878.129

Commerce général
1911
Importations... Fr. 25.294.032
22.928.580
Exportations...
Total___ Fr.

48.222.612

1912
20.683.615
16.111.723
36.795.338

E x p o rta tio n s
1911
QUANTITÉS

Sucres......................................
Vanilles....................................
Tapioca....................................
Manioc......................................
Essences ;
Géranium.................................
Ylang-YIang............................
Autres......................................
Chouchou et fibres d'aloès__
Tabacs......................................
Cafés........................................

kil.
50.431.342
66.501
2.287.191
543.215
44.620 litres
1.225 873 345.935
118.274
91.406

(i) Communiqué à l’Institut Colonial par

1912
VALEURS

q u a n t it é s

VALEURS

16.631.390
1.855.695
1.080.056
119.697

kil.
26.676.915
52.165
1.544.130
241.149

8.671.960
1.606.432
828.182
43.473

1.278.738
215.570
27.240
357.213
538.282
210.612

43.953
2.527
1.519
309.893
118.381
32.475

1.624.621
412.768
55.768
258.784
532.438
86.600

francs

francs

�-

Exlrait du Rapport sur le Commerce de la
Réunion en 1911. Bulletin de l'Office Colonial
(Juin 1912).
Denrées coloniales de consommation. — La
valeur totale des denrées coloniales exportées
en 1911 a été de 19.243.183 francs alors qu’elle
n’avait été que de 10.916.565 francs en 1910,
soit en faveur de l’année 1911, une augmenta­
tion de 8.326.618 francs.
Bien qu’à la suite du cyclone du 5 février 1911
la production sucrière de la colonie ait été di­
minuée d’au moins 20 %, la quantité de sucre
exportée en 1911 dépasse de beaucoup (50.431
tonnes au lieu de 33.500 tonnes) celle exportée
l’année précédente. Ce fait tient à ce que la
majeure partie de la production de 1910, qui
n’a pu être exportée dans le courant de cette
année, en raison de la pénurie des moyens de
transport, a été embarquée dans les premiers
mois de 1911 et comprise dans leis statistiques
de cette année. De plus, la production sucrière
de 1911, commencée dès juillet, a été en rai­
son de la forte hausse embarquée avant le 31
décembre dernier. Ces deux faits expliquent la
quantité considérable de sucre( 50.431 tonnes)
exportée en 1911. Quant à l’augmentation con­
sidérable des valeurs accusées par les statisti­
ques (7.921.481 francs), elle tient non seule­
ment aux énormes quantités embarquées, mais
aussi aux cours élevés des sucres qui a été en
moyenne de 38 frs les 100 kilos en 1911 alors
qu’il n’a guère dépassé 26 francs les 100 kilos
en 1910.
En" ce qui concerne la vanille, la récolte de
1911 (66.501 kilos), a été supérieure de 1.561
kilos à celle de 1910 (64.940 kilos). Les cours
de cette année ayant été plus rémunérateurs
que ceux de l’année précédente, il en est résulté
pour ce produit en faveur de 1911, une augmen­
tation de valeur de 312.313 francs.
Quant aux tabacs, dont les cours n’ont pas
varié depuis plusieurs années, leur exporta­
tion a augmenté d’une façon appréciable en
1911. Au lieu de 97.546 kilos exportés en 1910,
on constate en 1911 une sortie de 118.241 kilos,
soit une différence en plus de 20.695 kilos.
Animaux et dépouilles d’animaux. — Compa­
rativement aux résultats obtenus en 1910, on
constate sur ces deux chapitres des différences
en moins de 2.632 francs et de 4.679 francs, pro­
venant, la première d’une réexportation de che­
vaux effectuée en 1910 sur Madagascar et qui
ne s’est pas renouvelée l’année suivante et la
seconde, d’une exportation inférieure de peaux
brutes en 1911.
Farineux alimentaires. — La valeur totale des
divers articles constituant ce chapitre a été
de 1.269.373 francs en 1911 contre 1.241.649
francs en 1910. L’augmentation de 27.724 francs
est due à la hausse appréciable qui s’est pro­
duite dans le cours des tapiocas et des fécules!
Fruits et graines. — A signaler, en faveur de
1911 une augmentation de 15.887 francs qu’il
convient d’attribuer à une exportation plus
considérable de conserves de fruits, notamment
d’ananas ; la valeur de cette exportation qui
n’était que de 47.791 francs en 19Î0, s’est éle­
vée en 1911 à 60.782 francs.
Huiles et sucs végétaux. — La valeur totale
des divers produits constituant ce chapitre du

76! -

tarif avait atteint le chiffre de 2.006.372 francs
en 1910 ; elle est tombée, l’an dernier, à 1 mil­
lion 524.498 francs, soit une différence en moins
de 481.874 francs.
Ce résultat provient d’une double cause : la
diminution de la production et l’avilissement
des cours des essences en 1911. En ce qui con­
cerne les deux principales essences exportées
de la Réunion, le cyclone de février 1911 a
réduit pour le géranium la production qui était
de 61.792 kilos en 1910 à 44.620 kilos en 1911 ;
pour l’ylang-ylang, il l’a réduite de 2.372 kilos
en 1910 à 1.225 kilos en 1911. De plus, la baisse
des cours des essences en 1911, notamment
pour l’ylang-ylang dont le prix de venté a di­
minué de près de 100 francs par kilo en moins
d’un an, explique la différence signalée cidessus.
Tiges et filaments à ouvrer. — La valeur de
ce chapitre, qui atteignait 465.410 francs en
1911 n’a plus été que de 358.153 francs en 1911 ;
d’où une diminution de 107.257 francs qui porte
uniquement sur les pailles de chouchou et les
fibres d’aloès. Non seulement, la production a
été moins grande en 1911, mais encore l’avilis­
sement des cours qui sont tombés pour la
paille de chouchou à 2 francs le kilo, a eu une
fâcheuse répercussion sur la valeur de ces
exportations.
Produits et déchets divers. — A signaler sur
ce chapitre en faveur de 1911, une différence
en plus de 75.809 francs dûe à des exportations
plus importantes de conserves de légumes et de
légumes frais.L’industrie des conserves de légu­
mes (choux-palmistes notamment) semble pren­
dre une grande extension à la Réunion et l’ex­
portation des légumes frais à destination de
Madagascar et de Maurice se développe chaque
année davantage.
Boissons. — Comparativement aux exporta­
tions de 1910, on constate sur les boissons en
faveur de 1911, une augmentation peu impor­
tante de 13.309 francs due à un léger mouve­
ment qui s’est produit dans l’exportation des
rhums (43.909 hectolitres en 1911 contre 43.127
hectolitres en 1910).
Extrait du Rapport sur le Commerce de la Réu­
nion en 1912. Bulletin de l'Office Colonial
(juillet 1913).
Les résultats obtenus en 1912 sont très infé­
rieurs à ceux de l’année précédente qui a été
vraiment exceptionnelle. Cependant, cette nou­
velle situation paraît plus normale et se rap­
proche sensiblement de celle existant en 1909
et 1910. En ce qui concerne la valeur des pro­
duits d’importation, il convient d’observer que
les valeurs de ces articles comprennent le
prix du fret soit une plus-value d’environ 20 p.
100. Déduction faite de cette majoration, impor­
tations et exportations se balancent sensible­
ment, ce qui paraît prouver que les affaires
ont repris leur cours ordinaire. En effet, de
nombreux facteurs, accidentels d’ailleurs,
avaient donné au commerce d’exportation de
1911 une activité exceptionnelle, qui ne semblait
pas devoir se maintenir en 1912.
D’abord au commencement de 1912, plusieurs
cyclones ont dévasté les plantations et nota-

�—

blement diminué les récoltes. Puis une séche­
resse anormale a épuisé certains plants, en
particulier les cannes à sucre qui n’ont pas
donné à l’usine le rendement habituel. Enfin,
l’année dernière les produits avaient atteint
sur les marchés de l'extérieur des prix très
élevés, la production européenne et coloniale
ayant manqué à certaines époques de l’année.
Nous étudierons ces causes sur chaque chapi­
tre.
Animaux vivants. — Produits et dépouilles
d’animaux. — Ces chapitres offrent respective­

ment une plus value de 11.250 francs et de
45.474 francs sur les chapitres correspondants
de l’année précédente. Ces plus-values provien­
nent d’une part d’une exportation exception­
nelle dè 15 juments du pays faite en 1912 par
un éleveur de Madagascar et, d’autre part,
d’une augmentation dans la quantité des peaux
brutes expédiées en France et provenant du
nombre plus considérable de bœufs consom­
més en 1912 à la Réunion.

Farineux alimentaires. — La baisse constatée
dans la valeur totale de ces articles (1.269.373
francs en 1911, 914.154 fr. en 1912) porte pres­
que exclusivement sur les tapiocas en gru­
meaux. Elle est due surtout aux dégâts causés
aux plantations de manioc par le mauvais
temps de février 1912 et à la réduction de la
récolte.
Fruits et graines. — On constate une diminu­
tion de 36.451 francs dans le total de ce cha­
pitre. Il faut l’attribuer à la vente sur place
d’une grande partie des consei’ves de fruits
fabriqués dans la colonie. .
Denrées coloniales de consommation. — La
valeur totale des denrées coloniales exportées
en 1912 n’a été que de 10.910.594 francs, alors
qu’elle s’était élevée en 1911 à 19.242.183 fr.,
soit une diminution de 8.331.589 francs. C’est
surtout sur le sucre que porte cette réduction
considérable qu’il faut attribuer à trois causes
1° cyclones de février 1912 qui ont réduit de
25 p. 100 la production annuelle ; 2° hausse
considérable des cours de 1911 qui a déterminé
les usiniers à exporter l’année dernière leurs
sucres dans le plus bref délai et avant le 31
décembre 1911 ; 3° baisse sérieuse des cours
en 1912 qui a empêché d’abord les planteurs
de couper leurs cannes et les a engagés ensuite
à conserver en magasin le produit de leurs
récoltes. C’est ainsi qu’en 1911, en ce qui con­
cerne les sucres, les statistiques douanières ont
été influencées à la fois par des prix de vente
élevés et par une exportation rapide et excep­
tionnelle, tandis qu’en 1912 elles subissent en
même temps la répercussion de l’avilissement
des cours, des exportations hâtives de l’année
précédente et des retards apportés dans les
sorties de sucre de l’année courante.
Le ralentissement du mouvement commercial
de 1912 par rapport à celui de 1911, aussi bien
à l’importation qu’à l’exportation, tient uni­
quement à la mévente actuelle des sucres.
L’exportation des cafés présente aussi une
baisse sensible (32.475 kilos en 1912,91.406 kilos
en 1911) qu’il faut attribuer d’abord à la mala­
die qui côntinue à dévaster les plantation de
café. De plus, en 1911, ce produit étant vendu
en Europe à un prix avantageux, tout© la pro­

I l

—

duction a été exportée, alors qu’en 1912, les
prix sur place étant plus élevés qu’à l’exté­
rieur, la plus grande partie de la récolte a été
vendue pour la consommation locale. D’où
réduction très importante dans l’exportation.
Le chiffre du commerce des vanilles de 66.501
kilos en 1911 est tombé en 1912 à 52.164 kilos.
Les bruits de guerre ont provoqué une certaine
perturbation sur le marché métropolitain et ce
malaise a entraîné un encombrement et un
abaissement des prix de vente. Beaucoup d’ex­
péditeurs se sont tenus sur la réserve. Aussi
une notable partie de l’exportation sur France
a-t-elle transité vers Hambourg et New-York
pour atteindre des marchés plus fermes.
L’exportation des tabacs n’offre guère de chan­
gement. L’île Maurice est le principal et pres­
que unique client. A signaler toutefois l’envoi
de France de 368 kilos de tabac en feuilles et
de 300 kilos de tabac en poudre, envoi fait à
titre d’essai et qui peut-être permettra de ven­
dre ces produits à la Régie Française.
Huiles et sucs végétaux. — L’industrie des
essences continue à prospérer. Beaucoup de
terrains jusqu’ici incultes ou à très faible ren­
dement ont été couverts de plantes à parfums.
Les procédés de distillation ont été perfection­
nés. Enfin, on cherche à obtenir des essences
nouvelles. Aussi ce commerce offre-t-il un
excédent notable d’une année à l’autre, reprise
due en partie à un relèvement très accentué
des prix de vente essence de géranium
(44.620 kilos valant 1.278.738 francs en 1911,
43.953 kilos valant 1.684.621 francs en 1912)
essence ylang-ylang (1.225 kilos en 1911, 2.527
kilos en 1912), essence vétyver (846 kilos en
1911, 1.170 kilos en 1912). A signaler particu­
lièrement 349 kilos d’essences autres en 1912
contre 27 kilos seulement en 1911.
Tiges et Filaments à ouvrer. — Le total de
ce chapitre de 358.153 francs en 1911 est tombé
en 1912 à 259.060 francs. Cette baisse porte un
peu sur les fibres d’aloès mais surtout sur la
paille de chouchou. Pour les fibres, la diminu­
tion est peu importante et doit être attribuée à
la transformation sur place de ce produit en
cordages, vendus pour les besoins du commerce
et des compagnies de transport. Au contraire,
l’industrie de la paille de chouchou décroît
d’année en année, cet article n’ayant pas réa­
lisé les espérances des fabricants européens et
les prix de vente en Europe étant inférieurs
aux prix de revient sur place.
Produits et déchets divers. — On constate une
légère plus value à ce chapitre (100.996 fr. en
1911, 108.964 fr. en 1912). Elle est due à l’ex­
portation des maniocs desséchés, expédiés dans
la métropole pour la fabrication des alcools.
Le commerce des conserves des légumes est en
baisse par suite de la vente sur place d’une
partie de la production.
Boissons. — La diminution de la récolte des
cannes à sucre a. entraîné un mouvement cor­
respondant dans ia. production et dans l’expor­
tation des rhums (4.312. 711 litres en 1911, 3 mil­
lions 598.239 litres en 1912). C’est ce qui expli­
que la moins value constatée (1.237.812 fr. en
1911, 1.063.128 fr. en 1912).
Marbres, pierres, terres. — La baisse consta­
tée dans les chiffres de ce chapitre (1.018.459 fr.

�de vente. Or, les cyclones n’ont pas été d’une
violence exceptionnelle et les prix de vente
sont plus conformes à la moyenne des derniè­
res années. Cette baisse relative, ou plutôt le
retour à la situation commerciale antérieure à
1911, devait donc être normalement prévue.
Sous ces réserves, l’année 1912 paraît avoir été
prospère pour la Réunion. D’ailleurs la ba­
lance des importations et des exportations
prouve que la colonie ne s’est pas appauvrie.
C’est l’impression que laisse la comparaison
des résultats obtenus en 1912 avec ceux des an­
nées précédentes.

en 1911, 423.888 fr. en 1912), provient exclusi­
vement d’un arrêt momentané dans la réex­
portation des houilles. La sortie de ce produit
avait été exceptionnelle l’année dernière en
raison des opérations de charbonnage effec­
tuées à la Réunion par les paquebots des Mes­
sageries Maritimes à la suite de l’épuisement
du stock constitué à Diégo-Suarez.
Conclusion. — En résumé, le ralentissement
considérable du commerce d’exportation cons­
taté d’une année à l’autre s’explique en général
par les mauvais temps et la baisse des prix

GUADELOUPE ()
Commerce général
Importations................ ...
Exportations...............
T o t a u x ___ ...

Fr.
Fr.

1911

1912

19.383.258
20.245.486
39.628.744

19.524.116
26.084 302
45.608.418

E x p o rta tio n s
1911
QUANTITÉS

Sucre...................................... .
Café.........................................
Cacoa......................................
Rhum......................................
Mélasse...................................
Vanille....................................
Coton.......................................
Rocou......................................
Ananas....................................

1912
VALEURS

QUANTITÉS

VALEURS

kilos

francs

kilos

francs

37 493.363
959.176
1.060.666
10.549.696 h
1.049.356
17.811
1.636
21.070
158 864

11.078.883
2.417.608
1.718.575
3.811.119
100.553
336.593
1.622
10.929
101.294

38.914.563
1.108.943
924.678
9.697.851 L
713.908
26.024
23.678
4.1.176
156.077

16.659.355
2.607.969
1.410 871
4.155.476
103.326
396.204
30.318
17.290
68.245

'année 1910 avait été bonne pour la Colonie. La récolte sucrière, abondante avait per­
mis d’exporter plus de 42 millions de kilos de
sucre et les cours de la denrée se sont mainte­
nus élevés pendant toute la campagne. De
leur côté, les denrées secondaires ont présenté
des augmentations très sensibles comme quan­
tités et comme prix.
Ces heureux résultats, s’ils s’étaient produits
en temps normal, auraient incité les planteurs
de cannes notamment à accroître leur produc­
tion, et 1911, qui a aussi bénéficié de cours
rémunérateurs, aurait compté parmi les an­
nées de prospérité. Malheureusement, il n’en a
pas été ainsi. Une des conséquences des grèves
agricoles qui ont troublé la colonie pendant les
premiers mois de 1910, fut la réduction dans
certains centres usiniers des surfaces cultivées.
Une autre conséquence de ces troubles fut que
les travaux de préparation de la campagne su­
crière 1910-1911 s’accomplirent tardivement vers
septembre ou octobre, c’est-à-dire à un moment
où les cannes déjà développées ne pouvaient
plus être fumées utilement, d’où un échec sen­
sible sur le poids des cannes et sur leur ri­
chesse saccharine.
En outre, le sucre qui s’était vendu 31, 37, 40
et 43 francs, 94 les 100 kilos en 1910, n’a plus
valu que 26 à 30 francs les 100 kilos en 1911
(en moyenne 29 fr. 55) (2).

En 1912, les conditions de production ont été
à peu près les mêmes que le chiffre d’exporta­
tions. analogue à celui de 1911. Les prix au
contraire se sont relevés jusqu’à 49 francs fin
1912 de sorte que les résultats de cette campa­
gne ont été excellents.
Les mélasses continuent de plus en plus à
être traitées sur place et la diminution des
rhums et du tafia que l’on constate en
1911/1912 n’est due qu’à la diminution de la ré­
colte des sucres.
Il y a lieu de noter tout particulièrement le
grand développement des autres cultures et en
particulier des cacaos et des cafés et nous ne
saurions mieux l’indiquer que par les relevés
statistiques suivants que nous tirons du rap­
port de M. Parbelle de l’Assemblée Générale
des actionnaires de la Banque de la Guade­
loupe du 12 juillet 1911.
Parm i les industries nouvelles, il y a lieu de
■signaler l’exploitation du citronnier et la cul­
ture de l’ananas encoui’agée par les prix offerts
par l’entreprise qui a succédé à la « Société
Antillaise ».
Les échantillons de cacao de la Guadeloupe
adressés à l’Institut Colonial à l’occasion de sa
5e Exposition annuelle ont été trouvés de belle
qualité. M. Mouren, rapporteur de la section
des cacaos s’exprime au sujet de ce produit de
la manière suivante :

(1) Communiqué à l’Institut Colonial par M. le Gouverneur de la Guadeloupe.
(2) Rapport sur la situation de la Guadeloupe en 1911, — Bulletin de l’Office Colonial, janvier 1913.

�Collection P. Guühemborde (domaine du
Gros-Morne, Guadeloupe). Fèves très saines,
régulières, de type bien déterminé, mâturité
parfaite, chair brune à saveur un peu acide
mais vinassée. En somme, excellent produit.
« Collection E. Clayssen et Goubeyre (Gua­
deloupe). Type particulier à fève plutôt arron­
die, de grosseur moyenne et en pellicule assez
fine, gris foncé, se rapprochant du type SanThomé, chair brun foncé ; très bien préparé, ce
qui indique une bonne fermentation : mâturité
parfaite. »
En ce qui concerne les cafés, de l’avis una­
nime ils ont été placés avec ceux de la Martini­
que au premier rang des cafés coloniaux.
M. Magnier, Président du Syndicat des Né­
gociants en Cafés de Marseille, rapporteur de
la Section des Cafés, s’exprime ainsi à leur su­
jet dans son rapport :
« Est-il nécessaire de vanter ici les qualités
toutes spéciales du café de la Guadeloupe ?
L’aspect et goût sont si remarquables que cette
provenance a une renommée considérable et
justifiée.
&lt;( Les échantillons soumis par M. Guilhemborde, domaine Gros-Morne ; par M. A. Bourdillon, de Marseille ; — par M. T. Hugonin,
Basse-Terre ; — par M. E. Clayssen ; Gou­
beyre sont vraiment très beaux et nous ne pou­
vons qu’encourager et féliciter ceux qui, par
des soins incessants, ont su faire de leurs plan­
tations de véritables « grands crus ».
SUCRE

Années

Kilos

Francs

1903
1904
1905
1906
1907
Ï908
1909
1910
1911
1912

38.499.000
35.976.000
27.326.000
43.218.000
38.961.000
36.055.000
25.212.000
42.867.000
37.493.000
38.914.000

12.318.000
8.885.000
10.947.000
9.609.000
8.648.000
10.188.000
6.466.000
16.189.000
11.080.000
16.659.000

RHUMS &amp; TAFIAS

Années
1903
1,904
1905
1906
1907
1908
1909
1910
1911
1912

Litres
5.828.000
5.661.000
3.283.000
7.679.000
7.957.000
6.834.000
6.049.000
11.077.000
10.550.000
9.698.000

Francs
1.763.000
1.388.000
985.000
2.374.000
2.330.000
2.148.000
1.988.000
3.268.000
4.308.000
4.155.000

CAFE

Années
1903
1904
1905
1906
1907
1908
1909
1910
1911
1912

Kilos
746.000
522.000
830.000
774,000
1.048.000
1.028.000
636.000
955.000
959.000
1.109.000

Francs
1.592.000
1.199.000
1.814.000
1.703.000
2.208.000
2.193.000
1.466.000
2.486.000
2.417.000
2.608.000

CACAO

Années
1903
1904
1905
1906
1907
1908
1909
1910
1911
1912

Kilos
599.000
625.'000
638.000
675.000
779.000
744.000
594.000
779.000
1.060.000
925.000

Francs
1.006.000
1.019.000
912.000
1.053.000
2.091.000
1.7601000
889.000
1.292.000
1.718.000
1.411.000

VANILLES

Années

Kilos

Francs

1903
1904
1905
1906
1907
1908
1909
1910
1911
1912

9.200
8.700
7.000
7.700
16.000
31.000
16.000
9.000
18.000
26.000

101.000
120.000
78.000
48.000
139.000
274.000
136.000
100.000
337.000
396.000

USINES A SUCRE

Usine Beauport (Sté Anonyme des Usines de
Beauport), Port-Louis.
Usine Blanchet (Cie Marseillaise de Sucrerie co­
loniale), Mome-à-l’Eau.
Usine « La Bonne Mère » (Crédit Foncier colo­
nial), Sainte-Rose.
Usine de la Capesterre (Crédit foncier colonial)
Capesterre.
Usine Courcelles (Dubos &amp; Ci0), Sainte-Anne.
Usine Darboussier (Sté industr. et Agricole de
la Pointe à Pitre (Pointe à Pitre).
Usine de Doro. Marie-Galante.
Usine Duchassaing (Sté an. des sucreries du
Moule), Le Moule.
Usine Duval (Adrien Beauperthuy) Petit Canal.
Usine Gentilly (Dubos &amp; Cie), Sainte-Anne;
Usine Grande Anse (Société Anonyme), GrandBourg, Marie-Galante.
Usine « Le Marquisat » (Crédit Foncier), Capes­
terre.
Usine « La Mineure » (Blanchet), Capesterre.
Usine de Pirogue. Marie-Galante.
Usine « La Retraite » (J. G. &amp; P. Gérard frères),
Baie Mahault.
Usine SainteMarie (Société Anonyme des Su­
creries du Moule), Le Moule.
Usine Sainte-Marthe (Héritiers Pauvert), SaintFrançois.
---------- ---------------

MARTINIQUE C)
Commerce général
importations— Fr. 49.854.859
22.582.720
Exportations ...
T o t a l . . . Fr. 42.437.588

21.520.301
30.523.452
52.043.753

(1) Communiqué à l'Institut Colonial par M. le
Gouverneur de la Martinique.

�- 80 E x p o rta tio n s

1912

1911
QUANTITÉS

VALEURS

13.429.685
35.472.976
602.835
10.992
1.153
198.004
136
6.328
949

6.716.230
12.128.598
1.046.348
21.390
24.113
18.009
23
909
2.030

QUANTITÉS

VALEURS

14.101.427
39.458.878
501.946
12.476

7.519.066
19.331.282
879.267
22.009
58.425
10.333
75
616
1.360

francs

francs

Rhums et tafia
Sucre............
Cacao............
Café en fèves.
Vanille..........
Banane..........
Citrons..........
Oranges........
Noix de kola.

L’annuaire de la Martinique publié pour l’an­
née 1912 par le Gouvernement de cette Colonie
et qui constitue l’étude la plus complète actuelle
sur cette Colonie donne les renseignements cidessous sur la production actuelle de l’île. Nous
les complétons par des indications tirées du
rapport annuel du Gouvernement de la Marti­
nique pour l’année 1911.
Comme à la Guadeloupe et à la Réunion, on
est heureux de constater une véritable renais­
sance des culture autres que celle de la canne
à sucre et un développement général de la pros
périté.
Canne à sucre. — La canne à sucre est la cul­
ture principale. La production annuelle
moyenne de l’île oscille autour de 35.000 ton­
nes.
Depuis l’installation des usines centrales,
presque tout le produit des cultures de canne
à sucre est manipulé dans ces usines. Les habi­
tations qui, pour raison d’éloignement ou autre
ne livrent pas leurs cannes aux usines, les con­
vertissent en alcool, qui est connu sous le nom
de grappe blanche pour le différencier de l’al­
cool obtenu par la distillation des mélasses de
sucrerie, auquel on a conservé l’ancien nom de
tafia.
Quand ils ont vieilli, ces deux alcools d’ori­
gine différente sont appelés l'un et l’autre du
nom de rhum, l’un rhum industriel, et l’autre
rhum habitant.
La récolte de la canne se fait normalement
de janvier à juin, pendant le temps de séche­
resse. Les cannes livrées aux usines sont d’a­
bord payées au planteur d’après le taux d’une
mercuriale établie chaque quinzaine, suivant le
cours du sucre. Les sociétés usinières prélè­
vent ensuite l’intérêt statutaire qui doit revenir
aux actionnaires et le solde du bénéfice, quand
il y en a, est partagé entre ces derniers et les
producteurs de canne.
Les différentes crises sucrières, qui ont sévi
rigoureusement pendant ces dernières années,
ont souvent compromis l’avenir de la culture
de la canne à sucre qui, sans doute, n’aurait
pu être continuée sans les améliorations suc­
cessives apportées tant dans la culture que la
fabrication.
On considère que le produit moyen normal de
la canne à sucre est de 40.000 kilogrammes de
cannes par hectare avec un rendement de 6 à
7 % de sucre. Mais ces chiffres tendent à aug­
menter comme moyenne grâce aux améliora­
tions agricoles et industrielles qu’on réalise
progressivement.

2.011

159.048
347
5.925
634

Il existe, dans la colonie, quinze usines cen­
trales à sucre.
Toutes ces usines, fabriquent du sucre cris­
tallisé. On ne fabrique plus à la Martinique de
sucre brut, appelé autrefois sucre habitant ou
cassonade.
La plupart de ces usines convertissent une
grande partie de leurs mélasses en tafia, de
sorte que les rhumeries industrielles qui se sont
établies après la disparition de Saint-Pierre
ont le plus souvent recours aux mélasses pro­
venant de la Guadeloupe pour alimenter leur
industrie.
La plus grande partie, presque la totalité du
tafia ou rhum industriel, est exportée en Eu­
rope ; en revanche, la plus grande partie, pres­
que la totalité de la grappe blanche fabriquée
est consommée dans l’île, où elle subit un droit
de consommation de 1.50 par litre d’alcool pur.
Caféier. — La Martinique comptait autrefois
de nombreuses et belles caféières dont le pro­
duit se chiffrait à l’exportation par 3.500 tonnes.
Il ne reste plus de ces caféières que quelques
rares vestiges qui luttent péniblement contre
les deux maladies qui ont causé la destruction
de ces plantations au produit si recherché.
Ces maladies sont : 1’ « Heterodera radicicola », anguillule qui s’attaque aux racines du
caféier et les détruit complètement au moins
dans leurs parties profondes, et le « Cémiostoma coffeola », sorte de petit papillon dont la
larve dévore les feuilles.
On a un moment préconisé la culture du
caféier de Libéria qui est réfractaire aux atta­
ques de 1’ « Heterodera » et du « Cimiostoma »,
mais la difficulté de préparer le produit et de
le réaliser sur le marché européen a fait que
cette culture n’a pas pris tout l’essor qu’on attendait d’elle.
D’autre part, des essais de greffage des ca­
féiers d’Arabie sur Libéria ayant donné„de bons
résultats comme résistance à l’Heterodera, on
pense pouvoir par ce moyen rendre à la culture
du caféier l’importance qu’elle mérite d’avoir,
sinon toute l’importance qu’elle avait autrefois.
Le centre principal de culture du caféier est
la Montagne du Vauclin.
M. Magnier, Président du Syndicat des Négo­
ciants en café de Marseille, rapporteur de la
Section des Cafés à la 5° Exposition annuelle de
l’Institut Colonial de Marseille s’exprime de la
manière suivante sur les échantillons qui ont
été envoyés par M. Castelli, sous-inspecteur
d’Agriculture à Fort-de-France.
Nous ne saurions assez faire l’éloge du café
« Pays » dont l’aspect et le goût sont supé-

�— 81 —
rieurs. Ce sont des cafés malheureusement
très rares. Les « Libéria » et les « Robusta »,
envoyés également par le service d’Agriculture
de la Martinique ne peuvent leur être compa­
rés. Ces derniers sont cependant supérieurs
aux « Libéria » et aux « Robusta » des autres
provenances.
Cacaoyer. — Immédiatement après les érup­
tions volcaniques de 1902,qui détruisirent toutes
les belles cacaoyères de la région du Prêcheur,
la culture du cacaoyer avait subi un arrêt très
sensible. Depuis deux ans, une reprise se ma­
nifeste. Cette reprise a pour causes principales:
1° les hauts prix pratiqués pour cette denrée
pendant les deux dernières années ; 2° la pos­
sibilité de pouvoir convertir en cacaoyères
d’anciennes plantations de cannes à sucre où se
trouve une terre fertile et profonde ; et 3° l’im­
pulsion donnée par les jardins d’essais de la
colonie qui délivrent gratuitement aux plan­
teurs les plants de cacao nécessaires en quan­
tité illimitée.
On considère que le rendement normal d’un
cacaoyer bien venu et bien portant est de 1 ki­
logramme ; ce chiffre est rarement atteint à la
Martinique en rapprochant le chiffre des expor­
tations (500.000 kilog. environ) de la surface
cultivée en cacao qui est de 1.500 hectares en­
viron. Cependant, ce produit de 1 kilog. de
cacao par arbre et par an est atteint facile­
ment et même souvent dépassé dans les bonnes
cultures.
Le cacao de la Martinique est, avec celui pro­
venant des autres Antilles et notamment d’Haï­
ti, de la Jamaïque, de la Guadeloupe, de SteLucie et de Ste-Croix, compris dans la qua­
lité dénommée « Cacao des Iles ».
Le déficit constaté dans la production de
1910 précédente a été comblé en 1911. Cette aug­
mentation est entièrement due aux cacaoyères
nouvellement entrées en production car, comme
pour les cafés, certaines exploitations, dans
le Sud principalement, ont souffert du déboi­
sement et périclitent.
Les plantations nouvelles, plus rationnelle­
ment établies, résistent mieux aux maladies
qui attaquent le cacao.
L’emploi du sulfure de carbone préconisé par
M. Thierry, chef honoraire du service de l’agri­
culture, propriétaire d’une des plus importantes
plantations de l’île a donné les résultats les
plus concluants. Malheureusement, le sulfure
de carbone n'arrive pas à la Martinique. Il se­
rait nécessaire que les pouvoirs publics s’en­
tendent avec les compagnies de navigation pour
que ce produit puisse nous parvenir et être
livré aux intéressés au plus bas prix possible.

L’avenir des plantations dépend de ce qui sera
fait à ce sujet.
L’échantillon de cacao envoyé par la direc­
tion de l’agriculture de la Martinique à la 5e
exposition annuelle de l’Institut Colonial de
Marseille a été estimé de la manière suivante
par M. Mouren, rapporteur de la section des
cacaos :
« Cacao très bien préparé, d’une maturité
excellente, à chair légèrement violacée, saveur
vinassée. Très joli cacao qui trouvera un place­
ment très facile et rémunérateur. »
Vanillier. — On trouve à la Martinique le
vanillier sauvage, mais il y est peu abondant.
On y cultive le vanillier du Mexique, originaire
du Mexique et du Brésil et le vanillon. Le
vanillier pousse très bien à la Martinique et il
est à souhaiter que sa culture s’y développe et
que des préparations expérimentées mettent
ses gousses en valeur.
Une cause d’arrêt dans le développement des
vanilleraies se trouve dans les vols auxquels
échappent difficilement les petits planteurs
Des lois très sévères protègent ces cultures
dans les îles anglaises où les récoltes ne se
font que quand les fruits sont arrivés à matu­
rité complète. Il serait nécessaire qu’il en soit
de même à la Martinique.
Canefice. — La hausse de la valeur de ce
produit a encouragé les propriétaires à s’in­
téresser à la récolte de cette denrée qu’ils
abandonneraient si une nouvelle baisse surve­
nait.
Bananes. — La production des bananes pour­
rait atteindre une importance considérable si
les conditions d’expédition devenaient prati­
ques.
Les moyens de transport manquent de l’inté­
rieur de l’ile aux ports d’embarquement.
Le frêt de la Martinique à la métropole est
trop élevé et les navires qui les reçoivent ne
semblent pas être aménagés dans les conditions
voulues.
Ananas. — La presque totalité des ananas
exportés ont été dirigés sur la Guadeloupe à
destination d’une fabrique de conserves d’ana­
nas.
Ce fruit si recherché, donnerait lieu comme
la banane à une production considérable, soit
pour les fabriques de conserve, soit comme
fruit frais pour l’Europe, s’il existait des mo­
yens de transport convenables.
Kola. — La culture du kolatier tend à se
propager, en particulier grâce aux efforts de
M. Gabriel Havot.

GUYANE 0
Commerce gênerai
1911
Importations................... Fr. 11.263.329
Exportations...................
11.903.627
T o t a l ........ Fr. 23 166.956“
(1) Communiqué à Unstitut Colonial par M. le Gouverneur de la Guyane.

1912
10.856.307
12.117.488
22.973.795

�82 -

E x p o rta tio n s

1912

1911
QUANTITÉS

O r.............................................
Vessies natatoires.......... .
.
Café..........................................
Essence de bois de rose...........
Gomme de Balata.....................
Phosphates................. tonnes.

kil.
3 795
4.488
394
42.642
43.090
7.234

Nous ne possédons pour cette colonie d’au­
tres renseignements généraux sur sa production
pendant les deux dernières années que ceux
contenus dans le rapport de M. Deheaulme, chef
du Service des Douanes sur le « mouvement
général du commerce de la colonie en 1911 »
qu’à bien voulu nous adresser M. le Gouverneur
de la Guyane et une note publiée dans le Petit
Bulletin de l'Office Colonial, du 30 juillet 1913
dont nous reproduisons un extrait.
La valeur des exportations (denrées du crû et
marchandises en réexportation), n’a guère
varié.
Elle s’est élevée à :
1908 .............................................. 12.851.519 frs
1909 .............................................. 11.623.560 »
1910 ..........................................
11.567.148 »
1911 .............................................. 11.903.627 »
Les exportations se sont relevées en 1911.
Dans le chiffre de 11.903.627 frs, les produits
de la Colonie entrent à eux seuls pour 11.872.370
francs, tandis que les marchandises françaises
ou étrangères de réexportation n’atteignent que
51.257 francs.
Ce chiffre se répartit ainsi :
Pour France ............................. 5.51,4.1938 frs
Pour l’Etranger .......................... 6.364.175 »
Pour les Colonies..........................
24.514 »
11.903.627 frs
L’or natif constitue la principale exportation ;
la production est en diminution depuis trois
ans.
Il a été exporté
1907 ........................................ 4.057 k.
275gr.
1908 ......................................... 4.470 k.
675gr.
1909 ........................................ 3.984 k.
168gr.
1910 ....................................... 3.849 k.. 730 gr.
1911 ........................................ 3.787 k. 756 gr.
Cette diminution est-elle passagère ? Est-elle
dûe à un ralentissement dans l’exploitation ou
à une diminution du précieux métal ?
Il est bien difficile de se prononcer et d’émet­
tre une opinion que les événements peuvent
venir détruire inopinément et qui ne serait
basée, d’ailleurs, sur aucune donnée certaine.
Le sol de la colonie est riche encore et jusqu’ici
l’exploitation n’a eu lieu que dans les endroits
d’un accès relativement facile ; elle a été sur­
tout filonnière ; et pratiquée d’une façon rudi­
mentaire, mais, depuis quelques années, des
sociétés puissantes, pourvues d’un matériel pér­
il) Rapport adressé à I’I. C. M. par le Gouverneur
de Ha Guyane.

VALEURS

francs
10.247.792
13.464
1.380
1.075 050
129.090
289.360

QUANTITÉS

—

kil.

3.873
3.979
396
35.936
79.175
7.014

VALEURS

franc s
10.457.349
11.937
1.342
898.404
237.525
280.566

fectionné, ont été constituées pour se livrer â
l’exploitation alluvionnaire ; ellss ont fait venir
des Etats-Unis d’Amérique de puissantes dra­
gues qui travaillent régulièrement.
D’autre part,de nouveaux gisements auraient
été découverts dans le Haut-Maroni et aussi
dans le Haut-Oyapoc. Le Service n’est pas
encore renseigné sur leur importance.
Il est à noter que depuis quelques années,
l’exportation de l’or tend à prendre surtout le
chemin de l’étranger, c’est vers la Suisse qu’elle
se dirige.
Ainsi, il a été exporté, à destination de ce
pays, d’une façon progressive.
En 1906 ........................................
530 k. 688
En 1907 ......................................
834 k. 892
En 1908 ......................................... 1.256 k. 896
En 1909 ........................................ 1.526 k. 042
En 1910 ........................................ 1.750 k. 000
En 1911 ......................................... 2.111 k. 843
Il serait difficile de donner toutes les raisons
expliquant cette marche ascentionnelle des
exportations d’or vers la Suisse. Quelques-uns
pensent que par suite de l’emploi en Suisse d’un
outillage plus perfectionné, l’or natif expédié de
Cayenne dans ce pays, accuse un meilleur ren­
dement après la fonte ; cette raison me paraît
excellente.
Les autres produits d’exportation sont en
augmentation.
L’essence de bois de rose, la gomme de balata,
le cacao sont surtout acheminés sur la France,
Le commerce général (importations et expor­
tations) qui s’était élevé à 25.020.964 frs en 1908
est en diminution depuis cette époque.
1909 ............................................. 23.847.186 frs
1910 .............................................. 23.800.568 »
1911 ................................................... 23.166.956 »
Cette diminution est progressive, mais depuis
trois ans elle est plutôt lente, sans qu’on puisse
dire cependant qu’elle est restée stationnaire.
Il est indéniable que la colonie traverse en
ce moment une crise ; mais les crises sont à
prévoir dans un pays où la principale on peut
dire, la seule richesse, est l’or natif extrait de
ses placers.
Le mouvement commercial d’importation suit
forcément les fluctuations de la production
aurifère. Et la preuve en est que les plus belles
années ont été les années où la production de
l’or a augmenté.
La colonie n’a pour ainsi dire pas d’agricul­
ture. Bien peu de personnes se livrent ici à la
culture de la terre, au jardinage et à l’élevage,

�— 83 toute l’activité est portée vers les placers, où
chacun travaille avec l’espérance d’acquérir vite
un pécule suffisant et peut-être une fortune
rapidement acquise.
La recherche de l’or absorbe tout.
Cependant, depuis peu d’années, il est conso­
lant de constater que' des efforts sérieux sont
faits en vue d’une exploitation plus rationnelle
de certaines richesses.
L’exploitation du bois de rose prend chaque
jour de l’importance.
Trois distilleries nouvelles ont été fondées
l’année dernière pour la distillation des
essences ; elles sont en pleine activité ; la pro­
duction s’est accrue considérablement.
L’exploitation des forêts se fait sur une plus
vaste échelle et des sociétés ont été constituées pour le transport du bois.
D’autre part, l’agriculture prendra de l’es­
sor à la suite des primes accordées à la cul­
ture de la canne à sucre et d’autres produits.
Enfin, une plus grande activité règne dans
les placers : on signale de nouveaux gisements
aurifères qui auraient été découverts dans
certaines régions.
Exploitation de la gomme de balata en 1912

Au 31 décembre 1911, il y avait en cours 68
permis d’exploitation de la gomme de balata
représentant une superficie de 1 million
012.543 hectares. Il a été délivré pendant l’an­
née 1912, 30 permis nouveaux intéressant une
superficie de 251.844 hectares.
Mais par contre 24 permis ont disparu par
suite de renonciation ou de non renouvelle­
ment.
Le nombre de permis existant au 31 décem­
bre 1912, est donc de 74, intéressant une super­
ficie de 809.851 hectares.
Le mouvement qui s’était dessiné depuis
quelques années en faveur de l’exploitation de
la gomme de balata a eu un arrêt en raison
de la baisse des prix de ce produit sur les m ar­
chés américains et européens.
Exploitation forestière

Au 1er janvier 1912, il y avait en cours 101
permis d’exploitation forestière, représentant
une superficie de 21.572 hectares ; pendant
l’année 1912, il a été délivré 51 permis nou­
veaux pour une superficie de 12.106 hect. 30.
Mais par contre 78 permis ont disparu par
suite de renonciation ou de non renouvelle­
ment.
Le nombre de permis existant au 31 décem­
bre 1912 est donc de 78 seulement intéressant
une superficie de 17.156 hectares environ.
Cette diminution importante provient de ce
que l’industrie forestière s’est limitée presque
exclusivement à l’exploitation de bois de rose,
dont l’essence est traitée dans quelques usines
installées à Cayenne.
Etat de l’Agriculture à la Guyanne en 1912

Les cultures économiques : cacaoyers, ca­
féiers, cannes à sucre, caoutchouc, prennent
depuis quelques années une certaines exten­
sion. Non seulement les vieilles plantations
de cacaoyers et de caféiers qui couvrent envi­
ron trois cents hectares tant à Rémire que
dans les communes ont été débarrassées de
1a. brousse envahissante, mais de nouvelles
plantations sont entreprises qu’on peut évaluer

à 100 hectares. Cette augmentation est due
en grande partie aux encouragements accor­
dés à ces cultures par le département et par
la Colonie. Douze à quatorze mille francs ont
été, en effet, distribués, aux planteurs, aux
cours de l’année 1912.
La culture de la canne à sucre tend à se
développer de plus en plus depuis la dispa­
rition des distilleries fabricant le tafia obtenu
de la mélasse.
Celle du caoutchouc (hevea brasiliensis)
toute nouvelle dans la colonie, est entreprise
sur une surface de 40 à 50 hect. (Rémire,Tonnégrande, placers du Maroni, etc...) On peut
considérer ces premières plantations comme
des essais. S’ils réussissent, cette culture pren­
dra une extension rapide à cause de la bonne
venue de l’hevea dans les terrains humides de
la Guyane.
Le cotonnier et le tabac quoique venant bien
ne peuvent être cultivés sur une grande
échelle. Le cotonnier,- après avoir fait l’objet
de différentes entreprises a été abandonné
à cause de la cherté de la main-d’œuvre. Seule
une plantation de longue soie a subsisté aux
environs de Cayenne. En terre nouvellement
défrichée le tabac pousse bien mais est dévoré
par des insectes de toutes sortes.
Les cultures vivrières se sont développées en
raison même de la rareté et de la cherté des
produits végétaux servant à l’alimentation en
Guyane. On peut dire qu’en quatre ou cinq ans
ces cultures ont plus que doublé. La produc­
tion actuelle satisfait à la consommation locale
et on ne note plus depuis deux ans d’importa­
tion du dehors.
Malgré un accroissement général de la popu­
lation bovine et dans l’île de Cayenne et dans
les communes, l’importation du bœuf de bou­
cherie se maintient toujours à un chiffre très
élevé, un million de francs ! La Colonie en­
courage par des primes et des concours et
par l’achat d’étalons mis gratuitement à la
disposition des éleveurs cette branche intéres­
sante de l’Agriculture, mais pas encore assez
cependant pour déterminer les habitants, sur­
tout ceux des communes à donner plus de soins
à leur bétail.
Les animaux de race porcine sont en assez
grand nombre, surtout à Iracoubo, à Sinnamary et à KouroU. La production annuelle suf­
fit à” la consommation.
La race caprine se développe rapidement.
Des 50 cabris et chèvres oui existaient en 1908,
on en trouve dans l’île de Cayenne et à l’îlot
« la Mère » 300 à 350 têtes. Cette race s’est
mieux acclimatée güe la race ovine qui compte
à peine une soixantaine de têtes (Colin, Dunezai. Matra etc.).
Les volailles ne sont plus importées, mais se
vendent à des prix très élevés.
En résumé les cultures dites vivrières se
sont développées au point de satisfaire à la
consommation locale, conséquemment les cul­
tures dites d’exportation prennent de l’exten­
sion. Mais cette extension sera plus régulière,
se fera mieux sentir quand la colonie arrivera
à se suffire en bétail comme elle se suffit déjà
en vivres et en légumes.
(1) Extrait du P e t i t B u l l e t i n d e l'O ffic e C o lo n ia l, du
30 juillet 1913.

�SAINT-PIERRE ET MIQUELON
Régime Douanier doit seul être incriminé.
Voici plus d’un an qu’une loi a voulu rendr|e
enfin à ces lieux de pêche la liberté qui leur
était nécessaire mais chose incroyable, elle
n’est pas encore appliquée et les ennemis de
nos colonies continuent à s’opposer à ce que
l’on libère Saint-Pierre et Miquelon des tarifs
dont il se meurt.

Le commerce de cette colonie va en dispa­
raissant d’une manière lente mais certaine.
De 33 millions en 1885 le voici tombé à 12 mil­
lions en 1912. En 1909 et 1910 il y avait eu
une légère reprise mais en 1911 et 1912 elle a
et nous voici revenu au chiffre le plus bas
que l’on ait enregistrer depuis 1864. Les rai­
sons de cet état de choses sont connues. Le
Commerce général
Importations . ............... ... Fr.
Exportations ........................
T o t a l ____

Fr.

1911
5.284.601
8.495.292

5.179.422
6.002.982

1912

13.779.893

11.182.404

E x p o rta tio n s

1911

Morue sèche................
Morue verte................
Huile de foie de morue
Rogues........................
Issues de morues.......
Harengs......................
Capelan......................
Flétan.........................
Cuirs verts.................

1912

QUANTITÉS

VALEURS

kll.
1.447.041
13.832.404
80.532
191.047
98.839
980
4.481
5.203
15.035

francs
868.223
6.639.451
28.186
57.314
34.593
343
1.568
1.821
15.786

QUANTITES

VALEURS

kil.

francs

741.700
8.802.848
64.272
165.527
65.041
522
67.609
10.826
15.078

474.707
4.577 480
22.495
33.105
22.764
130
23-663
3.789
15.831

�TABLE

-

Pages

Préface......................................
v
Commerce Général des Colonies Françaises..........................
1
Afrique du Nord...........................
3
Afrique Occidentale Française.............................................•...
7
Afrique Equatoriale Française.................................................. 24
Côte Française des Somalis....................................................•. 30
Madagascar........................ : ....................................................... 32
Indo-Chine................. *............................................................... 50
Etablissements Français de l’Inde...................
64
Nouvelle Calédonie et Dépendances......................................... 65
Nouvelles Hébrides..............................................
70
Etablissements Français de l’Océanie...................................... 71
Réunion....................................................................................... 75
Guadeloupe................................................................................. 78
Martinique................................................................................. 79
Guyane...................................................................................... 81
Saint-Pierre et Miquelon.................................
84

����</text>
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                <text>BU Saint Charles - Sciences, Lettres et Sciences Humaines (Marseille), cote 8340</text>
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                <text>Notice du catalogue : http://www.sudoc.fr/240411935</text>
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                <text>Vignette : https://odyssee.univ-amu.fr/files/vignette/BUSC-8340_Production-possessions_1911-1912_vignette.jpg</text>
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                <text>85 p. : tabl.</text>
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                <text>monographie imprimée</text>
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                <text>Colonies françaises. 19..</text>
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            <description>A summary of the resource.</description>
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                <text>Appartient à la collection : (Institut Colonial de Marseille ; Notice N° 10)&#13;
&#13;
A la veille de la Guerre 14-18, un bilan statistique très détaillé des exportations des colonies françaises : minerais et matières premières, produits alimentaires, produits et fruits tropicaux, produits transformés, animaux, pêche.&#13;
&#13;
Une compilation issue d'une enquête envoyée aux gouverneurs locaux par l'Institut colonial qui réclame à l'Office colonial la publication d'un rapport annuel obligatoire, normalisé, fiable et à jour et qui décide alors de produire ses propres tableaux statistiques.</text>
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                <text>Colonies françaises</text>
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            <name>Provenance</name>
            <description>A statement of any changes in ownership and custody of the resource since its creation that are significant for its authenticity, integrity, and interpretation. The statement may include a description of any changes successive custodians made to the resource.</description>
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                <text>BU Saint Charles - Sciences, Lettres et Sciences Humaines (Marseille)</text>
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                <text>Production (La) des possessions françaises en 1911 et 1912 &lt;br /&gt;&#13;
&lt;p&gt;- Feuille &lt;i&gt;Timbouctou&lt;/i&gt; ; 17 ; 1892 ; Service géographique de l'Armée. Révisé et complété en 1891 ; [mention] 3092 - En couleurs &lt;br /&gt;- Lien vers la page : &lt;a href="http://www.cartomundi.fr/site/E01.aspx?FC=6493" target="_blank" rel="noopener"&gt;http://www.cartomundi.fr/site/E01.aspx?FC=6493&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</text>
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        <name>Commerce -- France -- Colonies -- Statistiques</name>
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