<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<itemContainer xmlns="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5 http://omeka.org/schemas/omeka-xml/v5/omeka-xml-5-0.xsd" uri="https://odyssee.univ-amu.fr/items/browse?tags=Huguenots+--+France+--+18e+si%C3%A8cle+--+Ouvrages+avant+1800&amp;sort_field=added&amp;sort_dir=a&amp;output=omeka-xml" accessDate="2026-03-10T10:51:36+01:00">
  <miscellaneousContainer>
    <pagination>
      <pageNumber>1</pageNumber>
      <perPage>25</perPage>
      <totalResults>1</totalResults>
    </pagination>
  </miscellaneousContainer>
  <item itemId="383" public="1" featured="0">
    <fileContainer>
      <file fileId="2795">
        <src>https://odyssee.univ-amu.fr/files/original/1/383/RES-260008-2_Portalis_Mariage-protestants.pdf</src>
        <authentication>89778e77db70235e4355e8218ee21f48</authentication>
        <elementSetContainer>
          <elementSet elementSetId="4">
            <name>PDF Text</name>
            <description/>
            <elementContainer>
              <element elementId="92">
                <name>Text</name>
                <description/>
                <elementTextContainer>
                  <elementText elementTextId="13034">
                    <text>����yf
*r

( 3 )

5C

4 r-*V +

CONSULTATION
SUR

L A

VALID ITE DES M ARIAGES
d e s

P

r o t e s t a n t s

F

n e

r a n c e

.

A t t f s g t U le Mémoire à confulter,
S V
15. qui nous a été préfenté, &amp;
1 _ _ ! dans lequel on demande fi un
S a X g f, c o n t r é dans le délert par
deux époux Proteftants en prétende de
leurs plus proches parents &amp; d o n h niftre de leur R e lig io n , peut eue que­
rellé de nullité par un collateral qut veut
exclure les enfants légitimes de la focceffion de leur p ère, tandis que ces en­
fants &amp; c e u x , dont ils ont reçu le jour,
ont toujours joui publiquement 5c tran­
quillement de leur état :
A

2

�4

(
)
Les Soufïignés eflim ent, que cette
queffion intéreffe un grand corps de peu»

(

1

?

On appelle en général , un mariage

pie ; qu’elle eft etroitement liée à la Reli

légitime , celui qui eft fait félon les loix;

gion, à l’Etat, aux mœurs, à l’humanité,

reçues dans la fociété dont on elt mem­
bre. ( i )

qu’elle fe réduit efïentiellement à favoir,
fur quels principes , ôc fur quelles loix-,
elle doit être jugée dans nos tribunaux.
Dans tous les Etats policés, les loix

Mais la raifon établit inconteftablement que tous les hommes , qui vivent
dans une meme fociété , ne fçauroient ,

civiles , 6c celles de la religion ont cher­

fuivant les différences établies entr’eux

ché à régler Ôc à diriger les mariages.

par la diverfité du culte, être gouverné»

Ces deux efpéces de loix ne jouiffent

par les mêmes loix.

pas cependant par tout de la même auto­

En France tant, que l’exercice public

rité.
Dans certains p ays, les inftitutions ci­

de la Religion Protedante a été autorifé,
nos Ordonnances ( 2 ) avoient permis

viles ôc les inflitutions religieufes, font

aux ' Protedants d’obferver dans la célé­

unies par le Légiflateur d'une manière

bration de leurs mariages, une forme re-

inféparable, 6c font également néceffai-

ligieufe , différente de celle qu’obfer-

res pour la légimité légale du Mariage.
Dans d’autres p ay s, on n’éxige pour
la validité des Mariages , que quelques
-formalités civiles ; les pratiques de reli­
gion font laiffées à la liberté .des conf­
idences.

�les droits attachés à la liberté civile. N e
une fuite de l’autorifation accordée.

On

a vécu plus d’un fiécle dans cet état.,
E n 168p. l’Edit de Nantes fut révo­
qué.

La Religion Proteftante fut prof*

crite ; tout exercice public de cette Reli­
gion fût prohibé ; le R oi permit feule,
ment aux Frotejlants , qui ne s étoient,
point encore convertis , de demeurer dant
îe Royaume, d ’y faire leur commerce, (ft
a y jouir de leurs biens , en attendant
qn il plût à Dieu de les éclairer ( j) .
A cette époque les loix ne donnèrent
plus aux Proteftants une forme particu*
liére pour fe marier. Elles ne veillèrent
plus d'une maniéré directe fur leurs ma­
riages,.
Mais il eft également vrai qu’aucune
L o i ne les obligea de lé marier en face
de PEglife , comme les Catholiques.
Cependant les Proteftants pouvoient
lefter dans le R oyaum e, y jouir de toui

pouvoicnt ils pas à plus forte raifon y jouir
de la liberté naturelle de fè marier au gré
de leur conlcience, que le Souverain n’a*
voit point intention de forcer ?
Dans cette hypothèle , tout mariage
contrarié de bonne foi entre Proteftants ,
n’étoit-il pas valide, pourvu qu’il fut
d’ailleurs conforme aux principes de la
bonne morale , ôc que le droit commun
&amp; des gens eût été refpeélé ? il ne feroit
aftùrément pas difficile de rélôudre ces
queftions d’une manière fatisfailànte.
A la vérité , les choies paroiftent bien
changées depuis l’édit de 16 0 7 , loi p o f
térieure de douze ans à la révocation de

1Edit de Nantes.
Cette L o i , qui eft fondamentale fur
les mariages, ôc qui a fervi de baze à tou­
tes les autres, ordonne à tous le 3 fujets
da Roi de fe marier en face de REglife.
Elle établit des dilpolîtions, dont f obiervation doit être uniforme, 8c que 1*.

(3) Editç du mois d’O&amp;obre je8f. art. i*

�9

m

11

Saints canons &amp; des Saints conciles. (q)

(
)
eAmpte de fes m otifs, &amp;

Elle femble prefcrire une feule forme Na­

déclaration du 12 Décembre 1598., con­

tionale de fe marier légitimement.

qui

dans fat

Que penfer d’après une loi aufti précv-

firmative de l’Edit de i($9 7 &gt; n’applique
aux Proteftants les folerrinirés preferites

fe ? n’etiveloppe telle pas dans fa géné­

par les Saints Canons &amp; les ordonnances y

ralité tous les fujets Proteftants ou Catho*

qu’en fuppofant que ces religionnaires

liques ? Peut-on à l’avenir admettre quel­

fùnt réunis à VEglife. (5)

que exception d’après un Edit folemnel

baze &amp;

qui n’en fait aucune ?
La queftion ainfi propofée ,

Une erreur de fait , a donc fervi de

paroit

d’abord peu favorable aux Proteftants.
Mais il eft notoire en point de fait, que

de fondement à ces lo ix , en

tant qu’on les lùppofe ou qu’on peut les
fdppolêr devoir indiftiaétement porter fur
tous les lujets du Prince.

le Souverain ne fe détermina à donner

En cet état, pourroit-on jamais appli­

une loi fi generale fur les mariages , que

quer aux Proteftants des loix intervenues

parce qu’on l’avoit affûté que tous*k$

dans la fauffe fuppofition , qu’il n’y avoit

Proteftants étôient convertis , qu’il n’y

plus de Proteftants dans le Royaume ?

en àvoit plus dans le Royaume. Nous

L ’effet ne doit-il pas naturellement ceffer

apportons en preuve de ce fait l’hiftoire ,

avec la caufe ? (6) L ’erreur connue du

tous les ouvrages du terns, la volonté du
Légiflateur lui-même,qui adtignérendre
(y) )&gt; Enjoignons à nos Sujets réunis à PEgl'tfe
}} d obferver dans
» contracter, les

£4) Préambule de l’Edit de 1697»

les mariages } &lt;ja ils vouciiont
jioiemnicés prelcrites par les

;; Saints Canon» Ôi notamment par ceux du der-

A

s

�(

to ]
Lériîlitcv.r n’eft elle pas luffifaate pora.
manager une exception légitimé à la loi ?
Il n’eli pas douteux que cette queftion y feparce de toute autre circoniian*»
ce , pourroit-étre difcutée avec fucçés*
Mais elle n’elt point encore réduite à les,
véritables termes. Les derniers événe­
ments vont fixer le point de-vue fous le­
quel il fera permis de la préiénter.
L a révocation de l'Edit de Nantes t
Sc les faits poftéiieurs à cette révoca­
tion y déterminèrent la plupart des Fio*
teliants à quitter leur patrie 6c à fe réfu.
gicr chez l’étranger.
Les émigrations dévencient de jour en
joui plus fiéquentes ; elles menaçoientl'é­
tat Ôt.Taffoibiilïbient fenfiblement piifab

( n
}
lut remédier au mal, ôc prévenir une defertion générale.
Le Prince, par une loi exprelîé , (7 )
détendit à tous les Sujets encore engagés
dans la Religion prétendue réformée de
fortir a l avenir du Royaume •— fous pei~
ne pour les hommes des galères à vie , &amp;
pour les femmes déêtre reclufcs dans les
lieux cjui fer oient ordonnés par les juges.
Par cecte loi de défenfe , il eft prouvé
que le Souverain n’ignoroit plus que la
plupart de fes Sujets étoient encore en­
gagés dans la Religion prétendue reform e.
11 laide pourtant fubfifter les intitulions
reügieuCes fur le mariage, fans établir
aucune forme particulière pour les P10*
reliants , non encore réunis à l Eglife.
N e fembleroit il donc pas , au premier
coup d’œ il, que les Protellants ne peu­

)} nier Concile &amp; par nos Ordonnances.

vent plus, pour lé foultraire à ces inftitutioiis, exciper de l’erreur originaire d-i

Si lexfundtfir inprafumpion-' aüqudfafîi,
quod faflttm rivera ic i Je non kabëat, tune ca iot
r.cn obngat, quij vsritute j'aÛi df e i n t e , déficit
tJturn legisftiauamtMum- ^notius, iw. »• chap,

■ m. in.

(7) Déclaration

1....

1. . -

- — ^

du 13 Septembre

�( M J
L ég ifiateur, qui ne les avoit d’abord cfa-*

( »? )
X V , de la déclaration du 14 Mai 1724 ?•

blies que clans la perfuafion que tous le»

qui efi la derniere loi portée fur cetto

Protefiants étoient convertis ?

matière , n’ordonne l’exécution expfefie

Mais approfondiffons les choies. Q u ’im­

des Ordonnances , Edits &amp; Déclarations

porta que le Souverain ait laifié. fubfjf-

far le fa it des mariages, qu’aux Catholi­

ïcr les infiitutionj religieufes fur jea ma-

ques &amp; aux Sujets nouvellement réunis

fiages , fans aucune déclaration en faveur

à lafo i Catholique (8) ; cette loi ne parle"

des Protefiants l N e faut - il pas toujours

en aucune maniéré des mariages de ceux”

remonter au motif originaire que le Lé«

qui n’ont point encore ouvert les yeux à

giflateur lui-mêmê a donne de la loi ?

la vérité, &amp; dont on ne pouvoir pour­

n’efi-il pas toujours permis d'expliquer la

tant à cette époque, fe &lt;üfiîmuler,nil’exif-

loi par fes propres vues , de la juger par

tence, ni le nombre. (9).

elle-mcrr.e ?

Le ménagement, gardé par le legifia-

Pour faire ceiîèr dans les circonfiances
toute interprétation favorable, neuf-if
pas fallu que le Souverain eut déclaré
formellement, qu’il entendoit déformais
fbumettre les Protefiants , non encore
convertis y à des loix qui jufques-là , de
/on aveu r leurs av-oient été étrangères ?
Cependant le Souverain n’a fait aucu­
ne difpcfition pareille; il en a même tou_
fours;paru fort éloip

nsi puiiquc

la u id e

( 9) , , Voulons que les Ordonnances, Edits
&amp; Déclarations des Rois nos prédeceflèurs fur
„ Je fait des mariages &amp; nommément l'Edit difc
j, mois de Mars 1697. &amp; la déclaration du 1 $
„ Juin de la mtrne année foieut exécutés lelon
„ leur forme &amp; teneur par nos Sujets nouveller
» ment réunis a lafoi Catholique 3 comme par tous
3) nos aimes Sujais-...
(9) Témoin toutes les Loix qui leur défenden. de fortirdu Royaume, tous les mémoires
iày.s par k î Intendants, tous les arrêts des lxi&gt;

banaux.

�( 14 &gt;
ffeur à l'égard de ces derniers nVft &gt;1 dons
pas un ménagement de ju ftice, de rai*
fon , d’humanité ? n'eft il pas viftble que
des motifs politiques , l’efpok de rame*
ner bientôt tous les fujets à la meme Re«
lig on , ont pu déterminer le fouverain à
ne faire aucune loi permanente 8c fixe
en faveur des Proteftants, 8c que la juf**
lice , devant qui toute autre confideration doit plier, l’a certainement empêche
de faire aucune difpoütion directement
contraire à la liberté de ces Religionnal
les ?
Dans Thypothèfe furtout de la réfiden*
ce forcée des Proteftants en France, pour*
roit-on jamais, fans une déclaration ex*
preffe 8c nouvelle du Souverain, 8c merci
contre fa volonté explicite , penfer que
les proteftants ne peuvent ni Ibrtir du Ro­
yaume , ni s’y marier légitimement , fans
obferver , contre leurs confciences, dci
loix vifiblement faites pour les feuls Ca­
tholiques l feroit il poftible de préjuge

( *r &gt;
jùnfi te fort, nous ofons dire , le malheut
de tout un peuple ?
Il tft vrai qu’en admettant que les Or*
donnances de nos Rois fur les mariages f
ne font point applicables aux Proteftants,
ils n’ont alors aucune forme particulière
de le marier en Fiance. Mais qu’en condurre ? Les formes nationales font-elles f l
fflèmielles au mariage , qu’il ne puillb
jamais exifter fans elles ? S’il cft prouvé
que les Souverains n’entendent point 8 t
ne peuvent point entendre l'oumettre les
Proteftants à nos inftitlirions Religieufes
for les mariages, n’efi-il pas conféquenfc
que nos Souverains , en nétabliiïànt juf
qu’à ce jour aucune forme particulière
pour cette partie de la nation , s’engagent
«nvers elle à protéger , comme mariageslégitimes , tous ceux , qui feront con­
tractés de bonne foi 8c auxquels aucune
sailon d’ordre public , d'honnéteté ou de
enœurs ne pourra mettre obftacle ? ne fuit
il pas encoie que l’on doit prononcer

�( i&lt;r &gt;
dans nos tribunaux en faveur de tes mari*

c
P R E M IE R E

17

)

P R O P O S IT IO N .

g e s , jufqu’à ce que nos Souverains trou*
vent convenable de prendre les îéiolulions fixes 8c permanentes que leur haute
fageiTe pourra leur infpirer ? Toute autre
maniéré de juger ne contredifoit elle pas
ouvertement la raifon, l’humanité &amp; la
juftice ? T elles iont les vues fages &amp; hon*
nêtes qui fe préfentent naturellement à

Les Protejhints, dans Vctot aÜuelde noi
Loix à leur égard-y ne peuvent être
tblirés , à. peine de nullité y cTobfer—
ver nos injïitutions Religicufes fur le
Mariage.

A

Vant que de chercher fi un tel maria-ge particulier eft valide , fans être

î ’elprit quand on parcourt les faits , 8c

fknéluié, on doit examiner fi le mariage

que Ton réfléchit fur les principes les plut

en foi peut exifter validement fans les

(impies.

inflitutions lleligieufes qui le fan&amp;ifient»

Pour établir la légitimité du mariage

Dans ces derniers flécles , &amp; prefque

(ùr le quel on demande avis , il ne faut

dans tous les tems , l’Egliiê 8t l’Etat ont

donc qu’établir deux propofitions: la pre­

fait des loix matrimoniales. O n doit exa­

mière , que les Proteftams , dans l’état

miner fi i’Eglife 8c l’ Etat ont un pouvoir

aéluel de nos loix à leur egard , ne peu­

égal fur les mariages ,

vent être obligés d’obferver k peine de

leurs loix ont une égale autorité dans la

nullité , nos inflitutions religieui'es fur

caufe que nous agitons.

pour favoir fi

tes mariages. La fécondé que la bonne foi

Des Jurifconfultes célébrés ont appro­

connue &amp;c conftatée des conjoints doit

fondi ces grands objets. Leurs ouvrage*

fuffire pour légitimer les mariages des

iont connus.

Pioteflams de Francer

Il nous fufïit d’indique*

�les principes. Les conféquences naîtront
d'elles - mêmes.
Suivant le droit naturel, civil , 8 c ca­
nonique , le mariage coniifte elfentiellement dans le cünfentement des parties.
On peut définir le mariage en fo i, d’a­
près tous les Juriiconfukes 8c tous les
Théologiens, l'union conjugale de I hcm*
me Ù de lafem m e, qui fe contracte entrt
des perfonnes qui en font capables félon
les loix , &amp; qui les oblige de vivre injé•
Jparablement ’Une avec l autre ( n )
L e Sacrement de Mariage , diftingué
du mariage même, n’eft lèlon les auteurs
les plus e x a d s, (12 } que le rit inflitui
(10) Nnptias confenftu jucit( 1 1 ) Matrimorium tji viri &amp; mulierts con'juntiio j indivichum vit* coHjuctuJinem retinent, Inft.
L;v. I. tir. a.
Matrimonium ejl viri &amp; mttluris maritahs ton'
)vntiio inter légitimasperfonat} individuam vi&lt;*
Jotietatem minent. Cacech. du Concile de Tren­
te , pari. H. chap. 8. N . 4. &amp; 5.

( n ) Voyez l’ouvrage de Mr. Leridant lur les
Mariages , &amp; le Mémoire l'ur les mariages clan-,
deltms des f xoteftants de ! rance.

( o
)
pu J. C. pour b nir l'union conjugal?.
Ce rit

confifte d’après la tradition

de l’Eghlè rapportée par ces auteurs »
dans la benidittion nuptiale que le Prêtre,
donne aux Epoux.
A la vérité cette définition eft com­
battue par les fcholaftiques à qui l’on

a

reproché d’avoir employé dans la défi,
nition des Sacrements les mots inintelli­
gibles de matière 6c de forme , 8c d’avoir
adopté fiir le Sacrement de mariage en
particulier , un langage inconnu à toute
l’antiquité. Quelques - uns foutiennent
que le mariage eft lui même la matière
du Sacrement, 8c que la benediflion nup­
tiale n'en eft que la forme. D ’autres vont
jufqu’à dire que le mariage eft tout à la
fois la matière 8c la forme du Sacrement 9
&amp; que les parties en font les Miniftres,
Tous établirent des fyftêmes , capables
d'obfcurcir les véritables idées cLs cho­
ies.
Mais &gt;malgré la divcrfité des opinion*

�fur la nature du facrement, tout le tcm

^ ufage de 1Eglife efl de ne point re«

de convient que le mariage , qui exiftoit Inar*er ^es inhdéles qui le convertifïent.
avant J. C. , peut même aujourd’hui exil- Les mariag cs m«tes ont été long-tems
ter validement fans l’intervention du rjf permis dans legli/e ( ï y). Ils le font enco_
fiicramentel inlfitué par J. C . , ou -, poutrf au)ourc^^ui dans les millions étrangeparler dans tous les fydem es, fans quel»**
epoux fe trouvent dans les circonftancts ^es mtriages cîandedins , qui fe conrequiles par J.C. oupar l’églile loir inte;dr^°^ent entrt&gt; Catholiques avant les
prete infaillible pour l’application du fa c ile s de Trente, &amp; qui étoient faitsfans
crement.
*
le minillére d’aucuu prêtre , fans l’interCela eft fondé fur ce grand princip&lt;*ntion d’aucune^ cérémonie religieufe

que l’homme-Dieu n’eft point venu chafrl1^ » ont dté réputés valides par ce
ger Tordre delà nature,mais feulementlt^°nc^e
lànétiRer
De droit commuîl k* mariages des
Lesperes &amp; les conciles ont toujours'---- reconnu que les mariages des infidèles,
Corinth. V U . v. i i , 13, &amp;c 14*
1
0
ü nlultatjons canoniques lur le lacrement de
quoique de fimples contrats ( 1 3 ) , font fer,age par Gibert, tom.i. Conluh. XLVlIf.
très-légitimes, pourvu qu’ils ne foient pas î46'
, .

, ,

.

Y1eî) Lettre 3 11 du cardinal cfoflat.

contraires aux loix de leurs 1princes. \( 14)
*' / r 7 i

I

,

„

,

. T

. t&gt;**hn m a r i xctp P .rrxle a n lu r

�(

22

)

Pioteftants peuvent donc être valida
fans le concours de nos infliiutions ni
gleufes.

ment fans bfFenfer nos inflitutions Reli-

Il n’y a qu’une loi pofuivi

■ qu’une loi précife , qui puiffe mettre oi
tacle à leur validité.
Deux fortes de lolx pofitives ports
- que le mariage doit etre fait en préien
du propre curé : les canons du concile.
Trente, 6c les Ordonnances de nos R?
qui ont à certains égards adopté cas
nons.
Les l.oix ecclefiaftiques peuvent-e
parleur propre force , annuller les:
riages des Proteftants ?
Les Ordonnances de nos Rois:
noncent- elles cette nulllité ?
Si nous prouvons en droit que II
fe &amp; les affemblées conciliaires ne:
vent en général ni valider ni annullel
mariages ; s’il efl confiant en poiiî)
fait que les Ordonnances du lloy*

( 23 )
les Proteftants peuvent fe marier validé­
gieufes ?
C ’eft un principe certain, dans le droit
univerfel des nations , que le Souverain
feulpeut donner des loix fur les mariages,
preferire des formalités 6c des conditions,
xneme religieufês , à peine de nullité.
L ’E gliiê, qui a droit de bénir le ma­
riage , de le lànélifier par le Sacrement
établi pour conférer la grâce aux époux,
ne partage point 6c ne peut jamais parta­
ger avec le Souverain le droit de régler
la validité du mariage même.
Le pouvoir de valider ou d ’annuller eft
un pouvoir de coaélion 6c dç contrainte.
Ce genre d’autorité n’appartient qu’au
Magiflrat politique. (19 ) Il ne Içauroit
appartenir à l’Egliie , à qui toute demi-

nation ejl interdite , (20) qui n’a qu’un

n’annullent point les mariages des*
leftants} n’aurons nous pas prouve '

O 9) Ille (rex~) cogit y hic ( Sacerdot') exhortante,
Div. ehryjojl.

(20) Reger gentium dominantur eorum—&gt;vot.

aukmnonfie. Luc. 22. 2f. z&lt;S.

�( 24 )
eniniftîre de priere 6 ’ de prédication, (21)

(

-S

)

Avant la révélation &amp; l’inftitution du

qui ne gouverne que les âmes , ôt dont

facerdoce ,

la puiffance civile établnToit

la puifance ejl purement fpirituelle. (22)

avec indépendance les formes du maria­

Il feroit contre l’ordre efiemiei des

ge , les régies de les conditions nécc*;-

cfcofes que deux autorités difiinétes , qui

Lires pour rendre les lujets capables de le

pourroient être fouvent oppofées , puf-

contracter. La révélation de le iacerdoce

lent gouverner avec un pouvoir égal le

n’ont point altéré les pouvoirs de la puif

même objet. Cette efpéce de manicheif-

fance civile; ils n’ont point diminué les

rae politique jetteroit la plus grande con-

droits de l’empire, puilque 1 Lglife n’a

fufion,

reçu aucune puiffance dirette

de produiroit les plus grands

gj

indirec,

abus. Il detruiroit meme , dit un Magif-

te fur le temporel, ni parmi les nations

trat aufli célébré qu’il nous eft cher, It

Chrétiennes , ni parmi celles qui ne le

principe fondamental de limité de lapuif-

font pas (24). Les Souverains peuvent

fance publique , principe injlituc de Dieu

donc feuls aujourd’h u i, comme autrefois,

Créateur de l'ordre fa cia l, &amp; confacri

valider ou annulier les mariages.

par le Dieu rédempteur qui a déclaré qui

Nous fommes éloignés de vouloir ra­

fon Royaume nctoitpas de ce monde. (23)

vir à 1 E glife, le droit d’inipeétion natu-

(n)orationir &amp; verbi mïniflerio inflantts eri-

mus. Actes des Apô rqs.
( zz ) Le fondement de nos libertés eft que la
PtÛiTance Eccleiiaftique eft purement Ipmtuelle.
Fleuri, Liftit. au droit Ecleiiaft- tom. II. ch. ij.

Pag-

9*

(z-j) Kequifttoircde Mr. deCaflillon, Avocat
Génc-rav au Parlement de Provence; contre le
fcicl concernant le Luc de Paime.

(14) Jam ab ipjo Clodoveo regni iftius florcv.tlh
pmi amplifieandi a»£iore in imam vriutifocittatem
(oierunt chrijlianafides &amp; regum imperium 1 tmllo
partium dmiminio4
, adeottt de regni fummo jure
nihiî p-r Chriftianam profcjfoncm decejferic. Marc»;
•foncord&gt; faeerd. &amp; imp. Liv. II. Tit. 1..

B

�( *&lt;s y
relie qu’elle a fur les devoirs des époux',
fur l’honnêteté &amp;: la fainteté de leur en­
gagement.

La Religion embralïè tout

l'homme ; elle régie toutes lès allions ;
elle dirige toutes fes penfées , mais cette
infpeélion générale ne peut s’exercer que
par les voies douces de laperluafion ; &amp;
jamais par la voie coaélive de l’autonté
proprement dite;qui ne réfide &amp;: ne peut
rélider que dans le Souverain. Delà nous
voyons que le divorce , quoique prolcrit

c
mariages (26).

*7 )
L e s lo ix , pendantprès

de deux ficelés, n’ont jamais parlé de
la bénédiction nuptiale.
D e touts les tems les princes ont eu la
polTèlGon confiante, d’établir les condi­
tions qui peuvent valider ou annuller les
mariages. L ’Empereur Théodofe les a
prohibés

entre coulins germains.

Les

Empereurs Valentinien, Valens , T h e o «lofe&amp;Arcade ont défendu ceux des Chré.

par l’évangile, a é té , long-tems après

tiens avec les gentils &amp; les infidèles. Les
Empereurs Conllantin , Coiyftans, H o­

i ’établifiement de la Religion Chrétien­

noré &amp;: Theodofe le jeune, ont fait un

ne , une partie du droit commun dans

empêchement annullant le mariage , de

l’Empire Romain (25;) , ainfi que dans

l’affinité qui vient du lien conjugal, ou de

tout le relie de l’Occident. Nous trouvons

la fornication. Les loix en font formelles

encore q u e , dans le premier âge de la

dans le code Théodofien (27).

Religion , les Souverains ne préi'crivoient
que des formes purement civiles fur les
(i&lt;ÿ)Nov. 74- Cap.

4-

L oi’ z j. §. 7. Cod. de nupiit,

(15) Liât a matrimonia pnjfe contrahi. cotîtraÜt,
«on nift miJJ'o repudio &gt;dijfolvi precipimitf. Liv. 8.
Cod. de repud.
V o y e z encore la nou. 23, P raafat. &amp; cap.l&gt;

(27) Touts ces faits font rapportés parMr?
Talon, par Mr. Leridant, pat C kert Sc géné­
ralement par tous les Auteurs, dont nçus ne faifons qu indiquer les citation?.

B 2

�(

28

)

I.e j Princes ont même long-tems ç*

C 29 )
tes officialités, n’eft qu’une jurifdiélion-

«rcé lculs le pouvoir d’accorder des dif-

de concelfion &amp; de privilège. C ’eft un

penfes , fans que les Conciles ni les Evi&gt; pouvoir y dit Mr. Talon (30) , que les
ques s en forent plaints. (28). Le titre du

Princes leur ont attribue quils, néxercent

code Théodofien fi nuptice ex refcrifm

f i avec dépendance , qui leur peut être

petanturfejl rempli de Confiitutions faitn

oté s'ils en abufent, &amp; dans l’exercice

pour ces difpenfes. Dans cajfïodore, ci»

du quel ils font indifpenfablement obligés

par G ib e rt, on trouve des formules de

defe conformer aux Ordonnances que les

lettres que les Princes donnoient à ceux

Princes établirent dans leurs états*

qu’ils vouloient exempter de ^rigueur^

Du

principe que le Souverain feul

peut, avec indépendance , donner des

la loi.
Si les chofes aujourd’hui parodier,

loix fur les mariages, les valider ou les

changées, fi les miniltres de l’Eglife ac­

annuller, il fuit qu’il faut écarter dans les

cordent les difpenfes, ce ne peut être que

circonftances, toutes les loix purement

par pure tolérance. Ils ne font même en

Eccléfialliques ; ou qu’il ne faut les ad«î

ce point, comme le miniftére public l’a

mettre qu’antant, qu’elles font adoptées

plufieurs fois attelle (29) , que les viagérants de la pnijfance féculiere.
Toute la jurifdiétion , que les Ecole-

par le Prince.

Ces loix ne fauroient

avoir d’autre application extérieure, d’au'
tre force coaélive que celle que le Souve-

fiafliques exercent fur les mariages darj
,,1■ ■ 1 |i ■—

■■ i

i .mu m

(z8) Gibert, inftit. au droit canonique.
( *?) Code matrimonial ; au mot difpenfet,

(30) Réquisitoire de Mr. Talon contre 1?
thetè duDodeur i’Huillier.

B

î

�ê

C 3®
rAifi a entendu leur donner.

t 31 )
point reçue en France ; que les canonî

Il ne s’agit donc point ici d’examiner

rédigés par ce Concile , n’ont &amp; ne peu­

avec les Théologiens (3 1) , fi les îégles,

vent avoir force de loi parmi nous, que

établies fur le mariage par le^Concile de

loifquils font adoptés par les Ordonnan­

Trente , font générales ; fi elles compren*

ces de nos R o is; que ce n’efl point en

lient indiflinélément toutes peifonnes ; â

vertu du Concil ' , que les Catholiques

les Proteflants doivent y être fournis com.

eux mêmes font obligés de fe marier en

me les fidèles , fur le fondement que

ja.ee de /’E g life, mais en vertu des loi»

les Proteflants étant Chrétiens , leur

civiles qui ont à cet .égard adopté le Con’

bellion ne doit pas luffire pour les font

cile ; que conféquemment les Proteflants

traire à l’autorité de l’églife. Toutes ce;

»e peuvent être loumis à oblèrver comme

queflions théologiques, font étrangères

Citoyens nos inflitutions religieafès fur le

au point que nous traitons ,

qui ni

mariage , que par une loi publique qui

rapport qu’au for extérieur £c à l’ordre

ajuroit étendu jufqu’à eux le devoir d’ob­

civil des chofes.

ferver, en le m ariant, ces inftitmions.

Il nous fuffit d’obferver que l’Eglife

D ’après nos m aximes, d’après les

n’a point d’autorité coaélive ; qu’elle ni

principes qui veillent à l’effence même

aucun pouvoir proprement dit fur le mi-

de la Souveraineté , il n’y a qu’une lej

riage,m fur aucun autre objet temporel;

civile &amp; royale qui puiiTe mettre obflacle

que la difeipline duConcile de T rente net

a la validité des mariages

contraélés

par les Proteflants du Royaume..
Exille t’il une loi Francoilè &amp; royale,
(31) Conférences de Paris for les mariages

qui étende julqu’ayx Proteflants, Totvli-»

�( 32 )
gatiort de fe marier en face de PEglife à
peine de nullité ? Cette qucRion de fait
ne peut pas fouffrir de grands doutes.
11 réfulte de la difeufiion hiftorique,

( jî
)
L ’ Edit de 1697 , qui etl la première
loi donnée fur les mariages depuis que la
Religion protcRante n’cR plus àutornée
paroiRbit comprendre tous les fu;cts in*

qui a été faite en commençant, fur nos

diRinélément.
La déclaration du 13 décembre 1698

loix matrimoniales , qu’aucune de ces

détermina rapplicaÛQn de l'édit &lt;x\a\fujets

loix n’ordonne aux ProteRants d’obferver

réunis à VEglife.

nos inftitutions religieufes.

D e nos jours l’art. 1 &lt;T, de la déclara­

Avant la révocation de l’édit de Nan.

tion du 14 mai 1724 , qui eft la der­

te s, les ProteRants avoient une forme

nière loi fur cette matière, n'a eu ex-

particulière pour fe marier ; on confiée*

preRcment en vue que les minages des

roit leurs mariages , comme de /impies

Catholiques , Ù des fujets nouvellement

contrats civils &amp; indijfolubles , par Tin/

réunis à la fo i catholique.

titution mime du mariage , &amp; par les loix
de P état (3 2)Depuis la révocation de l’édit de Nan­

Aucun

é d it,

aucune

déclaration ,

aùcune ordonnance, n’a Ratué fur les
mariages des Proteftants.

tes , les ProteRants n’ont plus, fi l'on

Ils ne font donc obligés par aucuné

v e u t, une forme particulière de mariage;

loi civile 6c nationale , à obierver , a

«nais aucune loi ne les a obligés de fe fou-

peine de nullité , nos inftitutions reli-

mettre aux formes précédemment établies

gieufes fur les mariages.

pour les Catholiques^

Les difpnfitions de nos lo ix , ont
meme paru fi claires 6c fi précifcs , nue

C32) Fevretj Traité de l’abus, tom. 2. aux
notes pag. 323.

R

r

)

�(

14

&gt;

ceux de nos auteurs, qui foutienntnt
qu’elles

aiTeélen:

indiftinélément les

Proteftants &amp; les Catholiques, font ré­
duits à dire, que depuis la révocation
de l’ Edit de Nantes on ne peut plus
préfumer légalement q u il y ait des Pio.
teftants en France.
Mais s’agit-il depréfomptions , quand
il eft queftion de faits ? D es hélions de
droit peuvent-elles prévaloir fur la vé­
rité connue , fur la notoiieté publique
( 34 ) ? Peut - on raifonnablement méconnoittre en France , un corps de peu­
ple qui eft encore aujourd’hui l’objet
de plufieurs loix françoifes ?
N e perdons pas nos foins à réfuter
une opinion qui fe réfute d’elle même j
félons au vrai.
L ’édit portant révocation de celui de

35

(
)
N antes, fuppole fans do u te, que tout
exercice public delà Religion Proteftante
eft prohibé en France; mais ce même
édit permet aux Proteftants , de relter
dans le Royaume , jufquàce quilplaife
à Dieu de les éclairer. Donc il eft faux
de dire , que depuis ce t dd it, on doive
préfumer qu’il n’y a plus de Proteftants.
La déclaration du 13 feptembre 1699 &gt;
poftérieure de douze ans à la révocation
de l’édit de Nantes , défend aux fujets
encore engagés dans laReligion prétendue
reformée de fortir du Royaume.
Avant cette lo i, l’édit du mois de
novembre 16 8 0 , avoit fait inhibitions
&amp; défendes aux curés, de bénir les ma­
riages qui pourroient être contrariés
entre Proteftants &amp; Catholiques.
Plufieurs ordonnances, déclarent les
Proteftants incapables de tout emploi

(34) S«d ea qu* fmt fafli, fflioncm non reMfsuHt. i ra ié de fitlionjbut inns &gt; vtrituf

çivil, Sc de toute charge municipale.
J-çs regiftres des Parlements, font rem-

�.
C ï« )
plis d'arrêts, rendus pour le maintien

( vj )
fitutions , puifque meme ,

de ces loix..

toutes nos loix , ces inftitutions leuf

D onc , quoique fa religion prétendue

de l'aveu de

font étrangères.

réformé* , foit profane , on ne peut ni

Q u ’ importe, que le Souverain n’ait

ôn ne doit mccofmôîtie dans nos tribu­

établi aucune forme particulière pour les

naux , l’cxiftence d’un nombre de fujets

mariages des Proteltants ? Il eft égale-*

encore engagés dans cette religion.

nient certain ,

Or tous les Proteftants François, qui
ne font point encore réunis a Téglrfet

qu’il n’a pas entendu'

foumettre leurs mariages aux formes
aduellement établies.

&amp;: que le Souverain lait &amp;; fuppofe en­

Nous ne devons point pénétrer les

gages dans la religion prétendue réfor.

motifs que peut avoir eu le Souverain ,

mee , ne font ni nommés ni défigné?

de ne donner aucune forme particulière

dans nos loix fur les mariages ; ils font

de mariage aux Proteftants.

aucontraire , exclus du fyltême de ces

Nous devons nous conformer à la

lo ix , qui ont explicitement déterminé

volonté qu’il nous a notifiée, fur la nort-

leur propre application aux Catholiques,

application des formes , établies à l’é­

t f aux fujets nouvellement réunis à. h

gard de ces religionnaires.

fo i Catholique..

Des motifs fecrets, que nous ne cou-

ces Proteftants ne doivent

noiffons pas , ne fauroient nous amod­

point être contraints en France, à ob­

ier à contredire des loix que nous con-

ier ver. nos mltitutibns rcligieufes à peine

noiffons. Il faut refpeéter le filence que

de nubité , puifqu’aucûne loi f;aaçoife

le légifiateur garde fur un objet. Il faut

ne leur preiciit l’obiei vation de cts int

obéir aux loix qurii a poitces fur l’autre.

Donc ,

�» i \,w&gt; i J jjinp
iW
1
M l lu

m
m

O n obfervera fans doute qu’à la vérité

( 59 &gt;
faits, développons les vrais principes "Sc

les dilpofitions littérales de nos loix ft

prouvons qu’un fyflême aufîi étrange

rapportent uniquem ent aux Cathoîiquet

tend moins à interpréter la volonté du

&amp; aux nouveaux convertis ; mais que

Souverain qu’à la calomnier

~

*■» ~

.. .......................... iii i i iii i

mi

«m in

III11I M I p u p i f n p ^ p p ^ ^ ii.

i n y m wH m

■■■■" ■

(

î*

&gt;

l ’objet prêtent tient au fyflême général du

Nous avouons qu’en France , l’unité

gouvernement fur l'unité de Religion en

de Religion cft aujourd'hui une loi de

France ; que c’eft vrailêmblablement d’a.

l'état, ôc que nos princes ne veulent

près ce fyftéme que nos Souverains ont

qii’wwe E g life , qu’tftt p jle u r , qu’#«-

refufé d’établir jufqu’à préfent une forme

troupeau. *

particulière de mariage pour les Protes­

Nous favons que parmi nous la plû-*

tants j que conféquemment, fi le prince

part des inflitutions religieufes font liées

n’a enjoint qu’a«.v Catholiques &amp; aux

aux inflitutions civiles.

nouveaux convertis de fe marier enface de

Mais qu’en peut on conclurre , dans

lE g life , ce n'a point été pour excepter

l'hypothéfe prélente, contre les Protes­

les Proteftants, mais pour leur donner

tants ?

au contraire Palternadve prenante ou de

Ne pas autoiifer plufieurs Religions

fe convertir a la foi Catholique, ou de

dans un é ta t, ou contraindre les confcien^

ne pouvoir fe marier légitimement dans

ces Ôr perfécuter pour faire adopter ta

le Royaume.

Religion dominante } font deux, chofes

T e l eft le feul fyflême , qui peut être

très-différentes,

èppolé aux Proteflants , ôc que quelques

Autorifer une Religion , c’cfl en per-

auteurs ont ofé préfenter dans tout le

irttttre l’exercice Ôc la profeffion publi-

fçandale de fa duretv.

quc.L'autordàûcn de

Rappelions k$

plufieurs cultes da»

�«n gouvernement eft: elle jufte ou injufk,
Utile ou

dangereufe ? Cette

tient aux événements ,

queftion

aux circonftan-

c e s , à l’étendue 6c à la constitution par,

, #

r

•

1

ticuliere de chaque pays. 11 feroit dange­
reux ( même rehgieufement parlant ) detablir en principe , qu’aucune Religion
nouvelle ne doit être reçue dans un état:
ce feroit fermer à la Religion Chrétienne
Fentrée de tous les pays ou elle n’eft point
encore admife. 11 feroit également dan­
gereux d’établir qu’on doit tolérer toutes
les Religions : ce feroit affoiblir la Reli.
gion Chrétienne , dans tous les Etats ou
elle eft exclufivement autorifée , 6c com­
promettre à Certains égards la tranquilitc
de ces états. 11 faut donc s’en rapporter,
fur cette grande queftion ,

à la fagef-

fe des Princes, qui favent mieux calculer
les inconvénients 6c les avantages poli­
tiques , à la providence , qui veille fur
fon églife &amp; qui infpire les bons Rois.

Mais la contrainte, ou ce qui eft h

même chofe , la perfécution exercée di­
rectement contre les perfonnes, n’eft pas*
comme la fimple tolérance des cultes ,
une queftion de politique, c’ eft une quefQon de mœurs , de juiiice , d'humanité.
On appelle en général contrainte ou
perfécution toute violence proprement
dite, faite aux perfonnes, tout aéte que
Ton regarderoit comme illicite, comme
contraire au droit naturel 6c des gen s, fi
un faux prétexte de Religion nej'embloit
l’autorifer au mépris de la raifon 6c de la
Religion véritable.
Nous convenons que dans tout état »
crû il n’y a qu’ une Religion autorilée 6c
où certaines inftitutions religieufes font
liées aux inftitutions civiles, il faut nécef
lairement ufer du pouvoir coaélif pour
faire refpeéter cette religion &amp; pour faire
obéir aux loix qui peuvent y être liées.
Sans cela chacun pourroit aifément prétexter une croyance différente pour fe
fouiixaixe aux loix. Mais ce n’eft pas

�f 42 )
( 4ï
)
certainement ce qu’il faut appeller eon« ; avec fa croyance particulière ; qui a toiju
trainte ou perlecution. L ’état ne fauroit
jours vécu lbus des loix propres à cette
être obligé d ’interroger la foi de chaque

croyance, qui a , pour ainfi dire , ftipulé

particulier. Il regarde les hommes en

plus d’une fois avec l’état. Ce peuple doit

corps , comme m ultitude, jamais comme

ftns doute relpeéter la Religion dominan­

individus (34). Il doit donc, fanscraim

te. Mais dans la juftice diftributive 8c en

dre demanquer aux droits des perfonnes,

toute occafion , on doit à ce peuple les

pouvoir foumettre aux loix tous les fujet»

égards qui lui font allurés par des loix

qui font jultement prélumés avoir con-

publiques , qu’il achette journeüemenç

Sraélé avec elles. Maintenir cette foumif- !

par Tes forvices, &amp; que l’humanité rend

don , ce n’eft point perfécuter, c’eft con-

facrés 8c indifpenfables.

ferver l ’harmonie publique, c’elr protéger
les loix de l ’état 6c entretenir la bonne
police.
Mais les mêmes principes ne /àuroient
être appliqués à un corps de peuple, qui

C ’eft ici précifément l’hypothéfe des
Proteftants en- France.
Leur Religion étoit anciennement auforifée. L ’édit de Nantes leur en permet*
ioit l’exercice public.

a toujo urs été l'éparc des autres lujets par

A cette époque nos Souverains avoienî

la Religion , quoiqu'il leur ait été uni par

fans doute le droit d’autorifer ou de ré»

&amp; fidelité au meme K o i, qui a été repu

jetter la Religion proteftante. Mais er*
l’autorifant, ils fo lièrent à ne plus mé*

(34) Jura non ht fin gu!ht ferfouas , fsd gmt*
fahti r tonfUtuuniM. i a. de ofi. ir. Itgul,

connoître la partie de la nation , qui profeiloit cette Religion de l’aveu public des»
loix.

�( 44 )
L ’aiïtorifation du culte en lui-même
n’étoit fans doute pas de fà nature im."
muable. Rien ne l’eft en matière de po­
lice publique. La raifon d’érat eft tou­
jours la loi fuprême ( 35" ). Il étoit donc
toujours loifible au Souverain de faire
ceffer l’autoriiation accordée.
Mais en profcrivant le culte , on ne
pouvoit ignorer qu’une multitude confidérable reftoit attachée à ce culte longtems autorifé ; que cette multitude étoit
dans la bonne foi ; que les hommes ne
changent pas de Religion aufli prompte­
ment qae le Prince publie l’ordonnance
qui les invite à embralfer une Religion
nouvelle ; que la convefton du cœur ne
peut être que l’ouvrage de Dieu ; que
i’on devoit conlequemment des ménage*
munis aux perfonnes, quoiqu’on ne crut

( 45 )
plus devoir tolérer la profeflion publique
de l’erreur.
Aufli nos Souverains n’eurent garde
de contraindre directement les confciences. Ils lèntoient qu’il falloit au moins
laitier refpirer les âmes librement, &amp; affurer à des homme&gt;|déjà trop malheureux^
les biens de première néceiïité. Dans cet
objet ils permirent aux Proteftants, qui
n’avoient encore point ouvert les yeux
à la vérité , de demeurer dans le royau­
me) (Tyfaire leur commerce, &amp; d'y jouir
de leurs biens, en attendant qit il plut
à Dieu de les éclairer.
La douceur, la tolérance , promifes
aux perfonnes dans le moment même où
l’on profcrivoit l’exercice public du culte,
eft un titre toujours lubftftant, qui n’a
point été révoqué , fous la foi duquel les
Proteftants françois continuent à vivre en

(3&gt;) Salut populi Juprtm a léie ejlo. Loi d«6
«ovue Fables.

France , 6c qu’ils peuvent toujours récla­
mer avec fuccès. Ce titre exclut à jamais
tout fyfteme direct de contrainte.

�Depuis la loi for tout , qui défend an*
Proteftants de fortir de la France , ils doi­

çens dont on exige &amp; dont on attend dut
bien, efl de ne leur faire aucun mal.

vent trouver plus que jamais fureté, pro­

La contrainte perfonnelle feroit certai­

ie éli on &amp; tranquilité dans le Royaume,

nement un mal pour ceux contre le t

lis doivent trouver dans

l’état , l’azile

«juels on l’exerceroit. L ’état aéluel de

que la lo i, qui leur fait défenfe de fortir

notre légiflation , à l’égard des P rotêt

de l’état, s’engage inviolablement à leur

tants, ne fauroit donc , fous aucun pré­

donner.

texte plaufib l e , permettre aucune efpece

En obligeant les Proteftants à conti­

de contrainte.

nuer d’être Citoyens , le gouvernement

D’ailleurs, qui pour roit penfer que la

s’engage envers eux à tout ce que doit la

Religion, qui ne s’eft établie que par la

,patrie. Les devoirs les plus faints font

douceur , voulut fe maintenir par la for*

exprimés par ct$ noms de patrie &amp; de

ce ? Ne feroit-ce pas choquer les grandes

Citoyens.

vues du chriilianiftne , lui enlever une

Pour envifager les chofes fous le point

grande preuve de fa divinité , ôc tourner,

de vue le plus rigoureux pour les Protef­

contre les hommes , le plus précieux don

tants, il eft certain qu’en les forçants

fie la providence art pu leur faire ?

refier dans le Royaume , nous les obli­

Le Religion agit fur les âmes. A fes

geons à continuer leurs fervices , à cul­

yeux il n’y a de véritable foi que celle qui

tiver nos terres , à nous enrichir par leur

eft fincère. Il n’y a de vraie vertu que

commerce, à entretenir nos manufa&amp;u-

celle qui part du coeur. Dieu , maître de

res : or, félon les premières régies de tou­

l'univers,

te iuftice, le moindre retour, dû a des

W cs. Il n’exige pas qu’on le confelfe

n’ a pas befoin d’hommages

�Wec contrainte, ou qu on entreprenne de
ie tromper. Il veut qu’on Ce rende digne
de lui (36). La force humaine pourrait
elle être juftement Sc utilement employée
pour une Religion qui ne veut gouverner que dans Tordre du mérite 6* de h

■ Entendra t’on même rien 'dans les ou*
vrages de Dieu , fi Ton ne prend pour
principe , qtTil aveugle les uns , tandis
qiiil éclaire les autres (40) ? L ’homme
Dieu lui même , a rendu témoignage à
cette conduite de fon pere , par laquelle

liberté ?
L e delpotifme fur les âmes, eftun genre
de domination que les loix civiles ne con-

il révéloit aux fimples , ce qu’il cachoit
aux fages 6c aux prudents (4 1).

noiffent pas £c ne peuvent jamais connoî-

Toute contrainte pénale , toute vio-*

tre. O n ne peut raifonnablement fe pro­

ience proprement dite , exercée dircéle-

mettre de forcer la confcience 6c le re­

ment contre les perfonnes , fous prétexte

tranchement impénétrable de la liberti

de Religion eft deftruéYive de l’huma­

du coeur (37). Dieu feul eft le Roi des

nité. Nous ne pouvons être autorifés à

âmes (38), N ul autre ne peut les chan­

tfer de violence 6c de contrainte,

g e CS ' ­

au

nom d’un Dieu jufte , qui recommande

entendra.

partout l’amour des hom m es, qui nous
ordonne d’aimer notre prochain comme

(3f&gt;) Deur univerfttatit eft domimu, obfequis
non eget necejjario , non reqttirit coattarn eonftf(ionem s non fail endus &lt;ft , Jed fromerendut. !t
Hibr. lib. ad.coajlant.aug■ pag- m .
(3 7) txpreùion de lvi. de Fenelon.
(38) Rex Chrijlus ) qiiod memes regxt. Augull
VvJoan. Trad. 51. n*. 4. om 3. part. 2-pag. 535.
{39) Ncmo poteji ventre ai ms &gt; niji paterj

qui mlfit me, traxerU adeitm. Jean. 6. 44.
(40) Penf es de Pafcal.
(41) Confîteee ùbiPatrr. , rv mine eteîi &amp; trrea j
qu'ta abjcondtjli har a Japieneib s &amp; prttdemibus
rcvdafti ea parx’iiUs. Aiauh. x j . a 5.

�_*
(
)
nous même (42), qui, par le terme indé­
fini -de prochain comprend indiftinéfement tous les hommes de tout culte, de
tout pays, de toute nation (43) , &amp; qui
nous fait un devoir d’être

générale­

ment en paix avec nos femblables (44).
11 eft écrit par to u t, qu’il faut traiter
avec douceur ceux qui font foibles dans
la foi (43);; que Dieu nous a amenés
nous même à le connoître , plutôt en
enfeignant qu’en exigeant (46) ; qu’il
faut laiffer les aéles de violence, à ceux
qui ignorent combien' il eft difficile de
connoître la vérité (47) ; que les voies

(

y*

)

de rigueur ri ont jamais rien op 'ri dans
cette matière que comme defiriiÜion (48);
que la liberté ejl gravée fi natnrellement
dans / efprit de thom m e, que ce qui s'y
introduit par force y ricfi guère de durée ,
moins encore de mérite pour la f o i ,

qui

doit être libre &amp; s infinitér doucement
far infpiration divine , par patience ,
far remontrances, Ù toutes fortes de bons
exemples (49) ; qu’enfin la feule peine ,
due à un homme qui erre ,

ejl d être

infruit (30). T elle eft la doctrine de
tous les tems. T elle eft la voix unanime
de tous les fiecles.
D ’après des principes aufti faints &amp; aufli

f j -z) Diltges proxinmut utum fient te’ipfum.

Matth.
35.
.(43) Parabole du Famaritain.
(44) Cumomnibus hominibus pacem habitues

St. Paul. Kom. i a. 18.
(45) Jnfirmum auiem ‘m Jîde ajfumite , non
îndifeeptationibus cogitaùomim. Kom. n .6.
(46 ) Dcus eognitiontm Jiti doeuit potïiu quant
nxegil. St. Hilar. liv. 1. ad tonjlant. aug. pag.
iïX Z O .

(47) Mi if* vos Jstviam qui ntfchm citm qtt»

religieux, d’après la volonté manifefie
iabore verum tnvetiiatttr y &amp; quàm dtffi île
veantur errores. 5 . aug- dans i’épiti e conn u tpifU
rnanichai} cap. 2 ÔC 3.

(48) Efprit ues Loix.
(49) Mémoires da Clergé y tom. 2 fur la fin,
édition de Paris in oflav)
(50) Mot de Platon &gt; cité par I oielon,
tous les auteurs chrétiens,

C a

�C

Si )

ménagements dus à un corps de peuple ^

(

dont la refidence efi forcée , &amp; qui par

)

du Souverain qui a conforme fà conduit?

aveuglement demeure attaché à une reli­

à ces principes, on ne peut fuppo/èr qu’en

gion , introduite en France de l’aveu des

ne fôumettarït que les Catholiques &amp; Us

loix , ôc long temps autonfée.

nouveaux convertis à nos infiitutions rc-

L e tous lej m oyens, qu’il léroit poffi-

iigieufes fur ies mariages , nos loix veuil­

ble d’imaginer pour contraindre les Pro-

lent contraindre les Proteftarits,jufqu’à les

teftants à embraffer la religion catholique,

priver de la faculté de fè marier, s’ils

il n’y en a pas &gt;de plus effrayant en foi ,

ne fe convertifient à la foi catholique.

de plus inconciliable avec l’ordre public &gt;

11 n’eft pas permis d ’intervertir le fens na­

avec les moeurs, avec le bien de l’état ,

turel de nos lo ix , de les interpréter contre

avec les vues de la Religion , avec nos

l’eiprit de la religion qui les a infpirées ,

loix particulières fur les Proteftants , que

contre leurs propres vu es, contre leurs

celui qui tendroit à leur ôter la liberté

propres difpofitions. Il eft bien plus fm-

de fe marier en France.

%

ple &amp; plus raifonnable de penfer que les

Les droits que la nature affûte, font

Souverains , en ne fouinetcant que les

de tous les tenus comme de tous ies

Catholiques &amp; les nouveaux convertis i

pays. Ils font communs à tous les hom •

nos formes religieufes , ont fuivi la dou­

mes , de toute nation ôc de tout culte

ceur fi fort recommandée dans l'Evan­

(51). Ils font intimement liés à la pro­

gile , la charité chctienne &amp; univerfellc,

priété perfonnellè , c’eft-a- dire , à cette

le plan qu'ils fe lont toujours fait de ne
pas contraindre les con/ciences , d'atten­
dre qu'il plût a Dieu de les éclairer, &amp;
ont cherché à conferver les égards &amp; le!

(5 1) Kattira ejl ççmmunis jf.

c 3

�(

( Si )
propriété , que chacun a de fa per/onne y

dire à l’homme le fenriment de fa propre

bc qui ne reçoit point de prix (p2).

exiftence, jufqu’à lui défendre d’être fen-

ss

)

S ’il étoit poflible d’avancer contre I3

fible , ju qu’à feinder pour ainfi dite fon

vérité, que nos Souverains vouJuffent

être , jufqu’ à féparer l’homme d’avec lui

lifer de quelques moyens de ligueur

même ?

pour forcer les ccnfciences , s’il étoit pof-

Quand on parcourt les

differentes

£ble de foutenir, qu’ils voulurent jufqu’à

legïflliions , on trouve des loix qui ont

un certain point, gêner la liberté naturel­

dégradé 1homme. On en trouve qui ont

le; il faudroit toujours excepter le mariage

abruti là railon ; mais il n’en eft point qui

comme le plus facré &amp;c le plus inviolable

n’aient à certains égards refpeélé la natu­

de tous les droits. Après le devoir de

re. Delà les Efclaves à qui on ôtoit toute

conserver fon être , il n’en eft pas de

liberté , confervoient pourtant celle du

plus néceffaire que celui de perpétuer

mariage (12 ). Les Gouvernements hu­

fon efpece. Ce charme que les Jeux fexes

mains n’ont jamais connu ce defpotifme

s infpirent , par leur différence , cette

terrible qui rirait jufqu’ à détruire 8c à

prière naturelle quils Je fon t toujours

etoufer l’inftinét.

l'un à Vautre eft une des premières de

Pourquoi vouloir que le gouverne­

des plus fortes infpirations de la nature.

ment le plus doux , que la Religion la

Les loix pofitives, pourraient elles ja­

plus lociale 8e la plus fainte fut aujour-

mais porter la contrainte, jufqu’à inter(î2) Liberum corpus, tiullam recipu ejllmt*
iorum. L. nit-jj. de hts qui ejj'uderint.

(53) L e mariage des Efclaves, eft’ exprimé
par le mot confortiutn dans les inftituts, liv. 3.
tir. 7. de fervili cognations. Dattda que opéra ut
fervi ha'oeam peettlium, &amp; copjunétâs è qmbus
habeaut ùltos. Yarronde re ruit. liv. 1. chap.i 7.

C d

�- - ï a * E £ ^ •..
î&amp; ê L

----- ,— T,r ,,r -nrrrl&lt;WWMg&lt;|aM&gt;w. ^ „ „ „

( &amp;
)
cThui deflinée k donner an monde, cj

ie Religion , les droits de ta cité , 8c

l^éél&amp;cle nouveau ?

ne croiroient elles pas injufle de leur in­

Quand on interdifoit k Rome l’eau &amp;

terdire ceux de la nature ? Quel, délire

le feu a un Citoyen , par cela ièul il étoit

ne faudrait il pas fupofer dans des loix

libre de chercher un azile chez l’étranger*

qui d’une part redouteroient d’ufer de

Ici les Protdlànts font menacés de la

leurs propres forces pour contraindre, 8c

mort civile s’ils fortent du Royaume,

qui d’autre part oferoient afpirer au.droit

s’ils relient,■feront ils donc expofés k une

d’être plus puifTam.es qif elles mêmes ?

efpéce de mort naturelle plus effrayante

Les loix civiles ont fi fort refpeélé de

mille fois que toutes les morts civiles \

tout tems la liberté dans les mariages,

Leur obéiflànce , leur fidelité ne pourra,

quelles n’ont pas.même cru pouvoir con­

telle leur mériter que le choix du iuplice?

traindre les hommes a fe m arier, ôc.les

S ’il pou voit être permis d’interpréter

forcer par des peines pofitives k fuivre

aufïi déraifbnablement nos loix , qu’e-le

les vues de la nature ; elles n’ont cru

Hiconféquence ne fandroit il pas fupolêr

pouvoir qu’inviter: par des récompenfes ,

dans leurs dilpofitions ? Elles permettent

ou par la-crainte de perdre certains avan­

aux Proteftants de commercer , de jouir

tages ; ôc aujourd’hui, on pourroit penl'er

de leurs biens , de faire toute forte d’ac­

que fous le gouvernement le plus d o u x ,

tes ci\ ils , &amp; elles ne leur permettroient

fous le R oi le plus jufle , fous le minii-

pasd’étre pères, épouxenfans ! nous fom-

te're le plus éclairé , des loix civiles vou-

ines hommes avant que d’être Citoyens.

iulTent condamner une imnrenfe multitir

Pourquoi nos loix croiroient elles injufle

de tu célibat , un grand corps dépeuplé

de refuier aux Proteflans, fous prétexte

fcU néant 1 Cette idée ferait monflrueufe-

�&lt;|ue la- Religion^ peut recommander le
Celle pouvoit exifïerp aucun fiecîe'né
^auroit encore produire.
L e mariage chez lès hommes, ne tient

célibat. ( 5"5)
11fuit de ces principes qu’en général le
célibat ne feauroit être fait pour les hom­

pas feulement à l’inffincV 8c à la liberté ;

mes,

qu'il feroit bien difficile qu’un

H eft un objet de mœurs , de devoir , de

état fi fort au deffiis de la nature, s'il

bonheur. Nous pouvons dire avec tous

étoit commun , ne produifit des désor­

nos auteurs , que le mariage cfi necejfaire

dres dans la lociété.

à l'homme en général ;

que la nature

Quelques hommes font continents fana

nous y entraîne fouvent malgré nous.

mérite ; d’autres le font par choix , par

Q u e la Religion le commande dans les

vertu.

cir confiances ah la nature parle trop vr.

multitude, ce feroit moins empêcher

ventent (p^-). Nous pouvons dire que le

les mariages , que forcer les hommes au

célibat même volontaire, ne (çauroit être

libertinage, 8c corrompre les mœurs.

Mais impofer le célibat à une

un bien par lui même ; qu"i’il ne le de-

En cet état demander, fi les Proteflans

vient qu’autant qu’il doit être lié acciden­

François doivent pouvoir le marier lé­

tellement à la pratique de quelque vertu^

gitimement , c’efl demander s’ils ont le

ou à l’idée de quelque grand facrifice, et
que c’efl uniquement- fous ces rapports

(5:1) Propter fornicationem autem unus qu. fque iuam uxorum habeat ÔC una quacque fuuni
vinum habeat. Melius eft nubere quam
Cariuht ch, 7. f &gt;»« 6. 9,

( î î ) Quipretextu matrimonii difljCuItaium
aB eo abftinuerunt , non convénicrtter fan.be
cognitioni ad ishujriânita em 6C odiam hominumderiuxerunt, de perii apud ipios charira;,
Sr. Clément d’Alexandrie ; îiv. 3. des llrom.
pag. 4 H_.

�(
)
droit d'être vertueux , d'être chaftes. Un

c *
)
feroit même défendu de luivre les infpf-

pareil droit eft inaltérable, impreferip*

htions honnêtes de la nature ? N e faut-il

tible.

hnc pas une prife naturelle pour for tuer,

Parceque les Protcftants n’ont pas le

ies liens de convention ? Vamour quort

meme culte que nous , voudrions-nous

(pour fes proches n cfl-ilpas le principe'

qu’ils n’euffent plus de moeurs ? Pour

L’ celui (pi on doit a l'état. N eft-ce pas

trop dégrader en eux l’humanité , n’au­

f.ir la petite Patrie qui eft la fa m ille,

rions nous pas à craindre de les avilir au

f.te le coeur s'attache a la grande ? N e

deftous d’elle ? Voudrions nous obliger

font ee pas les bons fils , les bons maris ,&lt;

un corps de peuple à ne lè perpétuer

1rsbons Peres qui font les bons Citoyens ?'

que par des crimes? Voudrions-nous

Du mariage dépendent la force phvfi-

même changer Ton exigence en Crime

que &amp;c le bien politique de l'état j c’eft

püblic? Jamais les lo ix, jamais les tri.

le mariage qui donne des commerçans ,

bunaux n’adopteront un fiftême auifi

des foldats, des cultivateurs. C ’eft lut

fcândaleux.

qui peuple nos villes , &amp;c nos campagnes.

Que pourroit gagner l'état à corrom­

Delà des publiciftes modernes ont dé­

pre ainfi le bien qui eft dans l'ordre na-

montré que la population d’un état étoit

turel? En empêchant les Proteftantsde

h figne le plus fur de fa profpérité. Pour­

lortir du Royaum e, le Legiflateur an­

quoi donc par le zélé le plus mal-enten-

nonce la crainte qu’il a de perdre des

i du, entreprendrions-nous d’étouffer ce‘

liijets ; voudroit-il lé préparer des mons­

germe de la grandeur 8c de la félicité’

tres ? Comment pourroit U fe promettre

publique? La Religion Chrétienne qui

d'attacher à la cité des hoir.me: à qui il

f donne aux hommes

dé

s a iy ic r

,

vevft

�(

62

)

'/uns Joute que chaque peuple ait les mil*

Tandis qu’un minière philofophe di­

lettres loix politiques &amp; civiles , parct

gne de la confiance des Rois &amp; des peu­

quelles font après elle, le plus grand bien ples , préfente fur nos frontières un azile
que les hommes puijfent donner &amp; rece­

de liberté (56) aux étrangers, pourrions-

voir. Pourroit-on appeller une bonne loi

nous croire que dans le fein même de

civile celle qui empecheroit le Royaume

l’étct , nos loix entendent

priver une-

de fepeupler , dans un moment ou tous, partie confidérable. des Citoyens des
les hommes d’état lé plaignent de la plus droits les plus faints.-&amp; . les plus facrés
Voulons nous

de la nature, réduire au milieu de nous,

que de Faux fiftêmes deReligion achèvent

une immenie multitude à un célibat

le mal que les néceflités ^publiques ont

forcé qui menaceroit la vertu,

commencé ? Tandis que nos loix défen­

bliroit nos forces politiques , outrageroit

dent aux Proteflants de fortir du Roy­

l’humanité ?

affreufe

dépopulation ?

affoi"

aume , tandis quelles veulent empêchei

Dira-t-on que les Proteflants ne profeC

par là que l’état ne s’affbibliCtè par des

fent pas le même culte que nous , Ôc qu’il

émigrations fune-fles , tandis quelles veu­

eft fort peu important que des hérétiques

lent conferver la génération préfente &amp;

multiplient &amp; profperent ? Mais pour ho­

pourvoir à la renaifTance continuelle de

norer la religion, faut-il iniulttr à l’état&gt;

l’état, pourrions nous croire que dun

aux mœuis. à la nature?Sans doute quand

autre côté nos loix puiïent contradictoi­

Fhomme fut créé dans fon premier état

rement à leurs propres vues,vouloir inter­

d’innocence , il ne devoit naître de luj

dire le mariage à ces mêmes hommes
^ont elles veulent conferver la poftcritc ?

[56] Yerfgix,

�qu une poflerité laime qui eut augmente
îè nombre des vrais adorateurs de Dieu ?
Mais Dieu , après la chute du premier
homme , n’a-t-il pas laide les choies dans
leur ordre naturel ? a-t-il formé une nou­
velle tige d’hommes innocents ? n’a-t-il
pas permis que la terre iè couvrit de peu­
ples corrompus, de nations idolâtres ?
S ’il n’eut voulu que des hommes fidèles
à fa lo i, quand il eut choifi Ton peuple,
ïl eut exterminé tous les autres.
Nous ne pouvons pénétrer les deffeins
du Créateur fur les enfants des hommes.
A fies yeux le bonheur des hommes à naitre eft tout aufli prélent que celui des
hommes qui font déjà nés.
Dieu fupportoit peut être les peuples
idolâtres en faveur de cette fuite de def
ccndants qui dévoient un jour embraffer
Je vrai culte, qui dévoient un jour former
fon Eglife. La converfion des Gentils qui

profondeur des decrets de la providences
Le Créateur , qui a donné à VhommeDieu , les nations pour h éritée &amp; les der­
nières extrémités de la, terre pour, fdpofjejjion , ( 57 ) qui a déjà amené tant de
peuples infidèles à la fo i, conferve des
vues de miféricorde fur le peuple dent
nous- plaignons aujourd’hui les erreurs.
Si nous ne pouvons vaincre l'opiniâtreté
des'peres , voudrions-nous renoncer à
l’cfpoir de ramener leurs enfans? Appar­
tient-il aux foibles mortels de mettre des
bornes aux miracles de la Religion 8c
aux merveilles de Dieu ? Adorons ce
que nous ne pouvons comprendre , 8c
reipcétons toujours l’ordre de la nature*
parcequ’il eft l’ouvrage du Créateur.
Ne laiifons rien à defirer fur une queftion aufli importante :
Prétendre que les Proteflants ne doi'*

«ft le chef-d’œuvre de la Religion chré$i.enne ; fe préparoit sinfi de loin dans i.

(f 7) Dédit genres lnreditatcm
pciTeiÜQiîemi lerniinôs te rri Pfal.

meam

,

�le facrilége cr\
toujours
qu 'en face de l Eglife , c s’ils ne fe con. grande horreur , que dans’plufieurs d io tfént pas pouvoir

marier en Franc

On

6

vertiffent à la foi Catholique , c’eft vou-1cc/es, il efl défendu aux Curés , fous
loir compromettre la fainteté de nos ir.it peine de fufpenfion ipfo fa tto , de bénir
téres , forcer les hommes k 1hypociifie, |..s mariages des Catholiques avec des
expofer nos Saciements à des profana- Hérétiques. ( 58 ) Les loix de l’Etat
tions.

Sc notamment l’édit du mois de no-

L ’intention de nos loix ne peut être vetnbre 1680 qui à cet égard s’ eft conde livrer les chofes faintes à des indfc jLrmé aux loix. de
nés y de faire un devoir au Citoyen

1 Eglife r traite cela

fc&amp;ndate public &amp; de profanation vi*

profaner nos miftéres comme fidèle. | Ucdun Sacrement y auquel Dieu a atA u x yeux de la Religion , on eflfans |tiché des grâces qui ne peuvent fe com*
doute coupable quand on ne croit pis j mniquer à ceux qui font aSluellerneni
fes miftéres. Mais on l’eft bien d’avan- V*sdel* communion de /’ Eglife. ($£ )
ta g e , fi l’on ajoute le facrilége à fin*___________________________ ,
crédulité. Tous les Théologiens penfent
que le facrilége efl le plus grand des ch- j
Défendre la bénédiction des mariages
mes. Le fyftême de contrainte que noui iTixtes&gt;c e*^ une l°i de néceilïté&gt; c eft une loi
r
r . .
v
^ rr r Wée fur l'ordre des chofes, parce qu'on ne
réfutons y ne icrviroit qu a nécefuter lins oit pas conférer un facrement à des perfonnes
ceffe ce crime. 11 n’y a donc point d'ex- Refont point en état de le recevoir

1

. ,.

.

.

. .,

r

,

„

.Mais défendre
.........................
les mariages
6v, mixtes en
ei eux-me-

tremite , point de tolérance outrée
mes &amp; indépendamment du facrement ce ne peut
la tolérance civile peut l’ê tre ) qui DI :““us etrequ une iimple loi.de police &amp; variable
r

fut préférable à ce fyftemc,

‘

-1

j buvant les circonltances. Les mariages mixtes
..a été plus d’une fois Utiles aux progrès delà

�Les Papes

( &lt;*3 )
eux-mêmes, lorfqu’ils ont

accordé des difpeufes pour le mariage
d’un Prince &amp;

d’une Pii ne elfe de Re­

ligion différente ,
que

n’ont

la bénédiction

jamais permis

nuptiale leur fit

donnée. Combien plus- grand encor;
ne feroit pas le lacrilege lorfque les deux
perfonnes à la fois leroient hérétiques
dans le cœur ? Nos loix

qui ont en

horreur un moindre crim e, pourraientelles vouloir forcer les Protellants à com­
mettre un crime plus grand ?

11 vaut mieux pour l’Etat avoir dsl
fujets qui l'oient fincérement attachés *

X «
9)
enc fauffe Religion , pourvu-qu’elle fait
d’ailleurs focialc &amp; amie de l’humanité,
que d’avoir des fujets qui fe feroient
un jeu de profaner la véritable , de ré*
nier la leur, ôc finiroient par n’en croire
aucune.
La Religion en général cft de droit
des gens. Le feul confentement des peu­
ples à en admettre une , a fait un de*
voir de fociabilité à tous les hommes
de reconnoitre un Dieu &amp;c d’avouer un
Culte,
La Religion efl la bafe la plusTure de
labonne fo i, de la fidelité , de la vertu.

Religion. Ils le feront toujours aux progrès de!.!
Religion dominante. L'auteur des confirent
de Paris louticnt même qu’il n'y a point de* l
p r é c if ment prohibitive des mariages mixtes a .
l ’E glife, qu’il n’y a qu’uu ufage&gt; &amp; que cet c.
vient de la coutume,plus anicenne où l’onc
dans les Etats Catholiques de foumettre les épe
à la b é n é d i d io n . De là nos Princes dans leurs O
r­
donnances fur les mariages m ixtes , ne vtuitf
de leur aveu qu’empecher les profanations ù
làcrement.

EUz parle au ccciirt tandis que les loix hu­
maines ne parlent qu'à l'efprit. Lorfque
l'autorité ne peut régler que les aélionsj la
Religion lie les confidences.

11 efl donc

important que les hommes en aient une,
quoqu’ils n’aient pas tous, celle que Dieu
a donnée. La, Relig on

même fcutjfe ,

pourvu qu'elle s'accorde avec la morale,
*Jl le meilleur garant que les hommes.

�(

7°

)

.

I

C

7t

fiiijpmt avoir de îa probité des bo'mm, I^ordonnent qu’aux Catholiques &amp; avft
L a contrainte dont on uferoit enverj i nouveaux convertis de fe marier en fa*
les Proteftants , ne contribuerait qu'a\tt de CE glife-, ou oie conclure que les
les détacher de leur culte , fans les at* Proteftants font obligés de fe faire Catacher au nôtre. Elle fubftitueroit bien., tholique? pour pouvoir fe marier. Quellel
tôt dans leur efprit le mépris pour tou* logique! R abonner ainfi,n eft ce pas impu­
tes les R eligions, à la ferme croyance Ler aux loix le mal meme qu’elle &gt;ont vouqu’ils avoient au moins pour la leur, j luprévenir ? O n foutiendra quil faut conTelles font les confidérations frappan* traindre les Proteftants , parce que nos
tes qui doivent éloigner à jamais le fyf .loix n’ont voulu foumettre que les Catcme de contrainte que l’on voudroit | tholiques à nos formes religieufes , c’eftiutroduire contre les Proteftants françois, | à-dire parce que nos loix n’ont jamais
iyftéme terrible que le

maintien det voulu contraindre les Proteftants ; par-

mœurs, que le bien de l’Etat, que le vœu ce qu’elles ont refpeélé en eux leur atcommun de la nature &amp; de la Religion, tachement pour une Religion fauftè 9
que nos loix particulières fur les Pro-1 » la vérité , mais originairement introteftants, que tous les principes &amp; tou­ duite de l'aveu de la puiffance publi­
tes les loix enfemble rejettent 6c proferi- que , mais long-temps autorifee ; parce
vent. Q ui croirait que pour établir « quelles ont voulu conserver pour eu*
fyftême barbare 6c effrayant, on ofe »des ménagements que le jufie rigide ,

prendre à témoin les loix elles-méiu! clue la morale evangelique , que ieurre,,
,
o ,
• _ „ , ^ J fidence forcée en France, quetoutesles
qui 1 excluent c le rejettent ? De ce
7^

6

j
r i
• . confidérations morales
que nos ordonnances iur les manages

6c *politiques
ren^

�( n
y
(
7î )
dent également ncceffairts. Efl-ce ce L j lu iôumettre les Pmtjftants à obrerveî
que des gens inftruits appelleront interprlA nos inftitutions religieules fur les ma 'ater les loix ? N ’elt-cc pas les outrager au

ges, 6c q ue conféquemment ces rtllé­

contraire . 6c leur manquer de refpedl I gionnaires à qui l’on ne peut interdire
N ’eft-ce pas produire des fyftémes ablur.! le mariage , peuvent fe marier licitement,
des pour les faire enfuite- prévaloir fur fans obièrver ces i.iticutions.
les loix elles-mêmes ? Image de Dieu i
fur la terre , le Prince ne veut, comitf
l’être fouverainement bon, conduire les

SECON DE

P R O P O S IT IO N .

hommes à la connoiffance du vrai culte, |
que par la force de Tinftruétion , par la

La bonne fo i fufiit pour

1gltimer

les

invitations toujours plus fortes que la \

mariages des Frotejlants en France.

peines , par l’attrait des honneurs &amp; des

Dans tous les états policés, les h ;m-

récompcnfes , par les témoignages pu­

mes font gouvernés ou par des loix parti­

blics , éclatans 6c cxclufifs de protection

culières 6c nationales, ou par le droit

qu’il donne par fes loix à la Religion

commun qui eft l ame 6c le fupplément

de l’état. Il refpecte d'ailleurs Tordre de

de toutes les loix (do)*

îa nature , le droit des gens 6c Thuma-1

Nous avons établi que nos loix parti-

nité.
Hâtons-nous donc d’écartcr des (yff■ ]
mes dangereux , £c peconnoiffons que
par lufiice , par amour même pour a
R e lig io n , nos Souverains n’ont pas v

O ] Omnes populi qui le gibus &amp; niorîbus regttn*
Wr j partimfuo pr prio , p i^tirn icmmunï omn;un$

hvminumjure regumur ftdeju/titia &amp;[..rê ut.
D

�7

culicres &amp; nationales fur les mariages,

(
f )
r C e u x I4 lbnt véritablement époux qui

qui unifient intimement les inhumions

quel que loit l’appareil extérieur de leu11

civiles aux inftitutions religieufes, ne

contrat ; fe lient d’une maniéré à n'avoir

fauroient en aucune maniéré regarder

qu'une demeure , qu’une.volonté , qu 'u ­

les Proteftans de France à défaut de for­

ne aine (6 3 ) , qui par un vœu commun

mes particulières ; ils doivent donc incon*

fe loumettent aux mêmes devoirs , par­

tefiablement être fondés à réclamer la

ticipent aux mêmes avantages,

(

74

)

parta­

gent leurs plaifiis &amp; leurs peines,, (64)

faveur du droit commun.
D ’après le droit commun , reçu chez

fe co-nmk liguent

toutes ebofes nitreux ,

toutes les nations policées , ce ne font

Je corps &amp;

le cœur , (65) qui regar­

point les cérémonies, c’efl: uniquement

dent leurs enfants , fruit de leur union »

la foi qui fait le mariage (6 1) , Ôc qui

comme un bien commun , comme un

mérité à la compagne, qu’un homme

nouveau lien qui la refierre,. ôc qui la

s’afiocie, la qualité d’époule ; qualité fi

rend toujours plus inviolable , {

honorable, que fuivant l’expreflion des

trouvent enfin dans la fui quils fe font

66 ) qui

anciens (62) , ce n’efl: point la volupté,
mais la vertu, l’honneur même

qd

la fait appeller de ce nom.

(tfO M xurimoniumfacit deftinatio &amp;nimi, qum
ytiox feqttitur honor Ô" maritalif ajftttio.

Coticiibina Jolo deleflu &gt;fo'o anïmo -, folâ animi
pefiinaùone abuxore feparaturiJ honore plena mot
diûgitur. Cujas ad Idg. 31 ffde donationibus.
£61) Uxoris nometij honoris non voluptatis nomeiu

(^3) Ccmtmfcentur vir &amp; uxor} &amp; unx damui
tjl liv. I. ff (i vir aut. uxor tf ad fyllan.
(&lt;&lt;4) Sed adverfit in rebus , nihil tam humannnt
ejl qu.im ucriti(que fortunée utrümque con'ptgem
participent ejfe l. Ji cum dottm § h marttns tifol.
matrinut.
(&lt;?î) Feyret traité de 1 Abus to n . i.- Jiv. V,
ch. 11. §2 . pap-. 451. a ' notes.

Tïlii parantum vtncvla Junc &amp; bonunt
titrius que commune.

D 2

�(

7s

)

(

77

)

jurce , l’apui le foutien , la participation

v e r f a t i f a ce q u e les lo ix p o fitiv e s appel­

intime &amp; réciproque de toute leur exif"

lent mariages fo lrm n els q u i o n t en v e rtu

tence naturelle ,

d u d ro it

religieufe &amp; civile.

c iv il

une

certain e v a le u r o u

(6 7 ) T e ls font les caraélères eifentiels

certain s effets d o n t les m ariages q u i p e u ­

que la morale , que les loix les plus reli-

v e n t ctre h o n n ê es en f o i , m ais q u i lo n t

gieufes ont affignés au mariage. ( 68 )

d én u és d es foi m e s , fon t d e û itu é s p a r le

T e l eft le vrai mariage en foi Ôc indé­

m e m e d ro it. ( 6 9 )

pendamment de toutes cérémonies.
Si en droit on apelle ordinairement ma­

A in f i d es d ifféren tes q u alifica tio n s d o n ­
nées dans le co rp s d u d ro it au mariage

riage illégitime ou concubinage celui qui

q u i n ’ eii

p o in t fait dans les fo rm es , il

n’eft point fait dans toutes les formes

n e fa u d ro k pas fu p p o fe r q u e les fo r m e s

preferites , c’eft que le mot illégitime 8t

fon t û n tn n fé q u e m e n t effen tielles au m a ­

celui de concubinage ne font pas toujours

ria g e.

pris à la rigueur , &amp; en tant qu’ils pour-

q u o i q u ’il p u iffe e x ifle r des m a ria ges v ra is

11 fau t

fe u le m e n t

c o n c lu re q u e

roient exprimer quelque chofe de mora­

6e v a lid e s làns au cu n e fo rm e p articu lière

lement injufte , illicite ou deshonnête en

( 7 0 ) , cep e n d a n t ces m ariages p e u v e n t

foi j mais feulement dans un fens ad-

(67) Socii divin* &amp; htmance domus L. 4. cod.
'de crimine expilath* hareditatis Conlortium omnis
vit* divini &amp; humant juris participation- L. i.ff,
de ritu nuptiarum.
(^8) Les terx Romaines qui ont mérité d'être
appeliées partout la ration écrite : Jeripta raiio^

(£9) Grotius du Droit de la guerre &amp; de
la Paix, liv. i.chap. 3.tom. 1 pag. 114.
(70) On peut citer en preuve, ce que lej Ro­
mains appelloient, mariage inégal, cette elpece
de mariage étoit lie.te, mais elle n’avoit aucun
des privilèges attachés au mariage légitime :
Qnod fi alterutram regaliitm civil atum pairiam
fiwùatur, fit et lihtrum , fafeeptam ex inaquali
çonjugiofoboient cu;ujcumque civitatis decurio

3

�(

78

)

i f être pas reco n n u s po u r t e l s , ou' p e u v e n t

quÿois a le prévenir. ( 7 1 )m ais ce q u il y

d u m o in s n e p a s jo u ir d e certain s p r iv ilè ­

a de v ra i c ’ eft q u ’elles n ’o n t j am aisNforce

g e s , d e certain s effets fu iva n t les d d feren s

que c o m m e fim p le s lo ix d e p o lic e .

o b fta c k s q u e les lo ix c iv ile s y apportent.
C es lo ix J e d l term in en t f u iv a n t

les

L e te rm e d e c o n c u b in e , c e lu i d 'E p o u fe
fi d ive rfem e n t

e m p lo y é s par n os

lo ix

rirco n fla n ccs. t a n t ô t e lle s rajj'cnt le m aria­

p o fid v e s , n ’ e x p rim e n t pas par e u x m ê ­

ge q u i le u r e jl co n tra ire ,

tantôt au lieu

mes , 3 c dans leu r lig n ific a tio n a b fo lu e ,

d e le caffer y e lle s fe co n ten ten t de p u n ir

des chofes d e p u re c o n v e n tio n . C e s m ots

c e u x q u i le con tra rient , q u e lq u e fo is elles,

appartiennent à la m o r a le , à l’ ord re effet*,

fo n t p lu s a tte n tiv e s à réparer le m a l, q u cL

de des chofes
fitif.

&amp; n o n au p u r d ro it po-

Il fu ffi: d e r é flé c h ir a tte n tiv e m e n t

fur la c o n flitu tio n d e l ’ efp ece h u m a in e &gt;

Aïlus immifcere ânm modo civitas qtta eligitur,
tot.'ÿt p'ovmcia teneat principatum. Indignum
tnim eji ut qui facratijfimx urbis ubere gioriatur, naturaltt fuos non ïduflrïs ordine civitatit
illumina, cod. liv. V. tit. 17. Naturalibus liberis §. leg. 3.
On peut citer encore l’efpéce de concubinage
quç les canons de i’églile ont li long tems regardé
«.cnime un vrai mariage , parce qu'il n’y man­
quent rien de ce qui étoit etrentiel au mariage.
eoeterum it qui non habet uxortm &amp; pro uxcre
ioncnbinam habet ù communions non repe'~
tant &gt; tamen ut unius mulieris aat uxorii, aut
concub n&lt;e mi à plains rit fit conjunCïioiie con­
tenus. Droit canonique dift. 34. cap. 4.
Enfin on peut citer les mariages de conf,-

pour re c o n n o ître q u ’ à n e c o n fîd é re r q u e
l’ordre A m p le d e la n ature , i l n e jl n u l­
lement co n v en a b le que la propagation f e
jaffe p a r d es conjonctions va gu es &amp; lie entieufes.

Il fu ffit d e co n fu lter le c œ u r h u ­

m ain po u r len tir q u e la foi c o n ju g a le n ’ efl:
point u n e affaire d e fim p le p o l i c e , q u e
l’am our p a te rn el 3 c l ’am ou r filia l n e fon t

pence»

■

�X

$0

(

)

pas d e va in s n o m s. P ré te n d r e le con­
tr a ir e ,

ce

fer o it n ie r

to u te

moralité

p a rm i les h o m m e s , ce fe r o it

ébranlsr

11 faut d o n c c o n v e n ir q u e les forints
n e fo n t p o in t le m a ria g e en foi ;
q u e l le s
d irig e r

n e fo n t
dans

éta b lie s

mais

q u e pour le

fes rapports a v e c l’ordse

p u b lic . C o m m e le m a iia g e

loum et les

é p o u x à b e a u co u p d e d e v o irs entr’eux,
à b e a u c o u p d ’ o b lig a tio n s envers les
« n fa rn s,

on

a éta b li d es

form es qui

p u ilïè n t d é c la re r c e u x q u i d o iv e n t rem­
p lir ces o b lig a tio n s &amp; ces d ev o irs. (72)
L es hom m es

alliances ?

dans l ’ o rig in e des fo­

)

la fain tetc

C ependant

n ’ éto ien t répu tés
c h o ix ,

le s m œ u rs p u b liq u e s .

8i

.foi1 la v a lid ité &amp;c

m ariages

lé g itim e s q u e

la d em e u re ,

b o n n e foi. O n

leurs

d e leurs

par le

a v é c u lo n g tem s fous la

b e lle

fim p lic ité d e

N ous

m êm es a v e c

la
des

lo i d e

f

n atu re.

m oeurs m o in s

pures q u e nos peres , avon s in d iftin ô té -

IM
1

m en t to lé ré en F ra n ce les m ariages préfu m é s,

ju fq u ’ à

l’o rd o n n a n ce d e B lo is.

11 eft vrai q u ’ a u jo u rd ’ h u i , nos lo ix o n t
étab li po u r la v a lid ité des m a ria ges d es
fo rm e s &amp; d es cérém on ies.
M a is les lo ix p o fitives , q u i n e s’ é­
carten t jam ais to u t a fait d e la lo i n atu ­

c ié té s , c eft-à -d ire , ava n t q u ’ u n e longut

relle , &amp;

e x p é rie n c e le u r eu t appris a établir clés

é lo ig n e r ,

r é g ie s p o u r la fu reté c iv ile d es mariages}

affortir les vu e s d e cette lo i à l ’ état d e s 1

p o u v o ie n t c o m m e n o u s , fe m arier légiti­

fo ciété s ( 7 3 ) ,

q u i lo rfq u ’ elles p a ro iffen t s’en
n e le fon t q u e p o u r

m ie u x

o n t ren d u h o m m a g e au x

m e m e n t. O fè r o it o n jetter des foupçons

(71) Paw c(î jf qmm nujt'ut demonjlrants

f

la p o ffeflio n , la

( 7.0 Jus civ'ih e(l quo.i mque in muni a nx~
turali vel gentium recedit ntc per omnia eiferviH ■
fc de juilitia &amp;. jure tit. r.

ï)

5&gt;

t

*

�meme fu ffit p o u r p u rifier en f a v e u r des
enfants le p r in c ip e d e le u r naiffance.

Le

fécond eft la bonne foi de ceux qui
ont contracté un femblable engagement.
L'état

le u r tie n t com pte d e l in ten tion

qu'ils a v o ien t de d onner des enfants' lé'
p û m es à l'éta t. Ils ont formé un enga-

gement honnête. Ils ont cru fuivre l'o r­
dre p r e fc r it p a r la loi , p o u r laijfer unet
p o p rité lég itim e.

U n em p cch em m t fe ~

cret, un événem ent im prévu trom pe 1curt
prévoyance. O n ne laijfe pas d e

récom "

penfer en e u x le vœ u y V a p p a ren ce , le
nom de m ariage ; &amp;

l'o n regarde m oins

ce p ie les enfa nts f o n t , que ce que les.
peres a v o ien t v o u lu qu ils fu jfe n t.

On a même porte h loin la faveur dut
droit com m un, qu’on a jugé que la
bonne foi d’un feul des contractants

7

faliit pour légitimer les enfants qui nail-,
fent de leur mariage : quelques anciens
Jurifconfultes,

avoient bien perde que-

dans ce cas, les enfants dévoient être
y

6

�jé g it im e j
jo in ts

par rap p ort à l ’un des con­

parties euffent bien entendu contrarier

Sc illé g itim e s par rapport à l’au­

devant le véritable Cf propre Curé ; qu’il

tre. M a is o n a rejette le u r opinion fut

VLy

lie fo n d e m e n t

l'é ta t d es hommes

avec elles des fuites d’un engagement

eft in d iv ifib ie , 8c q u e dans le concours

qu'ils avoient contrarié dans la bonne foi*

il fa llo it fe d é c id e r e n tiè re m e n t pour la

&amp; qui dès /’ inflant jufqu à la mort au­

lé g itim ité ,

rait été connu de tout le mond. Aelors té-

que

L a b o n n e fo i des co n jo in ts a toujours
e u tant d e

eut enfin quà les plaindre , Cf gémir

gaUtè des conditions, Cf toutes les raiforts

force en fa v e u r des enfants

qni auroient formé un pareil lien, préfen-

q u e dans u n m a ria g e a tta q u é d e nullité

voient un efpcce de mariage qui fous des

p o u r îv a v o ir pas é té c é lé b ré en prefenci

apparences favorables reçlameroit des

d u p rop re C u r é ,

effets civils.

( 7 6 ) M r . G ilbert de

V oifm A v o c a t G é n é r a l .au Parlem ent de

C ’eft u n autre p rin cip e parm i n o u s ,

P aris, s’e x p r im o it e n . ces term es ; L e im »

q u e le s enfans fon t lé g itim e s par le m a­

yîage étant nul ne produit point-df c f tu

riage f u b f é q u e n t , p o u rv u q u ’a l’é p o q u e

ivtlî.La confcquenceefl necefaire.Né\m-

d e la n aiffan ce d e ces en fan ts, les parents

pioins le mariage produirait peut être dei

aient pu v a la b le m e n t c o n tr a d e r m a ria g e ;

effets civils , s’il n avoit point été cacht\

p o u rq u o i la lo i a te lle étab li ce p r iv ilè g e

Cil eut été connu, des parents, que kt

en fa veu r des enfants ? C e j l , nous difent

les auteurs , parce quelle préfume plie
les pores Cf les meres ont toujours eu in­
( 75 )
p

Tom. X IY . des Caufes Célébré;\

triage de- la Demoilélle'Kei'babii.

tention de s engager par les liens d'un
wariage folemnel j cjlefupofe que Je tuéï

�( 85 )
'riage a été contrarié au moins de vœu $

(
L e s P rotefta n ts

87 )
n ’ a yan t

aujourd'hui'

de défit dès le tems de la naijfance des

aucune fo rm e c iv ile d e fe m a r ie r , o n n e

enfants ; &amp; par une fiftion équitable, elle

fcauroit op p o fer à la lé g itim ité d e

donne un effet rétroactifau mariage.

m ariage le d éfa u t des form es , parce q u e

S i la b o n n e fo i dans le m a ria g e p ré­
v a u t a i n f i , lo rfq u ’ elle eft c o n n u e , fur

le u r

là où il n ’y a p o in t d e l o i , il n e fauroit
y a vo ir d e

co n tra v e n tio n à la lo i. ( 7 7 )

to u te s les ré g ie s p o f it iv e s , fur tou tes les

L e s P rotefta n ts co n fe rv en t to u te leu r

c é ré m o n ie s étab lies ; fi e lle p ré v a u t, lo r î

liberté n a tu r e lle , to u te c e lle q u e n o u s

m ê m e q u ’ elle n e fe ren co n tre

q u e dans

avions a va n t l’o rd o n n a n ce d e B lo is ; ôe

u n feu l d es c o n tra ria n ts ; il n ’eft pas pof-

fi tous les p e u p l e s , fi le p eu p le m ê m e

fib le d e pen fer q u ’ elle d u t être fans e ffe t,

le plus fo rm alifte d e f U n iv e r s , à aban ­

lo rfq u e c o m m e

donné la fé v é rité des f o r m e s ,

dans l ’h y p o th è fe

d ’un

s’il

ne

m a r ia g e c o n tra rié en tre P ro tefta n ts , elle

s’eft p o in t arrêté au plu s o u m oins d e

e fl to u te e n tiè re dans les d e u x conjoin ts,

folem nités o b fervé es dans u n a é le , lo r s ­

&amp;

que l’éq u ité a paru 1 e x i g e r , o u q u e la

q u ’ elle n ’ a pas m ê m e à lu tter contre

la lo i p o fitiv e .

bonne fo i des parties con trarian tes a é té

L e s m ariages p réfu m é s n e (ont plus
rép u tés

lé g itim e s a u jo u rd ’ h u i ,

évid en te ( 7 8 ) ; o n n e p eu t faire u n crin\e

parce

q u e l’in té rê t d e la fo c ié té a e x ig é la pro­
m u lg a tio n d e n os lo ix c iv ile s fur cet ob­
je t , p arce q u e les

fo u p ço n s d e fraude

n a iife n t n a tu rellem e n t co n tre c e u x qui
Si’ o b fe r v e m pas ces lo ix prom ulguées*-

(77) Cfrrnra legem fa cit, qui id facit quoà
k* prohibet

,1* — • tf. iiv. 15.

( 78 ) Et fi nihile facile matandwn e(l ex folem~
tifois tamsn tibi ceqttitas pojc t } Jtibveiuvnditm
1«
ff? de iate^r, rellitv

�(

88

)

(

a des P ro teffa n ts d e n e p o in t o b fe m t
d es form es , q u i d e l'a v e u d e nos loix,

intéreffen t p eu le

le u r fon t étra n g ères , q u i n e fon t point

p o litiq u e

faites p o u r e u x ,

fou m ettoit

titr e ,

&amp;

L a n é c e fïité fait leur

c e titr e n e

p e u t être

com-

b a ttu . ( 7 9 )
q u e la lib e rté laiffée aux

P ro te fla n ts ,

d e fe m a rier fans obferver

a u c u n e fo rm e lé g a le ,
occafionneroit
d es in c o n v é n ie n ts d e to u te efpece. Plu.
fieurs rép o n fes s'o ffre n t d 'e lle s mêmes a

D e là ,

autrefois

les

î ° . A v a n t to u t il fa u t être ju f le , &amp;
l'o n p e n fe ra en fu ite à être prévoyant.
Il eff certain q u e le s grandes pré­
en fait d e m a ria g e ,

le

d ro it

m ariages

gens d u p e u p le à m o in s

c iv il
des

d e form alités

1 a flip u la tio n d e

d o t , l'é c ritu re , le n o m b re d es té m o in s
éto ien t

n éceffaires

dans

riages d e ces derniers.

les

m a­

L e s autres pour­

vo ien t au con traire fe m arier en p réfe n c e
de q u elq u e s am is , fans c o n fit u tio n d e

ce tte o b je c tio n .

cau tio n s

( 8 q ).

g o u v e rn e m e n t o u la

qu e c e u x des g ra n d s.

D ir a - t- o n

2 °.

1

L e s m ariages des C ito y e n s O’ d in a îre l

n ’ ont fur-

to u t é té étab lies par les lé g is la te u rs , que
p o u r c e u x d 'e n tre les C ito y e n s qui tien*

dot ,

fans au cu n e

elp éce

de

contra*

é c r it ( 8 1 ) .
L a fo rtu n e o u la c o n d itio n c iv ile d es
P roteflan ts en F r a n c e , eft trop b o rn é e
pour q u e l ’ o n pût être au torifé à faire
prévaloir ici l a p o litiq u e fur la juftice*

n e n t u n ra n g c o n fid é ra b le , &amp;: qui occu­
p e n t u n e p lace im p o rta n te dans l’état,

(79)

K on numquam jtti cm m p o wccftmw

ij j z. S. 4e kg,.-

{ 80) Demiffis in obfcuro vitam dcgenùbut
tnatrïmonio um libereatem fermittl &gt; iis autem
qui in excelfo cetatem agunt in m axiwà forum â
tniuirnam eJJe licentiam. bauifte.

(81) Novell, 74. cap. 4. loi 2.3. §. 7. cod*
de nuptiisr

�(

90

)

&amp;&lt;Ans le m id i d e nos P ro v in ce s , ils labou­
r e n t nos terres , &amp; f ile n t notre fo ie . Us
J'upportent le s

charges d u Citoyen fiant

p r é ten d r e à fies p r iv ilè g e s ; ils f o n t dam
V état tou t ce q u i efi u tile , fa n s efiperer
r ie n d e c e qu i e jl honorable. Renfermés
par

nos lo ix dans la profejfion de leurs

p e r es , i ls c u ltiv e n t d es arts héréditaires y
e x e m p ts d e cette a rd eu r d e s'élev er , qui
f a i t la r u in e d e nos fo r tu n e s &amp;

de nos

m œ u rs ( 8 2 ) .
11 n e

y a v o ir dans les

des m otifs afTez puiffants

p o u r faire taire les railon s d ’h u m a n ité,
q u i pa rlen t en fa v e u r des P roteftants du
R oyaum e.
3 °,

p rou vé,

p o in t ,

de

ce

que

aux
nos

sir ont e n co re d o n n é

P rin ces

a u cu n e

prticuliére d e fe m arier.
Ccontraire,

P roteP *

Ce

ne

form e

fait n 'e ft

8c n e peu t être d e l à na-

i ure, q u ’u n e raifon b ie n lé g itim e p o u r
:î Proteftants e u x m ê m e s , d e réc la m er

ï la bonté d u S o u v e ra in la p ro te ctio n
pii accorde

à ton s les

autres fujets ;

aki-dire, u n e form e lé g a le d e fe m a-

armi eux les d e v o irs des p e r e s ,
:f$ enfants ,

l ’o rd re

des

l’ état

fu cce flio n s.

.Hais en a tten d an t ces arran gem en ts u lrieurs 8c d éfin itifs; q u i n e p e u v e n t être

eue l’o u v ra ge d e l ’a u to r ité .fo u v e r a in e ,

L e s fo rm a lité s 8c les cérémonies

n ’ étan t

Bits ,

)

raifo n n a b le

itr, qui p u iffe to u jo u rs m ie u x affurer

fau roit d o n c

c ir c o n d a n c ïs ,

i 91
■ ^eétion

com m e

in trin féq u es

nous

à la

l ’avons

va lid ité du

m a ria g e en f o i , o n n e fau roit faire unç

ic dont l’ é p o q u e

ne

fo n t

umifes q u ’ à la fageffe 8c a u x lu m iè re s
:u Prince :

les P ro tefta n ts

fon t

très-

tien fondés à réc la m er dans nos tr ib u '
lnux la fa veu r

(82) Difcours de M. de Servan &gt; Avocat
général au Parlement de Grenoble.

8c l ’u tilité

d u d ro it c o m m u n ,

8c

tfte protection q u e les lo ix c iviles d e
■ jus les pays afi'urent

ou

d o iv e n t afi»

�(

92 )

,

&gt;

firrer a u x m œ u r s , à la ve rtu r à tou
' ,
'
_
,
~ . , ,
c'
&gt;3$nous d a ccord er a u x enfants le*t a tr v
m a ria g e co n tra c te d e b o n n e toi.
.
...
, .
, ,.. ,
r
r kJ ie de leur p e re ? P o u r q u o i c o rn e tte q ° . S i n os lo ix o n t éta b li des formait*
,
r
/
, „ .
, ,
.
, n , i v
mnous a ces enfants u n éta t q u a u cu n e
tes ôc des c e r e m o n ie s , c eit ( de lavea
\
,
0 ,
, i pofuive ne le u r refu ie dans 1 état acd e tous nos au teu rs oc d e tou tes nos Ion r
.
„
A
n*
\
ci de notre le g itla n o n , 8c q u i le u r e it
elles m em es ) p o u r a u u re r les mœuri r
. .
,
n
A
,w
, lire par les principes les p lu s lain ts 8c
8c p o u r co n lta ter 1 état des
r
r
r
r

puo.iqaes,

en fants.

. ..

Lpjus
feplü refpe&lt;5\ableS ?

L in t e r e t d e 1 o rd re public n&gt;1\ t
,
B ,
Le bonheur 8c la m u ltip lic a tio n d es

d n c fatisfait toutes les fois que rengage-

n ,
,
0
. 1
r b , 'aimes font d e u x ob jets etro ite m e n t
m e n t eit h o n n e te , 8 c que les enfants nu
.
, ,
e .
.
p dans le tv lte m e d e la n atu re 8c d a n s
p e u v e n t n o m m e r u n p ere cutam./ofrea,
J
dre im m u able d es lo c ié té s . P a r c e la

ccrtum demonûrùre poffitnt. C eft meme ,

,

&gt;rr

,

.
,
. Il qa un h o m m e e n n a iila n t n a p p o rte
par cette raiio n , q u e nos lo ix donnent ;es,' ,
.
*
. . . .
.
.
je des b e lo in s , il a d ro it c o m m e h o m effets c iv ils à u n m a ria g e n u l en lui mè«
teaux p rod u ction s d e la terre , c o m m e
m e , m ais co n tra cte a v e c b o n n e foi. En
mbre d ’u n e fa m ille au p a trim o in e d e
effet elles tr o u v e n t dans ce mariage ce
,
_.
. ,
,
.
°
sancetres ; c o m m e C it o y e n a la p r o te c q u elles e x ig e n t , c eit a d ire la certitude
. . .
_
_ .
A
,
,,
A
andesloix. L a L o i n e p o u rro it etre
d u pere 8c I h o n n ê teté d u mariage lu ..
.
r
r
. ,
/
r r ■
nielle envers les en fants fans e m p e c h e r
m e m e . P o u rq u o i d o n c refluerions nous .
.
.
.
~
A
..
. . . .
. «hommes de d e v e n ir p è r e s , lans arrea u io u rd h u i les effets c iv ils a un manaes .
. . . . .
,
A
_
n
_. . , , s la m ultiplication d e l efp ece , lans ateontraCte en tre P roteftan s luivi de la i
.,
,
,
, „
rr rr
.
,
r .
,, _ , . , pter a 1 ordre e te m e l dgs, chüuQfc
p o lle lh o n la plus lo le m n e lle oc de la bon­
n e fo i la p lu s en tière ? P o u rq u o i tefùk.

�- •
(

94

)

C O N C L U S I O N .

(

pr

)

&amp; des a m is , v r a i trib u n a l d es m oeurs 5

à l’autorité p a t e r n e lle , q u i eft la p lu s
C e s p rin cip es é t a b lis , Implication s’en naturelle d e to u te s , 3c q u i à fe r v i d e
fa it d 'e lle m êm e au m a ria g e fur lequel bafe 8c d e fo n d e m e n t
o n d em a n d e a vis.

légitim e fur la terre.

O n n e p e u t d o u te r q u e la plus grande

L a R e lig io n eft e n fu ite v e n u e fc e lle r

b o n n e fo i d es d e u x parties n ’ ait préfil*

leur u n io n . C o m m e

à ce

terns d ’i n n o c e n c e , o ù

m ariage.

On

à to u te a u to r ité

d an s ces p re m ie rs
L i e u éto it l'u n i­

ex p o fe q u ’ il à é té contracte e:i que M a g iftra t d u g e n r e h u m a in , le c ie l

p réfe n ce d es p lu s p ro ch es parents, u

a été pris à té m o in d es c o n v e n tio n s q u e

d 'u n m in iftre d e la R e lig io n profeilec l’on fo r m o it, il à r e ç u les p ro m ettes , i l
p a r les parties c o n tra c ta n tes.
Il ne s’a g it d o n c p o in t ic i d ’ une de

à été in v o q u é p o u r en

g a r a n tir lafoi^

L a circo n ftan ce tirée d e la c o n d u ite

ces u n io n s fu rtiv e s 3 c p a ffa g e re s , que le des ép o u x , q u i fo n t allés dans le d é fe rt
plaifir f o r m e , &amp;
p 'h ifir;

m ais

q u i tin n fe u t avec le pour p o u v o ir

fe

m arier

en

d ’ u n e u n io n fcellée par d’un d e leurs m in iftr e s , n e

p ic ie n c e

fa u ro it n u i­

to u t ce q u ’il y a d e plu s refpeCtablc Si re à la lé g itim ité des enfants ; c ette c o n ­
d e plus (acre a u x y e u x des hom m es.

duite eft certain em en t c o n d a m n a b le , fi

L e s d e u x é p o u x le fon t choifis libre­ nous l’ en vifa g e o n s d an s fes rapports a v e c
m en t. L e u r m a ria ge

s’ eft préparé tint nos lo ix p ro h ib itiv e s d e to u t

le fein de leurs fa m illes, des délibération

e x e r c ic e

de la R e lig io n P ro tefta n te ; e lle e x p o -

d o m iftiq u e s en on t d ié té les condüotu»: fou fans d o u te les é p o u x a u x p ein es d é ­
to u t à été fournis à l’ a ffe m b lé e dés parents terminées par ces lo ix .

M a is ce n ’e ft

�(
^toint
n ou s

ic i

9*

x

)

la co n d u ite des é p o u x que

a vo n s

à ju g e r dans fo n rapport

a v ec des lo ix p o lit iq u e s , c ’ eft la fincériré d e leu r m a ria g e en lu i m ê m e que
r d u s a vo n s à
m œ u rs,

de

ju g e r

fu r d es lo ix

de

ju ftic e , d ’h u m a n it é , St

dans fon rap port a v e c l ’ état d es enfants.
Q u e ls fo u p ço n s p o u rro it o n former
co n tre

u n e u n io n q u i à é ^ contrariée

fo u s les

au fpices d e la v e rtu ?

m e n t p o u rro it o n

qui

o n t pris

me s’il éto it la ju ftic e . L a fo c ié té e n tiè r e
repofe fur d es p r in c ip e s - d ’h o n n ê te té ôc
de droiture , q u i y lian s par la c o n fc ie n c e
les hom m es e n v e rs D ie u , e n tre tie n n e n t
toute la co n fia n ce fo c ia le , S t d o n n e n t à
U fo i p a r tic u liè r e la f o r t e de la f o i pur

blique.

,

'

La R e lig io n , q u i aftu re "parm i n ou a
l’honnêteté d e to u tes les c o n v e n t i o n s ,
’&amp; q - i e f t le; lie n m o ra l d e to u te s les lo .

perfon-

Ôéiés, eft feu le c ap ab le d a n s les circonH

à té m o in d e leur

Unces d e p ré ju g e r l ’h o n n ê te té d u m a*

p.eéler les in ten tio n s d e d e u x
n és,

Com ­

ra ifo n a b lem e n t fuf-

97' y

Religion q u e le ju g e eft r e fp e é lé c o n *

con trat » celu i q u i c o n n o it les inten­

nage,

tion s , &amp; q u i lit dans les coeurs ?

telle St la c o n v e n tio n la p lu s n éce{faire.

D a n s nos trib u n a u x , dans n o s ufages,
n ou s reconnoifTons q u e la R e lig io n eft

q u i eft la fo c ié té la p lu s n a u -

Il eft é v id e n t q u e d e u x

époux

qui

h ont pas fu i' la lu m iè re , q u i n ’ o n t pà*

la bafe la plu s fure d e la fo i hum aine;

cherché, à fe fo u ftfa ire ^ l’ oeil d u Créa**

c’ eft par la R e lig io n

q u e n o u s lions la

tcur, ne fo fo r o ie n t. pas fou fti aits à d e*

celle m ê m e d u juge*

loix qu’ils e u fle n t c ru -être -faites pour,

fo y d u t é m o i n ,
C ’eft

fous la fo i d e la R e lig io n

que

eux.

On

n ’ eft p o in t p r é .u m é v o u lo ir

le té m o in efl é c o u t é , c o m m e s i l m it

tiomper les h o m m e s o u les l o i x ,

U v érité m m e ; c ’ eft fou s la foi de la

E

Religion

quand

�9*

(

( 99 )

)'

on prend a témoin celui qui jugera les
loix &amp; les hommes.
C es deux époux ont au moins fatisfait
de

vœu

de defr à toutes nos maxi.

&amp;

m es; i!s font évidemment dans la plus
grande bonne foi.

L ’état doit donc,

fclon un grand M agiftrat (82) ; Leur

tenir compte de tintention qu ils avoient
de

contrarier un engagement honnête ,

1

de donner des enfants légitimes à litut

S ls n’ont pas cru que des loix qui contraindroient l«ur confcience, &amp; qui ex.
foferoient par là nos miftères à des pro
fanations, fuflent faites pour eux ; nous
ne pouvons leur faire un crime d’une

nos principes, nous

devons

la poilerité in n o c e n te q u ’ils o n t d o n ­
née à la P a t r ie ,
ks enfants

le

&amp; réco m p en fer d a n s
vœ u ,

la b o n n e

L e u x P r o u v a n t s q u i s’ u n iro ien t p&gt;ar
yn com m erce illic ite , o u par u n enga»
gement c r im in e l,

q u i p ro fite ro ie n t d e

l’obfcuiité d e le u r état en F r a n c e , p o u r
violer im p u n é m e n t
yertu &amp;

nos

de m o r a le ,

encourir l ’a n im a d v e r fio n d es lo ix .

M ais tou tes les fois q u e d e u x é p o u x

de notre culte ,

qu’ils

à la juftice de nos tribunaux. D ’après

-«
^

■ fî

j
. .

) :\ {

.. .... :• ■ .. .

La

couvre le c rim e .

vertu &amp;

Souverain,

de

bônne foi n e fe p ré lu m e pas o ù l’ o n d é ­

de notre gouvernem ent, à la lainteté
k la bonté du

p rin cip e s

s’ex p o fe i o ie n t à

Proteftants s’ u n ilf e n t ,

moeurs,

fo i ,

la ve itu des p eres.

interprétation fi favorable à la douceur
à l'am énité de nos

protège!

malgré
l’être

les m œ u rs.

ont la
la
pas ,

T o u t e s les

fo rce

fa cilité

en r e fp e &amp; a n t la

d 'ê tr e
q u ’ils

a tten d u

le

fois

h o n n ê te s r
ont

de

d é fa u t

ne
de

, 1

prévoyance d e n os

\/l

Toutes les fois q u ’ils c o n tr a r ie n t u n e

(8») D’AguelTeau que nous avons déjà cité,

union fainte &amp;

lo ix à le u r égard*

r e ip e fta b le a u x y e u x d e

�(100

k ralfon &amp; de la m orale, il intervient

( to i
)
cation publiquement reçue &amp;

un engagement tacite de la part de la

dans la maifon paternelle,

fociété de refpeéler ce lien faute , d ho­

publique , tout leur garantit l'être ôc le

norer en eux l’union conjugale , de pro­

bonheur. Les loix qui établirent les

téger les fruits de cette union. L ’état eft

cérémonies du mariage , ont été faites

garant d’une convention paffée à fon

fùrtout en faveur des enfants. O n n’a

p rofit, ôc l’on peut dire que 1 honneur

voulu que corriger à leur égard les dé­

de deux époux honnêtes , l’honneur ôc

fauts &amp; les imperfections de la preuve

Je bien être des enfants qui naiffent de

naturelle tirée de la pofTeffion » Ôc fup*

leur m ariage,

pleer cette preuve primitive dans les

(

))

font fous la protection

donnée
l’opinion

fpcciale du P rin ce, des tribunaux, de

drconftances délicates, qui fouvent ne

tous les gens de bien.

permettroient pas qu'elle fut fùffifamment

A

ces premières confidérations de

reconnue. Les précautions établies par

jufiice &amp; d humanité , s’en joignent de

les loix ne font que iubfidiaires.

plus fortes encore, qui nailfent de la

précautions ne font point un obftacle k

faveur

la légitimité ; mais un nouveau bien­

des enfants ,

de du maintien

Ces&gt;

fait du Prince , un moyen plus puifTant

même de l’ordre public.
E n matière d’éta t, la poffèfïion fui*

de la confiâter dans tous les cas.

Ce

vant les jurilconfultes, eft un titre vic­

feroit invoquer les loix contr'clles memes

torieux pour les enfants.

que de les interpréter contre ceux qu’el­

Ils doivent

continuer d’être ce qu’ils ont été depuis

les ne veulent que fervir Ôc protéger.

L a vertu reconnue des

Là où les enfants ont pour eux la

parents, le fu&amp;age des voifins, i'édu*

poffefiion, Us doivent être affûtés de-

leur naifiance.

k &gt;.

�( *02 )
la légitimité. Leur titre eft infe'parable
Ils font ce que des parents de

milieu de la F’rance des François fe­

bonne f o i , ont toujours voulu qu’ils fui»

raient fans familles diftin&amp;es , fans de­

fent ; &amp; ce que les Citoyens ont toujours

meure fix e , fans patrimoine , fans fo-

cru qu’ils étoient. Leur état le prouve

ciété civile ; ce point de vue feroit ef­

par leur état même.

frayant!; nous laiffons entrevoir jufqu’a

Si en général la pcffefîion fuffit pouf
affûter l’état des enfens , que doit on
penfer de l’état de ceux qui dans l’hy*

quel point la focieté civile en feroit
ébranlée.
Toutes les

circonftances, tous les

pothefe préfente peuvent réclamer la

faits concourent donc à affurer la légi­

poflèilion la plus folemnelle, &amp;c trou­

timité du mariage fur lequel on deman­

vent de plus dans le mariage de leur

de avis.

pere , le titre le plus faint, le plus ref

majeures qui doivent être décidées par

peétable qu’on

les grands principes, par cette forte

Leurs

puiffe exiger d’eux ?

C ’efl

ici une de ces caufes

droits font inébranlables. Flé­

de droit qui eft de tous les pays &amp;: de

trir le droit de leur nailFance, ce lé-

tous les tems , par ces réglés fuperieures

roit flétrir les moeurs, la bonne foi

qui infpirent les tribunaux de toute*

l’humanité*

les nations, qui repofent dans le fane-

D ’ailleurs t de qu’elle

dangereufe

conléquence ne leroit- il pas pour l’ordre
public , que des milliers d’hommes en
France fuffent in c e r ta in s de leur fort»

v.

tuaire le plus refpeélable de^tous ; le
cœur du Souverain.
Que les inconveniens, qui pourroient
ftà tte d e la f u u a u o n a é l y e U t d e s

. amu jmmmmmvmmmmrnm» »

eux.

Jes familles &gt; dans les fucceiïions ; au

* * * WH fr w

de leur maniéré d’être ; il s’identifie avec

�( «04 )
teftànts en France inlpirent le recoüri

't - w
)
Que le Magiftrat civil ou politique j

au Prince , qui feul peut remédier aux

doit refpeéter la nature ôc fervir l’hiw

abus , par des loix fages fur les maria­

manité.

ges de ces Religionaires ; que Tonne

Que la juflice eft la bafe

de tout

perde jamais de vue ie projet de rame­

gouvernement humain ; qu’on doit être

ner les Proteftans à la Religion Catho­

julte envers tous les hommes , 6c qu’on

lique qui eft la Religion de nos ancê­

doit l’être toujours.

tres ôc celle de l’état ; que Ton confer-

Q u’en adoptant les Proteftants pom

ve précieufement les maximes Reli-

fujets , nos Rois ont entendu leur tenir

gieufes de la France ; que Ton ne per­

lieu de peres, protéger leur honneur %

mette pas qu’il Toit porté la moindre

leur vie , leurs m œ urs, leur propriété^

atteinte aux loix publiques du Royau­

leur poftérité , 6c leur affurer les droits

me , aux ordonnances ni aux coutumes

communs à tous les hommes.

que l'autorité R o y a le , &amp;

le

refpeéf

Q ue conformément à ces principes ÿ

des peuples ont confacré : ce font la

nos tribunaux , en laiftant d’ailleurs à

des vues honnêtes ôc patriotiques qui

l’autorité Royale les arrangements défi­

doivent être gravées dans le cœur de

nitifs de police publique fur Tétat des

tout fidèle , de tout François.

Proteftants en France , doivent rendre

Mais tout fidèle, tout Français doit
bien fe pénétrer aufli.
Que la Religion eft ennemie de tou­
te contrainte : que nos fouverains veu­
lent le bonheur de tous leurs fujets.

à chacun d’eux la juftice

particulière

qu’il a droit de reclamer félon les faits
fie les circonftances.
Que les jugements des tribunaux*

�*°7

( i&lt; * )
font fous l'autorité fou ver aine , le fnp.

tton

plément de loix.

aux mœurs, à la vertu » à la bonne

Que les Magiftrats déterminent

ce

(

)

qui eft due dans tous les pays $

foi, qui eft indépendante de toute loi

qui eft j..fie, lorfque dans le filence

pofitive,

des loix pofuives ils ne peuvent êtie

que tous fes fujets jouiflènt &gt; lorfqu’ils

te dont le Souverain

veut

fuffiiàmrrîent dirigés par ce qui eft établi.

la méritent par leur fidélité.

Q ue le fouverain à quelque fois des
grandes raifons d’état ,

de ne poi.it

donner des loix permanentes te fixes &gt;
for des objets délicats ; mais qu’il ne
veut jamais que les a&amp;es, journaliers
de la juftice diflributive, puifîènt être

D élibéré à

A ix &gt; îe

20

O flobrc

P O R T A L IS .
PAZERY,

éludés fous quelque prétexte que ce l'oit*
Q ue cette elpece de déni de juftice,
en

jettant le trouble te la confufion

dans l’interieur de l’éta t, forceroit fou*
Vent la politique dont il faut refp eto
les vues , te qui doit préparer lente­
ment te furement les projets de bon­
heur te de falut public*

BU DROIT AIX

D ’après ces principes, les confultants
doivent fè promettre d’obtenir

de la

juftice de nos tribunaux cette protêt

�����</text>
                  </elementText>
                </elementTextContainer>
              </element>
            </elementContainer>
          </elementSet>
        </elementSetContainer>
      </file>
    </fileContainer>
    <collection collectionId="1">
      <elementSetContainer>
        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="30">
                  <text>Monographie imprimée</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
              <elementTextContainer>
                <elementText elementTextId="32">
                  <text>Ouvrages imprimés édités au cours des 16e-20e siècles et conservés dans les bibliothèques de l'université et d'autres partenaires du projet (bibliothèques municipales, archives et chambre de commerce)</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </collection>
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="13013">
                <text>Consultation sur la validité des mariages des protestants de France</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="13014">
                <text>Portalis, Jean-Étienne-Marie (1746-1807)</text>
              </elementText>
              <elementText elementTextId="13015">
                <text>Pazery, André (1721-1808 ; avocat)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="48">
            <name>Source</name>
            <description>A related resource from which the described resource is derived</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="13016">
                <text>Bibliothèque droit Schuman (Aix-en-Provence), cote RES 260008-2</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="45">
            <name>Publisher</name>
            <description>An entity responsible for making the resource available</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="13017">
                <text>s.n. (Aix)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="13018">
                <text>1771</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="47">
            <name>Rights</name>
            <description>Information about rights held in and over the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="13019">
                <text>domaine public</text>
              </elementText>
              <elementText elementTextId="13020">
                <text>public domain</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="46">
            <name>Relation</name>
            <description>A related resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="13021">
                <text>Notice du catalogue : http://www.sudoc.fr/235227552</text>
              </elementText>
              <elementText elementTextId="13022">
                <text>Vignette : https://odyssee.univ-amu.fr/files/vignette/RES-260008-2_Portalis_Mariage_vignette.jpg</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="42">
            <name>Format</name>
            <description>The file format, physical medium, or dimensions of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="13023">
                <text>application/pdf</text>
              </elementText>
              <elementText elementTextId="13024">
                <text>1 vol.</text>
              </elementText>
              <elementText elementTextId="13025">
                <text>107 p.</text>
              </elementText>
              <elementText elementTextId="13026">
                <text>In-16 </text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="44">
            <name>Language</name>
            <description>A language of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="13027">
                <text>fre</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="13028">
                <text>text</text>
              </elementText>
              <elementText elementTextId="13029">
                <text>monographie imprimée</text>
              </elementText>
              <elementText elementTextId="13030">
                <text>printed monograph</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="43">
            <name>Identifier</name>
            <description>An unambiguous reference to the resource within a given context</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="13031">
                <text>https://odyssee.univ-amu.fr/items/show/383</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="38">
            <name>Coverage</name>
            <description>The spatial or temporal topic of the resource, the spatial applicability of the resource, or the jurisdiction under which the resource is relevant</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="13032">
                <text>France. 17..</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="90">
            <name>Provenance</name>
            <description>A statement of any changes in ownership and custody of the resource since its creation that are significant for its authenticity, integrity, and interpretation. The statement may include a description of any changes successive custodians made to the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="13033">
                <text>Bibliothèque droit Schuman (Aix-en-Provence)</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="41">
            <name>Description</name>
            <description>An account of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="13035">
                <text>Rédigé à la demande du duc de Choiseul, un plaidoyer pour la légitimité du mariage protestant, certes célébré hors des institutions religieuses officielles mais totalement fondé dans la bonne foi</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="53">
            <name>Abstract</name>
            <description>A summary of the resource.</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="13036">
                <text>Signé à la fin : Délibéré à Aix, le 20 octobre 1770. Portalis. Pazery.. - Vignette et bandeau. - Sig. A-D11, E6&#13;
&#13;
Jean-Etienne-Marie Portalis (1746-1807) fut l'ainé de onze enfants. Son père, Etienne Portalis, occupait une charge de notaire royal au Beausset. En 1762, Jean-Etienne-Marie Portalis arrive à Aix pour suivre trois années d'études à la faculté de droit. Il se fait alors remarquer ces années en publiant deux opuscules.&#13;
&#13;
Dans le premier ouvrage, en 1763, sous&#13;
le titre d'Observations d’Emile ou de l'Education, Portalis critique ouvertement l'ouvrage de Rousseau et de sa pensée philosophique qui pour lui « obscurcit la vérité et veut détruire le chrétien » (C. Delplanque, Dictionnaire historique des juristes français, 2017, p. 829). Cette critique concerne en réalité son opposition à toutes les religions et non pas à sa lutte particulière de la religion chrétienne. &#13;
&#13;
En 1770, Choiseul confie à ce jeune avocat de 24 ans l’étude de la question de la validité des mariages entre deux protestants. Il rédigera cette consultation avec son confrère Pazery.    Cette œuvre connaitra un véritable succès. Ainsi Voltaire écrit-t-il « ce n’est point là une consultation, c’est un véritable traité de philosophie, de législation et de morale politique » (J.L Gazzaniga, « Portalis avocat », dans Revue de la société internationale de la profession d’avocat, 1998, p. 164).&#13;
&#13;
Cet écrit, reposant une sur documentation juridique importante et sur une argumentation logique est le reflet de la reconnaissance et de l’intérêt que Portalis porte à la cause des différentes religions. &#13;
Cette consultation sera l’une des bases de l’édit de Tolérance de 1787 qui conclut l’unité institutionnelle du religieux et du civil.&#13;
&#13;
Sources : J. Krynen, J.-L. Halpérin et P. Arabeyre (dir.), Dictionnaire historique des juristes français. XIIe-XXe siècle, PUF, 2017, notice de C. Delplanque, p. 829-831.</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="49">
            <name>Subject</name>
            <description>The topic of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="13037">
                <text>Oeuvres des juristes provençaux avant 1789</text>
              </elementText>
              <elementText elementTextId="13038">
                <text>Doctrine juridique française</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
        </elementContainer>
      </elementSet>
    </elementSetContainer>
    <tagContainer>
      <tag tagId="542">
        <name>Huguenots -- France -- 18e siècle -- Ouvrages avant 1800</name>
      </tag>
      <tag tagId="541">
        <name>Mariage -- Droit -- France -- 18e siècle -- Ouvrages avant 1800</name>
      </tag>
    </tagContainer>
  </item>
</itemContainer>
