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DISCOURS;

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PRONONCÉS

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D JE S ÉTATS
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AjJèmblés à Aix le 3l Décembre 1787
&amp; jours fuivans •

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•

A

A 1 X ,

De l'Iinprlmerle de B. GIBELIN-DAVID, &amp; T. EMERIC-DAVID&gt;},
Avocats, Imprimeurs du Roi &amp; des États de Provence.
M.

,

DCC.

L X X X V 11 L

�DISCOURS
Prononcés à l'ouverture des. États de Provence ,:.J
Affimblù à Aix le 31 Decembre
&amp; jours fuivans .

1

787

Monjeigneur le Comte de Caraman ~ Lieutenant
Général.des Armées du Roi ~ Lieutenant Généra f
de Sa Majeflé en la Prevince de Languedoc .J!
Grand Croix de l'Ord-re Royal &amp; Militaire de_
St .. Louis, Commandant en chef au · Pays. &amp;!
Comté de Provence ,. a dit :

ME

S S IE .UR

S:;.,
,

générale des Etats dé Provence. vrènt·
d'être convoquée après c.ent quarallte-fept ans. d'inter ~.
•
1
IuptlOn
..
Quel grand fpeél:ac.1e-, &amp;. qu'il efl: intéreffant.. pour'
ceux qui . ont l'honneur de Vo.us porter les volontés du '
Roi ! .
Son amour pour [es Suj~ts . d.u Comté de . Provellce~:
VASSEMB-LÉE

A

ii

�4'
s'étend [ur tous les Ordres , fur toutes les Claf1es qui
le comporent. Elles doivent également participer à l'in-'.
térêt paternel qu'il prend à leur félicité.
Sa bonté voudrait ~onnoître le principe du bonheur
de chacun de [es Sujets, &amp; le vœu de [on cœur [eroit
.de prévenir leurs defirs.
C'eft là , MESSIEURS., l'objet de la convocation des
États généraux du Comté de Provence tels qu'ils étoient
en 163 9.
L'Adminiftration intermédiaire a [ans doute des droits
à votre recollJ1oiffance. Le zele le plus infatigable pour
[outenir les ~ intérêts de la PatFÎ-e, la ç'onaance la plus
inébranlable pour conferver fes droits confti'tutifs, res foins
emp-tleffès pour repartir avec ~galité les charges indifpen[abl.es , tbut doit mériter aux Citoyens zélés qui ont
r~mpli ces importantes fonél:ions , des témoignage! authentlques de votre iatisfaétion. .
Mais leur nombre ne répondoit pas à l'étendue de
leur travail; &amp; le Clergé, ainfi que la Nobleife , 'ne
pouvoiynt contribuer à l'avantage général que par un
petit nombre de repréfentans de ces deux Corps_.
Le vœu de tous les Ordres étoit pour la convoca-~ion de ~'Affemblée des États ', _&amp; chaque Provençal étoit
Ja.loux d employer fon zeie " fes lumieres, &amp; fon crédit
pour la pr.ofpérit~ de la Nation. C'eft cette profpérité
que le ROI voulo-l t , &amp; pluS" il y aura de Citoyens occup~s d'en découvrir les principes, &amp; de les porter aux
pleds du Trône, &amp; plus fOI1 cœur trouvera de douceur
à. aonnoJÎtre r toute l'étendue des hefoins qui doivent ex,Her fa ~om:té.
.

'V dus

;

voilà donc réunie, Nation fidele autant qu'é-'
dairée; Clergé refpeé\:able par vos fonaions auguftes,
&amp; votre étude appl'ofondie des intérêts qui vous font
confiés ; N obleffe antique dont le fang coula tant de
fois pour vos Rois, dont vous ornez &amp; défendez le
Trône; Officiers municipaux toujours occupés de confe"rver les droits du Peuple, fans ceffer d'offrir le fruit
de fes travaux pour augmenter la gloire &amp; l'honneur de

la France.
,
Qu'il eft flatteur ,powr moi, MESSIEURS, d'être il
portée de rendre compte de la fageffe de vos Délibérations, de vos foins pour augmenter l'agriculture , le
'commerce &amp; la çif'culation iiltérieure &amp; extérieure de la
Provence; pour répandre dans tous les Etats cette inftruétion "fi effentielle à l'ordre &amp; à 1a tranquillite publique, pour fournir aux Cultivateurs &amp; aux Artifans .,'
les avances néceffaires aux progrès de leur culture &amp; de
leur induitrie , pour réparer leurs malheurs, &amp; pour
établir par-tout une fage économie , en affurant cepen-dant aujt habitans des Villes &amp; des Campagnes tout ce
'qui peut contribuer au bonheur &amp; à l'agrément de leur

.

VIe.

Et comment la Nation &gt;provençale ne prendroit-elle
pas un nouvel effort par la réunion de tant de Citoyens
éclairés, préfidés par un Prélat, dont le nom fera gravé
dans les faftes de la Provence, par fon zele ;;u'dent pour
les intérêts du Pays, &amp; par les fuccès dus à la fageffe
de fes démarches, à la jufteffe de Fon efprit &amp; à [on
4ll1\e vraiment patriotique ?,

�6:

1

/

T.andis. qJle rAffemblée · des Etat.s indiquera les moY.ensd'augmenter le bonheur public , un Gouverneur dont le-~
ancêtres ont r.e mpli cette iniportant€ DigJlité [o,us. les O1ncjens. Comtes de Provence ',. s'empreifera de j~indre [es.
follicitatiotîs à celles de ces . zérés patriotes.
A peine a - t .- il été nommé à cette Place éminente ; .
qu'on l ' a vu s'occuper d'aifurer la tranqu illité des habitan s. de. la ville de Marfeille, par une. main-forte pro- ,
p ortionné'e à [a population ; d'agrandii' [on enceinte;:
(r augmenter l'étendue de [on port; de préferve.r des
dallgers, du feu les: tréfors ,qp.:elle renferme; de (wnduire,
dans [es . murs UHe eau limpide. &amp; [alutaire, &amp; de. fon- ·
der la . [uhGitance. du paune [ur les amu[emens de. la.
claife aifée des Citoyens. Vous le verrez toujours ,.
MESSIEURS. , portel' dans les détClr.ils, de [on G,o uvernement une attention [uivie , . éclairée par (on e[prit ; .
é.chauffée par [on cœur , &amp;. [outenue par [0n crédit.
Mais la force de la. vérité m'emporte. , &amp; . foublie que:
rai l'honneur d'être [on neveu.
Conduit par les , mêmes- princ;,ipes . '- un Magifl:rat dont.:
le. nom fera touiours , cher à la Provence, &amp; . dont les lumieres &amp; la [ageife trouvent également la vérité &amp; les.
fp limes qui peuvent la. rendre, utile ; cet. ami de la Patrie ,
s'occupera d' accorder les be[oins de l'État avec les inté.
r~ts d.u peuple, &amp; . d'adoucir la levée d'un impôt fan s '
doute néceiTaiœ , mais , [ouvent augmenté pades moyens,
employés. p.our [a perception.
T el e.ft , ME SSIEURS, gappe,r çu d,e la félicité~qm fera '.
dite au. t rava.il des Adminifl:rateurs, du Comté. de Pro.-

..,

.

V'eitc'e , '&amp;. êÎes Terre:S adjacentes . 'Leurs jufies de'mandes
&amp; leurs [ages rég1emens feront encore appuyés par deux
Tribunaux Tefpeétables, également p'er[uadés que la Gra n~,
deur du Prince ri'efifondée que [ur le bonheur de [e&amp;
[uj ets , &amp; qu'iI-s ne 'peuvent 'mieux témoigner au Roi
leur re[peét&amp; "leur zele qu'en veillant avec la plus grande,
attention fur les 'intérêts de [es peuples .
Qu'il en coûte, MESSIEURS, au cœur d'un Roi auffi
jufte qu'il 'en ban , 'de ne puuvo'ir [ou1ager [es [uj-ets
éluffitôt &amp; autant qu'il le voudroÏt; mais dans la per'~:
ception des impôts, il 'ne con!idere 'que l e terme qui les
fera ceiTer; dans la forme de la levée, que les moyens
les moins onéreux d' y parvenir: Il daigne [acrifier au
[oulagement de la Nation ju[qu'à l'éclat de [on Trône ,
&amp; [on augufte Epou[e ,pénétrée des mêmes [entimens "
éco ..,
s' eft empreifée de [uivre l'exelT!ple de 'cette
.
nomle.
'Oui ,MESSI'EUltS ~VbS cœurs font pénétrës de la plus
vive reconnoiifance pour le Monarque bienfaifant auquel
vous devez votre r.eftauration.
Vous n'oublierez jamais . qu'un auffigrand evénement
eft dû aux fages confeils d'un Miniftre , qui ne croit de-~
v-oir propofer au Roi de fixer les bafes de la Monarchie
que fur les droits de l 'humanité. En promenant vos re ~
;gards fur cette grande Aifemblée J vous [entez la force
·d'une Nation réunie pour le bonheur de ceux qui la com,po[ent. Vous ne perdrez point un tems précieux à des
,di[cufIions de rangs, de prérogatives ·&amp; de droits indi-

rase

vid.uels .; vous ne ferez animés que par un feul deur :

�~

•

r

eelui de parvenir au' bien public par l'es' moyens les pl'us,
courts &amp; les plus fars. Vos avis réunis ne formeront.
qu'une-feule voix; &amp; cette vo~x fera celle de l~ P:o~
vence. Parmi tant de plans qUI '\l'OUS feront pre[entes"
elle vous in[pirera le choÎx de ceux qu'il faut préférer.:
Vous les clalferez felon leur degré d'utilité; &amp; la fage{fe~
qui aura fixé le vœu de la Nation, préfidera à leur €xé-.
,utlon.
A peine- ai-je eu le bonheur, MESSIEURS, d'être
nommé au commandement du Comté de Provence~. que
je me fuis occupé de le parcourir avec le defir le plusardeJlt de connoître fes vrais intérêts. Mon ame s'eft
échauffée en voyant les efforts &amp; les [uccès d'une Nation induitrieu[e qui a [çu fertilifer les rochers ,_repouiferpar fon courage les ennemis qui avoient ofé pénétrer'
dans fon fein, &amp; contribuer par une valeur conitante
aux fuccès des Flottes &amp; des Armées du Roi.; j'ai cru
voir, MESSIEURS, par ce qu'elle avoit fait, tout ce q1.:l'elletltoit capable de faire; &amp; je me fuis fenti doublement
glorieux d'avoir l'honneur d'être chargé des ordres du:
Roi, &amp; d'avoir celui de les préfenter à la Nation pro-.
vençale.
M. de La Tour inftruit comme moi des volontés du~
Roi ~J v.a vous en. dévelop'per les principes..:

Monfieur des Galois de La Tour -' Premier Préfident du Parlement -' &amp; Intendant de Provence -'
a dit :

MESSIEURS,
eft confolant; qu'il eft glorieux pour vous de
voir renaître ces Alfemblées nationales, qui furent inftituées par la fagelfe de vos peres, que nos Souverains
honoroient de leur confiance, qui ont toujours mérité
l'hommage &amp; la reconnoiifance des citoyens.
Un Prélat, dont l'élevation &amp; le fafte éclipfoit jufqu'à la majefté perfonnelle de fon maître, qui ne connoilfoit d'autre prérogative que celle du pouvoir abfolu
qu'il exerçoit lui-même, av oit fufpendu vos fonaions.
Un Monarque qui ne veut regner que par les Loix;
qui ne fonde [a grandeur que fur l'amour de fes [ujets,
plus occupé de votre bonheur que de [on autorité, vous
invite à tracer vous-mêmes les inftitutions falutaires qui
doivent vous gouverner; il vous confie les droits les
plus jal9ux de la fouveraineté.
Jamais aucune Nation ne reçut un témoignage plus
'é clatant de la confiance de fon Roi. L'hiftoire ne nou!;
QU'IL

B

/

�l

~ tranfmis un pareil exemple, que dans cet~e Répub.lique
" l Héros qui mérita le nom de PublIcola, dIt au
ou e
fi .
Peuple le pluS célebre de l'Univers: Rommn5 alles YOUS-,

mêmes les Loix qui doivent vous rendre heureux.

ConnoiiTez tous vos avantages ~ toute l'importance du
minifiere augu~e que vous allez remplir.
.
Travailler pour la gloire du Trône: pofer les bafes
permanentes de la félicité publiq~e: dO~1l1er à votre
Patrie des Loix éternelles, devel11r les 1I1terpretes des
be[oins des Peuples, les 1l10deles, les garans de leur
obéiirance ~ voilà le but intéreirant auquel vous devez atteindre; voilà le grand, l'unique objet de vos Délibé-

·
ratIons.
Vous ne pouviez répondre utilement aux vues bienfaifantes du Prince, ni [atisfaire à l'e[poir d'une Province pour qui votre ab[ence étoit une difgrace, qu'en
vous réuniirant fous ces formes antiques qui vous rappelh:l1t vos droits &amp; vos devoirs. Ce n'dl qu'en raf.
femblant les citoyens de touS les Ordres, qu'on peut
pàrvenir à faire le bien de tous.
Un Ecrivain célebre , né dans une République au[tere, qui avoit con[acré fa plume à la liberté, di[oit:

J'aurois choifi pour ma Patrie un P ay s où le droit à l'Adminiftratio12 iCit commun à tous les Citoyens; je n'aurois
point approuvé les Plébicites ~ où les Chefs &amp; les plus intérefJés à la confervation de l'Etat auroient été exclus des
Délibérations; où par une abfurde inconféquence ~ les Magiftrats auroient été privés des droits dont jouiffoient les
Jimples Citoyens.

,

3
Unifrez-vous donc par ce fentiment noble &amp; vertueux qui fait céder l'intérêt particulier à l'intérêt général, qui"
épure les penfées, qui commande les facrifices, qui dévoue généreu[ement chaque Citoyen à la Patrie.
Votre fort eft clans vos mains; que l'époque de la
réunion commune devienne celle de la profpérité d'une
Province, que le Souverain confie particuliérement à
vos foins.
QueUes re{fources la Patrie ne trouvera·t-eHe pas
dans ces Miniihes d'une religion fainte , qui font établis par la Pnovidence pour être les bienfaiteurs de l'Humanité; dans cette Nobleire qui donne des fujets diftingués à toutes les profeffions qui condui[ent à la gloire;
qui [e dévoue particuliérement au patriotifme &amp; à l'honneur j dans ces dignes r-epré[entans des Cités, qui depuis
plus d'une fiecle ont confervé avec fidélité &amp; courage,
le dépôt précieux de vos maximes &amp; de vos Loix?
Dans cette circonfiance intére(fante , l'union des cœurs.
&amp; des e[prits peut feule rendre utile ce concours de lumieres , de, talens &amp; de vertus. Clergé, Nobleffe , TiersEtat, vous n'êtes plus ici que Citoyens.
Re[peéter la Loi du Prince j défendre les droits du
Peuple ; diriger les infiitutions particulieres au bien général ; veiller aux be[oins de la [ociété , [ans s'écarter de
l'ordre fimple de la nature j repartir les contributions
avec jufiice ; difiribuer les revenus publics avec économie :.
Difpo(er les Citoyens à porter docilement &amp; avec liberté,
le joug de la félicité publique: Telles font les obligations

B ii

�.

4
qui vous lient envers le Souverain, la Patrie &amp;

les

Peuples:
Quelle circonftance plus favorable pour donner l'effort
à votre patrioti[me , pour con[ommer le grand œuvre
du bonheur public! Le tems n'eft plus où l'Adminiftration, enveloppée des myfteres de la politique, [e déro-.
boit à touS les regards.
Un Monarque dont le plaifir le plus doux eft de faire
le bien, dont l'intérêt le plus cher à fon cœur , eft la
profpérité du Royaume , donne à toutes les Provinces
le droit de s'adminiftrer elles- mêmes, &amp; les fait participer à la douceur, &amp; aux avantages du Gouvernement
paternel dont vous jouiffez.
Vous l'avez vu ra!fembler autour du Trône des hommes dignes de fa confiance. Il les a interrogés fur les
be[oins des Peuples; il a été éclairé fur des abus trop
long-tems autorifés ; les plaies de l'Etat ont été découvertes, &amp; il [e livre au doux efpoil' de réparer tous les
maux. Ce Roi citoyen, ce Prince ami de la vérité a ouvert [on cœur aux juftes réclamations de fes Cours , qui
lui ont préfenté avec autant de re[pea que de confiance,
les maximes fondamentales de la MONarchie, qui lui ont
expofé l'affiigeante 6tuation du Royaume ; il a reconnu,
avec un de fes auguftes Prédéce{[eurs qui mérite le nom
de Grand, que la parfaite profpérité d'un État eJl que les

Sujets obéiffent aux Princes, que le Prince obéiffe à la
Loi ~ &amp; que la Loi [oit droite &amp; toujours dirigée vers le
bien public.
J

5
Les vues du meilleur des Princes font [econdées par
un Prélat qui a développé les plus grands talens , les qualités les plus éminentes, dans l'Adminiftration d'une Province importante, dans le Gouvernement d'un vafte Diocefe. Il y a laiffé des monumens &amp; des exemples qui per~
pétueront [a Mémoire. Ses premiers pas dans le Miniftere
[ont marqués par des opérations, qui fuffiroient pour
honorer la plus longue carriere.
La noble &amp; Cage économie s'introduit dans toutes
les pa~ies j les établiffemens publics reçoivent une meilleure forme. Le commerce ne fera plus gêné par des
barrieres qui arrêt oient [on attivité. Une Loi [age , devenue néce!faire , [olliciLée par l'humanité, la [aine politique , la .religion même, ramenera dans vos climats des
hommes qui [oupiroient après leur patrie, &amp; rapportera
leurs richeffes &amp; leur induftrie.
Déja nous voyons l'aurore de ce jour fortuné, où un
~~u" eraiIl digne de l'amour &amp; de la reconIloiffance de
[es Sujets) annoncera à la Nation affemblée le rétabli[Cement de l'ordre, &amp; viendra [celler au milieu d'elle
l'alliance' fi deGrée de l'autori~é avec la liberté.
Reconnoiffez IG!... bienveillance particuliere dont le
Roi a honoré cette Province, en lui donnant un Commandant ~uffi digne de [a confiance, que de celle des
Peuples. Déja inftruit de l'étendue de vos be[oins, il a
tra v aillé dal:s le [eeret
&amp; le filence à les faire connoître
,
au Gouvernement. Il a repré[enté avec force la néceffité
de ménager dans la diftributÎon des charges un pays où
l'indu !trie lutte [ans ceiTe çontre la Nature. La Rellom:i

•

�6
mée YOtiS a ant10nce [es talens militaires: fa préfence
,
vous découvre [es vertus publiques &amp; privées. DefEné
aux 'plus grandes places, il eft reconnu digne de les
remplir. Ainh fe vérifie cette maxime mémorable d'ml
grand Minifrtre, qui recommandait aux Princes ~ qui veu-

..

l'évolution intéreffante à la reconnoîffance publique?
Eloigné de vous, il a travaillé, dans ces momens dit..'
ficiles, à fixer [ur le fort d'une Province intéreffante;
la jufiiçe &amp; la bonté paternelle du Roi.
Si des circonftances impérieufes n'ont pas permis de
vous délivrer de toute nouvelle charge , votre fidélité ré~',
pond de votre empreifément à concourir aux néceffités
publiques , au bien &amp; à la gloire de l'Etat.
Aucun [acrifice ne coûtera à vos cœurs, quand un
Souverain, pour qui votre am~ur eft fans bornes, déclare
lui-même dans une Loi [olemnelle: que les facrifices les
moins pénibles à fon ame ,font ceux qu'il confacre à yotr:.e.

lent être aimés de leurs Sujets, de ne confier leur autorité
qu'à des perfonnes fi eflimées ~ qL;' on puiffè trouver la calife
de leur choix dans leur mérite.
V ous éprouvez l'heureu[e influence d'un Gouverneur
fans celfe occupé de vos intérêts. Sous vos Comtes, fes
aïeux étoient revêtu s des premieres digllit és. Belleval
commanda les armées, il eclaira vos Souverains dans les
.Con[eils; Chef de la Juftice, il diél:a des Loix que vous,
[uivez encore. Les Peuples etoient affurés de trouver en
lui un défenfeur: Héritier de [on nom, M. le P rince de
Beauvau vous fait relfentir les mêmes avantages.
Le Prélat qui vous préfide s'eft diftillgué dans tous
les tem1Ds, par [on zele pour le bien public, par fon
attachement confiant à la Province. Il a dirige les Adminiihateurs du Pays par fes lumieres: tl a prepare, il
a affuré le [uccès de leurs démarches par [on crédit.
Lorfque dans l'Alfemblée dès Notables} tous les interêts publics ont été difcutes fous les aufpices de la
Màje11é -Royale, que n'avez-vous été témoins de [on
attention foutcnue, de fa vigilance éclairée à [aior tout
ce qui pouvoit vous être utile, à écarter tout ce qui.
pouvoit compromettre vos droits &amp; vos libertés.
Si vous jouiffez aujourd'hui de l'heureu ~ retour de
,v otre ConG:itution, quel_s droits n'a-t-il pas dans cette

7

1

bonheur .

\

1

•

�Monfeignellr r AI:chev~qllë d'Aix" , Préfident né
des États, a répô'ndu au nom de if' A1fembUe ~
&amp; a dit :
"
l

.

.,

n

MES SIE URS:"

.,.

t

C'EST un beau fpeéhcie que celui d'une Nation qui

reprend fes privileges &amp; fe,s droits; qui rappelle fes
formes antiques long-temps enfevelies dans le Glence &amp;
dans l'oubli; q,ui retrouve fa Conflitution toute' entiere
pofée fur des fond~mens ' que le temps n'a pas pu détruire, &amp; qui n'admet d'autre changement que celui du·
progrès même de [es lilmieres &amp; de fes vertus.
Cette Conflitution, refpeété.e
par 'vos anciens Souve.
rains , n'av~it point éprouvé de révolution ', quand' vos ancêtres, dont j'emprunte Te noble langage, [e donnerent
d;un cœur libre ~ franc aux Souverains d'un grand empIre. Elle vient au recours de ce nrave &amp; malheureux
Roi, qui perdit tout hormis l'holJneur. Elle n'eft point'
ébranlée au milïeu des gl:Ierres' civiles, qui divife[.lt la
Provence, comme Te rerre du, Royaume. Elle ' défend'
Henri IV contre les féditions inteftines &amp; les invaflons
étrangeres. Elle réfifle aux volontés d'u!1' Miniflre, dont
raltiere puiffance, établie [ur les ruines , de tous les
9rdres, {emble vouloir éleve~ le Trône, en renver[aut'_
,

,

,

\
J

J
(1

{
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1
1
\

C

1

�z.
(es appuis. Richelieu n'~ point

pu

l'abattre; &amp; p'a'r
une inconcevable fatalité, elle difparoît avec lui; elle
difparoît, quand il n'y a plus Ull homme qui puiffe
l' oppreffer . dw poids de fes talens &amp; de [es injuftjce-s ~
&amp; qu and il !JJ.e lu~ l:eil:e plus ri~n , à craindre~
Elle coüferve cependant fous une forme [age, utile
&amp; modefl:e, &amp; fes principes &amp; fes pouvoirs. Son efprit
&amp; fes Loix dirigent une Adminifiration toujours fubfifiante, qui s'éclaire &amp; fe perfeéhon,ne. Chaque Ordre
maintient [es affemblées, [es regles &amp; fes ufages. ' C'erc
la même puiffance llati9n~le g;ui d'~bord exerce les ,pouvoirs des Etats, &amp;, qui femble P'y fûppléer dans la fùite
q,ue pour en perpetuer les ~ltres &amp;. les droits. Telle eft;
leuI' forçe &amp; leur a~torité, qu'on leur rêpd encore hommage, alors même qu'ils- ne fqbfifient plus. Op n'a pas
pu les détruire: on ne peut pa.s lès oublier. Le vœù des
AlTemblées gé~érales en rappelle le [ouvenir. Des Délibérations &lt;.lue la n,é ceilité légitime, ne fe propofent
d'autre ~erme qve
cetui du retour des États. Les deux
,
premiers Ordres réclament leurs droits, qu'unerepréfentation conJl:ante met à l'abri de la prefcription. Les
Cours Souveraines, dépofitair~s des opinions comme des
Loix, [emblent donner la fanétion même de leurs Jùgemens aux defirs unanimes de tou§ les Ordres; &amp; la
Province voit renaître, après cent cinquante ans écoulés,
dans toute l'intégrité de fes formes &amp; dans toute l'étendue de [es pouvoirs, fa premiere Confiitution.
Un, Minifir.e éclairé, que fes talens &amp; [es vertus ont
mis enfin à fa place, fait entendre dans l'éloignement
toUS

•

•

, 1

•

-

~

J

.,

- •

'

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~

.

éette vtJix publiqùe à hqu'l!lle il appartient t'ô t 'ou târa
de décider du fort des affaires humaines. Il aime à confultet cette opiniort rèfpeétablë , qujil dirIge~it lui-même
quand il n'exerçott d'autre empire que cè'lui -de la raifon:
Il fembl€l ' appeltèr la Nation entiete dans 'les Confeils
~e f~s Rois. 11.emp-loie les hommes pour les gQ~verner;
Il faIt concounr tous les Ordres, par les 'Connoiffances
même qu'il leur donne , au bien qu'il vêut leur faire .
Un Roi jufte , ami du vtai' , qui convoqua ' les Notables
de. fo~ Royaume, comme il le difoit lui~même ' , po~r
lUI faIre conno~tre leurs ' fêritimeh's ,. &amp; non pour les
diilimuler, ne 'Fe borne pas à règn'er {ur- fes Sujets ; il
veut les inftruire &amp; les pertuader. ' lSa' fageffe donné
à fes Peuples un mouvement ~ont elle empr6nte fi
l
(oree. Chaque' citoyerl ,: fans quitter fd foyers domeftiques, fans s'égarer darls les erreurs ' d'une 'ambition
lointaine, peut offrir à fa Patrie -le tribut de [es tra~aux; &amp; l'Adminiftration publique devient ce qu'elle doit
être, ùne correfpondance paifible &amp; conflante de la' puiffance du Souverain &amp; de la liberté de la Nation.
Ah! quand une autorité protefuice forme d'le-même
le lien ' qui nous unit, ' quand n011S fommes rapprochés
par nos intérêts &amp; par nos droits, "ne nou~ ' ~éparons pas
par no~ fentimens. Ne fouffrons Ppi s, que l'epoque qui
nous ra{femble, devienne l'époque :de nos drvifions. Les
op~OGtiOl1S invincibles ne [ont pas daris les ' chofes ; elles
font dans les hommes. Leurs difpoGtions décident de
Ie.urs drRin;ées. Il n'r. a point ' d'~ntreprifes diffiçiles ,.

.

-

j

'.C ii.

-

�4

"

'quall~.,Ie ,d eqr ,·Sc. l'iutél;êt COtnll1U11 , eit d'e.ll !urmOJlter

les ,difficultés.
, ,
Nous rendrons compte
avec
confiance aux Etats d'une
1
-.
;a dmil,1i(t!a~~Onl ,que . ll'1uï:~: J?xip~ipes ont dirigé~, &amp; qui
[e,m ble:. avqir~ a cqu~s,. fa copGftance &amp; [a mâturité. , VIle
partie :de cette Af.f~mlJlée [e cO,rnpo[e de ceux qui .Pont
perfeé.tiolln~.e par leur ~t1e &amp; par leurs' lumieres, &amp; celu-Î'
qui 1ll&lt;;r.Ç.~le .. )e, pI:e l11!er dans l'Or.dre de .~a ~ N oblelfe, a,
re~p~ , c-}ler ' à; [es , CQJ~ci.toye~ls· .yn nom confacré ' p,ar 1 ~a
"
1
la};'
.g:l.Olre
~ ~
. "'l ,ra~~ $' ~! , .
!
,
'
"
~&lt; Ces [ages Admi~1Ïp:rateurs:~)l1t b~en'c (e,nti la force, que
leur dounoit ,. I;qmbl',e. ,même de votre
Confiitution , lX
l
chaque anné,e ~ " rel~ouvellé leurs :efforrs &amp; , multiplié
leurs fuccès~ ,j
~ ".'.
~
NOLIs avons Y': la Proyil1ce affi'anchie, par leur fageffe, de ces l?êmes ifllPo:fit:ions perçu~s d~ ns le refte du
Royaume ~ d'autres impofitions compenfées par , des [ecours proportionnés, d',\utn;s eufin rpyoquées, q,tland la
Provipce, en .a voit o~tenu, &amp; quand elle en c~nrervoit
le dé.donllnag~me.l1t. : N Q~S .ayoms ; vu ,l e Gouverne~ent
mettre 'U I) , tèrme à l'excès de la dépenfe des Troupes,
gue la ProYfnce ne pouvoit plus ,iùpporter. Nous avons
vu [e répar~ dre de tous ' côtés l'émulation des travaux
publics &amp; ·,des objets utiles. Des c~ml11unications multipliées ont r~paré les ,l;'erres, &amp; ,prévenu la ruin~ d'une
pa rtie de la Province. Ses habitans, qui cherchoient une
autre Patrie J Jont retenus par des travaux qui doivent
fans cefFe ~ugmenter leur co.mm,en:e .&amp; leur popuhtion;
&amp; des entr prifes utiles, fOl1dées fur le's fe'cours ,Pll Gou4'
,.

...

J.

J.. '

[

•

_

J.

J

\

.'.

-vel'llement, &amp; qui ne 'co~tent rien à la Province, en~
'r ichi{fent encore la région la plus favorÎfée par fa pofition &amp; par fon indufirie. Chaque Adminifirateur ajoute
tour-à-tour le pouvoir de fes propres talens à celui qu'il
emprunte de l'Adminifiration; &amp; ce mêlangc heureux de
confeil &amp; d'aEhon nous a procuré, je puis le dire,
l'avantage d'aTloir obtenu du Gouvernement prefque toutes
'
les demandes q~e noUS avons formées.
Deux 'Prélats, deÎ1:inés par leur naiifance, par leur
place' , &amp; par leuFs fentimens à partager les intérêts de
Ja Pro:vince entiere, nouS ont donné les confeils du
zele, de la fageffe, &amp; de l'amitié .
Combien) dans ces cir-conÎ1:ances intére{fantes, les r~
préfentans de la Noble{fe, &amp; ceux qui font a{fociés à
110S fonEtions, &amp; ceux auxquels elle confie fa propre
adminifiraü;n , ont fçu rendre utiles à leur Pays les
fentimens ,qui les difiinguent !
Un GOlllverneur, qu'anime un fentiment auffi noble
que fa naiiTance., auffi éclairé que fon frec1e, a.uffi fimple
que , l'é,quité t:nême flui dirige, ,toutes '[èS aétions, a préfidé
lui-même à toutes nos démarches avec un ,empreffement
gui prévient les dem andes, m,ultipli~ les fervices, fe
dérobe à la reconnoiffance, &amp; ne fe fait fentir gue par
[es effets,.
,Un Commandant qui lui eft attaché pa,r les liens du
fang , a d'abord ,exercé de tous les droits
de fa place le
,
plus précieux &amp; le plus honorable, -celui d'être utile à
la Province. Nos occupations ne lui font ,point étrangeras : , il a ü~ téunir les vues d'une grande Adminifua~

\

�6
tion; qui lui fut trallfmife comme un patrimoine , à ces'
nobles connoiffances qui fervent à la défenfe de la Patrie,
&amp; qui donnent les honneurs &amp; la gloire. Infiruit déja par
lui-m~me des befoins d'une partie de la Province &amp; de
fes reifources, il nous prêtera dans les occafions importantes un appui refpeéhble; &amp; l'autorité du Souverain"
toujours dirigée vers des objets utiles, &amp; devenue l'exer~
cice de fa bienfaifance, fera chérir aux Peuples leur
Gouvernement &amp; leur Patrie.
Nous avons retrouvé dans un Magifirat voué depuis.
long-temps à tous les intérêts de la Province, les dif..
poiitions &amp; les vues -qui pou voient feules a1furer le rét~bli!fement de votre Confiitutiorr. Rien n'échappe à fes'
foins de ce qui peut vous être utile. L'homme d\:l Roi
devient
éelui de la Province, &amp; la confiance qu'il inf,
pire aux Minifires &amp; aux Citoyens, applanÏt tous les
obfiac1es qui peuvent rallentir la marche de l'Adminiftration. Ses longs fervices ont eu ~eur véritabJe récompenfe, celle d'étendre leur objet &amp; leur , utilité. L'Eta.t
a réclamé fes droits. Appellé par le choix du Souverain"
il a partagé la gloire d'un confeil de Cit~yens qui par,
loient le langage de la liberté pour défendre Ja caufe
de la Patrie.

Un Mag,i flrat' fop Collegue, que nous regrettons dene pas voir affis parmi VOUg, plaidoit avec lui dans cette
célébre affemblée les droits de la Province, &amp; montroit,
fes talens à la Nation. Le jugement de la Nation a COll;;
firmé la voix de la Renommée.

,C'e.fi à vous ma!nt,enant?:

MESSIEV;RS,

ç'~J.t ,a~x État~

\

i

7
à veiI1er au bien de la Province &amp;. au maintien de fa
Confiitution. C'eft votre concours qui doit donner à
&amp; le fuccès • Nos propofitions . les plus
notre ze l e la l'corce
'
importantes attendent de vous leur [anEtion, ~ n'auront
d'effet que par vos fuffrages; &amp; notre pou~o:r, cO~lfifie
à remplir avec fidélité l'objet de vos fages DelIberatlOns.
Pui!re l'union des pouvoirs, des intérêts &amp; des fentimens s'entretenir par les biens même dont elle doit
,être la [ource. Il n'y a rien que le concours de tous les
Ordres ne puiffe obtenir de la fage!fe du Gou~ernemen~.
Il n'y a rien qu'un Gouv:ernement fage ne pUlffe obteml'
du zele &amp; de la confiance de tous les Ordres.
Ainfi les Nations étrangeres fe feront vainement flat-'
té es dans leur rivalité, qu'un défordre inattendu perdroit
le crédit &amp; les re{fources de la France.
Il fuffit à cette Nation, plus éclairée que les autres ;
&amp; toujours libre par fon caraEtere, d'être mife en ac, , , Elle t-ompere
l'autorité de fon Gouvernement par
tlvlte.
~ ... l
fes mœurs: elle dirige, par l'infl.uence toujours puiffante
de fes opinions, les Loix auxquelles elle obéit: elle répond aux vertus de fes Souverains pa~ l'ét~ndue de fes,
1 ieres &amp; par le noble effor de fa lIberte; &amp; le fimum
dï,
pIe exercice de fes forces natu,relles fait, bient~t 1 paroître j~qu'au fouvenir d'un defordre qu elle repare ~ &amp;
du difcrédit .d'un moment.

�,

1

•

MM. les Commiffaires du Roi s'étant retirés pour
aller à l'EgliJe ~ M. l'Evêque de Marfeille a
remercié Mgr. l'Archevêque d Aix Préfidem né ~
&amp; a dit :

,

J

.

'

MONSEIGNEUR ,.
IL feroit difficile de vous exprimer toute la- recon-

•

,

.
,
•
(

'noilfance que vous doit , &amp; dont eft pénétrée la Province ~ à laquelle VOliS préfidez fi dignement :
Elle n'oubliera jamais que c'eft à votre zele bienfaifant &amp; à votre amour du bien public qu'elle doit l'é vénement mémorable qui nous ra{femble ici aujourd'hui.
Ses fafles inftruiront les races futures qu'elle tient de vos'
foins &amp; de l'intérêt que vous prenez à fa félicité, la confolation, pour laquelle elle foupiroit depUIS long-tems , de
:voir renaître les beaux jours de fOll ancienne conftitution:
Elle ne peut , il eit vrai, que [e louer &amp; applaudir cll'efprit de fageife &amp; de juftice qui toujours a diftingu éceux des Trois États, qui, fucceŒvement ont rempli fon
AdmÎ.niftration intermédiaire; mais en même-tems elle nepeut fe diŒmuler les grands avantages qu'elle a lieu de fe
promettre de la tenue de fes États; avantages, non feulement par le nouveau luftre qui en réfultera, mai,s encore;
l?ar la force &amp;. la. dignité de [es D élibér ations.
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MM. les Commiffaires du Roi s'étant retirés pour
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MONSEIGNEUR ,.
IL feroit difficile de vous exprimer toute la recon-

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'noilfance que vous doit , &amp; dont eft pénétrée la Province ~ à laquelle vous préfidez fi dignement:
Elle n'oubliera jamais que c'eft à votre zele bienfai-'
fant &amp; à votre amour du bien public qu'elle doit l'événement mémorable qui nous ra{femble ici aujourd'hui.
Ses fafles inftruiront les races futures qu'elle tient de vos'
foins &amp; de l'intérêt que vous prenez à fa félîcité , la confo!arion, pour laquelle elle foupiroit depUIS long-tems , de
:voir renaître les beaux jours de fon ancienne conftitution:
Elle ne peut , il eft vrai, que fe louer &amp; applaudir àl'efprit de fageffe &amp; de juftice qui toujours a diftingué,
ceux des Trois États, qui, fucceffivement ont rempli fo n
Admilliftration intermédiaire; mais en même-tems elle nepeut fe diffimuler les grands avantages qu'elle a lieu de fe promettre de la tenue de fes États; avantages, non feulement par le nouveau luftre qui en réfultera, mais encore,
{?ar la force &amp;. la dignité de [es D élibé,r ations.

,

1

D"

�1

'Elle pourra dorénavant , avec plus de· fuccès, faire
parvenir au pied du Trône fa lituation, fes be[oills &amp;.
fes doléances; fur-tout fous les aufpices d'un Prélident
auai éclairé, auai juftement conlidéré du Gouvernement ,&amp; auai amateur de la vérité &amp; de la juftice.
Quelles fuites heureufes encore ~ ne doit - elle pas ef. :
pérer des bons offices, &amp; du crédit d'un Commandant ,'
non moins recommandable &amp; refpeétable par [on ca-.
raétere de bienfaifance , &amp;. fon amour du bon ordre ,'
que par [es titres &amp;. [es talens militaires, &amp;. qui fait
lalier les intérêts du Roi &amp;. de l'État, avec ceux du
Peuple, &amp;. la foibleife de [es moyens ?
Que ne doit-elle pas attendre du zele patriotique d'un
Intendant , qui en toute occalion fe montre le pere &amp;.
le proteéteur du Peuple, &amp;. dont toute la Province connOÎt la vigilance infatigable pour le bien public ? Et etlfi·n
de l'efprit de paix, de concorde, &amp;. de juftice diftributive , dont font animés tous les Membres de cette il,,·
luftre &amp;. refpeétable Affemblée.
Rièn n'7ft plus flatteur pour moi , MONSEIGNEUR;
que d'être en ce moment l'interprete de fes fentimel1s ;
.&amp; l'organe de fa jufte reconnoiifal1ce.
. -

Dans la féance du 3 de Janvier l7 88 ~ Monfieur
Pafcalis ~ AjJejJeur d'Aix .J a dit :

MESSIEURS

~

'A V ANT de nous livrer au tourbillon des affaires ,
nouS devons nous former de juftes idées de l'importance
de nos fonétions, &amp;. des véritables prérogatives des Affemblées des Pays d'Etat.
Au milieu des événemens politiques qui occupent l'Eu·
rope entiere &amp;. la Narion, lors même qu'une guerre immi.
nente &amp; l'épuifement des Finances préfageoient au Peuple une lituation défaftreufe, un nouveau plan d'Adminiftration paroît , la nôtre reifufcite , les playes politîques
fe cîcatrifent, &amp; l'aurore d'un jour ~rillant detyient l'heu·,
r eux préfage de la félicité publique.
C'eft au fyftême de l'établiifement des Adminiftrations
Provinciale~, que nouS en fommes redevables. Ces établiifemens, qui ne font qu'une imjtation imparfaite des
Etats Provinciaux, devoient nous conduire au rétabliffement de notre Conftitution, au renouvellement de:
, .
notre reglme.
L'on regarda jadis l'Aifemblée des Etats comme le
contre-poids de l'Autorité royale; l:efprit d'ambition prét~xta qu'il étoit dangereux d'accoutumer le Peuple à dif·

E

\

�'"

.

2

"

pu ter avec fOIl Mahre: l'efprit d'ordre &amp;. de juf1:ice n'a
envifagé les Etats que comme la reffource de la Nation,
la réunion des lumieres &amp;. des moyens, l'occafion d'exciter une honnête émulation, d'inftruire l'Agriculteur,
d'animer les Grands de cet efprit de bienfaifance qui
leur attire les bénédiétions du Peuple, d'alléger le fàrdeau des charges par une juil:e diftribution , &amp;. de maintenir
entre le Souverain &amp;. la Nation cette corre[pondance
affeétueufe par laquelle tous les refforts , [ans ccire en
aétivité , tendent toujours vers le bien général.
Charlemagne, pénétré de la [ublimité de ce régime;
.vouloit l'établir dans tous les Etats; deux de nos plus
grands Princes en avoient conçu la même idée, le Duc
de Bourgogne &amp;. Monfeigneur le Dauphin, pere du Roi;
&amp;. les projets du pere, le fils les a heureufement exécutés
pour notre bonheur &amp;. pour fa gloire.
Eh! quel régime plus parfait que celui du pere de
famille traitant avec fes enfans des moyens de {ubvenir
aux befoins communs, fixant la contributio~l de chacun
d'eux proportionnement à [es facultés, &amp;. 'recevant leur
tribut comme l'hommage d'une offrande volontaire!
Quelle Adminiftration plus douce que celle qui laiffe
au contribuable le choix des moyens de s'acquitter, qui
met à couvert des exécutions fifcales, qui confie à des freres
l'exaétion des deniers publics, &amp; qui, après avoir déterminé les impôts, affure la facilité des recouvremens !
Quel fpeétacle plus attendriffa:nt que de voir la Nation réunie fe diriger par des vues fraternelles, le Pontife de[cendant de [es fonétions facrées aux foins politi:,

de~

,3

ques ; nous donner
inil:ruétiorts utiles avec cet efprit
de paix, &amp;. cette onétion qtli fut toujours le partage de
l'Epifcopat Le" Gentilhomme déployer avec une noble franchife
ces connoiffances acquifes dont une éducation brillante
avoit développé le germe, &amp; mériter de nouvelles pré rogatives , par l'abdication volontaire de celles qui lui
font dues {je Tiers, mettant à profit les leçons du Clergé &amp;. les
lumieres de la N obleffe , fe permettre avec confiance
&amp; liberté des obfervations que l'expérience rend plus
décifives; &amp; les uns &amp; les autres , par un concours
mutuel, cimenter la paix &amp;. l'union; s' exciter réciproquement à l'émulation; [e dépouiller de tout intérêt
perfonnel , pour ne s'occuper que de la chofe publique ;
infpirer les moyens d'affurer la profpérité de l'agriculture , de multiplier les communications, &amp; avec elles
les objets de commerce ; favorifer l'induil:rie; encourager les inventions utiles; &amp; tous en~n rapporter toutes
leurs vues à la chofe publique!
Tel eft , MESSIEURS, le véritable objet de l'inftitu•
tion des Etats. Un Roi jufte &amp; bienfaifant nous rappelle
à notre ancienne Conftitution; la fageffe de vos déterminations &amp; leur tendance perpétuelle vers le bien pu-,
blic feront à fes yeux le gage de votre reconnoiffance.'
Votre patriotifme &amp; votre union juftifieront à M . le
'Commandant, combien vous étiez dignes de recouvrer
votre conftitution, &amp; que ce même efprit ~~ jufiice "&amp;l
•

1

1

(

�4
de biell public qui l'i1lufl:ra aux yeux: de la Nation,
dirige toutes vos démarches.
Le Magiftrat qui honora notre premiere féance, a;
depuis lOlJg.tems des droits acquis à notre recollnoiifance,
&amp; il eft enfin permis à la Nation de lui faire l'hommage
public de fa fenlibilité. Les befoins du peuple lui furent toujours préfents, il en a été conf1:amment le proteéteur &amp; le pere.

Le Prélat refpe6lable qui nous préfide, a déja illuf1:ré
&amp; enrichi la Province. Homme d'Etat, [es grandes vues

\

ont, opéré parmi nOLIS de grands effets. Regardons -le
comme le point de réunion des trois Ordres; &amp; les
divers intérêts une fois conciliés par fes foins, vos Etats
deviendron.t l'embl ême de la liberté, le fymbole de l'ullion , le triomphe de la reconnoiifance , le monument
éternel de votre fidélité &amp; de votre amour pour le plus jufl:e des R ois ) &amp; le gage immuable de la félicité pu ...
blique.

\

1

(
1

�</text>
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                <text>Ouvrages imprimés édités au cours des 16e-20e siècles et conservés dans les bibliothèques de l'université et d'autres partenaires du projet (bibliothèques municipales, archives et chambre de commerce)</text>
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              <text>Discours prononcés à l'ouverture des États de Provence, assemblés à Aix le 31 décembre 1787 &amp; jours suivans</text>
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              <text>Pascalis, Jean-Joseph-Pierre (1732-179.?)</text>
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              <text>Belloy, Jean-Baptiste de (1709-1808)</text>
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              <text>Bibliothèque droit Schuman (Aix-en-Provence), cote RES 34781</text>
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              <text>Notice du catalogue : http://www.sudoc.fr/201784424&#13;
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              <text>Vignette : https://odyssee.univ-amu.fr/files/vignette/RES_34781_Discours-prononces-vignette.jpg</text>
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              <text>Brochure de 36 pages, pagination multiple. : 8, 7, 7, 2, 4 p.</text>
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              <text>In-4</text>
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              <text>monographie imprimée</text>
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              <text>printed monograph</text>
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          <name>Coverage</name>
          <description>The spatial or temporal topic of the resource, the spatial applicability of the resource, or the jurisdiction under which the resource is relevant</description>
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              <text>Provence. 17..</text>
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          <name>Abstract</name>
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              <text>Les États provinciaux sont des assemblées réunissant les députés des différentes circonscriptions territoriales d'une province afin de délibérer et de décider dans le domaine de la fiscalité. À la fin du XVIIe siècle, la plupart des états provinciaux ont disparu ou ne jouent plus aucun rôle. En Provence, ils sont devenus de simples assemblées de communauté.</text>
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          <description>A statement of any changes in ownership and custody of the resource since its creation that are significant for its authenticity, integrity, and interpretation. The statement may include a description of any changes successive custodians made to the resource.</description>
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              <text>Bibliothèque droit Schuman (Aix-en-Provence)</text>
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              <text>https://odyssee.univ-amu.fr/items/show/201</text>
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              <text>Ouverture d'une séance d'une assemblée de communautés</text>
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      <name>États provinciaux -- Provence (France) -- 18e siècle -- Ouvrages avant 1800</name>
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