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                    <text>PROCÈS-VERBAL
DES É T A T S DE P R O V E N C E ,
Que les fleurs D éputés des Communautés &amp; Vigueries
n'ont voulu intituler que

PROCÈS-VERBAL DE L ’ASSEMBLÉE
Convoquée à Aix le 25 Janvier 1789.

�\

PROCÈS-VERBAL
DE

L’A S S E M B L É E

DES
DU

PAYS

DE

NOSSEIGNEURS

ETATS-GENERAUX
ET

COM TÉ

DE

PROVENCE,

Que les fieurs Députés des Communautés &amp; Vigueries, attendu
rillégalité par eux réclamée contre lefdits Etats , n ont voulu
intituler que

1"
[i

PROCES-VERBAL

DE

L'ASSEM BLÉE,

Convoquée en la ville d 'A ix le z 5 Janvier 1 7 8 9 .

D

é l i b é r a t i o n s

e t

o r d o n n a n c e s

faites par les Gens des Trois Etats du Pays &amp; Comté de
Provence, convoqués par autorité du Roi en la ville d’Aix
au vingt-cinquieme jour du mois de Janvier mil fept cent
quatre-vingt-neuf, pour commencer le lendemain vingt-fix
dudit mois, auquel jour lefdits G ens des T rois Etats fe
font afiemblés dans l’Eglife du College Royal-Bourbon de
cette Ville, pardevant M onseigneur I’A rcheveque d ’A i x ,
Préfident.

"
i
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H

A ij
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K— .

:

�4

Les fîeurs Députés des Communautés 8c Vîguerîes ont

protcdé contre l’énonciation ci-deifus, G ens des T rois
É t a t s , trois O rdres , 8c autres femblables ; déclarant
qu’ils ne regardent certe Affemblée que comme étant compofée de Prélats, Gentilshommes PofTedans-fiefs, &amp; Députés
des Communautés 8c Vigueriesj déclarant encore que la
préfente proteftntion fera cenfée renouvellée dans tous les
aéles de la préfente féance 8c de celles qui fuivront.
Tous les autres Membres defdits Etats foutiennent leur
légalité, comme les feuls 8c vrais conftitutionnels Etats du
Pays.
Les Trois Ordres fe font rendus à l’Eglife du College
Royal-Bourbon , 8c ont pris leurs places.

M onseigneur l ’A rcheveque d ’A ix , Préfident des
Etats, a dit, qu’il convenoit de charger les Greffiers des
Etats d’aller avertir M M . les Commiffaires du Roi que
l’Affemblée étoit formée.
•

Mes. de Pagina 8c Ricard, Greffiers des Etats fe font
rendus chez MM. les Commiffaires du R o i , 8c leur ont dit
qu’fis avoient l’honneur d’étre envoyés par les Etats, pour
les avertir que l’Affemblée étoit formée.

M onseigneur le C omte de C ara m an , Lieutenant
Général des Armées du R o i, Lieutenant Général de Sa Majefié en la Province de Languedoc , Grand-Croix de l’Ordre
R oyal St Militaire St. Louis, Commandant en Chef dans
ce Pays 81 Comté de Provence, 8c M onsieur des G ai ois ,
Chevalier Marquis de St. Aubin, Vicomte de Glené, Sei­
gneur de La T o u r, Bourbon-Lanci, Chezelles, Dompierre
8c autres lieux, Confeiller du Roi en tous fes Confeils,
Maître des Requêtes honoraire de fon Hôtel, Premier Pré-

S
fident du Parlement d’A ix , Intendant de JufHce
Police 8c Finances en Provence, C ommissaires
de Sa M ajesté font venus à l’Eglife où les
Etats étoient afifemblés.
Ils ont été reçus à la porte par huit Députés
des Communautés 8c Vigueries, 8c à l’entrée
intérieure par quatre Députés de la NoblefTe.
Le Clergé 8c les autres Membres des Etats
étoient à leur place debout.
J

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1* • W

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1 .■I J! 1w.l * ’J *kl

^ '

MM. les Commiffaires du Roi ayant pris
leur place dans l’Affemblée.

M onseigneur le C omte de C araman a
remis à Me. de Regina, l’ancien des Greffiers
des Etats, qui s’efi avancé, la lettre clofe de
Sa Majefté aux Etats.
Me. de Regina, Greffier des Etats, a fait
lefture de ladite lettre clofe, dont la teneur fuit;
D E P A R LE R O I , C O M T E DE P R O V E N C E .

Lettre du K o
au x E ta ts.

» T rés- chers et bien amés , ayant jugé à
propos de convoquer TAlfemblée des Trois
Etats de notre Pays 8c Comté de Provence,
pour les caufes 8c confidérations plus particuliérement contenues en nos lettres que nous
avons fait expédier à cette fi n, que nous
avons adreffées à notre cher Sc bien amé le
fieur Riquet, Comte de Caraman , Lieute» nant Général de nos Armées, Lieutenant Gé» néral en notre Province de Languedoc ,
jd Grand-Croix de l’Ordre R oyal 8c Militaire de
»
»
w
»
»
»

�7

» Sr. Louis, 6c Commandant en Chef pour notre
» fervice en notredit Pays 6c Comté, &amp; à notre
n amé 6c féal fe fïeur de La T o u r , Conseiller
n en nos Confeils, Premier Préffdent en notre
» Cour de Parlement d’A ix , Intendant de Juftice,
w Police 6c Finances en notredit Pays 6c
» Comté, defquels vous apprendrez plus parti» culiérement nos intentions. A cette cause ,
n nous vous prions, 6c néanmoins mandons d’a» jouter entière créance en tout ce qu’ils vous
» diront de notre part, 6c de faire fuivre leurs
» demandes des effets que nous devons attendre
» de votre zele 6c affe&amp;ion comme nos bons 6c
n loyaux fujets: Si n’y faites faute. C ar tel
» eff notre plaiffr. Donné à Verfailles le pre» mier Décembre mil fept cent quatre-vingt» huit. Signé, LOUIS. E t plus bas: LAURENT

» DE VlLLEDEUIL.
Après quoi M onseigneur le C omte de
C araman s’eff découvert a falué l ’Affemblée,

a dit; M essieurs , s’eff recouvert, ainff que les
Etats, 6c a dit, 6cc.

M onsieur des Galois de L a T our a falué
l ’ Affemblée , a d it, M essieurs , s’eff recouvert,
ainff que les Etats, 6c a dit, 6cc.

M onseigneur l ’A rcheveque d ’A i x , Préffdent des Etats, a répondu au nom de l’Affemblée, 6c a dit, 6cc.
MM. les Commiffaires du Roi fe font levés,
ont falué M. le Préffdent des Etats, 6c fe font
mis en marche, précédés de la même députa-

tlon des Députés des Communautésêc Vigueries,
6c de la NoblelTe, qui les avoient reçus en en­
trant, 6c fuivis d’une députation de quatre Pré­
lats, jufques à huit pas plus loin que le dernier
banc des Députés des Communautés 6c des V i ­
gueries.
Us fe font rendus à l ’Eglife Métropolitaine
de St. Sauveur.
Après que MM. les Commiffaires du Roi font
fortis, M onseigneur l ’Eveque de Sisteron
a remercié, au nom de l’Affemblée, M onsei ­
gneur l ’A rcheveque d ’A i x , Préffdent , d’a­
voir ff bien repréfenté les intérêts de la P ro­
vince, 6c le zele de tous ceux qui compofent
l ’Affemblée pour le fervice de Sa Majefté, 6c
a dit, 6cc.
Enfuite les Etats fe font rendus à l’Eglile M é­
tropolitaine St. Sauveur, dans le même ordre
6c de la même maniéré qu’ils s’étoient rendus
à l’Eglife du College Royal-Bourbon, 6c ils ont
entendu la Meffe du St. Efprit.

D u vingt-feptiem e Janvier m il f e p t cent
quatre-vingt-neuf.
£&gt; ■ ••.
-yi * q b [xr 1î ■■ ■,
Es G ens des T rois E tats fe font affem-

L

blés dans la Salle de l’Hôtel commun de
la Ville d’A ix , 6c pardevant M onseigneur
l ’A rcheveque d ’A i x , Préffdent des Etats.
M M . les Confuls 8c Affeffeur d’A i x , en quatté de Procureurs du P a ys, ont été placés dans

�\
8
îe parquet, en face de Monfeigneur le Prési­
dent, ayant au devant d’eux un Bureau 5 &amp; aude/l'us d’eux ont été placés MM. les Cnn fuis
d'Arles, furie même banc, &amp; hors du Bureau.
Les fîetirs Députés des Communautés &amp; Vigueries ont renouvelle leur proteftation contre
l'illégalité de l’Affemblêe aduelle &amp; J’énonciaricn de G ens des trois E tats , trois O r ­
dres , &amp; autres fembîables qui pourroient être
employées.
r ■
-• ' : ' ;i- • . ,
ï
Et tous les autres Membres des Etats ont re­
nouvelé leurs déclarations contraires.
N omination
des Orejffiers

des E tats ...

M onseigneur l ’A rciieveque d ’A i x , P re­
si d en t , a dit: que le premier objet dont l’Af-

femblée devoir s’occuper , étoit la nomination
des Greffiers des Etats; il a rendu témoignage
des fervices que Mes. de Regina &amp;. Ricard ont
rendus au Pays pendant leur exercice , ainfi que
du zele&amp;c de fexaditude avec lefquels ils avoienc
rempli les fonctions de cette place.
G
ni 1
L es E t a t s ont unanimement nommé pour
feurs Greffiers , Mes. de Regina &amp; Ricard
jufques aux Etats dè 1789 ; &amp; dans le cas
ou la tenue des Etats de 1789 feroit retardée,
pa*r reflet de la. tenue des Etats Généraux du
Royaume, il a été délibéré que Mes. de Regina
&amp; Ricard continuèroient à remplir les fondions
de Greffiers des Etats, en vertu de la préfente
Délibération, pendaat les trois premiers mois
dè l’année Ï790 feülerfienf, &amp; fans que leurs
pouvoirs purfient être prorbgés ultérieurement;
fi

fi ce n’ef&gt;cn vertu dune
tion des^tats&gt;

nouvelle ^ l ib é r a ­

jyp. de Regina &amp; Ricard étant entrés,
]y[0*eigneur l’Archevêque d^Aix leur a fait part
dp cette Délibération , iis ont remercié les
itats, ont prêté ferment entre les mains de
Monfeigneur l’Archevêque d’Aix , Préfident,
&amp; ont pris leur place.
Les fieurs Députés des Communautés &amp; des
Vigueries ont déclaré avoir adhéré à la D éli­
bération ci-deffus, fans que leur adhéfion puifîe
porter aucun obftacle à leurs droits , aux ré­
clamations qu’ils ont faites, &amp; à celles qu’ils
pourroient faire ; ils ont demandé atte de cette
déclaration qui leur a été concédé.
Me. Ricard , Greffier des Etats, a dit: on a
repréfenté au Greffe des Etats, les lettres de con­
vocation adreffées à MM. de l’Ordre du Clergé.
M M. les Gentilshommes pofTédans-fîef, préfens aux Etats , ont rapporté la lettre circulaire
de convocation , qui leur a été adreffée par
MM. les Syndics.
M M. les Députés des Communautés &amp; V i­
gueries ont remis au Greffe des Etats leurs
pouvoirs.
Dans l’Ordre du C le rgé , M. l’Abbé de Pazery de Thorame , Prêtre , Do&amp;eur de Sor­
bonne , Chanoine-Sacriftain de l’Eglife d’Arles,
fk Vicaire général de Monfeigneur l’Archevêque

/ Y/tficntion
des pouvoirs
des AjJifLins
au x Etats.

�11
d A r le s , a rapporté la procuration t. tnondit

Seigneur l’Archevêque d'Arles y par at. cju I2
de ce mois, reçu par Mes. Bio 3c
Con­
frère , Notaires au Châtelet de Paris.
M. l'Abbé Decene , Prêtre , Docteur agre£
en la faculté de Théologie en VUniveriité de
la ville d’Aix , Doyen du Chapitre de la ville
de St. R e m y , Vicaire général de Monfeigneur
l ’Archevêque d’Avignon, a rapporté la procu­
ration de mondit Seigneur l ’Archevêque d’Avi­
gnon , par afte du deux de ce mois, reçu par
Me. Jouvenne , Notaire Royal &amp; Apoltolique
de la ville d’Avignon.
M. l’Abbé de M azenod , Archidiacre hono­
raire de Mar feille , Chanoine honoraire d’A i x ,
Vicaire général de Monfeigneur l’Evêque de
Marfeille , a rapporté la procuration de mondit Seigneur l’Evêque de Marfeille , par a&amp;e
du cinq de ce m ois, reçu par Me. Collomp ,
Notaire à Aubagne.
M. VAbbé de Villeneuve Bargemon, Cha­
noine de l ’Eglife Métropolitaine d’Aix , V i­
caire général de Monfeigneur l ’Evêque de Grade,
a rapporté la procuration de mondit Seigneur
l ’Evêque de Grade , par a&amp;e du vingt de ce
m ois, reçu par Me. C o u rr, Notaire à GraiYe.
M. l’Abbé de Mazenod , Prêtre licentié de
la Maifon de Sorbonne , Chanoine Sacridain
de l’Eglife Métropolitaine d’A ix , Vicaire géné­
ral de Monfeigneur l ’Evêque de Glandeve , a
rapporté la procuration de mondit Seigneur

* Glandeve , par afte du 15 de ce

l’Evêque u par Me, Leon , Notaire à Entre­
mois , r*

vaux.
nt. l’Abbé de Coriolis des Barons de Lim aye,
a apporté la procuration de Monfeigneur l’Ew'que de Riez , par a&amp;e du 31 O&amp;obre 178 8 ,
reçu par Me. Cogordan , Notaire à Riez.
M. l’Abbé Bonneti , Curé de l’Eglife Métro­
politaine St. Sauveur de cette Ville , a rapporté
la procuration de Monfeigneur l’Evêque d’A p t,
•par afte du 13 de ce mois , reçu par Mes. Petit
3c Mufeux 7, Notaires à Châlons-fur-Marne.1
#
'
M. d’Albert St. Hypolite , Commandeur de
l’Ordre de St. Jean de Jerufalem , a rapporté
une procuration en original de M. de Piolenc,,
Commandeur de C om p s, en date du 30 Juillet
1788.
M. de Gueydan , Commandeur de l’Ordre
de Sf. Jean de Jêrufalem , a rapporté la pro­
curation de M. le Bailli de Forefta , Procureur
général &amp;. Receveur du commun tréforau grand
Prieuré de St. Gilles, agiffant en conféquence des
Délibérations de la vénérable AlTemblée provin­
ciale , célébrée à Arles dans le mois de Novem­
bre dernier , à l’effet par mondit Sr. le Comman­
deur de Gueydan , de représenter M. le Bailli
de Reffeguier , Commandeur de Marfeille \ cet
aGte de procuration a été reçu le iz de ce
mois, par Mes. Coufinery &amp;. Bonfignour* N o­
taires à Marfeille.
B ij

�T1
.conteftation entre les fleurs Maquan
. V. ? J pour la Communauté de Brignolle,
en^ *es ^eurs Trucy 5c Vachier pour la
Co^unauté de Barjols.

M. Emilien de Treffiemanes , Chevalier de
l’Ordre de St. Jean de Jerufalein , a rapporté
la procuration en original de M. de La Croix
de $ay v e , Bailli de Manofque,en date du 30
Juillet dernier.
M. de St. Prieft, Commandeur de l’Ordre de
St. Jean de Jerufalem , a rapporté une procu­
ration de M. Je Bailli de Forefta , à l ’effet de
Je repréfenter en qualité d’Adminiflrateur de la
Commanderie de Puynioiffon, vacante par le
décès de M. le Bailli de Suffren.
La ville de Marfeille , n'a
aucun Député.
I ï f l L

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encore envoyé
;

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r^ v-

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&gt;

La ville d’Arles a envoyé deux Députés.
La ville d’Aix efl repréfentée par Ces Con­
fuls , Procureurs du Pays en exercice , en la
préfente année.
D ix’ huit Communautés ont confié leurs pou­
voirs &amp; donné leurs inftruftions aux Maire pre­
miers Confuls actuellement en exercice ; feize
autres, aux Maire premiers Confuls de Tannée
derniere.

i^es Vigueries ont choifi leurs Députés, fans
.livre le tour de rôle établi dans les anciens
Etats, ni la Délibération prife provifoirement
par les derniers Etats, dans leur féance du 22
Janvier 1788.
Il y a conteftation entre les fleurs de Baux
5c Barbaroux pour la Viguerie de St. Maximin.

M onseigneur l’ A rcheveque d’A i x , Préfident, a propofé de renvoyer à une Commiffion , l’examen des difficultés fur la légitimation
des pouvoirs, rappellées dans le compte rendu
par Me. Ricard, Greffier des Etats.
Les fieurs Députés des Communautés 5c des
Vigueries, ont demandé de fe retirer dans une
chambre à part, pour y délibérer.
/ ‘
Tous les autres Membres des Etats ont penfé
que cette demande ne pouvoit être accordée.
Les fieurs Députés des Communautés ôc V i­
gueries, ont demandé atte de ce refus, qui leur
a été concédé ^ la Délibération a été renvoyée
au lendemain.

M onseigneur l ’A cheveque d ’A i x , Préfident, a remis aux Greffiers des Etats, un M é­
moire, préfenté au nom des Nobles non Fof-

Alèmoire de
A l A l. les No­
bles non pojfedans-Jiefs%

�14

fécîans-fiefs , St figné Duranti la Calaa, i, a
dré j le Chevalier de Clapiers , &amp; d’Orfin ^ ^
ils defiroient que les Etats entendirent iqec.
ture.

Ia Noble fie , les Députés des CommuVigueries, St les Officiers du Pays
aya^a mail1 levée a Dieu.

Sur quoi il a été obfervé que VAtfembh
n’étoit point encore formée , puifque les pou­
voirs des afiiftans n’étoient pas vérifiés, &amp; que
conféquemment il falloir renvoyer la leélure de
ce Mémoire, après la formation des Etats.

,es fieurs Députés des Communautés St V iCTeries, ont déclaré que le ferment qu’ils \ieii,ent de prêter , ne fruroit nuire à leur récla­
mation contre l’illégalité de l’Afiemblée , telle
qu’elle eft formée aujourd’hui $ St ont protefté
de tous leurs dro'ts, St contre la qualification
d’ETATS donnée à ladite Afiemblée.

Les fieurs Députés des Communautés St des
Vigueries, ont déclaré perfifter dans les protef•
tarions énoncées au commencement du procèsverbal de cette féance.
Et tous les autres Membres des Etats , ont
protefté au contraire.

D u vingt-huitième dudit mois de Janvier.
M onseigneur l ’A rcheveque d’A i x ,
PRESIDENT.
Rang &amp; feance

S

Ur la propofition faite par M onseigneur
’A r c h e v e q u e d’A i x , Préfident, les E tats

l

p r o v ijo n e aux
porteurs de titres ont accordé provifoirement, rang St féance aux
Députés porteurs de titres conteÜés.
contefle's.

P réflation du
ferment.

Tous les afiiftans ont enfuite prêté le ferment
accoutumé. Ce ferment n’a d’autre objet que
celui de donner , en fon ame St confcience ,
l ’avis qu'on croiroit le plus utile au fervice du
R o i, de l’E tat, St au bien du Pays} il a été
prêté, fa voir, par M M . de l ’Eglife, ad peclus5

MM

Et tous le' autres Membres des Etats, ont
renouvellé *eurs déclarations à ce fujet.

I’A rcheveque d ’A ix , Pré­
fixent a dit : Que dans les anciennes AlTemtléepdes Etats, M. l’ AfiTefieur d’A ix , Procureur
Xu iJays, étoit en ufage de prononcer un difC/urs après le ferment.
M. Roman-Tributiis, AlTefifeur d’Aix , ProDifecurs de
cureur du P ays, s’efi découvert, a falué l’Af- M. tAJfeffmr,
femblée, a dit : M essieurs , a remis fon cha- d 'A i x , Procupeau, St a dit , S tC .
reur du Pays.

M onseigneur l ’Archeveque d ’A i x , Pré-

Commljjion

fident, a propofé de nommer, fuivant l ’ufage, pour U vérifie aune Commiffion pour la vérification des pou- non CcS
voirs qui étoient conteftés.
Sur cette propofition , les Srs. Députés des CornObfervattons
munautés St Vigueries, à l’exception de M M . f s /)ePuusa-*
les Confuls d’A ix , Procureurs du Pays, qui ont
di t , qu’ils font autorifés à entrer dans la pré­
fente Afiemblée , &amp; qu’ils n’ont aucune part à

�*.
'
*
y i&lt;V •
r
prendre à la contertation qui s’élève, pat -tfu
leur qualité reconnue de Confuls d’Aix,N:0_
cureurs du Pays, légitime leurpréfence aux L ts&gt;

Ont obfervé, qu’ils déclaroicnt à VAffemblé,
que ton illégalité ne lui permetroit pas de nom
mer mie pareille Commifi»on, 5c moins encore
dans la circonftance de Véaoime majorité de
voix des Prélats 5c des Gerrilshommes pofiedans-fiefs; que cette Commilfim dont les Mem­
bres devroient être élus par chacun des préten­
dus Ordres de l ’Affemblée , le iToit ain/i par
les feuls Gentilshommes pofTédans-fïefsj &amp; que
c ’étoit pour parer à cet inconvénient, que kfdits fieurs Députés avoient demande dans la
féance de la veille, de fe retirer à pa*^ félon
l ’ufagej ce qui leur avoit été refufë.
LeCdits fieurs Députés ont ajouté, que le t^
vail de la Commiflion proposée , pouvoir en
core moins être rapporté à la préfente AfTemblée pour y être ffatué définitivement,, parce
que la même majorité de fuffirages des Prélats
Lrcutjichnmmes poifédans-fiefs , ne laifferoit
aucun effet aux leurs,* que s’ils 11e dévoient pas
juger feuls leurs pairs, ils dévoient au moins
concourir à leur jugement d’une maniéré effi­
cace $5c que pourtant ce feroit les feuls Prélats 5c
Gentilshommes poffédans- fiefs qui les jugeroient,
par La compofition de l ’Aifemblée actuelle, 5c
qu’en les jugeant feuls par le fait, ils donneroient des Repréfentans aux Communes ', puifque , prononcer entre des contendans à la dé­
putation, c’eft élire ceux en faveur defquels on
décide.

Lefdits

*7

Lefdits fieurs Députés ont dit encore , que
l’abus qu’ils éprouvent dans ce moment, de la
majorité du nombre des Prélats 5c. des Gentils­
hommes pofTédans-fiefs, les oblige plus expreffément, de protefler contre l’illégalité de l’A f­
femblée, qui ne repréfente ni l’univerfalité , ni
même aucune des parties de la Nation.
L ’Ordre du Clergé n’efl point repréfenté dans
cette Affemblée. Il y manque tous les Eccléfiaftiques du fécond Ordre.
La Nobleffe n’eft point repréfentée; il y man­
que tous les Nobles non Poifédans-fiefs, qui ré­
clament à cet égard.
Les Communes ne font pas plus repréfentées,
parce qu’en général, fes Députés n’y font qu’à
raifon de leur place, 5c non par une élettion
libre $ 5c leur Syndic , partie fans laquelle il
fera toujours impolfible qu’elles forment un
Ordre, ne leur a pas encore été accordé.
Toutes ces raifons réunies, empêcheront tou­
jours que lefdits fieurs Députés des Communau­
tés 5c Vigueries, puiifent prendre aucune part
aux Délibérations de l’Affemblée. Ils déclarent
formellement, qu’ils n’y affilieront que par refpeêl pour les ordres du Roi $ mais que leur
alfiltance fera palfive, 5c que pour donner en­
core une preuve de leur extrême dévouement
pour la perfonne du R o i, 5c le bien de l’Etat,
ils voteront individuellement, 5c en corps de
Communes, l’oêtroi des Impofitions royales.

�i8
Ûe tout ce que defîus , leCdits fieurs Dépu­
tés des Communautés 5c Vigueries , ont de­
mandé a&amp;e à l’AfTemblée ; ce qui leur a été
accordé.
Obfervations
^es autres Membres de l’Â flem blée, ont obdesautresMem- fervé, qu’il eft véritablement inconcevable que
très de l'Afien- des Membres d’une AiTemblée, s’arrogent le droit
d’en contefter la légalité, quand ils n’ont encore
aucun pouvoir vérifié j que les Etats font au­
jourd’hui tels qu’ils ont toujours été, d’après la
Conftitution ; qu’on y a toujours délibéré par
tête, 5c non par Ordre, 5c qu’il n’a jamais été
d’uCage de fe retirer à part, pour voter iur une
Délibération commune; mais que l’on doit délibé­
rer dans le fein des Etats ; obfervant au moins ,
qu’avant la formation de VAffemblée , la ré­
clamation de fe retirer feroit véritablement con­
traire à toute réglé ; que la pluralité des fuffrages a toujours été la feule forme ufitée pour
juger dans les Etats du réfultat d’une Délibéra­
tion ; que tous les individus qui les compofent
y concourent ; que la Nation y eft entière­
ment repréfentée, que prefque tous les Eccléfiaftiques du fécond Ordre, ceux qui poïTedent
des fiefs exceptés, n’ont aucun intérêt. Que
les Nobles non podedans-fiefs font représentés
dans l’ordre de leurs propriétés , c’efl - à - dire
dans les Communes , dans les Députés des
Communautés 6c Vigueries, dont plufieurs font
Gentilshommes ou Nobles non poïfédansfiefs ; qu’ainfl VAffemblée des trois Ordres
exifte de fait dans les Etats , 5c qu’en con­
voquer une nouvelle , ce ne feroit que cher­
cher à augmenter la fermentation , après avoir

Et les fieurs Députés des Vigueries d’A i x ,
de Draguiguan , de Toulon , 5c de Digne.
Les opinions ont été prifes.

•f h ■
i Ï 'I I !

L es E tats ont délibéré , à la pluralité des
v o ix , de renvoyer à une Commiflion l’examen
des difficultés fur la légitimation des pouvoirs,
pour, fur le rapport qui en fera fait aux Etats,
y être par eux délibéré.
Les Etats ont agréé à la pluralité des voix ,
les Commiffaires propofés par Monfeigneur le
Préfident.
Tous les fieurs Députés des Communautés 5c
c ij,

ii§ | •
P rotejlation
des Députés des

�10
Communautés Viguerîes qui avoicnt refufé d'opiner, à l’excep&amp; V igueries,
tion de de MM. les Confuls d’À i x , Procureurs
du Pays , &amp; du fieur Député de la Viguerie
de Sifteron, ont protefté auffitôt contre cette
prétendue Délibération $ &amp; ont dit qu’il ne
pouvoit en être pris que par le concours des
trois Ordres.
Les fieurs Députés des Communautés de Brignoles , de Barjols, &amp; de la Viguerie de St.
Maximin , dont les pouvoirs étoient conteftés ,
ont abftenu d’opiner.
Reponje àcene
Et tous les autres Membres des Etats ont déprotejlation.
claré que comme on n’opinoit point par Ordre,
mais par têtes , toutes les fois qu’un avis pafToit
à la pluralité, il y avoit Délibération, dès que
les trois Ordres fe trouvoient convoqués &amp;
réunis.
Et les fieurs Députés des Communautés &amp; des
Vigueries ont renouvellé la même proteftation
que defTus, &amp; la même obfervation, que deux *
Ordres ne pouvoient prendre une Délibération
fans le concours du troifieme , fur-tout Iorfque les deux premiers Ordres font en nombre
infiniment fupérieur au troifieme.
Obfervent les autres Membres de l’Aftemblée , en renouvellant leur proteftation cideftus , que les Etats , formés comme ils fe
trouvent, font les feuls conftitutionnels en Pro­
vence, &amp; les feuls que l’on pût aftembler dans
les circonftances.

Comme il avoit été remarqué dans le cours
des obfervations fur la précédente Délibération,
par quelques-uns des fieurs Députés des Com ­
munautés &amp;. Vigueries, qu’il étoit d’autant plus
étonnant que les Etats fuffent pléniers, que la
réferve faite l’année derniere par M M . les Gen-tilshommes Poftedans-fiefs, ne portoit que fur
le cas des Etats-Généraux ; à quoi il avoit été
répondu , par quelques-uns de M M . de la Noblefte, que cette réferve portoit fur tous les cas
extraordinaires, &amp; notamment lors des EtatsGénéraux: Pour éclaircir cette difcuffion, Monfeigneur le Préfident a requis la leéture d’un
Mémoire du R o i , pour fervir d’inftru&amp;ion à
M M . ses C ommissaires .
t
",
;\
"■ ■ ■ ■ ) , , . : «j -J). t: fi

n

Me. de Regina , Greffier des Etats, a fait
la leéture de ce Mémoire , dont la teneur fuit :
M EM O IR E DU ROI pour fervir d’inftruction Inflructions du
à fes Commiffaires en FÀjfemblée des Etats de Roi à Mrs.fes
Provence.
Commijfaires,
« L ’intention de Sa Majefté, eft, que la pro» chaine tenue des Etats de Provence, ait lieu
» dans la même forme que celle du mois de

�22
» Décembre 1787 &gt; qu’il n’y foit fait aucun
» changement dans leur Conftitution , 8c que
» toutes les affaire? s’y traitent de la même
» maniéré, fauf à chacun des Ordres à propoy&gt; fer fon vœu particulier, ou à préfenter fes
» griefs, 8c demandes, qui pourront même être
» inférées dans Cahier qu’ils jugeront à propos
» de porter aux Etats-Généraux : Sa Majehé fe
» réfervant d’y ftatuer félon fa fageiïe , après
» l’AlTembiée des Etats - Généraux. Quelques
j) Communautés ont déjà délibéré des réclama» tions fur la permiffion que l’Ordre de la No» bleffe a obtenue de venir in plenis à la pro» chaine AfTemblée des Etats de la Province j
» ce qui annonce que ces réclamations feront
» foutenues aux Etats, par l’Ordre du T iers,
rç Les heurs Commiflaires obferveront que cette
» permiffion eft une fuite de la réferve , que
)&gt; la Nobleffe a faite à fon ancienne Conftitu» tion pour les cas extraordinaires, tels qu’une
» convocation d’Etats-Généraux ; que cette ex» ception à la réduction de l’Ordre de la No)) bleffe, eft fans inconvénient, dans la circonf)) tance, puifque la prochaine AlTembJée n’aura
» à délibérer que fur les impofitions ordinaires,
» 8c non fur aucune demande nouvelle de la
» part de Sa Majefléj qu’elle n’aura à traiter
w aucune autre affaire extraordinaire que celle
» de la députation aux Etats-Généraux $ qu ’il
n’y a aucun objet de difcufîion dont la décî» fion ne doive être remife après les Etats-Gé» néraux j qu’enfîn , l’Ordre de la NobJeffe
» doit être complet pour procéder à la ré» da&amp;ion de fon Cahier , 8c à la nomination
g. de fes Députés aux Etats - Généraux , 8c

» qu’il n’eft pas convenable qu’il en foit au» trement. Signés, l e C omte de C a r a m a n ,
la T our.
Les heurs Députés des Communautés 8c Vigueries ont renouvellé toutes les protehations
par eux ci-devant faites.
Et tous les autres Membres de Etats, ont re­
nouvellé leur protèhation contraire.
. a- i '-. j- y. 4.'r 1 &gt;b -i :
onp üTorj
D u vingt meuitieme dudit mois de Janvier .

M onseigneur l ’A rcheveque d ’A ix ,
P resident . - ...
T l / T E . Ri c ar d, Greffier des Etats, a dit:
J V I , qu’il lui a été remis par un Huifîier, 8c
avant que la féance fût commencée , la copie
d’un aéie de comparution de M M. les Députés
des Communautés 8c Vigueries, devant Me.
S ilv y , Notaire en cette V ille, le jourd’hier, 8c
hgnihé par exploit à l’AfTemblée des Etats de
cette Province, actuellement en féance. Il a remis fur le bureau, la copie de cet aété 8c de
l’exploit de hgniheation qui en a été faite, par­
lant à fa perfonne.

M onseigneur le P resident a ordonné la
leêture de la copie de cet aéte 8c de cet exploit
de hgniheation.
Me. Ricard, Greffier des Etats, a fait cette
leéture.
/’
.

Acte Jignifiè
aux ^ Cats a la
reJ?l&gt;lêce desSrs,
communautés
&amp; Vigueries.

�z4
Teneur de la copie de cet acle &amp; de /’exploit de
fignification d'iceliti.
» L ’an mil fept cent quatre-vingt-neuf, &amp;Ie
vingt-huit du mois de Janvier, à dix heures du
foir, pardevant nous Notaire royal de cette ville
d’Aix , font comparus M M. les Députés des
Communautés Si Vigueries, ayant féance aux
Etats de cette Province, lefquels nous ont expofé que la régénération des Etats forme l’ob­
jet de leurs vœux &amp;. de leur follicitude ; qu’ils
font également animés du vif defir d’accélerer
la tenue des Etats-Généraux du Royaume : ils
ont à cet effet exprimé les fentimens qui les ani­
ment, d’une maniéré publique &amp; folemnelle, &amp;
attefté qu’ils franchiroient toutes ces difficultés,
&amp; voteroient les impôts; mais ils ont été arrê­
tés dans ces réfolutions patriotiques, lorfqu’il a
fallu délibérer fur la légitimation des pouvoirs
des Députés et.
» Ils ont vu avec furprife , qu’au mépris de
tous les principes, les deux premiers Ordres, prétendoient coopérer à cette légitimation , fans
être réduits à une égalité de voix numérique à
celles du Tiers-Etat; Ils ont repréfenté qu’ils ne
pouvoient voter dans une pareille Allemblée,
qui paroiffoit illégale &amp; inconffitutionnelle ; ils
avoient cependant propofé un parti moyen ,
qui étoit celui de déférer la décifion définitive
fur les pouvoirsconteftés, aune Commiffion qui
feroit compofée de douze Membres des deux
premiers Ordres, &amp; de douze choifis dans ce»
lui du Tiers. Cette offre de conciliation qui auroit

roit dû être a c c e p t é e s été refufée par les deux
premiers Ordres
w Dans la féance d’aujourd’hui, les comparoiffans ont vu avec regret &amp;. douleur, q u e , quoi­
qu’ils aient déclaré formellement, à l’exception
de M. le premier Conful d’Aix , &amp; du fleur
Député de la Viguerie de Sifteron , qu’ils ne
dévoient ni ne pouvoient voter , que tout ce
qu’ils avoient dit , n’avoit été exprimé que par
forme d’obfervation, &amp;. non à titre d’opinion;
les deux premiers Ordres fe font prévalus de la
préfence du T ie rs-E ta t, pour en induire que
cette affiftance , purement négative , fuffifoit pour
former une Délibération ; &amp; c’eft en exécution
de cette prétendue Délibération, que Monfeigneur l’Archevêque d’A i x , Préfident des Etats,
a défigné les Commiffaires de tous les Ordres,
pour procéder à l’examen des pouvoirs des D é­
putés du Tiers, &amp; en faire le rapport aux Etats,
à l’effet qu’il fût par eux ftatué irrévocablement
fur ladite légitimation «.
» Comme il importe à l’Ordre du Tiers , de
prévenir des formes de procéder auffi injulles,
&amp;. auffi illégales , qui , en compromettant fes
droits &amp;. fes intérêts , conftitueroient les deux
premiers Ordres, maîtres abfolus de toutes les
Délibérations , &amp; qu’il veut auffi marquer fon
empreffément à voter les fubfîdes ro y a u x , &amp;
à procéder à la nomination de fes Députés pour
les Etats-Généraux, les fufdits Députés nous ont
requis de leur concéder a&amp;e «.
» i®. De tout le contenu Scexpofé ci-defïus».
D

�i6
» 2°. De la proteftation formelle qu’ils font con­
tre tout ce qui a été fait dans les féances pré­
liminaires à la formation des Etats, qui pourroient contrarier les droits de leur Ordre, &amp;
faire fufpe&amp;er leur zele &amp; leur fidélité envers le
meilleur des Rois ce.
»3°. De la déclaration qu’ils font deperfifter
à ne vouloir, ni ne pouvoir opiner, en Corps
d’Etats, fur la légitimation des pouvoirs, &amp; für
tout autre objet, jufqu’après la formation légale
de rAffemblée Ét.
,, 4°. De ce qu’ils ne regardent point le vœu
des deux premiers Ordres, comme formant Dé­
libération
„ 5°. Qu’ils continueront de fe préfenter à l’Affemblée, avec tous les Députés dont le droit
de féance peut être conteftéj offrant, ainfi qu’ils
l’avoient déjà fait, de nommer, à titre de con­
ciliation, des Commiiiaires en nombre égal avec
ceux des deux premiers Ordres réunis , pour
procéder définitivement à la légitimation des
pouvoirs
„ GK Comme encore de la déclaration formelle
qu’ils font, de v o te r , comme ils v'otent réel­
lement &amp;. défait, au nom de leurs Communau­
tés &amp; Vigueries, le don gratuit, impôts &amp; fubfides royaux , tels qu’ils ont été délibérés aux
derniers Etats ; pour, lefdits fubfides, être levés
en vertu du préfent aéte , qui fervira de titre
pour le recouvrement, au Tréforier de la Pro­
vince, lequel fera homologué, en tant que de

27
besoin, par qui de droit, fans néanmoins que
la préfente déclaration puiffe préjudicier d’au. cune maniéré quelconque, aux droits du TiersEtat , pour répéter des deux premiers Ordres,
les portions defdits impôts les concernant. Et
ici préfent, Me. Pierre Marcadier, Député de
la Viguerie de Sifteron, lequel ayant en confidération tous les objets ci-deffus référés, a dé­
claré les adopter dans tout leur contenu, com­
me formant fon feul &amp;. véritable vœu \ &amp; de
tout ce que deffus, noufdit Notaire, avons con­
cédé a&amp;e aux fufdits MM. les Députés des Com ­
munautés &amp;. Vigueries de cette Province, pour
leur fervir &amp;. valoir à ce que de raifon. Fait,
lû &amp; publié audit A ix , dans une des Salles de
l’Hôtel.de-Ville , en préfence de Me. Mathieu
Pellegrin , Avocat en la Cour, natif de la ville
de Reillane, &amp;. y réfidant?, &amp; d’André Brunet,
Cordonnier de la ville de'Trets, témoins requis
&amp;. fgnés avec lefdits fieurs comparoiffans, â la
minute. Signés , Mougins R oquefort, Député
de la Communauté de Gralfe j Peliffier, Député
de la Viguerie de Tarafcon $ Salvator , D é ­
puté de la Viguerie de D ign e} Verdollin, D é ­
puté d’Annotj Savournin, Député de la Viguer
rie de St. Paul ; Confiant, Député de St. Rem yj
R i c a v y , Député de Digne ; Benoift, Député de
St. Maximin ; Roman, Député des Méesj Peyroncely , Député de Fréjus ; T y r a n , Député
de Seyne ; Chaudon , Député de Mouftiers ;
Louis-Honoré Simon, Député de Caftellannej
Bayle, Député de la Viguerie de Seyne } Ifnard,
Député de Reillanej Lange, Député de la V i ­
guerie de Forcalquier; Giraud Député de Colmars j S ilv y , Député de Pertuisj Mandine , Dé-

�28
puté de la Viguerîe d’Annot ; F ab ry, Député
de la Viguerie de Colmars; Clementis, Député
de la Viguerie d’Apt, Bernard , Député de Ja
ville St. Paul; Lantier de Villeblanche, Député
de Toulon; Jordany, Député de Draguignan;
Martin, Député de la Viguerie de Toulon; Decugis; Député d’OMioules ; De Sauteron, Député
de Manofque ; Pafcal , Député de la Viguerie
de Draguignan; Romans, Député de la Com­
munauté du Martigues ; Barbaroux , Député
de la Viguerie de BrignoIIe ; Brouilhony Verdache , Député d’Aups ; Barreme, Député de
Tarafcon; Feraud , Député de la Communauté
de BrignoIIe ; Barbaroux , Député de Ja V i­
guerie de St. Maximin ; Ripert , Député de
Valenfolle ; Vachier, Député deBarjoIs; Cogordan, Député de Riez; Savournin , Député
de la Viguerie de Grafîe ; Bernard, Député de
la ville d’Hieres; Reguis, Député de la ville
de Sifleron ; Bernard, Député d’Antibes ; Neviere , Député de Forcalquier; St. Vincent, Dé»
puté d’Apt; Defideri, Député de Rians ; Jaubert de Fontvive, Député de Lambefc; Arnaud,
Député de Mouffiers ; Bourgogne , Député de
Cuers ; Philibert, Député de la Viguerie de Barjols; Sumeire, Député de Trets ; Aumerat, D é­
puté de la Viguerie d’Hieres ; Capeau, Député
de la Viguerie d’A ix; PelJegrin , Brunet, té­
moins; Si l vy, Notaire, à l’original. Duement
contrôlé
„ L ’an mil fept cent quatre* vingt-neuf, &amp; le
vingt-neuf Janvier avant midi , nous Huiffier
audiencier au Siégé général de cette ville d’Aix
y réfidant domicilié, fouffigné , à la requête

29
de MM. les Députés des Communautés &amp; Vigueries ayant féance aux Etats de cette Pro­
vince , &amp;. qui font élection de leur domicile au
Bureau de la Province , avons intimé &amp;. fignifié l’afre dont copie ci-delTus , reçu St patTé
riere Me. S ilv y , Notaire de cette Ville , duement contrôlé , a l’AfTembLée des Etats du
Pays de cette Province, actuellement en féance,
aux fins qu’elle n’en ignore , &amp;. donné cette
copie du fufdit aCte &amp; préfent exploit à Mr.
Me. Ricard , l’un des Greffiers defdits Etats ,
parlant à fa perfonne , par noufdit Huiffier ,
figné Gautier u.
Après quoi , Monfeigneur le Préfident a re­
S econ de lec­
quis une fécondé leCture du Mémoire du R o i, ture du M ém oi­
fervant d’inftruCtion à MM. fes Commiflaires, re du R oi f e r ­
&amp; qui avoit été lu dans la féance du jourd’hier. vent d'injlructions à M M .
f e s Commifjid Me. de Regina , Greffier des Etats a lu ce res.

Mémoire. '

Monfeigneur le Préfident a demandé enfuite
aux fieurs Députés des Communautés &amp; Vigueries , s’ils ne reconnoiffoient pas combien
cet aéte étoit illégal , contraire aux inftruCtions
de Sa Majelté , qui avoient été lues plufieurs
fois ; qu’il étoit forcé de le leur repréfenter &amp;.
de leur demander s’ils vouloient le retirer.
Les fieurs Députés des Communautés &amp; des
Vigueries n’ont pas répondu à cette interpel­
lation , &amp;. néanmoins fur les obfervations faites
par quelques-uns d’entr'eux ; Monfeigneur le
Préfident a requis une troifieme leéture du Mé-

�3°

.. ,
/noire du Roi fervant d’inflru&amp;Iorf a MM. Tes
Commiffaires.
T roif. cm e lec Cette troifieme lefture a été faite par Me.
tut e du ^ cnl0’l~ de Regina , Greffier des Eta-‘s.
re du K 'oi yfer ü
*
/
vaut d inflruc .
- - ,,
«
_ ,
,
,
^
//on n M M .
Sur quoi , MM. les Députes des Commuf c s Commijfai- nautés &amp; Vigueries , ont dit : qu'ils ont cru voir

res,

dans ces mêmes inftruéïions que la convocation
Observations pleni£re
Nobleffe ne lui avoir été accordes Députés des dée que pour le feul objet extraordinaire de
Communautés la députation aux Etats-généraux du Royaume $
&amp; Figuéries. &amp; qu’ainfi Je vice d’une majorité énorme, en
faveur des Gentilshommes poffédans-fiefs, ne
devroit pas être ajouté à tous les autres vices
de la préfente Affemblée.
Observations
Et les autres Membres de l’Aflemblée ont
des autres M em- dit avoir déjà répondu à toutes ces obfervabres de tAJJ'em- tionS.
blee.

Les fleurs Députés des Communautés &amp; V i­
gueries ont obfervé que dans cette contrariété
d’interprétations , Je Roi feu 1 pourroit décider,
fi toutefois c’étoit Je feul vice de l’Affemblée ac­
tuelle ; mais que l’on devoit plus particuliére­
ment s’adreffer à Sa Majefté pour en obtenir
une Affemblée générale des trois Ordres, feul
remede applicable aux circonftances.

31
/
La matière mife en Délibération, les ETATS
D eliberation
ont délibéré , à la pluralité des voix , de dépu­ fu r Lacle fig n iter à MM. les Commilfaires du R o i, des Mem­ f i é aux E tats
bres des trois Ordres , la féance tenant, pour a la- requête des
D éputés des
leur faire part de l’aête fignifié aux Etats, à Communautés
la requête des fleurs Députés des Communautés &amp; V igueries,
L&gt;
&amp; Vigueries.
! .. •; aîOUlO' . . I îiViioi'
;&gt;.
Monfeigneur le Préfident a propofé pour
D éputation
vers M M . les
Députés.
v

Monfeigneur l’Evêque de Fréjus,
Monfeigneur l’Evêque de Vence.
M. le Prévôt de Pignans.
M. le Procureur fondé de M. le Comman-,
deur de Comps.
'
M.
M.
M.
M.

de Grimaldy de Cagnes.
de Vintimille de Figaniere.
d’Autric des Baumettes.
de Maurel de Pontevés.

Les fieurs Députés des Communautés de Tarafeon , de Forcalquier , de Sifteron &amp; de
Graffe.
Et les fieurs Députés des Vigueries d’Hieres,
de Draguignan , de Toulon &amp;. de Digne.
Lefquels ont été agréés par les Etats.
&gt;

Après quoi , Monfeigneur le Préfident a ob­
fervé qu’il lui étoit impoffible de ne pas faire
délibérer fur cet a &amp; e , &amp; a demandé aux fleurs
Dépurés des Communautés &amp; Vigueries s’ils
perfiftoient. Ils ont répondu qu’oui.

C om mijfaires
du Lioi.

O bfervarions

Les fieurs Députés des Communautés &amp; Vi- ^s fiers Dur
gueries , ayant obfervé que comme il s’agif- Putes des,
foit dun omet qui les întereffoit privativer
ment , il* iroient feparement rendre compte députation.

�MM. les Députés nommés dans l ’Ordre du
Clergé &amp; de la Nobleffe, fe font rendus feuls,
la féance tenant, chez MM. les Com miliaires
du Roi.

Yt
‘ii f

Retourdes DeFt étant revenus, Monfeigneur l’Evêque de
ornés des E tats . Fréjus portant la parole, a dit : qu’ils ont été
reçus avec les honneurs accoutumés , &amp; il a
ajouté que Ton premier mouvement avoit été
de repréfenter à MM. les Commiffaires du R o i ,
fa jufte fenfibilité &amp; fa profonde douleur fur ce
qu’il manquoit les Membres d'un Ordre entier ;
qu’ils fentoient allez fans qu’il s’y appefantît d’a­
vantage, les inconvéniens d’une pareille abfence 5
qu’ils a voient remis à MM. les Commiffaires du
R o i , la copie de l’a&amp;e qui avoit été lignifié aux
Etats y que MM. les Commiffaires du Roi en
avoient pris leêture , s’étoient retirés dans leur
appartement^ avoient rapporté à la députation
leur réponfe écrite 6c lignée de leurs mains. LaReponjè de Rue^e réponfe mondit Seigneur l’Evêque de
MM. les Corn- Fréjus a remife fur le Bureau.
miffaires du
Roi.
Me. de Regina, Greffier des Etats , a lu à
TA Rem blé e.

l’Affemblée cette réponfe dont la teneur fuît ?
» MM. les Commiffaires du Roi , d’après la
» connoiffance qui leur a été donnée, par la
» députation des Etats, de l’a&amp;e lignifié aux
» Etats par le miniftere d’un Huiffier , ont re» gardé cet a&amp;e comme irrégulier , illégal ,
*&gt; téméraire , attentatoire à l’autorité du Roi ,
» à laquelle les Députés des Communautés Sc
» Vigueries , énoncés dans l’a&amp;e, ont manqué
» effentiellement ; contraire à la Conftitution
» du Pays , au refpeêf dû aux Etats , fe man*
» quant à eux-mêmes 6c à leur propre devoir,
» s’écartant même des mandats particuliers que
» plufieurs Communautés ont donné , &amp; ne
» formant une opinion commune 6c univer» feile que pour contrarier dire&amp;ement les inf» trustions du R oi dont il leur avoit été donné
» connoiifance, êc fait leéture dans la féance
» d’hier matin : tel eft le premier point de vue
» fous lequel MM. les Commiffaires du Roi
» ont confidéré cet aête extraordinaire dans fa
» forme , fon contenu , Sc fa préfentation j fe
» réfervant de prendre à cet égard telle déter» mination ultérieure qu’ils croiront convena» b le , &amp; même néceffaire, pour remplir les
» intentions de Sa Ma je fié. Signés , LE COMTE
de

C araman , L a T our ,

Et les fieurs Députés des Communautés Sc V i­
gueries ont déclaré expreffément qu’ils ne croyoient avoir mérité par leur conduite aucun
des reproches qui leur étoient fait dans cette
réponfe , qu’ils avoient au contraire montré
autant de dévouement , de refpeéf 6î d’amour
pour le Souverain 6c l'Etat , que de fageife
E

Observerions

dits / leurs D é­
p u tés des Com­
m unautés &amp;y Y
guérits f u r celte,

réponje.

�34

Se de modération dans la défenfe de leurs droit?.1
L ’o&amp;roi de l’impôt par un aéfce notarié , au
moment où il devenoit prefque impoffible de
le confenrir dans l’Alfemblée , 8c où l’on im«
putoit toujours davantage auxdits fleurs Dépu­
tés , de vouloir augmenter l’embarras du fi Ce 8c
retarder la tenue des Etats généraux , a prou­
vé leur dévouement au Prince 8c au bien du
Royaume. Leur réfolution personnelle d’affifler
à rAflemblée contre la teneur de leurs infiructions doit avoir convaincu de leurs difpofitions pacifiques j ils croyent n’avoir fait ,
par leur déclaration notariée , qu’un aéte de
patriotifme devenu néceffaire par les circons­
tances ; 8c ils déclarent y perfifter dans tout
fon contenu.
Obfervations

Et tous les autres Membres de l’ASTemblée

des autres M em ­ ont dit : qu’il Semble qu’il n’a pu y avoir d’u­
bres de l SÎ(/em­ nion entre tous les Députés des Communautés
blée.
8c Vigueries , celle d’Aix excepté , pour voter

l ’impôt hors des Etats , que pour s’oppoSer
aux intentions de Sa Majefté, dont il leur avoit
été donné conopiiTance, par les inftru&amp;ions dont
il leur avoit été fait leéfure ; puifque cette vota­
tion contrarie leur mandat, qui portoit pour quel­
ques-uns la votation de l’impôt dans les Etats
Seuls ; que loin de donner une preuve de zele
à Sa M ajeflé, l’a&amp;e dont s’agit démontre delà
part des Communes le projet d’une véritable
infurreétion pour faire manquer les Etats , 8c
qu’en ayant l’air d’accélérer la votation des im­
pôts , ils la retardent en les votant chez un N o­
taire 8c hors des Etats , dans un atte nul , ir­
régulier , contraire aipc intentions du R o i , à

35

tout ce qu’ils avoient annoncé oans les féanceS
précédentes , fur la votation de l’impôt.
Qu’ils ne parlent pas de leur réfolution perfonnelle d’affifter à l’Afieniblée^ contre la te­
neur de leurs inftru&amp;ions j puifqu’ils ont au
contraire réclamé ces mêmes inftruâions, toutes
les fois qu’ils l’ont cru néceffaire ; 8c qu’en
réglé, ils doivent arriver aux Etats avec la poffibilité de voter en leur ame 8c confcience ,
8c non comme des êtres paffifs, chargés de ne
porter individuellement 8c abfolument que telle
opinion. Si cela n’étoit pas ainfi , que deviendroitle Réglement des Etats, qui prive du droit
de féance , toute Communauté qui aura défavoué fon Député , qui aura opiné aux Etats en
fon ame 8c confcience? Et que feroit - il néceffaire de réunir les Députés des Communau­
tés 8c Vigueries pour délibérer ? Puifqu’ils ne
pourroient pas délibérer, il fuffiroit de lire leurs
infiruétions.
Ainfi les Députés des Communautés 8c V i­
gueries ne peuvent pas fe faire illufion fur leur
prétendu afte de patriotifme. Il eût cté bien
plus patriotique fans doute , de ne faire dans
l’Affemblée aucune difficulté de légitimer les
pouvoirs, en proteftant contre la prétendue il­
légalité ; enfin de voter les impôts. Au lieu
de réunir l’état le plus a&amp;if pour les mo­
tions , obfervations , déclarations, 8c p r o t e c ­
tions, à l’état le plus paffif en fait d’opinions,
il falloit chercher à fe rapprocher , 8c non éta­
blir dans le fein des Etats , la fçiffion la plus
illégale 8c la plus extraordinaire, fans principe
E ij

�I6
comme fans objet , &amp; aux vues peu pacifique*
de laquelle il eft iinpofîïble de fe méprendre:
ajoutant que Vinfïftance des Députés des Com­
munautés &amp; Vigueries à une démarche auffi re»
préhenfible , prouve certainement qu’ils n’en
Tentent pas fautes les conféquences , qui ont
été détaillées daiiïs le cours des opinions, &amp;
qu’il eft inutile de répétera
Les fleurs Députés des Communautés &amp; Vigueries ont déclaré exprefTément protefter con­
tre tous les principes énoncés dans le dire ci-defîus.
-uî fàb î; ».*)') .. finît* 2j5r]
•- ?: r •
■■ ■■:^ *
Obfervant tous les autres Membres de l’Affemblée que ces principes ne font que ceux
qu’ont confacrés le réglement &amp; lufage.
Lecture &lt;ies
Délibérations
contenant les
pouvoirs &amp; les
infiractions de s
Députés.

Obfirvaùons

Monfeigneur le Préfîdent a requis la le&amp;ure
des Délibérations contenant les pouvoirs
inftru&amp;ions des fleurs Députés des Commu­
nautés &amp; Vigueries.
Me. Ricard , Greffier des Etats, a commencé
la leëture de ces Délibérations : il a lu la D é­
libération de la Communauté d’Aix &amp; partie
des Délibérations de la Communauté de Tarafeon.

Le fleur Député de la Viguerie de Tarafcon
du Député de la a obfervé que les pouvoirs des Membres de
[,
pAffemblée , étoient fournis à fa Jurifdi&amp;ion ;
uLts. Ut uuc mais que ^eurs inftru&amp;ions &amp; celles du 11ers
dont il s’agiffoir, n’appartenoient qu’à leurs mandans, &amp; ne dévoient pas être communiquées à
l ’AfTemblée.

Et les autres Membres de l’AfTemblée ont
O lfervdtion s
obfervé qu’ils n’ont demandé cette lé&amp;ure que des autres
parce que la plupart des Membres des Dépu- ^ L
,m
rl &gt;resu ^
tés des Communautés &amp;. des Vigueries ont at- 1 JJembiu.
tefté que par leurs inftruêtions , il leur étoit
prohibé de rien voter dans les préfens Etats ,
même l’o&amp;roi des impôts.
Les Heurs Députés des Communautés &amp; V i­
gueries, ont renouvelle toutes leurs déclarations
&amp; proteftations.
-

■ ■ ■ V. -;■ ■ ■ '

,

: '.-lO Ü

; ;

.

j)

.

•

.

Et les autres Membres des Etats, ont renouvellé leurs déclarations &amp; proteftations contrai­
res.

D u trentième dudit mois de Janvier *
M onseigneur l ’A rcheveque d ’A ix ,
P resident .
Onfeigneur l’Evêque de Sifteron , PréfiC om mencedent de la CommifTion pour la vérifi- m ent du rapport
cation des pouvoirs, a dit: que la CommifTion de U C om mifs’étoit alfemblée chez lui, mais qu’elle avoit Jwrï Pour la ve'~
été très-incomp!ette , &amp; qu’aucun des Députés
des Communautés &amp;. Vigueries n’y avoit affifté j Pouvcir*'
que cependant elle s’étoit occupée de l’examen
des pouvoirs , &amp;. qu’il y avoit trois conteftations.

M

Sur q u o i , M onseigneur l ’A rcheveque
L égitim ation
d ’A ix a propoféde légitimer tous les pouvoirs, des p o u v o irs p a r
en ne donnant qu’une voix aux Députés en cou- ^Uum^nons,
teftation, ou en concurrence.

�19

_
38
Et LES E t a t s , par acclamation, ont légïJ
timé tous les pouvoirs.
A vis écrit,
Immédiatement après, un des Membres de la
lu par un des Noblefie a demandé à Monfeigneur l’Archevê-

NoiiftT ^ ^ ^ue

Préfident, de lire un avis écrit.

Sur quoi ayant été obfervé par quelques Mem­
bres de IAfiem blée, qu’il n’étoit pas d’ufage de
lire de fimples opinions, il a répondu que s’il
vouloit fubrilifcr , il diroit qu’il ne parle que
fur de fimples notes* mais comme il finira par
requérir que cet avis foit infcrit dans le procèsverbal, &amp; qu’il fera figné de lui , il feroit in­
différent qu’il le remît au Greffier pour en faire
la Ic&amp;ure, ou qu’il le lût lui-même.
Après quoi, il a lu l’avis écrit fans le remet­
A d hefon des
D éputés des
tre fur bureau * St tous les fieurs Députés des
Communautés Communautés, St la plupart de ceux des Vi&amp; l'^igue rie s à gueries, ayant commencé par adhérer à l’avis
cet a n s écrit.
ci-deffius, un d’eux a obfervé , dans le cours des
opinions, que cet avis n’étoir point une motion
nouvelle à laquelle on pût adhérer, mais le dévelopement d’une motion déjà faite par tous les
fieurs Députés.

Commijfion
MONSEIGNEUR L’ARCHEVEQUE DAlX, Prépour U réduc- fident, a enfuite propofé de nommer des Comtion du procès- miffaires pour la rédaCtion du procès-verbal, &amp;
verbal.
a propofé pour Commiflaires :
Monfeigneur l ’Evêque de Digne.
M. le Procureur fondé de JYL l ’Evêque de
Riez.

M. de Sade d’Eiguieres.
M. de Maurel de Pontevés.
Les fieurs Députés des Communautés de Sifteron Si de Grade ; 6c les fieurs Députés des
Vigueries d’Aix 6c de Tarafcon.
•liOii - f , ~t i., ' ... .* ;&gt;L «\»)
L es Et a t s , à la pluralité des v o ix , ont déli­
béré de nommer une Commiflion pour la rédattion du procès-verbal, 6c ont agréé les Commiliaires propofés par Monfeigneur le Préfident.
Les fieurs Députés des Communautés 6c V i ­
gueries, en opinant, ont déclaré qu’ils ne votoient fur la Commifilon dont il s’agit, que pour
faire confier, par le procès verbal, de leurs ré­
clamations 6c protefiations fur l’illégalité de l’Affemblée.

Obfe m a tio n s
&amp; déclaration s
des D éputés des
C om munautés
&amp; V iguérie s f u r
cette D élibéra­
tion.

Le fieur Député de la Viguerie de Tarafcon,
a dit: que ne pouvant ni voter, ni opiner dans
une Aiîemblée contre la légalité de laquelle il
protefte, il refufe la Commiffion.

R efus du Dé­
p u té de la 1 7 gu erie de Tara f
con , d être
M em bre de cette
C om m ijfion.

M onseigneur l ’A cheveque d ’A ix , Pré-

D éputation
fident, a dit: qu’il conviendroit de nommer des
des E ta ts, p ou r
Députés pour faluer 6c remercier , au nom des
fe lu e r &amp; rem er­
Etats, M M . les Commifiaires du R o i , de l’in­ cier M M . Us
térêt qu’ils témoignent pour le bien 6c l’avan­ C om m ijjaires
tage du P a y s , 6c il a propofé en conféquence : du R oi.

Pour la députation à
C o m t e de C a r a m a n ,

MONSEIGNEUR

LE

�A 40
Monfeigncur l’Evêque de Sifteron.'
Monfeigneur l’Evêque de Vence.
M. le Vicaire général de Marfeille.
M. le Prévôt de Pignans.
M. de Vento des Pennes.
M. de Glandevés du Caftellet.
M. de Lombard de Gourdon.
M. de Raphelis de Broves.
-ài
’iïio-'j
’•:rrruc*.' &gt; ,1 -, • . ». :&gt;
Les (leurs Députés des Communautés d’A ix,
de Tarafcon, de Forcalquier, &amp; de Sifieron.
Les (leurs Députés des Vigueries de Grafle,
d’Hieres, de Draguignan, &amp; de Toulon.
7 -ilJ '•:)
'
f•
Et pour la députation à M onsieur des G a «
lois de L a T our ,
Monfeigneur l’Evêque de Toulon.
Mr. de Galliffet du Tholonet.
Le Sr. Député de la Communauté de Grafle*
Si le Sr. Député de la Viguerie de Digne.
L es E tats ont délibéré , par acclamation ,
la députation propofée, &amp; ont agréé les Dépu­
tés nommés par Monfeigneur le Préfident.
Déclaration
Les (leurs Députés des Communautés &amp; Vides-Députésdes gueries, ont déclaré qu’ils n’adhéroient à cette
Communautés Délibération , Si qu’ils ne Ce joindroient à cet
&amp; /Dgucnesfur
aux autres Députés, que par refpeél &amp;
ccru députation. ^ f g rence pGur M M . les Commi/Éaires du R o i,
&amp; qu^ls renouvellent toutes les proteflations par
eux faites dans les précédentes féances, &amp; dans
celle-ci.
Et

4*
,
Et tous les autres Membres des Etats, ont re*
nouvellé leurs proteflations contraires.

■ ; -

Mr. Durand , Echevln de la ville de Marfeille , qui étoit entré aux Etats au commencement de la féance , &amp;. avoit pris place avant
M M . les Maire Confuls de la ville d’A rles,
fuivant l’alternative portée par l’Arrêt du Confeil du 22 Novembre 1788, a dit:

E ntrée de
M . D u ra n d ,
E chevln de la
v ille dt M arfdlE tats f
&amp; protcjlation
des droits de la
ville de M arM essieurs,
f t i l le , fu r la de c l j o n portée p a r
» La Communauté de Marfeille , dont j’ai l'A rrêt du Con-

» l’honneur d’être un des Adminiftrateurs , &amp;. f ei1
22
Y) à qui les lettres de convocation font parve- vem re. iy,r *
» nues fort tard , m a député , conjointement
alternative
» avec M. C apus, Aflefleur, par Délibération entre les v illes
Y) du 25 de ce mois, pour aflifler aux Etats \ de M arfeille &amp;
)) une maladie fubite, n’a pas permis à mon J A rles.
» collègue de fe rendre aujourd’hui aux vœux
» de fes concitoyens, mais je me flatte que cet
Y) obftacle ne fera que momentané, Si que j’au» rai la fatisfattion de paroître avec lui dans
y&gt; cette refpeêtable Aflemblée. Je remets fur le
» bureau la Délibération qui porte nos poun voirs, fous la réferve néanmoins de tous les
» droits de la Communauté, &amp; notamment con» tre la décifion intervenue le 22 Novembre
» dernier, fur le rang &amp;. préféance de fes Dé» putés en la préfente Aflemblée, dont je pro^ tefte expreflêment, &amp; de laquelle protefla» tion, je demande atte, en fuppliant les Etats
» d’en faire confier dans leur regiftre.
E rotejlation

M . de Barras de Lanfac , Maire premier contraire de la
F

�4*
pandeMM.les Confuls de la ville d’Arles, a protefté au conCon/uU de la trafre : &amp; a déclaré s’en rapporrer à la décifion
ville d ’A rles,
confignée dans l’Arrêt du Confeil du 22 No­
vembre dernier, 8c a demandé qu’il lui fût con­
cédé a&amp;e de fa proteftation, 8c que l’Arrêt du
Confeil du 22 Novembre dernier, fût enrégiftré au Greffe des Etats, ainfi qu’il eft porté par
i-celui.
L es E t a t s ont concédé a&lt;ffe à M M . les
Maire Confuls de la ville de JMurleille , 5c à
M M . les Maire Confuls de la ville d’Ar.es, de
leurs dires &amp; proteftations refpcêHves , 8c ont
ordonné que l’Arrêt du Confeil du 22 Novembre dernier, feroit enrégiftré au Greffe des Etats,
8cinfcrit dans le procès-verbal.
Enre'gijlrement

TENEUR

DUDIT

ARRET

des
DU CONSEIL.
Etats dudit A rrèt du Confeil. Extrait des Regijlres du Confeil d’Etat du Roi»
greffe

» Le Roi s’étant fait rendre compte dans fon
Confeil, des Mémoires qui ont été préfentés à
Sa Majeffé, tant par les Officiers municipaux
de la ville de Marfeiiie, que par ceux de Ja
ville d’Arles, au fujet de la difficulté qui s’eff
élevée dans la derniere AfTemblée des Etats de
Provence, pour raifort de la préféance que les
Députés de ladite ville de Marfeiiie, ont de­
mandée fur ceux de la ville d’Arles ; Sa Majeffé
a reconnu qu’il étoit de fa juflice de maintenir
entre les Députés de ces deux Villes, l’égalité
&amp; l'alternative de préféance qui ont été réglées
par une Délibération defdits Etats du mois de

Février 1583 ; &amp; cependant Sa Majeffé a penfé
que ces mêmes motifs de juffice exigeoient que
cette alternative de préféance , ne continuât pas
à avoir lieu d’année en année, mais d’Etats en
Etats j à quoi voulant pourvoir: Ouï le rapport,
le Roi étant en fon Confeil, a ordonné 8c or­
donne , que, conformément à ladite Délibéra­
tion des Etats de Provence , du mois de f é ­
vrier 1583 , les Députés de la ville de Marfeille, 8c ceux de la ville d’Arles, auront la pré­
féance, les uns fur les autres, dans l’Affemblée
defdits Etats, alternativement de tenue d’Etats
en tenue d’Etats ; 8c attendu que dans la der~
niere AfTemblée defdits Etats, les Députés de
la ville d’Arles ont eu la préféance , veut Sa
Majeffé qu’elle foit dévolue à ceux de Marfeiiie
dans la prochaine Aiïémblée defdits Etats} or­
donne Sa Majelié , que le préfent Arrêt fera
enrégiffré au Greffe des Etats dudit Pays 8c
Comté de Provence.
Fait au Confeil d’Etat du R o i , Sa Majeflé
y étant, tenu à Verfailles le 22 Novembre 1788.
Signé,

L aurent de V illedeuil «.

M. le Commandeur d’A ix , au nom de M M.
les Commandeurs de l’Ordre de Malte, qui ont
féance dans les Etats de Provence, 8c auxquels
le Clergé, avec lequel ils fiegent, a provifoirement affigné une place, après tous M M . les
Prélats 8c Bénéficiers réputés Prélats , même
après les Repréfentans des Prélats 8c Bénéficiers
abfents, a proterté de tous leurs droits contre
cette décilion provifoire, 8c a prétendu devoir
F ij

P rot cjlat: on
de M M . de
LOrdre de M a l­
te , Jur la pré­
féance de M M .
Us Vicaires gé­
néraux.

�44

précéder , foit dans les féances, foit dans les
marches, tous M M . les Vicaires délégués.
Les fieurs Députés des Communautés 8c Vigueries, ont renouvellé, à la fin de cette féance,
toutes leurs proteftations déjà mentionnées dans
le procès-verbal.
Et tous les autres Membres des Etats, ont re­
nouvellé leurs proteftations contraires.
0

D u trente-unieme dudit mois de Janvier .
M onseigneur l ’A rcheveque d ’A ix ,
P resident .
Roman-Triburiis, AfTeffeur d’A ix , Pro­
Transcription
de l'avis é c r it ,
c u r e u r du P a y s , ayant remis aux Gref­
l u , dans la
fiers des Etats, avant l’ouverture del à féance,
Jea n ce de la
Y
avis
écrit
de l’un des Membres de la Noblefîe,
veille , p a r un
des M M . de la dont il a été fait mention dans la féance du
jourd’hier , 8c qui lui avoit été remis la veille
NobleJJe,

M

par Monfeigneur le Préfident; il a été procédé
à la tranfeription de cet avis écrit , dans le pro­
cès* verbal ; fa teneur eft telle que s’enfuit :

M onseigneur ,
» Après les difficultés qui depuis trois jours
fufpendent les opérations des Etats, chacun de
nous, s’il n’eft indifférent au bien public, a dû
chercher dans fes lumières 8c dans fon cœur,
les moyens de faire triompher la paix au milieu
des diffentions qui nous agitent ce.

» Je ne fuis point au nombre de ceux qui
penfent que les Communes fe révoltent contre
l’autorité ; je crois plutôt, fi j’ai bien deviné
leurs Repréfentans , que c’eft le défaut de li­
berté qui rend dans nos Etats leur marche chan­
celante, irrégulière, incertaine; on n’eft jamais
plus porté à former des difficultés fur les pré­
liminaires , que lorfqu’on n’a pas la force d’é­
noncer ce qu’on redoute dans les réfultats «.
» Pour concourir, comme les autres, an faint
miniftere qui ra’eft confié, j’ai d’abord porté mon
attention fur les ufages 8c fur les formes de nos
Affemblées, croyant, 8c plût à Dieu que je ne
me fuffe pas trompé , qu’il n’exiftoit de diffi­
culté que dans les formes. Mais bientôt des pro­
tection s annoncées contre la légalité même des
Etats; bientôt le bruit public, quelquefois or­
gane de l’erreur, mais ici trop fidele interprète
de la volonté générale, ont arrêté ma confcience
8c porté mon examen fur des objets bien plus
importans te.
» Ce n’eft pas , gardez-vous de le croire ,
ce n’eft pas pour des formes minutieufes que
les Communes font agitées, 8c fi elles pouvoient
l’être , notre amour pour la paix fauroit bien
lui facrifier ces frivoles obftacles. Il ne s’agit
de rien moins que de favoir fi nous fommes
les véritables repréfentans de la Nation , ou les
ufurpateurs de fes pouvoirs ; 8c cette queftion
eft véritablement faite pour arrêter tout C i­
toyen , qui, même en ne voulant que le bien,
ctaint d’exercer quelque genre de defpotifme
que ce fo it , fût-ce celui de la bienfaifance cc.

�» J’ai donc été forcé d’examiner la légalité
de notre Affemblée j 5c j’attefle ici notre honneur 5c mon devoir , que je ne me fuis livré
à cet examen qu’avec la plus extrême confian­
ce ; je me fuis tenu en garde contre mes pro­
pres réfultats j je n’ai fait aucun pas fans fon­
der le terrein fur lequel je marchois. Le diraije ? J’ai redouté jufqu’à l'évidence cc.
» Je vais vous préfenter mes réflexions ,
M essieurs , 5c je n’aurai fait que devancer les
vôtres. Mes principes n’étonneront point ceux
qui ont étudié les droits des Nations dans le
Code non écrit du Droit public $ 5c celui là
feul efl éternellement légitime. L'application
que je ferai de ces principes à l’Affemblée ac­
tuelle de nos Etats , ne doit effrayer aucune
claffe de Citoyens : j’apporte ici l’olivier de
la paix 5c non Je flambeau de la difcorde ; 5c
mes conféquences, dignes tout à la fois de nos
devoirs 5c de nos fentimens , ne tendront qu’à
réunir les efprits 5c les intérêts «.
» Il efl inutile de nous le diflimuler , les
difficultés que nous éprouvons , 5c les proteftations qu’on annonce de toutes parts, ne peu­
vent qu’infpirer à chacun de nous les craintes
les plus jufîes fur la légalité de cette Affemblée en
» Repréfenter une Nation efl Je droit le plus
augufle ; ufurper cette repréfentation feroit un
crime de leze-Nation cc.
» Je ne veux préjuger ni les proteflations ni
les réclamations. Cependant il efl de la der-

47

niere évidence , que lorfque la compétence efl:
conteflée , tout Tribunal dans tout p a y s, où Ton
n’eflpoint efclave, doit par cela feul être arrêté cc.
» Ainfi donc , continuerons - nous de délibé­
rer , malgré l’opinion de ceux qui prétendent
que nous ne pouvons point délibérer ? Dépu­
terons - nous aux Etats généraux , malgré les
proteflations de ceux qui foutiennent que cette
députation feroit illégale ? Confierons-nous au
hafard le fort d’une repréfentation , dont le
falut du Royaume 5c de chaque Province doit
dépendre ? J’ignore qu’elle fera l’opinion de
l’Afiéinblée fur ces queflions 5 mais je fais que
toute précipitation feroit un crime cc.
» Les Réglemens même de nos Etats, ne
permettent de délibérer fur rien , fans que les
pouvoirs des Membres qui les compofent foient
légitimés. O r , s’il faut légitimer les pouvoirs
de chacun de nous, ne doit-on pas également
légitimer les pouvoirs de l’Affemblée entière ?
Quoi ! M essieurs , ce qui feroit vrai de cha­
que Membre , ne le feroit point de la collec­
tion de tous les Membres ? Si l’on peut réeufer
un Juge , on n’a pas moins le droit de réeufer
tout un Tribunal. Avant de délibérer , il faut
favoir fi Ton peut délibérer. Au phyfique com­
me au moral , l’a&amp;ion ne vient qu’après la
puiffance. Il faut être y avant de favoir ce que
l ’on efl cc.
» Mais pour.examiner plus fûrement ce que
nous fommes j voyons ce qu’inconteftablement
nous devrions être cc.

�48
» Lorfqu’une Nation n’a point de repréfen­
tans , chaque individu donne. Ton vœu par
lui-même «.
» Lorfqu’une Nation eft trop nombreufe
pour être réunie dans une feule AfTemblée ,
elle en forme plufieurs , &amp; les individus de
chaque AfTemblée particulière donnent à un feul
le droit de voter pour eux
ï \ Tout repréfentant eft par conféquent un
élu ; la colle&amp;ion des repréfentans eft la Na­
tion ; &amp; tous ceux qui ne font point repréfen­
tans ont dû être éle&amp;eurs, par cela feul qu’ils
font repréfentés «.

» Le premier principe en cette matière eft
donc que la repréfentation foit individuelle.
Elle le fera s’il n’exifte aucun individu dans la
Nation qui ne foit életteur ou élu , puifque
tous devront être repréfentans ou repréfentés «r.
» Je fais que plufieurs Nations ont limité ce
principe en n’accordant le droit d’éle&amp;ion qu’aux
propriétaires \ mais c’eft déjà un grand pas vers
l ’inégalité politique «.
» Le fécond principe, eft que la Repréfen­
tation foit égale \ &amp; cette égalité, confidérée
relativement à chaque ► agrégation , doit être
tout à la fois une égalité de nombre , 8c une
égalité de puiftance c&lt;.
» La repréfentation fera égale en nombre,
fi chaque aggrégation de Citoyens choilît au­
tant

.
,
49
. .
.
.
tant de Repréfentans qu’une autre auftî im­
portante. Mais comment fixer cette impor­
tance C( ?
» Elle ne réfulte pas feulement de l’égalité
qu’il pourroit y avoir entre le nombre de élec­
teurs dans chaque aggrégation. Cette égalité
doit être combinée avec celle des richeiTes , &amp;
avec celle des fervices que l’Etat retire des hom­
mes &amp; des fortunes. L incertitude des données,
ne permet peut-être pas une égalité parfaire $
mais on peut du moins , &amp; l’on doit en appro­
cher a.
w L ’importance de chaque aggrégation eft bien
plus difficile encore à déterminer par une Na­
tion, qui, comme la nôtre,, eft déjà divifée en
trois Ordres. C a r , fi l’intérêt politique de l’E­
tat exige cette diftinttion , le droit focial n’exige
pas moins que les divers Ordres qui fe réunif­
ient en corps de Nation, n’entrent dans ce tout,
qu’avec la mefure relative de leur importance.
Les Etats, font, pour la Nation, ce qu’eft une
carte réduite pour fon étendue phyfique, &amp;. foit
en petit, foit en grand, la copie doit toujours
avoir les mêmes proportions que l’original «.
» Mais l’on n’a point encore touché à cette
partie de notre droit public \ l’égalité entre le
nombre des Communes &amp; celui des deux pre­
miers Ordres, eft le dernier état des chofes, re­
lativement aux conquêtes que la raifon fait fans
cefte fur les préjugés. Je ne raifonnerai donc
que d’après ce principe provifoire «.

�So
» Enfin j’ai dit que la repréfentation égale
en nombre, doit l’être auffi en puillance a.
» Elle le fera, fi les fuffrages des Repréfentans inégaux, font inégaux, 6c li les fuffrages
des Repréfentans égaux , font égaux. Elle Je
fera, Ji lorfqu’il s’agit de connoître la volonté
d’une Nation, les fuffrages font recueillis de ma­
niéré que l’on ne puiffe pas fe tromper au point
de prendre la volonté d’un Ordre pour celle
d’un autre, ou la volonté particulière de quel- ques individus pour la volonté générale ».
» Ces principes font inconteftablement les fondemens de tout droit public, 6c l’unique fauvegarde de la liberté du genre humain cc.
» Voyons maintenant, d’après ces principes,
fi nos Etats a&amp;uels repréfentent la Nation Pro­
vençale, ou ce qu’on appelle les trois Ordres
de cette Nation. N ’oublions pas fur-tout, qu’en
nous livrant à cet examen , nous devons met­
tre à l’écart la tyrannie des Réglemens, le defpotifme des ufages, l’efclavage des préjugés a.
» Trois Ordres font dans les Etat?, mais la
Nation n’y eff point, fi ceux qui fe difent fes
Repréfentans, n’ont pas été choîfis par une élec­
tion libre 6c individuelle «.
» La Nation n’y eff point, fi les Repréfen­
tans des aggrégations égales en importance, ne
font pas égaux en nombre a.
» La Nation ne peut être liée par un voeu,

fi les Repréfentans des aggrégations égales ne
font pas égaux en fuffrages »,
» Je demande d’abord fi le Roi a convoqué
la NoblefTe ou les feuls PolTédans - fiefs ? S’il
n’a convoqué que les PofTédans-fiefs , il man­
que, par cela feul, un Ordre dans les Etats,
6c la Nation eff incomplète «.
» Si le Roi a convoqué la NoblefTe, cet O r­
dre, qui n’a pas même été affemblé, n’a point
nommé pour fes mandataires les individus qui
prennent ici cette qualité ; ceux-ci font fans pou­
voir \ 6c comment fe diroient-ils les Repréfen­
tans des Gentilshommes qui ne les ont pas élus?
Cette prétention blelleroit tous les principes de
Péle&amp;ion individuelle «.
■

'..

'' i i

t

» Nous ne pouvons plus même fuppofer au­
jourd’hui que les Gentilshommes pofTédans-fiefs
repréfentent tacitement toute la NoblefTe. La
réclamation de cet Ordre, eff connue. Les pré­
tendus repréfentés défavouent les prétendus
Repréfentans 5 les donneurs de pouvoir, récla­
ment contre l'ufurpation des mandats : 6c com­
me on ne peut leur dire autre chofe, finon que
le mandat a été donné depuis deux ffecles, je
ne fais s’ils ne pourroient pas répondre qu’il
n’exiffe point d’ariffocratie légale en France &gt;
qu’un Ordre de la Nation ne peut pas plus que
la Nation elle-même, aliéner fa liberté j 6c que
le droit de repréfentation, c’eft-à-dire, le droit
de fe lier par la volonté d’autrui, eff incefllble
fous un Ro i , 6c imprefcriptible entre des hom­
mes libres a.
G ij

�52

» Je demande, en fécond lieu , fi le Roî a
convoque le Clergé, ou feulement les Prélats?
S’il a convoqué le Clergé, cet Ordre a dû nom­
mer fes Repréfentans. S’il ne les a point nom­
més, les lettres de convocation n’ont point été
remplies, les Etats ne font pas formés «.
n Si le Roi n’a convoqué que les Prélats,
un Ordre entier manque dans l’Afiemblée ; car
la Nation n’eft pas compofée des Prélats, des
Pofiédans - fiefs &amp; des Communes ; mais du
Clergé, de la Noblelfe &amp; des Communes a.
n Enfin, je demande comment on a convo­
qué les Communes, &amp; qui font les Repréfen­
tans de cet Ordre, tellement important, que fans
lui les deux premiers Ordres ne forment cer­
tainement pas la Nation, &amp; cfue feul, fans les
deux premiers O rdres, il préfente encore un
image de la Nation cc?
» Si au lieu de convoquer les Repréfentans
des Villes, l’on n’a convoqué que les Confuls,
par cela feul, il n’y a point eu d’éle&amp;ion, ou
l’éle&amp;ion n’a pas été libre. Les Communes, dans
les Etats, ne font point une Afiemblée de fimples Députés, mais une Afiemblée de Repré­
fentans. Ce n’efi pas pour connoître la volonté
des chefs, mais pour recueillir les voix des dif­
férentes aggrégations, qu’une Province entière fe
concentre dans les Etats* Les Adminiftrateurs
des Villes réunis, forment, fi l’on veut, une
Afiemblée d’arifiocrates j mais ils ne forment ja­
mais une Afiemblée de la Nation «.

5?
„
,
» L ’éle&amp;ion des Confuls eût-elle été libre,
je demanderois quels ont été les électeurs ? Si
les prétendus Repréfentans n’ont que les fuffrages du Confeil ordinaire de chaque municipa­
lité, l’éleûion n’a donc pas été individuelle j le
mandat n’efi: que partiel5 à moins qu’on ne foutienne que trente éle&amp;eurs peuvent élire fans
pouvoir, pour fix mille 5 que le droit d’adminiftrer la municipalité , comprend exprefiement
ce droit précieux, domaine facré de la fociété
entière, dont aucun citoyen ne peut fe dépouil­
ler, que lorfqu’il efi: dans l’impuifiance phyfique
de l’exercer, le droit de dire; la volonté de
tel autre fera la mienne cc.
» Je fuppofe même que l’éle&amp;ion des Con­
fuls eût été faite dans une Afiemblée générale
de la Ville qu’ils prétendent repréfenterr Je de­
manderois encore fi les Membres feuls des Com ­
munes y ont été éle&amp;eurs, ou fi des perfonnes
nobles y ont également donné leur fuffrage.
Qu’un Gentilhomme foit élu par le Tiers-Etat,
je pourrai ne voir dans ce choix, que la preuve
d’une confiance particulière , s’il réfulte d’ une
éle&amp;ion libre j mais fi le Gentilhomme s’efi placé
parmi les électeurs, il a donné des Repréfen­
tans aux Communes, tandis qu’il ne peut en
donner qu’à fon ordre. Son vœu efi illégal dans
l’état aftuel des chofesj l’éle&amp;ion entière peut
l’être cc.
n Les mêmes objections s’élèvent contre les
Repréfentans des Vigueries. Là le nombre des
électeurs doit être réduit. Mais par qui l’a-t-il
été? Efi-ce par chaque Bourg, par chaque Vil-

�54

lage , 8c par tous les membres des Communes
dans ces Municipes fi intéreftans ? D ’après nos
ufages éternellement abfurdes , vingt , trente ,
cinquante Confuls, forment une AlTemblée de
Viguerie, comme fi les Vigueries, eftentiellement compofées des Communautés , n’étoient
formées que des Confuls ! Ainfi nous voyons
toujours tels individus: Quand verrons - nous,
fans diftin&amp;ion, des aggrégations de Citoyens «?
» Je demande d'ailleurs, fi l’éleêfion des V i­
gueries a été parfaitement libre ; fi elle n’a point
été gênée par je ne fais quel tour de rôle qui
n’eft qu’un véritable tour d’adrtlîe, imaginé pour
forcer la confcience des électeurs à députer fans
élire , à confier la Repréfentation de cent mille
Citoyens, à celui que dix individus feulement
ont nommé Conful ; que l’on fe répent peutêtre même d’avoir choifi, 8c qui, par une conféquence digne des ficelés les plus barbares , fe
trouve le Repréfentant forcé de cent Commu­
nautés, parla feule raifon qu’il fe trouve, à telle
époque, à telle année, l ’Adminiftrateur de la
fienne cc.
» Voilà quels font les Repréfentans de la
Nation dans nos Etats aêluels, relativement au
principe que j’ai établi fur l’indifpenfable néceffité de l’éle&amp;ion individuelle ; j’en ai trop dit
pour ceux qui veulent fe laitier convaincre ; je
n’en dirois jamais afiez pour ceux qui ne le veu­
lent pas «.
» Sî j’examine maintenant notre repréfenta­
tion, relativement à l’égalité, foit de nombre ou

d’importance, foit de puiftance ou de fuffrages,
je retrouve encore par-tout les abus à la place
des principes, 8c les réglés abfurdes d’une for­
mation, ou dégénérée, ou faite auhafard «.
» Trente-cinq Villes envoyent des Députés
aux Etats 5 mais pourquoi ces trente-cinq Villes
feulement? Ou pourquoi celles-là plutôt que
tant d’autres? Si telle aggrégation de citoyens
a droit de fe faire repréfenter, pourquoi telle
autre, qui eft fon égale en population, en richelTes, en contributions, n’a- 1- el l e point ce
droit? Quelques Villes députent aux Etats; d’au­
tres Villes plus importantes font confondues dans
les Afifemblées des Vigueries. Ici l’éleêtion eft
dire&amp;e; là , fans raifon , fans motifs, elle eft con­
centrée, 8c par conféquent inégale, &amp; par conféquent injufte «.
» Cette violation des droits du Citoyen, eft
bien plus forte encore, fi je l’applique aux V i­
gueries. Une Viguerie de vingt mille habitans,
d’une médiocre étendue territoriale, &amp; d’une
foible contribution, a autant de Députés qu’une
Viguerie de cent mille individus, 8c d’une grande
richefife. En arithmétique, on ne repréfente pas
les grands nombres comme les unités par un feul
figne. En économie politique, lorfqu’on refpette
les hommes, on n’aflimile pas cent individus à dix
individus. Si le defporifme ne connoît point de
nuances, la juftice lesexige. Ne voulut-on confulter que les probabilités humaines fur la corruption
des hommes ou fur leurs foiblefles, on ne trouvreroit pas qu’il foit égal d’être repréfenté par dix
Députés, ou par un feul, lorfqu’on a le droit d’en

�» Si j’examiile l’égalité de la repréfentation
par rapport à l’égaliré de puiirance ou de fuffrage , je découvre encore que fur ce point,.
comme fur tous les autres, nous nous fommes
écartés de tous les principes «.
» Je ne dirai pas que l’Ordre de la Nation
doit l’emporter fur les Ordres qui ne font pas
la Nation. Je léguerai ce principe à la posté­
rité; je ne veux être, du moins dans les Affiemblées politiques, ni plus jufie, ni plus fage que
mon fiecle ».
» Mais je demande s’il efi jufte, même dans le
fiecle où nous fommes, que les deux Ordres*
qui ne font pas la Nation , l’emportent fur la
Nation. Cet abus, je le fais , exilte ailleurs que
chez nous; mais j’aimerois autant que l’on dît:puifque l’on eft injulte ailleurs, nous avons le
droit de l’être «.
» Je fais encore que cet abus exiftoit autre­
fois parmi nous. Mais du moins nous en fîmes,
l’année derniere , le facrifice. Nous fîmes des
réferves ; les Communes n’en firent pas ; mais la
Nation a-t-elle befoin de fe réferver fes droits ?
Ne font-ils pas éternels comme elle « ?
» Q u’eft-ce d’ailleurs que là réferve qu’un
Ordre a faite d’entrer pléniérement aux Etats
dans toutes les occafions importantes ? Soyons
de bonne foi : Ou la réduction confentie n’étoit
qu’uni

».j&gt;

5&lt;5 .
avoir dix, pour fe mettre en équilibre avec les
aggrégations qui n’en ont qu’un cc.

qu’un vain nom; Si dès-lors l’abus que l’on
lut corriger, ne l’a point été: ou fi la réduc­
tion étoit jufie , la réferve dont il dépendroit
toujours d’un feul Ordre d’ufer à fon gré , feroit
néceffiairement injufie «.
,, Je n’entre point dans les détails qu’il efi fa­
cile de fuppléer. Voilà quels font nos Etats; les
voilà tels qu’ils feront toujours, fi nous ne prennons pas des moyens efficaces de les réformer.
Je dis: voilà nos Etats; mais je me garde bien
de dire : voilà la Nation. Je croirois outrager
votre confcience &amp; la mienne , fi j’ofois ima*
giner que quelqu’un de nous, pût feulement penfer que la Nation Provençale efi légalement repréfentée
„ O r, fi elle ne l’efi pas, qui fommes-nouS
ici? La Nation efi encore toute entière, là où
il ne devroit plus fe trouver que des éle&amp;eurs :
Nous nous dirions en vain les chargés de fes
pouvoirs ; fix cent mille voix nous défavoueroient ; fix cent mille voix nous défavouent
,, Je fais, je prévois du moins ce que l’on
pourra répondre , non pour renverfer les prin­
cipes que j’ai établis ; mais pour tenter de les
éluder „ ?
,, Des Etats, dira-t-on fans doute, quoiqu’îrüéguliérement confiitués , n’en font pas moins
des Etats. La Nation peut les réformer ; mais
les Délibérations provifoires leur appartiennent.
Ils voteront aujourd’hui, d’après la formation
exifiçnte, par oela feul qu’ils ont eu jufqu’à ce

�jour, le pouvoir de délibérer d’après la même
formation. On voudra diftinguer ainfi, entre une
Conftitution qui n’exifte point , quoique plus
parfaite , &amp; la Conftitution , qui feule eft en
vigueur, quoique vicieufe. On foutiendra meme
qu’une Affemblée convoquée par l’autorité, ne
peut qu’être légale, fi elle efi telle qu’elle a été
convoqué. On dira, que fi les Etats n’étoient
pas légalement affemblés, ils n’auroient pas mê­
me le droit de fe réformer 3 qu’il efi évident
néanmoins que s’il n’avoient point été fufpendus
depuis 1639, ils auroient profité du progrès gé­
néral des lumières, pour fe donner une meil­
leure Conftitution, &amp;. que ce provifoire ne leur
auroit pas été contefié. Enfin, on ajoutera que
des proteftations, que des réferves, peuvent fauver l’intérêt de tous les Ordres 5 que c’efi au
Roi feul à prononcer fur ces protefiations, fur
ces réferves 5 mais que l’Affemblée n’a pas le
droit de fe difioudre , fans manquer à l’obéiffance qu’elle doit à l’autorité légitime qui l’a
convoquée
„ Je ne chercherai point à répondre à toutes
ces obje&amp;ions qui entraîneroient des débats in­
terminables «.
î&gt; Mais je voudrois que l’on me dît ; fi un
pouvoir provifoire n’eft pas réellement un pou­
voir abfurde, lorfqu’il s’agit d’accorder des im­
pôts au nom d’une Nation. Où en ferions-nous,
fi les Parlemens qui votoient les impôts depuis
des fiecles, avoient cru pouvoir continuer provifoirement cette fon&amp;ion illégale ? Où en fe­
rions-nous, s'ils n’avoient pas eu le courage de

dénoncer leur incompétence à la Nation ellemême , feule dépofitaire de tous les droits &amp;.
de tous les pouvoirs? Eh! quoi! ce que la Na­
tion , ce que l’Europe entière a loué dans la
conduite du Parlement, ne feroit-il illégal que
pour nous feuls « ?
Je voudrois que l’on me dît, fi un état pro­
vifoire eft véritablement légal dans l’inftant où
il s’agit de l’état définitif de la Nation, de fa
crife de vie ou de mort «?
» Je voudrois que l’on me dît , puique les
fuccès de la raifon dans les Etats-Généraux, ne
peuvent dépendre que de la repréfentation par­
faite de la Nation, fi nous pourrions fans dan­
ger , je dirois prefque fans cri me, facrifier les
droits d’une Province entière, &amp; compromettre
la légalité même des Etats-Généraux, pour conferver, nous perfonnellement , une repréfenta­
tion provifoire que l’on nous difpute “ ?
„ Je voudrois que l’on me dît, s’il efi bien
vrai que ce foit au Roi à donner une Confii­
tution à la Nation Provençale? Si ce n’eft point
à une Nation , &amp; fur-tout à celle qui s’eft don­
née en Corps d’Etat, à corriger feule fes lo ix ,
puifqu’elle fe les eft primitivement données à
elle-même? Si ce principe étoit faux pour nous,
il le feroit pour la France entière ; &amp; dès-lors,
ou la tenue des Etats Généraux feroit inutile, ou
leur convocation ne feroit que le fimulacre d’un
vain pouvoir
}) Et pourquoi la Nation Provençale , qui
H ij

�6o
d’ailleurs a fur tant de points une Conftîtutîon
très-libre, ne pourroit-elle pas corriger les abus
qui la déparent ? Seroit-ce défaut de pouvoir
dans une Nation qui a placé fur Je Trône fes
anciens Rois ? Seroit-ce défaut de pouvoir dans
une Nation qui, plus récemment, prife pour Ar­
bitre fuprême entre ceux qui fe difputoient le
droit de la gouverner , a placé librement la
couronne fur la tête du Compétiteur qu’elle a
voulu choifir ? Q u’on ne cite plus ce teftament
qui léguoit des hommes comme un héritage. Je
ne vois le titre de notre union à la Couronne
de France, que dans l’éleéfion libre faite par
peuple qui ufe de fes droits. La liberté de peu
de Nations repofe fur un auffi beau monu­
ment „.
„ Je voudroisencore que l’on me dît, s’il eft
vrai que proteftations 6c des réferves puilTent
réellement conferver l’intérêt de toutes les par­
ties ? Le principe, exaét peut-être pour des in­
térêts privés , 6c entre de fimples particuliers,
feroit certainement faux lorfqu’il s’agit de la
chofe publique. Une Nation ne fe réferve point
fes droits contre fes Membres; elle les exerce,
ou elle eft efclave. Nous connoiftons tous d’ail­
leurs le mortel abus de ces proteftations éter­
nelles qui fe répètent d’âge en âge , de fiecle
en fiecle, 6c perpétuent également 6c les rcferves 6c les abus. Eft-on plus libre en effet, parce
qu’on a proteffé du droit de l’être u.
,, Enfin, je voudrois que l’on me dit s’il n’eff
pas temsque nous fortionsde ce gouffre de diffi­
cultés que notre formation fait naître , qui favori-

61
fent peut-être l’intérêt perfonnel, mais qui s’oppofent à tout bien public. Si notre état n’eff que
provifoire , pourquoi laiffer à d’autres tems,
à d’autres hommes la gloire d’établir l’état per­
manent „ ?

1

' i; *.

c* y

-x

;

„ Efl-il bien vrai d’ailleurs que nos Etats ac­
tuels, tels qu’ils font formés, reflemblent par­
faitement à ceux qui dans d’autres tems ont paru
conftitutionnels ? C ’eff fous ce rapport fur-tout,
M essieurs , que mes objections font invinci­
bles
,, Dans les autres tenues d’Etats, nulle récla­
mation ne fe faifoit enrendre. Les Députés des
Communes n’avoient que les pouvoirs ordi­
naires ; 6c la foi publique couvroit du moins
de fon voile les prétendus repréfentans de la
Nation „.
» Mais ces tems ne font plus. Dans les deux
premiers Ordres une grande partie du Clergé
6c la Nobleffe qui n’a point de fiefs demandent
d’entrer aux Etats. On diroit vainement que ce
n’eft là qu’une prétention: je dis, m oi, que
c’efi un droit ; 6c que ce droit , tenant à une
queftion de repréfentation nationale, eft d ’une fi
haute importance, que feul il compromettroit
la légalité de rAfifemblée et.
» Si nous confidérons la députation des Com ­
munes , l’ordre a&amp;uel des chofes eft encore bien
différent de celui des anciens Etats. Il n’eft prefque aucun Député à qui fes commettans n’aient
donné le pouvoir formel de protefter contre la

�62
légalité des Etats. Il n’en eft aucun qui ne foit
chargé de protefter contre la députation que
les Etats aâuels voudroit faire aux Etats géné­
raux du Royaume. Il n’en eft aucun à qui fes
inftru&amp;ions ne faflent un devoir de s’oppofer
même à la régénération que nous voudrions
faire de nos Etats. O r , que l’on me dife, puifque l’on veut comparer l’ancien Etat à l’Etat
nouveau, fi jamais de pareils obfiacles s’étoient
présentés pour la tenue des autres Aftemblées a?
» Il n’eft pas jufqu’aux fubfides q u i , d’après
les principes des Communes, ne fullent illégale­
ment votés dans les Etats. Je le fais : le zele
irréfléchi de cette partie de la Nation efi fans
bornes comme fes maux. Les Députés ont reçu
le pouvoir de voter les impôts royaux même
da ns l’Aftemblée illégale contre laquelle ils font
chargés de protefler. Mais cette contradi&amp;ion,
qui ne prouve que le dévouement des Commu­
nes au bien public , ne prouve pas pour cela
notre compérence. Sans doute chaque individu
doit être prêt à immoler fa fortune &amp;. fa vie
au bien de l’Etat. Mais un Corps de Nation ne
facrifie pas fa liberté , fa conflitution , fa
puiftance
,, Les impôts royaux fufient ils votés, que
d’obftacles refteroient encore ! des Députés qui
ont reçu des pouvoirs contraires accorderoientils des impôts pour les intérêts de la dette pro­
vençale , pour les travaux publics, pour les
frais de l’Adminiflration ? &amp; fi ces impôts ne
font pas votés, comme ils ne peuvent pas l’être,
par cela feul toutes les opérations ne feront-elles
pas arrêtées » ?

J Perfonne n’ignore d’ailleurs qu’une grande
parrie de la Nation demande une Afiemblée
générale des trois Ordres de la Province. Les
trois Ordres de la Capitale en ont formé le
premier vœu ; des Vigueries entières &amp; des plus
nombreufes l’ont adopté $ des Députés le por­
tent en ce moment au pied du Trône. O r , rien
n’eft plus contradittoire que de prétendre repréfenter complètement la Nation , tandis
qu’une grande partie de cette Nation foutient
qu’elle ne peut être repréfentée que dans une
Afiemblée générale de fes trois Ordres
„ C ’eft là feulement que la Nation veut dé­
puter aux Etats généraux ; le pourrions - nous
ici „ ?
I ' '

, /&gt; '

:

»

r- rr\

- , • (j

)

J : »-,*

„ C ’eft là feulement que la Nation veut ré­
former la conftitution des Etats j pourrions-nous
exercer un pouvoir auquel elle ne nous refufe
pas de concourir \ mais auquel elle veut con­
courir elle-même dans une Afiemblée tout à la
fois plus légale &amp; plus nombreufe „ ?
„ Enfin, M essieurs , voulez-vous une autre
preuve du nouvel ordre de chofes qui rend nos
Etats a&amp;uels efientiellement différens des anciens
Etats ? Je tire cette preuve des Délibérations
fans nombre qui ont été prifes par les Com ­
munautés de la Province, &amp; où l’on ne celle
de fe plaindre de la réformation projettée dans
les Etats de l’année derniere. J’ai lû tous ces
écrits qui font le fruit de la liberté du moment,
mais qui peuvent en amener une plus durable
pour l’avenir. Et qu’ai-je découvert „ ?

�£ Les Communes prétendent que les Etats cîe
l ’année derniere , ne furent tenus , tels qu’ils
étoient en 1639, que d’une maniéré provifoire;
que l'intention du Gouvernement, fut feulement
de connoitre le vœu de tous les Ordres, pour
un projet de formation 5 mais que cette inten­
tion fut trompée ; que les Communes n’eurent
pas la liberté de fe faire entendre ; 8c qu’on leur
refufa même pendant long-temps, le droit facro
de protefter, droit fi fouvent exercé par ceux
qui le refufoient
„ Les Communes prétendent encore que le
Roi leur permit de s’afiembler féparément à
Lambefc, pour donner le vœu que les Etats
avoient refufé d’écouter ; mais que là les inftructions du Gouvernement leur interdirent encore
la faculté de délibérer fur prefque tous les ob­
jets qui dévoient le plus les intérelfer} 8* qu’ainfi
cette Afiemblée qui auroit dû être l’afile de la
liberté, 8* qui devint inutile par la contrainte,
ne fut qu’une contradiction de plus de la part
du précédent Miniftere dont les fautes font aifez
connues
,, Si j’en crois même le bruit public, &amp; pourquoi n’y croirois-je pas quand il honore ? Une
motion fut faite dans les Chambres afTemblées
des gardiens de nos loix ÿ 8c cette motion rendoit à demander au Gouvernement, que les Com­
munes ne fuUent pas plus long-temps privées de
la plus importante des propriétés, du droit defe
faire entendre
„ Réfumonsrnous* J’ai pofé les principes d’une
repréfentatiofl

6$
repréfentation légale \ je les ai appliqués com­
me une mefure à nos Etats aêtuels, 8c cette mefure 11e leur convient fous aucun rapport. Je
me fuis demandé à m o i-m ê m e , comme pour
me tenir en garde contre mes conféquences ,
fi les Etats ne pouvoient pas du moins délibérer
d’une maniéré provifoire \ &amp; je me fuis con­
vaincu qu’ils ne le pouvoient pas. Quel eft donc
le parti qui nous refie à prendre? Un feul, M es­
sieurs , 8c je le regarde comme le gage du falut
8c de la concorde ; un feu l, 8c certes j’ai le droit
d’en faire l’éloge : car je ne le puife pas dans mes
propres idées ; mais dans la volonté publique
qui doit être ma loi , comme celle de tous
ceux qui m’écoutent
„ Je veux parler de la convocation générale
des trois Ordres de la Province , que provo­
quera votre magnanimité. Oui, M essieurs , que
la Nation Provençale doive ce bienfait à l’élite
de fes Gentilshommes! Qu’un jour de méfiance
8c de difeorde, fe change en un jour de reconnoiftance 8c d’allégreffe ! Et qui de nous ne fent
pas le befoin d’établir autrement nos rapports
avec le refie de la Nation,, ?
„ La plus haute confidération , l’efiime la
mieux fentie, le refpeêt le plus inviolable, devroient être attachés à notre O rdre, 8c fur-tout
à l’importance 8c à l’étendue de nos fondions.
Cependant tout eft morne à notre afpeêt, 8c nous
ne recevons aucun témoignage de la bienveillance
publique. Par quelle fatalité , l’autorité légifiative a -1-e lle perdu dans cette enceinte, cette
confiance univerfelle qui feule fait fa force ? Et

I

�66
pouvons-nous croire, au milieu des réclama­
tions, des murmures , Sc bientôt des malédic­
tions de nos Concitoyens, qu'il nous appartient
de pefer les deflinées de la Provence „.
„ Délibérons nous-mêmes, ou de convoquer,
ou de demander une AlTemblée des trois Or­
dres, 5c bientôt des acclamations fe feront entendre \ bientôt tous les droits feront conciliés.
Notre députation aux Etats-Généraux du Royau­
me, fera le fruit d’une véritable repréfentation ;
l ’édifice de notre Conftitution , ce grand ou­
vrage nacionnal , s élevera à nos yeux , cou­
ronné de tous les attributs de la puiffance po­
litique ; le Génie bienfaifant de la paix unira,
par les deux liens de la liberté 5c de l’égalité,
tous les C itoyen s, tous les intérêts , tous les
cœurs \ 5c k$ noms de ceux qui auront fait re­
couvrer à la Nation fes droits , ne mourront
point fans gloire
,, Si mon opinion n’eft point adoptée, je de­
mande que mon dire, que je lailTe fur le bu­
reau, écrit 5c figné de ma main, foit tranfcrit
dans la Délibération

L e C omte de M irabeau .
30 Janvier 1789.
Monfeigneur l’Evêque de Sifleron , a dit :
qu’ayant été nommé dans la féance du jourd’hier, avec Monfeigneur l’Evêque de Vence,
M M . les C cm - M. le Vicaire général de Marfeiile; M. le Pré­
m.ijfa.ires du
vôt de Pignans j M, de Vento des Pennes j M.
R oi.
Rapport des
Députés nom­
mes pour fa lu er

67
de Glandeves du Caftellet; M. de Lombard de
Goui don $ M de Raphelis de Broves ; lesfieurs
Députés des Communautés d 'A ix, de Tarafcon,
de Forcalquier 5c d* Sifteron, 5c les fieurs D é­
putés des Vigueries de GralTe, d’Hieres, de Dra­
guignan 8c de Toulon , pour faluer M. le Comte
de Caraman , 5c le remercier de l’intérêt qu’il
témoigne pour le bien 5c l’avantage du Pays 5
il s’eft rendu avec tous M M . les Députés chez
M. le Comte le Caraman, 5c Ta falué 5c remer­
cié au nom des Etats. M. le Comte de Caraman
les a chargés d’affurer les Etats de toute fa bonne
volonté pour tout ce qui dépendra de lui. MM.
les Députés ont été reçus 5c reconduits avec les
honneurs ordinaires 5c accoutumés.
Monfeigneur l’Evêque de Toulon , a dit :
qu’ayant été nommé avec M. de Galliffet du
Tholonetj le fieur Député de la Communauté
de GralTe, 5c le fieur Député de la Viguerie de
Digne:, pour faluer M. des Galois de La Tour,
5c le remercier au nom des Etats , de l’intérêt
qu’il témoigne pour le bien 5c l’avantage du
Pays ; il s’elt rendu avec tous M M. les Dépu­
tés chez M. des Galois de La Tour, Ta falué
5c remercié au nom des Etats, à quoi M. des
Galois de La Tour a répondu qu’il prioit M M .
les Députés d’alTurer les Etats de fa reconnoiffance , 5c du defir qu’il a d’être utile au Pays.
M M . les Députés ont été reçus 5c reconduits
avec tous les honneurs d’ufage.

M onseigneur l ’A rcheveque d ’A ix , Préfident, a annoncé que M M . les Commillaires
du Roi lui avçient fait part qu’ils fe propofoient

Annonce de
Centrée de Au AC.
les Ccm/niJJiircs du R o i
aux Etats

.

�68
d’entrer aux Etats, dans le cours de cette féance.
N

Nouvelle reclamaiion des
Députes des^
roueries ^o'ur
la ^convocation
d'une AJJhnblce
generaU des
trois Ordres.

Un des fleurs Députés des Communautés 8c
Vigueries, a dit: que l’ AfTemblée générale des
trojs Q rcjres jg ja Province, pour réformer ou
former la Conftitution provençale, follicitée déjà
par les Communes , dans des Gonfeils de tous
Chefs de famille, Sc dans les Aftemblées de Viguerie, continuoit a être l’objet des réclamations des Députés des Communautés 8c Vigue­
ries, 8c qu’il prioit 8c requéroit expreffément
que l’Affemblée délibérât à ce fujet.

Dire de MM.
M M . les Confuls d’Aix, Procureurs du Pays,
us Cor,fuis portant la voix de la ville d’Aix dans les pré1lXJ lJ» cu' fens. Etats, ont dit, par l ’organe de M. l’Aileficius a ays. peur . que conformément à leurs inftru&amp;ions, ils
réclamoient que l’Affemblée follicitât de Sa Majefté l’Affemblée générale des trois Ordres du
P a y s , à l’effet de convenir entr’eux d’une Conf­
titution nouvelle de nos Etats, laquelle maintien­
ne 8c concilie les droits naturels 8c impreferiptibles des trois Ordes, ainfi que des individus qui
les compofent; ils font d’avis que les Etats déli­
bèrent de demander cette Affemblée , 8c en cas
de délibération contraire, les Confuls d’Aix re­
quièrent aéte de leur réclamation 8c du rejet.
Et à tout ce que deffus, les autres fleurs
Députés des Communautés 8c Vigueries ont
adhéré.
Obfcrvallons
Sur q u o i, il a été repréfenté par les autres
des autres Metn• Membres de l’AfTemblée , que s’il y avoit des
bres de £Ajfcm- changemens à faire dans la formation des Etats,

ou dans la Conftitution du Pays, les vues bicnfaifantes de Sa Majefté, énoncées dans fes inftru&amp;ions, invitoient tous les Ordres à renvoyer
toutes conteftations après les Etats-Généraux, 8c
à ne pas arrêter le bonheur général que fe proinettoit le Souverain de cette convocation \ que
conféquemment, fans reconnoître que les Etats
a&amp;uels ne repréfentaffent pas réellement les Etats
du Pays, puifqu’ils font les feuls conftitutionnels, il ne pouvoit y avoir lieu, en l’état, à dé­
libérer fur la motion dont il s’agiffoit, fans con­
trarier expreffément les intentions du Roi.
Rcponfe des
A quoi il a été répondu par les fleurs Dépu­
tés des Communautés 8c Vigueries, qu’un de Députés des
Communautés
leurs motifs pour inflfter fur la convocation de &amp; Digueries.
l’Alfemblée des trois Ordres, étoit qu’ils regardoient cette convocation comme le plus fur
moyen de faciliter la députation aux Etats-Gé­
néraux, 8c le feul pour ne pas compromettre
leur légalité $ qu’ainfi ils penfoient que c’étoit
féconder les intentions bienfaifantes du R o i, 8c
non les contrarier, que d’infîfter fur la demande
de l ’Affemblée des trois Ordres.
Reponfe dts
Sur quoi il a été de nouveau obfervé par les
antres
Membres
autres Membres, que ce n’eft point par les difféde
l
Ajfem
bLm.
rens motifs qu’ont pu avoir les Députés des Com­
munautés 8c Vigueries, qu’il faut juger s’ils ont
contrarié les intentions du Roi , mais par le
fait j ce qui doit être démontré , en comparant
leurs démarches 8c les inftruétions déjà lues plufleurs fois.
Après quoi , M onseigneur le P resident

�7°

des

Etats , a obfervé que , d’après la lettre

defdites inftru&amp;ions, il lui étoit impoflible de
mettre en délibération l’objet dont il s’agiiToitj
ce qui a été ainfi décidé à la pluralité des voix.
Les fieurs Députés des Communautés 8c Vigueries, ayant perfifté dans l’avis d’y délibérer,
fous toutes les proteftations ci-devant énoncées.
Entrc'cdcMM. MONSEIGNEUR LE COMTE DE CARAMAN 8c
les Com muai- MONSIEUR DES GALOIS DE L a TOUR, Commifns du Roi aux faires du Roi , font venus à l’Affemblée. Me.
Lues.
de R egina ? l’un des Greffiers des Etats, avoit
été chez Monfeigneur le Comte de Caraman,
avertir M M. les Commillaires que la féance
étoit formée j ils ont été reçus à la porte de
l’Hotel de-Ville, par Me. Ricard, Greffier des
Etats, Me. de Regina, autre Greffier des Etats,
étant venu avec eux $par les (leurs Députés des
Communautés de St. P a u l , de Moufiiers , de
CafteUanne , d’Apt, 8c par les fieurs Députés des
Vigueries de St. Maximin, de Brignolle 8c d’Annot, dans la cour de l’Hôtel-de-Ville ; 8c par
M M . de Ponteves de Giens, de l’Eftang de
Parade , de Raymond d’E ou x, 8c de Félix du
M u y , au haut de l’efcalier, d’où M M . les Commiiîaires du Roi étant entrés dans la Salle des
Etats, ont pris leurs places.
M M . les CommiiTaires du Roi ont remis à
Me. de Regina , Greffier des Etats , diverfes
pièces dont H a fait leéture, 8c dont la teneur
fuit.

sitUrTf't?la

» L o u i s , par la grâce de Dieu, Roi de

7i
» France 8c de Navarre, Comte de Provence, demande du don
» Forcalquier 8c Terres adjacentes : A notre sratuu
» cher 8c bien amé le fieur Riquet, Comte de creslm},nf r,0,^&gt;
» Caraman, Lieutenant général de nos Armées,
» Lieutenant général en notre Province de Lan» guedoc , Grand Croix de l’Ordre royal 8c
y&gt; Militaire de St. Lou is , 8c Commandant en
» Chef pour notre fervice en notre Pays 8c
» Comté de Provence, 8c à notre amé 8c féal,
» le fieur de La Tour, Confeiller en nos Con» feils, Premier Préfident en notre Cour de Par» lementd’Aix, 8c Intendant de Juflice, Police 8c
)&gt; Finances en notredit Pays 8c Comté , S alut .
» Nous avons vu avec une entière faiLfa&amp;ion,
» que l’Afiemblée des Etats de notredit Pays
» 8c Comté de Provence, rétablie l’année der» niere, conformément au vœu des trois Etats
» de notredit Pays 8c Comté , s’eft emprelTée
» de nous donner des témoignages multipliés
» de fon affettion 8c de fon zele pour notre
» perfonne 8c pour notre fervice. Nous ne dou» tons pas que les Membres qui compofent cette
» année ladite Affemblée, pénétrés des mêmes
» fentimens,ne contribuent, autant qu’ils eft en
» eux , aux mefures dont nous fommes fans
» ceflfe occupés, pour rétablir l’Ordre dans nos
» finances, 8c pour procurer à nos peuples les
w foulagemens dont ils ont befoin , 8c qu’ils ne
» nous accordent avec empreffement, les fe» cours que nous vous chargeons de leur de» mander de notre part : A ces causes 8c au» très à ce nous mouvans , nous vous avons
» commis , ordonnés , 8c députés , 8c par ces
» Préfentes, fignées de notre main, commet» tons, ordonnons 8c députons, pour vous tranf-

�72
» porter en l’AiTemblée des trois Etats de no» tredit Pays Si Comté, que nous voulons être
» tenue en notre Ville d’A ix , le 25 du mois de
» Janvier prochain, Si en icelle, après leur avoir
» fait entendre ce qui efl: de notre paternelle
» affe&amp;ion pour le bien, repos, &lt;k foulagement
U de nos fujets de ladite Province , enfemble ce
» qui concerne notre fervice en icelle , &amp; la
j&gt; préfente néceffité de nos affaires, demander
» Si requérir auxdits Etats, qu’ils aient à nous
» accorder en l’année prochaine, outre la fom,, me de fept cent mille livres pour le don gra„ tuit ordinaire, les autres fommes Si fecours
„ que la néceffité de nos affaires nous obligera de
„ leur demander , autant que nous eflimerons
„ que leurs forces leur peuvent permettre. Vou„ Ions que vous ayiez à faire impofer toutes
„ lefdites fommes, qui feront ainfi o&amp; royées,
„ fur tous les fujets de notredit Pays Si Comté
3, de Provence , fans aucune exception ni ré„ ferve , finon ceux de nos villes de Marfeille,
3, Arles, Si Terres adjacentes, que nous avons
„ féparément cotifés , le tout le plus juftement
3, Si également, &amp; à la moindre foule de no, tre pauvre peuple, que faire fe pourra; pour
3, être , les deniers provenant defdites impofi„ tions, reçus Si fournis en la maniéré accou3, tumée; &amp; à ce faire &amp; fouffrir , vous con,, traigniez Si faflîez contraindre tous ceux qu’il
„ appartiendra, par toutes voyes dues Si rai.. fonnables, comme pour nos propres deniers
3, Si affaires, nonobftant oppofition ou appel3, lation quelconques , pour lefquelles ne fera
3, différé ; Si fi aucunes interviennent, les par„ ties fe retireront pardevers v o u s , pour leur

73

être pourvu ; vous attribuant à cette fin, toute
Cour Si Jurifdi&amp;ion, que nous interdifons à
toutes Cours &amp; autres Juges, à peine de nul­
lité. Voulons au furplus , qu’après lefdits fe,, cours accordés , vous entendiez les remon*
„ trances que les Gens des trois Etats voudront
3, Si pourront faire durant ladite Allemblée tou,. chant les affaires communes de notredit Pays
,, Si Comté de Provence, Si de tous nos fujets
,, Si habitans d’icelui, pour y être pourvu, ainfi
„ que vous verrez être à faire, par raifon ; Si
,, généralement que vous traitiez Si délibériez
en ladite Affemblée, tout ce qui fera du bien,
repos Si confervaiion de notredite Province,
fous notre obéiffance ; de ce faire vous don­
nons pouvoir, autoriré Si mandement fpécial
par ces Préfentes. Mandons Si commandons
à tous nos Officier jufliciers , &amp; fujets, qu’à
5J vous en ce faifant, ils obéiffent fans difficulté:
„ C ar tel est notre plaisir . Donné à Ver,, failles le premier du mois de Décembre, l’an
de grâce mil fept cent quatre-vingt-huit, &amp;
„ de notre régné le quinzième. Signé, Louis.
„ P ar le R oi , C omte de P rovence , Signé,

„ L aurent de V illedeuil
Et au dos efl écrit : » enrégiftrée au Contrôle
„ général des Finances , par nous Ecuyer , Con,, feiller du R o i , Garde des Regiflres , autorifé
„ à remplir les fonctions du Contrôle général
„ ‘des Finances. A Paris Je 22e. jour de Décem,3 bre 1788. Signé, de L aunay «.

Mémoire du
, fermant

Roi

M EM O IR E D U R O I pour fervir d’inftructions au fleur Comte de Caraman , Lieutenant mina‘,rcSm ua
K

�74
général de la Province de Languedoc , GrandCruix de l’Ordre Royal 8c Militaire de St.
Louis , Sc Commandant en chef au Pays 6c
Comté de Provence, 8c au fleur de La T o u r,
Confeiller du Roi en fes Confeil, Premier Préfident en fa Cour de Parlement d’Aix , 8c Inten­
dant de Juftice , Police 8c Finances , auxdits
Pays 8c Comté , CommifTaires de Sa Majefté
en rAfïemblée des Etats de Provence, qui fe
tiendra à Aix en la préfente année.

A rticle

p r e m ie r

.

L ’intention du Roi eft que , fuivant l’ufage,
les fieurs CommifTaires, auffitôt après l’ouver­
ture de l’AfTemblée générale , fallent, au nom
de Sa Majefté, la demande du don gratuit de
fept cent mille livres pour l’année préfente
1789 , ainfi qu’il a été aecordé les années pré­
cédentes. Sa Majefté fe promet de l’affeêtion
de fes Sujets du Pays de Provence pour fon
fervice , qu’ils fe porteront à lui en donner de
nouvelles marques dans cette occafion.
A R T.

2.

Le Roi ayant par brevet arrêté en fon Con­
feil , réglé les fommes qui doivent être impofées pendant la préfente année 1789 , tant
fur les généralités des Pays d’éle&amp;ion , que fur
les autres Provinces 8c départemens du R o ya u ­
me , pour les dépenfes concernant les Milices ,
comme auftî pour les quatre deniers pour livre
deftinés à la retenue des Invalides , 6c autres
taxations du Tréfôrier général , 6c les frais

75

„

de recouvrement ; lefdits fieurs CommifTaires
demanderont à l’AfTemblée de faire l’impofition
de la fomme de trente-cinq mille livres , à la­
quelle a été modérée par Arrêt du Confeil ,
celle de foixante-neuf mille deux cent quatrevingt-dix-neuf livres , pour laquelle ledit Pays
de Provence eft employé dans ledit brevet ,
pour fon contingent defdites dépenfes, laquelle
fomme de trente-cinq mille livres fera payée
de quartier en quartier , 6c levée par les Colletteurs ordinaires qui en remettront le mon­
tant aux Receveurs particuliers dudit Pa ys, 6c
lefdits Receveurs particuliers au Tréfôrier gé­
néral dudit P a y s } pour être ladite fomme de
trente-cinq mille livres , dédu&amp;ion faite d’un
fol pour livre de taxation qui fera retenu 6c
diftribué entre les Collecteurs particuliers 8c
généraux , ainfi 6c de la maniéré ufitée dans
ledit Pays, retnife par le Tréfôrier général au
Tréfor ro ya l, pour être employée fuivant les
ordres de Sa Majefté.

A rt.

3.

Le Roi ayant par Arrêt de fon Confeil du
14 Novembre 1779 , fixé l’abonnement de la
Capitation dudit Pays de Provence à cinq cent
mille livres en tems de paix , 6c à fept cent
mille livres en tems de guerre , en ce non
compris les quatre fols pour livre qui doivent
être impofés 6c payés en fus defdites fommes,
lefdits fieurs CommifTaires demanderont à l’Affemblée que la Province impofe la fomme de
cinq cenq mille livres pour la Capitation de la
préfente année 1789 7 en y ajoutant les quatre

Capitation.

�76
fols pour livre , 8c en outre un fonds fuffifant
pour faire face aux taxations , décharges , mo­
dérations 8c non valeurs , enforte que ladite
fomme de cinq cent mille livres 8c les quatre
fols pour livre d’icelle rentrent au Tréfor royal
fans aucune dédudtion ; de laquelle fomme de
cinq cent mille livres, ainli que des quatre fols
pour livre , la répartition fera faite fuivant l’ufage, par le fieur Intendant 8c Commiilaire dé­
parti, conjointement avec les heurs Procureurs
du Pays.

A rt.
Chemins.

Sa Majefté veut que conformément aux pré­
cédentes inftruétions, lefdits fieurs Commilïaires
faflent inceffamment travailler au rétabliffement
des chemins , enforte qu’ils foient en bon état ;
8c que lefdits fieurs Commilïaires rendent compte
au R o i , des délibérations qui auront été prifes
fur cet article.

A rt.
Commerce &amp;
Adunufutures ,

4.

5.

Son intention efl auffi que l’Allémblée donne
une attention particulière à tout ce qui con­
cerne le bien du Commerce. Fait 8c arrêté par
le R o i , étant en fon Confeil, tenu à Verfailles
le 17 Janvier 1789. Signé , L O U I S , E t plus bas:

L aurent de V illedeuil .
M onseigneur l ’A rcheveque d ’A i x , P re­
sident , a dit ; que l’Aflemblée délibérera fur
les demandes qui viennent d’être faites par MM.
les Commilïaires du Roi , 8c qu’elle aura foin
de les informer de fa réfolution.

Après quoi , MM. les Commilïaires du Roi
font fortis ; ils ont été accompagnés par Meffeigneurs les Evêques de Vence , de Digne ,
M. le Procureur fondé de Monfeigneur l’Evê­
que d’Apt, 8c M. de Gueidan , Procureur fondé
de M. le Commandeur de Comps, jufques à la
porte de laSalle} par la même députation de MM.
de laNoblelIe , qui les avoit reçus en entrant ,
jufques à la premire marche de i’Efcalier ; par
la même députation des lieurs Députés des
Communautés 8c Vigueries , qui les avoit reçus
en entrant, jufques dans la Cour de l’Hôtel-deVille, 8c par les deux Greffiers des Etats, juf­
ques à la porte de l’Hôtel-de-Ville.
Et tous MM. les Députés étant rentrés, M on­
seigneur l ’A rcheveque d ’A ix

, P resident ,

a demandé à M. l’AfTelIeur d’Aix , Procureur
du Pays , s’il avoit à parler.
M. l’AlIelIeur d’A ix , Procureur du P a ys , a
dit : qu’il pouvoit annoncer le concert unani­
me de tous les Membres de l’AfTemblée à don­
ner à Sa Majefté de nouvelles preuves de leur
amour pour fa perfonne , de leur zele pour
fon fervice, 8c de leur patriotifme ; mais que les
fieurs Députés des Communautés 8c Vigueries
le chargeoient de faire, avant toute Délibéra­
tion fur les demandes de Sa Majeflé , une mo­
tion tendante à ce que MM. de la NoblefTe 8c
du Clergé voulurent bien s’expliquer par oui
ou par non, s’ils entendoient fupporter fur leurs
biens exempts , les importions à établir pour
payer le Don gratuit 8c les Milices \ de laquelle
motion 8c de la réponfe qui fera faite , MM.

Dire de M .
fAfjejjeiir
d A i x , Procu­
reur du Pays.

Interpellation,
des Députés des
Communautés
&amp; Vigueries ,
aux deux pre­
miers Ordres ,
s'ils entendent
contribuer fu r

�79

exem pts , au
payement du
D o n gratuit &amp;
des M ilices.

A laquelle motion , les fieurs Députés des
Communautés &amp;. Vigucries ont ajouté qu’ils deDemande que mandoient suffi que la contribution des deux
ladite contribu­ premiers Ordres fût proportionnelle à leurs fa­
tion foitp n p or ,
cultés ; à laquelle interpellation les Membres
tionnelle aux
du
Clergé &amp; de la NoblefTe , après due difeuffacultés.
fion , foitfur ce qu’il n’y auroit lieu de délibé­
rer en l’état, fur ladite interpellation , parce
qu’elle fait matière d’une conteftation ; fuit fur
ce qu’il feroit néceflaire de remettre fous les
yeux du Roi les Mémoires refpeétifs, &amp; d’at­
tendre fa décifion après les Etats - généraux ;
foit fur ce que le vœu de la contribution pro­
portionnelle étant reconnu, la Conflirution Pro­
vençale n’en permettroit pas l’application jfoit
enfin fur ce qu’on offroit toute voie de con­
ciliation en famille fur les difficultés de l ’appli­
cation du principe de la contribution en Pro­
Refume du vau vence ; il a été réfumé par M onseigneur
des deux pre­ l ’A rcheveque d ’A i x ,P resident des E ta t s ,
miers Ordres fur après toutes les opinions prifes : l’avis fuivant,
ces interpella­ portant :
tions.

i
i°. Que tout Citoyen , ayant un droit égal
à la protettion de l’Etat , la nécefïité de la
contribution proportionnelle, qui en eft le prix,
eft un principe inconteffable &amp; reconnu par tous
les Ordres.

20. Que les Membres du Clergé &amp; de la
NoblefTe offrent toutes voies de conciliation ,
fur les difficultés que la Conffitution préfente
dans l’application du principe en Provence.

3°* Q u’au cas que ces difficultés ne puiffent
pas ceffer par la voie de la conciliation , les deux
premiers Ordres défirent que les Mémoires refpeètifs foient mis fous les yeux de Sa Majefté ,
pour en obtenir une décifion après les Etats*
généraux ; fans qu’il puiffe réfulter, des difficul­
tés élevées, des voies de conciliation propofées , ou du recours au Souverain , aucune
différence dans la cotité proportionnelle des
contributions des trois Ordres pou»: acquitter
le déficit aétuel des dettes de l’E ta t, confor­
mément au vœu énoncé dans les obfervations
de la Noblefife , imprimées &amp; dépofées au greffe
des Etats.
A laquelle rédaction d’avis, tous les Mem­
bres ont unanimément adhéré par leur filence,
&amp; reconnu que c’étoit le vœu de l’opinion gé­
nérale.
Sur quoi les fieurs Députés des Communautés
&amp;. Vigueries, Membres de la Commiffion pour
la rédaction du procès-verbal, ont obfervé que
la vérité des faits, qu’il eft fi effentiel de connoitre fur un objet aulli important, elt que d après l’interpellation faite à MM. les Prélats &amp;
Gentilshommes poffédans-fiefs , de s’expliquer
par oui ou par non, &amp; que l’on prendroit toute
réponfe qui ne feroit pas précife , pour un refus
abfolu, quelques-uns d’entre lefdits fieurs Dé­
putés, ayant requis un verbal d’opinions, MM.
les Prélats &amp; Gentilshommes poffédans-fiefs, ont
répondu, une grande partie, qu’il n’y avoit pas
lieu à délibérer; les autres, que les Communes
n’ayant point donné leur Mémoire fur l’article

Obfervations
des Députés des
Communautés
r lSlierus&gt;
^ ltcs ^ l(t rp.
daction duproces verbal.

�8o
des contributions, ils n’étoient pas aiïez infiruits
pour délibérer fur cet objet; ceux-ci, qu’il falloit attendre la décifion du Souverain ; ceux-là,
qu’ils offroient des voies de conciliation, &amp; en­
fin quelques-uns ont voté pour la contribution
proportionnelle, en ajoutant qu’elle n’étoit point
applicable à la Conftitution provençale; de quoi
il réfulte, que bien loin que le vœu de la con­
tribution proportionnelle ait été l’opinion géné­
rale , ce n’a été au contraire, que celle de quel­
ques individus.
Obfcrv citions
des Membres du
Cierge &amp; de la
JSobleJj'e.

Et les Membres du Clergé 8c de la Noblefie,
afiîfians à la même rédaCfion , en reconnoillant
tous les mêmes faits énoncés dans le dire cidellus, 8c qu’ils ont attefié eux-mêmes dans la
rédaction , s’en rapportent de plus pour l’exac­
titude des faits, au réfumé de la Délibération
qui fut fait par Monfeigneur le Préfident de
l’Affemblée , 8c qui ne fut que la collection de
la fuite des différentes opinions qui tendoient
au même bur, par des opérations fucceffives 6c
de procédés différens. Les avis de tous les opinans furent adoptés dans la réunion qu’en fit
Monfeigneur le Préfident, 8c préfentée à toute
l’Affemblée, comme un feul 8c même avis; il
ne fut contrarié par perfonne , 8c devint par
conféquent le réfultat de l’Alfemblée.
Et les fieurs Députés des Communautés 8c
des Vigueries, Membres de la Commifiion pour
la rédaction du procès-verbal, ont répondu qu’ils
ne pouvoient s’en rapporter, pour la vérité des
faits, qu’à leur dire ci-defius.
Et

* 8i
Et fur l’interpellation faite par l’un de MM. Voies de con­
les Gentilshommes pofiedans - fiefs , aux fieurs ciliation propo­
sées par les deux
Députés des Communautés 8c Vigueries, de ré­ premiers Or­
pondre, par oui ou par non , s’ils acceptoient dres.
les voies de concilarion qui leur étoient propofées; un des fieurs Députés, a dit: qu’ils ne reRcponfe dis
fufoient pas les voies de conciliation, mais qu’ils Députes des
n’avoient point de mandat de leurs Communau­ Communautés
tés, ni de Syndic afiiftant aux Etats pour les dé­ &amp; Vigueries.
fendre, 8c qu’ils prioient les deux premiers O r­
dres de fe joindre à e u x , pour obtenir la no­
mination de ce Syndic , à quoi un autre defd.
fieurs Députés a ajouté: un Syndic qui eût en­
trée aux Etats.
Sur quoi il a été obfervé que pour accepter
des voies de conciliation, on n’avoit pas befoin
de pouvoir 8c de mandat.
Et le même Membre de MM. les Pofiedans- Recjuiftion de
fiefs, qui avoit déjà remis fon avis écrit, are- de l'un de M M .
quis qu’il confiât, dans les regifires des Etats, les dojfèdansde fon vœu individuel, pour la contribution pror^ 1
portionnelle , nonobfiant l’ufage contraire du
individuel
Pa ys, 8c de la demande d’un Syndic.
f ur u contribu­
tion , &amp; fur la
M onseigneur le P resident a obfervé que demande du
la demande d’un Syndic étoit étrangère à l’ob- Syndic du
jet de la Délibération aCtuelle.
Tiers- tat.
Les opinions ont été prifes enfuite fur la deDélibération
mande faite par MM. les Commififaires du Roi, Air j * dcmandi
au nom de Sa Majefié, du don gratuit de fept du aon &amp;raruu'
cent mille livres pour la préfente année 1789*

�82
D ire Je M M .
M M. les Confuls d’Aix , Procureurs du Pays,'
hs Confuls
portant la voix de la ville d’A i x , ont dit, par
d A ix , l ’rocu- Poj-gane cJe M. rAfieffeur, 5c en conformité de
m is du layx jeurs jnftru&amp;ions , fans entendre reconnoître à
M M . de la Nobleffe 5c du Clergé, le droit de
porter individuellement leur vœu fur les impo­
rtions qui ne font fupportées que par les feux,
en perfifiant à la demande que les Communau­
tés 5c Vigueries pujllént fe nommer un Syndic,
qui ait les mêmes pouvoirs que le défenfeur du
commun peuple avoit dans les Etats de 16395
Syndic qui lui devient encore plus nécelfaire,
par la conteftation contre les deux premiers Or­
dres que le Tiers a à déférer à Sa Majefté, ou
à terminer par les voies'de la conciliation plus
convenables entre les Membres de la même fa­
mille; 8c fans entendre reconnoître aux préfens
Etats, tels qu’ils ont été convoqués, le droit d’oc­
troyer 8c d’établir les importions, la ville d’Aix
vote, pour cette année feulement, fans tirer à
conféquence , tant que nos Etats ne feront pas
mieux conftitués , l’oêlroy des fept cent mille
livres pour le don gratuit 5 vœu que ladite ville
ne porte que par la coopération qu’il ne faut
pas que les conteftations, entre les différens Or­
dres du Pays, privent le Roi des fecours qu’il
doit efpérer de l ’amour de fes fujets, de leur
zele pour fou fervice 8c de leur patriotifme; fe
faifant la réferve expreffe de fa réclamation pour
la contribution égale 8c proportionnelle des
deux premiers Ordres, à l’impofition à établir
pour le don gratuit.
A dh efon du

Députe de For
Le fieur Député de la Communauté de For­
ça//^/- &amp; de calquier a adhéré au dire de M M. les Confuls
-

plufeurs autres.

3?
d’A ix , Procureurs du Pays, ainfi que plufieurs
autres des fieurs Députés des Communautés 5c
Vigueries.

Le fieur Député de la Communauté de SifDire du Dé teron a dit : qu’en proteflant contre l’illégalité pute de Sijleron.
de l’Alfemblée , il déclare ne voter le don gra­
tuit qu’individuellement, 8c fe référant à l’aête
pâlie riere Me. Silvy , le 28 du courant 5 fans
entendre concourir pour cet objet, avec M M .
les Prélats 5c Gentilshommes poffédans - fiefs ,
tant qu’ils n’y contribueront point } 11e votant
dans l’Afiemblée a&amp;uelle, que par rtfpeft pour
les volontés du Roi 5 proteftant expreffément
de tous leurs droits contre M M . les Prélats 5c
Pofiedans-fiefs , à l’effet de répéter la portion
du don gratuit les concernant , d’après la cotité proportionnelle de leurs facultés.
Sur quoi il a été obfervé par les autres Mem- ofervruions
bres de l’AfTemblée, que comme de tout tems de la pan des
le-don gratuit a été levé fur les feux ou biens deux premiers
roturiers en Provence, 5c qu'il eft demandé par Ordres.
le Souverain, 5c acccordé par les Etats, fuivant
lufage, il eft inconcevable que l’on dife que les
deux premiers Ordres ne contribuent pas, 5c
n’ont par conféquent pas le droit de le voter}
enfin , qu’il n’eft levé que fur les Communes,
tandis que les feux ou biens roturiers font poffédés indiftin&amp;ement par les individus de tous
les Ordres, 5c payent les mêmes charges, que
ce foit un Eccléfiafiique, un Gentilhomme poffédant-fief ou non, ou un roturier qui les poffédent} que conféquemment les Gentilshommes
poffédans-fiefs, qui y contribuent déjà pour leurs

�84
biens roturiers , ne peuvent pas y contribuer
pour des biens qui n’y ont jamais été fou­
rnis.
Lecture de la
Deliberation de
bi' Communauté
de Grajfe , J'crvaut d inftructtons à fe s D é ­
putés,
D ire
Député.

dudit

Le fieur Député de la Communauté de Grade,
avant d’exprimer fon vœu , a prié Monfeigtieur
le Préfident de faire lire la Délibération de fa
Communauté, portant fa députation.
Leêture faite de cette Délibération, ledit Sr.
Député a dit : que l’Alfemblée étant illégale,
il ne d o i t , d’après le mandat de fa Commu­
nauté , donner aucune opinion \ qu’il ne peut
pas reconnoître dans la fufdite AfTemblée les
Etats de la Province, mais une convocation inconftitutionnelle , contraire aux Délibérations
des Etats tenus en mil fept cent quatre-vingtfept, lors defqaels il avoit été reconnu folemnellement que les deux premiers Ordres feroient
réduits en nombre égal à celui du Tiers-Etat ÿ
5c pour donner au Roi des preuves de fon amour
5c de fa fidélité, il déclare, au nom de fa Com­
munauté , voter individuellement 5c à part, le
don gratuit, conformément aux motifs exprimés
dans l’aête du 28 de ce m o is , reçu par Me.
S il vy, Notaire , requerrant en tant que de befoin les proteftations 5c réferves contenues dans
ledit aéte.
Et tous les autres fieurs Députés des Com­
munautés 5c Vigueries ont adhéré refpe&amp;ivement aux opinions ci-deffus.
•
L es E t a t s ont unanimement , libéralement
&amp; gratuitement accordé à Sa Majefté , fuivant
»

l’ufage, la fournie de fept cent mille livres pour
le don gratuit de la préfente année 1789.
L es E t a t s ont également délibéré, fous les
mêmes réferves 5c proteftations ci-deffus, de la
part des fieurs Députés des Communautés 5c Vi­
gueries, l’impofition de la fomme de trente-cinq
mille livres, pour la dépenfe concernant les Mi­
lices , pour être levée 5c répartie à la maniéré
accoutumée entre le Pays 5c les Terres adja­
centes, fuivant l’Arrêt du Confeil du 16 Octo­
bre 1765.

Délibération
fu r les M ilices.

L es E t a t s ont confenti au payement de la
Sur la Cap:fomme de cinq cent mille livres pour la Capi- [atl0IU
tation de la préfente année, 5c des quatre fols
pour livre en fus.
,
Obferyations
Les fieurs Députés des Communautés 5c Vi- des Députés des
gueries, ont obfervé que fur cet objet , leurs Communautés
réferves 5c proteftations ne portent que fur fil- &amp; Vigueriesfur
légalité de l’AfTemblée, &amp; qu’ils fe référent tou- la Deliberation
jours à l’aête notarié du 28 du prêtent mois, relative aUCa9
1
puation .
iy (
,
,, ■
Perfiftant les autres Membres de l’Affemblée
en leurs ptoteftations contraires.
Un de M M . les Gentilshommes pofTédansDemande de
fiers a demande que la Capitation ne portât /,y poffédansque fur la claffe des gens aifés, 5c que les Ci- f efs&gt;&amp;adhéfon
toyens pauvres , 5c fur-tout les Cultivateurs, des deux preManouvriers 5c Payfans des campagnes en fuf- miers Ordres ,
fent déchargés.
pour tjueU Ca­
,

pitation ne porte que fur la

&lt;
A laquelle opinion, ont adhéré les Membres daffe des gens
du Clergé 5c de la Nobleffe.
.
afés.

�86
Depunition à
A 1M . Us Commijfairesdu Roi ,
pour l:ur faire
part des delibe­
rations ci-dejfus.

Et pour faire part à M M. les Commmidaires
du R o i , des Délibérations qui ont été prifes fur
les demandes de Sa Majefté , Monseigneur
I’A rciieveque d ’A ix , Président a propofé
les mêmes Membres du Clergé &amp; de ta Nobleile ,
&amp; les mêmes Députés des Communautés fk Vigueries qui avoient été nommés dans la préfente
féance, pour recevoir &amp; accompagner M M , les
Commillaires du Roi à leur entrée &amp; à leur fortie des Etats»

L es Etats ont agréé les Députés propofés
par M onseigneur l ’A rcheveque d’A i x , Préfident
Refus du D é ­
pute de la V iguerie de Tarajcou d être M em­
bre de la Com­
mision &gt; pour
la rédaction du
procès verbaL
Nomination
du Député de la
Viguérie de St.
■ Adaxim in.

P rotefiation de
M M . du Cler­
g é , contre Fa vis
écrit , lu dans
la feance de la
veille , par un
des M M . de U
NobleJft\

Le (leur Député de la Viguerie de Tarafcon
qui , dans la féance du jourd hier, avoit refufé
d’être Membre de la rédaction du procès verbal,
ayant perfifté dans fon refus, les (leurs Dépu­
tés des Communautés &amp; des Vigueries récla­
mèrent le droit qu’avoit chaque Ordre de choifir fes Commifïaires \ &amp;. en conféquence, Monfeigneur l'Archevêque leur ayant dit qu’ils n’avoient qu’à lui indiquer un autre CoinmiiTaire,
un defdits fieurs Députés indiqua le fleur de
Baux, Député de la Viguerie de St. Maximin:
Monfeigneur l’Archevêque le propofa à l’Affemblée, &amp; il fut unanimement agréé.
Monfeigneur l’Evêque de Sifteron remit aux
Greffiers des Etats, un écrit dont il demanda
la le&amp;ure , laquelle fut faite par Me. Ricard,
ainfi qu’il fuit :

87

Teneur de l'Ecrit de Monfeigneur l'Evêque
de Sifteron.
„ Ami de la paix par fentîment &amp; par de­
voir , l’Ordre du Clergé profondément affli gé
de la funefte divifion qui jufques à ce jour a
régné dans rAlTemblée, n’a pu voir fans une
vive douleur, qu’à l’inftant où la concilation
des efprits fembloit s’opérer , un Membre de
la Nobleffie ait prononcé un dire , que fans
doute fon Ordre défavoue , tendant à défunir
de nouveau les Membres des trois Etars
» En conféquence , il protefte contre ce dire ;
déclarant que loin d’adopter les opinions &amp;. les
maximes qu’il contient , il les improuve , les
regarde comme fubverfives de l’ordre public }
détefte des expreffions injurieufes à l’autorité
d’un Monarque que Dieu , les L o i x , l’honneur
£c fon cœur lui preferivent de refpeêter 5 &amp;. re­
quiert que la préfente proteftatiôn , fignée par
tous fes Membres , foit inférée en entier dans
le cahier £k le procès-verbal des Etats. Signés,
-J* L. J. Evêque de Sifteron. *}• Em. Fr. Evê­
que de Fréjus. -[* C. F. J. Evêque de Vence.
•f François, Evêque de Digne. *j- Elleon , Evê­
que de Toulon. P a z e r y , Vicaire général , Pro­
cureur de Mgr. l’Archevêque d’Arles. L ’ Abbé
de Mazenod , Vicaire de Mgr. l’Evêque de
Marfeille. L ’Abbé de Villeneuve Bargemon ,
Vicaire de Mgr. l’Evêque de Grade. L ’Abbé
de Mazenod , Vicaire de Mgr. l’Evêque de
Glandeve. L ’Abbé de Coriolis, Vicaire de Mgr.
l’Evêque de Riez, Bonnety, Vicaire de Mgr.

�,

„ 89

plus dangereufes. Il manque de refpeâ: aux attes
les plus facrés de nos Princes les plus chéris ,
notamment du dernier de nos Comtes, qui jura,
aa milieu de nos Etats , la confervation de tous
nos droits. Enfin en ofant fuppofer l’illégalité
de toutes les Affemblées de nos Etats, il a im­
primé ce carattere de réprobation fur ceux qui
nous ont unis au R o y aume de France «.

Protejlatlon de

Enfuite M. de Gaillard de Pourrieres remit
également aux Greffiers des Etats, une déclabiefle contre le- ration qui fut lu-e, 6c dont la teneur fuit:
du avis écrit.

-M M . de la N e -

M essieurs,
» J’étois prêta dénoncer hier aux Etats le difcours de M. de Mirabeau , en voyant qu’il
choifiiïoit , pour le prononcer , l’inftant où une
délibération par acclamation faifoit renaître
dans les Etats l’union fi long-tems defirée «.

,

n Vous avez fans doute jugé comme m o i , ce
difeours que fon Auteur a demandé de configner dans les regiftres des Etats , 6c que quel­
ques Membres des Communes ont adopté dans
un premier mouvement. Us n’ont pas connu
leur véritable intérêt , 6c nous devons le récla­
mer , quand ils l’abandonnent «.
»C e difeours préfente l’anéantifTement de tous
les principes de notre Conftitution j l’apologie
des proteftations fans nombre élevées pour la
détruire $ 6c le defir effréné des innovations les
plus

» Il n’eft donc aucun de vous, M essieurs ,
qui n’ait déjà réclamé dans fon ame contre l’at­
teinte portée à la Conftitution. Notre attache­
ment y fera toujours inviolable , 6c il eft de
notre honneur , autant que de la dignité des
Etats , de configner notre profeffion de foi dans
les regiftres , pour qu’elle efface dans la poftérité , l’impreffion que pourroit faire ce monu­
ment téméraire. Signé, Porrieres et.
n Nous fouffignés déclarons y adhérer , fignés
Janfon , Syndic ; le Vicomte de Graffe du Bar j
Vento des Pennes j SufFren de St. Tropez ; d’Arbaud de Jonques j Bernier de Pierrevert \ Mau­
rel de Ponteves ; d’Effienne du Bourguet $ d’A r ­
naud de Vitrolles ; Bonaud de la Galiniere \
Sade d’Eiguieres \ de Viguier de Merveilles $
d ’Autric ; de Lille Rouffillon j Raphelis, Mar­
quis de Fos ; d’Efpagnet de Sue ; Renaud d’Allein 5 de Martignan de Vachères $ Villeneuve
Bargemon \ Sabran Beaudinar \ Pontevés Giens ;
Glandeves Caftellet \ Boyer Fonfcolombe ; de
Thomas de la Valette ; le Marquis de Bouvard ;
Raphelis de Broves \ Vintimille Figaniere 5
-Raymond d’Eoux ; Forbin la Barben ; Ballon ;
Trimond Puymichel ; Villeneuve d’Anfouis j
•
’
M

�„

90

Domandolx la Palu; Taillades; le Chevalier de
Thomaflin de VillurgeJe ; ArJatan de Lan ris ;
Bonnet de la Baume ; Cadenet de Charleval ;
Mons Villeneuve ; ie Marquis de Galliffet ;
LefUng Parade Masblanc ; Benault. Lubieres ;
de Gras; CafieJIane Mazaugues ; de Sebaftiane
de Champclos; de Chieufle Villepey ; le Comte
de Galliffer ; de Plan de Sieyes ; Caftellar ;
J,ordonné d’Efparron ; Alpheran de Buflan ;
Colbert du Çanet 5 de La Bâtie de Cabanes;
le Comte de Grille de d’Efloublon ; de Boyer
&lt;i Eguilles ; le Marquis de Glandeves Niozelles;
Rafque LavaJ ; le Préfident de Mazenod fils;
G'ourdon ; d’Allard de Neoules ; Fortis ; d’Al­
bert St. Hypolite fils ; de Barras de Melan ;
Cabre } Pazery Thorame 5 Clapiers de Vauvenargues ; de Perier «.
D ir e dts D é ­
putés des Com­
munautés D D i­
gue ries Jnr Us
protejlitions de
M M du Clergé
&amp; de la N e -

U*fi.

Déclaration &amp;
réftrve de t^us
les droits du
Gentilhomme
pffédant f i e f ,

Sur lefquelles proteflations de MM. les Pré­
lats &amp;c Polledaos-fiefs, les fleurs Députés des
Communautés 8c Vigueries ont dit : que , perfiflant dans les obfervations déjà faites plufieurs
fois par eux dans les féances précédentes, fur la
demande d’une Aflemblée générale des trois
Ordres de la Province , ils fe bornent dans ce
moment à déclarer qu’ils fe réfervent de répon­
dre par une contre-proteflation à ce qui pourroit les concerner dans les proteflations cidellus.
Et immédiatemment après la leélure des profellations des Membres du Clergé 8c des Gen­
tilshommes polfédant - fiefs, le Gentilhomme ,
contre l'avis écrit duquel portoient ces pro­
te ctio n s
déclara qu’il fe réfervoit tous fe?

Sur quoi il a été obfervé par les autres Mem­
bres du Clergé 8c de la NoblefTe , que l’afTertion de ladite proteftion n’étoit que le récit le
plus exaét des faits qui s’étoient paffés , puis­
que dans un moment d’unanimité d’opinions,
un des Députés des Communautés 8c Vigueries,
en donnant fon avis, s’étoit écrié, qu’il étoit
enchanté de voir renaître dans l’AfTemblée, l’u­
nion 8c l’unanimité; opinion qui fut applaudie
avec transport par les deux premiers Ordres ,
qui, depuis l’inflant où l’Aflemblée avoit com­
mencé, n’avoient jamais eu d’autre objet; qu’ainfi
l ’énonciation de la proteflation contre l’avis pro­
noncé , étoit la plus exaéte vérité.
». ' ï •\ ** \, v *
rr♦ -;:- - ■*v* T,\ \ Vl
Les fieurs Députés des Communautés 8c Vi­
gueries ont déclaré , que la réunion des opinions
pour la nomination des Commilfuires du pro­
cès-verbal, à laquelle ils n’avoient confenti que
pour conflater leurs réclamations , ne pouvoit
pas annoncer l’union fur tous les objets majeurs
qui divifoient l’Alfemblée.
Obfervant les autres Membres de l’AfTemblée,
que quel qu’eût été l’objet de la Délibération,
où le moment de l'union 8c de l’unanimité fut
avoué 8( reconnu , la vérité de l’obfcrvation
n’en fubfifle pas moins pour détruire la préten­
due afîeition de l’infcription en faux.
M ij

■j ü
•r'
. vf,

)|,■

�92
Et les fieurs Députés des Communautés 8c
Vigueries en s’en rapportant à leurs dires cideifus, ont déclaré renouveller toutes leurs protefiations , tant contre la compofition 8c l’illé­
galité de l’AlTembiée a&amp;uelle , que furies mots
États, Ordres j 8c autres femblables.
f _ , , %. . r,
J
*
'
r ?
T* “
Ti'i:'
o •
J;
*»: ~&gt;
Et les autres Membres de l’AfTemblée, en re­
nouvelant aulfi toutes leurs proteftations , ont
periifté à foutenir qu’il eA de toute impoffibilité qu’une Alfemblée nationale , qui a pour le
vœu de fa formation, la loi de tous les tems,
la Conflitution du P a y s , l’ufage le plus conftant 8c non interrompu , enfin la fanéiion de Sa
Majefié , 8c une convocation abfolument con­
forme à fes intentions, puiffe jamais être regar­
dée comme illégale : perfifiant au furplus dans
toutes leurs réferves fur les mots Etats 8c
Ordres.
fl'MlfclO.'! i'J I
liojù e . anoti
D u v in g t - unièm e A v r il m il f e p t cen t
quatre - v in g t-n e u f.

»J

J'

!'* :»|h

Kl»i

P resident M onseigneur l ’E veque
de F réjus.
’

L

àfl

f

E s Etats ont repris leurs féances qui

Reprife des
fe'ances des
Etats.

avoient été fufpendues depuis le trentemn
Janvier dernier.

Difcours de
■ Monfeigneur
F Evêque de Fré­
j u s } Fre/îdclit,

Monfeigneur l’Evêque de Fréjus a ouvert
la féance par un difcours, dans lequel il a in­
vité les trois Ordres à concourir par leyr union
à Ja félicité publique,

93

Les fieurs Députés des Communautés 8c Vi- Nouvellesprogueries ont renouvéllé leurs protefiations pré- “flânons des
cédentes , 8c ont infilté fur toutes les demandes f P utcs
par eux faites dans les féances anterieures.
Vhmr'us
Les Etats ont enfuite légitimé par acclamations les pouvoirs des Députés aux Etats , qui
ont remplacé ,011 par procuration, ou par délibération , les Alfiftans 8c Députés abfens dans les
trois Ordres j
S A V O I R;

■ a:

Légitimation
despouvoirs des
Jf P utes ou
j es Membres
abfens.

Dans l'Ordre du Clergé y
M. l’Abbé de Croufeilhes, Chanoine de l’Eglife d’Aix , Vicaire général de ce Diocefe ,
Abbé Commandataire de l’Abbaye royale de
Lieu-Dieu , fondé de procuration de Monfei­
gneur l’Archevêque d’Aix, Prélident des Etats,
premier Procureur né du Pays, par a&amp;e du 15
de ce mois , reçu par Me. Devoulx , Notaire
en cette Ville.
M. l’Abbé de Boifibn de la Salle, Chanoine
de l’Eglife d’Aix , Vicaire général du Diocefe
de Vence , fondé de procuration de Monfei­
gneur l’Evêque de Vence , par a&amp;e du 8 de ce
mois , reçu par Me. Berenger , Notaire à
Vence.
M. l’Abbé de Richery d’Allons , Chanoine
de l’Eglife d’A i x , fondé de procuration de Mon­
feigneur l’Evêque de Digne, par a&amp;e du 13 de
ce mois , reçu par Me. Aiïhaud , Notaire à
Digne.

9

■

�94 ,
Vans l*Ordre du Tiers - Etat,
. n ln.,
‘
•
, ■ .(r.
Le fleur Jean-Louis Mallard , Imprimeur ,
Député par délibération de la Communauté de
Toulon, du 9 de ce mois.
Le fleur Peyroard , Avocat en la Cou r, Dé­
puté par délibération de la Communauté d’Apt,
du 13 de ce mois.
Le fleur Barry , Procureur en la Sénéchauffée de Brignoles , Dépuré par délibération de
ladite Communauté de Brignoles, du 13 de ce
mois.
Le fleur Roccas , Bourgeois , Député de la
Communauté d’Annot, par délibération du 13
de ce mois.
Le fleur Gombcrt , Négociant , Député de
la Communauté d’Aups , par délibération du
16 de ce mois.
Et le fleur Tavernier de Courtine , Député
de la Communauté de Martigues , par délibéra­
tion du 18 de ce mois.
P"Mion du
Jermcnt Par ies
fifiinsUX
n
‘J .....
Mc'moire du
Roi fcrvcvit
Jinjirudion à
MM. fis Commijfiiirçs.

Et à l’inftant lefdits fleurs Députés ont prêté
Ie ferment accoutumé ; MM. de 1’Eglife adpeclus &gt;
6c MM. du Tiers ayant la main levée à Dieu.
Monfeîgneur le Préfldent a requis la le&amp;ure
d’un Mémoire du Roi , fervant d’inflruêfion à
MM. Tes Commillaires.

Me. de Regina , Greffier des Etats, a lu ce
Mémoire dont la teneur fuit:

,,
„
„
,,
»
,,
,,
,,
„
„
,,
9,
3,

„ Sa Majefté n’ayant convoqué cette année
les Etats de Provence que pour voter les impofitions ordinaires , foit pour fon fervice ,
foit pour "celui du Pays , fon intention eft,
qu’à la reprife de leurs féances , ils n’aient
plus à s’occuper que de voter les impofitions
royales non encore délibérées , 6c les fubfides
relatifs au befoin 6c aux dettes du Pays , 6c
qu’il n’y foit queftion d’aucune autre affaire,
même celles de i’Adminiftration intérieure, lefquelles doivent être renvoyées après les Eratsgénéraux, ainfi que tous les objets de difcufüon
qui pourroient s’élever dans l’AfTemblée defdits Etats de Provence.

33
3,
„
3,
&gt;,
,,

„ Sa Majefté renouvelle fes volontés fur le
rétablilfément des chemins dudit Pays, énoncées dans l ’article quatre de fes inftru&amp;ions
du dix fept Janvier mil fept cent quatre-vingtneuf, 6c charge lefdits fieurs Commilîaires
de lui rendre compte des délibérations qui
auront été prifes fur cet article. Signés , LE

„ C omte

de

C araman , L a T our.

Et après la leéhire de ce Mémoire, un des
fieurs Députes des Communautés des Vigueries,
parlant au nom de tous, a dit: Il a été notifié
au Tiers-Etat du Pays , dans les Ailemblées des
Sénéchauffées qui viennent de fe tenir, il lui a
ete notifie encore en la perlonne de quelquesuns de fes Membres, Députés aux préfens Etats,
des déclarations des deux premiers Ordres ccn-

Dire desfieurs
Députés

des

Communautés

°*1 lsuen‘sf ur
!cS uC,Jarau°ns
des tl.ux
m;£rs Ordres ,
dans les Afftm-

�96
b lees des Senéchnujfe'es , rela­
tivement à la
contribution
aux charges pu­
bliques.

tenant fur l’objet de la contribution aux char­
ges publiques, le même vœu qui eft conçu en
ces termes, dans celle faite le dix Avril à l’Affemblée des trois Ordres de la SénéchaufTée
d’Aix.

M onseigneurl ’A rcheveque d ’A ix , a dit:
„
,,
,,
„
„
,,
,,
,,
y,
yy
„

que le vçeu de l’Ordre du Clergé eft decontribuer, fans aucun privilège ni exemption pé*
cuniaire , à toutes les impofitions royales,
communes &amp; municipales du Pays , &amp; ce à
l’inftar 8c à legal dans la même forme &amp;
quotité que tous les Citoyens, fur tous les
fruits 8c revenus quelconques dépendans des
bénéfices Sc polT'eflions eccléfialtiques ,
de verfer ces impolitions dans la feule caille
générale du Pays ; 8c en a remis la déclara*
tion lignée.

„
„
„
,,

„ M. de la Cala de , Préfident de l’Ordre de
la Noblelle , a dit : La Noblelle, qui avoir déjà
porté le même vœu , fe fait un devoir 8c un
plailir de répéter la déclaration que vient de
faire le Préfident du Clergé, 8c dans les mêmes
termes \ 8c en a remis la déclaration lignée.

La déclaration faite par MM. les Gentilshom­
mes poffédans-fiefs dans leur comité du 27 Mars,
contient le vœu de la contribution proportionnelle,
&amp; la renonciation à toute exemption pécuniaire fur
les biens tant nobles que roturiers ; contribution
que MM. les Procureurs du Pays ont annoncée
aux Communes avoir été délibérée égale &amp; pro­
portionnelle à toutes les impofitions , foit royales,
[oit municipales ÿ ajoutant que Monfeigneur l ’Ar­
chevêque

97

chevêque d’ A ix &amp; fon Clergé avoient précédemment
fait la même offre.
Toutes ces déclarations paroilîent ne laifler
plus de doute fur le confentement exprès des
deux premiers Ordres , à contribuer dans l’é­
galité la plus exadte 8c la plus entière, fur tous
les genres de propriétés 8c de revenus, à toutes les
impofitions royales, proviciales 8c municipales,
8c dans la même forme 8c quotité que le TiersEtat. Les Communes acceptent ce vœu précis 8c
folemnel dans toute fon étendue j elles voient
avec reconnoifiance que les deux premiers Ordres
concourent à diffiper les germes de divifion , que
les privilèges pécuniaires, 8c la diverfité des con­
tributions apportoient dans l’Adminiltration des
affaires du Pays , 8c elles efperent que de l’u­
nion ferme 8c folide des trois Ordres , renaîtra
pour toujours la profpérité publique.
M. Roman-Tributiis, AfTefTeur d’Aix, Pro- Reçuifition de
cureur du P a y s , a dit: que les Etats, depuis ffblAJfefftur
leur ouverture, ayant tenu pour principe de perdu P i s
mettre fur le regiltre les transcriptions qui fe- y rla trany rifl
roient demandées par aucuns des Ordres, il lui ù on du dire ciparoifîoit conféquent aux mêmes principes d’y dtjjhsy dans Le
tranferire le dire ci-deffus, fauf à MM. des deux procès verbal,
premiers Ordres , leurs dires 8c déclarations
contraires.
Renouvellement
de la pan de
M M .d u Clergé*
de la déclaration

MM. de l’Ordre du Clergé , par l'organe de
Monfeigneur le Préfident, ont renouvelle leurs
déclarations faites dans le$ diverfes AlTemblées faite en leur nom
des trois Ordres de chaque SénéchaufTée , de aux AJfemblees
confentir à la contribution proportionnelle, telle f s Sil,ec aP'~
N
bees*'

�98

D ire , déclara­
tion , &amp; protcftation de M M .
de t Ordre de la
Noblejfe.

99

qu’elle énoncée dans la déclaration de Monfeigneur l’Archevêque d’A i x , rapportée dans la
motion ci*deffus.‘

Porrieres, proteftant contre tout ce qu’il pourroit y avoir d’inexaâ: fur les faits 8c fur les
principes dans le dire de l’Ordre du Tiers.

Monfeigneur le Préfident a ajouté, qu’on ne
peut rien induire de ladite déclaration contre
les droits de M M. de l’Ordre de la NoblelTe ,
attendu la différence qui exiffe entre les biens
poff*édés par l’Ordre du Clergé , 8c ceux qui
font propres à M M . les poffëdans-fiefs 5 ceuxci font patrimoniaux , ceux du Clergé au con­
traire, ne lui appartenant que par des dons, ou
des Rois ou de la Nation, doivent néceffairement 8c plus particuliérement encore contribuer
aux befoins de l’E t a t , Iorfque les circonftances
le requièrent.

Et les fieurs Députés des Communautés 8c des
Vigueries ont proteffé au contraire de tous leurs
droits, fe réfervant en outre d’ajouter fur tout
ce que deffus, tout ce qu’ils croiront pouvoir
être néceflaire au foutien de leurs droits.

M. de Gaillard de Porrieres, au nom de l’Or­
dre de la Nobleffe , a dit : que les Membres de
cet Ordre qui, dans le comité du 27 Mars,
ont adopté le vœu de la contribution propor­
tionnelle des biens fonds 8c immeubles nobles,
à l’égal des biens fonds 8c immeubles roturiers ,
perfifferont dans les mêmes offres à l’Afifemblée
du 23 de ce mois , 8c l’on s’en rapportera à la
volonté 6c la décifion du R o i , pour tout ce qui
concerne les contributions.
Et l’Ordre de la Nobleffe a dit : que la dé­
claration faite par quelques Gentilshommes non
pofffédans-fiefs, qui n’ont f a it , ni pu faire aucun
facrifice , 8c celle faite par l ’Ordre du Clergé
ne peuvent concerner l’Ordre de la Nobleffe
de Provence , qui s’en référé à la déclaration
qui vient d’être énoncée par M. de Gaillard de

Protejlation
contraire des
députés des

ucrus‘

M. de Raphelis de Broves , Membre des
Adhèfion de
Etats, dans l’Ordre de la Nobleffe, a dit : que plufaurs Memn’ayant pu aflifter au comité du 27 Mars, il bres 1(1 No~
adhéroit dans la préfente Afffemblée , à la décla- bl^ e al‘1. ccla
ration faite ci-deffus par M. de Gaillard de ^ )[u n om dt
Porrieres.
cet Ordre.
M. de Coriolis de Moifffac , Membre des
Etats, dans l’Ordre de la Nobleffe , a dit: qu’il
adhéroit àla même déclaration, au nom de MM.
d’Arbaud de Jouques, de Lordonné d’Efparron,
de Maurel de Ponteves, fuivant le pouvoir qu’ils
lui en ont donné par leurs lettres mifîives.
M. Roman-Tributiis , Afffeffeur d’Aix , Procureur du Pays , a dit : qu’il doit inffruire les
Etats de la renonciation faite par MM. les Officiers des Cours du Parlement 8c des Comptes,
Aides 8c Finances à leur droit de compenfation
â t tailles, par des arrêtés de ces deux Cours,
dont extrait a été remis au greffe des Etats.

L es Etats ont accepté avecreconnoiffance
cette renonciation.
Nij

Renonciation

de MM. de la
Cour duParlement &amp; ^ 1(1
L°ur des Camp­
tc L p lfa Z n

des tailles.

�100

Recommandation des E tats
en faveur de M .

Monfeigneur le Préfident, a dît : vous connoiflez , M essieur s , les travaux utiles de M.

pAbbé de Coriolis fur l’Adminiftration de la
lrfoUs au 'r'f°de P rovince , St le zele q u ’il a toujours montré
"sa^ADjefté &amp; pour fes intérêts -, je crois que les Etats feront
du Alinijke
charmés de lui donner une preuve authentique
depojitaire des de leur effime St de leuç reconnoilTance : j’ai
grâces ecclefiaf- l’honneur de vous propofer de charger MM. vos
uqiies.
Députés,qui doivent préfenter vos cahiers au Roif
de le recommander d’une maniéré particulière à
Sa Majefté 8t au Miniftre dépofitaire des grâces
eccléfiaftiques , 8c de prier Monfeigneur l’Ar­
chevêque d’A ix , Préfident des Etats , d’unir fon
intérêt à celui de MM. les Députés.

lof
Dans l’Ordre de la Noblefle &gt; M. d’Eftieune
du Bourguet.
Et dans l’Ordre du Tiers , le fieur Député
de la Viguerie d’Aix 8t le fieur Député de la
Viguerie de St. Maximin.
L es E t a t s ont délibéré la réduttion de la
Commiflion , 8t agréé les CommilTaires propofés
par Monfeigneur le Préfident.

D u vingt-deuxieme Avril mil Jept cent
quatre-vingt-neuf.
P resident

La propofition de Monfeigneur le Préfident
a été accueillie avec tranfport par les Etats ,
&amp; ils ont exprimé le même vœu par acclama­
tion.
CommiJJion
Monfeigneur le Préfident , a dit : que plupour la rèdac- fieurs des Membres nommés pour la Commifuon du procès- f]on j e ja rédaction du procès-verbal, dans la
féance du 30 Janvier dernier, font abfens , qu’il
fufïïroit peut-être de compofer en l’état cette
Commiffion d’un Membre de l’Ordre du Clergé,
d’un Membre de l’Ordre de la Noblelfe , 8t de
deux Membres de l’Ordre du Tiers-Etat, en
Confervant ceux qui , ayant été nommés dans la
féance du 30 Janvier dernier, font préfens à la
féance du jourd’huij 8c en conféquence il a propofé.
Dans l’Ordre du Clergé , M. le Procureur
fondé de Monfeigneur l’Evêque de Riez.

M

onseigneur
de F r é j u s .

l ' Ev e q u e

Onfeigneur le Préfident, a dit: qu’il a Déclaration du
été rendu une Déclaration du Roi le 16 Roi fu r les trou­
bles de Proven­
de ce mois , enrégiftrée au Parlement d’Aix
le
ce.
jourd’hier. Cette Déclaration eft relative aux ma­
lheurs qui affligent la Provence.

M

Le&amp;ure faite de ladite Déclaration , il a été Lettre à écrire
délibéré qu’il feroit écrit au R o i, au nom des à Sa Majejlc
Etats, pour le remercier des attes de fa bien- pour la remer­
cier , lui reprefaifance 5 8t qu’il fera repréfenté dans la même fenter les pertes
lettre un tableau des pertes immenfes que le éprouvées parle
Pays a éprouvées par l’intemperie des faifons, Pays j &amp; fo llila mortalité des oliviers 8t autres caufes $à l’effet citer desfecours
de fupplier Sa Majefté de venir au fecours de
fon Pays 8t Comté de Provence, qui fe trouve
hors d’état de fubvenir au paiement des impofitions courantes.

�105
demandes , &amp; renvoyé aux prochains Etats à
y délibérer.

Le fieur Député de la Communauté de Sifter o n , &amp; le fieur Député de la Viguerie d’Aix.
Demande par
M M . Les Pro­
cureurs du
P a y s , à toutes
les Communau­
tés &amp; aux poffédans-fiefs des
psoces-verbaux
jujlificatifs.

I

Demande de
plujteurs Com­
munautés pour
obtenir l'entrée
au x Etats.
Renvoi aux pro­
chains Etats ;
&amp; entrée provi­
soire accordée
au D éputé du
V a l de Barre me.

MM. les Confuls d’A i x , Procureurs du Pays,
par l’organe de M. Roman-Tributiis, Afiefleur,
ont dit : qu’ils avoient déjà pris des mefures
pour connoître &amp; conftater les pertes immenfes
que la Province a efiuyées.

Et néanmoins ont accordé provisoirement, par
acclamation, l’entrée aux préfens Etats au Député
du Val de Barreme, fans attribution d’aucun
droit ; &amp; à l’infiant le fieur Michel, Député du
Val de Barreme , par délibération du 27 D é ­
cembre 1788, eft entré , a remis fon pouvoir
qui a été légitimé par acclamation, &amp; a prêté
ferment entre les mains de Monfeigneur le Pré­
fident.
Me. R ic a rd , Greffier des Etats, a lu le procès-verbal des féances des Etats des 26, 2 7 , 2 8 ,
29 , 30 &amp; 31 Janvier dernier.

cès

- verbal

des

précédentes
féances.

Et lfs Etats ont chargé MM. les Procureurs
du Pays d’écrire à toutes les Communautés 6c
à tous MM. les pofledans-fiefs, pour fe procu­
rer les procès-verbaux juftificatifs de ces pertes.

Et lorsqu’il procédoit à la letture de la feanObfervations
ce du 31 Janvier dernier, page 163 de la ré- &amp; dire du D é dation faite par M M . les Commiflfaires, &amp; par Pute'de la C™1eux oaraohée
munautéde Per.
eux parapnee.
m is f u r la ré*

Monfeigneur le Préfident, a dit : que le Val
de Barreme a préfenté un Mémoire à l’effet d’avoir un Député aux préfens Etats, attendu que
les Confuls d’A i x , qui étoient ci-devant les
Députés de ladite Vallée , avoient déclaré ne
pouvoir accepter une pareille qualité.

Le^fieur S i l v y , Do&amp;eur en Médecine, D é - féance du
puté de la Communauté de Pertuis s’eft levé , Janvier.
&amp; a dit : » je me dois à moi-même, je dois à
mon Ordre &amp; à la vérité j quoique non dé­
nommé comme l’auteur d’un vœu étrange &amp;
particulier , attribué à un Député du Tiers ,
» &amp; inféré dans la minute du verbal dont on
» fait la letture, de m’élever contre une rela» tion qui défigure le fait dont elle doit dé­
» pendre.

Monfeigneur le Préfident a ajouté que les
Communautés de Vence , de Puimoifîbn &amp;
d’Aubagne follicitoient également l ’entrée aux
Etats.

L jes Etats ont donné atte de toutes lefdites

dachon de la
31

» Monfeigneur l’Archevêque d’Aix , Préfi*» dent de rAfTeinblée,a propofé dans la féance

�10 4
*
»
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j)
»
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»
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n
»
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»
»
D

s

dont s’agit, une commiflîon pour le travail
de la rédattion du procès-verbal , on a été
aux voix ; M M . de l’Ordre du Clergé &amp;
MM. de l’Ordre de la NoblelTe, opinans à
leur tour, avoient , au nombre d’environ
foixante , approuvé la commififion $ les préopinansde mon Ordre avoient aufli approuvé
la commiflion, &amp; fous les proteftations déjà
par eux émifes, &amp; toujours réitérées contre
l’illégalité de l’Affemblée j environ vingtcinq Députés avoient été du même avis,
lorfque appellé moi-même à porter le mien,
j’ai dit en propres termes , je fuis de l ’avis
de MM. Les Préopinans de mon Ordre , &amp; je me
félicite de voir renaître l ’unanimité. Rien de
plus ni de moins. Je me ferai toujours bonneur de cette opinion , quoique je n’aie pas
demandé qu’elle fût infcrite ; comme j’ai leul
fur elle le droit de propriété , je dois la
garantir de toute atteinte , &amp;. je défavoue
exprelfément toute exprefïion qui n ’a été ni
dans mon cœur ni fur mes levres 5 elle eft
étrangère au verbal.
n Parmi les diffentions continuelles entre les
deux premiers Ordres &amp; le mien, nous tombions d’accord, fous la proteftation de notre
part, fur la commiflion pour la rédattion,
je me fuis empreffé d’en marquer ma fatiffa&amp;ion ; mais le calme dont parle n’exilloit
du tout point par le fait, dans une Alfemblée malheureufement divifée par l’intérêt.
Pouvois-je l’établir par mon vœu , tel qu’il
eft ? Peut-on le prouver même, par la force
des couleurs empruntées ? A-t-il pu mon vœu %
n être

o
»
»
»

I05
être le fceau de l’union, dans un choc d’opinions encore inconciliables entre les deux
premiers &amp; le troifieme Ordre? Je puis affirmer que non.

»
»
»
i)
»
»
r&gt;
»
»
»
»
»

» Je prie Monfeigneur le Préfident de vouloir bien faire tranfcrire fur le regiftre l’expofition , que je viens de faire de l’opinion
que j’ai portée dans la féance du 31 Janvier
dernier j je réclame le témoignage de mon
Ordre entier, pour juftifier ce que je viens
de dire fur le fait de mon opinion ; &amp; pour
prévenir de nouvelles erreurs dans la rédaction de la minute du verbal, je requiers que
la minute dudit verbal foit rédigée &amp; fignée
ne varietur, chaque jour par les Commilfaires,
pour êire lue aux Etats, dans la première
féance , conformément à la réglé établie.

Sur quoi les fleurs Députés des Communau­
tés &amp; Vigueries ont unanimement attefté la vé­
rité du fait ci-delfus : obfervant qu’il exiftoit
déjà , quant au fonds , dans l’obfervation faire
par MM. les Commilfaires du Tiers , lors de
la rédafrion de la féance du 31 Janvier der­
nier , &amp; qu’il n’y a d’inexaft, que la cumulation
des mots union &amp; unanimité , attribués au fieur
S il v y , dans l’expofé de MM. les Commilfaires
des deux premiers Ordres dans la rédaéfion de
la derniere féance 5 la commiftion n’ayant pu ,
attendu l’éloignement du tems, convenir fur les
exprelïions employées par le fieur Silvy.

L es Etats ont délibéré que le dire du fieur
Silvy feroit tranfcrit dans le procès - verbal

udttcjlution de
lu vérité du f a i t ,
&amp; obftrvations
d:s D éputés des
Communautés
C I/iguéries.

�io 6

î0 7

de la préfente féance, 6c ont renvoyé à déli­
bérer dans les prochaines féances, fur la requifition qui termine ce dire.

faire périr la prefque-totalité des oliviers , 6c
autres arbres précieux qui font toute la richeffe du Pays.

L es Etats ont approuvé au furplus la rédaélion faite par MM. les CommiHaires du
procès-verbal des féances des Etats, jufques 6c
inclus celle du 31 Janvier dernier.

C ’eft une perte énorme pour une longue
fuite d’annés , 6c plus encore pour celle-ci.

Du

vingt-troïfieme dudit mois d*A v r i l,
les E tats ne fe fo n t pas ajjem blés.

Des dégâts caufés par les troubles qui nous
ont affligés $ la cherté des grains qu’il a fallu
diminuer par de s rrbais à la charge des Villes,
ont achevé la ruine du Pays,

D u vingt-quatrieme dudit mois d'A vril.
P r e s i d e n t M o n s e i g n e u r l ’E v e q u e
de F r é j u s .

M

E. Ricard , Greffier des Etats, a fait lec­
ture du procès-verbal des féances des 21
6c 22 de ce mois.

L es Etats ont approuvé la rédaélion du
Projet de la procès-verbal de ces deux féances.
lettre au Roi,
MM. les Commi/Taires nommés, pour la réderniere fiance, dation de la lettre que les Etats ont délibéré
Approbation, décrire à Sa Majeflé, dans la féance du jourd’hier, ont fait part à l’AfTemblée de la minute de
cette lettre 5 6c après la leélure qui en a été faite,
les Etats l’ont approuvée , 6c ont arrêté qu’elle
feroit infcrite dans le procès - verbal de cette
dihbéree dans la

féance.

Dans cét état de mifere 6c de défolation , les
Etats ont délibéré, S I R E , de fupplier Votre
Majefté de daigner accorder à la Provence des
remifes, fur les contributions qu’il ne lui eft plus
poffible d’acquitter.
Les Etats attendent avec confiance du cœur
paternel de Votre Majeflé les foulagemens qu’ils
implorent.
• ‘ i. ' ) • [) y jt , 'j *
/ y i -■ ' [^
Ils la remercient auffi très - humblement de
la protection confiante qu’elle accorde au
Pays.
Nous fommes avec un profond refpeét ,
SIR E ,
de

Teneur de la Lettre.
SIRE,
L ’hiver le plus rigoureux vient de détruire
une partie des récoltes de la Provence , 6c de

V otre M ajesté ,

Les très-humbles, très-obéillans, 6c trèsfideles Serviteurs 6c Sujets.

Les Gens des trois Etats du Pays 6c Comté de
Provence.
O ij

�io8
Conduite paM. Roman-Tributiis , Affeffeur d’A i x , Protrioùque du Sr. cureur du Pays , a dit: qu’il croit faire un a&amp;e
Milliard , Dejuftjce f en faifant part aux Etats de tout ce
pute e ouion , ue je jjeur ]yjajjarcj Député de la Commupopulaire qui a naut.e de TouIon , prefent a cette Affemblée,
eu lieu en la- a fait Pour garanrir l’arfenal de ladite Ville ,
dite Ville.
des fuites funeffes d’une émeute populaire qui
pouvoient occafionner la ruine, foit d e l’Arfenaî,
foit de la Ville. Ce Citoyen honnête 6c ver­
tueux a fait l’avance d’une fomme confidérable,
pour fervir au payement de ce qui étoit du
aux Ouvriers employés dans l’Arfenal.

L es Etats ont applaudi à cet a£te de patriotifme, 6c ont délibéré que leurs fentimens
de gratitude feroient confignés dans le procèsverbal de cette féance.
Nouvelle lecture
des injlruclions
du Roi à M M .
Jes Commi[fai­
res , &amp; efun ar­
ticle de l'Ordon­
nance de Pro­
vence de 1535.

Monfeigneur le Préfident, a dit: qu’avant de
mettre en délibération les importions royales
qui n’ont pas encore été délibérées , 6c les fubfides relatifs aux befoins 6c aux dettes du P a y s ,
il étoit convenable d’entendre de nouveau la
le&amp;ure du Mémoire du Roi , fervant d’inftructions à MM. fes Commiffaires, fur la reprife des
féances des Etats ; 6c d’un article de l’Ordonnance
de 1535 relatif au régime des Etats.
Me. Ricard, Greffier des Etats, a lu le Mé­
moire du Roi inféré dans la féance du 21 de
ce mois, 6c l’article de l’Ordonnance dont la te­
neur fuit :
» Item , quant au fait des trois Etats de nofdits
» Pays , Comté 8c Terres adjacentes; avons

109
» ftatué 6c ordonné , ftatuons 6c ordonnons
» qu’ils ne pourront être affemblés, s’il n’eft
» par nos Lettres - patentes , une fois l’année,
» en tel tems 6c lieu qu’il nous plaira ordonner
)&gt; par nofdites Lettres $efquels Etats préfideront
» ceux qui par nous feront députés 6c non au» très, 6c y fera tant feulement traité &amp; conclu
y&gt; des affaires mentionnées en icelles. Bien pour» ront les Gens defdits Etats déduire 6c remon» trer les affaires à nodits Députés, pour y être
» pourvu félon le pouvoir que leur fera baillé,
» ou nous en faire le rapport.
MM. les Députés des Communautés 6c Vigueries ont demandé, avant de paffer outre à
la Délibération propofée par Monfeigneur le
Préfident , qu’il fût donné connoiffance aux
Etats delà délibération qui doit avoir été prîfe
le jourd’hier, par MM. les Gentilshommes poffédans-fiefs dans leur AiTemblée générale.
M. de Barrigue de Montvallon , Doyen des
Membres des Etats dans l’Ordre de la Nobleffe ,
a remis aux Greffiers des Etats un écrit figné
par MM. les Syndics dudit Ordre , 6c en a re­
quis la le&amp;ure.
Letture faite, il a été délibéré que cet écrit feroit inféré dans le procès-verbal de cette féance.
Teneur dudit Ecrit.
i) L ’Affemblée générale de la Nobleffe du
» 23 Avril a ratifié le vœu émis dans le co» mité du 27 Mars , fauf 6c réfervé l’intérêt

Demandes des
Députés des
Communautés
&amp; Vigueries de
connohre la de­
liberation prife
hier dans l 'A f Jemblee generale
de A dM , les
Gentilshommes
pcjfedans -fiefs.
E crit remis
par M M . de la.
Nobleffe , relati­
vement à cette
deliberation.

�Demande des
Députes des
Communautés
&amp; [figue ries à
M M . du Clergé,
s'ilsveuLrit con.
tribuer aux
charges locales ,
à compter du
premier Janvier
dernier.
Re'ponfe de
M M . du Clergé.

IIO
» individuel des abfens 8c de ceux qui dans la» dite Affcmblée générale ont porté un avis
» différent:, 8c aéte à MM. les Sydincs de leurs
» proteffations 8c réferves au nom defdirs ab&gt;:&gt; fens 8c contredifans, 8c il a été délibéré qu’il
» feroit drellé verbal d’opinions. Signés y Por» rieres, Syndic} Galiffet , Syndic} GalTier,
» Syndic de robe.
: \ '■
:
_ ... h
ï
r
«
Enfuite MM. les Députés des Communautés
fc Vigueries ont dit : qu’il leur importoit de favoir fi MM. de l’Ordre du Clergé entendoient
contribuer aux charges locales, à commencer
du premier Janvier dernier.
Monfeigntur le Préfident a répondu au nom
de l’Ordre du Clergé , qu’il le déclaroit rede­
vable, à commencer du premier Janvier dernier,
de la quotité d’impofitions relatives aux char­
ges locales, quotité pour la fixation de laquelle
il feroit nommé des Commiffaires , qui s’occuperoient également des moyens d’acquitter ce
qui fera déclaré dû par le Clergé } ne pouvant
être en ce moment queftion des impofitions roya­
les que le Clergé verfe encore dire&amp;ement au
Tréfor royal,comme faifant partie du Clergé de
France;
Les fleurs Députés des Communautés 8c Vi­
gueries ont accepté l’offre du Clergé, de fournir
incontinent, 8c à commencer du premier Janvier,
la portion des charges de la Province qui fera
déclarée le concerner , ainfi que la nomination
d’une commiffion qui déterminera provifoirement la quotité de la contribution de cet Ordre,

n i
Après quoi, revenant à la délibération prife
Ob/ervations
par MM. les Gentilshommes polfédans-fiefs dans des Députés des
leur Afifemblée générale du jourd’hier, 8c ci- °™nunauces
deffus tranferite , les fleurs Députés des Com- i'pCnfremis par
munautés 8c Vigueries, ont obfervé que ladite MM.de la DoDélibération offroit la circonffance finguliere bieffc.
d’un Corps qui préparoit la voie aux contradic­
tions de tous ceux de fes Membres qui y feroient difpofés, 8c qui, au lieu de n’admettre
qu’à la fuite de la Délibération 8c hors de fa te­
neur , les réferves 8c proteffations de ceux qui
auroient jugé à propos d’en faire , les lioit au
contraire , les incorporoit dans la fubffance de
la Délibération } mais comme toute Délibéra­
tion d’un Corps , prife dans une Affemblée lé­
gale , telle que celle-ci fur-tout où un Commifhire du Roi a préfidé, lie néceffairement tous
fes Membres préfens ou abfens, approuvans ou
contredifans, ou même oppofans, lefdits fleurs
Députés des Communautés 8c Vigueries, tien­
nent ladite Délibération pour irrévocable 8c univerfellement obligatoire , fous la proteffation
expreffe de demander une détermination plus
entière 8c plus précife , fous la réferve de faire
porter la contribution de la Nobleffe , non feu­
lement fur les immeubles , mais encore fur tous
les droits incorporels 8c revenus quelconques
des fiefs.
Lefdits fleurs Députés des Communautés 8c
Vigueries acceptent la contribution offerte par
MM. les Gentilshommes poffédans-fiefs } ifs ont
en même-tems demandé qu’un extrait en forme
du procès-verbal d’opinions , mentionné dans
Ja délibération du 23 du courant ci-deffus tranf-

�11 2
crite , fût remis aux Etats pour être inféré dans
le procès-verbal, afin de pouvoir connoître &amp;
les opinions en faveur de ladite déclaration ,
Si les contradictions , Si favoir jufques à quel
point cette délibération eft adoptée.
Interpellation
à M M . de l'Or­
dre de la NoblefJ t , s'ils veulent
contribuer, a
compter du pre­
mier Janvier
dernier.

Les fieurs Députés des Communautés Si Vi«
gueries ont enfuite demandé à MM. les Gen­
tilshommes poftedans fiefs , fi à l’exemple du
Clergé , ils confentoient aufil à payer depuis
le premier Janvier 1789 , fur les objets com­
pris dans ladite délibération ci-defifus tranfcrite , la portion qui feroit déterminée par un
moyen dont on conviendroit, Si qui étoit tout
naturellement trouvé dans la quotité de fa con­
tribution aux vingtièmes.

II?

dît aux Greffiers des Etats de prendre les opi­
nions pour voter les impofitions royales non
encore délibérées , Si les fubfides relatifs aux
befoins &amp; aux dettes du P a y s , les Greffiers des
Etats ont commencé à prendre les opinions.
Et dans le cours d’icelles , les fieurs Députés
des Communautés Si Vigueries ont déclaré de
la maniéré la plus expreiTe , qu’ils étoient difpofés à voter toutes les impofitions que le fervice du Roi Si les befoins urgens du Pays Si.
de TAdminiftration exigeroient 5 mais que n’é­
tant pas encore aiTez inftruits fur les objets
defdites impofitions , ils demandoient que la
délibération fût renvoyée au lendemain.

Renvoi au len­
demain de la de­
liberationfur ccs
impofitions .

Ce qui a été ainfi délibéré.
Kèp^nCe de
MM. de l’Ordre de la NobleiTe ont répondu,
M 17. de l'Ordre que tout Membre d’un Corps peut former opde la- Noblcjje.
pofition à une délibération, quand il croit que
fes intérêts font léfés : l’Ordre de la NobleiTe,
en réfervant aux abfens Si aux contredifans dans
fa délibération du jourd’hier , leur intérêt in­
dividuel , n’a fait qu’ufer d’un droit inconteftable. La claufe inférée dans ladite délibération
ne peut donc allarmer MM. les Députés des
Communes , puifqu’il eft certain que cette réferve eft de droit j Si quant aux objets, autres
que les biens immeubles nobles fur lefquels.
MM. les Députés des Communes veulent éga­
lement faire porter toutes les impofitions , l’Or­
dre de la NobleiTe s'en référé à la décifion &amp;
volonté du Roi.
Après q u o i , Monfeigneur le Préfident ayant
dit

Monfeigneur le Préfident a dit : que M. d’Eftienne du Bourguet, Membre de la Commifiion
pour la rédaction du procès-verbal , lui a repréfenté que les aftaires dont il eft chargé ,
ne lui permettent pas de fuivre les féances de
cette Commifiion j il propofe en conféquence
M. d’Alpheran de Bufian de Ste. Croix.
Ce qui a été agréé par les Etats.

Subrogation de
A i. d"AIpheran
de B ujj an de S te.
C ro ix , à Ai",
d EJlicnne du
Bourguet , pour
la re'dachon du
procès-verbal.

�114

115

D u vingt - cinquien\e A v ril mil fe p t cent
quatre-vingt-neuf.
M o n s e i g n e u r l ’ E v e q u e de F r é j u s ,
P résident.
.

M
Rcprije de tin t.rpcllation faite
dans la prece­
dente f a n ce ,
par les Députes
des Communau­
tés &amp; V én eries
à M M . de. la
Noblef/e fur les
contributions.

D ire du D é ­
puté de Forcalquïer.

.

v.

E. Ricard , Greffier des Etats , a lu le
procès-verbal de la derniere féance, le­
quel a été approuvé par les Etats.

Les fieurs Députés des Communautés Sc Vigueries ont obfervé, que MM. les Gentilshom­
mes poffédans-fîefs n’avoient point encore ré­
pondu à l’interpellation à eux faite dans la pré­
cédente féance , pour favoir depuis qu’elle épo­
que ils entendoient contribuer proportionnelle­
ment , St qu’elle feroit la mete de cette con­
tribution $ St s’ils vouloient que l’un St l’autre
objet fuffent traités par la même Commiffion
déjà délibérée, relativement à la contribution du
Clergé.
/
Le fieur Député de la Communauté de Forcalquier a dit : qu’il 11’a aucune part dans les
interpellations St réponfes ci-devant mention­
nées entre le Tiers-Etat, l’Ordre du Clergé, &amp;
celui de la Nobleffe; que Ion vœu St fon opi­
nion font que l’Ordre du Clergé ayant notifié
d’après des AfTcmblées légales , un vœu de
contribution qui le rend égal en tout au fiersEtat , fout comme l’Ordre de la Noblelfe , d’­
près des Affemblées pareillement légales , ayant
notifié un vœu parfaitement uniforme à celui
de l’Ordre du Clergé ; ces offres des deux pre-

miers Ordres doivent être acceptées , comme
il déclare les accepter irrévocablement pour l’in­
térêt de fa Communauté St du Tiers ; de la­
quelle acceptation il requiert a&amp;e à rAffemblée. Que pour ce qui regarde la prétendue dé­
libération produite par MM. les Gentilshommes
poffédans-fiefs fur les interpellations, peut-être
inconfidérées , qui ont été faites contre fon v œ u ,
cette délibération ainfi nommée n’en mérite pas
le nom , St eff plutôt une infurreétion contre
le véritable vœu de l’Ordre de la Nobleffe ,
quine peut pas être fubdivifée en deux Ordres,
St qui a été légalement AfTemblée enfuite des
lettres de convocation de Sa Majefié ; auxquelles
Alfemblées ainfi convoquées , tous les Nobles
pofiedans-fiefs ou non , ont été préfens ou duement appellés ; laquelle prétendue délibération
11e mérite pas même que l’on protefie , parce
que l’opinion féparée de quelques individus ne
fauroit diminuer la force d’une délibération de
l’Ordre entier , ou leur opinion a été vaincue
par la pluralité , s’ils ont été préfens , ou con­
fondue dans cette même pluralité, s’ils ont été
abfens.
Le fieur Député de la Communauté de Sifteron a dit : qu’il s’en rapporte à l’avis de M.
le Député de Forcalquier, pour ce qui concerne
l ’acceptation irrévocable du vœu porté par
l’Ordre du Clergé 8c l’Ordre de la Nob leffe ,
dans les Affemblées légales tenues dans les
différentes Sénéchaufiees de la Province ,
pour la contribution égale 8c proportionnelle
fur tous les biens 8c revenus quelconques fans
aucune exception ; Affemblées dans lefquelles

D ire du D e ne de S ijkron.

�x i6
tous les Nobles pofiedans,ou nofi poffédans fiefs
ont été convoqués, 8c qu’en même-tems, il inter­
pelle MM. les Gentilshommes pofiedans-fiefs ,
préfens à l’Alfemblée a&amp;uelle , de déclarer fi ,
en exécution de ce vœu général 8c uniforme
de l'Ordre de la Noblelfe de Provence , ils en­
tendent fournir le contigent de leurs contribu­
tions , à compter du premier Janvier dernier t
8c quelle mete ils entendent fuivre pour fixer
le payement de leurs contributions.
Adhefion de U Et la très-grande pluralité des Députés des
pluralité des Communautés 8c Vigueries s’efi rangée de l’avis
^ Utes a LC du Député de la Communauté de Sifteron.
M. l’Abbé de Coriolis, Procureur fondé de
Mgr. l’Evêque de Riez a dit : qu’on ne peut
être que très-furpris de voir MM. les Députés
des Communautés 8c Vigueries, pour fe ména­
ger un avantage idéal, invoquer un vœu émis
par des parties non intérefïées, dans des AiTemblées de Sénéchaulfée, que tous les Ordres du
Pays ont regardées comme anti-conftitutionnelles , qui ont excité les réclamations générales ,
même des Membres du Tiers-Etat , 8c contre
lefquelles le Gouvernement a reconnu que tout
bon Provençal s’éleveroit, en permettant d’a­
vance
toute réferve pour la confervation de
contributions.
nos Loix fondamentales , de nos droits confiitutionnels ; il fe voit donc dans la nécefiité de
repoulfer par une protefiation exprefie toute
induction que MxM. les Députés des Commu­
nautés 6c Vigueries voudroient tirer des procèsverbaux des Afiemblées des Sénéchau/fées, pour
préfenter le vœu qui y a été émis comme légal ;

D ire &amp; pro tcfiation de M
le Procureur
fonde de A'Igr.
f Evêque de
R ieç contre les
inductions à ti­
rer des procesverbaux des
Ajfemblées des
Sénéchauffées ,
par la légalité
du vau qui y a
été émis pur les

•v-

Lçs fieurs Députés des Communautés 8c V i ­
gueries ont répondu , que l’Ordre du Tiers a
véritablement confidéré, 8c qu’il regarde encore
comme contraire à la Confiitution du P a ys , la
forme de députation aux Etats-généraux * qui a
été pour cette fois ordonnée par Sa Majefté ;
mais que l’empreifement avec lequel il a cru
devoir, dans les circonftances, exécuter les difpofitions du Réglement du z Mars , eft une nou­
velle preuve de la fagefte 8c du patriotifme
confiant des Communes, qui ont penfé que la
raifon du falut public devoir les entraîner dans
cette occafion, comme elles y avoient déjà cédé,
pour d’autres objets,dans les Etats a&amp;uels.
Que les AfTemblées des Sénéchauftees, con­
traires à la Conflitution , pour ce qui regarde
la députation aux Etats-généraux , ne l’étoient
point, quant à la déclaration des deux premiers
Ordres fur l’objet des contributions.
&gt; ;: i • j t ' ••’ ./■&gt;*

r

j

I ■* r

.

•

' 1

&lt;**

(q.

Parce que réunifiant les trois Ordres, 8c ayant
été formées avec le concours individuel de tous
les Membres de leur difiriéf , elles ont pu trèslégalement, très-confiitutionnellement délibérer
fur tous les objets qu’elles ont trouvé bon , 8c
les délibérations qu’elles ont ainfi prifes de leur

Rcponfe des
Députés des
Communautés
&amp; ld i g ut ru s.

M

si
'I

* *4*4

�118
feul mouvement, 8c fur-tout en adoptant toutes,
les mêmes principes , doivent d’autant plus être
confidérées comme le véritable vœu de ces
diverfes portions de la Nation ; 8c tous ceux
qui compofent les diftritts 8c l’imiverfalité de
la Province, font dès-lors nécelFairement obli­
gés.

Procès-verbal
d opinions de
M M . de la No
bl'.jfefu r linter­
pellation des
Députés des
Communautés
&amp; I l guéries ,
relativement
a u x contribu­
tions,

119
de Faudrait de Taillade, de Lombard de Goufdon , de Callamand de Confonoves , de Collongue de Caftellar , de Félix du M u y de Grignan , de Blaccas de Carros, de Jafiaud de
Thorame , dî Bayol de Peyrefc , d’Alpheran
de Ste. Cro ix , de Leftang Parade de Masblanc,
de Raphelis de Broves, de Cabre de Belcodene,
8c d'Efpagnet de Sue.

Enfui-te lefdits Heurs Députés des Communau­
tés 8c Vigueries ont demandé à MM. les Gen­
tilshommes poffédans-fiefs , une réponfe à l ’in­
terpellation contenue dans le dire du Heur Dé­
puté de la Communauté de Sifteron.
i

M. de Fortîs de Soleiîhas a été d’avis de s’en
rapporter purement 8c fimplement à la délibé­
ration du Corps de la Noblelfe du 23 de ce
mois.

M. de Demandolx de la Pàlu , Doyen des
Membres des Etats , dans l’Ordre de la Noblcffe a dit : que MM. les Gentilshommes poffédans-fiefs, qui font dans la préfente féance ,
ne formant pas la totalité du Corps de la Noblefie polTédant-fief, ne peuvent qu’opiner in­
dividuellement.

M. d’AIbertas d’Albertas a d i t , tant pour lui
que pour M. d’Albertas de Gemenos fon pere,
qu il confent à l’encadafirement de tous fes biens
nobles dans toute l’étendue des fiefs qu’ils poffedent , fans aucune réferve ni diftinétion , à
compter du moment qui fera fixé par le TiersEtat.

Et donnant enfuite fon opinion individuelle,
il a dit :

Cette opinion a été fuivie par MM. le Camus
de Puypin, de Sebaftiane de Champclos , 8c de
Gautier d’Artigues.

Q u e, proteftant contre toutes les Afiemblées
tenues dans les Sénéchauffées, il n’a d’autre
réponfe à fournir que de déclarer qu’il s’en rap­
porte à l’opinion qu’il a portée lors de la dé­
libération prife par fon C o r p s , le 23 du préfent
mois.
Cette opinion été fuivie par MM. de Raphelis
de Fos , de Bonnaud de la Galiniere , cfé C 0riolis de Moifiac , de Maurelet de la Roquette,

M. d’Allard de Neoules a dit : que n’ayant
pu affilier au comité du 27 Mars , ni à l’Affemblée générale du 23 de ce mois , il adhéroit dans la préfente Alfemblée au vœu qui y
a été émis , tel qu’il a été rapporté dans les
précédentes féances , 8c en conféquence, il fe
range de l’avis de M. de Demandolx de la Palu.
M. de Commandaire de Taradejiua dit / que

�120
MM. les Députés des Communes, ne trouvant
pas dans Je vœu du Corps de la Noblelïe un
facrifice allez étendu &amp; relatif à leurs préten­
tions , ont préféré d’accepter les déclarations
que quelques Nobles ont confenti dans la con­
vocation inconfiirutionnelle des SénéchaulTées $
les vices dont elles font infe&amp;ées font trop
connus, pour qu’on puilïe imaginer que l’efpérance de les voir réalifer foit férieufe ; c’eft
peu que des Nobles, fans propriété féodale, fe
foient permis de fiipuler fur des intérêts qui
leur étoient étrangers; le procédé de ces agré­
gations infoütes feroit peu délicat , s’il netoit
ridicule &amp; inefficace : on fait d’ailleurs que dans
quelques endroits, les délibérations &amp; les lignatures ont été extorquées par la violence ; ainfi
je protefie contre toutes les renonciations qui
y ont été prononcées, généralement contre tout
ce qui s’y efi f a i t , notamment contre les dé­
putations qui ont été faites dans lefdites Alîemblées de Sénéchaufite. Le Corps de la Noblelïe
ayant, en vertu des ordres du Roi dans fa con­
vocation aux Etats de cette année , formé la
fienne , &amp; ne pouvant en reconnoître d’autre;
fe référant au furplus à la délibération remife
aux Etats pur MM. les Syndics de la Noblelïe,
contenant feule un vœu légitime &amp; régulier pour
la contribution proportionnelle ; &amp; pour toutes
les difficultés qui pourroient en naître , les ren­
voyant à la décilion du Roi.
Et de cet avis ont été MM. de Renaud d’Allein , Si de La Garde de LainceJ.
M. de Viguier de Merveille a dit : » je me
réfère

121
référé, pour la contribution proportionnelle de
mes biens fonds nobles, à ce que j’ai conligné
dans le procès-verbal de l’AlTemblée du Corps
de la Noblelïe , tenue le 23 de ce mois; je
protefie ici contre tout ce qui a été fait ou
confenti contre les droits des fiefs ou ceux de
la Noblelïe, dans les Ailemblées des Sénéchauffées , foit par les Nobles non polîedans-fiefs,
foit par les Nobles polTedans-fiefs, s’il s’y en efi
trouvé quelqu’un , foit par tout autre. Je pro­
tefie nommément contre toutes les députations
aux Etats-généraux du Royaume qui y ont été
faites ; parce qu’elles font illégales Si inconfiitutionelles, &amp; qu'elles ne peuvent y repréfenter
la Provence ; je notifie aux Etats féans la dé­
putation faite , les Etats tenans , par MM. de
l ’Ordre de la Noblelïe , de huit de leurs Mem­
bres aux Etats-généraux de France , conformé­
ment à la Conllitution du Pays de Provence,
Si à l’intention du R o i , manifeltée aux Etats du
Pays par les infiru&amp;ions de Sa Majefié qui y
ont été lues Si jamais révoquées ; j’interpelle
en conféquence MM. de l ’Ordre du Clergé ,
&amp; MM. les Députés des Communes de procé­
der à la nomination des Députés de leur O r ­
dre aux Etats-généraux de France, conformé­
ment à notre Conllitution Provençale, qu’on ne
peut altérer , &amp; dont rien ne doit nous faire
écarter ; &amp; je demande que ce que je viens
de dire foit configné mot à mot dans le procèsverbal des Etats, pour qu’il confie que je me
fuis oppofé , autant qu’il efi en moi , a la deftruftion &amp; au renverfement de la Conllitution
du Pays. Sur l’interpellation , M. le Préfident
a répondu qu’il n’y avoit pas lieu de délibérer*

Q

�112
Je requiers atte de tout ce que dedus ; je
le laide par écrit fur le Bureau , 6c figné de
Viguier de Merveille.
M. de Boyer d’Eguilles a dit : qu’il fe référé
à la délibération de l’Ademblée générale de la
Noblede du 22 Avril , 6c communiquée par
extrait aux Etats le lendemain 24 ; 6c qu’il
adhéré à la proteftation 6c réquisition émife
par M. de Viguier de Merveille , contre la
nullité 6c l’illégalité des Ademblées tenues pardevant les Sénéchaudées ; qu’il croit devoir
joindre des motifs imparables qui ne peuvent
que confolider les fufdites proteftations 6c requiiitions , 6c en prouver la néceflité pour la
conservation des privilèges du Pays.
La Déclaration du Roi , en vertu de laquelle
ces Ademblées fe font tenues , ne porte point
la dénomination edentielle par le R oi, Comte de
Provence , énonciation fans laquelle aucuns
Edits , Lettres royaux , Déclarations ne fauroient être exécutés dans le Comté de Pro­
vence , d’après le patte d’union qui nous unit
au Royaume ; 6c le remplacement de cette
énonciation fait en Provence , fur les imprimés
de l’Imprimerie royale de Paris , par Simple
écriture de main , d’après une lettre ministé­
rielle , ne peut certainement pas valider le dé­
faut d’une forme aulïï précieufe à la confervation du patte qui nous unit au Roya ume, fans
nous fubalterner.
Il eft encore expredément convenu dans le­
dit patte d’union, que tous Edits, Lettres-royaux,

I2î
Déclarations, 8&lt;c., feroient duement enrégiftrés
dans les Tribunaux enrégillrateurs du Pays ,
avant que d’être exécutés. Cette forme n’ayant
point été obfervée, l’exécution qui s’en eft enfuivie , elt conféquemment d’une nullité évi­
dente.
Enfin, le Corps de la Noblede ne fauroit fe
croire lié par aucun vœu , ou déclaration éma­
nés à la fuite des Ademblées tenues pardevant
les Sénéchaudées, par quelques Nobles 6c Gen­
tilshommes non prodédans-fiefs , q u i, quelque
refpettables qu’ils puident être d’ailleurs, n’ont
jamais pu repréfenter le Corps conftitutionnel
de la Noblede de Provence, lequel n’a jamais
été 6c n’a pu être compofé que par des Gen­
tilshommes podédans-fiefs 5 vérité que les C o m ­
munes ont réclamée dans maintes occafions, 6c
que le Corps de la Noblede a fait valoir victorieufement dans tous les tems. Il a donc lieu
d’être étonné que M M . des Communes, aban­
donnant leurs anciens principes, infifient à vou ­
loir regarder le vœu émané pardevant les Sé­
néchaudées, comme une déclaration du Corps
conflitutionnel de la Noblede. Signé de Boyer
d’Eguilles.
Les fieurs Députés des Communautés 6c Vigueries ont répondu : que ce qu’ils ont déjà dit
touchant les délibérations des Ademblées de Sé­
néchaudées, a réfuté d’avance les difïérens dires
de M M . les Gentilshommes podédans-fiefs.
Le défaut d’énonciation de la qualité de Comte
de Provence , à la fuite de-celle de R o i , qui manQü

Réponfe des
Députés des
Communautés
&amp; lig u e r tes
a u x differentes
opinions de
A 1 M . de la N e .
biffe.

�124
que à l’original, 8c qui a été ajoutée aux impri­
més , d’après une (impie autorifation minifterielle ; défaut par lequel on voudroit infirmer
les AfTemblées de SénéchaufTées 8c leurs délibé­
rations , eff un petit moyen de forme qui ne
peut être d’aucune valeur au milieu de grands
intérêts politiques : d’ailleurs fi la Nation Pro­
vençale avoit cru devoir les relever, elle Tauroit fait. Et après le filence le plus univerfel
8c le plus abfolu de tout le P a ys , eff-ce à une
AfTemblée, contre laquelle réclament les feptcent
mille individus qui compofent à peu près la Pro­
vince j à une AfTemblée qui n’eff repréfentative
d’aucun des trois Ordres; efi-ce à elle à s’éle­
ver contre les délibérations , contre J’afientiment des trois Ordres, qui ont concouru indi­
viduellement , par la progrefilon obfervée , aux
opérations que l’on blâme 8c que l ’on défavoue?
On parle de violence: le Clergé étoit à ces
AfTemblées ; il y a fait des facrifices non moins
étendus que ceux de la NoblefTe; dit-il aujour­
d’hui, qu’il y a été contraint? Ne renouvellet-il pas les mêmes déclarations avec l’emprefTement 8c le zele les plus marqués? Le Clergé 8c
la NoblefTe de tout le R o y a u m e , n’ont-ils pas
depuis long-tems donné le vœu de l’égalité de
contribution la plus entière? Leur a-t-il été arra­
ché parla force , ainfi qu’il a été extorqué, fuivant M M . les Gentilshommes pofiedans-fiefs, à
la NoblefTe de Provence ?
Quant à la notification faite aux Etats, de la
députation de M M . les Gentilshommes pofTédans- fiefs, à la fommation faite à M M . du

12$

Clergé 8c du T i e r s , de procéder à la nommination de leurs Députés aux Etats-Généraux du
Royaume ; un des fieurs Députés des C o m ­
munautés 8c Vigueries, fe levant pour répon­
dre au nom de fon Ordre , M. le Préfident
des Etats lui a obfervé qu’il ne devoit plus être
queftion de cet objet , puifqu’il avoit déjà
prononcé qu’il n’y avoit pas lieu de déli­
bérer.
Monfeigeur le Préfident a dit: qu’il falloit
procéder maintenant à la votation des impofiDeliberation
tions royales non encore délibérées , 8c des f ur les
fubfides relatifs aux dettes 8c aux befoins du non,sr p0llr ,la
pgyg

prejente annee.

Les fieurs Députés des Communautés 8c Vi- Dire desJiatrs
gueries ont dit: qu’il eût été à defirer que M M .
ePllus dcs
■ ommunantes
les Gentilshommes poüedans-hers eufient porté £, y- meries.
fur la contribution aux charges du P a y s , un
vœu auffi clair, aufii précis 8c auffi patriotique
que celui que le Clergé a manifefté dans tou­
tes les AfTemblées des SénéchaufTées , 8c dans
celle des Etats aêluels.
Que le Tiers-Etat efpere qu’ils fe feront juftice , 8c qu’ils confentiront à impofer fans reftrittion aucune, tous les revenus des fiefs. Que
d’ailleurs ils ne trouvent l’Ordre de la NoblefTe
que dans les AfTemblées de SénéchaufTées qui
viennent d’être tenues; 8c que l à , le vœu de
la contribution aux charges publiques a été
conforme à celui du Clergé, 8c que ce vœu lie
auffi M M . les Gentilshommes pofTédans fiefs.

�iz 6
Que le Tiers-État n’accepte l’offre infuffifante
qu’ils ont faite, que furabondamment , &amp; fous
proteflation même pour ce qu’ils n’auront pas
payé cette année &amp;. l’année dernrere, où la de­
mande de la contribution proportionnelle a com­
mencé.
Que c’efl uniquement fous les réferves cidefTùs, 8c toutes autres néceffaires à la confervation des droits du Tiers, qu’il confent à voter
les importions.

Pour les appointemens de la charge de M.
le Lieutenant général , fix livres cinq fols par
feu.

enera '

Que fon amour confiant pour le bien du
P a y s , 8c fon attachement à la perfonne du Roi,
le déterminent feuls à voter les impofitions dans
l’Affemblée aéluelle , contre l’illégalité de la­
quelle il n’a ceffé de s’élever.

Pour les gages des Officiers du P a y s , douze Gages des Offilivres fix fols par feu.
Clers du ****-

Qu’on ne pourra prétexter, contre la néceffité toujours plus inflante de convoquer les trois
Ordres de la Province pour réformer la Conftitution, d’aucune des opérations de la préfente
AfTemblée , ni moins encore de la délibération
qui va fuivre.

Pour les anciennes 8c nouvelles rentes dues
par le Pa ys, 8c leur amortiflement fucceffif,
cent foxante livres par feu.'

Enfin, que ne pouvant voter dans des Etats
auffi illégaux, que les impofitions impérieufement exigées par la raifon du falut public, 8c
les calamités de toutes efpeces qui affligent le
Pays , aflreignant encore à n’impofer que le
moins poffible; les fieurs Députés des Commu­
nautés 8c Vigueries, n’ont pas cru pouvoir impofer au-delà des fommes, ni pour d’autres ob­
jets que ceux énoncés ci-après.

Pour l’abonnement du droit fur les huiles,
feize livres par feu.

D ro its f u r ie s
huiles .
A nciennes &amp;
nouvelles rentes
fu r ie la y s .

-M
Pour le paiement de la femme de fept cent
mille livres accordée au Roi pour le don gra­
tuit de la prêfente année , deux cent quarantune livres dix fols par feu.

D on gratuit.

Pour le paiement des trente-cinq mille livres Vieux droits,
de l’abonnement des droits d’albergue , caval­
cades 8c autres vieux droits du Domaine pro­
vençal , douze livres deux fols par feu.
Pour payer les mille fix cent livres deflinées
Réparations
aux réparations à faire aux bords de la riviere aux bords de U

�128
de Durance, dans les territoires de Noves 8c
château - de Châteaurenard , douze fols par feu.

V um ncc à Noves &amp;
renard.

Depenfc des
Troupes.

'f
M ilices.

Dotations de
de St. ValVur.

Pour le rembourfement de la dépenfe des
Troupes d’infanterie , Cavalerie 8c Dragons en
route ou en quartier, pendant l’année 17 8 8 ,
Sc pour payer les faftigages 8c uftenfiles des gar­
nirons établies à T o u lon , Antibes 8c autres lieux;
pour, les places de bouche, fourrages 8c uftenciles , être payés au même taux fixé par les
derniers Etats, 8c pour l’année 1788 feulement,
cent vingt-une livres par feu.
Pour ce qui compéte au Pays de la dépenfe
des Milices , huit livres par feu. _
Pour les fondations de St. Vallier, 8c pour la
rente de la préfente année, cinq livres quatre
fols par feu.

Pour les ouvrages d’utilité publique dans la
tilite publique haute Provence , quinze livres douze fols par
dans la haute feu.
Ouvrages Tu-

Provence.
Compte du Tre’forier du Pays.

^ our ^es ^rais de
reddition du compte du
Tréforier du Pa ys, huit livres par feu.

Rente en eveP ° ur rente
fonime principale de trois
cuùon dela con- cent niills livres au denier vingt-cinq, dont le
vention du rS Pays eft chargé pour les caufes contenues en la
M a i i j j 2.
convention du 18 Mai 1 7 7 2 , quatre livres huit
fols par feu.
Dons gratuits
des D iücs. Se Pour payer le fecours extraordinaire, tenant
coursextraordi- ]jeu
dons g ratuitS des Villes, accordé pour
naires.
°
'
r

I29
dix ans* par l’ Aflcmblée des Communautés de
1780, quinze livres par feu.
Pour les deux mille livres des faifies réelles,
le droit de nouvel acquêt, des ufages des Com­
munautés , 8c dix fols pour livre ; 8c pour les
objets relatifs au Commerce feulement, la place
8c les appointemens de Secrétaire de la Société
d’Agriculture demeurant fupprimés, une livre
quinze fols par feu.
Pour la conftru&amp;ion 8c réparation des ponts
8c chemins , il a été impofé trenre livres par
feu, outre 8c par defius les fnmmes qui fe trou­
vent dans la caiffe du Tréforier du Pays, pour
les chemins de Meyrargues 8c des Pennes, dont
l’exécution a été fufpendue , lefquelles fommes ,
avec le produit des trente livres par feu , feront
employées au paiement des engagemens con­
tractés par le Pays pour les Ponts 8c chemins
commencés ou exécutés.
Et pour l’entretien des ponts 8c chemins, il
a été impofé quarante-cinq livres par feu.

Commijfaire
a u x Jaifies réel­
les. Nouvel ac­
quêt des ujages.
Commerce.
SuppreJfion de
la place &amp; des
appointemens
du Secrétaire
de la Société'
d Agriculture.
Conflruclion
&amp; réparations
des ponts &amp; che­
mins.

Entretien des
ponts O chemi ns.

Pour les fiais des fieurs Députés des C om ­
Frais de la
munautés 8c Vigueries aux préfens Etats, 8c pen tenue d.s Etats.
SupprejJion
dant leur fufpenfion , 8c frais ordinaires de la
des donatives.
tenue des Etats, il a été impofé dix livres par
prohibées par
feu ; déclarant les Etats , ne point comprendre l A rrêt du Con dans les frais ordinaires de la tenue des Etats , f u i de 2655.
les donatives prohibées par l’Arrêt du Confeil
de 1 6 3 5 , 8c qui fe trouvent annuellement rayées
par les ordonnances de la Chambre des Comp­
tes, &amp; toutes autres gratifications ou préfentsqui
R

�IJO
n’auront pas été délibères exprefTément par les
Etats a&amp;uels , même les préfents en fruits dont
la dépenfe étoit payée fur les cas inopinés.
D ire de A i. le
Procureurfonde
de Mgr. I E vê­
que de Rie £f u r
La fupprtjjion
de(dite s donatives.

M. l’Abbé de Coriolis , Procureur fondé de
Monfeigneur l’Evêque de Riez a dit : qu’il ne
donne fon opinion contre les donatives , que
comme contraires à l’Arrêt du Confeil du Roi
de 1635 } 6c qu’il eft d’avis que le Pays follicite un nouvel Arrêt du Confeil qui autorife
ces donatives, dans lequel c a s , en fe confor­
mant à la volonté du Roi , il fera d’avis de
continuer lefdites donatives comme mérirées ;
6c il a demandé que fon dire foie cranfcrit dans
le procès verbal.

Cas inopinés.

Pour les frais des procès, dépenfes indifpenfables , ordinaires ou extraordinaires , prévues
ou imprévues, vingt fix livres par feu , outre
6c par-deifus Je produit de l’impofition de dixneuf livres dix fols par feu faite par les derniers
Etats , pour les frais de conftruêtion du bati­
ment pour la Bibliothèque du Pays 6c objets y
relatifs ; lequel produit doit fe trouver dans
la caiffe du Pays 6c fera appliqué aux objets
ci-dellus , n’entendant plus comprendre doré­
navant dans la préfente impofition , certains
articles de dépenfe fur lefquels il fera délibéré
dans la prochaine féance.

Deliberation
fu r les places &amp;
appointemens
des fe u r s St.
M artin &amp;
Baud.

Ayant été mis en délibération , fi les deux pla­
ces de prépofes à la défenfe contre le Fermier
des Domaines 6c des Traites, exercées par les
fleurs St. Martin 6c Baud , aux appointemens de
quinze cent livres chacun , dévoient être confervées.

Les opinions prïfes , il en eft réfuîté que
trente-huit opinans ont été d’avis de conferver
les deux places, aux appoinremens de (ept cent
cinquante livres chacune feulement ; que trenteun opinans ont été d’avis de fupprimer la place
du fieur Sr. Martin , de réunir fes fonctions à
celles du lieur Baud , 6c de donner à ce der­
nier quinze cent livres d’appr'iniemens } que
huit opinans ont été d’avis de conferver les
deux places en lailfant quinze cent livres d’appointemens au fieur Baud , 6c fix cent livres
feulement au /leur St. Martin , 6c que trois au­
tres opinans ont été d’avis de conferver les
fieurs St. xMartin 6c Baud dans l’exercice de
leurs places, aux mêmes appointemens de quinze
cent livres chacun.
Er lors de la rédaction du préfent procèsverbal , MM. les CommifTaires font convenus
qu’il y avoit délibération pour conferver les
fieurs St. Martin 6c Baud dans leurs fonctions,
6c ayant été divifés d’opinions , fur la quotité
d’appointeniens attribués à chacun d’eux par la­
dite délibération , ils ont renvoyé aux Etats
à y ftatuer.
Pour les gages des Ingénieurs du Pays , il a Gages des Inété impofé quatre livres par feu ; &amp; MM, les genieurs du
CommifTaires de la réda&amp;ion font convenus qu’il
, .
y avoit délibération pour la confervation de r - f 110*™*10*
iix Ingénieurs du P a y s , n ayant été divifes d o - [lon ^ f urs
pinions que pour favoir s’il y avoit lieu à re- places , &amp; la
trancher Je tiers de leurs appointemens , at- fixation de leurs
tendu qu’il paroifïoit que la pluralité des voix appointemens»
avoit été pour les charger dts travaux des

R ij

�* 52
Vigueries fans retranchement d’appointemens J
en le réunifiant a l’opinion du Député de la
ville de Toulon qui a porté ce vœu.

Ce qui a été accueilli par les Etats avec ac­
clamation.

M. le Vicaire général de Monfeigneur l’A r ­
Du vingi-feptieme dudit mois d'Avril.
chevêque d’Aix , Préfident l’Ordre du Clergé
a dit : que les Etats témoigneroient fans doute
à Monfeigneur l’Evêque de F réjus, Préfident
P resident M onseigneur l ’Eveque
des Etats , combien ils ont été affe&amp;és de la
de Fréjus.
perte qu’il vient de faire dans la perfonne de
M. fon neveu, &amp; lui exprimeroient leur reconRoman-Tributiis, Afiefifeur d’A ix, ProTémoignages
noifiance d’avoir furmonté fa douleur pour v e ­
# cureur du Pays a dit : qu’il lui a été rap­
de fatlsfaction
f u r la conduite
porte par des perfonnes dignes de foi, que le nir s’occuper du bien public.
de plujieurs des fieur Barry , Député de la ville de Brignoles à
Jîeurs Députés ,
L es Etats ont adhéré à ces fentimens de
la préfente Affemblée, a rendu des fervices fipendant les trou­
fenfibilité
&amp;. de reconnoifiance.
bles de Proven­ gnalés à fa patrie à l’époque des malheurs qui
l ’ont affligée fur la fin du mois de mai dernier,
ce .
Un des fieurs Députés des Communautés &amp;
&amp; fur-tout dans le moment où les propriétaires
Vigueries
a dit : qu’il a été remis par M. Dau­
des moulins étoient menacés des plus grands
phin , Seigneur de Trébillanne , un écrit dont
e x cè s, s’ils ne fe défemparoient de cette pro­
il requiert la leêture.
priété. Il penfe que l’AfTemblée ne refufera pas
au fieur Barry un témoignage de fa fatisfa&amp;ion.
Leêfure faite de cet écrit, il a été délibéré
qu’il fera tranfcrit dans le procès-verbal de la
L es Etats ont applaudi au zele du fieur
féance de ce jour.
Barry , Député de la ville de Brignoles , 2*. ont

Compliment de
de condoléance
à JVJgr. V E v ê­
que de Fréjus ,
fu r la mort de

A ï. fo n neveu.

M

arrêté que le témoignage de leur fatisfa&amp;ion fera
configné dans le procès-verbal de h préfente
féance.
Monfeigneur le Préfident a dit: que les Etats
doivent le même témoignage au zele du fieur
Trucy , Maire premier Conful de Barjols, ainfi
qu’à celui de plufieurs autres Adminiftrateurs
des Communautés, dans les circonftancescriti­
ques auxquelles les troubles arrivés en Provence
ont donné lieu»

T eneur dudit E c r i t .
Déclaration de M . de Trébillanne.
» Quoique j’aie déjà porté mon vœu fur les
contributions , je m’empreffe de le porter de
nouveau. L ’opinion que j’aurois confignée dans
l’AfTemblée de MM. les poffédans-fitfs fi j’avois
pu y alfifier, je me dois à moi - même de la
rendre publique j je le fais avec d’autant plus

Déclaration de
AI. Dauphin de
Tr, i illanne fu r
la contribution
a u x charges.

�I ?4

de plaifir, qu’en exprimant un vœu depuis longtems écrit dans mon cœur , &amp; qu’il me tardoit de faire connoître, loin de me féparer
d’avec mon Corps , je fuis des exemples eftimables qui feront fans doute bientôt univerfellement imités «.
» J’avois applaudi un vœu porté dans le co­
mité de la Noblelîé du 27 Mars } je fouhaitai
alors, &amp;. je ne doutois même pas que ce vœu
ne fût généralement adopté par tous les poirédans- fiefs de Provence dans l’AlTemblée indi­
quée pour le 23 Avril. L ’Afïemblée des Sénéchauflees me fournit plutôt Toccafion de faire
connoître mon opinion particulière ci.
» N ’ayant affifté à aucune des AfTemblées
de MM. les Nobles pofTédans-fit'fs , je ne me
crus point lié , &amp; je ne pouvois pas l’être par
le vœu qu’ils avoient émis de ne point paroître
aux Sénéchauffées. Loin de moi l’idée de vou­
loir blâmer des Citoyens recommandables qui
ont penfé différemment, &amp; dont je ne connois
quimparfaitement les motifs •, mais j’ai penfé
que je devois cette marque d’obéiiïance au
meilleur de Souverains ; que je le pourrois fans
compromettre la Conftitution de ma patrie ,
puifque Sa Majeffé elle-même avoit la bonté
de prévenir les craintes que la forme de la con­
vocation pouvoir infpirer , &amp; d’afTurcr nos droits
par les réferves les plus authentiques. J’afiïftai
donc perfonnellement à l’AfTemblée de la Sénéchauffée de Marfeille , &amp;. un Procureur fondé
me repréfenta pour mon fief à la Sénéchaifée
d’Aix. M. d’Eymar j frere de M. de Montmeyan

mon gendre, voulut bien fe charger de ma pro­
curation «.
» Indépendamment du mandat général que
j’avois donné pour la députation aux Etats-gé­
néraux, j’avois fpécialement autorifé mon P ro­
cureur fondé à confentir pour moi à l’égalité
proportionnelle des contributions pour les char­
ges royales &amp; provinciales fans aucune diftinctionj j’appris avec plaifir que tel avoit été le
vœu de la NoblelIe de la SénéchaufTée , que tel
avoit été aufli celui du Clergé a.
i) J’aurois renouvellé ce vœu dans l’AlTemblée de MM. les poffédans fiefs , fi j’avois pu
m’y rendre. Privé de cet avantage, je le dépofe
ce vœu dans la première , dans la plus augufïa
des AfTemblées , dans le fein même des Etats.
Je prie MM. les Greffiers de vouloir bien le
faire connoître aux trois Ordres c&lt;.
» Je déclare renouveller le vœu porté en
mon nom à l’AfTemblée de la SénéchaufTée
d’A ix, &amp; renoncer pour moi &amp; pour les miens,
de la maniéré la plus irrévocable &amp;. la plus folemnelle , à toutes exemptions pécuniaires j je
déclare encore confentir à contribuer, dans une
égalité proportionnelle fur tous les revenus de
mon fief, fans auaune diftin&amp;ion , à toutes les
charges royales &amp; provinciales , &amp; générale­
ment à tous les tributs que les bons Citoyens
doivent payer pour la fureté &amp; l’utilité com­
mune j je déclare enfin confentir à Tencadaürement de tous mes biens nobles quels qu’ils foient,
ou à toute autre réglé qui pourroitêtre établie,

�. M6
pour tffe&amp;uer l’égalité proportionnelle des con­
tributions «.
Fait à Marfeille le 26 Avril 1789. Signé ,
Dauphin Trcbillanne.
A &lt;te protejlat : f
de M M . de
l'Ordre de la Noblejje fur les or­
dres donnes par
M M . les Commi f aires du
R o i,pour lafu fp enf o n &amp; repri­
s e des fiances
de s Etats ; &amp;
f u r les députa­
tions aux Etats
généraux , fa i­
tes dans Es A f femblées des Sé­
né chauffées.
A ie me protejlation au nom du
P ay s , fu r le
fécond chef de
cet acle.
A d h éfon du
Clergé 6* des
Communes au
premier article
de l acle protefta tif de la Noblcjfe.
A dhéfnn du
Clergé aufécond
article.
D ire des Com­
munes fu r cefé­
cond article,

Me. de Regins , Greffier des Etats a dit : qu’il
a été Hgnifîé ce matin aux Etats , par miniftere
d’un Huiffier , à la requête de MM. les Syndics
de l’Ordre de la Noblelïe , l’aête extrajudiciaire
dont il va faire la leéture.
Leéture faite de cet atte , M. l’AfTefTeur d’Aix,
Procureur du P a y s , a requis qu’il fût donné atte
à MM. de l’Ordre de la Noblellê de leurs proteftations; Sc comme Procureur du Pays , il a
demandé a&amp;e de fa protellation au nom du P ays,
contre la convocation par SénéchaufTées pour
la députation aux Etats-généraux du Royaume.
MM. de l’Ordre du Clergé 8c les fieurs Députés
des Communautés 8c Vigueries ont adhéré au
premier article de protellation contenu audit
a&amp;e, relativement aux ordres donnés par MM.
les Commilfaires du R o i , pour la fufpenfion 8c
reprife des féances des Etats.
MM. de l’Ordre du Clergé ont adhéré au fé­
cond article de lad. protellation relatif à la dépu­
tation aux Etats-généraux faite par Sénéchaullees.
Et les fieurs Députés des Communautés 8c
Vigueries ont dit : » M. le Préfident des Etats
» ayant prononcé dans la derniere féance qu’il
» n’y avoit lieu à délibérer fur l’interpellation
» faite

*57
» faite par plufieurs Membres de la NoblefTe à
» MM. du Clergé 8c des Communes, de nom» mer leurs Députés aux Etats - généraux du
» R oyaum e, l’AfTemblée du
Mars dernier,
» de MM. les Gentilshommes poffédans-fiefs,
» ayant nommés les Tiens au nombre huit, l’Or» dre du Tiers n’auroit pas cru que le procès)&gt; verbal mentionnât cette interpellation.

» Il eft donc néceftité aujourd’hui à dé­
clarer.
» Que fans examiner jufques à quel point
» les AfTemblées de Sénéchaulfées qui ont été
» tenues font contraires ou analogues à la Conf» tirution du Pays , fans avoir à s’allarmer fur
x&gt; le retour de pareilles AfTemblées, puifque le
d Roi lui-même a bien voulu nous rafturer à
» cet égard dans le préambule de fon Régle» ment du 2 Mars.

»
»
»
»
»
»
»
w
»
»
»
»
d

» Il fuffit aux Communes de répondre fur
l’objet de la députation aux Etats-Généraux,
qu’il ne peut point en être fait dans la préfente Aftémblée, attendu qu’elle eft inconftitutionnelle 8c défavouée par l’univerfalité
de la Nation j que l’Ordre du Tiers a dû fuivre en ceci les motifs de fageffe 8c de patriotifme qui l’avoient dirigé dans toute fa
conduite ; qu’il a dû céder à la confidération
prenante du falut public 8c à fon zele pour
la perfonne du Souverain $ il a donc député
aux Etats - Généraux du Royaume dans les
AlTemblées de SénéchaufTées, 8c c’eft là feulement qu’il a dû députer. Les députations
S

�i

38

» qui y ont été faites, font aufîi les feules qu’il
» puiffe avouer ».

»
»
»
»
»
»
»
»
»
»

» Les Communes ne reconnoiffent donc pas
la députation notifiée à l’Affemblée par MM.
les Gentilshommes pofTëdans - fiefs ; elles la
trouvent au contraire vicieufe fous tous
les rapports, puifque la Conftitution provençale n’a jamais adopté les députations particulieres des Ordres, puifque les feuls Poffédans-fiefs ont repréfenté celui de la Nobleffe,
St puifqu’ils ont procédé contre la difpofition
du Réglement du z Mars à eux notifié, avant
qu’ils nommaffent leur députation ».

»
»
»
»
»
»

» Elle ne doit pas être admife aux EtatsGénéraux du Royaume. Les Députés du
Tiers-Etat de Provence font chargés par les
Communes, ici préfentes, d’en folliciter l’exclufion, St ils ne communiqueront pour aucune forte d’affaires avec les Députés de MM.
les Gentilshommes poffédans-fiefs ».

L es Et a t s ont délibéré que l’a&amp;e, dont le&amp;ure
vient d’être faite, fera tranfcrit dans le procèsverbal de cette féance.
Teneur dudit Acte.
» De la part de M M . les Syndics du Corps
de la Nobleffe de Provence, foit mis en notice
à M M . des Etats, que la Nobleffe de ce Pays
de P roven ce, telle qu’elle a été compofée de
tous les tems , telle qu’elle a dû l’être par la
lepréfentation des Gentilshommes poffédans-fiefs

qui forment les feuls Membres conftitutionnels
de l’Ordre , a délibéré dans les féances de fa
derniere Affemblée générale, de protefter$ i ° .
contre les ordres donnés par M M . les Commiffaires du R oi aux Repréfentans des trois Etats,
de fufpendre, St enfuite de reprendre leurs fé­
ances, St qui bleffent la Conftitution j les Etats
une fois affemblés, ne pouvant fe féparer, foit
provifoirement, foit définitivement, St repren­
dre enfuite leurs féances au premier cas, qu’enfuite d’un vœu bien formé dans leur intérieur».
2°. Que les députations aux Etats-Généraux,
faites par Sénéchaulfées, étant contraires com ­
me chacun fait, à la Conftitution, n’ont jamais
été 8t pu être faites que par les Etats affemblés,
ou par les Ordres, féparément compofés, com ­
me dans les Etats} la Nobleffe , marchant fur
les principes de la Confiitution que le Roi a
déclaré vouloir conferver St protéger , St defirant de marquer foumiffion St zele à Sa M ajefté, pour ne pas faire manquer la repréfentation conftitutionnelle des Nobles dans la pro­
chaine Affemblée de la Nation, a nommé dans
fon fein fes Députés, St a de plus délibéré de
protefier contre les nomminations qui pourroient fe faire ou avoir été faites aux Sénéchauffées , lefquelles nominations ne peuvent
qu’être inconftitutionnelles, illégales St contrai­
res , tant à fes droits, qu’aux vrais intérêts de
tous les Ordres. Il a été déplus délibéré, dans
ladite Affemblée générale de la Nobleffe , de
donner connoiffance de ces protefiations aux
Etats du Pays, pour leur prouver toujours mieux
qu’elle n’a rien oublié, St qu’elle n’oubliera rien
S ij

�14 0
de tout ce qui peut tendre à maintenir la Conftitution, 8c les droits de tous les Ordres qui font
également intéreffés à la conferver, 8c a&amp;e fignés
Galliffet, Syndic, 8c Gaffier, Syndic de Robbe ».
» L ’an mil fept cent quatre-vingt-neuf, 8cle
vingt-feptieme jour du mois d’A v r il, à la re­
quête de M M . les Syndics du Corps de la Noblellê de Provence , nous Huillier en la Cour
de Parlement de ce Pays de Provence fouffigné,
avons intimé 8c flgnifîé l ’a&amp;e de rnis en notice
8c proteftatif ci-deffus en copie 8c tout fon con­
tenu j à MM. des Etats de ce Pays de Provence,
aux fins qu’ils n’en ignorent, avec due commination, 8c leur avons donné cette copie en par­
lant dans un des Bureaux de la Province , à la
perfonne de M. de R e g in a , Greffier defdits
Etats, à neuf heures du matin. Signé, Gralfan».
Me. R icard , Greffier des Etats , a lû enfuite
le procès-verbal de la derniere féance, qui a
été approuvé.
A utre delibe­
ration fu r les
appointemens
des fe u r s St.
M artin&amp;Baud.

Et fur les doutes propofés par M M . les Commiilaires de la rédaction du procès-verbal, à
l’égard de la quotité des appointemens attribués
aux places exercées par les fieurs St. Martin 8c
Baud, 8c qui leur ont été confervées par la dé­
libération du 25 de ce mois, doutes dont ils
ont renvoyé la décifion aux Etats; Monfeigneur
le Préfident a dit au Greffier des Etats, d’3ppeller les voix.
Les opinions prifes , il a été délibéré , à la
pluralité des fuflrages, que les appoimemeas du

141
fieur Baud feroient de la fomme de quinze cent
livres, 8c que ceux du fleur St. M artin, feroient
réduits à fept cent cinquante livres.
Et fur les doutes propofés par M M . les ComA u tre dJUmiiraires de la réda&amp;ion du procès-verbal, pour ierall0n f ur Us
favoir fi les fix Ingéuieurs du P a y s, qui ont été yp°!'lt^ncn^
confervés par la délibération du 25 de ce mois,
nu‘!rs
étant chargés par la même délibération, du tra­
vail des Vigueries , dévoient jouir de leurs ap­
pointemens ordinaires, ou être réduits aux deux
tiers defdits appointemens.
Monfeigneur le Préfident a dit aux Greffiers
des Etats, d’appeller les voix.
Et avant que les Greffiers des Etats priiTent
D ire s &gt; pro­
ies opinions , le fieur Député de la Commu- tef an° n s , tsop.
nauté de Pertuis a-dit: que pour opiner avec P^Julonsdt’
connoiffiance de caufe concernant les obligations ^ ' J li'UUs*
ou charges à impofer aux Ingénieurs, il étoit
indifpenfable d’avoir une connoiffance exa&amp;e de
celles qu’ils avoient en l’état, 8c des fomnies
qui leur étoient adjugées annuellement, tant en
appointemens, qu’en gratifications pour divers
objets relatifs aux chemins, au canal de Boifgelin, 8c autres, ainfi que des frais des Piqueurs,
8c à cet effet il a requis que l’état 8c compte,
dans lequel font relatés tous les objets ci-deflus,
fût mis fur le bureau pour y prendre les inftru&amp;ions convenables, 8c fur icelui être fait un
relevé des fommes qui ont été adjugées à cha­
cun defdits Ingénieurs pour les années 1785 ,
1786, 178 7, duquel relevé il fera fait mention
dans le verbal de la préfente AfTemblée.

�142
Le Heu»* Député de la Communauté d’Apt,
a requis Monfeigneur le Préfident des Etats de
lui accorder a&amp;c de la proteftation qu’il fait
au nom de fa Communauté contre l’illégalité
de la propofition, attendu que ce qui a été dé­
libéré a cet égard d’une maniéré régulière St
légale, ne peut être remis en délibération fans
donner attente à la fiabilité que les détermina­
tions prifes par une AfTemblée quelconque doi­
vent avoir; St que fi l’on adoptoit un pareil
fyftême, on ouvriroit la porte aux abus que
les perfonnes intéreffées à faire anéantir les dé­
libérations qui leur feroient défavorables, feroient journellement de la prote&amp;ion, de la fa­
veur, de la furprife qu’elles auroient pu fe mé­
nager; au moyen de quoi, en fe référant à la
délibération prife dans la féance du 25 du cou­
rant, protefte contre tout ce qui pourroit être
au contraire.

Et dans le cours des opinions, le fieur Dé­
puté de la Communauté de Martigues à fait un
dire qu’il a enfuite rédigé par écrit, St dont la
teneur fuit :
» Le fieur Député de Martigues déclare for­
mellement protefier contre la délibération qui
court, tendante à maintenir les fix Ingénieurs
de la Province, dans les mêmes appointemens
que ceux de l’année derniere, avec la charge
exprefte de faire le travail des Vigueries gratis,
tandis qu’ils avoient été réduits aux deux tiers
de leurs appointemens, St fous la même con­
dition par une délibération prife dans la féance
du 25 de ce mois; St que M M . les Commif-

145

faires n’auroient point dû mettre en doute une
délibération paffée à la pluralité des fuffrages,
en admettant qu’il fût polTible que l’AlTemblie
ait voulu maintenir les Ingénieurs dans les me­
mes appointemens en les augmentant de travail;
ayant été queftion de plus de faire valoir, que
fi d’une part le travail des Ingénieurs étoit aug­
menté , de l’autre ils s’en trouveroient déchar­
gés par la fufpenfion de toute nouvelle conftru&amp;ion de chemin dans la Province ; qu’en
conféquence il protefte St s’oppofe à toutes les
délibérations prifes St à prendre, contraires à
celles du 25 de ce mois. Signé, Tavernier de
Courtines, Député de Martigues».
Le fieur de Sauteiron, Député de la Com ­
munauté de Manofque, déclare que la proteftation ci*deftus a toujours été fan vœu , qu’il
y adhère; il requiert encore M M . les Commiffaires pour la réda&amp;ion du procès-verbal, d’in­
férer dans ledit procès-verbal, fon oppofition
St proteftation par lui faire à l’Aftemblée de ce
jour 27 A v ril, contre toute délibération à re­
prendre , contre tous objets quelconques déli­
bérés à la féance du 25 de ce mois, St c e , avant
la prife des différentes opinions de chacun des
Membres des prétendus E ta ts , attendu qu’il a
déclaré qu’une fois qu’une délibération avoit été
prife, on ne pouvoir plus y revenir, quand le
vœu des délibérans n’étoit pas unanime. Signé,
Sauteiron, Député de Manofque.
Le fieur Député de la Viguerie d’A p t , dé­
clare adhérer à la proteftation St à l’oppofition
ci-deftus. Signé y Clementis, Député de la V i­
guerie d’Apt.

�ï 44
Le fieur Député de la Viguerie de St. Maxîmin fait la môme oppofition 6c proteftation que
les lieurs Députés ci-deftus. Signé, Barbaroux.

M. le Marquis Le Camus de Puypin, fait la
même opposition Si proteftation ci-delTus. Signé,
le Marquis Le Camus.
Je déclare adhérer expreftement aux dires Si
proteftations ci r devant, pour l’intérêt de ma
Communauté, n’y ayant pas lieu de revenir fur
une délibération prife Si arrêtée. Signé, Cogordan , Député de la Communauté de Riez.
Le Député de la Communauté de Valenfolle
a dit : La délibération relative aux Ingénieurs
de la Province , ayant été définitivement prife
Si arrêtée le 25 du mois courant, avec le re­
tranchement du tiers de leurs gages, 6c l’aug­
mentation du travail des Vigueries, il n’y a pas
lieu de revenir fur cette délibération qui forme
le vœu de la pluralité de l’Affemblée , au
moyen de quoi, protefte pour l’intérêt de fa
Communauté , comre tout ce qui pourroit être
fait au contraire de ladite délibération , de­
mande a&amp;e , 6c Signé, Rippert.
Le Député de la ville d’A n t i b e s a adhéré
aux proteftations 6c oppofitions des préopinans
de fon O rdre, 6c a ligné. Signé, Bernard.
Les Députés de la ville 6c viguerie de Seyne,
ont adhéré aux proteftations 6c oppofitions des
préopinans de leur Ordre, 6c ont figné. Signés,
ïirati *

Tiran , Député de Seyne j Bayle , Député de
la Viguerie de Seyne.
Le Député de la Vîguerie de Forcalquier
adhère aux proteftations 6c oppofitions des préopinans de fon Ordre, délibération relative aux
Ingénieurs de la Province, quant au retranche­
ment du tiers de leurs gages, 6c augmentation
du travail des Vigueries , 6c a figné. Signé ,
Lange, Député de la Viguerie de Forcalquier.
Les Députés des Communauté 6c Viguerie
de St. Paul, adhérent aux proteftations ik op­
pofitions, 6c ont figné. Signés , Savornin, D é ­
puté de la Viguerie} Bernard.
J’adhère expreftement à la proteftation cideftus, pour l’intérêt de ma Viguerie, n’y ayant
pas lieu de revenir fur un objet qui a été dé­
libéré le 25 du courant. Signé, Mandine, D é ­
puté de la Viguerie d’Annot.
J’adhère formellement à la proteftation cidelïus, 6c je déclare de plus m’oppoftr à la dé­
libération regardant les Ingénieurs de la Pro­
vince , ayant déia été délibéré fur cet objet famedi dernier. Signé, Pvicavy, Maire Conful de
Digne.
J’adhère aux proteftations ci - deftus. Signé ,
Roman , Député des Mées.
Le fieur Député de la Communauté de Lorgues a dit : que lorfqu il a été queftion de la
délibération concernant M. Baud , 6c non M a
T

�Sf. Martin, dont les appointemens avoient été
fixés irrévocablement à fept cent cinquante livres
il ne s’agifioit que de décider s’il avoit été ac­
cordé fept cent cinquante livres ou quinze cent
livres à M. B3ud. Le fieur Clappier apenféque
la délibération avoit été prife en faveur dudit
fieur Baua , aux appointemens de quinze cent li­
vres ; ce problème réfolu, il fembloit que les ob­
jets délibérés famedi 25 , ne pouvoient être mis en
reprife, puifqu’ils n’ont paru ambigus qu’à MM.
les Commilfaires rédacteurs, qui ont renvoyé
l ’article des Ingénieurs à la décision de l’Afiemb lé e , non pour les augmentations, mais pour
favoir s’ils feroient le travail pour les Vigueries
gratuitement, ou s’ils feroient payés par elles.
Le fieur Député de Lorgues a été véritablement
étonné, lorsqu’il a vu qu il étoit quefiion d’une
augmentation contraire à la délibération du 25;
c’eft pourquoi, en adhérant à la proteftation 5c
oppofition du fieur Député de Martigues , le
fieur Clappier déclare perfifter à fon premier
vœ u , portant réduction du tiers des appointe­
mens des Ingénieurs, ayant entendu qu’ils travailleroient gratis pour les Vigueries ; ajoutant
qu’il eft contre l’ordre, d’annuller une délibéra­
tion déjà confentie par la grande pluralité des
fuffrages, 5c qu’on n’a pas pu mettre en reprife
une propofition fans le confentement de tous ceux
qui ont exprimé leur vœu dans la féance du 25,
ce qui n’étoit pas pofiîble, plufieurs Membres
de l’Ordre de la NoblelTe ayant été déclarés
abfens, lorfqu’ils ont été appellés pour opiner
fur la propofition renouvelles au fujet des In­
génieurs, 5c a&amp;e qu’il a figné. Signé, Clappier.

147 .
Le fieur Député de la Communauté de Pertuis a dit : comme on a été au* voix fur la pro­
pofition mife par M. le Préfident de rAflemblée , propofition fur laquelle il avoit été déli­
béré à la féance précédente , » je m’abftiens d’o­
piner, 5c réitéré ma première requifition, attendu
que l’apport de l’état que j’ai réclamé* 11’eft point
encore fait, 5c je demande que ma préfente re­
quifition foit inférée dans le procès-verbal, ainfi
que la précédente ».

Et il a été délibéré, à la pluralité des v o i x ,
que les fix Ingénieurs du Pays, jouiront des mê­
mes appointemens dont ils ont joui jufqu’à ce
jour, 5c demeureront chargés gratuitement, 5c
fans parcelle, du travail des Vigueries.
Et attendu les doutes dont il vient d’être fait
mention , 5c qui avoient empêché de tranferire
dans la féance du 25 , la délibération concer­
nant les Ingénieurs, la Commifiion a cru de­
voir la configner dans le procès-verbal de la
préfente féance, ainfi que fuit :
Il a été délibéré que les fix Ingénieurs du
Pays feront répartis dans fix départemens, dont
l’arrondifTement fera fixé par M M . les Procu­
reurs du P ays, à la charge par lefdits Ingénieurs
d’établir leur domicile dans le chef-lieu dudit
département, 5c de fe rendre aux otdres de M M .
les Chefs de Viguerie , toutes les fois qu’ils fe­
roient demandés par eux , ôc au moyen de ce
l’impofition de quatre livres par feu , délibérée
dans la derniere féance , fera portée à fix livres
par feu.

�148
Et L es Etats ont donné afte aux fieurs Députés, 8c à tous autres ci-deiïus nommés, de
leurs dires, requifitions, protedations 8c oppo­
sitions: 8c M M . les Commillaires pour la ré­
daction du procès-verbal, ont dit, que rien ne
prouve mieux combien leurs doutes étoient fon­
dés fur les difpofitions des deux délibérations
dont il s’agit, que le réfultat de celles qui ont
été priies dans la féance du jourd’h ui, après la
leCture du procès-verbal de celle du 25 , 8c que
dans tous les cas où il s’agit de rendre compte de
ce qui a été fait ou agité dans les Etats, s’il
s’élève des doutes ou diverfité de fentimens
parmi M M . les Commillaires rédacteurs ; c’elt
aux Etats à y Itatuer.
Secours a la D i­
guerie de D ra­
guignan pour
des battues , à
occafion dune
bête féroce.

Le fieur Député de la Viguerie de Dragui­
gnan, a expofé aux Etats, qu’une bête feroce
défoie toute cette contrée , 8c que la Viguerie
dont il elt Député, s’eft épufée par les dépenfes
qu’elle a faites pour des battues; elle demande
que les Etats veuillent bien venir à fon fecours
pour faire des nouvelles battues, 8c promettre
une récompenfe à ce lu i, ou à ceux qui tueront
ladite bête.

L es Etats ont accordé la fomme de trois
cent livres pour les objets de la demande cidedùs.
Dotations de
St.
allier.

Nomination,

Sur la propofition faite par Monfeigneur le
Préfulent, pour nommer aux fondations faites
par M. le Préfident de St. Vaîlier.

L es Et a t s , à la pluralité des voix, ont ac-

Monfeigneur le Préfident a dit: que fuivant Députation à
les Réglemens des .Etats , il doit être nommé l'audition du
annuellement un Gentilhomme podedant - fief compte du I rèpour afîifter , de la part de M M . de la No- ^ rur^ ^dys
blelfe , à l’audition du compte du Tréforier du
17
Pays ; que ce Député doit être choifi dans le
nombre de ceux qui adiftent aux Etats, 8c que
ceux ci doivent nommer celui qui adidera au
compte du Tréforier du Pays de l’année 1788,
avec les deux Maires Confuls des Communau­
tés , fuivant le tour de rôle accoutumé.

L es Etats , fur la propofition de Monfei­
gneur le Préfident , ont unanimement nommé
M. de Sebadiane de Champclos, pourafîifter à
l’audition du compte du Tréforier du Pays de
l ’année 1788, au nom de M M . de l’Ordre de
la Nobleffe, avec le fieur Vachier, Maire pre­
mier Conful 8c Député de la Communauté de
Barjols, 8c le fieur Verdollin, Maire premier
Conful 8c Député de la Communauté d’Annot,
pour le T ie rs -E ta t, fuivant le tour de rôle;
auquel compte adideront audi ceux qui ont ac­
coutumé d’y aflîder, fuivant le Réglement des
Etats, pour les fondions de leurs charges.

L es Etats ont accordé à la Maifon du Re-

Aum 6ne à la

fuge de la ville cj’Aix , une aumône de cent
cinquante livres, pour cette année feulement,
8c à l’ŒEuvre du Confeil charitable de la

M aifon du Re -

^ * u. ^0,1~
d lla v iîu lt A ix

�I 5°
me V ille, une aumône de trois cent livres, paya­
ble en trois années.
Me. Ricard, Greffier des Etats a dit:
Délibérations

» Depuis la féance des Etats du 31 Janvier
&amp; ac7es prorejh- dernier, 6c pendant leur fufpenfion , il a été
fifijignijus
fignifïé aux
Etats,^ Wil
en llau perfonne
deW ileurs
«/
llglJllâW
U A
1U111J v U
v u i j Grefpendant u ju f £ers plufieurs délibérations 8c aéles protefta
penjionaesje.zn
tifs ».
ces des E tats .
j

o

m

-

» Par exploit du 6 Février dernier, M. de
Riqueti de Mirabeau a fait lignifier un a&amp; e,
reçu le même jour par Me. Rafpaud, Notaire
en cette Ville , pour fervir de réponfe 8c de
contre - proteftation aux proteftations faites au
nom des deux premiers Ordres, dans la féance
du 31 Janvier dernier, contre Yavis écrit qu’il
avoit lû dans la féance du 30. L ’exploit de ligni­
fication contient une interpellation aux Greffiers
des Etats de faire infcrire 6c inférer cet a£te
dans le procès-verbal, proteftant , en cas de
refus, de tout ce que de droit ».
» Et le lendemain 7 Février, M. de Riqueti
de Mirabeau a fait lignifier le même a &amp; e , avec
la même interpellation de le faire infcrire 6c in­
férer dans le procès-verbal, 6c fous les mêmes
proteftations, en cas de refus, à Monfeigneur
l’Archevêque d’A ix , Préfident des Etats, 6c à
Monfeigneur l’Evêque de Digne, Préfident de
la Commilfion , pour la rédaction du procèsverbal ».
» Par exploit du 6 Février dernier, M M ,

les Députés des Communautés 6c Vigueries ont
fait lignifier à M M . les Répréfentans de l ’Or­
dre du Clergé &amp; de la Noblcffe, une déclaration
riere Me. S ilv y , Notaire en cette V ille , le 5
du même mois, contenant leur vœu fur la con­
vocation d’une Affemblée générale des trois O r­
dres, fur l’illégalité de l’Alfemblée a&amp;uelle, pour
députer aux Etats-Généraux du Royaum e, mê­
me au moyen d’un renforcement de Députés ».
» Par exploit du même jour, M M . les D é ­
putés des Communautés 6c Vigueries ont en­
core fait lignifier une contre-proteftation par
eux faite la veille devant Me. S ilv y , Notaire,
fur ce qui pouvoit les concerner dans les pro­
teftations de M M . du Clergé 8c de la NoblelTe,
faites dans la féance du 31 Janvier dernier, con­
tre Yavis écrit y lû la veille par M. de Riqueti
de Mirabeau ».
» Par exploit du même jour 6 Février, les
Heurs Députés de la ville de Sifteron ont fait
lignifier à YAffemblée , convoquée en cette ville
d’A ix y un extrait de la délibération du Confeil municipal de la ville de Sifteron , du 16
Décembre 1788 , enfuite du comparant préfenté
par plufieurs habitans de cette Ville , relative­
ment à une nouvelle formation des Etats; dé­
libération dont lefdits lieurs Députés étoient
chargés de demander la leêfure dans les Etats,
pour y être délibéré ».
» Par exploit ' du 9 du même mois , M M .
les Députés des Communautés 6c Vigueries ont
fait lignifier à M M . les Confuls d’A i x , Procu-

�* 5*
reurs du P ays, un acte du 8 du meme mois
reçu par Me. Silvy , Notaire, contenant leurs
réserves 8c protellations, relativement à la fufpenlion des féances des Etats, à la maniéré dont
cette fufpenfion leur a été annoncée , 8c aux
AlTemblées qui paroillent être indiquées pour
la députation aux Etats - Généraux du Ro­
yaume ».
» Par exploit du io du même mois MM.
les Nobles non poffédans - fiefs de cette ville
d’A ix , ont fait lignifier au Greffier des Etats,
une proteftation par eux faite riere Me. Bremond , Notaire en cette Ville , contre un imprimé
ayant pour titre : Protejiation &amp; déclaration de la
Nobleffie de Provence, dans l'on Aem blée géné­
rale y commencée le 20 janvier 1789 ».
» Par exploit du 20 du même mois, MM. du
Clergé féculier 8c régulier de la ville de Marfeille ont fait lignifier au Greffier des Etats un
a&amp;e protelfatif reçu par Me. Bonfignour , No­
taire à Marfeille , le 5 de ce mois , par lequel
ils déclarent vouloir contribuer également à
toutes les charges de l’Etat , defirer pour les
Etats de Provence le même régime que celui
des Etats du Dauphiné, St y obtenir un nom­
bre de Députés proportionné à celui des différens Corps féculiers 8c réguliers de la Province,
8c l'erres adjacentes ».
» Ils proteftent contre toute députation que
le haut Clergé pourroit faire aux Etats-Généraux,
dans le fein des Etats a&amp;uels, fans le concours
des Repréfentans de chaque Diocefe, ou contre
toute

toute autre députation qui pourroit
les Villes épifcopales, fans que fous
8c contribuables du Clergé féculier
aient éré apptllés, 8t aient eu le
rendre ».

fe faire dans
les titulaires
8t régulier ,
tems de s’y

» Par exploit du même jour, le Chapitre de
l’Eglife paroiffiale 8t collégiale Notre-Dame des
Accoules de la ville de M irfcille, a fait ligni­
fier aux Etats, une délibération capitulaire du
6 Février , contenant prottllation ».'
» i°. Contre la forme aéfuelle des Etats, &amp;
notamment fur ce que l’Ordre du Clergé n’y
eft point complètement 81 régulièrement repréfenté ».
» 20. Contre toute députation que le haut
Clergé pourroit faire aux Etats - Généraux, ou
dans les Etats de Provence , ou dans les Diocefes refpeétifs, autrement que dans une Alfemblée repréfentative de tous les Corps dudit O r­
dre ».
» La même délibération renferme le vœu de
contribuer également, comme bons Citoyens,
à toutes les charges de l’Etat ; 8t d’obtenir pour
les Etats de Provence, le même régime que ce­
lui des Etats de Dauphiné, 8t un nombre de
Députés proportionné à celui des différens Corps
Eccleliaftiques du P a y s , de la ville de Marfeille,
8t Terres adjacentes ».
» Par exploit du 24 Février dernier , plufieurs des fleurs Députes des Communautés 8c
V

�*54
VigueneS, tant 6n cette qualité, qu’en celle de
Commifiaires des autres Députés des Commu­
nautés &amp; Vigueries, ont fait lignifier aux deux Or­
dres du Clergé &amp; de la NobleJe , un atte protefiat i f , reçu par Me. S il v y , Notaire en cette V ille, le
23 du même mois, contre un ouvrage imprimé ,
ayant pour titre : Recueil de pièces concernant les
Etats de Provence , &amp; terminé par une réponfe
de M. NecKer aux Communes, en date du 8 Février
17 89 »•

» Par exploit du 10 Mars, Mre. de Gueiclon
de Planque, Curé d’Auriol, a fait fignifier aux
Etats 5 i°. un afte du 5 Mars 1789, reçu par
Me. Reymond , Notaire à A u rio l, par lequel
il déclare fe joindre au fécond Ordre du Clergé,
8c prendre, en tant que de befoin , Ton fait 8c
caule ; 8c protefier contre toute ufurpation de
pouvoir, 8c toute repréfentation que ledit O r­
dre n’auroit pas établi lui-même \ i°. un placet
adrelTé aux Etats de Provence, à l’effet que les
Membres du fécond Ordre du Clergé, aient en­
trée aux Etats ».
» Par exploit du 20 A vril, M. d’Albertas de
Greoux, a fait lignifier aux Etats &gt; i°. un a&amp;e
déclaratif 8c protefiatif, tranferit dans les regiftres de Me. S ilv y , Notaire, le 31 Mars der­
nier , contre diverfes délibéralions prifes dans
les Alfemblées de M M . les Poffédans-fiefs$ i°.
un atte protefiatif, tranferit dans les regifires
du même Notaire , contre toute dépenfe qui
pourroit être délibérée dans les E tats, 8c. qui
n’auroït pas pour objet une utilité publique 8c
généralement reconnue. L ’exploit contient priere

5c requifition de faire leflure de ces a&amp;es à l’Affemblée des Etats ».
» Par exploit du même jour , les Syndics
des Communautées 8c Corps , acquéreurs des
eaux du canal de Boifgelin , ont fait fignifier
aux Etats un atte interpellatif, de pourvoir au
placement de quatre-vingt-quinze mille livres ,
qui reftent à placer pour l’intérêt des Commu­
nautés 8c C o r p s , acquéreurs j 8c ce, fur le pro­
duit des fonds qui refient à retirer en indem­
nité du prix du fel, pour les années 1789 8c
179° j protefiant, en cas que le Pays employât
ailleurs les fonds, de l’en rendre refponfable,
8c de l’obliger à impofer jufques à concurrence
de cette fomme, comme les Etats ayant refufé
d’y pourvoir, lorfqu’il y avoit encore des fonds
procédant de l'indemnité fur le prix du f e l , qui
y avoit été fpécialement affe&amp;ée ».
Après la letture de toutes les pièces mention­
nées dans le compte ci-deffus,

L es E tats ont concédé atte de cette le&amp;ure*
ont ordonné que toutes ces pièces feroient dépofées au Greffe des Etats , annexées au pré­
sent procès-verbal, 8c imprimées à la fuite d’icelui ; 8c qu’un exemplaire dudit procès-verbal
fera remis à chacun des Membres 8c affiftans
aux Etats.

�D u vingt-huitièm e / 1vril m il fe p t cent
quatre-vingt-neuf.
P r e s i d e n t M o n s e i g n e u r l ’E v e q u e
de F r é j u s .
11$.

Canal Boifge-

lin.

Requiftion de
J\'î. de Renaud
&lt;fA lle n pour
le retablijjemsnt
de s arrofages a
A lle n &amp; Alctlemort.

K

t •) f i:

: :■ - ,

.iii

.'tllVj.jI ; lJ?.,

Onfeigneur le Préfident a dit : qu’avant
d’opiner fur l’emploi des fonds,qui, jufques à préfent ont été deflinés aux ouvrages du
canal Boifgelin , il eflime qu’il feroit néceffaire de faire lire la délibération prife le 13 de
ce mois, par l’AfTemblée particulière de MM.
les Procureurs du P a y s , les Etats y verront
avec quel zele &amp; quel patriotifme Monfeigneur l’Archevêque d’A i x , Préfident des Etats,
s’eft occupé jufques au dernier moment de fa
réfidence parmi nous, de tout ce qui pouvoit
intéreffer le bien du Pays &amp; des Communautés.

M

Le&amp;ure faite de ladite délibération , M. de
Renaud d’Allen a requis les Etats de prendre
en conlidération, lors de leur délibération, les
ouvrages à faire dans les terroirs de Malemort
&amp; d’Allen , pour rétablir les acqueducs, ou arrofages du canal de Crapone, qui ont été cou­
pés par la branche &amp; dérivation du canal de
Boifgelin dans la Crau.
Sur quoi les opinions ayant été prifes, il a
été délibéré :

Sufpenfton des
ouvrages du ca­
nal.

i°. Que les ouvrages du canal de Boifgelin ,
feront fufpendus jufques à nouvel ordre.

1S7
20. Que la motion faite par M. de Renaud Renvoiauxpro•
d’Allen, feroit renvoyée aux prochains Etats, c^îns Etats,
nonr ,r

Ai.nZ

de la demande

3e. Que fur les fonds qui étoient annuelleEmploi des
ment employés au canal de Boifgelin , &amp; fur fonds qui refi
ceux qui relient à percevoir pour la préfente unt llbres‘
année &amp;. pour l’année prochaine 179 0 , il fera
prélevé la fortune de quatre-vingt-quinze mille
livres, pour être placée fur le P a y s , à l’effet
que les rentes en provenant fervent à l’entre­
tien de la branche de dérivation du canal de
Boifgelin , depuis Malemort jufques au bafïin
de la Manon, &amp; des martellieres du merle ; une
autre fomme de trente-deux mille livres, pour
remplir les engagemens contrariés par le P a y s ,
relativement au canal de Manofque; &amp; que le
furplus defdites fommes fera employé pour di­
minuer le coût du tranfport des grains, aux
Communautés éloignées des Ports de mer , audelà de huit lieues.
Et quant au furplus des remifes accordées par
le Roi , en indemnité de l’augmentation du
prix du fel , ordonnées, foit en 1 7 7 2 , foit en
1781 } il a été arrêté y que lefdites fommes refteroient dans la caille du P a ys, pour remplir
les engagemens contrariés envers la Commu­
nauté de Toulon &amp; autres , relativement au
chemin de Toulon à la Valette, 6c de la V a ­
lette à Solliers.
Il a été encore délibéré , qu’attendu la fuf*
penfion des ouvrages du canal Boifgelin ,

du Directeur du
canal.

�*59

les appointemens du fieur Fabre, en qualité
d’ingénieur hidraulique8c Directeur dudit canal,
feront fufpendus , jufques à la reprife defdits
ouvrages.
Dans le cours des opinions, un des Membres des Etats a d it , qu’il croyoit devoir leur
tentes du 4 N o- dénoncer les difpofitions des Lettres patentes
yembre 1780 , du 4 Novembre 1780 , qui ordonnent que la
qui laijjent a la fomme Je cent cinquante mille livres , de l’une
l'b r e defdites deux remifes, fera employée chaque an~
teurs r z : , n^e à la libre difpofition des Adminiftrateurs du
i emploi des re- Pays , foà en ouvrages d’utilité publique , tels
mifes accordées que la conjlruclion &amp; entretien des ponts , chemins
f u r l'augmenta- &amp; canaux d’arrofâge , foit au foulagement des
non du p r ix du jiaHtans dudit Pays qui auroient fait des pertes
Jc '
extraordinaires fur leur récolte.
Dénonciation

des Lettres pa-

Sur quoi , M. i’Afiefifeur d’Aix , Procureur
du P a y s , rendant hommage aux principes, a
reconnu que nul Adminiftrateur mandataire ne
pouvoit , dans aucun cas , avoir le droit de
difpofer arbitrairement des fommes relatives à
l’adminiftration du Pays.

L es Etats

1

ont proclamé cette maxime ;
8c ont déclaré que les pouvoirs des Procureurs
du Pays étoient limités à la nue exécution des
délibérations des Etats.

Sufpenfion des
Monfeigneur le Préfident a dit : qu’il relie
‘Z Z Z n ie u r relalivement au canal Boifgelin , à délibérer
adjyim auDi- ^ur les appointemens du fieur Aubrefpin, Ingéreel.ur du canal oicur adjoint au Directeur du canal Boifgelin 9
Boifgelin.

8c chargé en cette qualité de tous les objets
d’entretien , recurage 8c plantations.
Sur q u o i, les opinions prifes , il en eft réfulté quatorze voix pour conferver au fieur
Aubrefpin la totalité de fes appointemens, huit
voix pour lui eonferver la totalité de fes ap­
pointemens, fous la claufe 8c condition qu’après
l u i , la place feroit fupprimée , 8c tous les In­
génieurs du Pays , chargés indiftinélément de ce
travail, fans aucune augmentation d’appointemens , fix voix pour réduire fes appointemens
aux deux tiers , conformément à l’opinion por­
tée dans la délibération du 25 de ce mois , à
l’égard des autres Ingénieurs du Pays, vingtdeux pour les réduire à la moitié, 8c trente-fix
ponr les fupprimer entièrement.
Et le réfultat de ces opinions étant incertain
8c difficile à fixer , il a été unanimement de­
mandé de reprendre les opinions , en réduifant
l’objet de la délibération à la fuppreffion des
appointemens, ou à la rédu&amp;ion à la moitié.
Et à la pluralité des fuffrages , il a été dé­
libéré de fupprimer la totalité des appointe­
mens.
Et dans le cours des opinions , le fieur Députe de la Communauté de Pertuis a requis
l’infcription dans le procès-verbal de la préfente
féance, d’un papier qu’il a remis fur le Bureau,
8c dont la teneur fuit :

Etat romispar
^ Députe de là
pirtuîs j es
fommes 'payées
aux Ingénieurs
du Pays en
1788.

�i6 o
:7 *#,jp
En 1786.
Pour les Ingénieurs . . .
Pour l’Ingénieur hidraulique

16 1

34TS5 1. 17
6710
1

i\ :

En 1787.
- I • * v
y
;
Pour les Ingénieurs . . . 21258
8112
Pour l’Ingénieur hidraulique
En 1788.
*;C'!
* »' ■ i
,y,, j 11
24858
Pour lçs Ingénieurs .
Pour l'Ingénieur hidraulique 1 5 1 7 1
Pour gages de trois années
de l’Ingénieur hidraulique 11700

5
15
&lt;'

12
M

Total. . . . 121,967!. 5 f. 6 d.
•f ■ : '
: •
moi* •
, :
Les Ingénieurs ont coûté à la Province, dans
le courant des années 17 8 6 , 1787 &amp; *788 &gt;
d’après le relevé de la dépenfe fait , à ma requifuion , par M. Blanc , Agent de la Provin­
ce , fur les regiftres des payemens dépofés.au
Grefîe , la Tomme de cent vingt-un mille neuf
cent foixante livres neuf fols fix deniers. Je re­
quiers que le précis que je dépofe fur le Bu­
reau Toit tranfcrit dans le regiftre des délibéra­
tions de la préfente AfTemblée , &amp;. dans cette
féance. Il fera une preuve bien évidente de la
nécellité indifpenfable , tant de diminuer les
gages de MM. les Ingénieurs, que de modérer
les dépenfes exhorbitantes que coûtent à la Pro­
vince leurs opérations.
Monfeigneur

Monfeigneur le Préfident a dit, que l’Admi- ^ ë rdndiffemenc
niftration intermédiaire du mois de Juin 1788 dt la ruedu Luc
l’avoit chargé d’examiner ce qui étoit Je plus f ervant depafjautile pour l'agrandi/Ienient de l’entrée dans le
c e~
village du Luc en venant de Vidauban. Il réfulte de fa vérification, qu’en coupant de deux
pieds feulement, l’angle de la maifon du fleur
Roftagny , &amp; y fuppléant par la fuppreflîon
d’une Chapelle inutile, qui fe trouve fituée visà-vis de la maifon dudit fleur R o fla g n y , l’en­
trée dans le village du Luc de ce coté fera telle
quelle doit être.
Ce qui a été délibéré.
Le fleur Député de la Viguerie de Draguignan a remis un Mémoire tendant à faire fou- chaîne Etais
Jager les Communautés qui fourniffent à la Mi- de plujieurs
lice garde-côte , de la contribution aux dépen- Mémoires.
Tes pour les Milices dans l’intérieur du Pays.
Le fieur Député de la Communauté d’Hieres
a remis un autre Mémoire, pour obtenir le rembourfement des dépenfes faites par cette C om ­
munauté , à l’occafion d’une barrière &amp; mur au
mouillage de Gapeau , pour féparer ceux qui font
en quarantaine y de ceux qui font avec la libre
entrée.
Il a été préfenté un autre Mémoire de la
part de Pierre &amp; Jofeph Aillaud, Maîtres Maçon*
du lieu d’Eguilles, pour obtenir lé payement
de ce qui leur refie encore dû à raifon de différens travaux publics dont ils ont été chargésv
parle Pays*
X

�16 1

16;

II a été encore remis un Mémoire au nom
du fleur Yvan , Notaire royal 6c Procureur en
la Sénéchauiîee de Digne.
i

Pour Concierge des appartemens du Pays ,
Paul Banon , aux gages accoutumés de cent
livres.

Concierge,

*

Et enfin un autre Mémoire par Paul Banon,
Concierge 6c Trompette du Pays, pour la con­
servation des droits de fa place.
ont donné a&amp;e de la remiffion
de ces Mémoires, 6c en ont renvoyé la déci­
sion aux prochains Etats.
L es E tats

« Nomination
des Commis au
greffe des Etats.

Commis aux
écritures.

Procureur au
Parlement.

Avocat aux
Confeils du Roi.

■ **;

•-*

} t f \yà&gt; »

'

1

jf J

i

Pour Procureur au Parlement, Me. Geofiroi,
aux gages ordinaires de trente-Sept livres dix
fols par année.

Les opinions ayant été prifes, la propofltion
faite par M. le Préfldent a été rejettée, à la plu­
ralité des fuffrages.

Pour Procureur aux Compte^, Me. Contard,
aux mêmes gages de trentt-fept livres dix fols
par année.
x

_

Pour Procureur en la Sénéchauffé 8c en la
Chambre des requêtes du Palais, Me. Raybaud,
fans aucun gages.
CT

Notaire.

Et pour MefTagers Serviteurs du Pays, Pierre MeJJagers-Ser*
Fabry, Jofeph PeifTe, François Moignard, 6c vileurS'
Jean-Jofeph-Roch Ravel, aux gages 6c émolumens ordinaires.

Duhil 6c Blanc pour Commis au Greffe des
Etats, 5c les fleurs Braze &amp; Mollet pour Commis
aux écritures audit Greffe , aux mêmes gages 8c
émolumens , dont chacun d’eux a joui jufqu’à
préfent.

. . .
Procureur en
la Scnecbauffce.

'Trompette.

Monfeigneur le Préfldent a dit: que les Etats Proportion
doivent nommer leurs Députés pour préfenter pour nommer les
à Sa Majefté le cahier des Etats, 6c il a pro- députes des
pofé M. l’Abbé de Croufeilhes pour le Clergé; 1/Cats\1a leffe*
M. de Forbin Janfon pour la Nobleffe, 6c le cimierauR oi *
fleur Latil, premier Conful de la Communauté
de Sifferon, pour le Tiers-Etat.

L es E tats ont nommé les fleurs Giraud ,

.
Procureur aux
Comptes.

Pour Trompette du Pays, ledit Banon.

Pour Notaire , Me. Broufie , acquéreur de
l’office de Me. Bertet, fans aucuns g ges.
Pour Avocat aux Confeils du Roi, Me. Ro­
ger des Iffs.

Refus des Etats

Sur quoi, M. l’Abbé de Coriolis, Procureur Oppofùondu
fondé de Monfeigneur l’Evêque de Riez a dit: Procureurfonda
qu’il n’eft rien de plus furprenant que l’opinion dc jU»r- [Evê~
portée par la prefque totalité de MM. les Dé- &lt;!'.u ^ ^lsZ&amp;
putés des Communautés 6 c des Vigueries; opi^Em buT
nion qui fe trouve en oppofition avec tous les j es Etats.
fyfiêmes qu’ils ont foutenus, foit dans la pré­
fente Affembiée , foit dans celles des diverfes
Sénéchauffées auxquelles ils ont affifté.
Car, s’il eff vrai dans leurs principes, que les
préfens Etats font illégaux 6c anticonftitutiounels;,
X ij

�164

s'il eft vrai , d’après quelques autres votarts ,
qu’ils font infuffifans ; s’il eft reconnu que les
députations aux Etats-généraux , faites dans les
AiTemblées des SénéchaulTées , font contraires
aux droits du Pays; s’il eft inconteftable que la
Nation Provençale a des réclamations à porter
aux pieds du Trône, foit pour des objets par­
ticuliers, foit pour ceux qui intérelTent l’univerfalité du Pays; comment MM. les Déoutés du
Tiers-Etat peuvent-ils rejetter la propofition
d’une députation, dont le droit appartient eftentiellement aux Pays d’Etat, 8c que les circonftances rendent encore plus nécelfaires, puifqu’il
n’eft pas propofable de pejifer que les Députés
nommés par les AlTemblées des SénéchaulTées,
puifTent ni veuillent fe charger de réclamer con­
tre les titres qui les conftituent Députés? C’eft
facrifier le droit 8c les avantages du Pays à
l ’humeur, à des intérêts particuliers, à des vues
qui ne peuvent animer ceux qui ne refpirent
que le bien public.
D ’après tous ces motifs 8c autres à déduire
en tems 8c lieu, 8c pardevant qui de droit, je
me déclare oppofant à la préfente délibération,
pour faire valoir mon oppolition 8c fes moyens
pardevant le Confeil de Sa Majefté.» Je protefte
formellement, pour la confervation des droits
du Pays de Provence , de rendre les opinans
non contredifans, refponfables de tout ce que
le Pays pourra fouffrir des fuites de ladite dé­
libération , 8c je demande a&amp;e de tout ce que
delTus. Signé, L’Abbé de Coriolis.

A laquelle proteftation 8c oppofition , ont

, l6î
adhéré les foufïignés»
ci-après.

VAbbé Decene,
Doyen de St. Remy , repréfentant M. L’Arche­
vêque d’ Avignon ; Ma\enod , Chne. , V . G. de
Marfeille ; L’Abbé de Villeneuve, L’Abbé de Ma%enod, L’Abbé de Richery, l ’Abbé de La Salle,
Le Marquis de Laincel La Garde , Le Comte de
Félix du Muy.

M. de Viguier de Merveille , Membre des
Etats dans l’Ordre de la NoblelTe a dit :

Y&gt;Je protefte contre la délibération qui vient

de palTer à la pluralité des voix, par l’unani­
mité de celles de MM. les Députés des Com­
munes , qui annonce un vœu concerté avant
leur entrée à i’Aftemblée aux Etats ; je fonde
ma proteftation fur ce que la députation, pour
préfenter au Roi le cahier des Etats, a tou­
jours été d’ufage , &amp; que c’eft manquer à un
hommage que nous devons à notre Souverain,
que de ne pas envoyer une députation, pour
lui faire connoître notre foumiflion à fes vo­
lontés dans les impôts qui ont été votés, £c le
réfultat des délibérations des Etats qu’il lui a
plu de convoquer. Je requiers que le cahier
des Etats foit imprimé le plutôt poftîble, qua
défaut du Député du Tiers que MM. des Com­
munes fe refufent de nommer , ce cahier foit
préfenté à Sa Majefté, feulement, par M. l’E­
vêque de Fréjus, député à cet effet par l’Or­
dre du Clergé , 8c par M. le Marquis de Janfon , député de l’Ordre de la Noblefte ; 8c j’a­
joute , qu’attendu le refus de MM. des Com­
munes dont je demande afte, le Roi fera fupplié d’ordonner , qu’à l’avenir les cahiers des

Protejlaùon

de Ad. de l i
guier de Merveille.

�1 66

Etats ne lui feront plus préfentés que par les
Députés des deux premiers Ordres , d’autant
mieux qu’alors il n’en coûte rien au Pays, 8c
j’ai figné, de Viguier Merveille ».
P ir‘ &amp;

tejlation dcs
Députes des
Communautés
&amp; Viguéries.

Les Députés des Communautés 8c Vigueries,
à l’exception de quelques-uns, ont dit: qu’une
députation au R o i, pour la présentation du
cahier des Etats, ne pouvoit être nommée dans
TAfTemblée aftuelle , qui ne repréfentoit point
les Etats du Pays, 5c qui étoit défavouée par
l’univerfaüté de la Nation , 5c que d’ailleurs
cette députation étoit inutile, dans un moment
où le Pays avoit un très-grand nombre de Dé­
putés aux Etats-généraux, qui pouvoient 8c qui
dévoient faire parvenir au Souverain 8c à la
Nation Françoife, tous les griefs, toutes les do­
léances, 8c tous les Mémoires qu’il y auroit à
préfenter; 8c ils ont protefté contre tout ce qui
pourroit être fait au contraire.
Les fleurs Députés des Communautés 8c Vi­
gueries ont ajouté que l'expofé des faits , que
contient le dire de M. de Viguier de Merveille,
eft de la plus grande inexactitude : rien n’a été
concerté entre MM. des Communes, il n’y a
point eu à'unanimité entre elles, il y a même
eu contradiction de la part de quelques-uns d’en­
tre eux. Les Communes, en ne nommant pas une
députation particulière pour préfenter un cahier
au Roi, ne fauroient manquer à ce qu’elles doi­
vent à Sa Majefté. Elles lui ont donné trop
de preuves de refpeCt 8c d’attachement ; elles
font trop difpofées à lui en donner de nouvelles,
pour mériter la moindre inculpation à cet égard.

167
Il eft nouveau de vouloir exclure à l’avenir de
la députation qui préfente le cahier des Etats
au Roi, l’Ordre entier du Tiers, par la raifon
qu’il n’aura pu cette année , concourir à cette
députation dans le fein des Etats, 8c qu’il aura
fait préfenter fon cahier particulier par les Dé­
putés du Tiers, aux Etats-généraux du Royaume.
Dans le cours des opinions, un de MM. les Réclamation
Gentilshommes pofledans-fïefs, a réclamé pour del'undeMMfon Ordre, le droit de procéder dans l’intérieur lesGentilshomde fon fein, fur les objets pour lefquels l’infé- mcs pojfcdansriorité de leur nombre ne leur permettoit pas
’ attcnda.
de porter un vœu efficace.
Jm om brc.
A quoi il a été répondu, par un des fleurs ReponfedesDèDéputés des Vigueries, que c’étoit donc avec pûtes des Comraifon que les Communes s’étoient plaintes dans mun&lt;
LUt£S&amp;I
les premières féances des Etats , de l’énorme èUincs'
majorité des deux premiers Ordres, qui les laiffoit entièrement à leur merci, fur leurs intérêts
les plus chers; avec la différence toutefois, que
la minorité des Communes étoit alors forcée ,
8c que celle du moment, pour MM. les Gen­
tilshommes, pofledans - fiefs, eft volontaire de
leur part, 8c uniquement de leur fait.
Monfeigneur le Préfident a dit: que les Etats Proprjiûonde
doivent nommer les Procureurs du Pays joints nommer les Prode chaque Ordre, pour, avec Monfeigneur l’Ar* curcursdu Pays
chevêque d’Aix , &amp; MM. les Confuls d’Ai x,
"T
Procureurs du Pays nés, adminiltrer les affaires prercnu année,
du Pays , 8c il a propofé à cet effet pour Pro­
cureurs du Pays joints dans l’Ordre du Clergé,
MefTeigneurs les Evêques de GrafTe 8c d’Apt;

�16S

dans l’Ordre de la Nobfelle, MM. de Villeneuve Bargemon , 8c de Caftellanne Mazaugues;
8c pour le Tiers-Etat, les Communes de Grafte,.
8c d’Yeres , fuivant le tour de rôle de certe
année, adopté par l’ufage.

Refusdes E u ts

Les opinions prifes , la proportion faite par
M. le Prélident, a été rejettée à la pluralité des
âiffrages.

Protectionde M. R.oman-Triburiis, AftelTeur d’Aix, ProMM. l s Cn- cureur du Pays, a dit : » Comme chargé fpéfuls &amp;ydffefeur cialement par ma place, de la manutention des
tf'jdix, Procu- Régîemens, 5c de la difeipline des Etats} je déreursdu Pays cjare protefter contre le défaut d’exécution des
Lettres patentes de 154 , lequel réfuîre de ce
que lts Etats n’ont pas nommé les Procureurs
joints pour le Clergé, pour la Noblelfe, 5c le
Tiers-Etat. Je demande uûe de ma proteftation »..

Protection
M. l’Abbé de Coriolis y Procureur fondé de
du Procureur Mer. 1 Evêque de Riez a dit:
fonde de Mgr.,
p
l C lUi
Qu’il fe voit dans la trifte néceflité de fe dé­
clarer de nouveau oppofant à la délibération
qui rejette la nomination des Procureurs du
Pays joints ».

» Cette nomination n’eft que la fimple exé­
cution des Lettres patentes de 1543 , qui or­
donnent y qu’annuellement il fera procédé, par
les Etats , à l’élettion de quelques Membres
choifis dans les trois Ordres pour gérer les affaire*

faires du Pays, d’une tenue d’Etats à la fubféquente ».
» Se refufer à cette nomination, c’eft défobéir formellement au Roi; c’eft compromettre
les droits du Pays ; c’eft l’expofer à voir fes
ennemis profiter de ce refus, pour s’immifeer
dans la nomination de nos Adminiftrateurs; c’eft
contribuer à notre afTerviftement, dans un mo­
ment , où déjà plulieurs tentatives font faites
pour renverfer de fond en comble la Conftitution provençale ».
» Je déclare en conféquence, qu’en renou­
velant mon opinion fur radmiftion de MM. les
Procureurs du Pays joints , tels que Monfeigneur 1 Evêque de Fréjus, Préfident, les a propofés, je fuis oppofant à toute délibération con­
traire; je réclame les droits du Pays ; je rends les
opinans contredifans mon avis, refponfables ,
chacun individuellement, de tous les maux qui
peuvent en réfulter pour l’Adminiftration du
Pays ; je demande qu’il me foit concédé a&amp;e
de ma préfente oppofition, pour la faire valoir
en tems 8c lieu , 5c pardevant qui de droit.
Signé , Y’Abbé de Coriolis.

A laquelle proteftation 5c oppofition , ont
adhéré les fouilignés ci-après. Decene , Doyen

Adhê/îon de

quelques Memde Sr. Rem/, repréfentant M. P Archevêque d’ A - bres des Etats,
vignon ; Ma^enod, Chne. &gt; V. G. de Marfeille ;
P Abbé de Villeneuve , P Abbé de Majenod ,
P Abbé de Richery, l ’Abbé de la Salle, le Comte
de Félix du Muv.

�170
Protefiation de
AI. de Digmer
de Merveille„

Etats dans l’Ordre de la Nobleffe a dit :

» Je joints mes proteftations à celles de M.
l’Abbé de Coriolis, St j’adopte les principes fur
lefquels il les a fondées , contre la délibération
qui vient de palier à la pluralité des voix, par
la totalité de celles de MM. des Communes ,
à l’exception de deux ou environ; ladite déli­
bération s’oppofânt qu’il y ait une Comrailïion
intermédiaire, pour gérer les affaires du Pays
dans l’intervalle d’une Affemblée d’Etats à l’au­
tre, malgré le Réglement fait à ce fujet par les
Etats tenus l’année derniere. Je demande que
MM. les Députés des Communes délibérans,
foient refponfables en leur propre St privé nom,
du dommage qui pourra «n réfulter pour le Pays,
n’étant pas pofîible qu’il leur foit formellement
enjoint par leurs Communautés , de laiffer le
Pays fans adminiftration , St j’ai figné, de Vi­

guier de Merveille.
Adhéfion de
quelques Mem­
bres des Etats.
Dire &amp; protes­
tation des D é ­
putes des Com­
munautés &amp; D i­
gueries.

I7 I
M. de t.aincel de La Garde , a demandé à Notification
Monfeigneur le Préfident , de permettre qu’il aux Etats de la
notifiât aux Etats la nomination des Députés de ^Putanonfiux
MM. de l’Ordre de la Nobleffe aux Etats- fiéfiT oD e
généraux, faire dans leur Affemblée générale de la Nobleffe,
du . . . .
dansfon A Sem­

M. de Viguier de Merveille, Membre des

A laquelle proteffation &amp; oppofition , ont
adhéré les fouiîignés. Renaud d’Allen , Laincel

La Garde.

• \' \

'1

Les fieurs Députés des Communautés St Vigueries ont dit: que l’Affemblée aétuelle, défavouée par la Province entière, ne pouvant pro­
duire aucune émanation légitime,&amp; plus avouée
de la Nation que cette Affemblée elle même ,
il leur etoit impoffible d’y nommer aucune forte
de Commifflon intermédiaire, pour l’adminiftration du Pays, St qu’ils proteffoient contre tout
ce qui pourroit être fait au contraire.

blée générale.

Ces Députés font , Monfeigneur le Duc de
Bourbon, MM. de Sabran de Beaudinar , de
Forbin de Janfon, de Sade d’Eiguieres, de Mazenod de St. Laurens , d’Arlatan de Lauris ,
d’Arbaud de Jouques, St de Grimaldy de Cagnes.
x

1

Sur cette notification, les fieurs Députés des
Communautés St Vigueries, ont réitéré les ob
fervations 61 déclarations par eux faites dans les
féances précédentes; ajoutant qu’ils ne reconnoiffoient aucune des huit perfonnes dénommées ,
pour Députés de la Nobleffe de Provence aux
Etat-généraux du Royaume; qu’ils réitéroient
aux Députés du Tiers-Etat du Pays, à ces mê­
mes Etats-généraux , la recommandation de ne
pas communiquer avec eux pour aucune forte
d affaires, St celle de folliciter i’inadmifîion ou
l’exciuflon defdits Etats-généraux, des Députés
nommés par MM. les Gentilshommes poffédansfiefs, dans leur Affemblée particulière du . . . .
Dans le cours des opinions , fur la nomina­
tion de MM. les Procureurs du Pays joints ,
plufieurs des fieurs Députés St Vigueries ayant
motivé le rejet de la proportion , fur ce qu’ils
n’avoient d’autres pouvoirs de leurs Commu­
nautés St Vigueries que de voter les importions
royales St du Pays , St ce qui pouvoit y avoir
rapport.
Y ij

Obfervations &amp;
déclarations des
Dep utes &amp;
Communautés
&amp; D i guéri es.

R ’quifition de
A l. CAffeffeur
d éA ix , Procu­
reur du P a y s ,
pour la clôture
des feanas des
Etats.

�ÏJ1

M. Roman-Tributiis, AfTefleur d’Aîx, Pro*
cureur du Pays, a requis Monfeigneur Je Prélident, attendu ladite déclaration , de pronon­
cer que les Etats n’ayant plus à opiner fur au­
cune autre impofition , les féances fe trouvoient
terminées.
Ce qui a été ainft prononcé par Monfeigneur
le Préfident qui a renvoyé la féance à ce jour,
à fix heures de relevée , pour la le&amp;ure du pro­
cès-verbal de la féance du jourd’hier qui n’a
point encore été lue , 8c de celle-ci.
jE tledit jou r vingt-huit A v r il à f i x heures
de relevée , la féance a été form ée de
nouveau. '
P r e s i d e n t

M o n s e i g n e u r
d e

l

’E v e q u e

F r é j u s .

E. de Regina , Greffier des Etats, a lu
le procès-verbal de la féance du vingtfept, 8c celui de la féance de ce matin.
M

Oppnfition de
À/, de Renaud

d sillen à la dePendant la le&amp;ure du procès-verbal , M, de
libération , qm Renaud d'Allen , tant en qualité de Seigneur
renvoie aux pr o. d ’ A l l e n ? que de Conful de Malemort a dit :

'cur
^ déclare oppofant à la délibération qui
\ renvoie fa demande aux prochains Etats. Ce n’eft
d'Allen &amp; Ma- pas une dépenfe aiïez confidérable pour exiger
dem%de^l
les &amp;
*rroja™'s

de grandes vérifications. L ’objet eft preftant ,
ceptes par les puifqu’il eft queftion d’arrofage ; ainfi je proouvrages duca- tefte auxdites qualités , de me pourvoir parden 0lJSçll,u vant qui de droit, 8c ainfi qu’avifera mon Con-

lemort, inter-

feil&amp;celui defdites Communautés, pour obte­
nir promptement le rétabliflement des arrofages
en queftion, fi mieux n’aiment les Etats nommer
telles perfonnes qu’il leur plaira , pour vérifier le
local 8c juger la juftice de la demande, requérant
que ladite protestation 8c requifition foit inférée
dans le verbal î 8c a ligné à l’original de ce dire
qu’il a laiftfé fur le Bureau. Signé , le Marquis
de Renaud d’ Allen.

Mondit Sieur de Renaud d’Allen a dit : » je Protejlatïon de
protefte contre l’infertion dans le verbal d’un A i de Renaud
llen contre
dire du Membre de la NoblefTe, qui porte qu’il d'A
la tranfeription
a réclamé pour fon ordre , le droit de procé­ dans le procesder dans l’intérieur de fon fein fur les objets verbal dune ré­
pour lefquels l’infériorité de leur nombre ne leur clamation pré­
permettoit p3s de porter un vœu efficace. Ce tendue faite par
dire n’a point été remis par écrit j il n’eft point un de M M . les
,
ligné, il ne pourroit être qu’individuel , attendu pojfcdans-fiefs
relative à l'infé­
qu’il n’y a point d’Ordre dans les Etats, mais riorité du nom­
qu’on y eft par individus; ainfi je protefte con­ bre.
tre tout ce qu’on pourroit induire de ce dire 8c
de la réponfe des Communes contre l’Ordre de
la NoblefTe aux Etats» ; 8c a ligné à l’original de
cette proteftation qu’il a laiftee fur le Bureau.
Signé, le Marquis de Renaud d’Allen.
Et à la fuite de ladite proteftation eft écrit :
J’adhere aux proteftations ci- deftus. Signé,
de Figuier Merveille.

J’adhere à la proteftation ci-defTus. Signé ,
Lombard de Gourdon.

Adhèjion de
plusieurs Mem­
bres de la A o blefje à cetteprotcjlation.

�174

J*adhere au dire ci-defîus. Signé, le Marquis
de Laincel La Garde.
* 4,y’T r,t | r,

*

M. de Boyer d’Eguilles a dit : qu’il a lieu
d'être furpris des mots défenfe &amp; injonction em­
ployés dans le dire des fleurs Députés des Com­
munautés &amp; Vigueries , page 311 du procèsverbal,

lif v&gt;'
-H

m
« 1

HP
14
"T
lr
I
A; '

Et que ce dire eft une preuve de l’inconfidération qui s’empare des efprits les plus fains ,
au moment que la difcorde ôc la confufion de­
viennent le principal mobile» de toute AlTernblée , quelque refpe&amp;able que ce puiffe être.
MM. les Députés des Communes n’ont lailTé
échapper aucune occafion de faire infçrire
des proteftations fans nombre , contre l ’illéga­
lité de la préfente tenue de nos Etats. Ils ont
déclaré ne vouloir s’occuper que des objets
d’abfolue nécefîîté, &amp; fans la décifion defqucls
le bien du Roi Se du Pays pourroient être en
fouffrance $ qui plus eft , ils ont protefté con­
tre la nomination des Députés aux Etats-géné­
raux du Royume , comme ayant été inconftitutionnelkment nommés pardevant les Séné­
chaux 5 fie maintenant ils veulent enjoindre &amp;
fit prefcrire à ces mêmes Députés la conduite
qu’ils ont à tenir à l’égard des Députés de la
NoblelTe , tandis qu’il eft plus qu’évident que
les Députés du Tiers-Etat , 11’ayant point été
nommés par eux , n’ayant aucune million des
Etats , qui parodient en quelque forte les délavouer , par la proteftation émife contre leur
nomination , n’ont par conféquent nulles inftru&amp;ions à recevoir de la préfente Aftemblée j

175

pour les démarches qu’ils auront à faire 5 mais
au furplus, comme ce dire inconséquent &amp; peu
réfléchi ne fauroit en aucun fens diminuer ôc
porter la moindre atteinte , au refpett &amp; aux
égards dus à MM. les Députés de la Noblefle,
le Souftigné fe borne à prorefter contre fon infcription dans le cahier des Etats. Signé, Boyer
d’Eguilles à l’original lailfé fur le Bureau.
j

Et à la fuite eft écrit :
J’adhere au dire ci-defîus. Signé ,

le Marquis

de Renaud d’Allen.

J’adhere au dire ci-defîus &amp; en tout fon con­
tenu. Signés, le Marquis de Laincel La Garde ,
le Comte de Félix du Muy.

Dans le cours de la même letture , les fieurs Détermination
Députés des Communautés fie Vigueries, ayant d:s Députés des
réfléchi fur les mots défenfe &amp; injonction , em- Communautés
ployés dans leur dire, page 31 r du procès-ver- ^ Vigueries.
bal, &amp; dont ils s’étoient fervis dans la féance ,
ont déterminé que Iefdits mots feroient rayés,
&amp; qu’on fubftitueroit au premier, ceux-ci : re­
commandation de ne pas , fie au fécond , ce mot:
celle.

M. l’Abbé l’Abbé de Richery , au nom de Tranfcripùon
M. l’Abbé de Croufeilhes, Vicaire général de de [opinion de
Monfeigneur l’Archevêque d’Aix a dit : que M . le Procureur
dans la féance de ce matin, M. l’Abbé de Crou^ r'
feilhes a motivé fon opinion pour la conferva- / J iJ ^ d a n s la.
tion de la place fie la réduction d’une partie délibération, rcdes appointemens du fieur Fabre, Ingénieur hy- lativeà laplace

�&amp;auxappointe- draulique , 5c Dire&amp;eur des travaux du canal
mensduVirée- Boifgelin , 8c comme il defire que fon opinion foit
teur du canal conftatée, il requiert qu’elle foit inférée ci-après.

Boijgehn.

Ce qui a été ainfi accordé , M. l’Abbé de
Coriolis ayant déclaré adhérer à l’opinion de
M. l’Abbé de Croufeilhes.
i*

\

|

Teneur de ladite opinion .

Monfeigneur &amp; Meilleurs: » le (leur Fabre
a été choifi par l’Adminiltration, pour diriger
les travaux du canal. Deux Membres diftingués
de l’Académie des Sciences avoient jugé fes ta­
lens; &amp; leur témoignage eft infiniment honnorable pour le fleur Fabre. Ses talens ne font
pas conteftés , des inculpations vagues fur le
détail des travaux qu’il a déjà faits, ne peuvent
être les motifs d’un jugement, dans une Aftemblée auffi refpedlable. Le fleur Fabre m’a prié,
Monfeigneur 5c Meilleurs, de vous demander
de lui permettre de rendre compte de toutes
fes opérations, 5* de nommer des Commiftaires
pour en examiner tous les détails ; fa délicatelfe réclame avec inftance , que les Etats ne
lui refufent pas cette juftice ».
» Les travaux du canal font fufpendus par
le motif le plus refpe&amp;able, celui des calamités
qui affligent cette malheureufe Province. Il eft
jufte d’en affeéler les fonds aux objets détaillés
dans la délibération ; mais eft - il jufte de fufpendre en entier les appointemens d’un Ingé­
nieur auquel l’on reconnoît jes talens les plus
diftingués, 5c qui répond à des inculpations qui
ne font établies fur aucun fait, par la demande
qne

177
que les Etat6 examinent fes opérations 5c qu’ih
les jugent » ?
» La fufpenfîon des travaux ne doit donc
pas entraîner celle des appointemens du fleur
Fabre, mais je trouve que dans les circonftances cruelles où fe trouve la Province, il faut
les réduire aux deux tiers ».
L es Etats ont approuvé , au furplus, le
procès-verbal des deux dernieres féances.

Monfeigneur l’Evêque de Fréjus, Préfidenî, Sufpcnfondcs
a déclaré que l’on avoit oublié d’inférer dans appointemens
le procès-verbal , la fufpenfîon des appointe- du
mens du Bibliothécaire, Sous - Bibliothécaire, ^hl'c^rè&amp; aâ&amp; autres perfonnes attachées au fervice de la trèsperfonnes
Bibliothèque, à l’exception de ceux du Con- attachéesaufercierge, ainfi qu’il avoit été délibéré dans la fé- vice de la Biance du 2C.
bliotheque du

Pays.
Le fleur Député de la Communauté de Digne , Communauté
a remis un Mémoire, au nom de la Commu- dlle^i.
nauté de Mezel, pour obtenir l’emploi des fonds Demande de
deftinés par le Pays, à la réparation des bar- l'emploi des
ricades qui amènent les eaux fous le pont de fonds accordes'
la riviere d’Afle.

pour barricades.

L es Etats ont donné aéte de la rémifflon
de ce Mémoire, &amp; l’ont renvoyé aux prochains
Etats.

M. de Laincel de La Garde, Membre des Requifùonde
Etats dans l’Ordre de la NoblefTe a dit : » Je MM. de l'Orrequiers qu’il confie dans le procès-verbal de la drc de la No*
Z

�bU(fcfur U prefd^nce cxcrcej
par Mgr. l Eyèqucdetrejus.

178
première féance , lors de la reprife des Etats,'
que Monfeigneur l'Evêque de Fréjus a été prociam£ Préfident defdits Etats pour les trois Or(jres ^ajnfi qUqi avoit été expreirément convenu
avant la reprife des Etats, 6c je demande que
mon dire (bit inferit fur les regiftres, 6c à figné
à l'original de cette requifition qu’il a remis fur
le bureau , figné, le Marquis de Laincel La
Garde ».
Et tous Meilleurs de l'Ordre de la Noblefte,
ont adhéré à cette requifition.

Requifition de
M. l'Abbé de Richeri d’AlIons , au nom de
M\L de l'Or- MM. de l’Ordre du Clergé a dit: » Je requiers
du CUrge pOUr la vérité des faits , qu’il confie dans le
'V ^
procès-verbal de la première féance, lors de la
reprife des Etats, que Monfeigneur l'Evêque de
Fréjus n’a point été nommé par acclamation ,
Préfident defdits Etats par les trois Ordres j
mais qu’il y a préiidé, fuivant les droits de fa
p lace, comme étant l’ancien des Membres de
l ’Ordre du Clergé , 6c félon l’ufage toujours
obfervé en abfence de Monfeigneur l’Archevê­
que d’À ix , 6c je demande que mon dire, figné
de ma main, foit inferit fur les regiftres, 6c a
figné à l’original laifte fur le bureau , fignéy
V Abbé de Richery, Chanoine d’A ix , Procureur
fondé de Monfeigneur V"Evêque de Digne ».
Et tous M M . de l’Ordre du C le rg é , ont
adhéré purement 6c fimplement à ce dire.
Et les fleurs Députés des Communautés &amp;
Vigueries, y ont adhéré, quant au fait feule-

*79

ment , à 1 exception du fieur Député de la
Communauté de Forcalquier.

Et avant de clôturer le procès - verbal, M. Obfrvaùondee
l’Abbé de Coriolis, un des Membres de la Com- M. 1Abbe de
million pour la réda&amp;ion , a dit : que pour Coriof ls fur
1exactitude des faits , il doit y configner, que
lorfqu’il fut queftion de la propofition des Dé- \aPn0minr.tion
putés pour préfenter le cahier au Roi , Mon- des Députés à
feigneur l’Evêque de Fréjus, Préfident, ayant la Cour , pour
propofé parmi les Membres de ladite Députa- prffinur le Cation, M. l’Abbé de Croufeilhes, Vicaire géné- , urdes Ltats.
ral du Diocefe d’Aix , tous les Membres des
Etats qui votèrent pour ladite députation, nom­
mèrent Monfeigneur l’Evêque de Fréjus, 6c que
les Etats rejetterent la députation , 6c conféquemment les Députés nommés par le vœu in­
dividuel des opinans non contredifans.
Avant de fe féparer, les trois Ordres ont dé- Clôture des
libéré, par acclamations, de fe rendre, à l’iftue Etats.
de la féance, chez Monfeigneur l’Evêque de ^ifte&amp;remerFréjus , pour Je remercier des fervices qu’il a
c“deFnrendus au Pays, 6c notamment depuis la reprife^
des féances des Etats.
Et avant le paraphement de cette page, eft E xp ofé deîurt
comparu un des Membres de l’Ordre de la No- deMM. del Oy
blefte , lequel a expofé à M M. les Commif- dre de la Aofaires de la rédaftion du procès - verbal, &amp; à
MM. les Greffiers des Etats de Provence , qu il proc'es-verbal ,
a une proteftation à faire fur un article du reiativement à
procès-verbal de la féance d’hier , lû dans la /inférioritédu
féance du foir. Ce Membre de la NoblefTe, a nombre de cet
été furpris, que dans la rédaction, on ait fait Ordr».

�i8 o

lîléntion d’une opinion qui ne pouvoit être re­
gardée que comme une converfation. Elle a
donné matière à une réponfe de la part d’un
Membre des Communautés 8c Vigueries , au
fujet de laquelle, le Membre de laNobleffe dé­
liré rétablir les faits dans la plus exa&amp;e vérité.
En conféquence, ce Membre de la Nobleffe
eft venu au Greffe, 8c à requis 8c fait déclara­
tion, en préfence de MM. les Commiffaires à
la rédaction du cahier, 8c de MM. les Greffiers
des Etats, de fe réferver tous fes droits, pour
protefter contre ce dire, dans un atte qu’il fera
lignifier, 8c a {igné à l’original, qui reftera an­
nexé au préfent procès-verbal, ftgné, le Comte
de

Félix

du

Muy,

€

#
■4 &gt;i.

*

ONT

ASSISTÉ
P O U R

AUX

ÉTATS;

L’E G L I S E .

MONSEIGNiUR JEAN-DE-Di EU-RaYMOND DF BOISGELIN,

Archevêque d’Aix , Préfident des Etats de Provence, Sc
premier Procureur né du Pays.
Monfeigneur Louis Jerome de Suffren St. Tropez , Evêque
de SiÜeron.
Monfeigneur Emmanuel-François, de Bauffet de Roquefort,
Evêque de Fréjus.
Monfeigneur Charles François-Jofeph de Pifany de la Gaude,
Evêque de Vence.
Monfeigneur François de Mouchet de Villedieu, Evêque de
Digne.
Monfeigneur Eleon de Caftelanne-Mazaugues , Evêque de
Toulon.
M. l’Abbé de Pazery de Thorame, Vicaire général d’Arles.
M. l’Abbé Decene, Vicaire général de Mgr. l’Archevêque
d’Avignon.
M. l’Abbé de Mazenod, Archidiacre honoraire de Marfeille,
8c Vicaire général de Marfeille.
M. l’Abbé de Villeneuve Bargemon , Vicaire général de
GrafTe.
M. l’Abbé de Mazenod , Chanoine - Sacriftain de l’Eglife
d’Aix, Vicaire général de Glandeves.
M. l’Abbé de Coriolis, Procureur fondé de Mgr. l’Evêque
de Riez.
M. Bonnety, Curé de l’Eglife Métropolitaine St. Sauveur
d’A ix , fondé de procuration de Mgr l’Evêque d’Apt.
M. le Bailli de Villefranche , Commandeur d’Aix.
M. de Gaillard, Commandeur de Beaulieu.
M. de Vento des Pennes , Commandeur d’Avignon.
M. Emilien de Treffemanes, Procureur fondé de M. le Baillî
de Manofque,

�i

82

M. de Gueydan , Commandeur de la Vernede , Procureur
fondé pour la Commanderie de Marfeille.
M. de Chailan Moriés, Commandeur de Cavalés, Procureur
fondé pour la Commanderie d'Aftros.
M. de St. Prieft, Procureur fondé pour la Commanderie
de Puymoillbn.

POUR

LA

NOBLESSE.

M. de Gaillard de Porrieres.
M. de Forbin de Janfon.
M. de Barrigue de Montvallon.
M. Le
Camusde Peypin.
M. deSufîren de St. Canat.
M. de Meyronnet de St. Marc.
M. deVento des Pennes.
M. deBallon de St. Julien.
M. de Raouilet de Boulbon.
M. d’Albertas de Gemenos.
M. de Galliffet du Tholonet.
f:.
M. de Maurel de Mons.
M. de Durand de Sartoux.
M. de Demandolx de Meyrefte.
M. de Faudran de Taillades.
M. de Trimond de Puymichel.
M. de Clapiers de Vauvenargues,
M. de Pazery de Thorame.
M, de Gras de Mimet.
M. de Barras de Melan.
M. de Glandeves du Caftellet.
M. de Fauris de St. Vincent.
M. de Covet de Marignane.
M. de Lombard de Montauroux.
M. de Lettang Parade de Masblanc.
M, de Grimaldy de Cagnes.

i

85

M. de Thoron d’Artignofc.
M. de Villeneuve d’Anfouis.
M. de Ravel d’Efclapon.
M. Dedons de Pierrefeu.
M. de Blacas d\Aups.
M. de Benault de Roquemartine.
M. de Brun de Boades.
M. de Fortis de Soleilhas.
M. de Commandaire de St. Giniés.
M. d’Eftienne du Bourguet.
M. de Vinrimille de Figanieres,
M. de Forbin de la Barben.
M. d’^rlatan de Lauris.
M. de Eonnaud de la Galiniere.
M. de Glandeves de Niozelles.
M. de Tournon de Banon.
M. d’Arbaud de JouquesM. de Queylar de ValmoufTe.
M. de Sabran de Beaudinar.
M. de Thomaflin de Villargele.
M. de Raymond d’Eoux.
M. de Ponteves de Giens.
M. de Cadenet de Charleval
M. de Villeneuve de Bargemofl.
M. d’Arnaud de Vitrolles.
M. de Viguier de Merveille.
M. de Boyer de la Molle,
M. de Bonnet de la Baume.
M. de Coriolis de MoifTac.
M. d’Augultine de Septemes.
M. de Caftellanne de Mazaugues.
M. de Saporta de Montfaîlier.
M. de Robert d’EfcragnoIle.
M. de Perier de Clumans.
M. de GrafTe de Fos.

�184
de Cabre de Belcodene.
de Mazenod de St. Laurent.
d’Autric des Baumettes.
d’Albertas d’Albertas.
de Plan des Sieyes.
de Gautier d’Artigues.
de Renaud d’Allenc.
de Lille de Rouflillon.
de Calamand de Confonoves.
d’Eymar de Montmeyan.
de Rafque de Laval.
d’Efpagnet de Sue.
de Thoron de la Robine.
de Sade d’Eyguieres.
de Riqueti de Mirabeau,
de Collongue du Callellar.
d’Apheran de Buflan de Ste. Croix,
de Maurel de Ponteves.
d’Allard de Neoulles.
de Galliffet de Martigues,
de Thomas de la Valette,
de Bouvard de St. Lambert.
d’Efmivy de Forcalqueiret.
de Raphelis de Broves.
d’Albert d’Andon.
de Geoffroy du Rouret.
de Raphelis de Fos.
de Bernier de Pierrevert.
de Boyer d’Eguilles.
de Grille d’Eftoublon.
de Demandolx de la Palu.
de Lordonné d’Efparron.
de Chieufle de Villepeis.
de Félix du Muy Grignan.
de Bayol de Peirefc.

M.
M.
M.
M.
M.
M.
M.
M.

l8 î

de Gautier d’Aiguines.
de Maurellet de la Roquette.
de Seballiane de Champclos.
de la Bâtie de Cabanes.
de Laincel de la Garde.
de Colbert du Canet.
de Félix du Muy Félix.
de Martignan de Vachères.

POUR

LE

T IE R S -É TA T.

C ommunautés.
M . Durand, Echevin 8c Député de la ville de
M. de Barras ,lConful$ 8c Députés de la

M. BontempSjJ

MARSEILLE.

ville............................... D’ARLES.

M. de Barreme

Maire premier 8c fécond
&gt; Confuls 8cDéputés de la

M. B o u t a r d ,

J

Communauté d e .

.

. TARASCON.

M. Neviere, ex-Maire 8c Député de la Com­
munauté de . . . .
................ F orcalquier .
M. Reguis, ex-Maire 8c Député de la'j
Communauté de............................ « Qicxfrom
M. Latil, Maire premier Conful 8c Dé- 1
pute de
. . . J
M. Mougins, Maire premier Conful 8c Dé­
puté de la Communauté d e ..................... G rasse .
M. Bernard, ex-Maire 8c Député de la Com­
munauté d’ ................................... H ieres .
M. Jordany , Maire premier Conful 8c D é ­
puté de la Communauté d e ................ DRAGUIGNAN.
M. Lanrier de Villeblanche , Maire premier
Conful 8c Député de Ja Communauté de T oulon .
M. Ricavy , Maire premier Conful 8c Dé­
puté de la Communauté de , . . . . D igne .
Aa

�i8 6

M. Bernard , ex - Maire Sc Député de la
Communauté d e ............................ St . P aul .
M. Chaudon , Maire premier Conful 6c Dé*
puté de la Communauté d e ................ Moustiers .
M. Simon, ex-Maire 6c Député de la Com­
munauté d e ..................................... C astellanne .
M. Dubois de St. Vincent, ex-Maire 6c Dé­
puté de la Communauté d’ ................ A pt .
M. Benoift , Maire premier Conful 6c Dé­
puté de la Communauté d e ................ S t . Maxim in .
M. Feraud , Maire 6c premier Conful , ^
M. Maquan , ex - Maire , Députés de la ^ B rignolles .
Communauté d e .........................i
M. Vachier , ex-Maire ,
^
M. Trucy , Maire premier Conful, Dé- ^ B arjols .
putés de la Communauté de . . . .J
M. Verdollin , ex - Maire 6c Député de la
Communauté d’......................................... A nnot .
M. Giraud , Maire premier Conful 6c Dépu­
té de la Communauté de....................C olmars .
M. Tyran , ex-Maire 6c Député de la Com­
munauté d e ..............................................Seyne .
M. Peyroncely , Député de la Commu­
nauté de ........................................ F réjus.
M. Cogordan, Maire premier Conful 6c Dé­
puté de la Communauté de................ R iez.
M. Silvy, ex-Maire 6c Député de la Com­
munauté d e .................................... P ertuis .
M. de Sauteiron , ex-Maire 6c Député de
la Communauté de............................. M anosque.
M. Clappiers, Maire premier Conful 6c Dé­
puté de la Communauté de................ L orgues .
M. Btouilhony deVerdaches , Maire premier
Conful 6c Député de la Communauté d* . A ups.
M. Conftans, Maire premier Conful 6c Dé-

187
puté de la communauté de

. # ' • • •

St . R e m y .

M. Ifnard * ex-Maire 6c Député de la Com­
munauté d e ........................ ...
R e illa n n e .
M. Roman, ex-Maire 6c Député de la Com­
munauté des...............................................M ées.
M. Bernard, ex-Maire 6c Député de la Com­
munauté d’ .................................... A n tibes .
M. Mayeul Rippert, Maire premier Conful
6c Député de la Communauté de
V alensolle .
M. Jauberr de Fontvive , ex-Maire 6c Dé­
puté de la Communauté de................ L ambesc .
M. Sumeire , Maire premier Conful 6c Dé­
puté de la Communauté de . . .
T r ets .
M. Bourgogne , ex-Maire 6c Député de la
Communauté d e .................... ....
C uers .
M. de Defidery , ex-Maire 6c Député de la
Communauté de.......................................... R ians .
M. Decugis , Maire premier Conful 6c Dé­
puté de la Communauté d’ ................. O llioules .
M. de Romans, ex-Maire 6c Député de la
Communauté de......................................... M artig u es .
V I G U E R I E

S.

M. Cappeau , Député de la Viguerie d’ . .
M. Peliilier , Député de la Viguerie de .
M. Lange , Député de la Viguerie de . .
M. Marcadier, Député de la Viguerie de .
M. de Savournin, Député de la Viguerie de
M. Aumerat, Député de la Viguerie d’ .
M. Pafeal, Député de la Viguerie de

.

.

M. Martin , Député de la Viguerie de . .
M. Salvator , Député de la Viguerie de.

.

M. Savournin , Député de la Viguerie de .
M. Arnaud &gt; Député de la Viguerie de.

.

Aix.
T arascon .
F orcalquie R.
S istero n .
G rasse .
H ieres .
D r ag u ig n an .
T oulon .
D ig n e .
St . P aul .
M oustiers .

�\

188 ^
M. Juglar, Député de la Viguerie de . . CASTELLANNE.
M. Clementis , Député de la Viguerie d’ . A p t .
! Barbarroux, } Dé^u,és de Ia Vi8uerie de St . Maxim in .
M. Barbarroux, Député de la Viguerie de B rignolles.
M. Philibert , Député de la Viguerie de . B arjols .
M. Mandine , Député de la Viguerie d’ . A nnot .
m

M. Fabry , Député de la Viguerie de. . . COLMARS.
M. Bayle, Député de la Viguerie de . . S eyne .
MM. LES CO N SU LS A S S E S S E U R S
P rocureurs

M.
M.
M.
M.

du

D’A I X ,

P ays.

de La Fare.
Roman-Tributiis.
de Duranty Colongue.
Arnulphy.
Et

à la reprife des feances des E tats le 21
A vril J 7S 9 .

Efîleurs de l’Eglife &amp; du Tiers, qui n’ont pu s’y ren­
dre , ont été remplacés par leurs Procureurs fon­
dés , ou par de nouveaux Députés , &amp; ont été préfens à
cet effet.

M

E G L I S E .

M. l’Abbé de Croufeilhes, Chanoine de l’Eglife d’A ix, Vi­
caire général &amp; Procureur fondé de Mgr. l’Archevêque
d’Aix.
M. l’Abbé de Boiffon de la Salle, Chanoine de l’Eglife d’Aix,
Vicaire général &amp; Procureur fondé de Mgr. l’Evêque de
V ence.
M. FAbbé de Richery, Chanoine de FEglife d’Ai^, Procu­
reur fondé de Mgr. l ’Evêque de Digne.

�ac tes

p r o t e s t a t i f s
Signifiés aux Etats pendant la fufpenfion des
féances des E tats, &amp; a leur reprijc.

N°. I.
Acte fignifié à la requête de M. de Riqueti
de Mirabeau.

mil fept cent quatre-vingt-neuf &amp; le
fîxieme Février après midi pardevant le
Confeiller du Roi, Notaire à Aix en Provence,
foulligné , eft comparu haut &amp; puilTant Seigneur
Honoré-Gabriel de Riqueti, Comte de Mira­
beau , lequel a expofé que dans la quatrième
féance de l’Aifeinblée , convoquée par ordre
du Roi dans cette Ville , tenue le trente Jan­
vier dernier, il fit une motion tendante à prou­
ver la représentation illégale de la Nation Pro­
vençale dans cette Alfemblée , &amp;. la nécellitc
de la convocation d’une Alfemblée générale des
trois Ordres, motion qu’il lailfa écrite &amp;. lignée
de fa main fur le Bureau &amp; qui a été imprimée
le même jour : que dans la cinquième féance
tenue le lendemain trente-un , il fut fait une
proteftation contraire au nom de l’Ordre du
Clergé , &amp; une autre enfuite au nom de l’Or­
dre de la Nobleife : que ledit Seigneur compa-

L

’ an

�IÇ2
roîflant , demanda fur le champ la communica­
tion de l’une 8c l'autre proteftation, qui lui fut
promife , 6c qu’il n’a pu encore obtenir : que
l’AfTemblée ayant été ajournée au mardi trois
de ce m o is, il s’étoit propofe de repouirer dans
Cette feance les imputations inférées dans les
fufdites proteftations : mais que l'AlTemblée ayant
été prorogée à un fems indéfini , il lui importe
de conftatcr le plutôt pofiible ce qu’il avoit à
dire dans cette A flèm blée, 6c qui eft ainfi 6c de
la maniéré que s'enfuit :
M

onseigneur

,

A l’attaque auffi imprévue que violente dont
les deux premiers Ordres m’ont accueilli dans
la derniere iéance , je n’ai répondu que par le
cri d’une jufie indignation que provoquoit la
confcience de mes intentions travefties, 8c par
la demande d’une communication particulière
de ces écrits remplis de faits notoirement calom­
nieux.

,

J’ai été fidele à mon ferment, de donner ra­
vis que je croirois le plus utile au fervice du
R o i de l’Etat, 6c au bien du P a y s ........ Voilà
ma défenfe ; fi pourtant je ne dois pas dédai­
gner de me défendre , quand ceux qui me dé­
noncent n’ofent pas m’accufer, ou plutôt quand
j’ai des accufateurs 6c point de juges , quand
mon crime eft celui de la Nation , 6c qu’il faut
l ’infulter pour me trouver coupable.

,

Cependant je me fuis obftiné à connoître
plus particuliérement la dénonciation formée
coû^e

, .X? î

contre m oi: cinq fois je vous ai requis de me
la procurer; cinq fois vous avez tenté de s e f­
forts inutiles pour que juftice ne me fut pas dé­
niée. Tantôt les Procureurs do Pays s’etoient
rranfportcs aux archives pour y trouver des pro­
teftations que chacun favoit bien n’y pas être.
Tantôt on ne pouvoir m’en donner une co m ­
munication lég a le, qu’après l’infcription. T an­
tôt on devoit garder fur ces pièces importantes
6c réfervées au feul procès-verbal, le même fecret que fur mon d ire, leq u el, au moment où
Ton tenoit ce langage , circuloit imprimé. J ’ai
repréfenté qu’à l’iufiant où les proteftations ont
été lues, l’injure a été confom m ée , ma récla­
mation faite, Ja demande des écrits proteftatoires accordée; 6&lt; qu’ainfi, rien ne pouvoit légi­
timement arrérer la communication de ces écri­
tures.
Vaines réclamations ! Dans ce moment m êm e,
ces proteftations, fi publiques lorfqu’on a voulu
m ’outrager, fi myfiérieufes quand il s’agit de les
défendre, ne m’ont pas encore été remifes. Ce
font les traits du Parthe décochés d’une main
rapide 6c cauteleufe, mais décochés en fuyant.
Eh! qu’im porte, après to u t, pour répondre
à ces proteftations, que je les aie fous les y e u x ,
ou qu’on me les dérobe? Il ne s’agit point d ’en
détruire les principes ; on n’y trouve pas un
principe. II ne s’agit point d’en réfuter les o b ­
jections; pas une objection ne s’y préfente. II
faut uniquement repouifer une allégation pro­
fondément faufte , 8c plus injurieufe ponr les
Députés des Communes que pour m oi. J ’entends
B b

�T94

cette calomnie : Yaccord étoit

conclu &amp; juré, quand
un ennemi de la paix eft venu la rompre par une
motion incendiaire.

Je dis que cette circonfiance feroit plus injurieufe pour les Députés du Tiers que pour
moi. En effet, à qui donc ai-je laide le droit
de douter, que dans l’engourdifiement univer­
sel, je n’euffe le courage de m’oppofer à la paix
de la fervitude, 8c d’en faire gloire? Mais les
mandataires des Communes mériteroient de
grands reproches, fi contre l’intérêt du Pays&amp;
le vœu de leurs commettans, ils avoient laide
échapper une feule occafion de faire les proteftâtions dont ils étoient exprefTément chargés.
Cependant jamais la lutte de l’opinion publi­
que contre les prétentions des claffes privilégiées
ne s’étoit développée avec plus d’énergie que
le jour oû j’ai fait ma motion, dans la perfuafion invincible que pour rendre le peuple tran­
quille 8c même généreux , il ne faut que teconnoître fes droits ou refpeêter fes réclamations.
Ce jour là même, la feule modération des Dé­
putés du Tiers, leur feule déférence, ou plu­
tôt leur prévoyante fenfibilité empêcha des ex­
cès, des voies de fait , des catafirophes. Eh!
fi tout étoit calmé, pourquoi ce réquifitoire fi
hâtif? Pourquoi cet Arrêt du Parlement fifubit?
Pourquoi la feance commença-1-elle par une
explofion fi bruyante, 8c par des acclamations
fur l’illégalité de l’Alfemblée ?
Mais un mot fuffit: j’attefte le procès-verbal,
dont la rédaction fera exafte ; la déclaration

x95 ^ .
foudaine &amp; folemnelle des Députés du Tiers;
leur vigoureux élan au moment où l’on n’a pas
rougi de me dénoncer ; l’ardeur avec laquelle
ils ont revendiqué l’honneur d’avoir porté les
premiers mon vœu.
Qu’ai-je donc fait de fi coupable ? J’ai défiré
que mon Ordre fût aflez habile pour donner
aujourd’hui ce qui lui fera infailliblement arra­
ché demain; j’ai défiré qu’il s’afiurât le mérite
8c la gloire de provoquer l’Affemblée des trois
Ordres que toute la Provence demande à l’envi......Voilà le crime de l’ennenii de la paix !
Ou plutôt j’ai cru que le peuple pouvoit avoir
raifon......Ah ! fans doute un Patricien fouillé
d’une telle penfée mérite des fupplices ! Mais je
fuis bien plus coupable qu’on ne fuppofe ; car
je crois que le peuple qui fe plaint a toujours
raifon ; que fon infatigable patience attend cons­
tamment les derniers excès de l’opprefiion pour
fe réfoudre à la réfifiance; qu’il ne réfifte ja­
mais afiez long-tems pour obtenir la réparation
de tous fes griefs; qu’il ignore trop que pour fe
rendre formidable à fes ennemis, il lui fuffiroit
de refier immobile ; 8c que le plus innocent
comme le plus invincible des pouvoirs efi celui
de fe refufer à faire..... Je penfe ainfi; puniffez l’ennemi de la paix.
Mais vous Minifires d’un Dieu de paix, quiy
inftitués pour bénir 8c non pour maudire , avez
lancé fur moi l’anathême, fans daigner même
efifayer de me ramener à d’autres maximes.
Et vous amis de la paix , qui dénoncez au
B b ij

�196

Peuple avec la véhémence de la haine, le feui
défenfeur qu’il ait trouvé hors de Ton fein ;
Qui, pour cimenter la concorde , remplirez
la Capitale 8c la Province de placards propres
à armer le Peuple des cam pagnes , contre celui
des Villes , fi vos faits ne réfutoient pas vos
Ecrits ;
Qui, pour préparer les voies de conciliation,
proteflez contre le Réglement provifoire de con­
vocation des Etats-généraux, parce qu’il donne
au Peuple un nombre de Députés égal à ceux
des deux autres Ordres réunis ;
Et contre tout ce que fera l’AlTemblée na­
tionale , fi fes décrets [faillirent pas le triom­
phe de vos prétentions, l’éternité de vos privi­
lèges.
Généreux amis de la paix ! j’interpelle ici
votre honneur , 8c je vous femme de déclarer
quelles expreffions de mon difeours ont attenté
au refpeCt dû à l’Autorité royale, ou aux droits
de la Nation?.... Nobles Provençaux, l’Eu­
rope eft attentive; peftz votre réponfe. Hom­
mes de Dieu, prenez garde ; Dieu vous écoute.
Que fi vous gardez le filence, fi vous vous
refermez dans les vagues déclamations que vous
avez lancées contre moi, foufîrez que j’ajoute
un mot.
Dans tous les pays, dans tous les âges, les
Ariftocrates ont implacablement pourfuivi les

amis du Peuple ; 8c fi par je ne fais quelle corn-

binailon de la fortune, il s*en eft élevé quel­
qu’un dans leur fein, c’eft celui-là fur-tour qu’ils
ont frappé, avides qu’ils étoient d’infpirer la ter­
reur par le choix de la vittime. Ainfi périt le
dernier des Gracques de la main des Patriciens ;
mais atteint du coup mortel, il lança de la pouffiere vers le Ciel, en atteftant les Dieux ven­
geurs ; 6c de cette poulliere naquit Marius :
Marius , moins grand pour avoir exterminé les
Cimbres, que pour avoir abbattu dans Rome
l’ariftocratie de la NoblefTe.
Mais vous , Communes , écoutez celui qui
porte vos applaudilfemens dans fon cœur, fans
en être féduit. L ’homme n’eft fort que par l’u­
nion ; il n’eft heureux que par la paix. Soyez
fermes, 8c non pas opiniâtres; courageux, 8c
non pas tumultueux; libres, mais non pas in­
disciplinés; fenfibles, mais non pas enthoufiaftes.
Ne vous arrêtez qu’aux difficultés importantes,
8c foyez alors entièrement inflexibles; mais dé­
daignez les contentions de l’amour propre, 8c
ne mettez jamais en balance un homme 8c la
Patrie. Sur tout hâtez autant qu’il eft en vous
l’époque de ces Etats généraux qu’on vous aceufe d’autant plus âprement de reculer, qu’on
en redoute davantage les réfultats; de ces Etatsgénéraux où tant de prétentions feront dé­
jouées , tant de droits rétablis , tant de maux
réparés ; de ces Etats-généraux enfin où le Mo­
narque lui-même déliré que la France fe régé­
néré.
Pour moi qui dans ma carrière publique n’ai

�i

98

Jamais craint que d'avoir tort ; moi qui enve­
loppé de ma confcience, &amp; armé de principes
braverois l’univers : foit que mes travaux 6c ma
voix vous foutiennent dans l’Alfemblée natio­
nale, foit que mes vœux feuls vous y accom­
pagnent, de vaines clameurs, des protefiations
injurieufes, des menaces ardentes, toutes les convulfions, en un mot, des préjugés expirans ne
m’en imposeront pas. Eh! comment s’arrêteroitil ajourd’hui dans fa courfe civique celui qui,
le premier d’entre les François, a profelTe hau­
tement Ses opinions fur les affaires nationales,
dans un rems où les circonfiances étoient bien
moins urgentes, £c la tâche bien plus périllcufe?
Non, les outrages ne lalferont pas ma confiance;
j’ai été, je fuis, je ferai jufqu’au tombeau l’hom­
me de la liberté publique, l’homme de la Cons­
titution. Malheur aux Ordres privilégiés, fi c’eft
là plutôt erre l’homme du Peuple que celui des
Nobles; car les privilèges finiront; mais le Peu­
ple efi éternel.

Je demande que ce dire, ainfi que la proteflation fuh ante, foitnt inferits dans le Procès-verbal
de VAj]emblée.
Contre - P rotefiat ion.

Il n’eff aucun de nous qui puiffe craindre dé­
formais que la Nation Provençale n'ait pas des
Etats confiitutionnels. Si cette crainte, après les
débats qui nous ont agités, fe préfentoit encore
à mon efprit, je la rejetterois comme une in­
jure faite à mon fiecle. Le terme des abus efi
arrivé; 6c peut-être ne fuis-je point un vain ga­
rant de ce préfage.

r 99

J’ai Je droit cependant, comme fujet, d’édaîrer U Jufiice d’un Roi qui veut connoitre la
vérité ; comme Citoyen, d’ajouter ma contri­
bution de ?ele à celle des autres; comme in­
dividu , de veiller à la défenfe de mes penfées,
qui font mon exifience même, 6c que ma conf­
cience, n’en euffé-je pas prêté Je ferment, m’ordonnoit de manifefier.
Je me dois d’autant plus cette jufiice, que
j’ai été dénoncé comme perturbateur de la paix,
c’cfi à-dire comme perturbateur des abus; com­
me ayant des principes contraires à l’intérêt de
la Nation , c’eft-à-dire , contraires à ceux qui
m’accufent, 6c qui fe difent les Repréfentans He
la Nation; comme ayant manqué à l’autorité du
Roi, c’efi à-dire, comme ayant appliqué à la
Nation Provençale Jes principes de jufiice que
Je Roi rient de confacrer pour la France enriere,
6c qui feront Je plus beau monument de fon
régné.
Il importe, puifque ce font là des crimes ,
que chacun puiffe connoitre combien je fuis cou­
pable. Ma motion du 30 Janvier devoir nous
conduire à la paix, 6c faire céder avec quelque
gloire par les deux premiers Ordres , ce que
l’inipérieufe voix du rems 6c de la Jufiice va
leur arracher. Du moins, puifque je faifois une
motion, falloit-il en délibérer! Eh! pourquoi
me laifier le regret cternel, à moi qui ne cherchois qu’à rendre les deux premiers Ordres les
organes de la volonté générale, d’avoir été pour
eux la caufe innocente d’une défaveur ! Mais
puifqu’on m’a donné l’exemple allez étrange

�l OO

d une proteftation de quelques individus contre
une Nation entière, je crois à mon tour , fort
de ma confciece 6c de cette voix univerfelle à
qui rien ne fauroit rélifter, avoir le droit, moi
(impie individu, de protefter contre deux cens
individus que je ne faurois regarder comme Repréfentans de la Nation Provençale.
D'après ces principes, je soussigné d é c l a r e ,
pour qu’aucun de mes Concitoyens ne puilTe
l’ignorer, que j’ai été intimement convaincu des
la première féance de nos prétendus Etats, que
rAlIemblée ne pouvoir pas etre repréienutive
de la Nation Provençale.
Que je ne pouvois me tromper fur ce point
important; puifque lariftocratie des deux pre­
miers Ordres , après avoir concentré tout le
Clergé dans quelques Prélats, 6c la Nobleife en­
tière de la Province dans les feuls Gentilshom­
mes poifédans-tiefs, prétendoit fans mandat, fans
élection, repréfenter les deux premiers Ordres,
donner des loix au lieu d apporter des futfrages, introduire la fervitude au lieu de cimenter
la liberté;
Puifque je ne voyois dans les Repréfentans
des Communes, que des individus pleins de zele
fans doute , mais convoqués par les droits de
leurs places 6c non point élus ; mandataires de
quelques élt&amp;eurs 6c non de l’univerfalité des
Citoyens, députés exclufivement par quelques
Villes privilégiées, au préjudice du droit de tant
d’autres; pris forcément dans un ordre auquel

lo i

Ici malheureufes circonftances du moment leur
font prtfque une loi continuelle d’être oppofés;
ayant tous un fuflrage égal, 6c une feule voix
pour les moindres aggrtgations , comme pour
Jts plus importantes.
Que je ne pouvois pas croire qu’une pareille
AlTcmblée dut continuer de repréfenter provifoirement la Nation, quand fix cens mille voix
s’élèvent du fein de cette Nation, 6c proteftent
exprelTcmenr contre ce pouvoir provisoire. J’étois exempt de doute , par Cela feul que tout
pouvoir, qui n’eft réellement fondé que fur Je
confentement tacire des mandataires, tft anéanti
dès l’inftant qu’un lutfrage univerfel le défavoue;
6c qu’en rejetrant ce principe, toute cfptce de
réclamation feroir rans fuccès, tout pairage du
nul au bien impi (Tï de, tout abus éternel, quoi*
que éternellement provifoire.
Qu’il fera irrévocablement conftaré par le
procès-verbal de l’AlIcmblée, que dès la pre­
mière féance les Députés des Communes , im­
patiens de s’acquitter d’un devoir 6c de récla­
mer contre l’illégalité de nos prétendus Erats ,
déclarèrent que leur million , bien différente de
celle de leur prédécefleurs dans de pareilles circonftances, fe bornoir à protefter , à voter les
impositions Royales , 6c à demander la convo­
cation des trois Ordres de la Province. J’aurois
donc pu dès-lors développer des fentimens que
je partageois, 6c difputer la gloire de pofer la
première bafe d’une repréfemation Nationale.
Mais l’amour de la paix 6c d’autres principes
me portèrent à renvoyer l’examen de la léga-

�101

lité ck rAlTemblée, au feul inffant qui, par no*
tre (ilence fur un objet suffi grave, auroit com­
promis la liberté publique.
Qu’en effet je déclarai : qu’avant de proteffer
contre la légalité d’une Affemblée confidérée
comme tenue des Etats, on devoit s’occuper de
fa formation phyfique, parce qu’il fallok être,
pour délibérer; qu’il importoit de diffinguer fon
exiffence de fes pouvoirs , fa coalition de fa
conffitution, fa légalité comme Affemblée con­
voquée par autorité , de fa légalité comme Affemblee Nationale. Les Députés du Tiers, adop­
tant ces principes, fufpendirent leurs réclama­
tions , mais fans abjurer le dépôt dont trois cens
Communautés de la Province avoient chargé
leur confcience; 6c de très-longs débats finirent
par la nomination des Greffiers.
Que cette nomination s’eff notoirement faite
delà maniéré la plus illégale: mais que la même
modération qui ne peut pas me difpenfer de
parler dans les grands intérêts , m’interdit de
renouveller des débats que mon opinion feule
avoit terminés. Les Greffiers furent propofés
à l’AlTcmblée qui devoit les élire ; &amp; ce fut
par acclamations , 6c non par la voie du fcrutin qu’ils furent nommés. Ileff vrai cependant,
à moins que le premier caraCtere d’une élection
ne foit pas d’être libre , que cette méthode eff
profondément vicieufe ; que toute propofition
détermine les fuffrages par l’impoffibilité prefque abfolue dans nos mœurs de les retufer ;
qu’elle laiffe à l’EleCteur le droit de rejetter,
mais le prive certainement de la faculté de choi-

* plus favorable à la
fir ; que le fcrutin effI 0bien
liberté , parce qu’il eff par fon fecret l’image
des confcicnces foibles ; &amp; que choifir par ac­
clamations , c’eff vouloir compter les cris 6t
non les fuffrages. Je ne lis aucune de ces obfervations , parce que c’eff dans l’Affemblée des
trois Ordres , 6c lorfqu’il s’agira de fprmer nos
Etats, qu’il faudra les difcuter. Quelques irré­
gularités de moins n’auroient pas rendu l’Affemblée plus légale; mais ce que je n'ai point dit
pour l’amour de la paix, je dois le dire par refpeCt pour les principes , lorfqu’on me force à une
proteftation folemnelle.
Que mon opinion fur les différens points pu­
rement préalables, agités dans la fécondé féance
des Etats, fut encore dictée par ce defir tou­
jours préfent à mon cœur, d’accorder à la paix
du moment tout ce qui ne pouvoit pas bleffer
eirentiellement l'intérêt national ,, 6c de donner
à l ’Affemblée la formation de l’autorité, avant
de difcuter fa formation conffitutionnelle.
Que les pouvoirs de chaque Membre dans une
Affemblée de la Nation doivent certainement
être légitimés par l'Affemblée entière, qui, fans
une telle fuprématie , 6c ce réfultat feroit abfurde, ne pourroit pas juger de fa propre léga­
lité. Ce principe me força de combattre l’opi­
nion des Communes ; elles vouloient concen­
trer le jugement des pouvoirs dans une Commiffion dictatoriale , 6c je crus infiniment dange­
reux d’ajouter cette ariffocratie à tant d’autres.
Mais je déclarai que l’Affemblée devoit être ré­
duite pour le moment à égalité de nombre en-

�204

tre les deux premiers Ordres 8c le troifiemej
En effet, môme dans une Affemblée illégale ,
devoit-on laiffer à un Ordre le droit de rejetter par fa feule pluralité , tous les Membres
qu’il auroit cru devoir exclure ? Nous ne pou­
vions pas corriger l’illégalité de nos prétendus
Etats ; mais nous pouvions , 8c certainement
nous devions au moins être juftes.
Que je dois obferver toutefois , pour qu’on
ne puiffè ni prendre , ni donner le change fur
mes opinions , que je ne demandai la rédu&amp;ion
que pour la légitimation des pouvoirs , 8c que
je la réclamai feulement d’après ce principe que
nul ne peut être juge 8c partie. Qui ne fent, en
effet , que l’illégalité des prétendus Etats tenant
au défaut de pouvoir de chacun de nous, la
rédu&amp;ion n’auroit fervi qu’à diminuer le nom­
bre de nos repréfentans, fans leur donner au­
cun des cara&amp;eres de la puiffance publique ,
qui réfide encore toute entière dans la Nation,
8c qu’il ne dépendoit pas de l’Affemblée de
fe conférer à elle-même ?
Que ce moyen terme , propofé pour éviter
tout à la fois les inconvéniens d’une commiffion
dittatoriale , 8c pour raffurer les cinquante-fix
Membres des Communes contre la prépondé­
rance de cent quatre vingt voix, fut rejetté fur
le champ , non par l’opinion individuelle des
Membres de l’Affemblée , mais par acclamation
dans les deux premiers Ordres , bien qu’il fût
de la derniere évidence que l’Affemblée devoit
fe réduire , avant d’opiner fi elle devoit être
réduite. Il s’agiffoit de fixer le Tribunal qui ju*

205

geroitle rapport de la commiffion des pouvoirs;
mon opinion tendoit à rejetter tous les Mem­
bres des deux Ordres qui excédoient les cin­
quante-fix fuffrages des Communes; les Mem­
bres récufés ne dévoient donc pas juger leur
propre récufation. Pouvoit-on , fans dévoiler
tous les abus de la prépondérance des voix,
faire délibérer par l’Affemblée qu’elle ne feroit
pas réduite, 8c. décider cette importante queftion par le feul effet de cette prépondérance ?
Qu’après ces difcufîions préliminaires, 8cIorfqu’il fallut aller aux voix , les Communes cru­
rent devoir refufer d’opiner , dans la crainte
que cette première délibération ne fervît à conftater la légalité de l’Affemblée. Ce refus , dans
un moment où elle n’éroit pas même phyfiquement formée, tendoit évidemment à la diffoudre , ou à préparer d’éternelles diffentions. Je
continuai d’opiner pour la paix , je fis obferver ;
mais en vain , que toute Affemblée devoit fe
former, par cela feul qu’elle avoit été convo­
quée ; que la vérification des pouvoirs n’étoit
autre chofe que la vérification du titre en vertu
duquel chaque Membre auroit le droitd’opiner;8c
qu’avant d’examiner fil’Affemblée pourroit être
tenue fous le nom d’Etats nationaux , il falloit
lui donner du moins l’efpece de légalité qu’a
toute Affemblée convoquée par une autorité
légitime. D’après ces principes , j’opinai pour
l’établiffement d’une Commiffion qui feroit char­
gée d’examiner les pouvoirs , 8c d’en faire le
rapport. Cette énonciation vague laiffoit Je
droit d’en propofer de nouveau la rédu&amp;ion ,
lorfquele rapport de la Commiffion devroit être

�io6

jugé. Mais en cela même, entraîné par le defir
de conferver l’union parmi nous , je me bornois à éluder les difficultés fans les réfoudre :
&amp; le moment approchoit où je ne pourrois
laifier faire à l’Affemblée fon premier atte de
jurifdi&amp;ion, fans lui dénoncer fa propre incom­
pétence , fans la forcer du moins de l’examiner,
&amp; fans plaider la caufede la Nation provençale,
contre les prétendus Repréfentans qu'elle défavoue.
Que, malgré ce devoir impérieux que jepartageois avec tous les Députés des Communes ,
St pour lequel leur zele avoit devancé le mien,
je fis encore à la paix des facrifices affez impor­
t a i dans cette féance. Je ne dénonçai point le
prétendu pouvoir en vertu duquel le Préfident
de l’Afïemblée propofoit lui-même les Mem­
bres de la Commiflîon. Je remarquai feulement
combien il étoit dangereux de faire délibérer
fur trois objets à la fois : la nécefiité d’établir
une Commiflîon pour examiner les pouvoirs,
le choix des Membres de cette Commiflîon, le
droit de l’Aflemblée de juger leur examen : mais
je remis à un autre tèms de propofer les réglés
de difcipline fans lefquelles la liberté d’une Affemblée feroit toujours furprife par l’autorité
qui la préfide , qui l’interroge , &amp; dont les in­
tentions , prefque toujours inconnues, infpirent
bien plus de confiance , lorfque la fimplicité
des queflions permet de voir clairement la conféquence des réfultats.
Que fi dans la même féance , je réclamai,
non pour moi-même , mais pour les Députés
des Communes , le droit, non feulement d’o;

io j

piner , mais d’être écouté $ c’eft: qu’en effet »
on perd le droit de convaincre celui qu’on refufe d’entendre 3 que les procédés dans une
grande Afiemblée , font toujours le premier
gage de la paix 3 que l’on peut bien difiinguer
en trois Ordres les Membres d’une Nation ;
mais que l’on ne clafie pas, pour cela, ni les
lumières, ni la raifon , ni la fagefie.
Qu’après avoir ainfi combiné mes principes St
ma conduite , je vis tous mes efforts rendus
inutiles, par le refus des Communes d’opiner
fur l’établiffement de la Commiflîon des pou­
voirs, qui ne fut délibérée que par les Mem­
bres des deux premiers Ordres. Je fus nommé
pour cette Commiflîon. Mais devois-je , pouvois-je croire à i’exiftence d’une délibération à
laquelle un Ordre entier avoit refufé de con­
courir ? Je fais qu’on n’opine point par ordre
dans nos Etats 3 mais l’opinion par tête , bien
loin de fournir le moyen d’exclure les Com­
munes d’une Afiemblée que l’on prétend natio­
nale , n’eft qu’un moyen de plus de connoître
le vœu de cet Ordre , le plus fur organe de
la volonté publique. L ’opinion par tête con­
fond les Ordres, mais ne les détruit pas : elle
donne à chaque Ordre une plus grande influen­
ce , puifqu’elle permet de compter tous les fuffrages : elle ne le mutile pas, pour ainfi dire,
en le réduifant à la moitié de lui-même, &amp;. à
fa pluralité : elle lui fournit le feul moyen de
pefer de tout fon poids, lorfqu’il s’agit de for­
mer le fuffrage univerfel.
Q ue , d’après ces principes, ne tenant mes

�zo8

pouvoirs de Commiffaire que de la volonté des
premiers Ordres , je ne dus pas rue croire lié
par une délibération qu’un Ordre entier difoit
ne pas exiffer. J’aurois pu , j’aurois dû protefter, ainfi que les Communes ; 6c je ne proteffai point , afin d’étouffer , s’il fe pouvoit ,
tout germe de difcorde. Mais ne refufant rien
à la paix , je devois également tout accorder
aux principes. Je déclarai par une lettre au Préfident de rAffemblée , que je ne croyois pas
avoir le droit de me rendre aux féances de la
Coni million. Je lui propofai de faire opiner une
fécondé fois fur la maniéré de légitimer les pou­
voirs ; 6c confultanc mon zele , plutôt que les
talens de celui a qui j’écrivois , je cherchois
dans fon cœur un moyen de concilier les intérêts
6c les fentimcns, les formes 6c les devoirs. &lt;
Que la troifieme féance de J’Affemblée , maniftffa bientôt combien j’avois tu raifon de crain­
dre les fuites de la délibération précédente. Les
Communes , dont aucun des Membres n’avoit
voulu participer à la Commiffion des pouvoirs,
fe hâtèrent de configner dans les regiffres d’un
Officitr public , les protefiations les plus écla­
tantes , foit contre l’illégalité des prétendus
Etats, foit contre la Commiffion des pouvoirs.
L ’a&amp;e de ces protefiations , ouvrage tout à la
fois de la liberté 6c de la contrainte, d’un dé­
vouement généreux 6c d’un zele irréfléchi, fut
fignifié au Greffier: lu dans rAffemblée, il
y porta l’agitation qu’il devoit naturellement
produire par la diverfité des intérêts. Les deux
premiers Ordres opinèrent de dépurer aux Coinmiliaires du R o i, 6c de leur dénoncer la dé­
marche

209
marche des Communes. Je voulus en vain obferver que fi les Commiffaires du Roi faifoient
droit aux plaintes, nous aurions à nous repro­
cher d’avoir invoqué l’autorité dans une que­
relle de famille ; &amp; que s’ils refufoient de pro­
noncer , nous recevrions de l’autorité une leçon
de modération. La députation fut délibérée,
6c j’y confentis moi-même , dans l’efpoir que
la fageffe 6c les lumières des Commiffaires
du Roi nous fuggéreroient les moyens de con­
ciliation qui nous échappoient.
Qu’après cette féance, 6c dans l’attente de la
décifion que deux Ordres réclamoient contre
le troifieme, la fermentation des efprits 6c la
divifion des intérêts devint plus ardente , ainfi
qu’il avoit été facile de le prévoir. Des fcenes
affligeantes , des marques d’une improbation
qui confondoit les opinions avec les perfonnes,
6c qui bleffoit l’amour propre fans corriger les
erreurs ; partout la cenfure publique fe préva­
lant de la force qu’elle tire de la multitude ,
foit pour applaudir, foit pour blâmer j quelques
attroupemens même , qu’un Arrêt du Parlement
venoitde défendre j tout annonçoit que l’univerfalité des Citoyens , infiruite de fes droits, n’étoit point indifférente aux queffions agitées dans
notre Affemblée , parce qu'elle n’y reconnoiffoit pas des perfonnes choifies par la Nation
pour les difcuter j tout faifoit fentir la néceffité
de ménager l’opinion publique , ou du moins
de la foumettre à l’examen, de la pefer, 6cnon
de la combattre , de fe rapprocher des progrès
de la raifon humaine, 6c non de nous rejetter
dans l’antiquité des abus.
D d

�210

Qu’il étoit plus que tems que la quatrième
féance de nos Etats, précédée par une pareille
fermentation, présentât aux trois Ordres le plan
d’une réunion durable. La difficulté du moment
ne confiftoit que dans la légitimation des pou­
voirs: mais la difficulté permanente, les véri­
tables obftacles naiffoient des proteftations fur
l’illégalité de nos prétendus Etats, renouvellées
dans chaque féance ; de la limitation des pou­
voirs de tous les Députés ; du vœu de la Pro­
vince entière, pour obtenir la convocation gé­
nérale des trois Ordres, feul efpoir du falut pu­
blic \ 8c fur-tout du droit de députer aux Et orsgénéraux : droit que la Nation refufe de con­
centrer dans une Alfemblée illégale. Pour ré­
foudre la difficulté du moment, le Préfident
propofa de regarder tous les pouvoirs comme
légitimés, d’admettre tous les Membres qui formoient dans ce moment l’Alfemblée, &amp; d’opi­
ner fur cette queftion par acclamation. Les Com­
munes déclarèrent fur le champ qu’elles ne pouvoient y confentir, fans énoncer de la maniéré
la plus exprefle, que la légitimation des pou­
voirs, ne rendroit rAfTemblée afruelle, ni plus
conftitationnelle , ni plus légale. Cerre réferve
renouvella auffitôt toutes les protections qui
avoient agité les féances précédentes : 8c ce fut
au milieu de ce choc d’opinions, ce fut lorfque
la paix, fondée, non fur les formes, mais fur
l’intérêt national , paroifîoit déformais ImpoC-^
fible à obtenir, que je cherchai à i’affieoir, non
fur l’erreur, non fur l’intrigue, mais fur la vé­
rité &amp; fur la juffice.
Qu’il ne s’agiflbit plus alors de faire des pro-

211

meflfes aux Communes, de pallier les abus, d’é­
tayer notre Conftitution , &amp; de conferver les
droits du Peuple par des réferves. Je crus au
contraire qu’il falloit fonder l’abyme dans toute
fa profondeur ; montrer les maux, mais à côté
des remedesj refpe&amp;er l’opinion publique, mais
la diriger j 8c mériter la confiance pour avoir
la paix. Un motif plus décifif, mon devoir, mon
ferment de Citoyen , ne me permettoit pas de
laiffer faire à l’Aflemblée fon premier a&amp;e de
jurifdi&amp;ion, fans examiner fa compétence. J’avois gardé le filence , tant que nous n’étions
pas formés. Pouvois-je me taire, lorfqu’après
nous être phyfiquement reconnus, il fallut nous
demander tout à la fois, 8c qui nous étions, 8c
ce que nous allions faire? Si j’avois dans ce mo­
ment déferté la caufe publique, 8c contredit ma
vie entière, j’aurois mérité que le fouvenir de
ma lâcheté fût éternel ; qu’on dit un jour de
moi: Il a confacré fa vie à venger les droits
de l’homme , 8c il laiffa périr fa patrie fous
l’ariftocratie de fon Ordre! il affifta dans une
AfTemblée qu’on vouloit faire regarder comme
nationale, 8c il n’ofa pas être l’organe de la Na­
tion , qui défavouoit fes prétendus Repréfentans! il fut témoin du courage des Communes,
8c n’ofa pas l’imiter ! il connut les proteftations
de fix cent mille Citoyens, 8c craignit de les dé­
fendre !
Que je dus craindre d’autant moins d’exami­
ner la compétence de rAfTemblée, que les Dé­
putés des Communes avoient provoqué cet exa­
men dans la même féance} qu’il n’étoit plus poffible de faire un pas, fans être arrêté par cet
Dd ij

�ZI Z

obftacle ; que la fuppofition du filence des Dé­
putés, quand je l’avois gardé, auroit été pour
eux une injure ; 6c qu’en prouvant la juftice de
leurs réclamations, je montrois dans l’AfTemblée
générale des trois trois Ordres , l’afyle de la
paix, le lien de la concorde, le terme de nos
diflentions.
Qu’indépendamment de ces motifs, le difcours
que je prononçai, 6c dont je demandai l’infcription dans les regiftres, fuffit à fa propre défenfe*
Que ceux-là le condamnent, qui voudroient refufer à la Nation Provençale le droit d’une repréfentation libre, ce bienfait éternel que le Roi
vient d’accorder à la France entière ; mais qu’ils
ne difent point que j’ai manqué à Pautorité du
Roi, lorfque j’ai fait connoître à fes fujets les
principes de fa juftice ! Que ceux qui penfent
que leurs exemptions pécuniaires ne pourront
être confervées , fi la Nation rentre dans fes
droits, blâment 6c détellent ma théorie, j’y con*
fens $ mais qu’ils ne la fuppofent point attenta­
toire aux droits des Nations î Que ceux qui
Croient toujours l’Etat ébranlé, li l’on touche
à leurs privilèges, me traitent de novateur dan­
gereux , j’y confens encore j mais qu’ils con­
viennent du moins, que je n’ai fait dans mon
Difcours , que développer les proteftations de
cinquante*fîx Députés des Communes, opiner
après eux, citer 6c prefque tranicrire les déli­
bérations que les Membres des deux premiers
Ordres connoiffent tous, 6c qui ne leur permet­
tent plus de regarder comme une nouveauté,
ce que cent mille Citoyens ont dit avant moi,
fur les abus de la Conftitutipn provençale.
\

Que s’il falloit encore d’autres motifs, pour
juftifier une pareille motion , je dirois qu’elle
eut, ft non tous les fuccès que j’en attendois,
du-moins ceux qui m’intéreftbient le plus. Je
n’obtins point il eft vrai, la gloire qui m’avoit
féduit, de faire demander par la Noblefle 6c par
le Clergé , la convocation des trois Ordres de
la Province $ mais je parvins à rétablir la paix
dans l’Afferablée , 6c ce fuccès , on ne me l’a
point difputé. En rempliftant nn devoir perfonnel, il fembloit encore que j’avois acquitté ce­
lui des cinquante-fïx Députés des Communes ;
je changeai leurs débats tumultueux en accla­
mations de joie j fatisfaits de voir configner dans
le procès - verbal une réclamation franche 6c
loyale à laquelle ils déclarèrent adhérer , 6c
perfuadés que le Roi la connoîtroit bientôt, ils
efpérerent tout de cette morale publique qui
femble avoir fournis jufqu’au Gouvernement :
lobéiffance même eft impatiente lorfqu’elle ne
connoît aucun terme aux abus 5 mais l’efpérance
eft toujours paifible, lorfqu’elle eft fondée fur
la juftice.
Qu’en effet les opérations de l’Affemblée , qui
jufqu’alors avoient éprouvé mille obftacles, re­
prirent dès ce moment leur cours naturel. La
légitimation des pouvoirs fut adoptée ; la Commiftion pour la rédaélion du Procès-verbal éta­
blie 5 tous les membres de l’AlTmblée réfolurent
de voter dès le jour fuivant les impôts, que les
befoins impérieux du moment ne permettoienc
pas de refufer , quoique dans une AlTemblée
fanspouvoir. Et telles furent les fuites heureufes d’un vœu, que les deux premiers Ordres,

�214

comme on verrta bientôt , ont voulu traiter
d’incendiaire! Auroit-on ofé prévoir quelque
fuccès fans cette motion?
Que je ne puis m’empêcher cependant de protefler pour l’avenir contre tout impôt que l’on
voudroit voter au nom de la Nation Proven­
çale, dans une AiTemblée qui, femblable à celleci , ne feroit composée d’aucun véritable Repréfentantde cette Nation. La continuation des
abus que nous avons dévoilés efl impoflible fans
doute ; mais mon filence ne le feroit pas moins,
fi les vœux d’une Nation fidele étoient trompés:
il efl telle voix que l’opinion publique ne dé­
daigne point d’enrendre, qui fe fortifie par cette
opinion, s’étend, &amp; fait pénétrer jufqu’à l’oreille
des Rois. Nous avons voté l’impôt, quoique
dans une AiTemblée illégale , parce que le falut
de l’Etat efl la fuprême loi, parce qu’un grand
dévouement craindroit d’être calomnié, s’il étoit
arrêté par des formes, &amp; que les maux extrê­
mes ne peuvent pas en comporter. Mais, quoi­
que armé du fuifrage univerfel , c’efl comme
fimple individu que chacun de nous a voté ;
ce n’efl point comme Repréfentant. On nous demandoit un impôt légal ; nous avons offert un
impôt patriotique.
Que je ne puis m’empêcher de protefler dès
ce moment contre le droit que les deux pre­
miers Ordres ont voulu exercer en votant des
impôts auxquels ils ne veulent pas fe foumettre.
Les générations prochaines ne croiront point que
dans un fiecle qui n’étoit pas tout-à-fait bar­
bare , des Citoyens, des Co-fujets ayent pu ré:

2 IS
clamer rle droit de voter
un impôt qu’ils ne
payoient point, &amp; de voter pour les autres &amp;
non pour eux-mêmes. Quoi! le Roi lui-même
renonce à établir l’impôt par fa feule volonté ;
&amp; nous Ariflocrates, plus abfolus que le Roi,
nous réclamons ce pouvoir! car c’efl établir l’im­
pôt que de le voter pour les autres. Le Roi luimême a réclamé ce principe éternel, que la Na­
tion propriétaire de fon territoire, doit confentir à l’impôt. Or, d’un côré voter l’impôt pour
un autre &amp; non pour foi-même, n’efl pas confentir, c’efl refufer; &amp; dés-lors les fuffrages des
deux premiers Ordres ont été négatifs. D’un
aurre côré, il n’y auroit plus de confentement
libre, fi au lieu d’être lié par le vœu de ceux
qui payent, on Téroit par le vœu de ceux qui
ne payent pas ; &amp; par cela feul tout l’édifice
de la fociété feroit renverfé : le defpotifme le
plus éffrayant ne réclameroit pas de plus dangereuies maximes. Je dois attefler ici que je
votai moi-même comme les autres membres de
mon Ordre; niais je demandai adle dans les regiflres de ce que je confentois à payer comme
les Communes, dans la même proportion, dans
la même égalité, &amp; fans vouloir conferver au­
cune de ces diflinélions que des tems de barba­
rie, ou plutôt de démence, ont introduit parmi
les hommes. A ce prix feulement je crus avoir
le droit de voter.

Que je protefle également contre les princi­
pes avancés par les deux premiers Ordres pour
juftifîer ce qu’ils appellent leurs exemptions pé­
cuniaires. Ils foutiennent d’abord que ces exemp­
tions, qu’ils prétendent fi légitimes, &amp; que les

�ll( j

Communes trouvent li abfurdes, font dans ce
moment l’objet d’un procès. Je pourrois leur
dire qu’une Nation, arbitre fuprême &amp;. d’ellemêine £k de tous fes membres , n’a point de
procès; mais j’aime mieux leur oppofer leurs
propres principes. Les deux premiers Ordres
lavent bien que le Roi ne pouvant pas 8c ne
voulant pas exiger l’impôt, cet étrange procès
ne peut être jugé que par la Nation elle-même:
or, tandis qu’ils s’oppofent d’un côté à ce que
les Provençaux foient repréfcntés, ils proteftent
de l’autre contre l’AfiTemblée de la grande Na­
tion , fi l’on n’y opine pas de maniéré à leur
fournir un moyen prefqu’afiuré de conferver leurs
exemptions; Sc je demande (1 cette maniéré de
plaider convient à l’antique loyauté de la Noblefie. Je dis enfuite: les deux premiers Ordres
veulent prouver d’après des Chartres, qu’ils ne
doivent pas payer: d’après la polfefilon, qu’ils
n’ont jamais payé que d’une maniéré volontaire:
&amp; d’après nos principes fur Ja propriété , que
leur exemptions doivent être confervées. Je ré­
ponds fur les Chartres, que, pût-on argumen­
ter d’un tems de folie, fi les titres d’exemption
font émanés du R oi, ces titres font nuis d’après
les principes des deux premiers Ordres, puifque
le Roi ne peut pas impofer la Nation fans fon
confentement , &amp; que c’eft impofer un Ordre,
que d’exempter l’autre : que fi les Chartres font
émanées de la Nation, la Nation peut les révo­
quer^ demande déjà par vingt-quatre millions
de voix à les révoquer. Je réponds encore fur
les Chartres, qu’en matière d’impôt, une chartre eft un vain titre, puifque l’impôt étant efifentiellement

2I7

tiellement volontaire, l’Ordre qui n’a point de
titres d’exemption, a autant de droit de le refufer, que celui qui a ces titres frivoles. Je ré­
ponds fur la pofieflion de n’avoir rien payé ,
qu’alors que l’arifiocratie féodale , la glèbe, l’efclavage 8c toutes ces chaînes qui écrafoient nos
peres, furent brifées, ce defporifme avoit auflî
une poffeffion de plufieurs fiecles de fer. Je ré­
ponds fur la pofifefiion de n’avoir payé que d’une
maniéré volontaire , que l’impôt que l’on de­
mande aux deux premiers Ordres, eft précifément volontaire , non pour les individus , ce
qui feroit abfurde 8c anti-focial, mais pour la
Nation; qu’ainfi, lorfque la Nation votera l’im­
pôt , les Membres des deux premiers Ordres
obligés par cela feul de le payer, ne feront que
fe foumettre à leurs propres principes, 8c fe con­
former à cette même pofTeflion qui les con­
damne, loin de les jufiifier. Je réponds furies
conféquences qu’on veut tirer du droit de pro­
priété , que les propriétés civiles fe confervent
par des Chartres , par des titres ; mais que le
droit de ne payer que des impôts volontaires,
eft une propriété publique qui n’appartient qu’à
une Nation , 8c non pas à chaque Membre de
cette Nation , fans quoi la volonté générale ,
qui peut feule être une Loi, ne feroit plus une
Loi; 8c l’autorité fuprême en matière d’impôts
n’exiftant nulle part, la (lifTolution de la fociété
feroit par cela feul confommée. Je dis encore
fur le droit de propriété, que l’exemption de
payer l’impôt n’efi pas une propriété; que fi les
terres fieffées parodient d’abord , ce qui n’efi pas
vrai part-tout, d’un plus haut prix 8c d’un moin­
dre revenu que les autres , on ne compte pas
Ee

�z 18

fans doute cette effrayante compenfation des
droits de jufiice, de chiffe, de pêche, de la
domination, des prééminences, des prérogatives
de tout genre ; Si que s’il falloit acquérir la li­
berté à prix d’argent , s’il falloit dédommager
tous ceux à qui les mauvaifes Loix font utiles,
outre que ce Droit là une pérition de princi­
pes, la valeur entière du Royaume ne fuftiroit
pas pour racheter les abus, &amp; acherer de bones Loix. Enfin, je dis que la Nobleffe avoit
autrefois la plus belle prérogative qui puiffe
exifter ; celle d’étre toujours armée, Si prefque
exclufivement armée pour la défenfe de la Na­
tion Si de tous fes Membres. Cette contribu­
tion étoit alors le feul impôt, &amp;. la Nobleffe
avoit le fublime privilège de le payer feule. Je
ne conclurrai point de là qu’elle doive payer
feule les impôts de nos tems modernes ; mais
j’obferverai que la plupart des contributions ne
font aujourd'hui que Je remplacement de cette
force militaire qui ne coûtoit rien à l’Etat, Si
n’étoit un impôt que pour la Nobleffej Si qu’ainfi,
pour être conféquente, elle devroit réclamer,
non des exemptions, mais le droit de payer j
laiffer l’impôt volontaire aux autres Ordres, Si
le déclarer forcé par elle : c’eft du moins à ce
résultat que conduiroit l’analogie des tems, des
hommes Si des chofes.
Que fi dans la cinquième féance de l’Affemblée, je ne développai point toutes ces obfervations, content de demander aête de ce que je
rejettois pour moi même des exemptions qui ré­
pugnent à tous mes principes5 ce facrifice du
développement de mon opinion ne doit encore

Z ip

être imputé qu’à ce defir ardent de la paix ,
qui exppüque toute la conduite que j’ai tenue
dans nos prétendus Etats, &amp;. qui me jufiifie, foit
lorfque j’ai gardé le filence, foit lorfque j'ai cru
qu’il étoit indifpenfable de parler. Par le mê­
me motif, &amp; peut-être en ceci ma modération
n’auroit-elle pas dû l’emporter fur mes devoirs,
je ne prorefiai point contre le refus que l’on
fit de délibérer par un verbal d’opinions que les
Communes demandoient fur l’important fyfiéme
des exemptions. Il efi cependant telle maxime
qu’il répugne à la délicateffe de chaque indi­
vidu de foutenir, Si qu’un corps moins facile­
ment atteint par le blâme public, ne craint pas
de défendre. Dans toutes les quefiions de ce
genre, le verbal d’opinions arme l’honneur con­
tre l’intérêt, rend chaque individu plus fort par
lui-même , en l’ifolant , Si l’oblige à ne confulter que fon propre vœu, puifqu’il ne pourroit pas le cacher, pour ainfi dire, fous celui
des autres. J’entendis même quelques voix de­
mander l’opinion par fcrutin; feule maniéré de
voter librement pour ceux qurne font pas dignes
d’être libres. Mais rejettant pour moi ce moyen,
je n’aurois pu l’admettre pour les autres \ Si ne
parlois-je pas devant une Affemblée principa­
lement compofée de Gentilshommes? Enfin l’on
peut regarder comme une grande preuve de ma
modération , que fatisfait d’avoir démontré la
nécefiîté de convoquer les trois Ordres, je n’aye
pas dénoncé aufiitôt à l’Affemblée, au Public,
à la Nation Provençale, le projet déjà conçu,
déjà même adopté par quelques membres, de
n’accorder pour la députation aux Etats-géné­
raux , que le renforcement de cette même AfEe ij

�220

femblée dont je venois de prouver l'illégalité.
Que n’aurais-je pas dit fur l’impoflibiliié d’exé­
cuter ce projet ! fur fes dangers même (fût-il en
notre pouvoir de le tenter ) , fuit pour nous, foit
pour ne pas compromettre le falut de la France
entière, qui tient à la légalité des Etats-généraux,
laquelle feroit évidemment compromife par l’il­
légalité de la repréfentation des Provinces î Et
quelles fundtes conféquences pour l’avenir! Que
de projets dans un feul projet ! Comment ajouter
foi déformais aux protections fi folemnelles des
Communes! à leurs principes fur la repréfenta­
tion illégale ! au ferment qu’elles ont fait d’être
l’organe de la Nation qui demande la convocation
des trois Ordres ! Si les Communes fe prêtent au
projet de renforcement, quel moyen reftera-t-il
de faire concourir la Nobleffe 6c le Clergé à la
députation pour les Etats-généraux ? de corri­
ger la formation monftrueufe de nos Etats? en
un mot , de regagner le terrein déjà conquis
par tant d’efforts, 6c que ce feul pas rétrograde
nous feroit perdre! Quoi! le Roi vient d’accor­
der à tout le Royaume une repréfentation libre
6c univerfelle , 6c nous feuls ferions privés de
ce bienfait, comme fi nous pouvions l’être de
fon amour 6c de fa juftice ! Quoi ! la Nation
entière recouvreroit fes droits , 6c nous feuls
' refierions plongés dans la barbarie des abus an­
tiques !..... Voilà le germe de ce que j’aurois
dit 5 mais devois je tout dire ? Combattre une
erreur fondamentale , encourager une erreur
naiffante , attaquer des préjugés deftru&amp;eurs de
toute régénération , c’efi là ce que dans une
grande Affemblée un ami de la paix pouvoit
fe permettre j 6c j’ai préféré à une attaque ou-

221

verte, de ne pas croire à Finjurtice, ou plutôt
de la livrer à cette éternelle conviction qui la
pourfuit elle-même , 6c qui en triomphe tôt ou
tard.
y
Puifient les principes que je viens de déve­
lopper dans cette protefiation , être enfin une
bafe folide de cette paix , que je n’attends pas
pour moi-même , parce que j’aurois trop de
haines à étouffer , mais que je defire ardem­
ment pour ma Patrie ! Puilfent-ils êrre le germe
d’une régénération trop jufie pour être refufée,
6c trop cLfirée pour n’être pas inévitable !
J’aurois dû peut-être terminer cette proteftation par des plaintes, 6c je ne puis finir que
par des vœux..... Clergé ! Nobleffe ! celui que
vous attaquez avec tant d’injufiice 6c de vio­
lence n’efi point votre ennemi, puifque fes prin­
cipes feroient votre gloire. Vos prédécefteurs
6c vos aïeux avoient aufïi des erreurs, une Conftirution, des privilèges. Ils laifferent cependant
entrer, fous Philipe Le Bel, les Membres des
Communes dans l’Affemblée de la Nation. Le
Guerrier s’aflit auprès du Laboureur , 6c n’en
fut pas étonné. Eh bien ! puifque cinq fiecles
ont produit une multitude de changemens, tels,
que l’Ordre du Tiers n’efi pas un Ordre , mais
qu’il compofe évidemment la Nation , il eft
temps auffi d’être plus jufies qu’alors ÿil eft temps
d’accorder aux droits de l’efpece humaine , ce
qu’on n’ofa point refufcr dans des fiecles bar­
bares à quelques hommes. Il eft temps de cé­
der vos privilèges, 6c c’efi le feul moyen de
conferver vos diftin&amp;ions perfonnelles.

!

1-îj,

�222

Et Vous Communes, dont le zele touchant;
dont la foiblelTe , les craintes , le dirai-je ? la
fervitude même ( celle de la penfée du moins )
m’ont li fouvent attendri, je n’oppoferai aux ca­
lomnies que referment les proteftations dirigées
contre moi, que vos fuffrages , c’efï-à dire vo­
tre juftice, 8c le fouvenir que je lailTerai parmi
vous.
i

Defquels dires 8c proteftations, ledit Seigneur
Comte de Mirabeau nous ayant requis aéte ,
nous le lui avons concédé. Fair Sc publié à Aix
ledit jour fix Février, dans rHôtellerie dite des
Pri nces, en préfence de Heur Jean-Efprit Simon,
ancien Procureur en la Cour des Comptes ,
Aides 8c Finances de ce Pays, 8c fieur PafcalRegis Artaud, Praticien de cette Ville, témoins
requis 8c fouffignés avec ledit Seigneur Comte
de Mirabeau. Signés, Honoré - Gabriel de Riqueti , Comte de Mirabeau , Simon , Artaud ,
8c nous Rafpaud , Notaire, à l’original. Con­

trôlé à Aix le fix Février 1789. Reçu quinze
fols. Signé, Desforeft. Collationné. Signé , Raf­

paud , Notaire.

L ’an mil fept cent quatre-vingt-neuf, 8c le
fix du mois de Février, à la requête de Mre.
Honoré-Gabriei de Riqueti , Comte de Mira­
beau, nous Huifîier en la Cour de Parlement
de ce Pays de Provence, avons bien 8c duement intimé 8c fignifié l’a&amp;e ci-devant, 8c tout
fon contenu, à MM. de l’AlFemblée des Etats
aétuels dudit 4Pays de Provence, en la perfonne
de Me. de Regina , l’un des Greffiers en Chefs
defdits Etats, aux fins qu’ils n’en prétendent

Exploit defignification du même acte, à Mgr. V Ar­
chevêque d’ A ix &amp; à Mgr. l ’Evêque de Digne.

mil fept cent quatre-vingt-neuf 8c le N°. IL
fept du mois de Février, à la requête de
Mre. Honoré-Gabriei de Riqueti, Comte de
Mirabeau, nous Huifîier en la Cour de Par­
lement de ce Pays de Provence , fouffigné ,
avons bien 8c duement intimé 8c fignifié l’atte
ci devant en extrait 8c tout fon contenu , à
Monfeigneur de Boifgelin , Archevêque de
cette ville d’Aix , Président de l’Affemblée des
Etats attuels dudit Pays de Provence , afin qu’il
n’en prétende caufe d’ignorance, avec interpel­
lation de faire tranferire 8c inférer le tout dans
le Procès-verbal de ladite AlTemblée , autre­
ment , 8c en cas de refus, protelîe de tout ce
que de droit, avec due commination , lui avons
donné copie , tant dudit atte que de l’exploit
d’intimation faite à MM. de l’AfTemblée defdits
Etats attuels, en la perfonne de Me. de Regina,
l’un des Greffiers en Chef d’iceux, que du pré­
sent exploit, en parlant dans fon Palais épifeo-

L

’an

r c ih !%i

1 1 »1 *

�225

224

pal, à la perfonne de Ton Suifle. Signé, C hauvet ,
Huiffier.
L ’an mil fept cent quatre-vingt-neuf, 8c le
fept du mois de Février , à la requête de Mre.
Honoré-Gabriel de Riqueti , Comte de Mira­
beau, nous Huiffier en la Cour du Parlement
de ce Pays de Provence fouffigné, avons bien
8c duement intimé 8c fignifié l’aète ci-devant en
extrait , 8c tout fon contenu , à Monfeigneur
de Mouchet de Villedieu , Evêque de la ville
de Digne, Préfident de la Commiffion établie
par rAifemblée des Etats attuels de cedit Pays
de Provence, pour la rédaction du Procès-verbal
de ladite AiTemblée, aux fins qu’il n’en prétende
caufe d’ignorance , avec interpellation de faire
infcrire 8c inférer le tout dans le Procès-verbal
de ladite Allêmblée , autrement, 8c en cas de
refus, protefie de tout ce que de droit, avec
due commination , lui avons donné cette copie
en parlant dans l'Hotel de M. de Mirabeau ,
ancien Confeiller au Parlement, à la perfonne
du Domefiique de mondit Seigneur l’Evêque de
Digne. Signé, C hauvet .

N°.

111.

Déclaration de M M. les Députés des Communautés
&amp; Vigueries , fur la convocation d’une Affemblée
générale des trois Ordres , &amp; l'illégalité de
/’Affemblée actuelle pour députer aux EtQtsgénéraux.

L

’an mil fept cent quatre-vingt-neuf, 8c le N°. 111.

cinquième jour du mois de Février après
midi, pardevant nous Confeiller du Roi, No­
taire Garde note à Aix en Provence fouffigné,
8ctémoins ci-après nommés, font comparus MM.
les Députés des Communautés 8c des Vigue­
ries , ayant féance en l’AlTemblée convoquée en
cettedite Ville, lefquels, à l’exception de M.
le premier Conful d’Aix, Député de ladite Ville,
abfent, nous ont expoféque , comme il leur im­
porte de faire confier d’une maniéré authentique,
du vœu ci-après énoncé dont ils ne peuvent fe dé­
partir , 8c que les féances de l’AlTemblée attuelle
ont été fufpendues pour un terme indéfini', ils
nous requièrent de configner dans les regifires
de noufdit Notaire, ce qu’ils ne peuvent , dans
les circonftances , dépofer dans les regifires de
l’Affemblée prétendue des Etats, 8c dont la te­
neur fuit: Les Députés des Communautés 8c Vi­
gueries ne font que les organes du vœu univerfel, lorfqu’ils demandent la convocation géné­
rale des trois Ordres de la Province. Us n’ont
pas été étonnés que cette réclamation prefque
individuelle de fix cent mille Citoyens de tous
les Ordres, ait été rejettée par l’Afiemblée acFf

�22 6

tuelle qui fe dit repréfentative de la Nation pro­
vençale , &amp; dont cette réclamation même dé­
ment les pouvoirs ; mais ils efpéroient que les
prétendus Repréfentans des deux premiers Or­
dres, reconnoîtroient la nécefïité d’alfembler la
Provence en Corps de Nation $craindroient de
compromettre la légalité même des Etats-géné­
raux du Royaume , par la députation illégale
d’une Province 5 feroient convaincus de l’impoffibilité d’engager une Nation à reconnoître pour
fes mandataires, ceux qu’elle défavoue} 8c folliciteroient eux-mêmes la convocation générale
des trois Ordres , que d’autres Provinces qui
ont des Etats inconftitutionnels comme les nô­
tres, ont obtenue de la juflice du Roi. Ils vien­
nent d’apprendre néanmoins , que les féances de
l’Aflembléê aêhielle , déjà fufpendues depuis fix
jours, 8c qu’il étoit important de clôturer, foit
pour donner la derniere fan&amp;ion à l’impôt, foit
parce qu’il n’y a plus rien à délibérer, foit pour
dérober le plutôt pofïlble aux craintes des Ci­
toyens, le fpeêtacle d’une Aiïemblée illégale,
doivent être prorogées jufqu’à un terme indé­
fini 8c très - rapproché de l’époque des Etatsgénéraux du Royaume. Les motifs d’un aufîi
long délai leur font entièrement inconnus \ mais
s’ils cherchoient à l’expliquer par les obftacles
qu’ils ont déjà éprouvés , 8c par l’intérêt perfonnel des Membres qui prétendent repréfenter
les deux premiers Ordres, ils ne pourroient s’em­
pêcher de penfer qu’il tend à rendre phyfiquement impoflible l’Affemblée générale des trois
Ordres, 8c à forcer la Province de députer aux
Etats-généraux dans l’Allemble actuelle , par le
moyen d’un firaple renforcement de Députés.

Dans ces circbnftances, ils déclarent que la feuîe
8c inévitable fuite -Turs pareil projet , feroit de
priver la Nation provençale de tout moyen de
députer aux Etats-généraux $ paice qu’elle ne
pourroit conftntir au renforcement de l’AlTemblée, fans reconnoître fa légalité , 8c démentir
fts propres 8c irrévocables proteltations 5 fans
avouer que les iVîembres des prétendus Etats,
dont la plupart n’auroient pas été députés, fi les
élevions axoient été libres, ont le véritable cara&amp;ere de Repréfentant ; fans fournir un pré­
texte aux deux premiers Ordres, de concentrer
la députation aux Etats-généraux dans les feuls
Prélats, dans les feuls Gentilshommes polfédansfiefs ; 8c fans s’expofer par conféquent à tous
lts dangers d’une repréfentation illégale, 8c éternifer les abus que la feule reformation de nos
Etats peut corriger: déclarent en outre lefdits
fleurs Députés des Communautés 8c Vigueries,
qu’ils perftvéreront à folliciter auprès de Sa Ma*
jelté la convocation de l’AlTemblée générale des
trois Ordres de la Province, tant pour députer
aux Etats-généraux du Roya ume, que pour par­
venir à la réformation de la Conllitution pro­
vençale. Et de tout ce que delfus lefdits MM.
les Députés nous ont rtquis a£te , que noufdit
Notaire leur avons concédé. Fait 8c publié aud*
Aix, dans une des fallts de la maifon de Mr.
Reynaud Fonvert , il fe fur le Cours , en préfence de fieur Jofeph ToulTaint Emeric, Bour­
geois, 8c Me. Ange Pierre Marin, Huiffier en
la Cour des Comptes, Témoins requis 8c lignés
avec lefdits fleurs comparoiiTans à la minute.
Signés , Barreme, Député de Tarafcon , Peliffier, Député de la Viguerie de Tarafcon, Mou*

�228

Roquefort, Maire de la ville de GrafTe ;
Reguis, Latil, Députés de Sifteron ; Neviere,
de Furcalquier ; Sauteiron , Député de Manofque; Cappeau, Député de la Viguerie d’Aix;
Ricavy, Député de Digne ; de Baux , Dé­
puté de la Viguerie de St. Maximin ; Vachier,
Député de Barjols ; Cogordan , Député de la
Communauté de Riez; Barbaroux, Député de
la Viguerie de St. Maximin; Conftans , de St.
Remy ; Lange, Député de la Viguerie de Forcalquier; Trucy, Député de Barjols; Jordany,
Député de Draguignan; Ifnard , Député de Reillane; Maquan, Député de Biignolles ; Tiran,
Député de Seyne; L. H. Simon, Député de
Caflellanne ; Jaubert de Fontvi-ve, Député de
Lambefc; Sufneire, Dé mté de la Communauté
de Frets ; Peroncely , Député Fréjus; Roman,
Député des Mées; Bernard, Député d’Hieres;
Aumerat , Député de la Viguerie d’Hieres ;
Martin, Député de la Viguerie de Toulon;
Savornin , Député de la Viguerie de Grade ;
Juglar, Député de la Viguerie de Caflellanne;
Bernard , Député de la Communauté de St. Paul;
Arnaud, Député de la Viguerie de Moufïiers;
Bourgogne, Député de la Communauté de Cuers;
Féraud , Député de la Communauté de Bri­
gnol les ; Broulhony Verdache, Député d’Aups;
Pafcal, Député de la Viguerie de Draguignan;
Damier Villeblanche, Député de Toulon; Verdollin Député de la ville d’Annot ; Mandine ,
Député de la Viguerie d’Annot; Decugis, Dé­
puté d’Ollioules ; St. Vincent, Député d’Apt;
Defideri, Député de Rians ; Pvipert , de Valenfolle; Salvator, Député de la Viguerie de Digne;
Bayle, Député de la Viguerie de Seyne; Begins

229
noUt, Député de la Communauté de St. Maximin ; Philibert, Député de la Viguerie de Bar­
jols ; Fabry , Député de la Viguerie de Colmars ; Romans, Député de Martigues; Chaudon , Député de Moufliers; Clementis, Député
de la Viguerie d’Apt; Savornin, Député de la
Viguerie de St. Paul ; Clapiers , Député de
Lorgnes; Giraud, Député de Colmars; Barba­
roux , Député de la Viguerie de Brignolles ;
Bernard, Député d’Antibes; Silvy , Député de
Permis; Marcadier, Député de la Viguerie de
Sifteron ; Marin ; Emeric, 8c nous Silvy, No­
taire. Contrôlé à Aix le 6 Février. Collationné.
Signé, Silvy à l’original.
4

L’an mil fept cent quatre-vingt-neuf, 8c le fixieme jour du mois de Février avant midi, à la
requête des (leurs Députés des Communautés
8c Vigueries, ayant féance à l’Affemblée des
Etats , convoquée en cette ville d’Aix , nous
Huifîier audiencier au Siégé général de cette
ville d’Aix, y domicilié, foufligné, avons in­
timé 8c lignifié à MM. les Repréfentans de l’Or­
dre du Clergé 8c de l’Ordre de la Noblefle aux
fufdits Etats , la déclaration dont ci-dellus en
copie, reçue par Me. Silvy, Notaire de cette
Ville, le jour d’hier, duement contrôlé, aux
fins qu’il ne l’ignorent ; déclarant , lefdits fieurs
Députés, que par dénomination d’Etats donnée
à rAiïémblée, ils n’entendent nullement préju­
dicier à leur proteftation précédente , contre
l’illégalité de l’AUemblée comme Etats, 8c leur
avons expédié la préfente copie de la fufdite
déclaration dont extrait elt ci-deffus, 8c du préfent exploit, en parlant à la perfonne de Mr.

�2J0
Me. Ricard, l’un des Greffiers defdiîs Etats, au
Bureau de la Province dans l’Hôtel-de Ville de
cette ville d’Aix , par noufdit. Signé , G autier .

N°. IV.

2?1
vence féans à A i x , du quatre Février mil fept
cent quatre-vingt-neuf.

Les Députés des Communautés &amp; Vigueries de
Provence doivent à leurs mandans , ils doivent à
eux-mêmes &amp; à la vérité, de répondre par la
contre-proteftation fuivanre à ce qui peut les con­
N°. I V.
cerner dans les proteftations lues dans la derniere
féance. L’Affemblée convoquée par ordre du Roi
Contre-proteftaticn de MM. les Dépurés des Com­
en la ville d’A i x , n’offre ni les Etats de 1639, ni
munautés &amp; Vigueries , relativement aux proceux provifoirement convenus en 1787 , ni
leftations des deux premiers Ordres contre l'avis
moins encore ceux qui devroient exiffer d’après
écrit, lu par M. de Riqueti de Mirabeau.
les loix fondamentales &amp; imprefcripribles de
toute Nation , &amp;. d’après les réclamations fou’an mil fept cent quatre - vingt - neufèc le
tenues de tous les Ordres de la Province ; cet
cinquième jour du mois de Février après
midi, &amp; immédiatement après Jatte ci devant, état des chofes, l’influence qu’il devoit avoir
fur les objets les plus majeurs ont dû juftement
pardevant noufdit Confeiller du Roi , Notaire
allarmer fit produire les proteftations folemnel&amp; Garde note audit Aix foufligné , &amp;. témoins
les qui fe font élevées de toutes parts.
ci-après nommés, toujours prefens lefdits MM.
les Dépurés des Communautés &amp; Vigueries, ayant
Ainfi , pour ne parler que des Communes ,
féance en l’Affemblée convoquée en certedite
leur motion pour une AfTemblée générale des
Ville , lefquels nous ont exhibé un cahier por­
trois Ordres de la Province, à l’effet de former
tant une contre-proteftation faire par lefdits fleurs
ou de réformer notre Conftiturion , &amp; de nom­
Dépurés des Communautés &amp; Vigueries de Pro­
mer
des Députés aux Etats généraux du R o y a u ­
vence féans à Aix , en date du quatre du cou­
me, cette motion a commencé dans leurs Confeils
rant duement contrôlée , qu’ils nous ont requis
municipaux, dans leurs AlTemblées de Viguerie;
d’annexer &amp; enrégiftrer dans nos écritures; à la­
par-tout
on l’y a faite ou expreifément ou d’une
quelle requinrion noufdit Notaire adhérant, y
maniéré implicite.
aurions procédé, ainfi que ci-après s’enfuit:

L

Teneur de la contre-proteftation.
Contre • proteftation faite par les fleurs Dé­
putés des Communautés &amp; Vigueries de Pro-

La même motion a été continuée dans l’Affemblée attuelle , &amp; prefque à chaque féance;
elle a été encore la conclufion &amp; le but d’une
fupplique adreflee au R o i le 29 du mois der-

�2J2

nier par le$ Députés des Communautés 5c Vigueries.
Lors donc qu’un des MM. les Pofiedans-fiefs
a préfenté à TAfTemblée le tableau des droits
de la Nation , des avantages qui réfulteroient
pour tous d’une prompte régénération , de la
nécefïité fur-tout de ne pas compromettre par
les vices de l’organifation a&amp;uelle les intérêts
de l’Ordre le plus nombreux j ce Gentilhomme
citoyen n’3 fait que dévtlopper les raifons in­
vincibles qui néceffitent cette AfTemblée natio­
nale devenue le vœu général.
Pourroit-on dans ces circonftances lui impu­
ter d’avoir apporté le trouble où régnoit la
paix , d’avoir foulevé les efprits contre l’auto*
torité royale 5c contre le refpeêt du à lAlTemblée ? Les Communes méritent-elles aufH cette
imputation ? Ne fait-on pas que la paix 5c la
concorde n ont malheureufement jamais exifté
dans les féances ? La déclaration notariée du 28
Janvier, les proteftations continuelles fur cha­
que aéfe des prétendus Etats, fur leur qualifi­
cation même en font la preuve de tous les
momens*
Les Communes ajoutent qu’elles n’efperent
pas de voir l’union renaître 5c les affaires re­
prendre leur cours, tant que la Nation ne fera
pas convoquée dans une AfTemblée générale
des trois Ordres.
Avoir joint à cette inexa&amp;itude des faits l’o­
pinion vraiment hafardée, que les Députés des
Communautés

*

„

z33

Communautés 5c Vigueries étoient fufceptibles
de fe laifT’er aller à des mouvemens contraires
au refpeét dû à l’autorité royale , c’efl porter
contre eux une accufation grave, qu’iis doivent
repouffer par un monument également configné
dans les regiüres.
Leur amour pour le meilleur des Rois efl
allé, jufqu’à leur infpirer une forme inufitée pour
voter des fubfides qu’ils n’ont confenti de nou­
veau , dans le fein de TAfTemblée , que pour
donner toujours plus de preuves de leur zele
&amp; de leur fidélité. Ces fentimens étoient profon­
dément en eux , car ils ont déclaré aux Mem­
bres des deux premiers Ordres , en o&amp;royant
l’impôt , qu’ils l’accordoient feuls 5c fans leur
concours, puifqu’ils refufoient d’y contribuer.
Leur égard pour TAfTemblée des prétendus
Etats eft allée, jufqu’à y endurer, qu’au mépris
des droits les plus facrés de la Nation, on dé­
clarât à ceux qui, prefque feuls la conftituent ,
que l’on pouvoit fe paffer d’eux pour faire un
atte confidéré comme national , 5c que leur
oppofition même concouroit à Je valider. Une
délibération étoit ainfi le réfultat de leur préfence , quoique l’tffet en fût abforbé par la plu-

ralité des voix.

Les Députés des Communautés 5c Vigueries
n’ajouteront à la déclaration proteftative qu’ils
viennent de faire , que celle de perfifter , 5cdans
leur motion pour une AfTemblée générale des
trois Ordres de la Province, 5c dans l’adhéfion
qu’ils ont donnée au développement qui en a

�2$4

é,té fait par un des Membres de l’AfTemblée.
A la minute , fignés Barreme , Boutard , Pelifiier, Lange , Ricavy , Juglar, Neviere, Feraud , de Baux, Capeau , Mougins Roquefort,
Ifiiarcl, Reguis, Latil, Conftans , Bayle , Bar*
barroux , Benoifi, Tyran , Chaudon , de Sauteiron , Clementis, Bernard, Romans, Cogordan , Jordany , Fabry , Mandine , Savournin ,
Decugis, Trucy , Pafcal, Giraud , Martin ,
Vachier , Bernard , Clappiers , Delidery , St.
Vincent, Philibert, Savournin , Romans, Verdoliin , Arnaud , Ripert , Salvator , Lantier de
Villeblanche , Bourgogne , Silvy , Jaubert de
Fontvive , Sumeire , Aumerat , Barbarroux ,
Maquan , Marcadier , 8c à côté efi écrit. Con­
trôlé à Aix le 5 Février 1789, reçu quinze fols.
Signé , Desforefi.
Et ainfl que deflus, aurions procédé au fufdit
enrégiftrement 8c annexe , au requis defdits MM.
les Députés des Communautés 8c Vigueries , 8c
atte fait 8c publié dans ladite fai le de la maifon de
M. Reynaud Fondvert fur le Cours, aux mêmes
préfences du (leur Jofeph - Touffiiint Etneric ,
Bourgeois, 8c Me. Ange-Pierre Marin, Hulilier
en la Cour des Comptes, témoins requis 8c fi­
gnés avec noufdit Notaire. Signés, Emeric,
Marin 8c nous, Silvy , Notaire. Contrôlé à Aix
le 6 Février 1789, reçu quinze fols. Signé ,D c[forefi.
L ’an mil fept cent quatre-vingt-neuf 8c le fixieine jour du mois de Février après midi, à la
requête de MM. les Députés des Communautés
8c Vigueries , ayant féance à l’Affemblée des

Etats convoquée en cette ville cVAix , nous
Huifiier Audiencier au Siégé général de cette
ville d’Aix y domicilié fouffigné, avons intimé
&amp; lignifié à MM. les Repréfenrans de 1 Ordre
du Clergé 8c de l’Ordre de la NobleBe aux
fufdits Etats , la Contre-protefiation dont ex­
trait ci-dellus par copie, reçue par Me. Silvy,
Notaire royal de cette Ville, le jourd’hier, duejnent contrôlé, aux fins qu’ils ne l’ignorent 5 dé­
clarant Jefdirs fieurs Dépurés, que par dénomi­
nation d’Erats donnée à l’Affemblée, ils n’en­
tendent nullement préjudicier à leur protefiaron
précédente , contre l’illégalité de ladite Afiemblée comme Etats, 8c leur avons expéd»é cette
copie de la fufdite contre-protefiation , que du
préfent exploit, parlant à la perfonne de Mr.
Me. Ricard, l’un des Greffiers defdits Etats,
au Bureau de la Province dans l’Horel-de-Ville
de cette Ville, par noufdit. Signé , G autier .

N°.

V.

Délibération de la Communauté de Sifleron fur la
demande d'une nouvelle formation des Etats,

Extrait des regifires des délibérations de la
Communauté de la ville de Sifieron.
’an mil fept cent quatre - vingt - huit Si le N®. V.
feize jour de Décembre après midi , à Sifteron dans l’Hôtel-de Ville, à trois heurts après
midi , le Confeil général de la Communauté a
Gg ij

�2 j6

été aflemblé, 8c convoqué extraordinairement
de l’autorité de MM. Claude-Louis Reguis,
Avocat en la Cour, 8c de fieur Jean-Jofeph
Richaud, Bourgeois, Maire Confuls , Lieutenans généraux de Police de la Communauté de
cette Ville, enfuite du comparant tenu auxdits
fleurs Maire Confuls, par plufieurs habitans de
la Ville , le onze de ce mois, où ont été préfens du Confeil, Mre. Jean-Jofeph de Caftagni,
ancien Capitaine d’infanterie, Chevalier de l’Or­
dre royal 8c Militaire de St. Louis; (leur PierreCczar Bane , Bourgeois, 8cc.
*

Auquel Confeil, ledit M. Reguis, Maire pre­
mier Conful a dit : que MM. les Procureurs du
Pays, par leur lettre , en date du fix de ce
mois, demandent que la Communauté de cette
Ville prenne une délibération qui exprime fon
vœu concernant le tour de rôle pour la dépu­
tation des Vigueries auxdits Etats ; ce vœu a
déjà été exprimé aux derniers Etats par le Dé­
puté de cette Communauté , qui a réclamé conftamment contre le tour de rôle, 8c qui en a de­
mandé l’abrogation , 8c le retour à la liberté
naturelle du choix des Repréfentans ; ce vœu
a été encore exprimé par le même Député ,
dans l’Afiemblée générale du Tiers-Etat, tenue
à Lambefc dans le mois de Mai dernier ; d’a­
près cela on avoit cru inutile de prendre une
délibération particulière fur le tour de rôle ,
qui exprimât le vœu de la Communauté, puifque ce vœu avoit été déjà manifefté dans deux
Aftemblées folemnelles, que la lettre de Mgr.
l’Archevêque, paroit n’avoir été adreffée qu’aux
Communautés, en faveur de qui le rôle avoit

été établi , 8c qu’à cet égard la délibération
de la Viguerie de Sifteron qui a rejetté unani­
mement ce tour de rôle , 8c qui a demandé d’être
maintenue dans fon ancienne liberté pour le choix
de fes Repréfentans, paroît fervir de réponfe à
cette lettre; cependant, comme MM. lesProcu*
reurs du Pays paroiflent defirer une délibération
particulière de cette Communauté, 8c que dans
une chofe auflî efifentielle, il ne peut être qu’a-'
vantageux à cette Communauté de renouveller
encore plus particuliérement fon vœu qui a déjà
été manifefté par fon Député, ledit Me. Reguis
a requis le Confeil de délibérer.
Et attendu qu’il leur a été préfenté le onze
de ce mois , un comparant par plufieurs des
principaux Citoyens de cette Ville, lequel com­
parant porte fur plufieurs objets relatifs à la
formation des Etats de cette Province ; ledit
Me. Reguis en requiert la lefrure, 8c qu’il foït
tranferit tout de fuite pour y être également
délibéré.
Teneur dudit Comparant.

Pardevant nous Maire Confuls de la ville de
Sifteron, font comparus les fouflignés principaux
allivrés, 8c autres habitans de ladite Ville, lefquels nous ont remontré que ce feroit méconnoître l’importance du moment aftuel, 8c nous
expofer à être accufés d’indolence 8c d’aveugle­
ment, fi lorfque le Souverain fe montre difpofé
à rendre à fon Peuple, fes droits les plus facrés ; lorfque nos voifins ont déjà obtenu de
fa juftice 8c de fa bonté, l’exercice de la conftitution la plus impartialement combinée, nous

�2$ 8

religions de faire quelques efforts, pour faire
recouvrer à la nôtre fa liberté primitive , 8c l’é­
galité dont les derniers Etats n’ont fanôtionné
que la trompeufe efpérance.
Parmi les atteintes qu’elle a éprouvées, la
plus funefte fans doute , 8c qui fubfifte encore,
eft l’Edit de 1535, qui donne à la ville d’Aix
le pouvoir de nommer les Adminiftrateurs de la
Province, 8c fixe la préfidence des Etats fur la
tête de l’Archevêque de cette Ville : Cet Edit
que le malheur des tems rendoit peut-être néceifaire, 8c que des intérêts particuliers ont per­
pétué jufqu’à ce jour, doit exciter nos plus vi­
ves , nos plus confiantes réclamations : Quand
cette loi n’auroit que l’inconvénient d’attenter à
la plus précieufe de nos libertés, ç’en feroit
aflez pour en demander , pour en pourfuivre
impertuibablement l’abrogation $ ne nous y
trompons pas. C’eft à cette étrange attribution,
que la Province doit toutes les invafions que
fes privilèges ont foufferres ; que le Tiers-Etat
fur-tout, doit fa foiblelTe 8c fa nullité } c’eft par
l’effet d’une adminiftration ainfi concentrée, que
pendant cent cinquante ans, trente-fix Députés
de nos meilleures Villes , ont été les dociles ,
les aveugles approbateurs, 8c que leurs Conci­
toyens encore moins inftruits, ont payé rant de
concevions, d’erreurs ,d’effroyablesdépenfes ac­
cordées,ordonnées,prodiguées par fept à huit perfonnes qui agiffoient en vertu d’un titre vicieux,
puifqu’il étoit une violation continue du plus
beau, du plus utile de nos privilèges, celui delire les dépofitaires de notre confiance. Il doit
nous être rendu fans doute ! Il le feroit depuis

long-tems, fi des preffiges aujourd’hui difïTpés,
n’avoient étouffé nos plaintes 3 nous avons mê­
me lieu de croire que l’exiftance rendue à nos
Etats, a implicitement détruit tout ce qui altéroitleur pouvoir j ils l’ont jugé de même fans
doute, puifqu’ils ont établi des changemens no­
tables, 8c créé des places dans l’Adminiftration
intermédiaire. Plus inftruits maintenant des in­
tentions bienfaifantes du Roi, ils pourront, ils
oferont bien plus, ils voudront jouir de l’avan­
tage d’offrir la Préfidence, par un choix libre
8c volontaire, à ce même Prélat dont ils connoiffent les lumières 8c les vertus perfonnelles :
Dans d’autres tems, ils la décerneront à quel­
que membre de l’Ordre de la Nobleffe , diftingué par fes vertus patriotiques j 8c fuivant
les circonftances , elle pourra être l’hcnorable
partage des deux premiers Ordres , le TiersEtat n’afpirant qu’à la modefte égalité des fuffrages dans la répaitition de l’impôt , 8c l’adminiltration des deniers publics 3 pour la­
quelle, ainfi que pour h geftion des affaires
de la Province, il paroît qu’on ne pouroit mieux
faire que d’adopter la forme que le Dauphiné
vient d’établir, Sc dont fes heureux habitans con­
çoivent la plus douce efpérance. Il en eft une
fur-tout qui pourroit nous être permife, fi ce
plan étoit réalifé , ce feroit de voir réunir au
Pays, les Villes antiques 8c célébrés de Marfeille 8c d’Arles, 8c Terres adjacentes.
Les Comparoiffans ont mis fous nos yeux
ces objets de la plus haute importance, 8c dignes
de toute notre attention. Il en eft un autre non
moins intéreftant, c’eft la détermination du lieu.

�241

240

où fe tiendront annuellement les Etats. Eft-il
jufte ! eft-il utile! qu’ils foient toujours convo­
qués dans la Capitale , qui par la réunion de
tous les Tribunaux affervit toute la Province à
fes o&amp;rois ; ne paroît-il pas plus raifonnable
que tous les Chefs-lieux de Viguerie jouiftent à
leur tour de cet avantage ? Le bien du Pays
femble l’exiger , toutes les parties de la Pro­
vince feroient tour à-tour vivifiées , fecourues,
éclairées fur l’Adminiftration , dont elles ver*
roient ou auroient vu les difcuflions, les maximes,
&amp; les formes fe déployer fous leurs yeux ; elle
en deviendroit certainement plus préfente, plus
utile , 8c plus chere au Peuple.
Frappés des confidérations ci-deftus, les Soufjfignés efperent que nous nous croirons indifpenfablement obligés à aftembler le Confeil
municipal Dimanche prochain , parce qu’il im­
porte que la délibération qui interviendra foit
envoyée aux autres lieux de la Province , pour
qu’elles réunifient leurs efforts aux nôtres, dans
une affaire aufïi effentielle à toutes les Com­
munautés. Signés à l’original Hodoul, Vincens,
Mevolhon , Bane, Turpin 8c autres , &amp;c.
Vu le comparant ci-deffus , nous convoque­
rons le Confeil pour Mardi prochain feize du
courant. A Sifteron le n Décembre 1788. Signé,
Reguis, Maire.
Letture faite du fufdit Comparant, M. Ho­
doul y Confeiller, s’eft levé &amp; a dit:
M essieurs,

M e s s i e u r s ,

Notre proximité du Dauphiné nous a rendu

témoins de l’allégrefTe qu’a répandue parmi les
habitans de cette heureufe Province , la nou­
velle conftitution qu’ils viennent de fe donner.
Nous avons dû defirer de connoître la caufe
de cette joie publique ; nous avons vu les Réglemens qui ont été faits par l’Ailemblée des
trois Ordres du Dauphiné, convoqués à Ro­
mans , &amp; qui ont été fan&amp;ionnés par Sa Majefté.
Il feroit difficile de n’être pas frappés de la
fageffe profonde qui régné dans la formation
que le Dauphiné vient de donner à fes Etats.
La Noblelfe &amp; le Clergé , font le facrifice de
la plupart de leurs prétentions; le Tiers a l’é­
galité; c’eft dcms fon fein feul, que cet Ordre
choifit avec liberté y fans influence étrangère,
ceux qu'il deftine à défendre fes intérêts; tou­
tes les places font électives, &amp; dans les inter­
valles des Etats, l’Adminiftration eft confiée à
une Commiflion juftement combinée.
Qui pourroit confidérer ce merveilleux enfemble, fans être faifi d’une douce émotion, 8c
fans former le vœu de voir un plan qui doit
produire le bonheur de tous, adopté par le Pays
que le choix ou le h'afard nous a donné pour
Patrie? Je l’avoue, Meilleurs, j’ai fait ce vœu
dans la fincérité de mon cœur ; je viens vous Le

�242
manîfefterj puiffiez-vous le partager! Etafigné
à l’original, Hodoul.

Sur tout ce que deffus, le Confeil,
Confidérant qu’en effet la nouvelle Conftitution que le Dauphiné vient de fe donner, doit
fervir de modèle à toutes les Provinces où elle
ne fera pas impraticable.
Confidérant que les principaux fondemens de
ces Réglemens, pleins de fageffe, &amp; di&amp;és par
la plus faine raifon , font l’égalité des Repréfentans de l’Ordre du Tiers à ceux du Clergé,
&amp; de la Noblelfe réunis, ainfi que l’éligibilité
de tous les Repréfentans, fans choix forcé, &amp;
notamment pour les places d’Adminiftrateurs de
la Province qui devroient être élus dans le fein
des Etats.
Confidérant qu’il ne feroit pas pofîible de
parvenir à cette égalité &amp; à ce choix libre ,
tant que l’Edit de 1535 de fera point révoqué.
Confidérant que cet obftacle n’eft pas infurmontable, puifqu’il s’agit de fe régénérer, &amp;
que l’Edit de 1535 n’ayant été donné que dans
des circonftances, &amp; pour des caufes qui n’exiftent plus , il ne peut &amp; ne doit être regardé
que comme provifoire, Sa Majefté ayant bien
voulu fur-tout, permettre à cette Province de
lui préfenter un plan d’Etats qui, en remédiant
à tous les abus, affùre entre les trois Ordres,
une union à jamais inaltérable.

24;
Confidérant que c’eff peut-être aux difpofitions de cet Edit arraché aux circonfiances,
que nous devons imputer l’éloignement, que des
Villes célébrés &amp; opulentes ont toujours té­
moigné pour notre Adminiftration, &amp; fur-tout
cette diverfité de régime, qui, en morcelant la
Province, affoiblit l’importance que lui afférent
fa pofition géographique , la nature de fes pro­
ductions , l’indufirie de fes habitans, &amp; le fouvenir de fes antiques privilèges, que Sa Majefté
a promis de maintenir également dans toutes
les Provinces, &amp; dans toute leur intégrité.
Confidérant combien il feroit avantageux que
Jes Etats fe tinffent alternativement dans tous
les diftrifrs delà Province, pour que les befoins
de tous fulTent biens connus , pour que les lu­
mières fur l’Adminiftration fe répandilTent plus
facilement, &amp; pour que chaque partie du Pays
fût vivifiée à fon tour , par le numéraire que
laiffe à fa fuite une nombreufe Affemblée.
Confidérant enfin que le tour de rôle pour les
députations des Vigueries feroit un réglement
absolument contraire au bien &amp;. à l’ordre pu­
blic , &amp; à cette première réglé de toute Affemblée nationale , qui veut que les Membres de
ces Afiemblées foient choifis librement par ceux
qu’ils repréfentent.
Il a été délibéré unanimement de charger le
Député de la Communauté de demander aux
Etats de la Province , qui vont être inceffamment tenus, une nouvelle formation modelée fur
H h ij

�244
celle que la Province de Dauphiné vient de
donner à Tes Etats.
.
/
Que Sa Majefté fera très-humblement fuppliée
de retirer 8c abroger, en tant que de befoin fer o i t , l’Edit de 1535 : qu’il foit arrêté , fous le
bon plaifir du R o i , que dans la nouvelle for­
mation des Etats , le Préfident fera choifi par
élettion libre , dans les deux premiers Ordres,
8c par l’AfTemblée des Etats.
Que dans l’intervalle defdits Etats l’Adminiftration fera confiée à une Commiffion intermé­
diaire compofée de huit Membres, dont qua­
tre du Tiers-Etat , 8c de deux Procureurs géné­
raux Syndics, dont l’un fera toujours pris dans
l’Ordre du Tiers ; 8c tant les Membres de la Commiflion intermédiaire, que les Procureurs géné­
raux Syndics, feront également choifis par élec­
tion libre , aulîi dans le fein des Etats.
Que les Députés des Communautés feront
choifis 8c élus parmi les feuls Membres du Tiers
payant cinquante livres d’impofition royale ,
8c ce dans une AfTemblée convoquée à cet effet,
fans que lefdits premiers Confuls defdites Com­
munautés puilTent prétendre être Députés nés }
que la même chofe fera obfervée quant à la
nomination des Députés des Vigueries ou de
Diffriét, fans aucun égard au tour de rôle, qui
ne peut être regardé que comme l’ouvrage d’un
flecle d’ignorance 8c de barbarie.
Q u e les Etats ne fe tiendront jamais dans le
même lieu deux fois confécutivement $ mais

.M S
que, fous le bon plaifir du R o i , ils feront in­
diqués toutes les années dans le Chef-lieu des
différens Diftritts de la Province.
Chargeant expreffément le Député de cette
Ville à la prochaine AlTemblée des Etats de re­
quérir , dès les premières féances, la le&amp;ure de
la préfente délibération , pour qu’étant prife en
confidération par les Etats, il y foit délibéré
aux formes ordinaires.
Le Confeil charge encore MM. les Confuls
d’adreffer inceilamment à M. le Garde des Sceaux
8c à M. Necker , Miniftre d’E ta t, 8c Dire&amp;eur
général des Finances , une expédition en forme
de la préfente délibération , avec priere de la
mettre fous les yeux de Sa Majefté.
Et plus n’a été délibéré $ &amp; le&amp;ure faite , lef­
dits fieurs Maire Confuls 8c Délibérans ont figné
le fufdir jour 8c an. Signés à l’original Reguis,
Richaud , Caftagni 8c autres, 8cc. 8cc.
Collationné B e i n e t , Greffier.
L ’an mil fept cent quatre-vingt-neuf 8c le fix
du mois de Février , les fieurs Députés de la
Ville 8c Communauté de Sifteron , chagés expreffément de requérir en l’AffVmblée c on vo­
quée en cette ville d’Aix , leêture de la délibé­
ration prife dans le Confeil général dudit Sifteron, tenue le feize Décembre dernier , à l’effet
par ladite Aiïemblée d’y délibérer , fe feroient
propofés de remplir cette partie de leur mandat
dans la féance qui d’abord avoit été alTignée

�Z4&lt;S
Mardi trois du préf^nt mois de Février ;
mais d’autant que cette féance a été renvoyée
à un terme indéfini, 8t qu’un ne fait pas le
moment où elle fera réalïignée , lefdits fleurs
Députés ont cru ne pouvoir différer plus longtems de remplir le vœu de leurs commettansj
8c à cet effet, nous Huiffier audiencier au Siégé
général de cette ville d’A ix , y domicilié foufiigné , à la requête de MM. Claude Reguis 8c
Jofeph L a t il, Avocats , Maires premiers Confuls antécédent 8c moderne de ladite ville de
Sifteron, qui font éle&amp;ion de domicile au Bu­
reau de ncufdit Huifïier , avons bien 8c duement intimé 8c fignifié l’extrait en forme de la
fufdite délibération , à l’ÀfTemblée convoquée
en cettedite ville d’A i x , aux fins qu’elle n’en
ignore, 8c avons donné extrait de ladite délibé­
ration 8c copie du préfent exploit, parlant à la
perfonne de Mr. Me. Ricard, l’un des Greffiers
defdits Etats, au Bureau de la Province dans
rHôtel-de-Ville dudit Aix, par noufdit Huifïier.
Sisné , G a u t i e r .

gu

N\

V I.

Protcftation de M M. les Députés des Commu­
nautés &amp; Vigueries, relativement à la fufpenfion des féances des Etats.
N°. VI.

T

&gt;AN
fept cent quatre-vingt-neuf 8c le
I . _j huit du mois de Février après midi , pardevant nous Confeiller du R o i , Notaire 8c Garde
note à Aix en Provence , foufïlgné 8c témoins
ci-après nommés, font comparus M M . les Déi

putés fouftignés des Communautés 8c Vigueries
ayant féance en l’AfTembiée convoquée en cette­
dite Ville , lefquels nous ont expofé q u e , tou­
jours privés d’Affemblée régulière 8c de dépôt
pour leurs délibérations , ils font encore ré­
duits à employer notre miniftere , 8c à configner dans nos regiftres leurs réfolutions com­
munes ; 8c à cet effet ils nous ont requis de
leur donner aéfe de la délibération fuivante que
noufdit Notaire leur avons concédé.
Il vient d’être adrefïe individuellement à cha­
cun de MM. les Députés des Communautés 8c
Vigueries, une lettre circulaire de M M. les Confuls d’ Aix, Procureurs du Pays , en date du fept du
courant, à laquelle eft jointe une copie imprimée
d’une autre lettre en datte du cinq , de MM.
les Corn miliaires du Roi. L ’objet de ces lettres
eft de préparer les voies pour la nomination
des Députés de la Province aux Etats-généraux
du Royaume. MM. les CommifTaires du Roi
ont penfé que les importions royales ayant été
votées, il falioit s’occuper incellamment de la
députation aux Etats - généraux 5 8c pour rem­
plir cet objet, ils ont prévenu M. le Préfident
des Etats, qu’il leur paroillbit convenable d’en
fufpendre les féances jufques après la tenue des
Affemblées des Ordres, qui voteroient leurs dé­
putations refpeétives aux Etats-généraux, c’eftà-dire, jufques au dix Mars prochain. Cette fufpenfion n’a point été annoncée aux Députés
des Communautés 8c Vigueries par M. le Pré­
fident de l’Affemblée prétendue des E ta ts, en
la forme ufitée: c’étoit'néanmoins l’objet de la
lettre de MM. les CommiiTaires du R o i , 8c MM.

�24 8
les Procureurs du Pays s’en font écartés, en dé­
terminant eux-mêmes la fufpenfion des féances,
8c de la maniéré qu’ils l’ont faite. Cette nou­
velle forme de faire connoître, les Etats tenant,
à l’Ordre du Tiers, 8c même feulement aux D é ­
putés des Communautés 8c Vigueries, les volon­
tés du R o i , met lefdits fieurs Députés dans la
nécelîité indifpenfable de faire toutes les réferves 8c proteftations qu’exigent leurs droits 8c;
prérogatives pour ceux de leur Ordre ; ils les
font fur-tout, à raifon des Affemblées des O r­
dres, annoncées dans la lettre de MM. les Commiffaires du Roi , 8c dans celles de MM. les
Procureurs du P a y s , dans le cas où ces Aj]em­
blées ne feroient pas conformes aux loix de la
Province , 8c au vœu général dont ils ont été
les organes, 8c qu’ils n’ont ceffé de manifefter
- dans les féances de l’AfTemblée prétendue Etats,
8c dans les divers aêtes notariés , qu’ils lui
ont fait Hgnifîer. Lefdits Heurs Députés perfiftent enfin de la maniéré la plus exprefle, dans
tout ce qu’ils ont fait jufqu’à ce jour , 8c dans
les principes qui le leur ont diété. Fait 8c pu­
blié audit A i x , dans une des Chambres de la
Maifon de M. Reynaud Fonvert , fife fur le
Cours, en préfence de Heur Jofeph - Tou (Paint
Emeric, Bourgeois, 8c Me. Ange-Pierre Marin,
Huiftier en la Cour des Comptes de ce Pays de
Provence, témoins requis 8c fignés avec lefdits
Heurs comparoiftants à la minute. Signés, Mougins Roquefort , Député de Grafte; Vachier,
Député de Barjols; R i c a v y , Député de Digne j
Maquan , Député de Brignolles ; Barbaroux, D é ­
puté de la Viguerie de St. Maximin j Conftans,
Député

249
Député de St. Rem y ; T ru cy, Député de Barjols; Romans, Député des Mées; T y r a n , D é ­
puté de Seyne; Clapier, Député de L orgues ;
Cogordan, Député de Riez; Sauteiron, Député
de Manofque ; de B a u x , Député de la Vigu?rie de St. Maximin; L. H. Simon, Député de
Caftellanne ; Sumaire, Député de la Com m u ­
nauté de Trets ; Lange, Député de la Viguerie
de Forcalquier; Roman, Député de Martigues;
Jordany , Député de Draguignan ; Chaudon ,
Député de MouHiers ; Jugiar , Député de la
Viguerie de Caftellanne; Clementis, Député de
la Viguerie d’Apt ; Savournin , Député de la
Viguerie de St. Paul; F abry, Député de la Viguerre de Colmars; Verdollin , Député d’Annot;
Salvator, Député de la Viguerie de Digne ; Benoift, Député de la Viguerie de St. Maximin ;
Latil, Député de Sifteron ; Philibert , Député
de la Viguerie de Barjols ; Cappeau , Député
de la Viguerie d’Aix ; Sr. Vincent , Député de
la ville d’A p t ; Defidery, Député de Rians ;
Peronceli, Député de Fréjus ; Martin Député
de la Viguerie de Toulon; Bernard, Député de
la Communauté de St. Paul; Giraud, Député
de Colmars; Mandine, Député de la Viguerie
d’Annot; Bourgogne, Député de Cuers ; Barreme Député de Tarafcon; Bourard, Dépuré de
Tarafcon ; Reguis, Député de Sifteron ; Neviere,
Député de Forcalquier; Savournin , Dépuré de la
Viguerie de Grafte ; Bail e, Député de la Vigue­
rie de Seyne ; Ripert, Député de la Communauté
de Valenfolle; Arnaud, Député de la Viguerie
de Mouftiers ; Bernard , Député d ’Antibes ;
Brouilhony Verdaches, Député d’Aups; Pafcal,
Député de la Viguerie de Draguignan; S i l v y ,

�2ÇO
Député de Pertuis ; Mercadier , Député de la
Viguerie de Sifteron. Collationné. Signé, Silvy,
L ’ An mil fept cent quatre-vingt-neuf, &amp;. le
neuvième jour du mois de Février après midi,
à la requête de MM. les Députés des Commu­
nautés &amp; Vigueries, ayant féance en l’Affemblée
convoquée en cette Ville , nous Huiffier au­
diencier, immatriculé au Siégé général de certe
ville d’A ix , y domicilié fouffigné, avons intimé
&amp; fign ifîé l’a&amp;e de déclaration ci-deffùs, &amp; tout
fon contenu, à MM. les Confuls d’ A ix , Pro­
cureurs du P a y s , afin qu’ils n’en ignorent, &amp;
leur avons donné cette copie , parlant en do­
micile dans le Bureau de la Province, à la perfonne de Mr. Me. Ricard , Greffier aux Etats
de la Province, par noufdit. Signé, G a u t i e r .
L --------- --

■ ------------------- . . . . . . .

—,

N°.

. . . .

i i

- ,

L, ■ -t

V 11 .

Proteftation de M M . les Nobles non Poffédansfie fs , contre un imprimé ayant pour titre : Pro­
t e c t i o n &amp; déclaration de la Nobleffe de
Provence dans fon Affemblée générale com­
mencée Je 20 Janvier 1789.
N°. VII.

’ a n mil fept cent quatre vingt-neuf &amp; le
feptieme jour du mois de Février après
m i d i , pardevant le Confeiller du Roi , Notaire
à Aix en Provence foufligné , en préfence des
témoins, font comparus Mre. Claude-Jean-Baptifle deDuranty delà Calade, Chevalier, Con­
feiller du R o i en fes Confeils , Préfident en la

L

251

Cour des C o m p te s , Aides &amp; Finances de P r o ­
vence \ Antoine-Balthafard-Jofeph d ’André de
Bellevue , Chevalier , Confeiller du R o i au
Parlement de Provence ; Pierre-François d’O rJln , ancien Capitaine au Régiment d’Enghuien ,
Chevalier de l’Ordre R o ya l &amp; Militaire de St.
Louis, &amp; Louis-Jofeph Félix de Clapiers Collongue, Chevalier, agiffans en qualité de C o m miffaires de MM. les Nobles non poffedansfiefs des villes d’A i x , de Draguignan , de Forcalquier , d’Hieres , de Pertuis , de Riez &amp;
autres, Jefquels nous ont requis d’enrégiflrer &amp;.
annexer une proteffation faite par les Nobles non
poffedans-fiefs de cette Ville , laquelle eft de la
teneur qui fuit :
Les Souffignés qui ont eu connoiffance d ’un
imprimé portant pour titre , Proteftation &amp; dé­
claration de la Nobleffe de Provence , dans fon
Affemblée générale commencée le 20 Janvier 178g.
ConCidérant que le fifre d ’Aflem blée générale
ne peut convenir à une Affemblée pour laquelle
tous les Nobles du Pays n’ont pas été convo­
qués , &amp;c encore moins à une Affemblée où l’on
a appelié tous les poffédans-fiefs , parmi lefquels il peut en être plufîeurs qui ne font pas
Noblas.
Que ce titre n’a été pris que pour faire regar­
der, comme Je vœu de la Nobleffe, ce qui n’eff
que l’opinion de quelques individus (1).
(1 ) Cette nroicftarion a padé à la pluralité d e q u a r a m e - h x
voix courre v in g t-h u it* &amp; après le refus fa it p a r la m a jo r it é
d'un verbal d 'opinions.
I i

i j^

�Z^l
Que l’onprotefte dans cette délibération con­
tre des prétendues proposions inconftitutionnelles qui fe trouvent, dit-on, dans le rapport
fait au Confeil par M. le Directeur général des
Finances , fans fpécifier qu’elles font ces propofitions.
Que les Souflignés, Membres de l’Ordre de
la Nobleffe de Provence , ont vainement re­
cherché dans le réfultat du Confeil du Roi 8c
dans le rapport qui le fuit, ces changemens qui
opéreroient la dégradation de la Noblelfe dans
îa perfonne de fes Membres, dans l’effence, la
dignité 8c la prérogative de fes fiefs.
Que le nombre plus ou moins grand des Dé­
putés du Tiers , ne peut ni avilir, ni dégrader
la Nobleffe.
Que les Etats-généraux , pouvant fe réfor­
mer eux-mêmes , c’eft vouloir mettre obftacle
à leur tenue , que de prohiber abfoluinent aux
Députés de voterpar tête , 8c de leur donner or­
dre de fe retirer, fi les Etats - généraux décidoient de prendre les opinions de cette ma­
niéré.
Que ce mandat eft encore plus furprenant de
la part d’une partie de la Nobleffe de Provence,
qui opine par tête dans les Etats de Provence ,
où elle eft plus nombreufe que les deux autres
Ordres réunis.
Que la proteftation du Corps des pojfédansfiefs , prouve toujours mieux la néceffité d’une

Affemblée générale de la Nobleffe pour dépu­
ter aux Etats-généraux \ puifqu’il eft probable
que dans une Affemblée générale , ou n’auroit
pas protefté contre la volonté bienfaifante du
Roi, 8c le rapport approuvé par Sa Majefté,
8c imprimé d’après fes ordres.
Que l’Affemblée follicitée parles Souflignés,
eft indifpenfable, pour que les Députés de la N o ­
bleffe de Provence portent aux Etats-généraux
le vœu de l’Ordre entier.
Que l’Affemblée des trois Ordres de la Pro­
vince, demandée par les trois Ordres de la ville
d’Aix 8c par tout le Tiers-Etat , reconnue néceffaire par le Clergé , qui va s’affembler par
Diocefe , n’eft plus repouffée que par quelques
Gentilshommes poffédans-fiefs, qui paroiffent la
craindre, fans pouvoir en nier la néceflité.
Que cette néceffité eft établie par la L o i , qui
veut que les Repréfentans de la Nation ayent
fon mandat, 8c par la réclamation de tous les
Ordres Provençaux , qui foutiennent n ’avoir
point donné de pouvoir aux Membres des Etats
aftuels.
Si de la prétention des Nobles poffédans-fiefs,
il réfultoit qu’ils fuffent feuls éle&amp;eurs 8c éligi­
bles pour députer aux Etats - généraux , huit
cens Gentilshommes de la Province, privés de
voter avec eux , 8c ne pouvant voter avec le
Tiers-Etat, formeroient, dans le moment le plus
précieux de leur vie , un Corps ifolé dans l’E­
tat ; 8c la claffe des Cultivateurs, des Artiftes,

�2-54

des Marchands 6c des Bourgeois, feroit plus pri­
vilégiée que la leur ; ce qui eft diamétralement
contraires aux vues du Souverain, qui veut que
tous Tes Sujets concourent à la régénération pu­
blique.
Il efl du devoir des Souffignés de publier
hautement leur reconnoiffance envers le R o i ,
leur attachement aux vrais principes , 6c leur
defir de voir la Nation Provençale raffemblée.
#
Par ces confidérations, les fouffignés décla­
rent défavouer ledit imprimé , portant proteftation 6c déclaration de la prétendue Aflemblée
générale de la Noblefïe de Provence, comme
n’ayant pas été délibérée par une AiTernblée gé­
nérale de la Nobleife , mais feulement par le
Corps des pofTédants-fîefs.
Proteftant de nouveau contre toute dépptation qui feroit faire aux Etats-généraux , 6c de
toute inftru&amp;ion donnée aux Députés, par les
Pofiedans - fiefs , fe difant la Noblefïe de Pro­
vence ; 8c encore contre toute tenue d’Etats,
compofés dans la forme a&amp;uelle , comme étant
incomplets, illégaux &amp; contraires à la Conftitution provençale.
Déclarant en outre, que Sa Majefté fera trèshumblement remerciée des ordres portés par le
réfultat de fon Confeil, de ce qu’Elle a daigné
Je rendre public , ainfi que le rapport qui en
développe les motifs ; 8c que la préfente proteftation fera dépofée chez un Notaire 3 6c figni-

fiée au Greffier de la Province 6c au Syndic
de robbe des Poffédans-fiefs.
Fait 6c ligné à Aix le cinq Février mil fept
cent quatre-vingt-neuf. Signés , d’André , Duranti de la Calade , le Chevalier de Clapiers ,
d’Orfin, de Colla de Pradine, ancien Intendant
de Corfe; Autheman, M ène, le Chevalier de
Champourcin , Lange St. Suffren , Guiramand,
d’Adaouft , Gaftaud , C oy e du Caftellet, de
l’Ifle Grandville, Solliers, Meyronnet , Gombert, Gautier, Berard de St. Denis, de Gaye
du Bourguet , Jaubert de St. P o n s , Pazery ,
Tuffet, de Mène, Berage, d’Eymar, Simeon,
Mouriés, Tronchin , Trupheme, M io lis -V e rdollin, d’Eflienne du Bourguet, 6c Lyon St.
Ferreol.
Contrôlé à Aix le fept Février mil fept cent
quatre - vingt - neuf. Reçu quinze fols. Signé ,
Desforcft.
De l’enrégiflrement 6c annexe de ladite proteflation, lefdits fieurs comparans nous ont re­
quis a &amp; e , concédé. Fait 6c publié à Aix dans
notre Etude , en préfence du fieur CharlesAuguflin Durand 6c Jofeph-François Dafpres,
Etudians en cette ville y habitans, témoins re­
quis -Se fignés avec lefdits comparans. Signés ,
d’André, Duranti de la Calade, le Chevalier de
Clapiers, d’Orfin, Dafpres, Durand, 6c nous Bremond, Notaire, à l’original. Contrôlé à Aix le
neuf Février mil fept cent quatre-vingt-neuf.
Reçu quinze fols. Signé, Desforejl. Collationné.
Signé y Bremond, Notaire.

m

�z$6
L ’an mil fept cent quatre-vingt* n e u f , 8c le
dix Février, à la requête de MM. les Commiffaires des Nobles non poffedans - fiefs de cette
Ville d’A ix , nous Huiftier en la Cour de Par­
lement de ce Pays de Provence fouffigné, avons
intimé 8c lignifié l’aéle proteftatif ci dernier &amp;
tout Ton contenu, à Mr. Me. de Regina, Gref­
fier de la Province, aux fins qu’il n’en ignore,
8c lui avons donné cette copie en parlant en
domicile à fa perfonne. Signé, R a y n i e r .

N°.

De plus , pour terminer quelques différens
qui s’étoient élevés fur des objets pécuniaires,
il offrit au Tiers-Etat un don gratuit à pren­
dre fur les biens de l’Eglife , fans être revêtu
d’aucun pouvoir de la part des contribuables j
lequel don, ce même Tiers-Etat a regardé c o m ­
me très - infuffifant, pour les objets de dépenfe
dont il étoit queftion.

VIII.

Délibération de M M . du Clergé féculier &amp; régulier
de Marfeille , fur la Contribution aux charges,
la nouvelle formation des E ta ts, &amp; la Députation aux Etats-généraux.
VIH .

difpofer l’année derniere, en faveur du Corp
de la NoblefTe , d’un certain nombre de places
defïinées aux Eccléfiaftiques du fécond Ordre
du Clergé féculier 8c régulier.

E jour cinquième Février mil fept cent
\ _J quatre-vingt-neuf après midi , pardevant
nous Notaire royal 8c apoftolique de cette Ville
de Marfeille, 8c en préfence des témoins fouffignés , font comparus dans notre E tu d e , les
fouflîgnés, tous Membres du Clergé féculier 8c
régulier de cette ville de Marfeille , 8c de fon
terroir, lefquels nous ont dit 8c expofé, qu’ils
voyent avec le plus grand chagrin , la nécefilté où ils font de fe plaindre, de ce que le haut
Clergé les a entièrement exclus des Etats de cette
Province , contre toute forte de juftice 8c de
raifon.

Ce Corps important 8c refpe&amp;able, fe permit
de

Il feroit , on ne peut pas plus furprenant ,
que leurs impofitions fuffent dans le cas d’être
augmentées, contre tout droit 8c toute juflice,
pour procurer, fans aucune néceflité aux Sei­
gneurs Evêques , la jouifTance d’une préroga­
tive temporelle , fur tout après qu’ils ont pris
les mefures les mieux combinées, pour en pri­
ver ceux même qu’ils forceront de payer pour
ledit ob jet, un furcroit de décime.
Les fouflîgnés defirant fe fouffraire aux nou­
velles obligations qu’on voudroit leur impofer,
8c qui pourroient entraîner leur ruine, déclarent
par le préfent a f t e , ne former d’autre vœu que
celui de tout bon Citoyen, qui eft de contri­
buer également à toutes les charges de 1 Etat ,
comme aufîi d’obtenir pour les Aifemblées na­
tionales , le même régime q u ’il a plu à Sa
Majefté d’accorder au Dauphiné , ainfi qu’un
nombre de Députés proportionné à celui des difKk

�258
férens Corps féculiers Sc réguliers de la Province
Sc Terres adjacentes.
Il eft impoffible de réfléchir fur les entreprifes ci-delîus mentionnées , fans comprendre
la néceflité où font les fieurs coinparoiflans ,
d ’être continuellement fur leurs gardes.
En conféquence, ils proteftent exprefTément
contre toute nomination que le haut C le rg é ,
aujourd’hui féant à Aix , pourroit faire de dé­
puter aux Etats-généraux, fans le concours des
Repréfentans de chaque Diocefe.
Ils proteftent aufiî non feulement contre tou­
tes les éleétions des Repréfentans de chaque
Diocefe, mais encore, fi le cas y écheoit, con­
tre toutes celles des Députés aux Etats-généraux
qui pourroient fe faire dans les Villes Epifcopales , auxquelles tous les titulaires Sc autres
contribuables du Clergé, tant féculier que régu­
lier , n’auroient pas été appellés , Sc lorfqu’on
n’auroit pas donné à ces derniers, un tems fuffifant pour s’y rendre.
Ces précautions ont paru indifpenfabîes aux
foufiignés , afin que le choix des Députés du
fécond Ordre du Clergé aux Etats - généraux ,
tombe fur des fujets aullî fidelles au R o i, qu’at­
tachés à la Patrie , Scdont l’opinion ne foit point
dépendante d’aucun intérêt perfonnel.
Les foufiignés déclarent au furplus, n’avoir
aucunement en vue dans leurs plaintes , leurs
craintes 6c leurs inquiétudes, Monfeigneur l’E­

vêque de Marfeille , dont ils reconnoiffent la
juftice 8c la candeur , qu’ils confiderent , ho­
norent 6c refpeûent , Sc auquel ils fouhaitent
une longue vie pour le bonheur de ce Dio­
cefe.
Et de tout ce que delTus, les fieurs comparoiflans nous ont requis de leur concéder a&amp;e,
Sc de leur en délivrer des expéditions en forme,
qu’ils puifient faire notifier leurs proîeftations
aux Etats de cette Province , en la perfonne
du Greffier , Sc leur fervir à ce que de raifon;
lequel atte nous avons concédé.
Le&amp;ure Si publication du préfent a&amp;e a été
faite dans notre Etude audit Marfeille, en préfence de Mre. Félix-Alexandre Ouviere, Prê­
tre, Sc du fieur Jean-François Aubert, Bour­
geois de cette V il le , où y réfidens, témoins
lignés à l’original.
D e y d ie r , Chanoine de l’Eglife de Marfeille.
Villeneuve Bargemond, Chantre, Comte de
St. .Vi&amp;or.
Bauftet , Comte de St. Vi&amp;or, Vicaire géné­
ral d’Apt.
Ollivier, Prévôt de St. Martin.
Nicolas, Chanoine de St. Martin.
Bertrand, en ma qualité de Chanoine de l’Eglife Collégiale Sc Paroiffiale Notre-Dame des
Accoules, Sc pour les intérêts Sc droits du Cha­
pitre Sc de la Cure dont le titre eft dans ledit
Chapitre.
Nicolas, Chanoine Curé des Accoules.
Feraud, Vicaire de l’Eglife Cathédrale.
Kkij

�i6 o

Auberty, Vicaire de la Paroifie St. Ferreol.
B e ra rd , Vicaire de la Paroifie St. Ferreol.
Fauchier, D oyen des Accoules.
C h e v a lie r, Bénéficier.
R a b e , Prêtre de l’Oratoire de la MaifonSte.
Marthe.
Achard , Prêtre , Vicaire à St. Martin.
Julien , Prêtre, Vicaire à St. Marcel.
Jean-Charles Saurat, Supérieur des Minimes.
Fre. Jofeph Baude , Supérieur des Auguftins
réformés.
P. Bertin, Supérieur des Carmes Déchauifés.
Joachim de l’Afiomption, Prieur des Carmes
Déchaufies.
Caudiere , Vicaire de la Paroifie St. Ferreol.
Amie , Econome de la Maifon des Prêtres
du St. Sacrement.
O i l i v e , Curé de le Paroifie de St. Ferreol.
Sarmet , Curé de l’Eglife de Marfeille.
N a cq u i, Vicaire honoraire de St. Ferreol.,
St Directeur du Tiers-Ordre de Ste. Françoife.
Allignan , Chanoine des Accoules.
L a to u r, Chanoine des Accoules.
Berthe , Reêteur de la Chapellenie de St.
Pierre à St. Laurens, St de celle de St. Louis à
St. Martin.
.C a y r a s , Vicaire des Accoules.
Jullien, Prêtre, Vicaire de St. M arcel, chargé
des ordres St pouvoirs de Mre. EfpinaiTy, Curé
de St. Marcel-lès-Marfeilie.
Duvaublin , Prêtre de l’Oratoire , Supérieur
du College.
Martin, Prieur de la Pomme.
Plumier , Vicaire de l’Eglife St. Martin.
D u lo t, Vicaire de la Paroifife St. Martin.

Gautier, Vicaire de la ParoifTe St. Martin*
Bonnefoy, Vicaire de St. Martin.
Labar, Vicaire de St. Martin.
Jaubert, Vicaire de St. Martin.
Ifnardon, Vicaire de St. Martin.
Davin , Chanoine-Adminifirateur du Chapitre
de l’Eglife Collégiale Paroffiale de St. Martin,
Député par lui.
L ’Abbé d’Hofiager, de St. Vi&amp;or.
Ouviere, Prêtre, Témoin.
Aubert, Témoin.
Et Bonfeignour, Notaire.
Contrôlé à Marfeille. Signé, Chambon.
Collationné par nous Notaire royal 8t apoftolique foufiigné. Signé , Bonfeignour , Notaire.
L ’an mil fept cent quatre-vingt-neuf, 8t le
vingt Février , à la requête des Membres du
C lergé, féculier St régulier de la ville de Mar­
feille St fon Terroir, nous Huifiier en la Cour
de Parlement de ce Pays de Provence foufiigné,
avons intimé St fignifié l’aéte proteftatif St tout
fon contenu, à Mr. Me. Ricard, Greffier en Chef
des Etats de cette Province, aux fins qu’il n’en
ignore, St lui avons donné cette copie en par­
lant en domicile à fa perfonne. Signé, R a y n i e r .

�*

z6i

N\

IX .

Délibération du Chapitre des Accooulles de la même
Ville , fur le même fujet.
Extrait tiré du regiftre des délibérations du
Chapitre de VEglife collégiale St paroifiiale
Notre-Dame des Accoulles de la ville de Marfeille.
N°. IX.

"T &gt;AN nul fept cent quatre-vingt-neuf 8&lt; le
j _i fixieme Février , le Chapitre de l’Eglife
collégiale St paroittiale Notre-Dame des Accoules de la ville de Marfeille, extraordinairement
aiTemblé au fon de la cloche , au lieu Se ma­
niéré accoutumée , où ont été préfens Mellires
Jean-GafpardFauchier , Doyen , Jean Chabran,
Dominique Garcin , Simon Allignan, Barthelemi-François Eertrand, Charles-Antoine Aubin ,
Jean-Rofalie Latour , Louis Caffarel , Adminillrateur, &amp; Antoine-Benoit Nicolas, tous Cha­
noines , Mre. Pierre A u b ert, Chanoine abfent
de la Ville.
Confidérant que le haut Clergé , féant à Aix
dans les Etats de la Province , s’eft permis de
difpofer Vannée derniere, en faveur du Corps de
laN oblefle St de VOrdre de M alte, de beaucoup
de places deftinées au fécond Ordre du Clergé,
tant féculier que régulier.
Q u’ une telle difpofition eft contraire au droit

26$
naturel , fur-tout des Chapitres St des Curés
qui forment fans contredit une des portions la
plus nombreufe St la plus importante du Clergé

féculier.
Que cette partie du Clergé , fi utile St fi intérefiante pour la Nation , ne peut être léga­
lement repréfenrée ni par le haut Clergé , ni
par l’Ordre de Malte, encore moins par la Noblette.
Confidérant de plus, que pour terminer quel­
ques différens qui s’étoient élevés dans la fufdite Attemblée de mil fept cent quatre-vingtfept fur des objets pécuniaires, le haut Clergé
avoit offert au Tiers-Etat un don gratuit à pren­
dre fur les biens de l’Eglife , fans avoir confulré au préalable le vœu des Contribuables du
fécond O rd re , St fans être revêtu de leurs
pouvoirs.
Que ce don vraiment gratuit a été regardé
par le Tiers-Etat , comme infuffifant St illégal
fous tous fes rapports.
Confidérant enfin qu’il eft du devoir de tout
cœur patriotique, 8t fur-tout d’un College de
Curés chargés du miniftere de la parole , de ne
parler que le langage fimple de la vérité St de
l ’Evangile, de rendre à Céfar ce qui ejt à Céfar,
&amp; à Dieu ce qui efl à Dieu.
A unanimement délibéré de protefter, comme
il protefte par la préfente délibération.

�i°. Contre la forme de la tenue a&amp;uelle des
Etats de la Nation Provençale, en ce qu’elle
cft contraire aux droits de chacun des trois
O rd re s, 8&lt; notamment de l’Ordre du C lergé,
qui n’y eft point complètement 8c régulièrement
représenté.
i°. Contre toute motion ou nomination que
le haut Clergé, aujourd’hui féant à A ix , pour*
roit faire , de députer aux Etats - généraux fans
le concours des différens Repréfentans du Clergé
du fécond Ordre &amp; de chaque Diocefe , comme
aufli contre toute élection defdits Députés aux
Etats généraux , qui fe feroit dans les Diocefes
refpettifs, autrement que dans une AfTemblée vé­
ritablement repréfentative de tous les Corps
dudit O rd re , pour lefdits Députés recevoir de
cette feule AfTemblée leurs pouvoirs 8c leurs
inflruttions , 6c s’y conformer.
Et pour donner un monument éternel de no­
tre refpett 8c de notre reconnoiflance pour les
vues paternelles de Sa Majeflé , qui ne veut
que le bonheur 8c le foulagement de fon peu­
ple } d’amour 8c d’attachement à notre Pays,
dont la mifere eft peut-être d’autant plus ex­
trême , qu’elle efl plus cachée , nous déclarons
par la préfenre délibération , ne former d’autre
vœu que celui de contribuer également, com­
me tous bons C ito yen s, à toutes les charges de
l’E tat, 8c d’obtenir pour nos AfTemblées des Etats
de Proven ce, le même régime qu’il a plu à Sa
Majeflé d’accurdcr au Dauphiné , avec un nom­
bre de Députés proportionné à celui des diffé-

,

265
rens Corps eccléfiafîiques ciel a Province , de
cette ville de Marfeilie 8c des Terres adjacen­
tes, donnant pouvoir à Mre. Bertrand, Cha­
noine , allant cafuellement à Aix , de faire no­
tifier la préfente délibération , 8c tout fon con­
tenu en la meilleure forme de droit à Noffeigneurs des Etats, a&amp;uellement féans à A i x , en
la perfonne du Greffier defdits Etats , 8c de
prendre telle voie que le ConfeiJ du Chapitre
avifera pour faire parvenir au pied du Trône nos
refpetts 8c nos jufles réclamations, 8cont fîgné
Fauchicr, Doyen } Chabran , Chanoine } Garcin, Chanoine} Allignan, Chanoine } Bertrand,
Chanoine } A u bin , Chanoine} Latour, Cha­
noine} Caffarel, Chanoine-Adminifîrateur} Ni­
c o la s , Chanoine-Curé. Contrôlé à Marfeilie
le fix Février mil fept cent quatre vingt-neuf,
reçu quinze fols. -Signé , Chambon , ainfi à l’o­
riginal.
Collationné par nous Chanoine-Adminiflrateur
fouffigné. A Marfeilie le fept Février mil fept
cenr quatre- vingt- neuf. Signé , Cajfarll, Cha­
noine-Adminifîrateur.
L ’an mil fept cent quatre-vingt-neuf8c le vingt
du mois de Février , à la requête de Mre. Ber­
trand , Chanoine du Chapitre de l’Eglife col­
légiale 8c paroiffiale Notre-Dame des Accoulles
de la ville de Marfeilie , chargé des pouvoirs
dudit Chapitre , enfuite de la délibération cideïTus en copie, nous Huiffier en la Cour de ce
Pays de Provence fouffigné, avons bien8cduement intimé 8c fignifié la fufdite délibération en
tout fon contenu à NofTeigneurs des Etats de
L1

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i66
cedit Pays de Provence , féans a&amp;uellement en
cette ville d’Aix , en la perfonne de Me. Ricard,
un de leurs Greffiers en c h e f , aux fins qu’ils n’en
prétendent caufe d’ignorance , avec due commination, leur avons donné cette copie en par­
lant dans le domicile dudit Me. Ricard à fa
perfonne. Signé, C h auvet .

N°.

X.

Acte proteftatif de M M . les Députés des Commu­
nautés &amp; Vigueries, contre un ouvrage imprimé
ayant pour titre : Recueil de pièces concer­
nant les Etats de Provence, &amp;c.
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’ an mil fept cent quatre-vingt - neuf &amp; le

vingt-troifieme jour du mois de Février
avant midi, pardevant nous Concilier du R o i,
Notaire Garde note à Aix en Provence foufligné , 8c témoins ci-après nommés, font compa­
rus M M. Benoît Salvator , Député de la Viguerie de Digne ; Charles François de Baux ,
Député de la Viguerie de St. Maximin ; An­
toine-Jofeph T y r a n , Député de la ville de
Seyne j Jacques Verdollm , Député de la ville
d’Annot $ Antoine-Roch Neviere , Député de la
ville de Forcalquier ; Pierre - Jofeph - Marc de
Benoift , Député de la ville de St. Maximin ;
tous Députés à l’ Affemblée des prétendus Etats
de P roven ce, 8c tant en la fufdite qualité qu’en
celle de CommifTaires des autres Députés des
Communautés 8c Vigueries à ladite AfTemblée ;
lefquels nous ont expofé qu’ils viennent d’avoir

connoiftance d’un ouvrage imprimé ayant pour
titre : Recueil de pièces concernant les Etats de
Provence , &amp; terminé par une réponfe de Af.
Necber aux Communes, en date du huit Février mil
fept cent quatre-vingt-neuf.

•ÿ

Que le choix des pièces qui forment ce Re­
cueil , montre évidemment dans ceux qui l’ont
publié , l’intention de juftifier la conduite des
Prélats 8c Polfédans-ficfs, d’incriminer celle
des Communes , 8c de faire prendre le change
à l’opinion publique, foit dans la Province, fuit
dans le Royaume, fur ce qui s’eft paffé dans
nos prétendus Etats; qu’ils favent bien que ce
preftige fera bientôt dilTipé, lorfque le vérita­
ble Procès-verbal de l’Alfemblée fera connu;
mais qu’en attendant ils ne peuvent fe difpenfer
de confîgner dans nos regiftres, les obfervations fuivantes, tant pour rendre hommage à
la vérité, que pour l’intérêt de la caufe qu’ils
ont à défendre.
La première pièce du Recueil, a pour objet
de juftifier l’aftiftance pléniere de la NobJefle
aux Etats, c’eft-à*dire, de montrer qu’elle a eu
raifon de vouloir opiner au nombre d’environ
cent cinquante vo ix, contre cinquante-fix , 5c
de s’affurer ainfi de toutes les délibérations par
le feul effet de cette énorme majorité.
La fécondé, de faire regarder comme une
infurre&amp;ion de la part des Communes, leur a&amp;e
proteftatif du vingt* huit Janvier, quoiqu’il ne
contienne que des preuves de zele &amp; de fide­
lité.
L 1ij

*
' î'i;

/

�269

268
La troifieme, de publier l'improbation furprife à la religion de M M . les CommilTaires
du R o i , fur cet atte notarié.

blication d’une lettre, dont ilsn’auroient pu dif*
pofer fans fon aveu.

La quatrième , de perfuader à ceux qui ne
favent point ce qui s’eft pafTé dans nos préten­
dus Etats , que les Prélats &amp;. les Pofiedantsfiefs, lorfqu’on délibéra fur les impofitions, dé­
clarèrent vouloir y contribuer; Si dans cet ob­
jet , on a eu foin de n'imprimer dans le R e ­
cueil , la réda&amp;ion qui fut propofée par les
CommilTaires des Communes, qui préfente un
réfultat tout a fait différent fur ce qui fe pafTa
dans cette féance.

Si l’on vouloit entrer dans la difcufiion de ces
différentes pièces, il ne feroit pas difficile de
montrer que d’après la lettre &amp; l’efprit des inftruftions du Roi, l’aftiftance pléniere de la Nobleffe étant bornée aux cas extraordinaires, ne
pouvoir avoir lieu ni pour aucun des objets qu’on
a traités jufques à ce moment, &amp; qui font trèsordinaires , ni pour la députation aux Etatsgénéraux, puifqu’elle ne doit être faite dans les
Etats attuels dont l’illégalité eft reconnue, mais
feulement dans une véritable Aftemblée des trois
Ordres.

• il î

’

[

t.t'

La cinquième , de publier la prétendue générofité des deux premiers Ordres , au fujet
de la capitation des Laboureurs, Manouvriers
Si pauvres gens de la campagne , Si dont le
motif, dévoilé par l’affiche d’une foule de pla­
cards , eft aflez connu.
La fixieme 81 la feptieme, qui font les proteftations du Clergé &amp; de la Nobleffe, contre
le difcours prononcé par M. le Comte de Mi­
rabeau , ont pour objet de déprimer le zele Si
le courage de ce Gentilhomme C ito yen , de cet
ami de l’humanité; comme fi leur opinion ifolée pouvcit détruire les applaudilfemens univerfels de la Province.
La huitième enfin , d’infpirer de la préven­
tion à M. Necker contre les Députés des Com­
munes , en les repréfentant comme coupables
de Tindifcrétion la plus reprchenfible, par la pu-

Que l’a&amp;e proteftatif du vingt-huit Janvier,
portant impofmon des fubfides royaux, n’a mé­
rité la cenfure des deux premiers Ordres, que
parce qu’il exprime des fentimens de zele, d’a­
mour 61 de dévouement pour le meilleur des
Rois; fentimens qui contraftent fans doute avec
le projet de ces mêmes Ordres, de conferver
des privilèges d’exemption, que nul autre Corps
de Nobleffe dans le Royaume n’ofe bientôt plus
défendre.
Que la févérité de la réponfe de MM. les
CommifTaires du Roi fur cet a&amp;e, au moment
qu’il leur fut dénoncé par ces deux premiers
Ordres, avec toute la chaleur de la prévention,
&amp; avant que les Communes leur en euiïenr fait
connoître les motifs, ne peut fe rapporter qu’à
la forme de cet aête, &amp;. au commentaire défa­
vorable qui leur en avoit été fait; car d’ailleurs

�270
cette irrégularité fentimentale étoit bien faite
pour trouver grâce devant e u x , en faveur des
circonllances qui l’avoienr produite} ils font mê­
me perfuadés que cette piece a été imprimée
fans leur aveu, 8c les fentimens particuliers dont
ils n’ont celle de leur donner les témoignages
flatteurs, font les garans des difpofitions bienfaifantes où MM. les Commiflaires du Roi ont
toujours été pour les Députés des Communes.
Que quoique le prétendu vœu des deux pre­
miers Ordres fur la contribution aux fubfides
royaux , ait été rédigée avec beaucoup d’art
&amp; en la détachant d’une réda&amp;ion contraire de
la même délibération faite par M M . 1 s Commilldires des Communes , il n’en réfulte pas
moins qu’ils ont refufé cette contribution , 8c
qu’ils ont unanimement opiné que les fubfides
royaux feroient levés fur le peuple , comme à
l’ordinaire, jufques à ce qu’il eût plu au Roi
de ftatuer fur cet objet, après la tenue des Etatsgénéraux.
Q u ’ils ne fe font élevés avec tant d’aigreur,
contre l’avis de M. le Comte de Mirabeau, que
parcequ’il avoit pour objet la contribution ac­
tuelle de tous les Ordres aux charges royales
&amp; à celles du Pays , auxquelles ils refufoient
de fe foumettre.
Que leur affeêlation à demander que la capi­
tation portât uniquement fur la claife des gens
aifés , 8c que les Citoyens pauvres, fur-tout
les Cultivateurs &amp; les Manouvriers en foient dé­
chargés, n’eft autre chofe que l’offre d’une au-

271
mône de quatre ou cinq livres par fief} que ce
n’eft point une capitation de douze ou quinze
fols qui écrafe ces malheureux habitans des cam*
pagnes j que les deux premiers Ordres auroient
dû au moins fe charger feuls de cet objet, au
lieu de le rejetter principalement fur une partie
du Tiers} 8c que, puifqu’ils vouloient fe montrer
généreux, c’eft la taille, ce font tous les impôts
fans diftinttion , qu’ils autoient dû offrir de
payer.
D e toutes ces obfervations , il réfulte que
l’imprimé dont s’agit , n’eft qu’un recueil de
pièces partielles, inexactes 8c illégales, concer­
nant les Etats de Provence} que fi quelques unes
de ces pièces fe trouvent dans le Procès-verbal,
elles ne font pas pour cela irrévocablement fanctionnées, puifque le Procès-verbal n’a pas en­
core été lu dans l’ AlTemblée des prétendus Etats.
Enfin que ce recueil, bien loin de remplir le
but qu’on s’eft propofé, n’eft capable au con­
traire que d’exciter l’indignation publique, par
les motifs fufpe&amp;s qui en ont déterminé l’impreflion 8c la diftribution. A raifon de quoi,
lefdits fleurs Députés proteftent de tous leurs
droits contre qui il appartiendra , dont 8c du
tout, ils nous ont requis a&amp;e, que noufdit No­
taire leur avons concédé. Fait 8c publié audit
A ix , dans une des falles de la Maifon de M.
l’Avocat Verdollin, fife rue des Trois Ormeaux,
en préfence de fleur Pierre Rippert, Praticien,
natif de la ville de Grade, 8c fieur JeanBaptifle B e llo n , Bourgeois de cettedite Ville, Té­
moins requis 8c fouftignés , avec lefdits fieurs
comparoiftans. Signés, Salvator, Député de la

�171

Viguerie de Digne; Verdollin, Député d’Annot;
Benoift , Député de la Communauté de St.
M aximin; Tiran , Député de la Communauté
de Seyne; Neviere ; de Beaux, Député de la
Viguerie de St. M aximin; Rippert, Bellon , St
nous S ilv y , N o taire, à la minute. Contrôlé à
A ix le vingt-quatre Février mil fept cent quatrevingt-neuf. Reçu quinze fols. Signé, Desforcft.
Collationné. Signé , S ilv y , Notaire.
L ’an mil fept cent quatre-\ingt-neuf, St le
vingt-quatre du mois de Février après midi, à
la requête des fieurs Députés de l’Affemblée des
prétendus Etats de Provence , dénommés en
î’a&amp;e ci-devant , tant en cette qualité, qu’en
celle de Commififaires des autres Députés des
Communautés &amp;. Vigueries à la derniere Afiemb lc e ,n o u s Huifîier audiencier au Siégé général
de cette ville d’Aix , y domicilié fouffigné ,
avons bien Sc duement intimé Sc lignifié aux
deux Ordres du Clergé Sc de la NoblefTe de
cette Province , l ’aête proteftatif ci-dernier en
copie , reçu par Me. S i l v y , Notaire royal de
cette ville d’A ix , le vingt-trois du courant,due­
ment contrôlé , aux fins qu’ils n’en ignorent,
Sc lui avons donné cette copie du fufdit a&amp;e Sc
du préfent exploit., avec due commination, par­
lant en domicilie à Mr. Me. R ica rd , l’un des
Greffiers des fufdits Etats, par noufdit Huiflîer.
Signé, Gautier.

/
N°. X L

Déclaration &amp; placet de M. le Curé d’Auriol}
relativement à l ’entrée du fécond Ordre du Clergé
aux Etats.
’ a n mil fept cent quatre-vingt-neuf 8c le N?. XL
cinquième du mois de Mars après midi ,
pardevant le Notaire royal à A uriol, 8c les té­
moins fouflignés , eft comparu Mre. Henri de
Gueidon de Planque , Curé de cette Paroiffe,
lequel nous a requis de recevoir en la forme cidefious énoncée , fon a&amp;e proteftatif 8c confervatoire des droits les plus elTentiels du fécond
Ordre du Clergé de cette Province , attendu
l’impofTibilité où celui-ci fe trouve d’être réuni
en Corps d’AlTemblée fans l’autorifation du miniftere , 8c la nécefiité où il eft de repouffer les
efforts d’une politique fourde 8c tortueufe qui
voudroit rendre impraticable toure voie de ré­
clamation , Sc perpétuer ainfi la plus indigne
fervitude.

L

Et confidérant ledit fieur Curé que , félonie
droit naturel , on eft toujours fuffifamment autorifé à prendre le fait 8c caufe, même d’un in­
connu qui feroit en danger d’oppreiïton ; que
dans le cas préfent, le devoir fraternel impofe
une loi infiniment plus refpe&amp;able ; que d’ail­
leurs de pareils aêfes réitérés en divers lieux
en forme particulière , pourroient fuppléer à .
Mm

�*74
l’authenticité d’un a&amp;e d’Affemblée dont l’in­
convénient eft fenfible ; que même un feul a&amp;e
particulier auroit à la rigueur un pareil effet,
par la ratification , d’abord tacite , 8c enfuite
expreffe de toutes les perfonnes qui en font l’objet; 8c qu’en leur confervant de légitimes pré­
tentions, c’elt encore les fervir doublement que
de leur procurer la faculté d ’approuver ou non,
ce qui fe trouve fait en leur faveur , pour rejetter , fur l’auteur d’un pareil fervice tout le
blâme de l’a&amp;ion , fi quelque terreur confufe 8c
momentannée en laiffoit appercevoir quelque
danger.
Sur quoi ledit fieur Curé a déclaré fe joindre
au fécond ordre du Clergé de cette Province ,
8c en tant que befoin fero it, prendre fon fait 8c
caufe , à l’effet de protefter contre toute ufurpation de pouvoir, 8c toute repréfentation que
ledit Ordre n’auroit pas établie lui-même } al­
léguant pour motif de la préfente proteftation ,
que les Seigneurs Evêques ne font pas le Clergé,
mais feulement partie d’icelui ; que le premier
Ordre manqueroit aux Etats , fi toutes lesclaffes
du Clergé n’y étoient pas repréfentées par un
choix préalable 8c librement formé.
De laquelle déclaration 8c dire ci-deffus, ledit
fieur Curé nous a requis afte que nous lui avons
concédé. Fait 8c publié audit Auriol dans mon
Etude en préfence de fieur Barthélémy Vellin ,
Marchand drapier , 8c de fieur Jean-FrançoisLaurent Aubanel , Maître en Chirurgie , témoins
de ce lieu , requis 8c fignés avec ledit Mre. de

*7 ?

Planque , Curé. Signés , Gueidon de Planque,
C uré, B. Vellin , Aubanel, 8c nous Reymond,
Notaire , à l’original Contrôlé par le fieur Bucc-lle. Collationné. Signé, Reymond, Notaire ,à
l’extrait.
A

LES

NOSSEIGNEURS

ÉTATS

N osseigneurs

DE PROVENCE.
et

M essieurs ,

N ’êtes-vous point étonnés que la partie conftituante du Clergé ne fe trouve pas dans votre
augufie Affemblée? Elle ne peut s’en rapprocher
que par des v œ u x . . . , A quoi fommes-nous
donc réduits?
La refpe&amp;able antiquité qui n’avoit aucun
befoin de l’état clérical dans les Affemblées nanationales, ne l’y admit fans doute , que pour
avoir en chacun de nous autant de défenfeurs
des loix de la Patrie ; nos fuffrages doivent por­
ter l’empreinte de la vérité : il n’?. paru néceffaire de les éluder que quand on a commencé
à les trouver incommodes ; nos devanciers ont
laiffé porter des fuffrages en leur nom , tant
qu’ils ont pu penfer que ces mêmes fuffrages ne
perdoient rien à être exprimés par des repréfentans infiniment refpe&amp;ables.
Deux fiecles d’interruption ont apporté du
changement dans les mœurs, nos Etats nationaux
ont enfin repris leurs cours. Epoque de la paix
Mm ij

�ij6
&amp; du bonheur , qui invite la Nation à corriger
par-tout l’abus des anciennes formes, à les met­
tre fur tous les chefs en équilibre avec les loix,
5c le droit public avec le droit particulier de
chaque claffe de Citoyens î Mais en quel état fe
trouve aujourd’hui celui du fécond Ordre du
Clergé ? Pour prix de notre zele patriotique, de
nos travaux , 5c d’une trop longue patience ,
nous fommes profcrits au milieu de vous,exclus
de votre fein , peut-être de vos cœurs $ la tolé­
rance de nos devanciers forme contre nous en ce
moment une barrière bien impofantej qu’ontils été ? que fommes-nous ? Par-tout on trouve
des lumières, 5c rien n’amene encore le fentiment.
Si le filence a pu dans d’autres tems tenir lieu
d’approbation , comment une réclamation exprelfe 5c unanime ne fait-elle rien encore contre
l ’ufurpation des droits les plus juftes Sc les plus
imprefcriptibles?
A u milieu d’un cri général fi bien fenti, fi noble­
ment articulé , celui du fécond Ordre du Clergé ,
plus tardif il eft v r a i, mais aufii juftement ex­
cité , fe fait entendre à cette augufte Aflemblée
pour repoufier l’opprobre dont on veut nous
couvrir : Permettez-vous, NofTeigneurs, qu’on
nous dévoue à la fervitude ? Le meilleur des
Rois pourra-t-il le fouffrir ? Si nous ne pouvons
pas concourir librement aux délibérations dont
nos plus chers intérêts vont dépendre, que fom­
mes-nous fi non des efclaves ? 5c quels feront
nos maîtres ?

Il eft donc jufte que i’Âffemblée des Etats nous
foit ouverte , puifque nous fommes des Mem­
bres fans lefquels l’Ordre entier du Clergé ne
peut exifter , des Membres dont les premiers
chefs tirent toute leur importance, 5c fans lef­
quels ils n’en auroient pas même l’ombre ; il eft
jufte, puifque nous avons bien plus qu’eux des
vrais intérêts à foutenir, des fardeaux à porter ,
des Egüfes à défendre , puifque nous fommes
en tout cela les victimes d’une adminiftration
bifarre qui n’a fait jufqu’ici qu’accumuler dettes
fur dettes, en y faifant confifter une forte de fagefle, 5c qui nous a foudoyé jufqu’ici à nos pro­
pres dépens tant de terribles adverfaires ; com­
ment fe flatter, avec un pareil fort , d’apparte­
nir à une Nation efientiellement libre , 5c d’être
les fujets d’un Monarque, infigne protecteur de
nos libertés ?
Enfin il eft ju fte, puifque nous avons des repréfentans à nommer qui foient en même-tems
ceux de nos Etats, 5c qui procurent à tous les C i­
toyens par des réclamations équitables 5c una­
nimes, la libre jouiflance des droits que la Nation
entière nous garantit.
Si donc vous fouferivez à nos vœux , MefiTeigneurs , il vous fera glorieux d’avoir établi
l’Ordre parmi vous $ 5c fi vous n’y fouferivez
pas , il fera infiniment plus glorieux 5c plus doux
au Pere commun de la Parrie , d’avoir laifie
agir en notre faveur 5c fa puiiTance 5c fa bonté:
mais vous voudrez avoir quelque part à la reftauration d’un Ordre qui ne vous fut jamais ftif-

�278
pett , qui vous eft utile St veut l’être toujours
davantage ; ce font des Titulaires qui vont faire
avec vous St comme v o u s , des facrifices à l’Etat ;
des Pafteurs , des Minières de paix , ennemis
des vices, zélateurs des vertus , dont fe fert le
Ciel pour infpirer la fermeté, la confiance, la
foumiflion , la générofité 5 pour appeller au­
tour de vous la confolation dans les fituations pé­
nibles , la modération dans les fuccès, Fefprit de
conciliation dans les contrariétés , l'efprit de
confeil dans les difficultés toujours renaiflantes ;
qui feront toujours, non des flatteurs fuperficiels
ou perfides, mais de vrais St folides amis que
vous retrouverez dans tous les tems $ rendezleur feulement les mains, ils vous foutiendront
à leur to u r , St vous aurez rendu vos noms im­
mortels aux yeux de la religion St de l’huma­
nité. A Auriol le 6 Mars 1789. Signé , Gueidort
de Planque, Curé. Contrôlé à Aix le 10 Mars
1786. Reçu quinze fols. Signé , Desforeft.
L ’an mil fept cent quatre-vingt-neuf, St le
dixième jour du mois de Mars à midi , à la
requête de Mre. Henri de Gueydon de Planque,
Curé de la ParoifTe du lieu d’Auriol , nous
Huiffier audiencier immatriculé au Siégé géné­
ral de cette ville d’A ix y domicilié fouffigné,
avons intimé St fignifié le Mémoire ci-deffus ,
ainfi que l’aéte proteftatif du cinq du courant,
reçu par M e. R e y m o n d , Notaire audit Auriol,.
dont l’extrait eft joint ci - contre St tout leur
contenu en copie ci-joint à NofTeigneurs St Meffieurs des Etats de Proven ce, aux fins qu’ils n’en
ignorent, St leur avons laifTé la préfente copie

»

parlant en domicile dans le Bureau de la Pro­
vince à la perfonne de Mr. Me. Ricard, Greffier
à l’Allemblée des fufdits Etats , par noufdit
Huiffier fouffigné. Signé, G a u t i e r .

N°.

X 11.

A ile déclaratif &amp; proteftatif de M. d’Albertas de
Greoux, contre diverfes délibérations de M M .
les PojJédans-fiefs , &amp; contre toute dépenfe inu­
tile qui pourra être délibérée par les Etats.
’a n mil fept cent quatre-vingt-neuf, St le
N°. XII.
trente-unieme jour du mois de Mars avant
midi , pardevant nous Confeiller du R o i , N o­
taire Garde notes à Aix en Provence, fouffigné,
St témoins ci-après nommés, eft comparu Mre.
Jean-François-Marc de Jaubert de St. Pons,
Confeiller en la Souveraine Cour des Comptes,
Aides St Finances de cedit Pays de Provence,
réfident en cettedite V ille , lequel nous a exhibé
une lettre miffive , St une déclaration St proteftation qui lui a été adreffée fous le même
pli, par Mre. Jean-Baptifte-Surleon d’Albertas
de Jouques, Seigneur Marquis de Greoux, ré­
fident en la ville de M ?;feille, le tout duement
contrôlé au Bureau de cettedite V ille , qu’il nous
a requis , conformément au defir dudit Mre.
d’Albertas , d’annexer St enrégiftrer dans nos
écritures, à laquelle requifition noufdit Notaire
adhérant y aurions tout de fuite procédé, ainfi
St de la maniéré que ci-après s’enfuit.

L

V»!

�280
Teneur de la Lettre mijfive , déclaration &amp;
proteftation y joints.
Marfeille le 30 Mars 89.
J’envoyai hier , mon cher coufin , par un
exprès à Maquan mon Procureur à Aix , la
lettre ci jointe, pour la porter chez un Notaire,
la faire tranfcrire, 6c m’en faire concéder afre,
enfuite de la porter à Me. Bertrand , Greffier
de la Province, 6c de lui faire lignifier ma pro­
teftation; il m’a renvoyé ma lettre, avec des
fi 6c des mais, ce qui m’a donné de l’humeur.
Vous me ferez plaifir , mon cher coufin , ma
lettre reçue , de vouloir bien vous charger de
faire faire cette même formalité ; je fuis bien
aife que mon Ordre connoilTe authentiquement
ma façon de penfer. Adieu , mon cher coufin,
je vous embraffe. Signé, Albertas de Jou ques }
fans paraphe; 8c au-deiTous eft encore écrit:
ma lettre vous fervira , s’il le faut, pour vous
autorifer de ce dont je vous prie ; il faut que
ma lettre foit tranfcrite au long chez le Notaire.
Et en-fous efi écrit: contrôlé à Aix le 31 Mars
1789, reçu quinze fols, Signé, DesforeJL
Marfeille ce 29 Mars 1789.
Je n’ai pas été, Monfieur, à l’AfTemblée des
Etats de la Province , 6c à aucunes de ‘celles
des Pofiedans-fiefs, connoifTant l’efprit qui de1voit y regner; 6c ma façon de penfer y étant
entièrement oppofée, ce qui n’auroit produit au­
cun effet. Je m’étois flatté, qu’avec Je tems &amp;
l’exemple

281
l'exemple de prefque toute la NoblefTe du R o ya u ­
me, mon Ordre fe feroit enfin rendu au vœu
général, par juftice , ou au moins par raifon;
comme je vois qu’elle perfide, je vous adrefTe
cette lettre, Monfieur, que je vous prie d’inférer
dans les regifires du Corps de la NoblefTe ,6c d’en
donner a&amp;e à Me. Maquan, mon Procureur,
qui vous la présentera, 6c que je charge de faire
tranfcrire aufli chez un Notaire ; afin que ma
façon de penfer fur ce qui fe palTe, qui n’a ja­
mais v a rié , foit connue de mon O rd re , ainfl
que les proteftations que je fais fur diverfes de
fes délibérations.
Dabord je déclare bien formellement , que
mon avis n’a jamais été pour l’Affemblée plé­
nière aux Etats de la Province, cette derniere
fois, de la part des PofTédans-fiefs ; le contraire
ayant été décidé à la précédente AfTemblée ,
6c l’appui qu’on a donné à cette prétention ,
étant plus captieux que régulier; que mon vœu
étoit pour l’égale répartition de tous les états,
tant aux contributions particulières de la Pro­
vince, qu’à celles de l’État, fans exemption 6c
privilèges dans l’impofition des biens nobles ,
tout de même que pour l’égale repréfentation
defdits trois Ordres aux Etats-généraux ; défavouant tout ce qui a été délibéré de contraire
à cela; je défavoue fur-tout, la lettre déshonnorantf , pour ce qu’on appelloit du Corps de
la NoblefTe, au Roi. Je me déclare contraire à
la délibération qui a été prife, de ne pas affifier
à TAfTemblée des SénéchaulTées, mon avis étant
d’y aller avec les proteftations de d r o it, qui
Nn

�i8 z
d ’ailleurs font autorifées par l’explication que
donne le Réglement du R o i, qui annonce .ne
porter atteinte dans le moment aux droits refpeffifs des divers pays , qu’à caufe de la circonftance. Je déclare aufîi que fi je n’aflîfte
ni n’envois me repréfenter à ma SénéchauiTée
à Forcalquier , c ’eft que je n’ai reçu que ce
jour mon afllgnation pour le premier d’Avril,
&amp; que je n’ai le rems ni de l’u n , ni de l’autre j
je protefte, autant qu’il eft en mon pouvoir,
contre la dépenfe confidérable qui a été faite
pour la prétendue 8c immenfe défenfe des fiefs,
qui a plus fervi a gâter les affaires , qu’à les
raccommoder ; je protefte contre les délibéra­
tions prifes de donner aux Syndics fix mille li­
vres pour tenir une table, la chofe étant inu­
tile par bien des raifons; je protelle contre la
délibération des quatre mille livres pour porter
le Cahier des Poffédans-fiefs à la C o u r , plufieurs d’eux ne demandant pas mieux qu’on les
en charge gratis, p o u r, cette commiflion, leur
fervir à leur affaires particulières. Je ne doute
pas aufîi que ceux qui habitent Paris, 8c qui
font de néceffité d’y retourner, ne s’en chargent
g r a tis , cela ne changeant rien à leur pofition ;
je protefte enfin contre la députation aux Etatsgénéraux qui a-été délibérée, 8c contre tous
ïes frais qui s’enfuivront : au refte , je déclare
que dans toutes les occafions, je foutiendrai de
mon bien, de mon fang même, s’il le faut, les
prérogatives 8c. les droits inhérans à mon Ordre,
fi jamais aucun Ordre y portoit atteinte ; ne
lui en ayant jamais reconnu d’injufte que celui
qui l ’exempte d ’une égale répartition aux char­

ges publiques, &amp; qui lui donne une fupériorité
de nombre aux Affemblées publiques. Je fuis
avec confidération, Monfieur, votre très-humble
8c très - obéififant .ferviteur. Signé , Albertas de
Jouques, fans paraphe. A côté eft encore écrit:
contrôlé à Aix le trente-un Mars mil fept cent
quatre-vingt - neuf. Reçu quinze fols. Signé ,
Desforejl. Et au dos de ladite lettre, eft encore
écrit : A Monfieur , Monfieur Jaubert de St.
Pons.
Et ainfi que deflus, noufdit Notaire, aurions
procédé à l’enrégiftremeut 8c annexe defdites
lettres, déclarations 8c proteftatations, pour fer­
vir 8c valoir ce que de raifon , de tout quoi
ledit M re.de Jaubert de St. Pons, en la qualité
qu’il agit, nous a requis de lui concéder aôte,
que nous lui avons concédé. Fait 8c pafte audit
A ix dans notre Etude, en préfence de fieur Jofeph-Touffaint Emeric, Bourgeois, 8c Me. AngePierre M arin, Huiftier en ladite Cour des Com p­
tes, Témoins requis &amp; lignés avec ledit Mre.
Jaubert comparoiflant, 8c nous S i l v y , N otaire,
à la minute. Contrôllé à A ix le trente-un Mars
mil fept cent quatre - vingt - neuf. Reçu quinze
fols. Signé, Lefueur.

L

’ a n mil fept cent quatre - vingt - neuf 8c le

dix-huitieme jour du mois d’Avril avant
midi , en préfence des témoins ci-après nom­
m é s, nous Confeiller du R o i , Notaire Garde
noies à Aix en Provence foufligné, avons pro­
cédé à l’enrégiftrement 8c annexe d’une lettre,
déclaration 8c proteftation y join te, qui nous
N n ij

�284
a été adreflfée à cet effet par Mre. Jean-BaptifteSurleon d’Albertas de Jouques, Chevalier, Sei­
gneur Marquis du lieu de Greoux, réfident en
la ville de Marfeille, ainfi 8c de la maniéré que
ci-après s’enfuit.
Teneur de la Lettre mijfive.
Je vous envois, Monfieur, ci-joint, une pro­
te c t io n pour les Etats de la Province, que vous
inférerez dans vos regiftres, 8c ferez enfuite li­
gnifier aux Etats affemblés dans leur première
féance } vous demanderez qu’il en fuit fait lec­
ture tout haut en préfence des Etats , par le
Greffier des Etats, pour que perfonne n’en ignore^
vous ferez fignifier auffi aux Etats en même
tems, ma proteftation au Corps des Poffédansfiefs, faite le premier de ce mois, 8c demande­
rez de même qu’il en foit fait leêture } vous
m’aviferez, je vous prie, li votre demande aura
été remplie, ainfi qu’elle doit l’êtrej ma lettre
vous fervira en ce que de befoin. Je fuis par­
faitement, Monfieur, votre très-humble 8c trèsobéiifant ferviteur. Signé , Albertas de Jouques.
Teneur de la Proteftation.
Marfeille le 15 Avril 1789.
M essieurs ,

Dans un tems de calamité tel que celui-ci,
dont nous reifentons les effets , tout Citoyen
doit fe ravifer fur les maux de fa Patrie, 8c en

faire ravifer ceux qui n’y font point attentifs.'
Ne pouvant , Meilleurs, avoir l’honneur d ’aflifter aux Etats de cette Province qui vont re­
prendre leur féance, j’y envois mes obfervations
8c ma proteftation fur tout ce qui y fera déli­
béré de contraire à la lituation des rems. Je
defire qu’elles faffent allez d’effet fur quelques
affiftans, pour qu’elles ne relient point infructueufes.
V oilà, Meilleurs, plufieurs années que cette
Province perd la plus grande partie de fes ré­
coltes ; en voilà deux confécutives ; voilà la
perte à-peu-près générale de tous fes oliviers,
arrivée l’hiver dernier j elle a pourtant payé 8c
paye également les mêmes fubfides à l ’Etat j
l ’Adminiftration n’a ceffé de l’impofer par la
continuité d’un nombre d’ouvrages, dont partie
auroient dû être fufpendus, 8c d’autres jamais
imaginés, pour l’honneur de cette même Adminiftration; ouvrages révoltans dans un tems mê­
me de profpérité , à plus forte raifon dans des
tems malheureux.
Je ne fais, Meilleurs, ce que l’on va faire
pour les nouvelles importions $ quoiqu’il en foit,
voici ma proteftation contre tout ce qui bleffera la juftice 8c la faine raifon j fi elle ne pro­
duit l’effet que j ’en attends, elle aura au moins
fait connoître ma façon de penfer fur des abus
tyranniques.
Tout réclame aujourd’hui, Meilleurs, autant
par fagelfe, que par néceffité, la plus grande

�286
économie. Il eft donc plus tems que jamais i
de mettre un frein à ce torrent de dépenfes defpotiquement dirigées par un petit nombre , &amp;
même de prendre des mefures fages fur celles
qui font inévitables. Il faut que l’on fufpende
toute efpece de travaux, excepté ceux qui fe­
ront indifpenfables, &amp; qui auront été jugés tels,
par une Commifïion bien choifie.
Meflieurs, je protefle donc contre toute dépenfe quelconque qui n’aura pas pour objet
l’abfolue nécefïité, &amp;. qui ne fera pas générale­
ment reconnue pour l’utilité publique, ou ne
pouvoir être renvoyée.. Je protefle contre tout
chemin de quelque clafïe qu’il fo it, qu’on voudroit entreprendre ou continuer, la circonflance
comportant tout au plus l’entretien de ceux déjà
confacrés au public.
v

Je protefle contre la refe&amp;ion St édification
de tout édifice public; fur-tout à jamais, con­
tre la conftru&amp;ion ou continuation de conflruction, &amp; même entretien de chemin qui n’a pour
objet que de conduire quelques particuliers chez
eux.
La Commifïion des derniers Etats avoit dé­
cidé qu’il falloit mettre la main &amp; continuer ce
qui avoit été ordonné &amp; commencé , &amp; où l’on
avoit déjà employé des fonds. Je fais que cela
a été fidèlement exécuté, mais c’eft au fïi, on
le voit bien , le moyen d’éternifer les abus ,
&amp; une preuve du peu de courage que l’on met
pour les détruire. Quand vous lafTerez - vous

Province &gt; d’être la contribuable de quiconque
voudra prendre la peine de fe donner une pré­
pondérance dans votre adminiflration ? Au refte,
fi parce qu’une chofe a été déjà décidée , &amp;
qu’on y a déjà employé une fomme, il falloit
la continuer &amp; l’achever, quelque inutile qu’elle
ait été reconnue , les abus fe perpérueroient ,
&amp; les meneurs feroient toujours fûrs d’arriver à
leur fin, pourvu qu’ils furpriflfent au moins les
fuffrages. Partant de l à , xMefïieurs, il n’efl pas
étonnant que nos importions particulières aient
été poufTées fi loin ; fi le Gouvernement, dans
fes déprédations, en eût fait autant, nos reve­
nus ne fufiiroient pas depuis long-tem s pour
payer les charges. Ne nous le difïimulons
point , Meilleurs , nos impofitions locales ont
été beaucoup plus pefantes que celles du Gou­
vernement. Malgré tant d’immenfes dépenfes,
foit dit en pafïant , prefque toutes les rou­
tes &amp; les chofes publiques font dans un état
affreux.
Je protefle, Mefïieurs, contre l’entretien excefïif auquel les Etats derniers ont confenti pour
un Bibliothécaire , lorfqu’ils auroient dû s’oc­
cuper d’alléger les impofitions légitimes, &amp; don­
ner aux malhereux, les moyens de fe procurer
du pain, fans les furcharger de nouveau pour
fatisfaire à un certain nombre. La garde de cette
Bibliothèque pourroit être donnée à un College,
à des Moines, la Province y eût trouvé fa mê­
me utilité, &amp; bien plus celle de ne pas perdre
de v u e , le foin d’alléger le fardeau de fes con­
tribuables dans les tems de mifere ; d’autant que

�\

z88
c’eft fur la clafte malheureufe que font reparties
ces efpeces de charges.
Au refte , ce n’eft point dans le moment des
circonftances fâcheufes, qu’on exécute des pro­
jets de luxej &amp; l’Adminiftration ne devroit point
faire penfer, lorfqu’elle follicite des foulagemens
de la part du Gouvernement, que ce n’eft que
pour avoir plus de moyen de Satisfaire fes fantailles. Je protefte encore contre toute penlion
que peut donner la Province, qui ne fera pas
avouée indifpenfable par les Etats affemblés ;
8t j’exhorte ces Meilleurs de prendre connoiffance de toutes celles que l’on fait.
Voilà , Meilleurs, les objets principaux fur
lefquels je réclame , 8c s’il faut parler le ftyle
du jour, les juftes doléances que tout patriote
doit porter à nos Etats particuliers. S’il m’eft
échappé quelque choie, tout le monde a le mê­
me intérêt, 8c doit fe faire un devoir de le rap­
pelles Signé} Albcrtas de Jonques à l’original.
Contrôlé à Aix le dix-huit Avril mil fept cent
quatre - vingt-neuf. Reçu quinze fols. Signé,
Vesforefl.
Et ainfî que deftus, Noufdit Notaire , avons
procédé à l’enrégiftrement 8c annexe de tout ce
que delfus, enfuite de la requifion qui nous eft
faite dans la lettre ci-deftus enrégiftrée, 8c a&amp;e
fait 8c pafte audit Aix dans notre Etude, en préfence de (leur Antoine-Marius Paul , Acoliyte
Chapelain 8c Me. Ange-Pierre Marin, Huiftier
en la Cour des Comptes, tous dudit A i x , T é­
moins

*.

l8 9

moins requis 8c flgnés avec noufdit Notaire.
Signé, S ilv y , Notaire.
L a n mil fept cent quatre-vingt-neuf, St le
vingtième jour du mois d'Avril , à la requête
de Mre. Jean - Baptifte - Surleon d’Aîbertas de
Jouques , Chevalier, Seigneur Marquis du lieu
de G reo u x, réfident en la ville de M arfeille,
nous Huiftier en la Souveraine Cour des C o m p ­
tes, Aides 8c Finances de ce Pays de P ro ven ce,
domicilié en cette ville d ’A ix fouffigné, avons
intimé St fignifié les ades déclaratifs 8c protef ■
tatifs, faits le trente-un Mars dernier 8c dixhuit du courant y pardevant Me. S ilv y , N o ­
taire de cettedite V ille, ci-deflus en copie St
leur contenu, à Meffeigneurs 8c Meffieurs des
Etats de ce Pays de Provence , actuellement
féants en cette ville d ’Aix , aux fins qufils n ’en
ignorent, 8c leur avons lailTé copie tant des fufdirs aêtes, que du préfent exploit, parlant en
domicile dans le Bureau de la Province, à la per fonne de Mr. Me. Ricard , Greffier à l ’Aftem blée des fufdirs Etats, que nous avons requis 8c
prié d’en faire leCture dans la première féance
defdits Etats. Signé, M a r i n ,

�291

19°

N°.

XIII.

Acte interpellatif des Syndics des Corps &amp; Communautés, acquéreurs des eaux du Canal Boifgelin.
N®. XIII.

X

’ a n mil fept cent quatre-vingt-neuf, 8c le
J _|vingt de ce mois d’A v r il, à la requête des
fleurs Syndics des Communautés 8c Corps ac­
quéreurs des eaux du Canal Boifgelin dans la
Crau , qui font éle&amp;ion de domicile à la maifon de Me. Dignofcio, Procuteur en la Sénéchauffée , rue du College $ il eft expofé q u e , par
les arrangemens pris avec le P a y s , ledit Pays
eft chargé de l’entretien 8c recurage dudit Canal,
8c que pour en affurer les fonds, il fut con­
venu que le Pays retiendroit annuellement dix
mille livres fur les cent cinquante que le R o i
donne en indemnité du prix du fel , 8c ce l’an­
née d’après que les Communautés &amp; Corps ac­
quéreurs des eaux en jouiroient. En exécu­
tion de cet accord , les eaux ayant coulé
dans le Canal en l’année 1 7 8 7 , il a été placé
dans le courant de l’année 1788 , dix mille li­
vres avec deftination pour l’entretien 8c recu­
rage de cette branche du Canal Boifgelin. Il
refte encore à placer pour la pleine deftination,
la fomme importante de quatre-vingt-quinze
mille livres , lefquelles jointes aux dix mille
liv re s , qui l’ont été déjà, formeront celle de
cent cinq, que les Communautés 8c Corps acqué­
reurs des eaux ont parfournis, 8c dont le pla\ »

cernent doit faire partie du gage &amp; delarefponflon defdits Corps 8c Communautés , pour la
fureté de l’entretien 8c réparation dudit Canal.
Cette fomme feroit certainement placée , fi le,
Pays pouvoit fe flatter de recevoir annuelle­
ment de Sa Majefté les cent mille livres fur lef­
quelles doivent être prifes les dix mille livres
du placement .annoncé ; mais comme lefdites
cent cinquante mille livres n’ont été promifes
par Sa Majefté que jufques en 1790 inclufivement, 8c qu’il eft revenu aux Expofants que fur
les cent mille écus qui reftent à retirer pour les
années 1789 8c 17 9 0 , il en a déjà été dépenfé
par anticipation une fomme importante , 8c que
le Pays a le plus grand intérêt à ne pas faire
des fonds pour le placement promis aux E x p o ­
fants , fi le Gouvernement ne continuoit pas à
donner les cent cinquante mille livres par an­
née, 8c qu’il importe auxdits Expofants de pré­
venir toute conteftation de la part des Etats j c ’eft
la caufe qu’ils fomment, requièrent 8c interpel­
lent les fufdits Etats de pourvoir au placement
de quatre-vingt-quinze mille livres qui reftent à
placer pour l’intérêt des Communautés 8c Corps
acquéreurs , 8c ce fur le produit des fonds qui
reftent à retirer en indemnité du prix du fel
pour les années 1789 8c 1790 ; proteftant, en
cas que le Pays employât les fufdits fonds de
1789 8c J790, 8c ne fit pas le fufdit placement
fur les fonds qui reftent à retirer, de l ’en ren­
dre refponfable, 8c l’obliger à impofer pour 8c
jufques au concurrent de dix mille livres par
année, jufqu’à perfection 8c confommation du
placement defdites quatre-vingt-quinze mille liO o ij

�1 Ç)Z
vres qui reftent à placer ; comme les Etats ayant
refufé de pourvoir au fufdit placement, quand
il y avoit encore des fonds procédans du prix
du fel qui y avoit été fpécialement afîetté, &amp;
atte. Signé, Cappeau à l'original, par quoi nous
Huiffier en la Cour du Parlement de ce Pays de
Provence fouffigné , avons à la fufdite requête,
intimé &amp;. fignifié Taéte ci-deflus aux Etats de
Provence , en domicile &amp;. au bureau du P a y s ,
parlant à Me. Ricard un des Greffiers , l’an
&amp;. jour fufdit baillé copie , tant du fufdit atte
que de notre exploit à la perfonne dudit Me.
Ricard. Sign é, C h a u v e t .

z 93 '

T A B L E
DES
16 Janvier
I;^ ‘

1 7 Janvier.

FIN.

28 Janvier.

MATIERES.

£ ) Uuverture des Etats ,
Lettre du Roi aux E tats,
Difcours,
Meffe du St. E fp rit,

Pag. 3 &amp; 4.
56.
7-

Places occupées par M M . les Confuls d’A i x , Pro­
cureurs du Pays ,
8.
Protejlation des Députés des Communautés &amp; F i ­
gueries , fur l ’illégalité de V Affemblée, &amp; l ’é­
nonciation des mots Etats, Ordres,
Ibid.
Protejlation contraire des autres Membres,
Ibid.
Nomination des Greffiers des E ta ts,
Ibid.
Vérification des pouvoirs des AjffiJlans aux Etats , 9.
Mémoire de M M . les Nobles non pojffédans fiefs ,
pour l ’entrée aux Etats ,
13.
Rang &amp; féance provifoire aux porteurs des titres
conteftés,
14.
Serment,
Ibid.
Difcours de M . VAffeffeurd’A i x , Procureur du
P a y s,
15.
Commijffion propofée pour la vérification des pou­
voirs ,
Ibid.
Obfervations des Députés des
&amp;
guéries ,
Ibid.

�*94

*95
Légitimation par acclamations,
38,
Avis écrit lu par un Membre de la Nobleffe , Ibid.
Adhéfion des Députés des Communautés &amp; V i­
gueries ,
Ibid.
Nomination des Commijfaires pour la rédaction du
Procès-verbal,
39.
Obfervation des Députés des Communautés &amp; V i­
gueries fur cette nomination ,
Ibid,
Refus du Député de la Viguerie de Tarafcon ,
d’être Membre de cette Commijfion,
Ibid.
Députation pour faluer &amp; remercier M M . les
Commijfaires du Roi ,
Ibid.
Déclaration des Députés des Communautés &amp; V i­
gueries fur cette députation ,
40.
Entrée de MM. les Echevins de M arfeille, &amp;
protejlation de leur part contre l ’Arrêt du Con­
fia i, du zg Novembre 178 8 , pour la préféance
alternative entre Marfeille &amp; Arles ,
41.
Protejlation contraire de M M . les Confuls d’A rles,
Ibid.
Enrégiftrement au Greffe des Etats de l ’Arrêt du
Confeil,
42.
Protejlation de M M . de l ’Ordre de Malte fur la
préféance de M M . les Vicaires généraux , 43.

Obfervatîons des autres Mmembres 9
1 8,
Propofition des CommiJJ'aires 9
19.
Délibération,
Ibid.
Protestation des Députés des Communautés ‘ &amp; Viguerie* &gt; .
Ibid.
Réponfe à cette proteftation ,
20.
lnjtruction du Roi à M M . fes Commissaires, fur
la tenue des E ta ts,
21.
2$ Janvier.

»■ JQ Janvier.

Acte proteSiatif fignifié aux Etats , à /fl requête
des Députés des Communautés &amp; Vigucries, 23.
Seconde lecture des injtructions du Roi à M M .
fes Commijfaires i,
29.
Troifieme lecture dudit Mémoire ,
30.
Objervations des Députesdes Communautés
&amp;
Vigueries,
Ibid.
------ des autres Membres ,
Ibid.
Délibération à ce fu jet,
31.
Députation vers M M . les Commijfaires du R oi, Ibid.
Obfervation des Députés des Communautés &amp; Vigue­
ries 6* refus de fe joindre à la députation, Ibid.
Départ des Députés des deux premiers Ordres , 32.
Retour des Députés,
Ibid.
Réponfe de MM. les Commijfaires du R&gt;oi à la
députation,
33.
Ohfervations des Députésdes Communautés &amp;
Vigueries fur cette réponfe ,
Ibid.
-------des autres Membres ,
34.
Lecture des Délibérations contenant les injtructions
des Députés des Communautés &amp; Vigueries, 36.
Obfervation du Député de la Viguerie de Tarafcon ,
Ibid.
-------des autres Membres 9
37.

i 1 Jan v ier.

Rapport de la Commijfion pour la vérification des
pouvoirs y
,
*kid.

Tranfcription de l ’avis écrit, lu la veille par un
des Membres de la NobleJJè ,
44.
Rapport des Députés nommés pour M M. les Com­
mijfaires du Roi ,
66.
Annonce de l ’entrée de M M . les Commijfaires du
Roi aux Etats ,
67.
Réclamation des Députés des Communautés &amp; V i­
gueries pour demander la convocation d’une
AJ]emblée générale des trois Ordres ,
68.
Dire de M M. les Confuls d’A ix , Procureurs du

Par s &gt;
#

Ibid.

�i&lt;)6
Adhéfion des Députés des Communautés &amp; Vigueries à ce dire ,
Ibid.
Obfendettions des autres Membres ,
69.
Réponfe des Députés des Communnautés &amp; V igueries ,
Ibid.
•-----des autres Membres ,
Ibid.
Entrée de M M , les Commiflaires du Roi aux
E ta ts,
70.
Commijflion générale pour le Don gratuit &amp; autres
impofitions ,
Ibid.
Mémoire du Roi fervant d’inftruclion à MM. fes
Commiflair es ,
b
Demandes du Roi. ----- Don gratuit ,
74.
----- Milices ,
Ibid.
----- Capitation
75Chemins ,
76.
—— Commerce ,
Ibid.
Interpellation aux deux premiers Ordres , s'ils veulent contribuer au payement du Don gratuit &amp;
des Milices ,
IbidRéfumé du vœu des deux premiers Ordres fur cette
interpellation ,
78.
Obfervations des Députés des Communautés &amp; V igueries fur la rédaction de ce réfum é,
79*
----- des autres Membres ,
80.
Voies de conciliation propofées par les deux pre­
miers Ordres,
87.
Réponfe des Députés des Communautés &amp; V igueries, ^
Ibid.
Demande d’ un Syndic des Communautés,
Ibid.
Délibération fur le Don gratuit,
Ibid.
Dire de M M , les Confuls d’ A ix , Procureurs du
P a ys.
82.
Obf :rvation de la part des deux premiers Ordres,
83.
Délibération

297
Délibération fur les Milices,
85.
-— - fur la Capitation,
Ibid!
Obfervations des Députés des Communautés &amp; Vigueries fur cette derniere Délibération
Ibid.
Demande de la Nobleflè, pour que la capitation
porte uniquement fur la Claflé des gens aifés,
Ibid.
Députation à MM. les Commiffaires du Roi, pour
leur faire part de ces Délibérations,
86.
Subrogation du Député de la Viguerie de SaintMaximin à celui de la Viguerie de Tarafcon,
pour la rédacîion du Procès-verbal,
Ibid.
Proteftation de MM. du Clergé contre l’avis écrit,
lu dans la féance par un de MM. de la Noblefè,
87.
------ de MM. de la Nobleflè,
88.
Dire des Députés des Communautés &amp; Vigueries
fur ces proteftations,
90.
Déclaration &amp; réjerve de tous fes droits, de la
part de celui qui avoit lu cet avis écrit, 91.
Objervations des deux premiers Ordres,
Ibid.
------ des Députés des Communautés &amp; Vigueries,
Ibid.
Proteftation fur l’illégalité de l’A f emblée
l’é­
nonciation , Etats, Ordres,
92.

7

0

i A vi il

79

l $'

Reprife des féances des Etats ,
Ibid.
Difcours de M. l ’Evêque de Fréjus , Préfident,
Ibid.
Légitimation des pouvoirs des Députés qui ont remplacé les abfens ,
93.
Serment prêté par ces Députés,
94.
Inftruclions du Roi à MM. fes Commijfaires fur la
reprife des féances des Etats 5
95.
Contribution aux charges publiques ,
96.
pp

�198
Dire des Députés des Communautés &amp;
fur les déclarations faites au nom des deux premiers Ordres dans les Ajfe/nblées des Sénéchauffées ,
Ibid. •
Renouvellement de la part du Clergé de fa déclaration, •
97.
Dire, déclaration &amp; proteftation de la Noblejfe , 98.
Proteflation contraire des Députés des Communautés
&amp; feigne ries ,
99.
Adhéfion de plufieurs Membres de la Noblejfe à la
déclaration faite au nom de cet Ordre ,
Ibid.
Renonciation de MM. du Parlement ù des Comp­
tes au droit de compenfation des tailles , Ibid*
Recommandation des Etats auprès de Sa Majefté
&amp; du Miniftre des grâces eccléfiafhques en fa­
veur de M. l ’ Abbé de Coriolis \
100.
Commiffion pour la rédaction du procès-verbal, Ibid.
11 Avril.

14 Avril.

Déclaration du Roi fur les troubles de Provence ,
101.
Lettre à écrire au Roi en remerciement &amp; en de­
mande de fecours ,
Ibid.
Nomination des Commiffaires pour la rédaction de
cette lettre ,
102.
Demande de plufieurs Communautés pour obtenir
l’ entrée aux Etats ,
Ibid.
Admijfion provifoire du Député du Val de Bar; reme ,
103.
Lecture du procès-verbal des dernieres fiances :
Obfervations du Député de Pertuis ,
Ibid.
Projet de la lettre au Roi , délibérée dans la der­
nière féance ,
ïo6.
Conduite patriotique du Député de Toulon dans les
troubles qui ont eu lieu dans cette Ville , 108.

*99

Nouvelle lecture des inftruclions du R oi, &amp; d'un
article de l ’Ordonnance de Provence de 1535,
Ibid.
Délibération de l ’A[[emblée générale de MM. les
Poffédans-fiefs du 23 Avril 1789,
109.
Demande des Députés des Communautés &amp; Vigueries à MM. du Clergé , s’ils veulent contribuer
aux charges à compter du premier Janvier dernier,
&amp; réponfe y
no.
Obfervations des Députés des Communautés &amp; Vigueries f ir cette délibération ,
11 r.
Interpellation à MM. de la Noblejfe, s’ils veu­
lent contribuer aux charges à compter du pre­
mier Janvier dernier f &amp; réponfe,
112.
Renvoi au lendemain de la délibération fur les importions,
113.
Subrogation de M. d*Alpheran de Ruffian de Ste.
Croix } à M. d’Eftienne du Bourguet ,pour la
rédaction du procès-verbal,
Ibid.
Reprife de l interpellation faite à MM. de la No­
blejfe la veille , fur les contributions ,
114.
Dire du D.puté de Forcalquier }
Ibid.
------ De Sifteron ,
115.
Adhéfion de la pluralité au dire du Député de
Si(teron ,
n 6.
Proteflation de J\I. l’Abbé de Coriolis fiur l’illé­
galité des Afemblées des Sénéchauffiées f Ibid.
Réponfie des Députés des Communautés 6’ VF
gueries ,
117.
Procès-verbal d’opinions de MM. de la NobleJJe
fur l’interpellation ci-defiiis,
,
118.
Réponfe des Députés des Communautés 6* Vigueries à ces différentes opinions ,
123.
Délibération fur les impofitions ,
125 &amp; 127.
Pp ij

�2-7 Avril.

*

Témoignages de fatisfaction fur la conduite de
plufieurs Députés pendant les troubles de Pro­
vence ,
T32.
Compliment de condoléance à M . VEvêque de
Fréjus fur la mort de fon neveu ,
133.
Déclaration de M. Dauphin de Trébillane fur fa
contribution aux charges ,
Ibid.
Acte proteftatif fignifié aux Etats à la requête de
MM. de la Nobleffe fur les ordres donnés par
M M . les Commiffaires du Roi pour la fufpenfion &amp; reprife des féances des Etats , 6* fur les
Députations faites aux Etats-généraux dans les
Sénéchauffées,
136.
Proteftation au nom du Pays fur la convocation
faite par Sénéchauffées ,
Ibid.
Adhéfion du Clergé &amp; des Communes au premier
article de L’ acte proteftatif de la Nobleffe , Ibid.
Adhéfion du Clergé au fécond article de cet acte }
Ibid.
Dire des Communes fur ce fécond article, Ibid.
Teneur de l ’acte proteftatif,
138.
Appointemens des fieurs Baud &amp; St. Martin. Nou­
velle délibération,
140.

p i
■ • Des Ingénieurs du Pays,
141.
Proteftations &amp; oppofitions de plufieurs Députés des
Communautés &amp; Vigueries,
Ibid.
Secours à la Viguerie de Draguignan pour des bat­
tues à l’occafion d’une bête féroce ,
148.
Dotations de St. Vallier ,
Ibid.
Députation à l’audition du compte du Pays de
1788,
14p.
Aumône a l’Œuvre du Refuge 6* à celle du Confeil charitable d’A i x f
Ibid.
Délibérations &amp; actes proteftatifs fignifiès pendant
la fufpenfion des féances des Etats ,
150.
28 Avril.

Canal Boifgelin. — Sufpenfion des ouvrages. 156.
Rétabliffement des arrofages à Allen &amp; à Malemort. — Renvoi aux prochains Etats,
Ibid.
Emploi des fonds qui reftent libres ,
157.
Sufpenfion des appointemens du Directeur du Canal
Boifgelin ,
Ibid.
------- De l ’Ingénieur adjoint au Directeur , 158.
Remifes accordées fur le prix du fel : Dénoncia­
tion des Lettres patentes du 4 Novembre 1780 ,
qui en laiffent l’emploi à la difpofition des Adminiftrateurs du Pays ,
158.
Etat des fommes payées aux Ingénieurs du Pays
depuis 1786,
160.
A grandiffement de la rue du Luc fervant de paf
fage au grand chemin ,
161.
Renvoi aux prochains Etats de plufieurs Mémoires,
Ibid.
Nomination des Commis au Greffe des Etats, Ibid.
------- *Des Commis aux écritures ,
Ibid.
------- Des Procureurs dans les Tribunaux , Ibid.
— 1 Du Notaire ,
Ibid.
■■ '
De l’ Avocat aux Confeils du Roi, Ibid.

�Du Concierge , Trompette &amp; MeffagersServiteurs ,
163.
Refus des Etats de députer à La Cour pour porter
Le cahier ,
Ibid.
Oppofitions à cettedélibération,
Ibid.
Réclamation de L'un de M M. de la Noblejfe fur
L infériorité du nombre ,
167.
Réponfe des Députés des Communautés &amp; Vigue­
ries ,
Ibid.
Procureurs du Pays joints : Refus de Les nommer,
Ibid.
Protejlation des Procureurs du Pays nés,
Ibid.
"" De plufieurs autres membres des Etats ,
Ibid. Sc fuiv.
Notification aux Etats de La députation aux Etatsgénéraux , faite par Les poffédans-fiefs ,
1714
Obfervations &amp; déclarations des Députés des Com­
munautés &amp; des Vigueries ,
Ibid.
Requifition de M. i AJfeJfeur d 'A ix , Procureur du
Pays , pour La clôture des féances des Etats,
Ibid.

3°3
du Procureur fondé de Mgr. l'Archevêque
d A ix , fur la fufpenfion des appointemens du
Directeur du Canal Boifgclin ,
176.
Bibliothèque du Pays : Sufpenfion des appointemens
desperfonnes attachées à fon feivice ,
177.
Communauté de Meçel : Emploi des fonds accor­
dés pour barricades ,
Ibid.
Préfident des Etats : Requifition de MM. de la
Noblejfe , fur la préfidence exercée par M. l’E­
vêque de Fréjus ,
178.
Requifition de MM. du Clergé pour le même fujet,
Ibid.
Dire des Députés des Communautés &amp; Vigueries ,
Ibid.
Clôture des Etats ,
ijy .
Expofé de l’un de MM. de la NobleJJe fur ce qui
a été tranferit dans le procès-verbal , relative­
ment à l ’infériorité du nombre de cet Ordre ,
Ibid.
Noms des Affijlans aux Etats,
181.
Opinion

TABLE
18 A vril
&lt;Je r e l e v é e .

Oppofition de M. de Renaud d’ Allen au renvoi aux
prochains Etats , de La délibération pour les
arrofages d’ Allen &amp; de Malemort ,
172.
Protejlation de M. de Renaud d’ Allen contre la
tranfeription dans le procès-verbal de la récla­
mation fur L’ infériorité du nombre de MM. de
la Noblefie ,
173.
Adhéfion de plufieurs membresdes Etats , Ibid.
Protejlation de M. de Boyer d’ Eguilles fur un dire
des Députés des Communautés &amp; Vigueries fur
La députation de la Noblefi'e aux Etats - géné­
raux ,
. 1 7 4 .
Adhéfion de plufieurs membres,
175

II

des Pièces annexées au procèsverbal.

N°. I. Acle fignifié aux Etats à la requête de M.
de Mirabeau,
pag, 191.
*N°. II. Exploit defignification de cet acle à M. l’Archvêque d.'Aix &amp; à M. l’Evêque de Digne ,223.
N°. III. Déclaration des Députés des Communautés
&amp; Vigueries fur la convocation d’une Aj]emblée
générale des trois Ordres , &amp; l’illégalité de
l ’Ajjemblée actuelle pour députer aux Etatsgénéraux ,
225.
N°. IV. Contre-protejlation des Députés des Com­
munautés &amp; Vigueries , relativement à l’avis écrit
lu par M. de Mirabeau ,
230.

�5°4

^

N°. V . Délibération de la ville de Sifteron fur la .
demande d’ une nouvelle formation des Etats , 235 .
N °.V l. Proteftation des Députés des Communautés
&amp; Vigueries fur la fufpenfion des féances des
Etats ,
246.
N°. V II. Proteftation de M M . les Nobles non poffédans-fiefs contre un imprimé ayant pour titre:
Proteftation 8* délibération de la Noblefte de
Provence dans Ton Aflemblée générale ,du 20
Janvier 1789 ,
250.
N°. V III. Délibération du Clergé féculier &amp; régu­
lier de Marfeille fur la contribution aux charges ,
la nouvelle formation des Etats 6* la députation
aux Etats-généraux ,
256.
N°. IX . — Du Chapitre des Accoules de la même
Ville , fur le même Jujei,
262.
N o.'X .Acle proteftatif des Députés des Communau­
tés &amp; Vigueries , contre un ouvrage imprimé &amp;
intitulé : Recueil des pièces concernant les
Etats de Provence ,
266.
N 0. X I . Déclaration &amp; placet de M. le Curé a’Auriol , relativement à l’ entrée du fécond Ordre du
Clergé dans les Etats ,
273.
N°. X II. Acte déclaratif &amp; proteftatif de M. d'Al­
iénas de Greoux, contre diverfes délibération de
MM. les poffédans-fiefs &amp; contre toute dépenfe
inutile &gt;
279.
N°. X III. Acte interpellatif des Syndics des Corps
&amp; Communautés, acquéreurs des eaux du Canal
Boifgelin
290.

A A 1X , des Im prim eries d e G i beli n - D a v i d 8c EmericD avid &gt; A v o c a t s , Im p rim eu rs d u R o i te des Etats. 17S9.

PROCÈS-VERBAL
D E

L’A S S E M B L É E

GÉNÉRALE

D ES

GENS
DU

BU TI ERS - ÉTAT
PAYS

ET

COMTÉ

D E

PROVENCE,
Convoquée j par autorité &amp; permijfion de Sa Majefté} en la ville
d’A ix , au 30 Avril i/8g.

A

AIX,

D es Imprimeries de G i b e l i n - D a v i d 6c E m e r i c -D a v i d &gt; Avocats*
Imprimeurs du Roi &amp; du Pays.
M.

DCC.

LXXXIX.

�</text>
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                <text>Procès-verbal de l'Assemblée de nosseigneurs des Etats-généraux du pays et comté de Provence, que les sieurs députés des communautés &amp; vigueries, attendu l'illégalité par eux réclamée contre lesdits Etats, n'ont voulu intituler que procès-verbal de l'Assemblée, convoquée en la ville d'Aix le 25 Janvier 1789</text>
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(2/4)

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(3/4)

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(4/4)

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                    <text>Tome 2

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} 0

RÉGLEMENT
d e s

é t a t s

,

P O U R

L’A D M I N I S T R A T I O N
D E S

TRAVAUX

PUBLICS.

��RÉGLEMENT
D E S

É T A T S ,
P O U R

L’AD M IN ISTRATIO N
D E S

T R A V A U X PUBLICS.

A

AIX ,

Dfi l’Imprimerie de B. G ib e l in -D a v id , &amp; T . E m er ic -D a v id .
Avocats, Imprimeurs du R o i &amp;. des Etats de Provence»

M. D C C . L X X X V I I I .

��DES É T A T
Pour VAdmlnijlratîon des Travaux
sasa.

L I V ■4R E

P R- E M I_ E, R .„ ;

JTE L’A D M I N I S T R A T I O N .

T I T R E

PREMI ER.

Des Procureurs du P ays nés &amp; joints. '
A

r t

I CL E

PREMIER.

L fera délibéré dans une AfTemblée des Procureurs du
Pays nés &amp;. jo in ts , qui fera tenue après la clôture des
Etats, fur l’exécution des ouvrages qui auront été délibérés
par les Etats j dans une autre qui fera tenue au mois de

I

�4
Juin , fur l’état de tous les ouvrages exécutés on commen­
cés : dans une troifieme qui fera tenue avant l’ouverture
des Etats , fur l’état de tous les ouvrages exécutés ou com­
mencés , St fur tous ceux qui doivent être propofés à la
prochaine Affem blée des Etats.
A r t .

I î.

Toutes demandes pour conftru&amp;ïon d’un nouvel ouvrage,
feront adreffées aux Procureurs du P ays nés St joints , pour
qu’il foit fait rapport à l ’Affem blée des Etals du degré d’u­
tilité ou de néceffité du nouvel ouvrage.
A r t .

III.

Lès Procureurs du Pays remettront à la Commiffion des
travaux publics, dans l’Affem blée des Etats, les Mémoires
détaillés fur la néceffité , ou l’utilité du nouvel ouvrage.
A r t.

IV .

S’il y a lieu de délibérer , l ’Affem blée des Etats délibérera
que les Mémoires , plans &amp; devis feront rédigés St rapportés
enfuite à l’Affem blée prochaine des Etats.
A r t .

V.

Les Procureurs du P a y s , remettront à la Commiffion des
travaux publics, dans l’Affiemblée des E tats, les plans d’em­
placement , St de conftruCfcion des ouvrages dont i’AiTembîée précédente des Etats aura reconnu fu tilité , ou la né­
ceffité , St ordonné les plans St devis ÿ ils y joindront l’eftimation précife de la totalité de la dépenfe pour la totalité
de l’ouvrage conduit jufqu’à perfe&amp;ion , St une inftruftion
détaillée fur la durée de la conftruftion to ta le , fur les épo-

�5
ques de tr a v a il, de dépenfe, 6c de payem ent pour çha
de ces fubdivifions.
A rt. V I.
les Procureurs du P ays , en propofant aux Etats un nou­
vel ouvrage à faire , donneront l’état de tous les tr
délibérés, 6c dont la dépenfe n’eft pas foîdée , foit à com ­
mencer , com m encés, ou finis ; 6c cet état préfentera les
époques de payem ent de chacun des travaux comparés aux
rentrées des fonds qui leur ont été deftinés ; ce qu’étant confidéré par l ’A ffem b lée, après qu’elle aura examiné tout ce
qui e(t relatif au p r o je t, elle délibérera définitivement,
A rt.

V II.

L’Aflemblée des Etats ayant délibéré la confiruétion d’un
ouvrage déterminé., les difpofitions Je concernant, &amp; fixé la
fomme totale des dépenfes , les Procureurs du P a ys rem et­
tront à l’AfTemblée des Procureurs du P ays nés 6c jo in ts, les
Délibérations des E ta ts , 6c le détail de toutes les difpofitions
à prendre pour leur exécution.

A

rt.

V III.

Tout ce qui concerne les conftruétions, réparations , en­
tretiens , 6c la confervation des travaux publics ne pourra
être mis à exécution , fans une D élibération préalable des
Memblées des Procureurs du P a y s nés 6c joints.
A r t.

I X.

Seront représentés dans ces Affem blées tous les mandats
faitSj les indications des mandats à faire pour tout ce qui
concerne les ouvrages publics pendant l’intervalle defdites
AfTemblées,

�A R T.

X.

N ul mandat ne pourra être donné pourune affaire urgente,
que dans une Affem blée des Procureurs du P ays joints qui
fe trouveront à A ix .
'

A

r t

.

XL

L ’em ploi des fonds fuivant les deffinations prefcrites ;
les payemens des Entrepreneurs feront réglés de la même
maniéré.
A R T. X ï I.
N e pourront les Procureurs du P a ys , fans appeîler les
Procureurs du P ays joints , féans à A i x , régler les droits
des Vigueries , des Communautés , &amp; des Particuliers dont
les conteflations feront relatives à l’emplacement &amp; aux dépenfes des chemins de V iguerie , ou de Communauté , les
recours d’eftimation formés pour le payem ent des emplacemens , démolitions , m atériau x, &amp; dommages dépendans
des travaux publics , fk les juger définitivement 5 diriger
le fervice des Ingénieurs, &amp; des autres perfonnes employées
dans les travaux des Etats 5 ordonner toutes réparations hors
d’une nécefîîté urgente &amp; im prévue j &amp; réprimer toutes les
œ uvres &amp; entreprifes nuifibles à la confervation &amp; liberté
des routes , &amp; à la fûreté des autres ouvrages publics ? en
contraignant conformément au Réglem ent.

$1$

�Des Ingénieurs du P ays .

L y aura cinq Départemens dans la P r o v i n c e t e ls qu’ils
ont été établis en 1783 5 A i x , O r g o n , D igne , Brignolîe
&amp;Draguignan,
A r t . IL
L’Ingénieur en C h e f fera chargé du 'Département d’A l x ,
en conformité du R églem ent fait en 1783 , St ratifié p
l’Affemblée générale de 17845 St de la tenue des regiftres
concernant les ponts Se chemins : ils feront dépofés au B u ­
reau des travaux publics de la P rovin ce , fans qu’ils publient
être déplacés ainfi que les plans, devis , tant de conftrûction que d’entretien , St tous «êtes , baux St trànflôfions
concernant les travaux p u b lic s, lefqueîs feront fignés de lu i,
&amp; 'des Procureurs du P a y s 5 St l ’un des Commis au Greffe
fera chargé fpécialement St uniquement de tous les dépôts
en plans, devis , mémoires , St autres aôtes quelconques ,
&amp; de toutes écritures relatives aux travaux publics.
A R T.

III.

Ne feront em ployés aucuns P iq u e u rs, Contrôleurs , V i
fiteurs, fur les travaux publics, que dans le cas où l ’A fie râ­
blée des Procureurs du P a y s nés St joints le jugera néceffaire
pour un ouvrage dont la vérification définitive ferait fufceptible de doutes St de d ifficu ltés, tels que les fondations
d’un pont, mur , d ig u e s, St autres ; St dans ce cas il ne
pourra être choifi que des gens capables de bien remplir les
commiffions dont ils feront chargés.

�8
T I T R E

111.

Des fonctions de l’Ingénieur en Chef.
A r t i c l e

p r e m i e r

.

T T ' Nfuite des arrêtés du Bureau pour les affaires courantes,
J _ i l ’Ingénieur en C h e f expédiera la correfpondance, les
avis au Greffe pour les paiem ens, les Ordonnances des Pro«
cureurs du Pays 5 fera faire le double des plans néceffaires
aux Entrepreneurs, pour le tout être ligné par les Procu­
reurs du P a y s , 8c enfuite enrégiftré.
A rt

IL

Il enrégiftrera les réfukats des procès-verbaux de récep­
tion ou de refus pour les conftruétions 8c entretiens, les
procès-verbaux de tournée 8c de contraventions; il les pré­
sentera à l’Adm iniffration, infcrira fans délai 8c à mi-marge
l ’arrêté du B ureau, 8c expédiera les Ordonnances en conféquence.
A r t . III.
A l ’époque de chaque Affem blée particulière de MM. les
Procureurs du P ays nés 8c join ts, l’Ingénieur en Chef re­
mettra aux Procureurs du P ays l’état de fituation de tous
les travaux finis ou commencés en vertu des Ordonnances
rendues, comparé avec les fonds deftinés, échus 8càécheoir,
l ’état des paiemens pour les dépenfes de réfactions prenantes
ordonnées ou à ordonner; 8c à la fin de chaque année, il
remettra le compte général 8c le tableau de fituation ées
ouvrages des cinq Départemens.

Art. IV.

�9
A rt.

'

IV.

Les plans, dépendans des projets des nouvelles entreprises

déterminées dans tous les départemens, ainfi q u e les devis
eflimatifs de ces entreprises, feront rapportés à l’A d m i n i f tration par l ’I n g é n ie u r en C h e f qui les aura préalablement
examinés, &amp; q ui d o n n e ra fon a v is par écrit contradictoire­
ment avec l’Ingénieur du Départem ent.

A rt.

V.

L’examen des entretiens fera fait de la même maniéré.

A rt.

VL

Six Semaines avant l’ouverture des enchères pour une ad­
judication, l ’Ingénieur en C h e f enverra au Chef , lieu le plus
voifin deTentreprife , &amp; dans les lieux principaux, les dou­
bles des plans &amp; les devis des entreprifes à conftruire j iî
y joindra des affiches qui annonceront l’ouvrage à fa ire,
le montant de la dépenfe , &amp; l’époque de l ’adjudication j ces
affiches feront vifées par MM.* les Procureurs du Pays.
Il juftifiera dudit envoi par un certificat des Confuls de
chaque Communauté auxquels ces pièces auront été adreffées.

A rt.

VIL

L’Ingénieur en C h e f fera 'annuellement une tournée ge­
nerale, pour connoîtrè l’état de tous les travaux en confftuftion dans chaque département ; il en dreffera procèsverbal qui fera remis à l’A dm iniftration, &amp;. ne pourra rien
ajouter à l’exécution des ouvrages telle qu’elle aura été or­
donnée pnr l’Adrainiftration, 5c fiipulée par les baux d’enheprife.
B

�ÎO

A

rt.

V III.

Toutes lettres 8c mémoires, concernant les travaux publics
qui feront adreiïes à l ’Adm iniftration, feront remis par elle
à l'Ingénieur en C h e f, qui lui en fera le rapport au plus
tard dans huit jours.

TITRE

I V.

Des fonctions des Ingénieurs des Dêpartemens.
A rticle

premier.

Es Ingénieurs des Dêpartemens , domiciliés chacun dans
ile lieu du Département où le plus de routes fe réunif*
fen t, ne pourront s’abfenter de l’étendue du Département
fans un congé de l’Adminiftration.

I

A rt.

II.

Ils feront fpécïalement occupés de conferver en bon état
tous les ouvrages publics, chacun dans leur Département,
en furveillant les ouvrages d’entretien, 8c verbalifant fans
délai fur toutes les œuvres 8c entreprifes qui peuvent caufer
des dégradations aux ouvrages publics.

A

rt.

III.

Les Ingénieurs des Dêpartemens feront annuellement deux
tournées d’infpeâûon ; ils vifiteront tous les chemins &amp; ira*
vau x publics en conitruétion 8c en entretien.

�Les projets d?une entreprife adm is5 l’exécution des ou­
vrages ne concernera que l’Ingénieur du Départem ent, &amp;
ledit Ingénieur ne pourra rien ajouter à l’exécution des ou­
vrages telle qu’elle aura été ordonnée par l’A dm iniflration,
&amp; ftipulée par les baux d’entreprife j &amp; dans le cas qu’il
furvînt quelque événement imprévu qui exigeât des changemens, ils ne pourront être faits qu’enfuite des ordres par
écrit de M M . les Procureurs du P ays.

A rt.

V.

L’Ingénieur du Départem ent certifiera , au bas des plans
qui feront adreffés à l’Adm iniftration, quant aux ouvrages
à exécuter, que le tracé a é t é fait fur le lo c a l, conform é­
ment auxdits p lan s, coupes &amp;. détails qui feront numérotés
&amp; lignés par lui.

Ils régleront les époques de leurs tournées, de maniéré
qu’ils puiffent en voyer à l’Adm iniftration Si à l’Ingénieur
en Chef, l ’état des travaux de leurs Départem ens, dans les
mois de Jan vier, M ai &amp; Septembre,
A rt.

VIL

Us .rendront com pte de leurs tournées par deux tableaux
de fituation, l’un pour les co n firu d io n s, l’autre pour les.
entretiens, adreffés à l’Adm iniftration, y joignant les procèsverbaux des contraventions cotnmifes parles particuliers,au
préjudice de là confervation des ouvrages ou de la liberté
des routes,.
B ijj;

�L e tableau de fituation pour les conftru&amp; ions, décrira
chaque entreprife en particulier, en indiquant le nom de
l’adjudicataire, l’époque St le prix de l’adjudication, les
progrès du travail, Ton état a ftu e l, l’évaluation des ou­
vrages faits à chaque ép oqu e, établiiïant le prix conformé,
ment à l’adjudication ; enfin les remarques fur la défe&amp;uofité ou la bonté des m atériaux, 8c du travail de l’Entre­
preneur.

A r t . IX.
L e tableau de fituation pour les entretiens renfermera,'
pour chaque route, l ’état du chemin comparé aux obliga­
tions de l’Entrepreneur, Sc la description détaillée, de cent
en cent to ifes, des empierremens, engravem ens, banquet­
t e s , fofifés, talus 8c aut.es parties; plus les ouvrages d’art,
tels que p avés, g o n d o les, m urs, parapets, ponceaux, ponts,
&amp; tous autres , feront Séparément indiqués , &amp; leur état
décrit en détail; fpécifiant pour chacun , s’il y a lieu , les
réparations néceftaires 8c l’eftimation de la dépenfe ; diftinguant ce qui eft à la charge de l ’Entrepreneur, d’avec ce qui
eft à la charge du P ays.

A r t . X.
L ’état des rues fervant au pafifage des ro u tes, leur bon
ou mauvais entretien feront fpécifiés en détail , ainfi que
les réparations 8c réfactions néceifaires, auxquelles fera jointe
l ’eftimatioh de la dépenfe , qui eft à la charge de la Com­
munauté.

A r t . XI.
L orfqu’un événement imprévu détruira quelque ouvrage

�dépendant d’une route , ou interceptera îe pafTage fur un
chemin , l ’Ingénieur du Départem ent viendra fans délai fur
les lieux , 8c fera procéder fur le champ aux réparations
néceffaires, lesquelles n’excéderont pas une fomme de cent
livres ; il en donnera avis à l’Adminiftration , 8c dre (fera
un procès-verbal vifé des Confuls du lieu , 8c de deux N o ­
tables.
A r t . X II,
Dans ce cas feulem ent, les Ingénieurs des D épartem ensfe­
ront autorifés à demander aux Communautés , les fecours
&amp; les Travailleurs néceffaires, ce qui ne pourra être refufé
ni différé par les C o n fu ls} les Communautés feront les avan­
ces de îa d ép en fe, dont le montant leur fera renrbourfé par
le Pays , fur l’état qui en fera tenu , 8c vifé par l’Ingénieur
du Département.
A R T. X I I I.
Indépendamment des tournées d’infpeûion pour la vifite
des travaux en con ftru ftion s, ils vérifieront l’établifTement
des conftruââons difficultueufes ou cachées , 8c l’achevement de tous les ouvrages d’art , en maçonnerie ou char­
penterie , 8c aufïi des empierremens 5c engravemens ; drefferont procès-verbaux de ces vérifications qu’ils adrefferont
à l’Adminiltration , après en avoir donné copie à l’Entre­
preneur.

T I T R E

V.

Des fonctions du fou s - Ingénieur.
A r t i c l e

p r e m i e r

.

L y aura un fous-ingénieur du P a y s , lequel fera dtfîinateur, qui fervira indiflindfement dans toute l ’étendue
de la Province , fuivant les ordres qu’il recevra de l’AdmN
niftrjttion.

I

�î l fuppîéera les Ingénieurs des Départemens ou les fé­
condera dans leurs fonétions , aind qu’il en fera chargé par
l ’Adminiftration.
A r t . III.
Il fera em ployé particuliérement à faire les cartes &amp; plans
néceflaires à l’Adminiftration des Etats 5 il travaillera, enfuite
des ordres qui lui feront donnés par les Procureurs du Pays,
fous la direétion &amp; infpeétion de l’Ingénieur en C h ef ; il réfidera â A ix pour la rédaction des plans &amp; ca rtes, depuis
le 15 N ovem bre jufqifau 15 Mars.

T I T R

E

VI .

Des Chemins de Péages Cf de B acs .
A rticle

premier.

’Adminiftration pourfuivra l’exécution de toutes les Ordonnances rendues &amp;. à re n d re , concernant l’ordre,
l’entretien, 81 le bon état des chemins dont les propriétaire
perçoivent des droits de péage.

I

A rt.

IL

Les Ingénieurs, dans leurs tournées d’infpe&amp;ion fur les
routes , viiiteront ces chemins comme ceux du P a y s, Sien
rendront compte de la même maniéré ; ce qui fera fait en
addition aux mémoires defcriptifs &amp; procès-verbaux de touïi
nées, pour y être avifé par l’Adm inifiration.

�15
A rt.

III.

Ils adrefleront à l’Adm inillration les procès-verbaux de
toutes les contraventions qui nuifent ou peuvent nuire à la
confervation des travaux p u b lic s, &amp; à la confervation des
routes ; énonceront l’endroir du dommage ou de l’em barras;
défigneront les contrevenans par leurs noms 8c surnoms feu­
lement , indiqueront leur réfidence ; &amp; porteront l’évalua­
tion de la dépenfe nécelfaire peur rétablir les lieux en l ’etat
d’ouvrage neuf.

•#.

41
j s «'Y
m
n 'v%
.ysr

�Difiincîion des fonds,

Es fonds deftinés aux travaux publics feront féparément
_ j diftingués 5 l’Afiem blée feule des Etats déterminera leur
deftination particulière , &amp; pourra feule changer cette deftination, fi les circonfiances l’exigent.

I

Fonds pour la conflrucîion des ouvrages inopinés.
A

rticle

premier»

Es conftru&amp;ions &amp; réparations im prévues, qui feront de
_ j nécefiité indifpenfable pour afiurer le pafiage fur une
route déjà établie, feront faites des fonds particuliéremen
impofés pour les cas inopinés»

I

LIVRE

III»

�L

I

V

R

E

I I I .

T)e la conflruBion des nouveaux ouvrages.

T I T R E

P R E M I E R.

Des Mémoires injlruclifs , projets , plans , d evis , &amp;eflimation.
A

rticle

premier

.

Oute demande faite à l’Âdmîniffratïoh pour un nouvel
ouvrage public , fera rapportée à une Affem blée des
Procureurs du P ays nés &amp;. joints , l’Ingénieur en C h e f pré­
sent pour fournir toutes les inftru&amp;ions néceffaires fur la lo ­
calité
fur le genre de conftru&amp;ion du nouvel ouvrage.

T

A

rt.

11.

L’examen étant ordonné par PAdminiftration , Mrs. les
Confuls de la Com m unauté, dans le terroir de laquelle l’entreprife fera faite , feront avertis par affiches quinze jours
avant celui que l’Ingénieur ira fur lés lie u x , pour détermi­
ner fon p ro je t, à l’effet de donner avis de fes opérations à
tous les propriétaires intérefles, &amp; que ledit Ingénieur puiffe
avoir connoiffance de toutes les obfervations qui lui feront
faites.
En cas de difcuffion , l’Ingénieur dreffera.un procès-verbal
où feront rapportées toutes les oppofitions , pour Je tout
être référé à rA dm iniffration.

C

�i8
S’il n’éft fait aucune obfervation fur le projet , l’Ingé­
nieur en juftifiera par un certificat'des Confuls.
L ’Ingénieur lèvera les plans &amp; niveaux de tous les em*
placemens poffibles , pour la totalité de l’ouvrage demandé.
Il joindra à ces plans un mémoire inftruétif fur la nature de
l ’em placem ent, fur les relïources locales , &amp; fur l’apperçu
de la dépenfe pour chacun des emplacemens.
A toutes ces pièces, l’Ingénieur joindra fon avis par écrit;
le tout fera adrelfé à l’Adm iniftration, qui préparera le rap*
port qu’elle fera enfuite à l’Affem blée des Procureurs du
P a y s nés &amp; j o i n t s &amp; à l’AfFemblée des Etats.
.? 'J i i ; j .

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V

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A rt.

III.
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V*-

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C -j

vj.

L e rapport fait à l’Afiem blée des Etats de la totalité du
p ro je t, &amp;. délibération par elle prife de faire lever les plans
&amp; dreffer les d e vif de conftruéfion , l ’Adminiitration pour­
v o i r a i l’exécution de ladite délibération.
A rt.

I ¥.

L e plan général du p r o je t, &amp; fon profil en lo n g , feront
féparés des autres piecess; te détail d es ouvrages de terraffement fera exprimé particuliérement en plan &amp; en profil
marqués de numéros de vingt en vingt toifes , &amp; plus fré­
quemment fi les inflexions du terrein l’exigent pour chacun
des puméros. II fera fait un profil en travers fur lequel fe­
ront figurés à côté les murs , les: rem blais, &amp; déblais à faire,
la diftance des m atériaux, la nature des matières à déblayer,
la longueur &amp; la manière du charroi , ainfi que l’emploi
de ces matières ; à quoi feront joints les prix d’eftimation
pour ces détails partiels : à toutes ces pièces feront joints
les defleins &amp; fjg^res en grand de tous les ouvrages d’art,
lëfquels auront toutes leurs parties, c o tté e s, &amp; leurs diverfes
dimenfions.

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r,‘ ■ ’î/ nâ lui bm 'h '■ ’&gt; ;rU' *n?.•;.■ ? g n l '1 f: h h

A R T.

V,

Les entreprifes feront d ivifées, autant qu’il fera p offible,
&amp; chaque devis n’excédera/ pas la longueur de quinze à
feize ceiit toiles.
A r t . VI.
Les rues fervant de paffage aux routes auront leur plan
particulier &amp; profil levé fur une échelle d’une ligne pour
pied5 les lignes des coupemens y feront cottées par leur
diftarice de tous les points faillans St rentrans aux façades
exilantes.

A R T.

V 11.

Au mémoire indicatif &amp; eftim atif fera joint le devis de
laconftrù&amp;ion to ta le , où feront déterminées lès dim enfions,
les formes, la difpofition, St les façons des ouvrages de
terraffement St des ouvrages d’a rt, St pour ceux-ci feront
déterminés les matériaux St la maniéré de conilruire. C e
devis fera rédigé en articles difiinfts de déb lais, remblais-,
glacis, aceottemens, fo lles, banquettes, empierremens, pavés j
murs, gondoles, ponceaux , ponts, fouilles pour fonda­
tions, ouvrages de fondations,
détails de confiruétion acceifoire St dépendances ; enfin chaque détail d’ouvrages fera
compris dans un article particulier, ainfi que l’évaluation
particulière; St toutes les obligations quelconques de l’En­
trepreneur y feront détaillées Telles qu’elles font établies par
les anciens Réglemens.
. 5;; ,

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exti —

—t r ' -•• s

A r t . VI I I .
Le devis, le mémoire de l’eftim ation, toutes les feuilles
de plans St de profils St du deffin, lignées par I’Ingéni
du département qui aura rédigé le to u t, feront remifes par
C

�20

rAdmîniftration à l’Ingénieur en Chef qui lui en rendra
compte.

A rt.

IX .

Si l’état des travaux exige, une .vérification lqcale., Ies
Procureurs du Pays allant fur les lie u x , feront;, avec l'in­
génieur en C h e f 8c avec l’Ingénieur du Départem ent, l’exa­
men qui aura été délibéré , les Confuls St deux Notables
appelles ; le procès-verbal de vérification fera rapporté au
'.Greffe pour être communiqué à d’A lîem blée des Procureurs
‘du Pays nés St joints, laquelle ftatuera définitivement fur
;la présentation à faire du projet à la prochaine Afiemblée
générale.
A R T,T X .
L ’ Afiem blée des Etats aydnt admis la totalité ou partie
du p ro je t, St ordonné la dépenfe totale énoncée par le
devis &amp; eftim ation, ou feulement partie de cette dépenfe ,
ayant aufïï fixé les époques &amp; la durée du travail St des paiem ens, la première Afiem blée des Procureurs du Pays nés
St joints réglera les difpofitions à faire en conféquence pour
l ’adjudication St pour l’exécution defdits ouvrages.

A rt.

X I.

A vant que les annonces publiques de la conftru&amp;ion foient
affich ées, l’Ingénieur en C h e f avifera l’Ingénie;ur du Dépar*
tement de tracer fur le:terrein l ’entreprife à mettre aux en­
chères , ce qui fera effectué par les lignes de d ired io n , tant
du fol du chem in, que de l ’extérieur des chauffées 8t des
déblais ; St en outre feront placés des piquets à chacun des
numéros marqués fur les plans St p rofils, St rapportés dans
le mémoire d’eftimation: enfuite de quoi l’Ingénieur du De­
partement pourvoira à ce que l’arpentement St eftimation
de remplacement des .ouvrages foient faits fans délai.

�~

-™ _

fia Enchères j des Baux d’entreprif 'es &amp; des adjudications»
A rticle

premi er.

L

Es enchères pour l’entreprife d’un ouvrage feront au
rabais des prix de détail portés par le mémoire d’ef-,
timation, 8c non de la fomme totale prife en bloc.
A

rt.

Les enchères du bail d’-entreprifë feront ouvertes au Bu-'
reau Je l’A dm iniftration, pour y être continuées de hui­
taine en huitaine, avec publication des rabais, 8c c e , pen­
dant trois huitaines confécutives: à la derniere enchère, lé
bail fera adjugé à celui qui aura fait la condition m eilleure.

A

rt.

III.

Les offres des enchères pourront être reçues par les C on fuls des lieu x, concurremment avec celles faites au Bureau
de la Province ; dans le premier c a s, lefdits Confuls les
enverront à l’A dm iniftration, duement (ignées par les offrans 8c leur caution , 8c l’adjudication pourra leur être
paffée fi leur offre eft la plus avantageufe au Pays.

A r t . I Y.
Dès l’ouverture de la première enchère pour l’adjudica­
tion d’un bail d’entreprife, tous les deffins, plans, profils,
mémoires eftimatifs
devis de
entreprife (Ignés par

8c

cette

�2Z
îes Procureurs du PayS St pâr l ’ïngénieur en C h ef feront
communiqués aux Entrepreneurs qui le présenteront pour
en avoir connoiiTance, &amp; auxquels il fera libre de prendre
note St extrait du mémoire eftim atif 8t du devis de conf«ruétion St des plans.

A rt.

V.

Chaque Entrepreneur fera la déclaration des entreprîtes
dont il eft ch argé, ainfi que des cautionnemens; St à dé­
faut de déclaration , l’Adminiftration fera libre de réfilier
le b a il, fans que l’Entrepreneur puiffe demander aucune in­
demnité quelconque.

a .r t.

yi.

Les procès-verbaux de toutes les enchères, porteront les
difpofitions fuivantes : » A l’ouverture de chacune des trois
» enchères, publiées au rabais fur le prix de détail pour
» l’adjudication du bail d’entreprife des o u vrag es, les con» currens ici préfens, ont déclaré avoir examiné en détail
&gt;5 tous les articles de conftruéfion St de dépenfes à faire
» pour la conhruéfion , l’entier ach èvem en t, S t la perfection
n defdits ouvrages dont ils reconnoilïent toutes les parties
» bien S t fuffiiamment eftimées $ en conféquerice chacun d’eux
» fe foum et, l’adjudication lui dem eurant, à ne prétendre
» aucune augmentation fur les prix de détail &amp; fur le prix
» total,, tels qu’ils font réduits par fa derniere o ffre , ni
» fur la quantité St nature d’ouvrages ftipulées au mémoire
» d’eftim ation, St au devis repréfenté par les plans St pro» fils annexés, toutes les pièces fignées de M M . les Pro» cureurs du P a y s : fur c e , chacun d’eux déclare que le
&gt;&gt; tout a été par lui reconnu fur le terrein être exé» cutable aux formes , façons S t quantités déterminées
» par les deffins, eftimatioris St d e v is, St de plus pouvoir

j

�2g
P être réduit au prix qu’iî y mettra par fa derniere offre s
P fe foumettant i 0.-d’avoir fini Sc perfe&amp;ionné tous ies ouf, vrages à l’époque, fixée par l ’annonce affichée dont il a
„ eu connoiiTance ; 2°. à n’être p ayé d’aucuns à-com ptes,
„ qu’aux époques fixées par ladite annonce pour les paies mens partiels, 8c dans le cas feulement où il y pourra
,j prétendre en vertu d’un procès-verbal approbatif des ou„ vrages faits 3 30. de îaiffer pour fûreté de fes engagem ens,
)} Je dixième des femmes échues à chaque ép o q u e, ce dixième
d devant fervir de fûreté au P a y s , 8c demeurer dans la
« caifTe des Etats jufques à réception d’ouvrages définitive,
» qui n’aura lieu que cinq ans après l ’achevement abfolu
» des ouvrages 5 4 ’. d’entretenir 8c maintenir en état de
» neuf tous les ouvrages qui feront par lui faits, &amp; ce aux
» formes, maniéré 8c conditions ftipulées par le devis d’en» tretien annexé au devis de confîruéfion, fans pouvoir
» prétendre aucun paiement à raifon dudit entretien; 5 0. de
» demeurer garant lui 8c fa caution , de la bonté &amp; folidité
» des ouvrages 8c confiruârion, félon les foum iffions, 8c de
» la maniéré preferite par le Réglem ent général des fra» vaux publics, auquel font contenus tous les articles qui
» concernent fon entreprife, 8c les diverfes obligations
» auxquelles il fe fo u m e t,le s connoifiant 8c les admettant
» dans fon engagement. »

L’entreprife étant adju gée, l ’Entrepreneur lignera toutes
les pièces qui établiffent fon engagem ent; elles feront an­
nexées au b a il, 8c dépofées au Greffe des E ta ts, 8c copie
collationnée du tout fera remife à l ’Adjudicataire.

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I I I.

Ve la Conflruciion.

f =:

A rticle

pr e m ie r

.

V ant que les travaux d’une nouvelle entreprife foîent
com m encés, l’Ingénieur du Département fe rendra
fur les lie u x , muni des plans, profils &amp; defiins de conft
îion des ouvrages, pour le tout être reconnu fur le teirein
a vec l’Entrepreneur qui difpofera fes atteliers en conféq u e n c e , &amp; pourvoira à la fourniture des matériaux pour
les ouvrages d’art qui lui feront alors tracés en grand.

A

A rt.

11.

Dans le Cours des travaux , l’Ingénieur fera de tems à
a u tre , &amp; à raifon de leur im portance, la vérification des
o u vrag es, d’après lés difpofitions déterminées par les plans
&amp; devis ; l’ Entrepreneur préfent , il en dreffera procèsv e rb a l, dont il donnera note à l’Entrepreneur j &amp; adreffera copie dudit rapport à l’ Adminifiration pour qu’elle
ordonne ce qui fera convenable, en cas de défe&amp;uofué&amp;
de mauvaife conftruftion.
A rt.

III.

A u x époques des payemens partiels, l’Ingénieur du Dé­
partement adreflera à l’Adminifiration un procès-verbal
d ’infpe&amp;ion , qui contiendra l’indication 8t l’état des ouvrages
fa its , &amp; aufil le montant cite leur v a le u r, relevée fur le
m ém oire efiim atif des ouvrages, ayant égard au rabais fait
par

�par l'Adjudicataire, &amp; déduifant^ le*dixièm e de retenue à
faire fur le payement.
A rt.

IV.

Les ouvrages en conflruââon feront vifités pendant leur
durée par l’Ingénieur en C h e f, lors de fa tournée annuelle $
&amp; fi une conftruéfion devoit être commencée 8c finie entre
deux tournées, cette conffruêtion feroit vifitée particulié­
rement: dans l ’un 8c l ’autre cas , il fera fait procès-verbal
de l’Etat des ouvrages.
A

R T.

V.

Les travaux, félon leur im portance, feront vifités durant
leur confiruêtion par les Procureurs du P a y s , qui feront
députés à cet effet.,

T I T R E

IV.

le la R éception d ’œ u v res , &amp; du P a yem en t d es ou vrages.

A rticle

premier.

Ne entreprife étant achevée , &amp; l ’Ingénieur du D é ­
partement en ayant donné avis à l’Adminiffration ,
l’un des Procureurs du P a ys , accom pagné de l’Ingénieur en
Chef, &amp; de l ’Ingénieur du D épartem ent, fera l’examen des
travaux comparés aux plans 8c d e v is, en préfenqe de î’Entrepreneur.
A r t . II.

U

S’il y a lieu à la réception d’œ u v r e , les Ingénieurs drefD

�z6

feront leur procès-verbal, qui fera figné^ par le Procureur
du P ays préfent, pour être le rout rapporté à l’AdminiP.
tration qui prononcera définitivement.
A r t . ÏII.
P o u r un ouvrage dont la valeur n’excédera pas trois
m ille liv res, la réception d’œ uvre pourra être faite fans les
Procureurs du P a y s , par l’Ingénieur en C h e f &amp; l’Ingénieur
du Départem ent , qui procéderont com m e pardevant les
Procureurs du Pays ; leur procès-verbal fera remis à l’Adm iniftration, pour ftatuer ce qu’il appartiendra j ce qui
n’aura lieu néanmoins que par ordre de l’Adminiftration,
A rt.

IV.

T o u t procès-verbal de réception d’œ uvre comprendra le
com pte définitif du montant de l’entreprife, les articles de
ce compte réglés d’après les procès-verbaux particuliers des
quantités d’o u vrages, &amp; les prix de l ’adjudication.
A rt.

V.

D u tout il fera ordonné p ayem en t, fau f la déduction du
dixièm e qui doit demeurer dans la caille des Etats jufques après la fécondé &amp;. définitive réception à faire dans
cinq an s, &amp; félon la form e de la première.
A rt.

V I.

Les ouvrages n’étant pas de recette lors de la derniere
réception, il fera pourvu par l’Adm inifiration à la réfaction
&amp; réparation des parties vicieu fes, ou dégradées, qu’elle
ordonnera, à la folle enchère de l’A dju dicataire, pour y
être em ployées les fommas de fûreté laiflees par lui dans

�27
la caifie des Etats ; &amp; pour le furplus de la dépenfe, il y
fera contraint par toutes les voies , jufques à l’entier p a y e ­
ment.

Ve la Garantie p a r les A djudicataires.

A rticle

premier.

A fécondé &amp; définitive réception d’œ uvre ne terminerai
point la garantie des ouvrages en maçonnerie &amp; pierre
de taille:, elle aura lieu pour les cinq années fuivan tes,
s'il s’y découvre des vices de con firu &amp; iôn , ou un em ploi de
mauvais matériaux, dans le corps de l ’ouvrage.

L

A r[t . 11.
Dans l’efpace des cinq années qui fuivent la première
réception , l’Entrepreneur ne pourra prétendre au payem ent
d’aucune réfaction, réparation, ou autre ouvrage fait dans
les travaux de fon entreprife , à moins de dégradations,
démolitions, &amp;. ruptures caufées par force majeure , ou
par cas fortuits,.

A R T. 111.
L’Adjudicataire ne pourra excïper de
ou des cas fortuits, qu’autant qu’il aura
prife à l’époque fixée par fon bail , ne
donné aucune f u f p e n f i o n n i retard ; &amp;.
°rtuits feront de notoriété publique ,
*es formalités requifes...

la force m ajeure,
achevé fon entrelui ayant été or­
lorfque lefdits cas
ou confiâtes avec

�?jggca

A !

D e l ’entretien des

Chemins.

Ve l ’E ntretien des R ues ferv a n t de p a jfa ge aux routes;

A rticle

premier.

Oute rae fervant de partage à une route fera entre­
tenue par la Com m unauté du lie u , 8c en conformité
de ce qui fera prefcrit pour les réparations dans le de
général d’entretien , fau f à la Communauté d’en charger
l ’Entrepreneur d’entretien de la ro u te, m oyennant le prix
auquel cette partie aura été eftimée dans le devis général.

T

Les Communautés maintiendront ces parties de route
en bon état ; 8c en cas de n égligen ce, conftatée par un
procès-verbal de tournée de l’un des Ingénieurs, il y fera
pourvu par ordre de l’A dm iniflration, aux frais 8c dépens
de la Communauté contre laquelle il fera laxé exigat au
T réforier en la forme) ordinaire.

�T I T R

E

II.

Des devis d’entretien pour les chem ins n eu fs , après la féco n d é
réception d'œ uvre.
A r t i c l e

p r e m i e r

.

L

É devis d’entretien pour un chemin neuf décrira exac'“
tenient la forme &amp; dimenfion d’empierrement , engra*
Vement, accottem ent, fo lié s , banquettes , g lacis, &amp; le dé­
tail de bornes , parapets , gondoles , pavés , revêtemens ,
ponceaux , ponts &amp;. murs de foutenem ent, &amp; tous autres ou ­
vrages principaux ou accelloires , pour tous lefquels fera
prefcrit le genre d’enrretien , les quantités &amp;. qualités des
matériaux qui devront être em ployés
aux époques indi­
quées ou journellement , pour que le chemin &amp;. fes dépen­
dances foient conftamment maintenus à neuf.
A rt

II.

Sera joint par articles le détail eftim atif de la dépenfe ,
dont la fomme totale formera le prix de l’entretien payable
par femeltre , en Mars Sc en Septembre.

T

I T

R

E

I I I .

Des mémoires , &amp; des d evis pour le renouvellem ent d'entretien ,

A

rticle

premier

.

ix mois avant l’expiration d’un bail d’entretien , l’In­
génieur du Département adreHera à l’A rm inifbation un
mémoire contenant les indications exactes fur le nombre

S

�JO
&amp; l’efpece de voitures qui fréquentent la r o u te , fur fon uti­
lité , pour le genre de com m erce, les foires 8c marchés des
Vigueries 8c des Communautés qui communiquent avec elle1
fur l’état de dépérilïement ou de confervation de la partie
à remettre en entretien ; fur la dépenfe à faire pour réparer
convenablem ent ; fur le prix de la nouvelle entreprife d’en­
tretien qui commencera après la réparation faite ; fur la
qualité , l’éloignem ent, l ’abondance ou rareté des matériaux
leur prix , celui des- charrois 8c des Travailleurs ; enfin fur
toutes les convenances, les nécefittés , la méthode , &amp; les
m oyens de l'entretien à renouvelles,
A R, T.

11.

L ’Adminifiration ayant pris connoiflance de tous ces dé­
ta ils , 8c de l ’avis par écrit de l’Ingénieur en C h ef 5 elle or­
donnera. le devis, en fixant la fomme annuelle qu’elle dé­
terminera devoir être em ployée à l’entretien.

A

rt.

I I

I.

L ’Ingénieur du Département fera le devis d’entretien ; j l
y mentionnera la qualité des matériaux , dont la quantité
fera déterminée par les repaires en bornes numérotés , fixant
la hauteur confiante du chemin , placés hors de la v o ie , de
cinquante en cinquante to ife s , pour fervir conftamment de
m oyens de vérification ; le refie des détails fera mentionné,
com m e aux devis d’entretien pour les chemins neufs , à
l’exception des p o n ts, qui auront plus de douze pieds d'ou­
vertureA R T.

I V.

L ’Ingénieur en C h e f , vifera le devis d’entretien dont il
ïendra com pte à l’Adminifiration 5 8c enfuite de fon rap-

�B1
«0rt par écrit ce devis fera admis , s’il y
par les Procureurs du P ays.

T

I T

R

E

a lieu , &amp; Ig n é

I V.

Per obligations com m unes aux E ntrepreneurs d’entretien des
chemins neufs &amp; des chem ins vieux .
A r t i c l e

p r e m i e r

.

L eft prefcrit également aux Entrepreneurs d’entretien
des chemins neufs &amp; des chemins vieu x , de maintenir
tous les foliés dépendans des chemins , dans les mêmes dimenfions, &amp; plus grandes fi elles leur font ordonnées} d’o
des foliés d’écoulement dans toutes les circonfiances où ils
feront nécefiaires , pour deffécher promptement le chemin ,
fauf le payement après la vérification faite ; d’enlever des
folïés tous les obftacles , encombre mens , d é p ô ts, barrages
&amp; ponts, dont l’ouverture feroit m oindre que la largeu
du fofifé ; de rétablir les f o lié s , &amp;. leur largeur &amp; profo
deur, St emplacement lorfque les riverains les auront ou
diminués ou repouflés vers le chemin } de démolir toutes
conftruftions , &amp; arracher toutes plantations que les voifins
établiront fur le chemin , en deçà du f o lié , dans le f o ilé , ou fur
la banquette extérieure du folié fi elle exifte 5 de combler
ïous les trous, fouilles &amp; excavations faites en deçà de cette
banquette} de contenir par bonnes &amp; fuffifantes conftruêtions
toutes Jes eaux d’arrofages qui nuifent aux chem ins, &amp; félon
leur volume d’établir des ponceaux pour leur pafiage /
la voie} d’enlever tous les dépôts, embarras &amp; encombremens laillés fur les chemins} de co u p er, à la hauteur de
douze pieds, toutes les branches d’arbres faillantes au delà
dufoffé} d’enlever ou écrafer toutes les pierres mouvantes

I

�32

.

qui feront fui1 les chemins , foit qu’ elles fafTent partie de
l ’empierrement, ou qu’elles y aient été lailTées ou jettées j
le to u t, tant fur les chemins que dans les rues de paffage,
après avoir averti dans l’un &amp; l ’autre cas les Confuls du
lieu par un comparant duement lignifié &amp; communiqué aux
particuliers intérelles , lequel contiendra la teneur du pré­
lent a rtic le , pour qu’ils_ aient à y faire pourvoir dans les
vingt-quatre heures $ &amp;. à d é fa u t, l’Entrepreneur exécutera
le préfent ordre aux frais &amp; dépens de qui il appartiendra,
pour être enfuite pourvu au rembourfement de fon compte
vifé par l ’Ingénieur du départem ent, &amp; le paiement tant
pour le travail que pour les frais, ordonné par l ’exigat que
laxera l’Adminiftration.
A rt.

11.

A défaut par l ’Entrepreneur de procéder ainfi qu’il lui
efî prefcrit par l’article précédent, l’Ingénieur en tournée
fera exécuter cette partie des obligations , aux frais &amp; dé­
pens de l’Entrepreneur, par des Travailleurs qui feront pris
dans les lieux les plus voifins. '
A rt.

III,

Les affiches de toute enîreprife d’entretien, ainfi que
copie des devis eftimatifs, feront envoyées aux Communautés
voifines,. pour être procédé à la délivran ce, ainfi qu’il a
été prefcrit par les articles IL, I I I , &amp; I V du titre II con­
cernant les adjudications des ouvrages en confiru&amp;ion.
L ’on obfervera de divifer la longueur defdits entretiens}
autant q u ’il, fera poffible*

TITRE

V.

�T I T R E

V.

De l’infpeclion des entretiens pou r les routes , ponts &amp; autres
ou vra ges pu blics.
A

rticle

pr e m ie r

»

L

Es

Ingénieurs du Départem ent ou le fous-ingénieur ,
lorfqu’'il fuppîéera les Ingénieurs, vibreront dans leurs
tournées pour l’entretien des travaux publics, les chemins
de Province, les p o n ts, digues 8c tous les ouvrages d’uti­
lité publique, dont la dépenfe en totalité ou en partie a
été faite des fonds du P ays. Us drefleront un procès-verbal
de leur v ifite , dans lequel fera détaillé chacun des ouvrages,
infpeûés, 8c un procès-verbal particulier pour ceux qui
exigent paiem ent} le procès-verbal fera mandé à l’A dm iniftration»

T I T R E

VL

D es paiem ens pour les entretiens »

A rticle

premi er.

Ucune fom m e, échue pour le paiement d’un entre­
tien, ne fera ordonnée à l’Entrepreneur ,• s’il ne fait
coiiftater le bon état de fon entreprife d’entretien par un
procès verbal ligné par l’Ingénieur du D épartem ent, les
Confiés du l i e u, deux Notables 8c le Seigneur ou le P ro ­
cureur Jurifdi&amp; ionnel, lefquels rem ettront leurs obfeivaE

A

�34

lions s’il y a lieu ; le mandat étant exp éd ié, il y fera joint
l ’original dudit procès-verbal.

A r t . IL
Un Entrepreneur d’entretien qui n’aura pas été payé du
femeftre échu de fon entreprise,, pour caufe des réparations
négligées &amp; d’inexécution du devis à lui notifié par le
procès-verbal d’in fp e&amp; ion , y travaillera fans délai 3 &amp; fi les
mêmes réparations ne font point faites lors de la tournée
fu iv a n te , l’Ingénieur en fera fon p rocès-verbal, fur lequel
rÂdm iniftratiori ordonnera les réparations, pour être faites
aux dépens de l’Entrepreneur &amp; à fa folle enchère publiée
&amp;. adjugée en une féan ce, dans le lieu le plus voifîn. Les
frais &amp;. les ouvrages feront payés des fonds dus par le Pays
à l’Entrepreneur5 &amp; pour l ’excéden t, il fera pourfuivi ex­
traordinairement ; enfuite de quoi l’entreprife fera réfiliée de
droit.
A r t . III.
Un mois avant que le terme de l ’entreprife d’un entre­
tien foit exp iré, l’Entrepreneur requerra l'Ingénieur du Dé­
partement d’aller comparer l’état de l’entretien au devis de
l ’entreprife : cet exam en , qui ne pourra être différé, fera
fait par l’Ingénieur en préfence de l’Entrepreneur; s’il n’a
pas rempli fes obligations, il fera tenu de completter les
réparations preferites par fon bail d’entretien , &amp; fur fon
refu s, il y fera pourvu à fa folle enchère, comme il eft
dit par l’article précédent.

�____ _

_— —ÿ«&amp;Sr— —

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L ÎVR-E

---- —-

MOU.

V.

Des largeurs p o u r les ch em in s d es rues f e r vaut de
paffage aux rou tes d es p o j f e jf o n s co n tigu ës aux
chemins &amp; aux o u v ra g es p a rticu liers.

TITRE

PREMIER.

*

•

D e la la rgeu r des chem ins.

A

L

rticle

premier.

Es chemins à conftruire 8c à réparer à n eu f, auront de

largeur to ta le , prenant em pierrem ent, pavé 8t ban­
quette jfa v o ir, les chemins de première c la ffe , cinq toifes, &amp;
cette largeur pourra être augmentée aux approches des villes;
les chemins de fécondé c la ffe , quatre toifes ; les chemins
des Communautés, quinze pieds: ces îaYgeurs pourront être
réduites, lorfque les Etats le jugeront convenable. Si les
Vigueries ou les Communautés défirent avoir dans quel­
ques parties de la ro u te , des largeurs plus considérables que
celles ci-deffus preicrites, la dépenfe que cette augmenta­
tion occafionnera fera faite à leurs frais, 8c dépens.

�TITRE

IL

D es R ues ferv a n t de p a jfa ge aux routes.
A r t i c l e

L

p r e m i e r

.

Es Confuls de chaque lie u , où eft établi le paflage

d’une r o u te ,, expoferont publiquement à l’Hôtel-deV ille le plan des alignemens ordonnés par l ’Adminiffration,
pour cette rue $ &amp; toutes les confïru&amp;ions nouvelles feront
établies fur ces alignem ens, après le tracé qui en fera fait
à mefure du b e fo in , en préfence des C o n fu ls, par les Ingénieurs des Départemens.
A rt.

11.

N ul P articu lier, dont la maifon fera fujette à l'aligne­
ment déterminé par le plan , ne pourra la dém oür, fans
en avoir averti au préalable l’Adminiffration un mois au­
paravant , à l’effet que l’ingénieur du Département puiffe
en avoir connoilTaùce ,
tracer lui-m êm e la dirediun dé­
term inée, 6t le niveau du fol.
i t ..
A R T. 11 I.
T o u te œ uvre faite par un Propriétaire , qui ne feroit
pas conforme au plan déterm iné, &amp; qui n’auroit pas de­
mandé l'alignement , fera démolie à fes frais &amp; dépens,
enfuite des ordres de l’Adminiffration , &amp; d’après le procesverbal de l’Ingénieur du Département : ce procès verbal
fera ligné par l’Ingénieur, les Confuls du l i eu, deux No­
ta b le s , le J u g e , ou le Procureur Jurifdi&amp;ionnel.

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TITRE

■«—■

11

III.

Des M aifons de cam pagne , des M urs d’en clos le lo n g
d’un chem in .

A rticle

premier.

T

Out édifice ou mur à conftruire au bord d’un chemin
neuf, fera établi à trois pieds au-delà du fo lle , 8t ne
pourra être placé de maniéré à gêner l’écoulement des eaux
que ce chemin ou ce foffé verfent dans la cam pagne; il en
fera de même des dépendances de l'éd ifice, 8c des murs
d’enclos.
A r t . I î.
Tout édifice &amp; mur à conftruire le long d’un chemin
vieux, ou d’une rue fervant de paftage à une route ,
ne pourra être établi, fans que le Propriétaire en ait reçu
l’alignement de l’Ingénieur du D épartem ent, en exécution
du plan arrêté pour la prochaine réfection de cette partie
de chemin j la partie de plan concernant l’alignem ent, figné
des Procureurs du P a y s , fera remis au propriétaire pour
lui fervir de titre; cette Ordonnance fixera la hauteur defd.
murs , 8c les conditions ; 8c faute par lui d’obferver ce
préalable, il ne pourra prétendre aucun p ayem en t, fi la
démolition avoit lieu lors des confirmations, réparations ou
redrefTement du chemin ou r u e , 8c pour les ouvertures &amp;
percements qui pourroient être alors néceffaires pour l’écou-=
ïement des eaux.
A rt. III.
Les Propriétaires de tous les édifices ruraux ? &amp;

des

�'

mai Ions habitées qui font placées fur un chemin en deçà
du f o li é , 8c entre le folié 8c fa banquette extérieure vers
la cam pagn e, feront &amp;i demeureront obligés d’entretenir,
réparer 8c maintenir le chemin en bon état dans toute Ja
longueur de leurs édifices; 3c l’Entrepreneur tiendra Ja main
à l ’exécution du préfent article., fous peine d’en répondre
en propre.
A r t . IV.
P o u r parvenir à toute habitation ou propriété fituée audelà du folle d’un chem in, les Propriétaires établiront fur
le folle des ponts folidement conlfruits, 8c dont l’ouver­
ture foit égale à la hauteur &amp; largeur exafte du folié. En
cas d’encom brem ent, ou de défeétuofité audit fo lié , l’En­
trepreneur y pourvoira , ainfi qu’il a été réglé en l’article
précédent.

T I T R E

IV.

D es Eaux utiles qui traversent ou fu iv en t les chemins.

A rticle

«

premier.

Es Propriétaires des eaux utiles pour m oulins, ou­
vron s 8c fabriques, 8c pour l’arrofement des terres,
les contiendront, aux approches des chem ins, dans des c
naux ou folles fuffifans, pour qu’elles ne puiffent fe répandre
fur le chem in, ou dans des foliés.

L

A rt.

II.

L es eau x-u tiles pourront être miles dans les foliés du
ch e m in , 8c les fu ivre; le Propriétaire qui en aura l’ufage,

�19

fera tenu d’entretenir ce f o f fé , &amp; d’empêcher que lefdites
eaux n’occafionnent aucun dom m age à la route. Ces eaux
ne pourront traverfer les chemins qu’au m oyens des pon­
ceaux conftruits &amp; entretenus aux frais defdits Particuliers}
&amp; en cas de négligence de leur p a r t, fur le procès-verbal
de l’Ingénieur du D ép artem en t, l ’Adm iniftration ordonnera
ce qu’elle jugera convenable 5 &amp; conformément aux difpofitions des anciens Réglem ens , les déblais provenant du
recurage defdits foffés, feront dépofés du côté des terres,
&amp; non fur la banquette du chemin. Lorfque la Provin ce
fera un changement à un chem in, &amp; que fa nouvelle di­
rection traverfera des fo lle s , des canaux d’arrofage, des
béais de m oulins, &amp; c . ce fera à la Province à pourvoir
àl’exécution des ouvrages nécelîaires, comme ponts , pon­
ceaux, murs, &amp; autres r &amp; à les entretenir.

*

*

�40

L

I

V

R

E

VI .

Des matériaux &amp; du paiement de leur prix.

T I T R E

P R E M I E R .

D es ca rrières , fo u illes de gra v ier } &amp; de fa b le
clapiers.

A

T

r t i c l e

p r e m i e r

&amp; des

.

Ous les m atériaux, nécefTaires pour la conflruûion des
travaux publics , feront pris là où ils auront été in­
diqués par le devis de conftruétion 8c d’entretien.
A r t.

11.

Les Entrepreneurs pourront fe fervir de carrières ouver­
tes &amp; en ouvrir de nouvelles ÿ faire toutes les fouilles né*
cefTaires pour l’extraéfion du gravier &amp; du fable ; employer
les pierres amoncelées en clapiers, lorfqu’elles ne feront pas
utiles aux propriétaires 5 raffem bler 8c enlever les piérres
8c les rochers épars 5 enfin rompre 8c em ployer celles qui
font adhérentes , fi elles ne foutiennent pas des terreins cul­
tivés ou des bois ; le tout après avoir préalablement pré­
venu le Propriétaire par un comparant lignifié huit jours
à î’avanCe pour les conftru&amp;ions , 8c vingt-quatre heures j
feulement pour les entretiens 8c réparations prenantes.

�j)u prix des m atériaux , des dédom m agem eas dus pour les d égâ ts
fa its dans les p r o p r ié té s , &amp; du p ayem en t.
A

p r e m i e r.

r t i c l e

Es Entrepreneurs conviendront de gré à gré , 8c par écrit
avec les propriétaires , du prix des matériaux qu’ils
extrairont ; ou bien ils les payeront à fix fols la toife cube
mefurée dans les fouilles. Quant aux m atériaux épars qu’ils
lalfembleront , il ne fera exigé d’eux aucun payem ent.

L

A rt.

IL

Les mefures des excavations feront conftatées par les but­
tes, témoins ou dames qui feront laiffées à cet effet dans
le déblai.

A

rt

.

I II.

Il fera expreffément défendu à tout Entrepreneur de dé­
placer aucune pierre ayant un ufage utile ; de dém olir au­
cuns murs; d’enlever aucun approvisionnement de m atériaux,
bois, attraits &amp; éch affau d ages, à peine de tous dépens, dom­
mages &amp; intérêts envers le Propriétaire.

A

rt

.

I V.

Les dégâts caufés dans les propriétés par le charroi des
matériaux, &amp; les dédommagemens pour caufe de non jo u if-&gt;
jance, feront dus par l’ Entrepreneur au Propriétaire du fo l;
■is traiteront du prix par é c r it , avant tout o u v ra g e , &amp;, s’ils

F,

�42

n’en conviennent pas , l’eftimation en fera faite enfuite par
ExpeItS'

A rt.

V.

Pour l’emplacement des terres , pierres , graviers, &amp;
autres matières entrepofées fur les polTeffions des Particu­
liers , tant pour les travaux en conftru&amp;ion que pour les
travaux à l’entretien , les Entrepreneurs procéderont de la
manière prefcrite par l’article precedent.

�.J&amp;S3 -

ïiaas-

MBi

d e V 'ejlim a tion &amp; d u - p a y e m e n t p o u r l e s t e r r e i n s
&amp; d é m o lit i o n s n é c e j j a i r e s à V é ta b lijje m e n t d e s
T ra va u x p u b l i c s .

T I T R E

P R E M I E R .

Des Experts - Eftimateurs , &amp; de leurs eftimations«

A

rticle

premier

.

L

E s Experts-Eftimateurs de chaque Com munauté fe ­
ro n t, pour ce qui eft relatif aux travaux p u b lic s , l ’eftimation des objets occupés ou détruits pour r e m p la c e m e n t
k dépendance de ces travaux , &amp;. pour alignemens ,
drelîemens, St élargirtemens des rues fervant de partage ,
&amp; n’y pourront opérer qu’avec un G éom ètre - Arpenteur St
Toifeur de la Province.

A

rt.

II.

Ils fixeront la valeur des fonds de te rre , félon les p
établis par partages, contrats d’acquifition St autres titres
valables les plus récens de ces terres ou d’autres de même
qualité &amp; p rod uit, y ajoutant l’augmentation acquife par
lapsdutems, ou p a rles améliorations que les Propriétaires
y auront faites ; les aftes feront indiqués , ainrt que les m o­
tifs à l’augmentation du p r ix , fi elle a lieu.
F ij

�A

r t

.

ÎIÏ.

Les plantations , les réco ltes, les murs d’enclos, les ri­
goles de maçonnerie pour les arrofem ens, feront féparément
eftiinés félon le prix du P ays 8c leur éta t, en indiquant
fi les propriétaires conferveront les bois 8c les matériaux.

A

rt

.

IV.

L ’eftimation du coupement des maifons fujettes à l’ali­
gnement , ne fera point mention des façades qui feront rui­
ne ufes , par ruptures des cintres aux ouvertures ou hors
d ’aplomb de la moitié de leur épaififeur, pour lefquelles il
n’e ftd û aucun dédommagement aux propriétaires, 8c l’état
des façades fera particuliérement détaillé $ l’eftimation com■ prendra en détail le toifé 8c la valeur aux prix du pays, 8c
dans leur état af t uel , du f o l, des fondemens, caves, plan­
chers, to its, murs m itoyens 8c de refen d , çloifons, efcalie rs, chem inées, enduits, m oulures, carrelage, 8c généra­
lement tout ce qui fe trouvera compris dans le coupement:
ces prix étant fixés fur cette valeur to ta le , il fera fait la
déduction des prix partiels des matières qui feront remifes
en œ u v re,telle s que pierres de tailles, b o is, f e r , carreaux,
tuiles 8c autres, ayant égard à la détérioration qu’elles pour­
ront ép ro u ver, 8c aux frais de remaniaient.
Les Experts 8c les Géomètres em ployés pour faire lefdits
rapports fe conform eront au préfent a rtic le , 8c aux trois
précédens, à peine de nullité de leur ra p p o rt, lequel fera
refait à leurs frais 8c dépens.
A

R t.

V.

Les Com m unautés, chacune dans leur terro ir, payeront
aux Propriétaires les objets occupés ou détruits, pour

�45

l'emplacement des travaux p u b lics, fk pour les redrefie
mens &amp; élargiffement des rues fervant de paffage.

T IT R E

IL

Des Conteftations fu r les eftim ations , &amp; des recours
de leu r ju gem en t.

T

Oute conteftation, fur une efiimation relative aux tra­
vaux publics, fera portée pardevant l’Adminiftration ,
pour que le rapport foit par elle examiné , avant qu’il
foit déclaré recours contre la Com munauté.
A rt.

ï î.

S’il y a lieu au recours , il fera jugé par l’ un des P ro ­
cureurs du P ays , accom pagné par l’Ingénieur du D ép ar­
tement , &amp; préfent, pour être entendu un E xpert d’une
Communauté voifine ; l’Ingénieur en C h e f étant ' feul en
tournée pourra également vuider le recours , étant préfent
l’Ingénieur du D épartem ent, &amp; un E xpert d’une C o m m a
nauté voifine.
Fait &amp; arrêté dans l’A fiem blée des Etats généraux du
Pays &amp; Com té de Provence le 28 Janvier 1788.

Signé, -{- J. R . D E B O IS G E L IN , A rchevêque d’AixjJ
Préfident des Etats de Provence.

��PROCÈS-VERBAL
L’A S S E M B L É E

RENFORCÉE

PROCUREURS DU PAYS
N É S

E T

J O I N T S ,

Du premier-Février iyS8\

A
DelTmprimerie de B.

A I X ,

Gibelin-David ,

&amp; T . Emeric-David

Avocats, Imprimeurs du Roi &amp; des États de Provence»

M. D C C .

LX X X VIII,

��D E

L’ A S S E M B L É E

1

D E S

N ÉS

Du

ET

J O I N T S ,

premier Février 1788.

’A N mil fept cent quatre - vingt - h u i t , Sc le premier
jour du mois de février 3 l’Affem blée renforcée de
MM. les Procureurs nés 8c joints a eu lieu , fuivant le R é ­
ment des Etats , dans le Palais Archiépifcopal de cette V ille ,
pardevant M onfeigneur J ean - de - D ieu - R aym o nd de
Boisgelin , ARCHEVEQUE d ’A ix , Préfident des E ta ts, &amp;
premier Procureur né du P ays $ à laquelle AiTemblée
etépréfens, avec mondit Seigneur l’A rchevêque d’A ix .

L

Monfeigneur Emmanuel-François de Bauffet de R oquefort
Evêque &amp; Seigneur de Fréjus , Procureur du P ays
P°ur le Clergé.'
A ii

�4
M onfeîgneur Jean-Jofeph-Vi&amp;or de Cafielîane Adhernar
E vêque &amp; Seigneur de Senez , Procureur du Pays joint
pour le Clergé.
M onfeîgneur François de M ou d iet de Villedieu , Evêque
de D igne , Procureur du P ays joint renforcé pour l’ordre
du Clergé.
Frere Chryfoftom e de Gaillard , C hevalier de l’Ordre de
St. Jean de Jerufalem , Commandeur de Beaulieu , Procu­
reur du P ays joint renforcé pour l ’ordre du Clergé.
M M . Pierre-Louis D em andolx de la Palu , Seigneur,
M arquis de la Palu , M eyrefte , &amp; autres lieux ; Jean-Jofeph-Pierre Pafcalis, A v o c a t en la C o u r ; François-Jofepà
L yo n de St. Ferreol , 8t Pierre-Jean-Baptifte G érard, Maire
C o n fu ls, A fiefleur d’A ix , Procureurs du P ays nés.
M onfieur Jean-Paul de L o m b a rd , Marquis de Gourdon,
Seigneur de Courmes &amp; de la M alle , Procureur du Pays
joint pour la N oblefie.
M onfieur Jofeph de Villeneuve , Marquis de Bargemont,
Seigneur de St. Auban , Procureur du P a ys joint pour la
N oblefie.
M onfieur Antoine-Boniface de Caftellanne , Marquis de
M azau gu es, Procureur du P ays joint renforcé pour l’ordre
de la N oblefie.
M onfieur Jean*Baptifte-Jofeph D a vid , Com te de Sade,
M arquis de Montbrun , Seigneur d’Eiguieres , Mondragon,
B a r r e t, St. Auba n, Ste. Euphemie , Vercoiran , Autane,
L a Bâtie , M onfolery , 8c M o n tclu s, Lieutenant Général
des Provinces de Brefie , B u g e y , V alrom ey , &amp; Pays de

�5

Çex , Procureur du P a ys joint renforcé pour
l’ordre de la Nobleffe..
Le fieur Claude-Louis R e g u is, A v o c a t en la
Cour, Maire premier Conful de la Com m u­
nauté de Sifteron, Procureur du P ays joint pour
le Tiers-Etat.
Le fieur Jean-Jofeph Mougîns de Roquefort,"
Avocat en la C our , M aire premier Conful de
la Communauté de G ralle , Procureur du P a y s
joint renforcé , pour le Tiers-Etat.
En abfence du fieur Conful de Forcalquier *
Procureur du Pays joint ; &amp; du fieur Conful
d’Hieres , Procureur du P a ys joint renforcé ,
pour le Tiers-Etat.
Monseigneur l ’A rcheveque d ’A ix , P ré­
sent des Etats, premier Procureur né du P a y s ,
a dit :
Que cette Afiem blée étoit convoquée , enfuite du Réglem ent adopté par les Etats , pour
l’exécution des Délibérations prifes dans TAffem-.
blée defdits E ta ts, &amp; pour délibérer fur les affai­
res dont la connoifiance &amp; l ’examen ont été
renvoyés à l’Adminiftration intermédiaire $ qu’à
cet effet il convenoit de déterminer.
i*. Qu’il fera tenu par les Greffiers des Etats
un regiftre des Délibérations de la préfente
■ Affemblée.
2 °-

Que les Greffiers des Etats rapporteront

�à l a prochaine féanee , &amp; fur des feuilles fë.
parées , toutes les Délibérations prifes par les
Etats , pour être diftribuées dans les différens
Bureaux qui feront formes dans cette Aitemblée.
C e qui a été unanimement délibéré.
Députation
£ un de M M .
les Procureurs
du P a y s , pour
la vérification
ordonnée par les
E ta ts , relative­
ment a u x contefiations entre
Madame de
£E pine &amp; M .
le Comte de
Drée,

M o n d it Seigneur l ’A rcheveque d ’Aix ,
Préfident des Etats , premier Procureur né du

Q ue les Etats ont ren voyé à cette Aflemblée l’examen &amp; Iç jugement de la conteftation
élevée entre M adame de l’Epine 8t M . le Comte
de D rée , fur l ’emplacement du nouveau che­
min de T oulon à la V alette. Cette Délibération
p o rte , que l’un de M M . les Procureurs du Pays
accédéra inceftamment fur les lieux , avec un
Ingénieur, autre que ceux qui ont déjà travaillé
à la levée des plans 8t au devis du chemin;
qu’il drefiera procès-verbal de l ’état des lieux,
d ’après les plans 8c devis eftimatifs ; qu’il ap­
pellera à cette vifite les Confuls de Toulon Sc
de la V a le tte , &amp; toutes les parties intéreftees;
&amp; que fur fon ra p p o rt, la préfente Aflemblée
ftatuera définitivement fur cette conteftation.
C ’èft donc à l’A fiem blée à députer un de
M M. les Procureurs du P a y s , &amp; à lui donner
les inftru&amp;ions qu’ elle croira néceftaires.
L ’Affem blée a unanimement député M. Lyon
de St. F e rre o l, Conful d’A ix , Procureur du
P a y s , pour fe rendre inceftamment fur les lieux.

�7
avec le fleur Giraud , Com mis au Greffe
des Etats, &amp; le fleur B o n n ard , Ingénieur du
Pays.
.
L’Affemblée a chargé M . de St. Ferreol de
drefler un Procès - verbal de l ’état des lie u x ,
qui préfente
i«. L ’ancien emplacement du chemin.
2°. Le premier plan qui avo it été propofé.
3°. Le fécond plan qui a été fubftitué au
premier.
4°. Le plan de toute autre direftion qui pour»
roit être propofée.
5°. L’état des propriétés , foit m aifons, foit
jardins, à travers lefquelles feroient dirigés le
premier &amp; le fécond plan , &amp; toute autre di*
reftion qui pourroit être donnée au chemin*
6°. L’état aêtuel des ouvrages com m encés,
des maifons abbatues, &amp; en général des poffeffions conteftéès qui font traverfées, &amp; qui font
prêtes à l’être par le plan dont l’exécution a,
été commencée.
&gt;7°* Les'raifons alléguées par toutes les par­
ties intéreflees, par elles diftées ou duement
lignées, le tout fait en préfence des Confuls de
Toulon, de la V a le tte , &amp; des parties intéreffées, conformément à la délibération des Etats,
de laquelle il fera rem is, ainfî que de la prê-

�8
fen te, utr extrait à mondit fleur de St. Ferreol,
pour en fuivre l ’exécution.
L ’ Afifemblèe délibérant enfuite fur les frais
de ce v o y a g e , a attribué 1 2 liv. par jour à
M . le Procureur du P a y s , 9 liv. par jour au
Com m is au G reffe, &amp; 6 liv. par jour au Trom­
pette du Pays qui fera à la fuite de la commillion 5 8c feront en outre mondit fieur le
Procureur du P a y s , le Commis au Greffe, &amp;
le. T ro m p ette, défrayés des frais de voiture,
fur l’état 8c rôle inféré dans le Procès - verbal
de route , à. l’appui du mandat qui fera expédié
pour le paiement des frais de ce voyage.

S ign é f J. R . de Boisgelin , Archevêque
d’A i x , Préfident des Etats de Provence..

&amp;

Les deuxieme , troifieme, quatrième
cinquième Février lefdits Sieurs ne Je
fo n t pas ajjemblés

,

D u fx ie m e dudit mois de Février

.

E fieur Louis-Jean-François Sanéfon, Maître
en C h irurgie, M aire Conful de la Com­
munauté de F orcalq u ier, Procureur du Pa
joint pour le T iers-E ta t, 8c le fieur Jofeph*
François B ernard, M aire premier Conful delà
Communauté d’H iere s, Procureur du Pays joint
renforcé pour le Tiers-E tat, étant arrivés, ont
pris leur place.

L

Les Greffiers des Etats ont remis les copies
des

�9
Délibérations prifes par les E t a t s , fur des
fe u ille s f é p a r é e s , ainfi qu’ils e n avoient été char­
gés par la p r é f e n t e A f i ê r a b l é e , dans la f é a n c e
du premier d e c e mois.
M. P a fc a lis , A lie fle u r

Pays,

faifan t le

d ’A i x ,

rapport de

Procureur

du

a dit :

f eur ^A ix

'

i°. Q u e
feu, p o u r

lé s
la

E tats

ont

p refen te

Rapport f a it

c e s D é l i b é r a t i o n s , par M .tA J J e f&gt;
Procureur du

im p o fé

annee

910

1788,

îiv . p a r

E t a t s , en

pour le p a i e m e n t
dé faire d e s

d é l i b é r a n t l ’i m p o f i t i o n

des M i l i c e s ,

délivrer l e P a y s
lices, &amp;

le

fe f o n t r é f e r v é s

re p ré fe n ta tio n s à Sa M a je f t é , p o u r
d ’une

charge

plus a v o i r l i e u , d e p u i s l e

ne

d e v ro it

tira g e e ffe c tif des M i ­

rem b o u rfem en t

tées p o u r l ’ a n c i e n

qui

des dettes c o n tr a c ­

éq u ip em en t

&amp;

a rm e m e n t des

Milices.
30. Q u ’ il f e r o i t ' n é c e f l a i r e d ’ o b t e n i r

un A rrê t

du C o n f e i l , q u i r e p a r t î t f u r t o u s l e s C o r p s c o n ­
tribuables

le

fu p p lé m e n t

à

Vingtièmes o f f e r t p a r l e s
îion de la r e m i f e
Majefté a b i e n
le montant d e

4°-

ce

l’a b o n n e m e n t,

des

E t a t s , 8 t q u i f î t m en*-

d e c in q u a n te m ille liv re s q u e
v o u lu

accorder

fu p p lé m e n t

au P a y s ,

fu r

à l ’a b o n n e m e n t .

Q u ’il f e r o i t é g a l e m e n t n é c e f l a i r e ' d ’ o b t e n i r

un Edit q u i a u t o r i f e

le P a y s à o u v r i r , p o u r le

compte d e S a

M a je f t é , l’e m p ru n t

lions, d é l i b é r é

p a r le s E t a t s ,

nouvel

em prunt a v e c

les

&amp;

à

ca p ita u x

&gt; des D e~

f u i v a n t l a f e s? a r le sE t m .

répartition i n f é r é e d a n s l a D é l i b é r a t i o n d e s E t a t s .
2°. Q u e l e s

f \ay s

d e tro is m il­
c u m u le r
qui

B

ce

re ftèn t.

�10
dus fur les précédens emprunts. Q ue le même
E d it, en dérogeant, en tant que de befoin, aux
précédens Edits qui portent affignation des fonds
pour le payement des intérêts 8c le rembourfement des capitaux des autres emprunts , doit
afîigner pour l’acquittement des intérêts , &amp; le
rembourfement des capitaux du nouvel em­
prunt , cumulé avec les autres, un fonds de la
valeur du dixième d^ la dette totale. Que le
même Edit doit contenir l’exemption formelle du
droit d’amortiffement , pour toutes les rentes
acquifes dans cet emprunt par les gens de main­
morte , ou qui pourroient leur être cédées en
acquittement de dettes , fondations,.dotations,
8c autres emplois de cette nature j enfin, que
l ’Edit doit être en voyé aux Cours du Parlement
8c des Comptes pour y être enrégiftré.
5°. Q ue les Etats ont délibéré qu’il fera fait
article dans le C ah ier:
D u droit d’entrée de quinze fols par quintal
fur les pozzolanes étrangères.
D es droits exceffifs fur le tranfport, l’entrée,
&amp; la circulation des vins de P rovence à Marfeille.
D u rembourfement des fommes fournies pat
le P a y s , pour la conftru&amp;ion du Parc &amp; Arfenal de M arfeille dém oli , 8c dont le fol a été
vendu au profit du R o i.
D e la rareté 8c cherté des moutons en Vtovence , occafionnée principalement par l’augS T I P n ta tm n

O v r o lT îtr û

r!n

n i* îv

A ir

fU l

�II
De l’établittement de la Com pagnie des Indes^
&amp; des privilèges qui lui ont été accordés.
Du droit de foraine qu’on perçoit fur le trans­
port des marchandifes q u i , par le D étroit de
Gibraltar, vont dans les ports des cinq grottes
Fermes.
6°. Que les Etats ont accordé leur crédit &amp;
leur appui à la Communauté de la S e y n e , pour
l’obtention de la foire fran ch e, &amp; pour l’exem p­
tion des droits fur les matériaux defiinés à la
conftru&amp;ion des Navires.
-,

7

7°. Que les Etats ont accordé à la Com m u­
nauté de Bandol leurs bons o ffices, &amp; leur fecours dans l’inllance en réglement de Juges, pen­
dante au Confeil du R o i , entre ladite Com m u­
nauté &amp;. M. le Marquis de Bandol.
8°. Que les Etats ont chargé l’Adminiftration
intermédiaire de s’occuper :
Des moyens de procurer aux p a u v re s, ap pu i,
&amp; défenfe contre les vexations des Fermiers
&amp; des Régitteurs du droit du R o i ; d’établir
à cet effet un centre de correfpondance avec
les Vigueries &amp; les Communautés ; 8t d’é­
crire une lettre circulaire à toutes les Com m u­
nautés pour leur annoncer que leurs habitans
peuvent, en cas de vexation , s’adreffer au (leur.
Baud.
Des moyens de rendre l ’opération conjointe;
de l’affouagement &amp; de l’afflorinement général
B

&gt;

�12
la plus e x a f t e , la plus prompte , &amp;
difpendieufe.

la moins

D es détails relatifs à FétablifiTement projette
d’un hofpice , pour former des Eleves de l’un
&amp; de l ’autre fexe dans Fart des accouchemens.
D e l’examen d’un M ém oire fur la Régie de
la Gabelle en Provence.
Des moyens de rendre Fétablifîement pour
Fentretien des Bâtards plus utile à l’humanité,
&amp; moins onéreux au P ays.
D u M ém oire préfenté par la Communauté
d’A u p s, pourréclam er l’intervention du Pays con­
tre le Fermier des Domaines , au fujet d’un droit
d’amortififement pour la reprife de fes moulins.
Et finalement des fecours ou encouragement
réclamés par plufieurs familles gênoifes, venues
en Provence pour la fabrication des velours.
9°. Q ue les Etats ont délibéré que M M . les
Procureurs du P a y s , en foîlicitant la fuppreffion du péage des Célefiins de T a ra fco n , dans
le cas où îles biens de l’Ordre cefleroient d’ap­
partenir à ces R eligieux , ne perdront pas de
vue l ’intérêt que le P ays peut avoir à la fup*
preffion du péage de L u b iere s, &amp; les droits du
Propriétaire.
io °. Q u ’ils ont chargé l’Adminifiration inter­
médiaire d’exécuter la convention paffée avec
M . le Marquis des Pennes , relativement au

�l ' î

chemin d’Àix à M arfeille dans l ’étendue de fort
péage j St enfin que l’Adminifiration intermé­
diaire s’occuperoit de l ’exécution des différens
travaux p u b lics, délibérée par les Etats , 8t de
tout ce qui lui a été ren voyé à’ cet' égard.
'
L’ÀfTemblée après avoir entendu le rapport
de M. l’Afîefïeur , St la lefiture des D élibéra­
tions prifes par les E ta ts, a unanimement dé­
libéré.
i 9. Que M M . les Procureurs du P a ys veilleront avec la plus grande attention à ce que chaque Communauté fafTe une impofîtion fuffifante,
pour l’acquittement des deniers, du R o i 8t du
Pays, &amp; pour l’extin&amp;ion d’une partie des ar­
rérages dus aux R eceveurs des Vigueries ; qu’ils
rapporteront à l’AfTemblée renforcée de M M .
les Procureurs du P ays nés &amp; joints du premier
juin prochain , l’état des arrérages dus par les
Communautés aux R eceveurs des V ig u e rie s,
&amp; à celle du quatrième novem bre p ro ch a in ,
! les états d’arrérages qui n’auront pu être repré! fentés à celle du premier juin.
|

î °.

Que M. l’AfTeiïeur rédigera le Cahier à
préfenter à Sa M a jefté, St qu’il y fera article
de repréfentations :
Sur l’impofition des Milices.
Sur le droit de quinze fols à l’entrée des pozzolanes étrangères.'
Sut les droits pvrefîifs

Délibération.

im portions des
Communautés.

Cahier des re.
montrances délibéré par les
Etats.

�M
p o r t , l’ en trée, St la circulation des vins à Marfeüle.
A
Sur les fommes fournies par le P ays pour le
Parc St Arfenal de Marfeilie.
Sur la rareté St cherté des befliaux occafionnée par l’excès du prix du fel.
Sur I’établiflement St les privilèges de la Com­
pagnie des Indes.
Sur le droit de foraine de Languedoc en Pro­
vence , St du D étroit de Gibraltar dans les ports
des cinq groffes Fermes.
Lequel Cahier fera préfenté St lu à l’Affemblée renforcée du premier juin prochain, pour
y être examiné St approuvé.
3°. Que M M . les Procureurs du Pays écri­
ront à M . le Contrôleur Général , pour folliciter l’A rrêt du Confeil relatif à la répartition
du fupplément à l’abonnement des vingtièmes,
8t celui relatif à l’emprunt de trois millions,
le tout aux claufes St conditions énoncées dans
les Délibérations des Etats.
4e. Q u ’ils demanderont en faveur de la Com­
munauté de la Seyne la foire franche, &amp;la
franchife des matériaux dehinés à la conftrucîion St équipement des Navires.
5°. Q u’ils folliciteront en faveut de la Corn• iminauté de B a n d o l, dans l ’inftance en régie-

�■ jjjent de Juges, pendante» su Confeiî du
entre ladite Communauté &amp; M , le Marquis
Bandol.
Et à cet égard l’AfTemblée a penfé qu’il
de charger M M . les Députés
Etats à la C our , de follicirer une loi gé
qui maintienne les Provençaux dans toute
tégrité du droit qu’ils o n t, de ne pouvoir
diftraits de leurs Juges locaux.

viendroit

condes
l ’in­
être

Et quant aux autres Délibérations des E tats,
dont il eft fait mention dans le rapport de M .
l’Affefleur.
L’Affemblée a renvoyé au Bureau des impo»
fîtions : la D élibération concernant les préala­
bles à l’opération conjointe de l’affouagement &amp;
del’afflorinement général j celle concernant l’ap­
pui &amp; la défenfe des pauvres contre les vex a ­
tions de la Ferme &amp; de la R égie générale ^
ainfi que tous les détails de l’établiffement que
les Etats ont déliré de form er à cet égard ;
celle concernant le M ém oire fur la R égie de la
Gabelle en Provence.
Elle a renvoyé au Bureau des affaires diver­
ses : la Délibération concernant l ’hofpice pour
former des Elevés de l’un &amp;. de l ’autre
dans l’art des accouchemens j celle concernant
l’entretien des Bâtards ; celle concernant le
péage des Céleftins, &amp; celui de Lubieres ; ce
concernant l’intervention demandée par la C o m ­
munauté d’Aups contre le Ferm ier des D om aines &gt; &amp; le M ém oire préfenté par les Familles

�16
gên oifes, venues en Provence pour la fabrica­
tion des velours.
Elle a ren voyé au Bureau des travaux publics : la Délibération portant l’exécution de la
convention pafféc entre le P a y s , &amp; M. le Marquis des P e n n e s, ratifiée par les Etats $ l’exa­
men de la conteffation entre M adam e de l’Epine &amp; M. le Com te de D rée , fur l’emplace­
ment du chemin de T oulon à la Valette -, &amp;
tout ce qui eff relatif à l’exécution de la Dé­
libération des Etats fur les travaux publics, 5c
fur la contribution du P ays à- la conftruftioii'
du Palais de Juftice.
Après quoi M o n s e ig n e u r l ’A rcheveque
Formation des
d
’A
i x , Préfident, a nommé les Membres des
différens B u ­
différens Bureaux , ainfi qu’il fuit :
reaux.
Nomination des
Membres■ qui '
.
doivent u s compofer.

B U R E A U '■D E S I M P O S I T I O N S

M onfeigneur l ’Evêque de Fréjus.
M . le Marquis de la Palu.
M . Pafcalis.
M . le Com te de Sade.
M M . les Confiais de Forcalquier St de Sifteron,

BUREAU DES AFFAIRES DIVERSES.
Monfeigneur l’Evêque de Senez.
M . de G ailla rd , Commandeur de Beaulieu.
M . Pafcalis.
M . Gérard.
M . le Marquis de V illen euve Bargemon.
M . le Conful de Graile,.
v
burem

�BUREAU POUR LE S T R 4 V A U X PUBLICS.
Monfeigneur l’E vêque de Digne»
M. Pafcalis.
M. de St. Ferreol.
M. le Marquis de Gourdon.
M. le Marquis de Caftellane M azaugues.
M. le Conful d’H yeres.
M. Pafcalis, AfTefTeur d’A ix , Procureur du
Pays, a dit *
Que le Séminaire de la ville de Vence ex pofe à cette A ffem b lée, que les Chefs de V iguerie de St. P a u l, ont emplacé le chemin de
Gréolieres à V ence dans un pred appartenant
au Séminaire , tandis qu’on auroit pu rem pla­
cer ailleurs à moins de fr a is , &amp; avec plus de
folidité j il demande la vérification du lo cal &amp;
la fufpenfîon des travaux»
X/Affembîée a unanimement délibéré que M M .
les Procureurs du P ays écriront aux Chefs de
Viguerie de S ain t-P au l-lès-V en ce, pour qu’ils
ordonnent la fufpenfîon des tra v a u x , &amp; à l’In­
génieur du D épartem ent, pour qu’il accédé fur
les lieux, &amp; drefîe un p ro cès-verb al, les par­
ties intéreffées préfentes, ou duement appelfées, afin qu’il puifTe être fiatué avec connoiffance de caufe fur les plaintes du Séminaire de
Vence.

Monseigneur

l ’ âr ch eveq u e d ’A i x ., Pré-

fidjent, a dit : Q ue fuivant. le Réglem ent adopté.

P la intes du
Séminaire de la.
ville de Vence
Jur {emplace­
ment du chemin
de Greolieres à
Vence.

�E ta t des M andemens à expé­
dier par M M .
les Procureurs
du P a y s , j u f ques au 3 l
M a i prochain.

l8
par les E tats, il doit être préfenté à cette Af.
femblée l’état des mandemens à expédier par
M M . les Procureurs du P a y s , jufques au jj
M ai prochain,
Le&amp;ure faite de l’état defdits mandemens,
l’Affem b'ée a délibéré qu’il fera annexé au
procès - verbal de cette féance.

S ign é f J. R . DE B o i s g e l i n , Archevêque
d’A i x , Préfident des Etats de Provence,
L es feptieme , huitième 6* neuvième dudit
mois de Février , les Bureaux fe font
occupés des différentes affaires qui leur
ont été renvoyées. '

Du

îopération con-

joim e

de l'a f-

fouagèment &amp;
afflorinement.
général.

M
i V

dixième dudit mois de Février.
Onfeigneur l’Evêque de F ré ju s, Préfi*

l dent du Bureau des im pofitions, de l’af-

fouagement &amp; afïlorinem ent, a fait le rapport
des différens M émoires qui ont été présentés
au Bureau fur l’opération conjointe de l’affouagement &amp; de l’afflorinement général, ainfi que
des différentes obfervations faites fur cet objet
par les Membres du Bureau.
L ’ AfTemblée, après avoir entendu le rapport
de Monfeigneur l’Evêque de F réju s, &amp; la lec­
ture des M ém oires, a chargé M . Pafcalis, Aflet
feur d’ A i x , Procureur du P a y s , le fieur Re*
g u is , Conful de Sifteron, &amp; M e. B lan c, Agent
des E ta ts , de conférer fur cette affaire avec

�I

19
Gafîler , Syndic de R o b b e de l’O rdre de
laNo'biefle, 8t de drefîer, de co n cert, un état
des différentes queftions qui peuvent fe préfen ter fur l’objet de l’opération , fur les m oyens
d’exécution , 8t fur la dépenfe ; lequel état fera
commmuniqué à toutes les parties intéreffées,
pour fournir leur rép o n fe, 8e faire part de leurs
obfervations.
Seigneur l ’E vêque de Fréjus a fait
enfuite le rapport du M ém oire préfenté aux
E tats, pour la reform e de la régie de la G a­
belle en Provence j l ’auteur de ce M ém oire propofe q u e le P ays acheté directement du R o i ,
la q u a n tité de fel néceffaire à la confomm ation en Provence , que cette quantité de fel
foit e n fu ite délivrée par le P ays à une C o m ­
pagnie chargée d’en faire la diftribution, &amp; que
chaque habitant foit forcé d’en prendre la quarv*
tité jugée néceffaire à fa confomm ation,
Mondit

Mémoire f u r la
Re'gie de la Ga­
belle en P ro- i
vence,

L’Affémbîée a penfé qu’elle ne p o u vo it contrader, à cet é g a rd , aucune o b ligation , ni en­
vers le Roi, ni envers une C o m p agn ie, &amp; moins
! encore autorifer une diftribution de fel forcé,
I
i

Mondit Seigneur l’E vêque de Fréjus a dit
encore, que le Bureau a vo it penfé que M M .
les Procureurs du P ays dévoient écrire la lettre circulaire déterminée par les E ta ts , pour'
avertir les Communautés, qu’en cas de vexation
^ la part des RégilTeurs des droits du R o i ,
°n pouvoit s’adrelfer ' au fleur Baud.

L’Affemblée a délibéré que

les

MM.
C ij

Pré*-

A p p u i en cas.
de vexation de
la part des Ré-,
gijfeurs des
droits du R o u
Lettre cira i"
laire a écrire
a u x Commit
nautés ,

�20

cureurs du P ays écriront aux Chefs de Vîgue.
rie , pour les prévenir que dans le cas où ils auroient connoifîance de quelque vexation de la
part des R é g ilîe u rs, ils en écrivent à l’adnainiflration, Si que les Chefs de Viguerie donne­
ront le même avis aux Communautés de leur
diftnft.
Contejlations

M O N S E IG N E U R L ’ A R C H E V E Q U E D ’ A iX , Pré-

■ entre le premier
■ Conful de M a -

fident des Etats, premier Procureur né du Pays,
a dit ; q Ue je M aire premier Conful de la ville
^ M an ofq u e , prie l’Affem blée de décider:

nofjue &amp; f e s
Collègues.

i°. S’il a le droit d’ouvrir chez lui, en abfençe de fes Collègues , les lettres qui font
adreHées à M M . les M aire Confuls. '
2°. Si le fécond &amp; le troifieme Conful ont
le droit de faire des propofitionï dans le Confeil m unicipal, en préfence du premier Conful,
3°. S ’ils ont le droit de prendre la qualité
de M aire.
I/A flem b lée a unanimement déclaré:
i°. Q ue le premier Conful n’a pas le droit
d’ouvrir chez lui les lettres qui font adrelfées
aux C on fu ls, mais qu’elles doivent être ouver­
tes &amp; lues à l’H ôtel-d e-V ille , en préfence de
tous les C on fu ls, &amp; les réponfes concertées avec
eux.
2°. Q ue le droit de faire des propofni^i
dans le Confeil m unicipal, appartient au

�2I
p rem ier

création

C o n fu l,

en

co n fo rm ité

des M a i r e s , &amp;

de

des A rrê ts

l ’E d i t
de

de

R é g le ­

ment*
5», Q u e

fu iv a n t la

d élib é ra tio n

1771

blée g é n é r a l e

de

droit h a b i t u e l

d ’e x e r c e r l a

,

chaque

de

l ’A ffe m -

C o n fu l

M a ir ie , &amp;

a

le

de pren­

dre l a q u a l i t é d e M a i r e 5 m a i s q u ’ i l n ’ y a q u e l e
prem ier C o n f u l , l o r f q u ’ i l e f t p r é f e n t , &amp;
défau t, l e

féco n d j

l’a b fe n ce d u

fécon d ,

tre de M a i r e ,

en

gner l e f d i t s a d e s
L ’A f l e m b l é e
du P a y s

a

du

p u iffe

tro ifie m e ,
prendre

e x e r c e r les f o n d i o n s ,

en

le ti­
&amp;

li­

q u a lité .

chargé M M .

le s

part de

d é lib é ra tio n au

cette

P rocureurs

de M a n o fq u e.

M o n feig n eu r
du B u r e a u

a in li

qui

en . l a d i t e

de faire

premier C o n f u l

&amp;

à fo n

l ’E v ê q u e

de

S e n e z , P ré fid e n t

des A ffa ire s d iv e r f e s , a fait le r a p -

port de l ’ a f f a i r e d e l a f u p p r e f f i o n d u
Céleftins à T a r a f c o n , &amp;

Péage

des

du P é a g e de L u b ie re s.

L ’A f T e m b l ë e a u n a n i m e m e n t p e n f é q u e M M . l e s
Procureurs d u

Pays

d é v o ie n t

être

chargés

de

dem ander l a f u p p r e f f i o n d u p é a g e d e s C é l e f i i n s ,
dans le c a s o ù l e s b i e n s d e c e t O r d r e e n F r a n c e
cefferoien t d ’ a p p a r t e n i r à c e s
dans c e

d e rn ie r

roit à M .

de

cas

fe u le m e n t,

L u b ie re s

revenus d e f o n

R e l i g i e u x ; &amp;. q u e

les

on

titres &amp;

dem andel’éta t

des

p é a g e , p o u r r é g le r les d é t e r m i­

nations u l t é r i e u r e s q u e l e s E t a t s p o u v o i e n t p r e n ­
dre à l ’ é g a r d d e

ce

Péages desCélejlins à Tarafcon &amp; de Luiiere*-

�22
U o fp ic e p o u r

firm rdes EUv e s dans L a n

que

le

B u re a u a v o it

charger M M .
prencjre ,

d ’ ici a u

re h fe ig n e m e n s

m en s

le s

p e n f é , q u ’il c o n v ie n d r o it
P rocureurs

p re m ie r

fur

le

du

Pays,

J u in p r o c h a i n ,

p ro je t

d ’un h o fp ic e

de
des

pour

fo r m e r des E le v e s dans l ’art des A c co u c h e m e n s,
&amp;

de

un

s ’i n f o r m e r

p a re il

m oyens

é ta b liffe m e n t a

à

l ’a id e

defquels

é t é f a i t à A r l e s ; afin

que

l ’ A f l e m b l é e d u p r e m i e r J u in p û t s’ en occu­

per

u tile m e n t.

Ce

qui

a été

M o n d it

B â ta rd s: E n -

les

que

f a v e u r des N o u r -

p j us v i v e s
je fté
qui

u n a n im e m e n t

S e ig n e u r

e b u r a g e m e n t en

rices'

des

E tats

l’E v ê q u e

ont

d é lib é ré

in ftan ces, p o u r

d é lib é ré .
de

,

Senez

a dit:

q u ’il

fera

fait les

o b te n ir

de

S a Ma-

u n e n c o u r a g e m e n t e n f a v e u r d e s Nourrices
fe

ch a rg e ro ie n t

H ô p ita u x .
p u iffe

En

d ’E n f a n s - t r o u v é s

atten d an t

s’o c c u p e r

des

l ’é ta b lifîe m e n t r e la tif à
p lu s

u tile

que

au tres

l ’ A d m in if t r a t io n

m oyens

l ’e n t r e t ie n

à - l ’h u m a n i t é ,

&amp;

de

curer

d ’a v i f e r

aux

rendre

d e s Bâtards,

m o in s

o n é r e u x au

P a y s ; il fe ro it b ien in té r e fla n t d e fa ire
p ré fe n ta tio n s, &amp;

p r is aux

ces re-

m o y e n s d e pro­

des N o u r r ic e s à ces êtres

in fo rtu n é s .

L ’ A f f e m b l é e a u n a n i m e m e n t d é l i b é r é q u e MM.
le s P r o c u r e u r s
,

du

Pays

trô le u r g é n é r a l, p o u r
e n c o u ra g e m e n t en

é c riro n t à

o b te n ir de

fa v e u r

des

M . l e Con-

S a M a j e f t é un

N o u r r i c e s qui fe

c h a r g e r o i e n t d e s E n f a n s - t r o u v é s ; e l l e e f p e r e que
M o n fe ig n e u r
été
cette

p rié

l ’A r c h e v ê q u e d ’ A i x , q u i e n a déjà

p a r le s

dem ande

L ’A fîe m b lé e

E tats ,

de to u t
a

p en fé

voudra
fo n

b ie n

appuyer

cré d it.

e n m ê m e t e m s , q u e le

�Pays p o u r r o i t

fa ir e le s

a v a n c e s d e l'e n c o u r a g e ­

ment q u i f e r o i t a c c o r d é , &amp;

q u ’il e n f e r o it r e m -

bourfé

fo n d s

par

ie

R oi

fur

les

de

la

ca p ita ­

tion, a in fi &amp;. d e l a m ê m e m a n i é r é q u ’o n l e p r a ­
tique p o u r l a
aux C h e f s

g ra tific a tio n

d e fa m ille q u i

tards à l ' â g e

de

p a r le R o i p o u r

pût fu ffire c h a q u e

payem ent

fe

12

liv . a c c o r d é e

chargent

Bâ­

la f o m m e q u i fe r o it a c ­
cet en co u ragem en t, ne

année

à

l’in d em n ité

des N o u r r i c e s , le P a y s y

&amp; que c e t e x c é d e n t
&amp; ajouté c h a q u e

des

f e p t ans.

Q u ’en f u p p o f a n t , q u e

cordée

de

d e d ép en fe

année à

ou

au

fu p p lé e r o it,

fe ro it ra p p o rté

l ’i m p o f it io n

de

la c a ­

pitation , c o m m e n o n v a l e u r .
L ’A f f e m b l é e a e n c o r e p e n f é q u ’ i l f e r o i t . u t i l e
d’écrire à M M . l e s E v ê q u e s , p o u r
faire p u b l i e r a u
de leur D i o c e f e ,

les p r ie r d e

P r ô n e dans to u te s les P a r o i i f e s
q u e to u t C h e f de

fa m ille q u i

fe charge d ’ u n E n f a n t - t r o u v é , p r i s d a n s l e s H ô ­
pitaux , f o i t d u P a y s ,

fo it des T e rre s

a d ja c e n ­

tes , r e c e v r a l a g r a t i f i c a t i o n a n n u e l l e d e d o u z e
livres, a c c o r d é e p a r S a M a j e f t é , f u i v a n t l ’ A r r ê t
j du Confeil d u 9
chargé M M . l e s

d é ce m b re 1 7 6 9 : L ’A U e m b lé e a
P rocureurs

du

Pays

d ’é c r i r e

cette lettre.

f J. R . de Boisgelin ,, Archevêque
Préfident des Etats de Provence.

Signé
d’A i x ,

�24.
L e onzième dudit mois de Février } les
Bureaux ont continué leur travail.
D u douzième dudit mois de Février,
M

O n fe ig n e u r
dent

V ar,

cC A n tib es à S t. d é g r a d é ,
L a u re n t,

ter- &amp;

l ’E v ê q u e

B ureau

D ig n e

,

Préfi-

p u b lic s ,a

q u e l e p a f f a g e f e t r o u v o i t intercepté,

q u ’on a v o it été o b lig é
cen t v in g t

roir de Cagnes.

de

des t r a v a u x

cl u e *e c h e m in d ’ A n t i b e s à S t . L a u r e n t-d u d a n s l e t e r r o i r d e C a g n e s , é t o i t tellement

Réparations
f u r le chemin

du

n ic a tio n .

Le

liv re s ,
B ureau a

in d ifp e n fa b ie

d e v o it

d relT er le

p en fé

le

Com m e

l a commu­

q u e cette

dépenfe

d e v o it

a c c é d e r fur le

e n v é r i f i e r l ’ é t a t , l e v e r l e s plans, &amp;
d e v i s d e s r é p a r a t i o n s n é c e i ï a i r e s pour

a c h e v e r d e re n d r e la
p o rter

ré ta b lir

ê t r e a p p r o u v é e ; qu e l’In­

g é n ie u r du D é p a r te m e n t
lo ca l pour

d e d é p e n fe r la

pour

to u t

à

r o u t e p r a t i c a b l e , &amp; rap­

l ’A f f e m b l é e

du

p r e m i e r Juin

p ro ch a in .
Ce

qui

u n a n im e m e n t d élib é ré .

M o n d i '£ S e i g n e u r l ’ E v ê q u e d e

Engravement

fur le chemin de q u e

le

B a r jo is à M o u f- t e r r o i r
tiers,

a été

qui

c h e m in

de

de P o n t e v e s , e x ig e o it

ne p o u v o ir

c o m m u n ic a tio n ^
vem ent

éto it

B ureau

a

Pays
à

d é v o ie n t

cette

f u r le s

êrre

d ifféré

que

la

é v a lu é e

p en fé

D ig n e , a

dit:

B a r j o î s à M o u f t i e r s , dans le
fan s

d é p e n fe

à e n v iro n

que
être

un

M M .

le s

a u to rifé s

à

engravement
in tercep ter
de

la

c e t engra­

2 2 0 0 liv. ^

Procureurs
fa ire

du

procéder

r é p a r a t i o n , &amp;. à f a i r e p a y e r l a dépend
fo n d s im p o fé s

pour

le s

o u v r a g e s de

la

�,

Ce qui
Mondit
qu’il a v o i t

a

u n a n im e m e n t

d é lib é ré .

S e i g n e u r l ’E v ê q u e d e D i g n e ,

d its

R é p a r a t io n f u r

été d e m a n d é au B u r e a u , de fa ire u n e

le c h e m i n e ? A i x

réparation f u r

terroir

2ç

été

le

ch e m in

d ’A i x

ver une c h a u f f é e , 8c q u e
dépenfe d e
cette r o u t e .

liv - ; o n a
200

liv .

de la f o m m e

de

vée, 8c q u ’ il

pour

à M o u ftie r s .

d e v o it

pour être r a p p o r t é s

d é p e n fe é to it é v a ­
o b lig é d e faire u n e

liv r e r le

p a ffa g e fu r

a p en fé q u e

200 liv .

des plans 8c d e v i s

été

la

été

L e B ureau

Ce qui a

M o u ftie rs,

à

M a r t i n - d e - B r o m e s , p o u r c o n fie r-

de St.

luée à 4 5 ° °

a

d e v o it

la

d é p e n fe

être

approu­

être

procédé

la

ré p a ra tio n

de

aux

à

la

le v é e

fo n c iè re ,

p r o c h a i n s E t a t s ..

u n a n im e m e n t d élib é ré .

Mondit S e i g n e u r l ’ E v ê q u e

de

D ig n e ,

a d it;

D e m a n d e en

qu’il a é té p r é f e n t é d e s M é m o i r e s p o u r d e m a n -

c o n jlr u tlio n

der la c o n f t r u ê t i o n

plusieurs

pus au P o n t

d ’un

d ’A r t u b y

c h e m in

$

d ’u n

a lla n t

ch e m in

d ’E m dans

le

terroir d e L a m a n o n ; p o u r l e c h a n g e m e n t d ’ u n e
partie d e c h e m i n

d ’A ig u in e s

à

M o u ftie rs.

de

che-

r n in s d e V i^ u e ^

ne'

Le

Bureau a p e n f é q u e c e s d e m a n d e s , é t a n t r e l a t i ­
ves à des c h e m i n s

de V ig u e r ie , d é v o ie n t

com m uniquées a u x C h e f s d e l a V i g u e r i e ,
l’étendue d e

la q u e lle les

ch em in s

être
dans'

d o n t il s’a g it

font fitués.
Ce qui a é t é

u n a n im e m e n t d é lib é ré

M ondit S e i g n e u r l ’E v ê q u e d e
qu’il a v o i t é t é

accordé

dentes, u n e f o m m e d e

D ig n e ,

d a n s les a n n é e s

a d it :
précé-

4 0 0 0 liv . p o u r la c o n f-

Iruffion du chemin de Graffe à St. Paul j on,

C h e m in

Çraffe
^aut'

«

de

St,,

�i6
dem ande

a u j o u r d ’h u i q u e c e t t e f o m m e / o it em­

p lo y é e , &amp;
tio n

&amp;

reau

a

v o it

être

q u ’il f o i t

p en fé

que

la

fu r

à

renvoyé

fa

à

la

continua-

d e c e c h e m i n . L e Bu.

fo m m e

e m p lo y é e

d e v o ir être
tio n

d é lib é ré

en tiè re p e rfe c tio n

de 4000

liv . c)e.

d e ftin a tio n ,

ftatu er

&amp;

qu’il

f u r l a continua­

d u c h e m i n , à l ’A f l e m b l é e d u p rem ier

Juin

p ro ch a in .
Ce

Chemin de
Mouftiers à la
■ Palu.

qui

été

u n a n im e m e n t

M o n d i t S e i g n e u r l’E v ê q u e
L e s E tats on t
jj v&gt;

à

ces

Le

fo m m e

B ureau
aux

travau x, &amp;

M o n d it

m ln d e S t.R e m y q u ’ o n

de

c h e m i n d e Mouftiers

p ro p o fe

a été

a u x d i t s E n trep ren eurs, à

u n a n im e m e n t

S e i g n e u r l ’E v ê q u e

d e m a n d o it
Le

fa i r e payer

d é jà faits.
d é lib é ré .

de

D i g n e , a dit:

l ’é la r g ifie m e n t

P e l i f l l e r , fu r le c h e m in

rafco n .

de

d e fufpendre

ouvrages

P ont f u r le chef

du

p a y é 10000

à l a liquida­

q u i eft d û

qui

D i g n e , a dit;

E n trep ren eu rs,

raifo n
Ce

de

d e fa ire p r o c é d e r

tio n de ce
des

d é lib éré.

d é l i b é r é q u ’il f e r o i t

a u x E n trep ren eu rs

la P a lu .

cette

à Tarafcon.

a

B ureau

a

d e S t.

p èn fé

d ’un

pont dit

R em yàTa-

q u ’il

d e v o i r être

p r o c é d é à u n e v é r i f i c a t i o n d e l ’ é t a t d e c e pont,
&amp;

que

les

p la n s

&amp;

d e v is

d e l ’ é l a r g i (Tentent fe*

r o i e n t r a p p o r t é s à l ’ A f i e m b l é e d u p r e m i e r Juin.
C e q u i a été u n a n im e m e n t d é lib é ré . &gt;
R éclam ation
f u r iem place-

M o n d it S e ig n e u r

l ’E v ê q u e d e D i g n e , a dit:

q u ’on r é c la m o it c o n tr e u n e

m ent d ’un che- M M .

le s P r o c u r e u r s

du

d é cifio n

P a y s , fu r

donnée

par

rem place-

�27
went ü ’ un c h e m i n d e

la V i g u e r i e d e

min dans l e t e r r o i r d e
déjay-exécutée.

Le

N ans ,

B ureau

décifion é t o i t j u f i e ,

S t . M a x ï - m in de. V ig u e -

d é cifio n

a

£c. d e v o i t

qui

eft

p en fé

q u e cette

être

c o n firm é e .

ne, dans le terroirdeNans.

Ce q u i a é t é u n a n i m e m e n t d é l i b é r é .
Mondit S e i g n e u r l ’E v ê q u e d e D i g n e , a d i t
qu’un m u r f u r l e c h e m i n d e R i e z à R o u m o u l e ,
aux portes d e l a v i l l e d e

R ie z

s’ é t o i t é c r o u l é ,

&amp;qu’on d e m a n d o i t l e r é t a b l i f f e m e n t d e c e m u r ,
&amp; le c o u p e m e n t

d ’u n e

partie, r é t r é c i t l e

m arfo n

p a ffag e.

q u i , dans

Le

B ureau

Ecroulement
£un mUr } &amp;
c o n ce r n e n t d'une
mciifon, à Rie

cette

a p en fé

que l’In g é n ie u r d u D é p a r t e m e n t d e v o i t e n v o y e r

un procès • v e r b a l

des

lie u x ,

fo it

par

rapport

au mur, f o i t p a r r a p p o r t à &gt;a - r a a i f o n .
Ce qui a é t é u n a n i r a e m e u t d é l i b é r é .
Mondit S e i g n e u r l ’ E v ê q u e
que l'A ffe m b lé e g é n é r a l e

de D ig n e ,

a

d it;-

des C o m m u n a u té s

1786, a v o ir d é l i b é r é q u é

de

le P a y s c o n t r ib u e r a it

| pour un tiers à l a d é p e n f e d u d e f i e c h e m ç n t d ’ u n

\marais,

dans l e t e r r o i r

j Majefté

fe ro it f u p p l i é e

de M o u g in s , &amp;
d ’y

c o n trib u e r

I autre tiers, la C o m m u n a u t é

S c ie s

BdeJJêchement:

clun ™arais »;
ins™'J
“ 1^ S "

que Sa
p o u r un

P ro p rié ta ire s

intérelTés d e v a n t f u p p o r t e r l e t i e r s r e f i a n t . D ’ a ps' l’examen q u e l e

B ureau

f \ &gt;1

que

n’a p a s c r u

a fait d e c e

fu tilité

p u b liq u e

profû t

wéreiîee à fo n e x é c u t i o n . .
L’ÂfTemblée a a d o p t é l ’ a v i s

du B u re a u .,
C h e m in d u ,

Mondit S e i g n e u r

l’E v ê q u e d e

1
IJ£fi Communauté, d e

D ig n e , a

d i'tr

la. C a d i e r e d e m a n d e q u e

D

ij

BauJJet à BandoL

�î é c h e m i n d e V î g u e r i e , a l l a n t d u B a u f f e t à Ban.
d o l,

Toit

d é cla ré

con d e d a fle .

c h e m in

de

P r o v i n c e de fe-

L e B u re a u a p en fé q u e

cette de­

m a n d e d e v o it ê tre re je tté e .

'Chemin de D i -

à

Seyne.

C e q u i a é té u n a n im e m e n t

d é lib é ré .

M o n d it

de

que

le

S e ig n e u r l ’E v ê q u e

D i g n e , a dit:

c h e m in d e D ig n e à S e y n e ,

r o ir d ’A ig lu n

,

d a n s le ter­

é t o i t e n t i è r e m e n t intercepté par

l ’e ffe t d ’u n é b o u l e m e n t $ q u ’il a v o i t

é t é dépenfé

1 2 0 l i v . p o u r r é t a b l i r p r o v i s o i r e m e n t le paffage,
&amp;

q u ’il en c o û t e r o i t e n c o r e

4 0 0 l i v . pour ache­

v e r d e le réta b lir. L e B u r e a u a
p r o u v a n t la
béré

de

d é p e n fe

ré ta b lir

faite ,

il

p e n f é qu ’en ap&gt;
d e v o i t être déli­

e n t i è r e m e n t l e p a f f a g e , &amp; d’y

e m p l o y e r ju fq u e s à la

concurrence

de 400 liv.

C e q u i a été u n a n im e m e n t d é lib é ré .
M o n d it S e ig n e u r l ’E v ê q u e d e

Chem in de D i à A i x , ter-

que

l es d é b o r d e m e n s

le M a lija i. o n t e m p o r t é

A ix

dans

p o fo it de
&amp;

le

de

la

D i g n e , a dit:

r i v i e r e d e Bléoune

u n e p a rtie du

c h e m in

d e Digne à

te rro ir de M a lija i , &amp;

q u ’on pro-

c h a n g e r le

c h e m i n d a n s c e t t e partie,

d e r e m p la c e r d e rrière le
L ’A fT e m b lé e

a

d é lib é ré

v illa g e .
que

cette

demande

f e r a p o r t é e à l ’ A l T e m b l é e d u q u a t r i è m e novem­
bre,

p o u r v o i r s’ i l y

p o fîtio n

Ut lu T lZ m t
dam

aux

a lie u

d ’ e n f a i r e la pro*

E tats p ro ch a in s.

M o n d it S e ig n e u r l’E v ê q u e

de D ig n e , ^

le terroir q u e l a C o m m u n a u t é d e M a n e d e m a n d o i t le cl®

d u l i t d ’ u n t o r r e n t q u i t r a v e r f e le granl

�%9
ch em in a ll a n t à F o r c a î q u i e r .
que M M .

L e B u re a u a p en fë

les P r o c u r e u r s d u P a y s d é v o i e n t ê tr e

chargés d e fa ir e

procéder

à

la

v é rific a tio n d e

cette d e m a n d e , a u x f o r m e s d u R é g l e m e n t , &amp;. d e
la r a p p o r t e r

à l ’A fT e m b lé e d u p r e m i e r ju in .

C e q u i a é té u n a n im e m e n t d élibéré»
M o n d i t S e i g n e u r l ’ E v ê q u e d e D i g n e , a d i t : Retnbourfemenî
que la D a m e v e u v e G u i l l e m a r d d e m a n d o i t d ’ ê t r e du p r ix du f o l
p a y é e d u p r i x d u f o l q u i l u i a é t é p r i s p o u r l e p ris à la Dama
Guillemard, au­
chemin r o y a l d ’ À i x à T o u l o n , a u p r è s d e s f o r ­
près des fortifi­
tification s d e c e t t e P l a c e ; u n e p a r t i e d e l ’ a n ­
cations de la
cien c h e m i n a é t é p r i f e p o u r f e r v i r d e f u i t e
Place à
aux f o r t i f i c a t i o n s d e l a P l a c e ; i l a f a l l u a l o r s Ion.
prendre d u t e r r e i n d a n s l a p r o p r i é t é d e l a D a m e
veu ve G u i l l e m a r d , p o u r

rendre

au

ch e m in

la

largeur q u ’ i l d e v o i t a v o i r .
L ’A fT e m b lé e

a

u n a n im e m e n t

d é cla ré

que

la

C om m u n au té d e T o u l o n d e v o i t p a y e r à la D a m e
veuve G u i l l e m a r d

le

p r ix du fo l

cement d u c h e m i n ; &amp;
a d jacen tes

d é v o ie n t

nauté d e

T o u lo n

,

p ou r re m p la ­

q u e le P a y s &amp;
rem b o u rfer
dans

la

à

le s T e r r e s

la

Com m u­

p ro p o rtio n

u fité e

pour l e p a y e m e n t d e s t e r r e i n s

o c c u p é s p o u r le s

fo rtific a tio n s ,

du

le

p rix

du

fo l

ch e m in

p ris

pour l e f d i t e s f o r t i f i c a t i o n s ; a t t e n d u q u e l a C o m ­
munauté

a v o it

prix d e c e

d é jà

fo l lo rs

payé
de

aux

p ro p rié ta ire s

la c o n flru ê tio n

le

du ch e ­

min.
M o n d it S e i g n e u r l ’E v ê q u e
que M . l e

P réfid en t

de

de

D ig n e , a

Jouques ,

d i t ‘. C h e m in de

p ro p rié ta ire

d ’un c a b a r e t f u r l a r o u t e d e s f o r t s d e P e y r o l l e s

Tolles au l

�3 °'
au b ac de
à

M i r a b e a u , d e f ir o it q u ’il fû t p ro cé d é

la

le v é e

des

cette

ro u te

d é jà

p la n s

r é g l é , re la tiv e m e n t
cab aret.
d e v is

Le

de

la

d é lib é ré e ,
à

la

B ureau

a

re co n ftru ftio n
pour

lu i

re co n flru &amp; io n
p en fé

que

d é v o ie n t ê tre d re iîé s p o u r

de

f e r v i r de

les

de

fon

p la n s &amp;

ê t r e rap p ortés

à l ’ A l T e m b l é e d u q u a t r i è m e N o v e m b r e , q u i les.
fo u m e îtr a au ju g e m e n t des p r o c h a in s

E tats.

Ce qui a été unanimement délibéré.
Chemin de
Compsà Entre-

&lt; U’ ^

yaux.

n ie

M o n d it

3

S e i g n e u r l ’E v ê q u e

a v o it été
de

1800

précédem m ent

liv . p o u r le

E n treva u x : on dem ande
m e,

Sa

que

d é lib é ré e .

la

de

accordé

c h e m in

la

m in à

terns p lu s

Ce
Plaintes de

un

M o n d it

une

digue

offen fve , dans
le terroir y pt.

S e ig n e u r

d e }a c o n l i r u é t i o n

Sa

ans

re lie

q u ’i l falloir
de

ce

che­

l ’E v ê q u e d e D i g n e ,
l a V i l l e d ’A p t ,

d ’une d ig n e

a

ditt

f e plaint

o f f e n f i v e fu r le

t o r r e n t d u C a l a v o n . L e B u r e a u a p e n f é q u e cette
d e m a n de

Ce
P o n t f u r le

du

u n a n im e m e n t d é lib é ré .

d e v o it

être

f ’^ f i è m b l é e d u p r e m i e r

k eraon ,

r o u t e foie

op p ortu n .

M r . de Saporta. q u e M . d e S a p o r t a d e
fu r

fom-

a p e n fé q u e la fo m m e d e

co n ftru &amp; io n

q u i a été

la

Com ps à

d e c e t t e fcun-

cette

18 0 0 liv . d e v o ir être e m p lo y é e ,
renvoyer

de

l’e m p lo i

c o n tin u a tio n d e

L e B ureau

D i g n e , a dit:

q u i a été

v é rifié e

&amp;

rap p o rtée

à

J u in .

u n a n im e m e n t

d é lib é ré .

M o n d i t S e i g n e u r l ’ E v ê q u e d e D i g n e , a d it:
q Ue j a C o m m u n a u t é d ’ A ü o n s d e m a n d o i t l a conf*
t r u &amp; i o n , d a n s f o n t e r r o i r , d ’u n p o n t fu r le V e r-

�don , fu r le c h e m in
&amp; dans un a u t r e

de C a fte îla n n e

e m p la ce m e n t q u e

à

C o lm a rs^

le p o n t q u i

èxifte a c t u e l l e m e n t . L e B u r e a u a p e n f é q u e c e t t e
dem ande d e v o i t

ê t r e r e j e t t é e , 8c q u e l ’I n g é n i e u r

du d é p a r t e m e n t

d e v o it être

chargé

de

v é rifie r

l’état a ê t u è l d e c e p o n t , 8c d e v e i l l e r a v e c f o i n
à fa e o n f e r v a î i d n .
Ce qui

a été

u n a n im e m e n t

M o n d if’ S e i g n e u r l ’E v ê q u e

d é lib é ré .

de D ig n e ,

a

d it:

D ig u e s dans

qu’il é t o i t n é c e f l a i r e d e r é p a r e r 8c d ’ a l l o n g e r l a le terroir de M e*
digue c o n t r e

la D u r a n c e

dans le te r r o ir d e M e -

rindol, c e t t e d i g u e d o i t g a r a n t i r e n
la prife d ’ e a u d u

c a n a l B o ifg e lin .

penfé q u e l ’ é t a t d e

la

m ê m e tem s
Le

B ureau

a

d i g u e , 8c l e s r é p a r a t i o n s

à faire d é v o i e n t ê t r e v é r i f i é s p a r l e f l e u r F a b r e ,
Direfteur d u

c a n a l d e B o i f g e l i n , 8c e n ê t r e f a i t

rapport à l ’ A f f e m b l é e d u q u a t r i è m e N o v e m b r e .
Ce q u i a

,

Le B u r e a u

été

u n a n im e m e n t

d é lib é ré .

a v o ir é g a le m e n t o b f e r v ë , q u e les

Com m un au tés d e v r o i e n t ê t r e

chargées

d ’e n t r e ­

tenir, à l e u r s f r a i s , l e s d i g u e s c o n f i n â t e s p o u r
j

leur utilité p a r t i c u l i è r e ; q u ’ e l l e s

J à cet e f f e t ,

une

d e v ro ie n t fa ire

i m p o f i t i o n p a r t i c u l i è r e , 8c j u f -

tifier a n n u e l l e m e n t
de leur e x i f l e n c e

de

dans

nauté j &amp;. q u ’ e l l e s

l ’e m p l o i

des f o n d s ,

la c a ille d e

d e v ro ie n t

être

ou

la C o m m u ­
ten u es

des

frais de r e c o n f t r u ê t i o n d a n s l e c a s o ù e l l e f e r o i t
néceffitée p a r l e

d éfau t

d ’ e n t r e t i e n $ 8c q u e d e s

Ingénieurs, d a n s l e u r t o u r n é e , d é v o i e n t f u r v e i l l’e n tr e tie n d e
| niflration d e l a

ces

d i g u e s , 8c a v e r t i r l ’ A d m i -

n é g lig e n c e

des C o m m u n a u té s.

�1*
Chemin de

M o n d i t S e i g n e u r l ’E v ê q u e

GraJJe&amp; Cannes. q Ue l ’é t a t

a ftu e l du

ch e m in

d e D i g n e , a dit;
de

G ra fie

à Can«

n é s , e x i g é d e s r é p a r a t i o n s f o n c i è r e s 8c indifpenfab les.

Le

p lo y e r

a ctu e lle m e n t la

B u r e a u a p e n f é q u ’ o n p o u v o i t y etnfo m m e

de

800 liv ., &amp;

fa ire p r o c é d e r au

t o i f é 8c à l ’ e f t i m a t i o n d es ou.

v r a g e s n é c e lîa ire s

pour

a c h e v e r l e f d i t e s répara­

t i o n s , 8c q u ’ i l e n f e r o i t f a i t r a p p o r t à j ’AlI'emb lé e

du

p re m ie r

J u in .

C e q u i a été u n a n im e m e n t d é lib é ré .

B a u x Centre-

L ’A fT e m b lé e
P rocureurs

a e n fu ite d é lib é ré

que

d iffé re n s D é p a r t e m e n s , p o u r

q u ’ i ls a i e n t à vé­

rifie r l ’é ta t aC tu el d e to u s le s B a u x
dan s le u r

D ép artem en t ,

p re n e u rs in c a p a b le s
to u s

les

M M . les

d u P a y s é c r i r o n t a u x I n g é n i e u r s des

ou

re n fe ig n e m e n s

l'a d ju d ic a tio n

de

à

d ’ entretien

i n d i q u e r l e s Entre­

n é g l i g e a s , 8c
n é c e lîa ire s

nouveaux

8c

Baux

q u e le t r a v a il des I n g é n i e u r s ,

à fournir
relatifs?

d ’ entretien j

8c l ’ é t a t d es Baux

à r é f i l i e r f e r o n t r a p p o r t é s à l ’ A f f e m b l é e du pre­
Nomination du
Jîeur M ou g in s ,
premier Conful
de Grajfe , Chef
de V igne rie ,
a jffe r a la.
Ication des
plaintes fu r
îemplacement
du chemin de
Vcnce à Gre'oitérés.
Indemnité des

m ie r J u in .

L ’ A f f e m b î é e a c h a r g é le -fiè .u r M o u g i n s , Maire
p re m ie r

C o n f u l d e G r a l T e 8c C h e f d e Viguerie,

d ’a fïifter à
p a r le

la v é r ific a tio n

S é m in a ire

de

de V e n c e ,

l a p l a i n t e portée
fur

l ’emplacement

d u c h e m i n d e V t n c e à G r é o l i e r e s , 8c c e , comme
C h e f d e la
ch em in
n au té

V ig u e rie

dont

de G ra fie ,

il s’ a g i t

a b o u tit

du re ffo rt de cette

à

a t t e n d u que le
une

Commit*

V ig u e rie .

S u r l a d e m a n d e d e M . d e B a r r e t , en indetn*
q u ’i l a f o u f f e r t s p a r l a con^

truâp

�n
ttu &amp; ion
a penfé

ch e m in

à A ix ,

q u e c e tte in d e m n ité

par la v i l l e

d ’A p t ,

liffement q u ’ e l l e a

fois

d ’A p t

fon

recours

ch em in, s ’i l y

des

d efiré &amp;
co n tre

o b t e n u , f a u f to u te-

les

E n trep ren eu rs

de

Senez ,

l ’E v ê q u e
p réfen té

milles g ê n o i f e s v e n u e s e n
gation d e

être p a y é e
d ’un e m b e b

a ffa ires d iv e r f e s , a

port d u M é m o i r e
brication d u

d e v o it

p u i f q u ’ i l s’ a g i t

par

du

de

d o n t e lle s

pour

f a - fe s

p o u r la fa-

douze

fo ls

par

o n t jo u i ju fq u e s au

31 d é c e m b r e d e r n i e r 3 e l l e s
fe font e x p a t r i é s

«n e u f

vin g t

ex p o fen t
à

des

q u e c e fe-

étran gers, q u i

ap p o rter

cette b r a n c h e d e f a b r i c a t i o n ,

en

que

P rovence

la d ife tte d es

foies eft u n e c i r c o n f f a n c e d é f a f t r e u f e p o u r e l l e s ,
&amp; qui p a r o î t d e v o i r

le u r p ro cu re r

tion de l ’e n c o u r a g e m e n t . L e
encou ragem en t

la p r o r o g a ­

B ureau
de

a u ro it d e ­

douze

aune de v e l o u r s f u t p r o r o g é p o u r

fo ls p a r

une an n ée en

faveur d es F a b r i c a n s .

L ’A f f e m b l é e

c o n fîd é ra n t q u e

fupprimé l ’i m p o f i t i o n ,
prêtent, p o u r l e s

q u i a v o i t lie u

en cou ragem en s

Fabricans d e v e l o u r s ,

a

que

v in g t-n e u f

le M é m o i r e

des

les

E tats

ont

ju fq u e s

à

accordés aux

u n a n im e m e n t d é lib é ré
F a m ille s

gê­

noifes, fera r a p p o r t é à l ’ A f f e m b l é e d u q u a t r i è m e
N ovem bre, p o u r p r é fe n r e r a u x E ta ts p r o c h a i n s ,
une d e m a n d e q u i

&amp; favorable»

M ém oire

des

r a p - F a m illes gênoi-

re cla m e n t la p r o ro -

l ’e n c o u r a g e m e n t

cours elt e n c o r e n é c e f f a i r e

P réfid en t

fa it le

Provence

v e l o u r s ; e lle s

aune de v e l o u r s

firé que c e t

fats par M.de
^arret P°ur le
c^e™m dAPc
a A lx'

é c h e o it.

M o n feign eu r
du B u r e a u

l ’A f i e m b l é e

p e u t p a ro ître auxj E ta ts , ju fte

venues

en

rrove^ e, p o u r
fai velours»

�34
Tramfem :
fy tijfa ^ r s - Ser•tuteursdu P a y s.

M o n d i t S e i g n e u r l ’ E v ê q u e d e S e n e z , a dit &gt;
q Ue i e s M e l T a g e r s - S e r v i t e u r s d u P a y s o n t préfen t£ u u M é m o ir e , dans

l e q u e l i ls e x p o f e n t que

je T ro m p e tte -S e rv ite u r du

Tournées.

le

cureu rs du P a y s

dans leu rs

un R é g le m e n t des
b é ra tip n
de

P a y s , p r é t e n d avoir

d r o it e x c l u l i f d ’a c c o m p a g n e r

MM.

le s

to u rn ées ,

E tats d s 1 6 2 1 , &amp;

d ’une A fle m b lé e

Pr0.

fuivant
u n e déli-

p a rtic u liè re

d u Pays

1742.
L e s M eiT a gers - S e r v ite u r s

du P a y s

oppofent

q u e l e R é g l e m e n t d e s E t a t s d e . 1 6 2 1 f u t fait dans
un tem s , o ù

il

n’y

a v o it

q u ’ un

S e r v i t e u r du

P a y s p e rp é tu e lle m e n t

e n e x e r c i c e , q u e depuis,

l’u fa ge

au

m êm e

a v o it

P rocureurs
to u s

dérogé

le s

du

fe m b lé e

Pays

de

é to ie n t

fu iv a n t

g é n é ra le

ils fu p p lie n t

en

une
des

L ’A lT e m b l é e a
Pays

fu iv is

D é lib é ra tio n

d ’ une Afd e 1676 ;

le

d e rn ie r état.

d é cla ré q u e

c h o ifir o n t le

ch argé de

dans
fa ire

b u tio n en tre
teu rs

le

P a y s indiffé­

C o m m u n au tés

M M .

un

R é g le m e n t
&amp;

ouïe

d o n t i ls voudront

leu rs t o u r n é e s ,
T ro m p ette

l e s Procu­

T ro m p ette,

M e lT a g e r-S e rv ite u r du P a y s ,
être

du

c o n s é q u e n c e l ’ A l T e m b l é e de ré­

t a b lir le s c h o fe s d a n s

du

1 7 4 2 , M M . les
a c c o m p a g n é s de

M e lT a g e rs-S e rv ite u rs

rem m ent ,

reurs

R é g l e m e n t , &amp; que

a p rè s la D é lib é r a t io n

&amp;

e l l e les a

p o u r l a diftr-

l e s a u t r e s Servi­

d u P a y s , des é m o lu m e n s ,

fu it

d es tour­

n é e s , f o it d e s m eflfa g es.
B ibliothèque

du

P a y s : In -

A b ,b e ‘R iv e

bilothécalre.

^Bl-

M o n d it S e ig n e u r l’E v ê q u e

de Senez

&lt;ï u e l e f i e u r A b b é R i v e , B i b l i o t h é c a i r e
a été e x p o fé

,

a dit:

d u P ay s,

à des d é p e n fe s c o n lld é r a b le s , &amp; a

�j es frais de déménagement , lorfqu’il a quitté
la Capitale , pour venir remplir la place de
Bibliothécaiie $ il defireroit que l’Affemblée
voulut y avoir égard.
L’Affemblée a accordé au fieur A bbé R iv e
la Comme de 4000 l i v . , à prendre fur les fonds
qui r e lie n t de Tiinpofirion faite par la derniere
AlTemblée générale pour la B ib lio th èq u e, &amp;
objets qui y font relatifs.

Signé f J. R . DE Boisgelin , A rchevêque
d’Aix, Prélident des Etats de Provence.

Du treizième dudit mois de Février

il

riy a point eu de féance.
Du quatorzième dudit mois de Février .
Onfeigneur l ’Evêque de D ig n e , PréfU
dent du Bureau pour les travaux publics ,
a dit: que Madame de Gaubert fe plaint d’une ne ^ans ietefm
digue offenfive fur la riviere de Bléoune dans rolr de sîeyes.
le terroir des Sieyes.

M

L’AiTemblée ayant mandé le fieur Bonnard ,
Ingénieur du P a y s , au Département de D ig n e ,
Monseigneur l ’A r c h e v e q u e d ’A i x , P ré fi-'
dent, lui a demandé :
l0* Si la digue dont Madame de Gaubert fe
plaint , a été conftruite enfuite des ordres de

lAdmiinftration.

2,0• Si l’Adminiffration a donné des ordres
P°ut la dire&amp;ion de cette digue»
E ij

�3*5

3®. Si le Pays a contribué à fa conftni&amp;iou;
4 ° . Si Madame de Gaubert fe plaint des an­
ciennes digues conftruites, dans le même terroir,
aux frais du P ays.
L e fieur Bonnard a répondu négativement à
toutes ces demandes.
L ’Aflem bîée a penfé que cette affaire deve&gt;
noit étrangère à î’Adm iniftration, fauf aux par­
ties intéreffées à s’arranger entr’elles.
M . P a fca lis, AfTefTeur d’A i x , Procureur du
P a y s , a dit :
Tanneries.

L a décadence des tanneries du Pays a, de
tous les tem s, excité fa jufîe réclamation; nous
fommes enfin parvenus à développer le vice du
régime qui les afTervifibit, &amp; à prouver que
fi la recette de la régie" augm entoit, ce n’étoit
que parce que les Commis en exigeoient plus
rïgoureufement les droits.
M . le Contrôleur général a eu la ’ bonté de
prendre Paffaire en confidération , fur les inftances de M . l’Archevêque d’A ix , &amp; nous avons
été inftruits que M . B igot de Préameneu,Confeil des E tats, avoir fait une anaîyfe de notre
M ém o ire, &amp;. compofé dix Tableaux de finance
qui o n t, entre autres c h o fe s , le mérite delà
clarté &amp; de la p ré c ifio n / &amp; qui ne laiffentab”
folument rien à defirer pour la défenfe du Pays.

La régie s’occupe -a&amp;uellement à fournir fe

�VJ

i-eponfe, &amp; fuïvant toutes les apparence s , dès
qu’elle fera produite , le P a y s ne tardera pas
d’obtenir une décifion fa v o ra b le , &amp; de v o i r ,
pour ainfî dire , reffufciter une branche d’in-,
dufirie &amp; de com m erce jadis û avantageux.
L’Aflemblée a prié M onfeigneur l’A rch e v ê ­
que d’A îx de vouloir bien appuyer de tout fon
crédit la demande Si les démarches du P a y s ,
pour obtenir &amp; accélérer la décifion qu’on a
droit d’attendre de la juftice du G ouvernem ent,
dans cette affaire vraiem enî intéreffante.
M. Pafcalis, AffelTeur d’A ix ,-P ro c u re u r du C a n a ld e P e v
Pays, a encore d it: que l’Affem blée particü- T0ues&gt; &amp; ■
liere du P a y s , du 22 A vril 1 7 8 5 , ratifiée par
lÀffemblée générale des Communautés du mois
de Novembre fu ivan t, avoir délibéré que M M .
les Procureurs du P ays folliciteroient au nom
&amp; en faveur du fieur Brouchier , l’obtention
d’un Arrêt du Confeil revêtu de Lettres paten­
tes, pour la conftruââon dp canal de P e y ro lle s,
fous la claufe &amp; condition énoncée dans ladite
délibération ; que pour raifon de ladite obten­
tion, 8t de fes fu ites, circonflances &amp; dépen­
dances , le Pays de Provence ne feroit fournis
&amp; refponfable de rien , tant envers l’entrepre­
neur &amp; fes ayants cau fe, qu’envers tout autre,
fous quelque caufe &amp; prétexte que ce foit.
Cet Arrêt du Confeil a été rendu dans le mois
d’Août 1785. O11 n’a pas encore follicité l’o b ­
tention des Lettres patentes dont il doit être
revêtu, parce que l’Entrepreneur n’avoit point

�38

,

encore le nombre de fuufcriptions néceflaire à
la réufïke de fon entreprife.
L ’Entrepreneur qui a aujourd’hui le nombre
néceiTaire de foufcriptiqns, defireroit que MM,
les Procureurs du P ays fullent chargés par l’Affembiée d’écrire au fïeur de Préam eneu, Confeil des Etats à Paris , pour faire revêtir de
Lettres patentes l’A rrêt du Confeil rendu dans
le mois d’A oût 1785.
C e qui a été unanimement délibéré, fous la
claufe &amp; condition énoncée dans la délibération
du 22 A v ril 17S5.
R apport du
voyage f a i t à
T o u lo n p a r M .
de S t . F e r ie o l,
C o n fu l &lt;î A ï x ,
Procureur du
P a y s*

M . de St. F e rre o l, Conful d’ A ix , Procureur
du P a y s , a fait le rapport de l’examen &amp; vé­
rification par lui faite fur les lie u x , enfuite de
la délibération du premier de ce m ois, de la
conteftation èntre Madame de l ’Epine &amp; M. le
Com te de D r é e , au fujet de l’emplacement du
chemin de T oulon à la Valette.
L ’ A flem bîée , après avoir entendu la lefture
du procès-verbal dreffé par M . de St. Ferreol,
contenant les dires de toutes les parties intéreffé e s ,
les obfervations qu’il a cru devoir
fa ire , après avoir vu les plans levés par le Sr«
Bonnard, &amp; après avoir oui Madame de Drée,
&amp; M . de Sim ony pour Madame de l ’Epine.
A délibéré que le fleur Bonnard lèvera le
plan &amp; dreffera le devis clu nouveau chemin

�39

Que le fleur Beaumont lèvera , de fbn côté ,'
le plan, &amp; dreffera le devis d’un allignement
qui commence à la partie des ouvrages finis,
&amp; qui aboutiiîe à un des points de fon premier
projet»
Que ces plans &amp; devis feront faits en confortmité du Réglem ent.

t

Que ces deux Ingénieurs fe communiqueront
leur travail, &amp; feront refpe&amp;ivem ent les obfervations dont ils le croiront fufceptible , pour
lefdits plans, d e v is , St obfervaîions être rap­
portés par l ’Ingénieur en ch ef à l’ Affem blée du
premier Juin prochain , ainfi que l’état St
■ la liquidation des indemnités qui feront dues
pour l’exécution , foit de l’un , foit de l’autre
projet.

“

^

|

Sur le rapport fait par M . de St. Ferreoî , pian de U rue.
enfuite de fa tournée , du mauvais état de dOiliouks ferla rue d’Ollioules fervant de grand chemin , il vam de paffâge.
a été délibéré que l’Adminiftration chargera le au ë rand che~
■ fieur Beaumont, Ingénieur du D épartem en t, de
lever le plan -de ladite rue , pour être rapporté
i à l’Affemblée du mois de N ovem bre prochain ,
qui ftatuera fur cet objet.
B a été encore déterminé que le chemin du chemînduPont
Pont de l’Etoile à R oquevaire , route de T o u - de £Etoile àRo~
l°tn à A ix , qui eft en très-mauvais état , fera qwvdre .
®îS dans un état pafîable , &amp; que le devis des
réparations foncières en fera fait pour être rap­
porté à l’Affemblée du m ois de N ovem bre pro­
chain.

�40
Fontfur tH u yeaune à Roque-

vaire‘
P a y em en t de

La

con jlru clion du n
m ur à O rg o n .

D em ande en
dém olition de la
d igueàC adenet.

D e plus , que le Pont fur PHuveaune à R0.
quevaire , dont l’aire eft en mauvais é ta t, fera
incefiamment réparé..
H a été de plus délibéré que la conftru&amp;iotj
du mur de v ille , faifant partie des remparts d’Orgon . , adjugée à Paban pour la fomme de trois
mille cinq cent liv r e s , fera payée des fonds
des Ponts &amp; chemins de l ’année 1788.
L ’Afiem blée a encore délibéré que l’un de
M M . les Procureurs du P ays fe rendroit à Cadenet, fi fa préfence devenoit nécefiaire, pour
v é r ifie r , en préfence des parties intérelTées, la
demande en démolition du refie d’une digue, à
la conftruétion de laquelle la Province avoit
contribué , &amp; dont une partie avoit été empor­
tée par la riviere de Durance.
Fait à A ix le quatorzième Février mil fept cent
quatre-vingt-huit.

S ignés *j* J,. R . D E B O IS G E L IN , Archevêque
cl’A ix , Préfident des Etats de Provence.
-{- E m . Fr . Evêque de F r é ju s , Procureur du
P a y s , joint pour le Clergé.
•J* J. J. V . Evêque de Senez , Procureur du
P a y s , joint pour le Clergé.
*J* F. Evêque de D igne , Procureur duPayb
joint renforcé pour le Clergés

L e Chevalier

de Gaillard

, Commandeur
J

de

�W/'/

4i
&amp; Beaulieu, Procureur du P a y s , joint renforcé
pour le Clergé.

Demandolx la P alu * M aire premier
Conful d’A i x , Procureur du Pays.
Pascalîs ,

Afîeffeur d’A ix , Procureur du

Pays.

St.
Pays.

Ferreol

, Conful d’A ix , Procureur du

Gérard , Conful d’A ix , Procureur du P ays.
Lombard d e G o u r d o n , Procureur du P ays ÿ
joint pour la NoblefTe.

Villeneuve Bargemon , Procureur du
Pays, joint pour la NoblefTe.

Castellanne Mazaugues , Procureur du
Pays, joint renforcé pour l’Ordre de la No»
M e.
, Procureur du Pays ,
joint renforcé pour la NoblefTe.
S a d e d ’E y g u i e r e s

S a n t o n , M aire Conful de la Communauté
de Forcalquier , Procureur du P a ys , joint pour
le Tiers-Etat.

Reguis , M aire premier Conful de la Com»
raunauté de Sideron , Procureur du P a ys ? joint
pour le Tiers-Etat,

�42
M ougïns R oquefort , M aire premier Conï
fui de la Communauté de Graffe , Procureur
du P a y s , joint renforcé pour le Tiers-Etat.

Bernard ,

M aire premier Conful de la Com*
munauté d’Hieres , Procureur du P a y s , joint
renforcé pour le Tiers-Etat.

De R egina ,

Greffier
R icard , Greffier
des Etats de Provence.
des Etats de Provence.

���PROCES-VERBAL
D E

L’ A S S E M B L É E

GÉNÉRALE

DES

GENS DU T 1ER S - É T A T
DU

PAYS

ET

COMTÉ

D E

PROVENCE,
Convoquée, p ar autorité &amp; perm ijfion de Sa M ajefté , en la v ille
de L am befc , au quatrième M ai 1788.

A

A I X ,

Del’Imprimerie de B. G ibelin -D a v id ., &amp; T . E m eric -D a vid 9

Avocats,

Imprimeurs du Roi &amp; des

États de

Provence*

��assemblée

générale

Des Gens du Tiers-E tat du P ays &amp; Com té de Proven ce ,
c o n v o q u é e à Lam befc au quatrième M ai mil fept cent qua­
tre-vingt-huit, pour commencer le lendemain cinquièm e, par
autorité &amp; permiffion de S a M a j e s t é , &amp; par mandement
de MM. les M aire Confuls , AffefTeur d’A ix , Procureurs
des Gens des T rois Etats du P ays &amp; Com té de Provence 5
auquel jour cinquième M ai mil fept cent quatre-vingt-huit, pardevant Monfeigneur C h a r l e s J e a n - B a p t i s t e d e s G a l o i s ,
Chevalier , Marquis de Saint-Aubin , V icom te de Glené ,
Seigneur de La T o u r , Bourbon - L a n cy , Chezelles - D om pierre,&amp; autres L ieux , Confeiller du R o i en tous fes Confeils, Maître des Requêtes honoraire de fon H ô t e l, P re­
mier Président du Parlement d’A ix , Intendant de Juftice ,
Police &amp; Finances en Provence , CommilTaire nommé par
Sa Majefté pour autorifer ladite AiTemblée. Ont été préfens
MM. Pierre-Louis D em andoîx de la Palu , Chevalier
Seigneur, Marquis de la Palu , M eyrefté &amp; autres
Jean-Jofeph-Pierre P a fca lis, A vo ca t en la C our 5 Jofeph
Lyon de Saint-Ferreol , M aire C onfuls, AlTeffeur d’ A ix ,
Procureurs des Gens des T rois Etats du Pays &amp;. Com té de
Provence.
MM. Jofeph - Antoine de Barreme , Chevalier de l’Or
A h

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�Royal &amp; Militaire de St. Louis, &amp; Louis Boutard , Maire
premier &amp; fécond Confuls 8c Députés de la Communauté
de Tarafcon.
M . A ntoine-R och N eviere , A v o c a t en la C o u r , Maire
premier Conful 8c Député de la Communauté de Forcalquier.
M . Claude-Louis Reguis , A v o ca t en la C o u r , Maire
premier Conful 8c Député de la Communauté de Sifteron.
M . Jean-Jofeph Mougins -, Sieur de R oquefort , Avocat
en la Cour , Maire premier Conful 8c Député de la Com­
munauté de Graffe.
M . Jofeph-François-Bernard, B o u rg e o is, Maire premier
Conful 8c Député de la Communauté d’Hieres.
M . Jofeph G ravier de F o s , ancien O fficier d'infanterie,
M aire premier Conful 8c D éputé de la Communauté de
Draguignan.
M . Louis-Charles Lentier de Villebîanche , ancien CommilTaire-Contrôleur de la M arine , M aire premier Conful
8c Député de la Communauté de Toulon.
M . François Colom b du V iila rd , Licencié ez Droits,
M aire premier Conful 8c Député de la Communauté de
D igne.
M . G afpard-Bernard, B ou rgeois, M aire premier Conful
8c D éputé de la Communauté de Saint Paul.
M . François R e b o r y , D ofteu r en Médecine , Maire
premier Conful 8c Député de la Communauté de Mouftiers.
M . Louis-Honoré S im on , Maire premier Conful 8c Dé­
puté de la Communauté de Caftellanne.
M . Claude-Antoine-Gabriel Dubois de Saint-Vincent,an­
cien M ajor d’infanterie, Chevalier de St. L o u is, Maire,
premier Conful 8c Député de la Communauté d’Apt.
M . M arc Bonnaud, A v o ca t en la C o u r , Maire premier
Conful 8c Député de la Communauté de Saint-Maximin'
M . Jofeph-Pierre-Jean-Baptifte Maquan , Avocat en la
C o u r , M aire premier Conful 8c Député de la Communauté

�M. Jofeph V a c h ie r, A v o ca t en ïa C o û t', M aire premier
Conful &amp; Député de la Communauté de Barjols.
M. Jacques V erd o llin , A vo ca t en la C o u r, M aire pre­
mier Conful 8c Député de la Communauté d’Annot.
M. Jean-Dominique G irau d, A vocat en la C o u r,
premier Conful 8c Député de la Communauté de Colmars.
M. Jofeph-Antoine T ira n , D ofteu r en M édecine , M aire
premier Conful 8c Député de la Communauté de Seyne.
M. Charles-Pierre R e y n a u d , M arch an d, M aire troifieme
! Conful 8c Député de la Communauté de Fréjus.
M. Balthafard E fm iol, M aire premier Conful 8c Député
de la Communauté de R iez.
M. Dominique S ilv y , Dodfeur en M édecin e, M aire pre­
mier Conful &amp;, Député de la Communauté de Pertuis.
M. Jofeph-Antoine de Sauteiron , ancien O fficier d’in ­
fanterie, M aire premier Conful &amp; D éputé de la Communauté de Manofque.
M. Dominique-Nicolas Félix de B r o q u e r y , M aire
mier Conful &amp; Député de la Communauté de Lorgues.
M. Louis T h ad ey , A v o ca t en Ja C our , M aire premier
! Conful &amp; Député de la Communauté d’Aups.
M. Dominique-Jofeph Conftans, Maire premier Conful
&amp; Député de la Communauté de Suint-Rem y.
M. Clemens - Y v es Ifnard, Notaire R o y a l , M aire pr
mier Conful 8c D éputé de la Communauté de Reillanne.
M. Jean-jofeph R aman , A vo ca t en la C o u r , M aire pre­
mier Conful &amp; Député de la Communauté des Mées.
M. Jacques B ern ard, B o u rg eo is, M aire premier Conful
2c Député de la Communauté d’Antibes.
M; Pierre Paul Jaubert de F o n tv iv e , A v o ca t en la C o u r,
Maire premier Conful &amp; Député de la Communauté de
Lambefc.
M. Jofeph M o u to n , N égo cian t, M aire troifieme Conful
&gt; &amp; Député de la Communauté de Valenfoîe*
M. Jean - Baptifte Baux , Bourgeois y M aire premier

�Uohful K JJépute oe la ^ommunauie ue irers.
M . Jean-Jofeph Bourgogne , D o&amp; eu r en M édecine, Maire
premier Conful &amp; Député de la Communauté de Cuers.
M . Jean-H onoré-Elzear de D e fid e ry , Chevalier de l’Or­
dre ro ya l &amp; Miliraire St. L o u is, Maire premier Conful &amp;
D éputé de la Communauté de Rians.
M . Pierre D ecu gis, B ou rgeo is, Maire premier Conful &amp;
D éputé de la Communauté d’O llioules.
M . Jean-François de R om an s, ancien Chevau-leger de la
garde ordinaire du R o i, M aire Conful &amp; Député de la
Communauté de Martigues.
M . Etienne P a y a n , A v o ca t en la C o u r , M aire premier
fui du lieu de St. C h an tas, Député de la Viguerie
d’A ix.
M . André P eliffier, D ofteu r en Médecine de la ville de
-R e m y , D éputé de la Viguerie de Tarafcon.
M . Jean-Jofeph P a illie r, N otaire R o y a l du lieu de Ban o n , Député de la V iguerie de Forcalquier.
M . Jofeph Bucelle , Notaire ro y a l du lieu de Turriés,
D éputé de la Viguerie de Sifteron.
M . Pierre-Paul A n d ré, B ourgeois, M aire premier Conful
la ville de V en ce, Député de la V iguerie de Graffe.
M . François-Hiacinthe R u e l , Notaire ro yal &amp; Greffier
e la Communauté du lieu de B elgen cier, Député de la
V iguerie d’Hieres.
M . Jofeph-François Pafcal , D o&amp; eu r en Médecine du
lieu des A rcs , Député de la V iguerie de Draguignan.
M . Thom as M artin, Bourgeois du lieu de la Valette,
D éputé de la Viguerie de Toulon.
;
M . Benoît S alvato r, A vo ca t en la C o u r , de la v i l l e des
M é e s , Député de la Viguerie de Digne.
M . Jofeph B la c a s , M aire premier Conful de la Com­
munauté de V illeneuve, Député de la Viguerie de St. Pau!*
M . Antoine Courbon , Notaire ro ya l du lieu de Rou*
m oules, Député de la V iguerie de Mouftiers.

�M. Henri Juglar
A v o ca t en la C our , M aire premier
Conful de la Communauté de Saint-André , D éputé de la
Viguerie de Callellanne,
M. André-Antoine-Jofeph J o u v e , M aire premier Conful
du lieu de G o rd e s, D éputé de la Viguerie d’A pf.
M. Antoine Blanc , M aire premier Conful de la Com
munauté de T o u rv e s, Député de la V iguerie de St. M axim in.
M. Clair-H onoré O liv ie r , licencié ez droits^ M aire pre­
mier Conful du lieu de la Roque-BrufTanne , D éputé de
la Viguerie -de Brignolle.
M. Jean-Marcel B e rru t, Bourgois du lieu de Pontevès
Député de la Viguerie de Barjols.
M. Bonnaventure B o y e r , M aire prem ier Conful de la
Communauté de Thoram e-H aute , D éputé de la Viguerie
de Colmars.
M. Laurent B a yle , A v o c a t , M aire premier Conful du
lieu du V e rn e t, Député de la V iguerie de Seyne.
En abfence du D éputé de la V iguerie d’Annot.
O n s e i g n e u r d e s G a l o i s , C h e va lie r, M ar­
quis de Saint-Aubin , V icom te de Gléné ,
Seigneur de L a T o u r , Bourbon - L a n cy
C h ezelles-D om p ierre , &amp; autres lieux , Confeiller du R o i en tous fes C on feils, M aître
j j jgjf des Requêtes honoraire de fon H ô t e l, P re­
mier Préfident du Parlement d’A ix , Intendant de Juftice
Police 8c Finances en Provence , Com m iflaire de Sa M a
jefté en la préfente A fle m b lé e , a dit :
MM.
Le Roi s’eft rendu au vœ u de fes Peuples: plufieurs
Provinces jouiflent déjà de ces Aflem blées nationales où les
Trois Ordres , maintenus dans un fage équilibre , dirigent
au bien public le zele &amp; l’a&amp; ivité du patriotifme.

�B
Dans cette heureufe révolution , la Provence avoit à deflrer le retour à fon antique Cônftitution: Sa M ajefté,en
convoquant les Etats dans la forme conftitutionnelle, vous
a rendu tous les droits dont vos peres avoient joui.
C e bienfait allure &amp; garantit la profpérité de la Province.
P o u r remplir cet o b je t, les Etats fe font occupés de tout
qui tient à l’utilité publique. Us ont obtenu des dimi­
nutions inattendues fur des contributions néceffaires. Us ont
pofé les bafes d’une fage économ ie. Us ont pris de juiles
mefures pour étouffer jufques dans leur germe ces longues
&amp; anciennes conteflations qui div'ifent les O rdres, qui font
le malheur de tous.
Il eut été à defirer qu’un commun accord eût préparé &amp;
confomm é le grand œ uvre de la félicité publique. L ’amour de
la Patrie devoit opérer ce concert fi intéreflant &amp; fi néceffaire. Une confiance entière &amp;. réciproque devoit réunir des
citoyens que leur véritable intérêt ne peut féparer.
Sa Maj'eflé avoit annoncé que les M ém oires relatifs aux
queflîons qui dévoient être agitées dans les Etats, feroient
examinés dans fon Confeil. V ous avez déliré de porter vos
réclamations directement aux pieds du Trône. Notre follicitude a prévenu vos demandes, &amp;. la permiffion de vous
affem bler étoit déjà accordée.
Profitez des bontés de Sa M ajefté. F ixez les objets de
réclamation qui doivent être mis fous fes yeu x . Occupezvous de l’intérêt des Cités , cherchez à le concilier avec
vos lo ix nationales, n’oubliez jamais que l ’amour de l’Ordre,
l ’attachement à votre Conftitution , &amp; l’ union la plus par­
faite , font les vrais garans du bonheur public. Conformezvous aux intentions du meilleur des Rois. Repofez-vous
fur fon amour pour fes Peuples. C ’eft le m oyen de juftifier

�fa confiance. L a fagefle de vo s Délibérations
peut feule me donner l’avantage de concourir
au fuccès de vos vues. V ous connoiffez mon
zele pour vos intérêts. Je me flatte de vous en
avoir donné des preuves. Il ne fe démentira
jamais.
Obligé par état de protéger les Comm
défaire valoir leurs droits légitimes , d’
leurs juftes réclam ations, un double lien m
à vous: mon devoir 8c mes fentimens.
M. Pafcalis, A flefleur d’A i x , Procureur du
Pays, a dit :

MM.
Un R oi jufte 8c bienfaifant nous rappelle à
notre ancienne Conftitution: fans cefle occupé
du bonheur de fes peuples, il rend à la N atio
l’exercice de ce droit antique trop long-tem s
fufpendu, 8c qui fait concou rir, pour ainfi d ire ,
chaque Citoyen à l’adminifiration de la chofe
publique.
Ces Afiemblées nationales, dont il ne nous
reftoit que le fou ven ir, qui reflerrent le lien
focial, qui rapprochent le füjet du Souverain ,
qui facilitent l’accès du Trône $ qui par les repréfentations fucceffives des Communautés aux
iVfgueries, 8c des Vigueries aux E tats, peuvent
alfurer le fuccès de la réclamation d’un Ample
Particulier ; qui veillent fans cefle au maintien
des privilèges du P a y s , qui par la réunion des,
forces 8c des lumières des différens Ordres 2

B

�ÏO
donnent au Souverain des preuves plus décifives
de ze le , d’attachement &amp; de fidélité, 8c qui par
çela mêm e en reçoivent des témoignages plus
direfts de protection 8c de bienfaifance ; ces
Affem blées nationales, dont nos peres s’honoro ie n t, ont été enfin rétablies, &amp; nous avons
v u , avec attendrifiem ent, tous les Ordres &amp; tous
les Membres qui les compofent en témoigner
leur fatisfa&amp;ion 8c leur reconnoifiance.
Les deux premiers Ordres , privés depuis
long-tems du concours à l ’Adminifiration pu­
blique , y ont été enfin appellés, 8c le Tiers
privé du fecours de leur créd it, de leurs lu­
mières 8c de leurs connoifïances, fera déformais
à même d’en profiter. Notre Admiuiftration de
chaque O rd re , difpofant féparément^fur fes in­
térêts privés par les repréfentans de chacun
d ’e u x , qui languifloit dans une efpece de lé­
th argie, qui étoit moins l’Adminiflration de la
Nation , que l’Adminifiration particulière de
chacun des Ordres qui la com pofent, refïufcite,
prend un nouvel efîbr., 8c redevient ce qu’elle
é to it, nous ofons dire, dans le principe delà
formation des fociétés.
Elle a même cet avantage que l’accroifîement
des lum ières, l’expérience 8c la fagefie du Gou­
vernement la garantiffent des erreurs dont il
étoit difficile de fe défendre dans des flecles
de barbarie 8c d’ignorance.
V oilà donc la Nation heureufement réunie
en Corps d’Etat j la vo ilà jouifïant de cette
efpece de Conftitution, libre par effence, en*

�II
core plus libre par l’ufage modéré qu’elle fait
de fa liberté, offrant au Souverain l’homm age
libre d’un tribut volontaire j exempte de toute
contribution 5 confultant moins fes forces que.
fon amour pour fes Souverains dans la fixation
des tributs qu’exige le maintien de l ’harmonie
générale ; affranchie de toute efpece de joug,
perfonnel, tels que la corvée &amp; autres impôts
de pareille nature relégués dans les P ays d’élec­
tion; ne connoifïant d’autre charge que celle
des fonds, &amp; en allégeant le fardeau par le
choix des m oyens qui peuvent en faciliter la
levée, 8t q u i, mieux à la convenance de chaque
Communauté, font les moins onéreux au peu­
ple. Voilà enfin la Nation véritablement repré­
sentée par le concours de tous les Ordres qui
la compofent, &amp; heureufement rendue au vœ u
que nos peres avoient fi fouvent porté aux
pieds du Trône.
Quelle ne doit pas être notre reconnoiffance
pour un bienfait de cette importance ! L e Sou­
verain, qui s’en repofe aujourd’hui pour l’A dminiftration du P ays fur le P ays lui-m êm e,
pouvoit-il donner une preuve de confiance
plus intime, &amp; un tém oignage d’affeétion plus
décidé ?
Je ftis, M M ., qu’un p réju gé, qui n’a vo it
peut-être que trop gagné dans l’efprit de cer­
tains membres du T ie rs, n’envifageoit pas le
rétabliffement des Etats fous fon véritable rap­
port j, que la fageffe de l’ Adminiffration des
Communes qui avoit mérité l’éloge de tous les
'tes ? en im pofoit ; &amp; que l ’on regardait
B ij

�comme dangereux tout changement
A d m in iftr a tio n

é c o n o m iq u e &amp;

dans

uns.

tr a n q u ille .

M ais ces vu es, refierées dans îe cercle de
l ’adminiftration des C om m un es, ne s’élevoient
pas jufqu’au bien général. On n’envifageoit que
l’intérêt d’un Ordre $ &amp;. c’eft de l’intérêt du
P a ys qu’il faut s’occuper. On laiffoit le Tiers
livré à fa propre foiblefie j &amp; fa foibîefle a
nécefiairement befoin d’appui. On comptoit fur
le zele des Adminiftrateurs ; &amp; ce z e le , quoi­
que héréditaire, toujours également a&amp;if, ne
préfente pas toujours les mêmes moyens. Ce
n’efl: que dans la réunion des O rd res, que l’on
peut trouver ce concours de lum ières, de force,
&amp; de refîburces fi nécefTaires au luftre de la
Nation.
Si tous les Ordres concourent à l’Adminiftration , tous les Ordres feront intérelTés à en
maintenir l ’harmonie ; le fort viendra au fecours du fo ib le , le riche au fecours du pauvre,
&amp; le patriotifme échauffant tous les. cœurs, l’in­
térêt perfonnel difparoîtra, &amp; le bien du Pays
en devenant l’idole , deviendra aufli la raifon
de toutes fes démarches.

I

N otre régime ne préfentera p a s, fi l’on veut,
dans l ’inftant de fa refurreéfion , l ’image de la
perfe&amp;ion. Les efprits ne feront pas encore
affez animés ou pénétrés de l ’idée du bien
commun ; le mur de féparation , qui fembloit
élevé entre les différens O rd re s , ne fera pas
;
abfolument franchi 5 les intérêts croifés, les an­
ciens préjugés des différens O rd re s , leur me: j

�fonce refpe&amp; ive, réfulrat néceffaire de fêtât-de'
guerre dans lequel ils v iv o ie n t, ne permettront
pas d’afpirer fubitement à cet accord &amp; à cette
union fi defirabies pour le bien de tous. Mais
le teins, la réflexion , l’intérêt commun , les
leçons falutaires du Gouvernem ent, les avis pa­
ternels du M agiftrat, qui, depuis plus de qua­
rante années, confacre fes veilles à notre b o ­
nheur, les principes du Prélat qui a régénéré
notre Adminiftrarion, vivifié notre Agriculture
&amp; notre Com m erce , franchiront bientôt ces
difficultés du m om ent, &amp; vous jouirez en p a ix ,
dans une union fraternelle,, des avantages des
Pays d’Etat dans toute leur plénitude.
Commençons donc d e nous bien pén étrer,
pour notre propre in té rêt, de la néceffiré d u
rétabliffement des Etats, &amp; d’après ce fentiment
intime, montrons-nous dignes d e c e bienfait
par la fageffe d e nos démarchés.
Si nous n o u s p e r m e t t o n s q u e l q u e r é c l a m a ­
tion, que c e n e f o i t q u e f u r d e s o b j e t s u t i l e s ,
fans o u b lie r l e s é g a r d s &amp; l e r e f p e f t q u i f o n t
dus aux d e u x p r e m i e r s O r d r e s . N o t r e m o d é r a ­
tion &amp; n o t r e f a g e f f e d o n n e r o n t u n n o u v e a u
poids à n o t r e r é c l a m a t i o n . C ’ efi: f u r - t o u t p a r
notre fo u tn ifîio n &amp;

p a r n o tre r e te n u e , q u e n ou s

mériterons d ’ ê t r e é c o u t é s .
Expofons n o t r e f i t u a t i o n a v e c f r a n c h i f e , c o n ­

fiance, &amp;. v é r i t é ; p r o u v o n s q u e n o s e f f o r t s f o n t
an-delfus d e n o s f a c u l t é s ’ ; p e n f o n s &amp; d i f o n s
comme nos p e r e s e n m i l c i n q
)

c e n t fo ix a n te - d ix -

que nous fommes prêts à facrifier à Sa

�14
Majeflê nos biens , nos femmes , nos enfans. Et
en nous comportant en enfans fournis &amp; refpe&amp; ueux , le cœur bienfaifant de Sa Majefté
nous traitera en pere.
M e. de R e g in a , Greffier des E tats, a fait
ïefture des Lettres de C a c h e t, des Lettres patentes &amp; du M ém oire du R o i pour fervir d’inftru &amp; ion , dont la teneur fuit :
D E P A R L E R O I , C O M T E D E PROVENCE.
Lettre du Roi

à

M M .

Les

Procureurs
P a ys.

du

Tres-chers et bien amés , Eftimant à propos
d’ordonner la convocation de l ’O rdre du TiersEtat de notre Pays &amp;. Com té de Provence, à
l ’effet de délibérer fur différens objets relatifs
audit O rd re, qui ont été traités dans i’Affemblée
des Etats de notredit Pays &amp; C o m té , &amp; nous
fa ir e , fur lefdits o b jets, toutes repréfentations
utiles &amp; convenables, nous vous faifons cette
le ttre , pour vous dire que vous ayiez à con­
voquer les Confuls &amp; autres Membres dudit
O rdre qui doivent affilier à ladite Affemblée,
que nous voulons être tenue à Lam befc le quatre
M a i prochain ; à l’effet de quoi vous donnerez
au Corps des Vigueries les avertiffemens néceffaires, pour qu’ils aient à nommer leurs Dé­
putés à ladite Affem blée. Si- n’y faites faute,
Car tel eft notre pîaifir. Donné à Verfaiiles
le vingt-neuf Mars mil fept cent quatre-vingthuit , fig n é L O U IS . E t plus bas . l e Baron de
Breteütl.
E t au dos efî écrit : A

n os trè s -c h e rs &amp;

a m é s le s P r o c u r e u r s d e n o t r e P a y s &amp;
P roven ce,

bien

C o m té de

�1$
de PAR LE

ROI, COMTE DE PROVENCE.

T r é s - c h e R s e t b i e n a m é s , ayant jugé à propos de vous co n vo q u er, à l’effet de délibérer fur à
différens objets, relatifs à votre ordre qui ont
été traités dans l ’Afîém blée des Etats de notre
Pays St Com té de P ro v en ce , St nous faire fur
lefdits objets, toutes fepréfentations utiles St con­
venables, nous avons chargé le fleur de L a
Tour, Premier Préfldent de notre C our de
Parlement d’A ix , St Intendant de P o lic e , Juftice St Finances en notredit Pays St C om té ,
de tenir ladite AfTem blée, St de recevoir les
Mémoires St représentations que vous croirez
être dans le cas de nous adrelFer, p o u r, enfuite
nous les faire p afler, St être par nous ordonné
ce qu’il appartiendra. A cette ca u fe, nous vous
mandons d’a v o ir , en ce que ledit fleur de L a
Tour vous dira de notre p art, la même créance
que vous auriez en notre propre perfonne. Si
n’y faites fau te, C a r tel eft notre plaifir, D o n n é
à Verfailles le v in g t-n e u f Mars mil fept cent
quatre-vingt-huit, [ign é , L O U IS . Et p lu s bas j
le B a r o n d e

Lettre du R o i
tA J fem b là .

B r e t e u il .

Et au dos eft écrit : A nos très-chers 8t bien
amés les Gens du Tiers - Etat de notre P a ys &amp;
Comté de Provence.
L O U IS , par la graçe de D ie u , R o i de
France 8t de N a va rre, Com te de P r o v e n c e ,
Forcalquier St Terres adjacentes, à notre amé.
&amp; féal Confeiiîer en nos Confeils le fleur de
Fa Tour, premier Préfldent en notre C our de
Parlement d’A ix , St Intendant de Juftice, P o «ce &amp; Finances en notre P a y s &amp; Com té de

a
' • ô a 0UT-

�16
falut. Nous a v o h s jugé à propos
d’ordonner la convocation de l’Ordre du Tiers»
Etat de notredit P ays St C o m té , à l’effet de
délibérer fur différens objets relatifs audit Or­
d r e , qui ont été traités dans l’Afîemblée des
Etats de notredit P ays St C o m té, St de nous
faire, fur lefdits o b je ts, toutes repréfentations
utiles St convenables j St voulant que ladite Affemblée Toit tenue par une Perfonne de qualité
requife j à ces cau fes, nous vous savons com­
mis , ordonné St député, St par ces préfentes,
lignées de notre m ain, com m ettons, ordonnons
St députons, p o u r, en notre nom St repréfen*
tant notre Perfonne, tenir ladite Alîemblée, que
nous avons fixée à Lambefc au quatre du mois
de M ai prochain , St faire en icelle tout ce qui
pourra être du bien de notre fervice, &amp; de
l ’intérêt de notredit P ays St C o m té, Car telelt
notre plaifir. Donné à V erfaillesle vingt-fixieme
jour du mois de M a rs, l’an de grâce mil fept
cent quatre - vingt - h u it , St de notre régné Je
quatorzième. S ig n é , L O U IS . E t plus bas : pat
le R o i, Com te de Provence. L e Baron de
Breteuil.
P roven ce,

Mémoire du
R o i pour fervir
dinjlruclion à
M . 1e Commiffa ire.

M É M O I R E D U R O I pour fe r v ir d’infiniclm
au fieu r de La Tour , C onfeiller de Sa Majcjli
en f e s Confeils , P rem ier P réfident en fa Cour
de P arlem ent d’A ix , &amp; Intendant de Jujtice,
P o lice &lt;S* F inances en fo n P a ys &amp; Comté k
P rovence.
Sa M ajeflé ayant accordé PAfFemblée (les
Communautés à la demande qui en avoit été
fo rm é e , pendant les derniers Etats , P a r *eS

�T7

CommiHaires, charge le heur de La T o u r , Ton
Commüfaire , de déclarer fes intentions à l’A ffembîée.
Sa Mâjefié avoit convoqué les derniers Etats __
dans leur forme ancienne &amp; conlîitutionnelle ,
pour être tenus, pendant toute ia durée de leurs
féances, dans Ta .même form e dans laquelle ils
a v o i e n t été convoqués. Elle avoir déliré que
l’Ordre de la NoblelTe confentît à fe réd u ire,
enforte que les v o ix des deux premiers Ordres
fullent égales à celles du Tiers-Etat.
Elle avoit entendu , félon les propres termes
de fes inftruârions , qu’il ne feroit rien chargé
à la formation des Etats dans tout ce qui n’a.voit point de rapport à la proportion des v o ix
des différens Ordres.
-*•

'

Sa Majefié a vu avec fatisfadion que les D é ­
libérations des E tats, fur la formation des Etats
à venir , avoienf rempli l’objet de fes inltructions, &amp; n’en avoient point palïé les bornes,
Le Clergé même a renoncé à l ’augmentation
du nombre de fes m em bres, autorifée par les
Mruâions.
Le nombre du Tiers-E tat ef! relié le m êm e,
lelon fon ancienne Conliitution.
La Nobleffe feule a fupporté une rédu&amp;ion
conlidérable , &amp; cet Ordre , allemblé après la
clôture des E tats, a exercé le droit qui lui ap­
partient , de régler l ’éleftion de fes repréfem^

�i8

tans, en fixant le nombre marqué par les înftruëtions du R o i , &amp; les Délibérations des
Etats.
Sa Majefté avoit indiqué pour les Etats de
Proven ce la même proportion que des raifons
de juftice &amp; de convenance lui ont fait adop­
ter pour toutes les AlTemblées provinciales, 8c
elle ne penfe pas qu’il y ait des raifons pour
établir en Provence une autre proportion que
dans les autres Provinces du R oyaum e.
Sa M ajefté déclare en conféquence, qu’elle
confirme &amp; autorife la D élibération des Etats fur
la formation des Etats à venir $ qu’elle donne fon
agrément au refus fait par le Clergé , de l’aug­
mentation propofée par fes inftruêtions aux der­
niers Etats j &amp;. qu’elle maintient la Noblelfe dans
le droit d’élire librement &amp; volontairement fes
repréfentans aux E ta ts, fans que le Tiers-Etat
puilTe exercer un autre droite relativement à la
repréfentation des deux premiers O rdres, que
celui d’en connoître le nombre , à l’effet qu’il
n’excede pas celui des Députés du Tiers ayant
v o ix délibérative.
Sa Majefté eft inftruite que les Etats n’ont
cru devoir rien changer au tour de rôle des
Députés des V igu eries, jufqu’à ce que les Com­
munautés euftent été confultées , &amp; qu’ils ont
délibéré une lettre circulaire adreflee à toutes
les Communautés. Il eft indifpenfable que les
Communautés donnent leur réponfe par écrit,
avant d’y rien changer. L ’Aftem blée des Com­

munautés peut faire fes obfervations fur la né:

�I9
eefitîé ou l’utilité de modifier ou d’abolir le
tour de rô le , fans pouvoir y délibérer.
Sa Majefté autorife également l’Afiem blée à
mettre fous fes yeu x les raifons relatives a l’établifiement d’un Syndic des Communautés ,
fans qu’elle puifle procéder à fa nomination ;
Sa Majefté fe réfervant de décider , s’il y a
lieu à rétablir cette place , après qu’elle aura
entendu fur cet objet les raifons des différens
Ordres.
Sa Majefté charge ledit fieur de La T o u r
de déclarer à l ’Aftem blée , i°. qu’elle peut avoir
fon recours, foit auprès de Sa M ajefté, foit
pardevant les prochains Etats généraux , fur les
objets délibérés dans les derniers Etats , fans
qu’elle puifle faire aucune proteflation contre
les délibérations des Etats généraux du P ays.
z". Qu’elle ne doit s’occupper que des objets
des délibérations des Etats qui peuvent intéreffer le T ie r s -E ta t, fans qu’elle puifle délibérer
direftement ni indirectement fur tout autre ob­
jet , fous prétexte de corrélation ou de con­
nexité.
3°. Que

les Mémoires, qui feront déterminés

par l’Aflemblée , doivent être remis au Sr. de
La Tour, qui les fera parvenir à Sa Majeftés
laquelle fera connoître fes intentions..

Sa Majefté recommande au furplus au Sr. de
La Tour, d’employer les voies de fagefle Sç
de fermeté çpui peuvent être utiles ou néceflai^
Cij

�20

res pour infpirer l’efprit d’o rd re , Sc maintenir
la tranquilité dans l’Aflem blée.
mçm

Fait Sc arrêté par le R o i, étant en fon Confeil tenu à V erfa illes, le dix A vril mil fept
cent quatre - vingt - huit. S igné L O U IS , Et plus

bas , l e B a r o n d e B r e t e u i l .
Relation faite
par Ad. t Àfj'effe n r d A i x ,
Procureur du
P a y s.

M r. Pafcaîis, AlTeffeur d’A ix , Procureur du
P a y s , a dit :
L a juftice du Souverain permet aujourd’hui
que le T iers-E tat, inftruit des délibérations de
l ’AlTemblée des E tats, 8c de tous les autres objets
qui y ont été référés , veille à la confervation
de fes droits,'8c préfente fes très-humbles fupplications aux pieds du Trône.
Q uoique le Procès - verbal de PAlTemblée
des Etats ait été publié,- 8c que chacun de vous
ait pu s’inftruire de tout ce qui y a été référé,
nous a llo n s, dans une briéve analyfe , vous
rappeller la marche des opérations 8c les prin­
cipales difpofitions.
Nous fupprimons le détail des cérémonies,
8c des divers Réglemens qui ont été faits, tant
pour les chemins, que pour l’Adminiftration in­
termédiaire , 8c pour la form ation des AlTernblées de Mrs. les Procureurs du Pays nés &amp;
joints: Vous aurez occafion de les connoitre,
fans que nous en furchargions notre relation.
Nous nous contenterons donc de vous obfe rv e r, Messieurs, que les pouvoirs des Ment-,

;

jjl
jtl

�î

z
î^es du T iers- Etat légitimés , &amp; les Députés
desVigueries de G rafte, T o u lo n , D igne &amp; St.
Maxitnin , adm is, attendu les circonftances , &amp;
fans préjudice des R églem en s, nous requîm es,
pour la confervation du droit des E ta ts , que
Mrs. les Syndics de la NoblefTe certifieroient
les Etats de la légitimité des pouvoirs &amp; des
qualités de Mrs. les Gentilshommes qui y font
préfens5 &amp; que Mrs. les Syndics de la NohlefTe
déclarèrent que les pouvoirs &amp; les qualités de
tous les affiftans, dans l’O rdre de la NoblefTe,
étoient légitimes.
Les Etats ainfi form és, la prédation du fer­
ment fut déterminée par forme de Réglem ent.
Et tout de fuite on s’occupa des affaires.
Monfeigneur l’Archevêque d’A ix , préfenta
unMémoire de Sa Majefté fur la formation des
Etats, qui lui avoit été remis par M M . les
Commiffaires du R o i , lequel M ém oire annonçoit que la NohlefTe étoit difpofée à réduire
le nombre de fes vo ix à la moitié de celles du
Tiers-Etats, &amp; qu’il fera néceiïaire d’augmenter
les voix du Clergé pour les mettre dans la
même proportion, &amp; que Sa M ajefté entend
qu’il ne fera rien changé à l’ancienne form ation
te Etats, dans tout ce qui n’a point rapport
a la proportion des v o ix des différens Ordres.
Ealefture de ce M ém oire fa ite , on nomma
te Commiffions, on confirma les Officiers du
ays. Il fut déterminé qu’à l’a v e n ir, les v o ix
te deux premiers Ordres feroient égales en
lombre à . celles du Tiers.

Mémoire de
Sa M ajeftë fu r
information des

�Séance du Syn­
dic.

Il fut requis de nommer un Syndic du Peuple
qui prît féance aux E tats, comme il l’avoit aux
Etats de 1639. Et il fut. déclaré qu’il n’y avoit
lieu de délibérer en l’éta t, fauf d’y ftatuer le
cas échéant.

Députation
des Vigueries.

L a députation des Vigueries fît encore ma­
tière de réclamation. Il étoit queftion de favoir
fi les Vigueries avoient la faculté de nommer
tel Député qu’elles- jugeroient à propos, mem­
bres &amp; pofîedans-biens de la Viguerie , ou fi
l’on feroit rouler les différentes Communautés*
fau f d’en cumuler deux ou trois , lorfqu’elles
n’auroient pas un certain affouagement.
Tous les Ordres mirent un grand' intérêt à

la décifion de cette queftion , &amp; il fut délibéré
de confulter toutes les Communautés de la Pro­
vince , &amp; d’avoir leur vœ u , fau f d’être ftatué
aux prochains Etats. M onfeigneur l’Archevêque
d’A ix rédigea lui-même la lettre. Les Com­
munautés que vous repréfentez l’ont déjà reçue:
vous avez pu vous convaincre que les motifs
des deux opinions y font rappeliés avec précifion , &amp; avec impartialité.
On en vint enfuite aux demandes de Sa Majefté,.
Demandes de
M y ejlé,

Sa

i°. L e D on gratuit.
2 °. Trente-cinq mille livres pour la Milice*

y . L a Capitation.
4°. La prorogation du fécond Vingtième

�23

çi/en 1792 inclufivem ent, 8c l’augmentation des
Vingtièmes à raifon d’un million cent quarante
mille liv. pour chacun des deux V in g tièm es,
jç de deux cent vingt-huit mille livres pour
les quatre fols pour livre du premier V ingtièm e.
Le Don gratuit fut accordé 8c porté comme
à l’ordinaire à fept cent mille livres.

D o n gratuit.

Les trente-cinq mille livres concernant les
Milices le furent a u fîî, fauf de repréfenter à Sa
M a je fté que cette contribution ne devoit plus
avoir lieu depuis le tirage effe&amp; if des M ilices ;
&amp; que les dettes contractées par le G ouverne­
ment pour les anciens armemens 8c équipemens
te Milices, qui ont été le m otif pour continuer
la demande de cette contribution , devroient
avoir été acquittées en entier depuis l’année
1776, époque depuis laquelle la fomme de
trente-cinq mille livres a été payée annuellement
pour l’acquittement de ces dettes.

M ilices.

La Capitation fut confentie comme à l ’ordinaire.

Capitation.

Et quant à la prorogation des deux V ingProrogation
tiemes &amp; l’augmentation du prix de l’abonnedeux V in g tient des deux Vingtièm es 8c des Q uatre fols tumes'
pour livre du premier V in gtièm e, il fut délibéré
d’offrir à Sa M ajefié, pour les années 1788 ,
7 %, 1790, 179 1 8c 17 9 2 , une fomme nette
ie trois cent cinquante mille livres pour cha­
îne defdites années, en fupplément à l'abon­
dent des Vingtièmes aftuellem ent p e rçu s,
0USla réferve de faire valoir en tout tems les

�24

V

droits, franchifes, flatuts, privilèges &amp; coutumes
du P a y s , 8c notamment ceux concernant le
prix du fel ; 8c que ce fupplément d'abonnément cefferoit en l’année 1 7 5 2 , 8 c en même
tems que le fécond V ingtièm e, fans qu’aucune
portion defdites trois cent cinquante mille livres
pût être portée alors en fupplément de l’abon­
nement du premier V in gtièm e, même fous pré­
texte des Quatre fols pour livres 3 &amp; il fut
libéré de repréfenter à Sa M ajellé que cette
augmentation efl le plus grand 8c le dernier
effort que les Etats piaffent faire.

M édailles.

Les Etats voulant marquer l’époque de leur
rétablilfement par les preuves de leur zele pour
le bien de l’E t a t , 8c contacter à la poüérité
leur amour pour un R o i jufte, 8c leur reconnoiffance pour un Mini lire dont les Confeils
ont affuré le fuccès des réclamations du Pays,
délibérèrent de faire frapper une médaille,en
mémoire du rétabîilfement des Etats j d’offrir
une médaille d’or à M onfeigneur l’Archevêque
de Sens, Miniffre principal 5 8c délirant coulacrer la reconnoiffance du P ays pour tous les
bienfaits de Monfeigneur l’Archevêque d’Aix,
les Etats délibérèrent par acclamation de lui
préfentsr également une médaille d’or.

Epoque de
ÎAJfem biee des
E ta ts.

Mémoire con-

cernant un

L e bien du Pays exigeant l’Affemblée des
Etats chaque année, il parut à propos defupplier Sa M ajellé d’en fixer l’ouverture du 15
N ovem bre au 10 Décem bre.
M M . les Commiffaires du R o i donnèrent ^
enfuite un nouveau M é m o ire , pour fervir ce

Supplément

�25

fuppîérrtent d’inftruûions, concernant un nouvel nouvel emprunt
emprunt de trois millions. Il fut en conféquence
tr0is nul~
délibéré d’accorder à Sa Ma je (lé le crédit du iwns‘
pays pour un emprunt de trois millions de
livres au denier vin g t, avec exemption de la
retenue des Vingtièmes &amp; Sols pour livres, &amp;
de toutes autres im portions royales &amp; provin­
c i a l e s , de confentir que cet emprunt fût joint
à la dette . reliante des précédens em prunts,
pour ne former enfemble qu’un feul em prunt,
auquel il fera afïtété pour le paiement des in­
térêts &amp; le rembourfernent fucceffif dès capi­
taux, un fonds de dix pour cent à retenir par
le Tréforier des Etats fur le montant des impofitions du P ays ; &amp;. l’emprunt de trois mil­
lions rempli , d’ouvrir auiïi-tôt un nouvel em­
prunt indéfini, à quatre ou quatre &amp; demi pour
cent, dont les fonds feroient uniquement em­
ployés à remfaourfer tous les capitaux empruntés
au denier v in g t, fi mieux n’aimoient les ren­
tiers confentir la réduction "de leur rente. En
confentant cet em prunt, l’exemption du droit
d’amortilTement a été aflurée , non feulement au
tranfport de ces rentes, mais encore aux legs
faits à la Main-morte qui feroient acquittés avec
ces fortes de rentes.
Dans le cours des féances, les membres du
Tiers-Etat en revinrent au Syndic des Com m u­
nautés. Le Tiers prétendit qu’il étoit conftitutionnel, &amp; qu’il devoir avoir féance dans les
Etats. La Noblefie le contefta. L a Com m iffion
penfa qu’il étoit inutile de difcuter cette quef|!oni que c’étoit au Tiers à fe retirer pardevers
8Roi, pour obtenir de Sa M ajefté la convo-

D

Syndic.

�z6
cation d’une A flem blée générale d es CoMmu«
nautés, à l'effet de procéder à la nomination
d’un S y n d ic, fau f le droit des Etats. Et les Etats
déclarèrent qu’il n’y avoir pas lieu de délibérer,
fau f d’y ftatuer, le cas échéant.
D r o its de
t'Ajjejfeür.

Dans la même féance, on s’occupa des droits
de l’Aflefleur d’A i x , Procureur du Pays. On
penfa que l’ AfTeffeur n’avoir pas le droit d’affifler aux Commiffîons émanées des Etats. Mais
on reconnut qu’il p ouvoit y être.utile. On iai/Ta
à tous- les membres quelconques des Commit
fions la liberté de l’appeller par la vo ix de M.
le Président; que M. l’ÂfTefieur pourrait même,
après avoir prévenu M . le Préfident, fe pré*
fenter à ces ÂfTemblées, lorfqu’il croira que fes
obfervations peuvent être utiles fur les affaires
dont il aura pris connoiffance ou qui auront
été renvoyées à ces Com m iflîons par les Etats;
&amp; qu’une fois adm is, il pourra y demeurer
même pendant le cours des opinions.

Chemins.

Les Etats infiruits que Sa M ajefté exigeoit
que l’on travaillât inceflamment au rétablifîement des chemins , &amp;. à tout ce qui concerne
le bien du Com m erce , fe livrèrent à un tra­
vail confidérable fur tout ce qui concerne les
travaux publics. Nous ne vous en faifons pas
le détail : Vous le verrez avec fatisfa&amp;ion S
reconnoiflance dans le Cahier.

Nombre des
des deux pre­
miers Ordres
fupérieur à ce­
lui du Tiers.

Dans la féance du 24 Janvier, on renouvelle
la queftion de la formation des E ta ts, relati­
vement au nombre des Membres des deux pfe‘
miers Ordres qui fe trouvoit fupérieur à celui
du Tiers.

�27
Les Députés des dïfférens Ordres confentirent
refpe&amp;ivçjment à ce que leur dire fût tranfcrit
dans le régi lire.
Les Etats s’occupèrent encore de divers R é glemens , l ’un relatif aux chemins , l ’autre à
l’Adminiftration intermédiaire , &amp;. le troifieme
concerne la formation des AlTemblées de Mrs.
les Procureurs du Pays nés &amp; jo in ts, qui furent
indiquées aux premier Février , premier Juin &amp;
quatrième N ovem bre. Dans ces R églem ens, on
renforça l’ Adm im llration intermédiaire de deux
nouveaux Procureurs joints pris dans chacun
des trois Ordres : ce qui fit matière de récla­
mation de la part de la prefque totalité des
Députés du Tiers.

Reglement
les chemins ,Jur
l A d m in ifr a ­
tion intermé­
diaire , f u r la,
jorm ation des
AJjemblées des
Procureurs du.
P a y s nés Ù
jo in ts .

Les Etats s occupèrent encore d un M ém oire
■ j
c
,r
&gt;
i
T^'
'
T'
Mémoire di
qui leur rut prefente par les Députés aux Etats [a y lguer;e
de la part des Communautés de la V iguerie dAix.
d’Aix. Ils fe plaignoient de ce que la V iguerie
d’Aix avoit été la feule qui n’eût point été
affemblée depuis 1 7 1 7 .
Nous avions prévenu la plainte en écrivant
une lettre à toutes les Communautés du refîbrr,
pour leur annoncer l’Affem blée de la V ig u erie,
immédiatement après les Etats.
tes Etats délibérèrent en conféquence que
toutes les V igu eries, fans en excepter aucu ne,
&amp; nonobftant tout ufage contraire , feroient
Semblées au moins une fois Fan.
T a x e des D é -

tes Etats, fur les représentations des Dépu*
D ij

P u u 's du Tiers»

�z8
tés du T ie r s , fixèrent les frais de leur afîlflance
à fept livres par jour pour le féjo u r, à douze
livres par jour pour les jours de v o y a g e , tant
en allant qu’en reven an t, &amp; à trois livres par
jour pour les Valets-de-Viile &amp; pour le nom­
bre de jours effectifs feulement : Et il fut délibéré que pour cette fois feulement , les
frais de députation feroient payés pour qug,
ra n te-cin q jours , &amp; à l’avenir pour trente,
quand même les féances des Etats dureroient
moins de tems.
D im inution

Les objets d’impofition furent les mêmes que

de Jept livres pannée d ’auparavant. Les feux ne furent cepenParf eU•
dant portés qu’à neuf çent dix liv r e s , quoi­
qu’ils fufient à neuf cent dix-fept. On penfa que
l’on pourroit gagner cette diminution fur la
moindre dépenfe des cas inopinés.
Bâtards.

L ’impofition pour les Bâtards fixa particulié­
rement l’attention des Etats. O n reconnut l’irapoilibilité de l ’augmenter quant à préfent, quel­
que urgente qu’en fût la néceffité. Mais on dé­
libéra d’avifer aux m oyens de rendre- cet établiffément plus utile à l’humanité , &amp; moins
onéreux au peuple.

Un jufle fentiment de reconnoiifance porta
]es Etats de rendre un hommage public &amp;fo*
a
le lemnel à la mémoire de M . le Marquis de
G o &amp; Ul héritier ^ ejan es. Inftruits du noble défintéreflement que
d ^ M . le M arIe Marquis de la G o a , neveu &amp; héritier de
de M eja- M . le Marquis de Mejanes , a montré dans
l’exécution des difpofitions qui ont enrichi le
P ays d’un dépôt p récieu x, ils délibérèrent una:
Remerciement

au nom des

�zg
armement que M . lé M arquis de la G oa feroit
temercié au nom des Etats.
La contribution de la N obîefle a été bornée
C o n tr ib u tio n
au feul objet des bâtards 8c des chemins. E lle de U N o b le jfe
a offert cette contribution comme volontaire $ borne'e
favoir : pour les bâtards quatre mille livres ; tards &amp; a u x
chemins.
Bc quant aux chemins , elle n’a pas offert une
femme déterminée ; mais elle a offert de p a y e r ,
à raifon d’un Vingtièm e , dans la proportion
réglée provifoirem ent pour fa contribution à
l’abonnement du droit fur les h u iles, &amp; à la
conftru&amp;ion du Palais $ 6c ce aux conditions :
i*. Que cet arrangement 5c cette fixation
^
.
,
ferment provifoires, &amp; n auroient lieu que juf- ia contribution
ques à ce que par l’opération conjointe de f u r u s deux ohMouagement 8c de l’afîlorinement , on pût j e t s ci-dejfus,
connoître la valeur relative des biens nobles
8t des biens roturiers , 8c fixer d’après cette
valeur la mefure de la contribution des biens
nobles aux Vingtièm es , 6c aux autres objets
auxquels ils contribuent ; en ayant néanmoins
égard, lors de la fixation des V ingtièm es, à
la portion qui doit être appliquée à l’induftrie;
8c à la valeur des maifons des V illes.
2°. Que fi par l’événement de la vérification
relative des biens nobles 6c des biens roturiers ,
le Tiers a trop r e ç u , il reflituera ce qu’il aura
reçu de tro p , avec intérêt j 6c fi la N oblefie
a moins p a y é , elle payera ce qu’elle auroit
du payer de p lu s, aufîi avec intérêt.

3°. Qu’on examinera dans les prochains Etats

�3o
les meilleurs moyens

&amp; les plus économiques;
pour parvenir à l’opération conjointe de l’af.
fouagement &amp; de l’afflorinement ; que cette opé­
ration fera commencée dès le premier mois de
l ’année 1789 ; &amp; que fi elle n’étoit pas finie
le premier juillet 1792 , la N oblefie ceiîeroit
de contribuer à la dépenfe des chemins, fans
que pour quelque m otif Sc fous quelque pré­
texte que ce fo it, elle puifie être obligée de
p ayer depuis l’époque du premier juillet 1792,
jufques à celle où l ’opération conjointe aura
été finie. .
4 0. Q ue la NoblefTe , contribuant à la dé­
penfe des chem ins, contribuera au tîi, &amp; tant
feulem ent, à celle concernant les Ingénieurs,
Sous-Ingénieurs &amp; Infpefteurs j que leurs ho­
noraires feront pris fur les fonds des chemins;
fans que la N o b lefie, qui contribue volontaire­
ment 8t fans aucune obligation, &amp; qui peut par j
conféquent borner &amp; limiter les objets, foit te­
nue de contribuer à aucune autre dépenfe qui
pourroit être regardée comme relative ou con­
nexe aux chemins.
50. Q ue la N oblefie ne contribuera qu’aux
feuls chemins des première &amp;. de fécondé claffe,
qui font à la charge du P a y s , &amp; qui doivent
être délibérés &amp; approuvés par les Etats ; à
qu’elle ne pourra jamais être obligée de coo'
tribuer à la dépenfe des chemins de Vigueries
ou de Communautés.

6 °.

Q u ’elle ne contribuera point au paiement
du fonds, ni des intérêts , du million emprunt
pour le chemin d’A vignon.

�'NJ des deux cens mille livres empruntées, o u
qui ont dû l’être pour la route de M eyrargu
Ni à aucune autre dette antérieure , s’il en
exifte, concernant les chemins.

Et qu’au m oyen de c e , les foixanîe &amp; douze
mille livres prifes fur les fonds des chemins
pour le paiement des fonds &amp; des intérêts em
pruntés en 1 7 7 7 , ainfî que toutes autres dettes
paffées &amp; em ployées dans l’état de la dépenfe
des chemins, en feront diftraites &amp; féparées, à
l'effet de ne pas faire mafle dans la dépenfe
chemins à laquelle la N oblefle veut bien c o u
tribuer.
7*. Que le îerrein noble , qui fera pris
l’emplacement des chem ins, fera p a yé.
Que s’il y a un chemin abandonné , le Sei­
gneur aura la faculté de le prendre en paiement
ou à compte , fuivant fa v a le u r, du prix
terrein noble occupé par le nouveau ch em in ,
&amp; que cet emplacement de l’ancien chemin derendra noble, ou pourra fervir de matière à
, s’il eft
à

du

c°mpenfation
«au bail.

aliéné ou donné nou«

—

Ni au paiement des fommss qui peuvent être
dues dans ce moment aux Entrepreneurs char­
gés des conflru&amp;ion &amp; entretien des chem ins,
s’il n’y a pas de quoi les payer fur les fonds
échus, la contribution volontaire de la N o bldTe ne devant dater que d’aujourd’h u i, &amp; ne
devant avoir aucun effet rétroa&amp;if.

�8°. Q ue le paiement des biens nobles pris
pour l’emplacement des chemins fera pris fur
les fonds des chem ins, 8c que les Communautés
ne continueront à payer que le prix des feuls
biens roturiers.
Q ue la NoblefTe ne contribuant point à la
dépenfe des chemins de V ig u erie, on continuera
de ne pas lui payer le prix des terreins nobles
occupés par cette efpece de chemin.
M é m o ir e ju fli fic a t i f de la N o blejje f u r f a ç o n -

1ddpenfi de s
aepenje es

B â.
a

Rèferve des
Commandeurs

de t Ordre de
M a lte .

L ’Ordre de la NoblefTe produifit un Mé«
m oire fervant à juftifier que fa contribution à
]’entretien des Bâtards n’étoit diftée que par un
e ^Pntône&gt;
d’humanité 8c de ch arité, 6c par forme
d&gt;aum
Mrs. les Commandeurs de l’Ordre de Malte
adhérèrent, fous la réferve de l’approbation de
]eur Supérieur, au vœ u de î O rdre du Clergé ;
q Uj a vo jt offert de contribuer pour la moitié
des quatre mille liv res, avec déclaration qu’ils
ne pouvoient confentir à aucune contribution
avant d’être inftruits du vœ u de. la première
AfTemblée du Clergé.
Enfin la NoblefTe obferva que fes offres n’étoient fufceptibles d’aucune réferve de la part
du Tiers $ qu’il devoir les accepter ou refufer
purement &amp; fim plem ent, 6c qu’en cas de réferve
çu de reftri&amp; ion , elle les rétradfcoit.

Obfervations L e Tiers répondit que dans la firuation malheit'
du Tiers.
reufe où il fe tro u v o it, depuis plufieurs fiecleS)
fupportan t, prefque fe u l, tout le fardeau des im*
pofitionS)

�33

pofitions , ayant été obligé de contra&amp;er des
dettes énormes, tant pour le fervice de fes M aî­
tres, que pour le bien &amp; l’utilité générale du
pays, il eft indifpenfable que les deux premiers
Ordres viennent à fon fecou rs, &amp; qu’ils parti­
cipent à toutes les charges qui doivent regarder
les Sujets du même Sou verain, &amp; les M em bres
d’une même Adminiftration.
Qu’en conféquence, la contribution offerte ,
ne portant que fur la dépenfe des chemins &amp;
fur l’entretien des Bâtards, ne lui paroifïoit pas
fuffifante; qu’il ne peut l’accepter qu’avec la
réferve expreffe de déférer à la juftice &amp; à la
bonté paternelle de Sa M ajefté fes repréfentations, tant pour faire porter les contributions
des deux premiers Ordres fu r les divers objets
&lt;fi doivent les co n cern er , que pour en faire, dé­
terminer la qu otité, relativem ent à la valeur
de leurs poffeflïons.
M. l’Archevêque d’A i x , après avoir confîgné
le defir qu’il auroit eu que les trois Ordres euffent pu fe concilier fur les objets dont il vient
d’être fait m ention, fit faire leêture d’un M é ­
moire en forme d’inftru&amp; ion, qui lui avoit été
ternis par Mrs. les CommifTaires du R o i.
Il feroit trop lo n g , M M , de vous donner
le détail de ce M ém oire: vous le trouverez
dans le cahier des Etats.

L e c tu r e d u
m o ir e

Mè-

r e n fir -

m a n t l e s ïn te n
t i e n s de S a M a

Nous ne devons cependant pas vous difïï- J ^ e'
®uler que quelques-unes des prétentions du
^iers font condamnées 3 que Sa M ajefté témoiE,

�34
gne qu’il eût été à defirer qu’ on ne fe fût pas
agité fur d’autres. E t elle ajoute qu’elle penfs
qu’elle ne pourroit elle-m êm e donner atteinte
3 toutes
J^oix, Statuts, Délibérations &amp;
ufag.es du P a y s , Si aux titres les plus cqnftans
Si les plus folem nels; &amp; qu’une femblable ré­
volution dans l’état des biens &amp; des perfonnes
exigeoit les plus grandes &amp; les plus importantes
réflex io n s, fur les principes de tous les genres
d’im pofition , &amp; fur les effets qui peuvent en
réfulter dans les différentes Provinces.
Q ue cependant Sa M ajefté defire que fes
Com miffaires puiffent faire ufage de cette difcu fïion , pour procurer quelque foulagementaux
Communautés. Et à la fu ite, de ce defir bien
exprim é, Sa M ajefté indique les impofitions du
P ays pour les Chemins &amp; pour les Bâtards.
Quant à ce dernier a rticle, Sa Majefté ajoute
qu’elle eft perfuadée qu’aucun des Ordres ne
réclamera, l ’exemption d’une ch arge, qui n’eft
qu’ une œ uvre dç charité &amp; d’humanité.
Æt, l A relievêque demande
au Tiers s 'il ac­
cepte les offres
des deux pre­
miers Ordres.
Rèponfe du
Tiers .

Après la le&amp;ure du M ém o ire , M . l ’Arche­
vêque demanda aux Députés des Communautés,
s’ils vouloient accepter les offres des deux pre­
miers Ordres.
Les Députés des Communes répondirent que
les moindres témoignages de la volonté, de leur
Souverain feroient toujours pour eux des Loix
facrées j mais qu’ils efpéroient de fa bonté,
qu’il voudra bien accueillir leurs refpeftueufes
repréfentations, &amp; faire porter les contributions

�35

des deux premiers Ordres fu r les divers objets

auxquels ils doivent participer.
L’Ordre de la N oblefle manifeffa à fon tour
les fentimens de zele dont elle a toujours été la
animée pour le fervice du R o i &amp; le bien de E
l’Etat, renouvella fes offres de contribuer v o ­ f e s
lontairement pour les chemins de première St
de fécondé e la ffe , &amp; de faire pareillement une
aumône pour l’établilTement des Enfans-Trouvés,
aux conditions portées dans fon M ém oire j con­
ditions qu’il déclara inféparables defdites offres:
Et dans le cas où le Tiers y mettroit quelque
obftacle, quel qu’il fû t, par des réfervës ou des
proteftations, même vagues &amp; fans objet fixe ,
il pria M M . les Com m ilîaires du R o i de rendre
compte à Sa M ajefté Sc à fon principal Miniftre
de la bonne volonté permanente de fon Ordrè
&amp; des obftacles infurmontables que l’O rdre du
Tiers a mis aux effets qu’elle p ou voit produire.

offres.

Les Etats s’occupèrent encore d’un A rrêt du
Confeil qui permet aux Puiffances neutres d’approvifionner nos M es.

A rrêt du
f e i l qui permet
a u x Puîffances
neutres d'
vijionner nos
Ïfles.

D’uti Mémoire fur les inconvénietis réfultans
pour le com m erce, des différens droits excefîxfs
établis fur le tranfport &amp; fur l ’entrée &amp; la cir­
culation des vins à M arfeille.

Mémoire
îentree des vins
à M arfeille.

De la franchife du P ort de M arfeille.
Du droit de foraine perçu fur les marchandifes entrant ou fortant dé la P rovince.

Franchife du
Port de
Jeille.
D r o it de
raine.

�A rfen a i de
M arfeille.
'»rr,;ii,.

D e la reftitution des fommes que le Pays
avo it fournies au Gouvernem ent, pour la conftru&amp;ion de l ’arfenal de Marfeille.,

Ponolane.

D u droit impofé fur la pozzolane étrangère.

E vocation de
M . le M arquis
de Bandol.
Commifflen de
Valence.
Objets non al­
loués dans le
Compte du
P a y s.
Etablijfement
pour les récla­
mations contre
les Fermiers.

D ’une évocation déclarée par M . le Marquis
de B an dol, plaidant contre fa Communauté,
fur les réparations de la fontaine publique.
D e la Com miffion

de Valence.

Des objets mis en fouffrance, &amp; non alloués
par la C our des C om ptes, dans le compte du
T réforier du P ays.
D e l’établilTement d’ un centre de correfpondance , pour procurer au Peuple une défenfe
&amp; un appui toujours préfent, contre les vexations
des Fermiers.

Affouagement D e l ’affouagement &amp; de l’afiflorinement gé*
&amp; affiorinement. n£ral: que cette opération conjointe commencera
au premier mars 1789 , St que dan s l’intervalle,
l’Adminiftration intermédiaire préparera les connoiflances 8t les moyens pour rendre l’opération
la plus exaéte , la plus prompte &amp; la moins
difpendieufe.
D es Magiftrats du Parlement &amp; de la Cour
des Com ptes furent priés de faciliter le travail
par leurs lumières , &amp; par leurs talens.
Droit.de.com \don.

H parut également intéreflant de concerter
les arrangemens à prendre pour le droit de

�17

biens nobles avec

MM. les M agiflrats, tant du Parlem ent que
de la Cour des C o m p tes, qui avoient été priés
de s’occuper de l’article vraiment intérefiant qui
concerne les bâtards, le furent auffi de pré­
parer avec l ’Adm iniflration intermédiaire les
moyens de mettre les Etats prochains à même
de prendre fur ces deux objets une D élibération
réfléchie.
Les Etats nommèrent enfuite M . de BarrasDéputes pour
Melan pour affilier à l’audition du com pte du ^audition du
Pays, le fieur de B a u x , M aire de Saint-M axim in, comPte “11Pay s
k le fieur C h a rle s, M aire de Brignoles.
Ils pourvurent également à l’exécution de la
fondation de M . de St. V allier.

Fondation de
St. Vallier.

La dotation de dix mille livres fut adjugée
à Mlle, de Coriolis de Puym ichel.
La dotation fpirituelle à M lle, des M ichels. .
Et la place de Penlionnaire dans un cou ven t,
qui devoit vaquer le 23 juillet 1788 , à M lle,
de Jaffaud-Thorame.

procéda à la nomination de
Procureurs joints de chaque O rdre.
On

n

,

Uans 1 Ordre du C ierge :

M M . les
n o m in a tio n

des

Procureurs

j o i n t s dechaqsit

Monfeigneur l ’E v ê q u e d e F ré ju s.

Ordre,

p B n lu » —

compensation des
roturiers.

�„'*8

„

M onfeigneur l ’E vêque de Senez.
Dans l’ordre de la N oblefle :
M . de Lom bard de Gourdon.
M . de V illen euve de Bargemon.
Et pour le Tiers-Etat.
Les Communautés de Forcalquier &amp; de Siftero n , qui étoient de tour.
Procureurs
jo in t s renforcés
de chaque Or­
dre.

M M . les Procureurs joints renforcés.
Dans l’O rdre du Clergé :
M onfeigneur l’E vêque de Digne.
M . le Com m andeur de Beaulieu.
P o u r l ’O rdre d e là NoblefTe :
M . de Caflellané-M azaugues.
M . de Sade d’Eyguieres.
Et pour le Tiers-Etat :
L es Communautés de GrafTe &amp; d’Hieres.

Relation de
M . tA Jfejjm r.

Dans le cours des féances , nous fîmes la
relation des affaires dont M M . les Procureurs
du P a ys s’étoient occupés pendant le cours de
leur Adminiftration. Quelques articles
relevés par les Etats. On jugea entr’autres, qu’il
étoit inutile de faire mention de l’Arrêt rendu
par la Cour des Com ptes le
jugea que pour parvenir à la compenfation»

�39

il ne fuffîfoit pas que le Seignéüf répondît de
la fiabilité des biens pendant dix années, mais
çnçore qu’il ne falloir pas qu’ils fufient expofés
aux ravages des eaux.
Dans l’intervalle des féances , les Etats re­
çurent la nouvelle que Sa M ajeflé acceptoit
l’offre de trois cent cinquante mille liv. pour
l’augmentation des V in gtièm es, qu’elle accordoit
une remife de cinquante mille livres pour cette
année, &amp; un fecours de pareille Comme pour
les Communautés ravagées.

Rem ife de cin­
quante mille li­
vres , &amp; fecours
de cinquante,
mille livres pour
les Communau­
tés ravagées.

Et les E ta ts, acceptant avec reconnoiiïance
la remife accordée par Sa M a je flé , &amp; après
avoir témoigné les fentimens dûs au zele &amp;
aux foins de M M . les Com miffaires du R o i ,
k de Monfeigneur le Préfident pour les inté­
rêts du P a y s , prièrent mondit Seigneur le P ré­
fident de vouloir bien remettre fous les y e u x
de Sa Majeflé &amp; de fes Miniftres les motifs
contenus dans la D élibération du 14 de ce
mois; de lui repréfenter q u e , ces motifs étant
les mêmes pour les années à venir , les Etats
ont lieu d’efpérer de la juflice &amp; de la bonté
du Roi, qu’il accordera la même rem ife, pour
chacune des années pour lefquelles ils ont offert
le fupplément à l’abonnem ent} avec d’autant
plus de raifon, que cette remife devient plus
n.éceffaire par la dépenfe qu’occafionnent l’affbuagement &amp; l’afïlorinement général.
Enfin on procéda à la nomination des D é- pes, z)e’nUtes
pûtes, pour préfenter à Sa M ajeflé le Cahier pour préfenter
des Etats.
le Cahier.

�40
La Députation délibérée, M . l’Evêque de Sifteron fut député pour le C le rg é , M . de Vintim ille de Figanieres pour la NoblefTe , M.
L y o n de St. Ferreol , D éputé de la Viguerie
d’A i x , pour le T iers-E tat, &amp;. Monfeigneur le
Préfident fut fupplié de vo u lo ir bien fe joindre
à cette députation-, &amp; de préfenter à Sa Ma»
jefté le Cahier des Etats &amp; la Médaille d’or
qu’ils ont délibéré d’offrir.
A va n t de fe féparer, les trois Ordres déli­
bérèrent par acclam ation , de fe rendre chez
Monfeigneur le P ré fid en t, pour lui renouveller
l ’homm age de leur reconnoifTance de tous les
fervices qu’il a rendus au P a y s , &amp;. notamment
pendant le cours des Etats.
Relation de ce
qui s ejl pajje d
l Affemblee de
la fSiguerie
d A i x , que
M M . 'les ConJ id s &amp; Affejjeur
d A i x fo n t
charges defaire.

T elle e ft, M e s s i e u r s , I’analyfe de ce qui
s’eff paffé dans les Etats.
L a Viguerie d’A ix ayant été enfin convoquée,
nous nous fîmes un devoir de lui donner connoifTance des principales délibérations des Etats.
Nous lui obfervâmes qu’elle devoit fignaler
l’ép o q u e, pour ainfi d ire, de fa refurre&amp;ion par
la fageffe de fes obfervation s, par la modéra»
tion avec laquelle elle les préfenîera à l’AfTemblée du Tiers 5 qu’elle ne devoit pas perdre de
vue qu’elle repréfentoît une portion confidérable
du peuple ; que les pofTeffeurs du cinquième
des biens du Pays lui avoient confié leur inté­
rê t; que ces intérêts font chers à plus d’un ti­
tre ; que ce feroit les com prom ettre, que d’é­
lever des difficultés de fo rm e , oiï qui'ne fe­
stoient pas vraiem çnt intérefïàntes s ou de ne pas
s ’ a ffe r v ir

�4*
s’afTervir à ce refpedfc 8c à cette foumiffion
fait l’un des principaux devoirs du Peuple
Nous avons vu avec fatisfa&amp;ion que la V i
guerie, en vous propofant Tes vues,, a très-bien
diftingué ce qui concernoit les contributions
objet vraiement jalo u x, de ce qui pouvoit avoir
rapport aux autres difficultés qui fe font élevées
dans le fein des E ta ts, 8c qu’elle a mis d
fes obfervations la fageffie 8c la retenue que l’o
pouvoit fe promettre.
Elle a chargé M M . les Confuls 8c Affiefleur
d’Aix, Chefs de V igu erie, de référer à fAlî'em blée du Tiers la néceffité qu’il y a pour J
Peuple , ou foit pour le Tiers - E t a t , de
nommer un Syndic.
Le danger d’établir ce Syndic à perpétuité.
L’avantage de ne lui donner de p o u v o ir, que
pendant un tems limité.
Le droit vraiement conffiîutionnel qu’a ce
Syndic d’avoir féance aux Etats, fans v o ix dé­
libérative, comme il l’a eue depuis fon établir­
aient, jufqu’aux derniers Etats de 1639.
La prétention de l’Ordre du C le rg é , Clergé
principal 8c indépendant du Clergé de F ran ce,
comme le P a ys eft P ays principal 8c princ"
lement annexé au R o y a u m e , de ne pouvo
à aucune contribution, avant d’être
inUruit du vœu de la prochaine AiTemblée du
Clergé de France.

�4*
L a prétention de M M . les Commandeurs de
l ’Ordre de M a lte, de ne pouvoir confentir à
aucune contribution fans l’aveu de leur fupërieur. — * Prétention contraire à l’autorité des
E ta ts, ou qui ne tend à rien moins qu’à fubordonner leur autorité à des autorités abfolument
étrangères au Pays.
L a prétention de la N oblefle qui regarde
comme privilège de fan O rd re, l’exemption de
toutes charges, même des charges communesj
&amp; qui , fous prétexre qu’elle contribue volon­
tairement à la dépenfe des chemins &amp; des bâ»
tards, a furchargé cette contribution prétendue
volontaire , d’une foule de conditions dont les
unes font trop p révo yan tes, dont les autres
tendent à foulager cet Ordre de toute contri­
bution , fi l’opération conjointe de l’affouagement &amp;. de l’afflorinement n’efi pas confommée
le premier Juillet 179 2; d’autres à faire pro­
fiter la Noblefle- des chemins dont une prévo­
yance bien entendue a accéléré la conftruûion,
par des emprunts qu’il faut fo ld er, 6t qui opè­
rent le même effet que fi l’on conftruifoit aftuellem ent; dont d’autres font totalement deftructives de quelques unes des difpofitions de l’Ar­
rêt du Confeil de 1702 , qui fait l’une des loix
fondamentales du P a ys, comme intervenue après
Ja difcuffion la plus profonde &amp; l’examen le
plus réfléchi.
Q ue fi les deux premiers Ordres doivent con­
tribuer à la dépenfe des chemins de Province,
ils ne doivent pas moins contribner à la dépenfe
des chemins de Vigueries &amp; de Communautés,

�45
[es uns &amp; les autres fer van t également à don­
ner un plus grand prix aux denrées.
Que fuivant toutes nos L o ix , 8c nos
de tous les tems , la dépenfe des ponts 8c des
chemins n’a jamais été comptée au nombre
des charges roturières , concernant uniquement
le peuple 5 qu’au contraire toutes nos L oix ont
conflamment déclaré qu’il n’y avoit à cet égard
ni privilège , ni exemption.
De référer pareillement à l’Affem blée du
Tiers le taux de la contribution offerte par la
Nobleffe; que cette contribution, qui doit être
proportionnée à l’importance de Tes pôffefîlons,
devoir être déterminée fur fa contribution aux
Vingtièmes, fixée &amp; refix ée, après due
fton, depuis environ douze années.
Que la contribution de la Nobleffe à l’abo
nement des huiles, qui fut portée au V in gtièm e,
parce qu’elle eut pour bafe la confommatio
ne doit pas fervir de réglé pour la contr
de la NobleiTe aux chemins.
1

Que la différence qu’il y a de prendre l’u
ou l’autre bafe pour réglé de contribution, eff
du plus grand intérêt, puifque en prenant la
réglé de la contribution de la N obleffe à l’a­
bonnement des huiles, elle ne p aye que le V in g ­
tième, quand elle payeroit les deux quinziè­
mes, en fixant fa contribution fur celle des
Vingtièmes.

Quela réferve de fe faire refpeûivement r a i »
F ij

�pîus

44

con­

fon du
ou du m oin s, après l’opération
jointe de l’afFouagement, même avec intérêts,
n’eft ni jufte ni légale $ que quand les charges
font diftribuées parmi les différens Ordres par
une réglé étab lie, on la fuit jufqu’à ce qu’une
nouvelle réglé lui fuccede. Q ue d’ailleurs, il feroit à craindre qu’un O rd re , furchargé d’une
affe d’arrérages ou d’intérêts, en fût tellement
érangé, que des vues de bien public en exigeaffent la remife.
Q u ’on le pratiqua de m êm e, au grand dé­
triment du Peuple , lorfqu’après foixante-fept
années de pourfuites, la NoblefTe contribua à
l ’abonnement du droit fur les Huiles. Les arré­
rages depuis 17 15 montoient en principal à
cent quatre-vingt-dix-neuf mille cinq cent livres,
fans compter les intérêts ; &amp; il fallut tout quitter
pour le bien de la paix.
Q ue tout de même , qu’en fait de taille on
impofe fur la répartition établie par le Cadaftre,
jufqu’à ce que le nouveau Cadaftre foit reçu,
on doit auffi parmi les Ordres prendre pour ré­
glé de diftribution la réglé fubfiftante, jufqu’à
ce qu’ une nouvelle foit établie.
Q ue par l’événement des conditions que l’Orde la NoblefTe a appofées à fes offres, elle
ne contribue que pour environ quinze mille
livres $qu’une fortune auffi modique eft incapable
de repréfenter l’intérêt de l’O rdre de la No­
blefTe dans la pofTeffion des biens, &amp; mieux
encore dans l’Ordre de l’Adminiftration.

�4$
Que la contribution à la dépenfe des Bâtards
eft encore moins proportionnée, puifque l’Ordre
de la Noblefle n’a offert que quatre mille li­
vres, fur cent cinquante que Cet établifTement
précieux coûte toutes les années, ou même fur
les cent qui ont été impofées fur cet objet,
abftra&amp;ion faite des arrérages d’environ qua­
rante m i l l e livres qui s’accum ulent, depuis plufieurs 'années, fur cet objet important.
Que c’eft bien aiïez que le Tiers contribue
à une dépenfe qui ne devroit concerner que
Mrs. les Boffédans-fief, comme jouiffanîs des
épaves, de la déshérence, &amp; de tous les droits
attachés à la Ju ftice, fans que le Tiers foit
obligé d’en payer la totalité.
Que Sa M ajeflé ayant annoncé qu’elle efi: perfuadée qu’aucun des Ordres ne réclamera l’e­
xemption d’une ch a rge, qui n’eft qu’une œ uvre
de charité &amp; d’hum anité, on ne devoit pas s’at­
tendre que la N oblefle réclameroit d’exemption
pour cette efpece de c h a rg e , moins encore
qu’elle refuferoit d’y contribuer dans la propor­
tion pour laquelle elle contribue aux V in g­
tièmes, ou même dans la proportion pour la­
quelle elle offre de contribuer aux chemins.»
De référer encore aux Com m unes, combien
il eft important que les deux premiers Ordres
contribuent à ce que l’on appelle dépenfes com ­
munes, &amp;. qui profitent généralement à tous.
Qu’il feroit à defirer que l’AfTemblée duTiersftat en .donnât le d é tail, dans un M ém oire bien

�circonfiancié ,, &amp; qu’eile follicitât de la juftice
de 5 a M ajeflé une contribution de la part des
deux premiers Ordres, fur lé pied de leur con­
tribution aux Vingtièmes.
Q u ’il efl d’autant plus néceffaire que les deux
premiers Ordres payent d’après cette réglé,
que le peuple, payant a&amp;uellement du tiers au
quart de Ton revenu , fans compter la dépenfe
des Vigueries &amp; celle des Communautés, il eft
impoffîble qu’il puifîe fupporter de nouvelles
charges.
Q ue s’il exifîoit^quelque exemption en faveur
des deux premiers O rd res, elle cefferoit, vu
l’état de détreffe du peuple.
Q ue dans les principes de notre Conflitution,
qui ne font que les véritables principes du lien
fo c ia l, on dillingue trois ëfpeces de charges:
les charges nobles, les charges roturières Scies
charges communes.
Q ue quant aux charges nobles confinant au
fervice m ilitaire, qu’ un nouvel ordre de cibles
ne permet plus d’exiger en nature, on doit s’en
repofer pour le rem placem ent, qui depuis le
régné de Philippe le Bel jufqu’à nos jours s’eft
vérifié en preflation pécuniaire, fur la fagefle
de Sa M ajeflé ; que l’intérêt de fes peuples eft
cher à fon cœ u r; qu’il ne leur appartient point
de fonder la profondeur de fes vues; &amp; que
lors même que les charges levées actuellem ent
fur les peuples fe font accumulées au point de

ne pouvoir plus recevoir d’accroifTement, ils

�47
Doivent attendre dans un filence refpe£fcueux,[les
effets de la follicitude paternelle de Sa M ajeffé.
Mais que quant aux charges com m unes, fi
leur peu d’importance dans le principe &amp; la
dépenfe qu’entraînoit le fervice m ilitaire, n’exijierent pas qu’il en fût fait une jufte répartition
leur immenfité lui fait un devoir de foliiciter
a u jo u r d ’ h u i , de la part des deux premiers O r­
dres, une contribution qui devient autant indifpenfable par juftice, que par liétat d’épuifement auquel, le peuple de ce P ays fe trouve
réduit.
Principalement de référer à l’Aflem bîée du
Tiers que les fommes offertes par les deux
premiers Ordres, bien-loin de procurer au peuple
ce foulagemënt que la tendre follicitude de Sa
Majefté fe propofoit, la plus forte dépenfe que
les Etat ont occafionnée, l ’a abforbée , Si que
le rétabliffement des E tats, qui devoit opérer
ce foulagertienr, n’a au contraire fervi
aggraver les charges.
Que quoique les feux ayent été foulagés de
fept livres, ce foulagerqent n’eft qu’apparent :
que les feux ne peuvent être diminués qu’autant que quelque article de dépenfe l ’eft 5 mais
que Va dépenfe reftant toujours la même , la
diminution des feux n’aboutit qu’à opérer dans
la recette un vuide auquel il faudra fuppléer
lors des prochains E tats, indépendamment de
jce que la dépenfe de l’Affem blée des Communes
abforbera une grande partie de cette diminution
de fept livres par feu.

�4-8

Q u ’il eft d’autant plus jufte que la Contribué
tion des deux premiers Ordres aux charges
communes porte fur toutes les charges que
l’on peut ranger dans cette c la fle , &amp; fur le pied
de fa contribution aux vingtièm es, que le calcul
le plus (impie juftifie que quand le peuple paye
du tiers au quart de fon reven u, la Nobleffe
ne p aye que du quinze au feize.
Q ue cette disproportion exige de la part des
Communes la plus grande attention fur les droits
relatifs à la contribution j que ces memes droits,
qui ne font pas fournis à l’empire de la prefcrip tion , font encore dans leur entier, comme
droits foetaux &amp; inaliénables.
Q ue par la même raifon, les Communes doi­
vent encore s’occuper de la contribution de la
N obleffe à l’impofition connue fous le nom
de fu b fid e , à laquelle elle avoit été condamnée
par A rrêt du Confeiî d u .............. q u i, s’il n’a
point eu d’effet, ne doit pas moins en avoir
aujourd’hui.
L ’Affem blée a encore chargé M M . les Chefs
de V iguerie d’engager les Communes à prendre
en confidération la formation des Etats , celle
de l’Adminiftration intermédiaire , &amp; le tour de
rôle des Députés des Vigueries.
Q u ’en l’é ta t, l’Ordre de la N oblefle ne con­
tribue que pour un - trentièm e, y compris h
contribution actuelle aux V ingtièm es, aux che­
mins , aux bâtards-, à l ’abonnement des droits
fur les huiles, aux fouîmes que le Corps des
Vigueries

�49

Vigueries verfe dans la caille du Tréforier du
pays j &amp; cependant que Ton influence dans îA d miniftration abforbe évidemment celle du Tiers ;
&amp; que c’eft par conféquent la N oblefie qui
difpofe dans les E ta ts, non feulement des af­
faires communes , mais même des objets qui
ne concernent que le T ie rs, contre la difpofirion des Lettres patentes de 1544.
Que les Communes prendront fur ces derniers
points , ainfi que fur tout autre , telle déter­
mination que leur fagefie leur infpirera ; qu’elles
font furchargées depuis fi long-tems , qu’elles
doivent attendre avec confiance, que Sa M ajefté,
qui s’occupe du foulagement de fon P e u p le ,
lui donnera, dans les circonftances, une nou­
velle preuve de fa protection.
La Viguerie nous chargea en co re, M M . ,
de demander à M M . les Syndics de la N oblefie
un extrait de leur Délibération concernant l’ordre
établi parmi M M . les Pofiedans-fiefs pour leur
entrée aux Etats , 8c de le référer à la pré­
fente A lfem b lée, à l’effet qu’elle pût prendre
une détermination conform e à la juftice , &amp; à
Les intérêts.
Nous nous conformâmes à fes ordres : le 7
Avril, nous eûmes l’honneur d’écrire à M M ,
les Syndics de la N o b le fie , &amp; nous les priâmes
de nous faire expédier l ’extrait en quefiion ,
aj°utant qu’il étoit à defirer que le G ou ver­
nement prononçant fur tous les objets qui peu­
vent divifer les différens O rd re s, les prochains
Etats n’euffent à s’occuper que de l ’intérêt com-

G

�so
mun; &amp; qu’ une confiance refpe&amp;ive afiure enfin
les avantages que la fagefie du Gouvernement
fe propofe de procurer au P ays , &amp; à tous
les Ordres qui le com pofent.
L a Viguerïe alloit au-devant des difficultés
que l ’affiftance de M M . les Pofiedans-fiefs aux
Etats pouvoit occafionner $ elle avoir perflfé qu’aulieu de perpétuer les difficultés, il fallait qu’une
feule &amp; 'même décifion en e x tirp â t, s’il étoir
p o ffib le, jufqu’au germe. Et c’d t dans cet objet,
qu’elle follicitoit l’extrait de la Délibération de
la N o b le ffe , afin que la préfente Alfemblée la
connoiifant, p ût, ou propofer fes objets de ré­
clam m o n , fi elle en avoir quelqu’un à former,
ou donner à la formation projettée par l’ordre
de la N oblefie une adhéfion qui prévînt de
nouvelles difficultés.
M M . les Syndics de la N obleffe nous ont
répondu que leur ordre avoit unanimement
délibéré que l’A flem blée des Com m unes, &amp; à
plus forte raifon celle des Vigueries en parti­
cu lier, n’avoit pas le droit de s'entremettre dans
les arrangemens que l’O rdre a p u , ou qu’il
pourra prendre pour le choix de fes repréfentans
aux E tats, fur-tout après la rédu&amp; ion, qui ne
peut avoir lieu qu’autant que l ’Ordre confervera
dans tous les te ms la liberté de fe former de
la maniéré la plus convenable aux circonftances,
aux lofx de la juftice , &amp;. à fes vrais intérêts.
Et fur ces m otifs, que vous pourrez apprécier,
l ’extrait nous fut refufé.
Ce

fera à

vou s,

M M .,

à

examiner fi

!

!

�$1
l'Ordre de la N obîefie a droit de fe former
les E tats, fans que le T ie r s , fournis pour
fa propre formation à T in fp eâio n de la N o bleiîe, puiffe s'enquérir de quelle, maniéré M M .
le s Gentilshommes Pofifédans-fiefs doivent ou
ne doivent pas affifter ou rouler dans les Etats.
Enfin la V iguerie déclara qu’elle chargeroit
MM. les Confuls 5c AfiefTeur d’A i x , d’indiquer
aux Communes, combien il eft important de té­
moigner à Sa M ajefté la reconnoifiance des
Peuples pour le rétabliftement des Etats , d’adreiïer des remerciemens à M M . les C o mm iffaires de Sa M ajefté, à M . l ’A rchevêque d’A ix
M. l’Intendant, fi elle n’étoit perfuadée
que le T iers-E tat s’empreffera d’exprimer que
c’eft à cet égard le vœ u de fon cœur.
La relation que nous venons de vous faire,
tant de TAfiemblée des E tats, que des observa­
tions de la V iguerie d’A ix , e x ig e , M M . , 1a
p lu s profonde réflexion.

M. Pafcalis, AfiefTeur d’ A i x , Procureur du
Pays, a demandé fi tous M M. les Députés des
Communautés &amp; dés Vigueries qui doivent for­
cer cette Aflem blée font a rriv é s , 8c s’ils; ont
remis les extraits des délibérations contenant
ieurs pouvoirs.
Me. de Regina , Greffier des Etats , a. dit :
T o u s MM. les Députés -des Communautés 8c
des Vigueries font arrivés, 8c ont remis* les e x ­
traits des délibérations contenant leurs pouvoirs*
G ij

Légitimation
des pouvoirs.

�à l’exception de M . le D éputé de la Viguerie
d’A n n o t, qui efl: tombé malade à Barreme.
Les délibérations lues &amp; exam inées, les pouvoirs de tous les affiftans ont été déclarés légi­
times.
M éd a ille décernée à M . des
G a lo is
T our.

de L a

L ’ O r d r e d u T i e r s - E t a t , voulant confacrer
par un hommage public Si folemnel la jufte reconnoilTance dont il eft pénétré pour le Magif.
trat-Citoyen qui autorife cette AflTemblée, &amp; qui
dans l’exercice des fonctions pénibles &amp; déli­
cates de l’Hom me du R o i, n’a celTé, depuis
plus de quarante années, de donner au Pays
&amp; à l’Ordre du Tiers en particulier, des témoi­
gnages du plus v if intérêt, Si des preuves de la
protection la plus fignalée.
A

à M

délibéré, par acclam ations, de décerner
on seig n eu r

des

G alois

de

L a T our

une M édaille d’o r , Si l’a prié d’agréer cet hom­
mage fincere d’un O rd re , qui veut transmettre
à la poftérité la plus réculée un monument de
fa reconnoiflance.
M gr. des Galois de La T o u r, après avoir re­
mercié l’Affemblée des fentimens qu’elle vient
de lui tém oigner, &amp; après lui avoir renouvelle
les affurances de fon zele pour les intérêts du
P ays Si de l’O rdre du T ie rs , a fait les plus
vives inftances pour qu’il ne foit point frappe
de M édaille.
L ’Aflem blée a d éclaré, par acclamationsJ
qu’elle perfiftoit dans la délibération ci-deHiis,

�o

&amp; elle a prié M gr. des Galois de La T o u r de
ne point refufer cette fatisfa&amp;ion à l’Ordre du
Tiers.
Mgr. des Gaîois de L a T o u r a infiüé à ne
point accepter cette M édaille.
Et au fortir de la féance, l’Affem blée en
Corps s’eft rendue chez M gr. des Galois de L a
Tour$ elle l’a prié de nouveau de fe rendre aux
defirs de l’Ordre du T ie rs, &amp; de ne pas le
priver de l’avantage de transmettre à la poftérité fa fenfibilité &amp; fa reconnoiffance.
Mgr. des Galois de L a T o u r a perfifté dans
fon refus.
Et néanmoins l’AiTemblée a prié M M . les
Procureurs du P ays de fe charger de l’exécution
de fa délibération.

Du Jixieme dudit mois de Mai.
Près la leâmre qui a été faite par Me.'
R icard, Greffier des Etats , du Procèsverbal de, la derniere féance :

A

L’Affemblée, avant de commencer fe s déli­
bérations, a cru devoir s’occuper d’un objet
cher au cœur de tous fes M em bres, &amp;. qui ne
peut qu’affe&amp;er leur jufte fenfibilité.

Ce n’eft qu’avec îa plus profonde douleur,
quelle a vu dans les inftru&amp;ions du R o i ,
ba Majefté recommande à M . de La T o u r ,
‘ Ordre du Tiers-Etat a le bonheur de voir

IJS lffem b iee
tém oigné f a fe n j i b d i t é f f a dou­
le u r fu r ce der­
n ier a rticle d es
injiructions de

�54

torifer cette A ffem b lée, » d’em ployer les voies
» de fageffe &amp; de fermeté qui peuvent être utiles
» ou néceffaires pour infpirer l’efprit d’ordre,
» &amp; maintenir la tranquillité dans fAiTent» blée. »
Elle fupplie Sa M ajefté de rendre juflice à
fes fideles Com m unes, &amp;. d’être bien perfuadée
qu’aucun de leurs repréfe-ntans ne s’eft écarté,
ni ne s’écartera jamais de cet efprit d’ordre,
fl néceffaire au maintien de toute Affemblée
publique $
Q u ’ils fe portent à cette A ffem blée, avec le
même efprit de pais &amp;. de tranquillité qui a
p/éfidé aux délibérations des Communautés &amp;
des, Vigueries dont ils exercent les pouvoirs*,
&amp;. que fi l’on a pu infpirer à Sa Majeflé des
préventions, la fageffe des délibérations par­
viendra aifément à les difîiper.
Q ue c’eft avec im partialité, que l’Affemblée
va s’occuper des droits du T ie rs , &amp; qu’elle efpere avec la plus intime confiance, que Sa Majéfté accueillira avec bonté fes doléances &amp; fes
réclamations.

Lun

L ’Affem blée a enfuite ordonné &amp; entendu
Mémoireadrejfé la leêture du M ém oire, en forme d’infiruêtions,
aux Commu- adrefïé aux Communautés qui entrent dans cette
names par M: / S e m b lé e par M . l’ Archevêque d’A ix , Préfi*
Lecture

,

d^4ixVe^Ue

c^ nt ^eS ^ tats’ fufvant f"a lettre du premier
A v ril dernier, relativement aux plaintes des Dé­
putés du Tiers-Etat , fur ce qui s’étoit paffé dans
les États de Provence.

�D e m a n d e de
L’Aftemblée defirant pourvoir au maintien
t A jjc m b ls e
des droits &amp;. privilèges du P a y s , afîurer l ’exé­
p o u r qu'à. L 'a vecution des L o ix qui leur fervent de bafe j conn i r le s E t a t s
fidérant, q u e, contre la difpofiîion form elle de f u i e n t c o n v o ­
l’Ordonnance de 1 5 3 5 , les Etats ont été con ­ q u é s en v e rtu
voqués, fans que Sa Majefté ait expédié des de L e t t r e s p a ­
Lettres patentes de con vocatio n , ou fans que te n te s , lu e s &amp;
le u r
lefdites Lettres patentes, fi elles ont été expé­ r e m ife s
Greffe,
diées, aient été repréfentées aux Etats j qu’anciennement elles étoient repréfentées, lues dans
la première féa n ce, &amp; enfuite dépofées au Greffe
des Etats, où font confervées toutes les Lettres
patentes pour la convocation des anciens E tats,
ainfi que pour les demandes que Sa M ajefté
y faifoit faire.

Gonfidérant encore que la convocation de la
préfente AfTemblée des Gens du Tiers-Etat ayant
été faite par Lettres patentes, la convocation
de l’Affemblée des Gens des Trois-Etats ne devoit pas être faite dans une forme moins foleranelle.
A délibéré que Sa M ajefté fera très-humble­
ment fuppliée de vo u lo ir bien ordonner que
l’ancienne fo rm e , confacrée par l’Ordonnance
de Provence pour la convocation des Etats du
Pays, continuera d’être g a rd ée, &amp; que doré­
navant les Etats du P ays ne feront convoqués
qu’en vertu de Lettres patentes, q u i, après avoir
été lues dans la première féance des E tats, fe­
ront enfuite remifes &amp; confervées au Greffe
defdits Etats.

Lefture faite de la Délibération prife dans

M o tifs &amp; r a f

�'pns-pour obtemriapcrmijfion
Un
' c ’jmmunJutès.

56

les E ta ts, fur la demande des Députés des
Communautés , relativement à la . nomination
d’un S y n d ic, l ’Affem blée confidérant que xes
inftru&amp;ïons de Sa Majefté ne lui permettant
pas de procéder, quant à préfent, à la noraination d’un Syndic qui veille à la confervation
&amp; à la défenfe des droits du pauvre Peuple,
elle doit préfcnter à Sa Majefié fes motifs &amp;
fes raifons pour avoir ce Syndic.
Q u ’il ed bien certain que dans la fituation
aftuelle des chofes , le Tiers-Etat ne peut fubfifter fans Repréfentant &amp; fans Syn dic; que fans
ce S y n d ic , c’eft un enfant livré à fa foibleffe,
à fon ign oran ce, &amp;. à fon inexpérience.
Q ue les différentes Communautés doivent
néceffairement avoir un point de correfpondance,
un AéTeur qui veille à la confervation de leurs
intérêts , qui faffe valoir leurs droits , exerce
leurs adtions , Si puiffe prendre en leur nom
telle détermination que les Communautés ne
peuvent p is prenire elles-m êm es, tant qu’elles
ne font point affemblées.
Q ue le Tiers-Etat n’étant qu’un des Trois
O rdres de l ’Etat , il faut néceffairement qu’il
ait un Repréfentant ; &amp; qu’il répugne à l’exiftence de tout Corps p olitiqu e, qu’il fubfiftefans
Repréfentant ou fans Syndic.
Q ue tous les Corps particuliers du RoyaumÇ)
quoique correfpondans* à I’Adminiftratinn gé“
nérale, ont leur A dm indication particulière, &amp;
par conféquent des Adminiffrateurs qui veillent
à leurs intérêts,
Que

�Que l’Ordre du
l’Ordre de lâ Noble:
dont les membres font très-inftruits , 8c infini­
ment fupérieurs en connoiflances à ceux du
Tiers, outre plufieursCommiflaires d’épée 8c de
robe, a plufieurs Syndics.
Qu’il a même un Syndic de robe, pris dans
l’Ordre des Avocats, qui jufqu’à ces demi
teins n’étoit nommé que pour trois années, 8c
qui de nos jours a été établi perpétuel , afin
que les affaires toujours dirigées par la même
perfonne 8c fur les mêmes plans, fufTent fuivies
&amp; combinées d’après des principes toujours
conformes.
Que dans l’Ordre de la NoblefTe il exifte
des furveillans éclairés , entr’autres MM. les
Magiftrats des deux Cours, prefque tous pofTédans-fiefs ; de maniéré que l’on retrouve fans
celle dans ce Corps, à côté de l’inffruftion 8c
de l’honneur, le zele le plus aêtif, 8c le
vigilant.
Que tandis que l’Ordre de la NoblefTe a tous
ces avantages, le Tiers, fans Syndic, n’auroit
perfonne qui réunît fa confiance , qui f û t chargé
dela difcuffion de fes droits, de veiller au main­
tien des maximes de la taillabiliié , de faire
rentrerdans la maffe des biens contribuables aux
importions pour les deniers du Roi 8c du Pays
un nombre confidérable de poffeffions qui y
ont été fouftraites, par les malheurs des circonftances qui ont obligé les Communautés à
aliéner le u r s b i e n s e n f r a n c h i f e d e taille, o u à

�58
établir fur les biens, des levées- univerfelles dont
la Déclaration de 1764 ordonne le rachat
Que le Tiers auroit encore moins ce furveillant, dont le fameux Arrêt de 1702 re­
connut la néceffité , pour s’occuper de l’article
toujours critique de la compenfation des biens
nobles, ou pour fuivre les procès actuellement
pendans entre les différens Ordres, 8c dans les
différens Tribunaux.
Que les mêmes motifs, qui en 1547 mirent
les différens Ordres dans la néceffité de fe nom­
mer des Syndics, fubfiftent encore : les intérêts j
font encore plus divifés aujourd’hui qu’ils nel’étoient alors, 8c les conteftations plus multipliées.
'
..
*. „•
'•
I
Que fi l’Ordre le plus fort conferve encore
fes Syndics &amp; fes Repréfentans fpécialement
chargés de furveiller un régime qui ne contribue
qu’à une petite portion des charges, on ne peut
pas refufer le même avantage à l’Ordre le plus
foible, 8c qui fupporte à lui feul prefque tout
le poids des impofitions.
‘—

r *

I

j,

J

Que MM.les Procureurs du Pays, conftitués
Procureurs des Gens des trois Etats, font né- ;
ceffairement Syndics des trois Ordres, 81 nepeu­
vent par conféquent réunir encore à cette qua­
lité celle de Syndic particulier d’un Ordre. |
Qu’ils le peuvent d’autant moins aujourd’hui) !
qu’on leur a reproché depuis long-teins d’avoir
méconnu leur véritable prérogative de Procu*
reurs des gens des trois Etats, pour fe confti*

�$9

ruer Procureurs de l’un des O rd res,
nant Tes défenfeurs particuliers.

en deve­

Que le même m o tif qui ne fait pas adjoindre
à leurs fondions celles de Syndic de la N
bleffe, ne peut pas leur faire adjoindre celles
de Syndic du Tiers.
Que tout de même que parmi M M . les Syn ­
dics de la N o b lefie, il n’y a point de Membres
du Tiers, il eft jufte que le fyndicat du
ne foit pas déféré à des M em bres de l’O rdre
de la NoblefTe.
Que la nomination d’un Syndic ou d’un
préfentant a pour bafe la confiance du man­
dant; qu’il doit être choifi librement &amp;. v
lontairement par celui ou ceux dont il ex
les pouvoirs, &amp; que s’il n’eft pas choifi libre­
ment, il ne peut plus avoir le cara&amp;ere
repréfentant de celui qui ne Ta pas n o m m é,
puifqu’il n’en a pas la confiance.
Que le Tiers-Etat devoit d’autant moins s’at­
tendre à ne pouvoir pas procéder à la nomi­
nation d’un S y n d ic , que les Etats eux-m
en avoient reconnu la nécefîité, en indiquant
au Tiers de s’adrefTer à Sa M ajefté pour
tenir l’Affemblée des Com m unes, dans laquelle
feule il pouvoir être nommé.
Que l’opération conjointe de l’affouagement
&amp; de Tafflorinem ent, dont les Etats fe font
occupés, eft une raifon de

�6°
refiafet1 au Tiers le S y n d ic , dont fa foiblefie 8c
fon ignorance follicitent la nomination.
Q ue s’agifiant de fixer l’eftimation de la
valeur réelle &amp; aûu elle de tous les biens &amp;
droits n obles, à l’effet de déterminer la pro­
portion de la contribution de chaque Ordre,
foit aux Vingtièm es, foit aux autres charges
qui peuvent les concerner, il n’y a que le
Syndic du Tiers-Etat qui puifie s’occuper de
tous les détails rëlatifsaux intérêts de cet Ordre,
ns une affaire fi com p liq u ée , &amp; dont les
fuites vont décider de fon fort.
Q ue pour fuivre une opération auffl délicate ,
aufîi intéreffante, il faut un Défenfeur qui
réunifie l’efprît de p a ix , la p ro b ité, les lu­
mières fuffifantes, &amp;. l’affeftion qu’infpire la
confiance.

*f9'r'

Q ue des intérêts aufii chers que ceux qui doi­
vent décider de la proportion de la contribu­
tion éternelle des différens Ordres aux charges
qui leur feront comrpunes, ne peuvent pas être
livrés 5 ni à l’infpe&amp;ion des Procureurs du Pays,
i ne doivent plus s’occuper que des intérêts
généraux , &amp;. qui d’ailleurs pris dans les diffé­
reras Ordres font plutôt Juges ou Médiateurs
des différends qui peuvent s’élever $ ni aux
connoifiances trop fouvent bornées de quelques
Députés du T ie r s , pris au hafard pour le tout
de rôle de la procuration jointe &amp; renouve­
lée chaque année j ni même à la follicitudede
quelques Confiais de V illes ou de Villages qui
n’occupent leur place qu’ une année , peu 311.

�61
/ait de la difcuffion des grandes affaires, moins
en core en état de développer avec clarté &amp;
avec étendue les principes &amp; les m oyens dont
il faudra s’occuper à raifon de l ’opération
conjointe.
Que la pofition du Corps de la NoblefTe efl:
bien différente. Adminifiré par des S y n d ics,
des Commiffaires d’Epée St de R o b e , tous
doués des plus grands talens St des connoiffances les plus étendues, il a encore l’avantage
d’un Syndic perpétuel , homme de loi , jouiffant à jufte titre de la plus haute réputation ,
qui depuis environ vingt années s’eft confacré
à fa défenfe , qui dans l ’intervalle de quinze
années s’eft occupé plufieurs fois du projet de
l’opération conjointe.
Que ces avantages font déjà affez confidé»
râbles, fans que l’O rdre de la NoblefTe ait en­
core celui de fuivre une affaire auffi im por­
tante vis-à-vis du T ie rs, celui-ci n’ayant d’autre
Défenfeur que ceux qui font tout à la fois les
Délenfeurs du Tiers St de la NoblefTe.
Qu’il importe efTentièllement au Tiers que
l’opération Toit fuivie par un Défenfeur zélé qui
ait les lumières 8t les connoiffances qu’exige
une opération auffi importante $ St qui puiffe
au befoin, fînon ^balancer celles du Syndic per­
pétuel de la NoblefTe , au moins furveiller les
opérations, &amp; p réven ir, autant qu’il fera poffîfcle, des inégalités dans l’effimation ou des erreurs dans la maniéré de procéder à la fïxaUon de la valeur 3 erreurs qui fer oient une vé»

�6z
ritable plaie politique qui ne pourroit que deffécher le Corps du Tiers-Etat.
Q ue nulle raifon d’intérêt p u b lic, d’ordre ou
de bien général , ne peut s’oppofer à ce qu’un
Corps difperfé fe nomme un Syndic qui le re­
préfente , comme s’il étoit perpétuellement en
féance ; que l’ordre de la NoblelTe n’a égalet aucune raifon de s’y oppofer , &amp;. que le
T ie rs-E ta t, qui fans doute a des intérêts encore
plus chers que les liens à conferver , ne peut
pas être traité avec moins de faveur.
Q ue le même fyftêm e d’é.galité que l’on a
voulu conferver dans la formation des Etats,
exige que l’on donne à chaque O rd r e , avec
les mêmes m oyens de défenfe , les mêmes fecours ; &amp; que quand le Tiers n’aura qu’un
Syndic qui ne fera pas perpétuel , tandis que
l ’Ordre de la NoblelTe en a un qui l’eft, &amp; des
Commifiaires d’Epée &amp; de robe , il n’aura cer­
tainement fur l’Ordre de la NoblelTe aucune
forte d’avantage.
L ’AlTemblée efpere donc de la juflice de Sa
M ajelté , qu’elle lui permettra de nommer un
S y n d ic , tel qu’elle fe propofoit de le nommer
aujourd’h u i; qui ait un efprit de paix , liant
dans les affaires ; qui ait les connoilîances nécelTaires pour diriger les objets importans con­
fiés à fon zele ; en état de donner à la défenfe
du Peuple la clarté &amp; la folidité dont elle eft
fufceptible, de fournir les M ém oires nécelTaires
pour éclairer la jufiice de Sa M a je fté , avec
tout le courage que l ’intérêt de l’Ordre le plus

�,.

foible e x ig e , de rédiger les doléances fk les repréfentations qui doivent être portées aux- pieds
du Trône, &amp; de fuivre tous les procès actuelle­
ment en inftance, avec l’attention que l’on doit
attendre du zele le plus épuré.
Et dans la ferme perfuafion que Sa M ajefté
ne refufera pas à fon Peuple de Provence un
Défenfeur que les circonftances e x ig e n t,l’Alîem blée déterminera quelles feront les inftruêtions
que fon Syndic doit référer aux E tats, afin que
ce Syndic une fois nom m é, enfuite de la permiffion de Sa M ajefté, il puiffe remplir fa
miffion &amp; correfpondre à la confiance du T ie rs ,
qui foupire après fon exiftence &amp; le fecours
de fes lumières.
L’Aflemblée a prié M M . les Procureurs du
Pays de référer les préfentes obfervations à Sa
Majefté, &amp; de la fupplier , au nom de fes
fideles Com m unes, de leur permettre de s’affembler un ou deux jours avant la tenue des
Etats, à l’effet de procéder à la nomination
dudit Syn d ic, &amp; que ledit Syndic affiftant aux
Etats, fuivant l’antique u fa g e, puifife y pour­
voir à l’intérêt du T ie r s , St principalement
coopérer pour lui aux arrangemens qui font
à prendre pour l’opération conjointe de l’affouagement &amp; de l’afïlorinem ent, ainfi qu’à tous
autres concernant l’intérêt du Tiers.
Te&amp;ure faite des Réglem ens concernant l’A d - . RePre!fentawiniftration interm édiaire, St pour la formation tLonsJ ur
aflemblées des Procureurs du P a y s nés St ^inUkadon in-

�64
trieme N o v em b re, des délibérations des Etats
qui adoptent ces R églem en s, des obfervations
des Députés des Communes fur le renforcement
de i’Adminiftration interm édiaire, de la réponfe
des deux premiers O rd re s, &amp; qui porte entr’autres qu’on fuivoit les formes conftitutionnelles obfervées dans ions les tem s pour les Affembîées des Procureurs du Pays nés &amp; joints,
&amp; des Lettres patentes du 8 M ai 1543.
L ’AfTemblée, bien convaincue que cette affertion n’eft point exa&amp; e ; que dans le principe,
l’Arîminiftration intermédiaire étoit uniquement
confiée à M. l’A rchevêque d’A ix &amp; à MM. les
Confuls d’A i x , Procureurs du Pays.
Q ue les Lettres patentes du 8 Mai 1543,
expédiées proprio m otu, donnent des adjoints à M.
l ’A rchevêque d’A ix &amp; aux Confuls d’A ix , Pro­
cureurs du P ays 5 qu’elles règlent le nombre de
ces adjoints, de maniéré que celui du Tiers-Etat
étoit égal à celui des deux Ordres réunis; qu’on
l ’avoit toujours pratiqué de même dans toutes
les occaffions ou commiffions importantes.
Q ue les Lettres patentes de 1543 furent d’abord
exécutées littéralement ; que les Etats nommè­
rent pour Procureurs joints un P r é la t, deux
G entilshom m es, &amp; trois membres du Tiers.
Q ue fi dans la fuite on ne nomma plus que
deux Procureurs joints pour le T iers, ce fut
parce que fon S y n d ic, qui avoit fëance &amp; voix
délibérative dans toutes les Affemblées parti'
Æulieres, le fuppléa 5 au m oyen de ce le Tiers
avoit

�avoit toujours dans l’Adm iniftration intermé­
diaire trois v o ix contre trois v o ix du C lergé
de la N oblefie réunis.
Que fi l’on avoit contrevenu quelquefois aux
Lettres patentes de 1 5 4 3 , en nommant deux
Procureurs joints pour le C le r g é , on revint
deux fois à leur exécution ; &amp; que ce ne fut
enfin que vers la fin du feizieme fiecle q
troifieme contravention prit racine , &amp;. qu’on
continua de nommer deux Procureurs joints
pour le C le rg é , qui ont fubfifté lors même que
le Tiers, n’ayant plus de S y n d ic, a celTé d’avoir
ce repréfentant que fa foiblefie lui rend efientiellement nécefiaire.
Que fi pendant l ’Adm iniftration des C om ­
munes, le nombre des Membres de l’Adminiftration intermédiaire étoit égal dans chaqu
Ordre, &amp; que le Tiers n’avoit par conféquent
que deux Adm iniftrateurs, quand les deux pre­
miers en avoient quatre , l’intérêt du T iers ne
pouvoit pas en fouffrir, puifque les délibéra
lions des Afiembîées particulières dévoient être
référées à l’Àfiem blée des Com m unes, qui a vo it
la liberté de les approuver ou de les défapprouver.
Que l’Adm inifiration intermédiaire n’étant
qu’une émanation de l ’Admïniftration générale
l’égalité des repréfentans des différens Ordres
que l’on a établi pour l’Adm inifiration générale,
néceflîte la même égalité dans l’Adminifiration
intermédiaire : qu ’il eft évident que le même
principe qui ne permet pas aux deux
I

�66

Ordres d’ avoir plus de repréfentans que le Tiers
dans TAdminiftration générale , ne peut pas
permettre qu’ils en ayent davantage dans l’Adminiftration interm édiaire, St que la même éga­
lité d o it, par raifon de juftice &amp; de néceffité, fe
rencontrer dans la partie comme dans le tout.
Confidérant enfin que l’article 6 du Régle­
ment pour la formation des AlTemblées de MM.
les Procureurs du Pays nés St joints , donne
à M M . les Procureurs du Pays joints des deux
premiers O rdres, le droit d’être fubrogés par
M M . les Procureurs joints afiïftans aux Affemblées renforcées , ce qui ne peut s’appliquer
qu’aux AlTemblées ordinaires, puifque MM. les
Procureurs joints renforcés affiftent de droit
aux AlTemblées intermédiaires renforcées ; 8t
que c ’eft encore un avantage fur le T iers, puif­
que fes Procureurs join ts, Confuls des différentes
villes du P a y s , ne peuvent pas être préfens à Aix
auffi fouventque M M . les Procureurs joints ren­
forcés de la N obîelTe, qui peuvent très-bien
rélider à A i x , &amp; qu’au m oyen de ce le Tiers
n’eft jamais à égalité dans les AlTemblées par­
ticulières avec M M . les Procureurs joints des
deux premiers Ordres.
Â délibéré de recourir à la juftice du Roi,
&amp; de faire article dans le M ém oire qui fera
préfenté à Sa M ajefté, aux fins qu’il lui plaife
ordonner que les Lettres patentes, du 8 Mai
15 4 3 , feront exécutées fuivant leur forme &amp;
teneur ; ce faifant, que l’Adminiftration inter­
médiaire fera com pofée de cinq Procureurs du
P a ys n és, d’un Procureur joint pris dans l’Ordre

�1

du Clergé, de deux Procureurs joints pris dans
l’Ordre de la Wobleffe , 8c de trois Procureur^
joints pris dans l’O rdre du Tiers Etat ; 8c que
là où Sa Majefté trouveroit bon d’augmenter
le nombre de M M . les Procureurs du P a ys
joints j que ledit nombre fera réglé en confor­
mité des fufdites Lettres patentes, de maniéré
que celui du T iers-E ta t, en y comprenant fon
Syndic, s’il y éch eo it, foit égal à celui des deux
autres Ordres réunis.
Comme encore , que M M . les Procureurs joints
affiftans aux AlTemblées renforcées ne pourront
point être fubrogës à la place de M M . les P ro­
cureurs joints afîiftans aux AlTemblées ordinaires.

Du feptieme dudit mois de M ai.
Près la leéture faite du procès-verbal de
la derniere féance :
Leûure faite de la D élibération des E tats, relan .t
tiveautour de rôle des Députés des V igueries, 8c j es y ^ lr U s
de la lettre circulaire adrelTée à toutes les Corn- a u x E ta ts .
munautés par M onfeigneur l ’A rchevêque d’A ix ,
Préfident des E tats, du z z Janvier dernier,
L’Affemblée confidérant que cette D élibération
fembîe préjuger que li l’on ne s’en tient pas aux
anciens Réglemens, on fe contentera d’y ap­
porter les modifications que les circonftances 8c
le vœu général exigeront , 8c qu’il ne fera ja ­
mais queftion de l’abolir.

�68
de 1 6 1 1 , n’eft pas celui auquel on voudroft
alTervir les Vigueries.
Q ue leur intérêt exige qu’elles foient main­
tenues dans la liberté du choix de leurs Députés,
com m e le feul m oyen d’avoir des Repréfentans
qui réunifient leur confiance.
Q ue de droit commun , &amp; même de droit
n a tu rel, tout Corps , &amp; par conféquent tout
O rdre , peut choifir librement fes Repréfentans
&amp; fes Mandataires.
Q ue ce droit a été fpêcialement refpefté
dans les Afiêm blées provinciales.
Q ue Sa M a jefté, dans les inftruââons qu’elle
a données à la préfente AfTemblée le confirme
fpêcialement pour l’Ordre de la Noblefle, . &amp;
attefte qu’en nommant fes repréfentans , cet
O rdre a exercé le droit qui lui appartient de
régler leur élection.
Q ue Sa M ajefté maintient la Noblefle dans
le droit d’élire librement &amp; volontairement fes
repréfentans aux Etats , fans que le Tiers-Etat
puiflfe exercer d’autre droit que celui d’en con*
noître le nombre.
Q ue Monfeigneur l’Archevêque. d’A ix l’avoit
déjà annoncé dans fes inftru&amp;ions aux diffé­
rentes Com m unautés, en annonçant que la Noblefle a le droit qui appartient à chaque Com*
munauté d’élire fes Députés.

�6 9
Qu’il efl de foute ju ftice, que fi l’Ordre du
Tiers n’a pas le droit d’infpeâter la formation
de l’Ordre de la N oblefie , l’O rdre de la N o blelfe n’ait pas le droit d’infpeéter la formation
de l’Ordre du Tiers.
Que dans une A fiem blée de P ays d’E t a t ,
libre &amp; com pofée de Citoyens , il ne peut y
avoir ni deux form es, ni deux réglés différenrentes , &amp; qu’il eft im poflîble que le Tiers ne
jouiiïe pas, pour fa form ation , de cette liberté
conflitutionnelle, 8c de droit naturel que l’O r­
dre de la N oblefie n’a pas réclamé fans fuccès.
Que par conféquent chaque V iguerie doit avoir
la liberté de nommer tel D ép u té, pofi’édant-bien
dans fon D iflrié t, qui réunira fa confiance.
A délibéré que la requifition en fera faite
dans les prochains Etats.
M. P afcalis, A flefieur d’A ix , Procureur du
Pays, a dit :
Vous avez vu dans le procès-verbal des E tats,
pag. 275 , que Ton y confirme la difpofition
déjà faite par l’Adminiftration du P a y s , dans les
années précédentes pour le chemin de la V a ­
lette à Souliers , d’une partie des remifes faites
par Sa Majefté au P a y s , pour les années 1 7 9 0 ,

17?1 &gt; 1792 &amp; ?794La fomme appliquée à la remife de 1 7 9 0 ,
s’élève à celle de tren te-fep t mille fept cent
treize livres , &amp; celles des années 179 1 , 1792
&amp; 1794 à feptante-neuf raille trois cent

Application
des remifes f u r
le p r ix du f l ,
fa ite par les
E ta ts au delà
du tems pour
lequel elles doi­
vent avoir lieu .

�7°
II ne peut y avoir d e r e m ife , qu’autant que
les impôts fur lefquels elle eft prife fubfifteront 5 &amp; il eft bien évident que fi les impôts
fur lefquels les remifes font accordées ne fufi.
fiftent p lu s, il n’y aura plus de rcmife.
Ces remifes ont été accordées fur les deux
fols pour liv r e , im pôles par Sa Majeftéfur
le prix du fe l, en différens tems , 8c ces fols
pour livre ne doivent être levés que jufqu’en
1790.
L ’Afiem blée des Communes , les Etats , le
Parlem ent , 8c tous les Corps du P a y s , ont fi
fouvent réclamé contre l’augmentation du prix
du fel , qui porte un préjudice fi notable à l’a­
griculture , que l’Afiem blée s’empreffera de
prendre les m oyens pour que les Etats pro­
chains ne laiffent pas fubfifter la difpofition que
nous venons de vous rappelier , 8c qui nous
paroît contraire, à l’autorité du Pays qui ac­
cepta l’im p ô t, 8c à l’autorité du Parlement, qui
ne l’enrégiftra qu’autant qu’il ne fera levé que
jufqu’en 1790 , 6c qui probablement n’enrégiftrera pas mieux tout nouvel impôt portant fur
le prix du fe l, que le P ays ne l ’acceptera.
L ’Afiem blée a délibéré que le préfent article
fera référé aux E tats, à l’effet qu’il foit appli­
qué d’autres fonds au lieu 81 place de ceux pro­
venant de la remife du fel qui ne doivent plus
fubfifter après 1790.
D em ande

de

la. contribution

M . P a fca lis, Affeffeur d’A ix , Procureur du
P a y s , a dit :

�y1

L’objet des contributions a fqcé , avec raifo n ,
l'attention des Etats ; 8c c'eft avec regret que
nous vous annonçons que les Ordres n’ont pu
parvenir a le concilier.
L’Ordre de la NoblefTe perfiftant à fuppofer
qu’il jouit de l’exem ption de toute efpece de
charge , a o ffert, pour la dépenfe des chemins,
une contribution libre 8c volontaire , 8c à des
conditions dont nous avons donné le détail dans
notre relation.
Et quant à la dépenfe qu’occafionne l’entre­
tien des B â ta rd s, l ’O rdre de la NoblefTe , ré­
clamant toujours Ta prétendue exem ption , a
offert de donner annuellement , 8c à titre d’au­
mône, une Tomme de quatre m ille livres.
L’Ordre du C lergé a offert la m oitié de ces
deux fommes.
Le Clergé, fous la réferve du vœ u de la pro­
chaine Affemblée du C lergé de France ; 8c Mrs»
les Commandeurs de M a lte , fous la réferve de
l’approbation de leurs Supérieurs.
Les inftruéfions particulières des Com m u­
nautés &amp; des Y ig u e rie s, chargent leurs D épu­
tés de déférer à l ’Affem blée cet objet im por­
tant. Nous devons com m encer par connoître ce
l^ui s’eft paffé à cet égard dans les Etats} les
taifons refpeétives qui y font déduites vous
Mettront fans doute à même de donner un vœ u
jégalement réfléchi, fage 8c modéré.
Le&amp;ure faite du procès-verbal des Etats de1ü‘s te Page 246 jufqu’à la page 266,

f a ^ux pre-,
miers &amp;rJre* a
tmtes les c!lar~
*

,

x

�72
L ’ A flem b lée, bien convaincue que les charges
de ce P ays font au-deffus des facultés des Con&lt;
tribuablesj que le feul Corps des Vigueries,
payant annuellement plus de quatre millions trois
cents mille liv r e s , paye certainement au-deffus
de toute proportion avec fes revenus.
Q u ’indépendammenî de cette fomme d’impofitio n , il faut encore acquitter celle des Vigueries, &amp; celles qui font propres à chaque
Communauté.
Q u ’il ne faut pas juger du terroir de la Pro­
vence par la partie que l’on en v o it, quand
on la traverfe en v o y a g e , ou à titre de curio*
fité j qu’il n’eft pas extraordinaire de voir, furtout dans la H au te-P ro ven ce, qu’avec douze
cent livres de revenu , procédant de biens
roturiers, on p aye quatre ou cinq cent livres
de taille.
Q ue notre C onftitution , fondée fur les prin­
cipes de toute fociéré , n’a jamais admis d’exemp­
tion abfolue de toute charge en faveur d’un
O rd re , au grand détriment de l ’autre.
Q ue nous n’avons jamais connu que la diftinétion des charges nobles &amp;. des charges
roturières.
Q u ’outre ces différentes charges , nous c»
avons encore une troifieme efp ece, appelle®
charges com m unes, pour lefquelles nos LoiXj
&amp; nos L o ix de tous les tem s, n’ont jamais
admis d’exemption.

�73

Qu’en P ro v e n c e , les perfonnes y font libres
Si qu’il n’y a que les biens qui foient afferv
aux différentes charges qui leur compétent ,
fuivant qu’ils font nobles ou roturiers.
Qu’il eft fort égal que le bien roturier
poffédé par un N o b le , ou le bien noble par
un Roturier; que quelle que foit la qualité du
pofftffeur, c’eft la qualité du bien qui décide
la nature de la charge, noble ou roturière qu’il
doit fupporter, fuivant qu’il eff noble ou roturier.
Qu’il y a une très-grande différence entre
les charges impofées fur les biens nobles &amp;
charges impofées fur les biens roturiers.
Que quand les biens roturiers payent au moins
le tiers du revenu perçu par le propriétaire
le bien noble ne paye guere que du quinzième
au feizieme, &amp; peut-être le vingtièm e.
Que le poffédant-fief a toujours le plus grand
intérêt à rejetter les charges fur le bien
rier, quelle que foit la quantité qu’il en poffede.
Que la répartition s’en faifant fur les feux
&amp; fur la maffe des biens roturiers , la portion
qui lui en rev ie n t , relativem ent à fes biens
roturiers, eft toujours infiniment moindre que
celle qu’il fupporter o it, fi la charge étoit réputée
noble.
Que fi avant la fufpenfion des E ta ts , le
Peuple ne réelamoit pas contre les deux prenuers Ordres le fecours &amp; l’affiftance qu’ils lui

K

�74
prêtaient au befoin danfc des tems plus loin-*
tains, &amp; dans des occafions rares alors,, g{ de.
venues aujourd’hui dépenfes courantes j le droit
de demander une participation proportionnelle,
droit fo c ia l, inaliénable &amp; toujours fubfiftant,
eft encore dans fon entier.
Q ue fl ce même droit n’avoit jamais exiflé,
il faudroit l’établir, dès que l ’O rd re , perpé­
tuellement p a y a n t, eft réduit à l’impoflibilité
de p ayer davantage, ou même de payer encore.
Q ue le fervice militaire , charge jadis fi
pefante, a été fuppléé dans tous les tems par
une prédation pécuniaire en argent.
Q ue fi un nouvel ordre de chofes ne permet
plus de l’exiger en nature, on doit s’en repofer
îur la fage.ffe de Sa M a jefté, &amp; que les Peuples
de P rovence attendront dans un filence refpectueux les effets de fa follicitude paternelle,&amp;
de participer au foulagement qu’elle a annoncé
pour fes Peuples.
Q u e ce foulagement eft d’autant plus néceffa ire , qu’indépendamment de ce que les fonds
font furchargés, les Peuples de ce Pays n’ont
jamais profité de la reftriâiion qu’a reçue ail­
leurs le privilège de l’exem ption des tailles.
Q ue s’en repofant avec confiance fur lajufîice
de Sa Majefté , pour le remplacement des
charges n obles, qui ne pourra qu’opérer le fon*
logement des P euples, on peut réclamer avec
confiance la contribution des deux premier5

�■mm

55

Ordres pour tout ce qui eft charges communes."
Que rien n’eft plus ordinaire que de vo ir dans
les anciens E tats, vrais modèles de toute L o i
fociale, la contribution des deux premiers O r­
dres à telle &amp; telle autre ch a rge, attendu qu’e lles
l'ont faites pour l ’utilité g é n é r a le ........... à laquelle
tous les Etats ont in tér ê t . . . . . . pour être lefdites:

finîmes em p loyées aux affaires com m unes co n cer­
nant les trois E tats du P a ys.
Que la contribution aux dépenfes communes
ne fauroit donc être libre &amp; volontaire.
Que non feulement il n’y a jamais eu à cet
égard d’exem ption , mais qu’au contraire il a
été décidé de tous les tems que la charge com ­
mune n’étant pas charge roturière, les deux
premiers Ordres ne pouvoient en être exempts,
Que c’eft fpécialement ce qui a été déter­
miné pour la dépenfe des chemins.
Qu’à la vérité , les deux premiers Ordres
n’ont jufqu’à préfent rien p ayé pour cette dé­
penfe. Mais une poffeffion abu five, foutenue par
le crédit, &amp; contre laquelle la foibleffe n’auroit
fait que des efforts im puiffans, ne fauroit être
regardée ou comme titre , ou com m e valant
dérogation aux principes fociaux.
Qu’on ne verra pas fans étonnem ent, qu’on ait
j prononcé le m ot de C orvée en P ro ven ce; qu’il
dï injufte que le P ays payant en argent pour
wnftrutre les chem ins, on veuille encore obliger
K ij

|

�le Peuple à payer de fa 'perforine, &amp; changer
ainfi la Conftitution , qui ne met pas au rang
des charges roturières, la dépenfe des chemins.
Q u ’aucun titre n’en a exempté les biens
nobles5 au contraire le Jugement du Roi Réné
les y foumet ; £c ce Jugement , fondé fur des
principes éternels 8c invariables, n’a jamais été
révoqué. Il eft incompréhenfible que les chemins
profitant à to u s , étant conftruits pour l’utilité
&amp; la com m odité de to u s , 8c donnant un nonveau prix à toutes les denrées , tous les Pro­
priétaires n’y contribuent pas.
Q ue l’o ffre , prétendue vo lo n taire, des deux
premiers Ordres ne remplit pas à beaucoup près
l ’intérêt du Tiers. Sur quatre cent foixante mille
foixante-dix-huit livres que coûtent les chemins,
la N obleffe offre environ dix-fept mille livres,
quand fa portion fur le pied de fa contribution aux
V in gtièm es, s’éleveroit à plus de foixante mille.
Q ue quant à la dépenfe concernant l’entretien
des bâtards , 6c fur-tout ceux dont le pere n’ell
pas connu; ces mêmes bâtards n’ayant d’autre
pere que le F ifc , ce feroit au Fifc à les nourrir.
Q ue fi la Jurifprudence particulière du Par­
lement de Provence a rejeîté cette charge fur
les Communautés , fur le fondement de l’Or­
donnance de B lo is, qui oblige toutes les Com­
munautés à nourrir leurs pauvres , l ’O rd on n an ce
de Blois a été bien autrement interprétée par
tous les autres Pai lem ens, 8c que par-tout ail'
leurs qu’en Provence , fi l ’on en excepte quelques

j

�77
Pays régis par des coûtumes particulières, ce
font les Seigneurs Haut-Jufticiers, feuls héritiers
des bâtards, 8c leurs peres c iv ils, qui doivent
fournir à leurs alimens ; 8c que ce n’eft par
conféquent pas trop que de les faire contribuer,
dans une jufte proportion de leurs polfeffions,
à cette œ uvre de charité.
Que -fi les deux premiers Ordres doivent
contribuer à la dépenfe des chemins , ils ne
! doivent point y ajouter des conditions, 8c fur| tout telles, qu’elles foient deftruétives de notre
| droit municipal.
Qu’ils doivent encore moins fe difpenfer de
contribuer aux dépenfes imprévues des ponts
k des chemins , dont l’article premier du tit.
2 du iiv. 2 du Réglem ent des chemins les difpenfe, en rejettant cette dépenfe fur les cas
inopinés, auxquels ils n’ont pas voulu contribuer.
Qu’il eft incompréhenfible , que ce foit le
Tiers-Etat qui p aye à lui feul toutes les charges
communes, telles que les frais de l’audition du
compte, frais qui deviennent plus confidérabîes,
au moyen des fommes verfées par la NobleÆe
dans la caiffe du P ays , 8c référées dans le
compte.
Les frais d’Adm iniflration , port de lettres i
tournées des fleurs Procureurs du Pays.
Les frais d’Affem blée 8c d’impreffion , des
Agens à Paris.

�78
que l’intérêt du P ays exige de foutenir dans
les différens Tribunaux.
L ’entretien des bâtimens 8c des Archives.
Ces petits frais qu’entraîne la néceffité de fe
procurer une plus prompte expédition.
L es gratifications, les aum ônes, 8cc. 8cc. &amp;c.
Q ue toutes ces dépenfes , 8c nombre d’autres
de pareille nature , ne fe font vérifiées qu’après l’établiflement des Procureurs du Pays,
furvenu en 14 8 0 , que l’Adminifiration com­
mença de fe form er, 8c qu’elle a eu les fuites &amp;
les progreffions où nous la vo yo n s aujourd’hui.
Q u e dans le nombre de ces charges, on doit
y comprendre les appointemens de M . le G o u ­
verneur $ q u i, fuivant l’A rrêt du Confeil de
1635 , doivent être payés par les Etats., ou
tout au moins les vingt-fept mille livres dont
ils furent augmentés par ce même Arrêt du
Confeil.
Q ue la contribution une fois jugée nëceflaire,
on doit la régler dès-aujourd’hui fur le pied
de la contribution de la N obleffe aux Vingtièmes.
Q ue la contribution de cet O rd re , pour cette
efpece de ch arge, eïl la réglé provisionnelle la
plus fûre que l’on puifle prendre.
Que tout autre qui expofe l’un des Ordres
à payer une maffe d’arrérages, dangereufe en
foi 5 l ’eft bien davantage dans les circonftances.

�79
Que toute ch a rg e, publique ou commune
devant être prife fur les fruits, la bonne A d miniftration exige qu’elles foient acquittées fur
les fruits annuels, Sc qu’un O rdre ne foit p
plus expofé qu’un fimple C ito y e n , à vo ir confommer fes fruits de plufieurs années, par des
arrérages qu’il eût pu prévenir dans le tems.
Que l’offre de fe faire raifon du plus ou
moins, &amp; après l ’affouagem ent, ne convient ni
à la qualité des parties, ni à leur pofition
Qu’en 17 6 0 , le contingent de la NoblefTe à
l’abonnement des deux Vingtièm es fut diminué
de vingt mille liv res, fans arrérages ; qu’en
1776, il le fut encore de vingt-trois- m ille
livres, fans arrérages; qu’en 1 7 8 2 , le Tiers fut
obligé de quitter cent quatre-vingt-dix-neuf mille
cinq cent livres de principal, &amp; les arrérages
de foixante-fept années dus par la NoblefTe, du
droit fur les huiles.
Que ce n’eft pas que l’on craigne l’événement
delà vérification des feux &amp; des florins; mais
que cette vérifica tio n , épurée pour les deux
Vingtièmes, ne feroit qu’une raifon de faire
encore à la NoblefTe le même facrifiee qu’on
fut obligé de lui faire en 1782.
Que la contribution du C le r g é , réduite à la
Moitié de celle de la NoblefTe, eft évidem ment
fans proportion avec l'immenfité de fes poffeffions.

Que les inftru&amp;ions de Sa Majefté pour la

�8o
répartition des Vingtièmes ont à cet égard
établi la réglé de proportion que l’on fuit pour
les V ingtièm es, &amp; qu’il feroit inconséquent de
n e. pas Suivre pour les autres charges.
Q ue d’après ces inflru&amp; ions, le Clergé figu­
rant pour quatre cent dix mille livres,, l’Ordre
de M alte pour dix-neuf mille huit cent treize
livres 7 les H ôpitaux pour vingt mille fept cent
feptante-deux liv re s , en tout quatre cent cin­
quante raille cinq cent quatre-vingt-cinq livres,
fur deux millions cinq cent huit raille livres,
c ’eft environ pour un fixiem e que le Clergé
figure dans la répartition des Vingtièmes; &amp;
cependant il ne contribueroit que pour un
foixante-quinzieme à la dépenfe des Bâtards,
qui s’élève à cent cinquante mille livres, &amp; la
N obîeffe pour un trente-feptieme &amp; demi.
Q ue les offres de la Nob-Iefle ne s’élèvent pas
au deflus de vingt ou vingt-deux mille livres;
que cette contribution fur la fomme exhorbijante d’environ trois million cinq cent mille
liv re s , n’ell: d’aucune efpece de considération,
Q uelle eft d’ailleurs abforbée par les plus
grands frais que les Etats ont occafionnés.
Q ue c ’eft une vérité dont on fe convaincra
encore m ieux lors des prochains Etats, &amp; quand
il faudra fuppléer à la diminution de fept livres
par feu que les Etats ont ad o p tée, fans dimi­
nuer aucun objet de dépenfe.

Que l’on doit encore ranger dans, la cl#
des

�1

8i
des charges communes , celle que nous connoiffons en Provence fous le nom de D on gra­
tuit, &amp;. qu’il fuffit pour s’en convaincre d’en
connoîtte l’origine.
Les Aflem blées générales des Com m unautés,
depuis la fufpenfion des E tats, accordoient an­
nuellement, fur la demande du R o i, un D on
gratuit de deux cent vingt mille liv re s, connu
alors fous le nom de quartier d’hiver. C e fubfide
étoit deftiné à faire fubfifter les Troupes pen­
dant l’hiver dans les pays conquis, 8t il eut
lieu jufqu’à la paix des P yrén ées, conclue en

1660.
En 1661 furvint le fameux Edit du mois
d’Août, qui augmenta confidérablement le prix
du fel &amp; en diminua la mefure. Pour compenfer
; une charge auffi aggravan te, le P ays obtint de
la bonté, de la juftice du Souverain l’exemption
: de différentes charges qu’il fupportoit aupara­
vant; &amp; entr’autres qu’il ne lui feroit plus de­
mandé de D on gratuit.
L’Edit du fel, enrégiftré avec le confentement
des Procureurs du P a y s , auxquels l’Affem blée
des Communautés en avoit donné pouvoir ; on
vit revivre en Provence le Don gratuit dont
l’exemption avoit été acquife à titre onéreux.
L’affouagement n’avoit pas été renouvellé
depuis 1 4 7 1 , &amp; le R o i , à qui on avoit de­
mandé plufieurs fois la permiffion d’y procéder,
svoit renvoyé de prononcer fur la demande
P l u’à la paix.

L

�82
La paix furvenue, le R o i donna CommîfHotf
en 1662 à M. le Premier Prélident d’Qppede
&amp; autres de faire le réaffouagement du Pays,
M M . les Procureurs du P a y s , inffruits d’une
commiffion dire&amp;ement contraire au droit des
trois O rdres, confirmé par plufieurs Lettres
patentes, &amp; à l’ufage de tous les tem s, firent
leurs rem ontrances, &amp; obtinrent la convocation
d’une Affem blée en 1664.
L e R o i fit demander à cette Affiemblée un
fecours ou don de quatre cent mille livres pour
le s arméniens de mer', l’AlTemblée refufa d’abord,
fe fondant fur la difpofition exprefife de l’Edit
du fel du mois d’A oû t 16 6 1.
Cependant pour pouvoir obtenir la révocation

de la com m ijjion du réaffouagem en t, a vec la con­
firm ation 6* attribution du pouvoir aux Etats ou
aux À ffem blées g é n é r a les , elle accorda trois cent
m ille liv re s , payables après qu’il auroit plu à
Sa Majefté de faire expédier un Arrêt du Gon*
fe il, contenant la révocation de la commiffion
du réaffouagem ent, confirmation &amp; attribution
du pouvoir des Etats St A ffem blées, &amp; fous
quelques autres conditions.
L ’offre fut acceptée ; les Lettres patentes de
révocation de la commiffion furent expédiées,
St i’affouagement fut fait par des Commiffaires
des trois Ordres.
Les demandes d’un d o n , ou fecours pour les
arméniens de m er, fe renouvellerent auxAffeflibiées fuivantes, q u i, malgré l’exemption pro*

�s j
;
jnife par l’Edit du fe l, fe fournirent à la volonté
du Roi j &amp; ce D on gratuit parvint peu à peu
jufqu’à fept cent mille livres.
Il a été demandé aux derniers E tats, non
comme il rétoit à l’Affem bfée des Communes
par des Lettres patentes, mais par M M . les
Commiffaires du R o i, qui font venus dans i ’ À f femblée pour cet effet, £k qui ont remis un
article de leurs inftru&amp;ions conçues dans les
mêmes termes que celui q u i, outre les Lettres
patentes, étoit contenu dans les inftr.u&amp;ions aux
Commiffaires de lA ffem b lée des Com m unautés,
&amp; les trois Ordres ont délibéré unanimement de
l’accorder.
La demande en eft faite aux E tats, &amp; non à
l’Ordre du Tiers. C e font les Etats qui le dé­
libèrent , &amp; non le Tiers 5 &amp; fuivant l’article
135 de l’Ordonnance d’O rléa n s, » en toute
» Affemblée d’Etats généraux ou particuliers
» des Provinces où fe fera o ftro i de deniers,
» les trois Etats s’accorderont de la quote part
» &amp; portion que chacun defdits Etats portera. »

Il faut diftiguer le don gratuit introduit en
1664 pour les arméniens de m e r, de l’ancien
don connu fous le nom de fo u a ge, ou de taille
royale qui étoit la charge du Peuple , lorfqué
le fervice militaire s’acquittoit en nature.
Le fouage ou taille ro ya le a toujours été ,
&amp; eft encore exigé par le R eceveu r des fi­
nances j c’eft ce que l’on appelle deniers du
L ij

J

�R o i : le Tiers-Etat ne fauroit dem ander, quant
à ce , aucune participation aux deux premiers
Ordres.
Mais le don gratuit a&amp;uel , quoique deftiné
être verfé dans le Tréfor ro yal , doit être
regardé comme une charge commune à tous
les Ordres du P a y s , foit parce que l ’Ordon­
nance d’Orléans le réputé t e l , foit parce qu’il
a pour principe les armemens de mer , qui ne
peuvent pas être uniquement à la charge du
Peuple , foit parce qu’il a été payé pour main­
tenir &amp; conferver les droits des trois Ordres,
les pouvoirs St l’autorité des Etats. O r, les
trois Ordres retirant le bénéfice du don gratuit,
il eft naturel qu’ils y contribuent.

à

L ’affouagement ne concerne, il efi: vrai,que
les biens roturiers ; mais au fo n d s, &amp; quant à
la répartition qui devoir en réfulter , les Com­
munautés n’avoient pas grand intérêt que cet
affouagement fût fait par des Commifiaires nom­
més par le R o i , ou par tout autre : la réparti­
tion faite avec juftice &amp; équité , il devenoit
égal qu’elle fût faite par telle ou telle autre
perfonne.
M ais les droits des trois O rd re s, le pouvoir
&amp; 1'autorité des Etats étoient compromis} difons mieux , ils étoient anéantis dans le droit,
&amp; dans l’exercice. Dans le d r o it, par l’Arrêt
du Confeil qui nommoit la Commiffion : Dans
exercice , par l’ufage que les Commifiaires
auroient fait d’un pouvoir qu’ils ne dévoient
tenir que
Etats.

des

�85

Enfin, l ’objet pour lequel le don gratuit a
té continué , les arméniens de mer , n’étant
joint particulier au Tiers , il ne peut être re­
ta rd é comme étranger aux deux premiers Ordres.
Confidérant que lefubfide fait, par fa nature,
inconteftablement partie des charges communes.
Il n’efi: malheureufement que trop vrai que
les deux premiers O rdres, condamnés à contri­
buer au paiement du fu b jld e , n’ont jamais rien
payé ; que quoiqu’ils y fuflent fournis par des
Lettres patentes rapportées aux Etats de 15 6 9 ,
ces Lettres patentes n’ont jamais eu d’exécution,
&amp; qu’elles n’en ont point eu, parce que réfé­
rées aux Etats de la même année, il y eut grands
altercation &amp;. débats, &amp;. que depuis lors le
mêmes Lettres patentes n’ont plus été préfentées
à aucuns Etats.
La nature de cet im p ô t, l’aveu qu’ont fait
les deux premiers Ordres d’être fournis à celui
quia été établi fur les huiles, &amp;. l’impofîibilité
qu’il y a de regarder cette taxe comme taxe
roturière, juftifient évidemment que les deux
premiers Ordres doivent d’autant mieux aujour­
d’hui coopérer, quant à c e , au fouîagement
du Peuple $ qu’il n’eft ni jufte ni poffible que
l’impôt portant fur le vin du P a y s , le Peuple
paye la portion qui concerne fa denrée &amp; celle
des deux premiers Ordres.

Plusl’impôt eft ancien, plus le refus des deux
premiers Ordres d’y contribuer date de loin,
^mieux le crédit de la Noblefle &amp;

�86
du Tiers font juftifiés : ce n’eft qu’une raifon de
plus pour réparer l’injuftice.
L a NoblefTe n’ofera probablem ent pas exciper
de prefcription : la matière n’en efl pas fufcep.
cible. Quand on difcuta fur fon contingenta
l ’abonnement du droit fur les huiles , qu’elle
avoit refufé de payer pendant plus de foixante
années, elle n’ofa pas dire,, devant le Magjftrat
refpe&amp;dbîe qui voulut bien fe charger de ter­
miner cette affaire : l’Arrêt du C onfeil n’a point
eu d’effet; l’abonnement a toujours été levé fur
les f e u x , il doit continuer de l’être. La pofTeffion, en matière d’im pôt, juftifie l’ancienneté
de l ’abus &amp; la néceflité de le faire ceffer.
Les dettes anciennes &amp; nouvelles font éga­
lement partie des dettes communes ; c’eft ce que
leur origine indique.
Les anciennes dettes du P a ys furent toutes
réduites à quatre pour cent en 17Z2. Elles
montoient alors à plus de dix millions ; elles
s’élevant aujourd’hui de fix à fept millions. Leur
première origine date de l’année 1622. Il efl
rmpoffîble de reconnoître la fuite de tous les
emprunts qui furent faits à divers taux d’intérêts,
dans l’intervalle de cent ans : les uns ont été
rembourfés en tout ou en partie ; d’autres ré­
duits à des taux inférieurs ; d’autres dénaturés
par reconflituîion. L e tout ne forme aujour­
d’hui qu’un corps ou affemblage de dettes vé­
rifiées &amp; conftatées en 1722.
L ’on fait que le P a ys emprunta une parttf

�Sy
(les foaimes qui furent accordées au R o î ee
jgj'i &amp; 16325 pour la révocation de plufieurs
Edits, &amp; fur-tout de celui qui créoit les Offices
d’Elus, qui détruifoit la conftitution du P a y s , St
les droits des Trois Ordres.
Si MM. du Clergé &amp; de la N obleffe jouiffent de l’avantage que leur a procuré la confervation de la Conftitution ; s’il y a encore des
Affemblées des Etats où ils font appellés, c’eft
l’argent du Tiers-Etat qui a produit cet effet;
il feroit donc équitable qu’ils contribuaffent au
moins aux emprunts faits dans le tems , pour
acquitter une partie des fommes accordées au
loi, le reftant ayant été p ayé par impofition
far les feules Communautés.
Il fut également em prunté, fous le régné de
Louis X IV , des fommes confidérabîes, pour
délivrer le P ays de cette multitude d’O ffices
créés depuis 16 0 0 , jufques en 17 13 . Il y avoit
plufieurs de ces O ffices dont l’exercice , ainfi
que les droits y attribués, auroient également
pefé fur l’Eccléfiaftique, le N o b le , &amp; le Plébée.
Qu’une Confultation rapportée en 1 7 1 1 , des
plus fameux Jurifconfultes d’alors, décidoit que
le Tiers étoït en droit d’obliger la N obleffe à
contribuer à l’acquifition de ces différens O ffi­
cesj qu’il fut déterminé d’ouvrir des conférences s
&amp; que cette affaire refta im pourfuivie.
Dans cette pofition , pourroit-on regarder
comme une demande indifcrete 8c fans fonde­
ment , celle mie le

�88
au Clergé 8c à la N oblefTe, de contribuer aux
anciennes dettes, foit par rapport aux emprunts
faits pour payer la révocation de l’Edit des
E le v io n s , révocation qui a autant profité aux
deux premiers Ordres qu’au T iers, pour délivrer
les perfonnes £c les biens, tant du Clergé, de
la NoblefTe , que du Tiers-Ftat , des gênes &amp;
des droits que la création de certains Offices
y avoit impofés ?
Les nouvelles dettes montent auffi de fix à
fept millions. Leur origine vient de la guerre
de 1 7 4 4 , 8? années fui vantes, pendant lefquelles
le P a y s , animé par fon zele pour le fervice du
R o i , fît des fournitures immenfes pour les Ar­
mées Frauçoife 8c Efpagnole.
L e Tiers-Etat s’im pofe, depuis plus de trente
an s, cent livres par feu , pour acquitter les ren­
tes des nouvelles dettes , 8c en amortir peu à
peu les principaux. Il eff de bonne fo i, en con­
venant qu’il s’ eft impofé lui-même cette nou­
velle charge , par la nécefîîté de faire face au
fervice du R o i , 8c par fon zele 8c fon amour
pour fon Souverain ; mais accablé , comme il
l ’eft, par tant d’impofitions 8c de contributions,
ne peut-il pas , aujourd’hui qu’il efl réuni avec
deux Ordres puilîans &amp; riches , réclamer leur
ju fiice, 8c les engager à le foulager d’un fardeau
qu’il porte depuis quarante ans , 8c qui peut être
envifagé comme ayant p ro fité, au moins indirec­
tement , à la confervation de leurs biens ?
A délibéré que très-humbles ^applications fe­
ront faites à Sa M aiefté , dans lefquelles ou
établie

�établira quelle eft la détreffe du P a y s , l’immen­
dié de Tes charges , leur parallèle avec celles
delà Noblefle , le parallèle encore de ces mêmes
charges avec le produit des revenus du P ays ,
même en partant du taux auquel ils font p ortés,
dans les inlîruûions de Sa M ajeflé pour les
vingtièmes , quoique réputé vraiment exceffif
par les Etats , &amp; furpaffant également la pro­
portion des vingtièmes 6c les facultés des C o n ­
tribuables.
La diftin&amp;ion toujours fubfiflance entre les
charges nobles , les charges roturières, St les
charges communes.
Que , tant d’après le droit commun , que
d’après les Réglem ens de nos anciens E ta ts, 6c
notamment d’après le Jugement du R o i R en é
de 1448 , nous n’avons jamais connu d’exem p­
tion des charges communes.
Que les Peuples attendront avec confiance
qu’il plaide à Sa M ajefté de pourvoir
fuivant
fafageffe ordinaire , au remplacement des char­
ges nobles , qui opérera la diminution des
charges roturières , fau f de conferver toujours
ladiftinûion de ces différentes charges.
Mais que, quant à ce qui concerne les char­
ges communes , les deux premiers Ordres doi­
vent continuer d’y contribuer , comme ils dé­
voient y contribuer de droit , quoiqu’ils n’y
Jient pas contribué de fait.
Que

dans

le nombre des charges

com m unes

M

�9° .
dont on donnera le détail, il y fera fpécialetnent
compris le fubfide, le don g ra tu it, les dettes ou
telle portion que Sa M ajefté trouvera à propos,
tous les chemins quelconques, foit de Province
ou autres $ &amp; que les deux premiers Ordres y
Contribueront fans reftrifrion , ni condition,
com m e faites pour futilité générale, qui rejaillit
fur tous les biens ; &amp; qu’au m oyen de ce, l’art,
i du tït. 2 du liv. 2 du R églem ent des Che­
m ins, qui rejette les conftrufrions &amp;. réparations
imprévues fur les cas inopinés, fera &amp; demeu­
rera révoqué $ qu’ils contribueront également
aux trente-cinq mille livres des appointemens
de M . le Gouverneur , conformément à l’Arrêt
du Confeil de 1635.
Q ue la contribution de la N obleffe à toutes
les charges communes fera fixée aux deux
quinzièmes de la contribution du Corps des
V ig u eries, comme l’eft celle des Vingtièmes.
Q ue celle du C lergé fera fixée fur le pied
de la contribution indiquée par les inftrufrions
du Gouvernem ent aux V ingtièm es, pag. 95du
procès-verbal.
' Q ue Sa M ajeflé fera fuppliée de prendre en
grande confédération l’état déplorable du Pays,
les ravages auxquels il eft e x p o fé , foit par les
orages, foit par l ’irruption des torrens &amp; des
rivières, l’incertitude des récoltes en huile ou
en vin , le découragement prefque abfolu qui
s’eft: emparé du C u ltivateur, qui ne trouvant
plus dans le produit de fes biens la jufte indeni*
nité de fes avances, craint de trop employé
au défrichement &amp; à la culture.

�-

9l

Enfin, combien il importe de procurer au P a ys un foulagement quelconque, ou par une diminution des im pôts,
ou en y fuppléant par le remplacement d’une impofition fur
les biens qui n’en fupportent prefque point ; 8c qu’il eft dé­
courageant que le même fonds roturier ou n o b le, ou jouiffant de la nobilîté par le bénéfice de la com penfation,
change, pour ainfi d ire , de nature du jour au lendem ain,
&amp; contribue à plus de cinq millions de charges que le Corps
des Vigueries fupporte, ou à environ cinquante mille écus
répartis fur les biens nobles : que le calcul le plus fimple &amp; le
plus exaft, 8c le réfultat des impofitions du P a ys le juftifient.

Compte, ex act de ce que le. Corps des V igueries p a y e au
T réforier des E tats .
1.
f. d.
Impofition générale à 9 1 7 liv. par feu
Taillon, fouage 8c fubfide . . .
Vingtièmes 81 quatre Sols pour livre
Entretien des Bâtards
. . . .
Abonnement des Lattes . . . .
Conftru&amp;ion du Palais.......................

2,657,083. 18. 4.
115,600.
885,557. 6. 8.
100 , 0 00 .

10,000 .
5 5 ,4 16. 13. 4.

3.823.657. 18. 4.
Capitation, déduction faite de celle des
Poffédans-fiefs, à-peu-près . . . .

400.000.

Total de ce qui entre dans la caifie du
Tréforier des E t a t s .................................... 4.223.657, 18. 4.
A ajouter :
Les impofitions des Vigueries . . . .
130.000.
Les impofitions pour les charges parti­
culières des Com m unautés, l ’une p o r­
tant l’autre à 300 liv. par feu . .
869,250.
Total des charges annuelles qui font
payées par le Tiers-Etat fur un produit
/territorial de quatorze à quinze m il­
a n s , ce qui fait plus du tiers • . , 5,222,907. 18. 4»
M ij

�92
L e T ie rs-E ta t, qui connoît mieux fes minces
;ultés 5c Ton état de détrefie que perfonne ,
ne peut s’empêcher de re le v e r, en paflant, une
erreur de calcul dans le Procès-verbal des Etats,
8c qui de doit pas fubfifter.
On y lit que de l’évaluation donnée au feu en
177 6 au plus haut prix des denrées, lor.fqu’on
foulagé la H au te-P roven ce, il en réfulteroit
un Vingtièm e de fept cent cinquante mille
livres.
C ela pourroit être v ra i, fi le Vingtième fe
percevoit comme la dîm e, fans déduction des
impofirions 8c des frais d’entretien. Mais étant
certain 8c démontré que les impofitions à pré­
lev er fur le produit, avant d’en payer le Ving­
tièm e, montent à près de cinq m illions, &amp; que
les frais d’entretien également à prélever mon­
tent en Provence à des fommes immenfes;il
réfulte qu’en prenant pour bafe la plus forte
évaluation que l’on puifle donner au feu pat
plus haut prix des denrées, le Vingtième pris
rigoureufement fur le produit des biens rotu­
riers, déduction faite des impofitions &amp; des
frais d’entrentien , n’iroit jamais à trois cent
cinquante mille livres.
Auffi, le Tiers-Etat en votant dans les der­
niers Etats pour un fecours extraordinaire, de­
mandé fous le nom de fupplement à l’abonne­
ment des V ingtièm es, 8c en faifant généreusement
le facrifice de la promefie fa cré e, exprelle &amp;
p ofitive que Sa M ajefté lui fit donner dans l’Af*
ue de dix ans 8c jufqu’au 31

�95

Décembre 1 7 9 0 , l’abonnement des Vingtièm es
ne feroit point augmenté 5 promette fur laquelle
il avoit droit de fonder tout refus, &amp; qu’il s’eft
abftenu de faire v a lo ir , par un filence abfolu ,
le Tiers-Etat, difons-nous, a regardé ce fecours
extraordinaire, auquel la néceffité des circonftances &amp; fon zele pour le fervice du R o i l’ont
déterminé à confem ir, non com m e un fupplement à l’abonnement des V ingtièm es, qui ne
peut être fondé fur aucun principe , mais comme
un troifieme Vingtièm e que de fideles fujets
, nepouvoient fe difpenfer d’accorder pour quel­
ques années, en retterrant encore plus leurs
moyens &amp; leurs reffou rces, jufques à la réduc­
tion du fimple néceffaire.
L’affouagement des Vigueries efi: com pofé de
deux mille huit cent quatre-vingt-dix-fept feux
&amp; demi. L e fe u , lors du dernier affouagem ent,
fut trouvé être de la valeur réelle de cinquantecinq mille livres , telle qu’elle étoit dans le
commerce courant &amp; journalier.
Suppofons que cette valeur puifTe être portée
aujourd’hui à cent mille livres , les deux m ille
huit cent quatre-vingt-dix-fept Teux , à raifon
ta cent mille livres c h a cu n , formeront un ca­
pital de deux cent q u a tre-v in g t-n eu f millions
tapt cent mille livres.
Que l’on fatte produire à ce capital le cinq
pour cent comme à une rente conftituée, ( o n
ftroit bien heureux d’en retirer le quatre pour
Cent) , le produit s’élèvera à la femme de qua0ize millions quatre cent q u a tre -v in g t-c in q

�94
mille livres : o r , n’eft-il pas exhorbitant &amp; hors
de toute proportion , qu’un produit de quatorze
millions quatre cent quatre-vingt-cinq mille livres , foit afiujetti à payer cinq millions deux
cent vingt-deux mille neuf cent fepî livres dixhuit fols quatre deniers, c’eft-à-dire un peu plus
du tiers ?
L ’afflorinement de la N o b lefîe, fait en l’année
1 6 6 8 , eft com pofé de deux mille &amp; quelques
florins. L e florin fut é v a lu é , à cette époque an­
cienne , à cinq cent livres de revenu. O n croit ne rien hafarder, en fiipofant que
dans i’efpace de cent vingt ans , le revenu des
florins a plus que triplé , Sc même quatruplé.
L ’on connoît des terres dont le florin vaut au­
jourd’hui trois &amp; quatre mille livres de rentej.
mais toutes les feigneuries n’ont pas reçu la
même progrefîïon. Pour réduire le compte au
plus bas , nous fuppoferons que le florin , évalué
à cinq cent livres de revenu en 16 6 8 , ne pro­
duit aujourd’hui que quinze cent livres , ce qui
pour les deux mille florins donne un revenu
total &amp; net de trois millions.
L a N ob iefle, fur trois millions de revenus, paye
cent trente-trois mille cent foixante-fix livres
treize fols quatre deniers pour fon contingent
dans l’abonnement des vingtièmes 5c fols pour
livre ; elle p aye encore quelques mille livres
pour fes charges particulières , 8c elle a offert
une contribution de vingt-un à vingt-deux
livres pour les chemins St les Bâtards !.

Par cette comparaifon , l’on voit que le re»

�9$
venu territorial du P e u p le, réparti fur cinq ou
fix cent mille tê te s , qui doit tout première­
ment fervir à leur nourriture St à leur entre­
tien , St qui ne fauroit excéder de quatorze à
quinze m illion s, paye au-delà du tiers; tandis
qu’un autre revenu territorial de trois m illions,
divifé feulement fur environ mille têtes, p aye à
peine le vingtièm e du total.
Eft-il furprenant que dans une telle p o fitio n ,
le Tiers-Etat réduit à la derniere extrém ité , St
qui a le bonheur , par le rétabîiffement des
Etats, de fe trouver réuni avec les deux pre­
miers O rd res, puilTans St riches , leur demande
des fecours St des contributions proportionnées,
pour toutes les dépenfes communes ; contribu­
tions qui , fi elles n’étoient pas follicitées par
la Juftice , devroient être accordées par équité ?
Malgré ces contributions quelque fortes qu’elles
puiffent être , il fubfiftera toujours une diffé­
rence énorme St énormiffime , entre les biens
nobles payant quelques contributions , St les
biens roturiers affervis à toutes les charges
quelconques fans aucune exception ; St le pri­
vilège des biens nobles, à quelque origine qu’on
le rapporte , fous quelque point de vue qu’on
l’envifage , n’en fubfiftera pas moins par la
jouiffance, St l ’exem ption de toutes les autres
charges.
Lefture faite de la déclaration de M M . de
D éclara tio n s
«a i
, n,
/
n
faites dans les
IOrdre du C ie r g e , portant qu il ne peut con- J^ atspar MM.
fentir à aucune contribution , avant d’être inf? o rdre du
fruit du vœ u de la prochaine Afifemblée du cierg e &amp; de tO rClergé.
dre de M a lte ,

�portant refervé

96

.

deC a p p r o b a tio n
du Cierge de

Et de la déclaration faite par M M . les Comcandeurs de l’Ordre de M alte , qu’ils adhèrent
au vœ u j g
de l ’Ordre du Clergé , fous

Supérieur de

la

réferve de l’approbation de leur Supérieur.

tOrd■e de Mal­
te , pour la con- L ’AiTemblée regardant ces deux déclarations
tribution aux comme deftruéfives de l’autorité des Etats, ou
charges.
tendantes à fubordonner leur autorité , fort à
LAJfemblee pailtorîté du Clergé de France , foit à l’autorité
ne ‘peut^adhérer c'u Grand-Maître de l’Ordre de Malte ; &amp; ce
* cette réjèrye. quand le Pays e ff, P ays principal &amp; principa­
lement annexé au R o y a u m e , &amp; que les diflérens
Ordres qui le composent n’ont que des rap­
ports de convenance avec les autres Ordres dit
R o yau m e , St ne leur font en aucune maniéré
fubordonnés.
Bien perfuadée que fi la contribution du
C lergé fécuîier ou régulier eft principalement
volontaire 8c libre , le Clergé peut la confentir
fans l’autorifation de perfonne , 8c que fi elle
n’eft pas purement volontaire , les Etats la dé­
term inant, leur détermination n’efi: 8c ne peut
pas être fubordonnée à l ’approbation ou à l’im­
probation du Clergé de France , ou foit des
Supérieurs de l’O rdre de M alte ; 8c que pareille
réferve , fi elle n’étoit contredite ? fembleroii
adoptée,

WkI

A chargé qui de droit de déclarer aux pro­
chains Etats qu’elle ne peut adhérer tant à la dé­
claration du Clergé qu’à celle de l ’Ordre de
M alte j 8c que leur contribution , une fois votée
par les E ta ts, le Clergé régulier ou fécuîier du
P a y s doit les acquitter 7 abfiration faite de tout
eonfenremenî

�97

Confentement de la part du Clergé de France ^
ou fuit des Supérieurs de l’O rdre de M alte.
M. P afcalis, A ffeffeur d’A ix , Procureur du
Pays, a dit :
Après la décifion des queftions relatives aux E x e c u tio n des
contributions, le Tiers-E tat reliera fournis à L ettres patentes
des charges &amp;. a des impofitions qui ne concer­ du i S A v r i l
1544 5 contre
neront nullement les deux premiers Ordres.
le droit de fu f~
Les deux premiers Ordres doivent-ils déli­
bérer fur ces im pofitions, &amp; le Tiers-E tat ne
peut-il pas avoir cette adm iniflration, qui lui
elt propre &amp;. perfonnelle, &amp; régir fes affaires
particulières, comme l’O rdre de la N obleffe
régit les fiennes?
Le même régime qui fert à diriger les af­
faires particulières de l’O rdre de la N obleffe ,
&amp; qui ne les fubordonne pas à L’infpeâion des
Etats, doit être également propre au Tiers. Il
ne feroit pas jufle que les Etats , qui ne fe
mêlent pas du régime particulier de l’O rdre de
la Nobleffe, difpofaffent fur le régime parti­
culier de l’O rdre du Tiers.
Le Tiers a des objets de dépenfe qui ne con­
cernent que lu i, il a des objets de revenus qui
lui font propres ; c’eft un O rdre particulier, qui
fait partie de l’O rdre univerfel repréfenté par
les Etats, &amp;. qui n’a de rapport avec les E ta ts,
que pour ce qui concerne les objets communs.

Tel eft le plan économique de toute Admi-

fra ge des d eu x
prem iers O r­
dres , dans les
D elibera tio n s
f u r les charges
que le T iers fu p porte f e u l.

�9§
nifiration com pofée d’Adminîftrations p a rtie l
lieres 8c fubordonnées : chaque O rdre a fa prop rié té , qu’aucune forme , qu’aucun laps de
tem s, qu’aucune coutume ne peut ébranler, &amp;
qu’aucune Puiflance ne peut lui ravir fans injuftice. L e bien du Tiers-E tat lui appartient ex*
clufivem entj il en a la pleine 8c entière pro­
priété , fous la protection des L o ix 8c du Gou­
vernem ent.
L e revenu qu’il en retire , par fes foins 8c par
fes labeurs , eft également dans fa pleine &amp; en­
tière propriété $ 8c perfonne ne peut mieux difpofer de ce rev en u , qu’il ne peut difpofer de
la propriété. Et certainement les impofitions
font une difpofition bien réelle 8c bien effe&amp;ive
du revenu de chaque Corps contribuable.
Il feroit donc bien injufte que tout autre, que
le Corps contribuable, eût droit d’ordonner cette
difpofition, de la confentir, de la régler, d’en
faire l’em ploi 8c l ’application.
Il n’eft point de Corps dans la fociété qui
ne jouifie de l’avantage d’adminiftrer lui-même
les affaires qui lui font perfonnelles, de régler
fes contributions, 8c d’exclure de fon adminiftration particulière quiconque n’y a nul intérêt;
8c c’eft n’y avoir point d’intérêt que de ne
point participer aux contributions.
Tous les Corps d’Artifans ont des chargé
particulières $ 8c ce font les Membres de ces
Corps qui les acquittent, 8c qui pourvoient au*
m o y en s de les acquitter.

�99

le s Com m unautés, les Vigueries , les Corps
de magiftrature , le C le rg é , 8c la N obleffe ont
auffi des charges qui leur font propres $ 8c tout
fe réglé dans le fein de leur adminiftration inté­
rieure, fans autre participation que celle des
Contribuables.
Ainfi , les Etats de Provence , com pofés des
trois Corps : du C lergé , de la N obleffe , 8c du
Tiers-Etat, qui ont leurs biens , leurs droits 8c
leurs revenus diftin &amp; s, féparés 8c indépendans ,
qui ne font fubordonnés ni à la difpofition par­
ticulière d’aucun des Ordres pris féparément^
n'i à la difpofition générale des trois Ordres
réunis en Corps d’Etats , ne doivent 8c ne peu­
vent voter que fur les objers généraux qui con ­
cerneront les trois Ordres. Mais quand il s’agira
d’une dépenfe qui ne concernera que le Tiers ,
les deux premiers Ordres , qui n’ont aucun
droit fur la propriété 8c fur le revenu du T ie r s ,
n’ont par conféquent ni raifon , ni prétexte
pour délibérer cette dépenfe , pour en régler
l’emploi 8c en déterminer la deftination.
Il eft im poffîble qu’un O rdre tel que celui
du Tiers , qui a de fi grands intérêts à d irig er,
des impofitions fi confidérables à acquitter } des
Agens à furveilier , des procès à fu iv re , 8c des
maximes à m aintenir, ne s’affemble pas pour
fes affaires particulières , ou que fes affaires
particulières foient régies par Te Corps même
des Etats, qui ne prend pas la même follicitu d e,
oufoit le même d ro it, fur l’Adminiftration par­
ticulière de l’O rdre du C le r g é , ou de l’Ordre
de la Nobleffe.
N ij

�L e principe im m uable, dérivant du droit de
propriété , fuffiroit fans doute pour affurer à
l ’Ordre du Tiers l’Adminiftration des affaires
qui le concernent exclufivem ent $ vous pouvez
encore réclamer l’exécution d’une L o i particu­
lière au P ays : ies Lettres-patentes du 18 avril
1544.
Ces Lettres-patentes portent » qu’aux Etats

» le nombre du Clergé St de la N obleffe réunis
jî n’excédera pas celui du T ie r s , St que fi pour
n aucune affaire dudit P a y s , il convenoit au#*
» dits Etats mettre 8t impofer fur notredit
» Peuple St Sujets dudit P ays aucuns emprunts,
» charges ou fubfides , outre &amp; par-deffus ceux
» qui ont accoutum é être par nous demandés;
» en ce cas , nous v o u lo n s, ordonnons &amp; nous
» p la ît , qu’iceux Prélats St Gentilshommes ne
» puifTent en ce porter ni donner aucune opi» n io n , attendu que d’icelles charges extraor*
» dinaires en cet e ffe t, ils ne payent aucune
» chofe ; St où ils voudroient en ce opiner &amp;
» bailler leurs v o ix St opinion , qu’ils foient
&gt;5 tenus p ayer St contribuer leur' quote-part &amp;
» portion defdites charges extraordinaires qui
» feront mifes fus par lefdiîs Etats.
Il n’y avoit alors de charges ordinaires &amp;
accoutumées que le fouage ou taille royale que
le Tiers p ayoit St qu’il paie encore , St que Sa
Majefté faifoit demander annuellement à raifon
de quinze florins par feu.
Toutes les dépenfes auxquelles le Tiers-Etat
eft aujourd’hui fournis, m ultipliées, confîdéra*

�101
blés &amp; aggravantes, font pofiérieures à cette
époque , par conféquent non ordinaires , non
accoutumées en 1544 , &amp; pour Iefquelles les
deux premiers Ordres ne doivent délibérer qu’autant qu’ils en payeront leur quote-part.
L’on a , à la vérité , fuppofé que ces Lettrespatentes avoient été révoquées. Mais il ne confie
nulle part de la révocation. L e dépôt qui conferve Fexifisnèe de ces Lettres-patentes, conferveroit aufii la preuve de la révocation , fi
elle avoit jamais exifié.
Une note particulière dont on excipe , fans
caraftere , fans authenticité, 8c certainement in­
capable d ’abroger une L o i duement vérifiée 8c
enrégiftrée , indique que les plaintes des deux
premières Ordres portoient uniquement fur la
réduction de leur nombre aux E ta ts, &amp; nulle­
ment fur la difpofition fi jurte &amp; fi raifonnable,
concernant Fexclufion des deux premiers Ordres
de tout concours à des Délibérations fur des ob­
jets de dépenfe auxquels ils ne voudroient pas
contribuer.

L’exécution qu’ont reçu ces Lettres - patentes
cft un nouveau garant de leur juftice.
Dans les Etats de 1568 , fol. 3 9 , un Gen­
tilhomme propofe de faire un préfent à M . le
Jouverneur , 8c il fut répondu » que les C o m » munes s’affembleroient à part pour y déli» bérer.
Dans ceux tfe 1 5 6 9 , fol. 1 1 7 , les com -

�102

snunes feules délibèrent un don en faveur de
M . le Gouverneur &amp; de M . le Lieutenant gé.
néral , l’appliquent à des fommes dues au P a ys
p a rle R o i, pour fournitures faites aux Troupes,
&amp; donnent pouvoir aux Procureurs du Pays
d’en expédier les mandemens.
A u x Etats de 15 7 1 , fol. 192 , à ceux de
1573 , fol. 2 7 6 , à ceux de 1580 , toujours pot
térieurs par conféquent aux Lettres patentes de
1544 , le Tiers-Etat eft toujours feul à délibérer
fur la propofition de faire un préfent à M. le
Gouverneur;

■

Dans ceux de 1 5 8 3 , fol. 4 6 4 , les Communes
&amp; V igu eries, féparement affemblées dans le petit
réfectoire des Jacobin s, pardevant M . de Milot,
C onfeiller au parlem ent, Com m ifiaire député
par M . le G ou vern eur, délibèrent encore 1111
préfent de douze mille livres en faveur de M.
le Gouverneur.
O utre ce préfent, qui parvint à quinze mille
liv re s , &amp; qui fut regardé comme le plat du
Gouverneur , il furvin t, au commencement du
dernier fiecle une autre dépenfe qui ne fut qu’à
la charge du Tiers -, c’étoit l ’entretenement de
la Com pagnie des Gendarmes de M . le Gou­
verneur.
D ès l’année 1 6 1 4 , l’AfTemblée générale des
Communautés , tenue au mois d’Août de lu
même année ( &amp; fi les Communautés s’affemb lo ien t, c’étoit donc pour délibérer fur leurs
affaires p articu lière s ) délibéra de faire article

�10 ?
su Roi* pour fiue ^es deniers du taiîîon fufTent
employés, fuivant fa destination, à l’entretien
ii ladite Com pagnie.
Dans les Etats du mois de Janvier 1624^
ol, 65 &amp; 6 j , qu’il eft important de mettre fous
vos yeux , on vo it que M. le Préfident remontra
» qu’il feroit raifonnable que M M . des Corn» munautés s’affemblafTent, avec l’affiftance de
» MM. les Procureurs du P a y s , pour tâcher
» entr’eux tous de trouver les m oyens de
n donner fatisfa&amp;ion à M . le G o u vern eu r, puif» que les Etats ont toujours trouvé bon de le
i) faire ainfi, afin que fur la conférance &amp; traité
«qui fe feron t, l’on puiffe plus valablem ent
» k facilement fortir de cette affaire, qui eft
» la plus importante dans ces Etats. »
Le Tiers s’afîem bla, &amp; fes conférences abou­
tirent à faire à M . le G ouverneur des propofitions qu’il a ccep ta, &amp; inutiles à rappeller.
Aux Etats de 1 6 2 5 , fol. 223 , le fieur de
Feraporte, Syndic du T iers-E tat, remontre qu’il
» avoit toujours plu aux Etats de laiffer aflfem» bler les Communautés en particulier avec
» MM. les Procureurs du P a ys pardevant M .
» le Préfident des E ta ts, lorfqu’il s’agiroit des
» demandes de M . le Gouverneur. Et il fut
» délibéré qu’elles s’afTembleroient à part. »
Les Etats de 1 6 2 8 , fol. 1 3 1 , juftifient encore
qu’il fût délibéré que fuivant l’u fage, les C o m ­
munautés s’aflem bleroient à p a rt, avec l’affîftance de M M . le P r o c u r e u r s du P a y s , parde-j

�ï 04
vant M . le Préfident des E tats, pour délibéré
fur les demandes de M . le Gouverneur.
Enfin l’A rrêt du Confeil du 30 Mars. 1635
porta la dépenfe de quinze mille livres du don
à M . le G ou vern eur, &amp; de neuf mille livres
pour fes Gardes, à cinquante-un mille livres,
p a ya b le p ar les E tats ; &amp; quant à la Compagnie
d’ordonnance ou de Gendarm es, il n’en fut plus
queftion après l ’année 16 3 2 : le Tiers en fut
entièrement d élivré, &amp; cette charge, fur laquelle
il y avoit annuellement à difputer &amp; à fe dé­
fendre , fut remplacée par une augmentation
confidérable du taillon , qui de vingc-fept mille
livres fut portée à foixante-dix mille en 1633.
Tiers la paye en co re, quoique la fomme
fût payable par les Etats, fuivant l’Arrêt du
Confeil du 30 Mars 1635.
En réclamant donc le droit d’adminiftrer fes
affaires particulières, le T iers-E tat ne réclame
rien qui foit n ouveau, déraifonnable, contraire
au droit com m un, ou foit à la Conftitution du
P a ys.
En demandant qu’on fe conform e à la Loi
prim itive qui régit toutes les propriétés, &amp;qui
n’autorife perfonne à difpofer d’un bien qui ne
lui appartient p as, on ne prend pas fur les
droits des deux premiers Ordres. Les deux pre­
miers Ordres convaincus que les Peuples de ce
P a ys font évidemment trop chargés, pourront
encore concourir aux délibérations que le Tiers
pourra prendre à ce fu jetj les Lettres patentes
d e 1 5 4 4 leu r en laiffent le m oyen.

�io 5
Si au contraire ils ne veulent concourir en
aucune maniéré au foulagement du Peuple 5
qu’ils lui laiÜent au moins la fatisfaêtion d’adminiftrer par fes repréfentans des objets qui
l’intéreffent exclufivem ent.
Nous n’ignorons pas que les AfTemblées du
Tiers font difpendieufes , &amp; que dans l ’état
d’épuifement où fe trouvent nos Com m unautés,
l’économie devient un devoir &amp; une néceffité.
On pourroit diminuer cette dépenfe, en fuppliant Sa Majefté d’autorifer MelTeigneurs les
CommHTaires des Etats de permettre au Tiers
de s’alTembler pendant la tenue des Etats ,
comme on l’a pratiqué jadis, &amp; notamment en
1624, fur la requifition de Monfeigneur le P réfident, ou tout au moins d’indiquer TAfTemblée
du Tiers, immédiatement après l’Affem blée des
Etats, &amp; que Sa M ajefté feroit fuppliée
donner que les Lettres patentes du 18 A v ril
1544 continueront d’être exécutées 5 ce faifant,
que le Tiers-Etat continuera de délibérer feu l,
foit dans les Etats m êm e, foit à part, avec l’affiftance de M M . les Procureurs du P a y s &amp;
pardevant M onfeigneur le Préfident des E tats,
fur tous les objets de dépenfe, de quelque natu
qu’ils foient, auxquels les deux premiers Or^
dres ne voudront pas contribuer.
Lefture faite de tous les procès-ver
énoncés ci-defiù s, &amp; des Lettres patentes du
18 Avril 15445
L’AfTemblée a délibéré que dans le M ém oire
remontrances,, on demandera qu’il plaife à

�Sa M ajefté ordonner que les fufdites Lettres
patentes continueront d’être exécutées fuivant
leur forme 6c teneur, ainfi 6c de la maniéré
qu’il eft énoncé dans la propofition.
Affouagement
&amp; ajflonnement
general.

M . P a fc a lis , AfieiTeur d’A ix , Procureur du
P a y s , a dit :

D r o it de com-

Les Etats fe font occupés de deux objets éga­
lement intérefTans ; le m oyen de rendre l’établifiement pour l ’entretien des Bâtards plus
utile à l’humanité 6c moins onéreux au Pays;
6c les arrangemens à prendre pour le droit de
compenfation des biens nobles aliénés par les
Seigneurs des fiefs, avec les biens roturiers paf
eux acquis.

Repréfentations
tour que le tra­
vail fa it j &amp; les
irrangemens à
vropojer fu r ces
le u x objets ,
roient commnniniés à une A f -

du Tiers.

D eu x Magiftrats du Parlement 6c deux Magiftrats de la C our des Comptes , fans concours
d’aucun Membre du Tiers-Etat , ont été priés
de préparer avec l ’Adminiftration intermédiaire
les moyens dem ettre les prochains Etats à même
de prendre fur ces deux objets une Délibéra*
tion réfléchie.
L a follicitude des Etats mérite fans doute
toute votre reconnoiflance. Mais en la leur té­
moignant , vous devez veiller au maintien de
vos d ro its, à la confervation de votre pro­
priété.
Q ue les Etats difpofent 8c délibèrent fur l’en­
tretien des Bâtards , fur-tout fi les deux pre­
miers Ordres contribuent à cette dépenfe dans
une proportion équitable , rien de plus légalj

�ïc

&gt;7

rien de mieux combiné. Vous avez été tém oins,
M e s s i e u r s } des heureux effets qu’a déjà pro­
duit un arrangement qui coûte beaucoup au
Pays, mais qui lui a déjà conservé grand nom­
bre de ces êtres infortunés , qui n’ont de pere
que le fifc &amp; la commifération publique.
Mais il n’en eff pas de même du droit de
compenfation. Q uelque réfléchie , &amp; quelque
jufle que pût être la D élibération que les Etats
prendroient fur cet o b je t , elle feroit encore
illégale.
Si le droit de compenfation eft patrimonial
aux Seigneurs des fiefs , les"réglés qui y préfident
font patrimoniales au Tiers. Egalement fondé fur
les Arrêts du Confeil de 1556 , de 1637 de 1643 ,
de 1668 5c de 1702 , c’eft moins par voie de décifion d elà part des E tats, que par voie de con­
ciliation, &amp; pour ainfi dire de tranfaêtion , que
le droit de compenfation doit être arrangé.
Nous fommes perfuadés que le Tiers fe prê­
tera toujours aux moyens qui lui feront propofés, Si certainement on ne lui en propofera
point qui bieffent fes intérêts. Mais il doit lui
être permis de les approfondir , de les fubordonner à fes ConfeiJs , de les difcuter, &amp;; de
pas fubir la L oi que les Etats pourroient lui
impofer, en changeant la forme des com penfations , &amp; en dérogeant par conféquent à l’A rrêt
du Confeil de 1702 qui fait la L o i du P a ys Si
le boulevard de la taillabilité.

*?

�io 8
aux prochains E tats, qu’avant de prendre aucune
détermination d éfin itive, fur l’objet vraiment
intérefTant du droit de compenfation des biens
nobles aliénés par les Seigneurs des fiefs, avec
les biens roturiers par eux a cq u is, le travail
qui aura été fait à cet égard par l’Adminiffration interm édiaire, conjointement &amp; de concert
avec M M . les Magiftrats des deux Cours, ainfi
que tous arrangemens qui pourront être propofés,
relativement à l’opération conjointe de l’affouagement Sc de Pafflorinement g é n é ra l, feront
communiqués à l’Ordre du T ie r s , afin qu’il puiffe
l’examiner dans une affemblée de cet Ordre,
&amp; y préparer un vœ u réfléchi fur cette matière.

Représentations
à Mon/eigneur
(Archevêque
£ A i x , P refident des

ta ts,

d épu té' pour
(O rd red u T iers
f o i t toujours un
membre de cet
Ordre.

M . P afcalis, AfTelTeur d’A i x , Procureur du
P a y s , a dit:

L es £ tats o n t d é p u t é Un M em bre de chaque
Q f(j re pQur préfenter le Cahier à Sa Majefté;
&amp; il a été nommé pour l’O rdre du Tiers, M.
L y o n de St. F e rre o l, E c u y e r, fécond Conful
d’A ix , Procureur du P ays.
C ’efl fuppofer que M M . les Procureurs du
P a y s figurent dans le nombre des repréfentans
du T ie rs , &amp; cette idée ne répond pas à celle
que l’on doit fe former de leur caradere
de
leurs fondions.
L e refp ed que l’on doit aux délibérations
des E tats, l’im pofïibilité qu’il y a que dans le
principe de notre régénération, tous les intérêts
foient fauves, la reconnoifiance que l’on doit
à M . de St. F erreol des foins qu’il a pris PeIl5

�lo ç
font le cours de fon adminiftration j vous ïmpofent aujourd’hui la nécefïité de vous borner
à.furveiller vos droits pour l ’avenir.
L’AfTemblée a unanimement délibéré qu’il
fera fait, au nom de l’O rdre du T ie r s , des
repréfentations à M onfeigneur l’A rchevêque
d’A ix , Piéfident des E ta ts , à l’effet qu’à
l’avenir, le Député de l’Ordre du Tiers-Etat
foit toujours un membre de cet O rdre.
M. P a fca lis, AfTefTeur d’A ix , Procureur du
Fixation des
Pays, a dit:
'
frais du voyage
J

du D éputé pour

Vous êtes inftruits que les Etats ont délibéré l ° rc*reciuT e s
la députation à Sa M ajefté, pour lui préfenter
le Cahier des Etats j que M . L y o n de St. F erreol,
qualifié Député , lorfqu’en fa qualité de P rocu ­
reur du Pays , il n’étoit qu’opinant pour la V iguerie d’A ix , a été nommé pour le Tiers-Etat.
Les différens Ordres ayant pourvu aux frais
du voyage de leurs Députés , il eft à propos
que le Tiers s’occupe du même objet. Dès que
les Etats n’ont pas prononcé fur les frais du
voyage des Députés de l’Ordre du Clergé &amp; d e
la Nobleffe , &amp; que ce font au contraire les
deux premiers Ordres qui y ont pourvu , la
préfente Afîem blée doit s’occuper du même
foin, à l’égard du Député nommé pour le TiersEtat.

L’AfTemblée, inftruite que l’O rdre de la N ohleffe a délibéré de payer quatre mille livres
à fon Député , a délibéré, à la grande pluralité

�des Suffrages , M. de St. Ferreol ayant abftenu
d’opiner , qu’il fera payé deux mille livres au
D éputé de l’Ordre du Tiers , chargé de pré­
senter à Sa M ajefté le Cahier des Etais.
M . P a fca lis, A fiefieu r d’A ix , Procureur du
P a ys , a dit :
Les droits ro ya u x reçoivent fi Souvent des
exten fion s, que les Etats ont jugé à propos
de s’en occuper : ils ont cru néceflaire d’établir
un centre de correspondance q u i, aboutiffantà
M M . les Procureurs du P ays , poijrroit procu­
rer au Peuple le Secours 6c la protection dont
il a fi Souvent befoin.
Chaque particulier, qui Se croira injuftement
attaqué , pourra référer Ses plaintes aux Chefs
de V iguerie , les Chefs de V iguerie aux Pro­
cureurs du Pays ; &amp; on doit attendre de leur
exactitude , qu’en ne s’oppofant point à la perception des droits légitimement, d u s , ils trou­
veront le m oyen d’empêcher qu’on leur donne
des extenfions Souvent arbitraires
£t plus fouvent encore injuftes.
r*

L e huitième dudit mois de M a i , il n’y a
point de féance.
D u neuvième dudit mois de Mai.
Près îa leéture du procès-verbal de la
derniere Séance :
ur ce

Les

L ’A ffem blée } inftruite , par la leéture du procès*

�ï II
verbal des E tats, que M M . les Confuls d’A îx ,
Procureurs du P a y s , n’ont jamais été qualifiés
tels, &amp; qu’ils ne font au contraire dénommés
que fous la q u a lité, tantôt de M aire Confuls &amp;
Aflefieur de la. ville d’A ix , &amp; tantôt de D é ­
putés de la Viguerie d’A ix 8c des V a llé e s , fans
y ajouter la qualité de Procureurs du P ays ,
croit devoir prendre en confidération cet o b je t,
&amp; les autres droits inhérens à la qualité 8t aux
fondions des Confuls d’A ix , Procureurs du
Pays.
Ileft inconteftable que les (leurs Confuls d’A ix
font Procureurs du P ays nés $ que ce titre 8t
les fondions qui y font attachées , leur ont été
attribuées par l’Ordonnance de 1535 , connue
fous le nom d’Ordonnance de Provence ; que
j dans tous les anciens Etats , ils font toujours
' qualifiés Confuls d’Aix , P rocureurs du P a ys.
Quoique l ’exercice de leurs fondions foit fufpendu pendant les Etats , ils n’en font pas moins
; Procureurs du P ays nés. Il femble dès-lors que
: les derniers Etats auroienr dû leur en donner
Ile titre.
Le chaperon qu’ils p orten t, en quelque en­
droit de la Province que les Etats foient con­
voqués, indique certainement qu’ils affilient aux
Etats à autre titre que de (impies repréfentanS
de la Communauté d’A ix.
On voit encore dans les anciens Etats que les
1fleurs Procureurs du P a ys nés fignoient toutes
nxi.L 1
■
•
Délibé;rations ; que dans des tems plus re-,
■

Confuls d’A i x
n ontpas étéap­
pelles Procu­
reurs du P a y s ,
pendant la tenue
des E ta ts A ont
pas Jigne le proces-verbal , ni
les lettres &amp;
mandemens e x ­
pédies pendant
la tenue des
E ta ts.

�I 12

cules , îe procès-verbal , après la publication
faite en préfènce de témoins , n’étoit figné que
par les Greffiers des Etats ; qu’en 1607 , on
voulut donner une autre forme , &amp; que le pro*
cès-verbal fut figné par M M . les Procureurs du
du Pays n é s , avec la qualité de Procureur du
P a y s , ce qui fut fuivi jufqu’en 1639.
Il en eft de même des mandemens titres 8c
contrats qui font expédiés pendant la tenue des
Etats : tout doit être figné par les Procureurs
du P ays nés j c’eft la L o i confiante inférée par
les Etats eux - mêmes dans tous les contrats
ou baux de la tréforerie ; on la retrouve dans
tous ceux qui font parvenus jufqu’à nous, depuis
156 1 jufqu’en 1639. L e mandat figné de tous
les Procureurs du P ays eft la feule pièce comp­
tab le, fans laquelle nulle dépenfe ne peut être
allouée au Tréforier , &amp; tous les baux pâlies
par les Affemblées des Communautés portent
la même difpofition. L e bail aêtuel, que les
Etats ont confirmé , prononce la peine de ra­
diation de tout payem ent fait par le Tréforier,
fans le mandement des Procureurs du Pays.
O n eft venu à bout de perfuader à M, l’Ar­
chevêque , le Préfident des Etats , le plus éloi­
gné de vouloir ajouter aux droits de fa place,
&amp; de faire le préjudice de fa V ille archiépifcopale , fur laquelle il répand journellement fes
bienfaits 5 on eft venu , difons-nous, à boutée
lui perfuader que les mandemens ne doivent
être fignés que par lui.

Les affiftans à l’audition du compte du Tréforief

�**3

forier du P ays , qui en font les véritables impugnateurs , pourroient relever cette irrégula­
rité , ainfi que la C o u r des C o m p te s, qui verra
des payemens acquittés dans une forme contraire
à l’efprit 8c à la lettre du bail.
Ces innovations feroient fans conféquence
par rapport à M . l’A rchevêque d’A ix , premier
Procureur du P a y s né. M ais elles pourroient
devenir plus intéreflantes , fi les Etats étoient
préfidés par tout a u tre, ou même par un GrandVicaire , q u i, au m oyen de ce , auroit la difpofition de la caifie , concentreroit en lui la
correfpondance, 8c confentiroit des engagemens
au nom du P ays.

4

L’Afiembîée a délibéré que M M . les C o n ­
duis d’A ix , Procureurs du P a ys , fe retireront
pardevant M gr. l’A rchevêque d’A ix , premier
Procureur du P a ys n é , Préfident des Etats , 8c
le fupplieront de pourvoir à la réform ation des
nouveautés pratiquées dans les Etats $ elle efpere
que ce P rélat, qui aime la ju ftice, 8c qui accorde
une protection fpéciale à la V ille de fon fie g e ,
fera le premier à veiller à la confervation des
droits &amp;. des privilèges des fieurs Confuls d’A ix ,
Procureurs du P ays.
M. P a fca lis, A fiefieur d’A ix , Procureur du
Pays , a dit :

Demande en
permi/Jlon d’en­
voyer des De'pu*

Que dans les précédentes féan ces, l’A flem blée tes a la ^om
a manifefté fon vœ u fur les différens objets
pour lefquels elle follicite la décifion de Sa
Majefté j que les motifs fur lefquels fon vœ u

�H

4

eft fondé n’ ont pu être expofés dans les délibé­
rations que d’une maniéré im parfaite; que des
inftru&amp;ions néceflairement infuffifantes ont befoin d’être appuyées au pied du Trône par la
préfence de quelques Députés du T iers; qu’il
conviendroit dans les circonftances de députer
à la C o u r , fous le bon plaifir du R o i , foie pour
préfenter le Cahier de l’AfTemblée &amp; les Mé­
moires qui feront rédigés, foit pour donner les
inftru&amp;ions verbales que les circonftances pour­
ront ex ig er; Sc qu’il convient par conféquent
de délibérer fur cet objet.
Sur q u o i, l’AfTemblée confidérant que les an­
ciennes AfTemblées des Communautés avoient
toujours été autorifées à députer au R o i pour
porter le Cahier de chaque A ffem blée; que Mon­
seigneur l’A rchevêque d’A ix a annoncé , par fa
lettre circulaire adrefleeaux Communautés &amp; aux
Vigueries, que Sa M ajeftévoudroitbien permettre
à chaque Ordre àê. lui p réfen ter fes Mémoires.
Q ue la N oblelfe a , dans ce moment ci,un
D éputé à Paris pour y veiller à fes intérêts.
Q ue plufieurs membres du C lergé s’y trou­
vent également.
Q ue le Tiers-Etat feroit par conféquent dans
une pofition bien in égale, s’il n’avoit aucun
Député qui pût y fuivre fes affaires.
Q ue dans toute autre circonftance , &amp;
s’il s’agifïbit d’un objet parfaitement connu,
les Communes ne s’en rapporteroient qu’à la

�juftice de Sa M ajefté &amp;
nillres.

à celle

de fes M i-

Qu’elles n’ignorent p o in t, qu’en veillant jufqu’aux bornes de Ton Empire i la juftice du R o i
n’y découvre que des fujets également chers à
fon cœur.
Qu’elles n’ignorent point non plus, que fi la
bonté du Souverain p ouvoit diftinguer les di­
vers Ordres de l’E t a t , ce n’eft point l ’intérêt
privé des detfx premiers Ordres qu’elle voudroit
préférer à ceux du Peuple qui fait la principale
force de fon empire , qui fupporte prefqu’en
entier le poids de l’E ta t, &amp; qui ne fçut jamais
diftinguer fon amour pour fes R ois de fa con ­
tribution aux charges publiques.
Que les Communes fçavent également que
l’intérêt du Peuple efl: le feul intérêt vraiment
rationnai , tandis que celui des deux premiers
Ordres n’eft fouvent fondé que fur de prétendus
privilèges qui le contrarient.
Que malgré ces m otifs, une foule de confidérations leur font vivem ent fentir qu’une dépu­
tation, dans les circonftances actuelles , &amp; v ra i­
ment intérefiantes pour elles , eft abfolument
indifpenfabîe , ne fut-ce que :
L’importance même des quefiions que Sa
Majefté veut bien permettre aux trois Ordres de
difcuter.
La nécefiité des d étails , des titres , &amp;

P ij

des

�il 6
renfeîgnemens multipliés que la défenfe du TiersEtat exige.
L a nécefiîté des conférences , &amp; l ’efpérance
de pouvoir fe concilier.
L ’anxiété même que le Peuple ne pourroit
qu’éprouver , s’il fçavoit qu’il doit être jugé
fans pouvoir fe faire entendre.
L a nécefiîté de le rafiurer fur fa défenfe, à
laquelle il lui eft permis de mettre un fi grand
intérêt.
L ’opinion enfin qu’aura le Peuple entier, &amp;
un fi bon P e u p le , de parler lui-m êm e au meil­
leur des R o is , par l ’organe de fes Députés.
A délibéré que Sa M ajefté fera très-humble­
ment fuppliée de permettre à l’O rdre du Tiers
d ’en voyer à Paris des D ép u tés, qui puiflentfe
livrer avec zele à la pourfuite de fes droits.
Et que M gr. l ’A rchevêque d’A i x , Mgr. le
M aréchal Prince de Beauvau , M gr. le Comte
de Caraman , &amp; M gr. le Prem ier Préfident &amp;
Intendant , feront fuppiiés d’appuyer de tout
leur crédit la demande de la députation , &amp; les
réclamations des Députés.
Legs fa it s au
P a y s par AL. le
M.arquis de
M ejanes.
Renonciation
de la part de

L ’Aflem blée confidérant que les dépenfes, re­
latives à la Bibliothèque léguée au Pays pat
M . le Marquis de M ejanes, intérefTent plus pat'
ticuliérement l’O rdre du C lergé &amp; l’Ordre de
la N oblefie , que l ’O rdre du Tiers 5 a délibéré

�1î7
que les deux premiers Ordres feront in vités, dans 1Ordre du Tiers
la première Afiem blée des E tats, à contribuer f i les
P re\
chacun pour un tiers à toutes les dépenfes que
l’emplacement , l’entretien &amp; la garde de là Bi- ^
bliotheque , 8c autres objets accefToires pourront occafionner ; 8c en cas de refus de leur
part, ou de la part de l’un d’eux , l’AfTemblëe
déclare dès-à-préfent que l’O rdre du Tiers re­
nonce aux legs qui lui ont été faits par M . le
Marquis de Mejanes , fau f aux deux premiers
Ordres de s’en charger à leur particulier. L ’O r­
dre du Tiers prie les héritiers de M . le M ar­
quis de Mejanes d’être bien perfuadés de toute
fa reconnoifïance , 8c qu’il ne renonce à ce bien­
fait , que par l’impuifTance abfolue dans laquelle
il fe trouve de fupporter au-delà du Tiers de
cette dépenfe,
L’Aflemblée confidérant que dans les cireonfDemande
tances a&amp;uelles , on ne fçauroit s’occuper avec aux prochains
trop d’attention des objets d’économ ie , 8c que
pourvut
la franchise des ports de lettres s’élève à une p j ^ d e lettres
fomme importante j que M M . les Députés de n?f o i t attribuée
Forcalquier 8c de Sifteron , Procureurs joints q u i M M . les
pour le T iers-E ta t , ont déclaré n’avoir jamais Procureurs du
joui de cette franchife , 8c ne vo u lo ir pas en P «y s nés &amp; a u x
, jouir à l’avenir.
°/lciers du
P a y s.

Que M M. les Députés de Graffe 8c d’H ieres,
Procureurs joints renforcés pour le T ie r s , ont
également déclaré que s’ils avoient le droit de
I jouir de la même franchife , ils y renonçoient.
A délibéré qu’aux prochains Etats , il fera
fait motion tendante à ce que la franchife des

�11B ,
ports de lettres ne foit attribuée qu’à M M . les
Procureurs des Gens des T rois Etats &amp;. aux
O fficiers du P a y s , fau f à chaque Ordre d’ac­
corder la même franchife à M M . les Procureurs
du P ays joints pour chacun d’eux : Déclarant
l ’Affem blée qu’elle n’entend point l’accorder aux
Procureurs joints pour l ’O rdre du Tiers.

Renvoi à une
autre AJJemblée
de l'Ordre du
Tiers

de

M . Pafcalis , Aftefteur d’A i x , Procureur du
P ays , a dit :

Q u ’il lui a été remis divers Mémoires &amp; fait
diverfes repréfentations de la part de plufîeurs
J Députés ; entr autres de la part du Député de
la Communauté d’Aubagne , qui n’affifte point
en cette Aftem blée , de la part de la Commu­
nauté de la C io t a t , de celle de la Communauté
de R ie z , &amp;. de celle de Barjols.

toutes

les affaires qui

Q ue les inftruCHons de Sa M ajeffé ne per­
mettent à cette Affem hîée que de s’occuper des
objets qui ont fait matière de Délibération dans
les Etats , qu’en fe foumettant avec refpeft
aux volontés de Sa M ajefté , on ne peut fe
difpenfer de ren voyer à délibérer lors de la pro­
chaine AlTemblée , tant fur les différens objets
ci deftlis relatés , que fur tous autres concer­
nant le véritable intérêt du T ie r s , &amp; qui peu­
vent avoir rapport , foit aux tailles , foit aux
compenfations , foit aux levées- u n i v e r f e l l e s , &amp;
foit aux différens procès qui font actu elleme nt
pendans entre l’Ordre du Tiers &amp;. l’Ordre delà
N obleffe.

�ï i 9
foumifïïon a u x . volontés de Sa M ajefté , con«
fignées dans les inftru&amp;ions adreffées à M . le
Commiffaire, elle s’abftient de s’occu p er, quant
à préfent, des différentes demandes que M M . les
Députés étoient chargés de faire au nom de
leurs Communautés $ elle a ren voyé à y ftatuer, ainfî que fur tous les autres o b jets, dans
la prochaine Affem blée de l’Ordre du Tiers ,
quelle foilicite &amp;. qu’elle, efpere obtenir des
bontés &amp; de la juftice de Sa M ajefté.
M. Pafcalis , Affeffeur d’A ix , Procureur du
Pays, a dit :

F ixa tion des
honoraires des
AJjiJlans à la

L’état de détrefte dans lequel le P ays fe P/ffe're
trouve, ne lui permet pas de fe livrer a des aca,y0ires.
idées de gratification. Mais elle ne peut pas fe
difpenfer de p ayer les frais que la préfente
Affemblée occafionne ; &amp; il eft digne d’elle de
nepas s’abftenir des aumônes ordinaires, comme
encore de fe conform er aux anciens ufages pour
les honoraires de M M . les Députés , &amp; pour Je
payement des Valets - d e - V ille fervant auprès
d’eux.
'
*
•
- Û
L’Affemblée a délibéré qhe les honoraires de
M. les Affiftans feront payés , çom m e dans
les précédentes Afifemblées générales des C o m ­
munautés $ &amp; qu’il en fera ufé de même pour
'e payement des V alets-de-V ille fçrvant auprès
d’eux.
Qu’il fera payé à la Com m unauté de Lam efc douze cent livres en indemnité , à caufe
dss logemens fournis aux Afîïftants à l’AfTem-

�120

b lé e ; aux Chanoines réguliers de la Trinité
cent liv r e s , fçavoir , foixante livres pour charité
&amp; aum ône, &amp; quarante livres pour la garde des
meubles fervant à la tenue des AfTemblées ; aux
pauvres de l’Hôpital pour aumône trente livres,*
aux Commis au Greffe des Etats quatre cent
cinquante livres , pour les peines &amp; foins par
eux pris pendant la tenue de cette AfTembîée;
à celui qui a fonné la cloche pour donner avis
des féances de l’Affem blée douze livres ; au Fac­
teur du Bureau de la pofte quarante-huit livres;
à celui qui a rendu les lettres aux Affiftans de
l ’AfTemblée vin gt-q u atre livres ; au Garde du
Gouvernem ent qui a fait les logemens cinquante
livres.
I l a été encore délibéré que le Député d’Ann o t, demeuré malade à Barrem e, fera payé de
fes h on oraires, laquelle tomme fera reçue par
M . V erd o llin , Député de la Communauté d’Annot , qui la lui remettra tout comme s’il avoit
afîifté à la préfente AfTembîée ; mais qu’il ne fera
rien p ayé pour le V alet qu’il fe propofoit d’a­
mener.
M , Pafcalis , AfTefTeur d’A Ix , Procureur du
P a y s , a dit :
Q u ’il étoit néceffaire d’impofer pour les frais
de la préfente AfTembîée , &amp; pour ceux de la
médaille qu’elle a décernée à Monfeigneur des
Galois de L a T o u r.
L ’Aflem blée a impofé la fomme de dix livres
par f e u , qui fera exigée par M . Pin , Tréforier
général

�I ZI
général des E tats, fç a v o ïr, cinq livres au quarImpofulonde
tier d’A oût ,6 c cinq livres au quartier de N o - 10 llv-par Feu.
vembre de la préfente année.
Il a été encore délibéré qu’il fera remis à
chacun des Afïîftans à la préfente Affem blée
une médaille en a rgen t, femblable à celle qui a
été décernée à M . le Com m iffaire du R o i.

M édaillé en
argent, pour être
remife a u x A f -

f, cette

L’Aflemblée a délibéré que le procès-verbal
signature du
fera ligné par M M . les Procureurs du P a y s , proces-verbal.
par MM. les Députés des quatre premières CornImpreJJïon &amp;
munautés , 8c par M M . les Députés des quatre env0i‘
premières Vigueries j qu’il fera rendu public par
la voie de l’impreflion jufqu’au nombre de quinze
cent exemplaires, 8c qu’il en fera en voyé un à
chaque Communauté du P ays.
L’Affemblée a prié M M . les Procureurs du
Pays d’offrir, en fon n o m , à M onfeigneur l ’Archevêque d’A i x , Préfident des Etats , 8c premier
Procureur né du P a y s , un exem plaire du procèsverbal de fes féances ; de lui préfenter le jufte
tribut de reconnoiflance que l ’Ordre du Tiers
doit à fon zele a ftif 8c éclairé pour les inté­
rêts du P a y s , pour ceux de chaque O rdre en
particulier 5 8c de le fupplier en même-tems de
vouloir bien appuyer de tout fon crédit les juftes
réclamations que l’A ffem blée croit devoir por­
ter, foit aux pieds du Trône , foit dans le fein
des Etats.

Remeràmens
à M gr. î A r c h e v è q u e iA ix .

M. Pin , Tréforier des Etats , a expofé à
qu’ayant offert à M gr. des Galois , t&gt;r\ ,esT a"
^ Tour les deux mille cinq cent foixante li- dé/ondroîtd’a/

lAffemblée,

La

�111
/fiance à la prè- yres qui lui font attribuées en qualité de Comfente AJJemblée.

m iflaire du R o i , autorisant la préfente Affein*
blée j M onfeigneur des Galois de L a Tour a
refufé de recevoir cette fournie.

Iiernerâmens
de î AJfemblée.'

L ’Afiem blée a remercié Monfeigneur des Galois
de L a T o u r du noble défintérefiement qu’il vient
de témoigner. Elle ajoutera ce nouveau bienfait
à tous ceux qu’elle a déjà reçus de ce Magiftrat
refpe&amp;able , devenu à tant de titre s, &amp; depuis
fi long - te m s, l’objet de fon amour &amp; de fa
vénération.

Réduction à
ç) liv . de timpoJition f u r les
J eu x.

E t pour faire profiter toutes les Communau­
tés de la remife de ces deux mille cinq cent
foixante livres , l ’A flem blée a unanimementdélibéré que l’impofition de dix livres par feu,
faite dans la préfente fé a n c e , fera réduite à
neuf livres par fe u , qui feront exigées par M. le
T réfbrier général des Etats, à raifon de quatre
livres dix fols à chacun des quartiers d’Août
&amp; N ovem bre de la préfente année.

Repréfentations
f i u î atteintepor­
tée à la conftitution du P a y s,
par les non
veaux E d its.

L ’A flem b lée, confirm ée du coup fu nelie qui
vient d’être porté à la conftitution du Pays,
par les nouveaux Edits , dont le fyftême renverfe l’ordre, entier des Jurifdiftions, &amp; en­
levé au P ays &amp;. Com té de Provence le droit
inné , conflitutionnel &amp; fondam ental, d’avoir
dans fon fein les Tribunaux co mpofés de Mem­
bres p ro v en ça u x , vérificateurs &amp; dépofitaires
de toutes les L o ix &amp; de tous les aétes légifla*
tifs y fans ex ce p tio n , qui doivent avoir le ca*
ra&amp;ere de loi , &amp; être exécutés dans leditCom té , &amp;. qui ne peuyent y être adrelfés que
fous le titre de C om te d.e Proven ce ? en cette

�12 ^
qualité notre feul &amp; unique S ou verain , a prié
jMM. les Procureurs du P a ys de représenter à
M o n s i e u r , frere du R o i , Protecteur d’un
pays qui s’honore de Ton n o m , à tous les M iniftres de Sa M ajefté , la douleur profonde &amp;
la défolation que cet événement a jette dans
tous les efprits St dans tous les cœurs ; com m e
encore d’adrelfer à M onfeigneur le M aréchal
Prince de Beauvau , Gouverneur de ce P ays de
Provence, à M onfeigneur le M arquis de Brancas,
à Monfeigneur le Com te de C a ra m a n , à M o n ­
feigneur l’A rchevêque d’A i x , Préfident né des
Etats, &amp; à Monfeigneur de L a T o u r , une copie
de la préfente Délibération , &amp; des repréfentations
qui feront faites , avec fupplication de les ap­
puyer de tout leur crédit;.
L ’AfTemblée a de plus délibéré que là , où
contre toute attente , la furprife faite à la r e ­
ligion de Sa M ajefté , n’auroit pas été réparée
avant la convocation dès Etats prochains , &amp;
la défolation qui afflige tout le P ays fubfifîeroit encore , M M . les Procureurs du P a y s 3
&amp; tous les Députés du Tiers , y porteront l’ex preffion de leur douleur profonde &amp; de leur
confternation , pour que les trois Ordres réu­
nis fe jettent aux pieds du T rô n e , à l’effèt d’im ­
plorer avec autant de force que de re fp e é t,
la Juftice du m eilleur des R ois , pour le ré»
tabliflement &amp; le maintien à jamais de la plus
effentielle de nos L o ix , puïfqu’elle eft la Sau­
vegarde de toutes les autres , 6c des paCtes in­
violables de notre union à la Couronne.
L ’AfTemblée, pénétrée dereconnoiffance point
Q n

�124
le Parlement St la C our des C o m p t d , qui dans
toutes les oçcafions , &amp; principalement dans
c e lle - c i, n’ont celle de veiller au maintien &amp;
à la confervation des droits &amp; privilèges du
P a y s , a chargé M M . les Procureurs des Gens
des T rois E ta ts, de les rem ercier, au nom de
l ’A flem b lé e, en la perfonne de M . le Premier
Préfident , de M. le D o y en 8c de M . le Pro­
cureur Général.
M . P a fc a lis , Aflefleur d’A ix , Procureur du
P a y s , a dit : qu’il n’y a plus aucune propofmon
à faire à l’Aflfem blée, &amp; a requis la le&amp;ure du
procès-verbal.
Remercimens
à M r. P afcalis,
Sljjejfeurd A i x
Procureur du
P a y s.

M . M ougins de R oqu efort , M aire premier
Conful &amp; Député de la Communauté de Grade,
a dit : qu’il a été chargé par M M . les Députés
qui com pofent la préfente Aflem blée , de prier
M . Pafcalis , Aflefleur d’A ix , Procureur du
P a y s , de vouloir bien agréer les expreflions
de leurs fentimens fur le zele infatigable qu’il
a em p lo y é, dans l’expofition des objets qui intéreffent les droits des Communautés , de la
décence &amp; de l’impartialité avec laquelle il a
difcuté ceux qui peuvent être en oppofition
avec les deux premiers Ordres , à raifon de
quoi elle rend avec juftice l’hommage public
&amp; authentique qu ’elle ' doit à fes lumières , à
fes connoilîances , &amp; à fon cœur patriotique ;
&amp; fi elle pouvoit fe flatter d’avoir le même
crédit que la N oblefle , elle lui donneroit des
témoignages encore plus éclatans de fa reconnoiflance,

�iM ffem b lée a prié par acclamations M . Pafcalis, Affelîeur d’A ix , Procureur du P a y s , do
lui continuer le fecours de fes foins &amp; de fes
lumières, en fe chargeant de la réd aâion des
Mémoires qu’elle doit adrefler à Sa M ajefté ,
à l’appui de fes Délibérations.

Prlere a M r.
P a fca lis de con­
tinuer à s ’occu­
per de la defenfe
du tiers.

M. Pafcalis , AlTelTeur d’A i x , Procureur du
P a y s, a rem ercié FAiTemblée des fentimens
qu’elle a bien voulu lui témoigner , 8c l’a priée
d’obferver que fa fanté , 8c plus encore fa
qualité de Procureur des Gens des T rois E tats,
ne lui permettoient pas de fuivre les m ouvemens de fon c œ u r, en continuant de fe charger
de la défonfe fpéciale des intérêts de l’O rdre
du Tiers.

Re'ponfe de
M r. Pafcalis ,
&amp; remercîment.

L ’AlTemblée ne pouvant engager M . Pafcalis
à fe charger de ce tra v a il, eft perfuadée qu’elle
trouvera dans les fentimens 8c les lumières de M .
B arlet, A v o ca t en la C our , ancien AiTefTeur
d’A ix , Procureur du P a y s , les fecours qui lui
font néceiîaires. Elle efpere que ce Jurifconfulte célébré , connu par fon attachement aux
vrais principes , 8c par la fageffe 8c la fermeté
avec laquelle il fait les faire valoir , voudra
bienfe charger de fa défenfe ; 8c elle a délibéré,
par acclam ation, qu’il en fera prié au nom de
l’Ordre du Tiers,

Priere à M r ,
B a r le t, ancien
AffeJJeur cü A ix
Procureur du
P a y s y de fe
charger de la
defenfe du Tiers«

L ’AlTemblée a enfuite remercié M . le M ar­
quis de la Palu , premier Conful d’A ix , P ro ­
cureur du P ays , des foins qu’il a pris pour
l ’intérêt du Tiers , 8c de la maniéré honorable
8c diftinguée avec laquelle il s’eft montré à la
îête de cet O rdre , pendant tout le cours de fon

Renterâmens
h M r. le Mar-,
quis de la Palu,
premier Conful
J A i x , Procu­
reur du P ays.

�iz 6
Adminiftration. Elle l’a prié d’agréer l ’hom­
mage de fa gratitude.
Après quoi M e. R ic a r d , Greffier des E tats,
a fait le&amp;ure du procès-verbal des féances de
l ’AlTemblée.
Fait &amp; publié à Lam befc le neuvième Mai
mil fept cent quatre-vingt-huit.
D E M A N D O L X L A P A L U , M aire premier
Conful d’A ix , Procureur du P ays.
P A S C A L I S , Affieffeur d’A i x , Procureur du
P ays.
St . F E R R E O L , Conful d’A ix , Procureur
du P ays.
B A R R E M E , M aire premier Conful &amp; D é­
puté de la Communauté de Tarafcon.
N E V IE R E , M aire premier Conful &amp; D é­
puté de la Communauté de Forcalquier.
R E G U iS , M aire premier Conful &amp; D é­
puté de la Communauté de Sifteron.
M O U G IN S R O Q U E F O R T , M aire premier
Conful &amp; Député de la Communauté de Grade.
P A Y A N , M aire premier Conful de la C o m ­
munauté de St. Chantas, D éputé de la Viguerie
d’A ix .
P E L IS S I E R , Député de la Viguerie de T a ­
rafcon.
P A I L L I E R , Député de la V iguerie de F or­
calquier.
B U C E L L E , D éputé de la V iguerie de Sifîeron.
D e R e g ï n a , Greffier
des Etats de P ro yence,

R i c a r d , Greffier
des Etats de
Provence»

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TABLE
a d m i n i s t r a t i o n
interm édiaire : R ep réfm tation fu r fa
j f l compofition.
P ag. 63.
Affaires qui n'ont pu être d ifcu tées dans VAffemblée : R envoi
7
à1 u/ze üurre AJ]emblée.
118 .
'Affouagement &amp; A fjlorinem cnt gén éra l.
36-106.
Aumônes ordinaires a ccord ées p a r l ’A Jjémblée.
1 19 .
Arfenal de M a rfeille : R em ontrances.
36 Affejfeur d ’Aix : D roits.
26.
Ajjiftans aux E tats : H onoraires.
28.
........... A l ’A ffem blée : Noms.
3■i
H onoraires.
119.
•R efus de M. le Commiffaire du R oi de recevo ir f e s
honoraires.
jzï.

r

______

A t r ...

/ /

~

Bâtards.
28-106.
Bibliothèque légu ée au P a y s p a r M . de M ejanes : D emande que
les deux prem iers O rdres contribuent pour un tiers chacun à
la dépenfe ; &amp; en ca s de refu s , renonciation de la p a rt de
l’AJfemblée au leg s.
116.
Capitation.
Chemins.
Commijfion du R oi à M . de La T our .
XS
Compenfation : Droit.
3 6 -1 0 0 .
Compte du P a ys : D éputation.
37 »
---- - P arties ra y ées.
.
„ 3 •
Contributions des d ew c premiers Ordres aux Chemins &amp; aux
Bâtards.
2^’

�HHHHI

Conditions.
Ibid
- Demande de l ’A ffem blée, pour que les deux prem iers
O rdres contribuent à toutes les ch arges comm unes.
71,
........ ■■ M otifs de cette demande.
72. &amp;. fuiv.
i ».

D
D éfen fe des droits du T iers : P rière à M . P a fca lis de contitinuer à s’en ch a rger.
125.
R êponfe de M. P a fca lis &amp; R em ercîm ens.
Ibid.
F riere à M. B a r le t , ancien A ffeffeur d’Aix , P . D. P . de fe
ch a rger de cette d éfen fe.
Ibid.
Demande du R oi aux E tats.
22.
D éputation à la Cour délibérée par les E tats.
40
''
- R eptéfentavions à l ’effet que le D éputé pour le Tiers
fo it toujours un membre de cet Ordre.
'
108.
,
m— Fixation des honoraires de ce D éputé.
109.
— . Demande de l ’A ffem blée, en perm iffion d ’envoyer des
D éputés à la Cour.
113.
D éputation des V igueries aux E tats.
zz-6j.
D i f cour s de M . de La Tour..
].
n. ' ■ ■ de M. l ’A ffeffeur.
9.
Don gratuit.
23.
D otations de St. P a llier.
37.

E dits n ou vea u x : R epréfentations fu r Tatteinte qiCils portent à
la Conflitution du P a ys.
122.
Emprunt de trois m illions pour le com pte du R oi »
24.
E tats : Epoques de leurs affem blées.
24.
E ta ts: Formaiion.
21-27.
E vocations : R em ontrances „
36,

ment contre Textenfion

det

�»

12 9

des droits.
Foraine : R em ontrances.

3 6 -110 .

35*

Jmpofition fa ite p a r les E tats : D iminution de y liv. p a r
feu.
28.
.w
Par l ’A jfem blêe, de 10 liv. p a r feu .
120.
A.
Réduction de cette im pojïtion à 9 liv. par feu . 12Z.
Imprejfion du P rocès-verb a l de cette A jfem blêe.
121.
Jnjlruclions du R oi à M. le Commijfaire.
1 6.
f
— Senfibilité &amp; douleur de l’A ffem blée fu r le dernier a r­
ticle de ces inflr uct ions.
53.

Lecture &amp; publication du P ro cès-v erb a l de l ’A jfem blêe. 126.
Légitimation des pouvoirs.
5 1.
Lettre du R oi à M M . les P rocureurs du P a ys.
14.
—....... A l ’A jfem blêe.
15.
Lettres patentes pou r la con vocation d es E tats : D emande
qu’elles ! oient ex pédiées pour chaque ten u e, lu es &amp; d ép ofées
au Greffe.
55.

Médailles délibérées p a r les E tats.
24.
Médaille d'or d écern ée p a r l ’A jfem blêe à M . des G alois de
La Tour.
5 2*
—------ Diftribution de cette M édaille en a rgen t à tous les
Ajfifians à VAjfemblêe.
121.
Mémoire du R oi a drejfé à f e s Commijfaires aux E tats fu r la
Contribution des deux prem iers O rdres.
33.
Mémoire adrejfé p a r M. l’A rchevêque d’Aix aux Communautés
fur ce qui s ’e jl p a jjé dans les E tats.
54*

�O bfervations du T iers dans les E tats fu r la contribution des
deux prem iers Ordres.
, 2i

F orts de lettres : D emande pour que la fra n ch ife ne fa it attri­
buée qu’aux P rocureurs du P a y s nés 3 &amp; aux Officiers du
P a ys.
ii y,
P ort fr a n c de M a rfeille : R em ontrances.
35.
P opyolane : D roits :R em ontrances.
36.
P rocureurs du P a y s : P laintes fu r ce que les Çonfuls d'Ait
n’ont pas été qualifiés P rocureurs du P a y s pendant la tenue
des Etats.
110.
P rocureurs du P a y s join ts : Nomination p a r les Etats pour
l ’année 1788.
37.
.............. R en forcés.
38..

---A l A JJ em blée.
. 1.
-.i ■■ De l ’A jfem blée de la V iguerie d ’Aix.

20.
4°*
27.
ibid.
ibid
28.
I2Ii
I22,
ï2 3'

-

R églem en s des E tats fu r les T ravaux publics.
- .......- Sur l ’A dminiftration 'interm édiaire.
- S ur les A ffem blées ren forcées.
R em ercîm ens des Etats à M . le M arquis de La Goa.
—— —
De VAffemblée à M. VArchevêque d’Aix.
—— A M. des Galois de La Tour.
».......... - Aux Cours du P arlem ent &amp; d es Comptes.
— .— - A M ■ P a fca lis , Ajfeffieur d ’Aix , Procureur à
P a ys.
124
«—
« A M. le M arquis de la P a lu , prem ier Conful d’Ad)
P rocureur du P a ys.
î2&gt;

�Remontrances délibérées p a r le s E ta ts .
35»
Remife de cinquante m ille liv res fu r Vabonnement des vingtièm es
pour 1/88.
39.
Réferve de l ’O rdre de M althe &amp; du C lergé.
32.
—— — D éclaration de L'AJfemblée, q u e lle ne peu t adhérer à
ces réferves.
96.

Secours de cinquante m ille livres en fa v eu r des Communautés
ravagées
40.
Sel : Application fa ite par les E tats de la rem ife fu r le prix
du f e l , au-delà du temps pour lequel l ’augm entation du prix
doit avoir lieu.
Signature du P rocès-verb a l des E tats O des m andemens ex pé­
diés pendant leur tenue : P laintes de la Communauté d’Aix.

121.

Du P rocès-verb al de
cette A jfem blée.
izi.
Suffrages des deux prem iers O rdres dans les E tats :
l’exécution des L ettres patentes de 1544.
Syndic des Communautés.
22-25.
M otifs &amp; R aifon de
l ’A jfem blée pour obtenir la p er miffion de le nommer.

'iguerie d’Aix : A ffem blée.
Vingtièmes : P rorogation du féco n d .
' 23.
1— — A ugmentation de l ’abonnement.
Ibid.
Vins: Droits fu r le tra n fp ort, l ’en trée &amp; la circulation à
[dile : R em ontrances.
35,

��'"
»
PROCÈS-VERBAL
r

1

D E

L’ A S S E M B L É E

R E N F O R C É E

D E S

PROCUREURS DU PAYS f
N

É

S-

E T

J O I N T S ,

D u deuxieme Juin 1 7 8 8 .

cliquez ici pour consulter
le document en ligne

A

A

I X

,

D’Imprimerie de B . G i b e l i n - D a v i d , &amp; T . E m e r i c - D a v i d ,
Avocats, Imprimeurs du Roi &amp; des États de Provence.

M. D C C .

L X X X V X II.

��ÜOCUREURS D U P A Y S ,
N ÉS

E T

J O I N T S ,

Du deuxieme Juin

1^88.

'AN mil fept cent quatre-vingt-huit, 6c le deuxieme
du mois de Juin , l’AfTemblée renforcée de M M . les
Meurs du Pays nés 6c joints a eu lie u , en exécution
églement des E tats, dans la maifon de M . le Marquis
“flet de R o q u efo rt, où efl logé M onfeigneur l’E vêque
|e)us, Procureur du P a y s joint pour le G le rg éj à
Allemblée ont été préfens :

A ij

fisses

ligueur E m m a n u el-F ra n ço is d e B a u ffe t de R o q u e f o r t ,

�4
Evêque fk Seigneur de F réju s, Procureur du Pays j0;nt
pour le C lergé.
M onfeigneur Jean-Jofeph-V i&amp; or de Caftellane Adhemar
Evêque &amp;. Seigneur de Senez , Procureur du Pays j0jJ
pour le Clergé.
M M . Pierre-Louis D em andolx de la P a lu , Seigneur
M arquis de la P a lu , M eyrelfe &amp; autres lieux ; Jean-JofephPierre P a fca iis, avocat en la C our j François- Jofeph Lyon
de St. F e rre o lj &amp; Pierre - Jean -B ap tifte Gérard, Maire
.C onfiais, AfTelFeur d’A ix , Procureurs du Pays nés.
M onfieur Jean-Paul de L o m b a rd , Marquis de Gourdon,
Seigneur de Courmes 8c de la M a lle , Procureur du Pays J
joint pour la N oblelfe.
M onfieur Jofeph de V illen e u ve , Marquis de Bargemont,
Seigneur de St. A u b a n , Procureur du Pays joint pour la
N oble ffe.
M onfieur Antoine-Boniface de Caftellanne, Marquis de
Mazaugues , Procureur du P ays joint renforcé pour la
NobleiTe.
Monfieur Jean Baptifle-Jofeph D a v id , Comte de Sade,
Marquis de M on tbrun , Seigneur d’Eiguieres, Mondragon,
B â rre t, St. A uban , Ste. Euphemie , Vercoiran , Autane,
I/a B â tie, M o n fo le ry , &amp; M onclus, Lieutenant G én éral des
Provinces de BrelTe, B u gey , V a lro m e y , &amp; Pays (de
F ro cureur du Pays joint renforcé pour l’Ordre de la Nobleffej
*

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L a i

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.

0 il}} •' . ' - J1

J

L e fieur A ntoine-R och N e v ie re , A vocat en la Coufl
M aire premier Conful de la Communauté de Forcalquierj
Procureur du Pays joint pour le Tiers-Etat.

�y

5

L e fleur Claude R e g u is, A voeat en la C o u r ,
Maire premier Conful de la Communauté de
Silleron , Procureur du Pays joint pour le
Tiers-Etat.
L e fieur Jean-Jofeph Mougins de R o q u efo rt,
A vocat en la C o u r , M aire premier Conful de
la Communauté de GrafTe, Procureur du P a ys
joint renforcé pour le Tiers-Etat.
L e fieur Jofeph-Françoïs Bernard , M aire
premier Conful de la Com munauté d’H ieres,
Procureur du P a ys joint renforcé pour le TiersE tat.

En abfence de M o n s e i g n e u r l ’ A r c h e v e Q u e d ’ A i x , Préfident des E ta ts, premier P ro ­
cureur né du P ays ;
D e M onfeigneur l’Evêque de D ig n e , St. de M .
de G aillard , Com mandeur de B eau lieu , P ro ­
cureurs du P ays joints renforcés pour le C lergé.
Monfeigneur l’E vêque de F ré ju s, Préfident
de l’A lfern blée, a d it : que fuivant le R é g le ­
ment adopté par les E ta ts, il fera rendu compte
à cette AfTemblée de tout ce qui a été fa it,
depuis f AfTemblée renforcée du prem ier Février
dernier 5 8t elle délibérera enfuite fur tout ce
qui doit èrre exécuté jufques à l’AfTemblée ren­
forcée du quatrième N ovem bre prochain,
Oppojîtion

,

Mondit Seigneur l’Evêque de Fréjus a dit : au nom. des
que les circonftances a&amp;uelies exigeoient que E t a t s , à tranfl’Adminiftration intermédiaire , dépofitaire des criPt,nn &amp; Pu~
droits &amp; des maximes du P a y s / s’emprelTât de Nouveaux Edits

�6
préfenter à Sa M ajefté les plus vives &amp; les plus
refpeârueufes doléances fur l’atteinte portée à
fa Conftitution par les nouveaux Edits ; &amp; il a
prié M . P a fca lis, Aflefifeur d’A i x , Procureur
du P a y s , de faire part à l’A flem blée de fes
obfervations.
M . P afcalis, AfTefTeur d’A i x , Procureur du
P a y s , a dit :
MM.
Tém oins de la confirm ation gén érale, d e là
fufpenfion des fondions de fnos Cours Supé­
rieures, du danger qui menace la M agiftrature,
&amp; des atteintes portées à notre Conftitution ;
fpécialement chargés de veiller à la manuten­
tion des droits du P a y s , vous ne montrerez
fans doute pas moins de zele pour la confervation d’un dépôt aufii p récieux, que tous les
Ordres de la Province.
Si le plus cher des bienfaits de Charles d’A n­
jou , le dernier de nos anciens C o m te s, nous
fit pafler fous la domination des R ois de France,
fa tendre follicitude s’étendant fur des Sujets
fideles, jufques dans l ’immenfité des fiecle s,
chercha moins à nous incorporer à un Etat
plus puiftant, qu’à nous affurer un accroifiëment de bienfait, en nous unifiant, principale­
ment &amp; fans fubordination, au R o yau m e de
France.
Une union aufii précieufe n’a conftitué, ni
le P a ys P rovin ce du^ R o y a u m e , ni le Comte

�.7
de P ro v e n ce , feuî légitime Souverain des P ro ­
vençaux , vallal ou autrement dépendant du R o i
de France.
Par une heureufe p ré v o y a n c e , &amp; par la plus
refpeârable de toutes les L o ix , ( le teftament de
Charles d’A n jo u ) la Provence conferve toujours
fon caraftere de P ays p r in cip a l , &amp; le R o i de
France n’en eft que le P ro tecteu r, comme il
ne peut que l ’être du Com té de Provence.
T elle e ft, M essieurs., la véritable Conftitution du P ays : tel eft le lien facré qui fut
formé entre nos ancêtres &amp; Louis X I , immé­
diatement après la mort de Charles d’A njou :
tels font les titres, qui dans tous les tems ont
fait confirmer le P ays dans fes d ro its , fr a n ch i fe s y libertés conventions &lt;S* p riv ilèg es , que le
Roi promit, p a role de R oi y fk ju ra de g a rd e r,
obferver &amp; entretenir dans les Lettres patentes
du mois d’Oétobre i486. L e Pays n’a jamais
réclamé fans fuccès la parole facrée de nos

Souverains.
Un Etat p rin cipal fk indépendant doit avoir
un régime qui lui foit propre, un fe u l R o i ,
une feu le Loi , un fe u l Corps rep réfen ta n t la
Nation , &amp; con fen tan t les im pôts , un fe u l en régiflrement (1), une Cour unique dépositaire
des Loix communes à tout le Pays.
Il doit concentrer en lui feul cette unité de
(1) Difcours du Roi.

�8
vues } &amp; cet enfem ble fans lequel il ne feroit
plus P a y s prin cipal &amp;. indépendant ( i ) .
Il ne peut avoir avec un autre état que des
relations d’intérêt com m un, infpirées pour le
bonheur des Sujets refpe&amp;ifs. M ais les L oix
qui lui font propres doivent être inconteftablement publiées St vérifiées dans les Cours Su­
périeures, chargées de rendre la juflice aux
P eu p les, comme ne concernant St ne pouvant
concerner que le P ays ( 2 ).
Les L o ix com m unes, foit au R o y a u m e , foit
aux autres Provinces , lui font étrangères, fi
elles ne font principalem ent p roven çales, com­
me émanées de la feule autorité du Com te de
P ro v e n ce , adreffées par le Com te de Provence,
St vérifiées par les feuls Tribunaux provençaux.
T oute C o u r , qui pourroit être commune à
tout le R o y a u m e , feroit encore étrangère au
P a y s , dès qu’elle ne feroit pas provençale,
fiégeant en Provence , com pofée de membres
p roven çau x, St formant ce Tribunal intermé­
diaire St vérificateur, dont l’Edit de Louis III,
du 9 N ovem bre 14 2 4 , avoir fi fagement confolidé les droits.
S ’il pouvoir être dans les véritables intérêts
du R oyaum e de n’avoir qu’une C our Pléniere,
une Cour fubfiftante pour vérifier les volontés
du

(1) Difcours de M. le Garde des Sceaux,
(z) Préambule de l’Edit.

�du Souverain, &amp; les tranfinettre au P e u p le , la
Provence, non moins Etat principal, doit égale­
ment avoir cette C o u r toujours également fubfiffante, qui feule peut vérifier fans fubordination les lo ix du Com te de P ro v e n ce , &amp; les tranfmettre aux Provençaux.
Nous devons donc regarder comme in n é ,
conftitutionnel &amp; fondam ental, le droit de vivre
encore fous la domination du Com te de P ro ­
vence, de confentirlibrem ent les im pôts, d’avoir
notre Souverain , nos L o i x , nos Tribunaux
vérificateurs &amp; interm édiaires, qui puiiTent direftement éy fa n s m o yen , porter aux pieds du
Trône les doléances &amp; les repréfentations du
Peuple.
Cependant un nouveau fyftêm e de légiflation ,
foutenu de l’appareil le plus effra y a n t, &amp; tranfcrit par ordre Supérieur, c’eft-à-dire fans D é li­
bération lib re , dans les regiffres de nos C o u rs ,
nous incorpore au R o ya m e de France, à l’effet
de n’en être plus qu’une Province.
Il nous enleve l’avantage d’offrir librement
à nos Souverains des dons &amp; des fubfides.
Il force les témoignages de notre z e le , par
vérification des lo ix fifcales de la part d’un
Tribunal nouveau, inconftitutionnel, étranger, &amp;
dans lequel le peuple n’eft aucunement repréfenté.
Par l’établifTement de plufieurs Tribunaux que
nous devions nous flatter de ne plus con n o ître,
'Près les traités de 1 6 3 9 , on détruit de fait
B

�IO
finon de d r o it, nos Tribunaux vérificateurs,
feuis Juges des lo ix p roven çales, comme fubftitués à la C our r o y a le , chargée jadis de la vé­
rification des volontés de nos Souverains.
On les deftine à une inaction qui approche
de l ’anéantififement, 8c par cela m êm e, on leur
enleve le refpeft 8t la confiance des peuples.
O n intercepte ce recours immédiat qui doit
nécefiairement exifler entre la C our fuprême
intermédiaire de P rovence , 8c le Comte de
P roven ce.
O n, fubordonne l’exécution des L o ix proven­
çales à l’enrégiftrement d’une C our étrangère
qui n’a nulle connoiftance de nos Confiitutions,
de la mifere du P a y s , de l’ingratitude du fol,
de l’étendue du terrein dévailé par les torrens
8c par les rivières, des befoins du peuple, &amp;
qui cependant eonfervera fur notre Tribunal fu­
prêm e, l ’autorité plus fuprême en core, de porter
aux pieds du Trône ou de rejetter les repréfentations du P a y s : En forte que le P ays n’aura
plus dans fon fein ce T rib u n al, foit vérificateur,
foit intermédiaire.
Eh ! dans quelles conjonctures les droits du Pays
reçoivent-ils une pareille atteinte ?
Quand nous trouvant dans des eirconftances
moins calamiteufesque les Provinces du Royaume
de Fran ce, 8c pouvant concilier notre obéiflatice
les intérêts du P a y s , le rétadefiré par la

�11
Nation , n’4 éprouvé aucune réfifiance de la
part des Cours- ( 1 )
Quand nous avons béni la lo i qui établit la
liberté du com m erce des grains. (2)
Quand nous avons félicité les P a ys de corvée
de la converfion de cette charge en preftation
pécuniaire. (3)
Quand nous avons reçu avec acclam ation la
loi qui fixe l’état civil des non cath oliqu es, loi
après laquelle foupiroit tout bon Provençal. (4)
Enfin , quand les Etats &amp; la N atio n , confukant
moins leurs facultés que leur am our pour le
Souverain , oubliant la prom efie folem nelle qui
leur avoit été fa ite, que jufqu’en 1790 les V in g­
tièmes ne feroient point augm entés, ont v o lo n ­
tairement offert une fom m e correfpondante à un
troifieme Vingtièm e.
Le cours de la juftice fufpendu, nos premiers
Tribunaux ferm és, la tranquillité publique ébran­
lée , la confternation générale du P a y s , la
malheureufe certitude que ce m om ent, que le
Souverain reconnoît être un moment de crife ,
ne peut jamais être converti en une époque
Salutaire pour la P ro v e n c e , la fubverfion totale
de nos privilèges , l ’anéantifTement de notre
(i) Motifs de l’établiflètnent de la Cour Pléniere.
(1) Ibid.

(3) Ibid.
(4) Ibid,
B ij

�" 9

Ï2
Constitution, 8c le danger qui menace la Mo­
narchie, exigent aujourd’hu i, M essieurs , toute
votre attention.
Dépositaires des droits du P a y s , c’eft à vous
à prendre les m oyens que votre fagefte vous
infpirera, pour faire réparer une furprife d’au­
tant plus dangereufe, qu’elle eft préfentée comme
devant former le régime univerfel 8c commun
du R o yau m e de France 8c du P ays de Provence.

L’A ssemblée considérant que le nouveau fyftême de législation eft infufceptible d’aucune
forte d’exécution en Provence.
4
Q ue la feule annonce du projet a répandu
une confternation générale.
Q u ’il ne peut exifter d’impôt en Provence,
qu’il n ’ait été confenti par la N ation duement
convoquée.
Q ue la Nation Provençale a toujours été,
elle-même ou par fes repréfentans, au-de­
vant des befoins publics.
Q ue fon consentement ne peut être forcé par
l ’autorité d’aucun T rib u n a l, 8c moins encore
d’un Tribunal étranger 8c inconciliable avec les
véritables prérogatives de la M onarchie Fran*
çaife 8c Provençale.
Q ue la C our P lén iere, incapable de concilier
les intérêts du Souverain a v e c ceux des Peuples

�ï J
tocratlque, dont la feule exigence $iefise€roî$
tour à tour les droits du Prince St ceux de -la
Nation; auffi contraire, dans fa formation que
dans fa Conftitution, aux lo ix de la M o n arch ie/
i’eft Sien d’avantage à celles du Pays.
Que le droit qu’elle auroit de confemir les
impôts, dérogeroit aux véritables droits de la
Nation.
Que l’exécution provifoire de fes Arrêts en
matière d’im p ô t, auroit toute l’autorité de l’exé­
cution définitive.
Que le Tribunal vérificateur des lo ix pro­
vençales , ne peut être que P rovençal &amp; fiégeanf
en Provence.
Qu’il ne peut pas être plus fubordonné à un
Tribunal françois, que le P ays n’efl lui-m êm e
fubalternë au R o yau m e de France.
Qu’il importe efïentieîlement au P ays de fe
maintenir dans le droit, vraiment conftitutionnel,
de coiiferver fes Tribunaux vérificateurs &amp;. in­
termédiaires , &amp; de les conferver avec cette
plénitude d’indépendance &amp; d’autorité qui leur
a été confirmée, tant par nos anciens C o m tes,
que par Louis X I aux Etats de 1482 , &amp; par
les Lettres patentes du mois d’O &amp; obre i486.

Que c’eft évidemment dénaturer la Conflifuti°n provençale , que d’attribuer à une Cour
Pléniere françaife, le droit de vérifier les loix
°ules impôts qui doivent être exécutés ou levés
eu Provence.

�forme

14

Q ue tout de même que les Lettres en
d’E d it, de D éclaration ou de Lettres patentes,
qui n’intéreffent que le reffort ou Tarrondiffement d’une C o u r , doivent être enrégiftrées par
cette Cour ( i ) , de même aufîi toutes les loix
defiinées pour la P ro ven ce, ne pouvant intéreiTer
que fon reffort, doivent être uniquement enrégifirés par nos Tribunaux P roven çau x.
Q ue les Edits, qui enlevant au P ays cette
portion précieufe de fa C on flitu tion , n’ont point
été enrégiftrés : qu’ils n’ont été que tranfcrits'
illégalement &amp; d’autorité fur les regiftres, &amp;
fans Délibération préalable des C o u rs, &amp; par
conféquent fans vérification.
Q ue pareille transcription, faite avec l’appa­
reil m ilitaire, ne peut fuppléer la Délibération
&amp; la vérification des Cours.

Que nous n’entendons pas p ar ce que le Roi
p e u t , le pouvoir de la fo r c e (2) , Sa Majefté
ne voulant regner que par la juflice.

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V--:

Q ue cette tranfcription a été faite nonobfiant
l’oppofition du miniftere public &amp; des Cours.
Q ue cette violation de toutes les formes tend
à anéantir nos Tribunaux vérificateurs.
Q ue pour parvenir avec plus de fuccès à cet

(1) Arc. 17 de l’Edit.
(2) Procès-verbal des Etats, pag. 70.

�15

anéantilTemeqî, leur Jurifdi&amp;icm a été dément*
brée, &amp;. qu’il a été créé cette foule de T rib u ­
naux Contre lefqueis le P ays s’eft élevé de tous
les teins.
Que l’on ne crut pas devoir établir des Préfidiaux , en P ro ven ce, lors de la création des
Préfidiaux dans le R o yau m e , étant le r e fo r t
du Parlement de fo r t p etite étendue .
Que c’eft enfin une opération deflruâùve de
la Loi fondamentale du P a y s, dans fon enfenx*
ble, &amp; dans fes parties intégrantes,
A d é l i b é r é que pour, &amp; au nom des E ta ts,
adhérant à l ’oppofinon déclarée par le M iniftere public &amp; par les C o u rs, il fera form é oppofition à la tranfcription &amp; publication des
fufdits Edits, &amp; notamment à celui portant établifTement de la Cour Pléniere.
Qu’il fera donné connoiiTance de cette op»
poütion à M M . les CommifTaires du R o i , par
Mgr. l’Evêque de F ré ju s, Préfident j M gr. l’E ­
vêque de Senez, M . le Marquis de la P a lu ,
M. le Marquis de G ou rd o n , &amp; M . N ev iere ,
Conful de F orcalqu ier, qui fe tranfporteront à
cet effet chez M M . les CommifTaires du R o i f
&amp; leur remettront une expédition de la préfente
Délibération.
Qu’auffitôt que les Cours
féance, M M . les Procureurs
'eront en la Grand’Chambre
y demanderont qu’il leur foit

reprendront leur
du P ays fe pordes deux C o u rs,
concédé a£fce de

�ï6
la fufdite o p p o fitio n , &amp; que la préfente Déli­
bération foit infcrite dans les Regiftres.
Q u ’au m oyen de la fufdite oppofition, il
fera requis que le teftament de Charles d’An­
jo u , les Lettres patentes de 1481 , 1482 &amp;
i4 8 6 , 8t autres Traités intervenus entre le Souverain &amp; la N atio n , continueront d’être inté­
gralement exécutés.
Q ue le P ays continuera d’être Pays princi­
pal ,. nullement fü b a lte r n é , uni principalement au
R o yau m e , &amp; vivant fous la domination du
Com te de' Provence.
Q u ’il fera maintenu dans le droit d’offrir li­
brement des dons &amp; des fubfides, &amp; qu’aucun
impôt ne pourra être levé en Provence, qu’il
n’ait été confenti par la N ation , &amp; duement
vérifié.
Q u ’il fera encore maintenu dans le droit d’a­
vo ir exclufivem ent dans fon feïn fes Tribunaux
interm édiaires, &amp; vérificateurs de toutes Lettres
en forme d’E d it, d’Oidonnance &amp;. de Décla­
ration.
Q u ’aucunes defdites Lettres ne pourront être
exécutées en P ro ven ce, avant d’avoir été libre­
ment vérifiées &amp; enrégiftrées par les fufd. Tribu n aux, lefquels continueront d’aclrefler direc­
tement &amp; fa n s m o y en , telles remontrances ou
repréfentations au Souverain qu’ils j u g e r o n t uti­
les ou convenables, pour le plus grand bien du J
P ays.

�17

Que jufqu’après la fufdite vérification &amp;
yégiftrement libres, lefdits E d its,• Ordonnances
ou Déclarations feront regardés comme non obvenus, en force des capitulations &amp;. titres du
P ays, &amp; notamment de l’Edit de L ouis I I I ; &amp;
que les Peuples ne feront nullement tenus de les
reconnoître &amp; exécuter.
L’Assemblée a encore délibéré derenouveller
les réclamations conllamment faites par le P a ys
dans tous les tems contre la création des nou­
veaux Tribunaux, le démembrement des T r i­
bunaux exiftans , &amp; pour l ’exécution du Traité
de 1639.
Comme auffi que Sa Majefté fera fuppliée
de faire ceflér la confternation dans laquelle
tout le R oyaum e eft actuellement p lon gé, de
faire retirer les nouveaux Edits, notamment ce­
lui de la C our Pléniere , Si. de donner à fes
Peuples un nouveau témoignage de protection
&amp;. de bon té, en rendant au R o yau m e &amp; au
Pays de Provence leurs droits &amp; leur tranquil­
lité.
Il a été encore délibéré que Sa M ajefté fera
fuppliée de convoquer inceflamment l’Aftem blée
des Etats généraux du R o y a u m e , comme le
moyen le plus propre de p o u rvo ir aux befoins
publics, de ramener l’o r d r e , de rétablir le
crédit &lt;k la confiance, &amp; de faire ceffer l’état
de convulfion Sa de crife dont on ne peut
prévoir les fuites; &amp; que la demande en fera
Lite par les Députés du P a y s , chargés de
fenter à Sa Majefté le Cahier des Etats.

�1 8

Le troifieme dudit mois de J u in , il n*y a
point eu de feance.
D u quatrième dudit mois de Juin .
Arrivée de "j\ /F Onfeigneur François de M ouchet de
M. iEvêque de J j y J k V illed ieu , Evêque de D ig n e , Procureur
L&amp;ne'
/ du P a ys joint renforcé pour le C lergé eft entré
dans l’AlFem blée, 8c a pris fa place.
E ta t des mandemens expéd u s depuis le
premier fev ru r
dernier.

M M . les Procureurs du P ays ont préfenté à
l’Affem blée l’Etat des mandemens expédiés fur
chaque objet d’im p ofition , depuis l’Affemblée
renforc£e du mois de Février dernier.
Ces états ont été lus &amp; remis au Greffe.

Lecture du
procès-verbal
de la dernière
Ajjem blée ren-

f° rcée'
Relation faite

II a enfuite été fait lefture du Procès-verbal
de l’ÂfTemblée renforcée du premier Février
dernier.

Après quoi M . P afçalis, AfTelTeur d’Aix,
Procureur du P a y s , a rendu compte à l’Af-

M. tA jje f- fembîée de tout ce qui avoit été fait par MM.
J eur'
les Procureurs du Pays depuis le feize Février
par

dernier, foit en exécution des délibérations de
la derniere A fîem blce ren forcée, foit en exé­
cution des délibérations des Etats.
Lecture du
cayer des remontranccs.

Il a lu enfuite à l’Afîem blée le Cahier qu’il
avait été chargé de réd ig er, fur les différens
objets de remontrances délibérés par les Etats.
Sur quoi l’AfFemblée a déclaré que les dif­
fère ns Bureaux qui feront formés dans cette

�*9
.
Aflem bîée, s’occuperont refpe&amp;ivem ent des di­
vers articles de la relation faite pat M . l’Affeff e u r , &amp; du cahier qu’il à réd igé, pour y être
délibéré dans les féaneés fuiVadtés.
MM. les Procureurs du P ays nés ont remis Arrérages
à l’Affemblée l’état des arrérages dus par les Par les C o m m u
Communautés aux R eceveurs des Vigueries.
n a u té s a u x R e ­
c ev eu rs d es V i -

L ’Aflemblée a obfervé que quelques R e c e - ^Lleries'
veurs de V iguerie n’avoient pas en voyé au
Greffe des Etats le tableau des arrérages qui
leur font dus j elle a été informée que le R e ­
ceveur des Vigueries de C aftellanne, A nn ot &amp;
Val de Barremê , n’a jamais fatisfait à cette
obligation, malgré les lettres qui lui ont été
écrites chaque année par M M . les Procureurs
du Pays. Elle a chargé en conféquence M M .
les Procureurs du P a ys de veiller exactement à
ce que les R eceveurs de V iguerie remettent au
Greffe des E tats, à l’expiration de chaque quar­
tier, l’état des arrérages qui leur font dus ,
ainfi qu’ils y font obligés par le bail de la tréforerie du P a y s , hom ologué par la C our des
Aides 5 d’écrire au R eceveur des Vigueries de
Caftellanne, Annof &amp; V a l de B arrem e, pour
lui enjoindre de remettre in.ceframment les
états des arrérages qui lui font dus, &amp; finale­
ment de prendre les voies de droit pour con­
traindre, en cas de refus, tout R eceveu r de
Viguerie à remplir fes obligations.

Ægfcfc. tofWi

Elle a prié M M . les Procureurs du P ays de Importions
veiller , dans l’examen des impofîtiôns faites par Communautés.
chaque Com m unauté, à ce que l ’im pofition déC ij

�20

libérée fufHfe à l’acquittement des charges op;
dinaires, 8c à l ’extin&amp;ion d’une partie des arré,
rages dus au R eceveur de la V ig u erie; de
prendre les voies de droit pour le&amp; fy contrain­
d re , fi elles Te refufent aux invitanons qui leur
feront faites ; 8c de rendre compte à l’Affemblée
renforcée du quatrième N ovem bre prochain des
impolitions délibérées par les Communautés, 8c
de la fîtuation defdites Communautés envers le
R eceveur de la Viguerie.
Formation des

Bureaux.

On a procédé enfuite à la formation des différens Bureaux. L ’AfTemblée a penfé que d’après
le nombre Sc la nature des affaires dont elle
aura à s’occuper pendant cette ten u e, il fuffiroit de former pour cette fois deux Bureaux,
dont l’un s’occuperoit des im pofitions, de l’opé­
ration conjointe de l’affouagement 8c de l’afflorinement 8c des affaires diverfes ; 8c l’autre des
travaux publics.
M onfeigneur l’Evêque de Fréjus a nommé
les membres des différens B u reau x, ainfi qu’il
fuit :

Bureau des im pofitions , affouagem ent &amp; afflofine­
m ent , &amp; affaires d iverfes.
M onfeigneur l’E vêque de Senez.
M . le Marquis de la Palu.
M . Pafcalis.
M . Gérard.
M . le Marquis de V illeneuve Bargemon.
MM, les Confuls de Forcalquier 8c de Graffe.
/ - ;- '

y *'

�2t

Bureau des travaux publics*
Monfeigneur l’E vêque de D igne.
M. Pafcalis.
M. de St. Ferreol.
M. le M arquis de Gourdon.
M. le Marquis de Caftellanne M azaugues.
M. le Com te de Sade.
MM. les Confuls de Sifteron 8t d’Hieres.

Du cinquième dudit mois de Juin .
Onfeigneur l ’Evêque de F r é ju s , a dit :
qu’en exécution de la délibération prife
dans la féance du deuxieme de ce m o is , il s’eft
rendu, avec M M . les Députés qui y font dé­
nommés, chez M M . les Com m iflaires du R o i.
MM. les Députés leur ont donné connoifTance
de l’oppofition fo rm é e , au nom des E ta ts , à
la tranfcription des nouveaux E dits, &amp; notam ­
ment de celui portant établiffement de la C our
Pléniere ; &amp; de l’adhéfion de l’A flem blée , au
nom defdits Etats , à l’oppofition déclarée à
cet égard par le Miniftere public &amp; par les
Cours; &amp; ils ont remis à chacun de M M . les
Commiflaires, un extrait de la délibération du
deuxieme de ce mois.
M

MM. les Députés ont été reçus par M M ,
les Commiflaires du R o i , avec les honneurs
d’ufage , &amp; ont reçu les mêmes honneurs à
leur fortie.
M. P a fc a lis , A fle ffe u r d ’A i x , P r o c u r e u r du

Relation te

�M. iAffeffeur P a y s , a fait le rapport à l ’AfTemblée de tout
f u r les affaires
relatives a u x

‘b iuT * ^U~

ce q Ui avoit été fait jufques
l ’Adminiftration , en exécution
p tifes, foit par les E ta ts , foit
renforcée du premier F évrier
vement aux travaux publics.

aujourd’hui par
des délibérations
par l’AfTemblée
d ern ier, relati­

Sur q u o i, il a été délibéré que ce rapport
fera référé au Bureau des travaux publics, afin
que l’Affem blée puiffe prendre, dans les féances
fuivantes, des délibérations fur les objets qui
en paroîtront fufceptibles.
De'penfe f u r

le

chemin de

Lorgnes a D ra-

^bafîon1'

M onfeigneur l’Evêque de D igne , Préfident
du Bureau des travaux publics, a dit: qu’on a
eXpQfé au Bureau que le nommé Bonnefoi avoit

&gt; en exécution des ordres de l ’Adminiftration , une réparation utile &amp; nécefîaire fur le
chemin de Lorgues à Draguignan. L a dépenfe
a monté à la fomme de fix cent treize livres
douze fols. Elle n’avoit cependant été ordonnée
par l’Adm iniftration, que jufques à la concur­
rence de cinq cent cinquante iivres. Le Bu­
reau a penfé que l’Afîem biée pouvoit approu­
ver cet excédent de dépenfe.
C e qui a été unanimement délibéré.

Ouvrages n iceffaires pour

M ondit Seigneur l’Evêque de D ign e, a dit:
que ]e g r&gt; S ig a u d , fécond Ingénieur du Pays,

^ioT^des^tra' 3 Pr^ ent^ au B u reau Ie devis de trois ouvrages
néc€rffajres pour l’entiere perfeârion d es travaux

P lu x de F r f u s .

de Fréjus : le prem ier, pour la conftru&amp;ion duii
pont für le Reiran , eft eftimé à la fomme de
deux m ille foixante-dix liv. quinze fols neuf de-

|

�n

nîefs 5 îe féco n d , pour ïa eonflru&amp;ion d’une
chauffée de retenue , eft évalué à mille cent
quatre-vingt-deux livres, huit fols quatre de­
niers ; le troifiem e, pour des réparations aux
ouvrages déjà faits ; ces réparations font eftimées à huit mille cinq cent foixante-treize li­
vres cinq fols neuf deniers. L e même Ingénieur
a adoré qu’il étoit néceflaire de conftruire trois
portes d’éclufe en bois. I l en a évalué la dé­
pende à deux cent quatre-vingt-trois livres fept
fols; enforte que tous ces objets montent à la
fomme de douze mille cent neuf livres feize
fols dix deniers: L e Bureau a penfé qu’on pouvoit délibérer l’exécution de ces différons ou ­
vrages, après les avoir expofés aux enchères,
&amp; en avoir fait la délivran ce, en conformité du
Réglement des Etats.
Ce qui a été unanimement délibéré.
Mondit Seigneur l’E vêque de D igne , a dit : Etat des fonds
que le Bureau s’efl: occupé de l’état de fitua- deflinés aux tra.
tion des fonds deftinés aux travaux de Fréjus, vaux de Fréjus^
Les ouvrages faits, &amp; ceux dont l’Affem blée
vient de délibérer l’exécution , montent à la
fomme de deux cent quatre-vingt-fix mille cent
quarante livres neuf fols. Les fonds provenans
des fecours du R o i &amp; du P a y s , confiftent en
la fomme de trois cent mille livres. I l reliera
donc dans la caiffe du P a y s , à la fin de la
préfente année , époque à laquelle Fentreprife
fêta entièrement a c h e v é e , un excédent de treize
nulle huit cent cinquante-neuf livres onze fols.

Hfaudra peut-être prélever fur cette dernier©

�24

fom m e, le montant d’une indemnité demandée
par l’Entrepreneur, &amp; fur laquelle la préfente
A ffem blée aura bientôt à délibérer. On pré­
fume qu’il reliera une fomme d’environ dix
m ille liv re s , pour former un capital dont l’in­
térêt fervira à l ’entretien annuel des ouvrages.

Du. Jîxieme dudit mois de Juin.

M

Onfeigneur l’Evêque de D igne , PréfiR jet de la
demande de
dent du Bureau des T ravau x publics,
£Entrepreneur a dit que le nommé Jean D u b o is, de la ville
du chemin de de T a ra fco n , réclame la fomme de 652 liv.
Lau-ade à Ta­
qu’il prétend être dues par le P ays à fon pere,
rafcon,
pour des travaux faits en 1786 fur le chemin
de Laurade à Tarafcon. Il a été vérifié que
D ubois pere étoit chargé de l’entretien de ce
chemin depuis le 4 octobre 1 7 8 3 , &amp; pour trois
années, qui font échues le 4 o d o b re 1787, &amp;
qu’il a été payé chaque année du prix de fon
entretien. Le Bureau a penfé que la demande
du nommé D ubois devoit être rejettée.
L ’AfTemblée a adopté l’avis du Bureau.
M ondit Seigneur l’Evêque de Digne a dit:
l ’Entrepreneur du chemin d’A ix à Sifteron, dans
Chemin de La le terroir de Peyruis , fe plaint que la veuve
Combe a St. V itou , propriétaire du Cabaret de La Combe
JDonat.
St. D o n a t, a placé des tas de pierres fur le che*
Pierres qui min ; que le pairage eft g ê n é , &amp; que la veuve
gênent L paf- V itou a refufé d’enlever ces pierres, m aigre
fa g e .
les ordres de l’Ingénieur du département.

�voit écrire aux Confuls du lie u , pour obliger
la veuve V iton à enlever ces pierres.
Ce qui a été unanimement délibéré.
Mondit Seigneur l’Evêque de D igne a dit :
que les Seigneurs 5c la Communauté de C a ­
banes demandent que l’Adminiflration délibéré
fur le fecours que le Pays a promis de fournir
pour la réparation de la Palliere dite la M ag­
deleine. L ’Affem blée générale des Communautés
de 1786 avoit accordé une fomme de trois
mille livres, mais les Etats n’ayant fait aucune
difpofition à cet é g a rd , le Bureau a penfé qu’il
n’y avoit lieu de délibérer en l’é ta t, fau f aux
Seigneurs 5c à la Communauté de Cabanes de
fe pourvoir aux prochains Etats.

P a llleres de
Cabanes.

Ce qui a été unanimement délibéré.
Mondit Seigneur l’Evêque de D igne a dit :
qu’avant la tenue des E ta ts, M M . les P ro cu ­
reurs du Pays avoient ordonné des réparations
indifpenfables fur la route d’I ta lie , depuis la
montée de Lefterel jufques à la Napoule. L ’en­
trepreneur avoit été autorifé à y em p loyer deux
mille livres 5 la dépenfe a monté cependant à
deux mille fix cent quatre-vingt-dix-neuf livres
trois fols. Le Bureau a penfé que cet excédent
de dépenfe pouvoit être approuvé par rA ffem blée.

Réparations
a la montée de
Lejlerel.

Ce qui a été unanimement délibéré.

Mondit Seigneur l’Eyêque de Digne a dit :
P

D ig u e fu r le

�26

Verdon à Caf- que les propriétaires pofledans biens le long du
teilane.
torrent de C laftres, dans le terroir de Caftek
la n e , demandent le dédommagement du préju­
dice qu’ils ont fouffert par l’effet de la conftru&amp;ion de la grande digue fur le Verdon. Le
Bureau a penfé que le P ays ne fauroit être
fefponfable des dommages que les particuliers
peuvent avoir foufferts $ que fi la demande de
ces propriétaires eft fondée , ils doivent être
indemnités par la Communauté de Caftellane,
qui profite feule des ouvrages conftruits dans
fon terroir.
v
C e qui a été unanimement délibéré.

Recette d'une
M ondit Seigneur l’Evêque de Digne a dit:
partie du che- qu’il a été fait fur le chemin de Barjols à
min de Barjols Draguignan , dans le terroir de Sillans, &amp; par
à Sillans.
ordre de M M . les Procureurs du P ays, une
réparation par économie. C et ouvrage eft ache­
vé. L a dépenfe excede la fomme de trois mille
livres. On a demandé par qui la recette de cet
ouvrage devoit être faite. L e Bureau a penfé
que l’ouvrage ayant été ordonné avant la tenue
des E ta ts , &amp; ayant été fait par économie,
M M . les Procureurs du P a ys dévoient être
difpenfés d’accéder fur les lieux , pour procéder
à la re c e tte , &amp; qu’il fuffiroit de faire procéder
à la vérification des comptes &amp; du travail de
l'Entrepreneur * par l ’Ingénieur en chef &amp; pa*
celui du Département.
.

Ce qui a été unanimement délibéré.

Opérations re-

M on dit Seigneur l ’Ev.êque de Digne &gt; a ^

�Que le fieur F a b re, Ingénieur hidraulique du lafives au projet
Pays &amp; D ire&amp; eur du canal Boifgelin , ayant été de dérivation
chargé de faire les plans &amp; nivellemens d’ une dunebranch.edu
branche de dérivation qui porteroit les eaux du c? n? l °ffsehn
canal Boifgelin à M arfeille, a éprouvé des dif- a ar^ 1
ficultés de la part de M. le Marquis de P a n ifie ,
Seigneur de la M a n o n , dont il étoit obligé d^
traverfer le domaine pour faire ces opérations,
&amp; de la Com m urauté de Salon dans le terroir
de laquelle il devoit également travailler. L a
Communauté de Salon lui a même fait lignifier
une délibération de fon Confeil municipal , por­
tant de fe pourvoir au Juge local en oppolition
à la dérivation de ce canal &amp;. aux opérations
projettées.
L’AlTembîée, après avoir entendu le Sr. F a­
bre, &amp; le&amp;ure faite de la copie de la délibé­
ration prife par la Communauté de S a lo n , &amp;.
des Arrêts du Confeil des zo F évrier &amp; 7
Juin 1783 , par lefquels le P a ys efi: au to rifé,
nonobllant oppolition ou appellation quelcon­
que, à la conftru&amp;ion des canaux de dérivation
du canal B oifgelin, &amp; à traverfer les terres des
particuliers &amp; des Com m unautés, même des
Communautés des Terres adjacentes, en payant
le prix du terrein &amp;. les d o m m ages, a unani­
mement délibéré que M M . les Procureurs du
Pays écriront à M . le Marquis de Panifie pour
le prier de ne mettre aucun obftacle aux opé­
rations du fieur F a b re , &amp;. pour l ’alïurer que le
lîeur Fabre ne continuera fes opérations, qu’après la réco lte, &amp; que les Communautés &amp; les
particuliers feront indemnifés de tous les dom ­
mages qui pourroient être faits. I l a été en-

!

DÛ

�z8
core délibéré que M M . les Procureurs du Pays
écriront aux Confuls de la ville de Salon, &amp;
leur enverront une expédition des Arrêts du
Confeil des 20 Février 8c 7 Juin 1783 , q u i
établirent les droits du P a y s , dans l’étendue
même de Terres adjacentes, nonobftant oppofd o n ou appellation quelconque, les inviteront
en même tems à ne mettre aucun obftacle aux
opérations du fieur F a b re, leur affureront auffi
que ces opérations ne feront continuées qu’après
la ré c o lte , 5c que leur Communauté &amp; les
particuliers feront indemnifés des dommages
qu’ils éprouveront.

Indemnité ré-

M ondit Seigneur l’ Evêque de D ig n e, a dit:
que l’Entrepreneur adjudicataire des travaux de
[repreneur des Fréjus , expofe à cette AlTem blée, que d’après
tr iv aux de Fré­ fon devis , il étoit obligé d’extraire trois cent
jus.
vingt-deux toifes cubes de rocher au prix de
vingt-quatre livres la toife j qu’il a cependant
enlevé fept cent quatre-vingt-trois toifes,quatre
pieds cubes, c’eft-à-dire , quatre cent foixanteune toifes, quatre pieds cubes de plus; qu’il a
perdu confidérablement fur le prix de l’extrac­
tion defdites toifes de rocher j qu’il réfulre d’un
toifé 8c d’un rapport faits par les (leurs Vallon
8c Sigaud , qu’il a été réellement enlevé la
quantité de fept cent quatre-vingt-trois toifes,
quatre pieds cubes de ro ch er, 8c que la dépenfe
de l ’extraétion à dû co û ter, au plus bas prix,
à cet Entrepreneur , trente livres dix fols la
to ife, au lieu de vingt-quatre livres, prix porte
par le devis. l’Entrepreneur croit devoir récla­
mer une augmentation de p rix, non fur les trois
cent v in g t-d e u x toifes cubes de rocher qui
cLim.eepa.rlEn-

�29
étoient comprîtes dans fon p rix -fa it, mais fur
les quatre cent foixante-une toifes quatre pieds
cubes du furplus. Il a été vérifié que l’entre­
preneur avoit été p ayé des fept cent quatrevingt-trois toifes quatre pieds cubes , fur le pied
de vingt-quatre livres la toife. C ’eft à l ’AfTemblée à décider fi elle doit avoir égard à cette
demande.
Sur quoi l’ AfTemblée , après avo ir o u ï les
fieurs Vallon &amp;. Sigaud, St après avoir entendu
la leéfure du rapport par eux drefïe le 12 D é ­
cembre 1 7 8 5 , a délibéré qu’il fera p ayé à
l’Entrepreneur adjudicataire des travaux de Fré­
jus , une augmentation de fix livres dix fols par
toife, pour ces quatre cent foixante-une toifes
quatre pieds cubes du rocher qu’il a enlevées,
au-deffus de la quantité portée par le devis &amp;
par le bail.

Du feptieme dudit mois de Juin.
Onfieur Pafcaîis , AiTefTeur d’A i x , P ro ­
cureur du P a y s , a dit :

M

Nous devions croire que toutes les Com m it- Dénonciation
nautés de la Province partageraient notre confla délibéra-,
ternation , notre inébranlable attachement aux nçn de laC°m~
droits du. Pays 5 81 qu’également fen fîb lesau x g Z Z n X Z
atteintes que reçoit aujourd’hui la C on flitu tion , Maidwntir "
aucune d’elles n’oferoit fe refufer à la foutenir
St à la défendre.
L’exemple de nos peres nous traçoit îa con­
duite que nous avions à fuivre. Les regiftres

�3°
de nos Etats &amp; des Affem blées générales des
Communautés font pleins de délibérations, où fe
trouvent consignées les preuves de notre atta­
chement à nos droits , de notre courageufe réfiftance envers la création de ces Tribunaux,
q u i , en démembrant l’autorité &amp; les fondions
des Cours fupérieures du P a y s , repréfentatives
de notre Cour ro yale , feule chargée de la vé­
rification des L o i x , ont toujours été regardés
com m e tendans à faciliter l’établiffem ènt de plujîeu rs E dits p réju d icia b les à la P rovin ce .
C e furent, M essieurs , les réclamations una­
nimes St perfévérantes de tous les Ordres du
P a y s , q u i, en l’année 1639 » opérèrent la ré­
vocation de l’Êdit portant création de trois
Sieges préfidiaux dans les villes d’A i x , Forcalquier 8t Draguignan.
Les efforts de notre zele , nos doléances refpeëtueufes , une oppofition authentique &amp; uni­
verselle dévoient naturellement fuivre la pro­
mulgation des nouveaux Edits. Jamais nos droits
ne furent attaqués plus directem ent, jamais il ne
fut plus néceffaire de porter aux pieds du Trône
les juftes fupplications d’une Nation libre, fi­
dèle &amp; généreufe que l’on vient de frapper dans
tous les points de fon exiftence politique.
L ’O rdre de la M o b leiïe, l’Affemblée générale
de TO rdre du Tiers , des Communautés parti­
culières , telles que celles d’A ix , de Graffe,
ont exprimé le fentiment de leur douleur pro­
fonde , &amp; cet attachement à notre Conflitution
dont vous avez vous-m êm e, dans la première de
vos féanceSj confacré folemnellement la jufiice-

�Pourquoi faut-il qu’au milieu de ce concert
dezele &amp; de réclamation unanime , nous foyions
obligés de nous élever contre la déft&amp; ion d’une
feule Communauté de cette Province ? Pour?
quoi la Communauté de D raguign an , abjurant
tout-à-coup nos principes dom eftiques, méconnoiflant fes devoirs &amp; fes vrais in térêts, nous
force-t-elle à réclam er contre une fciffion allar?
mante qui l’ifole du relie de la Province ?
Nous n’infflterons pas , M essieurs , fur les
réflexions affligeantes que vous infpirera la lec­
ture de la délibération de cette Com m unauté,
&amp; du comparant qui l ’a précédée. Nous nous
bornons à mettre le tout fous vos y e u x , &amp;
nous laiflfons à votre fageJTe la détermination à
prendre fur une démarche défavouée par tous
les bons C ito y e n s, avant même que nous puiffions la foumettre à votre cenfure.
Leéture faite de la délibération de la C o m ­
munauté de Draguignan du vingt-cinquiem e M ai
dernier , &amp; du comparant qui l ’a précédée.
L’AfTerablée a déclaré qu’elle im prouvoit la
délibération de la Communauté de Draguignan du
vingt-cinquieme M ai dernier , com m e contraire
à l’intérêt du P a y s , à celui de nos Tribunaux
vérificateurs &amp; interm édiaires, au vœ u des Etats
&amp; des AfTemblées générales, conllamment ex­
primé, dans une fuite de délibérations depuis
*581 jufqu’en 1 6 3 9 , au traité de la même an­
née , à la délibération de l’O rdre du Tiers-Etat
Convoqué à Lam befc le quatrième M ai dernier,
à la délibération de la préfente A ffem blée du
1 deux de ce mois.

�d ’envoyer une expédition de la prefente délibé­
ration , St de celle prife dans la féance du deux
de ce mois à la Communauté de Draguignan ,
de lui enjoindre d’infcrire la préfente délibéra­
tion dans fes regiftres, le Confeil féan t, St d’en
certifier M M . les Procureurs du P a y s ; St qu’à
défaut M M . les Procureurs du P ays requerront
aux prochains Etats que l’aflidance y foit refufée au D éputé de la Com munauté de Dra­
guignan.

L e huitième dudit mois de Juin
a point eu de féance.

,

il n’y

D u neuvième dudit mois de Juin.
TT AfTemblée , inflruite que Monfeigneur le
|_j Com te de Caram an, Commandant en chef
Comte de Cary dans je P a ys St Com té de P ro v e n c e , doit armmjtkla.D e- rjver inceffamment en cette V ille , en vertu des
libération du 2
ordres de Sa M a je fié , a délibéré: que l’Affemde ce mois.
bîée fe rendra chez lu i, St lui donnera connoiffance de la D élibération prife dans la féance
du deuxieme de ce mois.
N otification à

M o n f i i g n e u r le

Demande du
logement pour la
Compagnie des
P e r tu ija m e r s .

M onfeigneur l’Evêque de Senez , Préfident
du Bureau des affaires d iverfes, a dit : que M.
M a lo u e t , Intendant de la M arine à Toulon,
a demandé à l’Adminiflration intermédiaire par
une note de lui lig n é e, qu’il fût accordé un
logement en cazerne à la Compagnie des Pertuifaniers chargés de la garde des Forçats ; il
expofe que cette troupe eft formée fur un pîsû
m ilitaire, St qu’elle eft actuellement difperfée,
faute

�faute de logem ent, dans les lieux d e T A r c e n a l
les plus écartés. L e Bureau a penfé qu’il n’y
avoir lieu à délibérer fur cette demande.
L ’Aftemblée a adopté l ’avis du Bureau.
Mondic Seigneur l ’Evêque de Senez a dit :
Logement
M. l’Intendant écrivit à M M . les Procureurs du Lune Brigade
Pays le 29 A vril dernier, qu’il avoit été établi LMare'chauffet
une Brigade à pied de M aréchau ftee , com pofée a
de trois Cavaliers à pied , &amp;. d’un C avalier
monté, à Lefterel 5 que depuis cet établiiTement
il n’avoit été commis aucun v o l fur cette route.
Qu’il étoit du plus grand intérêt pour la
fureté publique, que ce pofte fût confervé j
mais qu’il ne s’y trouvoit qu’une feule m aifon,
dont une partie étoit occupée par Madame de
Lefterel, &amp; l’autre par le M aître de la pofte.
Que les quatre hommes qui com pofent la
Brigade de M aréchauftee logeoient tous enfemble
dans un galetas fans cheminée , où il n’étoit pas
poftlble qu’ils puiftent refter.
Que l’unique m oyen pour conferver un étaaufîî u tile , feroit de prendre deux
chambres dans la partie de la maifon occupée
par Madame de L efterel, qui veut bien fe prêter
a cet arrangement ; mais au lieu de 210 liv.
que paye la Province pour le logem ent de la
Bdgade, elle demande 300 liv ., &amp;. 100 liv. en
frs&gt;li elle faifoit conftruire une habitation de­
hors pour cette deftination.
bliftlment

E

�,
U
M . l’Intendant ajo u te, que pour entrer dans
les deux chambres dont il s’agit , il faudroit
pafier par un cabinet à l’ufage de l’Aubergifte,
qui a déclaré ne vo u lo ir pas le c é d e r, à moins
qu’on ne lui donnât 96 liv. par an$ mais qu’on
p ou voit prendre cette petite piece qui eft fur
l ’efcalier, 6c qu’en lui payant 20 ou 15 üv-,
il auroit lieu d’être content.
Q u ’il en réfultera une augmentation de charge
pour le P ays $ mais que la fûreté publique paroit exiger que l ’on falTe quelque facrifice.
M M . les Procureurs du P ays n’ont pas cru
devoir prendre fur eux de donner une réponfe
pofitive , &amp; de furçharger le P ays de cette
augmentation de dépenfe ; ils ont répondu à
M . l’Intendant qu’ils auroient l’honneur de référer
fa lettre à la préfente A ffem blée.
L e Bureau a penfé que l’Affem blée pouvoit
confentir à cette augmentation de dépenfe, at­
tendu l’utilité évidente de l’établifTement d’une
Brigade de M aréchauffée à Lefterel.
C e qui a été délibéré provifoirem ent, &amp; fauf
la ratification des prochains Etats.
M ondit Seigneur l ’Evêque de Senez, a dit:
D r o it damor-

L es Reêteurs de l’Hôpital de D ra g u ig n a n ex-

vention en fa -

P °fen t, que le rerm ier des Domaines leur aemande un droit d’amortifiement pour un legs
de vingt m ille livres qui leur a été fait, à cofl'
dition qu’ils marieroient annuellement deuxpau;

vtur des H ôpita u x.

�35

yres filles , $c qu’ils donneraient k chacune
d’elles cent cinquante livres.
Quoique ce legs ne foit payable qu’après la
mort de l’époufe du teftateur, qui en a l ’ufufruit, le Fermier n’en a pas moins demandé
le droit d’amortiftement de fix mille livres for­
mant le capital deftiné à la dotation des pau­
vres filles.
La prétention eft fans doute injufte.
La main-morte n’eft pas obligée de p ayer le
droit d’atnortiftent, avant que la délivrance de
fon legs lui ait été faite. M . l’A fiefieur a indi­
qué, la relation faite aux derniers Etats, dans les
différens Arrêts du Confeil qui l’ont décidé de
même. Ils font rapportés dans le P rocès-verbal,
pag. 300.
Il efi également certain que le legs fait en
argent à la m ain-m orte, chargée de fondation,
n’eft point fournis au droit d’amortiflement ,
quand le montant en eft em ployé en rentes
privilégiées fur le C le rg é , ou procédant des
emprunts que le P ays fait pour le com pte du
Roi. C ’eft ce qui eft encore établi dans la re­
lation de M . l’Aïïeffeur aux Etats , pag. 301
du Procès-verbal.
MM. les Procureurs du P a y s écriviren t, le
*3 Mai dernier, au Directeur des Domaines à
Aix, qu’il devoit fe contenter de la foumiffion
des Hôpitaux à juftifier du placement fur le
Clergé ou fur la P ro v in c e , dans les emprunts
E ij

�faits pour le com pte du R o i , quand toutefois
la délivrance des legs auroit été faire aux Hô­
pitaux.
L e Directeur des Domaines répondit, le 16
du même m ois, &amp; en voya la copie d’une lettre
qu’il avoit écrite à Monfeigneur l’Evêque de
F réjus, par laquelle il infiftoit à la perception
du d ro it, fans néanmoins parler de l’offre deplacer dans l’emprunt ouvert pour le compte
du R o i.
M M . les Procureurs du P ays écrivirent alors
aux Reêteurs des H ôpitaux de Draguignan de
form er oppofition au commandement, &amp; ils
ont mandé par leur lettre du 23 M ai, qu’ils
l ’avoient form ée.
Il feroit bien nécefiaire qu’en venant au fecours des H ôpitaux de D raguignan, on garantît
le P a ys d’une exa&amp; ion qui n’eft ni jufte ni
légale. Le Bureau a penfé que l’Aftemblée dev o it accorder l’intervention du P ays aux Hô­
pitaux &amp; à tous gens de main-morte qui pourroient être attaqués à l’avenir pour le paiement
de pareil droit.
C e qui a été délibéré.
M ondit Seigneur l’Evêque de Senez a dit:
Evocations.
M . de St. Cezaire expofe qu’il eft créancier
Intervention en du Marquis de Cabris d’un capital de vingt
faveurde M .de mille livres j qu’il lui eft dû deux années d’arSt. Cezaire.
rérages, &amp; que quand il a voulu fe faire payer,

�Il

Madame la M arquife de C a b ris, nommée cu ­
ratrice à l ’interdi&amp;ion de fon m a ri, lu i a fait
intimer un A rrêt du Confeil revêtu dé
patentes, en date du 29 D écem bre 1 7 8 6 , por­
tant évocation au Confeil de toutes les conteftations nées &amp; à naître, dans lefquelles M adam e
la Marquife de Cabris &amp; fon mari pourroient
être parties, en quelque Jurifdi&amp;ion que ce foit
avec attribution defdites conteftations à laG ran d ’Chambre du Parlem ent de Paris.
Indépendamment de ce que les
générales font prohibées, elles font
bles avec les privilèges du Pays.
Cezaire s’eft pourvu en révocation
du Confeil, &amp; il fe flatte que le P a ys
pas d’intervenir dans l’inftance.

évocations
inconcilia­
M . de St.
de l ’A rrêt
ne refufe

Ce n’eft pas d’aujourd’hui que le P ays s’eft
élevé contre les évocations particulières, &amp;
plus encore contre les évocations générales.
Quel feroit le p articu lier, &amp; à plus forte raifon,
le vaflal &amp; l’em phytéote qui n’aim eroit pas
mieux fubir la loi que la M arquife de Cabris
voudroit lui im p ofer, que d’avoir un procès
au Parlement de P a ris, &amp; confommer une
partie de fa fortune en frais de v o y a g e &amp;
féjour dans un P a y s éloigné ?
L’ufage que la M arquife de Cabris fait
jourd’hui de fon évocation contre M . de St*
Cezaire en prouve tout à la fois le danger &amp;
l’abus. Quelle raifon peut avoir le M arquis de
Cabris, débiteur d’un capital de vingt m ille
livres, de ne pas en payer les intérêts au

�?8
.
priétaîre ? Eft-ce dans d’autre objet que de le fati­
g u er, ou de lui faire abandonner des pourfuites
légitim es, qu’on veut forcer M . de St. C ezaireà
aller plaider à P aris, pour obtenir le paiement
des intérêts d’un capital qui n’eft pas contefté ?
L e Bureau croit devoir propofer à l’Affemblée
de délibérer d’intervenir dans l’inftance au Confeil,
introduite par M . de St. Cezaire &amp; autres parties
qui font déjà jointes en l’inftance en révocation
de l’Arrêt du zp D écem bre 1 7 8 6 , portant évo­
cation générale à la Grand’Cham bre du Parle­
ment de Paris de toutes les affaires du Marquis
&amp; de la M arquife de C a b ris, de charger l’Avocat
du P ays au Confeil de fe con cilier, quant à ce,
avec l ’A v o c a t au Confeil de M . de St. Cezaire;
&amp; les Députés des Etats à la C o u r , qui font
déjà chargés de folliciter une loi générale contre
les évocation s, ne fauroient trouver une occafion plus favorable.
C e qui a été unanimement délibéré.
M ondit Seigneur l’Evêque de Senez a dit:
que le Bureau a lu &amp; examiné le Cahier ré­
digé par M . l’AfTeffeur , des différens objets
de remontrances à Sa M a jefté, délibérées pat
les Etats. Il a penfé que cette rédaction devoit
être approuvée , qu’elle devoit être confignée
dans le Procès-verbal de l’ A ffem b lée, &amp;. que
ce Cahier feroit fig n é, fuivant l ’u fa g e, par MM.
les Procureurs du P ays nés , &amp; préfenté à Sa
M ajefté par les Députés des Etats.

Ce qui a été délibéré.

�39
Teneur du Cahier,
S IR E ,

Votre Majesté fait

demander annuellement
au Pays la Comme de trente-cinq mille liv re s ,
pour fon contingent à la dépenfe des M ilices.
Si l’on ne confultoit que le fam eux Edit du
mois d’A oût 1 6 6 1 , le P à y s devroit en être
exempt. En tems de guerre , il a , pour ainfi
dire, perdu de vue fes p rivilèges: mais en tems
de p aix, il a réclam é, &amp; fa réclamation a eu
un iuccès dont il eft tems enfin qu’il profite.
La paix furvenue en 1763 , le P ays prétendit
avec raifon , qu’il ne devoit plus p ayer pour
la milice. Il lui fut répondu que Sa M ajefté
ayant établi trente-trois bataillons de recru e, il
falloir pourvoir à leur entretien.
Le Pays o b fe rv a , que s’il devoit p ayer pour
les bataillons de recrue , il devoit être déchargé
du tirage effectif des m ilices, ainfi que Sa M a ­
jefté l’a déclaré, en répondant aux remontrances
du Pays :
« Le tirage des m ilices fu fp en d u tourne au gra n d
» avantage du P a y s &amp; de l ’A griculture ; &amp; on
» doit p a yer fa n s regret la dépen fe des bataillons
» de recrue. »
La levée des milices s’étdht de nouveau v é ­
rifiée , il étoit jufte de foulager le P a y s de la

M ilic e s

,

�40
dépenfe des bataillons de recrue. L e Pays n’en
fut cependant pas foulagé. M . le Contrôleur
Général écrivit en 1776 à M . l'Intendant, que
la fuppreffion des Régim ens provinciaux n’a
pu opérer la décharge-, ni même la diminution
de l’impofltion des m ilices, » attendu que dé­
jà puis la p a ix , les Provinces doivent contiibuer
» à l’acquittement des dettes que l ’Etat a été
» forcé de contra&amp;er pour leur foulagement
» pendant la g u e rre , en fuppléant par des em» prunts à l’infufïifance des fommes qui avoient
» été impofées en exécution des brevets mili» taires, pour fournir à la dépenfe de ce même
n fervice.
L e P ays devoit fe flatter, que fa contribution
ceiïeroit lorfque les avances faites pour cet objet
pendant la derniere guerre auroient été rembourfées. Cependant il a continué de payer
depuis lors la même fomme de trente-cinq mille
liv re s , quoique les avances dont le Gouverne­
ment parloit en 1 7 7 6 , ayent dû être acquittées
depuis long-temps.
L e P ays fupportant la charge personnelle de
la milice &amp; celle de la garde côte, il ne doit pas
p ayer en argent. O u s’il doit p a y e r, ce n’eft
tout au plus que la fomme de dix mille livres,
qui eft le taux de l’impofition en tems de paix
pour cet objet.
Po-f^olane.
Xfrrnt Ju r ten ­
trée.

L ’entrée de la pozzolane n’ a été furchargée
d ’un droit de quinze fols par q u in tal, qu’à l’é*
poque de 1783.
L’Arrêt

�41

L ’Arrêt du Confeil qui l’établit, eut pour ob-u
jet de favorifer l’emploi de la pozzolane na­
tionale que le fleur Faujas de St. Fond prétendit
avoir découvert dans le Vivarais.
L ’objet parut d’abord intéreffant au M in iflere,
qui par des raifons particulières concéda au Sr.
Faujas de St.- Fond la moitié du droit impofé
fur la pozzolane étrangère.
Si la pozzolane du V ivarais pouvoit fuppléer
la pozzolane étrangère, il feroit fans doute juftë
de favorifer la pozzolane nationale j mais il
falloir en venir à une vérification.
Les Etats du Languedoc la provoquèrent :
le fieur Faujas de St. Fond l’accepta. En at­
tendant, un Arrêt du Confeil du 20 Août 1 7 8 4 ,
fufpendit la perception du droit nouvellement
établi. La vérification n’a point été faite } Si
cependant la perception du droit a été rétablie,
à compter du premier O ctobre 1785.
Le Pays réclama en 1 7 8 6 , qu’il y eût au
moins en Provence un dépôt de pozzolane na­
tionale. L e dépôt n’a jamais exifté 5 Si on
continue d’exiger l’impôt établi fur la p o zzo ­
lane étrangère : impôt fi deftruôteur, que le
montant excede d’un quart la valeur même de
la chofe.
Si la pozzolane efi: effentiellement nécefîaire
a une partie de nos conflruétions, &amp; que nous
en ayions dans le R o y a u m e , il faut fans con­
tredit l’em ployer de préférence , &amp; mettre les

�42
P roven çaux à même d’en a v o ir , en forçant le
fieur Faujas de St. Fond à établir un dépôt
fuffifant en Provence.
M ais fi la pozzolane nationale ne fuffit pas
à la folidité de nos ouvrages , ou fi l’on ne
peut pas nous procurer en Proven ce la facilité
d’en a v o ir , le G ouvernem ent, qui certainement
n’a pas entendu que nous irions en prendre à
grands trais clans le V iv a ra is, ne doit pas laitier
fubfifter un impôt évidemment trop f o r t , &amp;
contraire aux principes d’une bonne adminiftration. Il eft inutile d’impofer fur une matière
n écetïaire, St qu’il faut nécefiairement tirer de
l’Etranger. A u trem en t, c’eft impofer fur nousm êm es, St les impofitions font affez multipliées
pour que le P ays ne puiffe pas en fupporter
d’autres.

Rareté &amp;cherté Les moutons deviennent tous les jours plus
des bejlïaux.
chers &amp; plus rares en Provence. Il femble que
la plus grande confom m adon St le plus fort
prix dévoient engager les propriétaires à donner
à l’éducation de ces animaux une attention plus
particulière. Et cependant nous voyons avec
douleur que la population des troupeaux dimi­
nue j qu’il s’en aut de beaucoup que les do­
maines foient agrégés, com m e iîs i’étoient autre­
fois , 8c même que le peuple aie ces petits
troupeaux qu’ii faifoit jadis conduire par des
enfans.
C ’eft incontestablement le prix exceffif dufel,
dont nos troupeaux en Proven ce ne peuvent
fe paifer , qui eft la véritable caufe de cette

�. 43
dépopulation, 8c qui nous prive de l’engrais que
nous avions jadis.
C ’eft l’impoftibilité où eft le peuple d’acheter
du fel pour Ses b eftiau x, au prix exceffif auquel
cette denrée absolument nécefiaire a été p ortée,
qui eft la première caufe de la dépopulation.
La preuve en eft que dans le terroir d’A r le s ,
où le fel n’eft pas à beaucoup près fi cher qu’en
Provence, les troupeaux y font abondans &amp; la
population confidé.rable, 8c qu’a illeu rs, où le
prix du fel eft trop fo r t, on n’a exa&amp;em ent de
troupeaux qu’autant qu’ils font néceftaires pour
confommer les pâturages; 8c que l’on néglige les
pâturages particuliers procédants des fonds cultes,
qui, em ployés jadis avec écon om ie, produiSoient un nombre confidérable de m outons, 8c
fervoient ainfi à entretenir l’abondance à un
prix honnête 8c modéré.
Le Pays accorda pour l’établifTement du parc Parc de
deMarfeille différentes Sommes, en différens tems. /cille.
En 1685 &gt; Soixante mille livres.
En 1686 , cinquante m ille livres.
En 16 8 7 , Soixante mille liv re s, pour être
employées aux parcs de M arfeille 8c de Toulon.
En 1689, vingt-deux mille deux cent Soixantedeux livres.

�44

con­

tées par le P a y s , indépendamment de la
tribution générale, parce qu’on crut que le Pays
retireroit un avantage particulier de cet établiffement.

\ i^ î

Dans ces derniers tem s, le parc de Marfeiile
a été déclaré inutile, 8t même onéreux à l’Etat,
&amp; il a été vendu au profit du R o i.
C e feroit p e u t-ê tre aller trop loin que de
fuppofer que le P ays eft devenu co-proprié­
taire de rÂ rcen a l , en proportion de fa contribu­
tion particulière ; mais c’eft être jufte que de
réclamer le contingent des fommes fournies par
le P ays pour la conftru&amp;ion.
Il eft n atu rel, que fi le P ays a fourni pour
la conftru&amp;ion quand elle a été jugée utile, il
recouvre fa mife de fonds, quand l ’utilité difparoît avec l’établifiement. Il ne retire plus de
fa mife de fonds l ’avantage particulier qu’il
devoit s’en prom ettre, il eft donc jufte qu’on
la lui reftitue.
L ’Etat reprenant ce qu’il a fourni pour la
conftruêtion, le P a ys doit le reprendre auffi.
C e n’eft pas un don gratuit qu’il a fait au Sou­
verain } Sa contribution étoit inféparable de
l ’avantage qu’il retiroit de l’établifiement ; l’a­
vantage ceftant &amp; le Gouvernement reprenant
fa mife de fo n d s, il eft impoftible que le Pays
' ne reprenne pas la fienne, ou que le Gouver­
nement ne la lui reftitue pas.
Commmi/Jlon
de V a len ce.

L e Tribunal, érigé fous le nom de Commijfion

�4$
de V alence, a conftamment excité îa réclam ation du Pays. Si l ’établiiTement en devenoit néceffaire dans les circonftances où il fût déter­
miné , les chofes reprenant leur niveau , le
droit d’un chacun doit être refpeété &amp; main­
tenu.
Il eft certain que îa Provence a les titres
| les plus formels , pour que fes habitans ne^
foient pas cîiflraits des Jurifdi&amp;ions du P ays
en matière civile , &amp; à plus forte raifon en
matière'' criminelle.
Ce privilège n’eft qu’une conféquence de no­
tre union principale à la Couronne de France.
Des circonftances calamiteufes exigèrent * û
l’on veu t, en 1 7 3 3 , d’y pourvoir. Il fallut ré­
primer la licence d e .la contrebande, détruire
les attroupemens avec port d’arm es, faire ceffer les violences &amp; les meurtres commis par
les Contrebandiers qui infeftoient le D auphiné,
la Provence &amp; le Languedoc , &amp;. prévenir j
qu’à raifon de la diverfité des Jurifdi&amp;ions ,
ces bandes licentieufes échap p aient à la ven­
geance des lo ix , o u , que pourfuivies dans une
Province, e lle s . fuffent continuer leurs excès
dans une autre.
Tels furent les motifs de l’A rrêt du C onfeil
du 31 Mars 1733 , revêtu , à la vérité , de
Lettres patentes, portant établifïement de la
Cornmiffion de Valence.

|

Mais la licence réprimée, les attroupemens

�46
dîfperfiés, les violences &amp; les meurtres punis ;
l ’objet de l’érablifTement de la Commiffion ceffanü, la Com miffion devoir difparoître. Et ce­
pendant cette même Com m iffion fubfifte en­
core , &lt;k prorogeant fa Jurifdiftion bien audelà de fes lim ites, elle prend connoiflance
de ce qu’on peut appeller la (impie contre­
bande; com m e s’il n’exiftoit point en Provence
de Tribunal qui pût la réprimer ou la punir.
Ï1 efl de la dignité de votre M ajefté de faire
ceffer l'exem ple d’une Com m iffion toujours illé­
gale ; de rendre aux Tribunaux- qui méritent
fa confiance , l’exercice plénier de leur Jurifdiftion ; d’empêcher que fes fujets ne foient
traînés, à main arm ée, dans un Tribunal loin­
tain , étranger, &amp; peut-être trop prévenu en fa­
veur des droits de la F erm e; ou tout au moins
de refireindre la Commiffion de Valence dans
le véritable objet de fon inftitution , 5c de la ré­
duire à ne juger que les vagabon ds, gens fans
aveu fk fans dom icile , ceux même qui quoi­
que dom iciliés, eu s’aiTociant avec ces brigands,
&amp; fe rendant coupables des mêmes excès, per­
dent néceffairement le droit de réclamer les
privilèges de leurs concitoyens ( r ).
P rivilège de
la Compagnie
des Indes.

L e privilège de la nouvelle Compagnie des
Indes a excité avec raifon la réclamation de
toutes les villes commerçantes du Royaume. Il
enleve à l’induftrîe 5c à l’a&amp; ivité nationale le
commerce de la plus riche contrée du monde

connu.
(i) Lettre de M. le Contrôleur général du 16 Août
s/Sy, à M. le Premier Préfident de la Cour des Aides.

�47

Ce même privilège doit-il encore enchaîner
le commerce de M arfeiîle, &amp; porter atteinte à
la franchise de Ton port ?
Le port de M arfeiîle eft fran c , &amp; il doit
l’être, non moins pour l’intérêt de fon com ­
merce, que pour l’intérêt du com m erce na­
tional.
C’eft l’entrepôt général du monde com m erçant:
toute forte de navires appartenant à quelque Na­
tion que ce fo it, apportant toute forte de mar­
chai!di Tes , peut entrer librement dans le p o rt,
St fervir d’aiiment au commerce M arfeillois.
Plus les marchandifes venant de l’Inde font
précieufes, plus elles font l’objet des fpéculatipns du C om m erçant, &amp; mieux le port de
Marfeiîle doit leur être ouvert.
Condamner le commerce de M arfeiîle à y
renoncer, ou à ne les recevoir que de la main
de la nouvelle Com pagnie des In d es, c’eft la
condamner à renoncer à une branche de com ­
merce précieufe Sk à la v o ir paffer chez l’E ­
tranger.
Ou fî l’Etrang er peut enrichir le commerce
de Marfeiîle, des Marchandifes venant de l ’In d e,
il ne peut pas être prohibé aux M arfeillois de
les aller prendre aux Indes com m e l’Etranger»
Il eft même deux raifons particulières pour
ne pas priver le com m erce de M arfeiîle de faire
i£ commerce de l’Inde : l’une confifte en ce que

�la liberté encouragera des etablifiemens trèsutiles que l’on pourroit form er fur la l côte de
M a la b a r, 8t dans les autres parties de l’Afie où
il eli permis aux fujets du R o i de fe fixer &amp;
de commercer.
L ’autre, &amp; elle mérite mieux l’attention du
Gouvernement : l’induftrie du Négociant pourroit former aux Indes des cargaifons propres
pour les confommations de l’Empire Ottoman,
îuccefiïvem ent détruire le commerce que les
Arméniens &amp; les Grecs font par Bafibra , &amp;
accroître le commerce n ational, d’ une branche
de richefies immenfes.
II eft en effet certain que les frais qu’entraîne
le tranfport par Bafibra font plus confidérables
que ceux du Bengale à M arfeille, &amp; de Mar­
seille à Sm irne, Salonique ou Conftantinople.
Au lieu donc d’étouffer ce commerce naiffant, il faudroit bien plutôt encourager le com­
merce de Marfeille à multiplier les cargaifons,
com m e il l ’avoit fait avant que le p r i v i l è g e
de la nouvelle Compagnie vînt brrrer les Spé­
culations du Négociant particulier.
A u x avantages réfultans nécefiairement de
ce com m erce, on joindra encore celui de pré­
venir le commerce par interlope que le Négo­
ciant M arfeillois fait aux Indes fous pavillon
T o fca n j de ne pas inftruire Trieffe &amp; Livourne
d e s ’ routes de l ’Inde , &amp; de la maniéré dy
faire des échanges avantageux j de ne pas ac­
créditer deux places commerçantes qui jalôu-

�49

fent depuis long-tems le com m erce de M arfeille;
de conferver à la Nation le bénéfice des fre ts ,
de la formation des Matelots , &amp;. dev prévenir
que le N égociant M arfeillois, toujours avide
de bénéfice, comme tout autre, n’en gage, dans
la néceffité de faire le com m erce des Indes
par interlope, fes fonds dans un R oyau m e étran­
ger, &amp; n’accroifte un commerce depuis longtems riva! du n ôtre, à nos dépens
avec nos
propres fonds.
L’Arrêt du Confeil du io Juillet 1785 défend
d’admettre les mouftelines &amp;. les - toiles de fil
&amp; de coton venant de l’étranger dans les Bu­
reaux y dénom m és, &amp;. défigne entr’autres celui
de Sep ternes.
L’Arrêt du Confeil du 17 du même mois &amp;
an, » prohibe 1 introduction des mêmes mar» chandifes aux entrées du R oya u m e , &amp; veut
» que les marchandises confifquees fuient ren» voyées dans l ’un de nos ports francs pour y
» être vendues par vente publique, fans pou» voir en aucun cas rentrer dans le R o y a u m e .»
Ces différentes difpofitions fuppofent que M ar­
feille, comme port fran c, n’y eft point aflervi,
puifque ce n’eft qu’au Bureau de Septemes que
l’introduéfion eft prohibée, &amp;. qu’au befoin c ’eft
a Marfeille, comme l ’un des ports francs du
Royaume , que les marchandifes confifquées
doivent être renvoyées pour y être vendues,
fans pouvoir en aucun cas rentrer dans le
Royaume.

P ort franc

'Marfeille.

�Cependant le Ferm ier a voulu mettre à
exécu tio n , dans la ville de M arfeille &amp;. fon ter­
roir , les difpofitions prohibitives des deux Ar­
rêts du Confeil des io &amp; 17 Juillet 1785.
Il Ce fonde fur deux prétextes: l’un, que la
confommation perfonnelle des habitans de Mar­
feille opéreroic une diminution de bénéfice pour
les fabriques nationales, &amp;. de produit dans le
revenu des fermes 5 &amp; l’autre confifle dans la
crainte des verfemens en contrebande dans l’in-4
térieur.
C ’eft ainfi que le régime fifcal tend à anéantir
les meilleurs établiflem ens, 8c les plus profita­
bles au Public &amp; au Com m erce.
L a ville de M a rfe ille , exem pte de tous
droits par fes traités avec Charles d’Anjou, &amp;
par les différentes L o ix énoncées dans l’Edit
de P o rt-fra n c, y fut fuccefïïvem ent affervie,
jufqu’à ce qu’enfin Louis X I V , bien convaincu
» des avantages que le R o yau m e recevoit de
» la franchife de ladite V i l l e , lorfqu’elle étoit
» o b fe rv é e , &amp; combien les Etrangers ont pro» "Eté de cette furcharge, en attirant chez eux
» le com m erce qui Ce faifoit à M arfeille, re*
» nonça au bénéfice réfultant des droits alors
» exiftans, rétablit entièrement la franchife du
» P o rt de M arfeille,. &amp; afïura, par le fameux
» Edit de 16 6 9 , l’affranchifïement général de
» tout VaifTeau £k marchandifes , en entrant &amp;
» en fortant de ladite ville de Marfeille, &amp;
» la déclara libre pour toute forte de marchait» difes, de quelque nature &amp; qualité qu’elles
» puifleôt être.

�5*
Une exem ption aufîi foîem n elle, &amp; fondée
fur des motifs aufîi puiffans, n’en impofa pas
au fyfiême fifcal. On l’a vu fuccefïivement tenter
de déroger au privilège de M arfeille , fur les
mêmes prétextes que l’on emploie aujourd’hui.
Eft il quefîion de l’établifTement du droit de
marque fur l’or 8c fur l’argent? On veut y affujertir M arfeille ; êc ce n’elf qu’après un fiecle
de litige, 8c après qu’une grande partie des O r­
fèvres M arfeillois a porté à C adix cette partie
de notre induftrie p ro ven çale, que le privilège
de Marfeille eft rétabli.
S’agit-il du droit établi fur l’étain étran ger,
qui ne doit être perçu qu’au Bureau d’entrée
Le privilège de M arfeille eft encore attaqué 8c
de nouveau confirmé.
Il falloir enfin difcuter fur chaque objet par­
ticulier, au point que l’A rrêt du Confeil du io
Juillet 1703 , cherchant à rappeller le commerce
quifuyoit à Gênes 8c à L ivo u rn e, au m oyen
atteintes qu ’il recevoir .à M a rfeille, renouveîla
en quelque façon la franchife du P o r t- fr a n c ,
fur ce jufte m otif que » mieux les Réglem ens
» avoient cimenté la franchife du P o rt, 8c plus
» le commerce avoit acquis de luftre 8c d’ac» croiftement.
Vouloir donc afiervir les mouffelines 8c les
toiles de fil 8c de coton arrivant à M arfeille
aux gênes établies par les Arrêts du Gonfeil des
10 &amp; 17 Juillet 1 7 8 5 , c’eft évidem ment priver
le commerce de M arfeille de ces différentes
Warchandifes, engager le Com m erce à les porGii

�ter ailleurs, enrichir Gênes Sc L ivou rn e, dé­
truire à M arfeille cet entrepôt général du Monde
com m erçant, qui ne peut s’y maintenir qu’autant qu’il fera univerfel.
L ’habitant de M arfeille p rofitera, fi l ’on
v e u t , de l’avantage d’em ployer des mouffelines
ou des toiles de fil 8c de coton étrangères; la
contrebande pourra en core, fi l’on veu t, en
verfer quelques parties dans le R oyau m e. Mais
de quel poids peuvent être ces fortes d’inconyén ien s, avec l’avantage ineflimable de conferver à M arfeille cette branche de commerce,
de ne pas porter cette atteinte à la franchife
de fon P o r t , Sc de ne pas en éloigner tout
N a v ire , qui dans fon chargem ent, pourra avoir
des m oufîelines, ou des toiles de filSc de coton?
U eft d’autant plus étonnant que le Fermier
fe foit permis de vouloir a ffe rv ir, quant à ce,
la ville de M arfeille, que l’A rrêt du Confeil du
ï o
Juillet défignant le Bureau de Sep ternes , con­
firme par cela même la franchife du Port &amp;
du territoire de M arfeille; Sc celui du 1 7 , or­
donnant que les marchandifes confignées feoient renvoyées dans l’un des Ports francs du
R o y a u m e , fuppofe par conféquent a u fïi, Sc que
fi l’on peut ren voyer ces marchandifes dans un
P o rt franc,»on peut les ren voyer à Marfeille
pour y être ven dues, Sc que fi on peut les
ren voyer 8c les vendre à M arfeille, elles peu­
vent donc y être introduites, fans que le Fer­
mier puiffe ni l’em pêcher, ni s’en formalifer.

la

|

�}

5î
réclamation des Marchands de M arfeilîe , celle
de la Cham bre du Com m erce &amp; celle du P a y s ,
&amp; de porter une nouvelle L o i , q u i, brifant
toutes les chaînes qui affaiifent a&amp;ueilement les
I différentes branches du commerce de M a rfeilîe,
allure à l’Edit du Port franc de 1669 , St à
J la Déclaration de 1703 , cette exécution plé| niere que les mêmes L o ix lui deflinoient pour
la conservation &amp; l ’accroilfem ent du com m erce
de M arfeilîe, 8t pour le bien général de l’Etat.
Les Nations étrangères ont a&amp;uellement la
faculté d’approvifionner nos M es.

A’p provîjon nementdes 1fies
francoifes par

Bordeaux St M arfeilîe en reçoivent un pré- le,s N ations
judics ctîqfîdérable ; St le préjudice de M arfeilîe eiran£eres'
reflue nécelfairement fur la Province.
Les Etrangers, St fur-tout les A n glais, ont
tant d’avantage fur nous dans le transport des
denrées 8c des marchandifestv qu’il efl: im pofilbie
que les marchandises nationales , en concours
aux Ifles avec les marchandifes anglaifes, puilfent
y être vendues avec avan tage, 8c le N égociant
Français fe promettre des bénéfices proportion! nés à l’importance de fes avances 8c aux rifques
de la mer,
Le véritable intérêt du P ays exige donc que
nos Ifles Soient exclufivem ent approvisionnées
j de denrées St de marchandises nationales, 8c la
néceffité d’entretenir 8c de former des M atelo ts,
! qui puilfent au beSoin être em ployés dans la
Marine ro y a le , exige également que nous m ul­
tipliions les arméniens pour nos M es y 8c ils ne

rr T\

�54
pourront l’ê tre , qu’autant que leur approvifionnem ent fera le lot &amp; le partage exclu fif du
com m erce Français &amp; national.
D r o it de f o raine,

L e Pays réclam e depuis long-tems l’exemption du droit de foraine des marchandifes qui
entrent en P ro v e n c e , &amp;. des marchandifes ex­
portées de Provence par le D étroit de Gibraltar,
dans les Provinces des cinq greffes fermes.
Cette perception , que M . d’Aguefïeau qualifio it illég a le &amp; odieufe dont le Minilfere re­
connut Pinjufîice en 17 8 0 , &amp; plus particulié­
rement en 1784 » Je tro u ve, » difoit le Miniflre dans fa lettre &amp; dans une apoftille de fa
m ain, » vos repréfentations très-fondées, &amp; je
jj ne différerois pas de propofer au R oi d’y
» avoir é g a rd , en fupprimant uft droit qui ne
» devroit pas fubfifter entre deux Provinces
» qui ne peuvent être réputées étrangères,l’une
» à l’autre, fi, je ne vo yo is approcher le moT&gt; ment de réform er, par une lo i générale, plu» fleurs bizarreries de même genre en matière
w de traite j je vous affure qu’inceffamment il
jj y fera p o u rv u , &amp; que la Provence n’aura
JJ plus à fe plaindre de cette forain e, qui excite
» depuis un fiecle fe s ju jies réclam ations, n
Cette même p ercep tio n , contraire à notre
Statut de 148 0 , confirmé par Charles III, à la
décifion de Louis X I , p la cet R égi ut facïl'm ditentur P rovin ciales , quod cordi fib i eft p er maxime;
aux Edits de 1 5 4 2 , 15 4 4 , 1555 &amp; 1556, à
la Déclaration du 30 Juin 162 tr , qui exempte
des droits qu’on perçoit à l ’entrée fur les mai'

�$5

chandifes venant de l’intérieur, les Provin ces
qui ont confenti à l ’établiflement des B ureaux
à leur fortie j &amp; ces Bureaux font établis en
Provence.
Cette perception enfin qui greve le com m erce
provençal d’un double d roit, d’abord à la fortie
du Languedoc en P ro v e n c e , enfuite à la fortie
de Provence à l’E tranger, qui le greve encore
davantage par la perception fur les marchandifes qui viennent par le R h ô n e, du D auphiné,
de L y o n , des Provinces fupérieures &amp; même
d’une partie de la H aute-Provence.
Cette perception, difons-nous, fufpend l’ac­
tivité du commerce p ro v en ça l, &amp; le furcharge
d’un droit d’abord injufte en fo i, &amp;. encore
d’un double droit qui ajoute à l’injuftice du
premier.
A cette double injuftice, fe joint encore celle
d’une perception fur les marchandifes exportées
de Provence par le D étroit de G ibraltar, dans
les Provinces des cinq grofies fermes.
Si ces marchandifes étoient exportées par
terre dans ces P ro vin ces, elles feroient certai­
nement exemptes du droit de foraine. L ’avantage
ou la facilité de les y tranfporter par m e r ,
n’efl pas une raifon de les y aflujettir.
La crainte de la fraude &amp; les claufes qui peu­
vent fe trouver dans les baux des F erm iers, ne
peuvent pas m ieux juftifier la perception.

�Les acquits à caution, établis par l’Ordonnance
des Fermes , garantirent contre la frande; &amp; fi
ce m oyen eft infufïïfant, la fageffe du Gou­
vernement en trouvera de plus puiflans.
Quant aux b a u x , ils fuppofent îe droit déjà
é ta b li, &amp; ne le créent pas. C ’eft par les Loix
qu’on doit juger les b a u x , &amp; non les L o ix par
les baux.
Il eft de la juftice de V otre M ajefté de faire
aujourd’hui cefter des plaintes qui de tous les
tems ont été reconnues légitimes. En 1780, le
Gouvernement ren voya à la p aix: la paix furve n u e, on nous annonça en 1784 » un arran» gemenr général, d’après lequel la Provence
» n’auroît plus à fe plaindre de cette foraine,
» qui excite depuis un fiecîe fes juftes réclan mations. » Il eft donc tems d’accueillir des
plaintes dont la juftice a toujours été reconnue.
D r o its fu r h
tr a n fp r t, îe n ­
trée &amp; Ut c ir c u ­
la tio n d s vin s
a M a rfeille,

La partie méridionale de la Provence abonde
en v in , &amp; la confom m ation, ou îe commerce
de M arfeille, en font le principal débouché.
J ad is, &amp; lorfque M arfeille v iv o ït fous le ré­
gime de fon Statut particulier qui prohiboit
l ’introduâdon de tout vin étranger, il étoit na­
ture! que les vins introduits à M arfeille, étant
cenfés ne pouvoir y être con fom m és, étoient
également cenfés n’avoir qu’une deftination pour
l ’Etranger ; &amp; il devenoit jufte de les adervir
au droit de forain e, quoique une foule de loix
&amp; de réglemens exemptaftent de ce même droit
toutes les denrées de Proven ce deftinées pout
la confommation de M arfeille.

Les

�57

Les Lettres patentes de 17 7 6 ayant fait difparoître le privilège exclusif de la ville de
Marfeille, la Communauté de cette V ille établit,
conformément au droit qu’ont toutes les C o m ­
munautés du P a y s , d’abord un droit de 30 fols
fur l’entrée des vins étrangers , &amp;. enfuite une
reve particulière de 12 fols fur les Revendeurs
1 de ce vin étranger.
D ’autre part, le Ferm ier perdant de vue que
les Lettres patentes de 1723 n’avoient fournis
au droit de foraine les vins de P rovence allant
à Marfeille, que parce q u e ,d ’après le Statut de
Marfeille, ils étoient cenfés ne p ou voir y être
confommés, continua de percevoir le même
droit de 15 fols 4 deniers fur tous les vins quel­
conques, fans difïin&amp;ion , s’ils étoient deftinés
pour la confommation ou pour le com m erce
de Marfeille.
En forte que les vins de Provence entrant à
Marfeille font aujourd’hui grévés , abftraêtion
faîte des frais de charroi , de trois différens
droits.
l.

f.

d.

De la reve . . . . . . . .
30
De la foraine
.
. . .
. . .
154
De la reve in té rie u re ........................ 12
2 17 4
-Les vins provençaux fubilfent ces différens
droits, lors même que les vins de Catalogne
arrivant à M arfeille y jouiffent du bénéfice du
port franc, &amp; font par conféquent exempts du
droit de foraine de 15 fols 4 deniers.
H

�Il eft cruel que les vins de P ro v e n c e , defli.
nés pour la confommation de M a rfe ille , n’ayent
pas à M arfeille le même privilège que les vins
étran gers, &amp; que les vins de Catalogne ayent
fur eux l’avantage de l ’exem ption du droit de
foraine.
L e Gouvernement fut frappé de l’injuftice de
cette préférence. Il propofa de réduire le droit
de foraine pour une année à fept fo ls , au lieu
de q u a to rze, &amp;. d’établir fur les vins étrangers
un droit d’entrée à M arfeille de vingt fols par
m ilierole.
M ais M . de V ergen n es, M inière des affaires
étrangères, auquel le projet fut communiqué,
ne voulut pas y donner fon adhéfion , fur le
fondement que les traités de com m erce avec les
Nations voifines s’oppofoient à fon exécution:
en forte que les vins de Catalogne continuent
d ’avoir fur les vins de P roven ce à Marfeille,
l ’avantage de l ’exem ption du droit de foraine.
Il paroît bien jufte de conferver aux vins
de Proven ce ? deftinés pour la confommation de
M a rfe ille , l ’exem ption du droit de foraine dont
jouiffent toutes les autres denrées qui ont la
même deftination, &amp; dont nous ofons dire que
les vins ont joui de tous les tem s, puifqu’à l’épo­
que des.Lettres patentes de 1723, les vins étrangers
ne pouvaient entrer à M arfeille que par tranfit.
Rien ne fera plus facile que de diflinguer
les vins deftinés au co m m erce, de ceux qui le
feront pour la confom m ation de Marfeille*

�.5 9

Ces v in s , alternativem ent fournis aux trente
fols de la r e v e , ou aux quinze fols quatre de­
niers du droit de foraine, payant l’un ou l ’autre,
feront néceffairement exempts de l ’un des deux,
&amp; en repréfentant lors de l’embarquement l’ac­
quit de la reve qu’il faudra re flitu e r, le droit
de foraine fera par conféquent au cas d’être
acquitté. Et a in fi, par un heureux accord ,
les droits de la M unicipalité deviendront
garans des droits de la foraine.
I

II ne faut pas que la crainte des abus prive
la Provence de la facu lté, d ’avo ir dans la confommation de M arfeille, un débouché aufïï avan­
tageux que la Catalogne.
Il efl encore de la juftice de V o tre M ajeflé
de fupprimer cette reve intérieure de douze
fols que la Communauté de M arfeille a établie
fur la revente des vins étrangers. Quand une
fois le vin étranger a p ayé la reve de trente
fols, il a été en quelque façon naturalifé. Il
n’eft donc pas jufte qu’on le furcharge encore
d’un nouveau droit.
Ce font les très-humbles &amp; très-refpeûueufes
repréfentations que préfentent à V o tre M a je flé ,
SIRE,
D e V otre M a je flé , les très-humbles
très-obéifïans 8t très-fideles fujets
Les Procureurs des Gens des Trois
Etats de votre P a y s &amp; C om té de
Provence»

Hij

�6o
Relation des
du.

M ondit Seigneur l’Evêque, de Senez a dit :
que le Bureau s’eft également occupé de la
relation des affaires du P ays faite par M. l’Affeffeu r, dans la féance du troifiem e de ce mois;
cette rélation doit être tranfcrite dans le Procèsverbal de l ’A flem blée.
C e qui a été délibéré.

Teneur de la Relation fa ite par M. VAffejfeur dans
la féa n ce du j de ce mois.
V ingtigm es.

En exécution de la Délibération de l’Affemblée
renforcée du premier février, nous avons ob­
tenu un A rrêt du Confeil qui répartit fur tous
les Corps contribuables le fupplément à l’abon­
nement des Vingtièmes offert par les Etats, &amp;
qui fait mention de la remife de cinquante mille
livres. Mais M . le Contrôleur Général obferve
que la remife n’auroit lieu que pour cette année.

^
j
Nous avons également obtenu un Edit qui
trois ,millions autorife L P ays à ouvrir un emprunt de trois
pour le compte millions' pour le com pte de Sa M ajefté, &amp; à
du R o i.
1 cumuler ce nouvel emprunt avec les capitaux
qui reftent dûs fur les précédens.

M . le Contrôleur Général nous a autorifés à
retenir, tant pour le payem ent des intérêts, que
pourie rembourfement descapitauxd.es emprunts,
non feulement le dixièm e de la dette totale,
mais même la fomme de neuf cent mille livres.
L e même Edit contient l’exemption formelle
du droit d’amortiffement pour toutes les rentes,
acquifes dans cet emprunt par les gens de mai^

�6î
morte, ou qui pourroient leur être cédées en
acquittement de dettes, fondations, dotations,
&amp; autres emplois de cette nature.
L’Edit a été enrégiflré a u x 'C o u rs , 6c le T ré forier du P ays a été autorifé à p ayer aux prê­
teurs l’intérêt de tout le mois pendant lequel
ils auront verfé leur argent dans fa caille.
Nous nous fommes occupés de la rédaction
du Cahier qui doit être préfenté à Sa M a je fté ,
conformément au vœu' de la derniere AiTemblée.
Nous y faifons des repréfentarions fur l’im pofition de la milice.
Sur le droit de quinze fols à l’entrée des
pozzolanes étrangères.
Sur les droits exceffifs impofés fur le tranfport,
l’entrée, 5c la circulation des vins à M arfeille.
Sur les fommes fournies par le P a ys pour
le parc 6c l’arcenal de M arfeille.
Sur la rareté 6c cherté des beftiaux occafionnées par l’excès du prix du fel.
Sur l’établiffement 6c les privilèges de la C om ­
pagnie des Indes.
Sur l’approvifionnement de nos M es par les
Neutres.
Sur la franchife du port de M arfeille.
Sur la com m ilîion de V alence.
Sur le d ro it de fo ra in e d e

Languedoc

C a h ie r

des

remontrances.

�62
Provence , &amp; du D étroit de Gibraltar dans les
ports des Cinq grofies fermes.
Nous aurons l’honneur de vous en faire la
leéfcure.
Impojîtion des
Communautés.
Etat des arré­
rages dàs au lieceyeur„

Procès de la
Communauté de
Bandai.

Foire franche
de la Seyne.

Canal de Peyrolles.

Centre de cor­
respondance,

Nous avons veillé avec la plus grande at­
ten tion , à ce que chaque Communauté fît une
im pofition fuffifante pour l’acquittement des
deniers du R o i &amp; du P a y s , &amp; pour l’extinc­
tion des arrérages dûs aux Receveurs, des Vigueries. Nous mettons fous vos y e u x l'état de
ces arrérages.
Nous avons écrit au fieur Bigot de Préameneu,
Confeil des E tats, pour qu’il fît folliciter en
faveur de la Communauté de Bandol,dans
l’inftance en réglement de Juges pendante au
Confeil de Sa M ajefté , entre cette Commu­
nauté &amp; M . le Marquis de Bandol.
Nous avons également follicité l’établiflenient
de la foire franche que la Communauté delà
Seyne demande , ainfi que la franchife des ma­
tériaux deftinés à la confirmation &amp; équipement
des navires.
Nous n’avons pas perdu de vue la conftruftion
du canal particulier de Peyrolles. Nous avons
prié le fieur B igo t de Préameneu de faire re v ê tit
de Lettres patentes l’A rrêt du Confeil du mois
d ’A oût 1 7 8 6 , &amp; de nous les faire pafier inceffamment.
N ous

a v o n s é ta b li un c e n tre d e correfpou0

�6l

dance, dont les Etats s’étoient o ccu p és, pour
procurer au Pauvre ap pu i, &amp; défenfe contre les
vexations des Fermiers &amp; des Régiffeurs des
droits du R o i. A cet e ffe t, nous avons annoncé
à l’Affemblée du T ie rs, &amp; l’article fera imprimé
dans le P ro c è s-v e rb a l, que chaque particulier
qui fe croira injuftement attaqué, pourra référer
fes plaintes aux Chefs de V igueries; que les
Chefs de Vigueries les référeront aux fieurs
Procureurs du P a y s , &amp;. qu’on doit attendre de
leur zele, qu’en ne s’oppofant point à la per­
ception des droits légitimement dûs, ils trouve­
ront le m oyen d’empêcher q u ’on leur donne
des extenfions arbitraires &amp; injuftes.
Nous n’avons pas perdu de vue la fupprefPéage desCéfion du péage des Céleftins, dans le cas où les LjUns &amp;de L ubiens de l ’Ordre cefferoient d’appartenir à ces ^UTes'
Religieux.
Conformément au vœu des E tats, nous avons
eu l’honneur d’écrire à M onfeigneur l’A rch evê­
que de Sens, &amp; nous lui avons fait fentir l ’in­
térêt que le P ays avo it à la fuppreffion du péage
de Lubieres, fi celui des Céleftins étoit fupprimé, &amp; la néceffité qu’il y a v o it, en ce ca s,
de pourvoir à l’indemnité du propriétaire.
Nous n’avons pas perdu de vue le jufte téL e S t. Tour*
moignage de reconnoifiance que les Etats' fe natoris.
font empreffés de donner au fieur Tournatoris.
Demande du
Nous avons référé leur vœ u à M gr. le Baron C
^ dT, de Sh'
de Breteuil ; nous avons fupplié M gr. l’Archeu c°
vêque d’A ix d’appuyer la demande de tout fon

crédit.

�64
L e 12 M ai nous reçûmes une lettre de Mgr.
le Baron de B reteu il, qui nous m arquoit que
ceî objet n’étoit pas de fon départem ent, &amp;
qu’il falloir s’adreiïer à M . A m e lo t, Secrétaire
de l’O rdre du St. Efprit. Nous nous fommes
adreffés en conféquence à M . A m e lo t, &amp; nous
en prévînmes M gr. l’A rchevêque d’A ix .

Bibliothèque
H refte encore quelques cailTes de livres à
' A v ig n o n , dépendans de la Bibliothèque léguée

du P a y s.

au P ays par M . de Mejanes, Ces livres fout
emballés St prêts à être tranfportés ; mais ils ne
peuvent paffer du Com tat en P ro v e n c e , qu’auîant qu’ils auront été vérifiés par la Chambre
fyndicale de Nîmes. C e feroit un embarras &amp;
un furcroît de dépenfe. Nous avons agi auprès
de M gr. le Garde des Sceaux, à l’effet d’ob­
tenir la permiffion de faire paffer directement
à A ix , St fans vifites, ces différentes caiffes,
St nous eûmes l’honneur d’en prévenir Mgr,
l ’A rchevêque.

Elevss j ans Les Etats fe font occupés avec raifon de la
l'an des accou - formation d’un hofpice pour form er des Eleves
chemens.
dans l’art des accouchemens ; ils nous chargè­
rent de nous informer des m oyen s, à l’aide
defquels un pareil établiffement a été fait à
A r le s , afin que la préfente Affem blée pût s’en
occuper utilement.
Nous avons écrit à M M . les Confuls d’Arles,
St ils ont eu la com plaifance de nous répondre,
Nous avons également pris des renfeignem ens
du fieur P o n tie r, dont les lumières dans l’art

des

�Chargés fpécialement de conférer avec le fieur Affouagement
Reguis, Conful de Sifteron, M e. B lan c, A gent &amp;afflorinçment
des Etats, &amp; M . G affier, Syndic de robe dégén érai.
l ’Ordre de la N o b lefte, fur l’opération conjointe
de l’affouagement 8t de l ’afflorinement général,
&amp; de dreller de concert un état des différentes
queftions qui peuvent fe présenter fur l’objet
de l’opération, fur les m oyens d’exécution &amp;
fur la dépenfe ; d’une p a rt, nous avons demandé
aux principaux Experts du Pays des renfeignemens fur différentes queftions relatives à l’opé­
ration 3 Si de l’ a u tre, nous avons engagé M .
Gaffier à nous affigner quelques conférences,
dès que M . Reguis feroit en cette ville.
Quelques-uns des Experts nous ont répondu,
&amp; M. Gaffier nous a affurés que quand M .
Reguis feroit en cette v ille , il fe prêteroit v o ­
lontiers à nous donner des conférences , lors
defquelles on pût correfpondre au vœ u des
Etats, de l’Affem blée interm édiaire, &amp; des trois
Ordres.
Nous avons écrit à M grs. les Archevêques £: Bâtards. GraEvêques, pour les prier de faire publier au Bficauon de 1 z
Prône, dans toutes lesParoiffes de leurs D io cefes, Ju ' , auxn Cu- S
p
que tout ch ef de famille qui fe charge d’un en- chargent ïen fant trouvé pris dans les H ô p itau x,fo it du P a y s , f ans pris a u x
foit des Terres adjacentes, recevra la gratifxca- H ôpitaux.
tion annuelle de douze livres accordée par Sa
Nourrices,
Majefté, fuivant l ’A rrêt du Confeil du 9 D é ­
cembre 1769.
I

------ -- ---- . — ...... .. -w.„

des accouchemens font connus. Nous aurons
l’honneur de mettre fes obfervations fous vos
yeux.

�66
Il efl â efpérer que ce m o y e n , qui fut in­
diqué par l’A ffem blée du premier F é v rie r, pro­
curera à nos H ôpitaux une partie du foulagement dont ils ont effentiellem ent befoin.
Nous n’avons pas écrit à M . le Contrôîenr
général la lettre déterminée par l’AfTemblée du
prem ier F é v rie r, &amp; qui tendoit à obtenir de
Sa M ajeflé un encouragement en faveur des
nourrices qui fe chargeroîent des enfans trouvés.
L a difficulté de fixer cet encouragement &amp; de
défigner la fomme à laquelle il pourroit fe
m o n te r, ou foit toute autre vue générale dont
l ’objet peut être fu fcep tib le, nous ont déter­
minés à ne rien faire que d’après le vœu de
l’AïTembîée particulière renforcée.

H6 itaux
V in g tièm es

leurs

biens.

M . Pafcalis, AfTefTeur d’A i x , Procureur du
'de P a y s , a dit: que les H ôpitaux ont reçu une lettre
circulaire de M . l ’Intendant , pour fournir la
déclaration des biens qu’ils pofîeden t, à l’effet
de fervir à la perception des vingtièmes &amp; fols
pour livre que le R o i entend être levés fur les
biens des Hôpitaux. Jufques à préfent on avoit
penfé que les biens des H ôpitaux ne dévoient
pas être fournis à une impofition particulière
pour les vin gtièm es, foit par la nature de leur
d o n a t i o n , foit parce que les H ôpitaux étoient
cenfés exempts de cette im p o fitio n , au moyen
des fommes que les biens eccléfiaftiques payent
au R o i , pour tenir lieu des vingtièmes. Les
Directeurs de plufieurs H ôpitaux fe font adrefTés
à rAdm iniftration intermédiaire ( pour lui de­
mander confeil &amp;. appui.

�67
L ’Affem blée coftfidërant que les biens des
Hôpitaux doivent faire partie, ou des biens eccléfiaftiques, ou des biens de l’O rdre du Tiers 5
que fous l’un ou l ’autre de ces deux rapports,
il efl impoffîble de les foumettre à une impofition particulière; a chargé jM M . les Piocureurs
du Pays de fuivre cette affaire avec tout le zele
&amp; l’intérêt que la caufe des Hôpitaux infpire,
&amp; de recourir à tous les m oyens que leur pru­
dence leur fuggérera, pour fouftraire ces établiffemens de .charité à une charge qui leur avoit
été inconnue jufques aujoutd’hui.

D u dixième dudit mois de Juin.
Onfeigrieur l’Evêque de D ig n e , Prëfident
du Bureau des travaux publics, a dit :
ne attention fcrupuîeufe à m énager, à refpeéfer
les intérêts particuliers des V ig u eries, des villes,
des Communautés moins principales &amp; des par­
ticuliers, a conftamment diftingué TAdm iniftration de Provence de toutes les autres, &amp; juftifie
l’affeftion du Provençal pour fon Gouvernem ent
particulier.
La lenteur de votre décifion définitive, pour
l’emplacement du chemin de T oulon à Ja V a ­
lette, a bien prouvé vo tre crainte de nuire ou
même d’afffiger: Peut - être l’application d’un
principe fi bon en f o i , a été portée trop loin
&amp; nous ne devons pas annoncer une conduite
femblable pour l’avenir.
Lés fieurs Bonnard &amp; Beaumond, Ingénieurs

du Pays, ont rendu compte au Bureau de leur

Emplacement
du chemin de
Toulon à La V a lette.

�63
miffion &amp; de leur travail. T rois alignemens divers ont été mis fous les y e u x du Bureau 5 des
cartes defcriptives des terreins environnans, des
cam pagnes, des plantations, des bâtimens qm'
peuvent intéreffer dans la q u efiio n , nous ont
tranfportés, pour ainfi. d ire, fur le local même;
nous avons reconnu à cette occafion que la
direction par la ligne la plus d ro ite , lorfqu’elle
efï p o fîib le , efi toujours la plus avantageufe,
D ’après ce p rin cip e, l ’alignement qui coupoit
un petit bois d’agrément au-defTous de la maifon
du fleur G ran et, nous fem bloit au premier coupd’œil le meilleur de to u s , quoiqu’il retombât
au même point, fujet de eontefiation entre M.
de Drée St Madame de Lepine. Après ce projet,
le nouvel alignement projetté par le fleur Bon­
nard nous a paru le plus conform e aux prin­
cipes. L ’apperçu de la dépenfe totale de ce der­
nier plan s’élève à cent vingt mille liv res, tous
frais &amp; dépenfes, foit anciennes, foit nouvelles
utiles ou inutiles com prifes, à l’exception de
l ’em placem ent, même pour le chemin dont on
préfente le p rojet; St l ’évaluation de tous les
projets doivent être entendus avec cette même
claufe.
L e dernier qui a fixé l’attention du Bureau,
eft celui qui profite de toute la partie du chemin
déjà fa ite, jufques à la croix de V id a l, des autres
parties faites ou préparées, Sc q u i, fans exiger de
nouvelles démolitions im portantes, met à profit
les opérations déjà faites à cette occafion. L ’ap­
perçu de la dépenfe totale, pour porter l’ouvrage
à fa perfection, s’élève à cent trois mille livres.
Ï1 a été reconnu que ce projet exécu té, donneroit un chemin fo lid e , Sc que les coudes &amp;

�6g
finuofltés qui le rendent moins agréable aux
y e u x , n’alongent dans la vérité le chem in, que
de dix à douze toifes.
Ce double inconvénient nous a fem blé cornpenfé fît comme effacé à nos y e u x , par les inconvéniens majeurs des deux autres projets dont
l’exécution exigeoit la perte d’un grand nombre
d’oliviers p récieu x, une forte de ravage fît de
dévaluation dans un local très-voilîn de la pre­
mière , St fur les mêmes p rop riétés, des indem­
nités effrayantes, des réclamations les plus vives
annoncées de toutes parts, la confidération d’une
économie im portante, fît que les befoins du
Pays rendent infiniment néceffaires; tous ces
motifs réunis fît amplement difcutés, ont déter­
miné le Bureau à vous propofér de profiter de
toutes les parties du chemin faites ou préparées,
de diriger l’alignement entre le jardin de M . de
Drée &amp; le corps de logis d’habitation de M adam e
de Lepine, conformément au plan qui fera figné
&amp; paraphé, ne va rietu r , de maniéré qu’entre la
propriété de M . de D rée St celle de M adam e
de Lepine, l ’emplacement total du ch em in , y
compris les fo ffé s, fera de fix toifes quatre pieds
au moins.
Ces foffés, ne pouvant avoir que trois pieds
dans œ uvre, feront creufés à p ic , revêtus en
maçonnerie, St garnis d’un parapet aufii en (im­
pie maçonnerie, dans la partie feulenient ou ce
procédé eft néceffaire, fît l’Ingénieur fera autorifé à faire tous les coupemens St démolitions
néceffaires à l’exécution dudit p la n , qui fera
commencé le plutôt poffibie. L e Bureau a en-

�7°
core penfé q-u’on cîevoit accorder trois mille
fept cent livres à l’Entrepreneur, pour toute in­
demnité. de la fufpenfion des travaux 8t des
changemens ci-deflus. T elle eft la fomme à la
quelle les Ingénieurs ont évalué cette indemnité.

L ’A ffemblée a adopté
Bureau.

Gratification
aux St s. Bon­
nard &amp; Beau­
mont , Ingé­
nieurs du Pays,
&amp; rembourse­
ment de Leurs
depenfes.

en entier l’avis du

M ondit Seigneur l’Evêque de D ig n e , a dit:
que les fleurs Bonnard &amp; Beaumont ont été
em p lo yés, pendant plus de quatre m o is, à la
levée des plans St aux operations relatives à
l’emplacement du chemin de Toulon à la Valette.
Ils ont rempli leur million avec zele St intel­
ligence. Chacun d’eux a été obligé à des dépenfe-s particulières. Le Bureau a penfé que les
circonftances exigeoient, pour cette fois, une
dérogation à la réglé générale, 8t qu’on pourroit accorder aux fieurs Bonnard 8t Beaumont
une gratification de fept cent cinquante livres
pour chacun d’e u x , à raifon du travail extra­
ordinaire qu’ ils ont fait, fans tirer à conféquence,
ainfi que le remboursement des dépenfes faites
à cette o ccafio n , fuivant l’état qu’ils en don­
neront, St qui fera arrêté par M M . les Pro­
cureurs du P a y s ; St au m oyen de c e , aucun
de ces deux Ingénieurs ne pourra rien prétendre
pour les aides ou piqueurs qu’ils auront em­
p loyés ou em p io yeron t, pour les détails d’opé­
rations arréragées 8t qui ont été fufpendues dans
les deux départem ens, pendant leur féjour à
Toulon .

Ce qui a été délibéré.

�71

Mon dit Seigneur PEvêque de D igne a dit :
p e p tn fe s
Qu’il a été préfenté au Bureau , divers états f a tes Pour ^es
de dépenfes faites pour rétablir plufieurs parties
de route dans l’intérieur du P a y s , en des en- Jouvrages ^
droits où le paflage fe trouvoit intercepté, &amp; bncs^
pour des réparations prenantes à quelques o u ­
vrages publics ; favoir : fur le chemin de T oulon
à la V a le tte , pour la fomme de cinq cent vingtune livres d ix -h u it fols fix deniers ; fur le
chemin de T oulon à H ieres, pour la fom m e
de
fur la route d’A ix à P o u rc io u x , pour la fom m e
de trente - fix liv r e s , montant de l’indemnité
qu’il a fallu accorder au Ferm ier du moulin
de llo u fie t, à Foccafion de la chûte d’un pont;
dans le terroir de Sen as, pour treize cent cin­
quante-trois livres quatre fo ls , em ployées à la
réparation des digues qui défendent les terroirs
de Senas &amp; d’O rgon ; dans le terroir de G ra fie,
pour la fomme de vingt-cinq liv r e s , en fus de
huit cent liv re s, dont la dépenfe avoit été dé­
libérée par les Etats ; Sur le chemin d’A ix à
Pourcioux, dans le terroir de la G alin iere, pour
neuf cent vingt-huit livres , dont il n’eft plus
dû que trois cent vingt-huit iivres à l’Entrepre­
neur ; pour des réparations preflanîes au pont
d’Artuby, route de Caftellane à D raguign an ,
deux cent foixante-dix-fept livres feize fois ; pour
des réparations dans le terroir de Sillans , à
l’effet de rétablir le pafiage qui étoit intercepté,
eent quatre-vingt dix-neuf livres ; pour des foliés
an chemin de la montée d’A vignon , dans le
terroir d’A i x , cent vingt livres ; pour la confttuSion de deux rampes de raccordem ent fur
le chemin neuf de Toulon à la V a le tte , deux

�72
cent cinq livres onze fols j pour des réparations
faites dans le mois de décembre dernier par le
fîeur M illo u , au vieu x chemin de Toulon à
la V alette, onze cent vingt-fept livres huit fols
dix deniers, dont neuf cent cinquante-neuf livres
dix-neuf fols dix deniers pour o u vrag es, &amp; l’ex­
cédent pour dommages caufés dans le domaine
de l’H ôpital pour l’extraââon des matériaux;
pour des réparations fur le chemin de Manoique
à la B rillanne, cent vingt livres: L e Bureau,
après avoir vu les états de dépenfe lignés de
l ’Ingénieur du Départem ent , &amp; vérifiés par
l’Ingénieur en c h e f, a penfé que toutes ces
dépenfes dévoient être allouées,.
C e qui a été délibéré.
M ondit Seigneur l’Evêque de D igne a dit :

Chemin $ A p t

à Aix, &amp;JApt Q ue je p ayg fait conftruire, dans le terroir de
«■-Avignon , B on n ieux, dépendant du C o m ta t,d e u x chemins,
dTL m/eux/ run d’A Pc à A i x &gt; &amp; rautre d’Apr à Avignon.

L ’Adminiftration du Com tat d e m a n d e que le
P ays f e foumette à entretenir à perpétuité ces
deux chemins dans le terroir de Bonnieux, &amp; j
qu’on fixe dans cette partie les limites d e s deux
Provinces. L e Bureau a penfé que M M . les
Procureurs du P ays dévoient être chargés de I
traiter cette affaire avec M M . les Adminiftrateurs
du C o m tat, &amp; de donner leurs foins à ce que
la fixation des limites foit faite avec économie,
C e qui a été délibéré.

Communauté ' M ondit Seigneur l’Evêque de Digne a dit:
Senas.
Q ue la Communauté de Senas demande la cont'

'

tru&amp;ion

�73

traction de trois éperons empierre* pour fortifier R e j e t de U J e ­
un ouvrage en bois fait dans fon territoire. E lle man^ f 11 ou~
affure que la dépenfe n’excéderoit pas la fomme vrage aam fon
de quatre mille livres. L e Bureau a penfé que tL r
cette demande devoir être rejettée.
Ce qui a été délibéré.
Mondit Seigneur l’Evêque de D igne a d it: Enchères pour
Que le devis d’une réparation à faire au pas la réparation,
d’Auquette, fur le chemin d’A ix à D ign e, avoit au Ess d’Auété expofé aux en ch ères, avant le Réglem ent Suei;t;e*
fait par les E tats, &amp; fuivant les formalités qu’on
obfervoit alors. Il ne s’eft préfenté d’O ffrans,
qu’après la publication du Réglem ent fait par
les Etats.' On a demandé fl les enchères dévoient
être continuées fuivant l ’ancien u fage, ou fi la
réparation devoit être de nouveau expofée aux
enchères, en conform ité du Réglem ent. L e B u ­
reau a penfé qu’elle devoit être riiife de nouveau
aux enchères, &amp; qu’on devoit fuivre toutes les
formalités prefcrites par le Réglem ent.
Ce qui a été délibéré.
.Mondit Seigneur l’Evêque de 'D igne a dit :
Chemin de
Que les Communautés de R o u giés, de N an s, Nansà Auriol.
&amp;. de Saint-Maximin fe plaignent du mauvais j^ bnjfam nt
état du chem in , depuis le cabaret de Nans juf- ^ J^auonnaiques à Auriol. L e Bureau a penfé que le bail
d’entretien de cette route devoit être réfilié ,
qu’il conviendroit d”y établir des flationnaires ,
&amp; qu’il feroit rendu compte de ce tra v a il, 8c
de la* dépenfe , à l’A ifem biée du quatrième
Novembre prochain.

K

�.74

C e qui a é t é délibéré.
Chemin de
M anofque à S t.
M a rtin .

M ondit Seigneur l ’Evêque de D igne a dit:
Q u ’on demandoit la réparation du chemin de
V iguerie aliant de M anofque à Saint-Martin.
L e B u reau , inftruit de l’état de dégradation de
ce ch em in , &amp;. de l’importance de cette com­
munication , a penfé que M . N eviere , ConfuI
de, F o rca lq u ier, &amp; C h e f de V ig u e rie , afliftant
à cette A iïem b lée, devoit être chargé d’en faire
délibérer la réparation dans la prochaine Aflerablée de la V iguerie.
C e qui a été délibéré.

P i q u e u r em -

M ondit Seigneur l’Evêque de D igne a dit:

p l o y é p a r le S r .

Q ue ie fieur R o u g e t, Ingénieur au département

R o u g e td a n s jo n
D é p a r t e m e n t.

*

^ D raguign an , a été malade pendant une partie
, &amp; de la préfente année 1788.
Il a été obligé d’em ployer un Piqueur pout
lui rendre com pte de l ’état des tra va u x , &amp; des
atteliers de fon Départem ent. L ’état des jour­
nées de ce Piqueur , à raifon de cinquante fols
par jo u r , monte à la fomme de fix cent qua­
tre-vingt-dix livres. L e Bureau a penfé qu’il y
avoit lieu de faire p ayer cette fomme.

(jg pann£e

C e qui a été délibéré.
M ondit Seigneur l’E vêque de D igne a dit:
Q ue le fieur M illou avoit été ch a rg é , enfuite
SoL- d’un ordre de FAdminiftration , de la réparation
du chemin de Cuers à Solliers. Cet ordre a
été annullé. Il a été fait un devis pour être
expofé aux enchères. L ’Entrepreneur demande

�75

le payem ent de la dépenfe faite jùfques à ce
jour. On n’a pas remis au Bureau l’état de cette
dépenfe vifé par l ’Ingénieur en ch ef &amp; l’Ingé­
nieur du Département.
L ’AlTemblée a ren voyé à flatuer fur cette
demande dans l’A flem biée du quatrième N o ­
vembre prochain.
Mondit Seigneur l’Evêque de D igne a dit : P o t e a u x d 'in Q u’il a été préfenté au Bureau un état de dé- d i c a t i o n , d a n s
penfe , montant à la fomme de cent quarante- le D é p a r t e m e n t
quatre livres d ix-n eu f fo ls , pour des poteaux de D r a g u ig n a n *
d’indication qui ont été placés dans l’étendue
du Département dé Draguignan. En allouant
cette dépenfe,, le Bureau a obfervé qu’il conviendroit de propofer aux prochains Etats de
flatuer, qu’à l’avenir les bivoies feroient conftruites en p ierre, &amp; placées dans les endroits
feulement, où elles feront d’une abfolue nécdïitê.
Ce qui a été délibéré.
Mondit Seigneur l’E vêque de D igne a dit : D ig u es
Que le Bureau , fur la leêture du Procès-verbal g 0n.
du fieur Aubrcfpiri , Ingénieur au Départem ent
d’Orgon, du 25 février d ern ier, avoit penfé
qu’il n’y avoit lieu à délibérer fur la-dem ande
des Confuls d’O r g o n , tendante à une augm en­
tation aux digues conftruites dans ce terroir.

d’Or.

L ’AfTemblée a adopté l’avis du Bureau.
Mondit Seigneur l’Evêque de D igne a dit : Digues de Btuk
Que l’AfTemblée des Communautés de J 786 avoit beiitane.
K ij

�7
délibéré , fur la demande de la Communauté
de Barbentane, que M M . les Procureurs du
P ays feroient vérifier l’état du terroir de cette
Communauté 5 pour conftruire , s’il étoit néceffaire, des digues fur les bords du rhône. Cette
vérification n’a point été faite. On la fol licite
aujourd’h u i, fît le Bureau a penfé que l’Ingé­
nieur du Département devoit accéder fur les
lie u x , pour faire cette vérification, fît en rendre
com pte à l’Afiem blée du quatrième Novembre.
C e qui a été délibéré.
D i g u e de M e r in d o l.

M ondit Seigneur l’Evêque de D igue a dit:
Q ue des conteftations s’étoient élevées entre la
Communauté de M alem ort, M . le Commandeur
d’A ix d ’une p a rt, fît la Communauté de Merind o î , fur une digue conftruite dans le terroir de
cette derniere Com m unauté, fît qu’on prétend
être offenfive, &amp; caufer un préjudice confidérable
au terroir de M alem o rt, St au domaine de St.
Jean , dépendant de la Com m anderie d’Aix.
Les Parties ont convenu de s’en rapporter à
la décifion de M M . les Procureurs du Pays,
qui voudront bien fe rendre fur les lieux avec
les parties intérefiees, St leurs défenfeurs.
L ’ AiTemhlée a prié M . Pafcalis , Afieffeur
d’A i x , Procureur du P a y s , de vouloir bien fe
charger de cette commiffion.

C h e m in
D ig n e à

M ondit Seigneur l’Evêque de Digne a dit :
G a u - Q ue ie chemin d’A ix
à D igne , paffant pat. j
E ftoub lon , étoit en très-mauvais éta t, dans la1 ;
partie allant de D igne à Gaubert $ c ’eft la feule
de

�j
!

77

partie qui refie à réparer. Plufieurs ouvrages
considérables, qui ont été faits fur cette ro u te ,
deviendroient inutiles fans cette réparation. L e
Bureau a penfé qu’on pourroit dépenfer huit
cent livres pour réparer cette partie de ro u te ,
&amp; qu’il falloit veiller avec exa&amp;itude à l’en­
tretien de la totalité du chemin.
Mondit Seigneur l’Evêque de D igne a d it :
Chemin de
Que la Communauté de Forcalquier demande Forcalquier h
que le chemin de Forcalquier à M anofque foit Manof î ue'
réparé. Le Bureau a penfé qu’il pouvoir être
employé à ces réparations la fomme de mille
livres, à prendre fur les fonds de l’entretien des
chemins, &amp; que ce chemin ainfï réparé devoit
être enfuite donné à l’entretien, aux formes du
Réglement, &amp; d’après le devis qui en fera drefie
par l’Ingénieur du département.
Ce qui a été délibéré.
Mondit Seigneur l’Evêque de Digne a d it : Chemin dApt
Que la Viguerie de Forcalquier expofe que les « Forcalquier^
Vigueries d’A pt Si de Forcalquier ont déjà fait
des avances confidérables, pour la conftru&amp;ion
de la route d’ A pt à Forcalquier. E lle demande
que le Pays faflé rembourfer la fomme de quatre
mille cinq cent livres à chacune des deux V i­
gueries , &amp; que l’Ingénieur du département
accédé fur les lieux pour procéder à la vérifi­
cation des ouvrages faits &amp;. à fa ire , déterminée
par les Etats. L e Bureau a p en fé, i°. que le
fieur Aubrefpin, Ingénieur du département, de­
voit accéder inceflamment fur les lieux pour
travailler au toifé général, à la levée des plans

�7.8
&amp; devis général St eftim aîif de la totalité du
ch em in , pour le tout être référé à l’Affemblée
du quatrième N ovem bre prochain ; 2°. que fur les
plans &amp; d e v is, il fera dreffé des devis partiels, à
l ’effet de pouvoir exécuter ce chemin à parties
brifées, en commençant par les parties les plus
dégradées ; 30. qu’il fera fait rapport à l’Affemblée du quatrième N ovem bre prochain de l’état
des ouvrages faits, 81 de ceux à faire jufques à la
concurrence de la fomme de quarante-huit mille
liv res; 40. qu’après l ’emploi de ces quarantehuit mille livres, le P ays payera annuellement
neuf mille livres, pour fervir à la conftruftion
de ce chem in, conformément à la délibération
de l’ Ailem blée générale du 15 D écem bre 1786,
&amp;. de celle des Etats.

du
M ondit Seigneur l’Evêque de D ig n e , a dit:
Bar au moulin Q u ’on demandoit des réparations au chemin &gt;
Chemin

Brun.

allant du Bar au moulin de Brun. L e Bureau
a penfé que ce chem in, n’étant ni chemin de
P ro v in ce , ni chemin de V ig u e rie , ne pouvait
être à la charge du Pays.

Ce qui a été délibéré.
Chemin

de

C-ijldlanne à

jbarreme.

L ’AfTemblée inftruite que le chemin de -Caf*
tellanne à Barreme exigeoit des réparations preffantes, dans le terroir de S e n e z ,a délibéré que
le fleur Bonnard, Ingénieur du d é p a r t e m e n t , en
faifant fa tourn ée, examinera l’état de ce che­
m in , fera le devis des réparations néceffaires,
pour être rapporté à l’AIicm blée du quatriem6
N ovem bre prochain.

�Du onzième dudit mois de Juin.
P afcalis, Aflfefleur d’A i x , Procureur du
• P a y s , a fait part à l’Affem blée d’une
\ lettre que M M . fes Collègues 8c lui venoient
t e recevoir, par laquelle M . 1 Intendant leur
niarque que les nouvelles Ordonnances m ilitaires foumettent les Communautés à fournir un
logement en nature 8c des meubles, aux O fficiers
généraux em ployés dans les Provinces. Il leur
annonce l’arrivée de ceux em ployés en P ro ­
vence, 8c les invite à donner des ordres aux
Communautés d’A ix 8c de T o u lo n , dans lefquelles ces Officiers doivent faire leur réfidence,
pour leur fournir , à com pter du premier Juillet
prochain, un logem ent en nature 8c des meubles.
M

5 Lettre de M .

intendant, fu r
le °Semf f t eu
bles pour les O ffid e r s généraux
employés,

les

dans

Provinces .

Leâmre faite de cette lettre, il a été arrêté
qu’elle feroit remife au Bureau des Affaires diverfes, 8c qu’il y feroit délibéré dans une autre
féance.
Mgr. l’Evêque de D ig n e , Préfident du Bureau
des Travaux publics, a d it: Q ue la Com m u- Cheminé?Aynautéd’Ayragues, V iguerie de T arafcon ,réclam e raSues «■
les bons offices du P a y s , pour engager cette 8non’
Viguerie à faire conftruire ,1e chemin d ’A y r a gues à Avignon. L e Bureau a penfé que M M .
les Procureurs du P ays pourroient exh o rter, par
une lettre, les Chefs de V iguerie de Tarafcon
àfe rendre aux defirsde la Com m unauté d’A y ragues.
Ce

qui a été délibéré.

�D ig u e s f u r
Bleoune, dans li
terroir des
Syeyes.

8o
M ondit Seigneur l’Evêque de D ig n e , a ditr
Q ue M. le Marquis de Syeyes expofe à l’Affem blée, qu’il a été attaqué par Madame la Marquife de G au b ert, en démolition des barricades
conftruites dans le terroir des S y e y e s , le long
de la riviere de Bleoune. Ï 1 prétend que quel­
ques-unes de ces barricades ont été conftruites
par le P a y s , &amp; il a dénoncé à l’Adminidratioii
la demande de Madame de Gaubert. Le Bureau
infïruit des raifons qui engagèrent l’AbTemblée
du mois de Février dernier à déclarer, furie
rapport de l’Ingénieur du départem ent, &amp; d’après
fés réponfes aux différentes queftions qui lui
furent faites, que cette affaire étoit étrangère
à l’Adm iniffration, a penfé qu’il n’y avoit lieu
à délibérer fur la dénonciation faite par M. le
Marquis de Syeyes.
L ’AfTemhlée a adopté l’avis du Bureau.

Chemin d'Aix
M ondit Seigneur l’Evêque de D ign e, a dit:
à Marfalu . Q ue M M . les M a ire, Echevins &amp; Affeffeur de
la ville, de M a rfeilie, avaient obfervé à l’Adminiftration interm édiaire, que la conftruftion
du chemin de M arfeilie à A ix dans le terroir
de M arfeilie feroit bientôt achevée , &amp; qu’il
feroit effentiel que le P ays fît conftruire les
parties de ce chemin qui font à fa charge fut
cette route. Ils defiroient aufïi que le Pays fit
conffruire la partie de chem in, depuis l’extrêmite
du terroir de M arfeilie jufques au logis de la
Pom m e. Sur le premier o b jet, l’Adminiflration
a répondu , que les Etats avoient délibéré b
drefTe des plans &amp; d evis5 &amp; fur le fécond objet)
Bureau a penfé que s’agiffant d’un cheniin
de

�Si
de la V iguerie d’A i x , la demande devoit être
portée à la prochaine AlTeinblée de cette V iguerie.
Ce qui a été délibéré.
Mondit Seigneur l’Evêque de D igne a dit :
Que le nommé V ig n e , habitant du Pellegrin ,
hameau de Saint-V incent, Viguerie de S e y n e ,
propofeun changem ent, au pas dit de P elleg r in ,
qui rendra le chemin plus court &amp; plus folide.
Il offre de fournir gratuitement le fol du che­
min en cette partie. L e Bureau a penfé que
cette demande devoit être communiquée à l’In­
génieur du D épartem ent, &amp; référée à l’AfTemblée du quatrième N ovem bre prochain.

C h e m in

de

D i g n e à S ey n e.

Ce qui a été délibéré.
Mondit Seigneur l’Evêque de D igne a dit:
Que la Communauté de M erindol demande que
l’Affemblée détermine les ouvrages néceflaires
pour rendre praticable le chemin , depuis le
Bac de Senas jufques à M erindol. L e Bureau
a pen(é qu’il falloir prendre des inftruétions ,
à l’effet de favoir fi ce chemin eft à la charge
du Pays.

C h e m in

du

B a c de S e n a s à
- M e r in d o l.

Ce qui a été délibéré.
Mondit Seigneur l’E vêque de D igne a dit : Em ploi àfaire
Que fur la demande faite au nom de la Corn- d'un Secours de
munauté de Sederon , le Bureau avoit penfé 6f o liv'accordé
qu’on devoit écrire à cette Com m unauté, d ’emZ sed ePloyer à la réparation d’un pont fur le chemin ron.

�§2

de Viguerie, fervent de communication avec Je
D au p h in é, le fecours de fix cent livres qui lui
a été accordé en 1 7 8 6 , &amp; de s’adreiler à la
V iguerie pour l ’excédent de la dépenfe; comme
auffi qu’il devoit être ordonné aux Confuls de
faire paver la rue fervant de pafïage au grand
chemin.
C e qui a été délibéré.
D e m a n d e de
M . d ’e s D o u r b e s
en

d é m o litio n

dune

d ig u e

Te terroir de D i

M ondit Seigneur l’Evêque de D igne a dit :
Q ue M . de D ourbes demande la permiffion
(je fajre démolir une digue confiruite par le
P a y s , dans le terroir de D igne , &amp; qu’il pré*
tend Porter préjudice à fes domaines. Cette de­
m ande, renouvellée plufieurs fo is , a été conf*
tamment refufée par l’Adminiftration 5 8c le
Bureau a penfé qu’il y avoit lieu de perfifter
dans ce refus.
C e qui a été délibéré.

C h e m in c P H ie r e s à S o L lie r s.

C o m m u n a u té

M ondit Seigneur l’Evêque de D igne a dit:
Q ue M . le M aire Conful d’Hieres repréfente à
l ’AfTemblée, que le chemin d’Hieres à Solliets
n’eft point entretenu, &amp; fe trouve conféquemment en très-mauvais état. L e Bureau a penfé
que l’Ingénieur du Département devoit être
chargé de faire les plans &amp; devis , tant des
réparations provifoires à fa ire , que d’une ré­
paration foncière plus folide &amp; plus durable,
pour le tout être rapporté à l ’Affemblée du
mois de N ovem bre prochain.

Mondit Seigneur l’Evêque de Digne a dit:

�85

|

Que le fleur R eym onenc du lieu de la R o quebruflane fe plaint d’une D élibération de la
Communauté qui lui refufe le payem ent de la
façade de fa maifon. L e Bureau a penfé que
cette affaire devoit être ren voyée à M M . les
Procureurs du P ays.
Ce qui a été délibéré.

'

&amp; la Roquchwjfmne. Maif° ‘l uU
e^'
monenc’

'

Mondit Seigneur l’Evêque de D igne a dit :
R é p a r a t io n s
Qu’il y a des réparations prenantes à faire à a u c h e m in a u
la montée de M irab eau , au fortir du Bac. L a f orUr bac &amp;
dépenfe éft évaluée à douze cent trenre livres* ^llraheauLe Bureau a penfé que ces réparations dévoient
être faites aux formes du Réglem ent.
Ce qui a été délibéré.
Mondit Seigneur l’E vêque de D igne a dit :
R é p a r a t io n s
Qu’on a demandé au Bureau la continuation f ur la r o u te
d’un déblai commencé fur la route d’A ix en d A i x en I t a lie ,
Italie, près la porte de la Gàliniere. L e Bureau ^aç^iuiure ‘
a penfé que l’Ingénieur du Département devoit
être chargé d’en rendre com pte à l’Aifem blée
du mois de N ovem bre prochain.
Ce qui a été délibéré.
Mondit Seigneur l'Evêque de D ig n e , a d it; Chemin£Aix
Que la Communauté de Saint-Martin de Bromes a S ou p ers,
follicite quelques réparations fur le chemin
le
d’Aix à Mourtiers dans l’étendue de fon terroir. Je
Le Bureau a obfervé qu’on avoit déjà tra­
vaillé à rendre cette route p raticable, &amp; qu’en

�approuvant cette dcpenfe, il falloft renvoyer $
délibérer dans l'A flem blée du mois de Novembre
prochain , fur les autres réparations demandées.
L ’A flem blée a adopté l ’avis du Bureau.
D em ande de
M . le Comte de
C a jlella n n e, en
démolition d ’un
chevalet ?aupres
du canal de Craponne.

M ondit Seigneur l’Evêque de D ig n e , a dit:
Q ue M . le Com te de C allellan n e, Seigneur de
C ad en et, demande qu’il lui foit permis de faire
démolir des chevalets que l'Œ u vre de Crapone
a vo it fait palier auprès de la prife d’eau; il
Prétend q ue cet ouvrage , abandonné depuis
lon g-tem s, eft nuifible au terroir de Cadenet.
L e Bureau a penfé que M M . les Procureurs
du P ays dévoient être chargés de référer la
demande de M . le Com te de Caftellanne à MM.
les Adminiftrateurs de l’Œ uvre de Crapone.
C e qui a été délibéré.

A u fortir de la féance, PAflemhlée s’ eft rendue
chez M gr. le Com te de Caraman. O n n’a fuivi
f e rend c h
dans
marche aucun o rdre, aucune diftin&amp;ion
M g r . le Comte de rang &gt; Ie tout fans préjudice des droits refde Caraman
peûifs. M gr. l’Evêque de Fréjus a donné cou*
p o u r lu i donner noiflance à M gr. le Com te de Caraman delà
connoijfance de délibération du deux de ce m o is, St lui en a relj Dej Lbe,atlon mjs un extrait. M gr. l’Evêque de Fréjus a expofé
du i de ce mots.
„ . J
avec dignité 5t énergie les droits 5t les titres
du P a y s , £t le zele inébranlable des Adminiftrateurs à les maintenir. M gr. le Com te de Ca­
raman a répondu à l’Alîènibîëe d’une maniéré
honnête St obligeante; après quoi l’Affemblée
s’eft retirée 5c a reconduit chez lui M gr. l’Evê*
que de Fréjus.

i'- S p

�8;

D u douzième dudit mois de Juin ,
Rere Chrifoftom e de G aillard , C h evalier
de l’O rdre de St. Jean de Jerufalem , Cornmandeur de B eaulieu, Procureur du P ays joint
renforcé pour le C le r g é , eft entré dans l ’A f[emblée, à laquelle il n’a vo it pu fe rendre plutôt
pour caufe de m aladie, &amp; a pris fa place.

F

ArrivéedeM.
Gaillard,
c °mma-nL u r d e

eau lLU°

L’ Affemblée a rem ercié M gr. l’Evêque de
„
Fréjus cl avoir reprefente hier a M gr. le C om te dM gr.t Evêque
de Caraman, avec autant de dignité que de de Frej,ts.
fermeté, les droits, les titres du P a y s , &amp; lesfentimens des Adminiftrateurs.
Mgr. l’Evêque de Sen ez, Prélident du Bureau
Logement en
des Affaires diverfes, a dit : que le Bureau s’eft nature &amp; meuoccupé de la demande contenue dans la lettre de Mes pour les O fM. l’intendant à M M . les Procureurs du P a y s , au fi clers ë e’ne'~
fujet du logement en nature &amp; des meubles que raux’
les nouvelles Ordonnances foumeîtent les C o m ­
munautés à fournir aux Officiers généraux em ­
ployés dans les Provinces. Cette fourniture eft
contraire aux droits, aux titres du P a y s , &amp; aux
traités faits avec le Gouvernem ent} elle n’eft
pas moins contraire à l’ufage conftamment fuivi
en Provence , où on n’a jamais p ayé le lo g e­
ment des Officiers généraux qu’en argent j elle
donneroit lieu d’ailleurs à un arbitraire indé­
fini. Le Bureau a penfé que M M . les Procureurs
du Pays dévoient répondre à M . l’Intendant que
l’Adminiftration intermédiaire ne p ouvoit con ­
sentir à cette dem ande, ni donner, quant à c e s
des ordres aux Communautés,

�86
C e qui a été délibéré.
Hojpices pour
des Éle'ves dans
■ tort des accou­
chement.

B â ta r d s.
N o u r r ic e s .

L ’ Affem blée s’efl: enfuite occupée des moyens
d’établir en P ro v e n c e , un ou plufieurs hofpices
pour form er des Eleves de l’un &amp;. de l’autre
îexe dans l’art des accouchemens. Elle a en­
tendu le rapport qui lui a été fait par Mgr,
l ’Evêque de S en ez, des obfervations faites par
le Bureau des Affaires d iverfes, 6t elle a délibéré
que cette affaire &amp; tous les détails dont elle eft
fufceptible, feront référés à I’Affem blée du mois
de N ovem bre prochain. Elle a prié MM. les
Procureurs du P ays de rapporter à cette Affemblée des mémoires inflruétifs fur les moyens de
form er avec folidiîé un établiffenjiot auffi utile,
M gr. l’Evêque de S en ez, a dit: Q ue î’Affemblée renforcée du premier Février dernier avoit
chargé M M . les Procureurs du P ays d’écrire à
M . le Contrôleur général, pour obtenir de Sa
M ajefté un encouragement en faveur des nour­
rices qui fe chargeroient d’enfans trouvés pris
aux Hôpitaux. M . l’ AffefTeur a expofé dans fa
relation les motifs qui avoient retardé l’exécu­
tion de cette délibération. L e Bureau a applaudi
au.x obfervations faites par M . l’Affeffeur j il les
a adoptées, &amp; il propofe en conféquence à l’Affem blée de délibérer que M M . les Procureurs
du P a y s , en follicitant un encouragement en
faveur des nourrices qui fe chargeront cSenfani
trouvés pris aux H ôpitaux , demanderont en
même tem s, que chacune des nourrices ait le
droit de p rocu rer, ou à fon fils, ou à fon frere,
ou à fon beau-frere, ou à fon neveu germain
l’exemption du tirage à la milice j qu’ils écri-

�ront à cet effet à M . le Contrôleur généra! &amp;'
à M. le Com te de B rienne, Miniftre de la guerre,
St que M gr. l’A rchevêque d’A ix &amp; M M . les D é ­
putés des Etats à la C our feront priés de donner
tous leurs foins au fuccès de cette demande,
Le Bureau a entendu a u ffi, avec la plus v iv e
M oyen de
faîisfaftion , des réflexions judicieufes propofées f uPPLc^r a la
par M. le Commandeur de Gaillard. Elles tendes nour~
dent à fuppléer à la difette des nourrices, en
introduifant en Provence une méthode qu’il a
vu pratiquer avec fuccès dans le G evau d an , où
on donne au b e fo in , ou fuivant les circonftances, aux enfans nouveaux nés du lait de
vache &amp; du firop de melafle. M M . les P ro cu ­
reurs du P ays pourroient être chargés de cone
férer avec M M . les R e&amp;eurs des Hôpitaux fur
cette méthode &amp; fur les m oyens de l’em ployer
avec fuccès en Provence.
L’AiTemblée a adopté l’avis du Bureau , relati­
vement aux deux objets énoncés dans la propo­
rtion.
Mondit Seigneur l ’Evêque de S en ez, a dit :
Règlement
Que l’Affemblée renforcée du premier F évrier enne le Tromdernier avoit chargé M M . les Procureurs du peUe &amp;les Ser~
Pays de faire un Réglem ent entre le Trom pette vm ua u
&amp; les Meflagers-Servireurs du P a y s , pour la
diftribution des ém olum ens, foit des tournées,
foit des meflages. M M . les Procureurs du P a ys
ont rapporté au Bureau les motifs qui les avoient
engagés à fufpendre ce Réglem ent. Ils ont propofé de décider qu’à l’avenir le T ro m p e tte, ou
le Meffager-Serviteur du P a y s , qui accom pa­
gnera M M . les Procureurs du P a y s en tournée^

�88
aura la moitié du produit net des amendes prononcées contre les Charretiers en contravention,
&amp; que l’autre moitié fera verfée en bourfe
commune entre le Trom pette 6c les quatre Meffagers-Serviteurs. L e Bureau a penfé que ces
arrangemens dévoient être laifTés à la difpofition de M M . le Procureurs du Pays.

ji
C e qui a été délibéré.
Chemin de
St. Zacharie à
A u r lo l.

M onfeigneur l’Evêque de D ig n e , Préfident
du Bureau des T ravau x publics, a dit: Que
M M . les Confuîs de Brïgnoles fe plaignent du
mauvais état du chemin de St. Zacharie à Auriol,
fur la route de Brignoles à M arfeille. Le Bureau
a penfé que le bail aétuel de l’entretien devoit
être réfiiié, St qu’il devoit être drefle un nou­
veau devis d’entretien qui fera expofé aux en­
chères 6c délivré aux formes du Réglement.
C e qui a été délibéré.

D e m a n d e de
p lu j îe u r s E n ­
tre p r e n eu rs p o u r
l a p r e m iè re re­
cette.

M ondit Seigneur l ’Evêque de D igne a dit:
Q u e l’Entrepreneur du chemin de Tourves à
St. Julien , depuis la b ivo ie de Brignolles,
jufques au pont de Caram i , l’Entrepreneur de
la troifieme 6c quatrième partie des conflru&amp;ions
du chemin de la V alette à S o lliers, &amp; l’En­
trepreneur d’une partie du chemin de Mane à
F orcalqu ier, demandent qu’il foit procédé à la
première recette de leur-prix fait. L e Bureau
a penfé qu’on devoit procéder à la recette de
ces p rix-faits, aux formes du Réglement.
C e qui a été délibéré.
Mondit

�.
.
, 8?
M ondit Seigneur l’Evêque de D igne a dit:
T ranfportdcs
Q ue l’Entrepreneur du chemin de Toulon à la F ie r r e s P nur le
V alette va reprendre fes travaux. Il defireroit chemmdeTo*que l’Adminiftration écrivit à M M . les Confuls °‘lcl 'i l aUtt‘
de T o u lo n , pour lui faciliter les moyens d’ob­
tenir un paiï'age direâ:, pour le tra'nfport des
pierres qu’il extrait dans la carrière de M.
A g u itlo n , en payant par lui les dommages qu’il
pourroit caufer. Le Bureau a penfé que M M .
les Procureurs du Pays dévoient être chargés
d’écrirej à cet effet, aux Confuls de Toulon.
C e qui a été délibéré.
Mondit Seigneur l’Evêque de D igne a dit :
Que la Communauté des Mées demande que fin génieur du Département foit autorifé à vifiter les
bords de la Durance dans fon terroir, &amp; à faire
le projet des digues néceffaires à fa défenfe.
Elle demande encore que le P ays veuille bien
contribuer à la conftruûion de ces digues. Le
Bureau a penfé que la Communauté des Mées
devoir s’adreffer aux prochains Etats.

D ig u e s
le

te r r o ir clés

M ées.

Ce qui a été délibéré.
Mondit Seigneur l’Evêque de Drgne a dit : Chemin dHie
Que le Bureau a reconnu la néceflité de faire n s a ^ouionprocéder à des réparations fur le chemin d’Hieres
à Toulon , pour former l’embranchement du
chemin a ftu el, à la nouvelle conftru&amp;ion de la
route de la Valette à Solliers. Ces réparations
peuvent être évaluées à huit cent livres. L e
Bureau a penfé que M M . les Procureurs du
Pays dévoient être autorifés à faire drelfer le
M

�9o

devis de ces réparations, &amp; à y faire procéder
des fonds provenant de l’impofition faite pour
les ponts &amp; chemins.
C e qui a été délibéré.
Chemin de
Colm ar s au V i llard.

M ondit Seigneur l’Evêque de D igne a dit:
Q ue le chemin de Colm ars au V illard a été
réparé &amp;. élargi. Cette augmentation de largeur
exige une augmentation d’entretien. L e prix
aftuei eft à deux cent quarante livres. L ’aug­
mentation le porteroit à trois cent livres. Le
Bureau a penfé que cette augmentation devoit
être allouée.
C e qui a été délibéré.

M ondit Seigneur l’Evêque de D igne a dit:
Q ue le Bureau avoit penfé qu’on devoit renvoyer
mandes à tAf- %l’Affem blée du quatrième N ovem bre prochain,
/emblée du 4 No- pexamen (]es plans &amp; devis déjà faits pour la
vtm o.e proconftru&amp;ion d ’un pont fur la riviere de Sade,
dans le terroir de Sifteron 5 la demande du fieur
Pafcaiis du lieu du V errier, en contribution de
la part du Pays à l’entreprife très-utile d’un canal
d’arrofage dans le terroir dudit lieu ", la demande
d’un pont néceflaire pour palier le torrent de
Lacom be j l’examen des plans &amp; devis ordonnés
par la précédente Affem blée pour la réparation
du chemin de fécondé claffe de cannes à Grade,
à l’effet d’y être pourvu , fur la totalité des ré­
parations néceffaires.
R en v o i de

p lu jieu rs de-

Q u ’il fera également rendu com pte à lad. Af­
femblée du quatrième N ovem bre , de l’examen

�ç i .

quele Sr. Bonnard, Ingénieur du Pays, aura fait
fur les lieux des plans &amp; mémoires fur la digue
conllruite à Ribies dans le D auphiné, à l ’oppofite
du terroir de M ifo n , 8t qui a excité les plaintes
de cette Com m unauté, &amp; de toute la V iguerie
de Silleron. Il a également penfé qu’on devoit
renvoyer aux prochains Etats la demande en
coaftru&amp;ion du chemin de Draguignan à Graife.
L ’Affem blée a adopté l’avis du B ureau, fur
tous les objets référés dans le rapport ci-deflus.
Mondit Seigneur l’Evêque de D igne a dit
Que les parapets du pont du B u ech , dans le au p o n t de
terroir de S illero n , exigent des réparations qui B u e c h , terroir
font devenues indifpenfables. L e Bureau a penfé ^ Sijleron.
que ces réparations dévoient être faites, &amp; il
a obfervé qu’à l ’avenir l’entretien des parapets
d’un pont devoit être compris dans le devis
d’entretien de cette partie de la ro u te , en con­
formité du nouveau Réglem ent.

L’Alfemblée a adopté l’avis du Bureau , &amp;
l’obfervation qui en fait partie.
Du treizième dudit mois de Juin.
’Affemblée a chargé MM. les Procureurs E n v o i à
du Pays d’adrelfer à MM. les Députés des MM. l-s
Etats à la Cour, un extrait de la Délibération f f f t - d e s E ta ts
prife dans la feance du z de ce mois, au fujet dàlbdmtl0n du
des nouveaux Edits tranferits dans les regillres a d e C e m o i s ,
des Cours, le 8 Mai dernier. Elle efpere que f u je t des
Monfeigneur l’Archevêque d’Aix, &amp; MM. les v e a u x E d its,
Députés des Etats, voudront bien employer, en

L

Li j

�9* .
faveur du P a y s , leurs foins &amp; leur crédit.
M . P a fca îis, AfTefTeur d’A i x , Procureur du
&amp; ajfiorinerm.nl P a y s , a rendu compte à l’ AfTemblée des congeneral.
férences qui ont lieu entre M . G a ffier, Syndic
de robe de la NoblelTe, M . R e g u is, Conful de
Sifteron, &amp; lu i, en exécution de la Délibération
de l’ Afiembîée du premier Février dernier, an
fujet de l’opération conjointe de l’affouagement
de l’afflorinement général. Cette affaire n’é­
tant point encore entièrement difcutée , l’Aflttnbiée a délibéré que les conférences feront con. tinuées , &amp;. elle a prié M M . les Procureurs du
P ays d’en rapporter le réfultat à l’ AfTemblée du
quatrième N ovem bre prochain.
A ffouagem ent

M onfeigneur l’Evêque de D ign e, Préfîdent du
Bureau des travaux public, a dit: Q ue le fleur
&amp; Jean-Baptifle S u p rio t, Boulanger à St. Zacharie,
a déclaré recours du rapport d’eftimation du fol
qui lui a été pris pour l’agrandifTement du che­
min de Brignolles à M arfeille, au fortir du Vil­
lage de St.. Zacharie ; que le nommé JeanBaptifte Toucas du lieu de Solliers, a également
déclaré recours du rapport d’eftimation d’une
partie du terrein pris pour l’emplacement du
chemin de la V alette à Solliers. L e Bureau à
penfé qu’il devoit être procédé à la vuidange
de ces deux recours, conform ém ent.aux articles
i &amp; 2 du tic. 2 du liv. 7 du Réglement.

R ecou rs et ejlimarion du p r ix
des maifor.s

tèrrems.

C e qui a été délibéré.
Contravention

a u x Regiemens

M ondit Seigneur l’Evêque de Digne a dit:
Q u ’au commencement de l’année 17 8 6 , le Sr.

�,9$

r

Héraut du lieu de Tourves fut condamné par pour Us travaux
rAdminiftration à payer la dépenfe faire par p u b lic s, dans le
le fieur G ueydon , Entrepreneur, pour rétablir ^ 0 / r [ c u r ~
un mur à lui' appartenant, &amp; enlever les dé­
combres &amp; les terres éboulées. Cette dépenfe
monte à vingt-trois livres dix fo ls, que le fieur
Héraut a conftamment refufé de payer à l’En­
trepreneur. L e Bureau a penfé que cette affaire
devoir être renvoyée à M M . les Procureurs du
P ays, pour pourfuivre le rem bourfem ent, dans
les formes prefcrites par les Réglemeris.
t

Ce qui a été délibéré.
Mondit Seigneur l’Evêque de D igne a dit’:
idgrandijfeQue la Communauté de Cuers réclame l’agran- ment de mes
diffement de la rue fervant de paffage au grand f ervant de pafchemin du Luc à Toulon.
- a^e au &amp;'an^
chem in.

Qu’il feroit également néceffaire d’agrandir la
rue, dans le V illage du V a l, fervant de paffage
au grand chemin de Brignoîes à Barjols. L e
Bureau a penfé que l ’Ingénieur du Départem ent
devoit être chargé de lever le plan de ces deux
rues, &amp; de les référer à l’Affem biée du qua­
trième Novem bre prochain.
Ce qui a été délibéré.
Mondit Seigneur l’E vêque de D igne a dit :
chemin de
Que le fieur R igoard fait bâtir une maifon fur B rignoîes au
le chemin de Brignoîes au L uc , au fortir de L u c. Levée du
Brignoîes. On craint que cette maifon ne nuife Plan*
à l’agrandiffement projetté fur ce'te partie de
la route. L e Bureau a penfé que l’Ingénieur du

�. 9 4
Départem ent devoit être chargé de lever le
plan du l o c a l , d’a v e rtir, s’il y a lie u , le fleur
R ig o a r d , &amp;. de référer le tout à l’Affemblée du
quatrième N ovem bre prochain.
C e qui a été délibéré.
E m p lo i du
fe c o u r s accorde

à

la Commurumte de M a -

xauaucs.

M ondit Seigneur l ’Evêque de D igne a dit:
Q ue la Communauté de Mazaugues a obtenu,
^ans j a derniere répartition , un fecours de huit
cent jjvres p OLir être em ployé au chemin de
M azaugues à St. M axim in , dans fon terroir,
Il a été fait un devis pour l’em ploi de cette
fem m e. Le Bureau a penfé que ce devis devoit
être mis aux enchères, à la forme de Réglement,
C e qui a été délibéré.

Com m unauté

M ondit Seigneur l’Evêque de Digne a dit:

iAubagne. lie- L a Communauté d’Àubague fit conftruire en
je t.d e la déman- 1 7 S 4 la partie de route de M arfeille à Toulon,
de en rembour­
sem ent,

depuis l’extrémité de la rue jufques aux maifons
les plus éloignées , dans l’étendue du vol à
Chapon. Depuis lors le P ays a déterminé dt
conftruire à l’a ven ir, à fes fra is, toutes les pat'
ties de route qui font hors des rues. La Com­
munauté d’Aubagne fait valoir cette Délibéra­
tio n , &amp;. elle voudroit lui donner un effet ré­
tro a ctif, pour obtenir le rembourfement de la
dépenfe qu’elle a faite en 1784. Le Bureau 1
penfé que cette demande ne pouvoit être ac­
cordée.

avis du Bureau.

�9$
Mondit Seîgneur l’E vêque de D ig n e , a dit : Chem in de V ïQu'en 1770 des circonffances particulières don- guerîe de B a r nerent lieu à faire procéder au Greffe des E tats, JoLs * Lorgnes.
à la délivrance d’un chemin de V iguerie de
Barjols à Lorgues. L a première recette fut ac­
cordée à l’Entrepreneur en 1775. L a fécondé
recette a eu lieu en 1787. L ’Entrepreneur defire que la V iguerie lui p aye la foin me qui avoit
! été iaiffée dans fa ca ifie , pour fureté jufques
i après la fécondé recette. L e Bureau a penfé que
MM. les Procureurs du P ays dévoient être
' chargés d’écrire à la V iguerie de Barjols pour
s payer cet Entrepreneur.
Ce qui a été délibéré.
Mondit Seigneur l ’E vêque de D ig n e , a dit:
P o n t f u r le
Que les Etats avoient délibéré la conffruûion chemin de St.
d’un ponceau fur le chemin allant de St. R em i R e m i,a u x A n aux antiquités. L ’Affem blée du mois de F évrier n,l m us'
dernier avoit délibéré que le devis feroit rap­
porté à cette Affembléer. C e devis n’eff pas
encore fait, &amp; le Bureau a penfé qu’il devoir
être rapporté à l’Affem blée du quatrième N o ­
vembre prochain.
Ce qui a été délibéré.
Mondit Seigneur l’Evêque de D ig n e , a dit :
Réparations
Qu’on a demandé au Bureau d’allouer deu f r i e chemin de
états de dépenfe, l’un de trente-deux livres cinq ^r-s 'w^ S^ ‘y
fols pour des réparations faites au chemin de
lX'
Brignoles à B a rjo ls, &amp; l’autre de cent quarantefept livres fur la route d 'A ix à T o u lo n , dans le
terroir de Fuveau. L e B ureau, en conftntanÊ

�]

ç6
a allouer ces deux états de dépenfe, a obfervé
qu’ils n’étoient pas revêtus des formalités pref.
crites par l’art, î i du tit. premier du liv. 4 du
R èglem ent ; &amp; il a penfé qu’il devoit être en­
joint aux Ingénieurs de s’y conformer exactement
à l’avenir.
&lt;
■
Entretien du
M ondit Seigneur l’Evêque de D ig n e , a dit:
chemin d A ix à Q u’une partie de la route d’A ix à Sifteron, dans
hijleron, t.ir c ir jg terroir de P e y ru is , n’eft point donnée à l’en-

^ynus,

tretien. Le Bureau a penfé que l’Ingénieur du
département devoit être chargé de faire un
devis d’entretien.
C e qui a été délibéré.

P la in te s

de

M ondit Seigneur l’Evêque de Digne a dit:

Mr. de Saporta Q ue M- de Saporta de la ville d’Apt fe plaint
fur des ouvrages des dommages caufés à fes domaines par la digue •
°ff-nf j s d.rns le que {e p 3y S a fEit conftruire fur le Calavon dans
tcrioine ouït.
te rro jP
Q oult pour la défenfe du chemin
d’A pt à A vignon. L e Bureau a propofé de dé­
libérer que le plan du local drelTé par linge' nieur du département fera communiqué à 11,
de S a p o rta , pour faire part enfuite à l’Adminiftration de fes obfervations ; St dans le cas ou
M . de Saporta obje&amp; eroit l’inexafîitude du
plan , un de M M . les Procureurs dû Pays accéderoit fur les lieux avec un Ingénieur, autre
que celui du département.
C e qui a été délibéré.
M ondit Seigneur l’Evêque de D ign e, ait:
de Jarjaye, Ve- Q ue la Com munauté de Jarjaye d e m a n d e a.
conftfudion
Communauté'

�97

conftru&amp;ion d’un pont de communication fur mande en conf­
ie J abron , dans fon terroir. Une digue a déjà truchon dun
été établie. Elle doit fervir de culée à ce pont. pj} n*
1J ' ur
D e fon c ô té , le Seigneur fe plaint que cette di­
gue eft offenfive pour les domaines qui lui appar­
tiennent. Il demande, ou la démolition de la
digue , ou la conftruûion du pont auquel elle,
doit fervir de culée. Le Bureau a penfé que
l ’Ingénieur du Département devoit être ch a rg é,
en conformité de l’article i &amp; 2 du tit. 1 du
liv. 3 du Réglem ent des Etats , de faire les
plans &amp; les nivellem ens, de drefïer un mémoire
inftruftif de l’état des lie u x , de l ’emplacement
projetté pour la conftruûion du pont &amp; de la
depenfe , pour le tout être référé à l’Adm iniftration, qui en fera part à l’AlTemblée renforcée
du quatrième N ovem bre prochain.
Ce qui a été délibéré.
Mondit Seigneur l’Evêque de D igne a dit: P on td cV m on .
Que le Bureau croit devoir propofer à cette
Conjlrmaon
AlTemblée , de délibérer qu’il fera fait fur le ^esFaraPets••
pont de V inon , ainfi que fur tous les ponts
qui feront confiruits à l’aven ir, un pavé bom bé
fur fa largeur, Sr pofé fur un lit de m açonnerie,
pour empêcher le féjour des eaux ; 8t des gar­
gouilles en pierre de ta ille , &amp; d’une feule piece ,
pour jetter les eaux hors du pont.
Ce qui a été délibéré.
Mondit Seigneur l ’E vêque de D igne a dit :
Obfervanons
Que fur le compte qui a été rendu à T A ffem blée, au_
de. l’exécution des Délibérations prifes par les
fU

�9 8

E tats, relativem ent aux travaux publics, Je Bu­
reau a cru devoir obferver à cette Affem blée,
i°. Q ue les devis du chemin d’A ix à Marfeille,
dans le terroir des Pennes, doivent être remis
au Greffe des Etats.
2°. Q ue les plans &amp; devis du chemin de Ve­
nelles à M eirargues, délibérés par les E tats, &amp;
les tableaux de la dé.penfe totale , pour être
comparés aux m oyen s, n’ont pas été rapportés
à l ’Affem blée du premier février dernier ; qu’ils
auroient dû au moins être faits actuellement,
&amp; mis fous les y e u x de la préfente Affemblée;
&amp; qu’il doit être ordonné expreffément à l’In­
génieur du P a y s , de les rapporter à P Affemblée
du quatrième N ovem bre prochain , fans que
d ’ici à cette ép o q u e, il puiffe être fait aucune
adjudication partielle de ce chemin.
L ’Affemblée a adopté les obfervations pro»
pofées par le Bureau.
Reg/Jlres pour
M ondit Seigneur l’Evêque de D igne a dit:
la. tranfcription
de tout ce qui a Q ue le Bureau s’eft fait repréfenter les regiffres
trait aux tra­ tenus par les foins &amp; par l’ordre de MM. les
vaux publics. Procureurs du P a y s , pour la tranfcriptiondes
lettres, o rd re s, &amp; de tout ce qui eft relatif à
l ’adminiftration des travaux publics. Le Bureau
a reconnu l’utilité de cet établiffement , &amp; la
néceflité de le continuer, par les lumières qu’il
répand fur toutes les opérations.
C e q u i a été d é lib é ré .

�99

Du quatorzième dudit mois de Juin , &amp; .
dans la maifon de M. le Marquis de
Roquefort , où ejl logé Mon]eigneur
l’Evêque de Fréjus.
M . les Procureurs du P ays ont pré- Re’m; f lon des
fenté à l’AfTemblée l ’état des mandemens états des mandeà expédier , jufques au quatrième N ovem bre mens à expédier
p roch ain, fur les fonds procédans de l ’impoau quafition pour la con ftru ftion , réparation 8c en- tneme novcmbrs
tretien des ponts 8c chemins j ils ont Ternis éga- Pr0Clain•
lement l’état des mandemens à expédier jufques
à la même é p o q u e , fur tous Tes autres objets
d’impofinon délibérés par les Etats.
Ces états ont été lus à l’A fîe m b lé e , lignés
par Monfeigneur l ’Evêque de F réju s, 8c remis
au Greffe.
M ondit Seigneur l’Evêque de D ig n e , Préfident
du Bureau des travaux p ublics, a dit: Q ue le
pont confirait depuis trois ans à C a rn o u lles,
fur la route de Toulon à Antibes , préfenîe
quelques effets inquiétans qui font craindre pour
fa folidité. L e Bureau a entendu le rapport qui
lui a été fait par l ’Ingénieur du Départem ent j
8c il a penfé qu’il devoit être fait une nouvelle
vérification, dans l’objet de com parer l’état ac­
tuel du p o n t, avec l’état conflaté par l’Ingénieur
du Département j 8c qu’ a près cette vérification ,
l’Ingénieur fera palier un enduit fur toutes les
parties qui ont fouffert, afin que l ’on puifîe
s’appercevoir enfuite des progrès de la dégra­
dation.
N ij

p o n t âe Carnoulles.

�100
C e qui a été délibéré.

Chemin dans
tétendue de difjér eus péages.

M ondit Seigneur l ’Evêque de D igne a dit ;
Q ue le mauvais état du chemin dans l’étendue
du péage de la B rillan n e, fur la route d’Aix à
Sifteron, efl conflaté par le procès-verbal de
l ’Ingénieur du Département. L e Bureau a penfé
qu’il devoit être propofé aux prochains Etats,
de demander que M M . les Procureurs du Pays
foient autorifés à enjoindre aux Seigneurs péagers,
de pourvoir à l’entretien &amp; réparation des che­
mins qui font à leur charge ; &amp; qu’à défaut,
ils foient autorifés à faire p rocéder, aux frais &amp;
dépens defdits Seigneurs péagers, pour le rerabourfement defquels ils feront contraints fur la
quittance des ouvriers, &amp; que la Délibération
qui interviendra fera hom ologuée par un Arrêt
du ÇonfHÎ.
C e qui a été délibéré.

Entretien des
M ondit Seigneur l’Evêqne de "Digne a dit:
travaux de Fri- Q ue les ouvrages faits à Fréjus étant fur le point
ju s .
d ’être entièrement ach evés, il efl néceffaire d’é­
tablir un entretien f u iv i, à commencer du mo­
ment où les travaux feront perfectionnés. Le
Bureau a pehîe^ que le fleur Sigau d , Ingénieur
du P ays chargé de îa conduite de ces travaux,
devoit drefTer un devis d’entretien pour, fans
préjudice de la refponfion de l’Entrepreneur des
conftruêtions, le cas y échéant , être mis aux
enchères, aux formes du Réglem ent.
C e qui a été délibéré.

�101

M ondit Seigneur l ’E v ê q t ie de . D ign e a dit ;
Demanda du
Que le fieu r. R ô fta g n i, propriétaire d’un terreïn f eur R°pgnl
bâtir,- à l a fortie 'dii'.' V illage: .dû :iDucL) ' de^
mande la révocation de l’alignement donné, il ZZêfdTiàTm
y a plusieurs années, &amp; le retour à un aligne- dü %u c.
ment qui avoit été .déterminé.parILAdminiftration, en 1783 .
1784.
L ’AfFemblée a délibéré que ceïte demande
fera référée à l’Affem blée du .quatrième N o ­
vembre prochain qui y ftatuera , d’après les
éclairciffeinens que Monfeigneur i'"Evêque de
Fréjus a bien voulu promettre de prendre , à
cet effet, à fon paffage au Luc.
Mondit Seigneur l ’Evêque de D igne a dit : Indemnités à
Que deux particuliers chargés de l’entretien differens Entred’une partie du chemin de R iez à C affeîlan n e, preneurs des
&amp;.de Mouftiers à E fcoublon, ont continué les c^emins&gt;
travaux d’entretien pendant huit mois après
l’expiration de leur bail. Ils réclament une in­
demnité. L e Bureau a penfé qu’on pourroit leur
accorder deux cent quarante livres.
Ce qui a été délibéré.
Mondit Seigneur l’Evêque de D igne a d it;
Réparations
Qu’en 1787 l’Ingénieur du P ays au Départem ent à la montée de
de Digne, fit faire une réparation prenante aux N egrel, f u r la
parapets de N egrel , fur la route d’A ix à Sif- route dAi* «
teron. La dépenfe monte à foixante-quatre livres. Sif l er011,
Cette fomme eft due à l ’Entrepreneur qui n’é|oit pas chargé par fon bail de l’entretien des
Parapets. L e Bureau a oenfé aue cette

�102

C e qui a été délibéré.
&gt; M ondit Seigneur l’E vêque de Digne a dit:
vron f u r i e che- Q u e le pont de B r e v o n , fur le chemin de femin de Forçai- coude claffe de Forcalquier à D ig n e , exigeoit
qmer a D ign e, ^es réparations urgentes qui conferveroient un
mur en a ile , affouillé par les eaux. L ’Ingénieur
du Département y a fait procéder. L a dépenfe
monte à la Comme de foixante livres. L e Bureau
a penfé &lt;jue cette Comme devoit être allouée.
F o n t de B e -

C e qui a été délibéré.
Payem ent des
dommages dans
propriété de
ïadame de L e-

M ondit Seigneur l ’Evêque de D igne a dit:
Q u ’il a été préfenté au B ureau, l ’état des dontmages caufés dans les domaines de Madame
L epjne? pour les préparatifs d’ emplacement
du chemin de Toulon à la Valette , fuivant
l ’ancien projet. Ces dommages font évalués àla
Comme de mille quarante-une livres dix fols. Ils
font partie de la totalité de la dépenfe du che­
m in , fuivant le nouveau projet adopté par l’Affemblée. Le Bureau a penfé que cette fournie
devoit être payée à M adam e de Lepîne.
C e qui a été délibéré.
L ’ AfTembîée ayant pris connoiffance des baux
d’entretien qu’il y a lieu de ré filie r, &amp; des che­
mins qui ne font point entretenus, dans l’étendue
du Départem ent de B rîgn o les, fu iv a n t l ’état f
èh a été remis par l’Ingénieur.

que ces baux feroient refilées i
«qu’il feroit fait des nouveaux devis d’entretiefli
Â

délibéré

�io g
pour être expofés aux enchères, &amp; adjugés aux
formes du R églem ent, en obfervant de d iv ifer,
autant qu’il fera p o ffib le, l’étendue du chemin
à donner à l’entretien, conformément au vœ u
des Etats.
L ’Alfem bîée a de plus délibéré, qu’il fera fait
F o u ille s des
par chaque Ingénieur , dans l’étendue de fon m atériaux &amp;
Département , des fouilles pour connoître les s raviers‘
minières de matériaux &amp;. de gravier néceffaires
pour l ’entretien des chem ins, &amp; ce d’après les
ordres de M M . les Procureurs du P ays.
Mondit Seigneur l’E vêque de D igne a dit :
Pont fu r le
Qu’on demandoit le changement de l ’emplace- Verdon, dans le
ment du pont de la Fleur fur le V e rd o n , dans terroir £Allons
le terroir d’A llo n s, qui e x ig e , d it-o n , une nou­
velle conftruftion.
L ’AlTembîée a déclaré qu’il n’y a pas lie u ,
en l’état, à changer l’emplacement de ce pont ,
&amp; que l’Ingénieur du Départem ent fera procéder
aux menues réparations d’entretien qui peuvent
empêcher la chûte du pont.
Mondit Seigneur l ’Evêque de D igne a dit:
Chemin de
Que le chemin de Com ps à Entrevaux a été Comps à Entre*.
entretenu par économie jufques à ce jour. L a vaux'
dépenfe montoit annuellement de mille à douze
cent livres.
L’Aflemblée a délibéré d’allouer la dépenfe faite
jufques à ce jo u r, &amp; que pour l’avenir il fera fait
un devis d’entretien en conform ité du Réglement,,
pour le bail être enfuite adjugé aux enchères.

�Fait &amp; publié à A ix , le quatorzième Juin
m il fept cent quatre-vingt-huit.
■ f Emm. Fr . E vêque de Fréjus, Procureur du
P a y s joint pour le C lergé.
•f- J. J. V . E vêque de S en ez, Procureur du
P a y s joint pour le C lergé.
•j* F r . Evêque de D ign e, Procureur du Pays
joint renforcé pour lé Clergé.

L e Commandeur de G aillard , Procureur
du P ays joint renforcé pour le Clergé.
D e ma n d o l x la P a l u , M aire
Conful d’A ix , Procureur du P ays.
P ascalis

,

premier

Affeffeur d’A ix , Procureur du'

s.

S t» Ferreol , Conful
P a y s.

d’Aix ,

Procureur

du

Gérard, Conful d’Aix, Procureur du Pays.
L ombard de Gourdon, Procureur du Pays
joint pour la N obleffe.
V illeneuve Bargemon

Procureur

du

C astellanne Mazaugues., Procureur
Pays; joint renforcé pour ia N obleffe.

du

Pays

,

joint pour la N obleffe.

S ade.

�I0 5

Sade d ’E yguieres , Procureur
joint renforcé pour la N obleffe.

da P a ys

N e v i e r e , M aire premier Conful de F orçaiquier, Procureur du P a y s joint pour le TiersEtat.
R eguis , M aire premier Conful de Sifteron
Procureur du Pays joint pour le Tiers-Etat.
M ougins R oquefort , M aire premier C o n ­
ful de GrafTe, Procureur du P a ys joint renforcé
pour le Tiers-Etat.
B ernard , M aire premier Conful d’Hieres^
Procureur du P ays joint renforcé pour le TiersEtat.
R e g i n a , Greffier
R ic ar d , Greffier
des Etats de Provence,
des Etats de P ro ven ce.
de

Nom. Le
à l’original, par
Pays joint pour le Clergé. *

Séance a été figné
Fréjus, Procureur du

����D R O I T P U B L IC
'JOIT
D E

( Ô O Æ iïjà -É
L A

P R O

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C E ,

SU R

LA

CONTRIBUTION

AUX
P ar

I M P O S I T I O N S.

C H A R L E S -F R A N Ç O IS B O U C H E
Avocat au Parlement d’Aix.'

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A A I

X,

Chez P i e r r e -J o se p h C a l m e n , Imprimeur cîu R o i,
du Clergé &amp; de l’Univerlité , rue Plate-Forme.

1
M. D C C .

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Que l~s fleurs Députés des Communautés ~ Vigueries
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Tome 3
(2/2)

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Convoquée ~ Aix le
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                <text>monographie imprimée</text>
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                <text>printed monograph</text>
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            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
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            <name>Coverage</name>
            <description>The spatial or temporal topic of the resource, the spatial applicability of the resource, or the jurisdiction under which the resource is relevant</description>
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                <text>Provence. 17..</text>
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            <name>Abstract</name>
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                <text>En début de premier recueil, on trouve une longue note manuscrite de l'ancien possesseur du recueil, M. Fauris de Noyers de Saint-Vincens « Ce recueil contient non seulement les cayers (cahiers) des états depuis leur rétablissement en 1787 mais encore tous les mémoires, actes et pièces qui sont relatifs et qui [s]ont paru[s] depuis qu’il a été question de les rétablir, mémoires sur leurs formations, sur leur réforme, sur les contributions à payer par les 3 ordres, lettres de convocations qui les ont précédés, réclamations après leurs tenues, placets à eux présentés, délibérations des communautés sur leur tenue, cayers (cahiers) des as[s]emblées intermédiaires du tiers-état de la viguerie d’Aix, des administrateurs du pays, enfin, tout ce qui s’est fait dans la province en 1788 et 1789 J’ai fait ensuite un recueil à part qui sera comme la suite de cet ouvrage. Ce recueil contient tous ce qui a été fait en Provence aux années 1788 et 1789 relativement aux états généraux, tout ce qu’a fait la noblesse non fieffée, qui s’est élevée contre la noblesse proprement ditte (dite) du pays qui a pris sa place ; en un mot, tout ce qu’a rap[p]ort à la Provence et est relatif aux états généraux. Ce recueil est intitulé « États généraux, Provence,1788-1789 ». Je donnerai une suite pour tout ce qui concerne le pays de ce qui sera passé en 1790 et 1791 ». &#13;
&#13;
Cette note est suivie d'une liste manuscrite des titres contenus dans les trois volumes.</text>
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            <name>Provenance</name>
            <description>A statement of any changes in ownership and custody of the resource since its creation that are significant for its authenticity, integrity, and interpretation. The statement may include a description of any changes successive custodians made to the resource.</description>
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                <text>Bibliothèque Méjanes (Aix-en-Provence)</text>
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        <name>France. États généraux -- Provence (France) -- 18e siècle -- Ouvrages avant 1800</name>
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        <name>France. Parlement de Provence -- 18e siècle -- Ouvrages avant 1800</name>
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        <name>Provence (France) -- 18e siècle -- Ouvrages avant 1800</name>
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